Le Moniteur de l'exposition de 1889
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- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE! Dimanche 3 Janvier 1885 NUMÉRO i.
- NOTRE PROGRAMME
- Le journal dont nous commençons aujourd’hui la publication a pour objet de servir de centre d’action à tous ceux qui, à un titre quelconque, s’intéressent à l’organisation de l’Exposition de 1889.
- Le Moniteur de ïExposition, dans sa partie officielle, publiera tous les documents et toutes les informations que le commerce et l’industrie doivent connaître.
- Par des articles techniques, pour lesquels nous nous sommes assuré le concours des spécialistes les plus autorisés, le Moniteur permettra à chaque branche du commerce national et international de faire l’inventaire de ses ressources et de ses progrès, de signaler à l’opinion et aux pouvoirs publics ses vœux et ses besoins.
- Ouvert à tous, le Moniteur de l'Exposition de 1880 se tiendra scrupuleusement en dehors de tous les intérêts exclusifs. Il admettra, de la part de ses-correspondants, une entière liberté de discussion; mais dans les appréciations qu’il sera appelé à émettre, ne s’écartera jamais d’une absolue impartialité.
- Les grands succès remportés par notre industrie dans les dernières expositions d’Amsterdam, de Vienne, de Philadelphie, de Melbourne et de Sydney, — la part brillante qu’elle prend cette année même aux expositions de la Nouvelle-Orléans et d’Anvers, montrent suffisamment que le commerce français comprend l’utilité indiscutable de ces grandes assises du travail.
- En un mot, le Moniteur de l'Exposition de 1880 ne négligera rien de ce qui peut contribuer à l’utilité, à l’éclat et au succès d’une entreprise qui permettra à la France de se distinguer une fois de plus entre les nations, en leur fournissant le terrain pacifique d’une œuvre civilisatrice et féconde.
- BULLETIN
- Le 8 novembre 1884, le Président de la République, sur la proposition du ministre du commerce, a décrété qu’une Exposition universelle des produits industriels, s’ouvrira à I aris, le 5 mai 1889, et sera close le 31 octobre suivant.
- Depuis la publication de ce décret, l’organisation dp 1 Exposition de 1889 a donné lieu à une série de travaux préliminaires considérables.
- La Lommission consultative instituée sous la présidence de M. Antonin Proust, près le département du commerce, a tenu de nombreuses séances.
- Elle avait pour mission première de rechercher quel était l’emplacement sur lequel devait avoir lieu l’Exposition. De nombreux projets dont on trouvera plus loin la description lui avaient été soumis. Elle a adopté l’emplacement du Champ-de-Mars.
- Appelés à examiner la même question, le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine s’étaient prononcés dans un sens analogue.
- Pour terminer son travail préparatoire, la Commission consultative doit s’occuper de dresser le programme d’un avant-projet qui servira de base au concours à ouvrir pour les constructions, et déterminer la participation de l’Etat dans les dépenses prévues.
- Tel est l'objet actuel des travaux de la Commission; ils sont poussés avec une rare activité, à laquelle il convient de rendre hommage.
- PARTIE OFFICIELLE
- RAPPORT AU PRÉSIDENT DE IA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE PAR LE MINISTRE DU COMMERCE AYANT POUR OBJET L’INSTITUTION d’üNE EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE EN 1889
- Paris, le 8 novembre 1884.
- Monsieur le Président ,
- La République, en 1798, a décrété la première exposition de l’industrie franc?ise.
- Depuis lors, la France a eu quatorze grandes expositions. Pendant la première moitié du siècle, ces grands concours de l’industrie et de l’art étaient d’abord limités aux seuls produits nationaux.
- L’application des grandes découvertes de la science venant centupler les facilités d’échange; les idées de libre concurrence tendant de plus en plus à dominer le monde civilisé, n’ont pas tardé à changer le caractère de ces grands tournois pacifiques et à élargir leur champ. Les expositions, d’abord nationales, sont devenues internationales et ont été ouvertes à tous les produits du travail humain.
- C’est en 1855 que, pour la première fois, la Franco a appelé à Paris les exposants du inonde entier. Cette année 1855 restera célèbre dans les annales de la civilisation, car de là datent les premiers succès obtenus par ces grands concours internationaux, où la rencontre du génie propre à chaque peuple apparaît comme le plus puissant stimulant du progrès industriel et du perfectionnement des arts. L’année 1855 est le point de départ des merveilleux résultats obtenus depuis par l’application de Fart à l’industrie.
- L’Exposition de 1878 semble d’hier. L’admirable spectacle du développement du travail français, dont nos malheurs n’avaient point entravé l’essor, est encore présent à tous les veux.
- Dés lors, la date de 1889 apparut au sentiment national comme l’échéance d’une nouvelle Exposition universelle.
- Cette date semblait, en effet, indiquée par la périodicité de onze à douze ans qui s’était établie entre les dernières expositions. Elle l’était bien plus encore parce qu’elle devait coïncider avec le centenaire d’une Jiégire chère au patriotisme français.
- Cette pensée s’affirme davantage chaque jour. La date de 1889 a surgi dans tous les esprits avec une spontanéité significative. Elle est universellement désignée ; on peut dire qu’elle s’impose. Les oppositions isolées qui ont pu se produire sont restées sans écho.
- Le gouvernement de la République n’est que
- l’interprète fidèle du sentiment du pays en recherchant, dès à présent, les moyens propres à réaliser le projet d’une Exposition universelle en 1889.
- L’Exposition de 1867 a été décrétée en 1863. Celle de 1878 n’a été décidée qu’en 1876, mais l’expérience de cette dernière a démontré que le délai de deux uns était insuffisant.
- Aujourd’hui, quatre années nous séparent de 1889. J’estime qu’ii convient d’utiliser ces quatre années en distinguant la période de préparation de celle d’exécution. Les opérations de la seconde période seront d’autant plus rapides qu’une méthode plus sûre aura été adoptée pour la première.
- Il n’est pas prématuré d’ouvrir immédiatement cette première période. On pourra ainsi étudier mûrement les diverses questions à résoudre et s’appliquer à écarter l’imprévu.
- Avant d’organiser les différents services de l’exposition avec le concours d’une grande commission réunissant tous les hommes qui peuvent utilement seconder mon administration dans cette vaste entreprise, j’ai l’honneur, Monsieur le président, de soumettre à votre approbation, avec le décret instituant une Exposition universelle en 1889, un second décret établissant une commission consultative.
- Cette commission chargée du travail préparatoire qui doit précéder l’organisation définitive, aurait pour mission de rechercher et d’indiquer remplacement- de l’Exposition de 1889, de dresser le programme d’un avant projet qui servirait de base au concours à ouvrir pour les constructions, et, enfin, de déterminer la participation de l’Etat dans les dépenses prévues. Cette participation doit, dans ma pensée, être tout d’abord garantie pour une large part par le concours des capitaux privés.
- Cette commission, exclusivement composée d’hommes que leurs fonctions électives, leur compétence technique ou leurs attributions administratives appellentà se prononcer sur les questions que je viens d’indiquer, aurait à entendre tous ceux qui peuvent, à un titre quelconque, être intéressés dans l’étude qu’elle serait chargée de faire.
- J’ai l’honneur de vous proposer, Monsieur le président, de vouloir bien appeler à la présidence de cette première commission M. Antonin Proust, député, ancien ministre des arts.
- Si vous voulez bien donner à mes propositions votre haute approbation, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien revêtir de votre signature les deux projets de décret ci-joints.
- Veuillez agréer, Monsieur le président, l’hommage de mon profond respect.
- Le ministre cia commerce, Maurice ROUVIER.
- DÉCRET CONFORME
- Le président de la République française,
- Sur le rapport du ministre du commerce, Décrète :
- Article premier. — Une exposition universelle des produits industriels s’ouvrira à Paris le 5 mai 1889, et sera close le 31 octobre suivant.
- Los produits de toutes les nations seront admis à cette exposition.
- Art. 5. —- Un décret ultérieur déterminera les conditions dans lesquelles se fera l’Exposition universelle, le régime dans lequel seront placées les marchandises exposées et les divers genres do produits susceptibles d’être admis.
- Art. 3. — Le ministre du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 8 novembre 1881.
- Jules GRÉVY.
- Par le président le République,
- Le ministre du commerce, Maurice ROUVIER.
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- 2. — Première Année. — N° i,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Samedi 3 Janvier 1885.
- DECRET
- INSTITUANT UNE COMMISSION CONSULTATIVE PRÈS
- LE DÉPARTEMENT DU COMMERCE ET NOMMANT
- LES MEMBRES DE CETTE COMMISSION
- Le président de la République française,
- Vu le décret de ce jour, relatif à l’exposition, universelle de 1889;
- Sur le rapport du ministre du commerce,
- Décrète :
- Article premier. — Il est institué près le département du commerce une commission chargée d’étudier et de rechercher les moyens propres à réaliser le projet d’une exposition universelle internationale en 1889.
- Art. 2.— Sont nommés membres de la commission instituée par l’article précédent -MM. Anton in Proust, député, ancien ministre des arts, président.
- Teisserenc de Bort, sénateur, vice-président. Spuller, député, vice-président, le sous-secrétaire d’Etat au ministère des travaux publics.
- le gouverneur de la Banque do France, le gouverneur du Crédit foncier, le directeur du commerce extérieur, le directeur du commerce intérieur, le directeur des consulats au ministère des affaires étrangères.
- le directeur de l’administration départementale et communale au ministère de l’intérieur.
- le directeur de l’inspection générale au ministère des finances, le directeur de la comptabilité publique au ministère des finances, le directeur des domaines au ministère des finances.
- le général directeur du génie au ministère de la guerre.
- le directeur du matériel au ministère de la marine et des colonies, le directeur des beaux-arts au ministère de l’instruction publique, le directeur du secrétariat au ministère de l’instruction publique.
- le directeur des bâtiments civils etdes palais nationaux au ministère de l’instruction publique.
- le directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics.
- le directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture.
- le directeur du service central au ministère des postes et télégraphes, le préfet de la Seine, le préfet de police.
- le président du conseil général de la Seine, le président du conseil municipal de Paris, le directeur des travaux de la ville de Paris, l’ingénieur en chef du département de la Seine.
- le sous-directeur des colonies, chargé de la deuxième sous-direction au ministère de la marine et des colonies, le chef adjoint du cabinet du président du Conseil.
- le président de la Chambre de Commerce de Paris.
- le président de l’Union nationale des Chambres syndicales.
- le président du Comité central des Chambres syndicales.
- Veyssier, membre de la commission exécutive de l’Union des chambres syndicales ouvrières.
- MM. Ducos et Grenier, auditeurs au conseil d’Etat, rempliront les fonctions de secrétaire et de secrétaire-adjoint.
- Art. 3. •— Le ministre du commerce est chargé do l’exécution du présent décret.
- Paris le 8 novembre 1884.
- Jules GRÉVY.
- Par le président de la République,
- Le ministre du commerce, Maurice RO U VIER.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Procès-Verbaux des Séances
- Séance du jeudi 13 Novembre 1884
- La séance est ouverte à 9 heures et demie.
- Présents : MM. Teisserenc de Bort, Spuller, Baïhaut, Magnin, Christophle, Marif, Nicolas, Clavery, Legay, Pallain, Couderc, Boulanger, Galleinard, d’Ambly, Kaempfen, Charmes, Poulio, Cendre, Tisserend, Cochery, Poubelle, Camescasse, Georges Martin, Boué, Alphand, Lax, Grodet, Hanotaux, Dietz-Monnin, Mazet, Veyssier, Henri Ducos, secrétaire et Grenier, secrétaire-adjoint.
- M. le Président, rappelle que le Gouvernement a décidé de faire une Exposition universelle à Paris, en 1889, en l’honneui du centenaire de la Révolution française. La Commission a reçu du décret du 8 novembre un triple mandat. Elle doit, en premier lieu, rechercher l’emplacement ; en second lieu, dresser un avant-projet pour la construction et l’installation de l’exposition; enfin, limiter, par la constitution d’une Société de garantie, la part de l’action publique et de l’action privée.
- Sur le premier point, la Commission devra se livrer à une étude approfondie des divers piojets dont le ministre a été saisi. IL demandera à la Commission d’entendre les auteurs de ces projets et ceux qui s’y intéressent, et de tenir à cet effet des séances aussi fréquentes que possible.
- Lorsque la Commission arriveia à l’étude de l’avant-projet, le Président lui fera part des vues du Gouvernement touchant le caractère particulier qu’il désire donner à l’Exposition de 1889 , et la méthode de classement qu’il proposera. Des maintenant , il peut dire que l’intention du Gouvernement est de conserver à l’Exposition de 1889 un édifice permanent que l’on pourrait appeler le Palais du Travail. Les Expositions de 185 5 et de 1878 nous ont légué : l’une le Palais de l’Industrie, qui rend les plus grands services; l’autre, le Palais du Trocadéro, qui a reçu des collections d’un grand intérêt. Il a paru qu’on ne pouvait mieux honorer la Révolution qu’en élevant, le jour de son anniversaire, un monument au Travail'', et que c’était en même temps rendre hommage à notre siècle, qui a porté si haut le progrès des sciences et des arts, que de lui permettre de donner, dans un édifice de cette natuie, toute la mesure de son effet.
- Quant aux questions financières, M. le Président dit que plusieurs membres, notamment MM. les gouverneurs de la Banque de France et du Crédit foncier, et MM. les présidents des Syndicats se trouvent naturellement désignés pour constituer la Commission qui recherchera les moyens de former le capital de garantie, et présentera sur ce point un rapport à la Commission générale.
- En terminant son allocution, M. le Président remercie MM. les membres de la Commission d’apporter au Gouvernement leur concours pour une œuvre qui montrera que la France est toujdurs grande et que la République est prête à seconder les aspirations démocratiques.
- M. le Président informe ensuite la Commission que M. le ministre a transmis une note dans laquelle les différents projets sont examinés sous le rapport :
- i° De la distance du centre de Paris et des voies d’accès ;
- 20 De la superficie à occuper;
- 3° Des conditions d’acquisition et de location;
- 40 De la nature du sol et des facilités de communication;
- 5° De la permanence de tout ou partie des constructions édifiées.
- Sur l’invitation de M. le Président, lecture est donnée de cette note par le secrétaire de la Commission.
- La lecture terminée, M. le Président demande à la Commission s’il lui convient d’adopter, pour l’ordre des emplacements indiqués dans la note ministérielle, c’est-à-dire :
- i° Courbevoie; 20 Vincennes ; 3° Saint-Ouen ; 40 Levallois ; 5° Aubervilliers ; 6° Bagatelle ; 70 Pré-Catalan; 8° La Muette; 90 Champ-de-Mars, Grenelle; io° Palais de l’Industrie, Champ-de-Mars; ii° Jardin des Tuileries.
- M. Poubelle demande que la Commission procède par élimination, et ne retienne pour en faire une étude approfondie que les emplacements ayant un avantage sérieux.
- M. Diet^-Monnin désirerait que la note ministérielle pût être distribuée à chacun des membres de la Commission.
- M. le Président répond qu’il a l’intention de faire adresser à chacun des membres de la Commission un plan où seront sommairement reproduits les divers emplacements proposés, ainsi que l’indication de leur superficie et de leur distance du centre parisien.
- Sous le bénéfice de ces observations, M. le Président invite la Commission à procéder à l’examen des projets.
- M. Georges Martin pense que le premier projet, celui de Vincennes, mérite d’être retenu pour être examiné avec attention.
- M. Poubelle appuie la demande de M. Georges Martin. Une notable partie de la population s’intéresse à ce projet. Elle a droit à ce qu’il soit mûrement étudié.
- Au sujet de l’emplacement de Courbevoie , M. Georges Martin demande à M. le Président s’il n’a point reçu une lettre du maire de Nanterre, exprimant le'désir d’être entendu par la Commission.
- M. le Président répond qu’il a, en effet, été informé du désir du maire de Nanterre, et qu’il lui adressera une invitation pour la prochaine séance de la Commission. Il ajoute que, de son côté, le maire de Nogent-sur-Marne lui a fait connaître que le Conseil municipal de cette commune avait délégué trois de ses membres pour défendre devant
- la Commission le projet de Vincennes. Les trois délégués seront également convoqués pour la prochaine séance de la Commission.
- _ M. Christophle croit que le moyen le plus pratique pour arriver rapidement à un résultat, serait de constituer une sous-commission chargée d’étudier les dossiers et de visiter les emplacements proposés. Il croit devoir ajouter, dès maintenant, que l’adoption d’un emplacement situé hors Paris lui paraîtrait dangereux. En présence de la crise que subit le bâtiment, ce serait une faute de.pousser au développement des constructions en dehors de Paris.
- M. le Président pense que la Commission plénière doit entendre les auteurs des projets; ce n’est qu’après leur audition qu’une sous-commission pourrait être utilement formée.
- M. Georges Martin rappelle que le Conseil général et le Conseil municipal ont chargé une commission mixte de visiter les divers emplacements proposés pour l’Exposition ; le travail de la sous-commission demandée par M. Christophle ferait en quelque sorte double emploi avec celui de la Commission municipale.
- M. le Président fait remarquer qu’il s’agit, en tout cas, de deux commissions tout à fait distinctes, émanées de pouvoirs différents et ayant ses attributions indépendantes.
- La Commission décide ensuite qu’elle se réunira le samedi 1 5 courant, à neuf heures et demie du matin.
- La séance est levée.
- Séance du samedi 15 Novembre 1884
- PRÉSIDENCE de m. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.
- Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté.
- Sur la proposition de M. le Président, la Commission chargée de préparer la constitution d’une société de garantie, nomme une sous-commission, composée de MM. Magnin, gouverneur de la Banque de France; Christophle, gouverneur du Crédit foncier; Pallain, directeur de l’Inspection générale au ministère des finances; Couderc, directeur général de la comptabilité publique ; Boulanger , directeurgénéral des Domaines ; Boué, président du Conseil municipal; Dietz-Monnin, président de la Chambreda Commerce; Muzet, président de l’Union nationale des Chambres syndicales ; Née, président du Comité central des Chambres spéciales, et Grenier, secrétaire.
- M. le Président fait ensuite introduire M. le maire de Nanterre.
- M. le maire de Nanterre défend devant la Commission le projet de Courbevoie. Cet emplacement, dit-il, n’est éloigné des fortifications que de-deux kilomètres environ; les accès sontlarges et spacieux; de plus, la ligne de Versailles et le Métropolitain, qui serait construit pour 1889, amèneraient de nombreux visiteurs ; l’espace est tel que l’on po irrait grouper sans difficulté toutes les parties de l’Exposition.
- Au point de vue financier, les terrains sont à très bas prix. D’ailleurs, une Société en formation, celle du Palais de Cristal français, se chargerait, moyennant une subvention de 20 millions, de la construction et de l’installation de l’Exposition ; elle abandonnerait même le tiers des recettes, et ne demanderait qu’à conserver les bâtiments pour y établir l’Exposition permanente, qui est depuis longtemps réclamée parle Commerce et l’Industrie.
- M. Nicolle est ensuite introduit. Il déclare n’avoir pas été partisan , dès le principe , . du projet de Courbevoie. Si sa conviction a changé, c’est qu’il a été frappé par les deux considérations suivantes : 11 faut faire l’Exposition avec une stricte économie; en second lieu, l’Exposition doit laisser quelque chose après elle.
- Il rappelle l’exemple des Anglais, qui, lors de la première Exposition universelle, imaginèrent, pour ne point perdre le capital engagé, de transporter les constructions , une fois l’Exposition close, de Hyde-Park au plateau de Sydenham, où elles sont devenues le célèbre Palais de Cristal.
- C’est une combinaison pareille qu’il propose.
- L’Exposition serait établie au plateau de Courbevoie, et deviendrait le Palais de Cristal français.
- La distance n’est pas grande, treize minutes à peine, en chemin de fer, séparent le rond-point de la Grande-Armée de la gare Saint-Lazare.
- Après cette déposition, la parole est donnée aux délégués du Conseil municipal de Nogent-sur-Marne, qui font connaître à la Commission la voix presque unanime de la population qu’ils représentent, en faveur du projet de Vincennes.
- M. Flamant, introduit ensuite, expose que s’il a songé à placer l’Exposition à l’Est de Paris, c’est pour lui donner un caractère démocratique. Le côté est de Paris est, en effet, le côté industriel et travailleur.
- Son projet embrasserait la partie du bois de Vincennes connue sous le nom de Parc-Daumes-nil, plus, des terrains situés le long des fortifications, depuis la limite du bois jusqu’à la Seine.
- La série des auditions étant terminées , M. Alphand déclare qu’avant de choisir entre les
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- Première Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Samedi 3 Janvier 1885. — 3.
- emplacements proposés, il serait bon que la Commission procédât à une discussion générale.
- Il faut, en effet, savoir d’abord si l’on veut avoir une exposition où, comme précédemment, l’on admettra tous les industriels qui le demanderont, ou bien une Exposition sérieuse et digne de ce nom. En second lieu, la place sera-t-elle gratuite, ou bien exigera-t-on une rétribution des exposants — Autre question : toute l'Exposition devra-t-elle être réunie dans un même bâtiment ? ou, sinon, dans une même enceinte ? Quelle méthode de classement adoptera-t-on? Conservera-t-on le Palais ?
- Selon que les questions seront tranchées dans un sens ou dans l’autre, les conditions que devra remplir l’emplacement devront être différentes. Il ajoute qu’il y a une autre question, celle de la participation de la Ville de Paris. La Ville n’a point la prétention de décréter l’emplacement de l’Exposition, mais elle désire être appelée à donner son avis.
- Enfin, il demande si le Gouvernement veut faire l’Exposition lui-même , ou la confier à une société privée; s’il acceptera la charge de dépenses illimitées, ou s’il aura recours à un capital de garantie.
- AI. le Président répond aux diverses questions posées par M. Alphand.
- L’Exposition de 1889 ne sera point, ainsi que semble le craindre M. le directeur des travaux de Paris, un vaste bazar, comme l’ont été, à certains points de vue, les Expositions précédentes. Dans les projets du Gouvernement, l’Exposition sera centennale. Quant à la méthode de classement, elle pourra être utilement discutée, parce qu’on s’y est heureusement pris à l’avance et que, par suite, on ne court pas le risque, signalé par M. Alphand, de voir les parties les plus intéressantes de l’Exposition reléguées sur les points les plus éloignés , comme en 1878 , par défaut de prévision.
- En ce qui concerne le côté financier de l’entreprise, le Gouvernement a, dès le premier jour, manifesté ses intentions. Il compte faire appel au cencours de l’initiative privée, et il lui a paru que la Ville de Paris serait certainement disposée à participer à la réalisation de cette entreprise!
- M. Boué remercie M. le Président de compter sur le concours de la Ville de Paris. Il déclare que ce concours sera aussi large qu’on est en droit de l’attendre. 11 espère, d’ailleurs, être sous peu de jours en mesure de faire connaître à la Commission le désir du Conseil municipal.
- La Commission décide ensuite qu’elle se réunira les lundi 17, jeudi 20 et samedi 22 novembre.
- La séance est levée à 11 heures 1/2.
- Séance du lundi 17 novembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.
- Le procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- AI. le Président informe la Commission qu’il a reçu diverses demandes relatives à la publication d’un journal officiel de l’Exposition. Il a répondu que si une publication de ce genre était décidée, elle ne serait concédée que par adjudication.
- L’ordre du jour appelant la suite des auditions des auteurs de plans ou des personnes intéressées, AI. de Ménorval, conseiller municipal de Paris, est introduit. Il expose à la Commission les avantages que présente le plan de Vincennes (Parc d’Aumé-nil), au point de vue de la surface disponible et des voies de communication. Il ajoute qu’il serait juste de tenir compte du désir exprimé par les habitants de ces quartiers de l’Est, où la Révolution a trouvé ses plus zélés défenseurs.
- AI. le Président demande à la Commission de retenir, en tout état dé cause, le • projet de Vincennes.
- Il convient d’examiner ultérieurement si l’on ne pourrait pas donner, en partie tout au moins, satisfaction aux habitants des quartiers de l’Est, en établissant, par exemple, dans le bois, l’Exposition agricole, qui y-trouverait tout l’espace nécessaire à son développement.
- AI. Dévie, introduit ensuite, parle en faveur du projet de Combevoie.
- Le même emplacement est défendu par AIAI. Girard de Vasson, Maillard et Torlet, qui présentent à la Commission un plan d’après lequel des constructions seraient, après la clôture de l’Exposition, transformées en logements à bon marché.
- Ces déposants entendus, M. le Président donne lecture d’une lettre de M. Roques de Fillol, député de la Seine, appelant l’attention de M. le ministre du commerce sur certaines spéculations dont les terrains de Courbevoie seraient l’objet.
- Après cette lecture, AI. le Président fait introduire MAI. Bernardet et Joly, qui indiquent les conditions favorables dans lesquelles se trouvent, suivant eux, les terrains dépendant des communes de Samt-Ouen, l’ile Saint-Denis, Asnières et Gen-nevilliers, qu’ils ont proposés pour l’établissement de l’Exposition. Ils informent en outre M. le Président du désir qu’ont les maires des quatre communes intéressées d’être entendus par la Commission, dans une de ses prochaines séances.
- AI. Brevet etBlondin défendent ensuite le plan de Neuilly-Levallois-Perret; les terrains qu’ih ont proposés sont libres et à bas prix, situés à 3,5oo mètres de la gare Saint-Lazare et à 3,200 de la Madeleine.
- MAI. les maires de Neuilly et de Levallois-Per-ret appuient les mêmes plans, au nom des intérêts de leurs communes.
- Après eux, M. Naud appelle l’attention de la Commission sur les vastes terrains formant la plaine d’Issy. L’Exposition, selon lui, y trouverait un emplacement vaste et bien situé, on pourrait y ajouter une partie de l’ile de Billancourt.
- Sur une question de M. Pallain, M. Naud indique que les prix de terrains dans la plaine serait de i5 francs, en moyenne, ce qui donnerait pour 100 hectares, un piix d’achat total de i5 millions.
- M. Georges Berger, introduit ensuite , dit qu’il faut choisir, pour y placer l’Exposition, des terrains qui puissent être obtenus gratuitement, soit de l’Etat, soit de la Ville de Paris; les terrains*'doivent, en outre, être situés dans la direction préférée par les Parisiens, c’est-à-dire vers 1 Ouest, facilement et rapidement abordables. Il propose donc : en première ligne, le Champ de Bagatelle; en deuxième ligne, le Champ-de-Mars , avec des annexes à déterminer.
- Le champ de Bagatelle présente une surface plane, homogène et disponible ; une voie de raccordement relierait l’Exposition aux lignes de l’Ouest : le Métropolitain (ligne de Puteaux-Reuilly) passe par une des extrémités de Bagatelle.
- Au champ de Bagatelle proprement dit, on relierait l’ile de Puteaux, qui serait prêtée par son propriétaire à l’Exposition, moyennant certaines conditions facilement réalisables.
- M. Gondouin recommande, après M. Berger, l’emplacement de Bagatelle.
- M. du Pasquier est entendu sur le piojet d’après lepuel le Champ-de-Mars serait agrandi de toute la zone comprise entre le quai de Grenelle, le boulevard de Grenelle et l’avenue de la Motte-Piquet.
- Sur une interpellation de M. le Président, M. du Pasquier déclare que l’expropriation de cette zone coûterait de 25 à 3o^ millions, niais qu’elle serait mise gratuitement à la disposition de l’Exposition par la Société, qui ne demanderait qu’à conserver les bâtiments qui y seraient établis pour y fonder un musée industriel.
- M. Stanislas Ferrand expose ensuite son projet de relier le Champ-de-Mars à l’esplanade des Invalides et aux Champs-Élysées, en couvrant la Seine du pont d’Iéna au pont de la Concorde. _
- Après lui, M. Fouquiau présente un plan utilisant les mêmes emplacements et les. reliant, par un chemin de fer sur colonnes, établi a 6 mètres au-dessus du sol.
- M. Fouquiau indique en outre que, selon lui, en louant les matériaux nécessaires à 1 Exposition, au lieu de les acheter, on réaliserait sur la dépense totale une économie d’environ 20 millions.
- M. Mourceau, introduit, se borne à signaler le jardin des Tuileries comme pouvant recevoir avantageusement l’Exposition de 1889.
- 1MM. Coliber, Dutrou, Alfred d’Aunay Sourdais, qui, ayant été convoques, ne se sont point présentés, recevront une nouvelle convocation pour la séance de samedi 22 novembre. .
- Un court échange d’observations a lieu entre M. le Président et MM. Georges Martin et Boué, duquel il résulte que MM. le Président ^et les représentants de la Commission et . du Conseil municipal pourront être entendus a la meme séance du samedi 22 novembre.
- La séance est ensuite levée à 11 heures.
- Séance du jeudi 20 Novembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.^
- Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. M. le Président informe la Commission que M. Dévie a demandé à être entendu de nouveau pour compléter les explications qu’il a déjà données sur son projet de Courbevoie.
- Avant de faire introduire M. Dévie, M. le Président propose à la Commission d’ouvrir la discussion générale dans la présente séance. Il rappelle à ce sujet, que, dans la pensée du Gouvernement, l’Exposition de 1889 doit être une Exposition de sélection, un enseignement, et non pas une simple exhibition. Aux Expositions précédentes, dit-il, et particulièrement en 1878, les jurys d’admission ont fait preuve d’une trop grande tolérance : leur travail devra, cette fois, être plus sérieux. L’Exposition aura, en outre, le caractère centennal, c’est-à-dire qu’elle présentera le résumé de l’effort humain pendant le siècle.
- Il ajoute qu’elle devra être faite avec la plus stricte économie.
- M. le Président donne ensuite lecture d’une lettre par laquelle M. le Préfet de la Seine s’excuse de ne pouvoir assister à la séance et annonce que M. le Directeur des travaux de Paris soumettra à la Commission des observations de nature à l’éclairer sur les divers intérêts dont l’administra-
- tion préfectorale doit parliculièrement se préoccuper.
- M. Alphand observe que le Conseil municipal, s’il a adopté le principe de l’Exposition, n’a point encore fait connaître son désir en ce qui concerne l’emplacement. Si donc, dans la discussion qui va s’ouvrir, il se trouve amené à prendre la parole, ce ne sera qu’en son nom personnel.
- AI. Dévie est ensuite introduit et fournit à la Commission diverses explications complémentaires touchant son projet de Courbevoie.
- Cette audition terminée, M. le Président pose à la Commission la question suivante : Y a-t-il intérêt à placer l’Exposition en dehors ou en dedans de l’enceinte fortifiée ?
- M. Alphand dit que personne ne peut contester qu’il y ait intérêt à faire l’Exposition dans Paris, si l’on y trouve un emplacement suffisant. Il faut donc, à son avis, avant de discuter la question posée par M. le Président, savoir quel emplacement sera nécessaire. Cette dernière question en entraîne une autre. Devra-t-on élever un Palais unique, destiné à recevoir tous les produits exposés, de quelque nature qu’ils soient, ou bien adoptera-t-on la répartition en plusieurs Palais ?
- Sur ce point, deux éléments d’appréciation se présentent. D’abord, obtiendra-t-on des puissances étrangères qu’elles scindent leurs expositions en différents tronçons ? puis, comment avec des palais différents arriver à un classement méthodique, permettant la comparaison facile et instantanée des produits ?
- Il se déclare donc partisan d’un Palais unique embrassant tout l’ensemble de l’Exposition, sauf l’Exposition agricole et horticole, qui pourrait être placée dans le jardin, à condition de n’être cependant point dans une enceinte distincte des autres sections.
- Il ajoute que, si c’était possible, le terrain choisi, devait se prêter aux expériences. Il reconnaît cependant qu’en ce qui concerne les expériences agricoles, elles pourraient être reportées sans difficulté à Vincennes.
- Le Palais unique, s’il est adopté, devra avoir une contenance d’environ 3o hectares. Il n’est point impossible d’édifier dans Paris une aussi vaste construction. Un seul emplacement pourtant pourrait la recevoir, le Champ-de-Mars, encore faudrait-il en couvrir toute la paitie non transformée en parc.
- Enfin, M. Alphand demande à M. le Président ce qu’il entend exactement par une Exposition résumant l’histoire du travail et du siècle ? Sera-ce une Exposition de produits anciens, de machines ou seulement de publications? Suivant la solution à donner à cette question, l’espace nécessaire variera.
- M. le Président répond à M. Alphand que la contenance du Palais, au cas où le Palais unique serait adopté , pourrait n’être pas absolument mesurée sur la supeificie de l’emplacement. En établissant un étage, comme pour l’Exposition de 1855, au Palais de l’Industrie, on obtiendrait un accroissement notable de surface à utiliser.
- Il ne pense pas, d’ailleurs, qu’un classement méthodique nécessite un seul palais. On pourrait, en outre, montrer facilement aux étrangers que la répartition en Palais de groupes ne leur est point désavantageuse.
- Il faut tenir compte aussi dans le choix de l’emplacement de la ferme volonté du Gouvernement d’écarter tout ce qui ne sera pas vraiment digne de l’honneui de l’Exposition. Si les Jurys d’admission se montrent encore trop tolérants, on créera des Jurys de révision.
- On a dit encore que si l’Exposition était placée en dehors de Paris, elle entraînerait un développement de constructions tout à l’entour. Est-ce désirable? n’est-ce pas plutôt dangereux? On peut se poser cette question, si l’on réfléchit au grand nombre de maisons neuves , non habitées, dans Paris.
- M. Muqet déclare que s’il était démontré qu’on dût réunir toute l’Exposition dans un Palais unique, il faudrait aller à Vincennes ou à Courbevoie. Mais , au nom des commerçants et des industriels parisiens, il demande que l’on s’efforce de ne pas quitter Paris.
- M. Veyssier rend compte d’une séance des Chambres syndicales ouvrières et des Sociétés coopératives de production tenue la veille, et dans laquelle elles se sont prononcées en faveur des emplacements de Courbevoie et de Vincennes, contre le Champ-de-Mars. Il indique que, parmi les raisons qui ont motivé ce vote, on a invoqué l’intérêt des ouvriers qui se trouvent sans cesse refoulés plus loin du centre de Paris, par le percement de grandes voies et la construction d’immeubles divisés en grands appartements.
- M. le Président {ait observer que divers ouvriers habitant Puteaux, Suresnes et Courbevoie lui ont adressé une pétition demandant que l’Exposition n’ait pas lieu sur le territoire de ces communes; ils exposent que l’Exposition modifierait sans doute, en les renchérissant, les conditions de l’existence, et qu’ils seraient obligés d’aller chercher plus loin les moyens de vivre à bon marché.
- AI. Dietq - Alonnin appuie le vœu émis par M. Muzet. Il pense que le projet embrassant le Champ-de-Mars , l’esplanade des Invalides et le
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- palais de l’Industrie offriraient une surface suffisante. Il ajoute qu’à l’Exposition de Philadelphie, comme à celle d’Amsterdan , on a pratiqué avec succès la répartition des produits en plusieurs palais. Cette méthode a, suivant lui, l’avantage de diviser les foules.
- Il tient d’un côté à déclarer que si les jurys d’admission ont été trop tolérants en 1878, la faute en est uniquement aux événements politiques, qui n’ont permis de préparer sérieusement l’Exposition que pendant les derniers mois.
- M. Tisserand insiste pour que l’Exposition agricole soit placée dans l’encemte générale. Il ne ferait point opposition à ce que les expériences aient lieu à Vincenr.es.
- M. Miyet estime que la question d’emplacement n’est point liée au succès ou à l’insucces de l’expo-tition agricole. Suivant lui, si les visiteurs ne la fréquentent pas, c’est que la section industrielle leur offre plus d’intérêt.
- M. Alphand croit que, dans les circonstances présentes, toute mesure qui pourrait être considérée comme défavorable à l’agriculture serait une faute. Il ajoute une observation générale. On a souvent parlé des avantages que les quartiers avoisinants pourraient retirer de l’Exposition. Le Champ-de-Mars a eu deux expositions ; elles n’y ont apporté aucun mouvement, aucune richesse. Ce n’est que depuis qu’un parc a été créé que le quartier a commencé à se transformer.
- M. Baïhaut pense que plusieurs membies adopteraient le projet du Champ-de-Mars, s’ils avaient la certitude que cet emplacement sera suffisant et que, de plus, le département de la guerre autorisera la construction d’un palais permanent.
- AI. le Président, sur une dernière question de M. Alphand, dit que l’Exposition centennale doit comprendre les produits successifs du siècle et la technologie.
- Il appelle ensuite la Commission à se prononcer sur les deux questions posées au début de la séance.
- Sur la première, la Commission adopte la division en plusieurs palais.
- Sur la seconde, elle décide que toute l’Exposition, y compris la section agricole, sera réunie dans une seule enceinte.
- La séance est ensuite levée à 11 heures 1/4.
- Séance du samedi 22 Novembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.
- AI. le Président donne lecture d’une lettre par laquelle M. Georges Martin s’excuse de ne pouvoir assister à la séance , et d’une lettre par laquelle M. Camille Dreyfus, président de la Collision mixte du Conseil municipal et du Conseil général, demande que l’audition de ladite Commission soit reportée au samedi 29 novembre.
- L’ordre du jour appelant la suite des dépositions d’autres projets, M. Mur^ondesLeqes estintro-duit et fait part d’un plan d’exposition sur le plateau de Suresnes-Rueil. Après lui, M. Germond demande que l’Exposition soit placée sur le territoire de Neuilly et Levallois-Perret. Si le projet était adopté, il entraînerait l’annexion de ces communes à Paris, et la démolition des fortifications de la porte Maillot au chemin de fer de l’Ouest.
- M. le maire d’Issy fait connaître que le Conseil d’arrondissement de Sceaux et le Conseil municipal d’Issy se sont prononcés à. l’unanimité poulie projet d’Issy.
- M. Piquet pense que l’on pourrait trouver un emplacement avantageux pour l’Exposition dans la vaste plaine avoisinant le polygone de Vincennes.
- M. Alfred d’Aunay indique les détails de son projet de la Muette. Il insiste particulièrement sur ce point, que ce projet n’entraînerait pasladémoli-tion des fortifications, mais seulement leur aggran-dissement. Il pense qu’on pourrait arriver, en suivant son plan, à ne pas dépenser plus de 18'mil-lions pour la construction du palais.
- AI. Dutron donne quelques explications sur le projet du Pré-Catelan.
- M. le maire de Mendon demande qu’une annexe de l’Exposition soit placée à la terrasse de Meudon.
- M. Colibert parle en faveur du plan de Bagatelle.
- AI. Catherine propose un emplacement d’environ i,35o,ooo mètres à cheval sur les deux rives de la Seine au Point-du-Jour. Ce terrain pourrait être acquis à 3 fr. le mètre environ.
- AI. Bourdais expose ensuite son projet embrassant leTrocadéro, le Champs de Mars, l’Esplanade des Invalides et le Palais de l’Industrie.
- Les diverses parties de l’Exposition seraient reliées par des plaques roulantes au lieu de locomotives, système nouveau dont il indique longuement les détails à la Commission.
- M. Bourdais pense qu’au cas même où on ne pourrait occuper le Palais de l’Industrie, l’emplacement serait suffisant. On pourrait, en effet, bâtir un palais à deux étages.
- Après l’audition de M._ Bourdais, la Commission décide qu’elle se réunira le mardi 2 5 novembre et la séance est levée à 11 heures 3/4.
- Séance du mardi 25 Novembre 1884
- • PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.
- M. le Président informe la Commission que MM. Poulin, Kaempfen et Alphand se sont excusés de ne pouvoir assister à la séance.
- Sur l’invitation de M. le Président, lecture est donnée par le secrétaire de diverses lettres relatives au choix de l’emplacement, écrites- par MM. Alexandre, Maurand et Girard de Vasson.
- Sont introduits ensuite , MM. les maires de Saint-Ouen, Clicliy, Vile Saint-Denis, Gennevil-liers et Asnières, qui exposent longuement les avantages du projet de Saint-Ouen; les terrains ne coûteraient pas plus de 8 francs le mètre, en moyenne ; ils seraient sans doute revendus avec bénéfice.
- M. Louis Gauthier rappelle que déjà, en 1876, il a proposé de placer l’Exposition au bois de Boulogne , dans la zone comprise entre les lacs et les fortifications , de la porte Dauphine, à la porte d’Auteuil ; on obtiendrait ainsi une superficie de i,5oo,ooo mètres et on n’occuperait pas la septième partie du bois. Cet emplacement serait à peine plus éloigné que le Champ-de-Mars poulies populations habitant le centre, le nord et l’est de Paris. Il aurait surtout cet avantage de se trouver sur l’un des chemins favoris du public.
- M. Delattre, député de la Seine, se déclare partisan du projet de Saint-Ouen. On a objecté contre ce projet, dit-il, qu’il fallait conserver à Paris les recettes d’octroi que l’Exposition doit procurer. Si le plan de Saint-Ouen est adopté, les visiteurs étrangers voudront tous habiter Paris, et c’est là qu’est la véritable source des bénéfices pour l’octroi. Quant à la consommation qui a lieu dans l’enceinte même de l’Exposition, elle est insignifiante.
- Le Centenaire de 1789 entraîne, dit .encore M. Delattre, de grandes fêtes populaires, de grands concours politiques et patriotiques. Il faut leur réserver le Champ-de-Mars, que son histoire destine à les recevoir.
- Courbevoie, à cause de son éloignement de la Seine, ne permet point d’exposition maritime.
- • Cette exposition ne peut avoir tout son développement qu’à Saint-Ouen.
- MM. Olive et Bénard sont entendus sur leur projet embrassant la cour du Carrousel, le jardin des Tuileries, remplacement de l’ancienne Cour des comptes, le palais de l’Industrie et l’esplanade des Invalides.
- M. de Persin expose un plan d’après lequel la Seine, couverte, servirait à relier le Champ-de-Mars à l’esplanade des Invalides. Il indique comment, d’après lui, ce projet pourrait être réalisé sans dépenses exagérées, au moyen de pieux métalliques à vis et de feis en forme de rails.
- Sur la demande de plusieurs membres, M. de Persin est invité à fournir à la Commission un devis détaillé de ce projet.
- M. Gremailly occuperait le Trocadéro , le Champ-de-Mars, le quai et l’esplanade des Invalides. Il établirait sur la Seine un pont de 5oo mètres de largeur. Un chemin de fer relierait la place de la Concorde au Trocadéro ; en construisant au Champ-de-Mars un Palais à étages, on obtiendrait une superficie totale d’environ 11 hectares.
- M. Leroy de Késanion lit une note relative à un projet d’exposition aux Tuileries et aux Champs-Elysées.
- La séance est levée à 11 heures 1/4.
- Séance du jeudi 27 Novembre
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures et demie.
- Présents : MM. Antonin Proust, Teisserenc de Bort, Spuller, Baïhaut, Magnin, Christophle, Marie, Clavery, Leguay, Pallain, Couderc, Boulanger, général Gallimard, d’Ambly, Kaempfen, Charmes, Poullin, Cendre, Tisserand, G. Cochery, Poubelle, Camescasse, Georges Martin, Boué, Alphand, Lax, Hanotaux, Dietz-Monnin, Muzet, Kée, Veyssier; Henri Ducos, secrétaire et Grenier, secrétaire-adjoint.
- M. le Président rappelle que M. Baïhaut dans la précédente séance a demandé à connaître les dispositions du Département de la guerre, en ce qui concerne l’occupation du Champ-de-Mars. Il invite M. le général Gallimard à éclairer la Commission à ce sujet.
- M. le général Gallimard dit que M. le Ministre de la guerre croit utile de conserver le Champ-de-Mars. On ne trouverait pas un champ de manœuvre pareil à moins de 6 kilomètres de l’Ecole Militaire. Le Ministre ne s’opposerait point à ce que l’Exposition fut placée au Champ-de-Mars, à la double condition que les constiuctions soient enlevées le plus vite possible après la clôture de l’Exposition et que, jusqu’à ce que l’autorité militaire ait pu reprendre possession de son champ de manœuvre, la ville de Paris lui prête, comme en 1878, le champ d’entrainement de Bagatelle. Quant à l’abandon définitif du Champ-de-Mars, il ne
- pourrait être étudié qu’avec le déplacement des divers quartiers situés aux environs, et notamment des quartiers Dupleix, de l’Ecole Militaire et du Quai d’Orsay.
- AI. le général Gallimard ajoute qu’en ce qui touche l’Esplanade des Invalides, le Département de la guerre ne voit pas d’inçonvénient à ce que les carrés les plus voisins de la Seine soient occupés par l’Exposition, les deux carrés voisins des Invalides devant rester libres pour les exercices d'infanterie.
- M. le Président prie M. le général Gallimard de faire aussi connaître le sentiment du Ministre de la guerre, au sujet de la démolition partielle des fortifications, ainsi que sur les négociations qui auraient pu être engagées avec la ville, pour la suppression de l’enceinte fortifiée.
- M. le général Gallimard répond que le Ministre de la guerre ne serait point, en principe, opposé à la cession, à la ville de Paris, des terrains et bâtiments dépendant des fortifications, qu’en vue des négociations dans ce but, il a fait procéder à leur estimation. Cette estimation s’élève à environ 212 millions. Mais le Ministre ne pourrait point consentir à la destruction d’une partie seulement de l’enceinte, La partie visée, notamment par divers auteurs de projets du Point-du-Jour au chemin de fer de l’Ouest, ne pourrait disparaître sans compromettre gravement la défense de Paris.
- M. Alphand ajoute quelques observations en ce qui concerne les intentions, de la municipalité au sujet de la suppression des fortifications. La ville aurait le projet de construire sur les terrains dépendant de l’enceinte un vaste boulevard circulaire. Aussi ne pourra-1-elle sans doute pas consentir à payer le prix indiqué par le général Gallimard, prix uniquement basé sur la valeur vénale des terrains environnants. De toutes façons, il ne croit pas qu’il faille compter que la question puisse être tranchée avant 1889.
- M. le Président fait part à la Commission de divers renseignements au sujet de la construction du chemin de fer métropolitain. Le Ministre des Travaux publics ne pense pas que le métropolitain soit terminé avant 1888; si ces prévisions sont exactes, il pourra donc servir au transport des voyageurs pendant la durée de l’Exposition; mais ne pourra point être utilisé pour le transport des matériaux.
- M. le Président fait ensuite introduire M. Bouvet qui présente de courtes observations en faveur du projet de Courbevoie.
- M. de Persin complétant sa précédente déposition, indique que dans son projet la superficie ' de la Seine couverte, du Champ-de-Mars à l’Esplanade des Invalides, serait de 236,000 mètres. D’après ses calculs, on arriverait à établir un vaste tablier dont chaque mètre pourrait supporter 2,5oo kilog. et ne coûterait pas plus de 61 francs.
- Sur une question de M. Hanotaux, M. de Persin déclare que le fond de la Seine serait assez résistant pour la charge qui résulterait du voû-tement.
- Sur une autre question de M. Boulanger, M. de Persin dit que si les rails qu’il propose d’employer étaient seulement loués et non achetés par l’aciministration, la dépense totale serait diminuée de 5 millions environ.
- M. Lax pense qu’il serait nécessaire d’avoir des renseignements plus précis au sujet des calculs de résistance et un devis détaillé des dépenses qu’entraînerait le projet de M. de Persin. D’après lui, la surface à couvrir n’est pas de 236,000 mètres seulement, mais bien de 400,000 mètres. Ce qui, en acceptant le coût du mètre indiqué par M. de Persin, donnerait une dépense de 25,000.000. Il désirerait d’ailleurs connaître exactement comment M. de Persin établit ce prix de 61 francs par mètre carré qui n’est que le cinquième du prix ordinaire du mètre de pont métallique.
- M. Poubelle appuie les observations de M. Lax. Dans le cas même où le projet du voûtement de la Seine ne serait pas adopté, il lui paraît insuffisant de savoir d’où résulte l’économie que M. de Persin se croit à même de réaliser dans la construction des ponts.
- En conséquence, M. le Président invite M. de Persin à faire parvenir à la Commission un devis détaillé à l’appui de son projet.
- Sont ensuite entendus : M. Lebouchand, pour un projet à Neuilly, Levallois-Perret, Me Levray, pour un projet à Vincennes (polygone), et M. Jau-bert pour le projet du Champ-de-Mars-Trocadéro, Invalides - Champs-Elysées.
- M. le Président fait ensuite connaître à la Commission que M. Dreyfus, Président de la Commission mixte du Conseil municipal et du Conseil général, ne pourra point être entendu avant le jeudi 4 décembre. Le Conseil municipal n’étant pas encore en mesure de délibérer sur la question de l’Exposition, il propose donc à la Commission de l’ajourner jusqu’à cette date.
- M. Georges Martin demande s’il ne serait pas utile de charger une sous-Commission de visiter les emplacements qui paraissent devoir être soutenus le plus sérieusement et de faire un rapport à la Commission.
- M. Boué pense qu’il serait aussi opportun de faire étudier les divers projets, sous le rapport de la dépense, que chacun d’eux peut entraîner. Les
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- hommes spéciaux de la Commission pourraient se réunir et faire sur ce point un rapport succinct.
- M. le Président estime que la Commission est aussi éclairée qu’elle peut l’être sur la question de dépense. Chaque auteur de plan a été appelé à fournir toutes les indications nécessaires. Tous les membres de la Commission ont pu leur poser toutes les questions qu’ils ont cru utiles. En ce qui concerne la visite des emplacements, il pense que ce serait rouvrir une enquête déjà conçue, et s’exposer sans profit à de nouveaux retards!
- M. Boué insiste. L’indication des dépenses nécessitées par ces divers emplacements lui paraît indispensable pour éclairer le choix de la Commission.
- M. Mu^et pense que la sous-Commission des finances pourrait préparer le travail demandé par M. Boué. _
- M. Christophle est d’un avis opposé. La sous-Commission des finances est chargée seulement d’étudier dans quelle mesure et comment il serait fait appel à la participation des capitaux privés. Elle n’a point la compétence technique suffisante pour la préparation d’un pareil travail.
- M. Alphand appuie l’observation présentée par M. Boué. L’étude à faire pourrait être sommaire pour les divers emplacements autres que le Champ-de-Mars ; pour ce dernier, elle devrait être plus approfondie et porterait particulièrement sur les dépenses et la difficulté qu’entraînerait le groupement, dans une seule enceinte, des diverses voies ou promenades publiques qu’on a proposé de réunir au Champ-de-Mars.
- M. Diet^-Monnin est d’avis qu’il ne s’agit, en ce moment, que de la discussion d’une question de principes pour laquelle toute visite des lieux, tout devis lui paraissent superflu. Ce qu’il faut savoir, c’est uniquement si l’Exposition doit être hors ou dans Paris.
- M. le Président fait remarquer qu’en tout cas, dès que la Commission aura fait un choix, l’emplacement choisi devra être visité et étudié à tous les points de vue de la facilité des travaux et de la dépense. Si l’étude approfondie qui sera faite à ce moment ne donnait pas de résultat satisfaisant, rien ne s’opposerait à ce que le choix fût justifié.
- M. Cendre croit que, de toute façon, il est bon que la Commission s’ajourne ainsi que l’avait proposé M. le Président, jusqu’à ce que les délégués du Conseil municipal aient pu être entendus.
- Ces observations étant appuyées par MM. Poubelle et Legay, la Commission s’ajourne au jeudi 4 décembre et la séance est levee à 11 heures trois quarts.
- Séance du 4 Décembre
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures et demie.
- Présents : MM. Antonin Proust, président ; Teisserenc de Bort, Christophle, Marie, Clavery, Pallavin, Couder, Boulanger, Gallimard, d’Ambly, Kaempfen, Charmes, Poullin, Tisserand, G. Co-chery, Boué, Alphand, Lax, Hanotaux, Dietz-Monnin, Muzet, Vée, Veyssier; Henri Ducos, secrétaire, et Grenier, secrétaire-adjoint.
- M. le Président fait part à la Commission de diverses communications qu’il a reçues de MM. Olive et Bénard, Drevet et Blondin, ainsi que du procès-verbal d’une réunion tenue avenue de Lowendal, et où a été émis le vœu que l’Exposition ait lieu au Champ-de-Mars. Ce procès-verbal lui a été remis par M. Farcy, député de la Seine.
- M. le Président fait ensuite introduire M. Camille Dreyfus, président de la Commission municipale.
- M. Camille Dreyfus déclare que le Conseil municipal n’ayant point encore délibéré sur la question de l’Exposition, il se bornera à présenter quelques observations purement personnelles. Il rappelle comment le Conseil général de la Seine a, le premier, été saisi de la question ; comment il en a renvoyé la solution au Conseil municipal de Paris. Par suite, la Commission mixte des deux conseils, qui avait été nommée dans le principe, est devenue purement municipale. Cette Commission a étudié avec le plus grand soin les divers emplacements proposés ; elle les a successivement visités.
- Elle s’est prononcée en faveur du Champ-de-Mars. Le rapport, concluant en ce sens, a été déposé ; M. Dreyfus espère que la discussion pourra avoir lieu le lendemain vendredi. Il compte donc être en mesure de faire connaître officiellement à la Commission, le lundi 8 décembre, le désir de la ville de Paris.
- M. le général Gallimard demande à M. Dreyfus si la Commission a songé qu’il serait nécessaire de mettre à la disposition du ministre de la guerre, un champ de manœuvre provisoire pendant la durée de l’occupation du Champ-de-Mars par l’Exposition.
- M. Dreyfus répond que la Commission a vu la question posée par M. le général Gallimard. Elle pense qu’elle viendra utilement lorsqu’on arrêtera les bases de la convention à intervenir entre la ville et l’Etat. A ce moment, pense-t-il, il y aura peut-être lieu de rechercher une solution durable et définitive.
- M. Vée fait ensuite connaître que le Comité
- central des Chambres syndicales, à l’unanimité, a émis le vœu que l’Exposition soit placée dans l’enceinte de Paris.
- M. le Maire de Boulogne dépose entre les mains de M. le Président un vœu du Conseil municipal de. Boulogne tendant à ce que l’Exposition ait lieu soit à la Muette, soit à la porte d’Auteuil.
- M. Spuller demande à M. le Président s’il n’a point eu communication du désir qu’aurait M. de Ménorval d’être entendu par la Commission pour lui présenter divers arguments nouveaux en faveur du projet de Vincennes.
- M. le Président répond que M. de Ménorval, lui ayant fait part de ce désir, a été convoqué pour la dernière séance et qu’il ne s’est pas rendu à cette invitation. Il ajoute qu’une nouvelle convocation lui sera adressée pour la séance prochaine.
- Il propose ensuite à la Commission de s’ajourner jusqu’à ce qu’elle puisse recevoir la déposition officielle des représentants de la ville de Paris, c’est-à-dire jusqu’au mardi 9 décembre.
- Cette proposition est adoptée, et la séance est levée à 10 heures et quart.
- Séance du 9 Décembre
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures et demie.
- Présents : MM. Antonin Proust, président ; Teisserenc de Bort, Spuller, Baïhaut, Magnin, Marie, Leguay, Pallain, Couder, Boulanger, Gallimard, d’Ambly, Kaempfen, Charmes, Poulin, Cendre, Tisserand, Camescasse, Boué, Alphand, Lax, Hanotaux, Dietz-Monnin, Muzet, Vée, Veyssier; Henri Ducos, secrétaire, et Grenier, secrétaire-adjoint.
- M. le Président donne la parole à M. Boué, qui fait connaître la décision prise par le Conseil municipal au sujet de l’Exposition. Le Conseil, après avoir adopté le principe même d’une Exposition universelle en 1889, s’est prononcé en faveur de l’emplacement du Châmp-de-Mars ; il a seulement indiqué qu’il y avait lieu de placer une partie des concours et des fêtes du centenaire du côté de l’Est de Paris. Enfin, la délibération du Conseil contient un article par lequel toute réserve est faite touchant les négociations et conventions à intervenir pour la participation financière de la ville, et la cession des voies publiques ou propriétés municipales nécessaires à l’établissement de l’Exposition.
- M. Boué informe, en outre, la Commission que MM. Dreyfus, Monteil et Guichard, président et rapporteurs de la Commission municipale, se tiennent à sa disposition pour lui faire part des motifs qui ont inspiré la décision du Conseil.
- M. le Président annonce que M. de Ménorval, qui a demandé à être entendu de nouveau en faveur de Vincennes, a été convoqué pour la présente séance ; il propose à la Commission, bien que M. de Ménorval ne doive être entendu qu’en son nom personnel, de l’introduire en même temps que les délégués du Conseil municipal.
- Cette proposition étant adoptée, MM. Dreyfus, Monteil, Guichard et de Ménorval sont introduits.
- M. le Président déclare que la Commission n’a pas voulu ouvrir' sa délibération avant que les délégués de la municipalité se soient trouvés en mesure de lui faire connaître l’opinion du Conseil municipal. Au cours du débat qui a eu lieu dans cette assemblée, quelques membres ont paru redouter que l’Etat absorbât complètement la direction de l’Exposition, et ne donnât point à la ville_ une part d’influence proportionnée aux sacrifices qu’elle est disposée à faire. Il veut rassurer les délégués du Conseil municipal. Le gouvernement pense que, sous l’autorité du président de l’Exposition, seul responsable vis-à-vis de lui, il y a place pour la juste représentation de tous les intérêts. L’œuvre entreprise doit être conduite d’une façon aussi libérale que possible. Pour.réaliser cette idée, dont personne n’a eu la priorité, parce qu’elle était dans l’esprit de tout le monde, il faut le concours de toutes les bonnes volontés. Il remercie donc le Conseil municipal des sentiments de conciliation dont il est animé, et prie ses délégués de l’assurer qu’il trouvera toujours - des sentiments pareils chez le Gouvernement et chez les membres de la Commission.
- M. Dreyfus répond que le Conseil municipal ne ménagera point son concours à l’Exposition; s’il a cru cependant bon d’insérer une réserve dans sa délibération, c’est guidé par un souci facile à comprendre, de la dignité de la ville de Paris et de sa propre dignité. En 1878, le Conseil municipal avait voté la subvention avant d’exiger, en compensation, les légitimes satisfactions auxquelles il avait droit.; aussi ne put-il jamais les obtenir ensuite. Le Conseil a voulu éviter le renouvellement de cette situation fâcheuse. Il se propose de faire connaître, sur l’organisation même de l’Exposition, et sur l’utilisation de l’emplacement, certaines considérations dont il demandera qu’il soit tenu compte. En terminant, M. Dreyfus indique que le chiffre des voix obtenues par le Champ-de-Mars, est un chiffre minimum ; il aurait sans doute pu être plus élevé si, pour gagner du temps, le Conseil n’avait recouru à un procédé de vote exceptionnel.
- M. Monteil ajoute que le Conseil municipal demandera notamment que dans la Commission ou le Comité qui dirigera l’Exposition, la ville de Paris ait des représentants qui surveilleraient l’emploi de la subvention.
- M. le Président répond que, sur ce point, le Conseil municipal aura sans difficulté satisfaction. Déjà, MM. les Présidents du Conseil municipal et du Conseil général, ont été désignés comme membres de la Sous-Commission chargée d’étudier les questions financières.
- M. Guichard se réfère entièrement au rapport qu’il a présenté au Conseil municipal et aux termes duquel il n’a rien à ajouter.
- M. de Ménorval se présente, dit-il, dans des conditions difficiles après le vote du Conseil municipal. Il est certain cependant que le Champ-de-Mars ne s’offre plus dans les mêmes conditions qu’en 1876. Si l’on maintient l’idée d’un palais conservable, le Champ-de-Mars ne permet pas de la réaliser. Insuffisant déjà en 1878, il le sera certainement en 1889 ; il faudra y relier l’Esplanade des Invalides, une partie des Champs-Elysées, faire'de grands travaux, des ponts, des tranchées, couvrir peut-être la Seine, dépenser beaucoup, puis tout démolir. Il demande qu’avant de prendre un parti, la Commission visite le parc Daumesnil. C’est, à son avis, l’emplacement préférable. On a objecté qu’il ne fallait pas toucher au Bois, pour des raisons d’hygiène ; mais partout où l’Exposition sera placée, elle privera Paris d’un certain cube d’air. On a cherché aussi à tirer une objection légale des actes de cession du Bois à la Ville; fine croit pas cette objection sérieuse. Au point de vue de la facilité des communications, les visiteurs pourraient prendre leur ticket à la *gare de la Bastille en montant en wagon ; il serait même possible de prolonger le chemin de fer de Vincennes jusqu’à la place de la République.
- M. Monteil fait remarquer qu’il n’est point de l’intérêt des populations ouvrières de l’Est que l’Exposition ait lieu dans leur quartier ; ce voisinage ne ferait que renchérir pour elles les conditions de la vie.
- M. de Ménorval répond que les populations dont il s’agit ne craignent point ce renchérissement, et qu’elles signent, en ce moment, de nombreuses pétitions en faveur du projet de Vincennes.
- M. Dreyfus dit que, dans sa décision, le Conseil municipal a cherché à s’inspirer, non pas de l’intérêt de tel ou tel quartier de Paris, mais de l’intérêt général de la population. S’il a repousse les projets qui empruntaient une partie des Bois de Boulogne ou de Vincennes, c’est notamment parce que ces Bois sont, comme les appelle M. Alphand, les poumons de Paris; c’est aussi pour maintenir intactes les propriétés de la Ville et leur éviter une première atteinte qui pourrait peut-être servir de prétexte à des morcellements ultérieurs.
- M. le Président remercie MM. les délégués du Conseil municipal de leur déposition.
- M. Berger, introduit ensuite, rappelle que, dans une séance précédente, il avait écrit cette opinion que,. si remplacement de Bagatelle n’était pas possible, il fallait retourner au Champ-de-Mars. Ce dernier emplacement lui paraît cependant présenter des difficultés particulièrement graves qu’il a voulu signaler à la Commission. Il ne parlera point du défaut de nouveauté qui résulterait fatalement de son adoption. Déjà, en 1878, il était trop étroit; depuis, plusieurs parcelles ont été vendues. Si l’on prend avec le Champ-de-Mars, le Trocadéro, le quai d’Orsay, l’Esplanade des Invalides et le Palais de l’Industrie, on n’obtiendra qu’un ensemble disloqué et sans unité. Il croit, d’ailleurs, inutile d’occuper une surface si vaste; il faudrait revenir au vrai principe des Expositions internationales, qui exige qu’on n’expose que des objets d’échange international.
- En utilisant le Trocadéro et le Palais de l’Industrie, on diminue les profits que l’Exposition pourrait donner à la classe ouvrière ; il vaudrait mieux faire des constructions neuves. Dans sa pensée, il serait possible que l’Exposition devînt une source de travaux, même après elle ; on pourrait notamment bâtir un palais des arts avec bénéfices qui, à certaines conditions, seraient sans doutes réalisés.
- M. Berger ajoute qu’il ne faudrait point recommencer le système des grandes halles métalliques qu’on a appelées Palais d’Exposition. Il n’y a, suivant lui, que deux unités utiles : le Palais des Machines et le Palais des Beaux-Arts. Les autres objets exposés pourraient être répartis en divers hameaux, par nationalités.
- En somme, il recommande à nouveau, au choix de la Commission, l’emplacement de Bagatelle ou, à défaut, celui de Levallois-Perret qui, bien que ne présentant qu’un intérêt secondaire, lui paraît cependant devoir primer le Champ-de-Mars. y.M-^ le général Gallimard demande à M. Berger s’il n’y aurait pas, à. son avis, d’autre emplacement possible dans l’enceinte de Paris.
- M. Berger répond négativement. Quelques-uns ont proposé d’occuper les Tuileries, mais il croit ce projet absolument impraticable.
- Voir la suite de la partie officielle, page 8.
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- Première Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Samedi 3 Janvier 188 5.
- M. ROUVIER
- En prenant l’initiative du Rapport à M. le Président de la République et en soumettant à la signature du chef de l’Etat le décret qui institue l’Exposition de 1889, M. le Ministre du commerce a attaché son nom à la première manifestation de l’œuvre grandiose destinée à célébrer le centenaire de 1789..
- M. Maurice Rouvier est né à Aix, en Provence, le 17 avril 1842.
- Il fit ses études au lycée de Marseille. Le futur ministre s’initia de bonne heure, par la pratique des affaires, aux questions commerciales et financières. Il fut d’abord employé dans les comptoirs de l’une des principales maisons grecques qui font à Marseille le commerce du Levant.
- Son infatigable activité menait de front le commerce et la politique; les soins des affaires ne l’empêchaient pas de s’occuper sans relâche de l’instruction populaire; il coopéra à la création de cours d’adultes, à “-"7=
- l’organisation de la Ligue de l’enseignement. Dès cette époque il prenait souvent la parole dans les réunions publiques, et collaborait à plusieurs journaux de Marseille.
- En 1869, à la mort de Berryer, qui représentait le département des Bouches-du-Rhône,
- M. Rouvier' fut l’un des principaux promoteurs de la candidature de Gambetta.
- Il fonda le journal l'Egalité, qui fit la plus vive opposition à la politique plébiscitaire.
- Après le 4 septembre 1870, M. Rouvier fut nommé secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, et délégué à Tours, auprès du gouvernement de la Défense Nationale, pour fournir les renseignements et les explications que rendaient nécessaires les commentaires répandus à propos de la Ligue du Midi.
- Au mois d’octobre suivant, il arrêta courageusement une foule effrénée qui avait envahi les ateliers de la Gazette du Midi, organe légitimiste dont 011 allait briser les presses; il parvint à calmer le tumulte et à sauver un journal qui était son plus implacable adversaire.
- Lorsque M. Esquiros se démit de ses fonc-
- tions, Gambetta offrit la préfecture des Bouches-du-Rhône à M. Rouvier qui ne l’accepta pas; nommé alors vice-président civil du camp des Alpines, il organisa le corps des mobiles des Bouches-du-Rhône, et donna de nouvelles preuves de son énergie.
- Candidat à l’Assemblée Nationale le 8 février 1871, il obtint 44,059voix sans être élu;
- M. ROUVIER
- MINISTRE du commerce
- la liste royaliste l’emporta. Aux élections complémentaires du 2 juillet suivant, porté sur une liste de conciliation, il passa avec 34,156 voix.
- Il demanda aussitôtlalevéede l’état de siège.
- A propos de la loi sur l’armée, il se sépara de quelques-uns de ses amis politiques, et vota contre la suppression du droit de suffrage des militaires en service.
- Il demanda et obtint l’abolition de la surtaxe de pavillon; ce succès lui mérita l’approbation de tous les négociants et armateurs de Marseille. lia souvent traité avec une compétence reconnue les questions commerciales, et a proposé la réorganisation du Conseil supérieur du commerce sur la base de l’élection de ses membres par les Chambres
- de commerce, seules réellement compétentes .
- En 1873, il prit l’initiative d’une campagne destinée à améliorer la situation faite à la presse dans le Midi, particulièrement à Marseille; il protesta de nouveau contre l’état de siège, et prononça plusieurs discours sur les projets de loi relatifs aux contributions indirectes. Il soutint ensuite la proposition d’abroger la loi de 1872 sur les matières premières et le droit d’accise, discuta le budget des finances, et à propos du budget des affaires étrangères , souleva , l’importante question des capitulations dans le Levant.
- En 1874, il proposaun impôt sur les revenus, s’occupa de l’achèvement de l’Opéra ; il prit la parole au sujet de la réforme judiciaire en Égypte, et au sujet du budget du commerce, de l’emprunt de la vie de Marseille, et de la dissolution de son Conseil municipal.
- Élu le 20 février 1876, dans la troisième circonscription de Marseille, par 8,503 voix contre 3,501 obtenues par son concurrent, il reprit sa place à la Chambre et fut nommé secrétaire de cette Assemblée.
- Au 16 mai 1877, il fut l’un des 363 députés qui refusèrent un vote de confiance au ministère, et se représenta aux élections du 14 octobre suivant. Réélu par 8,784 voix, il prit une large part aux discussions économiques, commerciales et financières, défendit avec autorité les intérêts de la ville de Marseille, se prononça de nouveau en faveur de l’impôt sur les revenus, et combattit l’impôt sur le capital préconisé par M. Ménier. M. Rouvier a fait presque constamment partie de la Commission du budget, dont il a été trois fois rapporteur, et dont il a été en dernier lieu président.
- lia déjà été ministre du commerce dans le cabinet Gambetta. A cette époque les colonies étaient réunies à ce ministère, et l’on a récemment résolu, sur son initiative, de séparer de nouveau les colonies du Département de la marine pour les rattachera celui du commerce.
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- Première Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Samedi 3 Janvier 188 5.
- M. ANTONIN PROUST
- M. Antonin Proust est né à Niort, le 12 mars 1832.
- Son père fut député sous la monarchie constitutionnelle.
- Après avoir visité la Grèce, M. Antonin Proust publia en 1860, dans le Tour du Monde, plusieurs récits de voyages : le Mont Athos, Un hiver à Athènes, le Cydlaris, etc.
- Sous le pseudonyme d’Antonin Barthélemy, il collabora, de 1860 à 1863, au Courrier du Dimanche; fit paraître, en 1862, les Beaux-Arts en Angleterre, Un philosophe en voyage, en 1864 ; et fonda, la même année, avec Vermorel, la Semaine universelle, journal hebdomadaire édité à Bruxelles.
- A la même époque, il écrivait dans le Mémorial des Deux-Sèvres.
- Il consacra les deux années suivantes,
- 1866-1867, à la publication des Archives de l'Ouest, grand recueil en cinq volmes , qui ^
- contient le texte de tous les cahiers rédigés en 1789 pour les états généraux, par les bailliages de l’Anjou, de l’Angoumois , de l’Aunis, etc., etc.
- Il publiait en même temps à Niort : Les chants populaires de la Grèce moderne (1866) leè Beaux-Arts en province, la division clè l’Impôt, la Justice Révolutionnaire, et adressait au Courrier français des lettres politiques qui furent très remarquées.
- En 1869, porté spontanément par les électeurs de Niort-Melle, il obtint, sans être élu, plus de 10,000 suffrages.
- En 1870, M. Antonin Proust combattit dans le Mémorial des Deux-Sèvres, la politique du ministère Ollivier.
- Il suivit l’armée en qualité de correspondant du Temps.
- Revenu à Paris le 5 septembre, il fut aussitôt choisi par Gambetta qui l’attacha en qualité de secrétaire au cabinet du ministère de l’intérieur.
- Pendant toute la durée du siège, M. Antonin Proust rendit de grands services, notamment en organisant l'administration des populations suburbaines réfugiées dans Paris, et en créant des bataillons de la banlieue, qui 11e réunirent pas moins de 6,000 hommes et prirent le nom de Légion de Seine-et-Oise. Ces bataillons
- marchèrent sous ses ordres et sous ceux du docteur Peyron, aujourd’hui directeur de l’Assistance publique.
- Enjanvier 1871, M. Antonin Proust résigna ses fonctions de chef du cabinet du ministre, et rejoignit Gambetta à Bordeaux.
- Aux élections du 8 février, il obtint un grand nombre de voix dans le département des Deux-Sèvres et dans celui de Seine-et-Oise.
- Il fut un des fondateurs du journal la
- M. ANTONIN PROUST
- République Française, où il traita les difficiles questions de politique extérieure.
- En 1872 parut son livre de la Démocratie en Allemagne.
- Le 4 octobre 1876, le premier canton de Niort le nommait conseiller général.
- Il fut élu député le 20 février 1876 par 7,529 voix, contre 7,514, partagées entre ses deux adversaires.
- La même année il publia le Prince de Bismarck et sa Correspondance.
- Au 16 mai 1877 il fît partie des 363 et le 14 octobre suivant il était réélu par 7984 voix. Il fit alors partie de la commission des 'dix-huit.
- En 1877, il présenta, avec Gambetta, le projet de loi sur les pensions militaires, et obtint l’augmentation du crédit pour renseignement du dessin.
- Nommé d’ailleurs chaque année membre de la commission du budget, dont il a présidé plusieurs fois la 2e sous-commission, il a pris part aux discussions sur les affaires étrangères et sur les beaux-arts, dont il a successivement rapporté les budgets.
- En 1881, M. Antonin Proust a fait partie du cabinet Gambetta comme ministre du département des rts, qui avait réuni les services de l’enseignement des arts Industriels, actuellement attachés au ministère du commerce, et l’administration des bâtiments civils et des édifices diocésains.
- Comme ministre, il a présenté les projets de loi sur la démolition des Tuileries, l’aliénation des diamants de la couronne, la création d’un musée d’Art Industriel, et l’organisation de l’enseignement des arts à tous les degrés.
- C’est à lui que l’on jT;- doit l’institution de
- l’école du Louvre, l’acquisition des tableaux de Courbet, et de la collection Timbal.
- Au lendemain de la chute du ministère Gambetta, M. Antonin Proust fut appelé à la présidence de l’Union centrale des Arts Décoratifs, et il obtint l’autorisation pour cette société d’émettre une loterie de 14 millions pour la construction du Musée des Arts Décoratifs, après avoir vainement demandé des ressources à l’Etat et à une souscription volontaire.
- Ce Musée sera prochainement édifié sur l’emplacement de la Cour des comptes, si le Parlement donne un vote favorable.
- L’Union centrale a, sous la présidence de M. Antonin Proust, développé considérablement son action, et sa dernière exposition au palais de l’Industrie prouve que ses efforts ont été couronnés de succès.
- Comme président de la commission des monuments historiques, M. Antonin Proust a institué, d’accord avec Viollet-le - Duc , le Musée des moulages du Trocadéro.
- En l’appelant à diriger les travaux de la commission de l’Exposition de 1889,1e gouvernement montre qu’il sait tenir compte des services rendus.
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- 8. — Première Année — N° i.’
- M. Alphand remarque que M. Berger a indiqué que, sous certaines conditions rexposition pourrait produire des bénéfices; il désirerait savoir quelles seraient ces conditions.
- M. Berger dit que d’abord on pourrait assurer, en offrant certaines distractions, des recettes du soir; il serait facile, en outre, de supprimer certaines dépenses administratives, comme celles des catalogues et des médailles. Une autre économie résulterait de son plan de répartition des produits en hameaux nationaux. Chaque nation devant décorer son pavillon, le budget de l’Exposition aurait à supporter des frais moins considérables que ceux que nécessite la construction d’un grand palais. Il voudrait aussi que les exposants eussent le droit de vendre couramment les objets importables. Mais il se prononce contre tout prix de location des emplacements à exiger des exposants.
- M. Dietp-Monnin demande s’il ne serait pas possible de suivre pour l’Exposition française un plan analogue à celui que M. Berger a esposé pour les sections étrangères, en donnant, par exemple, un pavillon à chaque département ou à chaque province.
- M. Berger dit que cela était dans sa pensée.
- M. Baïhaut s’étonne que cette série de petites constructions soit présentée comme entraînant moins de dépenses qu’un palais unique.
- M. Teisserenc de Sort rappelle qu’en 1878 on avait songé à faire une rue Française qui aurait été le pendant de la rue des Nations et aurait présenté les façades des plus beaux monuments de France. C’est une idée pareille qui est reproduite par M. Dietz-Monnin et M. Berger. Il ajoute qu’on a cru devoir reculer devant la dépense que la réalisation de ce projet aurait causée.
- M. Tisserand pense que les bâtiments isolés exigeraient certainement une superficie bien plus considérable que le Palais unique. Quelques courtes observations sont encore échangées entre MM. Spuller, Alphand et Berger, au sujet de la submersibilité des terrains de Bagatelle ; M. Berger s’étant retiré, M. le Président propose à la Commission de se réunir le jeudi 11 décembre au Pavillon Rapp.
- M.Pallain est d’avis que la discussion pourrait être ouverte à la présente séance.
- M. Alphand pense qu’une discussion générale est inutile. Le Conseil municipal a voté le Champ-de-Mars. Les Présidents des Chambres syndicales ont déclaré qu’il était de l’intérêt du commerce parisien que l’Exposition ait lieu dans Paris. Il faut s’incliner. Il regrette seulement que l’emplacement de Courbevoie n’ait pas été choisi. Le palais permanent aurait fort heureusement terminé cette superbe avenue qui part du Louvre et traverse les plus beaux quartiers de Paris. Il y avait, en outre, une grande idée, à bâtir, en face de l’Arc de triomphe, élevé en l’honneur de la guerre, un monument dédié à la Paix, au Travail et à la Liberté.
- M. le Président rappelfe très brièvement les objections qui ont été présentées contre le projet de Courbevoie.
- M. Dietp-Monnin dit que tout le monde rend hommage à la grandeur du plan qu’a exposé M. Alphand; ce qui en empêche pourtant l’adoption, c’est l’éloignement du centre parisien.
- Un court échange d’observations a lieu entre MM. Spuller, Boué et Muzet, au sujet de l’accueil fait au Conseil municipal à une proposition contraire au projet du Conseil municipal.
- A ce propos, M. Vée déclare qu’il a cru devoir soumettre cette question au Comité central des Chambres syndicales et qu’aucun membre n’a soulevé d’objection contre le projet d’Exposition.
- M. Veyssier fait une déclaration analogue, en ce qui concerne les Chambres syndicales ouvrières.
- Après une dernière observation de M. Legay, M. le Président met aux voix l’emplacement du Champ-de-Mars. Il indique que le vote doit avoir lieu sous réserve de toutes négociations entre la ville de Paris et le département de la guerre.
- La Commission adopte l’emplacement du Champ-de-Mars. Elle émet, en outre, l’avis qu’une partie des fêtes et concours doit avoir lieu à Vincennes.
- Elle décide ensuite qu’elle se réunira le jeudi 11 décembre, à 10 heures du matin, au Pavillon Rapp (Champ-de-Mars) et la séance est levée à 11 heures trois quarts.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- A l’occasion de l’Exposition d’Amsterdam et en vertu d’une loi promulguée le 26 novembre 1884, le gouvernement est autorisé à faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, des nominations et des promotions dont le nombre ne pourra dépasser : 1 croix de commandeur, 3 croix d’officier, 16 croix de chevalier.
- LE MONITEUR DÈ L’EXPOSITION DE 1889.
- NOMINATIONS DANS L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- Sur la proposition du ministre de l’agriculture, les nominations suivantes viennent d’être faites dans la Légion d’honneur, à l’occasion de l’exposition internationale agricole d’Amsterdam.
- Sont promus au grade d'officier
- M. Nouette-Delorme, propriétaire-agriculteur, à Ouzouer-des-Champs (Loiret), membre du conseil supérieur de l’agriculture.
- M. Lalavard, membre du conseil supérieur de l’agriculture et du comité des épizooties, chargé de cours à l’Institut national agronomique.
- M. Connut, ingénieur en chef, président de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur à Lille.
- Sont nommés chevaliers
- M. Récipon, président du conseil d’admission et président de section du jury international de l’exposition d’Amsterdam.
- M. Bouffet, secrétaire général de la préfecture du Nord.
- M. Boyenval, agriculteur-éleveur, à Sainte-Genevièvé-des-Bois (Loiret).
- M. de Cambefort, secrétaire du commissariat général de la section française et membre du
- jury-
- M. Dantu-Dambricourt, agriculteur et distillateur de betteraves, à Steene (Nord).
- M. Duquenel, propriétaire-agriculteur, à Saint-Sorlin-de-Conac (Charente-Inférieure).
- M. Gilbert, propriétaire-agriculteur, à Wideville (Seine-et-Oise).
- M. Hervieu, propriétaire-éleveur, à Varaville (Calvados).
- M. Laverrière, publiciste agricole.
- M. Lemoine, aviculteur, à Crosne (Seine-et-Oise).
- M. Muret, propriétaire-agriculteur, à Nogent-sur-Seine (Aube).
- M. Nicolas, propriétaire-agriculteur, à Arcy-en-Brie (Seine-et-Marne). *
- M. Pierre, propriétaire-éleveur, à Caen (Calvados).
- Nominations dans-l’Ordre du Mérite Agricole
- Par arrêté du ministre de l’agriculture, en date du 12 décembre 1884, la décoration du Mérite agricole a été conférée aux personnes dont les noms suivent :
- M. Albaret, constructeur de machines agricoles à Liancourt-Rantigny (Oise).
- M. Parry, propriétaire-éleveur, àLimoges (Haute-Vienne).
- M. Mayeux, propriétaire-agriculteur, à Villejuif (Seine).
- M. Broquet, a,griculteur-éleveur, à Void (Meuse).
- M. Forgeot, marchand grainetier, à Paris.
- M. Dugardin-Gardin, propriétaire-agriculteur à Saint-Amand-les-Eaux (Nord).
- M. Langlois, à Paris.
- M. Mesnier, attaché au commissariat français de l’exposition internationale agricole d’Amsterdam.
- M. Aubert, chancelier du consulat général de de France à Amsterdam.
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- DE LA. RÉUNION DES MEMBRES DU JURY ET DES DIVERS COMITÉS DE L’EXPOSITION DE 1878, TENUE LE 13 DÉCEMBRE 1884, EN L’HOTEL DES INGÉNIEURS CIVILS, SOUS LA PRÉSIDENCE DE M. DIETZ-MONNIN, SÉNATEUR.
- M. le Président en ouvrant la séance, souhaite labienvenue àl’Assemblée et remercie ses collègues d’avoir bien voulu se rendre en aussi grand nombre à son appel. Il expose qu’en vertu des articles 2 et 4 des Statuts, il avait le devoir de consulter l’Assemblée sur le concours qu’elle serait disposée àoffrirauGouvernementàPoccasion de l’Exposition du Centenaire de 1889.
- Plusieurs membres expriment immédaitement leur sympathie absolue pourles décisions du Comité et demande qu’on passe de suite au vote des propositions suivantes :
- 1° L’Assemblée est-elle d’avis d’offrir au Gouvernement l’expression sincère de son concours le plus dévoué à l’œuvre du Centenaire de 1889 ? Cette question est votée à l’unanimité.
- _ 2° Ce vote implique-t-il en principe la participation éventuelle de la réunion au capital de garantie au cas où le Gouvernement jugerait bon de convier l’industrie privée à la formation d’un capital de cette nature ; toutes réserves étant faites quant à la forme et aux conditions qui seraient ultérieurement déterminées par la Commission extra-parlementaire d’études?
- Samedi 3 Janvier i885.
- A l’unanimité moins trois voix l’Assemblée se prononce pour l’affirmative.
- M. le Président, pour éviter les longueurs d’un scrutin secret, propose de confier au bureau la mission de porter à M. le ministre du commerce les vœux de l’Assemblée.
- Cette proposition est adoptée à l’unanimité.
- Sur l’invitation de M. le Président, l’Assemblée, appelée à adjoindre à son bureau un ou plusieurs autres délégués, désigne à l’unanimité M. Ch. Lecomte, député, et M. Bessand.
- Par suite de ces décisions la délégation se trouve ainsi composée :
- MM. Teisserenc de Bort, sénateur, Président d'honneur.
- Dietz-Monnin, sénateur, Président.
- Fouquet, député, Vice-P résident.
- Bouilhet, Vice-Président de l’Union centrale des Arts Décoratifs, Trésorier de la Réunion.
- Ch. Lecomte, député delà Mayenne. Bessand, ancien Président du Tribunal de Commerce de la Seine.
- Jeantaud, Secrétaire de la Réunion.
- La Séance est levée à 10 heures.
- LES EXPOSITIONS AGRICOLES
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE A PARIS, AU PALAIS DE L’INDUSTRIE, DU LUNDI 2 AU MARDI 11 FÉVRIER 1885.
- Les différentes opérations du concours général agricole de 1885 seront réglées, ainsi qu’il suit :
- Le lundi 2 février.— Réception des grains, lins et chanvres, houblons, racines, pommes de terre, fruits secs, huiles et olives, miels et cires, des vins, des cidres et poirés, des produits et du matériel de la pisciculture et de l’ostréiculture, des machines et instruments agricoles, de 8 heures du matin à 4 heures.
- Le mardi 3 février. — Réception des volailles vivantes et des fromages, de 8 heures du matin à 4 heures.
- Le mercredi 4 février. — Réception des fruits frais, légumes de primeur,volailles mortes, beurres, laits, etc., de 8 heures du matin à 4 heures. — Installation et classement. — Exposition publique des instruments et machines agricoles, de 10 heures à 5 heures. Prix d’entrée : 50 centimes.
- Le jeudi 5 février. — Réception et pesage des animaux des espèces bovine, ovine et porcine, de
- 8 heures du matin à 4 heures. Tous les animaux devront être pesés dès leur entrée au concours. — Opérations du jury des volailles vivantes et des volailles mortes, des produits de laiterie, des grains, fruits, miels et cires, etc., à 9 heures du matin.
- Exposition publique des instruments et machines agricoles, de 10 heures à 5 heures.—Prix d’entrée : 50 centimes.
- Le vendredi 6 février.—Réception et installation des plantes d’ornement fleuries.
- Exposition publique des instruments et machines agricoles/de 10heuresà5 heures.— Prix d’entrée : 50 centimes.
- Le samedi 7 février. — Opérations des diverses sections du jury des animaux des espèces bovine, ovine et porcine, à 9 heures du matin. — Opérations du jury des plantes d’ornement fleuries.
- Exposition publique de tout le concours, de 10 heures du matin à 5 heures du soir.
- Prix d’entrée : 5 francs.
- Le dimanche 8 février. — Exposition publique de 9 heures du matin à 5 heures du soir. — Prix d’entrée : 1 franc.
- Le lundi 9 février. — Exposition publique de
- 9 heures du matin à 5 heures du soir. — Prix d’entrée : 1 franc.
- Le mardi 10 février. — Exposition publique de 9 heures du matin à 5 heures du soir. — Prix d’entrée : 1 franc.
- Le mercredi 11 février. •— Exposition publique à partir de 9 heures du matin ; vente à l’amiable et aux enchères des animaux et des produits; la vente est facultative et elle n’a lieu qu’autant que les exposants ont déclaré vouloir y soumettre leurs produits. Prix d’entrée : 50 centimes par personne1
- concours général agricole de l’algêrie, a sétif, du vendredi 5 au dimanche 14 juin 1885.
- Les différentes opérations du Concours de Sétif sont réglées ainsi qu’il suit :
- Le vendredi 5 et le samedi 6 juin. — Réception des machines et instruments ainsi que des produits, de 8 heures du matin à 2 heures; classement et installation.
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- Première Année — N° i,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Samedi 3 Janvier 1889. — 9.
- Le dimanche 7 juin. — Exposition de machines, instruments et produits.
- Le lundi 8 juin. — Essais publics des instruments admis aux concours spéciaux, à 7 heures du matin, et jugement des produits. — Exposition des machines, instruments et produits.
- Le mardi 9 juin. — Suite des concours spéciaux et du jugement des produits. — Exposition des machines, instruments et produits.
- Le mercredi 10 juin. — Suite du jugement des instruments et des produits.
- Réception des animaux, après la visite faite par un vétérinaire désigné par le commissaire général, de 8 heures du matin à 2 heures.
- Classement des animaux.
- Exposition des machines, instruments et produits.
- Le samedi 11 juin. — Opérations du jury des animaux, à 7 heures du matin.
- Exposition de tout le concours.
- Le vendredi 12 juin. — Exposition de tout le concours.
- Réunion à 10 heures du matin, sous la présidence du commissaire général, des délégués des associations agricoles, des membres du jury et des exposants, pour proposer les modifications qu’il conviendrait d’apporter à l’arrêté du concours de l’Algérie.
- Le samedi 13 juin. — Continuation de l’exposition de tout le concours.
- Le dimanche 14 juin. — Distribution solennelle des récompenses et exposition de tout le concours.
- La fermeture du concours est laissée à la libre disposition du commissaire général qui pourra la reculer jusqu’au lundi matin.
- CONCOURS AGRICOLES RÉGIONAUX
- MONTPELLIER
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Alpes-Maritimes, de l’Aude,des Bouches-du-Rhône, de la Corse, du Gard, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et du Var, se tiendra, en 1885, du 2 au 10 mai, dans la Ville de Montpellier.
- ANGERS
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Côtes-du-Nord, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine, de la Lome-Inférieure, de Maine-et-Loire, de la Mayenne et du Morbihan, se tiendra, en 1885, du 9 au 17 mai dans la ville d’Angers.
- ANGOULÊME
- Le concours agricole, dans la région comprenant les départements de la Charente, de la Charente-Inférieure, de la Dordogne, de la Gironde, des Deux-Sèvres, de la Vendée, de la Vienne et de la Haute-Vienne, se tiendra, en 1885, du 9 au 17 mai, dans la ville d’Angoulême.
- TOULOUSE
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Gers, des Landes, de Lot-et-Garonne, des Basses-Pyrénées et des Hautes-Pyrénées, se tiendra, en-1885, du 9 au 17 mai, dans la ville de Toulouse.
- MOULINS
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ailier, du Cher, de l’Indre, d’Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher, du Loiret et de la Nièvre, se tiendra, en 1885, du 16 au 25 mai, dans la ville de Moulins.
- VALENCE
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l’Isère, de la.Savoie, de la Haute-Savoie et de Vaucluse, se tiendra, en 1885, du 16 au 25 mai, dans la ville de Valence.
- BEAUVAIS
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de la Seine, de Seine-et-Manie, de Seine-et-Oise et de la Somme, se tiendra, en 1885, du 30 mai au 7 juin, dans la ville de Beauvais.
- LYON
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ardèche, de la Loire, de la Haute-Loire, de la Lozère, du Puy-de-Dôme et du Rhône, se tiendra, en 1885, du 30 mai au 7 juin, dans la ville de Lyon.
- MONTAUBAN
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Aveyron, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse, du Lot, du Tarn et de Tarn-et-Garonne, se tiendra,
- en 1885, du 30 mai au 7 juin dans la ville de Montauban.
- CHARTRES
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements du Calvados, de l’Eure, d’Eure-et-Loir, de la Manche, de l’Orne, de la Sartlie et de la Seine-Inférieure, se tiendra, en 1885, du 6 au 14 juin, dans la ville de Chartres.
- NANCY
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Ardennes, de l’Aube, de la Marne, de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges, se tiendra, en 1885, du 6 au 14 juin, dans la ville do Nancy.
- VESOUL
- Le concours agricole institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ain, de la Côte-d’Or, du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône, de Saône-et-Loire, de l’Yonne et la circonscription de Belfort, se tiendra, en 1885, du 13 au 21 juin, dans la ville de Vesoul.
- Pour être admis à exposer dans ces divers concours on doit en faire la déclaration au Ministre de l’agriculture. Cette déclaration devra être parvenue au Ministère, à Paris, aux dates désignées ci-après :
- Montpellier, le 1er avril 1885. — Angers, Angou-lême et Toulouse, le5 avril. — Moulins et Valence, le 10 avril. —• Beauvais, Lyon et Montauban, le 25 avril. — Chartres et Nancy, le 1er mai. — Vesoul, le 5 mai.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- Exposition des œuvres de Gustave Doré.
- L’Exposition des œuvres de Gustave Doré s’organise en ce moment, d’accord avec la famille du maître, pour être ouverte le 1er mars prochain dans les salons du Cercle de la librairie.
- Les dessins gravés, bois et eaux-fortes, et les lithographies entreront pour une large part dans cette exposition. Les maisons Hachette, Marne, Jouvet, Hetzel, Calmann Lévy, seront mises à contribution, et elles ont déjà promis leur concours. Elles se proposent de prêter dans cette intention des épreuves rares sur papier extra, des avant la lettre, des fumés dont quelques-uns portent des corrections de la main de Doré, et, ce qui sera plus intéressant encore, un certain nombre de dessins originaux. Des pièces analogues qui sont aussi attendues de plusieurs recueils périodiques, notamment du Journal pour rire, du Monde. illustré et de VIllustration. Appel est fait dans le même sens à tous les éditeurs français, anglais et américains qui ont publié des œuvres de Doré.
- Ce n’est pas là le seul attrait de l’Exposition projetée, qui n’a jamais du avoir le caractère exclusif d’une exposition jde librairie. Le comité d’organisation fait appel aux amateurs des deux mondes possédant des dessins inédits et des aquarelles du fécond artiste, et déjà un nombre considérable d’œuvres du plus vif intérêt sont mises à sa disposition par le colonel Doré et le docteur Michel, frère et neveu de Gustave Doré. D’autres lui sont signalées de divers côtés.
- En outre, le Cercle fera imprimer un élégant catalogue dans lequel on trouvera, en plus de la description des œuvres exposées, une bibliographie de tous les livres illustrés par Doré, tant en France qu’à l’étranger, ainsi que la liste des compositions exécutées par lui pour les recueils périodiques.
- Le Cercle de la librairie fait appel à tous les éditeurs français et étrangers pour les prier d’adresser le plus tôt possible, à son président, une notice exacte et complète de tout ce qu’ils ont publié de livres, albums ou recueils illustrés par Gustave Doré, ou d’estampes du grand artiste.
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- ANVERS
- M. Robcis Borghers, consul général de France à Anvers, est nommé commissaire général de la République française à l’Exposition d’Anvers en remplacement de M. Choque t.
- M. Maurice Mouthiers, ingénieur civil, ancien secrétaire du comité d’organisation de la section française à l’Exposition d’Amsterdam, est nommé commissaire de l’Exposition industrielle et commerciale de la République française à Anvers.
- Le comité exécutif de la section coloniale française a repris ses travaux sous la présidence de M. Jacques IJébrard, sénateur. Le commissaire du gouvernement, M. Grodet, lui a communiqué des renseignements intéressants. Notre pavillon spécial, construit en style cambodgien, sera la reproduction en bois d un temple laotien. Toutes nos colonies, môme nos plus récentes, comme la Cochin-chine, l’Annam, le Tonkin et le Congo, se trouveront là, représentées non seulement par leurs productions propres, mais encore par celles qui y sont importées. De très utiles renseignements commerciaux seront ainsi mis au jour pour éclairer notre négoce et notre industrie sur la nature des objets, produits ou consommés dans chacune de nos colonies.
- Voulant aller jusqu’au bout dans cette voie nouvelle, le comité a également-décidé l’exhibition des produits de provenance étrangère qui viennent faire concurrence à nos produits similaires sur nos marchés coloniaux. Nos producteurs seront mis à même d’étudier avec fruit les causes réelles des difficultés qu’ils y rencontrent.
- Un document spécial rendra profitables et durables les renseignements de notre exposition coloniale. C’est un catalogue précédé d’une notice et comprenant des cartes de nature à renseigner le public sur l’agriculture, l’industrie, la navigation maritime et fluviale, le commerce, les voies de communication, en un mot sur toute l’organisation de nos colonies.
- L’Angleterre vient de désigner un commissaire officiel. C’est M. Gratton, son consul général à Anvers.
- La Russie vient, à son tour, d’annoncer sa participation officielle à l’Exposition. Elle a désigné M. Baeckmann pour son commiss ire général.
- M. de Bismarck, qui n’a pu prendre son parti de l’échec de Philadelphie, persiste à refuser tout concours aux industriels et commerçants d’Allemagne. Ceux-ci , pourtant, redoublent d’efforts, et un comité, nommé par la colonie allemande d’Anvers, est chargé de remplir les fonctions d’un commissariat général.
- En même temps que le concours interna-tionaljjle l’industrie et du commerce, s’ouvrira le 2 mai prochain l’Exposition universelle des beaux-arts, organisée par la Société royale d’encouragement, qui existe à Anvers depuis 1788.
- Des invitations viennent d’être envoyées à tous les pays.
- L’Exposition universelle des beaux-arts comprendra, outre une section belge, autant de sections distinctes qu’il y aura de nations représentées officiellement. S’il y a lieu, les autres nations seront réunies dans un salon unique. Tous les emplacements sont gratuits. Aucune œuvre d’art ne pourra être reproduite, sous une forme quelconque, sans l’autorisation de son auteur. Les exposants, appelés à faire partie du jury international institué sous les auspices du gouvernement belge, ne seront pas exclus du concours pour les récompenses.
- Dans l’intérêt des exposants, artistes ou industriels, on a décidé en principe l’organisation de deux tombolas, sous le patronnage du gouvernement belge et d’après un mode nou-
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- io. — Première Année — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Samedi 3 Janvier i885,
- veau :dès l’ouverture de l’exposition industrielle, il sera procédé à l’achat de nombreux produits exposés, en même temps qu’à l’émission des billets sur une large échelle. Des lots importants seront acquis même avant l’ouverture. La tombola artistique sera organisée sur la même base.
- REVUE DE LA PRESSE
- Depuis que l’ouverture de l’Exposition universelle de 1889 a été annoncée, il s’est produit un grand mouvement d’opinion dont la presse n’a cessé de se faire l’organe.
- Des discussions nombreuses et même des polémiques fort vives se sont engagées entre les divers organes ; mais dès la première heure on a pu voir que le nombre des partisans de l’Exposition l’emportait de beaucoup sur celui de ses adversaires.
- Il faut, d’ailleurs, constater que plusieurs de ceux qui avaient élevé certaines objections contre le projet avant qu’il n’ait reçu un commencement d’exécution, s’y sont dès à présent ralliés; on peut prévoir le jour où la presse cessera de discuter l’opportunité de l’Exposition de 1889, pour s’unir, presque tout entière, en vue de son succès, dans une même pensée patriotique.
- Parmi les journaux qui ont critiqué le projet d’Exposition, les uns se sont placés sur le terrain exclusivement politique de l’opposition contre le gouvernement actuel ; ils ont surtout cherché là un instrumentde polémique, etn’ont guère traité la question au point de vue industriel et commercial, — le seul qui doive nous occuper.
- Les autres, pour combattre l’opportunité du décret signé par le président de la République, sur la proposition du ministre du commerce, ont presque uniquement invoqué le tort que les expositions peuvent faire au commerce français, en propageant ses procédés de fabrication, comme si les étrangers n’avaient rien à nous apprendre et comme s’il était possible d’élever autour de nos industries une sorte de muraille de la Chine. Dans l’article suivant, le Temps a excellemment répondu à ces critiques :
- « La cause des expositions universelles n’est plus à plaider. Quelques résistances se manifestent encore çà et là, mais elles ne sauraient prévaloir contre le sentiment public, incontestablement favorable à ces grandes assises industrielles, ni surtout contre les résultats qu’elles ont donnés. Il est indéniable que le grand développement du mouvement industriel qui s’est produit dans ces trente dernières années est dû en partie au stimulant des expositions universelles, lesquelles, en dehors de l’émulation qu’elles excitent chez les producteurs de tous les pays, constituent un puissant moyen d’enseignement, et contribuent par là à la marche progressive de l’humanité.
- <' Quelques esprits timorés ont, il est vrai, reproché aux expositions universelles ce qui, à notre sens, fait leur plus grand mérite, à savoir d’aider à la diffusion des procédés industriels. On a dit que ce sont les expositions de 1855, de 1867 et de 1878 qui ont permis aux étrangers de connaître et de s’approprier nos modèles et nos procédés de fabrication et de faire à l’industrie française une concurrence redoutable. Est-ce que, par hasard, ceux qui font valoir cet argument contre les expositions ne tomberaient pas dans ce vice de raisonnement qui consiste à dire : Post hoc, propter hoc? Ne s’imaginent-ils pas à tort que, sans les expositions, les étrangers 11’auraient connu ni nos modèles, ni nos procédés, ni notre outillage, et que leur industrie serait restée stationnaire? Est-ce à une époque d’universelle publicité, de communications rapides et constantes, d’échange sans limite des produits qu’on peut sérieusement croire à l’existence de secrets industriels? Et, d’ailleurs, au point' où en sont les choses et dans l’état présent de notre industrie, n’avons-nous pas plutôt à gagner qu’à perdre dans une étude comparative des produits et de l’outillage, ne fût-ce que pour nous rendre compte des causes de la concurrence contre laquelle certaines industries ont quelqun peine à se défendre? L’argument de la divulgatioe de nos modèles par suite des expositions nous semble donc très superficiel.
- « Puis, lorsque tous les peuples ont tour à tour leur exposition universelle, la France seule pourrait-elle rester en dehors de ce mouvement et mettre ses diverses industries en quarantaine? Evidemment non. Quand même les expositions universelles auraient tous les inconvénients que leur prête uir pessimisme exagéré, nous serions
- dans l’impossibilité de ne pas avoir la nôtre, comme chaque peuple a successivement la sienne. La détermination qu’a prise le gouvernement d’ouvrir une exposition universelle est donc absolument justifiée et elle ne saurait soulever aucune opposition sérieuse. La date de cette exposition s’imposait tout naturellement. Le centenaire du plus grand événement des temps modernes, de la Révolution française, ne pouvait être mieux célébré que par la rencontre pacifique des peuples sur le terrain industriel. Il est bon, en outre, que la date de l’exposition se trouve fixée quatre ans à l’avance. Les industriels auront ainsi tout le loisir de s’y préparer, et on n’aura pas à redouter, ce qui est toujours fâcheux, d’être pressé par le temps, comme en 1878. Le décret paru ce matin sera donc, sous tous les rapports, favorablement accueilli par nos industriels, qui s’empresseront de prêter leur concours à la commission chargée de préparer les voies et moyens de la grande exposition de 1889. »
- Beaucoup d’autres organes de la presse parisienne ont fait à l’Exposition un aussi favorable accueil. Citons notamment ces lignes de la République française :
- Les Expositions universelles ne seront donc plus désormais et uniquement des exhibitions industrielles, mais des rendez-vous où l’on viendra de toutes les nations pour marquer le point où en est arrivé l’esprit hmmain et fixer la nouvelle étape qu’il doit parcourir. Cela sera vrai surtout de l’Exposition de 1889. L’humanité autant que la France a bénéficié des effets de ce grand cataclysme qui engloutit rancien régime. L’encyclopédie a résumé la situation de l’esprit humain à la fin du dix-huitième siècle, montré où en étaient la science, l’industrie : elle a semé pour l’avenir. Il sera bon, à un siècle de distance, de juger la moisson. Nous repoussons donc la critique qu’on adresse au projet et l’esprit étroit qui voudrait voir dans l’Exposition du centenaire une simple exhibition.
- La presse départementale, dans son ensemble, ne s’est pas montrée moins favorable que la presse parisienne au projet d’exposition. Dans un article qui a été reproduit par un très grand nombre de journaux, la Correspondance républicaine appréciait ainsi l’Exposition de 1889 :
- Il est certain que si, comme nous le font espérer la sagesse du gouvernement républicain et l’intérêt de toute l'Europe, il ne survient aucun de ces événements qui suspendent ou compromettent l’existence des nations, ce sera un noble spectacle que celui de la France offrant, à Paris, l'hospitalité au monde entier, pour le centenaire de 1789.
- Le soir de la bataille de Valmy, Goethe causant avec des officiers de l’armée d’invasion qui venait de reculer devant les jeunes troupes de Dumouriez, s’écria :
- « Ici vient ae naître une ère nouyelle pour l’histoire du monde. »
- Qui pourrait mesurer les prodigieux changements, qui, depuis centans, se sont accomplis par suite du mouvement qui naquit de la Révolution française ?
- Ce n’est pas seulement en politique que la transformation fut complète, c’est encore dans la science, dans l’industrie, dans toutes les manifestations de l’activité humaine.
- La Révolution française amena, dans l’univers civilisé, une sorte de besoin si pressant, si impérieux pour l’échange des idées et la promptitude des relations que les merveilleuses applications de la vapeur et de l’électricité, en devinrent, pour ainsi dire, les corollaires obligatoires.
- .....Depuis 1870 quelques esprits chagrins conseillent à la France d’élever autour d’elle-même une infranchissable muraille et de se renfermer dans une sorte de ressentiment amer et défiant.
- L’avenir de la France n’est point là. Nos forteresses et nos camps retranchés 11e sont faits que pour défendre nos frontières contre ceux qui les menaceraient.
- Ils n’ont pas pour objet de nous isoler du monde.
- La France conservera d’autant plus son influence qu’on ne la verra jamais désespérer d’elle-mème et abdiquer sa foi dans l’esprit d’expansion et de progrès, qui a été, qui est, et qui restera sa force.
- LES PROJETS DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- Le premier travail qui s’est imposé à la Commission d’organisation de l’Exposition de 1889 a été le choix de l’emplacement sur lequel cette exposition doit avoir lieu. —
- De nombreux projets ont été soumis à la Commission qui a consacré plusieurs de ses séances à les discuter, ainsi qu’on a pu s’en rendre compte, en lisant les procès-verbaux publié à la « partie officielle ». — Les auteurs de certains de ces projets proposent des emplacements situés à l’intérieur de Paris ; d’autres au contraire demandent que l’Exposition ait lieu en dehors de l’enceinte des fortifications. — Les premiers font valoir la rapidité des transports ; les seconds s’attachent à prouver que c’est seulement dans les environs de Paris que l’on pourra élever un monument, qui, l’Exposition une fois terminée, subsistera pour en perpétuer le souvenir.
- Nous allons donner ici quelques indications sur les principaux projets.
- 1° AU NORD DE PARIS
- Saint-Ouen
- Ce projet a été présenté par MM. Bernard, ingénieur, et Joly, architecte. — Le terrain proposé, qui mesure 108 hectares, est limité : au sud, par la route deNeuilly à Saint-Denis ; àl’est,parle chemin de grande communication numéro 5, les rues de Seine et de Paris ; au nord, par le chemin des Grésillons d’Asnières à Saint-Denis; à l’ouest, par le chemin du Landy, les docks de Saint-Ouen et une voie projetée parallèle au prolongement de la rue Lamonta.
- Cet emplacement comprend les deux rives de la Seine et la partie en amont de l’îîe Saint-Denis s’étendant jusqu’aux deux ponts de Saint-Ouen.
- La porte de l’Exposition serait située à 900 mètres des fortifications et à 5,000 mètres du centre de Paris qui est le Palais-Royal..
- 2° a l’ouest de paris
- Levallois-Perret
- MM. Drevet et Blondin, proposent d’installer l’Exposition sur les grands terrains, presque libres, situés sur les. territoires de Neuilly et de Levallois-Perret, et bornés: au sud, par la porte Bineau; à l’est, par le chemin de fer de l’ouest ; au nord, par la Seine et File de la Grande-Jatte; à l’ouest, par le boulevard Eugène. Cet emplacement toucherait presque aux fortifications et serait distant de 4,500 mètres du centre de Paris.
- Courbevoie
- Deux projets ont été présentés, l’un par M. Dévie, l’antre par MM. Maillart, Norbert et Torbel, architectes. Ils visent tous deux l’immense plateau de Courbevoie qui est le prolongement de l’avenue de 1a. Grande-Armée. Cet. emplacement qui s’étendrait jusqu’à Nanterre est, de tous ceux qui ont été proposés, le plus éloigné du centre de Paris (8,000 m,).
- Bois de Boulogne
- Nous nous trouvons ici en présence de cinq projets :
- a. — Projet de M. Berger, ancien commissaire général des Expositions internationales. — Emplacement de 86 hectares comprenant le champ d’entrainement de Bagatelle, l’île de Puteaux et le bras navigable de la Seine. — Distance 6,800 mètres.
- b. — Projet de M. Colibert, architecte. Même emplacement, sauf File de Puteaux.
- c. — Projet de M. Jolibois, charpentier. Em-
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- — 11.
- placement de 144 hectares, englobant la pelouse de Longcliamp. — Distance 6,800 mètres.
- d. — Projet de M. Dutrou. Emplacement situé entre les champs de courses et les lacs. — Distance 5,000 mètres.
- e. — Projet de M. Alfred d’Aulnay. Emplace-
- ment s’étendant le long des fortifications, du bastion 55 au bastion 60 et comprenant la Muette. 240 hectares de superficie. — Distance 4,000 mètres.
- 3° AU SUD DE PARIS
- Issy
- Deux projets ont été présentés ; l’un par MM. Naud et Cie, l’autre par M. de Saint-René. Tous deux comprennent l’île de Billancourt et la rive gauche de la Seine depuis le pont de Billancourt jusqu’aux fortifications.
- Vincennes
- M. Flamand propose d’occuper le parc Daumesnil, le bois de Vincennes ainsi que les terrains qui longent les fortifications depuis la porte de Reuilly jusqu’à la Seine.
- 4° a l’intérieur de paris
- Champ de Mars
- Trois projets ont été déposés :
- a. — Projet deM. Fouquiau, architecte, comprenant: le Champ de Mars, le Trocadéro, l’esplanade des Invalides et le palais de l’Industrie.. (Ce dernier . serait relié à l’esplanade des Invalides par un large pont à deux étages.
- b. — Projet de M. Pasquier.
- Une Société propose à l’Etat de lui donner, sous certaines conditions, les terrains situés entre le Champ de Mars, le quai de Grenelle, le boulevard de Grenelle et l’avenue de la Motte-Piquet.
- c. — Projet de M. Ferrand.
- La Seine serait couverte, depuis la place de la Concordé jusqu’au Trocadéro, par un immense pont qui relierait le palais de l’Industrie et l’esplanade des Invalides au Trocadéro et qui serait occupé par une rue avec places, carrefours, etc.
- Tuileries
- Trois projets également ont été présentés :
- a. — Projet de M. Corbon, sénateur.
- L’exposition occuperait la cour et l’emplacement de l’ancien palais des Tuileries, le jardin, la place de la Concorde, etc.
- b. — Projet de M. Mourceau.
- Comprenant la place du Carrousel, le jardin des Tuileries et une partie de la place de la Concorde.
- c. — Projet de MM. Oline et Bernard, archi-
- tectes.
- Le palais de l’Industrie et le jardin des Tuileries seraient reliés à l’ancienne Cour des comptes (quai d’Orsay). On couvrirait la Seine sur toute la largeur de l’esplanade des Invalides qui ferait aussi partie de l’exposition.
- TRIBUNE PUBLIQUE
- Sous cette rubrique et sous la responsabilité de leurs auteurs, le Moniteur de l’Exposition publiera toutes les communications intéressantes qui lui seront adressées. Il y aura là une tribune toujours ouverte aux idées utiles, ingénieuses ou dignes d’examen. Ces communications pourront, le cas échéant, devenir l’objet d’articles spéciaux dans lesquels elles seront étudiées et discutées.
- ÉCHOS
- PARIS
- M. Sichesz, un des membres du jury hollandais, au président de la République française ;
- AL le comte de Sainte-Foy, à Sa Majesté le roi des Pays-Bas, et enfin par M. Antonin Proust, à l’Exposition d’Amsterdam et à l’Expositionuniver-selle de 1889.
- ¥ *
- M. Jules Ferry a reçu, le samedi 20 décembre, une délégation composée de M. Trystram, député, du maire et du président de la Chambre de commerce de Dunkerque. Cette délégation, qui a été présentée par M. J. Cambon. préfet du Nord, est venue entretenir le président du Conseil de l’exposition qui s’organise à Dunkerque, et qui s’ouvrira en 1886.
- Départements
- La distribution des récompenses de l’Exposition des Arts décoratifs a eu lieu le 29 novembre, dans la grande salle d’honneur du Palais de l’Industrie, sous la présidence de AI. Rouvier, qui a prononcé un discours sur le « bien-être créé par les expositions depuis une vingtaine d’années ».
- Mme Hubertine Auclert, directrice de la Citoyenne, vient d’adresser à M. le ministre du Commerce une lettre de laquelle nous détachons le passage suivant :
- « Je vous prie, M. le ministre, de bien vouloir « considérer que les Françaises, qui dictent le « bon goût au monde, tiennent dans les joutes « industrielles une place importante, et, tant au « point de vue de l’intérêt national que de l’égalité « dont on parle beaucoup dans notre société mo-« derne, je vous demande d’appeler des femmes à « faire partie de la Commission d’organisation de « l’exposition. »
- Dans le courant du mois d’août, nous aurons, au palais de rindustrie, à la suite du Salon de peinture, une exposition du travail, dont l’initiative est due a M. Ducret, président de la Chambre syndicale des industries diverses. Le Gouvernement a accordé son patronage à cette exposition qui sera internationale : une section anglaise est déjà constituée ainsi qu’une section belge, et plusieurs autres sont en formation. Les organisateurs se proposent d’exlnber la matière première dans son état original, son mode d’extraction ou de récolte, les phases diverses qu’elle traverse pour devenir marchande. On a remarqué dans toutes les expositions universelles une galerie du travail, toujours intéressante devant laquelle les visiteurs, curieux de mouvement et d’activité, se portaient en masse. Mais par la force des choses, elle demeurait un simple accessoire, une préface, une mise en goût. Cette fois, la galerie du travail sera l’exposition tout entière.
- M. Antonin Proust vient d’adresser à M. Fal-lières une lettre, signée d’un grand nombre de notabilités artistiques, demandant que l’Etat se rende acquéreur d’une des principales œuvres de Bastien-Lepage.
- AI. E. Lévy, vient de remettre la première livraison de sa remarquable publication, « les Chefs d'œuvre de l’Orfèvrerie à l'Exposition de Pesth à M. le président de la République.
- Un banquet de quatre-vingts couverts réunissait, le 15 décembre dernier, à Phôtel Continental, les exposants français de l’Exposition agricole d’Amsterdam.
- AL le bourgmestre d’Amsterdam, qui devait y assister, s’était fait excuser; en revanche, quatre membres du jury de l’Exposition étaient présents..
- M. Récipon, assis en face de M. Méline, présidait ; nous avons remarqué ;MM. Antonin Proust, général Pittié, Legrand, ministre de France à la Haye, Hébrard, Tisserand, Grandeau, baron de Marçav, Henry Monod, préfet du Calvados, comte de Sainte-Foy, etc...
- Divers toasts ont été portés au dessert :
- Al. Récipon a bu à l’agriculture française ;
- AL Aléline, à l’union de la France et de la Hollande ;
- Vers le 20 mai prochain, va s’ouvrir à Beauvais (Oise), une exposition industrielle, à l’occasion du Concours régional agricole.
- Cette Exposition durera environ quatre mois.
- Les personnes qui désireraient y prendre part sont priées de s’adresser à Al. A. Dupont, conseiller général, manufacturier, chevalier de la Légion d’honneur, président, faubourg Saint-Jacques, à Beauvais.
- Étranger
- A l’Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans, le département naval des Etats-Unis se propose de faire, devant le public, des expériences sur les torpilles maritimes, et cela d’une manière assez originale.
- Tous les jours, à midi précis, il fera éclater une torpille placée au fond du grand lac, près de l’édifice consacré au gouvernement, qui lancera une colonne d’eau à une hauteur d’au moins 150 pieds sans causer de dommages ni aux édifices environnants, ni aux spectateurs amis des grandes sensa tions.
- En recevant, à Bruxelles, les comm issaires géné raux des pays adhérents à l’Exposition d’Anvers, ainsi que les principaux agents belges dévoués au succès de cette œuvre internationale, le comte de Flandre, président d’honneur, a exprimé en termes chaleureux, la gratitude de la Belgique pour l’accueil si sympathique que l’Exposition de 1885 a rencontré dans le monde entier.
- Le prix de la force motrice à l’Exposition d’Anvers, fixé dès à présent, est de 0 fr. 20 par cheval-vapeur et par heure.
- Une feuille technique anglaise annonce qu’il vient de se constituer à Reading, dans l’Etat de Pensylvanie, un syndicat pour faire l’étude d’un procédé nouveau de fabrication de l’acier, procédé qui devra faire concurrence au système de Besse-mer ou système anglais. On s’attend à voir les articles faits suivant ce procédé prendre la place occupée actuellement par des articles en fer forgé ou laminé.
- Les producteurs français infligent un éclatant démenti aux prophètes de malheur qui annoncent la décadence de notre industrie et de notre commerce. A l’exposition d’Anvers, la section française, pour laquelle on avait réservé 10,000 mètres carrés dans les halles de l’Industrie et les galeries des machines, en réclame actuellement 18,000, soit environ la cinquième partie de tout l’espace couvert.
- EXPORTATION
- Il y a eu beaucoup de malentendus sur le but et les moyens d’action de la Société d’encouragement pour le commerce d’exportation.
- Il nous paraît important de faire savoir à nos lecteurs que cette société n’a ni la pensée ni les moyens de se substituer à l’initiative individuelle. C’est donc vainement que l’on
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- s’adresse à elle pour fonder des établissements à l’étranger, pour s’y assurer des emplois et des représentations, ou pour obtenir des commandes et des avances de capitaux.
- Sa mission se borne à encourager et à seconder les jeunes Français disposés à chercher par eux-mêmes une situation meilleure sur les marchés des colonies et de l’étranger.
- Elle leur donne toutes les indications dont elle peut disposer, et les recommande tant à ses correspondants qu’aux chambres de commerce locales et aux représentants officiels de la France; elle accorde enfin des passages gratuits on des subsides momentanés à ceux qui n’auraient pas de ressources suffisantes pour faire face aux frais de voyage et de pre-. mier séjour.
- Pour obtenir la recommandation ou l’aide pécuniaire de la société d’encouragement, les candidats ont à justifier de titres suffisants.
- Dans leurs demandes, ils doivent donner des indications exactes sur leur âge et leur situation au point de vue du service militaire, indiquer les langues étrangères dont ils ont la pratique ; déterminer le pays où ils désirent se rendre, et spécifier les antécédents ou les références de nature à motiver de leur part le choix de telle ou telle destination.
- Les postulants qui habitent Paris devront se présenter au siège de la société pour y être entendus personnellement ; ceux qui résident en province auront à s’adresser aux chambres de commerce de leurs circonscriptions pour en obtenir un avis favorable.
- Dans ces conditions seulement, il sera possible à la société de donner satisfaction aux intéressés et de faciliter en même temps à notre commerce national le recrutement d’hommes recommandables et résolus, qui puissent lui rendre d’utiles services à l’extérieur.
- COLONISATION
- Beaucoup de personnes sont prises, à un moment donné, du désir de s’expatrier pour aller chercher hors de France une situation préférable à celle qu’elles possèdent.
- Le gouvernement demande à ses agents des renseignements sur les emplois qui pourraient être offerts à ces personnes dans les pays où la civilisation 11e s’est pas encore entièrement développée. Malheureusement ces renseignements sont souvent d’ancienne date et les communications au public 11e sont pas toujours très rapides. C’est pour obvier à ces inconvénients que M. Roger, professeur à l’Ecole navale, a fondé, l’année dernière à Brest la Société française de Colonisât on. Cette Société, qui a maintenant son siège à Paris, 73, Boulevard de Courcelles, s’efforce de créer un service de renseignements, en collationnant les communications du ministère des colonies avec les renseignements spéciaux que lui adressent ses correspondants et que lui enverront plus tard les comités locaux qui s’oganisent actuellement aux colonies.
- Elle procède, en ce moment, à la rédaction d’un certain nombre de notices dans lesquelles elle exposera toutes les connaissances que l’on a sur les colonies; elle n’en exagérera pas les avantages, comme elle n’en cachera pas les inconvénients, car son but est de renseigner et d’éviter les découragements qu’éprouvent les émigrants dans la période d’acclimatement, les déceptions auxquelles les nouveaux établis sont en butte dans un pays où tout est neuf pour eux.
- VARIÉTÉS
- LE CHEMIN I)E FER FUNICULAIRE DE LA SUPERGA, PRÈS TURIN
- A quelques kilomètres de Turin, bâtie sur le sommet d’une colline qui domine ,1a vallée du Pô, s’élève la basilique de Superga où sont renfermés les tombeaux des princes de la maison de Savoie, qui n’ontpoint été ensevelis à la fameuse abbaye de Ifaute-Oombes sur les
- bords du lac du Bourget. Ces souvenirs historiques, encore vivaces dans l’esprit populaire, et. plus encore, la vue splendide dont on jouit du sommet de la Superga sur la chaîne des Alpes, ont décidé le Gouvernement italien et la municipalité de Turin à établir la nouvelle voie ferrée que l’on baptise déjà du nom de Righi italien. Commencés en mars 1883, les travaux furent rapidement conduits en vue de l’ouverture prochaine de l’exposition générale de Turin et, le 27 avril 1884, on inaugurait officiellement le nouveau chemin de fer funiculaire, dont nous empruntons la description sommaire au journal la Nature.
- Le système choisi pour franchir l’altitude qui sépare la basilique, située à 733 mètres au-dessus du niveau de la mer, du pied de la colline, est celui de l’ingénieur Thomas Agudio, déjà éprouvé avec succès à Lans-lebourg, au-dessus du Mont-Cenis. Dans ce système, la traction s’opère, comme l’on sait, au moyen d’un locomoteur spécial, dont les roues motrices sont mises en mouvement par un câble sans fin qui parcourt, dans le double sens ascendant et descendant, toute la longueur de la voie. Le câble, actionné par deux moteurs à vapeur fixes, est guidé sur son parcours par des poulies intermédiaires, soit horizontales, soit verticales ou d’inclinaisons variées, suivant le tracé rectiligne ou courbe de la voie, composée elle-même de deux rails ordinaires et d’un rail central denté. Le locomoteur pousse le wagon à la montée et le retient à la descente.
- La voie funiculaire de la Superga part du pied de la colline, près du village de Sassi, où elle se raccorde avec le tramway à vapeur qui fait le service de Turin à Brusasco, de sorte que les voyageurs peuvent aller directement de Turin au sommet de la Superga sans descendre de wagon. La longueur totale de laligne jusqu’à la basilique est de 3.130mètres, et rachète entre la station du départ et celle du sommet une différence de niveau de 419 mètres, écart de l’altitude entre la station supérieure (642 mètres) et celle de la station inférieure où se trouvent les machines fixes (223 mètres). La pente moyenne est de 12 p. %, la pente maxima principalement à l’extrémité de la voie, atteignant 20 p. %. Les courbes, qui composent environ la moitié du parcours complet, ont un rayon minimum de 300 mètres. A 783 mètres de la station de Sassi, la voie franchit une galerie de 67 mètres, et plus loin une autre de 61 mètres de longueur. Les autres œuvres d’art consistent en tranchées ou ponts de peu d’importance.
- La voie ferrée qui supporte le locomoteur se compose de deux rails type Vignole(17 kilogrammes le mètre courant) présentant un écartement de lm,49 d’axe en axe et d’un rail central à double denture, que M. Agudio appelle avec raison la colonne vertébrale de son système. Ce rail, ou plutôt ce conducteur central, est formé d’un ruban d’acier de 110 millimètres de hauteur et de 12 millimètres d’épaisseur, replié sur lui-même de manière à présenter sur ses côtés une double denture. Il pèse 54 kilogrammes le mètre courant.
- Quant au câble moteur, il est composé de six câbles partiels, formés eux-mêmes de huit fils d’acier de lm/ra,80Q de diamètre ; le diamètre du câble est de 23 millimètres; son poids de lk-500 par mètre courant. Tandis que le câble montant court sur la voie elle-même, le câble descendant, qui part du tambour supérieur, s’appuie sur des poulies montées sur piliers en maçonnerie à 4m,25 au-dessus de la voie, et distants d’environ 100 mètres l’un de l’autre. La vitesse est de 12 mètres par seconde.
- Le locomoteur porte des poulies de grand diamètre, sur lesquelles s’enroule le câble, et qui, par une série de roues et pignons, viennent s’engrener avec le rail denté central. Le mécanicien dispose de freins à friction contre les poulies motrices ou à tenailles contre le rail central. A la montée, c'est ce dernier frein qui fonctionne pour empêcher le mou-
- vement de recul du locomoteur en cas de rupture du câble ; à la descente, 011 fait agir les freins à friction, et au besoin, on peut également se servir de freins à tenailles.
- Les machines fixes qui donnent le mou-vementaux deux grands tambours sur lesquels s’enroule le câble et par conséquent au câble lui-même et au locomoteur, sont installées à la station inférieure de Sassi. Elles sont du type Sulzer et développent 500 chevaux.
- En résumé, le funiculaire de la Superga, venant après les nombreux chemins de montagne installés depuis le Righi, se classe aujourd’hui comme l’une des applications les plus ingénieuses de la traction sur les fortes pentes, et a constitué l’un des attraits de l’Exposition de Turin.
- LES THÉÂTRES
- THEATRE DE LA PORTE SAINT-MARTIN. —
- Théocio ra, pièce en cinq actes et huit tableaux de M. VICTORIEN SARDOU
- Cette semaine tout s’efface, au théâtre, devant Théodora, le drame historique de Victorien Surdon, dont Sarah Bernhardt a été la principal interprète.
- Depuis quelques années, on a pu regretter, pour la grande artiste, les beaux jours de la Comédie-Française, où elle n’a pas été remplacée. Plus le temps a marché, plus on a vu les aventures de toute sorte et de tout ordre se multiplier sur les pas de Sarah Bernhardt. Son talent n’en reste pas moins indiscutable et sans rival.
- Le sujet de Théodora se déroule à une époque lointaine, bien peu connue de la grande majorité du public. Lorsqu’on parle de Charles-Quint, d’Élisabeth, d’Henri IV, de Louis XIV, chacun se fait une idée plus ou moins approximative du milieu où vivaient .ces personnages ; mais qui connaît l’histoire du Bas-Empire ?
- Intéresser les spectateurs aux hommes et aux choses de cette histoire, c’était une tâche délicate. M. Sardou a su y réussir.
- Il a surtout fourni au talent de Mme Sarah Bernhardt l’occasion de se manifester avec éclat, sous toutes ses formes et avec tous ses contrastes. Il a, en quelque sorte, fait vibrer, sous l’archet de l’histoire, toutes les fibres de cette nature capricieuse et tourmentée, toujours si dramatique et si puissante.
- Le drame de M. Sardou abonde en scènes émouvantes et terribles. Si le souffle tragique fait parfois quelque peu défaut, on retrouve du moins dans l’œuvre tout entière, cette incomparable habileté scénique qui est le partage de Sardou, après avoir été celui de Scribe et d’Alexandre Dumas.
- La mise en scène est merveilleuse ; elle dépasse celle des plus magnifiques spectacles dont on puisse se souvenir. Mme Marie Laurent, Marais, Volny, tiennent avec une grande autorité les premiers emplois de la troupe d’élite que Mme Sarah Bernhardt a su, cette fois, grouper et former autour d’elle.
- En un mot, il. y a là pour la Porte-Saint-Martin, un succès qui promet d’être à la fois durable et fécond.
- A. B.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. Arraui.t, ot Cie rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 11 Janvier 1885.
- NUMÉRO 2.
- BULLETIN
- Les vacances du jour de l’an ont quelque peu ralenti, sans les interrompre cependant, les travaux préparatoires de la Commission d’organisation et du Conseil municipal de Paris, qui ont été jusqu’à présent conduits avec une remarquable activité.
- Après s’être prononcée pour l’emplacement du Champ-de-Mars, la Commission d’organisation a eu à s’occuper de la désaffectation de ce vaste terrain qui sert aux exercices de la garnison de Paris et qui relève du ministre de la guerre. Le général Campenon, remplacé, le 4 janvier dernier, par le général Lewal, s’était montré favorablement disposé pour ce projet, sauf examen des questions de détail qui s’y rattachent. 11 paraît certain que le nouveau ministre s’inspirera des mêmes idées. Une solution définitive est très prochaine.
- Répondant à la délégation de la réunion des membres du jury et des divers Comités de l’Exposition de 1878, M. Rouvier, ministre du commerce, lui a fait savoir qu’en ce qui concerne la constitution du capital de garantie, la souscription sera offerte dans des conditions telles que tous ceux qui s’intéressent au succès de l’Exposition pourront y prendre part. Nous publions plus loin, à ce sujet, une circulaire dans laquelle M. Dietz-Monnin, président de cette réunion, rend compte à ses collègues de son entrevue avec le ministre du commerce.
- L’ouverture de l’Exposition d’électricité, qui devait avoir lieu le 5 janvier, a été renvoyée au 20 courant.
- L’Exposition universelle de l’industrie « et du centenaire du coton » vient d’être inaugurée à la Nouvelle-Orléans. Nous publions plus loin un article spécial sur cette importante exposition à laquelle la France prend .une part que la presse américaine signale dès à présent comme devant être des plus brillantes.
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- PARTIE officielle
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Procès-Verbaux des Séances
- Séance du jeudi 11 Décembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures 1/2.
- Présents: MM. Teisserenc de Bort, Spuller, Magnin, Christophle, Marie, Claverie, Pallain, Boulanger, général Gallimard, Kaempfen, Charmes, Poulain, Tisserand, G. Cochery, Poubelle -Camescasse, Alphand, Lax, Hanotaux, Dietz,
- Monnin, Muzet, Veyssier, Henri Ducos, secrétaire, et Grenier, secrétaire-adjoint.
- M. le Président rappelle que dans une précédante séance la question du classement a été posée. Il dit que la méthode suivie en 1867 > excellente en principe, a été presque impossible à appliquer en pratique. La classification s’est trouvée rompue ; des annexes ont dû être établies où ont été relégués des objets pourtant intéressants. Il pense qu’il serait préférable d’adopter une méthode nouvelle et propose de répartir les objets exposés en dehors de l’agriculture et de l’horticulture, en quatre grands groupes: Arts, — Sciences, — Arts appliqués à l’industrie, — Sciences appliquées à l’industrie.
- Après quelques courtes observations de MM. Mu^et, Poubelle et Camescasse, M. Alphand fait remarquer que la méthode du classement doit répondre aux disponibilités de l’emplacement choisi. Il croit bon que tous les produits industriels soient réunis en un seul palais. Ce serait une économie de travaux et d’argent. Cette disposition, d’ailleurs, facilite la visite de l’Exposition , rend plus frappante la comparaison des produits similaires exposés par les diverses nations. Il a ajouté qu’à son sens, ce serait une faute de séparer l’exposition artistique de l’exposition industrielle. Il est utile qu’à côté des produits de leur industrie les ouvriers puissent trouver les chefs-d’œuvre qui leur élèvent les idées et le cœur.
- M. le Président répond que la question de classement ne doit pas être confondue avec l’installation matérielle des objets exposés. Le palais des Champs-Élysées n’est point.aménagé de façon à se prêter à des expositions de sciences appliquées à l’industrie ; chaque fois qu’on a tenté d’y placer des expositions de ce genre, on s’est heurté à de nombreuses difficultés. C’est une raison de plus à faire valoir en faveur de la construction d’un palais “permanent. Il.est nécessaire, d’ailleurs, de relier le VIIe et le XVe arrondissement qu’actuel-lement le Champ-de-Mars sépare comme un désert infranchissable. La Ville de Paris a, sur ce point, des projets que l’Exposition pourrait aider à réaliser. Il demande donc que la Commission autorise son bureau à entrer en négociations avec le ministre de la guerre à l’effet d’obtenir de lui la désaffectation et la cession définitive du Champ-de-Mars.
- M. Alphand insiste sur cette considération, que s’il est possible de faire tenir toute l’exposition artistique et industrielle en un seul palais, ce serait la meilleure solution. On a fait trois objections contre l’hypothèse d’un palais unique au Champ-de-Mars. On a dit, tout d’abord, que déjà en 1878 le palais était insuffisant. On a dit qu’il ne serait pas possible de bâtir un palais suffisant au Champ-de-Mars. D’après ses calculs, on pourrait obtenir un palais de 312,000 mètres de surface; si on y faisait un étage, il pourrait avoir 70,000 mètres environ , d’où un total de 38o,coo. En 1878 le palais n’avait que 191,000 mètres.
- On a dit, ensuite, qu’il en fallait pas renouveler les cloches appelées en 1867 et 1878 palais d’exposition. Il croit que si on met le palais au concours, les artistes ne manqueront pas à présenter des projets neufs.
- Enfin on a dit qu’il serait difficile de conserver les constructions faites au Champ-de-Mars. Dans sa pensée, il suffirait de conserver les deux grandes galeries latérales qui pourraient avoir 45 mètres de portée. Le ministre de la guerre aurait encore une surface plus que suffisante pour ses manœuvres.
- D’ailleurs, s’il était nécessaire, on pourrait s’étendre en dehors du Champ-de-Mars : Ainsi on pourrait, le long de la Seine, du pont d’Iéna au pont des Invalides, établir, au-dessous du bas port, un appontement qui, joint au quai d’Orsay, pourrait recevoir l’exposition agricole.
- Il croit cependant que la Ville de Paris hésiterait à autoriser, comme on l’a proposé, la jonction, entre l’esplanade des Invalides et les Champs-Élysées. Cette jonction, en effet, pourrait détruire un des plus beaux aspects de Paris.
- M. le Président fait connaître que le ministre de
- la guerre est disposé à étudier la question de la désaffectation définitive du Champ-de-Mars.
- M. Pallain dit que Paris se développant vers l’Ouest, il ne sera pas possible de garder longtemps d’aussi vastes terrains , en cet endroit, comme champ de manœuvres.
- M. le général Gallimard fait remarquer que le Champ-de-Mars faisant partie du domaine militaire, rien ne peut être fait sans l’assentiment du ministre de la guerre.
- M. Teisserenc de Bort rappelle qu’après l’Exposition de 1878, une négociation analogue fut ouverte et que le ministre de la guerre avait consenti à la cession d’une zone du Champ-de-Mars nécessaire à la conservation d’une partie des bâtiments.
- M. le Président demande à MM. les représentants de la Ville s’ils pensent que la municipalité appuierait la Commission pour obtenir la désaffectation du Champ-de-Mars.
- M. Alphand répond que la Ville ayant pris l’initiative de ce projet, il n’est pas douteux qu’elle appuie la Commission. La Ville tiendrait seulement à ce que, sur une largeur de i5o à 200 mètres, la partie centrale de l’Esplanade ne fût paç bâtie, de façon à ménager la vue de la façade de l’École militaire. Cette partie centrale pourrait avoir un parc, dont la Ville prendrait les charges d’entretien. Mais la Ville ne pourrait pas acquérir ces terrains à leu: valeur vénale.
- M. le Président prie, dans ces conditions , MM. Poubelle et Alphand de se joindre au bureau, pour négocier avec le ministre de la guerre.
- M. Alphand propose d’adjoindre M. le Directeur des domaines à ceux des membres spécialement chargés de la négociation.
- Cette proposition est adoptée après diverses observations de MM. Poubelle, Gallimard et Kaempfen.
- M. Mu^et dépose un ordre du jour autorisant une sous-commission à entrer en conférence avec le ministre de la guerre, à l’effet d’obtenir la désaffectation du Champ-de-Mars.
- Cet ordre du jour étant adopté, la sous-commis-sion est composée de MM. Antonin Proust, président; Teisserenc de Bort, Spuller, Boulanger, Poubelle et Alphand.
- La séance est ensuite levée à n heuies 35-
- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- Compte rendu
- de la Séance du vendredis décembre 1884.
- L’ordre du jour appelle la discussion du rapport présenté, au nom de la Commission spéciale, par MM. Edgard Monteil et Pierre Guichard, sur l’Exposition universelle de 1889.
- Ce rapport a été imprimé et distribué.
- M. Monteil, l’un des rapporteurs. — Messieurs, aussitôt qu’il fut connu que le gouvernement de la République française était décidé à organiser une Exposition universelle à l’occasion du centenaire de 1789, les représentants des intérêts les plus directs des habitants du département de la Seine, sachant combien ces intérêts sont engagés dans une exposition ouverte à Paris, ont nommé une Commission spéciale chargée de s’occuper de cette œuvre grandiose. _
- Cette Commission, élue en séance du Conseil général et d’abord Commission mixte, a été confirmée et complétée en séance du Conseil municipal, par l’adjonction de M. le président du Conseil municipal et de M. le président de la Commission du budget, et elle est devenue Commission municipale du fait de cette adjonction et de l’exclusion, quand elle siège comme Commission municipale, de l’honorable représentant du Conseil général.
- Notre Commission s’était occupée, avant l’Etat, du projet d’exposition; c’est de notre propre initia-ive, par une manifestation de notre volonté indé-
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- 2. — Première Année — N° 2.
- pendante, que nous nous déclarons partisans, en principe, d’une Exposition universelle, faite à Paris en 1889, et que nous nous disons prêts à y collaborer. Cette partie de notre œuvre accomplie, c’est alors que nous attendrons les ouvertures de l'Etat, ses propositions et les mesures constitutives de l’entreprise.
- En décrétant l’Exposition universelle, l’illustre président Jules Grévy a proclamé que la France n’entrevoyait pas qu’une guerre fût possible et voulait fêter la paix du monde en même temps que sa liberté.
- Une exposition aura d’autant mieux sa place au milieu de nos fêtes que ce genre de concentration de produits naturels ou manufacturés, qui a remplacé les foires du temps passé, a pris naissance dans la Révolution même.
- Dès l’an VI, François de Neufchâteau prit l’initiative d’une exposition qui, sans être très importante, fut désastreuse pour l’Angleterre.
- Une nouvelle exposition eut lieu en l’an IX ; 32 départements y prirent part; une autre, en l’an X, reçut les ‘produits de 73 départements. Enfin, d’autres eurent lieu en 1834, 183g et 1844. En 1849, le gouvernement républicain voulut réaliser l’idée d’une exposition universelle; les chambres de commerce s’y montrèrent opposées.
- Ce fut l’Angleterre qui mit en pratique, en i85i, nos idées d’exposition universelle ; nous l’imitâmes en i855, et, enfin, en i863, parut le décret qui instituait l’Exposition universelle de 1867. Elle fut une merveille et se solda par un bénéfice notable.
- L’Exposition de 1878 avait été l’objeQde critiques sérieuses au Conseil; il en est de même pour l’Exposition de 1889; elles ont été renouvelées par MM. Jobbé-Duval et Michelin devant votre Commission. Ces critiques portent sur le renchérissement des choses nécessaires à la vie, qu’amènent les expositions et qui se maintiennent au même taux une fois les expositions terminées, et sur les dépenses qu’elles entraînent pour la ville; elles portent également sur la nature de l’influence qu’elles peuvent avoir sur le commerce et l’industrie. Il est facile de réfuter la première de ces objections en constatant que la ville de Paris trouve dans la surélévation du produit de _ ses droits d’octroi la compensation de sa subvention.
- Nous répondons à la seconde qu’il peut arriver qu’une exposition soit nécessaire pour donner, à des heures déterminées, un élan aux pays qui se sont laissé dépasser. Alors les dépenses faites en vue de l’Exposition ne sont ni inutiles ni onéreuses, elles constituent un renouvellement industriel, elles forcent pour ainsi dire l’industrie à se sauver elle-même et à faire triompher le pays où elles sont établies sur le solide terrain économique que l’on a nommé libre-échange.
- La vie commerciale est, comme la vie humaine, une incessante bataille où il faut terrasser ses adversaires.
- Une exposition montre le but qu’il faut atteindre, elle rejette dans le courant ceux qui en étaient sortis; on s’y prépare, on y triomphe; elle a beaucoup servi, elle a sauvé peut-être.
- L’industrie française traverse une crise dont elle doit sortir. L’Exposition est un moyen factice, c’est possible, de remédier à cette crise, mais c’est un moyen, et il n’y a pas assez longtemps que nous avons eu recours à des moyens anormaux pour pouvoir complètement nous priver des prospérités que procurent les emprunts et les fêtes. Oui, la vie augmentera, oui, le salaire s’élèvera, mais si notre industrie nationale s’est mise à même de lutter victorieusement avec l’étranger, si elle a renouvelé son outillage, elle , ne calculera pas l’élévation du salaire; c’est un axiome d’industriel, qu’on ne paie jamais trop cher un bon ouvrier qui contribue à la prospérité de son patron. Et à côté de son utilité pour le patronat, ne pouvons-nous espérer que l’Exposition de 1889 développera chez nos ouvriers l’esprit d’association dont ils ont tant besoin? L’Exposition peut contribuer au bonheur de l’ouvrier autant qu’au bonheur de l’industriel.
- Voilà les raisons, Messieurs, qui nous rendent partisans d’une exposition. Ces raisons, elles ont déjà été données au Conseil général, et toutes celles qui peuvent se produire contre une exposition s’y sont également fait jour. Dans ces conditions, vous pourriez, je le crois, éviter, Messieurs, de rouvrir la discussion sur le principe même de l’Exposition, puisque la majorité des membres de cette assemblée se sont déjà prononcés en sa faveur comme membres du Conseil général. Mais il va sans dire, Messieurs, que si vous voulez recommencer cette discussion, votre Commission est à vos ordres. (Très bien!)
- M. Jobbé-Duval. — Je suis absolument d’accord avec M. le rapporteur pour reconnaître qu’il n’y a pas lieu de revenir sur la question même du principe de l’Exposition, ce principe ayant été adopté par le Conseil général et, par conséquent, par la plupart d’entre vous. Je me placerai, quant à moi, à un point de vue élevé. J’examinerai l’application du vote du Conseil général et de la décision du Gouvernement......
- L’orateur, après avoir émis quelques idées sur la disposition et l’emplacement de l’exposition, termine par ces paroles :
- Pour me résumer, d’ailleurs, je dirai seulement
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1
- Démanché ii Janvier 1885.
- que, quel que soit l’emplacement qui sera choisi pour l’Exposition de 1889, mon vœu le plus ardent est que cette exposition réussisse et fasse honneur à la fois à Paris et à la France.
- M. Michelin. — J’ai déjà combattu devant le Conseil général le principe même des expositions. Je viens renouveler les attaques qui peuvent et doivent être dirigées contre ce principe; je m’empresse, d’ailleurs, de dire que je ne ferai que les résumer....
- M. Michelin, après avoir fourni les explications déjà données au Conseil général, dépose la proposition suivante :
- « Considérant que le Gouvernement a pris seul l’initiative d’une exposition industrielle universelle pour l’année 1889, sans consulter ni le Parlement, ni le Conseil général de la Seine, ni enfin le Conseil municipal de Paris, ni les représentants autorisés du travail et de l’industrie ;
- « Le Conseil délibère :
- « Art. 1e1'. — Il n’y pas lieu de se prononcer sur le principe d’une Exposition universelle en 1889.
- « Art. 2. — Il n’y a pas lieu de donner un avis sur un emplacement quelconque, puisque cet avis ne lui est pas demandé.
- « Art. 3. — La Ville dégage dès maintenant sa responsabilité et déclare qu’elle ne peut, dans ces conditions, s’engager dans une participation pécuniaire.
- « Signé : Michelin, Robinet, Chautemps, Hub-bard, Rouzé, Darlot. »
- Cette proposition est combattue par MM. Dreyfus et Monteil.
- M. le Président. — Je vais mettre aux voix la proposition de M. Michelin.
- M. Michelin. — Je demande la division et le vote par articles.
- M. le Président. — Je mets donc l’article 1e1’ aux voix.
- M. Paul Viguier. — Je tiens à expliquer mon vote. J’estime que ce n’est pas sur le principe de l’Exposition que nous allons voter, mais sur la question de savoir si, le Conseil municipal n’étant présentement consulté par personne, il y a lieu, pour lui, de donner un avis qu’on ne lui demande pas.
- M. Rousselle. — Je m’associe à cette déclaration.
- M. Jobbé-Duval. — Moi aussi.
- M. le Président. — M. Michelin a donné lecture de son contre-projet; c’est sur son article 1e1', dont le texte vous est connu, qu’il va être voté.
- Le scrutin auquel il est procédé sur l’article icr du contre-projet de M. Michelin donne les résultats
- suivants :
- Nombre de votants..... 63
- Majorité absolue......... 32
- Pour........... ........ 17
- Contre...,............... 46
- Le Conseil n’a pas adopté l’article icr.
- L’article 2 du contre-projet, mis aux voix, n’est pas adopté.
- L’article 3 est renvoyé au moment de la discussion sur l’article 4 du projet de la Commission.
- M. le Président. — Je mets aux voix l’article 1e1' du projet de délibération de la Commission ainsi conçu :
- « Il y lieu d’adopter le principe d’une Exposition universelle internationale en 188g. »
- Il y a une demande de scrutin.
- Le scrutin auquel il est procédé donne les résultats suivants :
- Nombre de votants.... 65
- Majorité absolue........... 33
- Pour....................... 52
- Contre..................... i3
- Le Conseil a adopté l’article icr.
- M. le Président. — La discussion est ouverte sur l’article 2 du projet de la Commission, relatif à la désignation d’un emplacement. — La parole est donnée à M. Guichard, l’un des rapporteurs.
- M. Guichard. — Messieurs, nous nous étendrons fort peu sur les motifs qui nous ont fait repousser divers emplacements proposés pour l’Exposition de 1889.
- On trouvera dans notre rapport les développements critiques relatifs à chacun d’eux, développements sur lesquels nous reviendrons si la discussion nous y oblige.
- Nous croyons devoir insister d’abord sur les procédés et la méthode que nous avons suivis pour arriver à nos conclusions.
- Notre préoccupation première a été d’écarter toutes les considérations d’intérêt local.
- C’est d’axiomes et de chiffres que nous nous sommes servis pour déterminer le choix de l’emplacement.
- Nous avons dit :
- i° Le but d’une exposition est, sans conteste, d’être visitée par le plus grand nombre possible de citoyens ;
- 20 La première condition pour atteindre ce but est qu’elle soit facilement accessible à tous;
- 3° Cette condition sera d’autant mieux remplie qu’il faudra moins de temps et moins d’argent au visiteur pour se rendre à l’exposition.
- Il est non moins incontestable que le plus grand nombre des citoyens disposent de peu de temps
- et de peu d’argent; et dans tous les cas, « times is money » pour tout le monde. Partant de ces axiomes qui nous paraissent indiscutables, nous avons cherché, de tous les emplacements proposés celui qui répondait le mieux à ces exigences.
- Nous avons pris le centre de chacun des vingt an ondissements de Paris. Nous avons multiplié le nombre d habitants de chaque arrondissement par le nombre de mètres qui sépare le centre de chaque arrondissement de l’exposition, de façon à obtenir la somme de distances à parcourir par les 2,269,000 habitants pour s’y rendre.
- Répétant ce calcul pour les quatre emplacements de Courbevoie, Saint-Ouen, Vincennes et le Champ-de-Mars, nous sommes arrivés aux résultats suivants :
- 19>8y8,882 kilomètres. 12,982,330 —
- i2,q63,566 —
- . t'-tzjO-5 —
- On voit par ces chiffres que le Champ-de-Mars offre cet avantage d’exiger un tiers de moins de trajet que remplacement le plus rapproché et si l’on considère que chaque visiteur devra faire un trajet double de celui de l’aller pour revenir chez lui, le Champ-de-Mars épargne un parcours de 6,77kilométrés aux 2,269,000 habitants ou 25Q8q. mctrcs par habitant, soit trois quarts de lieue.
- La meme opération appliquée à Courbevoie donne plus de neuf kilomètres (soit un supplément de près de deux lieues et demie) à faire pour chaque habitant. 1
- Ces chiffres se passent de commentaires.
- Après un échange d’observations entre MM. Marsoulan, Gamard, de Ménorval et Lyon-Alemand, M. le président donne la parole à :
- M. Mu^et. — Je ne vous ferai, Messieurs, pour ne pas abuser de votre patience, qu’une citation qui ne peut manquer d’être bien accueillie ici, car elle émane d’un des anciens membres des plus éminents de cette assemblée, Viollet-le-Duc rapporteur, en 1876, d’une sous-commission de la Commission supérieure des expositions; voici comment il s exprimait au sujet d’un emplacement :
- M. _ Muzet donne ensuite lecture du rapport de M. Viollet-le-Duc qui concluait en ces termes :
- « Votre sous-commission a donc cru devoir vous proposer de repousser les emplacements prévus hors de 1 enceinte et de s’en tenir au terrain du Champ-de-Mars. »
- , Moi aussi, Messieurs, j’ai consulté sur le projet d exposition un grand nombre d’industriels et de commerçants, et même du 3e arrondissement : ils sont favorables au choix du Champ-de-Mars. Ils estiment comme moi, que la ville de Paris, qui paierait meme si l’exposition était hors de son enceinte, doit profiter des bénéfices qu’elle lui apportera. (Très bien!)
- M. Cernesson. — J’ai présenté, Messieurs, le contre-projet suivant :
- « Le Conseil municipal est d’avis :
- « i° Que remplacement de l’Exposition universelle de qSSg soit strictement limité à un emplacement contenu dans le territoire communal de Paris (Paris intra-muros) ou dans le territoire domanial contigu (bois de Boulogne et de Vincennes) ;
- _ « 20 Qu’un concours sera ouvert entre tous les citoyens français avec toute liberté dans le choix de remplacement (sous réserve de ce qui est inscrit au § ior) et des dispositions à prendre;
- « 3° Qu’un programme du concours soit dressé le plus promptement possible ;
- « 40 Que la ville doit réserver la question de tout apport financier ou autre jusqu’au moment où une décision définitive aura été prise à la suite du concours. »
- Après quelques observations de MM. Dreyfus, Songeon et du directeur des travaux de Paris, M. le président met aux voix l’amendement de M. Cernesson.
- Le scrutin auquel il est procédé donne les résultats suivants :
- Courbevoie
- Saint-Ouen
- Vincennes
- Champ-de-Mars
- Nombre de votants......... 60
- Majorité absolue.......... 3i
- Pour..................... . 10
- Contre.................... 5o
- M. Georges Martin. — Je dépose la proposition suivante :
- « Les soussignés,
- « Considérant que tous les membres du Conseil municipal doivent avoir la possibilité de faire connaître quel est l’emplacement qu’ils considèrent être le meilleur pour l’Exposition de 1889,
- « Demandent au Conseil de décider que le vote aura lieu à bulletin individuel, portant au-dessous du nom du conseiller la désignation de l’emplacement qu’il considère comme le meilleur. »
- Signé : Georges Martin, Cattiaux, Marsoulan, etc., etc.
- Je crois que cette proposition ralliera tous les suffrages du Conseil. Son adoption permettra à chacun de nous de faire connaître sa pensée, sans qu’il soit besoin pour cela de procéder à une série de votes sur chaque emplacement. (Très bien!)
- M. Dreyfus. — La Commission accepte la proposition de M. Georges Martin.
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- Première Année. — N° 2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Janvier i885. — 3.
- La proposition de M. Georges Martin est mise aux voix et adoptée.
- M. le Président. — En conséquence de ce vote, chaque membre du Conseil déposera dans l’urne un bulletin blanc, sur lequel il aura inscrit l’emplacement pour lequel il entend voter.
- Ceux qui ne voudront pas désigner d’emplacement pourront déposer un bulletin sans aucune indication.
- Le scrutin est ouvert.
- ’ Le scrutin auquel il est procédé sur la détermination de l’emplacement à attribuer à l’exposition, donne les résultats suivants :
- Nombre de votants......... 72
- Majorité absolue.......... 37
- Ont voté :
- Pour le Champ-de-Mars, 49.
- Pour Vincennes, 14.
- Pour la zone du bois de Boulogne, 4
- Pour Courbevoie, 1.
- Pour Montsouris, 1.
- Pour le Sacré-Cœur, 1.
- Bulletins blancs, 2.
- Le Conseil a adopté l’emplacement du Champ-de-Mars.
- En conséquence de ce vote, l’article 2 du projet de délibération de la Commission est adopté.
- M. le Président. — Je vais mettre l’article 3 aux voix. Il est ainsi conçu :
- « Le Conseil municipal est d’avis que des concours et une partie au moins des fêtes du centenaire aient lieu à Vincennes et à l’est de Paris. »
- Après quelques observations de MM. Dreyfus, Michelin, Marsoulan, Gamard et Monteil, le scrutin auquel il est procédé, sur l’article 3 des conclusions de la Commission, donne les résultats
- suivants :
- Nombre de votants......... 47
- Majorité absolue.......... 24
- Pour...................... 42
- Contre...................... 5
- L’article 3 du projet de délibération de la Commission est adopté.
- M. le Président. — L’article 4 est ainsi conçu :
- « La forme et les conditions de participation de la ville de Paris seront réglées, s’il y a lieu,par des délibérations spéciales du Conseil municipal. »
- M. Songeon. — Je demande la suppression pure et simple de l’article 4. La Commission, en réalité, vise simplement les conditions de location des terrains à l’Etat. Eh bien! ce n’est pas la peine d’introduire cette clause. Si l’Etat nous fait des offres, la Ville aura à les examiner. J’insiste donc pour la suppression de l’article 4.
- M. Michelin. — Il est nécessaire d’établir nettement la responsabilité de la Ville qui, par nos votes, se trouve engagée dans une dépense dont elle ne peut prévoir l’importance, mais qui certainement sera considérable.
- Je dépose, en conséquence, l’article suivant qui prendrait la place de l’article 4 proposé par la Commission.
- « Art. 4. — La ville réserve la question de tout apport financier ou autre.
- « Signé : Michelin, Sauton. »
- M. le Directeur des travaux. — L’article 4 du projet de la Commission contenait une réserve au point de vue financier; on a retiré cet article. Or, dans le Champ-de-Mars, la Ville a une propriété dont il importe de sauvegarder les droits; comme le Champ-de-Mars sera livré à tous les projets qui peuvent se présenter, j’ai demandé qu’un mot dans la délibération me permette de défendre les droits de la Ville s’ils sont menacés. (Très bien ! très bien !)
- De toutes parts. — La clôture ! la clôture !
- M. Songeon. — En présence de la déclaration de M. le directeur des travaux et de la nouvelle rédaction présentée par la Commission, je déclare que je retire mon amendement. (Très bien!)
- M. Michelin. — Pour les mêmes motifs jè retire également le mien.
- L’article 4, dans les termes indiqués par M. Dreyfus, est mis aux voix et adopté.
- L’ensemble du projet de délibération est adopté.
- M. Dreyfus, président de la Commission. — Je demande au Conseil de vouloir bien autoriser la Commission, si elle est convoquée par la commission de l’Etat, à aller défendre devant elle les délibérations du Conseil municipal, dans les termes et avec les réserves qui ont été indiquées. (Assentiment.)
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- NOMINATIONS DANS L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- M. Benoît (René), importants travaux à la commission internationale des unités électriques (Exposition universelle de 1881).
- M. Burel (Arthur), propriétaire agriculteur à Jongueusemare (Seine-Inférieure). Membre du jury dans divers concours régionaux et à l’Exposition de 1878.
- M. Darier (Emile) armateur à Marseille. Médaille d’or à l’Exposition de 1878.
- M. Dumoutier, agriculteur-éleveur à Claville (Eure). Prix d’honneur à diverses expositions.
- M. Lefebvre (Charles), propriétaire-éleveur à Artenay (Loiret). Nombreuses récompenses à diverses expositions.
- M. Hugues (Emile-Frédéric), industriel à Saint-Quentin. Médaille d’or à l’Exposition de 1878.
- M. Marqueste, artiste statuaire. Prix de Rome 1871.
- M. Terrier, artiste peintre. Prix de Rome 1872.
- M. Lhermitte, artiste peintre.
- M. Gion, architecte.
- EXPOSITIONS DE L’ANNÉE 1885
- FRANCE
- Paris.—' Exposition du travail (Juillet-Novembre).
- Exposition de boulangerie et de meunerie.
- BELGIQUE
- Anvers (Mai-Octobre).
- ALLEMAGNE
- Kœnigsberg (Mai-Juillet).
- Nuremberg.— Exposition d’ouvrages d’orfèvrerie, joaillerie, bronzes d’art et d’ameu-iDlement (Juin-Septembre).
- AUTRICHE-HONGRIE
- Budapest (Mai-Octobre).
- ÉGYPTE
- Le Caire (Janvier-Juillet).
- ÉTATS-UNIS
- La Nouvelle-Orléans (Janvier-Mai).
- La sous-commission chargée d’étudier la désaffectation du Champ-de-Mars et les voies et moyens qui permettraient de donner au ministère de la guerre une compensation dans les meilleures conditions possibles a tenu plusieurs séances; tout porte à croire qu’on va arriver très prochainement à une solution. Le ministère delà guerre, le ministère des finances paraissent être disposés à faire toutes les concessions possibles pour arriver à une entente avec la Ville de Paris.
- La commission plénière de l’Exposition est convoquée pour samedi.
- SÉANCE DE LÀ COMMISSION
- La commission de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie au ministère du commerce le lundi 22 décembre.
- M. Antonin Proust a rendu compte de la démarche qu’il a faite auprès de M. le ministre de la guerre, pour le saisir du vœu émis par la commission en vue de la désaffectation du Champ-de-Mars. Il a donné lecture d’une lettre qui lui a été adressée à ce sujet par M. le général Campenon et d’où il résulte que le ministre serait disposé à prendre en sérieuse considération le vœu dont il s’agit. Il lui paraît cependant indispensable qu’un terrain puisse être mis à sa disposition pour l’instruction des troupes, en échange du Champ-de-Mars. La réponse de M. le général Campenon, conçue dans un esprit très conciliant, a été fort bien accueillie par la commission.-
- MM. Antonin Proust, Alphand, le général Gallimard et Boulangeront discuté les voies et moyens à employer pour donner satisfaction à l’administration de la guerre. A la suite de cette discussion, il a été décidé qu’une étude préalable serait faite par la sous-commission nommée à la précédente séance et à laquelle a été adjoint M. le général Gallimard. La séance de la commission a été levée à onze heures.
- Nous publierons ultérieurement le compte rendu in-extenso de cette séance.
- A l’issue de cette séance la sous-commission de l’emplacement s’est immédiatement réunie et a commencé l’étude dont elle est chargée.
- Dans notre prochain numéro nous donnerons le compte rendu in-extenso de cette séance.
- La sous-commission de l’emplacement et celle des finances ont été convoquées, la première, pour le mardi 6 janvier, la seconde, pour le jeudi 8.
- Jusqu’à nouvel ordre les comptes rendus des séances de ces sous-commissions ne seront pas communiquées à la presse.
- RÉUNION
- DES MEMBRES DU JURY ET DES DIVERS COMITÉS
- DE l’exposition de 1878.
- M. Dietz-Monnin, président, a adressé à tous les membres de la Réunion la lettre suivante:
- Paris, le 2 jancien 1885.
- Monsieur et Cher Collègue,
- La Délégation nommée en Assemblée générale delà Réunion des membres du Jury et des divers Comités de l’Exposition de 1878 a été reçue le 26 décembre dernier par M. le ministre du commerce.
- Conformément aux vœux que vous aviez exprimés, la Délégation a offert au Gouvernement le concours dévoué et actif des membres qui composent la réunion et témoigné de leur désir de participer à la formation du capital de garantie de l’Exposition de 1889.
- M. le Ministre a répondu qu’il appréciait l’offre de concours qui lui était faite et que, lors de la composition des Commissions d’organisation, il n’aurait garde d’oublier les membres de la Réunion.
- Quant à la constitution du capital de garantie; il pense que la souscription sera offerte dans des conditions telles que tous ceux qui s’intéressent au succès de l’Exposition pourront y prendre part.
- Je me félicite, Monsieur, de voir que le groupement de ceux qui ont collaboré au succès de l’Exposition de 1878 se soit maintenu et développé jusqu’à ce jour, et j’espère que nous persévérerons tous dans ces sentiments d’union pour prendre une large part d’action à l’Exposition du centenaire de 1889.
- Confiant dans cette espérance, je vous prie, Monsieur et cher Collègue, d’agréer mes bien cordiales félicitations.
- Le Président de la Réunion,
- DIETZ-MONNIN.
- LES EXPOSITIONS AGRICOLES
- L EXPOSITION DE BEAUVAIS
- M. Dupont, l’honorable président de l’Exposition qui doit s’ouvrir à Beauvais en même temps que le Concours agricole de 1885, a, dans la première réunion du Comité général, donné lecture aux membres de ce Comité d’un exposé très complet de ce qu’il entend faire pour mener à bien l’œuvre dont il a la direction.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro le programme détaillé de cette Exposition.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SPORT DANS L ART
- Cette exposition, qui est ouverte depuis le 15 décembre dernier, obtient le plus vif succès. Nos principaux artistes y ont envoyé des tableaux, des aquarelles, des dessins ou des sculptures admirés par le nombreux public qui chaque jour visite la magnifique galerie de M. Georges Petit.
- Citons parmi les œuvres les plus remarquées :
- U Hiver, de Boucher; le Rendez-Vous, de J.-L. Brown; Le Portrait de M. Vigecint, de Carolus-Durand; Le Départ de course de gentlemen-riders, de Degas; ldEquipage de Menetou, de Ed. Détaillé; Coqs et Poules, de Géricault \Hallali dé un louoart, de Jadin ; Postillon revenant haut le pied, de Meissonier ; Le Grand Prix de Paris, de de Nittis ; Cerf tenant aux chiens , de O. de Penne; Lévriers et Nature morte, de Régnault ; Les Chiens en arrêt, de H. Yernet; Les Bcotards arrêtés sur Le change, de A. Cain, etc., etc.
- La clôture de cette intéressante exposition est fixée au 31 janvier 1885.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche ii Janvier iS85.
- FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU
- MINISTRE EN I 7 g S
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- VUE DU CHAMP DE MARS EN^iygS
- (d’après une gravure de l’époque).
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- 6. — Première Année.
- N° 2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Janvier 1885.
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Nos lecteurs n’ignorent pas qu’une exposition d’une grande importance vient de s’ouvrir à la Nouvelle-Orléans, sous le nom de : « Exposition universelle de l’industrie et du Centenaire du coton. » Elle est due à l’initiative de l’Association nationale des planteurs cotonniers de l’Amérique, qui, dès 1882, se proposa de fêter avec éclat, en 1884, le centième anniversaire de la première exportation du coton d’Amérique. Peu à peu, le projet primitif se développa, s’agrandit, et on résolut de donner à cette grande manifestation un caractère à la fois national et international, en en faisant en même temps une Exposition universelle de l’industrie. C’est en ce sens que le Congrès des États-Unis vota un acte qui fut approuvé le 10 février 1883 ; le 24 avril suivant, il fut décidé que l’exposition aurait lieu à la Nouvelle-Orléans; et enfin, le 10 septembre de la même année, une proclamation présidentielle invita toutes les nations étrangères à prendre part à cette imposante solennité, et à s’y faire représenter.
- Cet appel a été entendu; et, dans notre prochain numéro , en publiant un plan de l’Exposition, nous serons en mesure d’en faire connaître la disposition, d’ensemble et les grandes divisions, en même temps que nous donnerons quelques détails sur la part qu’y ont prise nos compatriotes. Nous voulons seulement, aujourd’hui, par quelques considérations générales, faire ressortir l’intérêt qu’il y avait pour la France à y être largement représentée.
- Constatons tout d’abord que l’exposition qui vient de s’ouvrir coïncide précisément, et de la façon la plus heureuse, avec la . v. renaissance de la Nouvelle-Orléans et de l’État de la Louisiane, dont elle est, sinon la capitale, du moins la ville la plus importante, le port le plus considérable. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur la carte des États-Unis pour se rendre compte de la position exceptionnellement favorable de la Nouvelle-Orléans et de l’avenir réservé à cette ville, située sur la rive gauche du Mississipi, dans une île, à 160 kilomètres du golfe du Mexique. Grâce à la fertilité de son sol et à la douceur de son climat, qui favorisent dans une large mesure l’immigration , la Louisiane est une des plus admirables contrées des États-Unis.
- La guerre de sécession porta un coup terrible à cette contrée, et les conséquences s’en firent, pour elle, longtemps sentir. Maintenant, la Nouvelle-Orléans se remet rapidement du préjudice que lui a causé une longue période d’inactivité occasionnée par cette guerre ; période pendant laquelle tous les progrès étaient accomplis par d’autres villes rivales de l’Ouest, reliées par des voies ferrées aux ports de l’Atlantique, tandis que la grande artère commerciale du Mississipi était momentanément inutilisée. Mais , on ne l’ignore pas , l’Amérique n’est pas seulement le pays des surprises de tous genres ; elle est aussi le pays des transformations rapides et des progrès imprévus. De même que, il y a quelques années, on vit les États-Unis , après avoir été quelque temps tributaires de l’étranger pour les produits métallurgiques , créer, dans diverses régions, en Pensylvanie notamment, de nombreuses usines dans lesquelles l’industrie sidérurgique prit tout à coup une extension colossale ; de même on voit, à présent, la Louisiane et sa capitale commerciale renaître, pour ainsi dire, de leurs cendres , et prendre tout d’un coup une extension qui, dans d’autres pays, aurait exigé de longues années d’efforts.
- On peut donc, sans exagération, dire qu’il s’ouvre là, pour l’industrie européenne en général, et pour l’industrie française en particulier, un nouveau et vaste champ dont l’exploi-
- tation ne peut manquer d’être fructueuse et largement rémunératrice. La Louisiane, en effet, n’est pas une contrée manufacturière et industrielle; c’est, avant tout et surtout, un pays agricole, où les produits du sol constituent l’immense majorité des opérations commerciales. Le coton vient en première ligne; et, pour ne parler que de la France et ne citer que deux chiffres, disons, par exemple, que, pendant l’année commerciale 1875-1876, la France a reçu d’Amérique 456,866 balles de coton, dont 324,328 balles lui étaient expédiées de la Nouvelle - Orléans. A la suite viennent les jutes , les produits des salines, les produits forestiers, le tabac, les sucres, le poivre, etc. Il y a donc là, pour les diverses industries françaises, une facilité d’échanges pour ainsi dire illimitée, un élément de trafic considérable, un nouveau marché avec lequel le chiffre des transactions peut atteindre des proportions incalculables. Voilà pourquoi il était d’un intérêt capital pour nos nationaux de saisir cette occasion exceptionnelle de faire connaître leurs produits dans la grande métropole commerciale du sud des États-Unis, qui est maintenant capable, comme on l’a dit, de rivaliser, par l'étendue de ses affaires et ses sources de profit, avec les ports commerciaux les plus importants de l’Océan.
- Cet intérêt n’est pas limité à la Louisiane et à la Nouvelle-Orléans : cette grande cité est reliée aux diverses parties de l’Union par plusieurs lignes de chemins de fer dont le parcours dépasse quelquefois mille lieues ; ces immenses artères, ainsi que le Mississipi, mettent la Nouvelle-Orléans et les produits qui y arrivent en communication directe, rapide et économique avec les contrées les plus fertiles et les plus peuplées de l’Amérique du Nord. La ville même présente au commerce des facilités exceptionnelles pour le dépôt et la manutention des marchandises ; les quais sont admirablement disposés. On se rendra compte enfin, de la façon dont les Américains entendent l’aménagement d’un port, quand on saura que, seulement pour la manipulation et le chargement des grains, ces quais sont pourvus de six élévateurs flottants. A mesure que le chenal s’approfondit, grâce aux travaux qu’on y exécute chaque année, le port reçoit un nombre toujours plus grand de steamers, dont le tonnage augmente en proportion. Deux lignes françaises de navigation à vapeur font un service régulier sur la Nouvelle-Orléans : la compagnie Transatlantique et la compagnie Commerciale française. Souhaitons que ce service se développe rapidement, et, pour en démontrer la nécessité, signalons ce fait que, depuis quelques mois, la Belgique a établi une ligne d’Anvers aux ports cubains, avec escale à la Nouvelle-Orléans.
- Nous pensons avoir fait suffisamment ressortir l’importance qu’il y avait pour la France à ce que son industrie fût largement représentée à l’Exposition qui vient de s’ouvrir ; nous savons que beaucoup de nos compatriotes l’ont compris ; et, dans un prochain article, nous donnerons quelques renseignements sur l’Exposition et, en particulier, sur la section française.
- Henry DUHAMEL.
- ÉCHOS
- Paris
- L’inauguration de l’Exposition d’électricité qui devait avoir lieu le 5 janvier est renvoyée au 20 courant.
- L’Association des inventeurs et artistes industriels créée par le baron Taylor en 1849, s’inspirant des idées de son illustre fondateur, inaugure, pour l’année 1885, une exposition des inventions brevetées en France, qui se tiendra au palais de l’Industrie, de juillet à novembre.
- Son but est de mettre en évidence les innovations récemment apportées dans les diverses branches
- de l’industrie et de fournir aux inventeurs la possibilité de faire connaître et apprécier leurs travaux, en leur facilitant la mise en valeur de leur invention.
- Cette exposition, à laquelle ne pourront être admises que les inventions brevetées depuis le 1er janvier 1870, constituera une classe spéciale et autonome dans l’exposition du travail qui se tiendra à la même époque, au palais de l’Industrie. Le t ravail et l’invention se touchant partant de points ont si fréquemment uni leurs efforts, que leur réunion dans une même enceinte sera un double attrait pour les visiteurs de cette exposition.
- Les demandes d’admission devront être adressées, avant le 15 février prochain, au commissaire général de l’Exposition des inventions, 25, rue Bergère, à Paris, siège de l’Association des inventeurs et artistes industriels.
- M. Georges Berger, ancien commissaire général, ancien directeur des sections étrangères en 1867 et 1878, vient de faire paraître une intéressante brochure sur Y Exposition universelle de 1889, dont il étudie et compare les divers modes d’organisation. Nous reviendrons sur cette importante étude.
- VARIÉTÉS
- NOS GRAVURES
- Il n’existe ni gravures ni plans se rattachant à l’Exposition de 1798. On sait cependant que, quelques jours avant l’ouverture de cette Exposition , de grandes fêtes eurent lieu à Paris. La gravure que nous donnons dans ce numéro reproduit fidèlement l’aspect du Champ-de-Mars qui avait été choisi comme point central des réjouissances publiques. Les constructions que l’on remarque dans le fond sont l’entrée principale de l’Exposition.
- Les fêtes de la Liberté et 1 ’ Entrée triomphale des monuments des Sciences et Beaux-Arts furent célébrées les 9 et 10 thermidor, an VI de la République française.
- Les écrivains de l’époque assurent qu’elles éclipsèrent, comme éclat, les fêtes de l’Elide et de la Laconie et même les pompes triomphales du Capitole.
- Ces fêtes furent pour ainsi dire le prologue de l’Exposition ; c’est à ce titre que nous en donnons la description.
- Le génie de la Révolution avait bien inspiré les organisateurs de cette admirable cérémonie. On va en juger.
- Le 9 thermidor, à neuf heures du matin, le cortège qui devait accompagner les monuments antiques et autres objets conquis par nos armées se trouva réuni, dans un ordre parfait, sur la rive gauche de la Seine, près le Muséum d’histoire naturelle.
- Les chars qui portaient ces richesses artistiques, ornés de trophées, de guirlandes et d’inscriptions, se mirent en marche, précédés d’un détachement de cavalerie et d’un corps de musique militaire.
- Le cortège était divisé en trois parties distinctes.
- Il y avait vingt-sept chars.
- La première division était précédée d une bannière sur laquelle on lisait : « Histoire
- NATURELLE. »
- Les professeurs, les administrateurs du Muséum, accompagnés des élèves et des amateurs, suivaient immédiatement. Voici l’ordre du défilé des chars :
- Celui des minéraux. On y lisait cette inscription : « L’Art y découvre des propriétés nouvelles. »
- Celui des pétrifications de Vérone avec ces mots : « Monuments de l’antiquité du globe. »
- Celui des graines et des végétaux étrangers avec ces paroles : « Elles multiplieront nos richesses et ?ios jouissances. »
- Celui des végétaux étrangers, cocotiers , bananiers, palmiers.
- Le cinquième char contenait un lion d’Afri-
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- Première Année. — N° 2.
- que; le sixième, une lionne; le septième, un lion du Sahara; le huitième, un ours de Berne. Deux chameaux et deux dromadaires suivaient.
- Le neuvième char contenait des outils, des instruments et des ustensiles d’agriculture en usage dans l’Italie. On y lisait cette inscription : « Cérès sourit à nos trophées. »
- Le dixième char portait deux immenses blocs de cristal, don fait par les habitants du Valais à la République française.
- Un détachement de troupes fermait le défilé de cette première division.
- La deuxième division était précédée d’une bannière sur laquelle on lisait : « Livres,
- MANUSCRITS, MÉDAILLES, MUSIQUE, CARACTÈRES D’IMPRIMERIE DE LANGUES
- orientales. » — Les sciences et les arts soutiennent et embellissent la Liberté.
- Un choeur chantait des hymnes patriotiques. On voyait successivement les députations des sociétés libres, les députations d’artistes des théâtres de Paris , des artistes typographes ; les conservateurs des bibliothèques publiques ; les professeurs de l’Ecole polytechnique ; les professeurs du collège de France. Ces derniers portaient le buste d’Homère posé sur un trépied antique et précédé d’une bannière sur laquelle on lisait : « Sept villes se disputèrent Vhonneur de lui avoir donné naissance. »
- La troisième division était celle des Beaux-Arts. On lisait sur la bannière : « Les Arts cherchent la terre ou croissent les lauriers. La Grèce les céda, Rome les a perdus. Leur sort changea deux fois,
- IL NE CHANGERA PLUS. «
- Un chœur de -jeunes artistes exécutait une cantate.
- Venaient ensuite les lauréats des écoles spéciales de peinture, de sculpture et d’architecture, ou ceux des différents concours ouverts par le gouvernement ; le personnel de l’administration du Musée central des arts, du musée spécial de l’Ecole française, du musée des monuments français ; les professeurs des Écoles de peinture, de sculpture et d’architecture; les élèves de ces écoles, rangés de chaque côté des chars.
- On remarquait les fameux chevaux du Carrousel, autrefois de la place Saint-Marc h Venise, transportés de Corinthe à Rome, de Rome à Constantinople, de Constantinople à Venise et de Venise en France.
- On lisait sur le char: « Ils sont enfin sur une terre libre. »
- Les statues étaient innombrables : Apollon et Clio, Melpomène et Tlialie, Erato et Ter-psichore, Calliope etEuterpe, Uranie etPolym-nie Une vestale portait cette inscription: « L’amour de la Patrie est le feu sacré des Français. »
- L’Amour et Psyché, la Vénus du Capitole , le Mercure du Belvédère, Vénus et Adonis, l’Antinoüs égyptien, l’Antinoüs du Belvédère, le Tireur d’épine, le Discobole, le Gladiateur mourant, le Méléagre, le Trajan, l’Hercule Commode.
- Marcus Brutus portait cette inscription : « Il frappa les tyrans et non la tyrannie. »
- On voyait encore Caton, Démosthène, Por-cie, Posidiphe, Ménandre, l’Apollon du Belvédère, etc, etc.
- Le cortège suivit les boulevards jusqu’au Champ-de-Mars.
- A l’arrivée , les chars se rangèrent sur trois grandes lignes et les assistants se groupèrent dans l’ordre qui leur avait été assigné.
- Les bustes de Brutus et d’Homère furent déposés sur deux cippes.
- Le ministre de l’intérieur, entouré des membres de l’Institut national des Sciences et des Arts, prononça un discours au pied de la statue de la Liberté, devant l’autel de la Patrie, décoré d’une façon magnifique.
- L’affluence était énorme.
- Le soir, les maisons du Champ-de-Mars et le Cirque furent illuminés. On dansa aux sons de l’orchestre placé près de la Seine.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Le lendemain , 10 thermidor, les fêtes commencèrent à trois heures, et furent la répétition de celles de la veille.
- Un aérostat enguirlandé et portant les attributs de la liberté et des arts s’éleva dans les airs au moment où le Directoire levait la séance, pendant que les musiques jouaient et que le peuple chantait le Chant du Départ.
- Louis LAUNAY.
- FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU
- Le primidi onze fructidor an VI de la République (23 août 1798), le Moniteur universel insérait dans ses colonnes une circulaire de François de Neufchâteau, ministre de l’intérieur, adressée aux administrations centrales de départements et aux commissaires du Directoire exécutif près ces administrations, au sujet de l’exposition industrielle qui devait avoir lieu au Champ-de-Mars, pendant les trois derniers jours complémentaires de l’an VI, c’est-à-dire les 19, 20 et 21 septembre 1798.
- Tous les esprits généreux et éclairés étaient alors animés d’un noble élan pour la reconstitution d’une Société que l’ancien régime avait laissée s’effondrer. Il s’agissait de donner une vie nouvelle à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.
- « Les Français ont étonné l’Europe par la rapidité de leurs exploits guerriers, disait la circulaire de François de Neufchâteau, ils doivent s’élancer avec la même ardeur dans la carrière des arts et de la paix. »
- François était bien l’homme de la situation. L’ancien pensionnaire du collège des jésuites de Neufchâteau s’était épris des idées nouvelles ; à l’Assemblée législative, il avait voté toutes les mesures libérales. Poète, auteur dramatique, ami des arts et de l’agriculture, le bon François redoutait toutes les violences et toutes les tyrannies. C’était l’homme sage par excellence. Mais les excès sanguinaires ne l’avaient ni décourqgé ni jeté dans la réaction ; malgré les aspérités de la route il avait confiance dans l’avenir. Les coups de force de la Convention l’avaient effrayé, mais il avait salué avec enthousiasme la vive lumière que ce fanal gigantesque avait projetée sur le monde. Après la Terreur, le calme était revenu, et, sur les instances du Directoire, François de Neufchâteau s’était décidé à accepter les fonctions de ministre de l’intérieur. On sait que cette vaste administration comprenait alors dans ses attributions l’instruction publique, les arts, l’agriculture, le commerce et l’industrie, attributions actuellement réparties entre cinq ministères.
- Louis-Nicolas-François de Neufchâteau naquit à Saffais, près Rosières-sur-Mouzon (Lorraine), le 17 avril 1750. Son père était un modeste maître d’école de village. Grâce à un recueil de poésies diverses imprimé à Neufchâteau : épîtres, fables, imitations d’Anacréon, d’Ovide, d’Horace et de Virgile, à l’âge de quatorze ans, François est déjà célèbre. L’écho de sa renommée parvient jusqu’au philosophe de Ferney, alors âgé de soixante-douze ans. Voltaire adopte comme secrétaire ce jeune poète déjà reçu membre des Académies de Dijon, de Lyon, de Marseille et de Nancy. Cependant, bientôt après, le bailli d’Alsace fait entrer François dans la magistrature et dans l’administration.
- Un arrêt du parlement de Lorraine venait alors de sanctionner la décision par laquelle le ville de Neufchâteau'avait adopté François en lui donnant son nom. Il poursuivait avec ardeur une traduction de l’Arioste, lorsqu’en 1783, le maréchal de Castries, ministre de la marine, le fit nommer gouverneur général au Conseil supérieur de Saint-Domingue.
- Vers la fin de 1787, François de Neufchâteau revenait en France, pensant à la gloire que
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- la traduction de Roland furieux allait faire rejaillir sur lui; tout à coup la frégate échoue sur les récifs de Mogane. A demi nu, le poète échappe à la mort, mais le navire disparaît, emportant dans l’abîme le précieux manuscrit; pendant sept jours entiers, sans sommeil, sans aliments, sans vêtements, le pauvre François lutte contre le désespoir avec ses compagnons d’infortune dont l’un expire sous ses yeux dans un tourbillon d’écume.
- Revenu enfin dans sa patrie, François de Neufchâteau se retire dans le petit domaine qu’il avait acheté à Vicherey, au pied des montagnes des Vosges, lorsque la commotion formidable de la Révolution inspire à notre conseiller en retraite le désir de rentrer dans la mêlée. Il apprend que les états généraux sont convoqués. Il rédige les cahiers du bailliage de Toul. Il se fait d’abord nommer député suppléant à l’Assemblée nationale, puis député à la première Assemblée législative, où il remplit les fonctions de secrétaire, ensuite de président.
- Elu membre de la Convention, François de Neufchâteau refuse d’y siéger. Nommé ministre de l’intérieur par cette même Convention, il ri’accepte pas davantage, préférant les humbles fonctions de juge de paix dans les Vosges.
- Il y goûtait les douceurs de la vie champêtre, quand il lui fallut un jour monter dans le coche de Paris. Il allait réclamer à l’administration centrale des subsistances pour son département. Les Vosgiens criaient famine. Aussi, avant de partir pour la capitale, avait-il eu soin de faire imprimer à Neufchâteau une lettre aux cultivateurs des Vosges pour leur proposer une manière plus facile et plus économique de semer et de recueillir les grains.
- A Paris, François de Neufchâteau se multiplie. Agronome, administrateur, ministre et philosophe, il déploie un labeur continuel. Il adresse mémoires sur mémoires à la Convention : les moyens de suppléer au défaut de bras pour les récoltes, la nécessité d’assurer la subsistance du peuple par les greniers d’abondance, etc. Entre temps, pour se reposer de ses travaux agricoles et politiques, il fait jouer au Théâtre-Français Paméia,puis le Valet de deux maîtres. Le Ie1, août 1793, la première représentation de Paméla, comédie en cinq actes, en vers, obtient un succès d’enthousiasme. Le 29 août, la salle est déjà comble. Le rideau se lève : arrive un ordre du comité de Salut public interdisant de jouer Paméla. L’auteur s’incline, remanie ses vers, modifie son dénouement. Par arrêté du 30 août, Robespierre et tous les membres du Comité lèvent l’interdiction. Le 2 septembre, la neuvième représentation reprend son cours, mais arriye une tirade se terminant par ces vers :
- Ah ! les persécuteurs sont les plus condamnables,
- Et les plus tolérants sont les plus raisonnables.
- C’en est trop ! Voilà le théâtre fermé et le poète incarcéré à la Force. Il s’y console en gravant ce quatrain sur un mur :
- Bien loin de quereller les dieux,
- Je me résigne et sais me taire.
- Ma devise est qu’il vaut mieux,
- Souffrir le mal que de le faire.
- Rendu à la liberté après la Révolution de thermidor, il se dispose à retourner dans son petit domaine des Vosges ; mais il est nommé membre du tribunal de cassation. Dès le lendemain, il porte à la Convention un nouveau mémoire : Dix épis de blé au lieu cl’un, ou la pierre philosophale de laRépublique française.
- Nous le retrouvons enfin dans son département, exerçant les fonctions de commissaire du Directoire, et se livrant en même temps à ses chères occupations agricoles. Le 16 juillet 1797, un courrier du Directoire vient l’appeler au ministère de l’intérieur en remplacement de Bezenech. Il imprime immédiatement à
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- 8. — Première Année. — N° 2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Janvier i885.
- cette vaste administration une activité merveilleuse. Mais, le 9 septembre, les deux conseils des Cinq-Cents et des Anciens le désignentpour remplacer Carnotau Directoire. Il exerce ces fonctions pendant huit mois, toujours actif, ne perdant de vue ni l'agriculture, ni la poésie, ni le perfectionnement des livres élémentaires. On le nomme membre de l’Institut national.
- Après avoir rempli une importante mission diplomatique en Autriche, il rentre à Paris ; le portefeuille des affaires étrangères lui est offert ; il le refuse, puis accepte de remplacer Letourneux à l’intérieur.
- C’est le 19 juillet 1798 qu’il entre en fonctions. La circulaire, citée plus haut, relative à la première exposition de l’industrie, est du 23 août. L’ouverture de ce concours devait avoir lieu un mois plus tard, délai trop court peut-être, car il aurait fallu le temps nécessaire pour faire comprendre aux industriels français la grande portée de cette innovation. Il ne se présenta que cent dix manufacturiers, dont soixante-dix appartenaient au département de la Seine. Quoi qu’il en soit, l’oeuvre était fondée. 11 ne restait aux hommes de l’avenir que le soin de la perfectionner, en la mettant le plus possible au niveau des progrès de l’art et de la science.
- A titre de créateur des expositions publiques de l’industrie, François de Neufchâteau ne sera pas oublié au concours de 1889. Il faut qu’au moins son buste y figure au premier rang.
- Eugène MINOT.
- LA
- PREMIÈRE EXPOSITION DE 1798
- On sait que le Champ-de-Mars avait été désigné pour la célébration des fêtes nationales. Cet emplacement fut en conséquence choisi pour l’Exposition industrielle de l’an VI.
- Ainsi que le montre notre gravure, un amphithéâtre avait été construit au Champ-de-Mars pour les fêtes de la Liberté. A la suite de cet amphithéâtre, François de Neufchâteau fit établir une enceinte rectangulaire composée de soixante-huit arcades, sous lesquelles les cent dix exposants installèrent leurs produits. Nous allons parcourir cette exposition d’arcade en arcade.
- 1. _ Couturier, horloger à Paris : Pendule bat-
- tant les secondes décimales.
- Russinger, fabricant de porcelaines à Paris : Un groupe représentant Méléagre et Atalante.
- Patoulet, Andry etLEBEAU, fabricants de plaqué d’or et d’argent sur métaux, à Cliamplan, près Longjumeau (Seine-et-Oise) : Couverts plaqués d’or et d’argent sur acier.
- 2. — Breguet, horloger à Paris : Nouvel échap-
- pement libre et à force constante, adapté à une pendule qui met une montre à l’heure et qui la règle ; chronomètre musical.
- Bruns , ébéniste, â Paris : Echantillons d’ébénisterie.
- Martin, fondeur à Paris : Statue du général Bonaparte, en bronze.
- 3. — Lepetit—Walle, fabricant de nécessaires
- à barbe, à Paris : Rasoirs fins.
- 4. — Conté, artiste, à Paris : Crayons de diffé-
- rentes sortes.
- 5. — Raoul, fabricant d’acier et de limes, à
- Paris : Limes fines.
- Lenoir, ingénieur en instruments de physique à Paris : Echelle comparative de la pesanteur spécifique des métaux ; balances d’essai ; instruments de marine et d’astronomie.
- 6. — Desarnod , ingénieur - caminologiste , à
- Paris : Foyers salubres et économiques.
- 7. — Kocq et Toque, serruriers à Paris : Ser-
- rures de sûreté.
- Poux-Landry, mécanicien à Paris : Nouvelle serrure de sûreté ; balance perfectionnée.
- 8. — Delaplace, artiste à Paris : Produits métal-
- lurgiques.
- Bonnemaix, physicien à Nanterre : Fourneaux, alambics et autres ustensiles perfectionnés.
- Salneuve, à Paris : Forte vis de balancier ; petite presse a timbre sec.
- 9. — Lemaire, horloger à Paris : Pendule à jeu de flûte ; boîte à carillon.
- Ruelle, ancien professeur d’astronomie à l’observatoire, rue du Bac, n- 567, à Paris : Connaissance mécanique des temps, ou Planétaire indiquant pour chaque jour, jusqu’en l’an 28 de la République, les positions respectives des planètes .
- Tortin, ingénieur-géographe, àBagneux : Planét aire-mécanique.
- 10. — Roby, ancien fabricant de tapisseries
- d’Aubusson : Tableaux en tapisserie.
- Petit , à Paris : Echantillons de papiers peints.
- 11. — Polter, à Chantilly : Faïences en terre de
- pipe.
- 12. — Fouquet, mécanicien à Paris : Modèle en
- relief d’un monument public.
- 13. — Bouillard, artiste, rue Denis à Paris :
- Tableaux en plumes colorées représentant des oiseaux étrangers.
- Fabricant à l’Epine, près Arpajon; Cotons cardés et filés par le moyen des machines.
- 14. — Boyer-Fonfrède, manufacturier à Tou-
- louse : Fils et étoffes de coton.
- 15. — Grémont et Barré, à Bercy : Toiles peintes.
- 16. — Cahours, à Paris : Ouvrages de bonneterie.
- Chapelle, id. : Epreuves de caractères gravés.
- Machault, à Paris : Draps reteints.
- Payer, id. : Produits chimiques.
- Taylor id. : Corroierie.
- 17. — Rousseau, à Sedan : Draps dits casimirs.
- 18. — Grillon et Cie, à Châteauroux : Draps kal-
- mouks, ratine.
- 19. — Les onze associés de la manufacture des
- mouchoirs de cholet : Mouchoirs.
- 20. — Berthier, à Bizy (Nièvre) : Quincaillerie.
- 21. — Larochefoucauld, à Mello (Oise) : Coton-
- nades.
- 22. — Aublé, à Louviers : Draps.
- 23. — Baillemache, à Louviers : Draps.
- 24. — Daiveaux, _ id. id.
- 25. — Detrey, à Besançon : Bonneterie.
- 26. — Bourgain, à Pont-Audemer : Toiles peintes.
- 27. — Thirouin-Gautier, même commune : Cou-
- tils façon de Bruxelles.
- 28. — Manufacture nationale d’armes, établie
- à Versailles : Armes de guerre et de chasse.
- 29. — Bontemps, rue Mêlée, à Paris : Cotonnades.
- 30. — Martin et Cio, à Pont-Audemer : Cuirs
- corroyés.
- 31. — Plummer, Donnet et Ci0, à Pont-Audemer:
- Cuirs corroyés. ,
- 32. — Jacquier, à Mayenne : Toiles et mouchoirs.
- 33. — Payn fils, à Troyes : Bonneteries en coton.
- Huot frères, Roblot-Manchain, Cauchy, même commune : Toiles de coton ; piqués; bazine ; mousselinettes.
- 34. — Kontzer, à Paris : Ustensiles de ménage en
- cuivre bronzé.
- Bunel, à Pont-Audemer : Cuirs corroyés.
- 35. — L’Enfumet-Camusat, à Troyes : Bas de
- coton.
- 36. — Gombert, à Paris : Cotons filés.
- Seguin, à Sèvres : Cuirs tannés et corroyés.
- 37. — Thomassin, à Troyes : Bonneterie.
- 38. — Graff, frères, à Paris : Cires à cacheter
- parfumées.
- 39. — Saget, à Paris : Verreries.
- Guérin, à Paris : Pâtes ; nouveau vermicel pectoral.
- 40. — Cette arcade, précieuse pour l’instruction
- publique a présenté une suite complète d’étalons des poids et mesures républicains, exécutés, sous les ordres du ministre de l’intérieur, par les soins du Conseil des poids et mesures.
- 41. — Cicéri , à Paris : Assortiment de mesures
- républicaines ; instructions pour faciliter l’usage de ces mesures.
- 42. — Kutsch, à Paris : Machines servant à la divi-
- sion des mesures républicaines.
- 43. — Didot, jeune, imprimeur-libraire, à Paris:
- Contrat social, sur peau de vélin, exemplaire unique ; Juvénal trad. de Dussaulx, sur peau de vélin, exemplaire unique ; le Télémaque, papier vélin ; Anacharsis, etc.
- 44. — Mathieu, à Paris : Mâture roulante pour
- secourir les incendiés. *
- Prudon, à Paris : Machines agricoles. Cointereaux, à Paris : Ouvrages d'architecture rurale.
- 45. — Touroude, à Paris : Modèles de différentes
- machines.
- Dixnard, à Paris : Tableau complet des poids et mesures.
- Roth, à Paris : Invention pour couper et parer les cuirs.
- 46. — Dubois-Clément, à Paris : Bateliers de dents
- de composition minérale.
- Hector , Chaussier, à Paris : Instruments pour l’opération de la cataracte.
- Oüdet, à Paris : Bandages mécaniques et membres artificiels.
- 47. — Bazile, à Rouen : Toile peinte pour meubles.
- Flages, à Toulouse : Cardes à coton.
- Théodore-Mertens, à Limbourg : Draps. Dumontier, à Rouen : Corne transparente. Clouet, à Paris : Fer converti en acier par la simple fusion.
- Lacaze, à Paris : Machine servant à retirer les bois de l’eau sans que les travailleurs entrent dans la rivière.
- 48. — Badin, à Paris : Cotonnades.
- 49. — Brosser, à Beauvais : Serges et étamines
- glacées.
- 50. — Prevoteau, à Paris : Aimies à feu et armes
- blmches.
- (A suivre.)
- LES THÉÂTRES
- Le Légataire universel à la COMÉDIE-FRANÇAISE
- La Comédie-Française a fait œuvre d’intelligence en reprenant le Légataire universel, de Regnard. On connaît l’histoire de cet infortuné Géronte dont on se' partage les dépouilles avant sa mort. Comme il ne se décide pas à rendre son âme à Dieu, Crispin, prenant ses habits et mimant sa physionomie, se fait passer pour le vieillard et dicte aux notaires un testament de son choix. Géronte ne meurt pas, mais tout est bien qui finit bien, et les amoureux, apparus dans l’intrigue, s’épousent avec transports. On a trouvé la pièce triste. Elle ne l’est pas plus que le Testament de César Girodot. Le vers de Regnard est du reste alerte et ailé, et la langue, simple, mais vive, convient aux effets de théâtre. On sait que l’idée-mère du Légataire est une histoire véridique. Antoine-François Gauthiot, seigneur d’Ancier, très adulé des jésuites, étant mort à Rome, a b intestat, en 1626, les révérends Pères n’imaginèrent rien de mieux que de remplacer Gauthiot par un bon paysan, Denis Euvrard, qu’ils firent venir exprès de Franche-Comté. Denis fit un testament en faveur des jésuites et aussi à son avantage,. Iljouale rôle de Gauthiot par-devant notaire et le tour fut joué. Le malheur voulut que Denis avouât sa faute, en présence de témoins, avant sa mort. De là procès de la famille Gauthiot contre les jésuites. Ceux-ci, malgré tout, arrivèrent à triompher en dernière instance !
- Balzac eût écrit un chef-d’œuvre sur cet incroyable roman. Le Légataire est fort bien interprété par Coquelin et par Mlle Samary. M. Clerh sent toujours un peu son Odéon, il joue en dedans. Quoi qu’il en soit, c’est là un spectacle de lettré et que nous applaudissons, avec l’espérance de voir souvent d’aussi bonnes résurrections.
- Charles GRANDMOUGIN.
- THÉÂTRE DES MENUS-PLAISIRS : Au clair cle la Lune, revue en trois actes et neuf tableaux de MM. MONRÉAL, BLONDEAU et GRISIER.
- La revue qui vient d’être représentée aux Menus-Plaisirs est certainement la meilleure de l’année. Le succès a été très grand et le directeur, M. Blandin, qui a monté la pièce avec beaucoup de luxe et de goût, va voir le public reprendre le chemin de ce charmant théâtre.
- M. Fusier est un compère comme on en voit peu ; la commère, Mlle Brun, est charmante en Parisis. Citons MM. Moncavrel, Bourdeille, Vertin, Ambroise et Chambéry; Mmes Tassilly, Bévalet, Becker et Destrées qui ont, pour une large part, contribué au succès de la soirée. — Les costumes et les décors sont fort soignés.
- Le public a surtout applaudi les scènes suivantes: Le ballon dirigeable; les arts incohérents ; le paveur ; les victimes du devoir ; le tribunal du divorce ; les portraits artistiques, etc.
- H. F. C.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. Arrault, et Cie rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Pari
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 18 Janvier 1885.
- NUMÉRO 3.
- SOMMAIRE
- i. Bulletin; 2. Compte rendu de la séance du 22 décembre de la Commission consultative ; 3. Récompenses et dstinctions honorifiques; 4. Echos ; 5. La Question économique et l’Exposition de 1889; 6. Les Expositions agricoles; 7. Les Expositions étrangères ; 8. Exportation ; 6. L’Exposition de 1798 ; 10. Les Machines à vapeur aux Expositions ; 11. Revue économique; 12. Théâtres.
- BULLETIN
- La commission d’organisation de l’Exposition de 1889 s’occupe surtout, en ce moment, d’arriver à une solution relativement à la désaffectation du Champ-de-Mars. Dans la séance dont nous publions plus loin le compte rendu, M. Alphand a communiqué un projet dont la réalisation permettrait une transformation complète de ce quartier de la capitale.
- L’opinion se prononce presque unanimement pour la désaffectation. La question est délicate comme toutes celles qui touchent aux intérêts de l’armée. Les difficultés portent plutôt sur la forme que sur le fond. Il semble qu’il serait facile de trouver, pour la garnison de Paris, un autre terrain de manœuvres.
- Dès lors on pourrait procéder sur le vaste emplacement du Champ-de-Mars, en vue des expositions futures , à la construction de bâtiments ayant un caractère non plus provisoire, mais définitif.
- Nous pouvons annoncer, à ce propos, que la Société des artistes français vient d’exprimer le vœu de se voir attribuer, après la clôture de l’Exposition de 1889, une partie du palais du Champ-de-Mars pour s’y installer définitivement. D’autres sociétés imiteront sans doute cet exemple.
- La Société des gens de lettres vient de décider en principe qu’un Congrès littéraire international aura lieu à Paris, à l’occasion de l’Exposition de 1889.
- Une exposition internationale de la meunerie et de la boulangerie s’ouvrira le 1er mars 1885, aux Champs-Elysées.
- PARTIE OFFICIELLE
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Procès-Verbaux des Séances
- Séance du lundi 22 Décembre 1884
- PRESIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- La séance est ouverte à 9 heures et 1/2 M le Président rend compte à la Commission de 1 entrevue qu’il a eue avec M. le ministre de la guerre : le ministre lui a dit qu’il était très disposé à faire étudier la question de la désaffectation du
- Champ-de-Mars, ajoutant qu’il serait heureux que de son côté la Commission étudiât les moyens de rendre cette désaffectation possible, et recherchât notamment un emplacement à livrer à l’administration militaire en échange du Champ-de-Mars.
- Le ministre a dit, en outre, qu’il entrevoyait deux solutions différentes qu’il a qualifiées de petite et grande solutions.
- La petite solution consisterait uniquement à déplacer le champ de manœuvres et à le reporter sur un autre point de Paris, sans s’éloigner cependant beaucoup du Champ-de-Mars.
- La grande solution embrasserait à la fois la suppression des fortifications de Paris et le transfèrement hors de Paris des casernements et du champ de manœuvres.
- M. le Président a aussi conféré avec M. Alphand et avec M. le président de la Commission municipale des fortifications.
- Ces messieurs ont demandé à M. le ministre des finances de faire connaître à la ville les bases sur lesquelles les terrains de l’enceinte ont été évaluées ; ils n’ont point encore reçu de réponse à ce sujet; aussi M. le président demande-t-il à M. Boulanger s’il pourrait indiquer à la Commission comment a été préparé le travail auquel s’est livrée l’administration des domaines.
- M. Boulanger répond que les bases de ce travail n’ont aucun caractère officiel, c’est pour cela qu’elles n’ont pu être communiquées à la commission municipale. Il a été délégué un agent très expert qui s’est aidé de son expérience et de ses notes personnelles. Cet agent a procédé à des estimations, bastion par bastion ; il a soustrait de la superficie totale de l’enceinte l’espace occupé par la traversée des canaux et des chemins de fer. plus un cinquième, proportion estimée nécessaire, mais suffisante, pour le percement de rues et de boulevards. Ces déductions faites, il reste 346 hectares dont le prix peut être évalué en bloc à 212 millions.
- M. Boulanger ajoute qu’on a représenté l’administration des finances comme hostile au déclassement des fortifications de Paris ; il déclare que c’est à tort, il fait remarquer seulement que cette administration ne peut entrer en pourparlers avec la ville de Paris que lorsque le ministère de la guerre lui aura fait remise des terrains dépendant de l’enceinte. Quant au nivellement des fortifications, on a pensé qu’il coûterait environ 10 à 11 millions, mais que cette dépense serait compensée par la vente des matériaux de démolition.
- M. Alphand dit que de son côté l’administration municipale a fait procéder à un travail analogue. Le résultat de ce travail diffère sensiblement de celui dont a parlé M. Boulanger, la différence porte cependant plutôt sur la proposition à réserver pour les voies publiques que sur l’évalution même des terrains. La ville qui pourtant tient beaucoup à la démolition des fortifications la considérerait comme très dangereuse au - point de vue de la salubrité si l'enceinte fortifiée n’était pas remplacée par un vaste boulevard circulaire du genre de celui qui a été construit à Vienne. C’est sur ce point que porte le principal désacord ; il pense cependant qu’il ne serait pas impossible que les deux administrations par des concessions mutuelles arrivassent à trouver une solution transactionnelle acceptable pour l’Etat et pour la ville.
- M. Boulanger fait remarquer que le travail dont il a indiqué, sommairement les résultats a été fait comme si l’État avait une opération marchande à conclure ; l’auteur s’est surtout préoccupé de l’intérêt du trésor publiç.
- M. le Président demande à la commission si elle entend examiner la solution appelée par le ministre la grande solution, celle qui repose sur la suppiession des fortifications.
- M. le général Gallimard pense que le temps serait bien court pour cette étude; avant qu’une aussi grosse question puisse entrer dans la période active, il faut bien compter au moins un an de travail préparatoire.
- M. le Président fait remarquer que la question pourrait être décidée en principe : cette décision
- recevrait ultérieurement son application ; en ce cas, le temps importerait peu.
- M. Teisserenc de Bort est d’avis que de toute façon le Champ-de-Mars doit être occupé. On pourra étudier plus tard la question de savoir si cette occupation sera provisoire ou définitive.
- M. Alphand parle dans le même sens que M. le président; il n’est pas nécessaire, dit-il, pour arriver à un résultat, que toutes les formalités reglementaires aient été remplies ; l’accord suffit sur les questions de principe.
- La sous-commission déjà nommée pourrait rechercher les bases d’une transaction entre la vilL et l’Etat. Il serait bon, à son avis, que M. le général Gallimard voulût bien participer aux travaux de cette sous-commission.
- Une fois les questions, de principe résolues, la seule chose urgente à faire serait de rechercher un nouveau champ de manœuvres pour les troupes.
- M. Boulanger appuie les observations présentées par M. Alphand; il demande aussi que M. le général Gallimard se joigne à la sous-commission.
- Apres une dernière observation présentée par , • Gallimard on accepte la proposition
- de M.Alphand. *
- .La sous-commission se réunira à l’issue de la séance de la commission.
- M. le Président dit qu’il a prié M. Alphand de préparer un travail sur la manière dont le Champ-de-Mars pourrait être utilisé, en admettant l’hypothèse de la désaffectation definitive. Il donne la parole à M. Alphand pour exposer ce travail.
- M. ^Alphand soumet à la commission un plan d apres lequel le palais du Champ-de-Mars se composerait. de trois grandes nefs et de cours intérieures vitrées ; les deux nefs latérales seraient construites de façon a etre conservées après la clôture de 1 Exposition. Elles auraient 45 mètres de portée de plus de chaque côté; il placerait des boutiques de façon, à donner de la vie et de 1 animation au quartier. Après l’Exposition finie, tout le reste des bâtiments serait démoli; on réser-\eiait au centre du Champ-de-Mars un espace libre de 13o mètres de largeur, de façon à ménager la vue de la façade de l’Ecole militaire. Il resterait ainsi deux, zones entre les galeries permanentes et la partie centrale ; ces zones pourraient être vendues, et le prix qu on en retirerait ne s’élèverait pas à 1110ms de i3 millions environ. Cette somme serait suffisante pour l’acquisition d’un nouveru champ de manœuvres.
- M. le général Gallimard croit que ce serait une iaute d aliéner une parcelle du Champ-de-Mars.
- Apres diverses autres observations, M. le président ptopose à la commission d’ajourner à une prochaine séance l’étude de l’avant-projet.
- Cette proposition est adoptée.
- La séance est levée à 10 heures 45.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- honorifiques
- NOMINATIONS DANS L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- Sont promus au grade de chevalier ;
- MM.
- Arbey (Pierre-François-Ferdinand), constructeur de machines-outils. Récompenses aux expositions : médailles d’or en 1878, diplôme d’honneur à Amsterdam.
- Cremnitz (Max),, industriel. Médailles et récompenses aux principales expositions, notamment en 1867 et 1878.
- Gaget (Jean-Baptiste-Emile), fondeur, a dirigé les travaux de distribution d’eau et de couverture au Trocadéro en 1878, a fondu la statue de « La Liberté, éclairant le monde ».
- Paulin Gérard, industriel. Médailles aux expo-
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- 2. — Première Année — N° 3.
- sitions de 1867 et de 1878, médailles d’or àl’Expo-tion de Sydney et à celle de Melbourne.
- Topart (Edouard), industriel. Médailles aux expositions : médaille d’or en 1878, commissaire-expert, membre de la commission d’admission à l’Exposition de 1878.
- Nominations dans l’Ordre du Mérite Agricole
- M. Foueher de Careil, sénateur, ambassadeur de la République à Vienne, vice-président du conseil supérieur de l’agriculture, auteur de travaux importants sur l’agriculture et le crédit agricole.
- M. Alix-Courboy (Emile), éleveur et herbager à Saint-Côme du Mont (Manche).
- M. Bastide (Scevola), propriétaire-viticulteur au château d’Agnac, près Montpellier.
- M. Batiot aîné, maire de Balmont (Vendée), organisateur de comices agricoles.
- M. Berthelot (Pierre-Henri-Ferdinand), maire do la Cropte (Mayenne), agriculteur.
- M. Bidoyen, propriétaire à la Malmaison (Meurthe-et-Moselle), agriculteur.
- M. Bieussard, propriétaire-agriculteur à Saint-Amand des Eaux (Nord)..
- Al. Bonduel, agriculteur à Wenvicq (Nord).
- M. de Cardes, propriétaire-agriculteur à Bonne-fond (Gers), président de la Société d’encouragement à l’agriculture du Gers.
- AI. Carrier-Ladevèze, agriculteur à Saint-Cyprien (Dordogne).
- M. Cauchin, cultivateur à Alontmagny (Seine-et-Oise)*.
- M. Cazes (Alexis), agriculteur à Lebro, commune d’Espalion (Aveyron).
- M. Chauré (Lucien), agriculteur à Paris, directeur du Moniteur d'horticulture.
- M; Collin, vétérinaire à Vassy, secrétaire du comice agricole.
- M. Coopman-Hurst, demeurant à Paris, ancien président du tribunal de commerce, promoteur et organisateur des comices cantonaux.
- M. Cormont-Houlès (Charles-Ferdinand), agriculteur à Mazamet (Tarn).
- M. Couanon, ancien préparateur des sciences physiques à l’école de Grignon.
- M. Coudert, agriculteur à Saint-Pardoux-le-Vieux (Corrèze).
- M. Couput, directeur de la bergerie nationale de Mondjeteur (Algérie).
- M. Gouraud, directeur de la ferme-école de Alaclioire (Gironde).
- M. Cup (Paul), fondateur et président du comice agricole de Mascara (Algérie).
- M. Dayot, vétérinaire à Paimpo.1 (Côte-s-du-Nord).
- M. Declemy-Parenty, maire de Penplingues (Pas-de-Calais), agriculteur.
- M. Delage, propriétaire à Bourganeuf (Creuse), conseiller général.
- M. Derôme, cultivateur à Bavai (Nord).
- M. d’Hers, vétérinaire au 4e régiment de chasseurs d’Afrique, à Tunis. S’est distingué pendant les épidémies de 1877-1878 dans la province d’Oran.
- M. Duboy, propriétaire-agriculteur à Hagetmau (Landes), maire et conseiller général.
- M. Dumon, agriculteur à Alarmande (Lot-et-Garonne).
- M. Durand, agriculteur à Champcevrais (Yonne).
- M. Durando, chargé des cours botaniques dans les écoles communales d’Alger.
- M. Fiabani, chef de bureau à la préfecture d’Alger.
- M. Fanfan (Jules), propriétaire-agriculteur à la Aîartinique.
- M. Favre, cultivateur à Neufcliâteau (Vosges).
- M. Fayolle, chef de bureau à la direction de l’hydraulique agricole.
- AL Filoque, constructeur-mécanicien à Bourg-théroulde (Eure).
- M. Georges, médecin-vétérinaire à Sainte-Alenehould (Marne).
- M. de Gineste, propriétaire-agriculteur, à Lavaur (Tarn).
- M. Griffon, mécanicien, fabricant de pompes à Bordeaux.
- M. Guerrier, propriétaire â Surville (Calvados).
- AI. Hidien, fabricant de machines agricoles à Châteauroux.
- AI. Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris.
- M. Lasne, propriétaire-agriculteur à Bretigny (Seine-et-Oise).
- M. Legendre, cultivateur au Ponest (Manche).
- AL Lesueur, horticulteur-pépiniériste à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Louet, maire de Guilly (Indre).
- M. Aiangenot, vétérinaire au dépôt d’étalons de Rozières (Meurthe-et-Moselle).
- Al. Alalle (François-Alfred), inspecteur des forêts.
- M. Marsais (Georges), _ secrétaire du comité d’organisation de l’Exposition d’Amsterdam.
- M. Martin (Etienne), directeur de la ferme de Alézu (Seine-et-Oise).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i
- Dimanche 18 Janvier i885.
- M. Maud’heut, président du comice agricole d’Epinal (Vosges).
- Aime Alallet (Cora), agriculteur à Saint-Benoist (Vienne).
- AI. Xlouillefert, professeur à l’Ecole nationale de Grignon (Seine-et-Oise).
- AL Haveneau, membre du comice agricole d’Indre-et-Loire.
- AL Rezé (Léon-Grégoire), membre delà chambre d’agriculture de la Xlayenne.
- Al. Renaudat, conseiller ? d’arrondissement. Ferme du domaine du Clos, près Nogent-sur-Seine.
- M. Rodier, propriétaire à Cheylaret (Lozère).
- AI. Solignac, horticulteur à Cannes (Alpes-Maritimes).
- M. Sauvageot, propriétaire à Mirebeau-sur-Bèze (Côte-d’Or).
- M. Tannez (Pierre), président au comice agricole de Guingamp (Côtes-du-Nord).
- M. Thibault (Paul), maire de Sassay (Loir-et-Cher).
- Al. Thierry (Antoine), maire de Buffcn (Côte-d’Or), président du comice agricole d’Ancy-le-Franc.
- Mme veuve Thomas, née Cosmao (Atarie-Anne), de Kerviel (Finistère), agriculteur.
- M. Turgan (Avril), propriétaire-agriculteur à Preuilly (Indre-et-Loire), vice-président du comice de Loches.
- M. Viallet (Michel-Adrien), propriétaire-agriculteur â Beaufort (Savoie).
- M. Vincens (Louis), agriculteur à Raud, près Cahors.
- ÉCHOS
- Paris
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE MEUNERIE
- Une Exposition internationale de meunerie et de boulangerie va avoir lieu, du 1er mars au 31 mai 1885, aux Champs-Elysées.
- Le ministre de l’agriculture a adressé à l’organisateur de cette exposition une lettre de laquelle nous détachons le passage suivant :
- « J’ai l’honneur de vous informer que je donne une adhésion complète à votre projet, qui peut avoir une portée considérable sur les progrès de nos industries similaires, et je consens volontiers à ce que cette exposition soit placée sous mon patronage. »
- Il est vrai que les circonstances dans lesquelles-se trouvent aujourd’hui la culture du blé et le commerce du pain donnent à cette exhibition spéciale un intérêt d’actualité.
- La ville de Paris, pour témoigner de l’importance attachée par l’administration municipale à la question du pain, a mis à la disposition des organisateurs de l’exposition le pavillon qu’elle possède aux Champs-Elysées, ainsi que les terrains environnants, dans une proportion suffisante pour que toutes les installations puissent avoir lieu dans les conditions nécessaires à leur importance.
- Voici la nomenclature des différentes sections entre lesquelles seront répartis les produits, objets et appareils à exposer :
- « T9 section. — Meunerie proprement dite (nettoyage du blé; moulins à meules, à cydindres, à vent, à eau, etc. ; bluteries et tasseurs ; rhabillage et taille).
- « 2® section. — Boulangerie simple, (pétrissage, cuisson; installations de.boulangeries).
- « 3e section — Pâtisserie, confiserie et accessoires (fabrication de pâtes de toutes sortes; confiserie et chocolaterie; art culinaire dans ses rapports avec la pâtisserie ; fabrication des enveloppes et des moules).
- « 4e section. — Architecture et transports (types de bâtiments divers et aménagements ; bardàges et transports; emmagasinage des blés et des farines ; organisation des services intérieurs dans les usines; systèmes spéciaux d’éclairage et de chauffage).
- « 5e section. — Machines et moteurs (moteurs à vapeur, à air chaud, à gaz d’éclairage ou d’hydrocarbure, à pétrole, à eau, à vent; moteurs électriques; machines dynamo-électriques ou électro-dynamiques ; piles et accumulateurs ; transport de la force par l’électricité).
- « 6e section. — Accessoires des moteurs (transmissions flexibles ou rigides ; graissage et matières lubrifiantes ; robinetterie et appareils de chaudières).
- « 7e section. — Hygiène et culture (prescriptions hygiéniques, vêtements, régime, locaux, ventilation, etc.; plans et méthode de culture; horticulture ; échantillons de fruits, essences et produits divers pour la pâtisserie et la confiserie).
- « 8e section. — Bibliographie et enseignement
- (ouvrages spéciaux ; dessins, gravures anciennes-et modernes; journaux, presse spéciale; organisation des écoles de meunerie; conférences, pour l’examen des questions spéciales : associations, chambres syndicales, questions douanières, tarifs, taxe du pain, assurances des moulins, etc.). »
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- Le Conseil municipal a voté le mois dernier une subvention de 5,00Ü francs, pour l’Exposition ouvrière internationale, qui s’ouvrira à Paris en 1886.
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- Le Comité de la Société des gens de lettres a décidé, en principe, qu’un congrès littéraire international aurait lieu à Paris, à l'occasion de-l’Exposition universelle de 1889.
- Le ministre de l’instruction publique a conclu une convention avec l’Union centrale pour la construction d’un musée des arts décoratifs.
- Aux termes de cette convention, l’Etat cède à l’Union centrale le terrain de l’ancienne Cour des comptes, sur le quai d’Orsay. L’Union centrale y édifiera à ses frais le musée des arts décoratifs. Celui-ci, avec les collections qui le composeront,, fera retour à l’Etat après une période de trente ans.
- La dépense de construction est évaluée à 4 millions. Les plans sont arrêtés et ont été soumis au conseil des ministres, qui a approuvé la convention.
- Il reste à demander la ratification du Parlement.
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- Départements
- M. Lucien Fromage a publié la circulaire suivante aux Exposants de Rouen et de la. Région, dont nous recommandons la lecture à tous ceux qui s’intéressent aux questions économiques en même temps qu’au développement de nos industries diverses :
- Messieurs,
- En ma qualité de délégué-adjoint à la sous-commission de l'exposition d’Anvers, je viens joindre mes efforts à ceux de la Chambre de commerce de Rouen, sous le patronage de laquelle nous avons placé notre Exposition, et faire un dernier appel aux personnes qui n’ont pas encore-donné leur adhésion, en leur disant que je puis-encore les incrire, bien que les délais soient expirés.
- Beaucoup de personnes trouvent que l’on fait trop d’expositions ; c’est mon avis ; devons-nous refuser d’y prendre part quand les Anglais, les Allemands, les Belges, et, en France, les principales villes industrielles, Roubaix, Saint-Quentin, Roanne et Lyon, y seront largement représentées?' Je répondrai bien haut : Rouen doit exposer.
- Refuser de prendre part à cette exposition, ce serait reconnaître notre faiblesse et donner gain de-cause à ceux qui disent, et ils sont nombreux,. que la ville de Rouen est arriérée, que ses fabricants se sont laissé dépasser par Roanne et l’étranger.
- Si ceux qui disent ces choses avaient visité notre exposition régionale, ils ne tiendraient certainement pas ce langage. Quant à moi, j’ai la conviction que, ni à l’étranger ni en France, il ne se fait déplus belles rouenneries qu’à Rouen. Nos fabricants savent créer des dessins ; aussi ont-ils été plus souvent copiés qu'ils n'ont copié les autres ! Ils prouveront, je l’espère, à Anvers, que, sous le rapport du goût et de la qualité, leurs produits ne craignent pas la comparaison.
- La villede Rouen possède aujourd’hui de grands tissages mécaniques très perfectionnés qui font d’excellents produits. On peut ajouter que les teintures et les apprêts de tissus ne se font nulle part mieux qu’à Rouen.
- Si, en général, nos industries souffrent, on ne-peut en attribuer la faute à nos fabricants, qui font ce qu’ils peuvent pour traverser la crise, malheureusement trop longue. Ils le prouveront eneore en allant exposer à Anvers. On ne pourra leur reprocher de s’être abstenus.
- Après ce court exposé, je fais appel à tous nos industriels et fabricants qui ont à coeur de soutenir l’industrie de notre département ; je les engage à faire, comme à Elbœuf, une belle exposition collective, qui représentera bien l’industrie de notre région.
- Le nombre des exposants inscrits aujourd’hui me permet de dire que notre exposition est complètement assurée. Le but du nouvel appel que je fais est d’éviter les abstentions en invitant tous les industriels à se joindre à nous.
- En répétant aux exposants qu’il ne leur sera demandé que quelques coupons ou quelques kilo--
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- Première Année. — N° 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Janvier 188 5'. — 3.
- grammes de marchandises, et que la. dépense sera minime pour faire une belle exposition collective, je ne doute pas qu’ils ne s’empressent tous de s’associer à cette grande et patriotique manifes-.tation.
- Je prie les personnes qui ne sont pas encore inscrites de vouloir bien m’envoyer leur adhésion.
- Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de ma
- considération la plus distinguée.
- Lucien FROMAGE,
- Délégué adjoint à la commission d'organisation de l'Exposition d’Anvers.
- Darnétal, le 27 décembre 1884.
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- Le comité agricole de l’arrondissement d’Aix a pris l’initiative de convoquer à Aix des délégués des sociétés d’agriculture et des comices de la région, depuis Avignon jusqu’àNice. Cette réunion aura probablement lieu dans le courant de janvier 1885. Les sociétés d’agriculture de cette région ont le dessein de se grouper en faisceau, de s’entendre et de se concerter sur les mesures
- à solliciter et sur les vœux à formulerait sujet des droits de douane à imposer pour l’importation des produits agricoles étrangers.
- Alsace - Lorraine
- Pour le mois de septembre prochain,, on projette à Colmar une Exposition d’agriculture, d’horticulture, de .viticulture, de pisciculture, complétée par une exposition laitière, forestière et houblon-nière, avec concours et distribution de primes. Un comité central va être constitué pour s’occuper dès maintenant de cette importante affaire..
- Les taxes applicables aux dépêches à destination de l’Amérique du Nord et aux correspondances pour l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud qui empruntent les voies Gaîveston ou Jamaïque sont réduites à 0 50 par mot.
- Étranger
- Des bureaux ouverts au service postal et télégraphique viennent d’être créés à Krauchtahr, Kratie et Sambor (Cambodge).
- D’autre part, un service télégraphique vient •également d’être installé à Bac-Ninh, Hanoï, Dadeau, Phu-Lang, Huong, Son-Tay et Hong-Hoa (Tonkin). Les taxes applicables pour ces dernières destinations sont les mêmes que pour Haï-Phong.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- ET
- L’EXPOSITION DE 1889
- Les critiques que quelques organes de la presse, d’ailleurs peu nombreux, avaient formulées dès le •début, contre l’Exposition de 1889, se sont peu à peu apaisées, et, ceux-là mêmes qui avaient combattu le projet avec le plus d’ardeur paraissent revenus à une appréciation plus juste et plus saine de la question, aujourd’hui qu’ils voient que l’opinion publique a accueilli cette idée avec •empressement et s’y est pleinement associée.
- Quel était le grand argument que l’on opposait à 1’exécutio.n du projet?
- C’était, d’abord;'que l’Exposition nuirait à notre commerce, en livrant à l’étranger nos secrets de fabrication, et, ensuite, que ce n’était pas le moment de tenir ces grandes assises du travail, quand la crise économique sévit avec une désespérante ténacité..
- La première partie de cette argumentation un peu fantaisiste a été victorieusement réfutée tant -de fois, que nous jugeons inutile de démontrer, à nouveau, qu’elle pèche par la base, et que le commerce n’a rien à perdre, mais tout à gagner à la réalisation d’une Oeuvre de ce genre.
- Cette objection n’est donc pas sérieuse.
- L autre 1 est-elle davantage? C’est ce que nous .allons examiner.
- Certes, on ne saurait nier que nous traversons, en ce moment, une crise économique et commer-
- ciale. Ses tristes effets ne se sont fait que trop sentir. Mais c’est une erreur de croire qu’elle est particulière à la France et qu’elle sévit chez nous avec plus d’intensité qu’ailleurs. Elle est générale et s’étend à toute l’Europe indistinctement et jusqu’à l’Amérique.
- D’ailleurs, il suffît de consulter la statistique pour se rendre un compte exact de l’état des choses et reconnaître que nous sommes moins éprouvés que la plupart de nos voisins.
- Le témoignage des chiffres est irrécusable..
- Parmi les nations industrielles et commerçantes, l’Angleterre figure sans conteste au premier rang. Eh bien ! si l’on consulte le tableau comparatif du commerce général de la France et de l’Angleterre, on trouve que, sur les onze premiers mois de l’année 1883, notre commerce a, à peine, éprouvé une diminution de 5 %, tandis que celui de la Grande-Bretagne a diminué de 10 %.
- Et, cependant, nous gémissons sur la rigueur des temps.
- Que font les Anglais pendant que nous passons notre temps à nous plaindre et à récriminer ? En gens pratiques qu’ils sont, ils travaillent, ils cherchent les moyens d’atténuer la crise, de faire face au péril.
- On parle du prix élevé de la matière première et on le considère comme la cause principale, la cause efficiente de la stagnation des affaires. C’est pour cela, dit-on, que l’usine chôme, que le fabricant ne peut plus produire.
- Pourtant, si l’on compare les prix de l’année dernière à ceux de cette année, on trouve, que la baisse a été générale et importante.
- Citons quelques exemples :
- Ainsi, le blé de 22 fr„ et 23 fr. est descendu à 19 fr. et 20 fr. les 100 ML Le maïs, qui valait
- 10 fr. et 17 fr., vaut aujourd’hui, 12 fr. et 12 fr. 50. Le fer et surtout Facier a subi une baisse considérable; de 160 et 180 fr., il est descendu à 115 fr. Le plomb qui valait 35 fr. les 100 ML vaut de 25 à 26- fr. Le cuivre est descendu de 250 fr. à 150 fr.
- 11 en est de même du. zinc, etc.
- Le fret des navires a subi le même mouvement de baisse. ......
- Le fret de la Nouvelle-Orléans à Rouen, qui valait de 32 à 35 fr.,est descendu à 20 fr. ; celui de la Plata au Havre est descendu de 35 et 40 fr. à 22 fr. ; celui de New-York au Havre de 25 à 30 fr. est descendu à 13 et 14 fr.
- Les frets entre F Angleterre et la France sont descendus de 10 fr. à 6 fr. Il en est de même pour l’Italie, l’Espagne et les Indes.
- - C’est à cet abaissement des prix qu’il faut attribuer la différence de 5 % en moins que l’on a constatée dans le rendement de notre commerce extérieur. Nos exportations n’ont donc pas diminué comme quantité, mais seulement comme valeur et parce que les prix ont baissé.
- Les chiffres que nous venons de mettre sous les yeux ; du lecteur prouvent jusqu’à l’évidence que notre situation économique et commerciale est loin d’être aussi mauvaise, aussi compromise que le prétendent les pessimistes, et que, somme toute, elle tend à s’améliorer.
- Il n’y a donc pas lieu de se décourager et de se livrer, sur l’avenir, à de sombres pronostics !
- A chaque jour suffit sa peine. Au lieu de se laisser aller à une stérile désespérance, il faut, au contraire, réagir avec énergie et se mettre au travail avec courage.
- Nous avons la conviction que la détermination prise par le gouvernement d’ouvrir une exposition en 1889 aura une influence salutaire et féconde sur la situation du commerce et de l’industrie. Elle aura nécessairement pour résultat de relever les énergies, de donner un nouvel essor à la production, de mettre en mouvement toutes les forces vives des diverses branches de l’industrie.
- D’ailleurs, il est incontestable que ces grandes assises du travail exercent Faction morale la plus bienfaisante en inspirant à tous les peuples qui y prennent part des sentiments de bienveillance fraternelle, de solidarité et d’amitié.
- E. Mansuy.
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- LES EXPOSITIONS AGRICOLES
- L’ÉXPOSITION DE BEAUVAIS
- Yoici le programme présenté par M. Dupont dont nous avons annoncé la publication dans notre dernier numéro :
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- Nous n’avons pas, à Beauvais, la prétention d’avoir une exposition comparable à celle de Rouen ; notre ville est bien moins importante et nos ressources infiniment plus restreintes; mais, tout en faisant moins grand, nous pourrons, néanmoins, créer une œuvre intéressante représentant- bien particulièrement la physionomie de l’industrie de l’Oise, dont certaines spécialités sont réellement remarquables. Nous espérons que les industriels des environs répondront généralement à notre appel, aussi bien dans l'arrondissement de Beauvais que dans les trois autres. Nous avons tout lieu de croire que nous aurons également un grand nombre d’exposants en dehors des limites du département et que certains .industriels, qui semblent reculer devant les frais qui résulteraient de leurs apports à l’exposition anversoise, préféreront peut-être notre modeste exposition locale. Us y trouveront, comme nous le dirons tout à l’heure, certains avantages particuliers qui n’échapperont pas à leur attention.
- EXPOSITION FORESTIÈRE
- Nous- espérons également obtenir une exposition forestière. Le département de l’Oise est riche en belles forêts et l’industrie du bois y a pris, depuis de longues années, une importance considérable. L’administration forestière, qui, avec tant de raison, ne manque jamais de montrer tout co que le pays doit de richesses à l’exploitation du sol boisé de la France, ne nous manquera pas sans, doute à Beauvais, pas plus qu’elle n’a fait défaut dans la vieille cité no-rmande.
- EXPOSITION DU TRAVAIL INDIVIDUEL
- Nous créerons une petite exposition du travail mêmëmit où. les œuvres émanant d’ouvriers travaillant isolément prendront une place spéciale. L’industrie manufacturière, que caractérisent la division du travail, l’usage de machines perfectionnées et l’emploi de moyens mécaniques puissants, produit des résultats merveilleux au point de vue économique ; elle ne doit pas faire oublier le travail individuel où la main et l’intelligence de l’ouvrier isolé, réduit à ses propres forces, peuvent créer des œuvres intéressantes sous différents rapports. Nous chercherons à récompenser ceux de ces modestes travailleurs dont les ouvrages montreront, soit une habileté de main remarquable, soit un esprit d’invention que nous serions heureux d’encourager. Il y a peut-être dans le département des ouvriers distingués, des artistes inconnus, que notre exposition du travail individuel peut mettre en lumière et qui., sans elle, seraient restés dans l’ombre de leur situation isolée.
- CONFÉRENCES TECHNIQUES
- Nous avons la pensée de faire faire, pendant la durée, de l'exposition, une série de conférences techniques sur les principales industries et sur les produits remarquables exposés. Là, devant les vitrines de celui-ci ou les collections de celui-là, des ingénieurs, architectes, industriels et professeurs, dont nous espérons le concours, donneront des explications intéressantes pour les auditeuis et les exposants eux-mêmes.
- JURYS ET RÉCOMPENSES
- Il est bien entendu que nous ne serons pas parcimonieux dans la distribution des récompenses-des œuvres d’art, des diplômes d’honneur, des médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze viendront récompenser les expositions remarquables, et nous avons la certitude qu’aucun mérite réel, si modeste qu’il soit, ne sera oublié.
- Nous sommes assurés d’une bonne composition des jurys, qui seront formés d’hommes ayant une notoriété incontestable dans l’industrie et dans la science, et dont le mérite et l’indépendance seront la meilleure garantie pour nos exposants.
- Le comité des jurys et récompenses s’occupera avec soin de cette partie de sa mission, comme de tous les autres points qui seront soumis à scs études.
- EXPOSITION SCOLAIRE
- Depuis plusieurs années, la grande préoccupation de tous, c’est l’enseignement.
- L’exposition scolaire de l’Oise montrera
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- 4 et 5.
- — Première Année. — N1» 3
- LE MONITEUR DE IMPOSITION DE 1889.
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- exposition boulevard
- Plan d’une partie des jardins et de l’intérieur du monument.
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- 6. — Première Année — N° 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- certainement les incontestables progrès accomplis depuis peu. Les travaux des élèves, ceux des maîtres et maîtresses, les ouvrages spéciaux de couture et de dessin, nous feront voir sans doute nos écoles sous l’aspect intéressant des résultats pratiques obtenus. C’est là surtout l’important. Nous espérons également que le dessin linéaire, le seul vraiment utile dans la majorité des écoles rurales, y sera mieux représenté qu’en 1879. Sans un enseignement réellement sérieux du dessin, notre supériorité industrielle, si menacée, 11e peut que décroître tous les jours.
- EXPOSITION. D’HORTICULTURE
- L’horticulture n’est qu’une des formes de l’agriculture. C’est l’art dans l’agriculture, si je puis m’exprimer ainsi. Elle touche à celle-ci par ses procédés généraux et à l’art industriel par ce côté ornemental qui la caractérise en dehors de la culture maraîchère.
- Nous, trouverons donc dans l’horticulture le complément obligé de notre exposition industrielle. Nous avons à Beauvais l’heureuse chance de posséder l’une des plus florissantes sociétés d’horticulture de France. Dirigée par des hommes dévoués, amateurs passionnés des jardins, elle nous offrira des ressources précieuses.
- Le bâtiment principal de notre exposition industrielle sera donc précédé d’un jardin paysager fort agréable, où les richesses florales s’accumuleront gracieusement. De notre côté, nous ferons tous nos efforts pour que ce parc soit embelli par des constructions pittoresques, par des effets d’eau, par des vases et des statues, accompagnements obligés des richesses horticoles.
- FÊTES, CONCERTS ET CONFÉRENCES
- Pour augmenter nos recettes et pour donner à nos visiteurs des distractions agréables, nous avons la pensée d’organiser, pendant la durée de l’Exposition, un certain nombre de concerts, où nous pourrons faire entendre des artistes de Paris et pour lesquels nous obtiendrons facilement le concours des Sociétés musicales et des artistes distingués qui 11e manquent pas à Beauvais.
- Nous désirons aussi créer une série de conférences à la portée de tous, où les choses qu’on y pourra dire prendront la physionomie aimable et attrayante qu’il convient de leur donner, pour que ces réunions aient des chances de succès. La littérature, la géographie, les voyages, la science vulgarisée en seront les sujets principaux, et nous interdirons, d’une manière absolue, tout ce qui. pourrait donner prétexte à des allusions à la politique et à la religion. Nous pensons que la liberté ne peut marcher sans la tolérance et nous ne voulons blesser personne. Le succès de nos conférences est à ce prix.
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Le 16 décembre dernier a eu lieu l’ouverture officielle de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans. Il est vrai de dire que, comme presque toujours, la cérémonie a eu lieu devant des caisses fermées et des colis non déballés ; quoi qu’il en soit, elle a ôté marquée par une circonstance particulière et vraiment intéressante : le cabinet du président des Etats-Unis avait été relié par un fil télégraphique spécial (2,000 kilomètres de longueur environ) avec la salle des fêtes ; et, après avoir répondu à la notification que lui faisait le' gouvernement de la Louisiane, il devait mettre en action le principal moteur de la galerie des machines. Cette partie du programme a été de tous points exécutée.
- Donnons maintenant quelques renseignements sur la division et l’organisation générale de cette exposition, la plus importante de toutes celles qui ont eu lieu jusqu’à ce.jour dans le Nouveau Monde.
- Elle comprend essentiellement cinq bâtiments principaux et une vaste étendue de terrains sur lesquels sont élevées des constructions secondaires.
- Le bâtiment consacré aux expositions générales est situé à peu près au centre des terrains; c’est le plus vaste qui ait jamais été édifié : il a 1,378 pieds de long sur 905 pieds dé large, et est couvert d’un toit continu, presque entièrement en verre, disposé de façon à ce que la lumière arrive abondamment partout, sans que jamais les visiteurs soit incommodés par la chaleur. Ce toit est supporté par des piliers bien espacés, grâce auxquels la vue n’est obstruée nulle part; et de larges galeries entourent l’intérieur de l'édifice, reliées au sol par de nombreux ascenseurs et de vastes escaliers.
- A côté de ce premier monument s’en trouve un second, qui ne mesure pas moins de 885 pieds de longueur sur 565 de largeur, et qui est consacré à l’exposition générale des États-Unis et aux expositions particulières des divers Etats de l’Union. Tous les départements ministériels,toutes les grandes administrations publiques y exhibent leurs collections, leurs modèles, et permettent.au public de juger des progrès qu’ils ont fait faire aux diverses branches de la production nationale.
- La salle d’horticulture (600 pieds de long sur 194 de largo à la partie centrale) constitue la plus vaste serre du monde, et contient une exposition permanente des arbustes, des plantes, des fleurs et des fruits de toutes les latitudes. Située sur un terrain élevé, au milieu d’un bosquet do chênes verts, elle présente à son centre une tour magnifique de 90 pieds do hauteur, auprès de laquelle on voit une grande fontaine à jet continu.
- La galerie spéciale des beaux-arts, construite toute en fer, forme un immense musée d’aspect élégant et artistique, d’une longueur de 250 pieds sur une largeur de 100, et qui a l’estimable avantage d’être absolument à l’épreuve du feu, les cloisons mômes étant en fer.
- Enfin le bâtiment des factoreries et moulins est une grande construction en fer, de 350 pieds sur 120; on y a installé la plus complète collection des machines, les plus récentes et les plus perfectionnées pour la manutention, la manipulation et la fabrication du coton, de la canne à sucre, du sucre et du riz; contiguë à cette construction, et s’étendant vers le Mississipi, se développe une ligne de scieries et de quarante moulins en marche.
- Pour terminer cette description d’ensemble, ajoutons que les terrains occupent un espace d’environ 120 hectares, bornés au nord par l’avenue Saint-Charles et au sud par le fleuve; les bâtiments font face, à l’est, à la Nouvelle-Orléans. Les terrains sont entourés par un chemin de fer électrique.
- On peut, par ces quelques données, se rendre compte de l’aspect imposant que présente cette exposition, la plus vaste, à coup sûr, qui ait jamais été organisée sur le nouveau continent et sur l’ancien. Il faut, à tout cela, joindre par la pensée les merveilles d’une végétation luxuriante, les splendeurs de la flore des tropiques, la variété sans, pareille qu’offrent à l’œil les groupes splendides des palmiers, des bananiers, des cocotiers, des magnoliers, des cactus en fleurs, etc.,pour se faire une idée de l’aspect vraiment féerique qu’elle peut offrir. Il est bon de faire observer qu’elle n’est pas située à plus de quatre milles du centre même de la ville, et que les moyens de transport sont nombreux et faciles, par tramways, par chemins de fer et par bateaux à vapeur.
- Après avoir donné cette description sommaire de l’ensemble de l’Exposition, il nous reste à fournir quelques renseignements sur sa disposition intérieure et sur les grandes divisions du bâtiment consacré aux produits internationaux.
- La classification des objets exhibés comprend dix groupes, qui sont : l’agriculture ; l’horticulture; les produits bruts et manufacturés, métaux, minéraux et bois; les meubles et leurs accessoires”; les industries textiles, habillements et accessoires; les arts industriels ; les produits alimentaires ; l’éducation et l’instruction ; les œuvres d’art; enfin, la pisciculture. Chacun de ces dix groupes est, comme toujours, subdivisé en un certain nombre de classes, dans le détail desquelles il est inutile d’entrer.
- En pénétrant par le grand vestibule, après avoir dépassé, à gauche, les bureaux de la direction et, à droite, ceux du télégraphe, on traverse plusieurs galeries perpendiculaires à l’axe de ce vestibule, et dans lesquelles sont installés les produits rentrant dans les troisième, cinquième, septième, et huitième groupes. Puis on trouve en face de soi une immense salle de concerts, au bout de laquelle a été installé un grand buffet. Si, de là, le visiteur se dirige sur sa gauche, il traverse successivement les expositions particulières de l’Autriche-Hongrie, de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal, de la France, de la Grande-Bretagne, du Danemark, de la Suède et de la Norwège, des petites républiques américaines (Honduras, Gua-témala, Colombie, etc.), et enfin du Mexique, cette dernière d’une importance tout à fait exceptionnelle. En revenant sur ses pas et en traversant de nouveau la salle des concerts, 011 entre en Russie, puis en Belgique, en Allemagne, en Chine (y compris le Japon et le royaume do Siam), en ï Turquie et en Asie Mineure, pour déboucher enfin dans la section spéciale de l’agriculture. Au
- fond des bâtiments est installée l’immense galerie des machines.
- En résumé, les organisateurs de l’Exposition ont adopté la forme rectangulaire, avec la division en galeries respectivement perpendiculaires et parallèles; c’est le plan auquel on s’était arrêté, en 1878, au Champ-de-Mars ; cette disposition simplifie et facilite les recherches, et groupe d’une façon intéressante soit les produits similaires des différentes contrées, soit les produits divers d’un même pays.
- Toutes ces constructions, qui n’ont qu’un caractère provisoire, ne présentent pas, évidemment, dans leurs détails, le fini et la perfection qu’on pourrait exiger d’édifices permanents ; mais elles ont cet avantage que le plus grand espace possible de terrains a été utilisé : c’est ainsi, par exemple, que le principal bâtiment, tout en présentant une superficie utile double de celle du bâtiment principal de l’Exposition de Philadelphie, et sans lui être inférieur au point de vue du coup d’œil, n’a pas coûté un quart aussi cher à construire.
- Nous pensons, par ces quelques indications générales et de détail, avoir donné au lecteur le moyen de se représenter l’ensemble de cette belle installation; elle fait le plus grand honneur à l’intelligence des organisateurs qui en ont pris la hardie initiative. Le succès qui lui est réservé, et qui, ainsi que de récentes communications nous l’apprennent, s’est déjà nettement dessiné, récompensera dignement leurs efforts et leur persévérance.
- On trouvera dans ce numéro deux gravures qui sont le meilleur complément de cet article. La première représente la vue perspective du bâti • ment principal (main building), dans lequel sont installées les expositions internationales ; elle donne à l’esprit une idée très exacte des proportions vraiment colossales, de l’aspect grandiose de cette construction qui n’est, qu’on s’en souvienne, que l’une des parties de l’Exposition. Dans les jardins qui précèdent cette construction se promènent en circulant à l’aise, au milieu d’une végétation prodigieuse, piétons , cavaliers et équipages.
- La seconde gravure reproduit le plan d’une partie des jardins, et, à peu près au milieu, celui de l’intérieur du monument dont nous venons de parler; on y retrouvera les divisions que nous avons fait connaître. Le tout est desservi par un chemin de fer qu’on voit se dérouler comme un immense serpent.
- Nous nous proposons, dans un prochain article, de parler spécialement de l’exposition française, qui intéresse surtout nos lecteurs, et de leur faire connaître la part importante et brillante qu’un grand nombre de nos compatriotes ont prise à la manifestation américaine.
- Henry Duhamel.
- EXPORTATION
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR LE COMMERCE FRANÇAIS D’EXPORTATION
- Patronnée par la Chambre de commerce de Paris, par plusieurs des Chambres de commerce de province et des groupes syndicaux, la Société d’encouragement pour le commerce français d’exportation, 2, place de la Bourse, est constituée depuis quelques mois à peine, et déjà elle a pu envoyer à l’étranger un certain nosnbre d’hommes recommandables résolus à s’y créer une position.
- Parmi les nombreux postulants, trente ont obtenu soit l’appui de la recommandation de la Société, soit, avec cette recommandation, des subsides et la gratuité du passage ; soit encore, pour trois d’entre eux, des bourses coloniales du ministre de la marine et des colonies, et une allocation égale de la Société.
- Ils se rendent soit dans l’Annam, au Tonkin, au Sénégal, au Gabon et à la Guyane, soit dans la la République Argentine, au Canada, au Mexique, au Chili, aux îles Philippines, dans le Honduras, l’Uruguay et la Colombie.
- De tels débuts contribueront certainement au développement actuel de notre commerce extérieur ; ils devront donc, par suite, attirer à la Société les nombreuses sympathies qui lui sont indispensables pour donner à cette œuvre patriotique toute l’extension qu’elle comporte.
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- Première Année. — N° 3.
- LA
- PREMIÈRE EXPOSITION DE 1798
- (Suite et fia)
- 51. _ Tissot, à Paris : Corne transparente.
- Veuve Goujon : Etoffes de coton; bonneterie.
- 52. — Sarrazix, à Paris : Habit sans coutures appa-
- rentes.
- Fkrant, à Paris ; Bonneterie fabriquée avec des textiles indigènes.
- Vausenville, à Paris : Papiers réglés suivant un nou veau procède.
- Verhelot, à Paris : Plans en relief.
- 53. — Villerot, à Vaudrevanges (Moselle) :
- Faïences en terre de pipe.
- 54. — Deharme, à Paris : Tôles vernies.
- 55. — Durand, à Paris : Moulins à bras, serrures
- de sûreté et autres mécaniques.
- 56-57. —• Manufacture nationale de porcelaines de Sèvres : Produits de cette manufacture.
- 58. — Pierre Didot, Firmin Didot et Louis
- Herhan, à Paris : Œuvres de Virgile, in-folio ; les mêmes, in-12; collection de portraits des généraux français.
- 59. — Lebon, du Creusot : Cristaux.
- CO. — Rousseau, à Paris : Décorations en sucrerie.
- 61. — Sauvestre, à Rouen : Moulin à battre les
- grains.
- Dupont, à Rouen : Etoffes de coton.
- 62. — Baudoin, imprimeur à Paris ; Mémoires de
- l’Institut national.
- Gérard, à Paris : Tableaux d’épreuves de caractères gravés en acier.
- 63. — Jullien, au Luzt, près Saint-Brice (Seine-
- et-Oise) : Cotons filés.
- Daguet et Cie, à Paris : Papiers peints imitant la draperie.
- 64. — Bazenerye, à Paris : Décorations en sucrerie•
- 65. — Dihl et Guerhard, à Paris : Porcelaines.
- 66. — Defrance, à Paris : Tableaux en creux gravés
- au tour.
- 67. — Bouvier, à Paris : Ouvrages en filigrane.
- Clément Laussen, à Paris : Vis à bois. Perrin, à Paris : Toiles métalliques. Gerentel, à Paris : Corne transparente.
- 68. — Catoire et Besson, fabricants de cristaux
- au Gros-Caillou : Cristaux.
- Le 29 fructidor an II, B’rançois de Neufchâ-teau avait ainsi dressé la" liste des membres du jury chargé de l’examen des produits exposés :
- Les citoyens :
- Chaptal ;
- Darcet, chimiste ;
- Vien, peintre;
- Moitte, sculpteur;
- Duquesnoy, membre de la Société d’agriculture de la Seine ;
- Bertiioud, Fréd., mécanicien-horloger; Mollard, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers ;
- Gillet-Laumont, membre du Conseil des mines ;
- Gallois, économiste.
- Le 5e jour complémentaire, à dix heures du matin, ces citoyens se réunirent au lieu de l’Exposition pour remplir, dit le procès-verbal, « leur mission auguste ».
- Voici des extraits de ce curieux procès-verbal rédigé séance tenante :
- « Les citoyens composant le jury national ont cru que le premier caractère du mérite d’un ouvrage est dans l’invention, que le premier titre à la reconnaissance publique est le degré d’utilité, et que le perfectionnement qui peut supposer le même talent ne présente pas pour cela les mêmes droits aux récompenses nationales.
- « Ils n’ont pu se refuser à accueillir avec un sentiment de prédilection toutes les productions qui peuvent être offertes en parallèle avec les produits analogues de l’industrie anglaise ; et ce n’est pas sans éprouver, avec une vive émotion, le sentiment d’un orgueil vraiment patriotique, qu’ils ont vu présenter au concours, par des artistes français, des aciers, des limes, des cristaux, des poteries, des toiles peintes que nous pouvons offrir à nos rivaux comme des motifs pour eux d’une juste et inquiète jalousie...
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- « ... Le jury n’a pas cru devoir admettre au concours les fabriques nationales de Versailles et de Sèvres, attendu que les encouragements qu’elles reçoivent du Gouvernement leur donnent des moyens qu’il est difficile à des particuliers de réunir : il s’est borné à rendre une justice méritée aux superbes et nombreux produits qu’elles ont présentés à l’Exposition.
- « Le jury proclame avec confiance le jugement qu’il a porté, parce qu’il le regarde bien moins comme une récompense exclusivement acquise aux artistes qui ont paru mériter une distinction, que comme un titre d’encouragement et de reconnaissance pour tous ceux qui ont concouru : il espère donc que l’industrie française va commencer une nouvelle ère, à dater des cinq jours complémentaires de l’an VI; et que cette institution, à jamais mémorable, en présentant annuellement aux artistes des juges et des rivaux, échauffera l’émulation, nourrira le bon goût, étouffera l’intrigue, et prouvera à toutes les nations que si les arts sont l’apanage, la gloire et la force d’un gouvernement libre, ce gouvernement en est à son tour le plus ferme soutien. »
- Ici se trouve la. liste des citoyens distingués par le jury. Voici leurs noms :
- Breguet, Lenoir, Pierre et Firmin Didot, Heriian, Glouet, Dilii et Guerhard, Desarnod, Conté, Grémont et Barré, Potter, Payn fils, Deharme, Jullien.
- Après cette première liste, le procès-verbal en contient une seconde, faisant connaître les exposants qui ont paru au jury mériter, à la suite des autres, une mention honorable. Une vingtaine de noms se trouvent portés sur cette seconde liste.
- Conclusion du procès-verbal :
- « Le jury doit au Gouvernement de lui déclarer que les progrès de l’industrie se lient essentiellement au maintien de l’institution qu’il vient de former. Il peut lui annoncer que le moment est arrivé où J a France va échapper à la servitude de l’industrie de ses voisins ; que, partout, les arts associés aux lumières se dégagent de cette honteuse routine, qui est le caractère de l’esclavage ; que l’émulation la plus brûlante embrase toutes les têtes des artistes, et que le Gouvernement 11’a qu’à vouloir, pour porter les arts au degré de supériorité où s’est placée la grande nation parmi les peuples de l’Europe. »
- L’ouverture solennelle de l’Exposition avait eu lieu le troisième jour complémentaire, à dix heures du matin. Le cortège était entré au Champ-de-Mars dans l’ordre suivant :
- 1° École des trompettes ; 2° un détachement de cavalerie ; 3° deux pelotons d’appariteurs ; 4° des tambours ; 5° une musique militaire à pied; 6° un peloton d’infanterie; 7° les hérauts; 8° l’ordonnateur de la fête ; 9° les artistes inscrits pour l’Exposition; 10° le jury; 11° le bureau central du département ; 12° le
- ministre de l’intérieur ; 13° un peloton d’infanterie fermant la marche.
- François de Neufchâteau prononça, à cette occasion, un discours remarquable dont voici le début et la péroraison :
- <> Le jour où l’Europe consentira à déposer les armes, quel merveilleux essor prendra l’industrie débarrassée de tous ses obstacles ! L’agriculture, guidée et éclairée par la science, triomphera peu à peu de ces landes incultes qui couvrent encore, en trop d’endroits, le sol de la patrie; mais, pour arriver à ces résultats désirés par tous les citoyens vraiment patriotes, il faut que les artistes, les fabricants répondent à l’appel qui leur est fait, il faut qu’ils consacrent leurs efforts et leur intelligence à égaler et même à surpasser les industries rivales de l’étranger ; il ne peut pas suffire à la France de conserver ou de recouvrer son ancienne supériorité pour certaines parties spéciales ; il est nécessaire qu’elle s’approprie, en les perfectionnant, les procédés de tous les arts, et qu’elle ne soit pas tributaire forcée, comme par le passé, de nations ennemies ou hostiles, par l’insuffisance de ses manufactures. »
- «... En accourant contempler les produits de l’industrie française, chacun pourra se rendre compte de l’importance de nos manufactures et jouir de la variété des produits du génie national. A un point de vue plus pratique, les hommes de science viendront étudier sur place les procédés
- Dimanche t8 Janvier i885. — 7.
- de fabrication et pourront enfin prendre une base certaine pour la théorie des arts et métiers, science ignorée et même méprisée avant que l’Encyclopédie en traçât la première ébauche, et ouvrit ainsi a l’esprit humain le champ le plus illimité... Il n’est point d’art si simple, si commun, en apparence, qui, au contact de la géométrie, de la mécanique, de la chimie, de la physique, des mathématiques, du dessin, 11e puisse s’améliorer. Les sciences, portant leur lumière de tous côtés, simplifieront les procédés, créeront ou perfectionneront les machines, diminueront la main-d’œuvre en modifiant les formes et en do ublant les forces. »
- Ces mémorables paroles,prononcées lors du sixième anniversaire de la fondation de la République, paraîtront peut-être aujourd’hui d’une vérité banale ; mais 11’y aurait-il pas encore grand profit à les méditer?
- E. M.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- installation et mise en mouvement des machines
- L’organisation des différents services d’une exposition universelle présente des difficultés de plus en plus grandes, du fait même de la répétition de ces imposantes solennités, des imperfections qui s’y sont révélées et dont on doit chercher à éviter la répétition, aussi bien que des exigences résultant de progrès accomplis, comme des besoins nouveaux, auxquels il faut donner satisfaction.
- Néanmoins la conduite de toute grande opération industrielle s’inspire partout des mêmes principes. Si dissemblables que ces opérations puissent paraître au premier abord, elles relèvent toutes, au fond, des mêmes règles d’ordre, de discipline, de méthode, et, par là seulement, peuvent être menées rapidement à bonne fin. Ce sont ces considérations qui nous ont fait penser, au moment où l’on commence à se préoccuper du grand tournoi industriel auquel toutes les nations seront conviées, qu’il ne serait pas inutile de rappeler ce qui avait été fait précédemment. -
- Dans toutes les expositions, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales, une des parties qui attirent le plus la grande masse des visiteurs est celle qui comprend la ou les galeries des machines en mouvement, et où se trouvent réunis les spécimens les plus perfectionnés de l’outillage de nos usines dont les moyens de production frappent l’imagination. Et, au milieu de toutes ces combinaisons mécaniques ayant pour but de transformer la matière afin de satisfaire à nos besoins, les visiteurs considèrent toujours avec intérêt ces puissants moteurs destinés à la mise en mouvement du formidable outillage de l’industrie moderne. C’est pourquoi nous-ferons une revue rétrospective des machines à vapeur et de leur installation, ainsi que de la mise en mouvement des machines en général, dans les précédentes expositions ; et, afin de donner à ce travail un caractère bien précis, nous le diviserons en deux parties. Dans la première partie nous résumerons aussi brièvement que possible, et toujours d’après les documents officiels, comment s’est présentée l’importante classe des machines à vapeur aux expositions qui se sont succédé jusqu’alors et quels ont été les progrès saillants qui s’y sont révélés. Dans la seconde partie, nous analyserons les dispositions et les mesures qui ont été prises pour l’installation et la mise en mouvement des machines en général. Mais, afin que cette étude présente tout l’intérêt qu’il nous semble possible de lui donner, nous croyons qu’il est indispensable de la faire précéder d’un rapide historique de nos expositions , que nous n’aurons plus à recommencer par la suite.
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- 8. — Première Année. — N° 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Janvier i885-
- Comme on l’a dit avec beaucoup de justesse : « Le travail ne vit, ne progresse, ne se transforme que par la comparaison, par la concurrence. » C’est ce qui motive les expositions comme étant un des moyens les plus efficaces pour développer l’industrie d’un pays. De plus, lorsque les expositions se présentent sous l’aspect d’un grand concours international, elles permettent une comparaison des industries similaires entre les différents pays producteurs et sont un sujet d’émulation en révélant les progrès accomplis et en indiquant la voie à suivre pour rester en possession des débouchés acquis, ou pour s’en créer de nouveaux.
- Les expositions sont toujours utiles, car partout elles offrent instruction et profit ; elles ont de plus puissamment contribué au rapprochement des nations, grâce aux concours internationaux successivement ouverts dans les différentes capitales. Pour indiquer le chemin parcouru dans ce sens, il suffit de comparer ce que disait, à l’époque de la première Exposition nationale des produits de notre industrie, le ministre de l’intérieur d’alors, avec les paroles prononcées à l’occasion de l’Exposition universelle de Londres de 1851 par un prince qui a laissé de nobles souvenirs, le défunt époux de la reine d’Angleterre, l’homme à qui revient l’honneur de l’initiative delà première des expositions universelles.
- En 1798, on était engagé dans une guerre furieuse; les haines nationales avaient l’ascendant et dominaient même les esprits éclairés. Ce qui frappait le plus le ministre, ce qu’il se plaisait à signaler de préférence à la satisfaction de ses concitoyens, qui ne demandaient pas mieux que de voir comme lui, c’était que l’industrie française, par ses progrès, portait un coup à la grandeur de l’Angleterre, ennemie détestée qui, du reste, ne nous détestait pas moins. L’industrie elle-même était érigée en un instrument de guerre et de vengeance. « L’exposition, écrivait le ministre, n’a pas été nombreuse, mais c’est une première campagne, et cette campagne est désastreuse pour l’industrie anglaise. Nos manufactures sont les arsenaux d’où doivent sortir les armes lesplus funestes à l’Angleterre. »
- Le prince Albert, au contraire, proclama dans un discours que le désir de la concorde générale, la pensée de la solidarité universelle avaient été le point de départ de l’idée qui l’avait conduit à chercher à réaliser cette pensée des expositions universelles.
- La première des expositions françaises date de 1798, et la prochaine solennité de ce genre à laquelle l’univers entier sera convié aura lieu à près d’un siècle de distance. Que de progrès étonnants ont été accomplis dans ce laps de temps !
- Le tableau ci-dessous indique la date de nos premières expositions nationales, ainsi que l’emplacement qu’elles ont occupé et le nombre des exposants qui y ont participé.
- 1798 (an VI) Champ de-Mars. 110 exposants
- 1801 (an IX) Cour du Louvre. 220 —
- 1802 (an X) Cour du Louvre. 510 •—•
- 1806 Esplanade des Invalides. 1122 —
- 1819 Louvre. 1662 —
- 1823 Louvre. 1618 —
- 1827 Louvre. 1795 —
- 1834 Place de la Conçorde. 2147 —
- 1839 Champs-Élysées. 3381 —
- 1814 Champ s-Élysées. 3960 —
- 1819 Champs-Elysées. 4194
- Lorsque la France dut organiser l’Exposition de 1849, la question fut soulevée à plusieurs reprises de savoir si l’on se bornerait à une exposition nationale, exclusivement consacrée aux produits de l’industrie française, de même que les autres expositions qui avaient eu lieu depuis la fin du xvme siècle. Le Gouvernement fut saisi de cette pensée et en fit l’objet d’un examen attentif. Il consulta même les chambres de commerce. L’opinion de la majorité ayant été négative, il crut devoir s’y rallier. C’est ainsi que la première des exposi-
- tions universelles aurait pu avoir lieu à Paris et ne s’est faite qu’à Londres ; mais l’idée d’un concours de tous les peuples dans le champ clos du travail est une idée française, comme l’idée même des expositions nationales.
- (A suivre.)
- REVUE ÉCONOMIQUE
- Nous signalons à nos lecteurs les concours qui vont avoir lieu dans divers départements, conformément à la loi du 16 juin 1879 et au décret du 9 juin 1880, pour des emplois de professeurs départementaux d’agriculture.
- Il y aura deux sessions : la première d’avril à juin s’appliquant à douze départements: le Jura, l’Aisne, la Saône-et-Loire, l’Oise, le Cantal, la Haute-Vienne, la Charente, la Charente-Inférieure, le Nord, la Meurthe-et-Moselle, les Vosges, la Haute-Saône ; la seconde session sera tenue au mois d’août; elle comprend quatre départements : la Haute-Saône, le Vaucluse, le Var, les Alpes-Maritimes.
- Les demandes d’admission doivent être adressées au ministre de l’agriculture, par l’intermédiaire des préfets, un mois avant la date de l’examen.
- Nous parlions, dans notre dernière revue, de concours pour des places de bibliothécaires; il s’agit aujourd’hui d’emplois de professeurs départementaux d’agriculture. Toutes ces carrières honorables qui s’ouvrent devant les jeunes gens doivent stimuler leur zèle. On trouve dans des fonctions de cet ordre une sécurité complète avec un degré particulier d’indépendance. Nous les considérons comme un objectif très digne d’un effort sérieux de la part d’hommes jeunes qui aiment l’étude et qui ont la vocation du travail.
- Nous sommes persuadés que dans beaucoup de familles on néglige ces occasions d’ouvrir aux enfants une carrière fort honorable parce qu’on ne sait même pas l’existence de ces concours.
- Nous ne saurions trop louer la création, sous le patronage du Gouvernement, du Moniteur officiel du Commerce. Il n’est pas un des numéros de ce recueil qui ne rende des services à notre industrie. Il supplée, on nous permettra de le dire, à ce qui manque aux rapports de nos consuls.
- Voici un exemple entre mille de l’utilité des conseils que donne cette publication. Le Moniteur rapporte qu’il vient d’être établi à Santiago du Chili une grande maison française de nouveautés au capital de 5 millions et que l’entreprise parait très prospère. Les ventes journalières moyennes ont été de 20,000 francs et la vente totale de 7,200,000 francs.
- Voilà le fait; les combinaisons à en tirer sont fort intéressantes. Pourquoi les divers fabricants français, grands ou petits, ne se syndiquent-ils pas , comme le demande le Moniteur officiel du Commerce? Pourquoi ne fondent-ils pas des magasins de nouveautés dans les principales villes américaines ? Ils n’ont qu’à choisir un directeur intelligent et l’acheteur viendra au produit français.
- L’indication nous semble pratique. En la reproduisant nous avons le désir qu’elle détermine un groupe de négociants à tenter l’expérience.
- L’Amérique, d’ailleurs, est désormais si près de la France. Il y a vingt, ans, la moyenne de la durée des voyages entre Liverpool et New-York était de onze à douze jours. Les bateaux les meilleurs marcheurs,ceux, par exemple, de la Compagnie Cunard, ne dépassaient pas une vitesse de 13 à 14 nœuds à l’heure.
- En ce moment, cette même Compagnie Cunard, dont les services existent depuis quarante-cinq ans, fait construire un grand steamer, YEtruria, qui traversera, d’un port à l’autre, en six jours et sept heures, soit en moins d’une semaine. On déjeunera le mardi à Livei^pool et on dînera le mardi suivant dans Broadway. De pareils résultats entrant dans la pratique courante de l’industrie des transports sont une véritable merveille. Cette rapidité des communications multiplie dans des proportions presque incalculables les rapports entre peuples. Le changement est trop récent pour qu’on s’aperçoive dès maintenant de toutes ses conséquences, mais on peut croire qu’il y a là de grandes victoires pour la paix sociale et la civilisation.
- Certaines conséquences d’ordre économique, dont l’importance n’échappera pas à nos lecteurs, se sont déjà produites. Elles intéressent à la fois le monde financier et le monde industriel. Il est incontestable, par exemple, que les livraisons étant plus rapides, nos fabriques ont beaucoup moins besoin d’approvisionnements. On emploie à la production
- les cinq, dix ou quinze jours que l’on gagne suivant les distances. Dès qu’il y a une moindre accumulation de marchandises, il y a des exigences moindres au point de vue des fonds de roulement. Telle maison travaille avec 100,000 francs qui employait 150 et 200,000 francs. Ce sont des disponibilités de plus qui seront précieuses au milieu d’un mouvement de reprise des affaires.
- Nous avons parlé, dans notre dernière Revue, des cabines téléphoniques mises, à Paris, à la disposition du public. Le décret de M. le président de la République, qui .autorise cette innovation, a une bien plus large portée. II comprend, non seulement les communications téléphoniques entre Parisiens, mais la téléphonie à distance. Ici 1a. séance de cinq minutes coûte 50 centimes. De ville à ville, la séance coûtera 1 franc au-dessous de 100 kilomètres. Mais quel agrément, 11’est-ce pas, de pouvoir s’entretenir avec un ami ou un correspondant dans un rayon de vingt-cinq lieues, et cela, sans intermédiaire, directement, de vive voix !
- Décidément, la science est une grande magicienne. Quand on aime les prodiges, c’est à elle qu’on doit s’adresser.
- LES THÉÂTRES
- Tabarin A L’OPÉRA
- Assurément chacun désire que MM. Ritt et Gailhard soient plus heureux que M. Vaucorbeil et qu’aucun krach ne les visite. Néanmoins nous ne sommes pas absolument persuadés que Tabarin devienne le commencement du Pactole définitif. L’œuvre de M. Emile Pessard n’est point de celles qui, par leur violence impérieuse ou leur charme enveloppant, s’imposent pour toujours et d’emblée aux spectateurs.
- Du reste, la Muse de Pessard ne nous avait pas jusqu’ici donné la promesse d’une conception générale et réformatrice. L’auteur du Capitaine Fracasse joué à la salle Ventadour il y a quelques années, le mélodiste distingué qui nous a donné des recueils si charmants où la ma laguena et la barcarolle coudoient les menuets Pompadour, ne possède peut-être pas cette poigne de fer, nécessaire à l’homme de théâtre. Il n’a pas, comme Meyerbeer, l’intuition des effets simples et des grandes lignes. Rendons pourtant une justice éclatante à ses qualités gracieuses, à ses phrases inspirées, à sa bonne orchestration. Melchissédec et Mlle Dufrane contribuent, par leur talent sûr, à mettre en lumière l’œuvre de M. Pessard et l’orchestre les seconde puissamment dans cet intéressant labeur.
- Oserai-je, en second lieu, reprocher à la pièce de n’être pas un drame lyrique proprement dit ? Quand Paul Ferrier écrivit Tabarin pour la Comédie-Française, il songeait à la verve de Coque-lin,*à son prestigieux talent. Mais Coquelin n’a pas et ne peut pas avoir de similaire dans la personne d’un chanteur. Tabarin était avant tout une fantaisie littéraire, une résurrection curieuse du passé. Le comédien de tréteaux à qui l’on prend sa femme pour de bon et qui exhale des plaintes si amères et si belles qu’on les prend pour un « rôle » admirable appartient au domaine du Théâtre-Français. Les motifs d’opéra ne s’adaptent point très bien à ce milieu, à cette époque et à cette affabulation.
- La musique est une langue spéciale qui ne convient pas à tous les sujets, indistinctement. Et pour exagérer ma pensée (afin de la rendre plus saisissable) il ne viendra à l’idée de personne de faire un opéra avec le Misanthrope ou le Gendre de M. Poirier.
- Malgré nos réserves, souhaitons grand succès à MM. Ritt et Gailhard qui ont monté fort bien ce bon ouvrage. Ils méritent d’être heureux et ce serait désolant que notre Académie nationale de musique fût le monstre dévorant et le Moloch des directeurs.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. Arrault, et Cle rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 25 Janvier 1885.
- NUMÉRO 4.
- SOMMAIRE
- 1. Bulletin; 2. Partie officielle; 3. Commission consultative ; 4. Sous-Commission ; 5. Echos; 6. Les Expositions agricoles; 7. Les Expositions des beaux-arts; 8. Les Expositions étrangères; 9. Bibliographie; 10. Beaux-Arts; 11. Variétés 12 Revue économique; i3. Théâtres.
- BULLETIN
- La seconde des questions que la commission d’organisation est appelée à résoudre, après avoir statué sur le choix de l’emplacement de l’Expositiondel889.estcelledelacon-struction du bâtiment principal et des annexes.
- La sous-commission spécialement chargée d’étudier cette question a tenu au ministère du commerce une longue séance. Elle a reçu plusieurs communications intéressantes.
- M. le général Ferron, directeur du génie au ministère de la guerre, qui prenait pour la première fois part aux travaux de la commission, a fourni à la commission des indications précieuses concernant la désaffectation du Champ-de-Mars. Une nouvelle entrevue doit avoir lieu, à ce sujet, entre le président de la commission et le ministère de la guerre.
- La sous-commission des constructions a ensuite pris connaissance d’un devis présenté par M. le directeur des bâtiments civils, relativement à la dépense qu’entraînera la transformation du palais de l’Industrie.
- M. Tisserand, directeur de l’Agriculture, a communiqué à ses collègues de la commission un travail complet sur le classement qu’il conviendrait d’adopter pour l’exposition agricole de 1889.
- M. Kaempfen, directeur des Beaux-Arts, a donné lecture d’une note indiquant les vœux de l’administration des Beaux-Arts pour l’Exposition de 1889.
- Au sujet de la disposition des constructions, le président a fait part à la commission de divers projets d’installation qui, tous, réservent à l’entrée du Champ-de-Mars la construction d’édifices permanents reliés momentanément aux édifices provisoires.
- D’autre part, la sous-commission chargée d’étudier la question du capital de garantie a entendu la lecture de deux rapports.
- Le premier lui a été présenté par son secrétaire-adjoint, M. Grenier, auditeur au conseil d’Etat ; il résume, au point de vue budgétaire, les précédents des autres expositions soit françaises, soit étrangères.
- Le second a été rédigé par M. Boulanger, directeur général des domaines ; il propose un système de participation de nature à assurer le succès de la souscription publique à ouvrir en vue de l’Exposition de 1889.
- Par le seul résumé de ces travaux que le Moniteur cle l'Exposition se réserve de
- reproduire et d’apprécier, on voit avec quelle activité la commission préparatoire d’organisation s’acquitte de sa tâche laborieuse.
- Le jour est donc prochain où, l’élaboration de cette grande œuvre étant terminée, on entrera dans la période d’exécution. Mais, dès cette heure, on peut dire que l’Exposition de 1889 est entrée dans le domaine des faits.
- PARTIE OFFICIELLE
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- EXPOSITION
- INTERNATIONALE D’HYGIÈNE DE LONDRES
- Diplôme spècial.
- M. Pasteur. — Pour l’ensemble de ses travaux sur l’étiologie et la prophylaxie des maladies épidémiques et transmissibles.
- Diplômes cl'honneur.
- Le cercle de la librairie, de l’imprimerie et de la papeterie, à Paris. — Trois diplômes.
- Le cercle parisien. de la Ligue de l’enseignement..— Deux diplômes d’honneur.
- Le département du Calvados.
- Le département de la Gironde.
- Le département de Lot-et-Garonne.
- L’Ecole professionnelle et ménagère de Rouen. L’Ecole professionnelle de la fondation deBischoff-sheim.
- L’Ecole professionnelle de la ville de Rouen. L’Inspection académique du département de la Creuse.
- L’Institution de M. Livet, à Nantes.
- Le ministère du commerce. — Deux diplômes d’honneur.
- Le ministère de l’instruction publique et des beaux-arts. — Sept diplômes d’honneur.
- Le ministère de l’intérieur. — Deux diplômes d’honneur.
- La ville de Bordeaux.
- La ville du Havre.
- La ville de Paris. — Treize diplômes.
- La ville de Rouen.
- La Société française d’hygiène.
- Médailles d’or.
- MM. Appert frères, maîtres verriers à Clichy (Seine).
- Auzoux (Mrae veuve) et Montaudon.
- Bouvard, architecte.
- Cacheux, ingénieur.
- Cernesson, architecte.
- Chaix, imprimeur.
- Chamberland, directeur du laboratoire de M- Pasteur, de Beaudot, architecte.
- Decauville, ingénieur.
- Deyrolle, naturaliste.
- A. Durand-Claye, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et Masson, conducteur des ponts et chaussées, inspecteur de l’assainissement de la Seine, à Paris.
- Geneste, Herscher et Cie, ingénieurs constructeurs. — Quatre médailles d’or. Lombart, négociant.
- Marchand frères.
- Pasteur.
- Paysant, préfet de l’Aude.
- Pillivuyt et Cie, négociants.
- Potin (Ve Félix), produits alimentaires. Prévet et Cie, conserves alimentaires. Richard frères, constructeurs.
- Simon Legrand, produits agricoles.
- Trelat (Emile), architecte.
- Vaudremer, architecte.
- Ecole Elisa Lemonnier.
- Société nle de constructions du système Tollet.
- DÉCRET
- Le président de la République a signé un décret fixant comme il suit le personnel du musée pédagogique et de la bibliothèque centrale de' l’enseignement primaire:
- Un inspecteur général de l’enseignement primaire (hors cadre), directeur;
- Un bibliothécaire;
- Un bibliothécaire-adjoint ;
- Trois employés ;
- Un chef des’collections.
- Ce décret a son effet à partir du 1er janvier.
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS.
- CONCOURS
- Pour l’emploi de> professeur départemental d’agriculture
- En exécution de la loi du 16 juin 1879 et du décret du 9 juin 1880 sur l’enseignement départemental et communal de l’agriculture, des concours seront ouverts, en 1885, pour la nomination de professeurs d’agriculture dans les départements suivants :
- Première session.
- 1 Jura............................. g avril.
- 2 Aisne.............................. 7 avril.
- 3 Saône-et-Loire.................... 13 avril.
- 4 Oise.............................. 14 avril!
- 5 Cantal............................ 20 avril.
- 0 Haute-Vienne....................... 27 avril.
- 7 Charente........................... 4 mai.
- 8 Charente-Inférieure............... 11 mai.
- 9 Nord.............................. 15 mai.
- 10 Meurthe-et-Moselle............... 20 mai.
- 11 Vosges........................... 26 mai.
- 12 Haute-Saône................... 1» jL1in.
- Deuxième session.
- 13 Haute-Savoie...................... 3 août.
- 14 Vaucluse......................... 10 août.
- 15 Var.............................. 17 août.
- 16 Alpes-Maritimes................. 24 août.
- Les candidats devront être âgés de vingt-cinq ans au moins. Ils adresseront leur demande au ministre de l’agriculture par l’intermédiaire du préfet de leur département, au moins un mois avant la date fixée pour l’ouverture du concours.
- Ils y joindront :
- 1° Leur acte de naissance, un certificat de bonnes vie et moeurs et. un certificat constatant qu’ils ont satisfait à la loi sur le recrutement ;
- 2° Une note faisant connaître leurs antécédents, ainsi que les travaux auxquels ils se sont particulièrement livrés ;
- 3° Leurs titres, diplômes, et deux exemplaires au moins des livres, mémoires, etc., qu’ils ont publiés.
- Chaque candidat ne pourra se faire inscrire, dans la môme session, que pour un seul concours, à son choix.
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- 2. — Première Année — N° q
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Janvier i885.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, le compte rendu in - extenso de la séance du 22 décembre 1884.
- Depuis, la Commission ne s’est réunie qu’une seule fois. Cette séance, qui a duré dix minutes à peine, a été consacrée à la désignation de la sous-commission des constructions composée de : MM. Proust, président ; Baïhaut, sous-secrétaire d’Etat aux travaux publics; Alphand, directeur des travaux de Paris; Kaempfen, directeur des Beaux-Arts ; Poulin, directeur des bâtiments civils ; Cendre, directeur des chemins de fer ; Tisserand, directeur de l’agriculture ; Lax, ingénieur en chef du département de la Seine ; Dietz-Monin, président de la Chambre de commerce de Paris.
- Dès que ce procès-verbal sera adopté, nous le donnerons dans notre partie officielle. La prochaine séance de la < ommission aura lieu le jour où paraîtra ce numéro, c’est-à-dire le samedi 24 courant.
- SOUS-COMMISSION
- La sous-commission de l’Exposition chargée d’étudier la désaffectation du Champ-de-Mars a tenu sa première séance, le samedi 3 janvier. La majorité s’est montrée favorable au principe d’un échange entre la Ville et l’Etat.
- La sous-commission s’est ensuite réunie le 10 courant, au ministère de l’agriculture.
- Cette réunion avait pour but de fixer l’état, à ce jour, des négociations engagées avec le ministère de la guerre en vue d’obtenir la désaffectation du Champ-de-Mars et, comme conséquence, le déplacement de l’Ecole militaire.
- La sous-commission a pensé qu’il était prudent de ne pas aller plus avant dans les travaux en cours sans connaître les intentions du nouveau ministre de la guerre relativement aux projets ci-dessus, projets auxquels avait acquiescé, en principe, M. le général Campenon.
- Le nouveau ministre de la guerre n’est pas-opposé, en principe, à l’abandon du Champ-de-Mars pendant la durée de l’Exposition. Quant à accorder la désaffectation de ce champ de manœuvres, le général Lewal semble ne vouloir y consentir qu’à la condition que la réalisation d’un tel projet serait liée au projet de déplacement de l’Ecole militaire.. Or, il paraît impossible que l’on puisse faire cette dernière opération dans l’espace de quatre ans. Il faudrait donc se résigner à n’occuper que temporairement le Champ-de-Mars.
- Le 13, elle a tenu au ministère de l’agriculture une séance très importante.
- Bien que la Commission consultative, seule, soit appelée à se prononcer définitivement sur les questions à l’étude, nous pouvons dire que l’on peut considérer, dès maintenant, comme tranchées les questions suivantes :
- i° Désaffectation et cession définitive du Champ-de-Mars, ce qui permettra de construire, à cet endroit, un palais destiné à être conservé après l’Exposition ;
- 20 Abandon, pour le moment, de tout projet de déplacement deT’Ecole militaire ;
- 3° Ajournement de tout projet de suppression des fortifications.
- M. Alphand a exposé un projet de construction d’un immense palais, où l’on pourrait centraliser le noyau de l’Exposition.
- M. Antonin Proust, de son côté, a longuement parlé en faveur du projet consistant à installer l’Exposition dans une série de constructions isolées, mais toutes réunies en une seule enceinte.
- Enfin, la dernière réunion a eu lieu le samedi 17.
- Elle a pris plusieurs résolutions importantes ; elle a décidé :
- i° Que deux pavillons monumentaux seront construits au Champ-de-Mars et conservés après l’Exposition ;
- 20 Que ces deux pavillons seront placés de chaque côté du Champ-de-Mars, dans le sens de la largeur (côté de la Seine) ;
- 3° Qu’ils seront reliés par une galerie couverte destinée à disparaître après l’Exposition ;
- 40 Que des galeries couvertes, partant de l’alignement des pavillons, se prolongeront jusque vers l’Ecole militaire.
- ÉCHO S
- Paris
- Les conférences scientifiques et littéraires de l’Association scientifique de France ont lieu, pour l’année 1885, comme d’ordinaire, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, les samedis, à huit heures trente du soir ; elles ont commencé le
- samedi 17 janvier, pour se terminer le jeudi 9 avril.
- Samedi 17 janvier. — M. F. Passy : Un grand ouvrier. M. G. Stephenson et la naissance des chemins de fer.
- Samedi 24 janvier. — M. le professeur Brouar-del. Des moyens de protection de VEurope contre les maladies épidémiques.
- Samedi 31 janvier. — M. Bergaigne : Les monuments khmers, leurs auteurs et leurs dates, d'après les inscriptions recueillies au Cambodge par M. Aymonier.
- Samedi 7 février. — M. Faye : Revue du ciel et classification des astres d'après leurs principaux caractères.
- Samedi 14 février. — M. Larroumet : Une famille cle comédiens au dix-septième siècle : les Béjard.
- Samedi 21 février. — M. Gariel : Les applications récentes de la physique aux travaux publics.
- Samedi 28 février. — M. Darmsteter (James) : Les mahdis, depuis les origines de l'Islam jusqu'en 1882.
- Samedi 7 mars. — M. Aimé Girard : Le grain de jroment.
- Samedi 14 mars. — M. Wolf : L'architecture des deux d'après les travaux de W. LIerschel et de ses successeurs.
- Samedi 21 mars. — M. le docteur Regnard : Deux poisons ci la mode : morphine et étlier.
- Samedi 28 mars. — M. Berger (Philippe) : L'Arabie avant Mahomet, cl'après les inscriptions.
- Séance générale annuelle du jeudi 9 avril. — M. Velain : Les cataclysmes volcaniques de 1883 : Ischia, Krakatoa, Alaska.
- Voici également le programme des conférences de la Société de statistique qui auront lieu au siège social, 84, rue de Grenelle :
- Mercredi 4 février. — M. J.-J. de Coene : La vallée de la Seine. Paris port de mer.
- Mercredi 11 février. — M. Fournier de Flaix : Berlin et Vienne.
- Mercredi 25 février. — M. Victor Turquan : De la répartition de la population en France et de sa densité par commune.
- Mercredi 4 mars. — M. Victor de Swarte : De la comptabilité publique en France.
- Mercredi 11 mars. — M. Toussaint Lona : La population française.
- Mercredi 25 mars. — M. L. Simonin : Les progrès et l'évolution de VAustralie.
- M. Fallières, ministre de l’instruction publique, a visité l’Ecole des beaux-arts et l’hôtel de Chimay, dont les jardins et les dépendances touchent aux bâtiments de l’Ecole. L’acquisition de cet hôtel permettrait de procurer une installation convenable,aux nombreux élèves qui suivent les cours de l’École.
- Les locaux du Palais de l’Industrie affectés à l’Exposition du travail, qui s’ouvrira du 1er juillet au 30 novembre 1885, sont constitués en entrepôt réel des douanes.
- Les objets destinés à l’Exposition du travail seront expédiés directement sur le Palais, de l’Industrie sous le régime du transit international ou du transit ordinaire par tous les bureaux ouverts à ces transits.
- L’expédition aura lieu sans visite à la frontière.
- encouragements a l’industrie
- La Société d’encouragement pour l’industrie nationale a tenu, dans son hôtel, rue de Rennes, 44, une séance générale pour la distribution de prix et médailles aux inventeurs et auteurs de perfectionnements industriels, et de récompenses aux contremaîtres et ouvriers d’établissements agricoles et manufacturiers.
- Le président, M. Ed. Becquerel, a ouvert la séance, puis M. de Laboulaye a lu une notice sur J.-B. Dumas, président de la Société pendant quarante ans.
- Le grand prix des arts mécaniques a été décerné à M. Farcot (Joseph), pour son servomoteur. /
- Le prix Fourcade — de 800 francs — à M. Gen-reau (Claude), ouvrier depuis cinquante ans dans l’usine de M. Lefranc, à Paris.
- Concours. — Prix de 2,000 francs pour la meilleure étude sur l’agriculture et l’économie rurale d’une province ou d’un département : M. Bouchard, d’Angers, 1,500 francs ; M. Eloire, à la Capelle (Aisne), 500 francs.
- Prix de 2,000 francs pour une machine à tailler les fraises : M. Bonnaz, 1,000 francs ; M. Saget, 1,000 francs.
- Prix de 1,000 francs pour un alliage utile aux arts : M. Manhès, de Lyon.
- Prix de 3,000 francs pour une étude sur la nature de l’œuf d’hiver et de l’œuf non fécondé du phylloxéra : M. Boiteau (Pierre), encouragement de 1,000 francs.
- Prix de 2,000 francs pour un moyen facile et expéditif de reconnaître les falsifications du beurre : M. Piallat (de Sèvres), encouragement de 300 francs.
- On a distribué ensuite 6 médailles d’or, 3 médailles de platine, 5 médailles d’argent et 7 médailles de bronze.
- La séance s’est terminée par la distribution de 35 médailles de bronze accompagnées de livres, pour la valeur de 50 francs, aux contremaîtres et ouvriers signalés par l’ancienneté et l’importance de leurs services dans la même usine.
- D épar tements
- A partir du 16 janvier, deux communications téléphoniques à longue distance sont mises à la disposition du public entre Rouen et le Havre.
- Ces conversations téléphoniques seront échangées par l’intermédiaire des fils télégraphiques reliant les deux villes, et ces fils seront utilisés simultanément pour le service télégraphique.
- La taxe est de 1 franc par cinq minutes de conversation.
- Dès aujourd’hui, les communications peuvent avoir lieu entre les cabines téléphoniques publiques installées dans les salles d’attente de la recette principale des postes et télégraphes de Rouen et du bureau central des postes et télégraphes du Havre.
- Des mesures sont prises pour que de semblables cabines soient ouvertes à très bref délai dans un certain nombre de bureaux succursales des deux villes.
- En outre, les abonnés des deux réseaux téléphoniques de Rouen et du Havre pourront correspondre entre eux par les mêmes communications, à partir de leurs domiciles et aux mêmes conditions, dès que certaines modifications nécessaires, mais d’une exécution facile, auront été effectuées dans leurs postes particuliers.
- Étranger
- La direction de la Galerie nationale de Berlin projette pour le printemps prochain une exposition spéciale de sculpture polychrome. Si le nombre des exposants est suffisant, ce sera là une excellente occasion d’apprécier les intéressants progrès que fait l’application des couleurs dans la sculpture.
- Il y a quelque temps s’est formée à Munich, sous la présidence du professeur Kautre, une Société préhistorique qui s’occupe, en ce moment, de préparer une exposition spéciale consacrée aux âges préhistoriques. Cette exposition, qui certainement offrira un grand intérêt au double point de vue de l’archéologie, de l’anthropologie et aussi de l’histoire, aurait lieu en février prochain, dans l’ancien local de l’Académie des beaux-arts. La Société se propose en même temps de fonder dans cette ville un musée préhistorique.
- Chili
- L’Exposition nationale de produits chiliens ouverte à Santiago, en novembre dernier, a dépassé toutes les espérances et est une preuve du brillant avenir réservé à l’industrie chilienne.
- On a remarqué surtout les machines, les objets d’ameublement, les cuirs et la sellerie, les toiles, les conserves de fruits et poissons, et en première ligne les vins. Ces derniers sont, paraît-il, d’excellente qualité, et la production annuelle atteint 70,000,000 de litres, spiritueux inclus. L’importation étrangère est encore de 5 millions de francs, mais il y aura peut-être là, dans un avenir prochain, une concurrence sérieuse pour les vins français.
- LES EXPOSITIONS AGRICOLES
- CONCOURS GÉNÉRAL DE NEVERS
- Le concours général de Nevers, qui aura lieu du 28 janvier au 1er février prochain, ne sera pas moins important que les précédents.
- On y comptera 250 animaux gras et 300 animaux reproducteurs, dont 250 taureaux nivernais-charolais, et 50 béliers de race southdown, dishley et shropshire. La réunion d’un aussi grand nombre de reproducteurs de même race donne au concours de Nevers un caractère tout particulier.
- 40 étalons de gros trait et 00 pouliches et juments de même race formeront la section hippique du concours.
- Les machines agricoles et les produits (volailles
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- Première Année. — N° 4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- vivantes, fromages, beurres, produits d’hiver) y tiendront une place considérable.
- Vendredi 30 et samedi 31 janvier, exposition générale de tout le concours.
- Le programme sera envoyé franco aux personnes qui en feront la demande à M. G. Vallière, secrétaire de la Société départementale d’agriculture de la Nièvre, à Nevers.
- EXPOSITION DE KIEL
- Le 11 janvier dernier s’est ouverte à Kiel une exposition de céréales'. Le but que se proposent les organisateurs est d’éclairer l’opinion publique sur la situation actuelle de la grande culture ; de lui offrir un enseignement théorique ; de mettre en rapport, pour l’expression de leurs vœux respectifs, consommateurs et producteurs ; de provoquer enfin des perfectionnements et des créations nouvelles.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- EXPOSITION DES ŒUVRES d’eVA GONZALES
- Le i5 janvier, a été inaugurée dans les salons de la Vie Moderne, place Saint-Georges, l’exposition des œuvres d’Eva Gonzalès.
- Beaucoup de monde et impression générale excellente. Parmi les toiles qu’on a réussi à grouper pour cette fête d’art intime, il en est beaucoup qu’il faut tenir pour les meilleures d’Eva Gonzalès. C’est avec un vif plaisir qu’on a revu ces délicieux petits récits de poésie familière et de vision fine qui avaient tant séduit au début.
- L’exposition a été très judicieusement aménagée, tout juste comme il convenait pour mettre dans sa lumière franche et naïve cet art gai, frais et délicat, que l’école française moderne doit au talent de Mme Eva Gonzalès-Guerard.
- Le Comité qui s’est formé pour ériger un monument à Eugène Delacroix s’est réuni à la mairie du 6e arrondissement, sous la présidence de M. Auguste Vacquerie.
- Le président a fait connaître que M. Fallières avait accordé les salles de l’Ecole des Beaux-Arts, pour une exposition de l’œuvre du maître qui aurait lieu pendant les mois de mars et d’avril.
- Un groupe d’artistes et de critiques s’occupent d’organiser également, à l’Ecole des Beaux-Arts, une exposition des œuvres de Bastien Lepage.
- Angleterre
- Le 6 janvier dernier, a été inaugurée, à Leicester, une Galerie permanente des Beaux-Arts. Nombre d’œuvres signées d’artistes en renom ont été offertes à la ville, et la Direction de la Galerie nationale, à Londres, a bien voulu prêter son concours en exposant, à titre provisoire, des tableaux de prix empruntés aux Musées nationaux.
- On parle à Londres d’une Exposition spéciale américaine qui aurait lieu dans cette ville.
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- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Nous avons, dans notre dernier article, donné des renseignements détaillés sur l’installation générale de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans et sur la distribution intérieure du bâtiment principal consacré aux exhibitions internationales ; il nous reste, comme nous l’avons promis, à faire connaître la part importante qu’ont prise à cette grande manifestation les commerçants et les industriels français.
- Commençons par reconnaître que les résultats obtenus sont dus à peu près exclusivement à l’initiative, à l’activité, aux efforts du Comité qui s’est organisé à Paris pour favoriser la paifficipation de la France à l’Exposition. Ce Comité, qui avait reçu l’approbation de M. le ministre du commerce et la promesse de son bienveillant appui, avait pour président d’honneur M. Récipon, député, pour président effectif M. le comte Dillon,
- et pour secrétaire général M. J. de Castro, il se composait, notamment, de MM. Bozérian et Millaud, sénateurs; Henry, député; Muzet, conseiller municipal; de Bersv, Brierre, Roberts, Salmon, etc. ; il avait, et il a encore son siège, 32, rue Le Peletier.
- Le nombre des Français représentés à l’Exposition dépasse deux cent trente ; sur ce chiffre, près de deux cents ont été visités et décidés par les membres du Comité, et sont, comme 011 dit, passés par ses mains. Les autres, ayant des agents ou des représentants sur place, ont envoyé leur adhésion directement et se sont occupés eux-mêmes de leur installation. Quand on connaît le négociant français, quand on sait combien il est difficile de le faire sortir de ses habitudes et comme il hésite toujours à s’en aller au loin, quand 011 sait enfin la froideur, l’aversion même qu’un certain nombre de nos compatriotes manifestent maintenant pour les expositions à l’étranger, on est surpris et reconnaissant à la fois du succès obtenu par le Comité de Paris.
- Aussi bien, la tâche n’était-elle pas facile. Malgré toute sa bonne volonté, le ministère n’a pu dépasser la promesse qu’il avait faite de son bienveillant appui ; aucune subvention n’a été fournie par le Gouvernement, et, si bien intentionné qu’il fût. ses ressources ne lui ont permis d’offrir au Comité que son concours moral. En mettant en jeu la concurrence des Compagnies maritimes, le Comité a pu obtenir au prix extrêmement minime de 27 francs par tonne le transport des objets destinés à l’Exposition depuis le port d’embarquement jusqu’à la Nouvelle-Orléans. Souvent même, il a fait accorder la demi-gratuité ; quelquefois, enfin, il a obtenu la gratuité complète, pour les œuvres d’art, notamment, et pour l’envoi du ministère de l’instruction publique.
- Grâce à ces efforts persévérants, la France est, à l’heure actuelle, brillamment représentée dans la capitale de la Louisiane ; l’emplacement destiné aux produits de notre industrie se trouve, comme nous l’avons dit, situé entre les exhibitions de la Grande-Bretagne d’une part, de l’Espagne et du Portugal, de l’autre. La place primitivement fixée est devenue insuffisante ; il a fallu envahir l’allée de séparation, et même empiéter sur les voisins ; en définitive, la section de l’industrie française couvre 30,000 pieds carrés dans le bâtiment principal (main building). Sans compter, bien entendu, les surfaces occupées dans les autres bâtiments, dans le Government building, principalement, où les exhibitions particulières de la ville de Paris et du ministère de l’instruction publique absorbent à elles deux dix mille pieds carrés.
- Ajoutons que le teri’ain nécessaire à chaque exposant étranger lui était, aux termes du règlement général, concédé à titre purement gratuit,
- tandis que l’exposant américain payait une redevance. Enfin, sur l’initiative du Comité, nos compatriotes se sont cotisés pour faire les frais de la décoration de la section française.
- Un rapide coup d’œil jeté maintenant sur la liste des exposants français ou plutôt sur la nomenclature des produits envoyés par eux, en suivant l’ordre des groupes que nous avons fait connaître il y a huit jours, démontrera que, à bien peu d’exceptions près, les diverses branches de notre production nationale sont représentées sur les bords du Mississipi.
- Dans les deux premiers groupes (agriculture et horticulture), nous voyons des machines agricoles, des meules de grès, des fleurs, des fruits ; — dans le troisième groupe (produits bruts et manufacturés, métaux, minéraux et bois), des produits chimiques, pharmaceutiques et hygiéniques en grande quantité, de la mégisserie, des eaux minérales, etc.— Le 4e groupe (meubles et accessoires) a une importance considérable : nous y trouvons les bronzes, la céramique sous toutes ses formes, les meubles, les étoffes d’ameublement, la miroiterie, les vitraux d’art, la bimbeloterie, les cristaux, les articles de Paris. — Parmi les exposants qui se rattachent au 5e groupe (industries textiles, habillements et accessoires), figurent beaucoup de bijoutiers, des joailliers, des fabricants de jouets et de poupées, de plumes et de fleurs artificielles; vêtements, nouveautés, chapeaux, modes, ganterie, etc., ont donné lieu à de nombreux envois. — Les machines, appareils, outils, matériaux de toutes sortes tiennent une large place dans le 6e groupe, consacré aux arts industriels. — Nos grands vins de Bordeaux, de Bourgogne et de Champagne, nos eaux-de-vie, nos liqueurs de toutes espèces, dont un grand nombre d’échantillons ont été expédiés, soutiendront dignemeut leur réputation dans le groupe
- des produits alimentaires. — C’est dans le 8e groupe (éducation et instruction) que rentrent l’exposition du ministère de l’instruction publique, dont nous avons déjà parlé, et celle de la ville de Paris. — Enfin, le 9e groupe (œuvres d’art) nous offre une liste d’une vingtaine de peintres, sculpteurs, etc., dont plusieurs sont célèbres. Ce nombre aurait certainement été dépassé si beaucoup de nos artistes n’avaient quelque peu boudé contre les Etats-Unis, en souvenir du fameux droit d’entrée établi sur leurs œuvres.
- Ces indications suffisent, pensons-nous, à faire ressortir l’importance des envois faits par nos compatriotes à l’Exposition de la Nouvelle-Orléans; nous ne saurions trop les féliciter de l’empressement avec lequel ils ont répondu à l’appel qui leur a été adressé : il ne peut y avoir là que gloire et profit pour eux-mêmes et pour l’industrie française en général. On sait, en effet, que les Républiques du centre et du sud de l’Amérique, le Mexique, etc., sont des clients de premier ordre pour la France, qui est même, pour beaucoup d'articles, leur fournisseur à peu près exclusif. Mais on n’ignore pas non plus que les Etats-Unis ont fait déjà, et font encore chaque jour, des progrès considérables dans l’industrie; il est donc tout naturel qu’ils s’efforcent, non pas d’accaparer absolument ces marchés à leur profit, mais de venir y faire une concurrence sérieuse et redoutable aux produits européens et français ; et, pour cela, l’Exposition de la Nouvelle-Orléans leur était une excellente occasion qu’ils n’avaient garde de laisser échapper, qu’ils devaient même faire naître. Il y avait donc, pour nos industriels et nos fabricants, un intérêt capital à faire acte de présence et preuve de vitalité et de progrès ; ils l’ont compris et se sont rendu compte qu’il fallait aller surplace soutenir vigoureusement la lutte, tandis que l’abstention leur aurait porté un coup funeste, irrémédiable peut-être.
- On ne doit pas oublier, d’ailleurs, que, sur ce vaste continent américain, à côté des régions du sud et du centre, il y a encore les Etats-Unis eux-mêmes, avec lesquels la France fait de très grosses affaires : en 1883, elle leur a expédié pour plus de cinq cents millions de ses produits (ses exportations de ce côté ont doublé en cinq ans, malgré les tarifs). A ce point de vue donc encore il était nécessaire de saisir l’occasion, non seulement de maintenir nos relations, mais de les développer dans une large mesure; il fallait éviter de nous laisser supplanter par nos redoutables concurrents de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Belgique, etc.
- Et jamais, à coup sûr, de meilleures circonstances ne pouvaient s’offrir à nous. Comme l’a dit avec raison le comité français : « La Nouvelle-Orléans, située près du golfe du Mexique, est admirablement choisie pour être le centre de réunion des races qui peuplent les deux Amériques. Le percement de l’isthme de Panama lui assure un avenir commercial dont le champ est illimité. C’est une raison pour que les industriels français saisissent l’occasion de s’y créer des relations. » Ajoutons que la Louisiane est une ancienne colonie française; que le tiers de sa population a conservé la langue, les mœurs et les goûts de son pays d’origine, et que les exposants français étaient assurés de recevoir un accueil particulièrement sympathique, ce qui n’a point manqué.
- Henry Duhamel.
- EXPOSITION
- INTERNATIONALE D’HYGIÈNE ET D’ÉDUCATION A LONDRES
- M. A.-J. Martin, commissaire général de la section française de cette exposition, vient d adresser son rapport au ministre du commerce.
- Cette exposition était une œuvre d’initiative privée et les membres de son comité exécutif appartenaient en majorité au South-Kensington Muséum. De plus, elle faisait partie d'une série d’exhibitions spéciales au nombre desquelles il faut compter celle de l’année dernière, exposition des pêcheries ; celle de l’année prochaine, exposition des inventions et des instruments de musique ; . enfin celle de 1886 qui sera limitée aux colonies du Royaume-Uni et de l’Empire des Indes. — A cette date les bâtiments disparaîtront et le terrain sera rendu à la Société d’Horticulture. — L’exposition d’hygiène a été visitée par 4,167,683 personnes en 6 mois, soit une moyenne (Voir la suite, page 6.)
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- 4- et 5. — Première Année — N° 4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Janvier 1885
- TOUR
- cle 370m de ïiaiTteuir en maçonnerie. — Projet de M. BOURDAIS, architecte
- Dans les derniers mois de l’année un voyage aux Etats-Unis, demandait à M. Bourdais, l’architecte du Trocadéro, s’il était possible de construire une tour d’une hauteur telle qu’on pût éclairer Paris au moyen de la lumière électrique.
- M. Bourdais étudia la question, se prononça pour l’affirmative et le 6 mai 1882 il prenait , avec M. Sebillot, un brevet « pour l'emploi de miroirs paraboliques en matière d'éclairage public ».
- Ces quelques lignes prouvent que l’idée première d’une tour monstre appartient bien à M. Bourdais.
- Nous nous contenterons aujourd’hui de donner une description sommaire de ce monument; dans notre prochain numéro nous reviendrons sur les calculs que l’habile architecte a été amené à faire et qu’il a dû exposer le 23 janvier devant les membres de la Société des Ingénieurs civils. Il a en effet trouvé une formule fort simple qui restera et fera grand honneur au mathématicien qui l’a établie,
- alors môme que R architecte ne
- verrait pas son projet se réaliser.
- La tour se composerait d’un premier soubassement de 66 mètres de hauteur.
- Notre gravure montre que c’est précisément la hauteur des tours de Notre-Dame.
- Dans ce soubassement qui
- »
- formerait un vrai Palais, pourraient avoir lieu diverses expositions permanentes. Le palais des Arts Décoratifs y trouverait sa place et les salles supérieures (non éclairées latéralement) seraient susceptibles de servir aux expériences de lumière électrique.
- Une vaste usine de force motrice serait disposée dans le sous-sol pour actionner les machines et les générateurs d’électricité. — Le plein-cintre qui orne la façade du soubassement serait plus élevé que la colonne Vendôme.
- La tour proprement dite partirait de ce soubassement avec un noyau intérieur en granit de 20 mètres à la base et de 18 au sommet.
- Les murs auraient une épaisseur de 2 mètres dans le bas et de o m. 80 dans le haut.
- De hors-œuvre à hors-œuvre la tour mesurerait 30 mètres et 28 mètres.
- On compterait 5 étages successifs autant que possible l’impression de
- 1881, M: Sebillot, ingénieur-électricien, après | La première
- de 35 mètres. Chacun d’eux, pour diminuer lourdeur apparente, se diviserait en 3 parties.
- serait constituée par d élégantes colonnes de 20 mètres de hauteur ;
- la deuxième par un attique de 9 mètres dont le but principal serait d’entretoiser les sommets de ces colonnes pour empêcher le déversement ; la troisième par une espèce de bague de 5 mètres entourant la tour et percée de larges baies donnant du jour dans des chambres habitables.
- Le chapiteau destiné à couronner l’édifice mesurerait 20 mètres de hauteur et comprendrait 16 figures de 8 mètres, que l’on peut parfaitement distinguer sur le dessin ci-contre.
- C’est là que prendrait place la plate-forme qui ne mesurera pas moins de 962 mètres carrés. Au-dessus (c’est-à-dire à 300 mètres) s’élèverait la lanterne-phare de 55 mètres de hauteur, surmontée elle-même par un génie de 25 mètres. Nous arrivons ainsi au point culminant situé à 370 mètres au-dessus du sol.
- Dans son projet M. Bourdais préconise l’emploi de matériaux de natures diverses, mais associés
- les uns aux autres.
- Le noyau de maçonnerie serait garni extérieurement d’une ossature métallique en tôle et en cuivre repoussé, offrant un aspect fort décoratif.
- Quatre ascenseurs permettront à 2,000 personnes de monter sur la plate-forme d’où l’on jouira d’un coup d’œil dont seuls peuvent avoir une idée ceux qui en 1878 sont montés dans le ballon captif.
- Le vide servira^ comme autrefois celui de la tour de Pise, à faire des expériences scientifiques nouvelles et bien autrement considérables.
- Nous savons déjà que les savants les plus autorisés s’intéressent à ce projet.
- Pour l’éclairage d’une première zone, on se bornera à projeter un cône colossal de lumière sur la capitale.
- Pour l’éclairage des quartiers un peu éloignés, où l’agglomération des toits intercepterait la lumière venant directement de la tour, l’architecte compte employer une série de miroirs paraboliques qui seront placés sur divers points élevés de Paris.
- On constituera ainsi une 1 série de réflecteurs qui renverront lumière émanant de la tour.
- Henry F. Cabirau
- aux rues non éclairées directement la
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- 6. — Première Année — N° 4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Janvier i885.
- de 27,000 visiteurs par jour. — Les bénéfices s’élèveront à 1,500,000 fr. environ.
- C’est en 1876, à Bruxelles, qu’eut lieu la première exposition internationale de ce genre. — Nous trouvons la seconde à Genève, en 1882, à l’occasion du Congrès international d’hygiène et de démographie. — D’autres moins importantes furent organisées, en 1880, à Gênes ; en 1881 à Londres et enfin en 1884 à Berlin.
- Voici ce que dit M. le docteur A.-J. Martin au sujet de l’organisation de l’exposition :
- (Le programme de l’exposition comprenait ainsi: dans la partie réservée à l’hygiène, l’alimentation, le vêtement, l’habitation, les ambulances en temps de paix et en temps de guerre, l’hygiène scolaire, l’hygiène industrielle et la météorologie au point de vue des instruments et des résultats. La division d’éducation embrassait les crèches, les écoles primaires, les écoles de filles et de garçons, l’enseignement technique, l’enseignement scientifique, l’enseignement artistique, et enfin l’enseignement spécial pour les aveugles et les sourds-muets.
- « 2,109 exposants ont répondu à l’appel des organisateurs de l’exposition, dont 1,453 Anglais et 656 étrangers. Parmi ces derniers, la France comptait pour 268 exposants, comprenant 387 numéros du catalogue. La Belgique avait un nombre d’exposants moins élevé que celui de la France; les autres pays étrangers, sauf la Chine et le Japon, avaient des expositions peu importantes ; l’Italie, toutefois, avait voulu montrer, malgré l’exposition nationale de Turin, que les questions d’hygiène sont étudiées chez elle, depuis un certain nombre d’années, avec un grand soin; l’Autriche-Hongrie, l’empire d’Allemagne, l’Esprgne, les Pays-Bas, la Russie, étaient à peine représentés ; les Etats-Unis n’avaient guère envoyé que des plans intéressants concernant la salubrité des écoles et des habitations. En résumé, parmi les nations étrangères, la France et la Belgique étaient au premier rang par l’importance de leurs expositions.
- <. Le délai très court accordé pour la participation de la France à l’exposition obligeait le commissariat à choisir avec soin les exposants et à donner à la section française un caractère spécial, de façon à en faire une sorte de diminutif de ce que doit être aujourd’hui une exposition d’hygiène et d’éducation. De plus, les emplacements accordés et qu’il fallut péniblement réclamer, malgré les promesses formelles, jusqu’au dernier jour, obligeaient à scinder les diverses parties de cette section, tout en la maintenant aussi strictement que possible dans les limites scientifiques entre lesquelles les applications sanitaires sont aujourd’hui maintenues par les hygiénistes français. C’est ainsi qu’elle put compter, dès les premiers jours, sur le concours de M. Pasteur, sur celui des ministères intéressés, de la ville de Paris, pour l’exposition de laquelle le conseil municipal vota un crédit spécial, et des architectes et ingénieurs les plus compétents en matière d’hygiène et de génie sanitaire. »
- EXPOSITION
- d’art CULINAIRE a BERLIN
- Le jeudi 8 janvier, a été ouverte à Berlin une exposition d’art culinaire, organisée par la société des cuisiniers allemands.
- L’Exposition occupe le local entier de la Société Philharmonique, l’ancien Skating-Rink central de Berlin, près de la gare d’Anhalt.
- Dans le vestiaire sont réunis des machines, des ustensiles et autres accessoires de cuisine.
- La grande salle de concert et de bal est spécialement réservée à la cuisine pratique : là sont exposés les produits les plus divers des cuisines savante et bourgeoise, ainsi que des poissons assaisonnés de différentes manières, des pâtés, etc.
- Au fond de la salle se dresse une cuisine modèle et dans les jardins l’on a organisé une exposition de produits comestibles de tous genres, non encore soumis à la cuisson, tels que viandes, légumes,poissons, volailles, tout prêts à subir les opérations culinaires les plus variées.
- Les galeries qui entourent la salle de bal ont été transformées en buffets de dégustation, où chaque visiteur peut, moyennant une somme modique, se convaincre de l’excellence des produits exposés.
- L’Exposition occupe aussi quatre salles du premier étage. — Dans les deux premières sont exposées des batteries de cuisine, et tous les ustensiles indispensables en cuivre, en étain, en fonte, en porcelaine, en verre, en alfénide et autres métaux composés.
- La seconde salle est occupée par l’exposition de boissons, et dans la troisième, des maîtres d’hôtel font apprécier aux visiteurs leur habileté et leur savoir-faire en ce qui concerne l’arrangement des
- tables de banquets, etc. Dans une salle intermédiaire on a formé une bibliothèque culinaire contenant les ouvrages spéciaux les plus renommés sur la cuisine proprement dite, la pâtisserie et la confiserie domestique, etc.
- La distribution des prix a eu lieu le vendredi 9 janvier, et le dimanche soir l’Exposition a fermé ses portes. — Pendant ces trois jours l’affluence avait été très nombreuse, composée surtout de commerçants, bouchers, boulangers, restaurateurs, etc., pour lesquels l’Exposition présentait un réel intérêt.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’EXPOSITIOH DE 1889, PAR M. BERGER
- La part importante que M. Georges Berger a prise, soit comme commissaire général, soit comme directeur des sections étrangères, aux Expositions universelles de 1867 et de 1878, lui donne incontestablement l’autorité nécessaire pour parler de ces grands concours internationaux, et pour apprécier les avantages et les inconvénients que présentent les divers systèmes appliqués jusqu’à ce jour. Loin de nous, donc, la pensée de nier sa compétence et de tenir pour suspectes, a priori, les objections qu’il formule et les innovations qu’il propose dans la brochure qu’il vient de publier sur l’Exposition universelle de 1889.
- Dans des entreprises de cette importance, on ne saurait s’entourer de trop de lumière; on ne saurait trop prêter l’oreille aux conseils et aux objections, peu importe d’où ils viennent; il faut savoir accepter une idée quand elle est juste et réalisable.
- C’est pourquoi nous allons analyser la brochure de M. Georges Berger et l’apprécier avec la plus scrupuleuse impartialité, ne nous inspirant que de l’intérêt public et n’ayant en vue que le succès de l’Exposition de 1889.
- D’abord, nous remarquons, dès les premières pages, que M. Georges Berger semble hanté par des idées noires. Il voit, ou il feint de voir, dans le peu de succès de l’Exposition de 1878 un pronostic lâcheux.
- y Aucune grande Exposition universelle, écrit-il, « n’a donné, jusqu’ici, des bénéfices réels. Celle <- de 1867 s’est soldée fictivement par une balance « de 3,000,000 de francs à l’actif, parce que l’Etat « et la Ville avaient, renoncé à tout rembourse-« ment de leurs subventions. »
- Eh bien ! qu’est-ce que cela prouve? Est-ce qu’on peut logiquement conclure de ce fait que l’Exposition universelle de 1889 se soldera également par un déficit?
- Évidemment non. Ce serait fouler aux pieds, à la fois, le bon sens et la logique. D’ailleurs, à quoi bon faire ainsi, sans motif, profession de pessimisme et interroger l’avenir avec une anxieuse inquiétude ! Mais , heureusement, M. Georges Berger n’est pas plus prophète infaillible qu’il n’est logicien serré et irrésistible.
- Bien qu’il affecte de montrer une certaine indifférence au sujet de l’emplacement de l’Exposition, on sait qu’il a une préférence, car il a défendu avec chaleur, devant la Commission, le Champ d’entraînement de Bagatelle et de l’île de Puteaux.
- « On a, dit-il, préféré conditionnellement le « Champ de-Mars avec des annexes enclavées dans « la ville ; nous avions exposé qu’à notre avis cet « emplacement démodé, dépourvu de tout attrait. « de nouveauté et de pittoresque, d’une utilisation « peu commode, ne saurait être admis qu’en der-« nière ressource. »
- Tel n’est pas notre avis, et beaucoup de personnes pensent comme nous, que le Champ-de-Mars • est préférable, sous tous les points de vue, au Champ d’entraînement de Bagatelle et à l’île de Puteaux, qui sont trop éloignés du centre de Paris, et offrent moins de facilités de communication. D’ailleurs, le Champ-de-Mars n’est pas aussi démodé, ni aussi dépourvu d’attrait que le prétend M. Berger. Il a pour lui la consécration du passé ; il est connu du monde entier, — et c’est bien quelque chose , ___ puisqu’il a servi d’emplacement aux précédentes Expositions universelles. Toutes cescircon-stances ne peuvent que contribuer au succès de l’entreprise.
- D’ailleurs, l’auteur de la brochure avoue qu’il se résignera, s’il le faut, à l’emplacement du Champ-de-Mars, mais, par contre, il repousse toute idée de placer l’Exposition dans un monument durable, dans ce qu’il appelle une « construction uniforme recouvrant tous les produits, sans tenir compte de leur diversité infinie. » Et que propose-t-il, pour
- remplacer ce palais grandiose qui frappe les imaginations et n’est pas le moindre des attraits des Èxpositions?
- Il propose de créer autant d’ilots qu’il y aura de nations représentées ; de partager le terrain, con formément aux divisions climatériques, géographiques et politiques du globe, en laissant aux exposants de chaque pays la charge d’y créer un diminutif pittoresque de la patrie commerciale et industrielle.
- « Dans chacun de ces îlots il y aurait, dit-il, des « constructions métalliques ruclimentaires, cou-« vertes, fermées verticalement dans les parties de « leur développement qui ne seraient pas en bor-« duiœ le long des voies de la circulation générale < et reliées entre elles par séries assez importantes « pour que des abris continus en puissent résulter. »
- lout cela est peut-être fort joli; mais nous avouons que nous n’y comprenons pas grand’chose et nous nous demandons ce que l’auteur entend par « des constructions métalliques rudimentaires, « couvertes, fermées verticalement, etc. ! »
- Quoi qu’il en soit, ces îlots seraient ce que l’on peut imaginer de plus disgracieux. Que l’on se figure cette agglomération de constructions de styles et de formes différents; cet amoncellement bizarre de monuments aux tons disparates; ces oppositions de couleurs, s’étendant sur le Champ-de-Mars, comme un immense manteau d’Arlequin; tout cela donnerait à l’Exposition le caractère et l’aspect d’une immense foire internationale. M. Georges Berger lui-même en serait navré, il regretterait son œuvre.
- Et puis, il est bien évident que toutes ces constructions coûteraient plus cher qu’un seul palais. En effet, ce qui coûte le plus ce sont les enceintes. Or, M. Berger les multiplie dans une proportion démesurée. M. Berger prétend qu’on rentrerait dans une partie de l’argent déboursé en les revendant après l’Exposition ; nous voulons bien le croire; mais est-il si certain que cela qu’elles trouveraient des acquéreurs? A-t-il oublié qu’en 1878, la façade de l’Exposition belge, que l’on voulait vendre, resta six mois au Champ-de-Mars et qu’en fin de compte, îe gouvernement belge, désespérant de trouver à la vendre, la donna au gouvernement français.
- N’en déplaise à l’auteur de la brochure, nous ne partageons nullement sa manière de voir sur ce point ; nous concevons tout autrement cette colossale entreprise.
- Au lieu de toutes ces constructions éphémères et disparates, au lieu de cette espèce de cacophonie des cinq parties du monde, réunies pêle-mêle en un, méli-mélo disgracieux, nous préférerions que l’on édifiât dans le Champ-de-Mars, vis-à-vis le palais du Trocadéro, un autre palais de vastes proportions que l’on consacrerait à l’industrie et aux beaux-arts.
- M. Berger objecte que le temps manque pour construire cet édifice; il trouve que les quatre années qui nous séparent de 1889 ne sont pas suffisantes. Nous ne sommes pas de son avis.
- Il demande en outre à qui le palais appartiendra après l’Exposition. « L’État, dit-il, ne s’engagera « certainement pas à le racheter. »
- Qu’en sait-il? Est-il si bien dans les secrets des dieux qu’il puisse formuler cette assertion? Mais quand bien même l’État ne s’engagerait pas à le racheter, on a la certitude, dès maintenant, que le palais trouvera acquéreur, car la Société des artistes français a demandé que l’on voulût bien lui en accorder une partie. D’autres Sociétés imiteront sans doute cet exemple.
- Une autre idée fort étrange de M. Georges Berger, c’est de proposer de « localiser à Vin-cennes » l’exposition générale d’agriculture.
- Pourquoi prononcer cette espèce d’ostracisme contre l’une des branches les plus fécondes et certainement la plus populaire du travail national dans tous les pays ? Qu’est-ce que l'agriculture a fait à l’auteur de la brochure pour qu’il l’exile ainsi loin de l’enceinte de l’Exposition ?
- Reléguer l’exposition d’agriculture à Vincennes ou partout ailleurs, ce serait commettre une faute grave, impardonnable, car ce serait la sacrifier. Et, cependant, M. Georges Berger trouve cette idée « excellente ». Oui, elle est excellente pour tuer l’exposition agricole et pour mécontenter la foule nombreuse des intéressés.
- M. Berger propose « d’exonérer les exposants de tout loyer d’emplacement » et, non content de cela, il réclame aussi pour eux « le droit de vente courante d’objets emportables ».
- « Il est nécessaire, dit-il, que l’Exposition de « 1889 dépouille l’austérité académique de celles « qui l’ont précédée ; elle doit faire entrer les « entreprises de son espèce dans la voie des foires
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- Première Année. — N° 4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 25 Janvier i885. — 7.
- « internationales bien ordonnées, afin que chacun « y trouve son profit immédiat. »
- Eli bien ! non, cent fois non ! il ne faut pas que l’Exposition de 1889, cette œuvre grandiose destinée à montrer le génie fécond de la France dans son apogée, soit travestie en « foire internationale » ; il ne faut pas que l’on en fasse une sorte de basar universel, où tous les appétits du lucre et du mercantilisme pourront se donner libre carrière.
- Nous voulons bien que l’on fasse aux étrangers l’accueil le plus cordial et le plus sympathique ; mais ce que nous ne voulons pas, c’est qu’on leur accorde le droit de venir chez nous faire concurrence à notre commerce, et surtout au commerce parisien qui aurait le plus à souffrir d’une pareille mesure. Cela serait aussi injuste que funeste pour nos intérêts. Car il ne faut pas oublier que les objets destinés à figurer à l’Exposition entrant en franchise, ils pourraient être vendus à des prix tels qu’ils défieraient toute concurrence de notre part. De sorte que le résulfat le plus net de la proposition de M. Berger serait de sacrifier le commerce parisien à l’avidité mercantile des étrangers.
- Mais s’il trouve excellent et patriotique de permettre aux étrangers de venir s’enrichir chez nous et à nos dépens, l’auteur de la brochure, en revanche, conseille de faire des économies. Ce conseil est sage assurément, mais, malheureusement, le moyen qu’il propose répugne souverainement à la générosité française et aurait l’air d’une lésinerie mesquine.
- Il voudrait que l’on supprimât les médailles et que l’on se contentât de donner des diplômes aux lauréats.
- « En 1878, écrit-il, la dépense, comprenant en « plus des médailles commémoratives, a atteint « près de 2,000,000 de francs. En 1889, on pour-« rait, sans inconvénients, supprimer toutes les « médailles de récompenses. »
- D’abord, nous ferons remarquera M. Berger que ce n’est pas 2,000.000 de francs que l’on a dépensé de ce chef en 1878, mais bien 2,500,000 francs.
- Supprimer les médailles et les remplacer simplement par des diplômes serait considéré par 1 es étrangers, ainsi que nous le disons plus haut, comme une lésinerie indigne, d’un grand pays comme la France. D’ailleurs, sans recourir au moyen radical préconisé par M. Berger, on pourrait obtenir le même résultat d’une autre manière.
- Ce serait en fabriquant des médailles d’un module plus petit, par conséquent contenant moins de matière, mais d’un travail plus artistique, plus parfait ; en faisant de ces récompenses de véritables objets d’art.
- M. Georges Berger signale en outre comme une source d’économies la réforme du service des entrées.
- « En 1867, dit-il, et principalement en 1878, les « cartes d’entrée gratuite ont été presque proie diguées'......................................
- « Des abus énormes et scandaleux ont toujours « été commis par les porteurs de cartes de reprè-« sentants d'exposants et de gens de service. »
- Certes, il doit savoir, mieux que personne, combien les abus qu’il signale ont été « énormes et scandaleux » puisqu’ils ont eu lieu sous l’administration dont il faisait partie. Quoi qu’il en soit, il faut lui savoir gré d’avoir révélé ces fraudes et d’avoir, en même temps, proposé le moyen le plus efficace pour les empêcher totalement, ou au moins pour les atténuer.
- Si nous différons d’opinion, avec M. Georges Berger, sur bien des points, il est, un projet sur lequel nous sommes complètement d’accord, et dont il faut lui savoir gré de s’être fait le promoteur ; c’est celui de l’ouverture de l’Exposition le soir.
- Cette proposition, nous en avons la certitude, ne rencontrera que des adhésions parce qu’elle répond à un besoin réel et qu’elle constituera un supplément de ressources ponr l’Exposition.
- Combien de Parisiens à qui leurs occupations ne permettront pas de visiter l’Exposition pendant le jour qui s’en dédommageront le soir, quand à l’attrait de la température rafraîchie se joindra celui du spectacle féerique des illuminations.
- En terminant sa brochure M. Georges Berger s’attache à réfuter, une fois déplus, l’argument qui consiste à dire que les Expositions ont l’inconvénient de livrer aux étrangers le secret de nos procédés de fabrication.
- La fausseté de cette accusation a été maintes fois démontrée et l’auteur n’apporte aucune preuve nouvelle.
- Il conclut par cette phraséologie nébuleuse :
- « Le seul moyen réel de ne pas être imité dans
- « les industries artistiques, c’est d’être inimitable ; « 011 y arrive en entretenant chastement lafécon-« dité naturelle de la race à laquelle on appartient, « en n’admettant pas que le génie héréditaire de « l’invention puisse arriver à la paralysie du mo-« ment, qu’il 11’épuise pas ses efforts en dehors « d’une tradition à laquelle il doit sa noblesse par-« ticulière en déroutant les contrefacteurs et les « imitateurs par une perfection qui n’appartient « jamais, quoi qu’on fasse, aux œuvres de seconde « main. »
- Comprendra qui pourra !
- Quoi qu’il en soit, la brochure de M. Georges Berger renferme quelques idées neuves et des observations d’une incontestable justesse. C’est assez pour qu’on lui sache gré de l’avoir écrite.
- E. Mansuy.
- BEAUX-ARTS
- PEINTURES DÉCORATIVES DU PANTHÉON
- Voici la liste des compositions décoratives du Panthéon, dont les commandes ont été données par la direction des Beaux-Arts.
- Commandes terminées
- i° Episode de la vie de saint Louis, — M. Cabanel ;
- 20 Episode de la vie de sainte Geneviève, — M. Puvis de Chavannes ;
- 3° Derniers moments de sainte Geneviève, — M. J.-P. Laurens;
- 4° Le Christ entouré de quatre personnages (Coupole), — M. Hébert.
- 5° Episode de la vie de Clovis, — M. E. Blanc ;
- 6°EpisodedelaviedeJeanned’Arc, — M. Baudry.
- Commandes non terminées
- 10 Les Martyrs de Saint-Denis, — M. Bonnat ;
- 20 Attila marche sur Paris et sainte Geneviève calme le peuple, — M. E. Delaunay ;
- 3° La Charité, la Foi, le Christianisme, la Civilisation et le Patriotisme, — M. Humbert ;
- 4° Episode emprunté à la vie de Charlemagne, — M. H. Lévy.;
- 5° Episode de la vie de sainte Geneviève, — M. Maillot;
- 6° Episode ' de la vie de sainte Geneviève, — M. Meissonier.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUI EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- L’idée première d’une exposition universelle est due à l’habile dessinateur industriel Amédée Couderc, frère d’un peintre célèbre, et qui était lui-même un artiste de beaucoup d’imagination ; les comptes rendus de ses succès aux expositions de 1839, 1844, 1849 et 1851 en sont la preuve. Les industries des étoffes et des châles lui doivent beaucoup ; il fut le premier qui ait montré le chemin à cette pléiade d’artistes industriels qui ont porté si haut la réputation des dessins français.
- Le projet de Couderc date de 1834, il mettait son exposition sur l’emplacement de la butte Montmartre, préalablement nivelée. E11 choisissant cet endroit,il prévoyait l’extension que Paris était appelé à prendre dans cette direction, et, quand on songe aux travaux qui ont été depuis exécutés de ce côté, on regrette que l’idée de ce chercheur n’ait pas été réalisée et alors la chose était facile, caril n’existait dans cette région que de rares constructions, et l’on n’accédait au sommet de la butte que fort difficilement. Couderc fit exécuter un plan en relief de son projet sur une superficie de cinq mètres carrés, y dépensa des sommes considérables et se ruina complètement sans avoir eu la consolation de pouvoir la terminer pour l’Exposition de Paris en 1834.
- A dater de 1834, le caractère des expositions change; elles deviennent universelles et inter-
- nationales ; cette idée toute française eut sa réalisation à Londres en 1851, et nous voyons successivement les nations industrielles appelées à concourir dans les principales capitales de l’Europe.
- La comparaison du nombre des personnes qui ont successivement visité ces expositions permet d’en apprécier sinon le mérite au moins l’importance. Le tableau suivant indique en même temps que le nom de ces expositions et l’année où elles ont eu lieu, le nombre des exposants qui y ont pris part et le nombre des visiteurs (1).
- Londres 1851 13,917 exposants,
- Paris 1855 23,953 —
- Londres 1862 27,653 ' —
- Paris 1867 50,226 —
- Vienne 1873 (2) —
- Paris 1878 —
- 6,039,000 visiteurs. 5,162,000 —
- 6,211,000 —
- 10,102,238 —
- 16,102,089 —
- Ces renseignements sont intéressants à consulter pour mesurer l’importance d’une exposition, et le nombre des visiteurs semble devoir être préféré comme terme de comparaison à celui des exposants, parce que la proportion numérique de ceux-ci est notablement affectée par différentes causes étrangères à la valeur intrinsèque de l’exposition elle-même. Exemple : les vitrines collectives qui font paraître inférieure à la réalité la quantité des exposants.
- Le nombre des exposantshue fait pas connaître non plus celui des chefs d’industrie qui auraient désiré et pu figurer aux concours internationaux, par cette raison que l’admission a toujours quelque chose d’arbitraire, enfin parce que dans chaque pays les commissions spéciales rejettent une partie quelquefois considérable des demandes ne fût-ce que par la raison que l’espace dont on dispose oblige à des exclusions qui autrement' ne seraient pas justifiées.
- Quoi qu’il en soit, les résultats que nous venons d’indiquer montrent que les expositions universelles sont entrées de plus en pins dans les mœurs modernes et que le besoin de faire connaître son industrie, devenu aujourd’hui une impérieuse nécessité pour tous les pays producteurs, n’est pas le seul mobile qui attire vers les expositions. Sans doute l’intérêt commercial y a une large part ; les industriels, les agriculteurs, les artisans, les ouvriers sont venus pour voir et s’instruire, et en cela rien que de naturel, rien que de légitime; mais aussi des sentiments d’un ordre plus élevé ont contribué à augmenter le nombre des visiteurs. Une nombreuse partie, probablement la majorité des exposants, savent aussi que pour eux il résulterait de leur participation une dépense plus ou moins importante à peu près sans compensation matérielle ; ils sont cependant accourus et chaque fois plus nombreux, poussés par cette force qui provoque les peuples à se connaître les uns les autres, comme les membres d’une seule et même famille, unis par l’indissoluble lien de communes destinées. Sans doute on est séparé par la distance des lieux et par l’obstacle souvent plus grand des préjugés ; mais de nos jours les distances s’amoindrissent de plus en plus et les préjugés tendent à disparaître.
- La vapeur est, comme on sait, l’agent le plus universellement employé pour produire le travail moteur dont a besoin l’industrie. Au point de vue théorique, cette transformation de chaleur en force a été l’objet de nombreuses recherches qui ont fait connaître les pertes effectuées surla somme de travail que devaient
- (1) Entre temps, des expositions où tout le monde avait été appelé et où en effet beaucoup de nations ont été très convenablement représentées ont eu lieu à New-York, Dublin, Porto, Amsterdam, Philadelphie, Bruxelles, Sydney, Melbourne et enfin une seconde fois à Amsterdam.
- (2; Des circonstances spéciales ont empêché l'Exposition de Vienne d’offrir des résultats comparables, ce qui fait que nous ne l’avons indiquée que pour mémoire.
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- 8. — Première Année. — N° 4.
- donner les dépenses faites en combustible ; aussi s’est-on ingénié à diminuer ces pertes et les recherches des combinaisons propres à obtenir ce résultat ont constitué un des plus grands progrès réalisés pendant ces vingt dernières années dans la construction des machines à vapeur.
- Les moteurs qui ont pour objet de permettre l’utilisation de la force développée par la vaporisation de l’eau ont vu leur rôle s’agrandir pour répondre aux nécessités de la production. Devenus les plus puissants auxiliaires de l’industrie moderne, ils ont eu en outre à satisfaire aux immenses développements des chemins de fer, comme à la transformation de la marine.
- La machine à vapeur présente un sujet d’études aussi intéressant par son importance que par sa variété.
- En poursuivant cette étude nous serons amenés à constater que l’industrie a trouvé dans l’emploi de la machine à vapeur un concours dont l’efficacité augmente continuellement; elle se transforme pour répondre à de nouveaux besoins, pendant que les premiers types employés se perfectionnent en recherchant l’économie du combustible. Enfin les ateliers destinés à la construction des machines à vapeur, plus nombreux et dans de meilleures conditions d’organisation, livrent des machines mieux construites et à des prix de jour en jour plus modérés. Nous remarquerons également qu’après avoir appliqué les machines au puissant outillage des grands ateliers on est arrivé à leur demander de fournir de faibles forces motrices et que de tous côtés on a cherché à construire de petites machines d’une installation facile et d’un prix modéré.
- Ces transformations se sont manifestées de la façon la plus évidente dans les divers concours internationaux qui se sont succédé ; aussi avons-nous pensé qu’il serait intéressant de donner un résumé des perfectionnements qui ont été successivement constatés.
- 'Nous nous proposons de mettre en évidence les progrès remarquables faits à chaque Exposition universelle par les divers pays exposants, dans la construction des moteurs à vapeur, en nous efforçant de faire ressortir les utiles enseignements qu’a su en tirer l’industrie. Nous étudierons donc successivement, les générateurs et les machines, c’est-à-dire les appareils dans lesquels se forme la vapeur aux dépens du combustible, et les appareils dans lesquels cette vapeur est ensuite utilisée pour développer le travail mécanique, bornant cet examen à la conception, à l’exécution et à l’application par l’industrie des machines à vapeur.
- Exposition universelle de Londres en 1851.— Le nombre des machines à vapeur fixes présentées à cette exposition était fort considérable et la plupart exposées par des constructeurs anglais. Le but cherché était la simplification du mécanisme ainsi que la diminution du volume et du poids afin d’arriver à une réduction des prix. On pouvait remarquer que l’emploi de la détente ne paraissait pas préoccuper la plupart des constructeurs anglais et que l’économie de combustible résultant de 1 usage de cette propriété, combinée avec la condensation, n’attirait pas davantage leur attention.
- La raison de cet état de choses était non seulement dans le bas prix du combustible', mais encore dans la facilité laissée, en Angleterre,aux propriétaires d’usines de placer leurs machines au. centre des établissements et au milieu des habitations. L’absence d’un contrôle administratif sur l’installation des machines à vapeur avait conduit à cette dangereuse habitude, et, pour en diminuer les conséquences funestes, en cas d’explosion, on n’osait employer couramment que des machines à basse pression, regardées à tort comme moins dangereuses, renonçant ainsi volontairement à l’économie que procureraient de bonnes
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- machines à détente variable et à condensation.
- Quant aux machines à vapeur fixes exposées par les autres nations, il n’y avait lieu de remarquer que deux machines à haute pression, à détente variable et à vitesse constante, imitées, sauf quelques modifications, du système Meyer, l’une venant de Belgique et l’autre d’Autriche.
- En définitive on ne constatait pas à l’Exposition de 1851, dans l’établissement des machines à vapeur fixe, de progrès remarquables faits par les autres pays et devant être mis en évidence à titre d’enseignement.
- G. LÉ PAN Y,
- Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
- REVUE ÉCONOMIQUE
- Nous avons sous les yeux les résultats de notre commerce extérieur pendant l’année 1884, ils s’établissent par les chiffres suivants : nos importations se sont élevées à 4 milliards et demi, tandis que nos exportations n’ont atteint que 3,300 millions ; nos achats ont donc été supérieurs à nos ventes de 1,200 millions.
- Dans l’ensemble il y a eu ralentissement ; dans les entrées et dans les sorties, les marchandises importées représentent en effet, en 1884, 280 millions de moins qu’en 1883, et les exportations ont fléchi de 102 millions. Ces conditions de notre commerce n’ont rien qui nous soit particulier. Les mêmes plaintes se produisent en Angleterre, en Allemagne et jusqu’aux Etats-Unis où la production déborde sans trouver où se rejeter sur les marchés étrangers.
- Il est vrai que l’Amérique du Nord cherche à faire la conquête douanière de l’Amérique du Sud; elle passe des traités spéciaux, qui lui confèrent certains privilèges avec les états de ce qu’011 appelle l’Amérique espagnole. Elle a demandé une adoption rigoureuse du système de la protection pour l’établissement de ses fabriques ; maintenant elle cherche dans une application toute particulière d’un libre échange qui est.une protection déguisée, les clients et les consommateurs qu’elle ne trouve pas en Europe. On doit d’ailleurs se féliciter de voir l’importance que prennent dans l’opinion les questions économiques; on en cherche avec autant d’ardeur que de bonne foi la solution théorique, et ce n’est pas un mince honneur pour la science que cet hommage rendu à la valeur de ses formules au milieu de préoccupations qui semblent avoir un caractère tout matériel. Ce serait d’ailleurs une erreur de croire que ces grands intérêts de notre industrie ne soient pas suivis, étudiés, discutés en France avec autant de compétence et d’attention qu’ils peuvent l’être dans tout autre pays.
- Nous venons précisément de parcourir un résumé des travaux faits par les Chambres de commerce pendant l’année 1884, et il est vraiment impossible de n’être pas frappé de la variété de ces études, des vues d’ensemble qu’elles révèlent, de l’intelligente persévérance avec laquelle on s’attache à atteindre le but que l’on s’est fixé. Des réformes légales d’une haute importance sont élaborées; aussi, lorsqu’elles arrivent devant les Chambres, le Parlement n’a plus qu’à les ratifier.
- Il est par exemple deux points que nous voulons signaler parce qu’on s’en préoccupe beaucoup en ce moment, et suivant nous avec raison.
- Dès 1881, la Chambre de Dijon, prenant une juste initiative, a émis le vœu que publication soit faite des ventes ou cessions de fonds de commerce, et qu’il soit accordé un délai de dix jours francs aux créanciers intéressés pour former opposition à la libération définitive de l’acquéreur ou cessionnaire; on nous dit que les fraudes commises à cet égard sont de tous les jours et presque incalculables.
- Depuis 1881, 38 chambres de commerce ont adhéré a la demande de la Chambre de Dijon ; tout porte à croire qu’un projet dans ce sens ne tardera pas à être présenté aux Chambres qui l’adopteront.
- Le second point est relatif aux mesures à adopter pour réprimer les fraudes tendant à faire passer pour français des produits fabriqués à l’étranger ou en provenant. La proposition émane de deux sénateurs, MM. Bozérian et Dauphinot, elle a été vivement discutée par les Chambres
- Dimanche 23 Janvier 1885.
- d’Amiens, Brest, Caen, Dieppe, le Havre, Toulouse, et généralement approuvée, à part l’article qui confère le droit de poursuites aux Chambres de commerce, et sur ce point nous croyons que ce sont les Chambres qui ont raison contre les deux savants jurisconsultes.
- La Chambre de Rennes a, sous un autre rapport complété le projet; elle demande que l’on réprime aussi les fraudes ou contrefaçons tendant à tromper sur la véritable origine des produits, môme français. Nous entrons dans ces détails pour montrer quel soin 011 apporte à l’examen des questions qui intéressent notre état commercial.
- Nous avons parlé il y a huit jours de la construction pour la compagnie Cunard d’un nouveau bateau à grande vitesse, l'Umbrice ; ce bâtiment est destiné au service de Liverpool à New-York. Un de nos confrères fait à ce propos des réflexions très justes, et qui montrent bien quels efforts la concurrence exige de la part de toutes les nations.
- Notre ligne française, dit-il, malgré sa subvention et malgré ses trois grands paquebots en construction, est déjà distancée de beaucoup par ses, rivales.
- Ces trois paquebots, de 8,000 chevaux de force, nous ne les aurons qu’en 1886, alors que les Anglais possèdent déjà à l’heure actuelle, pour leur ligne de New-York, huit paquebots d’une puissance supérieure.
- Dans cette industrie des transports, les progrès sont si rapides que les plus beaux projets sont dépassés avant d’avoir pu recevoir leur exécution. A des points de vue industriels on peut éprouver une contrariété quelconque, mais c’est par là que se perfectionne l’outillage général.
- LES THÉÂTRES
- Denise au THEATRE-FRANÇAIS
- Alexandre Dumas a-t-il voulu servir une thèse? n’en doutons pas un instant; s’il nous a mis en présence d’une fille séduite, abandonnée par son séducteur, nous pouvions nous attendre à ce que la demoiselle se refit une virginité dans un nouvel amour.
- Depuis Marion Delorme on a maintes fois voulu réhabiliter les vertus tombées : l’auteur de la Dame aux Camélias le sait mieux que personne. Malgré tout, Denise, la personne mise à mal par un don Juan d’occasion, Fernand de Thauzette, est absolument sympathique, et Dumas dans toute cette pièce s’est montré profondément humain sans paradoxe. Il faut l’eri remercier.
- Au lever du rideau, nous sommes chez le comte André de Bardannes, gentilhomme au passé plein d’aventures, qui vit retiré à la campagne avec la famille Brissot; ladite famille l’aide à gérer sa maison. Denise Brissot qu’il suppose pure, a touché son cœur ; il l’aime sincèrement comme les viveurs savent aimer un jour.
- La sœur d’André de Bardannes, une jeune fille charmante, Marthe, vit à ses côtés, et est devenue l’amie de Denise. Or, que voyons-nous arriver un matin à la maison ? deux personnages bien inattendus.
- Mme de Thauzette, ancienne maîtresse d’André, et Fernand de Thauzette, son fils, séducteur de Denise.
- Mme de Thauzette rêve pour Fernand la main de Marthe, mais André qui connaît la moralité suspecte du jeune homme se renferme dans un refus énergique. Mme de Thauzette, alors, dévoile tout à André dont elle a soupçonné l’amour et lui apprend avec férocité que Denise a déjà un amant. André est à la torture. Il interroge Fernand : celui-ci toujours infâme lui jure que Denise est pure ; il s’adresse à Denise elle-même, en lui demandant sa main.
- Mais que le lecteur se rassure : Fernand n’épousera pas Marthe, qui le déteste ; Mme de Thauzette en sera pour ses frais de félonie, et André sera l’époux de Denise (malgré la faute) ; la plus à plaindre, en somme, est la jeune Marthe qui n’épouse personne.
- L’interprétation de cette œuvre est de premier ordre, avec Coquelin, Got, Baillet, YVorms, et Mmes Bartet, Reichemberg, Pauline G ranger.
- Alexandre Dumas tient un grand succès, et Denise me paraît être sa meilleure pièce.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. Arrault, et Cie rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 1er Février 1885. NUMÉRO 5.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin ; 2 Partie officielle : Concours ; Ce que sera l'Exposition de 1889; Commission; Sous-Commissions; Ministère; 3.La Crise agricole; 4. Origine des Concours d’animaux gras; 5. L’Organisation financière de l’Exposition de 1889; 6. Concours agricoles; 7. L’Exposition d’électricité; 8. Projet de Tour.
- BULLETIN
- Chaque jour les lignes principales de l’Exposition de 1889 se dessinent et se précisent quelque peu davantage.
- Après avoir adopté l’emplacement du Champ-de-Mars et examiné les diverses questions financières relatives à l’installation de l’Exposition, — nous publions dans ce numéro un résumé du rapport présenté par M. Grenier, son secrétaire-adjoint, — la commission est appelée à statuer sur le projet des constructions à édifier dans le Champ-de-Mars et sur la question des droits de place qui devront être acquittés par les exposants.
- C’est au 15 mars prochain que vient d’être définitivement fixée l’ouverture de l’Exposition .d’électricité qui aura lieu dans les salles de l’Observatoirede Paris. Due à l’initiative delà Société internationale des électriciens qui en supporte tous les frais, cette exposition promet d’être des plus intéressantes.
- L’empereur François-Joseph vient de promettre aux organisateurs de l’Exposition de Buda-Pesth de venir en personne, le 1er mai prochain, inaugurer cette exposition. C’est la première fois que la Hongrie verra groupés, dans un vaste ensemble,les produits du travail national. Le prince impérial Rodolphe a accepté le titre de protecteur de l’Exposition.
- PARTIE OFFICIELLE
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE A PARIS
- PALAIS DE L’INDUSTRIE
- du lundi 2 au mercredi ii février i885
- 1° CONCOURS GÉNÉRAL D’ANIMAUX GRAS
- ire DIVISION.— Espèce-bovine irc Classe
- Jeunes bœufs sans distinction de race. 16 prix variant de i,ooo à 3oo francs.
- 2e Classe
- Bœufs divisés par races, quel que soit leur âge, 35 prix variant de 5oo à i5o francs.
- 3e Classe
- Femelles nées avant le iei’ janvier 1881. 9 prix variant de 5oo à i5o francs.
- 4e Classe bandes
- 11 prix variant de i,5oo à 400 francs.
- 5e Classe N
- VEAUX
- 3 prix variant de i5o à 100 fiancs.
- (4 prix d’honneur, représentés par des objets d’art, seront décernés aux bœufs, vaches, bandes de bœufs et bandes de vaches qui seront reconnus les plus parfaits de formes et d’engraissement parmi tous les animaux primés.)
- 20 DIVISION. — Espèce ovine ir0 Classe
- Jeunes moutons, sans distinction de race, 7 prix variant de 400 à 200 francs.
- 2e Classe
- Moutons divisés par races, quel que soit leur âge. 2 prix variant de 200 à 100 francs.
- 3e Classe
- Femelles nées avant le icr mai 1882. 12 prix variant de 200 à i5o francs.
- 4e Classe bandes
- 11 prix variant de 5oo à 200 francs.
- (3 prix d’honneur, consistant en objets d’art, seront décernés aux lots de moutons, aux lots de brebis et aux bandes qui auront été reconnus les meilleurs parmi ceux primés.)
- 3e DIVISION.— Espèce porcine il’c Classe
- Races françaises pures ou croisées entre elles. 7 prix variant de 200 à 5o francs.
- 2e Classe
- Races étrangères pures ou croisées entre elles. 7 prix variant de 200 à 5o francs.
- 3e Classe
- Animaux provenant de croisements entre races étrangères et races françaises. 7. prix variant de 200 à 5o francs.
- 4e Classe
- BANDES
- 8 prix variant de 400, à 100 francs.
- (2 prix d’honneur, consistant en objets d’art, seront décernés aux animaux reconnus meilleurs parmi tous ceux qui auront été primés.)
- 2° CONCOURS GÉNÉRAL D’ANIMAUX REPRODUCTEURS MALES
- des espèces bovine, ovine et porcine
- ir0 DIVISION. — Espèce bovine i5 médailles d’or, 1 5 d’argent et 33 de bronze.
- 2e DIVISION.— Espèce ovine 4 médailles d’or, 4 d’argent et 4 de bronze.
- 3e DIVISION. — Espèce porcine 2 médailles d’or, 2 d’argent et 2 de bronze.
- 3° CONCOURS DE VOLAILLES VIVANTES
- I*c DIVISION. — Coqs et poules. — Pintades 74 prix variant de 45 à io. francs.
- 2e DIVISION.— Dindons 9 prix variant de45 à 25 francs.
- 3e DIVISION. — Oies
- 8 prix variant de 45 à 25 francs.
- 4e DIVISION.— Canards
- 9 prix variant de 3o à 20 francs.
- 5e DIVISION. — Pigeons i3 médailles d’argent et i3 de bronze.
- 6e DIVISION. —• Lapins et lf.porides 16 prix variant de 2 5 à i5 francs.
- (2 prix d’honneur, consistant en un objet d’art, seront attribués au plus beau lot exposé d’une part dans la ire division, et d’autre part dans les 2e, 3e et 4e divisions. Une médaille d’or grand module sera attribuée, s’il y a lieu, au plus bel ensemble d’animaux exposés. Outre les primes en argent, les lauréats des Trc, 2e, 3e, 4e et 6e divisions recevront pour les premiers prix une médaille d’argent et pour les autres prix une médaille de bronze.)
- 4° CONCOURS DE VOLAILLES MORTES
- 57 prix variant de 3o à 10 francs.
- (Un prix d’honneur consistant en un objet d’art sera attribué, s’il y a lieu, au plus beau lot exposé, sans distinction d’espèce, de race ou de sève.)
- 5° CONCOURS DE PRODUITS DE LAITERIE
- FROMAGES
- i1’® DIVISION. — Fromages de consistance molle 9 médailles d’or, une médaille d’argent grand module, 20 médailles d’argent et 29 de bronze.
- 2e DIVISION. •— Fromages a pâte ferme
- 6. médailles d’or, 8 médailles d’argent et 10 médailles de bronze.
- 3e DIVISION. — Fromages de chèvre et de brebis Une médaille d’argent et 2 de bronze.
- (Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribuée, s’il y a lieu, au meilleur lot de chacune des deux premières divisions.)
- BEURRES
- ire DIVISION. — Beurres frais 6 médailles d’or, 10 médailles d’argent et 17 de bronze.
- 2e DIVISION. — Beurres demi-sel, salés
- ET FONDUS DE TOUTES PROVENANCES
- Une médaille d’argent et 2 de bronze.
- (Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribué, s’il y a lieu, au meilleur lot, sans distinction de catégorie.)
- DIVISION DES EXPOSANTS MARCHANDS
- Beurres marchands pour l’exportation ou la VENTE A l’intérieur
- 2 médailles d’or ; 6 médailles d’argent et 9 de bronze.
- (Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribué, s’il y a lieu, au meilleur lot, sans distinction de catégorie.)
- 6° CONCOURS SPÉCIAL DE MATÉRIEL DE LAITERIE
- C’est la première fois qu’un concours de ce genre a lieu au Concours agricole. — Il comprend des types d’installation de laiteries, des véhicules pour"le transport du lait, des appareils à refroidir le lait, à séparer le beurre du lait, des crémeuses mécaniques, etc., etc.
- Il sera distribué : 9 médailles d’or; 3 médailles d’argent grand module; i5 médailles d’argent; 16 médailles de bronze.
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- 2. — Première Année — N° 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche icr Février i885.
- (Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribué, s’il y a lieu, à l’exposant le plus méritant.)
- 5° CONCOURS DE PISCICULTURE ET D’OSTRÉICULTURE
- ire DIVISION. — Pisciculture 2 médailles d’or, 2 médailles d’argent et 2 de bronze.
- 2e DIVISION. — Ostréiculture 2 médailles d’or , 2 médailles d’argent et 2 de bronze.
- 8° CONCOURS DE PRODUITS AGRICOLES
- (Ce concours existait auparavant.)
- SEMENCES DE CÉRÉALES
- ire DIVISION. — Froments Une médaille d’or, 3 médailles d’argent et 4 de bronze.
- 2e DIVISION. — Maïs
- Une médaille d’or, une d’argent et une de bronze.
- 3e DIVISION. — Avoines Une médaille d’or, 2 d’argent et 2 de bronze.
- 40 DIVISION. — Orges Une médaille d’or, une d’argent et 3 de bronze. Plantes légumineuses
- Une médaille d’or , une d’argent et 2 de bronze. Plantes oléagineuses
- Une médaille d’or, une d’argent et 2 de bronze. Plantes textiles
- Une médaille d’or, 2 d’argent et 4 de bronze. Houblons
- Une médaille d’or , une d’argent et 2 de bronze.
- Racines industrielles, fourragères et alimentaires
- Une médaille d’or, 2 d’argent et 4 de bronze. Pommes de terre
- Une médaille d’or, 2 d’argent et 4 de bronze.
- Patate douce et ignames Une médaille d’or, 2 d’argent et 3 de bronze. Plantes fourragères
- Une médaille d’or, 2 d’argent et 3 de bronze. Plantes médicinales et autres non classées Une médaille d’or, une d’argent et 2 de bronze.
- Plantes d’ornement fleuries 2 médailles d’or, 4 d’argent et 8 de bronze. Prairies naturelles
- Une médaille d’or, 2 d’argent et 4 de bronze. Légumes
- 2 médailles d’or, 3 d’argent et 4 de bronze. Fruits frais
- 4médailles d’or,8 d’argent et 12de bronze.
- Fruits secs comestibles 2 médailles d’or, 6 d’argent et 10 de bronze. Huiles
- 2 médailles d’or, 4 d’argent et 8 de bronze.
- Olives comestibles Une médaille d’argent et 2 de bronze.
- MIELS ET CIRES
- Modifications dans le concours de cette année.
- 1*° DIVISION. — Miels
- Une médaille d’or ; 6 d’argent dont 2 grand module, 7 médailles de bronze dont une grand module.
- 2e DIVISION. — Cires Une médaille d’or, 3 d’argent et 5 de bronze.
- VINS D’ALGÉRIE
- Médailles d’or, d’argent, et de bronze (3oo exposants environ ont envoyé des produits).
- CIDRES ET POIRÉS
- 2 médailles d’or, 4 d’argent et 8 de bronze.
- EXPOSANTS MARCHANDS
- Une médaille d’or grand module, 6 médailles d’or, 12 d’argent, et 16 de bronze seront mises à la disposition du jury pour être distribuées, s’il y a lieu, aux plus beaux lots ou collections exposées par des marchands, négociants ou fabricants.
- EXPOSITION SCOLAIRE
- 2 médailles d’or, 6 médailles d’argent et 8 de bronze.
- EXPOSITION D’INSTRUMENTS ET DE MACHINES AGRICOLES
- Art. 38. — Une Exposition d’instruments, de machines et d’appareils agricoles sera annexée aux concours précédents. Ces instruments et machines ne pourront être l’objet d’aucun essai, et aucune récompense ne leur sera attribuée.
- GE QUE SERA
- L’EXPOSITION AGRICOLE DE 1889
- M. Tisserand . directeur de l’Agriculture et membre de la Commission de l’Exposition de 1889, vient de terminer, en vue de cette exposition, un rapport sur la classification des produits de la section agricole.
- La méthode adoptée en 1867 et 187S a donné lieu à de nombreuses critiques. M. Tisserand, dont la compétence est universellement connue, a pensé que « l’agriculture » de chaque pays devait constituer un ensemble qui permît d’apprécier les conditions de la production et les procédés mis en œuvre dans cette contrée.
- « Il faut, dit-il , que l’exposition agricole de chaque contrée puisse donner une idée nette, précise et complète de la culture, de son importance, des conditions apologiques et climatériques au. milieu desquelles elle s’exerce , des procédés qu’elle emploie, des progrès qu’elle a pu faire, des institutions qui les ont favorisés, etc., etc. »
- L’Exposition serait divisée en trois groupes : le premier comprendrait 11 classes, le deuxième 8 et le dernier 6.
- Nous allons donner à grands traits la classification conseillée par M. Tisserand. On verra que si elle est adoptée l’agriculture aura pleine satisfaction, que l’on sera à même d’organiser une exposition absolument agricole en évitant les confusions et les conflits qui se sont produits lors des deux expositions internationales.
- AGRICULTURE
- Ier GROUPE
- agronomie, matériel, procédés et produits DE l’exploitation AGRICOLE ET FORESTIÈRE
- CLASSE 5
- Matériel et procédés des usines agricoles.
- CLASSE 6
- Matériel et procédés des exploitations forestières.
- CLASSE 7
- Produits agricoles et matières fertilisantes.
- (Les exposants doivent présenter, non pas seulement le produit fini, qu’ils livrent au commerce, mais encore des spécimens de la plante entière qui le fournit, avec sa racine, sa tige, ses feuilles, ses fruits ou épis, de façon à faire connaître le mode de végétation de la plante, sa variété et la manière dont cette variété se comporte dans une localité et avec un sol donné.)
- i° Céréales alimentaires et leurs produits.
- 20 Plantes légumineuses ;
- 3° Plantes fourragères à racine alimentaire ;
- 40 Plantes de prairies artificielles;
- 5° Plantes oléagineuses et leurs produits ;
- 6° Plantes textiles;
- 70 Plantes tinctoriales;
- 8° Plantes saccharifères ;
- g0 Plantes à fécule ;
- 10° Plantes économiques ; ii° Plantes arbustives;
- 12° Plantes agricoles d’introduction récente; i3° Fourrages;
- 140 Matières propres à l’alimentation du bétail ; i5° Lait, beurre , fromages, œufs, viande, corps gras, miel, cire, plumes, duvets crus, laine, soies, volailles et gibier, engrais.
- classe 8
- Boissons fermentées.
- classe 9
- Produits permanents de l’horticulture et de l’arboriculture fruitière.
- classe 10
- Produits des exploitations et des industries forestières, produits des pépinières.
- Echantillons d’essences forestières.
- classe 11
- Produits de la chasse et des cueillettes.
- - 2» GROUPE
- animaux vivants
- (Cette exposition ne peut avoir qu’une durée limitée.)
- classe 12
- Chevaux, ânes, mulets.
- classe i3
- Bœufs, buffles, chameaux, dromadaires.
- CLASSE 14
- Moutons, chèvres, lamas, alpacas, etc.
- classe i5
- Porcs.
- CLASSE l6
- Oiseaux de basse-cour, lapins, autruches. classe 17
- Chiens (chiens de chasse, de garde, de berger d’agrément.)
- classe 18
- Insectes utiles et insectes nuisibles.
- classe 19
- Poissons, crustacés et mollusques.
- CLASSE I
- i0 Economie rurale. — Statistique agricole ;
- 20 Etat de l’agriculture;
- 3° Histoire de l’agriculture ;
- 4° Histoire des prix;
- 5° Institutions ayant pour objet de favoriser le développement et les progrès de l’agriculture ;
- 6° Administration officielle de l’agriculture.
- classe 2
- 10 Enseignement agricole, horticole et sylvicole; 20 Enseignement primaire agricole;
- 3° Orphelinats agricoles ;
- 40 Fermes-écoles ;
- 5° Ecoles pratiques;
- 6° Enseignement agricole du 2e degré;
- 70 Professeurs nomades ou ambulants ;
- 8° Enseignement supérieur de l’agriculture.
- classe 3
- Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles.
- classe 4
- Procédés et matériel des exploitations rurales.
- 3e GROUPE
- matériel et plantes vivantes de l’horticulture
- CLASSE 20
- Serres et matériel d’horticulture.
- CLASSE 21
- Fleurs et plantes d’ornement.
- CLASSE 22
- Plantes potagères.
- CLASSE 23
- Fruits et arbres fruitiers.
- CLASSE 24
- Graines et plantes d’essences forestières.
- CLASSE 2 3
- Spécimens de cultures usitées dans divers pays en vue de l’agrément et de l’utilité.
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- Première Année.
- N° 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Février i885. — 3.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- La Commission de l’Exposition de 1889. s’est réunie, mardi matin, à 9 heures 1/2, au ministère du commerce.
- M. Boulanger, directeur général des domaines, a donné lecture d’un long rapport relatif aux statuts qui devront régir la Société de garantie à laquelle le gouvernement compte faire appel, pour mener à bien l’entreprise à l’étude. Ce rapport est suivi d’un projet de statuts qui^ ont beaucoup d’analogie avec ceux de la Société de garantie de l’Exposition de 1867.
- M. Boulanger a pensé que, comme en 1867, le fonds de garantie devrait être administré par la Commission de l’Exposition. Il a présenté ensuite diverses combinaisons qui permettraient de distribuer équitablement, entre l’État, la ville de Paris et la Société de garantie, les bénéfices éventuels que pourrait donner l’Exposition.
- Il a proposé d’attribuer deux dixièmes à la Société de garantie, un dixième à la Ville, et sept dixièmes à ÉÉtat. Après un court échange de vues entré divers membres de la Commission, la question du fonds de garantie a été de nouveau renvoyée devant la sous-commission des finances qui sera convoquée pour samedi prochain.
- La Commission s’est ensuite occupée des résultats qu’avaient pu donner les entrées du soir dans diverses expositions antérieures. Sur l’invitation du président, M. le secrétaire. adjoint de la commission a fait connaître à ce sujet quelques chiffres concernant l’Exposition d’électricité de Paris et l’Exposition sanitaire de Londres. D’après ces précédents, tout porte à croire qu’on est en droit de compter sur de sérieuses recettes si l’on adopte une pareille mesure.
- SOUS-COMMISSION DES CONSTRUCTIONS
- Séance du mardi 20 janvier i885.
- La sous-commission des constructions de l’Exposition de 1889 s’est réunie mardi 20 courant, au ministère du commerce.
- Elle a adopté comme base de l’avant-projet des constructions à élever dans le Champ-de-Mafs la disposition suivante :
- Deux palais, placés à l’entrée du Champ-de-Mars, immédiatement après le square de la Ville de Paris, le premier destiné aux arts et placé du côté de l’avenue de La Bourdonnaye, le second, destiné aux sciences, du côté de l’avenue Sufîren, ces deux fractions du palais du travail reliées entre elles par une galerie ménagée au-dessous de la balustrade actuelle du square du Champ-de-Mars. Chacun de ces palais couvrira une superficie de 34,000 mètres.
- Ces deux palais seront mis en communication avec les constructions provisoires; dans l’axe de l’Ecole militaire, est réservée une avenue de 60 mètres de largeur.
- Après l’adoption de cette disposition, la commission a entendu la lecture d’un projet de budget rédigé par M. Alphand sur les précédents de l’Exposition de 1878, et qui est destiné à établir la balance entre les dépenses prévues et les recettes probables.
- Ainsi qu’il avait été décidé dans la précédente séance de la réunion plénière, cette proposition, de même que toutes les propositions analogues, devait être soumise à l’appréciation de la sous-commission des finances, qui s’est réunie jeudi 22 courant au ministère du commerce avec la sous-commission des constructions.
- SOUS-COMMISSIONS DES CONSTRUCTIONS
- ET DES FINANCES RÉUNIES
- Séance du jeudi 22 janvier i885.
- La sous-commission des constructions et la sous-commission des finances réunies ont pris, dans leur séance du jeudi 22 janvier, les deux résolutions suivantes, intéressant tout particulièrement le public :
- i° Contrairement à ce qui a eu lieu en 1878, à l’Exposition de 1889, les exposants devront payer un droit de place proportionné à l’étendue superficielle de l’emplacement qu’ils occuperont.
- Le quantum à payer sera déterminé dans une prochaine séance.
- 20 En ce qui concerne le capital de garantie, l’assemblée a décidé que ce capital devra être de 10 millions de francs.
- Pour le former, il sera fait appel au public par voie de souscription.
- Les souscripteurs seront par ce fait intéressés à l’entreprise et, par suite, ils auront une part dans les bénéfices, s’il y en a.
- Au cours de la même séance, M. Alphand a développé le projet de constructions proposé dans la séance précédente.
- Les deux pavillons d’angle à construire coûte-r ont chacun 10,200,000 fr., soit 20,400,000 fr., dont la moitié à la charge de la Ville ou de l’Etat.
- La séance a été levée à midi et quart.
- -------—-—--------r~>-<s>-S>-<5>-^«—11 ------
- MINISTÈRE DU COMMERCE
- exposition universelle d’anvers en 1885.
- Arrêté royal du 3i juillet 1884, en exécution de l’article 11 de la convention conclue à Paris, le 20 mars 1883, pour la protection de la propriété industrielle.
- Article Premier. — Tout Belge ou étranger, auteur soit d’une découverte ou invention susceptible d’être brevetée aux termes de la loi du 24 mai 1854, soit d’un dessin de fabrique qui doive être déposé conformément à la loi du 18 mars 1806, ou possesseur d’une marque de fabrique ou de commerce qui doive être déposée conformément à la loi du ier avril 1879, ou ses ayants droit, peuvent, s’ils sont admis à l’Exposition universelle qui s’ouvrira à Anvers, le 2 mai i885, se faire délivrer, par le gouverneur de la province d’Anvers, un certificat descriptif de l’objet déposé.
- Art. 2. — Ce certificat assure à celui qui l’obtient les mêmes droits que lui conférerait un brevet d’invention ou un dépôt légal de dessin de fabrique ou de marque de fabrique et de commerce, à dater du jour de l’admission jusqu’à la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’exposition, sans préjudice du brevet que l’exposant peut prendre ou du dépôt qu’il peut opérer avant l’expiration de ce terme.
- Art. 3. — La demande de ce certificat doit être faite dans le premier mois, au plus tard, de l’ouverture de l’exposition. Elle est adressée au gouverneur, accompagnée d’une description exacte de l’objet à garantir et, s’il y a lieu, d’un plan ou d’un dessin dudit objet.
- Les demandes, ainsi que les décisions prises par le gouverneur, sont inscrites sur un registre spécial, qui est ultérieurement transmis au ministère de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics, et communiqué sans frais à toute réquisition. La délivrance du certificat est gratuite.
- LA CRISE AGRICOLE
- Depuis quelque temps, on a répandu des flots d’encre à propos de cette question qui intéresse à la fois l’une des fractions les plus nombreuses de la classe ouvrière et la société elle-même, puisqu’elle touche à l’une des sources principales de son bien-être et de sa richesse.
- . S’il est vrai de dire que de la discussion jaillit la lumière, nous ne voyons pas, cependant, à l’heure qu’il est, que les nombreuses controverses auxquelles cette question a donné lieu en aient hâté la solution ; car le problème est resté aussi obscur et aussi hérissé de difficultés qu'au premier jour.
- Ah ! c’est que s’il est facile d’inventer des théories séduisantes et de donner aux apparences les couleurs de la vérité, il l’est moins de trouver une solution pratique qui atteigne le but que l’on se propose.
- Il ne faut pas oublier que la science économique est une science de faits et que l’homme sérieux ne doit pas seulement tenir compte des faits qui existent, mais aussi de ceux qui peuvent se produire et dont l’apparition est inévitable, parce qu’elle est la conséquence logique des premiers.
- Il est une chose, par exemple, sur laquelle tout ie monde est d’accord, c’est que l’agriculture souffre; c’est que cet état de gêne, s’il se prolonge, peut devenir un danger et amener dans l’ordre économique et social des complications aussi périlleuses qu’imprévues.
- D’ailleurs, la crise n’est pas particulière à la France ; elle s’étend à toute l’Europe et nous pouvons même dire que nous ne sommes pas les plus éprouvés.
- Mais il ne suffit pas de constater le mal, de mettre le doigt sur la plaie, d’en sonder les profondeurs et de pronostiquer les dangers plus ou moins prochains que court le malade ; il faut chercher le remède qui le guérira.
- C'est précisément sur ce point capital que les médecins sont en désaccord et qu’ils professent des opinions diamétralement opposées.
- Tandis que les uns affirment que le salut est dans l’application du système protectionniste, les autres prétendent qu’il est dans le libre-échange.
- Et ce n’est pas seulement en France que ces deux courants contraires existent et se combattent, c’est aussi à l’étranger.
- Il y a quelques semaines, M. de Bismarck, interrogé par un membre du Reichstag sur les moyens qu’il comptait employer pour conjurer la crise agricole, a déclaré que le seul remède efficace, à son avis, était d’augmenter le prix d’entrée des céréales.
- La Société centrale d’agriculture de Bruxelles s’est prononcée dans le même sens.
- Mais, au moment même où M. de Bismarck émettait cette opinion protectionniste, les fermiers anglais réunis en assemblée adoptaient un projet de résolution dans lequel ils déclaraient que des droits d’entrée quelconques sur les matières alimentaires n’étaient pas de nature à remédier à la crise.
- Cette dernière manière de voir est celle qui prévaut en Autriche et en Hongrie, où l’on s’est ému du projet formé par le gouvernement français d’augmenter le droit d’entrée sur les céréales.
- Cette contradiction dans les opinions prouve que la question est complexe et que l’on est amené à en tirer des conclusions différentes, suivant qu’on l’envisage sous tel ou tel point de vue.
- Mais il est une chose que l’on ne saurait contester , c’est que tout gouvernement a le droit de prendre les mesures qu’il juge utiles et efficaces pour remédier à un état de choses qui tend à mettre en péril les intérêts mêmes du pays.
- Pour que la richesse d’une nation se développe d’une manière normale, il faut que l’agriculture prospère, et il est bien évident qu’elle ne peut prospérer qu’à la condition qu’on la protège, que l’on prenne la défense de ses intérêts.
- Mais c’est se faire une étrange illusion que de croire que l’on résoudra le problème en appliquant tel ou tel système économique de préférence à tel ou tel autre.
- La question agricole touche à des intérêts trop variés et trop multiples, pour qu’on puisse la résoudre par l’application d’un système unique.
- En ces sortes de matières l’exclusivisme est toujours dangereux, parce qu’il n’envisage ordinairement qu’un côté du problème, celui qui touche à une catégorie particulière d’intérêts, sans s’inquiéter de savoir si les autres ne seront pas lésés ou sacrifiés.
- Cela s’appelle de l’égoïsme économique et malheureusement nous vivons à une époque où l’égoïsme mercantile et industriel tient le haut du pavé et ne se fait pas scrupule d’écraser son voisin pour arriver plus vite à la fortune.
- Donc, ce serait faire fausse route que de chercher la solution de la question agricole dans l’application d’une protection exagérée ou du libre-échange.
- Si, comme le prétendent les protectionnistes, le libre-échange pratiqué sans restriction aucune ne ferait qu’accroître le malaise actuel et creuser plus profond l’abîme où l’agriculture menace d’être engloutie, il est bien évident, par contre, qu’une protection exagérée aurait pour résultat de faire naître des difficultés d’un autre ordre, de créer des misères non moins dignes d’intérêt.
- En frappant les céréales et le bétail étrangers d’un droit d’entrée trop élevé on verrait immédiatement, comme conséquence de cette mesure, le prix du pain et de la viande subir une augmentation proportionnelle. Cela est incontestable et il faut pour le nier ne pas connaître les lois qui régissent la matière économique.
- Ce serait donc, en réalité, sur la classe ouvrière, et surtout sur les ouvriers des villes et des grands centres industriels, que retomberait le poids de cette mesure ; ce sont eux qui en souffriraient le plus.
- Or, tout le monde reconnaît qu’à l’heure actuelle, le prix de la viande, surtout dans les grandes villes, n’est déjà que trop élevé.
- La protection est une bonne chose, assurément; elle est même nécessaire, dans certains cas ; elle pourra être utile à l’agriculture ; mais c’est une arme qu’il faut manier avec une extrême prudence.
- Aussi, nous comprenons que les gouvernements européens qui ont à résoudre la question agricole se montrent hésitants au sujet des moyens à employer, et procèdent par tâtonnements.
- Cette question n’est pas de celles que l’on puisse résoudre au pied levé et à bref délai. C’est avant tout affaire de temps et d’expérience.
- E. Mansuy.
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- 4 et 5. — Première Année. — N° 5
- Dimanche icr Février i885.
- LE MONITEUR Dfc ..^POSITION DE i!
- ORIGINE DES CONCOURS D’ANIMAUX GRAS
- C’est aux expositions et concours d’animaux gras que se rapporte la curieuse estampe du temps de la Restauration que nous reproduisons aujourd'hui, d’après l’original conservé à la Bibliothèque de la ville de Paris. Elle représente, avec sa mise en scène et ses costumes particuliers, la cérémonie de la traditionnelle promenade du Bœuf gras dans les rues de Paris.
- Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de Paris, on trouve trace d’une réjouissance publique dont un'bœuf était l’objet principal, ainsi qu’il en est témoigné par la pierre symbolique trouvée sur l’emplacement actuel de Notre-Dame, pierre semblant provenir de l’ancienne basilique mérovingienne de Parisii et représentant un bœuf revêtu de l’étole sacrée, et surmonté par trois grues, symboles de la lune et oiseaux de bonne augure. Il faut remarquer aussi que saint Marcel, évêque de Paris, dompta par ses prières un taureau furieux, et que le souvenir de ce miracle fut consacré par un bas-relief en pierre de l’église placée sous l’invocation de ce saint.
- Au xive siècle, sous le règne de Charles V, la fête du bœuf gras perd de son caractère religieux et devient un simple divertissement carnavalesque, à l’organisation duquel les bouchers ne prennent encore aucune part. Ce fut seulement au xve siècle et après le rétablissement de la grande boucherie de la porte de Paris que la corporation des bouchers fournit le bœuf destiné à être promené dans les rues de Paris.
- Au xvi® siècle les boucheries libres, adversaires des quatre boucheries privilégiées, par manière de commerce, tinrent à honneur de fournir le bœuf et donnèrent les sommes nécessaires pour payer les frais du cortège.
- Le bœuf gras partait de l’Apport-Paris, ancien emplacement des boucheries hors les murs de la ville, et était conduit en pompe chez les premiers magistrats du Parlement.
- On nommait aussi le bœuf gras bœuf ville, parce qu’il allait par la ville ; ou bœuf viellé ou violé à cause des instruments, vielles ou violons., qui accompagnaient sa marche.
- Les enfants avaient imaginé un jeu de ce nom, qui consistait à couronner de fleurs un d’entre eux, et à le conduire en chantant, comme s’ils le menaient à un sacrifice.
- C’est à ce jeu que Rabelais fait jouer son héros, au douzième chapitre de Gargantua.
- La cérémonie du bœuf gras se continua sous la Ligue, sous Louis XIV, et à cette époque elle prend dans les mascarades le caractère d’un véritable événement. Le xviii® siècle vit le plus célèbre des bœufs gras, celui de 1739, dont les Variétés historiques racontent ainsi l’étonnante promenade :
- « Les garçons bouchers de la boucherie cf de l’Apport-Paris n’attendirent pas en cette « année le jour ordinaire pour faire leur « cérémonie du Bœuf gras : le mercredi « matin, veille du jeudi gras, ils s’assemblèrent « et promenèrent par la ville un bœuf qui « qui lui servait de housse. »
- Ce bœuf paré comme les victimes que les anciens allaient immoler, portait sur son dos tenant, d’une main un sceptre doré, et de l’autre une épée nue. Cet enfant était nommé
- avait sur la tête, au lieu d’aigrette, une grosse branche do laurier-cerise ; il était couvert d’un tapisj|
- en
- bleu passé quinze garçons accompagnaient
- écharpe, de cette le Bœuf
- un enfant décoré d’un ruban Roi des bouchers. Environ
- profession, vêtus de corsets rouges, avec des trousses blanches, coiffés de turbans ou de toques rouges bordées de blanc , gras, et deux d’entre eux le tenaient par les cornes. |
- Cette marche était gaiement précédée par des violons, des fifres et des tambours.
- « Ils parcoururent en cet équipage plusieurs quartiers de Paris, se rendirent aux maisons des divers magistrats ; et, ne trouvant pas dans la sienne’; « le premier président du Parlement, ils se décidèrent à faire monter dans la grand’salle du Palais, par l’escalier de la Sainte-Chapelle, le bœuf gras « et son escorte.
- En 1790 le bœuf gras disparait avec le carnaval. C’est seulement sous l’Empire, le 26 février 1805, que le Journal de Paris recommence à insérer : «le bœuf gras fut promené hier et sera promené encore aujourd’hui entouré de sa brillante escorte ». La satisfaction du renouvellement de ce vieil usa^e fut si grande que le théâtre de la Gaité en reprit une ancienne pièce : la Mort du bœuf gras, laquelle tragédie de carnaval obtint une énorme faveur. — L’invasion de 1814 supprime momentanément la cérémonie traditionnelle qui recommence en 1815. A partir de ce moment la mascarade ambulante traîne tous les ans, les jeudi, dimanche, lundi et mardi gras, au milieu des curiosités de la Restauration, son cortège obligé de caciques armés de massues de peaux-rouges et de déesses accompagnant un petit amour juché dans un fauteuil et bercé au pas lent du bœuf qui marche les cornes dorées et le front
- couronné de roses. C’est à cette période que se rapporte la composition que nous reproduisons aujourd'hui.
- A ce moment, la vogue des animaux gras est si vive qu’on promène aussi en grande cérémonie quatre moutons gras, qu’une estampe conservée au musée de la ville de Paris montre traînant un amour joufflu assis dans un char en forme de coquille qu’escortent des Romains, des Botocudos et des bergères à cheval.
- Pendant tout le règne de Louis-Philippe, sous l’influence du romantisme, les Bœufs gras affectent des tendances littéraires. Celui de 1845 s’appelle le Père Goriot' en souvenir du roman de Balzac; puis voici Dagobert, en souvenir du Juif-Errant, d’Eug. Sue, et Monte-Christo, à cause du feuilleton d’Alexandre Dumas, et d’Artagnan, conservant le succès des Trois Mousquetaires.
- Mais 1848 a vidé les Tuileries de la royauté, et le Bœuf gras disparaît avec les d’Orléans. En 1850, il reprend son défilé,' mais difficilement.
- Il n’a pas trouvé d’acquéreur, et c’est M. Dejean, le directeur de l’Hippodrome, qui, à ses frais, continue la tradition négligée par les bouchers, et organise le cortège.
- Sous le second empire, grâce à des dons particuliers, grâce à un crédit voté par le conseil municipal, la promenade du Bœuf gras prit une solennité particulière.
- Les bouchers achètent encore les animaux, mais ce ne sont plus eux qui participent au cortège, et d’autres corps de métier fournissent les figurants et figurantes qu’on habille ensuite en grands seigneurs et en déesses.
- A M. Duval, M. Fléchelle a succédé comme acquéreur, et l’immuable cortège continue ses pérégrinations et promène Faust, Bastien, Villafranca, le Figaro, la Petite Presse, suivant l’ordre et la marche traditionnels.
- Il rend visite aux autorités et aux particuliers qui ont répondu à la lettre qu’on leur adresse d’avance et dont nous trouvons le curieux original à la Bibliothèque de la ville de Paris :
- « Le cortège annuel du Bœuf gras, étant
- « entièrement remis à neuf, il serait à regretter, Monsieur, que vous ne jouissiez pas de la première fraîcheur des costumes et de la nouvelle déco-« ration des chars. —A cet effet je vous adresse cette lettre afin de savoir lequel des trois jours il vous serait agréable que le cortège se présente à votre « hôtel. — J’espère que vous daignerez me faire connaître votre décision le plus tôt possible. — J’ai l’honneur de vous saluer, Signé : Fléchelle. »
- Mais 1870 vient, et le Bœuf gras réfractaire aux époques troublées, disparaît de nouveau et disparaît si bien, qu’aucune pétition depuis na pu le rétablir.
- Cependant les concours généraux des animaux de boucherie n’ont pas cessé de fonctionner.
- Institués en 1841, ils ont eu lieu pendant 25 ans dans la ville de Poissy.
- En 1868 1 ouverture du marché de la Ailiette et le désir manifesté par un grand nombre d’éleveurs déterminèrent 1 administration à les transportera Paris, au marché aux bestiaux.
- C’est là où il n’a pas cessé de se tenir depuis cette époque, là où on choisit, où on couronne encore le Bœuf gras, mais l’animal maintenant « Et, après setre présentés au président, ils promenèrent le pauvre animal dans diverses salles du Palais, et le firent descendre par l’escalier de la cour triomphe sans gloire, est célèbre à huis clos, le public ne se préoccupe plus de lui, et c’est seulement quand il passe devant certaines boucheries « neuve, du côté de la place Dauphine. » Le lendemain, les bouchers des autres quartiers de Paris exécutèrent la même cérémonie, mais ils ne firent point. privilégiées que devant un énorme quartier de viande surmonté de victorieuses étiquettes, enguirlandé de laudatives roses artificielles et couronné de lauriers monter leur Bœuf gras dans les salles du Palais. Ce tour de force parut sans exemple. ;611 papier, il songe un instant qu’il existe encore un Bœuf gras. Henry Céard.
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- 6. — Première Année — N° 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 1e1' Février i885.
- L’ORGANISATION FINANCIÈRE
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- On sait que les promoteurs de l’Exposition de 1889 se proposent de s’inspirer, au point de vue financier, de l’organisation qui avait été adoptée en 1867 et dont les résultats furent de beaucoup préférables à ceux de l’Exposition de 1878.
- A la dernière séance de la sous-commission des finances, M. Grenier, auditeur au Conseil d’Etat, secrétaire-adjoint de la commission consultative, a donné lecture d’un remarquable rapport dont nous nous félicitons de pouvoir publier aujourd’hui le résumé.
- Organisation financière. — Dans sa première partie, le rapport de M. Grenier retrace d’abord l’organisation de l’Exposition de 1867.
- Dès le 4 mars 1865, une commission impériale fut constituée, qui arrêta le programme de l’opération et rédigea un projet de statuts; une somme de 5o,ooo francs, destinée à couvrir les premiers frais, fut avancée par le Crédit foncier, sur la demande du prince Napoléon, président de la commission.
- Convention.— Le 19 mars 1865, une convention intervint entre le ministre de l’agriculture et du commerce, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, et les membres de la commission représentant l’association de garantie. D’après cette convention, le capital de l’Exposition se composait de 12 millions, à titre de subvention, fournis moitié par l’Etat, moitié par la ville ; de plus, 8,000 parts de 1,000 francs, étaient offertes au public, et formaient la réalisation du capital de garantie ; il convient de remarquer qu’il ne fut jamais appelé plus de 20 francs sur les titres souscrits, qui s’élevèrent au chiffre de 10,347. La souscription fut alors déclarée close. — Le 8 juillet, cette convention fut approuvée par une loi. C’est alors que le budget fut préparé par le commissaire général, examiné par la commission des finances, et définitivement arrêté par la commission impériale.
- Règlement de finances. — Le règlement de finances stipula que les recettes seraient versées chaque jour au Crédit foncier; que les dépenses seraient acquittées sur des crédits ouverts par la commission, et que les dépenses seraient autorisées par le ministre d’Etat président de la Commission.
- Le Crédit foncier fut chargé du service financier; un contrat fut passé avec lui en date du 28 novembre 1866 et en exécution de ce traité il ouvrit à la Commission de l’Exposition trois comptes qui sont :
- 1° COMMISSION IMPÉRIALE DE L’EXPOSITION
- universelle de 1867
- Versement de l’Association de garantie
- Au crédit : le versement d’adhésion ;
- Au débit : les répartitions payées.
- 2° COMMISSION IMPÉRIALE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1867
- Son compte-courant
- Au crédit : les subventions de 1865 et de 1866 et divers versements ;
- Au débit : chèques payés.
- 3° COMMISSION IMPÉRIALE DE l’eXPOSITION UNIVERSELLE DE I867
- Ouverture de crédit de 5,000,000 de francs :
- Au crédit : i° deux versements de i,5oo,ooo fr.
- soit 3,ooo,ooo de fr. (cette somme représentant sans doute la subvention de 1867) 1
- 20 des versements successifs et presque quotidiens à partir du 11 avril 1867 ;
- Au débit : les sommes avancées par le Crédit foncier.
- F II a déjà été dit que 20 francs seulement par souscription de 1,000 francs furent appelés. Les versements des subventions à la caisse du Crédit foncier furent échelonnés de telle sorte que la dépense qui en résulta pour le Trésor fut minime, le compte courant ayant été le plus souvent à son avantage.
- Voici comment s’effectuèrent les versements :
- VERSEMENTS
- Compte courant
- 186 5
- 9 août............. Versement 200.000
- 10 novembre............. — Soo.ooo
- 9 décembre.............. — 5oo.ooo
- 16 décembre.............. — 1.800.000
- 3.000.000
- 1866 8 février.. 23 mars. ... 2 3 août.... Versement — w OJ Ui O OOO OOO b 0 b 000 000
- 6.000.000
- Ouverture de crédit
- .1867 11 janvier.. 16 janvier.. Versement 1.5oo.ooo 1.5oo.ooo
- 3.000.000
- Ce qui donne bien le total de 12,000.000 de
- francs.
- Les traitements, proposés par le commissaire général, devaient être arrêtés par le ministre d’Etat; le commissaire général devait ordonnancer les dépenses et délivrer des chèques ; enfin, la commission des finances était chargée de suivre et de vérifier les opérations de comptabilité.
- Le projet de budget subit plusieurs modifications ; évalué d’abord à 18,930,000 francs (4 janvier 1866), il fut arrêté, en recettes et en dépenses, le 3o juillet 1867, à 23,894,000; l’excédent de recettes de 3,ooo,ooo fut attribué (à part égale) à l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie. Les résultats financiers de cette exposition furent donc considérables : on peut les comparer à ceux qui furent obtenus aux expositions de Londres, en 1851 et 1862. Ces expositions, dont la Banque d’Angleterre fournit les fonds , sous la garantie de Compagnies privées, se soldèrent, l’une par un excédent de recettes de 5,000,000, l’autre, par une balance à peu près égale entre les recettes et les dépenses ;-quant à l’Exposition de Paris (i855), l’Etat, qui l’avait prise à sa charge, subit, de ce fait, une perte de 8,800,000 francs.
- Organisation. — La Commission chargée de l’organisation de l’Exposition était composée de soixante membres, présidés par le ministre d’Etat; elle se subdivisa en onze comités affectés aux différents services.
- Règlement général. — La Commission commença par élaborer un règlement général fixant les attributions du commissaire général, déterminant l’emplacement de l’Exposition et la subdivision des sections ; ce règlement fut approuvé par décret impérial. En même temps, le commissaire général adressa une circulaire aux préfets pour leur demander de former des comités départementaux dont les membres 'seraient choisis parmi les anciens exposants, les notabilités et les souscripteurs du capital de garantie.
- Le ministre des affaires étrangères , sur la demande de la Commission, invita les gouvernements étrangers à participer à l’Exposition. Les exposants étrangers purent, d’après le règlement général, instituer des commissions nationales qui déléguèrent des commissaires auprès de la Commission impériale.
- Gratuité. — La Commission décida d’admettre le principe de la gratuité de l’emplacement, laissant seulement aux exposants le soin de payer les frais d’installation, et, pour la première fois, la France laissa aux sections étrangères plus de la moitié de l’emplacement, conservant pour ses exposants le 43e 0/0 seulement de l’espace total.
- Groupement. — On adopta pour les produits le double groupement, par nature d’objet et par nationalité.
- Il fut permis d’indiquer sur les objets le prix et le lieu de vente, avec cette restriction que les objets vendus ne pouvaient être enlevés avant la fin de l’Exposition, à moins d’autorisation spéciale de la Commission impériale.
- Ouvriers. — Rien ne fut négligé pour faciliter aux ouvriers l’accès de l’Exposition : des restaurants-omnibus furent autorisés à leur intention, sans que les concessionnaires fussent tenus à payer la moindre indemnité pour l’installation de ces établissements ; on installa des baraquements le long de l’avenue Rapp pour les loger ; et l’administration militaire mit des couchettes à leur disposition moyennant 0,20 centimes par jour et par lit; enfin, une réduction de tarifs de 5o 0/0 leur fut accordée sur les chemins de fer.
- Contentieux. —La rapidité avec laquelle furent conclus les marchés et les concessions à prix d’argent des differentes entreprises afférentes à l’Exposition suscitèrent à la Société de l’Exposition de nombreux.procès ; il serait à désirer qu’à l’avenir les expositions fussent protégées par un service de coutentieux qui révisât soigneusement les marchés.
- Résumé. — En résumé , l’administration de l’Exposition de 1867 présente les caractères d’un établissement d’utilité publique dont le Conseil d’administration est la Commission spéciale, le directeur, le Commissaire général, et le tuteur, le Ministre d’Etat. — Et cependant, elle n’est pas une société commerciale, puisque l’Etat, tout en acceptant le concours des particuliers, conserve, par l’organe de la Commission qu’il a instituée, la plénitude de sa souveraineté ; elle se distingue d’une
- manière caractéristique de l’Exposition de 1878, qui, elle, présente tous les caractères d’une entreprise exécutée en régie, dont le commisssire général est l’ordonnateur secondaire ; le Trésor encaisse les recettes, paie les dépenses. — En 1867, au contraire, le service de trésorerie est fait par le Crédit foncier qui ouvre à la Commission un compte courant; les subventions de la Ville et de l’Etat sont échelonnées pour que le découvert ne soit pas onéreux , et le capital de garantie est tenu en réserve, au cas où les subventions ou les recettes seraient insuffisantes. — Les risques de la Société de garantie sont limités.
- LES CONCOURS AGRICOLES
- On sait que la première exposition internationale française eut lieu en 1855, au Palais de l’Industrie. C’est l’année suivante que fut ouverte, dans le même édifice , la première exposition universelle de l’agriculture. Le concours dura du 23 mai au 7 juin. Il était universel, c’est-à-dire qu’il comprenait les animaux reproducteurs français et étrangers des espèces bovine, ovine et porcine, les animaux de basse-cour et enfin les instruments et produits agricoles. Quoi qu’il en soit, à cette époque l’idée des concours des animaux gras était déjà ancienne. Dans les principaux marchés aux bestiaux , notamment au célèbre marché de Poissy, l’administration avait institué, dès 1843, des concours annuels de boucherie. Les primes accordées étaient distribuées dans une séance solennelle. Ce mode de distribution de prix a été abandonné depuis une quinzaine d’années comme donnant lieu à des dépenses considérables. Les primes sont maintenant adressées aux lauréats à domicile, par une simple lettre d’avis. Le concours d’animaux de boucherie fut transporté, en 1869, à la Villette et, en 1870, au Palais de l’Industrie. Quant à l’Exposition agricole de 1856, nous répétons qu’elle était internationale et comprenait tous les produits de l’agriculture.
- Quatre ans après, en 1860, le concours agricole fut purement national, mais on y ajouta un grand concours pour les animaux des espèces chevaline et asine.
- En décembre 1864, concours général et spécial de volailles grasses.
- En décembre 1865, concours général et spécial de volailles grasses, et concours international de fromages avec ventes publiques aux enchères.
- En décembre 1866, concours général de volailles grasses, de beurres et instruments servant à la fabrication des beurres et fromages, et concours international de fromages.
- Ce programme fut complété dans le concours qui s’ouvrit le 23 février 1870. Il comprenait ., en effet, les animaux gras vivants, races bovine, ovine, porcine, volailles vivantes et mortes, fromages , beurres, produits agricoles, graines et plantes fourragères, et une exposition d’instruments et machines agricoles. .
- Depuis 1874, indépendamment des nombreux concours régionaux, il y a chaque année, au mois de février, un concours général agricole au Palais de l’Industrie et dans les nombreuses annexes qui y sont construites pour la circonstance. Ces concours sont d’une utilité réelle que nul ne peut contester.
- E. M.
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- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- M. Georges Berger, président de la Société internationale des électriciens, vient d’adresser aux membres de cette société la circulaire suivante :
- Monsieur et cher Collègue,
- Ainsi que vous l’avez appris par la lecture de notre dernier «. bulletin » la Société internationale des électriciens organise, dans les salles de l’Observatoire de Paris, une exposition d’appareils électriques,.qui restera ouverte pendant quelques jours seulement, dans le courant du mois de mars.
- J’espère que vous voudrez prendre part à cette exposition et m’envoyer une demande d’admission.
- Vous voudrez bien m’indiquer :
- 1° Les surfaces dont vous croirez avoir besoin soit horizontalement, soit verticalement;
- 2° La nature des appareils que vous comptez exposer ;
- 3° Si vous avez l’intention de faire fonctionner ces appareils.
- J’ai le devoir de vous faire observer que les locaux dont nous disposons sont relativement restreints, et que, par conséquent, chaque demande d’emplacement devra être aussi réduite que possible.
- Les frais d’envoi, d’installation, de remballage
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- Première Année. — N° 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Février i885-
- et de reprise des appareils seront aux frais des exposants.
- Les objets ou appareils exposés devront être absolument électriques.
- L’organisation générale des locaux d’exposition et leur gardiennage seront à la charge de la Société internationale des électriciens, à laquelle M. l’amiral Mouchez, directeur de l’Observatoire, a offert son généreux concours.
- La Société internationale des électriciens prendra des précautions contre le volet la détérioration des objets exposés; mais elle décline d’avance toute espèce de responsabilité.
- En répondant à votre demande d’admission sur laquelle le comité d’organisation sera appelé à statuer, j’aurai l’honneur de vous indiquer :
- 1° Les dimensions de l’emplacement qui vous aura été attribué ;
- 2° La localisation de cet emplacement ;
- 3° La date à laquelle vos envois devront être parvenus à l’Observatoire de Paris ;
- 4° Les dates précises de l’ouverture et de la fermeture de l’Exposition ;
- 5° Les conditions arrêtées pour la distribution des courants et de la force motrice, s’il y a lieu.
- Les demandes d’admission devront être envoyées, avant le 10 février dernier délai, à l’adresse de M. le Président de la Société internationale des Electriciens, 3, rue Séguier, à Paris.
- Agréez, etc., etc.
- Le Président, Signé : G. Berger.
- M. le ministre des postes et télégraphes coopérera, pour une grande part, à cette exposition qui promet d’être fort brillante étant donné le nombre considérable d’exposants français et étrangers qui ont répondu à l’appel de M. Berger. En particulier, nous pouvons annoncer que le directeur des postes et télégraphes d’Allemagne, dont le département sera largement représenté, assistera lui-même à l’inauguration de l’Exposition.
- L’Observatoire a mis à la disposition du comité cinq grandes salles d’exposition y compris la salle des fêtes. On doit encore établir une tente de plus de 30 mètres de longueur. Les machines à vapeur et les machines électriques seront logées dans une immense baraque en planches établie dans la cour principale. — MM. Weliyer et Richemond ont mis gracieusement à la disposition du comité deux machines de 25 et 35 chevaux ; la maison Cayla en offre une de 60 chevaux. La maison Menier fournira gratuitementles câbles nécessaires à l’installation électrique.
- Cette exposition fera le plus grand honneur à la Société internationale des électriciens qui en supporte tous les frais.
- L’entrée sera gratuite; mais les visiteurs ne seront admis que sur la présentation des cartes délivrées par le comité. (Adresser les demandes à M. Sabourain, secrétaire, 3, rue Séguier.)
- Des conférences seront faites, au cours de l’Exposition, dans une salle spéciale de l’Observatoire. Voici les noms des conférenciers qui se sont fait inscrire, comme la désignation des sujets qui seront traités :
- MM. E. Baudot : Sur la Télégraphie.
- Dr Boudet de Paris : Applications de l'électricité à la Médecine.
- G. Cabanellas : Transport électrique de la force.
- P. Gousselin : Applications de l’électricité aux chemins de fer.
- G. Lippmann : Sur les appareils de mesure électrique.
- L. Maiche : Sur la Téléphonie.
- Le Roux : Sur ses travaux personnels.
- Marie-Davy : Applications de l’électricité et la prévision du temps.
- A. de Méritens : Sur les phares électriques.
- P. Samuel : Sur les travaux de M. Gaston Planté (accumulation et transformation de Vélectricité voltaïque ; expériences).
- C. "Wolff ; Applications de l'électricité aux observations astronomiques.
- PROJET DE TOUR
- DE370" DE HAUTEUR
- (m. bordier architecte)
- Dans notre dernier numéro nous avons donné quelques explications au sujet de cette tour. — Nous allons donner aujourd’hui quelques extraits de l’intéressante, conférence que M. Bourdais a faite le 23 janvier, à la Société des Ingénieurs civils.
- La première question que s’est posée M. Bourdais est celle-ci : « Quelle est la limite de hauteur à laquelle on peut élever un pylône de différents matériaux sans que ceux-ci s’écrasent sous leur propre poids ? ».
- Supposons, dit l’auteur, la forme pyramidale. Le poids d’une pyramide à base carrée est exprimé
- par P = D2~ 8 p
- la résistance est R = d’où
- JJ*
- en remplaçant P par sa valeur
- d 1 , 5. •>, . , 3R R = -x h 8 d ou h — —
- O O
- Si l’on prend pour valeur limite de R 1/6 de la charge qui produit l’écrasement du fer et 1/20 pour les différentes natures de pierre, on peut dresser le tableau suivant :
- DÉSIGNATION R 8 H
- Porphyre Fer 2.470.000 (5.Ü00.000 800.000 440.000 230.000 60.000 30.000 2.870 7.800 2.700 2.400 2.300 1.700 1.500 mètres. 2.550 2.280 900 540 300 100 60
- Granit Liais de Bagneux Roche de Saint-Nom ... Banc royal Yergelé
- Telles sont les limites pratiques auxquelles on peut élever une pyramide en différents matériaux.
- On voit que les Égyptiens, qui se sont arrêtés à la limite de 142 mètres pour la grande pyramide de Chéops, sont restés bien au-dessous de ces chiffres. Ils ont été bien plus hardis (nous le démontrerons plus loin) quand ils ont élevé leurs obélisques.
- Prisme à base carrée.
- Pour que l’équilibre existe entre le poids du prisme et l’effort du vent, il faut que leur résultante passe en dedans de la base; mais cette condition n’est pas suffisante, car, à la limite, si la résultante passait sur l’arête, celle-ci serait écrasée et, après déformation, le prisme se renverserait.
- . Nous nous imposerons donc comme condition que la résultante passera à une distance de l’axe central égale au quart de la largeur de la base;.on sait que dans cette position, les 3/4 delà section seront encore intéressés à la résistance générale (nous ne croyons pas devoir rappeler ici la théorie de Belanger au sujet de la loi de répartition des pressions ; nous dirons plus loin les réserves qu’il convient de faire dans les applications).
- Remarquons que le poids du prisme sera exprimé par
- P=D2/i8
- Quel sera l’effort du vent ? Il résulte de nombreuses expériences faites sur la vitesse et la pression du vent que le vent appelé grand ouragan possède une vitesse de 50 métrés par seconde et exerce sur un plan perpendiculaire à son action une pression de 300 kilogrammes au mètre superficiel.
- On aura donc pour pression du vent :
- V = 300k h D
- Mais la condition que nous nous sommes imposée pour la position de la résultante est , P 2 h ,
- expnmee par le rapport -ÿ — -jj ; on aura donc
- en remplaçant P et V par leurs valeurs :
- 2 h DVi 3 D ~ 300 h D’
- d’où l’on tire D =
- \/ 600 |
- En prenant pour densité moyenne des pierres 8 = 2,400, on obtient D = f 0,2o h et l’on peut dresser le tableau suivant :
- pour h = 0,01 D = 0,05
- et le rapport
- 0,20
- 0,10 1™, 10™, 100™.
- 0,16 0,50 1™,60 5™,
- 0,60 2 6 20
- 300™, 8™, 70
- 34
- D’après ce calcul, on voit que plus la hauteur absolue du prisme augmente, plus sa forme peut être élancée, si bien qu'un projet, dont on ne donnerait pas l’échelle, pourrait être inexécutable en petit et deviendrait, au contraire, extrêmement bien établi dans ses conditions d’équilibre s’il était exécuté dans de grandes dimensions.
- Nous insistons sur cette remarque,. parce que, à priori, elle paraît n’être pas vraisemblable ; cependant, quand on y réfléchit un peu, on s’aperçoit que la puissance du vent ne croît que comme la surface du prisme ou plus exactement comme sa projection sur un plan normal à la direction du vent, tandis que la résistance due au poids croît comme son cube, c’est-à-dire beaucoup plus vite que celle-là, avec la dimension absolue de l’œuvre totale.
- Le cube du prisme sera exprimé par ;
- C = D2 h = 600
- hf
- 8
- Si le prisme était en fer massif (conception tout à fait théorique bien entendu) la formule deviendrait
- D = \'0,077h
- et le rapport du cube du fer à celui de la pierre
- serait 0m,30. Or, le prix du mètre cube de fer étant de 5,000 francs, et celui de la pierre dure de 200 francs environ (compris tailles ordinaires), le rapport de ces prix entre eux étant de 25, on en peut conclure approximativement que le rapport de la dépense totale pour ces deux natures différentes de matériaux sera
- 25 X 0,30 = 7 %
- Donc, à égales conditions de stabilité, un prisme en. fer coûterait environ 7 fois 1/2 plus qu’un prisme en pierre dure.
- Pli ramide à base carrée.
- Si l’on se donne la même condition d’équilibre que précédemment, on peut remarquer que la même relation existe entre D et h ; en effet, l’action du vent diminue de moitié, puisqu’un triangle de même base et de même hauteur qu’un rectangle a une surface moitié moindre que celle du rectangle ; de plus elle agit à une hauteur réduite de 1/3, puisque le centre de gravité est situé au 1/3 de la hauteur et non à la moitié. Son 2
- effet est donc des ou du 1/3 de ce qu’elle était
- sur la base du prisme. Or, le poids de la pyramide est précisément égal à 1/3 aussi de celui du prisme; la relation :
- D = y/ 600 ^
- est donc applicable à ces deux formes différentes.
- Le cube de la pyramide sera exprimé par :
- h IA
- C = D2 200 4-
- o 8
- Le rapport des prix du fer et de la pierre reste également le même à l’avantage de la pierre.
- Examinons maintenant le cas intermédiaire, celui d’un tronc de pyramide qui est la forme des obélisques.
- Tronc de pyramide.
- Exprimons par n le rapport de la largeur de la petite base à la grande, afin d’obtenir une formule tout à fait générale, dans laquelle' nous pourrons, dans les applications, donner à n telle valeur que nous voudrons.
- On sait que le poids d’un tronc de pyramide est P = (D2 + ^ + Dd)^8
- mais d — nL), d’où en remplaçant :
- P = D2(1 + n + 1i2) £ 8 h 300 k
- Cet effort du vent agira à une hauteur x du centre de gravité de la face trapézoïdale projetée verticalement ; on la calculera ainsi :
- h
- /Y> — — _ F- /y*’
- CV ^ [ tL
- d’autre part : Y = D
- mais x'
- 2 n * n —|— 1
- d’où x‘
- — }i ( 2 n \
- ~ 6 \7l + 1/ 1
- Î0-
- ce qui donne ~ ~ , * , .
- ' n -4- 1
- Pour que l’équilibre se réalise dans les mêmes conditions que précédemment, on écrira :
- P ^ = Yx d’où, en remplaçant P et Y par
- leurs valeurs, on obtiendra finalement :
- \J600 ( 2 U + ) r
- V \1 + n -j- n,2/ 0
- D
- La variation de la fonction en n sous le radical
- <------et- n._D_
- 1.
- i I
- indique la variation du coefficient K dans la formule précédemment trouvée pour le prisme et la pyramide ; c’est-à-dire :
- d = \/k(1
- Or, la fonction en n a son maximum pour nz=0,35 et alors la valeur du coefficient K = 692,30.
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-
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-
- 8. — Première Année. — N° 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 1e1' Février i885.
- Nous donnons le graphique de la variation de K pour toutes les valeurs de n comprises de 0 à 10.
- On voit que cette valeur est égale à 600 pour n =. 0 ; c’est le cas de la pyramide complète ; elle
- croît jusqu’à 692, 30 pour n = C~ = 0,35. C’est
- pour cette forme qu’à même hauteur d’obélisque, la base doit avoir une dimension maximum; c’est celle pour laquelle l’effet du vent est le moins bien combattu par l’effet du poids de l’ouvrage et cette forme est indépendante de la nature des matériaux, c’est-à-dire de leur densité.
- Puis ce coefficient diminue en repassant par la valeur 600, précisément pour n = 1, c’est-à-dire pour le prisme.
- Au delà, nous obtenons des troncs de pyramide
- même hauteur, l’épaisseur est en raison inverse du diamètre, d’où l’on peut conclure que, quel que soit le diamètre choisi, le cube total de l’ouvrage sera constant. Ce cube sera :
- 7,2
- C = 400 =
- On voit qu’il sera proportionnel au carré de la hauteur et en raison inverse de la densité des matériaux employés.
- On peut encore remarquer que pour une même
- forme extérieure, c’est-à-dire un même rapport ^
- et même nature de matériaux, l’épaisseur e sera constante,quelles que soient les dimensions absolues de l’ouvrage.
- posés sur leur petite base ; or, le coefficient K continue toujours à décroître, ce qui indique que plus la largeur de la base supérieure augmente, mieux l’équilibre est établi, pour une même largeur de base inférieure et une même hauteur donnée.
- La raison de ce phénomène est la môme que celle rappelée précédemment, à savoir qu’avec l’élargissement de la base supérieure le poids de l’œuvre augmente bien plus rapidement que l’effet du vent.
- Après avoir établi cette formule tout à fait générale, nous l’avons appliquée au calcul des dimensions des plus hautes pyramides connues.
- Le tableau suivant donne les résultats obtenus avec les dimensions de ces monuments.
- Nous avons pris pour densité : § = 2,600.
- DESIGNATION h d D K D calculé
- 2. Obélisques décrits par Diodore de Sicile i8-”,2u 2m,41 3,61 664 3,51
- 2. Obélisques de Numco-rôus fils de Sésostris ... 40.20 2,01 3,21 670 3,18
- 2 Obélisques de Smerrès. 35,37 1,80 3,00 673 2,98
- 1. Obélisque de Nectanébis 32,16 1,63 2,81 676 2.83
- Obélisque de Constance porté à saint-Jean-de-Latran. • 32,15 1,89 2 92 667 2,86
- Obélisque de Louqsor.... 22 1,50 2,43 670 2,38
- On sera probablement frappé comme nous l’avons été nous-même de la concordance si rapprochée des dimensions calculées et de celles adoptées par les architectes ou ingénieurs égyptiens.
- La seule conclusion que nous en voulons tirer, c’est que le coefficient de 300kau mètre superficiel doit nous inspirer toute sécurité, puisqu’en l’appliquant à des pylônes qui ont défié mille et une tempêtes, il nous conduit à vérifier avec succès la mesure adoptée pour ces monuments par les savants artistes de l’antiquité.
- Mais poursuivons notre route et cherchons maintenant les conditions d’équilibre des solides évidés.
- Anneau cylindrique.
- Supposons à priori que l’épaisseur moyenne de e soit petite par rapport au diamètre D (ce sera le cas le plus général dans les applications).
- Le poids du cylindre évidé sera :
- P = y D ehh
- L’effort du vent sera
- V = 2/3 300k D/i
- On sait en effet que, sur un cylindre, le vent n’agit qu’avec une intensité égale aux 2/3 de celle qu’il porte sur un prisme carré de même largeur.
- On s’imposera comme précédemment la condi-P 2 li
- tion -y = -J- et 1 on aura par suite :
- 22
- 2/i 7De/iS D "" 2/3 300k D/i
- d’où e = 127
- D 3
- Il est intéressant de remarquer que, pour une
- Cône êoidô.
- En suivant la même marche dans le calcul 011 trouvera facilement la valeur
- h
- e — 85
- et pour le cube
- 133
- D § /r2
- Tronc de cône éoidé.
- Prenons enfin le cas le plus généralement appliqué: dans les cheminées d’usine par exemple. On aura :
- _ 22 h „ ..
- P — — ÿ D (1 n) e 0
- et
- Y
- 7 2 | 300k 9-+
- n)
- D h
- Or, la hauteur à laquelle s’exerce l’action du vent étant ;
- h /. n \
- æ__-(l+_1)
- on aura l’égalité d’équilibre : 22h . , , „D
- y g D(l + n)e 6 y
- |300
- d’où l’on tire enfin :
- e — 85 ^1 +
- IX
- -ù
- h
- D T
- K
- D S
- Le calcul permet d’établir le tableau suivant des valeurs de K, lorsque n varie de 0 à 1.
- pour n= 0 h — 85
- 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50 0.60 0.70 0.80 0.90
- 93 100 105 110 113 117 120 123 125
- [.00
- 127
- De même que précédemment, on calculerait le cube constant de l’ouvrage pour une hauteur donnée, quel que soit le diamètre de base choisi ; ce cube sera :
- C = 133 (2 n + 1) y
- Il est minimum évidemment pour n — 0, c’est le cas du cône ; il croît indéfiniment avec n.
- L’application de cette formule permet de faire des comparaisons assez curieuses entre les prix des différentes natures de matériaux, employés bien entendu à des hauteurs telles que leur écrasement ne se produise pas sous leur propre poids ; nous avons vu que ces limites sont assez élevées.
- Supposons par exemple n= 1, c’est le cas du cylindre, et une hauteur h = 100m, on pourra dresser le tableau suivant.
- Si au. lieu d’un cylindre on calculait un cône, ces prix seraient réduits au 1/3, mais leur rapport resterait toujours le même à l’avantage de la pierre.
- DÉSIGNATION. DENSITÉ CUBE TOTAL PRIX du mètre cube PRIX TOTAL
- mètres cubes francs. francs
- Pierre dure.... 2400 1666 200 332000
- Fer 7800 513 5000 2565000
- Chêne 900 4444 200 888000
- Il convient de rappeler que l’épaisseur e, qui entre dans l’évaluation du poids total, est l’épaisseur moyenne, dont le produit par la surface du tronc de cône donne le cube total, et non la moyenne arithmétique entre les épaisseurs à la base et au sommet. Ces deux modes d’évaluation peuvent différer très sensiblement entre eux, notamment dans le cas où la diminution d’épaisseur ne se produit pas uniformément sur toute la hauteur, et nous verrons que, pour satisfaire à la condition de résistance à l’écrasement, il est utile de faire décroître cette épaisseur inégalement en donnant plus de fruit à la base qu’au sommet.
- Le cube de l’œuvre est exprimé par 22 h
- C = -y - D (1 H- a) e, mais nous savons que
- c — 85 |l + (^011 cn remplaçant :
- / ?? \ 1
- U = — 85 — (1 + n) i1 H-----------\ - ou enfin
- t 2 \ n -(- 1 / ô
- C = 133 (2 n + 1) ~ = IC ^
- O O
- On peut en conclure que le poids total de l’œuvre sera :
- P = 133 (2 n H- 1) /i2 = K/ /i2
- Ce qui montre que, pour une même forme de pylône, le poids est constant quelle que soit la nature des matériaux employés.
- Il est utile de dresser ce tableau des. valeurs K/ en raison des variations en n.
- 0.10 0.20 0.30 0.40 0. 30 0.60 0.70 0.80 0.90
- 160 186 213 240 •) 66 293 320 346 373
- Ces valeurs s’appliquent à tous les troncs de cône depuis le cône complet jusqu’au cylindre.
- En doit-on conclure que la forme cylindrique doit être rejetée et qu’il convient d’élargir le plus possible la base de l’édifice ?
- Pour démontrer qu’il n’en est pas ainsi, il suffit de prendre deux exemples différents et de les comparer entre eux en faisant intervenir les éléments pratiques du problème à résoudre.
- Supposons que le diamètre de la plate-forme du. sommet soit donné et égal à 17m (c’est ce qui est nécessaire pour une place de 2 millions de carcels comme celle qui convient à Paris). Supposons la hauteur /i=316“,23 d’où /i2 = 100,000.
- Première solution : pseudo-cylindrique.
- d = 17“ ; D = 20“ ; n = ~ = 0,85
- d’où K.'=z 360 ; on en déduit P = 30,000 tonnes.
- Ce poids correspond à un cube de 14,000 mètres de granit.
- Le terrain occupé sera de 320“2.
- Si l’on admet que le terrain vaut 1,000 francs le mètre carré, et c’est le moins qu’on puisse supposer au centre de Paris, et le granit 200 francs le mètre cube, la dépense relative à ces deux éléments se totalisera ainsi :
- Terrain 340“2 à 1,000 fr. = 320 000
- Granit 14.000“2 à 200 fr. = 2,800’()00
- Total .... 3,120,000 fr.
- Deuxième solution /tronc de cône à large base
- d = 17“ ; D = 120“; n = ~ — 0,14
- d’où K' = 170 ; on en déduit P = 17,000 tonnes.
- Dans ce cas, la solution en pierre n’est pas possible, parce que l’épaisseur donnée par le calcul ne serait plus en rapport avec l’énorme diamètre, il faut recoimr au métal :
- Le terrain occupé sera de 11,5O0“2 et la dépense se totalisera ainsi :
- Terrain 11,500“ à 1,000 fr. = 11:500 000
- Fers 17,000* à 600 fr. = 10,200,000
- Total .... 21/700,000"
- Mais n’oublions pas que notre hypothèse primordiale établit que la résultante ne dépasse pas la moitié du rayon, ce qui pour le métal 11’est pas une condition absolument nécessaire.
- Si par impossible nous admettons que la résultante passera sur l’arête extérieure elle-même, le poids totail sera évidemment réduit de moitié et l’on aura P = 8,500 tonnes.
- Admettons enfin que le tronc de cône est évidé du tiers et par conséquent 11e supporte que les 2/3 de l'effort du vent que nous avons admis, le poids, réduitencore dans cette proportion de 1/3, deviendra P= 2,3 8,500 = 5,700 tonnes. Eh bien, môme dans ce cas très favorable à la légèreté de l’ouvrage, et qui ne nous semble pas pouvoir être admis en pratique, la dépense totale s’établirait ainsi :
- Terrain.................... 11,500,000
- Fers 5,700* à 600 fr. = 3,420,000
- Total............. 14.920,000
- On voit donc que, sous le rapport économique, il convient d’adopter la pierre de préférence au métal et, pour économiser le terrain, la forme pseudo -cylindrique.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cle, rue de la Prélecture, 6.
- p.5x8 - vue 42/400
-
-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Ber gère J 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 8 Février 1885. NUMÉRO 6.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin ; 2. Partie officielle : Commission consultative ; 3. L’Exposition des idées ; 4. Echos ; 5. L’Exposition culinaire ; 6. Tribune publique; 7. Concours général agricole de x885 ; 8. La Foire de Nijnii-Novgorod ; 9. Les Machines aux
- expositions; 10. Tribunaux , 11. Revue économique ; 12. Les Théâtres.
- BULLETIN
- La Commission consultative entendra sous lieu la lecture du Rapport de M. Antonin Proust sur l’Exposition de 1889.
- On trouvera dans le corps du journal un article donnant quelques renseignements sur ce rapport.
- La Commission ne s’est pas réunie depuis le 28 janvier.
- Le Concours agricole est ouvert depuis le 2 courant. Le Président de la République le visitera samedi prochain.
- R existe en ce moment à Paris trois expositions de peinture assez importantes, . qui ont lieu au Cercle artistique et littéraire, au cercle de F Union artistique et enfin dans la galerie Georges Petit.
- ---------j-1 SHSMS^SSiiir----
- PARTIE OFFICIELLE
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Séance du samedi 17 Janvier 1885 •
- M. le Président informe la Commission que depuis sa dernière séance la sous-commission chargée d’étudier la question des fortifications s’est réunie trois fois. Dans la discussion, il est apparu que l’accord serait possible entre le ministère de la guerre, l’Administration des domaines et la Ville ; cependant il ne peut apporter à la Commission aucune solution. Les évaluations présentées par M. Alphand ne pourront être utilement appréciées qu’après que le ministre de la guerre aura fait connaître son avis et celui du Comité de défense.
- M. le Président informe, en outre, la Commission que M. le général Gallimard ayant été relevé de ses fonctions de directeur du génie, M. le ministre adésignépourle remplacer M. le colonel Corremon. Il ajoute qu’il a cru devoir, au nom de la Commission tout. entière, remercier le général Gallimard des sentiments de conciliation dont il n’a cessé de faire preuve tout le temps qu’il a été associé aux travaux de la Commission.
- M. le Président avait aussi l’intention de provoquer une réunion de la sous-commission des finances. Cette réunion a été ajournée en raison de l’absence de M. Christophle. Cette sous-commission se réunira à l’issue de la présente séance.
- Il termine en proposant à la Commission de nommer une sous-commission qui serait chargée de préparer l’avant-projet des constructions. 1*1 a dit au général Lewal que la Commission considérait la désaffectation du Champ-de-Mars comme acquise et demandait l’autorisation d’étudier un avant-projet comme si le Champ-de-Mars était à sa libre disposition.
- Cette sous-commission est composée de : MM.BaïhautjKaempfen, Poulin, Cendre,Corremon,
- Tisserand, Alphand, Lax, Dietz-Monnin et Muzet.
- M. Pallain pense qu’il y aurait intérêt à avoir une correspondance constatant le résultat des négociations entamées entre le président de la Commission et le ministre de la guerre.
- M. le Président répond qu’il n’y a eu entre le ministre et lui qu’une conversation privée et que le ministre a demandé un délai de plusieurs jours pour faire connaître son opinion définitive. S’il n’y a pas d’opposition, ajoute-t-il, les deux sous-commissions pourraient se réunir à l’issue de la séance de la Commission générale.
- M. Tisserand demande s’il ne serait pas bon de discuter, avant tout projet de construction, la question de classement.
- M. le Président pense que cette dernière question est étroitement liée à celle des constructions et que la sous-commission devra étudier en même temps l’une et l’autre.
- La proposition de M. le Président relative à la nomination d’une sous-commission chargée d’étudier l’avant-projet étant adoptée, la séance est levée à dix heures trente-cinq.
- L’EXPOSITION DES IDÉES
- S’il y a dans, les expositions universelles une chose qui frappe l’esprit et qui séduise l’imagination, c’est la rapidité du voyage qu’elles nous permettent d’accomplir en quelques semaines, en quelques jours et même en quelques heures, à travers le monde entier.
- Dans un espace limité on a sous les yeux et sous la main, tous les produits ds l’industrie humaine ; on peut, en passant d’une nation à l’autre, les comparer entre eux, distinguer, jusque dans les moindres détails, le génie de chaque peuple, le prendre sur le vif, l’analyser, puis dans une prompte synthèse, se faire une idée à peu près complète du temps où l’on vit, du milieu où l’on est appelé à agir, des progrès accomplis en quelques années parla science et par la civilisation.
- Les expositions n’auraient-elles que ce résultat, nous penserions qu’il suffit à justifier les efforts qui sont périodiquement tentés par des millions d’hommes en vue de ces grands concours internationaux. Mais combien les expositions prennent-elles encore un caractère plus intéressant et plus élevé, si du domaine des faits on passe dans celui des idées, dont les faits ne sont, à vrai dire, que la traduction matérielle et sensible.
- Prenons, par exemple, cette grande date de 1889. Il y aura alors un siècle que l’on vit s’accomplir la Révolution qui, de quelque façon que l’on en apprécie les conséquences, amena dans le monde entier un si prodigieux renouvellement non pas seulement politique, mais encore et surtout scientifique et social.
- La véritable exposition, ou plutôt l’idéal de l’exposition à faire en 1889, serait celle qui permettrait de comparer la France et l’Europe d’avant la Révolution avec la France, l’Europe et même l’univers entier tels qu’ils nous apparaissent aujourd’hui.
- Il faudrait qu’il fût en quelque sorte permis à chacun de nous de refaire le voyage que fit en France, vers cette époque, le célèbre touriste Arthur Yung et dont la relation est demeurée si instructive et si intéressante. Il faudrait que l’on pût revoir la France avec ses institutions, ses
- mœurs, ses habitudes, ses idées d’alors, — l’Allemagne avec ses petits princes, ses électeurs, ses petites cours si curieuses, — les Etats-Unis qui venaient de naître à l’indépendance et qui comptaient trois millions d’habitants alors qu’ils en auront tout à l’heure soixante millions, et que nous voyons leur immense territoire servir de vaste champ d’expérience à la vapeur et à l’électricité.
- Rien que pour esquisser ce tableau fantastique, et cependant si réel et si actuel, il faudrait plus qu’un volume; il faudrait aussi une de ces plumes célèbres qui donnent la vie à tout ce qu’elles touchent. On a une idée de ce que pourrait être une telle œuvre lorsqu’on relit le rapport général de M. Jules Simon sur l’Exposition de 1878, dont l’éminent écrivain a su léguer aux générations à venir un si merveilleux tableau d’ensemble.
- Un des côtés les plus originaux de l’Exposition de 1878, ce fut l’ouverture non seulement aux Congrès, mais aux conférenciers isolés, des salles de lecture de l’Exposition. Après avoir parcouru les galeries du Champ-de-Mars, regorgeant de richesses, le promeneur pouvait entrer au Trocadéro, dans une salle de cours; si c’était une conférence, il y entendait des savants, des chercheurs. Il y eut là, comme on a pu le dire, la propagande la plus indépendante qui se soit jamais produite chez un peuple.
- A côté de ces conférences, combien de Congrès célèbres eurent lieu au cours de cette Exposition de 1878 : le Congrès de la propriété artistique, le Congrès de la propriété industrielle, le Congrès d’hygiène, le Congrès des sciences, anthropologiques et ethnographiques, le Congrès du génie civil, le Congrès de météorologie et tant d’autres.
- Mais combien de l’aveu des juges les plus compétents, ces Congrès auraient-ils produit des fruits plus nombreux et plus précieux encore si, dès le premier jour, on avait annoncé qu’il y aurait une exposition orale à côté de l’exposition matérielle. « Les savants, a fait observer avec grande raison M. Jules Simon dans son rapport général, auraient fait leurs préparatifs à l’avance comme les industriels. »
- En 1889 on ne sera pas, nous en avons dès aujourd’hui lk certitude, pris de court, comme on l’a été en 1878. Nous croyons savoir, en effet, qu’une grande partie du rapport que M. Antonin Proust, président delà commission d’organisation, adressera au ministre du commerce, au nom de cette commission, sera consacrée au développement de cette pensée qu’il importe d’organiser en 1889, « l’exposition des idées « à côté de l’exposition des produits.
- Le rapport destinerait le Palais de l’Industrie transformé à la tenue des Congrès internationaux.
- Il demanderait également l’institution d’un cercle international qui recevrait dès aujourd’hui les adhésions des Français et des étrangers qui désireraient en faire partie. Ce cercle serait installé au Palais'de l’Industrie dans les conditions les plus confortables et renfermerait des salles de travail, des salles de conférences, des laboratoires, des bibliothèques.
- Enfin, le rapport de M. Antonin Proust proposera, assure-t-on, la nomination d’une commission spéciale chargée d’organiser immédiatement les Congrès de 1889.
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-
-
-
- 2. — Première Année — N°, 6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Février t885.
- Ainsi se trouvera réalisé le vœu'exprimé après l’Exposition de 1878 ; dès à présent, les lettres, les sciences et les arts pourront, comme l’industrie et le commerce, se préparer au centenaire de 1889.
- Pour assurer cet important résultat, le rapport demandera qu’un crédit de 500,000 francs soit ouvert pour être attribué en prix aux travaux récompensés — travaux dont la nomenclature serait portée à la connaissance de tous, et dont la publication ultérieure pourrait constituer comme iino grande encyclopédie du xixe siècle qui serait imprimée et répandue au compte et au profit de l’Exposition de 1889. Des prix seraient aussi réservés aux travaux les plus remarquables qui seraient produits dans les Congrès ou les conférences qui auront lieu pendant la durée de l’Exposition elle-même.
- Telles sont les lignes principales du rapport de M. Antonin Proust sur « l’exposition des idées ». On ne saurait trop y applaudir.
- Si, comme nous l’espérons, ce projet se réalise, il imprimera à l’Exposition de 1889 le caractère qui doit être le sien : un caractère éminemment intellectuel et humanitaire. Le Palais de l’Industrie deviendrait ainsi une sorte de Panthéon de la science et de la civilisation —non pas un Panthéon ne renfermant que des souvenirs et des tombeaux, mais un Panthéon tout plein d espeiances et de vastes horizons s’ouvrant, avec des profondeurs inconnues, sur l’avenir de l’humanité dont tous ces hommes de science travaillent, et c est là le but suprême — à rendre la vie plus commode, plus douce, plus facile et au sens élevé de ce mot, meilleure, c’est-à-dire plus intelligente et plus morale.
- Alph. Bertrand.
- ÉCHOS
- Paris
- A l’exposition des œuvres d’Eugène Delacroix, qu’on prépare en ce moment à l’Ecole des beaux-arts, succédera, le 1er mai prochain, une nouvelle exposition des portraits du siècle, organisée, comme la précédente, par les soins de la Société philanthropique.
- Le comité, présidé par le marquis de Morte-mart, fait appel aux collectionneurs en faveur de cotte œuvre charitable et artistique.
- Les amis de M. Victor Leelaire, le peintre de fleurs récemment décédé, organisent au profit de sa veuve, qui est aveugle et sans ressources, une vente dont.le produit sera affecté au paiement de sa pension dans une maison de santé. Ces messieurs font un appel à tous les peintres pour aider à secourir une grande infortune digne de tout intérêt. Les œuvres sont reçues à la Société des ateliers Souty, 17, boulevard Haussmann, jusqu’au 10 février.
- Une assemblée générale de la Société artistique a eu lieu lundi 26 janvier 1885. Il a été décidé que l’on ferait une exposition au profit de l’œuvre de bienfaisance de la presse, pour les pauvres de Paris. Cette exposition se fera au-cercle des Arts libéraux, grâce à l’obligeance de M. A. de Rivière.
- Départements
- La Société centrale d’agriculture de l’Hérault a décidé d’organiser en même temps que le concours régional, au mois de mai prochain, une exposition vinicolo où l’on s’efforcera de réunir non seulement les vins français de vignes franches ou greffées, mais encore les vins étrangers d’Espagne et d’Italie, qui nous font en ce moment, et en dépit de leur mauvaise qualité, une concurrence si redoutable. La société ouvrirait également un congrès vinicole comme elle le fait chaque année, ainsi que des cours pratiques de greffage. Il a été décidé en outre qu’elle organiserait en 1885, à une époque qui sera ultérieurement fixée, un concours d’instruments propres à la culture de la vigne.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Le onzième concours d’animaux gras aura . lieu à Berlin les 6 et 7 mai, à l’abattoir central.
- La troisième exposition annuelle des Apprentis berlinois s’ouvrira le 10 mai sous le patronage do del’Union des industriels, dans le local do l’exposition hygiénique, près la gare de Hambourg, et durera seize jours. Parmi les adhésions reçues jusqu’ici, on remarque celle de la direction des chemins de fer de l’État.
- Une exposition-modèle permanente de produits d’exportation a été organisée à. Hambourg par la Société anonyme de la nouvelle Bourse, dans ses propres locaux. Tout fabricant allemand faisant le commerce d’exportation expose de droit.
- Ce musée commercial offrira aux étrangers un aperçu des différents échantillons de produits manufacturés indigènes.
- Une exposition internationale d’orfèvrerie, de joaillerie, de bronzes, doit avoir lieu à Nuremberg (Bavière), du 15 juin au 15 septembre prochain.
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- Angleterre
- Une exposition internationale et universelle des arts et métiers s’ouvrira le 1er avril à l’Alexandra Palace (Londres) et durera jusqu’à la fin septembre. Les principales écoles de peinture et de sculpture du continent y seront représentées.
- En ce moment a lieu à Knightsbridge (Londres) une exposition d’un nouveau genre. C’est la reproduction en miniature d’un village japonais avec ses habitants, ses arts et son industrie. Certains voyageurs racontent qu’à Yokohama on pouvait voir, aux jours de fête, un Européen mangeant avec un couteau et une fourchette pour le plus grand amusement des spectateurs. Aujourd’hui les cocknegs peuvent pour un shilling se transporter dans l’Extrême-Orient et voir travailler sous leurs yeux une centaine de Japonais, hommes et femmes. Rien 11e manque à ce village exotique, pas même le théâtre et le temple de Bouddha.
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- La Société artistique de Londres a décidé, à l’occasion de l’Exposition internationale des inventions qui aura lieu à South-Kensington (Londres), d’offrir une médaille d’or pour la meilleure application de la photographie à un procédé permanent d’imprimerie.
- Autriche-Hongrie
- L’exposition des œuvres de Hans Makart vient de s’ouvrir à Vienne et durera un mois.
- Le 17 janvier, dans la séance de la Chambre des députés, au cours de la discussion du budget du commerce, M. O la y a proposé d’inviter séparément tous les journaux étrangers à se faire représenter à l’ouverture de l’Exposition hongroise qui aura lieu à Buda-Pesth le 1er mai.
- Belgique
- L’exposition de peinture, organisée par le salon des vingt,est ouverte à Bruxelles depuis le 1er février.
- Canada
- Le Gouvernement a l’intention de faire représenter le Canada à l’Exposition internationale d’Anvers, ainsi qu’à l’Exposition pour les colonies et l’Inde qui aura lieu à Londres en 1886. Il prendra à sa charge les frais de transport jusqu’à Anvers et Londres, ainsi que les frais de retour en cas de non vente. On compte beaucoup sur ces expositions pour faire connaître les ressources naturelles du Canada, et ses progrès dans l’industrie et la fabrication.
- Espagne
- Une exposition internationale des arts et de l’industrie doit avoir lieu dans le parc de Madrid en 1886. Le Gouvernement donnerait son concours,, officiel.
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- Grèce
- L’exposition horticole annuelle s’ouvrira à. Athènes dans le courant du mois de mars.
- L’EXPOSITION CULINAIRE
- Cette exposition a eu lieu le 29 janvier, dans-les salles du Grand-Orient de France, rue Cadet, 16.
- C’était un spectacle réellement original, celui que présentait cette fête pantagruélique. Elle avait tout ce qu’il fallait pour faire se pâmer d’aise les-disciples de Rabelais et du baron Brice, amateurs de chère-lie et delà dive bouteille.
- Tous les maîtres dans l’art d’accommoder les mets, de donner aux viandes, poissons et légumes, les formes les plus bizarres et en même temps les plus séduisantes, les plus appétissantes, avaient rivalisé de zèle et d’habileté.
- Poulardes, faisans, gibier de toutes sortes,. galantines, pâtisseries glacées et non glacées ; la fantaisie, avec sa baguette 1 magique, avait transformé, métamorphosé tout cela, pour la plus grande satisfaction des gourmets et des gourmands.
- Cette exposition organisée par la Société des-cuisiniers français, essentiellement artistique, a été créée dans le but spécial de répandre dans le public le goût de la science des choses qui concernent l’art'culinaire.
- La Société des cuisiniers français date de 1882. Elle fut fondée par quelques membres de la chambre syndicale ; mais en 1883, elle se sépare complètement de cette dernière et devient indé- pendante.
- Elle a pour organe un journal spécial, l’Art culinaire, qui paraît deux fois par mois et contient de nombreux renseignements sur les recettes de cuisine et sur les expositions culinaires à l’étranger.
- Par son affinité avec l’Union universelle pour le progrès de l’art culinaire, dont elle est la sectiom générale, la Société des cuisiniers français accorde à ses membres les protections et les recommandations qui peuvent leur être utiles, partout où des sections de l’Union universelle sont établies..
- Le président d’honneur de la Société est un cuisinier français, M. Génin, et le président effectif! M. Thierry.
- Parmi les sociétaires, nous avons remarqué-MM. Sest, chef des cuisines du prince Radziwill; Capdeville, chef de l’ambassade d’Autriche-Hongrie à Paris ; Urbain, Dubois et Renard, cuisiniers de l’empereur Guillaume ; Caron, chef des cuisines de M. le duc de Conégliano ; Cieux, chef des cuisines du Cercle des Deux-Mondes, etc., etc..|
- La salle du Grand Orient de France avait été décorée avec un goût exquis. De longues tables étaient chargées des mets les plus divers et de formes bizarres.
- La plupart des pièces étaient de véritables chefs-d’œuvre de travail, d’adresse et de patience. Les fleurs en cire qui les entouraient et ajoutaient encore au charme étaient d’une perfection à tromper l’œil le plus exercé.
- Parmi les œuvres qui méritent tout particulièrement d’être signalées, nous citerons :
- Un Milieu de buffet composé de cinq pièces, de M. Capdeville ; l’une de ces pièces était onrée à sa base d’une immense plume dorée, avec cette inscription : « Hommage à la presse » ; la Fontaine de Mêdicis du Luxembourg, pièce de confiserie-longueur lm30 sur lm30 de largeur et 0m90 de hauteur), de M. Velhy ; une Brouette parisienne de M. Bareiller (longueur 0m50 sur 0m30 de largeur) ; un Arbre de Noël en nougat, de M. Chambon (longueur 0m50 sur 0m60 de largeur) ; une Coupe Renaissance, déjeuner complet, de M. Gasse (longueur lm10 sur lm30 de hauteur) ; un Château ruiné, pièce de pâtisserie de M. Bouyssi (longueur 0m80 sur 0m90 de hauteur)) unq Grande pièce de table (longueur lmsur 0m70 de-largeur), de M. Poulain ; le Sterlet à l’impériale, de M. Sest ; un Vase garni de Jleurs, pièce de pâté garni de volailles et foie gras truffé, de M. Cieux ; un Cliâteau-fort sur roches, de M. Papin, etc.,etc.
- Nous nous arrêtons, car il nous est impossible de citer toutes les pièces qui méritent des mentions-spéciales.
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- Première Année. — ÎN° 6.
- Ou peut évaluer à plus de deux mille le nombre des visiteurs. On a remarqué la présence du prince Massalsky, vice-consul de Russie, du baron de Rothschild, du baron Erlanger, du marquis de Pomereux, etc.
- A dix heures, l’exposition a fermé ses portes pour permettre aux membres du jury de procéder à la distribution des récompenses.
- Voici les noms des principaux lauréats :
- Prix d’honneur (médaille d’or), M. Capdeville.
- Deuxième prix d’honneur (médaille d’or), M. Poulain.
- Premiers grands prix (médailles de vermeil), MM. Cieux, Drouvillé, Rigault, Durand, Lefèvre, Canali, Boitel, Papin.
- Troisièmes prix (médailles do bronze), MM. Caron, Amouroux, Bouyssi, Chambon.
- En outre, des mentions honorables ont été distribuées.
- A onze heures, un bal a eu lien dans la salle du rez-de-chaussée du Grand-Orient. Puis, à deux heures du matin, un souper a réuni tous les invités. Le menu de ce repas était composé des produits exposés qui avaient obtenu des récompenses.
- C’est assez dire que chacun a fait, en bien mangeant, l’éloge des morceaux.
- E. Mansuy.
- TRIBUNE PUBLIQUE
- I. G. BERGER ET L'EXPOSITION DE 1889
- M. Georges Berger vient de nous adresser la lettre suivante, en réponse à l’article que nous avons consacré, dans un précédent numéro, à sa brochure sur l’Exposition universelle de 1889:
- 25 janvier 1885.
- Monsieur,
- Les nombreux points d’interrogation répandus dans l’article que vous avez consacré à ma brochure sur l’Exposition de 1889 sollicitent sans doute des réponses de ma part. Veuillez les agréer, étant bien persuadé que je partage, à l’égard des critiques, le libéralisme qui vous fait accepter les avis, n’importe d’où ils viennent.
- Vous avancez que je trouve dans l’insuccès financier de l’Exposition de 1878 un pronostic fâcheux pour 1889. Vous m’avez lu incomplètement ou imparfaitement, car je dis le contraire ; je prédis le succès de .1889 et je donne les moyens que j’estime capables de le préparer.
- En dépit de ma résignation, je continue de regretter le choix du terrain du Champ-de-Mars.. Il faut du nouveau, du nouveau en tout et partout. Je déplore aussi que la Commission admette, comme première et peut-être comme seule innovation, la méthode de concéder à loyer les places d’exposants. L’Expesition, par ce seul fait, risque de devenir impopulaire. Je reviendrai sur ce sujet.
- Vous me demandez ce que peut bien être une construction métallique rudimentaire. Laissez-moi vous rappeler que c’est une construction à organes métalliques réduite à sa toiture et à ses supports, du genre des galeries intermédiaires de 1878, dont la revente a été facile et rémunératrice. A mon tour de vous demander ce que vous entendez par enceintes en matière de construction. Vous voulez peut-être parler de façades ? S’il en est ainsi, j’ai expliqué que ces dernières peuvent être généralement établies par les exposants, comme cela a été fait en 1878 pour la façade belge que vous jcitez. A ce propos, je vous dirai que la façade belge de la rue des Nations n’a jamais été mise en vente ; dès la clôture de l’Exposition, la Commission royale de Belgique l’a généreusement donnée au gouvernement français par mon entremise administrative.
- Contrairement à l’opinion de beaucoup d’hommes compétents parmi lesquels je me flatte de pouvoir citer le président de la Société des Ingénieurs civils, vous repoussez mon idée d’une-ville internationale. Dès lors, vous êtes partisan d’un palais unique. Veuillez me dire ce que vous comptez faire le soir dans ce palais rempli et fermé. Avez-vous l’intention de clore ses portes à la lin de_ la journée et de réduire les visiteurs de la soirée aux parcs et jardins de l’Exposition ? Mais alors ce n’est plus à l’Exposition qu’on ira et bien des entrepreneurs de plaisirs publics auront la concurrence facile dans des locaux en plein air mieux situés, _ plus _ pittoresques, plus attrayants, quoi qu’on veuille faire au Champ-de-Mars.
- En supposant que vous possédiez une partie de ce secret des dieux dont vous me défendez le partage, c’est-à-dire en supposant que le gouvernement accorde une subvention de nature à assurer a permanence de l’édiflce principal de l’Expo-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- sition, l’entreprise devient mauvaise pour les principaux intéressés ; pour les exposants, d’abord, qui paieront d’autant plus chèrement la location de leurs emplacements et qui subiront, fâcheusement au point de vue de la commodité de leurs installations, les aménagements et la distribution d’un monument préparé pour un usage ultérieur autre qu’une grande Exposition universelle internationale ; pour les souscripteurs du capital de garantie ensuite, dont le compte final sera forcément réglé sans que les deniers de l’Etat soulagent son débit, comme .cela s’est pratiqué en 1867.
- Quel mal vous ont fait les habitants de Vin-cennes pour que vous leur refusiez la section agricole de l’Exposition ? Leur commune est-elle donc pestiférée ou mise à l’index ? N’offre-t-elle pas des sites charmants et des surfaces admirablement appropriées ? Aimeriez-vous mieux construire des étables et des écuries en plein Paris, sous les fenêtres des demeures aristocratiques du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides ? Vous voyez que, comme vous, j’use abondamment du point d’interrogation, afin de provoquer les répliques et la discussion d’où la lumière jaillira peut-être.
- Vous vous opposez énergiquement à ce que les ventes courantes et permises d’objets emportables viennent créer, de la part des étrangers, une concurrence redoutable pour les intérêts du commerce parisien dont j’ai souci autant que vous et, peut-être, depuis plus longtemps que vous. Permettez-moi de vous dire que vous avez tort, en l’espèce. Si vous désirez protéger le commerce parisien dans le sens que vous indiquez, vous n’avez qu’à demander la suppression de l’Exposition. Vous n’empêcherez jamais les exposants étrangers de créer dans Paris des dépôts au moyen desquels ils serviront abondamment et immédiatement les visiteurs dont ils auront pris les commandes. Cela s’est toujours fait et se fera encore. Ne vaut-il pas mieux laisser la liberté à tous et s’organiser de façon que l’administration tire profit de ces ventes ? Les palais d’exposition ont toujours été considérés comme entrepôts réels de douanes. Aucun objet non réexporté, c’est-à-dire vendu ou laissé en France, 11’a jamais été exonéré des droits auxquels sa nature le soumet. Tous vous trompez donc en annonçant que les exposants étrangers ont faculté de vendre des objets absolument favorisés de la franchise. Croyez-en ma longue expérience de ces choses ; le Parisien qui va à l’Exposition y dépense, par entraînement et au profit de tous, des sommes qu’il n’aurait pas dépensées dans Paris ; quant à l’étranger, les magasins de l’intérieur de la capitale ont toujours pour lui plus de charmes que les boutiques d’exposition. Et puis, pour être logique, comme vous me demandez de l’être, et comme je vous le demande aussi, si vous redoutez et incriminez la concurrence à faire aux Parisiens, vous ne devriez pas vous montrer partisan, comme moi, de l’ouverture de l’Exposition pendant les soirées. Les restaurateurs, les cafetiers, les entrepreneurs de concerts, les directeurs de théâtres de l’intérieur de Paris qui ne peuvent déplacer leurs établissements, ne sont-ils pas des commerçants aussi intéressants que les autres, et n’auraient-ils pas le droit de réclamer contre la concurrence que leur feront les soirées du Champ-de-Mars ?
- Vous appelez 'phraséologie nébuleuse un paragraphe de ma brochure qui réfute l’opinion que les expositions livrent nos secrets industriels et décoratifs à l’étranger. J’ai voulu dire qu’on reste inimitable en se renfermant, le plus possible, dans les ressources de son goût ou de son génie national. J’espère que vous serez maintenant du nombre de ceux qui auront pu comprendre. Quant à la fausseté de l’accusation portée contre les expositions, elle n’est malheureusement pas encore démontrée à tous, autant que vous le dites ; j’en ai la preuve presque chaque jour.
- Permettez-moi de terminer cette lettre en abordant la question de la location des emplacements d’exposition. Cette ressource ne saurait être bonne que pour les pays qui n’ont pas encore fait d’expositions universelles internationales ; en France, tous les précédents la combattent. D’autre part, je voudrais que les organisateurs préventifs de l’Exposition de 1889 so rendissent compte de l’impopularité et de la responsabilité morale Qu’ils encourent en édictant la non-gratuité des locaux d’exposition. J’entends déjà les mauvaises langues aller leur train : on a prétendu, vont-elles dire, que le capital de garantie serait difficile à réunir, par le temps qui court. On a eu raison, puisqu’on réduit ce capital au-dessous do celui de 1867 et qu’on l’amorce en assurant, coûte que coûte, les gains. Du moment, en effet, que les exposants paieront leurs emplacements et leurs installations et que l’Etat fera peut-être l’appoint pour assurer la permanence du Palais, l’administration n’aura plus do frais réels et extraordinaires à supporter. Les souscripteurs du capital de garantie auront alors à se partager l’intégralité de recettes, et de bénéfices sur lesquels il n’y aura presque rien.eu à prélever pour la grosse construction. Voilà, ajouteront-elles, un moyen commode d’être bons administrateurs ou du moins do so faire passer pour tels : no rien payer et tout recevoir!
- Dimanche 8 Février i885. — 3.
- Eh bien, Monsieur, je serais tenté de me ranger du côté de ces mauvaises langues, si je n’avais" le ferme espoir que la Commission reviendra sur son élan, malencontreux vers une fiscalité qui 11’est pas.de circonstance. Ce qui rend à la fois difficile et élevé le rôle d’organisateur ou de directeur d’une.grande exposition, c’est l’obligation où l’on est d’être en même temps hospitalier et homme d’a.ffaii‘es,. d’administrer à la fois, si j’ose m’exprimer ainsi,. la. dignité du pays qui reçoit les exposants et l’intérêt des capitalistes qui avancent leurs fonds. J’ai le sentiment intime qu’on doit et qu’on peut demander plus de dix millions à l’initiative privée, charger moins les exposants, 11e pa-s tirer à boulets rouges sur les caisses de l'Etat et cependant percevoir de larges profits d’une exposition grandiosement et libéralement organisée comme cela convient pour le centenaire de 1789.
- Vous vous ôtes fait l’avocat du commerce parisien, joignez-vous à moi pour devenir celui de tous les exposants.
- Veut-on réduire le nombre et augmenter la qualité de ces derniers en imposant des charges capables de faire reculer certains d’entre eux? On se trompe et il se pourrait que l’effet contraire se produisit. Certains industriels rassasiés de récompenses et de déboires relatifs, qui n’ont plus rien à gagner et à apprendre dans les expositions et qui seraient venus par patriotisme, s’abstiendront peut-être pour no pas se réduire au rôle trop marqué d’enrichisseurs de l’entreprise. D’autres, par contre, qui vaudront d’autant plus que des concurrents ordinairement plus forts qu’eux se seront retirés de la lutte, n’hésiteront pas à accepter des frais considérables pour se faire valoir à la façon des borgnes dans le royaume des aveugles.
- J’ajoute que la condition de payer sa place d’exposant empêchera beaucoup d’industriels de devenir souscripteurs du capital de garantie. Il résultera de cela que les intérêts des exposants et des capitalistes seront plus difficilement conciliables et que des difficultés sans nombre seront ainsi créées à l’administration.
- Je vous prie, Monsieur, d’excuser la longueur de cette lettre et d’agréer l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
- G. Berger.
- Notre réponse à cette lettre sera aussi brève que possible.
- M. Berger veut du nouveau à tout prix, et c’est pour cela qu’il est opposé à la création d’un palais unique.
- Il préférerait que l’on édifiât une « ville internationale » distribuée en autant d’îlots qu’il y aurait de nations, en laissant aux exposants le soin d’établir des constructions qui seraient, un diminutif de la patrie commerciale et industrielle.
- Nous reconnaissons que ce projet ne manque pas d’attrait, mais malheureusement il a un défaut capital, c’est que sa réalisation exigerait une trop forte étendue de terrain, et surtout coûterait des sommes énormes.
- Il est peu probable que les gouvernements étrangers consentiraient à faire de semblables dépenses.
- La seule objection sérieuse — et il faut avouer qu’elle ne l’est guère — que M. Berger oppose à la construction d’un palais unique est celle-ci :
- «Veuillez me dire, écrit-il, ce que vous comp-« tez faire le soir dans ce palais....
- « Avez-vous l’intention de clore ses portes à la « fin de la journée?»
- Voilà une question bien étrange. Et pourquoi donc ce palais ne pourrait-il pas être ouvert le soir, tout aussi bien que votre « ville internationale » ?
- Pourquoi ne serait-il pas éclairé? Qu’est-ce qui s’y oppose ?
- L’objection qui consiste à prétendre qu’on ne pourra utiliser ce palais apres l’Exposition n’est pas sérieuse. Car il est bien évident que l’on pourra l’aménager de telle sorte qu’il soit possible de lui donner une autre destination. Cela est incontestable.
- M. Berger, qui veut à tout prix que l’on transporte à Vincennes l’exposition générale d’agriculture, nous demande ce que nous ont fait les habitants de cette localité.
- Eh bien, nous lui demandons à notre tour ce que l’agriculture lui a fait, et pourquoi il veut la mettre à l’index et l’isoler de l’Exposition comme une « pestiférée ».
- Certes, nous n’avons aucune prévention contre Vincennes, ni contre aucune autre localité des environs de Paris, mais nous persistons à penser que ce serait sacrifier l’exposition agricole que de la transporter dans un endroit éloigné du centre de la capitale, car il est plus que probable que
- (Voir la suite, page 6.)
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- 4 et 5. — Première Année. — N° G
- LE MONITEUR î>6 ^POSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Février iS85.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE DE PARIS EN 1885
- Une période de plus de quarante ans nous sépare du premier Concours d’animaux de boucherie organisé en 1844 à Poissy par le ministre de l’agriculture d’alors M. Cunin-Gridaine, et plus de dix années se sont écoulées depuis la réorganisation de ces assises générales de l’élevage français.
- Quel chemin parcouru ! Quels progrès accomplis ! Chaque année, depuis la rénovation des concours généraux de Paris, a été marquée par des améliorations nouvelles, et nos agriculteurs ne se bornent plus seulement à propager les races anglaises si remarquables par leur précocité et leur facilité à s’engraisser ; ils 11e se contentent plus par des croisements judicieux d’améliorer nos races indigènes, qui parfois et par leur faute laissaient à désirer au point de vue de l’engraissement par suite de la connaissance imparfaite d’une alimentation raisonnée; ils font plus et mieux aujourd’hui, ils perfectionnent les races indigènes qui sont notre richesse parce qu’entre autres qualités, elles s’assimilent admirablement les conditions hygiéniques et végétatives des millieux dans lesquelles elles vivent : races bovines, normande, cha-rolaise, nivernaise, parthenaise, salers, limousine, garonnaise,bazavaize etc., faisant grande figure à côté de la race durham pure, des croisements durham et des autres races étrangères pures et croisées.
- Faut-il envisager les progrès obtenus dans 1 espèce ovine, avec nos mérinos, nos solognots, nos berrichons, les races de Lauraguais et d’ailleurs? Ils sont sans contredit dignes d’être remarqués, de même qu’il faut tenir grand compte des importateurs et des propagateurs de races anglaises , southdown, dishley, de belles races qui nous ont fourni des croisements précieux, héritant des avantages du type pur tout en conservant les qualités natives de la race indigène.
- Nous en dirons autant de l’espèce porcine : la valeur de nos craonnais n’est pas à mettre en doute et pourtant quel. intérêt puissant-doit avoir le cultivateur intelligent à posséder dans quelques régions, des croisements avec certaines races étrangères pures, telles que middlesex, gorkshire, berkshire, etc.
- Les résultats indéniables des concours généraux de Paris se trouvent, dans la propagation des races étrangères propres à améliorer nos race& indigènes et à les rendre propres à satisfaire des besoins déterminés ; dans l’amélioration progressive de nos belles races indigènes de bétail parmi les plus remarquables desquelles, il faut citer sans contredit la race charolaise, si bien en chair, si parfaite de formes et qui, ainsique, le dit un de nos vieux agronomes : « prouve surabondamment que la. nourriture a autant de puissance dans le perfectionnement des races-domestiques que les accouplements les mieux combinés ».
- Notre intention est d’étudier en détail les races d’animaux exposés-, au Concours général agricole de 1885 ; nous ne voulons aujourd’hui qu’esquisser à larges traits des progrès qui militent en faveur de nos-éleveurs nationaux et qui démontrent aussi le succès des efforts soutenus de la Direction de l’agriculture.
- Nous allons maintenant parler de l’administration et de l’ornementation du Concours général agricole de 1885.
- Chaque année M. le ministre de l’agriculture désigne parmi les inspecteurs généraux de son administration les plus capables, un commissaire général chargé, sous la haute inspiration de M. Eugène Tisserand, conseiller d’État, directeur de l’agriculture, de l’organisation du Concours général agricole de Paris qui, on le sait, installé au palais de l’Industrie pour les animaux et les produits, comprend, en outre,
- dans la partie des Champs-Elysées parallèle au quai, une exposition considérable de machines agricoles, qui a pris depuis dix ans une importance énorme.
- De plus, à partir de l’an dernier, un Concours d’animaux reproducteurs a été annexé pour répondre aux voeux de nombreux agriculteurs qui ont ainsi une occasion nouvelle de comparaison entre les types reproducteurs et les sujets engraissés.
- Enfin, l’enseignement de l’agriculture par les dessins et les livres, possède une catégorie spéciale bien digne de l’intérêt qu’on lui témoigne.
- En 1885 le concours général est placé sous la direction d’un inspecteur général particulièrement compétent, M. Léon Vassilière, ayant pour adjoints dans cette tâche difficile MM. Fournat de Brezenaud pour les animaux, Ernest Menault, notre confrère et ami du « Journal officiel » pour les produits et Hérisson pour les machines.
- Ces trois fonctionnaires sont inspecteurs de l’agriculture et comptent de nombreux et savants services.
- A côté de ces chefs de service vient se grouper un personnel dévoué dont l’expérience est précieuse et parmi lesquels nous pouvons citer MM. Boitel, fils de
- l’excellent inspecteur général, Lechonille de la ferme expérimentale de Vincennes, de Bruchard, Gaillard, Mesnier, Zedde, Girin, Bourgne, Laporte, Gos, pingelmann, etc.
- Tel est l’état-major du Concours général agricole de Paris auquel nous joindrons le personnel spécial de l’administration centrale MM. Marchand, Nemond, Georges Marsais, etc, qui apportent chaque année leur sérieux et sympathique appoint.
- Le jury général est choisi parmi les notoriétés les plus marquantes du monde agricole.
- L’organisation intérieure du Palais, toujours parfaitement faite est en 1885, plus soignée, et révèle des soins intelligents.
- Jusque aujourd’hui le centre de la nef principale du palais de l’Industrie était occupée par un édicule élégant du reste, devant recevoir la prime d’honneur d’animaux de basse-cour.
- Cette année, l’édicule est dédoublé et par une heureuse innovation on a placé au centre un groupe monumental de Jules Lefebvre, du plus magistral effet appelé le « Dompteur de boeufs » et que nous appellerons nous : « l’Assommeur de bœufs ».
- Notre thème est du reste certainement meilleur, de même que le groupe est tout à fait en situation dans un concours général d’animaux gras, qui doit, hélas ! pour beaucoup de lauréats précéder l’abattoir.
- Certes, lorsque les box seront garnis des magnifiques types de nos espèces bovines ou ovines, lorsque les cages retentiront des cocorico des coqs de l’excellent éleveur M. Lemoyne, de Crosnes et de tant d’autres non moins superbes, lorsque enfin le groupe dont nous parlons semblera émerger de la verdure des plantes et du coloris des fleurs, avec l’accompagnement obligé des beuglements classiques des hôtes éphémères du palais, l’ensemble de l’ornementation, si l’on - ajoute l’argent massif des objets d’art formant ceinture et les bannières tricolores aux fers dorés qui signalent' les box d’honneur, sera particulièrement remarquable.
- Au premier étage se trouvent les produits agricoles et horticoles et parmi ces derniers une intéressantë exposition de pratique viticole d’un viticulteur de mérite incontesté, M. Etienne Salomon, de Thomery ; plus loin, M. Chabot-Karlen, le savant professeur a organisé une exposition piscicole dont l’intérêt est puissant à cette heure où la dépopulation des cours d’eau préoccupe les pouvoirs publics ; enfin, après l’importante collection des livres, des dessins et des méthodes de l’enseignement technique agricole, nous terminerons notre étude descriptive par l’exposition spéciale des vins d’Algérie, une des bonnes innovations de 1885.
- Ainsi que nous l’avons dit, nous étudierons avec soin dans un article prochain les différentes sections du Concours général agricole de Paris; ce que nous avons voulu faire aujourd’hui, c’est l’esquisse largement tracée d'une des plus grandes manifestations de l’agriculture
- nationale.
- Noël Bretagne.
- Nous donnons aujourdhui une gravure représentant le groupe qui orne le milieu de la nef du Palais de l’Industrie. Le beau plâtre de M. Lefebvre dont parle notre éminent collaborateur M. Noël Bretagne.
- * *
- La section des machines sera cette année plus importante que les autres années. Du reste à chaque Concours 011 voit augmenter le nombre d®s exposants.
- En 1885 on comptera environ 500 fabricants d’instruments de machines et d’appareils agricoles. Du reste cette section a été organisée d’une manière f°Tremarquable par MM. Hérisson, inspecteur de l’enseignement agricole, Ringelmann, G. de la Perelle.
- Dans notre prochain numéro nous rendrons compte de toutes les machines nouvelles et de tous les perfectionnements apportés aux anciennes, que nous boirons utiles de signaler à nos lecteurs.
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- la foule serait peu disposée à la visiter et qu’elle se dirigerait de préférence vers le Cliamp-de-Mars. D’ailleurs, pourquoi, nous le répétons, prononcer cette espèce d’ostracisme contre l’une des branches les plus fécondes et les plus populaires de la richesse publique chez tous les peuples ?
- Une autre innovation préconisée par M. Berger et à laquelle il semble tenir tout particulièrement, c’est d’autoriser la vente courante des produits, exposés, c’est-à-dire de transformer l’Exposition en une sorte de foire internationale.
- M. Berger prétend que cette innovation ne nuirait pas au commerce parisien en ce sens qu’aucune loi ne peut empêcher un industriel étranger de créer un dépôt dans Paris. — Mais un peu plus loin, M. Berger ajoute: «Le Parisien qui va à l’Exposition dépense par entraînement. » — De sorte qu’il se donne à lui-même un démenti catégorique et que sans le vouloir il aboutit à la même conclusion que nous.
- Partant de la même idée, M. Berger prétend que, pour être logique, nous devons être opposé à l’ouverture de l’Exposition le soir, parce que, dit-il, ce sera faire concurrence aux théâtres et cafés-concerts de Paris.
- Cette objection n’est guère sérieuse, notre honorable contradicteur en conviendra lui-même.
- Mettons qu’il y a à Paris, au maximum, quatre-vingts théâtres et cafés-concerts et qu’ils sont fréquentés le soir par quatre-vingt ou cent mille personnes. Combien y aura-t-il de cafés-concerts à l’Exposition ? Une quinzaine tout au plus. Eh bien! étant donné le surcroît de population qui se produira pendant la durée de l’Exposition, il est bien évident que la concurrence dont parle M. Berger sera peu redoutable.
- M. Georges Berger nous fait unreproche d’avoir qualifié de phraséologie nébuleuse le passage de sa brochure où il cherche à démontrer que « le « seul moyen réel de ne pas être imité dans les « industries artistiques, c’est d’être inimitable. »
- Loin de nous la pensée de vouloir discuter cette assertion, car elle est d'une. vérité tellement incontestable, que ce serait faire preuve de mauvais goût que de ne pas se tenir pour satisfait.
- Mais nous n’en persistons pas moins à penser — dût-on nous accuser de ne pas avoir la compréhension facile — que le passage en question est tout ce qu’il y a de plus nébuleux. Si notre honorable contradicteur se fût expliqué, dans sa brochure, aussi clairement qu’il le fait dans sa lettre nous nous serions tenu pour satisfait.
- Quant à ce qui a trait à la location des emplacements, M. Berger sait, aussi bien que nous, que les avis sont partagés sur cette question et que la Commission n’a encore pris aucune décision à ce sujet.
- Il croit que cette mesure nuirait au succès de l’Exposition ; c’est son droit de penser ainsi, et il a peut-être raison.
- En tous cas il est parfaitement libre de porter ce jugement.
- Dans une entreprise de cette importance on ne saurait trop, nous le répétons, prêter l’oreille aux conseils et tenir compte des objections qui se produisent.
- De la discussion naît la lumière.
- E. Man^uy.
- LA FOIRE DE NIJNII-NOVGOROD
- Nijnii-Novgorod , Novgorod-la-Basse , située au confluent du Volga et de l’Oka, est le, chef-lieu dugouvernement qui porte son nom.
- C’est là que se tient, depuis 1817, la grande foire annuelle, qui autrefois avait lieu à Makariew, et que l’on peut regarder comme un des derniers et des plus brillants spécimens de ces réunions commerciales qu’avait créées le moyen âge et qui tendent à disparaître dans certaines parties de l’Europe. Il faut ajouter cependant qu’on les retrouve encore en Allemagne, à Leipzig, par exemple, où les foires annuelles attirent plus de 20,000 négociants de tous pays, à Francfort-sur-Ie Mein, ou bien en Angleterre, en Suisse, en Italie et dans le Tyrol. Iiatons-nous de dire qu’aucune d’elles ne peut rivaliser avec celle qui nous occupe, et qu’elles perdent chaque année de leur importance primitive.
- Novgorod est divisée en deux villes distinctes séparées par le cours du Volga, et appelées ville haute et ville basse. La première est bâtie sur une
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Février 1885.
- hauteur escarpée que couronne un de ces forts, nommés en Russie « kreml ». La ville ne compte guère, en temps ordinaire, plus de quarante à quarante-cinq mille âmes; mais pendant les six semaines que dure la foire, elle voit sa population décupler, et l’on assure que le nombre des visiteurs dépasse un million.
- Assez morne, en général, Nijnii présente donc une animation extraordinaire et l’on peut y voir fraterniser, sous l’influence puissante des transactions commerciales, vingt races différentes de négociants européens et asiatiques.
- C’est un peu en dehors de la ville, dans une grande plaine située au-delà du Volga, que se tient la célèbre foire.
- Des baraquements élevés ad Aoe, régulièrement disposés et séparés par des avenues assez larges pour permettre d’y circuler aisément, reçoivent les marchandises les plus diverses, débitées par la .population de marchands la plus hétérogène que l’on puisse rêver. Une certaine agglomération de ces maisons de .bois, forment ce que l’on appelle dans les expositions une section spéciale, affectée à un genre de commerce déterminé. Il y a, par exemple, le quartier des fers, le quartier des bois, le quartier des étoffes, le quartier des fourrures, etc.
- Dans les avenues, circulent pêle-mêle, se bousculant, vociférant, causant, discutant, trafiquant, des Russes venus des quatre coins de ce colossal empire dont le territoire s’étend de jour en jour ; des Sibériens vigoureux, à la taille haute, aux épaules larges; des Tartares, des Turcomans, des Kirghis, sortis de leurs steppes immenses ; des Boukhariens, des représentants de tous les khanats de l’Asie centrale, Khiva, Khokliand, Samarkand ; des Chinois sobres et taciturnes, des Mongols, des Mandchoux au teint jaune, aux pommettes saillantes, des Afghans, des Persans au long bonnet ; des Indous, des Turcs, des Géorgiens, des Arméniens, des Grecs, mélange curieux d’Européens et d’Asiatiques qui fait de Novgorod une vraie tour de Babel.
- Des marchandises de tous genres . et de toutes provenances sont entassées sur cette place. Fourrures, velours et soieries de Lyon, tissus anglais et allemands, étoffes de soie et cachemires de l’Inde, soies grèges de Chine, pierres précieuses, calacliites, aromates, parfums, armes de Tiflis et d’Ispalian, produits divers des plateaux de l’Asie centrale, de l’Indoustan et de la Chine, horlogerie genevoise, bronzes européens et articles de Vienne, objets de carosserie, de quincaillerie allemande, minerais de l’Oural, fers, bois, goudrons, cordages, cornes, comestibles de toutes sortes, vins, bières, alcools, thés, raisins secs de Srnyrne et de Corinthe, etc. ; tous les produits de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique sont réunis sur ce champ de foire qu’encombrent des porteurs, des chevaux, des ânes, des chariots, telègues ou tarentass, en un mot, les moyens de transport les plus variés et les plus bizarres.
- C’est un mouvement, un brouhaha :dont rien ne saurait donner une idée, une réunion des clameurs les plus assourdissantes, et un feu d’artifice de couleurs vraiment éblouissant.
- Puis, sur les places, entre les sections de cette ville d’un jour, sont réunis des bateleurs de tous genres; des saltimbanques, des acrobates étourdissant les assistants du bruit de leur parade ; des diseurs de bonne aventure, déchiffrant pour de superstitieux badauds les secrets de l’avenir dans des tarots mystérieux ; des zingaris ou tsiganes dansant pour quelques kopecks, au bruit des cymbales et du tambourin, leurs danses les plus originales, chantant leurs airs les plus gracieux; des montreurs d’ours, des dompteurs, des équili-bristes et des comédiens, etc.
- Le coup d’œil des bai’aques est éclatant; une multitude de petits marchands ambulants vendent des dragées multicolores, des objets en sucre représentant avec plus ou moins d’art et de fidélité tous les animaux antédiluviens et contemporains, et des gâteaux agrémentés de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ici c’est une conteur dont on écoute avidement les interminables récits ; là c’est une boutique ornée de drapeaux éclatants que l’on entoure et qu’on met au pillage ; là encore un théâtre populaire, où des acteurs patronnés par l’empereur do toutes les Russie s, représentent pour la plus grande joie de leurs concitoyens, les drames les plus émouvants, les comédies les plus désopilantes de leur répertoire, tandis qu’à quelques pas de là un orchestre ambulant fait retentir l’air de ses sons bruyants.
- Tel est l’aspect de cette plaine de Novgorod, durant les six semaines que dure la foire. —Puis
- tout change : la foule s’écoule lentement, les baraques rentrent dans le silence, le brouhaha s’éteint comme par enchantement. La ville rentre dans sa monotonie ordinaire et de toute cette affluence de marchands, il ne reste plus ni un vendeur ni un acheteur.
- La foire de Nijnii-Novgorod a attiré cette année un nombre encore plus grand de visiteurs et de marchands de toutes les parties de l’Europe et de l’Asie.
- Les ventes ont atteint le chiffre colossal de 525 millions de francs. Sur ce chiffre, les produits russes figurent pour 425 millions de francs. Les produits chinois occupent le second rang avec 50 millions ; les persans le troisième avec 12,500,000 francs. Puis viennent les indiens et les boukka-riens avec le même chiffre.
- En dehors de ce trafic au comptant, il s’est fait des ventes à terme pour 250 millions de francs.
- Ce chiffre fort respectable, comme on le voit, de G75 millions en un mois, est la preuve la plus frappante de l’importance toujours croissante du grand marché ^international de Nijnii-Novgorod.
- Charles Hess.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- Déjà à cette époque la construction des machines à vapeur avait fait en France de tels progrès qu’il est intéressant de rappeler quels étaient les prix de nos machines comparés à ceux des machines anglaises.
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- MACHINES
- PRIX DES MACHINES PiR FORCE LE CI1EYAL
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- des
- Constructeurs français
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- 100 — » — 805 —
- £1
- Ce tableau montre que les prix des fabricants français etanglais étaient déjà tellement rapprochés que pour les machines similaires il n’y avait pas à constater de différence notable ; la lutte était donc possible.
- Quant à la construction des chaudières à vapeur, elle n’avait pas fait de progrès bien remarquables, aussi aucune récompense n’avait été accordée.
- En résumé, l’Exposition universelle de Londres de 1851, tout en mettant en évidence la très belle exécution de la plupart des machines exposées, n’avait pas produit de types remarquables ou appelés à faire faire à l’industrie de progrès importants.
- Exposition universelle de Paris en 1855. — Les machines à vapeur présentées à cette Exposition n’ont rien offert de bien particulier, relativement à ce que l’on avait pu constater à Londres en 1851.
- On a pu cependant y remarquer bien nette-
- (1) Toutes les machines françaises sont 4 détente variable par l’action des régulateurs et à vitesse constante.
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- ment les trois tendances suivantes : accroissement dans le nombre des machines horizontales ; accélération de la vitesse imprimée aux machines, et enfin adaptation d’une machine spéciale à l’outil qu’elle doit faire mouvoir.
- De plus, quelques pas ont déjà été faits dans l’importante voie de l’économie du combustible et de la matière employée pour ce genre de constructions.
- A dater de ce moment l’horizontalité des machines à vapeur fixes est un perfectionnement acquis : l’économie de matière qui est la conséquence de la suppression des balanciers et de leurs accessoires, l’application directe de la force à la manivelle ou tout autre organe sur lequel agit la tige du piston, la facilité et l’économie de leur installation sont des avantages reconnus et devant assurer à cette disposition un succès durable.
- O11 trouvait à l’Exposition de 1855 un grand nombre de machines locomobiles presque toutes destinées aux travaux agricoles, mais par contre les machines de bateaux n’y étaient pas nombreuses ; cependant toutes offraient un réel intérêt, quelques-unes même étaient remarquables, et, malgré de regrettables abstentions, la France était bien représentée et a dignement lutté avec l’Angleterre et la Suède dans un genre de construction où tant de progrès ont été réalisés depuis Fulton (1807), où tant de conditions délicates et importantes doivent être remplies.
- On remarquait, en outre, à cette même exposition,que les types de machines rotatives exposés étaient considérables ; ce résultat était dû sans doute à 'la généralisation des applications de l’hélice comme propulseur des navires, ce qui rendait très séduisante la solution du problème que présentait la contraction de ce genre de moteur.
- Quant à l’établissement des appareils destinés à produire la vapeur, ils avaient été l’objet de recherches ayant pour but d’obtenir une production économique ; aussi a-t-on pu constater que de grands progrès avaient été réalisés et que d’importantes améliorations s’étaient produites dans la construction des chaudières à vapeur.
- Exposition universelle de Londres en 1862.— Cette exposition a été une preuve que des deux côtés du détroit de grands progrès avaient été réalisés dans la construction des machines à vapeur. En Angleterre on s’était principalement occupé des moyens d’obtenir une économie dans la consommation du combustible; en France, où on était plus avancé à ce point de vue, les progrès, de ce côté du moins, étaient moins sensibles quoique réels.
- On constate aussi que les ateliers de construction sont dans un état d’avancement bien marqué : les moulages sont excellents, le travail du fer parfait et les machines-outils arrivent à donner aux pièces jusqu’au dernier poli. Enfin le prix des machines françaises s’est beaucoup rapproché de celui des machines anglaises.
- En 1851 on trouvait en Angleterre des dispositions très variées dans la construction des machines à vapeur; en 1862, à peu d’exceptions près, on ne rencontre plus que deux dispositions presque générales : celle des machines dites à balancier appliquées à quelques cas particuliers et celle des machines horizontales qui tendent à se multiplier; on a la conviction que ce dernier type aura la préférence par suite de la tendance qu’ont les chefs d’industrie à adopter, au moins pour certaines opérations, des moteurs spéciaux.
- Les machines que l’on voyait à Londres pouvaient être rangées en deux grandes catégories : les machines dites simples, dans lesquelles on avait'eu surtout pour but de réduire autant que possible le nombre des pièces du mécanisme en n’attachant qu’une importance secondaire à la question de consommation, et les machines dites économiques ayant pour objet de réduire autant que possible la
- consommation du combustible et de la vapeur.
- La première catégorie, qui comprenait la presque généralité des petits moteurs deTexpo-sition, comprenait aussilaplusgrandepartiedes locomobiles ou demi-fixes d’une force inférieure à celle de quatre chevaux et aussi un certain nombre de machines anglaises d’une puissance supérieure. La plupart de ces machines étaient généralement bien construites.
- Dans l’ordre d’idées des machines dites économiques, le fait le plus saillant qui s’était produit en Angleterre se trouve dans la construction de machines horizontales à deux cylindres disposés de telle sorte qu’après une détente plus ou moins prolongée de la vapeur dans le petit cylindre, elle puisse encore être utilisée dans le grand. Nos constructeurs avaient cherché l’économie de combustible dans un ordre d’idées tout différent ; ils regardaient avec raison les enveloppes de vapeur sur le cylindre et sur ses couvercles comme étant de première importance pour le bon emploi du combustible, et sous ce rapport les types qu’ils avaient exposés n’avaient de rivalité que dans certaines machines d’origine américaine envoyées par la Prusse et désignées sous le nom de machines Corliss et)qui présentaient des dispositions entièrement nouvelles.
- La disposition de la machine Corliss est de tous points excellente. Son bâti d’une seule pièce est mieux assis, bien que moins développé, que dans les machines horizontales, le cylindre est pendu latéralement et a séparément deux orifices d’admission et deux orifices d’émission ; pour chacun de ces orifices la distribution de la vapeur est faite par des organes appropriés , supprimant presque entièrement les espaces nuisibles.
- A propos des locomobiles et des machines demi-fixes, il convient de signaler la tendance que l’on constatait à unir la machine à la chaudière tant que laforcede la machine ne dépasse pas une puissance de 20 chevaux. De plus, on trouvait plusieurs locomobiles agencées de façon à pouvoir se transporter elles-mêmes sur le terrain,non seulement en déplaçant leur propre masse, mais encore en remorquant sur les routes ordinaires des charges pouvant aller jusqu’à vingt-cinq tonnes.
- L’apparition de ces dernières machines à traction est peut-être ce qu’il y avait le plus à remarquer dans le progrès accompli par l’industrie des machines à vapeur.
- Enfin quelques tentatives de machines à rotation directe s’étaient encore produites : elles ne présentaient, du reste, qu’un intérêt très secondaire à cause de l’augmentation des surfaces frottantes et des fuites possibles dans ce type de machines.
- Pour ce qui concerne la construction des machines employées dans la navigation, la supériorité de l’Angleterre se manifeste incontestablement. Ce qui frappe dans les machines anglaises, c’est l’extrême simplicité du mécanisme, le petit nombre de pièces dont il se compose, leurs formes simples ; on voit, au premier coup d’œil que le résultat cherché a été obtenu avec la moindre dépense possible et en réduisant au minimum les nécessités de la surveillance et par suite les chances d’avaries. Leur exécution est en général irréprochable et le même fini ainsi que la même netteté de travail ne se remarquaientpas, àbeaucoupprès, sur les autres machines de même ordre exposées par la France, la Suisse et la Suède,seules nations qui fussent représentées dans ce genre de construction.
- Pour les chaudières à vapeur, la forme qui semblait prévaloir en Angleterre était celle des chaudières à double foyeriritérieur. En France à la même époque, on vantait beaucoup l’emploi de chaudières tubulaires pour les machines fixes, et cependant les chaudières à bouilleurs inférieurs ou latéraux qui y étaient en usage donnaient des résultats aussi avantageux que ceux des chaudières anglaises.
- Les systèmes tubulaires exposés indiquaient
- les tendances isolées de certains constructeurs sans permettre de constater de progrès généraux. En construisant des chaudières avec des tubes dans lesquels un petit volume d’eau s’échauffe, 011 obtient, sans doute, l’avantage d’une grande rapidité de mise en train, une complète garantie contre les explosions des grandes chaudières; mais, par cela même que les éléments qui entrent dans la construction sont plus nombreux, les mille accidents de la pratique journalière faisaient craindre que ces appareils 11e puissent jamais remplacer les grands générateurs en usage.
- Enfin on trouvait à cette exposition un nouveau principe de construction des chaudières, celui des chaudières amovibles, ayant pour objet de parer, lors de l’emploi de chaudières tubulaires, à l’inconvénient des incrustations. Dans ce nouveau type de chaudière, l’ensemble de toutes les pièces amovibles, quelle qu’en fût la forme, était fixé à l’enveloppe de la chaudière par un joint à brides établi de manière à pouvoir se défaire facilement lorsque l’on avait besoin de visiter ou de nettoyer les tubes. O11 se demandait alors si ces dispositions très justifiées pour les locomotives, les locomobiles et les machines marines avaient la même raison d’être pour les machines fixes.
- Exposition universelle de Paris , en 1867.— La plus grande différence révélée à cette Exposition par rapport à ses devancières, au point de vue spécial qui nous occupe, est la tendance de demander à 1a. machine à vapeur de faibles forces motrices permettant son application aux besoins les plus divers et le trait saillant constaté dans la construction des moteurs à vapeur était la généralisation des bons principes et le perfectionnement de l’exécution, plutôt qu’une recherche dans l’amélioration des types précédemment connus. La connaissance récente des lois de la transformation de la chaleur en travail mécanique venait d’ouvrir un vaste horizon aux savants et aux constructeurs dont les recherches avaient été fécondes, et la détente à l’aide de laquelle on fait un usage si économique de la vapeur était devenue d’un emploi général. Le système alors le plus répandu, celui de Meyer, par les perfectionnements qui y ont été apportés, permet de diminuer le temps pendant lequel la vapeur rencontrait, pour son admission dans le cylindre ou pour s’en échapper, des passages insuffisants. Enfin le fait le plus important à signaler est celui de l’emploi des machines à double cylindre du système Woolf, déjà en grand nombre en 1862, aujourd’hui encore plus répandues.
- Ce type de machine résulte de l’application des nouvelles vues ouvertes par la théorie à la pratique et dont nous avons indiqué le principe. Les machines à deux cylindres permettent l’emploi le plus large de la détente allié à une plus grande régularité de marche, tout en présentant plus de légèreté dans les organes, conditions favorables à leur conservation.
- La disposition la plus généralement adoptée pour les grandes machines est toujours le cylindre horizontal ; on rencontre encore de bons types de machines verticales à balancier, mais qui sont toujours, comparativement aux précédents, d’un établissement plus difficile et plus dispendieux. On voit aussi des machines inclinées de chaque côté d’un même arbre horizontal, qu’elles conduisent au moyen de deux manivelles à angle droit.
- Quelques exemples de machines rotatives sont également exposés, mais toujours à l’état d’essais ; aucune de ces machines 11’étant encore admise dans la pratique, malgré les efforts tentés pour combattre les inconvénients qu’elles présentent.
- Dans toutes les machines qui visent à l’économie du combustible, on voit les cylindres enveloppés d’une chemise de vapeur renfermée dans un second cylindre extérieur et même cette enveloppe a été étendue au fond et au
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- couvercle du cylindre : c’est qu’en effet depuis longtemps on a compris que les pertes de chaleur du cylindre étaient nuisibles, puisqu’elles avaient.^pour effet de diminuer la pression intérieure ; ce qui avait conduit tout d’abord à entourer cet organe de substances peu conductrices.
- La plupart des moteurs exposés étaient réellement remarquables par l’ensemble des dispositions présentées et par la perfection de leur exécution. Pour les machines horizontales, on a cherché à simplifier le bâti et à éviter les difficultés de la pose des pièces, dans les positions relatives qu’elles doivent rigoureusement occuper. Enfin l’emploi de l’acier pour les tiges de pistons, les bielles, les glissières, etc., tend à se généraliser.
- Les machines non fixes sont en très grand nombre et comprennent trois classes bien distinctes :
- 1° Les machines demi-fixes ou portatives, qui peuvent être transportées avec leurs chaudières et installé es partout sans nécessiter aucune construction spéciale à leur nouvel emplacement : elles jouent le rôle de machines fixes.
- Cette première catégorie a pris un très grand développement, attendu que ces machines présentent des formes simples, compactes, qu’elles sont d’un entretien facile et ne nécessitent aucun frais d’installation ; ce qui fait qu’elles sont utilisées de préférence comme machines fixes pour les forces qui ne dépassent pas dix à douze chevaux, par cette raison qu’elles n’exigent pas de constructions dispendieuses et encombrantes.
- 2° Les machines locomobiles, plus transportables encore que les précédentes, car elles sont montées sur un train de roue qui permet de les transporter d’un lieu à un autre.
- 3° Les machines locomobiles pouvant être utilisées pour la traction d’autres véhicules sur routes ordinaires ; la section de l’agriculture en présentait qui réunissaient les deux types précédents, c’est-à-dire pouvant se mouvoir elles-mêmes, et, une fois en place, agir comme locomobiles.
- La construction des chaudières à vapeur a réalisé un progrès remarquable, non seulement parce que l’on est arrivé à les livrer dans des conditions d’exécution irréprochables, fait constaté par le petit nombre d’accidents, relativement à la multitude de ces appareils ; mais surtout par l’apparition de nouveaux systèmes (chaudières tubulaires) qui ont sérieusement attiré l’attention. Ce sont des chaudières ne contenant qu’une faible quantité d’eau, ce qui rend les explosions peu dangereuses, et d’autres (chaudières à circulation) où la puissance de vaporisation directe est augmentée par d’ingénieuses combinaisons.
- G. LÉPANY,
- Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
- TRIBUNAUX
- CONVOCATION FRANCO-BELGE. — LOI DU 23 JUIN 1857 — DÉPÔT DES MARQUES DE FABRIQUE. — ÉTRANGERS POSSÉDANT EN FRANCE DES ÉTABLISSEMENTS D’iNDUSTRIE.
- La Chambre criminelle de la Cour de cassation, présidée par M. Ronjat, vient de résoudre, dans une de ses dernières audiences, une intéressante question de marques de fabrique, qui tranche en môme temps un point de droit international discuté.
- Il s’agissait de décider si un Belge, domicilié . en Belgique, et possédant en France des établissements d’industrie, devait, pour le dépôt de ses marques de fabrique en France, se conformer aux articles 14 et, 15 de la convention franco-belge sur la propriété littéraire et industrielle, ou si, au contraire, il pouvait réclamer l’application pure et simple de l’article 5 de la loi du 23 juin 1857.
- Aux termes de cet article, « les étrangers qui possèdent en France des établissements d’industrie ou de commerce jouissent, pour les produits cle
- leurs établissements, du bénéfice de la loi de 1857, en remplissant les formalités qu'elle prescrit. »
- C’est-à-dire qu’ils sont assimilés aux Français sans aucune distinction pour leurs industries qui ont leur siège en France et pour le produit de ces industries.
- On s’est demandé si la convention franco-belge n’avait pas abrogé ces dispositions par ses articles 14 et 15, et si l’étranger ne devait pas effectuer le dépôt de ses marques de fabrique conformément à la loi belge, après l’avoir fait en France suivant la loi française.
- La Cour de cassation a tranché cette difficulté en déclarant que, malgré la convention diplomatique, l’article 5 de la loi de 1857 restait toujours en vigueur et qu’en conséquence, le Belge qui a une industrie en France a valablement déposé sa marque de fabrique, par un dépôt unique au greffe du Tribunal de commerce de la Seine.
- Et ce dépôt suffit, même si l’étranger a plusieurs établissements en France, pourvu qu’à Paris soit situé son principal établissement.
- En même temps la Cour de cassation a décidé qu’une Cour d’appel jugeait souverainement, en déclarant que les mots « Vieille Montagne >, affectant la forme d’une médaille et accompagnés des lettres : Y. P., constituaient une marque de fabrique selon les conditions de la loi.
- Ces décisions résultent d’un arrêt du 17 janvier 1885, rendu, sur un arrêt de la Cour de Bordeaux, entre M. Morin et la Société desUsines de zinc de la Vieille-Montagne.
- Un Avocat.
- REVUE ÉCONOMIQUE
- Le Journal officiel a publié ces jours-ci un petit tableau qui répond par des chiffres à bien des appréciations excessives et qui réfute bien des erreurs.
- C’est l’état des opérations effectuées pendant le mois de décembre par la Caisse nationale d’épargne. Nos lecteurs savent que cette Caisse est désignée . communément sous le nom de Caisse d’épargne postale.
- Le mois de décembre grevé pour nous de dépenses exceptionnelles de toute sorte , —
- vêtements, chauffage, cadeaux — est celui où les dépôts se ralentissent le plus, tandis que les retraits de fonds deviennent plus nombreux. Cela n’a pas empêché la Caisse nationale d’épargne de recevoir, durant ce mois, plus de 8 millions et demi de francs. Ces sommes ont été fournies par 75,968 déposants , ce qui donne une moyenne de 112 fr. 30 par déposant.
- Il y a eu, dans ce mois de décembre, 19,062 comptes ouverts. C’est une nouvelle clientèle conquise à la prévoyance.
- En retour, les remboursements se sont élevés à 5,285,000 francs. Ils ont été effectués aux mains de 19,878 déposants; 5,284 comptes se trouvent soldés par ces retraits.
- Il a été, de plus, acheté pour 248,000 francs de rentes, —bien entendu la somme est en capital, — au compte de 232 déposants.
- Il ne faut pas croire que ces 5,285,000 francs retirés aient été employés intégralement à des dépenses de consommations. Dans ce cas même l’épargne est une précaution très heureuse puisqu’elle permet de pourvoir à des besoins prévus ou imprévus. Mais une partie de ces 5 millions a été certainement consacrée à des achats de portefeuille, obligations du Crédit foncier, des chemins de fer, des villes, tous petits titres parmi lesquels il en est même qui ont des subdivisions. Seulement, il n’est pas possible de faire le départ des sommes qui ont reçu l’un ou l’autre emploi.
- Dans leur ensemble, les opérations de décembre se soldent par une augmentation de 2,999,360 francs dans le chiffre des dépôts. Quant au nombre des comptes existants, il s’élevait au 31 décembre à 540,455. C’est l’armée du travail et de l’économie. Nous ne croyons pas qu’aucune nation puisse en montrer une plus nombreuse.
- Les travaux de la commission extra-parlemen-• taire chargée de faire une enquête sur les associations ouvrières méritent pl us qu’une mention dans une revue des faits de l’ordre économique. Cette commission analyse, en effet, toutes les tentatives faites en vue 'de l’amélioration du sort de l’ouvrier, par la transformation du salariat ; elle les compare, les classe et cherche à fixer les résultats acquis. On peut noter comme un point d’observation que les assureurs s’associent à ces études avec un empressement tout particulier. Ils y sont amenés par leurs propres recherches sur la constitution des rentes viagères, car il ne suffit pas de se préoccuper du sort de l’ouvrier pendant qu’il travaille ; il faut surtout s’efforcer de lui mettre en réserve des ressources pour la vieillesse.
- La commission vient de tenir une nouvelle séance sous la présidence de M. le ministre de l’intérieur. Elle a entendu d’abord les membres du bureau de la Société de participation, puis les membres du bureau de la Chambre consultative des opérations coopératives ouvrières.
- Diverses propositions lui ont été soumises parmi lesquelles nous enregistrons les suivantes :
- 1° Sectionnement des travaux dans les adjudications pour y faire participer un plus grand nombre de corporations ouvrières ; 2° règlement des mémoires dans un délai plus court et suppression de certaines formalités administratives ; 3° mise en oeuvre immédiate de grands travaux publics à Paris et dans les départements.
- Nous aurons lieu de revenir sur les diverses questions que soulève cette enquête.
- Ce travail de réformes se poursuit dans toute notre législation économique, et il devient intéressant. Ainsi la Chambre est saisie d’une proposition relative à la réorganisation des Chambres de commerce.
- D’après les dispositions soumises à la sanction du Parlement, il serait institué des conseils régionaux ayant les mômes attributions que les Chambres de commerce dont ils centraliseraient les travaux et résumeraient les vœux.
- Ces conseils seraient composés de délégués nommés annuellement à la majorité absolue par chaque Chambre de commerce et des manufactures de la circonscription. Les membres des conseils régionaux se réuniraient tous les trois mois au chef-lieu, sans préjudice des convocations extraordinaires qui pourraient être provoquées par une commission permanente de trois membres.
- Cette idée fait son chemin parmi les Chambres de commerce. Ainsi la Chambre de Chambéry a récemment adressé une lettre importante à la commission sénatoriale relative à la réorganisation des Chambres et du Conseil supérieur du commerce et de l’industrie. L’un des points sur lesquels elle insiste le plus est la création de ces conseils régionaux qui seraient au nombre de huit.
- Lorsque la discussion de ce projet viendra devant les Chambres nous nous ferons un devoir d’en rendre compte.
- LES THÉÂTRES
- Jean Cévenol au THÉÂTRE BEAUMARCHAIS
- Les auteurs de ce drame, Auguste Fraisse et Henri Séna, ont obtenu les suffrages du public. L’œuvre valait, du reste, qu’on lui témoignât une faveur marquée.
- Henri de Lapommeraye trouve de grandes similitudes entre Jean Cévenol et deux pièces peu anciennes : 1° Monsieur Margerie, de feu le commandant Henri Rivière, joué au Vaudeville en 1875 ; 2° Diana, drame de d’Ennery et Brésil, joué en 1880 à VAmbigu.
- Le fait est qu’après l’analyse de ces deux drames, celui de MM. Fraisse et Séna paraît moins original. Ils peuvent répondre avec Brid’oison « qu’on est toujours le fils de quelqu’un ». La donnée de Jean Cévenol est simple.
- Jean, âme primitive et paysanne, a épousé Madeleine ; après le mariage, il apprend que sa' femme, autrefois, a aimé d’amour (mais honnêtement) le beau Guillaume. La jalousie, chez Jean, devient aussitôt rétroactive et voilà notre pauvre homme dévoré de soupçons à l’endroit du passé de Madeleine. Pour guérir son époux, celle-ci s’occupe de marier Guillaume, et, ce qui est mieux encore, elle lui fait épouser la propre sœur de Jean, Denise.
- Vaine combinaison !
- Le soir des noces, dans un accès de somnambulisme, Jean manque de tuer Guillaume avec une hache. Procès, enquête, terreurs de tous ; bref, on croit tout perdu et Jean, l’inconscient assassin, va expier cruellement son heure de folie quand un sorcier, Castalou, une sorte de Charcot provincial, non breveté par l’Académie, résoud le problème avec dextérité. Il demande au juge un sursis pour faire son expérience, obtient de Jean la répétition exacte et sincère de la scène de somnambulisme et démontre à tous que le meurtrier n’est qu’un irresponsable.
- Taillade est très beau dans cette pièce : on s’y attendait du reste : cet artiste vibrant est fait pour les créations violentes, pathétiques et même shakespeariennes. Inutile de vous dire que le drame est en prose. M. Fraisse, le poète des Champairol, cette tragédie moderne jouée récemment aux Menus-Plaisirs, puis au Château-d’Eau, s’est donné vaillamment à la langue sans rime des drames populaires. Il a réussi et prouvé cette fois l’exactitude du proverbe, pas toujours vrai : Qui peut le plus peut le moins.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, fj.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 15 Février 1885. NUMÉRO 7.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin; 2. Partie Officielle : Chambre des députés ; Concours agricole ; Commission, Chambre de commerce de Dunkerque ; 3. Deuxième et troisième Expositions; 4. Chaptal ; 5. Revue de la Presse; Les Expositions des beaux-arts; Tribunaux ; 8. Théâtres.
- BULLETIN
- Il n’y a rien de très particulier à signaler cette semaine relativement aux travaux de la Commission d’organisation de l’Exposition de 1889. Ils se poursuivent avec activité; l’on attend prochainement la publication du rapport de M. Antonin Proust, président de la Commission ; dans notre dernier numéro nous avons, comme on s’en souvient, indiqué les principales lignes de cet important document.
- Le concours général agricole qui a eu lieu cette semaine au palais de l’Industrie a été très brillant. Il a démontré que, si l’agriculture française traverse à cette heure une crise pénible, elle lutte du moins courageusement et souvent victorieusement pour maintenir sa réputation et pour enrichir le pays du fruit de ses laborieux efforts et de ses infatigables travaux.
- Lundi, M. le président de la République a visité le Concours agricole. Dans les félicitations qu’il a adressées aux principaux lauréats, il s’est fait l’interprète des vœux du pays en faveur de l’industrie agricole qui, nous l’espérons, montrera en 1889, qu’elle a su définitivement triompher des difficultés de ces dernières années.
- Disons à ce sujet que le mode de classification proposé à la commission d’ organisation de l’Exposition universelle, par M. Tisserand, directeur de l’agriculture, a reçu de la part des exposants du palais de l’Industrie une approbation à peu près unanime. Nous avons, comme on le sait, récemment reproduit ce projet de classification.
- On trouvera plus loin le texte du projet de loi déposé à la Chambre et portant ouverture d’un crédit au ministère de la marine pour permettre aux colonies de participer à l’exposition internationale d’Anvers.
- PARTIE OFFICIELLE
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Annexe au procès-verbal de la séance du 3i janvier 1885
- PROJET DE LOI
- portant ouverture au ministre de la marine et des colonies d’un crédit de 88.725 fr. 82 c., sur le budget ordinaire de l’exercice i885, et annulation d’une somme égale sur l’exercice 18840 (Exposition internationale d'Anvers.)
- ("Renvoyé à la Commission du budget.;
- Présenté au nom de M. Jules GRÉVY, président de la République française, par M. le vice-amiral PÉYRON, ministre de la marine et des colonies, et par M. P. TIRARD, ministre des finances.
- EXPOSÉ DES MOTIFS Messieurs,
- Une loi, en date du 3 août 1884, a ouvert au département de la marine et des colonies, sur
- l’exercice" 1884 (chapitre 23), un crédit extraordinaire de go.000 francs, destiné à couvrir les dépenses nécessaires pour permettre aux colonies de participer à l’Exposition internationale d’Anvers.
- Sur cette somme de............. 90.000 fr. »
- il a été dépensé................. 1.274 18
- Disponible....... 88.725 fr. 82
- Le département de la marine et des colonies demande l’annulation au titre de l’exercice 1884 et l’ouverture sur l’exercice 1885 du crédit de 88.725 fr. 82, qui est nécessaire pour le payement des dépenses à effectuer en vertu du vote législatif du 3 août 1884.
- Tel est l’objet du projet de loi que nous avons l’honneur de soumettre à vos délibérations et pour lequel nous réclamons l’urgence.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française, Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le ministre de la marine et des colonies et par le ministre des finances, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article premier
- Il est ouvert au ministre de la marine et des colonies, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1885, un crédit extraordinaire de quatre-vingt-huit mille sept cent vingt-cinq francs quatre-vingt-deux centimes (88.725 fr. 82), qui sera inscrit au chapitre 24 du budget du département de la marine et des colonies, 2e section, service colonial, sous le titre: « Exposition internationale d’Anvers. »
- Il sera pourvu au crédit extraordinaire ci-dessus au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 188 5.
- Article. 2.
- Sur le crédit de 90.000 francs ouvert au ministre de la marine et des colonies, par la loi du 3 août 1884, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1884, 2e section, service colonial, une somme de 88.725 fr. 82 est et demeure annulée au chapitre 23 : « Exposition internationale d’Anvers. »
- Fait à Paris, le 3i janvier i885.
- Le Président de la République française.
- Signé : Jules Grévy.
- Par le Président de la République,
- Le ministre de la marine et des colonies,
- Signé: Peyron.
- Le ministre des finances,
- Signé : P. Tirard.
- Annexe au procès-verbal de la séance du 2 février 1885
- PROJET DE LOI
- portant ouverture au ministre du commerce, sur l’exercice i885, d’un crédit extraordinaire de 462.811 fr. gi c. pour les dépenses de /'Exposition internationale d’Anvers (chap. 34) et annulation d’égale somme sur le chapitre 38 de l’Exercice 1884.
- (Renvoyé à la Commission du Budget.)
- Présenté au nom de M. Jules GRFÎ1VY, président de la République française, par M. Maurice ROUVIER, ministre du commerce, et par M. P. TIRARD, ministre des finances.
- EXPOSÉ DES MOTIFS Messieurs,
- Une loi en date du 3 août 1884 a ouvert au ministre du commerce, pour les dépenses de
- l’Exposition internationale d’Anvers, un crédit
- de;............................... 475.000 fr. »
- qui a été inscrit à l’exercice 1884 sous la rubrique (Chapitre 38.
- Exposition internationale d’Anvers).
- Les dépenses en 1884 ne s’étant élevées qu’à...................... 12.188 09
- il reste disponible une somme de .. 462.811 91
- Il y a donc lieu, pour se conformer à la spécialité des dépenses par exercice, de reporter au budget de l’exercice 1885 le reliquat disponible, soit 462.811 fr. 91 et d’annuler pareille somme sur le crédit ouvert en 1884.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le ministre du commerce et par le ministre des finances, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article Premier
- Il est ouvert au ministre du commerce, sur le chapitre 34 du budget ordinaire de l’exercice i885, un crédit extraordinaire de quatre cent soixante deux mille huit cent onze francs quatre-vingt-onze centimes (462.811 fr. 91) libellé : Dépenses de VExposition internationale d’Anvers.
- Article 2.
- Pareille somme de 462.811 fr. 91 est annulée sur le crédit ouvert au chapitre 38 du budget ordinaire de l’exercice 1884.
- Article 3.
- Il sera pourvu à la dépense autorisée en vertu de l’article premier au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 1885.
- Fait à Paris, le 2 février 188 5.
- Le Président de la République français*,
- Signé: Jules Grévy.
- Par le Président de la République,
- Le ministre du commerce,
- Signé : M. Rouvier.
- Le ministre des finances,
- Signé: P. Tirard.
- CONCOURS AGRICOLE DE PARIS
- COMPOSITION DU JURY !r° DIVISION
- ANIMAUX DE BOUCHERIE
- M. Gaston Bazille, sénateur, président, ire SECTION : MM. de Verninac, Malo, Débordes, Lamiable, Briotet, Rizat.
- 2° SECTION : MM. Boitel, Demôle, Cornevin, Ed. Teisserenc de Bort, Teinturier, Bouillé (comte de).
- 3e SECTION : MM. Villain, député, de Lapparent, Baillet, de Lagorsse, Maringe, Mulet, Massé.
- 4e SECTION : MM. Guédon, Delamare, Wallet, Villeron, Céran-Maillard.
- 5e SECTION : MM. Randoing, Couraud, Petit, fils, Deloncle, Vignereux, Dronne.
- 2e DIVISION
- animaux reproducteurs males des espèces bovine
- OVINE ET PORCINE.
- ANIMAUX DE BASSE-COUR VIVANTS.
- M. Teisserenc de Bort, sénateur, président.
- 6e SECTION : MM. Lépine, Namur-Fromentin, baron de Lavaublanche.
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- 2. — Première Année — N° 7-
- 7° SECTION : MM. Gaze, Rosières, Couteaux, Roumy, de Fombelle, Rasset.
- 8e SECTION : MM. Dreux-Linget, Philippar, Sanson, Bernardin, Castille, Gillebert.
- 9<! SECTION : i1’® Sous-Section : MM. Wiurion, Guillemant, de Larclauze, Maurice.
- 2e Sous-Section : MM. Ferry d’Esclands,
- d’Espéries, Géré. y
- ,3e Sous-Section : MM.-Edoux, Bpyenval.
- 3° DIVISION
- VOLAILLES MORTES. — PRODUITS ET MATERIEL DE . LAITERIE. — PISCICULTURE. — ET OSTREICULTURE. — PRODUITS AGRICOLES. •—• PLANTES DORNEMENT FLEURIES. —VINS D’ALGÉRIE.— CIDRES ET POIRES. — EXPOSITION SCOLAIRE. —APPAREILS DE MEUNERIE. DISTILLERIE.
- M. Récipion, député, président.
- 10e SECTION : MM. Chevet, Rouvière, Piètrement.
- 11e SECTION : MM. Morière,. Bignon père, Fournol, Langlois, Moreau, David.
- 12e SECTION : MM. Prillieux, Cornu, Verdier.
- 13e SECTION : MM. Hardy, Baltet, Joret, Chevalier.
- 14e SECTION : MM. Caubert, Lechartier, Vardon. i5° SECTION : MM. Bastide, Desmoulins, Gail-lardon, Joigneaux, Fautier, Hédiard.
- 16e SECTION : MM.. Heuzé, Bérenger, Bornot, Lavalard, Boissier, Wallon, Ramé, Desprez, Noël-Bretagne, Gilbert.
- 17e SECTION : MM. Laverrière, Schribaux, Marsais.
- 18e SECTION : MM. Lézé, Tresca, Chirade.
- 19e SECTION : MM. Girard, Grandvoinet, Fer-rouiliat.
- JURÉS DÉGUSTATEURS
- MM. Esclavy, Pottier, Gaud , Bejot, Camier, Lachambaudie, Loire, Gibert.
- LISTE DES PRIX
- |'-o DIVISION — ESPÈCE BOVINE
- Irc CLASSE. — JEUNES BŒUFS
- i™ CATÉGORIE
- Animaux nés depuis le 1™ janvier 1882 jor Prix. — 1,000 francs. •— Médaille d’or M. Signoret, à Sermoise (Nièvre).
- 2e CATÉGORIE
- Animaux nés depuis le i01' janvier 1881 iU1' Prix. — 1,000 francs. — Médaille d’or M. Signoret (déjà nommé).
- 2° CLASSE. - PRIX DE RACES
- 1rc CATÉGORIE
- RACES CHAROLAISE ET NIVERNAISE
- 1e1' Prix. —• 5oo francs. — Médaille d’or M. Bellard, à Gimouille (Nièvre).
- 2e CATÉGORIE
- RACE NORMANDE
- jer prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Langlois, à Bayeux (Calvados).
- 3e CATÉGORIE
- RACE LIMOUSINE
- Ier Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or Mmc veuve de Bousquet, à Montrera. (Dordogne). 4c CATÉGORIE
- RACE GARONNAISE
- icr Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Rousseau, à Bordeaux (Gironde-).
- 5e CATÉGORIE
- RACE B A Z A D A I S E
- icr Prix. —> 5oo francs. — Médaille d’or M.Chambaudet (Michel), à Bassane (Gironde).
- 6e CATÉGORIE
- RACE DE SALE RS
- 1e1' Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Valtau (Gustave), à Vindelle (Charente).
- 70 CATÉGORIE
- RACES PARTHENAISE , CHOLETAISE ET NANTAISE
- Ier Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Delaplanche (Eugène), à Fléac (Charente).
- 8® CATÉGORIE
- RACES FRANÇAISES DIVERSES AUTRES QUE LES PRECEDENTES
- t er Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or J.L Régnier, à Mars-sur-Allier (Nièvre)..
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. ; Dimanche i5 Février 1885.
- 1e1' Prix. — 400 francs. — Médaille d’or M. Langlade, à Pau (Basses-Pyrénées).
- icr Prix. — 3oo francs. — Médaille d’or Non décerné.
- 9® CATÉGORIE
- RACES ÉTRANGÈRES DIVERSES
- Tcl”Prix. —400 francs. —Médaille d’or"
- M. Delaplanche (déjà nommé).
- io® CATÉGORIE
- CROISEMENTS DIVERS-
- 1e1' Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Signoret (déjà nommé).
- 3e CLASSE. — PRIX DES FEMELLES
- i*-® CATÉGORIE
- RACES FRANÇAISES PURES OU CROISEES ENTRE ELLES
- jer Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Bardin, à Luthenay (Vienne).
- 2e CATÉGORIE
- RACES ÉTRANGÈRES PURES ET CROISEMENTS DIVERS
- Ier Prix. — 5oo francs. — Médaille d’or M. Petiot, à Touches (Saône-et-Loire).
- 4e CLASSE. — PRIX DES BANDES
- i*o CATÉGORIE
- BŒUFS
- icr Prix. — i,5oo francs. —Médaille d’or M. Nadaud, à Chazelles (Charente).
- jor Prix. — 1,200 francs.— Médaille d’or M. Bouille, à Mars (Nièvre).
- 2° CATÉGORIE
- FEMELLES
- jcr Prix. — 1,000 francs. — Médaille d’or M. Larzat (Elie), à Germiny (Cher).
- 5e CLASSE. — VEAUX GRAS
- 1e1' Prix. — i5o francs. — Médaille d’or M. Léger, à Coudres (Eure-et-Loir).
- PRIX D’HONNEUR
- OBJETS D’ART
- MM. Signoret, Petiot, Bouille et Larzat.
- 2e DIVISION. — ESPÈCE OVINE
- Il'° CLASSE. — JEUNES MOUTONS SANS DISTINCTION.
- i®r Prix. — 400 francs. — Médaille d’or.
- M. Nouette-Delorme, à Ouzouer-des-Champs (Loiret).
- ici- Prix. — 3oo francs. — Médaille d’or.
- M. Rasset, à Montérollier (Seine-Inférieure).
- 2e CLASSE. — MOUTONS DIVISÉS PAR RACE QUEL QUE SOIT LEUR AGE.
- iers Prix. — 200 francs. —-Médailles d’or.
- M. Michenon, à Anerezel (Seine-et-Marne).
- M. Guyot de Villeneuve, à Saint-Bouize (Cher). M. Béglet, à Trappes (Seine-et-Oise).
- M. Nouette-Delorme (déjà nommé).
- M. Pluchet-Frissard, à Roye (Somme).
- M. Pluchet-Frissard (déjà nommé).
- 3e CLASSE. — BREBIS.
- jers Prix. — 200 francs. — Médailles d’or.
- M. Conseil-Triboulet, à Oulchy-le-Châtcau (Aisne).
- M. Bodin, à Pontlevoy (Loir-et-Cher).
- M. Lefevre (Emile), à Saint-Florent (Loiret).
- M. Tiersonnier, à Gimouille (Nièvre).
- M. Nouette-Delorme (déjà nommé).
- 4e CLASSE. — BANDES.
- Iers Prix. — 5oo francs. —Médailles d’or.
- M. Michenon, (déjà nommé).
- M. Béglet, (déjà nommé).
- M. Pluchet-Frissard (déjà nommé).
- M. Duval (Raoul), à Genillé (Indre-et-Loire).
- PRIX D’HONNEUR
- OBJETS D’ART
- M. Nouette-Delorme.
- M. Tiersonnier.
- M. Pluchet-Frissard.
- 3e DIVISION. — ESPÈCE PORCINE
- I1'0 CLASSE
- ier Prix. — 200 francs. — Médaille d’or.
- M. Dumoutier, à Claville (Eure).
- 2e CLASSE
- 1e1’ Prix. — 200 francs. — Médaille d’or.
- M. Nadaud, à Chazelles (Charente).
- 3e CLASSE
- 1 ci- Prix. — 200 francs. — Médaille d’or. .. M. .Chaumereuil, à Billy-Chevannes (Nièvre).
- 4e CLASSE. — BANDES
- Iers Prix. — 400 francs. — Médailles d’or.
- M. Noblet, à Château-Renard (Loiret).
- M. Bréchère, à Vitry-sur-Seine (Seine).
- PRIX D’HONNEUR
- OBJETS D’ART
- M. Chaumereuil (déjà nommé).
- M. Noblet (déjà nommé).
- ANIMAUX REPRODUCTEURS
- L® DIVISION. — ESPÈCE BOVINE Médailles d’or.
- M. Signoret (2 médailles).
- M. Bignon père et fils.
- M. Grollier (Léopold).
- M. Parry.
- M. Céran-Maillard..
- M. Roland (Léon).
- M. Hurlin. .
- M. Regnouf, de Vaives.
- 2® DIVISION. — ESPÈCE OVINE
- Médailles d’or.
- M. Lefebvre (Charles).
- M. Lefebvre (Emile).'
- M. Massé.
- M. Nouette-Delorme.
- 3° DIVISION. — ESPÈCE PORCINE
- Médailles d’or.
- M. Dumoutier.
- M. Souffrice et fils.
- CONCOURS DE VOLAILLES VIVANTES-
- P® DIVISION. — COQS ET POULES. — PINTADES
- (Les premiers prix sont accompagnés d’une médaille d'argent)-10 premiers Prix.
- M. Lemoine, à Crosnes (Seine-et-Oise).
- 7 premiers Prix.
- M. Farcy (Jean), à Fouilletourte (Sarthe)
- 2 premiers Prix.
- M. Voisin (René), à l’Etoile (Sarthe).
- 2 premiers Prix.
- M. Lasseron, à Paris, rue de l’Ouest, 116.
- 2 premiers Prix.
- M. Courcout, à Amiens (Somme).
- 2 premiers Prix.
- M. Voitellier, à Mantes (Seine-et-Oise).
- Un premier Prix
- Mmc Davoust-Peiiot et à MM. . Pointelet,. de Bœve, Giraud, Leudet et Delannoy.
- 2e DIVISION. — DINDONS
- 2 premiers Prix.
- Au frère Bertrandus, à Igny (Seine-et-Oise).
- Un premier Prix.
- MM. Courtin et Giraud.
- 3® DIVISION. — OIES
- 2 premiers Prix.
- M. Lemoine (déjà nommé).
- 2 premiers Prix.
- M. Voitellier (déjà nommé).
- 4° DIVISION. CANARDS
- 3 premiers Prix.
- M. Lemoine (déjà nommé).
- Un premier Prix.
- M. Ebeling, à Paris, rue de Copenhague, 5.
- 5m® DIVISION. — PIGEONS
- 4 premiers Prix.
- M. de Bœve, à Lille (Nord).
- 4 premiers Prix
- M. Pointelet, à Louveciennes (Seine-et-Oise).
- Un premier Prix.
- MM. Lamarche, Leudet, Lasseron, Rivière et: Lécuyer.
- 6e DIVISION. — LAPINS ET LÉPORIDES
- 2 premiers Prix.
- M. Voitellier (déjà nommé).
- Un premier Prix.
- Mmc de Chauvelin et MM. Cardoso, Burel et Lasseron.
- PRIX D’HONNEUR
- UN OBJET D’ART
- M. Lemoine et M. Farcy.
- Médaille d’or, grand module M, Lemoine.
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- Première Année. — N° 7.
- CONCOURS DE VOLAILLES MORTES
- EXPOSANTS PRODUCTEURS
- 3 premiers Prix.
- Mme Belay-Vincent, au Miroir (Saône-et-Loire). 3 premiers Prix.
- M. Choquet, au Bailleul (Sarthe).
- 2 premiers Prix.
- M. Benoist-Maudemain à Cloches (Eure-et-Loir). Un premier Prix.
- Mmc de Palaminy et MM. Toutain, Hébert, Normand, Aube, dé Gontaut, Minot et Gueret.
- PRIX D’HONNEUR
- UN OBJET I)’ART
- M. Benoist-Maudemain.
- CONCOURS DE PRODUITS DE LA LAITERIE
- FROMAGES
- Médailles d’or.
- M. Proffit (Charles) à Oissery (Seine-et-Marne). M. Roger, à Cesson (Seine-et-Marne).
- Mmc veuve Peigné, à Bailly-Romain (Seine-et-Marne).
- M. Courot (Célestin), à Auzécourt.
- M. Carpentier , à Saint - Martin - de - Mailloc (Calvados).
- M. Duclos (Eugène), à Saint-Saire (Loire-Inf.) M. Lepecq, à Pierrefite-en-Auge (Calvados).
- M. Debierre, à Castillon-en-Auge (Calvados).
- M. Sornicle, à Ingré (Loiret).
- M. Du Luc, au Luc (Gard).
- M. de Laforce, à Beaulieu (Cantal).
- M. Paisse et Didaret, à Rodez (Aveyron).
- M. Dedron jeune, à Foncine-Le-Haut (Jura).
- M. Dedron, rue des Prêcheurs, àParis.
- M. Philippe, rue du Cygne, à Paris.
- PRIX D’HONNEUR
- Médailles d’or, grand module
- M. Carpentier, à Saint-Martin-de-Mailloc.
- M. Dedron jeune (déjà nommé).
- BEURRES
- Médailles d’or.
- M. Lecoq, à Géfosse-Fontenay (Calvados).
- M. Decorde, au Fossé (Seine-Inférieure).
- M. Riom, à Troarn (Calvados).
- M. Boulet, à Sorcy (Meuse).
- M. Maisonneuve, à Saint-Julien.
- PRIX D’HONNEUR Médaille d’or, grand module M. Lecoq (Pierre), à Géfosse-Fontenay.
- EXPOSANTS-MARCHANDS Médailles d’or.
- M. Lepetit (Auguste), à Saint-Pierre-sur-Dives JCalvados).
- M. Nicolas, à Arcy (Seine-et-Marne).
- PRIX D’HONNEUR Médaille d’or grand module M. Lepetit (déjà nommé).
- -CONCOURS SPÉCIAL DE MATÉRIEL DE LAITERIE
- icrs Prix. — 3 médailles d’or.
- M. Pilter (Th.), rue Alibert, 24, à Paris.
- M. Chapellier, à Ernée (Mayenne).
- M. Dillemann, rue du Pont, 9, à Suresnes .(Seine).
- icrs Prix. :— Médailles d’argent, grand module.
- M. Pilter (déjà nommé).
- M. Nicolas, à la ferme d’Arcy (Seine-et-Oise). PRIX D’HONNEUR Médaille d’or, grand module.
- M. Pilter (déjà nommé).
- CONCOURS DE PISCICULTURE ET D'OSTRÉICULTURE
- jers prix. — Médailles d’or.
- MM. Le Mauduit et de Solminhac, à Riec .(Finistère).
- MM. Gressy et Ezanno, à Carnac (Morbihan).
- CONCOURS DE PRODUITS AGRICOLES
- EXPOSANTS-PRODUCTEURS
- Médailles d’or
- M. Boncenne fils, à Fontenay-le-Comte (Vendée). MM. Puget frères, à Pont-de-Vaux (Ain).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. - 'D-^anûhu .1T EÉyj&tEii 4882. — 3.
- i M. Couesnon-Bonhomme, à Aulnoy (Seine-et- Marne).
- ; MM. Puget frères (déjà nommés).
- : M. Boncenne fils (déjà nommé).
- M. Maizier, à Plessis-Briou (Oise).
- La Société de Crédit à l’industrie et aux travaux ( publics, à Paris.
- 1 MM. Vilmorin, Andrieux etCie, à Paris.
- M. Rigault (Joseph), à Groslay (Seine-et-Oise). i M. Nicolas, à la ferme d’Arcy (Seine-et-Marne).
- : M. Truffaut (Albert), 40, rue des Chantiers, à
- j Versailles (Seine-et-Oise).
- MM. Vilmorin, Andrieux et Cio (déjà nommés).
- ! M. Lepetit (déjà nommé).
- : • M. Buisson, à Montreuil (Seine).
- M. Chemin, à Issy (Seine), i M. Salomon, à Thomery (Seine-et-Marne).
- I M. Crémont, à Sarcelles (Seine-et-Oise).
- | M. Bertrand, à Sceaux (Seine).
- < M. Jourdain, père, à Maurécourt (Seine-et-Oise).
- ! La Société « l’Union des propriétaires de Nice ». M. Kirsch, à Poiseul-la-Ville (Côte-d’Or).
- M. Asset, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- M. Fournier, à Angerville (Seine-et-Oise).
- I PRIX D’HONNEUR
- ! UN OBJET d’xIRT
- M. Salomon (déjà nommé), pour ses fruits
- i UN OBJET D’ART
- | M. Lepetit (déjà nommé), pour ses produits.
- j DIPLOME d’honneur
- j M. Cordier, à Saint-Rémy, pour l’ensemble de ) ses produits.
- | EXPOSANTS MARCHANDS
- |
- | Diplôme d’honneur
- ! MM. Vilmorin, Andrieux et Cic, à Paris, j Médaille d’or, grand module
- | MM. Gauquelin, Lahaye et Cie, à Paris.
- I Médailles d’or.
- : M. Forgeot (déjà nommé).
- ; M. Delahaye, à Paris.
- ; M. Gerbout, à Paris, faubourg Saint-Honoré.
- ) M. Beaudoin, à Paris, rue de Berry, 38.
- ! M. Michel, à Paris, rue de Sèze.
- M. Battut, à Paris, rue Quincampoix.
- j VINS D’ALGÉRIE
- Médailles d’or.
- M. Neustrasie (Philippe), à Hassen-ben-Ali (Alger).
- MT Palbroy (Etienne), à Médéah (Alger).
- M. Calmet, à Médéah (Alger),
- M. Fallet, à Médéah (Alger).
- M. Malleval (Jean-Pierre), à Damiette (Alger).
- CIDRES ET POIRÉS
- Médailles d’or.
- M. Vardon, à Lyons-la-Forêt (Eure).
- M. Harerois, à Landerneau (Finistère).
- EXPOSITION SCOLAIRE Médailles d’or.
- M. Armengaud, à Paris, rue Saint-Sébastien.
- M. Loyez/à Vesoul (Haute-Saône).
- EXPOSITION SPÉCIALE DE MEUNERIE
- Médailles d’or.
- Mmc veuve Egrot et fils, à Paris, rue M.athis, 2 3. M. Kaulek fils, à Paris, rue Commîmes.
- CHAMBRE DE COMMERCE DE DUNKERQUE
- Séance du jeudi 11 Décembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. A. PETYT, PRÉSIDENT
- i° Exposition de Dunkerque en 1886
- M. le Président fait connaître que les délégués du Comité ont rendu visite à M. le lieutenant-colonel du 110e, commandant d’armes à Dunkerque, et à M. le commandant du génie pour les entretenir de la question d’Exposition et de la cession temporaire des glacis de l’Est.
- Des démarches ont été faites aussi auprès de M. Malo,dansle but d’obtenir la cession temporaire des terrains utiles pour le service militaire-, un bail interviendra entre lui et le Comité.
- Sous ce rapport, on peut en conséquence espérer un résultat satisfaisant; ce premier point terminé, les délégués se rendront à Paris pour solliciter le concours officiel du Gouvernement.
- M. le Président ajoute en terminant que le traité entre le Comité et la Société d’entreprise n’est point encore signé.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- SOUS-COMMISSION DES FINANCES
- Le jeudi 5 février, à neuf heures et demie, s’est réunie au ministère du commerce la sous-commission des finances.
- M. Antonin Proust a invité la sous-commission, au nom de M. le ministre du commerce, à étudier un projet de budget de dépenses ne dépassant pas 5o millions. Le chiffre adopté antérieurement, sur la proposition de M. Alphand s’élevait à 56 millions 3oo,ooo francs.
- M. Alphand déclare qu’il lui paraît impossible de prévoir un budget de dépenses inférieur à 56 millions. Du reste, ajoute-t-il, en prévoyant des dépenses trop faibles, on enlèverait tout aléa de bénéfices au fonds de garantie.
- M. Proust propose néanmoins à la sous-commission d’examiner un à un les différents chapitres du budget des dépenses.
- M. Dietz-Monnin estime que l’on pourrait notamment faire des économies en supprimant les médailles d’or et d’argent accordées aux exposants. Une médaille de bronze commémorative et des diplômes, ainsi que cela se pratique dans les Expositions étrangères, lui semblent devoir donner pleine satisfaction.
- De plus, M. Dietz-Monnin a rappelé que les divers auteurs de projets ont appelé l’attention de la commission sur les avantages, au point de vue de l’économie, que l’on retirerait du système de location des matériaux. 11 pense qu’il serait opportun, actuellement, de consulter les grandes usines métallurgiques sur les conditions qu’elles pourraient faire en présence d’un pareil contrat.
- La sous-commission, tout en accueillant favorablement la proposition de M. Dietz-Monnin, ajourne à une prochaine séance sa décision sur ce dernier point.
- La discussion s’est ensuite engagée entre le gouverneur de la Banque de France, le gouverneur du Crédit foncier, M. le directeur général des domaines et M. Alphand sur l’importance qu’il conviendra de donner au fonds de garantie.
- La séance a été levée à onze heures trois quarts.
- Mardi, 10 courant, à neuf heures et demie, s’est réunie, au Ministère du Commerce, la sous-commission des finances.
- M. Antonin Proust, président, fait savoir à ses collègues que le Ministre du Commerce persiste à demander à la sous-commission d’examiner un projet de budget de dépenses de 5o millions, au lieu de 56 millions.
- M. Alphand, fait savoir qu’après un nouvel examen de son projet, il croit pouvoir affirmer que ce premier chiffre ne sera pas dépassé. Dans ces conditions il faudrait cçmpter sur une participation de 20 millions de l’État et de 6 millions de la ville de Paris et sur 24 millions à demander à un fonds de garantie.
- La discussion sur l’importance à donner au fonds de garantie est ensuite reprise. M. Christophle, gouverneur du Crédit foncier, croit que le gouvernement doit demander 24 millions au crédit public. Pour lui, on est sûr de pouvoir couvrir une pareille souscription, si l’affaire est présentée aux capitalistes et à l’épargne, comme elle doit l’être.
- M. Veyssier, délégué des Chambres syndicales ouvrières, appuie cmergiquement l’avis émis par M. Christophle; il estime qu’on doit s’adresser au grand public et rendre l’entreprise de l’Exposition de 1889 aussi populaire que possible, en émettant des coupures de 100 francs accessibles à toutes les bourses et non point des unités de 1.000 francs comme en 1867.
- M. Magnin, gouverneur de la Banque de France, combat énergiquement l’opinion de M. Christophle. Il croit qu’on ne doit s’adresser qu’à un public spécial, et, en ce pas il ne croit pas possible de faire souscrire plus de 10 millions.
- M. le Président met aux voix chacune de ces hypothèses. Après un vote, la sous-commission émet un vœu tendant à la constitution d’ury fonds de garantie dont le minimum serait fixé à 10 millions, mais dont le maximum ne serait pas prévu.
- M. Boulanger, directeur des domaines, a été chargé de rédiger un rapport dans ce sens destiné à être présenté à la Commission plénière.
- La Commission plénière est convoquée pour lundi prochain. Elle discutera, sur les données du rapport de M. Boulanger, la question du fonds de garantie, que la sous-commission avait été chargée d’étudier.
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- • 4 et 5. - Première Année. — N®
- LE MUNI I EUR Dç UUN
- DEUXIÈME & TROISIÈME EXPOSITIONS
- Le territoire de la République était alors divisé en cent huit départements. Dès le 28 germinal an IX, Chaptal, ministre de l’intérieur, adressait a tous les prelets une
- circulaire annonçant la deuxième exposition qui devait avoir lieu pendant les jours complémentaires. Les préfets étaient en même temps chargés de former, dans chaqne
- département, un* comité de cinq membres pour l’examen des produits jugés dignes d’être envoyés à Paris. Le Champ-de-Mars avait été cette lois délaissé, a cause ue son éloignement du centre de la capitale, et l’on avait adopté la cour du Louvre pour l’emplacement du nouveau concours. On y construisit cent quatre portiques peints et décorés de manière à former, autant que possible,
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- un ensemble harmonieux avec le vieil édifice royal. Quarante-deux départements seulement répondirent à l’appel qui leur était fait. Le département de la Seine comptait à lui seul 106 exposants sur un total de 235. La Seine-Inférieure avait 20 exposants ; le département de l’Eure et de la Somme, chacun 10; Seine-et-Oise, 9; les trente-sept autres départements en avaient donc ensemble 80. Chaptal avait espéré réunir un plus grand nombre d’exposants et offrir dans chaque portique la physionomie industrielle de chaque département distinct. Mais tous les manufacturiers ne comprenaient pas encore clairement l’avantage qu’ils pouvaient tirer d’une semblable exhibition, et les communications étaient alors si difficiles, si peu sûres, que les industriels des départements éloignés n’expédiaient pas sans appréhensions leurs produits vers la grande ville. Quoi qu’il en soit, il y avait un progrès réel sur l’Exposition de l’an VI, puisque ce premier concours national n’avait réuni que 110 exposants.
- Le jury d’examen était ainsi composé :
- Bardel, membre du bureau consultatif des Arts et Manufactures.
- Berthollet, membre de l’Institut.
- Berthoud (Ferdinand), membre de l’Institut.
- Bonjour, commissaire des Salines.
- Bosc, membre du Tribunat.
- Costaz, membre du Tribunat.
- Guyon-Morveau, membre de l’Institut.
- Mérimè, peintre, professeur de dessin à l’École polytechnique.
- Molard, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers.
- Montgolfier, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers.
- Perrier, membre de l’Institut.
- Perrier (Scipion), membre du bureau consultatif des Arts et Manufactures.
- Prony, membre de l’Institut.
- Raymond, membre de l’Institut, architecte du palais, des Sciences et Arts.
- Vincent, membre de l’Institut.
- En l’an VI, aucune médaille n’avait été décernée..
- Le jury d’examen s’était borné à signaler les exposants les plus notables, et à mentionner dans le procès-verbal « qu’ils avaient bien mérité de la patrie ». Pour l’Exposition de l’an IX, il fut accordé douze médailles . d’or, vingt médailles d’argent et trente médaille de bronze.
- Des douze fabricants qui avaient obtenu, en l’an VI, la première mention honorable, sept s’étaient présentés à l’Exposition de l'an IX ; mais le Jury décida qu’ils resteraient ‘hors concours.
- C’étaient Didot frères, imprimeurs ; Lenoir, fabricant d’instruments de mathématiques; Herhan fondeur de caractères; Conté, ingénieur-mécanicien;
- Desarnod, ingénieur-caminologiste ; Deharme et Dubaux, négociants en tôle vernie ; et Denys du Luat (Seine-et-Oise) , filateur de coton à la mécanique .
- Les douze médailles d’or furent décernées aux citoyens :
- Solages et Bossut, ingénieurs hydrauliciens ;
- Sollier, Guentz, Goury et Cie, de Dilling (Moselle) fabricants d’objets de quincaillerie ;
- Utzschneider et Cie, de Sarreguemines , et Merlin Hall, de Montereau, fabricants de poterie (ex-œquo).
- Fauler , Kempff et Muntzer , fabricants de maroquins à Choisy-le-Roi.
- Decretot, de Louviers, fabricant de draps ;
- Ternaux frères, drapiers à Sedan, à Reims, à Louviers et à Einsival ;
- Delaitre, Noël et Cie, à l’Épine, près Arpajon, filateurs de coton ;
- Rauwens, de Gand, filateur de coton.
- Godet et Delépine , de Rouen , fabricants de velours ;
- Morgan et Delahaye, d’Amiens, fabricants de velours de coton ;
- Lignereux, fabricant de meubles, à Paris;
- Jacob, fabricant de meubles, à Paris
- Les meubles de Lignereux se distinguaient par la richesse et l’élégance; les meubles de Jacob, sculptés avec soin, étaient d’un style caractéristique.
- Chaptal fit lui-même la remise des médailles aux titulaires. Ceux qui avaient obtenu la médaille d’or eurent, par surcroît, l’honneur de dîner à la table du premier Consul.
- Dès le commencement de floréal Chaptal adressait aux préfets de la République une circulaire en vue de l’organisation de la troisième exposition qui devait avoir lieu trois mois plus tard pendant les jours complémentaires, et, comme le précédente, dans la cour du Louvre.
- Peu de temps après la clôture de l’Exposition de l’an IX, Chaptal institua une Société d’encouragement pour l’industrie nationale. En l’an X, cette société se composait déjà de cinq cents membres titulaires et de huit cents adhérents. Elle s’était subdivisée en plusieurs commissions permanentes, et tenait des séances _ générale bi-annuelles dans un local prêté par le ministre de l’intérieur. Répandre l’enseignement technique à tous les degrés et dans; toutes les branches, favoriser les inventions et les découvertes utiles aux arts, diriger des essais, des expériences, distribuer des encouragements de toutes sortes, secourir les artistes malheureux, rapprocher dans un foyer commun d’activité tous ceux qui pouvaient concourir au développement de la prospérité générale, tel était le but de cette société. Elle complétait l'idee initiale de François de Neufchâteau et était destinée à rendre les plus éminents services à la France industrielle et commerciale.
- Nous reproduisons les passages les plus notables de cette longue et importante circulaire. Ils livrent les appréciations de Chaptal au sujet des deux expositions dont nous nous occupons ici.
- « Nous avons vu, réunies dans la cour du Louvre, plus de quatre cents espèces de produits différents; nous avons constaté avec un légitime orgueil que si, dans^ quelqu.e fabrications, nous étions encore bien faibles, il restait bien peu de chose à désirer dans toutes les parties qui supposent des connaissances étendues et un goût exqu^
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- chez les fabricants. Le premier Consul a décerné des médailles aux artistes distingués par le Jury; parmi ceux-ci il s’en trouve un certain nombre qui, grâce à ces récompenses, ont déjà vu depuis cette époque leurs affaires prendre un notable accroissement, et leur maison acquérir une juste renommée. Le vœu du premier Consul eSt de réunir, chaque année, à Paris, dans une grande foire nationale, tous les produits de l’industrie française et de les offrir à l’admiration de l’Europe. C’est au commerce qu’il appartient d’accomplir ce désir. En instituant une exposition annuelle, le Gouvernement entend . réunir sous ses yeux l’ensemble de toutes
- les productions des fabriques; ses intentions ne seraient pas remplies si toutes les étoffes, depuis la plus commune jusqu’à la plus riche, n’étaient pas offertes aux regards du public, si la même enceinte ne trouvait pas rassemblés tous les produits des métaux depuis la fonte jusqu’aux pièces d’orfèvrerie les plus magnifiques. Par ce rapprochement de tous les arts, de tous les travaux, on arrivera enfin à connaître les ressources, les moyens, l’état de toutes les branches et à dresser la carte industrielle de la France. Ce concours périodique permettra de constater les progrès de l’industrie, d’établir une utile comparaison avec celle des autres nations ; il indiquera les améliorations et les perfectionnements nécessaires. Un tel but atteint doit amener les résultats les plus heureux, éveiller l’émulation des fabricants et présenter aux savants le tableau de la marche progressive de l’industrie française. »
- Le jury d’examen de l’an X était composé comme en l’an IX de quinze membres. Berthollet et Bonjour avaient été remplacés sur la liste par Alard, membre du Conseil d’agriculture, arts et commerce, et par Conté, démonstrateur au Conservatoire des arts et métiers.
- Le nombre des exposants s’était notablement accru. On en comptait 540. Quarante-trois départements prenaient part pour la première fois au concours. L’Aveyron, la Loire et le Loiret figuraient dans ces départements, chacun avec dix exposants. Il y avait en totalité quatre-vingt-quatre départements dont quarante et un ayant participé au précédent concours, et qui, cette fois, avaient réuni 413 manufacturiers. Le goût des expositions se propageait donc visiblement.
- Le deuxième jour de vendémiaire de l’an XI, les citoyens composant le jury chargé d’examiner les productions de l’industrie française, exposées au Palais national des sciences et des arts pendant les jours complémentaires de l’an X, et les fabricants et artistes auxquels le jury avait décerné des distinctions (2S4 récompenses avaient été accordées) furent introduits, à deux heures, devant le premier Consul.
- Le citoyen Costaz, président du jury, était chargé de porter la parole ; il dit :
- « Citoyen premier Consul,
- « L’exposition des produits de l’industrie est extrêmement remarquable cette année ; le génie inventif et fécond des artistes français y brille d’un vif éclat. Les fabricants de-lainages ont apporté des étoffes fabriquées sur de nouvelles combinaisons , ou des étoffes déjà connues , exécutées avec une perfection qui ne laisse plus à craindre la concurrence étrangère. On y a vu des soieries de la plus grande magnificence fabriquées à Lyon. Les filatures de coton et les manufactures de cotonnades, qui croissent chaque année en nombre, croissent aussi en perfection.
- « La comparaison des produits de cette année avec ceux de l’année dernière ne laisse à cet égard aucun doute.
- « Les mécaniciens se sont fait distinguer par plusieurs inventions importantes. On a exposé des machines propres à mesurer le temps avec la plus grande exactitude , machines extrêmement utiles aux navigateurs. Un artiste a construit des instruments astronomiques combinés d’une manière ingénieuse, et donnant une précision supérieure à celle des instruments connus.
- « Toutes les parties de l’art monétaire, les machines dont il fait usage, ont été revisées, modifiées et perfectionnées avec un succès auquel on refuserait de croire, si l’on avait pas les faits sous les yeux.
- « Un métier a été imaginé, qui fabrique le tricot par le simple mouvement d’une manivelle; invention d’une importance majeure, et digne d’une attention sérieuse de la part du gouvernement.
- « Une nouvelle machine propre à élever l’eau a été construite sur des principes tout à fait originaux.
- « Des chimistes se sont proposé de mettre nos ateliers en possession de nouvelles forces capables de décomposer les substances et de les recomposer pour les approprier à nos goûts ou à nos besoins.
- « De nouvelles poteries ont été inventées; celles qui étaient déjà connues ont reçu des perfectionnements considérables.
- « Les meubles, l’orfèvrerie et toutes les parties qui dépendent du dessin, sont remarquables par un goût plus pur. Nous avons souvent été embarrassés pour .choisir entre tant de mérites distingués; nous y avons porté tout le soin dont nous sommes capables. Les choses précieuses se sont trouvées en si grand nombre, qu’il nous a été impossible de n°us renfermer dans la limite des médailles annoncées: nous n’aurions pu le faire sans assigner des différences de mérite qui n’existent pas, c’est-à-dire, sans être injustes. Nous avons pensé que le Gouvernement voudrait bien entrer dans nos vues. »
- Le procès-verbal des opérations du jury portant la liste des récompenses fut signé le 3 vendémiaire an XI, et visé par Chaptal le surlendemain dans les termes suivants « Vu le procès-verbal ci-dessus, le ministre de l’intérieur ordonne qu’il sera imprimé à l’imprimerie de la République, et envoyé, conformément à l’article 8 de l’arrêté des a°nsuls du i3 ventôse an IX, aux préfets des départements. Ordonne de plus qu'il en sera adressé un exemplaire.à chacun des artistes et fabricants auxquels le jury des arts a jtecerné des médailles ou des mentions honorables. Le Moniteur officiel de l’époque contient des notices détaillées sur les productions de chaquedépartement, rédigées avec le concours des préfets d’après les instructions de Chaptal. Ces notices instructives se vendaient sous forme de brochures aux abords de l’Exposition, principalement aux deux Pertes d’entrée, dont l’une, la principale, était celle de la colonnade du Louvre, vis-à-vis de Saint-Germain-FAuxerrois, l’autre celle du musée des tableaux, rue Froidmanteau. b affluence des visiteurs fut considérable. Il y avait là, en effet, autre chose qu’un spectacle stérile : il s’agissait d’étudier la situation de l’industrie nationale. En vue d’en avoriser les progrès, Chaptal méditait alors déjà la reconstitution des chambres de commerce dans les grands centres.
- E. M.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Février 1885.
- il. — Première-Année — N®
- CHAPTAL
- Aux premiers jours de germinal an IV, le successeur de François de Neufchâteau et de Lucien Bonaparte, Chaptal, ministre de l’intérieur, .présentait aux consuls un rapport en faveur d’une nouvelle exposition des produits de l’industrie française. Chaptal avait été, dès l’origine, un ardent promoteur de l’institution de ces grands concours ; son nom figurait en tète de la liste du jury d’examen de l’Exposition de l’an IV.
- Dans le cours de sa laborieuse carrière de savant et d’homme d’État, Chaptal eut constamment pour but la grandeur et la prospérité du pays. Il méprisait les vaines théories et les déclamations mensongères. Sur le terrain des luttes pacifiques des arts, de la science et de l’industrie, il est une des grandes figures de la Révolution française, peu propre sans doute à échaufler l’imagination des romanciers, des dramaturges, mais digne à tous égards d’être maintenue en lumière dans le panthéon de nos gloires modernes.
- Jean-Antoine Chaptal naquit le 4 juin 1756 à Nogaret, petit village de la Lozère. Un de ses oncles, médecin et professeur à la faculté de Montpellier, lui fit faire ses premières études dans cette ville. Peyre y donnait des leçons de chimie au jardin botanique. Tout en étudiant la médecine, Chaptal s’initia dans ce cours aux travaux du laboratoire, car la science de la chimie était alors en grande faveur.
- Reçu docteur en médecine à Montpellier en 1777, Chaptal se rendit à Paris pour y continuer ses études avec une nouvelle ardeur.
- Chaptal hésitait en présence de ces deux routes : les lettres et les sciences ; mais son hésitation fut de courte durée. Obéissant à ses facultés dominantes, il dit un adieu amical à ce cénacle de beaux esprits : Delille, Boucher, Fontanes, et même à Cabanis, l’ami de la méthode expérimentale. Il allait s’adonner entièrement à l’étude de la chimie. La chimie devenait son unique muse. Elle lui inspirait l’éloquence, en attendant qu’elle lui donnât la fortune. Il en parlait avec les accents d’un apôtre heureux de répandre la bonne nouvelle. Il avait la-clarté, la facilité d’élocution, la chaleur communicative qui fait les disciples.
- Appelé par ses compatriotes à une chaire de chimie qui venait d’être instituée parles Etats de Languedoc à l’école de médecine de Montpellier, Chaptal y obtint de ses auditeurs une affectueuse admiration. 11 avait soin de faire ressortir les nombreuses ressources que la chimie pouvait offrir, dans ses applications, non seulement à l’art de guérir les infirmités corporelles, mais principalement aux arts industriels qui donnent à l’humanité plus de bien-être. C'est à Montpellier que, sur les instances de ses élèves, Chaptal fit imprimer pour la première fois ses Eléments de chimie dont tant d’éditions se sont répandues, depuis, en France et à-l’étranger. En récompense de ses efforts le gouvernement lui décerna l'ordre du Mérite industriel ; et il reçut en même temps un parchemin revêtu du sceau royal et de la signature de Louis XVI. C’était un titre de noblesse octroyé au savant et fidèle sujet. Chaptal n’avait pas sollicité ces honneurs.
- Chaptal vivait donc dans les douceurs de l’étude et de la vie conjugale, lorsque tout à coup surgit de la grande ville une immense rumeur qui jette l’épouvante dans tous les cœurs timides de la vieille France.
- Chaptal venait d’hériter de tous les biens que lui avait légués son oncle, son bienfaiteur. A l’aide des capitaux dont il avait eu soudainement la possession, il s’était empressé de fonder d’importantes manufactures .de produits chimiques à l’usage de la thérapeutique ; et de l’industrie. Il avait réussi dans cette entreprise. Il était déjà: suffisamment pourvu pour aller vivre en paix, sans souci, dans un pays étranger, en attendant l’issue' de la tourmente révolutionnaire. Aussi conseillait-on à Chaptal de fuir, de passer la frontière.
- Sincère et zélé patriote, il voulut partager les souffrances et les périls de sa patrie.
- Arrive un message. Le comité de salut public invite le citoyen Chaptal à se rendre sans délai à Paris. On a besoin de ses lumières. Tous les bons Français doivent être debout. Le moment est venu pour les savants de se rendre les auxiliaires des soldats.
- Par une inertie coupable, l’ancien régime avait laissé se vider nos arsenaux. Aidé de Monge, de Bertholiet, et de quelques autres futurs membres de l’Institut, Chaptal y fait entasser en quelques semaines d’énormes approvisionnements d’armes et de munitions de guerre.
- Nommé directeur des ateliers de salpêtre de Grenoble, Chaptal invente des procédés rapides pour la fabrication de ce sel. Il est désigné ensuite par le Gouvernement pour réorganiser l’École de médecine. Il y enseigne la chimie jusque vers la fin de l’année 1797.
- Survient le 18 Brumaire.
- D.qà NapoRon perçait sous BonapTrl.e.
- Bonaparte (Napoléon) savait juger les hommes. Quand ils étaient éminents, il essayait de les attacher à sa fortune. De Chaptal, il se fit un ami. 11 le nomma d’abord conseiller d’État, et lui confia, après la retraite.'de .Lucien, le ministère de l’intérieur.
- C’est à ce poste que nous le trouvons en l’an IX, poursuivant avec énergie l’œuvre de François de Neufchâteau, interrompue pendant trois ans, par suite des troubles à l’intérieur et des guerres multiples que l’Europe coalisée avait déchaînées contre nous.
- Tout en composant de nombreux ouvrages sur la chimie et ses applications, pendant les quatre années qu’il dirigea le ministère de l’intérieur, Chaptal déploya une activité merveilleuse, aimant pieusement sa patrie et s’ingéniant- à prendre des mesures propres à en assurer la prospérité. Sous son impulsion, les manufactures se multiplient, la culture de la betterave prend une extension considérable ; les arts, l’industrie obtiennent des garanties, des encouragements ; des progrès notables s’accomplissent dans l’hygiène publique, l’usage de la vaccine est propagé, l’administration des hospices est améliorée ; les Chambres de commerce, supprimées par l’Assemblée constituante, sont rétablies et reçoivent des attributions nouvelles ; des écoles d’arts et métiers sont instituées ; enfin, l’œuvre des expositions universelles des produits du génie humain est décidément implantée dans le monde.
- Eugène Minot.
- REVUE DE LA PRESSE
- Notre confrère, M. Arsène Alexandre, va publier dans Y Evènement une série d’articles sur l’Exposition de 1889.
- Il consacre le premier aux budgets comparés des Expositions de 1867,1878 et 1889.
- Nos lecteurs ont déjà eu connaissance du premier Vie ces budgets par le rapport de M. Grenier que nous avons publié dans notre numéro du lei‘ février.
- Nous passerons donc immédiatement à
- l’exposition de 1878
- En 1867, il avait déjà été décidé qu’aucun des membres de la commission ne pourrait entreprendre de travaux. En 1878, la tendance fut encore accentuée, et le principe qui présida à l’œuvre fut celui de l’exploitation directe par l’Etat. On voulait ainsi éviter toute idée do spéculation.
- Le Trésor acquittait les dépenses et encaissait les recettes.
- Pour l’exécution des divers travaux, l’Etat demandait à traiter de gré à gré, et cette faculté lui fut largement accordée.
- Le projet déposé au conseil municipal comprenait les dispositions suivantes :
- 1° Autorisation d’occuper le Champ-de-Mars et le Tro*cadéro ;
- 2° Payement à l’Etat de 3 millions en 1877, 2 millions en 1878, et 1 million en 1879 ;
- 3° Remise des lieux en état ;
- 4° Droit éventuel de préférence pour l’acquisition du Trocadéro au prix fixé par voie d’expertise administrative, la Ville restant maîtresse du sol.
- Le projet fut approuvé ; mais la clause spéciale du Trocadéro ne laissait pas que d’être défectueuse. Le conseil municipal le fit très bien voir à l’Etat. Après avoir promis de reprendre le palais, il profita, après réflexion, de l’ambiguité que l’article laissait planer sur le propriétaire définitif. En effet, il refusa en 1879 d’en prendre possession.
- Autre défaut reproché depuis à l’Exposition de 1878: La loi du 29 juillet 1876 11’avait pas limité les crédits. Le moindre inconvénient de cette disposition fut un « coulage » assez considérable.
- RECETTES. ET DÉPENSES
- Le déficit s’accentue encore plus qu’aux expositions ci-dessus mentionnées. Les recettes 110 s’élevèrent qu’à 21,350,090 Tr. tandis que les dépenses atteignaient le chiffre de 55,775,000. Cela faisait un excédent de 31,425,000 des dépenses sur les recettes. C’est, comme on voit, un assez joli denier. Cependant, il serait au moins téméraire de prétendre que l’on n’a pas rattrapé d’autre part, et amplement, cette porte.
- Ces quelques résultats rappelés, nous pouvons maintenant passer à l’Exposition de 1889. Les
- chiffres que nous donnerons sont loin d’ètre définitifs, on le conçoit aisément. Ils ne doivent être considérés que comme de simples prévisions. En tous les cas, ifs peuvent donner une idée assez exacte de ce que sera l’Exposition au point de vue financier.
- EXPOSITION DE 1889, PLAN GÉNÉRAL
- A la commission, on a déjà exposé une ébauche de ce que sera l’Exposition de 1889 ; le plan est des plus grandioses. Elle s’étendrait en effet du palais de l’Industrie au Champ-de-Mars et au Trocadéro. On voit quelle immense surface elle couvrirait. Le palais de l’Industrie serait l’entrée, en quelque sorte l’introduction. Une passerelle spécialement construile le ferait communiquer avec l’esplanade des Invalides, qui elle-même serait couverte de constructions.
- Ce n’est pas tout. Dans toute la longueur du quai, depuis les Invalides jusqu’au Champ-de-Mars, des galeries seraient encore destinées à des sections industrielles ou agricoles. En outre, on exhausserait les berges qui sont en contre-bas de ces quais, et on aurait ainsi sur tout le parcours une largeur do près du double.
- Enfin, le Champ-de-Mars recevrait les galeries les plus importantes.
- On voit que c’est au moins le double de l’espace occupé en 1878. Une innovation qui 11e saurait manquer d’être vue favorablement du public : 011 pourrait sans craindre la pluie ou le soleil se rendre, dans toute la longueur de l’Exposition, des Champs-Elysées au Champ-de-Mars, par un système de galeries ou de vélums combinés.
- Nous ne parlons que pour mémoire d’une vaste étendue des Champs-Elysées, derrière le palais de l’Industrie, qui serait consacrée à l’horticul ture, etc.
- DÉPENSES
- On conçoit qu’un pareil plan ne serait pas sans entraîner une dépense considérable.
- Elle est déjà évaluée à 58 ou 60 millions.
- Il est très possible qu’elle soit dépassée ; mais tenons-nous-en pour le moment à ce chiffre, admis en principe par la commission.
- Sans demander que les recettes couvrent un aussi grand déboursé, puisque nous avons vu qu’il 11’y fallait pas compter, voyons du moins dans quelle mesure elles peuvent l’atténuer.
- LES RECETTES
- On peut, sans exagération, estimer à 15 millions le produit des entrées seulement.
- Quant à la subvention fournie par la Ville de Paris et par l’Etat, il faut qu’elle soit assez élevée.
- Il n’v aurait aucune exagération à demander qu’ils fournissent chacun 12 millions. Remarquons, en effet, que c’est le double de la subvention de 1867, mais qu’en revanche la dépense est de plus du double.
- Sans doute, l’on se heurtera à quelques difficultés de la part de la Ville. Peut-être trouvera-t-on, au conseil municipal, que la somme est trop forte. La tendance actuellement régnante parmi nos édiles serait de considérer l’opération comme devant rapporter un bénéfice. Nous venons de voir ce qu’il faut penser de cette prétention.
- Dans le cas où l’on n’arriverait pas à obtenir la subvention demandée, il faudrait peut-être avoir recours au capital de garantie.
- Dans tous les cas, un élément nouveau de recettes interviendra vraisemblablement, et ici nous abordons une question des plus intéressantes, mais non des plus faciles à résoudre.
- FERA-T-ON PAYER L'ES EXPOSANTS ?
- Il y a plusieurs systèmes en présence : celui do la gratuité absolue, celui qui consiste à faire supporter seulement certains frais aux exposants, celui enfin qui consiste à leur faire payer l’emplacement.
- En 1867, de même qu’en 1878, l’emplacement était gratuit ; les frais d’installation seuls étaient laissés à la chargé des exposants.
- Les étrangers ne considèrent pas qu’il doive en-être ainsi. Nous voyons en effet un seul exemple de la gratuité absolue : emplacement, vitrines, force motrice ; c’est Londres (Expositions de 1871, 72 et 74).
- En revanche, à Vienne, en 1873, on payait' 25 francs par mètre superficiel. A-Phi.ladelpiiie," on payait seulementpour les comptoirs, plates-formes etc. A Amsterdam, en 1883, les emplacements isolés étaient taxés 90 francs le mètre ; les emplacements non isolés, 45 francs. Enfin, à Anvers l’emplacement est tarifé de 10 à 80 francs.
- O11 fait remarquer, non sans raison que, l’Exposition 'constitue pour le négociant une publicité précieuse et qui vaut bien la peine d’ètre payée.
- Non seulement pendant l’Exposition mais encore après, l’exposant fait figurer sur ses différents papiers, enseignes, etc., la mention de son admission ou de ses récompenses. Enfin, c’est une occasion unique de vendre, que les produits puissent ou non être emportés pendant l’Exposition.
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- Première Année. — N° 7.
- La seule objection qui peut se présenter est celle-ci : En faisant payer les exposants, on court le risque de paralyser , d’annihiler l’industrie démocratique. Evidemment, cette objection n’est pas sans portée ; mais il est plus d’un moyen de la résoudre, soit que l’on remplace la taxe des petites industries par le droit de vente sur place, soit qu'on lui accorde de notables avantages. En tous les cas, elle ne saurait empêcher le principe meme, qui, croyons-nous, est admis par la commission.
- Maintenant, à quel chiffre peut-on évaluer le produit de l’emplacement ? D’après les calculs faits, 011 l’estime à 13 ou 14 millions.
- CONCLUSION
- L’Exposition de 1889 coûtera donc environ 60 millions. Les recettes et subventions se monteraient à une cinquantaine de millions. Dix millions au moins devraient être sacrifiés.
- Mais on comprend que ce sacrifice 11’est qu’apparent. Il importe que dès à présent le conseil municipal en soit convaincu. C’est de lui, en effet, qu’on doit attendre un effort, car la ville de Paris est la première intéressée au plus grand succès possible de l’Exposition.
- Un exemple fixera bien les idées à ce sujet. En 1878, le produit de l’octroi s’éleva de 6 millions et n’a pas baissé depuis. C’est un fait bien caractéristique, et qui doit engager la Ville à contribuer dans la plus large mesure possible. Elle y trouvera de sérieuses compensations.
- Telle est, pour le moment, la position de la question, en quelque sorte le squelette du grand projet de 1889. Ce n’est pas suffisant encore : il faut maintenant lui donner les muscles et la vie. Comment et par quels efforts on y parviendra, c’est ce que nous examinerons à mesure que les travaux de la commission s’avanceront.
- Arsène Alexandre.
- Nous trouvons dans Y Abeille cle la Nouvelle-Orléans, un article sur la section française à l’Exposition universelle de la Nouvelle-Orléans.
- ” Il nous est permis aujourd’hui de proclamer que notre Exposition universelle est dans son plein épanouissement. L’éclosion florale de notre merveilleux concours universel est bien près d’être chose accomplie. Il s’en faut de quelques jours seulement que toutes les unités de ce bouquet industriel aient entr’ouvert leurs corolles, étalé leurs gracieux pétales à l’admiration des visiteurs. Mais de même qu’il y a des degrés et divers temps, pour la floraison d’un bouquet d’arbustes, de même, dans notre grand comice des arts de la paix, il faudra plusieurs journées pour compléter graduellement toutes les floraisons successives de cet étalage merveilleux des arts et de l’industrie.
- La section française mérite, entre toutes, l’honneur d’une visite. Nous avons déjà dit depuis longtemps que la façade de cette exposition était occupée par un intéressant pavillon d’objets d’art: Dronzes, porcelaines et céramiques. Ce pavillon, dont nous présenterons dans quelques jours le riche inventaire et le détail complet à nos lecteurs, non seulement mérite l’attention de tous les amis du beau, mais même, par la situation privilégiés que le commissaire général de France lui a départie, il assume le devoir de retenir par l’exhibition de ses merveilles l’attention des étrangers. C’est pourquoi nous nous permettrons de • donner à l’administrateur de ce kiosque artistique parisien le conseil d’étaler un peu plue les joyaux de son écrin à l’admiration des passants. Les lecteurs de Y Abeille sont, il est vrai, avertis depuis longtemps des splendeurs qu’ils trouveront sur ce fronton de la galerie française. Mais il n’en est pas de môme auprès des visiteurs américains ou même Orléanais de langue anglaise, pour qui le français est lettre close. Nous avons fait, par patriotisme,, c’est-à-dire par amour du renom français qui fut celui de nos ancêtres, l’impossible pour assurer à cette exposition artistique la place à laquelle elle a droit dans l’examen curieux des visiteurs du palais. Il ne s’ensuit pas de là que le gérant de cette exhibition doive concentrer à l’intérieur d’une estrade trop exiguë les richesses et les merveilles artistiques dont il dispose et qui ne sont pas seulement son patrimoine ni celui de ses patrons, mais celui même de sa nation. C’est pourquoi nous espérons voir, d’ici quelques heures, toutes ces splendeurs de l’art parisien étalées largement aux yeux du public américain suivant l’ampleur qui convient à leur rang.
- On admirera, nous assure-t-on, à l’entrée de ce pavillon, une paire de vases de Sèvres qui attirera l’attention de tous les amateurs., — hélas ! bien peu nombreux sur la terre américaine. Mais ce spécimen suffit pour faire s’arrêter tous les amis du beau et de l’idéal. 11 y a une rose rouge vue de face, .à la première heure de son éclosion, et qui, peinte par le grand Vivies, donne à chacun l’impression d’une fraicheur exquise. On s’étonne même de ne recevoir aucune sensation aromatique. La composition et les détails du bouquet ne
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- laissent rien à désirer. Il faut admirer les effets de lumière glissant sur les feuilles épineuses, retenus à chaque sommet, suivant les différents degrés d’inclinaison.
- Il faut noter aussi les tons jaunis des feuilles qui ont déjà effleuré le sol et qu’a touchées' du doigt la loi physique de transformation universelle. Au sommet du bouquet est une rose-thé inclinée en dehors sur sa tige. Son âge est déjà plus mûr, ainsi qu’en témoignent les pétales jaunissants du centre de la corolle, qui commencent à s’effeuiller. A travers les tiges du bouquet courent les bluets et les pervenches champêtres comme des lianes fleuries, qui concordent à rendre plus vive cette puissante impression de la vie végétative.
- Au verso sont des reines-marguerites élevées sur tige ; les plus hautes de nuance bleu-violet, et les autres d’un carmin vineux. Tous les détails des étamines et des corolles dentelées sont scrupuleusement rendus et réussis. Le bouquet est traversé à gauche par une poétique branche d’aubépine qui répand un charme printanier indicible sur cette gracieuse composition florale, signée encore du môme artiste.
- Cette section française appellera aujourd’hui d’une façon toute spéciale l’attention des visiteurs du palais principal.
- En tête de cette galerie, nous remarquons une nouvelle exhibition de statuettes en terre cuite : pêcheurs et pêcheuses de Dieppe et du littoral de la Manche, d’une exécution très réussie. Tous ces types maritimes sont des œuvres ébauchées à la main. Nous voyons un vieux loup de mer aux traits et à l’allure caractéristiques, puis un petit mousse d’une joufflue ligure juvénile. L’étalage de ces objets d’ornement ainsi que la vitrine de fleurs artificielles qui y confine attirent l’attention de tous les visiteurs qui pénètrent dans la section.
- Nous avons le plaisir d’apprendre, en entrant dans cette galerie, que toutes les difficultés qui s’étaient élevées au sujet des décorations du département français sont aujourd’hui aplanies grâce à des concessions mutuelles de part et d’autre. L’entrepreneur a enlevé les ornementations qui ne plaisaient pas au comité de décoration et les remplacera par d’autres qui seront exécutées conformément aux modèles prescrits. Nous sommes heureux de féliciter tous les intéressés de ce résultat. Tout est bien qui finit bien.
- Toutes les installations qui sont en tête de cette section commencent à présenter un ensemble plein de promesses. Nous voyons entre autres une vitrine de bijouterie religieuse qui sera très remarquée. Citons un chapelet de grosses perles nacrées .d’un riche aspect. Puis deux bénitiers, l’un argent et vermeil, l’autre ébène et or. Il y a aussi au fond de cette armoire vitrée un crucifix d’argent d’un effet resplendissant. Sur les étagères sont étalées des statuettes et des ornements du culte en vermeil. Mais ce qu’il faut surtout citer, c’est une décoration religieuse placée au plafond de cette vitrine, dont le centre est occupé par un cœur or ou vermeil et autour duquel divergent des rayons resplendissants formés de grosses perles blanches très brillantes.
- A côté se trouve une nouvelle armoire de fleurs artificielles de Paris. D’élégants bouquets pour mariées, des diadèmes et des coiffures de fleurs d’oranger, gracieusement disposés, souvenir d’un jour que quelque famille honnête conservera ensuite comme relique de sa fondation ou de son berceau pendant plusieurs générations.
- Au centre de la galerie, on nous fait pénétrer dans un cabinet noir, formé par la tenture de draperies épaisses, et dans l’obscurité duquel brillent de nuances violettes phosphorescentes des roses en porcelaine d’une fabrication ingénieuse. Ces fleurs en porcelaine sont du reste utilisées pour d’autres applications que la composition des bouquets lumineux. Nous voyons de gracieux bénitiers garnis de myosotis, dont la vasque minuscule est formée d’une corolle de rose à son dernier degré d’épanouissement, des bougeoirs fleuris, des vide-poches et une foule d’objets d’intérieur peu coûteux, mais d’une élégance ravissante.
- En face de là, se trouve une grande exposition de produits vinicoles de Bordeaux, dont nous publierons prochainement tous les remarquables détails. Nous apprenons, sur cette estrade, que l’avant-dernière nuit l’on a dérobé sur les étagères de la pyramide centrale de cette exhibition, une bouteille de Château-Latour. Ce qui prouve peut-être que l’adroit larron, auteur de ce méfait, aurait un goût assez marqué pour les grands crus de la Gironde.
- Ce fait rend plus opportune que jamais la convocation lancée par M.le commissaire général aux exposants français, et les priant de se réunir aujourd’hui à deux heures à l’entrée de la galerie de France, afin de discuter ensemble certaines mesures d’intérêt général, parmi lesquelles se place au premier plan la question de la nomination d’un gardien spécial qui aurait pour mission de veiller la nuit sur les propriétés particulières de la section française.
- Dimanche - 1 5 Février 1.88b'. — yi
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- L’Union artistique, de la place Vendôme, fidèle à ses principes, nous offre, cette anne'e encore, un lot assez considérable de peintres dits « arrivés » ; tels que. Gérôme, Cabanel, Baudry, Carolus Duran et Meissonier.
- Quoi. qu’en aient dit les plus iconoclastes des intransigeants de la peinture, Cabanel restera comme un des fins portraitistes du siècle. Son portrait de Mme L. P., et surtout celui de Mnic M., avec sa robe noire, ses cheveux blancs et ses carnations d’ivoire, ne sont pas des meilleures : mais nous y retrouvons des qualités d’exécution distinguée et de coloris agréable. Gérôme, lui, toujours préoccupé d’une facture serrée, nous présente un lion superbe accroupi dans une caverne aux tonalités d’un vert sourd. Ce n’est sans doute pas le dernier mot de la sauvagerie et l’on pourrait objecter au maître un peu trop de perfection voulue : mais il faut accepter tel qu’il est ce rude et invariable tempérament d’artiste. Carolus Duran, moins soucieux du détail et de la ligne proprement dite, a procédé largement dans lé portrait de Mme la Comtesse ***. Les chairs sont fermes, le modelé habile et le profil aristocratique, mais les cheveux, comme rendu, rappellent trop les copeaux d’acajou. Plus heureux et plus sobre avec le portrait de son fils, debout dans son habit bleu noir sur un joli fond gris, Carolus s’est montré aussi virtuose que de coutume. De là à Velasquez, il y a cependant une distance.
- J’avoue n’avoir pas été charmé par les portraits de Paul Baudry. Cette peinture singulière, qui a l’air grattée et dont le dessin indécis paraît effiloché, n’est pourtant point celle du premier venu ! Mrae L. P., avec sa carnation d’un rose passé qui s’enlève sur un fond bleu, et le jeune R. F., avec ses beaux cheveux blonds, sont, parait-il, fort ressemblants. Nous regrettons alors, pour eux, la manière bizarre et très peu charmante dé Baudry. M. Aublet, au contraire, s’attache avec un soin infini à l’interprétation de la grâce féminine : MmcC.A., une Parisienne exquise, dont la peau d’ambre clair contraste avec un fond d’or fin, mérite une attention admirative : c’est là du bon modernisme, sans tricherie, et de l’art très caractéristique. M. Benjamin Constant, peu soucieux des beautés mondaines, nous entraîne toujours vers son cher Orient. Mais son Sultan au Maroc ne nous apprend rien de nouveau. La foule aux habits multicolores, le grand portail aux tons d’ocre, tout cela nous est connu et applaudi depuis longtemps. Un exotique ou plutôt un préhistorique, Ferdinand Cormon, a quitté nos aïeux farouches pour peindre Mme F., une dame mûre et grassouillette, aux tonalités sourdes mais fines. Le dessin est sûr, la couleur harmonieuse.
- Parmi ces portraitistes gardons-nous d’oublier Wencker ; c’est un des plus consciencieux et des plus savants artistes que je connaisse. Le portrait de Mmo C., dont les épaules blanches sortent d’une robe rouge, est excessivement vivant : le dessin est poussé à ses dernières limites sans que la couleur en souffre et sans que l’aspect d’ensemble soit sacrifié. Nous en dirons autant de son Portrait d’enfant, moins important toutefois.
- Un autre prix de Rome, Chartran, se manifeste avec beaucoup moins d’éclat; son portrait e Mlle L. B., une personne fort aristocratique dont la robe rose passé ressort doucement sur un fond clair, semble un peu inspiré de Chaplin : le dessin, trop accentué, est presque prétentieux. J’en dirai' autant de sa Vénus à la Coquille. Un artiste fort à la mode, Sargent, nous montre aussi des beautés-contemporaines : mais Mme T.L., ne doit pas être fort flattée. Cette grande figure maigre aux chairs un peu violacées, qui sort d’une robe jaune tirant sur le vert, ne manque pourtant point de caractère et le dessin en est hardi : c’est le charme qui manque. Cette qualité peut-elle s’acquérir ? J’en doute fort. Je voudrais bien, à propos de charme, m’extasier sur les deux toiles de Meissonier : Joueurs de boule dans le fossé d’Antibes, En aval du Pont de Poi'ssjy : mais il m’est impossible d’admirer ces deux toiles. Un métier prodigieux, un dessin irréprochable, et après ? Cet art qui appelle la loupe est l’art d’un maître, sans doute : cependant Gérard Dow et Terburg sont dix fois plus agréables à voir. Le but du peintre est-il exclusivement l’exécution, le rendu ? Je ne puis me résoudre à cet amoindrissement de l’esthétique. Parlons enfin d’un peintre aux instincts de poète, Lerolle. Son paysage d’automne, avec son ciel brouillé, ses terrains pâles, ses meules de foin et ses envolées de corbeaux, tient un peu du rêve, et à son tour il nous fait rêver. C’est la facture large des grands paysagistes. E11 appliquant cetté méthode aux portraits, Lerolle a obtenu des effets très délicats dans sa Jeune fille qui chante. Ce dessin enveloppé-, ces tonalités chaudes, cette couleur discrète et sombre attirent et retiennent le spectateur.
- Sansd ire du mal de Gervex, avouons qu’il n’est pas trop poète. Mme X., dont les carnations de brune contrastent . avec une robe blanche, -et
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- 8. — Première Année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Février i885.
- N°
- Mme Blerzy (portrait un peu veule) ne sont pas de ses meilleures toiles. Il a fait plus lumineux et plus juste.Quant au célèbre Jacquet, il n’a pas dévié de sia manière délicate dans sa Tête de jeune fille. fl veut réincarner le xviii® siècle : lourde tâche quand on est précédé par Watteau !
- Parmi les paysagistes, je citerai surtout Français; le château de Clisson aux murs sévères et sa matinée représentant un sous-bois et une mare semée de taches de soleil sont des œuvres de premier ordre. Il connaît la nature, il l’aime, il vit avec elle et il nous la rapporte toute frémissante, toute voilée de poésie, ou doucement pénétrée de soleil.Quel musicien exquis que Français ; et comme il me fait souvent songer à Mendelssohn !
- Mentionnons, pour terminer, des portraits d’Hermann Léon, de Maxime Faivre et de Jules Lefebvre ; de beaux paysages par Maurice Courant, ui connaît si bien la mer et ses finesses d’aspect; eux bonnes études d’animaux, par Paul Vayson, et un poétique Repos de Japy, inspiré sans doute par les rochers gris et les prairies de Franche-Comté.
- Dans la sculpture, nous avons remarqué, au milieu d’excellentes œuvres, le magnifique buste de la comtesse de Paris, par Franceschi. C’est d’une grande simplicité et d’une royale allure.
- L’exposition du cercle Volney est également fort curieuse. Moins académique peut-être, elle est aussi variée.
- Citons, parmi les matadores de l’art, Bonnat, Bouguereau, Benjamin Constant, Carolus Duran et Henner.
- Bonnat a fait le portrait de Louis Enault. Cette œuvre solide semble inachevée : elle n’a donc point les qualités de relief et de vie qui caractérisent les œuvres du maître quand elles sont tout à fait « poussées ». Henner, lui, nous a donné un admirable portrait de Feyen-Perrin, le peintre à la barbe grise, à l’œil profond, à la tête de Christ. Ses carnations ivoirines se détachent sur un fond d’un rouge sombre avec puissance et le modelé de cette belle figure est exécuté avec l’onction familière au maître. C’est toute une harmonie que cette petite toile où le sentiment d’une physionomie est interprété avec tant de largeur et en même temps de précision. La Zoraïda de Benjamin Constant fait grand effet; mais je n’aime pas follement ces tons jaunes de la chair et ces modelés unis et parfaits. Néanmoins, c’est là de l’orientalisme intelligent et brillant, j’allais presque dire mélodramatique. Carolus, toujours semblable à lui-même, nous présente un profil d’enfant bien portant, largement peint. Mais pourquoi toujours ces diables de cheveux en copeaux? Sans faire du Meissonier, on peut cependant donner au visiteur l’illusion souple de la chevelure.
- Cette année, Gabriel Ferrier nous semble préoccupé par les toiles de genre. Son farniente est très agréable, du reste : la Jolie Liseuse couchée dans les draps blancs est d’un aspect très franc et d’une couleur très vibrante. Voilà de l’impressionnisme bien entendu.
- Très compris, également, le portrait de M. Leys, par Laguillermie.
- Quant à Wencker, je lui répéterai les mêmes éloges pour son portrait de Paul B.... Ce qu’il fait est non seulement « très fort », comme on dit, mais encore très vivant et très exact.
- Une Blonde, tel est le titre d’une tête de Besnard : Une Bleue aurait été plus juste, d’après les railleurs, et les tons violacés de cette figure distinguée ont agacé les puristes. Malgré cela, la blonde de Besnard est une étude des plus fines et des plus séduisantes ; ces modelés moelleux, ces délicatesses dans les yeux et dans la bouche m’ont fait songer, je l’avoue sans honte, au divin Prudhon. Un
- Sortraitiste plus mondain et plus classique, 'elaunay, a exposé une jolie toile MmeT., ; mais il était inutile de peindre derrière cette personne intéressante des arbres singuliers d’un impressionnisme primitif.
- Parmi les paysagistes, citons Emile Barau qui a rapporté de Champagne un coin de village, aux tons fins et orageux, traduit dans une gamme discrète; Cazin, avec son poétique novembre aux arbres rouillés (mais hélas! le ciel est en papier); Japy, avec sa falaise qui s’enlève bien sur un ciel léger et une mer infinie, et Porcher, auteur d’une Ecluse dans la Vallée de Rossillon, trop inspirée néanmoins de la manière de Français. Je n’oublierai pas la consciencieuse et excellente étude de Courtois, la Fontaine de Saint-François d’Assises à Locarno et une très délicate impression de Blayn, les Bords de la Dives, le [soir : les terrains violacés, le village lointain aux lumières naissantes, la gardeuse d’oies qui ramène son troupeau, tout cela est peint avec des finesses de ton vraiment inspirées par la nature. MM. Tattegrain, Damoye et Feyen n’ont pas été inférieurs à eux-mêmes dans leurs marines et leurs paysages.
- III
- On connaît le fameux quatrain :
- La peinture à l’huile C’est bien difficile Mais c’est bien plus beau Que la peinture à l’eau.
- Ces vers célèbres ne sont pas applicables à
- l’exposition des aquarellistes où nous trouvons au contraire nombre d’œuvres colorées et vibrantes.
- C’est Maurice Courant qui nous représente la mer, ou laiteuse et ouatée de lumière, ou flagellée par le vent et mêlant à ses verdeurs des panaches d’écume ; c’est Mme de Rothschild, qui malgré une facture un peu lourde, évoque habilement l’aspect des mers orientales ou des chaumières abandonnées; c’est Emile Adam qui sait rendre avec beaucoup de simplicité harmonieuse les poses des enfants ; j’ai remarqué notamment les petits grapilleurs qui vont glaner des raisins dans les vignes aux feuilles rousses. Charmante vision d’automne.
- Applaudissons enfin le maître toujours sympathique, Français, interprète convaincu des lacs bleus d’Italie, des clairières à demi ensoleillées ou des grands vallons dont les frondaisons lointaines et bleuâtres moutonnent sous un soleil discret. Herpignies, lui aussi, est un amoureux des champs et des bois : il a exprimé, avec bonheur, la mélancolie des ciels d’octobre et de novembre, leurs nuances infinies qui vont du jaune pâle au vert léger, et les presque insaisissables tonalités des terrains où tombe le crépuscule. Je voudrais louer galamment Madeleine Lemaire et, de fait, c’est une très habile artiste : mais j’avoue qu’elle me semble trop adroite : les groseilles blanches et rouges, les reines-marguerites, les oranges et les faisans, tout cela manque un peu d’imprévu dans la facture.
- En dehors des paysagistes et de ceux qu’on a appelés, par un barbarisme étrange, les nature-mortiers, signalons John-Lewis Brown, qui fait éclater avec obstination la veste rouge du cavalier sur de vertes forêts, lestement brossées; Lambert, l’ami des chats, l’intimiste charmant qui connaît les souplesses et les grâces de ces bêtes captivantes, et Maurice Leloir dont les illustrations de Manon Lescaut, composées dramatiquement comme des scènes théâtrales, sont frappantes de caractère et de couleur. J’aime beaucoup moins Jules Worms : ses portraits d’enfants ou d’hommes du monde sont puissamment exécutés, mais le ton est un peu commun. Heilbuth, au contraire, semble chercher les notes voilées : ses Religieuses causant dans une vieille cour avec de petits enfants et sa Maraîchère sont enveloppées d’une poésie voulue et qui s’éloigne un peu de la nature. Mais on peut être charmant sans être un copiste exact. Eugène Lami a exposé des scènes fort intéressantes du Directoire et du xvme siècle ; je lui reprocherai les taches multicolores des costumes et du paysage : cette multiplicité de notes nuit à l’aspect d’ensemble et ne forme pas une harmonie de coloriste. Jean Béraud, au contraire, procède par oppositions violentes : son coin de théâtre où des spectateurs sont vus, moitié éclairés par le lustre et moitié dans l’ombre, est vraiment curieux. Certaines physionomies béates m’ont fait songer aux célèbres charges d’Hogarth.
- Détaillé, avec ses soldats russes et Neuville avec ses Prussiens, sont, comme toujours, des artistes fort originaux. N’oublions pas non plus un agréable escalier décoratif, encombré de femmes nues, par Dubufe, et de bonnes études de choux,de villas, et de falaises par Roger Jourdain. Les scènes de genre d’Adrien Moreau et les chouanneries de Le Blanc ne doivent pas être passées sous silence. Le Blanc a vraiment le sens de l’époque tragique qu’il nous représente chaque année. C’est un peintre qui pense, qui observe, qui sait son histoire et la comprend.
- Charles Grandmougin.
- TRIBUNAUX
- TRIBUNAL CIVIL DE LA SEINE
- Audience du 6 féorier 1885
- Brevet d’invention. — Application nouvelle de moyens connus. — Résultat nouveau. — contre-façon.
- Chacun sait qu’à côté ds M. Choubersky, l’inventeur bien connu du poêle mobile, une maison rivale, dirigée par MM. Lévy frères, était venue s’installer sur la place de l’Qpéra. Auprès du « poêle américain » de M. Choubersky, on pouvait voir le «poêle irlandais» de M. Lévy de même genre et de même apparence, si bien que le public se trompait fréquemment. On comprend que, dans ces circonstances, M. Choubersky ait intenté à son voisin un procès en contrefaçon et en concurrence déloyale.
- L’invention brevetée dont se prévaut M. Choubersky a un triple caractère ; elle se compose de : 1°_ une disposition de trois cylindres concentriques, telle que l’air atmosphérique soit amené par une conduite contre les parois du creuset où fl s’échauffe, pour se mêler ensuite aux produits gazeux du foyer et les brûler ; le tout sans autre ouverture , dans toute la partie supérieure à la grille, que le tuyau de fumée, et clos sur le dessus
- par un couvercle hermétique au sable ; 2° deux grilles combinées à la base du creuset; l’une à barreaux écartés à demeure, l’autre posée immédiatement au-dessous pouvant être retirée à volonté de manière à obtenir l’ébranlement de la masse en combustion, et la libre tombée des cendres et des résidus pierreux ; 3° un poêle assis sur pied et roulettes disposées de façon que, par un léger mouvement sur un axe horizontal, l’assise soit portée sur les seules roulettes afin que la mobilité de l’appareil permette le chauffage de plusieurs pièces. C’est ce triple système que M. Choubersky accuse son adversaire d’avoir contrefait.
- Pour sa défense, M. Lévy a prétendu que les différents systèmes pour lesquels M. Choubersky a pris son brevet avaient déjà été connus et exploités séparément par divers inventeurs: ainsi il soutient qu’antérieurement au brevet de Choubersky, des cylindres concentriques ont été employés dans-les calorifères Phénix, ou dans ceux de la Compagnie du gazon décrits dans un brevet Carville ; que des grilles combinées et mobiles ont été soit en France, soit en Angleterre, appliquées aux foyers, notamment dans le brevet délivré à M. Caiizinski le 14 janvier 1874, ainsique par MM. Rialan et Dumas ; qu’enfin les rouletttes sont du domaine public puisqu’elles ont été appliquées aux poêles de 1838 et que le couvercle à joints de sable a déjà été décrit dans un brevet Goëmens en 1845.
- Et M. Lévy conclut en disant que l’emploi par M. Choubersky de ces moyens connus ne constitue pas une combinaison nouvelle, mais une simple juxta position qui n’est pas brevetable, que dès lors le brevet doit être annulé et qu’en conséquence la prétention du demandeur ne saurait être admise par le Tribunal.
- Le point intéressant à juger était bien en effet de savoir si la réunion de systèmes connus, comme dans le poêle Choubersky, était une combinaison nouvelle brevetable et susceptible de privilège, ou si elle n’était qu’un simple arrangement non capable de recevoir un brevet.
- Le tribunal a décidé que les brevets antérieurs sur lesquels s’appuyait M. Lévy ne s’appliquaient pas à des systèmes identiques à ceux de M. Choubersky, mais lors que, même que ces systèmes partiels seraient absolument semblables aux trois parties du poêle Choubersky, leur réunion constituait une application nouvelle par combinaison de moyens connus; le brevet est donc valable et le tribunal a condamné M. Lévy comme contrefacteur à 6,000 fr. de dommages-intérêts.
- La jurisprudence est d’ailleurs d’accord sur ce point, que, même si chacun des éléments d’une invention, considéré à part, a été antérieurement divulgué, leur combinaison d’ensemble est susceptible d’être brevetée si elle donne un résultat nouveau.
- LES THÉÂTRES
- La Maison des Deux Barbeaux à l’ODÉON L'Ile aux Corneilles
- André Theuriet, le poète des prairies lorraines, des sous-bois tachés de soleil et des paysages embaumés par les fenaisons, est descendu cette fois à des réalités moins lyriques. Ses romans, comme Mademoiselle Guiynon ou la Fortune cVAngèlc, pouvaient du reste nous faire pressentir un auteur dramatique. Pour être plus sûr de son succès, il s’est adjoint un collaborateur, M. Lyon.
- La pièce les Deux Barbeaux n’est pas compliquée. Il s’agit de deux droguistes , aimablement appelés par les auteurs les frères Lafrogme, d’une dame Coulâmes et de sa fille, (parentes des deux héros), d’un substitut et d’un chef de division. N’oublions pas, par parenthèse, que Theuriet est chef de bureau aux finances ; nous pensons bien que, dans sa pièce, il 11’a fait allusion à aucun collègue ou supérieur malencontreux. Laurence épouse un des frères Lafrogne ; le ménage est troublé par le bureaucrate Nivard, ancien prétendant éconduit ; le substitut joue le rôle du Roméo compromettant et tout va tourner au drame; mais comme il n’y a eu ni vertu oubliée, ni abandons coupables, tout finit bien dans cette comédie peu riche en ficelles, mais fort curieuse et très bien écrite. C’est là une œuvre de finesse et d’observation , bien jouée par MM. Chelles et Cornaglia, Mmes Régis, Baréty et Crosnier.
- L'Ile aux Corneilles, une bluette de d’Hervilly, a bien réussi auprès du public, lettré du même Odéon. Le poète du Harem et des Baisers, le fantaisiste de l’ancienne Lune, rime comme personne et rendrait des points à Victor Hugo. On a applaudi ses alexandrins sonores et contournés comme des bronzes japonais.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 22 Février 1885. NUMÉRO 8.
- SOMMAIRE:
- i. Bulletin; Partie officielle: Commission consultative ; Exposition coloniale; 2. Commission consultative; 3. Exposition coloniale française à Anvers ; 4. Echos; 5. M. du Sommerard ; 6. Les conditions sociales de la production ; 7. Concours général agricole de 1885 ; 8. Les Expositions des beaux-arts ; 9. Union artistique de Toulouse; 10. La crise agricole, 11. Revue des ventes ; 12. Tribunaux; i3. Les théâtres.
- BULLETIN
- La dernière séance de la commission d’organisation de l’Exposition universelle de 1889 a été tout entière consacrée à l’examen de l’importante question du capital de garantie.
- M. Boulanger, directeur général des domaines, au nom de la sous-commission des finances, a donné lecture d’un rapport concluant à la constitution d’un capital de 10 millions.
- Une longue discussion s’est engagée à ce sujet. M. Christophle, gouverneur du Crédit foncier, a notamment insisté pour que l’on constituât un capital assez élevé pour garantir la totalité des recettes espérées.
- C’est cette solution qui a prévalu. La commission se réunira de nouveau lundi prochain, et étudiera les conditions relatives à l’exécution de la résolution qu’elle vient de prendre.
- C’est décidément le 1er mars que s’ouvrira à Paris l’exposition de la meunerie et de la boulangerie. Elle durera jusqu’au 1er mai.
- Le ministère du commerce vient de publier le 1er et le2me fascicule du Bulletin consulaire pour 1885. Nous né saurions trop appeler l’attention de l’industrie et du commerce français sur cette importante publication qui les renseigne périodiquement, de la manière la plus exacte et la plus précise, sur le mouvement commercial des diverses nations du monde.
- Le dernier fascicule renferme notamment plusieurs rapports des plus intéressants. Nous signalerons notamment celui de M. Robus Borghers, consul général de France, sur le mouvement commercial et industriel d’Anvers en 1883; celui de M. Amédée Marteau, consul de France, sur l’influence du chemin de fer de l’Arlberg sur les relations commerciales de la France avec l’Autriche-Hongrie; celui de M. G -B. d’Anglade, gérant du consulat général de France à Montevideo, sur le commerce extérieur de l’Uruguay en 1883. Il y a là beaucoup de renseignements qui pourraient être très utiles à notre commerce d’exportation.
- PARTIE OFFICIELLE
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Séance du mardi 27 janvier
- La séance est ouverte à neuf heures et demie.
- M. le Président informe la Commission que le ministre du commerce la prie de lui adresser le plus tôt possible son rapport afin qu’il puisse en saisir les Chambres. Il ajoute que la Commission est bien près d’avoir achevé son travail.
- L’emplacement a été choisi; la sous-commission de l’avant-projet est prête à soumettre à la Commission le plan qu’elle a adopté. Restent seulement à fixer les divers points relatifs au capital de garantie, qui seront étudiés à la prochaine réunion de la sous-commission des finances.
- Sur l’invitation de M. le Président, M. Boulanger donne lecture d’un rapport sur la formation du capital de garantie, ainsi que d’un projet de statuts pour la société qui serait constituée. L’étude de ces documents est renvoyée àla sous-commission des finances.
- M. Grenier présente un rapport sur les entrées du soir aux expositions d’électricité de Paris et d’hygiène de Londres et particulièrement sur la façon dont les exposants ont participé aux charges et aux bénéfices de ces entrées du soir.
- Ce rapport est également renvoyé à la sous-commission des finances.
- M. le Président propose aux membres de la sous-commission des finances de se réunir le jeudi 29 février.
- M. Pallain fait remarquer qu’il est essentiel que la sous-commission des finances ne se réunisse qu’un jour où MM. les gouverneurs de la Banque et du Crédit foncier pourront assister à la séance.
- M. le Président dit que M. Christophle lui a fait savoir que, retenu dans l’Orne, il ne pourrait être de retour à Paris que le 3i janvier. Il prie donc la sous-commission de se réunir à cette date.
- La séance est ensuite levée à dix heures trois quarts.
- EXPOSITION COLONIALE
- DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, A ANVERS
- RAPPORT PRÉSENTÉ AU MINISTRE DE LA MARINE
- ET DES COLONIES, PAR M. FÉLIX FaURE, SOUS-
- secrétaire d’État.
- Paris, le 27 mai 1884-
- Une exposition universelle doit avoir lieu à Anvers en 1885 et le gouvernement belge a demandé à M. le Président du conseil que la République française y participât officiellement.
- Le ministre estimera, sans nul doute, qu’au moment où notre puissance coloniale s’affirme et grandit, il est indispensable que les colonies soient représentées à l’Exposition d’Anvers. Elles pourront y prendre une part brillante. Les produits du Cambodge, de la Cochinchine, de l’Annam et du Tonkin donneront un intérêt considérable à notre section coloniale.
- Les colonies françaises n’auront pas vis-à-vis des colonies anglaises, espagnoles et néerlandaises, cette situation un peu effacée que j’ai constatée à Amsterdam et qui a été assez vivement relevée. Aussi il est bon que leur exposition soit distincte de celle qui sera organisée par le département du commerce; qu’elles aientleurcomité d’organisation spéciale et leur commissariat propre : il résulte manifestement d’ailleurs, de sa lettre du 19 mai que M. le Président du conseil partage cette manière de voir.
- J’ai donc l’honneur de proposer au ministre de signer le projet d’arrêté ci-joint tendant à nommer
- le comité d’organisation de l’exposition coloniale de la République française à Anvers. Ce comité tiendra ses séances au palais de l’Industrie, dans les locaux de l’exposition permanente des colonies.
- En ce qui concerne l’organisation du commissariat, je crois qu’il est utile que le département conserve la haute main sur l’administration de notre exposition. Je demanderai donc au ministre de designer en qualité de commissaire, le chef de service, M. Albert Grodet, qui a les expositions dans ses attributions. Il remplira ses fonctions sous ma direction et, comme une fois les produits expédiés à Anvers, il ne pourra se rendre dans cette ville que périodiquement, sauf pendant la session du jury qu’il suivra tout entière, je prierai le ministre de nommer commissaire-adjoint M. de No^eille, conservateur de l’exposition permanente des colonies. De même qu’à Amsterdam, M. de Nozeille sera chargé des installations, et demeurant à Anvers toute la durée de l’Exposition, il suppléera le commissaire pendant son absence.
- Le sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies,
- Signé : Félix Faure.
- Approuvé :
- Le vice-amiral,
- ministre de la marine et des colonies,
- Signé : A. Peyron.
- ARRÊTÉ MINISTÉRIEL
- CONSTITUANT LE COMITÉ D’ORGANISATION
- Le vice-amiral, ministre de la marine et des colonies ;
- Vu la lettre de M. le Président du conseil en date du 19 mai 1884;
- Considérant qu’il importe de prendre, dès maintenant, les mesures nécessaires pour assurer la participation des colonies françaises à l’Exposition universelle qui aura lieu à Anvers en 1885 ;
- Sur le rapport du sous-secrétaire d’Etat,
- ARRÊTE :
- Article.Premier. — Il est institué un comité d’organisation de l’Exposition coloniale de la République, à Anvers.
- Article 2. — Le comité sera composé de la manière suivante ;
- Président : M. Félix Faure, député, sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies.
- Vice-Présidents : MM. Schœlcher, sénateur, vice-Président du conseil supérieur des colonies; Maurice Rouvier, député des Bouches-du-Rhône, ancien ministre du commerce et des colonies; de Mahy, député de la Réunion.
- Membres: MM. le général vicomte de la Jaille, Jacques Hébrard, Michaux, Milhet, Blancsubé, Gerville-Réache, Sarlat, Franconie, Hurard, Deproge, Dur eau de Vaulcomte, Pierre Alype, Gasconi, Germain Casse, de Lanessan, M. de Faymoreau, Moncelon, Louis Henrique, Moreau, le délégué de Haïti au conseil supérieur des colonies, Albert Grodet, de Nozeille, Jacques Haussmann, Ducret, A. Nivert.
- Secrétaires : MM. Gustave Gabrié, Louis Vignon.
- Secrétaire-adjoint : M. J.-L. Deloncle.
- Article 3. •— Le sous-secrétaire d’Etat est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Paris, le 27 mai 1884.
- Signé : A. Peyron.
- NOMINATION du commissaire et du commissaire-adjoint DE l’exposition COLONIALE DE LA RÉPUBLIQUE.
- Par décision ministérielle du 27 mai 1884, M. Albert Grodet, sous-directeur des colonies, a été nommé commissaire de l’exposition coloniale de la République, à Anvers.
- Par décision ministérielle du même jour, M. de Noqeille, conservateur de l’exposition permanente des colonies, a été nommé commissaire-adjoint de l’exposition coloniale de la République, à Anvers.
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- 58. — Première Année — N° 8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Février 1885.
- ire RÉUNION DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Séance du 31 mai 1884
- M. Félix Faure, sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, préside la séance à laquelle assistent entre autres membres, MM. Schœlcher, Michaux, Jacques Hébrard et de la Jaille, sénateurs ; M. Deproge, Hurard, Gerville-Réache, Sarlat et de Lanessan, députés; M. Albert Grodet, commissaire de l’Exposition, etc., etc.
- M. Félix Faure expose les motifs qui ont poussé le gouvernement à décider qu’une section spéciale des colonies françaises serait installée à Anvers. Il insiste sur la nécessité de donner à cette section une organisation et une vie propres, indépendantes de la section organisée par le ministre du commerce.
- M. Deproge, député, propose d’émettre le vœu suivant :
- Considérant que dans les Expositions universelles internationales, les colonies étrangères ont toujours été représentées par un commissaire général, de même que leur métropole respective ;
- Considérant que l’importance grandissante des colonies françaises justifie en leur faveur un traitement analogue ;
- Considérant qu’au moment où la France suit une politique d’extension coloniale, il est nécessaire d’affirmer à l’étranger l’existence de ses colonies ;
- Le comité d’organisation émet le vœu :
- Que l’Exposition coloniale de la République à Anvers ait son autonomie et possède un commissariat spécial, indépendant du commissariat de la section métropolitaine.
- Ce vœu est appuyé par M. Schœlcher et par M. de Lanessan. Il est adopté à l’unanimité.
- M. Félix Faure propose de nommer un comité exécutif qui sera chargé de préparer, de concert avec l’administration, la section coloniale française.
- Le comité procède à la désignation des membres du comité exécutif.
- COMITÉ EXÉCUTIF
- DE L’EXPOSITION COLONIALE DE LA RÉPUBLIQUE A ANVERS
- Ce comité est composé de la manière suivante.
- Président : M. Jacques Hébrard, sénateur.
- Membres : MM. Hurard, député; Gasconi, député ; de Lanessan, député ; Albert Grodet, sous-directeur des colonies ; de Noçeille, commissaire-adjoint de l’exposition coloniale ; Ducret, vice-président du Syndicat général du commerce et de l’industrie ; A. Nivert, rédacteur en chef du Moniteur des Colonies.
- notices on obtienne un catalogue général utile à consulter.
- M. de Lanessan appuie vivement les observations du Président.
- M. Ducret croit qu’on doit faire une petite exhibition des objets spécialement fabriqués en France en vue d’être exportés sur les colonies. Une circulaire aux Chambres syndicales pourrait réclamer cette catégorie d’objets.
- M. Albert Grodet approuve cette proposition qui est adoptée.
- Séance du 11 juin 1884
- Le projet de circulaire aux Chambres de commerce et aux Chambres syndicales est approuvé.
- Cette circulaire est ainsi conçue ; elle porte la date du 28 juin 1884:
- Monsieur le Président,
- M. le ministre de la marine et des colonies vient déformer, sous la présidence de M. Félix Faure, Sous-Secrétaire d’Etat , un comité chargé de l’organisation de la section coloniale de la République française à l’Exposition d’Anvers.
- Dès ses premières séances, ce Comité a pensé que, pour remplir dignement la mission qui lui était confiée, il convenait d’exposer non seulement les matières premières et produits naturels dont les marchés européens peuvent avantageusement s’approvisionner dans nos colonies, mais encore les objets fabriqués dans la métropole en vue de la consommation coloniale.
- La connaissance de ces objets pourrait provoquer des demandes des colonies tant étrangères que françaises et y développer, par conséquent, notre commerce d’exportation.
- Pour atteindre ce but si désirable, il faudrait, dans la pensée du Comité, se borner à exposer les articles qui donnent lieu à un trafic effectif et écarter ceux dont les débouchés encore incertains risqueraient, pour ce motif, d’égarer nos industriels et nos commerçants.
- Le Comité, qui, d’ailleurs, se réserve la faculté d’admission, recommande d’envoyer exclusivement des échantillons de petite dimension, les expositions particulières de chaque industriel devant rentrer tout naturellement dans l’exposition. générale métropolitaine.
- Le Comité exécutif de l’exposition coloniale française à Anvers, siégeant à Paris, palais de l’Industrie, porte XII, tiendra à la disposition des intéressés les renseignements dont ils pourraient avoir besoin.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre considération la plus distinguée.
- Secrétaire : M. J.-L. Deloncle, licencié en droit, attaché au ministère de la marine et des colonies.
- NOMINATION
- DE NOUVEAUX MEMBRES DU COMITÉ D’ORGANISATION
- Par décision ministérielle du 26 juillet 1884, ont été nommésmembres du Comité d’organisation:
- M. le Dv Pierre, directeur du jardin botanique de Saigon , et M. Arnould, membre de la commission de surveillance de l’Exposition permanente des Colonies.
- Par décision ministérielle du 27 octobre 1884, M. Hallaure, ancien négociant au Havre, a été nommé membre du Comité d’organisation.
- NOMINATION
- DE NOUVEAUX MEMBRES DU COMITÉ EXÉCUTIF
- Par décision du sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies du 10 novembre 1884, ont été désignés pour faire partie du Comité exécutif :
- MM. Jacques Haussmann, chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat, chef du bureau du régime économique des colonies , au ministère de la marine ; Pierre, directeur du jardin botanique de Saigon ; Arnould, membre de la commission de surveillance de l’Exposition permanente des colonies.
- RÉUNIONS DU COMITÉ EXÉCUTIF
- Ainsi constitué , le Comité exécutif s’est fréquemment réuni pour étudier les diverses questions se. rattachant à l’organisation de l’Exposition coloniale.
- Séance du 4 juin 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Jacques Hébrard expose ce que doit être, à son avis, l’exposition des colonies. Il pense que cette exposition doit briller moins par le nombre et l’étalage des produits que par leur qualité et leur importance. Chaque produit doit avoir sa notice complète pour que par la réunion de ces
- Pour le Comité exécutif : Le sénateur Président , . Signé : Jacques Hébrard.
- Pour ampliation :
- Le sous-directeur des colonies Commissaire de l’Exposition coloniale de la République Française à Anvers
- Signé : Albert Grodet.
- Séance du 25 juin
- PRÉSIDENCE DE M. DE LANESSAN, DÉPUTÉ
- M. Albert Grodet fait connaître que le Comité belge a accordé la gratuité de l’emplacement qui sera occupé par les colonies françaises à Anvers.
- Le Comité s’occupe de la question du catalogue.
- A ce sujet, M. de Lanessan pense que des cartes des colonies françaises devraient être insérées dans le catalogue.
- Les membres du Comité se répartissent le travail de rédaction du catalogue.
- M. Albert Grodet est chargé de la notice générale économique.
- M. de Lanessan et M. de No^eille devront préparer les notices scientifiques des produits coloniaux.
- M. Ducret rédigera la partie du catalogue afférente aux objets fabriqués en France pour la consommation coloniale.
- Séance du 9 juillet 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Albert Grodet dit que la demande de crédits pour l’Exposition coloniale est comprise dans le projet de loi déposé pour l’exposition française par le ministre du commerce.
- Le comité s’occupe de la décoration intérieure à donner à l’exposition coloniale.
- M. Albert Grodet estime qu’il faudrait donner à cette ornementation un caractère oriental.
- Séance du 16 juillet 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Jacques Hébrard dit que le catalogue devrait publier non des cartes déjà parues, mais des cartes spéciales contenant les renseignements et indica-
- tions particulières qu’il serait utile de connaître au point de vue du commerce, de l’industrie et de la colonisation.
- Le comité discute la question et décide d’entendre à ce sujet M. Desbuissons, géographe du ministère des affaires étrangères.
- Séance du 23 juillet 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Desbuissons fournit au comité des renseignements très complets sur la confection de cartes spéciales des colonies françaises telles que M. Jacques Hébrard désirerait les'publier.
- M. le Président demande à l’administration de donner des instructions aux administrations coloniales pour que les renseignements géographiques dont il a parlé soient inscrits sur une carte de la colonie.
- M. Albert Grodet répond que le département des colonies prendra ses dispositions en conséquence et qu’une circulaire en ce sens sera adressée aux gouverneurs et commandants des colonies.
- Séance du 22 octobre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Albert Grodet, commissaire de l’Exposition, fait un exposé très complet de l’organisation de l’Exposition. Il fournit des renseignements sur le pavillon qui recevra l’exposition des colonies françaises.
- Le comité vote des remerciements au sous-secrétaire d’Etat, M. Félix Faure et à M. Albert Grodet, pour le zèle et l’intelligence dont ils ont fait preuve dans la préparation de l’Exposition.
- La^question des cartes est de nouveau agitée, sans être définitivement tranchée, à cause du prix de revient de la publication.
- Séance du 29 octobre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- Le comité entend M. Allègre, gouverneur de la Martinique, et M. Bayol, lieutenant-gouverneur du Sénégal sur l’exhibition particulière de chacune de ces deux colonies.
- M. le docteur Ballay , explorateur du Congo, parle à son tour de la mission de l’Ouest africain ; il offre de se rendre dans ces régions pour y réunir lui-même une collection complète de produits pour l’exposition d’Anvers.
- La proposition est acceptée.
- M. Pêne, négociant-explorateur au Gabon, expose son projet d’installer à Anvers un village nègre composé de 40 à 5o individus de la cote. d’Afrique.
- Le comité décide que cette question sera mise à l’étude.
- Enfin, il entend également M. Paul Bourde, rédacteur du Temps qui donne des détails intéressants sur son récent voyage au Tonkin et sur ce que peut comporter une exposition tonkinoise.
- Séance du 12 novembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- Le comité examine en détail le projet d’installation d’un village nègre à Anvers, présenté par M. Pêne.
- Après discussion, il adopte en principe ce projet, en décidant de le soumettre à l’approbation du ministre.
- Séance du 26 novembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. DUCRET, EN l’aBSENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. Ducret donne des renseignements très intéressants sur la nature de l’exposition industrielle que le comité l’a spécialement chargé d’organiser. Il énumère les industries spéciales qui y trouveront place. Chacune de ces industries ne sera représentée que par un échantillonnage de ses produits.
- M.' Jacques Haussmann demande qu’une petite part soit également faite aux objets fabriqués à l’étranger et écoulés dans nos colonies, pour permettre à nos négociants de se renseigner sur la concurence dont ils sont l’objet sur le marché colonial.
- Sur la proposition de M. Albert Grodet l’exposition industrielle aura une étendue totale de soixante mètres carrés.
- Séance du 9 décembre 1884
- PRÉSIDENCE DE M. HURARD, DÉPUTÉ
- M. Albert Grodet donne des renseignements sur l’exhibition de la Cochinchine et du Cambodge
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- Première Année. — N° 8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Février i885. — 59.
- qui doit être très intéressante. Il soumet. au comité les plans et vuçs du pavillon des colonies.
- Séance du 47 décembre 4884
- PRÉSIDENCE DE M. le SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. le Président donne lecture de la lettre qu’il a reçue du ministère de la marine au sujet de l’exécution du projet de M. Pêne, du Gabon. Il en résulte que le ministère ne croit pas pouvoir autoriser l’installation d’un village nègre, à cause des difficultés de l’entreprise et de la responsabilité qu’encourrait l’administration en accordant cette autorisation.
- M. le Président fait connaître également que M. l’amiral Peyron ne peut en ce moment donner à M. le docteur Ballay la mission de se rendre au Congo, pour réunir des collections, M. le docteur Ballay se trouvant en ce moment à la conférence de Berlin.
- Séance du 7 janvier 4885
- PRÉSIDENCE DE M. DUCRET
- Le comité agite la question d’un jury colonial distinct du jury de l’Exposition générale.
- Il décide de demander , au comité belge la constitution d’un jury spécial pour les colonies représentées à l’Exposition.
- Séance du 44 février 4885
- PRÉSIDENCE DE M. LE SÉNATEUR JACQUES HÉBRARD
- M. de Lanessan propose de diviser le catalogue en trois grandes parties :
- Première partie. — Notice administrative et économique générale.
- Deuxième partie. •— Notice sur les produits coloniaux.
- Troisième partie. — Notice sur les produits importés dans les colonies.
- M. Albert Grodet reste chargé de la préparation de la première partie : il devra s’entendre avec M. de Lanessan pour les points qui seront communs à la première et à la deuxième partie que JM. de Lanessan doit préparer.
- M. Ducret reste également chargé de la troisième partie.
- Enfin le catalogue comprendra un appendice relatif à tous les objets exposés, suivant la forme ordinaire des catalogues.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Lundi dernier s’est réunie au ministère du commerce la commission plénière de l’Exposition de 1889.
- Sur l’invitation de M. Antonin Proust, président, M. Boulanger, directeur général des domaines, a donné_ lecture d’un rapport faisant connaître à la commission plénière le résumé des travaux de la sous-commission des finances. Ce rapport concluait à_ la constitution d’un fonds de garantie de dix millions seulement et à l’adoption de titres de 1.000 francs chacun.
- M. Christophle qui, au cours des séances de la sous-commission des finances avait combattu cette combinaison, demande que la discussion soit, reprise devant la commission. A son avis, il ne sera pas possible d’ouvrir une souscription dans les conditions proposées par le rapport de M. Boulanger. La seule combinaison possible lui paraît être l’adoption d’un capital de garantie égal aux recettes espérées. Si on recourt à un capital de dix millions seulement. M. Christophle nie l’utilité du capital de garantie.
- Après une longue discussion entre MM. Antonin Proust, Magnin, Christophle etTeisserenc deBort, la commission invitée à voter sur les conclusions du rapport de M. Boulanger, les a repoussées et a émis un vœu en faveur d’un capital garantissant la totalité des recettes espérées.
- La séance a été levée à midi un quart et la prochaine réunion est fixée au mercredi 18 courant.
- EXPOSITION
- COLONIALE FRANÇAISE A ANVERS
- Par ce qu’on vient de lire, on peut déjà prévoir que l’exposition coloniale de la République française à Anvers sera très brillante et très complète. Nous sommes certains qu’elle attirera tout particulièrement l’attention des visiteurs tant par la variété et l’intérêt des objets exposés que par les enseignements qu’on pourra en retirer. Nos colonies nouvelles auront une exposition particulière qui
- ne sera pas le moindre attrait de l’Exposition d’Anvers. Le Tonkin, le Cambodge, la Cochin-chine, Madagascar et le Gabon montreront à la fois les produits du pays et les objets manufacturés qui y sont importés : car c’est là un des côtés pratiques qu’ont voulu atteindre les organisateurs de l’Exposition coloniale. Il ne s’agit pas seulement de savoir ce que produisent nos colonies, mais aussi et surtout, au moment où notre industrie souffre, ce que nos colonies consomment au point de vue des objets que la métropole peut leur fournir. L’exposition coloniale industrielle offrira donc un très réel intérêt pour nos industriels et nos négociants qui pourront y trouver tous les renseignements nécessaires en vue de se créer des débouchés nouveaux.
- Cette pensée a guidé dans ses travaux le comité exécutif, en même temps que M. Félix Faure, sous-secrétaire d’Etat, qui a voulu que cette exposition soit avant tout une œuvre utile. Nous sommes certains qu’il y réussira pleinement; il a trouvé, du reste, un collaborateur dévoué dans la personne du commissaire de l’Exposition, M. Albert Grodet qui, soutenu par son chef, a su prendre à temps toutes les dispositions nécessaires pour que le résultat désiré puisse être atteint.
- Si le côté pratique a retenu l’attention des organisateurs, le côté pittoresque, n’a cependant pas été négligé. On peut en juger par les gravures que nous donnons dans le présent numéro et qui représentent le pavillon des colonies françaises (coupe et élévation), et le bureau du commissariat colonial (deux petites vues perspectives). Le pavillon des colonies sera construit dans la forme d’un temple cambodgien ; une flèche hardie le surmontera. L’exposition coloniale sera installée dans ce pavillon qui contiendra également à son centre la petite pagode laotienne dont nous donnons aussi la reproduction.
- Il est certain que ces deux constructions attireront tout particulièrement l’attention par leur caractère gracieux et original. Les visiteurs ne manqueront pas, on peut l’affirmer, à une exposition si merveilleusement installée.
- Le pavillon et le bureau sont en partie construits à Saigon; ils seront établis définitivement à Anvers par l’architecte qui aura dirigé leur construction en Gochinchine et que la colonie a mis à cet effet à la disposition de la métropole.
- Nous ne pouvons que répéter que l’exposition coloniale aura nécessairement un très grand succès et pour être justes nous devrons attribuer ce succès à l’habileté et au zèle de ses organisateurs M. Félix Faure et M. Albert Grodet, du comité exécutif, qui a prêté à l’administration son concours le plus entier.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro une nomenclature sommaire des premières collections destinées à l’Exposition et qui sont parvenues déjà à Paris, où elles sont classées et examinées. Ce travail d’examen et de classement est fait à l’Exposition permanente des colonies, palais de l’Industrie, porte XII, par les soins de M. de Nozeille, commissaire-adjoint, sous la haute direction de M. le sous-secrétaire d’Etat, Félix Faure et de M. le sous-directeur des colonies, Albert Grodet.
- ÉCHOS
- Paris
- M. le comte de Pourtalès, ancien consul de France à Batavia, a fait hier, à quatre heures, 18, avenue Parmentier, une intéressante conférence.
- Le haut commerce y était brillamment représenté.
- M. de Pourtalès, en organisant cette réunion, avait pour but d’examiner si le moment était propice pour fonder à Batavia une exposition permanente des produits français, sous le contrôle du consulat de France.
- Il y a. dans les possessions hollandaises des Indes environ soixante-sept millions d’habitants. Au point de vue commercial, l’Angleterre, l’Allemagne et la Suisse ont seules pénétré au milieu de ces populations. La France n’y a aucun comptoir et aucun représentant.
- Le conférencier a donné des indications précieuses et a dit que le moment était des plus opportuns pour créer là-bas des débouchés à notre commerce.
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- La Société nationale d’horticulture de France, présidée par M. LéonSay, organise une exposition internationale horticole, qui se tiendra aux Champs-Elysées. Le comité fait appel aux protecteurs de l’horticulture pour accroître le nombre des récompenses, et annonce qu’il_ acceptera avec empressement les dons en médailles ou en argent qu’ils voudront bien lui adresser.
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- Départements
- Intéressante exposition des artistes parisiens au salon des amis des Arts à Pau (Basses-Pyrénées).
- Citons parmi les œuvres exposées : le Calvaire, de James Bertrand ; la Petite Paresseuse, de Madeleine Lemaire, et les Trappistes laboureurs, de Laure Dupré, jeune artiste de beaucoup d’avenir.
- ÉTRANGER
- Angleterre
- Une exposition des œuvres du célèbre peintre anglais Gainsborough, qui contient plus de 200 toiles, a lieu en ce moment à Londres, dans la Grosvenor-Gallery.
- Allemagne
- Une exposition régionale des arts et de l’industrie aura lieu à Augsbourg (Bavière), du 15 mai au 15 septembre 1886, et donnera lieu à une série de concours embrassant les différentes branches de l’agriculture.
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- Une exposition internationale de machines forestières et agricoles et d’ustensiles domestiques aura lieu à Breslau (Silésie), les 9, 10 et 11 juin.
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- États-Unis
- Une exposition organisée par la Société des aquarellistes et aquafortistes américains a été ouverte à New-York le 2 février et durera jusqu’au 28 courant.
- L’Association artistique américaine ouvrira dans ses galeries, à New-York, un concours général des beaux-arts, le 6 avril prochain. Les envois des exposants seront reçus jusqu’au 15 mars inclusivement.
- Italie
- En ce moment a lieu, à Rome, une exposition de peinture et de sculpture, organisée par la Société des amateurs des beaux-arts.
- M. DU SOMMERARD
- M. du Sommerard, directeur du musée de Cluny, vient de mourir à l’âge de soixante-sept ans. Il était membre de l’Institut, vice-président de la Société des monuments historiques, et avait succédé, il y a trois ans, au baron Taylor, comme président de l’Association française des artistes. M. du Sommerard était fils de cet Alexandre du Sommerard qui, en 1833, achetait l’hôtel de Cluny pour y mettre ses collections particulières , qu’il espérait voir un jour .acquises par l’Etat. Ce magnifique héritage , sa veuve et son fils Edmond du Sommerard, qui vient de mourir, l’abandonnèrent par patriotisme au gouvernement de Louis-Philippe (1843), pour la somme dérisoire de deux cent mille francs , alors que l’Angleterre leur en offrait une fortune.
- Edmond du Sommerard a été le véritable fondateur du musée de Cluny, auquel, pendant plus de quarante et un ans, il n’a cessé de prodiguer ses soins et dont il a augmenté les collections au point que, parti en 1852 de 2,500 numéros environ, le chiffre des objets s’est élevé en 1883 à 10,800. Il a laissé de nombreux travaux, et de 1867 à 1878 il a rempli les fonctions de commissaire général français à toutes les expositions étrangères. A Vienne, notamment, après bien des difficultés, il obtint pour la France, au lendemain de nos désastres, un emplacement aussi important que celui de l’Allemagne.
- Attaché en 1846 à la commission des monuments historiques, il fit partie du jury des beaux-arts à l’Exposition universelle de 1855. Depuis, il s’est toujours occupé des expositions françaises et étrangères.
- M. E. du Sommerard était grand officier de la Légion d’honneur depuis 1873.
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- 6o et 61. - Première Année. —- N° 8
- LE MONITEUR D^pOSl'H01'1 DE 1889.
- Dimanche 22 Février i885.
- PAVILLON
- DE L’EXPOSITION r0LONIALE A ANVERS (1885)
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- 62. — Première Année — N° 8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Février i885-
- LES CONDITIONS SOCIALES
- de
- LA PRODUCTION
- I
- A aucune autre époque, peut-être, les conditions générales de l’agriculture, du commerce et de l’industrie n’ont été, sur tous les points de l’Europe, l’objet de préoccupations plus actives qu’aujour-d’hui. La crise presque universelle qui sévit, en ce moment, sur la majorité des pays producteurs, a, en effet, dans ces deux dernières années, révélé, de partout, une situation des plus graves. Elle est venue, comme un flambeau dont l’éclat jaillit brusquement au sein des ténèbres, jeter une vive et soudaine lumière sur des dangers que la prospérité et l’activité fiévreuse des années précédentes empêchaient de prévoir et même d’entrevoir.
- Le premier point ainsi mis en évidence par la crise est l’excès de la production et la disproportion entre la quantité des produits et la faculté d’achat des consommateurs. Peu à peu, sans qu’on y prit garde, l’activité industrielle avait pris naissance, avait poussé de nombreuses et puissantes racines dans les contrées qui semblaient jusque-là les moins préparées à ses progrès ; les monopoles que certains autres pays se flattaient inconsidérément de posséder pour un avenir indéterminé s’étaient fondus sous les ardeurs émancipatrices de leurs prétendus tributaires ; en même temps, les conquêtes de la science avaient perfectionné les procédés techniques et centuplé la puissance de l'outillage. Le résultat final de toutes ces transformations était fatalement une productivité sans cesse croissante et l’insuffisance de jour en jour plus accusée des débouchés.
- La crise mit en lumière un second fait capital : les progrès et le rôle de plus en plus prépondérant du bon marché. Dans un grand nombre d’industries, en effet, ce qui a particulièrement baissé, dans ces deux années de souffrances, c’est le prix de vente des marchandises ; un grand nombre de chefs d’établissements reconnaissent que si le chiffre de leurs affaires est tombé, c’est moins par la diminution de leur fabrication que par l’avilissement des prix. C’est là un fait dont on doit tenir un grand compte dans l’interprétation des chiffres généraux de notre commerce extérieur. Cet avilissement est-il un incident momentané ? Peut-on se flatter de l’espoir qu’il va cesser prochainement? C’est peu à supposer, car, d’une part, la concurrence acharnée due à l’accroissement incessant de la production maintiendra toujours la lutte sur les prix, et, de l’autre, la démocratisation de la consommation, qui se développe si rapidement depuis quelques années et ne peut aller qu’en se développant davantage avec le temps, augmentera sans cesse l’importance du bon marché !
- Enfin, la crise a démontré que les progrès de la science industrielle s’étaient produits chez toutes les nations etqueles dernières arrivées àla production étaient loin d’être les moins savantes ni les moins avancées. C’était démontrer, que pour soutenir la lutte industrielle, chaque pays devait se livrer avec ardeur au développement de renseignement professionnel dans toutes les branches de son commerce et de sa production comme parmi tous les rangs de ses producteurs.
- Débouchés, bon marché et savoir professionnel : telles sont donc les trois nécessités impérieuses que la crise a révélées, la devise que la force des choses impose dorénavant au commerce ainsi qu’à l’industrie.
- Cet enseignement par les faits n’a pas tardé à porter ses fruits. La question des débouchés fixa la première l’attention et provoqua les efforts des gouvernements et des particuliers. Toutes les nations de la vieille Europe s’y jetèrent avec la même ardeur et, comme elles sont toutes plus ou moins encombrées de produits, c’est en dehors des limites des pays producteurs qu’elles portèrent leurs recherches. C’est ainsi qu’on les voit aujourd’hui concentrer, sous des formes diverses, leur activité sur l’Océanie et sur l’Asie, sur quelques points même de l’Amérique, et, comme par un commun accord, assaillir le vaste continent africain par chacun de ses côtés ; par la Méditerranée comme par la mer Rouge, par l’Océan Indien aussi bien que par l’Atlantique. C’est dans ces îles et sur ces continents que se trouvent d’innombrables populations qui ne sont encore que peu ou point arrivées à l’état de producteurs et qui semblent avoir été mises en réserve pour servir un jour de déversoir à la surproduction européenne. C’est un débouché sur ces territoires , c’est un morceau de cette clientèle inépuisable que chaque nation veut s’assurer pour demain.
- Ces prises de possession sont principalement l’œuvre des gouvernements, mais l’initiative individuelle n’est pas restée inactive. Pendant que quelques hardis explorateurs pénétrant, au prix de mille dangers, dans les régions inconnues, concluaient avec les souverains indigènes des traités d’amitié , d’occupation et d’échanges
- commerciaux, des associations se constituaient, particulièrement en France, pour activer chez nous l’étude des langues étrangères, d’autres pour répandre à l’étranger l’usage de la langue française, d’autres enfin, pour développer l’exportation et favoriser l’émigration.
- La question du bon marché est plus complexe, car elle dépend de mille choses : des impôts, des salaires, de l’outillage, des transports, du régime douanier, du luxe, etc. Les efforts faits sur ce terrain sont plus ients et se voient moins de l’extérieur. On ne peut guère être témoin que des résultats. Il faut se hâter de signaler ceux qui sont acquis. En voici un que nous lisons dans le Génie civil du 7 février : « Nous croyons possible de refouler presque complètement cette importation (celle de la fonte), car nous produisons aujourd’hui la fonte aussi bien et à aussi bon marché que l’Angleterre. »
- Les principaux progrès accomplis dans le développement de l’enseignement industriel et commercial datent, en France comme à l’étranger, des premières années qui suivirent la guerre de 1870-1871. Mais il faut bien reconnaître qu’ils ont été beaucoup plus considérables chez nos concurrents que chez nous. Le récent rapport de M. Jules Siegfried au Conseil supérieur de l’enseignement technique ne signale l’existence en France que de' huit écoles supérieures du commerce (il en a été fondé, depuis, une neuvième sous le titre d’institut commercial de Paris, par un groupe nombreux de négociants parisiens.) Il existe, par contre, environ deux cents établissements du même genre en Allemagne. De même pour le haut enseignement industriel ; il n’est représenté en France que par l’Ecole centrale des arts et manufactures qui compte de 7 à 800 élèves ; tandis qu’en Allemagne neuf écoles techniques du même degré distribuent les connaissances scientifiques industrielles à près de cinq mille élèves. On trouverait des différences aussi fortes en comparant l’état de l’enseignement spécial primaire en France et dans les autres pays. Cette infériorité bien connue aujourd’hui, grâce à la crise et aux enquêtes qu’elle a occasionnées, détermine en ce moment, en France, des efforts considérables. De nombreux chefs d’établissements créent chez eux des écoles d’apprentissage : les chambres de commerce et les sociétés industrielles ouvrent des cours publics, organisent des écoles spéciales pratiques et des musées commerciaux. Le plus bel exemple que nous ayons vu de cette activité féconde est celui que donne en ce moment la société industrielle d’Amiens. Le mouvement n’est pas moins prononcé dans l’agriculture. Le discours prononcé par M. Tisserand, le 22 janvier dernier, à l’inauguration de l’école d’agriculture et de viticulture de Beaune, renferme un exposé remarquable de l’état actuel de l’enseignement agricole en France. L’Institut national agronomique, est-il dit dans ce discours, qu’on a appelé, avec raison, l’Ecole polytechnique de l’agriculture, mais qui, pour le malheur de l’agriculture, avait subi en i852 le sort de l’école d’administration fondée àla même époque, a été reconstitué à Paris.
- Les écoles nationales d’agriculture ont été considérablement développées et sont dotées actuellement des laboratoires qui leur manquaient, du personnel et des ressources nécessaires pour creuser tous les problèmes de la production.
- Des écoles pratiques d’agriculture ont été créées; cette institution, essentiellement démocratique, est destinée à donner, à la sortie de l’école primaire, une bonne et solide instruction aux fils de petits propriétaires ; il y a déjà i3 écoles pratiques ; celle de Beaune est la quatorzième : un nombre égal d’écoles semblables est en voie de préparation.
- Des écoles d’irrigation, des écoles spéciales de laiterie, des fromageries-écoles, des magnaneries-écoles, viennent d’être ouvertes. Des écoles primaires agricoles ont été créées.
- Vingt-sept stations agronomiques et laboratoires agricoles ont été organisés et subventionnés.
- Des professeurs d’agriculture ont été nommés dans 70 départements ; cette année, nous en aurons 89. Ces professeurs doivent préparer les instituteurs à 1’enseignement agricole et porter la parole du progrès jusque dans les villages les plus reculés.
- L’enseignement de l’agriculture a été introduit dans plusieurs facultés.
- Une grande école d’horticulture a été créée à Versailles, dans l’ancien potager du roi.
- Une école de bergers a été organisée à la bergerie de Rambouillet.
- Deux écoles d’agriculture, avec un grand établissement d’élevage, ont été créées en Algérie, etc.
- Tel est le faisceau des armes pacifiques qu’on voit, en ce moment, les nations forger hâtivement pour reprendre, chacune avec plus de chances de succès, la lutte industrielle et commerciale A côté des produits créés par elles, cet arsenal ne sera pas le moins intéressant ornement de l’Exposition de 1889.
- Mais ces armes constituent-elles tout l’ensemble des moyens d’action que le succès de l’industrie réclame ? Suffit-il d’ouvrir des débouchés pour avoir de l’exportation, de répandre le savoir pour créer le perfectionnement, d’améliorer les machines ou de comprimer les salaires pour amener le bon marché ? N’y a-t-il pas une autre face du problème
- industriel ? A côté de ses conditions économiques, n’y a-t-il pas les conditions sociales de la production ?
- A. Fougerousse.
- (A suivre.)
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- DE 1885
- Le Concours général agricole a terminé très heureusement, malgré de fréquentes intermittences de pluie et de soleil, la brillante période de ses assises annuelles. Plus qu’aucun autre, à cause du nombre et de la valeur des animaux et des produits exposés, il a droit à des éloges que le monde agricole et le public mondain ne lui ont pas ménagés.
- Les différentes sections du jury général ont fonctionné pendant plusieurs jours avec une compétence toute particulière et si certains verdicts ont pu être discutés, ce que nous ne croyons pas, c’est qu’en face du jury se trouvaient très souvent des animaux et des produits ayant une valeur agricole égale, entre lesquelles un choix, si difficile qu’il fût, était pourtant nécessaire.
- Le grand public désintéressé des questions personnelles a ratifié par son approbation les décisions prises.
- Dans les races de bétail, le cadre de notre travail ne doit comprendre que les prix d’honneur donnés sur l’ensemble.
- Ces prix d’honneur consistent en des objets d’art d’une réelle valeur artistique, appropriés à chacune des sections récompensées.
- Tous les visiteurs ont admiré le bœuf durham charolais, de couleur froment, âgé de 40 mois et 20 jours, de M. Signoret, de Sermoise, et la vache durham charolaise rouanne, âgée de 6 ans et 6 mois, de M. Petiot, de Touches.
- Dans les prix de bande , les bœufs charolais nivernais, de M. Charles Bouille, de Mars, à la robe d’une blancheur immaculée, l’emportent ainsi que les vaches durham de M. Elie Larzat, de Germigny.
- L’espèce ovine était, comme tous les ans du reste, brillamment représentée avec les moutons southdown, âgésde qmois, deM. Nouette-Delorme, d’Ouzouer-des-Champs , les brebis dishley de M. Tiersonnier de Gimouilles, et enfin les prix d’honneur de bande accordé aux moutons dishley-picards deM. Pluchet-Frissard, de Roy.
- La troisième division comprenait l’espèce porcine. Les prix d’honneur de cette division ont été accordés: i°àM. Chaumereuil, de Billy-Chevance, pour un nivernais-yorkshire blanc et gris de 14 mois, et à M. Noblet, de Château-Renard, pour une superbe bande de porcs yorkshire blancs.
- En somme, l’exposition des animaux gras était vraiment remarquable et certaines ventes faites pendant le concours confirment nos dires. C’est ainsi que le prix d’honneur des bandes de bœufs a été vendu 8,800 francs pour quatre têtes de bétail, et le prix d’honneur des porcs i,3oo francs pour un seul individu pesant 340 kilos.
- Le concours d’animaux reproducteurs mâles, de création récente, très intéressant toutefois à cause des types exposés , était peu nombreux. MM. Signoret, de Sermoise, Grollier, de Durtal, Bignon père et fils de Theneuille, Céran-Maillard, Turqueville, Parry, de Limoges, etc., ont obtenu de hautes récompenses. Nous avons surtout apprécié à leur valeur deux sujets charolais-nivernais et hollandais de M. Weslein , de Besançon, qui démontrent quels soins cet important exposant apporte à ses étables.
- Dans l’espèce ovine M. Charles Lefebvre, d’Artenay, triomphe avec ses races mérinos et métis-mérinos, M. Emile Lefebvre avec ses races françaises pures, et enfin MM Massé, de Germigny, et Nouette-Delorme, d’Ouzouer, avec leurs races étrangères à laine longue ou courte.
- Nous rencontrons encore M. Werlein avec des beaux moutons southown.
- MM. Dumontier, de Chaville, pour les races françaises pures, et Souffrice, de Drancy, avec les races étrangères pures, remportent les deux médailles d’or de l’espèce porcine.
- Qu’il nous soit permis d’espérer que les subventions futures, accordées par le Parlement au ministère de l’agriculture, lui faciliteront l’établissement des primes en argent absolument nécessaires pour avoir des concours d’animaux reproducteurs dignes du Concours général de Paris.
- Dans les animaux de basse-cour, nous n’étonnerons personne en adressant de justes éloges au brillant lauréat de deux prix d’honneur, à M. Lemoine, le grand éleveur de Crosnes ; le 3e prix a été accordé à M. Jean Farcy, pour coqs et poules de la race de la Flèche.
- Avant de quitter la nef principale du palais , applaudissons encore à l’ornementation du groupe central dont nous avons parlé dans un récent article.
- Au premier étage se trouvaient installés les produits agricoles et horticoles, et citons d’abord
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- Première Année. — N° 8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Février 1885.
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- les beurres, fromages et volailles mortes des meilleures régions de la France ; à cet égard nous regrettons vivement d’être obligé de ne parler que pour mémoire du concours spécial d’appareils de laiterie, si intéressant pourtant.
- La pisciculture occupe cette année une place plus grande et l’ostréiculture, qui fait la richesse de certaines régions du littoral de l’Océan, mérite les plus complets éloges. Nous avons tout particulièrement remarqué les produits superbes d’engraissement de MM. Le Mauduit et de Solminach, de Riec (Finistère), dont les parcs, très importants , sont établis dans des conditions exceptionnellement favorables et dont les ti avaux ont fait faire un grand pas dans l’engraissement rationnel des huîtres.
- Le matériel et les procédés d’ostréiculture de MM. Gressy et Ezema de Carnac, éclairent d’un jour nouveau la culture des huîtres et offrent d’autant plus d’intérêt, que M. le docteur Gressy est un de nos plus savants ostréiculteurs.
- Pour la première fois depuis l’organisation agricole de cette France africaine qui s’appelle l’Algérie et dont nous sommes fiers à juste titre, nous avons eu le plaisir patriotique de voir organiser une exposition spéciale de la viticulture algérienne au concours général de Paris de 1885.
- Les premières plantations de vignobles algériens ne remontent guère au-delà de trente ans. Faites d’abord sans discernement et, cela se comprend sans peine, avec des cépages de toutes sortes et suivant des procédés de culture non appropriés au pays , elles ne donnèrent d’abord que des résultats médiocres.
- De nouvelles tentatives beaucoup plus sérieuses furent reprises à partir de i85o et c’est de cette époque que date le succès des vignobles algériens.
- La vigne qui ne couvrait alors que 8 à 9,000 hectares en occupe aujourd’hui plus de 35,000 et les plantations judicieuses et raisonnées se poursuivent sans relâche.
- Si le choix des cépages (des cépages indigènes notamment, qui paraissent beaucoup trop méconnus de nos colons) est loin d’être arrêté d’une façon définitive à cause de la poursuite continue des essais d’adaptation , les progrès réalisés sont néanmoins considérables. Les plantations sont mieux dirigées, les vendanges se font avec cette méthode qu’on remarque dans les grandes régions viticoles et particulièrement dans le midi de la France ; enfin les procédés de vinification, sont plus étudiés et l’aménagement des celliers et des caves mieux compris et plus en rapport avec les exigences du climat.
- Les produits obtenus dans une même région tendent à se rapprocher par leurs caractères communs d’un type uniforme, et quelques-uns jouissent déjà d’une légitime réputation. C’est ainsi que les bons vins rouges ordinaires que fournissent les vignobles de Médéah présentent les caractères suivants : ils sont limpides , de couleur foncée, de saveur alcoolique avec un léger goût de terroir qui n’a rien de désagréable. Leur netteté de goût est une preuve du grand soin apporté à leur préparation.
- L’odeur est [légèrement aromatique, la densité varie entre 0,985 et 0,995, la richesse alcoolique entre 11 et 13 pour cent; l’acidité totale représentée en acide sulfurique monohydraté est en moyenne de 3 à 4 grammes par litre ; ils laissent plus d’extrait que les vins de France et donnent par calcination un résidu considérable très riche en silice et en potasse ; ils contiennent moins de deux grammes de sulfate.
- Favorisés par des méthodes de fabrication de jour en jour meilleures , les vins d’Algérie et particulièrement ceux de Médéah, qui ont obtenu 5 médailles d’or sur 6, sont destinés à devenir un appoint précieux dans la consommation.
- L’exposition algérienne, nous dit M. Bastide, grand viticulteur de Montpellier et membre du jury de cette importante section, à qui nous devons d’intéressants détails, indique des progrès sérieux qui permettent toutes les espérances. La viticulture est l’avenir de l’Algérie.
- Nous partageons cette opinion qui, venant d’une notoriété viticole aussi compétente, mérite d’attirer l’attention.
- Dans un prochain article nous nous occuperons des céréales, des fleurs, des fruits et des légumes du Concours général de Paris.
- Noël Bretagne.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- L'EXPOSITION DE LA RUE CAUMARTIN Cette Exposition qui a lieu rue Caumartin, 22, dans les salons de MM. Chamagne et Cie, est organisée au profit de la Société des Dames Françaises, pour secours aux blessés militaires.
- Parmi les toiles les plus remarquées, signalons la Hutte du Bûcheron, de M. A. Beauvais; les Heures, de M. Barrias ; A la Bayonnette, de M. E. Beaumetz ; le Retour de pêche, de M. Haquette.
- Dans les dessins, nous trouvons l’Aurore , Psyché et le Sommeil, plusieurs études pour la décoration du Panthéon et du Musée d’Amiens, par M. Puvis de Chavannes.
- M. Malivoire, M. Harpignies et Mnie J. Mazeline, ont exposé de fort belles aquarelles.
- Enfin parmi les sculptures nous devons citer la Fortune, de M. Mercié, et la Marchande de violettes, de M. E. Leroux.
- UNION ARTISTIQUE DE TOULOUSE
- La Société l'Union artistique de Toutouse ouvrira son exposition annuelle le ier mai 1885.
- PROGRAMME
- Article premier. — Les ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin et lithographie que leurs auteurs désirent exposer devront être remis du 10 au 20 avril, au siège de la Société, 11, rue de la Colombette. La Société se réserve le droit de ne pas placer les ouvrages remis après le 20 avril. Chaque envoi devra être accompagné du bulletin, rempli et signé par l’exposant ou l’expéditeur. _ Un jury d’examen prononce le ejet ou l’admission des ouvrages présentés.
- Art. 2. — Les frais de transport, aller et retour, seront supportés par la Société, mais seulement pour les ouvrages des artistes invités par elle, jusqu’à concurrence de _ deux ouvrages. Les caisses devront etre expédiées en petite vitesse ; elles devront être fermées par des clous à vis, elles ne devront pas avoir plus de deux mètres en hauteur ou en largeur ; les caisses contenant des ouvrages de sculpture ne devront pas peser plus de 200 kilogrammes.
- Art. 3. — Les ouvrages envoyés de Paris et par les artistes invités par la Société devront être remis, sans être emballés, le icr avril, dernière limite, chez M. Toussaint, i3, rue du Dragon, emballeur de la Société.
- Art. 4. — Ne pourront être reçus : les objets de sculpture dépassant un mètre Lie hauteur ; les tableaux ou dessins sans cadres ; les tableaux ou dessins ayant des cadres de forme ovale, ou ronde, ou à pans coupés, à moins qu’ils ne soient assujettis sur des planches dorées de forme rectangulaire; les copies, à moins qu’elles ne reproduisent un ouvrage dans un genre différent ; les ouvrages de sculpture, gravure ou lithographie livrés au commerce.
- Art. 5. — La Société ne répond que des accidents provenant de son fait.
- Art.^ 6. — Les ouvrages qui ne seront pas envoyés par leurs auteurs seront indiqués au livret sous le nom de leur propriétaire.
- Agent de l’Union artistique à Paris : M. Olivier-Merson, 117, boulevard Saint-Michel.
- LA CRISE AGRICOLE
- IL
- Nous avons dit, dans un précédent article, que parmi les causes, et elles sont diverses, auxquelles on . attribue généralement la crise qui sévit, en ce moment, sur l’agriculture, les hommes qui s’occupent de la question placent au premier rang la concurrence que les produits étrangers font à la production nationale.
- On a cru que l’on avait découvert la source unique du mal, et, aussitôt, des voix se sont élevées de toutes parts pour demander que le Gouvernement, sans même lui donner le temps d’étudier la question, opposât une digue au flot montant de la concurrence.
- Loin de nous la pensée de vouloir nier à priori l’opportunité et l’efficacité de cette mesure. Ce que nous contestons , c’est que la concurrence contre laquelle un toile général s’est élevé tout à coup, des quatre points cardinaux de la vieille Europe, soit la cause principale, du moins en France, des souffrances de l’agriculture et de la crise qu’elle traverse en ce moment.
- On nous dit que, la production ayant baissé, l’importation des blés étrangers fait une concurrence redoutable au producteur français et que, par contre, cette situation n’offre aucun avantage au consommateur qui paie toujours le pain aussi cher.
- Cela est vrai, la statistique démontre, en effet, que les blés étrangers encombrent nos marchés et qu’ils se vendent à des prix tellement bas qu’ils défient toute concurrence de notre part, ce qui n’empêche pas que .le prix du pain n’a pas diminué.
- Nous en dirons autant en ce qui concerne la viande. La situation est telle qu’il ne sera bientôt plus possible à l’ouvrier d’en manger. C’est en vain que le prix des animaux de boucherie et des porcs a baissé; les boucliers et les charcutiers n’en
- ont pas tenu compte, ils vendent leur viande aussi cher que par le passé. De sorte que si le producteur est rudement éprouvé par la concurrence étrangère, le consommateur, lui, est odieusement exploité par l’avidité du mercantilisme qui se ligue contre lui et s’enrichit aux dépens de son estomac et de sa santé.
- Il est incontestable que, depuis dix ans, le prix du blé a subi une baisse constante :
- En 1873, le prix du quintal de blé était de 33 fr. 48 c.; en 1874, il était de 31 fr. 88 c.; en 1875 de
- 23 fr. 93 c.; en 1870, de 26 fr. 71 c.; en 1877 ’ do
- 30 fr. 01 c.; en 1878, de 29 fr. 96 c.; en 1879 de
- 28 fr. 20 c.; en 1880, de 29 fr. 96 c.; en 1881 ’ de
- 28 fr. 82 c.; en 1882, de 27 fr. 69; en 1883,’ de
- 24 fr. 83 c.; en 1884, de 21 à 22 francs. Cette même année, le prix du quintal d’orge est descendu à
- 15 francs et celui du quintal d’avoine à 17 francs.
- Aux chiffres où sont tombés les prix de ces
- céréales qui forment la principale source des revenus du cultivateur, il est bien évident qu’elles se vendent au-dessous du prix de revient.
- Or, si l’on songe que la France, avec ses cinquante millions d’hectares de terre et ses vingt-trois millions d’habitants des campagnes, est un pays essentiellement agricole, on se rend tout de suite compte de la gravité de la situation ainsi que de l’importance et de la multiplicité des intérêts qui sont en cause et qui peuvent être compromis par la prolongation de la crise.
- La baisse des prix que nous venons de constater est la conséquence immédiate et logique de l’affluence des céréales étrangères sur nos principaux marchés qui sont encombrés par les produits de la Russie, de l’Autriche-Hongrie, de l’Egypte, des Indes, de l’Amérique, et de l’Australie.
- Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, bien que la récolte de 1884 ait été excellente, il a été importé en France, du 1er août au 15 décembre 1884 seulement, 4,768,555 quintaux de grains et 192,420 quintaux de farines.
- O11 constate que, depuis quelques années, l’importation des farines américaines a pris un accroissement considérable ; cela tient au système de mouture qui a été innové dans ce pays, où l’on a constniit des usines qui écrasent jusqu’à 10,000 quintaux de blé en un jour.
- Il est bon de constater ici que, rien que dans l’Amérique du Nord, la culture du froment a doublé de 1870 à 1882. La population, d’ailleurs, s’est accrue dans une semblable proportion, puisque les États-Unis comptent, aujourd’hui, cinquante-cinq millions d’habitants.
- L’exportation du blé des Etats-Unis, qui était d’environ 13 millions d’hectolitres en 1873, s’élève aujourd’hui à 50 millions.
- La Russie en exporte de 30 à 35 millions d’hectolitres.
- L’Autriche-Hongrie et la Roumanie de 12 à 15 millions.
- _ L’Inde seule produit plus de 100 millions d’hectolitres, c’est-à-dire autant que la France.
- Nous 11e parlons ni de l’Egypte, ni du Chili, ni de la Californie, ni de l’Australie, dont les blés abondent sur nos marchés.
- Ainsi, le blé des Indes se vend arrivé à Marseille
- 16 fr. les 100 kilos, tandis que le blé français vaut 20 et 21 francs.
- En 1884, le froment de première qualité se vendait à Calcutta 11 fr. 90 c., les 100 kilos, la deuxième qualité 11 fr. 40 c. Sur le marché de Bombay, il valait également 11 fr. 40 c.
- Ajoutons à cela que les farines de choix, d’Italie et d’Autriche, affluent dans nos grands centres commerciaux du Midi et de l’Est; ainsi, la seule ville de Lyon a reçu, en 1883, par ses trois gares, près de 40,000 quintaux de farines.
- 11 est bien évident qu’une pareille concurrence doit fatalement exercer sur notre production et sur notre commerce une influence désastreuse.
- Le cri de détresse poussé par les populations rurales n’est donc que trop justifié. Et ce n’est pas, comme le prétendent certains économistes, la grande culture qui souffre le plus de cet état de choses, c’est le petit cultivateur qui est éternellement condamné à la routine par le manque de capitaux et de crédit.
- Les travaux des commissaires enquêteurs nommés par M. le ministre de l’agriculture ont révélé de navrantes réalités.
- Il y a un an, M. de Saint-Vallier déclarait à la tribune du Sénat que, dans le seul département de l’Aisne, il y avait plus de huit cents fermes abandonnées et ne trouvant pas preneurs et que, dans l’arrondissement de Laon, près de huit mille hectares de terres arables étaient en friche.
- Ces chiffres énormes pour un seul département étaient exagérés. L’enquête qui a été faite depuis l’a démontré. Mais, pour être moins intense, le mal n’en existe pas moins.
- Cette situation douloureuse n’est pas particulière au département de l’Aisne ; elle est celle de la plupart de nos départements agricoles; car la crise est générale et sévit partout avec plus ou moins d’intensité suivant la part plus ou moins large que l’agriculture occupe dans les ressources industrielles de la région.
- Les commissaires enquêteurs ont constaté que
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- 64. — Première Année. — N° 8.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Février 1885.
- la terre a diminué de valeur dans des proportions inquiétantes : ainsi, des terres vendues, il y a quinze ans, au prix de 3,000 francs l’hectare ne valent plus aujourd’hui que 1,500 francs, et encore ne trouvent-elles pas d’acquéreurs.
- L’affermage a subi une dépréciation proportionnelle; l’hectare qui était loué autrefois 100 f'r. ne trouve pas preneur aujourd’hui à 50 francs.
- Nous allons reproduire des documents qui sont d’une éloquence encore plus douloureuse.
- Ce sont les comptes détaillés d’une ferme il y a trente ans, comparés à ceux d’aujourd’hui.
- Il y a trente ans, en 1853, une ferme de 112 hectares donnait un bénéfice net de 1,289 fr. 90 c., et, par suite de l’augmentation du bétail et du matériel, une plus-value de 3,600 francs en chiffres ronds.
- Cette ferme était louée 39 fr. 80 c., l’hectare, soit 4,457 fr. 60 c., et payait 562 francs d’impôts.
- Eh bien! cette même ferme portéeàl63 hectares et exploitée par les mêmes mains, par la même famille active, intelligente, économe, ne donnait en 1883 qu’un revenu de 808 francs. Et cependant, bien qu’elle eût été accrue de 51 hectares, le loyer n’avait pas été augmenté; il était de 5,117 fr. 40 c. soit 39 fr. 80 c. l’hectare.
- D’où vient cette différence dans le revenu ? Comment se fait-il qu’au lieu d’encaisser un bénéfice, le fermier ait réussi, à peine-, à équilibrer son budget, car sur ce revenu de 808 francs il avait à acquitter les impôts ?
- C’est que le rendement de la terre n’a pas augmenté et que les Irais de culture ont plus que triplé. Tandis que, en 1853, ils n’étaient que de 42 fr. 75 c. par hectare, en 1883, ils s’élevaient à 125 fr. 76 c.
- D’autres commissaires ont constaté que, dans le seul département de l’Aisne, la baisse des fermages a atteint le chiffre de 30 0/0, et cette baisse continue. Il n’est pas impossible, pour peu que la crise se prolonge, qu’elle atteigne 50 0/0. De 1875 à 1884, les locations ont diminué, dans ce département, de 170,092 francs.
- Ces chiffres représentent bien des souffrances et bien des privations. Car le laboureur vieilli sur le sillon aime la terre et il ne se résout pas facilement à abandonner le manche de la charrue. Il faut, pour qu’il se résigne à ce pénible sacrifice, qu’il soit rudement talonné par la misère et qu’il ait perdu toute espérance.
- L’espérance, c’est ce qui-l’a soutenu jusqu’alors dans la lutte, mais chaque jour qui s’écoule diminue d’autant son courage et sa confiance dans l’avenir.
- Le temps lui-même, ce grand guérisseur de tous les maux, sur lequel il comptait peut-être pour alléger ses douleurs, ne lui apporte que de nouvelles déceptions, et la terre, qui ne peut plus le faire vivre, lui apparaît comme une marâtre qu’il faut fuir.
- Aussi, rêve-t-il pour ses enfants une autre profession. Il lui répugne de leur laisser pour unique patrimoine ce lambeau de terre qu’il a si longtemps arrosé de ses sueurs, et qui est aujourd’hui complètement déprécié.
- E. Mansuy.
- (A suivre.)
- REVUE DES VENTES '
- Collection Watelin
- La vente de la collection Watelin, faite à l’hôtel Drouot, salle 8, les 9, 10 et 11 février, par Mcs Léon Tual et Paul Chevallier, assistés de MM. Ch. Mannheim et Féral, a produit la somme totale de 141,991 francs. _
- Citons parmi les objets les plus chaudement disputés :
- Émaux de Limoges. — Grande plaque ronde légèrement bombée, peinte en_ grisaille , chairs teintées sur fond noir, et attribuée à Léonard Limousin (Marc-Aurèle) : 5,5oo francs. — Coffret oblong en cuivre doré avec colonettes aux angles, offrant, sur chacune de ses faces et sur le couvercle, une plaque rectangulaire peinte en grisaille, chairs teintées sur fond noir xvie siècle : 7,5oo francs. — Diptyque peint en émaux de couleurs avec rehauts de dorure, xvie siècle : 1,480 francs.
- Faïences italiennes. — Petit plat creux, forme dite Cuppa amatoria, à large marli décoré en plein d’un paysage avec sujets mythologiques et un écu aux armes des Stro^i, Urbino : 1,700 francs.
- Faïences françaises. — Surtout oblong, à bords contournés, élevé sur six pieds, décor style Bérain, en bleu; faïence de Moustiers : 524 francs.
- Sculptures en ivoire. — Plaque de reliure de forme rectangulaire, représentant en bas-relief : le lavement des pieds. Travail du Liban, xne siècle : 980 francs.
- Tabatières et bijoux. — Boîte oblongue à angles coupés, en or guilloché et émaillé bleu, avec cordons gravés et émaillés noirs : 405 francs.
- Orfèvrerie. — Soupière oblongue, Louis XV: en argent , avec bouton formé de légumes , 1,120 francs.
- Miniatures et émaux. — Buire de forme antique et son plat en cuivre rouge repoussé à couronne de feuillages , entrelacs, oiseaux et ornements variés, et portant un écusson armorié, partie de la famille des Ghiggi (Italie), xvic siècle : 470 francs.
- Porcelaines tendres-de Vincennesetde Sèvres. — Cent cinquante-neuf assiettes à bord lobé et doré avec rinceaux recourbés et terminés en palmettes bordées de filets bleus : 9,195 francs. — Cent dix-sept assiettes à bord lobé et doré et marli bordé de filets bleus striés d’or, décoré en reliefs blancs de rinceaux entre-croisés et de branchages fleuris noués par des rubans: 7,100 francs. — Pot-Pourri à quatre pieds et corps quadrilobé, à col et couvercle ajourés ; le bouton formé par des fleurs; fond bleu turquoise; sur chaque lobe, un médaillon décoré de fleurs, encadré de rocailles à bords dorés. Décor d’Aloncle : 6,000 francs. — Deux vases ovoïdes à piédouche, ouverture évasée fermée par un couvercle bombé à bouton doré et anses latérales à chaînons ajourés; fond gros bleu. Sur chaque face, un médaillon ovale décoré d’une figure allégoiique de femme portant les divers attributs de la République. Décor de Dodin, ors de Vincent. Période républicaine : 5,100 francs (Musée Carnavalet).
- Bronzes d’art. —Le Laocoon, groupe en bronze de travail italien du xvie siècle, d'après l’antique : 400 francs. —• Deux statuettes en bronze repié-sentant, l’une un guerrier debout et l’autre une figure de femme drapée. Italie, xvi° siècle : 455 francs. ,
- Bronzes d’ameublement. — Grande pendule du temps de Louis XVI, modèle connu sous le nom de la Liseuse, figure de femme bronzée, assise sur un socle oblong en bronze doré, orné d’une grecque saillante : 1,800 francs. — Deux lampes de forme antique en bronze doré, modèle vase oblong à godrons surmonté d’une figure de vestale assise, en bronze à patine brune, époque Louis XVI : 56o francs.
- Meubles et tapisseries. — Mobilier de salon composé de huit fauteuils en bois sculpté et doré couverts de tapisserie à médaillons : 5,900. — Grand lit de style gothique en bois sculpté à ornements, feuillages, figures et animaux, et surmonté d’un dais décoré d’ornements découpés : 1,400 francs.
- Tableaux modernes. — Ziem, Caravane sortant du Caire, 5,000 francs. — Diaz, le Décaméron, 3,5o5 francs. — Isabey, la Femme adultère, 2,38o francs. —Diaz, Femme turque, 2,25o francs.
- Tableaux anciens. — De Marne (Louis), le Canal, 1,600 francs. — Cranach (Sunder, dit Lucas), la Charité,. 1,29c francs.
- ------—-----r riBiTüiiür- ----.
- TRIBUNAUX
- Au Palais, la grosse affaire du moment, c’est le procès du Comptoir Industriel de France et des colonies, qui se déroule devant la 11e chambre correctionnelle sous la présidence de M. Ruben de Couder. Importance des faits articulés, qualité des parties, rien n’y manque. L’accusation se base sur les délits ordinaires d’infraction à la loi de 1867 sur les sociétés : souscriptions fictives, défaut de versement du quart, distributions de dividendes fictifs au moyen d’inventaires frauduleux.
- Deux des prévenus seulement sont assignés par le ministère public; ce sont MM. Giros, maître de forges, maire deSaint-Dizier, chevalier de la Légion d’honneur, et Louis Adam, ancien administrateur de la Banque Européenne. A côté d’eux viennent s’asseoir, poursuivis directement par les actionnaires , MM. Jean David et Brelay, députés ; Bocktaèl , membre du Corps législatif belge ; Wernhette, ancien préfet de l’Empire ; Robert, Desforges , Vindry, Coste, Blanchez, Lamy et Greffier, ces derniers négociants, tous administrateurs du Comptoir Industriel. — Voici ce qu’était cette société :
- Le Comptoir Industriel avait été fondé dans le but de liquider, sous le nom d’une société nouvelle, le portefeuille de la Banque Européenne, qui était frappée de discrédit aux yeux du public.
- Et M. Giros, président du Conseil d’administration , avait imaginé de grouper autour du Comptoir Industriel un certain nombre de sociétés telles que les Messageries fluviales de Cochinchiiie, les Forges de Champagne, et la Compagnie de transports de Saint-Disier, afin de pouvoir, dit l’accusation , échanger les bonnes valeurs du Comptoir Industriel contre les titres difficilement réalisables de la Compagnie de Transports.
- La première audience, qui a duré cinq heures, a été consacrée à l’interrogatoire de Giros, qui se faisait, avec toutes ces sociétés, plus de 100,090 fr. d’appointements par an. L’affaire durera plus d’un mois ; nous rendrons compte du jugement.
- LES THÉÂTRES
- La Parisienne à la RENAISSANCE
- Nous ne savons si l’empressement du public répondra à la qualité de l’œuvre, mais nous pouvons affirmer que la Parisienne est une comédie extraordinairement simple et vivante. Pas de ficelles, pas d’imbroglios, pas d’intrigues oiseuses et embrouillées : le cœur humain dans sa nudité même. Le sujet n’est pas compliqué. Une femme mariée a un amant, elle quitte celui-ci pour un autre et, dégoûtée de son nouveau choix, elle revient au premier : Sur cette tourmente psychologique plane avec calme le mari, confiant et heureux, toujours aux petits soins pour les amants de sa femme. Ëst-ce du cynisme? Aucunement. On dirait d’une échappée sur la vie réelle et d’une histoire authentique se déroulant sous nos yeux. Le style, excessivement châtié, est clair, net et parfois cinglant; le mot, —à l’emporte-pièce comme dans Gavarni, — éclate çà et là, sans apprêt, et toujours amené par la situation. L’héroïne de ce petit drame bourgeois est profondément étudiée ; les souplesses et les perfidies du cœur de la femme semblent absolument familières à M. Becque ; la pièce Le plus heureux des trois, fort aimable fantaisie, 11’a rien de commun avec l’âpre analyse de la Parisienne. Voilà du vrai et du beau naturalisme, sans mots crus, sans violences vaines : s’il est un maître à qui je l’attache Henry Becque, je le dis sans hésitation, c’est Molière.
- La pièce est bien interprétée par MM. Vois, Bartel, Galipaux et par MUe Antonine. Une critique cependant: Le rôle du mari est joué un peu trop en charge. C’est plutôt une âme aveugle et bornée qu’un véritable grotesque; du moins, M. Becque semble l’avoir compris ainsi.
- L’auteur des Corbeaux a fait, en somme, un grand pas de plus dans la voie audacieuse de la vérité : en ce temps de trucs, d’expédients et de prestidigitation littéraire, il est consolant de voir un artiste, soucieux seulement de sa conscience, affronter sans peur les préjugés et rompre en visière à toutes les routines.
- Le Roman d’un jeune homme pauvre au GYMNASE. — Les Français au Tonhin au CHATEAU-D’EAU. — La Vie mondaine aux NOUVEAUTÉS.
- Octave Feuillet continue à empoigner le public du Gymnase avec le Roman d’un jeune homme pauvre. La pièce serre d’assez près la réalité de la vie pour qu’on se laisse émouvoir. La touche de Feuillet est un peu celle d’un artiste en pastels, mais les qualités de distinction et de sentiment rachètent bien des langueurs. L’auteur de Julie et de Dalila restera parmi les dramaturges du xixe siècle, légèrement entaché de corruption mondaine; entre les audaces paradoxales de Dumas et les observations si nettes, si bourgeoises d’Emile Augier, il y avait place pour un esprit moins violent mais plus raffiné. Feuillet occupe cette place avec une incontestable valeur.
- Je ne m’appesantirais pas sur les Français au Tonkin de MM. Marot, Péricaud et Noellet. On a applaudi les costumes de nos marins, on a acclamé le drapeau français, voilà qui est fort bien, mais la contexture du drame est fantastique. Un Pavillon Noir est, sans le savoir, le fils d’un abominable Anglais, nommé Hogarth qui a violé à plaisir la femme d’un Français : il a pour frère consanguin un certain Lucien d’Autreuil et vous devinez les complications que cette filiation peut amener dans la guerre! Il y a beau jour que d’Ennery, Michel Masson et.xYnicet Bourgeois nous ont blasés sur le casse-tête chinois et tonkinois des enfants naturels, des pères retrouvés et des mères perdues.
- Quant à la Vie mondaine, la pièce des Nouveautés, elle nous a fait l’effet de retarder singulièrement sur son siècle. Trop connus, la grande Dèche, Gaëtan d’Oriflamme et le baron Pschutt! ! !
- Pourquoi MM. Ferrier et de Najac ont-ils voulu remettre à neuf ces vieux masques?
- La musique de Lecocq ne les a pas, du reste, rajeunis davantage.
- Les artistes auront beau se donner du mal ; je doute fort que l’avenir réserve une longue vie à la Vie mondaine et M. Brasseur fera bien, je crois, de brasser une autre affaire.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cio, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Ber gère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 1er Mars 1885. NUMÉRO 9.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin ; Partie officielle : Commission consultative ; Chambre des députés ; 3. Informations; 4. Transmission pneumatique ; 5. Echos; 6. Les Expositions départementales; 7. Les Expositions des beaux-arts; 8. La Crise Agricole; 9. Variété ; Les machines agricoles; 10. Théâtres.
- BULLETIN
- Plusieurs journaux se sont plaints, cette semaine, de la lenteur apportée à ses travaux par la commission d’organisation.
- Ce sont là des critiques qui ne sont point fondées.
- La commission nous paraît, au contraire, avoir fait preuve d’une réelle activité. Elle a dès à présent résolu presque toutes les questions que le ministre du commerce avait soumises à son examen — questions délicates et difficiles qui nécessitaient les plus sérieuses études.
- Nous avons indiqué ici même ces diverses questions, les discussions, les rapports dont elles ont été l’objet.
- Cet ensemble de travaux est la meilleure réponse qui puisse être opposée à des impatiences, sinon peu raisonnées, du moins peu raisonnables.
- L’exposition d’Anvers s’annonce chaque jour davantage comme devant être un grand succès pour l’industrie française ; le nombre de nos exposants y atteindra 2,000 en y comprenant les expositions collectives. La fabrique lyonnaise y sera brillamment représentée. Reims, Rouen, Elbeuf et plusieurs autres villes ont aussi réuni en un groupe collectif leurs principaux fabricants. On a pu, dans notre dernier numéro, apprécier, par les gravures que nous avons publiées , tout l’intérêt qu’offrira notre exposition coloniale.
- Le Journal officiel du 24 février a publié un arrêté portant réglementation de la section française de l’exposition universelle des beaux-arts à Anvers. Cette section sera ouverte le 2 mai et close en 'octobre. Les ouvrages destinés à l’exposition devront être rendus francs de port au commissariat général des expositions, au palais des Champs-Elysées, jusqu’au 14 mars. Tout permet de penser que l’art français remportera à Anvers, la patrie de Rubens, de Van Dyck et de tant d’autres grands artistes, des victoires aussi brillantes qu’à Vienne et à Amsterdam.
- PARTIE OFFICIELLE
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Séance du lundi 16 février
- Étaient présents : MM. Antonin Proust, président ; Teisserencde Bort, Spuller, Magnin, Christophle, Marie, Couderc, Boulanger, Clavery, Charmes, Poulin , Tisserand , d’Ambly , Kaempfen , Lax , Hanotaux, Boue, Muzet, Vée, Veyssier, Henri Ducos, secrétaire, et Grenier, secrétaire-adjoint.
- La séance est ouverte à neuf heures et demie.
- M. le Président informe la Commission que, d’après les études faites, sur l’invitation de M. le ministre du commerce, le budget des dépenses de l’Exposition peut être ramené de 56 à 5o millions.
- Il indique sur quels points et par quels moyens des économies peuvent être réalisées. Le chiffre de 5o millions est considéré par le ministre comme un maximum qui ne saurait être dépassé. C’est aussi celui qu’il invite la Commission à prendre comme base de ses délibérations.
- M. Boulanger donne ensuite lecture du rapport dont il a été chargé par la sous-commission des finances, rapport concluant à la formation d’un capital de garantie réduit à io millions.
- Après cette lecture, M. le Président remercie M. Boulanger de son remarquable travail.
- M. Christophle demande à faire quelques observations au sujet du rapport de M. Boulanger. Dans la sous-commission deux systèmes se sont trouvés en présence. Les uns pensaient qu’il suffirait d’appeler un capital restreint, pour garantir seulement la queue des recettes. Les autres estimaient que le capital de garantie devait être égal au total des recettes prévues. Le rapport de M. Boulanger présente le premier système comme un système de père de famille et reproche au second de prêter à la spéculation. A son avis, cependant, s’il y avait spéculation, ce serait bien plutôt avec le premier système qu’avec le second. Dans tous les cas, d’ailleurs, les parts seront nominatives et non négociables. Par suite, toute crainte d’agio doit être écartée.
- Il ajoute que l’élégance du rapport de M. Boulanger ne parvient pas à dissimuler le vice de la décision proposée par la sous-commission des finances. Ce qu’il faut, au premier chef, c’est présenter au public une opération claire, présentant des chances, soit de gain, soit de pertes facilement appréciables. Ces avantages ne sont assurés qu’avec l’appel d’un capital égal aux recettes à garantir. De plus, au point de vue parlementaire , le gouvernement serait peut-être embarrassé , s’il n’avait à présenter qu’un capital couvrant seulement les deux cinq.uièmes des recettes. On dit qu’il y a au moins 24 millions de recettes certaines; mais il est prudent de prévoir un événement calamiteux qui troublerait toutes les prévisions. Il y a encore dans les calculs qui ont été faits d’autres éléments d’incertitude. Sait-on quelle plus-value donneront les entrées du soir ? Peut-être feront-elles tort aux entrées du jour ? De plus, il n’y a point de précédents pour les redevances à exiger des exposants, et des membres de la Commission, l’honorable M. Dietz-Monnin entre autres , ont pu craindre qu’on n’ait, de ce chef, des mécomptes. Il y aurait lieu, selon lui, de couvrir toutes ces éventualités. On déchargerait ainsi la responsabilité de l’Etat, à qui il faudra demander un gros sacrifice d’une vingtaine de millions. A ce propos, et à titre incident, i\I. Christophle exprime l’espoir que la Ville de Paris, qui est plus que toute autre appelée à bénéficier del’Exposition, augmenteralasubvention de 6 millions qu’elle a accordée aux précédentes expositions.
- On a dit encore, ajoute-t-il, qu’une souscription de 24 à 2 5 millions exigeait une large publicité. Mais, de toute façon, il faudra recourir au public, et, par suite, à la publicité. En 1867 on s’est passé de cet élément, parce que l’Empire a agi par voie de pression administrative , auprès de toutes les Chambres de commerce et de tous les fonctionnaires. La Commission , à elle seule, a souscrit pour i,5oo,ooo francs. Aujourd’hui, dans la finance même, on a pris des habitudes plus démocratiques et l’on s’adresse journellement aux petits capitaux. Pourquoi s’effrayer d’une chose qui est passée dans les mœurs ?
- Autre inconvénient du système proposé par la sous-commission. Si l’on suppose un capital de
- 10 millions et une insuffisance de recettes de même chiffre, le capital entier sera absorbé ; les souscripteurs auront perdu 100 pour 100. Si, au contraire, le capital est de 2 5 millions, avec la même perte de 10 millions, chaque souscripteur ne perdra que les deux cinquièmes de la somme souscrite.
- Pour toutes ces raisons, il demande le retour pur et simple à la combinaison employée en 1867.
- 11 y a eu alors un bénéfice appréciable. Tout le
- monde en a gardé le souvenir. Ce peut être un adjuvant utile pour le succès de la souscription. Il serait pourtant désireux de connaître , avant que la'Commission soit appelée à se prononcer, l’opinion de M. le ministre du commerce sur les conclusions de la sous-commission.
- M. Boulanger, répondant aux premières observations présentées par M. Christophle , reconnaît que, dans aucun cas, les parts du capital de garantie ne pourront donner lieu à agiotage. Il craint seulement que plus elles seront nombreuses, plus elles seront poussées dans les petits portefeuilles. Et c’est ce résultat qu’il faudrait éviter. — En ce qui concerne l’avis de M. le ministre du commerce, il ne pense pas qu’il y ait lieu de le solliciter. M. le Président a, en effet, déclaré , au nom du ministre , à la Commission , qu’elle était libre d’adopter les combinaisons qui lui paraîtraient les plus sages. Fin terminant, il demande si l’on croit aussi facile de réunir 24 millions que d’en réunir 10.
- M. le Président dit que ce n’est un mystère pour personne que le ministre du commerce est partisan du système d’après lequel le capital de garantie serait égal aux recettes prévues. Quant aux chiffres, ils ne pourraient être qu’ultérieurement fixés. Le travail de la Commission servira de base aux négociations qui devront être ouvertes avec la Ville de Paris. Une fois que ces négociations auront abouti, le ministre verra quelle somme il doit demandèr aux Chambres.
- M. Teisserenc de Bort ne trouve pas absolument juste l’assimilation que M. Christophle établit entre le système qu’il propose et celui de 1867. La société de 1867 garantissait, à la fois, la dépense et la recette; celle qu’on veut fonder aujourd’hui ne garantirait que la recette, l’excédent des dépenses restant à la charge de l’Etat. Il n’y en a pas moins un intérêt très grand à associer la vigilance des intérêts privés à la gestion de l’Elxposition ; c’est une garantie que tous les efforts seront faits pour arriver à une augmentation de recettes. Pour la location des emplacements, par exemple, il peut se faire que les puissances étrangères demandent des diminutions sur le tarif adopté. Pareil fait s’est produit pour les Expositions d’Amsterdam et d’Anvers. L’intérêt privé résistera bien plus à ces demandes que l’administration qui se croirait peut-être obligée à des sentiments de courtoisie internationale. Pour les recettes du soir, il pense que c’est encore l’influence de l’intérêt privé qui sera le meilleur mode pour rechercher les éléments de succès. Dans sa pensée, le capital de garantie n’a plus qu’une sorte de rôle moral ; c’est pour cela qu’il a adopté, avec la majorité de la sous-commission, le chiffre de 10 millions. Il a été aussi touché des craintes exprimées par M. Magnin , au sujet des difficultés qu’on éprouverait à réunir 24 millions.
- M. Christophle déclare que, pour lui, réunir .24 millions dans les conditions qu’il propose est plus facile que d’en réunir 10, dans les conditions proposées par la sous-commission. C’est d’ailleurs une erreur de penser qu’en 1867, L société ait garanti les dépenses. Il ne demande aucune innovation. On peut reprendre les termes mêmes de la loi et du règlement de 1867. L fait remarquer seulement que garantir les recettes, c’est, dans une certaine Inesure, garantir en même temps la dépense. Les représentants du capital de garantie s’opposeront évidemment aux inutilités, aux exagérations et donneront des conseils utiles , parce qu’ils donneront des conseils intéressés.
- En 1867, les promoteurs de l’Exposition ont fait une recherche historique des systèmes pratiqués jusqu’alors. Deux combinaisons étaient en présence; l’une, qu’on peut appeler la combinaison anglaise, consistait à faire de l’Exposition une opération purement privée, dont les bailleurs de fonds se partageraient l’intégralité des bénéfices ou des pertes. L’autre, suivie jusqu’alorsenFrance, mettait toutes les dépenses à la charge de l’Etat. On a pensé qu’il était possible et profitable de prendre un moyen terme entre ces deux systèmes opposés. On a vu un grave inconvénient à abandonner à
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 1e1’ Mars 1885.
- l’initiative privée la direction et la gestion intégrales ; on a craint que la grandeur de l’œuvre n’ait à souffrir d’un abandon aussi complet de l’Etat et on lui a réservé le rôle prépondérant. Mais on s’est demandé, en meme temps, s’il ne serait pas possible de modérer son action qui tend toujours à s’exagérer en introduisant dans la Commission le contrôle des capitaux privés. C’est cette transaction qui a été adoptée et qu’il propose encore une fois de reproduire.
- Dans la pratique seulement les moyens devront fatalement différer de ceux employés en 1867. La part de 1,000 francs, fixée alors, est une part aristocratique. Il croit meilleur de la réduire à 5oo francs. Mais, d’un autre côté, il exigerait un premier versement de 100 francs, tandis qu’il n’était que de 20 francs en 1867. Par ce moyen on n’aura que des souscripteurs sérieux qui comprendront et pèseront le risque auquel ils s’engagent. De plus, on obtiendra ainsi immédiatement 2,5oo,ooo, qui pourront être employés aux premières dépenses. Quant aux frais de la souscription, ils ne seraient pas très considérables. Il a dit dans la sous-commission qu’on pourrait s’adresser à un syndicat de garantie pour assurer le placement intégral des parts. On le lui a reproché. Cette pratique serait pourtant très loyale, parfaitement honorable, et on a tort d’en faire fi. Il ne dit point cependant qu’il soit nécessaire d’y recourir. En terminant il remarque que dans le rapport de M. Boulanger on promet un bénéfice de 100 francs pour 20 francs versés. C’est cette disproportion des bénéfices et du capital versé qui peut bien plutôt pousser à la spéculation et qui décèle , en tous cas , le caractère anormal et incertain de l’opération proposée.
- M. Muzet ne pense pas qu’il y ait lieu, d’ajourner la suite de la discussion pour demander l’avis du ministre. La Commission est réunie pour donner son avis au ministre et non pas pour se guider d’après le sien.
- M. Tisserand et M. Cochery proposent que si le rapport de M. Boulanger devait être transmis au ministre , on y joignît le procès-verbal de la présente séance où se trouveraient consignés les observations présentées par M. Christophle.
- M. Magnin ne croit pas qu’il y ait rien à ajouter au rapport de M. Boulanger, qui est très clair et très détaillé, et a rendu compte de toutes les opinions d’une façon très complète et très loyale. Pour lui, il a défendu dans la sous-commission la thèse contraire à celle qu’à exposée M. Christophle. S’il ne prend la parole en séance plénière, c’est que le travail de M. Boulanger contient tous les arguments et qu’il ne pourrait que les répéter. Quant à attendre l’opinion du ministre pour se prononcer, il ne le trouve pas digne pour la Commission. Si on devait le faire, il se retirerait, ne jugeant pas son indépendance complète.
- M. Christophle était d’avis qu’il serait bon de connaître l’opinion du ministre parce que celui-ci aura la responsabilité des. projets à porter au Parlement et que la commission n’est point réunie pour lui créer des difficultés. Mais dès l’instant que cette proposition a soulevé des scrupules chez plusieurs membres de la commission, il la retire.
- M. Kaempfen fait observer que le capital de garantie n’est pas très nécessaire. Si la majorité de la commission le pensait, peut-être que son avis pousserait le ministre à modifier son opinion première et que la nécessité de ce capital lui apparaîtrait moins claire et moins impérieuse.
- NI. le Président répond que, de toute façon, le ministre juge le capital de garantie indispensable, ne serait-ce qu’au point de vue parlementaire.
- M. Hanotaux demande s’il n’y aurait pas une solution intermédiaire entre celle que propose la sous-commission et celle que soutient M. Christophle. Ces solutions diffèrent sur deux points : d’abord sur le chiffre même du capital à appeler et puis, sur le mode de souscription. On a parlé, en effet, d’une part, d’une souscription démocratique et ouverte, et d’autre part d’une souscription aristocratique et fermée. Ne pourrait-on pas se contenter d’un capital de 10 millions, mais souscrit par le procédé démocratique.
- M. Couderc répond que dans aucun système il n’est question de souscription fermée.
- M. Magnin explique comment M. Hanotaux a pu être induit, en erreur, et penser que la majorité de la commission proposait une souscription fermée. Pour avoir 24 millions, a dit M. Christophle, il faut recourir à la grande publicité, s’adresser à la presse et faire miroiter aux yeux du public le bénéfice à réaliser. Quant à lui, il ne veut pas de ces moyens, parce qu’ils attireraient peut-être la petite épargne et qu’il ne veut pas l’entraîner dans une opération qui n’est pas de tout repos. Il estime même que si les petits souscripteurs venaient et qu’ils perdissent leur capital, ce pourrait être dangereux pourle gouvernement delà République. Dans son opinion il ne faut s’adresser qu’à des hommes qui puissent faire le sacrifice des sommes qu’ils engagent.
- M. Baïhaut dit qu’en ce cas on dira qu’une certaine aristocratie financière s’est réservé les bénéfices de l’opération.
- M. Christophle _ répondant à M. Magnin fait remarquer que s’il veut s’adresser à un public restreint, on a raison de dire que la souscription
- qu’il propose sera fermée. D’ailleurs il défie qu’on puisse obtenir 10 millions, sans publicité, il faudra bien faire connaître au public les conditions de la souscription. On va donc appeler tout le public, car il n’est plus possible de limiter l’appel à un certain nombre de privilégiés comme en 1867. Si l’on ne demande qu’un versement de 20 francs pour un encaissement de 1,000 francs et en faisant espérer un bénéfice de 100 francs, les souscripteurs afflueront, sans doute. On peut craindre même qu’ils n’affluent trop. Lorsqu’une souscription est trop de fois couverte, on peut dire qu’il n’y a pas souscription ; mais seulement spéculation. Il croit indispensable de n’avoir que des souscripteurs sérieux ; si on pense qu’il y ait, dans le nombre, des insolvables ou des prête-noms il faudra les rayer.
- Sur une observation de M. Hanotaux, M. Christophle déclare que son système n’implique pas plus que celui de la sous-commission, l’abandon complet des bénéfices au capital de garantie. La commission jugera ultérieurement dans quelle mesure il a droit d’y prendre part.
- M. le Président met aux voix les conclusions de la sous-commission les conclusions sont rejetées.
- La séance est ensuite levée à midi dix.
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Annexe au procès-verbal de la séance du 7 février 1885
- PROJET DE LOI
- Ayant pour objet d’approuver une convention provisoire passée entre l’Etat et la Société l’Union centrale des Arts décoratifs pour l’installation d’un Musée national des Arts décoratifs, dans le palais d’Orsay restauré,
- Présenté au nom de M. Jules Grévy, président de la République française, par M. A. Fallières, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, et par M. P. Tirard, ministre des finances.
- EXPOSÉ DES MOTIFS Messieurs,
- Notre pays s’est toujours fait remarquer par la fabrication des objets qui tirent surtout leur prix de-l’harmonie des formes et des couleurs, du bon goût et de la perfection des détails. Mais plusieurs nations voisines font les plus grands efforts pour élever chez elles le niveau de l’art industriel et, à ce point de vue, elles ont réalisé des progrès marqués, qui sont dus en grande partie à la création de musées où se trouvent réunis les plus beaux modèles. Si nous voulons maintenir à notre industrie artistique sa supériorité incontestée et conserver ainsi à notre commerce extérieur une de ses branches les plus importantes, il importe d’offrir à nos artistes et à nos ouvriers les moyens d’études que possèdent leurs concurrents. Nous croyons inutile d’insister plus longuement sur cette nécessité, qui a été signalée, bien des fois, dans le Parlement et dans la presse, par les juges les plus compétents.
- Dans ce but, la société l’Union centrale des Arts décoratifs a fait, depuis quelques années, des efforts persévérants , que le Gouvernement a secondés de tout son pouvoir.
- La société a notamment créé un remarquable musée des arts décoratifs, actuellement installé au palais de l’Industrie, et elle a organisé, avec un grand succès, des expositions qui ont embrassé successivement tous les embellissements dont les objets usuels sont susceptibles.
- Encouragée par ces premiers résultats, la société a demandé au Gouvernement et obtenu l’autorisation de se procurer, au moyen d’une loterie, des ressources applicables à l’installation définitive et à l’agrandissement de son musée..
- Aujourd’hui elle a réalisé les fonds nécessaires et elle demande à élever les bâtiments dudit musée dans l’immeuble domanial situé quai d’Orsay et anciennement affecté au conseil d’Etat et à la Cour des comptes, en s’engageant à abandonner à l’Etat, à fin de concession, le terrain, les bâtiments et les collections qui y seront contenues.
- Le Gouvernement et la société pétitionnaire sont tombés d’accord sur les conditions de la concession dont il s’agit et ils ont signé le projet de convention ci-après, que nous avons l’honneur, Messieurs, de soumettre à votre approbation.
- L’article premier concède temporairement à la société l’immeuble ci-dessus désigné.
- La durée de la concession est déterminée exactement par l’article 16; elle sera' d’environ trente ans.
- Pour justifier cette affectation, nous rappellerons que, depuis 1871, huit projets differents ont été étudiés pour utiliserhimmeuble du quai d’Orsay; mais les ruines sont dans un tel état de détérioration et le plan de l’édifice se prête si mal aux exigences d’un service public, que l’on a toujours reconnu la nécessité de raser presque complètement
- les pans de murs subsistant encore et de faire des-constructions entièrement nouvelles, au prix d’une dépense variant entre 6 et g millions, suivant le projet. On a toujours reculé devant une dépense aussi considérable. L’opération serait encore moins justifiée aujourd’hui, puisque les administrations et les grands corps de l’Etat sont réinstallés dans d’autres locaux.
- En conséquence et pour donner satisfaction au vœu, tant de fois exprimé par le Parlement et le Conseil général, de voir disparaître les ruines de l’ancien palais, nous pensons qu’on ne pourrait trouver une meilleure combinaison que d’affecter cet emplacement au Musée des Arts décoratifs projeté, dont les bâtiments ne coûteront rien à l’Etat et contribueront à embellir une des plus belles perspectives de la capitale.
- Les articles 2 et 6 ont pour objet de garantir la bonne exécution des travaux et l’achèvement des installations pour l’ouverture de l’Exposition en 1889. La concession des matériaux de l’ancien palais, faite à la société par l’article 6, ne constitue-pas un avantage appréciable. Une commission des architectes les plus compétents déclarait, en effet, en 1882, que ces matériaux ne produiraient pas 100,000 francs, et que peut-être même ne se présenterait-il aucun soumissionnaire si le cahier des charges était tant soit peu rigoureux.
- On rencontrera en effet de grandes difficultés et même des dangers dans l’opération de la démolition, et la situation s’est encore aggravée depuis deux ans.
- Les articles 3 et '4 établissent la destination du. musée, qui recevra, entre autres objets, ceux que l’Etat croira pouvoir prêter sans nuire à ses services.
- Les objets contenus dans le musée seront mis à la disposition du public pour être reproduits moyennant rétribution.
- L’article 5 réserve, dans le nouveau palais, la galerie en façade sur • le quai, qui pourra être donnée en location, par la société, pour des expositions distinctes du musée proprement dit.
- Par l’article 7, la société concessionnaire s’engage à dépenser une somme de 3,5oo,ooo francs pour la construction du musée. A ce sujet, nous ferons remarquer qu’il ne s’agit pas de reconstituer l’ancien état du palais, qui sacrifiait à l’effet architectural les conditions les plus essentielles au bon fonctionnement des services occupants.
- La somme de 3,5oo,ooo francs permettra seulement de réaliser un projet restreint, qui a été approuvé par le Conseil général des bâtiments civils, ainsi que le devis, et qui comporte les dispositions générales suivantes :
- On modifierait le premier étage, afin d’obtenir des salles éclairées par le haut, partout où cela serait, nécessaire. D’autre . part , on ajournerait la couverture de l’une des cours latérales jusqu’au moment où les ressources du musée permettraient de procéder à cette opération. .11 est d’ailleurs entendu que, même pendant ce premier état transitoire,le monument ne présenterait à l’extérieur aucune apparence d’installation provisoire et que, notamment, toutes les façades seraient neuves ou complètement restaurées.
- L’article 8 impose à la société une redevance annuelle de un'franc, pour marquer le caractère de-l’occupation de l’immeuble domanial.
- L’article 9 établit que l’entrée dans le musée sera gratuite deux jours par semaine, et que, les autres jours, le prix d’entrée sera de un franc.
- L’article 10 réglemente le mode de formation des collections. Il laisse à la société concessionnaire-l’initiative de tous les accroissements et modifications ; en même temps , il réserve au Gouvernement un droit de contrôle, qui restera sans doute purement nominal, mais qui pourrait devenir effectif et serait alors exercé avec fermeté si la société concessionnaire venait à perdre de-vue le caractère d’intérêt public attaché à son œuvre, ou si elle compromettait le gage de l’Etat. Toutefois, en raison des tâtonnements auxquels il faut toujours s’attendre dans la formation de collections aussi complexes, les objets ne seront classés définitivement dans les collections qu’au moment de la rédaction de l’inventaire annuel.
- Les articles 11 et 12 concernent la tenue de l’inventaire et des registres annexes.
- L’article i3 stipule que le ministre nommera cinq fonctionnaires pour faire partie du Conseil de la société concessionnaire, afin d’y soutenir les intérêts de l’Etat, notamment au point de vue du bon emploi des‘objets prêtés par lui.
- L’article 14 établit que tous les bénéfices du musée seront affectés à son accroissement, son entretien et son administration, ce qui écarte de l’opération dont il s’agit toute idée de spéculation.
- 11 stipule la gratuité de reproduction des objets appartenant à l’Etat et figurant dans les collections du musée.
- Les articles i5, 16, 17, 18, 19 et 20, fixent la date et les conséquences de l’expiration de la concession ; celle-ci prendra fin normalement au icr janvier 1915, ou avant cette époque en cas de dissolution ou de déchéance de la société; l’Etat rentrera alors en possession de l’immeuble concédé et deviendra propriétaire des bâtiments, du matériel et des collections du musée. Si toutefois la date du 1e1' janvier 190 est atteinte sans qu’il y ait eu
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- Première Année. — N° 9. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche Mars i885. — 67.
- dissolution ou déchéance de la société, il sera de l’intérêt général que celle-ci conserve une grande influence sur lés opérations du musée, et, à cet effet, l’article 20 établit que le musée sera administré, dans l’hypothèse ci-dessus, par un directeur nommé par l’Etat, agissant sous la surveillance d’un conseil de perfectionnement de 14 membres, dont moitié nommés par l’assemblée statutaire de l’Union centrale, ledit conseil présidé par le directeur du musée.
- Par l'article 18, la société donne au nouveau musée toutes ses collections du palais de l’Industrie.
- Les articles 21, 22, 25 et 24 contiennent des clauses relatives à l’exécution des dispositions qui précèdent.
- L’article 2 5 a pour objet de prévenir toutes difficultés au sujet du payement des contributions autres que les impôts proprement dits (telles que les taxes de balayage, de pavage, etc.) auxquelles le Palais pourrait être assujetti.
- Comme vous pouvez le constater, Messieurs, l’Etat et la société, dans cette convention, ont tous deux uniquement en vue les intérêts du pays; et nous estimons que -les clauses analysées ci-dessus assignent à chacun des deux contractants le rôle qui convient à sa situation. D’autre part, nous ne doutons pas que le Parlement ne s’associe pleinement à notre désir de voir disparaître sans retard des ruines qui présentent un spectacle affligeant et immobilisent depuis treize ans un capital considérable.
- Par ces motifs, nous avons l’honneur de soumettre le projet de loi ci-après à votre approbation :
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française,
- Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit, sera présenté à la Chambre des députés par le ministre •de l’instruction publique et des beaux-arts et par le ministre des finances, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article premier. — Est approuvée la convention -ci-jointe, en date du 7 février 1885, par laquelle l’Etat concède à la Société l’Union centrale des Arts décoratifs, pour l’établissement d’un Musée national des Arts décoratifs, l’immeuble domanial situé quai d’Orsay, anciennement affecté au Conseil d’Etat et à la Cour des comptes.
- Art. 2. — La convention mentionnée à l’article premier ci-dessus sera enregistrée au droit fixe •de trois francs (3 fr.).
- Art. 3. — Le terrain et les bâtiments du Musée national des Arts décoratifs seront exempts de tout impôt existant ou à créer; toutefois l’exemp-' tion ne sera pas applicable aux impôts dont les occupants seraient personnellement passibles.
- Fait à Paris, le 7 février 1885.
- Le Président de la République française, Signé : Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, Signé : A. Fallières.
- Le ministre des finances, Signé : P. Tirard.
- PROJET DE CONVOCATION
- L’an 1885, le 7 février,
- Entre les soussignés :
- MM. A. Fallières, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts,
- P. Tirard, ministre des finances,
- Agissant au nom de l’État,
- D’une part ;
- Antonin Proust, député, président de l’Union -centrale des Arts décoratifs,
- Agissant au nom de ladite société, ainsi qu’il y est autorisé par une délibération du Conseil d’administration,
- D’autre part ;
- Il a été convenu ce qui suit :
- Article premier. — L’Etat concède temporairement àla société l’Union centrale, qui accepte, l’immeuble domanial situé sur le quai d’Orsay, autrefois occupé par le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes, ayant une contenance de 9,300 mètres environ et dans l’état où il se trouve actuellement, pour y édifier un musée, qui sera désigné sous le nom de Musée national des Arts décoratifs.
- Art. 2. —Le Musée national des Arts décoratifs .sera établi suivant l’avant-projet annexé à la présente convention. Les plans définitifs devront être soumis à l’examen du Conseil général des bâtiments civils et approuvés par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Art. 3. — Le musée est destiné à recevoir des collections de toutes les œuvres anciennes ou modernes qui peuvent aider aux applications de l’art à l’industrie
- Celles de ces œuvres qui pourront être reproduites, soit par le moulage, soit par tout autre procédé, seront mises à la disposition du public, moyennant un prix qui sera réduit de 20 0/0 pour les musées et les établissements scolaires de France.
- Art. 4. — Le Musée recevra les objets que l’Etat croira pouvoir prêter sans nuire à ses services et notamment au Musée du mobilier national ou aux palais nationaux.
- Art. 5. — Seront affectées à l’installation du musée et de ses dépendances toutes les parties de l’édifice, sauf la partie placée sur le quai d’Orsay qui pourra être concédée en location par la société aux associations ou aux particuliers qui demanderaient à y faire des expositions.
- Art. 6. — Les travaux devront être commencés trois mois au plus tard après la promulgation de la loi qui approuvera la présente convention.
- Ils devront être achevés, au plus tard, à la fin de l’année 1888, de façon à ce que le Musée national des arts décoratifs soit entièrement et définitivement installé au quai d’Orsay au moment de l’Exposition de 1889.
- La société concessionnaire aura le droit d’utiliser pour les travaux les matériaux provenant des ruines et des démolitions du palais du quai d’Orsay. Ceux qu’elle n’utilisera pas serontvendus par ses soins et au profit de la Caisse du musée.
- Art. 7. — La société concesssionnaire s’engage à dépenser une somme de 3,5oo,ooo francs pour la construction du musée.
- Cette somme, spécialement affectée à la garantie de l’exécution des travaux, sera déposée à la Banque de France, dans les quinze jours de [la promulgation de la loi, .soit en espèces, soit sous forme d’obligations du Trésor, de rentes sur l’État ou d’obligations de chemins de fer à revenus garantis par l’État.
- Le retrait des fonds pour le payement successif des mémoires des constructeurs’ ne pourra avoir lieu qu’avec l’assentiment du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts et sur le vu des mémoires à acquitter.
- Toutefois la société pourra jouir et disposer librement des revenus de ces valeurs.
- Art. 8. — La société concessionnaire payera pendant toute la durée de son occupation, le 5 janvier de chaque année, une redevance annuelle de, 1 franc, qui sera versée dans la Caisse du receveur des domaines, à Paris.
- Art. 9.— L’entrée dans les salles de collections et de travail du musée permanent sera gratuite deux jours par semaine. Les autres jours, le prix ' d’entrée est fixé à 1 franc.
- L’entrée des galeries où seraient installées des expositions temporaires sera soumise à une rétribution que le Comité se réserve de fixer.
- Art. 10. — L’inventaire des objets figurant dans les collections ne pourra subir aucune [ modification par acquisition, legs ou donation, par échange, vente ou par tout autre moyen, que sur la proposition^ de la société concessionnaire et avec l’approbation du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Les ventes ou les échanges qui pourront être faits d’objets non encore portés à l’inventaire annuel seront dispensés de cette approbation.
- Il est, d’ailleurs, bien entendu que cette disposition n’est pas applicable au retrait des objets prêtés, lorsque ce retrait aura lieu dans les conditions stipulées au moment du prêt.
- Art. ii. — Tous les objets entrant dans les collections du palais seront portés sur un inventaire, d’où ils seront rayés en cas de sortie définitive.
- Des registres spéciaux, tenus en dehors de l’inventaire, indiqueront les sorties temporaires d’objets, les ventes et les échanges.
- Art. 12.— L’inventaire prescrit par l’article 11 ci-dessus comprendra des sections distinctes :
- Pour les objets appartenant au musée;
- Pour les objets prêtés ;
- Pour les objets légués ou donnés sous réserves.
- Toute inscription ou toute radiation sur l’inventaire mentionnera les conditions de l’entrée ou de la sortie et la date de la décision ministérielle qui aura donné l’autorisation nécessaire.
- Art. i3.— Le ministre nommera cinq fonctionnaires, dont l’administrateur du Mobilier national et un inspecteur des finances, pour faire partie du Conseil de la société.
- Art. 14. — La caisse du musée reçoit :
- Le montant des entrées dans les salles de collections;
- Le prix de la location de la galerie en façade sur le quai d’Orsay, ou le montant des entrées à cette galerie en temps d’expositions temporaires ;
- Les bénéfices provenant de la vente des moulages et des reproductions, par tous procédés, des pièces de collections ou autres objets d’art ;
- Les redevances perçues pour reproduction d’œuvres figurant dans les collections, sous cette réserve que la reproduction des objets appartenant à l’État et qui figureront dans les collections sera affranchie de toute redevance ;
- Les sommes ou valeurs négociables données ou léguées au musée ;
- Le prix des ventes et les soultes d’échanges d’objets appartenant au musée.
- Toutes ces sommes, et, d’une manière générale, tous les bénéfices du musée seront affectés exclusivement aux travaux de construction ou d’entretien de ses bâtiments, à son administration, à l’entretien et à l’accroissement de ses collections!
- Art. i5. — Si la société concessionnaire n’e xécutait pas les charges et conditions de la présente^ concession, elle encourrait la déchéance qui, après mise en demeure, serait prononcée par le ministre des finances après avis du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts et sauf recours au Conseil d’Etat par la voie contentieuse. L’Etat deviendrait, par le fait de cette déchéance, ainsi prononcée, propriétaire de l’immeuble et des collections constituant le Musée national des Arts décoratifs du quai d’Orsay.
- En outre, en cas de déchéance prononcée pour inexécution des. travaux, la somme de 3,5oo,ooo francs, ou le reliquat non encore emplové de cette somme, serait, de plein droit, acquis à l’État pour la continuation des travaux.
- Art. i G, — La concession de l’immeuble domanial désigné à l’article premier commencera le jour de la promulgation de la loi qui portera approbation de la. présente convention ; elle prendra fin le premier janvier iqt5.
- Art. 17. A la fin de la concession, ou en cas de^ dissolution ou de déchéance, les collections prêtées ou léguées avec réserve de reprise à la fin de la concession feront retour a leurs propriétaires ou ayants droit.
- Art. 18. — La société concessionnaire s’engage à donner au musée et à placer dans le nouveau palais, immédiatement après son achèvement, les collections qu’elle possède actuellement au palais de l’Industrie.
- Art, 19.— Ala date du ier janvier 1915 et par le fait seul de l’expiration de la concession, ou en cas de dissolution de la société avant la fin de la concession, ou de déchéance dans le cas prévu par l’article 15, l’Etat rentrera de plein droit et sans, aucune, indemnité dans la propriété pleine et entière de l’immeuble par lui concédé et deviendra propriétaire des bâtiments, du matériel et des collections appartenant au Musée,
- Art. 20. — Si la date du icr janvier 1915 est atteinte sans qu’il y ait eu dissolution ou déchéance de la Société, le musée sera, à partir de cette date, administré par un directeur nommé par le ministre de 1 instruction publique et des beaux-arts sous la surveillance du. perfectionnement dont les attributions seront analogues à celles du Conseil de perfectionnement du Conservatoire des arts et métiers.et feront l’objet d’un règlement ultérieur. Ce conseil sera, composé de 14 membres dont 7 nommés par l’État et y par l’assemblée statutaire de l’Union centrale; il fonctionnera sous la présidence du directeur du musée.
- Art. 21. — La présente convention ne sera valable que par une loi.
- Art- 22. — Pour l’exécution des présentes, la société fait élection de domicile a son siège social.
- Art. .2 3.. — Les . contestations auxquelles donnerait lieu l’exécution des clauses de laprésente convention seront jugées administrativement sauf recours au Conseil d’Ëtat.
- Art. 24. — Les frais de timbré et d’enregistrement des présentes seront àla charge de la Société concessionnaire.
- Art. 25.— L’Union centrale des Arts décoratifs sera tenue, le cas échéant, de supporter sans répétition contre l’Etat, pendant la durée de sa jouissance, les taxes ou contributions locales de toute nature auxquelles l’immeuble pourrait donner lieu.
- Fait triple à Paris, le 7 février i885.
- Signé : A. FALLIÈRES.
- Signé : P. TIRARD..
- Signé : Antonin PROUST.
- INFORMATIONS
- La réunion de la Commission de l’Exposition que nous avions. annoncée pour le mercredi 18 février n’a eu lieu que le samedi 21, par suite d’une indisposition de M. Antonin Proust , président.
- M. Antonin Proust a proposé de reprendre la discussion sur l’importance du fonds de garantie qui, suivant le vote de la dernière séance, devait couvrir la totalité des recettes espérées, et il a demandé à la Commission de voter à nouveau sur la question. Il explique que plusieurs membres qui ont voté pour un fonds de 24 à 30 millions, garantissant les recettes complètes, ont pensé que le capital de 10 millions seulement, proposé par M.Magnin, gouverneur de la Banque de France, était un maximum, alors qu’il s’agissait simplement de la somme minima que devait atteindre la souscription.
- La Commission vote que la discussion sera reprise.
- Le président invite MM. Magnin et Christophle à soumettre de nouveau à la Commission les Voir la suite page 70
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- G8 et 69. — Première Année — N° 9.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE il
- Dimanche i01' Mars 1885
- TRANSMISSION PNEUMATIQUE DE DÉPÊCHES ET COLIS POSTAUX ENTRE PARIS ET LONDRES
- La persévérance avec laquelle a le projet de chemin de fer sous-marin jouit encore cette grande conception dans les deux pays intéressés, sont autant de preuves du besoin manifeste d’un outillage commercial de plus en plus simple et rapide.
- Les relations de pays à pays se multipliant de jour en jour, il devient d’une impérieuse nécessité d’étudier les moyens de faciliter au moins l’échange rapide des télégrammes, correspondances, échantillons, imprimés, etc.
- A ce point de vue, le service des chemins de fer et bateaux ne peut guère être amélioré, ayant atteint sensiblement toute la perfection qu’on pouvait lui demander.
- La télégraphie et la téléphonie sont des moyens rapides, mais forcément incomplets.
- Résoudre le problème de l’échange d’une lettre entre Paris et Londres dans des conditions de vitesse égale à celle des télégrammes serait une œuvre dont les conséquences économiques sont considérables.
- La solution conçue et proposée serait l’installation, entre Paris et Londres, de deux tubes pneumatiques (aller et retour), destinés à transmettre les télégrammes, lettres et colis postaux jusqu’à concurrence de 5 kilogrammes.
- Le succès de ce mode de transmission pour les dépêches, à Paris et dans les grandes villes de
- Il est vrai que la longueur du parcours et le passage sous la mer viennent compliquer cette application gigantesque du système actuellement en usage.
- M. J.-B. Berlier, auteur de ce projet, vient de publier une brochure par laquelle il nous prouve que le problème peut être résolu.
- La pose des sections terrestres a lieu suivant les lignes de chemin de fer pour éviter les différences de niveau par trop considérables. — La cote la plus élevée de la ligne du chemin de fer de Paris à Calais est celle de 121m32. — Le point le plus bas au fond de la mer entre Douvres et Calais se trouve situé à 56m70. On voit que l’on se trouverait en présence d’un écart de 178m02.
- été soutenu, devant devant traverser la
- les Gouvernements français et anglais, Manche, la popularité dont jouissait et
- Mais il n’en peut être ainsi, et des fuites se produiront, due au frottement de l’air dans la conduite, tendront ;
- La longueur de la canalisation se décompose comme suit :
- Paris à Calais........................................................................ 297 k.
- Calais à Douvres (maritime)........................................•................. 39 k.
- Douvres à Londres............................................... •.................... 139 k.
- 475 k.
- Soit en chiffres ronds............................................................... 500 k.
- M. Berlier considère l’ensemble de la conduite comme un cylindre de grande longueur, dans lequel le train représente un piston actionné par l’air comprimé et fonctionnant sans détente.
- Les intéressants calculs que, à notre regret, nous ne pouvons reproduire ici, établissent:
- 1° Que le volume d’air nécessaire à la transmission d’un train est de 35,325 mètres cubes ;
- 2° Que la vitesse des trains sera de 139 mètres par seconde ;
- 3° Qu’en fournissant par seconde 10 mètres cubes d’air à une pression de 0k046 on doit pouvoir conduire de Paris a Londres en une heure un train pesant 10 kilogrammes et présentant une surface de 700 centimètres carrés ;
- 4 Que si 1 on produit 1 air comprimé dans le réservoir à la pression de 2 kilogrammes, on sera en mesure répondre à toutes les éventualités les plus désavantageuses, puisque l’on disposera d’une puissance quarante fois supérieure à celle nécessaire (0k046)
- Nous donnons la coupe d un boulet destiné à renfermer les objets à expédier.
- Le boulet se compose d une boite métallique (tôle légère) recouverte de feutre d’amiante Le tout est enfermé dans une gaine en tissu d’amiante garnie d’une brosse métallique.
- bi 1 on se tiouvait en présence dune conduite parfaitement étanche, il est évident qu’il suffirait d’une usine au départ dans chaque direction.
- Machines motrices, 1,200 chevaux à 500 fr. l’un
- Chaudières, 1,500 chevaux à 100 fr...........
- Compresseurs.................................
- Réservoirs de compression....................
- Outillage de départ et réception.............
- Bâtiments et divers..........................
- lesquelles, jointes à la perte de charge , diminuer progressivement la longueur de l’entretoise et par suite la vitesse des trains.
- Pour maintenir constante cette vitesse, on a prévu, sur le parcours, des usines complémentaires qui fourniront, dans la conduite, l’air à la même pression que l’usine initiale et maintiendront l’ensemble des trains dans des positions relatives rigoureusement égales sur tout le parcours.
- Disons également que des indicateurs électriques reliant toutes les usines permettront aux mécaniciens des usines secondaires d’avoir, en se réglant sur les usines principales, une pression toujours conforme à celles-ci.
- Enfin sur les points importants du parcours, il pourra être intercalé des trains supplémentaires aux gares intermédiaires, sans qu’il en résulte aucune difficulté pour le service principal de Paris a Londres.
- Les tranchées destinées à recevoir la canalisation devront avoir lm20 de largeur et 1 mètre de profondeur, qui, sur 450 kilomètres, représentent un cube de
- 430,000X1X1,20 = 340,000 mètres cubes
- Les poids des conduites étant de 100 kilogrammes par mètre courant, le poids total des fontes sera de 100,000 tonnes.
- Les tuyaux ayant 4 mètres de longueur, nous aurons pour la section terrestre 225,000 joints.
- Sli “M Arts T
- 1° Section terrestre 540.000“ de tranchées, à 1 fr. le mètre cube.... 540.000
- 2° 90.000 tonnes de fonte à 160 fr. la tonne à pied d’œuvre............. 14.400.000
- 3° Pose à raison de 15 fr. par joint ( prix exagéré ).............. 3.375.000
- Total pour les sections
- terrestres............ 18.315.000
- 4° Section maritime,
- 10.000 tonnes à 160 fr.. 1.600.000 5° Pose à raison de 200 fr. par mètre (prix exagéré)................ 8.000.000
- Total général. Fr. 27.915.000
- Le devis de l’usine principale peut
- s’évaluer comme suit :
- ........................ 600.000
- ..................................... 150.000
- ........................ 600.000
- .................................... 150.000
- ....................... 200.000
- ....................... 100.000
- Soit pour les deux usines principales
- 1.800.000 3". 600.000
- On peut évaluer que l’installation des sept usines inter médiaires demandera, au total, 1.000.000 de francs.
- Ce qui donne une dépense de premier établissement de 34.000.000 de francs en chiffres ronds.
- M. Berlier donne ensuite un tableau des recettes et dépenses annuelles.
- RÉSUMÉ
- 1° Il est possible de créer une transmission pneumatique de dépêches entre Paris et Londres et gares intermédiaires en une heure;
- 2° Le capital nécessaire à l’établissement de cette ligne atteindra au maximum 3k millions;
- 3° En n’expédiant que six trains à l’heure dans chaque sens, soit douze h l’heure, alors qu'on en pourrait expédier trente à quarante, et en amollissant le capital en quarante années, on aurait un dividende de k fr. 00 OjO en plus de l’intérêt ;
- 4° Tous ces chiffres ont été établis pour un travail annuel de 300 jours seulement.
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- 70. — Première Année — N° g.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Mars i885.
- arguments qu’ils ont fait valoir en faveur de leurs thèses respectives, tant au cours de la séance du 10 février qu’au sein de la sous-commission des finances.
- M. Magnin insiste' en faveur d’un capital de
- 10 millions, qui lui paraît absolument suffisant, puisqu’il s’agit seulement de sauvegarder la différence entre la recette certaine et. la recette éventuelle. Si la recette devait être nulle, l’idée de PExpositiondevraitètreabandonnée.M. Magnin ajoute que, pour constituer un gros capital de garantie, il faudrait recourir à une grande publicité, qui lui répugne absolument.
- M. Christophle répond à M. Magnin que la publicité devra être la môme pour une souscription de 10 millions que pour une souscription de 24 à 30 millions.
- M. Alphand se déclare favorable, en principe, à la formation d’un capital de garantie aussi important que possible; mais dans l’état actuel du marché financier, il croirait imprudent de trop compter sur le crédit public.
- M. Dietz-Monnin estime que 10 millions seront facilement souscrits par les industriels et les commerçants intéressés au succès de l’Exposition.
- 11 rappelle qu’en 18G7 les Chambres de commerce participèrent à la souscription. Aujourd’hui on trouverait un concours efficace auprès des S y n d i c a t s p r 0 fe s s i o 11 n e I s.
- La Commission, appelée à faire connaître définitivement son avis sur la question du fonds de garantie, adopte les conclusions du rapport de M. Boulanger.
- La Commission adopte donc définitivement le principe d’un capital de garantie 11e pouvant être inférieur à 10 millions.
- M. Boulanger donne ensuite lecture du projet de statuts de la Société de garantie qu’il a préparé.
- La Commission vote les divers articles dont voici les principales dispositions :
- Les parts seront de 1,030 fr. Il sera versé 50 fr. sur chacune.
- Les bénéfices seront répartis entre la Ville, l’Etat et la Société de garantie, proportionnellement au capital versé et aux engagements pris par chaque partie.
- On repousse un amendement proposé par M. Dietz-Monnin par lequel 10 0/0 seulement des bénéfices seraient distribués, et le reste consacré à une institution nationale organisée en mémoire du centenaire de 1889.
- L’ensemble du projet de statuts de M. Boulanger est approuvé par la Commission.
- La sous-commission des constructions est convoquée pour le 28 février.
- La Commission plénière se réunira le 3 mars.
- ÉCHOS
- Paris
- Fait intéressant à signaler à nos peintres militaires. Tout le monde a pu voir au Salon de peinture de Paris, en 1875, une toile du peintre de Neuville, intitulée : Combat cle mobiles sur une ligne de chemin de fer, tableau qui fut très admiré.
- Or, on peut voir à l’Exposition de la Nouvelle-Orléans, dans lasectiondes dames de l’Etat d’Iowa, un dessin-reprodution de ce tableau fameux, avec cette adaptation bien américaine ; Le second régiment de l’Iowa au fort D onelson ( Tennessee).
- Le 21 février, a été rendu, à l’Ecole des beaux-arts, le jugement du prix Rougevin (architecture).
- Le prix Rougevin consiste -en deux sommes, l’une de 600 francs, l’autre de 400 francs, qui sont attribuées aux élèves classés les deux premiers dans les concours d’ornement et d’ajustement.
- Le sujet donné était « un monument à J.-B. Lesueur, membre de l’Institut de France, professeur à l’Ecole des beaux-arts ».
- Le prix a été attribué à MM. Lafillée, élève de M. Ginain, et Bonnier, élève de MM. Moyaux et André, classés en tête des 71 concurrents qui avaient pris part au concours.
- * *
- Départements
- Une exposition de matériel scolaire, organisée parla municipalité de Lille, à l’occasion delà tenue dans cette ville du congrès de la Ligue de l’enseignement, aura lieu du 5 au 15 avril 1885. Un appel est fait aux libraires et aux fabricants de matériel pour l’enseignement.
- * *
- La Commission administrative des Hospices d’Abbeville a décidé, dans une de ses dernières séances, que l’exposition des projets déposés en vue de la reconstruction de. l’Hôpital des malades sera publique le dimanche, de deux à quatre heures de relevée, à partir du 22 février courant.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- La cinquième assemblée générale des Géographes allemands aura lieu à Berlin du 9 au 11 avril.
- Une commission spéciale s’occupe d’organiser à cette occasion une Exposition géographique, où les sections littéraire et cartographique occuperont une place très importante.
- Angleterre
- L’Exposition internationale des Inventions à South-Kensington (Londres) sera inaugurée au mois de mai prochain, par S. A. R. le prince de Galles, président d’honneur.
- Elle comprendra deux sections, subdivisées en 34 groupes et 180 catégories. Dans la première section seront classés les machines, instruments, procédés et produits, inventés depuis 18G2 ; dans la ' seconde ceux qui sont en usage depuis le commencement du siècle.
- Egypte
- L’Exposition cotonnière a été inaugurée au Caire, le 24 janvier dernier, dans les terrains du ministère des travaux publics, en présence de Son Altesse le Khédive et de toutes les notabilités indigènes et européennes.
- ic
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- Indes anglaises
- L’Exposition universelle (de Bombay qui devait s’ouvrir en 1886 serait, paraît-il, remise à 1887.
- Italie
- L’Exposition annuelle de peinture et de sculpture organisée par la Société des.amateurs des beaux-arts, que nous avons annoncée dans notre précédent numéro, et dont l’ouverture a été remise au 1er mars, aura lieu dans le nouveau Palais des Beaux-Arts, sur la Via Nazionale.
- Pourront prendre part à l’Exposition, tous, les artistes italiens, quelle que soit leur résidence actuelle, ainsi que les artistes étrangers séjournant à Rome.
- L’Exposition fermera ses portes le 26 avril prochain.
- LES EXPOSITIONS
- DÉPARTEMENTALES
- CONCOURS RÉGIONAL DE MOULINS
- Les membres du Comité de l’Exposition industrielle ont adressé aux industriels l’appel suivant :
- Messieurs et chers Concitoyens,
- A l’occasion du concours régional agricole qui se tiendra cette année à Moulins du 16 au 25 -mai, la ville a pensé que, dans l’intérêt du commerce et de l’industrie, il était utile d’organiser dans notre cité une exposition industrielle à laquelle seraient appelés à prendre part, non -seulement les sept départements de la région, savoir :
- L’ Allier, le Cher, YIndre, VIndre-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Loiret et la Nièvre ;
- Mais aussi ceux de la Creuse, de la Loire, du Puy-de-Dôme et de Saône-et-Loire, les plus voisins de l’Ailier.
- Nous faisons appel à toutes-les bonnes volontés, à tous les partisans.-résolus du progrès industriel et commercial, et nous prions instamment tous nos concitoyens de vouloir bien concourir à notre Exposition, en y envoyant des produits de leur fabrication ou dé leur invention.
- Ils peuvent être assurés d’avance de recevoir bon accueil. :
- L’Exposition sera ouverte du 9 au 3i mai inclusivement.
- Dès à présent, les exposants peuvent adresser leurs demandes à la mairie de Moulins (Bureau de l’Exposition industrielle).
- Ils sont priés de spécifier d’une manière précise la nature de leurs produits, leur valeur, et le nombre de mètres carrés qu’ils désirent.
- Il sera adressé à MM. les exposants qui en feront la demande, un exemplaire du règlement de l’Exposition.
- règlement
- Article Premier.— Une Exposition industrielle sera ouverte, à Moulins, du 9 au 3i mai.inclusivement, au Cours de Bercy.
- Art. 2. — Sont appelés a exposer leurs produits, les négociants ou industriels des départements de Y Allier, du Cher, de YIndre, A Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher, du Loiret et de la Nièvre, et ceux des départements de la Creuse, de la Loire, du Puy-de-Dôme et de Saône-et-Loire.
- Les exposants venus des autres départements feront partie d’une section spéciale.
- Art. 3. — Les demandes d’admission devront être adressées à la mairie de Moulins avant le 3i mars 1885. Toutefois, sur la demande motivée faite à l’avance par l’exposant, le Comité pourra, par exception, accorder tin nouveau délai.
- Les demandes devront mentionner la nature et le nombre des objets exposés, l’espace nécessaire à leur installation, c’est-à-dire la dimension en longueur,_ largeur et hauteur, ainsi que la valeur de ces objets.
- Art. 4. — Tous les colis, outre l’adresse, porteront, sur une pancarte et en caractères très apparents, ces mots : Exposition Industrielle de Moulins, et à la suite les noms, profession et demeure des exposants, ainsi que la désignation exacte des objets contenus dans chaque colis.
- Art. 5.—Tout exposant qui n’accompagnera pas ses produits devra indiquer, au piésident du Comité, un mandataire qui fera opérer le déballage, installer les produits et le représentera pendant toute la durée de l’Exposition.
- Art. 6. — Tous les frais de transport et de camionnage seront à la charge des exposants, ainsi que les frais d’assurances contre l’incendie.
- Art. 7. — Tous les objets à exposer pourront être admis en entrepôt pendant la durée de •l’Exposition.
- Art. 8. — Les objets exposés à couvert seront assujettis à une rétribution de dix francs pour le premier mètre carré et d’un franc cinquante centimes pour chaque mètre ou fraction de mètre occupé en plus.
- Les-ynêmes prix seront perçus pour les produits exposés contre les parois verticales de la construction.
- Pour les objets exposés à découvert, ces prix seront réduits de moitié.
- Le paiement des emplacements sera effectué au comptant par les exposants entre les mains du Trésorier.
- Art. 9. — Les frais de déballage, de montage, de mise en place et de réemballage, demeureront à la charge des exposants, ainsi que les arrangements et aménagements particuliers, tels que gradins, tablettes, supports, suspensions et accessoires.
- Art. 10. — Tous les Exposants seront tenus de se conformer aux prescriptions du Comité organisateur, dont les décisions sont définitives et sans aucun recours.
- Art ii. — L’indication du prix de vente est facultative, mais désirable, et le jury la prendra en considération pour les récompenses à décerner.
- Le prix affiché sera obligatoire pour l’exposant à l’égard de l’acheteur.
- Art. 12. — Les objets exposés ne pourront être retirés avant la fin de l’Exposition.
- Il en sera de même pour les objets vendus dans le cours de l’Exposition.
- Art. i3. — L’administration municipale prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver les objets exposés de toute chance d’avarie.
- Cependant, si, malgré ces précautions, des dégâts ou dommages se produisaient, par incendie ou toute autre cause, la ville n’en sera pas responsable.
- Art. 14. —- Un jury, chargé d’examiner tous les objets exposés, désignera ceux qui devront donner lieu à des récompenses. Les exposants seront prévenus à l’avance du jour choisi parle jury pour examiner leurs produits.
- Art. i5.—La commission pourra exclure de l’Exposition les matières inflammables ou explosibles, ainsi que les objets répandant de mauvaises odeurs.
- Art. 16. — Chaque exposant sera muni d’une carte d’entrée.
- Les droits d’entrée, pour les personnes non exposantes, sont fixés à cinquante centimes par personne et appartiennent à la ville.
- Art. 17. — Les récompenses consistent en médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze et en mentions honorables.
- Fait à l’Hôtel de Ville, le 9 février 1885.
- Le.Conseiller municipal, faisant fonctions de
- maire de Moulins.
- Président d’honneur, Jucault.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- L’Exposition qui va s’ouvrir à Beauvais au mois de mai prochain s’annonce sous les meilleurs auspices.
- Les demandes arrivent chaque jour en grand nombre, et les industries les plus diverses y sont représentées.
- Une salle spéciale est réservée à la partie artistique et des peintres de talent ont déjà promis officiellement l’envoi de tableaux couronnés dans les derniers Salons.
- Les colonies françaises prendront part à cette Exposition.
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- Première Année. — N° 9.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Mars 1885.
- 7i-
- Une section étrangère réunira les produits naturels et manufacturés de plusieurs puissances tant de l’Europe que des autres parties du monde.
- Le Brésil, la Perse, le Japon notamment feront des envois fort curieux.
- Quelques explorateurs enverront aussi des collections fort intéressantes de costumes et d’armes provenant de pays à peine civilisés.
- Sur la demande de plusieurs membres correspondants et d’industriels de la région, le Comité général a décidé de proroger le délai pour l’admission des demandes jusqu’au ior mars prochain.
- Nous engageons les industriels qui veulent prendre part à l’Exposition de Beauvais à se hâter et à ne pas attendre au dernier jour.
- Us s’exposeraient à être relégués dans les annexes ou même à ne plus trouver de place.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- Nous avons annoncé, il y a trois semaines, une exposition des œuvres d’Eugène Delacroix. Les amateurs et les Musées qui possèdent des toiles du maître ont répondu avec empressement à l’appel des organisateurs de cette exposition qui sera des plus brillantes.
- Voici quelques indications sur les œuvres de Delacroix qui se trouvent dans le centre et l’ouest de la France, et qui sont, pour la majeure partie, promises au Comité :
- ŒUVRES ENVOYÉES :
- Musée de Tours : Musiciens et Bouffons arabes.
- Musée de Chinon : Portrait en pied de Rabelais.
- Galerie de M. Mame, de Tours : Chenaux sortant de la mer. — Lion dévorant un chenal (aquarelle).
- Ancienne collection Cottier, de Saint-Avertin, près Tours : Hamlet et les Fossoyeurs ; les Deux Tigres.
- Mairie de Vannes : Le Calvaire.
- ŒUVRES NON ENCORE ENVOYÉES
- Collection George Sand (Châteauroux): Portrait de George Sand (grisaille); Tableaux de fleurs en Berry.
- Mairie de Nantes : Le Kaïd Marocain.
- Musée de Bordeaux : La Grèce sur les ruines de Missolonghi; Tigre couché.
- Parmi les autres Musées qui concourront à l’éclat de la manifestation, citons ceux de Versailles, de Lyon, de Lille, de Toulouse, de Nancy, de Grenoble, de Vannes, de Sèvres, etc.
- Parmi les amateurs qui ont bien voulu prêter leur concours au Comité d’organisation, nous signalerons :
- . M. le duc d’Aumale.
- MM. Barbedienne, Alexandre Batta (Versailles), Bellinot, Binaut, Bornot, Boucheron, Boulanger-Cavé, Bourceret, Mme veuve Bouruet-Aubertot, MM. Boussol, Varadon et C®, Fabrius Brest, Mme Brun, MM. Buloz, Philippe Burty.
- MM. Carvalho, Champfleury, Charpentier fils, Chaussons, Choquet, Christophe, Mmes Cinot-Simon, M.-Courtin.
- Mme G. Delessert, MM. Detrimont, Devilly (Nancy), Diot, Dollfus, Donatis, comte Doria, Dreux, Dubuisson, Alexandre Dumas, Dumas-Descombes, Georges Duplessis, Dupont (Orléans).
- MM. Faure, Féral, duc de Fitz-James, de Foër, Mme la baronne de Forget, MM. Gallimard, docteur Gebauër, Geoffroy-Dechaume, baron Gérard, Mme la comtesse de Gobineau, M. le docteur Goujon, Mm0 Grünebaum.
- MM. Hayem, Albert Hecht, Etienne Heclit, Henri Heclit, Heyrauld, Hulot.
- MM. Emmanuel Jadin, Louis Judicis deMirandol.
- MM. Lambert de Sainte-Croix, Lauwick-Riesener, Mmo Lefebvre (Roubaix), Mme Legrand, MM. Jacques Léman, Leroy, Th. Leroy, Levêque, Lutz.
- Mme Mallier, MM. Malinet, Marmontel, Mathias, Paul Meurice, Emile Meyer, Mrae Adolphe Moreau, M. Moreau-Chaslon.
- MM. Charles Narrey, Nunez.
- Mmes Isaac Pereire, Francis Petit, MM. Georges Petit, Pillaut-Riesener.
- MM. Joseph Reinach,'Arthur Revenaz, Gustave Revenaz, Mme Léon Rieneser, MM. Robaut, Rœderer (du Havre), baron Arthur de Rothschild, Mmo la baronne Nathaniel de Rothschild, M. Henri Rouart.
- MM. John Saulnier (Bordeaux), baron de Schvviter, Mme Soultzener.
- MM. Tabourier, Tilliet.
- MM. Auguste Vacquerie, Viot.
- M. Warnier (Reims).
- EXPOSITION DU BLANC ET NOIR
- O11 prépare en ce moment une exposition d’œuvres d’art où ne sont admis que des dessins au crayon et à la plume, dos fusains, des gravures au burin, des gravures sur bois, des lithographies, des eaux-fortes, etc. Cette exposition du Blanc et Noir aura lieu au pavillon de Flore, du 15 mars au 15 avril prochain.
- Chaque artiste aura le droit d’envoyer deux ouvrages, dans le genre qui lui conviendra. Les ouvrages exposés seront divisés en trois sections : les dessins, les fusains, les gravures.
- Il sera distribué dans chacune des sections les récompenses suivantes :
- 1 médaille d’honneur en or; 2 médailles d’argent de l1'0 classe ; 2 médailles d’argent de 2e classe ; 2 médailles d’argent de 3e classe ; 3 médailles de bronze ; 5 mentions honorables.
- Le jury d’admission et de récompense est composé de M. Eugène Guillaume, président. Dessins ; MM. Français, Pille. Fusains: MM. Maxime Lalanne, Allongé. Gravures au burin ; M. Gaillard. Eaux-fortes : MYI. Waltner, Chauvel. Gravures sur bois : M. Pannemaker. Lithographies : M. Vernier. — Secrétaire : M. Burnand.
- Les ouvrages devront être adressés au plus tard le 5 mars à M. E. Bernard, au Louvre (pavillon de Flore).
- LA CRISE AGRICOLE
- Après avoir placé au premier rang la concurrence étrangère parmi les causes de la crise, la plupart des commissaires enquêteurs qui ont été cliargés d’étudier la question dans les départements les plus éprouvés signalent encore l’insuffisance de l’enseignement agricole, les habitudes de luxe prises par les fermiers , l’indifférence des propriétaires aux questions qui ont trait à la culture et la désertion des fermes par les jeunes gens riches et instruits.
- Il est incontestable que beaucoup de ces causes entrent dans le coefficient des misères du cultivateur. Niais il en est d’autres encore, non moins importantes, qui sont intimement liées à notre état social et économique et en sont, pour ainsi dire, la résultante.
- A notre avis, l’enseignement agricole, sur lequel on semble fonder de si brillantes espérances, ne paraît pas. devoir les justifier, du moins si l’on en juge par les résultats obtenus jusqu’à ce jour. Ce n’est pas que 'nous soyons ennemi de cet enseignement , loin de là. Nous pensons au contraire, avec lord Reay, que l’agriculteur 11e saurait se passer d’une éducation propre. Comme le serrurier, comme le maçon et le menuisier, il faut qu’il apprenne son métier. Mais si chaque métier a une théorie générale qui lui est spéciale et qui est partout la même, il n’en est pas ainsi de la culture de la terre qui varie dans ses modes, suivant les différences de sols, de régions et de climats. Donc, il n’y a, en agriculture, ni unité de méthode, ni, par conséquent, unité d’application. Ainsi, par exemple, un agriculteur qui emploierait en Lorraine la môme méthode de culture qu’en Bretagne aurait grande chance de se ruiner en quelques années.
- Legrand maître, en agriculture, c’est la pratique, une pratique intelligente et raisonnée, unie à une connaissance approfondie du sol, de ses éléments constitutifs.
- Il est incontestable que, depuis trente ans, notre agriculture a fait dé grands progrès et que si, sur quelques points, ellé est encore inférieure à certaines agricultures étrangères, cela tient, en grande partie, à ce que nps besoins ne sont pas les mêmes et à ce que, chez nous, la situation de la propriété rurale est tout à fait différente de ce qu’elle est chez la plupart des nations européennes et qu’elle ne comporte pas le môme mode de culture.
- Mais on aurait tort, selon nous, de voir trop exclusivement dans ces progrès le résultat bienfaisant du développement de l’enseignement agricole.
- O11 a dit que l’unité du type classique, l’unité des programmes dans l’enseignement secondaire, ne répondait plus au développement du savoir et des idées, à notre époque. Eh bien ! si cela est vrai, c’est surtout pour l’enseignement agricole qui doit varier d’une région à l'autre et souvent dans la même région, dans le même département, suivant la différence des terrains.
- D’ailleurs, la grande culture seule peut tirer
- profit de cet enseignement, parce qu’elle possède les capitaux nécessaires pour en appliquer les théories, modifier son outillage,. se mettre à l’unisson du progrès.
- Comment fera le fermier qui ne possède ni bien-fonds, ni argent, ni crédit, pour acheter vos machines et vos engrais plus ou moins chimiques?
- C’est à peine si, à force d’économies et de travail, il parvient à 110 pas mourir de faim. On répond qu’il empruntera ; il est facile d’emprunter, mais il l’est moins de rembourser, quand vient l’échéance et que la bourse est vide.
- Et à qui empruntera-t-il? Qui voudra lui faire crédit? Le crédit exige des garanties et il 11’a à offrir, pour toute garantie, que ses liras et sa bonne volonté. Or ce îi’est pas assez pour les banquiers et les agioteurs ; ils 11’ontpas coutume de se payer de cette monnaie-là ; ils 11e croient qu’aux écus sonnants et trébuchants. Les banquiers ne prêtent qu’aux riches. Le grand propriétaire, au contraire, peut frapper sans crainte à leur porte, il est certain de recevoir bon accueil, parce qu’il a du bien au soleil pour servir de nantissement à l’homme d’argent.
- Donc, la grande culture seule peut employer ces moyens. Elle seule aussi peut tirer profit de renseignement agricole, parce que ses ressources lui permettent de sortir du domaine de la théorie et de se livrer à des expériences qui sont souvent coûteuses.
- Il est incontestable que, à tout prendre, sa situation est moins compromise et, partant, moins intéressante que celle du petit fermier dont l’existence laborieuse est une succession ininterrompue de privations et de rudes labeurs.
- Ce n’est pas à ce dernier que l’on peut reprocher des habitudes de luxe et d’intempérance. Son luxe à lui, ce sont les vêtements grossiers dont il se couvre pour lutter contre l’intempérie des saisons. Le front courbé sur le sillon du matin au soir et par tous les temps, il n’a d’autre préoccupation que de faire honneur à ses affaires, de parvenir à nouer les deux bouts. C’est vers ce but que tendent tous ses efforts et qu’il concentre son intelligence et son activité, trop heureux quand il y réussit.
- Nous avons connu plusieurs de ces modestes travailleurs, véritables forçats de la charrue, qui n’avaient même pas le moyen de boire, à leur repas, un verre de vin ou de bière. Pendant les rudes travaux des moissons, après avoir poussé la faux sous un soleil torride, depuis l’aube jusqu’à la nuit, ils rentraient au logis exténués de fatigue et se contentaient, pour toute nourriture, d’un maigre plat de légumes et d’eau.
- Est-ce que de pareilles souffrances ne sont pas aussi dignes de pitié et de soulagement que le dénûment de l’ouvrier des villes?
- Non! cen’estpaslegoût du luxe et l’intempérance qui ont amené le petit fermier à ce degré de misère. C’est la cherté croissante des objets de première nécessité , jointe à l’augmentation excessive des charges qui grèvent la terre.
- Tandis que le prix des céréales et du bétail n’a pas augmenté et que le cultivateur vend son blé presque au même taux que l’avoine, le charron qui fabrique ses instruments aratoires, le bourrelier qui confectionne les harnais de ses attelages, le maréchal-ferrant, ont presque doublé leurs prix. Que l’on ajoute à cela le vin qu’il est obligé d’acheter à un prix exorbitant, pour nourrir ses ouvriers, et l’on comprendra peut-être pourquoi le petit cultivateur est si fortement éprouvé.
- — C’est le vin, nous disait naguère l’un deux, qui grève le plus lourdement notre modeste budget. Il y a vingt-cinq ans, on payait la pièce de vin de 25 à 30 francs ; aujourd’hui, elle coûte 100 francs au minimum. Ajoutez à cela que l’ouvrier est devenu plus exigeant et qu’il refuse de travailler si on ne lui donne pas du vin à chaque repas. Aussi, beaucoup de petits fermiers sont-ils réduits à ne boire que de l’eau pendant la plus grande partie de l’année ; ils se contentent d’acheter un hectolitre de vin au moment des moissons pour donner à leurs ouvriers.
- Voilà la situation lamentable dans laquelle est tombée une industrie qui est la première chez tous les peuples civilisés, celle qui devrait être, pour le bien de tous, et surtout pour celui de l’État, la plus florissante et la plus honorée.
- Quand une profession est tombée dans un tel discrédit, qu’elle 11e parvient pas à nourrir son homme, malgré un labeur opiniâtre , l’ouvrier cherche ailleurs le morceau de pain que son métier ne peut plus lui donner. Ainsi le veut la logique. Il faut vivre, c’est là le point capital, et ce problème qui semble pourtant si naturel est parfois bien. difficile à résoudre pour quelques individus qui sont sans cesse aux prises avec les affres de la faim, alors que le blé abonde sur les marchés et le pain à l’étalage des boulangers.
- E. MansuYo
- (.A suivre.)
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- 72 — Première Année. — N° 9.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A VAPEUR AUI EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- Exposition universelle de vienne en 1873. — Parmi toutes les tentatives nouvelles produites à cette exposition, l’utilisation plus générale des forces naturelles et leur application dans les grands travaux du génie civil présentaient la plus grande ampleur. On constatait aussi qu’il ne s’était pas produit de grands progrès dans les arts mécaniques depuis 1867, quoique leur domaine se fût agrandi et que la construction des machinés en général eût atteint une perfection plus grande. Il ressortait également que, dans ces industries, l’Angleterre, la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Belgique et la Suisse conservaient toujours le premier rang.
- Les machines à vapeur exposées, tout en présentant les dispositions les plus variées, laissaient voir une tendance bien manifeste et bien plus prononcée encore qu’à la dernière exposition universelle à employer de préférence les distributions à soupape à la place des distributions à tiroir. Le but de cette disposition est :
- 1° De faire varier l’admission de la vapeur dans les plus larges limites — de 0 à 0,70 de la course — par l’action du régulateur ;
- 2° De déterminer brusquement l’ouverture de grands orifices d’admission et d’émission et de fermer aussi ce même orifice avec la même rapidité :
- Ce qui se traduit par une économie notable de combustible.
- Ces résultats ne pouvaient être atteints aussi complètement avec les distributions à tiroirs auxquelles nous étions habitués, même avec celles qui sont le mieux étudiées, car elles ne permettent d’avoir ni la même instantanéité dans les manoeuvres, ni la même variabilité dans l’admission, ni la même obéissance aux moindres indications du modérateur.
- La nouvelle disposition, inaugurée par la machine américaine de Corliss qui en a été le point de départ, est parfaitement justifiée, et sousce rapport la France comme l’Angleterre semblaient être restées assez indifférentes à un mouvement très accusé en Belgique, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.
- Les dispositions présentées par les loco-mobiles étaient peu variées ; en Angleterre surtout, elles étaient accompagnées d’un grand nombre de machines demi-fixes, présentant, en général, peu d’intérêt. Sous ce rapport, à en juger par les spécimens exposés, nous avions peu à craindre la concurrence étrangère.
- Un fait saillant, qui s’est manifesté dans la construction des locomotives routières, consiste dans l’addition à ces machines de grues assez puissantes permettant de transporter facilement des pièces assez lourdes, suspendues au crochet de la grue : disposition qui peut rendre des services dans les grands chantiers de construction.
- Les machines de bateaux n’étaient pas nombreuses, mais elles étaient toutes intéressantes à divers titres, sans présenter cependant rien de bien nouveau. Les petits moteurs comprenaient de nombreux spécimens de machines à air chaud et de machines à gaz.
- En ce qui concerne la construction des générateurs de vapeur, l’exposition de Vienne ne fournissait pas de renseignements précis sur cette industrie. Ainsi ce que les industriels recherchent avant tout, ce sont les combinaisons simples, d’un service et d’un entretien faciles; or les exposants, au contraire, 11’ont montré que des combinaisons compliquées,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- visant à l’économie du combustible sans cependant pouvoir prouver qu’ils l’avaient obtenue par des résultats d’expérience sincères et indiscutables. La seule tendance dominante qui pouvait être constatée, au milieu des nombreux types présentés, semblait être la recherche de la possibilité de multiplier la surface de chauffe par rapport à l’espace occupé , but bien secondaire cependant pour les chaudières fixes.
- Exposition universelle de paris en 1878. — L’exposition des moteurs à vapeur y était remarquable ; en 1867 on comptait 636 exposants et ce nombre s’était trouvé être de 735 en 1878. La tendance accusée, très prononcée et très générale, est la substitution de la puissance mécanique à celle de moteurs animés, même pour les très petites forces, solution très importante au point de vue de la petite industrie.
- Les machines à vapeur se trouvaient représentées, à l’Exposition de 1878, sous les formes les plus diverses et à tous les degrés de puissance.
- Il 11e peut entrer dans le cadre de ce résumé, forcément trop restreint, de décrire, même sommairement, chacun des types exposés. Nous avons pensé néanmoins qu’il convenait, tout en nous bornant à des indications sommaires et rapides, d’indiquer les progrès réalisés dans la construction des machines à vapeur et les principes scientifiques dont ils étaient la réalisation.
- Il est reconnu qu’une bonne machine à vapeur à condensation, bien construite et en très bon état, consomme environ 1 kilog. de houille, par heure et par cheval, chiffre tout à fait exceptionnel il y a quelques années et actuellement couraqiment obtenu, et c’est même en cela que consiste le grand progrès réalisé dans ces derniers temps. Partant de ces données, recherchons la voie dans laquelle peuvent se produire de nouvelles améliorations.
- Un kilog. de houille développe en brûlant une quantité d’énergie correspondant au travail de 12 chevaux-vapeur pendant une heure. Ainsi donc nos meilleurs moteurs ne transforment en travail que 8 50 % an plus de la-chaleur contenue dans le combustible qu’ils consomment ; le surplus, 9 % au moins, est dépensé, inutilement : Ce qui ne veut pas dire que la machine à vapeur considérée en elle-même soit un outil défectueux. Dans les conditions ordinaires de pression, une machine théoriquement parfaite dépenserait 5 kilog. de vapeur par heure et par cheval ; une consommation de houille de 1 kilog. correspondant à environ 8 kilog. de vapeur représente donc une utilisation de 5/8, soit 62 %, ce qui, industriellement, est déjà fort satisfaisant. Les bonnes chaudières à vapeur présentent également de leur côté un rendement de 55 à 60 %, ce qui constitue encore de bons résultats industriels.
- Les appareils en eux-mêmes, générateurs et machines, laissent donc peu à désirer ; ce sont les conditions mêmes du travail qui sont imparfaites. Pour utiliser la chaleur développée dans le foyer, à une température de 1,400 ou 1,500 degrés,on commencepar l’incorporer à de la vapeur à 150 ou 160 degrés sans que cette chute énorme de température soit utilisée pour produire du travail ; c’est là la cause la plus importante du faible effet utile des moteurs à vapeur.
- Il semble donc que les recherches doivent tendre à faire agir les fluides à des températures élevées ; elles doivent aussi avoir pour but de simplifier la transmission et la transformation de la chaleur développée dans le foyer en effort utilisable sur l’arbre de couche. Cependant, dans l’état actuel des choses, le résultat industriel obtenu doit être regardé comme très satisfaisant.
- Malgré les différences considérables que l’on constatait en 1878 entre les divers types de moteurs à vapeur figurant à l’exposition,
- Dimanche 1e1'Mars i885.
- presque tous comportaient les mêmes organes essentiels :
- 1° Un piston circulaire recevant alternativement sur ses deux faces l’action de la vapeur, glissant dans un cylindre et ayant un mouvement rectiligne alternatif;
- 2° Un arbre de couche animé d’un mouvement de rotation continu ;
- 3° Une transmission de mouvement entre le piston et l’arbre de couche.
- Il n’y avait d’exception à cette composition que pour quelques faibles moteurs destinés à des usages tout à fait spéciaux.
- Les combinaisons de ces trois organes fondamentaux, piston, arbre de couche, transmission, quoique se prêtant à des variétés infinies de dispositions, se réduisaient à deux types bien distincts, la machine à balancier et la machine à connexion directe :
- Le premier de ces types se présentait comme grande machine fixe de manufacture, ayant le cylindre placé verticalement au-dessous du balancier ; le second type offrait un grand nombre de spécimens de toutes puissances ; en général le cylindre était horizontal, quelquefois vertical et au-dessous de l’arbre de couche sous la forme dite machine à pilon.
- L’Exposition comprenait encore un grand nombre de locomobiles et de machines mi-fixes qui, comme tous les moteurs qui y figuraient, étaient généralement bien établies et présentaient toutes les conditions d’un bon fonctionnement.
- G. LÉPANY,
- Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
- LES THÉÂTRES
- GRAND THÉÂTRE DE REIMS : Yeonne, opéra-
- comique en trois actes, de MM. Ch. Grandmougin
- et Ernest Lefèvre.
- Nous sommes heureux de signaler un nouvel exemple de décentralisation lyrique dont le succès a été constaté par toute la presse parisienne.
- La scène se passe en 1811 ; les premier et troisième actes en Bretagne, le deuxième en Russie. — Yvonne, jeune paysanne bretonne, va épouser son fiancé Pierre quand arrive l’ordre de départ des jeunes conscrits qui feront partie de la Grande armée. — Pierre est fait prisonnier par les Russes, au deuxième acte, au moment où Yvonne après bien des péripéties arrive au camp français.
- Au dernier acte, tous les conscrits sont rentrés au village à l’exception de Pierre. Yvonne de désespoir se jette à la mer ; mais nous assistons à un opéra-comique et non à un drame. — Pierre, que tous croyaient perdu, arrive assez à temps pour rappeler à la vie sa fidèle fiancée.
- Cette pièce, un peu sombre, renferme des situations vraiment dramatiques.
- De nombreux couplets d’une grâce exquise, donnent la note exacte du talent si personnel de M. Ch. Grandmougin.
- La partition est fort élégante et contient des pages très remarquables. Parmi les morceaux les plus applaudis signalons le quatuor et le duo du premier acte ; puis une chanson à boire que le public a voulu entendre deux fois ainsi que l’air de défi du ténor. — Enfin au troisième acte, nous devons citer le final qui est tout à fait remarquable.
- L’interprétation est excellente. Mme Desgoria (Yeonne) possède une voix charmante dont elle se sert en virtuose consommée. Il est vraiment regrettable que cette artiste ne soit pas plus comédienne.
- M. Guiberteau s’est fait beaucoup applaudir sous les traits de Pierre. — Citons encore Mmes Ouvrier et Lilba.
- H.-F. C.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : i <9, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 8 Mars 1885.
- NUMÉRO 10.
- SOMMAIRE :
- I. Bulletin ; 2. Partie officielle; 3. Commission de l’Exposition; 4. Lettre de M. Rouvier ; 5. Échos; 6. L’Exposition d’électricité; 7. Les Expositions des beaux-arts ; 8. La Crise agricole; g. Les Expositions étrangères; 10. Lettre de la Nouvelle-Orléans; 11. Banquet offert à M. Rouvier.
- BULLETIN
- La Commission'd’organisation de l’Exposition de 1889 a terminé à peu près ses travaux. Elle sera incessamment saisie- du rapport général que M. Antonin Proust lui présentera avant de le soumettre au ministre du commerce.
- Un grand banquet, dont nous rendons compte plus loin, a été offert, lundi, à M. Rouvier, ministre du commerce, par les délégués adjoints à la Commission française de l’Exposition universelle d’Anvers.
- En associant dans un même toast, aux applaudissements de l’auditoire, les noms du Président de la République française et de S. M. le Roi des Belges, M. Dietz-Monnin a mis en lumière l’entente cordiale des deux nations voisines qui vont se retrouver, une fois de plus, par suite de cette grande oeuvre internationale, unies en vue du progrès et de la civilisation.
- Le discours prononcé en cette circonstance par M. Rouvier mérite une mention toute particulière.
- Le ministre a été l’interprète autorisé de l’opinion en retraçant les services que rendent à la France ceux qui vont dans des expositions universelles, comme celle d’Anvers, affirmer la valeur de ses produits.
- Le pays tout entier s’associera au voeu qu’a exprimé le. ministre lorsqu’en terminant son discours, il a dit, en buvant au concours dévoué des, délégués adjoints ainsi qu’au succès de l’Exposition française à Anvers : « Je salue dans.ce succès l’aurore d’un plus grand succès qui sera celui du centenaire de 1789. »
- , M. le ministre des travaux publics vient d’adresser aux inspecteurs généraux des ponts et chaussées et des mines une circulaire dont nous publions plus loin le texte encore inédit. Le ministre invite ses collaborateurs à ne rien négliger pour que l’exposition du département des travaux publics soit, en 1889, digne de ses devancières.
- R charge les inspecteurs généraux de dresser la liste des travaux qui, dans leurs arrondissements respectifs d’inspection, leur paraissent présenter le plus d’intérêt. Il sera ensuite établi des modèles- et des plans des ouvrages qui, par leurs dimensions exceptionnelles , par l’agencement de mécanismes nouveaux ou par les procédés mis en usage pour leur exécution, sont les plus propres à attirer l’attention des hommes de l’art et du public.
- L’initiative prise parle ministre des travaux publics est digne d’approbation; elle sera, nous l’espérons, prochainement imitée par les autres ministères.
- PARTIE OFFICIELLE
- EXPOSITIONS UNIVERSELLES
- D’ANVERS
- SECTION DES BEAUX-ARTS
- Le ministre de l’instruction publique et des
- BEAUX-ARTS
- Vu le règlement général de l’Exposition internationale des Beaux-Arts qui doit être organisée à Anvers en 1885, par la Société royale d’encouragement des Beaux-Arts, sousle patronage du Gouvernement belge, et avec le concours de l’Administration communale d’Anvers,
- Arrête :
- Article premier. — La section française de l’Exposition internationale des Beaux-Arts d’Anvers sera ouverte le 2 mai 1885 et close en octobre de la même année. Elle comprendra les œuvres des artistes vivant au ieraoût 1880.
- Art. 2. — Seront admis à cette exposition les ouvrages des cinq genres ci-après :
- i° Peinture ;
- 20 Dessin, pastel, aquarelle, miniature;
- 3° Sculpture ;
- 40 Architecture ;
- 5° Gravure et lithographie.
- Art. 3. — Seront exclus :
- Les peintures sur porcelaine ou sur faïence ;
- Les copies, sauf celles qui reproduiraient un ouvrage dans un genre différent;
- Les tableaux ou objets sans cadres ou ayant des cadres non-rectangulaires (les cadres d’une largeur excessive ou à moulures trop saillantes devront être évités) ;
- Les ouvrages anonymes;
- Les sculptures en terre non cuite.
- Art. 4. — Les ouvrages destinés à l’Exposition seront reçus francs de port au Gommissariat général des expositions, palais des Champs-Elysées, porte IX, jusqu’au 14 mars, tous les jours ouvrables, de dix heures à cinq heures.
- Art. 5.— En même temps que ses ouvrages, chaque artiste devra déposer une notice signée, contenant : ses nom et prénoms, son adresse, la mention des récompenses obtenues par lui aux expositions françaises et étrangères, le sujet des ouvrages,les dimensions,cadre compris, l’indication du propriétaire, les prix d’assurance et de vente spécifiés en toutes lettres.
- Art. 6. — Les ouvrages de chacun des cinq genres désignés devront être inscrits sur une notice séparée.
- Art. 7. — Aucun ouvrage ne sera reproduit sans l’autorisation écrite de l’auteur.
- Art. 8. — Les frais de transport, d’emballage et d’assurance contre l’incendie seront réglés par l’administration des Beaux-Arts, d’accord avec l’administration de l’Exposition.
- L’administration belge veillera, avec toute la sollicitude possible, à la conservation des ouvrages ; mais elle n’assume aucune responsabilité pour les accidents qui pourraient survenir.
- Art. g. — L’admission des ouvrages présentés sera prononcée par un jury constitué par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Art. 10. — Toutes les œuvres sans exception seront soumises au jury.
- Art. 11. — L’installation de la section française sera faite par les soins de l’administration française.
- Art. 12. — Les récompenses seront votées par un jury international.
- Les jurés français seront désignés par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Art. i3. — Le Gommissaire général des
- expositions des beaux-arts est chargé de l’exécution du présent règlement.
- Paris, le 23 février 1885.
- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, Signé : A. Fallières.
- M. le ministre des travaux publics vient d’adresser, en vue de l’Exposition de 1889, la circulaire suivante à MM. les inspecteurs généraux des ponts et chaussées et des mines. Nous signalons à l’attention de nos lecteurs ce document qui n’a pas encore été publié :
- Monsieur l’inspecteur général, la galerie des modèles de l’Ecole des ponts et chaussées ne possède guère que des modèles d’ouvrages se rapportant aux grands travaux exécutés en France avant l’Exposition universelle de 1878. Depuis cette époque des travaux considérables de ports, de canaux, de chemins de fer, etc., ont été entrepris. Or, la place d’un certain nombre de ces ouvrages est nécessairement marquée dans cette collection déjà si belle et qu’il importe de maintenir au. rang qu’elle a toujours occupé, non seulement au point de vue de l’enseignement des élèves, mais encore comme musée où l’on peut suivre pas à pas les progrès réalisés dans l’art de l’ingénieur.
- L’administration se propose de procéder, dans ce but, à une étude d’ensemble qui permettra de déterminer les travaux, exécutés dans ces dernières années, dont il peut y avoir un intérêt réel à conserver les modèles. Le ministère des travaux publics devant d’ailleurs participer à l’Exposition de 1889, et attachant naturellement la plus grande importance à ce que les conditions dans lesquelles il s’y présentera soient au moins aussi favorables qu’en 1878, l’étude dont il s’agit portera, en même temps, sur le choix à faire, parmi ces modèles, de ceux qui, à un titre quelconque, seront spécialement dignes de figurer à l’Exposition, avant de prendre leur place définitive dans la galerie des modèles de l’Ecole des ponts-et chaussées.
- Voici les premières dispositions qui j’ai adoptées en vue de réaliser ces projets:
- MM. les inspecteurs généraux devront me désigner les travaux qui, dans leurs arrondissements respectifs d’inspection, leur paraissent présenter un mérite particulier. L’examen auquel ils se livreront portera spécialement, parmi les ouvrages exécutés depuis 1878 ou qui seront prochainement terminés, sur les types les plus propres à attirer l’attention des hommes de l’art, par leurs dimensions exceptionnelles, par l’agencement de mécanismes nouveaux ou par les procédés mis en usage pour leur exécution. J’indiquerai notamment les viaducs de maçonnerie les plus hardis, les tabliers métalliques à grandes portées, les souterrains dont l’exécution a présenté des difficultés spéciales et où l’on a eu recours, par exemple, à l’emploi de l’air comprimé, — certains ouvrages très remarquables de navigation intérieure, — les barrages mobiles, — les ascenseurs hydrauliques, — les travaux à la mer, les engins de dragage utilisés dans divers ports et en général l’outillage et les procédés en usage pour les travaux de ports de mer, — les travaux de phares (installation , éclairage , signaux, services annexes, etc....)., — l’outillage des gares de chemin de fer et les dispositions de nouvelles gares de triage , — les fondations exceptionnelles et fondations sur puits descendus à l’aide de l’air comprimé, etc., etc.
- Parmi les travaux que la ville de Paris a fait entreprendre dans ces dernières années, il en est également qui, outre leur utilité municipale^, présentent un caractère incontestable d’intérêt général et qui, à ce double titre, ont leur place légitime dans les galeries de l’Ecole des ponts et chaussées. Tels sont, par exemple, les magnifiques
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- 74- — Première Année — N° io
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mars i885.
- travaux de distribution d’eaux de Paris et d’épuration des eaux d’égouts dont un beau spécimen existe à Gennevilliers , les travaux souterrains de canalisation pour les divers services de voirie, etc., etc. Ce n’est là, bien entendu, qu’une indication et des pourparlers devront être engagés avec la Ville par M. l’inspecteur général, chargé de l’inspection du service municipal et du service vicinal, en vue d’obtenir que certains de ces ouvrages, après avoir d’ailleurs, comme cela est vraisemblable, figuré à l’Exposition de 1889, puissent être remis au ministère des travaux publics, pour être placés dans sa collection des modèles de grands travaux et d’ouvrages d’art.
- Les Compagnies de chemins de fer, de leur côté, ont eu à exécuter de remarquables ouvrages au cours des travaux qu’elles ont entrepris. Elles ont pu avoir recours à l’emploi de procédés nouveaux ou ingénieux, qu’il ne peut qu’être intéressant de mettre en lumière. Il a été apporté, d’autre part, à l’exploitation des chemins de fer, des modifications et des améliorations notables, en ce qui concerne les signauxpourla marche des trains,les freins, etc.; des appareils très remarquables sont employés dans toutes les parties de ce service. MM. les inspecteurs généraux, chargés du contrôle des travaux des chemins de fer ou du contrôle de l’exploitation, devront être les intermédiaires de l’administration et faire ressortir auprès des Compagnies l’intérêt qu’il y a à ce que ces travaux, ces procédés, ces appareils, etc..., aient la place qu’ils méritent à côté des travaux et ouvrages exécutés par les ingénieurs du service de l’Etat.
- Je ne doute pas, Monsieur l’inspecteur général, que vous ne me donniez, en ce qui vous concerne, le concours le plus empressé pour mener à bonne fin Cette opération et je vous adresse, par avance, mes remerciements. Je désire que les éléments du travail d’ensemble dont je viens d’esquisser le programme me soient parvenus pour le Ier juin i885, au plus tard. Vos propositions devront être accompagnées de dessins ou de photographies et de notices sommaires indiquant les dimensions et les principales dispositions des travaux, ouvrages d’art, engins, appareils, etc., qui vous auront paru devoir m’être signalés. Vous distinguerez nettement ceux dont il serait, suivant vous, intéressant d’établir des modèles en relief et ceux dont, à défaut de modèles, il serait possible de se rendre suffisamment compte au moyen de dessins , photographies, plans et coupes cotés, lavis, etc.
- Il n’est pas inutile enfin de vous rappeler que la confection de certains modèles d’ouvrages terminés dans les dernières années a pu être autorisée précédemment et que quelques-unes des décisions prises à cet égard ont pu recevoir un commencement d’exécution.
- Vous voudrez bien , pour ces travaux , me transmettre également les renseignements ci-dessus en me faisant connaître l’état d’avancement des modèles, les conditions dans lesquelles ils sont établis et vous joindrez en outre une copie de la décision d’autorisation.
- Vos propositions et documents de toute nature, se rapportant à cette opération, devront , afin d’éviter toute confusion, être remis directement par vous au ministère des travaux publics (direction du personnel et du secrétariat , 2e division , icr bureau).
- Je ' vous prie de m’accuser réception de la présente.
- Recevez , Monsieur l’inspecteur général , l’assurance de ma considération la plus distinguée, Le ministre des travaux publics, Signé : D. Raynal.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- Nominations dans l’Ordre du Mérite Agricole
- M. Vassillière, inspecteur général de l’agriculture.
- M. Boissier, conseiller général des Bouches-du-Rhône.
- M. Delahaye, marchand grainier à Paris.
- M. Gaillard, professeur départemental d’agriculture de la Dordogne.
- M. Zedde, commissaire au concours général agricole de Paris en 1885.
- M. Bénard, agriculteur à Couporay (Seine-et-Marne).
- M. Blaché-Vuaflart, marchand de graines à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- M. Cluzeq vétérinaire à Saint-Etienne (Loire), professeur d’hygiène à la ferme-école de la Corée.
- M.^ .Cordier,. adjoint au maire de Relizane (Algérie), président du syndicat d’irrigations de Relizane.
- M. Croissant, maire de Trannes (Aube).
- M. _ Darbousse fils, sériciculteur-agriculteur à Cruviers-Lascours (Gard).
- M. Delamotte, vétérinaire en ier au 11e régiment de dragons.
- M. de la Devansaye, maire de la commune d’Auverse (Maine-et-Loire), président de la Société d’horticulture de Maine-et-Loire.
- M. Durand, éleveur à Vismes-au-Val (Somme).
- M. Farcy, éleveur de volailles à Foulletourte (Sarthe).
- M. Graton, médecin-vétérinaire à Mirambeau (Charente-Inférieure).
- M. Loyez, directeur de l’école annexe à l’Ecole normale de Vesoul (Haute-Saône).
- M. Mirauchaux, chef de bataillon au Kreider (Oran).
- M. Monclar, propriétaire-cultivateur, maire de Marssac (Tarn).
- M. Picard, régisseur du domaine de La Motte-Jarry, commune de Bléneau (Yonne).
- ^M. Pottier, fondateur et président de la Société d’agriculture et d’horticulture de Mantes (Seine-et-Oise).
- M. Ramond, fermier du domaine de Barra (Cantal).
- M. Rémy, horticulteur à Pontoise (Seine-et-Oise), fondateur de la Société d’agriculture et d’horticulture de Pontoise.
- M. Charles Boutmy, membre du jury de l’Exposition d’Amsterdam, rapporteur de la classe 48*” (métallurgie), vient d’être nommé chevalier de l’ordre Léopold.
- COMMISSION DE L’EXPOSITION
- DE 1889
- Mardi matin, à 9 heures 1/2, s’est réunie, au ministère du commerce, la sous-commission de l’avant-projet et des constructions.
- Conformément au désir exprimé par le ministre du commerce, la Commission a essayé de faire diverses réductions sur les dépenses primitivement prévues et elle s’est mise d’accord sur un projet de budget inférieur à 50 millions, dont voici les divers articles :
- Transformation et amélioration de diverses parties du Palais de l’Industrie, dépenses incombant pour une moitié au budget de l’Exposition, l’autre moitié devant être supportée par le budget des bâtiments civils et des palais nationaux, ci ............................. 750.000
- Dépenses à faire pour l’exposition scolaire qui sera installée dans la partie des Champs-Elysées environ-
- nant le Palais de l’Industrie........ 500.000
- Pont devant relier la place des
- Invalides aux Champs-Elysées......... 1.200.000
- Installation de l’Exposition coloniale sur la place des Invalides........... 500 000
- EXPOSITION D’AGRICULTURE
- 1° Appontements à construire le long du quai d’Orsay sur les bas-
- quais de la Seine................... 1.750.000
- 2° 21,000 mètres de tentes et abris. 600.000 3° Exposition d’animaux gras...... 500.000
- BATIMENTS DU CHAMP-DE-MARS
- 1° Constructions provisoires devant
- coûter 95 francs le mètre carré.... 20.900.000
- 2° Palais permanents, dont la dépense devra incomber au budget de l’Exposition pour une part de 10 millions , sur une dépense totale de 16 millions, ci.................... 10.000.000
- DÉPENSES DIVERSES
- Plantations....................... 1.000.000
- Tentes et vélums dans les jardins.. 1.000.000
- Service des machines.................. 500.000
- Eau et éclairage..................... 1.100.000
- Entretien............................ 1.800.000
- Récompenses.......................... 1.000.000
- Personnel et frais d’administration. 4.000.000
- Fêtes de nuit......................... 800.000
- Expériences agricoles à Vincennes. 120.000
- Remise en état des terrains occupés par l’Exposition........................ 500.000
- Ensemble........ 48.520.000
- Ce projet de budget de dépenses ainsi réduit sera soumis à la Commission plénière dans sa prochaine séance qui se tiendra le 7 mars.
- LES CHAMBRES DE COMMERCE.
- Le ministre du commerce vient d’adresser la lettre suivante aux chambres de commerce-françaises établies à l’étranger :
- Monsieur le président,
- Mon prédécesseur, s’inspirant des désirs maintes fois manifestés par nos nationaux, a imprimé une-vive impulsion à la création de nos chambres de commerce à l’étranger. Je ne saurais trop me-féliciter des résultats déjà obtenus, et j’espère que ces institutions nouvelles prendront de jour en jour une plus grande extension. Elles permettent, en effet, à nos nationaux,de se grouper, de discuter-ensemble leurs intérêts communs, et, en ralliant des forces éparses, elles augmentent dans les centres étrangers l’inliuence et l’autorité de la colonie française. Elles peuvent être, en même temps, pour mon département, une source précieuse • d’informations détaillées sur les débouchés qu’il conviendrait d’ouvrir ou d’utiliser. A ce double point de vue, elles me semblent appelées à exercer-la plus heureuse influence sur le développement de nos transactions commerciales dans les pays étrangers.
- Mais, pour rendre tous les services qu’on est en.t droit d’attendre d’elles, il ne suffit pas que ces chambres de commerce existent à l’état individuel et s’isolent dans leurs travaux particuliers. Elles ne sauraient pleinement atteindre le but de leur-fondation que par de fréquents échanges de vues et de renseignements avec la métropole. Aussi me-paraît-il indispensable qu’elles entretiennent avec le ministère du commerce, 'leur intermédiaire naturel, des relations étroites et suivies.
- J’estime que le meilleur moyen d’assurer une correspondance régulière serait l’envoi d’un rapport mensuel. Vous pourriez y signaler-notamment la situation du marché de votre résidence, la demande plus ou moins active des. produits français, la concurrence qu’ils rencontrent, les contrefaçons et les fraudes auxquelles ils se trouvent exposés, l’état de la législation commerciale, et les modifications qu’elle subit, les-changements projetés ou accomplis dans les tarifs douaniers, les usages locaux des marchés, enfin, d’une manière générale, tous les faits et renseignements qu’il vous paraitraitopportunde porter à la connaissance du commerce français. Sans faire double emploi avec les rapports très exacts, mais moins détaillés, que nous adressent nos agents consulaires, ces diverses indications emprunteraient à votre compétence spéciale et à votre-expérience des affaires une particulière autorité.. Je ne doute donc point que vous ne teniez à honneur d’apporter ainsi aux chambres métropolitaines et à tous les négociants français' un patriotique concours.
- En retour, je compte vous communiquer tous les documents qui vous seraient utiles. Vous recevez déjà régulièrement le Moniteur officiel du commerce qui contient des analyses fort intéressantes de notre situation industrielle et commerciale. Je m’empresserai, en outre, de vous faire parvenir tous les renseignements que vous-pourriez me demander sur l’état du marché français, sur la situation de certaines industries, sur les opérations usuelles _ d’exportation et de commission, sur l’application de notre tarif" douanier, etc., etc. Enfin j’accueillerai toujours avec intérêt les avis que vous jugeriez à propos de-m’adresser sur l’itinéraire des compagnies maritimes, subventionnées ou non, ou sur toute-autre question spéciale.
- En un mot, j’ai le dessein de ne rien négliger-pour que les négociants français établis à l’étranger sentent bien que le gouvernement de la Républiqueest décidé à les soutenir d’une manière effective et qu’ils peuvent attendre du département du commerce un concours efficace.
- Dans ce but, j’ai déjà demandé au Parlement un. crédit spécial pour l’exercice 1885. Ce crédit, si faible qu’il soit encore, me permet dès aujourd’hui de venir en aide, dans une certaine mesure, aux chambres de commerce françaises à l’étranger, en leur accordant des allocations pour frais de loyer,, de bibliothèque, de publications de bulletins, etc... Les subventions que je pourrais ainsi mettre à votre disposition ne sauraient être, à la vérité,, qu’assez modiques : elle vous seront, du moins, une preuve manifeste de l’appui moral que le-gouvernement de la République entend vous prêter et du prix qu’il attache à l’existence et aux communications de nos chambres de commerce à l’étranger.
- J’espère, monsieur le président, que vous aurez, à cœur de resserrer les liens qui unissent déjà la. chambre que vous présidez au département du commerce, et j’aime à croire que vous voudrez bien m’adresser régulièrement les rapports mensuels que je vous demande. Je vous invite, en même temps, à examiner si une subvention vous-serait indispensable, et à me soumettre, s’il y a.
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- Première Année. — N° to.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mars 188.5. —
- lieu, les demandes de fonds qui vous paraîtraient nécessaires.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce,
- Maurice Rouvier.
- ÉCHOS
- Paris
- Le jury du concours pour la décoration de la salle des mariages de la mairie de Courbevoie a rendu son jugement, le mardi 24 février.
- Les projets choisis par le jury, au mois de • décembre dernier, étaient, on se le rappelle, ceux de MM. Chartran, Delahaye et Picard, Séon.
- Les auteurs ont exécuté chacun, grandeur d’exécution, le carton d’un fragment compris dans les suj ets présentés par eux, ce fragment renfermant une des ligures du sujet.
- L’artiste qui, sur ce carton, aurait réuni les suffrages du jury devait recevoir une somme de 23,000 francs pour l’exécution définitive de l’œuvre.
- MM. Chartran, Delahaye et Picard, Séon ont eu chacun 3 voix au 1er et au 2e tour de scrutin.
- Au 3e tour, M. Séon ayant eu 5 voix, le prix lui a été décerné.
- La première prime, d’une valeur de 1,200 francs, .a ensuite été attribuée à M. Chartran.
- MM. Delahaye et Picard ont eu la deuxième prime, d’une valeur de 800 francs.
- a 1
- * *
- Le 26. février, le jury de l’Exposition internationale de blanc et noir s’est réuni à la salle des Etats, au palais du Louvre, sous la présidence de M. Eugène Guillaume, membre de l’Institut.
- Il a été décidé que la réception des œuvres aurait lieu du 1er au 5 mars, la date de l’ouverture de l’Exposition restant fixée irrévocablement au 15 mars.
- ~k
- * *
- La Société topographique de France , qui compte à sa tête des personnalités remarquables en sciences, arts, littérature, et dans l’armée les généraux Lewal, ministre de la guerre ; Billot, ancien ministre; Martinie, Faidherbe, colonel Perrier, etc., a décidé de faire une exposition.
- Cette exposition aura lieu en novembre prochain, au palais de l’Industrie, avec lev concours des artistes militaires les plus connus, Détaillé, Berne-Bellecourt, etc., et comprendra diverses sections de topographie militaire et raisonnée.
- *
- Y *
- On annonce deux autres expositions artistiques prochaines.
- Aux Tuileries, exposition des tableaux, aquarelles et dessins d’Adolphe Meuzel, le célèbre peintre .allemand.
- Rue de la Paix, exposition de 150 dessins de M. Ribot.
- Y Y
- Le Salon de 1885 sera ouvert du 1er mai au 30 juin.
- Les œuvres des artistes devront être déposées, comme il suit, au palais des Champs-Elysées:
- Peinture et dessins: dépôt du 5 au 14 mars.. Vote le 18 mars.
- Sculpture, gravure en médailles et sur pierres fines : dépôt du 21 mars au 2 avril. Vote le 7 avril.
- Architecture : dépôt du 2 au 5 avril. Vote le 7 avril.
- Gravure et lithographie : dépôt du 2 au 5 avril. Vote le 6 avril.
- L’Exposition des Inventions brevetées en France, qui s’ouvre au mois de juillet prochain au palais de l’Industrie, obtient un grand et légitime succès.
- Pour répondre au désir exprimé par un grand nombre d’inventeurs, l’Association des Inventeurs et Artistes industriels, sous l’initiative de laquelle est organisée cette Exposition, s’est entendue avec la direction de l’Exposition du travail pour prolonger au 31 mars prochain, le délai pendant lequel les demandes d’admission pourront ctre utilement présentées. Il est donc indispensable que les demandes soient adressées le plus tôt possible à M. Bréval, commissaire général, 25, rue Bergère, Paris.
- Départements
- Une curieuse exposition s’ouvrira à Lyon, sous la présidence des députés de cette ville, du 22 au 26 mars prochain. Elle comprendra tout ce qui se boit et se mange. En môme temps seront exposés tous les appareils servant aux préparations culinaires, se rapportant à l’hygiène et à l’économie •domestique.
- Deux expositions de peinture et de sculpture auront lieu prochainement en province : l’une à Montpellier, le 1er mai (dernier délai pour les envois, le 15 avril) ; l’autre à Nîmes, du 15 avril au 17 mai (dernier délai, le 1er avril).
- ÉTRANGER
- Allemagne
- La plupart des nations prendront part à l’Exposition internationale d’orfèvrerie, joaillerie et bronzes, qui aura lieu à Nuremberg (Bavière) dans le courant de l’année. L’Allemagne sera brillamment représentée, ainsi que la France,
- Y Autriche, Y Italie , la Turquie , la Perse, les Etats-Unis, qui enverront surtout des objets en aluminium, et le Japon, qui a nommé un commissaire spécial. La Chine ne pourra, à cause des hostilités.avec la France, occuper le rang auquel elle avait droit. Les Etats de VAmérique du Sud, la Suède et la Norvège exposeront des parures nationales. U Espagne et le Portugal ainsi que
- Y Angleterre n’auront qu’une exposition de peu d’intérêt. Les négociations sont encore pendantes avec la Russie, les Indes, la Hollande, et les Indes Nôerlanda ises.
- Une exposition générale horticole, que à l’initiative de la Société des Amis des Jardins et de l’Association pour l’avancement de l’horticulture , aura lieu à Berlin du 5 au 15 septembre, dans les locaux de l’exposition hygiénique, près la gare de Hambourg.
- *
- Y *
- Angleterre
- La vingt-quatrième exposition annuelle des artistes contemporains a été ouverte le mois dernier à Glasgow (Ecosse), dans les galeries de ^Institut des Beaux-Arts.
- Y Y
- Belgique
- La vingt-cinquième exposition annuelle de la Société royale des Aquarellistes , s’ouvrira à Bruxelles, le 4 avril 1885.
- Une exposition historique de gravures aura lieu dans le courant du mois de mai prochain.
- République Argentine
- Exposition agricole à Buenos-Agrès Une exposition internationale d’animaux vivants, de produits agricoles, de machines etd’instruments, aura lieu à Buenos-Ayres, du 25 avril au 24 mai 1886, avec la coopération officielle du gouvernement de la République argentine.
- Les Français qui désireraient participer à cette exposition trouveront des programmes au ministère de" l’agriculture, 244, boulevard Saint-Germain (Bureau des renseignements à l’agriculture).
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- A LJ0BSERYAT0IRE DE PARIS
- Depuis l’exposition qui a eu lieu avec tant de succès au palais de l’Industrie, vers la fin de 1881, les électriciens n’ont plus eu l’occasion de convier le public à assister au spectacle curieux et attachant, que présente, surtout dans son ensemble, tout ce qui a trait à cette science nouvelle de l’électricité : appareils de production et appareils d’applications pratiques ou théoriques ; résultats acquis et en état constant de perfectionnement ; découvertes ou expériences encore à leur début, d’où sortira peut-être, en un temps très proche, un nouvel élément de force pour l’activité humaine.
- La Société internationale . des électriciens a repris ce programme et, en ce moment, elle met la dernière main à sa réalisation.
- Grâce à de bienveillants et utiles concours, elle peut réunir à l’Observatoire de Paris toutes les attractions que sont susceptibles d’offrir les savants et les constructeurs électriciens, Le ministre des postes et télégraphes fait installer un service complet de son administration dans un des pavillons. Les vastes salles du vieil édifice astronomique ont été mises à la disposition de la Société par l’amiral Mouchez, qui, si nous ne nous trompons, ne borne point son amabilité à prêter simplement un superbe local. Les constructeurs français et étrangers les plus marquants envoient le dessus du panier de leurs engins. Enfin, des savants et des praticiens feront des conférences dont toute science rébarbative ou ardue sera bannie soigneusement : on veut s’adresser au public et l’intéresser avant tout.
- Une force motrice de 140 chevaux-vapeur mettra constamment les appareils en action, pendant les
- huit jours que durera l’exposition, du 15 au 22 mars. Les machines à vapeur et les machines dynamos seront installées sous un abri , spécialement construit à cet effet, dans la cour de l’Observatoire.
- Le public sera admis tous les jours de midi à six heures, et le soir, de huit à onze heures. Bien entendu, l’édifice sera éclairé intérieurement par les lumières électriques les plus variées et les plus brillantes ; l’éclairage extérieur sera, dit-on, très sommaire, par contraste.
- Une soirée officielle d’inauguration aura lieu la veille de l’ouverture.
- Le transport à distance de la force motrice fera l’objet d’expériences intéressantes dont nous aurons probablement à parler plus tard, ainsi, du reste, que de beaucoup d’autres choses.
- Les deux pavillons de l’Est et de l’Ouest seront affectés aux auditions téléphoniques. On pourra expérimenter et comparer ainsi les différents systèmes de téléphones connus ou inconnus. Peut-être le public pourra-t-il jouir des auditions de l’opéra ; mais rien 11’est encore décidé à cet égard.
- Dès à présent, on peut affirmer que l’oiuvre entreprise par la Société internationale des électriciens se présente dans les meilleures conditions possibles de succès, et on peut émettre également l’espoir que la prochaine exposition, entreprise sous ses auspices, exercera une favoTable influence sur le développement de la science moderne.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- EXPOSITION GUSTAVE DORÉ
- (dessins, aquarelles, estampes)
- Mortà5i ans, Gustave Doré a laissé plus. de soixante-quinze mille dessins : c’est dire la facilité prodigieuse de ce merveilleux illustrateur. qui s’est attaqué aux plus grandes épopées humaines : la Bible, la Divine Comédie, Rabelais, don Quichotte LaFontaine, Roland Furieux, le Capitaine Fracasse, sans compter YHistoire des Croisades, les Contes drolatiques et bien d’autres publications de simple “actualité , sur les guerres lointaines ou les événements parisiens.
- L’exposition organisée par le Cercle de la Librairie est assez restreinte et ne comprend que quelques salles, mais elle n’en est pas moins curieuse. Le portrait de Doré , par Carolus Duran, daté de 1877, figure au-dessus d’une vitrine; c’est bien la figure avenante et fine de ce grand artiste qui fut toujours - laborieux, avenant et enjoué. N
- Nous ne nous attendions pas à de grandes surprises en entrant au Cercle, car l’œuvre de Doré est des plus connues et des plus populaires : pourtant, nous avons vu avec un plaisir infini des dessins à la plume, représentant des gitanas, des pêcheurs, des paladins, des moines ascétiques ou ventrus, des duels de chevaliers, des gueux en chapeau à haute forme.
- Voilà un artiste qui se souciait peu des querelles byzantines de modernisme ou de non modernisme : le monde entier et l’histoire entière lui appartenaient et sans pouvoir toujours saisir le caractère profond d’une époque, il savait en exprimer l’aspect coloré et théâtral. Ce fut un décorateur de génie.
- Ses aquarelles nous ont beaucoup intéressé : nous les préférons à des tableaux qui, malgré leurs qualités de fougue et d’entrain, désespéraient souvent bien des artistes par leurs tonalités irritées ou communes, par leur dessin «. à la diable » aquarelliste, il a rendu avec charme les sapinières ensoleillées, les glaciers, les vallées, les rochers gris et aussi les tons délicats des ciels verdâtres du crépuscule. Ses tableaux, comme on le sait, ont eu le privilège de charmer les Anglais : ils ont presque tous passé la Manche.
- Le Cercle de la Librairie a cependant exposé les portraits du père et de la mère de l’artiste, peints par lui. Ce sont des toiles estimables. L’aquarelle qui représente sa vieille servante est meilleure. Et en somme, ces trois œuvres ont d’autant plus de valeur à nos yeux que l’artiste aimait trop à se passer de modèles. Son imagination voyait toujours au-delà de la nature.
- Pour donner plus d’attrait encore àl’exposition, le Cercle de la Librairie offre aux regards des visiteurs les exemplaires des ouvrages illustrés par Doré ; et les belles épreuves de ses gravures sur bois.
- Doré commença ses illustrations à 14 ans : il travailla sans relâche, au milieu des soucis et des joies; même en causant avec ses amis, le soir, il jetait sur le papier des croquis importants, ou des dessins complets.
- Dumas père est le seul de nos écrivains qui puisse, je le crois, lui être comparé pour la fécondité facile et l’inspiration quotidienne.
- (Voir la suite, page 7j.)
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- 76 et 77. - Première Année. — N° 10
- LE
- moniteur déposition de
- 1889.
- Dimanche 8 Mars i885.
- PLAN DE L’EXPOSITION GÉNÉRÉ HONGROISE A BUDA-PESTH
- 1 Atelier de réparations.
- 2 Pavillon Drosa et Cie.
- 3 Obélisque (snouolithe) de Wal-
- leufeld.
- 4 Pavillon Nedelko.
- 5 Systèmes de canalisation, Her-
- mann et Wünsch.
- 6 Atelier de photographie.
- 7 Société hongroise de l’Asphalte.
- 8 Pavillon Benatzky.
- 9 Fabrique de dynamite de Pres-
- bourg.
- 10 Pavillon Popper.
- 11 Pavillon Haas.
- 12 Pavillon Neuberger.
- 13 Pavillon Fairbanks.
- 14 Pavillon Karl Neuschloss et Cie.
- 15 Pavillon Gregerseu.
- IF Pavillon Edmond, et Marcel Neuschloss.
- 17 Seigneurie d’Arva.
- 18 Pavillon Alois Singer.
- 19 Pavillon financier.
- 20 Pavillon G. Drobnitsch.
- 21 Pavillon métallurgique de Œtl.
- 22 Pavillon Prückler.
- 23 Pavillon Mattoni.
- 24 Serres pour plantes exotiques de
- Frommer.
- 25 Pavillon Saxlehuer.
- 26 Source Agnès.
- 27 Pavillon A. Strauss.
- 27 Pavillon Torley.
- 29 Bazar bosniaque.
- 30 Pavillon Littké.
- 31 Kiosque indicateur.
- 32 Kiosque pour la vente des photo-
- graphies.
- 33 Confiserie.
- 34 Société Biblique Anglaise.
- 35 Pavillon Suckov (huiles minérales
- et gaz).
- 36 Hangars.
- 37 Forges.
- Ile Szech
- 38 Pavillon du Jury. l’Empire Austro-Hongrois. 47 Pavillon de l’archiduc Albrecht & Domaine Munkacsy. 58 Administration municipale. 64 Pavillon de la ville de Buda-
- 39 Granges. 43 Laiterie. 48 Magasins de vins et spiritueux ^ Pavillon. 59 Brasserie Dreher. Pesth.
- 40 Bureau général. 44 Brasserie Haggeumacher. 49 Pavillon des hôteliers et restai ^ Domaines. 60 Fontaine. 65 Pavillon de la Direction.
- 41 Pavillon de la ville de Szege- 45 Société vinicole Hongroise. rateurs. ^ Installations domestiques. 61 Kiosque de concerts. 66 Société anonyme des brasseurs.
- din. 46 Exposition temporaire d’agricul- 50 Haras. ^ Café oriental. 62 Exploitation du gaz. 67 Baraquements d’IIôpitaux.
- 42 Société des chemins de 1er de ture . 51 Ministère des Finances. Panorama. 63 Société des steamers du Danube. 68 Administration.
- 69 Pavillon des Eaux et Forêts.
- 70 Pavillon Royal.
- 71 Société de la Croix-Rouge
- 72 Pavillon hygiénique.
- 73 Galerie artistique de M. Deutsch. 7 4 Société anonyme d’imprimerie.
- 75 Société des mines de Brasso.
- 76 Pavillon Hodmezo-Vazarhély.
- 77 Société des mines de Rima-
- Murany Salgo-Tarj.
- 78 Exposition Croate.
- 79 Fonderies et machines de Ganz
- et Cie.
- 80 Quais de débarquement.
- 81 Chaudières.
- 82 Pavillon de la ville de Debreezin.
- 83 Pavillon de la Société gymnas-
- tique.
- 84 Exploitations minières.
- 85 Pavillon oriental.
- 86 Pavillon des Szeeler.
- 87 Chemins de fer du Sud.
- 88 Salle de concerts.
- 89 Grand hôtel de la ville. k Bureaux de tabac.
- 00 Water-Closets. p Vespasiennes.
- a Pavillon central de l’Industrie. b Magasins, hangars. c Pavillon de l’agriculture. cl Exposition scolaire. e Ministère des Travaux Publics. f Exposition nationale d’agriculture et de machines. g Exposition internationale de machines.
- h Exposition étrangère des objets brevetés. i Restaurant. k Pavillon des Beaux-Arts.
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- 78'. — Première Année — N° 10.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Mars 1885.
- Quant au caractère de Doré, il fut, comme on le sait, des plus nobles et des plus rares. Charitable avec discrétion, dévoué à sa mère et aux siens, il eut toujours le souci du bien en restant dévoré de la fièvre du beau.
- Son œuvre vivra-t-elle ?
- Nous le croyons. Ce ne fut ni un subtil, ni un raffiné, mais un poète à grand souffle. Si restreinte que soit l’exposition du Cercle delà Librairie, elle nous montre suffisamment la verve prodigieuse de cet improvisateur qui passait si facilement des vallons vertigineux de l’enfer du Dante aux intérieurs misérables et pouilleux des pauvres de Londres.
- Son génie n’a pas trouvé d’héritier, et, malgré les talents variés et savants de beaucoup de nos illustrateurs, nous ne trouvons pas chez eux cette spontanéité et ce sens de l’effet qui caractérisent les dessins de Gustave Doré. Cet abus de la production a sans doute contribué beaucoup à la maladie de cœur qui a emporté le grand artiste ; la mort de sa mère lui avait aussi porté un coup fatal.
- L’hommage qui lui est rendu par le Cercle de la Librairie sera approuvé par tous, les artistes comme Doré ont droit à la reconnaissance publique comme les grands musiciens et les grands conteurs.
- Charles Grandmougix.
- LA CRISE AGRICOLE
- IV
- Quelques économistes montrent un étonnement naïf à l’aspect du courant d’émigration qui tend à dépeupler les campagnes au profit des villes, et surtout des grands centres manufacturiers, et ils se livrent à des dissertations savantes sur les causes et l'origine de ce phénomène social.
- Pourtant, ses causes sont bien simples ; elles sautent pour ainsi dire aux yeux, et il n’est pas besoin d’être membre de l’Institut pour les découvrir et les expliquer.
- M. Risler qui s’est beaucoup occupé, en ces derniers temps, de toutes les questions qui touchent de près ou de loin à la crise agricole, s’exprime ainsi à ce sujet :
- a Les campagnes se dépeuplent au profit des villes ; c’est en grande partie le résultat des chemins de fer.
- c. En 1846, la population agricole de la France formait les trois quarts de la population totale. Aujourd’hui, elle atteint à peine 65 pour 100.
- « Les grandes villes ont servi de jalons pour le tracé des principales lignes. Dès lors, tous les avantages naturels, toutes les ressources industrielles et commerciales qui avaient déjà produit le développement de ces villes, ont été multipliés par les voies ferrées qui les traversent. Leurs manufactures trouvant plus de facilités pour obtenir leurs matières premières et pour écouler leurs marchandises prirent un nouvel accroissement et enlevèrent des ouvriers à l’agriculture, en leur offrant des salaires de plus en plus élevés .»
- Oui, sans doute, la facilité de locomotion que donnent les chemins de fer et le développement considérable de l’industrie et du commerce, qui en a été la conséquence, ont concouru à produire ce phénomène. Mais ce ne. sont pas le.s seules causes. Il y en a d’autres encore qui sont intimement liées à notre état social, ou qui sont le résultat de nos errements en matière économique.
- Qu’a-t-on fait pour l’agriculture, depuis bientôt un siècle ? Rien, ou presque rien. Nous nous trompons; on a continuellement augmenté ses charges, au point que la terre rapporte à peine, actuellement, 2 pour cent, bien que sa fécondité se soit accrue par suite du développement de l’art agricole et du perfectionnement introduit dans les modes de culture.
- D’après les statistiques, la charge d’impôts fonciers s’élève à 25 pour 100 du revenu agricole et, en y ajoutant les impôts de consommation, elle atteint le chiff re énorme de 33 pour 100. Comment veut-011 que l’industrie agricole ne succombe pas sous ce lourd fardeau ?
- Quelqu’un disait naguère, à la tribune de la Chambre des députés,que l’agriculture a toujours été sacrifiée dans les traités de commerce. Cela n’est que trop vrai. O11 s’est préoccupé presque exclusivement de protéger le commerce et l’industrie, et de leur rendre facile la lutte contre la concurrence étrangère. Quant à l’agriculture, on a négligé ses intérêts; on 11’a pas su comprendre qu’en la sacrifiant, c’était l’édifice économique tout entier que l’on compromettait.
- Aujourd’hui, on subit les fâcheuses conséquences de cette faute. Les événements ont vengé l’industrie agricole du dédain avec lequel elle a été traitée. Mais, le plus curieux de la chose, c’est que l’on s’étonne que la crise ait pu se produire, alors que l’on en a inconsciemment posé les causes.
- Quoi ! logiciens maladroits, vous savez que, sur 36 millions de citoyens, il y en a 23 millions qui sont attachés à la" terre, qu’elle est leur unique ressource, leur seul moyen d’existence, et vous
- traitez cette industrie comme une industrie secondaire.
- Vous savez que c’est l’agriculture qui fait la richesse d’un pays, et que le commerce ne prospère qu’autant qu’elle est dans une situation ilorissante, et vous la traitez avec une superbe indifférence.
- Et vous vous étonnez, après cela, que des milliers de voix s’élèvent du sillon pour se plaindre et que le commerçant gémisse, appuyé sur son comptoir, en attendant la clientèle qui ne vient pas ?
- 11 devait en être ainsi.
- « La crise agricole, écrit M. Georges Graux, dans son rapport à la Chambre, a démontré l’étroite solidarité qui existe entre le commerce et l’agriculture, entre les ouvriers des villes et ceux des campagnes, entre les valets de ferme et les fermiers. Les commerçants des villes se plaignent de voir leurs magasins vides, lesjours de marché. Les ouvriers des manufactures ressentent le contre-coup de la diminution des achats des produits manufacturés. Les ouvriers des campagnes qui voient baisser leurs salaires comprennent que leur intérêt est intimement lié à celui des propriétaires et des fermiers. »
- N’est-il pas étonnant, nous le demandons, qu’il ait fallu que la crise agricole éclatât pour révéler l’étroite solidarité qui existe entre l’agriculture et le commerce? On ne s’était pas aperçu, jusqu’à ce jour, que cette industrie est l’àme de la machine économique, et que, quand elle souffre, tout souffre, le mécanisme se détraque et s’arrête.
- Quand l’homme des champs, qui est le père nourricier de.la société, succombe sous le poids des lourdes charges qui pèsent sur lui, quand son pénible travail est si peu rémunérateur, qu’il parvient à peine à ne pas mourir de faim, comment voulez-vous que le commerce aille, qu’il prospère !
- Pour que le commerçant vende ses marchandises, il faut nécessairement qu’il y ait des acheteurs.
- Les fabriques ont beau produire, les magasins ont beau regorger de marchandises de toute nature, si les 23 millions d’habitants des campagnes végètent dans la misère, s’ils n’ont pas le sou, les marchandises resteront forcément en magasin.
- Comment voulez-vous que le paysan s’accorde le confortable, qu’il achète vos étoffes et vos objets de luxe, quand il gagne à peine de quoi se nourrir et payer ses fermages ? Aussi, se contente-t-il, quand il va à la ville, d’acheter ce qui lui est indispensable, les objets de première nécessité.
- En présence de la situation difficile qui lui est faite et qui s’aggrave chaque jour, au lieu de s’améliorer, qu’v a-t-il d’étonnant à ce que le cultivateur soit tombé dans un immense découragement et qu’ilaitpris 011 dégoût une profession à laquelle il était autrefois d’autant plus attaché qu’avec un bien-être relatif, elle lui assurait en même temps ces autres, biens , d’un prix inestimable, l’indépendance et la liberté.
- Aussi, rêve-il pour ses enfants une autre vocation, un métier moins pénible et moins ingrat; il ne veut pas qu’ils mènent une existence aussi misérable que la sienne.
- E. Mansuy-
- (A suiore.)
- ............1 ----------
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- Expositions Générales Hongroises à Buda-Pestli
- Le premier mai prochain, s’ouvrira, à Buda-Pesth, avec le concours du Gouvernement, une Exposition générale hongroise, dont le but principal est de donner une idée aussi complète et aussi exacte que possible des produits naturels et industriels de la Hongrie.
- Cependant, la commission générale, tout en maintenant ce principe, a cru pouvoir annexer à l’Exposition nationale, deux Expositions spéciales internationales : 1° une Exposition de machines ; 2° une Exposition agricole.
- La Commission a tenu à ce que l’Exposition ne fût pas exclusivement nationale, pour faire connaître à l’industrie indigène encore naissante les meilleurs produits de l’industrie étrangère.
- Le développement surprenant et rapide des sciences techniques et des communications en Hongrie, aussi bien que dans les Etats du Nord et de l’Ouest de l’Europe, a amené une grande transformation dans la production industrielle. L’amélioration des communications et le développement des transactions commerciales ont fait que, depuis plus d’une dizaine d’années, la petite industrie hongroise se trouve aux prises avec la concurrence puissante de l’étranger ; d’autre part, dans le pays même, l’application de plus en plus répandue de la division du travail, et l’exploitation mieux comprise des ressources naturelles, ont donné naissance à une grande industrie considérable, qui prend chaque jour plus d’importance au détriment de la petite industrie. En présence de la grande quantité et du bon marché
- des produits manufacturés, il devient absolument nécessaire — et c’est même là un des problèmes économiques les plus importants de notre époque — de trouver les moyens propres à arrêter la décadence qui menace ie travail manuel, à assurer l’existence et le bien-être des petits industriels et aies mettre à même de remplirdansla production industrielle cette tâche que la grande industrie, dépourvue de tout caractère individuel et 11’ayant pour but que la production en masse, ne saurait accomplir.
- L’Exposition nationale 11’offrant à notre point de vue qu’un intérêt secondaire, nous nous occuperons uniquement des deux sections internationales dont voici le programme :
- Exposition internationale de machines industrielles et agricoles
- lre DIVISION
- MACHINES ET MOTEURS; OUTILLAGE POUR LA PETITE INDUSTRIE
- lrft section. — Moteurs (à vapeur, à air chaud, à gaz d’éclairage ou d'hydro-carbure, à pétrole, à eau, à vent ; moteurs électriques ; machines dynamo-électriques ou électrodynamiques ; piles et accumulateurs).
- 2e section. — Machines et instruments, pour le travail du bois (menuiserie , tournage, tonnellerie, fabrication de formes).
- 3e section — Machines et instruments pour le travail des métaux (forges, serrurerie, armurerie, coutellerie, clouterie, carrosserie, orfèvrerie, etc.).
- 4e section. — Machines et instruments pour le travail des cuirs (corroirie, sellerie, cordonnerie, ganterie, etc.).
- 5e section. — Machines et outillage pour les industries textiles. .
- 6e section. — Machines et outillage jJour industries diverses (chapellerie, brosserie, poterie, meunerie, boulangerie, pâtisserie, imprimerie , lithographie , photographie , reliure).
- 7e section. —Machines et accessoires pour la transmission de la force dans la galerie des machines.
- 2e DIVISION
- MACHINES' AGRICOLES
- 3e DIVISION
- INVENTIONS BREVETÉES
- Il ne sera distribué aucune prime aux exposants. Une commission scientifique décernera des diplômes au nom de la commission générale, après examen des objets, si l’exposant en fait la demande. La force motrice, nécessaire au fonctionnement des machines, sera mise gratuitement à la disposition des exposants, mais ceux-ci devront en effectuer la transmission et l’entretenir à leurs frais. Un atelier de réparations sera attaché à la section.
- EXPOSITION INTERNATIONALE AGRICOLE
- Pe DIVISION
- SEMENCES
- 1° Céréales ;
- 2° Plantes médicinales (à l’état naturel ou ayant subi des préparations);
- 3° Plantes textiles (dessins des machines et accessoires pour la culture du chanvre, etc.);
- 4°Plantesindustrielles (culture, préparation du houblon, etc.);
- 5° Plantes fourragères.
- 2e DIVISION
- DENRÉES FOURRAGÈRES (MALT, BETTERAVES, TOURTEAUX, ETC.)
- 3* DIVISION
- ENGRAIS (MINÉRAUX, ANIMAUX, COMPOSÉS)
- Les produits dont la bonne qualité aura été reconnue par le jury serontprimés, conformément à un règlement qui sera ultérieurement fixé.
- Seront décernés : un grand diplôme d’honneur et des médailles de bronze.
- Les objets destinés à l’Exposition seront
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- Première Année. — N° io.
- exempts des droits de douane, et bénéficieront d’une grande réduction dans le prix des transports, sur tout le territoire de l’empire austro-hongrois. Ils devront être expédiés franco à la gare deBuda-Pestli, et nul objet ne pourra être retiré avant la clôture, sans une autorisation spéciale de la commission. L’inauguration est fixée au 1er mai et la fermeture au 15 octobre prochains.
- On trouvera dans ce numéro un plan général de l’Exposition, qui s’élève dans le parc municipal de Buda-Pesth, sur l’emplacement désigné dans ce but par les autorités de la capitale hongroise.
- LETTRE
- DE NOTRE CORRESPONDANT DE LA NOUVELLE-ORLEANS
- Le g février 1885.
- Mon cher Directeur,
- Hier a eu lieu une imposante manifestation de la colonie française de la Nouvelle-Orléans à l’Exposition universelle.
- La colonie entière avait répondu à l’appel du Commissaire général, M. Paul d’Abzac. Près de deux mille Français portant à la boutonnière des cocardes tricolores, s’étaient réunis dans le Main-Building, à i heure de l’après-midi. Tous les exposants étaient à leur poste. Le cortège s’est formé dans l’ordre suivant :
- La Chambre de commerce française, la Disection de la société française de bienfaisance et d’assistance mutuelle, la Direction de la société de bienfaisance de l’Union française, le Comité des Trente, ,1’Athénée louisianais, le Club de la démocratie française, la société d’Alsace-Lorraine, la société de Saint-Maurice, l’Orphéon français, le capitaine des Gardes Lafayette, la société des bouchers,lasociété des garçons restaurateurs etc.
- Enfin tous nos nationaux indistinctement.
- A l’arrivée du cortège dans l’allée centrale, la fanfare militaire mexicaine se met à jouer la Marseillaise.
- Le Directeur général de l’Exposition, M. le major Burke, arriva bientôt et M. Paul d’Abzac s’adressa à lui en ces termes :
- Monsieur le Directeur général,
- J’ai l’honneur de vous présenter les présidents, les commandants, et les membres de nos douze organisations françaises ainsi que nos exposants et une délégation de l’Athénée Louisianais.
- 249 maisons françaises ont répondu à mon appel et sont représentées à l’Exposition universelle de la Nouvelle-Orléans, la majorité sur notre section, quelques-unes dans les « Collective Exhibits » des sections américaines. La présence de ces exposants, venus parmi nous au prix de dépenses considérables, atteste ce que peut l’initiative individuelle, s’appuyant sur une cause juste et aidée de la sympathie publique. Dans mes efforts pour amener nos producteurs à la Nouvelle-Orléans, j’ai été cordialement et énergiquement aidé par un grand nombre de Français et d’Américains qui ont consenti à faire partie de nos comités d’études et d’organisation.
- Je ne puis citer tous les noms; je dois cependant des remerciements particuliers à la presse de la Nouvelle-Orléans qui nous a toujours encouragés.
- Le comité franco-américain, constitué à Paris, nous a prêté un concours efficace. Je citerai les noms de MM. le comte Dillon, président; De Castro, secrétaire ; Félix Limet, ancien directeur de FAbeille, et Paul Brierre.
- Une mention toute spéciale est due à M. A. G. Nicolopulo, membre du comité franco-américain. Tant à Paris qu’à la Nouvelle-Orléans, il a mis au service de la section française une activité et un zèle constants.
- M. Mackay, l’un des propriétaires du câble transatlantique Mackay-Bennet, a bien voulu, par l’intermédiaire de l’agent de la compagnie à New-York, M. H. De Castro, nous concéder l’usage gratuit du câble, qui nous a été des plus utiles.
- Les exposants et les agents d’exposants français ont reconnu la sympathie qui leur était marquée. Une souscription, ouverte parmi eux, a permis de décorer la section aux couleurs nationales.
- Dans le Governement’s Building, M. B. Buisson, commissaire spécial de S. E. M. Fallières, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, vous présentera notre exposition scolaire et les envois des membres du cercle de la librairie de Paris et d’un certain nombre d’établissements d’instruction.Vous jugerez vous-mêmes, messieurs; et M. Buisson, au zèle de qui je rends hommage, vous dira, mieux que moi, que la République française occupe une place d’honneur parmi les gouvernements qui considèrent comme un devoir impérieux, le développement de l’instruction élémentaire, qui fait des citoyens et des travailleurs, deux termes qu’on ne peut séparer l’un de l’autre.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Je n’hésite pas, messieurs,à répéter de nouveau, en les reprenant pour mon compte personnel, les paroles auxquelles le Corps consulaire de la Nouvelle-Orléans a donné sa sanction: « L’Exposition de la Nouvelle-Orléans sera l’un des faits industriels les plus importants de la fin du dix-neuvième siècle. »
- Pour la première fois, depuis la découverte du Nouveau-Monde, l’Amérique anglo-saxonne et l’Amérique latine se rencontrent, devant les représentants de toutes les grandes puissances commerciales de la terre, afin de sceller un traité d’amitié qui pourra peut-être, comme toutes les œuvres humaines, subir des agressions, mais que rien ne pourra désormais rompre dans sa substance. L’œuvre de paix dont nous sommes tous les collaborateurs, par le fait de notre action et de notre présence, repose sur l’esprit des temps modernes, qui ont substitué le gain par le travail au gain par la violence.
- L’Exposition universelle que vous avez organisée à la Nouvelle-Orléans, Monsieur le Directeur général, se distingue de toutes les expositions universelles qui l’ont précédée, par un caractère et une supériorité incontestables. Elle est la première qui mette les producteurs en face de marchés nouveaux. Elle est la première qui montre aux capitalistes et aux travailleurs du monde entier les incalculables ressources, les chances puissantes de richesse que les deux Amériques offrent à toutes les énergies.
- Et parmi ces terres neuves et fécondes, dont les richesses s’étalent sous nos yeux, il n’en est pas qui renferme plus de semences d’avenir que la Louisiane. Ici nous, Français, qui représentons, par nos origines historiques et nos tendances, un élément de transition entre les races anglo-saxonnes et les races latines, nous marchons sur un'sol qui répond fermement sous nos pieds, sur le sol de la Nouvelle-Orléans, ville américaine et française, ville cosmopolite, marché, métropole et capitale prochaine d’une immense république industrielle dont les limites sont les sources du grand fleuve Mississipi au Nord, dont les océans Atlantique et Pacifique baignent les rivages au Sud-Est et au Sud-Ouest, et dont le canal de Panama sera l’avant-port.
- Je vous invite, messieurs, par l’organe de vos délégués, à rendre, comme moi, hommage à ceux qui préparent la réalisation de ces résultats grandioses, au Président et aux comités de l’Exposition, à ceux qui nous ont conviés, qui nous ont aidés avec leur travail, avec leur influence, avec leur dévouement, avec leur argent. Mais, au premier rang et avant tous, nommons M. le Directeur général E. A. Burke. Si nous sommes ici, c’est lui qui a édifié le toit qui couvre nos têtes. Qu’il me soitpermis de l’ajouter, vous n’êtes pas, Monsieur le Directeur général, au terme de votre tâche. Mais ce qui reste à faire est peu en comparaison de ce que vous et vos collaborateurs avez accompli déjà. Vous avez eu la foi et vous avez eu la volonté ! Vous les aurez encore. S’il reste des obstacles, vous en triompherez. Les faits seront vos avocats.
- Au nom de toute notre population, je dis : « Honneur au Directeur général Burke ! Bienvenue aux exposants français ! »
- Cette allocution est longuement applaudie.
- M. le Directeur «général prononce alors un discours remerciant M. d’Abzac qui « dès la première heure du mouvement s’est montré, ami sincère, avocat zélé, travailleur acharné. » Citons un des passages qui ont été les mieux accueillis :
- « Pour nous autres Américains, qui savons chérir notre pays et ressentir tous les sentiments d’orgueil que nous inspire notre histoire, pour nous qui vivons à l’embouchure de ce fleuve géant, nous ne pouvons oublier que nous sommes, dans une certaine mesure, des Français ; nous ne pouvons oublier que toute cette grande contrée qui se trouve à l’ouest du Mississipi, s’étendant au nord depuis le golfe du Mexique jusqu’aux lacs canadiens, et à l’ouest jusqu’au Pacifique, que cette grande contrée a été jadis une possession française. Nous ne pouvons oublier en outre qu’elle n’a pas été arrachée à la France par la force des armes, mais qu’elle est venue à nous par amitié.
- « Aussi, sachons apprécier, messieurs, l’importance caractéristique de ce fait que, sur ce sol demi français, voici rassemblés dans cet espace. les représentants d’une grande république,^ réunis la main dans la main avec ceux d’une république-sœur, dans la marche en avant à la conquête du progrès.» N*.
- M. Flatteau, agent de la maison Decauville et au nom des exposants français, prononce une allocution se terminant par ces mots :
- « L’Exposition de la Nouvelle-Orléans n’est pas seulement une des plus instructives , des plus curieuses ; mais elle est aussi une des plus importantes pour le développement du commerce international, et la France en profitera sans doute très largement. Je tiens encore à constater l’insistance avec laquelle vous n’avez cessé de réclamer la participation du gouvernement français à l’Exposition de la Nouvelle-Orléans. L’industrie
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- française se souviendra certainement avec reconnaissance de tout ce que vous avez fait pour elle, ici, ainsi que du chaleureux accueil que vous avez réservé à ses représentants. Nous souhaitons la bienvenue à M. Buisson, le délégué spécial du ministère de. l’instruction publique , et nous espérons qu’il remportera, à son retour en France, le meilleur souvenir de son séjour à la Nouvelle-Orléans. Nous le remercions en même temps du grand zèle dont il a fait preuve, pour etre prêt le jour de l’ouverture de notre section.
- « M. le Consul général, nous vous prions de vouloir être notre interprète auprès du comité que vous avez créé à Paris , et de lui transmettre nos meilleurs remerciements pour le zèle avec lequel il s’est mis à notre disposition, uniquement pour la gloire de l’industrie française.
- « Nous sommes d’avis que vous avez grandement contribué à augmenter le prestige du pays que vous avez Thonneur de représenter, et que vous ayez .ajouté une nouvelle maille à la forte chaîne d’amitié qui relie la France à l’Amérique et surtout à la Louisiane. »
- Tous les assistants vont ensuite visiter la section française d’éducation qui a été organisée par M. Buisson, délégué du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. — Ce dernier, s’adressant à M. Burke et d’Abzac , s’exprime en ces termes :
- « Permettez-moi tout d’abord, au seuil de cette galerie dont le soin m’est confié, de vous remercier au nom de M. le ministre de l’instruction publique et des exposants groupés sous son patronage, ainsi qu’en mon propre nom, de l’honneur que vous nous faites en venant visiter, tout incomplète qu’elle est encore, la section française d’éducation.
- « Messieurs les représentants de la colonie française, j’ai hâte de vous le dire, si M. le ministre de l’instruction publique s’est volontiers décidé à prendre part à cette Exposition lointaine, c’est sans doute pour se rendre à la courtoise et particulièrement pressante invitation que l’Amérique et les autorités du Bureau d’éducation de Washington lui avaient adressée , et que l’honorable général Eaton est venu lui exprimer en personne à Paris, — mais c’est aussi en grande partie à cause de cette heureuse coïncidence qui avait fait choisir pour siège de l’Exposition la ville d’Amérique où le culte de notre langue et les traditions des idées françaises ont survécu avec tant de persistance.
- « J’espèie, Messieurs, que vous verrez dans notre Exposition scolaire les preuves d’un mouvement intéressant qui s’est produit en France, surtout depuis 1877, c’est-à-dire depuis que la République y a été définitivement consolidée. Par une heureuse inspiration , les Chambres et le gouvernement ont tout de suite abordé comme le problème vital, celui de la réorganisation de l’instruction à tous ses degrés, mais principalement de l’instruction primaire. De grands changements encore peu connus, et qui n’ont pas encore eu le temps de porter tous leurs fruits, ont eu lieu. L’esprit qui a présidé aux réformes dont je vous parle est toujours, Messieurs, cet esprit français, que je n’ai pas besoin de définir ici, qui a dicté à nos pères la Déclaration des droits de l’homme, et qui nous porte à vouloir faciliter de plus en plus au plus grand nombre possible les moyens de rendre la vie plus digne d’être vécue, et d’avoir accès dans une certaine mesure aux jouissances intellectuelles et artistiques.
- « Cette tendance un peu utopique, peut-être, mais généreusement utopique de nos réformes récentes de l’enseignement ne sera certainement pas jugée avec sévérité par la démocratie américaine. Je ne vous retracerai pas dans le détail ., Messieurs, toutes ces réformes dont le mérite revient surtout à notre Parlement et à des ministres clairvoyants et actifs, secondés par une sorte de Parlement universitaire vraiment représentatif du corps enseignant, le Conseil supérieur de l’instruction publique. Elles ont consisté surtout à rendre l’instruction primaire gratuite et obligatoire, à multiplier les écoles, à les rendre salubres, à doubler le nombre des écoles normales, et à en fonder plusieurs d’un caractère plus élevé, destinées ^ à former un personnel spécial de professeurs d’écoles normales, à ajouter à' l’école primaire des cours d’études complémentaires, une instruction primaire supérieure qui achève l’instruction générale tout en préparant pratiquement à une profession , à disséminer et à rendre plus efficace l’enseignement du dessin et des arts décoratifs. Qu’il me suffise, Messieurs, de vous dire que la troisième République a repris la tradition de la première en accomplissant toutes ces réformes et que nos nouveaux programmes ressemblent beaucoup à ceux qu’avait esquissés autrefois un homme qui est venu en cette ville même, qui a travaillé à vos propres écoles, Lakanal. Il est remarquable je crois, Messieurs, que la France, au lendemain de ses désastres, et quand son trésor était si épuisé, ait su néanmoins faire pour l’instruction publique, et aussi bien dans l’ordre secondaire et supérieur que dans l’ordre primaire, plus de sacrifices qu’elle n’en avait jamais faits au temps de sa prospérité.
- c Ce sont ces sacrifices dont j’espère avoir
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- l’honneur de vous montrer, Monsieur le Directeur général, quelques exemples et quelques résultats dans cette galerie. »
- Tout le cortège a ensuite visité la section française d’éducation. Nous allons faire comme lui.
- Dans la première salle , nous trouvons d’intéressants spécimens du travail des écoles primaires supérieures et des écoles professionnelles des garçons et des filles,
- Dans la deuxième salle, nous voyons deux séries de cahiers d’élèves.
- i° Les cahiers mensuels, c’est-à-dire des cahiers où chaque élève écrit un devoir au commencement de chaque mois. — A la fin de l’année scolaire, les professeurs et les examinateurs peuvent se rendre très facilement compte des progrès accomplis et des résultats obtenus.
- 20 Les cahiers journaliers, où se font tous les devoirs d’une journée. Le professeur peut dès lors avoir une idée exacte de la quantité de travail fourni par l’élève.
- Un peu plus loin, nous remarquons une série de travaux manuels exécutés par de jeunes enfants; bancs, chaises, tables, etc., etc. C’est vraiment merveilleux.
- Voici une innovation, fort appréciée par toutes les personnes compétentes , qui consiste en ceci : Au lieu de donner aux enfants, comme bons points, des croix, des médailles (sans aucune valeur, du reste) ou des tickets, on lui remet des gravures, d’une exécution parfaite , représentant un fait historique, un personnage célèbre, etc. Au verso on peut lire, sur le même sujet, une intéressante notice. Ce sont ces gravures que le ministère a eu l’ingénieuse idée d’exposer.
- Sur les murs sont suspendues des cartes géographiques, des herbiers, des échantillons, des tableaux, etc.
- Enfin, dans la dernière salle sont disposés, avec beaucoup d’ordre et de goût, des plans types d’écoles récemment construites en France et les programmes officiels de l’enseignement des écoles. Le choix de panneaux relatifs à la décoration des écoles primaires est le great attraction de cette salle.
- Dans une prochaine lettre je vous parlerai de la section française.
- En terminant, laissez-moi vous dire que cette section doit beaucoup à un journal bien français que vos lecteurs connaissent sans doute : l’Abeille de la Nouvelle-Orléans, qui n’a cessé, dès le premier jour, d’encourager nos nationaux.
- Quant au Moniteur de l’Exposition , son succès est très vif ici ; on le voit sur les vitrines de bon nombre d’exposants français.
- Agréez, etc.
- J. Lemson.
- BANQUET
- OFFERT AM. LE MINISTRE DU COMMERCE PAR LES DÉLÉGUÉS ADJOINTS A LA COMMISSION FRANÇAISE DE L’EXPOSITION d’aNVERS.
- Ce banquet a eu lieu à l’hôtel Continental, le 2 mars dernier.
- Assistaient au banquet :
- MM. Dietz-Monnin, Teisserenc de Bort, Robin, Monthiers, Vignon, Poulet, Morie Courtois, Suffit, Lenoir, Jacquemart, Boulanger, du ministère.
- MM. G. Berger, Bessand, Mourceau, Halphen, Boujlhet, Achard, commissaires.
- MM. Allam, Barbedienne, Breant, Biais, Boutry, Cerf, Cave, Chenaillier, Chardon, Chapu, Davanne, Dupont, Ducretet, Foucher, Foullon de Vaux, des Fossez fils, Gratiot, Gand, Gastellier, Geneste, Guérin, Gastine, Renette, Groult, Hamoir, Hottot, Heugel, Jeantaud, Jarlaud, Klotz, Levasseur, Sandoz, Lemercier, Lemoine, Ledoux, Magimel, G. Masson, le docteur Martin, Marcilhacy, Moch Camille, Maurcy Deschamps, Nay, Pichot, Pounier, Périsse, Prevet, Patay, Plon, Lodanet, Rieger, Soubrier, Saint, Schloss, Sudrot, Saint-Ferreol, Thierry, Touzet, Vec, Varcy, Wolff, Wickmann, Weber, Lahure, Babey, Poitevin, Boulet, Piault, Boudier, délégués.
- MM. Delombre, Delcasse-Paulhan, Thierry, Cabirau et Beau représentant différents journaux.
- Le menu, imprimé d’une manière fort artistique, aux initiales du ministre, était ainsi composé :
- CONSOMMÉ AUX POINTES d’aSPERGES
- BISQUE
- HORS - d’œuvre VARIÉS
- CREVETTES d’oSTENDE
- SAUMON AU BEURRE ü’ÉCREVISSES FILET DE BŒUF AU MALVOISIE RICHELIEU
- CANNETONS DE ROUEN SAUCE SALMIS AUX TRUFFES COTELETTES d’aGNEAU A LA RENAISSANCE
- SORBETS AU KIRSCH
- POULARDE DU MANS TRUFFÉE
- SALADE
- HOMARD EN BELLEVUE
- PETITS POIS A LA FRANÇAISE BOMBE VANILLE ET ANANAS GATEAU FLORENTIN GLACÉ AU RHUM
- DESSERTS
- MADÈRE SUPÉRIEUR — LA TOUR BLANCHE MÉDOC EN CARAFES
- CHATEAU d’issan 1875. — CORTON 1874 ^
- CHAMPAGNE FRAPPÉ : LOUIS RŒDERER CAFÉ, LIQUEURS
- Au dessert, M. Dietz-Monnin prend le premier la parole. Il remercie les organisateurs de la section française a l’Exposition d’Anvers qui ne reculent devant aucun effort, aucun sacrifice pour montrer au monde entier que la France n’a pas dégénéré. Une fois encore, elle saura prouver que ses produits sont toujours sans rivaux. Le gouvernement saura récompenser ces serviteurs dévoués. L’orateur porte un toast au premier magistrat de la République, à M. Jules Grévy ainsi qu’au roi des Belges, digne héritier de son père, qui a su toujours rester étranger aux luttes intérieures.
- M. Allain, organisateur du banquet, a porté le toast suivant à M. Rouvier :
- Monsieur le Ministre,
- Interprète des sentiments des délégués adjoints à la Commission française de l’Exposition universelle d’Anvers, je suis heureux de vous dire tout d’abord, combien nous sommes reconnaissants d’avoir bien voulu présider cette réunion intime.
- Dans la pensée de ses organisateurs, elle est destinée à grouper, pour la première fois, autour de vous, Monsieur le ministre , les hommes zélés, laborieux et désintéressés, que l’on rencontre toujours sur la brèche, vous le savez, lorsqu’il s’agit de faire triompher le drapeau de la France.
- Merci également à vous, Messieurs Teisserenc de Bort et Dietz-Monnin, qui donnez depuis si longtemps tant de preuves de votre ardent et patriotique dévouement.
- Merci à vous tous , Messieurs, qui n’avez pas hésité a vous joindre à nous, pour offrir une marque de respect et de sympathie à l’homme d’Etat éminent qui a pris en mains, avec tant d’ardeur et de savoir, la défense des intérêts de l’industrie et du commerce français.
- Monsieur le ministre, vous connaissez déjà le succès presque inespéré que nous avons obtenu.
- Certes, notre mission n’a pas été toujours exempte de soucis et de difficultés. Mais, — et nous le constatons avec une joie que vous comprendrez, — nos efforts , nos peines ont été largement récompensées puisque la participation française à l’Exposition universelle d’Anvers se composera, pour la section industrielle et commerciale, de plus de dix-huit cents exposants.
- Ces chiffres ont leur éloquence; ils prouvent, d ailleurs, que les délégués adj oints à la Commission française ont justifié la confiance dont ils avaient été honorés.
- Une première partie, et non la moins importante de notre tâche, est accomplie; connaissant les sentiments qui vous animent, et que vous avez
- si éloquemment manifestés, nous tenons à vous assurer, Monsieur le ministre, que vous pouvez compter sur nous en toute occasion, et que nous avons le plus ferme désir, avec votre aide et votre appui, de présenter à Anvers, au concours des nations, une France, forte de son labeur et légitimement glorieuse des progrès accomplis par elle.
- Oui, Monsieur le ministre, nous voulons que vous restiez a notre tête; certains que vous serez pour nous, c est-à-dire pour le pays tout entier, qui ne vit que de travail et de crédit, un soutien ferme et vigilant.
- Nous combattons énergiquement ; mais nous avons besoin d etre soutenus et encouragés pour tiaveiser sans défaillance la crise économique que nous subissons, et sortir victorieux de la lutte contre la concurrence étrangère.
- Nous avons la bonne fortune de posséder parmi les membies de la Gommission française de hautes personnalités qui jouissent de l’estime et de la confiance absolue du commerce et de l’industrie du pays ; de plus, la direction du commissariat français est confiée à deux hommes des plus distingués : M. Robcis-Borghers et M. Maurice Monthiei , dont nous avons su apprécier le dévouement et l’incontestable mérite; aussi nous ne doutons pas que toutes ces bonnes volontés, unies en une seule pensée : le bien de la Patrie4 n atteignent enfin le but désiré, c’est-à-dire la grandeur et la prospérité de notre belle et chère Jr rance.
- Animé de cette consolante espérance et au nom de tous mes collègues, je porte, Messieurs, un toast a M.. Rouvier, ministre du commerce.
- M. le ministre du commerce se lève et prononce un discours vivement applaudi, dont nous allons citer quelques passages :
- « Tandis que dans ces enquêtes spéciales on représente la h rance comme appauvrie, anéantie, incapable de soutenir la concurrence étrangère nos exposants, dans les concours auxquels ils prennent part, attestent par des faits autrement décisifs quelle n’a pas déchu. Nos industriels savent toujours tenir haut le drapeau national. Oui,, ceux-la font acte de patriotisme qui défendent ainsi la patrie. C est combattre pour elle que de combattre pour son influence et pour sa richesse De toutes ces expositions il ressort un nouveau témoignage de .notre vitalité. Quelle enquête qu une exposition universelle, et comme toutes les autres palissent auprès de celle delà France.
- « Cependant il ne manque pas de personnes pour
- von avec appréhension ces vastes concours, nous y fournissons à nos rivaux, disent-ils, une occasion de surprendre nos secrets, préoccupation étrange N avons-nous pas, au contraire, tout avantage a penetrer chez les autres, à voir nous aussi ce "que nos concurrents peuvent faire, de façon à suivre eur progrès et a nous maintenir toujours au rang qui nous appartient ? b
- , ® Les. expositions universelles offrent d’autre part a l esprit, on ne saurait trop le constater, quelque chose de salutaire et de réconfortant, par ce temps de reaction douanière où il semble que les peuples veuillent s isoler les uns des autres, où les principes qui semblaient le mieux établis spnt remis en question, c est un spectacle consolant de voir rapprochés les produits du monde entier, chacun est appelé à les comparer et à apprendre quels sont les meilleurs centres de production, se renseigner sur la valeur exacte des marchandises. Cette comparaison faite, cet enseignement recueilli, qui donc sei a assez puissant pour dire au public à la masse des consommateurs: Tu as vu toutes ces richesses, tu sais a quel prix tu pourrais te les procurer. Eh bien ! ce n’est pas pour toi, arrière 1 nos barrières factices t’interdiront la jouissance de ces produits ! »
- Le ministre du commerce a ensuite ajouté, avec un sourire, que lui ou son successeur se feraient un plaisir de déférer aux vœux dont M. Dietz-Monnin et M.. Allain se sont faits les interprètes.
- M. le ministre du commerce a terminé en buvant au concours dévoué des délégués adjoints, ainsi qu’au succès de l’Exposition française à Anvers.
- « Je salue dans ce succès, a-t-il dit,l’aurore d’un plus grand succès encore qui sera celui de l’Exposition du centenaire de la Révolution. » Des bravos unanimes ont accueilli ces dernières paroles.
- Le Gérant, GARREAU
- Touis. Imp. E. ARRALLT et Cie, tug c!g la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 15 Mars 1885. NUMÉRO n.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin ; 2. Partie officielle; 3. Exposition d’Anvers; 4. Echos ; 5. Les Expositions des Beaux-Arts ; 6. L’avenir des vignes américaines; 7. Le droit de vente aux Expositions ; 8. Notre gravure; 9. La Crise agricole; 10. Les Expositions et la concurrence ; 11. Histoire de la Poste aux lettres ; 12. Les Machines aux Expositions ; i3. Théâtres.
- BULLETIN
- Mardi matin s’est réunie, au ministère du commerce, la Commission de l’Exposition de 1889.
- M. Antonin Proust, président, a donné lecture du rapport général résumant les travaux de la Commission et des diverses sous-commissions, des finances, de l’avant-projet et de l’emplacement.
- 11 a rappelé qu’aux termes du rapport qui précédait les décrets du 8 novembre, la Commission avait été nommée pour donner son avis au ministre du commerce sur les trois points suivants :
- 1° Sur l’emplacement qu’il convenait de choisir pour y installer l’Exposition;
- 2° Sur les dispositions à adopter pour les constructions et la rédaction d’un avant-projet devant servir de base pour le concours à ouvrir ultérieurement pour les constructions ;
- 3° Sur l’opportunité de la constitution -d’un capital de garantie et sur l’importance qu’il convenait de réserver dans cette entreprise à l’action gouvernementale et à l’action privée.
- M. Proust a ensuite résumé les discussions de la Commission sur ces diverses questions et il a rappelé les conclusions auxquelles elle s’était arrêtée.
- Après avoir entendu divers auteurs de projets et après avoir consulté le Conseil municipal de Paris, elle s’est définitivement prononcée en faveur du Champ-de-Mars, avec adjonction du quai d’Orsay élargi par un appontement couvrant les bas-quais de la Seine, de l’Esplanade des Invalides, du Palais de l’Industrie et de la partie des Champs-Elysées comprise entre l’avenue d’Antin et l’avenue parallèle à la place de la Concorde.
- En ce qui concerne les dispositions des constructions, la Commission a pensé qu’il conviendrait de construire sur le Champ-de-Mars deux palais permanents séparés par une large avenue ménageant la perspective de l’Ecole militaire, après la démolition des parties provisoires de l’Exposition. En outre, il y aura lieu de construire sur le Champ-de-Mars une vaste galerie provisoire, parallèle à l’Ecole militaire, où serait installée l’Exposition industrielle. Le long du quai d’Orsay serait l’Exposition agricole. Sur l’Esplanade des Invalides, l’Exposition coloniale, et sur les Champs-Elysées, l’Exposition scolaire et diverses expositions particulières.
- Enfin, la Commission a estimé que les dépenses de l’Exposition, ainsi conçue, s’élèveraient à 50 millions environ. En outre, elle a pensé que la constitution d’un capital de garantie donnerait à l’Exposition une grande popularité. Le chiffre minimum de ce capital a été fixé à 10 millions de francs. Si les souscriptions dépassaient ce chiffre, elles seraient acceptées jusqu’à concurrence de 22 millions. Ce dernier chiffre représente la différence entre les recettes provenant des diverses subventions et l’ensemble des dépenses prévues, tandis que le chiffre de 10 millions ne couvre qu’une queue de recettes qui pourrait ne pas être recouvrée. Toutefois, ce chiffre de 10 millions a paru suffisant pour répondre à toutes les éventualités.
- Le rapport de M. Proust a été approuvé par la Commission. Il va être immédiatement transmis au ministre du commerce et paraîtra incessamment à Y Officiel.
- PARTIE OFFICIELLE
- COMMISSION LÆ L’EXPOSITION
- La Commission exécutive de VExposition de iS8g sera nommée avant les vacances de Pâques et se réunira immédiatement après. Elle sera présidée par M. Antonin Proust.
- M. Alphand prendra le titre de directeur des travaux près cette Commission.
- EXPOSITION DE MEUNERIE ET DE BOULANGERIE
- Le Président de la République française,
- Vu l’article 34 de la loi du 17 décembre 1814;
- Vu l’article 4 delà loi du 5 juillet 1836;
- Sur le rapport du ministre du commerce et d’après l’avis conforme du ministre des finances,
- Décrété :
- Art. ter. — Le pavillon de la ville de Paris aux Champs-Ellysées et ses dépendances, affectés à l’Exposition de la meunerie, de la boulangerie et des industries qui s’y rattachent, qui s’ouvrira le 1e1' avril i885, sont constitués en entrepôt réel des douanes.
- Art. 2. — Les objets destinés à cette exposition seront expédiés directement sur le pavillon de la ville de Paris, sous le régime du transit international ou du transit ordinaire, par tous les bureaux ouverts à ces transits.
- L’expédition aura lieu sans visite à la frontière.
- Art. 3. — Le ministre du commerce et le ministre des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois.
- Fait à Paris, le 3 mars 188 5.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre du commerce,
- Maurice Rouvier.
- (Dans notre prochain numéro nous donnerons le compte rendu in-extenso des deux dernières séances de la Commission..)
- EXPOSITION D’ANVERS
- Les produits transportés à l’Expostion universelle d’Anvers par les chemins de fer français et par le chemin de fer d’Etat belge bénéficieront des conditions suivantes : Plein tarif à l’aller, gratuité au retour. Les exposants devront conserver soigneusement la lettre de voiture de l’aller, la présentation de cette pièce justificative sera exigée d’eux au retour.
- Les machines et produits lourds sont admis depuis le 8 mars dans la galerie des machines où les installations se poursuivent avec une grande activité. Quant aux objets qui n’exigent pas d’installation spéciale, ils devront être expédiés du 5 au 10 avril. L’enceinte de l’Exposition étant constituée en entrepôt fictif, l’entrée en Belgique des produits français et leur retour pourront s’effectuer avec complète exemption des droits de douane en se conformant aux formalités prescrites.
- Parmi les nouveautés, il faut signaler l’Exposition maritime organisée dans le bassin de batelage et qui sera en communication d’un côté avec l’Escaut, de l’autre, au moyen de passerelles, avec les halles de l’industrie.
- Des adhésions nombreuses sont venues de partout, annonçant de brillantes luttes nautiques. Le long des quais, se trouvera exposé sous des hangars tout le matériel servant à la navigation, au sauvetage maritime, à la pêche. Des armateurs de la pêche d’Anvers et d’Ostende organisent le compartiment de la pisciculture.
- Un immense aquarium recevra les poissons de mer et de rivière, les mollusques et les crustacés comestibles. La Société commerciale, industrielle et maritime d’Anvers élèvera, à l’intersection des deux galeries principales, un monument de quinze mètres de hauteur qui se composera uniquement des produits faisant l’objet du trafic de ce port avec les tableaux indicatifs du développement commercial depuis un demi-siècle, qui est de 400,000 à 4 millions de tonneaux.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition des œuvres de Bastien Lepage, retardée de quelques jours par des difficultés d’installation, a été ouverte le 14 mars dans les salles du premier étage de l’hôtel de Chimay, 17, quai Malaquais, la nouvelle annexe de l’Elcole des beaux-arts. L’administration des Beaux-Arts vient d’acquérir une des grandes toiles de l’artiste : Récolte clés Pommes de [terre, au prix de 25,000 francs. Ajoutons que Bastien Lepage, en mourant, a légué au Louvre quatre portraits de membres de sa.famille, parmi lesquels celui du Grand-Père qui a figuré au Salon de 1874. Ces portraits devront rester en possession de M. Emile Bastien Lepage, frère du peintre, sa vie durant. Nous apprenons que deux toiles de J. Bastien Lepage ont été adjugées en vente publique à Londres le 28 février : Pas mèche, au prix de 11,025 francs et le Père Jacques, du Salon de 1882, au prix de 13,500 francs.
- Une exposition de dessins par Th. Ribot, est ouverte, 5, rue de la Paix, du 9 au 28 mars, de dix heures à cinq heures et demie.
- ¥ ¥
- Samedi dernier, le jury de Y Exposition internationale de Blanc et Noir s’est réuni salle des Etats, au pavillon de Flore, sous la présidence de M. Eugène Guillaume. Parmi les décisions prises par le jury, nous devons citer la plus importante.
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- 82. — Première Année — N° 11
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Mars i 885.
- Il a été adopté à l’unanimité que les hors concours du Salon seraient également hors concours à l’exposition. Le jury s’est immédiatement occupé de la réception et du classement des nombreux ouvrages dont l’importance assurera à l’Exposition le succès qu’elle mérite à tous égards.
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- Une souscription est ouverte pour élever un monument à Eugène Delacroix, le grand peintre dont l’œuvre attire en ce moment la foule à l’Ecole des beaux-arts.
- Nous 11e doutons pas que tous ses admirateurs ne tiennent à honneur de contribuer à l’hommage rendu à son génie.
- Les souscriptions sont reçues chez MM. Georges Petit, 12, rue Godot-de-Mauroy ; Durand Ruel, 1, rue de la Paix ; Haro, 14, rue Visconti ; Etienne Charavay, trésorier, 4, rue de Furstenberg.
- On peut souscrire à l’Ecole des beaux-arts, où un registre est ouvert à cette intention.
- Les noms des souscripteurs seront publiés.
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- Le 9 mars a eu lieu le banquet annuel des membres du tribunal de commerce de la Seine. Les ministres de la justice et du commerce ont accepté l’invitation qui leur avait été faite d’y assister, ils ont l’un et l’aulre pris la parole. Pour la première fois, le tribunal recevait à sa table des membres du gouvernement.
- M. Dietz-Monnin, sénateur et président de la chambre de commerce de Paris, figurait aussi parmi les invités.
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- Le musée Pasteur s’ouvrira prochainement à la mairie du xvie arrondissement.
- L’organisateur, M. Léon Jaubert, va y réunir les divers appareils dont M. Pasteur a fait usage pour réaliser ses différentes découvertes, les divers microbes ainsi que les documents scientifiques sur le rôle des infiniment petits.
- Un enseignement pratique avec expériences y sera donné chaque semaine.
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- ÉTRANGER
- Allemagne
- Une exposition internationale de machines et d’outillage pour les métiers et la petite industrie aura lieu à Kœnigsberg (Prusse), du 24 mai prochain à la fin août. Elle comprendra : des moteurs d’une puissance de 1 à 5 chevaux ; des machines de transmission et d’exploitation ; _ des outils et machines accessoires ; des installations et ateliers modèles ; des instruments et appareils de physique et de chimie ; des appareils de sûreté ; des machines et installations pour les usages domestiques et les industries agricoles ; enfin, le matériel nécessaire à l’enseignement technique et une bibliothèque d’ouvrages spéciaux.
- Les organisateurs ont apporté un soin tout particulier à l’installation des ateliers modèles et des sections d’enseignement technique dans le double but de montrer les différentes installations industrielles en fonctionnement , et de faire ressortir l’avantage qu’auraient les corps de métiers à remplacer un outillage incomplet par des machines répondant mieux à leurs besoins. Des conditions exceptionnellement favorables sont
- faites à tous les exposants.
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- L’exposition’annuelle de peinture et de sculpture, organisée par l’Académie royale des beaux-arts, aura lieu à Dresde (Saxe), du 17 mai au 19 juillet prochain.
- Angleterre
- Le ministère de la guerre organise pour le courant de l’été prochain une exposition de télégraphie de campagne, et a adressé dans ce but des invitations à toutes les puissances. L’exposition aura lieu à South-Kensington (Londres) dans un édifice provisoire spécialement construit à cet effet.
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- Une exposition générale des industries du bâtiment a eu lieu au Floral-Hall (Covent-Garden, Londres) sous les auspices de la Société des architectes, du 2 au 7 mars dernier.
- Grèce
- Nous recevons d’Athènes la nouvelle de la création d’une Soeiétè cVarchéologie , qui se propose de fonder un musée d’antiquités chrétiennes, à l’instar de ceux qui existent déjà dans la plupart des Etats de l’Europe ainsi qu’en Amérique.
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- Mexique
- Le gouvernement mexicain a passé avec une compagnie privée un contrat pour l’établissement d’une exposition universelle permanente dans la
- ville de Mexico et d’agences à Paris et à New-York où seront exposés tous les produits industriels, agricoles et miniers du Mexique. Des agences de second ordre seront établies, s’il y a lieu, dans les différentes capitales de l’Europe et les Etats-Unis de l’Amérique du Nord'.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- EUGÈNE DELACROIX
- « Il est des talents délicats qui ne peuvent facilement se satisfaire : attentifs à captiver l’esprit, ils s’adressent à lui par tous les moyens dont l’art dispose ; ils refont cent fois un morceau, ils sacrifient la touche, l’exécution savante qui fait ressortir plus ou moins les détails, à l’unité et à la profondeur de l’impression.
- « Tel est Léonard de Vinci, tel est Titien.
- « Il est d’autres talents comme Tintoret, mieux encore, comme Rubens, et je préfère ce dernier car il va plus avant dans l’expression, qui sont entraînés par une sorte de verve qui est dans le sang et dans la main. La force de certaines touches, sur lesquelles on ne revient point, donne aux ouvrages de ces maîtres une animation et une vigueur auxquelles ne parvient pas toujours une exécution plus circonspecte. Il faut en comparer les effets à ces saillies singulières des orateurs qui, entraînés par leur sujet, par le moment, par l’auditoire, s’élèvent aune hauteur qui les surprend eux-mêmes quand ils sont de sang-froid. » Voilà ce qu’Eugène Delacroix écrivait en i85q dans ses Questions sur le Beau.
- Assurément on peut lui appliquer ce qu’il dit de Rubens et notre visite à son Exposition nous confirme dans cette opinion. Voilà vingt-deux ans qu’il est mort, nous laissant un impérissable héritage dont les plus importantes parties viennent d’être groupées à l’Ecole des beaux-arts.
- A présent que les querelles entre les partisans d’Ingres et les siens semblent apaisées, l’un et l’autre de ces purs génies nous apparaissent dans leur gloire individuelle, sans se nuire mutuellement. Le plus bourgeois de nos hommes d’Etat, M. Tliiers, fut un des premiers à soutenir le grand révolutionnaire Delacroix. Après avoir vu la Barque du Dante, il écrivait : « M. Delacroix a reçu le génie : qu’il avance avec assurance ». Le baron Gérard, au contraire, s’écriait avec désespoir : « Il court sur les toits 1 »
- Le dessin d’Ingres vit par la ligne; celui de Delacroix, comme l’a remarqué Baudelaire dans ses admirables études sur l’Art Romantique, vit par « la lutte harmonieuse des masses coloriées ».
- Malgré la sauvagerie apparente de ce dernier système, Delacroix n’était pas_ un sabreur ; il méditait longuement et redoutait l’improvisation. Disons que son auteur favori fut Racine et nous aurons ainsi la caractéristique de son tempérament.
- On connaît la plupart des toiles qui figurent à l’Exposition actuelle : les Convulsionnaires de Tanger, Démosthène s’exerçant à la parole sur le bord de la mer, l’Entrée des Croisés à Constantinople (prêté par le Musée de Versailles) Muley-abd-Err-Rahman, Hamlet et les fossoyeurs, Médée et ses enfants, le Giaour et le Pacha, etc., sans compter les nombreux tigres et lions, dont Eugène Delacroix a su interpréter les mouvements gracieux ou farouches avec une maestria inconnue jusque-là.
- Lion dévorant un lapin, Lion dévorant une femme, Lion dévorant un cheval, toutes ces études sont extraordinaires de vie et d’intensité : le dessin, pour le maître, ne consiste pas dans le trait, mais bien dans le mouvement général.
- L’interprétation du paysage, chez Delacroix, n’est pas moins curieuse que celle des personnages. Comme l’a remarqué Théophile Gautier, il a son atmosphère à lui, ses arbres et sa mer à lui ; sans fausser jamais la nature et connaissant admirablement l’art de juxtaposer les couleurs complémentaires, il saisit les choses extérieures dans leurs moments de violence, dans leurs aspects les plus chauds. Voyez plutôt ces cinq études du Christ pendant la tempête : quels flots et quels ciels ! Voyez aussi le paysage profond du tableau n° 75 qui représente un homme à genoux se lavant dans une fontaine. Quelle succession de plans infinis dans cette petite toile! Comme ces terrains sombres s’enfoncent vers l’horizon ! Ailleurs ce sont des arbres d’un vert intense ou, comme dans l’Education cl’Achille, des déserts rocheux et sauvages aux perspectives infinies.
- Nous sommes loin des clartés matinales et cotonneuses chères à Corot, loin aussi des forêts automnales de Théodore Rousseau. Delacroix interprète plus largement, plus dramatiquement le ciel et les arbres : Daubigny, parfois, se rapprocne de. cette facture puissante et de cette hardiesse de touche.
- Delacroix reste le même maître dans ses aquarelles, ses pastels et ses sépias. Ses lions, ses Arabes, ses Marocains, ses personnages mythologiques, ses cavaliers, tout cela respire toujours la
- fièvre intérieure du créateur qui pense et ne-s’abandonne point au charme exclusif du métier. C'est une sorte de Vénitien moderne, pour la. couleur et l’inspiration. Il a dit du reste :
- « Bien qu’il travaille de la main, le peintre n’est pas un chirurgien, ce n’est pas dans sa dextérité que consiste son mérite ! »
- Et, en effet, l’impression causée par l’œuvre de-Delacroix n’est pas seulement picturale, mais suggestive.
- Combien de nos artistes d’aujourd’hui ne s’occupent que de la dextérité précitée et négligent de penser avant de produire !
- <(, Peinttefi disait un jour Flaubert, dans un accès fui îeux de mauvaise humeur, les peintres ce sont des vitriers !» ’
- Le fait est que son mot est applicable à un certain nombre.
- L Exposition de Delacroix contient donc un haut enseignement ; elle nous démontre, une foi de plus, que le génie vrai ne subordonne point le fond a la forme, niais commence toujours par penseï et ne parle jamais pour ne rien dire.
- Charles Grandmougin.
- DIJON
- La Société des Amis, des Arts de la Côte-d’Or adresse aux artistes la circulaire suivante :
- Monsieur,
- La Société des Amis des Arts de la Côte-d’Or a l’honneur de vous informer qu’elle ouvrira sa c]u<itiicmc exposition ci Dijon, le ici> juin i885. Elle vous prie de vouloir bien lui apporter le concours de votre talent, en lui adressant quelques-unes de vos œuvres.
- Le règlement de l’exposition ci-dessous vous donnera les renseignements nécessaires pour faciliter votre envoi.
- Recevez, Monsieur, etc.
- Les Membres du Bureau
- règlement de l’exposition et conditions d’admission
- Art. Ier.— Une Exposition de peinture, — de-sculpture, — de dessin, aquarelle et architecture, de gravure et lithographie, — de céramique, et de-photographie d’ouvrages d’art exposés par leurs auteurs, s’ouvrira à Dijon par les soins et aux frais de .la.Société, le ici> juin 1885. Elle se fermera le~ 1 5 juillet.
- Art. 2. — Les artistes bourguignons sont admis de plein droit à y exposer leurs œuvres. Des invitations spéciales sont adressées aux artistes étrangers à la région.
- Art. 3. — Les artistes qui désirent participer à l’Exposition doivent adresser leurs ouvrages au président de la Société des Amis des Arts, salle de Flore, à Dijon. Ils rempliront les deux déclarations jointes à la lettre d’iiivitation ; l’une accompagnera l’envoi, et l’autre sera adressée le plus tôt possible-à M. Paupion, peintre, secrétaire de la Société, place de la. République.
- Art. 4. — Les œuvres des artistes résidant à Paris doivent être remises à M. Pottier rue Gaillon, 14, représentant de la Société, le Ier mai 1885 au plus tard. — Les œuvres des artistes résidant à Dijon ou dans les départements devront être rendues du i°r au 15 mai, dernier délai, au siège de la Société, salle de Flore.
- Art. 5. — Un jury prononcera, sans recours, l’admission ou le reje’tdes ouvrages présentés. Les œuvres des artistes exempts du jury à Paris seront seules admises de droit sans examen. Ce jury qui sera composé des membres du bureau et de la commission, lesquels pourront s’adjoindre des artistes même étrangers à la Société et à la ville, statuera également sur les récompenses qui seront décernées aux exposants.
- Art. 6. — Chaque exposant ne peut envoyer que trois œuvres dans chacun des cinq groupes-désignés dans harticle icr. Les ouvrages exposés ne pourront être retirés avant la clôture de l’Exposition.
- Art. 7. — Ne seront pas reçus : les peintures, dessins, gravures, lithographies et photographies-non encadrés (sauf les lavis d’architecture,' montés sur châssis), ou ayant des cadres ou châssis arrondis, à moins qu’ils ne soient ramenés à la forme rectangulaire, — les terres non cuites,— les reproductions livrées au commerce, à moins qu’elles ne soient directement envoyées par l’auteur, — les copies exécutées dans le même genre que l’œuvre originale, — et les œuvres ayant déjà figuré à Dijon dans des expositions de la Société.
- Art. 8. — Les frais de transport par chemin de fer, de la gare d’expédition au siège de la Société et de retour a la gare d’expédition, seront supportés par la Société pour les artistes bourguignons et pour ceux qui auront été invités spécialement; mais les envois voyageront aux risques et périls des exposants. — Les œuvres des artistes qui n’auront pas reçu d’invitation ne jouiront de la franchise de port que si elles sont admises par le jury. Tout changement d’adresse ou de destination pour le retour laissera le port de retour à la charge de l’exposant. —
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- Première Année.— N° i i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Mars 1885.
- 83.
- Les tableaux, cadres compris, ne pourront dépasser 2 mètres dans leur plus grande dimension. Les caisses seront fermées par des vis et expédiées par petite vitesse lorsque leur poids-excédera a5 kilogrammes. — Pour les ouvrages de sculpture, la Société ne supportera les frais de transport que jusqu’à concurrence de 200 kilogrammes. La différence restera à la charge de l’exposant. — Pour les œuvres expédiées de l’étranger, sur invitation, la Société ne paiera les frais du double transport que depuis la frontière.
- Art. q. — La Commission de l’Exposition veillera, avec le plus grand soin, au déballage, au placement, au remballage des œuvres envoyées. Elle prendra pour leur conservation toutes les mesures désirables, mais elle décline toute responsabilité en cas de perte ou d’avarie.
- JL’AVENIR
- DES
- VIGNES AMÉRICAINES
- L’introduction en France des vignes américaines .à une époque où la viticulture nationale était menacée dans son existence, où, surtout, le Midi entièrement contaminé avait perdu tout espoir de reconstitution avec les cépages indigènes de production directe , a été souvent l’objet de discussions ardentes sur lesquelles nous ne reviendrons pas.
- Le temps, l’expérience et les résultats concluants aujourd’hui obtenus ont fait justice des oppositions trop vives, et dans notre viticulture méridionale les questions d’adaptation sont maintenant résolues.
- Aujourd’hui plus que jamais la culture industrielle intensive s’impose ; c’est elle qui fournit des bénéfices, et d’une sélection bien entendue dépend maintenant l’avenir de nos vignes rétablies.
- Voici en quels termes s’exprime, un des professeurs les plus distingués de l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier, M. Couvert, au sujet de la reconstitution des vignobles français :
- « La lutte que les cultivateurs du Midi’ ont engagée et continuentàsoutenir contre les attaques du phylloxéra abonde en faits du plus grand intérêt. L’invasion de l’insecte a tout d’abord causé un moment d’effarement qui a paralysé toutes les entreprises, mais l’indécision des propriétaires n’a pas été de longue durée. Aux prises avec le mal, ils se sont- immédiatement occupés des procédés à employer pour se garantir de ses atteintes, et, si leurs premiers efforts n’ont pas été couronnés d’autant de succès qu’ils auraient pu le désirer, ils sont arrivés, avec de la constance, à des résultats qui s’affirment maintenant d’année en année.
- Les pays les premiers attaqués ont été les plus éprouvés; ce sont ceux qui ont eu à supporter les frais de premières expériences. Leurs essais n’ont pas été perdus et les régions voisines ont su en profiter largement. L’emploi du sulfure de carbone et du sulfocarbonate de potasse s’est perfectionné peu à. peu avec le temps, et, du domaine de la théorie, il a passé peu à peu dans celui de la pratique. Ses perfectionnements sont malheureusement arrivés trop tard pour beaucoup de viticulteurs, et quand ils auraient pu s’en servir avec la certitude de prolonger au moins l’existence de leurs plantations, sinon de les sauver, elles étaient complètement détruites. L’attention s’est portée alors sur d’autres procédés. Les submersions et les plantations dans les sables ont fait de rapides progrès dans les terrains qui se prêtaient à ce mode d’utilisation ; c’étaient malheureusement les moins étendus. Quelques propriétaires , notamment dans le département de Vaucluse, se sont adressés de nouveau aux vignes françaises, en se contentant de l’espoir de les conserver assez longtemps pour rentrer dans les dépenses exigées par leur culture ; d’autres, comme ceux de l’Hérault et surtout des environs de Montpellier, ont préféré leur substituer les vignes américaines, sur la résistance desquelles ils croyaient pouvoir fonder de solides espérances.
- Les vignes françaises ont eu des sorts différents, mais n’ont jamais donné que des succès, parfois satisfaisants , mais toujours temporaires et relatifs.
- Les vignobles plantés de vignes américaines sur de grandes étendues sont nombreux déjà. Quelques personnes trouvent qu’ils devraient l’être davantage ; elles oublient que les viticulteurs ne se décident jamais qu’après expérience, et si elles voulaient réfléchir aux conditions dans lesquelles se sont faites les plantations, aux échecs qu’elles permettaient de redouter, aux dépenses qu’elles exigeaient, elles reconnaîtraient que la culture a marché assez vite dans la voie où elle s’est engagée.
- Des vignobles reconstitués on cépages américains un des plus intéressants à visiter est celui du château .d’Agnac, sur la commune de Fabrègues, à 12 kilomètres de Montpellier. C’est le plus
- important, par son étendue, de ceux qu’on peut voir dans l’Hérault. Sous la direction de M. S. Bastide, son propriétaire, il sera bientôt en pleine production, et, dès maintenant, il peut faire l’objet des observations les plus instructives et les plus encourageantes.
- Le vignoble d’Agnac a maintenant plus de quatre-vingts hectares de vignes ; au printemps prochain il en aura près de cent. Les plus anciennes ont six ans ; elles vont prendre leur septième feuille. A côté d’elles, 20 à 25 hectares ont dépassé leur quatrième année et constituent, avec les premières, une surface de 40 hectares environ qui entre en production. Quelques pieds d’américains plantés avant l’arrivée du propriétaire actuel comptent dix années d’existence. Tous sont d’une végétation luxuriante, qui est un des meilleurs exemples de ce qu’on peut obtenir des cépages américains avec une culture parfaite.
- Le cépage préféré de M. S. Bastide a d’abord été le jacquez. Ses plantations sont citées comme des plus belles des environs de Montpellier. Elles commencent à produire ; en 1882 elles ont donné assez peu ; à la vendange de 1883, elles lui ont permis de faire 800 hectolitres, qui ont été vendus, partie à 45 francs l’hectolitre, partie à 50 francs.
- Le jacquez n’a certes pas la productivité de l’aramon, mais son rendement peut atteindre à des chiffres assez élevés. O11 ne désespère pas d'en, obtenir, dans les conditions où il est placé, qui sont, il est vrai, des meilleures, 90 hectolitres à l’hectare. Ce chiffre ne parait d’ailleurs pas exagéré pour les propriétaires qui ont vu ces vignes avant la vendange. Le vin ne cause pas non plus, à Agnac, d’inquiétudes sérieuses; si sa couleur laisse souvent à désirer, c’est parce,qu’on ne le traite pas convenablement. Il demande quelques précautions spéciales ; quand il sera bien traité, il rentrera facilement, d’après M. S. Bastide, en faveur auprès du commerce.
- Le vignoble d’Agnac ne sera pas d’ailleurs un vignoble exclusif de jacquez. Les solonis et les riparias y prospèrent également ; quelques-uns sont greffés déjà, et sous peu ils porteront des aramons qui s’associeront parfaitement aux vins plus colorés du producteur direct américain.
- La production de l’année 1884 a dépassé le chiffre de 2,000 hectolitres, tant en jacquez qu’en vignes greffées. Le propriétaire espère récolter 4,000 hectolitres à la prochaine campagne. »
- LE DROIT
- DE
- VENTE AUX EXPOSITIONS
- Une solennité comme l’Exposition de 1889 fait nécessairement éclore un nombre incalculable de projets et de propositions de toute nature : les uns 11’ont aucune importance et ne soutiennent pas l’examen ; les autres, au contraire, soit en raison de leur valeur propre, soit à cause de la situation ou de la compétence de leurs auteurs, méritent l’étude et la discussion, même ou plutôt surtout quand il ne semble pas qu’il y ait lieu de les prendre' en considération.
- Parmi ces derniers projets on doit ranger celui qui aurait pour résultat de donner à tous les exposants le droit de vendre couramment, et au jour le jour, leurs produits. Au premier abord, cette proposition peut paraître acceptable et même séduisante; si, cependant, on examine les choses d’un peu près, 011 voit qu’il n’en est rien: c’est ce que nous allons essayer brièvement d’établir.
- Loin de nous la pensée de vouloir faire d’une exposition nous ne savons quel musée ultra-sérieux, glacial, sévère, dans les galeries duqueldes savants se communiqueraient à voix basse les réflexions austères que leur inspireraient les progrès de l’art et de l’industrie. Nous,croyons, au contraire, que les organisateurs, les commissaires, tous les intéressés enfin, doivent s’appliquer à faire d’une exposition un lieu de promenade attrayant, dans lequel se rendent avec plaisir et empressement non seulement les négociants et les industriels, mais les oisifs, les amateurs, tous ceux, en un mot, qui constituent le grand public ; il faut, suivant le conseil quelque peu ressassé du poète, qu’on y trouve, à la fois, l’agréable et l’utile. Qu’on y organise, dans la journée ou le soir, des fêtes, des concerts, des représentations, des conférences interéssantes (si la chose est possible) ; qu’on y installe quelque chose, par exemple, qui rappelle-le promenoir intérieur, si vivant, si animé, si pittoresque, de l’Exposition de 1867 ; tout cela sera très bien, et nous serons' des premiers à y applaudir.
- Mais l’idée de transformer cette exposition en une véritable foire (peu importe qu’elle soit internationale), en un bazar à quatre sous, nous parait insoutenable. D’abord-, ce n’est pas là le rôle d’une exposition ; qu’autrefois, avant le développement prodigieux du mouvement commercial et industriel, avant les chemins deferetle télégraphe, , les foires, les'"-vraies foires, fussent utiles, indispensables môme, cela ne fait pas question :
- elles constituaient, à époques fixes, les seuls centres où pussent se traiter les affaires; elles étaient le rendez-vous nécessaire entre le producteur et le consommateur;...... mais tout a été dit
- sur ce sujet, et nous 11e nous y étendrons pas.
- Il n’en est plus, fort heureusement, de même aujourd’hui, et le but, l’objet essentiel des expositions, sont tout différents de ceux des anciennes foires. Il s’agit d’y réunir et d’y présenter aux visiteurs, de la façon la plus intéressante, les produits comparés des diverses nations dans une même branche du commerce ou de l’industrie, d’y montrer les progrès successivement réalisés, de faire naître des idées d’améliorations nouvelles' et de nouveaux perfectionnements, de contribuer par là au développement, à Vaffinement du goût public : voilà ce que doivent être les expositions, voilà à quoi elles doivent tendre et aboutir ; et ce serait les faire dévier que de les transformer en bazars.
- Rien 11e s’oppose, bien entendu, à ce que les exposants indiquent sur les objets exhibés par eux le prix et le lieu de vente de ces objets ; à ce qu’ils les vendent même, avec la condition que l’acheteur ne les emportera qu’à la fin de l’exposition : cela s’est toujours pratiqué, et il n’y a aucun empêchement à ce qu’il en soit de même dans quatre ans. Mais ce qu’il faut éviter absolument, c’est que le Champ-de-Mars et ses annexes deviennent une réunion de boutiques, d’échoppes et d’éventaires, dont les propriétaires sollicitent l’acquéreur et le passant par d’insupportables boniments, comme le font, dans certaines rues, les étalagistes, les organisateurs de déballages. Toutle monde a pu voir, dans certaines expositions de moindre importance, qu’il est inutile de désigner autrement, ce système fonctionner, et tout le monde a pu se rendre compte de ses inconvénients, de l’énervement qu’il cause à la majorité des promeneurs, du détestable effet, en un mot, qu’il produit. Peut-être fait-il le bonheur d’une partie du public de certains jours; mais enfin, si intéressante que soit cette minorité, il ne faut point, pour elle, ennuyer et importuner la masse: elle trouvera une compensation facile à la foire au pain d’épices ou à celle de Saint-Cloud.
- Quant aux exposants eux-mêmes, nous l’avons dit, rien ne les empêche de faire savoir aux amateurs dans quelles conditions et à quel endroit ils pourront se procurer des objets semblables à ceux qui seront exposés ; c’est tout ce qu’ils ont légitimement le droit de demander. Et nous sommes convaincu que la quasi-unanimité des exposants sera de notre avis : il n’est pas, en définitive, nécessaire d’attendre le centenaire de 89 et l’ouverture des galeries du Champ-de-Mars pour faire l’acquisition d’un pot de confitures ou d’un moule à cigarettes.
- Henry Duhamel.
- NOTRE GRAVURE
- Projet de Chemin de fer Métropolitain à voies superposées,
- (M. Jules Garnier, Ingénieur cio il) communication faite a la société des ingénieurs
- CIVILS.
- Le système proposé est relatif à un chemin de fer à voies aériennes, pouvant être établi dans toutes les grandes artères de la capitale.
- Il se caractérise par les points fondamentaux suivants :
- i° La voie d’aller et celle de retour, au lieu d’être placées l’une auprès de l’autre, sur la même plate-forme, sont disposées suivant le principe, déjà ancien, de la superposition des voies. Elles reposent sur deux plates-formes distinctes, formant un viaduc disposé de façon à recevoir une des voies à sa partie inférieure, et l’autre à sa partie supérieure ;
- 20 Le svstème de construction du viaduc est combiné de façon à pouvoir donner passage sur une voie au matériel des grandes lignes, pendant l’arrêt des trains de l’exploitation urbaine ;
- 3° Les deux voies se, raccordent aux extrémités d’un parcours au moyen d’une boucle présentant la déclivité voulue pour racheter la différence de niveau des deux voies, boucle qui est, d’ailleurs, d’un rayon suffisamment grand pour que la pente de la voie reste dans les limites admises. Les trains ont ainsi une circulation ininterrompue
- 40 Lorsque deux lignes de directions différentes se, coupent, une disposition spéciale permet aux voyageurs de passer d’une ligne sur l’autre au moyen d’une gare, dite de « tangence », sans que les trains d’une ligne traversent les voies de l’autre ; disposition qui a pour but d’éviter les accidents auxquels donnerait inévitablement lieu la traversée des voies par les trains d’une ligne transversale ;
- 5° Le matériel roulant est disposé d’une façon
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- 86. — Première Année — Ns 11.
- LE MONITEUR DE [.'EXPOSITION DE iS8o.
- Dimanche i5 Mars 188Ô.
- spéciale, permettant d’opérer l’entrée et la sortie des voyageurs dans les trains avec une grande promptitude et de disposer d’une puissance de transport suffisante.
- Dans les avenues ordinaires, le viaduc à voies superposées est placé dans l’axe de la chaussée à une hauteur suffisante pour ne pas gêner la circulation des voitures ; soit, au minimum à 4m5o au-dessus de la chaussée, tandis que, dans les avenues ou boulevards de très grande largeur, comportant des contre-allées à double rang d’arbres, il est installé dans l’une des contre-allées.
- Dans le premier cas, le viaduc est complètement métallique, tandis que, dans le second, il comprend un soubassement, formé d’une succession d’arceaux en maçonnerie, surmonté d’une superstructure métallique.
- Les deux voies sont à la largeur normale de im5o et les poutres sont écartées de 3uTo d’axe en axe. Cet écartement permet la circulation des personnes de service sur toute la longueur de la voie inférieure, pendant le passage des trains. En comptant sur des wagons de 2mo5 de largeur totale, il reste, en effet, de chaque côté, un passage entièrement libre, entre le train et les poutres, de om70.
- L’écartement des garde-corps de la plate-forme supérieure est de 4m5o ; c’est celui adopté pour les ponts des grandes lignes.
- La puissance du matériel roulant est fixée par la condition précise que les trains, avec leur maximum de charge, ne donnent, sur chaque voie, qu’une surcharge égale à la moitié de celle admise pour les ouvrages analogues des grandes lignes.
- Dans ces conditions, le viaduc aura, pour supporter les deux voies du Métropolitain,exactement la résistance qui convient pour supporter une seule voie de grande ligne ; d’un autre côté, la voie supérieure étant complètement découverte, il en résulte qu’on pourra raccorder ultérieurement cette voie aux grandes lignes qui aboutissent dans Paris et y faire passer le matériel de ces dernières pendant les arrêts de la circulation des trains du Métropolitain.
- C’est là évidemment un avantage précieux qui se trouve obtenu sans apporter aucun trouble aux dispositions obligées de la construction.
- Les appuis des poutres du viaduc doivent être largement espacés, afin d’assurer la libre circulation sur la chaussée : on les a mis, en moyenne, à une distance de 40 mètres. Cet écartement, qui s’impose, conduit à des poutres de 4 mètres de hauteur pour le viaduc, dimension qui répond bien à la superposition des deux voies. Le chemin de fer aérien doit être situé à i5 mètres des façades des maisons : on est donc certain de ne porter aucun préjudice aux immeubles situés sur son parcours. Les poutres présentent un treillis triangulaire simple, de manière à avoir les plus grands évidements et à masquer la vue le moins possible, et toutes les barres du viaduc doivent être raidies par de fortes nervures, afin d’éviter les vibrations bruyantes observées dans les constructions de ce genre.
- On a donné aux piles métalliques qui supportent les travées une grande stabilité, tout en leur conservant une légèreté en harmonie avec le reste de la construction, et l’on a pris toutes les précautions nécessaires au point de vue .de leur rencontre avec les égouts.
- Pour franchir les carrefours importants, on emploierait des piles en maçonnerie, de manière à obtenir un aspect moins grêle et plus décoratif.
- Il ne peut y avoir une complète sécurité sur un chemin de fer livrant passage à des trains très fréquents qu’à la condition que les trains circulent toujours dans le même sens sur une même voie, et qu’il n’y ait ni aiguillage, ni croisement, ni obstacle d’aucune sorte sur le parcours. Il faut donc que les deux voies de chaque ligne forment un circuit continu.
- Le projet de M. J. Garnier réalise très simplement cette condition, en réunissant les deux voies, aux extrémités de la ligne, par une rampe qui affecte en plan la forme d’une boucle circulaire, raccordée tangentiellement avec chacune des voies.
- IA CRISE AGRICOLE
- V
- On déserte les champs pour aller dans les villes chercher d’autres moyens d’existence.
- Le fermier aisé qui, en d’autres temps, n’aurait jamais songé à faire de son fils autre chose qu’un laboureur, s’impose, aujourd’hui, les plus durs sacrifices pour lui donner une éducation qui lui ouvre l’accès des carrières libérales. Il 11’est pas jusqu’à l’ouvrier agricole, jusqu’au manoeuvre qui 11e quitte la vie libre des champs pour aller chercher le bien-être à la ville, où il 11e trouve, le plus souvent, que déceptions et misères.
- « Personne, nous disait, il y a quelque temps un vieux cultivateur, ne veut plus travailler la terre, parce qu’elle 11e rapporte pus a^sez. pour Journal qu’011 se'd'onne'. » *
- Et il ajoutait :
- « Il y a trente ans, notre modeste village comptait 400 habitants et chacun possédait quelques parcelles de terre et vivait heureux. Aujourd’hui nous 11e sommes plus que 250, — la population a diminué de 150 habitants en moins do trente ans — nous travaillons davantage et nous avons de la peine à vivre. D’ailleurs, la terre rapporte à peine 2 et 2 1/2 pour 100 et le prix de la main-d’œuvre a plus que doublé. Il y a 25 ans, la journée du manœuvre coûtait 1 fr. à 1 fr. 50, aujourd’hui elle coûte 3 et 4 fr., et encore on 11e trouve pas d’ouvrier. »
- Le tableau ci-dessous donnera une idée de la progression des salaires agricoles.
- de 1820 de 1830 DE 1840 DE 1800 DE 1875
- A 1830 a 1810 a 18)0 a 1875 a 1884
- Gage du maître valet par an.. 200 f. 300 f. 400 f. 000 f. 700 f.
- Salaire de l’ouvrier nourri, par jour 0 00 0 75 1 » 1 80 2 10
- Salaire de l’ou- l vrier non nourri par jour- ..... )) )) » ') 2 » 2 80 3 60
- r
- Personne ne veut plus travailler la terre.
- Est-ce que cette phrase ne résonne pas à l’oreille comme le glas funèbre de l’industrie agricole ?
- Ce cri de découragement qui monte du sillon est comme le présage d’une catastrophe prochaine et inévitable si l’on ne s’empresse pas de remédier au mal.
- L’industrie, profitant de tous les avantages résultant de la création des chemins de fer et de leur multiplicité s’est pendant les trente dernières années développée dans des proportions considérables ; elle a vu la fortune lui sourire. Réalisant des bénéfices de plus en plus grands, elle a étendu le cercle de ses opérations ; elle s’est organisée comme si ces bénéfices devaient toujours durer. Pour cela, elle a enlevé à l’agriculture ses ouvriers, en les attirant par l’appât d’un salaire plus élevé. O11 a abandonné le travail des champs pour celui de l’usine et de la fabrique, sur lequel on fondait de plus brillantes espérances. Et voilà qu’au moment même où l’on se croyait en pleine sécurité ; au moment où l’on escomptait l’avenir éclate la crise industrielle et commerciale, conséquence logique et fatale de la crise agricole.
- Aujourd’hui, que les usines chôment et que les affaires sont presque nulles, les ouvriers sont sans travail et cherchent vainement à se procurer, sur le pavé des villes, le morceau de pain qui ne leur aurait pas fait défaut, s’ils étaient restés à la campagne, occupés à cultiver la terre.
- Tant qu’a duré la fièvre de production, tant que les feux de l’usine sont restés allumés jour et nuit et que l’on a fabriqué sans trêve, ni relâche, tout a été pour le mieux ; on ne s’est pas préoccupé des conséquences que pouvait avoir ce courant d’émigration qui dépeuplait les campagnes. Bien plus, on l’a ' volontiers considéré comme une source de richesse pour les villes, car l’ouvrier, gagnant de bonnes journées, dépensait largement son salaire. Mais, aujourd’hui, qu’à cet état de prospérité a succédé tout à coup le chômage des manufactures et, par suite, l’ébranlement universel du crédit ; aujourd’hui que ces ouvriers que l’on a arrachés à l’agriculture sont dans la misère, on commence à réfléchir sur cette émigration et à 011 comprendre les fâcheuses conséquences.
- Quelques écrivains qui 11’avaient probablement envisagé la question que sous un seul aspect l’aspect séduisant, ont prétendu que ce phénomène joue un rôle important dans ^progression du bien-être général: Cette assertion est plus que contestable, elle est fausse ; le malaise actuel le prouve surabondamment:
- Oui, sans doute, ce courant d’émigration aurait pu avoir une influence bienfaisante sur notre situation économique s’il 11’avait pas pris une extension trop considérable. Mais, l’équilibre des forces productives a été rompu, toutes les énergies, toutes les volontés attirées par l’appât d’un gain facile et rapide, se sont tournées'du côté de l’industrie et du commerce que protègent les traités internationaux et qui sont moins surchargés d’impôts que l’agriculture.
- Quand 011 a vu des industriels et des commerçants, partis de rien et doués d’une intelligence médiocre, faire, en quelques années, une fortune scandaleuse alors que le cultivateur, honnête et laborieux, après avoir peiné durant toute sa vie, . est aussi pauvre à sa dernière heure qu’au début de sa carrière, qu’y a-t-il d’étonnant à ce "que-toutes les intelligences se soient précipitées dans cette voie qui leur apparaissait comme le chemin, qui mène le plus rapidement à la fortune.
- On a dit que l’exemple est contagieux, cela est vrai ; surtout quand,Ah. s’adresse à, l’p„up,,dgs,,. 'passionsTes plùs 'ardentes,'des plus impérieuses de
- l’âme humaine, l’amour du bien-être et des jouissances.
- Gagner de l’argent, coûte que coûte, 11’est-ce pas le mot d’ordre du jour ? Notre société est agenouillée devant le veau d’or et lui voue un culte fanatique.
- Or, il s’est trouvé, un peu par le hasard des circonstances, et beaucoup aussi par la volonté de nos économistes et de nos législateurs, que l’industrie et le commerce conduisaient plus rapidement et avec moins de labeur à la fortune que l’agriculture, chacun a voulu être industriel et commerçant, c’est vers ce double but que les parents se sont efforcés de diriger l’éducation et les aspirations de leurs enfants. — Nous voulons qu’ils soient heureux, se sont-ils dit, et comme, suivant les préjugés de notre société matérialiste, la richesse est l’un des coefficients les plus importants du bonheur, ils les ont poussés de toutes leurs forces dans cette voie.
- Mais la carrière s’est bientôt trouvée encombrée et, la concurrence aidant, l’industrie est devenue aussi improductive pour le fabricant que l’agriculture pour le cultivateur. Le métier s’est gâté. A côté des fabriques anciennes, d’autres sont venues qui en ont créé de nouvelles et ont fait aux premières une concurrence qui a été funeste à tous.
- Ce 11’est pas tout encore : on a vu se fonder de toutes parts des sociétés financières, industrielles, commerciales qui ont spéculé sur des mirages trompeurs et sur l’amour du lucre d’une foule de naïfs qui ont été dépouillés par ces exploiteurs sans conscience..
- Bref, la fièvre de la spéculation malsaine était montée à son paroxysme et l’exagération du crédit était arrivé à une tension telle que la machine a fait explosion et que nous avons assisté à une série de lerachs qui ont fait de nombreuses victimes etébranlé l’édifice économique jusque dans ses fondements.
- Qui est-ce qui a le plus souffert du bouleversement, causé par cette course folle après la richesse ?
- Si le producteur a vu ses produits subir une dépréciation onéreuse et ses capitaux se dissiper sans profit, le consommateur, lui, a été exploité et volé, car, en dernière analyse, il est la victime désignée de toutes les crises économiques.
- Souvent, pour soutenir la concurrence, le manufacturier n’a pas craint de recourir à des moyens malhonnêtes : la falsification habile des produits, et ces fraudes obscures et louches à l’aide desquelles le fabricant et le commerçant s’efforcent, parfois, d’enlever au voisin sa clientèle et de le ruiner.
- Et qui est-ce qui achète ces produits frelatés, et qui les paie comme s’ils étaient purs et de bonne qualité, non pas en fausse monnaie, mais en bon argent ? Le consommateur, dût son estomac en souffrir, car il y a des misérables qui vont jusqu’à falsifier la nourriture de l’ouvrier. Les analyses faites au laboratoire de la ville de Paris en font foi.
- E. Mansuy.
- (.A suiore).
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- LES EXPOSITIONS
- ET
- LA CONCURRENCE
- Depuis plusieurs années, en France et à l’étranger, à Paris et en province, les expositions se succèdent avec une rapidité vraiment étonnante.
- Il ne se passe pas de mois sans que la curiosité publique soit sollicitée par une exhibition quelconque.
- Quelles soient spéciales ou universelles, régionales ou internationales, les expositions présentent'toujours, à un degré variable, un intérêt réel. Le public et l’exposant, chacun en ce qui le concerne, y trouvent leur compte ; le premier y trouve groupés, dans un espace restreint, et peut y embrasser d’un coup d’œil une multitude d’objets variés que de lointains et- coûteux déplacements ne lui auraient pas toujours permis de connaître; — l’exposant profite du concours exceptionnel de visiteurs,' souvent jusque-là indifférents ou novices, pour faire à ses produits la meilleure publicité, la moins chère et la plus utile.
- Toutefois, si le public, par son empressement, par ses visites répétées, prouve l’intérêt toujours nouveau qu’il prend à ces sortes de manifestations, il s’en faut que tous les. indus-'triels ou commerçants témoignent à l’égard
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- Première Année. — N° n.
- des expositions un enthousiasme unanime. Maintes fois nous avons entendu des fabricants se plaindre vivement du préjudice qu’elles leur avaient causé ; encore un peu, et ils seraient presque allés jusqu’à parler du coup mortel qu’elles auraient porté à leurs affaires.
- D’après eux encore, les expositions auraient fait perdre à la France le rang quelle occupait à la tête de toutes les-autres nations, et permis à quelques-unes de celles-ci de lui faire concurrence sur un terrain qui avait été son avantage exclusif. En développant le goût de nos voisins, elles les auraient mis à même de nôtre plus pour nous, comme ils l’avaient été longtemps, des clients fructueux, des tributaires forcés.
- Et cela se comprend, ajoute-t-on avec assurance : une exposition à laquelle la France participe devient une véritable forêt de Bondy, où le pillage est organisé sur une vaste échelle : nos dessins si artistiques, nos modèles si élégants, nos inventions dont la grâce le dispute à l'ingéniosité, sont copiés par l’étranger; il les emporte chez lui, les reproduit, et, grâce à une main-d’œuvre moins élevée que la nôtre, non seulement il les vend sur son propre marché d’où il nous expulse, mais encore il pousse l’audace jusqu’à les réexporter chez nous et à venir nous faire concurrence en deçà de la frontière.
- Voilà, dit-on, l’immense danger des expositions ; c’est d’elles que vient tout le mal, c’est à elles qu’il faut attribuer la crise des industries françaises en général, des industries artistiques notamment. Et l’on conclut en disant que si ces expositions n’avaient pas eu lieu, ou si, du moins, elles n’avaient pas été si nombreuses, nous n’aurions jamais perdu le premier rang; nous continuerions à marcher seuls à la tête de l’art et de l’industrie du monde, tandis que nous avons maintenant, à nos côtés, de redoutables rivaux auxquels nous avons eu la naïveté de donner des armes pour nous battre.
- Si à quelques-uns de ces pessimistes nous faisions observer qu’ils étaient précisément parmi les plus réguliers et les plus fidèles d’entre les exposants, souvent même parmi les plus heureux, ils nous expliquaient que cela ne prouvait rien, qu’il leur fallait bien donner signe de vie en exposant partout et faire preuve de vitalité en obtenant des récompenses, mais qu’ils étaient, en même temps que les lauréats, les victimes des expositions.
- Cette opinion nous semble absolument erronée, et contraire à la réalité des faits.
- C’est une exagération manifeste de prétendre que les étrangers nous ont délogés de toutes nos positions ; nous en occupons encore beaucoup, et des plus importantes, et de la façon la plus honorable, la plus incontestable.
- Nous n’en voulons pour preuve que les récompenses exceptionnelles obtenues, précisément dans les expositions étrangères, par les artistes français — et sous ce nom, il faut comprendre les ouvriers de certaines industries qui, dans leur spécialité, sont de véritables artistes.
- Cela dit, on nous permettra de trouver qu’il y a une injustice très grande à accuser les expositions des progrès qu’ont pu faire nos voisins, et des déboires que les uns ou les autres ont pu éprouver.
- Croit-on sérieusement, par exemple, qu’un fabricant anglais ou allemand a besoin d’attendre l’ouverture d’une exposition pour copier la forme d’un meuble ouïe dessin d’une étoffe qu’il veut reproduire ou vendre?
- Est-ce que, par hasard, chaque jour, en se promenant dans les rues de Paris, il n’en voit pas autant, et souvent plus, à l’étalage de nos grands magasins ? S’il veut se procurer l’objet qu’il désire imiter, une loi quelconque l’em-pêche-t elle d’entrer dans le magasin, de l’acheter et de l’emporter dans son pays ? Et, du moment qu’il l’a payé et qu’il en est propriétaire, n’est-il pas libre d en faire faire dix, vingt copies qu’il revendra le prix qu’il
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- voudra,... sauf, bien entendu, le respect des lois sur la propriété artistique, s’il y a lieu ? Où aperçoit-on là l’influence néfaste des expositions ?
- La voit-on davantage dans les faits, trop fréquents, nous le reconnaissons, d’embauchage par les fabricants étrangers d’ouvriers français passés maîtres dans leur métier, et que ces fabricants ont l’intelligence de s’attacher par une rémunération élevée ?
- Si nous disons que ces faits sont trop fréquents, c’est seulement pour exprimer un regret, mais non pour infliger un blâme à un contrat librement et légalement consenti. Mais, encore une fois, il 11’y a là rien dont les expositions soient coupables.
- Nous ne prolongerons pas cette discussion; toutefois, avant de terminer, nous voulons encore faire une dernière réponse aux adversaires des expositions. Ces industriels français sont des gens de goût et d’imagination ; mais l’imagination a des limites. Pour ne citer qu’un exemple, nous assistons, depuis quelques années, en ce qui concerne l’industrie de l’ameublement, à un spectacle qui est bien fait pour le démontrer. Le public, et les fabricants avec lui, a été pris d’une passion marquée par les meubles anciens, ou au moins de formes anciennes ; les expositions s’en ressentent ; leurs galeries abondent en bahuts « Henri II », en crédences « Renaissance», en cheminées « Louis NV » ou « Louis XVI », etc. Les industriels qui les fabriquent ne peuvent cependant émettre la prétention d’avoir la propriété exclusive de ces différents styles ; ils ne peuvent raisonnablement se plaindre si leurs concurrents étrangers font comme eux et copient des modèles qui sont dans le domaine public. Il en est de même d’un peintre verrier qui copie ou imite de vieux vitraux d’une cathédrale quelconque, et qui ne peut se récrier si l’un de ses voisins en fait autant que lui.
- En résumé, toutes les plaintes que l’on élève contre les expositions ne reposent sur aucun fondement sérieux ; les expositions ne méritent pas les reproches qu’011 leur adresse et ne présentent pas le danger qu’on en redoute. Elles constituent, au contraire, pour les fabricants français, comme pour les autres, le stimulant le plus efficace qu’on puisse imaginer. Quelle que soit la supériorité des produits français, on ne peut soutenir que si, dans ces grandes luttes du travail, nos compatriotes peuvent donner un peu à leurs concurrents étrangers, ils n’ont absolument rien à apprendre d’eux. Qu’ils continuent donc d’y prendre part comme par le passé ; qu’ils tâchent, par de patients efforts et d’incessants perfectionnements, d’y conserver le rang qu’ils ont su conquérir. L’honneur de l’industrie nationale est sur ce point d’accord avec leurs intérêts.
- A cette heure, de nombreuses expositions se préparent en France et à l’étranger; nous voulons espérer que la grande majorité de nos concitoyens, mieux inspirés que quelques-uns d’entre eux, à l’esprit chagrin ou timoré, ne voudra pas manquer d’y participer : ce sera la meilleure préparation, et en quelque sorte le plus utile entraînement pour le grand Concours de 1889.
- HISTOIRE
- de la
- POSTE AUX LETTRES I
- La poste aux lettres a pris, en ces dernières années, un développement si considérable qu’il nous a paru intéressant d’écrire l’historique de cet important service public. En effet, la poste aux lettres joue un grand rôle dans la vie politique, industrielle et commerciale d'un peuple. Au point de vue intime, la poste exerce sur nous une véritable tyrannie, une obsession de tous les instants. C’est le facteur, l’humble agent des postes, qui,, bien des fois, nous remet l’annonce de notre for-
- Dima-nchk i5 Mars 188b. — 87.
- tune ou de notre malheur. De plus, au point de vue purement matériel, la poste aux lettres a des rapports avec l’industrie. Paris possède actuellement un Hôtel des Postes, dans la construction duquel la maçonnerie, l'architecture, la métallurgie, la menuiserie, la mécanique, ont joué un rôle important. On peut, dûülleurs, considérer ce monument comme l’un des meilleurs types de ce genre d’édifices.
- Parlons maintenant de la Poste et de son histoire.
- L’institution de ce service se perd, en réalité, dans la nuit des temps ; car les hommes ont toujours éprouvé le besoin de communiquer rapidement entre eux, depuis qu’ils sont réunis en société. On raconte qu’avant l'institution des postes, certains peuples orientaux se servaient d’hirondelles et de pigeons pour porter les nouvelles d’un pays à l’autre ; des chiens furent, à ce qu’il parait, employés au même service. De là à voir chez ces animaux les précurseurs des employés des postes, il y a loin ; aussi n’adopterons-nous pas cette supposition quoiqu’elle ait été faite par les plus graves des historiens.
- Ce qui est certain, c’est que les puissants monarques de l’Asie établirent d’abord, pour leur propre commodité, un service de courriers. Tout porte à croire que le roi Cyrus a le premier installé sur les grands chemins de son immense empire des stations postales. On trouvait là, en relais, des hommes et des chevaux, et quelquefois même une garde de plusieurs soldats, chargés de veiller sur la sécurité du courrier royal et de faire route avec lui. Ces relais contenaient aussi une réserve de messagers, gens aux gages du roi, toujours prêts à porter des ordres aux gouverneurs de province ou aux généraux des armées de Cvrus.
- Telle est la première forme du bureau de poste dans l’antiquité. Depuis, on l’avouera, nous avons singulièrement perfectionné l’organisation primitive.
- Cependant, malgré ses besoins, Cyrus ne parvint jamais à organiser ce service de courriers d’une façon solide et sûre. Les premières traces d’une organisation sérieuse apparaissent sous les Romains. L’empereur Auguste, à la fois politique, général et administrateur, créa le premier corps connu d’agents de la poste. Des documents de l’époque, quelques extraits des écrivains latins de la décadence, le relevé des Comptes de l’Empire romain, nous donnent d’intéressants détails sur les porteurs de dépêches. Ici, il y a un effort sérieux. L’immense empire romain, avec son administration compliquée, ses rouages financiers, militaires et judiciaires, devait forcément avoir sa poste aux lettres. Les Romains n’étaient pas gens à laisser ignorer leurs moindres actés à la postérité. C’est ainsi que nous pouvons apprendre aujourd’hui quel nombre de pains de froment Auguste faisait distribuer quotidiennement au poète Virgile, et de quelle façon l’on recrutait les facteurs romains ! '
- On choisissait, pour le service des postes impériales, des jeunes gens vigoureux, exercés à courir à pied, rompus à la gymnastique. Quelquefois on y joignait un certain nombre de soldats d’élite détachés des légions ; de préférence, ces soldats étaient pris parmi les ouvriers de la légion, — fabri, — sorte de génie militaire du temps. Les porteurs de dépêches étaient organisés de façon à se remettre, dans des postes établis à égale distance, des paquets de dépêches qui, de la sorte, parvenaient assez rapidement à leur destination. Un peu plus tard, lorsque les chemins furent pavés, des voitures bien attelées remplacèrent avantageusement les coureurs. Mais ces derniers durent être conservés encore quelque temps pour le transport des lettres dans les campagnes.
- Les coureurs romains, ce premier type du facteur rural moderne, étaient embrigadés et obéissaient à ces centurions si souvent raillés par les satiriques de l’ancienne Rome, notamment par Perse et Juvénal. Le service tout entier était placé sous le contrôle d’Agrippa, gendre d’Auguste, chef des travaux publics de l’empire romain et curateur perpétuel des eaux. Agrippa, on le voit, remplissait de multiples fonctions. On peut dire de lui qu’il fut à la fois ministre des travaux publics, des postes et des beaux-arts, sous son illustre beau-
- père. , .
- Constantin perfectionna la création d Auguste. De son temps, les voitures de la poste parcouraient le pays avec une si grande vitesse, qu’un écrivain latin a dit à ce sujet : « Les lettres n’étaient « pas plutôt écrites qu’elles étaient portées par la « poste aussi promptement que si des oiseaux en « eussent été les messagers. »
- Et cependant nous ne sommes que sous Constantin 1 _ .....
- Cependant, l’organisation primitive dut singulièrement se perfectionner, car nous voyons quelquefois les empereurs romains se servir des voitures de la poste pour se transporter rapidement d’un lieu à un autre. Mais en France, le service des postes n'apparut pour la première fois que sous Charlemagne.
- T. M
- (A suicre).
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- 88 — Première Année. — N° n.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche i5 Mars i885.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- Un fait digne de remarque, et qui prouve une entente plus complète et une conception plus précise des principes de la mécanique, est la grande uniformité constatée dans l’agencement général des machines à vapeur. Ce que l’on a cherché avant tout, c’est à simplifier les organes, à les rendre faciles et économiques à construire, à visiter et à réparer.
- Dans les machines fixes, qui généralement sont à condensation, les pressions habituelles sont de 4 à 5 kilog. effectifs par centimètre carré ; pour les machines sans condensation, elles sont de 6 à7 kilog., et pour les moteurs exigeant avant tout de la puissance et de la légèreté on arrive à dépasser 8 et 10 kilog. On constate que d’année en année les pressions s’élèvent graduellement et que les vitesses de marche suivent une progression de même ordre II y a tendance à imprimer aux machines des vitesses de plus en plus grandes, l’accroissement de vitesse n’entraînant nullement une diminution d’effet utile, et si une machine à mouvements rapides est plus coûteuse d’entretien qu’une machine lente et s’use plus vite, par contre elle est moins chère d’achat et, à égalité de puissance, elle occupe moins de place. Aussi voyait-on des machines fixes ayant une vitesse moyenne de piston de 2 mètres et plus par seconde et cette vitesse se trouvait même encore augmentée pour certaines machines destinées à actionner directement des outils à mouvement rapide.
- Les principales améliorations apportées à la construction des divers organes des machines à vapeur et que l’on constatait à l’Exposition ont porté sur les cylindres, les garnitures de piston qui laissaient cependant encore à désirer, les joints de vapeur, les articulations devenues plus simples, l’établissement du bâti, l’emploi des enveloppes de vapeur, le système de détente et les dispositions adoptées pour la condensation. C’est dans l’ensemble de ces améliorations fort importantes pour la bonne marche des machines, et représentant en définitive les résultats de l’expérience et des études persévérantes d’un grand nombre de praticiens distingués, que l’on devait peut-être chercher le progrès le plus nettement accusé dans l’établissement des moteurs à vapeur, pendant ces dernières années.
- La question de la distribution de la vapeur est entre toutes une des plus délicates et le nombre considérable de systèmes de distribution appliqués aux diverses machines de l’Exposition témoignait hautement de l’obscurité qui régnait sur la question. Les conditions admises pour obtenir de la vapeur un rendement mécanique élevé se résument comme suit : longue détente, espace nuisible faible, suppression des étirages et, dans le cas de résistances variables, détente variable commandée par le régulateur.
- Les ingénieurs américains ont donné à ces conditions une solution remarquable et l’Exposition de 1878 est venue consacrer les types de distribution dérivés de celle de Corliss et qui depuis 1867 a fait une véritable invasion. C’est Frédéric Sickles qui se fit breveter vers 1841 pour la détente par déclanchement et qui imagina un frein à air servant à amortir le choc produit par le déclanchement, et Georges Corliss combina ces divers éléments avec le distributeur tournant de Mandslay; en y adaptant en 1849 la commande par le régulateur à force centrifuge, il constitua la
- machine qui porte son nom et dont le succès a été si grand.
- Le second moyen également très employé pour réaliser les conditions d’une bonne détente est l’application du système dit par haute et basse pression, système Woolf et système Compound ; ces deux systèmes également employés ont donné, dans les machines marines où ils sont presque exclusivement adoptés, les meilleurs résultats, et l’Exposition de 1878 a montré une tendance bien accusée à leur emploi dans la construction des machines.
- La vapeur asservie par les grandes découvertes du siècle dernier est devenue de nos jours l’agent appelé au secours de l’homme dans ses travaux. Ce sont ses applications variées, chaque jour plus multiples, son immixtion dans tous les actes de notre existence qui sont un des caractères les plus tranchés de l’industrie à notre époque; aussi a-t-on vu de plus en plus la machine à vapeur quitter les grands ateliers pour être mise à la disposition de tous. Quand le travail à développer ne dépasse pas une vingtaine de chevaux, il arrive souvent que les dépenses en combustible 11e sont qu’une partie assez faible du prix de revient de la force motrice, les intérêts et l’amortissement de la machine, de la chaudière et des bâtiments, l’entretien, le graissage, le personnel, etc., formant un total plus élevé que le prix du charbon ; c’est alors que la machine mi-fixe, ensemble composé de la machine proprement dite et delà chaudière, vient rendre de sérieux services. Considérées sous ce point de vue, ces machines sont fort appréciées et l’usage en devient de plus en plus général. Les types les plus répandus ont des puissances variant de 4 ou 5 chevaux à 30 ou 40 chevaux.
- Lorsqu’il s’agit de travaux de quelques semaines ou de quelques heures, la machine mi-fixe est alors posée sur des roues et devient locomobile, incarnation nouvelle de la machine à vapeur des plus remarquables et dont l’idée a pris naissance presque au début de son invention ; elle est antérieure à Watt, car déjà Smeaton, l’illustre ingénieur du phare d’Eddyston, en avait proposé la réalisation, mais ce n’est que de nos jours qu’elle a pris une forme pratique.
- Toutes les machines mi-fixes et locomobiles ne comportaient que des organes simples, solides, faciles à entretenir et à réparer ; les-locomobiles étaient toutes sans condensation, ce qui n’existait pas toujours avec les mi-fixes. Le type de locomobile ou de demi-fixe le plus répandu consiste en une chaudière tubulaire horizontale, portant à sa partie supérieure une machine horizontale laquelle actionne un arbre coudé muni d’un ou deux volants penchés. Les constructeurs français établissent leur machine sur un bâti en fonte posé sur le dos de la chaudière avec laquelle il est réuni par un mode de boulons permettant la libre dilatation ; les constructeurs anglais au contraire lient invariablement le cylindre et les paliers au corps cylindrique, ce qui constitue un avantage, quant au poids, mais met en cause la résistance de la chaudière.
- Enfin on voyait aussi, pour répondre aux besoins de la petite industrie, de petites machines à vapeur ne différant des machines ordinaires que par une extrême simplification de tous les organes. Dans ce même ordre d’idées de grands efforts avaient été faits pour perfectionner les machines à gaz, les machines à air chaud, les transmissions funiculaires, pneumatiques ou autres. Il reste encore beaucoup à faire, mais les progrès réalisés déjà permettent d’espérer la réalisation d’un problème très intéressant par les espérances qu’il laisse entrevoir.
- Les appareils destinés à la production de la vapeur exposés à Paris en 1878 étaient nombreux et il eût été extrêmement intéressant de pouvoir appliquer à leur examen les
- méthodes d’expérimentation précises et exactes qui sont aujourd’hui d’une pratique courante. Ces expériences pratiquées sur le plus bel ensemble de chaudières variées qui ait jamais été réuni, exécutées par un personnel bien choisi, opérant par des procédés bien uniformes, eussent certainement donné des résultats comparatifs fort intéressants. Les circonstances n’ayant pas permis de faire ces études, il faut espérer que l’avenir donnera satisfaction à ce désir.
- Les nombreux types de générateurs figurant à l’Exposition de 1878 pouvaient être divisés en diverses catégories, savoir :
- 1° Chaudières à foyer extérieur ;
- 2° Chaudières à foyer intérieur ;
- 3° Chaudières tubulaires, aux parcours de flammes à l’intérieur des tubes ;
- 4° Chaudières tubulaires, aux parcours de flammes à l’extérieur des tubes ;
- Avec cette remarque que, de la première de ces catégories à la dernière, le volume du réservoir d’eau va en décroissant ; très grand dans les appareils de la première catégorie, il devient très faible dans ceux de la quatrième.
- 5° Chaudières mixtes et diverses, comprenant certains types qui ne pouvaient être rangés rationnellement dans aucune des classes précédentes.
- Enfin un grand nombre de chaudières se composant d’éléments composites se rattachant à la fois à deux ou plusieurs des quatre premières catégories indiquées.
- Dans les dernières années qui avaient précédé l’Exposition de 1878, la théorie de la production de la vapeur avait fait des progrès notables ; elle a surtout gagné en précision. Nous résumerons donc simplement l’état dans lequel se présentait, en 1878, l’importante question des générateurs de vapeur qui s’offre à l’examen sous des aspects si multiples.
- G. Lépany Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
- LES THEATRES
- Henriette Maréchal à L’ODÉON.
- Sifflée en 1865, Henriette Maréchal, de MM. de Goncourt, était tombée avec fracas. Les relations littéraires des deux frères avec la princesse Mathilde avaient suffi pour indisposer la jeunesse des Ecoles et la politique avait égorgé l’art.
- Aujourd’hui, l’Odéon a voulu offrir une réparation au survivant des Goncourt : était-ce bien nécessaire ? La question est discutable.
- On connaît le canevas de la pièce : Un jeune homme, blessé en duel après le bal de l’Opéra, est recueilli par un M. Maréchal. Il devient l’amant de Mme Maréchal. Le mari apprend tout et, un certain soir, arrive avec un pistolet pour tuer la femme adultère.
- Par un jeu de scène habilement combiné, c’est la fille qui se fait tuer à la place de sa mère « en prenant l’amant à son compte », comme dit Pierre Véron.
- Le sujet est traité sans grande habileté, mais, parfois avec une intensité assez pittoresque. La pièce, revendiquée par les naturalistes, n’est pas plus réaliste que bien d’autres. C’est surtout une œuvre délicatement littéraire, et, comme telle, absolument digne du second Théâtre-Français.
- Léonide Leblanc est particulièrement remarquable dans le rôle de Madame Maréchal. Pourquoi donc cette excellente artiste a-t-elle vécu loin de la scène aussi longtemps ?
- Pendant que M. Porel est en train de réhabiliter les Goncourt, il fera bien de songer à leur drame, la Patrie en danger, C’est une des belles œuvres qu’on ait faites sur la Révolution française. Les psychologues maladifs qui ont écrit G er ni nie Lacerteuæ ont déployé tout leur vol dans cette épopée remarquable.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
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- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18a Paris
- PREMIERE ANNEE.
- Dimanche 22 Mars 1885.
- NUMERO 12.
- SOMMAIRE :
- i. Partie officielle, Exposition de 1889: Rapport, commission; 2. Conseil municipal à Paris ; 3. Exposition d’Anvers : Rapport, décret, appel, circulaire, règlement, système, règlement, administration, convention, loi ; 4. La section française à l’Exposition d’Anvers; 5. Notre gravure; 6. Exposition de Bastien-Lepage.
- PARTIE OFFICIELLE
- L’EXPOSITION DE 1889
- RAPPORT
- Présenté au ministre du commerce par M. le
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION CONSULTATIVE INSTITUÉE PAR DECRET DU 8 NOVEMBRE 1884, PRÈS LE DÉPARTEMENT DU COMMERCE EN VUE DE L’ORGANISATION D’UNE EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE EN 188g.
- Paris, le 10 mars 1885.
- Monsieur le Ministre,
- Les décrets que vous avez présentés à la signature de M. le Président de la République, à la date du 8 novembre 1884, ont décidé qu’une Exposition universelle et internationale s’ouvrirait à Paris le 5 mai 1889, et qu’une commission consultative serait instituée auprès de votre département pour étudier les moyens propres à donner à cette Exposition un éclat digne de la France et des nations qui répondront à son appel.
- Sur votre proposition, M. le Président de la République m’a fait l’honneur de me confier la présidence de cette commission consultative à laquelle vous avez attribué le triple mandat de rechercher et d’indiquer l’emplacement de l’Exposition de 1889, de dresser le programme d’un avant-projet pouvant servir de base aux concours à ouvrir pour les constructions et de déterminer la part que devront avoir l’action publique et l’action privée dans la formatiou du capital nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
- Je dois à ce titre, monsieur le ministre, vous rendre compte du résultat des travaux de la commission instituée par les décrets du 8 novembre.
- i° choix de l’emplacement
- La commission consultative a consacré ses premières séances à entendre les auteurs des differents projets dont elle avait reçu communication et les personnes qui s’intéressaient à l’adoption de ces projets. Après cette enquête, la commission, devait tout d’abord se poser cette question : « U Exposition de 188 g doit-elle être placée dans l’enceinte de Paris ou au dehors de cette enceinte ? » « Organiser une exposition hors Paris, disait Viollet-le-Duc en 1878, c’est rendre la visite de ce qu’elle renferme longue et onéreuse ; c’est priver même une partie de la population des visites fréquentes qu’elle pourrait -y faire.
- « Nous ne devons pas oublier, ajoutait l’éminent rapporteur de la commission de 1878, que si les expositions universelles attirent un grand nombre d’oisifs, de curieux, d’étrangers riches et qui peuvent disposer de leur temps, elles sont chez nous très populaires, deviennent un sujet précieux d’études et que nos artisans, nos ouvriers doivent pouvoir les visiter longuement et fréquemment, sans perdre un temps utile en longues courses et sans être obligés de dépenser beaucoup. »
- La nécessité de rapprocher l’Exposition du centre de la ville, nécessité qui avait précédemment déterminé les organisateurs de l’Exposition de 1867 à faire choix du Champ-de-Mars et que le rapporteur de la commission de 1878 invoquait en
- faveur du même emplacement, était de nature à ne laisser subsister aucune hésitation dans l’esprit des membres de la commission consultative.
- Mais le Conseil général de la Seine et le Conseil municipal de Paris avaient déjà chargé une commission, nommée par la première de ces assemblées et complétée par la seconde, de procéder à une enquête sur les emplacements proposés pour l’Exposition de 1889.
- Il nous a paru, monsieur le ministre, que nous devions attendre les résultats de cette enquête et marquer ainsi notre volonté de jeter, dès la première heure, les bases de la collaboration qui doit s’établir entre les représentants de l’État et ceux de la ville de. Paris pour la bonne réussite de l’œuvre dont vous nous avez confié la préparation.
- Au lendemain du jour où le Conseil municipal eut formulé son avis, nous avons donc convié le président et les rapporteurs de la commission municipale à nous indiquer les motifs qui avaient déterminé la ville.à se prononcer en faveur du Champ-de-Mars pour y placerl’Exposition de 1889. M. le président de la commission municipale a reproduit les arguments donnés en 1867 et en 1878 pour recommander le choix du Champ-de-Mars, arguments qui sont d’ailleurs ainsi formulés par l’honorable M. Guichard dans son rapport au Conseil municipal : « Considérant, dit le rapporteur, qu’une Exposition doit être visitée par le plus grand nombre possible de citoyens et qu’il importe par suite de réduire la dépense de temps et d’argent que doit s’imposer le visiteur pour s’y rendre, le Conseil est d’avis que l’Exposition de 1889 ait lieu au Champ-de-Mars et que les concours aient lieu à Vincennes.»
- Après une très courte délibération, la commission consultative a émis un avis de tous points conforme à celui de la ville de Paris, en déclarant que sous la rubrique : « Emplacement du Champ-de-Mars », .elle visait sur la rive gauche delà Seine le Champ-de-Mars, le terrain qui s’étend de l’avenue de la Bourdonnaye au ministère des affaires étrangères, en y comprenant les quais et l’esplanade des invalides, en totalité ou en partie, sur la rive droite le Trocadéro relié par le pont d’Iéna et les Champs-Elysées, depuis l’avenue d’Antin jusqu’à l’avenue qui limite le Palais de l’Industrie du côté delà place de la Concorde, en y comprenant le Palais de l’Industrie, ces dernières surfaces réunies à l’aide d’un pont doublant le pont des Invalides.
- Dans la pensée de la commission, les concours et expériences qui exigent un grand développement de terrain seraient attribués à Vincennes, conformément à l’opinion qu’elle avait tout d’abord émise et conformément au vœu formulé par le Conseil municipal de Paris.
- 20programme de l’avant-projet des constructions
- Sur ce point, vous avez demandé à la commission, monsieur le ministre, une indication générale des surfaces à couvrir, sans préjuger le classement dans ses détails.
- L’emplacement dit du Champ-de-Mars choisi, la commission consultative a dû rechercher quelles dispositions. il convenait de proposer pour que l’Exposition universllee et internationale de 1889 répondît au but quelle se propose. Il lui a paru que deux grandes divisions devaient être tout d’abord établies, en donnant à la première un plus grand développement et une plus grande précision qu’en 1878.
- i° La manifestation des idées; 20 l’exposition des produits.
- Dans l’exposition de 1878, les congrès et conférences chargés de provoquer la manifestation des idées ont obtenu le plus grand succès. Dès le mois de septembre 1876, l’honorable M. Krantz avait signalé au ministère l’utilité que présenterait une large institution de congrès et de conférences pendant l’Exposition. C’était, à son avis, le moyen le plus efficace de mettre en rapports les savants, les artistes, les insdustriels de tous les pays et de profiter de leur réunion à Paris pour établir entre
- eux des échangés de vues et de connaissances dont tous et chacun pourraient tirer parti. Les congrès et conférences devaient, dans sa pensée, constituer en regard de l’exhibition des produits l’exposé des idées dont ils dérivent et dont ils sont les traductions matérielles.
- Enfin beaucoup de questions économiques ou de législation comparée, qui intéressent à la fois tous les pays, pourraient être examinées, discutées et signalées dans leurs points essentiels àl’attention des gouvernements. Cette proposition de l’honorable M. Krantz provoqua l’arrêté du 10 mars 1878, par lequel le ministre décida que des conférences et des congrès internationaux auraient lieu au Trocadéro pendant l’Exposition universelle. L’arrêté du 10 mars chargea un comité de tracer un programme des sujets sur lesquels des conférences et des congrès pouvaient être utilement institués, d’établir entre les conférences un ordre méthodique et logique, de provoquer l’organisation des congrès qui n’auraient pas trouvé de promoteurs, de faciliter la tenue des uns et des autres en mettant à leur disposition dans le palais du Trocadéro des locaux appropriés à leur réunion et un personnel de sténographes, d’imprimer à l’ensemble de l’œuvre l’unité de direction qui peut seule assurer la réussite, de présider enfin à la publication d’un ouvrage, véritable livre d’or de l’Exposition, dans lequel seraient recueillis les travaux, les délibérations, les avis que la commission aurait jugé dignes d’être conservés dans ses annales et qui, survivant à l’œuvre, conserverait d’une manière durable les enseignements qu’elle aurait produits. L’administration n’entendait d’ailleurs en aucune façon se substituer à l’initiative privée dans l’organisation intérieure des congrès, la composition des ordres du jour, la direction de leurs séances. L’arrêté qui instituait la commission la partageait en huit sections, dont les sept premières correspondaient aux divers groupes des produits de l’Exposition et dont la huitième embrassait dans son programme tout ce qui ne peut être représenté matériellement, notamment les questions de législation et d’économie sociale. La réunion plénière des commissions eut lieu le 3 avril 1878, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort.
- Le nombre des congrès de 1878 aétéde 02,celui des conférences s’est élevé à 47. Les congrès et les conférences ont donné lieu à la publication de 36 volumes.
- L’œuvre des congrès internationaux de 1889, préparée par les soins d’une commission spéciale et fortifiée de l’institution d’un cercle des études économiques qui recevrait dès aujourd’hui des adhésions, donnerait sans aucun doute des résultats meilleurs que ceux qui ont été obtenus en 1878.
- Le rapport de 1878 constate en effet que c’est surtout le temps qui a manqué pour prévoir l’organisation complète des congrès. Si l’on veut bien considérer que sur les conclusions d’une cornmission spéciale on pourrait faire connaître la nomenclature des travauxqui se rapportent aux conquêtes de l’esprit humain pendant la durée de notre siècle, on reconnaîtra qu’il serait facile à l’aide de ces travaux de réunir les 'éléments d’une sorte d’encyclopédie.
- D’autre part, les innombrables questions qui intéressent l’avenir du travail, pouvant être utilement examinées et préparées durant les quatre années qui nous séparent de 1889, donneraient lieu à des discussions suivies de publications faites comme les premières au profit de l’Exposition de 1889, laquelle inscrirait au budget de ses dépenses le chiffre des primes qu’il conviendrait d’attribuer aux auteurs des travaux récompensés.
- Quant à l’institution du cercle international qui réunirait à côté des bibliothèques, des laboratoires et des salles de conférences tout le confortable de la vie matérielle, son succès ne saurait être douteux, surtout si ce cercle est installé à l’entrée même de l’Éxposition, sur le point le plus rapproché du centre de Paris, aux Champs-Elysées, dans le Palais de l’Industrie.
- La commission propose, en effet, monsieur le
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- ministre, dans le plan général que je vais avoir l’honneur de vous indiquer, de placer l’une des entrées de l’Exposition de 1889 au Palais de l’Industrie.
- Ce palais serait pourvu, au rez-de-chaussée, d’un plancher et recevrait des estrades qui y faciliteraient, à côté de l’installation des congrès, des conférences et du cercle international, l’organisation des fêtes, des réceptions et de la solennité' de la distribution des récompenses.
- Autour du Palais de l’Industrie, dans la partie comprise entre l’avenue parallèle à la place de la Concorde et l’avenue d’Antin, on pourrait disposer tout ce qui se rapporte à la classe de l’enseignement et de l’éducation.
- Les organisateurs de l’Exposition de 1878, après avoir constaté le grand succès obtenu par les expositions pédagogiques de Vienne et de Philadelphie, s’étaient attachés « à donner aux choses de l’éducation une importance en rapport avec les progrès accomplis depuis 1867 dans l’organisation de l’enseignement public ».
- Dans les entretiens qui ont précédé la constitution de la commission du 8 novembre 1884, vous avez bien voulu reconnaître, monsieur le ministre, qu’il était désirable de montrer quel a été, dans toutes les branches de la production, l’effort de l’esprit humain au cours de ce siècle, et vous avez pensé que l’on pourrait utilement donner à l’Exposition de 1889, dans toutes ses parties, le caractère d’Exposition centennale.
- Il est peu de classes où le progrès sera plus intéressant à suivre que dans la classe de l’enseignement. La ville de Paris a déjà réédifié à côté du Palais de l’Industrie le pavillon qu’elle avait construit en 1878 pour son exposition scolaire.
- Les administrations publiques et les sociétés privées des différents pays pourraient disposer aux Champs - Elysées, autour du Palais de l’Industrie, les modèles des établissements destinés à l’enseignement à tous ses degrés.
- Au sortir de la classe de l’enseignement et de l’éducation, le visiteur franchirait la Seine sur un pont doublant le pont des Invalides et qui, par son élévation au-dessus du cours la Reine, n’interromprait pas la circulation, qui doit demeurer libre sur tout le parcours des quais de la rive droite. Dans la pensée de la commission, l’esplanade des Invalides serait attribuée àl’exposition des colonies et à l’exposition des animaux vivants, qui' ne dure que deux semaines.On laisserait ainsi jusqu’au dernier moment à l’administration militaire la j ouis-sance de la plus grande partie de cette esplanade, qu’elle emploie pour les exercices des troupes à pied.
- L’agriculture aurait à sa disposition toute la partie du quai d’Orsay et du quai de l’Alma comprise entre l’esplanade des Invalides et l’avenue de la Bourdonnaye, cette étendue augmentée de la largeur de la berge sur laquelle seraient établis des appontements.
- L’honorable M. Tisserand, directeur de l’agriculture, a présenté à la commission un rapport très complet sur les dispositions qu’il conviendrait d’adopter, pour donner à la classification des produits agricoles une physionomie meilleure que dans les expositions précédentes.
- Les classifications antérieures ont, en effet, donné lieu, dit M. Tisserand, à des critiques nombreuses etfondées. On s’est plaint, avec juste raison, de l’éparpillement dans les groupes des produits, des procédés, de l’outillage agricole. Il convient de profiter de l’expérience faite.
- L’agriculture doit, en 1889, former pour chaque pays un ensemble qui permette d’apprécier les conditions de la production et les procédés mis en œuvre.
- Il faut que l’exposition agricole de chaque contrée puisse donner une idée nette, précise et complète de la culture, de son importance, des conditions au milieu desquelles elle s’exerce.
- A l’avenue de la Bourdonnaye, nous rencontrons la superficie du Champ-de-Mars qui donnait, en 1878, 4.5 hectares disponibles, et qui, par suite de l’établissement du square de la ville de Paris et de l’aliénation au profit de constructions particulières des bordures qui limitent ce square du côté de l’avenue de la Bourdonnaye et du côté de l’avenue Suffren, n’offre plus que 35 hectares dont on puisse disposer.
- La commission, monsieur le ministre, a dû tout d’abord s’inquiéter de la destination future du Champ-de-Mars.
- Le Champ-de-Mars devra-t-il, après l’Exposition de 1889, être rendu à l’administration militaire qui en a la jouissance?
- La désaffectation temporaire de ce terrain de manœuvre, qui a été une désaffectation presque constante par suite des travaux des deux dernières Expositions universelles , ne pourrait-elle pas devenir une désaffectation définitive ? Les quartiers intéressés réclament depuis longtemps cette désaffectation dans l’espoir que le Champ-de-Mars sera traversé par des voies praticables. D’autre part, il n’est pas douteux que le Champ-de-Mars transformé en parc et pourvu à son entrée du côté de la Seine d’édifices dont la construction s’accorderait avec la décoration du Trocadéro, tout en ménageant la perspective de l’Ecole militaire, offrirait dans une des parties les plus
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars i885.
- belles du nouveau Paris une vue plus agréable que celle de cette plaine immense et nue.
- Le ministre de la guerre s’est montré disposé à accepter la désaffectation définitive du Champ-de-Mars à la condition qu’il lui serait donné en compensation un terrain de manœuvre à portée de ses établissements militaires. Le ministère de la guerre avait même fait entrevoir que le déplacement de la plupart de ceux de ces établissements qui sont placés dans Paris pourrait se concilier avec la solution à chercher pour la désaffectation de tout ou partie del’enceinte fortifiée de Paris et, par suite, avec la désaffectation du Champ-de-Mars, qui aurait trouvé son équivalent hors des murs ; mais, à la suite d’une démarche du Conseil municipal auprès du ministre de la guerre, le conseil de défense s’est prononcé contre toute atteinte portée au système actuel de la fortification de Paris.
- Il ne reste donc plus, monsieur le ministre, qu’à saisir le Parlement de la question de la désaffectation du Champ-de-Mars, qui ne peut être résolue que par une loi et qui pourrait faire l’objet, pour la compensation à donner au ministère de la guerre, d’une convention avec la ville de Paris. Sans préjuger l’issue du débat qui s’engagera à ce sujet, la commission a considéré que, la convention de 1880 mettant le Champ-de-Mars à la disposition de l’Etat pour l’installation des expositions universelles, elle était autorisée à proposer dès aujourd’hui d’élever sur l’emplacement du Champ-de-Mars des constructions provisoires et même des constructions permanentes qui laisseraient un espace suffisant pour les manœuvres militaires dans le cas où le Parlement maintiendrait au Champ-de-Mars sa destination actuelle.
- La commission s’est demandé, après avoir pris cette décision, si elle chercherait, comme précédemment, à accumuler dans le Champ-de-Mars sous une construction unique toutes les œuvres d’art, la grande majorité des produits des industries proprement dites et la galerie des machines, en réservant seulement à quelques établissements particuliers les aménagements isolés et spéciaux.
- La méthode de classement adoptée en 1867 et en 187S impose en quelque sorte la construction unique.
- Le plan de construction d’un seul palais affectant la forme de deux demi-cercles de 190 mètres de rayon, reliés par un rectangle de 38o mètres sur 110, avait pour point de départ, dit le rapporteur de l’Exposition universelle de 1867, une classification méthodique.
- On avait adopté dans la disposition circulaire deux systèmes de division : le premier était formé de zones concentriques destinées à recevoir les groupes de produits similaires de tous les pays ; le second de secteurs rayonnants consacrés chacun à une nation différente.
- La classification comprenant sëpt groupes avait placé ces sept groupes à partir du centre dans l’ordre et sous la dénomination ci-après :
- i° Œuvres d’art. — 20 Matériel et application des arts libéraux. — 3° Meubles et autres objets destinés à l’habitation. — 40 Vêtements (tissus compris) et autres objets portés par la personne. — 5° Produits (bruts et ouvrés) des industries extractives. — 6° Instruments et procédés des arts usuels. — 70 Aliments (frais ou conservés et à divers degrés de préparation.);
- A ces sept groupes, ont avait ajouté sous les nos 8 et 9 les produits vivants et les spécimens d’établissements de l’agriculture et de l’horticulture , puis un dixième groupe renfermant les objets spécialement exposés en vue d’améliorer la condition physique et morale de la population.
- Un onzième groupe avait enfin pris le nom de groupe de l’histoire du travail. La pensée, dit le rapport, en faisant allusion à la classification des sept premiers groupes, avait été de disposer au cœur même du palais les œuvres d’art afin de constituer au centre un foyer lumineux duquel tout rayonnerait.
- En 1878, le palais unique formait un vaste rectangle dont les dimensions étaient, dans le sens perpendiculaire à la Seine, de 706 mètres, et de 35o mètres dans le sens parallèle. Symétrique par rapport à son grand axe, ce bâtiment comprenait, en partant du dehors pour arriver au centre, une véranda de 5 mètres de largeur, une galerie fermée de 12 mètres, le grand hall des machines d’une portée de 35 mètres, puis trois galeries de 2 5 mètres de portée chacune, séparées par deux passages longitudinaux de 5 mètres de largeur.
- Cet ensemble de constructions métalliques était limité par un passage à ciel ouvert large de 18 mètres, destiné à isoler du reste de l’édifice la galerie des beaux-arts qui occupait l’axe de symétrie. Cette dernière consistait en une série de pavillons indépendants, en maçonnerie, d’une largeur uniforme de 2 5 mètres" sur une longueur tantôt de 58 mètres, tantôt de 49 mètres.
- Des passages transversaux de 7 mètres de largeur séparaient deux pavillons consécutifs et quatre petites salles de i5 mètres sur 7 flanquaient chacun des bâtiments principaux, lais-
- sant entre elles des renfoncements d’égale dimension. Le palais était limité au nord et au'sud par deux grands vestibules terminaux de 2 5 mètres de largeur qui, à leur rencontre avec les galeries des machines, formaient quatre grandes salles destinées à être couvertes par autant de dômes.
- Dans ce palais la classification adoptée en 18b7 fut conservée. On se borna, dit le rapport de 1878, a y apporter quelques changements dont 1 expérience avait fait reconnaître l’utilité. C est ainsi que le groupe 10 fut supprimé et que-les éléments en furent répartis dans les groupes 2 et 0 et que trois nouvelles classes consacrées au materiel et aux procédés de l’enseignement à tous les degres furent ajoutées au groupe 2
- Le classement de 1867, légèrement modifié en 1878, pourra-t-il être conservé en 1889 ? Devra-t-il etre complètement remanié selon les dispositions proposées pour les surfaces couvertes ? C’est une question qui devra être résolue par la’ commission d organisation après une étude approfondie des differentes classes. 1 ^
- Cette question réservée, la commission propose de placer a 1 entree du Champ-de-Mars inimé diatement après le square de la ville de Paris deux palais l’un du côté de l’avenue de la Bourdonnaye destine aux arts, l’autre, du côté delà venue de Suffren, destiné aux sciences, ces deux palais couvrant chacun une surface de 3a. 000 • métrés, soit pour les deux 68,000 mètres, y compris les cafés et restaurants qui auraient leur entree sur 1 esplanade réservée entre les deux édifices.
- , Sl l’?n adoPtait la construction d’un premier etage dans ces deux palais, il suffirait de cou-vui une surface de 26,000 mètres pour chacun des édifices, ce qui donnerait pour l’ensemble 52.000 métrés.
- Dans le premier cas, l’esplanade aurait une laigeui de 168 mètres. Dans le second cas une largeur de 194 mètres. ’
- A ^es .palais des arts et des sciences pourraient etre mis en. communication par une galerie souterraine où seraient exposés une partie de l'outillage et des pioduits des industries extractives.
- La commission, consultée sur la question de la peimanence dune partie des constructions à elever dans, le Champ-de-Mars, a émis le vœu que les palais des arts et des sciences puissent etre conserves. .
- . ^es édifices destinés à recevoir les expositions paitielles. et périodiques, particulièrement les expositions qui procèdent des sciences et qui ont besoin d avoir à leur disposition, en abondance, le gaz, 1 eau, la vapeur, l’électricité font defaut a Paris.
- Le Palais de 1 Industrie a rendu les plus giands. services.. Il se prête a toutes les transfoi mations, mais son insuffisance est chaque-jour constatée. .Ne conviendrait-il pas de lais-sei subsister api es 1889 dans un quartier qui se rapproche rapidement du centre de Paris au milieu d un parc qui transformerait le Champ-de-Mar.s, les deux palais projetés ?
- Ainsi que j aurai d’ailleurs l’honneur de vous 1 exposer tout à l’heure, monsieur le ministre en énuméiant les chiffres que la commission a inscrits dans son projet.de budget, la dépense pour les deux palais projetés ne sera pas consi-Plus élevée si. on fait des édifices definitifs, car ces deux palais constitueraient de toute manière, l’entrée décorative de l’Exposi-tion, et exigeraient, à. ce titre, dans le cas même ou. I on déciderait^ qu’ils ne seraient que provi-soiies, un sacrifice plus grand que les autres constructions.
- Vous estimerez sans doute, monsieur le mi-nistie, que. cette question de la permanence-oo16 Partle des bâtiments de l’Exposition de 1889 pouiia etre. soumise au Parlement ou au Conseil municipal de la ville de Paris soit poui faire. 1 objet du vote d un crédit supplémentaire spécial de la part des Chambres, soit pour provoquer une convention entre l’Etat et la ville de Paris.
- Immédiatement après ces deux palais, les con-st-i uctions provisoires couvriraient une surface de 220,000 mètres, dont 106,000 mètres réservés au .naïf des machines et aux galeries du travail qui sei aient léunies devant l’Ecole militaire en pienant toute la largeur du Champ-de-Mars et 114,000 mèties attribués aux industries proprement dites.
- Cette dernière portion des constructions pro-vison es s élèverait entre le hall des machines et les palais des Arts et des Sciences, ménageant, comme continuation de l’esplanadè de 168 ou de 194 mètres de largeur qui sépare le palais des. Arts et celui des Sciences, une avenue de 208 mètres de longueur sur 60 mètres de largeur
- Une telle disposition donnerait au Champ-de-Mars comme surfaces couvertes :
- Palais des Arts........... 34.000 —
- Palais des Sciences....... 84.000 mètres..
- Hall des machines......... 106.000 —
- Constructions intermédiai-
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- res partagées en deux sections • de 57,000 mètres............ 114.000 —
- Total......... 288.000 mètres.
- Selon le classement qui serait adopté par la commission d’organisation, ces différentes surfaces couvertes auraient leur affectation définitive.
- Ce qu’il importe d’établir, c’est qu’en obtenant 288,000 mètres de surfaces couvertes dans le Champ-de-Mars, ajoutées aux surfaces dont on peut disposer aux Champs-Elysées, à l’esplanade des Invalides, sur les quais de l’Alma et d’Orsay et dans les parties non plantées du parc du Trocadéro, ainsi que sur la berge de la Seine au-dessous du pont d’Iéna, on obtient un total qui augmente de plus d’un tiers les surfaces dont disposait l’Exposition de 1878.
- Je joins d’ailleurs, monsieur le ministre, à cette indication du plan général, auquel s’est ralliée la commission, les dessins et devis qui vous permettront de le suivre dans ses détails et de vous rendre compte des voies et moyens auxquels il y aurait lieu de recourir pour mettre ce plan à . exécution.
- 5° Dépenses et recettes. —• Formation du
- CAPITAL DE GARANTIE
- Après un long examen des budgets des deux
- • dernières Expositions et après une étude des évaluations de dépenses et de recettes que M. le
- • directeur des travaux de Paris a présentées à la commission, la commission estime, monsieur le ministre, que la somme des dépenses ne saurait être inférieure à 5o millions, mais qu’elle ne doit pas dépasser ce chiffre.
- Voici comment sont établies ces prévisions en reprenant l’examen du plan général :
- Les travaux à faire au Palais de l’Industrie entraîneraient une dépense de i,5oo,ooo dont la moitié demeurerait à la charge du budget des bâtiments civils, l’Etat devant ultérieurement recueillir les bénéfices de cette restauration du palais qui s’impose depuis long-
- . temps................................. 750.000
- Les travaux à faire aux Champs-Elysées et la construction du pont provisoire qui doublerait le pont
- des Invalides........................... 600.000
- Les travaux à faire sur la rive :gauche (Esplanade des Invalides). Soo.ooo
- La dépense nécessitée par l’Exposition des animaux vivants et les concours agricoles àVincennes.. 5oo.ooo
- L’exposition de l’agriculture établie sur les quais d’Orsay et de l’Alma avec les appontements.... 3.5oo.ooo
- Les deux palais placés à l’entrée du Champ-de-Mars et devant former l’entrée décorative de l’Exposition. Ces palais couvrant une surface de 68,000 mètres con-. struits comme édifices provisoires. 10.200.000
- Ces mêmes palais ne comportant pour chacun d’eux qu’une surface de 26,000 mètres avec la ressource d’un premier étage, mais con-. traits comme édifices permanents d’après les devis joints au présent exposé, 16.920.000 fr.
- Les constructions provisoires qui couvrent, en dehors, de ces deux palais, une superficie de
- 220.000 mètres................. 20.900.000
- Ce dernier chiffre serait modifié selon que l’on adopterait la construction par l’Etat avec revente des matériaux à son profit, ou que l’on adjugerait les travaux à des entrepreneurs qui demeureraient propriétaires de la construction et •auraient charge de revendre les matériaux .
- Les installations au-dessous du pont d’Iéna et dans le parc du Trocadéro, ainsi que les dépenses
- du jardinage........................ i.5oo.ooo
- Le service des machines, l’eau et l’éclairage, l’entretien et la
- remise en état des lieux.............. 4.000.000
- _ Les dépenses de l’administration, personnel, matériel, les récompenses, subventions, etc..... 7.000.000
- 49.250.000
- Imprévu..................... 750.000
- Total............. 5o. 000.000
- A l’appui de ces évaluations, je vous remets, monsieur le ministre, le détail de chacun des chapitres avec des devis indiquant les dépenses des constructions d’après les diverses évaluations transmises à la Commission. Pour ces constructions, afin d’établir devant le Parlement et devant le Conseil municipal de Paris les dépenses avec une rigoureuse précision, il sera nécessaire que la Commission d’organisation se rende un compte exact des chiffres que donneraient les trois
- systèmes proposés : i° la construction faite à l’aide de matériaux acquis par l’Etat et pouvant être vendus à son profit à la fin de l’opération ; 20 la construction employant en partie des matériaux pris en location; 3° le système recommandé par notre honorable collègue, M. Dietz-Monnin, et qui laisserait aux entrepreneurs la propriété des constructions dont ils se seraient rendus adjudicataires à charge par eux de revendre les matériaux et de remettre en état les lieux.
- Si nous examinons maintenant le budget des recettes, nous constatons que les ressources qui peuvent être affectées au payement de cette dépense totale de 5o millions, qui vient d’être indiquée, se composent de trois éléments :
- i° La subvention de l’Etat;
- 20 La subvention de la ville de Paris;
- 3° Les recettes de toute nature de l’Exposition.
- Les deux premiers chiffres ne sont pas encore connus ; mais, en attendant que les Chambres et le Conseil municipal aient statué, la Commission a porté provisoirement en compte pour le chiffre des subventions de l’Etat et de la ville de Paris, une somme de 28 millions basée sur la moyenne des participations aux précédentes expositions universelles.
- Les prévisions de dépenses ayant été arrêtées au maximum de 5o millions, il reste donc à pourvoir à la différence de 22 millions au moyen des recettes de toute nature de l’Exposition.
- Il est permis d’admettre comme une certitude que les produits de l’Exposition couvriront largement cette partie des dépenses.
- La Commission a discuté avec soin chacune des recettes en s’aidant de l’expérience acquise dans les expositions antérieures, et elle s’est attachée à établir des prévisions qui ne laissent place à aucun mécompte.
- Ce travail a été résumé dans un remarquable rapport présenté par M. Boulanger, directeur général de l’enregistrement et des domaines. Voici le résumé de ce rapport :
- Les recettes de l’Exposition peuvent être divisées en trois catégories :
- i° Les entrées ;
- 20 Les concessions diverses ;
- 3° La revente des matériaux.
- i° Le produit des entrées doit être déterminé avec une approximation suffisante d’après les recettes similaires des expositions de 1867 à 1878.
- Les entrées de la première ont procuré un recensement de 10,765,419 fr. 5o. Celles de la seconde exposition se sont élevées au chiffre de 12,428,768 fr.
- Il est permis d’espérer que le produit des entrées en 1889 dépassera le chiffre obtenu en 1878. Il résulte en effet-des documents officiels relatifs à l’Exposition de 1878 que la faiblesse du produit des entrées a eu principalement pour cause les concessions trop nombreuses de billets gratuits. Il conviendra de prévenir ces abus en supprimant d’une manière absolue les entrées de faveur pu tout au moins en les réduisant au strict nécessaire ainsi que cela a été fait en 18(17.
- A cette cause de plus-value, il faut en ajouter deux autres, dont le résultat n’est pas moins certain.
- L’Exposition de 1889 établit, en effet, une de.ses entrées aux Champs-Elysées et . rapproche ainsi l’Exposition du centre de la capitale. D’un autre côté, la Commission propose d’organiser et des réunions du soir et des fêtes qui attireront une clientèle d’autant plus nombreuse que les exposants appelés à participer aux. produits de ces fêtes et réunions feront les sacrifices nécessaires pour leur donner l’attrait et l’éclat désirables.
- Il semble donc que ces causes de majoration pourraient être évaluées ainsi :
- Suppression des entrées gratuites.. 2 millions.
- Entrées au Palais de l’Industrie.... 1 —
- Exposition du soir................ 2 —
- Ensemble.............. 5 millions.
- Ce qui porterait à 17 millions le produit total des entrées à l’Exposition de 1889.
- Mais ces chiffres pourraient être contestés ; la suppression complète des entrées de faveur serait peut être difficile, et à l’égard des fêtes-du soir on pourrait avancer qu’elles seront, jusqu’à un certain point, une expérience nouvelle dont il n’est pas possible de préjuger avec certitude le résultat financier.
- Comme il s’agit d’établir des évaluations qui ne soient susceptibles de donner lieu à aucun mécompte, il est prudent de prendre ces scrupules en considération; la Commission propose donc de réduire les diverses plus-values à 2 millions, ce qui donnerait 14 millions pour le produit de toutes les entrées à l’Exposition de 1889 ;
- 20 La seconde catégorie de recettes s’applique aux concessions ; ces concessions sont elles-mêmes de deux sortes :
- Les unes de beaucoup plus importantes ont pour objet les emplacements accordés aux exposants.
- Le payement d’une redevance a déjà été demandé aux expositions de Vienne, d’Amsterdam et d’Anvers.
- Cette redevance apparaît comme une conséquence inévitable du développement et du renouvellement périodique des expositions. Il est à
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- désirer qu’elle serve de frein à l’exagération progressive de l’extension matérielle des expositions aux dépens de l’intérêt réel qu'elles présentent.
- Cette taxe,. dans l’esprit de la Commission, est étroitement liée au droit de vente accordé aux exposants, et elle constitue en quelque sorte une taxe représentative de cette sorte de patente dont l’équité ne peut être contestée.
- Il faut dire, au sujet du droit de vente accordé aux exposants, qu’il n’a été contesté que dans les dernières expositions. Dans les premières expositions, celle de 1798, par exemple, on avait autorisé les ventes au cours de l’exposition.
- La tarification devra être arrêtée de manière à tenir compte de la nature des objets exposés et de la situation des emplacements. On peut, en se tenant dans les limites d’une taxation modérée, évaluer le produit de la perception à 1 3 millions de francs.
- Il faut rappeler à ce sujet que, dans le'règlement général de 1878, i.1 était stipulé que les exposants n’auraient à payer aucun loyer pour les places qu’ils occuperaient, mais que si le plancher leur était fourni, sauf dans les galeries des marchandises, ils auraient à supporter tous les frais d’installation ; de plus la direction de l’Exposition se désintéresserait de l’exposition, de la manutention et de la réexpédition des produits. Il semble facile de se montrer plus prévoyant en constituant un bureau de renseignements qui éclairerait tout au moins les exposants sur les conditions dans lesquelles ils pourront expédier et s’installer. On leur éviterait ainsi les surprises coûteuses.
- Les autres concessions se rapportent aux locations industrielles de toute nature qui peuvent être faites pour l’établissement de cafés, de restaurants, de concerts et autres entreprises analogues. La Commission a admis en effet qu’à la différence de ce qui a eu lieu en 1878, l’Exposition de 1889 devra offrir aux visiteurs un ensemble de distractions propres à les attirer ou à les retenir dans l’enceinte de l’Exposition.
- En 1867, Ie produit de ces concessions s’est
- élevé à......................... 2.273.987^'.
- En 1878, il avait été fait des locations de cette nature pour... 3.049.445 fr.
- mais la plupart sont restées sans suite ou n’ont produit que de faibles recettes, parce que rien n’avait été préparé pour attirer la clientèle dans ces établissements.
- Il semble qu’en acceptant pour bases des prévisions le résultat de 1867, c’est-à-dire en chiffre rond la somme de 2 millions de francs, on reste dans les limites d’une évaluation prudente.
- La Commission fait entrer dans les produits des concessions la concession du catalogue et celle des voies ferrées nécessaires pour assurer la circulation facile dans toutes les parties de l’Exposition.
- Le produit total des concessions se trouverait ainsi fixé à r5 millions.de francs.
- 3° Le troisième élément de recettes de l’Exposition de 1889 se compose du prix de la revente des matériaux et objets demeurés sans emploi après la clôture de l’entreprise.
- En 1867 , les travaux d’établissement de l’exposition avaient coûté 17,499,868 fr. , et la revente des matériaux a produit 1,075,255 fr.
- En 1878, la dépense des mêmes travaux s’est élevée (non compris le palais permanent du Trocadéro) à 27,785,486 fr. Le prix, de la revente des matériaux a atteint le chiffre de 3,049,455 fr.
- Si on adoptait la même proportion pour 1889 on trouverait, à raison d’une dépense totale d’établissement de 3o millions de francs (déduction faite du coût des palais permanents qui excède le chiffre porté au budget des dépenses et des frais généraux d’administration), une prévision de recettes correspondante de 3,200,000 fr.
- Mais ce mode de calcul ne saurait être. définitivement accepté. La commission estime ^ en effet que des économies notables pourraient être réalisées en substituant à la construction des bâtiments provisoires au moyen depnatériaux acquis par l’Etat, un système d’entreprise reposant sur la location de ces matériaux et sur leur reprise par les constructeurs à la fin de l’Exposition.
- Si cette combinaison était adoptée, l’importance des matériaux à vendre par le domaine après la clôture de l’Exposition serait considérablement réduite.
- Il convient de tenir compte de cette éventualité dans la fixation des recettes à provenir de la revente des matériaux. Ce produit ne doit pas être évalué à plus de 1 million de francs.
- Les considérations précédentes amènent à constater que les recettes de toute nature de l’Exposition de 1889 se trouveront ainsi établies :
- Entrées du jour et du soir........ 14 millions
- Concessions diverses.............. i5 —
- Revente des matériaux............. 1 —
- Total............. 3o millions
- La commission a été unanime à reconnaître que cette évaluation présente par son extrême modération une certitude aussi complète qu’il est possible de l’obtenir en pareille matière.
- Ces prévisions de recettes sont destinées a
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- 02. — Première Année — N® 12.
- pourvoir aux dépenses dont le payement n’est pas assuré par la subvention à recevoir de l’Etat ni de la ville de Paris. Or cet excédent de dépenses n’est que de 22 millions.
- On est donc autorisé à affirmer que les voies et moyens de. l’œuvre sont dès à présent assurés et que. le Trésor ne court aucun risque de voir augmenter sa participation par l’insuffisance des prévisions de recettes portées au budget de l’Exposition. Pour qu’un déficit se produisît, il faudrait en effet que les ressources restassent en dessous du chiffre de 22 millions.
- Dans de.s conditions de certitude aussiprécises, est-il nécessaire d’organiser une association de garantie ?
- L’utilité de cette combinaison peut être contestée.
- L’association de garantie a pour objet de donner à l’Etat la certitude que, les recettes comprises parmi les voies et moyens de l’Exposition seront ré elle nient recouvrées. Or, dans les conditions^ où le budget a été établi, cette certitude peut. être considérée comme absolue; l’Etat n’a pas à craindre que les produits' de l’Exposition, évalués à un minimum de 3o millions de francs, soient au-dessous du chiffre de 22 millions nécessaires à l’acquit du complément des dépenses. La constitution d’une association de garantie pourrait donc paraître sans utilité. Il pourrait même, à un point de vue spécial, être considéré comme préjudiciable aux intérêts du Trésor.
- En effet, les recettes dépasseront certainement le chiffre de 22 millions compris dans les prévisions budgétaires. Tout le surplus constituera donc un bénéfice. Or, si le concours d’une association de garantie est sollicité, cette participation devra être rémunérée par l’attribution de bénéfices correspondant aux engagements souscrits. Le Trésor sera donc privé-, sans utilité, d’une partie des profits.
- Ces objections ont été examinées avec soin, et il n’a pas semblé à la commission qu’elles fussent de nature à déterminer l’abandon d’une combinaison dont le principe a été admis dans le rapport .préparatoire au décret du 9 novembre 1884 et qui présente d’ailleurs des avantages décisifs.
- Ce n’est pas seulement un secours financier que l’association de garantie assure à l’Etat, c’est un moyen par lequel le public est amené à coopérer directement à l’œuvre de l’Exposition de 1889.
- Eh d’autres termes, l’Exposition universelle de 1889, quoique conduite par l’Etat, doit être l’œuvre de tous. Il faut intéresser à son succès ceux qui. peuvent le plus, par leurs efforts personnels, en assurer l’exécution.
- D’autre part, en intéressant le commerce, et l’industrie au succès de l’opération par la souscription aux parts de la société de garantie, on est assuré de leur coopération active et vigilante , dans l’étude des combinaisons propres à augmenter l’attraction, et par conséquent, à développer les recettes.
- Cette participation de l’initiative privée au succès de l’Exposition a fait défaut en 1878; ce serait une faute grave de. ne pas s’assurer dès aujourd’hui de son concours efficace.
- A un autre point de vue, il est prudent de défendre l’Etat contre l’entrainement des dépenses supplémentaires non comprises dans les devis primitifs.
- Pour toutes ces raisons, la commission a reconnu l’utilité de la constitution d’une association de garantie.
- Il convenait alors de déterminer le chiffre de la souscription.
- Après une , longue discussion, la commission a été d’avis qu’une garantie de 10 millions était suffisante et que le minimum de la souscription serait fixé à ce chiffre, qui pourrait d’ailleurs s’élever jusqu’à 22 millions, ieprésentant le maximum de garantie. Il lui a semblé que le chiffre minimum de 10 millions constitue un capital assez étendu pour prévenir les inconvénients qui théoriquement auraient pu résulter d’une réduction excessive. D’autre part, il a paru à la commission que la raison déterminante de la constitution d’un capital de garantie était le désir du Gouvernement d’associer a ses efforts au moyen d’une participation pécuniaire les personnes qui peuvent utilement contribuer à assurer le développement et l’éclat de l’Exposition ; ce qu’il fallait chercher à obtenir, c’était, avant tout ,'le concours de ceux qui s’intéressent à l’œuvre patriotique qu’il a entreprise.
- La commission a reconnu, d’autre part, qu’il convenait de fixer à 1,000 fr. les parts de souscription et de demander un versement de 5 0/0.
- La commission estime, en outre, que les bénéfices devront être distribués entre l’Etat, la ville de Paris et la société de garantie proportionnellement aux apports de chacun.
- Le capital de garantie'sera donc variable, suivant le chiffre atteint par la souscription. *
- En 1867, bien que la souscription au capital minimum de 8 millions ait été limitée, la part de bénéfices accordés à l’association de garantie avait été fixée à i/3 et cette quotité demeurait invariable quel que fût le chiffre de la souscription. On avait pensé sans doute que le capital demandé de 8 millions couvrant laj:otalité des recettes prévues, il n’y avait pas d’intérêt réel à obtenir des erga-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars 1883.
- gements plus étendus. La situation n’est plus la même aujourd’hui.
- Mais pourfavoriser l’extension de la souscription il importe- que les bénéfices s’accroissent proportionnellement au capital de garantie. Si donc le capital souscrit dépasse 10 millions, il obtiendra une part complémentaire de bénéfices proportionnelle à l’accroissement des souscriptions.
- Les bénéfices réservés sont, au reste, assez importants et assez probables pour déterminer les souscriptions et pour proportionner sans exagération la rémunération du capital au concours particulier qu’il fournit.
- L’Etat et la ville peuvent, de leur côté, récupérer, sous forme de bénéfices, une part proportionnelle à leurs subventions.
- Tels sont les traits principaux de la combinaison proposée par la commission. Sur les points secondaires d’organisation, il semble que le mieux sera de s’en tenir aux procédés suivis en 1867, qui ont très avantageusement subi l’épreuve de l’expérience.
- C’est dans cet esprit que la commission a élaboré le projet de statuts de l’association de garantie dont la teneur suit :
- STATUTS
- de l’association de garantie de l’Exposition universelle de 188g, adoptés par la commission
- le 21 février 10 85.
- Article premier. — Il est formé une association ayant pour objet de garantir, dans la limite d’une dépense totale de 5o millions de francs au maximum et jusqu’à concurrence du montant de la souscription sans que le capital souscrit puisse être inférieur à 10 millions et supérieur à 24 millions de francs, la portion des frais de toute nature de l’Exposition universelle internationale de 1889, qui ne serait pas couverte : i° par les subventions de l’Etat et de la Ville de Paris s’élevant ensemble à 28 millions de francs ; 20 par le produit des droits d’entrée et des recettes de toute nature de l’Exposition.
- Cette association prend le nom de : « Association de garantie de l’Exposition universelle de 1889. »
- Art. 2. — L’association se compose de toutes les personnes qui, dans les délais déterminés par la commission, auront souscrit une ou plusieurs parts et versé une somme de 5o francs par chaque part souscrite.
- Les parts dans l’association de garantie seront de 1,000 francs chacune. Il ne sera admis aucune souscription pour une somme^ moindre, et les parts ne pourront être fractionnées.
- Art. 3. — La souscription d’une ou plusieurs parts emporte adhésion aux présents statuts ; elle implique l’engagement de solder à première réquisition de la commission chargée de l’administration de l’Exposition, le montant de la souscription.-Il est expressément stipulé que les subventions, ensemble de 28 millions, accordées par l’Etat et par la ville de Paris, seront d’abord employées aux dépenses de l’Exposition et qu’il ne sera fait appel à l’association de garantie qu’après épuisement de ces 28 millions et en cas d’insuffisance de la totalité des recettes de l’Exposition.
- La somme à verser par le souscripteur de chaque part sera déterminée par la commission d’après les comptes de l’Exposition dressés sous sa surveillance et arrêtés par elle.
- Chaque souscripteur n’est tenu que jusqu’à concurrence du montant de sa souscription, et sans solidarité.
- Art. 4. — Dans le cas où le produit des recettes de l’Exposition, ajouté aux allocations s’élevant ensemble à 28 millions que doivent fournir le Trésor public et la ville de Paris, excéderait le montant des dépenses de toute nature de ladite Exposition fixé par l’article 1e1’ et des. frais de gestion de l’association en garantie, ainsi que des frais de perception, la différence sera considérée comme bénéfices.
- Ces bénéfices seront répartis entre l’association de garantie, la ville de Paris et l’Etat à proportion des subventions et des engagements de chacun d’eux pour le payement des dépenses fixées par l’article 1e1'.
- Cette répartition aura lieu comme la répartition des pertes par la commission, d’une manière définitive et sans recours.
- Art. 5. — Les parts dans l’association de garantie sont et resteront nominatives. Elles seront représentées par des certificats ou récépissés non négociables.
- Art. 6. — La commission de l’Exposition devra comprendre au moins membres porteurs d’une ou de plusieurs parts de l’association de garantie. Ces membres seront désignés, comme les autres membres de la commission, par un décret.
- Art. 7. — L’association de garantie est représentée par la commission définitive de l’Exposition. Tous pouvoirs sont donnés par les souscripteurs à cette commission pour gérer et administrer tant activement que passivement les affaires de l’association , ainsi que pour la représenter ou représenter les souscripteurs en justice, notamment pour recevoir ou percevoir les sommes dues par les souscripteurs en raison de leur garantie.
- Elle détermine les formes , les délais et les conditions de la souscription.
- Elle fixe les sommes à verser et les conditions des versements.
- Pour l’exécution de son mandat, elle peut déléguer elle-même ses pouvoirs soit à un ou plusieurs membres, soit à toutes autres personnes.
- Jusqu’à la nomination de la commission définitive de l’Exposition , ses fonctions seront remplies, pour l’exécution du présent article, par la commission préparatoire instituée par le décret du 8 novembre 1884.
- Telles sont, monsieurle ministre, les conclusions que la commission consultative a l’honneur de soumettre à votre approbation.
- Veuillez agréer, monsieurle ministre, l’assurance de ma haute considération et de mes sentiments dévoués.
- Le président de la Commission consultative, Antonin Proust.
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Séance du 28 Février 1885
- PRÉSIDENCE DE M. ANTONIN PROUST
- Étaient présents: MM. Teisserenc de Bort, Baïhaut, Magnin, Christophle, Marie, Nicolas, Clavery, Couderc, Boulanger, Legay, Tisserand, Charmes, Poulain, G Cochery., Poubelle, Alphand, Lax, Hannotaux, Dietz-Monnin, Muzet, Veyssier, Henri Duros, secrétaire et Grenier, secrétaire adjoint.
- La séance est ouverte à neuf heures et demie.
- M. le Président craint qu’à la séance précédente, il ne se soit produit, au moment du vote, une certaine confusion. Quelques membres ont pensé que le chiffre de 10 millions proposé par la sous-commission devait être considéré comme un maximum. La sous-commission a voulu , au contraire, proposer un minimum qui pourrait être dépassé, si le total des souscriptions atteignait un chiffre supérieur. Pour que ce point soit complètement élucidé, il prie M. Boulanger de relire à la Commission le projet de statuts annexé à son rapport.
- M. Boulanger donne lecture de l’article ier du projet de statuts.
- M. Christophle demande pour quelle raison on soumet de nouveau, à la Commission , unvprojet qui a été repoussé à la dernière séance ; eh effet, on a discuté la question de savoir à quel chiffre devait être fixé le capital de garantie. Après un long débat, la Commission a pensé qu’il devait être égal aux recettes à garantir. Les conditions de la sous-commission ont donc été formellement rejetées. Si aujourd’hui on demande à la Commission de revenir sur son vote, il croit qu’il faut le dire ouvertement.
- M. le Président prie M. Boulanger de continuer la lecture du projet de statuts.
- Cette lecture terminée, M. le président invite la Commission à se prononcer sur ce point : Le capital de garantie devra-t-il être forcément de 24 millions, ou bien fixera-t-on un minimum qui pourra être dépassé, suivant le chiffre des souscriptions ?
- M. Cochery pose une question à M. le rapporteur. Il suppose que le minimum de 10 millions soit adopté et qu’en fait il soit dépassé par les souscripteurs. Il demande si, en ce cas, le capital de garantie s’appliquera seulement aux dix derniers millions de recettes espérées ou bien à une somme égale à la somme même des souscriptions.
- M. Boulanger répond que la sous-commission a repris le système adopté en 1867. A cette époque le minimum du capital de garantie avait été fixé à 8 millions ; le chiffre des souscriptions s’est élevé à environ 11 millions ; mais ces 11 millions n’ont servi qu’à garantir 8 millions.
- M. Christophle fait remarquer qu’on ne peut tirer aucune analogie de ce qui a été fait en 1867; car alors le capital de gaiantie s’appliquait à l’intégralité des recettes prévues.
- M. Alphand remarque que le projet de statuts fixe d’une façon invariable au cinquième le quantum de bénéfices à attribuer au capital de garantie. C’est un tort, selon lui; s’il en est ainsi, les souscripteurs auraient avantage à être aussi peu nombreux que possible. Il vaudrait mieux poser en principe que les bénéfices seront distribués proportionnellement aux mises des trois participants : État, Ville de Paris et capital de garantie.
- M. Boulanger répond que c’est une question de détail, qui n’est point liée à l’adoption de tel ou tel minimum et qui pourra être ultérieurement discutée.
- M. le Président dit que la question actuellement en discussion peut s’énoncer ainsi : veut-on ou ne veut-on pas solliciter la petite épargne? Suivant que la question sera résolue dans un sens ou dans l’autre, on adoptera ou on 'repoussera le capital réduit.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars i885. — q3.
- M. Poubelle demande quel avantage il y a à fixer un minimum pour la souscription du capital de garantie.
- M. le Président répond que plus le minimum sera restreint, moins on aura de chances d’éprouver un échec. De plus, on évite ainsi de s’adresser aux petites bourses.
- M. Alphand ajoute que la fixation d’un minimum est nécessaire pour, que les souscripteurs sachent exactement à quoi iis s’engagent.
- M. Christophle rappelle qu’en adoptant un minimum restreint on augmente les chances de perte des souscripteurs. Si, en effet, il y a sur les recettes un déficit de 10 millions et que le capital de garantie soit de même chiffre, les souscripteurs perdront entièrement leur mise; si, au contraire, le capital est de la totalité des recettes prévues , soit 24 millions, avec une même perte de 10 millions, les souscripteurs ne perdraient qu’environ les deux cinquièmes de leur argent.
- M. Magnin déclare que, bien qu’ayant voté à la précédente séance avec la minorité, il ne demande point à la Commission de revenir sur son vote.
- M. le Président exprime, au contraire, le désir que la discussion soit rouverte. Il ne remettra cependant point les conclusions de M. Boulanger aux voix, sans avoir consulté la Commission sur cette question préalable : Entend-elle revenir sur le vote précédent?
- La Commission, appelée à se prononcer sur cette question, décide que la discussion sera rouverte.
- M. Christophle dit qu’il n’a rien à ajouter aux arguments qu’il a développés à la dernière séance et auxquels s’était ralliée la majorité.
- M. Magnin rappelle pour quelles raisons il n’accepte pas que le capital de garantie doive être forcément égal au total des recettes espérées. Il n’y a qu’un risque partiel à garantir. Ce risque lui parait très largement évalué à 10 millions. En second lieu, pour arriver à obtenir 24 millions, il faudrait solliciter le grand public , recourir à la presse et s’adresser à la petite épargne. Il ne croit pas que la constitution de la Société de garantie doive être une opération financière. Il ne veut pas s’adresser au capital qui cherche une rémunération, mais seulement à celui qui accepte de coopérer bénévolement et sans espoir de bénéfice à une œuvre patriotique. En somme, M. Christophle et lui ne different pas tant sur le chiffre que sur les moyens à employer pour la souscription.
- M. le Président met aux voix les conclusions de la sous - commission tendant à la fixation d’un minimum de 10 millions.
- M. Poubelle demande si, au cas où ce minimum serait adopté, le capital serait formé par voie de souscription publique.
- M. le Président répond que la question de principe est posée, sous réserve des voies et moyens qui seront étudiés ensuite.
- M. Christophle regrette de revenir encore sur une question aussi longtemps discutée. Il croit qu’on a tort d’opposer les deux chiffres de 10 ou de 24 millons, comme entraînant des voies et moyens différents. Quel que soit le chiffre, il faudra toujours recourir à la publicité. Ce serait une illusion de penser qu’on obtiendra
- 10 millions en s’adressant uniquement à la veine patriotique. Quant aux arguments présentés sur le fond des choses , il s’est placé à divers points de vue. Il a montré d’abord l’intérêt qu’avait le gouvernement à présenter aux Chambres une opération très claire, en assurant, comme en 1867., la garantie de toutes les recettes. Il a indiqué ensuite combien les souscripteurs eux-mêmes avaient d’avantage à ce que le capital fût aussi élevé que possible. Dans la dernière séance, ajoute-t-il, on discutait pour savoir si l’on adopterait 10 ou 24 millions; mais chacun de ces chiffres était ferme. On propose aujourd’hui de dire au public qu’on acceptera tout ce qu’il donnera; mais le public ne saura plus quels risques il court, ni quels bénéfices il est en droit d’espérer.
- M. Legay demande si M. Christophle admettrait l’Etat et la Ville de Paris au partage des bénéfices.
- M. Christophle répond affirmativement. Son système est la reproduction complète de celui de 1867.
- M. Alphand pense que, si on avait 24 millions devant soi , il faudrait les prendre. Mais il est nécessaire d’agir avec prudence. Fixer le minimum à un chiffre aussi élevé que 24 millions serait s’exposer à trop de chances d’échec.
- M. Magnin fait remarquer que si le Parlement devait être inquiet, ce serait bien plutôt au sujet de la dépense qui n’est garantie par personne.
- M. Poubelle dit qu’en effet on ne garantit que ce qui ne court aucun risque et qu’on ne garantit pas ce qui est en péril.
- M. Teisserenc de Bort trouve que la discussion manque de base. Si avec les moyens qu’on se propose d’employer on peut avoir 24 millions, on les aura. Sinon, ce n’est pas parce qu’on inscrit un minimum de 24 millions dans les statuts que ce minimum sera atteint.
- M. Christophle affirme qu’il serait plus facile d’obtenir le capital intégral que le capital réduit.
- 11 est indispensable au succès de toutes souscriptions que les souscripteurs puissent mesurer les chances de leur argent.
- Après une dernière observation de M. Dietz-
- Monnin, les conclusions de la sous-commission sont adoptées.
- M. Boulanger reprend la lecture du projet de statuts.
- Après une courte discussion, à laquelle prennent part MM. Couderc, Clavery et Boulanger, M. Cochery propose de modifier l’article ier de façon à indiquer que la Société garantit les recettes jusqu’il concurrence du capital souscrit qui ne peut être inférieur à 10 millions.
- Cette proposition est adoptée.
- Après une observation de M. Poubelle, la Commission adopte 1,000 francs , comme chiffre des parts.
- Sur la proposition de M. Magnin, elle porte à 5 % du capital souscrit, soit à 5o francs le chiffre du premier versement fixé seulement à 20 francs par la sous-commission.
- M. Boulanger fait remarquer que l’article 2 du projet de statuts devient inutile, après l’adoption de l’amendement de M. Cochery.
- L’article 2 est supprimé.
- A propos de l’article 3, M. Christophle rappelle qu’en 1867, les recettes étaient abandonnées au capital de garantie en ce sens que chaque recette le déchargeait d’autant. Il lui semble difficile d’employer pour 1889 la même rédaction qu’en 1867, puisque le système est tout différent. D’après les précédents votes de la Commission, en effet, les recettes tombent dans la caisse de l’Etat jusqu’à la somme où commence le jeu du capital de garantie.
- M. Poubelle ajoute que la rédaction devrait mieux indiquer qu’il ne sera fait appel au capital de garantie qu’après la totalité des recettes épuisées.
- Après une observation de M. Legay, l’article est adopté avec la modification proposée par M. Poubelle.
- A propos de l’article 4, M. Alphandfa.it observer que la Commission ayant admis la distribution des bénéfices proportionnellement aux mises, plus le capital de garantie sera élevé, plus les bénéfices de l’Etat et de la Ville seront réduits. Il ne croit pas, cependant, qu’il faille s’arrêter à cette considération , l’élévation du capital de garantie devant produire un grand effet moral.
- M. Legay ne trouve pas logique la répartition des bénéfices proportionnelle aux mises. L’Etat et la Ville engagent un capital dans lequel elles ne rentreront pas. La Société de garantie sera, au contraire, entièrement remboursée et elle aura des bénéfices égaux à ceux des deux co-participants qui abandonnent leur mise. Il propose de n’attribuer à la Société que des bénéfices proportionnels au capital versé.
- M. Boulanger fait remarquer que, si les souscripteurs ne versent que 5o francs , ils s’engagent pour 1,000 francs.
- M. Legay répond qu’on a maintes fois répété à la Commission que cet engagement n’était pas sérieux et que le capital de garantie n’apportait qu’un concours purement moral.
- M. Teisserenc de Bort estime qu’on a tort de dire que le rôle du capital de garantie est purement moral. Le contrôle des capitalistes intéressés tendra à l’augmentation des recettes et à la diminution des dépenses d’exploitation.
- M. Christophle pense que si on demandait aux souscripteurs un premier versement plus considérable , on serait mieux à l’aise pour fixer la répartition des bénéfices.
- M. Teisserenc de Bort trouve que si la répartition des bénéfices proportionnelle aux mises n’est pas juste, c’est en ce qu’elle avantage trop la Ville de Paris, qui fait un sacrifice limité et doit profiter, d’ailleurs, d’une foule de bénéfices indirects.
- M. Poubelle répond que la Ville abandonne une somme considérable dont elle ne demande point le remboursement, mais dont il est équitable qu’elle ait la rémunération.
- M. Alphand ajoute que l’Etat a intérêt à obtenir de la Ville une subvention aussi élevée que possible. Le Conseil municipal refuserait son vote, si on faisait à la Ville une part dans les bénéfices inférieure à celle de l’État.
- M. DietyMonnin propose de ne répartir que 10 % des bénéfices entre les trois participants, le reste devant être affecté à une œuvre nationale.
- M. le Président rappelle que les statuts de la Société de garantie qui a fonctionné à l’Exposition d’électricité de Paris contenaient un article analogue à celui que propose M. Dietz-Monnin.
- M. Cochery dit qu’en effet les bénéfices de cette exposition ont été réservés pour l’établissement d’un laboratoire d’électricité.
- M. Poubelle craint que l’adoption de la proposition de M. Dietz-Monnin ne compromette le succès de la souscription.
- M. le Président met aux voix la proposition de M. Dietz-Monnin; elle est rejetée.
- M. Cochery propose de n’attribuer que le cinquième des bénéfices au capital de garantie, à quelque chiffre que ce capital s’élève.
- Cette proposition est également rejetée.
- M. le Président met ensuite aux voies le principe de la répartition des bénéfices proportionnellement aux mises.
- Ce principe est adopté.
- Les autres articles du projet de statuts sont successivement mis aux voix et adoptés.
- La séance est ensuite levée à onze heures quarante-cinq minutes.
- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- Séance du lundi 46 Mars 1885
- exposition de meunerie et de boulangerie
- AUX CHAMPS-ELYSÉES
- M. Hattat. — Messieurs, un comité, dont la composition offre toutes garanties , s’est formé pourorganiserà Paris une exposition internationale de meunerie et de boulangerie, et il demande , à cet effet, à l’Administration, l’autorisation d’occuper, pendant les mois de,mars, avril, mai et juin, 1a, portion des Champs-Élysées qui s’étend derrière le Palais de l’Industrie jusqu’à l’avenue d’Antin, le pavillon de la Ville de Paris et le jardin du concert Besselièvre exceptés.
- L’amélioration de notre outillage de meunerie et de boulangerie est une question du plus haut intérêt à laquelle la ville de Paris ne saurait rester indifférente.
- M. le préfet nous soumet la demande du comité de l’exposition. La Commission vous propose de l’accueillir favorablement; maintes fois le Conseil a accordé des emplacements pour des expositions qui n’offraient ni la même utilité, ni le même intérêt que celle-ci.
- M. Curé. •— Je ne m’oppose pas au projet d’installation aux Champs-Élysées d’une exposition de meunerie. Mais je ferai remarquer que la Société d’horticulture doit installer cette année , aux Champs-Élysées, une exposition des plus importantes. Je demande à l’Administration de faire en sorte que cette exposition ait la place nécessaire et ne soit pas entravée par l’exposition de meunerie. Voilà la réserve que je veux faire.
- M. Strauss. — Parfaitement.
- M. le rapporteur. — La Commission s’est entendue à ce sujet avec. l’Administration et je puis affirmer que l’exposition d’horticulture ne sera nullement entravée par l’exposition de meunerie.
- M. Curé. —Je prends acte de cette déclaration.
- M. Marius Martin. — Les expositions d’horticulture et de meunerie auront pour résultat d’occuper pendant un certain temps une partie importante des Champs-Élysées. Je ne m’oppose pas au projet qui nous est présenté, mais je demande que la durée d’occupation des terrains soit abrégée le plus possible et que, pour ce, l’on fasse diligence dans l’installation et dans la démolition des matériaux. Je demande aussi que l’exposition de meunerie soit faite dans des conditions de nature à ne pas nuire à la décoration du quartier.
- M. Armengaud. — L’exposition de meunerie aux Champs-Élysées est des plus intéressantes et présente, en outre, cet avantage d’arriver à son heure, c’est-à-dire au moment où se pose la question du prix du pain et aussi celle de savoir si l’industrie française peut lutter avec l’industrie étrangère, en ce qui concerne la mouture du blé. Cette exposition de meunerie comporte aussi une annexe pour la boulangerie, dans laquelle seront présentés les différents progrès apportés dans le pétrissage et dans la cuisson, ce qui permettra aux boulangers de se rendre compte de la possibilité de substituer les procédés mécaniques au travail manuel dans leur industrie.
- Cette exposition offrira donc le tableau des diverses transformations que subit le blé pour devenir du pain. Enfin, elle est internationale, afin de permettre aux procédés étrangers, malheureusement trop peu connus chez nous, d’être comparés aux nôtres. Elle durera de deux mois et demi à trois mois ; elle ne peut durer moins, après avoir nécessité de grands travaux d’installation pour rétablissement des _ spécimens du matériel de minoterie qui fonctionneront sous les yeux des visiteurs.
- Mais, pour donner satisfaction à M. Marius Martin, je suis autorisé à dire,* au nom du comité de patronage de cette exposition, que , dès à présent, on s’occupe d’embellir par des décorations bien choisies les bâtiments qui sont édifiés en vue de l’exposition et qui doivent être, d’ailleurs, purement provisoires. Enfin, j’ajoute que les travaux de démolition ne dureront pas plus de quinze jours.
- M. Marius Martin. —Je prends acte des paroles de notre collègue me donnant l’assurance que les constructions disgracieuses qui s’élèvent actuellement seront embellies. Il est bon de vous faire remarquer aussi que l’on nous consulte un peu tard sur l’approbation à donner à cette exposition, car, comme je viens de le dire, les bâtiments sont en cours d’exécution.
- Les conclusions de la Commission sont adoptées.
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- 94 et q5. — Première Année — N° 12.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE
- Dimanche 22 Mars i885.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- SECTION FRANÇAISE
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- DE M. COURTOIS-SUFFITj ARCHITECTE.
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- PAVILLON D’EXPOSITION
- de la Chambre des Entrepreneurs de couverture et plomberie, édifié sur les dessins de M. Oct. Courtois-Suffit, architecte de la section française; travail éxécuté
- au marteau, sans pièces estampées ni fondues, dans les ateliers de la maison Coutelier
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- 96. — Première Année. — N° 12.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Mars i885.
- EXPOSITION D’ANVERS
- RAPPORT
- AU PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Paris, le 29 mai 1884.
- Monsieur le Président,
- M. le chargé d’affaires de Belgique à Paris vient d’informer le Gouvernement de la République que s’ouvrirait à Anvers, le 2 mai 1885, une Exposition universelle placée sous le haut patronage de S. M. Léopold II, et lui a remis l’invitation officielle d’y prendre part.
- Ilconvient, selon nous, monsieurle Président, que la France réponde au désir qui lui a été exprimé et qu’elle n’épargne pas ses efforts pour tenir un rang digne d’elle dans ce premier grand concours auquel l’a conviée une nation voisine et amie ; les liens de mutuelle sympathie qui unissent les deux peuples ne peuvent que s’en trouver encore resserrés.
- Ce n’est pas, d’ailleurs, en ce moment, que nous devons laisser échapper une occasion d’affirmer, à l’étranger, notre énergie commerciale et industrielle, surtout lorsque cette occasion nous est offerte dans cette cité d’Anvers, la rivale de nos ports de la Manche, qui a pris, depuis ces dernières années, un si grand développement et qui est en relations constantes avec le monde entier.
- Si telle est également votre pensée, monsieur le Président, je vous prierais, mon département ayant dans ses attributions la représentation collective des intérêts français dans les Expositions universelles, de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret ci-joint. Aux termes de ce projet, une commission sera chargée de rechercher les moyens de faciliter la participation de nos nationaux à l’Exposition d’Anvers; un commissaire général représenterait le Gouvernement de la République auprès du Comité exécutif de l’Exposition et prendrait toutes les mesures d’administration nécessaires à l’organisation de la section française.
- Je vous prie d’agréer, monsieurle Président, l’assurance de mon profond respect,
- Le ministre du commerce,
- Ch. Hérisson.
- DECRET CONFORME
- Le Président de la République française, sur le rapport du ministre du commerce,
- Décrète :
- Article premier. — Une commission de 36 membres , nommée par le ministre du commerce, sera chargée de rechercher les moyens de faciliter la participation des commerçants’ et des industriels français à l’Exposition universelle d’Anvers.
- Art. 2. — Un commissaire général, placé sous le contrôle et l’autorité du ministre du commerce, représentera le Gouvernement de la République auprès du Comité exécutif de l’Exposition et prendra toutes les mesures d’administration nécessaires à l’organisation de la section française.
- Fait à Paris, le 29 mai 1884.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République, '
- Le ministre du commerce,
- Ch. Hérisson.
- DECRET
- PORTANT NOMINATION DE LA COMMISSION FRANÇAISE A L’EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- Le ministre du commerce,
- Vu le décret en date du 29 mai 1884, relatif à la participation du Gouvernement de la République française à l’Exposition universelle d’Anvers ;
- Arrête :
- Article premier. — La Commission chargée de rechercher les moyens de faciliter la participation de la.France à l’Exposition universelle d’Anvers se réunira sous la présidence du ministre du commerce.
- Art. 2. — Sont nommés vice-présidents de ladite commission.
- MM. Teisserenc de Bort, Dietz-Monnin.
- Sont nommés membres :
- MM.
- Claude.
- Edouard Millaud. Antonin Proust. Hervé-Mangon. Dautresme.
- Dureau de Vaulcomte.
- MM.
- Barbedienne.
- Berger.
- Bessand.
- Bouilhet.
- Delesalle.
- Dehayes.
- MM.
- Lalande.
- Georges Choquet. Clavery. Tisserand. Charmes.
- Georges Cochery. Marie.
- Nicolas.
- Jacquemart.
- Crodet.
- Armengaud.
- MM.
- Cyprien Favre.
- Hiélard.
- Jourde.
- Ernest Lévy. Henri May. Edgar Monteil. Mourceau.
- PoiRRIER.
- Rondet.
- Sévène.
- Vée.
- Art. .3. — M. Halphen, ingénieur civil, remplira les fonctions de secrétaire de la Commission.
- Fait à Paris, le 4 juin 1884.
- Ch. Hérisson.
- Sous-Commission présidée par M. Dietz-Monnin
- MM.
- Antonin Proust.
- Hervé-Mangon.
- Armengaud.
- Barbedienne.
- Berger.
- Bessand.
- Bouilhet.
- Ernest Lévy. Henri May.
- MM.
- Edgar Monteil.
- Mourceau.
- Rodanet,
- Vée.
- Robcis Borgiiers, Cre Gal.
- Monthiers, rep. de l’Exposition industrielle et commerciale.
- APPEL
- adressé par le ministre du commerce aux
- PRÉSIDENTS DES CHAMBRES DE COMMERCE, DES
- chambres syndicales et des chambres consultatives DES ARTS ET MANUFACTURES.
- Paris, Ier juillet 1884.
- Monsieur le Président,
- J’ai déjà eu l’honneur de vous informer par ma lettre du 3i mai dernier qu’il devait s’ouvrir à Anvers, le 2 mai 1885, une Exposition universelle, sous le haut patronage de S. M. le Roi Léopold II; que le Gouvernement de la République française avait nommé un Commissaire général pour être le représentant des intérêts français et l’intermédiaire des exposants auprès du Comité belge ; qu’une Commission allait être instituée près de moi pour étudier les moyens de faciliter la participation de nos nationaux à cette Exposition.
- Les travaux de la Commission, les études et les démarches du Commissaire général ont enfin abouti à un résultat, et je puis vous annoncer que, grâce à l’active intervention du Gouvernement, grâce aux sacrifices qu’il s’est décidé à demander au Parlement, les tarifs d’emplacement qui sont offerts aux exposants ont pu être ramenés à un taux sensiblement inférieur à ceux d’Amsterdam etnotablement inférieur à ceux du règlement belge qui ont pu être portés à votre connaissance.
- Je n’insisterai pas de nouveau, après l’avoir fait dans ma lettre du 3i mai, sur l’intérêt qu’il y a pour la France à paraître brillamment et sérieusement à cette Exposition, et je ne répéterai pas ce que j’écrivais alors au sujet du concours sur lequel je compte de la part de votre Chambre pour provoquer les adhésions et susciter les bonnes volontés.
- Vous voudrez bien prendre connaissance du tarif, du règlement, des formules de demandes d’admission et de catalogue, de la circulaire que j’adresse aux exposants. Tous ces imprimés sont réunis en paquets destinés à être remis aux industriels, fabricants, producteurs de tout ordre que vous croirez capables d’apporter un concours utile à l’Exposition d’Anvers. .
- J’appelle particulièrement votre attention sur l’article 9 du Règlement général qui fixe le délai d’envoi des demandes d’admission.
- Pour toutes les demandes de renseignements qui pourront vous être utiles, vous voudrez bien vous adressera M. le commissaire général Choquet, au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain.
- Je vous serai reconnaissant de me rendre compte de ce que vous aurez fait en vue de provoquer les adhésions à l’Exposition d’Anvers.
- Recevez, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le ministre du commerce,
- Ch. Hérisson.
- CIRCULAIRE
- adressée par le commissaire général de la
- RÉPUBLIQUE, AUX INDUSTRIELS ET PRODUCTEURS FRANÇAIS.
- Ier juillet 1884.
- Monsieur,
- Vous savez sans doute déjà, par les renseignements qui ont paru au Journal officiel, qu’une Exposition universelle s’ouvrira à Anvers le 2 mai
- 1885 , qu’un Commissaire général a été nommé pour représenter les intérêts et les exposants français, qu’une Commission a été instituée près du ministre du commerce pour faciliter la participation de nos nationaux à cette Exposition.
- Au nom de M. le ministre du commerce et au nom de cette Commission, je viens faire appel au concours de votre maison, qui se classe, par son honorabilité et par sa notoriété, au nombre de celles que nous serions heureux de voir figurer dans la section française de l’Exposition d’Anvers.
- Je n’ai pas besoin d’attirer votre attention sur l’intérêt que présente, pour lesfabricants, industriels et producteurs français, l’envoi de leurs produits dans un pays aussi commerçant que la Belgique, au premier concours ouvert par ce pays aux nations du monde entier. Cet intérêt paraît d’autant plus grand pour nous, au moment où la France se livre à un mouvement d’expansion coloniale, et où la concurrence continentale devient de jour en jour plus âpre, que le lieu même où se tiendra l’Exposition est un port d’importation et d’exportation d’une importance exceptionnelle, qui peut, par ses relations avec le monde entier, offrir à nos produits de nouveaux débouchés. Il ne faut pas oublier enfin que, si meme de nouveaux avantages immédiats ne pouvaient pas être espérés de cette Exposition, nous devrions encore y prendre une part active et brillante pour garder notre situation et nous maintenir dans les avantages acquis.
- Vous verrez d’ailleurs que, grâce à l’active intervention du Gouvernement français et grâce aux sacrifices qu’il s’est décidé à demander au Parlement, les tarifs d’emplacement qui vous sont offerts sont sensiblement inférieurs à ceux qui ont été payés à la dernière exposition d’Amsterdam , et notablement inférieurs à ceux que porte le règlement belge et qui ont pu venir à notre connaissance. Les facilités de transport et de manutention que procurera aux exposants l’usage, qui leur est assuré, des voies ferrées pénétrant dans l’Exposition, entraîneront d’ailleurs une diminution dans les frais généraux.
- Si vous avez, ainsi que je l’espère, l’intention de prendre . part à cette nouvelle et importante solennité internationale , j’appellerai particulièrement votre attention sur l’article 9 du règlement ci-inclus _ qui fixe le délai d’envoi des demandes d’admission, et sur l’article 11 qui insiste sur la nécessité de formuler très complètement et très exactement les termes de votre demande dans chacun des compartiments spéciaux du bulletin.
- Il est enfin de votre intérêt de ne pas oublier de remplir très complètement et de me retourner avec votre demande l’annexe n° 2 destinée à la. rédaction du catalogue officiel.
- En terminant, il est un point sur lequel je crois utile.d’attirer vos réflexions : la France est habituée à briller , dans toutes les expositions auxquelles elle prend part, par la valeur artistique, par la richesse, par l’éclat, par le bon goût de ses produits. Elle jouit à ce sujet d’une supériorité qu’il importe à sa gloire et à ses intérêts de garder. Mais peut-être les fabricants français négligent-ils trop d’exposer des produits d’aspect plus modeste, d’un prix moins cher, mais de qualité solide cependant et de consommation courante, qui sont souvent ceux qui donnent lieu aux transactions les plus nombreuses et aux affaires les plus fructueuses. Vous apprécierez s il ne convient pas de donner à notre Exposition un caractère positif et pratique, sans rien lui ôter de son caractère d’élégance, de goût et de richesse.
- Pour tous les renseignements dont vous pourrez avoir besoin, je vous prie de vous adresser, par envois affranchis, au Commissaire général de la République française à l’Exposition"d’Anvers, au ministère du commerce, 24 p , boulevard Saint-Germain , à Paris.
- Veuillez, agréer. Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le Commissaire général de la République française à l’Exposition universelle d’Anvers,
- Choquet.-
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- DE LA SECTION FRANÇAISE
- TITRE I.— Dispositions générales
- Art. 1. Sous le haut patronage de S. M. le roi des Belges, une Exposition universelle et internationale s’ouvrira à Anvers le 2 mai 1885. Elle aura une durée minima de cinq mois.
- L’Exposition comprend :
- jrc Section. Enseignement, arts libéraux, mobilier et accessoires, tissus, vêtement et accessoires.
- 2e Section. Industries diverses.
- 3e Section. Commerce d’importation, navigation, sauvetage, pêche et pisciculture.
- 4e Section. Electricité.
- 5e Section. Agriculture, horticulture, etc.
- Les produits exposés seront répartis dans ces diverses sections en groupes, classes et sous-classes, conformément au système de la classification
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- Première Année — N° 12.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars 1883.
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- générale’ annexée au présent règlement (annexe n° 1).
- Art. 2. Les enceintes de l’Exposition sont constituées en entrepôt réel des douanes.
- Art. 3. Les mesures nécessaires sont prises par le Gouvernement belge pour protéger les inventions susceptibles d’être brevetées, les dessins ou modèles industriels, ainsi que les - marques de commerce ou de fabrique qui figureront à l’Exposition. En conséquence, aucun produit ni objet quel qu’il soit, figurant à l’Exposition, ne pourra être dessiné, copié ou reproduit sous une forme quelconque, sans l’autorisation spéciale de l’exposant, visée par le Commissaire général français.
- Art. 4. Conformément au règlement général de l’Exposition, le Comité exécutif belge prend des mesures pour garantir de toute avarie les produits exposés ; mais il n’est en aucune façon responsable des accidents, incendies, dégâts ou dommages dont ils auraient à 'souffrir, qu’elle qu’en soit la cause ou l’importance. Il laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits directement et à leurs frais.
- Indépendamment des mesures de surveillance et de police générale , le Commissaire général français fera surveiller par un personnel spécial les produits'exposés dans la Section française. Il ne sera nullement responsable des vols et détournements qui pourraient être commis.
- Art. 5. Aucun produit exposé ne pourra être retiré avant la clôture de l’Exposition, sans l’autorisation du Commissaire général. Il en sera de même des produits vendus, qui ne pourront être livrés avant cette date, à moins d’être immédiatement remplacés par des produits identiques. Les articles de vente courante, confectionnés ou non sur une place, pourront être livrés sur-le-champ, mais sous les mêmes conditions et moyennant une taxe spéciale à convenir entre le Comité exécutif belge, sauf assentiment et ratification du Commissaire général français.
- Les exposants français, sur le bulletin de leur demande d’admission, s’engagent formellement à observer ces deux clauses.
- Art. 6. Une carte d’entrée gratuite sera délivrée à chaque exposant ou représentant de la raison sociale exposante. Cette carte est strictement personnelle et sera retirée s’il est constaté qu’elle a été prêtée ou cédée, le tout sans préjudice des poursuites de droit.
- Cette carte sera signée par l’exposant; elle portera sa photographie et le numéro du groupe et de la classe à laquelle il appartient. Elle sera, en outre, frappée du timbre du Comité exécutif belge.
- Art. 7. Une Commission française a été instituée • par arrêté ministériel du 4 juin 1884, pour faciliter la participation du commerce et de l’industrie nationale à l’Exposition universelle d’Anvers.
- Art. 8. Tous les rapports entre les exposants et le Comité exécutif beige doivent avoir lieu par l’entremise du Commissariat français.
- TITRE IL —• Admission.
- Art. 9. Tous les exposants de France et des colonies, à quelque section qu’ils appartiennent, qui désirent prendre part à l’Exposition universelle d’Anvers, sont invités à faire parvenir leur demande d’admission, pour la France, avant le i5 novembre 1884; pour les colonies, avant le ier décembre 1884.
- Ces demandes, formulées sur un bulletin du modèle ci-joint, doivent être adressées à M. le Commissaire général de la République française à l’Exposition universelle d’Anvers, au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Art. 10. Sont , exclues de l’Exposition, conformément au règlement général belge, les matières détonantes, fulminantes, et en général toute matière dangereuse.
- Ne seront admis que dans des vases solides, appropriés et de dimension restreinte : les alcools et esprits, les huiles et essences, les matières corrosives et généralement tous les corps qui peuvent altérer les autres produits ou incommoder le public.
- Les amorces, pièces d’artifice, allumettes chimiques et objets analogues ne seront admis qu’à l’état d’imitation et sans aucune addition de matière inflammable.
- Les exposants de matières insalubres ou de produits incommodes devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites.
- Le Commissaire général de la République française se réserve le droit absolu de faire enlever d’office, de la section, les produits de toutes provenances qui, par leur nature ou par leur aspect, lui paraîtront nuisibles ou incompatibles avec le but ou les convenances de l’Exposition.
- Art. 11. Les demandes d’admission devront indiquer très lisiblement et in extenso les noms prénoms, raison sociale et adresse de leurs signataires.
- Elles devront renfermer des indications en • réponse à toutes les questions du formulaire, et être accompagnées, chaque fois qu’il sera nécessaire, d’un croquis explicatif de l’installation, projetée par l’exposant.
- En raison de l’importance qu’il y à être très nettement renseigné sur tous les points prévus par ce formulaire, tout bulletin de demande incomplètement rempli ou insuffisamment clair sera, par cela même et pour plus ample information, retourné à son signataire.
- Art. 12. Aucun exposant de produits français n’est admis à exposer en dehors de la Section française.
- La Commission française nommée par l’arrêté du 4 juin 1884, et les Comités d’admission qui pourront lui être adjoints statueront en dernier ressort sur l’admission ou le rejet des demandes.
- Un certificat d’admission provisoire sera envoyé à l’exposant aussitôt que son admission aura été décidée.
- Le certificat d’admission définitif lui sera adressé ultérieurement et en temps utile, portant mention exacte de l’espace et de l’emplacement qui lui aura été définitivement attribué, ainsi que du montant de sa redevance pour valeur dudit emplacement, établi conformément au tarif général ci-annexé.
- Art. i3. Les droits afférents à la concession des espaces attribués aux exposants français dans l’enceinte de l’Exposition seront recouvrés directement par la société organisatrice de l’Exposition d’Anvers, sur les indications et d’après les états transmis au Comité exécutif belge par M. le Commissaire général de la République française. Ces redevances seront exigibles en deux termes, par moitié, le premier au i5 novembre 1884, le second au i5 mars 1885.
- L’envoi du certificat d’admission provisoire précédera la première de ces dates, et l’envoi du certificat définitif, la seconde.
- TITRE III. — Installation
- Art. 14. Les exposants admis recevront en temps utile les pièces nécessaires pour les expéditions de leurs produits et de leur matériel d’installation. Ils devront se conformer aux délais d’envoi qui leur seront officiellement indiqués.
- Art. i5. Les exposants ont à leur charge :
- i° Les frais de transport et de manutention depuis leur domicile jusqu’à l’emplacement qui leur est désigné dans l’enceinte de l’Exposition ;
- 20 Les. frais de leur installation particulière ;
- 3° L’emmagasinage et la conservation des caisses vides ;
- 4° Les frais de retour.
- En ce qui concerne les frais de transport, àTaller comme au retour, les exposants bénéficieront de toutes les réductions qui pourront être obtenues tant des compagnies de chemin de fer que de la part des agents de transport et de manutention.
- Art. 16. Le Commissariat français se réserve de faire modifier, aux frais de l’exposant, toute installation particulière dont l’aspect serait de nature à nuire à l’effet d’ensemble de la décoration générale.
- Art. 17. Les planchers des halles sont désignés cemme pouvant supporter un poids de 5oo kilogrammes et même, dans certaines parties, de i,5oo kilogrammes par mètre carré. Ils ne pourront être modifiés, déplacés ou consolidés, pour les besoins de' l’installation, que d’accord avec le Comité exécutif belge et aux frais des exposants.
- Les cloisons établies suivant le croquis ci-joint (annexe n° 3, au bas de la page) seront fournies gratuitement aux exposants.
- Les exposants seront responsables des dommages que leurs installations apporteraient aux planchers, cloisons, etc., dont ils auront l’usage.
- Art. 18. Les exposants qui auraient besoin de vapeur, d’eau ou de gaz, déclareront, sur les bulletins de demande d’admission, la quantité de vapeur, d’eau, de gaz, qui leur est nécessaire par heure. Ceux qui auraient besoin de force motrice indiqueront quelle sera la vitesse de leurs appareils et la force dont ils voudront disposer. La force motrice sera concédée dans la galerie des machines d’après un tarif spécial ; elle sera prise sur l’arbre de couche de la transmission générale. L’établissement de toutes les transmissions intermédiaires, ainsi que les fondations et tous frais d’installation particulière, resteront à la charge de l’exposant. La vapeur, l’eau, le gaz, seront fournis aux conditions du tarif réglant cet objet.
- Un règlement spécial détermine les conditions relatives àT’intallation et à la marche des machines.
- Il sera envoyé aux exposants qui en feront la demande.
- TITRE IV. — Catalogue. — Jury
- Art. 19. Un catalogue général officiel sera publié parles soins du Comité exécutif belge. Tous les renseignements nécessaires à la rédaction de ce catalogue seront fournis par les exposants,sous leur responsabilité.
- A cet effet, une formule'spéciale est jointe au présent règlement (annexe n° 2). Cette formule devra être remplie et retournée en même temps que la demande d’admission.
- Art. 20. Il sera institué un jury international. Ce jury fonctionnera le plus tôt possible après l’r .iverture de l’Exposition. !
- Les récompenses consisteront en : diplômes d’honneur, de médaille d’or, de médaille d’argent, de médaille ue bronze et de mention honorable.
- Une médaille de bronze accompagnera chaque diplôme.
- La distribution des récompenses aura Heu avant la clôture de l’Exposition. Le plus grand éclat seia donné à cette solennité, et la plus grande publicité au programme des récompenses.
- Art. 21. Les exposants seront invités à indiquer le prix marchand des objets exposés, autant pour renseigner le visiteur que pour faciliter le travail appréciateur du jury.
- Art. 22. Des règlements ultérieurs détermineront en temps utile les modes d’envoi, de réception, de manutention, d’installation et de réexpédition des produits, le mode de formation et de fonctionnement du jury international des récompenses, ainsi que le régime des entrées dans l’Exposition.
- Art. 2 3. Les exposants français, en acceptant ladite qualité d’exposant, déclarent adhérer aux dispositions du présent règlement général, à celles des règlements spéciaux et aux mesures d’ordie qui pourraient être ultérieurement promulguées.
- Art. 24. Toutes les communications relatives à l’Exposition universelle et internationale d’Anvers, toutes demandes de renseignements et offres de service doivent être adressées à M. le commissaire général de la République française, au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain,
- 40 fr.
- 40
- 10
- 10
- 80
- 20 3o
- i oute traction ue métré sera soiuee comme mètre entier.
- Les droits de ce tarif sont recouvrables par la Société de l’Exposition d’Anvers et exigibles en deux termes, par moitié le i5 novembre 1884 et le 1 5 mars 188 5.
- Le non-payement d’un des mandats entraîne la déchéance du titre d’exposant et des droits y afférents. Les sommes déjà perçues restent acquises à l’entreprise à titre de dommages et intérêts sans formalité judiciaire ou extrajudiciaire.
- Aucune taxe supplémentaire ne pourra être perçue en dehors de celles prévues par le règlement général de la Section, française.
- a fans.
- Tarifs des emplacements dans la
- SECTION FRANÇAISE.
- Oh
- Q
- Le mètre de façade (si la profondeur ne dépasse pas 1 mètre).. |Le mètre carré de surface (si la profondeur dépasse 1 mètre)... 'Pour un ou deux retours vitrés, en ; s \ plus par mètre courant de façade. s iLes surfaces murales au-dessus d’un niveau de 3 mètres seront taxées à raison de (le mètre
- courant)....................
- Emplacements isolés (le mètre carré de surface horizontale)..........
- Nota. — Des salons dont la dimension minima est de 25 mètres carrés (5 mètres de façade sur 4 mètres de profondeur) peuvent être mis à la disposition des exposants en bordure sur les grandes galeries. —Notifier sur. la demande d’admission (quatrième colonne) si l'exposant désire un ou plusieurs de ces salons.
- En plein air ou dans les bassins maritimes (le .mètre carré de surface)............
- Sous les auvents annexes (le mètre carré de surface ou le mètre de façade)........
- Avis essentiel. — Il ne sera mis à la disposition des exposants admis que les emplacements et les installations stipulés dans le certificat d’admission.
- Toute demande complémentaire et postérieure sera rigoureusement rejetée.
- LES DEMANDES SERONT REDUITES AU PRORATA DE LA SURFACE TOTALE DISPONIBLE.
- Fait à Paris, le Ier juillet 1884.
- Vil et approuvé :
- Le ministre du commerce,
- Ch. Hérisson.
- Le commissaire général de la République française,
- Choquet.
- SYSTÈME DE CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- PREMIÈRE SECTION
- Enseignement. — Arts libéraux. — Mobilier et accessoires. Tissus. — Vêtements et accessoires.
- PREMIER GROUPE
- éducation et enseignement. — matériel et
- PROCÉDÉS DES ARTS LIBÉRAUX.
- Classe i. — Education de l’enfant. — Enseignement prunaire. — Enseignement des adultes.
- Classe 2. — Organisation et Matériel de l’Enseignement secondaire.
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- g8. — Première Année.
- N° 12.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanghe 22 Mars 188 5.
- Classe 3. — Organisation, méthodes et matériel de l’Enseignement supérieur.
- Classe 4. — Imprimerie et librairie.
- Classe 5. — Papeterie, reliures ; matériel des arts, de la peinture et du dessin.
- Classe 6. — Application usuelle des arts du dessin et de la plastique.
- Classe 7. — Epreuves et appareils de photographie.
- Classe 8. — Instruments de musique.
- Classe 9. — Médecine, hygiène et assistance publiques.
- Classe 10. — Instruments de précision.
- Classe ii. — Cartes et appareils de géographie et de cosmographie.
- DEUXIÈME GROUPE
- MOBILIER ET ACCESSOIRES.
- Classe 12. — Meubles à bon marché et meubles de luxe. — Objets sculptés.
- Classe i3. — Ouvrages du tapissier et du décorateur.
- Classe 14. — Cristaux, verreries et vitraux.
- Classe 1 5. — Céramique. _
- Classe 16. — Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement.
- Classe 17. —Papiers peints.
- Classe 18. — Coutellerie.
- Classe 19. — Orfèvrerie.
- Classe 20. — Bronqes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés.
- Classe 21. —Horlogerie.
- Classe 22. — Appareils et procédés de chauffage et d’éclairage.
- Classe 2'j. —Parfumerie.
- Classe 24. — Maroquinerie, tabletterie et vannerie.
- TROISIÈME GROUPE tissus, vêtements et accessoires.
- Classe 2 5. — Fils de tissus de coton.
- Classe 26. — Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- Classe 27. — Fils et tissus de laine peignée.
- Classe 28. — Fils et tissus de laine cardée.
- Classe 29. — Soie et tissus de soie.
- Classe 3o. — Châles.
- Classe 31. — Dentelles, tulles, broderies et passementeries.
- Classe 32. — Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du vêtement.
- Classe 33. — Habillement des deux sexes.
- Classe 34. — Joaillerie et bijouterie.
- Classe 35. — Armes portatives, armes de luxe et de chasse.
- Classe 36. — Objets de voyage et de campement.
- Classe 3j. — Bimbeloterie,
- DEUXIÈME SECTION
- Industrie
- QUATRIÈME GROUPE
- NDUSTRIES EXTRACTIVES. PRODUITS BRUTS ET OUVRÉS.
- Classe 38. — Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Classe 39. — Produits des exploitations et des industries forestières.
- Classe 40. — Produits de la chasse. Produits, engins et instruments des cueillettes, etc.
- Classe 41. — Produits agricoles non alimentaires.
- Classe 42. — Produits chimiques et pharmaceutiques.
- Classe 43. — Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d’impression et d’apprêt.
- Classe 44. — Cuirs et peaux.
- CINQUIÈME GROUPE
- OUTILLAGE ET PROCÉDÉS DES INDUSTRIES MECANIQUES.
- Classe 45. — Matériel et procédés de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Classe 46. — Matériels et procédés des exploi-tations, rurales et forestières.
- Classe 47. — Matériel et procédés des usines agricoles, et des industries alimentaires._
- Classe 48. — Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- Classe 49. — Machines et appareils de la mécanique générale.
- Classe 5o. — Machines-outils.
- Classe 5i. — Matériel et procédés du filage et de la corderie.
- Classe 62. — Matériel et procédés du tissage.
- Classe 53. — Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements.
- Classe 54. — Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation.
- Classe 55. — Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- Classe 56. — Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux.
- Classe 57. — Carrosserie et charronnage.
- Classe 58. — Bourrellerie et sellerie.
- Classe 59. — Matériel des chemins de fer.
- Classe 60. — Transmission optique ou pneumatique de signaux.
- Classe 61. — Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- Classe 62. — Matériel et procédés de l’art înilitaire.
- SIXIÈME GROUPE produits alimentaires.
- Classe 63. — Céréales, produits farineux avec leurs dérivés.
- Classe 64. —Produits de la boulangerie et de la pâtisserie.
- Classe 65. — Corps gras alimentaires, laitages et œufs.
- Classe 66. — Viandes et poissons.
- Classe 67. — Légumes et fruits.
- Classe 68. — Condiments et stimulants ; sucres et produits de la confiserie.
- Classe 69. — Boissons fermentées.
- TROISIÈME SECTION
- Navigation et Sauvetage. — Pêche et Pisciculture.
- Commerce d’importation et d’exportation.
- SEPTIEME GROUPE
- NAVIGATION ET SAUVETAGE.
- Classe 70. — Bâtiments de tous genres. — Matériel, etc.
- Classe 71. — Sauvetage maritime. — Eclairage et balisage des côtes.
- Classe 72. — Sauvetage pour incendies et autres accidents.
- HUITIÈME GROUPE
- PÊCHE ET PISCICULTURE
- Classe 73. — Bateaux et matériel de pêche.
- Classe 74. — Pêche en eau douce.
- Classe 75. — Conditions économiques des pêcheurs.
- Classe 76. -— Commerce et économie.
- Classe 77. — Eaux douces et eaux salées.
- Classe 78. — Histoire et Bibliographie.
- I. Histoire naturelle. — Aquariums.
- IL Pêche. - Législation. - Commerce.
- NEUVIÈME GROUPE
- commerce d’importation et d’exportation. -------
- ARTICLES d’exportation A l’üSAGE DES INDIGÈNES
- DES PAYS HORS D’EUROPE. — MUSÉES COMMERCIAUX.
- N. B. — Les articles d’importation et d’exportation, de et vers les pays hors d’Europe, se rapportant à ce groupe et exposés dans d’autres classes, seront repris dans le Neuvième Groupe à la demande et sur les indications des exposants.
- Classe 79. — Bibliographie. — Législation.
- Classe 80. — Importations. — Importations des produits hors d’Europe avec indication des pays de provenance.
- Classe 81. —Exportations. — Exportations vers les pays hors d’Europe avec indication des pays de destination.
- Classe 82. —Articles d’exportation à l’usage des indigènes des contrées non civilisées.
- Classe 83. — Musées commerciaux.
- QUATRIÈME SECTION
- Électricité.
- wwv
- DIXIÈME GROUPE
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Classe 84. — Chaudières. Machines à vapeur, Machines à gaq. Moteurs hydrauliques.
- ONZIÈME GROUPE
- PRODUCTION DES COURANTS ÉLECTRIQUES.
- Classe 85. — Piles hydro - électriques. Piles thermo-électriques. Piles secondaires.
- Classe 86. — Machines magneto-électriques ou dynamo-électriques. Bobines d’induction.
- DOUZIÈME GROUPE
- CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES.
- Classe 87. — Cables, fils et accessoires.
- Classe 88. —Paratonnerres.
- TREIZIÈME GROUPE
- ÉTUDE ET ENSEIGNEMENT DE LA SCIENCE ÉLECTRIQUE.
- APPLICATIONS SCIENTIFIQUES.
- Classe 89. — Instruments employés dans les expériences de démonstration, tels que : machines électriques à frottement ou à influence, condensateurs, électrophores ; appareils pour les expériences d’électrodynamique ou d'électromagnétisme, appareils pour l’étude des courants induits, etc.
- Classe 90. — Instruments de mesures : boussoles, rhéométriques , galvanomètres , électrodynamo-
- mètres, étalons de capacité, étalons de résistance, caisses de résistance, rhéostats, électromètres, etc.
- Classe 91, — Applications de l’électricité à l’astronomie, à la géodésie, à la météorologie.
- Classe 92. — Applications à la 7iiécanique, à la balistique, à la physique, à la chimie.
- Classe 93. — Applications aux sciences biologiques. Electricité médicale.
- Classe 94. — Histoire et enseignement de la science électrique. Bibliographie. Dessins, modèles, etc. Collections rétrospectives d’appareils.
- QUATORZIÈME GROUPE
- TRANSMISSION DES SIGNAUX ET DE LA PAROLE PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- Classe g5. — Télégraphie.
- Classe 96. — Téléphonie, microphonie, photo-plionie.
- Classe 97. — Applications de l’électricité aux chemins de fer.
- Classe 98. •—Signaux électriques à divers usages. Indicateurs ou avertisseurs de niveau, de pression, de température, etc.
- Télégraphie domestique. Horlogerie électrique.
- QUINZIÈME GROUPE
- APPLICATIONS INDUSTRIELLES DES COURANTS ÉLECTRIQUES. ----APPLICATIONS DIVERSES.
- Classe 99. — Eclairage électrique. Photomètres.
- Classe 100.—Moteurs électriques. Transmission de l’énergie.
- Classe ioi.— Electro métallurgie et galvanoplastie.
- Classe 102. — Applications diverses.
- CINQUIÈME SECTION
- Agriculture. — Horticulture. — Concours spéciaux.
- SEIZIÈME GROUPE
- AGRICULTURE.
- Classe io3. —Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles.
- Classe 104. —• Chevaux, ânes, mulets, etc.
- Classe io5. —Bœufs, buffles, etc.
- Classe 106. — Moutons, chèvres.
- Classe 107. —Porcs, lapins, etc.
- Classe 108. — Oiseaux de basse-cour.
- Classe 109. — Chiens, etc.
- Classe i 10. — Insectes utiles et insectes nuisibles.
- DIX-SEPTIÈME GROUPE
- HORTICULTURE.
- Classe iii. —Serres et matériel d’horticulture.
- Classe 112. — Plantes et fleurs d’ornement.
- Classe 113. •—Plantes potagères.
- Classe 114. — Fruits et arbres fruitiers.
- Classe 115. — Graines et plantes d’essences forestières.
- Classe 116. —Plantes de serres.
- CONCOURS SPÉCIAUX *
- Espèce bovine, ovine, porcine ; lapins, oiseaux de basse-cour.
- Chiens.
- Chevaux et ânes.
- Avalées, conifères, primeurs, ananas. Rhododendrons, arbres fruitiers, légumes, raisins hâtifs.
- Orchidées, pélargoniums, fruits hâtifs.
- Roses, palmiers, fruits exotiques.
- Cerises, fraises.
- Plantes de serrre chaude.
- Fuchsias, glaïeuls, roses trémières, fruits à noyaux et pépins.
- Aroïdés et fougères, pêches et figues.
- Dalhias, reines-marguerites, arbres fruitiers. Fruits de toutes sortes.
- Légumes, pelouses et bosquets.
- * Des concours d’animaux vivants, de plantes, de fleurs, de ùuits, de légumes sont projetés. Ces concours, s’ils ont lieu, feront l’objet dérèglements spéciaux. (Règlement général, art. 1.)
- RÈGLEMENT INTERNATIONAL
- DE l’exposition DANVERS
- ROYAL! ME DE BELGIQU E
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- LEOPOLD II, roi des belges, a tous présents et à venir, SALUT.
- Vu la loi du 4 mars 1846 sur les entrepôts, et la loi du 6 août 1849 sur Ie transit ;
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- Première Année. — N° 12
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars i885. — 99.
- Considérant qu’il y a lieu de faciliter l’envoi des produits qui seront expédiés de l’étranger pour figurer à l’Exposition universelle d’Anvers en i885 ;
- Sur la proposition de notre ministre des finances, nous avons arrêté et arrêtons :
- Article unique. — Lesproduits étrangers destinés à figurer à l’Exposition universelle d’Anvers pourront être importés en franchise provisoire des droits d’entrée, à charge de réexportation, moyennant les conditions et formalités que déterminera notre ministre des finances.
- Notre ministre des finances est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Donné à Laekcn, le 24 novembre 1884,
- LÉOPOLD.
- Par le Roi
- Le ministre des finances,
- A. Beernaert.
- MINISTÈRE DES FINANCES
- ADMINISTRATION DES CONTRIBUTIONS DIRECTES
- DOUANES ET ACCISES
- Le Ministre des finances Vu l’arrêté royal du 24 novembre courant ainsi conçu :
- Les produits étrangers destinés à figurer à l’Exposition universelle d’Anvers pourront être importés en franchise provisoire des droits d’entrée à charge de réexportation, moyennant les conditions et formalités que déterminera notre ministre des finances.
- Arrête :
- Article 1e1’. — Les produits importés par mer ou par chemin de fer, expédiés à l’adresse des Commissaires étrangers auprès de l’Exposition universelle d’Anvers, seront dirigés sur le local de l’Exposition avec affranchissement de déclaration en détail et de vérification au bureau d’entrée.
- Art. 2. — Au fur et à mesure de l’arrivée des colis dans les locaux de l’Exposition, le commissaire de chaque section étrangère remettra à la douane, pour chaque exposant, une liste conforme au modèle ci-annexé. Cette liste, qui tiendra lieu de déclaration en douane pour le transit, sera signée par l’exposant et visée par ledit commissaire.
- Lors du déballage, ou après que celui-ci sera effectué, les employés de la douane procéderont à la reconnaissance des marchandises; ils apposeront sur les listes mentionnées à l’alinéa qui précède une annotation constatant le résultat de cette vérification.
- Les listes resteront ensuite entre les mains de la douane pour être rattachées, lors de la clôture de l’Exposition, aux documents destinés à couvrir la réexpédition des marchandises.
- Art. 3. — Les marchandises étrangères admises en franchise temporaire des droits dans les sections étrangères de l’Exposition se trouveront, au point de vue de la redevabilité des droits, placées sous le même régime que les marchandises déposées en entrepôt public.. En conséquence elles ne pourront en être enlevées que pour être réexportées ou pour être dirigées sur un des entrepôts du royaume, à moins que les intéressés ne les déclarent en consommation, moyennant payement des droits, conformément à l’article 5 ci-après.
- Art. 4. — La douane exercera sa surveillance, pour la garantie des intérêts du Trésor, sur les marchandises étrangères déposées dans les locaux de l’Exposition, mais elle n’en prendra pas la garde et n’assumera de ce chef aucune responsabilité.
- Le commissaire de chaque section est responsable des droits pour le cas de vol ou d’enlèvement clandestin.
- Art. 5. — Les produits admis en franchise temporaire pourront être déclarés en consommation par renonciation au transit et moyennant payement des droits, mais seulement lors de la clôture de l’Exposition.
- La renonciation au transit pourra être faite pour la totalité ou pour une partie des objets d’un même exposant.
- Art. 6. — Les vitrines et les autres objets devant servir à l’installation des produits _ exposés seront admis au même régime d’exemption temporaire que ces derniers.
- Art. 7. — Le bénéfice des dispositions qui précèdent ne s’appliquera pas aux objets et denrées qui seront destinés à être consommés, débités ou délivrés au public, à titre d’échantillons ou autrement, pendant la durée de l’Exposition.
- Ces objets et denrées devront, au moment de leur déballage, être déclarés en consommation aux agents de la douane et soumis immédiatement au payement des droits d’entrée.
- Les intéressés devront installer leurs • produits de manière à éviter toute confusion entre lesdits objets et denrées et les produits similaires admis
- en franchise provisoire des droits. Ils devront observer à cet égard les mesures qui leur seront prescrites par les agents de la douane.
- Art. 8. — Pour les produits originaires de pays qui ne seront pas représentés à l’Exposition par un Commissaire spécial, les obligations que le présent règlement impose aux Commissaires des sections étrangères seront remplies par un délégué de la Société anonyme de l’Exposition universelle d’Anvers.
- Art. 9. — La réexportation, l’expédition sur entrepôt ou l’acquittement des droits par renonciation au transit, pour les produits admis en franchise temporaire, devra se faire dans les trois mois qui suivront la clôture de l’Exposition. Ce délai pourra dans des cas particuliers, être prolongé pour des machines de forte dimension dont le démontage présenterait des difficultés.
- A l’expiration du délai ci-dessus il sera disposé des objets laissés, en souffrance de la manière indiquée au chapitre xn de la loi générale du 26 août 1822.
- Bruxelles, le 25 novembre 1884.
- Le ministre des finances,
- A. Bernaert.
- CONVENTION
- CONCLUE ENTRE la FRANCE ET LA BELGIQUE POUR
- LA PROTECTION DES MARQUES DE FABRIQUE ET DE
- COMMERCE FRANÇAISES.
- « Les marques de fabrique et de commerce françaises sont protégées en Belgique en vertu des articles 14 et 1 5 de la Convention conclue à Paris, le 3i octobre 1881, entre la France et la Belgique, pour la garantie réciproque de la propriété littéraire, artistique et industrielle, lesquels sont ainsi conçus :
- « Art/14. — Les Français en Belgique, et les Belges en France, jouiront de la même protection que les nationaux pour tout ce qui concerne la propriété des marques de fabrique ou, de commerce, ainsi que des dessins ou modèles industriels et de fabrique de toute espèce.
- « Le droit exclusif d’exploiter un dessin ou modèle industriel ou de fabrique ne peut avoir, au profit des Belges en France et réciproquement au profit des Français en Belgique ,_ une durée plus longue que celle fixée par la loi du pays à l’égard des nationaux.
- « Si le dessin ou modèle industriel ou de fabrique appartient au domaine public dans le pays d’origine , il ne peut être l’objet d’une jouissance exclusive dans l’autre pays.
- « Les dispositions des deux paragraphes _ qui précèdent sont applicables aux marques de fabrique ou de commerce.
- « Art. i5. — Les nationaux de l’un des deux pays qui voudront s’assurer dans l'autre la propriété d’une marque , d’un modèle ou d’un dessin devront remplir les formalités prescrites à cet effet par la législation respective des deux Etats.
- « Les marques de fabrique auxquelles s’appliquent les articles 14 et i5 de la présente convention sont celles qui, dans ces deux pays, sont légitimement acquises aux industriels ou négociants qui en usent, c’est-à-dire que le caractère d’une marque de fabrique franchise doit être apprécié d’après la loi française, de même que celui d’une marque belge doi/être jugé par la loi belge.
- « En dehors de ces dispositions qui restent toujours applicables, l’arrêté du 3i juillet 1884 formule en vue de l’Exposition d’Anvers les prescriptions suivantes :
- « Tout Belge ou étranger, auteur, soit d’une découverte ou invention susceptible d’être brevetée , conformément à la loi , ou ses ayants droit, peuvent demander , s’ils sont admis à l’Exposition universelle d’Anvers, un certificat descriptif de l’objet déposé.
- « Ce certificat assure à celui qui l’obtient les mêmes droits que lui conférerait un brevet d’invention ou un dépôt légal dp dessin de fabrique et de commerce, à dater du jour de l’admission jusqu’à la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’Exposition, sans préjudice du brevet que l’exposant peut prendre ou du dépôt qu’il peut opérer avant l’expiration de ce terme.
- « La demande de ce certificat doit être faite dans le premier mois, au plus tard, de l’ouverture de l’Exposition. Elle est adressée au gouverneur accompagnée d’une description exacte de l’objet à garantir et, s’il y a lieu, d’un plan ou dessin dudit objet. ...
- « Les demandes, ainsi que les décisions prises par le gouverneur sont inscrites sur un registre spéciaTqui est ultérieurement transmis au ministère de l’agriculture , de l’industrie et des travaux publics, et communiqué sans frais à toute réquisition. La délivrance du certificat est également gratuite.;»
- LOI
- PORTANT OUVERTURE A DIFFERENTS MINISTRES û’UN
- CRÉDIT EXTRAORDINAIRE DE 590,000 FRANCS SUR
- L’EXERCICE 1884 POUR LES DEPENSES DE L’EXPOSI-
- TION D’ANVERS.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté.
- Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Article premier. — Il est ouvert aux ministres, au titre du budget ordinaire' de 1884, en addition aux crédits alloués par la loi de finances du 29 décembre 1883, des crédits extraordinaires montant à la somme de 590,000 francs pour les dépenses de l’Exposition d’Anvers. Les crédits demeurent répartis par ministère et par chapitres comme il suit :
- Ministère de la marine et des colonies 2e Section. — Service colonial.
- Chapitre 23. — Exposition d’Anvers. 90.000 fr.
- Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- 20 Section. — Beaux-Arts.
- Chapitre 60. — Exposition d’Anvers. 25,000 fr.
- Ministère du commerce.
- Chapitre 38. — Exposition d’Anvers. 475.000 fr.
- Total des crédits ouverts...... 590.000 fr.
- Art. 2. —-Il sera pourvu aux crédits extraordinaires ci-dessus au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 1884.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi d’Etat.
- Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 3 août 1884.
- J. Grévy.
- Par le Président de la République,
- Le ministre des finances,
- P. Tirard.
- LA SECTION FRANÇAISE
- A L’EXPOSITION D’ANYERS
- Quand peu de semaines nous séparent encore de l’ouverture de l’Exposition universelle d’Anvers, nous croyons qu’il 11e sera pas sans intérêt pour nos lecteurs de leur retracer rapidement l’historique de ia participation de la France à cette Exposition.
- Au mois de mai 1884, M. le chargé d’affaires de Belgique à Paris informait le gouvernement de la République qu’il devait s’ouvrir à Anvers, le 2 mai 1885, une Exposition universelle, placée sous le haut patronage de S. M. Léopold II, et l’invitait officiellement à y prendre part, M. Hérisson, ministre du commerce, adressait au Président de la République un rapport dont nos lecteurs trouveront plus haut le texte. Ce rapport paraissait à Y O fficiel en môme temps que le décret conforme.
- Un crédit fut voté par la Chambre; une commission de trente-six membres, ayant pour président M. le ministre, fut nommée par arrêté du 4 juin 1884 pour rechercher les moyens de faciliter la participation des industriels et producteurs français à cette Exposition. (Voir et la partie officielle.)
- M. Georges Choquet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, fut nommé commissaire général. Il était chargé de représenter le gouvernement de la République auprès du Comité exécutif de l’Exposition et de prendre toutes les mesures administratives nécessaires à l’organisation de la section française.
- A la date du 1er juillet 1884, le ministre adressait une circulaire aux présidents des Chambres de commerce desCliambres syndicales et des Chambres consultatives des arts et manufactures, et M. G. Choquet écrivait aux industriels et producteurs français susceptibles de prendre part à l’Exposition d’Anvers en leur adressant le chaleureux appel que nous avons reproduit. Peu de temps après mille exposants environ répondaient à cet appel.
- C’est vers cette époque que M. Hérisson se retirait du ministère, suivi par M. Choquet. L’arrivée aux affaires de M. Roir ier, et le choix qu’il s’empressa de faire de M. M.mthiers, ancien secrétaire général de la section française à Amsterdam, dont les services et la compétence administrative avaient été fort appréciés, redonnèrent un nouvel élan aux adhésions. Après une dernière pression faite sur les retardataires, et après avoir prorogé plusieurs fois les délais d’inscription, le nombre des adhésions dépassait mille sept cents au 10 décembre. Ce chiffre seul est éloquent et permet d’espérer une représentation brillante.
- Appès cet aperçu des différentes phases, nous dirons quelques mots sur l’état actuel de
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- ioo — Première Année. — N° 12
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars x885.
- l’Exposition, sa situation, la partie occupée par la France, et tout ce qui peut intéresser nos nationaux, visiteurs et exposants, à Anvers.
- L’Exposition sera établie dans la ville nouvelle sur une superficie de deux cent vingt mille mètres carrés comprenant une partie de la gare du sud destinée a l’installation des machines; une partie du bassin du batelage sera réservée à la section maritime. Elle sera placée à proximité de l’Escaut et des nouveaux établissements maritimes pour lesquels le gouvernement belge et la ville d’Anvers ont depuis cinq années dépensé déjà plus de cent millions de francs ; pendant la période de l’Exposition aura lieu l’inauguration des nouveaux quais qui bordent la rive droite du iieuve sur une longueur de trois mille cinq cents mètres et cent mètres de largeur.
- Le palais principal est construit dans de très vastes proportions par _ les trois plus grands établissements métallurgiques du pays.
- Quant à la surface occupée par la section française, elle a été l’objet d’accroissements successifs, au fur et à mesure des demandes d’emplacement adressées au commissariat général. De six mille quatre cents mètres, surface retenue en principe, ce chiffre a été porté à neuf mille mètres, et par suite des dernières' demandes s’est élevé à treize mille deux cent quarante-quatre mètres. Après la Belgique qui couvrira une superficie de seize mille mètres, la France vient donc immédiatement en seconde ligne, les autres puissances, telles que l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, n’occupant des surfaces que de neuf mille mètres environ.
- Le plan général des galeries de la section française dont l’aménagement a été confié par le ministre à M. Courtois-Suffit, architecte, va être livré cette semaine aux délégués et mis à la disposition des exposants curieux de connaître la position exacte des emplacements qui leur ont été réservés. C’est le système de classification générale, ordonné par le gouvernement belge et divisant les produits exposés en sections et classes selon leur nature, qui a servi de base pour la confection de ce plan.
- L’Exposition française promet donc d’être facile à visiter, car dos chemins réservés par le commissariat entre chacune des industries distingueront nettement les parties de l’Exposition dans lesquelles elles seront cantonnées. La grande galerie de l’Exposition est réservée aux expositions de luxe, qui seront disposées de façon à laisser une entrée dans la section française, et plusieurs projets sont encore à l’étude pour cette décoration.
- C’est M. Boulanger, architecte, déjà chargé de la décoration à Amsterdam, qui, sur la proposition de M. Robcis Borghers, consul général de France à Anvers et commissaire générai de la République française, et de M. Mouthiers, commissaire de la section industrielle, a été choisi parM. le ministre pour décorer la section française.
- A Anvers, comme dans toutes les expositions, une galerie spéciale a été réservée aux machines ; cette galerie est presque contiguë au Palais et n’en est séparée que par une rue dite de Bruxelles. On y accède par un escalier monumental, qui, partant de la section française, passe au-dessus de cette rue et aboutit à un pourtour faisant promenoir qui permet d’embrasser d’un seul coup d’œil toute l’exposition mécanique. Des deux côtés de la galerie des machines et communiquant avec le pourtour surélevé, se trouvent deux escaliers qui permettent aux visiteurs de descendre dans la galerie.
- Après de longs pourparlers avec le comité belge pour la location de la vapeur et de la force motrice, négociations que l’élévation des tarifs belges a empêché d’aboutir, M. Mouthiers_ s’est arrangé pour que la vapeur et la force motrice nécessaires à la mise en mouvement des machines installées dans la galerie des machines soient fournies aux exposants par les soins du commissariat général français, à des prix peu élevés.
- Le° plan des installations particulières, complètement terminé, a été approuvé par la sous-commission de l’exposition d’Anvers, réunie au ministère du commerce le 29 janvier, sous la présidence de M. le sénateur Dietz-Monnin.
- M. Nieuwenliuyzen, ingénieur, qui a été chargé de cette partie de l’exposition, est déjà depuis huit jours à Anvers, pour procéder à l’installation des transmissions, de façon à ce que les machines qui doivent être mises en mouvement puissent fonctionner dès la fin d’avril.
- Le comité de l’Exposition s’est préoccupé de la question de l’éclairage, et pour arriver au meilleur résultat possible a fait appel au concours de toutes les maisons, quels que soient leur nationalité et le mode d’éclairage électrique employé. Nous ne sommes pas encore fixé sur le résultat obtenu, et ne pouvons jusqu’ici citer aucun nom.
- Les fabricants dont on sollicite le concours pour l’Exposition d’Anvers seront bien aises de savoir quelle est au juste la protection qui peut être accordée à leur marque de fabrique, et de connaître les règlements à ce sujet.
- Les brevets d’invention sont régis en Belgique
- par la loi du 21 mai 1854, modifiée parla loi du 27 mars 1857, et les arrêtés royaux des 24 mail854, 12 septembre 1861 et 23 juin 1877.
- Los marques de fabrique et de commerce sont régies en Belgique par la loi du 1er avril 1879 et l’arrêté royal du 8 juillet.
- Nous avons d’ailleurs donné le texte de la convention conclue entre la France et la Belgique pour la protection des marques de fabrique et de commerce françaises en Belgique.
- NOTRE GRAVURE
- Exposition de la chambre syndicale de la couverture et plomberie
- Sur l’initiative de son président, M. Robin, dont le zèle et le dévouement ne font jamais défaut lorsqu’il s’agit d’une œuvre patriotique, laChambre des entrepreneurs de couvertures et plomberie de Paris a groupé dans une intéressante exposition les noms bien connus de Perrin, le successeur de la grande maison de zinc Perrin Grados, Flicoteaux, Vautier fils, Gager Gauthier, Cazaubon et fils, Lalanne, Robin, Vieillard, Menant, Séné, Poupard, Rogier (Mothes) Badois, Michel Carré, Bodar, Barat, Fouchard Mathelin et Garnier, Moulin, Tocaché, Mège et Simonot-Moulin, Chauvin et Delevallez.
- Pour qui s’occupe de construction, ces noms sont les garants d’une exposition intéressante et pittoresque.
- Aidé dans sa généreuse entreprise par M. Gauthier, qui termine en ce moment cette merveilleuse statue de Bartoldi, « La Liberté », qui ira chez nos amis d’Amérique, et par l’activité de M. Cazaubon üls, ancien élève de l’Ecole polytechique et des ponts et chaussées, M. Robin a voulu jeter l’esquisse d’une idée excellente pour notre grande Exposition de 1889. Son appel sera d’autant mieux entendu que le résultat de l’Exposition d’Anvers ne fait doute pour personne et le succès répondra à l’attente du dévoué président de la Chambre.
- Voulant exposer les livres de la Chambre Syndicale dans un pavillon qui serait en quelque sorte le chef-d’œuvre de la corporation, il s’est adressé pour l’édification de ce monument délicat à l’architecte que M. le ministre du commerce a chargé des installations de la section française.
- M. Courtois-Suffit, qui partage les fins de cette difficile besogne avec les études de décoration intérieure du Louvre et des Tuileries dont il est l’inspecteur, s’est mis de suite à la besogne et nous donne aujourd’hui son projet que nous sommes heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
- Le travail qui se termine en ce moment dans la maison Coutelier, est exécuté au marteau sans aucun travail estampé ni fondu : le programme était ingrat et M. Courtois-Suffit s’en est tiré • à son honneur, aidé par l’expérience et le goût de M. Coutelier dont l’éloge n’est plus à faire.
- Nous verrons cette petite flèche de métal poli, brillant comme de l’argent, dont les fonds seront faits en tissu de chez Duché, se dresser à l’intersection de nos chemins de la section française, et aussi bien de la galerie d’honneur que de celle conduisant aux machines. Pourra-t-on l’apercevoir et se rendre compte que nos exposants français, de la couverture et plomberie ne reculent devant aucun sacrifice pour faire triompher l’industrie française.
- Les expositions établies sur une estrade seront séparées les unes des autres par d’élégantes cloisons découpées et se détacheront sur un fond uniformément tendu en tissu.
- Des pilastres décorés de cartouches en métal entoureront le pavillon de la Chambre Syndicale autour duquel seront groupés les expositions partielles.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- BASTIEN-LEPAGE
- C’est dans l’hôtel de Chimay, récemment acquis par l’Etat pour l’Ecole des beaux-arts , que Jules Bastien-Lepage triomphe de nouveau après sa mort. Du reste, l’artiste tant regretté n’eut pas à se plaindre de ses contemporains : sa vie fut une longue série de succès et il semble que la mort jalouse ait voulu se venger de sa juste gloire.
- L’Exposition actuelle ne nous révèle pas « une nouvelle manière » du talent de Bastien-Lepage. On connaît la plupart des œuvres qui s’y trouvent exposées et qui ont figuré avec éclat dans les Salons annuels : le portrait du Grand’père, ses Parents, les Foins, les Pommes de terre, la Première Communiante , le Mendiant, l’Amour au village ; les portraits de Sarah Bernhardt, André Theuriet et Wallon. Nous avons regretté l’absence de la Jeanne d’Arc, retenue en Amérique; mais nous avons salué avec plaisir la Chanson de Printemps, le portrait du prince de Galles et l’Adoration des Bergers. J’ai connu Bastien-Lepage à ses débuts, lorsqu’il faisait la 'Chanson de
- Printemps (une jeune paysanne conseillée par de petits amours nus). Il n’était pas encore, à ce moment, le naturaliste farouche de ces dernières années. Au moment où il concourait pour le prix de Rome avec son Adoration des Bergers, il n’était pas sûr non plus de son esthétique : le succès obtenu parses premières paysanneries l’encouragea dans la voie du réalisme : il est même fâcheux qu’on ait cru devoir, à ce propos, le rattacher à l’école de Manet. Celui-ci ne connaissait pas assez son métier pour être considéré comme l’inspirateur de Bastien-Lepage ; ses intentions modernistes, seules, auraient pu influencer le jeune maître lorrain. Sauf à ne pas recevoir l’approbation de certains peintres, je déclare que les paysans de Bastien-Lepage me paraissent moins intéressants que les petits portraits. Ceux-ci évoquent immédiatement dans notre esprit le souvenir deTerburg, de Gérard Dowet d’Holbein lui-même. L’exécution serrée, le sentiment exact, la couleur juste, l’aspect général, tout s’y trouve à la fois et ces petites toiles sont vraiment autant de chefs-d’œuvre.
- Dans ces grandes toiles où revit le plein-air, comme les Foins , le Bûcheron ou l’Amour au village, l’exécution est trop égale partout ; les figures, les lointains, les feuilles des premiers plans sont rendus avec la même intensité et il n’a pas su traduire les dégradations de ton qui varient toujours avec les distances.
- Quant au sentiment poétique qui a présidé à la création de ces dernières œuvres, je ne le partage pas absolument : la paysanne assise et abrutie et le dormeur couché du tableau les Foins ne donnent point la note caractéristique de cette saison éminemment joyeuse, où les travailleurs, excités par le soleil et l’odeur des prés, sont actifs comme un essaim d’abeilles.
- L’Amour au village est plus vrai : ce paysan gauche et timide, aux yeux baissés, cette jeune fille aux longues tresses sont intéressants et, (’ose dire le mot, bien choisis. L’art, 011 l’a déjà répété souvent, l’art, c’est la vérité choisie. Copier la nature mot à mot serait une grave erreur pour un artiste : Bastien-Lepage a commis quelquefois cette faute. Etait-ce un parti pris de réalisme ? Etait-ce sa façon absolue de voir et de sentir ? Je ne le sais. Toujours est-il que VAngélus de Millet, par exemple, évoque dans nos âmes mille sensations poétiques que ne font pas naître les Foins. A cela, des peintres farouches objectent qu’un pinceau n’a rien à voir avec la littérature. Je leur répondrai qu’il ne s’agit point ici de littérature, mais de poésie générale, d’idée première, de conception primordiale et en quelque sorte d’inspiration. Le peintre, le sculpteur, le poète et le musicien, doivent, avant toute chose, être impressionnés fortement et artistiquement. Se consacrer avec ardeur à la mise en œuvre soignée de pensées insignifiantes serait le comble de la folie.
- Que Dieu me garde d’accuser Bastien-Lepage dans tout ceci: je tenais seulement à signaler "la pente fatale où cet incomparable artiste semblait vouloir glisser de temps à autre. Quant à ses dessins de paysans et de paysannes, ils trahissent au contraire une grande préoccupation de poésie et de beau style : on songe à Millet devant ces études vivantes.
- Ses paysages, peu nombreux, et les marines sont admirables par la justesse des tons et l’intensité de la couleur. C’est la nature dans son âpreté même ou dans tout son charme ; un bout de champ, un coin de mer bleue, les blanches maisons d’un petit village lorrain aux toits bruns, un ruisseau coulant entre des herbes , sous les saulaies, tout cela est traduit avec une conscience d’exécution qui n’a jamais été dépassée, même par Meissonier.
- Une remarque seulement : certains tableaux, comme les Foins et l’Amour au village, semblent avoir jauni. Au Salon, ils étonnaient par leur éclat qui rappelait le plein air ; là, ils sont comme un peu éteints et _ assourdis. Est-ce un effet de l’éclairage insuffisant qui vient par des fenêtres latérales? Cela tient-il à la qualité même des couleurs ? Je l’ignore. Je constate simplement le fait, tout en reconnaissant que les toiles, dans leur état actuel, sont toujours admirables d’aspect, malgré mon observation.
- Bastien-Lepage, il faut le reconnaître, a exercé et exerce encore . sur les jeunes peintres une influence considérable ; il a ramené bien des égarés à l’interprétation directe de la nature et à la sincère simplicité. Mais, si j’ose emprunter une métaphore à la littérature, ce n’est pas un lyrique, ni un grand inspiré ; il ne faudrait donc pas imiter servilement le jeune maître ; ses défauts sont noyés dans d’immenses qualités, il est vrai, mais ceux qui voudront suivre ses traces pourraient bien ne lui emprunter que ses erreurs.
- Quoi qu’il en soit, la mortprématurée de Bastien-Lepage a laissé dans l’art un vide profond ; telle qu’elle est, son œuvre vivra et on ne peut s’empêcher d’être profondément triste en songeant aux chefs-d’œuvre que l'infortuné pouvait créer encore.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cio, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE f|
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 29 Mars 1885. NUMÉRO i3.
- SOMMAIRE :
- i. Bulletin; 2. Partie officielle : Liste, règlement; 3. Echos; 4. Les conditions sociales; 5. Les Beaux-Arts ; 6, L’Exposition d’électricité ; 7. La crise agricole ; 8. Tribune publique [; 9. Histoire de la Poste aux Lettres; 10. Les Théâtres.
- BULLETIN
- Les travaux d'organisation de l’Exposition de 1889 ont été interrompus depuis la publication du rapport de M. Antonin Proust résumant les travaux de la Commission consultative.
- Plusieurs journaux ont annoncé le prochain dépôt sur le bureau de la Chambre d’un projet de loi concernant l’Exposition.
- Le ministre du commerce aurait, en effet, l’intention de présenter aux Chambres avant les vacances de Pâques, un projet de loi tendant à approuver le principe de l’Exposition universelle de 1889. En ce qui concerne la question financière, elle ne serait soumise qu’ultérieurement au Parlement. D’après certainsrenseignementsparticuliers qui nous sont soumis, nous croyons même que le Président du Conseil serait d’avis de laisser à la prochaine législature le soin de voter le budget de l’Exposition. La mise en oeuvre de cette grande entreprise dépendrait donc de l’époque qui sera fixée pour les prochaines élections législatives.
- Toutefois la Commission exécutive va être nommée incessamment pour s’occuper de rédiger le programme des concours qui seront ouverts pour les diverses constructions.
- Dans notre prochain numéro nous donnerons un plan complet de la prochaine Exposition.
- PARTIE OFFICIELLE EXPOSITION D’ANVERS
- Liste des délégués adjoints a la commission
- FRANÇAISE.
- Classes 1, 2, 3. — M. Levasseur, de l’Institut; Classe 4. - MM. Maginel, Masson, Heugel, Desfossez fils? éditeurs ; Remercier, Pichot, Chardon et Plon, imprimeurs ;
- Classe 5. — MM. Wolff père, Gratiot, Papiers ; Classe 7. — M. Davanne, Photographie ;
- Classe 8. — M. E. Gaud, M. le docteur Martin, Instruments de Musique ;
- Classe g. — M. le docteur Hirtz, M. Wickam, Instruments de chirurgie ;
- Classe 10. — M. E. Ducrelet, Instruments de précision ;
- Classe 12. — MM. Soubrier, Allard, H. Lemoine, Meubles;
- Classe 14. — MM. Thierry, Porcelaine; Ha-moix, Céramique; Gastellier, Tuiles et briques ;
- Classe 16. — MM. Braquenié, Defosse, Etoffes pour meubles;
- Classe 17. — M. Follot, Papiers peints ;
- Classe 18. — M. Piault, Coutellerie ;
- Classe 19. — M. Bouilhet, Orfèvrerie ;
- Classe 20. — MM. Barbedienne, Graux, Hottot, Bronqes ;
- Classe 21. — M. Rodanet, Horlogerie ;
- Classe 22. — M. Geneste, Appareils de chauffage ;
- Classe 23. — M. Guerlain, Parfumerie ;
- Classe 24. — MM. E. Dupont, Brosserie ; Dela-mare-Didot, ' propriétaire ; ‘ Maurey-Deschamps, Brosserie ;
- -Classe 25. — Ponnier, Fils de tissus de coton ;
- Classe 26. — M. Ch. Saint, Fils de tissus de lin ;
- Classe 27. — M. Vallet, Fils de tissus de laine ;
- Classe 28. — MM. Guérin, Draperie; Bonnaud, Tissus ;
- Classe 29. — M. Marcilhacy, Soieries ; Raffard, Soies;
- Classe 3o. — M. E. Bréant, Châles;
- Classe 3i. — MM. C. Moch, Dentelles ; Biais, Ornements d’église ; Wéber, Passementerie ;
- Classes 32 et 33. — MM. Patay, Fleurs artificielles; H. Touzet, Chaussures ; Saint-Ferréol, Caoutchouc ; Muzet, Cheveux ;
- Classe 34. — MM. Achard, Marret, Bijouterie ; Gustave Sandoz, Joaillerie ;
- Classe 35. — M. Bréger, Armes;
- Classe 36. •— M. Walcker, Articles de voyages ;
- Classe 37. — M. Ad. Schloss, Négociant.
- Classe 38. — M. Ch. Boutmy, Ingénieur ;
- Classe 42. — M. A. Vée, Produits chimiques; J. A. Fumouze, Produits pharmaceutiques ;
- Classe 44. — M. A. Cerf, Cuirs et peaux ;
- Classe 4È — M. Armengaud, Ingénieur civil ;
- Classe 49. — M. J. Boulet, Machines ;
- Classe 52. — M. Ed. Simon, Ingénieur ;
- Classes 57 et 58. — Huret-Belvallette, Jeantaud, Carrosserie ;
- Classe 5g. — M. Marché, Ingénieur ;
- Classe 61. — MM. Chabrier, Lepany, Ingénieurs; Sudrot, Entrepreneur ;
- Classes 63 à 68. — MM. Groult, Chapu, Pâtes alimentaires ; Ch. Prevet, Produits alimentaires ; Nay, Huiles; Ledoux, Conserves alimentaires ;
- Classe 69. — Allin, Cavé, Jarlaud, Vins ; Foullon de Vaux, Propriétaire ; ,
- Marseille
- Bordeaux
- Lyon
- Rouen
- Reims
- Saint-Etienne
- Saint-Pierre-
- les-Calais
- f Roux, Savons ;
- ] Bessède, Produits alimentaires ; ( Schlœsing, Produits chimiques ;
- l Larronde, Vins;
- \ Coutenceau, Ingénieur ; j Huyard, Produits chimiques ; l Buyan, Négociant ;
- l Gourd, Soieries; j Ducoté, id.
- ( Emery, id.
- f L. Fromage, Tissus; j Boudier, Mécanicien ;
- ( Le Bourgeois, Fabricant ;
- ( Marteau, Négociant ;
- I Rachel, Id. l Poitevin, Id.
- j Guitton, Rubans,
- | Ch. Baley, Guipures.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- AGRICOLE ET SCOLAIRE DE BEAUVAIS
- Organisée avec le concours de la ville à l’occasion du Concours régional de i885
- RÈGLEM ENT
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Article premier. — Il sera ouvert à Beauvasi, en 1885, une Exposition industrielle, horticole et scolaire.
- Elle comprendra tous les produits industriels français et étrangers , sans distinction , mais particulièrement ceux de l’Oise et des départements limitrophes.
- Elle ne comprendra que l’Oise pour VExposition scolaire; toutefois, les éditeurs d’objets d’enseignement, de livres d’instruction et les fabricants de matériel scolaire , pourront prendre part au concours, quel que soit le lieu de leur résidence.
- Une section des produits coloniaux et des produits étrangers sera constituée, ainsi qu’une section forestière.
- Enfin, il existera une Exposition du TRAVAIL INDIVIDUEL, mais à celle-ci pourront participer seulement les ouvriers du département de l’Oise qui exposeront des ouvrages personnels, se distinguant par une habileté de mains ou un esprit inventif.
- Art. 2. — Les exposants du Concours régional agricole, qui voudront apporter leurs produits à l’Exposition industrielle, dans les parcs et jardins, devront en faire la déclaration avant le 1 5 mai. Ils paieront leurs droits de place comme il sera dit plus loin. Ils ne pourront procéder à l’installation de leurs produits, machines et appareils dans l’Exposition, que pendant les journées des 8, 9 et 10 juin.
- Art. 3. — L’Exposition sera ouverte du 28 mai au 28 août, avec faculté de prorogation à laquelle les exposants ne pourront se refuser de consentir.
- Art. 4. — Les produits devront être rendus à destinationàpartir du 25avril 1885jusqu au 15mai. Tous les produits arrivant après cette dernière date seront refusés. Le Comité s’efforcera d’obtenir des Compagnies de chemins de fer, à l’aller et au retour, une réduction de tarifs pour les produits exposés. Le résultat des démarches du Comité près de ces Compagnies fera l’objet d’une communication spéciale aux exposants.
- Art. 5. — Tout produit exposé ne pourra être enlevé avant la fin de l’Exposition sans autorisation spéciale; il devra, dans ce dernier cas, être immédiatement remplacé par un objet semblable et de même valeur.
- Art. 6. — Aucun produit exposé ne pourra être dessiné, copié ou reproduit, sans autorisation de l’exposant.
- Art. 7. — Le Comité se réserve le droit exclusif de donner des autorisations pour la reproduction de façades, vues d’ensemble ou intérieures du bâtiment de l’Exposition.
- Art. 8. — Chaque exposant devra, avant le i5 février, faire parvenir au secrétariat de la Présidence de l’Exposition , faubourg Saint-Jacques , à Beauvais, le bulletin de demande d’admission ci-joint, rempli et signé par lui.
- Art. 9. — Ce bulletin n’est qu’une demande d’admission sur laquelle le Comité statuera et répondra par un certificat d’admission.
- Les produits ne devront être envoyés par l’exposant qu’après la réception dudit certificat d’admission.
- Art. 10. — En compensation des frais de constructions et autres de l’Exposition et de ses annexes, chaque exposant sera tenu de payer un droit par mètre superficiel d’espace occupé.
- Art. 11. — Les droits seront ainsi calculés :
- i° Dans le bâtiment principal, clos et couvert, de 1 à 5 mètres superficiels; le mètre carré.. i5 fr.
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- 102. — Première Année — N° i 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Mars 1885.
- et par chaque mètre au-dessus de 5 mètres le mètre superficiel.......................... 12 fr.
- Les surfaces murales dans le bâtiment principal paieront............................ 12 fr.
- 20 Dans les annexes closes et non couvertes, le mètre, jusqu’à 5 mètres.......... 10 fr.
- Au-delà de 5 mètres carrés, chaque mèt. 8 fr. (soit en superficie, soit sur les murs).
- 3° Dans les parcs et jardins, en plein air, le mètre superficiel........................... 5 fr.
- Toute exposition qui n’aura pas un mètre
- superficiel paiera pour un mètre.
- Les installations qui auraient moins de un mètre de profondeur seront mesurées selon leur longueur multipliée par un mètre.
- Les objets suspendus dans les galeries paieront un droit de 10 fr. par mètre superficiel. Toute fraction de mètre paiera le prix du mètre entier.
- Il ne sera rien demandé aux ouvriers du département de l’Oise qui exposeront dans la section du travail individuel , mais ils devront produire un certificat du maire de leur résidence, constatant leur qualité d’ouvrier et l’affirmation que le produit exposé est leur œuvre personnelle.
- Les vitrines, les frais d’installation et de décoration pour les produits exposés, demeureront à la charge des exposants.
- Art. 12. — Tout exposant qui se livrera, dans l’enceinte de l’Exposition, à la vente des produits de son commerce ou de son industrie, paiera, en sus des droits ordinaires, une redevance égale à ceux-ci pour les produits non fabriqués sur place et un droit supplémentaire unique de 5 fr. par place pour les produits fabriqués dans l’Exposition même, quelle que soit la superficie de l’emplacement dans ce dernier cas.
- Les vendeurs devront remettre un carton spécial aux acquéreurs des objets' vendus, pour qu’ils puissent sortir librement de l’Exposition.
- Art. i3. — Les exposants de la section scolaire seront complètement exempts des droits de location de place; pour les écoles, le Comité fera même les frais des tables et des tentures des murs.
- Un règlement de détail sera dressé ultérieurement par le Comité scolaire.
- Art. 14. —Toutefois, les marchands ou éditeurs qui exposeront des volumes, objets d’enseignement et matériel scolaire, ne jouiront pas de cette immunité et seront soumis aux droits indiqués dans le tarif précédent.
- Art. i5. — Il sera fait ultérieurement un règlement spécial pour la section d’horticulture.
- Art. 16. — Les tableaux et objets d’art, exposés par les artistes qui en feront la demande, seront placés dans le grand vestibule d’entrée formant salle des conférences et concerts.
- Ils seront exempts de tous droits de place, sauf le cas où, étant vendus dans l’Exposition même, l’artiste devra payer, comme compensation de l’espace occupé par ses œuvres, un droit de 10 p. % sur le prix de vente.
- Art. 17. — Les droits de place ci-dessus devront être payés en deux fois : moitié dans la quinzaine qui suivra l’envoi du bulletin d’admission, sous peine de déchéance, et l’autre moitié le i5 juin, sous peine d’enlèvement immédiat des produits exposés et sans aucun recours de la part de l’exposant.
- Art. 18. — La signature de la demande d’admission entraînera pour chaque exposant l’obligation absolue de se soumettre à toutes les conditions du présent Règlement, ainsi qu’à toutes les mesures d’ordre et de sûreté que le Comité jugera bon de prendre.
- Art. 19. — Un catalogue détaillé des produits exposés, avec le nom et l’adresse de l’exposant, les récompenses obtenues par lui dans les autres Expositions , pourra être publié par les soins du Comité général.
- A ce catalogue, des annonces et prospectus seront annexés, s’il y a lieu.
- Art. 20. — Les exposants devront envoyer leurs produits à leurs risques et périls,jet en port payé; ils devront pourvoir, par eux-mêmes, ou par un agent spécial, à la réception des colis, à la reconnaissance de leur contenu et à la mise en place. Aussitôt après le déballage, les caisses devront être emportées par les exposants , sans quoi le Comité les fera enlever sans prendre aucune responsabilité pour la conservation desdites caisses et leur restitution.
- Art. 21. — Les exposants qui auront besoin d’eau et dé gaz devront le déclarer dans leur demande d’admission. Le Comité ne se charge pas de fournir la force motrice. Le prix pour la location des prises d’eau et de gaz sera fixé ultérieurement par le Comité.
- Art. 22..— Seront exclues de l’Exposition les matières détonnantes, fulminantes et toutes celles reconnues dangereuses.
- Les esprits, essences, matières corrosives, ne seront reçues que dans des vases solides et de dimension restreinte.
- Les amorces, pièces d’artifice et autres analogues ne seront reçues qu’à l’état d’imitation et sans aucune addition de matières inflammables ou explosibles.
- Art. 23. — Les exposants de produits incommodes seront tenus de se conformer, sur simple
- injonction, aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites. En cas de refus, ils devront enlever ces produits dans le délai de 6 heures , ou il y serait pourvu d’office.
- Art. 24. — Le Comité se réserve le droit absolu de faire déplacer tous produits , modifier toutes décorations, qui, par leur nature, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but et les convenances générales de l’Exposition.
- Art. 25. — Le Comité prendra les mesures nécessaires pour préserver les produits exposés de toute avarie. Mais il ne sera en aucun cas responsable des incendies, accidents, dégâts, vols, détournements ou dommages, quelles qu’en soient la cause et l’importance.
- Il laisse aux exposants le soin de faire assurer leurs produits, directement et à leurs frais , mais ils devront imposer à la Compagnie d’assurances, avec laquelle ils traiteront, la renonciation absolue à tout recours contre le Comité de l’Exposition.
- Celui-ci fera assurer lui-même, et à ses frais, les diverses constructions dans lesquelles se feront les Expositions.
- Art. 26. — Un règlement d’ordre intérieur sera affiché dans l’Exposition ; il indiquera en même temps l’organisation du personnel chargé de venir en aide aux. exposants, et de veiller à la sécurité de l’Exposition.
- Art. 27. — Il sera distribué aux exposants qui en seront dignes, des grands prix (œuvres d’art), des diplômes d’honneur, des médailles d’or, de vermeil, d’argent et de bronze , avec un diplôme spécial servant de certificat.
- Les exposants seront divisés en trois catégories spéciales : :
- 1° Ceux qui appartiennent au département de l’Oise et aux départements limitrophes ;
- 20 Ceux qui appartiennent à Paris et au reste de la France, y compris les colonies-,
- 3° Les exposants des produits étrangers.
- Art. 28. —• Un livret général indiquera le nom des exposants récompensés, avec la nature des produits. Il sera précédé de la liste'générale des Jurys.
- Art. 2.9. — Les Jurys seront nommés par le Président , sur la proposition du Comité des récompenses. Ils seront choisis parmi les industriels, artistes, ingénieurs ou savants pouvant offrir toutes les conditions de capacité et d’indépendance désirables.
- Les exposants, membres du Jury, seront seuls placés hors concours ; néanmoins, les exposants, membres des Comités, pourront être placés dans la même situation par décision du Comité général.
- Art. 3o. — Le Jury appréciera la part que les directeurs, contre-maîtres et ouvriers auront prise dans les produits récompensés. Ces coopérateurs seront compris , s’il y a lieu, dans la distribution des récompenses.
- Art. 31. — Aucun placard contenant une critique sur les décisions des Jurys , aucune indication-de récompense, avec la mention Refusée , ne pourra, être apposée par les exposants sur l’emplacement qui leur a été concédé.
- Les exposants qui auront mis de pareilles inscriptions seront invités à les enlever sans délai, à défaut de quoi le Comité les fera disparaître sans aucun recours de la part de l’exposant, qui pourra même être expulsé de l’Exposition, sans aucun droit de remboursement des frais par lui faits.
- Art. 32. — Un règlement ultérieur déterminera le nombre, la nature et les divers degrés des récompenses.
- Fait à Beauvais, le 14 décembre 1884.
- Le Président du Comité général d’organisation et d’administration,
- A. Dupont.
- Le Président du Comité industriel, Rupp.
- Le Président du Comité des Jurys et récompenses,
- E. Dupont.
- Le Président du Comité des finances,
- O. Hucher.
- ÉCHOS
- Paris
- CONCOURS CENTRAL HIPPIQUE
- L’ouverture du concours central hippique aura lieu samedi prochain, 28 mars.
- L’installation est presque achevée, quant aux travaux du gros œuvre. La nef du palais de l’Industrie a été livrée aux tapissiers chargés des travaux de décoration.
- Afin d’utiliser pour la piste le plus d’espace possible, on vient de démolir les deux rampes du grand escalier en bois qui faisaient retour dans la nef.
- M. Baudoin, chargé du classement, est entré en fonctions depuis quelques jours.
- 427 prix , représentant une somme de cent vingt mille francs, seront distribués aux lauréats.
- Voici l’ordre des opérations du concours :
- Samedi 28, examen des chevaux.
- Dimanche 29 , courses au trot.
- Lundi 30, courses au galop, gentlemen.
- Samedi 4 avril, courses au galop, sous-maîtres-de manège des Ecoles supérieures de guerre et de Saint-Cyr.
- Dimanche de Pâques, courses au galop, musique-militaire.
- Lundi G, prix internationaux.
- Jeudi 9, concours de dressage et de manèges.
- Vendredi 10, courses au galop, officiers.
- Mardi 14, primes d’honneur.
- Jeudi IG, grand défilé de tous les attelages-primés du concours.
- * *
- Voici le résultat des élections qui ont eu lieu dimanche dernier aux conseils des Prud’hommes.
- Ont été élus :
- Conseil clés métaux. — 2e catégorie : M. A. Piel,. patron bijoutier.
- 3e catégorie : M. Berthaut, ouvrier facteur de-pianos.
- Conseil des tissus. — 2e catégorie : M. Sabatier, patron apprêteur pour châles.
- 4e catégorie : M. Cruveilher jeune, patron chapelier.
- 2e catégorie : M. Malidor, ouvrier imprimeuû sur étoffes.
- 5e catégorie : M. Ardouin, ouvrier fleuriste.
- Samedi dernier, le général Lewal, M. Jules Ferry et quelques autres membres du Cabinet, se sont rendus aux ateliers de l’usine Cail pour voir le nouveau canon inventé et fabriqué par le colonel de Bange.
- Ce canon qui doit figurer âl’Exposition d’Anvers, est du calibre de 34 centimètres, pèse 37 tonnes, et lance avec une charge de poudre de 180 kilog. un projectile de 400 kilogr., avec une vitesse initiale de G00 mètres.
- C’est le plus fort calibre de notre artillerie de terre actuelle.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- M. le ministre du commerce vient d’être informé que les industriels, qui doivent prendre part à l’Exposition de bijouterie à Nuremberg, sont autorisés à adresser leurs produits jusqu’au 20 mai, date à laquelle les objets destinés à être exposés cesseront d’être reçus.
- Le Salon annuel n’aura pas lieu cette année à Berlin. Par contre on organise pour l’année prochaine, à l’occasion du centenaire de ces Salons annuels, une Exposition générale des beaux-arts,, qui promet d’être très brillante. Elle aurait lieu dans les locaux de l’Exposition hygiénique, près la gare de Hambourg, du mois de mai au mois-d’octobre.
- Le comité s’occupe activement de l’installation d’une section historique des arts décoratifs, et d’une exposition rétrospective des chefs-d’œuvre-de l’art national, comprenant une période d’un, siècle, de 1786 à 1886.
- Une commission générale doit se réunir prochainement à Berlin pour y conférer sur l’organisation d’une exposition générale de l’industrie et des arts industriels.
- Rien 11’est encore décidé quant à la date et à la. durée de l’Exposition. O11 ne sait encore si elle sera internationale ou exclusivement nationale.
- L’association artistique de Munich (Bavière),, vient d’organiser, dans cette ville, une exposition des beaux-arts, en faveur des victimes des tremblements de terre en Espagne. Les artistes de-toutes nationalités ont répondu avec empressement à l’appel des organisateurs et les artistes français n’ont pas été les derniers à prêter leur concours à cette œuvre de bienfaisance. Citons au hasard Feyen-Perrin, J. Bertrand, Rousseau , Dupré Breton, Richet, René Gonse.
- Angleterre
- L’Exposition annuelle de peinture et de sculpture, organisée par la Royal Hibernian Academy,. a été ouverte dernièrement à Dublin (Irlande).
- _ Une exposition de peinture et de sculpture a eu lieu du 17 au 21 mars à Belgrave-Square (Londres), en faveur de plusieurs sociétés de bienfaisance!
- On a surtout remarqué des miniatures on grand nombre. *
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- Première Année.— N° i3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Mars i885. — io3.
- Belgique
- U11 banquet comme on en voit peu a eu lieu dimanche aux ateliers de Tubize. Les convives — des enfants des écoles — ont diné dans le foyer de la locomotive monstre que l’administration des chemins de fer de l’Etat fait construire pour l’Exposition d’Anvers. Ce foyer a d’ailleurs les proportions d’une véritable chambre et il est presque aussi grand qu’un compartiment de première classe.
- ----------1----1 .Tüi—---------
- LES CONDITIONS SOCIALES
- DE LA
- PRODUCTION
- Voir le numéro du Moniteur du 22 février r885
- II
- La crise, avons-nous dit, a montré à la production trois objectifs : les débouchés, le bon marché et le savoir professionnel. Mais, est-ce tout? ajoutions-nous. « Suffit-il d’ouvrir des débouchés pour avoir de l’exportation, de répandre le savoir pour créer le perfectionnement, d’améliorer les machines ou de comprimer les salaires pour amener le bon marché? A côté de ces conditions économiques, n’y a-t-il pas les conditions morales et sociales de la production? »
- Conditions morales et sociales de la production! Certes, ces expressions risquent fort de passer à certains yeux pour vides de sens ou tout au moins utopiques ou futiles. Qu’est-ce que la morale ou le régime social ont à voir dans la production? Parlez-nous de* science industrielle, d’outillage, de capital, de travail, d’impôts, de douanes et de relations commerciales. Mais en quoi la production dépend-elle de l’état moral et social du pays, de ses moeurs, de ses lois générales, ou des rapports existant entre les diverses catégories naturelles de ses habitants ?
- Nous allons répondre à cette question en examinant successivement les trois branches principales de l’activité nationale : agriculture, industrie et commerce.
- Commençons par l’agriculture. C’est elle qui occupe, en'ce moment, l’attention publique et les débats dont elle est l’objet à la Chambre ou dans les sociétés spéciales ont mis à nu ses plaies et indiqué les sources où ses docteurs veulent puiser des remèdes.
- Quelles causes a-t-on assigné aux souffrances de l’agriculture? la concurrence étrangère, le bas prix de revient des blés exotiques, le bon marché des frets et des tarifs de pénétration, la dépopulation des campagnes, la main-d’œuvre, le poids écrasant des impôts, etc. ; en un mot, des causes purement économiques et matérielles.
- Est-ce donc là vraiment toute la source du mal? Nous répondons hardiment que non et que, dans tous ces débats, on a laissé complètement dans l’ombre les causes premières des souffrances agricoles.
- La principale de ces causes, c’est l’absentéisme. La plupart des grands propriétaires du sol résident à la ville et ne passent sur leurs terres que le temps relativement court des vacances et du plaisir. En agissant ainsi, ils drainent vers les villes une partie de la richesse créée par le sol ; ils privent les campagnes de tous les bénéfices qui résulteraient pour elles du séjour sur place de familles nombreuses et riches; ils suppriment, par leur absence, toutes les professions qui vivraient de leur présence et retiendraient dans les champs un grand nombre de bras; ils privent la culture de tous les progrès que leur savoir, leur fortune et l’amour du sol les pousseraient à chercher et à découvrir; ils privent, enfin, les paysans restés fidèles au sol de tout le bien matériel et moral que ne manque jamais d’engendrer le contact intime et continu de gens réunis par des intérêts et des occupations identiques.
- Voilà un premier ordre de faits; en voici un second : pas plus chez les riches propriétaires du sol que chez les pauvres, les pères ne se préoccupent de faire de leurs fils de bons agriculteurs; les riches envoient leurs enfants à l’école de droit ou de médecine, les pauvres les élèvent pour en faire des employés. D aucun côté, on n’a le souci du savoir professionnel et le futur cultivateur n’a d’autre bagage agricole, en arrivant aux champs, qu’un diplôme de licencié ou un certificat d’enseignement primaire.
- Bon nombre de personnes, expliquent ce contresens par la rigueur de nos lois de succession qui enlèvent au père de famille le droit de transmettre intégralement son domaine à l’un de ses enfants; sans ces lois, disent-ils, le père. destinerait l’un de ses fils à l’agriculture et dirigerait son éducation dans ce sens ; avec ces lois, il ne le fait
- pas, car le partage légal peut réduire le domaine en parcelles trop petites pour l’activité d’un cultivateur consommé et le moyen de racheter les parts se trouvera peut-être dans les mains de celui des enfants qui est le moins préparé et le moins apte à la profession agricole.
- Quoi qu’il en soit de cette explication, le fait est celui-ci : on ne fait pas d’agriculteurs et l’agriculture, au lieu d’être une science répandue, reste, dans la plupart des cas, une routine.
- De nombreux efforts sont faits, depuis quelques années, pour détruire ce funeste état de choses ; nous les avons signalés dans notre premier article; mais ils sont trop récents pour avoir déjà porté leurs fruits et, de plus, sont absolument insuffisants. L’enseignement agricole primaire, par exemple, est encore embryonnaire ; il ne tient que la petite place dans l’éducation de l’enfant des campagnes, quand il devrait y régner en maître. De combien de connaissances superflues ne devra-t-on pas alléger les programmes de l’enseignement primaire général pour grossir la partie purement agricole ! Comment se fait-il qu’il n’y ait pas un jardin annexé à chaque école de village? Il n’y en a encore, parait-il, qu’un très petit nombre et, s’il faut en croire ce que nous avons entendu au congrès des agriculteurs de France, plusieurs de ces jardins scolaires n’existeraient que grâce aux sacrifices des instituteurs qui en payent la location de leurs propres deniers.
- Voilà où en est l’agiiculture en France; qu’on s’étonne donc, après cela, de son état arriéré, de la dépopulation des campagnes, de l’insu'ffsance des bras et de la hausse exagérée des salaires ! Cet étonnement a de quoi confondre, surtout quand on le surprend sur la bouche des riches propriétaires du sol.
- Ne sont-ils pas les premiers coupables? N’est-ce pas l’absentéisme d’un grand nombre d’entre eux qui appauvrit les campagnes et donne aux petits paysans l’idée de fuir les champs ? N’est-ce pas l’étalage de leur luxe, pendant la courte durée de leur résidence , qui donne à ces derniers l’idée qu’à la ville on fait sûrement et facilement fortune ? N’est-ce pas leur re'us de faire de leurs fils des agriculteurs qui enseigne aux autres à diriger leurs enfants vers les professions ou les emplois des villes ?
- L’exactitude de ses réflexions se trouve entièrement démontrée par ce fait bien connu aujourd’hui que les souffrances agricoles sont beaucoup moins aiguës dans les régions du faire-valoir ou du métayage que dans les pays à fermages, là où précisément l’absentéisme existe au plus haut degré;- .
- La cause première de l’infériorité de notre agriculture est donc dans une erreur de principe et de fait qui domine notre régime social : la terre n’est pour la. majorité des grands propriétaires, qu’un emploi de fonds, un instrument de revenus par intermédiaires, une distraction et, tout au plus, une occupation accessoire , lorsque, au contraire, elle devrait être pour eux un instrument de travail personnel et la matière de la profession principale.
- Or, cette erreur sociale est la cause première de toutes les autres formes du mal dont on se plaint : l’exagération des impôts qui pèsent sur les champs n’en est pas moins la conséquence directe ; si, en effet, l’exploitation du sol était dans les mains de tous ceux qui le possèdent, nul doute qu’ils auraient aisément réussi à créer la représentation agricole qu’ils se plaignent de ne pas avoir et qu’ils auraient fait respecter les intérêts de la terre dans les Parlements. L’agriculture est -sacrifiée à l’industrie, dit-on sans cesse; c’est possible, mais si cela est, c’est parce que les possesseurs du sol n’ont ni voulu ni su la défendre; ne constituent-ils pas la majorité dans le pays?
- Mais de toutes ces vérités il n’en a pas été dit un mot dans les débats de la Chambre ni dans les Congrès ; on n’a parlé que des causes secondaires et matérielles. Aussi, où a-t-on été chercher le remède ? Dans un palliatif inefficace : dans le relèvement des droits. Que va-t-il sortir de là? Tout au plus un regain d’espérance chez les petits cultivateurs découragés ; mais pour combien de temps i Les blés étrangers payeront le droit et la concurrence continuera. N’a-t-on pas, du reste, depuis que la question est agitée, introduit en France des quantités énormes de grains, n’en importera-t-on pas de nouvelles masses jusqu’au jour où la loi sera promulguée? L’espoir d’un avenir meilleur sera donc de courte durée et il est fort à craindre qu’une crise plus aiguë ne suive de près l’application d’un remède imprudent et sans effet.
- La question agricole est donc loin d’être uniquement une question de droits dNe douanes, elle est une des questions sociales de notre temps.
- Il en est absolument de même de la question industrielle et de la question commerciale. C’est ce que nous démontrerons plus loin.
- A. Fougerousse.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- SALON DE 1885
- Les élections pour le jury de peinture du Salon ont eu lieu mercredi 18 mars, au palais des Champs-Elvsées, où le scrutin est resté ouvert de neuf heures du matin à quatre heures du soin Voici les noms des quarante jurés titulaires, avec le chiffre des voix obtenues :
- MM. Voix MM. Voix
- Bonnat 1168 H. Le Roux. . . 839
- J. Lefebvre . . . 1166 Benj. Constant. 829
- J. Paul Laurens . 1158 Roll 812
- Harpagnies. . . . 1109 Rapin 779
- T. Robert-Fleury 10 77 Carolus Duran. 771
- Bouguereau . . . io3q De Vuillefroy . 765
- Henner 1028 Guillemet . . . 764
- Humbert 1027 Gervex 7^
- Français 1000 Bernier .... 746
- Caban ei q()2 Maignan .... 729
- Boulanger. . . . () 3 5 Barrias .... 716
- Busson. 9 3 5 Jules Breton. . 66 9
- Cormon () 1 3 De Neuville . . 664
- Pille 8q5 Luminais .... 654
- Yon 888 Hanoteau . . . 641
- D ü EZ 885 Guillemet . . . 637
- VOLLON 874 Lansyer .... 608
- Détaillé 862 Baudry 5q5
- P. de Chavannes . 858 Feyen-Perrin . 589
- Lalanne 85z Saintpierre . . 3 77
- Les artistes qui venaient ensuite avec le plus grand nombre de voix, et parmi lesquels doivent être choisis les jurés supplémentaires sont :
- MM. Morot, 554 voix; Renoue-, 55o;Vayson, 518; Ribot, 493; Delaunay, 488; Van Marcke, 475; Merson (L.-O.), 468; Cazin, 467; Gérôme, 455; Protais, 395; Thirion, 365; Pelouze, 344; Lavieille, 324; Ph. Rousseau, 322; Lhermitte, 320, etc., etc.
- Ces membres du jury ont procédé à la constitution de leur bureau.
- M. Bouguereau a été élu président; MM. Bonnat, Cabanel et Busson, vice-présidents. Ont été nommés secrétaires, MM. Tony-Robert Fleury, de Vuillefroy et Guillemet. Ces derniers ont déjà rempli les fonctions de secrétaires l’an dernier.
- Trois artistes qui avaient été élus membres du jury ont donné leur démission en raison de leur état de santé. Ce sont MM. Lalanne, Baudry et de Neuville. Ils ont été remplacés par MM. Morot, Renouf et Vaizon , qui avaient obtenu le plus grand nombre de voix comme jurés suppléants.
- Le chiffre des peintures, aquarelles et dessins présentés est de 7,200, soit 5oo de moins que l’année dernière.
- Citons parmi les tableaux envoyés :
- M. Pantin Latour : Une lecture au piano, composition comprenant huit portraits grandeur naturelle d’amis du peintre, la plupart musiciens ou écrivains connus : Emmanuel Chabrié , Vincent d’Indy ; Adolphe Jullien, Camille Benoit, Amédée Pigeon, etc.
- M. Benjamin Constant : Une grande composition : La justice du Chérif.
- M . E. Le Marié dps Landelles : La Remise aux perdreaux et Menil Jean (Orne), paysage.
- M. Charles Escqdier : Portraits de Mœc la princesse de Bauff're nont - Courtenay, duchesse d’Atrisco et Portrait de Mllc Jeanne Stoullig, la fille de notre confrèie.
- M. Norbert Gœneutte : La Descente des ouvriers dans Paris.
- M. F. Barrias : La Mort de Chopin.
- M. A. Guillemet, un grand tableau : Paris vu de Meudon.
- MUo Louise Abbéma : Chanson d’après-midi. Le tableau représente un coin de l’atelier de l’artiste avec portraits d’amis ; Madeleine Brohan, Gabrielle Tholer et Marie-Louise Grenier.
- M. Auguste Loustauneau, l’auteur des charmants tableaux1) les Mariages de raison et de convenance, du Loup dans la bergerie, des Fiancés, etc., etc., enverra une grande toile, qui obtiendra un grand succès : VEntrainement.
- M. Henry Pille : Tentation de saint Antoine.
- M. Willette : Un épisode de la vie de Pierrot.
- M. Clairin : Le dernier roi Maure.
- M. Bouguereau : Biblis et l’Adoration des Mages.
- M. Worms : Portrait de M. Paul Eudel.
- M. Tony-Robert Fleury : Léda.
- M. Georges Lehmann : Portrait de MmG W...
- M. Victor Gilbert : Après-midi d’un dimanche dans un marché parisien.
- M. Peyen-Perrin : Rêveries ; Remords.
- M. Niéderhausern : Chiens.
- M. Ulysse Roy : Dans les Blés.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 29 Mars i885-
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- L’électricité, il y a peu d’années encore, appartenait exclusivement au monde savant et n était connue du public que par des manifestations plus récréatives et curieuses que réellement utiles. De temps en temps quelque amateur de science s’amusait à rayer la nuit d’un jet éclatant de lumière aux reflets bleuâtres ou à répéter les êxpérien ces si connues de l’induction ; les établissements scolaires et les cabinets de physique possédaient seuls des appareils que leur prix élevé et la délicatesse de leur manœuvre rendaient
- ciens destinée en quelque sorte à centraliser les efforts disséminés et à réunir en un même faisceau tous ceux qui s’intéressaient à l’avenir d’une science dont le dernier mot est loin d’être dit et qui nous étonne déjà par ses merveilleuses applications.
- Cette société dont le succès fut tel que, ayant à peine quinze mois d’existence, elle compte déjà i,3oo membres, prit un rapide essor sous la présidence d’honneur de M. Cochery, ministre de^ postes et télégraphes auquel le
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- EXPOSITION A L’OBSERVATOIRE
- 21 MAI 1885
- INAUGURÉE PAR M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
- Cliché de la Société générale des Applications photographiques, d’après la photographie Jacotin.
- Imprimé sur la presse Alauzet, mue par un électro-moteur de la Compagnie Electrique.
- naccessibles au public; ces motifs empêchaient par cela même leur vulgarisation.
- La seule application utile, en dehors de la télégraphie dont les bienfaits n’ont pas besoin d’être rappelés, était celle des sonneries et des tableaux avertisseurs à l’usage des habitations et spécialement des administrations ; encore ne rencontrait-on ces appareils que chez les gens amis du progrès et désireux de bénéficier des avantages pratiques qui accompagnent chaque découverte.
- Peu à peu pourtant, comme toutes les grandes choses, l’électricité faisait son chemin et sortait du domaine purement scientifique : Vinrent les recherches de M. G. Planté sur la possibilité d’emmagasiner cette force merveilleuse, puis les découvertes des Edison, des Bell, sur la transmission de la parole, les machines de Gramme, de Siemens, etc., les lampes à incandescence, les expériences de M. Marcel Despretz sur le transport de la force à distance, et tant d’autres qui permirent d’envisager le côté industriel de cette science.
- C’en était fait, l’élan était donné et de toutes parts surgirent des découvertes, les unes essentiellement pratiques, les autres d’une utilité moins immédiate mais indiquant cependant, de la part de leurs inventeurs, la préoccupation de répondre à quelque besoin de la vie privée, de l’art ou de l’industrie.
- C’est sur ces entrefaites que se fonda la Société internationale des électri-
- public est redevable de tant d’améliorations et qu’on trouve toujours prêt à accorder son appui à tout projet utile.
- L’exposition de la Société, sous la direction de son sympathique prési» dent, M. Berger, a été inaugurée, le samedi 21 mars, dans les locaux de l’Observatoire si gracieusement prêtés par M. l’amiral Mouchez.
- M. le Président de la République avait bien voulu assister à cette inauguration. — En arrivant devant la presse exposée par M. Alauzet, il a pu voir mettre cette presse en mouvement et, bientôt après, il recevait la première épreuve du dessin dont nous donnons ci-dessus le fac-similé
- Tous les assistants ont reçu une épreuve semblable.
- Parcourons maintenant les différentes salles qui composent l’Exposition d’électricité.
- Tout le monde se souvient de l’étonnement causé dans le monde des savants et des industriels lorsqu’à l’ouverture de l’Exposition d’électricité Palais de l’Industrie en . 1881, on put admirer le système complet d’éclairage, par la lampe à incandescence Edison, pouvant se substituer purement et simplement à tout autre mode d’éclairage.
- Il avait suffi de deux années à Edison pour créer son admirable système dont les détails avaient été si bien étudiés qu’ils ont servi de base à tout ce qui a été fait depuis.
- Tout le monde sait ou croit savoir comment est faite la lampe Edison dont nous reproduisons le dessin.
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- Première Année. — N° i3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Mars i885. — io5.
- Pour disposer pour les usages domestiques cet éclairage électrique, on a dû, bien entendu, créer tout un appareillage.
- Nous donnons ici une reproduction d’une applique complète avec abat-jour en porcelaine.
- Lampe Edison. Applique complète avec abat-jour
- Dans certains cas on emploie une applique à trois genouillères, pouvant être orientée dans tous les sens.
- On voit par le détail d’une des jonctions, comment on assure le passage du courant au moyen de petits balais.
- A la suite des essais faits par la commission scientifique de 1 Exposition de 1881, il a été reconnu que le rendement en lumière est plus grand dans les lampes à haute résistance que dans celles à basse résistance. Il en est de même pour l’économie de la canalisation, qui, à intensité égale de lumière, est proportionnelle au carré de la force électro-motrice de la lampe. Les conditions nécessaires à la production lumineuse la plus avantageuse se trouvent donc être .les. mêmes que celles permettant le maximum d’économie dans la canalisation.
- Les grosses machines électriques d’Edison de 1200 lampes sont connues depuis 1881 ainsi que les types intermédiaires. La société électrique Edison a voulu exposer le dernier type créé à son usine d’Ivry, qui est une réduction de la machine de 400 lampes dont nous reproduisons la figure.
- Detail d’une des jonctions
- Machine Edison, dernier type.
- Cette petite machine pesant 52 kilogrammes alimente 3o lampes de 8 bougies. Elle absorbe de 1 à 2 chevaux.
- Le public peut lui-même reproduire une intéressante expérience d’Edison qui démontre au moyen d’une plaque de platine intercalée entre les deux branches du charbon et reliée à un galvanomètre, qu’il existe un transport direct de courant du positif au négatif et qu’il y a par conséquent . tout avantage a écarter le plus possible les deux branches, ce qui à la limite conduit à employer un charbon rectiligne.
- Les appareils exposés par le Dr Bondet, de Paris, sont spécialement destinés aux expériences physiologiques.de haute précision.
- Ils se composent de deux tables reliées électriquement ; sur l’une de ces tables sont réunis les instruments qui fournissent l’excitation électrique (batterie de piles, condensateur, manipulateur automatique, etc.
- La seconde table porte les appareils destinés à enregistrer, d'après la méthode graphique, les mouvements (contractions musculaires) des animaux soumis à l’expérimentation.
- L’ensemble de ces appareils et leur fonctionnement. constituent une nouvelle méthode de recherches, basée sur l’emploi de l’électricité.
- En effet, les excitations électriques dont on se servait jusqu’à présent étaient trop variables pour que l’on pût comparer entre eux les résultats
- obtenus. . .
- Avec l’emploi du condensateur, au contraire, il est facile de produire des excitations d’une valeur mathématique invariable, de telle sorte que chacune de ces excitations peut être considérée comme un étalon d’énergie excitatrice. . .
- L’emploi de cette méthode se trouve donc tout particulièrement indiqué pour les recherches de la médecine légale, dans le cas d’empoisonnement par les alcaloïdes végétaux ou animaux (ptomaïnes) cas dans lesquels la chimie est souvent impuissante à reconnaître la nature du poison qui a causé la mort.
- Trouver un appareil aussi simple que le Morse susceptible de donner un rendement plus considérable, facilitant le travail du télégraphiste et supprimant le plus grand nombre des altérations de mots, tel est le problème que s’est proposé M. Estienne.
- Les lettres, chiffres et signes de ponctuation sont formés d’après le code Morse.
- Les deux signaux utilisés sont : le demi-trait vertical, remplaçant le point , qui ne marque pas toujours et le trait vertical remplaçant le trait longitudinal du Morse; chacun d’eux est imprimé par ’une plume spéciale, agissant sous l’influence d’une des deux touches d’un manipulateur inverseur. La touche de gauche qui émet un courant positif produit le demi-trait, la touche de droite qui émet un courant négatif produit le trait. L’impression d’un signal n’exige pas une durée plus longue que le temps necessaire à la formation du point Morse, c’est-à-dire que tous les courants sont brefs; ils doivent autant que possible être égaux sans que cette condition soit indispensable, car l’inégalité des contacts a pour seul effet d’augmenter ou de diminuer, suivant le cas, l’épaisseur du signal sans jamais changer sa nature et sans nuire presque à sa lisibilité. Par le fait de l’impossibilité de dénaturer les s-ignaux, la plus grande partie des erreurs télégraphiques — et on sait si le nombre en est élevé — disparaîtront avec l’emploi au télégraphe Estienne. Un exemple probant : reproduisons le mot décoré, avec l’écriture Morse.
- dé c o r é
- Si par suite d’un défaut presque incorrigible qui, au Morse, est familier à un grand nombre de télégraphistes, l’opérateur coupe les traits, et que précisément il coupe en deux parties le premier trait et le deuxième trait de —— » —™ , on aura.. —~ ... c’est-à-dire la lettre é au lieu de o.
- Pour la lettre r.——si les deux premiers signaux sont mal formés, parce que l’on sera resté trop longtemps sur le contact du premier point et pas assez sur celui du trait, — au Morse les incorrections de ce genre fourmillent — on aura —1> — — que l’on prendra pour la lettre d, bien plutôt que pour r.
- On lira donc décédé au lieu de décoré, substitution qui s’est produite plusieurs fois déjà. On ne peut au Morse remédier à de tels inconvénients, que par le changement _.de. ce système. Avec l’écriture Estienne, pas dé transformation possible. Ecrivons le même mot.
- dé c o r é
- \n 11I11 Isli III 1I1 11I11
- D’abord tous les signaux étant brefs, le premier défaut indiqué disparaît ; la lettre 0 ne peut donc être modifiée. D’autre part, en restant trop
- longtemps sur le premier signal de lll et pas assez sur le second signal, on
- aura hId, groupement qui, malgré une prolongation dans la transmission d’un signal, ou bien des deux et même des trois signaux, constituera toujours la lettre r.
- L’extension, des communications télégraphiques et les erreurs qui résul tent de l’omission des mots tendent de plus en plus à amener les administra-trations à faire scinder, par l’employé du guichet, les dépêches en séries de cinq mots et à introduire, dans la transmission à l’appareil, un signal spécial après chaque multiple de 5 mots. Cette opération, qui faciliterait considérablement pour le télégraphiste la numération des mots, permettrait également au destinataire à. qui on adresserait alors une copie, disposant la dépêche en tranches de cinq mots, de faire facilement, et sans erreur possible, le contrôle du nombre des mots du télégramme qu’il reçoit. Ce progrès considérable, le système Estienne permet aujourd’hui d’en hâter l’accomplissement, par la puissance de son encrage qui donne la possibilité à l’opérateur de (aire très facilement,, après chaque multiple dè 5, un trait fort apparent indiquant nettement où finit la série de 5 mots et par conséquent quand on doit écrire à la ligne.
- . La société VEclairage Electrique a exposé ou plutôt installé à l’Observatoire. les appareils force motrice comprise) qui servent à l’éclairage de la cour d’entrée et du salon A dans lequel se trouve l’Exposition du ministère des postes et télégraphes.
- L’éclairage de la cour et de la façade est fait par 12 bougies Jablo-chkoff de 4 m/m ; celui du salon A par 72 lampes à incandescence maxima de a.carcels. L’électricité est produite pour ces deux applications, absolument différentes , par des machines à courants alternatifs auto-excitatrices de Gramme, système dont la société F Eclairage Electrique est propriétaire.
- Bougies Jablochkoff
- Les bougies Jablochkoff sont montées *sur des chandeliers à dérivation du système Bobenrieth. Cette disposition nouvelle qui supprime la manœuvre du commutateur pour les changements de bougies, est un heureux perfectionnement du procédé Jablochkoff.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.:
- Dimanche 29 Mars i883.
- La société Y Eclairage Electrique a exposé, en outre, dans le hangar des machines, une dynamo Gramme à courant continu, munie d un régulateur automatique de force électromotrice. Cette machine convient particulièrement pour l’alimentation des lampes à incandescence ; elle permet de les éteindre ou de les allumer, suivant les besoins, sans modifier l’allure de celles qui continuent à éclairer. Ce résultat est obtenu par l’envoi direct dans l’inducteur d’un courant dérivé, pris en un^ point convenable du collecteur au moyen d’un troisième balai, lequel s ajoute au courant du circuit général pour produire le courant inducteur.
- M. L. Aboilard a contribué à l’éclairage du salon d’honneur en fournissant des lampes à incandescence dont l’éclat a été fort remarqué. — En outre, nous devons signaler ses nombreuses et intéressantes applications de l’électricité aux appareils portatifs tels que lanternes de voyages, lanternes de voitures, lampes de mineurs pour éviter les explosions et une grande quantité de bijoux électriques. Une des curiosités de cette exposition est un fauteuil qui renferme les piles nécessaires à l’alimentation d’une
- lampe permettant à la personne assise de lire. Ce fauteuil qui est mobile présente un grand avantage.
- Citons enfin une dernière application ; c’est un appareil qui permet d’allumer dans un escalier un certain nombre de lampes. Cet appareil est mis en fonction par le concierge d’une îfiaison par le seul fait qu’il tire le cordon pour ouvrir la porte d’entrée. L’extinction se produit automatiquement au bout du temps nécessaire à un locataire pour atteindre l’étage le plus élevé.
- M. E. Ducretet nous montre une série fort intéressante des photographies et d’effluves d’étincelles électriques qu’il a obtenues directement sans objectif.
- Nous voyons encore une grande bobine Ruhmkorft dont le faisceau inducteur et le condensateur sont démontables. Elle fonctionne avec une batterie en cascade.
- De fort belles expériences ont été réalisées avec un immense tube Geissler appartenant au Conservatoire des arts et métiers. Citons enfin du même fabricant un exploseur Scola Ruggieri pour l’inflammation des mines permettant d’opérer, sans danger, même au sein du grisou.
- LÉGENDE DU GALVANOMÈTRE A CADRE CURVILIGNE
- M. Pièce d’ébonile dans lequel sont tracées les rainures, en forme de caustiques de réflexion, qui contiennent le fil du cadre multiplicateur;
- I. Index porté en croix par l'aiguille magnétique;
- G. Echelle graduée en Ampères ou en Wolts;
- B. C. Boite enveloppé protégeant l'instrument ; . .
- A. Suspension ae l’aiguille commandée par la vis V ;
- SS’ Serre-fils recevant les réophores du courant à mesurer ;
- D. Disque d'acajou portant ('appareil;
- NN’ Vis calantes.
- M. A. Gaiffe expose un galvanomètre médical à cadran curviligne qu’il a présenté à l’Académie. Cet instrument, dans lequel on donne au cadre multiplicateur la forme elliptique, permet d’obtenir des déviations, de l’aiguille proportionnelles aux intensités des courants jusqu’à 33° environ de chaque côté du zéro de l’échelle.
- La possibilité de modifier la marche des galvanomètres par la forme, des cadres étant démontrée, il était permis de poursuivre la création empiriaue de courbes dont l’action sur l’aiguille, pour des courants de plus en plus intenses, augmentât comme l’action directrice de la^tepre.
- La disposition à laquelle M. Gaiffe s’est arrêté donne des cadres multiplicateurs ayant peu de hauteur, bien appropriés aux appareils.
- Leur fil est roulé dans des rainures disposées ad hoc et forme, au-dessous et au-dessus de l’aiguille, et dans des plans parallèles à son plan d’oscillation, deux figures qui rappellent chacune deux caustiques, de réflexion, se regardant par leur concavité et ayant leurs cornes voisines de l’axe de rotation de l’aiguille.
- En raison de ces courbes, déterminées empiriquement, l’axe magnétique de l’aiguille, quelle que soit sa direction, coupe, toujours à peu près sous le même angle la partie du cadre qui l’avoisine; et la proximité du fil et de l’aiguille, et,, par suite, leur action réciproque augmentent, en même temps que l’action du couple terrestre, lorsque l’aiguille s’éloigne du méridien.
- Par ces combinaisons, on est arrivé à ce résultat : Pour des courants croissant en intensité dans une progression arithmétique, l’aiguille a ses points d’équilibre équidistants sur les deux côtés de l’échelle jusque vers le 70e degré du cercle.
- M. G. Trouvé a divisé son exposition si intéressante en cinq parties bien distinctes.
- Dans la première nous trouvons une série d’appareils techniques pour la physique et la médecine, parmi lesquels nous citerons le photophore électrique frontal destiné à l’éclairage des cavités du corps humain, employé par MM. Pasteur, Lœwy, Van Heurck, pour la micrographie et la photomicrographie.
- Lampe électrique Trouvé
- Dans la deuxième partie, qui a trait à la solution pratique de l’éclairage domestique par les piles Trouvé, on remarque un grand nombre de candélabres, chandeliers, etc., etc.
- Parmi les moteurs nous signalerons un petit moteur pour la démonstration des expériences aérostatiques, et differents porteurs servant à actionner des embarcations, des tricycles, etc.
- Nous arrivons à la lampe universelle de sûreté, portative, automatique,
- Danseuse parée des bijoux électriques Trouve.
- réglable et inversable ; ces différentes dénominations rendent parfaitement compte de tous les usages auxquels peut servir cette lampe.
- En dernier lieu, nous nous arrêterons devant une vitrine de bijoux qui obtient un légitime succès.
- Le docteur Jules Ochorowicz expose trois appareils des plus ingénieux.
- i° L’Hyfaoscope, appareil de diagnostic servant à découvrir la « sensibilité hypnotique ». On applique l’aimant sur l’index, et après deux minutes on constate des changements dans la sensibilité et mobilité du doigt chez trente personnes sur cent. Toutes les personnes sensibles àl’hypno-
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- Première Année — N° i3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Mars 188 5; — 107
- scope sont hypnoticables à un degré correspondant aux changements provoqués. Toutes les autres ne le sont pas. (Voir pour les détails : Ch. Richet: Note sur un critère de la sensibilité hypnotique ; l’hynoscope ; Une nouvelle méthode de diagnostic par M. J. Ochorowicz — Comptes rendus de la Société de Biologie, n° 20 l’année 1884, et J. Ochorowicz : L’Hynoscope , une nouvelle application de l’aimant, dans la Lumière électrique, journal universel d’électricité, n° 45, l’année 1884).
- Variétés des bijoux électriques lumineux Trouvé
- 2° Téléphone magnétique à deux plaques pouvant servir de récepteur et de transmetteur en remplacement de microphones à piles ordinaires.
- 3° Le Thermomicrophone, le plus puissant des transmetteurs microphoniques, qui, réuni an récepteur magnétique à deux plaques, peut reproduire à haute voix la parole prononcée même à une certaine distance de l’appareil. Ce transmetteur ne fonctionne qu’à chaud, mais réchauffement nécessaire à son fonctionnement est produit par le courant lui-même. L’intensité du courant absorbé est de 18 milliampères. Le Thermomicrophone est destiné à des transmissions téléphoniques à grande distance et aux auditions musicales à haute voix.
- 40 Le Magnétophone ou, microphone magnétique à poudre de fer, dans lequel la parole peut être reproduite par des changements dans la direction des lignes de force indépendamment de la pression.
- Cet appareil donne, une reproduction très nette de la parole, mais moins forte qu’avec les microphones ordinaires. Il présente donc un intérêt purement scientifique.
- Le procédé Juncker a pour but la t ransforma-tion complète en métal plein des objets au préalable recouverts par la galvanoplastie, et d’apporter un élément décoratif puisé dans la nature elle-même, permettant d’utiliser, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, cette flore inépuisable, dans sa variété comme dans son abondance, et de créer un ordre décoratif nouveau dans lequel l’art et la science viennent s’associer à la nature.
- Les recouvrements plus ou moins réussis, qui se sont faits jusqu’à ce jour, ne se sont prêtés, vu leur fragilité, à aucun emploi sérieux. Il fallait, une fois la pellicule galvanique déposée surl’objet, faire disparaître, par brûlage ou dissolution, l’objet lui-même pour le remplacer par un métal se soudant d’une manière complète au masque obtenu, afin d’avoir une pièce égale à celle obtenue par la fonte.
- Là est tout le prodédé qui a reçu le nom de galvanatypie (et non galvanotypie).
- Dans la cour, sous un vaste hangar, avaient été installées des machines à vapeur qui, actionnant des machines électriques Gramme, Sienfens et autres, permettaient à ces dernières d’envoyer dans toutes les parties de l’Exposition la force et la lumière ; inutile de dire que l’éclairage électrique régnait en maître, toutes les salles étaient brillamment illuminées par des lampes de tous systèmes, soit à arc voltaïque, soit à incandescence.
- Dans le domaine purement scientifique, les appareils étaient en grand nombre et on avait largement le choix parmi les instruments destinés aux études du laboratoire, construits avec un fini remarquable par la maison Bréguet et par M. Charpentier.
- Il faut citer les accumulateurs à lames de plomb de M. Gaston Planté et spécialement sa magnifique
- machine rhéostatique au moyen de laquelle, avec deux simples éléments de pile Bunsen, comme source productrice, il a obtenu la transformation de l’électricité voltaïque en électricité statique et répété en petit, en les expliquant, presque tous les phénomènes de la foudre, notamment de la foudre dite globulaire.
- Parmi les objets d’utilité générale on pouvait remarquer l’exposition de la Compagnie du chemin de fer du Nord et celle de la Compagnie P. L. M. présentant une collection complète de signaux, d’avertisseurs et de préservateurs, capables de bannir de l’esprit le plus timoré la crainte des accidents.
- Les allumoirs et extincteurs, automatiques ou facultatifs, de M. Arnould étaient très curieux à voir fonctionner. Dans la même salle on pouvait remarquer une lampe portative présentée par M. Larochelle et permettant de modifier la quantité de lumière au moyen d’un simple bouton comme dans les lampes ordinaires. Pour l’éclairage particulier, les générateurs secondaires de MM. Gaulard et Gibbs offrent l’avantage de régler automatiquement, et suivant les besoins, la distribution du courant électrique.
- Tout le monde connaît les appareils de M. 'Prouvé, néanmoins on voyait avec plaisir les nombreuses formes sous laquelle il présentait l’électricité comme lumière ou comme force.
- Les compteurs d’électricité, jouant un rôle analogue à celui des compteurs à gaz, étaient représentés par ceux de MM. Cauderay, Hours-Humbert, etc.,
- Cette exposition a permis de juger combien étaient nombreux les pas faits en avant par la science électrique dans ces derniers temps, et, bien que son cadre fût restreint, elle offrait encore un vaste champ aux études des hommes compétents et à la curiosité du public.
- Nous devons donc remercier M. Georges Berger d’avoir pris l’initiative de cette exposition à la fois si intéressante et si remarquable qui nous a permis d’apprécier une fois de plus ses rares qualités d’organisateur.
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- LA CRISE AGRICOLE
- VI
- On a proposé bien des remèdes à la situation :
- Les uns, accusant nos cultivateurs d’être d’aveugles routiniers et de ne pas savoir tirer profit des richesses du sol ni de leurs capitaux, leur ont conseillé de changer leurs méthodes de culture.
- Les fermiers français, ont-ils dit, ne s’entendent pas à produire le blé; eh bien ! qu’ils renoncent à la culture des céréales et qu’ils transforment une grande partie des terres labourables en prairies artificielles ; qu’ils remplacent le blé par l’élevage du bétail.
- Nous avons lieu de croire que ceux qui tiennent ce langage n’ont jamais fait de l-’agTiculture qu’en chambre. Or ce n’est pas suffisant pour se poser en agronomes et en donneurs de conseils.
- Nous avouons que la pensée de voir la France cesser de produire du blé répugne à notre patriotisme ; car ce serait la mettre dans la nécessité de chercher chez ses voisins un produit qui forme la base de l’alimentation. On voit, tout de suite, quelles conséquences désastreuses un pareil système pourrait avoir en temps de guerre; ce serait nous vouer à la famine, car l’étranger pourrait, quand bon lui semblerait, nous couper les vivres.
- Mais ce n’est pas le seul inconvénient qui en résulterait.
- Le jour où la culture herbagère serait généralisée et où l’élevage du bétail aurait remplacé, sur une grande échelle, la production du blé, le prix des animaux de boucherie subirait nécessairement une baisse considérable, de sorte que l’élevage ne serait pas plus rémunérateur pour le fermier que la production des céréales ; il se trouverait, sous une autre forme, aux prises avec les mêmes difficultés.
- . En outre, cette innovation aurait fatalement pour conséquence de nuire à la petite propriété et d’achever de dépeupler les campagnes au profit des villes. Car, le jour où la plus grande partie du territoire de la France serait transformée en une immense prairie , la main-d’œuvre deviendrait inutile et les ouvriers agricoles seraient obligés de déserter les champs.
- Ce système fut appliqué, il y a environ un siècle,. dans le nord de l’Ecosse ; l’homme dut céder la place au mouton, et nous no voyons pas qu’il ait produit des résultats qui soient de nature à nous engager à en tenter l’expérience. Il serait préférable, à notre avis, de pratiquer la culture intensive qui n’est pas incompatible avec le morcellement do la propriété.
- Nous avons dit que l’absolu, en matière économique, est une utopie dangereuse et que si l’on ne veut pas compromettre certains intérêts, en en favorisant d’autres d’une façon trop exclusive
- il faut savoir suivre la voie du juste milieu et s’abstenir de s’enfermer dans un système.
- La Chambre nous semble s’ètre inspirée de cette sage pensée dans la discussion du projet relatif au relèvement des droits sur l’entrée des céréales. Cette conduite, d’ailleurs, lui était dictée par la logique; elle ne pouvait guère agir autrement, en présence des divergences d’opinions et des compétitions ardentes des intérêts qui se sont manifestées dans les diverses régions du pays.
- Tandis que Jes agriculteurs "réclamaient une protection sérieuse, efficace, mais peut-être exagérée, l’industrie et le commerce, dont les intérêts sont tout à fait différents de ceux de l’agriculture, préconisaient, au contraire, le libre-échange et en faisaient l’universelle panacée. A les entendre, c’était le remède non seulement de la crise agricole, mais de la crise industrielle, de la crise ouvrière, en un mot, de toutes les crises.
- Leur grand argument contre le système protectionniste, c’était qu’il pèserait lourdement sur le consommateur en augmentant dans des proportions anormales le. prix du pain et de la viande. Certains d’entre eux 11’ontpas craint de pousser l’exagération jusqu’à l’absurde, en prétendant qu’un relèvement de 3 francs sur l’entrée d’un quintal de blé étranger coûterait, un milliard aux consommateurs.
- On voit qu’en disant qu’ils ontpoussé l’exagération jusqu’à l’absurde nous sommes plutôt en deçà qu’au delà de la vérité.
- Voilà cependant où conduisent • la mauvaise foi et-l’égoïsme étroit des intérêts. :
- Un milliard ! Ceux qui mettent ainsi ce chiffre en avant, ignorent-ils donc ce que c’est qu’un milliard?
- Que leur importe, après tout! Ce qu’ils cherchent c’est à enrayer le mouvement protectionniste, à empêcher le relèvement des droits de douanes et, pour cela, toutes les armes, même l’exagération et le mensonge, leur semblent bonnes.
- Eh bien ! non seulement les droits modérés votés par la Chambre ne coûteront pas un milliard aux consommateurs, mais ils n’auront presque aucune influence sur le prix du pain et de la viande.
- On a calculé qu’un droit d’entrée de 5 francs par quintal sur le blé ne ferait renchérir le pain que d’un demi-centime à un centime par kilogramme; il n’y a donc pas lieu de crier que l’on veut affamer la classe ouvrière.
- D’ailleurs , nous avons la conviction que les droits d’entrée tels qu’on les propose protégeront beaucoup moins, l’agriculture qu’on ne le pense généralement. Ainsi, le droit de 3 francs par quintal de blé n’aura certainement pas pour conséquence d’augmenter de 3 francs le prix moyen du blé sur nos marchés. Si nous ne consommions que du blé étranger, cette hausse se produirait certainement ; mais il ne faut pas oublier que la France produit en moyenne de 80 à 100 millions d’hectolitres de froment par an et que, par conséquent, le droit de 3 francs n’aura qu’une influence peu sensible sur nos prix.
- Ce que nous venons de dire, au sujet du relèvement des droits sur le froment et les céréales, s’applique également aux droits sur le bétail. Pour la viande, nos importations ne dépassant pas le dixième de notre consommation, un droit de 25. francs par bœuf ou vache ne ferait hausser le prix de la viande, que de dix centimes par kilogramme. Mais il nè faut pas oublier que, entre le producteur et le consommateur, il y a des intermédiaires, le maquignon, le boucher, qui feront tout ce qu’ils pourront pour exploiter le public et lui faire croire que le relèvement des droits de douane a eu pour conséquence une augmentation considérable du prix de la viande.
- Selon nous, le résultat le plus net, le plus palpable du relèvement des droits d’entrée sera de faire entrer de 25 à 30 millions de plus, par an, dans les caisses de l’Etat. Or, étant donnée la situation de nos finances, une pareille ressource n’est pas à dédaigner.
- Mais cette mesure ne sera que passagère et, dès l’instant, à tort ou à raison, où le blé sera considéré comme étant arrivé à un prix assez rémunérateur pour le fermier, on verra tous les adversaires de ces droits, les libres-échangistes irréconciliables, revenir à la charge et en demander la suppression ou au moins la suspension. Une fois supprimés, il faudra recommencer une nouvelle campagne pour en obtenir le rétablissement.
- Voilà le grand inconvénient de la mesure que l’on vient de prendre.
- Il eût été beaucoup plus simple, plus rationnel et plus pratique d’établir un droit proportionnel et mobile, variant suivant le prix du blé. On objectera que c’eût été revenir à l’échelle mobile, mais ce n’est pas une raison. Pourquoi rejeter ce système qui a donné jadis de bons résultats?
- Cependant il est d’une application bien simple, bien facile.
- On proportionnerait le droit d’entrée sur les blés étrangers au cours de cette céréale, en fixant un prix-limite au-dessous duquel ce droit subirait une augmentation proportionnelle à la baisse du prix du quintal de blé.
- Ainsi, par exemple, en prenant pour limite extrême le prix de 33 francs le quintal, que l’on considérerait comme suffisamment rémunérateur, les blés étrangers pourrai eut entrer en franchise
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- Première Année. — N° 12.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Mars 1885.
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- Mais quand le cours descendrait au-dessous de 33 francs, ils paieraient, à l’entrée, un droit fiscal de 1, 2, 3, 4 ou 5 francs proportionnel à la baisse :
- De 0 fr. 50 centimes, de 32 francs à 30 francs ;
- De 1 franc, de 30 francs à 28 francs ;
- De 1 fr. 50 centimes, de 28 francs à 26 francs ;
- De 2 francs ou 3 francs de 26 francs à 24 francs et ainsi de suite.
- On prendrait pour base de la taxe la mercuriale officielle que le ministère de l’agriculture publie chaque trimestre.
- Avec l’application de ce système les droits des consommateurs et des producteurs seraient également sauvegardés. On ne verrait pas se produire des hausses que rien ne justifie, si ce n’est l’avidité égoïste de certains accapareurs, et le producteur aurait toujours la certitude de vendre son blé à un prix rémunérateur ; il serait garanti contre la concurrence étrangère.
- On répondra, peut-être, que l’échelle mobile dont nous préconisons l’application a fonctionné de 1814 à 1860 et que, si on l’a supprimée, c’est probablement parce que l’on en a reconnu les inconvénients.
- Nous admettons sans conteste que l’on s’est heurté autrefois à des difficultés, mais elles n’étaient pas inhérentes au système de l’échelle mobile ; elles dépendaient de circonstances qui lui étaient tout à fait étrangères, entre autres du manque de communication rapide et, partant, de l’impossibilité de se renseigner sur les cours dans les diverses régions ; car on avait divisé la France en quatre zones qui formaient comme autant de provinces distinctes ayant chacune un prix-/imite différent : 22 francs pour le nord et l’ouest, 24 francs pour le centre comprenant le rayon de Paris, 26 francs pour le sud-ouest et 28 francs pour le sud-est.
- Il est évident que cette division du territoire national en plusieurs classes était la source d’inconvénients de toutes sortes ; elle multipliait les barrières dans l’intérieur du pays, paralysait le commerce, empêchait la libre circulation des grains d’une région dans une autre et favorisait la fraude.
- Aujourd’hui, avec la rapidité et la facilité de communication que donnent le télégraphe et les chemins de fer, ces inconvénients ne pourraient plus se produire. Le prix-limite pourrait être le même pour toute la France, car les cours du blé ne diffèrent d’une région à l’autre que de quelques centimes. Aussi, nous ne voyons pas les objections sérieuses que l’on peut opposer à l’application de ce système qui est beaucoup plus équitable et plus rationnel que celui que l’on veut adopter. Quand l’expérience aura démontré l’inefficacité de ce dernier, on sera bien obligé de revenir au principe de la proportionnalité. Mais en attendant le mal ne fera que se développer et s’aggraver.
- E. Mansuy.
- (A suiore.)
- TRIBUNE PUBLIQUE
- Nous recevons la communication suivante que l’on nous prie d’insérer :
- MANIFESTE
- de la ligue des intérêts de l’est
- La ligue des intérêts de l’Est n’a pas cessé d’exister; malgré les votes du Conseil municipal et de la Commission consultative qui ont décidé que l’Exposition universelle de 1889 aurait heu au Champ-de-Mars, elle n’en persiste pas moins dans ses revendications en faveur du parc Daumesnil,, appartenant à la Ville de Paris, où l’on peut élever, dans un site admirable, un palais conservable, vaste, bien ordonné, avec de nombreuses annexes, à peu de distance de la Bastille et de l’hôtel de Ville (1).
- Chaque jour révèle des difficultés d’établir l’Exposition au Champ-de-Mars, dont l’exiguité est manifeste, et que le ministre de la guerre n’abandonnera pas sans compensation. Le Conseil municipal et la Commission consultative ont commencé par où ils auraient dû finir. Ils ont choisi le Champ-de-Mars , avant de s’être assuré qu’ils en obtiendraient la désaffectation. Aujourd’hui, le ministre de la guerre ne la leur accordera qu’à la condition expresse qu’on lui donnera, à titre gratuit, un terrain de 5o hectares pour les manoeuvres de la cavalerie.
- C’est ce que faisait prévoir M. de Ménorval, dans son discours devant le Conseil municipal , le 5 décembre 1884.
- Nous demandons à la Commission consultative de venir visiter le parc (2) Daumesnil, ce qu’elle
- (1) Le parc Daumesnil est à 200 mètres plus rapproché de l’Hôtel de Ville que le Champ-de-Mars.
- (2) Malgré l'avis de plusieurs de ses membres, jamais la Commission n'a voulu consentir à cette visite , non plus qu'à l’établissement des devis estimatifs, également réclamés, delà dépense à faire pour l'exécution des divers projets mis en avant. — Pour 40 millions on pourrait faire à Vincennes (au parc Daumesnil) une construction durable de 200,000 mètres de surface de palais, 100,000 mètres d'annexes facilement rétro-cessibles dans de bonnes conditions. —Nulle part ailleurs 011 ne pourra trouver de conditions aussi avantageuses.
- n’a pas fait jusqu’ici. Nous demandons, — sûrs d’avance du résultat, — d’établir un devis comparatif des dépenses nécessaires pour faire au Champ-de-Mars un palais d’Exposition qu’il faudra absolument détruire, et au parc Daumesnil un palais d’Exposition qu’on pourra conserver.
- Nous adressons nos chaleureux remerciements aux dix-huit conseillers municipaux qui nous ont prêté leurs concours : MM. Amouroux, Boué, Braleret, Chabert, Chassaing, Chautemps, Darlot, Dujcirrie, E. Hamel, Lyon-Alemand, Marsoulan, G. Martin, de Ménorval, Piperaacl, Ron^é, Ruel, Vaillant et Voisin , sans oublier l’honorable M. A. Lefèvre, conseiller général de la Seine, qui a bien voulu présider toutes nos réunions.
- Nous regrettons que les dix-sept autres conseillers de l’Est aient méconnu les intérêts de la région qu’ils représentent, et nous espérons que , mieux inspirés, quand on leur présentera la carte à payer, ils reculeront devant les sacrifices énormes que le Champ-de-Mars exigerait de la Ville de Paris.
- Avec l’aide puissante et patriotique des journaux dévoués à notre cause, nous continuons la campagne que nous avons entreprise; jusqu’au bout, nous lutterons afin d’obtenir satisfaction pour la région de l’Est, toujours sacrifiée à ce qu’on appelle les grands quartiers. Nous sommes animés par un sentiment de justice qui fait notre force. Nous voulons que l’Exposition internationale soit accessible, cette fois, à ceux qui manquent de loisirs pour la visiter fréquemment , c’est-à-dire aux artisans qui en créent les merveilles. Nous voulons enfin que l’Exposition du centenaire de la Révolution française s’élève aussi près que possible de la Bastille et du faubourg Saint-Antoine, au sein de cette population où l’idée républicaine a trouvé, en 1789, et trouverait encore aujourd’hui ses plus fermes défenseurs.
- Le secrétaire général de la Ligue des intérêts de l’Est,
- Ernest Flamant.
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- II
- Charlemagne, empereur d’Occident, ayant en cette qualité une domination réelle sur la Gaule, l’Italie, l’Allemagne, devait nécessairement avoir son service de la poste aux lettres, à l’exemple de Cyrus et d’Octave-Auguste. L’histoire, qui nous a conservé le nom du piemier directeur général des postes connu (Agrippa, sous Auguste), s’est montrée bien avare de détails en ce qui concerne la transmission des dépêches gauloises. Le service, à peu de chose près, était calqué sur l’organisation' romaine. Les courriers impériaux voyageaient à cheval ; ils étaient entourés d’un groupe de cavaliers, et changeaient de montures à chaque relais.
- La station postale ou relais était dirigée par un fonctionnaire de la maison de l’empereur qui prenait le titre de « maître de relais ». Le plus souvent, cet agent provenait des armées impériales, où il avait dû servir longtemps et avec distinction. Des vétérans, des bas-officiers, des serviteurs du prince, étaient admis à briguer cet emploi ; de là une sorte de recrutement régulier pour le personnel des postes. Les courriers à pied, chargés de porter les lettres dans les villes et les bourgades, étaient tous rattachés à un relais. Le maître de relais avait égaleraient autorité sur les courriers à cheval ; il devait pourvoir à la sécurité, à l’entretien des routes, des voitures de la poste, etc. Si nous en croyons quelques allusions des écrivains du temps, Eginhard, gendre et secrétaire de Charlemagne, dirigeait et contrôlait le service des dépêches. D’autre part, il résulte de plusieurs fragments des Capitulaires que « porter la main sur un courrier de l’Etat, c’était faire une insulte grave au prince lui-même ».
- De même que sous les empereurs romains, les hauts fonctionnaires de l’Empire d’Occident empruntaient le plus souvent, pour voyager, la voiture du courrier de la poste. Entre Lutèce et Aix-la-Chapelle, par exemple, ce mode de voyage était constant. Charlemagne, on le sait, avait créé des missi dominici, ou envoyés du prince, sorte d’inspecteurs politiques et administratifs. Ces dignitaires faisaient route avec les courriers; mais ce jour-là l’escorte ordinaire était doublée.
- Après Charlemagne et pendant toute la durée du moyen âge, nous ne trouvons plus que des messagers particuliers. L’Etat paraît s’être désintéressé du transport des dépêches. Mais au quatorzième siècle, une révolution postale s’accomplit en France. L’Université de Paris, qui avait déjà tant rendu de services de toutes sortes, se met en tête d’organiser un service de messageries transportant : i° les voyageurs ; 20 les correspondances ; 3° les paquets de petites dimensions. On croit que le service de l’Université avait simplement pour but de resserrer les rapports existant entre elles et les différentes provinces
- qui lui envoyaient des écoliers. Ce qu’il y a de certain,_ c’est que le service des messageries se généralisa bientôt et que, moyennant une légère taxe, tout particulier eut le droit d’user de ce moyen de transport et de correspondance.
- Ce fut là, pour la vieille Université de Paris, une source de bénéfices importants. Aussi disputa-t-elle longtemps, et avec acharnement, son privilège au roi Louis XI, quand il eut la pensée de créer un service des postes tout à fait régulier.
- 1464! Cette date est la plus importante avec celle de 1848 dans l’histoire de la Poste aux lettres.
- T. M.
- [A suivre.)
- LES THÉÂTRES
- E abondance des matières nous a empêché de donner dans notre dernier numéro le compte-renclucle notre collaborateur M. Ch. G r and mou (j in.
- Le Cheoalier Jean à l’OPERA-COMIQUE
- Grand succès pour l’œuvre de Joncières. On pouvait, du reste, espérer que l’auteur de Dimitrt nous donnerait un pendant à cette belle partition et nous consolerait de l’échec presque récent de la Reine Berthe, à l’Opéra.
- Le livret de MM. Blau et Gallet, fort mouvementé et fort chevaleresque, convenait au tempérament essentiellement dramatique de Victorien Joncières. Il s’agit d’un preux, le chevalier Jean, qui, à son retour de Palestine, trouve la femme qu’il aimait, Hélène, mariée au comte Arnold. Elle croyait son premier adorateur mort ; le mariage s’explique donc aisément. Mais ce n’est point Arnold qui joue le principal rôle dans ce drame ; c’est le comte Rudolf, amoureux d’Hélène, un homme perfide, à l’œil sombre, aux cheveux roux; en un mot, le traître.
- Pendant que Jean et Arnold sont rappelés à la guerre, Rudolf reçoit plein pouvoir de l’empereur Frédéric Barberousse pour la garde de ses Etats. Rudolf en profite pour chercher à séduire Hélène. Repoussé, il se venge en persuadant à un jeune page qu’Hélène l’adore et en l’introduisant la nuit chez rinfortunée comtesse. Il fait assassiner le page et proclame l’infamie d’Hélène qui, bien entendu, est innocente.
- Hélène, condamnée à mort, en appelle au jugement de Dieu. Personne ne se présente pour la défendre et un moine vient la préparer à la mort. Ce moine n’est autre que le chevalier Jean qui, de désespoir, a pris les ordres. Tous deux se reconnaissent et s’abandonnent à leur douleur, à leur amour. Ils sont interrompus par les gardes qui viennent chercher Hélène pour la mener au supplice.
- Au dernier acte, Hélène est sur le point d’être exécutée et nul chevalier n’a pris sa défense. Mais Jean s’est décidé au dernier moment; quittant la robe pour la cuirasse, il défie Rudolf et le tue.
- Comme il 11’a pu être relevé de ses vœux, ce sacrifice est presque inutile pour lui. Heureusement que l’empereur lui promet de faire délier par le pape ses engagements sacrés.
- La musique de Victorin Joncières, sans être absolument originale, brille par ses qualités scéniques et souvent par sa grâce.
- Citons, notamment, l’air de Jean : Elle était ma seule pensée, le quatuor du 1er acte, la chanson sarrazme, la valse lente, le grand duo entre Jean et Hélène et le sextuor de la fin.
- L’effet des morceaux « dépasse toujours la rampe», comme on dit au théâtre, car lesidées de Joncières sont toujours très nettes et très en dehors.
- On a beaucoup parléde son chœur des fileuses au 2eacte : je l’aimemoins que bien d’autres morceaux. C’est que j’ai peut-être trop songé au délicat et frémissant chœur des fileuses du Vaisseau Fantôme, à la Marguerite au rouet, de Schubert, ou à la simple Romance sans paroles de Mendelssohn intitulée la Fileuse. Leprocédé d’accompagnement 11e peut guère être nouveau, après tant d’œuvres diverses consacrées au même sujet, et le ronronnement de l’orchestre rappelant celui du rouet n’est plus une trouvaille.
- Mais passons sur ce détail et reconnaissons à Joncières, — coupable parfois d’italianisme et peut-être un peu de banalité,_— reconnaissons-lui une vraie nature de musicien dramatique, une science réelle de l’orchestration et du développement des ensembles,et enfin beaucoup de qualités poétiques.
- L’interprétation est excellente : le ténor Lubert a été particulièrement remarquable d’entram et d’expression ; Bouvet mérite de forts applaudissements quant à Mlle Calvé, elle possède une fort belle voix, bien timbrée, pure et égale; il lui manque seulement un peu de chaleur.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 5 Avril 1885.
- NUMÉRO 14.
- SOMMAIRE :
- 1. Discours de M. Antcnin Proust ; 2. Partie officielle; 3. Tribune publique ; 4. Exposition internationale ; 5. Les ouvriers
- français à Amsterdam ; 6. Echos; 7. La crise agricole ; 8. L’exposition d'électricité; g. Histoire de la Poste aux lettres; 10. Les livres; 11. Théâtres.
- DISCOURS
- PRONONCÉ LE 2 5 MARS AU GRAND HOTEL BANQUET DE L’UNION DES CHAMBRES SYNDICALES PAR
- M, ANTONIN PROUST
- Messieurs,
- Je remercie M. le Président de l’Union nationale du Commerce et de l’Industrie du toast qu’il vient de porter au Président de la commission de l’Exposition de 1889.
- Je le remercie très particulièrement d’avoir, ce soir comme en toute circonstance, au nom de ses collègues, de ses amis, promis un concours actif à l’œuvre de l’Exposition dont les associations de travailleurs peuvent mieux que personne assurer l’éclat et le succès.
- L’Exposition universelle et internationale que le gouvernement de la République a décidé d’instituer en 1889, au jour anniversaire de la Révolution française, est une entreprise considérable. Pour la mener à bien, il ne faut rien moins que le concert de toutes les compétences, de toutes les activités, de tous les dévouements. Mais il faut surtout et avant tout que l’on s’entende bien sur le but que l’on veut atteindre. Si l’on veut se borner à refaire docilement ce qui a été fait, si la préparation de l’Exposition universelle de 1889 consistait simplement à prévoir sur un emplacement aussi rapproché que possible du centre de Paris les surfaces nécessaires pour recevoir le nombre toujours croissant des produits, s’il ne s’agissait que de procéder dans des constructions provisoires ou permanentes, réunies ou séparées, au lotissement ordinaire des objets exposés, s’il suffisait enfin pour égayer une telle exhibition de préparer autour des édifices tout ce vieux matériel des fêtes publiques que nous devons à la Rome des empereurs ou à la Chine des mandarins, une telle entreprise ne présenterait en vérité qu’un intérêt médiocre. Lorsqu’on s’appelle le gouvernement de la République, lorsqu’on a l’ambition légitime d’honorer comme il convient cette grande date de 1789, on a d’autres devoirs. On a le devoir de se rappeler que l’on est en France, qu’il y a un génie français et que ce génie a porté l’art assez haut pour qu’il soit inutile de recourir à des emprunts, à des pastiches, à des adaptations dont le moindre inconvénient est d’être d’une banalité désespérante. On a le devoir non moins étroit de ne pas oublier que l’on est une démocratie et que tout ce que l’on entreprend doit être fait dans un but utile au progrès de cette démocratie. C’est ainsi que nos pères l’entendaient. Quand ils décidèrent la première Exposition, celle de 1798, ils indiquèrent très nettement, très clairement leurs intentions. A ce moment, la France sortait du régime des corporations. L’enseignement technique spécial, professionnel, comme on voudra l’appeler, l’enseignement pratique pour lui donner son véritable nom, n’avait pas trouvé sa forme nouvelle. Il fallait créer des écoles, des musées, tout un ensemble
- d’institutions en rapport avec la nouvelle organisation sociale. Et, dans l’esprit de ceux qui décrétaient la première Exposition, les expositions devaient être des enquêtes permettant.de constater l’état des arts, des sciences, de l’industrie, du commerce, et conduisant à la création des institutions qui faisaient défaut. L’Exposition de 1798 eut lieu. Les premières écoles pratiques sortirent du sol.
- L’organisation se prépara de toutes parts pour donner au travail les armes qui lui manquaient. Mais le Consulat vint, puis l’Empire, la guerre, c’est-à-dire l’éclipse, sinon totale, du moins partielle, de la pensée française. On dit souvent : « Les Anglais ont fait des expositions, ils n’en font plus. » Il y a une bonne raison à cela. C’est que dans leurs Expositions de 1851 et de 1862 ils ont ouvert leurs enquêtes et qu’après 1851 et 1862 ils se sont munis de l’outillage qui a relevé leur fortune artistique et industrielle. Nous, qu’avons-nous fait ? Il n’y a pas eu une exposition en France au lendemain de laquelle on n’ait réclamé cette organisation dont se sont pourvus nos voisins et après eux toutes les nations du monde.
- Le dernier effort tenté a été celui de M. Teisse-renc de Bort qui a vainement demandé, après 1878, l’utilisation des bâtiments du Champ-de-Mars pour la création d’un vaste Institut technique. Nous en sommes toujours à solliciter lesefforts individuels. Nous les encourageons, ce qui est excellent, mais nous ne les encourageons pas assez. Et, soit dit en passant, M. le ministre du commerce peut immortaliser son nom en donnant à l’enseignement pratique le développement qui lui est nécessaire. Je sais d’ailleurs qu’il en a non seulement le désir, mais la volonté, et j’ai pleine confiance dans les représentants du pays pour l’y aider. Pour 1889, la tâche est donc nettement définie : il s’agit d’ouvrir une enquête qui embrassera l’espace d’un siècle, qui sera comme un tableau lumineux de l’effoit du travail humain pendant ce siècle, et qui permettra à ceux qui nous suivront de marcher d’un pas plus sûr dans la voie du progrès que nous n’aurons pu accomplir. Telle devait être la pensée maîtresse de l’œuvre de 1889. Et quand on aura fait cette enquête qui ne sera pas l’enquête où l’on s’ennuie, mais bien l’enquête où l’on s’instruit, on sera convaincu qu’il est absolument indispensable d’organiser, au profit du travail national, cet enseignement pratique trop négligé jusqu’ici.
- En terminant, M. Antonin Proust fait appel à l’union de tous les travailleurs pour la préparation de l’Exposition universelle internationale de 1889.
- PARTIE OFFICIELLE
- EXPOSITION D’ANVERS
- Liste des délégués adjoints a la commission
- FRANÇAISE.
- Nous complétons la liste des délégués adjoints à la Commission française que nous avons donnée dans notre dernier numéro :
- Classe 4. — M. Lahure, Imprimerie.
- Classe 8. — M. E. Gand , Instruments de musique ;
- Classe 9. — MM. le Dr Martin, Dr Hirtz, Hygiène, Médecine ; Wickmann, Instruments de chirurgie ;
- Classe_ 10. — MM. Ducretet, Varey, Instruments de précision ;
- Classe 12. — MM. Soubrier, Allard, Meubles ; , Classe 16. — MM. Braquenie, Defosse, Lemoine, Etoffes pour meubles ;
- Classe 19. — MM. Bouillet, Chenaillier, Orfèvrerie ;
- Classe 32. — MM. Flayem, Klotz, Bonneterie et lingerie ;
- Classe 33. — MM. Patay , Fleurs artificielle; H. Touzet, Chaussures ; Muzet, Chevaux;
- Classe 35.—’MM. Rieger , Gastine , Renette, Armes;
- Classe 36. — MM. Walker , Saint - f’erréol , Articles de voyage ;
- Classe q5. — MM. Armengaud, ingénieur civil et Périsse ;
- Classe 69. — MM. Allain, Foucher, Cave, Jar-laud, Vins ;
- Bordeaux : Coutanceau, Buhan ;
- Reims : Portevin ;
- Saint-Pierre-lez-Calais : Ch. Babey.
- ----------^ ^ ^ ^TTi-----------
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- NOMINATIONS DANS L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- Sur la proposition de M. Rouvier, le président de la République vient de conférer la décoration de la Légion d’honneur à deux fonctionnaires qui ont rendu des services distingués à l’occasion des travaux préparatoires de l’Exposition de 1889.
- Ce sont : MM. Grenier, auditeur au Conseil d’Etat, chef-adjoint du Cabinet au ministère du commerce, et Paulet, chef du secrétariat particulier du ministère du commerce.
- M. Chauchard, propriétaire et fondateur des grands Magasins du Louvre, est promu au grade d’officier de l’ordre national de la Légion d’honneur, dirige depuis trente ans une des plus importantes maisons de commerce de Paris, a organisé pour ses employés une caisse de retraite pour la vieillesse; services exceptionnels rendus à l’industrie nationale.
- M. Trébucien (Ernest-Lucien), industriel, est nommé chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur. Chef d’une importante maison de commerce, récompenses aux Expositions universelles de Paris en 1878 et d’Amsterdam en 1883-Titres exceptionnels.
- TRIBUNE PUBLIQUE
- Paris, 2 5 Mars i885.
- Monsieur,
- En possession de votre journal le Moniteur de VExposition de 188g, portant la date du i5 mars 1885, nous avons l’honneur de vous informer que nous avons lu avec intérêt l’article relatif à un projet de chemin de fer aérien à voies superposées, comme étant préférable au système des voies souterraines.
- Tel est notre avis, ainsi que nos nombreux travaux d’études le prouvent, et que pour prendre date, nous avons fait bréveter, le 27 août 1883.
- Or, comme votre estimable journal attribue à Monsieur Jules Garnier, ingénieur, le mérite de l’idée ou de l’invention de la superposition des voies pour le Métropolitain de Paris, nous vous ferons remarquer, Monsieur, que la prise de date de Monsieur Jules Garnier, ne remonte qu’au 28-juin 1884, ainsi que son brevet le prouve.
- Comme nos deux projets concurrents sont presque semblables, nous considérons celui de Monsieur Jules Garnier comme une reproduction du nôtre, mais onze mois plus tard, et avec quelques modification de détails sans importance ;
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- iio. — Première Année — N® 14.
- Dimanche 5 Avril i883.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- c’est pourquoi nous venons vous prier d’avoir l’extrême obligeance de vouloir bien insérer ces quelques lignes dans le prochain numéro de votre journal, ce dont nous vous serions forts obligés et très reconnaissants.
- Veuillez agréer, etc.
- Ch. Milinaire, frères.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- D;HORTTCULTURE DES CHAMPS-ELYSÉES EN 1885,
- UN PEU d’histoire HORTICOLE.
- L’art de cultiver les végétaux est en honneur depuis les premiers âges du monde. Si l’on suit sa marche toujours ascendante, on reconnaît qu’il a été et est toujours le critérium de la civilisation.
- C’est à l’Orient, berceau des premiers peuples civilisés, qu’il faut aller chercher les traditions horticoles ; etles jardinsdes Babyloniens, des Egyptiens et des Perses, les splendides créations de Sémira-mi's’, de Cyrus et de Sardanapale précèdent les beautés florales de Rome qu’entretenaient avec tant de soins jaloux, Tarquin le Superbe, Pline et Lucullus.
- La décadence de la civilisation des peuples orientaux et de l’empire romain et l’invasion des barbares à l’Occident retardent les perfectionnements des cultures arbustives et de la floriculture ; pourtant les Maures apportent en Espagne des embellissements dont la magnificence étonne encoie aujourd’hui et l’Italie suit le mouvement de renaissance horticole qui s’affirme.
- La France n’avait point attendu cette renaissance pour se livrer à la culture et au dessin des jardins ; Olivier de Serres, Sully, y apportent leurs soins délicats, mais c’est à partir du règne de Louis XIV que la science horticole fit' des progrès considérables.
- Du crayon de Le Nôtre jaillissent en traits inspirés les créations magnifiques de Marly, de Saint-Cloud, de Chantilly et de Versailles et des connaissances culturales de La Quintinie naissent et fleurissent ces bosquets ombreux et ces corbeilles diaprées qui ornent les jardins royaux.
- Depuis Le Nôtre et La Quintinie, que de chemin parcouru !
- La pratique horticole s’élance maintenant à la hauteur d’un art justement considéré et nous pourrions citer plusieurs horticulteurs contemporains les Villemorin, les Baltet, les Truffault, les Levêque,les Bleu, les Jolibois, du Luxembourg, les Besson, de Nice, les Moser, les Margottin et tant d’autres qui ont réussi à porter haut la réputation horticole de la France.
- Pendant longtemps l’horticulture a été considérée comme un art d’agrément et pourtant on réclamait du jardinier les talents divers d’un artiste ; oui certes comme le dit fort justement un écrivain de talent, M. André, dans son dernier ouvrage l’art des jardins. le jardinier doit au point de vue de la création de son jardin faire preuve de goût dans l’arrangement de ses plantes et de ses massifs, posséder le sentiment des couleurs et l’esthétique florale : il doit être enfin un véritable peintre disposant aujourd’hui des feuillages aux dimensions et aux couleurs multiples, avec lesquels il peut produire les effets les plus variés et les plus décoratifs.
- Mais prise dans son ensemble, l’horticulture est une industrie considérable qui compte dans la prospérité du pays et qui au point de vue spécial de l’hygiène publique, par ses immenses services dans l’alimentation des peuples, mérite à juste titre d’être aidée et encouragée.
- Si nous découpons les différentes divisions de l’horticulture générale, nous voyons qu’elle est formée de l’arboriculture et des cultures arbustières de la floriculture, de la culture maraîchère, des industries horticoles, et des produits multiples qui s’y rattachent.
- On ne sait pas assez que la transaction et les bénéfices annuels qui en découlent soit comme consommation, soit comme exportation se chiffrent par centaines de millions.
- Pour nous en rendre compte nous n’avons qu’à relever les chiffres delà statistique publiée par le ministère de l’agriculture, à en prendre lamoyenne et nous trouvons : Arboriculture, produits et cultures (Années moyenne) :
- Arbres à noyaux......... 21.829.127 fr.
- Arbres à pépins............. 75.80D.272 »
- Culture maraichère.... 495.307.288 »
- Si, au point de vue ornemental et floral, nous envisageons maintenant notre besoin de plus en plus impérieux d’hygiène et de bien-être et notre goût de plus en plus prononcé pour ces splendides plantes vertes d’appartement et pour ces graminées aux couleurs chatoyantes dont les fleurs émaillent nos pelouses, nous trouvons la preuve de l’intérêt universel qui s’attache à l’horticulture.
- La France est loin d’être unique dans cet amour passionné. des arts horticoles ; dans tous les pays civilisés, l’arboriculture et la culture maraîchère, sans parler de la floriculture proprement dite, ont progressé dans des proportions
- telles que, pour 'ne citer que les Etats-Unis, la production moyenne, annuelle dépasse 200 millions de dollars et que, pour l’Europe, la statistique des importations anglaises seulement était en 1878 :
- Livres sterl.
- Fuits secs 2.346 000
- Pommes et poires. I.704 000
- Noix-. 467 000
- Oignons 414 000
- Pommes de terre.. ... 2.386 000
- Légumes divers.. 3oo. 000
- Nons trouvons ces chiffres concluants dans un
- des nombreux travaux d’un homme éminent dont la haute compétence nous est précieuse, M. Charles Joly, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France.
- Pour revenir à la France, on doit reconnaître quelle est le pays par excellence de l’arboriculture, de la floriculture et des végétaux d’alimentation ; elle est le jardin de l’Europe.
- La multiplicité des voies ferrées augmentant chaque jour la facilité des transports et, de plus, les besoins de bien-être et d’hygiène se faisant de plus en plus sentir, on peut sans crainte affirmer que la production française suivra chaque •année une progression constante. Pour s’en faire une idée et terminer ces questions de chiffres probantes mais arides, on n’a qu’à relever les chiffres des plus récentes statistiques, et l’on constate que les pépinières dont les produits sont en parties exportés, rapportent aujourd’hui 16 millions de francs, que les légumes donnent une valeur de 121 millions, que la vente des pins à Paris seulement est de plus de 5i millions par an et dans toute la France de 490 millions de francs.
- Comme poires, les chiffres vendus aux Halles de Paris atteignent 62 millions de. kilogrammes, et les légumes en moyenne 38o millions.
- Enfin pour la France entière la statistique donne le chiffre colossal d’une production de 3 milliards 800 millions de kilogrammes.
- L’horticulture française mérite donc l’attention et la sympathie des pouvoirs publics, des associations agricoles et amateurs de jardins dont elle sert les goûts et les intérêts ; c’est une source féconde de bien-être et d’hygiène ; c’est la richesse d’un certain nombre de nos départements.
- Il ne faut pas l’oublier l’horticulture est le laboratoire de l’agriculture. C’est la pratique horticole qui permet les essais de plantes nouvelles fourragères et alimentaires ; c’est par elle qu’on arrive après des études qui permettent de la connaître à la former à la grande culture.
- Si l’Etat, en encourageant de plu$ en plus par tous les moyens l’extension de l’horticulture sait la mettre au rang des industries culturales les plus utiles à la prospérité du pays, il faut reconnaître le zèle, les efforts et le dévouement de l’initiative privée et surtout les services rendus par les associations horticoles installées aujourd’hui dans presque tous les départements.
- A la tête de ces Sociétés servant à juste titre de porte-drapeau, de conseil, de guide et souvent d’exemple se trouve la Société nationale d’horticulture de France, qui organise chaque année, à Paris, de fort belles expositions qui font l’admiration des connaisseurs.
- En 1885, l’Exposition sera internationale et se tiendra, comme tous les ans du reste, aux Champs-Elysées, dans le pavillon de la ville de Paris et sur les terrains environnants, y compris le jardin Besselièvre qui sera décoré à cette occasion d’une manière exceptionnelle. Cette Exposition aura lieu du 20 au 3o mai prochain.
- Les principaux horticulteurs, arboriculteurs et amateurs français vont y figurer, et un grand nombre de spécialistes anglais et belges ont déjà promis leur concours.
- Une vaste et importante exposition des industries horticoles y est annexée et pour qui connait le talent et les mérites de nos industriels, il est certain que cette division sera hors de pair.
- M. Charles Joly, vice président de la Société nationale d’horticulture dont nous venons de parler au cours de cet article en disant combien nous estimions son génie d’initiative et sa compétence, est président de la Commission d’installation de l’Exposition internationale.
- Dans notre prochain article, nous parlerons de la Société nationale d’horticulture de France et du programme de la grande manifestation de l’horticulture européenne qu’elle organise.
- Noël Bretagne.
- LES OUVRIERS FRANÇAIS
- A AMSTERDAM
- Les Expositions universelles ne doivent pas seulement permettre aux industriels et aux négociants d’exhiber leurs produits aux yeux de tous, et de comparer les progrès accomplis par eux-mêmes et par leurs concurrents étrangers ; elles doivent être aussi, pour les ouvriers, une occasion d’études et de réflexions dont l’importance et
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- l’utilité ne Sauraient être mises en doute. L’administration supérieure française l’a parfaitement compris; et on ne saurait trop la féliciter de l’initiative qu’elle a prise, lors des dernières expositions universelles de Paris, de Vienne, de Philadelphie, etc., d’y envoyer des délégations ouvrières auxquelles, en retour des crédits qu’elle leur faisait allouer par le Parlement, elle demandait la rédaction de rapports, qui présentent généralement un grand intérêt. C’est là une excellente idée dont l’application a pour résultat de donner aux ouvriers l’occasion de faire oeuvre d’intelligence personnelle.
- L’Exposition internationale qui a eu lieu à Amsterdam, dans le courant de l’année 1883, a été, grâce à ce système, visitée par des délégations d’ouvriers français, et nous voulons parler, aujourd’hui, du rapport qui a suivi cette visite, et dont nous avons sous les yeux le premier volume.
- Faisons d’abord, en quelques lignes, l’historique-de la question.
- Au mois de février 1883, plusieurs députés déposèrent une proposition de loi ayant pour-objet d’ouvrir, au ministère des finances, un crédit de 100,000 francs destiné à couvrir les frais de-voyage, de séjour et de publication des rapports d’un certain nombre d’ouvriers français, délégués à l’Exposition d’Amsterdam. La Commission à laquelle fut renvoyée la question déposa, le-icr mars, un rapport favorable; enfin, dans le-courant du mois de juillet, la Chambre des députés vota la proposition ; mais, par suite des nécessitées budgétaires, le crédit fut réduit à 5o,ooo fr. Le Sénat ratifia presque immédiatement la. décision de la Chambre, et, dès les premiers-jours d’août, des délégués des Chambres syndicales, de province se rendirent à Amsterdam. Ils s’y rencontrèrent avec la délégation ouvrière parisienne, qui y était allés, de son côté, au moyen delà subvention accordée par le Conseil municipal.
- Les premiers rapports arrivèrent au ministère du commerce au commencement de septembre ; le ministre comprit tout de suite « l’utilité qu’il y aurait à réunir dans un rapport d’ensemble les considérations générales qui pourraient être-éparses dans les divers rapports particuliers ». Il s’adressera, en conséquence, à l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France, installée à. Paris, en la priant de nommer deux de ses membres qui seraient spécialement chargés de cette mission. Elle désigna MM. Louis Chalain et Charles Gruhier ; ils commencèrent par se rendre-à Amsterdam, où ils recueillirent tous les renseignements qui devaient leur être nécessaires ; puis, de retour à Paris, ils centralisèrent les rapports des divers délégués, se livrèrent à un travail d’analyse, de résumés et de recherches qui fut très minutieux, très long, et auquel ils apportèrent le-plus grand soin. C’est le résultat de leur collaboration et de leurs efforts communs dont la première partie vient d’être publiée. Nous réservant de revenir, dans un prochain article, sur quelques points spéciaux de ce^ travail considérable, nous allons seulement présenter au lecteur un résumé, et comme une table des matières de ce volume si consciencieux, bourré de faits et de chiffres, et qu’il faut souhaiter de voir souvent consulté par les ouvriers et aussi par tous ceux qui s’intéressent à l’industrie nationale : ils y trouveront de précieuses indications.
- Après avoir présenté leur travail au Conseil de l’Union des Chambres syndicales ouvrières et au ministre du commerce, les auteurs, dans une introduction d’une trentaine de pages, exposent: l’historique de la question, que nous avons résumé-plus haut, et font connaître le plan et l’ordre qu’ils ont adoptés dans la rédaction de leur étude et dans la distribution de ses divers éléments.. Désirant ensuite faire bien exactement connaître le terrain sur lequel ils se trouvaient,, ils ont. emprunté à la nouvelle géographie universelle, d’Elisée Reclus, deux notices détaillées, l’une-présentant une vue d’ensemble de la Hollande, l’autre contenant la description de la ville d’Amsterdam.
- Puis, dans le but de donner aux lecteurs, en ce-qui concerne la situation de la classe ouvrière, des. éléments de comparaison entre ce qui se passe en Hollande et ce qui se passe dans les autres pays,, ils ont pris, dans les ouvrages spéciaux de-MM. René Lavollée et Léon Lévy, une foule de-renseignements sur l’organisation du travail, les salaires, les institutions diverses, le logement, l’instruction primaire et professionnelle, etc.; on a. ainsi, pour ces diverses questions, les indications les plus intéressantes sur tous les pays d’Europe. Cette première partie se termine par un tableau dressé par les rapporteurs généraux,, et qui', présente le prix des denrées alimentaires consommées dans les familles ouvrières, ainsi qu’un aperçu du prix des logements en Europe et en Amérique.
- La seconde partie du volume débute par le-compte rendu de la visite personnelle de MM. Chalain et Gruhier aux galeries de l’Exposition, sorte de vue d’ensemble des innombrables objets exposés. A la suite viennent les rapports des délégués, au nombre de 42, savoir : 19 sur la
- métallurgie du fer et la mécanique en général ; 5 sur les métaux autres que le fer; 6 sur l’horlo-
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- Première Année.
- N0'14.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche. 5 Avril i885- — iii.
- sérié, la bijouterie et les industries similaires; 1 sur la lunetterie, l’optique, les verres ep les glaces ; et 11 sur l’ameublement, les tapis, l’e'bé-nisterie, la menuiserie et les sièges.
- Les rapporteurs généraux ont, dans cette partie de leur tâche, suivi une méthode qui nous paraît excellente ; ne pouvant, en raison des développements exagérés que cela eût comportés, publier m extenso les rapports individuels, ils se sont .appliqués, non pas à en donner une sèclm et aride .analyse, mais à les résumer, en conservant à chacun d’eux son cachet spécial, en lui maintenant le ton, la forme et le plan arrêtés par son auteur. Ils sont arrivés ainsi à présenter un travail d’ensemble des plus intéressants, permettant de retrouver l’opinion de chacun des délégués, et ne retombant jamais dans la monotonie, malgré la similitude des objets décrits et des sujets traités.
- La suite et la fin de cette étude fourniront la matière du second volume.
- Enfin, et c’est là un point particulièrement intéressant sur lequel nous nous proposons de revenir, à la suite de l’ensemble des rapports particuliers relatifs à chaque groupe d’industries, MM. Cha-lain et Gruhier ont donné des tableaux indiquant la moyenne des salaires de ces diverses industries dans les principaux centres européens et en Amérique ; ils les ont complétés par d’autres tableaux relevant les droits de douane perçus à l’importation dans les divers pays sur tous les produits •examinés.
- Henry Duhamel.
- ÉCHOS
- Paris
- Le conseil municipal a voté dans sa séance du jeudi 26 mars dernier la création d’une bourse de commerce.
- Un groupe important de citoyens américains’ habitant la capitale, a formé le projet d’offrir à la ville de Paris une réduction de la statue gigantesque de la < Liberté éclairant le monde ». La souscription ouverte dans ce but a permis de recueillir une dizaine de mille francs qui ont servi à fondre une réduction de l’œuvre de M. Bartholdi. Cette réduction 11’a pas moins de neuf mètres de hauteur. Dans une lettre adressée au conseil, municipal de Paris, le président du comité apprend à nos édiles que l’œuvre est sur le point d’être terminée, et il les prie de choisir l’emplacement pour l’érection de la statue. Cette cérémonie aura lieu probablement au mois de mai et l’emplacement désigné paraît être la place des Etats-Unis.
- Parmi les œuvres de Gustave Doré dont ses amis viennent de dresser le long et glorieux catalogue avec un soin pieux, on en a oublié une qui se trouve à l’hôpital de la Charité.
- II y a vingt-cinq ans, les internes de la Charité réunissaient chaque soir, à la table joyeuse et hospitalière de la salle de garde, des poètes, des peintres, des sculpteurs, des musiciens, qui payaient avec une folle prodigalité leur écot en esprit et en gaieté.
- Les peintres, qui étaient en majorité, résolurent un jour de décorer le lieu où se tenaient ces agapes de la jeunesse, et trois mois après l’œuvre était achevée, et l’on peut admirer encore aujourd’hui ce joyau merveilleux né . de l’alliance de l’art et de la science qu’on appelle le Musée de la Charité et qui est signé des noms de Achard, Stéphane Baron, Gustave Doré, Droz, Hippolyte Fauvel, Feyen , Flahaut, Français , Gassies , Hamon , Harpignies, Nazon, Vernier, Axenfeld.
- Le panneau supérieur du fond de la salle représente la Saint-Hippocrate. Cette originale bouffonnerie est signée du peintre de l'Enfer du Dante.
- Départements
- On annonce, pour le 1er octobre 1886, la réunion à Biarritz du premier Congrès international d’hydrologie et de climatologie, sous la présidence d’honneur de M. le ministre du commerce. Dû à l’initiative de la Société des sciences, lettres et arts de Biarritz (Biarritz-Association), ce Congrès est organisé avec le concours de la Société d’hydrologie médicale de Paris et de la Société météorologique de France.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Le Conseil municipal de Berlin est saisi d’une demande de subvention de 100,000 marks, pour l’exposition internationale de 1886, qu’organise
- l’Académie des beaux-arts, et que nous avons annoncée dans notre dernier numéro.
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- Il est permis de prévoir, dès aujourd’hui, que la France occupera une place peu importante à l’Exposition internationale des arts du métal, de Nuremberg (Bavière), où elle ne sera représentée que par quelques maisons parisiennes. On ne saurait trop regretter cette abstention.
- Il est question, à Berlin, de convoquer de nouveau la conférence monétaire qui s’est séparée en 1881, en vue d’amener la frappe d’une monnaie d’argent de pleine valeur, au moyen d’un accord entre les Etats-Unis d'Amérique, l’Union monétaire latine et l’Allemagne, accord auquel tous les Etats pourraient adhérer.
- Russie
- Nos fabricants de machines agricoles liront sans doute avec profit ces quelques lignes que nous détachons du Recueil consulaire belge :
- « L’industrie des machines agricoles trouve des débouchés assez considérables dans les gouvernements de Kharkow, de Poltova, de Kiew, d’Ekaterinoslaw et de Podolie.. Les fabriques établies à Kiew, à Varsovie, à Riga et à Moscou ne peuvent suffire aux demandes des acheteurs. »
- L'Angleterre et les Etats-Unis (via Allemagne) sont les pays qui expédient en Russie le plus d’engins agricoles.
- La vente des machines à semer, à faucher et à moissonner est assez importante. Les machines à battre, mues par la vapeur, sont principalement achetées par des industriels qui les donnent en location, à la journée, aux paysans. agriculteurs.
- La concurrence entre les machines agricoles étrangères est très grande; la plupart des maisons anglaises ou américaines possèdent des dépôts à Riga, Moscou, Kiew, Kharkow, Odessa, Taganrolt et Rostow-sur-le-Don.
- Les paysans ne sont pas encore en état.d’acquérir ces machines, d’un prix assez élevé, bien qu’ils en comprennent tous les avantages. Ils préfèrent acheter des machines de construction russe, quoiqu’elles soient moins solides, car elles ne coûtent que le tiers du prix des engins étrangers..
- Il est à remarquer que la fabrication des machines agricoles, en Russie , ne s’est pas seulement développée, mais qu’elle s’est aussi notablement perfectionnée. L’ouvrier russe, avec l’esprit d’imitation qui le caractérise, est parvenu à construire et à reproduire les types des appareils d’Angleterre et des Etats-Unis.
- Chine
- Le gouvernement anglais va conclure, avec la Chine, une nouvelle convention concernant le commerce de l’opium. Ce nouveau traité autorisera le gouvernement chinois à prélever des droits d’entrée sur l’opium.
- Egypte
- Le dernier recensement (mai 1882) a donné pour l’Egvpte proprement dite , c’est-à-dire jusqu à Wady-Halfa , un total de 6,817,265 habitants , soit un accroissement de 45 p. 100,.depuis 1846; ce qui donnerait, pour la vallée du Nil, une moyenne de 201,7 habitants par kilomètre carré, alors qu’en Belgique, le pays le plus peuplé de l’Europe, elle n’est que de 187 habitants. .
- La colonie européenne , qui compte. 01,000 représentants, se décompose comme suit: Hellènes, 37,301; Italiens, 18,665; Français, lo,716 ; Austro-Hongrois, 8,022; Anglais, 6,118; Allemands, 948; Belges, 637; Espagnols, 589; Russes, 533, etc. Le nombre des étrangers est à Alexandrie de 48,672 sur 231,396 habitants, et de 21,650 au Caire, sur une population de 374,838 habitants.
- Tunisie
- Par décret beylical, il est créé au Bardo un musée qui portera le nom de « Musée Alaoui ». Ce musée sera installé dans le palais du Harem, construit par Mohamed-Bey en 1855. Le musée Alaoui comprendra toutes les sections qu’il y aura lieu d’ouvrir pour que toutes les sciences, y soient représentées. La direction de cet établissement appartiendra au directeur du service des antiquités et des beaux-arts.
- LA CRISE AGRICOLE
- (Suite.)
- VII
- Un autre moyen non moins efficace d’atténuer les effets de la crise , ce serait de diminuer les lourdes charges qui pèsent sur l’agriculture, et principalement de dégrever l’impôt foncier. Pour qu’il atteignît le but que l’on se propose, il faudrait que ce dégrèvement se fit dans une large proportion. Car il est évident que si l’on se contentait, comme certains l’ont proposé, d’un dégrèvement de 50 ou de 60 centimes par hectare, cette mesure serait inefficace et n’apporterait aucun soulagement à la situation précaire de l’agriculture.
- Mais, malheureusement, une cause majeure empêche que l’on ait recours actuellement à ce moyen : c’est l’état de nos finances. Ce n’est pas au moment où nous réussissons à peine à équilibrer notre budget, au moment où les recettes accusent des moins-values , que l’on peut songer à diminuer l’impôt foncier. Mieux vaudrait, peut-être, si cela était possible, diminuer les droits de mutation et les impôts de consommation.
- On a remarqué que la crise est plus intense dans les contrées où le fermage est pratiqué sur une plus grande échelle. Cela se comprend. Découragés par les pertes qu’ils subissent et qui deviennent plus importantes chaque année, privés des capitaux qui leur seraient nécessaires pour exploiter convenablement leurs fermes et en augmenter la production , qu’y a-t-il d’étonnant à ce que les fermiers, à bout de ressources et fatigués de souffrir, désertent une carrière qui ne leur donne que des déboires.
- Pour empêcher la grève des fermiers dont la grande culture ôtait menacée chez eux, les Anglais ont créé la loi agraire qui accorde au fermier le droit d’exiger du propriétaire le remboursement des améliorations qu’il a faites pendant la durée de son bail.
- Sans aller jusque-là,nepourrait-on pas, en France, augmenter la durée des baux dans de notables proportions. Le propriétaire et le fermier y trouveraient également leur avantage. Ce dernier ayant la certitude qu’il a devant lui une longue période d’années lui permettant de profiter des avances qu’il aura faites, s’efforcera d’améliorer la ferme et d’en augmenter la production.
- En général, ce sont les premières années qui suivent l’entrée en jouissance qui exigent les plus fortes dépenses. Si le bail n’a qu’une durée de 6 ans ou de 9 ans, le fermier hésite, et avec raison, à engager dans l’exploitation des capitaux suffisants ; il s’efforce de demander à la terre le plus qu’il peut, en lui rendant le moins possible. De sorte que, quand le bail est expiré, la ferme est épuisée et le propriétaire et le fermier ont fait l’un et l’autre une mauvaise affaire.
- Ce que nous venons de dire à propos des baux de fermes peut également s’appliquer au cheptel.
- P Pourquoi toutes ces variétés de cheptels : cheptel simple, cheptel à moitié, cheptel de ferme, etc. Certes,x cette institution est très utile et peut rendre des services à l’agriculture, mais il faut en modifier les dispositions qui sont beaucoup trop restreintes et peu d’accord avec le principe de la liberté des transactions. D’ailleurs, on ne s’explique pas pourquoi l’agriculture serait privée d’une liberté d’action qui est laissée à toutes les industries.
- Quel inconvénient y aurait-il, demande un agronome, si un capitaliste habitant la campagne disait au fermier son voisin : Je vais vous fournir deux vaches dont le produit vous appartiendra en entier; mais j’ai besoin de lait, vous m’en livrerez un litre tous les jours ; il me faut aussi une voiture de fumier pour mon jardin, et puis vous me voiturerez mon bois, ou toute autre chose, jusqu’à concurrence d’un nombre de journées déterminé.
- Une convention de cette sorte serait aussi logique que naturelle.
- Pourquoi contraindre le prêteur à prendre une chose dont il n’a pas besoin et lui interdire de se réserver une somme d’argent, s’il est d’accord sur ce point avec l’emprunteur? Ces entraves, qui n’ont aucune, raison d’être, empêchent toute grande opération de cheptel et nuisent à l’agriculture plus qu’on ne le.croit généralement.
- Ce qu’il importe aussi, surtout, pour les régions où la propriété est morcelée, c’est d’abaisser les droits de mutation et de faciliter l’échange ; il est incontestable que la transmission de la propriété, qu’elle ait lieu par héritage ou par acquisition, coûte beaucoup trop cher.
- E. Mansuy.
- (A suiere.)
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- I 12
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5. Avril i885.
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- Nous avons parlé dans notre dernier numéro de l’intéressante exposition de M. Aboilard. Nous donnons ici deux dessins représentant deux curieuses applications de ses appareils.
- Voici d’abord une lampe portative fort élégante qui renferme tout ce qu’il faut pour lui permettre d’éclairer un salon pendant un certain nombre d’heures.
- Voici maintenant une application bien intéressante quoique un peu coûteuse.
- On voit que les cocardes des cochers et valets de pied sont formées par des petites lampes à incandescence. Les accumulateurs destinés à les actionner se trouvent dans.les poches de leur livrée. A la tête des chevaux brillent deux lampes dont les accumulateurs sont dissimulés dans les harnais. Enfin les lanternes sont éclairées de la même manière.
- Lampe portative
- La Maiâon Breguet expose une série d’appareils concernant les applications de l’électricité à la marine, la mesure électrique, la télégraphie et la téléphonie.
- Parmi les premiers nous remarquons le dromoscope et la boussole d’intensité Fournier-: ces'deux instruments servent à compenser les compas des navires, ou, plutôt, ils permettent de. déterminer très rapidement le cap de la rose sur lequel l’on doit marcher pour suivre une route du monde donnée.
- Dromoscope Fournier.
- Un servo-moteur, d’un mécanisme aussi simple que curieux, est présenté aussi pour la manoeuvre de la barre des navires.
- Nous remarquons, en outre, les ingénieux galvanomètres à mercure de M. Lippmann, qui sont représentés par plusieurs modèles dont deux peuvent mesurer les courants alternatifs et les courants continus.
- L’un des nombreux avantages de ces sortes de manomètres électriques consiste dans la facilité qu’ils ont de pouvoir être construits pour la mesure d’un courant quelconque excédant 0,01 ampère.
- Citons encore l’excellente installation de lumière électrique par incandescence et par lampes à arc, alimentée par de nouveaux types de machines dynamo.
- Voiture éclairée par l’électricité
- _ M. Gaston Planté fait répéter, à l’Exposition d’électricité de l’Observa toire, ses superbes expériences avec des courants électriques de haute tension.
- Un tube à air raréfié est illuminé d’une manière brillante par le courant direct et continu d’une batterie secondaire de 800 couples chargé par une faible pile primaire (2 éléments de Bunsen) et, quand le tube a une trop grande résistance à la conductibilité, l’illumination; en est provoquée à distance par un curieux effet d’influence d’électricité statique.
- . Avec le courant de cette même batterie, un condensateur à lame mince de mica est percé, et on voit l’étincelle sous forme d’un petit globule lumineux se^ mouvoir, avec un fort bruissement, à la surface du condensateur, en décrivant les plus capricieuses sinuosités. Cette expérience offre une image réduite de la marche lente et capricieuse de la foudre globulaire ou tonnerre en boule qui était resté jusqu’ici complètement inexpliqué.
- M. Planté expose également sa machine rhéostatique dans laquelle l’élec-
- Batteries secondaires et machine rhéostatique de M. Gaston Planté.
- tricité dynamique est transformée en électricité statique par une autre voie que celle de l’induction.
- On charge simultanément à l’aide du courant de la batterie secondaire de 800 couples, dont la tension est de 2,000 volts environ, une série de 80 condensateurs à lame de mica disposés en surface ; chacun de ces condensateurs se trouve ainsi avoir une tension de 2,000 volts, et quand on tourne le commutateur de la machine de manière à disposer tous les condensateurs en tension, on a une tension totale, 80 fois plus grande, ou de 160,000 volts; par suite, on obtient des étincelles d’électricité statique, dont la longueur est de om 12 à om 15. — Tout l’ensemble des condensateurs se rechargeant de nouveau presque instantanément en surface, on peut faire tourner rapidement le , commutateur d’une _ manière continue, et obtenir une série continue d’étincelles, comme à l’aide d’une machine électrique. — Des jarres et batteries de Leyde sont chargées en très peu de temps, et les étincelles de l’appareil produisent à la surface du soufre des arborisations remarquables qui sont reproduites sous les yeux des visiteurs.
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- La partie la plus intéressante de l’Exposition de la maison Duplay comprend une série de machines, système A. Papigny, à courants continus, qui joignent à une solidité parfaite l’avantage d’un bon marché exceptionnel.
- Ces machines sont employées pour l’éclairage par arc et par incandescence, pour la charge des accumulateurs, la galvanoplastie. Leur yolume, leur poids,
- Machine (Système Papigny) munie d’un mouvement à bras.
- sont réduits de plus de moitié, comparativement à tous les autres systèmes.
- Nous donnons ci-dessus le dessin d’une- de ces-machines, destinée aux écoles, aux laboratoires, aux postes de signaux pour la navigation, etc.
- Tout le monde connaît les propriétés du phonographe. La maison Duplay en expose une grande variété, petits modèles à main, pour les cabinets de physique, grands modèles à mouvement d’horlogerie, etc.
- Très léger et peu volumineux, ce photophore s’applique sur le front, comme le miroir des laryngologistes ou des auristes, soit au moyen d’unô plaque frontale et d’une courroie élastique, soit par un ressort antéco-posté-* rieur, prenant son point d’appui sur le front et à l’occiput, soit enfin, suivant
- Photophore électrique, grandeur naturelle.
- les convenances de l’opérateur, au moyen d’une couronne métallique cachée dans une calotte de soie.
- La gravure ci-dessous représente une application de l’appareil pour le travaildes ouvriers dans les égouts.
- Un léger déplacement de la lentille en fait varier le champ lumineux avec la plus grande facilité.
- Placée dans l’axe des yeux, la lumière accompagne pour ainsi dire le regard d’un chirurgien, par exemple, qui n’a nullement à s’en occuper. ' Ici, pas de table encombrante et machinée, interposée entre le médecin et
- Phonographe Duplay
- Recherche d une faite de gaz au moyen des appareils Prouvé et du photophore frontal Hélot-Trouvé
- Citons enfin un télégraphe imprimeur pour installation privée, que tout le monde peut manipuler avec la plus grande facilité.
- Le photophore électrique est une application à la médecine des lampes à incandescence dans le vide. Jusqu’à ce jour, l’on n’avait pu employer ces appareils qu’en grand, en les animant avec de puissantes machines dynamo ou magnéto-électriques, ou .bien à l’aide d’accumulateurs chargés au moyen de ces mêmes machines.
- M. G. Trouvé, en apportant à la pile au bichromate de potasse de notables perfectionnements, a permis d’utiliser pour l’usage domestique ce merveilleux éclairage qui paraissait pour longtemps encore réservé à la grande industrie, ou aux établissements assez importants pour ne pas craindre une installation onéreuse.
- L’appareil se compose d’une lampe à incandescence dans le vide, comprise dans un cylindre métallique, entre un réflecteur et une lentille convergente.
- Notre dessin montre la coupe de l’appareil, l’enveloppe, le globe de verre rond de la lampe, avec son filament de charbon au milieu ; en avant la lentille qui projette les rayons lumineux, et enfin, au-dessus les deux conducteurs souples qui amènent le courant.
- le malade, aucun apprentissage à faire pour diriger la lumière, car l’appareil est fixé sur la plaque frontale par une tête ronde, enchâssée dans une cavité de même forme, permettant les mouvements d’élévation et d’abaissement, aussi bien que ceux de latéralité ; en un mot c’est une articulation en énarthrose, pouvant produire la circumduction.
- La lumière est fournie dans l’appareil par une lampe de la dimension d’une petite noix. Au moyen d’un artifice de construction, M. Trouvé est arrivé à rendre central le point lumineux et à supprimer ainsi les inconvénients produits par l’image de la lampe au foyer de la lentille.
- L’intensité de la lampe peut être évaluée à 8 ou 10 bougies. L’expérience nous a montré que non seulement cette intensité était suffisante dans tous les cas où le médecin a besoin d’employer la lumière électrique, mais que c’était celle qu’il était le plus avantageux ^d’employer. Il va sans dire que rien ne serait plus facile que de doubler et même.quadrupler l’intensité de la lumière. Mais alors, il faudrait augmenter proportionnellement la force de la pile, et apporter quelques modifications à l’appareil, pour éviter que l’opérateur ne soit incommodé par la chaleur.
- Le bon fonctionnement de cette lampe exige un courant constant de 8 à 12 volts qui nous est fourni avec la plus grande facilité par la pile au bichromate de potasse sursaturée de M. G. Trouvé.
- Chaque batterie se compose d’une auge en chêne garnie de quatre à six uvettes en ébonite, qui contiennent le liquide de chaque élément. Les
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- ! i^. _ Première Année. — N°- 14. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. ’ Dimanche 5 Avril i8851
- zincs et les charbons, reliés entre eux par des pinces mobiles, sont montés sur un treuil qui permet de faire varier à volonté leur immersion dans le liquide et de régler le''débit en plongeant plus ou moins les éléments, c’est-à-dire en faisant varier fa résistance intérieure de la.batterie et sa surface active.
- Un arrêt en bois empêche les éléments de sortir complètement des cuves ; en supprimant cet arrêt, en le poussant de côté, la hauteur du treuil permet de les rendre absolument indépendants, de manière à . vider ou à remplir les cuves en ébonite.
- La face antérieure de l’auge est munie, à cet.effet, d’une charnière qui permet de l’ouvrir et de sortir les cuvettes sans déranger les éléments.
- Ceux-ci sont formés d’une lame de zinc et de deux charbons cuivrés gal-vaniquement à leur partie supérieure. Le zinc présente une encoche qui
- Pile Trouvé.
- sert à les fixer à l’axe métallique recouvert de caoutchouc qui supporte les éléments. Cette disposition permet de déplacer très rapidement les zincs pour les amalgamer ou les remplacer.
- La composition du liquide pour une batterie de six éléments est la
- suivante :
- Eau......................................8 kilog.
- Bichromate de potasse pulvérisé..........1 —
- Acide sulfurique.........................3k,6oo gr.
- Voici comment la solution se prépare :
- On met dans une tourie d’une contenance de i5 litres, 8 litres d’eau, soit trois fois une des cuvettes d’ébonite de l’appareil, puis on ajoute le bichromate de potasse pulvérisé.. On. agite de façon à en faciliter la dissolution, puis on verse en mince filet en remuant constamment les 3k,6oo d’acide sulfurique. Il est très important de mettre 8 à 10 minutes pour cette opération. Sous l’influence de l’acide sulfurique, le mélange s’échauffe peu à peu et le bichromate, une fois dissous, ne dépose pas par cristallisation en se refroidissant. ......
- On doit attendre que la dissolution soit refroidie avant de l’introduire dan§,'la batterie.
- Selon M. Hospitalier, auquel nous empruntons presque textuellement la description que nous venons de donner, cette pile est le réservoir d’énergie le plus léger actuellement connu pelle dépasse de beaucoup, à poids égal, les résultats fournis par les accumulateurs. —
- L’exposition de M. Maiche comprend des spécimens de quelques appareils construits par la société de « l’Electrophone » qu’il a fondée en 1880.
- Iles appareils téléphoniques qui sont exposés sont de trois sortes. L’Electrophone vertical qui est à trois contacts microphoniques.
- Electrophone vertical.
- L’Electrophone à pupitre qui est plus généralement employé parce que cette forme permet d’obtenir sans nuire à la sensibilité de l’appareil le nombre maximum de contacts microphoniques. Cet appareil a été expérimenté à l’exposition même, et M. le Président de la République a pu entendre très nettement un acte d’opéra avec accompagnement, qui lui a été joué lors de sa visite à l’exposition que nous examinons en ce moment. Les principes sur lesquels repose cet appareil ont été publiés pour la première fois le i5 septembre 1878. Tous les autres appareils qui ont été construits depuis cette époque ne diffèrent guère des premiers appareils de M. Maiche que par la forme et les dispositions de détail. Un orchestre a été entendu par toute la salle des Conférences et de manière à ce que les modulations de l’air fussent toutes très nettement et très fidèlement perçues ; il n’y avait plus de
- ces bruits étrangers qui dénaturent presque totalement la: musique dans toutes les conditions téléphoniques faites jusqu’à ce jour. '
- L’Electrophone avec avertisseur automatique a le même aspect que le précédent. Il diffère uniquement par le système d’appel. Il n’exige pas de sonnerie électrique ou magnétique. Le bourdonnement produit dans le téléphone est assez intense pour permettre de supprimer les sonneries et les piles ou magnéto nécessaires pour les actionner. Cet appel a fonctionné convenablement jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres.
- Les récepteurs de M. Maiche sont des appareils téléphoniques du genre Bell à aimant droit, portant à leur extrémité une .'petite semelle de fer doux.
- L’un des avantages de ce téléphone esp caractérisé dans cette petite armature qui est plus sensible aux influences magnétiques. La désaimantation
- Electrophone à pupitre.
- nécessaire pour avoir une grande sensibilité dans le récepteur se fait ainsi très rapidement et les vibrations les plus nombreuses peuvent être perçues. C’est à cela que tient la fidélité si absolue des transmissions téléphoniques.
- Un autre modèle d’électrophone du type précédent approprié pour les transmissions téléphoniques à grande distance avec suppression d’induction et transmission télégraphique simultanée, est représenté ci-dessous.
- A côté de la pile Maiche déjà si appréciée dans les installations de quelque importance^t qui exigent une sécurité absolue, on peut voir un paratonnerre spécial pour ligne téléphonique simple, double, triple, etc., et quelques autres appareils d’une origine récente.
- Celui qui attire tout d’abord l’attention est le Micro-ohmmètre. Cet appareil est appelé à rendre prompte et facile la mesure de la résistance des conducteurs. On n’a plus besoin des minutieuses précautions qu’exigent les divers procédés actuellement employés et qui sont susceptibles de varier constam-
- Téléphone Maiche. Pile Maiche.
- ment sous les chances d’erreurs que l’expérimentateur le plus habitué ne peut pas être certain d’avoir écartées. Une mesure prise plusieurs fois de suite sera
- toujours la même à —— près. Nous nous bornons à donner plus loin le des-2000 1
- sin de cet appareil pour en faire voir la simplicité.
- Nous terminerons parles appareils qui intéressent la transmission sur les câbles et qui sont au nombre de trois : un transmetteur, un récepteur et le galvanomètre à projection.
- Le transmetteur de M. Maiche est combiné avec un soin extrême; il permet d’émettre des signaux avec toute la vitesse dont la main de l’opérateur est susceptible sous l’action de la pensée aidée de l’habitude. Quel que soit le mouvement de sa masse, les signaux sont tous de même durée, et le câble est immédiatement neutralisé par un courant de la valeur utile et cela automa-
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- tiquement. Il nous semble, à première vue, qu’il y aura possibilité de tripler les dépêches sur les câbles sous-marins.
- Le récepteur qui accompagne ce transmetteur est basé sur l’emploi d’une étincelle d’induction dont le déplacement perfore une bande de papier à droite et à gauche, en produisant des sinuosités analogues à celles produites par le recorder.
- Le galvanomètre à projection est un appareil destiné à'remplacer les galvanomètres à fil de locoa. Le passage du courant électrique est constaté
- Ils peuvent servir aussi au chargement des accumulateurs pour la lumière. La série A, spécialement affectée à cet usage, a donné les meilleurs résultats. ^
- Dans l’analyse chimique des métaux, dite électrolyse, ils remplacent, avec le plus grand avantage, les piles ordinaires. On obtient, sur le cône en platine immergé, le transport du métal, et ce, jusqu’à l’épuisement au centième de la liqueur.
- Gomme foyer électrique, ils se prêtent à toutes les démonstrations ou applications usitées dans les cours de physique et les laboratoires de chimie.
- par le déplacement d’une aiguille suspendue par la pointe au-dessous d’un aimant. L’aiguille oscille entre deux bobines dont les effets s’ajoutent et l’image agrandie est reçue sur un écran.
- Galvanomètre à projection
- Les générateurs thermo-électriques de' M. Chaudron transforment directement la chaleur en électricité. La qualité maîtresse des appareils de ce genre, que j’ai l’honneur de vous soumettre, est de produire un courant absolument constant, ce qui permet, dans les applications galvanoplastiques : cuivre, nickel, etc., d’obtenir des dépôts d’une qualité supérieure, et un
- Ils suppriment complètement les émanations malsaines et dangereuses qu’entraîne l’usage des piles à liquide.
- L’emploi en est des plus faciles, l'entretien nul, la mise en train des plus simples, puisque l’allumage s’y produit comme celui d’un bec de gaz ordinaire. C’est dire qu’on peut, à tout instant, en interrompre le fonctionnement, et par conséquent la dépense, d’ailleurs peu considérable.
- Le gaz, amené par un tube de caoutchouc, traverse le régulateur qui n’en laisse passer que le volume rigoureusement nécessaire au chauffage du générateur d’où il se rend dans la tubulure T, munie du dispositif de Bunsen. De là, mélangé à l’air, il se répand dans le tuyau A, percé de trous, pour venir brûler dans l’espace annulaire, autour duquel sont disposés les barreaux thermo-électriques.
- Quand un progrès est sorti du domaine de la science pure pour entrer dans la voie des applications pratiques, l’esprit industriel s’ingénie à l’entourer de toutes les améliorations, de toutes les garanties dont il est susceptible, et les savants, comme les chercheurs, ne s’arrêtent que lorsqu’ils croient que l’innovation à laquelle ils se sont attachés est enfin parvenue à un haut point de perfection.
- Sous ce rapport, l’électricité n’aura pas manqué d’adeptes dévoués et fervents qui, tous, dans une sphère spéciale, auront apporté à l’oeuvre commune une partie de leur intelligence et de leur sens pratique.
- C’est à ce titre que MM. Variclé et Cie exposent aujourd’hui, à la Société internationale des électriciens, un interrupteur à_ secret et à combinaisons variables, dont le but est d’assurer la communication ou l’interruption d’un courant électrique et de le mettre à l’abri de toute surprise.
- FERMt
- OUVERT
- INTERRUPTEUR DE SURETE
- Actuellement, pour éclairer, par l’électricité, une maison particulière, un magasin, un théâtre ou tout autre lieu de réunion publique, il suffit pour allumer ou éteindre le foyer éclairant de faire [passer le courant ou de l’interrompre.
- Cette opération s’effectue parle contact d’un bouton, le déplacement d’une manette ou d’une manivelle. a
- Mais, si un mauvais plaisant ou meme un préposé au service venait, par inadvertance, à tourner la manivelle quÿlivre passage au courant, il éteindrait instantanément la lumière, et de graves inconvénients pourraient en résulter.
- C’est pour éviter ces conséquences et les rendre impossibles que MM. Variclé et Cie ont conçu ce bouton spécial qui, pour entrer en fonctionnement , doit subir l'action d’une combinaison particulière. Cette combinaison est d’ailleurs variable, absolument comme la serrure d’un coffre-fort et elle est surtout très simple. Elle s’opère par des chiffres ou par des lettres. Le bouton mis à la combinaison obéit et fonctionne ; modifié dans sa combinaison, le mécanisme reste inerte et ne peut agir sous aucune impulsion.
- Vue en perspective de l'appareil ; le générateur est accouplé en tension.
- rendement considérable. Le tableau ci-dessus indique un rendement de 5o ampères.
- De là, des planches en taille douce d’un grain plus fin et plus résistant, comme métal, que celui produit par les piles hydro-chimiques ou les machines magnéto-électriques.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE rSSg.
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- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- III
- L’année 1464, en effet, vit l’Etat substituer son action à celle des particuliers. Sans doute, Louis XI, habile administrateur et rusé diplomate, eut d’abord la pensée, en créant la poste, de ne satisfaire que ses intérêts particuliers ; mais il se rendit bientôt à l’évidence et tous les Français profitèrent d’une conception royale presque aussi excellente dans son principe que dans son application. Les termes dans lesquels Louis XI a jeté les bases de son institution sont peu connus. Nous en avons pris copie à la Bibliothèque nationale, et nous allons les faire connaître à nos lecteurs.
- « Il est, dit le roi de France, moult nécessaire « et important à nos affaires et à notre Etat de « sçavoir diligemment nouvelles de tous cotez, et « faire quand bon nous semblera sçavoir des « nostres; d’instituer pour cela et d’establir dans « les villes, bourgs et bourgades, des chevaux « courants de traite en traite par le moyen desquels « nos commandements puissent estre promptement « exécutez. »
- C’est là ce qu’on a appelé Y édit de Dourlens, parce que Louis XI se trouvait dans cette dernière ville au moment où il décréta l’institution du service des Postes.
- Conformément à l’ordonnance royale, des postes (les anciens relais) s’établirent sur les grands chemins, de quatre lieues en quatre lieues. Les agents du nouveau service prirent le nom de coureurs du roy; et l’on nomma, au conseil royal, un grand-maître des coureurs de France. Un impôt fut levé afin de pourvoir aux dépenses nécessitées par ce service public. Si nous en croyons les documents officiels du temps , les coureurs étaient au nombre de deux cent trente (23o), tous rétribués par l’Etat. Les maîtres de poste étaient tenus de conduire sans retard les courriers envoyés par le roi, de porter aussi toutes ses dépêches ou celles concernant son service sans aucun retard, et de ne point disposer, sous peine de mort, pour un autre objet, des chevaux affectés au service de la poste aux lettres.
- On le voit : le grand-maître des coureurs de France fut le véritable prédécesseur de l’honorable M. Cochery, notre ministre actuel des postes et télégraphes.
- Cette charge, d’ailleurs, avait une importance considérable. Le grand-maître, qualifié à plusieurs reprises de « noble homme, notable et docte personnage », avait rang à la Cour parmi les conseillers du roi et les grands officiers de la Couronne. Il faisait usage d’un sceau particulier, et exerçait un pouvoir absolu sur les maîtres de poste.
- De 1465 à ibi 5, c’est-à-dire pendant un siècle et demi, il y eut fort peu de changements dans le service des postes. Sous Louis XIII, le titre de contrôleur général des postes fut substitué à celui, de grand-maître des coureurs de France. Quelques années après, Richelieu simplifia encore les choses, et l’appellation de Général des Postes supplanta celle de « contrôleur général ». M.ais ce ne sont là que des détails insignifiants. Un fait plus important à noter, c’est que, grâce à l’initiative de ce même Richelieu, les « postes du roy » devinrent publiques ; et, vers i63o, les particuliers commencèrent à s’en servir pour envoyer et recevoir, moyennant une modique rétribution, des lettres et des paquets.
- Donc, au point où nous en sommes arrivés, voici les noms dignes d’être inscrits dans les fastes de la poste aux lettres : i° Cyrus ; 20 Auguste; 3° Constantin; 40 Charlemagne; 5° Louis XI; 6° le cardinal Richelieu.
- Les perfections apportées au service des Postes par Louis XIV furent à peu près insignifiantes ; et cette négligence s'explique par les graves occupations de ce règne à la fois brillant, bruyant, misérable et glorieux. Sous Louis XIII au contraire, les progrès réalisés avaient été considérables. Richelieu, dont la main puissante conduisait, en outre de la présidence du conseil, les quatres ministères de la guerre, des affaires étrangères, de l’intérieur et de la marine, exerçait un contrôle souverain sur le service des postes. Ce fut lui qui provoqua l’établissement des premières taxes postales fixes.
- Le mouvement avait commencé sous Henri IV, grâce à l’impulsion de Maximilien de Béthune, duc de Sully. Pour rendre les postes publiques, on avait autorisé les estafettes attachées au service de la Cour à se charger aussi des dépêches du public. Les résultats de cet essai furent si brillants que Sully autorisa une augmentation du nombre des courriers. Il créait en même temps, des charges nouvelles : celles de : Contrôleurs provinciaux des postes, qui répondent littéralement à nos emplois de « directeurs départementaux des Postes et Télégraphes » d’aujourd’hui.
- Ces nouveaux officiers royaux furent gratifiés, par édit royal, du produit des ports de lettres. Dès 1627, les taxes fixes furent modifiées à proportion
- de la distance des lieux. Mais, comme complément de la nouvelle organisation, les maîtres-courriers établirent à leurs frais les bureaux de poste, payant de leurs propres deniers des commis et distributeurs en nombre suffisant pour que toutes les lettres et paquets confiés à la poste arrivassent promptement à destination.
- Auparavant, — et c’est là une des lacunes de l’organisation primitive, — le prix du port des lettres étaient en quelques sorte facultatif. Chacun des expéditeurs donnait, selon son métier ou sa position de fortune, une gratification à l’estafette, et l’établissement des taxes fixes, le public eut beaucoup de peine à se faire à ces nouvelles habitudes. Cependant la perception résultant du tarif finit par triompher ; et si le public paya un peu plus cher, au moins fut-il servi plus promptement et avec une remarquable régularité.
- En 1638, le général des Postes défendit à ses employés de se charger d’autres objets que les papiers d’affaires et les lettres. Cependant, afin d’atténuer la sévérité de cette décision, il autorisa les bureaux de poste à recevoir des articles d’argent. C’est là l’origine du mandat de poste, dont nous nous servons si couramment aujourd’hui sous M. Cochery. L’autorisation est intéressante à rappeler. Il est dit textuellement que les agents des postes royales sont autorisés à recevoir : « les « deniers qui leur seront présentés à découvert, et « dont ils chargeront leurs registres pourvu qu’ils « n’excèdent point la somme de cent livres pour « chaque particulier, et moyennant un prix raison-« nable pour le port. »
- Ces mots du général des Postes : prix raisonnable semblent indiquer que la taxe fixe ne s’appliquait qu’aux lettres simples, et que, pour les articles d’argent, le public débattait lui même le prix du port avec le chef du bureau de poste. Ces procédés durent forcément introduire une certaine confusion dans les habitudes des bourgeois français. Des réclamations furent adressées au cardinal Mazarin, premier ministre de la régente Anne ü’Autriche. Les choses prirent un tel caractère de gravité qu’en 1644, un édit royal régla toutes les difficultés en ordonnant une nouvelle tarification. La même année, le Parlement de Paris enregistra l’édit qui dès lors eut force de loi.
- (A suivre.) T. M.
- -- ---=t= - 15*“ ~Tm~
- LES LIVRES
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- Journal d’un officier d’ordonnance (juillet 18 7 o-février 1871), parle comte d’HÉiussoN, chez Paul Ollendorf.
- La place qui nous est mesurée ne permet pas les longs discours. 11 n’est pas impossible toutefois de dire en quelques lignes ce qu’il y a dans un livre, s’il est bon ou mauvais, s’il vaut ou non la peine d’être lu. C’est là notre mission. Elle est modeste ; elle peut être utile, quand elle est remplie en conscience, avec cette probité critique qui est un devoir pour nous, et sera aussi notre seul mérite.
- Voici un livre d’impressions, de souvenirs sur cette année 1870-1871, dont il importe plus que jamais de ne pas oublier les leçons. Le livre du comte d’Hérisson en rappelle plus d’une. A ce titre, il est amer et salutaire comme l’expérience. L’auteur ne se pique pas d’être un juge : il n’est, dit-il, qu’un témoin. Il n’apprécie pas, il raconte, laissant au lecteur le soin de conclure, non sans lui souffler quelquefois la conclusion. La question pour nous n’est donc que de savoir s’il a été place pour bien voir, et s’il a bien vu. La réponse à la première question résulte de deux pièces placées en tête du livre pour attester la compétence de l’auteur et inspirer confiance dans les récits de l’officier d’ordonnance du général Trochu. Ces deux pièces, signées de Jules Favre et du général Schmitz, attestent qu’en effet M. d’Hérisson a été, par ses fonctions et la façon dont il était préparé à les remplir, un témoin bien placé pour voir. Le livre atteste, à son tour, qu’il a bien vu. Il y a de ces traits, de ces accents auxquels on ne se trompe pas. Quand bien même on n’aurait pas avec l’auteur, sur cette année si pleine de choses, des souvenirs communs, quand bien même on n’aurait pas vu et vécu et souffert aussi les événements dont il parle, on sentirait qu’il est sincère et véridique. Il l’est même, parfois, à ses dépens. Tout homme a sa faiblesse, sa marotte, son dada. Le dada de M. d’Hérisson ne serait-il pas de s’exagérer un peu son rôle, de s’être vu avec des verres grossissants ? Nul ne conteste son courage, ses services, encore moins son esprit. Le livre est écrit de verve, un peu à la diable, d’un bon style courant, qui sent moins l’Académie que le Jockey-Club. C’est une jolie et fine conversation du coin de la cheminée. Le ton en est celui du scepticisme, mais d’un scepticisme bon enfant, qui fait la grosse voix pour rire et se déclare désabusé sans être détaché. Quand on a vu une fois le jeu des machines, quand on a été initié aux mystères de la coulisse, on demeure curieux au moins, sinon ambitieux, à perpétuité. M. d’Hérisson se dit revenu de toute illusion. Sur les autres, soit, mais sur lui-même ? On en douterait, en voyant que ses reproches, ses
- griefs sont surtout de nature personnelle. Ses blessures sont des blessures de vanité ou plutôt d’amour-propre. Il n’a pas toujours été traité comme il méritait de l’être. Flatté quand on avait besoin de lui, il a été oublié, délaissé le lendemain. Le style officiel avec ses sécheresses a succédé bien vite aux tendres familiarités et aux câlineries de la veille. M. d’Hérisson s’étonne que M. de Metternich, après lui avoir adressé d’abord un billet commençant par « Mon cher ami », lui ait fait ensuite écrire par son huissier. Il y avait eu, entre les deux formules, les deux protocoles, les trois mois du siège, de son commencement à sa fin. Trois mois! en faut-il tant pour changer un homme, et surtout un diplomate ? M. d’Hérisson s’étonne que son sauvetage des effets personnels et des toilettes de l’Impératrice, sauvetage qui n’eut rien d’héroïque, mais qui fut des plus galants, ne lui ait valu d’autres remerciements que le strict remboursement de ses frais. Il n’est pas si désabusé que cela, puisqu’il ignore que le commencement de la sagesse consiste à ne compter ni sur la reconnaissance des princes ou des grands, ni sur celle des peuples. Il n’est pas si désabusé que cela, puisqu’il ne dédaigne pas de se venger. Il est impossible de ne pas trouver dans le tableau de l’intérieur des Tuileries, dans le récit de l’évasion et de l’exode dirigés — jusqu’au fiacre — par MM. de Metternich et,Nigra, et jusqu’en Angleterre par le docteur Evans, dans le récit de la double négociation de Ferrières et de Versailles, dans le portrait même du général Trochu, de ces traits qui n’ont rien de commun avec ceux de l’adulation. Qu’importe pour nous, s’ils sont bons ! Qu’importe qu’un bon mot soit plutôt méchant s’il peint un homme, un caractère, une situation de façon à les graver dans le souvenir ? Qu’importe que la vérité soit maligne et fasse sourire ? Mieux vaut l’expérience qui fait rire que celle qui fait pleurer.
- En résumé, livre — quand on s’est armé des défenses et des réserves nécessaires, et qu’on a opposé, sur certains points, à sceptique sceptique et demi — curieux, intéressant, qui rétablit, sur plus d’un événement, cette vérité de la chronique qui assaisonne d’un sel malin la vérité officielle ; livre d’un auteur qui est encore plus un homme, comme les autres, avec ses qualités et ses défauts. Homme d’esprit avant tout et d’assez d’esprit pour se contredire, pour se laisser duper encore par ces belles vanités dont il se dit revenu, malgré la conversation avec Prévost-Paradol qui ouvre si à propos le volume et le conseil de méfiance systématique et d’égoïsme à outrance qui le ferme si durement.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Myrtile à la GAITÉ
- MM. Erckmann et Chatrian, les auteurs du livret de la pièce, n’ont pas été inspirés très heureusement. Après avoir écrit ce drame shakespearien, le Juif polonais, et cette idylle exquise, l’imi Frit%, ils se devaient à eux-mêmes de ne pas tomber dans les vieilles chausse-trappes du mélo démodé et des berquinades prudhommesques.
- Une bohémienne, recueillie par un brave Alsacien, se fait aimer du fils de la maison. Les parents protestent, naturellement. La Tsigane, après différentes péripéties, revient à ses instincts naturels, à cette « voix du sang » dont a parlé Richepin dans ses Blasphèmes, et suit une troupe de bohémiens qui passe. Le jeune Alsacien, désolé, se meurt d’amour ; mais sa bien-aimée revient bientôt, déguisée en sorcière; pourquoi? on l’ignore. Cette pièce sentimentale finit par un mariage.
- La musique délicieuse de M. Lacôme n’a pas sauvé Myrtile. M. Lacôme est un de nos rares musiciens qui aient su garder la tradition française, tout en adoptant les raffinements et les ragoûts de l’école moderne. Dans sa Nuit de Saint-Jean comme dans Jeanneton, il a toujours été franc d’inspiration et d’allure. Dans Myrtile, ses idées fines et claires, revêtues d’une jolie orchestration, s’imposent sans effort et charment sans peine. Ce n’est ni la mélodie polkante et commune d’Auber, ni l’enflure souvent bourgeoise d’Adolphe Adam ; il est fâcheux seulement que cette fois il n’ait pas été servi par un sujet vivant et léger ou même par un drame poignant, quoique intime.
- L’interprétation de l’œuvre est convenable ; voilà tout.
- Est-ce assez pour le public parisien, après le succès d’acteurs du Grand Mogol? Il nous est permis d’en douter, tout en souhaitant longue vie à Myrtile.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a P
- ARIS
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 12 Avril 1885.
- NUMÉRO i5.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889; 2. Exposition universelle d’Anvers; 8. Exposition de Budapest ; 4. Exposition industrielle de Beauvais; 5. Echos; 6. Expositions et concours des Beaux-Arts; 7. Tribune publique ; Lettre de M. Flamand, Lettre de M. Garnier, Conférence ; 8. Les ouvriers français à Amsterdam; 9. Les livres; 10. Variétés : Les Machines à vapeur; 11. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Nous donnons aujourd’hui le plan général de l’Exposition de 1889 tel qu’il a été adopté par la commission consultative dont il résume les travaux, quant au choix et à la répartition des emplacements.
- L'Exposition s’étendra sur le Champ-de-Mars, sur toute la partie du quai d’Orsay et du quai de l’Alma comprise entre le pont des Invalides et l’avenue do la Bourdonnaye, sur l’esplanade des Invalides, et comprendra dans son enceinte les Palais de l’Industrie et du Trocadéro. Les deux rives de la Seine communiqueront entre elles par les ponts d’Iéna et des Invalides, ce dernier doublé en largeur par u n p o 1 it -p ro vi s o i r e.
- Nous allons passer en revue les diverses parties de l’emplacement qui sera occupé par l’Exposition de 1889.
- CHAMP-DE-MARS
- A l’entrée du Champ-de-Mars, immédiatement après le square de la ville de Paris, on construirait deux-palais, l’un du côté de l’avenue de la Bourdonnaye destiné aux arts, l’autre, du côté de l’avenue de Suffren, destiné aux sciences, ces deux palais couvrant chacun une surface de 34,000 mètres, soit pour les deux 68,000 mètres, y compris les cafés et restaurants qui auraient leur entrée sur l’esplanade réservée entre les deux édifices.
- On réunirait le Palais des arts à celui des sciences par une galerie souterraine où seraient exposée une partie de l’outillage et des produits des industries extractives.
- Les constructions provisoires, qui font suite à ces deux palais, couvriraient une surface de 220,000 mètres, dont 106,000 mètres réservés au hall des machines et aux galeries du travail qui seraient réunies devant l’Ecole militaire en prenant toute la largeur du Champ-de-Mars, et 114,000 mètres attribués aux industries proprement dites.
- Ce lot de constructions s’élèverait entre le hall des machines et les Palais des Arts et des Sciences ; une avenue de 268 mètres de longueur sur 60 mètres de largeur viendrait aboutir à la galerie des machines.
- TROCADÉRO
- Le Trocadéro ne subirait aucune modification.
- LES BERGES DE LA SEINE
- Les berges de la Seine irive gauche) seraient occupées par l’Exposition agricole entre le pont des Invalides et l’extrémité du Champ-de-Mars.
- L’agriculture doit, en 1889, former pour chaque pays un ensemble permettant d’apprécier les conditions de la production et les procédés mis en œuvre.
- L’Exposition agricole de chaque contrée pourra ainsi donner une idée complète de la culture, de son importance, des conditions au milieu desquelles elle s’exerce.
- L’ESPLANADE DES INVALIDES
- Sur l’esplanade des Invalides aura lieu l’Exposition coloniale qui sera d’une importance considérable.
- Pour nous en rendre compte nous n’avons qu’à voir ce qui se passe pour l’Exposition coloniale française à Anvers qui sera certainement une des parties les plus réussies de l’Exposition belge.
- Sur cette place auront également lieu les concours temporaires.
- PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Contrairement à ce qui s’est passé en 1867 et 1878, le Palais de l’Industrie sera relié à l’Exposition universelle.
- Le palais proprement dit serait transformé en un cercle international qui réunirait, à côté des bibliothèques, des laboratoires et des salles de conférences, tout le confortable de la vie matérielle. Le succès de cette entreprise ne saurait être douteux. •
- Au rez-de-chaussée, un plancher recevrait des estrades qui y faciliteraient, à côté de l’installation des congrès, des conférences, et du cercle international , l’organisation des fêtes, des réceptions et de la solennité de la distribution des récompenses.
- On disposerait, autour du Palais de l’Industrie, tout ce qui se rapporte à l’enseignement et à l’éducation.
- Les administrations publiques et les sociétés privées des différents pays pourraient établir, aux Champs-Elysées, les modèles des établissements destinés à renseignement à tous ses degrés.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- A partir du 5 avril, les bureaux du commissariat français seront transférés à Anvers, au palais de l’Exposition. C’est donc là que toutes les communications devront lui être adressées. Les exposants français sont priés de lui faire parvenir, le plus tôt possible, leur photographie (portrait-carte) ou celle de leurs représentants. Nous leur rappelons qu’ils n’ont droit qu’à une seule carte permanente.
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- Le commissaire de l’exposition coloniale française, M. Albert Grodet, s’est rendu à Anvers pour presser l’achèvement du pavillon cambodgien destiné à la recevoir et pour prendre les mesures rendues nécessaires par
- 1 affluence de nos exposants coloniaux. Le chiffre en dépassedéjà 1,100 et le département de la marine, auquel beaucoup d’envois sont encore annoncés, estime qu’il atteindra celui de 13 à 1,400, non compris les expositions collectives. Le commissaire de la section coloniale lrançaise a donc été amené à demander au Comité exécutif d’Anvers un nouvel espace qui sera couvert et rattaché au pavillon principal par une courte passerelle. Cette annexe sera spécialement consacrée à l’exposition scolaire ainsi qu’à la section des travaux publics de nos colonies.
- Une exposition internationale d’animaux reproducteurs aura lieu à Anvers les 27 juin et 11 juillet. Elle occupera un local spécial d’environ quatre hectares, situé en face de la place du Peuple et près de l’entrée de l’Exposition universelle.
- Le Congrès international de botanique et d’horticulture-promet d’être très brillant. La ville de Gand, qui, dans cette industrie, a acquis une renommée universelle, vient de ^ décider qu’elle inviterait les membres du * Congrès à venir admirer dans ses murs les progrès réalisés pour l’avancement des sciences botaniques et la prospérité du commerce des plantes.
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- L’Association des artistes musiciens d’Anvers donnera, dans la salle des Fêtes ou dans les jardins, 35 concerts sous la direction de Peter Benoit. Chaque programme sera composé d’oeuvres d’une même école ou nationalité.
- Le départ de M. Monthiers et du personnel, va hâter les derniers préparatifs d’installation de la section. La plus grande activité y règne déjà; les travaux d’installation de la galerie des machines très activement poussés, sont terminés aujourd’hui, et nous engageons vivement Messieurs les exposants à adresser leurs envois avant le 15 avril courant, pour profiter des facilités de transport qui leur sont offertes par les deux voies ferrées situées dans l’intérieur des Halles, et dont l’une doit disparaître au 15 avril. Sa situation sur remplacement des salons occupés par nos grandes manufactures nationales, ne permet pas de la laisser subsister au-delà de cette date, et force sera de la faire disparaître. Aussi y a-t-il, au point de vue de la manutention et des facilités de déchargement tout avantage à en profiter avant son enlèvement.
- L’ouverture de l’Exposition reste toujours fixée au 2 mai, et S. M. Léopold a bien voulu promettre au Comité belge de l’Exposition, d’honorer de sa présence l’inanguration solennelle qui doit avoir lieu.
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- n8. — Première Année
- N8 i 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Avril i885-
- D’après le chiffre considérable de demandes d’admission parvenues, d’après le zèle des délégués adjoints à la Commission, et les efforts des exposants pour représenter l’industrie nationale avec éclat, il est permis d’espérer que notre section obtiendra le légitime succès auquel elle a droit et que les sacrifices de temps et d’argent que se sont imposés les commerçants et industriel-s français 'pour répondre au patriotique appel qui leur avait été fait ne restera pas sans récompense.
- EXPOSITION DE BUDAPEST
- L’autorité municipale de Budapest, en prévision de l’affluence considérable d’étrangers que la prochaine exposition attirera dans cette ville, vient de fonder une agence de renseignements et de locations destinée à fournir à toutes les personnes qui en feront la demande les adresses des hôtels et des appartements meublés.
- Le siège de cette agence est à Budapest, Strickergasse (Ivôtô utcza'.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- HORTICOLE ET SCOLAIRE DE BEAUYAIS
- LES CONFÉRENCES TECHNIQUES
- L’organisation et la conduite d’une exposition industrielle sont choses difficiles. Ceux qui acceptent le fardeau d’une pareille tâche ont fort à faire, surtout s’ils veulent quelque peu innover, s’ils désirent donner à l’oeuvre qu’ils entreprennent une physionomie sortant de la banalité ordinaire, et s’ils croient surtout qu’il doit en résulter pour la masse du public tous les avantages qu’on peut en tirer.
- L’exposition de Beauvais, entreprise dans les circonstances que l’on sait, et quand tout semblait pronostiquer un insuccès, se présente, au contraire/ sous les auspices les plus favorables et a pris des proportions inespérées. L’on doit féliciter M. Dupont et ses collaborateurs de l’activité et du zèle qu’ils apportent dans leurs travaux et de la méthode avec laquelle ils cherchent à réaliser le mieux possible les promesses du programme que l’honorable président a exposé il y a quelques mois.
- Tout ce qui a été dit sera fait et l’on essaiera d'aller peut-être au delà
- Ce qui caractérisera surtout l’exposition de Beauvais, c’est qu’elle ne sera pas seulement une exhibition de produits de toutes sortes, mais qu’en même temps elle deviendra en quelque sorte un enseignement industriel par l’organisation des conférences techniques que bon doit y faire.
- Ce sera la première fois qu’en province, et dans une petite exposition, à côté d’un Bazar commercial et industriel, comme le disent si dédaigneusement certaines gens qui, ne voulant et ne sachant rien faire, trouvent mauvais ce que font les autres, il existera une espèce d’école et un enseignement profitable pour tous.
- Quand on parcourt une exposition pour la première fois, et même quand on la visite une deuxième, on est absolument ahuri par la variété des choses que l’on y rencontre. Tous ces produits industriels si variés , ces machines si diverses , toutes ces collections et ces vitrines produisent dans l’esprit et dans l’œil du visiteur un papillot-tement fatiguant ; l’attention , attirée par tant de choses si dissemblables, ne s’arrête bien nettement sur aucune d’elles. Ce sont les objets brillants et originaux qui frappent davantage et qui parfois le méritent le moins. Après avoir passé plusieurs heures dans cette sorte de Tour de Babel, on . en sort fatigué, harassé, parfois ébloui, sans que l'attention ait été attirée plus particulièrement par un objet ou par un autre. On s’est promené en flâneur et en badaud le long de ces galeries si variées d’aspect, sans en tirer le moindre fruit. Il est certainement des esprits studieux et observateurs qui savent voir, mais le plus grand nombre
- des visiteurs n’a ni la volonté, ni les aptitudes ou les connaissances nécessaires pour tirer de cette promenade un souvenir instructif ou un enseignement utile.
- Les conférences techniques que M. Dupont veut faire faire à Beauvais combleront cette regrettable lacune dans l’Exposition de l’été prochain. L’on sait qu’à Paris, en 1878, à la dernière Exposition universelle, on fit, au Trocadéro , sur l’initiative de M. Charles Tirion. une série de conférences scientifiques et industrielles qui furent suivies avec intérêt par de nombreux auditeurs et qui depuis ont été publiées en trois gros volumes fort intéressants.
- Ce que l’on a fait à Paris, il y a sept ans, on veut le tenter cette année à Beauvais , sans avoir, bien entendu, la prétention de faire aussi bien, mais avec l’espoir d’user largement du dévouement et du talent des divers conférenciers qui ont promis ou qui promettront de traiter en public divers sujets intérèssants au point de vue de l’industrie ou de la science appliquée.
- Devant la vitrine de celui-ci, ou devant les collections ou les produits de celui-là, le conférencier parlera de l’industrie exposée , de son origine et de son histoire, des divers procédés de fabrication , des progrès qui ont été réalisés et de ceux qu’on peut espérer encore. Les spécialistes y recueilleront peut - être quelques idées et les simples curieux y trouveront un enseignement profitable, ou tout au moins attrayant. Il y a tant de choses pratiques et simples que les hommes réputés instruits ignorent complètement qu’il y aura peut-être dans ces entretiens familiers un profit pour tout le monde, grands et petits.
- Voici, par exemple, l’exposition coloniale et ses nombreux échantillons, ces bocaux où sont placés les produits d’outre-mer, ces gommes, ces cafés et aromates, ces bois, ces ivoires, ces peaux, ces matières tinctoriales ou textiles. Le simple curieux passe devant elles à peu près indifférent, rien n’appelle son attention ; toutes ces choses sont muettes pour lui et ne disent rien à son esprit. Mais qu’un homme instruit lui fasse voir ce que toutes ces choses peu brillantes ont d’intéressant, qu’il lui dise d’où elles viennent, comment on le recueille, ce que l’on en fait et ce que la richesse publique doit à ces produits étrangers. Il s’arrête étonné, il s’intéresse enfin à cette leçon de choses comme on dit aujourd’hui, et il reconnaît l’avantage qu’on peut trouver dans la prospérité des colonies et dans leurdéveloppementraisonnable et raisonné. Il comprend enfin qu’il est nécessaire qu’un peuple ait un certain domaine coloniale pour y prendre ce que le sol natal ne lui donne pas, et pour y porter l’excédent de sa fabrication nationale ; il s’explique que la prospérité publique y soit entièrement attachée à une époque où la grande production manufacturière donne un excédent qui nous encombre en amenant un avilissement parfois excessif du prix de vente. Il sent, il comprend que si nous développons outre mesure notre fabrication, il faut parallèlement étendre le rayon de nos marchés et de nos ventes.
- Ces curieux sont-ils arrêtés, d’un autre côté, devant l’exposition des produits de la céramique départementale; ils y voient des briques, des carreaux, des tuiles, des vases de- toutes sortes; ils y jettent un coup d’œil inattentif et c’est tout. Mais , qu’à un jour donné , on leur explique les procédés généraux de la fabrication céramique, on leur parle des diverses argiles qu’elle tire du sol de l’Oise, et qu’elle peut y découvrir encore , des nouveaux procédés de cuisson par l’emploi de la houille et des fours circulaires. Au lieu de passer, les curieux s’arrêteront, et, pressés, nombreux et attentifs, ils trouveront que l’on peut dire sur ces carreaux et ces poteries des choses qui les intéressent réellement plus qu’ils ne pouvaient le penser. Sur la céramique on peutfaire plusieurs conférences plus attrayantes les unes que les autres, et, si l’on abordait l’histoire de l’art depuis les poteries grossières de nos pères les Gaulois, jusqu’aux merveilles de la fabrique de Sèvres, il y aurait bien des choses à exposer, curieuses et instructives, et qu’on ignore généralement.
- Ce qui vient d’être dit pour les produits coloniaux et céramiques, peut l’être également pour l’exposition forestière , les tapis , la tabletterie , les matériaux de construction, les papiers peints, etc. et il est à espérer qu’il n’y aura pas dans l’Exposition de Beauvais aucune industrie un peu importante qui ne trouvera son démonstrateur et son conférencier spécial. Le Comité général a déjà la promesse de quelques personnes dévouées qui approuvent l'idée de M. Dupont, et il est probable que la Commission des conférences qui vient d’être
- formée recueillera encore de nombreuses adhésions et, qu’au petit groupe des conférenciers déjà formé, s’ajouteront les noms de plusieurs personnes , savants ou industriels , qui voudront concourir à la réalisation de cet excellent projet.
- Il ne s’agit pas de trouver des orateurs diserts et élégants, tournant et polissant des phrases-sonores et cherchant des applaudissements , mais seulement des gens instruits , sans prétention ,. clairs et précis et disant simplement ce qu’ils savent et ce qu’ils ont observé. Le public honnête et sérieux n’est pas redoutable pour les personnes dont il reconnaît le mérite réel sous une parole parfois embarrassée ; il s’attache au fond beaucoup plus qu’à la forme et il sait surtout être reconnaissant de la bonne volonté qu’on lui montre.
- A côté de ces conférences techniques faites dans l’Exposition même, la Commission a l’intention d’organiser d’autres conférences générales sur la littérature, la géographie , les sciences appliquées. Elles ne s’adresseront pas au même public et sont appelées à un autre genre de succès ; nous en parlerons plus longuement dans un prochain article.
- ÉCHOS
- Paris
- Il est question d’organiser une exposition de chats aux Tuileries. Les promoteurs de cette idée sont MM. Gaston Percheron et le docteur Mônin.
- LE CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- La séance d’ouverture du congrès des sociétés savantes, ouvert à la Sorbonne mercredi dernier, a été présidée par M. Chabouillet, conservateur du département des médailles et antiques à la Bibliothèque nationale.
- Les bureaux des diverses sections étaient ainsi composés :
- Histoire et philologie. — MM. Léopold Delisle, président ; V. Duruy et Geoffroy, vice-présidents.
- Archéologie. — MM. A. Chabouillet, président ; Bertrand (Alexandre) et A. de Barthélemy, vice-présidents.
- Sciences économiques et sociales. — MM. Levasseur, président ; Tranchant et Picot (Georges) vice-présidents.
- Sciences mathématiques et physiques. — MM. Faye, président ; Marcart et Barboux, vice-présidents.
- Sciences naturelles et géographiques. — MM. de Quatrefages, président ; Âlph. Milne-Edvards et Maunoir, vice-présidents.
- Le jugement du premier concours d’essai pour le grand prix de Rome (section de sculpture) a été rendu.
- Ont été admis au deuxième essai et dans l’ordre suivant :
- MM. Hippolyte Lefebvre, Tbennissen, Grand-maison, Félix, Charpentier, Denmn, Raoul Bertm, Macé, Désiré Fosse, Capellaro, Larroux, Deschamps, Anglade, Olbé, Bardelle, Braeonnet, Desruelles, Roz.et, Baralis, Rivière, Raoul Larché.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- En dehors des 100,000 marks promis par le conseil municipal de Berlin pour l’Exposition internationale des beaux-arts de l’année prochaine, le ministre des arts et des cultes a accordé sur les fonds do l’Etat une subvention de 100,000 marks..
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- Une exposition des arts industriels due à l’initiative de l’Association des métiers aura lieu dans le courant de l’armée prochaine à Cologne (prov. Rhénane). Une section historique et rétrospective sera attachée à cette exposition exclusivement régionale et à laquelle prendront seuls part la province Rhénane, la Vestphalie et les districts environnants.
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- Angleterre
- L’exposition internationale des Inventions de-South-Kensigton (Londres), dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, comprendra une section spèciale consacrée aux instruments de musique-et fort intéressante par ce fait qu’elle offrira un
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- Première Année.— N° i5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Avril i885- — 119.
- aperçu historique et complet du développement •de cette branche artistique et industrielle. L’inauguration est définitivement fixée au 7 mai pro-•chain.
- Le contrat pour la construction de l’exposition industrielle irlandaise a été signé à Dublin il y a quelques jours. Les constructions à élever coûteront 3,300 liv. sterling (82,500 fr.) et devront être .achevées dans dix semaines.
- Nous avons annoncé, dans notre numéro du "25 janvier, l’ouverture à Londres, en 1880, d’une exposition américaine où seront représentés tous les produits industriels et agricoles des Etats-Unis. Voici quelques nouveaux détails sur ce curieux projet. Le public arrivera dans l’Exposition par une entrée représentant la rade de New-York avec la fameuse statue de Barthoîdi. Puis une fois l’entrée franchie, les visiteurs parcourront en quelques instants au moyen de représentation des vues et des produits de chaque Etat, l’immense territoire do.la République américaine et admireront une multitude d’inventions récentes, la plupart inconnues en Europe, en fait de chemins de fer, d’électricité, etc.
- Cette exposition serait, parait-il, un prétexte pour amener en Europe plusieurs corporations .américaines, entre autres le septième régiment des volontaires de New-York, qui jouit de l’autre •côté de l’Atlantique d’une immense réputation, due à son ancienneté, à sa composition et à ses nom-•breux services.
- Autriche-Hongrie
- La quinzième Exposition annuelle de l’Association des beaux-arts a été ouverte à Vienne, par l’empereur François-Joseph, le 21 mars dernier.
- Les cercles artistiques de Vienne s’occupent activement d’organiser un Musée de sculpture, sur le modèle du Musée de sculpture comparée du Trocadéro. O11 réunira dans ces galeries des moulages, classés par ordre chronologique, des monuments de toutes les époques et de tous les pays, et une section spéciale sera consacrée aux manifestations de l’art national.
- Belgique
- Un congrès international de navigation intérieure se tiendra à Bruxelles, du 24 mai au 2 juin 1885, sous le haut patronage du gouvernement belge, et sous la présidence d’honneur du chevalier de Moreau, ministre des travaux publics.
- La question des canaux maritimes et non maritimes y sera discutée dans toute sa généralité, tant au point de vue technique qu’au point de vue économique.
- Le congrès fera des excursions en bateaux sur les canaux de Bruxelles à Anvers, de Gand à 'Terneuzen, etc.
- Une réduction de 50 % sur le prix des transports est accordée, sur les chemins de fer belges et hollandais, aux membres du congrès voyageant isolément.
- La même réduction a été demandée aux principaux chemins de fer de l’Europe.
- Pays-Bas
- On annonce pour le courant du mois une Exposition à Amsterdam des œuvres du célèbre peintre Josef Israèls.
- EXPOSITIONS ET CONCOURS
- DES BEAUX-ARTS
- Le jury des récompenses de l’Exposition de blanc et noir, installée au pavillon de Flore, vient de terminer ses travaux. Voici les principaux lauréats :
- FUSAINS
- Médaille d’honneur enor : Appian, à Lyon.
- Médailles d’argent de ire classe : Karl Robert, à Paris; Ducaruge, à Saint-Etienne 1 Loire).
- Médailles d'argent de 2e classe : Montargis (Pierre), à Paris ; Lessieux (Louis-Ernest), à Rochefort-sur-Mer.
- DESSINS
- Médaille d’honneur en or: Barzaglii-Cattano à Lugano, canton du Tessin (Suisse).
- Médailles d’argent de Ve classe : Axenfeld , à Paris ; Burnand, à Versailles.
- Médailles d’argent de 2e classe ; Van Leem-putten, à Werclier (arrondissement de Louvain); Thiollet, à Paris.
- GRAVURES
- Médaille d’honneur en or : Burney, à Paris.
- Médailles d’argent de lv0 classe : Kratké, à Paris ; Baude, à Paris.
- Médailles d’argent de 2e classe : Toussaint, à Paris ; Bellanger, à Paris.
- La commission du Salon vient d’être saisie d’une proposition à laquelle nous nous associons entièrement : les entrées gratuites au vernissage seraient cette année supprimées et remplacées par un billet du prix de 10 francs.
- Les recettes de la journée seraient versées dans la caisse de secours aux blessés du Tonkin.
- Un concours est ouvert entre les sculpteurs français pour l’exécution d’une statue de J.-J. Rousseau, statue qui sera offerte à la ville de Paris pour être élevée sur une de ses places.
- La statue aura 3 m. 60 de hauteur.
- Une somme de 8,000 francs sera allouée à l’artiste chargé de l’exécution du travail. Le modèle sera coulé en bronze aux frais du comité.
- Pour recevoir le programme, les sculpteurs doivent s’adresser au service des beaux-arts de la ville de Paris, à l’Hôtel de Ville.
- TRIBUNE PUBLIQUE
- Nous recevons une lettre fort intéressante de M. Flamand, architecte, secrétaire général de la Ligue des intérêts de l’Est.
- Notre correspondant s’attache à démontrer la nécessité d’établir l’Exposition de 188g à Vincennes, au parc Daumesnil. La Commission consultative ayant choisi l’emplacement du Champ-de-Mars et du Trocadéro, nous ne reviendrons pas sur ce sujet. Nous détachons cependant de la communication de M. Flamand les lignes suivantes qui portent sur un point délicat : la gratuité des emplacements :
- « Vous savez qu’il a été question de faire payer aux exposants, en plus de leurs frais d’installation, un loyer du terrain qu’ils occuperaient.
- « Cette innovation malencontreuse a été peu goûtée ; il est malheureusement à peu près certain que MM. les membres de la Commission consultative sont résolus à maintenir ce projet, d’où sans doute leurs prévisions de recettes en plus des entrées de i5 millions.
- « Voici quel moyen on pourrait, suivant moi, mettre en pratique pour réaliser le bénéfice indiqué plus haut :
- « Des tickets d’entrée seraient émis au nombre de i5 millions d’une valeur nominale de chacun un franc, dont une partie serait distribuée au prix fort à tous les exposants au prorata du nombre de mètres superficiels occupés par eux dans les enceintes couvertes ou à l’air libre. Ces billets, par séries de un million, donnant droit d’entrée dans l’exposition, porteraient des numéros d’ordre concourant à des tirages successifs d’une grande loterie dite Nationale à l’instar de celle de 1878. 4 millions de francs pourraient être affectés à l’acquisition des lots qui seraient achetés aux exposants aux prix de leurs prospectus et catalogues ou à des prix à débattre par des commissaires ad hoc.
- « Les locations fixées à des prix modérés ne seraient pas une perte sèche pour les exposants, puisque, d’une part, ils pourraient revendre leurs billets ou les donner en guise de prime à leurs acheteurs et que, d’autre part, ils seraient rem-
- boursés en partie de leurs avances par la vente des lots de la Loterie.
- « Un règlement à intervenir pourrait fixer les conditions de cette opération pour laquelle l’expérience acquise précédemment servirait de règle et de modèle. »
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- Nous recevons la lettre suivante :
- Paris, 6 Avril i885.
- Monsieur le Directeur du Moniteur de l’Exposition.
- Je lis dans votre journal du 5 courant, sous la signature Milinaire frères, une lettre où ces messieurs pensent que je m’attribue, en leurs lieu et place « le mérite de l’idée ou de l’invention de la superposition des voies pour le métropolitain de Paris ». C’est là une erreur profonde de leur part : dans mes conférences et mes écrits sur la question, j’ai, au contraire, signalé les noms et les projets des véritables inventeurs du principe de la superposition des voies pour l’établissement des chemins de fer urbains : le premier en date est l’ingénieur Ollivier qui, dans l’année 1868, proposait déjà pour Paris un chemin de fer aérien à voies superposées. Plus tard, en 1876, l’ingénieur Chas. Legge établissait, pour la ville de Montréal, un projet grandiose de métropolitain à voies superposées.
- Il résulte de ces antériorités que le champ est libre à tous aujourd’hui et que chacun peut chercher, comme je l’ai fait, de nouveaux dispositifs de chemins de fer à voies superposées. Je me suis, toutefois, dans mon étude, faite spécialement en vue de Paris, appliqué à créer un type de métropolitain répondant aux nombreuses exigences qu’impose un pareil système de locomotion dans une capitale qui est à la fois élégante, artistique, commerçante et très populeuse ; j’ai quelque espoir d’avoir réussi, surtout en présence des compétitions que soulève déjà mon projet.
- Veuillez agréer, Monsieur, avec tous mes remerciements, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Jules Garnier,
- Ingénieur civil.
- CONFÉRENCE
- FAITE LE 2 2 MARS 188 5 PAR
- M- VICTOR CHARENCEY-
- LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES ET LEUR INFLUENCE MORALE ET SOCIALE.
- Les expositions universelles sont récentes, mais le principe même des exhibitions est vieux comme le monde. Sans remonter au-delà des temps précurseurs de la Révolution française, on peut constater que les corporations, les maîtrises s’extasiaient devant les chefs-d’œuvre de leurs ouvriers et de leurs artistes, tout en les tenant, ces objets merveilleux, soigneusement cachés pour le vulgaire. Le secret du métier était là qui s’opposait à toute divulgation. C’était un droit légitime, il le faut reconnaître, mais qui allait directement contre le progrès et la civilisation. Vint tout à coup un rayon de lumière et tout s’éclaira ! On ouvrit les musées, les bibliothèques, et le peuple, avide de voir et d’entendre, se mit à s’instruire et à se civiliser. De là vint l’adoucissement des mœurs, le siècle de la tolérance qui engendra la Révolution française. C’est à la contemplation, à la passion de voir, d’apprendre, de connaître, d’aimer le beau, le grand, le vrai, le juste, que les peuples doivent leur régénération. Gloire donc à cette curiosité native de nos pères ! C’était là un signe précurseur de leur amour de la liberté, qui nous a fait ce que nous sommes, c’est-à-dire des hommes libres, capables de rejeter toutes les lisières, de briser toutes les entraves, de renverser tous les obstacles et d’établir un gouvernement de justice et de liberté, véritable et puissant protecteur de la France.
- De la contemplation des choses curieuses, des œuvres d’art, des meubles anciens, est né le goût, et du goût les hommes sont allés tout droit a l’esprit, c’est-à-dire à la réflexion, a 1 invention,
- (Voir la suite, page 12e.)
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- I 20 et I 2 J .
- Première Année — N° i?.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE I889
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- PLAN GENERAL
- DES SURFACES A OCCUPER
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- 122 — Première Année. — N° i5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Avril i885.
- à la pensée, à la création. C’est de la sorte qu’est née cette ardeur à tout voir, à tout comprendre, à tout admirer. Quand cette préoccupation générale se lit jour, il se produisit un changement notable dans les coutumes et les habitudes des hommes. Ils s’habituèrent peu à peu à sortir de chez eux, à se répandre, à se voir, à se communiquer leurs sensations. Ils imaginèrent bientôt de réunir leurs collections en commun, afin de mieux comparer entre eux les produits des travaux de leurs ancêtres ou de leurs contemporains. Aux expositions particulières succédèrent les expositions régionales, puis à celles-ci les expositions universelles. Tel est, à vol d’oiseau, l’histoire de ces exhibitions, et, comme on voit, elle se rattache étroitement à celle de la civilisation.
- Mais abordons immédiatement notre sujet, c’est-à-dire montrons l’influence actuelle et future que doivent avoir inévitablement ces grandes assises du travail.
- Une exposition universelle est, en effet, une entreprise éminemment civilisatrice. Elle ouvre des débouchés nouveaux à toutes les branches de l’art et de l’industrie, elle fait fleurir le commerce, elle double les recettes des chemins de fer et de la navigation, pendant qu’elle donne un surcroît d’activité, non seulement dans le pays où elle a son siège, mais encore dans la plupart des centres industriels et artistiques des autres pays. Aussi doit-elle s’appeler plutôt Exposition internationale, ce qui veut dire entre les nations qui ont constamment des rapports entre elles, l’universalité des exposants de notre monde sublunaire étant impossible, vu l’état d’esclavage et d’abrutissement d’une grande partie de l’univers habité.
- Une exhibition internationale n’est pas seulement une grande manifestation, démontrant l’état d’avancement des arts et des manufactures chez les divers peuples civilisés, c’est encore une occasion pour l’esprit humain de déployer toutes les qualités supérieures qui constituent son essence et sa puissance. Depuis l’artisan jusqu’à l’inventeur, depuis le dessinateur jusqu’à l’artiste célèbre, depuis le mécanicien jusqu’à l’ingénieur, que de recherches, que de travaux, que de problèmes s’agitent dans toutes ces têtes pensives et qui cherchent l’occasion de montrer leur talent et même leur génie ! Que de nuits passées dans l’étude ou dans l’élaboration de remarquables choses qui feront l’étonnement et même l’admiration des hommes ! Est-ce que les simples concours entre les particuliers n’ont pas révélé souvent des talents inconnus ? N’est-ce pas à un concours ouvert par l’Académie de Dijon, que Jean-Jacques Rousseau, notre maître, a prouvé sa supériorité sur les hommes de génie du dix-huitième siècle ? Que de poètes, de sculpteurs, de peintres, de savants, de moralistes, de philosophes ont dû leur révélation au hasard d’un concours ? Si une lutte, qui est circonscrite dans un pays produit de tels résultats, comment une exposition internationale n’en produirait-elle pas encore de plus beaux ? Le champ de l’émulation n’est jamais trop vaste pour que le génie puisse y déployer ses ailes immenses. Il nous semble voir chaque concurrent s’élancer dans l’espace, comme notre génie national, qui plane sur la colonne de la Bastille, s’apprêtant à éclairer et à étonner le monde par la hardiesse de ses conceptions, la grandeur de ses idées et le but humanitaire qu’il poursuit, celui d’inviter tous les peuples à s’estimer, à se comprendre et à s’aimer comme des membres de la grandre famille humaine.
- Mais ce n’est pas seulement .au point de vue civilisateur que les expositions internationales exercent cette influence générale et constante. L’homme ne vit pas seulement par l’esprit. Il est placé dans un milieu tellement exigeant, il est sous le coup d’un sort si impérieux, qu’il doit songer à produire avant de s’instruire. Il faut qu’il travaille avant de consommer, soit au point de vue matériel, soit au point de vue moral. Il doit perfectionner son être, afin de devenir plus intelligent encore, plus prévoyant, plus habile dans son travail, et de retirer, par cela même , un meilleur salaire de ses peines et de ses efforts. C’est par l’éducation technique qu’il pourra et devra nécessairement atteindre ce but initial qui lui donnera considération et bien-être et le mènera tout droit à de meilleures destinées. Quoi de plus favorable, pour lui, que l’ouverture d’une de ces grandes et magnifiques assises des arts et de l’industrie ? Dans cet incomparable atelier, il puisera des idées nouvelles, il trouvera de nouveaux perfectionnements qui le leront rêver et qui le pousseront à tenter, à surpasser les modèles, qui seront là, palpables, sous ses yeux éblouis. L’Exposition ne sera-t-elle pas
- l’école des travailleurs aussi bien que l’école des penseurs ? Que de résultats grandioses sortiront de ce palais aux multiples couleurs et qui renfermera dans son sein toutes les merveilles du monde !
- Les pessimistes ont craint qu’il en résultat une crise commerciale et industrielle, une augmentation plus ou moins considérable de tous les objets nécessaires à la vie, une surélévation du prix des loyers déjà trop chers, enfin un péril pour les secrets de notre fabrication, un danger pour la propriété de nos modèles, dont on ne manquerait pas de faire de nombreux plagiats. On a craint même, comme si cela n’existait pas depuis longtemps, que notre grande capitale ne devînt le café-concert de l’univers entier.
- Il se construit, d’ailleurs, une foule de maisons en prévision même de la grande solennité de la Révolution française. Il est évident que, lorsque les étrangers seront partis, l’abondance des locaux qui seront libres permettra de se loger beaucoup mieux et à meilleur marché qu’à présent. Progrès encore de ce côté. Les denrées alimentaires ne subiront non plus aucune hausse, attendu que les approvisionnements seront proportionnés aux besoins. Le commerce s’exposerait à manquer la vente s’il ne répondait pas suffisamment aux demandes, comme il risquerait gros s’il tenait ses prix trop élevés, s’exposant à garder, puis à perdre les produits qui ne pourraient se conserver. Le renchérissement des choses nécessaires à la vie n’est donc ni possible, ni probable. En admettant même qu’il y aurait, pendant quelques. mois au plus, quelques légers sacrifices à faire pour le peuple, il y trouverait encore son avantage par la reprise des travaux et tous les résultats moraux et matériels qu’il est en droit d’attendre de cette manifestation si féconde du génie inventif et créateur de tous les peuples civilisés.
- Il y a encore une objection, majeure celle-là, que nos pessimistes mettent en avant, celle de la divulgation de nos modèles de fabrique. Ils prétendent que les Expositions universelles servent principalement à nous dépouiller de nos trouvailles industrielles, sans remarquer que nous sommes libres, à notre tour, de dépouiller les autres nations. Croient-ils tout bonnement que nous avons la science infuse et que nous n’avons rien à gagner en étudiant ce qui se fait dans les autres pays ? Qu’ils se détrompent. La France, jusqu’ici trop dédaigneuse peut-être, doit profiter certainement à voir, à scruter, à observer profondément ce qui se fait à l’étranger. Elle y gagnera comme largeur de vues, comme élévation d’idées, comme originalité même, car, tout en tenant compte des détails, elle conservera l’ensemble de ses moyens auxquels elle ajoutera nécessairement ce qui pourra lui manquer. Progrès encore, progrès toujours. Il serait vraiment puéril de discuter des idées qui tombent d’elles-mêmes pa*r leur exagération. Qui veut trop prouver ne prouve rien. Le secret de notre fabrication est le secret de Polichinelle. Est-ce que le premier venu ne peut pas, moyennant le paiement d’une somme de vingt-cinq francs, obtenir copie de nos brevets à notre ministère du commerce ?
- Les Expositions universelles ne méritent ni cet excès d’honneur, ni cette indignité. Elles n’ont nullement les inconvénients que l’on signale et offrent au contraire une foule de précieux avantages. Ces batailles à coups de volontés, d’invention et de génie, ont développé, dans une mesure incalculable, l’industrie et le commerce, la science et les arts dans tous les pays. Elles ont transformé notre manière d’être et de paraître, non seulement dans les mœurs, mais encore dans la façon de nous habiller, de nous parer et d’embellir nos demeures. La Chine et le Japon ont trouvé un grand débouché en Europe, pendant que nous perdions du terrain, il est vrai, non pas par la faute de nos nationaux, mais à cause des lourdes charges budgétaires qui pèsent énormément sur nos épaules, à cause surtout du manque absolu de protection, désarmés que nous sommes en présence des produits étrangers n’ayant à supporter que des droits insignifiants. La protection éclairée, équitable, juste, n’est pas l’ennemie de la liberté des transactions avec les nations étrangères ; elle veut seulement, pour pratiquer cette concurrence si pleine d’émulation, qu’il y ait égalité de traitement entre elles. Alors seulement ce duel économique sera loyal, et ce sera au plus capable, au plus instruit, au plus ingénieux que reviendra la victoire.
- Les expositions laissent après elles une trace ineffaçable de leur influence. Ceux qui ont étudié les merveilles qui s’y trouvaient rassemblées ne manquent pas d’y réfléchir souvent.
- Ils essaient de surpasser les autres en se surpassant eux-mêmes. Ils réfléchissent, ils comparent, ils inventent. Puis, comme on ne peut toujours vivre avec son idéal, fût-il le plus noble et le plus beau, l’on songe aux personnes que l’on a coudoyées, avec lesquelles on s’est entretenu des grandes questions qui occupent le monde. On se met alors à leur écrire, à se rappeler à leur souvenir, remémorant des entretiens intéressants, etl’on s’abandonne peu à peu à leur confier ses projets, ses pensées.
- LES OUVRIERS FRANÇAIS
- A AMSTERDAM
- (Deuxième et dernier article. — (Voir le numerp du 29 mars i885).
- Nous avons, dans un précédent article, fait connaître, dans ses grandes lignes, le premier volume du rapport publié, sous les auspices du ministre du commerce , par la délégation des ouvriers français envoyés à Amsterdam.
- Il ne nous est pas possible, bien entendu, d’examiner, même sommairement, chacun des quarante-deux rapports sur diverses industries, dont ce volume contient le résumé très clair, très complet fait par les délégués généraux de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France. Beaucoup de ces rapports individuels, faits par des hommes bien au courant de leur métier, renferment d’utiles renseignements ‘sur les produits exposés par les différentes nations, comparent avec justesse les procédés de fabrication et les résultats obtenus ; quelques-uns abondent en détails, décrivent minutieusement les machines et les objets qui ont surtout fixé l’attention de leurs auteurs, en font ressortir avec impartialité les qualités et les défauts, et notent les innovations qui ont semblé heureuses.
- Ici, nous sommes forcé de nous en tenir un peu aux questions d’ensemble. A la suite des rapports particuliers relatifs au groupe de la métallurgie,.les rapporteurs généraux, MM. Chalain et Gruhier, ont publié trois tableaux qui méritent une attention spéciale. Bien que? en matière de collaboration, la part de chacun soit quelquefois difficile à établir, nous croyons savoir que la composition de ces tableaux est surtout l’œuvre de M. Gruhier, et que c’est à lui que doit revenir l’honneur des longues recherches qu’ils ont nécessitées.
- L’un de ces tableaux indique les droits de douane perçus, à leur importation dans les principaux pays, sur les produits mécaniques, d’après les tarifs collectifs. Les produits visés sont les suivants : appareils complets à vapeur, appareils fixes et locomobiles avec ou sans chaudières, avec ou sans volants, appareils pour la navigation avec ou sans chaudières, locomotives, appareils autres que ceux à vapeur, tenders de locomotives et rails pour chemins de fer. Il y;a exemption complète pour l’Angleterre, la Suède et la Norvège; exemption également pour la Belgique, les Pays-Bas, la Serbie et la Grèce, sauf en ce qui concerne les rails, pour lesquels est perçu un droit fixé par cent kilos ou établi à la valeur. A l’entrée en Allemagne, en France, en Autriche, en Suisse, en Italie, aju'x Etats-Unis, en Russie et en Espagne, il est perçu un droit de douane de tant par cent kilogrammes des objets importés; et ici, sans avoir à entrer dans la discussion des deux systèmes rivaux de la protection ou du libre-échange, nous devons constater que la France figure parmi les pays où le droit d’entrée est le moins élevé. Enfin un droit ad valorem est établi, à l’importation des produits que nous avons énumérés plus haut, en Danemark, au Canada, en Australie, en Portugal et en Turquie. Ce travail d’ensemble est d’une utilité vraiment pratique, car les chiffres qu’il donne sont absolument authentiques.
- Un autre tableau donne, d’une .part, le poids et la valeur des principales machines étrangères importées en France, en 1882 (machines à vapeur fixes, locomotives .et locomobiles, chaudières à vapeur, machines pour la navigation, l’industrie textile, l’agriculture, machines à coudre, machines et outils divers, — et, d’autre part, le poids et la valeur des principales machines françaises exportées pendant la même année 1882. En résumé, les importations de cette nature ont dépassé 66 millions de francs, tandis que les exportations n’ont pas atteint 16 millions.
- Enfin, un troisième tableau permet de comparer la moyenne des salaires des diverses catégories d’ouvriers occupés à la métallurgie et à l’industrie du fer dans les principaux centres producteurs de l’Europe. Il donne, en même temps, la moyenne des heures de travail pour tous ces pays. Les bornes de cet article nous empêchent de faire connaître en détailles précieuses indications fournies par ce tableau, qui sera consulté avec fruit par tous ceux qui s’intéressent aux questions ouvrières. Disons seulement qu’il en résulte, d’une façon générale, que, aussi bien pour le taux des
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- Première Année. — N° i5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Avril 1885.
- 12 j.
- salaires que pour la durée du travail, les ouvriers français sont parmi les mieux, traités de tous les ouvriers du continent.
- Des tableaux analogues, en ce qui concerne les droits de douane et la situation des ouvriers, sont publiés à la suite des séries de rapports individuels qui s’appliquent à la cuivrerie et aux industries similaires, et enfin à l’industrie du bois pour l'ameublement et pour la construction.
- Les ouvriers trouveront dans ce travail de très utiles renseignements et feront bien de le méditer avec tout le soin qu’il mérite. Nous souhaitons aussi, en voyant ce résultat obtenu par les délégations envoyées à Amsterdam, que le même système soit encore appliqué lors des prochaines expositions. L’éducation et l’instruction de la classe ouvrière y gagneront beaucoup, pour le plus grand prolit de l’industrie nationale.
- Qu’on nous permette, en terminant, d'exprimer un desideratum : c’est que, pour des publications de cette nature, l’administration supérieure, qui a l’excellente idée de les patronner et de les rendre possibles, doit l'aire tous ses efforts pour qu’elles paraissent dans un très bref délai ; il ne faut pas qu’il s’écoule un trop long temps entre le moment où se passe l’événement qui les provoque et celui où elles voient le jour : c’est le seul moyen qu’elles produisent tout le bien qu’on est en droit d’en attendre.
- Henry Duhamel.
- LES LIVRES
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- Trente-deux ans à travers l'Islam (1832-1864) Par Léon Roches
- ministre plénipotentaire en retraite, ancien secrétaire intime
- de i’Emir Abd-el-Kader, ancien interprète, de l’armée d'Afrique,
- 2 volumes 1884-1885. Firmin I)idct.
- Nous choisissons autant que possible, pour les analyser, des livres qui méritent la lecture et la critique. Nous respectons le temps du lecteur et le nôtre, et ne tirons pas notre poudre aux moineaux. Un grand titre pour attirer notre attention et notre sympathie, c’est d’être de ces auteurs dont parle Pascal, qui sont surtout des hommes, des hommes qui racontent ce qu’ils ont vu, ce dont ils ont été les témoins au risque de leur vie. Nous n'aimons pas autant que ces courageux et instructifs témoins les auteurs de métier, à moins qu’ils ne se recommandent par un sincère et heureux effort vers le grand art. Nous sommes, littérairement comme artistiquement parlant, pour les artistes sincères, fussent-ils parfois inexpérimentés. Nous nous méfions de ceux qui font de chic, dans leur cabinet et répondent : « Mon siège est fait » quand le document arrive. Nous avons le respect et le goût des artistes inconscients, qui traduisent naïvement leur rêve, des écrivains sans le savoir. Nous n’avons pas le dilettantisme superstitieux des virtuoses dont la main est habile et dont le cœur est froid.
- Eh bien ! voici un des livres les plus curieux, les plus intéressants, les plus instructifs qui aient paru depuis dix ans. Il est précisément d’un de ces auteurs qui sont surtout des hommes, d’un de ces hommes qui racontent ce dont ils ont été les témoins, au péril de leur vie, de ces témoins auxquels, disait encore Pascal, je crois volontiers parce qu’ils se font tuer. Ce n’est pas la faute de M. Léon Roches s’il n’a pas été le martyr de la cause dont il a été un des héros. Cette cause est de celles pour lesquelles il est beau et doux de mourir. C’est la cause nationale tout simplement. C’est la cause même de la France, de la grandeur de la patrie, de son influence au dehors C’est la cause de cette religion du pays, qui ne compte encore, nous l’espérons bien, que de rares incrédules ou fanfarons d’incrédulité, dont les échos de certaines réunions publiques nous renvoient les blasphèmes.
- M. Léon Roches, par modestie, n’a pas voulu intituler son ouvrage : Mémoires, bien qu’il soit d’un ton familier et d’un accent tout personnel, et que la nature même du récit, qui est un témoignage, l’oblige souvent à parler de lui et à se mettre en scène. Il a donc intitulé son livre : Trente-deux ans à travers l’Islam, titre exact, mais vague, et qui par malheur a besoin d’être expliqué.
- Pour exprimer en quelques mots toute la saveur originale et piquante, toute la variété, tous les contrastes d’émotions diverses qu’on goûtera dans cette lecture, disons que c’est l’histoire de la conquête et du gouvernement de l’Algérie de 1882 à 1864, vue par le gros bout de la lorgnette ; que c’est la relation en miniature, en raccourci, de toutes les grandes affaires d’Orient pendant trente-deux ans. Surtout c’est une histoire intime, familière, pleine de révélations curieuses ; et c’est une histoire vue — c’est là le mérite et l’attrait décisif du livre — non de la coulisse française, mais de la coulisse arabe.
- Au cours d’une vie aventureuse dont le récit serait le plus émouvant des romans de cape et d’épée si ce n’était la plus véridique et la plus instructive des histoires, M. Léon Roches, diplomate et soldat plus encore qu’interprète, a dû faire servir sa connaissance de la langue et des mœurs
- arabes aux missions les plus hasardeuses et les plus efficaces pour notre domination. Il a pénétré à la faveur d’une abjuration apparente dans l’intimité d’Abd-el-Kader pour étudier et dévoiler, au profit de notre victoire, les faiblesses de sa puissance. Cette initiation aux mystères de l’islamisme a été poussée, par suite de ces dispositions romanesques que l’intrépide explorateur mêlait à des qualités héroïques, jusqu’à ses plus extrêmes conséquences : une passion, un amour partagé pour la belle et tendre Kadidjah, épisode charmant, plein de poésie et d’émotion, au dénouement douloureux ; une autre passion beaucoup plus calme et moins traversée, terminée par un mariage musulman que dénoue le divorce ; enfin une audacieuse pointe d’exploration à la Mecque, sous le déguisement du péferinage.
- Deux fois, au cours de ces investigations dont le succès devait être si utile à notre politique, M. Roches faillit paver sa téméraire curiorité de la vie. Deux fois des hasards miraculeux, des interventions inattendues détournèrent la mort suspendue sur sa tête. Il revint à temps de son pèlerinage de la Mecque pour prêter au vainqueur d’Isly et aux négociations avec le Maroc le concours le plus utile. L’intérieur du général puis maréchal Bugeaud, sa bonhomie et sa générosité épiques, sa conception originale de la rencontre d’Islv, ce plan pittoresque où l’ordre de la bataille de l’armée française est figuré sous la forme d’une hure de sanglier, les traits de bonté du bourru bienfaisant, les circonstances tragi-comiques, la charge en chemise et en bonnet de coton, qui donnèrent naissance au malicieux refrain :
- As-tu vu, as-tu vu la casquette, etc., etc. toutes ces scènes de la vie militaire et privée du héros des campagnes d’Afrique forment, avec le récit dramatique fécond en vicissitudes, du pèlerinage à la Mecque l'attrait du second volume, qui vient de paraître comme l’histoire de Kadidjah, et les aventures au camp d’Abd-el-Kader formaient l’attrait du premier volume.
- Un troisième et dernier volume, consacré aux missions de M. Léon Roches au Maroc, à Tripoli et à Tunis, complétera cet original, amusant, émouvant ouvrage, qui nous donne sur les mœurs et les idées arabes, sur les dessous et les ficelles de la conquête africaine, sur la décadence de l’islamisme, sur les affaires d’Orient en général, de ces clartés décisives, à la franchise parfois un peu crue, que nous préférons de beaucoup aux vagues et stériles lueurs qui tombent des livres académiques. C’est un livre-bréviaire, un livre de chevet pour le soldat, le diplomate, le politique et aussi le plus aimable et instructif compagnon de promenade et de rêverie pour ce lecteur appelé Tout le monde dont je suis le guide sincère, le serviteur sans prétention, et qui aime surtout les livres qui sont des actes et les auteurs qui sont des hommes.
- de Lescure.
- (A suivre.)
- . VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- {Suite.)
- Les données physiques les plus précises que l’on possède sont dues aux magnifiques travaux de Régnault. Après plus de trente années écoulées, son travail est resté debout tout entier, et toutes les expériences faites depuis n’ont fait qu’affirmer la confiance absolue qu’il mérite. Les tables des pressions, des densités, des chaleurs, des vapeurs et des liquides établies par Régnault sont consultées chaque fois qu’il s’agit d’avoir des chiffres sûrs ; l’usage en est devenu vulgaire et tous les constructeurs les ont entre les mains. Phénomène scientifique bien singulier, ces mêmes tables, déjà anciennes, ont été la base solide sur laquelle s’est élevée la théorie mécanique de la chaleur, science toute moderne, qui était à peine ^soupçonnée à l’époque où Régnault fit ses expériences.
- La voie ouverte par le savant physicien a été suivie avec succès par la Société industrielle de Mulhouse qui a pris l’initiative de recherches faites avec une persévérance digne d’éloges et un caractère plus pratique, moins abstrait, pour ainsi dire, que celles de
- Régnault. La Société avait en vue de définir les conditions industrielles de la production de la vapeur, et ses expériences, prolongées souvent pendant plusieurs semaines, ont jeté une vraie lumière sur les phénomènes dont les chaudières sont le siège. Ces phénomènes ont été observés, analysés, disséqués pour ainsi dire ; aussi les progrès accomplis depuis 1867 ont-ils été considérables.
- Un des points les plus délicats et les plus obscurs était le phénomène de la transmission de la chaleur à travers les parois métalliques. Le combustible incandescent, les flammes et les gaz chauds de la combustion communiquent à la tôle, par rayonnement et par contact, de la chaleur qui s’incorpore au métal, se propage par conductibilité à travers son épaisseur et finalement est transmise à l’eau de la chaudière. Or, on sait aujourd’hui que, dans ce trajet compliqué, le principal obstacle au passage de la chaleur se trouve à la surface extérieure de la tôle ; qu’au contraire la chaleur passe sans grande difficulté de la tôle à l’eau, et surtout à travers le métal ; de sorte que, dans les cas ordinaires, la paroi métallique tout entière se trouve à une température qui ne diffère pas beaucoup de celle de l’eau qu’elle renferme, mais qui est beaucoup inférieure à celle des gaz chauds avec lesquels elle est en contact par sa face extérieure. Il résulte de là que l’épaisseur et la conductibilité plus ou moins grande du métal ne jouent qu’un rôle tout à fait secondaire. Ces notions sont devenues vulgaires et l’on ne voit plus aujourd’hui se reproduire les tentatives faites pour améliorer la transmission en amincissant les parois ou en substituant le cuivre au fer comme meilleure condition.
- La quantité de chaleur transmise dépend donc avant tout de l’état des surfaces de la tôle et de l’écart de température de l’eau et des gaz qui la baignent sur ses deux faces. L’entretien plus ou moins parfait des générateurs a donc une importance considérable au point de vue de la transmission de la chaleur.
- Des expériences directes ont également mis en relief l’énorme différence de puissance de vaporisation qui existe entre les deux extrémités du parcours des flammes. Quand le combustible doit être économisé, on prolonge la surface de chauffe, de manière à ne laisser échapper le gaz qu’à une température assez basse. Lorsque au contraire les questions de légèreté, de faible emplacement, prennent le dessus, les constructeurs n’hésitent pas à supprimer les dernières parties de la surface de chauffe, sans cesser, grâce à un entretien plus soigné, d’avoir un rendement satisfaisant du combustible.
- Avec les pressions élevées on obtient un meilleur rendement, la chaudière est moins volumineuse et plus légère qu’aux pressions plus basses. Aussi voit-on les pressions en usage s’élever d’une exposition à l’autre, lentement mais d’une manière continue. En 1878 les pressions en usage étaient de 4 à 6 kilog. (pression effective en kilog. par centimètre carré) pour les machines fixes, de 6 à 8 kilog. pour les machines sans condensation et loco-mobiles, de 8 à 10 kilog. pour les locomotives, et, dans certains cas, on dépasse même ce dernier chiffre. Les Américains emploient couramment des pressions plus élevées.
- Par l’emploi de la vapeur surchauffée, c’est-à-dire à une température supérieure à celle qui correspond au point de saturation, on peut élever théoriquement le rendement sans augmenter la pression; mais, malgré les nombreux essais qui ont été tentés, l’usage n’en était pas encore beaucoup répandu, car il rencontre dans la pratique des difficultés sérieuses. Cependant c’est un sujet qui appelle de nouvelles recherches et on peut espérer voir réduire, par la résolution de ce problème, la consommation des moteurs à vapeur.
- En résumé, l’Exposition de 1878 montrait.
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- relativement à la production et à l’utilisation de la vapeur, l’application de la réalisation de tous ces principes dans la construction et la conduite des chaudières à vapeur ; ce qui indiquait que le chemin parcouru pour la production économique de la vapeur avait été considérable.
- Dans ces premières exhibitions on ne pouvait se faire qu’une idée très imparfaite du rôle nouveau et considérable des machines dans l’industrie moderne ; aussi, en prenant l’initiative de l’établissement d’une galerie de machines en mouvement, la Commission de l’Exposition de 1855 a réalisé, à cet égard, un grand progrès et le succès de cette galerie annexe, construite le long de la Seine, derrière le Palais de l'Industrie, fut-il très grand. Pour la première fois, le public était admis à visiter librement un grand atelier en activité et la foule était grande.
- L’installation et l’agencement de ce vaste atelier, où devaient se trouver réunis, sous les yeux des visiteurs, les appareils les plus divers dont se sert l’industrie pour transformer les matières, meme les plus rebelles, et les approprier aux nombreux usages que réclament nos besoins, n’étaient pas sans difficultés ; c’est pourquoi nous pensons qu’il y a un certain intérêt à résumer actuellement l’ensemble des principales dispositions qui ont été adoptées jusqu’ici.
- EXPOSITION DE PARIS EN 1855
- On avait réuni dans une seule et même galerie tous les appareils qui devaient fonctionner sous les yeux du public, système qui présentait de graves inconvénients, puisque en l’adoptant on renonçait par cela même à tout classement méthodique ; une même industrie pouvant avoir à la fois des machines dans le palais principal et dans la galerie annexe. Il en résultait qu’en 1855, on 11e pouvait étudier les unes et les autres sans de nombreux déplacements, ce qui entraînait une perte de temps et diminuait la sûreté de l’examen.
- L’ensemble du service mécanique comprenait huit générateurs, d’une force nominale de 350 chevaux, distribuant la vapeur aux machines motrices par une canalisation souterraine de plusieurs centaines de mètres de longueur.
- La transmission aérienne, recevant les poulies destinées à la mise en mouvement des appareils exposés, était formée d’un arbre unique, élevé de 5 mètres au-dessus du sol, long de 480 mètres et placé au centre de la galerie. Ses supports étaient espacés de 8 mètres et soutenaient, en outre, à 6 mètres au-dessus du sol, une passerelle de service de 0m80 de largeur.
- La galerie des machines de 1855 eut un grand et légitime succès, cependant toutes les dispositions adoptées ne furent pas également heureuses. Sur divers points, les exposants ne purent obtenir qu’une partie de la force dont ils avaient besoin et d’assez vives réclamations furent adressées à ce sujet à la Commission.
- EXPOSITION DE LONDRES EN 1862
- La Commission anglaise avait pris des dispositions analogues à celles adoptées à Paris en 1855; ce qui a fait que les mêmes reproches lui ont été adressés : le classement général avait été abandonné ; les machines les plus dissemblables avaient été réunies dans une même galerie par cela seul qu’elles marchaient, et le classement avait été sacrifié aux exigences de la mise en mouvement.
- Six générateurs à foyer intérieur, réunis dans un bâtiment spécial, envoyaient la vapeur dans une conduite souterraine, établie sous le plancher de la galerie, et fournissant à chaque appareil, à l’aide d’une prise spéciale, la vapeur dont il avait besoin. Malgré les précautions qui avaient été prises, la longueur de cette conduite était trop grande pour qu’il ait été
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- possible de prévenir, surtout vers leurs extrémités, de notables pertes de pression et d’abondantes condensations. O11 constatait, du reste, chez les constructeurs anglais, une préférence marquée à admettre les dispositions les plus simples, même lorsqu’elles ne conduisaient pas à la meilleure utilisation du combustible.
- L’ensemble de l’installation de ces générateurs était remarquable; cependant l’adoption exclusive d'un seul et même type avait empêché d’établir des comparaisons qui auraient pu être très instructives si, comme 011 l’avait fait à Paris, en 1855, 011 avait permis à divers constructeurs d’intervenir pour leur part dans la production d’ensemble de la vapeur nécessaire au service général des machines exposées.
- EXPOSITION DE PARIS EN 1867
- Le règlement général prévenait que la Commission fournirait gratuitement, aux exposants qui en feraient la déclaration en faisant leur demande, l’eau, le gaz, la vapeur et la force motrice nécessaires ; c’est qu’en effet, la question de savoir si les appareils exposés seraient en activité ne pouvait plus être mise en doute, étant donné les résultats obtenus dans les précédentes Expositions de 1855 et de 1862.
- Les exposants étaient de plus prévenus que la force motrice serait en général transmise par un arbre de couche et qu’ils auraient à fournir la poulie sur l’arbre, de couche, les poulies conductrices, l’arbre de transmission intermédiaire destiné à régler la vitesse propre de leur appareil ou machine, ainsi que les courroies nécessaires à chacune de ces transmissions.
- Afin de répondre aux exigences créées par ce programme particulier, la Commission s’est vue obligée de tenir compte des besoins généraux résultant de l’agglomération d’hommes et de choses qui devaient se trouver réunis sur un même point et auxquels elle était impérieusement tenue de satisfaire. C’est ainsi quelle s'est trouvée naturellement conduite à assurer une large distribution d’eau, à constituer une canalisation d’égouts, à pourvoir à l’éclairage public et à l’assainissement de l’air du Palais, enfin à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la manutention des produits exposés et la mise en mouvement des machines.
- Pour arriver à un résultat satisfaisant, la Commission avait eu l’heureuse idée de faire appel à l’industrie privée et, au lieu de se charger elle-même de ces divers services, de transformer en occasions de concours leurs installations et leur fonctionnement, tirant ainsi la .solution, de son œuvre même. Cette combinaison, qui a réduit le rôle de la Commission à la direction et à la coordonation des impulsions individuelles, a produit, comme on s’y attendait, tous les bons résultats qu’on espérait.
- Dans l’organisation du service mécanique, la conservation du classement méthodique des produits était une des conditions essentielles et, par une coïncidence fâcheuse, résultant de la forme oblongue du palais et de l’emplacement qu’il occupait, tout ce qui concernait le service mécanique et l’installation des générateurs ne pouvait être établi que dans les parties circulaires du bâtiment.
- La répartition de la fourniture de la force motrice fut faite de manière à mettre, autant que possible, les divers entrepreneurs dans les conditions où les plaçaient leurs relations de clientèle. Pour l’étranger, la force motrice fut organisée dans chaque section par un exposant de la nation intéressée. Par ces dispositions on donnait au service mécanique un caractère international, qui rehaussait l’intérêt du concours en même temps qu’il facilitait les détails d’organisation.
- La combinaison adoptée a été de multiplier
- Dimanche 12 Avril j 88b
- machines et générateurs en distribuant neuf groupes de chaudières autour du palais, à trente mètres au moins de distance de son enceinte extérieure, et en répartissant dans la grande galerie dix-sept moteurs, reliés aux générateurs par des conduites d’une longueur maxima de cent mètres. O11 évitait ainsi les inconvénients de condensation et de perte de pression ; on conjurait les chances d’incendie par l’éloignement des foyers, et celles d’interruption du service par son fonctionnement même. De plus, la multiplicité des moteurs à l’intérieur facilitait le maintien du classement méthodique et diminuait en même temps les obstacles que la forme curviligne du bâtiment présentait à l’installation des longues transmissions.
- Pour la production de la vapeur nécessaire aux services de l’Exposition, les chaudières à circulation, par lesquelles on s’était demandé si on 11e devait pas remplacer les grandes chaudières à bouilleurs adoptées dans les usines, n’avaient pas trouvé de partisans nombreux, et pour les grandes forces ce furent les chaudières à bouilleurs et les chaudières à tubes intérieurs qui furent adoptées, mais les unes et les autres contenant une grande masse d’eau à vaporiser.
- Les constructeurs anglais avaient eu recours aux grandes chaudières àdouble foyeriutérieur, connues sous le nom de chaudières de Cornouailles, d’un usage si fréquent en Angleterre et dans lesquelles les récents perfectionnements introduits augmentent la surface de chauffe et remédient à la déformation des tubes-foyers.
- Le règlement de l’Exposition avait disposé d’une manière générale que la force serait transmise par un arbre de couche, mais sans préjuger en rien la disposition de cet arbre. La question fut étudiée avec la plus grande attention et résolue en faveur de la transmission aérienne qui permettait à chaque exposant de faire varier la position de sa poulie motrice et d’adopter ainsi les combinaisons répondant le mieux aux nécessités de son installation.
- G. Lépany Ingénieur E. G. /’.
- (A suivre.)
- LES THÉÂTRES
- Lequel? à la RENAISSANCE. — Feu de paille à l’ODÉON
- La Renaissance en est revenue aux fantaisies de VAthénée après quelques tentatives infructueuses de grand art, notamment avec M. Parodi. Lequel? de M. Chaulieu, est une grosse charge sans conséquence et presque sans esprit, un ramassis des plaisanteries connues sur la fleur d’oranger et le mariage. M. Chaulieu, décédé aujourd’hui, était commis au ministère de la guerre; dans ses loisirs il avait même écrit une Histoire du pape, outre un grand nombre de parodies et de saynètes fort médiocres, destinées aux cafés-concerts. Il est possible que le public aille applaudir Lequel ? Nous le souhaitons pour la direction de la Renaissance, mais nous sommes désolés que la Parisienne d’Henri Becque n’ait pas tenu l’affiche pendant deux cents représentations. Ils sont si rares, les artistes et les écrivains de réelle conviction ! Et le théâtre subit une telle crise que l’on désespère parfois de son avenir.
- Le Feu de paille de M. Guiard, à VOdéon, est une comédie écrite en vers solides et élégants. Le neveu d’Emile Augier, l’auteur de Mon Fils, a pris à son oncle ses qualités de précision et d’observation. Comme lui, il sait appliquer avec habileté l’alexandrin solennel aux petitesses de la ‘vie bourgeoise, et ses amoureux, sans être échevelés et lyriques, parlent néanmoins un langage humain et intéressant.
- Cette pièce était primitivement destinée au Gymnase, Ce dernier théâtre, voué spécialement à la prose n’a pas cru devoir s’emparer de Feu de paille. L’Odéon a bien fait de recueillir cette brillante épave. Espérons que M. Porel continuera à maintenir la réputation du second Théâtre-Français. Les jeunes comptent un peu sur lui. Et les jeunes sont nombreux depuis les têtes grisonnantes, jusqu’aux adolescents gonflés d’illusions!
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8J a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 19 Avril 1885. NUMÉRO 16.
- SOMMAIRE :
- i° Exposition universelle d'Anvers; 20 Règlement des entrées; 3° Echos; 40 Les Congrès; 5° Le Commerce de la France avec la Chine ; 6° La Crise agricole ; 70 Histoire de la Poste ; 8° Les Livres; 90 Les Machines à vapeur; io° Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- Nous donnons aujourd’hui une vue de la façade principale de l’Exposition d’Anvers.
- On voit que les constructions auront un aspect tout monumental, et qu’elles promettent de faire grand honneur à l’architecte, M. Bordiaux.
- Au milieu de la façade on remarque un portique fort élevé, flanqué de deux immenses obélisques.
- Les principaux travaux de sculpture sont exécutés par MM. Van Beurden et llippolyte Le Roy, deux artistes belges de grand talent.
- Le premier a été chargé de faire les dix Atlas, soutenant le monde, qui surmonteront le portique.
- Le deuxième exécutera les griffons placés aux angles du dôme central et situés à 45 mètres de hauteur ; il termine en ce moment une figure allégorique représentant la ville d’Anvers et qui mesure à peu près 8 mètres.
- La base des obélisques, dont nous parlons plus haut, est ornée d’une proue de navire et repose sur des rochers d’où jaillit une énorme gerbe d’eau.
- Toute cette façade sera visible de la magnifique avenue du Sud.
- Nous donnerons prochainement le plan général de l’Exposition.
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- La répartition des emplacements est terminée entre les pays exposants. Deux immenses galeries, se coupant à angle droit, traversent les Halles de l’industrie qu’elles partagent en quatre compartiments. Cette disposition a permis d’assigner à chaque nation un espace en bordure le long de ces artères principales. La France, avec ses deux mille exposants, occupe à elle seule un de ces vastes compartiments et une partie de la travée géante qui sétend depuis le portique d’entrée jusqu’à un escalier monumental conduisant à une galerie-promenoir d’où la vue embrassera toute la section des machines en mouvement : ce sera un spectacle nouveau et magnifique.
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- La Belgique, avec ses deux mille quatre cents exposants, remplit un autre compartiment. En face de la Belgique se trouvent rassemblées la Hollande et ses colonies, l’Angleterre et l’Allemagne ; en regard de la France, l'Autriche, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les Etats Scandinaves, etc.'
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- Dans la travée principale, devant le grand escalier, va s’élever un superbe monument en cuivre massif, exposé par la Société industrielle et commerciale des métaux de Paris. Au point central des Halles, la ville d’Anvers en érigera un autre non moins intéressant, exclusivement formé avec les innombrables produits composant son trafic universel.
- O11 travaille nuit et jour aux agrandissements rendus nécessaires par l’affluence des exposants de partout, et aussi à la salle des fêtes qui occupera un espace de 3,000 mètres carrés. Elle sera éclairée à l’électricité. Il en sera de même pour la galerie des machines où le public sera admis pendant la soirée.
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- Les travaux de la décoration et des installations sont poussés par tous les pays avec une activité vertigineuse. Déjà les sections française, autrichienne, italienne, hollandaise, qui, sous ce rapport, ont pris de l’avance sur les autres, se dessinent ; elles apparaissent, originales et brillantes, sous leurs aspects variés.
- M. Maurice Monthiers, commissaire de l’exposition industrielle et commerciale française, est allé à Anvers pour y activer la mise en place des décorations, des cloisons, des innombrables vitrines déjà envoyées.
- Les machines à vapeur pourront être mises en mouvement vers le 20 avril. La section française sera complètement organisée le 2 mai, date de l’inauguration.
- MM. Monnier et Pic (16, rue des Vosges, à Paris) ayant été chargés de l’impression du catalogue français, le commissariat invite les exposants à s’adresser à eux pour toutes leurs insertions. Cette maison prépare un catalogue illustré pour la section française de l’exposition des beaux-arts, et beaucoup d’artistes lui ont déjà communiqué les dessins des œuvres qu’ils exposent. L’importance des envois annoncés de tous les pays assure dès à présent au Salon de 1885 un éclat exceptionnel.
- La fédération belge de gymnastique, placée sous le patronage du roi Léopold II, offrira à Anvers, du 20 au 25 juin, des concours et des fêtes aux gymnastes de tous les pays. Les adhésions affluent de partout.
- Un autre concours international est annoncé pour le 3 mai : celui des moteurs ou voitures auto-motrices (vapeur, eau surchauffée, électricité, air comprimé, etc.), ainsi que des voitures de voyageurs pour tramways de ville ou tramways vicinaux.
- Un détachement de soldats de marine vient d’arriver à Anvers pour la garde de la section française. Des soldats d’autres pays sont attendus, italiens, russes, espagnols, serbes, etc. Tous seront logés dans une caserne convenablement appropriée.
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- La ville d’Anvers s’est préoccupée de la question des logements. Une commission spéciale a été instituée pour s’enquérir des appartements et chambres disponibles qui, répartis en cinq classes, seront invariablement tarifés, afin de protéger les visiteurs contre des prix abusifs.
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- RÈGLEMENT DES ENTRÉES
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- L'EXPOSITION UNIVERSELLE D'ANVERS 1885
- TITRE PREMIER
- Entrées générales.
- Article premier. — L’Exposition sera ouverte au public le 2 mai prochain.
- Le jour d’ouverture le droit d’entre'e est fixé à cinq francs par personne.
- Les jours suivants, ce droit est de :
- Deux francs, pendant les heures réservées aux études, de huit à dix heures du matin ;
- Un franc, de dix heures du matin jusqu’à l’heure de la fermeture.
- Les soirs d’illumination, il sera perçu un prix d’entrée de :
- Cinquante centimes, à l’entrée du parc ;
- Cinquante centimes, à l’entrée des halles.
- Les heures de fermeture des locaux de l’Exposition, ainsi que les fêtes du soir, seront annoncées par voie d’affiches.
- Art. 2. —• Des tickets d’entrée adhérents à des livrets-annonces sont délivrés dans les kiosques installés à proximité de l’enceinte de l’Exposition. 14 portent le timbre du Comité exécutif et la marque d’un contrôle spécial.
- Art. 3. — Tout visiteur remet, en entrant, aux préposés au contrôle, un ticket régulier et intact. Les préposés en détachent le coupon d’entrée, le déposent dans une boîte et remettent le livret au visiteur.
- Tout coupon détaché du livret-annonces est considéré comme nul.
- Il n’est pas délivré de contre-marque à la sortie.
- TITRE II Entrées permanentes
- dispositions générales
- Art. 4. — Le Comité exécutif, dont le siège est établi à Anvers, avenue des Arts, 89, délivre des cartes d’entrée permanentes, savoir :
- a. Cartes d’abonnement ;
- b. Cartes d'exposants ;
- c. Cartes de circulation gratuite.
- Art. 5. —Ces cartes sonf strictement personnelles.
- Elles donnent le droit d’entrée à l’Exposition tous les jours aux heures d’admission générale du public et aux heures réservées pour les études, ainsi que les soirs d’illumination.
- Elles ne donnent point le droit d’entrer dans certaines expositions spéciales et temporaires , ni dans la salle des fêtes.
- Le titulaire d’une carte permanente produit sa carte en entrant. Il est tenu, à toute réquisition d’un contrôleur, d’apposer sa signature sur un registre spécial.
- Toute carte permanente trouvée en d’autres mains que celles du titulaire est annulée de plein droit, sans restitution du prix payé et sans préjudice des poursuites légales.
- Les cartes perdues ne sont pas remplacées.
- Art. G. —Toute demande de carte permanente doit être accompagnée d’un portrait - caite du demandeur.
- La photographié^ portera au dos, lisiblement écrits, les nom, prénoms, ainsi que l’adresse du demandeur.
- Le portrait-carte , visé et timbré par le Comité exécutif, constitue la carte d’entrée permanente. Elle doit être retirée par le demandeur en personne et signée par lui.
- Art. j.— Les cartes permanentes sont délivrées au Comité exécutif à partir du i01’ avril prochain, de neuf heures à midi et de deux à quatre heures du soir.
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- 126. — Première Année — N° i6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Avril 188 F
- DISPOSITIONS SPÉCIALES
- Art. 8. — a. Cartes d’abonnement, La demande de cartes d’abonnement doit être faite directement au Comité exécutif.
- Le prix d’abonnement pour toute la durée de l’Exposition est fixé à 20 francs par personne.
- En aucun cas le prix d’abonnement ne sera remboursé.
- Art. 9. — b. Cartes d’exposants. Les exposants n’ont droit qu’à une seule carte permanente gratuite, quel que soit le nombre de personnes qui composent la firme. Ils peuvent céder ce droit à un représentant ou agent agréé par le Commissaire de la section à laquelle ils appartiennent.
- La carte de représentant ou d’agent n’est accordée que sur la demande écrite de l'exposant qui demeure responsable des contraventions que le titulaire pourrait encourir.
- Les exposants dont les concours sont temporaires n’ont droit qu’à une seule carte valable pendant la durée de ce concours.
- Art. 10. — Les exposants de pays représentés par des Commissaires ou des délégués envoient à ceux-ci leur demande de carte accompagnée de leur photographie sur carton et l’indication du groupe et de la classe auxquels ils appartiennent. Les Commissaires ou délégués dressent la liste de ces demandes et les envoient, avec un bordereau en double expédition, au Commissaire général du Gouvernement, avenue des Arts, 89, à Anvers. _
- Les exposants non représentés par un Commissaire ou délégué s’adressent directement au Comité exécutif, à Anvers.
- Art. ii. — c. Cartes de circulation. Elles sont délivrées :
- Aux Commissaires et délégués des pays représentés, ainsi qu’aux personnes attachées à leur administration pour le service actif dans l’intérieur de l’Exposition ;
- Aux membres des Comités de groupe et de classe de la Section belge;
- Aux membres effectifs et aux membres suppléants de Jury international ;
- Aux membres de la presse;
- Aux fonctionnaires qu’un service actif appelle à l’intérieur de l’Exposition.
- Les membres des Comités de groupe et de classe ainsi que ies membres du Jury qui sont exposants n’ont droit qu’à une carte permanente.
- Art. 12. — Les demandes, accompagnées des portraits-cartes, sont adressées par les Commissaires ou délégués des différents pays au Commissaire général du Gouvernement.
- A défaut de Commissaire ou de délégué, les intéressés adressent eux-mêmes leur demande directement au Comité exécutif.
- Art. i3. — Les cartes destinées aux membres de la presse sont demandées par les délégués de la presse de chaque pays à leur Commissaire ou délégué; celui-ci dresse une liste des demandes et l’envoie avec un bordereau, en double expédition, au Commissaire général du Gouvernement.
- TITRE III
- Entrées avec cartes de service
- Art. 14. — Des cartes de service sont délivrées :
- A toute personne que son service appelle dans l’intérieur de l’Exposition ;
- Aux ouvriers, gens de service et gardiens employés par les exposants et concessionnaires.
- Les exposants et concessionnaires qui désirent obtenir des cartes d’entrée pour leurs employés ont à remettre 1 q jeudi de chaque semaine, de deux à quatre heures, au bureau du service des entrées, un état nominatif desdits employés indiquant la nature et la durée probable de leurs fonctions.
- Cet état devra, au préalable, être visé par le Commissaire ou délégué du pays auquel appartient l’exposant et approuvé par le Commissaire général du Gouvernement.
- Sur le vu de ces états, le service des entrées fera délivrer aux intéressés tous les samedis, de deux à quatre heures, le nombre de cartes qui leur seront nécessaires pour la semaine suivante.
- Art. i5. — L’entrée et la sortie des employés, ouvriers, gens de service des exposants et concessionnaires se font par une porte spéciale.
- Les cartes de service sont marquées à l’emporte-pièce à l’entrée ; celles qui ne sont plus valables sont retirées.
- Art. 16 — Le service des entrées avant l’ouverture de l’Exposition fera l’objet d’un règlement particulier.
- TITRE IV
- Marchandises et approvisionnements, matériaux et véhicules appartenant aux exposants et concessionnaires.
- Art. 17. — Les exposants et concessionnaires ne peuvent faire entrerleurs marchandises et approvisionnements dans l’enceinte de l’Exposition que de sept à neuf heures du matin.
- La porte n° 4 (place Gillis) est destinée au service des approvisionnements, ainsi qu’à l’entrée et à la sortie des marchandises et matériaux.
- Les bons d’entrée pour les ouvriers chargés des transports prévusaux paragraphes précédents sont
- délivrés tous les jours, de deux à quatre heures, par le service des entrées, aux exposants et concessionnaires qui en font la demande.
- Ces bons sont d’un modèle spécial et valables seulement pour la matinée jusqu’à neuf heures.
- Art. 18. — Les transports divers doivent être terminés à neuf heures du matin ; le personnel y employé devra quitter les halles et le parc aussitôt sa besogne accomplie.
- Les agents chargés du service de surveillance veilleront à l’exécution de cette mesure.
- Art. iq. — La sortie des objets vendus à l’Exposition sera réglée de la manière suivante :
- i° Menus objets de vente courante. (Art. XXXIV du règlement général et art. 3 et 4 du règlement spécial de vente). Ces objets peuvent être vendus et sortir liorement de l’Exposition, s’ils ne sont pas passibles de droits d’entrée ou s’il a été satisfait au paiement de ces droits.
- 20 Autres objets provenant de la Section belge (Art. XII du règlement général et art. 12 du règlement spécial de vente). Ces objets ne peuvent sortir de l’Exposition qu’avec un bon délivré par le service des entrées. Pour obtenir ce bon, l’exposant vendeur doit adresser par écrit une demande d’autorisation de sortie au Commissaire général de la Section belge. Contre remise de l’autorisation visée par le Commissaire, le service des entrées délivre un bon de sortie. Ce bon doit être ensuite régularisé par l’apposition du visa du Commissaire général du Gouvernement.
- 3° Autres objets provenant des Sections étrangères. Les mêmes formalités prescrites ci-dessus doivent être observées pour la sortie de ces objets.
- La demande d’autorisation doit être adressée au Commissaire ou délégué du pays de l’exposant vendeur : à son défaut, au Commissaire général du Gouvernement : le visa de la douane régularise définitivement l’autorisation de sortie.
- Les exposants se conformeront en outre aux dispositions de l’arrêté ministériel du 25 novembre 1884, réglant les formalités à remplir en douane.
- Art. 20.— La sortie des objets visés à l’article 19, sous les 20 et 3°, et l’entrée de ceux qui doivent les remplacer, se font par la porte 4 (place Gillis), de sept à neuf heures du matin.
- Art. 21. — Les chefs des differentes sections de la surveillance à l’intérieur tiennent note, dans un registre spécial, des objets vendus journellement par les exposants de leur section, ainsi que de ceux dont la livraison ne peut se faire qu’à la clôture de l’Exposition.
- Art. 22. — Il est interdit aux visiteurs d’entrer à l’Exposition avec des valises ou paquets.
- Ces objets devront être remis au dépôt installé près de la porte n° 1 (place du Trône).
- DISPOSITIONS FINALES.
- Art. 23. — Tout visiteur est soumis aux dispositions du présent règlement.
- Art. 24. — Il pourra être apporté audit règlement, d’accord avec le Commissaire général du Gouvernement, telle modification que l’intérêt du service rendrait nécessaire.
- Pour le Comité exécutif :
- Le Secrétaire général, Le Président,
- Pierre Koch. Victor Lynkn.
- Vu:
- Le Commissaire général du Gouvernement,
- Ctc Ad. d’Oultrf.mont.
- ÉCHOS
- Paris
- L’Exposition des chefs-d’œuvre d’Eugène Delacroix, à l’Ecole des beaux-arts, a fermé ses portes mercredi dernier, lo avril.
- L’Exposition avait déjà réalisé 00,000 francs de recette à la date du 10 avril. ‘
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- Y Y
- La direction des Beaux-Arts va avoir prochainement à se prononcer sur une intéressante question.
- Il s’agit de savoir si l’on conservera lo sujet décoratif dû à Falguière qui couronne Tare de triomphe do l’Etoile ou s’il sera démoli.
- La maquette qu’on voit actuellement au sommet ne paraît pas, aux yeux des connaisseurs, avoir réalisé l’effet qu’on en attendait.
- Le congrès de la Ligue de renseignement a été clos lundi dernier. .
- M. Jean Macé , dans une allocution , a fait ressortir l’esprit de confraternité existant entre la Ligue, les partis libéraux français et la Iranc-maçonnerie, qui poursuivent lo même but : l’instruction.
- Après la lecture des travaux du congrès. M. Buis, fondateur de la Ligue de l’enseignement belge, a fait l’historique de la Ligue en Belgique.
- Le soir un banquet de 80 couverts a réuni les membres de la Ligue.
- Y Y
- L’Association générale des pharmaciens .de France a tenu, la semaine dernière, sa huitième assemblée générale annuelle , dans l’une des salles de la mairie du quatrième arrondissement, sous la présidence de M. A. Petit, président, assisté de MM. Desnoix et Rabot, vice-présidents.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Nous avons annoncé, dans notre numéro du 8 mars dernier, l’ouvertureàBerlin, le5septembre, d’une exposition générale horticole qui promet d’être la plus importante des expositions de ce genre, organisées jusqu’ici. Une section spéciale' sera consacrée aux produits d’outre-mer et en particulier des nouvelles colonies do l’empire allemand.
- Une exposition de machines et moteurs pour la petite industrie aura lieu à Nuremberg (Bavière), dans l’ancien cloître Sainte-Catherine , du 15' juillet au 1er octobre.
- A cette exposition sera rattachée une section permanente qui sera annexée dans la suite à l’école professionnelle des industries du bâtiment dans cette ville.
- Y Y
- Le 0 juin aura lieu à Nordhausen (prov. Saxe), un concours régional des races ovines et une exposition de volailles, pour la province de Saxe, lo duché d’Anhalt, et la principauté de Sonders-hausen. En même temps que ce concours, aura lieu une exposition de machines agricoles.
- *
- Y Y
- Un marché international de machines se tiendra à Leipzig (Saxe royale) dans le courant du mois
- Angleterre
- L’exposition internationale des arts et métiers , que nous avons annoncée dans notre numéro du 8 février, a été ouverte à l’Alexandra-Palace (Londres), le 1er avril. Les envois sont jusqu’ici peu nombreux. Great attractions : un tramway électrique, un bazar oriental et un bazar anglais moyen âge.
- Autriche
- Le 1er août prochain , aura lieu à Salzbourg l’inauguration d’un Hôtel des beaux-arts.
- A cette occasion s’ouvrira une exposition yle peinture et de sculpture à laquelle seront conviées toutes les associations artistiques de l’Autriche et de l’étranger.
- Iœ comité organise pour la môme époque une exposition régionale des arts industriels.
- Suisse
- Du 1er mai au 1er juin prochains aura lieu à Bâle une exposition de peinture et de sculpture. Le droit d’exposer est exclusivement réservé à la ville de Bâle et à ses habitants.
- Brésil
- Le Moniteur officiel du Commerce annonce la création à Rio-de-Janeiro d’une chambre de commerce française, dont il publie les statuts.
- LES CONGRÈS
- RÉUNION DES DÉLÉGUÉS des
- SOCIÉTÉS SAVANTES DE PARIS
- ET DES DÉPARTEMENTS A LA SORBONNE
- Le mardi 7 avril i885, le congrès s’ouvre,_ a midi et demi précis, par une réunion préparatoire dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Chabouillet, vice-président de la section d’archéologie du comité des travaux historiques et scientifiques, conservateur du dépar-
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- Première Année. — N° iti.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Avril i885. — 127.
- tement des médaillés et antiques de la Bibliothèque nationale.
- M. Chabouillet prend la parole en ces termes :
- « Messieurs,
- « Au nom du ministre de l'instruction publique
- et des beaux-arts, je déclare ouverte la a3e des réunions de la Sorbonne. Je ne vous retiendrai pas longtemps. Vous venez à Paris pour échanger des idées, pour emmagasiner des faits, non pour écouter des phrases; aussi avez-vous hâte de vous rendre dans vos laboratoires respectifs.
- « Je vais vous donner lecture de l'arrêté ministériel qui réglemente la session de 1885 ; mais auparavant vous me permettrez d’adresser ici mes remerciements au ministre qui m’a conféré l’honneur insigne de présider cette assemblée d’élite.
- « L’ancien secrétaire de la section d'archéologie, qui a pris part à tous les congrès de la Sorbonne, qui depuis vingt-cinq ans entretient les meilleures relations avec les sociétés savantes, qui compte tant d’amis parmi leurs membres, qui tant de fois a été appelé, dans cette enceinte, à rendre témoignage du zèle éclairé et patriotique qui les anime, se félicite d’avoir à remplir sans
- aucune arrière-pensée la charge que la fortune lui a ménagée. S’il occupe le fauteuil aujourd’hui, s’il y remplace le président de la section d’archéologie, l’érudit à qui était décerné, dans la salle des sarcophages du musée de Latran, en 1882, le nom de Dictateur de l’archéologie chrétienne des Gaules, par l’illustre Jean-Baptiste de Rossi, en présence d’une nombreuse réunion de savants de toutes nationalités, qui venait de le proclamer lui-même législateur et prince de l’archéologie chrétienne, ce 11’est pas qu’un accident retienne loin de nous M. Edmond Le Blant. Le président de la section d’archéologie est à Rome, où il dirige notre jeune école du palais Farnèse, qui s’est déjà fait place à côté de ses deux aînées : l’école de la villa Médicis et celle qui siège au pied du Parthénon.
- « C’est donc avec une satisfaction sans nuages qu’au nom du ministre et des cinq sections du comité des travaux historiques et scientifiques, je souhaite cordialement la bienvenue aux délégués des sociétés savantes des départements et de la •capitale.
- « Messieurs, comme par le passé, vous apportez à la Sorbonne, j’en suis assuré, des études con--sciencieusement élaborées, des observations neuves, peut-être des découvertes, ainsi qu’il nous est arrivé souvent d’en apprendre ici. Nous allons vous écouter avec le plus sérieux intérêt ; c’est du temps bien employé celui que nous consacrons tous aux réunions de la Sorbonne. Dans la mesure de nos forces, nous travaillons de concert à la gloire et à la prospérité de la France, l’une et l’autre inséparablement liées au progrès des lettres
- et des sciences. »
- Le président donne ensuite lecture de l’arrêté ministériel du 29 mars 1885, constituant les bureaux des cinq sections du congrès.
- La séance est levée à une heure et les différentes isections se réunissent dans leurs amphithéâtres respectifs.
- SECTION d’histoire ET DE PHILOLOGIE
- La section se réunit en séance particulière à une heure et demie, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Léopold Delisle.
- Le bureau est constitué de la manière suivante :
- Président : M. L. Delisle.
- Vice-presidents : MM. Duruy, Geffiroy.
- Secrétaire : M. Gazier.
- Assesseurs : MM. Léon Puiseux, inspecteur général honoraire ; Chatel, vice-président de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen; Albert Babeau, vice-président de la Société académique de l’Aube ; l’abbé Rance. _
- M. le Président demande d’abord aux sociétés savantes de prêter leur concours pour la continuation d’un ouvrage d’une grande importance dont le premier fascicule vient de paraître : Bibliographie des travaux historiques et archéologiques publiés par les sociétés savantes, dressée sous les auspices du ministère de l’instruction publique (ir0livraison).
- M. le Président communique l’ordre des travaux ; les séances du soir sont consacrées aux lectures en réponse aux questions du programme. Aux séances du matin seront lues les communications particulières.
- M. Roman lit un mémoire sur le mode d’acquisition et d’exploitation des biens communaux de la commune des Grottes (canton d’Embrun, Hautes-Alpes).
- M. Jadart, de l’académie de Reims, donne connaissance d’une notice sur les Mémoires de Jean Maillefer, bourgeois et négociant de Reims (1611-1684.)
- M. de Mila de Cabarieu, au nom de M. Dumas de Rauly, lit un second mémoire en réponse à la même question et relatif à des livres de renseignements sur les mœurs des xvie et xvnc siècles.
- M. Louis Guibert, de Limoges, donne quelques indications sur ces livres. « Bien des faits obscurs, dit-il, peuvent être éclairés, par ces modestes témoins de la vie intime de nos pères. »
- M. Edouard Forestié (Tarn-et-Garonne) fixe à
- 20 centimes de notre monnaie le pouvoir du. dernier tournois au milieu du xiv° siècle.
- M. le Président donne lecture au nom de M. Maggiolo, indisposé, d’une note sur les collèges dirigés en Lorraine par les chanoines réguliers de Notre-Sauveur, de 1628 à 1789.
- M. Jadart (Reims) lit un mémoire sur les Ecoles primaires des environs de Reims en ij~3, qui à cette époque étaient loin d’être florissantes.
- M. Lehéricher (Avranches) donne lecture d’une communication intitulée : Représentation de la Résurrection au Mont Saint-Michel. A cette abbaye, le dimanche des Rameaux, les religieux, avec des costumes caractéristiques, représentaient le Christ, les anges, les saintes-femmes, etc.
- M. Fadart lit un mémoire relatif au Mariage dans la liturgie rémoise au xvi° siècle. — Il fait connaître les paroles échangées par les époux ; décrit diverses cérémonies : remise de l’anneau et des treize deniers, bénédiction donnée sous le voile, bénédiction de lit conjugal, etc., etc.
- La séance est levée à quatre heures et demie.
- section d’archéologie
- La séance est ouverte à une heure sous la présidence de M. Chabouillet.
- MM. Buhot de Kersers et Julliot sont nommés assesseurs.
- M. Bazin lit un mémoire sur le galet inscrit d’Antibes qu’il considère comme une offrande à une divinité orientale honorée à Antibes.
- M.. Leroy fait une communication sur des vestiges antiques voisins de Montargis qui serviront à faire la lumière sur certaines questions topographiques du Gâtinais à l’époque gallo-romaine.
- M. Ma-ssillon-Rouvet, donne des renseignements sur l’église Saint-Etienne de Nevers que l’on peut considérer comme un des plus beaux édifices romains de France.
- M. Buhot de Kersf.rs s’occupe de l’architecture militaire du Berry. Selon lui les châteaux primitifs ne furent que la dérivation des Castra en terre qui dataient de la chute de l’empire romain.
- M. Julliot donne connaissance d’une notice sur les ornements pontificaux que vient d’acquérir la cathédrale de Sens.
- M. l’abbé Pottier, au nom M. Dumas de Rauly, fait remarquer l’intérêt qu’offrent les anciens registres des notaires en ce qui concerne l’histoire des arts.
- M. Vetjclin (de Bernay) met sous les yeux des membres du congrès ‘de grands dessins représentant des pierres tombales gravées au trait et provenant de diverses églises et abbayes (xiv° et xv° siècles.)
- M. Maître rend compte de ses découvertes relatives aux substructions de deux monuments gallo-romains au bord d’un marais immense qui portait autrefois le nom de Forêt de Mars (Loire-Inférieure). Le premier se compose d’une double enceinte en fer à cheval mesurant 74 mètres d’o.uverture et 35 mètres d’axe. Il a toutes les apparences d’un théâtre. Le deuxième de même forme que le premier a 174 mètres d’ouverture et 1 55 mètres d’axe.
- SECTIONS DES SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES
- La séance est ouverte à une heure.
- Le bureau se compose de MM. Levasseur, président ; Tranchant et G. Picot, vice-présidents; Lyon-Gaen, secrétaire ; M. Bonnacieux, vice-secrétaire. MM. Chénuau, Gharles Robert, de Haut, Daguin, Rameau, sont nommés assesseurs par l’assemblée.
- On fixe l’ordre du jour : i° de la séance du jour et de mercredi soir 8 avril, 20 de la séance de jeudi soir.
- M. Ghénuau prend la parole au sujet De la division de la propriété foncière.
- « L*a division de la propriété est-elle un avantage sérieux pour l’agriculture ? Les économistes et les agronomes discutent depuis longtemps la question. Il est difficile de donner une solution absolue. Mais l’expérience démontre que le plus souvent la division augmente la valeur locative. Le bas Anjou en fournit la preuve. »
- M. Marc de Haut se propose de tracer l’histoire d’un domaine rural, celui de Sigi, arrondissement de Provins dont l’histoire commence en i3ie.
- M. Levasseur, président, remercie l'auteur de son très savant et très complet travail puisé aux sources mêmes. La séance est levée à quatre heures. La suite de la discussion est remise à demain soir mercredi, à deux heures.
- SECTION DES SCIENCES MATHÉMATIQUES, CHIMIQUES PHYSIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES
- La réunion des sciences mathématiques aura lieu le 8 avril, à neuf heures, dans l’amphithéâtre des sciences naturelles.
- M. Jouannis lit une communication sur les oxydes de cuivre, etc.
- M. Morisot, sur l’amalgamation du zinc.
- M. Nodot soumet un appareil permettant d’obtenir les anneaux colorés avec une grande différence de marche et d’en mesurer les diamètres.
- section des sciences naturelles et géographiques
- La séance est ouverte à une heure. Le bureau est constitué ainsi qu’il suit: président, M. de Quatrefages ; vice-présidents, MM. Milne-Edwards et Maunoir ; secrétaire, M. Ch. Richet. Sont nommés assesseurs : M. le colonel Debise, M. le professeur V. Lemoine, de Reims, et M. Raulin.
- Il est décidé que la prochaine séance générale aura lieu à une heure.
- M. S and ra s lit un travail sur les inhalations d’essence.
- M. de Montessus expose quelques faits relatifs à l’histoire naturelle du Synoïcus Lodoisiœ.
- M. Bout entretient le congrès des aquariums.
- M. G. de Kerville montre quelques particularités sur la distribution topographique des animaux marins et fiuviatiles de l’estuaire de la Seine.
- M. Raymondeau fait une communication seules déviations du squelette, produites par l’usage ou par des attitudes habituelles, et sur la scoliose professionnelle des peintres en porcelaine.
- MERCREDI 8 AVRIL 1885
- section d’histoire et de philologie Séance du matin.
- Présidence de M. Delisle.
- La lecture est consacrée à la lecture des communications suivantes :
- M. l’abbé Arbei.lot. •— Mémoire sur Geoffroy de Vigeois, chroniqueur limousin du xnc siècle.
- M. le comte de Marsy. — Mazarin, vice-légat d’Avignon (i63q-1637).
- M. Girard. — Quelle contrée est désignée sous le nom de Mauriacus Campus dans l’histoire ecclésiastique de Grégoire de Tours et sous le nom de Mauriacensis campania dans la chronique dite de Frédégaire.
- M. Guibert. — Le commencement de l’année dans l’ancien diocèse de Limoges.
- M. Haillant. — Essai sur l’objet, les divisions et la table d’une bibliographie vosgienne.
- M. le baron Textor de Ravisi. — Etymologie du mot : rosa borbonia.
- M. Jennepin : — Les bans de la ville de Mau-beuge au xm° siècle.
- Séance du soir.
- Présidence de M. Geoffroy et de M. Léopold Delisle
- Voici les mémoires et les notes qui ont été communiqués :
- M. Chauvigné. — Les origines, la durée et l’importance des anciennes foires de Tours.
- M. le comte d’Estourbeilton. —• La vie de château au xvi° siècle d’après un journal de la Châtellenie de Saffré.
- M. l’abbé Morel. •—• Les grandes et les petites écoles dans les anciens diocèses de Beauvais, de Noyon et de Senlis.
- M. Jolibois. — Histoire du diocèse d’Albi.
- M. Veuclin.’—'Les petites écoles et la Révolution dans les districts de Bernay et de Bouviers.
- section d’archéologie
- La séance est ouverte à neuf heures et demie.
- Le P. de la Croix montre de nombreux dessins représentant des couvercles de sépultures provenant des cimetières du Poitou.
- M. M.vxe-Werly lit un mémoire sur la classification des anciennes monnaies.
- M. le baron de Baye communique un travail sur l’usage des torques chez les Gaulois.
- M. Forestié montre une élégante châsse limousine du commencement du xiii0 siècle qui appartenait à une église du Lot-et-Garonne.
- M. Fléchey rend compte des fouilles qu’il a exécutées en iBSqàTroyes.
- La séance est levée à midi.
- section d’archéologie Séance du soir.
- Communications faites à cette séance
- M. de Goy. — Trouvaille d’une cachette fondeur dans le Berry.
- M. Léon de Vesly (au nom de M. Brun). — Les sépultures à incinération découvertes dans les Alpes-Maritimes.
- M. l’abbé Potier. — Mêmes découvertes dans le Tarn-et-Garonne.
- M. de Gardailhac. — Découvertes du colonel Pothier dans les tumulus du plateau de Ger.
- M. Esmonnot. — Découvertes faites dans les cimetières de Chassenard, de Varennes et de Dompierre.
- M. Palustre. — Les bas-reliefs de l’église Saint-Paul-les-Dax.
- MM. Buhot, Kersers, Delort, Caron et Mou-salines , communiquent au congrès différents dessins et photographies.
- (Voir la suite, page i3o.)
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- isS et i2Q. — Première Année — N° 16.
- LE MONITEUR ût <poSlTION
- DE i88q.
- Dimanche iq Avril ï885.
- EXPOSITION D’ANVERS
- INAUGURATION
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- i jo — Première Année. — N° iû.
- SECTION DES SCIENCES MATHEMATIQUES , PHYSIQUES, CHIMIQUES ET METEOROLOGIQUES
- Séance du malin.
- La séance est ouverte sous la présidence de M. Fave.
- La section entend successivement les communications suivantes :
- AL K scary, sur la représentation d’une fonction arbitraire au moyen d’une série convergente , ordonnée suivant des polynômes dépendant à la fois de fonctions circulaires et de fonctions hyperboliques.
- AI. Fontaneau, sur l’intégration des équations aux dérivées partielles de l’élasticité.
- Séance du soir.
- La séance est ouverte à une heure sous la présidence de M. Faye.
- La section entend la communication suivante :
- Al. Pellet, sur la série de Lagrange et le théorème des fonctions implicites.
- JEUDI 9 AVRIL 1885
- SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE
- Séance du matin.
- Présidence de AI. Delisle.
- Al. de Beaurepaire lit un mémoire sur les confréries religieuses de la ville de Caen à la fin du xve siècle et AI. l’abbé Rance sur l’Académie royale d’Arles au xvne siècle.
- AI. le Président souhaite que M. l’abbé Rance fasse connaître avec détail la relation faite par Châteaurenard de la séance à laquelle il fut admis en présence de Corneille, dont le nom est cité dans cette relation.
- M. l’ abbé Largeault, lit un mémoire intitulé : Révision critique des listes épiscopales des églises de France, fournies par le Gallia christiana. Révision de la liste des évêques de Poitiers durant les premiers siècles.
- AI. Alcide Leroux présente une notice sur le patois actuel dans le nord du Comté nantais, ou, plus exactement, dans l’ancien pays de la Mée.
- AI. AIortet lit un travail intitulé : VElection de Maurice de Sully, évêque de Paris (i 160-1196).
- AI. AIagliolo présente un mémoire sur la corporation des maîtres écrivains.
- Al. Boucher de AIolandon fait une communication au sujet de Jacques d’Arc, père de la Pucelle.
- La séance est levée à onze heures et quart.
- Séance du soir.
- Présidence de AI. Duruy.
- AI. le chanoine Pottier prend la parole au sujet des Villes neuves, bastides, sauvetats et autres fondations analogues, à partir du xn° siècle.
- AI. Hardouin cite trois documents qui existent aux archives du Finistère, relatifs aux modifications successives du servage.
- AI. Edouard Forestié étudie un livre de comptes consulaires de la j ville de Alontauban pour 1518.
- AI. Ch. Frossard fait une communication au sujet des Calendriers.
- AI. Delort présente un manuscrit du xvie siècle, registre in-40 de 199 feuillets papier.
- AI. Chénuau donne lecture d’un mémoire de AI. Bouchard , relatif aux anciennes foires de Brissac en Anjou.
- Al. Jadart lit une notice sur les sources qui concernent la ville et le diocèse de Reims.
- AI. de France, de la société archéologique de Tarn-et-Garonne, indique une série de registres de l’état civil pour l’église protestante de Alon-tauban.
- Al. Charles Joret lit une communication sur un voyage que Tavernier fit en Allemagne en 1684.
- Al. Richardet lit une note sur l’histoire de la sténographie en Allemagne.
- section d’archéologie Séance du matin.
- Al. Adrielle lit une note sur l’état de la marine royale au xivp- siècle.
- AI. de la Guère montre au congrès les photographies d’un masque en marbre qui, au musée de Bourges , passe pour être le portrait d’Agnès Sorel, et AI. l’abbé Pottier, les photographies d’un sac en broderie du xiv° siècle sur lequel sont représentés les travaux des douze mois de l’année.
- Al. Luguet lit une note sur une fontaine en faïence qui a l’aspect d’un clocher d’église.
- Al. Pilloy montre une série d’objets découverts dans le cimetière d’Abbeville.
- Al. Poiret fait la description du Forum romain à l’époque de la République.
- Al. Léon de Vesly donne quelques renseignements sur des pratiques religieuses d’origine païenne qui se sont conservées jusqu’au commen-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche iq Avril i883.
- cernent du xixe siècle, dans les environs de Rouen.
- La séance est levée à onze heures et demie.
- Séance du soir.
- Présidence de AI. Chabouillet.
- AI. Vingtrinier fait une communication sur les tumuli ou poypes de la Bresse.
- AL Voulot parle d’un cippe trouvé par AI.Bresson de AIonthureux ,- dans le canton de Darney (Vosges).
- Al. AIorel lit une notice sur la découverte d’une louve en bronze faite à Tulette (Drôme).
- AL Lapérouse lit un travail sur les ruines de l’ancienne ville romaine de Vertillum (Gôte-d’Or).
- AI. Leroy fait une lecture sur l’emplacement de Genabum.
- Al. l’abbé Pottier met sous les yeux du congrès des plans et des coupes d’une ancienne grange de l’abbaye de Grandselve (Tarn-et-Garonne).
- Al. Gardin fournit quelques renseignements sur les souterrains de la ville de Couches.
- Personne ne demandant plus la parole, AI. le président prononce la clôture du congrès après avoir exprimé le regret que plusieurs des personnes inscrites aient négligé de répondre à l’appel de leur nom. Il remercie les délégués de leurs intéressantes communications et leur donne rendez - vous à l’année prochaine.
- section des sciences économiques et sociales
- Séance du matin.
- Présidence de AI. Levasseur.
- La séance est ouverte à neuf heures.
- AI. Tranchant donne lecture, en l’absence de l’auteur, d’un mémoire intitulé : L’Article 14 du décret du 20 prairial de l’an XII sur les sépultures, considéré au point de vue économique et social, par M. Théophile Ducrocq.
- AI. Ch. Robert lit un mémoire sur cette question : Du contrôle des comptes, au double point de vue juridique et économique, dans le système de la participation du personnel aux bénéfices.
- AI. A. Vitu communique un mémoire sur cette question : La propriété bâtie à Paris.
- AI. Ch. Lemire fait une communication au sujet de Yétal actuel de la question coloniale en France.
- AL Nottel lit un mémoire sur ce sujet: Le Patriotisme et le Cosmopolitisme. Preuves par la philosophie et l’observation qu’ils sont l’un pour l’autre la condition d’existence.
- Séance du soir.
- Présidence de AI. Levasseur.
- AI. AIorel examine deux questions :
- i° L’enseignement secondaire spécial doit-il être exclu des grands lycées ?
- 20 Doit-il y avoir assimilation entre les professeurs des deux enseignements secondaires ?
- AI. Weiss étudie la situation légale des Sociétés commerciales françaises à l’étranger, des Sociétés étrangères en France.
- AI. Lyon Caen prend la parole sur le même sujet.
- M. Bufnoir s’occupe des modifications à introduire dans la législation en vue d’autoriser ou de régulariser la preuve du clécès d’une personne disparue dont la mort ne peut être constatée par un acte de l’état civil.
- AI. Vettard lit un mémoire sur le même sujet.
- La séance est levée à six heures.
- section des sciences mathématiques', physiques, chimiques et météorologiques
- La séance est ouverte à une heure, sous la présidence de AI. Faye.
- Voici les différentes communications qui ont été faites :
- AI. de Saint-Germain. — Application des équations de Lagrange à l’étude du mouvement d’un point matériel.
- AL V. Raulin. — Sur la distribution des pluies en Australie.
- AI. le Dr Rouyer. — Comparaison entre les nuages et les brouillards.
- AI. Bleunard. — Sur un nouveau pyrhéliomètre thermo-électrique.
- Al. Perron. — Sur les moyens de supprimer la giration des ballons pour les observations astronomiques et magnétiques.
- AI AL Gillon et Triboulet. — Photographies prises en ballon à 200 mètres de hauteur.
- AI. Ai.luard.— Du rôle des vents dans l’agriculture. Fertilité de la Limagne d’Auvergne.
- AIAI. Legay et de Fonvielle. — De l’action de l’électricité atmosphérique sur les aérostats libres.
- La séance est levée à trois heures et demie.
- section des sciences naturelles
- ET GÉOGRAPHIQUES
- Présidence de Al. Quatrefages.
- AI. Huot fournit une note sur le Greffage des arbres, de Al. Ch. Baltet.
- AI. Félix Régnault donne des indications sur les fouilles qu’il a faites dans la grotte de Garges.
- Al. Schrœder montre les résultats qu’il a obtenus dans ses recherches sur l’orographie des Pyrénées.
- AI. le D1' Lemoine rend compte de ses derniers travaux sur les ossements fossiles de Cernay.
- Al. Barbier lit une notice sur l’orthographe des noms géographiques.
- Al. Debise lit un mémoire sur l’organisation des Sociétés et des Congrès de géographie.
- AI. Garnier donne connaissance d’un travail qu’il a fait sur l’arsenic contenu dans les terrains des cimetières.
- (A suivre.)
- LE COMMERCE DE LA FRANCE
- AVEC LA CHINE
- D’après les documents publiés par l'administration des douanes françaises, le commerce do la France avec la Chine a donné les résultats suivants en 1888:
- Importations do Chine en Franco 8i,885,000 fr.
- exportations de France en Chine. 2,523,000 lr.
- On sait ([uo la soie est le principal article d’importation de Chine en France. La valeur on était, en 1883, de 73,208,000 francs. Les autres marchandises importées sont : du Ihé, du musc, des nattes ou tresses de paille, d’écorce ou do sparte, des chapeaux de paille, grossiers ou lins, des plumes de parure, des cheveux non ouvres, des porcelaines, etc.
- Quant à nos exportations en Chine, elles se composent principalement de vins (520,000 fr. en 1883), de tissus do toute sorte et d’outils et ouvrages on métaux. Il s’agit là, bien entendu, do marchandises françaises. Les produits étrangers passant en transit par la France à destination de la Chine s’élèvent annuellement à une vingtaine de millions de francs.
- L’Angleterre est le pays d’Europe qui fait le plus d’opérations commerciales avec la Chine. D’après los tableaux publiés par l’administration des douanes anglaises, les exportations du Royaume-Uni en Chine s’élèvent à près de deux cents millions de francs. Le Royaume-Uni et les possessions anglaises d’Asie figurent pour environ 75 0/0 dans le commerce extérieur de la Chine.
- Le thé et la soie brute se trouvent aux premiers rangs dans l’énumération des articles d’importation en Angleterre. Quant aux exportations du Royaume-Uni en Chine, les tissus do coton occupent la première place, avec un chiffre d’environ 120 millions do francs. Les tissus de laine et les fils de coton viennent ensuite. Ces trois articles forment les 80 0/0 do l’exportation totale. Les autres marchandises importées se composent do fer brut et ouvré, de plomb brut et en feuilles, de cuivre brut et ouvré, etc.
- Au moment où il est question d’établir un traité de commerce avec la Chine, nous avons cru utile de comparer nos exportations dans le Céleste Empire avec colles do nos puissants voisins d’outre-Manche.
- Eugène MINOT.
- LA CRISE AGRICOLE
- [Suite et fin.)
- VIII
- Voici quelle est la carte à payer pour une vente d’immeubles du prix do 200 francs.
- Le détail en est curieux :
- Timbre minute........................ 0 fr. 00
- Timbre do l’expédition............... 1 80
- Enregistrement...................... 13 75
- Ajoutez à cela :
- Copie entière de l’expédition au bureau des hypothèques sur un gros registre composé de feuilles de timbre à 3 fr. 75, ci : 7 fr. 80.
- Plus
- Certificat de M. le conservateur, comme quoi il 11’existe pas d’inscriptions, 2 fr. 00.
- Honoraires du notaire pour la minute, 3 francs.
- Honoraires dudit notaire pour l’expédition, deux rôles à 1 fr. 50 chacun, ci: 3 francs encore.
- Envoi et retour des pièces aux hypothèques, 0 fr.50
- Additionnez le tout, vous avez un total do 33 francs 05.
- Dans cette somme do 33 francs 05 , l’Etat perçoit :
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-
-
-
- Première Année.— N° 1 T>.
- LE MONI TEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Timbre oi expédition................... 2 Ir. dj
- Enregistrement........................13 do
- Aux Iiypothèques....................... b Oo
- 'Timbre de certificat.................. 0 GO
- Affranchissements...................... 0 3o
- Total...................23 fr. 15
- Le conservateur perçoit à titre de
- salaire............................... • 3 fr. 75
- Le notaire perçoit à titre d’honoraires G 15
- Total................... 0 fr. 95
- Ensemble................33 fr. 05
- Ce n’est pas tout.
- Il y a la quittance du prix qui est indispensable pour arriver à faire rayer l’inscription d’office prise lors de la transcription du contrat, en vertu de l’article 2108 du Code civil.
- Cette quittance coûte 12 francs G5.
- Voici le détail do ces 12 francs 05 :
- Timbre-minute........................ 1 fr. 00
- Enregistrement....................... 1 15
- Timbre-expédition.................... 1 80
- Radiation de l’inscription........... 1 00
- Honoraires........................... 3 00
- Deux rôles d’expédition.............. 3 00
- Port et retour de pièces............. 0 50
- 'Total........................12 fr. 05
- Dont 1 fr. 50 pour le Trésor et 7 fr. 15 pour le conservateur.
- Soit en tout :
- Pour la vente et la quittance, 15 fr. 70.
- Il est bon de faire remarquer que cette vente a été régularisée dans les meilleures conditions de bon marché, en ce sens que l’acte est très court. Mais s’il y avait un grand nombre do vendeurs, ce qui peut arriver si la parcelle était indivise entre frères et sœurs, il faudrait écrire la minute sur une feuille de timbre à 1 franc 20.
- Ci : 1 franc 20.
- L’expédition comprendrait doux feuilles à 1 fr. 80, la loi obligeant à écrire vingt-cinq lignes par page seulement, et quinze à dix-huit syllabes à la ligne.
- Ci : 3 francs 00.
- Enregistrement : 13 francs 75.
- Transcription (terme consacré), c’est-à-dire copie entière sur le gros registre, composé do feuilles de papier timbré à 3 francs 75. La perception se fait à raison de 3 centimes par ligne ; plus l’acte est long, plus ça coûte cher.
- Cette transcription revient, en tout, à 13 fr. 51.
- Vous croyez peut-être, ajoute M. Sareey, à qui nous empruntons tous ces détails qu’il a publiés dans le XIX0 Siècle, qu’à la suite de toutes ces formalités si coûteuses l’acqucrcur, enfin , est en règle ?
- Pas du tout.
- Il faut, s’il veut être à l’abri do toute espèce do revendications de la part dos femmes mariées, des mineurs et des interdits dont l’hypothèque légale subsiste sans inscription au registre des hypothèques, c’est-à-dire d’une façon cachée; il faut, aux termes de l’article 2193 du Code civil, purger ces hypothèques.
- En province, jamais le petit cultivateur ne les fait purger. C'est une formalité qui coûte au moins 100 francs. Ce 11’est que dans les grandes villes, et lorsqu’il s’agit d’une acquisition importante, que Ton remplit cette formalité.
- Que conclure de tout cela?
- C’est que ce malheureux paysan qui paie 47 francs 70, sur une vente de 200 francs, n’est même pas en règle.
- Il peut être dépossédé !
- Entendez-vous? dépossédé. M. Bernier a déposé un rapport à ce sujet sur le bureau delà Chambre. La mention s’en trouve au Journal officiel du 28 octobre 1884.
- Mais il est probable que ce projet, comme tant d’autres, d’une incontestable utilité, n’aboutira pas.
- Aussi nous comprenons que, dans ces conditions, on hésite à acheter de la terre et que Ton préfère prendre à bail telle ou telle propriété, que Ton acquerrait si Ton n’était pas arrêté par l’énormité des taxes qui grèvent les opérations de cette nature.
- Or, il est incontestable que plus la transmission de la propriété serait rendue facile et plus aussi elle augmenterait de valeur. Le commerce des immeubles, qui est dans la plus complète stagnation, prendrait un nouvel essor, et le _ fisc ne perdrait rien à cette mesure, car l’abaissement des frais serait largement compensé par l’augmentation du nombre des transactions. D’ailleurs, le môme résultat s’est produit après l’abaissement de la taxe postale.
- On a beaucoup parlé, en ces derniers temps, de la possibilité d’appliquer l’Acte Torrens et des avantages qui résulteraient de la pratique de ce régime qui est appliqué en Australie et que notre représentant actuel en Tunisie, M. Cambon, se propose de mettre en vigueur dans ce pays. Des écrivains de talent ont préconisé ce système et en ont démontré l’utilité. Il est incontestable que son application débarrasserait immédiatement la transmission de la propriété de deux charges : les frais do notaires et les risques judiciaires, car, dans l’Acte Torrens, la propriété est garantie par
- l’Etat contre tout risque de procès. Si une contestation s’élève, c’est l’Etat qui la soutient.
- D’ailleurs, l’Acte Torrens est facultatif. Au lieu d’être une loi coercitive, c’est avant tout une loi expérimentale, car elle représente une méthode toute nouvelle en législation. Mais ce n’est pas une raison pour la condamner à l’avance et sans en avoir tenté l’expérience.Nous croyons, au contraire, que Ton ferait sagement de mettre à l’étude ce régime, qui aurait au moins l’avantage, n’eût-il que celui-là, de mettre un terme aux chinoiseries de notre système de mutations entre vifs.
- Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il est indispensable que le cultivateur possède un capital qui lui permette de développer tous ses moyens d’action, de perfectionner son outillage, en un mot de le mettre à môme d’augmenter la production de la terre; et, par une do ces contradictions qui sont tellement passées dans nos habitudes que nous n’y prenons pas garde, nous lui fermons soigneusement toutes les sources de crédit. Nous lui conseillons d’agir en majeur et nous le traitons en mineur.
- Pourquoi, par exemple, établissons-nous une différence entre les engagements des cultivateurs et ceux des industriels et des commerçants ? Pourquoi cette sorte de privilège, en faveur de cos derniers? Est-ce que les cultivateurs ne sont pas aussi dignes d’intérét ?
- Il y a là une iniquité criante qu’il importe de faire cesser. Le Parlement anglais, s’inspirant des idées de justice et des besoins de la situation, nous a devancés dans cette voie, car il vient de mettre sur le môme pied les engagements des agriculteurs et ceux des commerçants et des industriels.
- L’application du principe d’association rendrait aussi d’importants services à l’agriculture. Quelques agronomes ont conseillé aux fermiers d’une mémo région de former des syndicats. Le conseil est excellent. Il est incontestable qu’une association de propriétaires et de cultivateurs se connaissant réciproquement aurait beaucoup plus de chances de trouver des capitaux qu’un individu isolé, parce qu’elle offrirait plus de garanties de solvabilité.
- Qu’un fermier se présente chez un banquier pour emprunter une somme quelconque, dont il a besoin pour développer ses moyens do production, il sera certainement éconduit s’il ne donne des garanties plus que suffisantes ; mais s’il se présente au nom d’une association nombreuse de propriétaires et de cultivateurs, le même banquier s’empressera de lui ouvrir sa caisse.
- La solidarité qui unirait tons les membres du syndicat rendrait faciles les transactions avec les commerçants.
- Un groupe d’associés peut faire des avances , affronter des risques qui seraient peut-être une cause do ruine pour un seul individu. A l’aide de ces avances, les fermiers pourraient se procurer, et à meilleur compte, tous les objets nécessaires au bon fonctionnement et au développement de leur industrie.
- Ajoutons à cela que la création de ces associations, ou mieux, de ces syndicats entre cultivateurs et propriétaires, serait un grand pas de fait dans le sens do iq solution de la question si complexe du crédit agricole. Mais, malheureusement, nous manquons d’initiative et nous avons pour habitude de tout attendre des pouvoirs publics sur lesquels nous faisons volontiers retomber ensuite toute la responsabilité de nos fautes et de nos déceptions.
- Ce n’est pas en agissant de la sorte que nous résoudrons la crise agricole. « Aide-toi et le ciel t’aidera», a dit le fabuliste. 11 avait raison. Ce sont les efforts individuels qui sont le plus souvent le point de départ du progrès.
- E. Mansuy.
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- IV
- La tarification postale de 1644 n’avait rien d’excessif pour le temps. La poste comprenait déjà son grand caractère public; et elle se contentait d’une rétribution modeste, vraiment peu proportionnée au service rendu. Les recherches que nous avons faites à ce sujet ont été couronnées de succès; et nous avons pu nous procurer d’utiles indications sur ce tarif officiel.
- L’ordonnance royale fixe le droit comme suit :
- « Les maîtres des courriers de Paris, Lyon, « Mascon , Clermont-le-Ferrandprovinces de « Limosin, Poictou et Bourgogne et desdits lieux « à Paris, prendront quatre sols des lettres simples, « cinq sols des doubles auxquelles il y a enveloppes « au-dessoubs d’une once de poids, et sept sols de « l’once des gros paquets au-dessus d’une once. »
- Telle est la base du tarif de 1644.
- Pour la province de Dauphiné, le port de la lettre simple fut de cinq sols, ainsi que pour les villes du Midi jusqu’à Marseille ; pour la Touraine,
- Dimanche i<) Avril i885. — 1 3 1 -
- l’Anjou et le Maine, trois sols, etc. En même temps, on sauvegardait par des pénalités les intérêts du public. Le général des postes défendit aux commis et distributeurs de surtaxer les lettres et les paquets sous peine d’une punition corporelle. 7— ie fouet, croyons-nous. — D’autre part, il fut interdit au public de placer en fraude de l’or, de l’argent ou des objets de valeur dans les paquets. Mais, comme dédommagement, les mandats furent établis. On les appela au début des lettres d’avis.
- Cependant , malgré toute cette organisation . l’Université de Paris luttait encore contre l’Etat, en vertu de son privilège royal, qui remontait au xiv° siècle. D’après ce privilège, l’Université déclarait seule avoir le monopole du service des messageries et de la poste aux lettres. Un procès s’engagea, procès qui se perpétua pendant plusieurs règnes. Ce ne fut que sous Henri III que l'administration des postes l’emporta, au point de vue du succès, sur les voitures et le trafic de l’Université. Mais cette dernière plaidaillait encore. Sully porta un grand coup en créant un contrôleur général, une sorte de fermier, qui versait annuellement cent mille livres à l’Etat en échange de son privilège. Richelieu, qui vint après, n’était pas homme à s’émouvoir des criailleries de l’Université, lui qui, tout cardinal qu’il était, avait menacé d’envoyer une armée contre le pape. Il créa effectivement la ferme des postes, et la royauté eut sur la poste aux lettres une autorité de plus en plus absolue.
- C’est Richelieu qui divisa la France en vingt zones postales, administrées chacune par ‘ un contrôleur provincial, qui correspondait directe-tement avec le contrôleur général en résidence à Paris. Cette tactique avait pour but de démontrer à l’Université que son privilège était aboli par suite du caractère de haute utilité qu’avait maintenant la poste. Cependant l’Université luttait encore, adressant d’humbles suppliques au roi Louis XIII, ou bien des requêtes au Parlement de Paris. Plus tard, quand Richelieu mourut, elle crut triompher. Une nouvelle requête fut adressée à Mathieu Molé, procureur général au Parlement de Paris. Elle resta sans effet. Enfin, les tribunaux se prononcèrent : ils condamnaient l’Université à s’incliner devant le fait accompli. Le fameux privilège royal était définitivement frappé de nullité.
- Sous Louis XIV, l’organisation postale si ferme, si vigoureuse, de Sully et de Richelieu se perfectionna lentement. On créa des courriers de cabinet, autrefois appelés « chevaucheurs de l’écurie du roy ». Ils suivaient la cour en province, et, comme du temps de Cyrus, étaient toujours prêts à porter les dépêches aux gouverneurs ou aux armées.
- T. N.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- m
- Cruelle énigme, par Paul Bouget. Alphonse Lemcnv
- Nous n’avons pas de scrupules à la Tartufe et ne nous voilerons pas les yeux devant la littérature de roman, quoi qu’elle soit un peu échevelée et décolletée en ce moment. Mais on publie surtout des romans. Le public, à l’attention distraite, aux goûts un peu frivoles, et que les longs et austères ouvrages effarouchent, le public qui a les curiosités nerveuses de l’ennui, que suffit à rassasier une nourriture légère, mais épicée, ne lit guère que des romans. Notre littérature contemporaine doit surtout au roman la vogue qu’elle a en Europe, et que ne sauraient balancer les succès éclatants mais intermittents de quelques romans anglais. Enfin notre jeune génération littéraire semble avoir adopté de préférence ce genre sans règles fixes, très propice aux libertés et même aux licences de l’esprit, où un succès procure vite honneur et argent, grâce à la prédilection du public pour ces lectures passionnelles, qui caressent ses fibres, et lui procurent une volupté intellectuelle qui a quelque chose de sensuel. Nous parlerons donc de quelques romans, bornant notre appréciation et notre recommandation aux œuvres de marque, aux chefs de file sinon aux maîtres.
- Nous commençons volontiers par l’étude, d’une observation intense et d’une psychologie raffinée, que publie un jeune écrivain de beaucoup de talent, qui a eu, comme essayist, comme critique à la façon anglaise, minutieuse et subtile, et comme poète intime, cherchant là encore à introduire dans notre littérature une veine d’imitation originale, de lakisme spirituel et de byronisme modéré, des succès mérités ! Trop affiné, trop fûté comme critique pour être jamais un inventeur fécond, trop philosophe pour être un amuseur, c’est dans le sens de l’analyse, du choix et de la perfection du détail que M. Paul Bourget a dirigé l’effort de cet instrument brillant et incisif hérité de Stendhal, mais singulièrement perfectionné par lui, dont il dispose et qu’il manie avec une souplesse de main plus apte aux effets de finesse qu’aux effets de force. Il y a des observations pénétrantes, des éclairs cinglants de divination plutôt que de solution de certains problèmes psychiques, il y a des pages d’un détail exquis
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- io2. — Première Année — N» 16.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 19 Avril 1885.
- dans cet ouvrage très distingué, non entièrement supérieur, dont l’originalité ne se dégage pas encore tout à fait des roideurs de système et des procédés de style. Nous attendons l’auteur à une oeuvre plus ample, de plus de vol et d’haleine. Mais si ce n’est pas là tout à fait une œuvre magistrale, n’est-ce pas déjà celle d’un écrivain de grande promesse, de noble avenir ? N’y a-t-il pas un double tour de force dans l’entrêprise et le succès de ce livre entièrement consacié à l’étude d’un problème du cœur humain, à l’analyse des vicissitudes de ce drame intérieur, sans dénouement, qui roule tout entier sur la contradiction trop humaine, et d'une absurdité terriblement logique, en vertu de laquelle Hubert Liauran, désabusé et non guéri, se laisse retomber dans les bras de la maîtresse qui l’a trompé sans cesser de l’aimer et qu’il ne peut haïr tout en ayant le droit de la mépriser ?
- Le Livre de mon ami, par Anatole France. Calmann Lévy
- M. Anatole France est aussi un poète délicat, un critique très avisé et affiné, un curieux d’observation et d’analyse psychologique, mais qui s’est gardé de toute superstition dans ses religions littéraires, qui s’avoue un classique en face des excès forcenés du dernier romantisme, qui ne professe pas pour l’école anglaise une admiration sans réserve, qui préfère certainement Dickens à Shelley et La Bruyère à Stendhal, dont le talent est d’étoffe entièrement française, de philosophie solide et d’art simple, préférant à tous les problèmes et à tous les mystères l’étude des sentiments sincères et naïfs, et la recherche des émotions salutaires.
- Le Livre de mon ami est un recueil de souvenirs et de tableaux de famille, d’enfance, de jeunesse, c’est l’analyse qui ne se refuse pas plus les traits qui font penser que ceux qui font sourire ou pleurer, des idées d’un cerveau qui se forme, d’un cœur qui s’éveille; c’est, enfin et surtout un livre de moraliste, préférant les ingénuités de la passion à ses subtilités, à ses raffinements, à ses dépravations, dont les leçons viennent du cœur et y vont plutôt qu’elles ne viennent de l’esprit et vont à l’esprit. Dans ces scènes de la vie domestique, dans ces tableaux intimes, dans ces vues sur l’éducation et l’instruction des enfants, il y a bien de la finesse non sans malice, et bien des enseignements mais de raison sans pédantisme et d’expérience sans amertume. On respire dans ce livre un air entièrement sain, entièrement français. L’auteur est un trop savant lettré pour ne pas connaître mieux qu’un autre les Richardson, les Sterne, les. Goldsmith. Mais il se garde de l’imitation, du pastiche. S’il rappelle le souvenir de certains écrivains, de certains chefs-d’œuvre, qu’ils sont français du moins par la langue et c’est par l’analogie du sujet et du ton plus que par l’identité du procédé. Il est certain que plusieurs de ses tableaux font penser à Xavier de Maistre et à Topl’er. Ce n’est pas là un mince mérite. Mais ce qui complétera notre éloge, c’est que l’auteur n’y a pas songé. Il a puisé à la même source, et l’eau a le même goût. Mais le verre est à lui.
- M. de Lescure.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A VAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- L’établissement d’une transmission aérienne double avait permis de construire un promenoir central placé à 5 mètres au-dessus du sol et faisant le tour de la galerie des machines, disposition heureuse qui fut ratifiée de la façon la plus complète par l’accueil que lui fit le public. Ce promenoir avait une longueur totale de 1,195 mètres, dont 413 mètres servaient à la transmission. Les supports étaient espacés de 3m45 en moyenne et disposés suivant un polygone dont les sommets correspondaient aux fermes des galeries et dont les côtés adjacents mesuraient 13m80 et comprenaient entre eux un angle de 5 degrés. Les arbres de couche reposaient sur des entretoises prolongées,, en forme de chaise, au-delà des colonnes. Leur longueur totale était de 721 mètres; ce qui donnait un total de près de 800 mètres avec la transmission souterraine. A chaque sommet du polygone, c’est-à-dire de 5 en 5 supports, les colonnes étaient doubles dans le cas du promenoir simple et quadruples, c’est-à-dire en forme de beffroi, dans le cas de la transmission.
- La fonte avait été employée pour l’établissement de ce promenoir central, des colonnes en fer eussent été grêles et d’un aspect maigre ; la plate-forme avait 4 mètres de longueur entre garde-corps, et comprenait, par chacun des 16 secteurs du palais, deux salons-garages de 4 mètres sur 3 mètres, situés en regard l’un de l’autre et garnis de sofas. Neuf escaliers tournants, de 3m10 de diamètre, donnaient, tous les 150 mètres environ, des moyens d’accès de la galerie au promenoir. En outre, deux escaliers d’honneur, à volée droite, étaient disposés de part et d’autre du vestibule principal, séparant les Expositions de la France et de l’Angleterre, et constituaient la seule interruption de la plate-forme établie sans discontinuité sur tout le reste du développement de la grande galerie.
- EXPOSITION DE VIENNE EN 1873
- Cette Exposition occupait un des plus beaux emplacements qu’il soit possible de choisir pour une semblable entreprise. Construite au milieu du parc de Prater, ses galeries se prolongeaient parallèlement au Danube, au milieu d’arbres séculaires et à une distance de la ville qui rendait les communications faciles. La galerie principale, le transept, se composait de deux galeries reliées par une rotonde d’un aspect grandiose. Des galeries perpendiculaires au transept laissaient entre elles, de chaque côté, de vastes espaces plantés d’arbres, espaces mis à la disposition des Commissions étrangères, et dans lesquels avaient été élevées des constructions de toute nature, de tout style et de toute forme.
- Le transept était la grande artère du Palais et ses proportions heureuses produisaient un grand effet, la lumière y étant habilement distribuée. Une vaste section du transept et trois des galeries perpendiculaires étaient réservées à la France; aux quatre angles de cet emplacement, des portes monumentales indiquaient l’entrée de notre Exposition. Cet espace s’était trouvé encore considérablement augmenté par la construction, dans les grandes cours de séparation, de vastes salles parfaitement éclairées et dont la surface avait presque doublé celle de notre Exposition.
- Pour le classement des divers pays exposants, une seule règle avait prévalu, celle du classement géographique. Après l’Autriche, les nations les plus favorisées, la France, l’Angleterre et l’Allemagne, avaient été traitées dans des conditions à peu près identiques.
- Lorsqu’on sortait de l’Exposition française par une des galeries latérales, après, avoir traversé les voies du chemin de fer de service qui faisait le tour du Palais, on arrivait à un vaste bâtiment destiné aux produits et aux machines agricoles, mises en mouvement par deux locomobiles françaises; des transmissions avaient été établies dans toute la partie de cette galerie qui nous était affectée.
- La halle aux machines 11’était séparée des galeries agricoles que par les voies du chemin de fer.
- La galerie des machines offrait une longueur de 797 mètres, une largeur de 28 mètres, et se trouvait encore élargie par une suite de salles latérales, où étaient plus particulièrement placés les objets de moindre importance. Elle constituait une magnifique exhibition du génie mécanique de chaque peuple et permettait, dans une seule excursion, d’apprécier leurs différents genres de supériorité. Si les Expositions de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis étaient modestes par le nombre des machines, elles représentaient, dans une mesure plus .exacte que celles de l’Autriche et de l’Allemagne, l’état d’avancement chez elles de la construction mécanique et la réserve, qui avait été la conséquence de l’éloignement, avait permis de mieux choisir.
- EXPOSITION DE PHILADELPHIE EN 1876
- Cette Exposition, grâce à l’abstention des constructeurs européens, était essentiellement américaine et montrait de la manière la plus
- évidente la puissance d’invention et d’exécution du génie américain, ainsi que les progrès considérables qu’il a réalisés dans les arts mécaniques.
- G. Lérany Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
- LES THÉÂTRES
- Le Mariage au tambour au CHATELET. —- Le
- pensionnat de Mmc Laïk aux FOLIES-BERGÈRE. — M. de Résilié dans Faust.
- Quittant la féerie et les calembours traditionnels, le théâtre du Châtelet s’est tourné du côté de l’opérette militaire à spectacle. Est-ce à tort ou à raison ? Les recettes à venir trancheront la question. Quoi qu’il en soit,la pièce a réussi brillamment. Ce n’est pas qu’elle resplendisse d’originalité, comme musique et comme livret ; mais elle peut séduire le populaire par ses qualités brutalement scéniques et ses airs élégamment faciles. Le drame se passe sous la première République : le vicomte d’Aubernay, mauvais patriote, s’est engagé dans un régiment royaliste : sa sœur, à la suite de diverses péripéties, se fait cantinière-républicaine pour le sauver. D’autre part, elle inspire une vive passion à un sergent nommé Lambert qui l'épouse non point par-devant M. le maire, mais par-devant un « roulement de tambour » comme c’est la coutume à l’armée. Après le mariage, Lambert veut exercer ses droits d’époux; par une touchante résistance, Louise l’amène à capituler en lui faisant comprendre que cet hymen n’a rien de sérieux. Lambert, trompé jusqu’au bout, laisse évader ensuite imprudemment le vicomte d’Aubernay, confié à sa garde; il est condamné à mort et obtient de se faire tuer à l’ennemi au lieu d’être fusillé. Mais que les âmes sensibles se rassurent, malgré les douze balles qu’il a reçues, il ne mourra pas et reviendra ensuite, sous son vrai nom de marquis d’Argy (car Lambert n’est qu’un pseudonyme) épouser Louise d’Aubernay. Cette pièce tirée par Burani d’un vaudeville ancien de MM. Alexandre Dumas, de Leuven et Brunswick, est assez riche en situations dramatiques et a fourni à M. Vasseur mainte occasion d’exercer sa verve toute française. La mise en scène, fort brillante, rappelle le beau temps de la féerie, soit que le cours du Rhin se déroule en bleu panorama, soit qu’une forêt étende sur les soldats ses ramures épaisses. M. Plet est fort drôle dans son rôle d’infirmier; Mme Pérouze chante excellemment, quant à Mme Dharville, elle se montre toujours vivante et endiablée. M. Vauthier comprend aussi son rôle d’un façon très dramatique et le tambour-major Romani fait plaisir à voir et à entendre.
- En écoutant la musique païenne de M. Vasseur, on ne reconnaît guère dans ces accents joyeux l’ancien organiste de Versailles. Et dame! ils "sont nombreux, les maîtres de chapelle qui tournent à l’opérette ! Raoul Pugno a lait Ninetta et tout dernièrement Clément Lippacher a donné aux Folies-Bergère un ballet fort distingué : Le Pensionnat de Mme Laïk. Cest le siècle qui veut cela ; malgré la solennité des vêpres, des psaumes et des Agnus Dei, les jeunes compositeurs tiennent par mille liens au monde parisien et laïque et quittent volontiers, à l’occasion, Bach et Palestrina pour une valse chantée ou un trio bouffe. Pour en revenir au ballet des Folies-Bergère, nous ne pouvons que louer M. Lippacher pour son orchestration élégante et ses idées sémillantes. Si restreint que soit, du reste, ce petit théâtre, il nous a déjà révélé des œuvres excellentes, notamment un ballet d’André Messager ; remercions MM. Sari et Mengal de ces louables tentatives et de l’hospitalité artistique qu’ils offrent aux jeunes musiciens; leurs spectacles acrobatiques et variés ne les empêchent point de faire bon accueil aux œuvres sérieuses et c’est dans le temple même de la Folie que nous trouvons un véritable esprit de sagesse.
- L’Académie nationale de musique, qui paraît suivre une bonne voie avec MM. Ritt et Guichard, a fait débuter M. Edouard de Reszké dans le rôle de Méphistophélès. Ce jeune gentilhomme polonais à la haute stature, à la voix vibrante, a enlevé tous les suffrages. C’est un bon chanteur et un acteur de mérite. Faust est une œuvre trop connue pour que j’en parle ici, constatons seulement que le Méphistophélès de Gounod n’est pas très satanique; M. de Reszké a compris le rôle de cette manière, et il a bien fait, car le personnage, musicalement parlant, est plutôt homme du monde et bon enfant qu’inspirateur démoniaque. Gounod a toujours été enclin à l’angélisme, même dans ses créations farouches.
- Charles Crandmougin. .
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E.ARRAULT et C"0, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 26' Avril 1885.
- NUMÉRO 17.
- SOMMAIRE:
- I. Partie officielle-, 2. Exposition universelle d’Anvers: Lettre d’un de nos correspondants ; 3. Echos ; 4. Les Congrès ; 5. I es Expositions des beaux-arts ; 6. Notre gravure ; 7. Exposition internationale d horticulture ; 8. Les salons depuis leur origine; 9. La ventilation des écoles rurales ; 10. Les livres :
- 11. Variétés : Les machines aux expositions ; 12. Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- ACCORDÉES AUX MEMBRES DES SOCIETES SAVANTES ET DES BEAUX-ARTS
- Ont été nommés chevaliers de la Légion d’honneur :
- MM. Boucher de Molandon ;
- Poulie (Alexandre) ;
- Bornet (J.-B.-Edouard).
- Officiers de l’Instruction publique MM.
- Brun-Durand, membre de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme, correspondant du ministère de l’instruction publique.
- Finot , archiviste du département du Nord , membre de la commission historique du Nord, correspondant du ministère de l’instruction publique.
- Gauthier, archiviste du département du Doubs, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, correspondant du ministère de l’instruction publique.
- Marchand, pharmacien-chimiste à Fécamp.
- Parfait, capitaine de frégate, collaborateur aux explorations sous-marines du Talisman.
- Révoil (Georges), membre de la Société de géographie de Paris.
- Rosenstiehl , directeur-chimiste des usines de produits chimiques et matières colorantes de Saint-Denis.
- Toussaint-Loua, secrétaire général de la Société de statistique de Paris.
- Vaussenat, ingénieur civil des mines, directeur de l’Observatoire du pic du Midi.
- Villey, professeur d’économie politique à la faculté de droit de Caen, correspondant du ministère de l’instruction publique.
- Advielle, membre de la Société artésienne des amis des arts d’Arras.
- Roman (J.), membre du comité départemental de l’inventaire des richesses d’art des Hautes-Alpes.
- Officiers d’Académie
- MM.
- Barrois (le docteur Jules,), directeur du laboratoire maritime de Villefranche.
- Couteau (le docteur), médecin de la marine ; collaborateur aux observations du « Passage de Vénus ».
- Daguin, secrétaire général de la Société de législation comparée de Paris.
- Etard, répétiteur de chimie à l’École polytechnique.
- L’âge, correspondant du ministère de l’instruction publique à Limoges, secrétaire de la Société historique et archéologique du Limousin.
- Fayol, ingénieur en chef des mines de Com-mentry.
- Kœnigs, professeur à la faculté des sciences de Besançon.
- Parfouru , archiviste du département du Gers, correspondant du ministère de l’instruction publique, membre de la Société des archives historiques de Gascogne.
- Poinssot, membre de la Société d’archéologie et de géographie de la province d’Oran.
- Ricard, secrétaire de la Société archéologique de Montpellier.
- Rupin, correspondant du ministère de l’instruction publique, président de la société historique et archéologique de Brive.
- Sacaze, correspondant de l’ancienne commission de la géographie historique de l’ancienne France, pour le sud-ouest, à Saint-Gaudens.
- Servain (le docteur), président de la Société malacologique de France.
- Thédenat (l’abbé), membre de la Société des antiquaires de France.
- Giron (Léon), membre delà Société d’agriculture, sciences, arts et commerce du Puy.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- csoiyhvet-T nication
- On peut juger déjà de l’aspect magnifique qu’offriront les travées principales, hautes et larges comme des nefs de cathédrale. Dans les jardins, les pavillons s’achèvent; les kiosques, les restaurants, les cafés sortent de terre comme par enchantement.
- Le roi Léopold II a accordé son patronage au Congrès international de botanique et d’horticulture. Un concours de plantes et fleurs printanières s’ouvrira le 10 mai.
- Une loterie ou tombola a été organisée par les soins du gouvernement belge. Une part considérable des fonds est affectée aux achats de produits ou objets exposés. Il y aura plusieurs séries, et pour chacune d’elles cinq cent mille francs de lots : un lot d’une valeur de 100,000 francs, deux de 25,000 francs ; cinq de 10,000 francs ; dix de 5,000 francs et un grand nombre de lots d’une valeur totale de 250,000 francs. La Commission officielle commencera les achats dès l’ouverture de l’Exposition, fixée au 2 mai.
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- L’Exposition internationale des beaux-arts est établie dans un édifice spécial de 10,000 mètres carrés. On a adopté ici le même plan que dans les halles de l’industrie, c’est-à-dire que deux grandes travées , se coupant en croix, partagent ce vaste espace en quatre grands quadrilatères. L’art français en occupe un tout entier : peinture, sculpture, architecture, gravure.
- Il y sera représenté par une brillante phalange de nos peintres, au nombre de 174, qui ont envoyé 267 œuvres de choix. Citons entre autres MM. Bouguereau, Boulanger, Besnard, Busson, Cabanel, Cazin, Benjamin Constant, Collin, Comère, Courtois, Dagnan, Dantan , Daubigny , Delaunay * Demont, Mme Demont-Breton, Fantin-Latour, Ferrier, Français, Caillai d, Gervex, Glaize, Ilenner, Ilarpignies, Lansyer, Lavieille, Leblant, Lefèvre, Luminais, Mélingue, Merson, Perrault, Puvis de Chavannes, Tony Robert-Fleury, Rolle, Philippe Rousseau, Sautai, Winckler, Ziern, etc.
- Dans la sculpture, signalons Barrias avec son superbe groupe les Funérailles, Coûtant,
- Delaplanche, Falguière, Francheschi, Fremiet, Longepied, Marques!, etc.
- LETTRE D’UN DE NOS CORRESPONDANTS
- Anvers, le 17 avril 1885.
- Je sors de l’Exposition, l’activité y est très grande. Il est dès aujourd’hui certain que la cérémonie d’ouverture aura lieu le 2 mai prochain; le roi a formellement exprimé sa volonté à ce sujet.
- Les retardataires n’auront donc qu’à s’en prendre à eux-mêmes s’ils ne profitent pas des avantages que donne toujours une première impression, et certainement cejour-là il y aura ici une affluence considérable de monde.
- Les locaux sont absolument prêts depuis quinze jours, la façade monumentale seule me paraît en retard et, quoique l’on y travaille avec énormément d’activité, il se pourrait fort bien qu’elle ne soit pas entièrement terminée.
- La France tient la corde au point de vue de l’avancement des installations. La décoration de la section peut être considérée comme absolument terminée et le nombre de colis qui encombrent les planchers me permet de croire que bien peu de nos compatriotes manqueront le jour de l’ouverture. Après la France viennent la Hollande et la Belgique quoique cette dernière, à part la galerie des machines, soit encore bien arriérée.
- C’est dans la galerie des machines que l’activité est le plus appréciable. Aujourd’hui presque toutes les places sont occupées et l’on s’y croirait dans un énorme atelier de construction devant fournir à court délai de véritables chefs-d’œuvre de mécanique. Très avancée aussi l’exposition coloniale de la France; les pavillons sont à peu près terminés et je crois que ce sera une des grandes attractions de l’Exposition.
- Je vous enverrai tous les huit jours une relation de mes visites à l’Exposition; je tâcherai d’en faire surtout une étude comparative des produits exposés. Je vous- signale dès aujourd’hui une innovation qui, me semble-t-il, est appelée à donner de bons résultats : la classe 81. Cette classe n’est, en somme, qu’un bureau où se trouveront concentrés tous les prix-courants, albums, catalogues et échantillons des maisons belges, dont les produits se trouvent exposés. Les visiteurs trouveront à la classe 81 tous les renseignements possibles relatifs aux objets qui les intéressent. Ils éviteront ainsi l’ennui de faire eux-mêmes de longues recherches dans le catalogue et trouveront là des agents chargés spécialement de leur désigner les objets qu’ils désirent voir en leur donnant tous les renseignements y relatifs.
- Il y a là un progrès que nous sommes heureux de signaler dès aujourd’hui.
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- Première Année — N° 17
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Avril 1885-
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- ÉCHOS
- Paris
- On vient de livrer à la fonte les groupes du soubassement du monument, qui sera érigé au Mans en l’honneur de l’armee de la Loire. On verra au Salon le plâtre de ces groupes dont l’auteur est M. Croisv. L’inauguration solennelle du monument aura lieu au mois d’août prochain.
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- La Grande Carte de France, à l’échelle de 'hh/ooo sera terminée en 1889 et exhibée à l’Exposition universelle.
- Elle comprendra 80 feuilles mesurant chacune 64 centimètres sur 40.-— Chaque feuille correspond à un rectangle de 128 kilomètres de base sur 80 de hauteur.
- La carte comporte plusieurs couleurs
- Rouge — pour les localités.
- Noir _ pour les limites, les voies ferrées, les chemins carrossables ;
- Bleu — pour les eaux ;
- Vert — pour les bois ;
- Bistre — pour les courbes de niveau.
- La gravure est faite sur zinc ; la lecture des noms est facile, la netteté de l’ensemble remarquable.
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- Lundi dernier 20 avril, s’est ouverte à l’Ecole des beaux-arts, pour fermer le _ 30 mai, la seconde exposition des portraits du siècle.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- On organise à Munich (Bavière), pour le courant de l’année prochaine, dans le Palais de Cristal une grande exposition des arts industriels, à la mémoire du défunt roi Louis Ier qui s’est toujours signalé par d’éminents services rendus à l’art. L’inauguration aura probablement lieu le 25 août, à l’occasion de son centenaire.
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- Angleterre
- Un statisticien anglais a calculé que le capital représenté parles chemins de fer du monde entier s’élève à 4,400 millions délivrés sterling, soit 111 milliards de francs. Les États-Unis y figurent pour 1,160 millions, la Russie pour 900, la Grande-Bretagne et l’Irlande pour 770, la France pour 494, l’Allemagne pour 476,l’Autriche-Hongrie pour 225, l’Italie pour 108, l’Espagne pour 79, le Canada pour 72, la Belgique pour 61 millions.
- Belgique
- A la suite du Salon triennal de Bruxelles, le roi de Belgique vient de conférer la croix d’officier de l’ordre de Léopold à M. Bonnat. MM. Delaunay, Fantin-Latour, Heilbuth et L. Flameng ont été nommés chevaliers.
- Italie
- Les journaux de Rome nous annoncent la formation au Vatican d'un comité pour la célébration, au mois de mai prochain, du 8e centenaire de Grégoire VII. Ce comité organise à cette occasion une exposition religieuse, artistique et industrielle. *
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- Pays-Bas
- On annonce l’ouverture prochaine, à Rotterdam, de la troisième exposition internationale de peinture.
- LES CONGRÈS
- RÉUNION DES DÉLÉGUÉS des
- SOCIÉTÉS SAVANTES DE PARIS
- ET DES DÉPARTEMENTS A LA SORBONNE
- II
- Vendredi 10 avril 18 85
- SECTION DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
- Séance du matin Présidence de M. Levasseur
- M. Bazin cherche à déterminer la somme de connaissances qu’on est en droit d’exiger des élèves qui, d’après le régime de la gratuité et du concours, quittent l’école communale pour former le contingent de Turgot, de Colbert, de Neuiliy, etc.
- M. Sanguet communique un travail sur 1 ’Act Torrens et sur la mobilisation de la propriété foncière.
- M. Duc communique un mémoire sur le rôle des sociétés littéraires ; M. Laurent de Faget sur les rapports de la littérature et de la morale; et M. Thilliard sur les constructions économiques ouvrières.
- M. Froger s’occupe de l’expansion coloniale de la France qui fut si florissante aux xvne et xvme siècles.
- M. Decroix présente une étude sur l’influence du tabac sur l’hygiène.
- M. S. de David Delvaille s’occupe des sourds-muets , et de divers procédés d’instruction employés.
- M. Adrien Varimard lit un mémoire sur la Graphologie.
- M. Henrot fait une communication sur Y assistance à domicile.
- Séance du soir.
- Présidence de M. Levasseur.
- Voici l’importante question portée à l’ordre du jour :
- La législation et le régime des routes et chemins en France aux xvme et xixe siècles.
- M. Cheysson étudie , d’après la statistique ,. les effets économiques des voies de communication. L’orateur a employé la méthode graphique et a obtenu différents diagrammes qu’il présente au Congrès.
- i° Déplacement des hommes et des choses ;
- 20 Création et détournement du trafic ;
- 3° Rapidité du transport;
- 4° Économies réalisées ;
- 5° Action des transports sur les prix.
- L’ordre du jour appellera discussion n° 4 du programme ainsi conçue : Etudier, au point de vue de leur valeur comparative, les divers docu nents qui peuvent être utilisés pour l’évaluation des populations de l’ancienne France.
- M. Jadart lit un mémoire sur le recensement de la Champagne en 1773
- La lecture de ce mémoire donne lieu à un échange d’observations entre MM. Marc de Haut, Rameau, Daquin et Levasseur.
- L’ordre du jour appelle l’examen de la question n° 5, ainsi conçue : Etudier sur un point déterminé ou dans une industrie particulière, le salaire et les conditions des ouvriers sous l’ancien régime et dans la France contemporaine.
- M. Chénuau donne lecture d’un mémoire de M. Bouchard sur les salaires en Anjou au xviii0 siècle.
- section des sciences naturelles et géographiques
- Présidence de M. de Quatrefages
- M. Fontanne lit une communication sur la géologie de la vallée du Rhône.
- M. Vasseur montre les livraisons de sa carte géologique de France qu’il publie avec M. Caret.
- M. Laurie appelle l’attention du Congrès sur une voie par le grand Saint-Bernard.
- M. Royer fait aussi remarquer que l’altitude, les neiges et la sinuosité du tracé rendent le trajet très difficile.
- M. Milne-Edwards met sous les yeux du Congrès une nouvelle série de photographies faites dans les Alpes suisses, par M. Lemuet.
- M. de Quatrefages transmet une note de M. Jourdain, sur l’embryogénie des Limacéens.
- M. Paqüelin présente un nouveau _ cautère vétérinaire, qu’il a construit en collaboration avec M. de Place.
- M. Viallanes fait une communication sur la photographie des objets microscopiques.
- M. Caralp lit un mémoire sur la géologie des Pyrénées.
- M. Pasquier s’occupe de la géographie physique de l’Afghanistan. *
- M. de Vaulheleret communique un travail sur le percement du Saint-Bernard.
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- Le samedi, 11 avril, a eu lieu, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne , sous la présidence de M. René Goblet, ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, l’assemblée générale qui clôt chaque année le Congrès des Sociétés savantes et des Sociétés des beaux-arts.
- Le ministre était accompagné de MM. Tur-quet, sous-secrétaire d Etat ; Xavier Charmes, directeur du secrétariat; Morel, inspecteur de l’Académie de Paris, et Henri Roujon, chef de bureau au cabinet.
- Il a été reçu par M. Gréard, vice-recteur de l’Académie de Paris, par les hauts fonctionnaires de l’Université et par les membres du comité des travaux historiques et scientifiques.
- Le ministre a pris place sur l’estrade, ayant à sa droite M.Turquet, sous-secrétaire d’Etat,
- et à sa gauche M. Chabouillet, président du' Congrès des Sociétés savantes et a prononcé-un discours fort applaudi, dont nous extrayons, les passages suivants :
- « Je n’ai pas voulu manquer à ce rendez-vous annuel, où le ministre de l’instruction publique a le grand honneur de se trouver en présence des représentants de la science libre,, venus de tous les points de la France, et réunis sous sa présidence, au siège de notre vieille Université !
- « Vous me permettrez de vous entretenir-pendant quelques instants , dans cette séance solennelle, des graves sujets qui vous intéressent, et sur lesquels le devoir de ma charge va désormais appeler ma plus sérieuse et ma plus sympathique attention.
- « Je n’ai plus à vous parler, messieurs, des. efforts considérables que l’État a faits dans ces dernières années pour développer dans notre pays les diverses branches de l’enseignement public. Il ne s’arrêtera pas dans cette voie ; mais son action ne peut s’étendre à tout; elle serait bien insuffisante, si l’initiative individuelle ou collective ne s’y ajoutait pour-augmenter incessamment le domaine de la science.
- « C’est ici que vous intervenez, messieurs, par vos travaux et vos recherches désintéressées. Ici, l’État n’a plus à diriger, à commander : il n’est plus le maître. Son seul rôle est de vous venir en aide. Il le lait, dans la mesure de ses ressources , soit en encourageant vos travaux par des dons ou des récompenses, soit en subvenant aux besoins les plus urgents , qu’il s’agisse de publications importantes des documents de notre histoire, de fouilles, archéologiques à entreprendre, de découvertes . scientifiques à mettre en lumière.
- « Il serait bien injuste de ne pas rendre un public i.ommage au zèle et à l’activité de vos Sociétés. Et cependant, combien, dans cet autre ordre d’études, ne reste-t-il pas à faire, et quels résultats plus grands encore ne pour-rait-on pas attendre d’une meilleure organisation de vos efforts se concertant avec ceux des . villes et des départements..................
- « Si vous pouvez, Messieurs, compter sur-notre sollicitude pour rechercher les moyens de perfectionner ainsi vos principaux instruments de travail, à notre tour, nous vous demandons tout votre concours. Vous nous le donnerez en employant au profit des bibliothèques l’influence légitime dont vous . jouissez auprès des municipalités et des. représentants des départements, en prenant une part active aux travaux des comités d’inspection et d’achat, en veillant à ce titre * à la conservation des documents, à l’accroissement et à la bonne installation des collections, à l’élaboration de règlements propres à assurer le bon fonctionnement du service. Nous vous saurons gré surtout de faire en. sorte que les bibliothèques savantes 11e perdent jamais le caractère d’érudition qui leur est propre, pour dégénérer en simples bibliothèques populaires. Les besoins, très intéressants d’ailleurs, auxquels ces derniers répondent,. sont, en effet, de toute autre nature, et la haute science doit prendre soin de conserver -intacts les dépôts où elle s’alimente.
- .« Messieurs, tandis que l’État vous donne-cet avis et fait appel à votre dévouement, lui-même, croyez-le bien, n’oublie pas son devoir..
- « Un projet de loi récemment voté par la. Chambre et qui, nous l’espérons, ne tardera pas à recevoir la sanction du Séi.at, assure l’achèvement de l’oeuvre. Dans ce projet, pour la première fois, l’enseignement supérieur a trouvé à côté des deux autres branches : du service de l’instruction la part qui lui revient. C’est par là, Messieurs, qu’il vous-, touche.
- « Grâce aux combinaisons financières soumises au Parlement, nous pourrons donner au Collège de France les locaux et les laboratoires qu’il attend depuis si longtemps ,
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- Première Année. — N° 17.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- construire une nouvelle Ecole des Chartes, agrandir la Faculté de Droit, restaurer l’École des Langues orientales, achever la Faculté de Médecine et l'Ecole pratique, compléter les laboratoires du Muséum et réédifier, en lui donnant plus d’espace, cette antique Sorbonne qui nous offre aujourd’hui l'hospitalité.
- « La province aussi aura sa part dans ce grand mouvement, et les Facultés de Lyon, Clermont, Toulouse, Dijon, Poitiers, Rennes, Lille et Nancy éprouveront les bienfaits de la loi.
- « Messieurs, poursuivons les uns et les autres cette noble tâche et mêlons nos efforts pour le bien du pays. La science et l’art qui nous rassemblent ici 11e connaissent pas d'opinion politique. Sur ce terrain commun, rien 11e saurait vous empêcher de vous concerter et de vous entendre, de vous faire les collaborateurs du Gouvernement et d’accepter son aide. C'est grâce à ce patriotique accord que la France, curieuse de ses origines et des .gloires du passé mais éclairée par la science moderne et animée de l’esprit de la Révolution, marchera unie et forte vers ses nouvelles -destinées. (Applaudissements prolongés.) »
- NOTRE GRAVURE
- PROJET DE PALAIS DES BEAUX-ARTS
- IJRÉSENTÉ EN l834 , PAR AMEDEE COUDERC
- Lorsqu’il fut question de l’Exposition nationale de 1834, l’un de nos premiers dessinateurs industriels, Amédée Couderc, proposait de construire un palais des arts et de l’industrie, sorte de Panthéon universel, dans lequel une Exposition nationale aurait lieu chaque année et tous les cinq ans une Exposition universelle. On ne peut s’empêcher de rendre hommage à celui qui, le premier, avait reconnu la nécessité de la réunion de ces grandes assises du travail universel et qui avait concu le plan d’un gigantesque palais, où tous les peuples de la terre seraient appelés à exposer leurs produits.
- Amédée Couderc élevait son palais des Arts et de l’Industrie sur l’emplacement de la butte Montmartre préalablement nivelée, prévoyant par intuition l’extension que Paris devait prendre de ce côté, et l’entourait de constructions en bordure, de larges voies formant un nouveau quartier bien aéré, pouvant offrir à la population parisienne de nombreux logements répondant à tous les besoins.
- Le plan général du palais des Arts et de l’Industrie , conçu par Couderc, et dont nous reproduisons une vue perspective, présentait la forme d’un polygone régulier, composé de quarante-huit côtés, formé par une rue de 3o mètres de largeur, bordée, d’un côté, de somptueuses maisons d habitation. Toutes ces constructions auraient été élevées sur un modèle uniforme répondant aux galeries à jour surmontées de terrasses qui, de l’autre côté de cette voie, servaient de ceinture au palais. Au-delà de ces galeries , on apercevait les plantations et les eaux jaillissantes des jardins intérieurs entourant l’édifice principal placé au centre de cette enceinte et orienté du midi vers le nord.
- Quatre arcs de triomphe, aux quatre points cardinaux, formaient les entrées principales du palais; quatre autres entrées secondaires étaient ménagées entre ces portes d’honneur. Douze statues symbolisant l’Agriculture, le Commerce, l’Industrie, l’Astronomie,la Physique, la Chimie,l’Architecture, la Sculpture, la Peinture, la Philosophie, la Poésie et la Musique auraient été placées aux entrées; chacune d’elles devait tenir deux tables de bronze; -sur l’une on aurait gravé les noms des célébrités qui s’étaient illustrées dans la spécialité que représentait chaque figure et l’autre aurait présenté une surface unie attendant, pour recevoir les noms de nouvelles illustrations, que la tombe se soit refermée sur elles depuis un demi-siècle au moins.
- Le front de ces portes devait présenter une frise reproduisant les occupations des hommes sur les •différents points du globe auxquels chacune d’elles était attribuée ; elles devaient être couronnées par un sujet allégorique composé de trois ligures.
- Les jardins qui s’étendaient entre le portique formant l’enceinte et le palais étaient attribués aux quatre parties du monde; ils étaient formés de quinconces détachés par de larges avenues, au centre desquels devaient se trouver des bassins
- Dimanche 26 Avril 1885. — i35
- ornés de fontaines décorées de sujets rappelant les principaux cours d’eau des diverses contrées du globe.
- Le palais proprement dit, placé au centre des jardins et surélevé de quelques marches, affectait la forme d’un carré à pans coupés dont les contours étaient formés d’un portique couvert sur lequel quatre pavillons en saillie se détachaient au milieu de chacun des côtés, dans l’axe même des portes principales. D’autres portiques faisant suite à ces entrées aboutissaient aux pavillons saillants qui étaient prolongés intérieurement par deux galeries se coupant à angle droit et à l’intersection desquelles s’élevait une coupole à plus de 1 5o mètres au-dessus du sol. Chacun des pavillons dont il vient d’être question devait être également terminé par une sorte de coupole analogue, mais de moindre importance. Ces diverses coupoles devaient toutes être couronnées par des sujets symboliques.
- Le portique, formé de plus de trois mille colonnes, formant le contour de l’édifice, devait être pavé de mosaïques de marbre et sa voûte décorée de bas-reliefs richement encadrés ; il symbolisait, dans l’esprit de l’auteur du projet, la civilisation : « Ses « parties avancées ou rentrantes étaient l’image de « la lutte continuelle de l’intelligence dont les « victoires sont écrites dans les inventions, les « découvertes et les, progrès de toute nature; la « muraille en fait connaître la date, et le marbre « en retrace les auteurs debout entre les colonnes. »
- La frise devait offrir une suite de bas-reliefs représentant les occupations des hommes sur la terre. Une balustrade bordant la terrasse, supportée par la voûte du portique, était destinée à recevoir les statues des hommes illustres de chacune des contrées retracées dans la frise. Au centre de cette terrasse avaient été placés des monuments consacrés aux villes de l’antiquité.
- Les deux galeries principales formaient, par leur ci oisement à angle droit, quatre cours carrées intérieures de 200 mètres de côté, bordées par deux lignes d’arbres, au centre desquelles se seraient élevées, a plus de cent mètres, quatre tours consacrées aux arts et à l’industrie. Chacune des quatre galeries centrales, formées de plus de deux cents colonnes de marbre, conduisaient à la salle du centre, dans laquelle on accédait par quatre escaliers de 100 marches et larges de plus de vingt-cinq mètres.
- Huit colonnes de cinquante mètres de haut servaient d appui à la coupole centrale. Le chapiteau de ces colonnes aurait été orné de quatre figures de six mètres, représentant les grands hommes qui ont accéléré la marche de l’esprit humain. Les colonnes elles-mêmes devaient être décorées de bas-reliefs en spirale, attestant les travaux de ces rares génies. A la clef de voûte douze figures, d’or, portant des flambeaux et foulant aux pieds les obstacles qui se dressent à leur rencontre, devaient symboliser les grandes aspirations venues du ciel.
- Au sommet de la coupole centrale devait se dresser une statue de T Intelligence, haute de dix mètres, debout au milieu d’un concert de trois cents figures d hommes, de femmes et d’enfants, représentées par des statues de six mètres de haut. L’ensemble de ce groupe symbolisait l’Humanité qui, pleine d une sainte émotion, se prosternait et faisait entendre un concert de reconnaissance que l’Intelligence offrait à Dieu.
- G. Lépany,
- Ingénieur E. C. P.
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- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LES PASTELLISTES FRANÇAIS
- La galerie Georges Petit attire un nombre très grand de curieux avec cette remarquable exposition qui contient (pour ne parler d’abord que des maîtres du passé) 4 Rosalba, 2 Chardin, 2 Coypel, 35 delà Tour, 2 Largillière, 2 Perro-neau, 2 Prudhon et 5 Vigée-Lebrun. Des esprits superficiels ont accusé le pastel de féminisme et de fragilité ; le grand Diderot lui-même, faisant allusion à la poussière trop délicate du pastel, disait à La Tour : « Memento, Itoino, quia pulvis es et in pulverem reverteris! » Diderot se trompait et 1 œuvre de La Tour est aussi fraîche, aussi vivante qu’au premier jour. Il faudrait tout citer dans la série remarquable du maitre de Saint-Quentin : le portrait de Mlle Salle, danseuse, ceux
- de J.-J Rousseau, de Chardin, de Parrocel, du Pere Emmanuel,' de Mme de Graffigny, etc.
- , L,e dessin> toujours ferme, et le'ton toujours fin, tiaduisent avec une grâce et une précision extraordinaires ces grandes figures du xvme siècle. Les impressionnistes feront bien de réfléchir devant ces chefs-d oeuvre qui sont le reflet même de la nature et 1 écho de la vérité. Les prunelles profondes des femmes séduisantes, les lèvres fines des peisonnages malicieux, les modelés harmonieux des carnations aristocratiques, les sourires si français et si légers des grandes dames, et enfin, la gamme harmonieuse et discrète des tons d’un costume, tout cela est divinement familier à La four. Ses.pastels sont une évocation directe de i époque disparue, un document inoubliable sur la grâce du xvme siècle.
- . x A --------a auhhi ulz ueorres
- Petit a cote de Rosalba, le premier inspirateur de
- La 1„°yr;.Perroneau a « pastellisé » également, avec une fidélité des plus artistiques, les gentilshommes du temps; y compris La Tour lui-même. Les anonymes e 1 Ecole française du xvme siècle ne sont pas a dédaigner et les 12 pastels exposés sont
- xnL ?rUS- int'ressants _: nous aimons moins M, Vigee-Lebrun, qui a vécu du reste jusqu en 1842, c est-à-dire jusqu’à une époque où I on avait oublié la grâce des grands maîtres élégants , contemporains des encyclopédistes ; si je loue ainsi les pastellistes d’antan, c’est pour essayer de prouver, une fois de plus, à des peintres révolutionnaires d’aujourd’hui, à de soi-disant apôtres delà Nature et du Réalisme qu’ils enfoncent des portes ouvertes : depuis longtemps, en effet, des maîtres français ont su rendre la physionomie humaine, d’une façon immortelle, même avec les ressources, dédaignées aujourd’hui, du modeste pastel.
- Mais je me hâte de le dire, les modernes exposés chez Georges Petit ont droit à toute notre attention et souvent a notre admiration.
- Besnard, Duez, Guillaumet, Gervex, Heilbuth, Jacquet, Emile Le'vy, le grand Millet, de Nittis, Tissot,. Raffaelli, Troyon, voilà certes des noms bien faits pour attirer la curiosité et éveiller des enthousiasmes.
- J.-J. Millet, le poète des champs et des fermes, des mystérieux crépuscules et des aurores, le précurseur de Bastien-Lepage et de son école, est représente par 3i pastels étonnants, où la vie champêtre est rendue avec la naïveté intense des primitifs.. Te Givre, la Herse, le Bûcheron en forêt, la Chevnere, les Brûleuses d'herbes, l’Oiseleur, le Semeur, les Pre niers pas, comme tout cela est observe et comme le maître a transporté dans ces études la saveur même de la nature ! Il a tout traduit avec amour, la mer bleue et verte de Gieville, le semeur suivi des oiseaux dans les c.iamps giis et déserts, l’oiseleur accroupi derrière sa porte qui s’ouvre sur la campagne neigeuse, le bûcheron abêti par le travail et assis dans une attitude d’affaissement, les jambes écartées, le vacher rappelant ses bêtes à sons de tiompe et se profilant sur le rose occident qui envahit.le crépuscule. Et quand on songe que ce génie viigilien est mort pauvre et méconnu, n’est-ce pas à désespérer de la justice terrestre et de 1 opinion des hommes !
- N’ayant point l’habitude d’exalter les anciens au détiiment des modernes, je n’irai point jeter La.Tour, et Millet à la tête de Duez et d’autres artistes contemporains.
- Duez a été heureusement inspiré en s’attachant à la mer. de préférence aux modernités urbaines qu il a tant aimées. Ses pastels, absolument justes de tons et éminemment poétiques, nous disent les soleils se couchant dans des nuages gris, les flots couleurs d ardoise, les arbres verts, des îiyages, les coups de lumière sur les vagues lointaines, et tout ce que peut suggérer cette éternelle charmeuse, la mer. On sent que l’artiste s est laissé captiver, sans parti pris, par le monde extérieur, et qu il a traduit ses propres impressions avec la sincérité la plus parfaite. Il y a longtemps que je n’avais vu des marines aussi palpitantes et aussi vraies. Le pastel, ainsi traité, est légal de la peinture. De Nittis, lui, s’est attardé dans les aspects de Paris, et nous offre de grandes études sur 1 avenue du Bois-de-Boulogne , les tribunes de Lonchamps, le retour du lac, ou la place de la Concorde. Paris lui est familier avec ses boulevards boueux ou son bois ensoleillé, avec ses mondaines et ses demi-mondaines élégantes ; il a la préoccupation de ce qu Henry Céard, un des plus brillants ' élèves de Zola, appelle « le quotidien et le coudoyé ». Sa facture, du reste, est
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- 136 et 137. — Première Année — N° 17.
- LE MONITe^ ^POSITION DE 1889.
- Dimanche i6 Avril iS85.
- PROJET D’UN PALAIS
- ARTS ET DE L’INDUSTRIE
- VUE G^ÉRAJLE
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- 138. — Première Année. — N° 17.
- large et intéressante, et le ton, chez lui, est toujours franc et juste. Plus sauvage et moins habile, Raffaeli (qui n’a rien du Sanzio) va plus bas encore dans la modernité : le faubourg Montmartre, un café à Asnières, le père Larifla, marchand de mouron, et la Seine à Clichy (bouchons-nous le nez !) voilà quelques-uns de ses sujets favoris.
- Tout cela est bien dans l’air et vivant comme aspect, mais Raffaelli a une tendance à l’irisation des objets. Ce défaut lui vient de sa fréquentation des impressionnistes : Qu’il y prenne garde.
- Emile Lévy, lui, n’a pas de ces défaillances. Il est même trop sûr de lui-même dans ses portraits à la facture habile, mais où manque l’imprévu. Les carnations des femmes et des enfants sont très fraîches ; 011 voudrait seulement un peu plus de poésie et l’on attend ce « je ne sais quoi » qui se dégage si bien des visions et des portraits d’Henner.
- Guillaumet n’est plus à louer ; on sait avec quel charme il rend l’Afrique ensoleillée. Son étude blanche et lumineuse du village d’El Kantara est toute vibrante de chaleur ; quoique voué aux pays torrides, il sait aussi interpréter délicieusement les verts ombrages de Ville-d’Avray. Guillaumet, comme on le sait, n’est pas seulement un pastelliste et un peintre ; dans une prose remarquable il a célébré le sud de l’Algérie ; Fromentin n’a jamais mieux parlé du Sahel.
- Citons en terminant les agréables portraits de James Tissot, les paysanneries robustes de Troyon, le Sisfour provençal de Montenard, et des œuvres intéressantes de Riesener, de Nozal, de Dutilieux. Besnard expose, comme d’habitude, des têtes aux modelés remarquables, mais toujours un peu bleuâtres. C’est un des modernistes les plus singuliers, les plus hardis.
- Somme toute, l’exposition de la rue de Sèze est certainement un grand succès : l’Ecole française ne peut que s’enorgueillir de ses pastels, depuis les danseuses de LaTour jusqu’auxflots tumultueux de Duez.
- Charles Grandmougin.
- LES SALONS
- DEPUIS LEUR ORIGINE
- L’Exposition des beaux-arts qui va s’ouvrir le i01’ mai prochain est la 1120. La première eut lieu sous Louis XIV. Dès 1663, l’Académie, sur. un désir du roi, décidait la création d’une exposition annuelle devant s’ouvrir le premier samedi du mois de juillet. Cette décision attendit quatre ans avant d’être exécutée. Une lettre de Colbert, datée du g janvier 1606, réglait enfin les solennités académiques qui devaient avoir lieu pendant la semaine sainte et seulement tous les deux ans. La première exposition date donc de 1667. Elle s’organisa sur l’invitation du ministre Colbert et pour célébrer la fondation de l’Académie ; elle dura quinze jours , du 9 au 2 3 avril.
- A partir de ce moment les Expositions suivent leur périodicité bisannuelle. Mais elles coûtaient très cher. Si bien que l’Académie les suspendit en 1677 et en 1679. Elles reprirent seulement, en 1681
- Les sept premières avaient eu lieu dans la galerie du Palais-Royal et dans la cour du palais Brionou hôtel Richelieu. Celle de 1673 , retardée de quelques mois pour coïncider avec la fête du roi, fut accompagnée du premier livret du Salon qui soit parvenu jusqu’à nous.
- La huitième Exposition , du 20 août au 16 septembre 1699, se ûnt, pour la première fois, dans la grande galerie du Louvre.
- La neuvième , du 12 septembre au 8 novembre 1704, se tint également dans la grande galerie du Louvre.
- La dixième ne fut ouverte qu’un jour, le 2 5 août 1706, à l’occasion de la fête du roi.
- Dix Expositions eurent donc lieu sous Louis XIV.
- Le règne de Louis XV vit vingt-six Expositions, de 1725 à 1773. Toutes se tinrent dans le grand Salon Carré, sauf la seconde, celle de 1727, qui fut installée dans la galerie d’Apollon. — Lors de l’Exposition de 1746, on- créa, pour la première fois, une Commission prise parmi les membres de l’Académie pour examiner les ouvrages. C’est là l’origine des futurs jurys.
- C’est a celle de 1747 que l’on peut également faire remonter l’origine des commandes de l’État. On vit, en effet, à cette Exposition onze tableaux exécutés sous les ordres de Louis XV, qui en commanda dix autres après la clôture du Salon.
- Durant le régné de Louis XVI, se succèdent sans
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- interruption, de 1773 à 1791 , neuf Expositions bisannuelles qui , suivant l’usage consacré par plusieurs des précédentes Expositions, s’ouvrent toutes le 25 août, jour de la Saint-Louis et fête du roi, pourêtre closes un mois après,le 25 septembre. Celle de 1791 eut une Commission d'examen pour la réception des ouvrages formée de six officiers de l’Académie et d’autant d’académiciens tirés au sort.
- Le premier Salon de la République, ouvert au mois de septembre 1791, au musée du Louvre expose le Serment du Jeu de Paume, de Louis David. C’est aussi cette année que Tirent exposés les portraits de MUc d’Orléans, de Mme de Sillery et de Mlle Paméla. Le Journal de Paris , à la date du 27 septembre 1791, raconte l’incident suivant: « Mlle d'Orléans est très ressemblante. On a jugé « que Mrae de Sille y et Mlle Paméla l’étaient « beaucoup moins. Lorsqu’elles sont venues toutes « trois aux Tableaux, oii a laissé là leurs portraits « pour ne s’occuper que des modèles; elles avaient « sur leur tête le bonnet de la liberté, qui sied « même aux visages ennemis de nos libertés. »
- Les préoccupations politiques du moment empêchent l’Exposition de 1792. A partir de 1793, six Expositions annuelles nous mènent à travers la Révolution jusqu’en 1799. Trois eurent lieu sous le Consulat, en 1800, 1801 et 1802. Cinq sous l’Empire, dans une succession bisannuelle, en 1804, 1806, 1808, 1810' et 1812. Quatre sous
- Louis XVIII, irrégulièrement, 1814, 1817, 1819 et 1822. C’est à ce dernier Salon que furent exposés les premières peintures de Delacroix. Le règne de Charles X en vit seulement deux, en 1824 et 1827. Sous Louis-Philippe, seize eurent lieu, de 1831 à 1847; trois pendant la seconde République, de 1848 à 185 1 ; treize pendant le règne de Napoléon III, de i852 à 1870. Enfin, quatorze sous la troisième République, de 1872 à 1884. Le total de toutes ces Expositions nous donne donc, depuis la première, en 1667, le chiffre de 112 pour celle de i885 et non io3, comme le portera le livret officiel du Salon qui compte à tort les Expositions par le nombre de livrets parvenus jusqu’à nous , et n’a, par conséquent, que trois Expositions sous Louis XIV et vingt-quatre sous Louis XV.
- A partit de 1801, l’ouverture du Salon n’a plus guère d’époque fixe, elle varie du ier mars à la fin décembre. C’est à dater seulement de 1861 que le ier mai parait à peu près définitivement adopté.
- L’emplacement est longtemps la grande salle carrée du musée du Louvre, qui prend selon les règnes les noms de Muséum central des Arts, Musée Napoléon, Musée royal des Arts, Musée national. En 1849, l’Exposition commence à se déplacer et se tient, cette année, aux Tuileries ; pendant les années i85o et i852 elle va au Palais-Royal, en 1853 aux Menus-Plaisirs, en 1855, année de l’Exposition universelle, au Palais ues Beaux-Arts. Enfin, à partir de 1857, au Palais de l’Industrie, aux Champs-Elysées, où elle est installée chaque année régulièrement depuis.
- A côté de ces expositions officielles, il convient de citer les expositions de l’Académie de Saint-Luc. On compte sept expositions faites sous le patronage des membres de cette académie de 1751 à 1774. La première se tint dans la salle des Grands Augustins et fut ouverte le 20 février 1751. Les trois suivantes, i5 mai 1752, 3o mai 1753 et 18 septembre 1756, furent installées dans une pièce de l’Arsenal, où leur protecteur, le marquis de Voyer, leur avait offert asile. Les trois dernières expositions s’inaugurèrent le même jour que le Salon de l’Académie royale, le 2 5 août ; mais comffieles Salons officiels étaient bisannuels, les organisateurs de l’Académie de . Saint-Luc eurent soin de faire coïncider leurs expositions avec les années non réservées à l’Académie royale et elles eurent lieu en 1762, .1764 et 1774 : les deux premières dans l’hôtel de la rue d’Aligre rue Saint-Honoré, la dernière dans l’hôtel Jaback, rue Neuve-Saint-Merry. En 1776, au commencement de septembre, eut lieu au Colisée, quelque temps après la suppression des corporations et notamment de la communauté des peintres, une exposition qui peut être considérée comme un Salon posthume de l’Académie de Saint-Luc, car on voit figurer au livret la plupart des noms inscrits sur celui de 1774. C’est ce Salon qui reçut le titre assez étonnant pour une exposition "de peintures de Salon des Grâces. L’initiative en revient aux directeurs du Colisée et non aux peintres, de l’Académie de Saint-Luc. Cette dernière tentative d’exposition en dehors des expositions officielles ne se reproduisit plus ; l’Académie royale de plus en plus ombrageuse et le directeur des bâtiments, M. d’Angiviller, empêchèrent une exposition annoncée pour 1777
- Dimanche 26 Avril 1885’.
- en faisant rendre un arrêt au. conseil d’Etat du roi défendant « au régisseur du Colisée et à tous autres, d’ouvrir ledit Colisée et d’y donner aucune fête, représentations ou spectacles, sous quelque dénomination que ce soit ».
- Ce n’est que bien plus tard, en 1863, que le premier Salon des Refusés s’organisa à côté du Salon officiel, à peu près dans les mêmes conditions que les expositions de l’Académie de Saint-Luc et du Colisée. C’est le seul qui exposa des ouvrages offrant quelque intérêt et ses successeurs ne firent pas grand bruit. En 1880, un arrêté du 27 décembre, pris par le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, convoqua les artistes ayant été admis une fois à l’exposition annuelle, à l’effet d’élire un comité de 90 membres dont la mission fut de prendre en main la gestion libre et entière, matérielle et artistique, des expositions annuelles, aux lieu et place de- l’administration. Cette commission élabora un projet de statuts reconnu et approuvé par arrêté du 5 février 1883 et, dès lors, la Société des artistes français pour l’exposition des Beaux-Arts se réglementant et s’administrant elle-même, toutes réclamations et toutes contestations de passe-droit et de préférence prirent fin.
- L’Etat pourtant n’a pas perdu tous ses privilèges et une exposition nationale des ouvrages des artistes vivants, dont la première a eu lieu en i883, doit se tenir tous les trois ans au Palais des Champs-Elysées, du i5 septembre au 3i octobre, et exposer les œuvres les plus remarquables des artistes français et étrangers couronnés dans les précédents Salons.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- D’HORTICULTURE
- DES CHAMPS-ELYSÉES EN I 8 8 5
- LES EXPOSITIONS DJH0RTICULTURE
- A PARIS
- La Société nationale d’horticulture de France qui organise l’Exposition internationale de 1885, dont les Champs-Elysées formeront le cadre splendide, possède aujourd’hui dans le monde horticole une légitime influence; elle a été fondée, en 1828, par un groupe important d’amateurs et de praticiens, dans le but de perfectionner l’art des jardins, d’améliorer les méthodes, d’en faciliter l’étude et l’application, de donner enfin à l’outillage horticole, encore rudimentaire à cette époque, l’importance qui convient à l’un des plus précieux auxiliaires des cultures.
- L’association eut vite groupé autour d’elle les savants les plus distingués, les spécialistes les plus capables, et tint sa première assemblée générale annuelle le 29 août 1828, dans la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville de Paris, sous la présidence du ministre de l’intérieur, M. le vicomte de Martignac , qu’accompagnait le comte de Chabrol, préfet de la Seine.
- Les trois premières expositions annuelles, organisées par la Société, eurent lieu en juin i83i, mai i832 et juin 1839, dans l’Orangerie-du Louvre; celle de 1834 se tint dans la salle Saint-Jean à l’Hôtel de Ville. ’
- De i83y à 1840, les expositions d’horticulture furent organisées dans l’Orangerie du Louvre ; en 1841 et 1842, dans la nouvelle galerie du Luxembourg; enfin l’Orangerie du Petit-Luxembourg abrita les expositions de mai 1843 et juin 1844, et celles qui se succédèrent annuellement et sans interruption jusqu’en 1848.
- En 1849, une exposition d’horticulture eut lieu en même temps que l’exposition nationale des produits de l’industrie, organisée par l’Etat, et ce fut annuellement, avec des succès toujours croissants, que la Société centrale d’horticulture, augmentant d’importance, put créer ces jardins magnifiques, véritables parterres de fleurs, gigantesques corbeilles de fruits, pour lesquels l’admiration ne s’est jamais lassée.
- L<2 iC1' juin 1855, une Société rivale qui s’était formée vint se réunir à la Société centrale d’horticulture, et celle-ci, grossie dès.lors d’un important appoint, fit avec le succès que l’on sait la magnifique exposition de 1855, à côté du palais nouvellement construit aux Champs-Elysées pour contenir l’exposition des produits de l’industrie française.
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- Dimanche 26 Avril i885. — i3q.
- Première Année. — N° 17.
- De 1855 à 1867, chaque année marque une exposition nouvelle. L’Exposition universelle de 1867 fournit la preuve des progrès accomplis par l’horticulture nationale.
- L’élan horticole était donné ; les résultats heureux se faisaient sentir, et les départements suivaient l’exemple donné par la plus importante Société de France, lorsque la guerre de 1870, Vannée terrible, vint brusquement arrêter le progrès qui s’affirmait et les améliorations naissantes.
- Un grand nombre d’établissements horticoles, de parcs et de jardins privés furent ruinés et saccagés.
- C’est alors qu’apparaît l’œuvre de relèvement entreprise par la Société centrale d’horticulture de France, groupant autour d’elle, dans un même effort, les principales associations des départements.
- Elle devient plus que jamais le centre d’action et d’impulsion, le foyer de lumière et de force qui éclairent et dirigent le progrès horticole.
- Les expositions se multiplient d’année en année; le bulletin mensuel de la Société répand l’enseignement et la pratique, et c’est ainsi que l’horticulture française, relevée de ses ruines, affronte avec de brillants succès l’arène internationale de l’Exposition universelle de 1878.
- Tout le monde se souvient des merveilles réunies dans le parc du Champ-de-Mars et dans les jardins du Tr.ocadero. Pour nous, qui nous sommes occupés tout spécialement de l’horticulture en 1878, nous avons été frappés de la transformation des cultures françaises et du génie de nos horticulteurs.
- Depuis cette époque, des expositions annuelles, chaque année plus importantes et plus belles, ont eu lieu aux Champs-Elysées, réunissant les principaux producteurs français et les nombreux produits de nos industries horticoles.
- En 1885, le cadre s’agrandit. La Société nationale et centrale d’horticulture de France organise une exposition internationale, et, dans ce but, elle a adressé un chaleureux appel à tous les horticulteurs européens qui, pour la plupart, ont répondu par une sympathique adhésion.
- Donc, horticulteurs , amateurs, jardiniers, instituteurs, directeurs de jardins publics et scientifiques * de tous les pays vont venir prendre part à à l’Exposition générale internationale des produits de l’horticulture qu’elle organisera à Paris, en mai 1885, et les artistes comme les industiiels seront admis à exposer les produits se rapportant directement à l’horticulture.
- C’est un tournoi, dont les plus hautes récompenses seront le prix, qui doit stimuler l’ardeur des horticulteurs et des industriels français.
- L’Exposition aura lieu du 20 au 3i mai. On sait qu’elle se tiendra dans le pavillon de la ville de Paris et dans cette belle portion des Champs-Elysées qui borde le quai.
- Les déclarations doivent être adressées à M. le Président de la Société avant le 25 avril 1885. Ainsi que nous l’avons dit dans la première partie de ce travail (numéro du 5 avril), le président de la Commission d’organisation est M. Charles Joly, dont la haute compétence et l’esprit d’initiative ne sauraient trop être appréciés.
- Les plantes proprement dites (serre chaude ou tempérée) comprennent 199 concours. Les fleurs coupées, 6 concours ; les bouquets et garnitures, 5 concours ; l’arboriculture et les fruits, 8 concours ; la culture maraîchère, 25 concours; l’instruction horticole, 4 concours; au total, 247 concours spéciaux.
- Les arts et industries horticoles forment une vaste catégorie aux divisions multiples qui sera jugée sans classification et sans essais.
- Telle est la grande Exposition internationale préparée au prix des plus louables efforts par la Société nationale et centrale d’horticulture de France; elle va ajouter un succès de plus à ceux déjà obtenus par la savante association et un titre nouveau aux dévoués organisateurs de cette manifestation horticole.
- Nous savons que beaucoup d’horticulteurs étrangers, et particulièrement des Anglais et des Belges, préparent des collections remarquables et des plantes nouvelles qui vont faire sensation ; nos nationaux ne se laisseront pas dépasser. La France est, tout le monde se plait à le dire, le jardin de l’Europe, à cause de la clémence de son climat, de sa belle végétation, du talent de ses horticulteurs, des patientes études de ses naturalistes et de ses savants.
- La prochaine Exposition dont nous aurons à rendre compte en sera la preuve indiscutée.
- Noël Bretagne.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LA VENTILATION
- DES ÉCOLES RURALES
- Une médaille d’argent a été décernée à M. Paul Monthiers, à l’Exposition internationale d’hvgiène de Londres, par le jury de l’hygiène scolaire.
- M. Paul Monthiers avait exposé des plans d’écoles rurales ventilées simplement et économiquement par des procédés analogues à ceux de Pe'clet. Son exposition avait surtout pour but la vulgarisation de la ventilation mise à la portée de tous.
- Voici en quelques mots la thèse soutenue par M. Paul Monthiers :
- L’obligation de la fréquentation de l’école publique engendre l’encombrement. Elle introduit dans les classes des enfants pauvres dont les vêtements dégagent, surtout lorsqu’ils ont été mouillés par la pluie, une odeur fétide, et souvent des miasmes essentiellement préjudiciables à la santé des autres élèves vêtus avec propreté. L’expérience a constaté que les écoliers pauvres des communes rurales payent trop souvent en maladies contagieuses le peu d’instruction qu’ils reçoivent gratuitement.
- De là la nécessité de chauffer, de sécher et de ventiler à la fois les classes des écoles rurales.
- L’auteur fait ressortir que dans beaucoup de communes, les architectes et les maires ignorent, pour la plupart, -la nécessité et l’importance de la ventilation et les moyens simples de l’obtenir.
- Il voudrait que l’Administration, lorsqu’elle accorde des subventions aux communes , leur imposât l’obligation d’établir une ventilation suffisante pour assurer le renouvellement complet de l’atmosphère des classes en une demi-heure.
- Comme sanction, une retenue de mille francs serait faite sur la subvention accordée. Cette somme serait affectée aux travaux de ventilation exécutés d’office par l’architecte du département, dans le cas où la commune aurait négligé de faire elle-même ces travaux, ou les aurait exécutés d’une manière insuffisante.
- L’Exposition de M. Paul Monthiers avait donc un but surtout humanitaire, et ses persévérants efforts de vulgarisation ont été jugés dignes d’être encouragés et récompensés.
- . LES LIVRES
- IV
- Hugh Cortivay. — Called Back (Hors des Ténèbres), roman
- traduit de l’anglais, par Bernard-Pauncefote. Ollendorff
- Voici un roman, qui , d’après ce que nous annonce le traducteur, a, depuis un an, un succès fou en Angleterre, qui a été vendu à plus de 3oo,ooo exemplaires, et dont il a été tiré une pièce qui touche en ce moment à sa 3ooc représentation.
- Peste! cela en vaut la peine. Nous ne sommes pas un adorateur du succès. Il est tel chef-d’œuvre qui ne compte et ne comptera jamais qu’un petit nombre de lecteurs. 11 en est tel autre, dont le public raffole, et qui n’en est pas moins une œuvre médiocre et au-dessous de sa fortune. Les livres ont leur destin .qui n’est pas toujours, tant s’en faut, confornqe à* leur mérite. N’importe, il n’y a pas de fumée sans feu. Il n’y a pas de grand succès qui ne puisse et ne doive sinon se justifier, du moins s’expliquer par des causes extrinsèques, quand elles ne sont pas intrinsèques. Il y a là toujours un fait digne d’observation et d’étude, soit qu’on se place au point de vue d’un genre littéraire et de ses transformations, soit qu’on se place au point Ce vue du goût public et de ses vicissitudes.
- Eh bien ! nous avons voulu lire cet ouvrage, coqueluche des libraires et des lecteurs au-delà de la Manche. Nous l’avons ouvert avec une certaine méfiance comme nous le faisons à l’endroit de tout ce qui nous arrive des pays où fleurit le humbug et où le puffisme triomphe et s’épanouit souvent en cynique et gouailleuse' lumière. En quoi ce livre a-t-il mérité l’engouement britannique ? En quoi apporte-t-il une note nouvelle à ce clavier de l’observation et de la passion humaine, parcouru d’une main si habile par les Dickens, les Thackeroy, les Georges Eliot?
- Oui, dirons-nous d’abord , la main sur la conscience, comme un juré littéraire que nous sommes, n’interrogeant que ses sensations, ses convictions , sans préoccupation d’école et de nationalité ! Oui, le livre mérite son succès.
- Il est intéressant et dramatique au plus haut degré. Quand il vous a pris dans son engrenage, il ne vous lâche plus. Il ne fait appel qu’aux sentiments nobles et généreux , qu’aux émotions salutaires. Il part d’une donnée originale, à la façon d’Edgar Poë, et arrive sans efforts, par la logique simple des faits et des caractères, à des effets d’une puissance intense.
- En deux mots, voici le drame. Tout le mérite et le talent de l’auteur consistant moins dans l’invention que dans les développements, ce n’est pas déflorer le sujet que l’exposer, ce n’est pas rassasier d’avance la curiosité du public que de lui dire en quoi elle sera excitée et satisfaite.
- Un jeune gentleman de vingt-cinq ans, riche et indépendant, Gilbert Vaughan, devient aveugle et constate avec désespoir cette mort vivante. Comme tous les malheureux, il cherche à améliorer son sort, à se rendre compte de ce qu’il peut faire et de ce qu’il ne peut pas, à mesurer et à élargir la prison de sa cécité, à sonder, à tâter comme un oiseau prisonnier les barreaux de sa cage, les bornes de son activité. Une nuit, il se lève, il s’habille et sort à pas de loup, échappant à la vigilance endormie de sa fidèle garde-malade. Dans la rue, il s’oriente d’abord, et pour s’assurer le retour au gîte, il établit, en comptant les pas en avant et en arrière, la situation de sa maison dans la rue. Gomme il devait arriver fatalement, il quitte la rue sans presque s’en apercevoir, marche au hasard devant lui, se perd, s’égare de plus en plus, et ne s’arrête que devant l’obstacle d’un homme’ qu’il heurte dans l’ombre et qui se fâche et peste d’abord, c’ est un ivrogne qui cherche lui-même péniblement à retrouver son domicile.
- L’ivrogne est un bon diable après tout, et n’a pas le vin trop égoïste. Au contraire, fier de rencontrer un homme qui n’y voit goutte, alors que lui seulement n’y voit guère, il accepte d’être son guide et de le remettre dans le chemin de la rue Walpole. Il promène Gilbert de rue en rue jusqu’à une rue Horace, mais pas Walpole, où il l’abandonne à son sort, lui heureux de. sa bonne action, l’autre reconnaissant d’un service qui l’exempte, il le croit, des conséquences de sa témérité. Gilbert est en face d’une grille qu’il prend pour la sienne, d’une porte qu’il reconnaît d’autant mieux que son passe-partout ne rencontre aucune résistance dans la serrure. Il entre , gravit l’escalier, se trouve vaguement dépaysé, et_, malgré ses doutes, se résout à pousser l’aventure jusqu’au bout. Il trouvera un guide compatissant plus facilement dans une maison que dans la rue. D’ailleurs si l’on sortait, s’il était surpris , il pourrait être pris pour'un voleur et recevoir une balle dans la tête avant d’avoir pu expliquer comment il se trouve à deux heures du matin, dans l’escalier d’une maison qui n’est pas la sienne et où il ne connaît personne,
- Au moment où il va frapper à la porte de l’appartement devant lequel il s’est arrêté, il entend une conversation animée, entre plusieurs interlocuteurs, traversée par le chant d’une voix de femme qui s’accompagne au piano. Soudain un cri unique, terrible, retentit, il entend la chute sourde et lourde d’un corps sur le plancher. Plus de doute. Il a assisté, invisible, à la perpétration d’un crime, à un assassinat qui a fait peut-être une double victime , la femme dont la voix s’est subitement éteinte, et l’homme dont la chute vient d’ébranler le plancher. C’est la "situation de Mme Mansion dans l’assassinat de Fualdès. Il est homme de cœur, et n’hésite pas. Peut-être sa présence préviendra-t-elle un dernier crime, déconcertera-t-elle les coupables, permettra-t-elle aux victimes d’échapper à leur sort, de se faire connaître. Il pousse violemment la porte et se précipite dans l’appartement, à la stupéfaction des criminels. Car il y a eu crime et il va y en avoir un autre pour cacher le premier. La mort de ce témoin importun est mise en délibération. Reconnu aveugle, il est épargné. Un narcotique remplace le poignard. Il vivra, mais, rapporté endormi au seuil de sa demeure, il sera impuissant à provoquer et à guider la vindicte publique.
- Comment Gilbert, guéri, retrouve la lemme dont le cri le poursuit dans ses insomnies; comment, sans la reconnaître, puisqu’il ne l’a jamais vue, il en devient épris à ce point qu’il l’épouse , par pitié autant que par amour, l’ayant, trop tard, et après le lien irrévocable, trouvée inconsciente, sans mémoire, n’ayant gardé, après le coup de foudre d’une secousse mystérieuse et terrible, que la faible lueur d’intelligence d’un enfant ; comment il se pique au double problème de réveiller cette intelligence endormie , de reconstituer la scène et les acteurs du meurtre dont elle a été la victime par la perte de la raison, comme le mort encore inconnu par la perte de la vie : voilà ce que nous ne voulons pas dire au lecteur et ce que le livre lui apprendra.
- Ce que nous lui avons dit suffira pour lui donner envie d’apprendre le reste et d’assister à ce double et beau triomphe de l’amour, la découverte et la vengeance d’un crime abominable, la guérison et la conquête sur la folie de la raison d’une femme adorée et digne de l’être.
- M. de Lescure.
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- 140. — Première Année — N° 17.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite.)
- Le bâtiment principal de l’Exposition avait 460 mètres de long sur 120 de large et se composait de deux allées principales de 30 mètres de largeur avec une aile centrale et deux ailes latérales ; au centre, un transept d’une largeur de 30 mètres traversait l’édifice et se prolongeait vers le sud, au-delà de la galerie, suivant un bâtiment de 80 mètres de long, flanqué de deux bas-côtés et servant d’annexe pour les machines hydrauliques.
- Au centre, une machine colossale du système Corliss, composée de deux machines de 700 chevaux-vapeur chacune, combinées en une seule machine de 1,400 chevaux pouvant donner jusqu’à 2,400 chevaux et dont l’arbre principal, placé en dessous, communiquait par des roues de transmission de 3 mètres de diamètre avec huit ligne-s d’arbres de couche, formant ensemble une longueur de 1,700 mètres environ et portant la force motrice dans toute la galerie. Le volant mesurait 10 mètres de diamètre et 65 centimètres d’épaisseur; il pesait 56 tonnes et faisait 36 tours par minute.
- La galerie renfermant les machines était plus grande que toutes celles qui avaient été déjà construites et son agencement était remarquable; elle était située à 180 mètres environ de la façade ouest de la galerie principale; les façades nord des deux galeries, étant situées sur la même ligne, occupaient ainsi, de l’est à l’ouest, une façade de 1,250 mètres de longueur.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Nous n’avons pas à revenir sur les considérations générales présentées à propos de l’Exposition de 1867; on avait à satisfaire aux mêmes besoins, mais dans de plus grandes proportions.
- Le plan d’ensemble comprenait deux grands palais se faisant vis-à-vis, celui du Champ-de-Mars et celui du Trocadéro, situés sur les deux rives de la Seine, entourés et réunis par un vaste parc dans lequel s’élevaient un grand nombre d’annexes et de constructions diverses.
- Le palais du Champ-de-Mars était bordé de deux grandes galeries longitudinales, dites des machines, de 650 mètres de longueur sur 35 mètres 60 de largeur. Dans ces galeries, réservées l’une à la France, l’autre aux nations étrangères, devaient être réunies les industries se servant de procédés mécaniques. Vers la fin de l’année 1877, le programme de l’Exposition ayant pris une extension considérable, on fut obligé, malgré l’ampleur des proportions du palais du Champ-de-Mars et des emplacements primitivement réservés aux machines, de prendre rapidement des mesures pour répondre au flot envahissant des demandes et de décider la construction de deux annexes importantes.
- Par suite de ces nouvelles dispositions, les emplacements réservés à l’Exposition française des machines furent, en chiffres ronds, déduction faite des passages, de 2,500 mètres carrés dans la grande galerie du palais, plus les emplacements occupés par les machines motrices en divers points de la galerie, soit environ 3,000 mètres carrés ; plus 2,500 mètres carrés dans les deux annexes. La superficie totale était donc de 5,500 mètres carrés, non comprises les superficies occupées en différents points des parcs.
- Pour les sections étrangères, les emplacements primitivement réservés aux Expositions de la mécanique générale furent également insuffisants et on fut également obligé de créer
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- une série d’annexes, dont quelques-unes de fort grandes dimensions, qui furent établies dans le parc le long de la galerie des machines.
- La répartition dans ces divers emplacements des objets exposés avait été faite, pour la France, en réservant pour la grande galerie comprise dans le palais proprement dit toutes les pièces qui, par leur éclat, leur forme, ou la beauté de leurs proportions, devaient contribuer à la décoration générale. Les objets moins brillants avaient été répartis dans- une des annexes, enfin les pompes et les appareils hydrauliques avaient été réunis dans la seconde annexe située sur la berge de la Seine. Dans les sections étrangères, l’ordonnance était différente et variait forcément d’une nation à l’autre suivant les besoins divers et l’importance relative de la classe de la mécanique générale comparée aux autres. Ce fut donc en partie dans la galerie des machines du palais et en partie dans les annexes que furent répartis les divers machines et engins mécaniques exposés par les autres nations. En dehors de ces groupes principaux, un assez grand nombre d’appareils d’origine française ou étrangère furent dispersés dans le parc ou dans des pavillons particuliers.
- En ce qui concerne la mise en mouvement des appareils, il fut admis en principe que la force motrice à distribuer aux exposants serait uniquement demandée à la vapeur d’eau et quelle serait répartie entre un certain nombre de machines à vapeur installées, selon les besoins, en différents points de l’Exposition. La puissance ainsi créée devait être communiquée à des arbres de couche sur lesquels les exposants auraient à prendre le mouvement au moyen de poulies et de courroies.
- Quant à la vapeur nécessaire à tous les services, la fabrication en fut confiée à plusieurs usines différentes installées, par mesure de prudence, dans le parc ou dans les annexes et en des emplacements choisis de telle sorte que les conduites de vapeur n’arrivent pas à un développement exagéré. Ces usines furent réparties comme suit :
- Pour la section française, dans le parc sur les côtés du palais, cinq groupes de chaudières fixes comprenant treize corps de chaudières; chacun de ces groupes étant installé par un exposant. Dans les annexes six chaudières tubulaires ou de forme locomobile.
- Pour les nations étrangères, cinq usines, comprenant onze corps de chaudières, avaient été installées par huit exposants dans les sections occupées par l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Autriche-Hongrie, la Suisse et la Belgique. Les usines de ces deux derniers pays étant contiguës ne formaient qu’un groupe.
- En plus de ce qui précède on comptait encore les chaudières desservant les pompes à vapeur du quai de Billy et celles des ascenseurs du palais du Trocadéro.
- L’étude de ces diverses installations était d’autant plus intéressante quelles présentaient tous lds types de chaudières les plus en faveur quoique de systèmes différents.
- Les machines motrices, pour les besoins de la transmission générale, furent ainsi réparties :
- Pour la section française, dans la galerie des machines, vingt machines fixes ou mi-fixes avaient été distribuées sur toute la longueur de la galerie, généralement par groupe de deux se faisant vis-à-vis, chacun actionnant une partie de l’un des deux arbres de couche parallèles qui couraient le long de cette galerie. Quatre de ces machines étaient installées sur l’emplacement affecté à la mécanique générale. Dans les diverses annexes on comptait onze machines locomobiles ou mi-fixes.
- Dans les sections étrangères, dix machines fixes étaient réparties dans la grande galerie, savoir : une dans chacune des sections occupées par l’Angleterre, les Etats-Unis, la Suède et Nonvège, l’Espagne ; deux, pour l’Autriche-Hongrie, la Suisse et la Belgique.
- Dimanche 26 Avril i885.
- On rencontrait encore dans l’ensemble de l’Exposition un grand nombre de machines à vapeur, à gaz ou à air chaud en mouvement, travaillant à vide, ou actionnant directement des outils ou des usines industrielles, et, sur la rive droite de la Seine, deux usines éléva-toires complètes comprenant chacune un système différent de générateurs, de machines motrices, de pompes et de conduites fournissant l’eau nécessaire dans toutes les parties des palais et des parcs.
- Les transmissions étaient constituées par des arbres en fer, actionnés par les machines motrices et transmettant la puissance par poulies et courroies.
- G. Lépany Ingénieur E. C. P.
- (A suivre.)
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- LES THÉÂTRES
- Le Divorce de Sarah Moore à l’ODÉON
- L’Odéon est un théâtre ge'néralement calme : pourtant, on y a mené grand bruit l’autre soir. Le public a des susceptibilités imprévues et accepte parfois des impossibilités théâtrales avec une candeur charmante pour protester le lendemain contre de simples imperfections de langue. Je ne dis point que la pièce de Jacques Rozier soit exempte de reproches : elle est surtout pleine d’inexpérience et le mot à effet qui enlève les foules n’y est pas recherché. Le sujet est très humain : un mari et une femme divorcent ; le nouveau ménage ne marche pas, les remords arrivent en foule, le mari regrette sa première femme, mais il est trop tard et il devra subir la fatalité de sa situation, tout en exprimant à son épouse d’autrefois sa passion et sa douleur. La scène se passe en Amérique : ce qui a permis à l’auteur de nous présenter Lucy Collins, la seconde femme de George Mac-llay, sous l’aspect sauvage d’une Mexicaine indomptée. Ajoutez à cela que la première union de George a été stérile et qu’il a eu un enfant de sa seconde épouse seulement. Cet enfant achèvera de diviser profondément les deux femmes. Le beau rôle a été donné par l’auteur à la première femme de George Mac-Lay : Sarah Moore. Autant Lucy est dissipée, frivole et incohérente, autant Sarah est douce, dévouée et délicate. C’est au point qu’elle est prête à sacrifier une partie de sa fortune pour sauver le nouveau couple, plongé dans la ruine et la misère. Quelques scènes, comme le dialogue naïf de l’enfant et d’un domestique nègre aux soins duquel il est abandonné, ont soulevé les bravos du public : mais on a désapprouvé généralement les reproches injustes de George à sa première épouse qu’il accuse d’abandon au lieu de se frapper la poitrine lui-même en se rappelant sa propre infidélité. On a accepté froidement, mais avec résignation, le sombre dénouement de la pièce : George et Lucy, comme deux coupables, s’en vont cultiver les terres chaudes du Mexique, et, pour ne pas compromettre les jours de leur chétif enfant, l’abandonnent aux soins de Sarah. C’est la récompense de celle-ci et le châtiment du couple infortuné. M. Berton et Mlle Hadamard jouent très convenablement leur rôle ; Mlle Baréty est belle et impétueuse dans son rôle de Mexicaine, et M. Metrat, comme nègre, estQout à fait délicieux avec son langage enfantin qui supprime les R. La petite Stehelé, portant délicatement le travesti d’un garçon, a été fort applaudie et c’est justice, car elle n’a ni gaucherie, ni mignardise et se montre toujours naturelle et émouvante. Je ne vous apprendrai rien de nouveau si je vous dis que l’auteur de la pièce est Mme Paton. La race des dramaturges féminins est rare : citons, pour mémoire, Gyp, cette mondaine malicieuse qui, elle non plus, malgré des qualités de premier ordre, n’a pas été heureuse au Gymnase, avec Autour du Mariage.
- En somme, la question du divorce reste toujours très dramatique. Après Madame Caverlet, d’Augier, Divorçons, de Sardou, et Sarah Moore, on peut reprendre ce thème, fécond en situations pathétiques, et les auteurs ont le droit d’écrire un chef-d’œuvre de sentiment à- cette occasion. Il est probable, du reste, que plus d’un écrivain est au travail en ce moment : il est probable aussi que mainte pièce relative au divorce dort paisiblement dans les cartons de plus d’un directeur et peut-être même chez des concierges de théâtre.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C!o, rue de la Préfecture, 6
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- Le Mon
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 3 Mai 1885. NUMÉRO 18.
- 11 e u r
- SOMMAIRE: .
- 1. Exposition universelle d’Anvers ; 2. Echos; 3. L’Exposition du travail st la Chambre syndicale de la ganterie; 4. La ville d'Anvers; 5. La manutention des marchandises à Anvers ; 6. Découvertes et inventions récentes; 7. Les Livres : 8. Les Théâtres.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- COMMUrMICA-TIOlNr
- L’inauguration solennelle reste fixée au 2 mai courant. Le roi et la reine des Belges, les membres de la famille royale, tous les grands corps de l’Etat honoreront de leur présence cette fête du travail et de la paix, offerte par la ville d’Anvers et par la Belgique entière à toutes les nations. C’est, en effet, la première fois qu’un concours international de l’industrie, du commerce et des arts est organisé en Belgique ; et non seulement tous les pays d’Europe y sont représentés par leurs productions les plus nouvelles ou les plus perfectionnées ; mais, à côté de celles-ci, apparaissent de nombreuses et intéressantes collections des produits les plus divers, envoyés par toutes les parties du monde. Le samedi 2 mai, Léopold II, après avoir été harangué par le président du Comité exécutif dans la salle des Fêtes, proclamera l’ouverture de l’Exposition du haut du grand escalier d’où la vue embrasse l’immense galerie des machines (environ 20,000 mètres carrés). A un signal, toutes les machines seront mises en mouvement.
- Le roi des Belges inaugurera ensuite l’Exposition internationale des beaux-arts. Un dernier et pressant appel est fait aux exposants retardataires. Les installations françaises sont plus avancées que les autres ; mais il importe quelles soient terminées pour le jour d’ouverture, et cela dans l’intérêt même des exposants : la Commission, chargée d’acheter les lots pour la tombola organisée par les soins du gouvernement belge, devant commencer les opérations ce jour-là.
- Le Comité des logements, institué par l’administration municipale d’Anvers, a heureusement résolu le problème qui lui était soumis : celui de suppléer à l’insutfisance des hôtels et de procurer, à des prix modérés, des appartements ou des chambres aux hôtes si nombreux attendus à Anvers, pendant la durée de l’Exposition. Le Comité a fait appel aux habitants et il dispose actuellement déjà de centaines de locaux convenablement installés, que le voyageur, en arrivant, pourra obtenir en s’adressant aux bureaux établis pour ce service hospitalier. Il y en aura pour tous les goûts et pour toutes les bourses : à partir de 1 fr. 50 jusqu’à 15 francs par jour, service, lumière et premier déjeuner compris. Le même Comité a improvisé un Hôtel populaire, dans l’ancien local de l’Athénée, où 500 logements à 1 franc par jour seront offerts au public.
- Voici quelques détails sur la cérémonie d’inauguration :
- LL. MM. le Roi, la Reine, les membres de leur maison, les ministres quitteront Bruxelles le 2 mai à midi trente minutes et arriveront a la gare de l’Est, à 1 heure 30.
- Leurs Majestés seront reçues à la gare parM. le bourgmestre d’Anvers, les membres du conseil provincial, tous les hauts fonctionnaires civils et militaires de la province.
- Après un discours de bienvenue adressé au Roi par le bourgmestre, le souverain, accompagné des ministres et des conseillers de la ville d’Anvers, traversera l’avenue des Arts, en passant la revue des troupes de la garnison et de la garde civique.
- Troupes et garde civique seront échelonnées sur tout le parcours.
- Au bout de l’avenue des Arts, le Roi, passant par l’entrée de l’Exposition qui donne sur le quai Flamand, se rendra dans la salle des Fêtes, salle de proportions grandioses et où six mille invités au moins pourront prendre place.
- M. Victor Lynen, président du comité exécutif de l’Exposition, adressera alors une allocution au Roi et à la famille royale. Immédiatement après, un orchestre et un cœur de 1.400 exécutants feront entendre la cantate composée pour la circonstance par Peter Benoit.
- Cette partie delà cérémonie étant terminée, le Roi quittera la salle des Fêtes en passant par le compartiment réservé à la principauté de Monaco. Il traversera les jardins et fera son entrée à l’Exposition par le grand portique offrant façade à l’avenue des Arts.
- Après la visite à l’Exposition, le Roi et la Reine se rendront au palais d’Anvers, où il y aura réception. Puis, à six heures, ils assisteront au grand banquet offert aux invités par l’administration communale. Sont conviés à ce banquet, les représentants de tous les grands corps de l’État, les commissaires généraux de l’Exposition, belges et étrangers, et quelques membres de la presse.
- Le soir, illuminations, feu d’artifice, réjouissances diverses.
- Des trains spéciaux seront organisés pour transporter à Anvers les membres du corps diplomatique, des deux Chambres, les invités, etc. (Ces trains quitteront Bruxelles dès 11 h. 30 du matin). A 5 heures du soir, des trains spéciaux seront également mis à la disposition des invités qui ne pourront assister au banquet offert par l’administration communale.
- On annonce qu’à côté, ou plutôt en face de l’Exposition officielle des beaux-arts, s’en organise une autre, due à la seule initiative privée.
- L’exposition aura lieu dans la galerie Neurenberg, et occupera la moitié des deux principales travées, plus une petite salle, affectée aux aquarelles, dessins, etc.
- Soit près de deux cents mètres de rampe, exclusivement réservés à l’école belge.
- La Fédération artistique ajoute :
- « Cette exposition libre n’a et ne peut avoir aucun caractère d’hostilité vis-à-vis de l’exposition officielle, quelle complétera plutôt, en (offrant à l’art national un nouveau champ de lutte et d’activité.
- « Elle sera encore moins un salon des refùsés, attendu que la commission qui s’est constituée d’office a pris l’engagement de se montrer rigoureuse dans ses acceptations. Il importe, en effet, de prouver la vitalité de l’école, et toute autre considération doit plier devant la question d’amour-propre national.
- « Enfin, elle n’émanera d’aucun clan, d’aucun groupe déterminé, la commission s’étant recrutée parmi des artistes, des critiques et des amateurs des trois centres belges, Bruxelles, Anvers et Gand.
- « La qualité d’exposant, dans le contingent officiel, n’est point un obstacle à l’admission d’œuvres du même artiste à l’exposition libre de l’école flamande. De même il n’est apporté aucune réserve relativement à la date de qmoduction.
- « Qu’importe qu’une œuvre ait 10 ou 15 ans dé date, si elle représente dignement l’artiste faisant honneur à l’art flamand ? Qu’importe, encore quelle ait figuré dans de nombreuses expositions antérieures, si ses qualités la rendent toujours digne d’intérêt ou d’admiration?
- « Nous sommes chez nous, d’ailleurs, et pour seul programme n’admettons que l’intérêt de l’école belge que nous avons à cœur de sauvegarder.
- « Voici les bases de notre convention avec M. Neurenberg :
- « Pour un espace représentant près de la moitié de son local, et où il pourrait installer de nombreuses expositions payantes, il n’exige aucun droit d’emplacement. Mais la commission ayant des frais d’installation et de voyage à couvrir, taxe chaque œuvre, grande ou petite, à 5 francs, payés après acceptation.
- « Au cas de vente, une commission de 20 p. 0/0 sera perçue par le propriétaire de la galerie.
- « Naturellement, les frais d’envoi et de retour resteront à la charge des exposants, comme ceux de l’assurance. Mais tout artiste ayant vendu aura le droit de remplacer son œuvre par une autre, sans taxe nouvelle d’emplacement. Car il est entendu que l’acheteur pourra faire enlever immédiatement et emporter ses acquisitions.
- « Les prix en francs, en livres et en dollars figureront au catalogue.
- « Comme l’exposition doit revêtir, avant tout, un caractère hautement artistique, une commission a été constituée d’office, composée d’artistes de toutes les villes — sans distinction de tendances — d’amateurs et de journalistes.
- « Les premiers ayant à se compléter, nous ne publierons point encore leurs noms. Nous nous contenterons de dire que, choisis parmi
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- Première Année. — N° 18.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Mai i885. — 142.
- les hommes de bonne volonté et de dévouement, ils appartiennent aux groupes les plus opposés, unis dans une pensée commune de patriotisme.
- « Pour éviter les frais de transport, la commission d’acceptation fera ses choix à Bruxelles et à Garni mêmes, et le contingent de ces villes pourra être expédié en bloc au local de l’exposition. Les artistes de Liège, de Bruges, de Narnur, etc., devront envoyer directement à une date à indiquer ultérieure-rement. Nous les engageons à se montrer rigoureux pour eux-mêmes, afin d’éviter tout mécompte.»,
- Une des grandes attractions de l’Exposition sera, sans contredit, le simulacre du mur de quai de l’Escaut, avec caisson et chambre de travail, que M. Coiseaux est entrain d’élever dans lûs jardins.
- Les lecteurs du Moniteur trouveront des détails intéressants sur la construction des quais dans la suite d’articles que nous commençons aujourd’hui sur la manutention à Anvers.
- Un des rédacteurs de Y Étoile Belge, rendant compte de l’Exposition de M. Coiseaux. donne les renseignements suivants :
- Je crois que cette partie de l’Exposition aura d’autant plus de succès que, pendant l’exécution des travaux de nos nouveaux quais, il n’y eut guère que quelques privilégiés (j’en fus) qui purent descendre dans les caissons pour juger de visu du travail à l’air comprimé.
- Maintenant la curiosité de tous va pouvoir être satisfaite.
- Non seulement le visiteur ne manquera pas d’aller visiter nos magnifiques installations maritimes en nature, mais en se transportant à l’Exposition, il aura la satisfaction de voir comment on est parvenu à exécuter ces immenses travaux qui comptent parmi les plus difficiles de l’art de l’ingénieur.
- Ce que M. Coiseaux a construit dans les jardins de l’Exposition est une charpente épousant la forme et le profil, en grandeur naturelle, du mur bâti au quai du Rhin.
- Ce mur repose sur le plafond d’une chambre où se tiennent les ouvriers qui enlèvent les terres sous-marines, afin de faire descendre les maçonneries qui sont au-dessus de leur tête à la profondeur nécessaire pour que les fondations atteignent le bon terrain.
- Le visiteur s’assurera que la chambre de travail a une hauteur qui permet à l’ouvrier de s’y tenir commodément debout. En dessous du plafond se trouvent quatre tubes que l’on appelle bétonnières, parce que c’est par là qu’on remplit la chambre de béton dès que le mur est à profondeur.
- Au centre est une cheminée avec sas-à-air en communication avec la machine soufflante et l’extérieur, et la cheminée elle-même est munie d’une échelle par où les ouvriers descendent dans la chambre de travail.
- Le lecteur aura déjà compris que l’on insuffle de l’air comprimé dans cette chambre pour empêcher l’eau d’y pénétrer par en bas et de submerger les ouvriers.
- Plus on descend sous l’eau, plus la pression de l’air à l’intérieur de la chambre doit être puissante.
- C’est ainsi qu’il est arrivé fréquemment que les ouvriers ont dû travailler sous deux atmosphères de pression, gênés en outre par la fumée, car pendant bien longtemps l’éclairage s’est fait au moyen de bougies, lesquelles, à cause de la haute pression de l’air, brûlaient très rapidement, avec des flammes énormes.
- Frappés de cet inconvénient, les ingénieurs ont fini par y remédier en installant la lumière électrique dans la chambre de travail.
- La chambre de travail du caisson où les visiteurs seront admis à entrer à l’Exposition, sera éclairée parle système Jablockoff.
- Je ne dois pas oublier de mentionner un détail qui 11’a l’air de rien, mais qui a cependant
- une extrême importance : on verra à l’intérieur de la chambre de travail deux bacs en tôle fixés au plafond par des armatures. Les terres que les ouvriers enlèvent du fond sont jetées dans ces bacs, puis délayées au moyen d’eau qu’on y ajoute, et finalement, par la pression de l’air comprimé, cette bouillie monte dans un tuyau qui fait syphon et déverse le tout dans l’Escaut.
- Vous voyez que grâce à cette méthode, aussi simple qu’ingénieuse, les frais de transport des déblais sont réduits à zéro.
- Sur l’autre rive de l’Escaut, on pourra visiter les batardeaux et échafaudages flottants qui complètent le système que je viens de décrire.
- Encore un mot sur cet intéressant sujet : le mur de quai que le lecteur verra à l’Exposition a exactement les proportions de celui qui a bougé l’an dernier. On verra quelle énorme masse de maçonnerie il représente.
- Vous vous rappelez que ce mouvement dans le mur, le seul du reste qui ait eu lieu, a vivement ému le monde des ingénieurs, et que pendant longtemps, mais vainement, on en rechercha la cause.
- Au surplus, il ne subsiste plus aucune trace de cet événement, les entrepreneurs ayant entaillé l’enflure du mur et lui ayant rendu ainsi son caractère normal.
- ÉCHOS
- Paris
- Vient de paraître chez Chamerot, rue des Saints-Pères, 19, une nouvelle publication d’un grand intérêt. Le Dictionnaire français illustré clés mots et clés choses, par MM Larive et Fleury, édition in-4°, à trois colonnes, paraît depuis le jeudi 2 octobre 1884, par livraisons hebdomadaires de 16 pages.
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- La Société française de secours aux blessés militaires rappelle qu’à la suite de la dernière conférence de Genève, il a été ouvert un concours international, ayant comme objet la construction d’un modèle-type pour les baraques d’ambulances mobiles.
- Le prix consiste en une somme de 5,000 fr. et une médaille d’or.
- Les modèles doivent être envoyés à Anvers, avant le 1er septembre prochain.
- On peut consulter le programme du concours au siège central de la Société de secours aux blessés militaires, 19, rue Matignon.
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- L’exposition des œuvres envoyées pour la seconde épreuve du concours du monument que la Ville de Paris érige, place Maubert, en l’honneur d’Etienne Dolet, aura lieu du 4 au 14 mai, à la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville.-
- Les artistes concurrents sont MM. Berthet, J.-B. Germain et Guilbert.
- Le lauréat recevra une somme de 10,000 francs pour le monument, non compris les frais de la fonte en bronze.
- Les artistes avec les numéros 2 et 3 auront des primes de 1,000 fr. et 800 fr.
- Les membres du jury sont : le préfet de la Seine, MM. Alphand, Kaempfen, Hattat, Delhomme, Paul Viguier, conseillers municipaux ; Captier, Cliapu, Guillaume, élus par les artistes, et Armand Renaud, inspecteur en chef des beaux-arts, secrétaire.
- D épartements
- Le 13 juin prochain aura lieu à Nancy l’inauguration du monument élevé à la mémoire du docteur Crevaux, l’explorateur lorrain. Le bureau de la Société de géographie et une députation assisteront à cette solennité.
- "ÉTRANGER
- Allemagne
- Une exposition d’un nouveau genre. On prépare, à Berlin, une exposition de tous les cadeaux artistiques qu’a reçus le prince de Bismarck, à l’occasion de son soixante-dixièm^ anniversaire ; le produit des entrées sera mis à la disposition du chancelier.
- Angleterre
- Une exposition des Painters Etchers (eaux-fortes originales) aura lieu à la Dudley-Gallery (Londres), du 25 mai au 4 juillet. Les envois devront être adressés au comité avant le 13 mai,, dernier délai.
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- L’exposition de la Royal Academy a été ouverte,, hier 1er mai, à Burlington-House (Londres).
- Belgique
- La deuxième exposition des beaux-arts a été ouverte, le samedi 25 avril, au cercle artistique et littéraire.
- Italie
- Le Musée agraire de Rome a été inauguré le 30 mai.
- Pays-Bas
- La direction de l’Académie des Beaux-Arts à. Rotterdam, nous annonce que l’exposition triennale internationale de tableaux et objets d’art, d’artistes vivants, sera ouverte dans les salons-de l’Académie, Coolvest, à Rotterdam, du 31 mai au 12 juillet. Les envois devront être adressés avant le 16 mai, à la commission directrice. Les artistes qui voudraient se servir de son intermédiaire pour la vente de leurs œuvres, sont priés de lui adresser toutes leurs communications à ce-sujet. Une offre au-dessous des 3/4 du prix demandé ne sera pas transmise à l’artiste ; en cas de vente, 5 0/o seront déduits pour couvrir les frais. Ne seront admises que des œuvres originales et 11’ayant paru à aucune exposition antérieure à Rotterdam. Dès qu’elle aura reçu l’autorisation nécessaire, la commission directrice émettra une loterie. Une somme mise à sa .disposition par le conseil municipal et quelques amateurs, sera consacrée à l’achat de tableaux,, qui seront offerts au musée Boymans.
- Suisse
- Les puissances ont été invitées par le Conseil fédéral à se faire représenter à la conférence diplomatique de Berne, le 7 septembre prochain, eri vue de l’élaboration définitive et de la signature de la convention internationale, pour la protection des droits d’auteur.
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- L’EXPOSITION DU TRAVAIL
- ET LA
- CHAMBRE SYNDICALE DE LA GANTERIE
- Les organisateurs de l'Exposition du Travail, qui doit prochainement avoir lieu aux Champs-Elysées, avaient demandé aux membres de la. Chambre syndicale de la ganterie et peaux pour gants de vouloir bien prendre part à-cette Exposition. La Chambre avait chargé M. Mousson, secrétaire, de faire un rapport relatif à cette demande. Voici le texte de ce-rapport :
- Messieurs,
- Dans sa séance du 9 février dernier, la Chambre-syndicale m’a fait l’honneur de me nommer rapporteur concernant l’Exposition du Travail au Palais, de l’Industrie en 1885.
- Après avoir soigneusement étudié la question et les documents qui nous ont été soumis, je dois avouer, messieurs, avoir été fort perplexe, car les promoteurs de l’entreprise sont si sympathiques à l’Union nationale que j’ai longtemps hésité à me mettre en opposition avec eux. Il a fallu les motifs les plus sérieux pour m’y décider et me rappeler qu’il s’agissait d’une œuvre patriotique (l’intérêt: vital de l’industrie française).
- L’Exposition du Travail au Palais de l’Industrie-a pour but, disent les promoteurs de l’entreprise, nos honorables collègues, MM. Ducret et Nicole,
- « de constituer une véritable école industrielle ». Or, ne voyez-vous pas le danger qu’il y a pour nous, messieurs, pour toute l’industrie parisienne, de faire connaître nos procédés particuliers de fabrication ?
- Alors que beaucoup d’industriels déplorent les. Expositions, prétendent que nos modèles sont copiés, nos perfectionnements adoptés par l’étranger et que nos exportations diminuent après chaque
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Démanché 3 Mai 188b.
- exposition, comment admettre que nous allions bénévolement faire l’éducation de nos adversaires, leur montrer nos nouveaux procédés de fabrication, et enfin, ce qui constitue la supériorité de l’ouvrier français dans maintes industries, le « tour de main » ?
- L’étranger peut se procurer plus ou moins facilement nos modèles, nos idées, et les copier; mais alors qu’il est si jaloux de ses procédés de fabrication et que ses usines sont impitoyablement fermées à nos nationaux, nous allons lui donnei ouvertement nos moyens de production et de nouvelles armes pour nous combattre !
- Les honorables promoteurs de l’entreprise ont si bien compris cet écueil qu’ils disent : « Il est aussi des moyens particuliers de fabrication, insuffisamment protégés par les brevets d’invention ou marques de fabrique, qu’il serait peut-être imprudent de montrer au public international qui se presse dans les expositions. »
- Messieurs, ou l’entreprise est industrielle ou elle est uniquement financière. Si elle est industrielle, comment croire qu’un exposant qui fera des frais pour se faire connaître, pour montrer sa supériorité de fabricant et mériter la juste récompense de ses travaux, de ses efforts, se décidera, s’il a un procédé nouveau, un perfectionnement quelconque, à ne pas faire montre de ses avantages vis-à-vis de la concurrence, vis-à-vis de s-es collègues même et du public; s’il y renonce, il abandonne par ce fait tous ses avantages de fabricant et rentre •dans la catégorie des marchands, c’est-à-dire de . celui qui ne s’occupe absolument que d’exposer pour vendre, et, dans cette circonstance, l’Exposition du Travail ne serait plus qu’un vaste marché où l’acheteur serait attiré par un simple simulacre de production. Dans ce cas, messieurs, l’Exposition ne saurait intéresser notre-industrie.
- Si, au contraire, l’Exposition du Travail a pour but « de s’employer au perfectionnement de la fabrication », ainsi que le dit la préface du règlement, c’est, au point de vue de votre rapporteur, une œuvre dangereuse pour les intérêts de toute l’industrie française, et il nous faut espérer que, pendant qu’il en est temps encore, les honorables promoteurs de l’entreprise modifieront leur règlement de façon à ce que nos concurrents n’y puissent puiser de nouvelles armes contre nous.
- Telle que l’entreprise nous est présentée aujourd’hui, votre rapporteur est d’avis que l’intérêt de notre industrie, mégisserie, teinturerie, coupe, couture, etc., est de nous abstenir absolument et de ne faire montre, d’aucune façon, de nos procédés de fabrication. Il faut souhaiter, messieurs, que notre exemple sera suivi et que l’industrie française comprendra .son véritable intérêt en présence de la lutte acharnée qui lui est faite.
- Après une courte discussion, l’ordre du jour suivant a été voté :
- La Chambre syndicale de la ganterie et peaux pour gants approuve entièrement les termes du rapport qui lui est présenté sur l’Exposition du Travail et en décide, à l’unanimité, l’fimpression et l’envoi à toutes les Chambres syndicales pour en provoquer la discussion.
- La demande à l’ordre du jour en sera faite à la prochaine réunion du Syndicat général qui suivra la publication du rapport, afin que son bureau puisse en soutenir les conclusions.
- Cet ordre du jour un peu vif, avouons-le, ne fut pas tout à fait du goût des organisateurs de l’Exposition, et à la suite d’une entrevue avec M. Ducret, directeur, et M. P. Nicole, président de la Commission supérieure, le bureau décida que ces messieurs seraient entendus à la séance suivante de la Chambre.
- Voici les explications que M. Ducret a fournies devant la Chambre syndicale à cette séance :
- Le reproche de dévoiler les procédés de fabrication, si souvent adressé aux expositions, n’est point exact. La vue d’un objet, la représentation même de son mode de fabriquer donnent des indications beaucoup trop insuffisantes pour le reproduire.
- La concurrence étrangère, lorsqu’elle veut introduire un article nouveau dans sa production, ne le cherche pas dans les expositions ; elle débauche les ouvriers qui le fabriquent, achètent l’outil, la machine, etc. C’est à l’usine même qu’elle se pourvoit et encore sa fabrication reste imparfaite.
- Si l’on ne songe pas à interdire l’exposition permanente des étalages des boutiquiers, si le marchand n’est point blâmé de « faire l’article » en
- montrant à son client les détails de l’objet qu’il veut vendre, pourquoi condamner les expositions ?
- L’Exposition du Travail est une galerie du Travail agrandie, à l’usage du grand public, afin de l’intéresser aux choses de l’industrie, mais surtout à l’usage des élèves des écoles industrielles, commerciales, etc., en vue de leur donner des connaissances générales sur chacun des métiers, compléter l’éducation qu’on cherche à leur donner, faire naître des vocations, etc.
- Elle ne demande point aux exposants de dévoiler leurs procédés particuliers de fabrication, mais de montrer ce que chacun sait lorsque l’on est du métier, mais ce que tous ceux qui sont d’une industrie différente ignorent : le mode général employé pour produire tel ou tel article suffit pour attirer l’attention.
- On objecte que ce moyen d’éducation reste imparfait et que par suite il est inutile. Je réponds que cela reviendrait à dire qu’il ne faut donner aucune notion d’histoire, de géographie, de calcul, etc., dans les écoles primaires ou autres, parce que l’enseignement sommaire de ces branches est également imparfait !...
- M. Nicole a pris ensuite la parole et s’est attache à démontrer que l’Exposition du Travail 11e devait pas livrer les secrets de fabrication.
- On verra fabriquer un chapeau par exemple ; le public pourra assister à toutes les phases de l’opération. S’ensuit-il que les étrangers, nos concurrents, pourront nous faire du tort en usant des moyens de fabrication que tout le monde peut connaître? Croyez-vous que si une nouvelle machine est employée par M. X... ou M. Z... pour sa fabrication , un industriel étranger aura seulement l’idée d’employer la même machine par le seul fait de l’avoir vue fonctionne'!’ à l’Exposition du Travail? Est-ce que le constructeur d’un outil perfectionné n’envoie pas des prospectus, des circulaires annonçant son invention urbi et orbi?
- L’étranger connaîtra donc cette machine, cet outil sans se déranger. On viendra les lui proposer chez lui.
- Nous donnons maintenant le texte de la circulaire envoyée par le directeur de l’Expo-t sition du Travail le 25 mars dernier :
- Monsieur,
- L’Exposition du Travail, aux termes des articles 1 et 2 de son règlement, s’organise sous le patronage d’une Commission supérieure, composée de notabilités de tout genre, avec le concours de . commissaires de clàss-es, lesquels sont chargés, d’accord avec les exposants et la direction, de l’organisation des différentes classes, et peuvent,. d’ailleurs, se faire aider par un ou plusieurs commissaires adjoints, choisis par eux.
- Les récompenses sont décernées par un jury nommé pour moitié par la direction de l’Exposition ; les membres du jury ont à apprécier les produits de leur section et à se prononcer sur la valeur des diplômes à attribuer aux exposants.
- Telles sont les fonctions de commissaire de classe et de membre du jury. Elles offrent, vous le voyez, Monsieur, une remarquable importance au point de vue de notre organisation : elles sont, d’ailleurs, honorifiques et n’entraînent aucune responsabilité.
- Si, appréciant les raisons qui militent en faveur de cette Exposition, vous vouliez bien y prendre part, nous serions charmés d’avoir à vous offrir l’une de ces fonctions pour la classe du
- groupe , relative à
- Cela vous permettrait de rendre service à une œuvre attrayante et qui touche de près à des intérêts qui vous sont chers.
- Mais, afin de vous mettre en mesure de vous décider avec compétence et en toute connaissance de cause, nous avons l’honneur d’appeler votre attention sur les renseignements qui suivent :
- Les Expositions des Champs-Elysées, vous ne l’ignorez pas, Monsieur, sont généralement très fructueuses pour les exposants qui y prennent part.
- Parmi celles qu’on peut citer, l’Exposition de 187b a été l’occasion de bien près de 10 millions d’affaires, non compris une foule de petits objets consommés sur place ou journellement emportés parles visiteurs eux-mêmes.
- Par ce temps de chômage, l’Exposition du Travail devra, suivant toutes les vraisemblances, parvenir aux mêmes résultats, car il est bien évident que plusieurs centaines de mille de visiteurs, la plupart étrangers, ne sauraient pénétrer dans l’Exposition
- du palais des Champs-Elysées sans se livrer à quelque dépense. Nous ne parlons même pas ici des achats plus sérieux que l’Exposition du Travail leur permettra bien certainement d’effectuer.
- Une telle organisation peut, en outre, avoir les meilleurs effets, en ce qui touche la vulgarisation des .procédés industriels et des méthodes de fabrication parmi le grand public.
- Généralement, on oublie trop la mission des producteurs intelligents vis-à-vis de la consommation.
- Cette mission consiste à éclairer, à diriger les consommateurs, à développer leur goût, à les intéresser enfin à la fabrication.
- Et voilà ce que savent très bien nos concurrents commerciaux : aussi les voit-on s’efforçant, par tous les moyens possibles et notamment par des expositions fréquentes, non seulement d’instruire leur personnel, non seulement de perfectionner leur outillage, mais encore de tenir la consommation en haleine, de la former, de l’éclairer, en plaçant sous ses yeux des procédés techniques intéressants, alors même qu’ils ne sont un secret pour personne. C’est ainsi que les connaissances industrielles pénètrent peu à peu l’esprit des consommateurs et que se développent parmi eux la connaissance et le goût de la bonne fabrication et des beaux produits.
- Et, quant à l’éducation professionnelle des élèves, des apprentis et.des ouvriers, il est permis de dire qu’elle trouvera dans l’Exposition du Travail une ample carrière : les concours spéciaux, la vue des produits, le mouvement des métiers, fourniront à tous les intéressés une source inépuisable de renseignements et de documents.
- L’intérêt des fabricants, très sérieux au point de vue technique, semble beaucoup plus grand encore sous le rapport commercial, par cette raison qu’à l’heure actuelle le consommateur ne va guère au-devant du producteur. C’est le contraire qui a lieu.
- Or, l’expérience démontre que le terrain préféré du public pour la visite et l’examen des produits industriels et artistiques, c’est l’Exposition.
- C’est là que le fabricant d’élite pourra s’emparer de son attention en s’adressant à sa fantaisie. Sans doute, il est des producteurs qui, parfois, éprouvent quelque lassitude à l’égard de ces brillants tournois, dont, somme toute, ils font à peu près tous les frais. Mais, il faut le dire bien haut, ces producteurs ont tort, et la curiosité grandissante des visiteurs offre, de nos jours, une garantie de plus au succès des persévérants.
- Telles sont les considérations d’importance diverse qui ont inspiré la pensée de ce nouveau concours industriel, dont nous serions très honorés de vous voir devenir l’un des collaborateurs.
- Veuillez agréer, etc.
- M. Morisson, rapporteur, a pris ensuite la parole et s’est efforcé de démontrer que dans une exposition de ce genre on portait un coup . funeste à l’industrie, car 011 allait infailliblement dévoiler le tour de main.
- Nous ne sommes point d’accord sur ce point avec l’honorable rapporteur, car nous croyons* qu’il est absolument impossible à un ouvrier, aussi habile qu’il soit, d’acquérir le tour de main en voyant travailler; c’est-à-dire, on nous passera l’expression, en ne mettant pas la main à la pâte.
- La Chambre syndicale a alors demandé à MM. Nicole et Ducret de nommer des commissaires spéciaux chargés d’empêcher les industriels de livrer les secrets de fabrication. Ceci nous semble un pur enfantillage.
- Trouvera-t-on un industriel assez naïf pour révéler son secret de fabrication,' s’il en possède un ?
- Admettons que les commissaires découvrent ces industriels, de quel droit lui interdiront-ils de le faire?
- Tout cela n’est guère sérieux. La Chambre syndicale avait été un peu trop loin en votant l’ordre du jour que nous avons reproduit plus haut. Elle a vu qu’elle s’engageait seule ou presque seule dans une mauvaise voie des autres Chambres sont, en effet, favorables à l’Exposition du Travail); et, pour se retirer avec les honneurs delà guerre, elle a demandé la nomination de ces commissaires que, probablement, nous ne verrons jamais !
- (Voir la suite, page 146.)
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- 144 et — Première Année. — N° 18
- LE
- LA VILLE
- Nous n’avons pas l’intention de faire ici un guide du voyageur à Anvers ; nous voulons simplement d’écrire quelques-unes des innombrables curiosités que renferme cette intéressante cité. Ceux de nos lecteurs qui iront visiter l’Exposition universelle de 1885 retrouveront lors de leur voyage les monuments dont nous allons leur parler. Peut-être les examineront-ils avec plus d’intérêt.
- Nous parlerons peu de la ville maritime ; on trouvera plus loin une description complète des installations des gares, des docks, etc., et l’on verra que, si les habitants d’Anvers ont dû s’imposer de lourds sacrifices pour ces installations, ils ont, du moins, le droit de considérer leur ville comme un des premiers et des plus, intéressants ports du monde.
- La ville d’Anvers , qui compte 130,000 habitants, est située à 45 kilomètres au nord de Bruxelles, et à 80 kilomètres de la mer sur la rive droite de l’Escaut où elle se déploie sous la forme d’un arc tendu dont ce fleuve
- serait la corde. On peut faire remonter au xve siècle la prospérité d’Anvers dont le commerce, à cette époque, était supérieur à celui de Venise. Malheureusement les guerres de religion arrêtèrent l’essor de la florissante cité.
- Napoléon Ier y établit de vastes ateliers de construction et Anvers devint le chef-dieu du département des Deux-Nèthes.
- En 1815, elle appartenait aux Pays-Bas et enfin en 1830 à la Belgique.
- La ville d’Anvers a vu naître un grand nombre de peintres célèbres ; entre autres Crayer , Jordaens ,
- Téniers, Van Dyck.
- Rubens en fit sa résidence ordinaire et nous donnons ici un dessin représentant la maison de Rubens telle que l’on peut la voir de nos
- jours. Elle est située près du Palais du Roi, dans la rue Rubens. Ajoutons que de l’immeuble habité par le grand artiste, il ne reste que la façade !
- On voit à Anvers un grand nombre de statues qui indiquent que
- La maison de Rubens.
- La Cathedra!
- tu. hput:w«,ie\
- cette belle cité peut être fière d’un grand nombre de ses enfants. Nous citerons parmi les plus remarquables: celles de Rubens, Buduognat, Van Dyck, Téniers, Van Rysuick, et Van Schoonbeke.
- Carnot et Léopold Ier ont également leur statue, l’un à Borgerhout, l’autre sur la placeLéopold.
- La cathédrale cl'Ànvers , que tout le monde désigne sous le nom de Notre-Dame, est un des plus beaux monuments gothiques de toute l’Europe.
- Les travaux commencés en 1352 ne furent terminés que vers l’année 1500.
- Les constructions mesurent 162 mètres de longueur, 75 de largeur et 116 de hauteur.
- Le clocher surmontant une magnifique tour, en pierre de taille , entièrement percée à jour, est d’un aspect des plus imposants. Il faut gravir * plus de 600 marches pour atteindre son sommet ; 125 colonnes, soutenant 230 arcades, ornent l’intérieur de l’église.
- R nous est impossible d’analyser ici et même de citer tous les trésors contenus dans la cathédrale. Nous ne pouvons cependant passer sous silence les célèbres peintures de Rubens,
- Murillo etc.
- Le visiteur peut en effet y admirer : la fameuse Descente de Croix, la Visitation de la Vierge, la Présentation au Temple, l'Érection de la Croix, l’Assomption de la Vierge, la Résurrection, de Rubens ; Saint François d’Assise , de Murillo ; la Cène , Ecce Homo , de Otto Ve nius ; les Noces de Cana, par Martin de Vos, etc., etc.
- On peut se rendre compte, par la seule lecture de ces titres célèbres, de la valeur des toiles renfermées dans la cathédrale d’Anvers.
- U Assomption de la Vierge tableau exécuté en seizejoui s raconte la légende, fut payé à Rubens 1,600 florins, soit 2,902 fr. qui représentent de nos jouis 5,000 francs au maximum. Et dire que bon nombre de nos artistes vendent aujourd’hui leurs tableaux au prix de 20 et 25,000 francs aux marchands de salaisons du Kentucky ou de Cincinnati’.
- rue de la Place Verte.
- D ’ A N V ERS
- On doit encore remarquer dans la première chapelle un tableau d’autel par Seghers bordé de dentelles.
- Cette bordure, qui est peinte, est un véritable trompe-l’œil du plus curieux effet.
- Comme dans toutes les églises de Belgique on trouve à Notre-Dame de fort belles sculptures sur bois ; différents groupes représentant l’histoire de la Vierge et celle de Jésus-Christ sont de véritables chefs-d’œuvre sculptés dans le plus pur style moyen âge.
- On a établi de nouvelles stalles sculptées par Ch.
- Geerts, le célèbre sculpteur sur bois; chaque stalle est séparée par une statuette de saint avec ses attributs.
- Citons encore à l’entrée de l’escalier de droite une colonnette sur laquelle on peut voir la Vierge et un groupe de pèlerins qui viennent implorer son assistance.
- Anvers compte un grand nombre d'églises, fort curieuses.
- Saint-Jean est un véritable musée renfermant la fameuse table de communion en marbre blanc qui est une des merveilles de la sculpture flamande ;
- — Saint-Augustin, où l’on peut voir le Mariage de sainte Catherine de Rubens et Saint Augustin en extase, de Van Dyck ; — Saint-Paul contient la Flagellation, de Rubens, et le Portement de la croix, de Van Dyck.
- Il n’existe pas un quartier de la ville où l’on ne rencontre un calvaire.
- En bien des endroits on voit une niche éclairée par une lampe et renfermant une Sainte-Vierge entourée de fleurs.
- Un de nos dessins représente un calvaire à l’entrée du Steen.
- C’est un des plus originaux, un de ceux qui ont le mieux conservé leur aspect primitif. Le Steen est un édifice fort curieux, dont nous donnerons prochainement une vue.
- La maison historique par excellence, celle que tous les visiteurs veulent connaître, est la maison de Plantin, sur le fronton
- de laquelle est gravée la célèbre devise : Labore et Constantia. — C’est une véritable exposition rétrospective montrant un intérieur flamand en 1550, ainsi que des ateliers d’imprimerie, des
- presses, un outillage complet etc., etc.
- Il vous semble, en franchissant le seuil de cette ancienne maison , que les ouvriers de Plantin viennent de quitter leurs travaux et, au bout d’un certain temps, vous êtes fort étonné d’entendre parler anglais près de vous et de voir à vos côtés des visiteurs vêtus des traditionnels complets à carreaux !
- Nous reviendrons dans un prochain article sur cet intéressant musée.
- Le Musée de Peinture est le plus riche musée de toute la Belgique ; il contient de nombreux tableaux de Rubens et de Van Dyck. Il faut admirer, sans réserve, les superbes fresques de de Keyser qui montrent les différents artistes, groupés par école, dont les œuvres ornent le musée.
- Sur le panneau central on voit la ville d’Anvers tenant le registre de la corporation de Saint-Luc , sur lequel se trouvent
- écrits les noms de tous les hommes illustres qui sont nés dans cette cité.
- Jean Snellaert, Quentin Metzys, (auquel on doit l’admirable puits en fer situé devant la porte de la cathé-drale et qui porte son nom), Rubens, entourés de leurs contemporains sont représentés sur ces panneaux qui ont des proportions vraiment colossales.
- Voici les principaux sujets des panneaux secondaires :
- Albert Durer a Anvers (Albert Durer rend visite en 1520 à Quentin Metzys) ; Construction de l'Hôtel de Ville (l’architecte et sculpteur C. de Vriendt montre aux magistrats d’Anvers les plans de l’Hôtel de Ville en 1561); l’école de Bruges, l’école italienne, etc.
- II. F. C.
- Calvaire à l’entrée du Steen.
- Cour intérieure de la Maison Plantin.
- (A suivre.)
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- Première Année. — N° iS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Mai i 885. — 146.
- Disons maintenant quelques mots de cette Exposition qui, placée sous le haut patronage (les ministres du commerce, de l’instruction publique et des beaux-arts, des travaux publics, aura lieu au mois de juillet prochain, au Palais de l’Industrie.
- Le premier soin des organisateurs a été de s’appliquer à justifier le titre, en constituant une galerie de machines en mouvement, exceptionnellement variée. Le concours de nos meilleurs constructeurs est aujourd’hui assuré, et la diversité des produits exposés est venue s’augmenter par l’adjonction des principaux, types employés en Angleterre, en Autriche-llongrie, aux Etats-Unis, etc.
- Ces sections étrangères donneront lieu à des -études sérieuses, rendues plus efficaces encore par l’institution de cours et de conférences à l’usage du public, mais principalement de notre petit monde des écoles commerciales et industrielles.
- Dans ce même ordre d’idées, afin de caractériser davantage encore la « leçon de choses » qu’il se propose de créer dans
- Y Exposition clu Travail, son directeur a sollicité et obtenu de qui de droit l’autorisation d’exposer le matériel d’enseignement .et les produits des élèves des écoles de l’Etat, des villes et des Chambres syndicales. La progression pourra y être suivie, car les ouvrages des écoles manuelles primaires, primaires supérieures, normales, des arts et métiers, y trouveront place, et cet enseignement général se complétera par l’éducation spéciale des écoles d’apprentissage.
- Cette oeuvre accomplie, le directeur avait à se préoccuper de la seconde partie de son programme, en rendant Y Exposition attrayante, en y attirant les visiteurs, par conséquent, en plaçant les exposants dans les meilleures conditions pour remédier au malheureux état des affaires dont ils souffrent depuis trop longtemps.
- En dehors de la galerie des machines, dont il était fait mention tout à l’heure, les petits métiers parisiens seront largement représentés soit dans la nef, soit dans les salons du premier étage. L’ameublement, où notre goût parisien a,.pour ainsi dire, concentré toutes les merveilles de l’art français, formera l’une des classes les plus importantes et les plus curieuses.
- .L’électricité, dans ,1a production de la, lumière, de la force ou.la transmission du son, y montrera toutes ses applications. La classe de l’hygiène compte de nombreux exposants etffera connaître les derniers progrès réalisés. La céramique, la carrosserie, la serrurerie d’art, lechauffage, etc., etc., seront représentés au Palais de l’Industrie par les premières maisons, • ; n,.
- Signalons enfin une section particulière, l’une des nouveautés les plus originales de
- Y Exposition du Travail : la classe des Brevets d’invention.
- La Société des Inventeurs — fondée par le baron Taylor — accueillit avec empressement • l’offre qui lui fut faite, par M. Léon Ducret, de lui réserver un espace au « Travail ». C’était, pour elle, un excellent moyen de servir -les intérêts de ses adhérents.et d’éviter à nos inventeurs d’avoir recours à l’Angleterre pour faire connaître les produits de leurs études. Cette idée répondait à une telle nécessité qu’en moins de trois mois, plus de cinq cents inventeurs (brevetés en France depuis 1870) réclamèrent leur inscription.
- Dire la variété de cette section, la somme de travail et de recherches •accumulée dans ces perfectionnements de l’outillage national, l’intérêt qu’elle présentera au public, cela dépasserait de beaucoup le cadre de cet article ; nous y reviendrons lorsque nous serons à même de la juger de visu.
- II.-F. Cabirau.
- LA MANUTENTION
- DES
- MARCHANDISES A ANVERS
- Voici quelques notes que nous avons dernièrement recueillies au cours d’une mission à Anvers.
- GARE D’ANVERS-BASSINS (STUYVENBERG). — Cette gare sert à la composition et à la décomposition des trains et forme tête de ligne.
- Les opérations du service de vitesse (arrivée et départ) s’effectuent sous un hangar de 110 mètres de long sur 38 mètres de large , traversé au milieu par une voie charretière de 11 mètres de large et pourvu de deux quais de déchargement de 8 mètres, au delà desquels règne , de chaque côté, une voie ferrée.
- A l’une des extrémités de ce hangar sont établis les bureaux.
- On applique la pression hydraulique à la plupart des appareils de chargement, de déchargement et de manœuvre des wagons.
- En principe, une machine à vapeur pompe l’eau destinée à transmettre au loin la force motrice, au moyen d’une canalisation générale et lui donne la pression voulue , soit 5o atmosphères environ en la faisant passer par un accumulateur.
- L’accumulateur se compose d’un cylindre vertical, dans lequel se meut un piston plongeur supportant une caisse en tôle, remplie de matières pondéreuses. .Cette caisse porte un poids de 70 tonnes suffisant pour donner à l’eau une pression de 5o atmosphères.
- Lorsque les outils sont en mouvement, il y a dépense d’eau dans la conduite et l’accumulateur descend pour maintenir cette pression constante.
- En descendant, l’accumulateur ouvre graduellement un papillon, placé entre les charnières et le modérateur, commandant les pompes de compression. La machine se met alors en marche , les pompes foulent l’eau comprimée, l’accumulateur remonte et referme peu à peu le papillon d’admission. La machine ne marche donc que lorsqu’il y a consommation d’eau.
- Voici quelques chiffres se rapportant à l’accu- , mulateur. '
- Course. . . . . . . . 5™,18
- Diamètre. . . . . . . om,43
- Capacité. .... . . . om,7i5
- Epaisseur. . . . . . . on,,075
- La distribution de Veau se fait par une série de tuyaux réunis par un joint spécial. Les tuyaux sont à collets ovales à 2 boulons. Cette disposition permet de serrer les écrous dans une tranchée, plus facilement que si les collets étaient circulaires. Ils présentent un bout mâle et un bout femelle. Le joint se fait en mettant dans le logement du bout femelle un anneau en gutta-perôha et en serrant à outrance les deux boulons.
- Pour éviter l’action de la gelée , on a enfoui les tuyaux à une profondeur de im5o et on dispose dans les fosses des appareils, des becs spéciaux où l’on fait brûler du gaz d’éclairage.
- Voici les dimensions des tuyaux.
- TUYAUX (l'ONTE) LONGUEUR DIAMÈTRE ÉPAISSEUR
- Tuyaux principaux.. 2™,750 0m,097 0-027
- Tuyaux secondaires. 2"’,730 0m,071 0m,017
- Les Cabestans et les Grues sont les deux espèces d’appareils hydrauliques employés.
- Dans les Cabestans l’eau .agit comme la vapeur. Ces appareils servent à la manœuvre des véhicules et se composent d’une cloche à axe vertical en fonte, sur laquelle un ouvrier enroule une corde deux ou trois fois. Une extrémité de cette corde est armée d’un crochet que l’on attache aux plaques de garde des wagons , quand il s’agit de les faire avancer ou reculer, et entre le rail et la roue, quand il s’agit de les faire tourner sur une plate-foime.
- L ouvrier tient en main l’autre extrémité, et il exerce une certaine,tension, pour produire l’adhérence nécessaire. Le cabestan en tournant enroule la corde et le wagon est mis en mouvement.
- Les cabestans sont mus par deux cylindres oscillants agissant sur un même arbre qui transmet le mouvement à la cloche par une série d'engrenages et de pignons.
- Ils sont calculés pour exercer, suivant le câble du cabestan, un effort de traction de 408 kilogr., à la vitesse de 61 mètres par minute.
- La course des cylindres est de om,228 ;
- Le diamètre du piston, om,oÔ4 ;
- Le diamètre de la tige, om,045.
- La distribution se fait au moyen de deux petits tiroirs qui mettent alternativement le fond des cylindres en communication avec la pression et la décharge.
- De petites soupapes ,en cuir placées dans les chapelles empêchent les coups de bélier. La vanne est commandée par une pédale à contre-poids, qui ouvre la soupape aussi lentement qu’on le désire.
- Les Grues placées sur les quais du hangar sont destinées à prendre les marchandises des camions pour les charger directement dans les wagons et vice-versa.
- D où deux mouvements : le mouvement d’orientation et le mouvement élévatoire.
- . Voici comment on obtient ce dernier :
- Une chaîne de levée est manœuvrée par un cylindre dans lequel se meut un plongeur formant moufle. Une des extrémités est fixe ; la chaîne passe ensuite sur une série de poulies placée sur la volée. Le mouvement est commandé par un levier qui ouvre Ta soupape d’admission pour soulever la chaîne, et celle d’échappement pour la faire descendre.
- Le cylindre étant incliné, il suffit d’un faible contre-poids pour faire rentrer le plongeur.
- Pour éviter tout accident, lorsque lacharge atteint une certaine hauteur, un taquet, placé sur les guides des plongeurs, commande le levier de manœuvre et ferme la soupape d’admission.
- Le mouvement d’orientation s’obtient au moyen de deux cylindres, dont les pistons plongeurs portent à leur extrémité, une poulie verticale à moufle; sur celle-ci passe une chaîne , dont les extrémités sont fixes et qui embrasse une poulie horizontale cerclée sur le pivot de la grue.
- Le mouvement est commandé par un tiroir actionné par un excentrique relié au levier de cçmmande.
- Quand il y a admission dans un des cylindres il y a émission dans l’autre; quand l’un des pistons sort, l’autre rentre ; c’est ce qui entraîne le mouvement d’orientation.
- Les grues qui peuvent élever une charge de 1,000 kilogr. à une hauteur de 4 mètres ont une volée de 4m65 et une course de rotation de 4/3 de tour.
- (A suivre.): .
- DÉCOUVERTES
- ET
- INVENTIONS RÉCENTES
- L’AÉROSTAT G A P A Z Z A (pas de m,ôteur)
- Il y a quelques mois cette promesse : la conquête de l’air, était faite par nombre de journaux, parmi lesquels : la Nation, le Figaro, la France, Y Intransigeant, le Paris, la Justice, le Cosmos et cinquante autres, sans compter presque toutes les feuilles de province. Dans chaque nation du monde la nouvelle eut un écho. Les Italiens allèrent jusqu’à affirmer que M. Gapazza était leur compatriote: disons simplement M. Gapazza est Corse.
- *
- * *
- Tandis que depuis le baron Scott (encore un français), depuis un siècle environ, tous les aéronautes préconisent la forme allongée analogue à celle du poisson, mais ne peuvent s’entendre sur le point de savoir si c’est la queue ou la tète du poisson qu’on doit placer à l’avant. M. Gapazza,
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Mai iSSÏ.
- dédaignant ces discussions qui ne nous donneront jamais le moteur supérieur et tant désiré jusqu’ici, s’est dit que ce ne serait pas lui qui, dans la même voie, ferait faire un pas de plus à la question.
- Gomme on doit bien le penser, aucun rapport n’existe entre le système Capazza et n’importe quel autre projet ; disons aussi que le projet d’aérostation qui nous occupe ne peut être rangé dans aucune école, car il est tour à tour plus lourd ou plus léger que l’air : c’est tantôt une nouvelle application du fameux principe d’Archimède, et tantôt simplemenr les lois de la pesanteur qui agissent.
- Nous allons donner à nos lecteurs une description de l’appareil à l’aide des vignettes qui suivent.
- ¥ ¥
- L’appareil est composé de deux cônes très aplatis, reliés à leur base par un soufflet annulaire. La nacelle forme le sommet du cône inférieur. Le tout est" métallique, d’une étanchéité et d’une rigidité parfaites. Au moyen de poids on déplace le centre de gravité et l’aérostat peut ainsi s’incliner vers n’importe quel point de l’horizon.
- Ce qui fait qu’un ballon _ ordinaire monte ou descend, c’est un changement dans sa densité.
- Jamais on n’a pensé à garder le poids et à changer de volume pour arriver au même résultat. Et si l’on considère que l’on peut produire le même effet, en augmentant le volume -d’un mètre cube, qu’en jetant un kilog. de lest, on se trouve forcé de convenir que depuis longtemps on tournait sans s’en douter autour d’une précieuse vérité. t
- Donc, monter et descendre sans déperdition aucune et profiter de ces ascensions et descentes pour avancer au moyen d’inclinaisons combinées de son aérostat : voilà l’œuvre de M. Capazza.
- -Nous allons voir qu’il est d’accord en cela avec la nature, et ce n’est pas peu dire.
- L’hirondelle,,avec son corps mince et ses ailes plus fines encore, son tout en forme de croix,
- Figure 1
- s’abandonne souvent à la pesanteur, et sans agiter les ailes parcourt jusqu’à cinquante mètres horizontalement, pour remonter ensuite à une hauteur presque égale au point de départ.
- Et cela n’est que l’effet d’une cause très simple : la différence qui existe entre la surface de la projection verticale et la surface de la projection horizontale.
- Plus cette différence est grande et plus un corps progresse horizontalement étant donné une chute ou une ascension.
- Il est donc clair que la vitesse horizontale augmenterait si le vide existant, forcément, entre son corps et ses ailes était comblé : l’idéal à atteindre étant un disque infiniment mince, c’est-à-dire dont la différence des surfaces des projections verticale et horizontale soit la plus grande possible.
- Voilà pour les principes.
- Gomme on le voit, s’il n’est pas possible de copier la nature dans sa minutieuse perfection, on peut la surpasser: c’est ce que vient de prouver M. Capazza.
- Préoccupé tout d’abord de la stabilité de son appareil, en même temps que de la facilité de sa direction, M. Capazza a admis la forme lenticulaire, à bord circulaire uni et tranchant. Gette forme est suffisamment indiquée par la fi g. 2, qui représente l’aérostat coupé verticalement par son axe. AA sont deux cônes très aplatis, reliés par leurs bases au moyen d’un pourtour circulaire étanche à soufflet. Ce pourtour est recouvert par un bord bb, également circulaire, formé d’éléments extensibles qui lui permettent d’augmenter ou de diminuer de diamètre.
- Le ballon devant être absolument étanche, les
- surfaces développables des deux cônes seront formées au moyen de feuilles métalliques très minces, s’appuyant sur une charpente légère,
- dont lefe fermes croisées portent sur les co-mi êtes du pourtour et sur les parties centrales formant poinçon. L’intérieur des surfaces est tapissé d'hine
- couche inconductrice de là chaleur pour empêcher la condensation du gaz étant donnés des changements brusques de température.
- On comprend de suite que le ballon, rempli
- d’hydrogène, devra offrir un grand volume et être d’un grand diamètre à l’équateur, afin d’avoir une force ascensionnelle suffisante.
- Le sommet du cône inférieur est rentré, et
- Fi|
- forme une chambre de manœuvre (fig. 3) traversée à presse-étoupe par la tige centrale E formant poinçon du cône supérieur ; au-dessous de la chambre de manœuvre se trouve la nacelle, attachée par son centre à la gaine B, qui enveloppe la tige centrale, et qui est fortement fixée au cône inférieur.
- Un plancher F sert à porter les appareils de force ou la machine électrique, devant agir, au moyen de pignons, sur la tige centrale E, taillée en crémaillère à ce sujet, dans sa partie extérieure.
- Nous pouvons déjà, à l’aide des deux seules fig. 2 et 3 qui nous montrent la forme et les dispositions du nouveau système, nous rendre compte de ses qualités propres et de sa manœuvre.
- Si nous supposons l’appareil à terre, chargé de
- e 3
- Un double robinet H sert à l’introduction et à la sortie du gaz.
- Entre le plancher F et la nacelle G, solidaires entre eux par la gaine centrale, et reliés par une échelle brisée, est intercalé un rail DD, en arc, pouvant tourner complètement autour de la gaine B. Sur ce rail peuvent rouler des masses cc', reliées entre elles par une tige à crémaillère G engrenant avec un pignon, ou par tout autre moyen analogue. Le rail en arc est consolidé par deux bras venant s’appuyer sur l’embase e.
- 4
- son lest et ayant tout son monde à bord, et se trouvant alors en parfait équilibre, on conçoit qu il suffira de rendre l’appareil moins lourd de quelques cents grammes pour qu’il s’élève.
- Or, si la pression intérieure, au moment du
- r-*'
- X
- X
- Figures 5 et 6
- départ, est sensiblement égale à la pression barométrique extérieure, considérée au point où est le ballon, et si, par la tige E à crémaillère, au moyen d’un moteur, d’un treuil à main ou autrement, on éloigne tant soit peu entre eux les
- deux cônes AA, le volume du ballon augmentera, et son poids restant le même, il se trouvera être moins lourd que le poids du volume d’air déplacé. Il s’élèvera donc avec une vitesse d’autant plus grande qu’aura été grande l’augmentation de son
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- Première Année.— N° iS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION Ï>'E 1889.
- Dimanche 3 Mai i885- — 148.
- volume. Si cette augmentation e'tait de 1 mètre cube, la force ascentionnelle au départ serait de 1 kg. environ; et à mesure que l’on s’élèverait, la pression extérieure diminuant, l’appareil tendra
- Figure 7
- automatiquement à augmenter de volume, puisque la pression intérieure du gaz sera constamment supérieure à la pression atmosphérique durant l’ascension. Cela se voit du reste tous les jours :
- On se demande si la construction métallique de l’Aérostat-Capazza est possible. Nous affirmons que si et voici pourquoi :
- Si la surface de l’enveloppe était à double courbure telle que celle de la sphère et autres, ce serait presque impossible. Mais étant donné que le cône est dévelopable, c’est-à-dire qu’on pourra souder les feuilles, les unes aux autres, sur un grand plancher, la chose devient la plus simple du monde
- * *
- On parle de l’aluminium, à propos de ce beau projet et l’on se dit que, si ce métal était devenu industriel sa construction serait chose facile. La construction offrirait les mêmes petites difficultés, seulement l’aluminium pesant beaucoup moins
- LES LIVRES
- V
- Coblentx et Quiberon. Souvenirs du comte de Contades, pair de France, publiés par le comte Gérard de Contades. Dentu, éditeur.
- Nous prenons toujours un plaisir extrême à la lecture des Mémoires, c’est-à-dire du récit des événements par les hommes qui y ont été témoins ou acteurs. Ces dépositions personnelles ont la saveur des choses vécues. Pour l’observateur et le moraliste, le spectacle de la coulisse est plus intéressant souvent que celui du théâtre et les indiscrétions sur la pièce en apprennent plus que la pièce elle-même. Voici, sur les intrigues de l’émigration à Coblentz et sur les causes secrètes du désastre de Quiberon, le témoignage d’un homme sincère, _ que l’éducation avait rendu supérieur aux préjugés de sa caste, et que l’expérience devait rendre supérieur aux illusions de son parti.
- Erasme-Gaspard de Contades, né à Angers, le
- un ballon ordinaire rempli de gaz au 2/3 se gonfle durant l’ascension jusqu’à la limite de tension de l’enveloppe.
- Dès que cette masse énorme, offrant cependant à l’air la plus petite résistance possible, est mise en mouvement, la vitesse d’inertie vient s’ajouter à la force ascensionnelle, qui dans le cas présent se convertit en propulsion horizontale, et l’on arrive à obtenir de grandes vitesses sans moteur!
- Les figures 5 et 6 indiquent les courbes sinueuses que parcourra, vers n’importe quel point de l’horizon, l’Aérostat-Capazza.
- Pour passer de la période ascensionnelle à la marche de haut en bas, on déplace les poids ; l’appareil s’incline vers le but à atteindre et s’y dirige, obéissant aux lois de la pesanteur, car on a soin de rendre son volume d’un rien plus petit. Et par des raisons inverses l’aérostat progresse (fig. 7) comme il le fait durant l’ascension.
- La fig. 7 indique un appareil incliné, durant la période de chute. Ainsi le rail courbe qui supporte les poids est un gouvernail agissant sûrement dans le sens vertical aussi bien que dans le sens horizontal.
- que le cuivre ou le fer blanc, le navire de l’avenir, pèserait beaucoup moins : voilà tout.
- ¥ ¥
- La fig. 8 représente une flotille d’Aérostats-Copazza.
- En cas d’accident, on n’aurait qu’à placer l’appareil horizontalement comme on le voit dans la fig. 8 et la descente serait des plus lente.
- Si l’on tombe en mer; les voyageurs grimpent sur la cône supérieur au moyen d’échelles en soie, et voilà que l’aérostat devient un magnifique steamer.
- Tout plaide en faveur du nouveau système d’aérostations, car il n’y a plus ni poupe ni proue et on peut, à la seconde, changer la direction, si l’aérostat vient à être frappé de côté par une tempête.
- 12 mars 1768, était le petit-fils et le filleul , du marquis de Contades, qui reçut, le 24 août de la même année, le bâton de maréchal de France. Le 12 mars 1789, il était colonel du régiment des chasseurs à cheval de Picardie, qui devint, en 1791, le fic régiment de chasseurs. Ayant un vif sentiment du devoir et de l’honneur, il voyait l’un et l’autre à demeurer à son poste, et n’eût pas émigré, s’il eût pu faire autrement. Il y fut contraint par l’impossibilité de faire respecter la discipline dans son régiment, le ministère lui en ayant refusé les moyens. Il se regarda alors seulement comme libre, et se décida à partir pour Worms,puis pour Coblentz, où il subit, et dut trouver plus amère qu’un autre, étant indépendant et raisonnable, la première et non la dernière des leçons que réservaient aux hommes de ce caractère les intrigues, les erreurs, les fautes de l’émigration. C’est de ces leçons qu’il nous fait profiter, en homme qui n’a pas le désabusement égoïste, et trouve un plaisir de soldat à se venger de ses mésaventures de courtisan. C’est en soldat et non en courtisan qu’il nous introduit dans l’intimité des salons de Coblentz et nous fait faire connaissance avec les frivoles amazones de ce premier
- camp de l’émigration : mesdames de Balbi et de Polastron. Il y a là quelques pages qui en apprennent plus que bien des livres.
- Mais la partie la plus intéressante de l’ouvrage est sans contredit la relation de l’affaire de Quiberon, où il y a plus d’un détail vraiment nouveau et décisif. M. de Contades y joua un des principaux rôles. Il y vit tout de près, et il fait toucher du doigt les causes de l’insuccès de cette tentative hasardeuse. Jamais on n’a analysé comme il le fait le caractère énigmatique de M. de Puisaye et les faiblesses morales de ce général de cabinet, dont le génie n’était à l’aise que dans l’intrigue, et qui, mis à l’épreuve d’une campagne militaire, se montra au-dessous de son rôle et de lui-même.
- M. d’Hervilly n’est pas moins bien observé et jugé dans ses préjugés et dans ses fautes, expiées du moins par cette mort du soldat, à laquelle M. de Puisaye ne tenait pas du tout. Le récit du comte de Vauban est suivi pas à pas et rectifié dans ses inexactitudes par son collègue Contades avec une sévérité qui ne nuit pas à la clairvoyance et une passion qui ne semble être que celle de la justice et de la vérité. Cette francnise s’atteste par un témoignage décisif, en ce qui touche la prétendue capitulation qui a donné lieu à de si vives controverses. D’après M. de Contades, il y eut des pourparlers, il put y avoir, de la part des émigrés prisonniers, croyance à une capitulation. Mais cette capitulation n’exista jamais à l’état de pacte formel et de convention régulière. Ce n’est pas là le moindre des résultats acquis pour l’histoire, en vertu de cette déposition dont l’importance et l’intérêt ne sauraient trop être signalés.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Une Nuit de Cléopâtre à l’OPÉRA-COMIQUE.
- Lassé de modernisme, M. Carvalho en est revenu à Victor Massé, au populaire auteur des Saisons, de la Reine Topaze, de Galathée, des Noces de Jeannette, de Paul et Virginie. Le succès, comme on pouvait le prévoir, a été grand, car Massé est, avant tout, le mélodiste des foules, et le leader de l’art un peu bourgeois. Je préfère, pour mon goût personnel, les rêveurs délicats et profonds comme Félicien David, les passionnés et les pathétiques comme Bizet, les tourmentés et les tendres comme Hector Berlioz, mais l’art de Massé, qui a une façon moins haute et moins belle d’être français, reste toujours agréable à l’oreille et à l’esprit. Le sujet de son opéra en trois actes est des plus séduisants du reste, et l’on connaît la nouvelle de Théophile Gauthier qui a inspiré le livret de Jules Barbier. Cléopâtre s’ennuie au milieu de sa grandeur et des pompes royales : un jour, un pauvre égyptien amoureux d’elle, lui déclare sa passion, audacieusement, et avoue sa folie à la reine prestigieuse et redoutée. Par une de ces fantaisies particulières aux femmes désœuvrées, Cleopâtre accepte cet amour, mais pour une nuit seulement et à condition que l’imprudent s’empoisonne et meure au lever du jour. L’amoureux accepte et les trompettes de Marc-Antoine viennent terminer brutalement et solennellement ce drame intime.
- Il y aurait beaucoup à citer dans l’œuvre de Massé : ce n’est certainement pas de la musique où la couleur locale joue un grand rôle ; les décors sont chargés de ce soin, mais ses andante, ses cantabUe, ses allégros appassionato, ses canti-lènes et ses chœurs sont écrits avec franchise et avec éclat et produisent grand effet. Talazac est superbe, MUe Reggiani, très charmante. Quant à M11® Heilbronn, elle joint à son grand talent une beauté voluptueuse que rehausse encore son costume de bain, tout de gaze, avec une ceinture d’argent. Dans la préface de son livret, M, Jules Barbier, on ne sait pourquoi, a attaqué le wagnérisme « dont le présent éphémère, dit-il, sera tout l’avenir ». J’aime à croire cependant, tout en étant bon Français, que la romance de U Etoile du Tannha-cuse et le duo d'amour de Lohengrin, au troisième acte, ne seront pas effacés plus tard par Y oiseau s’enoole de Paul et Virginie et l’air de Y amour ignoré de Cléopâtre.
- Assurément, l’influence de Wagner est souvent néfaste pour nos jeunes compositeurs ; assurément aussi Tristan renferme de remarquables obscurités, mais il est incontestable que l’école nouvelle, dont Wagner et Berlioz sont les chefs, 11’est pas une quantité négligeable.
- En ce qui regarde nos jeunes musiciens qui se destinent au théâtre, ils auraient tort de copier ou Massé ou Wagner; qu’ils soient originaux, qu’ils fassent des chefs-d’œuvre comme Carmen, voilà ce qu’on leur demande.
- Et, à l’instar de Bizet, ils peuvent se montrer en môme temps, de grands symphonistes et des mélodistes inoubliables.
- Charles Grandmougix.
- Le Gérant, GARREAU
- Figure 8
- Tours. —Imp. E.ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, ü
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. Bulletin ; 2, Inauguration de l'Exposition d'Anvers ;
- 3. Inauguration de l'Exposition ' de Pesth ; 4. Echos ; 5. Banquet commémoratif; 6. Les livres; 7. Les Théâtres.
- BULLETIN
- L’ouverture de l’Exposition d’Anvers a eu lieu le 2 mai en présence de LL. MM. le roi, et la reine des Belges. La cérémonie d’inauguration a eu un caractère très imposant, très grandiose.
- L’installation de l’Exposition d’Anvers n’est pas à cette heure entièrement terminée, mais dès aujourd’hui l’on peut se rendre compte du rang important quelle est appelée à tenir dans les annales de ces grands concours internationaux qui marquent, en quelque sorte, dans notre siècle,les étapes successives de la civilisation et de l’industrie.
- L’affluence des exposants, à Anvers, est si considérable que le Comité exécutif se verra prochainement forcé d’agrandir les galeries destinées aux machines de toutes sortes.
- Dans le discours qu’il a adressé au roi, le président du comité exécutif, M. Victor Lynen, a tout particulièrement signalé l’importance de l’Exposition française.« La France, a-t-il dit, nous a offert un nouveau gage de son ancienne et durable amitié en nous envoyant un nombre considérable de ses produits qui occupent dans les halles de l’industrie plus de 20,000 mètres carrés, soit la cinquième partie de tout l’espace couvert. »
- On trouvera plus loin d’intéressants détails sur l’ouverture de l’Exposition ; nous les enregistrons avec satisfaction; ils nous permettent de prédire à l’Exposition d’Anvers un brillant succès ; ils sont une nouvelle preuve des relations d’amitié qui existent,' en se resserrant chaque jour, entre la France et une nation laborieuse et riche dont la neutralité et l’indépendance doivent, à tous les points de vue, nous être aussi chères qu’à elle-même.
- Presque à l’heure où le roi des Belges inaugurait l’Exposition d’Anvers, l’empereur François-Joseph présidait, à Buda-Pesth, l’ouverture de l’Exposition nationale hongroise. Comme l’a constaté le prince impérial Rodolphe dans le discours qu’il a adressé à l’empereur, cette exposition offre l’imposant spectacle de ce que la Hongrie est devenue dans un court espace de temps, grâce à la sagesse et au dévouement d’un gouvernement libre et à l’enthousiasme patriotique de la nation.
- A Anvers comme à Buda-Pesth, les sÿmpa-
- Dimanche 10 Mai 1885.
- thies exprimées en faveur de l’Exposition universelle de 1889 ont été unanimes.
- Il y aurait là, s’il en était besoin, pour le gouvernement français, un encouragement à ne pas différer davantage l’organisation définitive de l’oeuvre dont il a pris en décembre dernier la patriotique initiative.
- Sur ce point l’opinion est tout entière d’accord pour ratifier les vœux exprimés par MM. Antonin Proust, Dietz-Monnin, Teis-serenc de Bort au banquet commémoratif de l’Exposition de 1878 dont on lira plus loin le compte rendu. A. B.
- INAUGURATION
- DE
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- LA VEILLE DE L’EXPOSITION
- Dès le matin, Anvers est en proie à une fièvre inconnue jusqu’à ce jour dans l’antique cité si calme d’ordinaire.
- La superbe avenue des Arts offre un bien curieux coup d’œil avec tous ces hommes, ces femmes et même ces enfants portant des caisses, des cartons, des paquets, etc. Aujourd’hui le gros œuvre étant terminé, les maçons, charpentiers et couvreurs ont laissé la place aux tapissiers et aux exposants qui s’empressent de faire leurs étalages.
- Remercions en passant le gracieux secrétaire du comité de la presse qui nous remet notre carte de délégué.
- Il faut avouer qu’en arrivant devant le Palais nous avons un moment de désillusion. Les jardins sont à peine tracés; le grand bassin qui s’étend devant l’entrée principale n’est qu’ébauché ; la façade n’offre qu’une ossature métallique, d’après laquelle on peut présumer un édifice monumental , mais qui pour le moment ne présente qu’un aspect peu agréable.
- Entrons dans le vestibule. Les décorations sont terminées, les vélums sont posés, mais sur le sol quel encombrement, quel tohu-bohu ! Des caisses qui arrivent, des caisses que l’on ouvre, des caisses que l’on vide, encore et toujours des caisses !
- Le roi aurait, dit-on, répondu aux membres du Comité exécutif venus pour l’inviter à l’inauguration : « Surtout, messieurs, faites en sorte queje n’aie pas trop de caisses à /franchir!... »
- Cette crainte sera-t-elle justifiée demain ?
- Dans la section française règne la plus grande activité. M. Mouthiers , M. Lenoir, M. Suffît sont sur les dents. On met la dernière main à la salle des manufactures nationales où se trouvent déjà placés les produits de Sèvres et des Gobelins.
- Nos braves marins sont infatigables. Pieds nus, des balais et des seaux à la main , ils
- NUMÉRO 19.
- lavent les parquets à grande eau, se croyant sans doute sur le pont de la Bretagne.
- Peu d’exposants sont arrivés ; peu de vitrines sont prêtes.
- Les parquets sont coupés par endroits, et une locomotive remorquant plusieurs wagons s’avance jusqu’au milieu de la grande galerie.
- Comment le cortège passera-t-il demain dans ces parages ?
- Chaque allée est munie de rails Decauville sur lesquels courent des wagons minuscules que poussent nos marins.
- Un fait à noter : les grandes expositions comme celle de M. Thiebaut comprenant entre diverses œuvres remarquables , la statue équestre de Kléber et le Vase cle Gustave Boré, sont absolument prêtes, tandis que les petites vitrines sont à peine installées.
- Vingt mille personnes sont entrées à l’Exposition aujourd’hui.
- Comment les ouvriers peuvent-ils travailler au milieu de toute cette foule composée de curieux, d’exposants, d’ingénieurs, d’architectes, de journalistes , de soldats? Si ces derniers travaillaient, au moins. Il paraît que 2,000 hommes prêtés par le ministre de la guerre viendront donner le dernier coup de main.
- Le soir, les journalistes étrangers, au nombre de 150 environ, ont été reçus par les membres du comité international de la presse et les membres du comité belge de la presse dans les salons du magnifique immeuble de l’avenu© des Arts où 'sont installés les bureaux du Comité exécutif de l’Exposition, dont la façade du bâtiment est brillamment illuminée.
- MM. Victor Lynen, président du Comité exécutif de l’Exposition; Aug. Snieders , rédacteur en chef du Handelsblacl, président du comité belge de la presse ; Mees, représentant, M. Vanden Nest, échevin de la ville d’Anvers, et Koch, secrétaire du Comité exécutif, nous attendent.
- M. Victor .Lynen, au nom du Comité exécutif, spuhaite la bienvenue aux assistants.
- Nous sommes heureux, dit-il, de' recevoir, à lu veille de l’ouverture de l’Exposition universelle d’Anvers, les représentants de la presse universelle. Je le proclame, c’est à la presse que nous devrons le succès qui saluera demain l’œuvre de paix et de progrès que nous avons entreprise.
- Je dis une œuvre de paix, car c’est une œuvre de paix que celle qui.rapproche des hommes appartenant aux nationalités les plus diverses, qui les fait se connaître, s’estimer et s’aimer. C’est une œuvre de paix que celle qui invoque des idées de fraternité et de solidarité humaines. Notre œuvre est aussi une œuvre de progrès, car le grand concours qui s’ouvrira demain contribuera à consacrer toutes les tendances généreuses de l’activité humaine.
- Nous sommes heureux de vous recevoir et nous constatons avec plaisir que vous êtes venus en si. grand nombre.
- Nos souhaits de bienvenue partent du plus profond de notre cœur.
- M. Snieders prend ensuite la parole au nom du Comité belge de la presse.
- Anvers, dit-il, la vieille cité flamande, s’est fait de tous temps une renommée d’hospitalité qu’elle sera hère de soutenir.
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- Première Année. N° 19.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Mai i885. — i5o.
- La grande métropole, qui est devenue le centre du mouvement commercial de notre pays, vous voit avec bonheur accourir dans ses murs, au moment où va s’ouvrir l’Exposition universelle de 1885.
- Lorsque sonna l’heure où naquit l’idée de cette grande œuvre, tous les enfants de la cité anversoise, sans distinction de parti, se tendirent la main pour contribuer à faire réussir cette importante entreprise. Tous nos cœurs ont battu à l’unisson, tous nous ayons eu la même pensée.
- Merci à vous d’être venus parmi nous. Soyez les bienvenus. Nous ouvrons toutes larges nos portes, nous ouvrons aussi nos cœurs; puissiez-vous, lorsque vous retournerez dans votre patrie, rapporter de l’hospitalité flamande un long et doux souvenir.
- L’orateur s’adresse ensuite en flamand aux journalistes néerlandais. Nous sommes, dit-il, les enfants d’une même race et d’une même patrie.
- Trinquons ensemble d’après l’antique usage de notre pays, et buvons à la presse de tous les pays.
- On fait circuler le champagne sans lequel aucune fête ne peut avoir lieu dans ce pays. M. Lynen, levant son verre, porte alors le toast suivant :
- Je bois à la presse universelle; je bois à l’œuvre de paix et de progrès que nous sommes fiers d’avoir entreprise.
- Un triple hourrah accueille ces paroles. Des groupes se forment, les verres choquent les verres, on fraternise avec entrain.
- Il est neuf heures lorsque les délégués de la presse quittent l’avenue des Arts pour se rendre à l’hôtel de ville où a lieu la réception officielle.
- Ceux-ci ont été présentés au premier magistrat d’Anvers par M. Goemaere, rédacteur en chef du Précurseur, que nous ne saurions assez remercier de son accueil si cordial et si gracieux.
- C’est dans la nouvelle salle des mariages de l’antique hôtel de ville d’Anvers, tout récemment restaurée, que le bourgmestre d’Anvers a reçu officiellement les délégués de la presse.
- M. Goemaere a pris la parole en ces termes :
- J’ai l’honneur de vous présenter les enfants de la grande famille de la presse. Des intérêts divers les animent, mais tqus ils sont dévoués aux grands intérêts de l’humanité. Ils savent en venant ici que la cité que vous administrez a un double caractère, celui d’être attachée fermement à nos institutions nationales et celui d’être une ville cosmopolite qui, du ier janvier ou 3i décembre, ouvre largement ses portes aux travailleurs du monde entier.
- Ceux que vous recevez aujourd’hui sont les travailleurs du monde de la pensée. La Bélgique les attire parce qu’ils savent que cet heureux pays est comme un gage de paix, un élément d’union et de prospérité. Qu’elle reste le gage de cette paix et de cette union.
- Telle est, je crois, la signification de la présence parmi nous de tant de confrères, de tant d’amis.
- Ces paroles sont chaleureusement applaudies.
- M. le bourgmestre De Wael souhaite ensuite en termes chaleureux la bienvenue aux b ôtes de la ville d’Anvers qui viennent, dit-il, assister au tournoi pacifique auquel elle a convié le monde.
- Le premier magistrat d’Anvers boit au succès de l’Exposition de 1885 ; il porte un second toast au roi des Belges. (Longs applaudissements.)
- MM. Bigot, du XIXe Siècle ; Van Duyl, président du Journalisten Kring , d’Amsterdam ; Mullendorf, rédacteur de la Gazette de Cologne, Lax, du Times, et Byles, de l’Express répondent en français, en flamand, en allemand et anglais aux paroles de bienvenue du bourgmestre.
- Il est dix heures lorsque se termine la réception.
- A notre arrivée aux bureaux de LExposition, on nous avait remis la déclaration suivante.
- DÉCLARATION DU COMITÉ BELGE
- ET du
- COMITÉ INTERNATIONAL DE LA PRESSE
- Après de nombreuses démarches auprès de l’administration des chemins de fer de l’Etat belge et des négociations longues et laborieuses, nous
- étions parvenus à trouver, avec l’appui de M. le Commissaire général du Gouvernement et d’accord avec le Comité exécutif de l’Exposition, une combinaison qui nous permettait d’offrir, dans certaines limites, des billets de libre parcours à nos confrères du pays et de l’étranger.
- Le retard apporté à l’application des mesures convenues et les difficultés d’exécution soulevées au dernier moment par l’administration des chemins de fer ont forcé le Comité belge et le Comité international de la presse à renoncer à cette combinaison.
- Nous prions tous nos confrères de bien vouloir reproduire la présente déclaration.
- Anvers, le 25 avril i885.
- Pour le Comité belge de la Presse :
- Le Secrétaire délégué, Le Président,
- J. VAN DEN DrIES. AuG. SnIEDERS.
- Pour le Comité international de la Presse :
- Le Secrétaire, Le Président,
- Gust. Lemaire. A. Goemaere.
- LE JOUR DE L’INAUGURATION
- EN VILLE
- Une animation beaucoup plus grande que la veille règne en ville. Voitures et tramways sont littéralement pris d’assaut.
- Nous ne nous étendrons pas sur le grand déploiement de forces qui avait été fait en vue de l’inauguration. Tout le monde admirait la tenue des troupes et de la garde civique qui devaient former la haie (d’un seul côté du boulevard cependant) au passage du roi.
- A L’EXPOSITION
- Quelle transformation depuis hier! Personne n’aurait pu prévoir un résultat aussi brillant en visitantla veille les galeries. Les jardins sont presque terminés ; à l’intérieur on ne voit pas une seule de ces caisses qui hier encore faisaient le plus bel ornement de l’Exposition.. Tous ont accompli des prodiges de célérité, car les planchers sont entièrement terminés : les rails du chemin de fer ont disparu sous les parquets que l’on a même eu le temps de recouvrir de linoléum! Beaucoup d’expositions sont terminées ; le roi pourra donc admirer déjà de nombreux produits.
- L’ARRIVÉE DU TRAIN ROYAL
- Le train royal est arrivé à une heure et demie précise,signalé et salué par une salve de cinquante coups de canon.. Trois ministres avaient pris place dans le train avec la suite de LL. MM. et de LL. AA. RR. le comte, la comtesse de Flandre et le prince Baudouin.
- Dans le salon d’honneur préparé à la gare pour la circonstance,, la famille royale a été reçue et complimentée par M. De Wael, bourgmestre, assisté de ses échevins, en uniforme.
- Voici en quels termes le roi a répondu au compliment de bienvenue du premier magistrat de la cité anversoise :
- Je suis extrêmement touché des paroles que M. le bourgmestre d’Anvers vient de prononcer, en nous souhaitant d’une façon aussi cordiale la bienvenue dans la métropole du commerce de la Belgique. L’Exposition universelle qui va s’ouvrir contribuera, je l’espère, àaugmenterle mouvement du port d'Anvers et à étendre ses relations avec toutes les parties du monde. Nous sommes heureux de constater qu en ce moment d’ailleurs notre beau port est déjà le plus important du continent.
- L’Exposition universelle d’Anvers nous appellera plus d’une fois dans vos murs, et nous serons charmés d’avoir encore l’occasion de vous exprimer de tout cœur les sentiments qui nous unissent à la ville d’Anvers.
- La famille royale monte aussitôt dans les voitures qui doivent la conduire à l’Exposition.
- A LA SALLE DES FÊTES
- La grande salle des fêtes qui ne mesure pas moins de 4,500 m. c. est terminée et depuis 1 heure près de 7,000 personnes y ont pénétré.
- Un vélum s’étend sous la toiture entièrement vitrée ; les murs sont tendus d’étoffe rouge amaranthe et de quelques tapisseries anciennes des Gobelins ; le long des parois, des arbustes et des plantes de toute beauté.
- Devant l’entrée, au fond, l’estrade sur laquelle se trouvent l’orchestre et les chœurs, qui vont exécuter la cantate. Dans le haut, un orgue assez primitif, dans le bas, le pupitre-du maestro Peter Benoit.
- A gauche, le dais royal en velours rouge et crépines d’or, surmonté d’une immense couronne et orné du lion avec la devise :« l’Union fait la Force» Le dais se trouve surune estrade à laquelle on arrive par quelques marches et se trouve situé au-dessus de cinq sièges destinés à la famille royale. Sur cette estrade, autour-et derrière le dais, se trouvent le Corps diplomatique, les ministres, les membres du Parlement, de la magistrature,du barreau, les. officiers supérieurs, etc. A droite, l’estrade est occupée par les membres du Comité exécutif, les commissaires étrangers, la presse, les invités.
- 600 dames en toilettes claires forment autour du dais un parterre fort gracieux.
- Il est 2 heures 20; les musiques lointaines, annoncent l’approche du cortège royal ; (les clairons sonnent aux champs. Les membres du Comité vont au-devant du roi qui, quelques instants après, fait son entrée au bruit de nombreuses acclamations.
- La Brabançonne se fait entendre.
- Mais une Brabançonne revue, corrigée et augmentée par Peter Benoît.
- Le cortège royal est arrivé sur l’estrade ; le roi salue et s’assied, ayant à sa droite la comtesse de Flandre et à sa gauche la reine, le comte de Flandre et le prince Baudouin.1
- M. Lynen, président du Comité exécutif, gravit les gradins de l’estrade royale. Le roi se lève,tout le monde l’imite. M. Lynen donne-alors lecture du discours suivant :
- Sire, Madame, Altesses royales !
- Au moment d’ouvrir cette Exposition, à laquelle, il y a quinze mois à peine, nous invitions, au nom de la ville d’Anvers, tous les peuples de l’Univers, le Comité exécutif a pour premier devoir d’exprimer au roi ses sentiments de profonde gratitude.
- L’Exposition universelle d’Anvers , inaugurée aujourd’hui avec tant d’éclat, eut une origine des plus modestes. Le projet, issu de l’initiative privée, fut ratifié par la population anversoise tout entière.
- Au moment où la reconstruction de nos quais et le perfectionnement de notre outillage maritime s’achevaient , il semblait opportun de convier l’étranger à venir se rendre compte des avantages, de notre port et de l’intérêt qu’il présente pour le commerce du monde. Pour atteindre ce résultat, la voie était toute tracée. Il fallait organiser un de ces grands concours internationaux, où resplendit, comme dans une admirable synthèse, la puissance-créatrice de la science et du travail.
- L’œuvre était vaste, son exécution était entourée de difficultés de tous genres.
- Au milieu des embarras de la première heure, des craintes décourageantes qui se manifestaient, autour de nous, nous nous adressâmes avec confiance au monarque éclairé, dont la sollicitude s’étend à tout ce qui peut contribuer au développement du commerce et de l’industrie.
- Votre Majesté, Sire, daigna accorder à notre œuvre naissante son haut et puissant patronage. Forts de cet appui, nous avons travaillé résolument au succès de cette entreprise.
- En voyant aujourd’hui rassemblés autour de Vos Majestés et de Vos Altesses royales les représentants de tant de pays divers, les ministres du roi et. les membres de notre législature, les grands corps de l’Etat et les hommes les plus marquants des deux mondes dans l’industrie , le commerce, la., science et les arts, cette foule enfin, venue de toutes-les parties du pays et de l’étranger, nous sentons notre reconnaissance s’accroître pour Votre Majesté. Le pays, Sire, vous rendra avec nous le témoignage que c’est grâce au concours que Votre Majesté a bien voulu nous accorder, que notre appel a été compris et accueilli.
- Nous associons dans nos sentiments de respectueuse reconnaissance Son Altesse royale le comte de Flandre , qui a daigné accepter la présidence d’honneur du Comité belge , et n’a cessé de nous encourager par les marques du plus vif intérêt.
- Le gouvernement du roi n’a pas hésité non plus à seconder nos efforts. Nous rendons en ce jour un solennel hommage à l’intelligente et efficace protection qu’il a accordée à notre œuvre.
- Son premier acte fut de constituer le Comité belge, composé d’hommes éminents , qui ont entraîné la coopération des industriels et des commerçants du pays.
- La nomination aux fonctions de commissaire-général du gouvernement d’un homme sympathique
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- i.L. — Première Année — N° 19.
- qui, déjà, avait représenté la Belgique à plusieurs •expositions antérieures , a puissamment contribué à nous obtenir le concours des gouvernements étrangers.
- Qu’il nous soit permis de payer également notre tribut de reconnaissance à l’administration communale de notre ville et à son chef qui a accepté, dès le premier jour, la présidence d’honneur de notre comité, et appuyé toutes nos démarches pour le succès de notre œuvre.
- La presse belge et étrangère a droit aussi à nos vifs remerciements. C’est elle qui a porté au loin l’appel que nous faisions à tous les peuples, et fait comprendre le but élevé que nous poursuivons.
- C’est au concours empressé de tous ces dévouements, s’inspirant de notre belle devise nationale : « l’Union fait la Force », que nous devons le succès qu’il nous est donné de constater en cette solennité.
- L’espace couvert de soixante-dix mille mètres carrés que nous avions prévu à l’origine s’est trouvé bientôt trop étroit. Il a fallu élever successivement des constructions nouvelles, jusqu’à donner aux halles de l’industrie et des machines une superficie totale de cent mille mètres carrés. Ce chiffre indique suffisamment l’importance de l’Exposition qui va s’ouvrir.
- Parmi les grandes nations, la France, la première •a répondu à l’invitation de notre pays, par un acquiescement qui reçut l’approbation”immédiate etyinanime des pouvoirs publics. La nation elle-même nous a offert un nouveau gage de son ancienne •et durable amitié, en nous envoyant un nombre considérable de ses produits, qui occupent dans les halles de l’industrie et dans la galerie des machines plus de vingt mille mètres carrés, soit la cinquième partie de tout l’espace couvert. Dans un merveilleux pavillon élevé dans les jardins, elle a voulu placer sous nos yeux une image réelle et pittoresque de l’architecture et des richesses de ses nombreuses colonies.
- Les autres grandes nations dé l’Europe ont donné à la Belgique des marques non moins éclatantes de leurs sentiments amicaux.
- En Angleterre, la Commission de patronage compte parmi ses membres les lords-maires des principales cités, des illustrations scientifiques, des notabilités du Parlement, de l’administration, du haut commerce et de la grande industrie.
- En Allemagne, des comités régionaux, spontanément formés à Berlin, à Cologne, à Mayence, à Mannheim, nos consuls , les chefs d’industrie et les plus modestes exposants eux-mêmes ont rivalisé d’initiative, d’énergie et de sacrifices. Ces efforts collectifs ou individuels ont été généreusement et efficacement secondés par la nombreuse colonie allemande d’Anvers, par le 'comité choisi dans son sein et son-infatigable délégué. Grâce au concours de toutes, ces bonnes volontés, l’Allemagne occupe ici une place véritablement digne de cette grande nation.
- L’ Autriche, dont le renom va toujours grandissant dans les arts et dans l’industrie, n’a pas fait moins pour conquérir parmi nous de nouveaux et précieux suffrages. L’étroite alliance des deux . familles régnantes a largement contribué au succès de l’exposition autrichienne. S. M. l’empereur François-Joseph, S. A. I. et R. l’archiduc Rodolphe lui ont accordé leur haut appui, et S. A. I. l’archiduc Charles-Louis a accepté la présidence d’honneur •de la Commission instituée à Vienne.
- U Italie qui, elle aussi, marche à.pas rapides dans les voies du progrès, a fait pour nous un choix de ses plus remarquables productions.
- La Russie ne s’est pas bornée à envoyer son adhésion officielle ; elle a tenu à se faire représenter par la plupart des produits de ses industries de plus en plus florissantes.,
- Parmi les autres Etats de l’Europe qui nous ont accordé leur précieux concours, signalons tout d’abord les Pays-Bas ; nous avons là des amis, des frères, que nous entourons de nos plus vives sympathies. Nous leur souhaitons la bienvenue, comme aussi à nos frères du Grand-Duché de Luxembourg.
- G'Espagne et le Portugal avec leurs colonies, la Suède et la Norvège le’ Danemark, la Suisse, la Turquie, la Serbie, la Roumanie, la Grèce, la Principauté de Monaco, ont également répondu à notre appel.
- L’Europe entière est venue au rendez - vous de 188 5.
- Ce n’est pas seulement l’Europe qui donne à la Belgique cet éclatant témoignage de sympathie, mais aussi l’Amérique : les Etats-Unis, le Canada, le Brésil, la République Argentine, celles de l’Uruguay , du Paraguay, de San-Salvador et de Haïti.
- L’extrême Orient, l’Asie, nous envoient les tissus, les joyaux , les émaux, la fantaisie et la féerie de l’Inde, de la Chine-et du Japon.
- L’A rique même est représentée, non seulement par Y Egypte, la Tunisie et 1 ’ Algérie, mais encore par le premier Etat libre de nègres affranchis, la République de Libéria.
- Comme pour rendre plus significatif le rapprochement de tous des peuples, '"M. F. de Lesseps nous montre ses œuvres entreprises pour les rapprocher d’avantage encore , le canal de Sue% et celui de Panama.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Mai i885.
- A toutes ces nations, grandes et petites, à tous ceux qui nous honorent de leur concours, nous disons du fond du cœur : Merci !
- Soyez les bienvenus sur le sol hospitalier de la Belgique, au sein de notre vieille cité d’Anvers. Puissent tous ceux qui ont contribué à cette 1 imposante manifestation de l’intelligence et de l’activité humaine recueillir les fruits de leur labeur et de leurs sacrifices.
- Puissent les peuples unis un jour par le sentiment de la fraternité universelle , supprimant les lois prohibitives qui aujourd’hui encore entravent les relations commerciales, travailler tous ensemble pacifiquement à la prospérité commune.
- Puissent les producteurs des deux mondes, patrons et ouvriers, unis par leurs intérêts réciproques, dépouillés de tous sentiments d’antagonisme, ne former plus qu’une seule société.
- En face de ce grand fleuve, l’Escaut, de ce port ouvert à l’activité de tous les peuples, qu’il me soit permis d’exprimer ces généreuses espérances.
- Et ces vœux, Sire, ne sont pas une illusion. A la conférence de Berlin ils ont reçu une sanction éclatante. La grande œuvre à laquelle Votre Majesté a indissolublement attaché son nom ne repose-t-elle pas sur cette même idée pacifique de Liberté et d’Union? Liberté commerciale pour tous, et application aux rapports entre nations des règles du droit et des lois de la Justice !
- Sire, Madame, Altesses royales,
- En demandant à Vos Majestés de vouloir bien présider àl’inauguration de l’Exposition universelle d’Anvers, nous ne pouvons mieux traduire nos sentiments que par ce cri, qui est au fond du cœur de tous les Belges et que répéteront avec nous tous les amis de la paix et du progrès à quelque nation qu’ils appartiennent :
- Vive le Roi !
- Vive la Reine !
- Vive la famille royale !
- L’assistance entière s’associe à ces vivats.
- ' Le roi prononce alors les paroles suivantes :
- Je remercie sincèrement le président du Comité exécutif de l’Exposition des bonnes paroles qu’il vient de nous adresser. Je le remercie surtout de s’être fait si bien l’interprète de nos sentiments en parlant du vif intérêt que les miens et moi nous portons à la grande entreprise qui nous rassemble en ce moment.
- J’ai été fort heureux, je me plais à vous l’assurer, d’accorder mon patronage à l’Exposition d’Anvers, comme mon frère l’a été, de son côté, d’en devenir le président d’honneur.
- C’est la première fois qu’une Exposition universelle est ouverte en Belgique.
- Je lui souhaite une brillante réussite et je m’associe à son président pour saluer avec une cordiale sympathie tous ceux qui ont bien voulu y prendre part.
- Des bouquets sont ensuite offerts à la reine par deux jeunes filles anversoises qui reçoivent de gracieux remerciements.
- LA CANTATE
- Tous les pays ont à subir un monopole quelconque; les Belges, eux, ont le monopole-maestro, incarné dans la-personne de M. Peter Benoît. Pas de fêtes officielles sans cantate; pas de cantate sans Peter Benoît. Par exemple, son « Feestzang » ou « Chant de fête », écrit en vue de l’inauguration d’aujourd’hui, a dû lui prouver que nul n’est prophète dans son pays. De maigres applaudissements ont accueilli la fin de ce morceau long, pénible et laborieux. Comme chant de fête, ce n’est pas ce que l’on peut rêver de plus gai. — Le canon, auxiliaire obligé de Peter Benoît, a absolument refusé de se faire entendre au moment voulu. Le maestro lui-même devait donner le signal du coup de-feu; mais ce signal, on ne sait pour quelle cause, 11’est pas arrivé à sa destination.
- Un quart d’heure plus tard, alors que toute la cantate était terminée, un formidable coup parc. Grand émoi ! la dynamite ! 11 n’en était rien, c’était le malheureux canon qui sans doute pris de remords se décidait à partir.
- Le poème est écrit en flamand ; seulement comme les beautés de cette langue ne peuvent être saisies que par fort peu de personnes, la commission -a trouvé nécessaire de faire publier le livret en français, en allemand et en anglais.
- Voici une strophe de ce poème :
- Béni, béni, béni
- Soit le saint travail, qui sur la terre,
- Comme le soleil et la pluie de Dieu,
- Fait éclore la prospérité et l’abondance !
- Qu’il fasse fleurir l’art, l’industrie, le commerce,
- Croître les vertus civiques et la concorde Sur le libre sol de nos aïeux !
- Qu’il amène enfin le règne du droit, de la raison,
- De la fraternité et de la paix éternelle
- Sur toute la face du globe terrestre !
- UN INCIDENT
- M. Peter Benoit, pour un musicien aussi bruyant,n’aime pas le bruit à moins que ce ne soit lui qui le fasse.
- Au début de la cantate, trouvant probablement que les six mille personnes entassées dans la salle des fêtes n’étaient pas assez silencieuses, il a arrêté net ses 1,500 exécutants, s’est retourné et a attendu qu’une seule personne (sur 6,000, c’est de l’exigence !) fût assise pour daigner commencer son exécution. Que voulez-vous, le monopole !
- L’INAUGURATION DE L’EXPOSITION
- La cantate terminée, le roi, la famille royale et leur suite, se sont dirigés par les jardins vers l’entrée principale.
- Le cortège a d’abord parcouru la section russe où il a été reçu par M. Baeckmann, commissaire général. Tout le monde s’extasiait devant les soldats du czar dont le moins grand ne mesurait pas moins de 5 pieds 6 pouces. De fort beaux arbustes décoraient la galerie.
- En arrivant à la section belge, le roi s’est arrêté devant l’exposition collective des brasseurs belges.
- Sa Majesté ayant manifesté le désir de prendre un verre de bière, on lui a offert une magnifique coupe en cristal taillé. Comme il n’y en avait qu’une seule, toute la famille royale a dû boire dans le même verre.
- Le cortège s’est ensuite dirigé par la nef centrale vers la galerie des machines.
- Cette galerie est séparée du reste de l’Exposition par une rue, que l’on a dû couvrir par une plate-forme à laquelle on accède par un escalier monumental.
- A l’arrivée du roi sur cette plate-forme, les machines se sont mises en marche. M. Moreau, ministre de l’agriculture , de l’industrie et des travaux publics, a alors prononcé l’allocution suivante :
- Sire, Madame,
- L’inauguration de l’Exposition internationale d’Anvers réunit aujourd’hui autour de Vos Majestés les grands corps de l’Etat,Tes représentants des pays étrangers, et un grand nombre d’hommes qui consacrent à l’industrie, au commerce et aux arts, leur temps, leur fortune et leur intelligence.
- Tous, sans distinction de nationalité, se sont donné rendez-vous à ces fêtes solennelles, pour applaudir aux progrès du génie humain. v On doit à l’initiative de quelques hommes de cœur, l’idée heureuse et féconde d’élever dans notre métropole commerciale, dans cette antique cité où se lient si merveilleusement les chefs-d’œuvre artistiques du passé avec les travaux gigantesques du présent, un temple-immense voué à la glorification des conquêtes de l’intelligence sur les forces brutales de la nature.
- L’idée, mise en avant par de généreux promoteurs a été réalisée par la nation entière.
- Votre Majesté a daigné la prendre sous son auguste patronage ; Son Altesse Royale le comte de Flandre a bien voulu accepter la présidence d’honneur de la commission belge; le gouvernement s’est joint à la Société de l’Exposition pour donner à l’entreprise plus d’ampleur et plus d’éclat; les pays étrangers, sollicités par nous, se sont rendus à notre invitation ; nous devons à leur empressement le juste tribut de notre reconnaissance, comme à leurs œuvres et à leurs produits le tribut de notre admiration.
- Nous reconnaissons avec joie le talent et le zèle de ceux qui n’ont épargné ni veilles ni fatigues pour édifier ces vastes locaux, et pour en ordonner, avec art et symétrie, toutes les parties, tous les détails. Nous remercions les commissaires et tous leurs actifs collaborateurs, belges et étrangers,
- (Voir la suite, page 146.)
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- i52 et 153. — Première Année. — N° iq
- LE MONITEUR
- LA VILLE
- Nous avons parlé, dans notre dernier numéro, de quelques-unes des curiosités que renferme la ville d’Anvers et nous les avons énumérées en quelques mots. On nous permettra aujourd’hui de revenir un peu en arrière pour donner quelques détails complémentaires sur le Musée Plantin. C’est, comme on le sait déjà, la maison du célèbre imprimeur Christophe Plantin, né à Tours, en 1514, et mort, en 1589, à Anvers, où il s’était établi dès 1555.
- Achetée par la ville en 1876, avec son imprimerie, ses meubles, ses tableaux et autres collections, l’hôtel Plantin est un spécimen unique en son genre de la maison bourgeoise flamande à la fin du xvie siècle.
- C’est, de plus, une véritable exposition rétrospective au point de vue de l’imprimerie, car tout, ateliers, presses, outillage complet, y est resté dans son état primitif. Les anciennes tapisseries flamandes, les portraits de famille par Rubens et Le Steen
- les copies d’après les maîtres
- italiens, signées de la même main, les manuscrits et miniatures des xie, xiie, xve siècles, la librairie, avec ses magnifiques ouvrages sortis des grandes imprimeries du temps, dessin représente la vaste et haute salle couverte en verre,
- Resté seul au milieu du quai , épargné par la pioche des démolisseurs, il a ôté dégagé des constructions environnantes par les nouveaux travaux des bassins de l’Escaut, qui, s’ils répondent aux besoins d’une grande ville commerçante et d’un des ports les plus importants de l’Europe, ont fait perdre à cette partie de la ville beaucoup de son pittoresque et de son caractère archaïque.
- Le Steen renferme aujourd’hui un « Musée d’Antiquités » On peut y admirer des antiquités de toutes sortes, de beaux meubles des xve, xvi° et xvn° siècles , des armes et des armures, de vieilles vues d’Anvers, etc., etc. La cour, comme on le voit dans notre gravure, renferme quelques colonnes du plus beau style gothique provenant de l’ancienne Bourse, magnifique édifice qui fut construit en 1531 par dom van Waghemakere, et détruit par un incendie en 1858.
- Le nouvel édifice, de même style que l’ancien, mais de proportions considérablement plus grandes, s’élève sur le même emplacement. Il est dû à M. Jos-Schadde, qui l’a reconstruit de 1869 à 1872. Notre
- les vieux meubles, font de cette maison une véritable évocation du passé, et l’on se croirait, en parcourant ces salles, transporté tout à coup dans un autre âge par le coup de baguette de quelque enchanteur puissant.
- C’est là, nous n’hésiterons pas à le dire, une des curiosités les plus intéressantes de la ville, et le visiteur, une fois l’entrée franchie, a peine à s’en éloigner.
- Le Steen, dontnous donnons ici unevue intérieure, est une partie de l’ancien château d’Anvers , dont l’origine remonte au x°siècle
- et qui, après avoir, jusqu’en ‘ La Bourse
- 1549, appartenu aux seigneurs de la contrée, passa entre les mains de Charles-Quint, qui en fit don à la ville.
- L’Inquisition y siégea sous la domination espagnole ; des oubliettes et autres recoins lugubres en font toi et rappellent encore aujourd hui l’ancienne destination de l’édifice.
- longue de 31 m. large de 40 et entourée d’une double galerie à 68 colonnes, dont les arcades sont découpées en trèfles gothico-maures-ques. Sur la galerie supérieure donnent le Tribunal de commerce et les bureaux du Télégraphe. Le plafond est soutenu par une belle ferme en fer forgé.
- Il ne faut pas oublier un ancien puits, surmonté d’un dôme de feuillage en fer forgé, dont nous donnons ici la reproduction, et qui s’élève à quelques pas du grand portail de la Cathédrale. « On l’attribue à Quentin Massys, en son temps forgeron et plus tard célèbre peintre », comme dit son épitaphe, et qui quitta, dit-on, l’enclume pour obtenir la main d’une jeune fille que son père, un peintre, ne voulait donner qu’à un artiste comme lui.
- Le forgeron, comme un prince de conte de fée, sur-
- Dimanche (O Mai i885
- D ’ A N V ERS
- monta cet obstacle en [délaissant le marteau pour la palette, et peignit ainsi le chef-d’œuvre intitulé la Mise au Tombeau. Anvers est aujourd’hui un des premiers ports marchands du monde, grâce aux magnifiques travaux dont l’inauguration aura lieu pendant la durée de l’Exposition, et qui permettront aux navires du plus fort tirant d’eau de venir se ranger le long des beaux quais qui bordent l’Escaut.
- La vue de la rade que l’on voit dans nos colonnes donne une idée exacte de ce que sera ce port une fois les nouveaux bassins ouverts et les grands travaux terminés.
- Anvers possède 22 places publiques, dont la plus curieuse est sans contredit la Grand-Place, sur laquelle se trouvent l’Hôtel de Ville et un grand nombre de maisons datant des xvie et xvn° siècles.
- La maison delà Vieille-Arbalète, qui porte le n° 17, a été construite en 1313 ; celle des Drapiers, n° 36, fut réédifiée après le sac de la ville par les Espagnols , en 1644; enfin celle des Charpentiers, n° 40 , date de 1646.
- Comme leur nom l’indique , tous ces édifices sont des maisons de corporations.
- La place Verte, qui était autrefois le cimetière de la cathédrale , est une des plus belles promenades d’Anvers.
- On y voit la superbe statue de Rubens , par Guillaume Geefs.
- C’est sur la place de Meir que se trouvent la maison de Rubens, dont
- nous avons parlé dans notre dernier numéro, et la maison du roi qui fut bâtie en 1755 pour le bourgmestre d’Anvers.
- Les anciens remparts ont été convertis, depuis une trentaine d’années, en grandes et belles avenues.
- L’ancien fort, connu autrefois sous le nom de « Lunette d’Herenthals », est devenu un superbe parc mesurant plus de 12 hectares de superficie.
- Les fossés dù fort ont été
- transformés en superbes pièces d’eau et cascades , sur lesquelles passe un pont suspendu.
- Dans le parc on remarque encore un monument
- Le Puits de Quentin Metzys
- Vue aene'ralc de la Rade
- élevé à Quentin Massys et un autre au poète flamand Théod Van Ryswick.
- Le Jardin zoologique est le premier de la Belgique et un des plus remarquables du monde entier.
- Il renferme de fort belles collections d’animaux.
- C’est là que pour tous les jardins zoologiques on vient chercher les oiseaux rares et surtout les faisans.
- Les visiteurs de l’Exposition qui se trouveront à Anvers .dans les premiers jours de septembre devront assister aux ventes qui ont lieu dans ce jardin et qui produisent plus de 300,000 francs.
- La nouvelle enceinte fortifiée, qui fut décidée en 1839 , englobe les faubourgs de Borgerhout, de Ber-ghem et le Dam.
- Près de 3 3 millions ont été affectés à la construction des nouvelles fortifications dont le périmètre ne mesure pas moins de 14 kilomè-. très.
- Au nord, contre l’Escaut, une formidable citadelle défend le fleuve.
- Les projets de ces fortifications sont dus au colonel Brialmont , qui a adopté le système polygonal employé en Allemagne.
- Toute l’enceinte est précédée de fossés de 70 mètres de largeur et percée de 16 portes, dont la plus belle est celle de Malines que l’on voit à droite du chemin de fer en arrivant de Bruxelles.
- Un vaste camp retranché, formé précède cette redoutable enceinte, qui fait d’Anvers une ville vraiment imprenable et lui donne un cachet tout particulier.
- Chose vraiment remarquable et tout en l’honneur de l’activité des Anversois et des Belges, en général, c’est que tous ces immenses travaux, ces fortifications gigantesques , ces fossés énormes, ces masses de maçonnerie n’ont demandé alors que cinq années pour leur entière exécution..
- H.-F. C.
- de neuf forts détachés
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- Première Année. — N° 19.
- auxquels nous devous les succès qu'il nous sera donné d’applaudir dans un instant. Ces efforts et ces travaux serviront, nous en avons le ferme espoir, la grande cause de la civilisation ; ils-mar-queront dans l’histoire, à l’honneur de notre pays, la date de 1885, déjà si brillamment illustrée par les vastes entreprises de Votre Majesté.
- Sire,
- Aux félicitations que de toutes parts Votre Majesté a reçues à cette occasion, la Belgique est heureuse et iière de joindre ses acclamations dans une solennité sans précédent dans les fastes de son passé.
- Après avoir reçu dans les expositions internationales P hospitalité fraternelle de tous les_ pays, après s’être mesurée dans ces luttes pacifiques avec les industries étrangères, la Belgique a osé à son tour convoquer ses hôtes d’autrefois.
- Ils ont répondu à son appel, et notre pays, fort de ce glorieux concours, contemple avec bonheur l’œuvre qui le grandit et qui l’honore.
- . C’est dans l’élan de ce légitime orgueil, devant le monde entier ici réuni, qu’il salue dans son roi le protecteur des arts et de l’industrie; c’es.t dans ce même élan qu’il admire chez sa reine bien-aimée cette sollicitude éclairée pour les arts, et cet intérêt constant pour toutes les branches de notre activité nationale.
- C’est avec une satisfaction profonde qu’en cette heure de joie et de succès, il associe dans les mêmes sentiments de reconnaissance, aux noms vénérés de Vos Majestés, ceux de LL. AA. RR. le comte et la comtesse de flandre et de la Famille royale.
- Sire,
- Au nom du gouvernement, des pays étrangers ici représentés et de tous les exposants, je. prie Votre Majesté de déclarer ouverte l’Exposition universelle d’Anvers.
- Le roi, sur lu proposition de son ministre de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics, a déclaré ouverte- l’Exposition internationale d’Anvers en 1885.
- Après un dernier coup d’œil donné sur la magnifique galerie des machines, le roi s’est rendu à la section française où nos marins faisaient la haie.
- Sur le seuil de la salle des Manufactures nationales se tenaient ; M. le comte de Mon-tebello, notre ministre à Bruxelles; M. Robeis Borghers, commissaire général; M. Monthier, MM. Lenoir et Suffit qui ont dirigé les travaux d’installation.
- Citons encore : MM. Dietz-Monnin, Teisse-renc de Bort, sénateurs; Antonin Proust, Félix Faure, députés ; MM. Barbedienne, Bouilhet, Wolff, Muzet et Lauth.
- Le roi s’est entretenu fort amicalement avec plusieurs de ces messieurs, notamment avec M. Lauth, le savant directeur de la manufacture de Sèvres, qui a eu l'honneur de faire hommage à la reine, au nom de M. Grévy, président de la République, de deux merveilleux vases faits d’une pâte nouvelle inventée par M. Lauth lui-même.
- Ces vases ne sont pas remarquables par leurs dimérisions, mais par la perfectionne leur exécution artistique. Ils sont de couleur bleu foncé, et sur leurs flancs se détachent en blanc et noir des groupes d’un dessin exquis, représentant l’Industrie, le Commerce, l’Agri culture et les arts de la paix.
- Le cortège a ensuite parcouru les sections italienne et allemande.
- En arrivant à la section hollandaise, la reine reçoit un bouquet aux couleurs nationales, porté à grand’peine par deux marins.
- Après avoir traversé les autres sections, le roi a de nouveau traversé les jardins et s’est rendu à l’Exposition des beaux-arts.
- A propos de cette Exposition, citons une correspondance d’un journal belge, l’Étoile :
- On nous écrit d’Anvers ;
- Le fait étrange si justement relevé par notre collaborateur artistique des nombreux emprunts faits aux Musees royaux de l’Etat d’œuvres déjà anciennes pour combler les vides créés par l'ostracisme du jury d’admission de la section belge à l’Exposition universelle des beaux-arts à Anvers, transformée _ ainsi en Exposition rétrospective, soulève de violentes récriminations de la part des commissaires et des exposants étrangers. Il fallait nous prévenir, disent notamment les Français, et nous eussions eu le choix au Musée du Cu-xem-
- LE MONITEUR DE* L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 10 Mai i885. — 154.
- bourg, où ne figurent que les tableaux des artistes modernes vivants. Dans les conditions présentes, la lutte est inégale. Elle a lieu à armes inégales et cela, chose grave, par la faute des promoteurs du grand tournoi artistique.
- De tous côtés s’élève un concert de réclamations contre le jury. C’est ainsi que l’on a vu avec indignation, reléguées à l’extrémité de la section belge, dans un petit salon, les superbes toiles de M. Alfred Stevens, dont l’une, une page superbe, la Femme au bain, n’est même pas placée à la rampe.
- On ne^saurait trop flétrir pareil procédé vis-à-vis d’un maître dont on parlera encore, lorsqu’on ne se souviendra même plus du nom de la plupart de ceux qui s’étalent au grand Salon.
- Ce n’est pas tout : le jury d’admission, après avoir poussé le.rigorisme jusqu’à l’injustice et à la cruauté, s’est montré après coup, dit-on, indulgent à l’excès, ery recevant presque sans contrôle des tableaux d’élèves anversois.
- LE BANQUET ROYAL
- Ler soir à 7 heures et demie, le banquet royal avait lieu dans la grande salle de l’Harmonie magnifiquement décorée.
- Le roi a le premier pris la parole en ces termes :
- Je tiens, a dit Sa Majesté, que le premier toast de ce banquet soit adressé aux souverains, aux chefs des Etats, et par conséquent aux nations dont les représentants m’entourent.
- Je vous demande, Messieurs, de vider comme moi vos verres en leur honneur.
- Après ce toast vivement acclamé, M. Léopold De Wael, bourgmestre d’Anvers, s’adressant à Leurs Majestés et à Leurs Altesses Royales, a porté le toast suivant ;
- Sire, Madame, Altesses royales,
- Le toast-que j’ai l’honneur de porter, au nom de la ville d’Anvers, à Vos Majestés, à Vos Altesses Royales, est l’affirmation renouvelée de la fidélité de notre population au roi. et de son inébranlable attachement à la dynastie nationale. (Applaudissements.)
- Anvers sait que le bien de la Belgique est le but de toute la vie du roi et il a la volonté de répondre dignement, parle travail et le patriotisme, aux efforts de Votre Majesté pour assurer la richesse et la grandeur morale de la patrie. (Applaudissements.)
- L’Exposition universelle, que Votre Majesté a bien voulu prendre sous son patronage, et dont les travaux se sont accomplis sous la présidence d’honneur de S. A, R. le comte de Flandre, est la manifestation la plus récente de l’œuvre commune, de la royauté et du peuple pour grandir le patrimoine national..
- Cette émulation entre la nation et le roi, poulie bien du pays, nous sommes heureux de pouvoir la constater une fois de plus en présence du prince qui revendique, comme son plus beau titre, celui d’être l’artisan de la prospérité nationale et dont le cœur bat à l’unisson du nôtre. Avec lui nous sommes fiers de ce témoignage de considération que toutes les nations du monde donnent à la Belgique en acceptant de prendre part, sur notre territoire, à ces luttes pacifiques du commerce de l’industrie, de l’art et de la science. ’
- Ce n’est point sans orgueil non plus que nous constatons, dans ces nobles compétitions, les mérites de notre travail national. L’énergie de nos courageuses populations n’aurait jamais pu réaliser d’aussi merveilleux progrès sans la sagesse .des Constituants, qui ont assuré à la Belgique une existence paisible dans la liberté, en la dotant d’une organisation fondamentale, dont l’excellence n’est pas surpassée.
- La Belgique, depuis 55 ans, a, pour armure inviolable, la Constitution et la Monarchie, nos deux propriétés nationales les plus chères, les plus précieuses et que nous entourons d’un égal respect, d’un égal attachement. (Applaudissements.)
- Sire, Madame,
- Les exemples descendus du trône, la sagesse de deux grands règnes, légitiment ces sentiments dans le cœur de tous les Belges.
- Messieurs,
- En buvant au roi, nous buvons à la fois au gardien de nos droits, à l.a plus haute personnification de la vérité constitutionnelle et au prince éclairé, qui a. su, sur le continent africain, accomplir, aux applaudissements du monde civilisé, une œuvre sans exemple dans l’histoire des peuples, œuvre dictée par les plus nobles mobiles, parmi lesquels se retrouve en première ligne celui qui a inspiré tous les actes de sa vie, le bien de la Belgique. (Applaudissements prolonges.,
- Nous associons toujours notre gracieuse reine) LL. AA. RR. le comte et la comtesse de Flandre,
- aux vœux que nous adressons à notre roi : nous savons que le bonheur de la Belgique est l’objet de leurs constantes préoccupations.
- Nous nous félicitons aussi de voir au milieu de nous Son Altesse Royale le prince Baudouin, auquel nous offrons nos sentiments de respectueuse affection.
- Messieurs,
- Levez avec moi vos verres pour boire à
- Léopold II, roi des Belges, souverain de l’Etat libre du Congo ! (Vifs et chaleureux applaudissements.)
- A la reine !
- A la famille royale !
- De frénétiques acclamations ont salué la péroraison de ce discours.
- Le roi s’est levé et a répondu dans les termes suivants:
- Je remercie M. le bourgmestre de la ville d’Anvers d’avoir, en termes si chaleureux, proposé ma santé, celle de la reine et celle des membres de la famille royale, et je vous remercie, Messieurs, de l’accueil que vous avez fait à ce toast.
- Je remercie aussi M. le bourgmestre de ce qu’il a bien voulu dire au sujet de la fondation de l’Etat indépendant du Congo.
- Le bourgmestre a fait allusion au patronage que j’ai si volontiers donné à cette exposition universelle. De tout temps je me suis intéressé, et jem’jntéresse toujours, aux progrès du commerce, de l’industrie et des beaux-arts, et je considère que l’un des premiers devoirs d’un souverain est de ne jamais négliger aucun effort pour en faciliter le développement. La sollicitude que je porte aux beaux-arts, au commerce et à l’industrie me fait applaudir avec une vive satisfaction à l’ouverture de l’Exposition universelle dont nous venons de constater l’importance et la grandeur. J’en félicite les. organisateurs et tous ceux qui y ont pris part, et je bois à son succès, ainsi qu’à la prospérité croissante du port et de la ville d’Anvers.
- La famille royale a quitté à 10 heures la salle du banquet; avant d’arriver à la gare, elle a assisté, place Teniers, au défilé du cortège aux flambeaux, le roi ayant personnellement manifesté le désir de voir çe cortège,
- Le soir, à dix heures et demie, de longues et unanimes acclamations ont salué le passage des équipages royaux, qui conduisaient le roi et la famille royale à la gare de l’Est, au milieu d’une fête de nuit des plus animées et des plus brillantes.
- LE LENDEMAIN DE L’INAUGURATION
- Le dimanche 3 mai nous revenons à l’Exposition qu’une foule énorme a déjà envahie.
- Tout est dans le même état que la veille : cependant quelques exposants terminent leurs étalages ; et quelques ouvriers ont repris leurs travaux.
- De l’avis général, il suffira de trois semaines pour que V Exposition soit entièrement terminée.
- Les ballons captifs aux Expositions n’ont vraiment pas de chance; voici ce qui est arrivé à celui d’Anvers construit d’après les mêmes principes que ceux de Paris 1878 et Bruxelles 1880.
- L'Etoile, tel est le nom du ballon qui devait faire hier son premier voyage aérien en présence des membres de la presse et de quelques autres invités.
- A cinq heures, le constructeur, M. Toulet, monte dans la nacelle. Le ballon étant convenablement lesté, M. Toulet donne le signal du départ La machine à vapeur se met en mouvement, mais le cabestan portant le câble ne marche pas. On recommence deux ou trois fois; le câble ne bouge pas. M. Toulet saute de la nacelle et court voir à quoi tient le contre-temps; aussitôt le cabestan commence à tourner et le ballon monte dans l’air avec une vitesse vertigineuse. On se jette sur le câble et on parvient à enrayer la marche du ballon qui plane à environ cent mètres au-dessus de nos têtes.
- Un autre contre-temps fâcheux se produit alors, le câble saute de la gorge, de la poulie et va se loger entre celle-ci et son support. On ne parvient à le remettre én place qu’avec de grandes difficultés.
- Pendant cette manœuvre, une personne a été grièvement blessée.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Mai i885-
- Lorsque le câble de traction eut été rétabli, on essaya de nouveau de faire descendre l’aérostat, mais le même accident se produisit et l’on dut faire appeler une centaine de soldats pour venir en aide aux personnes présentes, afin de ramener le ballon à terre.
- Le soir, a eu lieu, au Grand Hôtel d’Anvers, le banquet offert à la presse par la Commission internationale et le Comité exécutif.
- La salle du festin, dans laquelle se trouvaient réunis plus de 300 convives, était entièrement tendue et ornée de draperies aux couleurs belges : rouge, jaune et noir. Les correspondants des journaux de chaque pays étaient réunis autour d’une même table.
- Six rangées de tables, couvertes de drapeaux aux couleurs du pays auquel appartenaient les convives, aboutissaient perpendiculairement à la table d’honneur. A droite, on voyait les drapeaux suédois, roumains, français, canadiens; à gauche, les drapeaux allemands, anglais, autrichiens, danois, norvégiens et suisses ; au' centre et aux extrémités, les drapeaux belges.
- Un peu avant 7 heures on se mettait à table.
- M. Dewael, bourgmestre d’Anvers, présidait à la table d’honneur ; à sa droite se trouvaient MM. le comte d’Outremont, commissaire général; Snieders, directeur du Handelsblacl et président du Comité national de la presse; Breckmann, commissaire de Russie à l’Exposition; chevalier de Waldstein, commissaire de l’Autriche-Hongrie, Robert Borghes, commissaire français, etc.; à sa gauche, MM. V. Lynen, président du Comité exécutif de l’Exposition; Goemare, président du Comité international de la presse; Van Duyl, d’Amsterdam; F. de Sera, consul général d’Espagne, etc.
- Le menu était excellent et une musique militaire, pas trop bruyante, se faisait entendre dans la cour de l’hôtel. La plus grande cordialité régnait.
- Au bout de quelques instants, vers 10 heures, M. De W'ael se lève pour porter le toast au roi :
- En présence de tous ces hommes qui ont consacré leur temps et leur travail à la prospérité de l’Exposition, dit-il, en présence des représentants des journaux de tous les pays, je porte le toast au roi. Et, suivant l’exemple que le roi lui-même nous a donné, je porte un toast à tous les souverains étrangers. Au roi ! A la reine ! Aux souverains étrangers !
- Toute la salle, debout, s’associe à. ce toast par ses acclamations, au son de la Brabançonne.
- Aussitôt après apparaît dans le fond de la salle l’orchestre nègre qui la veille jouait, au passage du roi, devant le pavillon des colonies portugaises.
- M. Lynen porte ensuite le toast suivant :
- Nous avons voulu rendre l’hommage le plus solennel possible à la presse, dit-il, parce que nous savons qu’elle est la grande vulgarisatrice des idées justes et nobles, de toutes les idées de liberté et de progrès. Vive la presse 1
- M. Snieders répondit à ce toast dans les termes suivants :
- Messieurs, Confrères 1
- Il y a bientôt vingt-cinq, ans Anvers avait, comme aujourd’hui, l’honneur de recevoir dans son enceinte les représentants de la presse européenne ; je pourrais dire de la presse universelle — car cent de nos confrères, qui n’avaient pu venir prendre place parmi nous, nous avaient envoyé par-dessus les monts et à travers les mers leur salut et leur adhésion fraternelle !
- Anvers célébrait alors — c’était en 1861 — la grande fête des arts, la fête de notre école flamande.
- Aujourd’hui, avec bonheur et fierté, nous voyons encore réunis parmi nous ceux qu’une femme d'esprit appelait les « Rois du Jour ».
- Et cette fois, la fête que vous célébrez avec nous, c’est la fête des travailleurs et des peuples, la fête de l’activité humaine dans toutes les directions où elle s’est déployée, la fête du commerce et de l’industrie.
- La fête d’il y a vingt-cinq ans était incontestablement la vôtre, messieurs; celle-ci ne l’est pas moins.
- ; Si le commerce, si l’industrie ont fait de nos jours, dans la voie du progrès, les pas de géant dont nous avons été les témoins, n’est-ce pas à la-presse qu’ils le doivent?
- N’est-ce pas elle qui fait la lumière dans les esprits, qui anime les volontés, qui donne l’élan aux enthousiasmes ; qui sans cesse pour ainsi dire aiguillonne la matière et la pousse à tous les perfectionnements où la Providence l’appelle?
- Et où donc, messieurs, êtes-vous venus fêter cette solennité grandiose?
- C’est dans une ville qui, la première au monde, vit naître cette puissance que l’on appelle la presse et qui, maîtresse des événements et des hommes, porte dans les plis de son manteau les destinées des nations.
- C’est en effet à Anvers, messieurs, que parut, il y a 280 ans, la première gazette ' périodique. Abraham Verhoeven publiait ici même, dès l’an 16o5, en français et en flamand, des nouvelles illustrées.
- C’est une gloire que vous nous permettrez de revendiquer, car l’histoire nous la donne.
- Mais, messieurs, il y a mieux. Le privilège que nos souverains accordèrent à Abraham Verhoeven et qui lui donnait droit à imprimer ses Tydinghen, date des premiers jours du mois de mai i6o5, si bien que nous pouvons en saluer aujourd’hui l’anniversaire.
- Qui aurait cru, messieurs, que cette petite gazette, si chétive à sa naissance, qui se promenait dans les rues, comme une pauvrette en haillons, bégayant des nouvelles, serait devenue un jour la grande et toute-puissante reine de notre époque?
- Ce souvenir glorieux pour Anvers sera pour vous, messieurs, un lien de plus qui vous- Rattachera à notre chère ville.
- Voyez donc, messieurs, l’espace que la presse a franchi. D’une part, Abraham Verhoeven travaillant, le pauvre homme, sans honneur et sans prestige pour gagner péniblement un morceau de pain.; d’autre part, la presse contemporaine — vous, messieurs — frappant du pied le sol, et, par un enchantement sans égal, en faisant surgir l’immense et splendide palais que nous avons inauguré hier.
- C’est grâce à vous, en effet; c’est grâce à ce grand esprit qui vous a fait épouser d’un même cœur, un même but et une même œuvre, que l’appel des Anversois a reçu dans l’univers entier un si sympathique accueil.
- Je bois à la constante fraternité de tous les membres de la presse !
- Aan de drukpers, poo van den vreemde als van de twee Nederlanden !
- A la suite de ce discours qui a été vivement applaudi,plusieurs autres toasts ont été portés. Nous n’en parlerons que pour mémoire, en regrettant que l’un des orateurs, M. de Sède, dont le toast malheureux a soulevé de vives protestations, ait cru devoir dire qu’il prenait la parole au-nom de la presse départementale française qui ne lui avait confié aucun mandat.
- En résumé , la Belgique conviait pour la première fois chez elle, à Anvers, toutes les nations à un de ces grands concours où, selon l’heureuse expression du président dn Comité exécutif, resplendit comme dans une admirable synthèse la puissance créatrice de la science et du travail.
- L’Exposition, avec ses installations et ses décorations encore inachevées, offre l’image' d’un immense et prodigieux chantier où s’agitent des fourmilières humaines.; mais en face de ses proportions colossales, devant l’abondance, la perfection et la richesse des produits déjà étalés, il n’y a eu qu’une voix aujourd’hui pour en prédire le complet, le magnifique succès. Dès la première heure, les hommes éminents dans la science, l’industrie et les arts, venus de partout et formant ici comme un infaillible jury de l’opinion publique, lui assignent une place choisie, au premier rang, parmi ces grandes entreprises qui ont marqué les étapes du progrès en ces trente dernières années. Et ce qui imprime un trait distinctif à l’Exposition universelle de 1885, c’est qu’elle eut une origine des plus modestes : elle fournit le plus remarquable exemple de ce que peut l’initiative privée, s’attachant avec ardeur et désintéressement à la poursuite d’un but grandiose, utile et profitable à tous. Grâce au patronage d’un souverain éclairé, du roi des Belges, le Comité exécutif a pu accomplir un véritable prodige : il a réalisé en quinze mois ce qui avait exigé ailleurs un effort continué durant plusieurs années.
- L’EXPOSITION DE PESTH
- L’ouverture de l’Exposition nationale hongroise, à Buda-Pesth, a eu un caractère des plus solennels. Voici l’allocution adressée. à cette occasion par le prince impérial Rodolphe, protecteur de l’Exposition, à l’empereur :
- Sire,
- « C’est un heureux moment pour moi que celui où il m’est permis d’adresser à notre auguste monarque la respectueuse prière de vouloir bien donner à cette exposition la première et la meilleure des consécrations. Voilà dix siècles que la nation hongroise, tantôt favorisée par la fortune, tantôt éprouvée par le sort, se maintient dans, ce pays, et qu’elle a fondé une puissante société sur la terre conquise par ses pères, et aujourd’hui tous les pays de la couronne de Saint-Etienne, nouvellement consolidés et fortifiés, se trouvent réunis à cette fête de la paix qui offre au pays comme à l’étranger l’imposant spectacle de ce que la Hongrie est devenue dans un court espace de temps, grâce à la sagesse, aux lumières et au dévouement du gouvernement et à l’enthousiasme patriotique de la nation. Les grands et surprenants progrès de la culture en Hongrie se trouvent réunis ici pour former un vaste et riche tableau, dont l’éclat resplendit au loin. Les habitants des pays de la couronne de Saint-Etienne ont su, par leur intelligence et par leur industrie, mettre au jour les trésors que leur offrait une riche nature.
- « C’est comme une revue que nous allons passer des produits agricoles de la Hongrie, de ses mines, de son activité industrielle, de ses progrès dans la littérature, les sciences, les arts et l’enseignement. Nous avons là, sous les yeux, les témoignages irrécusables d’un développement aussi intense que naturel et sur lequel tout patriote porte ses regards avec satisfaction. C’est avec joie que les autres peuples qui se trouvent réunis sous le sceptre de Votre Majesté salueront, eux aussi, ces progrès de la Hongrie et que les étrangers qui étudieront cette exposition payeront un nouveau et juste tribut d’éloge à l’énergie et au génie de la Hongrie. Inspiré par ces sentiments et pénétré de ces idées, j’adresse à Votre Majesté la très humble prière: que Votre Majesté daigne inaugurer cette Exposition en la déclarant ouverte. (Vives acclamations.) »
- L’assemblée, en présence de laquelle l’empereur a ouvert l’Exposition au pavillon impérial, était aussi nombreuse que brillante. On remarquait, outre les membres de la famille impériale, les membres du Cabinet hongrois, les ministres, communs, le ministre du commerce autrichien, baron Pino, les ambassadeurs et plusieurs envoyés. On évalue à 20,000 le nombre des étrangers arrivés dès le matin à Buda-Pesth pour assister à la fête. Toute la population était sur pied. La ville, richement décorée et pavoisée, offrait un aspect imposant.
- ÉCHOS
- Paris
- L’Académie de médecine a fixé sa séance publique annuelle, pour la distribution des prix des années 1883-84, au mardi 19 mai prochain.
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- Un emploi de professeur chef d’atelier de peinture est vacant à l’Ecole des beaux-arts, par-suite delà nomination de M. Hébert, membre de l’Institut, aux fonctions de directeur de l’Académie de Rome, en remplacement de M. Cabat.
- Les artistes qui voudraient poser leur candidature sont priés d’adresser leurs demandes au ministre de l’instruction publique avant le 15 mai (dernier délai).
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- Le syndicat des négociants du Palais-Royal, dont M. Sandoz est le président, s’occupe des moyens de rendre au jardin son animation et son éclat d’autrefois.
- Le baraquement en planches, qu’on y construit en ce moment, près du bassin, est destiné à abriter une machine locomobile pour l’essai de 150 lampes électriques.
- Si l’essai réussit, le syndicat fera construire dans le voisinage une usine où de puissantes machines pourront alimenter 3,000 lampes, qui ont déjà leurs souscripteurs.
- Il y a trente ans, les restaurateurs et les cafetiers avaient le droit de disposer dans le jardin des chaises et des tables. Cette faculté leur avait été enlevée par le monopole du café de la Rotonde. Ce café venant de disparaître, les restaurateurs et les cafetiers ont adressé au ministre des travaux publics une pétition pour être autorisés à refaire comme jadis.
- Enfla nous apprenons que le nouveau locataire de la Rotonde se propose de démolir l'édifice
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- Première Année. — N° 19.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Mai i885. — 150-
- existant et de bâtir un établissement où des concerts seront donnés chaque jour.
- Par ces innovations et par d’autres, le Palais-Royal redeviendra bientôt à la mode.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Une exposition des beaux-arts aura lieu dans le courant du mois de mai, à Freiberg- (Saxe royale).
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- Une bibliothèque spéciale avec salle de lecture sera annexée à l’Exposition internationale des arts du métal de Nuremberg (Bavière), dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises.
- Le comité adresse dans ce but un appel à tous les éditeurs de publications périodiques, brochures, ouvrages spéciaux, reproductions et gravures ayant trait à la minéralogie, la métallurgie, on général à toutes les industries, du métal et à leur histoire. Les éditeurs qui voudraient bien répondre à cet appel sont priés d’envoyer un exemplaire des publications ci-dessus indiquées à la librairie du Musée bavarois des arts et métiers (E. Schrag) avec l’indication : « Exposition internationale ».
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- Angleterre
- Le prince de Galles, accompagné de la princesse sa femme, a ouvert, le lundi 4 mai dernier, l’Expo -sition internationale des inventions (Soutli-Kensington, Londres), dont il est président d’honneur. Une foule énorme assistait à cette inauguration.
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- Le Salon de la Royal Academy est assez pâle cette année. Les portraits sont très nombreux, les aquarelles assez intéressantes, mais les ^morceaux de sculpture en général très pauvres. Citons au hasard parmi les œuvres exposées : la Musique, plafond de sir Frederick Leighton; le Salon de Mme Réeamier, de M. Orchardson, et The ruling passion (la passion dominante), de M. Millais.
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- Grèce
- Le chemin de fer du Péloponnèse a été livré à la circulation le 12 avril dernier.
- Portugal
- Une Exposition internationale photographique, qui promet d’être extrêmement intéressante, aura lieu à Oporto, du 1er septembre au 31 octobre 1885.
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- Le Parlement portugais a définitivement adopté le contrat pour le câble télégraphique reliant la côte occidentale d’Afrique jusqu’au Cap, en touchant à la colonie française du Sénégal.
- République Argentine
- L’Exposition rurale internationale organisée par la Société rurale argentine avec l’appui du gouvernement, pour le mois d’avril 1886, et que nous avons annoncée dans notre numéro du 8 mars, recueille chaque jour de nombreuses adhésions. Un grand nombre de producteurs français prendront part à cette exposition d’un pays où la colonie française est si importante.
- BANQUET COMMÉMORATIF
- L’Exposition de 1878 et l’Exposition de 1889. — LA RÉUNION DU 3o AVRIL.— DISCOURS DE M , ANTONIN
- Proust.
- Le 1e1' mai de chaque année a lieu, à l’Hôtel Continental, le banquet des membres des différents comités et du jury de l’Exposition de 1878. Cette année, la réunion a été avancée d’un jouy, car plusieurs des convives devaient quitter Paris le icr mai pour assister à l’inauguration de l’Exposition d’Anvers.
- M. Dietz-Monnin, sénateur, présidait, entouré de MM. Antonin Proust et Teisserenc de Bort, ancien ministre du commerce.
- Au nombre des convives on remarquait MM. Feray, sénateur; Wilson, Fouquet, députés; Michau, président du tribunal de commerce, etc.
- M. Antonin Proust a prononcé un intéressant discours, dont nous reproduisons les principaux passages :
- « La première fois que j’eus l’honneur d’assister* à votre banquet annuel, a-t-il dit, vous fêtiez le légitime succès de 1878. Ce jour-là, je m’en souviens, on a dit que l’ère des expositions était close et qu’on ne pourrait jamais faire mieux.
- « Cela n’a cependant pas désespéré les autres
- pays; nous avons eu successivement les expositions universelles d’Amsterdam, de Pesth, de Nuremberg, et nous allons voir Anvers demain.
- « Les expositions sont, en effet, un besoin pour l’art et pour l’industrie ; le gouvernement de la République a cédé à un véritable mouvement de l’opinion en décrétant l’Exposition de 1889. Après avoir franchi la période d’incubation, nous allons bientôt arriver à celle de l’organisation, je vous en donne l’assurance.
- « La commission de lE’xposition a eu la bonne fortune de se trouver d’accord avec la Ville de Paris sur la question de l’emplacement, sur l’installation et aussi sur l’organisation financière. Je ne veux pas dire de mal de l’Exposition de 1878, mais elle a laissé un déficit qu’il faut éviter en i88q; il est vrai que ce déficit provenait surtout de ce qu’on avait eu trop peu de temps pour construire et installer l’Exposition ; cette fois, on s’y prend à l’avance, c’est une sage mesure de précaution. Nous avons repris le système de 1867, accommodé aux exigences du régime actuel.
- « La constitution du capital de garantie laisse une place à l’initiative privée dans l’organisation financière de l’Exposition de 1889; cette combinaison servira tout à la fois de frein à la dépense et d’encouragement à la recette.
- « Je puis vous dire, messieurs, que nous sommes absolument d’accord avec les ministres actuels et que les prétendues difficultés dont on a parlé, avec le ministre de la guerre, avec le Gouvernement ou avec la Ville de Paris, n’existent pas.,
- « M. Dietz-Monnin a, tout à l’heure, formulé le souhait qu’un projet de loi vînt bientôt se substituer au rapport que j’ai eu l’honneur de présenter au nom «de la commission, au gouvernement. Je puis vous assurer que ce souhait sera promptement réalisé.
- « Dans un autre banquet, j’ai dit, il y a quelques mois, à cette même place, que je buvais à l’union de toutes les unions ; je réitère ce toast, et je bois aussi à la célébration du centenaire de 1789, à l’organisation prochaine des divers comités, et à tous les hommes de bonne volonté qui ont le patriotisme de se mettre à la disposition des organisateurs de cette grande manifestation internationale. »
- Puis, M. Teisserenc de, Bort a prononcé une courte allocution et les convives ont terminé la soirée en assistant à un concert auquel M. et Mme Escalaïs, de l’Opéra, avaient prêté leur concours.
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- LES LIVRES
- VI
- Folk-Lorc, par le comte de Puymaigre. Librairie académique,
- Emile Perrin, éditeur.
- Sous ce titre mystérieux, emprunté à la langue anglaise, et qui, dans sa complexité, embrasse tout ce qui a trait à la vie intime des nations, traditions, légendes, contes' et poésies populaires, l’auteur a réuni un certain nombre d’études se rattachant, par un lien général ou particulier, à ce vaste et intéressant sujet. C’est une gerbe d’épis, glanés çà et là, dans le champ des traditions, des légendes, des superstitions des divers pays, champ inexploré avant que l’érudition et la critique de notre temps y eussent fait d’abondantes moissons. M. de Puymaigre a mérité, par divers travaux où la curiosité même des profanes peut trouver agrément et profit, une place honorable parmi ces heureux investigateurs.
- Contrairement à ce qui a lieu d’habitude et dans d’autres genres, la France n’a pas eu l’initiative de ce mouvement de recherche des chants et récits populaires dont l’impulsion est partie de l’Allemagne et de l’Angleterre, et y date du siècle dernier. Il suffit de rappeler les recueils de Percy, de Mac-Pherson, de Walter-Scott surtout, en Angleterre, et en Allemagne, de Herder, de Musœus, des frères Grimm, de Wollf, de Liebrecht, de Kœhler qui ont inspiré plus d’une célèbre ballade à Schiller, à Burger, à Uhland. Ce n’est que sous la Restauration et la monarchie de Juillet que parurent chez nous les recueils de ballades écossaises traduites par Artaud, les chants des peuples du Nord, dont M. Xavier Marmier se fit l’élégant et érudit introducteur, les chants populaires grecs de M. Fauriel, enfin les chants populaires bretons dont la révélation fit tant d’honneur à M. de la Villemarqué, qui dut au succès de ses recherches et de ses découvertes sa fortune académique. Animée par cet exemple, favorisée dans ses efforts par l’appui du gouvernement qui lui avait signalé ce champ d’exploration, l’érudition française a réparé le temps perdu et multiplié les publications de récits et de chants populaires. M. Tarbé composa son Romancero de Champagne. M. Max Buchon recueillit les noëls et les chansons de la Franche-Comté. M. Damase Arbaud réunit les poésies de la Provence; M. Bugeaud, celles des départements de l’Ouest; M. de Puymaigre, celles du pays Messin. En Espagne, en Italie, en Russie, une émulation féconde a ajouté à ce fonds commun des traditions, des légendes, des poésies populaires des divers
- pays d’Europe. Aujourd’hui M. de Puymaigre, énumérant et appréciant les conquêtes et les trophées de cette campagne d’érudition, de cette enquête simultanée ouverte sur les sources de la poésie populaire, a pu dégager les premiers résultats acquis au double point de vue de la critique et de la philosophie de cette littérature populaire, absolument inconnue en France il y a cinquante ans à peine.
- Le plus curieux, le plus intéressant de ces résultats qu’il met en lumière, c’est, à travers les vicissitudes et les variations du thème originaire, la concordance fondamentale des principaux motifs, des sujets favoris de la poésie populaire dans tous les pays.
- Nous ne pouvons pas suivre l’auteur dans le détail de ces comparaisons qui donnent lieu aux plus piquantes observations. Nous nous bornons forcément à signaler l’intérêt de ces recherches critiques qui n’ont rien d’aride. Nous citerons aussi comme particulièrement neuve et curieuse la dissertation surlalégende de Blondel, le ménestrel fidèle que l’opéra de Richard Cœur-de-Lion a rendu cher à tous les cœurs sensibles. Il en résulte que Sedaine a pris le sujet de son opéra dans un livre de MUc Lhéritier, publié en 1705, sous ce titre : La Tour ténébreuse, contes anglais, tirés d’anciens manuscrits contenant la chronique, les fabliaux et autres poésies de Richard Ier, gurnommé Cœur-de-Lion. Sedaine ne s’est pas borné à emprunter à MUo Lhéritier la donnée principale de sa pièce ; il lui a pris encore toute la romance de Richard : Une fievrç brûlante; les couplets de Blondel : Dans une tour obscure, et la chanson à boire : « Que ce sultan Saladin, etc... » Sedaine, comme Molière, n’hésitait pas à prendre son bien chez les autres.
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- LES THÉÂTRES
- Mon Oncle de Paimbœuf à DÉJAZET. — Le Sang
- brûlé au CHATEAU - D’EAU. — Les Chamfort
- aux NATIONS. — La Girouette à la GAITÉ. —
- Duflos dans Ruy-Blas.
- U Oncle de Paimbœuf, œuvre d’un huissier, M. Besombes, n’a pas réussi à Déjazet. Comme genre Palais-Royal, la pièce a paru peu nouvelle et cet honorable officier ministériel fera bien de se remettre à l’œuvre. M. Sarcey lui conseille de s’inspirer des drames intimes qu’il a pu voir au courant de sa vie d’huissier et le critique influent n’a pas tout à fait tort. Qui sait? une pièce intitulée simplement : VHuissier pourait faire recette. Ce serait peut-être aussi noir que les Corbeaux d’Henri Becque, mais avec des rôles secondaires un peu bouffes, on s’en tirerait quand même. Le Sang Bridé qui a réussi au Château-d’Eau n’est pourtant pas gai, mais le public aime assez les émotions violentes. Ce drame se passe dans un milieu de blanchisseuses et de bouchers ; il y a des assassinats, des innocents faussement accusés, des amours malheureux, bref, tout ce qu’il faut pour passionner le populaire. L’incendie d’un rideau, indiqué dans la pièce, a même failli être pris au sérieux par le public, un peu plus, on s’enfuyait en se bousculant. Je crois néanmoins que le Château-d’Eau obtiendra plus de succès encore en revenant au drame patriotique ou historique à grand spectacle. Les yeux d’aujourd’hui aiment les défilés tumultueux" et les apothéoses inondées de lumière.
- M. Ballande a été moins heureux avec les Chamfort. Cette pièce, bien faite, qui rappelle du reste la Mère coupable, de Beaumarchais, n’est pourtant pas dénuée d’intérêt; mais nous avons vu si souvent au théâtre les marquis et les hommes du peuple exposer leurs principes opposés! Ne sommes-nous pas un peu blasés sur l’époque de la grande révolution! Et quand on s’attaque à une période si connue de notre histoire, n’est-on pas, d’emblée, obligé à faire un chef-d’œuvre ? La Gaîté, elle, se met moins en frais et s’est contentée de reprendre la Girouette de cet infortuné Coedès, victime, comme Gi 11, de l’aliénation mentale. Composée pour les fantaisies parisiennes, tout d’abord, la pièce a dû élargir son cadre à la Gaîté ; elle n’y a pas perdu et on s’y amuse de bon cœur. Dans ce siècle enfiévré et pressé, le public aime les spectacles joyeux. 11 va au théâtre plutôt pour se distraire violemment que pour faire des études de psychologie. C’est regrettable, mais on 11’y peut rien.
- Signalons en terminant le début brillant du jeune Duflos, dans le rôle de Ruy-Blas, à la Comédie-Française. Il est plutôt fait pour jouer les Bressant et les Geffroy, mais son talent de diction est si grand et son jeu si naturel, qu’il a réussi quand même avec éclat. C’est un artiste d’un très grand avenir.
- Charles Grandmougin.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 17 Mai 1885. NUMÉRO 20.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin; 2. Les Expositions et Concours ; 3. L’Industrie agricole en Hongrie; 4. Exposition universelle d’Anvers; 5. La Manutention des marchandises; 6. Les Expositions agricoles; 7. Les Expositions des beaux-arts; 8. Echos; q\ Histoire de la Poste aux lettres; 10. La Question économique; 11. Les Livres; 12. Les Théâtres.
- BULLETIN
- Certains bruits ont été mis en circulation au sujet du retard apporté à la publication du projet de loi, qui doit être soumis aux Chambres, relativement à l’ouverture des crédits nécessaires à l’Exposition de 1889. Nous sommes en mesure de les démentir.
- S’il-a subi un retard, par suite du changement de Cabinet, le dépôt de projet de loi est très prochain.
- Il sera effectué aussitôt après l’entente qui doit intervenir entre le ministre du commerce et le Conseil municipal de Paris, d’une part, et entre le ministre de la guerre et le ministre du commerce, d’autre part, concernant remplacement du Champ-de-Mars.
- M. le général Campenon est, dès à' présent, d’accord avec M. Pierre Legrand, et il n’est pas douteux que, dans une prochaine réunion, le Conseil des ministres ne ratifie les propositions qui lui seront soumises, mais il était nécessaire que ces propositions eussent obtenu l’agrément préalable du ministre de la guerre et du Conseil municipal de Paris.
- On sait que le projet de loi tend à obtenir des Chambres un crédit de 20 millions. Sur ces 20 millions, le Gouvernement peut déjà disposer d’une somme de 11 millions, provenant du reliquat du compte de la Banque de France. Ce reliquat pouvant être affecté aux besoins des services publics, le Gouvernement ne saurait mieux l’employer qu’à l’accomplissement d’une œuvre éminemment utile à l’industrie et au commerce français. Une reste donc en réalité qu’à obtenir des Chambres une somme de neuf millions. Dans ces conditions, comme la part afférente à chaque exercice jusqu’en 1889 n’est que de cinq millions, il n’y aurait pas de crédit nouveau à emprunter sur le budget avant l’année 1887.
- A. B.
- LES EXPOSITIONS & CONCOURS
- VILLE DE BEAUVAIS
- Exposition Industrielle, Horticole et Scolaire (1885)
- RÈGLEMENT
- DU
- J U R V DES RÉCOMPENSES
- I
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Article premier. — Aux termes de l’article 27 du Règlement général de l’Exposition, les récompenses à décerner sont arrêtées comme suit : Grands prix (Œuvres d’art),
- Diplômes d’honneur,
- Médailles d’or,
- Médailles de vermeil,
- Médailles d’argent,
- Médailles de bronze,
- Avec un diplôme spécial servant de certificat.
- Ces récompenses seront décernées d’après des rapports écrits, motivés et attestés par les signatures de leurs auteurs.
- Art. 2. — Les opérations du Jury des récompenses comporteront deux degrés, savoir :
- Les travaux des Jurys de groupe et ceux du Jury supérieur.
- Les Jurys de groupe examinent et discutent la valeur des produits soumis à leur appréciation. Ils dresseront un état des récompenses qu’ils proposent, et l’accompagneront d’un rapport motivé. Le Conseil du Jury supérieur, en assemblée générale, modifie ou sanctionne les conclusions des différents Jurys de groupe.
- II
- COMPOSITION DU JURY
- Art. 3. — Composition des Jurys de groupe. — Il est nommé pour chaque 'groupe un Jury spécial, proportionné à l’importance du groupe. Ces nominations sont faites par le Président, sur la proposition du Comité des récompenses.
- La liste complète des membres des Jurys^ sera publiée aussitôt qu’elle aura été arrêtée définitivement.
- Art. 4. — A leur première séance, les Jurys de »groupe se constituent. Ils nomment un bureau composé d’un Président, d’un Vice-Président et d’un Secrétaire-Rapporteur, choisis parmi eux.
- Afin de faciliter l’appréciation des objets exposés, certains Jurys de groupe pourront, s’ils le jugent utile, se subdiviser en Jurys de classe, qui. se partageront la tâche de l’examen des produits. Mais les résultats des .opérations de ces divers Jurys devront, une fois achevés, être centralisés entre les mains du Secrétaire-Rapporteur du groupe, qui ne devra dresser qu’un seul et même rapport pour toutes les opérations de son groupe.
- Toutes les convocations, communications, etc., sont adressées par les soins du Comité des Jurys et Récompenses, au Président de chaque Jury cle groupe.
- Toutes les demandes de renseignements, notes , de services, etc., sont adressées par le Secrétaire-Rapporteur du groupe au Secrétaire du Comité des Jurys et Récompenses.
- Art. 5. — Composition du Jury supérieur. — Le ConseiRsupérieur du Jury se compose :
- Du Comité des Jurys et Récompenses.
- Des Présidents et Secrétaires des Jurys de groupe.
- Le rapport général sur l’Exposition sera rédigé par le Président du Comité des . Jurys et Récompenses, Président du Jury supérieur.
- III
- FONCTIONNEMENT, OBSERVATIONS DIVERSES
- Art. 6. — Conformément à l’article 4 du présent Règlement, les bureaux de chaque Jury de groupe sont nommés à l’élection des membres présents. Aussitôt que le bureau de chaque groupe aura .été constitué, le Secrétaire-Rapporteur devra en aviser de suite le Secrétaire du Comité des Jurys et Récompenses, et lui faire connaître en meme temps l’ordre et la date des diverses opérations.
- Art. 7. •— Aux termes de l’article 29 du Règlement général, les Jurys seront nommés, par le Président de l’Exposition, sur la proposition du Comité des Récompenses. Ils seront choisis parmi les industriels, artistes, ingénieurs ou savants pouvant offrir toutes les conditions de capacité et d’indépendance désirables.
- Les exposants, membres du Jury, seront seuls placés hors concours; néanmoins, les exposants membres des Comités pourront être placés dans la même situation par décision du Comité général.
- Ce désistement devra être affiché sur les produits exposés, en ces termes : Membre du Jury ou Membre du Comité. — Hors concours.
- Art. 8. — Aucun exposant ne pourra se mettre hors concours.de son plein droit.
- Art. 9. — Les exposants, dont les produits sont de nature à concourir dans deux ou plusieurs groupes, seront jugés par autant de Jurys qu’il sera nécessaire. Mais il ne pourra, en aucun cas, leur être accordé plus d’une seule récompense pour le même produit. Cette récompense sera alors décernée par le Jury supérieur qui aura, dans l’espèce, à apprécier et à choisir entre les diverses propositions de récompenses faites par les différents Jurys de groupe appelés à juger le produit en question.
- Art. 10. — Conformément à l’article 3o du Règlement général, le Jury, sur la demande des exposants, appréciera la part que les directeurs,-contre maîtres et ouvriers pourront avoir dans les progrès constatés. Ces coopérateurs seront compris, s’il y a lieu, dans la distribution des récompenses, même quand les maisons auxquelles iis appartiennent seraient placées hors concours.
- Art. 11. — La date de la distribution solennelle des récompenses est fixée au dimanche 2 août.
- , Artl 12. — Toute communication relative au Jury, ainsi que toute la correspondance destinée à MM. les membres du Jury, doit être adressée au Secrétariat de l’Exposition.
- Art. i3. — Les opérations du Jury commenceront le mercredi ier juillet et devront être terminées le vendredi 10 juillet. Les rapports des groupes devront être remis au plus tard le jeudi 16 juillet à M, le Président du Jury supérieur.
- Beauvais, le i5 avril' 18 85.
- Le Président du Comité des Jurys et Récompenses, Vice-Président du Comité général,
- Emile Dupont.
- Le Président du Comité général de l’Exposition,
- A. DUPONT.
- Le bureau du Comité des Jurys et Récompenses est ainsi composé :
- •Président, M. Emile DUPONT, manufacturier.
- Vice-Président, M. MERCIER , directeur de la sucrerie de Bresles.
- Secrétaire, M. LEFEVRE, rédacteur en chef du Journal de l’Oise.
- LA COMMISSION DES CONFÉRENCES
- Cette Commission vient de commencer ses travaux. Dans une première réunion elle a décidé que, conformément au programme de Monsieur A. Dupont, Président du Comité général, il y aurait, pendant la durée de l’Exposition de Beauvais des conférences techniques, industrielles et scientifiques, ainsi que des conférences générales où l’on traitera divers sujets littéraires, géographiques et historiques, avec projections lumineuses pour les réunions du soir, quand . elles seraient jugées nécessaires par les conférenciers.
- Il a été bien entendu que l’on ne parlera ni des choses politiques, ni des choses religieuses et que tout ce qui pourrait blesser certains sentiments respectables serait impitoyablement écarté. On ne resterait pas pour cela sur le terrain des banalités : il v a bien des choses intéressantes à dire sans toucher à des sujets qui peuvent paraître dangereux, et en restant dans les sentiments d’un esprit de tolérance éclairée.
- Le succès des conférences de l’Exposition de Beauvais est à ce prix, et c’est à l’unanimité que ces principes ont été adoptés par la Commission dans sa réunion préparatoire.
- Plusieurs conférenciers se sont déjà mis en rapport avec la Commission et, parmi les sujets qu’ils doivent traiter, nous pouvons citer entre autres :
- Les Colonies françaises en Océanie.
- La Galvanoplastie.
- L’Hôtel de Rambouillet.
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- Première Année.
- N° 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Mai 1885. — 158.
- La Céramique départementale.
- JLa Loi du progrès.
- L’Industrie de la Brosserie.
- Le Gaq et l’Electricité.
- L’I/ido-Chine française.
- Le Pessimisme littéraire.
- Guy-Patin et les Médecins au XVIIIe siècle.
- La Photographie.
- Les Matériaux de construction de l’Oise.
- Le Chauffage et la Force par le Gaq.
- Le Logement de l’homme à toutes les époques. Beauvais pendant la guerre de Cent ans.
- La Commission des conférences se compose de MM. E. Charvet ; Coüard-Luys ; docteur Dévé ; Fleureau ; Victor Lhuillier, délégué du comité général ; Stalin.
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- ESPAGNE
- EXPOSITION ARAGONAISE DE 1885.
- Le Comité organisateur de l’Exposition aragonaise informe les personnes qui seraient disposées à prendre part à cette exposition, qu’elle s’ouvrira le 1er septembre prochain, à Saragosse. Les demandes des exposants devront être adressées avant le 1er juin 1885 à M. le Président organisateur, à Saragosse '.Espagne). Ces demandes devront donner les renseignements suivants :
- l°Noms, prénoms, pays, domicile et profession ;
- 2° Noms de l’établissement, fabrique ou propriété et de la ville, du village ou de l’endroit producteur ;
- 3° Prix que les intéressés ont obtenus précédemment ;
- 4° Rapport détaillé des objets ou produits exposés ;
- 5° L’espace nécessaire pour l’emplacement de l’exposition.
- CONCOURS
- POUR UN
- MODÈLE-TYPE DE BARAQUE D'AMBULANCE MOBILE
- Sa Majesté l’impératrice d’Allemagne, reine de Prusse, ayant daigné mettre à la disposition de la troisième "Conférence internationale des Sociétés de la Croix-Rouge, réunie à Genève du ier au 6 septembre 1884, une somme de cinq mille francs et une médaille d’or, destinées à être données en prix dans un concours utile à l’œuvre de la Croix-Rouge, le Comité international, selon le vœu et au nom de cette Conférence, ouvre un concours pour un modèle-type de baraque d’ambulance mobile.
- PROGRAMME :
- I. PRINCIPES GÉNÉRAUX
- a) La baraque doit servir avant tout à des improvisations rapides, soit sur le théâtre de la guerre, soit pour des épidémies qui éclateraient dans l’intérieur du pays.
- Il faut qu’elle puisse, à volonté, faire partie d’un établissement plus vaste, ou constituer, avec son annexe (voir II b.), un tout indépendant.
- b) La baraque doit être construite, dans toutes ses parties, de manière qu’on puisse :
- i° La démonter facilement.
- 20 La transporter sans difficulté d’un endroit à l’autre, soit sur les routes ouïes chemins vicinaux, soit par chemin de fer.
- 3° La reconstruire et la mettre rapidement en état de recevoir des malades et des blessés.
- La baraque doit constituer un bâtiment stable, dont les parties, solidement assemblées, puissent résister à toutes les intempéries des climats tempérés, notamment à la violence du vent.
- c) L’aménagement de la baraque doit être tel qu’on puisse s’en servir immédiatement, soit en été, soit en hiver, ou tout au moins qu’on puisse, sans inconvénients, l’approprier au service hivernal, en prenant en considération le poids de la neige et les autres complications qu’amène la saison froide.
- Dans ce dernier cas, les dispositions à prendre pour l’hivernage devront être jointes aux projets exposés par les concurrents.
- IL CONDITIONS SPÉCIALES
- a) Les matériaux employés doivent être imperméables à la pluie et, autant que possible, incombustibles; tout au moins faut-il qu’on puisse facilement les mettre à l’abri du feu. Le choix des
- matériaux est d’ailleurs absolument facultatif pour les concurrents. Il faut qu’on puisse désinfecter les parois et le plancher sans difficulté.
- b) Quant aux dimensions, la baraque doit pouvoir contenir au moins 12 lits, en calculant pour chaque lit un cube d’au moins 12 mètres.
- En fait d’annexes, il suffit d’un cabinet d’aisances, faisant corps avec la baraque ou construit à part. Dans ce cas, il faut qu’après l’érection de la baraque on puisse l’établir rapidement et le mettre en communication avec elle.
- c) Afin de faciliter I’érection de la baraque, il faut que ses différentes pièces s’assemblent de telle sorte que des ouvriers spéciaux ne soient nécessaires ni pour la monter ni pour la démonter.
- Il faut aussi donner la même forme et les mêmes dimensions aux pièces qui jouent un même rôle dans l’édifice, et restreindre au plus petit nombre possible les types choisis pour les divers éléments de la construction.
- Le plancher sera formé de planches rabotées, qu’on n’ébranle pas en marchant dessus, et qui soient sans contact direct avec le sol.
- La couche intermédiaire entre le sol et le plancher devra être de nature à recevoir exactement et promptement les clous d’un plancher improvisé, dans le cas où les circonstances ne permettraient pas l’usage du plancher préparé d’avance.
- L’aérage doit être suffisant, même pendant la saison froide quand les fenêtres et les portes sont fermées. Le choix du meilleur système à adopter est laissé aux concurrents.
- Le chauffage doit donner en hiver, à l’intérieur de la baraque, . une température d’environ i5° Réaumur ou i8°,75 centigrades. Il conviendrait de mettre, si possible, le chauffage à profit pour l’aérage.
- d) Goût et poids. Vu le grand nombre de baraques dont une armée a besoin et l’avantage d’avoir des bâtiments qui puissent être sacrifiés sans scrupule après avoir servi quelque temps, il faut en réduire le poids autant que possible et viser au bon marché.
- e) Figuration du projet. Les concurrents devront présenter des spécimens de baraques de grandeur naturelle ou des modèles réduits au cinquième de cette grandeur.
- Si une baraque se compose d’un certain nombre d’éléments ou de parties semblables les unes aux autres, les constructeurs pourront ne pas exposer l’édifice entier et se borner à en présenter une fraction, pourvu que d’après elle on puisse se rendre bien compte de l’ensemble. Cette facilité, toutefois, n’est admise que pour les spécimens de grandeur naturelle et-non pour les modèles réduits.
- Chaque auteur aura à présenter le plan d’ensemble de l’établissement, avec coupes transversale et longitudinale à l’échelle de Y25 ; puis des plans spéciaux pour chaque partie de la construction, pour les systèmes de chauffage et d’aérage, le mode d’assemblage, le cabinet d’aisances, etc., soit de grandeur naturelle, soit, selon les dimensions de l’objet à représenter, à l’échelle de 1/5 ou de 1/10.
- Le plan doit indiquer la place des lits.
- Il y sera joint une description exacte de tout l'établissement, qui devra être rédigée en français, en allemand, en anglais ou en italien.
- Cette description s’étendra aux matériaux à employer, aux particularités et aux détails de la construction, ainsi qu’aux manœuvres nécessaires pour démonter, transporter et édifier la baraque, avec indication du temps exigé par cette dernière opération. Elle contiendra les motifs qui auront guidé l’auteur dans le choix du mode de construction et de la nature des matériaux.
- Il est désirable que l’auteur signale les modifications avantageuses que l’on pourrait apporter à son système, suivant les pays où on l’appliquerait, en raison de conditions climatériques spéciales, de la facilité relative à se procurer certains matériaux ou d’autres particularités locales.
- La description sera complétée par une évaluation approximative du coût et du poids de la construction, par une explication technique des coupes adoptées pour ses parties principales, et enfin par un calcul justificatif, soit du fonctionnement des appareils de chauffage, soit du système d’aérage proposé.
- Les concurrents auront la faculté de ne figurer leurs projets que par des plans, pourvu qu’ils les accompagnent d’un mémoire descriptif et explicatif. Ils se conformeront, à cet égard, aux règles tracées ci-dessus pour les plans et mémoires à fournir à l’appui des specimens ou des modèles de baraques présentés en nature.
- Les concurrents qui. n’auront envoyés que les plans ne pourront prétendre qu’à des mentions honorables, à l’exclusion du prix de.5,000 francs.
- III. ORGANISATION
- a) Les concurrents devront envoyer leurs travaux à Anvers pour le icr septembre 1885.
- Ils y seront exposés publiquement du 10 au 20 septembre. Le terrain sera offert gratuitement par la ville d’Anvers ou par le gouvernement belge.
- Les concurrents devront annoncer l’envoi de leurs travaux, avant le i5 juillet, au « Commissariat général du gouvernement belge pour l’Exposition d’Anvers, 10 a, rue de la Loi, à Bruxelles. »
- Pour toutes autres informations,on doit s’adresser directement au « Comité international de la Croix-Rouge, à Genève ».
- Les concurrents devront reprendre possession de leurs projets dès le 22 septembre. Les objets exposés qui n’auraient pas été retirés dans un délai de quinze jours deviendraient la propriété du Comité central de la Croix-Rouge belge.
- b) Le jury sera composé de Messieurs :
- Le professeur Dr de Langenbeck, conseiller intime actuel et médecin - général à la suite (Allemagne).
- Le 1>' Coler, médecin-général (Allemagne).
- Le professeur Dr baron Mundy (Autriche).
- Albert Ellissen, ingénieur, secrétaire delà Société française de la Croix-R’ouge (France).
- Le professeur l)1’ Longmore, chirurgien-général de l’armée anglaise, à Netley (Grande-Bretagne).
- Le commandeur D1’ Baroffio, colonel, médecin-inspecteur (Italie).
- Le 1> Carsten, secrétaire de la Société néerlandaise de la Croix-Rouge (Pays-Bas).
- Le Dr Berthenson , médecin honoraire de S. M. l’empereur, directeur de l’hôpital des baraques de S. M. l’impératrice , à Saint-Pétersbourg (Russie).
- Gustave Moynier, président du Comité international de la Croix-Rouge, à Genève.
- c) Ce jury décidera si l’un des projets exposés est digne du prix de 5,000 francs et de la médaille offerte par S. M. l’impératrice Augusta.
- Cette .récompense est indivisible et ne pourra être partagée. Elle pourra 11e pas être décernée, si le jury estime qu’aucun des concurrents ne la mérite.
- Le jury pourra décerner des mentions honorables.
- Il adressera au Comité international, sur ses travaux, un rapport détaillé, motivant soigneusement ses conclusions.
- Ce rapport sera publié dans le Bulletin international de la Croix-Rouge.
- Le résultat du concours sera notifié aussi, par le Comité international, à tous les Comités centraux de la Croix-Rouge.
- Pour le Comité International de la Croix-Rouge :
- Le Président, G. Moynier.
- Le Secrétaire,
- G. Ador.
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- L’INDUSTRIE AGRICOLE
- EN HONGRIE
- L'Exposition de Buda-Pesth vient d’être inaugurée.
- Nous croyons intéresser nos lecteurs en mettant sous leurs yeux le rapport suivant adresse au ministre des affaires étrangères par M. de Laugiers-Villars sur l’industrie agricole en Hongrie ;
- Monsieur le Ministre,
- Je crois particulièrement utile, dans les circonstances actuelles, de vous donner un exposé des variations que la vente des céréales a subies au cours de l’année i883,,en Hongrie, et des difficultés, qu’elle traverse aujourd’hui. La question des blés m’amènera à vous fournir un compte rendu succinct de l’industrie des farines et de la marche qu’elle a- suivie depuis l’année dernière. Enfin la troisième partie de ce rapport contiendra un aperçu sur la statistique des vins, des alcools et des tabacs, dont l’industrie prend, chaque année,, de plus grandes proportions en Hongrie.
- 1° CÉRÉALES
- Bien que la récolte en céréales de 188 3 n’annonçât, dans le pays, qu’une faible moyenne, les prévisions analogues’ qui régnaient ailleurs ont permis. à la Hongrie de réaliser momentanément des bénéfices sur ses approvisionnements de 1882 et de trouver des débouchés d’exportation, notamment à destination de l’Allemagne, de la Suisse et de la France. Le prix du quintal" métrique de froment, qui n’était en janvier 1883 que de 9 florins 20 kreutzers, s’est élevé successivement, en juin de la même année, jusqu’à 11 florins et s’est maintenu à ce taux pendant quelque temps ; mais il a fléchi ensuite, pour ne plus se relever dans le courant de i883, devant les arrivages considérables de la Russie et des Indes qui ont accaparé, du mois de juin à la fin de l’automne, tous les pays consommateurs, tels que l’Allemagne du Sud jusqu’en Bavière, la Suisse, la France, l’Angleterre, la Belgique,^la Hollande, l’Espagne, Trieste, et qui ont même réussi à exclure l’Amérique du marché.
- La récolte de 1883 a fourni à peine 5 quintaux métriques par joch de 1,200 toises carrées
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- i I)Q. — Première Année — N° 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Mai 1885.
- (0,4316 hectares), et cependant le quintal métrique n’a pas dépassé, à la lin de l’année, le prix de 9 florins 80 kreutzers. La Russie, arrivant de bonne heure avec ses grands approvisionnements, devient le grand régulateur des prix et pèse ainsi lourdement sur l’agriculture hongroise, qui se plaint et qui s’effraye pour l’avenir. Il n’est pas aisé de déterminer la valeur de l’exportation des blés hongrois à cause de la grande fluctuation que les prix ont subie ; cependant, si l’on prend comme base du quintal métrique le prix de 10 florins atteint en moyenne pendant les six premiers mois de l’année i883, on peut calculer que la Hongrie, ayant exporté 12 millions de quintaux métriques environ, la valeur de l’exportation s’élèverait approximativement à 120 millions de florins, chiffre très inférieur à celui de 1882.
- Pour ce qui regarde les autres céréales, c’est-à-dire le seigle, l’orge, l’avoine et le maïs, leur exportation n’a pas dépassé les frontières de la monarchie et les transactions qui concernent le seigle principalement se sont ressenties des memes causes qui ont fait fléchir les prix du froment.
- 20 FARINES ,
- Les memes causes ne produisent pas toujours les memes effets. Ainsi, les moulins avaient été sur le point, dans la première partie de l’année, de diminuer leurs heures de travail, à cause de la cherté des achats qui leur coûtaient de trop gros sacrifices. Les arrivages des blés de Russie et des Indes, en abaissant les prix, leur ont permis de réparer, dans la seconde partie de l’année, les pertes qu’ils avaient supportées pendant les six premiers mois.
- Au commencement de 1883, le stock de blé était, à Buda-Pesth, de465,000 quintaux métriques. Les arrivages se sont élevés, dans le courant de l’année, à 6,167,400 quintaux métriques, soit, ensemble, 6,632,400 quintaux métriques. Les moulins de la capitale ont moulu 5,3oo,ooo quintaux métriques. Le stock de fin d’année était de un million de quintaux métriques, de sorte que 332,400quintaux métriques ont été exportés ; mais la plus grande partie-est restée en Autriche, car l’exportation n’a pas dépassé, pendant le deuxième semestre de 1883, les frontières de la monarchie.
- L’industrie des moulins, chiffrée par 5,3oo,ooo quintaux métriques, se serait élevée plus haut, si leur exploitation n’avait pas été réduite de 2 0/0. pendant deux mois environ. Le pays absorbe les qualités moyennes de farine. La'plus grande partie •des farines fines est consommée par l’Autriche et par l’étranger. En somme, 75 0/0 de la farine ont été vendus en Autriche-Hongrie. L’important pour la Hongrie et pour la prospérité de l’industrie meunière est de trouver un débouché assuré pour des 2 5 0/0 qui représentent le gros de la production de la fleur de farine et qui ne peuvent être utilisés dans le pays.
- La Hongrie lutte, non sans difficultés, pour se conserver le marché occidental. Les blés et les farines d’Amérique pénètrent en Allemagne par la Hollande en remontant le Rhin; la Russie- utilise les ports de la Méditerranée pour amener ses grains et ses farines jusqu’en Suisse; elle se sert des ports de Fiume et de Trieste pour faire concurrence aux céréales hongroises ; enfin, elle arrive facilement jusqu’en Bohême, en remontant le cours de l’Elbe. Néanmoins, malgré la redoutable concurrence de l’Amérique, des Indes-Orientales et de l’Australie, qui rivalise avec la Russie, la Hongrie n réussi à maintenir, jusqu’à présent, sa position sur les marchés de l’Ouest au prix de constants •efforts et de réels sacrifices supportés par les producteurs et en grande partie par les minotiers.
- La Hongrie souffre néanmoins, comme la plupart des autres pays de production en Europe, de cette concurrence redoutable. Pour n’en donner qu’un •exemple, d’après les statistiques publiées dans le Royaume-Uni, il a été importé, en 1883, environ 32 millions 1/2 de quintaux métriques de blé et '8,280,000 quintaux métriques de farine en Grande-Bretagne, soit près de 41 millions de quintaux métriques de produits servant à la fabrication du pain, auxquels la Hongrie ne participe que dans la proportion totale de 16/10 p. 100, soit en blé o, et en farine 65o,ooo quintaux métriques, dont 55o,ooo quintaux métriques provenant des moulins de Buda-Pesth.
- Les améliorations techniques apportées à notre industrie meunière, les droits prohibitifs de l’Allemagne à l’importation des farines hongroises, les tendances protectionnistes, qui se manifestent en Suisse et en France sont autant de difficultés créées à l’exportation hongroise, qui lutte énergiquement pour maintenir ses débouchés et qui cherche actuellement à s’assurer des voies de transport moins coûteuses, soit en développant son réseau de chemins de’ fer dans le voisinage des bassins de charbons, soit en poursuivant rabaissement des tarifs des chemins de fer, soit enfin en soutenant l’importance et le développement des services maritimes de la Compagnie VAdria.
- Il ne m’a pas été possible de recueilir le chiffre de l’exportation des farines à destination de la France en 1883 ; mais le chiffre total de l’exportation hongroise a été environ de 3,540,000 quintaux métriques, représentant une valeur de plus de 62 millions de florins.
- PRIX MENSUEL EN 188 3 DU FROMENT ET DE LA FARINE
- (Valeur en florins par quintal métrique.)
- 3° VINS
- La qualité des vins récoltés en 188 3 a été un peu meilleure que celle des deux années précédentes, restée au-dessous de la moyenne. La quantité a souffert dans la même proportion de l’influence des mauvais temps. Le total de la production a égalé 4,601,000 hectolitres environ. Les prix, très élevés en automne, ont subi ensuite une baisse sensible, conséquence de la stagnation des affaires. L’exportation a été de peu d’importance. Quelques milliers d’hectolitres ont été expédiés dans l’Allemagne du Sud et en Suisse ; mais les quantités considérables envoyées en Autriche font présumer que les vins hongrois ont été réexpédiés dans d’autres pays.
- 4o ALCOOLS
- L’industrie des alcools paraît occuper une des premières places dans l’industrie hongroise. L’augmentation considérable des distilleries, les agrandissements apportés aux principaux établissements , l’amélioration des appareils et de l’outillage assurent son développement et justifient ses progrès. La nouvelle loi d’impôts sur les alcools créera sans doute une nouvelle situation et nécessitera une utilisation plus intensive des combustibles 'et de la vapeur en particulier. Un grand nombre des appareils sont dès à présent en mesure de produire une plus grande quantité d’alcool qu’il y a deux ans et le degré de perfection dé leur outillage leur permettra vraisemblablement de supporter la surtaxe de 90 à 100 p. 100 qui vient de leur être imposée. L’excédent de la production qui s’en va à l’étranger n’a pas subi d’altération .par le fait de modifications dans les traités de commerce ; mais il a de la peine à lutter pour son introduction en Bulgarie et dans les pays des Balkans contre la concurrence des alcools importés de la Russie qui disposent, à Odessa, de navires toujours prêts à fréter à bon marché pour remonter le Danube. L’Espagne est le plus grand débouché des alcools hongrois ; mais le port de Fiume et même celui de Trieste sont devancés souvent par celui de Hambourg, qui expédie, trois fois par semaine, des cargaisons d’alcools dans les ports espagnols.
- L’année 1883 a produit 1 million d’hectolitres d’alcools environ, dont 200,000 ont été exportés ; 112,000 hectolitres ont passé par Trieste, 40,000 par Fiume, le reste a emprunté des voies diverses. Les prix se sont maintenus sans grande variation : au commencement de l’année on notait 3o florins par hectolitre,' en juin 33 florins par hectolitre, en août 34 florins par hectolitre, en décembre 3o florins par hectolitre.
- La valeur de l’exportation des alcools peut être évaluée à 7 millions de florins.
- 5» TABACS
- L’agriculture hongroise tire un grand profit de la culture du tabac, dont la production s’accroît d’année en année. La consommation des tabacs hongrois, dans l’intérieur de la monarchie, est considérable ; cependant elle est dépassée de beaucoup par la production, qui dispose actuellement
- de stocks importants. La qualité des produits n’a pas augmenté absolument, il est vrai, en proportion de leur quantité; cependant les plantations qui sont spécialement destinées aux tabacs d’exportation, ont fait de réels progrès. Celles - ci présentent actuellement une étendue de 12,620 jochs (ij, qui ont produit en 1883 5 millions de kilogrammes environ. L’exportation n’a pas dépassé 3,600,000 kilogrammes, dont les deux tiers ont été répartis entre la France et l’Italie, au prix moyen de 3o florins par 100 kilogrammes.
- D’après la statistique officielle, la Hongrie a produit , en 1882 , un total général de 5^,188,694 kilogrammes, récoltés sur une étendue de plantations de 98,065 jochs, soit en moyenne 534 kilogrammes par joch. La valeur totale de cette production peut être évaluée à 9,07,626 florins, soit une moyenne de 17 florins 5 4 kreutzers par 100 kilogrammes. La régie autrichienne a acheté pour son compte, au prix de 4,840,650 florins, 28,513,990 kilogrammes de tabacs de Hongrie, récoltés en 1882. Les recettes brutes de la production se sont élevées de 2Q,325,3oo florins qu’elles avaient atteints en 1882, à" 30,721,960 florins, soit une augmentation de 4,75 p. 100 pour 1883.
- On peut aisément constater à l’aide des chiffres qui précèdent, et qui correspondent autant que 'pos’sible à la réalité de la production, les avantages que l’agriculture hongroise tire de ses plantations de tabac. L’Autriche est, comme on le voit, le plus grand consommateur des tabacs en feuilles de Hongrie; cependant d’autres pays européens, particulièrement la Belgique et la Hollande, la France et l’Italie, font en Hongrie de sérieux approvisionnements, qui se sont élevés, paraît-il, en 188 3, à une valeur approximative de 1,900,000 florins. Sans être absolument en mesure de garantir l’authenticité de tous les chiffres dont je viens de fournir l’exposé à Votre Excellence, j’estime cependant, Monsieur le ministre, qu’ils pourront être d’une utile direction pour quiconque a le désir d’envisager dans leur ensemble les cinq grandes sources productives de la richesse hongroise, et c’est dans cette pensée que j’ai réuni les éléments de nature à mettre sur la voie d’un plus minutieux examen.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Secrétaire d’ambassade,
- chargé du Consulat général de France à Buda-Pesth De Laugier-Villars.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- Lettre de notre correspondant particulier :
- L’Exposition horticole a été inaugurée le 10 mai par le ministre de l’agriculture.
- M. le baron Osy qui, sous les auspices du Comité exécutif, organise les concours internationaux d’horticulture, a adressé au ministre ' les paroles suivantes, au moment où celui-ci franchissait le seuil de cette exposition :
- « En ma qualité de président de la Société royale d’horticulture et d’agriculture je suis heureux et fier, M. le ministre, de vous souhaiter la bienvenue et de vous exprimer notre gratitude pour l’empressement que vous avez mis à accepter de venir présider à l’inauguration de cette exposition printanière.
- « Je vous remercie des sympathies que vous avez témoignées à notre entreprise ; vous avez compris que l’agriculture, cette branche si utile et si intéressante, devait avoir sa place à côté des beaux-arts dans ce grand tournoi pacifique.
- « Notre exposition, nous sommes fiers de pouvoir le proclamer, dépassera les plus belles. E11 vous remerciant nous remercions aussi les autres autorités constituées, le gouvernement provincial, en la personne de M. Pycke ; la ville, en la personne de son échevin, M. Van-dennest qui remplace M. le Bourgmestre ; la fédération des Sociétés d’horticulture, en la personne de M. le professeur Morel. »
- Il est incontestable que cette exposition est fort belle, elle a lieu dans la salle des fûtes où samedi dernier nous avons subi la fameuse cantate. Peter Benoist et ses 1,500 exécutants sont remplacés par des fougères arborescentes, de proportions peu communes et par un groupe superbe de palmiers.
- (1) Le jocli de 1,600 toises carrées égale 67 ares 55 centiares.
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- LE MONITEURtoJtoSïTION DE 1889.
- 160 et i6ï. —.Première Année. — N° 20
- Dimanche 17 Mai 1885.
- PLAN GÉNÉRAL DE L'EXPOSITION
- Dans les tFavées et dans la grande nef., on a établi des parterres composés exclusivement de plantes fleuries. A signaler le parterre colossal d’azalées duquel s’élève un magni-ficens blanc qui ne mesure pas moins de six mètres de circonférence ; un vieux tronc d’arbre d’où s’échappent en gerbes des orchidées aux couleurs les plus variées ; une bizarre cicadée, que de loin on prend pour un tas de plumes d’oies sqr lesquelles on aurait passé une couche de vert.
- M. A. Peeters, horticulteur de Saint-Gilles, a obtenu la médaille d’honneur offerte par la ville d’Anvers à l’exposant qui a le plus contribué à la splendeur du concours du mois de mai.Dans le reste de l’exposition 011 travaille avec la plus grande ardeur. Les Commissaires belges et étrangers rivalisent d’activité, tous ceux qui étaient présents à la fête du 2 mai et qui ont assisté à l’inauguration de l’Exposition horticole du 10 courant ont pu se rendre compte du travail considérable qui a été
- accompli dans ces huit derniers jours. Ils ne s’étonnent point quand on leur dit qu’avant la fin du mois tout sera entièrement terminé.
- Les' travaux de l’entrée principale se poursuivent activement; pour faciliter la besogne des ouvriers 011 a interdit ce passage au public : on a grandement raison de prendre cette prudente mesure. Toute la charpente en fer, qui est entièrement à jour, s’élève à une hauteur de 60 mètres, les ouvriers qui travaillent dans le haut de cet immense échafaudage auraient pu laisser tomber des outils ou des pièces d’assemblage, et par suite causer de sérieux accidents.
- Le jour de l’inauguration on pouvait voir, j de chaque côté de l’entrée principale, une longue file de planches entièrement nues représentant les faces latérales du monument, les pièces composant le revêtement étaient, ce jour-là, à pied - d’œuvre. Dès aujourd’hui on peut juger de l’aspect définitif que présentera cette façade , car bon nombre de ces
- pièces sont déjà en place. L’effet obtenu est des plus décoratifs.
- Le 2 mai, il restait à la gare du Sud 350 wagons remplis de marchandises destinées à 1 exposition, le Comité exécutif ne voulait pas laisser remettre à découvert les Voies ferrées qui viennent jusque dans la nef centrale et qui, le jour de l’inauguration, avaient disparu sous les. parquets terminés en toute hâte. M. Mouthiers, notre commissaire, a vivement combattu cette prétention; il a obtenu gain de cause ; et en moins de huit jours les wagons ont été déchargés ; ceci a permis à bon nombre d’exposants de garnir et de terminer leurs vitrines. .
- A quelques rares exceptions près, la section française sera terminée à la fin de cette semaine. Il en est de même à la galerie des machines.
- LA MANUTENTION
- DES
- MARCHANDISES A ANVERS
- (SuiteJ
- (Voir le Moniteur du 3 Mai i885).
- Il y a peu de différence entre ces grues et celles de 5 et io tonnes. Le cylindre commandant le mouvement élévatoire est horizontal au lieu d’être incliné, et un piston sur lequel la pression est constante, placé dans le prolongement du premier et agissant en sens contraire de celui-ci, force le plongeur à rentrer dans son cylindre quand on ouvre la soupape d’exhaustion.
- Pour terminer, nous allons énumérer ce que comprennent les installations hydrauliques d’Anvers-Bassins.
- i? Deux chaudières à vapeur ;
- 2° Une pompe d’alimentation;
- 3° Deux machines à vapeur horizontales à haute
- pression et à détente , d’une force totale de y5 chevaux effectifs , pouvant travailler à volonté, soit simultanément, soit isolément, et destinées à actionner deux corps de pompes foulantes placées, sur le prolongement des cylindres à vapeur.
- Course du piston. . . . om,6o5
- Diamètre................. om,356
- Le degré d’admission est de i/3 et la détente est constante.
- La vitesse maximum est de 6o tours par minute.
- 4° Deux corps de pompe foulante, à piston plongeur, capables de comprimer l’eau à 5o atmosphères et de décharger à cette pression om,7o8 par minute, ce qui équivaut à une force de 7c chevaux.
- Course.................. oln,6o5 .
- Diamètre................. om,uo
- 5° Un réservoir à eau, en tôle, de 25,490 litres de capacité, destiné à l’alimentation des chaudières et des pompes foulantes.
- 6° Une pompe élévatoire à double action pour élever l’eau au réservoir.
- 70 Un accumulateur.
- 8° Vingt et une grues de 1,000 kilogrammes; Quinze grues de i,5oo kilogrammes;
- Trois grues de 2,000 kilogrammes;
- Quatre grues de 5,000 kilogrammes ;
- Une grue de 10,000 kilogrammes.
- 90 Vingt-cinq cabestans.
- io° Quarante-deux galets de renvoi ou poulies folles.
- BASSINS DE LA VILLE. — Dans le tableau que l’on trouvera plus loin , nous avons réuni les principaux renseignements qui caractérisent chacun d’eux.
- On a accompli d’importants travaux aux quais du grand bassin. Mais comme ils ont beaucoup d’analogie avec ceux qui ont été exécutés aux quais de l’Escaut que nous décrirons plus tard d’une façon spéciale, nous dirons seulement que le mètre
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- Première Année. — N° 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Mai i885- — 162.
- courant de mur de quai construit sur ce point, par ce procédé, a coûté 2,600 francs.
- Signalons enfin deux entreprises importantes dans cette partie du port.
- En vue d’écarter des bassins maritimes une partie des bateaux venus de l’intérieur qui les encombrent et prennent la place destinée aux navires, on décida la construction d’un bassin de. batelage au Looibroek. Il mesure q5o mètres de longueur sur 40 mètres de largeur.
- Enfin, un dernier travail vient d’être terminé. Il consiste dans le prolongement du Kattendyk. Cela donne une surface d’eau de 4 hectares et une longueur de quais accostables de y5o mètres.
- CALES SÈCHES. — On compte six cales sèches dont, voici les dimensions :
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- Longueur sur tins 110"' C)0"> 40'“ 123'“ 123"' 123“'
- Largeur à l’entrée. 24m80 12 m 10'“ 15'“ 15"' 15ra
- Mouillage sur le buse (cote des bassins — 3'"ti6) 6m89 4'“24 2"'76 om 5'"24 5"'24
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- Dans les nouvelles cales, le radier, au lieu d’être concave, est convexe ; de cette manière les eaux s’écoulent dans des gargouilles placées au pied du premier gradin. Dans l’ancienne construction, les eaux se réunissent au centre, sous la grille même du navire , c’est-à-dire au point même où les ouvriers sont le plus occupés.
- Les tins, au lieu d’êtrp en bois, seront en fonte; ils sont formés de trois pièces creuses formant coins et renforcées par des nervures.
- Les nouvelles cales ont intérieurement i2m,6o de longueur à la base et 2 3m,40 au sommet.
- Les bajôyers sont inclinés de 5m40 sur toute leur hauteur, qui est de 7m,2 5. Cette inclinaison est divisée en neuf gradins qui mesurent om,6o.
- Enfin le niveau des bajôyers des nouvelles cales et celui des terre-pleins adjacents a été tenu à im,65 en contre-bas du niveau de la tablette- du quai.
- L’épuisement des cales se fait, partie par pompes, partie par écoulement dans le fleuve , à marée basse. La grande cale s’épuise complètement par pompes.
- La machine servant à cet usage est une machine à vapeur horizontale a deux cylindres, d’une force de 230 chevaux, actionnant huit corps de pompe.
- La cale a une contenance de 24,090 mètres à la flottaison ordinaire des bassins ; on la vide en deux heures.
- DRAGAGE. — Pour maintenir les bassins à profondeur, la ville, d’Anvers possède un bateau dragueur, enlevant annuellement 24,000 mètres cubes de déblais.
- Ceux-ci sont déchargés dans l’Escaut, à 8 kilomètres en aval de la ville par un porteur à hélice ; on compte 8 heures pour la durée de l’opération : 6 heures pour le chargement et 2 heures pour le transport (aller et retour). Le bateau mesure 40 mètres de longueur et contient 220 mètres cubes de vase. Ce cube est emmagasiné dans deux compartiments s’ouvrant par trois grands clapets de fond.
- OUTILLAGE DES QUAIS DES BASSINS. — Les installations hydrauliques des bassins à flot de la ville comprennent les parties suivantes :
- i° Machines à vapeur avec accessoires et canalisation. — La machine de 15o chevaux de force est à deux cylindres horizontaux, à détente et à condensation.
- Les cylindres sont à enveloppe de vapeur ; ils ont om,5g6 de diamètre, om,8i2 de course. La machine est construite pour marcher à 60 tours par minute. La détente se fait au quart de la course.
- Les tiges des pistons à vapeur actionnent un seul arbre sur lequel est monté le volant ; une manivelle calée sur cet arbre donne le mouvement à une pompe élévatoire envoyant l’eau dans un réservoir placé dans la chaufferie.
- A l’arrière des cylindres à vapeur se trouvent les pompes de pression, dont les pistons ont om, 149 de diamètre, et qui sont mus directement par les tiges prolongées des pistons à vapeur.
- L’eau du réservoir, placée en contre-haut de ces pompes, alimente celles-ci, et est refoulée dans, l’accumulateur et la canalisation générale.
- (A suivre.)
- H.-F. Cabirau.
- LES EXPOSITIONS AGRICOLES
- LE CONCOURS DE MONTPELLIER
- Samedi dernier, 9 mai, M. le ministre de l’agriculture est arrivé à Montpellier à 11 heures du matin. A 2 heures le ministre a reçu les corps constitués , puis il s’est rendu au concours régional agricole. A 5 heures, il s’est rendu à l’École nationale d’agriculture, qu’il a visitée en détail.
- La distribution des récompenses a eu lieu dimanche à 2 heures. M. Hervé-Mangon pendant la cérémonie, a prononcé un discours fort applaudi, qu’à notre grand regret, l’abondance des matières nous empêche de- publier dans ce numéro.
- Dans le Moniteur du i5 mars i885 , nous avons publié un article sur l’avenir des vignes américaines, dans lequel nous donnons des renseignement sur les procédés de culture employés par M. S. Bastide, le propriétaire du château d’Agnac. Nous sommes heureux de citer les paroles suivantes qu’a prononcées à ce sujet M. le ministre de l’agriculture :
- « Tous les viticulteurs applaudiront à la décision par laquelle le jury a donné la prime d’honneur à la belle plantation de vignes américaines créée au château d’Agnac par M. Scevola Bastide. »
- H.-F. G.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- L’EXPOSITION MENZEL
- Etait-il bien nécessaire d’ouvrir au Pavillon de la Ville de Paris, une Exposition des œuvres d’Adolphe Menzel? Avions-nous besoin de voir en plein Paris la collection des travaux du peintre de Breslau? Certains journaux sont allés jusqu’à affirmer que Menzel était capitaine de hulans pendant la guerre. Est-ce vrai ? Je l’ignore absolument. Menzel ayant 55 ans en 1870, il m’est permis d’en douter quelque peu. Quoi qu’il en soit, au moment où la peinture française est en plein épanouissement, où notre école rayonne sur le
- monde entier, je crois un peu inutile de déranger le public pour l’œuvre de Menzel, intéressante il est vrai, mais peu géniale. Sur les 386 numéros que comporte le catalogue nous trouvons seulement sept peintures à l’huile. C’est peu, avouons-le ; et si fatidique que soit le nombre sept, il ne suffit pas, dans ce cas, à notre bonheur. Parmi ces tableaux, citons le meilleur, la Forge. Au resplendissement de la fournaise qui éclaire de rougeurs intenses les ouvriers suants, et aux bras nus, se mêle ia lumière bleuâtre d’un jour tamisé cette toile est très impressionnante et très vivante. Mais dans ce genre Roll a fait aussi bien. Les autres tableaux m’ont moins satisfait : la Place du marché de Vérone, si fourmillante qu’elle soit de types singuliers et de légumes variés, a des tons jaunes et passés qui ne rappellent pas très exactement la nature ; j’en dirai autant du Souper au Bal où les femmes décoletées se font remarquer par des chairs à tonalités grises et éteintes, où les lustres, peu rayonnants, ont l’air mal allumés. Enfin, dans l’étude du jardin des Tuileries, le soin avec lequel les feuilles des arbres sont étudiées en détail produit une impression fâcheuse, et ce genre, de micrographie n’a rien qui nous émerveille. Dans les aquarelles comme l’Intérieur d’une Cour, la Stalle de chœur de la cathédrale de Mayence, la Maison en démolition, la Forge de Gastein, la Maison vue au crépuscule, les Pins, Menzel se montre beaucoup plus fin, beaucoup plus délicat dans l’expression des nuances. Il pratique habilement l’art des gris harmonieux et des demi-teintes séduisantes. Il en est de même de ces eaux fortes, très fouillées et remarquables so’uvent par les valeurs de ton.
- Sa lourdeur allemande prend le dessus dans les lithographies où nous voyons défiler des uniformes de l’armée de Frédéric le Grand et les faits remarquables de l’histoire de Brandebourg et de Prusse. La facture en est souvent pesante, mais le dessin est mouvementé. Il semble que Menzel ait subi tour à tour diverses influences ; classique dans certaines études, il est préoccupé ailleurs de la recherche du modernisme et de l’interprétation fidèle, nuancée, exacte du monde extérieur. Il doit connaître évidemment notre école d’aujourd’hui. Menzel est-il un tempérament original et prime-sautier? Il nous est permis d’en douter. Un artiste peut avoir plusieurs manières et cependant rester toujours lui-même. Tel était Corot; tels étaient aussi dans un autre ordre d’idées Beethowen et Wagner. Je cherche en vain dans Menzel la note dominante et individuelle, ce je ne- sais quoi de nouveau et d’imprévu qui fait dire au spectateur :
- « Cet artiste est vraiment quelqu’un.-» M. F.-G. Dumas qui a organisé l’exposition Menzel lui consacre dans le catalogue une préface dithyrambique et le présente en tête « des amoureux du document précis, des réalistes dans le bon sens du mot». Alors que dirons-nous dé Bastien-Lepage. de Dagnan, Bouveret et d’autres jeunes maîtres français ? Il ne s’agit pas ici de chauvinisme ou de politique, mais nous avons chez nous de vraies gloires, de vrais grands peintres, et, je lé répète, notre école française contemporaine me paraît tenir le premier rang. Combattons donc prô aris et focis.
- Charles Grandmougin.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous rappelons à nos lecteurs l’intéressante exposition d’œuvres d’art qui se prépare à New-York, et qui sera suivie d’une vente au profit de 1 hôpital français de cette ville. Le Comité de Paris adresse un nouvel appel aux artistes toujours si charitables de notre pays. Les adhésions sont reçues par M. J. Le Cesne, secrétaire du Comité, 28, avenue de l’Opéra.
- A propos du Salon qui vient de s’ouvrir un grand pas est fait pour la défense de la propriété artistique.
- Le conseil d administration de la Société des artistes français, a conclu, en effet, depuis l’ouverture de 1 Exposition, un traité avec une agence constituée en vue de protéger et de. défendre la propriété artistique. .
- Tous les membres de la société peuvent donc, dès.aujourd’hui, s’adresser à cette agence, dont le siège est à Paris, 17, faubourg Montmartre.
- M. du Poussât, agent général, esta la disposition des membres de la société, tous les jours, de neuf heures à midi et de une heure à six heures.
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- t 63. — Première Année — N° 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITIONDE 1889.
- Dimanche 17 Mai 1885.
- On trouvera dans le bulletin de la société les dispositions générales du traité conclu par la Société des artistes français.
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- Le tableau d’Eugène Delacroix : Entrée des croisés à Constantinople, vient d’être placé au musée du Louvre, dans la première salle de l’Ecole française.
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- Départements
- L’inauguration de la statue d’Alexandre Dumas père à Villers-Cotterets est définitivement fixée au dimanche 24 mai. Plusieurs discours seront prononcés.
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- Un congrès international d’instituteurs, organisé par le Conseil municipal du Havre, avec approbation de M. le ministre de l’instruction publique, se tiendra dans la ville du Havre du G au 9 septembre prochain.
- ÉTRANGER
- Pays-Bas
- Une exposition internationale de céramique décorative et de vitrail, organisée par le comité local de la Société hollandaise pour l’avancement dél’industrie, sera ouverte à Délit (Hollande mérid.) du l01' juin au 31 juillet 1885.
- Seront admis à concourir tous les produits concernant : le carrelage pour parquet en mosaïque (terre cuite et ciment) ; — les carreaux de revêtement peints ou imprimés ; —les carreaux décoratifs émaillés (majoliquos) ; —• les plats et panneaux décoratifs en faïence ; — la lave (carreaux et plaques) ; — les carreaux incrustés pour façades ; — les verres de couleur ou vitraux, etc. *
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- L’Exposition internationale de 1883 à Amsterdam ne parait pas devoir se terminer heureusement. La société qui l’avait organisée va suspendre ses paiements ; elle offre 30 0/0 à ses créanciers.
- Le passif s’élève à 1,400,000 francs; l’actif à 400,000 francs.
- HISTOIRE
- Allemagne
- On sait qu’une exposition industrielle doit avoir lieu en 1888 à Berlin.
- Les délégués industriels ont rendu compte lundi dernier,;! la réunion plénière des industriels, d’une entrevue qu’ils avaient etie à ce sujet avec le sous-secrétaire d’Etat Bœtticher.
- Il résulte de leur rapport que le gouvernement est favorable au projet. En conséquence, le Comité qui s’est formé pour les travaux préparatoires s’adressera prochainement aux chambres de commerce, aux associations et aux industriels pour demander leur avis et leur concours:
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- Les locaux de l’Exposition hygiénique, désignés pour recevoir l’Exposition internationale des beaux-arts en 188G, ayant été reconnus trop exigus, 011 doit construire une aile de dimensions assez grandes et se rattachant au bâtiment central.
- Le dixième concours hippique a lieu en -ce moment à Dresde (Saxe Royale).
- Une exposition d’horticulture et d’élevage des volailles aura lieu à Aix-la-Chapelle (province Rhénane) dans le château de Frankenberg, du 27 au 30 juin.
- Angleterre
- La Société aéronautique de la Grande-Bretagne annexe à l’Exposition internationale de F Alexandra-Palace (Londres), dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, une exposition aéronautique, la première de ce genre, qui ouvrira dans le courant du mois prochain. Seront admis : des dessins et reproductions d’appareils d’ascension et de vol; des modèles calculés pour le transport d’un, homme ; des moteurs du moindre poids possible.
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- M. J.-S. Hodson, secrétaire de la Printers Pension Corporation, à Londres, organise une exposition des différents procédés mécaniques d’impression. Plus de 20 maisons de France et d’Allemagne ont déjà envoyé leur adhésion.
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- Ln village japonais, dont nous avons parlé dans notre numéro du 8 février , a été détruit en quelques minutes, par un incendie, le 2 mai dernier. Il était établi à Humphrey’s Hall, dans la partie sud de Hyde-Park, et était composé de cabanes en bois, d’une charpente légère, alignées sur cinq rues parallèles, ce qui explique la rapidité de l’embrasement. Les cent Japonais qui l’habitaient ont pu être sauvés.
- Espagne
- Du 1er septembre au 31 octobre 1885, aura lieu àSaragosse (Aragon), dans un édifice spécialement construit à cet effet, une exposition comprenant : les sciences,. les. beaux-arts , l’agriculture, les industries mécaniques, la chimie industrielle et les différents procédés pour l’extraction des minerais. Seront admis tous les envois de l’étranger.
- Italie
- Un concours international de batteuses à vapeur, organisé par le ministère de l’agriculture, ouvrira à Pesaro, le 1er juillet prochain.
- Ne seront admises que des machines ne dépassant pas une force de 5 chevaux. Seront décernées ; une médaille d’or et deux d’argent.
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.),
- IV
- (Voir le Moniteur du ig avril i885)
- C’est sous ce règne pompeux que l’on songea, enfin, à créer une poste spéciale à Paris, la petite poste, comme on l’appela. On plaça dans les principaux carrefours et dans les rues les plus fréquentées de Paris des boîtes aux- lettres. On vit se créer successivement la poste à un sou, puis la poste à deux sous.
- A ce moment, l’administration fit, dans la capitale, une distribution tous les jours; et le public du temps était émerveillé de cette régularité et de cette promptitude.
- Quant au service ordinaire, c’est-à-dire à la correspondance entre les diverses provinces, il fonctionnait régulièrement. Les courriers de l’Etat portaient le nom d'ordinaires, mot qui revient souvent sous la plume de Mmc de Sévigné écrivant à sa fille, Mme de Grignan, et sous celle de Boileau écrivant à Racine. L’ « ordinaire .> était assermenté; il se chargeait d’arriver à l’heure fixée dans les localités figurant sur son itinéraire, et de plus, il était tenu cie faire toutes les opérations que le bien du service postal comportait. Par la suite, il y eut un certain désordre dans le service des postes. Les longues guerres de Louis XIV avaient appauvri le pays en hommes, chevaux et argent. Les routes, mal pavées, mal entretenues par les provinces, ne permettaient plus cette admirable régularité, ce bon ordre, qui avaient caractérisé la période postale comprise entre 089 et 1661, c’est-à-dire depuis le commencement du règne de Henri IV jusqu’à l’avënement de Louis XIV. Le caprice du roi se substituait à l’intérêt public; et bien souvent, malgré les remontrances de ses ministres, le glorieux mais dissipateur fils d’Anne d’Autriche oublia que la poste aux lettres était, depuis la perte du procès par l’Université de Paris, un service public plutôt que royal.. Malheureusement, Louis ne voulut rien entendre et jusqu’en 1715, année de sa mort, la poste fonctionna assez irrégulièrement.
- Ici une remarque s’impose. Les ministres de Louis XIV étaient pour la plupart des hommes sortis de la petite bourgeoisie, c’est-à-dire de naissance fort-modeste. Colbert, Louvois, Séguier, etc., se souvenaient, avant tout, de leur origine plébéienne. C’est pourquoi ils n’eurent garde, malgré l’absolutisme du grand roi, d’oublier qu’avant tout ils étaient les hommes du peuple, c’est-à-dire les serviteurs du public.
- Quand le désastre militaire de Louis XIV se développa, on chercha à créer des ressources financières avec n’importe quoi. La poste aux lettres, par sa prospérité relative, attira tous les regards En fondant les postes, Louis XI avait accordé des privilèges fort étendus aux « maîtres coureurs ». Plus tard, ces privilèges avaient été contestés et même dérobés aux maîtres de poste. Louis XIV eut le bon esprit de leur rendre ces privilèges en échange, bien entendu, d’un service d’argent. Plusieurs voyages de la cour dans les provinces avaient tellement éreinté les chevaux qu’il en était mort plus d’un quart. Ruinés et découragés, un grand nombre de maîtres de poste menacèrent d’abandonner leurs établissements. C’est alors que, sur les conseils de Colbert, son ministre des finances, le roi de France les remit en possession des privilèges qui leur avaient été primitivement accordés et qui les exemptèrent de la taille pour soixante arpents de terre, de la milice pour l’aîné de leurs enfants et le premier de leurs postillons, du logement des gens de guerre, de la contribution pour les frais du guet, gardes et autres impositions, etc.
- Jusqu’en 1663, les postes n’avaient rapporté à l’Etat, c’est-à-dire au roi, d’autres revenus que
- ceux résultant de la vente des charges d’employés, fort recherchées du reste, même à cette époque, à cause du privilège dont jouissaient les titulaires de percevoir à leur bénéfice le port des lettres qu’ils faisaient distribuer. Frappé de l’importance chaque jour plus considérable de leurs produits, Louvois, — « le plus dur des commis du roi, » comme on l’appelait, — mit les postes en ferme au prix de doupe cent mille francs. Le privilège dont jouissait l’Université, venait d’être attribué à l’Etat par les tribunaux. Cependant quelques auteurs prétendent que ce privilège fut racheté, moitié de gré, moitié de force, —qnoitié figue, moitié raisin, disait Tallemant des Réaux. Ce monopole, quoi qu’il en soit, reçut una constitution régulière.
- Ce fut un nommé Lazare Patin, qui, en 1663, devint fermier général des postes, par un bail de onze ans. En 1Ç74, ce bail fut prolongé pour neuf années. Le système était bon, car un siècle plus tard, en 1788, la ferme des postes rendait doupe millions au Trésor. T. M.
- (A suivre.)
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- 1.
- On vit surgir, il y aura bientôt un demi-siècle, une école d’hommes politiques et d’économistes qui inventèrent cet étrange axiome : — la spéculation est une force pour un Etat; elle est l’un des éléments les plus puissants de sa richesse et de sa grandeur.
- Cétte doctrine, ils la prônèrent dans leurs écrits, ils conseillèrent au gouvernement d’alors de l’appliquer, sans se mettre en peine de rechercher si elle n’aurait pas pour conséquence de fausser le mécanisme économique et d’aboutir à un résultat diamétralement opposé à celui qu’ils avaient prévu.
- Sans doute, ces hommes étaient de bonne foi, ils avaient une confiance absolue dans l’efficacité de leur système ; ils croyaient sincèrement avoir fait une trouvaille, quelque chose comme la pierre philosophale en matière économique.
- A cette époque , une révolution importante commençait à s’opérer dans le monde industriel. L’application nouvelle de la vapeur comme force motrice et l’invention des chemins de fer avaient éveillé leur attention et servi de point de départ à leurs recherches. Leur, imagination avait été séduite par ces importantes découvertes qui devaient bouleverser le monde économique , déplacer les bases de la production et de l’activité humaine, et ils en avaient conclu que la spéculation avide, insatiable , prendrait nécessairement un développement considérable et deviendrait la source de la richesse et de la puissance de l’Etat.
- Leurs conseils furent écoutés.
- On laissa libre carrière à la fièvre de la spéculation.
- Il y avait des chemins de fer et des usines à construire, des canaux à creuser, des chemins à améliorer, de grands travaux publics de toutes sortes à exécuter. On vit se fonder des sociétés financières et industrielles, des banques , des institutions de crédit de toute nature ; on spécula sur tout, sur l’argent, sur la matière, sur l’idéal, sur le mensonge, sur la bêtise humaine, sur le néant. On vit des exploiteurs sans conscience, des agioteurs qui méritaient de coiffer le bonnet gris du forçat, des agences véreuses qui ne possédaient pas un sou dans leur caisse et pas de crédit au dehors, attirer la clientèle des naïfs par la promesse de gros dividendes qu’ils payaient en levant le pied, en emportant les capitaux qu’on leur avait confiés.
- Et tout ce monde d’accapareurs, d’exploiteurs et d’escrocs tenait le haut du payé et écrasait de sa morgue insolente le bourgeois honorable, le commerçant intègre et l’ouvrieiy honnête. Le gouvernement impérial laissait faire, quand il n’encourageait pas ces officines de démoralisation qui étaient souvent de véritables repaires où le petit rentier et le travailleur, qui avaient réussi à économiser sur leur nécessaire un modeste pécule pour leur vieillesse, étaient dévalisés comme au coin d’un bois. Les hommes d’Etat avaient la naïveté de croire qu’il pourrait sortir quelque chose de bon de cette spéculation éhontée, de cette course effrénée après l’argent, qu’elle augmenterait la richesse publique et la somme de bien-être de la classe laborieuse.
- Cette illusion ne tarda pas à s’évanouir.
- Qu’arriva-t-il ? C’est que toutes ces réformes économiques , cette impulsion exagérée donnée aux grands travaux, surtout aux travaux de luxe, d’inutilité publique, cet amour du lucre encouragé outre mesure eurent un résultat opposé à celui que l’on avait espéré.
- La spéculation n’enrichit que quelques habiles et quelques parasites, aux dépens des actionnaires, c’est-à-dire du public qui fut exploité, dépouille. Au lieu de baisser, comme on s’y attendait, le prix des choses nécessaires à la vie matériels augmenta dans des proportions anormales et véritablement
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- Première Année.
- N° 20.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 17 Mai i885. — 164.
- désastreuses pour la bourse du travailleur. Ainsi, de i852 à 1866, on constata un renchérissement de plus de 2 5 pour 100 sur les objets de consommation. Fait douloureux qui condamna l’ouvrier à de nouvelles privations et fit apparaitre le spectre de la misère au sein de bien des foyers qui, jusqu’alors, avaient été dans une aisance relative.
- Faut-il, comme l’affirment quelques économistes, ne voir dans le malaise général actuel , dans la crise qui sévit à la fois sur l’agriculture, le commerce et l’industrie, que la conséquence de l’application des idées libre - échangistes dont l’empire nous a légué l’héritage ?
- Il est un fait incontestable, un fait acquis à l’histoire, c’est que la décadence de notre industrie et de notre agriculture et le renchérissement des choses de première nécessité , ont été sans cesse en augmentant depuis l’application de ce système économique par le gouvernement impérial ; c’est que l’on a vu se produire Aîné succession lamentable de faillites; les usines se sont fermées , les grèves et les chômages ont été plus nombreux et plus fréquents; les budgets annuels se sont accrus dans des proportions inquiétantes et l’on s’est vu obligé de recourir à des subterfuges financiers pour leur donner un équilibre fictif.
- Nous savons bien que l’on répond à cela que la richesse de la France est inépuisable. C’est la ritournelle chère à tous les gouvernements qui font de grandes dépenses inutiles et grèvent le budget. Non, nos ressources ne sont pas inépuisables ; tout a une fin, ici-bas, et les empires, si riches et si prospères qu’ils puissent être, finissent, comme les individus „ par se ruiner, quand leur fortune est mal administrée.
- Quelques esprits superficiels, qui ont pour habitude de ne considérer les choses qu’à la surface et de se laisser séduire par leurs apparences trompeuses, s’imaginent volontiers que, loin de descendre la pente rapide d’une fatale décadence, la richesse de la France, au contraire, va sans cesse en progressant. Et sur quoi se fondent-ils pour formuler ce jugement plein d’un puéril optimisme ? Sur ce que l’on voit chaque jour s’élever dans nos grandes villes des théâtres somptueux, des palais et des hôtels d’une richesse éblouissante, sur ce que l’on perce à travers les rues sombres et tortueuses des vieux quartiers des boulevards spacieux où le luxe et l’élégance se donnent rendez-vous. Tout cela n’est qu’un mirage, mirage splendide , agréable , nous le reconnaissons , sans conteste, mais qui n’empêche pas que l’on soit réduit à recourir à des expédients pour équilibrer le budget, et que, de temps à autre, les journaux nous apprennent, avec une douloureuse indifférence, que l’on a trouvé au seuil d’un de ces palais luxueux le cadavre d’un infortuné mort de faim et de misère.
- Est-ce que nous n’avons pas vu, sous l’empire, cet étalage d’un luxe insolent? Est-ce que jamais gouvernement eut plus que celui-là la manie de construire des hôtels magnifiques , de percer des rues nouvelles, de créer des squares ornés dè fleurs et de pelouses verdoyantes ? Eh bien, cependant, est-ce que les finances étaient prospères, sous ce régime qui nous a légué une dette de près dè vingt milliards ?
- C’est une erreur dangereuse de croire que ces dépenses stériles, improductives, que 'cet étalage d’un luxe éblouissant prouvent la richesse d’une nation. Tout cela peut flatter l’amour-propre et la vanité, mais n’empêche pas qu’un peuple végète dans la misère et que la situation financière soit embarrassée. Une nation n’est riche qu’autant que tous les citoyens sont dans l’aisance, que le bien-être s’étend à toutes les classes de la société et non à quelques privilégiés, et que le développement du luxe coïncide avec l’abaissement du prix des objets de première 'nécessité, avec la vie à bon marché.
- Avant de s’écrier que tout va bien, que le pays est riche et prospère, il faudrait prêter l’oreille et écouter si des plaintes , des cris de détresse ne montent pas du sein de la foule qui travaille et produit ; il faudrait regarder si les ateliers ne sont pas déserts et silencieux, si le laboureur aux abois 11’a pas abandonné le sillon, si, dans cette ruche immense que l’on appelle la nation, tous les travailleurs sont occupés , si tout marche, agit dans une parfaite harmonie.
- (A suivre.)
- E. Mansuy.
- LES LIVRES
- VII
- Portraits du grand siècle, par Ch.-L. Livet. Emile Perrin, éditeur.
- L’auteur de l’ouvrage dont le titre précède, et que nous allons brièvement analyser, est un des écrivains contemporains qui connaissent le mieux le siècle de Louis XIV. Il l’a étudié, pratiqué toute sa vie : « C’est sa province », a dit de lui Sainte-Beuve. Nul ne sait mieux que lui, par le large et par le menu, cette grande époque dont l’empire
- et l’attrait se ravivent de la déception de toute comparaison. Son principal ouvrage : Précieux et Précieuses, est classique en quelque sorte sur le sujet. Celui que nous allons feuilleter, pour indiquer au lecteur quel profit et quel plaisir il y trouvera, mérite de le devenir. C’est comme l’indique le titre, une galerie de portraits, dont les deux premiers ne sont pas les moins attrayants. Ils nous représentent, ressemblantes et non flattées, les images de deux héroïnes d’histoire qui furent surtout des héroïnes de roman. La première fut cette Gilonne d’Harcourt, marquise de Piennes, puis comtesse de Fiesque, célèbre surtout sous ce dernier nom, qui fut avec Mmc de brontenac la dame d’honneur, la compagne d’expédition, de victoire et de retraite, l’amazone suivante, casquée et empanachée de MUo de Montpensier, une de celles à qui le père de la princesse,Gaston d Orléans, écrivait : « A Mesdames les comtesses maréchales de camp dans l’armée de ma fille contre le Mazarin. »
- Après la grande Frondeuse, spirituelle, galante et frivole, dont Saint-Simon a dit que, morte à plus de quatre-vingts ans, elle ne chemina Jamais qu’entre quinze et dix-huit ans, vient la nièce de Mazarin, Marie Mancini, connétable Colonne, célèbre surtout pour avoir aspiré à être et failli être reine de France, grâce à l’amour de Louis XIV. Elle ne le fut pas parce que son oncle, le cardinal, contrairement à ce que certains ont dit, ne le voulut pas, incapable qu’il était de hasarder sa fortune, sa réputation, son chef-d’œuvre, la paix des Pyrénées, contre, la chance très problématique d’une mésalliance du roi et de la reconnaissance de sa nièce.
- Louis XIV et Marie Mancini ne se revirent jamais depuis 1661. En 1705, la connétable, dont la vie aventureuse a été racontée par elle-même, traversa la France et séjourna quelques jours à Passy. Elle avait soixante-six ans ; Louis XIV en avait soixante-sept. Ils reculèrent l’un et l’autre devant l’épreuve de se revoir, et peut-être eurent-ils raison. Tous deux moururent la même année 1715, Marie, âgée de soixante-seize ans, et le royal amant dont elle seule put rêver de faire son mari, de soixante-dix-sept- ans.
- Des études nourries de faits et d’aperçus déduits avec une grande sagacité et une grande expérience critiques, sur Louis XIV d’après ses Mémoires, sur Mme de Chantal, sur Antoine Corneille, chanoine régulier de Saint-Augustin, curé-prieur de Fréville, lauréat des Palinods, poète inconnu autant que ses frères devaient être poètes célèbres, sur Saint-Amand et Racan, complètent ce volume substantiel, plein d’une moelle savoureuse et piquante, et non pas os fade et vide comme tant d’autres livres de ce temps, assurés; par leur médiocrité même, d’un plus grand succès.
- Le Fleuret et l’Epée, étude sur l’escrime contemporaine par Ad. Corthey. E. Giraud, éditeur.
- Sous ce titre, un virtuose et un dilettante à la fois du noble art de l’escrime, a publié des réflexions pleines d’une expérience, qui ne s’interdit ni l’esprit ni la malice, sur l’état actuel de cet art et la décadence dont le menace, à son avis, la prédominance du jeu de terrain sur le jeu de salle, et de l’assaut à l’épée, sur l’assaut au fleuret. Pour lui l’escrime est un art, une science même, qu’il faut aimer et pratiquer par amour de cet art, de cette science, en dehors de tout intérêt égoïste et pratique, de ce désir de donner et de ne point recevoir, les deux choses qui sont, suivant le maître de Molière, tout le secret des armes. Tout en reconnaissant les avantages du tir au fleuret au point de vue de l’art pur, nous ne saurions blâmer la prédilection de la génération contemporaine pour le tir à l’épée et la fréquentation des salles d’escrime au point de vue de la répétition du duel.
- Tout d’abord, ainsi que le reconnaît l’auteur, le tir à l’épée est beaucoup plus facile, en même temps que d’une utilité plus pratique. Par ce temps de gens pressés, et qui n’ont pas de temps à perdre à ce charmant superflu de l’art pour l’art, que défend et regrette M. Corthey, on ne saurait reprocher à ceux-là, de beaucoup, les plus nombreux, leur préférence pour une initiation plus rapide, pour une éducation toute pratique, ayant pour but de leur permettre non de briller dans les assauts publics, mais de se tirer d’affaire proprement à l’occasion’, et de « donner sans recevoir ».
- A. de Lbscure.
- LES THEATRES
- Le Moniteur de l’Exposition de 188g me convie à sa table de rédaction. J’y trouve, à la place que l’on veut bien me désigner, la plume abandonnée volontairement par un critique fin et spirituel, en même temps que poète aimé du Parnasse. Ce n’est
- pas sans hésiter que je m’en empare. Je n’ai pas la prétention de remplacer mon confrère. M. Grand-mougin; je lui succède, voilà tout.
- L’Arlésienne à l’ODÉON.
- La nouvelle reprise de M. Porel ou, si vous aimez mieux, la nouvelle entreprise de l’habile directeur de l’Odéon appartient-elle à la critique dramatique ou à la critique musicale ? Est-ce le drame poétique et la prose harmonieuse de M. Alphonse Daudet qui séduisent le public?
- Est-ce la touchante histoire de ce pauvre gars de Provence, se tuant parce qu’il ne peut guérir de son amour pour une femme indigne de lui ?
- Est-ce cela qui a soulevé les applaudissements du public de l’Odéon?
- Ou bien, ne serait-ce pas plutôt la ravissante musique de Georges Bizet, les chœurs et l’impeccable orchestre de M. Colonne à qui reviendrait la plus grosse part du succès ? A notre avis, c’est à la collaboration de MM. Daudet et Bizet que s’adressent d’abord les éloges du public, à M. Colonne et à ses musiciens, et enfin à M. Porel et à ses artistes.
- M. Porel, permettez-nous cette comparaison, est le général de Négrier du théâtre; les troupes du héros de Ting-King l’ont surnommé le «.Général en avant ! » Eh bien, en nous plaçant sur une scène plus pacifique, on peut dire que Porel est le directeur « en avant ! » En effet, après avoir remis à son théâtre Henriette Maréchal, M. Porel nous donne une reprise de cette Arlésienne, qui fut si froidement accueillie en 1872, au Vaudeville, et, bien mieux, sous la direction Garvalho. Cela veut-il dire que notre goût s’est épuré, et que nous sommes aujourd’hui beaucoup plus capables de juger des œuvres artistiques à leur véritable valeur qu’il y a vingt ans.
- Dans tous les cas, M. Porel a trouvé dans ces deux reprises un succès qu’il avait vainement tenté avec des pièces nouvelles louées récemment.
- M. Porel, disons-le encore, a eu raison de prendre, comme complice de ses succès, la douce Harmonie : avant la musique de Bizet, dans VArlésienne, il nous avait donné les chœurs de Mendelssohn, d’Athalie ; il pouvait, disent certains persifleurs, reprendre le Songe d’une nuit d’été, avec musique de Mendelssohn déjà nommé ; puis Psyché et le Bourgeois gentilhomme, avec les partitions de Lulli.
- Ces pronostics relèvent de la malveillance de certains lyriques qui aiment le pot-au-feu musical, servi dans les restaurants ad hoc. De la musique à l’Odéon, disent-ils, quelle horreur 1
- Qu’ils se rassurent : M. Porel connaît l’estomac de son public et il ne lui servira que ce qu’il peut digérer. On vient d’en avoir une preuve triomphante.
- Nous, nous ne voulons pas vous raconter l’intrigue de Y Arlésienne, elle est trop connue pour cela. Nous constaterons seulement un détail, c’est-à-dire l’impression du spectateur qui ne sait rien de la pièce, et qui attend toujours l’apparition de l’âme damnée de Frédéri qui, au premier acte, boit à sa belle et à ses beaux yeux. Au milieu de de cette joie — car Frédéri a obtenu de sa mère d’épouser celle qu’il aime, un homme couvert de poussière pénètre dans la cour,—un grand chagrin nous le devinons, va frapper au cœur Frédéri, — l’homme s’approche de son grand père, le vieux Francet, et lui dit :
- « Connaissez-vous celle à qui votre petit fils va donner.son nom? C’est une coquine, elle est ma maîtresse depuis deux ans, elle veut me quitter, mais je l’empêcherai bien, car je l’aime. Si vous ne me croyez pas lisez ces lettres. »
- Le pauvre Frédéri ne s’attendait guère à ce coup cruel; il accourt gaiement, le verre en main. Son grand père lui tend les lettres fatales. Frédéri y jette les yeux, pousse un cri terrible et tombe inanimé dans les bras du vieux Balthazar, le berger de la ferme.
- Eh bien, nous en revenons au spectateur qui ne connaît pas le fond de la pièce : tout le temps du drame et de ses cinq tableaux, il se dit : verrons-nous enfin ces deux grands yeux qui font tant de mal à ceux cjui les aiment ; connaîtrons-nous cette terrible Arlesienne ?
- Leur légitime curiosité ne sera pas satisfaite. IYArlésienne restera dans le lointain comme ces divinités mystérieuses et redoutables qu’un temple dérobe aux regards profanes. La Vénus de Gordes, l’héroïne d’un roman auquel le nom de Daudet est attaché, paraissait en scène et alimentait chaque chapitre de ses feux ou de ses crimes. La Vénus arlésienne reste dans la coulisse, comme les chœurs de Bizet.... et Madame Benoiton.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, G
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- Le Moni
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8> a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 24 Mai 1885. NUMÉRO 21.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle : l’Exposition de 1886 ; Discours de M. Hervé-Mangon ; Exposition d’Anvers; 2. Exposition universelle d’Anvers; 3. Echos; 4. Le canon de Range; 5. Les Expositions des beaux-arts: Le Salon de 1885 ; Les portraits du siècle; C. Histoire de la Poste aux lettres; 7. La Question économique; 8. Les Livres; 9. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- L’EXPOSITION NATIONALE DE 1886
- RAPPORT ADRESSÉ AU MINISTRE DE l’iNSTRUCTJON PUBLIQUE, DES BEAUX-ARTS ET DES CULTES
- Paris, le 5 mai 1885.
- Monsieur le Ministre,
- Par décret du 1 3 décembre 1883, il a été décidé qu’une exposition nationale des ouvrages des artistes vivants aurait lieu au palais de l’Industrie, en 1886, du i01' mai au i5 juin. Ce décret a été rendu à la suite d’une délibération du conseil supérieur des beaux-arts, en date du 12 décembre 1883. - ,
- Je crois devoir, monsieur le ministre, vous soumettre les raisons pour lesquelles j’estime que cette exposition ne peut avoir lieu.
- Maintenant que la Société des artistes français organise elle-même le Salon annuel en y admettant largement toutes les œuvres qui paraissent contenir de réelles qualités artistiques, le rôle de l’Etat est de n’intervenir que pour faire des expositions de choix,réunissant en nombre restreint les meilleures productions d’une période de quelques années.
- Il faut, non seulement que ces expositions soient brillantes grâce au mérite et à la supériorité des œuvres qui les composeront, mais qu’elles aient pour but d’indiquer aux jeunes artistes et au public, par une sélection sévère, quelles sont les tendances que l’FJtat approuve et se propose d’encourager.
- En un mot, les expositions nationales doivent fournir désormais les éléments d’un véritable enseignement supérieur de l’art.
- Or, il est matériellement impossible que ce résultat puisse être atteint avec des Expositions d’Etat se renouvelant tous les trois ans, c’est-à-dire à de si courts intervalles les unes des autres qu’elles se trouveront condamnées d’avance à n’être plus qu’une reproduction inutile des Salons antérieurs.
- Un intervalle d’au moins cinq ou six années me semble absolument indispensable, et puisque la première exposition nationale a eu lieu en 1883, la date de 1889 est tout indiquée pour adresser un appel aux artistes qui apporteront alors des œuvres d’autant plus sérieuses qu’ils auront eu tout le temps de les bien préparer.
- D’autre part , la Société des artistes français ne compte encore que cinq ans d’existence ; définitivement constituée et reconnue d’utilité publique, elle travaille à assurer son avenir et à garantir, avec le concours de l’Etat, les intérêts de tous ses membres.
- Une exposition nationale venant prendre en 1886, au mois de mai, la place du Salon annuel, causerait inévitablement à cette Société un préjudice dont les conséquences pourraient être fort graves.
- C’est une considération de plus sur laquelle je
- dois attirer votre attention, monsieur le ministre, car je sais qu’elle répond à vos sentiments de haute sollicitude pour nos artistes qui représentent si dignement l’art français.
- Dans ces conditions, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien proposer à M. le président de la République la signature d’un nouveau décret annulant purement et simplement celui du i3 décembre 1883.
- Agréez, monsieur le ministre, l’assurance de mon respectueux dévouement.
- Le sous-secrétaire d’Etat, Edmond Turquet.
- Approuvé :
- Le ministre de l’instruction publique des beaux-arts et des cultes,
- René Goblet.
- DÉCRET CONFORME
- Ee Président de la République française,
- Sur le rapport du ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- Vu le rapport du sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, en date du 5 mai 1885,
- .Décrète :
- Article premier. — Est rapporté le décret, en date du i5 décembre 1883, par lequel-il avait été décidé qu’une exposition nationale des ouvrages des artistes vivants aurait lieu au palais des Champs-Elysées, en 1886, du ier mai au i5 juin.
- Art. 2. •— Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le i3 mai 1885.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- René Goblet.
- DISCOURS
- PRONONCÉ par
- M. ME R VÉ - M A N G O N
- ministre de l’agriculture
- à la dislribution des récompenses du concours régional de Montpellier
- Messieurs,
- J’ai voulu faire au concours régional de Montpellier ma première visite officielle parce que nulle part les intérêts agricoles n’ont été plus cruellement atteints que dans l’Hérault, et, surtout, parce que nulle part la lutte entreprise contre le fléau qui désole nos vignobles n’a été plus courageuse, plus persévérante, plus héroïque que dans votre département.
- C’était un devoir, en effet, pour le ministre de l’agriculture du gouvernement de la République de ve'nir proclamer ici l’admirable énergie des agriculteurs des contrées méridionales, de signaler les premiers résultats de leurs nobles efforts et d’affirmer devant eux notre confiance inébranlable dans le succès de leurs travaux et dans le retour prochain de leur prospérité d’autrefois.
- Après avoir vaincu l’oïdium, la viticulture française atteignit, pendant un certain temps, un •développement vraiment prodigieux. Le département de l’Hérault possédait, à lui seul, près de
- 200,000 hectares de vignes, sa production annuelle atteignit 14,000,000 d’hectolitres de vin' d’une valeur totale de plus de 25o,000,000 de francs.
- Quelques années plus tard, toutes ces richesses avaient disparu, la misère et la ruine les avaient remplacées. Le phylloxéra avait détruit, dans le seul département fie l’Hérault, 15o,ooo hectares de vignobles ; la production du vin atteignait à peine 1 million d’hectolitres. L’arrondissement de Montpellier, jadis entièrement couvert de vignes magnifiques, ne présentait plus aux regards désolés que des plaines nues et des coteaux arides.
- Les domaines étaient délaissés et les cultures abandonnées, à tel point, vous vous le rappelez, qu’en 1877, lors de votre dernier concours régional, la prime d’honneur ne put être décernée. Les autres départements de la région voyaient également disparaître successivement tous leurs vignobles.
- Au milieu de ce désastre, les cultivateurs ne se laissèrent point aller à un découragement stérile. Les savants, les agronomes, les vignerons s’unirent pour chercher à conjurer le fléau. Parmi les plus ardents se montrait le lauréat de la prime d’honneur de 1868, le défenseur énergique de la cause agricole, votre éminent sénateur, M. Gaston Bazille.
- Ces efforts de tous ne sont point restés inutiles. Aujourd’hui la situation s’est déjà sensiblement améliorée et les faits acquis permettent d’espérer avec une entière confiance, les plus heureux résultats.
- La vigne américaine donne de légitimes espérances : ses racines indemnes sont d’excellents porte-greffes qui permettent de conserver nos anciennes variétés françaises, richesse et gloire de nos vignobles; les terrains sablonneux où le phylloxéra ne peut subsister ont été plantés ’en vignobles ordinaires : les insecticides ont été largement employés; les eaux courantes ont été utilisées en submersions et quelquefois en irrigations partout où il a été possible de les amener, soit par la pente naturelle du sol, soit au moyen de machines élévatoires.
- D’après la statistique dressée en septembre dernier, l’Hérault compte aujourd’hui 5,896 hectares préservés par la submersion, 2,56o par les insecticides, 29,689 hectares replantés en vignes américaines.
- Cette dernière surface aurait même été doublée dans la dernière campagne 1884-1885. Ces chiffres sont encore faibles, il est vrai, mais, comparés à ceux des années précédentes, ils sont pleins de promesses. Le progrès s’accentue si nettement, en effet, que je ne crains pas d’annoncer qu’avant peu d’années votre beau département comptera 100,000 hectares de vignes et que, dans un avenir prochain, il aura repris son ancienne position à la tête de nos plus riches contrées vinicoles. Si le département de l’Hérault a été l’un des premiers frappes il sera l’un des premiers reconstitués.
- Le gouvernement de la République a puissamment concouru à ces heureux résultats. L’Hérault a reçu, depuis six ans, 926,000 fr. sur les fonds votés par le Parlement pour la destruction du phylloxéra. L’école de Montpellier, spécialement consacrée à l’étude de la vigne et à la reconstitution du vignoble méditerranéen, dispose, chaque année, d’un budget de 237,000 francs. Je n’ai point à faire ici l’éloge de cette école et du mérite de ses professeurs, dont les services sont appréciés du pays tout entier.
- Une station séricicole' organisée à l’école de Montpellier, sous la direction de M. Maillot, l’un des élèves distingués de M. Pasteur, rendra certainement de grands services à l’industrie de la soie, si gravement atteinte dans notre Midi, il y a quelques années, mais heureusement en pleine voie de relèvement et de progrès.
- Indépendamment de la grande école de Montpellier, la ^ région possède des établissements séricicoles à Aubenas, à Cavaiilon, une chambre glacière pour la conservation de la graine de vers à soie au sommet du Ventoux, une école particulièrement consacrée à la pratique des cultures arbustives du domaine de Valobre, affecté à cet
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- Première Année.— N° 21.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 24 Mai 1885.
- usage par une généreuse donatrice. Une station agronomique importante fonctionne depuis longtemps à Nice et dans quelques mois l’école d’irrigation d’Avignon sera en plein exercice.
- Le "gouvernement de la République, les départements, les communes et les particuliers se sont appliqués à multiplier les moyens d’instruction et surtout, j’insiste sur ce point, à varier les matières de l’enseignement. Car il ne suffit pas, permettez-moi de le dire, de reconstituer vos vignobles : une expérience cruelle a montré le danger de se confier à une seule culture, quelque belle et fructueuse qu’elle soit. Il importe de profiter des ressources infinies de votre beau climat pour vous appuyer à l’avenir sur un grand nombre de branches de production. Etendez vos prairies qui vous donneront et la viande et le fumier pour vos vignes et pour vos champs ; multipliez vos plantations d’oliviers, d’amandiers, de mûriers, d’arbres à fruits de toutes sortes ; n’hésitez pas à créer sur la plus large échelle les cultures légumières, notre Midi doit devenir le jardin de l’Europe entière.
- Dans cette revue rapide des intérêts de la région, je ne saurais oublier les canaux d’arrosage. Pour moi, messieurs, les irrigations sont la base fondamentale de tout progrès agricole; car les eaux naturelles sont la source inépuisable des matières fertilisantes nécessaires à la production végétale, dans le Nord aussi bien que dans le Midi. On oublie trop souvent, en effet, que les pays septentrionaux, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique possèdent les plus magnifiques arrosages, que les Vosges comptent plus d’irrigations qu’aucun autre département français, que l’Eure et d’autres régions du Nord-Ouest en sont abondamment pourvues.
- Le Midi, comme on le dit à tort, n’est pas seul à profiter des bénéfices de l’arrosage. Les canaux d’irrigation sont pour la France des travaux d’intérêt général au même titre que les chemins vicinaux, les routes nationales, les chemins de fer, les ports de mer ou les voies navigables. Les œuvres du génie civil, du génie maritime, du génie militaire attirent à bon droit l’intérêt de tous. Il est temps, pour la France, d’organiser enfin les travaux publics ded’agriculture, les irrigations, les colmatages, les endiguements, les dessèchements, en un mot les travaux du génie rural.
- Laisser couler sans les utiliser les eaux de nos fleuves et de nos rivières, c’est jeter à la mer les bœufs que nourriraient les prairies irriguées, le vin que produiraient les vignes soumises à la submersion, les produits de nos meilleurs Jardins.
- Vous savez tous, messieurs, les difficultés rencontrées pour la mise à exécution des canaux du Rhône. Serai-je assez heureux pour surmonter les obstacles qui ont arrêté mes éminents prédécesseurs? Je l’ignore, et je ne promettrai jamais ce que je ne serai pas mathématiquement certain de pouvoir tenir. Mais, après ce que je viens de dire des irrigations, vous resterez persuadés, je l’espère, que je ferai tout ce qui est humainement possible pour étendre, le réseau des canaux d’arrosage de votre région.
- Du reste, messieurs, en présence des retards apportés à la réalisation de vos vœux pour les canaux du Rhône, vous avez donné un nouvel exemple'de ce courage et de cette énergie qui vous sont habituels.
- En attendant le grand canal, vous avez utilisé toutes les eaux de vos rivières, et jusqu’aux nappes acquifères souterraines de la contrée.
- Grâce à l’énergie des populations et au concours empressé de l’Etat, les progrès de-toute sorte ont été rapides dans votre département, malgré les calamités qui l’ont frappé. Vous en jugerez, messieurs, par quelques chiffres.
- Le développement de vos chemins de fer était, de 219 kilomètres en 1866; il est, à cette heure, de 624 kilomètres. Les chemins de grande communication avaient, en 1866, une longueur de 480 kilomètres ; elle est aujourd’hui de 1,000 kilomètres.
- En 1862, vous 11e possédiez que 25,000 hectares de fourrages annuels et de prairies, vous avez maintenant 78,000 hectares de ces cultures. La surface des prairies irriguées était, en 1862, de 7,35o hectares; elle est maintenant de 8,5oo hectares.
- Dans la même période, les animaux domestiques ont considérablement augmenté en nombre et en valeur. Vous n’aviez, en 1862, que 12,258 chevaux; vous en possédez aujourd’hui, d’après la dernière statistique, 20,200. L’espèce bovine est passée de 3,925 têtes seulement à q,3oo, et le rendement,pqii était de 206 kilogrammes de viande nette par tête, s’élève maintenant à 240.kilogrammes. Les moutons et les porcs présentent un accroissement et une amélioration analogues.
- Depuis un petit nombre d’années les salaires ont subi, il est vrai, une baisse regrettable, contre-coup naturel des désastres de la vigne ; . mais si l’on compare les prix de 1862 à ceux de 1882, on constate des augmentations très notables, qui s’élèvent pour les journaliers de o fr. 20 à o fr. 40 par jour. Pour les domestiques à gages, le salaire annuel s’est accru de 3o jusqu’à 100 p. 100. .
- Le magnifique concours auquel nous assistons fournit encore des signes non équivoques de la renaissance des affaires et de la reprise de la confiance. Les animaux déclarés cette année sont
- en effet, deux fois plus nombreux qu’en 1860, et le nombre des machines,agricoles est triple de ce qu’il était alors.
- Le rapport de la commission de la prime d'honneur, dont vous allez entendre la lecture, dénote également les meilleurs symptômes. Les courages se relèvent et chacun envisage l’avenir avec une pleine confiance. Toutes les récompenses offertes ont été vivement disputées et dignement obtenues.
- Tous les viticulteurs applaudiront, j en suis certain, à la décision par laquelle le jury a donné la prime d’honneur à la belle plantation de vignes américaines, créée au château d’Agnac, par le propriétaire de ce domaine, M. Bastide.
- « Cependant,ajoute dans son rapport, le regretté M. du Peyrot, il ne serait ni juste ni vrai, même dans l’Hérault, de faire à la vigne américaine une part exclusive. » Ici, en effet, comme dans les autres parties de la région, les plantations faites dans les sables, ou avec la pratique de la submersion, ont donné d’excellents résultats.
- D’autre nart, de belles vignes françaises, antérieures a l’invasion du phylloxéra, ont été conservées en bon état de production par l’emploi d’insecticides ou même de simples arrosages combinés avec d’abondantes fumures et de bons soins culturaux.
- La commission a trouvé d’importants vignobles dans ces conditions. Elle a récompensé en particulier M. Escande, qui a su conserver, sur 22 hectares, une production de 140 à 160 hectolitres par hectare, alors que les vignes voisines sont mortes ou mourantes.
- Parmi les propriétaires qui .emploient la submersion, la commission a signalé M. Teisserenc, de la commune de Lattes, qui, à l’exemple . de M. Faucon, a dérivé du Lez les eaux nécessaires à la submersion de 19 hectares de vignes et a installé une machine à vapeur élevant l’eau pour le traitement de 9 autres hectares. Ce vignoble, en 1883, a donné 168 hectolitres de vin par hectare.
- M. Caunes a été récompensé pour une plantation de 55 hectares de vignes, dont moitié est soumise à la submersion et moitié établie dans les sables d’une dune. Je pourrais, messieurs, mentionner encore plusieurs autres lauréats, mais je. ne veux pas anticiper sur le rapport plein de faits et de détails que vous allez entendre.
- Ce n’est pas dans le seul département de l’Hérault que nous avons, heureusement, à constater lés progrès et les succès de la lutte engagée pour la destruction du phylloxéra ; permettez-moi, en effet, de vous citer un passage du remarquable rapport que vient de publier M. Tisserand, l’éminent directeur de l’agriculture.' On ne saurait mieux résumer la situation.
- « En dix ans, que de progrès accomplis ! dit M. Tisserand. Rappelez-vous les premières années qui ont suivi l’apparition de la maladie: que.d’in-certude, que de découragement, que d’angoisses, alors que l’on voyait les vignes disparaître et que ni la science, ni la .pratique n’avaient mis entre les mains des vignerons les moyens de conserver ou de reconstituer les vignes! 'Aujourd’hui, quel heureux changement dans la situation ! Chacun, choisissant le moyen qui lui paraît le meilleur, se met à l’œuvre: on entrevoit un avenir meilleur et l’on pourrait presque fixer mathématiquement, en prenant pour base les résultats acquis, l’époque où la crise supportée par la viticulture ne sera plus qu’un douloureux souvenir.
- « Lorsque en 1870,. 1871 et 1872, M. Faucon se livrait à ses premiers essais de submersion, pouvait-on prévoir que, douze ans ^après, ce procédé serait appliqué sur plus de 28,000 hectares? Il n’y a pas dix ans que le comité, de Marseille, sous l’habile direction de M. Marion, indiquait l’emploi pratique du sulfure de carbone ; il y a moins longtemps encore que M. Dumas signalait les bons effets du sulfo-carbonate de potassium. Aujourd’hui, 40,000 hectares sont, d’après les constatations officielles, soumis au traitement de ces deux insecticides. »
- Vous le voyez, messieurs, l’exemple est donné, la voie est désormais tracée. Le succès a couronné les efforts des premiers initiateurs : l’hésitation et le doute ne sont plus permis..
- Pour nous, paysans et travailleurs de la terre, plus de découragement, plus d’abandon de soi-même, car servir l’agriculture c est seirir lapatiie, aimer l’agriculture, c est aimer la France et la
- République. ...
- Mais ce n’est pas dans cette noble ville de Montpellier, dans ce pays tout entier depuis si longtemps célèbre par la science de ses écoles, par le libéralisme de ses idées, par le .patriotisme, et l’indépendance de ses habitants, qu’il est nécessaire défaire appel à l’esprit, d’initiative, à l’énergie, au courage. Non, messieurs, vous avez donné l’exemple de ces vertus ; votre région, la première à la peine, sera la première à la victoire et a l’honneur.
- - iGG.
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- JURY D’HORTICULTURE
- Sur la demande du Commissariat général du Gouvernement belge et par l’intermédiaire de M. le Commissaire général de la République française et de M. Maurice Monthier, Commissaire de l’Exposition industrielle et commerciale de la République, monsieur le ministre de l’agriculture a, par un arrêté en date du 4 mai dernier, désigné les membres français du Jury d’horticulture à l’Exposition d’Anvers. Les travaux de ce jury ont commencé le dimanche 10 mai, au concours d’horticulture dont nous avons-rendu compte dans notre dernier numéro.
- Voici la composition du Jury:
- I. — CONCOURS d’azalées, ORCHIDÉES, RHODODENDRONS, ETC.
- MM. Bergmann, chef des cultures du domaine de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne) ;
- Moser, horticulteur, rue S*-Symphorien à Versailles (Seine-et-Oise) ;
- Thibaut, horticulteur à Houdan, 107, à Sceaux (Seine) ;
- Truffault (Albert) , horticulteur rue des Chantiers,40, à Versailles (Seine-et-Oise);
- Louis Leroy, horticulteur au Grand-Jardin, à Angers (Maine-et-Loire) ;
- Jadoul, jardinier en chef de la ville de Lille (Nord) ;
- Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris, au Fleuriste de la Muette ;
- Le Comte de Germiny, trésorier général, à Rouen (Seine-Inférieure).
- II. — CONCOURS DE ROSES CUEILLIES
- MM. le comte de Choiseul, député ;
- Cochet (Scipion), horticulteur, à Suisnes, par Brie-comte-Robert (Seine-et-Marne) ;
- Levêque, horticulteur, 69, rue Liégeat, à Ivry (Seine) ;
- Margottin père, horticulteur, Grande-Rue, 21, à Bourg-la-Reine (Seine);
- Verdier (Charles), horticulteur, route de Choisy, 11, à lvry (Seine) ;
- Desportes (Baptiste), chef des cultures de la maison André Leroy (Maine-et-Loire)-.
- III. — CONCOURS GÉNÉRAL d’hORTICULTURE
- MM. Léon Say, président de la Société nationale et centrale d’Horticulture de France;
- André (Edouard), rédacteur en chef de la Revue horticole, rue Chaptal, 3o, Paris ;
- Bruant (Georges), horticulteur, boulevard St-Cyprien, à Poitiers (Vienne) ;
- Carrière, rue de Vincennes, à Montreuil-sous-Bois (Seine) ;
- Chautin, horticulteur, avenue de Châtillon, 82, Paris ;
- Cornu, professeur au Muséum d’histoire
- ' naturelle ;
- Duchartre, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences;
- De la Devansaye, président de la Société d’horticulture de Maine-et-Loire, au château de Fresnes.) par Noyant (Maine-et-Loire) ;
- Lemoine, horticulteur, rue de l’Etang, 67, à Nancy ;
- Planchon,professeur à la Faculté des sciences de Montpellier ;
- Prillieux, inspecteur général de l’enseignement agricole ;
- Simon (Léon), président de la Société d'horticulture de Nancy, à Nancy;
- Lambin, professeur de la Société d’horticulture, à Soissons (Aisne).
- IV. — CONCOURS DE POMOLOGIE ET DE CULTURES MARAÎCHÈRES.
- MM. Baltet (Charles), arboriculteur, à Troyes (Aude) ;
- Curé, conseiller municipal, à Paris, horticulteur maraîcher, 315 , rue Lecourbe;
- Chatin, membre de l’Institut, directeur de l’Ecole de pharmacie de Paris ;
- Heardy, directeur de l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles ;
- Jorët, membre de la Société nationale d’horticulture à Paris ;
- Jamin, pépiniériste, Grande-Rue, 1, Bourg-la-Reine (Seine) ;
- Laizier, horticulteur maraîcher, à Clichy ;
- Salomon (Etienne), horticulteur, àThomery, (Seine-et-Marne).
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Mai i885.
- 167. — Première Année — N° 21.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- D’ANVERS
- Lettre de notre correspondant particulier
- LA SECTION FRANÇAISE
- La section française qui occupe dans les halles de l’industrie un cinquième de la surface totale (20,ooo’n*) n’est pas encore complètement installée. Les caisses y abondent en certains endroits, tandis qu’en d'autres les installations, toutes plus riches les unes que les autres, se succèdent à 1’envie et offrent aux visiteurs'un ensemble sur lequel ils doivent se contenter pour le moment d’arrêter leurs regards.. Les exposants ne se hâtent pas. Se trouvent-ils donc encouragés par le retard qui existe dans les autres sections, notamment dans le compartiment belge i
- N’y a-f-ii pas là, au contraire, une raison d’en linir avec les installations et de mériter l’honneur d’être les premiers à offrir au public une section digne d’être visitée ? Sans compter la gloire qui résulterait pour eux d’avoir vaincu des difficultés de toutes sortes qui n’existaient pas pour la Belgique, doivent-ils donc négliger l’occasion d’attirer à eux seuls les visiteurs et de les retenir longtemps autour de leurs magnifiques et intéressants produits ?
- Je voudrais pour la gloire de la France, que nos compatriotes, exposants, n’attendissent pas davantage à venir s’installer ; je voudrais qu’ils comprissent bien l’intérêt qu.’il y a pour eux à se mettre en mesure de satisfaire, dès le jour de l’ouverture de l’Exposition, les caprices ou les fantaisies des visiteurs qui demain peut-être ne seront plus disposés à acquérir une chose qui fait aujourd’hui l’objet de leurs rêves !
- La section française s’étend sur une longueur de 190 mètres sur l’avenue des Nations. On appelle ainsi la grande galerie qui, traversant toute l’Exposition dans le sens de sa longueur, vient couper en un point, où se trouve précisément l’entrée de notre section, une autre grande galerie qui, partant de la façade de l’Exposition, traverse la Belgique et la France et se termine à l’escalier monumental conduisant à la halle des machines.
- Cette grande avenue des Nations comprend des installations de tous lès pays, sauf de la France et de l’Italie. L’Allemagne y a quelques pavillons : l’Angleterre et la Hollande y comptent également un certain nombre d’exposants. Puis la Belgique leur succède sur une longueur de plus de 100 mètres. Je vous parlerai plus loin de l’Exposition organisée par la Chambre de commerce d’Anvers, je ne veux pas m’y arrêter en ce moment : je préfère vous exprimer tout de suite les regrets que causent à tous les Français les mesures prises par la Commission belge. Il semblerait qu’on eût voulu masquer l’Exposition française et la masquer dans ce qu’elle, a de plus riche et de plus brillant. Impossible de découvrir l’entrée des manufactures nationales ; une série de pavillons, qui auraient pu facilement être transportés plus loin, cache l’entrée des pavillons des manufactures! — Jé ne puis m’empêcher de crier au meurtre !
- La Belgique compte dans cette grande galerie une quantité d’expositi'ons fort intéressantes celle de la Vieille-Montagne attire beaucoup de visiteurs ; une autre, qui représente le travail des mines, n’est pas moins curieuse et ne sera oubliée par personne ! J’arrive à l’Autriche dont la section se trouve comprise dans üne espace de 7 à 800 mètres. J’y retrouve une exposition complète de tous ces articles de Vienne, qui font une grande concurrence à nos articles de Paris. La palme cependant me semble devoir rester à ces derniers. On pénètre dans la section autrichienne par une magnifique porte en fer forgé, porte déjà ancienne et du plus pur style Louis XIV. La porte est surmontée d’un dôme que tiennent deux génies sonnant la trompette 1 Les bas côtés de la porte, qui se composent de grilles également en fer forgé et du même style, sont surmontées de draperies élégantes quoiqu’un peu usées, dans lesquelles -s’entrelacent des amours !
- L’effet est certainement heureux et mérite l’attention publique. J'e ne parle pas de la-lin de. cette grande galerie :.à peine deux ou trois expositions y sont maintenant installées.
- Au point d'intersection de cette avenue des Nations et de la grande galerie, se trouve une exposition organisée par la Chambre de commerce d’Anvers. L’idée qui a présidé à son organisation me semble originale sinon intéressante : le but poursuivi de mettre sous les yeux du public les échantillons de tous les produits qui s’exportent par le port d’Anvers a été atteint, mais il faut bien dire que s’il satisfait quelques philosophes qui rougiraient de s’occuper en même temps du cadre et du tableau, il a aussi le mérite d’enlever à toute la galerie son aspect grandiose et luxueux, de cacher la façade de la-section-française et de forcer les visiteurs à ne rien voir de ce qui pourrait enchanter leur vue!
- Cette exposition de la ville d’Anvers n’est guère pressée que par ses organisateurs. L’on me dit qu’une pétition circule en ville, pour que le « catalalque » de la Chambre de commerce d’Anvers disparaisse. Je ne puis que m’associer aux pétitionnaires et leur souhaiter chance et succès ! Ils ont d’ailleurs affaire à l’homme qui a enfanté l’exposition, qui l’a grandie, qui en a consacré le succès, par la sympathie qu’il a témoignée aux étrangers, par l’amabilité dont il a touj'ours fait preuve. J’ai nommé M. Lynen. Vous le connaissez comme moi. C’est un ami de la presse et nous avons eu l’occasion d’applaudir à ses chaleureuses paroles au banquet du Grand-Hôtel.
- Pénétrons maintenant dans l’intérieur de la section française et commençons par la galerie d’honneur'. Les bronzes de Thiébaut sont à l’entrée. Sur un socle placé à 7 ou 8 mètres de haut, nous admirons Kléber sur son cheval, montrant du doigt la route qu’il faut suivre !
- Dans cette exposition si riche, si intéressante de M. Thiébaut, citons en passant le vase Gustave Doré, et le Cuirassier en vedette, de Mlle Thomas.
- Comme pendant à cette installation, deux élégantes et jolies vitrines de cristallerie et de bijouterie; plus loin, des vitraux, et quelques vitrines d’orfèvrerie. Puis s’élève, à une hauteur de 14 mètres, la curieuse exposition de la Société industrielle et commerciale des métaux. Sur un carré de i3 mètres de côté, orné à chaque angle de canons cuivrés, nous voyons le travail du cuivre dans toute sa perfection. D’immenses tuyaux s’élèvent en l’air et au milieu d’eux sont suspendues de larges coupes en cuivre, véritables réservoirs desquels pendent des guirlandes d’étain imitant les cristallines gouttes d’eau tombant d’une coupe déjà trop pleine.
- C’est là vraiment une installation merveilleuse et qui fait honneur à la section française !
- Enfin, finissant de parcourir la galerie d’honneür, nous trouvons groupées les vitrines de parfumerie et d’instruments de précision, toutes élégamment décorées et produisant le meilleur effet.
- Deux galeries latérales, larges de i5 mètres et longues de .80 mètres, font pendant à cette galerie d’honneur. Elles contiennent encore les richesses de nos plus belles et luxueuses industries.
- D’un côté, la salle des manufactures nationales. Les chefs-d’œuvre de Sèvres, des Gobelins, de Beauvais, de la manufacture de la mosaïque y sont soigneusement et art.istement disposés.
- A l’Exposition d’Amsterdam,, les manufactures' nationales avaient été placées dans un bâtiment spécial assez éloigné de la section française et nous avions le regret de voir que les vrais amateurs seuls étaient venus étudier ou admirer les produits exposés.
- On a mieux fait à Anvers, en leur assignant un pavillon dans l’Exposition même ; le public tout entier pourra ainsi en admirer les trésors artistiques. Après un dernier coup d’œil jeté sur les magnifiques vases de Sèvres, je visite les installations d’une trentaine d’exposants appartenant à la Céramique. Elles ne peuvent évidemment lutter avec Sèvres, mais je ne puis cependant m’empêcher de saluer les héroïques efforts de ses industriels.
- Enfin pour terminer l’étude de cette galerie à l’extrémité de laquelle se trouve les bureaux du " Commissariat général de la République française, qu’il me soit permis de mentionner l’exposition de jouets organisée par l’union des fabricants de la rue Hauteville, lés bébés jumeaux, etc., etc., qui chaque jour attirent une foule de visiteurs !
- A cette galerie de i5 mètres de largeur correspond de l’autre côté de la grande galerie, une autre' ayant les mêmes dimensions. C’est d’abord Barbe-d’ienne et Christofie dont la renommée n’est plus à faire, puis’Banet et Hottot avec de jolis bronzes, et de forts beaux sujets ! Combien il est regrettable que l’architecte de la section française ait cru devoir placer des caoutchoucs à côté de ces magnifiques expositions! L’effet n’est point flatteur pour l’œil. On ne peut qu’être choqué quand après avoir admiré des œuvres d’art on tombe sans transition sur des produits usuels de l’industrie comme le caoutchouc ou la gutta-percha !
- Enfin je vous citerai dans la même galerie une exposition de fer forgé d’un grand industriel rouennais. — Dans son installation je ne vois^que chef-d’œuvre et je ne sais sur quel objet m’arreter. Il y a cependant Un cadre vraiment remarquable qui contient un rosier, que nous voyons aux heures où les boutons éclosent et où ils se ferment; tout cela en fer forgé. — Il n’y a qu’un mot a dire de cette exposition : elle est vraiment merveilleuse.
- L’organisation de la section française nous a semblé , supérieure à celle des autres, sections : nous ne saurions manquer à notre devoir de chroniqueur impartial en adressant hautement toutes nos félicitations aux honTmes-éminents qui .ont présidé à cette organisation : d’une part Monsieur Robcis-Borghers, consul général de France et commissaire général, d’autre part Monsieur Maurice Monthiers, le sympathique commissaire de l’Expositiôn industrielle et commerciale de la République.
- • Je ne saurais terminer ma correspondance déjà si longue sans attirer votre attention et celle de vos lecteurs sur le service des entrées qui a été
- organisé à l’Exposition d’Anvers. A l’heure où chacun songe à la grande manifestation que prépare la France pour 1889, il n’est pas sans intérêts de signaler les avantagés et les inconvénients que j’ai pu constater dans l’étude de l’Exposition d’Anvers.
- Tout le monde sait que le service de vérification des entrées est un des services sinon les plus difficiles au moins les plus ingrats d’une Exposition.
- Un système de tourniquets a été établi aux portes de l’Exposition. Un tourniquet pour le commun des mortels qui verse la somme de 1 franc avant de pénétrer dans l’enceinte de l'Exposition! un tourniquet, pour les exposants, qui ont l’entrée gratuite sur présentation de photographie visée parle Comité belge de l’Exposition ; un tourniquet pour les abonnés; un tourniquet pour les ouvriers, etc., etc., enfin une série de tourniquets qui tournent à vous en donner le vertige.
- Je me souviens, à ce propos, de l’Exposition d’Amsterdam. Nous avions affaire à un peuple qui n’a jamais eu la prétention d’être aussi civilisé que le peuple Belge, mais j’avoue que les mesures prises par le Comité néerlandais ne soulevèrent jamais de-réclamations !
- J. Renaut.
- ÉCHOS
- Paris
- L’Académie dos beaux-arts va être appelée à décerner le nouveau prix Desprez, d’une valeur de 1,000 francs"; à une œuvre de sculpture, qui sera soumise à son jugement. Pour participer à ce concours, il faut être Français et 11’avoir pas dépassé l’âge de trente-cinq ans.
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- * *
- Il résulte d’une découverte récente faite en Italie que, contrairement à ce qui a été dit et écrit jusqu’ici, Jean Goujon, l’illustre sculpteur, n’aurait pas disparu lors des massacres de la Saint-Barthélemy.
- Une pièce trouvée dernièrement dans les archives de Modène prouverait que Jean Goujon aurait quitté la France vers 1552 .et serait mort à Bologne, entre 1504 et 1508, c’est-à-dire quelques années' avant la Saint-Barthélemy, qui eut lieu, comme on sait, le 24 août 1572.
- *
- Départements
- : L’Exposition canine du Havre s’organise très activement avec le concours des Sociétés locales et de la Société centrale de Paris.
- La Société des chasseurs de l’arrondissement du Havre, la Société havraise de protection des animaux, la Société havraise de tir, ont bien voulu accorder à l’Exposition de nombreuses médailles.
- * La Société centrale de Paris, présidée par M. le marquis de Nicolaï, fait don d’üne médaille d’or et de deux médailles de vermeil et d’argent.
- Enfin, la municipalité du Havre, qui abrite l’Exposition dans le jardin de l’Orangerie, a bien voulu également accorder plusieurs récompenses.
- De généreux sociétaires ont aussi offert des médailles de valeur.
- Les inscriptions sont déjà nombreuses et le résultat de l’Exposition prompt d’être des plus .intéressants.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- L’Exposition internationale des beaux-arts de 1880, à Berlin,' recueille chaque jour de nombreuses adhésions. La Société des architectes berlinois, l’Association artistique et l’Union des arts industriels, y prendront part collectivement. Une villa modèle, élevée par les trois sociétés, offrira un aperçu général des productions et des aspirations de l’art moderne.
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- Une exposition industrielle aura lieu désormais tous les ans, du 15 mai au 15 septembre, dans le palais de Cristal., à Leipzig (Saxo royale). On y réunira les envois de tous les industriels, commerçants et producteurs de la ville.
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- La Société des hôteliers de Hambourg déposera, à l’occasion du douzième Congrès annuel de's hôteliers et restaurateurs allemands (Brème, l()rll juin), un projet d’exposition vinicole allemande, qui aurait lieu dans une ville du centre do l’cm-pirp, ppur favoriser le développement de la culture de la vigne en Allemagne.
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- L’inauguration de l’exposition industrielle de Sondershausen est officiellement fixée au lü juillet prochain.
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- i68 et 169. — Première Année. — N° 21
- LE MONITEUR POSITION DE 1889.
- A L’EXPOSITION D’ANVERS
- Dimanche 24 Mai 1885.
- CANON DE BANGE construit à l’usine CAIL
- Une des plus grandes curiosités de l’Exposition d’Anvers sera certainement le canon en acier pesant 37 tonnes 1/2 § construit d’après les plans de M. le colonel de Bange. — De nombreux visiteurs ont pu la semaine dernière admirer Ce canon monstre, dans les ateliers des anciens établissements Cail.
- PRINCIPALES DIMENSIONS
- Longueur
- Diamètre extérieur à la culasse . . . . Diamètre intérieur à la boîte à poudre. Tourillons................................
- Distance des tourillons à la tranche postérieure de la culasse.
- 11 ,20
- im,o.4
- °m’345
- om,340
- 3 ’/5
- PROJECTILE
- Le projectile mesure im2rj de hauteur et pèse de 420 à 600 kilog. Il peut renfermer 40 kilog. de poudre comprimée. Sa coupe représente un rectangle surmonté d’une ogive très allongée, forme lui permettant de toujours tomber sur sa pointe môme avec des angles de chute se rapprochant de 6o°.
- Pour lancer ce redoutable engin, il faut une charge variant entre 100 et 200 kilog. selon la nature de la poudre employée ; on obtient alors une vitesse initiale de 650 mètres. On espère atteindre un but éloigné de 18 kilomètres, soit la distance de Paris à Versailles que le projectile franchirait en 52 secondes! — La justesse du canon est excessive et permettra d’atteindre par exemple un navire en marche, passant à plus de 15 kilomètres d’un canon de 34 établi dans un fort du littoral.
- FRETTAGE
- Quand un projectile est lancé par un canon, deux efforts de rupture se produisent simultanément : le premier parallèlement à l’axe, le deuxième perpendiculairement à cet axe. On combat ce dernier par l’emploi des frettes.
- Quant à l’autre, comme il n’est pas bien redoutable, dans les petites pièces on le néglige. Mais dans les canons
- de la taille de celui qui nous occupe, après divers systèmes proposés et repoussés, on a simplement renoncé aux hautes pressions et l’on s’est contenté d’une vitesse initiale inférieure à 300 mètres.
- Le colonel de Bange a donné à l’extérieur du tube et aux frettes une succession de formes faiblement tronçfoniques qui rendent ce tube et ces frettes entièrement solidaires dans le sens transversal et dans le sens longitudinal.
- 4 4
- RAYURES
- On compte 144 rayures de omooi5 de profondeur. Les hélices décrites par ces rayures ont un pas initial de 30 minutes et un pas final de 7 degrés.
- 4 4
- FABRICATION
- Le tube et les. frettes ont été établis à Saint-Chamond et l’usinage a été fait à Paris dans les ateliers Cail, comme nous l’avons dit. Le diamètre intérieur du tube était de om3o,
- m AV:
- fc forage nécessaire pour arriver au calibre de 34 a nécessité un travail continu qui n’a pas duré moins de 21 jours et 21 nuits. L’outil employé, des plus ingénieux, a été inventé par le colonel de Bange qui garde le secret sur le principe de cette machine.
- 4 4
- MÉCANISME DE LA CULASSE
- Ce mécanisme se compose d’une vis en, acier à filets interrompus par trois fois. Cette vis, comme le montre notre dessin, est portée par un volet mobile autour d’une charnière adoptée à la gauche de la frette de culasse.
- Le logement de culasse est un écrou (à filets trois fois interrorgpus) pratiqué dans le métal même du tube.
- La vis est terminée à l’extérieur par une surface plane portant deux poignées. Le fonctionnement du mécanisme se comprend ^sèment : On saisit la vis par les deux poignées, on ferme le volet et on enfonce l’appareil que l’on tourne à droite ; les filets de ja vis pénètrent dans les filets creux de la culasse.
- L obturateur qui empêche toute issue de gaz porte le nom à'obturateur de Bange; il se compose d’une galette en amiante imbibée de suif de mouton protégée en avant et en arrière par deux coupelles d’étain.
- CHARGEMENT ET POINTAGE
- Le palier de chargement se trouve à 2m5o au-dessus du sol.
- Les projectiles sont amenés à hauteur de la culasse par une grue que l’on voit figurée sur notre dessin.
- Le pointage s’effectue au moyen d’un axe denté manœuvré à l’aide d’engrenages extérieurs.
- On peut atteindre une inclinaison de 300' au-dessus de l’horizon et de 150 au-dessous.
- Citons encore parmi les pièces pourvues de dispositions nouvelles introduites par le colonel de Bange.
- i° La plateforme composée de trois cours de gîte ;
- châssis (pesant 20
- 2U Le grand tonnes) ;
- 30 L’affût (22 tonnes) relié aux pompes par une bielle inclinée pour empêcher les soubresauts ;
- 40 Un galet excentré placé sous la crosse de l’affût permettant à l’affût de glisser sur le grand châssis lors du recul et de rouler sur lui lors de la rentrée en batterie.
- Il existe bien d’autres perfectionnements, mais le cadre de cet article ne nous permet pas de les signaler.
- Constatons en terminant que le jury international d’Amsterdam a décerné à ïunanimité, un diplôme d’honneur au colonel de Bange, pr ses canons, avec une mention spéciale constatant que ce matériel d’artillerie est supérieur à celui qui sort des usines
- ^PP-
- déplus, en novembre 1884, le Gouvernement Serbe avait institué à Belgrade une commission chargée d’expérimenter trois systèmes 'e bouches à feu, savoir:
- Le canon Krupp, de .
- Le canon de Bange, de. Le canon Armstrong, de
- 84 millimètres 80 —
- iu 2°
- 30 jœ canon Armstrong, de....................................... 70
- ..A lunanimité les officiers serbes ont déclaré que le système de fermeture de Bange était le meilleur : Il y a tout lieu de ^iser que la décision du jury d’Amsterdam sera confirmée par celui d’Anvers et que M. de Bange obtiendra de nouveau 1111 succès qui doit être considéré comme ayant un caractèrevraiment national.
- H.-F. Cabirau.
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- Première Année.
- N° 21.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Mai i885. — 170.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE 1885
- Et d’abord il nous faut bien constater que, malgré les 2,5oo toiles qu’il comporte, le Salon de 1885 demeure dans une-de ces honnêtes moyennes qui font la joie des amateurs mais n’élèvent pas d’une ligne le niveau de l’art.
- Beaucoup de grandes « machines » qui ne nuiront en rien à la gloire des anciens, tiennent beaucoup de place sur les murailles et n’enthousiasment meme pas les badauds. Où tout cela trouvera-t-il à se caser ?
- Le bien est surtout dans les toiles moyennes ou petites;, quelques-unes tirent tout naturellement l’œil du connaisseur ; les autres, comme la violette, ont besoin d’être cherchées parmi lès cadres et les devants de cheminées.
- J’aurais voulu pour cette étude , forcément rapide, suivre l’ordre du livret; mais l’organisation du Salon s’y oppose, l’attention se trouvant divisée dès l’entrée, les mêmes lettres occupant les galeries de droite et de gauche. Je prends donc la grande salle et toute la première galerie de droite.
- M. Louis Béroud nous offre dans un triptyque des scènes du séjour d'Henri III à Venise. Les amateurs d’escaliers y trouveront leur compte, la chose se passant : i° sur les marches de l’escalier Foscarini ; 20 sur les marches du trône , salle du Sénat; 3° sur les marches de l’escalier des Géants. Peinture asse-z plate. On remarque beaucoup le tapis très soigné du morceau central, ce qui fera probablemedt acquérir ce sujet par les directeurs des- grands magasins de nouveautés du... ou des... Un sou' après la. tempête, d’Emile Breton, me semble beaucoup trop poussé au noir.... et au vermillon. Le sol est en charbon, le ciel de sang. J’aime mieux la Chute des feuilles, du même artiste. De Jules Breton, il faut citer le Chant de l’alouette, bien touché.
- M. Jean Brunet expose un plafond commandé par la ville de Poitiers pour sa salle des fêtes. Peut-être cette composition gagnera-t-elle une fois placée, mais, telle quelle, l’optique déroute. Ses Angevins qui tombent à la renverse sur des murailles qui penchent pour mieux voir Dugues-clin qui arrive à cheval dans les airs, causent une singulière impression. Au point de vue de la couleur, son entrée de Duguesclin à Poitiers mérite néanmoins des éloges.
- De M. Georges Caïn nous avons une Marie-Antoinette sortant de la Conciergerie à laquelle je préfère de beaucoup sa jolie toile Après la pluie qui nous montre une merveilleuse bien campée, se risquant s'ur la passerelle qui couvre une flaque d’eau. C’est charmant sans être précieux, et d’un coloris très fin.
- .La Diane de M. Georges Callot représente une petite fille groseille ornée d’une énorme tête et saignant de tous les doigts de pieds. Un grand motif de M. Casanova y Estorach est intitulé : Derniers moments de Philippe II à VEscurial. Le roi est jaune, l’infant est jaune, l’infante est jaune. Tous ces gens-là n’en ont pas pour longtemps à vivre: U’Œil delà toile de M. Charles Clair a été évidemment fait pour la reproduction photographique. Ses deux danseuses vues de dos ont oublié de mettre lëurs maillots, et ce sont leurs chairs q.u’elles nous montrent sous les jupes de gaze, qui se hérissent.
- ‘M. Castellani a'fait un petit coin de panorama intitulé : Mort du commandant Rivière. .A travers un verre de lorgnette, cela' aurait peut-être dü relief. L’Eté de M. Emile Claus est joli, mais quel dommage que l’eau de sa rivière soit figée !
- M. Léon Comerre nous a donné un bleu sur bleu et un vert-"sur vert. Ce dernier, Portrait de Mm0 F. D. nous montre une dame aux bras de marbre et à la bouche béante. Ah ! non ! En revanche, comme le portrait de Müc C. F. a de grâce ! Comme le sourire est vrai ! Que l’effet des 'paniers de satin broché bleu tendre, sur jupe de soie bleu plus foncé, est compris L Je n’aime pas la main sur la hanche qui donne un peu d’afléteriê au modèle.
- Une bonne toile de.M. Paul Delance, le Banc des nourrices, bien que deux des sujets regardent un peu trop le spectateur, comme si l’opérateur venait de leur dire : « Ne bougeons plus ». Le Retour de la revue de M. Charles DeToft est gai'.. Ses, cavaliers ont bonne mine, mais ses villageoises sortent évidemment des coulisses de l’Opéra-Comique'. De M. Adrien Demont, Y Approche du gros temps. Quelle singulière idée de ne peindre que des toits. Ori pourrait croire que c’est une fumisterie. L’imagerie d’Epinal a délégué M. Gabriel Déneux pour nous montrer une Remise de décorations par le général Forgemol. Tout à fait réussi le Val d’Illiers de M. Jean Desbrosses. Au premier plan, le ciel bleu éclâiraht* un tertre 'vert que baigne un ruisseau que l’on entend murmurer. Au fond, le temps qui s’assombrit et va gagner bientôt tout l’horizon. C’est H nature prise sur le vif. Autre bonne toile du même: le Mont Cervin.
- Le Réveil, de M. Auguste Durst, est bien conçu
- et bien exécuté ; deux jolis paysages de M. Henri Dutzchold : la Marne et les plaines de la Brie', les hauteurs de Chennevières. Un Portrait de Mm0 E..., très vivant, par M. Maurice Eliot.
- Avec Autour du piano, M. Fantin-Latour a voulu faire plaisir à quelques amis; ne leur faisons pas de chagrin.
- M. François Flameng nous a donné une très belle toile intitulée : Marie-Antoinette allant au supplice. L’air dédaigneux de « l’Autrichienne », au milieu de la foule hurlante, impose la pitié. Le prêtre qui l’accompagne est dans un état de prostration qui fait contraste. Pourquoi.a-t-il les mains couleur brique ?
- M. Forain est un jeune artiste qui ne se rebute pas de certains partis-pris et .qui travaille consciencieusement pour tenir sa place. Son Veuf est des mieux compris. L’expression de sa physionomie devant les tiroirs pleins de vêtements de la défunte est habilement saisie. Ce tableau est malheureusement en mauvaise place. Il gagnerait à être étudié de près.
- Un grand morceau de M. Pierre Fritel, Solum Patriœ, est animé des meilleures intêntions, mais échappe un peu au jugement par son brouillard voulu. Sont-ce des ombres françaises... ou chinoises? En ligne de bataille, de M. Louis Gardette, présente des cuirassiers bien dessinés et d’excellente allure. On cherche la tête du premier cavalier qui a mis pied à terre sans doute pour la ramasser. De M. Jules Gélibert, Un équipage attaquant un loup. Sauf deux chiens qui rongent un os, les autres regardent complaisamment le spectacle. Ces animaux ne sont pas méchants. J’admire absolument la Revue des bataillons scolaires de M. Jean Geoffroy; c’est mieux que peint. Tous ces petits bonshommes-là sentent véritablement qu’ils ne jouent pas « au soldat ».
- Quel singulier sujet a choisi le peintre si délicieux de Rolla avec sa Séance du jury de peinture! Gervex a-t-il voulu par façon de délassement faire plaisir à ces messieurs ? Le morceau est excellent parbleu ! tous ces braves décorés sont en plein dans l’exercice de leurs fonctions ; mais pourquoi M. Gervex affecte-t-il de sacrifier toujours les derniers plans? Combien, au contraire, le carton-nier vert du premier plan est ressemblant !
- Il faut encore citer avec éloges le Bureau de bienfaisance de M. Albert Girard ; les deux très bonnes toiles de M. Paul Grolleron : Un renseignement-, Châtillon ; les Pies du bocage de M. Hector Hanoteau, et surtout Paris vu de Meudon par M. A. Guillemet, une des meilleures œuvres de l’éminent peintre. Comme les hauteurs vertes ont bien pris la teinte embrünie du ciel qui s’assombrit. Au fond, dans la vallée, la grande ville fumante dans laquelle on sent la vie et le grouillement. Ouvrage d’un incontestable mérite.
- Aimez-vous les femmes en marbre blanc ou jaune de M.- Henner? Moi pas.
- Au contraire, la peinture mignarde .et léchée de M. Jacquet me plait énormément. Ça n’a jamais existé, mais c’est frais et gai à voir. Son Espiègle est charmante et sa Reine clu camp est une jeune drôlesse ravissante.
- De Lobrichon un délassement délicieux intitulé : Variations sur un thème connu.
- De Lepic, deux maîtresses toiles d’une rare énergie : la Rentrée du pilote et Pare à virer sont touchées de main vaillante.
- Enfin pour terminer cette première visite je note une série de bons ouvrages : A la visite, de M. Harmand; la Fin de la journée, de M. F. Humbert ; Une loge de M. Adolphe Gourdan ; le Combat de Fou-Tchéou, de M. Kuwasseg; le Lever de soleil, de M. Lansyer ; le Vin, de M. Lhermitte; le Printemps sacré (très remarquable), de M. H. Lucas ; la Mort de Chilpéric, de M. Luminais ; la Vache laitière de Mmc Euphémie Muraton; Ahurit Ball(très jolie toile) de M. J.-L. Stewart et surtout la toile intitulée Songncfjord de M. Adelsteen Normann, peintre norwégien, qui est absolument une œuvre hors ligne. Les falaises sont saisissantes de réalité, le cours d’eau qui les baigne coule littéralement sur les pierres de la grève qui se détachent et roulent sous l’œil du spectateur. C’estTà une étude remarquable.
- Alfred Delilia.
- LA
- DEUXIÈME EXPOSITION
- DES
- PORTRAITS DU SIÈCLE
- I
- Expositions contemporaines, Expositions rétro-.spectives, Salon des reçus par leurs pairs, Salon des reçus par eux-mêmes, Exposition des aquarellistes, Exposition, des pastellistes, Exposition du blanc et du noir, Exposition de la petite chapelle, internationale; Exposition des œuvres de Bastien-Lepage, suivie d’une vente du total de 216,000 francs; Exposition des œuvres de Delacroix, suivie d’une somme de 100,000 francs en souscriptions
- ou en recettes ; Exposition rétrospective au profit de l’œuvre de l’hospitalité de nuit, et enfin Exposition des portraits du siècle au profit de la Société philanthropique : voilà le bilan plus que chargé de ces derniers mois pour l’amateur, le dilettante, le critique. Voilà le nombre des enseignes à mats de cocagne coloriés, à banderolles flottantes, qui ont signalé à la curiosité parisienne, au risque de la fatiguer, tantôt au nom des souvenirs et des regrets du passé, tantôt au nom des espérances de l’avenir, quelque nouvelle fête des yeux.
- Nous regrettons, nous devons' le déclarer, l’abondance, poussée jusqu’à la prodigalité, de ces expositions faites pour aiguiser le sens critique de la foule, et qui, en réalité, l’émoussent. Trop de sanctuaires del’art, en vérité, trop d’apothéoses, consacrées par la- mode plus que par le goût, de peintres enivrés d’une fugitive gloire. Qui sc souvient de Champmartin? Il fut grand en son temps. O peintres, mes amis, souvenez-vous de la fragilité des gloires artistiques, et méfiez-vous sagement de la -popularité fondée ' sur les engouements aussi aveugles que passagers de cette multitude française qui, ne l’oublions pas, n’a pas plus le sens juste de la peinture qu’ellefi’a celui de la musique. En France, en ces matières, c’est l’élite seule qui juge. Le goût est la religion et la vertu de quelques-uns seulement. C’est à ces quelques-uns seulement qu’il faut savoir plaire. Malheureusement l’art, aujourd’hui, est devenu une affaire comme les autres; le mercantilisme a envahi les ateliers : tout peintre veut avoir son hôtel. De là des concessions déplorables faites au mauvais goût, la préoccupation trop évidente du tableau meublant. De là une fortune longtemps alimentée par les réservoirs aurifères des parvenus du pétrole, aujourd’hui fermés par suite de la réaction inévitable delà satiété et du désabusement. De là le Krach de la peinture qui est imminent et dont nous ne nous plaindrons pas, parce que vraiment il y a trop de peintres, trop de peinture, que l’art, ne doit pas être une carrière, et que, lorsque le niveau commercial de la peinture baisse, son niveau esthétique hausse.
- Enfin, que' leurs affaires soient bonnes ou mauvaises, toujours est-il que les artistes n’ont pas le droit de se plaindre de l’isolement. Les occasions de se faire connaître ne leur manquent pas. Les occasions de se mesurer avec leurs maîtres ou leurs rivaux du passé ne leur manquent pas davantage. Ils ont pu voir à l’exposition Delacroix ce que trente ans peuvent faire d’une gloire, en passant dessus. Celle de Delacroix n’a pas souffert de cette épreuve. Elle a reverdi au lieu de pâlir et de se faner. Et les' autres? que sont devenus les classiques lauriers des David, des Prudhon, des Gérard, des Girodet, des Guérin, des Ingres? Nous allons, le savoir, car ces maîtres ont aussi leur exposition, et l’attrait de cette comparaison des gloirës du passé avec celles du) présent, relevé par les contrastes piquants et les leçons sévères qui ressortent aussi de la comparaison de l’image réelle des personnages qui leur, ont servi de modèles, avec leur image historique ou légendaire, est la raison du succès de ces expositions rétrospectives de portraits plus intéressantes peut-être encore au point de vue de la critique historique qu’au point de vue de la critique artistique.
- II
- Nous, sommes obligés d’aller vite, mais quelques mots suffisent pour donner au lecteur ce qu’il désire : les traits caractéristiques de la physionomie d’une entreprise ou d’une œuvre.
- Comme entreprise, la seconde Exposition . des portraits du siècle a paru inferieure à la première. La première avait écrémé les galeries, pris la fleur du panier des archives pittoresques des grandes familles. Le second choix, la seconde moûture sont forcément inférieurs aux premiers.
- Il demeure cependant bien assez de quoi piquer la curiosité la plus exigeante, la plus blasée.
- Il y a, comme je l’ai dit, ce double attrait de comparer les peintres dvi passé à ceux du présent, et les originaux historiques peints à leurs images, telles qu’elles résultent de la peinture à la plume dont les Lamartine, les Michelet, les Guizot, les-Barante,' les Thiers ont été les maîtres.
- En nous plaçant à ce dernier point de vue, nous devons signaler tout d’abord les David, et parmi eux sa AT110 Chalgrin, sa Mllu Mars, son Barbaroux, qui ne donne pas de l’Antinous de la Gironde une idée absolument conforme à la tradition, et-son Marat dans sa baignoire, étude d’un naturalisme presque brutal, mais saisissant, qui ne donne d’ailleurs qu’à travers le brouillard de la copie la sensation de l’original, demeuré chez le petit-fils du peintre, M. Jules David, qui vient de l’envoyer à l’Ecole des Beaux-Arts la comparaison de l’œuvre et de la traduction • est piquante, v -
- Le comte Régnault de Saint-Jean d’Angely, la MmG de Staël, la Reine de Naples et ses enfants de Gérard, sa Marie-Louise et son Murat produisent leur effet accoutumé, car ces tableaux célèbres passent et repassent dans les Expositions rétrospectives; et plus d’un nous est connu, soit de l’Exposition des Alsaciens - Lorrains , soit de
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- Première Année — N° 21.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITIONDE 1889.
- Dimanche 24 Mai i885.
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- l'Exposition rétrospective internationale de 1878, L’ Impératrice Joséphine, de Girodet, le Beaumarchais de Greuze, son Napoléon premier consul, son M. de Galonné, sa Marquise de Custine sont intéressants ; il est curieux de comparer son Talleyrand jeune au prince de Talleyrand en grands atours otliciels, in fiocchi, de Prudhon, de meme qu'il est amusant de comparer la Mmc Ré-camier de Gros à celles de Prudhon et de Gérard. Il y a une 3/lle Georges de Lagrenée, l’air inspiré, les yeux au ciel, une sorte de Corinne décolletée et sans turban, qui est très intéressante. C’est toujours un travail aussi piquant que décevant que de comparer entre elles les effigies de Napoléon. Elles abondent à cette exposition comme aux autres, et n’y figurent pas à l’éloge de la peinture officielle et des portraits de cour.
- Une des heureuses idées qui ont présidé à cette exposition, c’est d’avoir joint aux portraits de peintres français quelques portraits de peintres étrangers ; le Duc Litta, d’Angelica Kauffmann ; Y Impératrice Catherine, de Lampi; et, ce qui est plus important, sept portraits de Goya, neuf portraits de Reynolds, et sept portraits de sir Thomas Lawrence. Nous regrettons de ne rien voir de Gainsborough. Les portraits de Goya sont bien curieux ; quelle crânerie d’attitude, et quelle fanfaronnade de vérité! Mais quel attrait de vie et quel charme fascinateur qui fait rêver l’observateur arrêté ! Il y a surtout du charme et de la grâce ou de la magnificence décorative chez les grands peintres anglais. Vie pâle et couleur fade. Il y a un grand intérêt dans les quatre portraits de Géricault. C’était une fière patte de peintre, comme on dit en style d’atelier.
- Si nous nous plaçons au point de vue des vicissitudes de certaines gloires passées, et de la tenue de certains maîtres contemporains en présence de leurs ancêtres, nous dirons tout d’abord que David et Chardin qui semble son maître dans cet art du portrait à touche serrée, à couleur sobre et ferme, à vie intense et contenue, et après eux Prudhon tiennent la tête, suivis de près par Gérard, dont le .ton vieillit, dont la couleur s’argente, et qui est, ma foi, moins maître de la ressemblance typique et de la vie concentrée que Ingres, dcrnt le chef-d’œuvre, Bertin l’ancien, est absent, mais dont le génie est encore dignement représenté. Flandrin, son meilleur élève, a aussi résisté au temps. Mais les Delaroche, quelle décadence; les Llorace Vernet, quelle chute; les Ary SchefTer, quelle dégringolade ; les Théodore Chassé-riau, quelle déroute ! C’est une vraie débâcle de l’école du. règne de Louis-Philippe. C’est de la peinture constitutionnelle, de l’art parlementaire. Vieux habits, vieux galons, vieux discours, vieux chefs-d’œuvre en similart ; comme tout cela s’effripe, s’effiloche, s’écaille ! Disons que notre école contemporaine se tient admirablement et que plus d’un de nos cadets vaut les meilleurs aînés, dans ce salon où Bonnat triomphe par la vigueur, où Baudry y joint la finesse et la grâce, où Hébert y ajoute une certaine poésie mélancolique. Ce sont là, avec Ricard dont la fleur se fane, Carolus Duran dont la verve se discipline et dont l’accent de vie s’aiguise dans le portrait de Mm0 Deaeon et de MmG de Charnisay ;. Henner, dont la pâte est trop solide pour être assez légère ; Cabanel, Chaplin dont l’élégance va chez le premier jusqu’à la préciosité et chez le second jusqu’à la volatilité ; des maîtres que l’école contemporaine peut montrer à l’ancienne avec un juste orgueil. On peut louer, sans fausse galanterie, le talent de Mme Nélie Jacquemart, aujourd’hui Mme Edouard André dont on revoit avec plaisir les portraits du maréchal Canrobert, de M. Duruy, de M. Dufauiœ. Si le sujet y prêtait davantage, on reprocherait à l’artiste de n’avoir pas un peu plus sacrifié à la grâce. C’est par l’énergie et la sûreté de la touche que se distingue surtout cette femme d’un talent viril qui ne peint bien que les hommes, tandis que M1110 Vigée-Le Brun, dont le talent tout féminin brille commë toujours à cette exposition, n’a jamais bien peint que les femmes.
- M. de Lescure.
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- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- V
- (Voir le Moniteur du 77 mai 18 85)
- Sous Louis XV, les progrès de l’administration des postes furent assez médiocres, quoique la création, par le Régent, de l’administration des ponts et chaussées apportât de grands changements dans l’entretien des routes. Cette époque est, d’ailleurs, par excellence, l’époque des exactions de toutes sortes. On gaspille les deniers de l’Etat ; les fermiers généraux mènent l’existence la plus
- scandaleuse. L’Etat est mal servi par ses fonctionnaires, et la noblesse est incapable de donner des généraux à nos armées.
- Au milieu de ces désordres, de ces dissipations, la réforme postale est indéfiniment ajournée. Et1 cependant, le public, de plus en plus mal servi, réclame des modifications dans le service. Il est vrai que la Révolution de 1789 n’est pas loin et qu’elle va remettre chacun à sa place. Enfin, les états généraux donnent le signal d’une réforme générale. En 1791, les privilèges des successeurs des maîtres de poste sont supprimés par l’Assemblée nationale ; en 1797, le Directoire supprime la ferme des postes, et met à la tête de l’administration un commissaire général.
- A cette époque héroïque de notre histoire, les postes rendirent d’immenses services au pavs. Plus d’une fois, elles eurent des troupes à transporter, sans parler des innombrables dépêches nécessitées par le service des armées. Sous le consulat, sous l’Empire, même dévouement au public et à l’Etat. La création du conseil d’Etat, en facilitant à la jeunesse libérale française l’accès des carrières publiques, permit de faire entrer dans l’administration centrale un grand nombre d’hommes distingués. Des auditeurs, des maîtres des requêtes au conseil d’Etat, furent chargés de diriger le service postal des armées, des résidences souveraines, etc. Le père de la célèbre Mme Récamier, M. Bernard, de Lyon, occupait en ce temps-là un poste dans cette administration. En 1804, le premier consul remplaça le commissaire général par un directeur général des postes. Cette dénomination devait survivre jusqu’en 1879.
- Sous l’Empire, la poste aux lettres fut à peu près réorganisée de fond en comble. Elle rendit de grands services à Napoléon, qui, plusieurs fois, dut faire voyager ses armées en poste, notamment la garde impériale. Dans les Cahiers du capitaine Coignet, qui sont de fort curieux mémoires militaires, on voit que l’empereur se servait fort habilement des ressources de la poste. Aux armées, le comte Daru, homme supérieur, que Stendhal déclare l’égal des Colbert et des Louvois pour les talents administratifs, dirigeaità la fois l’intendance, la trésorerie et le service des équipages et de la poste aux lettres. Les opérations postales avaient acquis un développement prodigieux, ce qui amena une nouvelle tarification. Successivement, l’affranchissement des lettres fut abaissé de vingt-cinq à vingt, puis à quinqe centimes, tarif actuel ; et plus le prix a été modique, plus le nombre de lettres échangées a augmenté et cela dans des proportions qui sont vraiment prodigieuses.
- En 1825, la poste aux lettres manipulait 86 millions de lettres, journaux, échantillons, paquets, objets divers à distribuer. En 1885, c’est-à-dire soixante ans. après, le nombre des objets manipulés dépasse sept cents millions !
- La République de 1848 fit accomplir un grand pas à l’administration des postes. Elle créa de timbre-poste. L’Angleterre nous avait précédés dans cette utile innovation ; mais on peut dire que le timbre-poste a été vulgarisé parla France. L’usage du timbre-poste est aujourd’hui adopté par toutes les nations du monde civilisé.
- Le 5 février 1879, une loi supprima la direction générale des postes et la convertit en un ministère spécial des postes et télégraphes, à la tête duquel fut placé un député très actif et très intelligent, M. Cochery. Cette fois, la fusion de ces deux grands services publics, la poste et le télégraphe, était bel et bien accomplie.
- Cette fusion était le but depuis longtemps poursuivi par M. Cochery qui, avant d’être ministre, avait rempli les fonctions de sous-secrétaire d’Etat au ministère des finances avec la haute main sur les postes. En 1870 et 1871, pendant la guerre avec l'Allemagne, le gouvernement de la Défense nationale avait fait fusionner les télégraphes et les postes, sur la, proposition de M. Gambetta. La mesure était bonne. Un fonctionnaire très patriote, M. Steenackers, fut, à cette époque troublée, directeur général. Malgré ses grands efforts, son zèle, sa réelle capacité, M. Steenackers ne put conserver ses fonctions sous M. Thiers ; et la fusion des deux services fut abandonnée. Depuis, les choses ont mieux tourné. Il y a lieu de croire que le ministère spécial des postes et télégraphes deviendra le plus indispensable des rouages administratifs.
- T. M.
- (A suivre.)
- LA. QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite).
- II.
- On a pu apprécier, depuis vingt ans, sur des données certaines, les résultats des traités de commerce conclus par le gouvernement impérial, et certes on est bien obligé de reconnaître qu’ils ont eu une influence non moins funeste pour la production que pour la consommation.
- En 1869, M. Lamer constatait dans son rapport à la Chambre de commerce' de Rouen que, sur 233 filatures qui existaient en 1860 dans sa circonscription, il n’y en avait plus que 185 en iSdo et que les établissements de cette nature qui avaient coûté 4 à 5oo,ooo francs ne valaient plus à cette époque que 200,000 francs.
- Et il ajoutait :
- « Nous avons le droit de dire au gouvernement qu’aucune des promesses qu’il nous a faites en 1860, il ne les a tenues, et que, depuis ce temps aussi, nos intérêts industriels et commerciaux ont été sacrifiés. »
- M. Pouyer-Quertier, lui-même, tenait à peu près,à la même époque, un langage semblable, dans une réunion publique, où il prononçait un discours sur les funestes conséquences des traités de commerce libre-échangistes.
- Après avoir constaté le chiffre croissant du budget des dépenses et l’augmentation des impôts, il s’exprimait ainsi :
- « En Angleterre, le budget a été réduit de 600 millions, mais en France les choses ont marché dans le sens contraire et plus rapidement encore ; l’augmentation a été en quelques années de 800 millions.
- « Chez nous la part d’impôt de chacun est de 80 francs par an ; dans une famille composée du père, de la mère et de deux enfants, cela fait 320 francs, presque 20 sous par jour.
- « En Suisse, la part d’impôt de chaque habitant est de 10 à 12 francs.
- « Les charges qui écrasent l’industriel et les travailleurs français font à l’industrie française en concurrence avec les industries, étrangères une situation intolérable. »
- M. Pouyer-Quertier aurait pu ajouter qu’à cette même époque, la part d’impôt en Prusse n’était que de i5 à 26 francs par habitant et de 54 francs en Angleterre.
- Voilà comment appréciaient en 1869 les résultats obtenus par les traités de commerce libre-échangistes, de grands industriels, des hommes d’une compétence incontestable et bien placés pour juger sainement les choses.
- Le mal n’a fait que croître, depuis, et la concurrence étrangère est devenue de plus en plus redoutable. Le nombre des usines de toutes natures a diminué dans des proportions véritablement inquiétantes pour l’avenir de notre industrie. Ces établissements ont-perdu plus delà moitié de leur valeur.
- Ceux qui s’imaginent que le libre-échange absolu est l’idéal en matière économique nous accuseront peut-être d’exagérer les choses, de juger la situation d’après des idées préconçues ou sous l’empire d’opinions protectionnistes outrées.
- Loin d’être hostile, en principe., au libre-échange, nous, déclarons que nous .sommes, au contraire, partisan de la liberté sous toutes ses formes, de la liberté économique, comme de la liberté politique ; mais nous voulons une liberté qui ne soit pas la licence, qui ne porte pas préjudice aux intérêts industriels et commerciaux de la nation, mais qui soit pour le pays tout- entier et non pour quelques intéressés, ou pour quelques privilégiés, une source abondante de prospérité.
- Avant de conclure avec l’étranger des traités de commerce basés sur le libre-échange, il eût fallu commencer par donner la liberté au commerce français à l’intérieur, le débarrasser des nombreuses entraves qui nuisent à son développement et paralysent ses efforts. C’est parce que l’on n’a pas su commencer par là que notre industrie se trouve aujourd’hui dans uné situation si critique et qu’il lui est impossible de lutter contre la concurrence étrangère.
- L’Angleterre a bien compris les nombreux et importants avantages qu’elle pouvait retirer de l’application de ce régime de liberté à l’intérieur, car elle s’est empressee de le mettre en vigueur.
- Avant de chercher des débouchés pour ses produits et de songer à faire des traités libre-échangistes avec l’étranger, elle a commencé par abolir à l’intérieur les vieilles taxes surles matières alimentaires, et par affranchir la classe ouvrière du joug odieux de la faim.
- Elle a supprimé à l’intérieur la plupart des droits onéreux et vexatoires que nous maintenons chez nous avec un entêtement incompréhensible, probablement parce que leur résultat le plus net est d’augmenter les prix de revient et de consommation et de nous placer dans un état d’infériorité vis-à-vis du commerce étranger.
- Fille a eu soin également de dégrever tous les droits qui pèsent sur les éléments du travail.
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- Première Année.
- N° 2 i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Mai 188b. —* 172.
- Toutes ces réformes utiles ont contribué plus qu’on ne le croit généralement en France à la supériorité industrielle et commerciale de l'Angleterre.
- Notre amour de la routine nous fait autant de mal que la concurrence étrangère, car il nous empêche de réaliser des réformes nécessaires. Nous n’ignorons pas que notre système économique est défectueux, que les impôts sont répartis d’une manière injuste, mais nous nous gardons bien de remédier à cet état de choses, de chercher à faire cesser ces iniquités criantes. Ce ramassis d’injustices, c’est l’arche sainte à laquelle nous ne voulons pas toucher.
- Cependant cette situation ne saurait se prolonger longtemps encore ; il faudra bien, si nous ne voulons pas aboutir à une catastrophe, que nous prenions la résolution virile de regarder les difficultés en face, et de ne plus les tourner au lieu de les résoudre ; il faudra bien nous mettre résolument à l’œuvre et porter la cognée à l’arbre touffu des abus et des privilèges.
- Dans un manifeste publié en 1866 par l’industrie française pour la dénonciation des traités,on trouve le passage suivant :
- « Nous aussi, nous prétendons que la liberté des échanges, est le but suprême de nos efforts, mais nous voulons être assurés de pouvoir, sur le terrain de la liberté, combattre à armes égales. Les impôts, les octrois, l’inscription maritime, les budgets de 2 milliards et demi, la politique des expéditions lointaines, le monopole et les tarifs exagérés des compagnies de chemins de fer écrasants pour l’industrie, l’agriculture, la marine marchande et le commerce; le mauvais état de nos canaux, voilà ce qui nous rend la lutte impossible, voilà ce qui ferme nos usines, vide nos ateliers, condamne au chômage nos chantiers de constructions navales et met notre marine marchande à la remorque des marines de second ordre : Nous réclamons l’égalité. Or pn ne peut arriver à cette égalité que par des dégrèvements
- de ces charges exorbitantes....................ou
- des droits compensateurs.
- « Qu’on nous mette dans la même situation que les producteurs étrangers et l’on n’aura plus besoin de proclamer par décret une soi-disant liberté commerciale. La vraie liberté s’affirmera d’elle-même. »
- On retrouve les mêmes plaintes et les mêmes revendications dans un discours prononcé à la même époque à Lille dans un meeting tenu par les industriels et fabricants protectionnistes de la région du nord de la France. Nous détachons de ce discours la phrase suivante _ qui résume toute la question d’une manière aussi précise que laconique :
- « La situation qui nous est faite, nous l’accepterions, à la condition qu’on nous donnât les lois des autres pays. »
- Il y a dans ces quelques mots toute une révélation des souffrances de l’agriculture et de l'industrie, et ils résument, en même temps, avec une concision pleine d’une énergie douloureuse, les causes du mal et les moyens d’y porter remède.
- Eh bien ! ce qui était vrai à cette époque l’est encore aujourd’hui. La situation ne s est pas améliorée ; au contraire, le malaise s’est accru et nous nous trouvons aux prises avec des difficultés plus grandes.
- E. Mansuy.
- (.A suivre.)
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- LES LIVRES
- VIII
- L’Allemagne de M. de Bismarck, par Amédée Pigeon. E. Giraud, éditeur. — Correspondance diplomatique de M. de Bismarck (r85i-i859), publiée d’après l’édition allemande de M. de Poschinger, sous la direction et avec une préface de MM. Funck-Brentano, etc. Plon et Nourrit, éditeurs. — Lettres politiques confidentielles de M. de Bismarck (i85i-i858), publiées par M. de Poschinger, etc. P. Ollcndorff, éditeur.
- Une curiosité patriotique nous a poussés — et nous devons exhorter le public lettré à en faire autant — à lire tout ce qui a paru dans ces derniers temps sur le prince de Bismarck. Le chancelier a exercé et est destiné à exercer encore une si grande influence sur les affaires de l’Europe et les nôtres, il vient de recueillir, à l’occasion de l’anniversaire de sa soixante-dixième année, de tels témoignages de la confiance de son souverain et de sa gratitude, en même temps que d’une popularité durable, parce qu’elle flatte l’orgueil national, que l’histoire de l’avenir peut avoir à compter, autant que l’histoire du passé, avec un homme d’Etat qui ne nous a que trop fait sentir sa puissance et son génie.
- C’est un devoir de la critique, c’est un devoir du patriotisme que d’étudier un pareil homme chaque fois que l’occasion s’en présente, de rechercher les éléments dont s’est formé ce génie qui n’a été pour lui, selon la définition de Buffon, que le fruit d’une lente élaboration, d’une longue patience; que de sonder, pour en trouver les défauts, sa cuirasse de diplomate fidèle à l’uniforme militaire,
- en digne serviteur d’un marquisat qui n’est devenu royaume, d’un petit peuple qui n’est devenu une grande nation qu’à la pointe de l’épée, que de découvrir enfin ses points vulnérables, pour en profiter au besoin. Or, le chancelier, malgré son habileté, malgré son expérience, a ses points faibles, ses points vulnérables, tout comme un autre. « Tout Achille a son talon », a dit Chamfort.
- Aujourd’hui, ce n’est pas aux propos de table du chancelier, après diner, non moins variés, non moins profonds parfois, sous une forme joviale, que les propos de table de ce génie puissant et bien allemand aussi, de Martin Luther, ce n’est pas à ces conversations à ceinture dénouée, dont l’apparent abandon est très voulu et dont le conseiller intime, Morish Busch, n’a certainement publié, dans son indiscrétion adulatrice, que ce qu’il a plu à son maitre de nous laisser connaître, ce n’est pas non plus à la correspondance intime, fort bien traduite et annotée par M. Antonin Proust, que nous voulons nous attacher.
- Nous voulons examiner, avec le lecteur, les ouvrages récemment consacrés à l’étudier et à le peindre, et les recueils de sa correspondance diplomatique ou plus familière, où il se peint lui-même sans le savoir, sans le vouloir, où par conséquent il ne pose pas, ne se flatte pas, et d’où on peut jouir sur lui, sur ses idées, sur ses opinions, sur ses desseins, d’une de ces perspectives profondes, d’une de ces vues de for intérieur que rien ne remplace pour l’intelligence d’un homme.
- Il est facile d’y voir que la politique de M. de Bismarck est, dans le sens élevé et vulgaire du mot, de la politique machiavélique. N’oublions pas que notre Richelieu et notre Mazarin ont été des élèves de cette école. La puissance du lait accompli, la force primant le droit, le but absolvant les moyens, sont des principes, des axiomes de cette théorie, qu’on peut caractériser d’une façon générale en l’appelant la théorie du droit du plus fort, du droit du succès, qu’après Richelieu. Mazarin et Louis XIV, Napoléon et Talleyrand ont pratiquée, tantôt au profit de notre pays, tantôt à son détriment, suivant que la victoire favorisait on non leurs calculs. M. de Bismarck est donc un politique de cette école de l’utile, de cette école du succès qui ne se paye pas de fausse monnaie sentimentale, humanitaire, qui va au but par toutes les voies, qui n’a que les peurs qu’il est nermis d’avoir, et pour qui les scrupules sont un bagage inutile. M. de Bismarck est un élève de Machiavel, mais d’un Machiavel moins subtil, moins casuistique, d’un Machiavel mis au point des besoins modernes, adapté aux événements contemporains, d’un Machiavel qui aurait lu Voltaire et traversé impunément, comme Siéyès, la Révolution et la Terreur, pour se trouver ensuite, entre Talleyrand et Fouché, grand dignitaire de l’Empire. M. de Bismarck est aussi et surtout un disciple de Frédéric. Il en imite, autant qu’on peut le faire d’un maitre inimitable, la légèreté calculée, la puissante ironie, le cynisme spirituel, le mépris de l’opinion qu’il faut savoir faire, l’art de se servir de la presse, de la publicité pour masquer des desseins' réels sous des desseins apparents, l’art surtout de se servir de la vérité en laissant croire qu’on ment et de dire sa pensée en paraissant la dissimuler : jeu qui trompe toujours l’adversaire, et donne à la fois aux habiles escrimeurs en ce genre, tout italien d’origine d’ailleurs, les avantages de la franchise et les bénéfices de la ruse.
- Tel nous apparaît M. de Bismarck, qui n’est d’ailleurs pas un homme à formules inflexibles, à arêtes immuables, qui est au contraire, et c’est une de ses forces en même temps qu’une de ses faiblesses, très humain, c’est-à-dire très varié, très mobile et ondoyant et cela jusqu’à la contradiction. M. de Bismarck, politique des faits non des droits, viande creuse d’utopiste incapable et indigne, suivant lui, du pouvoir, s’est plié souvent aux besoins des circonstances, aux nécessités des événements, sans s’inquiéter autrement de la logique. La logique c’est, selon la politique bismarckienne, l’intérêt du prince et l’intérêt du pays. Richelieu l’entendait ainsi, quand il soutenait, en Allemagne, les protestants qu’il combattait en France. Mazarin l’entendait de même, quand il recherchait l’alliance de Cromwel. M. de Bismarck a fait le Kulturkampf, quoiqu’il ne soit ni d’un esprit incrédule, ni d’un caractère persécuteur, mais au contraire religieux, théoriquement et pratiquement, c’est-à-dire convaincu surtout que toute religion est une force politique et sociale et digne de respect, ne fût-ce qu’à ce titre. Il n’hésitera pas, au besoin, à se contredire, jusqu’à défaire ce qu’il a fait et à chercher, en raison de nécessités politiques et parlementaires, un modus vivendi avec la curie romaine, de même que Frédéric, philosophe et franc-maçon, attirait et employait les jésuites, chassés de tous les pays monarchiques, parce qu’il trouvait profit à faire le contraire des autres rois, et à avoir d’excellents instituteurs, qui lui coûtaient moins cher. De même encore, M. de Bismarck, comme Frédéric d’ailleurs, est très préoccupé du peuple, des problèmes du travail, des salaires, de la puissance économique dp l’Allemagne, et fait du socialisme d’Etat, parce qu’il est de la nécessité de la politique contemporaine de se préoccuper des questions économiques, douanières, agraires, sociales; mais non qu’il soit certes un socialiste. Il n’est pas même un libéral, ni un
- parlementaire. Il a à la fois le îyiépris et la crainte des assemblées. La discussion l’importune, et il est impatient d’avoir à se défendre contre d’autres obstacles que ceux dos faits. Il ne croit qu’à ceux-là, et se soucie peu d’avoir raison, pourvu qu’il ait le succès. La politique, aujourd’hui, comme la tactique militaire, n’agit que de loin, par agglomération de masses, par rapidité du transport des forces sur un point donné. M. de Bismarck emploie dans sa politique ce jeu souvent grossier de moyens, ces subits démasquements de forces. Il fait de la politique par grandes masses, pour les masses qui ne voient les choses qu’en gros, non en lin, et sont toujours acquises au succès. Ne croyez pas à une prétendue philosophie politique du chancelier. Il n’a pas pour deux sous de philosophie et d’idéal. C’est de l’argent mal employé. Pour un rien, il dirait comme M. de Montrond mourant : « Je ne suis pas assez mal élevé pour être philosophe. » C’est un philosophe pratique en tout cas, un praticien, à la façon du chirurgien à l’ambulance : tailler et panser, couper et recoudre.
- Tel nous voyons M.. de Bismarck, tel nous le montre le recueil de ses lettres diplomatiques, tel nous le montre, aux dates les plus récentes, un observateur avisé. Mais les intéressants ouvrages qui nous ont suggéré ces aperçus généraux mériten t, mieux qu’une recommandation collective et superficielle. Nous les examinerons pour y signaler quelques traits de physionomie ‘décisifs, quelques détails caractéristiques, dans la suivante de ces trop courtes et pourtant non inutiles ni peut-être non ennuyeuses études.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Les Nations ont repris le Roman d’Elise, de M. Georges Richard, auteur et comédien. Il y a six mois nous avions vu ce drame pour la première fois au Château-d’Eau. M. Ballande continue ses tentatives d’aventures ; nous espérons bien qu’il ne renouvellera pas celle des Champfort, le public l’y aidera au besoin. Que ce directeur ne recommence pas son théâtre d’antan, le goût n’est plus là. On avait toutefois bien accueilli, au mois de mars dernier, la reprise du Médecin des Enfants, ce mélodrame de M. d’Ennery qui a signalé la rentrée de M. Ballande dans ses lares, après quelques représentations de Eualdès.
- Le théâtre de l’Ambigu va reprendre, nous annonce-t-on, un vieux drame que ce même théâtre donna il y a trente-cinq ans. Je veux parler de Louis XVI et Marie Antoinette, dû à la collaboration de MM. Ferdinand Laloue et Labrousse. Je ne sais ce que sera la pièce que l’on nous pré-• pare; sera-t-elle restaurée, remaniée à la note du jour? Je l’espère. Mais en tout cas, ce que je sais, bien c’est ce qu'elle a été autrefois. La première représentation eut lieu le T7 mars 184c). Les rôles de Louis XVI et de Marie Antoinette étaient joués par Saint-Ernest et M. Guvon. Le premier acte se passe à Trianon, au moment où les états généraux viennent de se réunir ; cependant la grande fermentation qui agite les esprits ne s’est pas encore traduite par des faits. La reine peut encore revêtir son élégant costume de paysanne Suissesse dans ce Trianon qu’elle aimait tant, y donner quelques moments à sa chère laiterie. Au second acte, la sinistre journée du 6 octobre. Le château de Versailles est forcé, la foule est hurlante et se rue dans ce fastueux palais.
- On voit ensuite les préparatifs qui se font aux Tuileries pour le départ clandestin du roi et de la famille royale, puis la poignante péripétie et l’arrestation de Varennes. Les derniers tableaux se passent au Temple, dans la tour sinistre. Au dernier tableau on voyait la rue Royale au point où elle aboutit à la ci-devant place Louis XV, alors place-de la Révolution, la haie de gardes nationaux; derrière, le peuple silencieux ;. le passage de la lugubre voiture dans laquelle on apercevait le roi et son confesseur. Enfin, tandis que tous les regards étaient tournés du côté où le cortège de mort vient de disparaitre, on entendait les dernières paroles du condamné, interrompues par les paroles de Santerre, et les mots consacrés de l’abbé Edge-worth : « Fils de saint Louis, montez au ciel1. » Voilà en quelques lignes le résumé de ce drame. Ceux qui ont assisté à la première représentation et que j’ai pu consulter sur l’attitude du public en cette soirée, m’ont dit que rarement il y eut un effet d’émotion plus puissant.
- Allons, nous devons prévoir un grand succès de larmes ; que mesdames les ouvreuses se préparent à joindre à leur commerce de petits bancs celui de mouchoirs et que l’Ambigu fasse placer un transparent avec ces mots : « Ici l’on pleure ! »
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E.ARRAULTet Cla, rue de la Préfecture, fi
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : i 8, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIERE ANNEE.
- Dimanche 31 Mai 1885.
- NUMERO 22.
- SOMMAIRE :
- i. Partie officielle : Chambre des députés ; Œuvres d’art ; Discours; Allemagne; Convocation; Réglement; 2. Echos; 3. Exposition d’Anvers; 4. Communication; 5. Les Expositions des beaux-arts ; 6. A travers Paris; 7. Les Livres ; 8. Société d’encouragement ; 9. Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Séance du ig mai i885
- RAPPORT
- fait
- AU NOM DE LA COMMISSION CHARGEE D’EXAMINER LE PROJET DE LOI RELATIF AUX RECOMPENSES A DÉCERNER A L’OCCASION DE L’EXPOSITION DE l’uNION ' CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS ET DE l’EXPOSITION INTERNATIONALE d’hYGIÈNE ET D’ÉDUCATION DE LONDRES, EN 1884.
- Par M. Léon ROQUET, député
- Messieurs,
- La loi du 2 5 juillet 1873 a limité à la moitié des extinctions le nombre des croix de la Légion d’honneur, mises à la disposition du Gouvernement. Le Gouvernement demande qu’il soit dérogé à ces dispositions à l’occasion de la huitième exposition de l’Union centrale des arts décoratifs et de l’exposition internationale d’hygiène et d’éducation de Londres.
- Par un projet de loi déposé dans la séance du 21 février 1885, il demande l’autorisation de faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur des nominations et des promotions dont le nombre ne pourra dépasser :
- 5 croix d’officier.
- 2 5 croix de chevalier.
- Ces décorations seraient réparties de la façon suivante :
- fgüjiistère de l'instruction publique et des beaux-arts
- MANUFACTURES -NATIONALES ET ENSEIGNEMENT
- tiâjj 2 croix d’officier.
- 7 croix de chevalier.
- (b) HYGIÈNE
- i croix d’officier.
- 4 croix de chevalier.
- 2° Ministère du commerce
- (a) ARTS DÉCORATIFS 11 croix de chevalier.
- (b) HYGIÈNE
- 2 croix d’officier.
- 3 croix de chevalier.
- M. le ministre du commerce et M. le sous-secrétaire d’État de l’instruction publique et des beaux-arts ont été, dans la séance du 19 mai, entendus par la Commission.
- Ils ont fourni des renseignements et donné des explications qui ont paru pleinement satisfaisants.
- En conséquence, la Commission propose à la Chambre de voter le projet de loi dqnt la teneur suit :
- PROJET DE LOI
- ARTICLE UNIQUE
- A l’occasion de l’exposition de l’Union centrale des arts décoratifs et de l’exposition d’hygiène et d’éducation de Londres, le Gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives
- de la loi du 2G juillet 1873, des nominations et des promotions dont le nombre ne pourra dépasser : 5 croix d’officier.
- 2 5 croix de chevalier.
- --------------------------------------
- MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- Arrête :
- Toutes les œuvres d’art acquises par l’Etat à l’exposition annuelle des ouvrages des artistes vivants seront exposées à l’école nationale des beaux-arts.
- Cette exposition ouvrira dans la quinzaine qui suivra la fermeture du Salon. Elle durera un mois et l’entrée en sera gratuite.
- Paris, le i3 mai 1885.
- Pour le ministre et par délégation :
- Le sous-secrétaire d’Etat, Edmond Turquet.
- DISCOURS
- PRONONCÉ PAR
- M. HERVÉ-MANOON
- MINISTRE DE L’AGRICULTURE
- à la distribution des récompenses du concours régional de Toulouse.
- MM. les agriculteurs de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Gers, des Landes, du Lot-et-Garonne, des Basses et Hautes-Pyrénées se sont donné rendez-vous aujourd’hui, pour la quatrième fois, dans cette grande et bélle ville de Toulouse, pour célébrer dignement la fête agricole de leur vaste région. La ville de Toulouse, si largement hospitalière en toute occasion, semble avoir voulu se surpasser encore, s’il est possible, en donnant au concours agricole de cette année un éclat vraiment extraordinaire et en offrant à ses hôtes une réception dont le charme et la cordialité resteront à jamais gravés dans nos cœurs.
- Je remercie avec effusion le conseil général, l’administration du département, M. le maire et le conseil municipal de Toulouse de l’accueil magnifique qu’ils font aux agriculteurs. J’aime et j’applaudis ces grandes assemblées fraternelles des travailleurs de campagness, car_ elles sont le gage certain de cet esprit de patriotisme, de concorde et d’union qui assure à jamais la grandeur de la France et la force de la République.
- Le concours de Toulouse est remarquable à tous égards ; il témoigne de progrès considérables réalisés depuis quelques années. Les chevaux, au nombre de 200, sont de qualité supérieure; l’espèce bovine compte près de 3oo têtes ; l’espèce ovine est représentée par 81 lots, l’espèce porcine par 60, et les animaux de basse-cour par 284. Le matériel agricole qui donne, jusqu’à un certain point, la mesure du perfectionnement des procédés de la culture, figurait à votre concours de 1868 pour 626 articles, il en compte plus du triple aujourd’hui, soit 1,971 instruments ou machines. Il convient d’indiquer quelques-uns dos enseignements fournis par cette exposition agricole.
- Je me souviens toujours, messieurs, avec un grand plaisir, de mes premiers voyages, il y a bien longtemps, dans la Haute-Garonne. Je qe puis oublier mes surprises et mes joies de jeune agronome en passant, en quelques heures, pour ainsi dire, des hautes régions des pâturages voisins des neiges perpétuelles aux plateaux d’altitude moyenne, puis aux plaines basses couvertes des
- plus riches cultures ; je me rappelle surtout mon admiration pour cette variété d’aptitudes culturales qui est le caractère distinctif de votre beau pays.
- Votre concours reflète cette variété de sols et de climats qui est le propre de la région. Quand on connaît le bétail, on reste, en effet, singulièrement étonné de voir, dans un même pays, jusqu’à sept races de bêtes à cornes nettement caractérisées et parfaitement appropriées, chacune dans sa spécialité, à la contrée qui la fournit. Ici, nous voyons la race gasconne, au pelage gris, si remarquable par sa rusticité et sa résistance au travail ; là, c’est la race garonaise au pelage ordinairement blond, aux proportions irréprochables; ailleurs la race laitière des Pyrénées, puis la race baza-daise, si appréciées dans les concours de Paris.
- Toutes ces races, et d’autres que le temps m’empêche de mentionner, ont, à l’exposition, des représentants remarquables, d’une incontestable pureté, améliorés, sans mélange de sang étranger, par une sage sélection, par une bonne nourriture et par des soins intelligents. En persévérant dans cette voie, en réalisant encore quelques perfectionnements de forme, de précocité ou d’aptitude, les races pyrénéennes ne laisseront bientôt plus rien à désirer. A mon avis, c’est bien moins, en général, dans les croisements que dans l’amélioration par elles-mêmes des races locales, dès longtemps habituées au sol et au climat, qu’il faut chercher le progrès de notre bétail. Le concours de Toulouse fournit, sous ce rapport, aux éleveurs de précieux renseignements.
- La statistique témoigne, de son côté, des progrès réalisés par l’élevage du bétail. En 1862, les sept départements de la région possédaient 928,147 têtes de gros bétail ; en 1873, il ne leur en restait que 828,940. En 1882, ce nombre était remonté à ,1,025,734. Mais la qualité s’est encore plus améliorée que le nombre. Il y a vingt ans, dans la Haute-Garonne, par exemple, les animaux arrivaient à la boucherie vers l’âge de onze ans et fournissaient à peine, par tête, 232 kilog. de viande nette, au prix moyen de 1 fr. 04 le kilog. Aujourd’hui ils sont abattus entre sept et huit ans et donnent 36y kilog. de viande au prix de 1 fr. 42 le kilogramme. La valeur par tête est donc passée de 240 francs à 2 5o francs, et l’âge moyen de l’abatage s’est abaissé de quatre années environ. Dans la même période, les pertes de bestiaux dans le même département, par maladies ou accidents, ont diminué dans une proportion considérable. L’économie réalisé de ce chef s’élève environ à 5oo,ooo francs par an.
- Les efforts du Gouvernement ont puissamment .aidé à ces résultats. Les subventions accordées aux comices, les encouragements aux savants qui s’occupent des moyens de prévenir les maladies contagieuses, la loi du 21 juillet 1881 qui a permis de consacrer à votre région plus de 358,000 francs pour arrêter les progrès de la péripneumonie, témoignent assez des soins vigilants que la République ne cesse de donner aux intérêts de l’agriculture.
- Dans l’espèce ovine, l’amélioration de la forme et de la qualité est incontestable, mais le nombre de têtes n’a point augmenté depuis quelques années.
- L’espèce porcine, au _ contraire, présente les progrès les plus satisfaisants. Le porc est, par excellence, l’animal de la petite culture ; il fait la richesse des petits ménages et mérite, dès lors, la plus sérieuse^attention. En 1866, le département de la Haute-Garonne possédait q3,ooo animaux du poids moyen de 110 kilos, il en compte aujourd’hui i3i,o62, du poids de 140 kilos. En outre, l’abatage a lieu maintenant entre douze et treize mois, c’est-à-dire quatre à cinq mois plus tôt qu’autrefois.
- Vous le voyez, messieurs, dans votre région, comme ailleurs, la production de la viande, bien loin de diminuer, comme l’ont dit, bien à tort, quelques personnes, suit une progression rapidement croissante. Le paysan, mieux vêtu, mieux, nourri qu’autrefois, travaille davantage, avec moins de fatigue ; heureux de la liberté dont il jouit, fier de l’autorité que lui donne son bulletin de vote, il
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- Première Année. — N° 22.
- n’a rien à craindre de l’avenir. De nouveaux efforts amèneront de nouveaux progrès ; espoir et courage, l’agriculture sera toujours, en France, la première des industries !
- 1 délevage du cheval est arrivé, dans la région, à un degré de perfection vraiment admirable. Les étalons arabes donnent ici d’excellents produits. Vous vendez au commerce et à la remènte de nombreux animaux. Le Gouvernement s’efforce d’augmenter encore cette production en accordant plus de 12,000 francs pour le concours actuel; 27,500 francs pour les primes aux juments et aux pouliches; 21,700 francs aux étalons approuvés, et enfin, en choisissant l’année dernière, chez vos éleveurs, dix-neuf étalons payés ensemble 111,000 francs et destinés au service de nos dépôts.
- Le progrès cultural a suivi dans la région une marche régulière. L’étendue des terres consacrées aux racines et aux tubercules a subi, dans la Haute-Garonne en particulier, de 1862 à 1882, un accroissement de 26 p. 100. Les cultures fourragères, qui occupaient une étendue de 78,000 hectares, s’étendent aujourd’hui sur 102,000 hectares. Je ne saurais qu’applaudir à ce progrès parce qu’il a coïncidé, dans votre pays, avec le développement et l’intensité des autres cultures. Mais je dois faire ici une réserve générale sur le conseil si souvent donné depuis quelque temps, par les théoriciens de l’agriculture, de tourner tous les efforts des cultivateurs vers l’industrie du bétail.
- A mon avis, le développement du pâturage, à un point de vue général, ne doit pas être considéré comme un but à atteindre, mais bien comme un moyen d’augmenter la production des engrais, de fournir le moyen de rendre plus intensives et plus productives les cultures ordinaires, en augmentant la quantité et la valeur de la main-d’œuvre qu’elles exigent. Le remplacement des labours par le pâturage, il ne faut pas l’oublier, aurait pour résultat de diminuer la main-d’œuvre dans les campagnes et d’augmenter encore la tendance, déjà beaucoup trop grande, à l’émigration vers les villes. L’accroissement irréfléchi des pâturages au détriment des surfaces en labour serait certainement un danger des plus graves dont la population de certaines parties de l’Ecosse ont ressenti, il y a quelques années, les funestes effets.
- Les animaux de basse-cour de la région conservent leur vieille réputation, mais nous devons faire de grands efforts pour en augmenter le nombre. L’Espagne et l’Italie exportent des quantités considérables d’œufs et de volailles dans le nord de l’Europe, nous devons en faire autant et chercher spécialement des débouchés en Angleterre, dont nos départements de l’Ouest ne suffisent pas à alimenter les marchés.
- La région est '-particulièrement favorable au développement des arbres fruitiers, cette culture peut fournir des ressources considérables dont il importe de se préoccuper sans retard.
- Votre département, messieurs, a été atteint plus tard que beaucoup d’autres par le phylloxéra. Malgré les désastres du fléau, vos plantations ont été si actives que la surface de vos vignobles a passé en quelques années de 54,000 à 73,000 hectares, vous profiterez de l’expérience si douloureusement acquise ailleurs pour combattre l’ennemi et je suis persuadé que votre énergie saura bientôt faire disparaître le danger.
- Parmi les progrès réservés à l’agriculture de la région, je ne saurais oublier l’emploi plus général des irrigations. D’après l’atlas statistique des irrigations, dont j’avais autrefois commencé la publication, la Haute-Garonne possède seulement 3,75i hectares de prairies régulièrement arrosées et 556 hectares d’autres arrosages; ces surfaces n’utilisent pas la vingtième partie de vos q53 cours d’eau, d’un développement total de 3,8o3
- kilomètres. , .
- Le département n’emprunte a ses nvieres et iuisseaux que 7,816 chevaux-vapeur pour mettre en mouvement i,536 paires de meules et quelques autres usines, tandis que les forces non encore employées se comptent par centaines de mille chevaux-vapeur. Peu de régions possèdent des richesses hydrauliques aussi magnifiques. Ce sont des trésors que l’agriculture et l’industrie ne doivent pas négliger plus longtemps.
- Les rapports des commissions des primes d honneur vous feront connaître les mérites des lauréats et les récompenses qui leur sont attribuées.
- Ces récompenses sont nombreuses assurément ; mais j’ai éprouvé une véritable _ déception, je l’avoue, en ne trouvant pas sur la liste les primes d’honneur de la petite culture. Le gouvernement de la République, vous le savez, a voulu récompenser, dans nps concours, les efforts du courageux travailleur de la moindre parcelle à l’égal du chef de la grande exploitation.
- Les mérites sont nombreux assurément dans^un département qui possède comme le vôtre 3o,5oo exploitations de 5 hectares et au-dessous. Gomment se fait-il que je n’aie pas une récompense à donner ? Aucun concurrent, me dit-on, ne s’est fait inscrire. Mais si le paysan timide et modeste ne sait pas venir à nous, c’est à nous d’aller à lui et de découvrir ses mérites. Je fais appel, pour l’avenir, à nos administrations publiques, aux sociétés d’agriculture, c’est un devoir étroit pour
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 3i Mai i885. — 174.
- tous de signaler à l’autorité les mérites qui s’ignorent et dont l’exemple serait souvent le plus utile à faire connaître.
- Ma plus grande satisfaction, dans nos solennités agricoles, est de serrer la main des lauréats de la petite culture, des meilleurs ouvriers de la terre. Je regrette vivement de ne pouvoir le faire aujourd’hui. Qu’il me soit au moins permis de saluer ici, avec une émotion profonde, le paysan français dont je connais si bien les mérites : il est l’honneur et la force de la démocratie moderne. Il aime ardemment nos institutions ; il nourrit par son travail la France entière et il donne à la République ses plus vaillants et ses meilleurs soldats.
- ALLEMAGNE
- LETTRE ADRESSÉE PAR LE MINISTRE d’eTAT DE BOETTICHER A LA DIRECTION DE L’UNION CENTRALE DES INDUSTRIELS ALLEMANDS.
- « A la demande du 24 avril adressée à M. le « ministre du commerce et de l’industrie et remise « à moi-même, en ce qui concerne l’organisation « d’une exposition industrielle allemande générale « à Berlin en 1888, j’ai l’honneur de répondre à la « direction que je n’ai pas eu l’occasion, jusqu’à « présent, de prendre une décision définitive sur « l’entreprise projetée. Il sera intéressant pour « moi de prendre connaissance du résultat de « l’enquête ouverte dans les sections de l’Union « centrale des industriels allemands sur l’accueil « que le projet peut espérer dans les cercles indus-« triels. Je vous prie de vouloir bien me le faire « connaître. »
- CONVOCATION
- GRAND FESTIVAL INTERNATIONAL
- ORGANISÉ PAR
- L’ADMINISTRATION COMMUNALE
- Et offert aux Sociétés de
- Cliant d'ensemble, Fanfares, Harmonie et Symphonie DU PAYS ET DE L’ÉTRANGER A l’occasion de
- L'EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- Anvers, 2 3 mars 1885.
- Messieurs,
- Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance que notre Administration organise, à _l’oc: casion de Y Exposition universelle maritime, industrielle et commerciale et de l’Exposition universelle des beaux-arts, un grand Festival permanent, offert à toutes les Sociétés de chant d’ensemble, de fanfares, d’harmonie ou de symphonie, du pays et de l’étranger.
- Par la présente nous invitons votre Société à y prendre part.
- Vous trouverez, d’autre part, les dispositions réglementaires concernant le F estival, ainsi que la forme du bulletin de participation.
- Indépendamment des deux Expositions universelles précitées, la ville d’Anvers verra s’ouvrir, en i885, plusieurs autres expositions ainsi que plusieurs congrès.
- Des solennités, festivals, et réjouissances publiques de toutes natures auront lieu depuis le 2 mai, date de l’ouverture officielle des deux Expositions universelles.
- Elles assureront un séjour agréable, aux nombreux étrangers qui nous rendront visite, ainsi qu’aux Sociétés musicales qui prendront Anvers pour but de leurs excursions.
- Celles-ci, en retour de leur participation à notre Festival, recevront une belle médaille commémo-
- IclUVC. .
- Elles auront aussi le droit de prendre part au tirage des primes importantes qui seront réparties par la voie du sort entre les Sociétés participantes.
- Veuillez, Messieurs, agréer l’assurance de notre considération distinguée.
- Par ordonnance,
- Le Secrétaire: DE BRAUWERE.
- Le Collège des Bourgmestre et Echevins :
- Léopold de Wael.
- DISPOSITIONS RÉGLEMENTAIRES
- Article premier. — Le Festival est offert à toutes les Sociétés de chant d’ensemble, de fanfares, d’harmonie, ou de symphonie du pays et de l’étranger.
- Art. 2. — Ne seront toutefois pas admises au Festival, les Sociétés de fanfares, d’harmonie ou de symphonie qui se présenteront avec moins de trente membres exécutants, ni les Sociétés de chant d’ensemble qui se présenteront avec moins de quarante membres exécutants.
- Art. 3. — Le festival aura lieu tous les Dimanches, à partir du 3 mai, jusqu’au 27 septembre, ainsi que les 14 mai, 10, 11, 12 et i5 août 1885.
- Art. 4. — Les Sociétés pourront choisir le dimanche qui leur convient le mieux, à condition toutefois d’envoyer leur bulletin de participation au moins quinze jours à l’avance.
- Le bulletin de participation devra être fait conformément au modèle ci-annexé et être adressé, sous pli affranchi, au Secrétaire du Comité d’organisation, à l’Hôtel de Ville d’Anvers.
- Art. 5. — Dans le cas où.il y aurait trop de Sociétés inscrites pour le même jour, le Comité d’organisation, aura le droit de reculer, selon les circonstances, les dates de la participation -de certaines d’entre elles. Il reculera de préférence les dernières inscrites.
- - Art. 6. — A la réception du bulletin de participation, le Comité d’organisation enverra à la Société un bulletin d’admission indiquant le jour et l’heure auxquels elle devra se présenter au kiosque qui lui aura été désigné.
- Art. 7. — Chaque Société devra exécuter trois morceaux. Ces morceaux devront être proposés dans le bulletin de participation. Le bulletin d’admission renseignera s’ils ont été acceptés ou refusés par le Comité d’organisation. Celui-ci se réserve le droit de réduire à deux le nombre de morceaux à exécuter.
- Art. 8. — Les Sociétés qui ne se présenteraient pas au jour et à l’heure fixés, au kiosque indiqué,, perdront tous droits à la participation au Festival.
- Le Comité ou le Commissaire délégué prononcera, suivant les circonstances, dans les cas particuliers qui se produiront.
- Art. 9. — Un Commissaire délégué recevra les Sociétés au moment où elles se présenteront au kiosque pour exécuter les morceaux de leur programme.
- Les Sociétés devront en tous points se conformer aux décisions de M. le Commissaire délégué.
- Un procès-verbal, signé par M. le Commissaire-ainsi que par le Président et le Directeur de la Société, constatera l’accomplissement des prescriptions concernant l’exécution, des morceaux.
- Art. 10. — Aussitôt qu’une Société aura exécuté ses morceaux conformément à son programme et aux dispositions du présent règlement, elle recevra de M. le Commissaire délégué une médaille commémorative.
- Art. 11. — Les Sociétés sont tenues de se présenter sur le kiosque avec leur drapeau ou cartel.
- L’exécution des morceaux de chaque Société devra prendre de 40 à 60 minutes, y compris les-intervalles qui seront de 5 minutes.
- Les Sociétés pourront proposer un quatrième-morceau, si la durée des trois n’était pas assez longue pour remplir le temps fixé ci-dessus.
- Art. 12. — Les vingt primes suivantes seront réparties, par la voie du sort, entre les Sociétés qui auront participé au Festival dans les conditions exigées et qui auront au moins une année-d’existence.
- n prime.................fr. 1.000, —
- 2e »................ . » 5oo, —
- 3e ».....................» 3oo, —
- 4e ».....................» 200, —
- 3e » jusquesety compris la
- 20e » chacune fr. 100, — » 1.600, —
- fr. 3.6oo, —
- Art. i3. — Vingt insignes d’honneur, ’ d’une-valeur globale de 500 francs, seront répartis, par la voie du sort, entre les Directeurs des Sociétés admises au tirage des primes.
- Art. 14. — Une prime spéciale de 250 francs-et une médaille en vermeil seront accordées à la Société dont le siège, mesuré à vol d’oiseau, sera le plus éloigné d’Anvers.
- Art, i5. — Une prime spéciale de 250 francs et une médaille en vermeil seront accordées à la Société de chant d’ensemble, ayant pris part au Festival avec le plus grand nombre de membres exécutants.
- Art. 16. — Une prime spéciale de 250 francs et une médaille en vermeil seront accordées à la Société de fanfares, d’harmonie, ou de symphonie, ayant participé au Festival avec le plus grand, nombre de membres exécutants.
- Art. 17. — Les Sociétés ayant leur siège dans-l’arrondissement d’Anvers ne pourront pas concourir pour les primes ou médailles promises par les art. -1 5 et 16.
- Art. 18. — Les Sociétés qui désirent concourir pour l’obtention de la prime promise par l’art. 14. doivent produire un certificat dûment légalisé par l’autorité communale ou municipale du lieu de-résidence.
- y Art. 19. —- Les Sociétés qui désirent concourir pour l’obtention des primes promises par les art. 15 et 16 doivent produire une liste des membres exécutants prenant part au Festival. Cette liste-devra être certifiée véritable par l’autorité communale ou municipale du lieu de leur résidence.
- Art. 20. •— Le tirage- des primes et insignes et leur remise se feront à l’hôtel de ville d’Anvers, le dimanche 4 octobre, à midi.
- Les Sociétés participantes auront le droit de se faire représenter par un de leurs membres.
- Elles recevront en tous cas le résultat des tirages.
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- Dimanche 3i Mai i885.
- 175. — Première Année — N° 22.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITIONDE 1889.
- Les primes gagnées devront être réclamées avant la tin du mois d’octobre.
- Les réclamants devront être munis d’une autorisation de recevoir, contresignée par tous les membres de la Direction de la Société gagnante.
- Art. 21. — Les décisions du Comité d’organisation sont sans appel dans tous les cas de contestation.
- Fait et arrêté en séance du 16 mars 1883.
- Le Comité d'organisation :
- Le Secrétaire: L'Echcvin-Président :
- Aug. Possemiers. Georges Gits.
- Les Membres :
- Emile van Delft,
- L.* Dewinter,
- Grao Van Lerius,
- F. Demaerschalck,
- F. Kockx,
- E. Laureyssens,
- Approuvé par le Collège des Bourgmestre et Echcvins.
- Par ordonnance.
- Le Secrétaire : Le Bourgmestre,
- de Bràuwere. Léopold de Wael.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS 1885
- commissariat général du gouvernement
- RÈGLEMENT
- déterminant la nature des récompenses et organisant les jurys chargés de les répartir (Art. XXII du Règlement général)
- TITRE PREMIER
- Dispositions générales
- Article premier. — Les récompenses qui peuvent être décernées à l’occasion de l’Exposition universelle dJAnvers, consistent en :
- i° Diplômes d’honneur ;
- 2° Id. de médaille d’or ;
- 3° Id. de médaille d’argent ;
- 40 Id. de médaille de bronze ;
- 50 Id. de mention honorable.
- Le diplôme des quatre premières catégories de récompenses est accompagné d’une médaille de bronze.
- Il est institué un jury international charger d’attribuer les récompenses.
- Art. 2. — Le nombre minimum des membres du jur'y international est déterminé .d’après la base d’un titulaire par 40 exposants.. Il sera tenu compte dans la répartition des jurés entre les diverses nations, de la. proportion des surfaces, occupées par chacune d’elles, du nombre de leurs exposants dans chaque classe et de l’importance de leur exposition.
- Il est nommé, en outre, des membres suppléants du jury, répartis suivant le mode indiqué ci-dessus ; leur nombre est égal à la moitié de celui des jurés titulaires.
- Art. 3.— Les membres étrangers du jury international sont désignés par le Gouvernement de leur pays.
- Les jurés des nations non officiellement représentées, sont proposés par les délégués, des exposants de ces nations. Le mandat de ces jurés est ratifié,' s’il y a lieu, par le Comité du Commissariat général” du Gouvernement, . mentionné au § B de l’arrêté ministériel du 5 octobre 1884.
- Les membres belges sont nommés, par arrêté royal, sur la proposition du ministre de T,agriculture, de l’industrie et des travaux publics. Ils remplissent leurs fonctions à titre honorifique et gratuit.
- Toutes les nominations doivent être faites, avant le 15 mai 188 5.
- Les jurés suppléants sont nommés de la même manière.que les.membres titulaires. Ils prennent' la place des jurés 'absents et sont appelés, chaque fois que leur présence est nécessaire, par lé jury de la classe à laquelle ils appartiennent ou. d une classe relevant du groupe pour lequel, ils ont été nommés. Leurs fonctions cessent au. retour de ceux qu’ils remplacent.
- Le Comité du commissariat général du Gouvernement, après s’être concerté avec les commissaires étrangers , fixe la proportion numérique des membres étrangers et des titulaires belges. Il répartit les membres du jury entre les classes déterminées par le système de ‘groupement des produits. — Cette répartition est ratifiée par un arrêté ministériel.
- Art. 4. — Le jury international doit accomplir ses travaux du 1e1' juin au iU1' août inclusivement. Toutefois, pour les classes des groupes 16 et 17 donnant lieu à des .concours partiels, les opérations du jury se poursuivent pendant toute la durée de l’Exposition.
- Art. 5. — La distribution des récompenses aura lieu dans le courant du mois de septembre.
- TITRE II
- Récompenses attribuées aux produits de l'agriculture et de l’industrie
- Art. 6. — Le nombre des récompenses mises à la disposition du jury international, pour les expositions collectives ou individuelles, est réglé comme il suit :
- 5o diplômes d’honneur.
- 400 id. de médaille d’or.
- ,ooo id. id. d’argent.
- ,5oo id. id. de bronze.
- ,5oo id. de mention honorable.
- Art. 7. — Le Comité du commissariat général du Gouvernement belge, après avoir entendu les présidents de groupe, répartit provisoirement entre les groupes avant le 15 juin 188S, le nombre total des diplômes de médailles et de mentions honorables.
- Art. 8. — Les diplômes d’honneur sont destinés à récompenser soit le mérite des inventions, soit des perfectionnements qui ont apporté une amélioration considérable dans la qualité des produits ou dans les procédés de fabrication, soit encore les expositions collectives dont l’ensemble démontre un mérite ou un progrès exceptionnels.
- Art. q. — L’attribution des récompenses instituées à’ l’art. 6 pour les groupes de l’industrie et de l’agriculture, résulte des opérations successives des jurys de classe, des jurys de groupe et du jury supérieur.
- TITRE III
- Dispositions spéciales concernant les groupes des produits de l’agriculture et de l’industrie
- Art. 10. — Chaque jury de classe se réunit le icr juin x885 ; pour se constituer, il doit comprendre, au moins, six membres.
- Si ce nombre n’est pas atteint, il est procédé à la réunion de deux ou de plusieurs jurys de classe.
- Dans sa première réunion, chaque-jury de classe nomme un président, un vice-président et un secrétaire; l’élection du membre-rapporteur doit avoir lieu avant le i5 juin.
- Art. ii . — Les jurys de classe peuvent appeler dans leur sein, pour certaines questions déterminées, des membres des autres classes du jury international ou des experts choisis en dehors de ce jury. Dans ce dernier cas, la nomination de l’expert doit être approuvée par le président du groupe. Les membres ainsi associés et les experts n’ont pas voix délibérative.
- Art. 12. — Les exposants qui ont accepté les fonctions de membre du jury international sont, par ce seul fait, mis hors concours pour les récompenses.
- Les exposants appelés à titre d’associés ou d’experts, auprès d’un jury de classe, sont également exclus du concours, en ce qui concerne les produits de la classe où ils sont appelés à donner leur avis.
- Art. i3. — Chaque jury de classe procède à l’examen des produits, appareils ou procédés qui lui sont soumis, et fait, sans distinction de nationalité, le classement des exposants qui lui paraissent dignes de récompense.
- Il dresse la liste des exposants qui, ’ par application de l’art. 12, se trouvent mis hors concours.
- Il classe enfin, sans distinction de nationalité, les collaborateurs, contre-maîtres ou ouvriers qu’il croit devoir signaler, soit pour services rendus à l’agriculture ou à l’industrie, soit enfin, pour leur participation à la production d’objets remarquables figurant à l’Exposition.
- Les listes de classement, revêtues de la signature des membres qui ont pris part au travail et visées par le président et le secrétaire du jury de groupe, sont remises parce dernier, au commissariat général du gouvernement belge , au plus tard le 4 juillet 188 5.
- Si un jury de classe n’a pas déposé ses listes à l’époque ci-dessus indiquée, elles, -sont établies d’office par le jury de groupe.
- Art. 14. — Les présidents et les membres rapporteurs des jurys de classe composent les jurys de groupe, qui se réunissent le 6 juillet x885. En cascd’absence, les présidents sont remplacés par les vice-présidents.
- Il est nommé, pour chaque jury de groupe, un président, deux vice-présidents et un secrétaire pris dans le sein de ce jury.
- La répartition des présidents et vice-présidents entre les-; diverses nations, est'fixée par un arrêté du ministre de l’agriculture, de l'industrie et'des travaux publics.
- Art. i5. — Chaque jury de groupe, après avoir examiné les réclamations "qui sont de sa compétence, arrête les listes de classement, dressées par les jurys de classe.
- Le résultat de ces opérations doit être remis au commissariat général du gouvernement, au plus tard, le 18 juillet 1885 ; si les travaux d’un groupe ne sont pas terminés à cette époque, le jury des .pjésidents y pourvoit d'urgence..
- Art. 16.— Le commissaire général du Gouvernement, le secrétaire général du commissariat général du Gouvernement, les présidents, et vice-présidents des jurys de groupe constituent le jury supérieur. Il se réunit le 20 juillet 1885.
- Ce jury présidé par le commissaire général d Gouvernement, nomme dans son sein deux vice présidents ; les fonctions de secrétaire sont remplies par le secrétaire général du Gouvernement.
- Les travaux du jury supérieur doivent être terminés le 26 juillet.
- Art. 17. — Les commissaires internationaux, chacun en ce qui concerne la section qu’il représente, sont les intermédiaires entre les jurys de classe, de groupe et le jury supérieur, pour donner la suite nécessaire a toutès les réclamations faites par les exposants.
- Il leur est adjoint des secrétaires de section et de groupe.
- TITRE IV
- Dispositions générales concernant les travaux du jury
- Art. 18. — Dès que les travaux du jury supérieur lui ont été remis, le Comité du Commissariat général du Gouvernement arrête définitivement le nombre des récompenses à attribuer à chaque groupe.
- Les jurys de groupe se réunissent ensuite pour faire entre les classes la répartition définitive de ces récompenses.
- Art. 19. — Les jurys de classe prononcent définitivement sur les diplômes de médaille de bronze et de mention honorable, dans les limites de leur répartition. Ils prononcent en premier ressort, sur les diplômes d’honneur et les diplômes de médaille d’or et d’argent.
- Le jury supérieur prononce sur les diplômes d’honneur.
- Le Comité du Commissariat général du Gouvernement connaît de toutes réclamations et statue à leur sujet, à l’intervention des commissaires internationaux.
- Il juge, en dernier ressort, toutes les difficultés ou conflits d’attributions, qui peuvent se produire au cours des travaux du jury international.
- Art. 20. —Un rapport administratif sur l’Exposition universelle de 1885 , sera publié par le Commissaire général du Gouvernement belge. Le Rapport général du jury international sera publié sous la direction et la surveillance du Comité du Commissariat général du Gouvernement.
- Les membres rapporteurs des jurys de classe et les membres' secrétaires des jurys de groupe remettront leur rapport au Commissariat général du Gouvernement avant le i01’ février 1886.
- Art. 21. —- Il pourra être institué un jury spécial pour les, objets exposés par les colonies êt par la section internationale de la Croix-Rouge.
- Art. 22. — Des dispositions particulières règlent l’institution des récompenses des concours d’horticulture et d’agriculture.
- Art. 23. — Les membres du jury international déclarent par le fait même de l’acceptation de leur charge, se soumettre aux dispositions du présent règlement.
- Arrêté par le Comité du Commissariat général du Gouvernement, dans ses séances du 14 février et du 21 mars 188 5.
- Les Commissaires des sections internationales,
- Deixour, Belpaire, Evrard, Ch., Somzée, L., Ronnberg, A. Bernard, C.
- Le Commissaire, général
- Le Secrétaire général, du Gouvernement,
- J. Gody. Comte Ad. d’Oultremont.
- Vu :
- Au nom du Comité exécutif de l’Exposition universelle d’Anvers Le Secrétaire général, Le Président,
- P. Koch. V. Lynen.
- Approuvé :
- Bruxelles, le 20 avril 1885.
- Le ministre de l’agriculture, de l’industrie, et des travaux publics
- Chevalier de Moreau.
- ÉCHOS
- Paris
- Nous avons assisté à la réunion des Sauveteurs de la Seine qui a eu lieu dimanche dernier, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne,, sous la présidence de son dévoué président, M. Rodolphe Bürgues.
- Nous avons écouté avec plaisir et émotion le rapport présenté par notre spirituel confrère Edouard Philippe, secrétaire général de la Société, et nous avons ôté heureux d’apprendre que la Société prendra part à l’Exposition universelle de 1889, pour les nombreux engins de sauvetage dont elle se sert.
- * *
- La, Société protectrice des animaux.a tenu lundi dernier sa séance annuelle au Cirque d’hiver, sous la présidence de M. Fôry-d’Esclands.
- (Voir Ict suite, paye 178.)
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- i7b et i
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- Première Année. — N° 22
- LE MONITEUR JL$P°SITI0N DE
- 188<).
- Dimanche 3i Mai 188:
- A L EXPOSITION DAWfliS -- HOMÈRE DÉIFIÉ
- Toute la presse française et étrangère a constaté le succès bien légitime obtenu à l’Exposition d'Anvers, le jour de l’inauguration, par nos manufactures nationales. Le succès s’accentue de jour en jour et la salle qui renferme les magnifiques collections de Sèvres et des Gobelins est une des plus fréquentées de toute l’Exposition.
- Nous nous occuperons aujourd’hui des objets exposés par la manufacture des Gobelins.
- Le panneau le plus important reproduit avec une grande fidélité la superbe composition d’Ingres, Homère déifié. C’est ce panneau que reproduit ici notre gravure.
- Après avoir figuré à l’Exposition d’Anvers, ce panneau sera transporté au musée de Versailles où sa place est marquée depuis longtemps.
- Puis viennent quatre verdures, destinées au palais du Sénat. Ce sont :
- Le Héron, d’après M. .Bellet.
- L’Ara rouge, d’après M. de Curzon.
- La Statue, d’après M. P. Flandrin.
- Les Digitales, d’après M. Desgoffe.
- Tous ces panneaux sont en haute lisse.
- Gomme produits de la Savonnerie, nous voyons huit panneaux de fleurs, d’après MM. Chabal-Dus-surger et Gaudefroy.
- La manufacture nationale de mosaïque a exposé quelques-uns de ses produits :
- Jeanne d’Arc, figure en buste d’après la composition de M. Hébert, exécutée dans l’abside du Panthéon.
- • Cupidon, d’après Raphaël.
- Génie, d’après Raphaël.
- Plaque avec l’inscription Mosaïque, avec une bordure d’après une mosaïque de Pompéi.
- En vue de l’Exposition de 1889 un certain nombre d’ouvrages sont sur le métier dans les ateliers des Gobelins. Nous allons en donner la nomenclature :
- TAPISSERIES
- La Filleule des Fées, d’après M. Mazerolle.
- L’Innonce, d’après M. Bourgeois.
- Tenture pour le palais du Sénat, d’après M. Lansyer (faisant partie d’une suite de huit verdures).
- Tentures pour le salon d’Apollon, du palais de l’Elysée, d’après les modèles, de M. Galland.
- Tentures pour la Bibliothèque nationale,d’après M. Ehrmann.
- Tapisserie pour le palais du Louvre, d’après M. Galland.
- SAVONNERIE
- Tentures pour le palais de l’Elysée, d’après les modèles de M. Lameire.
- Tentures pour la Bibliothèque nationale, d’après M. Lavastre, le décorateur de l’Opéra.
- François Ier, en iSqS, institua à Fontainebleau une manufacture royale de tapisserie. Henri II mit Philibert Delorme à la tête de cette première fabrique et bientôt après créa à Paris une seconde manufacture dans la rue Saint-Denis.
- En 1094, Henri IV plaça dans la maison des jésuites du faubourg Samt-Antoine d’habiles ouvriers qu’il avait fait venir d’Italie ; neuf ans plus tard, ces ouvriers furent installés au Louvre.
- En 1607, des ouvriers flamands, qu’on avait appelés à Paris depuis quelques années, obtinrent un véritable monopole sous l’obligation de faire marcher 80 métiers. Leurs ateliers furent successivement établis au palais des Tournelles, à la place Royale et enfin, en i63o, dans la maison des Gobelins, au faubourg Saint-Marcel. En 1662, un deuxième atelier d’ouvriers italiens fut organisé dans les jardins des Tuileries.
- En 1662, Colbert réunit tous les tapissiers dans la maison des Gobelins qui prit le nom de « Manufacture royale des meubles de la Couronne. » Une année plus tard, le peintre Ch. Lebrun fut placé à la tête de la manufacture et garda cet emploi jusqu’à sa mort.
- En général, jusqu’à cette époque, on n’employait que trois tons d’une couleur. Des hachures transversales, à cheval sur deux teintes consécutives, permettaient d’obtenir des modelés merveilleux. Les teintes franches et résistantes étaient exclusivement employées. Ceci explique l’état admirable de conservation dans lequel se trouvent encore de nos jours les .vieilles tapisseries.
- Personnel administratif............ 27,
- Service des teintures..............
- Ecole de dessin et de tapisserie.... Ateliers : 2 chefs, 4 sous-chefs, 60
- ouvriers, ouvrières et élèves....
- Indemnités diverses......... ......
- Matériel...........................
- j'jo fr.
- 1 5,3oo 6,55o
- 122,220
- f°>/
- 00
- 34,000
- La Révolution amena un grand désarroi dans l’administration. Ce ne fut que sous la Restauration que les Gobelins retrouvèrent leur ancienne prospérité.
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- Nous disions plus haut que l’on n’employait autrefois aux Gobelins que trois tons d’une couleur. De nos jours, M. Chevreul, l’illustre savant, directeur des teintureries de la Manufacture depuis 1824, a imaginé un cercle chromatique qui comprend : 10 cercles de couleurs franches, subdivisées en 72 gammes équidistantes, de 20 tons chacune; soit un total de 14,400 tons! Quelle palette !
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- L’année dernière, le budget des Gobelins s’élevait à 234,320 fr., subdivisés de la manière suivante :
- 234,520 fr.
- En 1885, le crédit voté ne s’élève qu’à 231,520 fr. Il faut remarquer que l’on compte aujourd’hui 100 personnes aux Gobelins, soit 2 5o de moins que sous Louis XIV.
- Depuis le mois de mars, M. Gerspach, le sympathique chef du bureau des manufactures nationales au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts depuis 14 ans, a remplacé M. Darcel comme administrateur des Gobelins. M. Darcel est aujourd’hui, comme on sait, directeur du musée de Cluny.
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- En terminant, nous emprunterons les renseignements suivants à M. Muntz, dont la compétence est universellement reconnue et qui vient de publier sur la Tapisserie un livre des plus intéressants.
- Le métier de haute lisse se compose de deux montants en bois ou en fonte, supportant deux cylindres mobiles, les ensouples, placés l’un dans la partie supérieure, l’autre dans la partie inférieure. Ges cylindres ont une double destination : retenir les extrémités de la chaîne, permettre de la tendre à volonté. La chaîne, c’est-à-dire la rangée de fils blancs, sur laquelle le tapissier tissera les fils de couleur, est formée de coton ; les fils sont alternativement passés de chaque côté de tubes de verre appelés bâtons de croisure, les fils pairs d’un côté, les impairs de l’autre, de manière à produire, à un moment donné, une sorte de nappe double ; une perche posée au-dessus de la tête du tapissier, permet à celui-ci de ramener à lui ces derniers, en les croisant avec les fils delà nappe postérieure, au moment où il fait une passée avec la broche.
- . Ce croisement, indispensable pour Information du tissu, permet de recouvrir complètement la chaîne avec les fils de couleur.
- L’ourdissage, c’est-à-dire la préparation de la chaîne, est une opération assez compliquée, et dont le détail n’offrirait pas pour nos lecteurs un intérêt bien vif.
- Ce travail une fois terminé, le haute-lissier marque sur la chaîne les principaux traits de son carton ; il se sert pour cela d’un calque sur papier végétal. Cette seconde opération s’appelle le décalquage.
- A ces opérations succède le tissage proprement dit. Après le choix des laines, il s’installe, non pas devant, mais derrière son métier, car dans la haute-lisse le travail se fait à l’envers et l’artiste est forcé de passer de l’autre côté du métier pour juger du résultat obtenu. C’est également derrière le métier, bien plus, derrière l’artiste, qu’est placé le modèle.
- Le tissage commence par le bas. Se servant des contours tracés sur la chaîne, le tapissier prend une broche chargée de la couleur convenable et arrête l’extrémité du fil de couleur sur un des fils de la chaîne. Ace moment, dans la partie inférieure, les fils sont tous sur le même plan, ce n’est que plus haut que les bâtons de croisure les écartent et permettent de saisir alternativement, de la gauche, une poignée de lisses, qui ramènent les fils de la moitié qui forme le devant (que nous appellerons série A) ou les fils de la moitié qui forme la partie postérieure (que nous appellerons série B).
- De la droite, l’artiste fait passer, derrière les fils A, la broche chargée de fils de couleur; l’instant d’après, les fils de la chaîne, abandonnés à eux-mêmes, reprennent, grâce à leur élasticité, leur place primitive, c’est-à-dire forment de nouveau une nappe unique. Dans cette situation il y a alternance ; un fil de chaîne sur deux est recouvert de fils de couleur; c’est ce que l’on appelle une demi-passée. Puis attirant à lui, au moyen des lisses, une poignée de fils de la série B, il procède à une opération analogue, en faisant manœuvrer la broche en sens inverse. Cette deuxième opération s’appelle une duite.
- Avec la pointe de la broche le tapissier tasse avec soin ces fils de couleur. Pour assurer complètement la solidité de l’ouvrage, il frappe les duites d’un lourd peigne d’ivoire. Ces duites prennent place les unes à côté ou au-dessus des autres, suivant l’étendue que doit occuper la nuance dont la broche est chargée. L’artiste veut-il passer à une autre nuance, il abandonne et laisse
- Pendre la broche sur laquelle, la laine ou la soie est maintenue par une demi-clef, puis il commence les passées ou les duites avec la nouvelle broche et ainsi de suite.
- Ajoutons que plusieurs tapissiers peuvent travailler simultanément au meme ouvrage. On jugera de la minutie qù’exige la haute-lisse, — une passée ne porte souvent que J F deux ou trois fils de chaîne,-—en rappelant qu’aux Gobelins un haute-lissier ne produit en moyenne que 28 centimètres carrés par jour, soit un peu plus de 8/10e de etre carr(t par année de 3oo jours de travail. La fabrication des tapis veloutés, connus sous le nom de tapis de la Savonnerie, se rapproche par certains côtés de celle des ^Pjsseries de hautelisse. Elle en diffère en ce que le tapissier, placé au-dessous du modèle, dont il a décalqué un trait surla chaîne, reproduit celui-ci au moyen d’une ene de nœuds, fixés chacun sur deux fils de chaîne consécutifs, l’un devant, l’autre derrière. Ces nœuds’ forment en avant des boucles dont le diamètre répond à la auteur du velours : un tranche-fil sert à couper ces boucles que l’on égalise ensuite au moyen de ciseaux, de manière à produire une surface veloutée.
- H.-F. Cabirau.
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- Première Année. — N° 22.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Mai 1885. — 1.78.
- Le jury de l’Ecole des beaux-arts vient de juger le concours de composition d’un bas-relief et a accordé les récompenses suivantes :
- Deuxième médaille. — M. Belloc, élève de MM. Thomas et Mercié.
- Troisième médaille. •— M. Convers, élève de MM. Cavelier et Millet.
- Troisième médaille. — M. Ganquié, élève de M. Cavelier.
- Mentions. — MM. Deschamps, Seisses, Carlet, Saulo et Kolweck.
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- Départements
- Aujourd’hui a lieu l’inauguration du nouvel hôpital du Havre. Situé sur la côte d’Ingouville, cet hôpital présente l’application du système des chalets séparés et à simple rez-de-chaussée.
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- La onzième fête fédérale de gymnastique qui a eu lieu à Bordeaux le 25 mai, a été très brillante. M. Goblet, ministre de l’instruction publique, y assistait accompagné de MM. Robert, son chef de cabinet, et Liard, directeur de l’enseignement supérieur.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Une exposition industrielle, avec section internationale pour les inventions et les productions nouvelles, d’un intérêt général, a été ouverte à Gorlitz (prov. de Silésie), le 14 mai dernier. C’est I une des expositions les plus importantes qui aient eu lieu en Allemagne, dans ces dernières années. Le catalogue donne un total de 1,42G exposants, dont 1,271 pour l’empire allemand, 153 pour l’Autriche-Hongrie et 2 pour l’Amérique. La superficie „ occupée par l’exposition estde58,386 mètres carrés.
- A
- * *
- On sait que le château do Monbijou, où se trouve le musée des Hohenzollern a failli être la proie des flammes le 20 mai dernier. Ce château, élevé à la fin du xvnc siècle, renferme aujourd’hui une collection considérable de curiosités et de souvenirs ayant trait â l’histoire de la Prusse, du Brandebourg et de la famille régnante. Il comprend une grande quantité de meubles anciens, armes, tableaux et bustes et des objets d’un grand prix dont la perte eût été irréparable. On a heureusement peu de pertes à déplorer ; cependant quelques objets ont été endommagés par les jets des pompes. Le feu avait éclaté à une heure du matin et ce 11’est que grâce à l’arrivée immédiate de cinq pompes â vapeur qu’on a pu sauver ce riche musée.
- * *
- Autriche-Hongrie
- Un congrès international pour la fixation du diapason normal se tiendra à Vienne dans le courant de l’été prochain.
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- * *
- Un second congrès, celui-ci assez curieux, aura lieu à la même époque â Meidling,prês de Vienne.
- Il s’agit de poser les bases d’une langue universelle. Il n’est peut-être pas superflu d’ajouter que nos voisins d’outre-Rhin en comptent- déjà sept.ou huit â leur actif.
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- * *
- Le concours des races ovines a été ouvert à Pesth. Plus de 2,000 spécimens sont exposés. L’Autriche, la Prusse, la Saxe et l’Angleterre se distinguent parmi les pays étrangers, conviés à prendre part au concours.
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- En ce moment a lieu â Vienne une' exposition de meubles et d’ameublements. On y remarque surtout une maison bourgeoise modèle.
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- * *
- Russie
- En vertu d’une décision définitive prise il y a quelques jours, le chemin de fer transcaspien sera continué de Kisilarwat jusqu’à Burdalik sur l’Amou-Daria en passant par Askhabad et Merw. Le tronçon de ligne jusqu’à Merw doit être achevé pour le printemps de 1886 ; le second tronçon, jusqu’à Burdalik, pour l’été de la même année.
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- * *
- Suisse
- La Ligue internationale de la paix et do la liberté tiendra son assemblée générale annuelle à Genève, le 13 septembre prochain. Trois questions sont à l’ordre du jour :
- 1° Examen des actes de la Conférence de Berlin;
- 2° .La neutralisation des détroits ;
- 3° La situation actuelle de l’Europe et les amis de la paix.
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- * *
- S an-Salvador
- Le Gouvernement a adressé à la France, par l’entremise de son ministre à Paris, des propositions relatives à une convention littéraire.
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- Lettre de notre correspondant particulier
- Je viens de visiter les expositions collectives de Rouen et d’Elbeuf: M. Fromage, l’aimable et sympathique organisateur de ces expositions, a bien voulu m’en faire les honneurs ! Il m’a montré, détaillé, chacune des expositions des industriels de ces deux villes françaises dont l’antique renommée me dispense de tout commentaire. Je ne fais certes pas ici hommage à l’amabilité de mon cicérone, mais je puis dire que j’ai rarement entendu des Français me parler comme lui à cœur ouvert de leur patriotisme, de leurs efforts pour conserver à notre industrie 'française le premier rang que depuis longtemps elle occupe dans le monde entier.
- Je sais pertinemment, par des indiscrétions, que le langage qui m’a été tenu par ce grand industriel rouennais, qui occupe là-bas dans ses usines i,5oo ouvriers, est exact en tout point. Nous sommes en France à une époque où les difficultés commerciales sont grandes, où chacun regarde, hélas! aux dépenses et ne veut pas voir les résultats ! Eh bien ! un homme s’est présenté dans cette contrée qui a exulté la grandeur de son pays, qui, faisant sortir du tombeau les souvenirs antiques et glorieux des cités rouennaise et elbeuvienne, a fait les sacrifices nécessaires pour les faire revivre à la face du monde entier! Je crois devoir le féliciter ici, car il est de ceux qui ne craignent pas l’avenir, qui marchent en avant et qui, arrivés au but, disent encore : Excelsior ! Excelsior !
- Oui, pour tous, pour chacun des industriels, disons : Excelsior! Il est des horizons qui peuvent paraître noirs! Qui donc a jamais pu sonder l’infini qui s’étend devant nous ? Mais le courage, l’espérance, l’amour de sa Patrie, voilà les stimulants qui peuvent donner aux travailleurs le succès qu’ils attendent ! Et si parfois les événements sont malheureux, si parfois le chaos se produit, ou semble menacer, que nos industriels veuillent donc bien songer à la France, à ses - gloires passées et présentes, à ses espérances d’avenir, aux triomphes qu’ils peuvent lui préparer!
- Les concours internationaux comme celui auquel nous assistons aujourd’hui ne sont-ils pas faits d’ailleurs pour les aider dans leur tâche !
- Il me faut aussi vous parler de la magnifique exposition faite par la chambre syndicale de la Fabrique lyonnaise ! Le salon de 3oo mètres qu’elle occupe est un rendez-vous des plus select. C’est là que je me fais un plaisir d’aller voir chaque jour les toilettes des dames aristocratiques d’Anvers. Je me suis surpris plus d’une fois à oublier de contempler l’éclat des soieries étalées devant mes yeux- pour me rendre compte des impressions de mes voisines. Que de lèvres j’ai vu sourire ! Que de regards éloquents j’ai pu constater chez les mondaines d’ici ! Elle serait si belle la femme que nous verrions arriver dans un salon avec une de ces robes sortant- de ces magasins lyonnais ! Mais ici, la toilette semble chose secondaire, et vraiment, je crois être au pays de la simplicité !
- Les Lyonnais attendent sans doute les Parisiennes! Ah! qu’elles viennent donc admirer les nouveautés qu’on nous montre ici !
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- Il y a peu de jours encore que la section française" de la galerie des machines présentait une surface presque entièrement déserte. De loin en loin seulement, quelques petites expositions qui passaient inaperçues, écrasées par la vaste et belle installation de la société des anciens établissements Cail.
- Il n’en est plus de même aujourd’hui: un grand nombre d’exposants y sont installés, et je crois pouvoir assurer que tout sera terminé avant la fin du mois de mai. Je ne puis ici décrire chaque exposition, et cependant toutes réclameraient une mention spéciale. J’en passerai quelques-unes en revue en attendant que toute la section soit prête et qu’alors je puisse dire les mérites de chacune.
- Et d’abord l’exposition des établissements Cail qui est l’honneur et le succès de la section française. Au premier plan nous apercevons les machines installées pour donner la force motrice nécessaire aux exposants dont les machines sont. en mouvement, et qui sont surtout destinées à faire fonctionner les machines électriques de la maison Scrive,Hermite etCic. En face des machines motrices et faisant le fond de l’installation, se trouvent les différents types d’appareils de sucrerie que la Société des anciens établissements Cail a fournis tant en France que dans les différents pays du monde entier. Sur le côté gauche de l’installation sont exposés trois types différents de locomotives dont deux employées par les Compagnies de chemins de fer français, et l’autre en usage dans les colonies pour l’exploitation des sucreries. Des deux . premières, l’une, dite locomotive d’embranchement, est destinée à la Compagnie’des chemins de fex de l’Ouest, la seconde, dite locomotive de grande vitesse, ' est affectée au service de la ligne de Paris-Orléans.
- Remarquons aussi, en passant, une presse,
- monétaire, d’un système adopté par la France, la Russie, la Turquie, l’Autriche, l’Espagne, le Portugal, l’Egypte et l’Italie, et qui se distingue pat-un mécanisme des plus réguliers et des plus finis. Les visiteurs auront d’ailleurs la satisfaction de voir bientôt fonctionner cette presse qui frappera des médailles commémoratives de l’Exposition.
- Enfin nous apercevons au milieu de tout ces appareils une place maintenant encore inoccupée, mais sur laquelle nous verrons dans quelques jours le canon monstre dont vous avez entretenu vos lecteurs dans votre dernier numéro. Plus de 7,000 personnes se sont rendues aux ateliers de Paris pour le voir. Que sera-ce à Anvers?... Il y aura certainement foule, et ce sera chose glorieuse et pour le colonel de Bange et pour notre chère patrie !
- En dehors du bâtiment de la galerie des machines nous trouvons encore, sur un espace de 200 mètres carrés, une batterie de générateurs de la Société des établissements Cail qui doit fournir la vapeur dont auront besoin les exposants de la section française.
- Enfin, pour terminer cet exposé d'appareils si intéressants que nous voudrions étudier de près et sur lesquels nous nous promettons de revenir, mentionnons un canot à vapeur, du type de ceux qui ont déjà été fournis au ministère de la marine et qui sera exposé dans les bassins de la ville d’Anvers.
- Nous avons insisté sur cette exposition .parce qu’à elle seule elle représente dans toute sa grandeur l’industrie mécanique française.
- Je me permettrai encore d’ajouter quelques mots sur l’exposition si intéressante qu’organise le ministère du commerce de la République française. L’enseignement technique, qui prend en' France un si grand développement depuis quelques années, a tenu à montrer les travaux accorpplis par les élèves de nos Ecoles d’arts et métiers. Sur un emplacement de 5o mètres carrés, habilement agencé par M. Roinard, ingénieur de l’école de Chàlons, se trouvent tous les genres de travaux exécutés par les élèves et vraiment dignes d’une mention spéciale.
- L’emplacement est partagé entre les écoles d’arts et métiers et l’école d’horlogerie de Cluses (Haute-Savoie) qui y installera une vitrine de 3 mètres de longueur.
- Dans cet espèce, relativement restreint, se trouvent groupés tous les' genres de travaux exécutés par les élèves des écoles nationales d’arts et métiers.
- Sur un panneau vertical et sur une table faisant fond sont placés : à gauche les premiers exercices des élèves, ajusteurs, règles, clefs, écrous, compas, équerres, fûts, étaux divers, griffes pointeurs, etc., et sur la table, 2 trusquins, 2 manchons, 6 modèles de paliers graisseurs en coupe et un modèle de soupape Adam’s en bronze, une presse à copier, un petit étau à pied, un modèle de double joint de Cardan et un bielle motrice pour une machine de 8 chevaux.
- A droite sont placés les premiers travaux des élèves modeleurs : assemblages petits modèles avec boîtes à noyaux, ferme à entrait, etc. Au centre, les dessins de trois machines exposées et un album des dessins exécutés par les élèves pendant leurs trois années d’étude.
- En façade se trouvent : une petite machine à gouverner, exposée par un fabricant du Havre, puis viennent une machine à percer et à aléser et une mortaiseuse à outil s’inclinant, du type d’un fabricant de Paris. Derrière ces deux fortes machines un tour à banc rompu et à engrenages de 400 111111 de hauteur de pointes.
- Près de la mortaiseuse et en façade, une machine à vapeur de 20. chevaux et son condenseur ; enfin une machine à aléser sur le. banc de laquelle on a placé un petit- tour simple à 4 vitesses et son renvoi, 2 modèles de fermes et différentes pièces de forges depuis les premiers exercices jusqu’aux travaux difficiles.
- Derrière ce banc et près du panneau de quincaillerie, une presse à copier montée sur un meuble en chêne et le modèle du bâti de la machine à aléser, puis deux grandes coquilles de pompe centrifuge, exécutées sans modèle, et d'un fini irréprochable.
- .En façade, on, a groupé sur.le plancher quelques grosses pièces de forge, et les modèles d’une certaine dimension qui n’avaient pu être placés.sur la table, roues d’engrenages, une chaise avec ses boîtes à noyaux, un cylindre, ' une rompe et sa boîte à noyau, un modèle de la machine à aléser, etc.
- Une galerie spéciale est réservée dans la galerie des machines aux exposants d’électricité. Les plus grandes maisons de Paris ont répondu à l’appel qui leur a été adressé et leurs installations seront de celles qui feront le clou de notre Exposition française.
- Tout près de ces exposants d’électricité se trouve l’installation d’un exposant français. Par so.n caractère, son originalité, elle attire les regards des visiteurs : elle se compose d’une quantité de ' roues de differentes grandeurs élégamment superposées les unes au-dessus des, autres sur une hauteur totale de 5 mètres. Je ne puis résister au désir de., vous donner ici connaissance d’un
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- Première Année — N° 22
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3i Mai i88i>.
- entrefilet que j'ai lu dans un journal du departement de la Loire et qui me surprend 1
- Nous ne doutons pas un seul instant que cet industriel, dont la réputation commerciale est si justement appréciée en France, saura se justifier des faits qui lui sont imputés.
- Voici ce que je lis :
- « A Rive-de-Gier, on raconte le fait suivant que rapporte M. J. Lebrun.
- « M. X... est exposant à Anvers. Pour compléter son exhibition il lui manquait quelques spécimens de centres de roues pleins à toile ondulée. En fabriquer deux était trop coûteux : il imagina un procédé beaucoup plus simple. Il chargea M. César Martin, marchand de bric-à-brac métallurgique de Rive-de-Gier, d’en acheter deux chez un "de ses concurrents. M. Martin s’adressa aux Aciéries de la marine et des chemins de fer, qui se chargèrent de lui livrer deux centres pleins à toile ondulée moyennant un prix déterminé et tout de suite. M. Martin acheta le prix, sans marchander, contrairement à ses habitudes, ce qui fit ouvrir l’œil aux employés de la compagnie des Aciéries, de sorte que M. Martin envoyant son voiturier charger lesdites roues, les curieux firent filer. la voiture; l’on constata qu’on la conduisait à l’usine X... On apprit ensuite que la marque de iabrique p. g., avait été enlevée et remplacée par p. c., et les roues soigneusement retouchées et ajustées.
- « Les roues sont parties pour Anvers et elles feront grand honneur à l’Exposition de M. X... ! »
- J'ai peine à croire à ce fait et ne veux pas m’y arrêter davantage. Le jury nous dira plus tard la vérité !
- Sur le pourtour qui domine la galerie des machines, je vois une série de petites installations, intéressantes sans doute, mais sur lesquelles je ne crois pas devoir m’arrêter pour aujourd’hui. Il faut cependant, pour être complet, que je mentionne ici l’Exposition faite par la Société « La Providence ». Elle se compose de tôles de 8 mètres de long sur 2m5o de large, de poutrelles de 20 mètres de longueur et d’une seule pièce. L’une a même 40 mètres de long: c’est une pièce magnifique mais dont l’usage serait impossible. Je l’ai vue entrer par une porte qui mesure 2 mètres : elle se ploie comme un jonc!
- COMMUNICATION
- Dans toutes les sections, les, commissariats rivalisent de zèle, aussi les installations seront-elles terminées dès la fin de ce mois. Le service de la manutention fonctionne avec une régularité et une célérité dignes d’éloges. On se rendra compte des difficultés surmontées par les chiffres suivants : Du 7 mars au 10 mai les diverses sections ont reçu i5,33o,452 kilog. de produits apportés par 3,852 wagons ; quand tout sera arrivé le poids total des envois dépassera 20 millions de kilog. En rapprochant de ces indications celles fournies par les-tableaux de statistique qui décorent le très curieux monument du commerce d’Anvers, élevé au point central de l’Exposition, on peut se faire une idée du prodigieux développement du trafic de ce port en 1884. Les arrivages et les expéditions des différentes gares ont employé 117,962 wagons, soit 3,043 wagons par jour.
- Le mouvement quotidien des marchandises transportées représente donc plus des trois quarts de la masse totale des produits exposés.
- L'inauguration solennelle des nouveaux quais et grands ouvrages maritimes aura lieu en juillet.
- Le roi des Beiges et le roi des Pays-Bas arriveront l’un et l’autre par l’Escaut devant Anvers, ou ils se rencontreront pour affirmer la réconciliation des deux pays.
- On prépare des fêtes magnifiques.
- Les nègres du Congo.ont été installés dans un bâtiment des fortifications en attendant qu’ils construisent eux-mêmes leurs thimbeke de bambous. Dans les jardins un comité de dames anversoises est fourni pour inventer une mode nouvelle appropriée aux charmes des beautés riveraines du grand fleuve africain.
- Jusqu’ici, hommes et femmes s’enveloppent de larges plaids multicolores, on remarque d’ailleurs : qu’ils adoptent volontiers les usages d’Europe depuis leur arrivée ils ont pris l’habitude, des cuillers et des fourchettes. Ils apprécient déjà la douceur d’un bon lit. Ils se sont accoutumés, non sans répugnance d’abord, à des soins de. propreté. Le sentiment de la pudeur s’est manifestement éveillé chez mesdames Zoumba, Zala, Loubindo et chez mademoiselle Mabote.
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- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE i885 II
- Nous avons de M. Appian deux beaux morceaux: le Canal du Bouveret et surtout ce délicieux Matin à l’aube d’une tonalité admirable, avec sa
- carrière abandonnée qui rentre dans l’absolue réalité — qu’il ne faut pas confondre avec le réalisme, cette école à côté.
- De Léon Barillot, toujours en progrès, si le progrès peut exister dans la vérité, la Lande de Saint-Sauveur et 1 ’Automne, toile d’une excellente réussite.
- Je n’aime pas beaucoup la Mort de Chopin, de M. Barrias, les tons en sont plats. La figure de la comtesse Potocka que l’artiste a voulu idéaliser n’est ni céleste, ni terrestre, c’est un compromis abstrait qui ne dit rien à l’âme ni aux sens. Dans le domaine de la fantaisie j’applaudis absolument à la Bande joyeuse,d’Emile Bayard, qui excelle décidément dans ces sujets de genre que la photographie popularise. G’est un peu léché, mais si finement peint et comme cette chaîne d’une dizaine de personnages est d’un coloris observé, qu’aucun voisinage de teintes disparates ne choque, il y a beaucoup d’adresse dans le contact de ces satins, de ces chairs rieuses, exhubérantes, folles et un réel talent dans la composition de toutes ces physionomies qui reproduisent la gànnne du rire, l’arc-en-ciel de la gaieté.
- M. Beaumetz est décidément un de nos meilleurs peintres militaires. Son combat de Champignv marque une réelle vigueur de composition; quant à sa Dernière faction elle est d’une sobriété poignante et d’un coup de pinceau très franc. Un marin abattu par la douleur garde, à la porte démantelée du fort de Montrouge, le corps de l’héroïque lieutenant' de vaisseau Larrey de Lamalginie, qui s’est tué pour ne pas survivre à la capitulation. Au fond, légèrement estompé dans la poussière, apparaît le détachement allemand qui va occuper les ruines livrées. Il y a là-un véritable sentiment dramatique, fort habilement brossé.
- Cette année, M. Benjamin Constant a voulu s’offrir la satisfaction d’un gros effet de lumière et d’ombre : sa Justice du Chéri/ nous montre donc dans une salle mauresque presque complètement, sombre et dans laquelle filtre à peine un rayon de lumière, tout un troupeau de femmes égorgées encadré par les égorgeurs. Evidemment le pinceau de M. Benjamin Constant garde toujours sa touche puissante, mais ça n’est certainement pas son maître Cabanel qui lui a enseigné à pousser l’ombre tellement au noir que certains de ses personnages, notamment le janissaire de gauche, ont l’air de véritables morceaux de charbon. Notez que le plan éclairé ne gagne rien à ceett exagération noire.
- Jean Béraud marche toujours à grands pas vers la décoration qu’il devrait avoir déjà. On lui a reproché d’être un peintre trop boulevardier et il a répliqué par la Salle Grafjard, qui lui a valu le succès que l’on sait. Aujourd’hui, c’est à un coin de Charenton qu’il s’est attaqué avec le même bonheur. Les Fous sont d’une vérité poignante. Sous ces grands ombrages de la terrasse qui domine la campagne, voyez les physionomies fidèlement étudiées des pauvres déments ; ces rires macabres, ces rages d’enfants malades, pendant qu’au premier plan, cherchant à l’horizon lumineux la raison qui ne revient pas, un poète, un homme de lettres tourne anxieusement son front d’où toute flamme s’est enfuie. Le sujet n’est pas « folichon » cette fois encore; quant à la peinture elle a cette énergie mûrie qui dénote chez-M. Béraud un tempérament absolu.
- Un soir que la lune avait mis devant sa clarté un verre bleu pour ne pas fatiguer la vue des assassins, un ouvrier tirait, à Rennes, sur le général Hoche, un coup de pistolet. C’est cette scène qu’a reproduite M. Berteaux avec une grande réussite. Le bleu de la lueur lunéaire sur la place Sainte-Mélaine est rendue avec une fidélité absolue. Malheureuse Bretagne ! La lune se faisait elle-même complice des bleus.
- Parmi les nombreuses danseuses — c’est une épidémie du Salon de 1885 — exposées, il faut signaler celle de M. F. Bertier. Cet artiste a su éviter l’écueil des deux tons du maillots et des chairs nues ; ses chairs sont en chairs au moins et son maillot de soie teinte. Le sourire de sa danseuse est bien naturel, le geste classique. Mais pourquoi au lieu de la présenter sur un parquet l’a-t-il fait danser sur une toile à voile dans laquelle son pied enfonce ?
- De bien belles Roses du matin signées H. Briva.
- Un excellent tableau de M. Alexandre Bloch, intitulé Défense de Rochefort en terre, qui me console de celui de M. Berteaux. Les chouans sont repoussés par les bleus et tombent autour d’un calvaire. Très bonnes poses. La grisaille des murailles et le bleu des ardoises font un heureux contraste avec la pelouse où a lieu le combat.
- Une page maîtresse de Bonnat que son Martyre de saint Denis. Très discuté pour son audace ; mais il faut bien reconnaître que le sujet ne prêtait guère aux clichés usuels. Comnfe tout celà est vigoureux et musclé et comme le saint Eleuthère décapité à gauche, présente un raccourci savant. Les hachures du pinceau donnent même au motif une vigueur inaccoutumée qui le sort des mièvreries habituelles aux ouvrages de sainteté. Reste l’étoile qui brille au cou sans tête de saint Denis, ceci est le sacrifice obligé au mysticisme de l’œuvre.
- M. Henry Bonnefoy avec Derrière l’oreille, où une vache noire gratte à la tête une compagne rousse, nous a donné une fort bonne toile.
- Biblis est-elle une image? Oui. Eh bien! alors, je trouve qu’elle est d’une pureté de ton et d’une élégance de lignes qui défie toute critique. Certes tout cela est plus beau que nature, mais ne sommes-nous pas dans la fiction. Pourquoi donc certains jeunes peintres affectent-ils de dénigrer le merveilleux talent de M. Bouguereau. Ne serait-ce pas parce qu’ils le trouvent trop vert?
- M. Boulanger présente aussi une œuvre hors ligne: la Mère des Gracques ; seulement, pourquoi rechercher à plaisir la difficulté et choquer l’œil par des mouvements vrais, sans doute, mais contraires à l’esthétique. Il est évident que la jambe droite du jeune garçon semble contrefaite et tordue par l’effet de son retrait de face sur la marche de. l’escalier. Pourquoi chercher, même dans la vérité, des clowneries inutiles ?
- La Chute des feuilles, de M. Emile Breton, est assurément une de ses toiles les plus éloquentes. Il y a dans ce coin feuillu et roux, une mélancolie inexprimable que M. Breton-a rendue avec un talent exquis.
- La tombola a 100 irancs le billet a acquis le Retour de chasse de M. John-Lewis Brown. Je conseille au gagnant de faire remettre des têtes aux deux cavaliers, à la place des choses informes qu’ils ont sur les épaules.
- Superbement brossé le Taureau des Alpes de M. Burnand.
- M. Carolus Duran expose deux splendides portraits : celui de Miss*** et celui de Mme p***. L’éminent artiste n’a jamais mieux réussi, notamment pour ce^ dernier qui présente l’aimable châtelaine de Chenonceaux en toilette d’apparat. C’est bien là son bon sourire accueillant qui nous recevait il y a quelques années pour l’inauguration dé là statue de P.-L. Courier. La pose des mains qui retiennent négligemment le manteau jeté sur l’épaule droite est bien simple et naturelle. Enfin, le dai grenat placé derrière P*** fait valoir
- très habilement les chairs.des bras et des épaules. Dans l’angle gauche, on aperçoit la silhouette du château de Chenonceaux. C’est là une toile magistrale.
- J’avoue ne pas saisir l’utilité du grand motif Après la Victoire, de M. Clairin. Dans quel but ce final de quatrième acte d’opéra? Les trois morts-du premier plan sont des cartonnages très réussis. Quant au nègre qui porte sur ses bras une jeune femme planche, il fera bien de ne pas avancer son pied gauche d’une ligne, sans quoi il exécutera un grand écart absolu. Le cheval installé au haut des marches est adroitement dressé par Franconi. Quant au corps de ballet il doit attendre dans la coulisse.
- L’Andante, panneau décoratif de M. Escalier, est une œuvre fort gracieuse, d’une réelle fraîcheur et d’un coup de pinceau charmant. J’admire surtout la désinvolture du joueur de mandoline et la conviction du joueur de. clarinette. Le groupement des instrumentistes est parfait.
- Un industriel a cru devoir faire de la réclame autour de la Rêverie de Feyen-Perrin. L’aimable peintre des Pêcheuses bretonnes pouvait aisément s’en passer. Sa Cancalaise est d’une expression douce qui, si elle ressemble à Mme Worms, épouse du fabricant de boutons pointilleux, est tout à l’avantage de celle-ci. Pour ma part, tout ce qui émane du. pinceaü de M. Feyen-Perrin prend un charme tendre qui le fait très apprécier. Sa couleur est elle-même revêtue d’une sorte de vapeur mélancolique qui lui a fait une personnalité dignement méritée.
- Parmi les autres bonnes toiles que j’ai remarquées dans ma seconde visite, je citerai encore : La Chanson d’après-midi, de M»13 Louise Abbéma ; un bon panneau de M. Paul Baudoin, destiné à la mairie de Saint-Maur, les Fiançailles-, Gugusse, de M. Bellet ; le Départ du pilote, d’Eugène Ber-tholon ; la Mauvaise nouvelle, de M\ Beyle ; Y Appareillage, de Boudin.; les Dons de V automne (magnifiques f fruits), de M. Bourgogne; de M. Alphonse Pierre Dumas, une Etude des mieux réussies.
- Alfred Delilia.
- A TRAVERS PARIS
- ALPHONSE DE NEUVILLE
- Alphonse de. Neuville est mort! Le peintre patriote qui a immortalisé par ses toiles la vaillance de nos glorieux vaincus de la dernière guerre et de nos héros modestes après la victoire, des Chasseurs de la garde, à la tranchée du Mamelon vert et des combattants de Magenta.
- Né en 1836 à Saint-Omer, Alphonse de Neuville a commencé ses études artistiques à l’atelier Picot. En 1869, il obtint une troisième médaille au Salon, suivie d’une seconde en 1861.
- Pendant la guerre de 1870, de Neuville fut attaché à l’état-major du génie au secteur de Bel-leville, et, soldat, comme Détaillé son ami et son collaborateur, ils assistèrent tous deux à la bataille de Champigny. Après la paix, c’est à la profonde sensation causéeàî’apparition des Dernières cartouches que le nom de Neuville devint illustre.
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- Première Année. — N° 22.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Mai iS85.
- Un détail curieux : peu de jours avant la mort de l’auteur des Dernières, cartouches, le lieutenant-colonel Lambert du 1240 de ligne a été promu colonel au 108e de la meme arme ; or, ce brillant officier figure dans le tableau du maître à jamais célèbre et si répandu par la gravure et l’imagerie populaire.
- La croix de la Légion d’honneur, posée sur la poitrine de Neuville en 1873, vint_ encourager l’artiste à persévérer dans sa noble voie, et la consécration de son talent si sympathique^ lui lut donnée par sa promotion au grade d’officier en 1881.
- Au hasard quelques titres de ses tableaux : Prisonniers allemands dans une église ; le Cimetière de Saint-Privat ; un Porteur de depeches ; Sainte-Marie-aux-Chènes (près Metz) ; et tant d’autres œuvres que les amateurs ont pu voir dans la galerie de Goupil, l’éditeur bien connu, ami des arts et des artistes, mais qui n’ont , pas pu paraître à l’Exposition de 1878, pour ce qu’on appelait alors des raisons de convenance.
- Neuville laisse un tableau inachevé, qui devait figurer au salon de cette année, le Parlementaire ; une cruelle maladie et la mort n’ont pas permis à l’artiste d’achever cette œuvre dramatique que nous espérions admirer à l’Exposition. Il s’agit encore d’un épisode de la guerre de 1870 ; un parlementaire prussien est amené les yeux bandés et traverse une rue de village au milieu delà population consternée. Une femme du peuple, en deuil, tenant un enfant dans ses bras, un orphelin de la guerre, s’avance menaçante ; l’officier qui conduit le parlementaire cherche à la calmer, car il faut respecter ce parlementaire ennemi ; je le repète, ce tableau est de l’art dramatique le plus pur.
- Vendredi nous avons assisté aux obsèques de Neuville, obsèques modestes mais grandioses par les hommages rendus à l’artiste et au patriote par la foule de ses amis et de ses admirateurs. Qu’il repose dans la paix éternelle sous son linceul de lauriers et de fleurs 1
- Georges Grisier.
- LES LIVRES
- (Suite).
- IX
- L’Allemagne de M. de Bismarck, par Amédée Pigeon. E..Giraud, éditeur. — Correspondance diplomatique de M. de Bismarck, ( 18-51-1859), publiée d’après l'édition allemande de M. de Pos-chinger, sous la direction et avec une préface de M. Funck-Brentano, etc. Plon et Nourrit, éditeurs. — Lettres politiques confidentielles de M. de Bismarck (i85i-i858), publiées par M. DE Poschinger, etc., traduction Lang. P. Ollendortt, éditeur. — Le comte de Bismarck et sa suite pendant la guerre de France iSjo-iHji, par 1). Moritz.-.Busch, secrétaire particulier de M. de Bismarck. E. Dentu, éditeur.
- (deuxième article)
- Nous avons essayé la synthèse de la politique de M. de Bismarck dans le passé; pour en tirer quelques lumières surle présent et l’avenir. Nous allons es'sayer l’analyse ou plutôt l’inventaire descriptif, en quelques mots, des publications où nous avons puisé nos aperçus, en y . signalant quelques traits, quelques détails caractéristiques.
- Une première remarque à faire, très essentielle, et qui domine tout le sujet, c’est que les publications dont la liste précède cet article, ont été faites du vivant du chancelier, autorisées par lui, approuvées par lui, et qu’il ne faut s’attendre à y rien trouver qui s’y soit glissé à son insu ou contre son gré. M. de Bismarck, qui affecte de mépriser l’opinion, comme tous les politiques, ne dédaigne pas de la faire, et ne se fait pas scrupule, au besoin, de la tromper. L’Is fecit cui prodest est une règle d’appréciation indispensable à suivre en cette affaire. Le Chancelier ne laisse publier sur son compte que ce qui peut lui servir. Il ne laisserait rien dire qui pût lui nuire.
- Quand il a laissé publier sa correspondance diplomatique officielle ou confidentielle de 1851 à 1858, pendant la première partie de sa carrière politique, alors qu’il se préparait sourdement au pouvoir par l’initiation au grand jeu diétal et fédéral, cette école de tous les hommes d’Etat allemands, il avait son but, et cette subite mise à nu, ce brusque dévoilement du mystère de sa tactique, visait, à n’en pas douter, l’Autriche et la Russie..A. bon entendeur, salut! Il n’y avait plus d’inconvénient à révéler ce qu’il avait fait; il y avait avantage à laisser comprendre ce qu’il serait capable de faire au besoin, si une tentative de résurrection redressait l’hydre fédérale devant l’hégémonie prussienne.
- La publication de ses conversâtions familières, pendant la campagne de France, visait évidemment l’opinion française, dont le chancelier se préoccupe plus qu’il ne le paraît. Il sait à merveille de quelle importance en Europe demeure l’opinion de la France. Il n’ignore pas que si l’histoire peut se taire en Allemagne, c’est en France qu’elle s’écrit. Il a pour la France les coquetteries de Frédéric. Pour elle, il se met en frais. Pour elle il fait des mots, non pour les Allemands qui, disait Rivarol, « se cotisent pour entendre un bon mot. »
- Joseph de Maistre a dit, par une boutade plus amusante que juste, de Frédéric, que ce n’était pas
- un grand homme, mais un grand Prussien. M. de Bismarck sait que, pour passer grand homme, il faut passer par le jugement de la France. Et il veut être un grand homme aux veux delà France,quitte à n’être pour l’Allemagne qu’un grand Prussien. Q’est-il au fond, pour elle, de plus que cela, cet homme d’Etat de fait plus que de principes, qui n’a eu —- c’est sa force dans le présent, ce sera sa faiblesse dans l’avenir — qu’un double but, ou plutôt qu’un but unique où l’égoïsme se confondait avec le patriotisme : gouverner la Prusse, mise à la tête de l’Allemagne, et gouverner l'Allemagne, mise à la tête de l’Europe ?
- Un tel jeu exige encore plus de souplesse, de finesse que d’énergie et de vigueur. Le chancelier doit rire de cette légende de Croque-mitaine tour à tour terrible et grotesque, d’ogre teutonique roulant de gros yeux et montrant de grandes dents qui fait de son image un portrait caricatural, si peu ressemblant à la réalité. Tout autre est le chancelier pour ceux qui le voient de près et le voient bien ! Aussi ne sommes-nous pas étonnés de voir M. Amédée Pigeon nous le montrer dans les débats du Reichstag, fort différent de cette enluminure d’Epinal, c’est-à-dire maître de lui pour être maître des autres, sans accents tonitruants, sans gestes brutaux, parlant doucement, à demi-voix, d’un ton onctueux et d’une dialectique caressante, tranquille, souriant, d’une bonhomie familière, et cachant sans cesse sa main de fer sous le gant de velours. Rien d’un Mirabeau. Pas la moindre vitre cassée par cette parole douce, paisible, raisonnable, qui évite l’éloquence, pour mieux l’atteindre, et ne se permet le sarcasme que pour achever l’œuvre de la persuasion !
- Quel est l’intérêt pour nous, lecteurs français, de sa correspondance diplomatique officielle? Il est tout entier dans ce fait que les événements naissant des événements, et les hommes ayant grande peine à se renouveler entièrement, à se contredire du tout au tout, l’étude du jeu de M. de Bismarck à la Diète de Francfort et l’étude de son caractère, de ses procédés à ce jeu, demeurent des éléments utiles d’appréciation. M. Funck-Brentano n’hésite pas à croire qu’il peut se produire telle circonstance où l’Allemagne, dont il considère le tempérament comme essentiellement fédéraliste, diététique, soit prise de la velléité de revenir aux anciens errements. Il pense que l’unité allemande existe moins par la cohésion de ses éléments, l’harmonie de ses forces, que par les, apparences, moins parce qu’elle est que parce qu’elle paraît être. Il pense que toute la politique du chancelier consiste en ce moment moins à fonder cette unité à l’intérieur qu’à la fonder à l’extérieur. C’est possible, et il est certain que la politique étrangère de M. de Bismarck est tout entière bornée à l’objectif de l’intérêt prussien. Ace point de vue, il est utile de connaître non seulement l’œuvre mais l’auteur. Et tout ce que le chancelier a cru pouvoir et devoir livrer impunément de l’homme, du caractère en lui se trouve dans cette correspondance confidentielle de 1851 à 1858, dans ces propos de table de la campagne de France qui doivent être des livres de chevet pour les politiques, pour les publicistes, et même pour le simple observateur moral, curieux des problèmes d’une nature humaine originale et des leçons d’une grande existence historique.
- M. de Lescure.
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR LE COMMERCE FRANÇAIS d’eXPORTATION
- La Société d’encouragement pour le* commerce français d’exportation a déjà fourni les preuves de son activité; elle est en mesure aujourd’hui d’en affirmer les résultats pratiques à l’étranger.
- Les cinquante jeunes gens, répartis par elle sur toutes les régions d’outre-mer, commencent à l’informer de leurs recherches et du "but offert à leurs efforts. Plusieurs d’entre eux lui ont adressé des notices intéressantes sur le Sénégal, le Canada, le Tonkin, la Tunisie, le Mexique, la République Argentine.
- D’autre part, et sur la recommandation de monsieur le ministre des affaires étrangères, messieurs les consuls s’empressent de fournir à la Société tous les documents dont ils disposent, relativement aux ressources des contrées où ils résident.
- Tous ces documents permettront de mettre les intéressés à même de choisir, en connaissance de cause, les points sur lesquels ils pourront le plus utilement se diriger, en évitant les places encombrées ou peu favorables aux affaires.
- Les Chambres de commerce françaises à l’étranger, et un grand nombre de nos nationaux établis au dehors, offrent également un concours des plus efficaces à la Société d’encouragement. Ses envoyés peuvent compter sur leur appui, sur leur patronage, et ils n’ont pas à craindre de se trouver isolés ou abandonnés dès leur arrivée.
- — 1S0.
- L’intérêt de nos compatriotes à l’étranger se manifeste particulièrement par leurs souscriptions, au nombre desquelles il convient de noter celles de plusieurs de nos consuls, qui ont voulu s’inscrire comme sociétaires. Un grand nombre de négociants ont suivi leur exemple ,. et parmi eux on signale le nom de M. Pra, de Santiago du Chili, qui, en souscrivant lui-même pour la somme de 1,000 francs comme membre fondateur, a provoqué autour de lui d’importantes souscriptions, s’élevant, pour la première liste, à 4,720 francs. M. Pra s’offre, de plus, à placer six jeunes gens dans des conditions déterminées.
- On ne saurait trop appeler l’attention sur ce mouvement de sympathies croissantes en faveur de la Société d’encouragement. Elles ne peuvent que s’accroître en présence des résultats obtenus, et sont d’un favorable augure pour le renouvellement des souscriptions annuelles, qui doit avoir lieu, en fin d’exercice, au mois de juin prochain.
- LES THÉÂTRES
- Louis XVI et Marie-Antoinette à l’AMBIGU. —
- Nos petites voisines, comédie en trois actes, de
- MM. H. Raymond et de Gastyne au PAL.AIS-
- ROYAL. '
- J’ai exposé la semaine dernière le plan du drame repris par l’Ambigu après trente-cinq ans; Louis XVI et Marie-Antoinette, le mélodrame de MM. Ferdinand Lalane et Labrousse est le même que jadis ; les larmes ont coulé comme je l’avais prévu; aux places populaires l’émotion était grande, je n’ai donc rien à ajouter à mon compte rendu anticipé.
- Après la pluie le beau temps, c’est-à-dire après les larmes, la joie. Le Palais-Royal nous a donné ces jours-ci Nos petites voisines. Le succès de cette comédie que je constate tout de suite, prouve que MM. Briet et Delcroix ont bien fait de ne point fermer leur théâtre ce mois-ci.
- Du reste, avec les pluies et les froids que nous subissons, la saison d’hiver ne peut être vraiment déclarée close. Et de plus on avait besoin de s’amuser un peu au Palais-Royal où des insuccès trop répétés avaient rendu sombre ce charmant théâtre dont les couloirs conservent encore les échos de tant d’éclats de rire.
- Il faudrait cependant bien que je vous dise en deux mots le sujet de la pièce. La chose n’est pas facile. Vous rappelez-vous que les critiques du lendemain pas plus que ceux du lundi n’ont jamais pu raconter à leurs lecteurs le Lapin, cette désopilante folie jouée dans la cave de l’Athénée, par le couple Montrouge et consorts ? Eh bien ! il en est à peu près de même pour Nos petites voisines ; comme le disait un de mes confrères : un éclat de rire ne s’analyse pas 1
- Nos petites voisines sont deux belles petites qui habitent deux pavillons contigus. Elles font pratiquer une porte secrète dans leur mitoyenneté, par laquelle s’évadent leur amoureux quand l’ami sérieux sonne « à la porte du parc » comme on dit dans les vieux drames.
- L’une des deux voisines, abandonnée par un amant volage, se met subitement à la poursuite du fugitif, mais elle oublie de payer le propriétaire qui patiente d’abord, mais qui s’écrie ensuite :
- « Il y a un terme à tout! » Le spirituel maître de céans sous-loue pour s’indemniser l’appartement tout meublé de la colombe voyageuse. C’est M. Dupotard, un honnête bourgeois nouvellement débarqué à Paris pour marier sa fille, qui prend possession du pavillon abandonné.
- L’autre belle petite, qui, je crois, s’appelle Théodorine, nom à la mode aujourd’hui et dérivé de Théodora, ignore l’aventure de son amie et la prise de possession de son appartement par une tamille honnête des environs de Carcassonne. Elle continue donc d’expédier par la porte secrète ceux de ses visiteurs qui pourraient être pincés par le prince Bilinof, protecteur sérieux.
- Vous l’avez bien deviné : l’imbroglio commence à se dérouler, puis tout s’enchevêtre d’une manière étourdissante. Mme Dupotard est prise pour une cocotte; le prince fait invasion le pistolet au poing et prend Dupotard pour l’amant de Théodorine ; la chambre à coucher du couple provincial est envahie par les amoureux expédiés par la porte secrète ; il n’y a plus assez d’armoires pour cacher tous ces aventuriers épouvantés ; bref, c’est une folie, mais un grand succès de fou rire. C’est bien là une pièce du Palais-Royal qui avait bien besoin d’être égayé. MM. les Directeurs n’ont plus qu’à consulter le baromètre et à faire des vœux pour qu’il pleuve et qu’il fasse froid ; il n’y a rien de tel pour chauffer les recettes.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie , rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : j8, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIERE ANNÉE. Dimanche 7 Juin 1885. NUMÉRO 23.
- SOMMAIRE :
- 1. Inauguration do l'exposition do Beauvais; 2. L’Algérie à l'exposition d’Anvers ; 3. Les Expositions des beaux-arts ; 4. La Société internationale des électriciens; 5. La Manufacture de Sèvres; 6. Exposition d'Anvers: Communication; 7. La Manutention des marchandises ; 8. Les Livres; 9. Avis commerciaux; 10. Les Médailles du Salon ; 11. Les Machines à vapeur ; 12. Le musée Guimet.
- INAUGURATION
- DE
- L’EXPOSITION INDUSTRIELLE
- Scolaire et Horticole de Beauvais 1885
- A dix heures et demie du matin, a eu lieu l’inauguration de notre Exposition industrielle, en présence de toutes les notabilités du département, dont la réception a eu lieu dans la grande salle des fêtes de l’Exposition.
- On remarquait dans l’assistance : M. le Préfet et son secrétaire général, M. le Maire, ses deux adjoints, tout le Conseil municipal; M. Grodet, sous-directeur des colonies au ministère de la marine ; M. le général Renaud et son aide de camp; M. le colonel Potier, du 51e;. MM. les officiers de gendarmerie; MM. Bôudeville, Edmond Robert, Leya-vasseur, Franck-Chauveau, députés ; Berdin, Delaunay, Gaillard, Prévost, Serrin, Chevallier, de Malherbe, conseillers généraux; Randoin, commissaire général du Concours régional ; le rédacteur en chef d’un journal du Brésil, El Commercio ;, un ingénieur en chef du Brésil et toute une délégation officielle du gouvernement brésilien ; M. Létienne, inspecteur principal des chemins de fer du Nord ; le directeur des postes et télégraphes, les directeurs des contributions ; M. Bourgeois, inspecteur d’académie, et M. Hondas, inspecteur primaire; MM. Thélu et Maupoil, inspecteurs des forêts ; M. le Sous-Intendant militaire, MM. les sous-préfets du département; M. Chovet, maire de Compiègne; M. Fontaine, maire de Senlis; M. Flisseau, et plusieurs autres Conseillers d’arrondissement; MM. Bel-homme, ingénieur en chef du département ; Eugène Laffineur, de Saint-Gilles, vice-président du Conseil de préfecture, Hernault, etc.
- M. A. Dupont, président de l’Exposition, entouré de tout le Comité général, a souhaité la bienvenue à ses invités et a prononcé un excellent discours que nous sommes heureux de reproduire :
- Messieurs,
- C’est avec la plus vive satisfaction que je vois réunies autour de moi, dans la salle des fêtes de notre Exposition, toutes les personnes qui ont contribué par leurs travaux ou par leur influence a la réalisation des projets que nous avons étudiés en commun et que nous avons exécutés ensemble. J’y vois également avec plaisir un grand nombre de mes collègues au Conseil générai, plusieurs de nos députés, des éminents représentants du gouvernement brésilien, M. le Général commandant la subdivision, M. le Maire de Beauvais et les principaux fonctionnaires de l’Oise. Leur présence est une marque de sympathie dont je leur suis reconnaissant.
- Le nouvel administrateur du département, à qui nous souhaitons la bienvenue, me permettra de rappeler ici le souvenir de M. de Selves dont le concours nous était si précieux; je suis convaincu que le sien nous est déjà complètement acquis. Il verra, par l’œuvre qui a été réalisée à Beauvais, que si, dans le département, il y a sur certains points des divergences d’opinions, il y a unanimité complète et accord parfait quand il s’agit du bien public, de la prospérité du pays et des encouragements à donner au progrès sous toutes ses formes réelles et sérieuses.
- Monsieur le Sous-Directeur des colonies au ministère de la marine est aussi le bienvenu parmi nous; je dois, au nom du Comité général et au mien, le remercier chaleureusement du concours que le service des colonies nous a si largement prêté. Nous en avons reçu une collaboration précieuse, mais il en résultera en même temps, pour son ministère, un avantage appréciable. En effet, sauf les grands industriels ou commerçants et les habitants des ports de mer, bien des personnes en France n’aperçoivent dans le développement de nos affaires coloniales que les grands sacrifices qu’elles nous imposent. Eu faisant voir dans la province toutes les richesses de ces pays éloignés, on détruira bien des préjugés et l’on fera mieux comprendre comment la prospérité et l’avenir commercial de la métropole sont liés intimement à une politique coloniale raisonnable et raisonnée.
- Je me permettrai, Messieurs, de vous rappeler sommairement comment j’ai dû. m’occuper de l’Exposition de Beauvais : on avait pensé dans le courant de l’année dernière qu’une Exposition industrielle était le complément naturel du Concours régional agricole. Après plusieurs mois d’études infructueuses, on est venu me demander de m’occuper de cette œuvre intéressante pour la ville de Beauvais et le département tout entier. C’était, dans de telles circonstances, une lourde charge et une grande responsabilité. Mais on s’adressait à mon dévouement; j’ai dû accepter l’une et l’autre. Si j’ai eu cette témérité, c’est que je comptais sur le concours des hommes dévoués que vous voyez autour de moi, et je dois dire que ce concours m’a été largement et complètement donné. J’ai demandé l’indépendance complète dans l’organisation de l’œuvre et l’autorité dans l’administration, mais je ne les ai exigées que pour les partager avec tous mes collaborateurs. Seul et réduit à mes propres forces, je ne pouvais rien ; mais en réunissant en un seul faisceau toutes les bonnes volontés et les moyens, d’action de mes dévoués auxiliaires, il m’a été possible d’obtenir tous les résultats désirés. Je crois pouvoir ajouter que toutes les promesses de mon programme de décembre'dernier ont été réalisées, et, peut-être même, dépassées.
- L’Exposition industrielle a doublé d’importance. Toutes les formes du travail de l’homme y sont représentées, depuis les produits des manufactures, où la division du travail bien combinée produit des merveilles de bon marché et de perfection dans l’exécution, jusqu’aux œuvres du travail individuel où le modeste ouvrier, réduit aux seuls moyens d’action de son intelligence et de sa main, fait voir qu’il n’est pas étranger aux progrès de l’industrie dans ses manifestations les plus indépendantes du travail mécanique.
- Nous n’avons pu édifier qu’une construction économique et modeste ; mais, en considérant la variété des produits qui y sont renfermés, elle n’en est pas moins le palais du travail. Elle pourrait, si le mot n’était pas trop pompeux, en être considérée également comme le temple. Vous avez vu, en effet, messieurs, que les cartouches d’ornement du bâtiment principal portent les noms de tous les hommes qui ont laissé dans l’industrie et dans la science appliquée le souvenir de leurs découvertes. Beaucoup d’entre eux n’ont récolté de leur vivant que des déboires de toutes sortes. Notre époque leur doit sa prospérité et cependant les noms de quelques-uns sont inconnus de la masse du public. 11 est bon de les tirer de l’oubli et c’est pour cela que vous voyez inscrits à la place d’honneur de
- notre Exposition industrielle les noms de tous ce vrais bienfaiteurs de l’humanité.
- La section étrangère est fort curieuse, aussi bien par la. variété que par l’originalité de certains produits exposés qui frapperont vivement l’attention du public. Je vous recommande particulièrement' la magnifique exposition du Brésil.
- L’exposition des forêts et son élégant chalet offriront aux visiteurs un attrait tout particulier,, grâce au dévouement et à l’activité des chefs du service forestier.
- La section coloniale est une merveille.de classement et d’organisation ; elle attirera l’attention de tous nos visiteurs par la variété et la nouveauté des nombreux échantillons qu’elle renferme.
- Notre salle des fêtes et conférences est en même temps une exposition de peinture. Nos prévisions la faisaient fort modeste, mais elle a pris des proportions inespérées, car tous les artistes de l’Oise ont tenu à honneur de nous adresser des tableaux excellents.
- La section scolaire est le double de ce qu’elle était en 1879 Telle est fort remarquable; elle témoigne de progrès importants et les travaux sérieux n’y manquent pas.
- L’horticulture, dont l’exposition ne sera complète que le 12 juin, nous donne déjà toutes les satisfactions des yeux qui résultent de la pratique de cet art aimable et nous pouvons à l’avance pronostiquer le succès de notre laborieuse Société de Beauvais. . .
- Vous parlerai-je des concerts que doivent nous offrir les associations musicales de la ville et l’excellente musique du 5ie de ligne, avec le concours d’artistes étrangers? Vous les verrez à l’oeuvre,. vous les entendrez et vous les applaudirez.
- Je m’étendrai davantage sur les conférences que nous allons organiser. C’est ce qui distinguera la petite exposition de Beauvais de toutes les expositions faites dans des. villes plus importantes, c’est ce qui lui imprimera une physionomie toute spéciale. Parle moyen des conférences techniques, nous ferons une espèce d’enseignement industriel, d’autant plus intéressant, qu’il sera professé devant les produits eux-mêmes ; le public y trouvera des éléments .d’instruction et les industriels exposants une publicité utile à leurs intérêts.
- Quant aux conférences de :géographie, de littérature et de sciences appliquées, elles offriront un attrait plus général, et, comme nous éviterons soigneusement de toucher aux choses politiques et religieuses, nous sommes convaincus de faire plaisir à tout le monde et de ne blesser personne.
- Une loterie de bienfaisance est organisée pour augmenter largement la part des pauvres, car vous savez, Messieurs, que nous travaillons pour eux et .que les bénéfices qui pourront résulter de l’Exposition leur sont entièrement destinés. J’ai pensé, avec le Comité général, que si nous donnons aux heureux de ce monde des distractions et des plaisirs, nous ne devions pas oublier les déshérités de la fortune. _ ' -
- Quand notre Exposition arrivera à son terme, nous ouvrirons, d’ailleurs, largement et gratuitement nos portes à tous ceux pour lesquels le prix d’entrée peut paraître un peu lourd.
- Je dois vous dire, Messieurs, que nous avons procédé avec économie, mais en ne négligeant rien de ce qui était utile. Tout nous donne à croire, si le temps et les circonstances continuent à nous favoriser, que non seulement l’Exposition de Beauvais ne coûtera rien à nos souscripteurs ni à la Ville, mais qu’elle nous donnera quelques bénéfices.
- Depuis que nous_ sommes à l’œuvre, l’union la plus complète n’a jamais cessé de régner parmi les membres des divers Comités, comme dans le sein du Comité général. Il y a certainement parmi nous des hommes appartenant à tous les partis, mais tous ont mis très volontiers la politique de côté pour 11e s’occuper que de la réussite de l’œuvre commune. Là est le secret de notre succès.
- Je termine cette allocution, trop longue sans
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- 182. — Première Année. — N° 23.
- Dimanche 7 Juin i8S5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- doute, en vous invitant, Messieurs, à parcourir l’Exposition avec le Comité général. Vous verrez que nous avons pu terminer tous les travaux et que, 'si quelques exposants sont encore en retard, le plus grand nombre est prêt.
- Enfin, Messieurs, je déclare ouverte l’Exposition de Beauvais. Le public pourra entrer à deux heures de l’après-midi.
- M. le Président a ensuite engagé l’assistance à parcourir l'Exposition qui, pour tout ce qui dépendait du comité général d’organisation, est terminée. Un certain nombre d’exposants sont en retard, mais c’est l’affaire d’un ou deux jours et l'installation sera complète.
- A midi, M. A. Dupont réunissait à l’hôtel d’Angleterre, dans un grand déjeuner de près de 140 couverts, les principales notabilités du département et les rédacteurs des journaux.
- Au dessert, divers toasts ont été portés par M. A. Dupont, M. le Préfet, M. le Rédacteur en chef du journal brésilien El Gommer cio , M. Levavasseur, député, M. A. Meunier, de Y Indépendant, M. Berdin, conseiller général.
- Voici le toast de M. Santa-Anna Néry, rédacteur en chef &’El Commercio Messieurs,
- Mon ami, M. le commandeur R. d’Oliveira, qui a organisé la section brésilienne de votre belle Exposition, me prie à l’instant de prendre la parole. J’obéis à son invitation. En son nom, en mon nom personnel, au nom de tous les Brésiliens ici présents — nous sommes ici une véritable colonie, nous sommes dix Brésiliens accourus dans votre charmante ville,-—je vous prie d’agréer tous nos remerciements pour votre si courtoise hospitalité. Nous remercions tout particulièrement M. Dupont des paroles gracieuses qu’il nous a adressées ce matin; nous le remercions de l’attention délicate qu’il a eue en nous faisant entendre « l’Hymne brésilien » jusqu’à trois fois dans cette journée.
- Maintenant, Messieurs, que j’ai rempli cet agréable devoir, permettez-moi de porter un toast au développement des relations économiques entre la France et le Brésil. Ces relations sont déjà anciennes. Elles sont cordiales. Mais il me semble qu’elles pourraient prendre, avec le concours de tous, un plus grand essor, au profit de nos deux pays. Nous vous enverrions nos matières premières. Vous nous expédieriez vos produits manufacturés.
- Ces sympathies, dont je parlais tout à l’heure, ne s’appuient pas seulement sur les liens fragiles d’une affection sentimentale. Elles ont une base plus positive peut-être ; elles se fondent sur les intérêts engagés dans les deux pays.
- La valeur du commerce spécial de la France avec le Brésil a été en 1880: à Y importation, de un peu plus de 52 millions de francs; àl’exportation, de un peu plus de 76 millions. Vous-nous avez donc vendu 24 millions de plus que vous ne nous avez acheté.
- Ces chiffres, qui donnent pour le commerce entre les deux pays un ensemble de 128 millions de francs par an, prennent leur véritable signification quand on les compare à ceux de vos échanges avec d’autres pays.
- Ainsi, prenons la Russie, par exemple.
- La Russie a plus de 100' millions d’habitants. Elle est pour ainsi dire à vos portes. Le Brésil est au delà de l’Atlantique. Il n’a que 12 millions d’habitants. Eh bien ! malgré cela, vos exportations pour la Russie, pendant cette même année 1880, n’ont été que de 3q millions de francs, c’est-à-dire inferieures de plus de moitié à vos exportations pour le Brésil.
- Vous avez donc affaire à des clients sérieux, à des clients qui désirent faire des échanges plus considérables avec vous. Et la preuve, c’est que nous sommes ici. Nous sommes ici des fonctionnaires haut placés , comme M. l’ingénieur Fernandes-Pinheiro ; nous sommes ici des diplomates, comme M. Hermano Ramos, attaché à la légation impériale ; nous sommes ici des négociants, comme le commandeur R. d’Oliveira,, dont vous connaissez tous le dévoûment patriotique. Mais fonctionnaires ou non, nous sommes ici, avant tout, des amis!
- Je bois, messieurs, au développement des relations économiques entre la France et le Brésil.
- On ne s’est séparé qu’à trois heures de l’après-midi.
- Un grand nombre de convives sont allés visiter la Galerie d’Exposition des produits de la Manufacture nationale de Beauvais qui pendant la durée de l’Exposition sera visible tous les dimanches, de deux à quatre heures.
- L’ALGÉRIE
- A
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- (Lettre de notre correspondant particulier) :
- J’ai consacré mes deux dernières correspondances à l’Exposition industrielle et commerciale de la République française à Anvers. Je vous ai rendu compte, d’après l’état des travaux, de l’éclat et de la magnificence que présentait déjà la section française, aussi bien dans le palais que dans la galerie des machines : aujourd’hui, j’avais l’intention d’entretenir vos lecteurs de l’Exposition coloniale française, si riche et si intéressante, à laquelle s’attache le nom de son organisateur, M. Albert Grodet, le sympathique directeur des colonies.
- Mais, il me semble que je ne dois pas négliger les expositions. algérienne et tunisienne qui occupent, au sein de l’Exposition industrielle et commerciale, une place si importante.
- L’exposition algérienne à Anvers a son histoire. Je me propose de vous la rappeler ici et de vous présenter sommairement les ressources trop peu connues et peut-être aussi trop peu appréciées de notre chère colonie !
- Au mois de juin 1884, alors que le Gouvernement de la République française venait de décréter la participation officielle de la France à l’Exposition universelle d’Anvers .et de nommer un Commissaire général pour défendre les intérêts des industriels français, M. le ministre du commerce informa M. le Gourverneur général de l’Algérie des mesures qu’il avait prises pour faciliter la participation des industriels et fabricants de la métropole à l’Exposition d’Anvers.
- Il appelait en même temps son attention sur la nécessité qu’il y avait de répondre avec empressement et d’une façon digne de notre pays à l’invitation qin nous était faite de prendre part au grand tournoi international dont le théâtre devait être cette cité d’Anvers, la rivale de nos ports de la Manche et la métropole industrielle et commerciale par excellence de la Belgique.
- L’Algérie qui a pris une part si brillante aux Expositions de 1878,4 Paris, d’Amsterdam en 1883, pouvait-elle se desintéresser du nouveau concours auquel la conviait le ministre du commerce de ,1a République française ! Et ne devait-elle pas s’y trouver plutôt encouragée par les succès qu’elle avait remportés à ces grandes expositions et qui venaient de lui être confirmés aux expositions, moins importantes assurément, mais intéressantes cependant, de Caen et de Rouen ! .Ses principaux produits : Vins, laines, alfas, crin végétal, etc., etc., n’ont d’ailleurs pas pour ainsi dire leurs similaires en Belgique, et par suite, ils y peuvent trouver un précieux débouché !
- Il serait intéressant d’énumérer les progrès accomplis par l’Algérie dans ces quarante dernières années et je voudrais avoir l’espace nécessaire pour les présenter à vos lecteurs ! Qu’il me suffise de vous les analyser aussi brièvement que possible en me guidant^ pour ordre sur le système de classification générale de l’Exposition d’Anvers, précédemment publié d’ailleurs dans vos colonnes!
- Dans . son rapport sur l’instruction publique à l’Exposition de Vienne en 1873, M. Levasseur, membre de l’Institut, a constaté que la comparaison de la population • scolaire avec le nombre des habitants européens donne le premier rang à notre colonie parmi les Etats civilisés et prouve le soin que les colons prennent de l’instruction de leurs enfants. .L’enseignement primaire, l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur y florissent; à côté des établissements d’instruction nombreux et fréquentés que comprend l’Algérie, il convient aussi de citer les sociétés et établissements scientifiques qui se sont créés dans ies principales villes la Société ^ des beaux-arts , la Société historique, la Société de climatologie, etc.
- L’Algérie expbse dès bois variés et riches qui servent a la fabrication des meubles, notamment le thuya, l’olivier, le citronnier, le genévrier et le chêne vert.
- On voit encore des sables siliceux propres à la fabrication du verre. En ce qui concerne la céra- mique, on ne remarque guère que les amphores, servant de récipient pour l’eau, l’huile ou le grain, ou employées aux différents usages de la vie domestique. Les Kabyles, qui ont conservé la tradition des formes étrusques que les Romains leur avaient transmises, nous montrent des vases en terre rouge décorés de dessins au vernis noir, préparé avec les bois de térébinthe.
- La fabrication des tapis par les indigènes constitue, dans certaines tribus, une branche importante de commerce. Mascara, Tlemcen, Biskra et Constantine sont des centres de fabrications renommés.
- La fabrication et le commerce des essences ont pris, depuis un certain nombre d’années, un grand développement dans la province d’Alger.
- Les végétaux utilisés sont les orangers, le jasmin, la tubéreuse, la verveine, le rosier, etc.
- Les femmes excellent surtout dans la confection des objets brodés tels que couvertures de selles,
- brides, poitrails, etc., dont notas trouvons d'ailleurs des spécimens à Anvers.
- L’habillement constitue une industrie spéciale à l’Algérie.Il ne s’est opéré en effet, aucun changement notable dans le costume des indigènes, à travers douze siècles d’islamisme. Au point de vue des conditions hygiéniques et du climat, ce costume a sa raison d'être et l’on comprend facilement que. les vêtements européens n’y soient pas en usage.
- La bijouterie et la joaillerie sont en honneur chez les Algériens : les femmes portent des diadèmes, des chaînes à larges anneaux, aux poignets et aux chevilles des bracelets en or, en argent, ou en corne, etc. Alger, Constantine, Oran, Tlemcen, Bône sont les centres de fabrication.
- L’armurerie était jadis une industrie active, mais les armes françaises ont bientôt été préférées. Toutefois, il ne manque pas encore aujourd’hui de spécimens d’armes d’ancienne fabrication qui n’ont d’autre prix que leur originalité.
- On voit encore de superbes échantillons d’oxydes magnétiques, d’hématites rouges et brunes,’ de carbonates de fer, de pyrites de cuivre contenant du plomb ou de l’argent, etc. Le manganèse, le cobalt, l’arsenic s’v rencontrent aussi.
- L’Algérie possède un immense domaine forestier.. Son étendue est de près de 2 millions d’hectares. Les produits exposés sont : les lièges, les bois de-construction, de charpente, de charronnage et d’ébénisteri e, les écorces à tan et les matières colorantes, le lin, le crin végétal, la ramie, les laines et enfin l’alfa, qui, dans la province-d’Oran, a pris une extension considérable quant à son exploitation et à son exportation. L’usage de l’alfa est depuis longtemps répandu chez les indigènes qui en fabriquent des cordages, des nattes, et les objets de sparterie. Les alfas couvrent en Algérie sur les hauts plateaux, une surface de plus, de 5 millions d’hectares.
- Il existe dans la plupart des centres agricoles, des. minoteries, des brasseries, des distilleries, etc., qui ont envoyé leurs produits.
- L’Algérie renferme de nombreux matériaux de-construction , de beaux marbres et notamment d’excellents calcaires propres à la fabrication des. chaux hydrauliques et des ciments artificiels.
- Mais l’élément capital de prospérité de l’Algérie,, c’est l’agriculture.
- Les froments, les blés, l’orge indigène sont très, appréciés ; le maïs et l’avoine, le riz y sont cultivés, avec succès. Nous pouvons le constater ici. Les huiles d’olive tiennent un des premiers rangs parmi les produits algériens. L’olivier croît spontanément en Algérie : il s’y propage sans culture-et fournit des fruits abondants.
- La vigne trouve en Algérie un sol et un climat, dont la nature lui convient à merveille. Elle croît avec vigueur aussi bien dans les terres légères et sablonneuses des plaines de la Métidja que sur les versants des coteaux calcaire, des environs- d’Oran..
- Le phylloxéra y est inconnu.
- Les vins rouges les plus appréciés sont ceux des environs d’Oran, de Mascara, de Tlemcen, de-Médéah et certains vins blancs des territoires de Bône et de Douéra ; les vins de dessert, secs et. doux, des vignobles de Médéah sont très appréciés.
- Telles sont, en résumé, les principales ressources qu’offre l’Algérie et que j’ai cru intéressant de vous signaler. Vous pouvez trouver ici un assortiment complet d’échantillons de tous ces produits.
- Gomment l’Exposition algérienne a-t-elle été organisée? Je me fais ici un plaisir et un devoir de relater les mesures qui ont été prises par M. le-gouverneur général de l’Algérie et qui ont donné lieu au grand succès que remporte notre colonie à l’exposition d’Anvers.
- Aussitôt informé par M. le ministre du commerce qu’une exposition universelle devait avoir lieu à Anvers et que la France y prenait part, M. le- gouverneur général instituait près de son gouvernement une commission chargée d’intervenir auprès des colons, de recueillir et de provoquer les adhésions. Il priait en même temps MM. les préfets des trois départements de faire-appel au concours des différentes associations agricoles qui se trouvaient tout naturellement désignées pour remplir le rôle de comités locaux dans leur circonscriptions respectives. Ces commissions qui ont été composées d’hommes dont le-dévouement aux intérêts du pays était bien connu, ont fait tous leurs efforts pour répondre aux vues de l’administration et? disons-le en toute . hâte, elles y ont pleinement réussi.
- Les trois départements algériens sont dignement représentés à l’Exposition d’Anvers et l’on y voit figurer mélangé avec goût , l’utile et l’agréable. L’emplacement retenu pour cette grande exhibition se trouve situé à l’extrémité de l’exposition française et touchant à celle de la Tunisie. Tous les produits algériens dont j’ai parlé plus haut y sont réunis et en très grande quantité. Le chiffre des exposants est de 400 !
- Je dois une mention spéciale à la viticulture. Que de progrès n’a-t-elle pas fait en quelques années ! Aussi me permets-je de conseiller aux visiteurs de l’exposition d’Anvers d’arrêter un instant leurs regards sur la riche collection, de vins qui sont dans le compartiment algérien, depuis les bons vins ordinaires jusqu’à ceux appelés plus tard à
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- Première Année — N° 2 3.
- être comparés à nos meilleurs crus, sans oublier les vins secs ét lés vins liquoreux.; ' :
- Honneur soit .à la persévérance des viticulteurs algériens. Puisse cette persévérance trouver la récompense qui lui est due !
- Et pour rehausser l’éclat de tous ces produits : des armes à l'eu, des lances, des sabres, des bijoux, des poteries de formes primitives et formées de dessins bizarres s’entremêlent et présentent un ensemble empreint d’un cachet original bien fait pour exciter l’envie et l’admiration des collectionneurs antiquaires!
- Ajoutez à cela les décorations de nombreux tapis, étalant leurs couleurs riches et variées (qui sont dues aux végétaux et que le temps ne peut effacer) et vous aurez un aperçu de cette exposition où tous les colons algériens font connaître au monde entier les richesses de leur pays !
- Je ne saurais terminer ce long exposé de l’exhibition algérienne, sans rendre hommage au zèle, au dévouement de son promoteur et de son organisateur. J’ai dit M. des Vallons, le sympathique délégué du gouvernement de l’Algérie à l’exposition d’Anvers.
- J. Renaut.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE i885 III
- Le vote de la médaille d’honneur a donné, raison à la plus grande partie de mes appréciations et AI. Bouguereau a obtenu cette récompense justement méritée.
- Après lui venaient dans l’ordre des suffrages
- • obtenus : MM. Benjamin Constant, Humbert, .Roll, Henner, J. Lefebvre, Harpignies, Lhermitte, .Leroile, Luminais, Gervex, Delaunay, Rochegrosse et Fritel.
- Je 'nemodifie mon impression que pourM. Roll, •dont if ma première visite je n’avais vu que le Chantier de Suresnes qui m’avait paru mériter quelques réserves de tonalité. Mais connue j’admire .sans "arrière-pensée son Etude représentant une femme nue conduisant un taureau à travers les hautes herbes d’une pleine foret ! Il y a la une richesse et une vérité de coloris superbes. Le rayon de soleil qui, traversant le feuillage, vient
- • éclairer le corps bien vivant de la femme lui donne un relief, une vigueur réellement remarquables. -C’est à cet artiste que reviendra très vraisemblablement la médaille l’an prochain.
- Ceci.posé, je reprends le cours de ma promenade.
- M. Grison’ a exposé une toile bien finement
- • exécutée et d’une composition charmante : Après ...la fête. Deux ménétriers viennent d’apporter au
- raccommodeur une contrebasse odieusement brisée et l’air ahuri du bonhomme semble consciencieusement dire : « Comment diable voulez-vous que je m’en tire ! » Il faut voir aussi la mine navrée du propriétaire de l’instrument. Il y a là une touche •de ton, une adresse de dessin et une. sobriété de .couleur très habilement rendus. Morceau parfait.
- A M.. Harpignies, force éloges, cela va sans dire, pour la Loire à Briare et la Ferme de la cour ‘Chaillot.
- Autre fort beau paysage, Une cour à Saint-Vin-.cent-la-Rivière, de M. E. Jonas.
- De M. Paul Lazerges, nous avons une Caravane
- • des mieux réussies, bon dessin, bonne peinture; et de AI.Hippolyte Lazerges, unc Descente de croix excellente. Ce qui est rare avec un sujet aussi souvent traité.
- M. Luigi Loir est un artiste de valeur, mais son Paris.port de mer, bien traité certainement, me parait un peu enfantin. C’est un déclassement joli, rien de plus. Le pinceau léger de Mn° H. de Longchamp nous a donné cette année deux paquets de Roses d’une exécution hors ligne.
- 1 .a Leçon d’escrime, de M. Loustaunau, obtiendra certainement une récompense. Il y a la une fidélité de rendu qui saisit l’œil à première vue. Le gamin bien campé sur la « planche » allonge . un beau coup droit au prévôt, pendant que le père et les deux frères suivent avec un interet différent la leçon. L’artiste s’est d’autant plus habilement tiré d’affaire que le ton forcément gris du décor, une salle d’escrime classique, risquait de fondre un peu sur les personnages et de leur enlever l’allure vivace qu’ils ont su conserver.
- Décidément cet article menace d’être tout miel, et pourtant il me faut encore louer infiniment la Mort de Carrée, par M. V. Maillart. Quelle énergie dans la pose du héros vaincu et bravant ses adversaires ? Quel groupement, quels enlacements parmi ces cadavres et ces combattants blessés aux pieds de Gorrée! Je ne reprocherai qu’une chose aux archers' de César triomphant : c’est d’être de biens mauvais tireurs. Bien qu’ils soient un peloton, .aucune flèche n’a encore atteint le Bellovaque debout à quinze pas d’eux.
- AI. Gaston Mélîngue expose des Racoleurs ame-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- liant deux pauvres diables dans une auberge. Bonne facture. Il y a notamment une jeune drôlesse assise sur un coin de table qui est crânement posée.
- L'Arrivée à Bethléem, de M. Olivier Alerson, est bien poncive ; banal aussi le Train de Versailles, de AI. H. Michel Lévy.
- Une toile qui tire l’œil est celle de M. Aimé Alorot intitulée : Toro colante. Il y a delà hardiesse dans la présentation de ce taureau portant encore à ses cornes le cheval qu’il vient d’éventrer. L’animal bien posé, un peu infléchi par le poids de sa victime, menace encore ceux qui tenteraient de l’approcher. Et dans le fond laissé à dessein un peu flou par l’artiste, on voit le toréador que l’on emporte blessé et la foule grouillante, sur les gradins de l’arène.
- Se décidera-t-on enfin à récompenser AI. Aloullion comme il le mérite? Son Pêcheur à l’aube est excellent; sa Forêt en automne est délicieuse. AI. Aloullion est un de nos meilleurs paysagistes ; mais comme il ne fait pas partie du clan des bruyants, on le laisse un peu à l’écart. Heureusement que les connaisseurs le vengent du mauvais vouloir de certains de ses collègues.
- Joli succès d’amateurs pour la charmante toile de AI. Emile M.unier : Trois amis, représentant une fillette « dans le simple appareil », demi-couchée sur des oreillers et tenant entre ses bras un jeune chien et un jeune chat ahuris. La physionomie de l’enfant est franchement épanouie, sa petite jambe droite repliée bien naturellement. Les teintes ne sont pas forcées. Très bon.
- Je trouve supérieurement exécuté le Martyr, de Al. Fernand Pelez. C’est navrant de vérité. Un pauvre petit marchand de violettes s’est endormi au coin d’un mur. Sa main a laissé tomber l’humble bouquet qu’elle tenait ; ses pauvres pieds maigres et boueux s’allongent sur la dalle froide. L’enfant, qui grelottait il n’y a qu’un instant sous ses vêtements déchirés, oublie un instant sa misère dans le sommeil. Le peintre n’a sacrifié en rien à une exagération facile, il a copié fidèlement et son œuvre est de premier plan.
- AI. Raoul de Pibrac nous a donné une œuvre très soignée : La première séparation. Je lui recommande, par exemple, de veiller un peu au service de ses domestiques qui, chargeant la voiture de voyage, se disposent à mettre la malle sur les valises qu’elles écraseront inévitablement.
- D’Henri Pille, une Tentation remplie de qualités, couleur et dessin.
- M. Raffàëlli a fait une bien mauvaise plaisanterie au député de Montmartre en exécutant la charge,
- en douze..... coups de brosse, d’une réunion
- électorale présidée’ par M. Clémenceau, L’orateur a-t-il dit du mal de l’artiste? Celui-ci s’est bien cruellement vengé.
- La Jacquerie, de M. Georges Rochegrosse, témoigne d’un talent soutenu chez Fauteur d’An-dromaque. Sans doute on peut lui reprocher un peu trop de voulu et de convention dans le choix de ses personnages ; l’idiot grimaçant grimpé sur un socle est un sacrifice au mélodramatique, comme la fillette apeurée qui tient un chat dans ses ‘bras est un autre sacrifice à la sensiblerie ; mais l’aïeule est bien campée, sauf le mouvement des bras en arrière qu’elle ne garderait pas cinq minutes et qui n’est que décoratif ; le flot sanguinaire des Jacques est terriblement présenté; la lutte des lueurs de l’incendie avec la lumière du jour, savamment combinée.
- Il faut que la femme nue de M. Rosset-Granger ait bien sommeil pour dormir dans une position aussi fatigante et les séances du modèle ne devaient pas être bien longues. La dame accroupie à terre le long d’un divan sur lequel repose sa tête, est assise sur sa jambe droite.
- Et dire que l’on recommande perpétuellement aux artistes le naturel. Pourquoi nous servir de la dislocation et de l’acrobatie?
- M. Saintpierre demeure toujours le peintre chatoyant des belles Orientales. Exquise sa Soul-tana, admirable sa petite Aqiqa grattant sa guzla. Comme le sang coule sous ces. chairs bronzées ! Gomme cela vit!
- Un des' meilleurs élèves de Bonnat, Al. Paul Salzedo, nous donne le Repos des Carriers, un motif très vécu et très soigné. AL Salzedo est encore un artiste de valeur qui mérite mieux que le rang auquel on affecte — parmi la coterie •— de le reléguer.
- Le Faux Départ, de M. Tavernier, est aussi un faux départ artistique. Ses chevaux manœuvrent sur un champ d’epinards dans lequel ils vont s’embourber. Compliments bien sincères à la Pavane de M. Edouard Toudouze, dansée par deux bambins très galants. La jambe droite du garçon paraît un peu longue par l’effet du clair del’étofte, à côté de l’ombre jetée sur la jambe gauche en retrait.
- Al, Emile Villa dans VAutomne et le Favori est certain d’obtenir tous les suffrages féminins par le fini des étoffes dont il a revêtu sa châtelaine et sa jolie Chinoise. Il est impossible de pousser plus loin la finesse et la perfection du coloris. Le brocard de la première, le satin broché de la seconde sont d'une reproduction saisissante. C’est un chatoiement réellement curieux.
- M. Adolphe Weisz. a présenté une œuvre des plus remarquables, avec son Lion amoureux. La
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- caresse du lion appuvant son énorme tête fauve sur le côté nu de la jeune femme est excellemment rendue. Quant à celle-ci, sa pose est non moins bien comprise ; très beau le raccourci de la jambe gauche et. de la cuisse sur le ventre, comme la pose de la main appuyée sur la patte du lion. Cette composition fait le plus grand honneur à AI. AVeisz.
- Je signalerai également Au couvent, une sérieuse toile fortement étudiée de AI. de AVinter pour terminer par YIchoudith de Betoulia, de AI. Edouard Zier, qui nous offre un fprt bel effet de lumière sur la gauche des chairs marmoréennes du visage et du bras de . la belle Juive. Cette œuvre d’un réel mérite pèche cependant par le manque d’expression du visage de Judith. La justicière d’Holo-pherne a vraiment l’air de dire tranquillement à sa servante Veuillez donc me débarrasser de cet objet inutile et le ranger dans l’armoire. » Il y a là un défaut d’énergie regrettable.
- A voir encore : le Combat naval d.e Fou-Tcheou, par M. Ch. Kuwasseg; le Raccommodeur de faïences par M. Ravinet ; les Enrôlements volontaires, par AL de Richemont.; la Marée aux Halles, par AI. Dominique Rozier, et deux très bonnes toiles d’Emile Vernier : la Grande Marée et le Matin en Cormvall.
- Alfred Delilia.
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE
- DES ÉLECTRICIENS
- A la suite du grand succès d’intérêt et de curiosité de l’Exposition d’électricité, organisée au mois de mars dernier dans les salons de l’Observatoire de Paris par la Société internationale des électriciens , un Comité s’est formé, sous la présidence de M. Alaurice Lœwy, membre de l’Institut et sous-dir:ecteur de l’Observatoire, dans le but d’offrir un souvenir à M. Georges Berger, à l’aide de souscriptions recueillies au sein même de la Société et parmi les exposants de l’Observatoire:
- En peu de jours, le Comité a pu recueillir une somme avec laquelle on a fait l’acquisition d’un magnifique chronomètre d’astronome/
- A l’intérieur du boîtier se trouve l’inscription suivante :
- A AI. GEORGES BERGER
- SOUVENIR DE l’e X P O S.I T I O N d’ÉLECTRICITÉ
- a l’observatoire, i885-
- Le Comité s’est rendu, le samedi 9 mai, chez M. Georges Berger, pour lui offrir ce "témoignage de sympathie générale.
- M. Maurice Lœwy, en remettant le chronomètre à M. le Président de la Société internationale des électriciens, s’est exprimé en ces termes :
- « Mon. cher Président,
- « Nous, nous présentons chez vous au nom des exposants et des membres de notre Société, pour vous exprimer notre vive gratitude pour tous les efforts et toutes les peines que vous vous êtes données dans l’organisation de notre Exposition d’electficité.
- « Nous sommes heureux d’avoir la mission de vous faire connaître la vive satisfaction qu’a causée aux électriciens le succès de cette manifestation scientifique, par laquelle notre Société s’est affirmée d’une manière si éclatante, et nous sommes chargés de vous offrir, en leur nom et au nôtre, comme un trop faible témoignage d’affectueuse sympathie, ce chronomètre de précision. »
- M. Georges Berger a répondu :
- « Votre démarche m’honore et me touche profondément. Je vous remercie et je remercie nos collègues de la Société internationale des électriciens d’avoir songé à m’offrir un témoignage aussi précieux de leur estime et de leur confiance.
- « Les paroles que notre éminent vice-président, M. Maurice Lœwy,' vient de m’adresser resteront pour moi un encouragement aussi'flatteur que puissant. La prospérité . et la gloire de notre Société ne cesseï ont jamais d’etre le but de mes efforts. Je me sens soutenu, d’ailleurs, par la pensée que votie affection et votre sympathie me sont acquises.
- « Nous avons un bel avenir devant nous, car il nous reste de grands devoirs à remplir et d’importants s.ei vices a ïendim N’oublions pas que notre société est néc^ en meme temps que la science électrique se dégageait par unaccord international et que 1 industrie électrique proprement dite prenait son essor pnous servirons l’une et l’autre, en continuant a hâter l’ouverture du Laboratoire cent) al d électricité resté à l’état de projet et en concourant ensuite à l’organisation d’une école pratique d’électricité.
- « Les. électriciens de .tous les pays seront reconnaissants envers notre Société qui est, et 1 estent internationale, le jour où, grâce à elle,
- (Voir la suite, paye 186.)
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- 184 et i85. — Prëmière Année. — N° 23
- LE MONITEUR l;£5tf>0SmC>N DE l889-
- Dimanche 7 Juin 1885.
- A L’EXPOSITION D’ANYJfjig -- LA MANUFACTURE DE SÈVRES
- Nous avons constaté dans notre dernier numéro le succès remporté à AnversV. par les Manufactures des Gobelins et de Sèvres.
- Nous donnons aujourd’hui une gravure représentant quelques-uns des vases que le public admire tous les jours.
- L’exposition de Sèvres est représentée par plus de 3oo pièces ; les unes sont disposées sur u’n gradin de 5 mètres; les autres , de plus petites dimensions, figurent dans deux vitrines ; quelques unes enfin sont présentées sur des socles ou des meubles provenant du mobilier national qui complètent d’une taçon élégante le majestueux salon des Manufactures nationales.
- Au milieu du splon se trouve une grande jardinière en bleu de lour, garnie de fleurs.
- Parmi les pièces de grande dimension, nous pouvons signaler :
- Un vase de Nîmes en fond turquoise nuancé de bleu foncé et finement craquelé, c’est le premier objet de ce genre qui ait été fabriqué.
- Un autre vase de Nîmes fond blanc décoré de vigne vierge en émaux roses et rubis, par M. Be-let;
- Un vase de Novi, fond' blanc, avec un décor de fleurs et d’oiseaux, coin-posé par Mme Escallier et traité en émaux et pâtes d’application par M. Richard;
- Deux vases de la vendange; l’un en fond écaille, l’autre en fond bleu marbré de brun.
- Deux potiches, l’une en fond jaune décoré de fleurs et fruits noir et blanc par M. Mérigot, l’autre en fond blanc décoré d’ornements et d’oiseaux par M. Belet;
- Signalons aussi la jardinière Philibert Delorme de M. Belet , en bleu, fouetté qu’on a admirée l’an dernier au palais de l’Industrie;
- Un surtout de M. Carrier-Belleuse représentant en biscuit trois grands motifs de chasse et un groupe du même artiste, les quatre Saisons , surmonté d’une cassolette jaune ivoire , découpée à jour ;
- Deux vases Bertin décorés de fleurs en bleu fouetté ;
- Un vase d’Arezzo fond blanc décoré de fleurs en émail par M. Richard ;
- Plusieurs vases , notamment le vase Gou-thière, ornés de sculptures (genre Wedgwood), par M. Archelais;
- Une potiche avec des pâtes d’application :
- « Les Pommes d’or », de M.Doat;
- Une collection importante de fonds flambés, etc.;
- Parmi les pièces de moindre dimension, les objets décorés par Mme Apoil (notamment les deux vases Delafosse offerts à la reine des Belges par le président de la République), pa r
- M. Gobert, par M. Gélly et M. Cabau, attirent par-ticuièrement les regards.
- i5. Vase potiche, A. B. Alex. Brongntàrd.
- Yase potiche A. B. Alex. Brongniard. 'F8 grandeur; lond ivoire orné de fleurs ; décorations en émaux polychromes composition et exécution par M . Emile Richard.
- 435. Buire de Blois. Mod. de M. Carrier-Belleuse, sculpture exécutée par MM. Rodin et Roger. Fond Ma ic; ornements en émail; composition et execunou pat yignol.
- Ce fut M. Lauth, le savant administrateur de la Manufactur de Sèvres qui, on s’en souvient, présenta
- à la reine ces deux vases.
- Mf Lauth a bien voulu nous communiquer les renseignements suivants que nous sommes heureux de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs :
- LA MANUFACTURE
- DE' SÈVRES
- HISTORIQUE
- On sait que la porcelaine a . été découverte dans l’extrême Orient, en Chine; les premiers échantillons signalés en Europe y furent importés au commencement du xvic siècle par des navigateurs portugais et y excitèrent l’admiration en même temps que la plus vive curiosité. On ne connaissait à ce moment, en Occident , que les terres cuites et les faïences ; l’apparition d’une matière dure, transparente , d’une blancheur incomparable, recouverte d’émaux éclatants, légère, sonore, résistant à tous les changements de température, devait, à coup sûr,. impressionner au plus haut point les hommes de ce temps si amoureux des belles choses, et provoquer chez les artistes de la Renaissance l’ardeur, de recherches passionnées. Malheureusement la chimie n’existait pas encore ; rien ne permettait d’entrevoir la composition de la porcelaine à laquelle on attribua successivement les origines les plus variées et' les plus extraordinaires.
- Les expériences sont pénibles dans ces circonstances, les découvertes rares ; aussi ne faut-il pas s’étonner qu’une période de plus d’un siècle s’écoule avant qu’on signale en Europe la production d’une matière analogue à celle qui provenait de la Chine; à la vérité, dès la fin du xvie siècle, les artistes qui vivaient à la cour des Médicis réus- . sirent à fabriquer une poterie translucide, mais ces essais paraissent avoir été rapidement abandonnés, et il nous faut attendre jusqu’en 1673 pour trouver, par le privilège accordé à Pote rat de Rouen , la preuve certaine que-ce potier avait réussi dans ses recherches ; encore cette découverte paraît-elle avoir été bien indécise , car très peu d’objets de cette époque sont parvenus jusqu’à nous.
- La première fabrique, produisant industriellement la porcelaine, fut la faïencerie de Saint-Cloud (1695) ; puis, de 1713 à 1735, furent créées les fabriques de Lille , de Chantilly, de Mennecy, etc.
- Les résultats obtenus par ces divers établissements, suivis avec le plus vif intérêt par le monde élégant de la cour de France , décidèrent Orry de Fulvy,
- :°«ii
- a a es
- intendant des finances et frère du ministre dé XV, à accepter le concours que lui offraient les fr. Dubois , qui avaient auparavant été attaches ^ manufacture de Saint-Cloud, et à tenter à son tour !a fabrication et la décoration de la porcelaine (i-.^ il obtint toutes facilités pour l’emplacement de sont-/ ’ blissement, qu’il créa dans une dépendance du cu teau de Vincennes; plusieurs années s’écoulèrent jy qu’à ce qu’il réussît, et ce n’est qu’en 1745 qu/ | manufacture de Vincennes commença à produire d pièces parfaites. Un arrêt du Conseil reconnut rey!s tence de la Société et lui accorda toutes sortes h' privilèges. _ e
- Dès ce moment, Louis XV s’intéressa à ]a nufacture de Vincennes; non seulement il fid ^ diverses reprises des avances de fonds, mais il contriby3 puissamment à son développement en y attachant savants et les artistes les plus distingués. En le roi devint, pour un tiers, actionnaire de la fabrique, et, désireux de montrer tout l’intérêt qu’elle lui inspirait, il lui donna ‘le droit de porter le nom de <- Manufacture royale des porcelaines de France » et de marquer ses produits de son chiffre personnel.
- Dans le but de se rapprocher de Versailles, la compagnie renonça, en 1736, à Vincennes , et vint s’établir à Sèvres ; à la suite de divers dissentiments , la Société liquida et le roi devint, en 1739 , l’unique propriétaire de la Manufacture dont il assura l’existence par une allocation régulière de fonds. Depuis cette époque, la Manufacture de Sèvres a été rattachée à la couronne par tous les princes qui ont gouverné la, France, et administrée pour leur compte.
- Sous les divers régimes républicains et dans les périodes les plus critiques de notre histoire, la Manufacture , que son illustration a fait considérer comme une des gloires de la France,aété transformée en établissement national et inscrite sur les budgets de l’État, où elle a figuré successivement dans les attributions de divers ministères. Actuellement, elle dépend du ministère de l’instruction publique et des beaux-arts ; elle a à sa tête un administrateur nommé par le ministre et à qui incombe la responsabilité administrative , technique et artistique de l’établissement. Sous l’autorité de l’administrateur, un artiste est chargé spécialement de la direction de tous les travaux d’art qui s’exécutent à la Manufacture. Enfin , un conseil de perfectionnement, qui renferme dans son sein les illustrations les plus éminentes de la France dans le domaine de la science et
- de l’art, est appelé à éclairer l’Administration de ses conseils.
- DÉCOUVERTES FAITES A SÈVRES
- La porcelaine dure.
- Telles sont les diverses phases de l’existence de h manufacture de Sèvres. Nous allons maintenant un coup d’œil sur les découvertes qui y ont été sées, sur les services qu’elle a rendus à l’art était dustrie; ses titres sont nombreux, il est intéressant ^ les rappeler et de justifier, ainsi, la faveur PresjÈc constante dont elle a été l’objet de la part du puo éclairé. , ^
- Les Manufactures qui ont été créées à la ja xviie siècle avaient découvert une matière analogue porcelaine delà Chine, mais qui n’en présente enqueiq.
- 33t
- rte que les caractères extérieurs. On lui a donné le nom U Porcelaine tendre ; on l’obtenait à l’aide d’un mélange je sable, de chaux et d’alcali qu’on frittait ensemble ; à Uette fritte, on ajoutait un peu de marne, et quand la pièce façonnée avec cette . composition avait été cuite,_ on 'recouvrait d’une glaçure dont la base est un silicate je plomb. Comme on le voit, cette porcelaine est une orte de verre ou de cristal, et _ son mode de préparais justifie le nom de porcelaine artificielle qui lui est fréquemment donné. Ses qualités sont très différentes je celles de la matière fabriquée en Orient; son principal mérite réside dans la propriété, qu’elle possède au plus haut point, de donner aux couleurs dont n (a décore une finesse et un velouté incomparables |Chacun connait les fonds bleus et les fonds roses si riches, du vieux Sèvres) : ces couleurs, grâce à la similitude de composition qu’elles ont avec la glaçure, y pénètrent, s’y incorporent en quelque sorte et laissent,
- ' à l’œil ainsi qu’au tou-
- cher, l’illusion d’une matière homogène. A ce point de vue, la porcelaine tendre l’emporte sur les produits de la Chine et elle a permis de réaliser les chefs-d’œuvre du xviiic siècle qu’on doit citer comme de véritables merveilles.
- Mais on ne tarda pas à s’apercevoir que cette matière précieuse ne présentait pas le's avantages des porcelaines orientales, au point de vue de la résistance au feu et de la solidité. La France avait créé une industrie nouvelle etchar-mante, mais ses produits ne pouvaient lutter avec ceux de l’Orient, dont l’importation continua à être considérable.
- Il y avait là un problème d’autant plus difficile à résoudre qu’on savait que la porcelaine de Chine était fabriquée exclusivement avec des matières brutes fournies par la nature. Quelles étaient ces matières? La science à peine à son aurore restait muette sur ce point, et, pendant plus d’un demi siècle, les recherches se succédèrent sans résultat.
- La Saxe, cependant, venait de produire (en 1710) de la vraie porcelaine ; mais, quand Sèvres fut en possession de son procédé que le célébré Hanong vint offrir à Louis XV, on s’aperçut qu’il était inapplicable en France parce qu’on n’y avait pas jusqu’alors trouvé les matières premières nécessaires. Tous les efforts des savants se tournèrent donc vers leur recherche ; il fallut attendre jusqu’en 1765 pour les voir aboutir.
- Les premiers filons furent trouvés près d’Alençon; l’année suivante on *en découvrit dans la Haute-Vienne, à Saint-Yrieix, et dès 1769, les savants de la Manufac-tule de Sèvres présentaient à l’Institut de France un Mémoire sur les gisements qu’ils avaient explorés et _ les procédés qu’ils avaient mis en œuvre pour en abriquer de la porcelaine dure; à l’appui de. leurs
- Vase de Nîmes ; fond blanc. (Mréde vigne vierge en émaux roses et rubis; composition et exécution par M. Belle r.
- jjfirrnations, ils apportaient les pièces qu’ils avaient pu
- Chacun sait que la porcelaine est obtenue au moyen yne argile blanche (le kaolin), produit infusible aux PLs hautes températures, et qu’on rend transparente en y ajoutant une petite quantité d’un autre produit Naturel, le feldspath, roche très abondante dans la °ature ; la glaçure de cette poterie est constituée par ce même feldspath . La porcelaine dure présente sur les aiences les avantages suivants: elle est légère, transparente ^altérable au feu ; elle ne se laisse pas entamer par l’acier; ®nhn> elle ne se fendille pas sous l’influence des change-,, eats de température : ces deux derniers caractères et .Absence de plomb dans sa composition la différencient salement de la porcelaine tendre dont l’emploi dans
- 53 (..e Vase .[ otiebe A. B. Alexandre Brongniart, l3"'« grandeur fond i voir r orné de Heurs; décoration en émaux polychromes ; composition et exécution par M. Emile Richard.
- l’économie domestique présente divers inconvénients.
- Sèvres venait donc ce créer en France un produit nouveau et des plus importants. Sa découverte rendue publique fut rapidement exploitée parl’in-dustrie privée; des usines considérables élevées pour l’application de ces procédés, le commerce français remplaçant , par une exportation florissante , l’importation des produits orientaux , tel fut le résultat des recherches de la Manufacture qui dotait la France d’une de ses plus belles et de ses plus intéressantes industries.
- Décoration de la porcelaine dure.
- Cinquante années furent consacrées, à Sèvres à l’étude des problèmes complexes qu’entraînent la préparation des pâtes et la cuisson de la porcelaine, ainsi qu’à l’établissement des formes les plus avantageuses et les plus pratiques pour les besoins domestiques ; en même temps, et à côté de ces questions capitales pour le développement de notre industrie,' on imaginait un mode nouveau de décoration des palais nationaux en fabriquant des vases somptueux d’une grandeur inconnue jusqu’alors et en reproduisant en couleurs inaltérables, sur des plaques de grandes dimensions, les chefs-d’œuvre des maîtres de la peinture.
- Cuisson à la houille.
- Poursuivant plus spécialement, à cette époque de son existence, le côté technique de la fabrication,la Manufacture détermina, en 1849, les conditions exactes delà cuisson à la houille en remplacement du bois, problème tenté naguère à Lille et ailleurs, et dont la solution transforma complètement le côté économique de la production de la porcelaine.
- Grand coulage.
- A peu près à la même époque elle découvrit le moyen d’obtenir, par le Coulage, des objets de grandedimension ; ce procédé est le seul qui permette de produire des vases et des potiches de deux ou trois mètres de hauteur sans déformation et sans altération de profil.
- Pâtes d’application.
- Enfin, dans une période plus récente, à partir de 1849 jusqu’à ces dernières ’ années, la Manufacture a recherché les moyens d’étendre le champ de la décoration au grand feu ; par ses applications de pâtes sur pâtes et par la création de la palette des pâtes colorées, elle a donné naissance à un mode de décoration des plus précieux et dont l’industrie, à son tour, a largement profité. Pour ne rien 1 oublier d’essentiel dans cette sorte de nomenclature [
- 4b 1. Vase Théodore de Bry. Mod. de M. Carrier-Belleuse sculpture exécutée par MM. Roger et Legay ; fleurs et oiseaux en émail sur fond jaune ivoire ; composition et exécution par M. Bellet.
- rétrospective des travaux de Sèvres, nous devons encore citer ses ateliers de peinture sur verre, de faïence et
- d’émail sur cuivre, qui, jusqu’en 1872, ont fonctionné très activement et non sans succès.
- observations sur l’ensemble de l’exposition DE SÈVRES
- L’Exposition actuelle de la Manufacture de Sèvres se divise en deux catégories principales ; la première présente une série d’objets exécutés en pâte dure, l’autre se compose de pièces faites avec une nouvelle pâte dont nous indiquons plus loin les propriétés et les caractères.
- Les deux séries renferment, à côté de vases de grandes dimensions destinés à orner nos palais nationaux ou à figurer dans les musées, une collection assez importante d’objets de vitrine et d’étagère: c’est dans ce dernier emploi que la porcelaine doit trouver, nous semble-t-il, les applications les plus nombreuses (en dehors, bien entendu, des usages domestiques auxquels elle est plus spécialement destinée) ; une matière précieuse et élégante demande à être décorée avec une grande finesse et une délicatesse extrême : ce n’est guère que sur des objetsde petitedimension qu’on peut faire valoir ces qualités spéciales , qui conservent à la porcelaine son véritable caractère et ne permettent pas, de la confondre avec les autres produits céramiques. La plupart des formes et des biscuits que présente la Manufacture ont été récemment étudiés ; il a paru utile de rendre aux produits de Sèvres un caractère plus français et de chercher à leur donner toute la légèreté et l’élégance compatibles avec les exigences de la fabrication. On trouvera, d’autre part, à côté de toutes nos formes nouvelles, un certain nombre d’anciens modèles qui n’avaient jamais été reproduits et qu’on verra non sans intérêt.
- Au point de vue de l’ornementation, on constatera d’une façon générale que les produits actuels de la Manufacture diffèrent sensiblement de ceux des Expositions antérieures ; la peinture, nous voulons dire la copie de la nature, avec ses couleurs, ses perspectives et ses modelés, y a fait place à un mode plus conventionnel; en un mot, la décoration a remplacé la peinture ; ceci n’est pas un simple hasard, c’est un parti pris sur lequel l’opinion publique aura à se prononcer.
- Les observations qui précèdent s‘appliquent tant à la porcelaine dure qu’à la nouvelle porcelaine, sur laquelle nous devons dire maintenant quelques mots. Ch. Lauth.
- Administrateur de la manufacture de Sèvres.
- ÇA suivre. )
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- Première Année. — N° 2 3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Juin i886-
- 186.
- l’Exposition et le Congrès de 1881 auront tenu toutes leurs promesses d’avenir, le jour où notre initiative aura aide la fondation de deux établissements publics destinés, parallèlement, l’un aux études expérimentales, l’autre à l’enseignement scientifique et technique.
- « Notre dernière exposition à l’Observatoire de Paris a prouvé notre vitalité ; elle a révélé de quelle, façon élevée et pratique nous entendons être des vulgarisateurs. . '
- ' « Nous renouvellerons des manifestations de ce genre chaque fois que des progrès seront à signaler ou à démontrer.
- « Le progrès que nous attendons et espérons en pi emière ligne sera dû à un grand savant français, .aidé par de puissants et illustres financiers auxquels les sacrifices coûtent peu, parce qu’il s’agit d’une découverte appelée à opérer une révolution bienfaisante dans l’économie industrielle du monde : je veux parler du transport électrique et de la distribution de l’énergie dynamique.
- « Nos expositions spéciales auront été les étapes de l’électricité vers la grande solennité internationale de 1889, où elle jouera certainement un rôle prépondérant.
- « Si la confiance du gouvernement et du pays m’appelle, encore une fois , à m’occuper de l’organisation et de la direction de l’Exposition de .1889, j’aurai la bonne fortune de joindre à l’expérience générale acquise autrefois la compétence spéciale que m’aura procurée la fréquentation de mes chers et savants collègues de la Société internationale des électriciens.
- « Je le sais par mes nombreux amis de France et de l’étranger qui ne cessent de m’entretenir du centenaire de 1889, on se prépare partout à répondre grandiosement à l’appel du gouvernement de la République française ; on se plaît à compter sur une exposition d’un genre nouveau et féconde en nouveautés utiles ; les électriciens seront, avant quiconque, en mesure de procurer des satisfactions de cet ordre.
- « Préparons-nous donc et travaillons! Notre Société est parmi celles que noblesse .oblige. »
- Le montant des souscriptions restant disponible a été versé à titre de don à la caisse de la Société des électriciens.
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- L’EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, se rendra à Anvers le 11 juin pour l’inauguration de la section française. Il assistera le 10 juin, à Bruxelles, à un banquet offert par la Chambre de commerce française de cette ville. La section italienne et la section russe viennent d’être inaugurées pàr les ministres plénipotentiaires de ces pays, le marquis Maffei et le comte Blondow. Les autres sections sont achevées ; ce n’est plus que dans la section belge qu’on signale quelques exposants retardataires.
- Le festival de Liszt sera exécuté le 7 juin dans la salle des fêtes. Les principaux morceaux du programme sont : Ma^eppa, d’après le poème de Victor Hugo ; Tasso triomfo ; plusieurs parties de l’oratorio du Christ ; Orphée et la marche de Rakocqy.
- Un congrès musical international est annoncé pour le 8 août. Les adhésions parvenues font prévoir qu’il sera très complet et très-brillant.
- La Fédération des Sociétés industrielles et commerciales de Belgique, dont le siège est à Anvers, vient de décider l’organisation d’un grand congrès international. Le programme de ce congrès et la date de sa réunion, seront prochainement fixés.
- Le concours international d’animaux reproducteurs, organisé par la Fédération belge des sociétés agricoles, dépassera toutes les exhibitions de ce genre qu’on a vus en Europe. Le chiffre des inscriptions pour les chevaux seulement, s’élève au-dessus de mille. Ce dernier concours est fixé au 28 juin. Le concours du bétail s’ouvrira le 11 juillet.
- Les visiteurs étrangers affluent de partout. Les américains viennent en grand nombre, le.dernier steamer arrivé de New-York, le Noordland en a amenés 375.
- LA MANUTENTION
- DES
- MARCHANDISES A ANVERS
- (Suite J
- ( Voir le Moniteur du / 7 Mai /8S5)
- Le piston de l’accumulateur aom,54i de diamètre, la course est de 7ul,û33. Le jeu du piston de l’accumulateur réglé automatiquement la marche de la machine.
- Les chaudières à vapeur sont au nombre de quatre, marchant deux a deux en service courant.
- La longueur totale des tuyaux placés actuellement est environ de 4,900 mètres en diamètres de om,o54, om,o8i, om,io8, om,i3b, om,iÔ2.
- Sur la canalisation générale se trouvent ménagées des prises d’eau aux endroits où des engins mécaniques doivent être placés.
- En outre, de distance en distance (5o mètres), il y a des bouches sur lesquelles on embranche un tuyau avec lance pour l’incendie.
- Dans ce dernier cas la machine à vapeur centrale envoie l’eau à une pression moins élevée (12 atmosphères) que celle nécessitée pour le travail des appareils.
- A cet effet la communication avec l’accumulateur est interrompue, et un réservoir à air, remplaçant celui-ci, assure la continuité du jet. Des dispositions sont prises afin d’arrêter automatiquement la machine lorsque la pression de 12 atmosphères est atteinte au moyen d’un petit accumulateur (cylindre vertical avec piston plongeur chargé de poids) qui est en communication, par un tuyau, avec la boule d’air. La pression augmentant dans celle-ci, le piston monte et, par une transmission au moyen de chaînes, coupe l’arrivée de vapeur à la machine. Une soupape de sûreté, commandée également par le meme accumulateur, s’ouvre dans le cas où, pour une cause quelconque, la machine continuerait-encore sa marche.
- 20 Engins hydrauliques. — Les engins établis aux bassins d’Anvers sont les suivants :
- . A. Machines destinées à manœuvrer les ponts tournants et les portes d’écluse. — Ces machines sont à deux cylindres oscillants à pistons différentiels la surface annulaire autour de la tige du piston étant la moitié de la surface circulaire opposée.
- La surface annulaire est constamment en communication avec l’eau de la . conduite, qui pénètre dans les cylindres par les tourillons ; la surface circulaire communique alternativement avec l’eau en pression et avec l’air libre, de manière que la machine travaille par différence de pression dans un sens et par pression totale dans l’autre.
- Dans les machines de pont, la distribution se fait au moyen de tiroirs à glissières, permettant la marche en avant et en arrière ; dans les machines de porte, la distribution se- fait par le tourillon même; ces dernières machines marchent toujours dans le même sens.
- B. Cabestans.. — Les cabestans établis par la firme Armstrong sont de trois types différents.
- Du premier type sont les cabestans de 5 tonnes placés à chaque pont, dans le but d’accélérer le passage de ces navires à travers les chenaux. Ces appareils sont à trois cylindres oscillants à pistons plongeurs; la distribution se fait par le tourillon.
- Le deuxième type est celui du cabestan de 11 tonnes, à force variable, placé.au musoir nord de l’écluse maritime des anciens bassins. Cet appareil est à trois cylindres, à piston, différentiel ; la distribution se fait par des tiroirs à glissière.
- Enfin, le troisième type comporte des cabestans de 1 tonne destinés à tirer les poutres hors de l’eau (quai nord du bassin aux bois) et à opérer le déplacement des grues hydrauliques roulantes. Ces cabestans se distinguent par leur agencement général; ils sont à deux cylindres oscillants à pistons, différentiels. Tout le mécanisme, aussi compact que possible, est attaché en dessous de la plaque d’assise qui porte la fusée du cabestan. On peut faire culbuter cette plaque sans interrompre la marche et visiter ainsi facilement le mécanisme. Le tout est enfermé dans une boîte en fonte, et ne nécessite comme fondation qu’une pierre ou un petit massif de maçonnerie.
- La grue adoptée est à action directe ; elle se compose essentiellement d’un cylindre hydraulique vertical dans lequel se meut un piston plongeur. La chaîne de levage, fixée par une de ses extrémités au bâti général, passe sur trois poulies mobiles avec le plongeur, et sur trois autres poulies fixes placées près du fond du cylindre, pour s’enrouler sur le réa de la flèche et se terminer par le crochet qui reçoit le fardeau à lever.
- L’écartement complet des deux chapes de ce palan renversé donne une course de 16 mètres au crochet delà chaîne ; la course du piston plongeur est de 2ni,67-
- La portée de la grue, comptée à partir du centre du cylindre élévatoire jusqu’à l’aplomb de la chaîne de levage, est de gm,5o. -
- La hauteur de la poulie de la flèche au-dessus du quai est de 1 im,90.
- La grue est à double puissance : elle peut lever i,5oo et 700 kil. avec des dépenses d’eau proportionnelles à ces charges.
- Pour atteindre ce but, le piston est composé de deux parties concentriques, rappelant ce qui existe dans les pistons de pompe des presses hydrauliques. Quand la partie annulaire et le plongeur intérieur sont plongés ensemble, la pression agit sur une surface capable de produire l’effet maximum de levage ; quand, au contraire, la partie annulaire est tenue en place par un verrou, le plongeur intérieur peut seul voyager dans le cylindre et sa section ne permet que de lever la charge minimum.
- Le mouvement d’orientation se fait au moyen de deux cylindres hydrauliques horizontaux tirant sur une chaîne, ayant les deux extrémités fixes, et qui s’enroule autour du pivot delà grue. L’amplitude d’orientation est de a5o degrés.
- Le pivot de la grue est creux afin de permettre l’arrivée de l’eau au cylindre élévatoire.
- La grue prend l’eau motrice 'à des bouches situées à nm,5o de distance l’une de l’autre. Entre deux bouches elle peut occuper une position quelconque, grâce à un tuyau télescopique dont elle est munie. Ce tuyau se démonte quand il faut que la grue change de place. Il pourrait peut-être avantageusement être remplacé par un tuyau en caoutchouc de construction spéciale, analogue à celui qui est employé pour la grue de 40 tonnes.
- Le tuyau télescopique est placé dans une rigole qui court tout le long de la voie ferrée, de manière à ne pouvoir, être détérioré par le trafic qui s’y fait sur le quai.
- La grue est entièrement construite en fer.
- Les mécanismes sont complètement à l’intérieur de la pyramide en tôle formant le bâti général de l’engin.
- Les grues hydrauliques roulantes s.e louent par jour à raison de 20 francs (machiniste comprisy.
- L’appareil qui donne le mouvement à l’arbre sur lequel se trouve calé le pignon engrenant dans la chaîne de levage (chaîne Galle) est une machine à trois cylindres à pistons plongeurs, analogue aux machines de cabestans. Il est placé au sommet du bâti de la grue, et reçoit l’eau par un tuyau en caoutchouc fixé à une prise d’eau se trouvant sur le quai.
- Le mouvement d’orientation es obtenu par deux cylindres couchés sur la flèche, et dont les pistons agissent par poulies mouflées sur une chaîne entourant le pied de la grue.
- Celle-ci peut décrire une demi-conférence. En changeant l’attache du tuyau de prise et le point fixe de la chaîne d’orientation, on peut faire orienter la grue dans un sens ou dans l’autre.
- Les tuyaux en caoutchouc, destinés à subir une pression de 5o atmosphères, doivent être construits d’une façon spéciale. Le tuyau qui est en usage à la grue de 40 tonnes porte une série d’anneaux en fer très rapprochés, de manière à former un tuyau métallique composé d’éléments assez peu distants les uns des autres pour que le caoutchouc puisse résister entre deux anneaux successifs, et assez éloignés pour que le tuyau puisse prendre la courbure nécessaire. L’accouplement de ce tuyau à la prise d’eau se fait par un joint universel.
- C. Bigue de 120 tonnes. — La bigue établie au quai est du bassin du Kattendyk a été construite d’après le système Clark.
- Elle se compose essentiellement de deux jambes en tôles et cornières pivotant dans deux supports en fonte établis sur la tablette du mur de quai. Les extrémités de ces jambes sont reliées, au moyen d’un pivot en acier Bessemer, à la bielle construite en tôles et cornières en fer.
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- Première Année — N° 23.
- ILES LIVRES
- [Suite.)
- X
- La Société de Londres, par un diplomate étranger, 40 édition.
- Paris. E. l.)entu, libraire-éditeur!
- . Le titre et l’esprit de ce journal nous font un devoir d'attacher une attention particulière aux ouvrages qui sont de nature à intéresser le public international. Ce public est vivement sollicité, depuis quelque temps, par une série d’études et de portraits pris dans divers centres de la société européenne, Berlin, Vienne, Londres. Les personnage, et les types principaux des divers mondes dans ces capitales ont posé successivement, sans le savoir, devant l’objectif d’observateurs plus ou moins pénétrants, mais dont aucun’ n’a négligé l’attrait piquant d’un certain ragoût de malice et même de malignité.
- C’est M. Victor. Tissot qui a donné le branle à cette curiosité qui ne saurait trop juger de la ressemblance des portraits, mais qui est d’autant plus portée à les trouver ressemblants qu’ils ne paraissent pas flattés. Après M. .Tissot et ses voyages d’observation à Berlin, à Vienne, à Dresde, à Saint-Pétersbourg, sont venus les ouvrages de ce mystérieux comte Vassili dont la Nouvelle Revue, de Mme Adam, a eu la primeur et a fait le succès. Et précisément, pendant que ledit comte Vassili commençait dans la Revue, théâtre de ses succès, des révélations sur la société de Londres combinées, comme les précédentes, de façon à frapper fort, sinon à frapper juste, sur la curiosité publique, devenue plus exigeante à mesure qu’elle est plus prête d’être rassasiée, voici qu’a paru, déflorant ses effets par une avance que le peintre attitré de la Revue a trouvée inopportune et même indiscrète, un volume anonyme dont le domino de « diplomate étranger» ne dévoile que très imparfaitement l’auteur.
- -Quoi qu’il en soit de cette conjonction brusque, de ce choc entre deux écrivains également pressés d’arriver premiers, de ce débat, enfin, qui se dénouera, dit-on, judiciairement par un procès, nous prenons notre bien où nous le trouvons, et nous nous régalons des confidences du « diplomate étranger» dont l’ouvrage est curieux, intéressant, piquant, quoique d’une touche moins légère, d’un ton moins leste et d’une allure moins dégagée que ceux de son rival le comte Vassili. C’est une lecture^agréable et profitable en somme, quand bien même il ne serait pas vrai, comme l’affirme, paraît-il, un article du Times, que cette* lecture équivaut, pour la connaissance des hommes et des choses à Londres, à un séjour de dix années-.
- En dix années, en ce temps où tout change si vite, une société peut être profondément altérée, modifiée, bouleversée même ; et une des choses qui rendent la société anglaise particulièrement intéressante à étudier en ce moment, c’est précisément qu’elle accuse aux yeux du politique, du moraliste, du simple chroniqueur, tous les signes, tous les symptômes avant-coureurs d’une transformation prochaine.
- Quoi qu’il en soit, il est certain que les tableaux et les portraits du « diplomate étranger »- témoignent d’un long et intime commerce avec ses modèles, et que ses observations résument les résultats d’une expérience dont les conseils sans amertume ne sont pas à dédaigner.
- La cour et la famille royale, les princes et les ducs‘de la famille royale, le monde diplomatique, les principaux groupes de la société de Londres à la ville et à la campagne, les avocats, juges, ecclésiastiques, officiers et docteurs, les hommes politiques, les notabilités du Parlement et des salons, les littérateurs et les journalistes, les acteurs, les actrices et les artistes.: tei est le cortège nombreux et varié qui défile, série par série, devant le diplomate étranger ; aussi nous lui avons tout d’abord demandé ses impressions sur le monde diplomatique, auquel il appartient authentiquement ou in partibus. Nous nous promettions un plaisir, non sans quelque malice, de l’interroger sur le compte des diplomates français à Londres. Mais, par une exception dont la réserve peut prêter à plus d’une conjecture, notre diplomate étranger, si peu fidèle au secret diplomatique en ce qui concerne toutes les autres ambassades à Londres, est muet comme un poisson sur tout ce qui touche à la nôtre.
- En revanche, sur la reine, le prince de Galles, la famille royale, le monde diplomatique étranger et le monde politique anglais, il y a, dans le livre, à faire une ample récolte de notions utiles et de renseignements caractéristiques. On y trouve nombre de portraits qu’on sent bien vus, bien observés, bien rendus, ressemblants et vivants. Ce qui ferait croire à la qualité de diplomate qu’invoque l’auteur, c’est que la liberté du trait n’y va jamais jusqu’à la licence, et que s’il ne s’interdit pas absolument la médisance, le mur de la vie privée est parlui scrupuleusement respecté ; enfin, il fait bon marché du facile et dangereux succès de la chronique scandaleuse. Sur les personnages mis en vedette par les récents événements, M. Gladstone, lord Granville, lord
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Randolph Churchill, lord Hartington, lord Rose-bery, sir Charles Dilke, M. Goschen, M. Chamberlain, le comte de Munster, M. de Staal, l’auteur donne de curieux et utiles détails.
- Le cosmopolitisme de la société de Londres, l’influence du monde juif, l’importance croissante prise par la colonie allemande et la colonie américaine sont des traits de la physionomie générale du grand monde à Londres finement observés et heureusement mis en relief. Le monde des journaux et des journalistes fournit à l’auteur un chapitre des plus agréables et des plus utiles à lire pour quiconque tient une plume.
- Enfin, car il faut se borner, et nous n’avons voulu, dans ce cadre étroit, que faire ressortir quelques-unes des leçons de ce livre plein d’enseignements, on ne lira pas sans surprise ni sans intérêt les pages où le « diplomate étranger » nous montre les acteurs et actrices en vogue, reçus couramment,- familièrement, et avec un goût et des égards particuliers, contrairement à ce qui a lieu en France, dans la plus haute et la meilleure société de Londres, dérogeant à ce cant jadis si implacable et à ce puritanisme proverbial dont la rigueur s’est singulièrement adoucie.
- M. de Lescure,
- AVIS COMMERCIAUX
- ROUMANIE
- PRINCIPAUX ARTICLES ü’iMPORTATION
- Nous lisons dans le Recueil consulaire autrichien que les principaux articles que l’Autriche importe en Roumanie sont les tissus, les filés, la quincaillerie,le verre et la verrerie, les produits chimiques, les matières tinctoriales, les denrées coloniales, les meubles, le cuir, le papier de qualité supérieure, les lampes et les eaux minérales. — Les machines pour la meunerie et la distillerie viennent encore d’Autriche ; cependant quelques appareils de distillation commencent à venir d’Allemagne à cause de leur bon marché. Les machines agricoles proviennent en majeure partie d’Angleterre et d’Allemagne, quelques-unes d’Autriche. Les cultivateurs se décident à améliorer leurs procédés de culture, c’est aux fabricants à se mettre en mesure de répondre aux demandes qui ne feront que s’accroître. — Il est à remarquer que le commerce autrichien est peu à peu écarté par le commerce allemand ; cela provient du bon marché des produits allemands. Il faut signaler aussi que les maisons allemandes ont établi partout des agents dignes de confiance et ne se contentent pas d’envoyer des voyageurs. L’agent a, en effet, l’avantage de connaître mieux qu’un voyageur le pays et ses habitants.
- On peut cependant, pour créer de premières relations , employer les voyageurs; les agents ne deviennent indispensables que quand ces relations ont pris de l’extension. Le voyageur doit faire le plus d’affaires possible dans le moins de temps' possible ; il est amené, par conséquent, à recevoir des ordres de personnes peu dignes de confiance et à leur accorder du crédit. 11 lui arrive aussi de vendre des quantités de marchandises qui ne trouveront pas à se placer : de là résultent des difficultés dans le payement et quelquefois des faillites. Il serait donc préférable de suivre l’exemple de l’Allemagne et d’établir des agents permanents.
- TURQUIE D’ASIE
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE
- Le consul de France à Larnaca fait remarquer que le nouveau service de la Compagnie des Messageries maritimes met le port de sa résidence en relations directes avec Marseille et il est à prévoir, ajoute-t-il, que la création de ce service contribuera, d’une manière très active, au développement de nos transactions commerciales. — Les produits français n’arrivaient jusqu’ici dans l’ile qu’après avoir subi un transbordement à Alexandrie sur les paquebots du Lloyd austro-hongrois ou sur les navires à vapeur anglais qui, de temps en temps, fréquentent les ports de Larnaca et de Limassol. A cause des retards, des frais et des avaries qui étaient souvent la conséquence de cet état de choses, les négociants importateurs de Chypre, dont les approvisionnements se faisaient autrefois, pour la majeure partie, en France, se sont peu à peu éloignés de ce marché et font, pour.la plupart, leurs achats en Angleterre, en Autriche et en Allemagne. Grâce aux facilités qui viennent d’être mises à sa disposition, le commerce d’exportation français pourra, en agissant avec quelque énergie, reconquérir le terrain perdu et trouver à Larnaca des débouchés plus considérables que ceux qui lui étaient ouverts dans ces derniers temps. — Pour atteindre ce but, il serait utile que nos négociants et fabricants fissent choix d'agents ou de représentants ayant une connaissance approfondie des usages ainsi que des langues parlées dans le pavs. — En outre, les prix de vente devraient se
- "Dimanche 7 Juin i88b. — 187.
- rapprocher autant que possible, surtout pour les articles de consommation courante qui sont ici les plus recherchés, de ceux qu'obtiennent les marchandises similaires anglaises, autrichiennes et allemandes. — Aucune maison française établie à Chypre ne s’était occupée jusqu’ici,'d’une manière spéciale, de la représentation de notre commerce d’importation et les intérêts de nos fabricants ont dû, pour la plupart, être confiés à des étrangers. — Aussitôt après que le nouvel itinéraire des Messageries a été connu , un des membres les plus honorables de notre colonie de Larnaca a comblé cette lacune, et il vient d’ouvrir dans sa maison de commerce un comptoir d’importation qui sera spécialement destiné aux produits français et à la représentation de nos fabricants.
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- LES MÉDAILLES DU SALON
- PEINTURE
- Médaille d’honneur : M. Bouquereau.
- Pas de premières médailles.
- Deuxièmes médailles. — MM. Friant, Weiss, Mathey, Bramtôt, Princeteau, Dawaut, Foubert, A. Edouard, Loewe-Marchand, Berteaux, Petit-Jean, Clairin, Hareux, Lagarde.
- Troisièmes médailles. — MM. J. Buland, A Agache, Ernest Laurant, MUc Beaury-Saurel, A. Morlon, A. Thiollet, Victor Mareg, A. Cusile, J.-B. Olive, A. Bloch, MUc Julia Marest, F. Uhde, Ad. Binet, J. Gueldry, F. Thévenot, Frantz Charlet,. Richard Friese, Eug". Carrière, A. Morlot, G. Pinel, A. Bettanier, E. Bourgeois, H. Brispot, Ed. Char-lemont, Charlay-Pompon, Edouard Fournier.
- MM. Otto Sinding, Isembart, Paul Thomas, Jourdeuil, Carpentier, Prouvé, J. Israels, Gervais, Lucien Simon, Casanova, Rooke, Jolyet, E. Martin, Weeks, Bail, Stewart, Walter Gay, Delhumeau, Schuller, Stengelin, Coquelet, Hynais, Ruth Mercier, Henri Sauvage, Zacharian, Georges Busson, Adrien Armand, Charpin, Borchard, Harrisson, Hildebrand, Wilda, Washington, Gri-son, Jean Monchablon, Alexis Vollon, Duffaud, Brion, Bouché, E. Girardet, P. Clément, Henri Laurent, Mann, Bombled, Chalon, Klumké, Guéry,. Claris, Bujrgkan, François Lafon, Marie Cazin,
- E. Berton, G. Swan, Brummel, Raffaeli, Marius Michel, Mousset, Richet, Rolli, Belot, Halkitt.
- SCULPTURE
- Pas de médaille d’honneur.
- Premières médailles. — MM. Daillion, Desca, Croisy, Antonin Cariés, Roty.
- Deuxièmes médailles. — MM. Hiolin, Louis Cordier, Démaillé, Valton, xùgathon, Léonard, Marioton, Lange-Gugliemo, Pallez.
- Troisièmes médailles. — MM. Flenri Levasseur, Mengue, Laporte, Gaston Leroux, Fouques, Pech, Lemaire.
- Mentions. — MM. Verlet, Robert, Rambaud, Houssin, Browing, Lavée, Truphot, Aubert, Hercule, Ferville-Suan, Ming,, Pêne, Ringel, Mme Desca, Maugendre, Augé, Du Passage, Madrassi, Bogio fils, Samain, Bourdel, Laroque, Huet, Mme Gazin, Saint-Vidal, Charlier, Cadoux-Mari, Tourgueneff, Saint-Joly, Stella, Contrai, Desprez, Rivière, Valbudea, Arrias, Guibé, Lambert, Darbefeuil, Bouret, Rato, Pecon, Havar, M.Ue Grégoire, Mezzara, Rozet, Lechevrel, Cha-vrillot, Rault.
- ARCHITECTURE ,
- Médaille d’honneur. — M Laloux (Victor-Alexandre), auteur du projet de restauration de l’Altis d’Olympie.
- Médailles de jre classe. — MM. Lefert, Quatre-sous, Boileau, Dariz.
- Médailles de classe. — MM. Pons, Cuvilier, Wable, Camus.
- Médailles de 3e classe. — MM. Nodet, Bacs, Chaîne, Poncet.
- Mentions honorables. — MM. Lehatelier, Renaud, Raffet, Hourlier, Degeorge, Bousfuc, Leroy, Charles Normand, Lacombe, Despient, Caddau, Bernard-Joanny.
- GRAVURE
- Pas de médaille d’honneur.
- Pas de premières médaillés.
- Deuxièmes médailles. — MM. d’Harlingue, H. Le-fort, G. Bellenger, A. Mongin.
- Troisièmes médailles. — MM. R. Muzelle, L. Pirodon, Ad. Géry-Bichard, Al. Boileau, A. Boulard, A. Réveillé, Em. Salmon, L. Desbrosses, F. Dupont.
- Mentions honorables.
- Burin : MM. J. Penel, Raab Daris.
- Lithographie : MM. J. David, John Lewis-Brown, J. Léonard.
- Eau-forte : MM. Wallet, F. Desmoulins, yjuo Formstecher, L. Dautréy, P. Martin, A. Massé,
- F. Jazinski, L. Penet, E. Fornet, G. Faivre.
- Gravure sur bois : MM.'H. Dochi, R. Breynat,
- F. Florian, E. Deloche, A. Dauvergne, A. Lèray, MUc Lindestrom.
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- x88. — Première Année. — N° 23.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Juin i885.
- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- INSTALLATION ET MISE EN MOUVEMENT DES MACHINES
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 26 Avril /885)
- Dans la galerie française des machines, deux arbres de couche pareils couraient sur toute la longueur, interrompus seulement au droit des grands passages. Ils étaient supportés par un double portique de colonnes de fonte à la fois élégant et robuste sous lequel on circulait facilement. Dans les annexes, sauf un ou deux passages où la transmission était souterraine, les arbres de couche étaient également disposés au-dessus du sol, portés par des supports d’un aspect plus simple que dans la grande galerie et à une hauteur convenable afin de ne pas gêner la circulation.
- Dans les sections étrangères les transmissions avaient été établies suivant les besoins à satisfaire.
- La fourniture de ces diverses transmissions, non compris celle des transmissions secondaires, avait été faite, pour la section française, par vingt et un exposants, et, pour les sections étrangères, par trois exposants.
- Ces considérations générales seront utilement complétées par quelques données numériques qui, comparées avec les résultats de la précédente Exposition universelle, feront mieux ressortir le caractère de grandeur que l’on constatait en 1878 dans l’ensemble de l’Exposition de la mécanique générale. O11 était frappé par l’aspect de tous ces grands appareils, harmonieusement disposés, portant l’empreinte, dans leurs lignes générales aussi bien que dans le détail de leurs organes, d’une conception sûre et hardie, et en même temps d’une étude attentive et .d’une exécution soigneuse; on sentait la maturité d’une puissante industrie sûre d’elle-même et de ses procédés.
- DÉSIGNATION 1878 1867
- nuscE ÉTRANGER TOTAUX. TOTAUX
- I. Machines motrices
- Nombre de machines. Puissance totale en chevaux en allure 31(i) 10(1) 4i(i) 12
- moyenne II. Générateur de vapeur Nombre de groupes de 1747 786 2593 8-'4
- chaudières.. 11 5 16 ))
- Nombre d’exposants .. Nombre de corps de 11 8 (~) 19 32
- chaudières Surface de chauffe 10- 19 11 30 45
- taie Production totale moyenne par jour 1662 m 2 Il !6m2 2778mS »
- (kilog. de vapeur).... Production totale pendant la durée de l’Exposition (kilog. de I44180k 75270k 2l94o0k ))
- vapeur) III. Transmissions 25925000k 13548000k 3917 5000k ))
- No mbre de fou rn i s se .1 r* Longueur cumulée des 21 3(3) 24 ))
- arbres de couche.... 1590- 086- 2176"' ))
- I1) Les machines à deu> seule machine. (2) Sur lesquels deux e (3) Dont deux français. cylindres sont comptées pou xposanfs français. r une
- SERVICE HYDRAULIfjUE
- 1878 Deux usines élévatoires vapeur. d’environ 500 chevaux-
- ( Service des eaux : 7 machines à 18fi7 ) puissance totale de 1125 chevaux. vapeur l’une
- I Ventilation : 8 machines ' totale de 100 chevaux. vapeur d’une puissance
- Il résulte de l’examen même de ce tableau que, d une part, la force motrice consommée par les exposants a augmenté dans une proportion considérable : de 85i chevaux en 1867, elle est passée à 2,533 chevaux en 1878 ; c’est donc un accroissement du simple au triple.
- D'autre part, que le nombre des machines motrices a diminué notablement : de 52 il est tombé à 4L La puissance moyenne de chaque machine s’est élevée de 16,05 chevaux à 62 chevaux.
- On constatait également que les installations de générateurs à l’Exposition de 1878 y étaient faites sur une échelle vraiment grandiose : la surface de chauffe par corps de chaudière ressort à une moyenne de 92 mètres carrés, chiffre considérable représentant la puissance des plus grandes chaudières de l’industrie.
- Enfin,la transmission, qui, en 1867, avaitune longueur de 792 mètres et portait 1,08 cheval par mètre courant, en 1878, avait une longueur de 2,176 mètres et elle travaillait un peu plus activement, à raison de 1,16 cheval 'par mètre courant ; mais ce surcroît était dû principalement à l’influence des sections étrangères qui donnent le chiffre de 1,33 cheval par mètre de transmission, chiffre élevé, résultant surtout de la rapidité d’allure de l’arbre de couche dans certaines sections.
- Comme conclusion à cette revue rétrospective que nous avons publiée de l’installation de la force motrice aux Expositions universelles, nous indiquerons brièvement les conditions qu’il nous semblerait intéressant de voir réalisées en 1889, principalement au point de vue spécial que nous avons examiné, celui des machines à vapeur, et que l’importance de leur rôle dans l’industrie moderne justifie.
- S’il est en effet naturel d’appeler de temps à autre l’industrie à un concours qui permette de mesurer, par comparaison, le chemin parcouru et celui qui reste à faire, il faut, pour que ces concours aient leur pleine valeur, que bien des conditions soient remplies. Il serait d’abord intéressant que -tous les manufacturiers éminents consentissent à descendre dans l’arène,et quelasincérité des exposantsfûtcom-plète ; en outre il faudrait que l’on renonçât aux travaux exceptionnels, accomplis pour la seule circonstance de l’Exposition, et qu’on se bornât aux produits habituels de son industrie. Autrement, la forme emporte le fond et une Exposition en dehors de ces conditions n’est pas la représentation fidèle des vraies forces productives des nations à une époque déterminée. Dans le même ordre d’idées, l’admission des Expositions collectives à côté des Expositions individuelles est également fâcheuse ; il semble indispensable de séparer les groupes des unités, si l’on ne veut pas se reposer sur d’anciens lauriers pouvant empêcher d’apercevoir qu’il n’en pousse pas de jeunes par dessous. Et pour que la justice ne se trouve pas absolument faussée, il conviendrait aussi de placer à part les exhibitions des ateliers d’Etats et des corps constitués, afin de laisser la lutte s’établir à armes égales entre les véritables concurrents, entre les véritables intéressés.
- Comme il n’y aurait rien de surprenant à ce qu’un temps d’arrêt se produisît dans la série de ces grandes assises du travail, l’Exposition de 1889 peut être une des dernières solennités de ce genre. L’activité humaine, dans le cours des siècles, change de direction et varie ses efforts ; rien ne dit donc qu’au xxe siècle une évolution nouvelle ne se produira pas et dans ce cas la prochaine Exposition peut être appelée à caractériser une époque. Le xix<; siècle pouvant rester le siècle de l’Industrie, nous devons chercher à rendre inimitable ce futur concours international, qu’il soit ou non le dernier, afin d’en faire un triomphe sérieux et utile pour notre pays.
- Il nous paraît donc indispensable que cette Exposition soit, sous le contrôle de l’Etat, une manifestation éclatante de la puissance de l’initiative privée.
- LE MUSÉE GUIMET
- Le Conseil municipal de Paris a, dans sa séance du lundi 16 mars, voté, par 33 voix contre 29, l’installation à Paris d’un musée des religions et civilisations orientales, offert à l’Etat par M. Guimet.
- Le généreux donateur, riche industriel de Lyon, est un orientaliste distingué. Fils et continuateur de ce Guimet qui, en 1826, découvrit la fabrication de l’outremer, il a consacré une partie de son immense fortune à collectionner dans ses voyages les monuments des civilisations et des religions de l’extrême Orient : Inde, Chine, Japon, Cambodge, etc. C’est au cours d’une excursion en Egypte, après avoir longuement visité le musée de Boulaq, et étudié l’archéologie égyptienne sous la direction du savant égyptologue Mariette-Pacha, qu’il s’attacha à l’étude des croyances antiques et des conceptions religieuses de l’Orient
- Chargé en 1876, avec M. Félix Régamey, d’une mission scientifique pour l’Inde, la Chine et le Japon,il visita les temples,recueillit des documents authentiques sur les croyances et les rites des religions asiatiques, brahmanisme, bouddhisme, religion de Confucius, acheta des livres sacrés, des objets servant à ces différents cultes, et forma ainsi, de tout ce qu’il put rassembler à grands frais, une collection spéciale, sans rivale en Europe, qui figura à l’Exposition internationale de 1878, et dont M. Guimet, revenu en France, forma un musée à Lyon.
- Relégué dans cette ville, il n’était pas assez visité par les savants et les artistes pour rendre tous les services que l’on en pouvait attendre.
- Aussi M. Ouimet, pressé par les orientalistes parisiens les plus autorisés, s’occupa-t-il de transférer son musée à Paris, où était sa véritable place. Il offrit donc cette collection à l’Etat à la condition qu’elle formerait, à Paris, un musée à part, sous le nom de Musée Guimet; que les frais de construction et d’installation, 1,500,000 francs environ, seraient partagés entre l’Etat et M. Guimet lui-même; que ce dernier en serait le directeur à vie, d’ailleurs non rétribué; enfin que l’Etat assurerait annuellement au musée un budget de 45,000 francs.
- Mais il fallait un terrain de 4,000 mètres environ et représentant une valeur d’àpeu près un million. L’Etat le demanda à la Ville. Le Conseil municipal, appelé à délibérer sur cette question, a adopté, on le sait, le principe de la dépense à faire, et a ainsi enrichi Paris d’une collection unique et de la'plus grande importance.
- Le catalogue forme, à lui seul, un gros volume. Il comprend : 1° des statues, statuettes, bas-reliefs, peintures originales, etc. représentant les divinités de l’Inde, de la Chine, du Japon, de la Cochinchine, de la Grèce, de Rome et de la Gaule; 2° des objets religieux, servant aux différents cultes de l’Orient; 3° une bibliothèque spéciale comptant aujourd’hui plus de 13,000 volumes ; le tout classé par nations, tribus, religions et différentes sectes.
- On le voit, l’installation à Paris de ce magnifique musée s’imposait en quelque sorte, et 011 ne saurait trop approuver l’acquisition par l’Etat de cette riche collection qui renferme des merveilles inestimables au point de vue artistique, et des documents précieux pour l’histoire de ces brillantes et antiques civilisations de l’Orient, encore trop peu connues parmi nous.
- Cii. Hess.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ARR AULT et Cie, r ue de 1 a Prèfeotu re,
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- Le Mon
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIERE ANNÉE.
- Dimanche 14 Juin 1885.
- NUMÉRO 24.
- SOMMAIRE :
- i° L’Exposition d'Anvers ; 2° l’Exposition d’Anvers ; 3° Exposition industrielle, horticole et scolaire ; 40 Les Expositions des beaux-arts; 5° Echos; 6° La Manufacture de Sîrvrcs ; 70 La Question économique ; 8° La Manutention ; 9° Les Livres ; io° Avis commerciaux ; 11° Les Théâtres,
- EXPOSITION D’ANVERS
- INAUGURATION DE LA SECTION FRANÇAISE
- (Par dépêche télégraphique.)
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, a visité, mardi dernier,l’Exposition.
- Il était accompagné de MM. le comte de Mon-tebello , G. Lafenestre, Félix Faure, Berger, Antonin Proust, Hebrard, Cambon, etc., etc.
- Le roi et la reine des Belges qui se trouvaient à Anvers.ce jour-là, ont rencontré le ministre et les commissaires français sur la plate-forme de l’escalier qui mène de'la section française à la galerie des machines.
- « Je suis heureux, a dit le roi en s’adressant à M. Pierre Legrand, de rencontrer un ministre français à une exposition belge. C’est là une preuve de l’amitié qui unit les deux pays, je vais vous accompagner dans votre section cjui est très belle. »
- M. Pierre Legrand a exprimé à Leurs Majestés l’expression des respectueuses sympathies du gouvernement. Il a dit que appartenant au département du Nord il sait personnellement en quelle haute estime on peut tenir lu population belge. « La France, a-t-il dit, n’a pour la Belgique que des sentiments d’amitié.1 »
- Le cortège a ensuite longuement parcouru la section française.
- A trois heures Leurs Majestés ont pris congé du ministre français qui s’est dirigé vers le port,, accompagné par M. le bourgmestre de Wael.
- Un steamer a conduit le ministre et sa suite jusqu’à la hauteur des grands bassins.
- A quatre heures et demie la promenade sur le fleuve était terminée et M. Pierre Legrand revenait près de l’ouverture de la section des colonies françaises.
- ---------------iSa-<SH5)HSHiST--------
- EXPOSITION D’ANVERS
- (Lettre de notre correspondant particulier) :
- Une tribu de douze nèges congolais a été débarquée à Anvers, dans la première quinzaine de mai. Elle doit figurer à l’exposition ethnographique due à l’initiative de la Société royale de géographie, et organisée par ses soins. Le principal personnage de la troupe est le roi ou chef Massala, des environs de Vivi, qui a rendu de grands services à la mission belge. Puis viennent deux hommes adultes, Tchinkela, Siouka M’Ponge ; trois femmes, Zoumba, Zala, Loubendo ; une jeune fille, Maboté, et trois jeunes garçons, Mongo, Louamba, N’Zimib. — Cette petite smala, à laquelle s’est joint un indigène du Maniéma, Kassokou, a été amenée directement d’Afrique par le lieutenant Valcke. Son conducteur actuel est un indigène de Cabinda, Fernando Taté, qui parle anglais et sert d’interprète. Débarqués à Rotterdam, nos étrangers y ont été reçus par d’anciennes connaissances : le lieutenant Haneuse, envoyé à leur rencontie par la Société de géographie, et qui a séjourné deux ans en Afrique; et le lieutenant-colonel van der Bogaert qui avait eu à son service au Congo le linguister Taté. Leur premier soin a été de demander s’ils verraient bientôt Boula Matari (Stanley), dont on leur a
- annoncé la prochaine arrivée probable. Leur garde-robe, celle des jeunes garçons surtout, est des plus élémentaires, malgré le soin qu’avait pris sir Francis de Winton de les pourvoir de vêtements à leur départ à Banana. Cependant, bien qu’à peine vêtus, ils ne semblent pas avoir souffert outre mesure de la mauvaise saison que nous traversons. Leurs bracelets et leurs pipes sont les parties les plus importantes de leur costume. Seul, Taté, qui est un personnage important, porte avec une grande dignité ce qu’avec beaucoup de bonne volonté on pourrait appeler un costume européen. Massala, vigoureux gaillard, solidement bâti, a vraiment grand air sous ses guenilles, malgré sa laideur que l’on ne saurait contester, et c’est avec une certaine noblesse qu’il a tendu la main au colonel Wankermans, président de la Société de géographie. Kassokou, qui est déjà grisonnant, semble vouloir se séparer de ses compagnons qu’il juge sans doute plus sauvages que lui ; il porte une espèce de costume bariolé qui n’est pas d’une irréprochable fraîcheur. Il vient de Stanley-Falls. Les autres, d’un physique assez agréable, sont doux et bons ; leur état de santé est excellent et ils se montrent joyeux et causeurs ; ils paraissent intelligents. Tous, d’ailleurs, semblent reconnaissants des soins et des bontés qu’on a pour eux. La vue de Rotterdam, puis celle d’Anvers, avec leur énorme accumulation de maisons, leur ont causé un vif étonnement. Le bateau le Telegraaf, qui les a amenés à Anvers ; les lumières des réverbères, le mouvement de cette maison roulante dans laquelle ils se sentaient entraînés et aux coussins de laquelle ils se cramponnaient, ne les ont pas moins surpris.
- A leur arrivée à Anvers un grand omnibus les attendait pour les conduire à leur logement provisoire. Enveloppés de chaudes couvertures , ils ont éprouvé un véritable bien-être à pouvoir prendre un peu de repos. Tous, y compris Mmes Zoumba, Zala, Loubendo etMUe Maboté, ont allumé avec enthousiasme leurs pipes et les cigares qu’on leur a offerts.
- Aussitôt après leur arrivée, on leur a distribué quelques vêtements et l’on a pu, chose curieuse, constater chez ces gens, habitués à vivre nus, un véritable sentiment de pudeur, provoqué sans doute par la vue de gens complètement habillés. On profitera de leur retraite momentanée pour les vêtir de manière à pouvoir les produire en public, dans un climat dont les rigueurs sont bien faites pour les étonner, et aussi pour leur inspirer confiance par les soins dont ils seront entourés. Des précautions minutieuses sont prises pour assurer leur sécurité et les mettre à l’abri de la curiosité indiscrète du public.
- Ils emploieront ce temps à restaurer leurs chimbetto (maisons) qui ont été embarquées, avec eux et qui seront édifiées dans le jardin de l’Exposition.
- Les journaux belges se sont élevés contre le sans-gêne de la réception faite à Anvers aux Congolais.
- Il paraît que l’on a commencé par leur donner une seule chambre dans laquelle ces ^ douze personnes se sont entassées et ont couché , pêle-mêle. — Le roi Massala, qui paraît avoir un grand sentiment de sa dignité, s’était mis dans un coin et se tenait autant que possible à l’écart.
- Depuis lors on a donné une seconde chambre à cette smala congolienne. On aurait bien fait de les loger conformément aux idées qui appartiennent à notre civilisation. Si l’on a fait venir, en Europe un chef africain, ce n’est pas pour l’exhiber comme une bête curieuse. De retour chez lui, il devra raconter qu’il a été reçu avec tous les égards dus à son rang et aux services rendus par lui à l’Association.
- Enfin, certains journaux se demandaient si dans le code pénal qu’on est en train d’élaborer pour l’Etat du Congo, on n’avait pas rétabli Y exposition publique !
- Vous avez pu voir, dans la dernière communication qui vous a été faite, que leur installation a été sensiblement améliorée. C. T.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- HORTICOLE ET SCOLAIRE
- Conférence sur le Crédit Agricole par M. Rondeau
- Mercredi, M. Rondeau a ouvert ' la série des conférences qui doivent se faire dans la salle desfêtes de l’Exposition. Le sujet choisi pour cette première réunion était fort sérieux, et cependant près d’une centaine de personnes étaient assemblées pour écouter l’orateur, qui s’exprime avec une clarté remarquable. Il a reçu de l’auditoire un accueil des plus; sympathiques.
- M. Rondeau n’est ni un protectionniste, ni un libre-échangiste ; il croit, avec raison, que chaque école a ses avantages et ses inconvénients. Ilpense, en s’écartant des préjugés des uns et des autres, que le remède à la crise agricole est dans l’association des cultivateurs par l’organisation de banques spéciales ou sociétés coopératives de crédit, comme il en existe en Allemagne, en-Ecosse et en Italie.
- Eh quoi ! depuis le commencement du siècle tout s’est transformé par l’association, dans l’industrie comme dans le monde financier; tout ce qui a été fait de grand depuis trente ans a été obtenu par l’association des intérêts. Et ce système, dont la grande industrie est sortie toute puissante, l’agriculture le dédaigne, elle cherche dans des procédés empiriques la guérison de son mal. Erreur ! ce n’est pas une maladie accidentelle qui la mine, c’est un affaiblissement chronique. Ce n’est pas une potion qu’il lui faut, c’est une hygiène et un régime réconfortants.
- Si les industriels avaient eu les mêmes préjugés que les agriculteurs, où en seraient-ils? N’oublions pas que depuis vingt-cinq ans des transformations ocnsidérables se sont produites dans les moyens de transport. Il n’y avait alors pas ou peu de chemins de fer, aujourd’hui les lignes ferrées se sont établies comme un vaste réseau enserrant l’ancien et le nouveau continent. Il n’y avait que des navires à voiles, aujourd’hui les mers et les océans sont sillonnés dans tous les sens par des services de bâtiments à vapeur rapides. Les grandes plaines de la terre noire de Russie sont aujourd’hui à nos portes, cpmme les vastes territoires de l’Amérique du Nord, les rives de l’Inde et de l’Australie ne sont pas plus éloignées que les côtes de la Sicile. Et partout les céréales croissant dans un terrain merveilleux, dans des pays où la main-d’œuvre esr peu élevée, sont produits à bon marché et arrivent dans nos ports dans des conditions de prix extrêmement réduites. Ce sont là des faits que toutes les récriminations ne peuvent détruire et qui ne peuvent au contraire que s’accentuer tous les jours.
- Cherchez donc, messieurs les cultivateurs, un remède en vous-mêmes, ne vous immobilisez pas; c’est dans l’association qu’il existe et non ailleurs. Créez des banques agricoles cantonales, d’arrondissement , où les uns pourront placer d’une manière lucrative leurs capitaux disponibles, où les autres trouveront à bon compte les fonds qui leur sont nécessaires. Associez-vous et vous mettrez au profit de tous les procédés économiques de la grande culture. Industrialisez l’agriculture, c’est-à-dire employez pour elle les 'procédés qui ont réussi à l’industrie, c’est là le remède et la guérison.
- Vous connaissez la fable du bon La Fontaine, les bâtons isolés se brisent facilement, mais réunis en faisceaux ils résistent.
- Il faut créer en France le Crédit agricole, comme tous les économistes sérieuxle réclament et comme Michel Chevallier, dans son introduction au rapport du jury de l’Exposition de 1867, le demandait énergiquement lui-même. Depuis vingt ans a-t-on fait quelque chose de sérieux dans cet ordre d’idées? Rien! Que les cultivateurs comptent seulement sur eux-mêmes : Aide-toi, le ciel t’aidera ! Mais pour cela il faut de l’esprit d’initiative.
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- igo. — Première Année. — N° 24.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Juin iS85.
- M. Rondeau a développé toutes ces idées d’une façon aussi convaincue qu’attrayante. Il a su se faire écouter avec intérêt et plaisir en parlant de choses sérieuses et en écartant toutes les considérations politiques.
- C’est un véritable succès et nous lui en prédisons un autre plus complet si nous avons le plaisiiy de l’entendre une deuxième fois dans la salle des fêtes de l’Exposition de Beauvais.
- Conférence du 5 juin 188S.
- Secours aux blessés par l’Association des Dames françaises^
- Il y a deux ans, le docteur Duchaussoy, agrégé de la Faculté de Paris, fondateur de l’Association des Dames françaises, était venu dans notre ville faire une conférence qui eut à l’époque un grand retentissement.
- Cette fois, ce professeur distingué a_ voulu créer ici un Comité d’organisation et ses efforts ont été couronnés de succès; dans quelques jours ce Comité fonctionnera complètement et sera à même de rendre les plus grands services à nos malheureux soldats du Tonkin, de Madagascar et d’ailleurs.
- Une centaine de personnes, composée en majorité de dames, assistaient à cette conférence.
- Au début de sa conférence, Mq le docteur Duchaussoy remercie le Comité général de notre exposition d’avoir bien voulu accordera son œuvre une place importante, et de lui avoir permis de développer ses idées.
- En quelques mots il explique que désormais nous sommes une nation armée, que tous nous concourons à la défense de la patrie, et qu’àll’heure actuelle personne ne peut être indifférent aux choses de la guerre. Armée active, réserve, armée territoriale, nous rentrons tous dans une de ces classes, si nous sommes valides et dans les limites d’âge prescrites par la loi. Chacun a un parent, un. frère, un fils sous les drapeaux.
- A l’heure actuelle, si une mobilisation devenait nécessaire, seize cent mille hommes seraient appelés ; douze cent mille au moins seraient combattants.
- Qu’adviendrait-il alors si nous entrions en guerre ? Que deviendraient nos blessés ou nos malades ?
- Avant d’aborder cette question, le docteur Duchaussoy tient à citer ce fait: Dans la guerre turco-russe, la Russie mit sur le pied de guerre 600,000 hommes; à la fin de la campagne 311,000 étaient morts, ou hors de combat. Que conclure de cet état de choses ? C’est qu’en pareille circonstance il faut avoir, pour un nombre aussi' considérable de blessés, des ambulances bien organisées, fonctionnant sans entraves.
- Où trouver alors l’élément utile pour composer ces ambulances quand la statistique la mieux faite prouve qu’il faut un infirmier sur trois malades. Ce serait immobiliser, pour une armée de douze cent mille hommes, deux cent mille combattants, chose impossible et qu’un ministre de la guerre n’aurait jamais la folie défaire.
- Il faut donc chercher ailleurs une solution à ce problème : trouver des infirmiers en nomhre suffisant.
- Le problème est facilement résolu en Allemagne où l’impératrice Augusta est à la tête d’une vaste association d’infirmières, association merveilleusement composée qui part de la première de l’empire pour aller jusqu’à la dernière et la plus pauvre, dans le plus petit des villages. Depuis quinze ans cette association marche, s’étend de plus en plus.
- Pourquoi, sans vouloir copier servilement nos voisins d’outre-Rhin, ne pas prendre chez eux ce qu’ils ont de bon ? Nous commençons à peine et déjà nos débuts sont heureux; avec de faibles ressources, avec des moyens minimes nous s.ommes arrivés à des résultats surprenants, et depuis cinq ans, en Tunisie, au Tonkin, nous avons fait un bien considérable en envoyant à nos soldats, qui versent si courageusement leur sang pour la France, une infinité de choses, tant en médicaments et objets de pansements, qu’en douceurs innombrables comme du vin, du vieux cognac, du chocolat, etc., etc.
- Nous faisons parvenir directement nos _ envois aux soldats par l’entremise des médecins en chef, qui savent apprécier nos services et qui nous envoient chaque jour des lettres émues de remerciement.
- Ainsi c’est la femme seule qui remplira le but où nous tendons ; mais cela, elle ne pourra pas le faire du jour au lendemain ; elle aura besoin de quelques notions élémentaires indispensables qui lui seront données par les gens compétents. Alors elle ne sera plus auprès du médecin un être dévoué mais embarrassant; elle sera un aide intelligent, utile et mieux que n’importe qui à même de remplir ces fonctions délicates et si merveilleuses d’infirmière. Rien ne prévaudra jamais sur la femme : la sœur de charité n’en est-elle pas la preuve? Malheureusement les infirmières sont de beaucoup trop inférieures en nombre.
- Et puis, quelle consolation morale pour les mères, quand viendra ce jour terrible où tous partiront à la frontière, de savoir leurs fils soignés
- par des femmes comme elles, souffrant les mêmes douleurs, compatissant aux mêmes peines !
- A ce moment les femmes ne pourront-elles point s’écrier à leur tour : Et nous aussi nous avons fait notre devoir!
- Et ce devoir appartient à toutes, à la grande dame aussi bien qu’à l’ouvrière. Au chevet du blessé il n’y a plus de castes : toutes les mères sont égales, tous les cœurs sont unis.
- Point de religion, point de politique, tel est le point principal, et c’est là que le docteur Duchaussoy a terminé sa conférence, si élevée par les sentiments patriotiques et qui a remué tous les cœurs.
- Dans quelques jours nous publierons la liste du Comité de Beauvais, en expliquant le mode de fonctionnement. Pour terminer, disons que dans ces Comités il y a trois ordres de membres :
- i° Les membres payant uniquement une cotisation;
- 2° Les membres payant une cotisation et travaillant;
- 3° Les membres ne pouvant payer, mais donnant un peu de leur temps pour apprendre l’art des pansements*, pour travailler à la lingerie.
- Nous souhaitons bonheur et prospérité à cette œuvre reconnue d’utilité publique et nous sommes sûrs qu’elle trouvera auprès du public beauvaisien le meilleur accueil.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE i885 IV
- Il ne me reste plus pour la section de peinture qu’à jeter un coup d’œil rétrospectif et hâtif sur les toiles méritantes ou simplement éclatantes que j’ai pu oublier. t
- Voici par exemple la Thérésa de M. Eugène Heill, d’une bonne ressemblance, mais où l’on voit que l’auteur a voulu faire une flatterie au modèle en amincissant sensiblement sa taille trop opulente. Et puis pourquoi ce portant qui avance jusqu’au trou du souffleur et écrase le sujet principal ?
- Le Débarquement, de Berne-Bellecour, témoigne d’un progrès constant chez cet éminent peintre militaire et d’un fini absolu dans le travail. Très étudiée et d’une carnation heureuse, la Jeune Marocaine, de M. Schlesinger, bien qu’elle pose un peu trop pour le photographe.
- Une toile de genre charmante, de M. Guglielmo Innocenti : Un baiser volé. Il y a là une finesse de coloris qui montre que l’artiste non seulement promet, mais tiendra.
- M. Jamin nous a servi un tire-l’œil qui ne me plaît guère sous le titre : le Mammouth. Des Gaulois violets se sauvent à la queue leu-leu, sur du sucre en poudre qui figure la neige, en apercevant une sorte d’éléphant gigantesque en baudruche.
- Un bon portrait de Jean Richepin, par M. Ch. Maurin, bien que je n’aime pas le veston rouge que porte notre confrère. Ce vêtement intime prend sur la toile, de par sa tonalité bruyante, un aspect théâtral d’un goût... qui n’est pas le mien, voilà tout.
- Le portrait de Fugère, dans Joli Gilles, par M. Laissement, me séduit beaucoup.
- YJ Orage qui approche, de M. Mosler, est une aimable fantaisie pour journal illustré. La peinture n’a rien à voir là-dedans. Où l’art s’établit carrément, en revanche, c’est dans les Moissonneurs, de M. Adrien Moreau. A la bonne heure, il y a de la sève et de la vie là-dedans ; c’est mâle et vrai, tout à la fois.
- Une jolie fantaisie espagnole de M. Aranda : la Partie de Cartes.
- La Route de Bretagne comptera certainement parmi les meilleures toiles de M. Dardoize, l’air circule bien franchement à travers ce charmant paysage. Mon Dieu ! le portrait de M. Eudel, par M. Worms, est fort bien fait, la table est consciencieusement reproduite, et le fauteuil aussi, et la muraille non moins, et le parquet également ; mais cela ne me dit rien, le cadre écrasant le modèle. Et puis pourquoi M. Eudel, qui tient un bibelot de prix à la main, au lieu de l’admirer, s’obstine-t-il à regarder une mouche qui vole?
- Je signalerai un excellent portrait de Jeune fille, par M. Saintin; il est empreint d’une grâce mélancolique pleine de charme.
- La Tania, de M. A. Brouillet, est d’une belle facture, la couleur y éclate franche sur la lumière brillante qui tombe ; les types en sont très heureusement choisis. Par exemple, si saint Antoine se laisse tenter par la jeune dame peu vêtue que M. Foubert a assise sur sa table, c’est que vraiment l’ascète sera bien affamé de chair peu fraîche.
- M. Larsson nous présente le Portrait d'une petite fille, qui doit descendre de Riquet à la Houpe, si j’en juge au toupet qui se dresse irrévérencieusement sur son jeune front. Le peintre a eu soin de placer à côté d’elle une épée??? Si jeune et déjà si militaire !
- De M. Liphart, une Baigneuse classique. Toujours l’éternel effet de saillie d’une cuisse par l’infléchissement de l’autre jambe. Toutes ces Vénus, ces baigneuses, ces études de femmes nues, semblent découpées à l’emporte-pièce sur le même patron. A part cela, la tête est assez agréable à voir et elle a l’avantage, personnifiant une chose moderne, d’avoir su rester moderne.
- Beaucoup d’observation dans la Couture à l’école communale de jeunes filles, de M. Truphème. Rien n’a été sacrifié à la fantaisie, les attitudes sont sérieusement étudiées et ses fillettes ont des gestes de fillettes. M. Claris deviendra certainementun bon peintre militaire ; sa Revue û Longchamps est très habilement traitée.
- Une amusante « chatterie » de Mme Henriette Ronner, intitulée : Une école de beaux-arts, fort coquettement peinte. D’Emmanuel Benner, des Nymphes, d’un dessin tout à fait gracieux. De Boudier, un paysage d’une réelle valeur : la Brévière.
- Bonne marine de M. Ch. Lapostolet avec le Port de Dunkerque, et de Bernier, deux délicieux paysages, la Lande, et surtout son coin de Petit Bois, d’une fraîcheur tentante. Un merveilleux bouquet de pavots, de Jean Benner; voilà des fleurs près desquelles le possesseur ne s’endormira certes pas.
- La Folie guide les traits de l’Amour, de M. Vi-mont, offre cette particularité que la Folie n’a pas un instant l’air d’être folle, ni l’Amour amoureux. La première est une bonne mère grassouillette qui bat la mesure avec sa marotte, et l’Amour a un petit air ennuyé qui n’engage pas à frapper à sa porte.
- Mlle Julia Marest est élève de MM. Chaplin et Gervex, et excellente élève. Sa Marquise Nina offre en effet le dessin un peu précieux, mais charmant du premier,'uni au coloris si fin .et si personnel du second. Le jury lui a décerné fort justement une médaille... qui deviendra grande, avec encore un peu d’étude.
- U Intérieur d’Atelier, de M. Duez, est l’œuvre d’un bon ébéniste et d’un peintre méticuleux, mais ce ne sont pas toujours ces ouvriers pointilleux que je préfère.. Un bon Dépôt de Remonte, de M. Couturier, bien vivant, bien animé. M Toby Rosenthal a envoyé un Départ de la Famille bien touchant. L’émotion contenue du jeune fils quittant le père et la mère, pendant que la servante pleure, atteste de réelles qualités chez l’auteur de ce tableau d’une touche très sérieuse.
- De M. Leenhart : Entre nous. Il est évident que cette toile gagnera à demeurer entre les membres de la famille de l’auteur.
- Je terminerai par un ouvrage très finement rendu, Dans le Manège, par M. Roy. Les types des deux combattants sont rendus de main de maître. La lumière banale qui tombe par les fenêtres du manège donne de la vigueur aux torses nus des adversaires qui s’observent avec des physionomies différentes pendant que le sort désigne les armes qui serviront. C’est là une des bonnes œuvres du Salon actuel.
- A la semaine prochaine les dessins et cartons.
- Alfred Delilia.
- ÉCHOS
- Paris
- Une intéressante exposition va être organisée par les soins du ministère de la guerre et comprendra le matériel, les ustensiles et autres nombreux objets de campement. Cette exposition sera installée dans le pavillon de la Ville de Paris, aux Champs-Elysées, et elle durera un mois. On espère que son ouverture pourra avoir lieu vers le 20 ou le 25 juin.
- M. Gustave Boulanger vient d’être nommé professeur à l’Ecole des beaux-arts en remplacement de M. Hébert, appelé, on se le rappelle, à d’autres fonctions.
- D épar tements
- L’inauguration de la statue de Nicéphore Niepcc, l’inventeur de la photographie, aura lieu le 21 juin prochain, à Chalon-sur-Saône.
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- L’inauguration du nouvel hôpital du Havre, que nous avions annoncée pour le 31 mai dernier, ayant été remise par suite des obsèques de Victor Hugo, aura lieu aujourd’hui, 14 juin.
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- Première Année. — N° 24.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Juin 1885. — 191.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Un projet de loi, pour la construction d’un canal de la mer du Nord à la Baltique, sera prochainement soumis au Conseil fédéral. Les frais s’élevant à 156 millions de marcs (195 millions de francs) seraient supportés, un tiers par la Prusse, le reste par les autres Etats de l’Empire.
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- Un congrès international télégraphique aura lieu à Berlin, le 10 août prochain. Les délégués suisses y proposeront l’adoption d’un code international universel, formé de mots empruntés à toutes les langues civilisées.
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- Le congrès international des géologues, qui se réunira prochainement à Berlin, s’occupe de l’achèvement d’une carte géologique de l’Europe, ouvrage qui manquait presque totalement jusqu’à présent et auquel ont collaboré depuis quelque temps toutes les sociétés géologiques de l’Europe.
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- Un village japonais, semblable à celui qui était • établi à Londres, dans Hyde-Parle, et qu’un incendie vient de détruire, va être installé à Berlin, dans le parc de l’exposition hygiénique, entre les gares de Hambourg et de Lelirte. Les indigènes, au nombre d’une centaine, construiront eux-mêmes leurs 'habitations, sous la direction d’un architecte, leur compatriote. Cette intéressante exhibition durera jusqu’au 20 août.
- A cette date, le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts prendra possession des terrains pour les travaux de construction et d’aménagement de l’exposition des beaux-arts, de 1886, dont nous avons déjà parlé.
- A ce propos, disons qu’une des grandes attractions de cette exposition sera une restauration complète du temple de Jupiter à Olympie, et de l’autel de Pergame, reconstitués par une société d’artistes et d’archéologues.
- Angleterre
- L’exposition internationale des inventions, de South-Kensington (Londres), obtient un grand succès. L’installation est pour ainsi dire terminée et l’aspect général est assez satisfaisant. Un coup d’œil général suffit d’ailleurs pour se convaincre que c’est.la plus importante des expositions de- ce genre qui ait .eù lieu jusqu’ici, et l’on ne peut' s’empêcher de regretter l’abstention presque complète de la France. On remarque surtout les canons sortant des fonderies de Woolwich et la section, agricole. Les .galeries latérales ne sont pas absolument : achevées. Seule l’installation de la section d’imprimerie y est au grand complet.
- Espagne
- ‘Un traité de commerce entre l’Espagne et:la Russie sera présenté dans • quelque temps aux Cortès.
- Pays-Bas
- L’association des libraires-éditeurs néerlandais projette une exposition internationale de la Librairie, qui aurait lieu à Amsterdam, dans le courant du mois d’août, à l’occasion de l’assemblée annuelle.
- Le comité tient à ce que l’exposition n’ait aucun caractère rétrospectif; il désire faire connaître à ses confrères les ouvrages nouveaux qui paraîtront après lé 1er août, et leur donner un aperçu complet des progrès récents réalisés par les éditeurs.
- Les éditeurs sont invités par circulaire à adresser à M. Van Heteren, Hartenstraat, 21, Amsterdam, leurs épreuves, numéros-spécimens, etc., un exemplaire des ouvrages'de luxe, pour lesquels il-rest impossible d’adopter le même mode d’envoi, à condition ; enfin un catalogue de leurs clichés les plus importants.
- Sont également admises à figurer à l’exposition, la zincographie, la photolithographie, la xylographie, la phototypographie, etc., l’industrie du papier et la reliure.
- Turquie
- On nous mande de Constantinople qu’une Exposition universelle aurait été décidée en principe par le Conseil de S. M. le Sultan. Elle aurait lieu l’armée prochaine dans la capitale de l’empire ottoman.
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- VI
- (Voir le Moniteur du 24 mai 1885)
- Disons-le tout de suite : M. Cochery laissera dans l’administration des postes des souvenirs impérissables. Non seulement, il a accompli des réformes de détail ; mais encore il a doté la France d’une quantité innombrable de bureaux de poste et de bureaux télégraphiques. De plus, c’est sur les indications de M. Cochery que le nouvel Hôtel des Postes de Paris a été construit, et cela dans des conditions qui laissent de côté, dépassent de bien loin tout ce qui a été fait dans ce genre. Si l’ancien ministre des postes et télégraphes n’avait pas accompli tant de prodiges d’activité pendant son passage au ministère spécial qui lui avait été assigné, la construction seule de l’Hôtel des Postes suffirait à placer le nom de M. Cochery dans le Livre d’or du grand service public de la poste aux lettres.
- Mais, avant de parler du nouvel Hôtel, disons un mot des premiers locaux qu’a occupés à Paris l’administration des Postes. Le premier local, dont l’histoire des postes fasse mention, était situé rue des Déchargeurs, dans le vieux quartier des Halles, où le service avait été installé tant bien que mal à la fin du règne de Louis XIV. Ce local fut transféré, sous la Régence, rue des Poulies, devant la colonnade du Louvre. Puis enfin, sous Louis XV, l’Hôtel des Postes fut établi dans la rue des Bourdonnais. Déjà, à cette époque, le nombre des dépêches échangées entre Paris, d’une part , la province et . l’étranger , d’autre part, était si grand que l’administration' songea sérieusement à installer ses services dans un local où ils 11e risqueraient plus d’être à l’étroit après quelques années seulement d’installation. Le fameux banquier écossais Law, l’auteur du Système, fut nommé vers ce temps-là surintendant des finances, et comme tel eut la haute main sur le service des postes. Ce fut Law qui acheta plusieurs maisons de la rue Vivienne et une partie des jardins du Palais-Royal, afin d’y établir , une Bourse et une Poste. Malheureusement la ruine du Système survint à quelques mois de là. Law, en butte .à la haine des malheureux qu’il avait ruinés, dut quitter le ministère pour s’enfuir à l’étranger. Il mourut à Venise, selon Voltaire (Siècle de Louis XV), dans une horrible-misère. La Ferme des Postes se vit dans l’obligation de prendre, elle-même, une ' décision. En 1757, avec l’autorisation du roi, la Ferme acquit l’hôtel d’Armenonville, construit sur lés ruines de l’hôtel de Flandre, puis l’hôtel d’Epernon. A ce local, déjà grandiose, les fermiers généraux ajoutèrent un.peu plus tard l’hôtel de la Sablière, situé rue Plâtrière Le poète Jean de La Fontaine était mort dans cette hospitalière maison en l6g5 ; et plus tard J.-J. Rousseau installait son ménage dans la même rue. Cette rue Plâtrière était voisine des vieilles rues Pagevin et Coq-Héron. Les travaux furent rapidement menés ; et .l’inauguration de l’Hôtel eut lieu en 1758.
- « Cependant, dit M. Alfred Barbou, plus on s’agrandissait, plus on était en quelque sorte à l’étroit. Peu 4 peu, il fallut acquérir huit maisons que l’on relia entre elles par des escaliers obscurs et tournants. »
- Dès 1847, le ministre des finances déclarait que la situation était en quelque sorte intolérable. Il fallut des prodiges pour opérer dans ce local, qui dura cent vingt-quatre ans, le service fabuleusement compliqué de la poste moderne.
- Déjà, à deux reprises différentes, en 1798 et en x811, l’abandon de la rue Plâtrière, devenue rue Jean-Jacques-Rousseau, avait été décidé en principe. Le magnifique local construit rue de Rivoli, où s’installa le ministère des finances, e't qui fut incendié par la Commune en 1871, avait été. destiné tout d’abord à la Poste. En 1824, on eut l’idée de lui réserver les vastes terrains de la place du Châtelet ; mais ce furent les deux théâtres actuels qui s’établirent en cet endroit. Bref, pour des raisons diverses et qu’il serait trop long de rapporter ici, le second Empire ajourna toujours la construction d’un nouvel hôtel des Postes. L’honneur de cette importante réforme était donc réservé à la troisième République.
- Une loi du 18 décembre 1879 autorisa la reconstruction de l’Hôtel des Postes de Paris, sur l’emplacement de l’ancien, ainsi que diverses opérations de voirie aux abords. La dépense à la charge de l’Etat, pour les travaux et les acquisitions de terrains nouveaux, avait été évaluée à 16,800,000 francs. Sur cette somme importante, deux parts furent faites. L’une de 9,800,000 francs fut affectée aux constructions ; l’autre, de sept millions, était destinée aux acquisitions de terrains et travaux de voirie. Une convention, approuvée par la même loi du 18 décembre 1879, avait été passée entre l’Etat et la Ville de Paris. La Ville se chargeait de l’achat des terrains, des expropriations
- et des travaux de voirie. Elle cédait à l’Etat, représenté par le ministre de l’intérieur, le sol de certaines rues et prenait d’autre part les portions retranchées de l’ancien Hôtel des Postes. Enfin, la convention déterminait le prix à payer de part et d’autre.
- Le 20 décembre 1880, le premier coup de pioche était donné.
- T. M.
- (A suivre.)
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- VARIÉTÉS
- LES MACHINES A TAPEUR AUX EXPOSITIONS
- (Suite et Fin.)
- (Voir le Moniteur du 7 Juin 1885)
- Il conviendrait pour cela qu’un noyau compacte de noms illustres, de grands administrateurs, de manufacturiers considérables souscrivissent un capital de garantie et nommassent un Comité qui se joindrait à la Commission officielle dans des conditions à déterminer , assumant énergiquement et fièrement la responsabilité de l’œuvre, avec l’assurance d’un bénéfice suffisant si l’entreprise est habilement conduite.
- 11 faudrait aussi, au point de vue spécial qui réunit une date mémorable aune manifestation du développement social du monde entier, que le visiteur fût attiré par l’éclat, la variété de l’Exposition et qu’il put en môme temps en emporter une impression durable, un surcroît d’instruction, un plaisir élevé. De là donc la nécessité absolue de bien en étudier l’ordonnance.
- Dans les grandes Expositions qui se sont succédé jusqu’ici on a persisté à classer les produits par nation, méthode qui permet de grouper les objets beaucoup plus rapidement, mais qui certainement n’aide pas aux études comparatives ; car il est en effet bien difficile de rapprocher avec impartialité deux produits de même espèce et. de provenance différente s’ils sont placés loin l’un de l’autre dans des emplacements différents. Si l’on pouvait, au contraire, avoir à la fois sous les yeux ou du moins successivement à petite distance un même groupe d’objets, les différences s’accentueraient sans peine, les nuances apparaîtraient •et le caractère, instructif de l’Exposition y gagnerait beaucoup. Il est de plus indispensable d’arriver à pratiquer un éclaircissement dans le tohu-bohu présenté par les dernières Expositions, en opérgnt une séparation absolue entre les créations sérieuses et fondamentales et les choses intéressantes sans doute en beaucoup de points, , mais plus ou moins futiles sous d’autres faces.
- Nous croyons que, pour réaliser un semblable projet, il est essentiel qu’un programme bien défini soit arrêté, que les exposants fassent connaître assez à temps leurs désirs afin qu’on ne se trouve pas obligé, au dernier moment, de modifier les dispositions arrêtées et de recourir à des constructions accessoires qui nuisent à l’effet d’ensemble.et dispersent l’intérêt. Enfin, au point de vue particulier qui nous a préoccupé dans cette étude, il serait à souhaiter qu’il fût possible d’appliquer aux divers appareils de la mécanique générale les méthodes d’expérimentation précises et exactes qui sont aujourd’hui d’une pratique courante. Ces expériences pratiquées sur un ensemble, certainement remarquable, d’appareils variés et d’origines diverses, exécutées par un personnel bien choisi, opérant par des procédés bien uniformes, fourniraient des résultats comparatifs du plus haut intérêt.
- Gomme on le voit, il y a bien des détails à étudier dans une pareille entreprise et nous n’avons eu d’autre prétention que d’esquisser certaines grandes lignes d’un programme qui résumerait les idées généralement émises par les meilleurs esprits. Nous croyons qu’en adoptant ces vues on obtiendrait un spectacle à la fois grandiose et utile, donnant satisfaction à tous et atteignant aussi complètement que possible le but désiré; alors l’Exposition universelle de 1889 laisserait une trace indélébile derrière elle et consacrerait dignement le centenaire historique qu’elle est destinée à célébrer.
- G. Lépany
- Ingénieur E. C. P•
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- 192 et igS. — Première Année. — N° 24
- LF. MONITEUR
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- ^POSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Juin i885.
- A L’EXPOSITION D’ANVERS - LA MANUFACTURE DE SÈVRES (Suite)
- Nouvelle Porcelaine.
- Lorsqu’on découvrit à Sèvres la porcelaine dure, la préoccupation principale fut de la composer de manière à lui donner les propriétés les plus avantageuses au point de vue des usages domestiques ; ce but a été atteint ; mais,en même temps, on était arrivé à un autre résultat, fâcheux au point de vue artistique.
- La porcelaine dure cuit à une température extrêmement élevée, à laquelle ne peuvent résister que très peu de couleurs ; la palette des couleurs de grand feu est donc très limitée.
- D’autre part, la couverte de la porcelaine, cette roche feldspathique dont la dureté est la principale qualité, ne se laisse pas pénétrer par les couleurs de moufle, qui, grâce à divers tours de mains, peuvent bien y adhérer, mais qui ne s’y combinent pas comme il le faudrait pour avoir le veloutédésirable.
- Or, si l’on compare la porcelaine de Chine à la porcelaine dure de Sèvres , on constate que la première est fréquemment recouverte de couleurs de grand feu dont la présence accuse une cuisson à une température moins élevée , et que, dans la décoration au feu de moufle, ons’estser-vi de matières tout à fait différentes de nos couleurs : ce sont des émaux, c’est-à-dire des verres transparents faiblement colorés en eux-mêmes et dont l’intensité varie d’après l’épaisseur -de la couche appliquée sur la porcelaine ; or, ces émaux ne se fixent pas sur la porcelaine dure.
- La porcelaine de Chine diffère donc, par sa composition, de la porcelaine de Sèvres.
- Depuis un assez grand nombre d’années, on poursuivait à la Manufacture- la réalisation de cette nouvelle fabrication;elle est actuellement définitivement établie.
- Ce sont les produits de notre esconde catégorie ; ils figurent dans le catalogue sous le nom de « Nouvelle porcelaine ».
- Cette matière possède les caractères suivants : sa pâte est légèrement ambrée ; elle accepte non seulement une couverte de grand feu, mais encore des couvertes plombifères ; elle peut être enrichie d’émaux ; enfin, elle peut être cuite à une température où le cuivre ne disparaît que lentement, ce qui nous a permis de reproduire toutes les belles couleurs obtenues en Chine avec ce métal. L’emploi des émaux se faisant en « à plats » s’oppose aux modelés de la peinture ; il entraîne donc presque forcément avec lui une modification complète dans l’art de décorer la porcelaine; la perspective et les modelés de la miniature ont disparu ; avec eux les tons rompus et rabattus sont remplacés par des couleurs franches, assez vives en général et souvent assez transparentes pour faire valoir les détails de la sculpture la plus fine ; enfin la richesse de la nouvelle palette d’émaux permet une variété de fonds beaucoup plus grande, d’une glaçure et d’une limpidité que l’emploi des couleurs ordinaires ne saurait donner.
- La nouvelle porcelaine, qui possède les propriétés
- des produits si renommés de la Chine, ne doit pas être confondue avec la porcelaine tendre dont elle s’éloigne par sa nature et sa composition. Il nous a paru intéressant de résoudre tout d’abord un problème qui s’imposait depuis longtemps ; ce résultat atteint, la Manufacture reprendra prochainement la fabrication de la vieille porcelaine tendre, dont les qualités sont si charmantes et .si précieuses.
- BUT DE LA MANUFACTURE ;DE SÈVRES
- Dans les lignes qui précèdent, nous avons retracé aussi brièvement que possible les faits principaux de l’histoire de la Manufacture- de Sèvres. Nous allons rappeler en quelques mots le but qui y a été poursuivi dans les diverses périodes de son existence, et nous indiquerons, en terminant, les vues de l’Administration actuelle.
- Il n’est pas douteux que les fondateurs de la Manufacture, en 1740, doivent être considérés comme de véritables industriels; leur désir était de tirer un bénéfice de leur exploitation commerciale ; c’était une association poursuivant un but exclusivement mercantile. Lorsque Louis XV s’y intéressa, ces tendances se modifièrent peu à peu; le roi vit dans la fabrication de la porcelaine un moyen de produire des objets précieux, dignes du faste de sa cour, et méritant par leurs qualités d’élégance d’orner sa table et ses palais, ou d’être offerts en cadeaux aux souverains et aux grands seigneurs avec lesquels il désirait entretenir des rapports amicaux. Assurément il vit aussi, dans les encouragements qu’il prodiguait à la-
- i
- Motif de chasse: Le .Départ,lsurtout de M. Carrier-Belleuse.;
- Manufacture, une façon de développer en France industrie nouvelle dont il cherchait à élever le niv^ artistique le plus haut possible; on pourrait expliQeatl ainsi les faveurs parfois- excessives et les privilèges dîr il combla la Manufacture. 11 n’est pas interdit de pen0ll( enfin que l’idée de réaliser quelques bénéfices S’/Se.r
- en tout cas cherchait tait
- presentee a son esprit;
- tous les moyens à diminuer les charges que le établissement occasionnait à la caisse royale, car il certain que les expositions des produits de la Maest
- . décoration (1), etc... C’est une période d’activité 1 [.prenante et de production vraiment somptueuse dont 5 comprendra le caractère par les deux seuls chiffres °ue nous voulions citer ici : celui du service de l’impé-Vrice de Russie ( 175q) qui coûta 36o,ooo livres, et celui jju service du Directoire évalué en argent monnayé à
- 38404 livres-
- partir du commencement de ce siècle, la question (istique céda le pas aux préoccupations industrielles. L savant illustre qui, pendant cinquante ans, dirigea
- Cassolettt* biscuit,
- facture à Versailles étaient suivies d’achats nombreux faits par les seigneurs de la cour qui, bon gré, mal g^i cédaient aux invitations du roi.
- Dans cette période qui comprend la seconde moitié du xvme siecle, rien n’était négligé d’ailleurs pour donner à la production de la Manufacture un caractère véritablement artistique ; les plus habiles sculpteurs, leS décorateurs les plus élégants, les savants les pluS distingués de l’époque étaient attachés par le roi à so11 établissement, et il savait exciter leur ardeur par ^ larges rémunérations : les émoluments de beaucoup d’entre eux étaient supérieurs à ceux que les fonction-naires de la Manufacture touchent aujourd’hui (chos£ curieuse si l’on tient compte de la dépréciation ^ l’argent), et, de plus, on leur attribuait sur le montai des ventes une . part qui atteignit parfois 12 P011 cent.
- A cette époque, la Manufacturebrillait de tout sonécl^ le personnel se composait de soixante-dix moule,jr-répareurs pour la sculpture, et de cent dix peintres poU‘
- Sevrés, s’appliqua surtout à déterminer les conditions Précises dans lesquelles la fabrication de la porcelaine éjhe pouvait devenir pratique, et les services que la Manufacture rendit à l’industrie pendant cette période Esteront un de ses titres de gloire. D’ailleurs, pendant |;ettemême période, on y produisit des objets somptueux ®0nt la décoration dans le goût spécial du temps excite encore aujourd’hui l’étonnement.
- . ùe but poursuivi à cette époque est bien défini par la °ndation du Musée céramique et par l’organisation °ute technique donnée à cette collection qui, depuis, est devenue la plus complète du monde entier.’
- PROGRAMME ACTUEL DE LA MANUFACTURE
- <-Pe caractère d’École s’est de plus en plus accentué à ,evres, mais il y est compris aujourd’hui d’une façon Pùs étendue : la Manufacture, en effet, cherche non
- ûI|fûuj0urd'hui ( 1885) les états do la Manufacture indiquent des chiffres ‘°is moins importants.
- seulement à faire progresser les industries céramiques, mais encore à créer une véritable école d’art.
- Nous pensons utile d’entrer dans quelques détails sur le fonctionnement actuel de notre établissement-
- La fabrication est en quelque sorte scindée en deux parties. D’un côté elle produit des objets courants que le Gouvernement donne comme marque d’encouragement aux sociétés de tir, de bienfaisance, de courses, de régates, etc., puis des pièces un peu plus importantes destinées à être offertes en cadeaux aux artistes, aux
- Motif de chasse: Le Retour, surtout de M. Carrier-Bseleuse.
- savants, aux industriels qui, à des titres divers, ont prêté leur concours à l’État ; enfin, des objets de service, en petit nombre à la vérité, destinés à la table du Président et des ambassadeurs de la République. Une partie de ces différentes pièces est vendue dans les magasins de la Manufacture (le montant total des ventes atteint annuellement environ le chiffre de cent mille francs).
- Cette fabrication courante est imposée à la Manufacture non seulement par les commandes régulières du Gouvernement, mais encore par le désir qu’elle a de dresser des artisans d’une habileté consommée, capables de fournir à l’industrie une collaboration éclairée, si elle la réclamait de l’Etat à un moment donné.
- Mais ceci ne représente qu’une très faible partie de la production de Sèvres; son objectif, son but principal, c’est de fabriquer de belles pièces, de véritables objets d’art dignes par la pureté et l’élégance de leurs formes, par la beauté des couleurs, par la perfection de la composition et de l’exécution, d’honorer la France et de répandre la réputation des produits de notre pays.
- La Manufacture ne recule devant aucune tentative pour atteindre ce but élevé ; artistes, ouvriers , savants , poursuivent incessamment la recherche de résultats nouveaux , de formes et de décorations originales. L’industrie privée, obligée de tenir compte du^ prix de revient de sa fabrication, est fréquemment arrêtée par les frais considérables qu’entraînent ces expériences, de même qu’elle hésite devant la,mise en œuvre de ces grandes pièces si coûteuses, qui, jusqu’au dernier passage au feu, sont exposées à une série d’accidents dont chacun
- peut occasionner une perte irréparable.
- Les deux genres de prQduction de la Manufacture de Sèvres la mettent à même d’étudier une série de questions et de résoudre des problèmes dont elle tient à honneur de faire profiter les fabricants français, tant par la publication des résultats qu’elle a obtenus, que par les communications qu’elle a établies avec eux. Modèles, procédés de fabrication, recettes de couleurs, sont donnés à tous les industriels français qui s’adressent à elle ; ils trou-vent également dans les -laboratoires de l’établissement le concours du personnel scientifique pour l’examen de toutes les matières qui leur paraissent utilisables, ou pour l’étude des problèmes qu’ils rencontrent dans leur pratique journalière.
- Quelqueschiffres montreront le développement heureux qu’ont pris ces rapports avec les industriels; ces cinq dernières années, plus de quatre cents matières premières ( argiles , kaolins , roches de tous genres) ont été analysées et essayées dans le laboratoire et les ateliers de Sèvres. Environ deux cents surmoulés de nos pièces les plus intéressantes (groupes , statuettes, bustes, vases, etc.) ont été livrés à nos fabricants qui reproduisent ainsi, sans aucuns frais de modèles, les types qu’ils ont choisis selon les besoins
- de leur clientèle. Pour accentuer encore le désir qu’a la Manufacture de n’aspirer qu’au rôle d’Ecole de Céramique , etp d’éviter le reproche qu’on lui a quelquefois adressé de faire concurrence à l’industrie privée , elle a renoncé, aux ventes de porcelaines blanches qui ont eu lieu jusqu’à ces dernières années; ce sacrifice onéreux a eu pour but en meme temps de supprimer l’abus scandaleux qu’on faisait du nom de la Manufacture en décorant ses produits blancs dans des ateliers privés et en les vendant avec une fausse marque de Sèvres.
- Le Musée céramique est également une source d’enseignement à laquelle le public vient abondamment puiser ; ses collections , autrefois exclusivement technologiques, ont revêtu, aujourd’hui en plus un caractère artistique ; classées et étiquetées de manière à permettre au premiervenu de. connaître la nature, la provenance et les signes distinctifs de chaque objet, elles présentent le champ d’études le plus complet qui soit au monde à- tous ceux qui s’intéressent à la céramique.
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- 104- — Première Année — N° 24
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Juin i 885.
- Le Musée et la Bibliothèque sont en rapports journaliers avec les érudits et les fabricants de tous les pays qui s’adressent à Sèvres pour retrouver l’histoire du passé et y puiser des renseignements utiles à leur industrie.
- ÉCOLE DE LA MANUFACTURE
- Pour assurer le recrutement de ses artistes et pour créer en France une pépinière d’hommes instruits connaissant toutes les ressources de l’art décoratif appliqué à la céramique, en même temps que les procédés techniques qui en permettent l’application, la Manufacture a créé en 1879 une école spéciale. Vingt jeunes gens y travaillent en permanence ; on leur enseigne le dessin (depuis la géométrie jusqu’à la nature vivante inclusivement), le modelage et tous les procédés pratiques de la décoration de la porcelaine ; enfin de fréquents 'exercices de composition leur permettent, avec ‘les exemples qu’ils trouvent au Musée, de développer leur imagination et d’apprendre les règles de l’art décoratif. Des examens trimestriels et des concours fréquents mettent la Direction en mesure de s’assurer des aptitudes des élèves et de contrôler leurs progrès. A la sortie de cette école, ils recevront un diplôme qui leur assurera une position dans l’industrie où à Sèvres même.
- Cette création, qui a déjà donné de bons résultats, permet d’espérer que la nouvelle génération de la Manufacture tiendra haut le drapeau de notre établissement national.
- On trouvera, à côté de l’exposition de Sèvres, la série des travaux de nos élèves.
- Ch. Lauth,
- Administrateur de la Manufacture de Sèvres.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
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- (Suite)
- ( Voir le Moniteur du 24 mai 1885)
- L’enquête qui vient d’être, faite a révélé de •douloureuses réalités qu’il serait. inutile de chercher à atténuer. Il est aujourd’hui avéré que si toutes les branches de notre industrie ne sont pas -encore compromises, toutes, cependant, sont plus
- • ou moins atteintes par la crise.
- Le chômage est à peu près général et. le chiffre •de la production va chaque jour en diminuant. Le fabricant désolé contemple d’un œil morne et inquiet ses ateliers silencieux, tandis que l’ouvrier sans travail est réduit à la cruelle nécessité de mendier ou de voler pour vivre. Celui qui a le cœur fier et l’âme haute préfère chercher un refuge dans la mort plutôt que d’aller s’asseoir sur •le banc infamant de la police correctionnelle.
- Nous avons signalé, dans un précédent article, la diminution considérable et croissante du nombre des filatures, dans la région de l’Ouest, et la dépréciation dans laquelle elles sont tombées. Un industriel qui habite l’un des plus riches départements du nord de la France nous faisait •naguère une déclaration véritablement navrante, qui prouve combien le mal est profond et qu’il est indispensable de s’en occuper, d’y porter remède.
- On sait que l’industrie sucrière est ou plutôt était particulièrement florissante dans cette région où le sol fécond et bien cultivé produisait la betterave en grande quantités Eh bien! cette industrie est aujourd’hui dans une complète décadence et l’heure n’est peut-être pas éloignée où elle aura complètement disparu.
- Le nombre des sucreries, qui. était, il y a une quinzaine d’années seulement, de plus de ’i5o, est aujourd’hui réduit à i5 et encore chôment-elles la plupart du temps.
- — La terre, nous disait également cet industriel, a subi une dépréciation proportionnelle. Autrefois,
- • on louait un hectare de terre pour y semer la •betterave, jusqu’à 6 ou 700 francs, aujourd’hui on
- • ne trouve plus preneur à 5o francs; personne n’en
- • veut plus. La culture du lin et de l’œillette, qui était également, pour ces départements, une source
- de richesse,est devenue presque aussi improductive que celle de la betterave.
- Les plaintes qui s’élèvent du sein des villes ne sont ni moins vives ni moins fondées que celles qui viennent du sillon et de la chaumière de l’ouvrier des champs.
- Omnis terra gémit, a dit l’écrivain biblique. Oui, tous souffrent, tous soht aux prises avec les nombreuses, et. redoutables difficultés résultant d’une organisation économique défectueuse : et le producteur qui ne produit plus et le consommateur qui ne peut plus consommer parce que les choses 'sont hors de prix. . Mais le plus malheureux de tous, celui, sur qui pèse plus lourdement cette situation, c’est l’ouvrier sans travail et sans crédit, qui ne peut se procurer les objets de première nécessité.
- L’importante diminution qui se produit depuis quelques années, dans les recettes de l’octroi de Paris sur les objets de première nécessité, tels que les comestibles et les boissons, est une preuve
- incontestable de la gravité de la crise. On peut, en consultant ces chiffres, qui sont comme le baromètre de la consommation de la grande ville, se rendre un compte exact de la situation.
- Or, les recettes de l’octroi, pour les comestibles, étaient :
- En 1881, de..............30,412,000 fr.
- En 1882, de..............30,809,000 fr.
- En 1883, de..............29,892,000 fr.
- En rSSq, elles étaient inférieures à vingt-neuf millions.
- Soit une diminution de près de deux millions depuis deux ans.
- Voici maintenant l’état des recettes pour les boissons, vins, bière, etc.
- En 1881, de..............65,673,000 fr.
- En 1882, de..............64,152,000 fr.
- En 1883, de..............62,267,000fr.
- Soit une diminution de plus de deux millions.
- Il ne faut pas oublier que la population de la ville a plutôt augmenté que diminué et que, par conséquent, la consommation aurait dû suivre une marche ascendante au lieu de décroître.
- Eh bien ! pour qu’une pareille diminution ait pu se produire sur les objets de première nécessité, alors que le chiffre de la population s’est accru, il faut nécessairement que la misère ait été en augmentant d’une année à l’autre, dans des proportions véritablement anormales. D’ailleurs , M. Pataud a déclaré devant la commission d’enquête que tous ceux qui donnent à manger aux ouvriers ont vu, depuis deux ans, leurs affaires diminuer de 5o pour 100.
- Les droits de voirie pour les constructions ont éprouvé une diminution encore plus considérable.
- Ils étaient :
- En 1882, de.............. 13,990,000 fr.
- En 1883, de.............. 6,56o,ooofr.
- Et ils n’ont fait que baisser depuis.
- Cette situation véritablement inquiétante pour l’avenir n’est pas particulière à Paris, elle est générale et s’étend à toute la France. Les mêmes faits économiques se sont produits dans tous les grands centres manufacturiers, à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, Lille, Roubaix, Tourcoing, Reims, etc. Partout, le nombre des indigents s’est accru ; partout, il y a des hommes, des femmes, des enfants qui souffrent de la faim, alors que le blé abonde sur les marchés et s'e vend à un prix tellement bas que le cultivateur lui-même est clans la gêne.
- Un pareil état de choses n’est pas normal et ne saurait se prolonger longtemps sans péril.
- Quand un membre souffre, tout l’organisme s’en ressent et la machine ne tarde pas à se détraquer, si l’on n’y porte remède ; il en est de même pour le corps social. Pour un .malheureux qui pâlit de faim, il y a nécessairement un riche qui pâlit de peur, a dit un écrivain. Oui, il y a une étroite solidarité entre la richesse et la misère, elles sont les deux termes d’un meme problème : la vie sociale.
- On objecte que le pauvre est libre, qu’il a le droit d’améliorer sa position. Qu’importe ce droit s’il ne peut en user, s’il n’a pas le pouvoir de mettre sa vieillesse à l’abri de la faim.
- On .a beau lui prêcher l’économie et la prévoyance,'comment veut-on qu’il puisse s’affranchir de là pauvreté et arriver à la fortune, quand, par. un travail obstiné, il ne suffit pas toujours à son existence et à;celle de sa famille ?
- Est-ce qu’il n’est pas obligé de compter avec le chômage et la maladie qui absorbent souvent son modeste pécule et le plongent dans.la plus noire misère ?
- Amasser.pour l’avenir ! il ne demanderait pas mieux. Mais, comment pourrait-il réaliser ce problème, quand il n’a pas, souvent, de quoi vivre au jour le jour.
- E. Mansuy.
- (A suivre.)
- LA MANUTENTION
- DES
- ' MARCHANDISES A ANVERS
- (Suite.)
- 5 (Voir le Moniteur du 7 Juin r885)
- Le bout inférieur de cette bielle porte une traverse munie de deux écrous en bronze ; deux vis, recevant un mouvement de rotation, permettent à la traverse et par conséquent au bout de la bielle de glisser le long de deux guides inclinés, formant partie du bâti général de la machine.
- Par suite de ce mouvement, la tête de la bigue, située à 27 mètres au-dessus du quai, peut avancer de 9 mètres au-delà de l’alignement du mur, et reculer de 4 mètres en arrière de cet alignement.
- La charge est levée au moyen de deux palans à quatre poulies pour chaînes ordinaires de q3 millimètres de diamètre. La chaîne s’enroule sur un tambour à rainures, mû par la machine motrice. Celle-ci consiste en une machine hydraulique à
- trois cylindres, avec pistons différentiels, dont les tiges agissent au moyen de bielles sur un arbre coudé.
- L’arbre auquel est donné le mouvement de rotation peut, au moyen d’un embrayage, faire mouvoir une vis horizontale, qui, engrenant avec une roue dentée calée sur le tambour, produit le mouvement de levage; ou bien à l’aide d’un second embrayage commander, par l’ifttermédiaire d’une série d’engrenages coniques, les deux vis inclinées qui produisent le mouvement d’avancement ou de recul.
- La machine est construite de manière à permettre de varier les forces dans les limites de 2 5,75 et 120 tonnes, avec une dépense d’eau correspondante.
- Cette variation s’obtient en admettant la pression alternativement sur les deux faces des pistons ou sur l’une d’elles seulement.
- Pour faire l’essai de la bigue, il a fallu composer un poids maniable de 120,000 kilogrammes. On a construit à cet effet un bloc de pierre mesurant 31U,35 de diamètre sur 5m,o5 de hauteur. Ce bloc est placé dans un puits sous le crochet de la bigue, de manière à pouvoir faire une nouvelle épreuve chaque fois qu’il sera jugé nécessaire, par exemple avant l’embarquement d’une pièce dont le poids sortira des limites ordinaires.
- Pour montrer l’importance des sacrifices que la ville d’Anvers n’hésite pas à faire pour assurer la prospérité de son mouvement commercial, nous avons extrait les chiffres suivants d’une note très intéressante publiée en 1879 par le groupe . des ingénieurs sortis de l’école de Liège et en résidence à Anvers.— Les sommes indiquées ont été dépensées par la ville seule depuis 1873 jusqu’à 1879 pour l’installation et l’outillage de ses quais et bassins.
- DÉPENSES
- i° Travaux d’amélioration aux terre-pleins entourant les bassins, pavage de divers quais, remblai' des , terrains situés au nord du bassm du canal, afin de les rendre utilisables pour dépôts de marchandises, etc. . . fr.
- .2° Construction de hangars (bassin du .canal, bassin aux bois, bassin sas -du 'Kattendyk, quai de l’Entrepôt, quai Napoléon) . . . .. . ... • . • • fr.
- 3° Revêtement des.talus des bassins aux bois et du canal. ... . . . fr.
- 4e* Élargissement des quais du grand Bassin fr.
- 5'° Construction d’embarcadère en bois (quai Sud bassin de la Campine
- et quai Est du bassin du canal, avec voie ferrée pour grue). . .... fr.
- 6° Construction d’un bassin de batelage au Looibrœk.............fr.
- 70 Prolongement du' bassin Kattendyk et construction de trois nouvelles
- cales sèches................... fr
- 8° Achat de trois remorqueurs, fr.
- 90 Achat d’un porteur à vapeur pour le transport des vases provenant du dragage. ........................fr.
- io° Achat de six grues à vapeur et bennes...........................fr.
- ii° Installations hydrauliques (bâtiment, machines et voies de grues), fr.
- 120 Achat de six grues hydrauliques roulantes . .....................fr.
- 13° Construction d’une bigue de 120 tonnes (97,600 fr.), construction des fondations et d’un poids d’é-
- preuve ...........................fr.
- 140 Application de la force hydraulique à la grue de 40 tonnes et travaux accessoires.......................fr.
- 1 5° Installation d’un éclairage électrique à l’écluse maritime des anciens bassins.............'...........fr.
- Total...........fr.
- 1.383.ooo
- 568.5oo 3o8;ooo 1.686.166
- a<88.ooo
- 337.5oo
- 7.171.000 82.000
- 120.000 101.5oo 1.010.124 65.25o
- 140.000
- 25.000
- 7.5oo 9. SgS.540
- Au chiffre global de dépenses en travaux, il convient d’ajouter le montant des expropriations
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-
-
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- Première Année. — N° 24.
- qu’il a fallu faire pour l’extension des établissements maritimes, savoir :
- i° Pour les expropriations nécessitées par la construction du bassin de
- batelage au Looibrœk..............fr. 707.93y
- 20 Pour les expropriations nécessitées par le prolongement du bassin du Kattendyk........................ fr. 6.286.808
- Total............fr. 6.994.745
- Ce qui donne une dépense totale de plus de Seife millions en six ans.
- M., Blancquaert, ingénieur en chef, directeur aux chemins de fer de l’Etat belge, a fait une étude du prix de revient approximatif du chargement par les appareils Armstrong, à Anvers.
- Prenant comme base le travail rendu par les grues Armstrong en 1876, soit la manutention d’environ 97,000 tonnes, il arrive au chiffre de o fr. 5o par tonne, comprenant l’intérêt du capital de premier établissement et toutes les dépenses de main-d’œuvre et d’entretien. Mais il ajoute que ces calculs reposent sur des manutentions de beaucoup inférieures à celles que pourraient fournir ces appareils, et si l’on travaillait à plein, cette dépense, par tonne, pourrait être dix fois moindre : ce qui montre la puissance de ces engins, mais en même temps la difficulté que l’on rencontre à les utiliser d’une façon satisfaisante.
- L’ENTREPRISE DE MM. COUVREUX ET HERSENT COMPRENAIT : i° Un mur de quai de 3,5oo mètres environ de longueur, avec 8 mètres au moins de tirant d’eau à marée basse, sur toute son étendue, depuis l’écluse du bassin de Kattendyk jusqu’à l’extrémité des terrains de la citadelle du Sud, avec trois embarcadères flottants ;
- 20 Un bassin de batelage de près de 4 hectares de superficie et ayant 1,800 mètres de murs de quai au pourtour, avec une largeur de 3o mètres de terre-pleins ;
- 3° Une écluse à sas, de i3 mètres de largeur, donnant accès de l’Escaut au bassin de batelage, avec un chenal d’entrée permettant l’attente en dehors du courant et favorisant ainsi les opérations d’entrée et de sortie ;
- 40 Une digue de raccordement, continuant à l’amont du quai la nouvelle rive de l’Escaut ;
- 5° Le remblai des emprises sur l’Escaut, et des petits canaux des Brasseurs, Saint-Pierre, etc., etc., et l’enlèvement du mur.
- i° MUR DE QUAI DE L’ESCAUT. — La construction d’un mur de quai continu, reposant sur une fondation de 9 mètres de largeur, arasée à 8 mètres au-dessous de basse marée et d’une épaisseur variant entre 2m,5o et 5 mètres et quelquefois plus, dans des profondeurs d’eau de 8 à 12 mètres à marée basse et de 14 à 18 mètres sous marée haute-, a été un travail considérable et tout nouveau; il faut ajouter à ces conditions que le travail a été fait dans un fleuve ayant un fort courant, jusqu’à im,90 par seconde, et soumis à des marées de 4, 5 et 6 mètres.
- Pour la fondation d’un tronçon de mur, il y a trois parties bien distinctes :
- i° Le caisson ;
- 20 Le batardeau ;
- 3° L’échafaudage flottant.
- Les caissons forment la partie métallique perdue. Ils ont tous la même longueur, 2 5 mètres, et la même largeur, 9 mètres ; mais ils diffèrent de hauteur, laquelle varie de 2m,6o à 6 mètres, suivant les points du fleuve où les caissons sont à placer.
- Caissons. — Les caissons sont, dans le sens de la hauteur, divisés en deux parties. La partie inférieure, ou chambre de travail, a im,90 de hauteur ; des consoles placées de mètre en mètre maintiennent la paroi et soutiennent le plafond ; celui-ci est d’ailleurs rendu rigide par un poutrage supérieur placé au droit des consoles et qui sert à soutenir le mur que l’on construit sur le plafond ; il a donc à résister par moments à des charges considérables.
- Le bord supérieur du caisson est garanti tout autour par une plate-bande, renforcée à l’aide d’un fer cornière, dans laquelle sont percés les
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. »
- 36o trous qui doivent servir à l’assemblage du caisson avec le batardeau.
- Enfin, le plafond est percé de 7 trous : un grand, le central, pour l’entrée des ouvriers dans la chambre de travail; quatre plus petits pour l’introduction du béton, et deux encore plus petits servant au refoulement des déblais.
- Batardeau mobile. — Le batardeau est en fer, il a la forme d’une grande caisse. A sa base, il a comme dimensions extérieures 2 5 mètres sur 9 mètres, de façon à pouvoir s’appliquer exactement sur les caissons ; il a intérieurement 24 mètres sur 8 ; il reste donc un espace de om,5o sur le pourtour entre les parois extérieure et intérieure Cet espace est occupé par une galerie qui a im,5o de hauteur et que nous . appellerons galerie ou chambre d’assemblage, car c’est dans cette chambre que se font le boulonnage et le déboulonnage du caisson avec le batardeau.
- Cette galerie est complètement étanche, son sol est percé de 36o trous à des distances correspondant à celles des caissons. On accède à cette chambre par quatre cheminées à sas, partant du dessus des batardeaux ; l’intérieur de la galerie est contrevoûte' et rendu rigide par des cadres en fer à T et cornière laissant un espace libre de om35. Au droit des cheminées, des deux petits-, côtés et dans l’intérieur, sont placées, au niveau du sol de la galerie, des vannes pour l’introduction et l’expulsion de l’eau.
- Du dessus du plafond de la galerie d’assemblage partent vingt-six grandes poutres v erticales, formant avec les cheminées l’ossature du batardeau. A ces poutres est attaché le bordage en tôle qui a des épaisseurs variant de 12 à 6 millimètres. Ce bordage est encore raidi par des cadres placés horizontalement à om5o l’un de l’autre, entre les montants principaux. La partie supérieure du batardeau est entretoisée, parallèlement aux petits côtés, par douze grandes poutres croisillonnées, de 3 mètres de hauteur, et par deux autres de même hauteur dans le sens de la longueur. Le batardeau est donc rendu rigide, en bas par son attache avec le caisson et en haut par les poutres entretoisées. Il reste entre ces deux soutiens un espace libre de 9 mètres de hauteur; il est rendu rigide pendant le travail par des étrésillons mobiles placés à im,5o l’un de l’autre, et que l’on enlève au fur et à mesure de l’avancement de la maçon-nerie.
- Deux bandes de caoutchouc, placées tout autour du batardeau et en dessous, servent à assurer l’étanchéité du joint compris entre le caisson et le batardeau. Des portes à clapets sont percées dans les parois pour l’introduction des matériaux dans le batardeau.
- Le poids de cet appareil, y compris le sas, les cheminées de descente et d’introduction du béton, les étrésillons, etc., est de près de 200 tonnes.
- Echafaudage flottant. — L’échafaudage flottant sert à soulever le batardeau pour le mettre sur le caisson, pour le guider pendant la construction du mur, puis à transporter et à mettre en place le batardeau avec son mur quand il est suffisamment lourd pour être échoué ; enfin, à relever le batardeau, quand le mur est terminé, jusqu’à om,6o au-dessus de marée basse.
- Cet échafaudage se compose de deux bateaux ou flotteurs, longs de 26 mètres, larges de 5m, i5 et espacés l’un de l’autre de 10 mètres. Six fermes de 12 mètres de hauteur les rendaient solidaires l’un de l’autre; les deux extrêmes étaient entretoisées sur toute leur hauteur, tandis que les quatre du milieu étaient complètement libres, pour permettre la montée et la descente du batardeau mobile. Cette opération se faisait à l’aide de douze palans à cinq brins chacun, dont l’attache supérieure se trouvait à l’extrémité de chaque ferme ; soit, par bateau, six palans, avec garants s’enroulant sur douze treuils à noix.
- Ces douze treuils, placés par moitié sur chaque bateau, étaient commandés par une seule machiné, par l’intermédiaire de deux arbres de transmission courant d’un bout à l’autre des bateaux. Le mouvement était transmis de l’arbre placé dans le bateau de droite à l’arbre du bateau de gauche par deux chaînes Galle.. L’ensemble forme donc un engrenage, et tous les treuils sont forcés de marcher
- Dimanche 14 Juin 1885. — 195.
- en même temps et de même quantité, afin que les, 200 tonnes à lever soient en charge également sur chaque palan, car, si l’une des chaînes venait à porter plus que l’autre, elle casserait immédiatement. Malgré toutes ces précautions, il a encore été nécessaire, pour compenser les petites différences qu’ont toujours les chaînes les mieux calibrées, d’ajouter à l’extrémité supérieure de chaque palan un ressort à cinq disques, en caoutchouc, lequel régularise complètement la charge à porter par chaque palan. Le batardeau mobile a douze oreilles-attaches correspondant à ces douze palans. En outre de l’appareil de levage du batardeau, il y .avait sur l’échafaudage flottant toutes les machines et tous les appareils nécessaires à la construction du mur et au fonçage d’un caisson.
- Sur le bateau placé du côté du fleuve, il y avait une machine à- vapeur de vingt - cinq chevaux, activant deux machines soufflantes, pouvant fournir chacune 3oo mètres cubes d’air à l’heure ; deux grues pour l’élévation et l’introduction dans le batardeau des briques, pierres cassées, moellons piqués, étaient mues par la même machine. Sur le bateau placé vers terre, on voyait une machine semblable , mettant en mouvement les broyeurs à mortier et les grues desservant ces broyeurs ; sur ce même bateau se trouvait la pompe aspirante et foulante, servant à distribuer l’eau aux éjecteurs pour l’expulsion des déblais de la chambre de travail.
- L’ensemble était maintenu sur l’eau à la place voulue par douze treuils sur lesquels s’enroulaient douze chaînes de 25 millimètres, attachées à douze ancres de 5oo kilogrammes chacune.
- CONSTRUCTION D’UN TRONÇON DE MUR DE 25 MÈTRES, MARCHE DE L’OPÉRATION. — L’échafaudage flottant supportant le bateau mobile, est amené à la place que doit occuper le mur; il est solidement amarré à l’aide de chaînes et ancres, de façon que les vents et les courants ne puissent l’entraîner.
- Le dessous du batardeau se trouve à om,7o environ au-dessus du niveau de l’eau ; on amène, à l’aide de remorqueurs, le caisson du chantier de lançage et on l’introduit pendant l’étale de marée haute ou de marée basse sous le batardeau, on descend celui-ci dessus et on fait le boulonnage.
- H.-F. Cabirau.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- xi
- Arsène Houssaye. Les Confessions, Souvenirs d’un demi-siècle (z83o-i 880). 2 vol. in-8°. Dcntu, éditeur.
- Arsène Houssaye est une figure essentiellement française, essentiellement parisienne. Tout le monde le connaît — ou croit le connaître — même ceux qui ne l’ont pas lu. Tout le monde se rend compte de sa place dans les lettres et dans le monde. Tout le monde a parcouru sa Galerie du XVIIIe siècle, qui, la première, on ne saurait l’oublier sans ingratitude , mit le xvme siècle à la mode. C’est Arsène Houssaye qui a éveillé les Goncourt. Ce ne sont que des pastels, mais dont quelques-uns sont des La Tour et des Peronneau. Tout le monde a lu de lui de jolis vers, fins, tendres et pénétrants, où l’amour de la nature, sur le sein de. laquelle il a dormi enfant, qui fut, comme il le dit, sa seconde mère et l’enivra de ses sourires, où l’amour de la femme qu’il a toujours aimée, et qui, paraît-il, l’a rendu à ce poète, à ce romancier préféré des femmes, parlent un langage de Renaissance romantique, mais bien française de ton et d’humeur, comme de sujet, sans pastiche de dantisme, de pétrarchisme, de lakisme. Cela fait penser à Ronsard, à Baïf, à Wat-teau,à Greuze, à Alfred de Musset, point à Chateaubriand, à Bernardin de Saint-Pierre, ni à Words-worth, ni à Coleridge. C’est d’une sensibilité légère, et, s’il faut prononcer le mot, d’un byronisme très tempéré, très souriant, très printanier,d’une intimité élégiaque et non lyrique. Arsène Houssaye a eu, comme poète, la province de Champagne (le vin de Champagne et sa mousse dorée y compris), comme Brizeux a eu la province de Bretagne. Son
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- u)6. — Première Année — N° 24.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Juin 1885.
- verre n’est pas grand, mais il boit dans son verre, avec l’alouette et le rossignol.
- Comme historien, historiographe, historiogriffe, mais à griffe de velours, il a écrit des livres dont le titre est une formule dans un bon mot : Le Roi Voltaire, le Quarante-unièmefauteuil. Nous connaissons moins le romancier ; mais nous savons que la passion chez lui est sincère, mais légère, à fleur de visage et à fleur de cœur : un éclair sans coup de foudre, un sourire dans une larme, et que, de préférence, il s’est senti attiré vers les mystères du théâtre et du grand monde, cet autre théâtre. En somme, Arsène Houssaye, que nous prenons exclusivement au point de vue littéraire et en simple silhouette, faute de place, est quelqu’un, et c’est quelque chose que dœtre quelqu’un. C’est même beaucoup.
- Aussi la nouvelle de la publication de ses' Confessions a-t-elle été, dominant d’autres bruits plus graves, un bruit conséquent, dirait M. Prud-homme, dans les divers mondes où devait forcément le conduire son sujet : les théâtres, les salons, les lettres, les arts ne pouvaient demeurer indifférents à rien de ce qu allait dire d’eux et de lui le directeur de la Comédie-Française au moment le plus difficile et le plus brillant de ce gouvernement qui exige les yeux de l’enchanteur, la poigne du dompteur, du directeur de Y Artiste, de l'inspecteur général des Beaux-Arts, de cet homme qui, à travers tant d’incarnations diverses, a su demeurer toujours un véritable homme de lettres, dans le sens le plus large, le plus noble, le plus aimable et le plus fier du mot, de cet homme qui, après tant de travaux, de passions, de succès, de bonheurs, de malheurs, de romans écrits ou vécus, a su demeurer jeune d’esprit et de cœur, ayant encore, comme il le dit avec un juste orgueil, bon pied, bon œil, bonne dent, solide au Testin, gracieux au compliment, alerte à l’épigramme, barbe et crinière de lion adouci, non abâtardi, où le soleil couchant du soir d’un beau jour mêle à peine quelques pâleurs d’argent à l’or fauve des midis triomphants.
- Voilà donc Arsène Houssaye et il écrit non ses confessions, car il sait que le moi est haïssable, mais les confessions d’un demi-siècle, c’est-à-dire celles des autres et les siennes par-dessus le marché. Dans ces confessions, vrai régal de lettrés, d’artistes et de mondains, le public trouvera, chose étonnante, ce qu’il y cherche : de la sincérité, mais sans égoïsme, sans . cynisme, sans défi; la vérité, mais non pas la vérité toute nue, qui est laide, la vérité avec sa parure nécessaire, avec une pointe d’idéalisation, un charme de poésie, une majesté de lointain indispensables. Il ne faut pas servir au public ses souvenirs trop crus, son cœur saignant ses larmes brûlantes. Le public veut être instruit, amusé, touché, mais avec discrétion ; il n’aime pas les ilotes ivres et les philosophes en haillons; il n’aime pas les remords inquiétants et les repentirs irritants. Il n’aime pas à faire la pénitence de l’auteur. Ce n’est pas en Chodruc-Duclos qu’il faut poser devant lui. Rien de pareil dans les deux premiers volumes qu’on trouve courts et qui font attendre impatiemment les deux derniers ; rien de l’incurable orgueil et des désespoirs ingrats des Mémoires d’Outre-Tombe ; une philosophie souriante, une expérience sans amertume, la vie prise comme elle est, non comme elle aurait dû être ; aucune envie contre les contemporains illustres. Victor Hugo,, Alfred de Musset, Sainte-Beuve, Alfred de Vigny, Lamartine, vus du bon coin et peints de main d’admirateur qui ne s’interdit pas d’être observateur. Le premier volume est exquis, c’est l’histoire des années de famille, de campagne, de jeunesse, d’aventure, de roman, de bohème; il rap; elle avec un ton plus vif les Confidences, de Lamartine. Le second nous conduit jusqu’à la fin du règne de Louis-Philippe; il nous dit la virilité aux travaux féconds, au mariage heureux, les premiers grands succès et les premières grandes douleurs, en un mot, les souvenirs divers, littéraires ou galants d’un homme qui, je le répète, n’a jamais cessé d’être un homme de lettres et un galant homme. Voilà pourquoi je pense, et ne suis pas le seul, que l’Académie s’honorerait en ne tenant pas rigueur de ses épigrammes à un homme à qui elle ne manque pas et qui lui manque : un des types, un des héros, derniers survivants de la forte génération de i83o, un des derniers chefs de l’école romantique. Il ne refuserait pas de baiser la main, en signe d’hommage, à la Madame Récamier du quai Conti, à « ce bas bleu solennel », comme il a dit, de l’Académie, qui ne refuserait pas de lui rendre la caresse, qui a eu de moins spirituelles vengeances, et a fait de moins belles conquêtes.
- M. de Lescure.
- -------- ~ 1 r un n 1 —---------
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- IMPORTANCE DE LA CONCURRENCE ALLEMANDE
- Le consul suisse à Hambourg termine ainsi son rapport sur la situation commerciale de sa résidence en 1884 :
- On ne saurait contester que les efforts tentés pour développer l’exportation allemande n’aient été couronnés de succès. Les marchandises allemandes se rencontrent aujourd’hui sur tous les marchés du monde, et elles font aux produits similaires de l’étranger, et principalement de l’Angleterre, une redoutable concurrence. Ce résultat est dû à l’attention que les fabricants allemands apportentà se conformer exactement au goût de leur clientèle.
- L’Angleterre voit aujourd’hui dans l’Allemagne sa rivale la plus redoutable, et l’on s’étonne à bon droit qu’il ait suffi de vingt à vingt-cinq ans pour faire d’une contrée agricole et importatrice un pays industriel et exportateur.
- Toutes les entreprises ayant pour but l’extension du commerce d’exportation trouvent dans toute l’Allemagne, aussi bien à l’intérieur que dans les ports, le plus bienveillant accueil.
- Les fabricants ont adopté avec empressement l’idée des expositions d’échantillons, qui peuvent fournir aux exportateurs et à leurs agents à l’extérieur des indications précieuses sur les prpduits propres à l’exportation. Ces institutions existent déjà dans plusieurs villes d’Allemagne et c’est un exemple qui mériterait d’être examiné de près par ceux qui veulent lutter avec le commerce de l’Allemagne.
- Parmi les moyens dont se sert l’Allemagne pour faciliter ses relations avec l’étranger, il convient de ne pas oublier les lignes de transports à vapeur, destinées à relier directement les pays d’importation avec les pays producteurs. Or, ce pays n’épargne rien pour accroître le nombre de ces lignes et augmenter ainsi la quantité des régions qui sont réunies par les voies les plus rapides et les plus économiques aux centres de production.
- RUSSIE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Il résulte d’une correspondance adressée _ au Moniteur officiel du commerce que, d’une manière générale et quoique l’industrie russe ne puisse encore lutter, comme qualités de fini, de goût et de solidité, avec la plupart des produits français, il est incontestable que les tarifs de douane, d’une part, et la cherté du transport, de l’autre, créent au commerce d’exportation de la France vers la Russie de grandes difficultés.
- La conséquence de cet état de choses est la nécessité pour les exportateurs français d’étudier avec soin les conditions de placement de leurs articles avant d’entreprendre aucune opération.
- Ils doivent se tenir en garde contre les offres de service qui leur sont faites par des personnes inexpérimentées ou peu scrupuleuses et dont l’insistahce à entrer en relations est, d’ailleurs, significative. Les affaires ainsi conclues par correspondance et sans garanties préalables aboutissent généralement à un mécompte pour l’exportateur.
- La seule précaution effective et pratique consiste dans la réunion de renseignements spéciaux et personnels pris sur la place même, soit par le chef ou un associé de la maison, soit par des commis-voyageurs sérieux, actifs, connaissant bien l’article et familiarisés, s’il est possible, avec les mesures, monnaies et usages commerciaux de la localité.
- De tels voyages assurément entraînent d’assez fortes dépenses. C’est au négociant exportateur à en apprécier l’opportunité, d’après les indications générales qu’il aura pu se procurer. Mais s’il se décide à ce sacrifice, au moins s’assure-t-il toutes les chances de succès possibles pour ses transactions futures, tandis que les tentatives faites à titre d’essai, à découvert et, pour ainsi dire, au hasard, ainsi qu’il s’en produit ici un trop grand nombre, ne peuvent que .rarement réussir.
- BRÉSIL
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Le vice consul d’Autriche-Hongrie à Bahia écrit que, pour développer le commerce des articles déjà connus sur le marché, il faut les fournir à des prix inférieurs à ceux qui sont demandés ici. On peut y arriver en établissant des communications directes entre le pays producteur et Bahia, en abaissant les frets. Il est aussi nécessaire que les fabricants visitent de temps en temps la contrée, afin de se rendre compte par eux-mêmes des exigences des acheteurs.
- Avant tout, il faut tenir compte. des progrès accomplis dans le goût de la population et envoyer des modèles nouveaux conformes à ce goût. Ce sont, en général, ces articles qui donnent les meilleurs résultats ; mais pour les choisir, il est indispensable de bien connaître la population. Quelles que soient la qualité et la modicité du prix, l’article ne réussira pas si l’acheteur est persuadé qu’il est passé de mode dans le pays producteur.
- Les fabricants peuvent aussi faire des envois en consignation, à leurs risques : ces envois parviennent souvent à se vendre rapidement. Mais les marchands du Brésil ne sont pas décidés à accepter pour leur compte ces consignations, surtout s’il s’agit de produits inconnus sur la place. Il ne
- suffit pas d’envoyer des catalogues et des prix courants; par ce moyen on peut qbtenir quelques affaires, mais les transactions sérieuses et suivies ne s’obtiennent que par le système des consignations.
- Il serait désirable de voir s’établir des maisons qui seraient engagées à ne traiter qu’avec un certain nombre de maisons européennes, qui pourraient se constituer en syndicat.
- Les usages commerciaux de Bahia sont ceux de tous les ports du Brésil. Le crédit ordinaire varie de 9 à 12 mois; les importateurs tirent généralement, ou font 9 0/0 d’escompte.— Les payements s’effectuent par Londres.
- LES THÉÂTRES
- i° Rocambole, drame de MM. Ponson du Terrail,
- Anicet Bourgeois et Ernest Blum ; 20 Le Crime
- de Maisons-Alfort, drame de M. Gaston Gœdes, à BEAUMARCHAIS.
- Je parie pour Rocambole, malgré la chaleur, je parie aussi pour le Crime de Maisons-Alf or t malgré le thermomètre et ses altitudes brûlantes. Pourquoi? parce que les huit cent mille lecteurs des feuilletons de Ponson du Terrail d’où l’on a extrait le mélodrame repris par le Théâtre-Lyrique-Dramatique, voudront voir ou revoir les scènes mises en action par MM. Anicet Bourgeois et Ernest Blum.— Quand je parle de huit cent mille curieux, il me faut en rabattre, car je ne crois pas que nos administrations de chemins de fer, si aimables cependant en maintes circonstances , établissent des trains de plaisir pour procurer aux lecteurs de province l’avantage de venir s’émouvoir aux aventures de Fippart, de sir Andréa, du comte de Chamery, de MUc Salandrera et de Rocambole enfin! — Non, mais il reste à Paris un honnête contingent d’admirateurs de cet excellent Ponson qui formeront un public à son œuvre de 1864 et à la reprise de 1885.
- On ne raconte plus les aventures de Rocambole ; il succède à Vautrin et à Mercadet ; c’est une nouvelle incarnation de ces deux personnages de l’illustre Balzac.
- Rocambole fut joué pour la première fois en 1864, comme je l’ai dit, à l’Ambigu ; puis il fut repris à Gluny. Il est incontestable que c’est la première apparition du drame qui eut le plus^grand succès.
- C’est Taillade qui joua autrefois le rôle de Rocambole et c’est M. Decori qui le joue aujourd’hui. Les deux artistes ont compris leur rôle d’une manière différente. Taillade faisait « coup de théâtre » comme disent les vieux critiques ;. il nous a semblé que M. Decori était plus flnassier et trop « boulevard extérieur », si je puis m’exprimer ainsi.
- La réclame au décor a sa place dans Rocambole \ cependant la grande mise en scène n’est point de la partie.On a fait des économies, même sur l’eau — et par cette chaleur ! — à l’acte où le fleuve doit envahir un certain cachot où est renfermé le héros de l’épopée rocambolienne.
- , La pièce de Beaumarchais, c’est-à-dire le Crime de Maisons-Alfort, n’est pas de la rocambole, si vous voulez, mais c’est toujours Rocambole ! Les « amateurs de spectacles », comme l’on disait autrefois, auront l’avantage de pouvoir comparer. Tout cela « c’est des histoires de brigands » ! M. Cœdes a voulu céder au goût des portières du jour qui aiment le fait divers pimenté des petites gazettes, et il a broyé du noir de quoi obscurcir des verres pour contempler cinq cents éclipses. Je ne veux pas dire par là que son drame s’éclipsera bientôt de l’affiche, j’ai dit tout le contraire en débutant : Je suis persuadé qu’il y aura des amateurs de grosses, d’épaisses émotions ; il y aura peut-être aussi des habitués qui fréquententfe Hammam et sa salle de 70 degrés qui visiteront Beaumarchais après s’être essuyé les yeux et épongé le front à l’Ambigu.
- Il me» reste un devoir à remplir : La Comédie-Française et l’Odéon ont fêté, selon l’usage, l’anniversaire de Corneille. Je dois donc un paragraphe de cette courte chronique à la mémoire de l’auteur du Cid : Malgré l’épouvantable chaleur que nous subissions, le 279e anniversaire de Corneille a été convenablement fêté.
- Horace et le Menteur étaient au programme, Delaunay jouait Dorante.
- Entre la tragédie et la comédie, Coquelin a lu une pièce de vers de M. François Fabre. Vous connaissez ces à-propos. Comme auteur c’est le plus souvent un nouveau qui ne paraît à la Comédie-Française que pour cette fois seulement. Heureusement, pour les jeunes admirateurs de Corneille, cette cérémonie revient deux fois par an : à la mort de Corneille et à sa naissance. Il en est de même pour Racine.-— C’est la tradition.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. A&RAULT et Cie,ruede la Préfecture,6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 21 Juin 1885.
- NUMÉRO 25.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle; 2. Le Prix du Salon; 3. Discours; 4. Récompenses ; 5. M. Pierre Legrand à l’Exposition d’Anvers; 6. Communication; 7. Les médailles de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans ; 8. Les Expositions des beaux-arts; 9. Exposition de tableaux; 10. Echos ; 11. Les Livres; 12. Avis commerciaux ; i3. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- MEMBRES TITULAIRES
- DU JURY DES RÉCOMPENSES A L’EXPOSITION d’aNVERS
- GROUPE I.
- Classe i. — M. Buisson, inspecteur général de l’instruction publique hors cadre, directeur de l’enseignement primaire.
- Classe 2. — M. Jules Cambon, préfet du Nord.
- Classe 4. — M. Delalain, imprimeur a Paris ; M. Doniol, directeur de l’imprimerie nationale ; M. Jules Hetzel, éditeur, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classe 5. — M. D. Wolff père, délégué de la chambre syndicale des papiers en gros, memore du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam [&'83.
- Classe 7. — M. Pichot, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classe 8. — M. Saint-Saëns, membre de l’Institut ; M. Eugène Cand, luthier du Conservatoire et de l’Opéra, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris en 1878 et d’Amsterdam 1883.
- Classe q. — M. le docteur A.-J. Martin, ancien commissaire général à l’Exposition d’hygiène de Londres 1884. .
- Classe 10. —» M. le colonel Laussédat, colonel du génie en retraite, directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Classe ii. — M. Levasseur, membre de l’Institut, professeur au collège de France, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- GROUPE II.
- Classes 12 et 13. — M. Williamson, administrateur du Mobilier national.
- Classe 14. — M. Dubois, président honoraire du comité central des chambres syndicales et de la chambre syndicale des cristaux et de la verrerie.
- Classe i5. — M. Lauth, administrateur de la manufacture nationale de Sèvres, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 e't d’Amsterdam 1883.
- Classe 16. — M. Tresca, industriel.
- Classe 17. — M. Félix Follot, président de la société de protection des enfants du papier peint, membre du jury à l’Exposition universelle d’Am-s:erdam 18 8 3.
- Classes 18 et 19. — M. Martial Bernard, membre de la chambre de commerce de Paris, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 1883.
- Classe 20. — M, Georges Servant, ancien industriel, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 1883.
- Classe 21. — M. A. H. Rodanet, président de la chambre syndicale de l’horlogerie et de l’école d’horlogerie de Paris, membre de la commission française à l'Exposition d’Anvers.
- Classe 22. — M. Eugène Geneste, industriel, membre du jury à l’Exposition d’Amsterdam 1883.
- Classe 23. — M. Guerlain aine, industriel, ancien président de l’Union^ des fabricants, à Paris, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 24. — M. Emile Dupont, industriel, vice-président de l’Union des iabricants, à Paris.
- GROUPE III
- Classe 2 5. — M. Ponnier, industriel, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 188 3.
- Classe 26. — M. Julien Le Blan, industriel, membre du conseil supérieur de l’industrie et de la chambre de commerce de Lille, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 27. — M. Vallet, industriel, juge au tribunal de commerce de la Seine.
- Classe 28. — M. Georges Dannet, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878 ; M. A. Thézard, membre de la chambre de commerce d’Elbeuf.
- Classe 29. — M. Charles Rebour, industriel à Saint-Etienne; M. Sévène, président de la chambre de commerce de Lyon, membre du conseil supérieur de l’industrie.
- Classe 3o. — M. Bréant, industriel.
- Classe 3i. — M. Ch. Babey, industriel à Saint-Pierre-lèz-Calais ; M. Camille Weber, membre de la chambre de commerce de Paris, président de la chambre syndicale de passementerie.
- Classe 3c. — M. Lucien Fromage, industriel à Darnétal, près Rouen.
- Classe 33. — M. Bessand, ancien président du tribunal de commerce de la Seine, membre de la commission permanente des valeurs en douane, membre du jury à l’Elxposition universelle de Paris 1878, membre de la commission française à l’exposition d’Anvers; M. Alexis Muzet, président du syndicat général de l’Union nationale du commerce et de l’industrie, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 188 3.
- Classe 34. — M. Marret, industriel, président, de la' chambre syndicale de la bijouterie et de la joaillerie.
- Classe 35..— M. Nouvelle, industriel.
- Classes 36 et 3y. — M. Péan, industriel, président de l’Union nationale des fabricants de jouets.
- GROUPE IV
- Classe 38. — M. Carnot, ingénieur en chef au corps des mines, inspecteur de l’École nationale supérieure des mines ; M. Olry, ingénieur au corps des mines, directeur de l’Institut industriel du nord de la France.
- Classes 39 et 40. — M. Arthur Noël, inspecteur des forêts, chef du secrétariat à la direction des forêts. ....
- Classe 41. — M. de Lagorsse, secrétaire général de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture, membre du conseil supérieur de l’agriculture, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 42. — M. Hardy, chef des travaux chimiques de l’Académie de médecine etdel’Hôtel-Dieu ; M. Riche, directeur du laboratoire au ministère du commerce, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris de 1878; M. A. Vée, industriel, président du comité central des chambres syndicales, membre de la commission française de l’Exposition d’Anvers.
- Classe 43. — M! Besselièvre, industriel, président de l’exposition régionale de Rouen 1884, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 44. — M. Fortier-Beaulieu, industriel, ancien juge au tribunal de commerce de la Seine, membre de la chambre de commerce de Paris, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- GROUPE V
- Classe 45. — M. Arthur Pernolet, ingénieur civil des mines, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 46. — M. Dantu, agriculteur à Steene.
- Classe 47. — M. Monteil, ingénieur civil, directeur de la Société française de matériel agri-
- cole de Vierzon, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classe 49. — M. de Comberousse, ingénieur, professeur à l’École centrale des art-s et manufactures ; M. Cornut, ingénieur en chef de l’Association des propriétaires d’appareils à Vapeur du nord, de la France, membre de la commission centrale des appareils à vapeur au ministère des travaux publics.
- Classe 5o. — M. Armengaud jeune, ingénieur civil, membre de la commission française de l’Exposition d’Anvers.
- Classe 5i. — M. Bessonneau., industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classe 53. — M. Emile Bariquand, industriel, président de la chambre syndicale des machines à coudre, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classes 5q, 55, 56.— M. Périssé, ingénieur civil, membre du jury aux expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 1883.
- Classes 57 et 58. — M. Huret-Belvalette , industriel, président de la chambre syndicale des carrossiers, charrons et selliers, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- Classe 5q. — M. Marché, ingénieur civil, ancien président de la Société des ingénieurs civils, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 188 3.
- Classe 61. — M. A.-N. Bailly, membre de l’Institut, président de la Société des artistes français, membre du jury de l’Exposition universelle'de Paris 1878; M. A. Mulot, ingénieur civil, expert près les tribunaux ; M. Ouachée, juge au tribunal de commerce de la Seine, président de la chambre syndicale des carriers (marchands) et fournisseurs du bâtiment, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classe 62. — M. Victor Manceron, chef d’esça-dron d’artillerie, directeur de l’atelier de précision du dépôt central.
- GROUPE VI
- Classe 63. — M. Chapu, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878,; M. H. A. Wav , membre de la chambre, de commerce de Paris, président de la chambre syndicale des grains et farines, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- Classes 64 et 65. — M. L. Bignon aîné, agriculteur, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et ci’Amsterdam 1883.
- Classes 66 et 67. — M. Charles Prevet., industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam i883si
- Classe 68. — 'M. A. Blouet, membre de la chambre de commerce de Paris, président de la chambre syndicale de l’épicerie en gros ; M. Eugène Pelpel, industriel, président honoraire de la chambre syndicale des distillateurs en gros, membre du jury h l’Exposition universelle de Paris 1878; M. Léon Rousseau, industriel à Laon.
- Classe 69. — M. des Vallons, commissaire de l’exposition algérienne, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Dumesnil, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878 ; M. Emile Hébrard, viticulteur; M. Jarlauld, ancien président de la chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux, membre de la chambre de commerce de Paris; M. Érédéric Lacroix, viticulteur, membre de la Société d’agriculture de la Gironde; M. Eugène Larronde, négociant, organisateur de l’Exposition universelle des vins et spiritueux à Bordeaux 1882 ; M. Mestreau, industriel, membre du jury de l’Exposition universelle de Paris 1878 ; M. Eugène Porion, distillateur, président de la chambre de commerce dé Saint-Omer ; M. Jules Régnier, négociant, président du tribunal de commerce de Dijon; M. Vasnier, de la maison veuve Pommery, de Reims.
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- :gS. — Première Année. — N° 25. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- GROUPES VII et VIII.
- M. Gougeard, membre du conseil d’Etat. GROUPE IX.
- M. Ernest Lévy, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam i883,' membre de la commission française de l’Exposition d’Anvers ; M. Charles Varey,- publiciste, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- M. Blavier, inspecteur général des postes-et télégraphes, directeur de l’école supérieure de télégraphie ; M. Lemonnier, industriel, président de la chambre syndicale d’électricité.
- Hors classe. — M. de Lamothe, publiciste, délégué de la régence de Tunis.
- LISTE DES MEMBRES SUPPLÉANTS
- nu JURY DES RÉCOMPENSES A L’EXPOSITION D’ANVERS
- GROUPE 1.
- M. E.-O. Lamy, directeur du « Dictionnaire de l’industrie et des arts industriels » ; M. Armand Colin, éditeur; M. A. Masure, industriel à Arches; M. Georges Lévy, président de la chambre syndicale de photographie ; M. Besson, fabricant d’instruments de musique; M. Edouard Bourdon, industriel , membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 1883 ; M. Napoléon Ney, vice-président de la Société de géographie commerciale.
- GROUPE IL
- M. Louis Soubrier, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam x883 ; M. Gustave Thierry, président de la chambre syndicale de la céramique, membre delà commission permanente.des valeurs en douane, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Davoust, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Henri Chenaillier, ancien industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. E. Gignon, président de la chambre syndicale de la serrurerie de bâtiment, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- GROUPE III.
- M. Stackler Philippoteaux, industriel à Sedan ; M. E. Rhodé, négociant, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878 ; M. Gustave Paraf, industriel ; M. Adolphe Salmon , négociant ; M. Eugène Klotz, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Tarbouriech-Nadal fils, membre du jury aux Expositions universelles de Paris 1878 et d’Amsterdam 1883 ; M. Henri Touzet, président de la chambre syndicale des fabricants et négociants en chaussure; M. Piel, industriel, président de la chambre syndicale de la bijouterie imitation, membre du jury à l’Exposition universelle de Paris 1878.
- GROUPE IV.
- M. Emile Godfernaux, ingénieur civil des mines ; M. A. Bérenger, trésorier de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture, membre du jury du concours général agricole de Paris ; M. Jules Kolb, administrateur délégué de la Société des manufactures de produits chimiques du Nord, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Floris-Descat, industriel ; M. Clavé-Bertrand, industriel, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883.
- GROUPE V.
- M. Walter-Meunier, ingénieur civil, ingénieur en chef de l’Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur ; M. Morel, • industriel , président de la section des industries diverses au conseil des prud’hommes de la Seine ; M. Octave Gourtois-Suffit, architecte diplômé.
- GROUPE VI.
- M. Gustave Foucher, industriel, juge au tribunal de commerce de la Seine, membre du jury à l’Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Isidore Moricelly aîné , industriel à Marseille ; M. de Fontainieu, négociant à Gaudéran, près Bordeaux ; M. Pellisson, industriel à Gognac; M. Edmond | Bourdon, industriel à Rémy (Oise), membre du jury j de l'Exposition universelle d’Amsterdam 1883 ; M. Buhan, secrétaire général de la Société philo- j manque de Bordeaux; M., Ricard, secrétaire de la Société départementale d’agriculture et d’horticulture de Vaucluse ; M. Clément Bertrin, négociant à Bordeaux; M. I rannin, cultivateur et industriel.
- GROUPES VII et VIII.
- M. Ortolan, mécanicien en chef de la marine en retraite.
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- MEMBRES
- DU JURY FRANÇAIS A l/ EXPOSITION d’aNVERS POUR >r REPRÉSENTER
- L'Exposition coloniale de la République-
- Classe i. — Enseignement primaire : M. Jacob de Cordemoy, président du conseil général de la Réunion.
- Classe 4. — Imprimerie et librairie : M. Henri Deloucle, archiviste paléographe.
- Classe ï i. —• Géographie : M. Girard de Rialle, chef de la division des archives au département des affaires étrangères. — Suppléant: M. Delavaud, attaché au département des affaires étrangères, secrétaire de la Société de géographie.
- Classe 12. — Meubles: M. Godin, architecte décorateur.
- Classe i3. — Ouvrages du tapissier et du décorateur : M. Deville-Cavellin, ancien président de la chambre syndicale des tapissiers de Paris.-— Suppléant: M. Maréchal, conducteur principal des bâtiments civils de Cochinchine.
- Classe 1 5. — Céramique : M. A. Nivert, membre du comité d’organisation et du comité exécutif de l’exposition coloniale française.
- Classe 24. — Maroquinerie , tabletterie et vannerie : M. Ducret, président de la chambre syndicale des industries diverses.
- Classe 25. — Fils et tissus de coton : M. Félix Faure,, député. — Suppléant : M. Raffard, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine.
- Classe 29. —Soie et tissus de soie : M. Hervieu, négociant en rubans, velours et soieries.
- Classe 33. — Habillement des deux sexes : M. Bresson, négociant en pelleterie et fourrures, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine.
- Classe 38. — Exploitation des mines et de la métallurgie : M. Fuchs, ingénieur en chef des mines. — Suppléant / M. Saiadin, ingénieur civil des mines.
- Classe 3q. — Produits des exploitations et industries forestières : M. Fleury, ingénieur civil.
- Classe 40. — Produits de la cirasse et des cueillettes : M. Moucelon, délégué de la Nouvelle-Calédonie au conseil supérieur des colonies.
- Classe 41. — Produits agricoles non alimentaires : M. Harmand, consul général de France ; M. Egasse, professeur agrégé aux écoles de médecine navale en retraite.
- Classe 42 —• Produits chimiques et pharmaceutiques.: M. Delavaud, pharmacien-inspecteur de la marine et des colonies, membre du conseil supérieur de santé. —Suppléant : M. de Bonnard, ingénieur des arts et manufactures, fabricant de produits chimiques.
- Classe 61..— Matériel des travaux publics, etc..: M. Dauderni,. entrepreneur de travaux publics; M. Adolphe Violet fils, ingénieur civil, expertprès le tribunal de la Seine.
- Classe 63.. — Céréales et produits farineux : M. de Nozeille, pharmacien en chef de la marine.
- Classe 67..— Légumes et fruits: M. Pierre, directeur du jardin botanique de Saïgon.
- Classe 68. —’ Condiments et stimulants, sucres, etc.: M. de Lanessan, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, député; M. Edmond Planchut, explorateur; M. Hurard, député de la Martinique. — Suppléant : M. Ledoux, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine.'
- Classe 69. — Boissons fermentées : M. Ch. Coulon, négociant en liquides ; M. Ed. Hunebelle, propriétaire viticulteur en Algérie. — Suppléant : M. Cavé, négociant en vins et spiritueux.
- Classe 82. — Articles d’exportation : M. Louis Vignon, consul de France.
- Classe 83. — Musées commerciaux : M. Albert Grodet, sous-direct'eur des colonies au ministère de la marine et des colonies. — Suppléant : M. des Tournelles, conservateur-adjoint de l’exposition permanente des colonies.
- MEMBRES TITULAIRES
- DU JURY DES RÉCOMPENSES A L’EXPOSITION d’aNVERS
- POUR Y REPRÉSENTER
- L’Exposition des beaux'-arts de la République française
- Peinture.
- M. Bouguereau, membre de l’Institut.
- M. Bonnat, membre de l’Institut.
- Sculpture.
- M. Eug. Guillaume, membre de l’Institut. Architecture.
- M. Ch. Garnier, membre de l’Institut. Gravure.
- M. Léopold Flameng, graveur.
- Dimanche 21 Juin ib85-‘
- - MEMBRES
- DU JURY DE L’EXPOSITION HORTICOLE
- Bergmann, chef des cultures du domaine ce-Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne).
- Moset, horticulteur, rue Saint-Symphorien, t.,. à Versailles.
- Thibaut, horticulteur, rue Houdan, 107, à Sceaux (Seine).
- Truffaut (Albert), horticulteur, rue des Chantiers, 40, à Versa'illes‘(Seine-et-Oise).
- Louis Leroy, horticulteur au Grand-Jardin, à Angers (Maine-et-Loire).
- Jadoul, jardinier en chef de la ville de Lille-(Nord).
- Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris,, au fleuriste de la Muette.
- Le comte de Cerminy, trésorier général à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le comte de Choiseul, député.
- Cochet (Scipion), horticuleur à Suisnes, par Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne).
- Leveque, horticulteur, 69, rue Liégeat, à Ivry (Seine).
- Margottin père, horticulteur, Grande-Rue, 21, à Bourg-la-Reine (Seine).
- Verdier (Charles), horticulteur, route de Choisy,. 11. à Ivry (Seine).
- Desportes (Baptiste), chef des cultures de la. maison André Leroy, à Angers (Maine-et-Loire).
- Léon Say, président de la société nationale et centrale d’horticulture de F’rance.
- André (Edouard), rédacteur en chef de la Revue horticole, rue Chaptal, 3o, à Paris.
- Bruant (Georges), horticlilteur, boulevard Saint-Cyprien, à Poitiers (Vienne).
- Joigneaux (Auguste), à Paris.
- Chantin, horticulteur, avenue de Châtillon, 32,. à Paris.
- Cornu, professeur, au Muséum d’histoire naturelle.
- Duchartre, membre de l’Institut, professeur à la. faculté des sciences.
- De La Devansaye, président de la société d’horticulture de Maine-et-Loire, au château du Fresne, par Novant (Maine-et-Loire).
- Lemoine, horticulteur, rue de l’Etang, 67, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Planchon,. processeur à la faculté des sciences de Montpellier.
- Prillieux, inspecteur général de l'enseignement agricole.
- Simon (Léon), président de la société d’horticulture de Nancy, à Nancy.
- Nanot, professeur d’arboriculture de la ville de-Paris, maître de conférences à l’institut national agronomique.
- Baltet (Charles), arboriculteur à Troyes (Aube)..
- Curé, conseiller municipal de Paris, horticulteur maraîcher, 3i5, rue Lecourbe, à Paris.
- Chatin, membre de l’Institut, directeur de l’école-de pharmacie, à Paris.
- Hardy, directeur de l’école nationale d’horticulture de Versailles.
- - Joret, membre de la société nationale d’horticulture, à Paris, itî, rue de la Michodière.
- Jamin, pépiniériste, Grande-Rue, 1, à Bourg-la-Reine (Seine).
- Ponce (Isidore), jardinier-maraîcher, boulevard de la Révolte, 90, à Clichy (Seine).
- Salomon (Etienne), horticulteur à Thomery (Seine-et-Marne).
- MEMBRES
- DU JURY DES CONCOURS D’ANIMAUX
- Desprez, agriculteur à Cappelle (Nord).
- Portier, président de la société d’agriculture delà Seine-Inférieure, à Rouen.
- Grollier, président du comice agricole de Durtal, à la Motte-Grollier (Maine-et-Loire).
- Lecouteux, professeur à l’institut national agronomique, membre du conseil supérieur de l’agriculture. '
- Bernard, député du Nord.
- Teisserenc de Bort (Edmond), agriculteur à Saint-Priest-Taurion (Haute-Vienne).
- De Verninac, sénateur, agriculteur à Sarrazac (Lot). ...
- Demôle, agriculteur a Crevms-Bossey (Haute-Savoie).
- Boutet père, membre du comité consultatif des épizooties, vétérinaire, maire de Chartres (Eure-et-Loir).
- Céran-Maillard, agriculteur à Turqueville (Manche).
- Nouette-Delorme, membre de la société nationale d’agriculture, agriculteur à Guzouer-des-Champs (Loiret).
- Petit fils, agriculteur à Champagne, par Juvisv (Seine-et-Oise).
- Vassilière, inspecteur général de l’agriculture.
- Féry d’Esclands, président de la société protectrice des animaux, à Paris.
- Lemoine, aviculteur à Crosne (Seine-et-Oise).
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- Première Année. — N° e5.
- LE PRIX DU SALON
- " Le Conseil supérieur des beaux-arts, réuni le 13 juin au palais des Champs-Elysées, sous la présidence de M. Turquet, sous-secrétaire d’Etat <tu ministère de l'instruction publique, des beaux-, .arts et des cultes, a procédé à la distribution des prix du Salon et des bourses de voyage.
- Le prix du Salon a été décerné à M. Daillion, s'culpteur.
- Ont-été attribuées les bourses de voyage suivantes :
- ARCHITECTURE
- MM.. Quatesous, Defrasse.
- SCULPTURE
- MM. M engin, Pech, Gaston Leroux.
- PEINTURE
- MM. Fritel , Ainan (Jean), Ernest - Joseph Laurent, Henri Martin.
- DISCOURS
- PRON.ONCÉ PAR
- M. PIERRE LEGRAND
- MINISTRE DU COMMERCE
- A la distribution des. récompenses du Concours agricole de Beauvais.
- Messieurs,
- Invité par la municipalité de Beauvais et par les organisateurs, du concours régional à présider cette, solennité, à la place de mon honorable collègue et ami. M. le ministre de l’agriculture, retenu dans son département par une élection sénatoriale, j’ai accepté avec empressement la mission qui m’était confiée de vous apporter, au nom du Gouvernement de la République, l’expression de sa profonde sympathie pour les populations de votre belle région.
- Cette mission -m’était d’autant plus agréable à remplir que je ne suis pas un inconnu pour la plupart d’entre vous.
- Enfant du Nord, je connais depuis longtemps votre entier dévouement aux intérêts de l’agriculture, votre amour pour le travail, vos luttes incessantes pour le progrès.
- Je savais que je me. trouverais ici au milieu de compatriotes et, si vous me le permettez, je dirai volontiers au milieu d’amis, aux efforts desquels je me suis toujours associé, et qui, en toutes circonstances, ont pu -compter sur moi comme je pouvais compter sur eux.
- Aussi est-ce avec une grande joie, mes chers concitoyens, que je viens aujourd’hui constater vos succès, encourager, vos espérances et reconnaître une fois encore que vous avez su conserver vos vieilles et précieuses qualités 1 Vous êtes restés laborieux pendant la paix autant que braves au jour du danger.
- Vous ne vous étonnerez pas, je l’espère, de voir le ministre du commerce et de l’industrie venir applaudir aux succès de l’agriculture : car l’industrie et' l’agriculture sont soeurs; elles sont les deux principales sources de la prospérité nationale; toutes deux ont un droit égal à la sollicitude de LEtat,
- Nulle part, du reste, cette solidarité ne peut être mieux affirmée que dans cette région du Nord, où nous voyons de toutes parts surgir d’immenses usines, de gigantesques fabriques, au milieu des plus grandes et des plus riches cultures ; dans cette contrée où le travail industriel est honoré à l’égal du travail des campagnes, dans cette ville même de Beauvais qui voit s’ouvrir à côté de son exposition agricole une magnifique exposition industrielle.
- Je ne vous parlerai pas aujourd’hui de cette dernière exposition, dont j’ai pu tout à l’heure apprécier l’importance : je ferai tous mes efforts pour que le Gouvernement soit ici encore représenté lors de la distribution des prix, afin de témoigner une fois de plus toute sa sollicitude pour les intérêts de l’industrie et toute sa reconnaissance pour le zèle déployé par les intelligents organisateurs de cette entreprise. ' •
- C’est aujourd’hui la fête de l’agriculture, et, je me hâte de le dire, jamais fête ne fut. 'plus complète, jamais concours n’offrit plus de sujets dignes de notre admiration.
- En parcourant cette enceinte dans laquelle., figurent les produits si nombreux et si variés des. départements de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de.la-Seine, de Seine-et-Marne, de
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Juin i885. — 19p.
- Seine-et-Oise et de la Somme, j’ai pu constater avec un'.légitime orgueil que, malgré les souffrances endurées pendant ces dernières années par l’agriculture, ses représentants n’ont jamais cessé d’être à la hauteur de leur vieille et proverbiale réputation.
- Les produits exposés sont en plus grand nombre que dans les concours précédents. En 1861, au concours qui se tenait ici même, on ne rencontrait que 606 machines agricoles et 2S0 têtes de gros bétail. Nous trouvons aujourd’hui l’espèce bovine représentée par 3i 5 animaux des meilleures races, normande, flamande, hollandaise, durham; le nombre des machines ou instruments-agricoles a plus que triplé : de 606 il est monté à 1,98 5. Les bêtes ovines aussi sont en progrès pour la quantité et la qualité de la viande et de la laine. De magnifiques lots de volailles témoignent des soins intelligents que prennent vos ménagères pour développer le fructueux, produit de la ferme.
- C’est à votre énergie, messieurs, à votre courage que sont dus ces excellents résultats. Vous n’avez jamais désespéré, vous avez eu confiance dans le gouvernement de la République, et vous avez bien fait ; car ce gouvernement, puissamment aidé par vos représentants à la Chambre et au Sénat, a su prendre des résolutions, des mesures dont vous reconnaissez aujourd’hui l’efficacité, et dont vous commencez déjà à récolter les bienfaisants effets. *
- Je n’ai pas à insister en ce moment sur les brillantes discussions qui ont précédé le vote des lois sur les sucres, sur les céréales et sur les bestiaux. Elles sont encore présentes à votre mémoire.
- Permettez-moi d’ajouter seulement que ces lois, accueillies par vous avec tant de faveur, avaient été précédées d’autres dispositions législatives dont les résultats ont été également des plus féconds pour l’agriculture.
- Avant 1881, les maladies qui sévissaient sur les animaux de l’espèce bovine frappaient la région du Nord d’un lourd impôt, dont le chiffre atteignait presque un million par an; depuis la loi de 1881 sur la police sanitaire, le 'nombre des animaux abattus a toujours été'en ’diminuant : il était de 1,466-en 1882, il n’est plus que de 798 en 1884. Et pendant cette période de quatre annéeSj 775,000 fr. ont été de ce chef payés par l’Etat à votre région à titre d’indemnité.
- Ai-je besoin de vous rappeler les travaux de M: Pasteur, si libéralement. subventionné par l’Etat, qui mettent désormais les animaux de nos fermes à l’abri de ces fléaux qu’on appelle le charbon, la rage, dont les redoutables effets ruinaient nos étables et nos poulaillers, prélevaient annuellement sur les produits de notre culture plusieurs centaines de mille'francs ?
- Je ne vous citerai aussi que pour mémoire les sommes considérables inscrites à notre budget pour la confection de grands travaux publics, dont beaucoup intéressent l’agriculture, et notamment ceux qui auront pour effet d’arrêter les inondations causées par l’Oise sur certaine partie de son parcours. Je n’oublierai pas, enfin, la loi sur les syndicats, qui facilite les associations entre petits agriculteurs, et leur permet de réunir toutes leurs forces pour les concentrer sur tel ou tel travail, qu’à l’état isolé ils n’auraient jamais pu entreprendre.
- Vous le voyez, messieurs, j’avais bien raison d’affirmer que la République avait beaucoup fait pour vous, et qu’elle n’était jamais restée sourde/ aux appels que vous lui adressiez.
- Sans doute, il reste encore beaucoup à faire, et la Chambre, qui va bientôt succéder à celle dont je viens de résumer les travaux, aura à continuer l’œuvre par nous entreprise; mais nous avons singulièrement facilité sa tâche.
- Elle aura, entre autres travaux, à achever le code-rural, à terminer l’organisation d’un crédit agricole qui devra mettre à la disposition des agriculteurs, à peu de frais, l’argent nécessaire pour, effectuer toute opération utile. Elle aura encore à poursuivre l’exécution du canal du Nord, destiné à-diriger vers Paris tous les produits de notre fertile région, et notamment nos houilles, qui, j’ai le. regret de le dire, ne peuvent actuellement pénétrer sur le grand marché parisien, non plus que dans tout le reste de la France, aux mêmes conditions de prix que les houilles étrangères. Elle aura enfin à compléter notre enseignement agricole, pour lequel nous avons déjà beaucoup fait, puisque son budget, qui n’était en 1835 que de 349,000 francs, et en 1869 de deux millions, monte aujourd’hui à 3,512,000 francs.
- 'Mais je m’arrête; je. m’aperçois que j’ai, été bien long, et je vous en demande pardon, messieurs ; ..
- vous devez avoir hâtede féliciter vos compatriotes, les lauréats de la grande et de la petite culture, dont on va tout à l’heure proclamer les noms ; vous devez être pressés de serrer les mains de ces braves ouvriers de ferme qui vont recevoir la récompense de leurs longs et loyaux services. . •
- Permettez-moi, en terminant, de vous féliciter encore, messieurs, au nom du gouvernement de la-Rëpublique, que je suis heureux de représenter dans cette fête vraiment nationale. Ayons beaucoup de journées semblables à celle-ci, et nous aurons bien travaillé au résultat que nous poursuivons tous : la grandeur et la prospérité de- notre chère France.
- RÉCOMPENSES
- OBTENUES PAR LES EXPOSANTS FRANÇAIS A LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Onifille et Cic. Sardines à l’huile, médaille de i‘'u classe. Saumons gelés à l’huile, mention honorable.
- Decauville aîné. Petit-Bourg, étalage de wagons et de rails pour chemin de fer portatif, médaille de i1'0 classe.
- Gerard-Horrut, Paris. Vêtements complets pour dames, façon de tailleur, grande médaille de ii-“ classe.
- L. Lacroix et fils, Angoulême. Médaille de i1,(i classe, papier à cigarette.
- Emile Bousse, Paris. Mobilier de cuirs de Cordoue, mention honorable.
- E. Marckert, Paris. Bijouterie religieuse,
- médaille de irc classe.
- A. Regai, Paris. Bijouterie d’imitation avec pierres à facettes, médaille de 2e classe.
- S. Bulot, Paris. Bijouterie nickelée, médaille de 2e classe.
- Compagnie bordelaise de navigation à vapeur, Bordeaux. Demi-modèle de ses steamers transatlantiques, M. Constant Andrée, exposant, grande médaille d’or de ire classe.
- Henri Fromont, Paris. Verre gravé et découpé par procédé artistique, grande médaille d’or de' irc classe. '• ;
- T. Neiter et E. Prestat. Cadres émaillés pour miroirs, médaille de ire clàsse.
- P. Imberton. Vitraux émaillés pour décoration, médaille de ir0 classe.
- . Afües Anna et Gabrielle Ledoux, Paris. Panneaux peints sur verres pour décoration d’intérieur, médaille de 20 classe. •
- Lambert et Cie. Verres pour orfèvres et photographes, médaille de 2e classe.
- Félix Gaudin, Clermont-Ferrand. Vitraux peints, médaille de ire. classe. ’
- E. Cresca. Tapis et cotonnades pour tapissiers’, mention honorable.
- Wallet. Tapisserie, médaille de ire classe.
- Legrand frères. Velours pour tapisserie et tapis.
- L.-J. Dumet, Tours. Soieries jiour tapisseries, médaille de i1’0 classe.
- George Moulinet, Paris. Corsets, mention honorable.
- A.. Le Prince et fils, Paris. Corsets faits à la main, médaille de 20 classe.
- André Laborde, Paris. Cravates de dames, médaille de irc classe.
- A.Pitet, Paris. Bijouterie, médaille de 2e classe.
- A. Piel, Paris. Bijouterie d’imitation, médaille de 2e classe.
- A. Bocquillon, Paris. Bijouterie dorée et nickelée, mention honorable.
- Chopcirt frères, Paris. Bijouterie bon marché'et exécution.
- J.-A. Lathoude père, Paris. Bijouterie d’imitation, mention honorable.
- Gallonde, Paris. Etalage debijouteried’imitation, mention honorable.
- D. Prévost, Paris. Bijouterie d’or roulé, spécialité de bracelets, mention honorable.
- E. Thomas. Bijouterie de deuil, mention honorable. . .
- A. Verrebout, Paris. Meilleur étalage de statues religieuses, médaille de 20 classe.
- Supperelle et Digard. Surtouts de chenille de soie, médaille de i1'0 classe. \ '
- Jumeau, Paris. Etalage de poupées,"médaille de . ii,c classe- .
- G. Vichy, Paris. Poupées mécaniques, médaille de ivc classe. _ ' ;
- L. Gras,. Paris. Échantillons d’imprimés, de musique, médaillé de. i1'0 classe.
- G. Horrut, Paris. Vêtements complets pour dames, laçon de tailleur, médaille de i1'0 classe. v
- Aveline, Bordeaux. Ouvrage de fantaisie' en cheveux, médaille de i>'° classe.
- Vaviol, Bordeaux. Perruques de théâtré, médaille de i>'« classe.
- Alphonse Henri, Paris. Fleurs artificielles, mention honorable.- '
- L. Germain, Paris. Fleurs artificielles, médaille de irc classe.
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- 200 et 20i. — Première Année. — N° 2 5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Juin 1885.
- A L’EXPOSITION D’ANVERS -- LE VASE DE GUSTAVE DORÉ
- M. PIERRE LEGRAND
- \
- MINISTRE DU COMMMERCE DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
- A L'EXPOSITION D'ANVERS
- (Lettre de notre correspondant particulier) :
- Je consacrerai ma correspondance d’aujourd’hui à la visite de notre ministre du commerce à l’exposition française d’Anvers. Cette visite a en effet une importance considérable et je ne vous étonnerai pas en vous disant qu’elle était impatiemment attendue par les exposants français. Et cela se comprend d’ailleurs. Qui donc en ce monde est assez désintéressé de ses affaires, pour ne pas aimer à les faire valoir dans toutes les occasions qui se présentent ? Et ici, il s’agit du drapeau français v de ce drapeau industriel et commercial que nombre de nos voisins, par amitié sans doute, cherchent toujours à rabaisser. Eh bien, qu’ils se détrompent ! Notre cher drapeau flotte toujours et s’impose à tous, à l’univers entier qui, réuni dans les enceintes de cette Exposition, nous étudie et nous contemple !
- Honneur auxindustriels français!
- Honneur à ces vaillants champions d’un combat qui finira par l’affirmation de la gloire, de la vitalité de la France !
- Depuis quelques jours, le nom de M. Pierre Legrand était dans toutes les bouches. Chacun était anxieux de son arrivée, de l’heure à. laquelle il serait au. palais de l’Exposition. Aussi tout le monde était là, sous les armes, militairement parlant.
- Cette visite était purement officieuse, et cependant ainsi que je vous l’ai dit, chacun était à son poste , chacun tenait à saluer l'homme éminent entre les mains duquel se trouvent présentement les intérêts de l’industrie et du commerce français.
- M. Pierre Legrand, parti de Pans lundi , soir, par le rapide de 6 heures 20, était, entre autres notabilités, accompagné de M.
- Rousseau, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, de MM. les sénateurs Dietz-Monnin et Teisserenc de Bort ; Grodet, sous-directeur des colonies, commissaire de l’Exposition coloniale de la République ;
- Jacques Hébrard, Liouville, Félix Faure, députés; Cambon, préfet du Nord ; Berger, ancien commissaire général des exportations.
- M. le ministre est arrivé dans la nuit à Anvers. Le mardi matin,
- M. le comte de Montebello, ministre de France en Belgique ; M. Robeis Borgben, consul général de France, commvàAtûre ^énéruY <Ae la. Rénu-
- M. oommissjij/ e
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- commerciale, se rendent auprès de AI. Pierre Legrand et l’invitent à visiter l’Exposition.
- Déjà toutes les galeries de notre section française sont remplis de personnages et d’exposants ; un mouvement inaccoutumé se produit, il règne une effervescence rare là où d’habitude on rencontre le calme le plus absolu. Puis à un moment donné, moment tout spontané, vous voyez chacun accourir à la façade de l'Exposition française.
- Le ministre a été signalé : le ministre est là.
- Il entre dans le salon des manufactures nationales. M. Maurice Monthiers lui présente le secrétaire du commissariat général et l’ingénieur de la section française de la galerie des machines.
- Puis, après avoir admiré les magnifiques porcelaines de Sèvres et les tapisseries des Gobelins et de Beauvais qui font l’ornement de l’Exposition, M. le ministre du commerce s’est rendu dans la galerie d’honneur de l’Exposition et s’est arrêté auprès de chacune des expositions qui y sont installées.
- Les salons artistiques des émaux de ^ Soyer, des porcelaines de Guérin, ont été longuement examinés.
- Une série d’autres expositions qui se trouvent dans la galerie d’honneur ont reçu la visite du ministre et je serais heureux d’en citer ici les noms, si leur énumération ne me paraissait trop longue.
- De la galerie centrale , le ministre s’est rendu à l’exposition collective organisée par les villes de Rouen et d’Elbeuf réunies. Il a été reçu et conduit par M. Fromage, le grand industriel rouen-nais dont j’ai déjà eu l’occasion de vous entretenir et qui a présidé avec un zèle bien digne d’éloges à l’installation de cette exposition collective.
- Quel intérêt en effet ne présentent pas ces draperies hautes nouveautés , d’Elboeuf, employées
- pour pantalons, jaquettes, costumes complets et paletots ; — ces draps de toutes couleurs pour dames, ces satins, popelines, édi edons, etc., etc. Et dans la partie occupée par l’Exposition rouennaise, ces indiennes pour meubles, ces impressions sur peluches , velours sur tissus de coton, etc., etc. ! *
- Puis le ministre entre dans le Salon lyonnais ! Que de choses admirables ! que de merveilles ! Aussi la visite a-t-elle duré longtemps : Il y a là des soieries dont la vue vous fascine et vous retient : Spectacle enchanteur qu'on contemple et qu’on admire d’autant plus qu’on y assiste plus longtemps !
- Je n en finirais pas si je vous citais toutes les expositions que M. Pierre Legrand a vues en détail. Je devrais alors vous donner la liste complète des exposants français.
- La France a fait à Anvers, je ne crains pas de le dire, une véritable Exposition, tandis que les autres pays ont cru surtout assister à une foire. Il n’y a guère qu'une Exposition qui dépare la section française si belle et si admirée: c’est celle qui a été organisée par la Chambre syndicale de la couverture et de la plomberie. Je ne veux pas en cela rabaisser le mérite de cette Chambre qui a fait preuve de patriotisme, ce dont tout le monde lui saura gré, mais je dois, pour rester impartial, me ranger de l’avis de ceux qui ont pensé que tous ces robinets, toutes ces plaques de zinc , rangés autour d’un spécimen de clocheton de poulailler, auraient fait meilleur effet, si chacun des adhérents au syndicat avait exposé séparément.
- Je regrette que cette Exposition ne soit pas située dans un pavillon des jardins. La section française aurait été alors exempte de reproches!
- Après avoir ainsi visité en détail la section française le ministre est allé déjeuner dans l’Exposition, au Grand Hôtel, restaurant que dirige un de nos compatriotes.
- Une promenade sur l’Escaut avait été projetée ; chacun se levait de table et se préparait à gagner les quais, lorsqu’une dépêche vient annoncer l’arrivée du roi et de la reine des Belges,
- Le ministre du commerce , prévenu de la visite des souverains, ne pouvait se dispenser d’aller les saluer. Il
- Le ministre se retira alors pour visiter de nouveau la section française. De son côté le roi et la reine se rendirent dans la section belge.
- Puis, après une visite relativement courte dans leur section nationale, Leurs Majestés gagnèrent la section française où une nouvelle rencontre eut lieu entre elles et le ministre du commerce de la République française. Les marins destinés à la garde de la section française formaient la haie autour des escortes du roi et du ministre.
- Le roi s’avançant vers M. Pierre Legrand, lui dit avec une courtoisie et une amabilité toutes particulières :
- S
- s’est donc immédiatement rendu à la rencontre de Leurs Majestés et leur a exprimé les plus respectueuses sympathies du gouvernement français. Il a dit que, appartenant au département du Nord, il savait personnellement en quelle haute estime on peut tenir la population belge. La France n’a pour la Belgique que des sentiments d’amitié.
- Le roi s’est montré très touché des paroles de bienvenue de notre ministre, ' Avec une familiarité charmante et de façon à être entendu de son entourage, il a dit à M. Pierre Legrand qu’il serait heureux de le recevoir à Bruxelles. La reine, à qui le ministre avait, en termes très délicats présenté ses hommages , a remercié M. Pierre Legrand des vases de Sèvres qui lui ont été offerts au nom du gouvernement français.
- Voici par le détail comment s’est passée l’entrevue entre le roi des Belges et le ministre du commerce français.
- « Monsieur le ministre, lui dit-il, je suis très aise de vous rencontrer. J’espère que vous voudrez bien accepter à déjeuner ou à dîner au Palais demain. »
- M. de Montebello, ministre de France en Belgique dit alors :
- « •— Sire, c’est que la visite de M. le ministre est tout officieuse. »
- « — Ah ! reprit Sa Majesté, c’est bien différend, alors. Vous êtes dans un pays libéral et vous-y’ ave^ toute liberté. Cependant, je compte visiter tout à l’heure la section française et je serais heureux de me faire accompagner par vous. »
- « Nous voici, monsieur le ministre, nous étions impa-« tients de visiter la section française, nous espérons « que vous voudrez bien nous en montrer vous-même les « merveilles. »
- Le roi a témoigné, pendant cette visite, beaucoup d’intérêt à nos expositions françaises et a promis de revenir les visiter souvent.
- Après cette visite du roi, M. Pierre Legrand et sa suite ont été conduits au port par M. de Moreau, ministre de l’industrie de Belgique. Un steamer de la maison Gail attendait les visiteurs. L’Escaut offrait un coup d’œil charmant, avec des promenades garnies de curieux, ses flots agités par une brise fraîche et les nombreux bâtiments de toute provenance amarrés le long des quais.
- Le magnifique petit steamer a conduit les invités jusqu’à la hauteur des grands bassins, où se pressent les mâts des grands voiliers. Le coup d’œil était superbe et le ministre français s’est vivement intéressé aux travaux gigantesques réalisés depuis i5 mois pour améliorer le port d’Anvers.
- VISITE A L’EXPOSITION COLONIALE
- DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
- A quatre heures , la promenade sur l’Escaut était terminée. Le steamer amarrait pour permettre au ministre de France d’aller présider à l’ouverture de l’Exposition coloniale de la République française, que le roi a déjà honorée de sa visite.
- M. Pierre Legrand a été reçu sur le perron du pavillon par M. Albert Grodet, sous-directeur des colonies, commissaire de l’Exposition coloniale. MM. de Nozeille, commissaire adjoint et Maréchal, architecte, se tenaient à ses côtés.
- Après un échange de compliments de bienvenue , M. Rousseau, sous-secrétaire d’Etat des colonies s’adresse à M. Grodet :
- « Veuillez, lui dit-il, faire les honneurs de votre Exposition à M. le ministre du commerce. »
- Cette simple invitation est plus éloquente que tout ce que je pourrai dire. Elle montre combien il est vrai qu’à M. Grodet seul revient l’honneur d’avoir montré à l’étranger la grandeur et la puissance coloniale de la France.
- Il faut voir dans les paroles de M. Rousàeau un hommage au mérite, au patriotisme de M. Grodet et je pùis vous assurer que tous les assistants ont applaudi aux paroles si éloquentes de l’honorable sous-secrétaire d’Etat.
- Cette Exposition coloniale est une révélation : elle est à cette heure le grand succès de l’Exposition., J’y reviendrai d’ailleurs prochainement. Pour le moment, je me contenterai de vous signaler les principales merveilles de ce pavillon colonial.
- On y a réuni et classé avec un goût parfait les produits naturels et industriels les plus remarquables de toutes les colonies françaises, des colonies de l’extrême Orient, comme des colonies de l’Atlantique.
- L’effet est d’autant plus grand ue les portes du pavillon du ambodge avaient opposé jusqu’ici une infranchissable barrière à l’indisciétion des curieux. Il y a là une accumulation extrêmement intéressante d’objets d’art et de produits manufacturés de tout genre, depuis les bronzes et les divinités indiennes aux membres couverts de pierreries et tout dorés, jusqu’aux simples confections de coutil et aux meubles que l’on fabrique dans les établissements pénitenciers de la Nouvelle-Calédonie.
- On admirera particulièrement les collections du Tonkin, du Cambodge et de la Cochinchine. Les bahuts sculptés et rehaussés d’incrustations de nacre, les porcelaines, les armes, les tables, les sièges, les plateaux en bois précieux admirablement travaillés, les palanquins, les tentures, les tapis brodés, les orfèvreries de ces contrées soi-disant barbares, forment une collection unique et d’une richesse incomparable.
- Au centre du grand pavillon s’élève un petit pavillon à trois compartiments qui figure en r.é-
- et rvcYvetrvenx xravatWé, avec sa -îa-
- çade aux colonnettes dorées autour desquelles s’enroulent les serpents, les lézards, les dragons fantastiques et d’où émergent les figures grimaçantes des divinités familières, ce minuscule pavillon fera certainement envie à tous ceux qui le visiteront.
- Dans chacune des sections de cette exposition coloniale, à côté des produits industriels, on voit les productions naturelles du sol, les denrées des tropiques, les fruits, les liqueurs.
- On n’a pas oublié d’y joindre des spécimens des races qui habitent ces contrées éloignées. Deux Sénégalais et deux Annamites se trouvent parmi les surveillants qui font le service d’ordre à l’intérieur du pavillon cambodgien.
- Les Sénégalais sont d’un noir d’ébène irréprochable . Le ministre, pendant sa visite, ayant remarqué sur la poitrine de l’un d’eux la médaille militaire, l’a fait appeler. Ce noir a vingt-neuf ans ; il est depuis seize ans au service de la France. Il a reçu quatre coups de feu, et l’on voit sur son visage la cicatrice d’un coup de sabre qui lui a balafré le bas de la joue droite.
- « Tu es un brave , lui a dit M. Pierre Legrand ; veux-tu me donner la main ? » Et le ministre a serré la main de cè héros Sénégalais , confus et charmé de l’honneur qui lui était fait.
- Le ministre a ensuite interrogé les Annamites. Avec leurs- robes de soie violette et leurs longs cheveux noirs noués en chignon sur le derrière de la tête, on les prendrait pour des femmes. Ils en ont, du reste, toute la timidité. Ils baragouinent déjà le français, mais d’une voix si basse et si craintive qu’à peine on les entend. Ils se sont plaints du climat d’Anvers.
- Le ministre s’est déclaré très satisfait de l’exposition coloniale et il a vivement félicité M. Grodet de l’énergie et de l’activité qu’il a déployées pour soutenir haut et ferme le drapeau de la France coloniale à l’étranger !
- * *
- Après cette visite qui n’a pas duré moins de deux heures, le ministre s’est rendu au Grand-Hôtel où un banquet intime lui a été offert ainsi qu’aux membres du commissariat français par la commission française. Aucun toast n’a été porté, le banquet ayant un caractère absolument privé.
- Dîner de famille, dîner charmant, où M. Lynen, président du comité belge, a prié, au nom de M,lie Lynen et au sien, les convives de se rendre chez lui à la fête villageoise que précisément il donnait ce jour là dans son magnifique hôtel.
- Le ministre au nom de tous les convives présents a accepté en remerciant M. Lynen de son aimable invitation.
- Le dîner, aussitôt fini, chacun s’est alors rendu chez le président du comité belge de l’exposition pour admirer les splendeurs de l’hôtel qu’il habite au rond-point du boulevard Léopold.
- Toutes les notabilités d’Anvers, tous les commissaires de l’Exposition assistaient à cette fête.
- Fête magnifique qui a réussi autant par la gracieuseté de l’accueil fait par les hôtes que par l’éclat de la mise en scène et l’aspect pittoresque de cette foule, où les dames, dont la plupart pour se travestir, avaient adopté un costume national étranger, ancien ou moderne, jetaient une note vive et variée.
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- cc2 — Première Année — N° iS
- La partie champêtre de la soirée a commencé vers dix heures. On est descendu au jardin, dont les massifs éclairés par des lampes électriques fournies par la maison Scrive-Hermite produisaient d’étranges jeux d’ombre et de lumière. Un orchestre était groupé à gauche. En face de soi l’on avait un petit théâtre érigé pour la représentation de tableaux vivants qni ont été admirable-riient exécutés.
- Puis les danses ont commencé et la fête a duré toujours gaie et charmante, longtemps dans la nuit.
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- Ainsi s’est passée la journée du mardi 9 juin.
- Le lendemain matin, mercredi, le ministre du commerce, accompagné de MM. Dietz-Monnin, Teisserenc de Bort, sénateurs, Monthiers, commissaire de l’exposition industrielle, Berger, Cambon, préfet du Nord, Nieuwenhuyzen, ingénieur de la galerie des machines, a visité cette galerie. M. le ministre s’est successivement arrêté aux installations de MM. Boyer, de Lille, Alauzet, Geneste Herrscher, etc. Arrivé à l’exposition organisée par les anciens établissements Cail, M. Pierre Legrand s’arrête pour entendre de la bouche de M. Bougoult, sous-directeur des anciens établissement Cail, les explications les plus intéressantes sur la fabrication des canons exposés et construits d’après le système du colonel de Bange.
- Monsieur le ministre a continué sa visite à travers la galerie des machines, s’arrêtant à chaque Exposition et s’intéressant à tous les détails qui lui étaient fournis. '
- La section française de la galerie des machines est fort bien organisée : elle a cette supériorité sur le Palais qu’elle présente un tout bien entier, bien classifié et jamais disparate. L’honneur en revient, je m’empresse de le dire, à l’ingénieur de la section. française , M.. Nieuwenhuyzen, qui a montré autant de zèle et de dévouement que d’intelligence dans l’accomplissement de sa mission, parfois difficile.
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- Puis le ministre a quitté la galerie des machines pour se rendre à l’Exposition des beaux-arts, il y a été reçu par M. Lafenestre, le sympathique commissaire général.
- Les sculpturës de Rotty et Levillain, les dessins et aquarelles de Jourdan et de Luc Olivier Mer-son, des portraits de Gaillard, Bourgoin, Wencker ont vivement intéressé le ministre.
- Cette rapide revue complémentaire des deux -expositions françaises et une dernière visite aux monuments de la ville ont terminé le séjour du ministre français.
- A midi, M. Pierre Legrand, montait en wagon, se rendant à Bruxelles où un banquet lui était offert par la Chambre de commercefrancaise.de cette ville.
- Ainsi s’est accompli le voyage du ministre du commerce. Sa venue à Anvers a produit le meilleur effet sur les exposants. Tous sont unanimes à demander que M. le ministre du commerce veuille bien encore les honorer de sa visite lors de la proclamation des récompenses !
- J’espère ou du moins je forme des voeux pour que le rêve des exposants français se réalise !
- J. Renaut.
- Nous donnons aujourd’hui le dessin du vase du regrette Gustave Doré, qui est une des grandes attractions de la section française.
- EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- La grande façade dont les pluies du mois de mai avaient retardé la décoration s’achève comme par enchantement. Elle n’appartient à aucun style déterminé, elle donne plutôt l’idée d’un de ces prodigieux monuments indiens où la fantaisie s’allie à la noblesse des lignes. Avec ses proportions' gigantesques et dominé par son portique .central qui. se dresse à 63 mètres, cette construction qui fait honneur à l’architecte Bordiau, apparaît comme un palais- des Mille et une Nuits. Les ascenseurs fonctionneront au premier jour. Au sommet de l’édifice, on jouira d’un merveilleux panorama. — A l’intérieur des halles tout est en ordre. De vastes salles décorées de tapisseries et d’objets d’art sont mises à la •disposition^ de la presse internationale. On y trouve lesjournaux de tous.les pays. Près delà sont établis un bureau des postes et des télégraphes ainsi qu’un, bureau de téléphone communiquant avec les. principales villes de la Belgique.
- Le 28' juin s’ouvrira dans le pavillon, de l’horticulture une exposition spéciale de roses cueillies. Tous' les pays voisfns, la France, l'Angleterre, la Hollande et le • Grand-Duché de Luxembourg, f Alléffiagne,'"’prendront part avec la Belgique, à
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- ce concours où plusieurs types nouveaux de roses se disputeront le prix de beauté. — Le 28 juin également , sera inaugurée l’exposition internationale des animaux reproducteurs. Le premier concours sera celui de la race chevaline qui promet d’égaler et de dépasser même le concours de Paris en 1878 : le nombre des chevaux s’élève, en effet, à 1128. Les chevaux seront exhibés chaque jour dans de vastes rings et ne quitteront l’exposition que le 2 juillet. Le 5 et le 6 juillet il y aura un concours de chevaux sauteurs, trotteurs et d’attelages à 1, à 2 et à 4 chevaux. Du 11 au i5 juillet aura lieu le concours international des races bovine, ovine, porcine et d’animaux de basse-cour.
- La série des 35 concerts organisés par l’association des musiciens d’Anvers vient d’être inaugurée.
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- MÉDAILLES DE L’EXPOSITION
- DE LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Voici ce que nous lisons dans Y Abeille de lu Nouvelle-Orléans :
- MODÈLE DES MEDAILLES
- « Nous devons à l’obligeance de M. Samuel Mullen, ancien chef des installations, communication, du modèle de la médaille de première classe, qui sera décernée, dans, quelques jours, aux exposants queies jurys ont distingués.
- « La médaille en bronze,que nous avons examinée, a environ 6 centimètres de diamètre. Le sujet grave à l’endroit représente une femme debout, drapée à l’antique, et élevant de la main droite étendue une couronne de laurier. Le geste est noble et d’une ampleur qui rappelle la Liberté, de Bartholdi. La main gauche s’appuie sur une pique surmontée du bonnet phrygien.
- « A la droite de celle-ci, est une femme assise tenant une balance, et soutenant un écusson américain, rayé et étoilé, lequel masque les lignes basses du groupe. Cette allégorie représente l’Amérique s’appuyant sur la Justice. Dans le ciel brillent huit étoiles. En arrière, à la droite des figures allégoriques, sont des attributs industriels, cheminées d’usines, locomotives, etc. En avant, à gauche, une ruche, un cotonnier et quelques attributs agricoles. En bas est la date qui restera célèbre dans les annales américaines : 1884-1885.
- « A l’envers de la médaille, est l’inscription : Awarded ' by the World’s Industrial and Cotton Centennial Exposition. Cette formule est encadrée entre deux branches de magnolia, se croisant en bas, au-dessus d’un motif représentant l’écusson louisianais, puis l’écusson de la Nouvelle-Orléans, s’appuyant l’un contre l’autre et disposés symétriquement.
- « Ce modèle est celui de la médaille de première classe, en bronze, que les exposants couronnés auront le droit de faire dorer. Dans quelques jours, on. nous communiquera 1-e modèle de'la médaille de deuxième classe, ainsi que les gravures' qui illustreront les diplômes d’honneur, que recevront certains exposants. »
- Quelque étranges que nous aient paru les renseignements publiés ci-dessus au sujet des médailles de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans, nous avons cru néanmoins devoir les reproduire. Nous attendons avec une impatience que nos lecteurs partageront,sans doute, les communications ultérieurès qui seront faites à notre confrère au sujet des médailles de deuxième classe, car il est probable, si les détenteurs des premières ont la faculté de faire dorer leurs médailles, que les détenteurs des deuxièmes auront celle de les faire argenter. Quant aux troisièmes, elles seront probablement en simili-bronze. S’il en est ainsi, les lauréats auront quelque peu le droit de ne. pas se montrer très satisfaits, de la générosité du Comité de l’Exposition.
- Il y a tout lieu de croire que les organisateurs de l’Exposition de 1889 ne suivront pas cet exemple.
- H.-F. C.
- Dimanche 21. Juin i885.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE iS85
- V
- La médaille d’honneur n’étant distribuée par la section de sculpture qu’à la majorité absolue et M. Antonin Mercié n’ayant obtenu que la majorité relative, l’éminent artiste n’a pu bénéficier de la récompense qui lui était due.
- Nous le regrettons d’autant plus que son groupe en marbre blanc intitulé le Souvenir, destine au" tombeau de Mme Charles Ferry, est une œuvre bien personnelle et d’une touchante poésie. Ces deux figures réunies et embrassées dans le dernier sommeil, outre qu’elles offrent une harmonie statuaire parfaite, sont élégamment drapées et d’un aspect d’une simplicité poignante.
- C’est M. Horace Daillion qui a obtenu le prix du Salon, et ce choix est parfaitement justifié. Son Réveil d’Adam est taillé en pleines chairs, ses courbes sont réelles et savantes à la fois, et M. Daillion a animé son marbre autant que le marbre peut être animé. Un groupe . plâtre : Bonheur d’une gracieuse facture complète son envoi.
- M. Frémiet a donné un groupe de Chevaux de courses en bronze, d’un beau jet et un groupe en plâtre, grandeur naturelle, intitulé Ours et Homme à l’âge de pierre, d’une énorme dépense de talent. La lutte entre l’homme et la bête a sans doute pris des proportions épiques, mais il ne nous déplaît pas de voir un peu exagérer par l’artiste éminent qui en est l’auteur toutes les ressources de son savoir faire. Il y a chez l’homme une contraction de muscles merveilleuse et le spectateur ne peut se défendre d’une sincère émotion devant la force déployée par le lutteur, laquelle se traduit par un déploiement de muscles d’une magnifique venue. L’ours, les griffes dans les chairs qu’il raye, va-t-il broyer son adversaire? En tout cas le combat est effroyable._
- De M. Auguste Paris, nous avons la Fugitive et et un groupe marbre le Temps et la Chanson,d'un excellent travail, mais d’une idée que nous ne comprenons guère. Le Temps assis — serait-il donc fatigué ? — presse contre lui une jeune femme .au sein nu. Qu’a bien voulu nous faire comprendre l’auteur et quel est le résultat de Ta conversation entre ces deux êtres? Le Temps entend-il faire passer la Chanson ou la Chanson veut-elle faire passer le Temps ?
- M. Paris nous explique cela par un quatrain signé P, S. (?) :
- •Aux lilas embaumés quand tout renaît et chante,
- Le Temps, laissant sa faux inoccupée un jour,
- T’enlace en souriant, ô Jeunesse, et s’enchante De l’ineffable, écho d’un immortel amour.
- Il est bien question de jeunesse et d’amour là dans ce quatrain peu compréhensible, mais s’il exprime que le Temps enlace la Jeunesse, il ne place la chanson qu’à l’état d’écho.
- M, Paris et son inspirateur ont voulu trop prouver.
- Le Triomphe de Silène de M. Jules Dalou est un plâtre bien attrayant et conçu avec une animation extraordinaire. Il y a dans ce fouillis un mouvement qui séduit beaucoup, malgré quelques petites irrégularités de détail, des jambes un peu grêles et des bras trop contournés. Sa statue en bronze de Blanqui, destinée au tombeau du Père-Lachaise a tout le mérite que peut comporter un sujet légèrement ingrat.
- Un splendide bronze de de Falguière : Nymyhe chasseresse, dont nous avions déjà apprécie le plâtre marque, une fois de plus la vigueur de l’artiste jusque dans la grâce des motifs qu’il choisit.
- M. Chapu, comme M. Mercié, a présenté un sujet tombal, pour la chapelle de la duchesse d’Orléans à Dreux. Le corps bien drapé laisse tomber un bras d’une esquise finesse. C’est une Esmeralda gentillette, mais_à la portée de tous les amateurs, par M. Truffot. J’aime infiniment mieux le Quasimodo de- M. Frédéric- Bogino. Le monstre difforme tient dans ses bras la jeune bohémienne évanouie pour laquelle Tl réclame :
- « Asile ! » Le groupe est vigoureusement enlevé et d’une conception excellente.
- IJ Innocence de . Mlle -Henriette Descat.. est un marbre gracieux qui dénote bien toute la légèreté d’un oiseau féminin; le Dénicheur d’oiseaux de la même artiste, est un plâtre Ton moins, digne d’éloges. '
- Un groupe en plâtre de M. Edmond Descat, -intitulé On veille! a valu une médaille à: son auteur. Il est bien campé et d’une énergie, franche. ;
- De M. Henri Levasseur, une Nuit de niai qui a tout le charme de la poésie qui l'inspire.' La Muse -dépose un baiser, sur le front du poète qu’elle . console et encourage par un mouvement harmonieux et doux. • ... - - :
- M. Maximilien Contini nous "montre Horace tuant sa soeur Camille. M. Contini néglige de nous dire, s’il a voulu rendre la fiction ou-: la .réalité. "
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- Première Année. —N° 23.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S0.
- Dimanche 21 Juin i885.
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- Nous optons pour la reproduction d’une scène théâtrale, car il est impossible de donner moins de conviction à une œuvre.
- Un élève de Carpeaux, M. de Saint-Vidal, expose deux plâtres acquis par M. Alexandre Dumas, qui a fait acte de connaisseur. Le buste de Carpeaux et surtout un bas-relief montrant Beethoven et la Muse, sont deux ouvrages d’une réelle valeur.
- Le monument à ériger au Mans à la mémoire du général Chanzy et de la deuxième armée de la Loire, a trouvé en MM. Gustave Crauk et Aristide Crois'v deux exécutants d’un rare mérite.
- La statue du vaillant soldat est due à M. Crauk, elle est froidement énergique, comme il convient, et formera avec le soubassement de M. Croisy un tout absolument complet. Ce soubassement, avec ses défenseurs savamment groupés et l’ardeur ptriotique peinte sur tous les visages, offre une composition de reflet le plus grand.
- Ce monument fera le plus grand honneur aux deux artistes et la ville du Mans a eu le choix heureux.
- Aimez-vous les Centaures ? Aimez-vous les Bacchantes? M. Augustin Courtet a pensé qu’on ne saurait trop revenir sur cet éternel sujet. Son groupe en plâtre a été vu partout.
- La République de M. Jules Coutan est d’une roideur désespérante. Sans nous présenter la « bonne lille » qui esbaudit tant messieurs les réactionnaires, il ne faudrait pas-non plus montrer aux hésitants une République trop obstinément grincheuse ou fermée.
- Nerve'use au possible la Ville de Paris d’Etex. Le vieux maître a glissé dans ce plâtre une vigueur et un talent extraordinaires.
- De M. Pierre Ogé un beau plâtre : le Baptême gaulois, qui témoigne d’un véritable tempérament. De M. Jean Hugues, un Œdipe à Colone, qui me paraît maniéré et tourmenté inutilement. De M. Louis Martin, un Retour d’une bacchanale, plein d’entrain.
- Puis, des bustes et encore des bustes. Si les notoriétés seules y figuraient, mais aujourd’hui tous des petits cabotins, tous les épiciers achalandés, tous les illustres inconnus tiennent, non pas à honneur, mais à réclame, de figurer au Salon.
- Parfois le talent des statuaires est une demi-excuse, mais souvent, aucune raison ne milite en faveur de ces exhibitions grotesques.
- Je citerai le Marmontel de M. Barrias, un excellent buste- de Mmc Adler Devriès, par M. Doublemard; celui de M. Grévy, par Mme Sya-mourt; de MM. J.-B. Dumas et Paul de Saint-Victor, par M. Guillaume; de Mlle ***, par Carrier-Belleuse ; de M. Antonin Proust, par M. Rodin ; de M. François Coppée, par M. Delabranche ; de Mm0 Worms-Barretta et d’Emile Augier, par M. Franceschi; de MUe Rosita Mauri, par Mlle /-.méfie Colombier, etc., etc.
- Alfred Delilia.
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- EXPOSITION DE TABLEAUX
- STATUES & OBJETS D’ART
- AU PROFIT DE L’ŒUVRE DES ORPHELINS d’aLSACE-LORRAINE.
- La deuxième, la troisième mouture d’un sac ne sauraient valoir la seconde ni,à plus forte raison, la première. Il est difficile aujourd’hui, avec l’abondance un peu trop prodigue d’expositions diverses qui sollicitent la curiosité du public, qu’elles.ne rencontrent pas l’obstacle de sa fatigue sinon de sa satiété. Trop d’expositions, nous devons le dire, dans l’intérêt même des arts et des artistes. De la fleur du panier des collections et des ateliers, on est en train d’arriver au fond du panier. La seconde Exposition des Portraits du siècle ne valait pas la première comme choix, sinon comme variété.
- Comment, ne pas ,se souvenir, devant l’exposition actuelle de la salle des Etats du Louvre, du succès, qui lui fait du tort, des expositions semblables, organisées jadis dans les salles du Palais-Bourbon, et comment ne pas regretter que, si l’œuvre patriotique et charitable au_ profit ^ de laquelle l’exposition est organisée mérite le même intérêt, cette exposition soit loin d’offrir le même attrait que le^ précédentes ! Ce n’est pas qu’elle ne mérite d’être vue ; elle le mérite non seulement si on se place au point de vue patriotique, mais même si on s’isole égoïstement dans une pensée de dilettantisme artistique ; mais les amateurs et les curieux n’v sauraient trouver le même ragoût piquant, le même charme d’unité et d’harmonie qui les ont si justement séduits autrefois.
- L’Exposition contient des œuvres de toutes les écoles, de tous les maîtres, de tous les genres, mais d’une valeur très inégale , et trop souvent d’une attribution conjecturale et douteuse. Cependant, nous le répétons, et nous allons le prouver en quelques mots, l'Exposition mérite d’être vue.
- Dans l’école italienne, il est impossiblé de ne pas considérer avec attention et avec plaisir Y Ado? ration des Mages, de Jacopo di Ponte, les deux tableaux de sainteté et le portrait d’homme de Giovanni Bellini ; la Sainte Famille, de Sandro Bot-ticelli, et surtout les panneaux de coffre de mariage, peints par le même artiste et représentant des épisodes de la vie de Persée; les portraits de la famille de Médicis, du Bronzino ; le Mariage de Malatesta di Rimini, par Giorgione ; les Vues de Venise, de Guardi ; les Vierges au Bambino, au milieu de groupes de saints,'de Filippo Lippi ; le Mariage de Lodovico Sforpa, d’Andrea Mantegn'a. Mais quelles raisons peut-on avoir d’attribuer à Raphaël (la chose est bientôt dite) la Vierge et l’Enfant Jésus tenant un œillet, portant le n° 403 ? Nous savons bien que M. Haro, l’expert fort autorisé qui a présidé à l’organisation, ne garantit pas les attributions des possesseurs des tableaux. C’est prudent, mais, quand il s’agit de Raphaël, il serait plus sage encore de ne pas les admettre.
- Signalons encore un intéressant Saint Charles Borromée,de J .-B. Tepiolo, où la touche du peintre vénitien pastiche curieusement la touche des maîtres espagnols, et passons à l’école française de beaucoup la plus abondamment, la plus sûrement, la plus curieusement représentée à cette Exposition. Nous y trouvons un admirable portrait d’Angélique Arnauld, la religieuse de Port-Royal, par Philippe de Champaigne ; un Mignard de toute beauté et d’une grâce corrégienne, Afllc de la Val-lière en Madeleine repentante et encore bien tentante; un curieux portrait de Marie-Thérèse femme de Louis XIV, par le même ; Y Aurore, d’Eustache Lesueur, peinture décorative de l’hôtel Lambert ; Mme Victoire, fille de Louis XV, de Nattier,et deux portraits magistraux de Largillière, le premier président Guillaume de Lamoignon et Mme de X. et sa fille dans un parc, avec ce fond de campagne, de verdure et de ciel qu’affectionne l’artiste. De Rigaud,deux beaux portraits, surtout celui du duc d’Antin. De Watteau rien d’important : la Cascade qui n’est pas de ses œuvres de maîtrise. De Lan-cret, un très joli portrait de Grandval, de la Comédie-Française. Deux Louis XV, l’un en pied, l’autre en buste, tous deux agréables, mais d’une allure un peu théâtrale et maniérée, de Carie Van Loo.
- Mais des Chardin, des Boucher, des Boilly, des Greuze, d’un grand choix et d’une piquante variété. Chardin n’est pas seulement un grand peintre d’animaux, de natures mortes, il y a là de lui deux portraits d’une grande intensité de vie. La Bénédiction de l’Ermite et le Portrait de M. Lalive de Jully, de Greuze, sont deux morceaux caractéristiques de sa manière. Il n’y a pas moins de quatorze Fragônard, dont plusieurs exquis.
- L’école de la fin du xviii0 siècle et l’école contemporaine sont représentées par de belles séries. On peut voir, à côté les unes des autres, des œuvres des trois Vernet, des Marines de Joseph, des chevaux et des cavaliers de Carie, et la Mort du colonel Oudinot, d’Horace. On trouve aussi côte à côte six tableaux et un pastel de Millet et trois paysanneries de son fils François, inférieures, mais avec un air de famille.
- Les Corot sont nombreux et de toutes les phases de sa manière ; il est curieux d’y trouver trois sujets empruntés à la campagne de Rome et de l’y voir aux prises avec le souvenir du Lorrain. Il y a sept Diaz, dont une Diane chasseresse et un A mour désarmé, de la veine mythologique et anacréonti-que où s’essaya un moment son talent. Notons aussi trois paysages de Jules Dupré. Parmi les contemporains vivants il faut signaler le Dimanche à Poissy de Meissonier, deux figures de M. Ribot,qui ne sont pas des meilleures et, une grande étude en pied de M. Carolus Duran, d’une poésie un peu fantaisiste, mais d’un grand goût décoratif, l’Esclave du Calife.
- Nous saluerons en passant les deux Velasquez et les cinq Goya qui représentent avec Ribera, l'école espagnole. Velascuez toujours le même avec sa touche dure et sobre, mais impeccable, et Goya très curieux à étudier dans ses procédés d’un style certainement inférieur à celui de Velpsquez, mais qui tiennent assez de compte de la réalité et de la vie pour qu’on se détache difficilement de sës tableaux et surtout de ses portraits. Il n'a pas la palette riche comme Delacroix,,et il préfère les gammes sombres, mais il rend puissamment et originalement, comme lui, l’impression caractéristique.
- Pour finir, disons que l’Exposition renferme des Rubens, des Téniers,des Paul Potter,un Hobbéma de l’ancienne collection du prince de Bénévent, quatre Ruysdaël, dont un de la collection Demidoff, les Rubens très intéressants à étudier, car ce sont des portraits brossés avec une verve d’une brutalité presque réaliste; et deux Rembrandt, la Pythonisse d’Endor et un portrait d’homme dont l’origine ne semble pas contestable plus que la beauté. Ce maître de la lumière et de l’ombre est de ceux dont 011 ne contrefait pas facilement la griffe. Il est par trop au-dessus du pastiche.
- M. de Lescure.
- ÉCHOS
- Paris
- Contrairement à ce que. nous avons annoncé, le ministère de la guerre n’organise pas d’exposition au pavillon de la Ville de Paris. Le local vient d’être rendu à la Ville qui y fait installer des salles pour les examens des jeunes gens et des jeunes filles qui se destinent à renseignement.
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- Le nouvel Hôtel des Postes ne pourra être inauguré le J4 juillet prochain, les travaux d’installation et d’aménagement n’étant pas complètement terminés.
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- On projette en ce moment une exposition de produits de Madagascar. Nous donnerons des détails complémentaires à ce sujet.
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- Une place de professeur de dessin est devenue vacante à l’Ecole nationale et spéciale des beaux-arts, par suite de la nomination de M. Gustave Boulanger à l’emploi de professeur chef d’atelier de peinture. Les artistes, peintres qui désireraient poser leur candidature sont priés d’adresser une-demande au ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, avant le 25 juin (terme de rigueur).
- Départements
- La Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure vient de décider, à l’occasion du premier cinquantenaire de sa fondation, l’érection d’un monument à Réaumur.
- La présidence du comité d’initiative a été offerte au maire de La Rochelle.
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- La ville de Lille inaugurera son exposition canine le 27 juin courant.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- La chancellerie impériale vient de conclure avec le Nord-Deutschr-Lloj/d de Brème, pour le service des lignes transocéaniques subventionnées, un traité préliminaire qui sera soumis à l’approbation des gouvernements fédéraux.
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- En vertu d’une décision récente, on installera prochainement à Berlin un musée impérial du commerce.
- Un musée analogue sera établi à Francfort, pour le sud et l’ouest de l’Allemagne.
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- L’importante collection de manuscrits indiens et afghans ayant appartenu au professeur Trumpp vient d’ètre achetée par la cour de Bavière, pour la bibliothèque d’Etat de Munich.
- Angleterre
- Le musée de l’Inde, qui fut très admiré à l’exposition de 1878, dans le pavillon du prince de Galles et dont on se rappelle encore les éblouissantes richesses, avait été depuis installé à Londres, dans le palais de South-Kensington. Le feu y a éclaté le 12 juin dernier à droite de l’entrée principale, et s’est développé avec une rapidité telle que, malgré la promptitude des secours, le musée a été complètement détruit.
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- La statue de Darwin, l’illustre naturaliste, a été inaugurée le ü juin dernier par le prince "de Galles, dans le nouveau muséum d’histoire naturelle de South-Kensington.
- La statue, qui se dresse au pied de l’escalier d’honneur conduisant aux galeries de zoologie, est due au ciseau de M. Bœlim. A défaut d’autre mérite, elle a du moins celui d’une grande ressemblance, ayant été faite sous la direction des deux amis intimes du défunt, le professeur Huxley et sir Joseph Hooker, d’après des moulages pris immédiatement après la mort de Darwin.
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- Autriche-Hongrie
- Ifinauguration du chemin de fer de Mostar à Metkpvitch, qui met la capitale de l’Herzégovine en communication directe avec le littoral de l’Adriatique , a eu lieu le 13 juin , en présence de M. de Kallay, ministre des finances, pour les deux parties de l’empire austro-hongrois.
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- Bulgarie
- Le contrat passé par le gouvernement nour la construction d’une ligne de Tsaribrod à. Vacarel, est soumis a l’approbation de la Chambre.
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- 204 — Première Année — N° 25.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Juin 1883.
- Espagne
- Les modifications apportées au traité de commerce hispano-allemand ont été sanctionnées par le roi.
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- M. le commandeur Carpi, un des ingénieurs les plus distingués de l’Italie, qui prit part en -1878 au Congrès des chemins de fer en qualité de délégué italien, vient d’arriver à Anvers, chargé d’une mission spéciale de son gouvernement.
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- Russie
- Le canal maritime qui réunit directement Saint-Pétersbourg à Cronstadt et qui permettra aux navires d’un fort tonnage de venir jusqu’en ville, où la Néva ne pouvait les porter, a été inauguré le mercredi 15 (27) mai.
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- Tonkin
- Nous empruntons à VAoenir du Tonkin les renseignements suivants :
- La confiance commerciale renaît ; toutes les industries reprennent leur activité ordinaire, l’ouverture des voies de communication se poursuit activement. Des essais ont été faits pour la culture de la vigne ; chose curieuse, elle pousse d’une manière prodigieuse par suite des grandes chaleurs de l’été, mais elle oublie complètement de produire du raisin. Le mètre carré de terrain non remblayé coûte à Haïphong de 1 piastre 50 cents à 2 piastres ; à Hanoi de 20 cents à 1 piastre le mètre carré suivant les quartiers (prix très approximatifs).
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- LES LIVRES
- XII
- La vie intime de Voltaire aux Délices .et à Ferney (1754-1778)
- d’après des lettres et documents inédits par Lucien Periîy et
- Gaston Maugras. Calmann-Lévy, éditeur, un volume in-8.
- Tout ce qui intéresse Voltaire intéresse le public. Rien de ce qui touche à un homme à qui rien d’humain ne fut étranger ne saurait être indifférent à personne; On peut être ami ou ennemi de cette prodigieuse influence, dont la grande ombre se profile encore si intense sur notre littérature, notre philosophie et même notre politique; on ne peut pas entendre avec indifférence ce nom si plein de choses, et qui réveille tant d’échos.
- Et c’est une mine inépuisable que l’histoire de la vie d’un homme qui occupa si longtemps l’attention de la France et de l’Europe , dont la correspondance s’enrichit chaque jour de nouvelles gerbes découvertes de tous côtés, et qui, habitué à la publicité, à ce point qu’elle était devenue.comme l’air de son existence, ne garda aucun coin réservé de sa vie intime, domestique, ouvrant sans pudeur son cœur et sa maison, comme son cabinet de travail, à cette curiosité universelle qu’il eut le don de ne fatiguer et de ne rassasier jamais.
- C’est donc une bonne fortune pour le public lettré que ce nouveau volume de révélations sur la vie intime de Voltaire, et le nez de M. Nicolar-lot doit s’enfler de joie à la pensée de cette chair fraîche, de cette nouvelle proie offerte à l’ogrerie de la cuistrerie. Ce n’est pas cet attrait de médisance, où la calomnie de Basile trouvera de quoi alimenter ses vésicules de fiel,qui a inspiré les recherches et les découvertes des deux heureux possesseurs de cette raison sociale : Lucien Perey et Gaston Maugras, en très bon renom sur la place littéraire et signalée déjà par trois ouvrages sur la Correspondance de l’abbé Galiani et la Jeunesse et la Vieillesse de Mine d’Epinay, tous les trois justement couronnés par l’Académie française. Ce qui a inspiré leurs travaux, ce qui justifie leur succès, c’est non la curiosité frivole qui fournit sans le vouloir dés armes à l’hostilité ; c’est le goût de la vérité et de tout ce qui ajoute à sa pure, à sa féconde, à sa salutaire lumière; c’est la religion, sans superstition, d’un génie qui, malgré ses erreurs, ses fautes, fait honneur à la France et à l’humanité. Tout ce qui contribue à l’intelligence, à la connaissance de cette âme, de cet esprit que je dirai non modèles, non exemplaires, mais typiques, caractéristiques d’un moment de l’histoire de l’esprit humain, de la raison humaine dans notre pays, est un service rendu à la vérité, à la justice, à la critique littéraire et philosophique.
- Il n’est pas possible d’entrer ici dans le détail de ces indiscrétions, de ces révélations, ou, si l’on veut,de ces confidences. Elles partent du moment où Voltaire, lassé des mécomptes de son amitié avec Frédéric, amitié trop inégale entre un souverain qui n’oubliait pas son rang, et qui n’affectait de parler et de penser en Français que pour mieux agir en Allemand, et un grand homme d’esprit qui n’oubliait jamais son esprit, mais oubliait souvent tout le reste, se réfugia tour à tour aux environs de la puritaine Genève, puis de la plus aimable Lausanne, signa: le Suisse Voltaire, et enfin, après avoir reçu le monde dans sa seigneurie de Ferney, et être devenu le patriarche de Ferney, vint mourir à Paris, dans les étouffants embrassements d’un
- triomphe national, où le courtisan des peuples et des rois eut des rois et des peuples pour courtisans.
- Sur cette période de l’histoire de la vie de Voltaire, qui n’est ni la moins accidentée, ni la moins intéressante, nous n’avons pas à attendre des révélations aussi malignes ni aussi amusantes que celles de Mme de Grafrigny, sur l’intérieur de Cirev. M. Desnoiresterres, qui a, pour certains chapitres de la vie de Voltaire, à peu près épuisé le sujet, est moins riche en documents pour ce qui touche précisément le séjour de Voltaire aux Délices, à Monrior, à Ferney même sur lequel les deux écrivains dont nous nous honorons d’être l’ami ont recueilli une abondante et piquante moisson.
- Ce qui donne un ragoût particulièrement savoureux et agréable à la publication de MM. Lucien Perey et Maugras, c’est qu’elle est faite cube à cube comme une mosaïque, laine à laine comme une tapisserie, de fragments de lettres inédites ou de Mémoires inédits, très habilement enchâsses dans une trame élégante (on sait que les belles mosaïques et les belles tapisseries exigent un talent d’artiste.) Ces lettres, ces journaux sont empruntés aux archives publiques ou privées de Genève onde Paris; les familles Van Berchem Saladin, de Loys de Chandieu, Vernes de Luze, Vernes d’Arlandés, de Constant, de Budé, ont vidé leurs tiroirs pleins de reliques domestiques du passé, entre les mains de nos chercheurs. Ils ont hérité ainsi de trésors épistolaires qu’ils n’ont pas tous dépensés dans ce livre consacré à Voltaire. 11 sera suivi, croyons-nous, d’un ouvrage où la figure de Tron-chin, qu’eût éclipsée l’éclat de celle de Voltaire, se dégagera dans un tableau de la société de son temps, étudié avec un goût et un art particuliers. Et nous ne serions pas étonnés, encore moins affligés que cette originale famille des Constant, dont nous ne connaissons que Benjamin et le connaissons mal surtout pour la période suisse de son histoire, parût comme elle nous semble, aux auteurs de la Vie intime de Voltaire, mériter un ouvrage selon la même recette, certaine aujourd’hui du succès, c’est-à-dire un recueil de tableaux, de portraits, d’extraits de mémoires, de lettres, le tout assaisonné de. notes non sans sel et de commentaires à la sauce piquante.
- C’est en quelques mots la définition et l’éloge à la fois de c'et agréable ouvrage auquel nous souhaitons le succès qu’il mérite, c’est-à-dire de ne manquer à aucune bibliothèque où il existe un exemplaire des Œuvres de Voltaire.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BRÉSIL
- ARTICLES D’IMPORTATION
- D’après un rapport du vice-consul d’Autriche-Hongrie à Bahia,la population de cette région n’attacherait, en ce qui touche aux tissus, qu’une importance relative au luxe. Les classes laborieuses portent des étoffes d’Angleterre ou d’Amérique, des cotonnades blanches ou bleues, des calicots imprimés, des draps anglais ou des molletons. Une partie du peuple se contente même d’une toile grossière. Les femmes du peuple se contentent d’étoffes ou de châles imprimés, et sur la tête, elles posent une pièce de calicot. Les draps-chenille d’Allemagne sont aussi en usage.En général, la population brésilienne imite les modes de Paris, tant pour la coupe que pour la nature de l’étoffe ; elle montre beaucoup de goût en ce qui concerne le choix des marchandises. Les modes de Paris sont suivies et copiées six mois après. Il n’y a pas de costume national, et on n’a aucune préférence, pour telle étoffe ou telle couleur.
- Les fabricants devraient essayer d’introduire sur le marché dès croisés et des élasticotins noirs, des lainages et des soies mélangées.à bon marché; fine faut pas se dissimuler que la concurrence avec les produits similaires de l’Angleterre et de la Belgique ne serait pas sans' difficulté. De plus, l’industrie textile commeqce à se développer au Brésil et à Bahia. On fait dans le pays les sacs pour l’exportation du café, des tissus pour vêtements, fabriqués avec des filés étrangers. Les vêtements confectionnés sont l’objet d’un vaste commerce, mais cet article est frappé de droits trop élevés pour permettre la concurrence aux produits européens. Les chaussures (bottes et souliers) se fabriquent bien et à bon marché au Brésil; néanmoins, on en importe de grandes quantités d’Angleterre et de France.
- En fait de chapeaux, on importe des cha-pèaux légers en feutre dur et des chapeaux mous en laine ; jes premiers pesent environ 5o grammes et la forme change fréquemment.On fabrique maintenant dans le pays des chapeaux en feutre, en soie, en paillasson et eu paille.
- La bonneterie, la lingerie (cols et manchettes, chemises), s’approvisionnent surtout par l’importation et il y aurait place pour un important commerce en cette branche , dans les qualités moyennes.
- La verrerie venait précédemment d’Angleterre
- et d’Allemagne : les Etats-Unis commencent à envoyer leurs produits ; on trouve aussi sur le marché de la poterie portugaise, de la porcelaine de France, d’Allemagne et d’Autriche.
- Les Brésiliens sont très simples dans leur ameublement. Les meubles en usage sont mal faits, quoique massifs et en bois précieux. Ce serait l’objet d’un commerce avantageux.
- Les instruments de musique, consistant surtout en pianos, viennent de Paris, d’Allemagne et des Etats.-Unis ; il faut, pour la confection de ces instruments, des dispositions spéciales, résultant du climat chaud et humide du Brésil.
- Le fer et l’acier sont importés en planches et en barres ; une notable portion de l’importation est employée par l’arsenal ; le reste est consommé par les compagnies de chemins de fer et deux grandes maisons particulières.Sur 2 millions représentant l’importation moyenne annuelle, les 2/3 reviennent à l’Angleterre, le reste à l’Allemagne et à la Belgique.
- La demande est très grande pour les rails de chemins de fer et de tramways ; il y a en ce moment 5oo kilomètres de lignes de tramways projetés. Il faut aussi des traverses en fer, que l’on préfère aux traverses en bois à cause de la nature du climat.
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- LES THÉÂTRES
- ACADÉMIE NATIONALE DE MUSIQUE
- Sigurd, opéra en 4 actes, de MM. C. du Locle et Beau , musique de M. E. Reyer.
- Enfin Paris a eu son tour 1 Vendredi 12 juin, nous avons assisté à la seconde ou du moins à l’une des secondes représentations en France, et à la première à Paris, de Sigurd, de M. Reyer. Cette audition avait plus l’air d’une exhibition que d’une première. Ceux qui s’occupe de théâtre, et plus particulièrement de musique, avaient fait jadis le voyage de Bruxelles et de Lyon pour entendre les vers de MM. du Locle et Blau et la musique de M. Reyer. Mais ce qui est beaucoup plus drôle, c’est que les Belges avaient à leur tour émigré à Paris pour entendre encore le Sigurd dont ils avaient eu la primeur. Ils voulaient voir . si ce n’était pas une contrefaçon que l’on nous servait. J’ai remarqué, en effet, dans les loges et aux fauteuils quelques Bruxellois.
- Le rideau s'est levé à huit heures, la représentation était terminée à minuit moins cinq.
- Sigurd est une féerie, c’est la Belle au Bois dormant transformée. Dans l’opéra de M. Reyer, ses collaborateurs ont puisé leur sujet dans une légende allemande que- voici : Le roi des Bur-gondes estdevenu amoureux, sans la connaitre, de la Walkyrie-Brunchilde, qu’Odm a chassée des régions célestes pour avoir manqué à la discipline du ciel Scandinave, et qu’il a condamnée à sommeiller dans un palais enchanté jusqu’à ce qu’elle soit délivrée par un chevalier sans peur et sans reproche.
- Vous devinez qu’il y aura des péripéties terribles, vous êtes bien persuadés que Sigurd délivrera la Walkyrie, mais il ne l’épousera pas. Nous assistons à un méli-mélo brusque puis dramatique qui met en présence deux hommes : Günther et Sigurd qui aiment la même femme, Brunchilde,. puis deux femmes, Brunchilde et Hilda, sœurs de Günther, qui aimaient un même homme, Sigurd.
- De là, une rivalit i qui amène la mort de Sigurd, assassiné par Günther, et celle de Brunchilde qui expire sur le corps de son amant. Je ne puis exposer ici davantage la féerie et le drame, car cet opéra comporte les deux genres, mais le lecteur se rendra compte de la situation. Il me reste à reproduire les restes de mon carnet sur cette soirée.
- Le premier acte a peu porté. Le décor est vaste mais terne. Mmo Bosman a été applaudie et les chœurs ont donné de la voix. MUo Richard est très belle sous les cheveux blancs de la nourrice.
- Au deuxième acte, Bérardi a une bonne scène, le ballet des Walkyries égaie la situation, on bâille moins. Un duo de Lassalle et de MUc Caron est applaudi, mais le tableau suivant est tiède.
- Cependant le dernier acte a produit quelque effet, un duo de Sigurd et de Brunchilde a enfin soulevé de véritables applaudissements. Détail curieux pour les historiens de l’avenir : aucun morceau n’a été bissé. Cela tient au genre du compositeur qui a comblé son œuvre de récitatifs et de morceaux interminables s’enchaînant les uns aux autres ; le public ne savait vraiment comment ouvrir une parenthèse pour faire à l’auteur et aux artistes les honneurs du bis.
- A propos d’auteurs, aucun d’eux n’a. été nommé; cette représentation n’était pas, du reste, une première, puisque Bruxelles et Lyon avaient effeuillé toute la couronne virginale de la dernière pensée de M. Reyer.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E.AttRAULTet O, rue de la Préfecture,(j.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 28 Juin 4885.
- NUMÉRO 26.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle : Exposition d’Anvers; Récompenses; Discours de M. Hervé-Mangon ; 2. Exposition d’Anvers: Communication ; 3. Exposition du travail; 4. Exposition industrielle de Beauvais : Les Lapins d’Angora ; l’Asie centrale ; la Loterie de bienfaisance; Guy Patin et son temps ; 5. Echos; 6. L’Exposition de 1819 ; 7. Les Expositions des beaux-arts : Le Salon ; 8. La Question économique ; 9. Les Livres ; 10. Avis
- commerciaux; 11. Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- EXPOSITION D’ANVERS
- MEMBRES SUPPLÉANTS
- DU JURY FRANÇAIS POUR Y REPRÉSENTER L’EXPOSITION COLONIALE
- Classe 1. — Enseignement primaire.
- M. Lenoir, secrétaire du commissariat général français à l’exposition d’Anvers.
- Classe 25. — Fils et tissus de coton.
- M. Le Coustellier, manufacturier à Abbeville.
- Classe 33. — Habillement des deux sexes.
- M. May, négociant en boutons à Paris.
- Classe 41. — Produits agricoles non alimentaires.
- M. Thierry, directeur du jardin botanique de Saint-Pierre (Martinique).
- Classe 82. — Articles d’exportation.
- M. Jules Rueff, administrateur délégué des messageries fluviales de la Cochinchine.
- MEMBRES DU JURY
- DU CONCOURS INTERNATIONAL D’ANIMAUX REPRODUCTEURS (ESPÈCE CHEVALINE)
- MM.
- Magniez, sénateur, vice-président du conseil général de la Somme.
- Baron Demarçay, député, membre du conseil supérieur des haras.
- De Vigneral, ancien officier d’état-major, membre du conseil supérieur des haras.
- De Cossigny, directeur du dépôt national d’étalons de Compiègne.
- Anne, membre du conseil général du Calvados, président de la société vétérinaire du Calvados, de l’Orne et de la Manche.
- Aumont, propriétaire-éleveur à Chantilly (Oise).
- De Basly, propriétaire-éleveur à Saint-Contest (Calvados).
- Bastard (Jules), propriétaire-éleveur à Carpiquet (Calvados).
- Ch. Belin, propriétaire-éleveur à la Capelle (Aisne).
- Céran-Maillard, propriétaire-éleveur à Turque-ville (Manche).
- Dambricourt-Legrand, propriétaire-éleveur à Wizernes (Pas-de-Calais.
- Duriez, membre du conseil général du Nord, à Bourbourg.
- Fardouet, président de la société hippique percheronne à Nogent-le-Rotrou.
- Lavallard, directeur de la cavalerie à la compagnie générale des omnibus, à Paris.
- Legoux-Longpré, secrétaire de la société pour l’amelioration du cheval français de demi-sang, propriétaire-éleveur à Caen.
- Macarez, membre du conseil général du Nord, propriétaire-éleveur à Saint-Python (Nord).
- Vicomte Jean de Saint-Vallier, propriétaire-éleveur à Coucy-les-Eppes (Aisne), ancien officier de cavalerie.
- Weber, vétérinaire à Paris.
- AVIS
- A MM. LES MEMBRES DU JURY
- MM. les membres du jury de l’exposition universelle d’Anvers sont informés que la réunion des différents jurys de groupe aura lieu aux dates suivantes :
- i° Groupe vi. — De la classe 63 à la classe 69, lundi 29 juin, à neuf heures et demie.
- 20 Groupe i. — De la classe 1 à la classe 11, mardi 3o juin, à neuf heures et demie.
- 3° Groupe ii. — De la classe 12 à la classe 24, mardi 3o juin, à deux heures.
- 40 Groupe iii. — De la classe 25 à la classe 37, mercredi i01' juillet, à neuf heures et demie.
- 5° Groupe iv. — De la classe 38 à la classe 44, mercredi ier juillet, à deux heures.
- 6° Groupe v. — De la classe 45 à la classe 62, jeudi 2 juillet, à neuf heures et demie.
- 70 Groupe vi et suivants. — Classe 70 et suivantes, jeudi 2 juillet, à deux heures.
- Une réunion plénière du jury international aura lieu le vendredi 3 juillet, à dix heures précises.
- MM. les exposants seront avisés par carte postale du jour où le jury passera dans la classe à laquelle ils appartiennent.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- Nomination dans l’ordre de la légion d’Honneur
- Chevalier :
- M. Lemoine (Victor), horticulteur, conseiller municipal de Nancy. Depuis trente ans, lauréat habituel de la société d’horticulture de Paris, membre du jury dans les principaux cone-eurs en France et à l’étranger, notamment aqx expositions internationales universelles de Paris, en 1867 et 1878.
- Nominations dans l’ordre du Mérite Agricole
- MM.
- Aubry, président du comice agricole de Toul (Meurthe-et-Moselle) ;
- Chérer, agriculteur à Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle).
- Fagot-Neveu, agriculteur à la Haute-Maison (Ardennes).
- Suisse, vice-président du comice agricole de Lunéville (Meurthe-et-Moselle).
- Goëtzmann (Emile), agriculteur à Laon (Meurthe-et-Moselle).
- Récompenses pour l’Exposition des Arts Décoratifs
- La commission relative aux récompenses à décerner à l’occasion de l’exposition de l’Union centrale des arts décoratifs et de l’exposition internationale d’hygiène de Londres en 1884 a entendu M. le ministre du commerce qui a insisté en faveur du projet de loi.
- DISCOURS
- PRONONCÉ PAR
- M. HERVÉ-MANGON
- MINISTRE DE L’AGRICULTURE
- A la distribution des récompenses du Concours agricole de Nancy.
- Messieurs,
- En ouvrant cette séance, qu’il me soit permis, avant tout, de saluer ici la mémoire de votre illustre compatriote, du grand agronome lorrain,
- de Mathieu de Dombasle ! Honorer Mathieu de Dombasle, c’est rendre hommage à sa patrie, c’est remercier cette riche et belle ville de Nancy de l’accueil brillant et sympathique qu’elle fait aux agriculteurs des Ardennes, de l’Aube, delà Marne, de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle et des Vosges, réunis aujourd’hui dans ses murs à l’occasion du concours agricole de la région du Nord-Est.
- Dans cette région, si profondément libérale et patriotique, l’activité générale se développe et se manifeste en raison même de la liberté dont jouit le pays ; aussi notre concours de 1885, comparé à celui de 1877, témoigne-t-il des plus heureux changements.
- Fin 1877, on comptait ici 22 5 têtes de gros bétail; nous en avons 400 cette année ; le nombre des moutons exposés a plus que doublé ; les machines agricoles, au nombre de i,33q il y a huit ans, sont maintenant au nombre de 1,837; l’exposition des produits a plus que triplé. Les animaux de la race bovine se sont perfectionnés et la race porcine a conservé son ancienne et juste renommée.
- Votre région, messieurs, n’a pas été aussi cruellement atteinte que certains départements par les fléaux naturels, mais elle a souffert plus que toute autre des désastres de l’année terrible. Le cultivateur a vu ses champs ravagés, ses fermes brûlées par l’ennemi, ses greniers pillés, ses animaux -enlevés ou frappés par les maladies épidémiques apportées du dehors. Faisons taire un instant ces douloureux souvenirs, mais n’oublions jamais le courage des paysans lorrains et admirons comme ils le méritent les progrès réalisés depuis nos désastres par leurs efforts énergiques et persévérants.
- If emploi des machines agricoles perfectionnées a pris dans le territoire de Meurthe-et-Moselle un développement rapide. Les houes à cheval n’existaient pas autrefois ; la statistique de 1882 en compte 5,207. Les machines à battre ont plus que doublé ; on en compte aujourd’hui près de 9,000. Les faucheuses et les moissonneuses, qui épargnent à l’ouvrier les fatigues excessives de la moisson et les maladies qu’elles amènent à leur suite, sont déjà au nombre de 1,010 ; on compte 1,042 faucheuses et râteaux à cheval. Le progrès n’a pas été moindre dans les départements voisins.
- L’étendue des terres cultivées en froment a légèrement diminué dans la région depuis la guerre, mais le produit est resté le même, grâce à de meilleures fumures. Par contre, la culture des pommes de terre a gagné 12,000 hectares et les plantes fourragères 24,000 hectares ; les jachères ont diminué de 63,000 hectares et les terres incultes de 40,000 hectares.
- L’Etat fait de grands sacrifices pour développer la production du cheval dans la région qui, en 1882, comptait 322,606 animaux de cette espèce. Les étalons nationaux, au nombre de 198, sont répartis dans 57 stations. En 1877, on comptait seulement 126 étalons et 38 stations. Les étalons approuvés, en 1877, étaient au nombre de 108 et recevaient 5o,5oo fr. de primes. Ils sont maintenant au nombre de 160 et reçoivent 74,300 fr. de primes.
- La loi sur la police sanitaire, des soins plus assidus et plus intelligents, la diminution de la fatigue résultant de l’amélioration des chemins et des instruments de culture, une meilleure nourriture enfin, ont diminué dans une énorme proportion le nombre des animaux perdus par maladie ou par accidents. En 1862, on perdait, pat an, dans les arrondissements qui constituent aujourd’hui le départementyle Meurthe-et-Moselle, 3,143 chevaux, 2,489 têtes de gros bétail et 9,561 moutons. Aujourd’hui les pertes annuelles ne sont plus que de 980 chevaux, 1,249 têtes de gros bétail et 3,096 moutons.
- Depuis dix ans les améliorations foncières réalisées dans le département de Meurthe-et-Moselle se sont étendues à des surfaces considérables. On a défriché 118 hectares de landes, on a drainé 4,220 hectares de terres et desséché 41 5 hectares de marais. Enfin, il a été créé 1,713
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- 206. — Première Année. — N° 2.(3...^ _ LE^MONITEpR DE L’EXPOSITION Dl| 1889. T" Dimanche 28 Juin iS85.
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- hectares de prairies irrigue'es. Le sort du travailleur agricole a éprouvé, comme dans le reste de la France, une grande amélioration. Les salaires et surtout les gages ont été largement augmentés ; la nourriture est meilleure et plus abondante ; les vêtements plus sains et plus confortables.
- Les forête.Mes.yœpt départements ,.de fla région ., sont les .plus -remarquables de la France par leur riçh'esse, la,.,vigueur de leur végétation et l’étendue qti’ellès occupent. Elles s’étendent sur le quart du territoire et occupent une surface totale de 1,084/212 irtfc tares,' dont i/5e appartient- à l’Etat, ' 2/5cs aux. communes et 2/'5es aux particuliers. Leur production annuelle s’élève à 3,164,000 mètres cubes, d’une valeur d’environ 40 millions. Dans le département des Vosges, le produit annuel atteint 5o fr. par hectare. Plus de 62,000 ouvriers prennent part aux travaux de. toutes, sortes que réclament les forêts et touchent des salaires qui ne s’élèvent 'pas' à moins de 11 millions par an. Pendant les chômages des travaux de culture, le laboureur se fait bûcheron ou voiturier pour les transports de bois et occupe utilement, de cette manière, tons les jours de l’année. Nulle part, la population ne témoigne, pour les forêts, plus d’attachement que dans ce pays. Elle comprend le proverbe : « Quand l’arbre tombe, le sol tremble. » Elle ne demande sans raison ni coupes prématurées ni pâturages destructeurs. Elle vénère ses grands bois, car elle sait qu’à la frontière ils sont, pour la patrie, un précieux rempart. Le respect de la forêt et l’amour du sol natal se confondent, chez les Lorrains, dans une même pensée d’indépendance et de patriotisme.
- Le paysan lorrain est instruit et laborieux ; il aime passionnément la terre, et parvient à s’en rendre propriétaire à force de travail, d’ordre et d’économie ; aussi le nombre des petits propriétaires augmente-t-il avec rapidité dans votre contrée, au grand bénéfice du bien-être général, de l’accroissement de la production et du progrès des idées républicaines et démocratiques.
- Le département de Meurthe-et-Moselle possède aujourd’hui 20,342 exploitations de 1 à 5 hectares; 4,962 exploitations de 5 à 10 hectares. Il y a vingt ans, il comptait seulement 11,919 exploitations de la première catégorie et 2,403 de la seconde. Le nombre des petits cultivateurs exploitant de leurs propres bras la terre qu’ils possèdent augmente de 1/2 p. 100 par an, tandis que la proportion des grands domaines, exploités par des régisseurs poulie compte des propriétaires absents, devient chaque jour de moins en moins importante.
- Le nombre des cultivateurs exploitant à la fois pour eux-mêmes et pour autrui, petits fermiers et journaliers, augmente également.
- ILen est de même de la classe des fermiers non-propriétaires, possesseurs d’un certain capital d’exploitation, que l’on pourrait appeler les aspirants à la propriété du sol, dont le nombre à doublé depuis quelques années. Peu à peu, la proportion des journaliers non-propriétaires diminue et celle des journaliers propriétaires augmente .d’autant; preuve- certaine du développement: régulier de la classe des petits agriculteurs, si laborieux, si honnêtes, si dévoués à nos institutions, dont je me plais, à chaque occasion, à proclamer les mérites.
- Contrairement aux sinistres prédictions qui accueillirent, au commencement de ce siècle, le nouveau régime de la propriété foncière, en France, l’expérience démontre chaque jour davantage la rapidité vraiment extraordinaire des progrès moraux et matériels réalises dans les campagnes depuis notre immortelle Révolution de 1789.
- Vous me pardonnerez, messieurs, l’aridité des chiffres qui précèdent, car les faits qu’ils établissent honorent grandement votre région et sont de nature, à donner la plus entière confiance dans l’avenir du pays. Ils témoignent, en effet, de l’énergie et de la force croissante de la démocratie terrienne qui fait dans les campagnes la force de l’agriculture, la sécurité de la France et la grandeur de la République.
- EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- Depuis l’achèvement des installations, 1’affluence des visiteurs augmente chaque jour, attestant le complet, succès de'cette grande fête du travail. Ce qui lui imprime sa marque distinctive, c’est qu’à côté des meryeilles des industries de luxe on n’a YU,nulle .part jusqu’ici un plus remarquable assortiment d’échantillons de tous les produits naturels ou manufacturés qui entrent dans le mouvement universel des échanges. Ce caractère d’utilité pratique apparaît aujourd’hui d’une manière très frappante... Et quel progrès extraordinaire depuis la première exposition maugérée à Paris au Champ-de-Mars, en septembre 1798, par 11 o exposants : àcel-le d Anvers, la France compte à elle seule 3,200. La première exposition.internationale qui eut lieu à Londres, dans le Cristal Palace, couvrait avec
- n*.,,-' -A -V . ... d" ,.vv 1
- toutes ses dépendances 95,000 mètres carrés. L’exposition d’Anvers s’étend sur une surface totale de 320,000 mètrey caïq-és.
- La galerie des machines qui occupe un immense quadrilatère dans les halles de l’industrie, est, elle aussi, entièrement organisée. Mis en mouvement par J.a...vapeux. o qui’électricité,. ce.s mécanismes., perfectionnés deytoutesMes industries modernes offrent un spectacle qui défie la plume et le. pinceau. : -
- La Commission .instituée par le gouvernement belge pour faire l’acquisition dès ôbje’ts destinés" à la tombola, a commencé ses opérations. Il y aura trois séries de lots; pour chacune d’elles, les achats seront proportionnés à l’importance des compartiments. Les. exposants français étant aussi nombreux que ceux de Belgique, sont traités suite même pied. Le gros lot est une parure de diamants valant 100,000 fr., achetée à un joaillier d’Anvers. . '
- L’animation est très grande dans la ville, où les orchestres des sociétés de musique, participant au festival permanent, se succèdent sur les places publiques. Plusieurs milliers de gymnastes étaient arrivés de partout dimanche dernier, pour prendre part à la xvn° fête de la fédération belge de gymnastique. — Les grands concours de la race chevaline qui s’ouvriront le 27 de ce mois, attirent un nombre considérable d’étrangers.
- L’EXPOSlTION DU TRAVAIL
- Le conseil municipal est actuellement saisi d’une proposition tendant à ouvrir un crédit de 6,000 francs pour venir en aide aux chambres syndicales et associations ouvrières, en vue de l’Exposition du travail.
- D’un autre côté, M. P. Legrand, ministre du commerce, a déposé, d’accord avec le gouvernement, sur le bureau de la Chambre, un projet de loi pour l’ouverture d’un crédit de 20,000 fr. dans le même but.
- Le gouvernement et le conseil jugent qu’ils ne peuvent se désintéresser des efforts de nos ouvriers de l'industrie parisienne et qu’il faut leur accorder, en même temps qu’un appui moral, un concours financier.
- C’est aujourd’hui un fait reconnu que les expositions qui se sont succédé aux Champs-Elysées ont été très fructueuses aux exposants qui y ont pris.-part. Pour n’en citer qu’une, celle de 1875, les documents officiels indiquent que cette exposition a été l’occasion de plus de dix millions d’affaires traitées pendant sa durée, sans tenir compte des objets consommés sur place ou emportés journellement par les visiteurs.
- Ce 11’est pas cette seule considération qui a préoccupé les organisateurs de .l’Exposition du travail ; ceüx-ôi se sont avant tout placés au point de vue de la vulgarisation des procédés industriels et d'es méthodes de fabrication ; aussi le gouvernement et le conseil n’ont-ils pas hésité à accorder leur puissant concours à l’oeuvre entreprise par M. Ducré.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS .
- LES LAPINS D’ANGORA
- Non loin du chalet de la Presse l’on voit une cabane rustique couverte en chaume et attenant à un petit enclos où s’ébattent plusieurs magnifiques* lapins blancs aux poils longs, soyeux et touffus. Dans l’intérieur de la cabane l’on peut examiner diverses fourrures naturelles ou teintes, dont les premières paraissent de véritables hermines et dont les autres ressemblent à s’y méprendre à des peaux de singe, de marte ou de petit-gris. Dans des boîtes-vitrées l’on aperçoit des échantillons de poils de lapin, des étoffes souples et douces tissées en mélange et des tricots moufflus d’un excellent usage contre les douleurs rhumatismales. Tout cela : animaux, poils, fourrures et tissus, vient du domaine de Frocourt, près Beauvais.
- A certains jours même et en public, la femme chargée de la faisanderie et des clapiers de Frocourt plume les lapins, c’est-à-dire leur enlève leurs longues soies. C’est une opération que l’on fait tous les deux mois à peu près aux lapins à partir de Lige de quatre mois. Chaque lapin adulte peut donner par année au moins un produit de 6 à 7 francs de poils, sans compter la valeur de la
- chair de l’animal et de la peau quand on veut le-tuer.
- Il y a un grand avantage à castrer les lapins mâles; ils deviennent plus gros et leur fourrure infiniment plus garnie et plus belle.
- Le lapin d’Angora est originaire de la Perse et des pAU-yies de l’As i e. M i n e ur e _.q uirs.’.éicndent depuis Angora (hançiennç. Àncyre) jtisqu’cTrîTacvQhui-mïâTi. C’est avec ses soies et celles de Iq .chèvre angora, que l’on tisse ë'ri Orient ces merveilleuses étoffes qui sont -importées de l’Inde et qui se vendent à des p'rix fabuleux. En France et en Angletérrè lès soies du lapin angora sont employées à améliorer et à assouplir les tissus laineux les plus beaux, et nos grands industriels, qui marchent dans la voie du progrès,-.seraient disposés à les employer plus grandement si on pouvait leur en livrer des quantités importantes.
- Il ne faut pas confondre la belle racé pure de Frocourt avec de petits lapins, angoras .dont l’élevage se fait en Savoie, aux environs d’Aix-les-Bains, par les soins de MUe Lard-BlanchàrcTdè-Saint-Innocent, qui, dans un but philanthropique, donne ces petits lapins .angoras en cheptel aux pauvres gens de son voisinage et leur achète le produit du peignage. Les lapins savoisiens se peignent; ceux de Frocourt, beaucoup plus gros, se plument, pour employer l’expression ingénieuse-et pittoresque de Mme L... Il faut dire que l’opération paraît être supportée par les lapins avec la. plus grande philosophie ; ils paraissent même fort heureux de se sentir, par ce temps tropical, dégarnis de leur vêtement d’hiver.
- . La chair du lapin d’Angora, de la race de-Frocourt, est excellente, très fine et très blanche, surtout celle des mâles chaponnés. Cela tient au mode d’alimentation, aux soins" qu’ils reçoivent et à la liberté relative dont ils jouissent.
- En général, les lapins dans nos campagnes sont, très mal soignés ; ils restent constamment dans une cabane obscure ou dans un tonneau d’où s’échappent des exhalaisons malsaines qui détériorent leurs aliments. On' se montre avare de litière et d’air pour ces pauvres animaux qu’on tient dans la plus étroite captivité. On leur donne à manger, mais on ne les nettoie guère et l’on semble ignorer qu’ils ont besoin de respirer et de vivre dans une atmosphère pure et salubre. •Pourquoi les lapins sauvages ont-ils une chair succulente? ne n’est pas seulement à cause des herbes odoriférantes dont ils se nourrissent à volonté, mais surtout à cause de l’air pur et de-l’exercice qu’ils prennent à leur aise.
- Que l’on essaie des procédés analogues pour les lapins domestiques et l’on verra au bout de-quelques années si l’on n’obtient pas une race bien supérieure pour les besoins de la cuisine.
- Tout le monde à la campagne possède des lapins, leur nourriture ne coûte presque rien et le seul parti qu’on en tire est pour l’alimentation.
- Que l’on remplace, dans une certaine mesure, par le lapin d’Angora les races ordinaires de nos pays et au produit de la chair et de la peau viendront s’ajouter la récolte des poils et la vente des fourrures. -
- M. et Mme L... ont, près' de leur château de-Frocourt, un magnifique clapier où sont élevés près de 3oo lapins d’Angora de race pure. Ils pensent que la propagation de tes intéressants rongeurs peut créer une industrie nouvelle dans, les campagnes et apporter une réelle aisance dans bien des ménages. . .
- M. et Mm0 L... ont déjà donné un certain nombre-de leurs élèves, ils veulent participer de tout leur pouvoir à une œuvre de bienfaisance et de philanthropie-; ils ne vendent aucun lapin, mais ils. sont toujours disposés à en donner aux .personnes-qui en feront la demande en justifiant de leur honorabilité. ; ...
- Nous ne pouvons que féliciter chaleureusement, les propriétaires du domaine de Frocourt, non seulement de leur magnifique exposition des lapins d’Angora et de leurs produits,, du bien qu’ils feront certainement par la propagation de cette belle race, mais surtout de leur générosité. On dit que, pour démontrer la supériorité de la chair du lapin d’Angora, on offrira pour la Loterie-de bienfaisance, le jour du tirage, un magnifique-pâté, à la croûte dorée, et renfermant dans ses flancs les parties les plus succulentes d’un ou plusieurs lapins de Frocourt. Avis aux disciples de Brillat-Savarin !
- Conférence de M. Bonvalot L’ASIE CENTRALE
- La conférence de M. Gabriel Bonvalot avait attiré dans la salle des conférences de l’Exposition un auditoire aussi nombreux que choisi ; le succès de ces réunions instructives s’affirmant de plus en plus à chaque conférence nouvelle. ^
- M. Bonvalot est bien le vrai conférencier voyageur ; une parole facile, humoristique, sans prétentions, et çà et là des anecdotes, des récits qui reposent l’attention en dessinant d’une manière agréable les figures et les mœurs singulières des
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- -diverses racesjqui habitent Je§ pays.quhl.,_a_ parcourus./: '*/'*
- Chargé d’une mission scientifique 'par le Gouvernement, M'. Bonvalot" a parcouru ' pendant 18 mois toute cette immense région qui s’étend entre la Sibérie, l’empire chinois, l’Afghanistan et la Caspienne, en faisant plus de 6,000 kilomètres en tarantasse, à pied, à cheval, en barque et à dos de chameau.
- Parti de Moscou dans le mois de septembre, il •arriva en Sibérie par Perm et Yekaterinbourg et enfin à Semipalatinsk, la dernière ville sibérienne, où commence en réalité le Turkestan ou Asie centrale, et bientôt après en plein pays des Kirghiz.
- On est aussi dans le Turkestan russe, dans le pays de Tachkent, entre les monts Célestes et le :Syr-Darya, c’est-à-dire dans le bassin de l’Aral.
- Tachkent est aujourd’hui une ville de cent mille âmes, mais faite de briques plates cuites au soleil. C’est la vraie capitale du Turkestan.
- Samarcand, Bokhara et Khiva forment le Turkestan dit indépendant, indépendance nominale, car les khans sont de véritables rois fainéants obéissant réellement au tsar.
- M. Bonvalot a résumé rapidement ses diverses excursions dans l’Asie centrale, à Karchi, chez les Mogols-Turkmènes, aux ruines de la vallée de Sourkam, pians les steppes herbues ou les déserts sableux des bas-fonds, dans les montagnes de Baïssonne, dans celles du Kohistan et des Pamirs, et de Bokhara à Khiva en descendant l’Amou-Darya. Dans cette dernière ville, il fit visite au khan khivien et à son premier ministre, et enfin, après, avoir traversé le désert de l’Oust-Ourt, il arriva à Krasnovodsk sur la mer Caspienne. De là il revint en Europe après avoir visité le Caucase.
- Il est absolument impossible . de résumer la conférence de M. Bonvalot ; quatre colonnes du journal n’y suffiraient pas, mais nous engageons nos lecteurs à se procurer les deux volumes qu’il >a publiés chez Plon ; le premier porte le titre De Moscou en Bactriane, le deuxième Du Kohistan a la Caspienne ; ce dernier a paru le mois dernier. La lecture de. ces deux volumes est fort agréable ; à chaque page ce sont des détails pleins d’humour et d’esprit sur les hommes et les. choses, les souvenirs des traces des conquérants du Touran : Alexandre,, Tamerlan et Gengis-Khan. Les questions les plus érieuses y sont traitées et l’on y trouve des détails fort intéressants sur cette •fameuse question de l’Oxus (l’Amou-Darya). Autrefois cette rivière,, tributaire de l’Aral, devait se jeter dans la Caspienne ; on a trouvé les traces du lit abandonné. Que l’Oxus reprenne son ancien cours et voilà une route toute trouvée pour le transport des marchandises russes, depuis le centre de l’empire jusqu’à l’Asie centrale, puisqu’un bateau, chargé à Moscou., pourrait en descendant la Moskova, l’Oka et le Volga, arriver à Astrakan, traverser la Caspienne, remonter le nouvel Oxus et l’Amou-Darya et arriver jusqu’aux frontières de l’Afghanistan. C’est la vraie route de l’Inde pour la Russie et, si un jour l’empire moscovite peut avoir des ports sur l’océan Indien, il aura trouvé la solution du problème tendant à le mettre en. communication facile avec les Indes, l’Afrique et l’Australie.
- C’était peut-être un des rêves de Pierre le Grand, car tout ce que la Russie a fait depuis le siècle dernier n’est que la suite des songes du grand charpentier de Harlem, que ses successeurs cherchent patiemment et méthodiquement à changer en ..réalités.
- Les. projections, qui étaient le complément de la conférence de M. Bonvalot, ont parfaitement réussi et ont donné un attrait de plus à sa char- : niante et instructive causerie.
- " ..Nous espérons bien que M. Gabriel Bonvalot ajoutera un troisième volume aux deux premiers, en écrivant,son Voyage dans le Caucase, de Bakou à la mer Noire ; il ne peut réellement pas nous abandonner au milieu des sources de naphte et d’asphalte sans nous en parler un peu.
- LA LOTERIE DE BIENFAISANCE
- La loterie de bienfaisance de l’Exposition a été organisée pour augmenter la part à donner aux pauvres.. Le Comité général et le président ont pensé que si l’on offre aux heureux de la terre des distractions de toutes sortes, conférences, concérts, etc., il fallait aussi penser aux déshérités de la fortune.
- Ces sentiments ont été compris et appréciés par tout le monde et les billets de loterie sont pris par un grand nombre de visiteurs. Plusieurs milliers sont déjà placés.
- On peut s’en procurer chez les débitants de tabac de la ville et dans l’intérieur de l’Exposition : au buffet, au bureau de tabac, dans la salle des fetes, au kiosque des forêts et près des gardiens.
- Les exposants offrent des lots, la Commission en achète et l’on peut espérer que leur nombre, dont le minimum a été fixé à 400, sera largement dépassé.
- . Dimanche 28 iS85.207.
- ÉCHOS
- Paris
- L’on..petit admirer dans l’intérieur et tout près de l’exposition des colonies, dans la vitrine de MM. Boucher frères, fabricants de bronze d’art à Pàris, le gros lot, dont la Commission vient de faire l’emplette. C’est une magnifique garniture de cheminée, composée d’une splendide pendule et de deux candélabres en bronze d’art doré au mercure et du style Louis XVI le plus pur.
- C’est une œuvre d’art remarquable, exécutée par les exposants eux-mêmes et qui fait le plus grand honneur à leur goût et à leur talent artistique.
- Cette garniture de cheminée est d’une valeur de quinze cents francs. Elle inspire aux acquéreurs des billets le plus vif désir d’obtenir le numéro gagnant et l’on peut faire à la Commission de la loterie les compliments les mieux mérités pour le choix du gros lot.
- Conférence de M. le docteur Le Vaillant.
- GUY PATIN ET SON TEMPS
- Vendredi dernier, M. le docteurLe Vaillant a fait une excellente conférence, sur Guy Patin. Il ne devait pas y avoir de projections, c’était un attrait de moins pour quelques-uns, et cependant plus de 3oo personnes se pressaient dans la salle des fêtes.
- Dernièrement la ville de Beauvais, en changeant le nom de plusieurs de ses rues, à donné le nom de Guy Patin à celle qui longe l’hôpital.
- Guy Patin, plus que tout autre, a bien mérité cet honneur. '
- Né en 1601 à FIodenc-en-Bray, en Beauvoisis, Guy Patin a occupé, sous le règne de Louis XIV, une place éminente ; il fut en rapport avec ce qu’il y avait de mieux à cette époque dans le monde savant et dans la noblesse, en France comraé. à l’étranger. • _ . v
- Le conférencier nous a dépeint la jeunesse 4,e Guy, Patin, ses débuts, sa brouille avec sa famille.,, puis sa réception comme docteur à la Faculté de médecine de Paris.
- Il nous a dit, en. quelques mots, ce qu’étaient . les lettres de l’homme dont il parlait. H nous Ta montré comme le créateur de l’art épistolaire en. France, le plaçant entre Erasme, qui écriyaît en latin au xvie siecle, et Mme de Sévigné.
- Ces lettres, écrites au courant de la plume, nous -a dit le docteur Le Vaillant, sans cérémonie, à la gauloise, criblées de gros mots qui sont toujours . de bien bons mots, ont donné à Guy Patin plus .de relief et plus de célébrité que les ouvrages plus savants de beaucoup de ses confrères, de cette . époque. ' .
- Puis il est entré dans les grandes lutte.s du temps; il nous a parlé des procès- contre les apothicaires , contre les chirurgiens, contre les partisans de l’antimoine ; il nous a rappelé les querelles de la Faculté de Paris contre celle de Montpellier ; enfin il a cité ce bon mot de Guy Patin qui, au sortir d’un procès, célèbre, aborda son adversaire, mal partagé pour la longueur de son nez, et lui .dit : « Monsieur Renaudot, en perdant votre procès, vous l’avez gagné : vous êtes, entré ici avec un nez. camus, vous en sortez avec un pied de nez. »
- Guy Patin était bien français et c’est par le., ridicule qu’il tuait ses adversaires.
- Il serait trop long de citer chaque passage de cette causerie : l’histoire de la saignée, celle de l’antimoine surtout qui a tant fait rire ; la voici en quelques mots : Basile Valentin, moine bénédictin, découvrit l’antimoine au xvP siècle; il expérimenta d’abord sur des porcs qu’il vit engraisser (l’antimoine contenant de l’arsenic ayant la propriété de faire engraisser). De ces expériences sur les porcs, il passa à l’expérience sur l’homme ; il donna du nouveau métal aux moines ses compagnons, qui faillirent tous en mourir. De là, il conclut que ce médicament, bon pour les porcs, était nuisible aux moines, d’où ce nom d’antimoine.
- Enfin, après avoir montré Guy Patin au point de vue littéraire, philosophique, politique et religieux, M. Le Vaillant a terminé en disant que ce grand docteur avait laissé dans son siècle et dans les siècles suivants le souvenir d’un homme d’esprit, d’un écrivain de bonne race et d’un parfait honnête homme.
- Pendant près d’une heure M. le docteur Le Vaillant a su intéresser son auditoire ; il a su rendre attrayant un sujet ingrat, et de fréquents applaudissements lui ont montré le plaisir qu’on éprouvait à l’entendre.
- Guy Patin était à la fois docteur et homme d’esprit; pour faire sa biographie, il fallait un conférencier qui réunit ces deux qualités. Nous savions que M. Le Vaillant avait le diplôme'de la première ; il nous a montré, vendredi soir, qu’il possédait également la seconde.
- Nous avons brièvement parlé dans notre dernier numéro d’une exposition projetée des produits de Madagascar. Voici quelques détails complémentaires :
- Des produits de tous, genres de provenance malgache vont être groupés par les soins d’un comité d’organisation. On trouvera dans cette exposition des cafés rivalisant avec ceux de Bourbon, des minerais, des bois d’ébène et do construction, du cristal de roche, etc. Bref les promoteurs veulent démontrer, preuves en main, de quelle utilité est pour la France la possession de la grande île africaine.
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- Le prix de 500 francs fondé par Mme veuve Bashkirtseff sera voté demain au Salon par le comité de la section de peinture. O11 sait que ce prix doit être décerné à un artiste, homme ou femme, intéressant par sa situation et déjà récompensé au Salon.
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- Le jury de l’Ecole des beaux-arts a rendu son jugement sur les concours de l’enseignement simultané des trois arts : Peinture, sculpture et architecture. • .
- Peinture. — 2e médaille; M. Gelez, élève de M. Cabanel; première 3« médaille.: i\l. Ducatillon, élève de M. Gérûme ; deuxième 3e médaille : M. Amoretti, élève de M. Boulanger; mention: MM. Veber, Bernard, Manceaux et de Closets.
- Sculpture. —2fi médaille :.M. Champion, élève de MM. Falguière et Hiofle ; première 3e médaille: M. Desruelle, élève de M. Falguière ; mention. : M. Moncel (Alphonse).
- Etudes exécutées dans'les cours de l'enseignement simultané des trois arts, — Peintres. — Mepjions :. MM. Alleaume., de! Closets et Bernard (modelage) ; de . Closets (architecture). — Architecture (ornements dessinés).— Mention : MM. Machégay, Coulon, Baufray,
- /Architectes '(dessin), L- 3e médaille: MM. Stadler, élève de M. Daumet, ét, Margotin, élève de M. Guadet ; mentions : MM). Iieycïel, Raphel, Kraft (modelage) ; mentions: MM. Garnier, Giroux, . d’Hart, Coulon, Bion, Garin.
- -Le jury n’a pas cru devoir décerner cette année Te prix de Fortin d’Ivry (prix .supérieur de perspective) à cause de la faiblesse du concours.
- Algérie
- Un exemple.à.imiter. :
- On nous mande d'Alger que la petite ville de Temouchent (3,400 liab.) et-Mascara ont traité dernièrement avec une.compagnie pour leur éclairage par l'électricité. ;
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Le traité préliminaire outre le gouvernement et Lloyd de Brême est actuellement soumis à l’approbation du chancelier. Les-conditions principales seraient les suivantes :. Le contrat serait conclu pour quinze ans; la subvention annuelle serait de 4,400,000 francs; la Société s’engagerait à naviguer avec une vitesse de 12.nœuds à l’heure; elle construirait de plus 6 nouveaux paquebots et en remettrait d’autres à neuf.
- On nous mande de Dresde .(Saxe royale) qu’une exposition internationale d’horticulture aura lieu dans cette ville du 14 au 22 mai. 1887.
- Le ministre des finances vient de concéder aux organisateurs, pour emplacement de leur exposition, le Grosse Garten, qui dépend des domaines de la couronne. Le but principal est d’offrir un aperçu général des productions de l’horticulture en Saxe, de les comparer aux produits de l’étranger et de faciliter ainsi l’extension des relations commerciales.
- L’exposition des arts du métal de Nuremberg (Bavière), dont nous avons parlé à plusieurs reprises, a été ouverte le 15 juin dernier par M. Von Feilitzsch, ministre de l’intérieur, délégué dans ce but par S. M'.,le roi de Bavière.
- Angleterre
- La troisième exposition annuelle de la Royal C a ni brian Academy of Art, aura lieu à Cardiff dans Unicersity College, du 20 juillet au 20 septembre 1885. Les envois seront reçus dans le OUI Injîrmary Building du 1er au 3 juillet inclusivement.
- (Voir la suite, page 210).
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- LE MONITEUR R#Ê#p0SITI0N 1B89.
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- ? 1,0 Première Année — N° 26 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Juin 188b.
- Autriche-Hongrie
- Un congrès d’orientalistes se réunira à Vienne dans le courant de l’année prochaine. A. cette occasion aura lieu dans le Musée oriental, une grande exposition orientale qui offrira certai-aement le plus grand intérêt.
- Belgique
- Le Congrès international des chemins de fer aura heu à Bruxelles, du 8 au 15 août. Voici les . questions très intéressantes qui figurent à l’ordre du jour :
- 1° Etablissement des lignes et installation des gares;
- 2° Organisation du service dans les gares centrales ;
- 4° Adoption de. principes communs pour la construction des voitures, afin de faciliter le transit des marchandises ;
- 4° Diminution des dépenses.
- 5° Application de l’électricité à la traction.
- ü° But et avenir des lignes secondaires.
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- Espagne
- Encore un succès qui devrait nous douner à réfléchir pour nous voisins d’outre-Rhin.
- Un.concours international pour l’établissement des usines et du réseau de canalisation du gaz, a eu lieu dernièrement à Cadix. Sur les 12 projets présentés, 42 •:anglais, 1 belge, 1 allemand) avaient été réservés pour la dernière épreuve. Le jury s’est prononcé pour1 l’adoption du projet.allemand comme réalisant les meilleures conditions au point de vue de la qualité et de l’économie. ’
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- Italie
- On sait qu’un congrès pénitentiaire international doit avoir lieu à Rome en octobre 1885.
- Ont été désignés comme délégués français : MM. F. Dreyfus, député; Jacquin, directeur des grâces ; Normand, architecte du ministère de l’intérieur.
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- Pays-Bas
- La distribution “' des prix vient d’avoir lieu à l’exposition internationale de faïence décorative et de vitrail, ouverte à Delft, depuis le 1er juin, et dont nous avons parlé dans un précédent numéro. La plus haute récompense a été décernée à la maison Zettler, fournisseur de la cour de Bavière.
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- Russie
- Une exposition polonaise agricole et industrielle a été inaugurée à Varsovie le 9 juin. Nous aurons donné la meilleure preuve de son importance et du grand intérêt qu’elle offre au visiteur en disant qu’elle renferme plus de 200 pavillons d’exposition divers.
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- Turquie
- Le phylloxéra a fait s.on. apparition dans les • environs de Constantinople,
- L’EXPOSITION DE 1819
- Depuis douze ans on était privé d’expositions et quand le roi, le i3 janvier 1.8,19, rendit une ordonnance portant que deux expositions auraient lieu, l’une en 1819, l’autre en 1821, il fut d’accord avec le sentiment général.
- Dès longtemps à l’avance, l’Exposition de 1819 préoccupait l’opinion publique. Le 21 juillet, le Moniteur l’annonçait comme devant être très brillante, et le 21 août le Journal de Paris imprimait avec une évidente satisfaction :. « Les objets fournis pour l’Exposition sont beaucoup plus nombreux que ceux qui furent présentés en 1806. Plus de quatre cent cinquante artistes ou manufacturiers ont été admis par le jury d,u département de la Seine aux honneurs de l’Exposition ; chacun d’eux fournira', terme moyen, dix échantillons, ce qui fait plus de quatre mille cinq cents objets. »
- L’inauguration avait lieu le 20 août, jour de la fête du roi. A dix heures, suivant l’ordre établi par le programme, les portes de la colonnade du Louvre étaient ouvertes et, par les escaliers construits de droite et de gauche pour conduire aux appartements, la foule se pressait devant les produits classés dans un ordre méthodique. Le public, après avoir parcouru sans encombre les trois façades du, Louvre, redescendait par la tour de l’Horloge, ou pénétrait dans la grande galerie
- du Musée, à l’issue de laquelle se trouvait placé le Salon de peinture. ... L
- Le catalogue complet de l’Exposition-de [8-19'y dépassant les prévisions du Journal de Paris, offrait une série de plus de i,5oo manufacturiers, fabricants ou négociants qui avaient envoyé des échantillons en tout genre, pouvant s’élever au nombre de dix mille.
- Le grand vestibule d’entrée, celui que représente la gravure annexée à ce numéro, le grand vestibule d’entrée, au milieu duquel était placé le modèle en plâtre de la statue de Henri IV, contenait les principaux objets d’économie rurale, des charrues de différents modèles, des moulins, un grand appareil de M. Auger pour la fabrication du chocolat, des cuivres laminés de Romilly d’une dimension prodigieuse, une machine à broyer le chanvre du modèle de M. Christian. Là aussi étaient les fers laminés de plusieurs maisons de forge habiles dans ce procédé nouvellement en usage, tels que MM. Rivalz, de Villemonstanson, et Poulain, de Boutancourt. Là étaient les tôles et les fers-blancs de MM. Boigne et Fouque de 1a Nièvre, Bouyier, des Ardennes, Aubertot, du Cher, Sagliot, du ,Doubs. On y voyait des aciers en barres , des aciers corroyés, cémentés, fondus, de MM. Rochet, de la Cote-d’Or, Garrigon, de Toulouse, Fleurât, de la Haute-Vienne, Falatieu, de la Haute-Saône, et tout auprès les faulx de Delanos, du Calvados, de Ruffier, de l’Ariège ; les limes de Raoult de Paris, de Saint-Bris, d’Indre-et-Loire, . les scies de Jourjon, de, Saint-Etienne, en même temps que M. Couleaux, du Bas-Rhin, faisait voir des couteaux de bon service à 2 fr. 80 et à 1 fr. 35 la douzaine.
- Au pied de l’escalier situé au midi de la colonnade était placé un modèle des fosses mobiles inodores de la compagnie Doucet, et la tondeuse, machine fort ingénieuse due à l’invention de MM. Poupart, de Neuflise, et Collin.
- En haut, huit salles parallèles à la colonnade renfermaient : la première, des toiles de lin, de Laval, les batistes, quelques toiles peintes, et de beaux échantillons d’objets, de blanchiment. Les calicots, les mousselines, les piqués, la bazine, toutes les productions de Saint-Quentin, en même temps que les mousselines, brochées en couleur, à l’imitation de celles d’Angleterre et du travail de M. Pelletier, s’offraient aux regards entre les papiers peints de M. Gohin qui décoraient les murs. ‘
- La quatrième exposait la suite des cotons filés, et des tissus de coton. On y voyait des molletons et des draps tricotés, des serviettes de coton à damiers, du galon, des franges de soie, et, parmi les objets les plus intéressants, on remarquait ceux des maisons Arpin Lehouk et Dolé fils, de Saint-Quentin.
- M, Termaux ensuite occupait la cinquième salle .avec la belle collection de ses cachemires. Il avait inventé et perfectionné des étoffes nouvelles et introduit en France les chèvres du. Thibet. Dans l’embrasure de la croisée, les, ouvrages, d’horlogerie de M. Br.eguët étaient l’objet de l’admiration des visiteurs et de la distinction de la famille royale.
- Ensuite emplissaient vingt-cinq autres salles : M.-Lucas Jobert et ses beaux tapis de pied, M. Dufour et ses papiers peints; M. Danj;on, exposant un lit à ressort pour le transport des malades, desbaignoirs pliantes; M. Gamery, avec plusieurs modèles d’ornements en plâtre doré , puis MM. Barcaton et Martel , de Strasbourg, avec leurs envois de riches ameublements.
- Ici, c’était M. Lefèvre et son système, économique d’étamage de glaces, par l’application d’un vernis; là, les bronzes de Feuchère.s. Ailleurs, les étoffes crochées de M. Mamaillé décoraient des salles où montaient des cheminées en bois peint imitant le marbre, et les instruments de musique de MM. Schmitt et Chanot se détachaient sur le fond bleu et or d’une tenture de soie de la plus rare beauté.
- Les départements avaient fourni beaucoup de bonneterie de laine, de tricots, de couvertures, de serges, de cadis ; MM. Benoist et Desfrancs, du Loiret, avaient envoyé des échantillons de bonneterie orientale, branche d’industrie d’autant plus avantageuse que toutes les matières dont elle se composait étaient indigènes. Louviers et Sedan justifiaient dignement leur réputation européenne. MM. Decretot, Peton, Gerdet, Ribouleau et Jourdain, de Louviers, MM. Bacot, Bridier, Chayaux, Lemoine, de Sedan, par l’ensemble de leurs draperies fines, casimirs et vigognes, prouvaient que, depuis l’Exposition de 1806, cette importante fabrication avait fait du progrès.
- Après les schalls façon cachemire , les satins
- si. éclatants d.e couleur de M,. Maillé, les crêpes de Chine de M. Despouilly, les étoffes de gaze, les fantaisies de M. Beauvais soutenaient glorieusement la réputation des fabriques de Lyon, et les hospices de Pontorson, d’Avranches et de Cherbourg présentaient des dentelles qui pouvaient rivaliser avec celles de Caen. Châtellerault même, en envoyait qu’on disait imiter heureusement les malines.
- La chapellerie de fantaisie témoignait aussi de son progrès, et, à côté de chapeaux de coton, de paille d’Italie et de paille de riz, montrait des chapeaux en bois de saule, invention fragile, mais d’un déconcertant bon marché
- Après les tôles vernies, les lampes sidérales et astrales de Bordier, les caractères typographiques de Didot, le papier d’Annonay, les reliures de Bozérian, Simier et Thouvenin, après les substances alimentaires conservées par la méthode d’Appert et les - porcelaines économiques de Sarreguemines et de la Haute-Vienne reproduisant les tons du granit, du marbre, du bois et du jaspe, les produits de l’orfèvrerie, où triomphait M. Odiot, garnissaient la vingtième salle, concurremment avec les ouvrages d’une précieuse élégance dus à MM. Cahier, Buisson et Biennais. Les papiers peints du successeur de Réveillon entouraient de nuances agréables les appareils de combustible et d’économie domestique, .tandis que M. Oberkampf, avec ses remarquables étoffes imprimées, occupait une salle de sa manufacture. Mrae De'samand exposait à son tour des garnitures de cheminée en cuivre doré qui la haussaient dans l’estime du roi et dans l’admiration des connaisseurs ; on ne tarissait pas d’éloges sur la beauté des glaces de la manufacture du Mont Cenis. et sur les verres de couleur de Saint-Quirin. Lepaute et Robin, les horlogers, se distinguaient par .de belles pendules astronomiques, Berthoud par ses montres marines . et M. Bourdier passait pour un artiste remarquable à cause de la construction d’un meuble secrétaire à pendule et à jeu de flûte. Les appareils d’optique de Chevalier, Lerébours, Cauchoix, Soleil,. Jeclher et Lenoir attiraient l’attention des connaisseurs,, et la céruse de Clichy avec le sulfate de fer de la manufacture des Ternes mêlés aux échantillons des cuirs et des maillages en fils métalliques, au bas de l’escalier nord de la colonnade, étaient les derniers objets qu’offrait à contempler l’Exposition de 1819. t.
- L.’Expositio.n était ouverte àu public depuis dix heures du matin jusqu’à.quatre heures, du soir, tous les jours excepté le vendredi, lequel était réservé à Sa Majesté, aux princes de la famille royale, aux ambassadeurs étrangers, et le samedi qu’on employait à nettoyer les salles et les objets qui se couvraient de poussière.
- L’affluence était considérable et l’intérêt vivement excité ; aussi, après la distribution des 56 médailles en or, 148 en argent, 114 enbronze,, plus 361 mentions, honorables et 127 citations, qui eut lieu le 2 5 septembre sous, la présidence du roi et sur la' proposition d’un jury central dont M. de Là Rochefoucauld était le président, M. le comte Ghaptal le vice-président, M. Mérimée, le secrétaire, et M. Costaz, le rapporteur, on dut reculer la durée légale de la fermeture.
- Et quand le terme de la prolongation expirait à son tour, le Moniteur, après, les trente-six articles, par lui consacrés, à l’étude de l’Exposition, le 2 octobre, insérait la note suivante qui témoigne de l’empressement du public et de l’incontestable succès de l’entreprise :
- « Quelques personnes, qui ne se lassaient pas d’admirer les produits de l’industrie française, ont paru regretter que le terme de cette exposition n’ait pas été prorogé de nouveau. A ne consulter que l’enthousiasme public et l’empressement toujours croissant des étrangers, il eût été heureux sans doute de pouvoir prolonger encore la durée de ce magnifique concours. Mais l’intérêt de la plupart des fabricants s’y opposait essentiellement. Tous les manufacturiers des département témoignaient depuis quelques jours le besoin de retourner chez eux ; les étoffes de soie, les draps fins, les schalls et tous les objets qui reçoivent leur prix de la fraîcheur des nuances auraient pu souffrir d’une plus longue exposition, et il a été d’autant plus convenable d’avoir égard au désir exprimé par l’élite des manufacturiers de France que plusieurs d’entre eux ont fait des sacrifices de tout genre pour ajouter àl’éclatde l’Exposition.
- « Nousferons observer que celle de 1806, commencée le 25 septembre, était finie vingt-cinq jours après. »
- Le Journal de Paris qui avait, en treize articles,
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- longuement étudié l’Exposition/ répétait la note! .du Moniteur et .ainsi finissait.l'Exposition de’’i8ïç), i ' laquelle, annoncée comme devant etrétres brillante, ] • ne trompa point les. espérances; qu’eue..avait-fait I .concevoir. .Son histoire a été écrite^tQj.it.au.long ! par-M. Demolieniqui lui a consacré uqeMescrip-tion ne contenant pas moins de quatre volumes i m-8. p, . • .. . ,
- Henry Céard.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LE SALON DE i885
- VI
- Mon éminent confrère, Paul Mantz, s'élève avec raison contre le peu de zèle que l’on met à encourager la gravure volontiers . délaissée : malgré le talent indéniable de ses représentants.
- Il rappelle les nombreuses démarches qu’a dû , faire un de nos meilleurs aquafortistes, qui est en même temps un peintre distingué, M. Félix Buhot, pour obtenir que dans les musées de province un petit coin dut réservé à cet art, bien vivant pourtant, auquel il s’est voué avec succès.
- Ses efforts commencent à être couronnés, mais l’enthousiasme manque. C’est là un fait regrettable.
- Et puisque je parle de M. Buhot, je recommande aux amateurs ses deux envois de cette année : la Chapelle de Saint-Michel de l’Estre d’une remarquable vigueur, et surtout son Souvenir des bords du Meboay, tout empreint de poésie et d’une rare finesse.
- M. Claude Gaillard, qui devait avoir la médaille d’honneur, n’a pas réuni les suffrages. A quoi ont tenu les votes contraires à cet artiste hors ligne ? Nous l’ignorons. Son portrait du R. P. Hubin est pourtant d’une venue exceptionnelle et son Saint Georges d’après Raphaël est digne de son merveilleux modèle.
- . Mais souvent les plus belles choses ont le pire destin. Nous espérons que M. Gaillard-se consolera de sà petite mésaventure en songeant qu’il a du moins pour lui l’éloge et l’approbation de tous les connaisseurs.
- Mlle Hélène Formstecher a obtenu une récompense pour ses deux gravures : les Rivales et le Fournil. Il y a là, en eflet, un talent qui promet, et la douceur de la main féminine se montre très habilement, dans ces deux œuvres d’une grâce réelle. De M. Auguste Boulard un bon morceau d’après Détaillé : Mon ancien régiment ; cet artiste (est élève de Braquemond et s’inspire très heureusement du faire de son excellent maître. Quant à M. Théophile Chauvel, il arrive à une rare perfection, dans sa reproduction de deux toiles du paysagiste anglais B. W. Leader.
- Je citerai également les trois envois de M. Ch. Coürtry : le Bonnet de grand’mère, la Finette,
- Y Indifférent ; de M,. Géry-Bichard , une bonne reproduction du Peintre, de Meissonier ; ainsi, qu’un beau portrait de Victor Hugo, par M. Fernand Desmoulin, et le Premier chagrin, par M. Henri Lëfort.
- Dans la galerie des dessins,. cartons, etc., je remarque un fort joli pastel de Jean Béraud, représentant Coquelin aîné dans le Joueur, de Regnard. Le sociétaire de la Comédie-Française ne . pouvait trouver un portraitiste plus fin et plus spirituel.'M. Jean Béraud manie le pastel avec autant de verve que le pinceau.
- Le talent de M. Bœtzel n’a plus besoin d’approbation, ses portraits au fusain de Victor Hugo et de.M. Schœlcher sont parfaits. Ce dernier, acquis par le Musée de la Pointe-à-Pitre, fera le plus grand honneur à sa collection.
- M. Raffaelli a été mieux inspiré dans ses deux dessins rehaussés .d’huile • que dans son tableau de la section de peinture. Ses forgerons et chiffonniers ont de la vigueur et le trait en est solide.
- Un très intéressant pastel de M. Le Riverend : le Duo, et surtout une bonne aquarelle de M. Cari Larsson, représentant le très choyé M. Coquelin dans Crispin du Légataire universel, rôle de la douairière.
- M. François Flameng expose dix dessins destinés à illustrer les œuvres de François Coppée. Parmi eux, je citerai la Tête de la Sultane,
- Y Abandonnée et le Menuet dont le travail est remarquablement réussi.
- Dans le même ordre,je signalerai les trois dessins de M. Stanislas Reychan, destinés à illustrer la Sapho, d’Alphonse Daudet.
- Deux délicieuses aquarelles de Mlle Emma Formigé : Avant la Causerie et Une vocation, d’une légèreté de pinceau exquise ; d’excellents pastels de M. Alexandre Nozal, notamment son effet de givre et neige dans le parc de Saint-Cloud ; une sanguine de^grande valeur représentant un “portrait de jeune fille par Mlle Beaury-Saurel ; un
- LE MÔNFÎEÜR DE L’EXPOSITION DE’ dSB^. fin Dimanche--2.8 fcin:t88'5. —
- magnifique'fusain, la Source,' de M. Appian où cet ' artiste a-mià tout-son-talent. •:> ’ T:'-'
- Un'intéressant projet de-tapisserie : la Moisson, signé Miliiet. et un Atelier d’apprentissage, par' M. 11 uor. - -> . . : . : ‘ !
- ': Cette' galerie est la galerie des dames, par excellence ; on conçoit que le charme de l’aquarelle attire-volontiers leur goût vers un art où toutes leurs aptitudes et qualités trouvent un emploi. Je tiens- donc à-citer ici les œuvres féminines qui m’ont paru promettre un réel talent ou même témoigner de sérieux efforts qu’il est bon d’en- • co urager. • -
- J’inscris donc, au hasard de ma. promenade : Le Déjeuner-, une page très fraîche de Mlle Angèle \ Dubos ; des Roses trémières de Mlle Elise’ Voluz ; un- Rosier d’Automne et la Butte d’Usson, : de Mme Marguerite de Kermaingant ; des Pavots de Mllc Joiseau ; deux charmants paysages de MUe de Forestier ; le Choix d’une arme, de Mme la vicomtesse Doria, travail excessivement soigné ; . des Ronces de Mlle Jane Ariel ; un beau Panier de Roses et Chrysanthèmes, par Mlle Marie Adrien ; trois paysages de MUe Valentine Clerget ; une Bourriche de pensées, par MUc Marie Dubreuil ; une charmante Famille de Chats, de Mme Thérèse Pomey ; deux portraits par Mlle Marie Laurence-Galbrund ; de superbes Chrysanthèmes par Mmo Alice Hamman, dont le coloris délicat rappelle beaucoup celui de son professeur, Mino Madeleine Lemaire, etc., etc.
- Je noterai encore le Soir, d’Allongé, une aquarelle qui ne saurait le disputer qu’au fusain du même . artiste: En forêt ; Avril, autre aquarelle de Ch. Voillemot ; de M. Chagot une superbe Vue de Guernesey, bien éclairée ; de M. Dartein , un Sentier abandonné, d’un rare bonheur ; et un Bac de Veyrassat absolument réussi.
- Et maintenant revenons un peu à la sculpture que plusieurs lecteurs m’accusent d’avoir un peu négligée. Il est malheureusement impossible de citer tout le monde, et la critique, aimable ou sévère, a forcément ses limites.
- Le Héraut d’armes, plâtre de M. Guilbert, est bien posé et d’une attitude parfaite. L’original est destiné à l’Hôtel de Ville de Paris où il fera excellente figure. Le jeune sculpteur est un artiste des -plus estimés et en progrès toujours constant. La I Jeunesse, marbre de M. Antonin Cariés, a toute ; la saveur et la fraîcheur du motif qui l’inspire ; je citerai aussi son plâtre Retour de chasse.
- De M. H. Allouard un Molière mourant d’un très vif sentiment’et que je préfère de beaucoup à son Héloïse au Paraclet qui m’a semblé un peu molle. '
- Un charmant buste, ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il est la reproduction fidèle du modèle, est celui de Mme Edmond Théry, par M. Alfred Boucher. '
- M. Marqueste a reporté au marbre son plâtre de l’an dernier. Sa- Galatée est demeurée ce qu’elle était, une fine figure pleine de grâce et de lan- . gueur. C’est assurément un des meilleurs produits de la section.
- L’Andromède, de M. Moreau-Vauthier, est un peulourde;enrevanche,j’aimebeaucoup sa statuette d’ivoire rehaussée d’orfèvrerie, personnifiant la ; peinture. Cette exécution légèrement maniérée : me séduit volontiers. Le Travail de M. Gautherin est nerveux, découplé à plaisir et d’une vigueur péu commune.
- M. Christophe nous montre la Fatalité, nue, portant une épée et le pied posé sur la roue symbolique qui passe près de deux enfants personnifiant le travail et le désordre ; ou du moins, c’est ainsi qu’il m’a semblé. Ce groupe, d’une idée un peu cherchée, est néanmoins d’un mérite réel.
- Fort bien compris le Lully enfant, de M. Gaudez, et très aimable le Premier bain,de M. Leroux. Le Malebranche de M. Debrie est'froid ; vous me direz qu’on ne pouvait guère lui prêter une folle gaieté. Le Francis Garnier de M. Tony Noël, dont le bronze est parti en Cochinchine, me semble un peu trop massif. Enfin je terminerai par M. Aga-thon Léonard qui dans Ophélia et sa Béatrix a fait preuve de qualités indiscutables d’expression.
- Alfred Delilia.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- iv
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 14 Juin 1885)
- La misère étant générale et sévissant avec une intensité croissante sur la classe ouvrière, la conséquence immédiate de cet état de choses a été une diminution importante dans le nombre des naissances et une recrudescence marquée dans la criminalité et les abandons d’enfants.
- Nous ne parlons pas ici des enfants que leurs parents, dans la gêne, envoient mendier. Nous parlons seulement de ceux que la charité recueille sur la voie publique et qui restent à la charge de l’Etat.
- Eh bien ! le nombre de ces victimes innocentes
- des injustices sociales a augmenté) eh -ces.'dernières années,: dans des* proportions-anormales et
- ..véritablement, .inquiétantes pour .ceux .qui ont souci .de l’avenir d.u pays et de sa-grandeur, ainsi
- que le ..prouve-le:tableau ci-desso.us, dressé par les
- soins de l’Assistance publique de Paris, il ..ne comprend, comme de raison, qiie: lés abandons qui ont eu lieu dans cette ville : ' - i •
- En 1877, il s’est produit. . .
- En 1878. .....................
- . En 1879..................
- En 1880.......................
- -En 1881.................... . .
- En 1882...................... .
- En 1883................. . . .
- 2.320 abandons. 2.760-.. — ..
- 2.774 — ’
- 2.J00 —
- 2.840. —
- 2.746., ' .—
- 0 . I. D I-
- En 1884, le nombre des abandons a dépassé' le chiffre énorme de 3.5oo. ' ‘
- Comme l’a fait remarquer devant la commission d’enquête, M. Quentin, alors directeur de l’Assistance publique, il ne s’agit pas seulement- idi d’enfants abandonnés par des filles-mèreS ; une partie de cette augmentation est due à l’abandon d’enfants légitimes. Ainsi, le nombre des abandons d’enfants légitimes, qui était de 457 en 1882, s’est élevé en 1883 à 56o. Or, on sait que les parents se séparent bien difficilement de leurs, enfants, surtout quand, comme- dans le cas “ dont nous nous^ occupons, ils ne doivent plus revoir jamais ces êtres chéris qui entrent dans le service'des enfants assistés. • . . . :
- N’est-ce pas là, nous le demandons, une preuve navrante de la profonde misère qui règne, dans là classe ouvrière ? Détail poignant et qui montre encore sous un jour plus sombre cette misère noire : c’est que ces abandons ne portent pas seulement sur des enfants qui viennent de naître, mais sur des enfants de un à trois ans, c’est-à-dire au moment où les parents commencent à s’attacher le plus à. ces créatures innocentes. Quelle "est la mère qui pourrait, à cet âge, se séparer de son enfant sans un cruel déchirement de cœur ?' Ëh bien ! cependant, le nombre des abandons d’enfantà de un à trois ans, qui était de 342 en. 1882, a atteint 401 en 1883. Pour les enfants de trois à .six ans qui ont grandi dans la famille et auxquels, par conséquent, les parents se sont attachés de plus en plus, les abandons, qui étaient de 166 ên 1882, se sont élevés à 23o en i883.
- Est-ce que cette statistique n’est pas comme un cri de douleur qui . s’élève du sein'de la ...classe ouvrière ? Qui saurait peindre "les larmes et les sanglots des mères qui se voient réduites à la cruelle nécessité de se séparer de leurs enfants au moment où ils ont le plus besoin dé ces soins incessants et délicats que le cœur d’uné mère seul sait deviner ? ‘:i
- Et l’on ..dit qu’il n’y a pas de question sociale ',, et l’on ose écrire dans les journaux et dans les livres que tout est pour le mieux dans cette société où le neuvième des individus qui---la composent manquent du nécessaire et sont continuellement aux prises avec la misère et la faim. Combien de malheureux n’ont pas de quoi se vêtir et se nourrir, tandis que d’autres, leurs semblables, qui n’ont rien fait pour le mériter, nagent dans l’abondance et le superflu !
- Est-ce donc là l’idée que l’on doit se taire de là justice Nous n’invoquerons pas ici le principe d’égalité, car il est convenu que son application restera une chimère, irréalisable. Mais nous n’en persisterons pas moins à affirmer que tous les hommes ont un droit égal, au bien-être -et , que toute institution et toute loi qui lèse, ce droit, et y porte atteinte est mauvaise et . partant doit être modifiée. ' ,
- .Nous.venons de parler des enfants abandonnés.. Si, maintenant, nous consultons le chiffre- des inscriptions aux bureaux de bienfaisance, nous constatons également une progression constante depuis quelques années.
- Le dernier recensement a établi que i3o-,ooo-personnes environ étaient inscrites aux bureaux de bienfaisance de Paris. Mais ce chiffre, si élevé qu’il soit, nous semble au-dessous de la vérité, car, pour le troisième trimestre seulement de 1883, l’augmentation des inscriptions a été de 5,825. Il suffit, d’ailleurs, pour que l’on se rende compte du degré d’intensité de la crise et de la misère qui en est la conséquence, de rappeler que le directeur de l’Assistance publique a déclaré devant la commission d’enquête que les demandes des nécessiteux ont augmenté, depuis deux ou trois ans, dans la proportion énorme de 24 à g5 pour 100. ,
- Ces renseignements concernent Paris seulement et ne portent, que sur l’indigence constatée. .Mais à côté de l’indigence officielle qui s’adresse à l’Assistance publique, aux bureaux de bienfaisance,, combien n’y a-t-i.l. pas d’autres infortunés non moins dignes de pitié et qui manquent du nécessaire ! Nous n’exagérons certainement pas en disant que 1 indigence officielle ne représente guère que le tiers de ceux qui souffrent de la faim, et végètent dans la misère. Combien de malheureux reculent devant la charité publique ! Ce n’ést un mystère pour personne que l’ouvrier en France éprouve une répugnance presque insurmontable à se faire inscrire au budget officiel de findigence.
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- 2 12. — Première Année — N° 26.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Juin i885.
- A côté delà misère de l’ouvrier, il y a celle du pauvre honteux et la misère en habit noir du modeste employé qui souvent gagne moins que le maçon et le serrurier, bien que sa position l’oblige à des frais considérables de toilette et de vêtements.
- Des statisticiens, dont la bonne foi ne saurait être mise en doute, ont établi que, sur la population totale de la France, le douzième est réduit à l’indigence et à vivre de mendicité. Eh bien ! c’est trop, beaucoup trop, pour une nation dont on célèbre chaque jour la richesse et les ressources inépuisables. Cet état de choses est l’indice d’un mal social profond qui appelle un remède prompt et énergique.
- On a beau détourner les yeux de ce lamentable tableau et s’entêter à en nier la réalité ; les faits parlent trop haut et s’affirment chaque jour trop clairement pour que l'on puisse persévérer longtemps encore dans une indifférence qui aboutirait à une catastrophe.
- Une autre preuve non moins convaincante du développement du paupérisme, c’est l’augmentation de la mortalité et des naissances dans les hôpitaux.
- Un économiste ayant cherché à établir la proportion qu’il y a entre les décès qui ont lieu dans les hôpitaux et le chiffre de la population est arrivé à ce résultat que, « sur neuf individus habitant les villes et bourgs au-dessus de cinq mille âmes, il y en a un destiné à mourir à l’hôpital ».
- Un habitant sur neuf I Ce chiffre est énorme,surtout à une époque où l’on prononce si volontiers les mots de progrès et de civilisation, et où l’on publie dans les journaux des tirades pleines d’un sentimentalisme hypocrite sur l’émancipation des prolétaires.
- Un habitant sur neuf meurt à l’hôpital ! Et cependant tout le monde sait que ce n’est qu’à la dernière extrémité, quand il a perdu toute espérance, que l’ouvrier se résigne à ce suprême sacrifice. La mort hideuse sur un grabat d’hôpital, loin des siens, lui répugne. Que devient sa famille ? Elle vivait de son salaire. Son entrée à l’hôpital, c’est la misère pour tous ; c’est la dispersion du foyer et souvent le déshonneur de ses filles qui sont réduites, pour vivre, à vendre leur beauté et leur jeunesse.
- E. Mansuy.
- (A suivre.)
- P. S. Nous sommes assurément très flatté de voir que nos confrères de province reproduisent dans leurs journaux des extraits de notre étude sur la Question économique, mais nous leur serions reconnaissant de vouloir bien nous citer, ou, au moins, citer le Moniteur de l’Exposition dans lequel nous publions cette étude.
- E. M.
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- LES LIVRES
- XIII
- François Ier. — Portraits et récits du seizième siècle, par M™’8 G. Coignet. Librairie Plon. E. Plon, Nourrit et Cio. — Etudes sur François Ior, roi> de France, sur sa vie privée et-sur son règne, par Paulin Paris, accompagnées d’une préface par Gaston Paris, de l’Institut, 2 vol. in-8. Paris, Léon Techener, libraire de la Société des Bibliophiles français.
- Les grands sujets historiques sont tous soumis à des fluctuations, à des variations, à des controverses dont rien ne saurait, quand on ne les étudie pas de près, donner l’idée. Ce que l’on croit savoir le mieux est ce qu’on sait le moins. Comment s’en étonner quand on voit que, pour les événements les plus voisins de nous, il est impossible d’arriver à une version définitive, qui ne soit pas sujette à contestation ? A plus forte raison pour le passé. Ainsi, pour ne parler que de François Ier, que de difficultés pour se faire de lui, de son caractère, de son influence, des principaux événements de son règne, une impression juste, et qui puisse défier la contradiction ! Il est aujourd’hui à peu près admis que le meilleur système , la meilleure méthode en histoire, c’est de réunir, de comparer les témoignages contemporains, et de demander la vérité vraie à cet examen impartial, éclairé par une sage critique. C’est le système des Guizot, des Augustin Thierry, des Mignet. Mais c’est aussi le système de Michelet, le plus romancier des historiens. Ces témoignages contemporains, chacun, en effet, les interroge, les apprécie à son gré. Et, s’ils sont la source de la vérité, ils sont aussi la source de l’erreur. François Ier, par exemple, doit d’être si mal connu, aux témoignages contemporains, dans lesquels il faut faire entrer non seulement les dépêches diplomatiques et militaires, mais encore les mémoires, les pamphlets, même les chansons ; toute la légende frivole ou hostile, qui a enserré, étouffé son histoire de ses feuillages parasites, est sortie des témoignages contemporains. Tous les préjugés, parfois calomnieux, accrédités sur son compte, sont imputables auxVarillas et aux Brantôme. Il faut tenir compte aussi des libertés du roman historique et des licences du théâtre, ces deux grands corrupteurs de la vérité historique.
- Le François Ier du Roi s’amuse, le François Ier de Michelet" ne ressemblent évidemment que de très loin au François Ier de la réalité. Mais Victor Hugo et Michelet ne manquent pas, pour appuyer leur façon d’envisager le personnage, de témoignages contemporains. Il faut donc choisir et bien choisir, parmi ces témoignages. Tout l’art de l’histoire est là. L’histoire est un procès, où tout dépend du talent du juge d’instruction.
- Une femme distinguée n’a pas craint de s’attacher aux problèmes historiques de ce règne chevaleresque et galant, d’un prince qui disait qu’une cour sans femmes est un printemps sans roses. Les femmes lui devaient bien un peu d’indulgence en retour de tant de gracieux hommages. Mme Coignet a donc à son tour essayé de démêler la vérité à travers tant de décevantes contradictions. Elle ne l’a pas fait sans succès. Ce n’est pas lui faire tort que de dire qu’elle a écrit un livre plus intéressant au point de vue anecdotique qu’au point de vue philosophique. Quand les femmes s’essaient à tendre l’arc d’Ulysse, elles le font avec plus de grâce que de force. Après avoir esquissé, à propos de la Réforme, dans son Introduction, une thèse qui nous semble demeurée à l’état d’ébauche, Mme Coignet a bien vite recouru à ces tableaux, à ces portraits, à ces récits où les femmes excellent comme dans les Mémoires et les lettres, et notre littérature historique doit à cet effort un très agréable livre de plus. Mais pour l’histoire politique, diplomatique, militaire du règne, elle ne m’en voudra pas de dire que sur ces côtés du sujet, qu’elle ne fait d’ailleurs qu’effleurer, la palme demeure facilement à l’ouvrage, plein d’une austère élégance et d’une magistrale autorité, de M. Mignet.
- On peut même dire que si M. Paulin Paris, malgré ses grandes et charmantes qualités d'esprit, son érudition à la fois si solide et si légère, avait entamé la lutte avec M. Mignet, sur cette partie du sujet où ce dernier a laissé si peu à faire, si peu à dire, elle eût pu paraître inégale. Mais M. Paulin Paris a réduit la portée de ses dissertations, d’une critique si ingénieuse et si fine, aux points controversés de l’histoire de François Ier, appartenant surtout à sa vie intime, à sa vie privée. C’est d’ailleurs sur ce côté de la vie privée que le roman, le théâtre, le pamphlet se sont le plus volontiers donné carrière. C’est là surtout la partie du champ qui était empoisonnée par l’ivraie et les mauvaises herbes. C’est là que la vérité faussée, avait le plus besoin de réparations et de redressements. C’est là aussi que le livre posthume de l’éminent savant, de l’historien élégant, disert, plein de la flamme sacrée du patriotisme, ajoué tout son rôle, a rempli tout son but, a rendu un service triomphant à la cause de la vérité et de la justice, et par là que, selon le vœu touchant, exprimé par ce fils si digne de lui auquel nous devons ces reliques de son esprit, « il aura eu ce suprême honneur de remporter, comme le Cid, une victoire après sa mort. »
- Après avoir lu ces deux volumes sur l’enfance et l’éducation de François Ier,ses premières amours, ses relations avec Marie d’Angleterre, sur Louise de Savoie, le maréchal de Gié et l’évêque de Liège, Mme de Châteaubriand, Louise de Savoie et le procès de Semblançay, le connétable de Bourbon, la duchesse d’Etampes, la maladie et la mort du roi, on ne répétera plus — mais c’est trop se flatter — on ne répétera plus, du moins sans s’exposer à une contradiction décisive, « que Louise de Savoie a dépravé son fils par l’éducation qu’elle lui avait donnée; que François Ier a failli séduire la femme de Louis XII ; que M. de Châteaubriand a fait périr sa femme, insultée d’abord par son royal amant ; que Semblançay fut l’innocente victime de la haine de Louise de Savoie ; que Bourbon fut une victime aussi, coupable mais excusable, de la même haine succédant à une ardente passion ; que Charles-Quint avait acheté par une habile et magnifique galanterie la trahison de Mme d’Etampes ; que François Ie1' passa ses dernières années dans un morne abattement causé par un mal honteux et cruel ; et que ce mal était le résultat de l’extraordinaire vengeance d’un mari outragé. »
- C’est ainsi que M. Gaston Paris résume et que nous résumons après lui les résultats de cette victoire posthume remportée par le livre paternel, et peu d’ouvrages peuvent s’honorer de pareils trophées conquis sur l’erreur et la malignité traditionnelles, par l’unique puissance d’un talent rompu aux jeux et aux luttes de l’érudition, dont la solidité s’animait volontiers d’une généreuse émotion et se parait avec grâce des ornements littéraires.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- HAITI
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Les producteurs qui désirent introduire dans le pays des articles de leur fabrication doivent s’entendre, dit le consul des Etats-Unis à Fuerto-Cabello, avec quelque maison s’occupant déjà de
- ce genre d’articles. Cependant le meilleur système serait d’envoyer des agents qui parcourraient la contrée avec des modèles ; ils se mettraient directement en relations avec les consommateurs, étudieraientleursdésirs et leursbesoins.Cesystème serait peut-être dispendieux au début, mais il ne tarderait pas à produire d’excellents résultats.
- MADAGASCAR
- RESSOURCES COMMMERCIALES
- On lit dans le British Trade Journal que les ressources de Madagascar demanderaient à être mieux connues des commerçants ; jusqu’ici le trafic de cette contrée est resté principalement entre les mains des Américains. Les richesses minérales de l’ile, découvertes il y a peu de temps, causent une émotion considérable dans les cercles commerciaux. On assure, malgré les tentatives que l’on a faites pour laisser ce détail ignoré, que deux caisses d’or de Madagascar ont été récemment expédiées sur l’Angleterre. Cet or a été trouvé dans la partie centrale de l’ile.
- LES THÉÂTRES
- COMÉDIE-FRANÇAISE. — Une Rupture, corné-die en un acte, de M. Abraham Dreyfus. — Théâtre du CHATELET. —Reprise à ce théâtre de Y Assommoir, drame en neuf tableaux, de MM. Zola, Busnach et Gastineau. — AMBIGU. — La Queue du diable, vaudeville fantastique en trois actes, de Clairville et Cordier.
- La Comédie-Française vient de donner un acte nouveau ; c’est autant de pris sur l’ennemi. D’autant plus que Une Rupture faisait antichambre depuis longtemps chez M. Perrin. Mais l’administrateur du Théâtre-Français tomba malade et il faillit y avoir pour de bon... une rupture, d’autant plus que Delaunay, l’un des interprètes désignés, fut indisposé à son tour.
- Cependant la pièce put être donnée et elle a réussi.
- J’ai dit la semaine dernière que Sigurd c’était la Belle au Bois dormant ; eh! bien, Une Rupture, c’est le Dépit amoureux, c’est une seconde édition de la Fin a un roman, c’est l’éternelle histoire de deux amants qui se brouillent à propos d’une futilité, et se raccommodent inévitablement.
- Ce rapprochement amènera à dire que la pièce n’a pu réussir qu’à cause des interprètes. Excellent éloge pour les artistes ; cependant l’auteur a traite son sujet d’une façon neuve, et, avec une audace inouïe, se croyant au Gymnase, sans doute, il a bourré sa pièce de traits "d’esprit, de mots piquants et de scènes à effets. Tout cela ne fait peut-être pas une pièce aux yeux des critiques qui ne voient toujours que « la scène à faire » mais cela plaît au public généralement fro'id par les temps chauds. Jugez donc un peu si la pièce de M. Dreyfus eut été représentée en hiver !
- Du reste, l’interprétation était de premier choix ; c’est d’abord Delaunay, Thirou et Feraudy, puis un rôle de femme admirablement tenu par Mlle Broisat dont la bonne grâce est au-dessus de tout éloge.
- Que dire de Y Assommoir au Châtelet ? Nous nous y sommes amusés ; mais vraiment nous n’aimons pas voir mettre en scène les vices et les plaies sociales aussi à nu. On a fait des vaudevilles avec les sourds et les bossus ; cela-déplaisait ; les infirmités ne sont pas drôles ; quand vous voyez dans la rue des culs-de-jatte vous leur donnez toute la monnaie de vos poches, espérant que vous aurez des imitateurs et que ces monstres deviendront bientôt rentiers et débarrasseront la voie publique de leurs hideurs.
- Eh bien ! pourquoi nous faire voir au théâtre ces scènes d’ivrognerie, et enfin ce croque-mort infect, ce père Bazouge répugnant. Nous voyons trop tout cela chaque jour sur la voie publique pour que nous n’en éprouvions pas une grande répulsion quand on nou^ le représente au théâtre, non pas au nom de la moralité, non pas comme une étude sociale, mais comme un appât aux curiosités les plus malsaines.
- Non, le véritable ouvrier n’est pas celui de Y Assommoir ; nous l’avons vu ailleurs, et c’est là qu’il est sublime... nous l’avons vu à son atelier 1
- A Paris certains amateurs louent des théâtres pendant l’été comme d’autres louent des chalets sur les bords de la mer. Donc , M. Rochard. a sous-loué, pour la saison chaude, son théâtre de l’Ambigu à l’un de ses pensionnaires, M. Petit ; cet artiste a donné hier une pièce féerique de Clairville et Cordier, datant de 1868. C’est comme vous le voyez un vaudeville du bon vieux temps, avec couplets de facture et jeux de mots fantastiques qui ont mis en bonne humeur les spectateurs qui emplissaient la salle.
- G. Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ArLRAULT et Ci0,ruede la Préfecture,G.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 5 Juillet 1885.
- NUMÉRO 27.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition d'Anvers : Communication ; 2. L’Exposition d’Anvers ; 3. La Manutention des marchandises ; 4. L'Exposition du Travail ; 5. Echos ; 6. La grande Exposition ; 7. La Question économique ; 8. Le Palais de la Femme ; 9. Variétés: Le Centenaire ; 10. Exposition industrielle de Beauvais ;
- 11. Les Livres; 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- L’Exposition des animaux reproducteurs vient d’être brillamment inaugurée. Les races chevalines françaises, anglaises, allemandes, hongroises, russes, hollandaises y sont représentées par 1,045 étalons et juments. Les chevaux sont installés dans dix-huit vastes écuries, occupant autour d’une arène centrale 40,000 mètres carrés. Là aussi sont rassemblés, comme dans une arche de Noé, les concurrents des races bovine, ovine, porcine, etc. Des concours hippiques auront lieu les 5 et 6 juillet. — Les membres du jury international sont arrivés en grand nombre. Leurs visites aux diverses sections et classes commenceront cette semaine. — Le roi et la reine des Belges ne se lassent pas de visiter l’Exposition. Parmi les visiteurs de marque, on signale l’infante Isabelle, soeur du roi d’Espagne; l’archiduc Charles-Albert, frère de l’empereur d’Autriche, et président d’honneur - de la commission autrichienne ; il est accompagné de l’archiduchesse, sa femme. Le prince et la princesse de Galles se rendront prochainement à Anvers.
- L’Exposition internationale des beaux-arts, est, elle aussi, entièrement organisée, moins la section allemande. De l’aveu unanime, l’école française brille au premier rang avec ses 681 oeuvres choisies dont beaucoup sont signées de noms célèbres. La section belge lutte avec elle par le nombre et l’éclat. Dans les autres sections, moins nombreuses, on remarque des productions d’une valeur exceptionnelle, surtout dans celles d!Autriche et d’Italie.
- Aux divers congrès internationaux déjà annoncés, il faut ajouter celui d archéologie auquel Léopold II vient d accorder son patronage. Le plus antique objet exposé est un chêne antédiluvien retiré des sables du Rhône. Cet ancêtre des forêts gauloises n’a pas moins de 15 mètres de circonférence à sa base. La partie conservée mesure 31 mètres et pèse 55,000 kilogrammes.
- Le yacht Bros au baron Arthur de Rothschild est arrivé à Anvers. D’autres en renom dans le sport nautique, vont suivre, venant de France et d’Angleterre On prépare de belles régates sur l’Escaut.
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- On nous écrit d’Anvers, le 2 juillet :
- Il est permis d’affirmer qu’en ces derniers temps l’Exposition d’Anvers a été calomniée. A Paris et même à Bruxelles où l’on pourrait, si on en avait le désir, être mieux renseigné, l’on entend répéter sur tous les tons que l’exposition n’est pas encore sortie de la période des préparatifs, que les vitrines sont vides et les galeries désertes.
- Rien n’est plus faux; l’Exposition d’Anvers, qui est une des plus belles, et à divers égards la plus complète que l’on ait faite en ces dernières années, est, au contraire, entièrement et admirablement installée. Dès que ce fait sera suffisamment connu, elle ne peut manquer ' d’attirer en foule les visiteurs de tous pays qui auront là sous les yeux, dans un cadre vraiment attrayant, une des synthèses les plus complètes et les plus curieuses de' l’activité humaine et des progrès de la civilisation au xixe siècle.
- Pour le dire .en passant, pourquoi les compagnies de chemins de fer français', notamment la Compagnie du Nord, ne s’entendraient-elles pas avec les compagnies belges pour organiser des trains de plaisir qui permettraient aux Français et aux Parisiens, particulièrement amateurs de ce mode de transports, de venir à bon marché passer à Anvers, soit quelques jours, soit seulement la journée du dimanche et celle du lundi ? Il y a bien certainement dans cette voie quelque chose à faire. Ce qu’il faudrait que l’on sût aussi, c’est que, s’il est très difficile et parfois impossible de se loger dans les hôtels d’Anvers, il existe à la gare un bureau destiné à renseigner les étrangers sur les chambres ou appartements, au nombre d’environ 1,200, qui sont à louer, dans des maisons honorables et convenables, à peu près sur tous les points de la ville.
- L’installation de l’Exposition est entièrement terminée ; on peut ajouter qu’elle est à la fois très confortable et très élégante ; les détails d’ornementation ont même été beaucoup plus-soignés qu’ils ne le sont en général dans les constructions de ce genre. L’ensemble est très agréable, très gai, très bien éclairé. Le plan des galeries est bien compris et fort simple ; c’est avec une extrême facilité que l’on trouve presque immédiatement le point spécial qu’on se propose de Visiter. Le hall des machines offre un aspect des plus grandioses. L’Usine Cail, la Société Cockerill de Liège et Seraing, les manufactures belges et allemandes ont envoyé là une collection d’engins, de machines de tout genre dont la puissance et le poids colossal étonnent et effraient l’imagination. Seule l’exposition des appareils électriques laisse quelque peu à désirer et ne paraît pas digne de la place de plus en plus importante que l’électricité prend chaque jour dans le monde de la science et de l’industrie.
- Les nations qui occupent la première place à l’Exposition d’Anvers sont incontestablement la Belgique, la France, l’Italie.
- Ce n’est pas exagérer que de dire qu’à tous les points de vue la Belgique a fait une exposition digne d’un grand peuple. En parcourant la galerie Léopold II il est impossible, lorsqu’on songe que ce royaume ne date 'que de 1830 et ne compte que cinq millions d’habitants, de ne pas être émerveillé de l’immense variété deses produits commerciaux, agricoles, industriels. Rien n’égale la puissance de son outillage et la grandeur des travaux qui ont transformé depuis quelques années l’aspect même du pays, et.dont la ville d’Anvers, offre le témoignage à la fois si vivant et si prodigieux.
- Quant à la France, alors surtout qu’on entend chaque joiir tant de plaintes exagérées ou fausses sur sa décadence, comment ne pas constater encore une fois l’impression si vive produite sur tous les visiteurs de l’Exposition d’Anvers par le spectacle de l’effort qui a été fait par nos industriels, nos commerçants, nos artistes ? L’emplacement de notre exposition est à peu près égal, d’une part à celui qui est occupé par la Belgique elle-même, et d’autre part à la place qui est occupée parles autres nations réunies.
- Certaines de nos industries ont fait de véritables tours de force, ' Notre manufacture de Sèvres aune exposition qu’on ne se lasse pas de .voir et dont le salon est, toute la journée, le rendez-vous de la société élégante et des gens de goût. Barbedienne , Christophle, Marron de Rouen, Mesureur et Monduit, Lefaucheux et Gastyne-Renette, nos soieries de Lyon, et beaucoup d’autres encore ont fait des expositions qui sont universellement admirées. En un mot, il y a là pour la France un très grand et très beau succès.
- L’Allemagne, l’Autriche, la Russie ont exposé divers articles qui mériteraient une étude spéciale, mais en se bornant à un cadre relativement étroit. L’Angleterre s’est à peu près abstenue. Mais une exposition qu’il faut citer entre toutes et qui tient très honorablement sa place à côté de celles de la Belgique et de la France, c’est l’exposition italienne, sur laquelle il conviendra d’insister. Elle est la preuve frappante des progrès accomplis en ces dernières années par l’Italie ressuscitée. Il y a là un fait qui a frappé tous les esprits.
- En résumé, ce que je veux surtout indiquer dans cette lettre aussi sommaire que rapide, c’est que l’installation d’Anvers est entièrement terminée, qu’elle mérite toute l’attention de nos commerçants et de nos touristes, qu’aucun voyage ne saurait, cette année, à l’époque des vacances, présenter un intérêt plus vif, plus attachant.
- Souvent, aujourd’hui, on médit des expositions. La meilleure réponse est le spectacle qu’Anvers offre à cette heure. Ce ne sont pas seulement les gens instruits, à l’esprit naturellement curieux, que ces galeries si riches retiennent pendant de longues heures; ce sont surtout les ouvriers, les agriculteurs, les artisans de toute sorte qui,/ e dimanche et
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- 2i4- — Première Année — N° 27
- Dimanche 5 Juillet i885.
- les jours de fête, accourent en foule avec leurs femmes et leurs enfants pour voir, admirer, comparer, étudier, profiter, en un mot, de cet enseignement des choses qui, dans notre siècle, est le grand instituteur non pas seulement des enfants, mais encore et surtout des hommes. Qui peut mesurer le profit immense qui en résulte pour la civilisation et le progrès, jusque dans les plus humbles campagnes ?
- Alpii. Bertrand.
- ---- il a in 1 -----
- AVIS IMPORTANT
- Exposition Internationale d'Anvers
- Comité des logements. — L’administration communale d’Anvers a institué un Comité officiel chargé d’indiquer aux visiteurs des logements confortables aux prix suivants (déjeuner, lumière et service compris) :
- classe................francs 15 »»
- 0e » ................... » . 10 »«
- 3” » ........................ 8 »»
- 4e » ......:......... » <» »»
- 5* » » 4 »»
- 6' » » 2 50
- 7e » » 1 50
- Un droit fixe de 0 fr. 50, en sus du prix indiqué,
- sera perçu pour frais d’inscription.
- Les prix sont établis pour une seule personne ; mais si, de commun accord avec le propriétaire, deux- personnes occupaient la même chambre, celle-ci serait cotée au prix de la classe immédiatement supérieure.
- Les bureaux du Comité sont établis : à la gare d’Anvers (Est), à l’Exposition, aux Quais de débarquement et à THotel de Ville d’Anvers.
- ---------------K3>-©'<-===—----------
- LA. MANUTENTION
- DES
- MARCHANDISES A ANVERS
- (Suite et fin.)
- (Voir le Moniteur du 14 Juin 1885)
- On fixe également la cheminée du sas à air. Pour faciliter l’assemblage du caisson avec le batardeau, on souffle dans la chambre de travail, le caisson est alors pressé contre le batardeau et l’on serre les boulons à blocs; ceux-ci sont placés la tête en haut dans la galerie d’assemblage, l’écrou de forme spéciale se trouve dans le caisson et reste perdu après le déboulonnage.
- Cette opération faite, on pose le béton sur le plafond du caisson jusqu’au niveau du . dessus de ses poutres, ce qui forme le dessus de la fondation. On commence ensuite la construction du mur en allant plus vite vers les extrémités que dans le milieu, dans le but de faire le moins de charge possible aux deux parois extrêmes qui ne sont pas étançonnées.
- ACHÈVEMENT DU MUR. — Lorsque les maçonneries arrivent au niveau d’une ligne d’étrésillons, on pose à l’avant du mur, lequel se trouve en retrait sur la fondation de im,5o, un petit étrésillon pour tenir la paroi du batardeau, et l’on soulève le grand. Comme le centre de gravité du mur, à cause de sa forme, se trouve en dehors de l’axe du batardeau, on remplit de sable l’intervalle compris entre la paroi avant et le mur pour rétablir l’équilibre ; ce sable et les évidements ménagés au droit des cheminées de bétonnière suffisent pour maintenir l’ensemble dans la position verticale. On continue les maçonneries jusqu’à ce que le caisson touche terre à marée haute ; il y a généralement à ce moment 3m,5o à 4 mètres de hauteur de mur construit ; on le met alors en place définitive en se servant de la machine soufflante et des chaînes pour le soulager. Aussitôt qu’il est bien en ligne, ce que l’on observe à l’aide d’instruments placés à terre, et dans la direction à donner, on lâche la pression, on déroule les chaînes, et cette masse de i,5oo mètres cubes s’échoue.
- Lorsque le batardeau abandonne son tronçon fondé, le dessus des maçonneries se trouve à om,6o au-dessus de zéro ; mais il reste encore à remplir les évidements laissés par la cheminée d’accès et
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE' 1889
- par celle des bétonnières, et'à remplir leQoint compris entre deux tronçons; il y a, en effet, au-dessus de la fondation , un espace d’un mètre représentant deux largeurs de galerie du batardeau. Quant aux deux caissons, ils sont très près l’un de l’autre, et, s’il y a un espace, il est rempli de sable ; le joint est donc à faire seulement au-dessus de la fondation, sur 8 mètres de hauteur. A cet effet on place deux panneaux en bois formés de planches et brides en fer, que l’on introduit dans les rainures laissées dans les maçonneries. On charge les panneaux avec des pierres pour les empêcher de se relever, et on remplit l’intervalle avec du béton coulé dans l’eau à l’aide de caisses s’ouvrant par le fond. Les rainures, au nombre de trois, sont construites pour faciliter la prise du béton en interrompant la partie droite des murs. Les évidements laissés par les chemines sont remplis de béton par le même moyen. Le mur est ensuite construit en pierres et briques, sans solution de continuité, à sujétion de marée. Des bateaux sur lesquels sont montés des broyeurs à mortier et des grues facilitent ce travail.
- Il y a aujourd’hui plus de trente caissons de murs de quais de fondés ; on compte en tout 40 caissons pour la première section. Ces travaux doivent être terminés à la fin de cette année.
- 2° BASSIN DE BATELAGE.—Le bassin du batelage est divisé en trois parties, ayant en superficie :
- La première.......... i2,3oo mètres.
- La seconde......... 17,322 —>
- La troisième......... 11,275 —
- Soit............. 40,897 mètres
- de superficie totale.
- Le développement des murs de quai est d’environ 1,800 mètres courants. Ce bassin est aujourd’hui à peu près terminé; sa construction comportait :
- i° Déblai, environ........................... 56o,ooo c. m.
- 2° Bois pour pieux, palplanches et chapeaux. 1,200 —
- 3° Béton...................................... 10,000 —
- 40 Maçonnerie de brique........<..... 40,500 —
- 5° Maçonnerie de moellons piqués............... 2,600 —
- 6° Maçonnerie de pierres de taille............. 1,000 —
- Il est construit à la place où se trouvait l’ancienne citadelle du Sud; son entrée est à l’emplacement de l’écluse de la porte de fer qui servait à alimenter les fossés de la citadelle , et c’est à l’abri du batardeau en terre construit en travers du chenal de cette écluse que la fouille du bassin a été faite. Ce batardeau, qui a dû par moments résister à une charge de 8 mètres de hauteur d’eau, s’est très bien comporté.
- Plusieurs moyens ont été mis en œuvre pour l’exécution des déblais : la brouette traditionnelle, les wagons et locomotives, les petits wagonnets et voies Decauville , remorqués sur plans inclinés ou élevés par des grues, ont servi à faire ces déblais.
- Deux pompes centrifuges, débitant 6,000 litres à la minute, ont suffi pour les épuisements.
- Le battage des pieux et palplanches du coffrage du mur a d’abord été exécuté par sonnettes à vapeur montées sur des chariots qu’on faisait avancer au fur et à mesure de la marche du travail, en aidant le battage avec injection d’eau, puis ensuite simplement par injection.
- La fabrication du béton a été faite avec bétonnières à plans inclinés, montées sur chariots roulant sur les deux lignes de chapeaux des pieux : les mélanges, opérés sur la plate-forme supérieure du chariot, étaient achevés par le passage sur les plans inclinés successifs ; à la sortie des bétonnières, il ne restait qu’à le.répartir et à le pilonner.
- Au-dessus du béton, et quand la prise a été assurée, on a commencé la construction du mur en briques, en ayant soin d’enduire de mortier la face arrière pour éviter les infiltrations d’eau. En outre, en faisant le remblai, on a mis contre les maçonneries une couche de terre de schorre (argile d’alluvion), pour isoler le mur du quai du remblai en sable qui se fait en arrière.
- L’écluse est aujourd’hui terminée.
- La disposition de l’emplacement et la nature du terrain ont conduit à diviser et à construire l’écluse en trois parties différentes :
- i° Tête amont. — Cette partie a été construite à
- l’abri d’un batardeau en même temps que les bassins, les pieux et palplanches ont été, comme au bassin , enfoncés par injection d’eau jusqu’à 4 mètres de profondeur. Le béton a été fabriqué et posé de la même manière.
- 20 Tête aval. — Cet ouvrage , étant établi en partie sur l’Escaut, a donné lieu à des dispositions spéciales très importantes; au lieu de construire un batardeau pour l’exécution de cette tête, ce à quoi il ne fallait pas songer, à cause du courant et de la charge d’eau à soutenir, au maximum 14 mètres et au minimum 9 mètres , on a fait, avec l’ouvrage entier, une partie du batardeau devant servir à isoler de l’Escaut tout ce qui était en arrière. Dans ce but, on a construit toute cette tête sur un caisson métallique foncé à l’air comprimé, et le raccordement de deux batardeaux en terre avec le remblai situé en arrière a complété l’ensemble; on a pu alors épuiser. Le caisson avait 40 mètres de longueur sur 2 3 de largeur.
- 3° Sas. — Profitant de l’épuisement fait pour la tête aval de l’écluse, on a fait la fouille, battu la pile de pieux et palplanches, puis posé le béton et commencé la construction des murs du sas jusqu’à la rencontre du premier batardeau.
- Il est entré dans la construction de l’écluse :
- Béton................................... . 8,000 m. c.
- Maçonnerie de briques................... 10,000 —
- Maçonnerie de moellons piqués et pierres
- de taille................................. 2,5oo —
- Fers pour caissons, ponts et portes. . . 800 tonnes.
- Cette écluse a été terminée en treize mois de travail effectif.
- Il nous reste à dire quelques mots sur une application nouvelle de l’air comprimé que MM. Couvreux et Hersent ont été amenés à faire.
- CONDUIT SOUTERRAIN CONSTRUIT A L’AIDE DE L’AIR COMPRIMÉ. — Il s’agissait, près du bassin du Kattendyk, à Anvers, de mettre en communication les canaux d’évacuation des eaux des nouvelles cales sèches avec le puits d’extraction des anciennes. M. Royers, ingénieur de la Ville, avait en effet reconnu que la machine d’épuisement des anciennes cales était suffisamment forte pour faire en même temps le service des nouvelles. Il s’était donc décidé à ne point établir de nouvelle machine et à créer simplement une communication avec le puits d’extraction existant.
- Cette économie n’était toutefois possible qu’à la condition de pouvoir construire cette communication sans épuisement. Tout épuisement eût été en effet considérable, car la galerie se trouve à 8m,5o en contre-bas du niveau des eaux du bassin et dans une couche de sable vert mouvant. Les murs de la cale moyenne et du bâtiment des machines auraient certainement été entraînés.
- MM. Couvreux et Hersent furent consultés sur la possibilité de mener à bonne fin ce travail. Ils répondirent affirmativement en conseillant un fonçage par l’air comprimé ; les travaux commencèrent le i5 septembre 1879; dès le 20, on élevait les maçonneries sur le caisson du puits d’attaque. Ce puits a 3m,70 de diamètre extérieur et 2™,5ode diamètre intérieur; il a 12m,2 5 de hauteur, le dessous du radier se trouve à 6 mètres en contre-bas de marée basse et le dessus à 6m,2 5 en contre-haut. L’anneau des maçonneries a om,6o d’épaisseur, il est entouré de tôles.
- Le puits fut descendu à l’air libre et sans épuisement jusqu’à 3 mètres en contre-haut de marée basse, soit environ au niveau de l’eau du bassin du Kattendyk; à partir de ce point jusqu’à la cote — 1, on put le descendre à l’aide d’épuisements qui ne firent qu’augmenter d’importance ; à la cote — 1, il ne fut plus possible de continuer, le sable venant avec l’eau en plus grande quantité que ce que l’on pouvait extraire.
- Uu couvercle en fer, fortement armé par des poutres, fut rivé aux cornières du bordage du puits préparées à cet effet. L’écluse à air fut posée et le travail de descente fut continué en employant l’air comprimé ; il fut terminé le 19 novembre.
- Le terrain rencontré se composait à partir du dessus :
- i° Sur 3m,5o d’épaisseur, de terrains divers de remblais ;
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- Première Année. — N° 27.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- . 20 Sur 2m,5o, terre végétale et tourbe ;
- 3° Sur 2111,75, sable argileux verdâtre, renfermant beaucoup de coquillages ; -
- 40 Et sur 3m,5o restant, sable très fin, verdâtre T et,foulant. , :
- i La galerie dé 90^ mètres de longueur fut ensuite établie ; elle est en ligne droite sur 58 mètres, en courbe, tracée avec un rayon de 10 mètres, sur 16 mètres, et se raccorde avec le puits des anciennes cales par une ligne droite de 16 mètres.
- Pour ce travail, on déblayait peu à peu le sol que l’on tenait blindé au moyen de l’air comprimé, et l’on posait successivement _des_ anneaux en fonte, soutenant les parois ; on avait soin de mettre de l’argile délayée au plafond pour éviter le passage de l’air comprimé et de ne pas laisser la pression de l’air comprimé dépasser la pression strictement utile pour chasser l’eau.
- La forme de la galerie est à peu près ovale et ses dimensions, entre les nervures des anneaux, sont' im,5o de hauteur et im,20 de largeur. Les anneaux en fonte ont de om,o3 d’épaisseur et de om,5o de longueur. Ils se décomposent en quatre parties, qui sont réunies entre elles par quatre 'boulons. Les joints entre les parties d’anneaux et entre deux de ces derniers sont formés par une corde de 15 millimètres de diamètre, non câblée et suiffée, placée dans une petite rainure ménagée à cet effet. ' .
- L’ouverture du conduit dans le puits fut commencée le 20 novembre, le lendemain on posait le premier tronçon ; le dernier fut placé et le conduit achevé le 12 janvier 1880, c’est-à-dire en cinquante-trois jours de travail, soit à raison de im,70 d’avancement par jour de vingt-quatre heures de travail.
- Ch. Lauth,
- Administrateur de la Manufacture de Sèvres.
- L’EXPOSITION DU TRAVAIL
- On a dit que l’ouverture de l’Exposition du Travail serait ajournée il n’en est rien. Elle reste fixée au 23 juillet prochain.
- Tous'les services sont constitués, les travaux d’installation se poursuivent activement et Tadministration sera prête à la date voulue.
- Les bureaux actuellement situés 31, boulevard Bonne-Nouvelle, seront définitivement installés le 10 juillet, au palais de l’Industrie où les exposants pourront prendre connaissance de leur emplacement et retiter leur carte.
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- ÉCHOS
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- A Paris
- L’exposition des envois de Rome ouvre aujourd’hui, à l’Ecole des beaux-arts, dans la salle Melpomène, et durera jusqu’au 12.
- Citons dans la section de peinture : un Intérieur de harem, de M. Doucet, qui achève .sa quatrième année ; la copie d’un fragment du Martyre de saint Georges (Paul Véronèse), par M. Fournier, élève de troisième année ; VAmour et Psyché, envoi de M. Popelin, et une-Nymphe couchée, de M. Marcel Baschet.
- On trouvera dans la section de sculpture : la Proie, de M. Peynot ; un Roland, de M. Labatut ; un Mercure, de M. Ferrary, etc.
- A la section d’architecture figurent les envois de MM. Giroult, Deglane, Esquié, Redon ; à la gravure, ceux de MM. Buland et Patey.
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- L’inauguration de la statue de Béranger qui devait avoir lieu le 16 juillet, dans le square du Temple, est renvoyée au dimanche 19.
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- Par arrêté du ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, en date du 15 juin 1885, le concours pour l’obtention du certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin dans les lycées et collèges aura lieu en 1885, le 4 août, pour le premier degré, et le 13 août pour le degré supérieur.
- Les candidats doivent adresser au ministre (direction des beaux-arts, 2e bureau), avant le 20
- juillet,. ferma .de. rigueur, une demande accompagnée de leur acte de naissance et d’une note indiquant,' s’il y a lieu, leurs titres artistiques et les services qu’ils ont rendus dans l’enseignement.
- Départements
- La Société des amis des arts dipdépartement de la Somme a ouvert dimanche dernier son exposition de tableaux, dessiifs, etc.,' iqui est, paraît-il, fortintéressante cette année. Ëlleyfermera le 31 juillet prochain.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Le Conseil fédéral a discuté,' dans sa séance;,dix 27 juin, le projet de .subvention aux. lignes transocéaniques.
- On nous mande de Berlin que le Conseil serait disposé à ratifier la convention conclue par le gouvernement avec le Nord-Deutsehe-Lloyd, de Brême, et dont nous avons indiqué les lignes principales. Nous donnerons dans notre prochain numéro le résultat de la séance plénière qui a lieu ces jours-ci, et dans laquelle sera prise ’ une décision définitive. Le chancelier désignera lui-même le port qui servira d’escale aux paquebots. Les uns proposent Flessingue, d’autres Anvers. On nous assure que le choix du prince deBismarck s’arrêtera sur Flessingue, à l’embouchure de l’Escaut (province de Zélande, Pays-Bas).
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- Le congrès international des géologues, dont nous avons parlé dans notre numéro du 14 juin, se réunira à Berlin vers la fin de septembre. Les adhésions sont très nombreuses, et l’on peut déjà compter sur la participation des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Belges, des Russes et des Américains.
- On sait que la Société de Goethe, qui compte aujourd’hui une centaine de membres, et qui a pour président d’honneur le grand-duc de Saxe-Weimar, s’occupe actuellement de l’installation à Weimar d’un musée de Goethe. La grande-duchesse vient de mettre à la disposition du comité, pour couvrir les frais d’installation et d’aménagement, une somme de 200,000 marks (250,000 francs) sur sa caisse privée.
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- Angleterre
- Une exposition de peinture et sculpture ouvrira le 5 septembre dans les galeries du palais de Nottingham.
- Les œuvres seront reçues au palais du 5 au 11 août inclusivement.
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- Autriche - Hongrie
- L’explorateur africain Riebeck est _ mort subitement, il y a quelques jours, à Felkirch (Tyrol), au moment où il allait entreprendre un nouveau voyage d’exploration.
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- Belgique
- La Belgique a invité le gouvernement italien à se faire représenter au congrès international de droit commercial qui se réunit à Anvers.
- -L’Italie vient d’aviser le gouvernement belge de son acceptation, conformément aux déclarations . faites à la Chambre le 31 janvier 1882, _ et invitant le gouvernement italien à prendre l’initiative d’une législation internationale, touchant les points les plus importants du droit commercial maritime. Ont été désignés comme délégués : M. Boselli, député, pour le droit maritime ; M. Villa, député, pour les contrats de transports; M. Morsa*, avocat, pour les lettres de change.
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- États-Unis
- L’exécution du monument de Schiller vient d’être confiée par la colonie allemande de Chicago au sculpteur Pilargus, de Stuttgard. La statue sera érigée dans Lincoln Park.
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- , Italie
- La prorogation du traité de navigation franco-italien, qui expirait le 30 juin, a été voté sans discussion par le Sénat.
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- L’exposition annuelle de l’Académie royale des beaux-arts ouvrira à Milan le 29 août prochain, dans le palais de Brera, et sera close le 30 septembre.
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- Pays-Bas
- Le nouveau musée d’Amsterdam, œuvre de l’architecte Cuypens, a été inauguré le 13 juin dernier.
- Dimanche 5 Juillet 1885. — 215.
- Nous enregistrons avec plaisir la nouvelle suivante :
- Le jury du concours international pour la construction d’une Bourse nouvelle à Amsterdam a rendu son jugement il y a quelques jours. C’est M. Cordonnier, un jeune architecte de Lille, ancien élève de l’Ecole des beaux-arts, qui l’a remporté sur plus de deux cents concurrents de nationalités diverses.
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- Sénégal
- La jonction des deûx tronçons de la voie ferrée construite de Saint-Louis à Dakar est un fait accompli.
- L’inauguration officielle de la ligne a dû avoir lieu vers le 15 juin. Ce fait a une grande importance au point de vue de la prospérité commerciale de notre colonie, en ce sens qu’il ouvre de nouveaux débouchés sur le Cayor, et qu’il_ fait de Dakar l’entrepôt général et l’escale obligée de tous les navires à destination du Sénégal.
- LA GRANDE EXPOSITION
- Autrefois les expositions étaient tout un événement. Consultez les encyclopédies à l’article en question ; vous y verrez qu’organiser une exposition, c’était souvent tenter l’impossible. Il n’y avait alors que des pataches pour amener les visiteurs, des rouliers pour apporter les objets à exposer. Il fallait souvent des attelages mérovingiens pour amener les machines ou les grosses pièces destinées à être vulgarisées.
- Aujourd’hui ces impedimenta, ces écueils, ces difficultés n’existent plus. Nous avons les chemins de fer, les canaux, les bateaux à vapeur, le canal de Suez, qui amèneront en deux ou trois mois, du bout du monde, les objets les plus simples‘comme les plus monstrueux au point désigné, et retenus d’avance par télégramme, pour prendre part à la grande manifestation industrielle et universellement utilitaire qui a été préparée.
- Aujourd’hui on ne peut plus dire que les expositions sont trop rapprochées. Elles ont lieu dans tous les pays et elles obtiennent toujours de grands résultats. La dernière Exposition italienne a été une révélation pour ce royaume ; Turin a mis un nouveau fleuron à la couronne de Savoie; le Gouvernement du roi Humbert a reçu, à ce sujet, les félicitations des deux Chambres et les éloges du monde entier.
- Voyez, chez nous, sans nous occuper de l’extérieur maintenant, le succès qu’obtiennent nos expositions partielles. Elles ont souvent la bienfaisance pour but ; mais à côté de la bienfaisance il y a l’amour du beau, et l’on jette ses louis pour voir des tableaux appartenant à des galeries particulières, que le public ami des beaux-arts ne verrait jamais sans la munificence des heureux propriétaires de ces chefs-d’œuvre.
- Ce préambule a pour but de nous démontrer, sinon de nous convaincre, que nous sommes dans l’ère des expositions, comme au moyen âge on avait le goût des tournois qui attiraient les féodaux à des fêtes périodiques, et plus tard des comices régionaux devenus aujourd’hui nos comices agricoles et départementaux, si précieux, si utiles au. développement de nos industries et de notre agriculture. Il 11’y a plus là de politique, il n’y a plus que de la paternité et de la prévoyance.
- Du reste, la date fixée pour la prochaine exposition prouve bien que c’êst une idée nationale qui a présidé à ce projet.
- Et maintenant que reste-t-il à établir ? des chiffres ? Oh ! nous sommes en mesure de vous les fournir, et notre avis, après un examen sérieux des situations passées et des chances de l’avenir, est que l’Exposition de 1889 pourra bien être appelée I’Exposition des Expositions. C’est ce que nous vousdemanderons la permission de vous démontrer dans une prochaine chronique.
- G. G.
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- Dimanche 5 Juillet i885.
- 2 ;6 et 217. — Première Année. — N° 27
- LE MONITEUR ^POSITION DE 1889.
- De Penne (Olivier.) Sanglier au ferme.
- Weerts (Joseph). Mon de Jogeph
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- 218'. — Première Année — N» 27. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- v
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 28 Juin i885)
- Nous avons parlé du nombre croissant des abandons d’enfants qui sont le résultat de la misère. Si sombre qu’il soit, ce côté de la question n’est peut-être pas celui qui doit le plus inquiéter les économistes, au point de vue social, car si les pauvres petits êtres que la misère force les parents à abandonner tombent dans le gouffre de l’Assistance publique, cependant ils ne sont pas perdus pour la société ; ils prennent rang au milieu d’elle et concourent, dans la mesure de leurs forces physiques et intellectuelles, au développement de la richesse et du bien-être public.
- Mais à côté de ceux-ci, combien n’en est-il pas • d’autres qui disparaissent sans qu’on le sache ? Combien d’innocentes créatures, qui ne demandaient qu’à vivre, sont supprimées par des mains barbares et souvent même par les mains de leur propre mère ?
- On ne saurait nier que les infanticides et les manœuvres abominables, qui ont pour but de cacher les suites d’une faute ou d’une faiblesse, deviennent de plus en plus fréquents. Mais, chose grave, ce n’est pas seulement en dehors du mariage que ces pratiques criminelles sont employées et se multiplient, c’est chez les gens mariés, au sein même de la famille.
- Autrefois, dans les familles, le grand nombre des enfants était considéré comme un honneur et un bienfait de la divinité. Aujourd’hui, on en a presque honte et on le considère comme une calamité. Aussi s’arrange-t-on de manière à ce que l’on en ait le moins possible. Notre société dépravée et avide de richesses et de plaisirs s’entend à merveille à appliquer à sa façon la fameuse doctrine de Malthus.
- Quelques économistes ont jeté, à ce sujet, le-cri d’alarme ; mais leurs voix se sont perdues dans le vide des âmes et des consciences. Car notre société est tellement pervertie et dévorée par la soif de l’or et des jouissances, qu’elle est devenue comme incapable de comprendre le langage de la raison et les saintes monitions du cœur.
- Allez donc parler sentiment et raison aux brasseurs d’affaires, aux assoiffés de l’agio ! Allez leur faire comprendre que le bonheur n’est pas dans la possession d’un portefeuille bourré de billets de banque ! Pour ces gens-là, la conscience est un mot vide de sens, et à la place du cœur ils ont un sac d’écus. ;i
- Peu leur importe que la France descende la pente rapide de la décadence et que bon nombre de leurs semblables meurent de faim et de misère; pourvu qu’ils tripotent à la Bourse et qu’ils vendent aux naïfs, contre bon argent, des valeurs fictives, des papiers biseautés.
- Un écrivain en veine d’ironie et qui avait plus * d’esprit que de cœur a reproché à la misère d’être prolifique. Nous n’aurions pas pris la peine de relever cet outrage à la nature, s’il ne touchait de très près au sujet qui nous occupe.
- Il est possible que les satisfaits,, ceux chez qui la vue des guenilles de la misère fait peut-être naître le remords ou du moins la peur, trouvent .que la classe des déshérités et des. misérables est trop nombreuse.
- ...Cependant., ces parias dont l’aspect blesse leurs regards sont des hommes comme eux et ils ont le même droit qu’eux aux choses nécessaires à la vie et au bien-être.
- « La misère est trop prolifique ! » Ainsi raisonnent tous ceux qui trouvent qu’il est plus commode de bâtir des hospices pour y cacher les souffreteux et les loqueteux que d’étudier la question économique et de chercher à améliorer la situation industrielle et commerciale.
- Les Spartiates tuaient leurs esclaves et Galère faisait noyer les mendiants. Aujourd’hui il y a des écrivains'qui trouvent qu’il y a trop de pauvres, de nécessiteux et que la mort ne les moissonne pas assez vite : chose remarquable, ceux qui tiennent ce langage inhumain, odieux, ont la prétention de se poser en moralistes et d’avoir ce qu’ils appellent de la religion.
- Cependant, ils devraient savoir que si la misère est prolifique, elle est aussi l’un des plus puissants auxiliaires de la mort qui fait dans les rangs des pauvres de larges trouées.
- Un médecin a calculé que sur vingt mille individus nés à la même époque, dix mille dans l’aisance et dix mille dans la pauvreté, la mort, avant quarante ans, en frappe cinquante-trois sur cent chez les premiers et soixante sur cent chez les derniers. A quatre-vingt-dix ans, le nombre de ceux qui vivent encore, sur dix mille, est de quatre-vingt-deux pour les premiers et de cinquante-trois pour les derniers.
- Les probabilités de vie qui sont de vingt-neuf ans pour les enfants de gens aisés ne sont que de deux à trois ans pour les enfants des travailleurs de l’usine et de la manufacture.
- L’écrivain qui trouve que la misère est trop prolifique aurait pu ajouter que, par contre, la richesse ne l’est pas assez et qu’elle fait tout ce
- qui dépend d’elle pour tromper la nature et éluder sa loi la plus sainte.
- On se plaint, et avec raison, de la dépopulation de.la France ; on fait remarquer que les nations voisines, l’Allemagne, par exemple, doublent leur population en un demi-siècle, tandis que la France reste stationnaire.
- Il est incontestable qu’un pareil état de choses est inquiétant pour la grandeur et l’avenir de notre pays, qui est menacé, si cela continue, de descendre au rang de puissance de second ordre.
- Les causes de ce phénomène social sont multiples. Mais il faut cit.er parmi les principales, les plus puissantes : l’ambition, l’amour de l’argent et du biëh-être. On veut être riche, on veut paraître, on aime les -plaisirs et c’est pour cela que l’on considère la multiplicité des enfants comme une gêne, parce qu’il faut les élever et que leur éducation diminue d’autant le capital consacré aux plaisirs, à la vanité et à l’ambition.
- Et puis, on veut qu’ils soient riches, eux aussi ; et c’est pour cela que l’on s’arrange de façon à en avoir le moins possible et que l’on foule aux pieds le plus saint des devoirs.
- Le rêve de la mère près du berceau de son nouveau-né n’est pas d’en faire un homme honnête, un citoyen vertueux; ce qu’elle désire de toute son âme, c’est qu’il soit riche, c’est-à-dire qu’il soit un homme d’argent.
- On sait ce qu’est devenu le mariage dans notre société corrompue et prosternée devant le veau d’or. Son but est de constituer la famille, mais on fait en sorte d’avoir le moins de famille possible. Le mariage est devenu une affaire d’argent. De cette institution sainte, qui doit avoir uniquement pour mobile et pour base l’une des plus nobles passions de l’âme humaine, l’amour, on a fait une affaire mercantile. Ce ne sont plus deux cœurs que l’on unit, ce sont deux bourses que l’on rassemble, non sans avoir eu soin, au préalable, de les peser dans la balance d’un étroit égoïsme et d’un avide intérêt.
- Et l’on s’étonne, quand on voit se produire chaque jour tant de scandales au sein des familles!
- Que deviennent les enfants, dans ces foyers où les époux oublient leurs devoirs les plus sacrés et souvent vivent côte à côte comme des étrangers, quand ils ne se traitent pas réciproquement en ennemis-implacables ?
- Formés à l’école du mauvais exemple et abandonnés pour ainsi dire à eux-mêmes, ils se pervertissent de bonne heure et vont nécessairement grossir les rangs trop nombreux des déclassés, des paresseux et des tarés qui sont la plaie de la société actuelle.
- E. Mansuy.
- (A suivre )
- LE PALAIS DE LÀ FEMME
- A L’EXPOSITION DE 1889
- appel aux dames françaises
- L’Exposition de la Nouvelle-Orléans qui vient d’être close et à laquelle la France a pris une part brillahte, avait, on le sait, pour principal but, dans la pensée des Américains, d’offrir aux Etats-Unis l’occasion de favoriser le développement de leurs relations commerciales avec l'Amérique centrale et l’Amérique du Sud, c’est-à-dire de faire dans ces .régions une concurrence de plus en plus 1 vive aux importations de provenance européenne.
- Quoi qu’il en soit, l’exposition cotonnière de la Louisiane, l’exhibition du Phœnix Park du Nouvel Orléans, comme on disait au siècle dernier, cette œuvre qui disparait, laisse dans le monde une idée généreuse bien vivante, bien moderne. La France s’en inspirera certainement dans l’organisation du centenaire de 1889.
- Les dames américaines ont eu la faculté de manifester leur puissance d’invention et d’activité dans une galerie spéciale, sous leur propre direction et dans toute la plénitude de leur libre arbitre Cette section s’appelahDepartmentofwoman’s work. Elle a été l’attraction principale de l’exposition louisianaise.
- Eh bien! il faut qu’à l’Exposition de 1889 un palais spécial soit réservé aux produits de l’industrie des dames françaises. Nous les engageons à s’occuper dès aujourd’hui de cette section où elles manifesteront leur cœur, leur intelligence aux applaudissements de tous.
- La bibliothèque composée d’ouvrages écrits par des Françaises ne comptera peut-être pas autant de volumes que la bibliothèque formée par les dames américaines ; nous entrevoyons cependant déjà un grand nombre d’œuvres remarquables qui pourront y figurer avec honneur, sans parler de tant d’excellents ouvrages d’éducation signés de noms féminins.
- Riches bourgeoises ou simples ouvrières, nos
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- concitoyennes associeront leurs efforts pour grouper leurs productions dans le Palais de la femme. Que, dans ce but, elles aient dè,s maintenant leurs meetings à Paris et dans les départements. Les vaillantes n’y parleront pas en vain. Les unes prépareront leurs travaux d’aiguille, , de crochet, leurs broderies ; les autres méditeront des inventions plus importantes. Chacune apportera son lot : telle ménagère obscure , un pickles nouveau ; Sarah Bernhard, une statue nouvelle. Le Palais de la femme aurait, bien entendu, ses subdivisions. De la cuisine au salon, tout y serait intéressant. Nous aurions :
- . . . pour l’alimentation
- Fourneaux, ustensiles de cuisine, conserves, confitures, liqueurs, cordiaux, rôtissoirs, machines à battre le beurre, etc.
- POUR LE VÊTEMENT
- Confection, tissus, modes, machines à coudre, fleurs artificielles, broderies, vêtement de l’enfant, etc.
- pour l’ameublement
- Tentures, guipures, tapisserie, etc.
- Il y aurait aussi une classe d’hygiène, une classe des beaux-arts : dessins, peintures, musique, etc.
- Les dames auraient d’ailleurs à organiser elles-mêmes leur propre Palais. Les Américaines ont eu pour leur entreprise des réunions préparatoires à New-York,à Boston, à Philadelphie, à Washington, à Chicago, à Cincinnati, à Louisville, etc. Nos concitoyennes pourraient avoir des réunions analogues dans toutes nos grandes villes. Il ne resterait plus qu’à désigner la reine qui présiderait la ruche française comme Mm0 Ward Howe a présidé la ruche américaine. Mais nous le répétons, nous demandons aux dames françaises de se mettre à l’œuvre dès à présent.
- La tâche est belle ! Il s’agit surtout de mettre en relief les petites industries que les femmes peuvent exercer sans quitter le coin du feu, car, ne l’oublions pas, la femme n’est-elle, pas la gardienne de la paix domestique, de l’agrément et du confortable du foyer, et en servant la paix de la famille, la femme ' ne sert-elle pas grandement la paix publique? Aux jeunes personnes inquiètes de l’avenir il s’agit de montrer la voie qui mène à la sécurité , au bonheur tranquille : l’honnête voie du travail. Il s’agit en outre de prouver d’une façon éclatante que la femme n’est pas un être improductif comme des esprits superficiels sont enclins à le supposer; que la femme, même en dehors'de son rôle de mère qui est le fond de sa vie, peut rendre à l’humanité d’immenses services grâce à son goût exquis et à ses sentiments affectueux de sœur, d’épouse et de compagne, qui lui inspirent chaque jour des œuvres charmantes. . v
- Eugèn^Minot. : •
- VARIÉTÉS
- Notre confrère, M. Maurice. Talmeyr, a publié l’article suivant dans le'Rappel.
- C’est une fantaisie fort spirituelle que nous sommes heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
- LE CENTENAIRE
- Le plateau de Courbevoie, qui domine d’un côté les fumées de Puteaux, s’étend, de l’autre, en une vaste campagne vide vers laquelle regarde, du haut d’un rond-point lugubre, debout sur son socle comme sur une barricade, la statue noire de la défense de Paris.
- Je me souviens d’une promenade que j’y ai faite l’hiver dernier, et où j’ai, vu quel spectacle d’abandon et de dénudation peut offrir cette plaine froide et inerte, quand les goguettes n’y chantent plus, et quand il a neigé sur les champs et sur les masures. Sous un ciel gris où se réverbère la terre en neige, c’est un grand plateau blanc, dont quelques îlots d’arbres, quelques bicoques de briques ou de plâtre, tachent de loin en loin la tristesse claire. C’est le déroulement d’un pays dépouillé, difforme, convulsé de plis de terrain et de monticules, et qui vous .donne, sous son linceul, le frisson que peut donner un cadavre sous un drap. Les habitations, laides et rares, semblent avoir été laissées aux voleurs ; à l’horizon, les cheminées d’usines dégorgent comme des
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- Première Année. — N° 27.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- égouts. Le paysage, dans sa masse, a quelque chose de polaire. La large nappe plissée et chiffonnée de la campagne s’enfle, vers la gauche, avec un vague soulèvement de mer, et glisse, à droite et devant vous, en pentes répandues, en dévalements insensibles, sur lesquels le brouillard surbaisse son dôme fourmillant.
- Quand on avance dans la campagne, la terre, toute gelée, sonne sous les pieds comme de la pierre. Au loin, par ci par là, des groupements contrariés de petits pignons grêles. Ou bien, le mouchetis d’un maigre bouquet de bois, la petite chape d’une cabane qu’on dirait en sucre, et des clos vides, des débandades de cerisiers tordus. Le ciel tamise un jour mat, tristement argenté. Des déroutes d’échàlas se sauvent par les champs, puis le sol change, se défonce, se creuse de carrières jaunâtres aux bords desquelles la neige court et bave avec des caprices d’écume... Alors, vous entendrez peut-être un petit bruit sec, et au fond d’un trou, en effet, un carrier est là, qui passe des cailloux au crible. Les mains dans de gros gants, la tête dans son bonnet de poil, sa peau de bique sur le dos, il plonge sa pelle dans les pierres et les lance dans son tamis. Des moineaux, près de lui, picorent les graviers ; des pépiements picotent l’air. Mais le désert blanchoyant recommence. Des traces d’ornières, indiquant des chemins ensevelis, serpentent pendant un instant, puis elles s’effacent dans un nouvel espace, sans huttes, sans arbres. On va, et au delà, après quelque temps dp marche, c’est encore un pan de mur, un verger, des labours, une petite villa close, avec des treillages nus qui claquent, sa petite boule de métal où se mire l’étendue blanche ; et puis de nouveaux vestiges de carrefour, des restes de sentiers qui se perdent encore, et puis encore la plaine vide, d’autres immensités où frissonnent des herbes grises.
- Ce qui frappe surtout, dans ce chaos plat, éclatant sans soleil, et morne sans ombre, c’est le silence, un silence vaste, gelé, tourmenté de souffles. Ce plateau muet, par ces journées d’hiver, semble cacher des tombes qui gardent des secrets. On croit y sentir l'ancien emplacement d’une ville disparue, où des vents — follets — dansent maintenant sur des os. L’oreille, pourtant, sonde ce repos glacé, et ne tarde pas à distinguer, très loin derrière l’horizon, la montée d’un murmure. Là-bas, à l’extrémité du ciel, c’est une rumeur faible comme une aube, c’est une aube de bruit dans un ciel de silence. A mesure qu’on l’écoute, elle s’élève, on entend comme des chars qui passent, un fracas monstrueux, qui arrive, imperceptible, une clameur étouffée, où retentissent des roues, où grincent des cris, où gémissent des voix. C’est, en effet, le bruit de l’emportement d’un monde, c’est le murmure de Paris qui monte!... Des visions, alors, vous traversent l’esprit : la foule, les cafés, les faubourgs en travail, le boulevard fourmillant, les rues tumultueuses ! Et un frisson, soudain vous saisit, sous la bise, au tressaillement de fer d’un train en marche. On dirait, à ce bruit, que la vie accourt ; on se figure entendre une bataille à l’horizon. Il semble que la brume est sur le point de se déchirer, que des peuples, des chariots, des armées, des drapeaux vont apparaître, et que la ville disparue, la ville d’autrefois, on vient la rebâtir, et en ressusciter les pierres.
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- Ce miracle : une cité surgissant d’un désert sous l’invasion d’un fourmillement de travailleurs, a failli ne pas rester la rêverie d’un promeneur parcourant un plateau funèbre. Le public apprend beaucoup de choses par les journaux, mais il ne les apprend pas toutes ; or, il a complètement ignoré, jusqu’ici, que tel était un des projets d’exposition universelle présentés à la commission du Centenaire, et, précisément, le projet de Courbevoie. Supposons-le donc un instant réalisé. Cinq ans se sont écoulés. Une population d’ouvriers a transformé ce pays chaotique et mort. Nous sommes au Ier juin 1889. Voici ce que la statue de la Défense voit, à présent, du haut de son piédestal.
- Frissonnant de toutes ses banderoles, resplendissant de tous ses vitrages, déchirant l’air de toutes ses tours, une ville, en effet, vit et frémit dans la plaine. Elle aussi, maintenant, elle envoie
- sa rumeur aux campagnes voisines. Les reliefs neufs des maisons, des quartiers, des édifices, se découpent sur le fond des jardins et des parcs, ainsi que le dessin clair d’une vaste tapisserie, et des longues avenues rectilignes tracent d’énormes panneaux dans ce panorama babylonien. Les dômes s’élèvent, les coupoles se dressent, les clochers s’élancent, les flèches se hérissent; des portiques se devinent au milieu des verdures ; les cascades, les bassins sèment leurs nacres et leurs moires, et au centre de la cité, comme un souverain qui trône dans une fête de cour parmi ses dignitaires échelonnés sur leurs tabourets, un palais-roi, colossal dans la ville, et petit sous le ciel, échelonne ses ailes et leurs moucharabis. La foule partout déborde. Sur le large boulevard qui entoure le Centenaire et où elle se creuse, aux dégorgements des gares souterraines, de remous de têtes et d’ombrelles, elle roule son fleuve lent qui bat l’enceinte ; dans les allées, dans les squares, sur les escaliers, sur les terrasses, elle fourmille, elle monte, elle murmure. Le soleil fait passer des frissons d’arc-en-ciel dans les buées des eaux jaillissantes, et tout au loin, derrière le grand palais, par dessus les toits et les arbres, à travers les dômes, les clochers et les flèches, à l’horizon, au fond d’un golfe de collines, la vision d’un port, une forêt de mâts grêles, tremble dans la vapeur, comme si la mer était venue.
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- De la place où il se trouve, secoué et ballotté dans la cohue, le visiteur qui arrive par l’entrée principale, n’a pas, du Centenaire,, un coup d’œil aussi étendu. Pour être moins complet, le spectacle, toutefois, n’est pas moins éblouissant.
- Dans l’encadrement d’une porte triomphale, découpant sur le ciel l’abîme de son porche, apparaît une allée immense, déroulant au loin sa descente, au milieu de jardins, entre deux files de statues blanches ; tout au bout, au loin, à plus d’un kilomètre, le grand palais règne au-dessus d’une cascade.
- La porte triomphale, dont les proportions -font planer la stupeur sur les visages, assied son arc énorme sur des massifs de pilastres. Pour avoir une idée de l’envergure du portique, il faut savoir que ces pilastres, infimes et perdus dans l’ensemble du monument, mesurent quatre mètres déplus que l’obélisque. Ils reposent sur des bases d’une carrure de maison, et supportent eux-mêmes, de leurs entablements, l’effrayante courbe de pierre, au-dessus de laquelle s’enlève encore l’orbe d’un dôme. Des drapeaux en trophée couronnent le fronton, d’autres faisceaux décorent les côtés, et quatre grands hauts-reliefs, l’Art et l’Agriculture, la Science et l’Industrie, dominent les massifs du bas. Tout l’édifice se dresse, et s’envole en quelque sorte de terre ; l’air joue dans les colonnes, autour des piliers inférieurs ; les hauts-reliefs déploient autour du monument l’essor des allégories ; quatre groupes effarés se tordent sur le ciel, aux quatre cimes du portique, sous quatre globes terrestres d’où s’élancent les étendards ; le gouffre de la porte, au cintre de laquelle se trouvent sculptées en rond les armes de quatorze peuples, ouvre son nimbe d’écussons, et, tout au sommet du grand dôme, monstrueux et léger comme un ballon qui monte, la statue de la France plane en ouvrant ses ailes.
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- Nous entrons.
- L’avenue d’honneur s’avance. De chaque côté, des statues de grands hommes méditent ou parlent sur leurs piédestaux: à gauche les grands hommes de France, à droite ceux de l’étranger; un parc, derrière eux, ouvre ses perspectives.
- Le parc, du côté de la France, exhale ces senteurs de gazon mouillé souvent respirées au jardin Montceau, et, comme là aussi, s’égaie, sous ses ombrages, de ces trouées lumineuses où le soleil irise les buées des arrosages, et qui rient dans les arbres comme les femmes en toilettes claires. Prenons donc par les allées de France : des grottes, des cascades, des pelouses qui vallonnent; des îlots d’ombre se succèdent ; des passerelles rustiques traversent des ruisseaux,on découvre des retraites fraîches et, au tournant des bouquets d’arbres,
- aux bords des bassins, au milieu des gazons, des constructions de tout ordre, tout style et de toute espèce, s’abritent et se disséminent des maisons, des chalets, des villas, des hôtels, des théâtres, des restaurants. Les groupes décoratifs espacent sous les verdures leurs taches de bronze et de terre cuite, les vaches paissent autour des fermes, les oiseaux chantent dans les volières, les musiques jouent dans les kiosques. C’est une ville d’été bâtie dans les bosquets, et tous les sentiers, murmurent des promeneurs, tous les sous-bois sont étoilés d’ombrelles.
- On ne tarde pas cependant à distinguer la ligne de lumière crue et le mouvement de foule d’une avenue nouvelle. Trois palais développent là leurs façades. Alignés sur une longueur qui peut mesurer huit cents mètres, et séparés entre eux par de larges passages, ils étalent leurs longs règnes de baies vitrées, de corniches et de balustrades. Ce sont les trois palais français, le palais des Arts, le palais des Sciences et le palais du Commerce. Il faudra des journées pour parcourir seulement leurs richesses et leurs miracles.
- Des châteaux seigneuriaux, des donjons, des églises, se suivent ou se contrarient, au milieu d’arbres et de pelouses. C’est toute une cité antique et chaotique de constructions de caractère, dissemblables et inégales. On pourrait croire, d’abord, qu’on n’est plus en France ; ce n’est plus simplement la France d’aujourd’hui, ou plutôt c’est toute la France de l’habitation et du monument, depuis celle du dolmen jusqu’à celle de l’Opéra. Çlle est là, dans toutes ses époques, dans tous ses spécimens. Voilà le menhir, la caverne et la hutte ; les roches de Carnac, les cromlechs, les calvaires du Ploucastel et d’Auray; les cloîtres, les cathédrales; Cluny, Brou, Saint-Maclou, Saint-Truphème; les maisons de bois de Caen et de Rouen; la maison de Jacques Cœur, la Maison Carrée. Dans quelques mois, l’exposition close, lorsque le Centenaire survivra comme ville, nous pourrons nous reloger dans les maisons Louis XIII, aux murs veinés de poutres, aux toitures en chape et aux fenêtres en mître;nous pourrons nous faire des hôtels, des fac-similé de Vaux et de Chambord... Ce soir, sans même attendre, nous pourrons ressouper à la Pomme-de-Pin. L’histoire est là, racontée par la bâtisse, par la copie souvent et forcément réduite, mais toujours fidèle, du passé disparu, ruiné ou survivant, par tout un quartier de ville qui est un musée de maisons, un résumé en pierres, un sommaire habitable de nos provinces et de nos métropoles monumentales.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- Conférence de M. Paul Passy.
- LES INDIENS PEAUX-ROUGES
- DE L’AMÉRIQUE DU NORD
- Mardi dernier, M. Paul Passy, professeur à Paris et fils de l’honorable membre de l’Institut, a bien voulu faire une conférence sur les Indiens Peaux-Rouges de l’Amérique du Nord. Le conférencier a reçu l’accueil que méritait son empres-ment à nous donner un échantillon de son talent d’exposition et de la clarté de sa parole. Il est impossible de mieux combiner une causerie géographique et d’intercaler convenablement les nombreuses _ vues lumineuses nécessaires pour donner^une idée exacte des différentes tribus des Indiens qui peuplent encore une grande partie des Etats-Unis et du Canada, et qui sont aujourd’hui dans ^ les réserves que le Gouvernement fédéral a créées.
- Les Peaux-Rouges, d’ailleurs, sont assez mal nommés; leur peau n’est pas rouge, mais d’un jaune bistré, ou cuivré comme celle des paysans du midi de 1 Europe. Il y a parmi eux beaucoup de métis; aussi toutes les colorations de l’épiderme se présentent-elles, depuis le noir jusqu’au blanc, en passant par toutes les variétés du jaune. -
- Nous ne connaissons guère les Peaux-Rouges que par les romans de Fenimore Cooper, de Gustave Aymard, de Gabriel Ferry et de J. d’Auriac. Il faut reconnaître d’ailleurs que ces auteurs ont _ réussi, dans une certaine mesure, à donner une idée à peu près -exacte de ces peuplades
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- telles qu’elles étaient, surtout à la fin du siècle dernier.
- Il y a deux siècles, toute la partie intérieure des Etats-Unis était habitée par plus de deux millions d’indiens qui, refoulés successivement dans l’Est par les pionniers européens, se trouvent réduits à 3oo,ooo à peine, y compris les 43,600, dits civilisés, qui figurent aux recensements officiels.
- Pendant de longues années, on les poursuivit comme des bêtes fauves : en guerre, les fusils des Européens les décimaient ; en paix, c’était le whisky. Enfin, la misère, la rage d’être dépouillés par les spoliateurs, les maladies de toutes sortes qu’apporte la civilisation européenne, tout contribua à les détruire.
- La' race rouge disparaîtra-t-elle tout à fait ? Peut-être, quoiqu’il faille reconnaître que depuis un certain nombre d’années on les traite mieux ; on leur a créé dans le Far-West certains territoires ou réserves, où ils sont à peu près tranquilles. Mais si cette disparition se produit, ce sera par voie d’absorption et de mélange et non par extinction. Les 43,600 Indiens, dits civilisés, qui figurent au census, sont généralement cultivateurs et M. Passy, qui a visité plusieurs de leurs villages, y a trouvé des hommes distingués et instruits.
- Le choix des projections, fait par le conférencier, était excellent, surtout en ce qui touche les physionomies des Scioux, Têtes-Plates, Pawnies et Apaches, qu’il a montrées ; figures de guerriers et têtes des Squaws, c’est-à-dire de leurs femmes.
- C’est la division des Indiens qui a fait leur faiblesse devant les Européens ; ce sont les luttes intestines de leurs nombreuses tribus ou clans, organisation analogue à celle des clans écossais ou des cités gauloises.
- Les procédés de la guerre contre les Indiens ont été. les mêmes que ceux que César employait contre les peuplades gauloises et F. Cortez contre les tribus mexicaines.
- Il s’est trouvé cependant, chez eux comme chez nous, des chefs qui ont voulu, comme Vercingétorix, établir une confédération de résistance ; mais les prétentions des chefs indiens ont donné les mêmes résultats que les jalousies des guerriers gaulois.
- M. Passy a donné des détails fort intéressants sur les moeurs des Peaux-Rouges, le courage héroïque qu’ils montrent devant les tortures, l’organisation politique de leurs tribus et leurs croyances religieuses.
- Il a parlé de la dignité du langage des chefs, discours imagés, pleins de pompe et de majesté, qui rappellent ceux des héros d’Homère.
- Pendant plus d’une heure, le conférencier a su maintenir l’intérêt et l’attention de ses auditeurs qui lui ont témoigné, par leurs applaudissements, leur reconnaissance de la charmante soirée qu’il leur a procurée.
- On prétend que M. Paul Passy, chargé d’une mission du gouvernement, a visité- tout le Far-West et a étudié particulièrement le Parc national.
- Le Parc - national est un canton spécial, situé dans le territoire de Montana, près des sources du Missouri ; c’est un pays volcanique, où abondent les geisirs, et présentant les plus beaux sites du monde. Ce merveilleux pays a été réservé comme propriété nationale et échappe ainsi aux atteintes industrielles.
- Les Beauvaisins seraient bien reconnaissants à M. Paul Passy s’il voulait leur donner, dans le mois d’août, une seconde conférence sur le Parc national. L’appétit vient en mangeant.
- LES LIVRES
- XIV
- Bibliothèque des Dames. Traité de l’éducation des filles, par Fénelon, précédé d’une introduction par M. O. Gréard membre de l’Institut, vice-recteur de l’Académie de Paris. — Les Petits chefs-d’œuvre, Fléchier. Mademoiselle de Combes, nouvelle, avec une notice par M. J. Sigaux. — Bibliothèque artistique, Alfred de Vigny. Servitude et grandeur militaires. Dessins de Julien Le Blant, gravés à l'eau-forte par Champollïon. — Librairie des Bibliophiles. Jouaust et Sigaux, rue Saint-Honoré, 338.
- L’occasion s’offre aujourd’hui, et nous la saisissons avec empressement, de [louer un des hommes qui représentent le plus dignement en France et à l’étranger, et avec un art et un goût dignes des anciens maîtres, la noble profession, la noble industrie' de l’imprimeur. Trois ouvrages édités par lui en même temps, — sans compter le Rabelais de sa collection des Classiques que nous ne pouvons que mentionner, en le recommandant comme toute la collection elle-même aux jeunes gens lettrés qui en sont à leur première barbe et à leur première bibliothèque, •— nous permettent d’apprécier ce vaste plan de publications variées, poursuivi avec la plus sûre méthode, avec une perpétuelle et toujours heureuse recherche du mieux, qui s’adresse à la fois aux amateurs délicats auxquels il faut de véritables bijoux typographiques,et aux lecteurs ordinaires auxquels il offre des éditions d’une correction et d’une élégance irréprochables, dans des prix accessibles aux plus modestes bourses. Peu d’hommes ont autant fait queM. D. Jouaust pour l’éducation du goût public,
- pour l’honneur de l’imprimerie et de la librairie françaises, pour donner satisfaction tour à tour aux bibliophiles les plus raffinés, et, au-dessous de cette élite de dilettanti, à ce grand public lettré moins sensible à la volupté des yeux qu’à celle de l’esprit, mais qui n’est pas indifférent à l’attrait d’un livre imprimé et corrigé avec toute la probité de l’art. Voici d’abord, dans une collection à laquelle nous avons des raisons toutes particulières de nous intéresser, puisqu’il a bien voulu en partager avec nous la direction, la Bibliothèque des Dames françaises, une édition exquise de ce chef-d’œuvre de direction morale, de pédagogie dans le sens le plus élevé et le plus délicat du mot, le Traité de l’éducation des filles de Fénélon. Ce serait une erreur de croire que le précepteur du duc de Bourgogne, le directeur si subtil et si sagace que Mme de Maintenon, tout en recherchant ses conseils, n’osa pas lui livrer les mystères de sa conscience, que l’auteur du Télémaque s’est montré dans ce sujet si complexe, si difficile de l’éducation des filles, plus curieux d’aborder de tels problèmes que capable de les résoudre. Fénelon a, au contraire, du premier coup, dans ce sujet tout nouveau, que nul avant lui n’avait osé traiter, abordé et tranché toutes les questions qui s’y rattachent, avec une hardiesse d’idées et une supériorité de vues qui n’ont laissé à ses successeurs que le soin de perfectionner les détails. Rien n’échappe à son analyse d’une psychologie si clairvoyante, si pénétrante, de ce qui convient au régime intellectuel et moral de la jeune fille qui, aussitôt mariée, « a une maison à regler, un mari à rendre heureux, des enfants à bien élever».
- Cette honnête femme, mère de famille, chargée dugouvernementdelà maison, de l’honneur et delà prospérité du foyer, Fénelon indique les moyens de la cultiver dans sa fleur, de façon à ce qu’elle donne tous ses fruits d’exemple, de dignité et de vertu. Il le fait avec une telle autorité, un tel bonheur, un tel succès, qu’un des maîtres de la pédagogie contemporaine, celui qui a le mieux traité de toutes ces questions de l’enseignement pour les deux sexes, à tous les degrés, M. Gréard, a accepté comme un honneur la mission de présenter au public le Traité de l'éducation des filles. Son introduction est un chef-d’œuvre de sagacité et de probité critique, qui obtiendra les suffrages du grand public, comme il a recueilli les applaudissements de ses collègues de l’Académie des sciences morales et politiques, auxquels l’auteur l’a lu d’abord.
- Après avoir offert au public, sous des parures dignes de leur gloire, les chefs-d’œuvre du roman dans le passé, M. Jouaust a songé à recueillir pour lui, dans une série nouvelle, les chefs-d’œuvre du roman contemporain. Un de ces chefs-d’œuvre est l’ouvrage d’Alfred de Vigny intitulé : Servitude et grandeur militaires, qui n’a respiré le bouquet de récits caractéristiques des noblesses et des misères de l’obéissance, passive, desfatalités de la discipline, des drames de l’honneur, du devoir, de tous ces contrastes qui font de la vie du soldat une vie à part, si rude parfois aux âmes délicates, si favorable au développement des passions généreuses, où l’égoïsme humain se purifie et se retrempe dans la salutaire amertume du perpétuel sacrifice ? Qui n’a lu et relu ces pathétiques histoires : le Cachet rouge, la Vallée de Vincennes, la Canne de jonc ? L’édition nouvelle est enrichie de dessins de M. Julien Le Blant, le peintre des scènes militaires et des épisodes vendéens, admirablement gravés par M. Champollion dont les eaux-fortes ont les mollesses veloutées et les profondeurs de l’aqua-tinta.
- Enfin, la charmante et curieuse collection des Petits chefs-d'œuvre s’est accrue d’un épisode des mœurs de la société bourgeoise en province, à l’époque de ces grands jours d’Auvergne dont Fléchier a si joliment écrit la chronique galante et enjouée. Ce n’est rien, cette histoire d’un amour déçu,d’une jolie fille longtemps fidèle, qui abdique tout héroïsme dans une préférence subite pour l’ambassadeur de son fiancé, et de ce troisième larron qui reculera peut-être devant son bonheur. Ce n’est rien que ces quelques pages. C’est pourtant, grâce au talent de l’auteur, un petit chef-d’œuvre de finesse, de sentiment et de malice, fort bien présenté au public dans une préface où un éditeur qui est, comme M. Jouaust, dont il est l’associé, un lettré et un écrivain, n’a pas cru, et il a bien fait, devoir pousser la modestie jusqu’à s’abstenir de montrer un talent littéraire dont l’auteur du Voyage au pays clu doute a donné de bien autres preuves.
- M. DE LESCURE.
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- COMMERCE D’EXPORTATION
- Dans un rapport relatif à l’année 1884, la Chambre de commerce de Francfort-sur-le-Mein fournit les informations suivantes aux exportateurs allemands :
- En 1884, les importations d’Allemagne aux
- Etats-Unis se sont accrues de 1,584,379 dollars ; elles ont porté surtout sur les teintures et produits chimiques, les cuirs, les peaux et pelleteries, les tissus de fil de laine et de coton, le vin, l’eau-de-vie et la bière.
- L’attention du commerce doit se porter sur le Chili dont les transactions vont en augmentant et qui deviendra un débouché sérieux pour les produits de l’industrie européenne.
- Il serait possible aux fabricants du continent européen de fournir à la Chine un certain nombre de produits, tels que des draps, des flanelles, des tissus de coton et de fil, des liqueurs, de la confiserie, des couleurs d’aniline, du verre à vitres, des aiguilles et épingles, des horloges. Jusqu’à présent ce commerce est presque tout entier entre les mains des Anglais et des Américains. Seulement, il est indispensable de se conformer aux goûts et aux habitudes des acheteurs en ce qui concerne l’emballage.
- LES THÉÂTRES
- Rien de nouveau dans les théâtres à ciel couvert, du moins à Paris. A Bruxelles, Théodora a le même succès que chez nous; nos aimables voisins ont accueilli la pièce de Sardou avec le même enthousiasme ; cela a été pour notre illustre compatriote une brillante revanche de Patrie. On se souvient que Patrie, acclamée à Paris, a été reçue froidement en Belgique, et pourquoi ? Parce que, l’action se passant dans les Flandres, les décors n’ont pas paru d’une exactitude suffisante ; aujourd’hui, la paix est faite avec Théodora, et il n’y a plus qu’une seule patrie entre la Belgique et nous, au point de vue de l’art du moins. L’Exposition d’Anvers a beaucoup contribué,, du reste, à cette réconciliation., La France, qui occupe une des premières places dans cette grande manifestation internationale, ' a exposé les chefs-d’œuvre de son industrie, de sa peinture et de sa sculpture. La représentation de Théodora à Bruxelles, c’est l’exposition de l’un des chefs-d’œuvre de notre art dramatique.
- A Londres, la troupe du Gymnase est en plein succès, et à Saint-Pétersbourg le répertoire français est en ce moment acclamé. C’est décidément la conquête pacifique de la France à l’étranger.
- Quant aux théâtres à ciel ouvert, c’est-à-dire aux cafés chantants, quelques-uns sont irréprochables dans leur programme ; cependant, on me signale une certaine chanson éditée pour la .première fois il y a quelque temps déjà. Cette babiole s’appelle Je cherche Lodoïska. Chacun dans ce bas monde cherche quelque chose : les uns cherchent la fortune, les autres la quadrature du cercle ou la direction des ballons, d’autres encore le mouvement perpétuel. Quoi qu’il en soit, il y a un « monsieur » en ce moment qui cherche Lodoïska. Oh ! la chansonnette, à la lecture, ne signifie pas grand’chose, comme la plupart de ces élucubrations destinées aux Cafés-Limonade ; cependant l’artiste (?) chargé de faire valoir la chose s’escrime de son mieux pour interpréter la pensée du poète ? ?
- Dans Je cherche Lodoïska, il s’agit d’un lovelace de chemin de fer qui a rencontré... une personne... entre Étretat et Paris, et qui, ayant obtenu son adresse, se met à sa recherche une fois débarqué dans la capitale... Chaque couplet se termine par la reprise au refrain :
- Ah ! je cherch’ Lodoïska et l’nume'ro trente Du boul’vard Magenta.
- J’suis dans un état depuis huit heur’s cinquante,
- Je cherch’ Lodoïska.
- Eh bien ! à voir l’artiste, rien n’est plus dégoûtant, car il souligne tout par des gestes écœurants. L’administration, en autorisant cette production,-ignorait qu’elle devait être accompagnée d’un mouvement obscène...
- En tout cas, si la direction continuait à garder cette malpropreté' à son programme, elle serait plus que blâmable... Heureusement que pour finir j’ai à parler de l’Eldorado.
- L’Eldorado offre des primeurs en toute saison à son public qui lui en est très reconnaissant. Hiver comme été, ce joli théâtre donne des pièces et des chansons nouvelles. La semaine dernière s’est terniinée par une première représentation de Vive l’Été! fantaisie en un acte de MM. Alfred Didier et Jean de Réaux.
- C’est un défilé des plaisirs d’été, défilé rapide et plein de gaieté et d’esprit ; les mots, les traits fins, les saillies lancées par de gracieuses artistes, se succèdent sans solution de continuité, et l’assistance ne cesse de rire que lorsque les auteurs ont cessé d’avoir de la verve, c’est-à-dire quand la toile baisse.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AR.RAULT ot Ci9, rue de la Préfecture, 6.
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- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, i8, a Paris
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- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 12 Juillet 1885.
- NUMÉRO 28.
- SOMMAIRE :
- i° Partie officielle : L’Exposition de 1889; Liste des Récompenses obtenues à l’Exposition de Meunerie ; L’Exposition d’Anvers, Récompenses; 2° L’Exposition d'Anvers ; Communication; 3° Echos ; 4" Commerce de la Erance avec la Roumanie; 5° Les Expositions des Beaux-Arts; 6° Exposition industrielle de Beauvais; 7® La Question économique ; 8° Les Livres ; 90 Variétés : Le Centenaire; io° Avis commerciaux.
- PARTIE OFFICIELLE
- L’EXPOSITION DE 1889
- M. Pierre Legrand, ministre du commerce, vient de déposer sur le bureau de la Chambre, au nom du ministre des finances un projet de loi tendant à ouvrir au budget ordi-
- C-/
- naire du ministère du commerce un crédit de 100,000 francs, pour les études préparatoires des projets relatifs à f Exposition universelle de 1889.
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- OBTENUES A
- L’EXPOSITION DE MEUNERIE
- Le jury a décerné 181 diplômes divers et 42 mentions honorables, soit 223 récompenses, sur 3y5 exposants.
- MM. Richmond, Siemens, Decauville ont été mis hors concours.
- Les 181 diplômes se divisent en 21 diplômes d'honneur, 3i médailles d’or, 71 médailles d’argent, 58 médailles de bronze.
- DIPLOMES D’HONNEUR
- MM. Amelin et Renaud, Beyer frères (moulins en porcelaine) ;
- Biabaud, J. Boulet et Cie (machine à vapeur Compound demi-fixe, beffroi de moulin).
- Brault et Teisset, . Chaligny et Guyot-Sion-nest (machine à vapeur demi-fixe Compound).
- Dardel, à Melun (convertisseur à gruaux, sas-seurs, bluteries centrifuges, brosses à son et déger-minateur).
- Daverio .(moulin complet à cylindres).
- Déliry (pétrins).
- Dupetit et Cie (meules à moulin de lm5o.)
- Howes and Ewell (nettoyeur, bluterie, brosse, etc).
- Kolb, G. (moulin avec 17 paires de cylindres, système Simon).
- A. Piat (pièces détachées de machines en fonte et en fer, et transmissions).
- Quiri et Ci0 (pour locomobiles).
- Reiff, Huber.
- Rose frères, de Poissy (belle installation d’un moulin à farine complet et de deux nouveaux systèmes en marche).
- Société de Construction de Passy, M. Gillet, administrateur (appareils à cylindres de Gantz et Cie, véritable initiatrice et propagatrice des moulins à cylindres en France).
- Société générale meulière (meules et autres appareils de meunerie).
- Springer et Cie, à Maisons-Alfort (levûres de grains pour boulangers et pâtissiers, alcools et drèches), directeur M. Berger, décoré de la Légion d’honneur il y a peu de temps.
- Wegmann (le premier auteur des cylindres en porcelaine dure).
- Rollet et Rémy.
- DIPLOMES DE MÉDAILLE D’OR
- Association parisienne.
- Barre et Poirrier jeune.
- Beaume Lucien (moulin à vent et pompes). Bosshart-Uhler.
- Boursier et Cic.
- Gallet-Guillemet.
- Ghilds and Sons.
- Démangé.
- Demeaux, Louis, de Toulouse (machine à laver et sécher les blés, décrite dans la Chronique industrielle.
- Gatellier.
- Gautreau, de Dourdan (locomobiles).
- Guyenet (injecteurs).
- Lallier-Vernot et Cie.
- Lamoureux.
- Lesoffre et Bonduelle.
- Luilier.
- Maurel, minotier à Marseille (sasseur épurateur , machines à laver, échantillons de blés, gruaux, farines et issues).
- Marot et ses fils.
- Menier frères.
- Mousseau et fils.
- Paupier (instruments de pesage).
- Philippot, Schneider et Jacquet.
- Quiri et Cio (cylindres).
- Robey et Cie (machine à vapeur, moulins, machine centrifuge à préparer la farine).
- Robinson and Son (appareils à trois cylindres pour entrouvrir le blé, sasseur, bluterie). Schweitzer.
- Seck frères.
- Société de construction mécanique spéciale. Tillement.
- Weber et Cie.
- WlLLSON ET ScHAW.
- DIPLOMES DE MÉDAILLES D’ARGENT
- Hamelle.
- Hourde et Cie. Hourdain.
- Jérôme François.
- Kahl.
- Kapler.
- Kauleck.
- Fegris.
- Femouettre.
- Mildé fils et Cie. Milinaire.
- Moricelli.
- Mottez.
- Page.
- Pelletier.
- Perrière.
- Penney et Cie. Pfleiderer.
- Purel.
- Raverdeau, Allain et Cie.
- Ritter.
- Schotsmans et Cie. Schuijt (van de;-).
- Seck fr., à Dresde. Société anonyme d’électricité.
- Société franco-belge. Société d’éclairage par l’électricité.
- Société industrielle de Bordeaux.
- Sospicio.
- Stenne.
- Teppaz.
- Thibaudet.
- Touya.
- Usine de construction du Vésinet.
- Allaire.
- Baudot.
- Belloir et-Berry. Be.rendorf fils. Bonvallet, Schivre et Machin.
- Bôrdier.
- Borssat.
- Boucheron et Mazières. Brouhot et Cie.
- Caens (Paul).
- Calcar (van).
- Carue.
- Cauvin.
- Cavalieri et Franco. Chantiers de la Buire. Charpentier.
- Chevenot.
- Clayette fils.
- Collin.
- Coux (de la).
- Damerval frères. Delettrez.
- Denet fils.
- Dotte et Cic.
- Duffau.
- Dunham fils et G10. Enfer jeune.
- Entwistle , Petrie et Shaw.
- Farinerie Saint - Re-quier.
- Fauqueux et Cie. Fiechter and Son. François Day.
- GautÉrin.
- Grande Soc. .meulière Cinq-Mars.
- Grim.
- DIPLOMES DE MÉDAILLES DE BRONZE
- Arbey et fils. Asselin.
- Aubry et Cie. Besson.
- Bourdon.
- Brochand.
- Brochard.
- Brown et Poison.
- Bussereau.
- Caillaux.
- Chailly.
- Clert, à Niort.
- Chollet-Champion.
- David.
- Delahaye.
- Delalain.
- Delperier.
- Deny frères. Desfeux.
- Doré.
- Driesen.
- Durozoy.
- Durvie.
- Engins graisseurs. Encillon.
- Gerbron et Allain. Girardin.
- Giraud et Bonnet. Girot frères.
- Hebert.
- Huron aîné.
- Joachim.
- Laffitte et Jacotin. Lacroix.
- Lamprecht.
- Legendre frères. Lemoign.
- Lespinasse frères. Levy.
- Mariotte.
- Marquis, Viard, Proux. Milliat.
- Muir (Thomas). Pearson (Thomas). Perret.
- Poitrineau.
- Primois frères. ' Prokop.
- Rikkers.
- Royer.
- Sassot et fils.
- Sibut.
- Tessier.
- Vannier.
- Vigreux.
- Vincent.
- Vivifie.
- Wauquier.
- MENTIONS HONORABLES
- Aebi et Muhlethaler. Auber.
- Baltis.
- Barry.
- Bauerwenger et Cie. Belloncle.
- Bourguet.
- Boutry van Isselsteyn. Brossement.
- Cartier.
- Ghappée.
- Collin.
- Delacour frères. Delsaux.
- Drevdal.
- Dubois.
- Dubois-Gérard.
- Duplaquet.
- Dusert.
- Foucault.
- Gallois et Mousnier. Garin-Moroy.
- Georges et Cie.
- Grenade Harden. Guillaume.
- James (Constant). Leclercq, Bailly, Fon-teneau et Cie.
- Lemée. •
- Lemercier.
- Leroy-Payen.
- Maréchaux.
- Moreau.
- Perret et fils.
- Pifre.
- De Redon.
- Salle.
- Sambret.
- Santarciero.
- Tabouët.
- Thommasini.
- Ullmarin.
- Welby.
- L’EXP0SITI0N_ D’ANVERS
- Concours international d’animaux reproducteurs
- ESPÈCE CHEVALINE
- RÉSULTAT DES CONCOURS
- Récompenses obtenues par les exposants français CATÉGORIE
- Étalons de trait âgés de 4 ans et au-dessus (taille de 1 m 62 et au-dessus).
- Mentions honorables
- N., à M. Delaville, Bretteville-sur-Odon. Montebelle, à M. Isaert, A. Bollezeele.
- 2e CATEGORIE
- Étalons de trait, âgés de 3 à 4 ans (taille de 1 m 60 et au-dessus).
- Mention honorable
- Georges, à M. Lagan, Keraman-en-Servel.
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- 222. — Première Année — N° 28
- é :
- 3e CATÉGORIE
- Étalons de trait de 2 à 3 ans (taille 1 111 58 et au-dessus).
- i‘-‘- Prix
- Jupiter, à M. Hazard, Leers et Fosteau.
- , ' "N, ^ 2e Prix n—--- ,.—••••
- A7, à M. Demesse. au Rœulx. . ;
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- • 5e Prix
- N., au Haras Boulonnais, Guînè-s, (France')-.
- Mentions honorables Athos, à M. Caget, Médavy (Orne).
- Uhlan, à M. Dupont, Juste, Merlerault.
- 4e CATÉGORIE
- Juments de trait de 4 ans et au-dessus {taille 1 in 60 et au-dessus).
- 2e Prix
- Cocolte, à M. Fleury, Nouant-le-Pin.
- Mentions honorables
- Jeannette, à M. Jules Hazard, Leers et Fosteau. Mouche, à M. Paul Massart, Meux.
- Marquise, à M. J. Hazard, Leers et Fosteau. Moutonne, à M. P. Massart, Meux..
- Blondine,k M. J. Compïègne, Conchil-le-TempIe.
- 5e CATÉGORIE
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITl*)N DE 1889
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- S4È w - '2O' CATÉGORIE ' " '
- Juments de 3 ans et au-dessus, de races propres à Yattelajgp luxe.
- W: Prix
- Belle Lurette, à M. Riom, Troarn,,
- Prix ... > • • -• , —
- Rose et Blonde,k M. Hervieu,' Varaville,
- ; . Prix supplémentaire •.
- N...t à M;_ BpiTt^pLEj Sayigné-1’Évêque. _ • _
- 2i(î CATÉGORIE
- Étalons~dnF~3ans~~et 'au-dessus J dê races propres à la selle.
- \ , j or. prix '
- Eclaireur, à M. Pierre, A., Caen.
- 2e Prix
- Email, à M. Ledars, Eterville. ’
- 3° Prix
- Egyptien, à M. Brion, Caen.
- 5e Prix
- N.., à M. Cost, Alph., Caen.
- N..., à M. de La Ville, Bretteville-sur-Odon.
- Mention honorable Eclatant, à M. Pierre, A., Caen.
- 22° CATÉGORIE
- Dimanche 12 Juillet i88b.
- .-u' \------------------------------
- '^r-ratum. — C'est par suite d'une erreur typographique que l’article intitulé « La Manutention des marchandises a Anvers ». publié dans notre dernier numéro. porte la signature de M. Ch. I.auth, au lieu de celle de M. H.-F. Cabirau.
- -------- 1—Ü1t> -------
- ÉCHOS
- A.____.. Paris f
- Cette semaine paraît chez Robert, imprimeur, 11), faubourg- St-Denis, une brochure ayant pour-titre : P Exposition • unicerselle de 1880, par M. Charles Dévie, ingénieur.
- Cette brochure tend à démontrer les avantages de l’emplacement de Courbevoie. De pius, dans ce projet, l’Exposition ne coûterait rien, ni à l’Etat, ni à la Ville.
- Nous reviendrons sur cet intéressant travail dans notre prochain numéro.
- ¥ ¥ *
- Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, que la statue de Béranger serait inaugurée le 19 juillet.
- C’est le 15 qu’aura lieu la cérémonie d’inaugu-tion. Elle coïncidera ainsi avec les fêtes du 14 Juillet.
- Poidiches de trait de 3 à 4 ans (taille 1 m 58 et au-dessus).
- icr Prix
- Biche, à M. Dupont, J. Merlerault.
- Sultane, à M. J. Hazard, Leers et Fosteau.
- Mention honorable N..., à M. de Neubqurg, Bouvignies.
- 7» CATÉGORIE
- Étalons de trait de 4 ans et au-dessous (taille inférieure à 1 111 62).
- 3° Prix
- Brillant, à M. Flaba, Remicourt.
- 4e Prix
- N..., à M. Namur-Daire, Coucy-Rethel.
- 9e CATÉGORIE
- Étalons de trait de 2 à 3 ans (taille inférieure à 1 111 58).
- Mention honorable N..., à M. Lelubre, Marcq.
- i o« CATÉGORIE
- Juments de trait, de 4 etns et au-dessus (taille inférieure à 1 m 60).
- 4e Prix
- Fi fine, k M. J. Hazard, Leers et Fosteau.
- 11e CATÉGORIE
- Pouliches de trait de 3 à 4 ans (taille inférieure " à 1 m 58).
- 2e Prix
- Minette, à M. Dennat, Servel.
- 12e CATÉGORIE
- Pouliches de trait de 2 à 3 ans (taille inférieure à 1 m 56).
- Mention honorable
- Créole, à M. Le Flanchée, Meuchy-Serve.
- 17e CATÉGORIE
- Etalons de race anglaise de pur sang (thorough-bred de 5 ans et au-dessus).
- ier Prix
- M ourle, à M. Aumont, Victot-Pontfol.
- 18° CATÉGORIE
- Jumentè de race anglaise de pur sang (thorough-bred de 5 ans et au-dessus).
- 2e Prix
- Mlle de Juvigny, à M. Aumont, Victot Pontfol. 3e Prix
- Angèle, à M. Bouillant, Thieville.
- 19e CATÉGORIE
- Etalons de 3 ans et au-dessus de races propres à l’attelage de luxe.
- icr Prix
- A..., a M. Delaville, Bretteville-sur-Odon.
- 3e Prix
- îyArtagnan, à M. Viel, Rucqueville.
- Prix supplémentaires de 100 francs. Edimbourg, à M. Brion, Caen.
- Epatant, à M. Pierret, A., Caen.
- Enchanteur, à M. Ledars, Eterville. Emporte-pièce, à M. Cost, Caen.
- Juments de 3 ans et au-dessus, de races propres à la selle.
- 1e1' Prix
- Rose et Lucy, à M. Hervieu, Varaville.
- 7° Prix
- Destinée, à M. Boucher-Adam, Bois-de-Séné. 23e CATÉGORIE
- Étalons de 3 ans et au-dessus, de races propres à la selle ou à l’attelage de luxe et dont la taille ne dépasse pas im54.
- icr Prix
- Escoville, à M. Pierre, A., Caen.
- 2e Prix
- N.,, à M. Brion, Troarn.
- 3e ' Prix
- Extra, à M.. Ledars, Eterville.
- 24e CATÉGORIE
- Juments de 3 ans et au-dessus, de races propres à la selle ou à l’attelage de luxe et dont, la taille ne dépasse pas 1. 1,1. 54.
- 4° Prix
- Rose de Noël, à M. Hervieu, Varaville.
- EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- Le jury international a commencé ses opérations. Plus de 800 membres du jury assistaient à la magnifique réception de l’Hôtel de Ville où M. de Wael, bourgmestre d’Anvers, leur a souhaité la bienvenue.
- L’inauguration solennelle des nouveaux quais et ouvrages maritimes est fixée au 26 de ce mois.
- La ville d’Anvers prépare des fêtes qui laisseront un souvenir ineffaçable.
- Il y aura notamment un grand défilé des nations dansffequel ne figureront pas moins de 87 chars. Des régates internationales sont organisées sur l’Escaut par la Société royale nautique. Une brillante flottille amènera dé Tamise à Anvers le roi et la reine des Belges, l’archiduc Rodolphe et' l’archiduchesse Stéphanie ainsi qu’un grand nombre d’hôtes illustres.
- L.e duc de Hamilton vient d’arriver d’Angleterre sur son yacht.
- L’Exposition internationale des Beaux-Arts est complétée par l’ouverture de la section russe et de la section allemande.
- Les. concours des animaux reproducteurs ouverts depuis plusieurs jours, ainsi que les concours hippiques de chevaux de travail et de , chevaux de luxe ont pleinement réussi. Les concurrents français y ont obtenu plusieurs premiers prix.
- Un congrès international de botanique et d’horticulture se tiendra à Anvers, du i01' au 10 août, et coïncidera avec de nouveaux concours horticoles. Déjà les adhésions venues de partout dépassent 450. Très nombreuses sont aussi les adhésions au congrès international de droit commercial. La presse européenne est pour ainsi dire unanime à proclamer la beauté, la variété et l’attrait de l’exposition universelle de 1885, dont le succès est d’ailleurs attesté par le nombre, toujours croissant, des visiteurs étrangers et belges, qui, dans ces derniers jours, a atteint 60,000.
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- Autre statue.
- La souscription ouverte dès 1883, en faveur d’un monument commémoratif à la mémoire de Nicolas Leblanc, l’inventeur de la soude artificielle, ayant atteint un chiffre assez élevé, le Comité va s’occuper de l’exécution de la statue, qui sera placée au Conservatoire des arts et métiers.
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- Dans sa séance du jeudi 2, l’Institut a décerné le prix biennal de 20,000 francs à M. Brown-Séquard, professeur de physiologie au Collège de France, par 74 voix contre 7 a M. de Brazza, le brillant explorateur.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- Le Conseil fédéral a ratifié le 3 juillet dernier, comme nous l’avions annoncé, le -traité conclu avec le Nord-Deutsdie-Lli/od de Brême, pour les subventions des-lignes, postales de l’Asie orientale et de l’Australie.
- Comme nos renseignements particuliers nous le faisaient prévoir, le chancelier de l’empire a choisi Flessingue comme port de départ.
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- L’exposition des arts du métal de Nuremberg (Bavière), inaugurée le 15 juin dernier, n’est pas très vaste, bien que toutes les branches indiquées dans son programme y soient représentées.
- L’impression générale est excellente.
- La section historique est surtout remarquable ; son catalogue seul comprend 1,695 numéros.
- La section moderne réunit 144 exposants, • y compris les expositions collectives. ,
- La France occupe une place très brillante avec les vitrines de Barbedienne et Christofle ; l’Angleterre vient ensuite avec celles de MM. Elking-ton et Cie ; l’Italie, l’Autriche et la Hongrie sont aussi très bien représentées.
- La section japonaise, qui occupe une grande salle, mérite une mention spéciale. Cette exposition donne une très haute idée de ce qu’est aujourd’hui le niveau de l’art et de la civilisation en général dans le grand empire asiatique.
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- On commence à expédier au Japon des locomotives et des wagons construits dans les usines de Düsseldorf et de Deutz Ce fait est d’autant plus intéressant à noter que l’industrie allemande a réussi, à supplanter dans l’extrême Orient les produits anglais.
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- Nouvelles de l’Exposition industrielle de Gorlitz (province de Silésie). On a ouvert à l’exposition, il y a.quelques jours, un musée industriel rétrospectif, qui comprend quatre grandes salles. Il renferme, des antiquités diverses, des objets de prix de différents styles, une exposition fort intéressante organisée par la direction des postes impériales, avec des objets empruntés au musée rétrospectif des postes et télégraphes à Berlin ; enfin une autre exposition empruntée au musée historique de Zittau (Saxe).
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- Le marché international de machines a été ouvert à Leipzig (royaume de Saxe) avec beaucoup de succès.
- Le nombre des exposants est de 144; celui des objets exposés, de 1,887. (Il n’était que do 1,759 ] en 1883).
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- Première Année. — N° 28.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- — 223. v
- Angleterre
- La Irish Artisans Exhibition a été ouverte, il y a quelques jours, à Dublin (Irlande).
- Toutes les branches de l’industrie irlandaise y sont représenté.e^T ^ , .
- ll.iest permis xle prévoir, -dès' au jour d’h tpi, cftte cette exposition aura un suçccsffnespéré.
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- Autriche-Hongrie
- 7 U.n :no.uveâ,u,culte éu; Europe. _ *
- (;hr serait, - parait-il," sur le point d’éleyer, à Vienne, un temple bouddhiste, et la légation du Japon aurait déjà fait les démarches nécessaires. Ne fût-ce qu'au point de vue artistique, le projet 11e manque pas d’intérêt ; il a, dit-on, de grandes chances pour aboutir.
- * *
- L’exposition internationale des beaux-arts a été ouverte à Buda-Pestli, le 10 juin. 145 artistes étrangers, v- ont-pris .part-avec 210 envois..
- L’Allemagne et ï’Autriche ont Jes expositions les plus importantes. Puis viennent en, seconde ligneu la France-, la Belgique, l’Italie, la; Suède et la Pologne. O11 remarque surtout Mans la section française-les* envois de MM. Stevens, Bellangé et
- Camér-Belleuse. :
- RA Y • : -
- Italie ?
- La conférence extraordinaire pour l’èxécution ’dps jugements rendus, à l’è-tranggr en matière côninponciaHe', conférence dont Firhfiative est due à -M. Mancini, ancien ministre dés..affaires étrangères, se réunira à Rome, dans le courant de l’hiver prochain. ’ !
- Vingt-deux Etats ont déjà envoyé;leur adhésion.
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- .. Perse
- S’il faut.encroirode Standard, le,gouvernement russe aurait fait.sonder lé terrain àjTéhéran pour savoir si,le scliali autoriserait .la construction, _par une compagnie russe; d’une voie ferrée de Tiftis à Téhéran.
- Lé gouvernement: persan, se basant sur des considérations..stratégiques, voudrait, contrairement' à la Russie, que cette voie suivit une ligne directe et non les rives de la meiy Caspienne, où elle-,serait toujours sous la protection des canonnières russes.
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- Suisse
- ;; Le Tir fédéral ouvrira à Berne Je dimanche 19 juillet .prochain. . .
- COMMERCE DE LA FRANCE
- AVEC LA ROUMANIE
- . La question des tarifs: des douanes roumaines étant actuellement à l’ordre du jour, nous :.Groyoijs intéressant d indiquer les résul-tatsàde. .notre commerce avec la Roumanie pendant.ces dernières années.
- D.e 1880 à 18834 la moyenne annuelle de nos exportations totales;- pour la Roumanie a été de sept, millions v de francs, tandis que la moyenne correspondante pour les importations provenant de ce pays s’est élevée à 31,400,000 francs:, . soit une différence de 24,400,000 francs-au profit de la Roumanie.
- D’après les documents publiés.par la direction des douanes roumaines, le commerce extérieur de la Roumanie a présenté les résultats suivants en 1883 : Importations, 268,852,000 francs. Exportations, 244,731,000 francs.
- La, .part des. importations de. France en Roumanie est donc de 2 1/2' pour cent environ, et la part des exportations de Roumanie en .France d’environ 10 pour cent.
- Les principaux pays importateurs en Roumanie 'sont f Autriche-Hongrie’ (50 %), l’Angleterre (47 %) et l’Allemagne (11 %:. La France.figure au quatrième rang.
- Quant aux exportations générales de la Roumanie, les principaux pays de destination sont l’Angleterre (40 %}, l’Autriche-Hongrie 30 %). La France vient au troisième rang.
- Nos importations de provenance roumaine consistent principalement', on le sait, en céréales .'.grains ..et farines : 20(millions de francs, et en légumes secs et leurs farines : 5 millions de francs.
- Les exportations de France en Roumanie consistent presque uniquement en produits manufacturés : tissus , passementerie et rubans desoie, de laine, de lin, de chanvre et ...de coïoilQ outils et. jpuvrages en métaux , „,:-Têtefftents et pièces de lingerie cousues, articles de modes et fleurs artificielles, etc.
- En admettant que les difficultés douanières soient prochainement aplanies, comme nous l’espérons, il restera encore au commerce français de grands efforts à tenter pour lutter avantageusement contre la concurrence austro-hongroise et allemande. Le bon marché et la solidité des produits semblent être le desideratum dominant de la petite bourgeoisie roumaine qui constitue notre principale clientèle dans ce pays. Il y aurait, en outre, selon nous, à agir activement auprès des consommateurs, soit par l’envoi d’un plus grand nombre d’agents commerciaux, soit en instituant des expositions permanentes de produits français dans les principaux centres de la Roumanie.
- Eugène Minot.
- LES
- EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
- LES ENVOIS DE ROME
- Plus que jamais la question de. la villa Médicis demande à être discutée.
- En voyant la faiblesse absolue des envois faits par les prix de Rome, il est permis de croire que le voyage à la Ville Sainte est une dernière utopie sur laquelle il serait peut-être temps de revenir. A quel besoin cette, relégation répond-elle ? Les élèves que l’on dresse là-bas ne sauraient-ils-s’inspirer en France des grands maîtres de l'Europe un tic rc ?
- En quoi Paris est-il actuellement tributaire de : Rome? Nos musées sont-ils inférieurs? L’air, ambiant y est-il plus contraire a l’art et aux idées élevées que celui de la capitale italienne?
- Nous continuons à marcher en pleine convention, à suivre l’éternelle routine, et le. poncif, , conservé religieusement à la villa ,Médicis-, nous.; promet une singulière génération d artistes.;, ?;'".
- Nulle latitude n’étant laissée aux élèves, leur initiative se trouvant absolument écartée patydes notions absolues et des choix de sujets strictement arrêtés, comment voulez-vous arriver à des,envoyé lées quelconques, dans les limites méthodiques où-tout se trouve enfermé ? g
- Vous devez avoir du talent par A + B et non en dehors. Le génie doit demeurer claquemuré entre de vieilles théories formelles desquelles il est défendu de s’écarter. a
- Et la direction répète à chaque ^instant à l’etr.e passif qu’elle a devanqelle : _— « Tu seras nous, mais il t’est interdit d’être toi. » _ . . .
- Des individualités, des coups d’ailes-,"des éclairs, il n’en faut pas. Ce n’est ni de la peinture, ni de la sculpture, ni de l’architecture qu’on exige, c’est, de la géométrie.
- Bien heureux sommes-nous lorsque dans ces limites étroites l’apprenti manifeste. une. tendance à crever l’enveloppe et parvient à. dégager son talent quand, même.
- L’envoi de M. ' Doucet, élève de quatrième année, est intitulé : Intérieur de. harem.. On se rappelle peut-être l’émoi qu’il avait causé au directeur de l’Académie de France, le pudibond. M. Cabat, qui refusa de signer les lettres d’invitation à l’exposition des œuvres de nos jeunes gens, sous le vertueux prétexte que la toile de M. Doucet péchait par excès de réalisme.
- Je ne crois pas que, pour cette fois encore, les dames en soient réduites a rougir derrière 1 éventail. Il s’agit simplement d’une femme nue, vue de dos et éclairée un peu vivement par rapport au . second plan. En revanche , cette odalisque est d’une richesse de ton merveilleuse ; la chair que M. Cabat trouve trop abondante est d’une finesse de touche très réelle. C’est évidemment a cette étude que M. Doucet a apporté'tous ées soins, rejetant avec intention, pour la faire valoir, les autres figures — pardon, pour le mot — dans une ombre voulue. Les autres femmes du harem sont en effet d’une facture moins fouillée, mais je suis convaincu qu’il n’y a pas là manque de talent ; tout simplement un repoussoir entendu.
- M. Fournier, élève de troisième année, a envoyé une copie de Paul Véronèse, une tete de paysan de la Sabine et un Raab cachant les espions de Josué. La copie est mauvaise ; la tête de paysan
- faible ; et le Raab ne vaut rien. Voilà un malheureux exemple de l’enseignement étriqué de l’Ecole.
- M. _ Popelin, élève de deuxième année, est un coloriste de grande vigueur, bien que sa Salutation angélique soit une œuvre beaucoup plus profane que mystique. Sa Vierge galamment drapée de bleu respire un petit air mondain qui ne mes-siérait pas à plus d’une jolie quêteuse de la Madeleine,_ et son.ange prosterné n’a d’angélique que ses ailes, qui pourraient aussi bien être celles de l’amour. Vous verrez qu’après s’être essayé dans les sujets religieux M. Popelin excellera dans les sujets païens.
- Mais je classe en première ligne la Jeune Nymphe de M. Marcel Baschet, fils du si habile et si sympathique éditeur de publications artistiques.
- M. Marcel Baschet, pour sa première année, a donné la preuve d’un tempérament indiscutable et d’une délicatesse de pinceau exquise. Sa jeune fille nue est enlevée avec une légèreté de ton et un dessin des plus réussis. Les feuilles et les herbages sur lesquelles elle est couchée ajoutent à la saveur des chairs et en font valoir la poésie. Il y a dans cette œuvre beaucoup plus que des promesses et je serais bien étonné si son auteur ne devenait pas promptement quelqu’un.
- Pour la sculpture, nous avons un motif assez vigoureusement modelé de M. Peynot. Titre : la Proie. Deux hommes, au bord d’un abîme, se disputent la possession d’un aigle. Le groupe des lutteurs est nerveux et d’une exposition heureuse.
- Le Mercure de M. Ferrari ne me plaît pas, la pose en est convulsionnée à plaisir ; de M. Laba-tut, un buste excellent ; de M. Labatut, un joli marbre , copie d’un torse de Vénus, et un bas-relief, Apollon et Marsyas d’une bonne énergie n’excluant pas l’élégance des formes.
- Je citerai à l’actif de l’architecture des envois très réussis : le Tombeau de Malatesta, par M. Deglane ; le Temple de Castor et Pollux, par M. Redon ; l’Etude du Temple d’Hercule à Cori, par M. Esquié, et la Restauration du péristyle de la villa de Hadrien.
- v. Alfred Delilia.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- A ‘‘..DE BEAUVAIS
- • Conférence de M. Oukawa
- LE JAPON
- Samedibsjair il y avait foule dans la salle des fêtes' de l’Exposition et plus de 5oo personnes y étaient venues pour écouter la conférence de M. Oukawa surde Japon.
- M. Ouka-w-a est attaché à la légation du Japon à':Paris,-et .c’est avec l’autorisation de son ministre . qu’il est venu à Beauvais nous parler de son pays ;
- • ib était accompagné de M. Hugues Krafft, son ami, qui af publié l’année dernière d’excellents souvenirs d’un voyage qu’il fit lui-même au Japon et qui a bien voulu exposer à Beauvais divers objets provenant de son excursion dans l’extrême Orient. Mv.Krafft est l’auteur des nombreux cli-chés qui onFservi pour la-production des projections lumineuses .qui ont été faites à la fin de la conférence.
- Ce qu’il y a d’extraordinaire surtout, c’est que M. Oukawa a .appris le français au Japon, qu’il n’habite Paris que depuis un an et que, cependant, il s’exprime avec une clarté remarquable ; si parfois le mot qu’il. emploie n’eét pas l’expression absolument propre, sa pensée n’en est pas moins précise et exacte et en reçoit un cachet singulier de profonde bonhomie ou d’extrême finesse.
- De très fréquents applaudissements ont montré au jeune conférencier combien 'son langage était goûté et comment l’on saisissait les' allusions spirituelles dont il entaillait sa causerie.
- Faire une conférence en français, quand on habite la France depuis, moins d’un an, et surtout la bien faire, est un véritable tour de:force.Voyez nos jeunes gens qui apprennent l’anglais ou l’italien dans nos collèges pendant plusieurs années ! Sont-ils capables seulement de se faire comprendre quand ils visitent Londres ou Naples, et, à plus forte raison, oseraient-ils faire une conférence en anglais ou en italien. Cependant les langues de l’Europe sont de la même famille et offrent beaucoup d’expressions communes. 11 n’v a, au contraire, aucune analogie entre le français et les langues altaïques.
- La contêrence de M. Oukawa était divisée en deux parties: la première était consacrée à la définition géographique, au climat, aux mœurs, à l’organisation politique et administrative et au commerce du Japon ; la seconde a été remplie par les projections.
- Le Japon est formé d’environ 5oo iles, dont les quatre principales sont Niphon, Yéso, Si-Kok et Kiou-Siou, qui se prolongent au nord par les
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- MONITEUR 5E j,||0SiTION DE l889-
- A LA SECTION FRANÇAISE DES jTAUX-ARTS 'LA SCULPTURE)
- Dimanche î2 Juillet i 885.
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- 226. — Première Année — N° 28. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 12 Juillet iSS5
- groupes des Kouriles et au sud par l’archipel de Liéou-Khiéou et suivant une ligne sinueuse qui constitue l’axe du soulèvement géologique qui a fait surgir de l’océan Pacifique l’empire du Zipangu , comme disait Marco-Polo au xni° siècle.
- Sa superficie totale est à peu près celle de la -France et sa population de 3j millions d’habitants. La latitude de Tokio (Yedo) est à peu près celle d’Alger, mais sa température moyenne est celle de Paris et, à ce propos, M. Oukawa a donné de très bonnes explications sur les lignes isothermes et sur l’influence du Gulf-Stream dans nos régions et du Kuro-Siîvo dans les mers japonaises. La différence de longitude entre la France et le Japon est d’environ i38°, de sorte que, lorsqu’il est midi à Paris, il est 9 heures du soir à Yokohama, ou Tokio. Mais les communications par le télégraphe électrique pouvant se faire en une heure, il arrive ceci de singulier : C’est qu’une dépêche, qui part de Yokohama à 9 heures du soir (aux horloges japonaises) arrive à Paris à r heure de l’après-midi (aux montres parisiennes), c’est-à-dire qu’elle semble nous parvenir 8 heures avant son expédition. C’est tout naturel, mais cela parait singulier.
- M. Oukawa a dit quelques mots de la constitution du sol volcanique de l’archipel japonais, delà physionomie pittoresque du pays, de sa végétation merveilleuse et des autres produits du sol. Il a parlé également de l’état florissant de l’agriculture et de ces immenses plantations de mûriers qui fournissent à l’Europe entière, non seulement d’énormes quantités de soies brutes, mais les graines saines destinées au repeuplement des magnaneries françaises. Il a dit aussi quelques mots de cet autre mûrier dont le liber fournit le papier végétal, et enfin de l’arbre à thé du Japon, dont les produits, trop peu connus en Europe, sont expédiés directement en Amérique par la voie de San-Francisco. Le conférencier ne l’a pas affirmé, mais, d’après sa description imagée, le Japon doit être un des plus beaux pays du monde.
- Quelques détails sur l’histoire sont venus ensuite: le conférencier l’a divisée en deux parties. La première constituant la cosmogonie ou mythologie et la seconde l’histoire proprement dite qui commence à l’empereur Zimmon-Ten-Woo, fondateur de la dynastie actuelle. Or, cet empereur vivait 660 ans avant Jésus-Christ, c’est-à-dire qu’au Japon le pouvoir est. resté dans la même famille pendant plus de 2,5oo ans. A l’énonciation de ce nombre énorme, l’auditoire, qui sait qu’en France nous avons changé huit fois de régime depuis le commencement du siècle, a témoigné, par des applaudissements réitérés, toute son admiration pour une aussi merveilleuse stabilité.
- M. Oukawa a tracé à grands traits, mais d’une manière saisissante, la révolution presque pacifique de 1868 qui a détruit le taïconnat et le régime féodal, et leur a substitué une organisation .poli-: tique presque analogue à celle des, nations.euro-, péennes. Il a parlq avec un tact parfait'des mbdi- ' fieations heureuses qui en sont résultées pour son pays.
- Et, à ce propos, il est convenable de' faire remarquer que le Japon est la seule nation asiatique qui ait accueilli de son plein‘-gré. la: civilisa-i. tion de l’Europe et qui cherche sérieusement a : s’en appliquer toutes les. conquêtes morales et matérielles. Les Japonais n’ont pas/eu, potir obte-f nir ces résultats et comme d’autres peuples, le malheur de perdre leur indépendance et la force ne leur a pas imposé les mœurs d’une;-nation, victorieuse. C’est en qualité de disciples volontaires qu’ils sont entrés dans le monde européeni;ppur emprunter ses idées et ses progrès scientifiques et industriels, non pas pour les copier servilement,-' mais au contraire pour les adapter d’une manière intelligente et réfléchie à leur tempérament et aux besoins de leurs pays.
- Le Japon a une excellente aimée organisée à l’européenne par des officiers français, une. flotte des plus sérieuses, des écoles nombreuses, une organisation communale et départementale bien combinée ; des fabriques et manufacturess’établissent de tous côtés. C’est une transformation aussi extraordinaire que rapide et sous certains rapports le Japon a fait en 18 ans ce que la France a réalisé en plusieurs siècles. Et, potir tout dire, en rapportant cette évolution remarquable à1 l’histoire de la civilisation française, c’est-,comme, sida, France du xvc siècle, la France féodale,'avait sauté 1 d’un seul bond en plein xixe siècle, réalisant d’un . seul jet tous les progrès sociaux qu’il nous a fallu obtenir par .400 ans de luttes de toutes sortes.
- Quelles seront les conséquences, pour les Japonais, de çe.tte évolution extraordinaire? C’est l’avenir qui le dira; mais si l’on songe à l’intelligence et aux aptitudes remarquables de ces peuples, à leur courage naturel, à leur sentiment extraordinaire de la dignité personnelle, qui les distingue si complètement des Chinois, leurs voisins, il n’est pas douteux qu’ils n’occupent bientôt une situation prépondérante , non seulement dans l’extrême Orient, mais dans le monde entier.
- S’il y a beaucoup de Japonais ayant le mérite du conférencier qui a eu l’amabilité de nous visiter samedi, nous pouvons pronostiquer sûrement 1 avenir qui est réservé à ces insulaires.
- M. Oukawa. a bien voulu établir entre les Français et ses compatriotes toutes les similitudes de caractère et d’aptitudes qui peuvent exister. C’est une gracieuseté qu’il a voulu nous faire, et nous l’avons applaudi, en lui faisant comprendre que tout l’honneur était de notre côté.
- La séance s’est terminée -fuir les- projections lumineuses, dont les principales représentaient : La carte générale du Japon, des vues de Yoko-mama, du Foudji-Yama, du théâtre de Tokio, des rues de village, des cabanes de pêcheurs, le portique d’un temple, une cour intérieure d’une habitation et des types d’habitants et de costumes, hommes, femmes, coulies, pèlerins, Samouraïs, palanquins à roues, une maison de thé, une hôtellerie, des danseuses, des lutteurs et quelques types de ces populaires Guésha, chanteuses et danseuses qui conservent la tradition des .mélodies japonaises.
- Toutes ces projections, fort curieuses, ont vivement intéressé le public et nous devons remercier encore l’infatigable professeur, M. Fleureau, dont la complaisance est réellement une des raisons du succès de nos conférences.
- J’oubliais de dire que M. Oukawa a fait remarquer ce que certaines relations de voyages au Japon présentent d’erreurs de toutes sortes et que, parmi celles qui se distinguent par leur exactitude, il faut signaler particulièrement l’excellent livre de M. le marquis de Beauvoir, notre compatriote.
- En résumé, l’assistance qui se pressait dans la salle a été enchantée de cette excellente soirée et M. Oukawa lui-même doit en être satisfait, car les applaudissements ont été, à diverses reprises, aussi chaleureux que sympathiques pour lui et pour la nation- intelligente qu’il représentait à l’exposition de Beauvais.
- Conférence de M. Pontsevreq(Paul Dupont-Sevrep j
- LES BOURGEOIS AU XVIIIe SIÈCLE
- d’après les comédies de dancourt
- On connaît généralement peu Dancourt ; on ne joue plus , guère ses pièces. Nées de l’actualité pour la plupart, elles ne lui ont pas survécu. Mais le curieux-que n’effraie pas la lecture de ces comédies oubliées y trouve une abondante moisson d’observations,* de traits comiques relatifs à l’époque. Dancourt a fort bien .vu la société bourgeoise de.-sbn temps, c’est-à-dire de la fin du xvjic siècle erdes' premières années du xvmc. Il a marqué enkcouleurs vives les travers et les vices de la bourgeoisie tapageuse ; vices et travers qui ne sont encore alors qu’en boutons et qui s’épanouiront en pleine floraison sous la Régence et pendant le règne de Louis XV.
- ! Les comédies de Dancourt sont donc documentaires et significatives. Il a été un réaliste ; il a devancé la formule de notre école contemporaine qui. veut .qu’on transporte toutes nettes sur les planches les scènes de la vie ordinaire. Il l’a fait avec une hardiesse et une sincérité qui garantissent l’exactitude de ses observations. En général -il' se soucie fort peu d’inventer une fable, une intrigue; il en prend juste ce qu’il faut pour relier, les tableaux qu’il compose.
- . Il n’y a donc pas à s’attarder à l’analyse méthodique des comédies de Dancourt. Il est bien plus intéressant d’en dégager la physionomie et le caractère des personnages mis en mouvement. Ils .sont le reflet non pas de toute là bourgeoisie, mais de) cette partie de la bourgeoisie qui est remuante, • qui veut briller, qui souhaite qu’on parle d’elle : ce qu’on appelle aujourd’hui le Tout-Paris.
- Le titre même des pièces de Dancourt rappelle souvent l’occasion qui lésa provoquées, l’incident fortuit ou habituel qui a émoustillé la verve comique de l’ancien avocat devenu acteur (et bon acteur par amour ; il avait enlevé, puis épousé la fille de La Thorillière, comédien lui-même).
- G’est par exemple : les Curieux de Comp iègne, les Vendanges de Suresnes, le Moulin de Javel, le Vert-Galant, etc...
- Parfois c’est une anecdote, un fait divers qui sert de point de départ: tel le Mari retrouvé, etc.
- Les œuvres les plus complètes, les plus étudiées sont les Bourgeoises à la mode et les Bourgeoises de ^qualité.
- Dans les quarante-sept pièces qu’il écrivit à la hâte et dans un style souvent médiocre, mais vigoureux, Dancourt accumule les documents sur les mœurs. Tous ces personnages cherchent l’argent et cherchent l’amour : c’est le monde où l’on s’amuse d’il y a deux siècles. Il les a pris sur le vif, ils sont vrais de la vérité du moment, et si l’on sait voir, on reconnaît que tout cela peut bien avoir vieilli à la surface et dans l’expression, mais qu’au fond c’est toujours exact.
- M. Pontsevrez, après avoir ainsi caractérisé le théâtre de Dancourt dans son ensemble, a poursuivi l’analyse de l’état des mœurs représenté par l’auteur en* reconstituant, pour ainsi dire, la synthèse des types et des groupes.
- Le phénomène social que révèle d’abord le 1
- théâtre de Dancourt, c’est le mélange des classes de la noblesse et la vanité de la bourgeoisie. La noblesse s’est ruinée pour paraître à la cour fastueuse de Louis XIV. Les bourgeois se sont enrichis. Il s’agit pour les nobles de redorer leur blason en, épousant- les filles des marchands ; ils appellent cela/rentrer dans léurs.fonds. Les petites bourgeoises, d’ailleurs, y mettent de la complaisance. Pour se débourgeoiser, les femmes ont le mariage, les hommes les savonnettes à vilain, c’est-à-dire la vénalité des charges et des titres. D’une façon comme de l’autre, c’est l’argent;qui procure la possession ; donc c’est après l’argent que tous vont courir.
- Mais la sécurité domestique va être promptement compromise. En s’insinuant dans leur monde, on imite les façons des grands. On dépense, il faudra retrouver de l’argent. Tous les moyens sont bons: le jeu, la loterie, etc... Il y a plus d’une comédie de Dancourt qui met à nu d’une façon très amusante les cruelles nécessités de l’argent et les hontes où s’abaissent ceux et celles qui en dépendent par leur faute. Les femmes qui jouent-jusq-u-à leur linge, les financiers véreux qui tendent des pièges à gogo, les entremetteurs et les entremetteuses qui mettent à"prix l’honneur des femmes et les belles grâces des jeunes officiers,'' tous ces personnages que notre'époque revoit sous d’autres costumes, Dancourt les ' a admirablement saisis dans leur posture et leur mouvement.
- Dans une telle fièvre - de plaisir et de frivolité, on comprend que si l’esprit s’affine, les sentim ents s’émoussent. Tout se tient dans la Vie morale. G es mariages bâclés pour la question d’argent de la part des hommes, pour la question de vanité delà part des femmes, ne fondent guère un 'foyer agréable. On prélude aux légères façons du plein xvni(! siècle où mari et femme se voient à peine une fois, le jour de la noce, puis règlent chacun de son côté son existence déplaisir, par indulgence réciproque et mutuelle liberté.'
- L’éducation des enfants s’en ressent ; ils ont sous les yeux des exemples qui ne leur inspirent aucun respect de leurs parents et ôtent à ceux-ci. toute autorité vraie. Le père n’est plus qu’un gêneur qui contraint sa fille à vivre sage, et l’on entend une jeune fille de seize ans s’écrier : « Elle n’a pas de père, est-elle heureuse ! on ne:'Ta contraint point ! » Elles sont là .une‘petite légion de diables roses, avec de l’esprit à démolir l’enfer;., elles s’appellent Sanchette.,Ghouchette. Marianne, Angélique, etc. On des voit dans le Diabiejhoitetix, tiré du roman de Lesage qui eut à son. apparition un extraordinaire succès. Elles devinent beaucoup; ce sont des ingénues, mais tout.agitées de,T’envie de ne plus l’être. Elles se marient pour le mariage-, c’est-à-dire pour être affranchies de l’autbrité paternelle et courir T’aventure, car elles sont curieuses ! ' :. :T :
- Une conséquence naturelle et qui fournit à Dancourt matière à des scènes de haut goût, c’est la réaction sentimentale qui, s’opère, vers la quarantaine chez ces femmes qui, n’ayant-.jamais laissé au cœur le temps de se manifeste’r, le sentent tout à coup se réveiller dans un suprême.élan à l’heure où la galanterie les abandonne.
- La iameuse Mmc Guichard, qu’Alexandre Dumas, fils a campée dans ‘Monsieur Alphonse, -descend en droite ligne de . la madame Loricart de Dancourt.
- Sur cette ruine du vrai monde se développe le. monde interlope dés usuriers, des marchandes.à la toilette, des courtisanes, des lionnes pauvres de 1698 et de 1710. Ce monde-là est très curieux à suivre dans l’œuvre de Dancourt. Sa madame Thibaut, la providence du libertinage, est un portrait de maître. .
- M. Pontsevrez s’est attaché à retracer le développement logique de cette décadence domestique et sociale en faisant paraître les personnages et la scène à mesure qu’il indiquait le travers ou le vice et ses conséquences. C’est la meilleure méthode et la plus intéressante de faire connaître tout à la fois les mœurs générales du temps et l’œuvre de l’écrivain comique.
- Toutefois, il a dû plus d’une fois sacrifier le ragoût piquant des citations qui, pour un public ordinaire, n’auraient rien d’excessif; mais les oreilles des jeunes filles ont droit à des ménagements et les jeunes filles assistaient en- grand nombre à cette séance. On pèut savoir gré au conférencier d’avoir préféré éteindre lès plus vifs effets de son sujet plutôt que de blesser ou d’effaroucher l’imagination de la partie la plus gracieuse de l’auditoire. 11 est resté encore bien assez d’agrément et d’intérêt dans le sujet par la façon heureuse dont M. Pontsevrez a rapproché des types anciens ceux du théâtre contemporain, les éclairant l’un, par l’autre et montrant ainsi la loi de continuité des caractères moraux dès-individus et des sociétés.
- Ajoutons que M. Pontsevrez a l’élocution facile, claire, animée ; le jeune lauréat de l’Académie française s’exprime avec autant de précision que d’élégance. 11 sait aussitôt s’attirer la sympathie et l’attention du public qui l’écoute, et nous pouvons assurer que ses observations littéraires et,„phîlo-sophiques ont été comprises de tous ceux qui composaient son auditoire choisi. Aussi a-t-il été vivement applaudi.
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- 'Première Année. — N° 28.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- VI
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 5 Juillet i885)
- Il y a parmi nous une école d’économistes et d’hommes politiques qui a trouvé un moyen fort ingénieux pour expliquer les causes de la crise. Il est vrai que si son système n’explique rien du tout, il a du moins l’avantage de permettre à ceux qui sont chargés de la direction des affaires publiques de s’endormir dans une douce quiétude et de s’abstenir de rechercher les moyens d’améliorer la situation, dût-elle devenir plus menaçante.
- Ces hommes habiles affirment, sans sourciller, que les crises de la nature de celle qui mine en ce moment notre commerce et notre industrie et met en péril les intérêts du pays, sont périodiques et que, comme ces astres qui errent éternellement dans l’infini des plaines cthérées, elles réapparaissent, nécessairement, fatalement, à des époques indéterminées qui défient toutes les prévisions humaines.
- Naturellement, ceux qui ont fait cette trouvaille mirifique n’ont garde d’exposer les raisons sur lesquelles ils appuient leur assertion. Ils préfèrent affirmer à priori, c’est plus commode; mais, quod gratis asseritur gratis negari potest, dit la logique. Aussi nous ne prendrons pas la peine de discuter leur billevesée, car elle ne mérite pas que l’on s’y arrête un seul instant.
- Ce sont également ces mêmes hommes habiles, qui prétendent, au rebours du bon sens et de la vérité économique, que plus le chiffre de la dette d’un pays augmente, plus les impôts sont élevés, et plus il est riche. Ce qui équivaut à soutenir que l’appauvrissement progressif d’une nation est la preuve d’une prospérité croissante.
- On n’est pas plus byzantin. Voilà cependant où conduisent la mauvaise foi et le besoin de chercher à excuser des fautes inexcusables.
- Donc, pour ces gens-là, le déficit croissant du budget et la diminution du crédit de l’Etat, l’accroissement des charges publiques et l'augmentation du prix des choses nécessaires à la vie sont autant de preuves de la prospérité d’un pays.
- On se demande, en présence d’une telle énormité, si ceux qui osent la soutenir ont leur bon sens, s’ils ne sont pas frappés de démence.
- Cette doctrine erronée, menteuse, est celle que soutenaient, à la tribune et dans les journaux, les hommes d’affaires du gouvernement impérial. On peut, aujourd’hui, la juger par ses résultats.
- C’est la doctrine contraire qui est la bonne, la vraie doctrine économique.
- Vivre mieux et à meilleur marché, payer de, moins lourds budgets et le moins d’impôts possible, voilà le véritable progrès, la pierre de touche de la richesse et de la prospérité d’une nation. _
- Les hommes de gouvernement et les écrivains qui soutiennent que l’élévation du prix des produits et du taux des salaires est la preuve de l’accroissement de la richesse publique sont dans une grave erreur ; les faits leur donnent un formel démenti.
- Les choses de première nécessité, comme la nourriture, le logement, ont augmenté,, depuis 3o ans, de plus de 5o pour 100 et les salaires, ont éprouvé une progression à peu près égale ; ainsi, la journée d’ouvrier qui était en moyenne de 5 francs, en 1861, est aujourd’hui de 7 fr. 5o à 8 francs. Eh bien ! cependant, la vie est-elle plus facile pour le travailleur et le pays est-il plus riche ?
- Non, n’est-ce pas, puisque la dette publique s’est accrue dans des proportions inquiétantes , puisque les budgets sont en déficit, bien que les impôts aient été augmentés, puisque la misère est partout. Les plaintes et les cris de détresse qui s’élèvent de toutes parts, de la chaumière du paysan et de la mansarde de l’ouvrier des villes, du comptoir du cofnmerçant et de l’usine du fabricant, sont une réponse sans réplique aux affirmations fantaisistes de ces charlatans.
- Nous avons plus de peine à vivre qu’il y a 5o ans, parce que tout est plus cher. Cependant c’est le contraire qui aurait dû se produire, car des progrès immenses ont été réalisés en agriculture et dans toutes les branches de l’industrie. Non seulement la production s’est accrue, mais les transports qui autrefois exigeaient un temps considérable se font aujourd’hui à l’aide de la vapeur, avec une merveilleuse rapidité.
- Toutes ces améliorations auraient dû avoir pour conséquence de faire baisser le prix des objets de consommation et d’augmenter le bien-être de tous les citoyens et la richesse nationale.
- Au lieu de cela, nous nous sommes appauvris et le spectre de la misère est venu s’asseoir au foyer de la classe la plus nombreuse de la société., tandis qu’en haut lieu, on se chuchote à l’oreille le mot sinistre de banqueroute.
- Nous aurions tort de rejeter sur.le hasard la responsabilité de cette douloureuse situation.
- Elle est notre fait, le résultat de.nos fautes, de notre ignorance , de notre mauvais vouloir, de notre amour invétéré de la routine.
- Avant de détruire, par la conclusion de traités libre-échangistes, les barrières commerciales qui
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 12 Juillet i885. ^227.-
- nous mettaient à l’abri de la concurrence étrangère, il y:ût fallu commencer par nous donner à nous-mêmes la liberté commerciale, à l’intérieur, en supprimant les entraves et les charges de toutes sortes qui paralysent l’essor de notre industrie et sont nuisibles aux intérêts du producteur comme à ceux du-consommateur.
- II.eût fallu abolir une foule de monopoles dont l’unique résultat est d’engraisser quelques privi-légiéspuix dépens de la richesse publique et du bien-être général.
- Il eût fallu entreprendre des travaux utiles, productifs et non des travaux d’agrément, d’inutilité publique, qui coûtent fort cher et ne rapportent rien à l’Etat.
- ^ , Si un cultivateur, au lieu d’employer son capital à améliorer ses terres et son outillage, le consacrait à e.mbellir sa demeure, à l’ornementer d’objets d’art, il est bien évident non seulement que-son revenu diminuerait , mais qu’il aboutirait fatalement à la ruine. Eh bien ! ce qui est vrai pour un individu l’est également pour une nation. Les mêmes causes doivent nécessairement produire les mêmes résultats.
- En enlevant aux campagnes des milliers d’ouvriers, en les attirant dans les villes par l’appât d’un salaire plus élevé, pour exécuter des travaux de luxe , non seulement on a porté à l’agriculture un coup fatal, mais on a, sans s’en douter, semé le germe de la crise économique et sociale dont nous subissons, en ce moment, les premières atteintes et qui ira se développant de plus en plus si l’on n’y porte remède.
- Ce n’est pas chose facile que d’arrêter le courant qui dépeuple les campagnes et de démontrer aux ouvriers qu’ils ont tout intérêt à rester aux champs parce que la vie y est plus facile, plus calme et plus heureuse. Il faut compter avec les passions et les besoins que le séjour des villes a éveillés dans leurs âmes et avec les habitudes qu’il y ont contractées. Il ne faut pas oublier non plus que la ville exerce sur l’homme- des champs une sorte d’attraction instinctive. En voyant ces palais, ces hôtels, tout ce luxe extérieur qui contraste si fort avec sa modeste chaumière et ses vêtements grossiers, il croit volontiers que ceux qui habitent ces maisons à plusieurs étages et qui parcourent ces rues soigneusement alignées au cordeau sont tous heureux ; qu’il n’y a parmi eux ni des travailleurs qui succombent sous le poids du labeur quotidien, ni des misérables, esclaves du froid, de la misère et de la faim.
- On parle de la liberté du travail et de la faculté qui est accordée à tous d’arriver au bien-être et à la fortune.
- Mais est-il libre de mettre son existence à l’abri de. la misère, celui qui gagne à peine, par un travail opiniâtre, de quoi vivre au jour le jour?
- Est-il libre de former son coeur et son intelligence par l’instruction, l’enfant du pauvre qui, au lieu de fréquenter l’école, est obligé d’aller respirer les miasmes morbides de l’usine pour grossir de quelques sous le salaire de ses parents ?
- Est-elle libre de rester honnête et chaste, la jeune fille du pauvre que le manque d’ouvrage réduit à. la cruelle extrémité de choisir entre le suicide ou la prostitution ?
- Est-ce qu’une pareille liberté n’est pas la pire des tyrannies ?
- (A suivre.) E. Mansuy.
- LES LIVRES
- XV
- Les Tubéreuses. — Heures intimes. — Sonnets pour Nina.
- Poèmes. Composition de José Silbert, par Georges de Lys.
- Paris, E. Giraud et Cie, éditeurs, rue Drouot, 18.
- Nous n’avons pas encore présenté à nos lecteurs de volumes devers. Ils peuvent compter sur notre discrétion à cet égard. La poésie est une forme littéraire supérieure qui ne supporte pas la médiocrité'. La langue des dieux n’est pas faite pour être qstropiée par les hommes. Une dizaine d’hommes, par siècle, trouvent moyen de se faire entendre dans cet idiome choisi, réservé à l’élite de leurs contemporains, et de donner une voix immortelle-aux regrets, aux espérances, aux aspirations vers l’idéal, des générations qui se succèdent et se survivent dans ces chants. Comptez depuis 1880: Béranger, Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Barbier, Brizeux, et de nos jours : Bouilhet, Coppée, Sully-Prudhomme, Soularv, Laprade, Lecomte de l’Isle.
- Admirateurs des beaux vers, nous serions volontiers partisan d’une loi renouvelée de celle de Sparte, qui ferait briser parla hache de 1 éphore, sur la place publique, les lyres des vaincus du concours, public. Les faiseurs de mauvais vers sont des fléaux. Leur maladresse touche à l’impiété. Leur présomption est sans excuse. Que quiconque, comme en Espagne, rate sa sérénade, ait sa guitare brisée sur le dos, et rentre à jamais dans la prose, ou, mieux encore, dans le silence. Qu’il y ait une bandoulière jaune pour les mauvais poètes comme autrefois pour les mauvais soldats. On le voit, nous avons le dilettantisme féroce. Comme à La Fontaine, il nous faut du nouveau, n’en fût-il plus au monde. Soyez plutôt maçon si
- c’est votre métier, mais point de fausses vocations, d’illusions téméraires, de décevantes promesses'. O vous, qui vous flattez d’avoir reçu du cieh l’influence secrète,.fournissez par le talent la preuve que votre privilège n’est pas usurpé ; donnez aux sentiments qui forment le fond de la poésie, une forme impeccable, une expression nouvelle,, un cri qui nous prenne aux entrailles, ou ne vous mêlez pas de - monter Pégase et de le conduire comme un cheval emprunté au manège pour vous élancer vers le sublime et tomber dans le ridicule.
- Cette sincérité de la vocation, cette note originale, personnelle, qui fait dire au lecteur en frappant- sur- un livre comme André Chénier frappant sur son front: « Il y a quelque chose là,.» cette espérance en fleurs des fruits d’un avenir littéraire sans banalité, nous croyons les avoir trouvés dans ce volume des Tubéreuses, dont le parfum est subtil, pénétrant, capiteux comme celui d’une fleur d’oranger détournée de sa destination, et qui ne serait pas vertueuse. Car il faut bien dire le mot. Les vers de Georges de Lys ne sont pas des vers de rosiérat et il ne faudrait pas les égarer dans un pensionnat" de demoiselles ; ils y feraient trop de ravages.' L’inspiration du présent volume est toute don-juanesque. L’odor di feminay règne en souveraine. Si on a dit de certains ouvrages qu’ils manquent de femmes, on n’adressera pas un tel reproche à celui-là. La femme y est peinte sans voiles, au physique et au moral, par un artiste pour qui l’art est tout et qui a l’impudeur systématique des statuaires. Les nudités ne lui font pas peur. Et si les choses qu’il nous dit n’étaient pas dites en vers, en beaux et bons vers, d’un raffiné élevé à l’école de Ronsard et d’André Chénier, elles seraient en prose terriblement schoking.
- Cachez, cachez ce sein que je ne saurais voir
- Et Tartufe n’aurait pas assez de mouchoirs pour les cacher, ces appas indiscrets qui se montrent à tout propos dans ces poésies de volupté, ces tableaux de passion sensuelle où toutes les ressources de l’art ne sont pas de trop pour consoler les révoltes de la pudeur. Mais que voulez-vous? L’auteur est jeune, il ennoblit, à courtiser la Muse, les loisirs d’une garnison du Midi. Le jeune officier est en poésie, avec un bien riche accent lyrique ou élégiaque, et avec un bien autre coup d’aile et coup de bec, de l’école des chevalier Bertin, des Parny. Il a un Ronsard dans son sac de campagne. Ce n’est pas Plutarque que Mmc Roland, encore Manon Phlipon lisait à l’église, ce n’est pas la Bible qu’Alfredde Vigny lisait sous la tente, qui sont ses livres de chevet. D’un caractère chevaleresque, il a dans l’esprit plus de tempérament que de roman. Ce n’est pas un solitaire de la Tour d’ivoire comme Vigny, ce n’est pas un byro-niern comme Paul de Molènes. Dans le roman, car il fera son roman, il sera plutôt énergique et dramatique comme Rivière, que mélancolique et humoriste comme Viaud. Son rire sonne franc entre deux lèvres qui aiment à mordre à la grappe de vie. C’est un voluptueux d’idées, un raffiné de mots. 11 ronsardise et rabelaise volontiers. Il n’y a de larmes dans ses vers que celles de la passion, bien vite séchées. 11 nous promet pour bientôt un recueil de vers tout différents. Nous verrons ce que sera cette campagne vers l’idéal, ce voyage dans le bleu. En attendant, il y a dans ce volume beaucoup de talent, beaucoup d’esprit, une intensité singulière, forte, mâle et sobre dans le sentiment (d’où le prince de Ligne tirait le mot de senti-mentaire, qui, comme l’accompagnement de la sérénade'de don Juan, a quelque chose d’ironique) et dans l’expression; Nous aurions bien des vers, sinon bien des pièces entières à citer, pour donner au public une idée de ce nouveau venu, qui n’est pas du tout le premier venu. Mais la place nous manque. Et puis, nous l’avons dit, les nudités peuvent être artistiques sans être chastes. Clodion et Fra-gonard sont parfois d’admirables artistes. Mais ils n’ont rien de chaste. Il faudrait trop de feuilles de vigne. La Révolte de la femme, le poème qui clôt le volume, n’en a pas besoin. Il y a là une idée neuve vigoureusement rendue. A ce seul morceau, on reconnaît qu’on a affaire à un poète. Il vaut brevet de maîtrise. Signalons-le aux lecteurs et aux critiques, s’il en est encore pour les vers. En finissant, disons que le livre est imprimé et illustré comme il convient à ces recueils de poésie qui doivent offrir tous les attraits, et ajouter les voluptés des yeux à celles de l’esprit.
- M. de Lescure.
- VARIÉTÉS
- Nous avons donné clans le dernier numéro du Moniteur le premier article que notre confrère M. Maurice Talmeyr a publié dans le ‘Rappel.
- Voici le deuxième article.
- ILE CENTENAIRE
- Un grand bruit, cependant, un bruit ronflant de
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- 228. — Première Année. — N° 28.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 12 Juillet
- vapeur et de fer, martelé de chocs et de saccades, plane et semble pleuvoir sur ces résurrections pittoresques, et une galerie énorme, en effet, s’ouvre tout contre, parallèle et contiguë, pleine à perte de vue et d’ouïe du roulement des machines et du tapage des métiers. Sous la nef centrale, d’une hauteur de cathédrale, les moteurs, tournant leurs roues, dévidant leurs courroies fuyantes, tordant leurs bielles nues, tout suant d’eau et d’huile dans leurs haillons d’étoupe, font leur besogne de colosses, et autour d’eux travaille, chante, crie, le fourmillement des cent mille industries. C’est un tas de chiffons qui se transforment en pâte. Suivez, c’est du papier. Prenez, c’est un journal. Et voici un mouton vivant! Une machine le tond, voilà sa laine. Puis, cette laine est lavée, filée, tissée, teinte. Suivez, une machine taille; suivez, une machine la coud. Voyez, le mouton est là. Prenez, c’est un veston. Là, tous les métiers grouillent, trépidants, innombrables, groupés et se suivant dans l’ordre des genèses industrielles.
- Au delà, quand vous vous retrouvez à l’air, vous apercevez la limite qui, de ce côté, enfin, forme l’enceinte. Mais une large bande de pelouse, où stationnent et s’essaient des matériels de chemins de fer, se déroule encore le long de la galerie, et borde le Centenaire de son ruban d’herbe et d’espace.
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- Derrière la ligne des statues où se reconnaissent, dans l’avenue d’honneur, Franklin, Rembrandt et Galilée, des parcs, des jardins, des perspectives tièdes et vertes s’ouvrent aussi, du côté étranger, répétant celles qu’on aperçoit en France, derrière Diderot, Rabelais et Claude Lorrain. Là, seulement, les paysages se succèdent de zone à zone, véritables tableaux de féerie; les flores et les climats changent, comme par des chutes de toiles successives. Ici, on prend le café à la porte des casbahs, et quelques pas plus loin on prend le thé à la porte des pagodes. Voilà les marchands noirs qui vendent, sous des palmiers, des flacons d’essence et des fruits pustuleux; puis, la morbidesse moite des bocages équatoriaux, les tapis de graini-nations charnues qu’étoilent les fleurs fabuleuses, les ombrages mouillés de fougères chaudes où le soleil flotte en tamisements d’émeraude sur les pluies de follicules des amarillydées, et dans lesquels se tordent des troncs poilus et noirs comme des hommes des bois pris aux pieds par les lianes, et que la terre en folie aurait changés en arbres.
- Autres décors ! C’est l’Angleterre, ses pelouses froides, ses bars servis par des misses coiffées à la garçon. La Suisse : un monticule, où des sapins s’effrangent, protège un chalet où montent de's liserons et où les filles d’Uri, de l’Oberland ou du Valais vous servent de l’yvorus. La Hollande : ses abris d’impeccable verdure, et ses petites maisons vernies comme des carrosses. La Russie : un chant d’orgue, sous bois, sort d’un chalet de bouleaux; des tables sont devant, on boit, une vierge peinte est au-dessus de la porte; des mou-jicks vont et viennent avec leurs chevaux plats, et longs, leurs blouses de soie bleue, leurs ceintures rouges ; le champagne mousse, les bouchons sautent, et l’orgue, enflant les sons, joue dans le cabaret. Mais les tableaux se renouvellent toujours, et les fraîches villas lacustres, les murmures nerveux des orchestres, les bercements haletants des valses, les servantes blondes, annoncent le Danube. Des cirques de roseaux où se lavent des canards et où dorment des grues forment des bagues d’eau sous les trembles ; le houblon et la vigne grimpent aux maisonnettes ; des Gotchevers vous vendent des pastèques; des filles en bottes molles vous versent du melwick et du ménési. On ne sait plus au juste si on est allemand, italien ou slave, au milieu des ormes et des caroubiers, aux élans des mazourkes que des Tziganes saccadent sous les saules, au bruit de la bière bue sous les olivettes.
- Ces jardins passés, l’étranger déroule l’ensemble de son exposition et en distribue le détail, suivant un ordre où se répète, en se réduisant, l’ordre français. Nous retrouvons, derrière le parc, avec la même splendeur de développement et la même richesse d’architecture, trois vastes palais alignés, où se succèdent, par zones transversales correspondant aux divisions du parc, les arts, les sciences et le commerce, de l’Afrique et de l’Asie, de l’Amérique, de l’Europe. Les produits britanniques, indiens, portugais, japonais, danois, les œuvres venues des pays de Rembrandt, de Michel- ' Ange et de Velasquez, les expériences tentées chez Poggendorf, chez Boda, chez Edison, se montrent, s’entassent, se jugent, sous cette blanche suite d’édifices, où rien n’est oublié, où tout se vend, s’exhibe, depuis le jambon d’York, débité par tranches, jusqu’au héros de médecine de Boston ou de Washington qui a commencé le jeûne de Tanner et qui s’expose dans une petite salle, mourant sur son lit de famine... Et plus loin, comme nous ressortons, voici encore, dans une rue, _ un fouillis étrange et fossile, un quartier pareil à celui que nous avons déjà vu, mais plus heurté, plus touffu, plus bizarre encore.
- Ce n’est plus seulement l’histoire de l’habitation
- en France, c’est l’histoire de l’habitation dans l’univers entier, et une cohue de façades, de tours et de portails prolonge au loin sa perspective fantastique : des huttes d’Esquimaux, des grottes de Troglodytes; puis, un burg du Rhin, borgne et très haut, avec ses fenêtres en œil, sa porte en gueule, sa huppe de poivrières; puis, des fermes de Suède, des cabanes de Norwège, et l’hôtel de ville d’une commune de Flandre, déchiqueté, noir, rappelant les rochers ouvragés par la mer. Ici, vous pouvez descendre dans les caves de Berne, monter dans la tour de Bruges, venir, à la maison pompéienne, vous rafraîchir dans l’atrium, aller, à l’Alhambra, voir la salle des Abencérages, et vous glisser en baissant la tête sous les pyramides blanches des cahutes magyares et sous les coupoles basses des ermites d’Afrique. Voilà la ruine terreuse de la Porta-Nigra, les dorures cuites, les émaux halés de Sainte-Sophie, et les fenêtres oblongues, les pignons à gradins du Rœmer. Là, dans quelques mois, nous louerons, à notre gré, un palais florentin ou un palais russe, et nous prendrons vue, selon nos goûts, dans une maison de Lubeck ou dans une maison de Pékin, sur le Holstheintor ou sur le palais d’Été.
- Le fracas et le fourmillement de mille métiers savants ou primitifs, de cent populations et de cent latitudes, vit et retentit, cependant, auprès de nous, dans cette grande galerie voisine qui s’allonge, nous montrant les toiles de Biclefeld, les cheviotes, les malines, puis les travaux sauvages, les tapis du Caucase, les nattes, les poteries océaniennes, et tout au bout, enfin, sur le ruban des pelouses où l’enceinte se termine aussi de ce côté, on peut voir également tout le musée de la locomotion étrangère et toute la multitude bizarre des véhicules exotiques.
- * 4
- Pour parcourir ainsi le cycle du Centenaire, il aura fallu tout un jour.
- Au retour, dans l’avenue d’honneur, au milieu de la foule qui afflue toujours, vous serez encore attiré, pourtant, par ce que vous verrez de grandiose, et par ce que vous devinerez d’immense devant vous.
- Ce palais monstrueux, dont l’ombre, à cette heure, couvre la plaine, c’est le palais du Travail. Une chute d’eau tonnante, qui croule de son soubassement, lui fait un perron d’écume, et, dominant l’avalanche que vomit une coquille large comme un boulevard, une hiérarchie de groupes et de statues de marbre blanc se détache sur un fond de verdures aquatiques. La France, d’un côté, s’appuie sur l’Océan, de l’autre sur la Méditerranée, et règne sur un groupement de fleuves tributaires, d’où le torrent s’échappe, retentit, tourbillonne, coule, et pleut, à deux cents mètres, en buées, en fraîcheurs flottantes, enserré dans la corbeille de rampes arrondies qui remontent vers le monument.
- De la terrasse où se dresse l’édifice, le spectacle s’étend encore. La tour, maintenant, semble être devant nous. Un lac immense reflète le couchant, un port peuplé de navires, de mâts, de pavillons, une rade où des voiles courent et où s’effacent des sillages. Voilà les navires de toutes les eaux, les carènes de tous les temps, la galère et la torpille, le brûlot et la canonnière, la pirogue et le paquebot, le berceau de Moïse et les périssoires des canotiers; les hauts-bords, les steamers, les vaisseaux-forteresses que montaient Ruyter et Jean-Bart, les vaisseaux-palais que peignait Rubens, les cuirassés de Dupetit-Thouars, les galiottes, les tartanes, les ourques, les baleinières, les barques-ventres du Zuyderzée, . les barques-flèches des Marquises, les gondoles des guitaristes, les bateaux-salons et les bateaux-chaumières, les yachts des riches, les coques des pauvres, les trois-mâts, les nacelles, les gréements des monstres et les antennes des insectes ! Les fumées, les mâtures, les vergues, les cordages, déploient, sous le jour qui baisse, le fourmillement de leur forêt dormante.
- Le soleil, en effet, décline, et le palais au milieu du lac est si haut, que la forêt des mâts a l’air, autour de lui, d’une forêt de roseaux. Des collines environnantes, il doit nous apparaître, au milieu du Centenaire, comme un lion couché parmi des os. D’en- bas, il se développe, énorme et sculptural, sur l’estrade d’écumes que lui fait la cascade, étalant des ailes, et régnant sur le lac. Sa façade, au centre, se pousse en un avant-corps où s’ouvre un porche colossal, qu’encadrent, en retrait, deux tours octogones. Au-dessus du porche et des tours, en arrière, s’élance, d’un cirque aérien de portique et des colonnes, un effrayant dôme de verre. Partout, dans la façade, dans" les ailes, d’innombrables baies, et autant de rosaces, ajourent l’édifice. L’arc du porche se courbe sur un vitrail immense, tombe, vers le bas, à une terrasse qu’il ombrage, et sous laquelle s’arquent, à leur tour, cinq vastes baies d’accès perdues dans la baie triomphale. Les mosaïques circulent dans les frises, serpentent dans les panneaux montants, nimbent les cintres. Des lambrequins retombent aux intérieurs, dans les perspectives des fenêtres; les grands pilastres plats, veinés de céramiques, montrent assises à leurs pieds des statues de bronze vert, des palmes d’or aux mains.
- Le palais tout entier, de baie en baie, de cintre en cintre, de colonne en colonne, monte, d’élans en élans, emporté dans un fracas de jour, dans un resplendissement des vitres. Ce dôme, qui a pour cariatides les neiges hurlantes d’un Niagara, s’élève à cent quatre-vingt-cinq mètres de haut; les colonnes et les baies du cirque qui le portent en ont trente, les statues ailées qui le surmontent, dressées sur leurs piédestaux, tendent des couronnes de trois mètres; les renommées qui volent, le bout du pied sur des globes qui roulent, aux sommets des deux pavillons octogones, sonnent dans des trompettes de six mètres, et l’Arc de l’Etoile, avec les chevaux cabrés qui le couronnent, pourrait passer sous le porche d’honneur.
- A travers les buées et les tonnerres des eaux, la foule, dans l’avenue, contemple avec épouvante; mais il est tard, et le palais commence à grandir encore dans le soir. Les émaux des frises et des cintres s’éteignent, les reliefs se noient, la nuit tombera bientôt... Cependant, on gravit les rampes, on marche, nous entrons.
- Dans l’édifice, nous regardons, saisis... Sous l’abîme du jour béant dans les hauteurs, une tige vertigineuse, la tige d’un incalculable pendule, semble pendre des nues, et balance, sur le sol, au mouvement de la terre, son disque formidable. Puis, nous levons la tête, et dans la rondeur transparente d’un dôme constellé simulant le grand balancier qui se balance du pôle, au-dessus de nous, là-haut, nous voyons les étoiles.
- *
- Les chefs-d’œuvre ont leur destinée. Que pouvait-il advenir de ce projet de Centenaire énorme et merveilleux, de cette originale et magnifique épopée de science, d’art, d’histoire, d’architecture?
- Si insensé que cela paraisse, elle était peut-être réalisable. Le temps ? nous avions cinq ans. Les ouvriers ? nous résolvions la question sociale par une carnpagne de colonisation à l’intérieur. L’argent? l’Etat, par une entreprise de cette portée et de ce caractère, pouvait, avec sagesse, dépenser trente millions par an. L'industrie privée contribuait pour le reste. Les plans, les devis, les coupes, les dessins ? tout cet effrayant travail existe, fait et parfait, dans les volumineux cartons de son auteur, M. Charles Dévie, dont l’œuvre gigantesque, encore inconnue, attend le dernier mot du ministre du commerce.
- Selon toute vraisemblance, les décisions déjà prises condamnent ce grand projet à demeurer un projet. Rien n’y disparaissait des constructions après les fêtes, et une ville nouvelle, avec sa vie et ses organes propres, naissait véritablement du Centenaire. — On ne donnera donc pas ainsi une jeune sœur, ou plutôt une fille, à Paris; la plaine de Courbevoie restera un désert, les palais n’y fleuriront pas des carrières, les jardins n’y pousseront pas du sol.
- Toutefois, les seuls poètes ne sont pas ceux qui font des vers, ceux aux regards de qui, dans l’ensoleillement des rimes, s’étagent des cités lyriques, et cette conception d’une cité réelle élevée en commémoration d’un anniversaire méritait de laisser, au moins comme poème, sa vision à quelques lecteurs. Si des raisons, s’opposent à ce qu’on exécute ce monumental opéra de pierre, d’ondes et de frondaisons, nous aurons au moins fait pour lui ce qu’on fait pour le chef-d’œuvre qu’aucun directeur ne consent à monter, nous aurons conservé la partition. Nous n’aboutirons pas à une représentation, mais nous aurons sauvé le manuscrit.
- Maurice Talmeyr.
- AVIS COMMERCIAUX
- CHINE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS
- Le vice-consul de France à Fou Tchéou a fait parvenir une nouvelle série d’échantillons composée de fleurs artificielles, tourteaux’ de haricots et de graines de thé, bois divers, écorce de prunier, graines de nénuphar, letchis, oranges confites, prunes confites et sèches, dattes noires, rouges et sucrées, louneganes, kak ou parsimons, écorce de courge, vermicelles, olives fraîches, sucrées et salées, châtaignes d’eau, amandes douces, huile de bois de sésame et de thé , vins de Kaolian , d’Outcha-pi et de Ko-Koune, poils de porc, noir de fumée et safran.
- Cette collection, ainsi que les renseignements qui s’y rapportent, sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain (direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. ïï. AtlltAL’LT et C'6, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 19 Juillet 1885.
- NUMÉRO 29.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle : Chambre des députés; Rapport; Exposition d'Anvers; 2. L’Exposition d’Anvers: Lettre de notre correspondant ; il. L’Exposition de Buda-Pesth ; 4. L’Exposition de Beauvais; 5. Les Concours régionaux agricoles en 188 5, 6. Échos; 7. La Question économique; 8. Les Livres; 9. Avis commerciaux ; 10. Histoire de la poste aux lettres; 11. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- PROJET DE LOI
- tendant à ouvrir au budget ordinaire du ministère du commerce, sur l’exercice i885, un crédit de 100,000 francs pour les études préparatoires des projets relatifs à l'exposition universeble DE 1889.
- (Renvoyé à la Commission du budget.)
- présenté au nom de.M. Jules GRÉVY, président de la République française, par M. Pierre LEGRAND, ministre du commerce, et par M. SADI-CARNOT, ministre des finances.
- EXPOSÉ DES MOTIFS Messieurs,
- Deux décrets du président de la République, insérés au Journal officiel à la date du 8 novembre 1884, ont décidé, sur un rapport du ministre du commerce, qu’une exposition universelle s’ouvrirait à Paris, le 5 mai 1889, et qu’une Commission consultative serait instituée pour étudier les moyens propres à donner à cette Exposition un éclat digne de la France et des nations qui répondront à son appel,
- Cette Commission avait reçu le mandat de rechercher et d’indiquer l’emplacement de l’Exposition de 1889, de- dresser le programme d’un avant-projet pouvant servir de base aux concours à ouvrir pour les constructions et de déterminer la part que devraient avoir l’action publique et l’action privée dans la formation du capital nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
- Au mois de mars 1885, la Commission consultative a, dans un rapport adressé au ministre du commerce et publié à l'Officiel, présenté le résultat de ses travaux.
- Mais les études préparatoires de cette Commission, faites avec les seules ressources du budget ordinaire du ministère du commerce, njont pas pu. être conduites assez loin pour qu’il fût, dès aujourd’hui, possible d’éclairer le Parlement sur le chiffre réel de la dépense que peut entraîner cette Exposition.
- Aussi le Gouvernement a-t-il pensé qu’il y avait lieu, pour compléter ces études, de demander aux Chambres un crédit dont il évalue, quant à présent, le montant à 100,000 francs.
- Ce crédit formerait un nouveau chapitre dans le budget ordinaire du département du commerce de l’exercice 1885, avec la désignation et le numéro suivants : Chapitre 48. Exposition universelle de i88q.
- Le projet de loi que nous avons 1 honneur de soumettre à votre approbation a pour objet la réalisation de cette mesure.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française Décrète : .
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présente à la Chambre des députés par le ministre du commerce et parle ministre des finances, qui sont
- chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article unique •
- Un crédit de cent mille francs (100,000 fr.) est ouvert au ministre du commerce, au titre du budget ordinaire de l’exercice 188h, pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889.
- Ce crédit formera un nouveau chapitre au budget de ce département sous la dénomination et le numéro suivants : Chapitre 48. Exposition universelle de 188g.
- Il sera pourvu à cette dépense au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 188 5.
- Fait à Paris, le 4 juillet i885.
- Le Président de la République française,
- Signé : Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le Ministre du commerce,
- Signé : Pierre Legrand.
- Le Ministre des finances, Signé: Sadi-Carnot.
- RAPPORT
- fait
- au nom de la commission du budget chargée d’examiner le projet de loi tendant à ouvrir au budget ordinaire du ministère du commerce sur l'exercice 1885, un crédit de 100,000 francs pour les études préparatoires des projets relatifs à /'Exposition universelle de 1889,
- . PAR M. PEYTRAL DÉPUTÉ Messieurs,
- Le Gouvernement a déposé sur le bureau de la Chambre, un projet de loi tendant à ouvrir au budjet ordinaire du ministère du commerce, sur l’exercice 1885 un crédit de 100,000 francs jiour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889; vous avez ordonné le renvoi de ce projet à la commission du budget.
- Le crédit demandé permettra la continuation des études préparatoires entreprises depuis plusieurs mois par une commission consultative qui fut instituée sous la présidence du ministre du commerce, dès que le décret du 8 novembre 1884 eût décidé qu’une exposition internationale s’ouvrirait à Paris le 5 mai 1889. Cette Commission avait reçu le mandat de rechercher et d’indiquer 1’emplacement de la future Exposition, de dresser le programme d’un avant-projet pouvant servir de base aux concours à ouvrir pour les constructions, et de déterminer la part que devraient avoir l’action publique et Faction privée dans la formation du capital nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
- Les travaux de la Commission consultative ont fait l’objet d’un rapport adresse au ministre du commerce, quel e Journal officiel a publié. Pour mener à bien son œuvre, la Commission n avait jusqu’ici d’autres ressources que celles que le ministre pouvait mettre à sa disposition sur le budget ordinaire de son département. Ces ressources devaient être forcément insuffisantes et le Gouvernement juge aujourd’hui nécessaire de demander aux Chambres un crédit de 100,000 francs.
- C’est en effet par l’achèvement des études poursuivies que nous pourrons connaître la portée financière de l’entreprise, que nous aurons l’indication du chiffre réel de la dépense que peut entraîner cette Exposition.
- Votre Commission est d’avis qu’il y a lieu de créer au budget ordinaire du ministère du commerce de l’exercice 1885, un chapitre 48. — Expo-
- sition universelle de 1889, — d’y affecter un crédit de 100,000 francs sur lequel doivent être imputées les dépenses delà Commission consultative.
- Nous avons, en conséquence, l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi suivant :
- PROJET DE LOI
- ARTICLE UNIQUE
- Un crédit de cent mille francs (100,000 fr.) est ouvert au ministre du commerce, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1885, pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889.
- Ce crédit formera un nouveau chapitre au budget de ce département sous la dénomination et le numéro suivants : Chapitre 48. Exposition universelle de 1889.
- Il sera pouivuà cette dépense au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l'exercice 188 5.
- EXPOSITION D’ANVERS
- RÉCOMPENSES
- OBTENUES AU
- CONCOURS HIPPIQUE INTERNATIONAL
- 1™ JOURNÉE
- Concours pour chevaux sauteurs
- 1e1' prix : Rattlé, à M. H. Van de Poele, monté par son propriétaire.
- 2e prix : Fox, à M. C. Moons, monté par M. Rouf-fiar.
- 3e prix : Velleda, a M. le chevalier Van Proet. 4e prix : N***, à M. Desmet, montés tous deux par leur propriétaire.
- Concours pour le plus beau cheval de selle
- T1’ prix: Favori, à M. Van den Abeele, monté par M. Deridder.
- 2e prix : N***, à MM. Franois et Brunard.
- 3e prix : Fox, à M. Canonne, monté par son propriétaire.
- 4° prix : Schaley, à M. G. Moeremans.
- Concours d’obstacles pour chevaux montés par un officier en tenue
- i“r prix : d’Artagnan.
- 2e prix : Fox.
- 3e prix : Rox.
- 4° prix : Dosia.
- Concours pour le plus bel attelage à deux chevaux
- ici- prix ; M. le comte Adhémar d’Oultremont. 2e prix : M. A. de Prêt Roose de Calesberg.
- 2e prix : M. F. Van den Abeele.
- Concours pour le plus bel attelage de poste iev prix : M. M. Mathieu de Bastogne.
- 2e prix : M. J. A. Schut.
- 3e prix : M. P. de Ruysscher.
- Concours pour le plus bel attelage attelé en flèche
- 1e1'prix: M. F. Van den Abeele.
- 2e prix : M. le priNce de Rubempré-Mérode.
- 3c prix : M. Ed. Paunvels.
- 2e JOURNÉE
- Concours pour le plus beau cheval trotteur monté
- !<;>• prix : M. A. Canonne.
- 2e prix : MM. François et Brunard.
- 3e prix: M. Osterrieth.
- 4e prix : MUc Cl. Janssens, (cheval monté par O’Lamarche).
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- 23o. — Première Année — N° 20 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 19 Juillet i885.
- E ;---------------:—i,-----:-----------i.----------------------------------
- Concours pour le plus beau cob monté
- i01'prix: M. Mathieu.
- 2'' prix :.MM. François et Brunard.
- 3e prix: M. H. de Smet.
- Concours pour chevaux de chasse montés par un gentleman
- icr prix: Neva, a M. Buchholzi>* "
- 2-'-' prix : Coiner, à M. Hoffman.,
- /3e prix: Sans Nom, à M. Th. Meeus.
- . 4e prix : Théodora, à M. R. Hoffmann.
- Les 4 chevaux montés par leur propriétaire':
- Concours pour le plus bel attelage à un cheval
- i,u' prix: M. H. df. VVitte.
- 2U prix : M. E. Van den Abeele.
- 3e prix : M. E. Moeremans. 1
- 4° prix : M. L. Van de Werve.
- Concours pour le plus bel attelage à deux chevaux (carrossiers).
- icl> prix : M. le baron (t. de Vinck.
- 21' prix: M. R. Mathieu.
- 3e prix: M.lejcomte A, Rkuskns.
- Concours pour le plus bel attelage à quatre chevaux
- i1'1' prix: M. Van den Abeele.
- 2e prix : M. A. de Prêt Roos-k de Calesberg.
- 3° prix: M. R. Mathieu.
- 4° prix : M. A. GeelhAnd.
- RÉCOMPENSES
- accordées aux
- CONCOURS D'ANIMAUX REPRODUCTEURS
- Race bovine
- RACE DURHAM SHORTH ORNED IMRROVED
- CATÉGORIE
- Taureaux ayant plus de six dents d’adultes
- iurs prix : MM. Paul Tiberghein, .à Manâge; de Villepin.
- 2e prix : M. le vicomte de Novelles, à Bien-decques (Pas-de-Calais).
- 3° prix : M. Jules IIavois, à Bauffe.
- 4e prix : Piers de Raveschoot, Olsene.
- 5e prix : M. Lionne-Leduc, à Sens-du-Nord.
- 6° prix : M. Duchateau, à Quevaucamps.
- 71‘ prix : M. Boyenval, à Neuville-Coppegueule (Somme).
- 2e CATÉGORIE
- Taureaux n’ayant pas plus de six dents d’adulte 1e1' prix : M. Paul Tiberghein.
- 2e prix : M. Jules Matthieu, àThourout.
- 3° prix : M. Dewonck-Valériane , à Gras-Avernas (Liège).
- 40 prix : M. Signoret, au Clos Ry, à Sermoise (Nièvre).
- 5e prix : M. Houstsaegher.
- 6° prix : M. Boyenval.
- Mentions honorables : M. Rousille, aux Croi-settes-Sury, M. Jamoigne ; M.. Lionne-Leduc ; M. Joseph Meunier, à Cour-sur-Heure.
- 3° CATÉGORIE Vaches de tout âge
- icl- prix : MM. Signoret, Devonck-Valeriane. 2e prix : M. Vandevoorde, à Ertvelde.
- 3e prix : M. Duchateau.
- 4e prix : M.. J.-B. Coosemans, à Grimbergen.
- 5° prix : M. Cajot-Rigot, à Hervé, fi®prix : M. le vicomte de Noyelles.
- 7e prix : M. le comte de Riocour, à, Bossu en Fagne.
- 8e prix : M. Paul Tiberghein.
- Mentions honorables m MM. Godin, à Mons ; M. Watour frères, à Remicourt. Médaille d’or et diplôme d’honneur, à M. DewonckValeriane, pour un lot de huit vaches de tout premier ordre.
- 4® CATÉGORIE
- Génisses n’ayant pas plus de six dents d'adulte
- icr prix : M. Signoret.
- 2e prix : M. Devvonck-Valériane.
- 3e prix : M. le comte de Riocour.
- 4® prix : M. Paul Tiberghein,
- 5° prix : M. le comte Van de Werve à Vors-selaer.
- (Ie prix : M. Bauduix, à la Haye (Pays-Bas).
- RACE CROISÉE DURHAM 5® CATÉGORIE
- Taureaux ayant plus de six dents d’adulte 1e1' prix : M. Hayois.
- 2e prix : Mmu veuve Berkinham-Wauters, à Montenaeken.
- 3e prix : M. le chevalier de Vrière, à Bloe-mendael.
- 4P prix : M. François Dewonck, à Montenaeken. 3e prix : M. Lionne-Leduc.
- *)° prix : M. Constandt, à Lisscveqhe.
- ' G®’ CATÉGORIE ~ 1 '
- Taureaux n’ayant pas plus de six dents d’adulte
- 1e1' prix : Mmo Ryckfwafsrt, à Coxyde.
- 2e prix : M. Pierre cGantiois, à Leysele.
- 3° prix : M. Louis Aernaudt, à Chistelles.
- 40 prix : Mm° Vande-Voorde.
- 5prix : M. Van-tLangenb-roeck -à AppeN terre.
- Mentions honorables : MM. Théodore Uyt-tkbroeck, à Eiixem; J. Jacmart, à Stree ; A. Cor- . xille., à Coxyde.'-- •
- 7“ CATÉGORIE
- Vaches de tout âge
- i1'1' prix : M. Philibert, à Florennes.
- 2l! prix : M:. Louis Bignon, à Theneuville-' (Allier |._
- 3P prix : M, Yves de Bi.auwe, à Lichtervelde.
- 4e prix : M. Charles Defever, à Essen.
- 3° prix-: M. F. Dewonck.
- 6° prix : MM. Wathour, frères.
- Mentions honorables : MM. Boyenval; T. Bec-quevoort, à Hedanges; Mme veuve Goossens-Stroobants, à Assche ; MM. H. Pary, à Strepv-Bracquegnies ; Godin, et P.-J. Jadoul, à Fresin.’
- 8° CATÉGORIE
- Génisses n’ayant pas pins de six dents d’adulte
- Ier prix : M. G. Henaion, à Gourdinne.
- 2° prix : M. Roberti, à Petit-Fresin.
- 3° prix : Mmo Vande-Voorde.
- 4° prix : M. Jadoul.
- 5e prix : Mmc Goossens-Stroobants.
- Mentions honorables : MM. Hayois, Persyn, à Olsene ; Mmes veuves Degauquier, à Montignies-lez-Lens ; Descfiutter, à Cappellen ; M. Heurion.
- RACE HOLLANDAISE
- 9e CATÉGORIE
- Taureaux ayant plus de six dents d’adulte
- i01' prix : M. Derboven, à Malines.
- 2e prix : M. H. P. Smidts, à Pietjerk (Pavs-Bas).
- 3° prix : M. Hunet-Cheval, à Estreux.
- 4<‘ prix : l’administration des taureaux, à Abbk-verk (Pays-Bas).
- 3e prix : M. Ba'kker, à Wieringenvaard (Pays-Bas)..
- 6° prix : M. J. Vander Loe, à Baambrugge (Pays-Bas).
- Mentions honorables : M. G. Kamer, à Haar-lemmermeer, et M. Blokker, à Wydewonner (Pays-Bas).
- 10® CATÉGORIE 1
- Taureaux n’ayant pas plus de six dents d’adulte
- ier prix : Mme veuve Degauquier.
- 2e prix : M. Barbou de Roosteren, à Roosterén (Pays-Bas).
- 3e prix : M. de Ru-Detilleux, à Heusy.
- 4e prix : M. Loumaye, à Vaux-Champagne.
- 5e prix : M. J. Wortel, à Beemster (Pays-Bas).
- 6e prix : M. H. P. Smidts, à . Fietjerk (Pays-Bas).
- Mentions honorables : M. Boonstra, à Huizum (Pays-Bas); M. le comte de Ribaucourt, à Perck.
- 11e CATÉGORIE
- Vaches de tout âge
- icr prix : M. Boonstra.
- 20 prix : M. P. Ellerbroeck, à Hoorn (Pavs-Bas).
- 3e prix : M. Barbou, de Roosteren.
- 4e prix : M. Michiels, à Malines.
- 5e prix : M. Teugels, à Malines.
- 6° prix : M. E. Tiers, à Roubaix.
- Mentions honorables : MM. Ellerbroeck; Deruyte, à Belcele; K.-N. Kuperus, à Marsum (Pays-Bas).
- i2° CATÉGORIE
- Génisses n’ayant pas plus de six dents d’adulte
- icr prix : M. Loumaye.
- 2° prix : M. Michiels.
- 3° prix : Mme veuve Degauquier.
- 4e prix : Mmc F. Teugels, à Malines.
- 5° prix : MM. Bal et CIe, à Anvers.
- Mentions honorables : M. Derboven, Mme la comtesse de Ribaucourt, à Perck; M™a veuve Degauquier.
- RACE FLAMANDE, DITE DE CASSEL
- i3° CATÉGORIE
- Taureaux ayant au moins deux dents d’adulte
- Ier prix : M. Lobbedez,à Steenvoorde.
- 2e prix : Mm® veuve Vandromme-Leynaert, à Westoutre.
- 3e prix : M. Duriez, à Bourbourg-Campagne.
- 4e prix : M. Bonduel-Cousinne, à Sainghin-en-Melantois.
- 5e prix : M. le vicomte de Noyelles.
- Mentions honorables : M. AIichiels, M. Bekakrt, à Gheluwe; M. Steyenoot, à Armbouts-Cappel.
- 14® CATEGORIE
- Animaux femelles ayant au moins deux dents-d’adulte
- ier prix : M. Jules Deblauwes, à Lichtervelde.
- 2e prix : M1110 veuve Van Dromme-Leynaert.
- 3e prix : M. Michiels.
- 40'prix: M,- Delanotteçà Rousbrugg-e. ~ —->•
- 5° prix : M. Déclémy-Boulanger, à Peuplin-gues.
- Mentions honorables : M. de Witte, à Wer-vicq;M. Duriez; M. le .vicomte de Noyelles.
- Diplôme d’honneur : M. Duriez, pour l’ensemble de son exposition de hôtes bovines de la. race de Gassel.
- (A suivre.)
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- (Lettre de notre correspondant particulier.)
- Anvers, 14 juillet. 1885
- C’est samedi dernier qu’a été inaugurée l’exposition des races bovine, ovine, porcine ét des. animaux de basse-cour.
- Il est bien regrettable que les mesures protectionnistes prises par les gouvernements anglais,, hollandais et allemand aient empêché les» éleveurs de ces trois pays de prendre part à ce nouveau concours qui, malgré ces abstentions fâcheuses, est des plus complets et des plus brillants.
- Ces trois gouvernements ont interdit (par crainte-des maladies !) l’entrée de tout animal de race bovine provenant de Belgique. Par suite, les éleveurs n’étant pas certains de vendre leurs animaux à Anvers et ne pouvant les ramener dans leur pays, ont renoncé à concourir..
- La France a des produits dans la plupart des catégories. La première liste des récompenses que-je vous envoie aujourd’hui montre qu’elle a remporté plus d’une victoire. Tous les journaux belges, sont d’accord pour reconnaître que ces récompenses sont parfaitement méritées.
- Idexposition renferme environ 200 représentants de la race hollandaise si renommée pour les qualités laitières. Malgré les mesures dont nous parlions plus haut, quelques éleveurs des Pays-Bas ont envoyé des spécimens de toute beauté.*
- Sur 17 prix accordés à cette race, les exposants français ont obtenu 2 prix pour leurs taureaux,
- 1 pris pour les vaches et enfin le 1e1’ prix pour les. génisses'!
- C’est dans la catégorie de la race flamande que les éleveurs français ont eu le plus de succès.
- Sur 5 prix accordés à cette race pour les taureaux, ils en ont remporté 4. L.es Belges ont eu la supériorité dans la catégorie des animaux femelles; ils ont obtenu 4 médailles tandis que les Français n’en ont eu qu’une seule.
- La race charolaise, qui est la meilleure race française, a eu un véritable succès. M. Bignon, qui est venu de l’Ailier avec quatre animaux, a eu tous ses sujets primés.
- La plus belle catégorie est celle de la race durham qui est la plus répandue et la plus appréciée en Belgique.
- Les départements de l’Aisne, de l'Eure-et-Loir et du Loiret ont envoyé des mérinos qui font l’admiration de tous les visiteurs.
- La race porcine occupe une place importante. Voici ce que dit à ce sujet Y Indépendance :
- «•La race porcine marque un progrès énorme. Darwin a bien raison lorsqu’il dit que toute race-est éminemment perfectible. L’homme est arrivé à supprimer dans le porc toute inutilité. D’ici à quelques années, nous aurons des verrats et des-truies dont tous les os seront diminués et dont les pattes mêmes n’existeront plus. »
- * ¥
- L’administration communale avait organisé le-dimanche 5 juillet un grand concours hippique-international qui a parfaitement réussi.
- Je vous envoie par le même courrier les résultats de ce concours qui a duré deux jours.
- (Voir la liste des récompenses à la partie officielle.) *
- * *
- Les Gongolais, qui sont décideraient un des clous-de l’exposition, ont été reçus la sêmaine dernière par le roi au château de Lacken.
- Le roi Massala et sa cour (!) avaient revêtu des costumes qui, sans réaliser l’idéal du goût européen, n’en dénotaient pas moins un progrès notable sur ceux de la première heure. On se rappelle que ces intéressants Africains étaient arrivés à Anvers dans un appareil des plus primitifs.
- Le roi Massala était coiffé de son inévitable chapeau mou en feutre gris que tout le monde connaît à Anvers, l^es représentants mâles de la suite, comme disent les Anglais, portaient des vestons en étoffe rouge, analogues aux vestons de nos zouaves ; les Congolaises, une sorte de robe en cachemire blanc, des bas rayés, blanc et rouge, et des souliers de. cuir; elles étaient coiffées de-chapeaux de paille de Bruxelles ornés de rubans
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- Première Année. — N° 2Q.
- '•rayés comme leur bas.1 Un magnifique foulard rouge à pois blancs s’étalaient sur le dos du tambourinaire. . :
- Les voyageurs ont semblé enchantés de leur voyage. Le chemin de fer les amusait énormément -et tout le long du trajet,- ils n’ont cessé de manifester leur contentement avec cette expansion naïve qui caractérise leur race.
- Arrivés à Schœrbeck, ils sont entrés un instant •dans la salle d’attente où ils ont été reçus par MM. Marchai, fonctionnaire des chemins de fer, et Reisse.pèrè, contrôleur général de la-liste civile. Puis ils ont pris place dans quatre voitures de remise envoyées à leur rencontre et qui les ont menés jusqu’au château de Lacken. Ils y sont restés deux heures environ et repartaient pour Anvers à 3 heures 80.
- ¥ ¥
- Le roi et la reine continuent à venir visiter l’exposition pour laquelle ils manifestent toujours le plus grand intérêt.
- Vendredi dernier Leurs Majestés y sont venues, accompagnées de l’archiduc Rodolphe, de la prin-•cesse Stéphanie et de la princesse Clémentine, et leur première visite a été pour l’Exposition des colonies françaises au pavillon cambodgien, où elles ont été reçues par M. Félix Faure, ancien sous-secrétaire d’État au département des colonies, et par les membres- de là commission française. _
- La famille royale s’est ensuite rendue au pavillon du Congo, dont les honneurs devaient leur être faits par Massala et son royal cortège. Mais le souverain africain n’a pas paru. La faute en a été, paraît-il, à une des dames de sa cour nègre qui n’avait pas pu achever sa toilette à temps. On voit que l’élément féminin de la smala conjolaise fait-de très grands progrès depuis son arrivée en Belgique.
- Après une courte visite au pavillon des colonies portugaises, et à la section russe, où l’effondrement partiel d’un, plancher sous les pieds des visiteurs a causé une certaine émotion, sans qu’on eût heureusement aucun accident à déplorer, l’effondrement n’étant que de quinze centimètres environ, le roi et sa suite ont passé quelques instants dans le salon de Sèvres. Là Massala et son royal cortège ont fait leur apparirion. Une des dames nègres alla à la reine avec une désinvolture tout africaine et lui tendit carrément la main; toutes ses compagnes l’ont imitée.
- Leurs Majestés et Leurs Altesses sont parties après cette entrevue royale dont nous n’exagérons pas l’importance politique, et une courte station à la section luxembourgeoise.
- Je dois vous signaler un fait qui s’est passé dimanche dernier et qui provient d’un malentendu entre le Comité de l’Exposition et quelques exposants français. ,
- 1 Les visiteurs si nombreux du dimanche ont trouvé dans la section française un grand nombre de vitrines fermées.
- Les exposants s’étaient mis en grève !
- Voici ce que l’on pouvait lire sur les étalages :
- « Fermé à cause du refus du comité belge d’ac-,« corder des cartes d’entrée pour le service des « vitrines. »
- Certains exposants ou plutôt certains représentants qui ont jusqu’à 3o ou 40 vitrines avaient dimanche plusieurs caries d’employés. Le Comité n’en avait voulu accorder qu’une. — C’est de là qu’est venu le conflit.
- Nous croyons qu’avec un peu de bonne volonté de la part d.u Comité, on finira par s.’entendre.
- C. T.
- L’EXPOSITION DE BUDA-PESTH
- Cette exposition qui fut ouverte le 2 mai dernier, au milieu d’une nombreuse et brillante assistance, a rappelé aux habitants de Buda-Pesth, le souvenir du couronnement du roi François-Joseph. Jamais, en effet, depuis 1867, ils n’avaient vu de fête pareille.
- Mise sous le haut patronage du fils meme de l’empereur d’Autriche, le prince Rodolphe, l’Exposition a été ouverte avec une solennité toute particulière.
- Dans cette première visite, nous ne nous occuperons que de. quatre pavillons, qui portent, en langue hongroise cette inscription : llàzi ipar csarnoh ; car bien que l’allemand soit généralement connu, le gouvernement a tenu à ce que toutes les indications fussent écrites en langue hongroise.
- Ces quatre pavillons sont :
- 1° Le pavillon de l’Industrie ménagère;
- 2° Le pavillon de Croatie-Slavonie;
- 3° Le pavillon de Bosnie et Herzégovine;
- LE .MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 4° Le pavillon de Serbie et .Bulgarie.
- Le pavillon de l’Industrie- ménagère a été ordonnancé par une femme, Mme Sawka Sou-botitch. . •
- ;, Mme Sawka Soubotitch est la femme du -littérateur .serbe Jean Soubotitch ; et nous ne savons qui nous devons complimenter le plus,'ou de l’administration intelligente qui l’a choisie, ou de la façon ingénieuse et toute féminine dont elle s’est acquittée de la tâche délicate que le gouvernement c-roato-slavonien lui avait confiée.
- Tous les objets exposés là sont fabriqués par les femmes des paysans serbes. Là-bas, la division du travail n’existe pas et les femmes, dans chaque famille, font tous les vêtements et toutes, les étoffes qui peuvent être nécessaires dans un ménage. Elles ne savent ni lire et écrire, mais elles composent elles-mêmes les dessins, variés à l’infini, quelles brodent, avec goût, sur les vêtements et les tentures. Non seulement les étoffes ont été filées et tissées de leurs mains, mais les Serbes préparent aussi les métiers, à tisser et les couleurs qui doivent enjoliver leurs productions.
- Le pavillon est tendu et décoré de tapis et d’étoffes ainsi fabriquées. Les menus objets sont rangés dans des vitrines.
- Il y a là plus de 2,500 tapis serbes dont chaque dessin diffère. Ce sont des dessins géométriques de nuances assorties1 avec art et qui rappellent les beaux tapis d’Orient. Plus de 60 articles différents concernant la toilette, tels que : chapeaux, mouchoirs brodés d’or, ou ornementés de broderies découpées, à jour, des ombrelles, etc. Près de 250 articles confectionnés, chemises, ceintures, robes de baptême, dessus de lit, couvertures, bonnets de linge et tabliers, et environ 200 différents tissus en pièce.
- En entrant, les yeux se portent d’abord sur les tapis, fabriqués par les paysannes de Syrmie. Il est impossible de ne pas les trouver magnifiques et de ne pas s’étonner que des paysannes puissent fabriquer de pareilles choses.
- Mme Soubotitch est là, jouissant du succès mérité de son exposition, surtout après toute la peine quelle s’était donnée pour développer l’industrie nationale, en cherchant à élever le tissu de la paysanne serbe àda hauteur des exigences modernes et en lui procurant en même temps un écoulement facile et productif.
- Il nous a été permis de voir en effet quelques échantillons de cette industrie. Nous avons vu des tapis, nous avons vu des étoffes, entre autres une qui sert à faire des chemises et qui est, paraît-il, de la mousseline de laine ; cela ressemble prodigieusement à du crêpe de Chine.
- Un journal serbe, donnant quelques conseils à ses compatriotes, désireux d’aller voir l’exposition de Buda-Pesth, les avertit charitablement de ne pas chercher à se restaurer dans l’enceinte même de l’Exposition, à cause de la cherté des vivres ; mais il les engage cependant, comme ils peuvent éprouver le besoin de se rafraîchir dans leur longueprome-nade, à aller voir le tonneau syrmien et à goûter du vin de Carlovitz. Ce tonneau, qui a une contenance de 74,000 litres, ne recèle dans ses lianes aucun liquide, mais, il abrite un restaurant tout entier, et c’est là que l’on peut déguster le fameux vin de Carlovitz. Ce vin provient d’une vigne qui aurait été plantée par l’empereur Probus, le fondateur de Mitrovitza, capitale de la Syrmie.
- SECTION DES ARTS DE LA SERBIE
- L’idée en revient tout entière au patriarche G-erman Andjelitch,qui,de ses propres deniers, a combiné cette partie de l’exposition serbe, en faisant venir de, tous les monastères qui sont sous sa .direction les objets anciens et
- Dimanche 19 Juillet 188L — 2'|i.
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- curieux de l’art serbe. Il y- a là des chipes couvertes d’or et de pierreries, des couronnes de princes et d’empereurs, des croix, I (les bagues, etc. 'fous ces bijoux en or remonjteiit peut-être jusqu’au xii° siècle. On y trouve aussi de très beaux triptyques et diptyques émaillés, enfin une foule de choses (fort curieuses et absolument inconnues, quej les moines gardaient précieusement loin de tout œil profane.
- Ils les gardent si bien que les ethnographes célèbres, Schafêrik et Kanitz, malgré les 'plus hautes protections,n’avaient jamais pu vaincre cette obstination. Les religieux;, les recevaient bien, leur donnaient même de leur meilleur et de leur plus vieux vin, mais cachaient soigneusement leurs trésors dans leurs paillasses.
- Enfin cette exposition des plus curieuses est certainement beaucoup plus riche 'que toutes les collections que l’on peut admirer dans les musées de Belgrade et de Zagreb.
- Louis Rabouhdjn.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- Conférence de M. Gustave Lefebvre
- LE GAZ ET L’ÉLECTBiCITÉ
- M. Gustave Lefebvre, .ingénieur de la Compagnie Parisienne,'a fait, samedi dernier, une conférence fort instructive sur l’éclairage au gaz.
- Il a d!abord rapidement èsquissé les divers systèmes d’éclairage à l’huile et à la graisse, employés par nos pères, c'est-à-dire les lanternes du lieutenant de police ,La Reynie en 1667, dans lesquelles on brûlait de la chandelle, et les réverbères à l’huile qui les remplacèrent en 1769.
- En. 1799, l’ingénieur Philippe Lebon inventa le gaz d’éclairage, et, ce qu’il y a de particulier, c’est que dans son brevet ce gaz était destiné non seulement à produire la lu.mièrc mais à donner la chaleur. C’est en 180 r que l’appareil de Lebon, le thermo-lampe, comme il; le nommait,. fut employé au chauffage et à l’éclairage de l’hote) Saignelay, rue Saint-Dominique. En 180L le malheureux Lebon mourait assassiné, en laissant à d’autres le soin de. perfectionner son invention. La première application du. gaz à l’éclairage public fut faite dans le passage des Panoramas en 1:817. E11 1819, il y avait dans les rues de Paris 18 lanternes à gaz, il y en a aujourd’hui 18,000!
- Le gazhe vend au mètre cube et se mesure;, par un compteur qui indique la quantité de la marchandise vendue; pour ce qui est de la qualité, elle est appréciée au moyen, d’instruments nommés photomètres. M.. Lefebvre a donné des explications précises pour faire comprendre le principe des photomètres et il ne pouvait penser à mettre sous les yeux de l’auditoire les instruments compliqués qui servent réellement pour apprécier la valeur éclairante, ce qui constitue une opération fort délicate. L’unité de lumière qui sert de comparaison est une lampe carcel,dont les dispositions ont été arrêtées par Dumas et Régnault et qui dépense 42, grammes d’huile à,l’heure, entonnant la lumière de 7 bougies de l’Etoile. _ :
- Le gaz ne produit pas toujours la même intensité lumineuse; il faut qu’il soit brûlé dans: des becs bien combinés et dans des'conditions particulières. C’est ainsi qu’avec des becs-bougiies il faut brûler au moins 200 litres de gaz par heure pour avoir la valeur lumineuse- de la lampe carcel tvpe. Avec un bec papillon à large fente, fonctionnant sous une faible pression du gaz, la consommation se réduit à 140 litres. Pour arriver à régulariser la pression du gaz, il est utile de munir les becs d’un appareil nommé rhéomètre ; c’est lui qui constitue le renflement que l’on remarque au-dessous des becs des lanternes publiques.. ‘
- L’emploi des becs à verre est bien préférable, puisqu’on peut se servir du bec d’Argand, qui permet de brûler le gaz plus complètement en donnant à la flamme la forme d’un cylindre creux en contact avec l’air en dedans comme en dehors, et avec ces sortes de brûleurs il suffit d'une dépense de io5 à 110 litres de gaz pour avoir l’intensité d’une lampe carcel.
- M. Lefebvre" a indiqué sommairement dans quelles conditions le gaz doit être brûlé pour donner des résultats économiques ; il a expliqué pourquoi un bec file. \
- Il a passé rapidement en revue les divers : brûleurs ou becs essayés depuis plusieurs années, les
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- Première Année. N° 29
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Juillet i 885.
- L’EXPOSITION DE
- 1823
- L’Exposition de 1823, dont le Moniteur de l'Exposition insère aujourd’hui une vue reproduite d apres une gravure du temps, était ordonnée par un décret du roi, en date du 20 février et s ouvrait au Louvre, le 25 août de la même année.
- Quatre ans seulement la séparaient de l’Exposition de 1819, et on doutait ce laps de temps lès court était suffisant pour qu’un perfectionnement sensible eût été apporté aux manufactures et aux produits de l’industrie nationale. C’était avec une sorte de défiance qu’on voyait procéder à l’installation des galeries qui devaient contenir les découvertes récentes, et la malveillance exploitait contre l’entreprise commencée les difficultés politiques du moment.
- La guerre d’Espagne, en effet, préoccupait tous les esprits, et les présages les plus pessimistes circulaient.
- On représentait les ateliers, comme abandonnés, les usines dans l’inaction. Le découragement et le dégoût avaient, dit-on, gagné toutes les classes de fabricants, si bien que, la panique se répandant, beaucoup en étaient arrivés à croire que le Gouvernement se verrait refuser le concours de la plupart des grands industriels dont l’Exposition de 1819 avait mis en lumière et les tentatives et les progrès.
- Qui est-ce qui parlait d’insuccès ? Qui est-ce qui parlait de ralentissement probable dans la curiosité publique ?
- Dans le Louvre ouvert à l’empressement des curieux, à l’examen des savants, à l’émulation des industriels et des artistes, la foule fut considérable, et même il semble que cette exposition, dédaignée à l’avance, excita, dès qu’elle fut organisée, un enthousiasme plus vif que ses devancières.
- C’est ainsi que par une nouveauté qu’il faut signaler, car elle est caractéristique, le théâtre de la Gaîté, le 30 septembre 1823, joue les Visites au Louvre, à-propos en un acte, mêlé de couplets et dont les auteurs sont MM. Philadelphie et Ludwig. La scène se passe sous la grande porte du Louvre, du côté de Saint-Ger-main-l’Auxerrois. Tour à tour, paraissent un capitaliste désappointé, un jeune mécanicien passionné pour les arts, un amateur enthousiaste de nos manufactures, un homme possédé de la fureur de tout perfectionner, un fat qui ne tolère que les fabriques étrangères, et tout ce monde-là, dans une intrigue un peu dépourvue d’intérêt,chante des couplets et célèbre la supériorité du génie français. Médiocre production dramatique si l’on veut ; n’empêche que ces Visites au Louvre ont un grand intérêt historique. Cette petite brochure est la />»-«.pVLeo do civcïonstaiica faite à propos d'une o;vpo.Sitioiï ; &nsu.lt& elle iiitlicxnc ti'&s 1 îcettoiJQonfc l"cSfcafc
- des esprits du moment tous préoccupés de la lutte commerciale avec l’Angleterre, tous acharnés à créer en France des produits capables de lutter avec les produits similaires venus de l’autre côté de la Manche
- Et ce n’est pas seulement dans les Visites au Louvre, c’est encore dans le journal la Panclore que l’on trouve la preuve de cette joie d’une nation devant son industrie triomphante. La Pandore, en rendant compte de l’Exposition, établit un dialogue entre un Français et un Anglais. L'Anglais se défend, ne trouve rien de bien, affecte de tout dédaigner et finalement . quoiqu’il se soit d’abord déclaré « inconvaincable », avoue son admiration et quel magnifique spectacle présente cette exposition de 1823, où tout le monde afflue, exposants et visiteurs.
- C’est par les soins du ministre de l’intérieur Corbière, aidé de M. le vicomte de Castelbajac, directeur du commerce, des arts et des manufactures , que l’Exposition était organisée.
- Elle occupait le premier étage du Louvre , le rez de-chaussée de la colonnade et emplissait cinquante-quatre salles. Malgré la dimension de l’emplacement qui, pour l’époque, est considéré comme très vaste, une quantité d’objets n’avaient pu être rangés dans des salles particulières, et une note spéciale du Catalogue fait savoir qu’on rencontrera les papiers peints les tapis et les lithographies « avec di vers produits, dans plusieurs salles où on les trouvera facilement ».
- L’encombrement était tel que plusieurs négociants , mécontents de l’étroit espace qui leur était attribué, se retiraient en protestant, et c’est ce que constate la Pandore quand elle insère en son n° 34 la conversation suivante :
- « Les dents de MM. Désirabode et Audibran devraient-elles figurer ailleurs qu’à la porte de leurs laboratoires ? Que pourra nous apprendre l’inspection de pareils produits qui ont leur petit mérite , sans doute, mais qui occupent un espace que devraient remplir les beaux tissus de M. Ternaux ou les belles étoffes deM. Depouilly. — Oui, mais la place qu’011 a donnée à ces manufacturiers célèbres n’est point en rapport avec l’importance de leurs travaux, aussi jaloux de prouver qu’ils n’ont point dégénéré de leur renommée, ils ont ouvert chez eux une exposition particulière. Chez M. Ternaux nous pourrons être admis tous les jours depuis deux heures jusqu’à six heures du soir, chez M. Depouilly, nous le serons aux mêmes heures ; ce manufacturier se fera un plaisir de nous adresser des cartes d’entrée et de nous inviter à voir son bel établissement de la rue de Paradis-Poissonnière, n° 30. »
- Ainsi, avec ses 1,648 exposants, l’exposition déborde, le Louvre est mal à l’aise, et, curiosité inconnue jusqu’alors, voilà que des expositions particulières s’organisent, appellent le public, et le public s’empresse au rendez-vous !
- Du reste, l’Exposition de 1823 semble sortir des spécialités absolument pratiques où s’étaient maintenues
- les précédentes expositions. Elle donne plus de rôle à l’élégance, plus de liberté à la fantaisie, et c’est le reproche que lui fait l’Anglais auquel la Pandore prête la parole.
- A son sens, « les mœurs élégantes accordent trop aux colifichets, les petits maîtres font encore trop peu de cas de ce que les bons esprits estiment avant tout, l’industrie au profit des dernières classes de la société. Voyez plutôt quelles boutiques attirent le plus de curieux ? Sont-ce ces expositions si intéressantes des lamineurs de cuivre et de zinc, les étalages des manufacturiers de tissus laineux, de draps communs, de toiles solides et à bon marché, les corbeilles de vos préparateurs de vivres incorruptibles ?
- « Non, mon ami, la masse des visiteurs se porte vers ces brillantes futilités que l’économie politique ne dédaigne pas, mais qu’elle place sagement après les produits favorables aux premiers besoins.
- « Ce qu’ils admirent, vos spectateurs émerveillés, ce sont les blondes de MM. Moreau frères, ce sont les strass, bijoux inventés pour la satisfaction du 1 ixe indigent ; ce sont les points de Chantilly, les cristaux, les bronzes, les pièces d’or et d'argent ciselées à grands frais ! Ce n’est pas qu’en faisant cette critique des affections de la plupart de vos compatriotes, je veuille déprécier les produits : tous me paraissent remarquables, mais je voudrais qu’on ne les fit pas prévaloir sur les choses d’utilité populaire. ».
- C’est l’exposition en raccourci que nous donne cette satire. Et tandis que l’Anglais se plaint de trop de futilité, voici, dans les Visites au Louise, le fat Saint-Elme lequel réclame, parce que, dit-il « il n’y a pas une seule découverte pour les élégants ». Il espérait y trouver « au moins des éperons harmoniques, une édition de poche de l’Encyclopédie, une cravache balsamique en pâte du sérail, un cabriolet éclairé par le gaz. Pour un amateur de billard il n’y a même pas un queue à procédé ». Quand il regarde, il ne trouve qu’un spectacle de cinq minutes et tout ce qui lui apparaît comme d’une nécessité absolue, ce sont « les bagues en fer qui guérissent des palpitations, les échelles en ficelle très agréables pour les amants, et les corsets élastiques de madame Mayer, qui donnent h nos belles une taille imperceptible ». Ce qui lui paraît
- £er-IAa\\c, ovx \.Y.jl\jC><*w ïtvoufe ï\A<î\,ixY\\»jL\j.<b, ^\\x\ OLÔ-ttYtycvve.
- à volonté, découverte précieuse pour les personnes sujettes à déménager incognito ». Mais il a beau rire Martin, son contradicteur enthousiaste, le convertit, et l’exposition glorifiée passe dans sa réplique : « N’admirez-vous pas ces meubles qui nous mettent dans la possibilité de nous passer des bois étrangers ! et Tes tableaux sur tous les métaux ! et ces planches de cuivre laminé, dont la dimension prodigieuse permettra à nos peintres célèbres d’y placer leurs ouvrages immortels ! Et les décors d,’architecture ! les travaux de l’imprimerie, les tissus dans lesquels
- nous utilisons la dépouille de tous les animaux , notre bijouterie d’acier, la mosaïque et les peintures sur velours ! » Et quand la toile tombe, Saint-Elme oublie son scepticisme et salue d’un couplet la vapeur, dont les applications commencent à faire bonne figure dans le monde.
- La vapeur fait moudre un moulin,
- Par elle un bateau file ;
- Je crois qu’en France dés demain Le vent est inutile.
- Le 24 octobre, le roi qui, à plusieurs reprises, avait visité la galerie du Louvre, le samedi, jour privilégié réservé à la famille royale, aux princes, aux ambassadeurs étrangers et interdit surtout aux rédacteurs de journaux ainsi que le relate la Pandore, le roi recevait en audience solennelle les exposants que le rapport du jury désignait comme méritant des récompenses et des encoura-megents. La distribution des médailles avait lieu le même jour, aux Tuileries, dans la salle du Trône. Ces récompenses étaient au nombre de cinq cents. Leur chiffre se décompose ainsi: Rappels de médailles d’or, 42. Médailles d’or, 70. Rappels de médailles d’argent, 60. Médailles d’argent, 162. Rappels de médailles de bronze , 22. Médailles de bronze, 244.
- La liste des principaux industriels honorés de distinction n’est pas de beaucoup différente de la liste de 1819. Il faut seulement remarquer que les maisons Ternaux et Depouilly, lesquelles avaient organisé des expositions particulières n’étaient cependant point exclues du concours. Elles figurent au contraire au premier rang, parmi les rappels de médailles d’or. L’Exposition de 1823 clôturait le 25 octobre, deux mois après son ouverture. Sa durée, déterminée par ordonnance royale, primitivement, ne devait pas dépasser un mois ; mais l'intérêt qu’elle excitait et l’affluence des visiteurs qu’elle attirait avaient décidé à une prolongation qui démontre bien quelle importance cette exposition avait prisedans l’espritdu public etdans les conseils du Gouvernement. Le journal la Pandore lui avait consacré six articles, et le Moniteur s’en était occupé dans vingt et un comptes rendus. Henry Céard.
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- becs Chassenot, Jobard, Sagey, etc... et les modifications du bec à air chaud du premier de ces constructeurs, opére'es.par M,. Lefebvre lui-même, permettant d'obtenir la valeur de la carcel avec 73 litres de gaz, de sorte que f on obtient une réduction de 5o p. 100 .en employant ce dernier bec au . lieu du bec papillon ordinaire brûlant à l’air libre. Pour ce qui est des becs à' grande puissance, destinés à. lutter avec.la lumière électrique, on a construit le bec intensif, dit du 4 Septembre, parce qu’il a été installé tout d’abord dans cette rue, pour lutter avec l’éclairage électrique de l’avenue de l’Opéra; il dépense de y5 à 80 litres de gaz par carcel, mais il exige une consommation totale de 1,400 litres à l’heure. Dans cet ordre d’idées on marcha très vite et l’on vit de nombreux systèmes, ceux de Sugy, Ulbich et Mesmer, Goelzer, Giroud, Gautier, etc... et enfin le bec Siemens qui ne dépense que 40 litres par carcel. Ce dernier 'brûleur, dans lequel l’air ambiant est porté à” une très haute température, ne refroidit pas la combustion ; mais il est très cher, très disgracieux.et fort délicat pour la mise en marche.
- Malheureusement tous ces becs exigent de grandes consommations de gaz et n’échappent pas aux. inconvénients de l’électricité, c’est-à-dire des lumières à grande intensité ; ils ne peuvent pas servir dans l’intérieur des appartements.
- M. Lefebvre n’a dit que quelques mots du bec Clamont qui, avec une consommation de 5oo litres, peut arriver à 28 litres de gaz par carcel. Mais ce système a bien des inconvénients et n’est pas encore tombé dans la pratique.
- Enfin, le conférencier nous a produit une nouveauté, le bec Wenham qui a été installé dans la. salle, et qui, avec une consommation de 400 litres de gaz, a la puissance éclairante de 12 carcels, c’est-à-dire 34 litres par carcel. Nous avons eu la primeur de cette découverte, car ce brûleur, essayé à Paris, ne l’a pas encore été en province. .
- En résumé, les progrès de l’éclairage au gaz consistent principalement dans le choix des brûleurs et les Compagnies de gaz doivent faire leurs efforts pour encourager les études qui sont faites à ce sujet. G’est le seul moyen qu’elles aient à employer pour lutter avantageusement contre la lumière électrique. Il s’agit seulement d’élairage, car ce qui fera longtemps l’avantage du gaz, c’est qu’il sert en même temps au chauffagè et à la production delà force motrice. L’électricité ne pourra jamais lui faire concurrencetpour le chauffage et les bonnes machines électriques donnant économiquement. et. pratiquement la force ne sont pas encore trouvées.
- M. Lebebvre n’a, parlé que très sommairement de la lumière électrique et il a dit, pour terminer, que le gaz et l’électricité, étant tous deux enfants jumeaux de la science et ayant chacun une voie distincte à parcourir, peuvent marcher parallèlement et sans se jalouser réciproquement.
- Le conférencier a été fort intéressant dans ses explications et il a su les donner simplement et clairement en éliminant les explications scientifiques trop compliquées et l’abus des expressions techniques. Aussi, tout le monde l’a-t-il compris et applaudi. Il doit, vers la fin du mois, donner une deuxième conférence sur la force et la chaleur par le ga\. Il fera venir et fonctionner une machine à gaz perfectionnée, ainsi que des types variés d’appareils culinaires, en indiquant le prix de revient de la cuisson de divers aliments.
- Les dames trouveront dans ces explications bien des données utiles pour l’emploi économique du gaz aux besoins domestiques. Ce sera une soirée intéressante pour les dames qui tiennent les cordons de la bourse et pour les messieurs qui la remplissent.
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- LES
- CONCOURS RÉGIONAUX AGRICOLES de FRANCE
- EN 1885
- Les assises de l’agriculture française, tenues pendant les mois de mai et juin dans les régions administratives qui partagent -le territoire rural, sont terminées ; Sétif en Algérie a clôturé pour cette année la listé de nos fastes agricoles. Les agriculteurs. et les constructeurs ne se retrouveront plus qu’au futur concours général de Paris en 1886 qui, comme on sait, s’organise chaque année aux Champs-Elysées et prend une importance f telle qu’on peut, sans crainte d’exagération, le considérer comme une véritable exposition nationale.
- En juillet, août et septembre, les Comices agricoles de nos^arrondissements et de nos cantons ruraux grouperont les cultivateurs, vulgariseront les bonnes méthodes, feront connaître, jusque dans les hameaux, les meilleures machines et les outils les plus perfectionnés les réunions locales sont,
- • à notre avis, le-corollaire des grands concours de l’Etat/que nous allons analyser.
- Montpellier, centre viticole d’une grande importance, a commencé hv-série de .1885 comme chef-lieu de cette belle région.sud qui embrasse tout le
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Juillet 1 SS5
- littoral méditerranéen, depuis la frontière italienne jusqu’aux Pyrénées, de Nice à Perpignan, et nous devons'comprendre encore notre perle de.la Méditerranée, la Corse qui, digne de tout notre intérêt, n’a pas- seulement, comme.trop de légendes le feraient supposer, des maquis et des hautes herbes, mais aussi des champs fertiles cultivés 'par des. agriculteurs intelligents et travailleurs.
- Il a quelque vingt ans, cette région du littoral était riche ; tout était prospère des contreforts des Alpes et de l’Esterel aux collines du Vantoux et jusqu’aux bords, des étangs de Thau, de Vendres et de Capestang. Depuis, des fléaux divers se sont succédé en amoncelant des ruines. Au nord, la. maladie des vers à soie; à l’est, la mouche kai-roün funeste aux plantations d’oliviers ; au sud et à l’ouest, le plus considérable des ennemis, si nombreux pourtant, de nos cultures, le phylloxéra, fauchant pour ainsi dire les splendides vignobles qui faisaient jadis notre richesse et conservaient à la France sa suprématie viticole sur le monde entier.
- On ne saurait nier à nos agriculteurs une grande dose de courage et d’énergie. Après un instant d’affolement bien compréhensible, du reste, les désastres supportés par nos magnaneries ont été en partie réparés et nous, aurons à en donner la preuve consolante lorsque nous analyserons le concours de Valence; l’olivier, l’une (les principales ressources du Midi, se remet, petit à petit, des attaques de la mouche kairoün qui l’épuisait et ravage encore certaines plantations, et les soins vigilants des producteurs relèveront ces plantations hier encore anémiques et épuisées, à qui l’on.avait toujours demandé sans jamais rien rendre en échange, de telle sorte que le sol épuisé, manquant d’éléments nutritifs, laissait dépérir l’arbrisseau.
- Aujourd’hui, l’on comprend mieux dans les Alpes-Maritimes, le Var ou les Bouches-du-Rhône, la nécessité des ameublissements fréquents du sol pour laisser pénétrer l’oxygène de l’air, et l’utilité des engrais pour fournir aux plantes la nourriture qui leur convient.
- Le phylloxéra a poussé plus loin la dévastation ; .il a tout ruiné, mettant à néant des fortunes laborieusement amassées, . semant des désastres sur son passage, et pendant une assez longue période des bois noircis ont marqué la place des millions de ceps qu’une végétation luxuriante couvrait jadis de pampres verts et de raisins vermeils.
- , On s’est étonné, dans les dernières années écoulées, de constater d’énormes déficits dans le budget des recettes de l’État: 800 millions de récoltes supprimées peuvent éclairer les pessimistes, de même que les succès de la défense et les résultats de la reconstitution doivent réconforter les vaillants.
- Il faut le répéter encore, dans cette active et alerte région méridionale, l’abattement a été de courte durée et le courage s’est élevé à la hauteur des circonstances. On a lutté tant qu’on a. pu lutter dans chaque département envahi ; puis, après la ruine consommée, on s’est jeté avec la même ardeur sur les cépages, de provenance américaine dont les essais d’adaptation se faisaient progressivement, tout en continuant, grâce aux efforts et aux subsides de l’administration supérieure , les traitements insecticides et les submersions partout . où ils étaient possibles.
- Ce fut et c’est encore une lutte gigantesque que cette défense pied à pied du vignoble français, se faisant parallèlement avec les cultures nouvelles de vignes américaines dont, sur beaucoup de points, les résultats sont heureux et rémunérateurs.
- Nous n’avons qu’à relever les noms des lauréats de prime d’honneur, haute récompense désignant aux populatio'ns de toute une région la notoriété agricole ou viticole qu’ils doivent prendre comme exemple, pour trouver des champions victorieux de cette grande lutte du vignoble méridional contre le phylloxéra.
- Dans le Var, nous signalons M. Aurran, de la Décapris, près Hyères, et dans les Bouches-du-Rhône, MM. Faucon, de Graveson, et Reich, de l’Armelière, près Arles.
- A Nîmes, M. Causse, et dans l’Hérault, M. Gaston Bazîlle dont le domaine, viticole a été entièrement relevé à l’aide d’efforts et de soins qui prouvent que le vigoureux lutteur, ancien lauréat de la prime d’honneur, a conservé sa devise : succès oblige, et a tracé la voie au lauréat de i885, M. Bastide, d’Agnac.
- Le concours de Montpellier était parfaitement organisé par.. M. Hérisson, inspecteur de l’.agri-culture, assisté de M. Convert, professeur à l’Ecole nationale d’agriculture.
- Le bétail assez nombreux présentait dans l’espèce bovine de beaux sujets de la race tarentaise et de la race suisse de Schwitz ; dans l'espèce ovine, des mérinos et des types excellents des races barbarine, du Larzac, des Gausses et du Laura-guay. C’est la race des Causses qui a obtenu le prix d'ensemble. La race Yorkshire l’a emporté dans la section porcine.
- Noël Bretagne.
- (A- suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- Le Congrès des sociétés coopératives de consommation commencera lundi 27 courant, .à la mairie do l’hôtel de ville (4e arrondissement).
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- Quelques admirateurs de Ronsard ont formé le projet de célébrer le troisième centenaire du chef de la Pléiade.
- Le comité provisoire est ainsi constitué : MM. J. Larocque, Deloncle, l’éditeur Lemerre, de Hérédia, Grion, Darmesteter, Stanislas de Getha, Morice, Harencourt, Dierx.
- La statue de Pinel a été remise officiellement, le 13 juillet dernier.àla ville de Paris parle comité de la Société médico-psychologique qui avait pris l’initiative de l’œuvre.
- Le monument,dû au ciseau du sculpteur Ludovic Durand, s’élève sur la place qui précède l’entrée de la Salpêtrière.
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- Et puisque nous parlons de statues, qu’on nous permette de regretter que l’emplacement pour la statue de Voltaire, inaugurée le 14 juillet, ait été si mal choisi. Nous aurions préféré qu’on la plaçât devant l’Institut, faisant face au pont des Arts^ à l’endroit qu’occupe actuellement une statue de la République, bien peu intéressante, il faut l’avouer, au point de vue artistique.
- •Ar
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- Algérie
- La présence du phylloxéra à Mansourah, près Tlemcen, est officiellement constatée. Les vignes contaminées s’étendent sur une superficie d’environ dix hectares. On espère que la promptitude et l’énergie des mesures préservatrices permettront de localiser le mal. Cependant les investigations sont activement menées pour reconnaître si le phylloxéra n’existe pas sur d’autres points. On a commencé la désinfection par le pétrole, en attendant l’arrivée d’un envoi important de sulfure de carbone qui est attendu prochainement.
- Il est d’ailleurs probable que nous allons voir se renouveler en cette occasion les contestations qui se sont déjà produites au sujet des meilleurs moyens prophylactiques et préservatifs.
- ÉTRANGER
- Allemagne
- On nous écrit de Nuremberg (Bavière), que l’exposition des Arts dû métal, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, obtient un très grand succès. La section française est très remarquée, et en voyant ce magnifique résultat, on ne peut s’empêcher de regretter que l’industrie nationale n’ait pas pris une plus large parta cette exposition, où, plus que jamais, elle eût brillé au premier rang par les qualités qui lui ont acquis une réputation si méritée, quoi qu’en disent ceux qui ne cessent de gémir sur notre prétendue décadence.
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- Autriche-Hongrie
- Le gouvernement hongrois a adressé à M. de Bismarck un projet d’union douanière entre l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne.
- Ce fait est très intéressant à noter, d’autant plus qu’il est de nature à avoir une grande influence sur le renouvellement du pacte qui unit les deux royaumes transdeteisleithan.
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- Asie Centrale
- S’il faut en croire des nouvelles récemment arrivées de Simla, le chemin de fer de Quittai) serait prolongé jusqu’au défilé dé Chojak. 1
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- Grèce
- Tous les consulats et vice-consulats grecs en Turquie viennent d’être supprimés parle cabinet d’Athènes, le gouvernement ottoman ayant refusé l’cxequatur à plusieurs fonctionnaires des consulats de' Grèce. . '
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- Suède
- Un Congrès doit se réunir, le 17 août prochain, à Gothembourg. Voici les questions que nous trouvons à l’ordre du jour :
- 1° Neutralisation de la Suède, do la Norvège et du Danemark;
- 2° Etablissement d’un tribunal arbitral perma lient ;
- 3° Organisation d’une action commune des trois Etats Scandinaves.
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- Première Année. — N° 29.
- Tonkin
- Nos renseignements particuliers nous font envisager la situation commerciale au Tonkin comme fort peu brillante, et peut-être même compromise pour un certain temps, par les fluctuations incessantes de notre politique, et aussi* il faut l’avouer, par une administration qui n’est pas toujours a la hauteur de la situation. Le guet-apens de Hué n’a surpris personne, car depuis quelque temps les mandarins relevaient la tête et laissaient entrevoir leur intention de nous créer des embarras nouveaux. Espérons que l’on va se décider bientôt à une action énergique ; c’est là le vœu unanime do notre nouvelle colonie, dont la prospérité en dépend.
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- Turquie
- Le gouvernement impérial ottoman s’occupe activement' du raccordement de ses voies ferrées avec le réseau européen.
- Les opérations préliminaires ont commencé. L’adjudication des divers tronçons de ligne se fait en'ce moment et les travaux d’art pourront commencer dans quelques jours. Les entrepreneurs se sont engagés à livrer les sections de la voie le 1er juin 1880. Le point de jonction du réseau ottoman et du réseau serbe est fixé depuis trois mois.
- En septembre prochain, la ligne serbe jusqu’à Leskowatz sera livrée à la circulation et l’on compte sur l’ouverture de l’embranchement qui relie Leskowatz à Vrenja pour la fin de l’année. La ligne ottomane courra sur une longueur de 45 kilomètres, do Bellowa à la frontière bulgare, et sur une étendue de 85 kilomètres, d’Uskub à la frontière serbe.
- Le voyage de Paris à Constantinople se fera directement en 65 heures. U est inutile d’insister sur les avantages considérables qu’offrira au commerce international et aux voyageurs, l’établissement d’une voie de terre continue.
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- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- VI
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 12 Juillet i88é>)
- Ce serait commettre une grave erreur que de juger la richesse d’une nation d’après le développement du luxe public et des fortunés parasites et stériles qui sont sans la moindre utilité sociale.
- Qu’importent au malheureux qui meurt de faim ou qui paie sa nourriture deux fois trop cher, vos palais et vos hôtels somptueux dont la vue ne fait qu’irriter ses convoitises et éveiller au fond de son âme des pensées de haine et de colère.
- Tout ce luxe, qui n’a pu être obtenu qu’au détriment du bien-être général, ne constitue en réalité qu’une richesse d’apparat, bonne, tout au plus, à cacher aux regards de la foule ignorante et crédule les hideurs de la misère qui la ronge.
- Un peuple n’est véritablement riche qu’autant que les choses nécessaires à la vie sont à bas prix et qu’il peut satisfaire, à peu de frais, ses besoins matériels et moraux.
- On s'étonnera peut-être que nous citions en premier lieu les besoins du corps et que nous reléguions ceux de l’esprit au second plan. En agissant ainsi, nous n’obéissons à aucune idée philosophique préconçue, nous ne faisons que suivre l’ordre indiqué par la logique et par la nature elle-même. Avant de penser; de se livrer aux opérations intellectuelles, de s’occuper d’esthétique, il faut vivre, c’est-à-dire satisfaire les besoins du corps. La plus grande partie de la production n’a pas, d’ailleurs, d’autre but que celui-là ; c’est pour nous procurer le boire et le manger que tous, tant que nous sommes, nous travaillons et nous luttons pendant toute notre vie.
- Le premier but que l’homme se propose en recherchant la richesse, c’est de bien vivre, de se procurer le bien-être. La satisfaction des besoins intellectuels et moraux ne vient qu’après. La nature elle-même semble lui avoir imposé cette règle ; car nous savons tous, par expérience, que l’esprit perd de sa subtilité et de sa vigueur quand le corps est débilité par le jeûne ou par la souffrance.
- La conclusion logique à tirer de ces considérations, c’est que plus la vie matérielle d’un peuple est à bas prix et plus il est riche, plus il lui est facile de se livrer à l’étude des sciences, de développer ses facultés intellectuelle? et de satisfaire ses goûts artistiques.
- Le développement anormal du luxe ne constitue pas plus la richesse d’une nation qu’un manteau de pourpre jeté sur les épaules d’un mendiant couvert de haillons ne métamorphose ce loqueteux en Crésus.
- Et cependant, beaucoup d hommes politiques se laissent prendre à ces dehors trompeurs, à ce
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- mirage fascinateur qui les séduit, et ils s’imaginent volontiers que tout est pour le mieux dans la meilleure des sociétés. Mais le spectacle est tout autre pour l’homme qui regarde au fond des choses et qui les juge froidement et sans parti pris. - .
- Ce serait faire un calcul absolument faux que d’évaluer la richesse d’un peuple d'après la valeur vénale de sa production, car cette valeur augmente à mesure que la production diminue.
- Nous allons rendre cette vérité économique palpable par un exemple.
- , Il est incontestable qu’un peuple qui produit par an 20 millions d’hectolitres de froment valant, en moyenne, 400 millions de francs, vivra mieux et sera plus riche que s’il ne produisait que 10 millions d’hectolitres valant également 400 millions.
- La production étant plus considérable dans le premier cas satisfera plus facilement à tous les besoins et à moins de frais.
- Cette vérité est tellement évidente qu’elle n’a pas besoin de démonstration ; il faut être aveuglé par le mauvais vouloir ou privé de sens commun pour la révoquer en doute ou la contester.
- Nous savons bien que ceux qui ont engagé la France dans la voie économique qui a abouti à la crise actuelle n’auront garde de reconnaître qu’ils ont fait fausse route et qu’ils se sont trompés ; ils trouveront mille raisons pour se disculper, et pour cela, ils iront, s’il le faut, jusqu’à nier l’évidence même. Mais aucun raisonnement, aucun sophisme captieux ne saurait tenir contre la logique inexorable des faits. Leur voix parle trop haut pour qu’elle puisse, être étouffée par les criailleries intéressées de quelques soi-disant économistes pris en flagrant délit d’ignorance ou d’incapacité.
- Ces prétendus hommes habiles s’étaient imaginé qu’ils servaient les intérêts de leur pays en le livrant, comme une proie, à l’avide spéculation et en permettant aux agioteurs de trafiquer, sans contrôle, de tout et sur tout. La spéculation avait mis en mouvement les capitaux et ce spectacle les avait éblouis ; ils avaient cru que leur système •allait décupler la richesse de la France et ils n’avaient pas su comprendre que cette prétendue vitalité n’était qu’apparente, purement factice et que la plus-value que l’agio donnait aux valeurs n’était que momentanée, illusoire, et avait uniquement pour but de permettre aux spéculateurs et aux brasseurs d’affaires de réaliser des fortunes scandaleuses aux dépens du public._
- C’est donc à l’agio, à la spéculation outrée que l’on a si maladroitement encouragés et favorisés, depuis un demi-siècle, qu’il faut attribuer la dépréciation de nos fonds d’Etat, les nombreuses débâcles financières qui se sont produites, et la crise économique que nous traversons en ce moment.
- C’est sur les politiciens imprévoyants, qui ont livré la France, comme une proie, aux hommes d’argent et qui ont faussé son système économique, que retombe la responsabilité de cette douloureuse situation.
- Ils voulaient rendre la France riche et prospère et ils l’ont appauvrie en multipliant les dépenses improductives et en lui imposant un régime économique et financier aussi inique que défectueux.
- Ils voulaient augmenter le bien-être de la classe ouvrière, c’est-à-dire de la grande masse de la nation, et voilà qu’aujourd’hui les travailleurs se débattent dans les étreintes de la misère et de. la faim, parce qu’il n’y a pas d’ouvrage, que l’usine chôme et que la nourriture, les choses nécessaires à la vie sont hors de prix.
- Voilà à quoi ont abouti la manie des dépenses "improductives et l’entêtement à maintenir à l’intérieur les barrières commerciales et les droits vexatoires qui paralysent notre commerce et notre industrie, alors que nous ouvrons nos frontières à ,1a production étrangère par des traités libre-échangistes.
- (A suivre.) E. Mansuy.
- LES LIVRES
- XVI
- Charles Edmond. — Le Trésor du Guêtre. — Bibliothèque contemporaine. — Calmann Lévy, éditeur.
- M. Charles Edmond, connu comme auteur dra-.matique par de nombreux succès, a, depuis quelques années, à notre grand regret, renoncé au théâtre. Mais ce regret n’a pas été sans compensation; car l’auteur de Y Aïeule, de Y Africain, de la Florentine a cherché et trouvé dans le roman des voies nouvelles. Il a écrit Zéphirin Ca^avan en Egypte où- il a promené un touriste naïf et malin, un Jérôme Paturot avisé et affiné par la science, à travers les contrastes si piquants de l’ancienne Egypte et de la nouvelle. Cette spirituelle leçon de géographie, dans un livre qui joignait l’attrait du roman aux plus instructifs profits de l’archéologie et de l'histoire, a été justement couronnée par l’Académie française. Dans le genre exploité aujourd’hui jusqu’à satiété, par Jules Verne, fauteur avait trouve un filon i
- Dimanche tu-Juillet i885- — 235-
- nouveau. Dans tout roman, il y a une- part pour le paysage et le costume, une part-pour les types et les caractères, une part pour faction. Dans Zéphirin Ca^avan le pâVsagé et le costume, la couleur locale, en un mot, sont traités avec la supériorité d’une observation pénétrante, servie par une palette beaucoup plus riche de tons et surtout de nuances que dans les ouvrages similaires de Jules Verne. L’humour y est plus fin, lé dialogue plus vif, faction y glisse sans bruit et: sans lourdeur, et les caractères y ont un relief plus saisissant. Havald est une étude de caractère et de passion héroïque, d’une grande allure, où l’arrière-fond d’influences . slaves et byronienne? de cette nature, si française d’ailleurs par l’esprit et le sourire, se donne carrière. Dans la Bûcheronne destinée au théâtre , et qui n'a trouvé moyen de paraître qu’à la rampe discrète du roman, on sent tour à tour la poigne du maître! en émotions brusquement et presque brutalement concentrées sur un effet décisif et la finesse de main d’un virtuose d’analyse rompu à l’étude des problèmes psychologiques. Les phénomènes physiologiques de la transfusion du sang, expé-> rience médicale encore pleine de problèmes et de mystères, ont préoccupé et souvent heureu-i sement servi le romancier épris de ces recherches! et de ces découvertes de la science contemporaine.» Cet horizon d’inconnu qui recule sans cesse plaît à l’imagination de fauteur-de la Bûcheronne qui, dans le Trésor du Guèbre, nous a donné le roman de la chimie et d’une de ses curiosités actuelles les plus téméraires'en apparence, les plus sûres peut-être du triomphe prochain : . la fabrication du diamant. Nous ne serions pas étonnés que le premier ouvrage que nous donnera ce raffiné de nouveauté, ce chercheur de types héroïques dans un temps qui en offre si peu, ne soit consacré à cette histoire de l’alchimie qui n’est pas finie, qui ne finira jamais, pas plus que le goût, chevillé dans l’âme humaine, de la recherche et de la conquête des secrets magiques’, des forces naturelles inconnues, des moyens de domination, d’influence, de jouissance. Lisez le livre de Figuier sur Y Alchimie au XIXe siècle, lisez les ingénieuses et curieuses recherches de M. Berthelot, lisez la Galette des Tribunaux à certaines pages, notamment à celles qui se rapportent aux procès de Douglas Home ou de MUc Isabelle de Craon, et vous vous convaincrez qu’il est encore à Paris des sorciers plus ou moins désintéressés, des abstracteurs de quintessence, des chercheurs de pierre philosophale, des évocateurs du diable, des fous criminels, des voyants exaltés cherchant le fil de la communication surnaturelle ou jetant leur fortune, parfois leur honneur, aux fourneaux de leur grand-œuvre, pour en entretenir la dévorante flamme.
- Le Trésor du Guèbre, c’est un collier de diamants, dont on peut lire l’histoire à travers les éblouissements de la savante et. poétique description des pages i5 et suivantes. On retrouve une nouvelle variation sur ce thème si difficile de la description variée des effets de la lumière emprisonnée ou rayonnante dans un collier de pierres uniques dans la scène des pages 2o3 et suivantes, qu’on pourrait appeler la symphonie de l’hypnotisme. Si le désintéressement scientifique de Bernard Vauvigny, la généreuse insouciance de Jeanne, la pauvreté fière de son timide fiancé, l’officier Robert Savenet, subissent sans étonnement, sans ivresse, même sans plaisir, cette décisive épreuve de l’initiation tentatrice, il n’en est pas de même de l’institutrice allemande, originaire de Bonn, Caroline Holtz, de sa nièce Marguerite et de son neveu Gottlieb, l’avocat lieutenant de la landwer. Ce trio d’oiseaux de proie représente bien les trois variétés du genre : l’une est la pie-grièche, aigre, sèche et perfide ; l’autre, la tourterelle sentimentale et romanesque, dont les yeux colombins à reflet d’arc-en-ciel donnent un visage angélique pour façade à une âme pleine des serpents de la coquetterie et de la cupidité. Enfin Gottlieb , lé touriste espion, est un épervier fanfaron, lascif et brutal, type de rapacité méthodique et de scientifique cruauté que la guerre de 1870 mous a permis de connaître à nos dépens dans toutes ses variétés.
- Nous ne. saurions songer à déflorer le roman. Nous 11e voulons que signaler le compte rendu, petit chef-d’œuvre d’humour et d’ironie contenue, de la séance du Congrès de la Paix à Bonn. C’est, uif tableau achevé qui montre que fauteur n’est pas moins habile dans l’art de grouper les figures que dans celui de les peindre. Le dénouement vraiment tragique, vraiment terrible , mais exemplairement justicier, patriotiquement expiatoire où s’abîme, dans un coup de tonnerre, le pittoresque manoir de Klosterberg, est amené par une série de petites circonstances qu’on peutappeler deprécision. mathématiquement déduites, et contribuant toutes avec la sourde et implacable rigueur de la fatalité scientifique a l’explosion finale. Il atteste dans le romancier, fauteur dramatique, habitué à ramasser et à concentrer au moment décisif, sur un effet foudroyant, tous les moyens de faction. Livre, en somme, curieux, original, d’une grande saveur personnelle, d un grand effort d’art et tel que la littérature contemporaine du roman n'en produit pas souvent.
- M. de Lescvre.
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- 236. — Première Année. — N° 29.
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- INDUSTRIE DE LA VANNERIE
- On lit dans le Journal officiel de l’empire allemand que la vannerie prend un essor remarquable dans la ville de Brandebourg. Elle y compte deux grandes fabriques et plusieurs petites. Jusqu’à présent, l’exportation était déjà forte, surtout pour les voitures d’enfants, et on compte sur une nouvelle augmentation, grâce à l’imitation des modèles anglais.
- SUISSE
- RELATIONS COMMERCIALES
- Le consul d’Allemagne à Genève termine par les observations suivantes un rapport d’ensemble, publié dans le Moniteur officiel du commerce du 2 juillet, sur l’état des échanges entre ce marché et les différents pays importateurs :
- L’Allemagne expédie de fortes livraisons de gants de peau; cependant les gants français tiennent encore le marché. Les gants desoie, de coton et de fil, d’Allemagne, avaient écarté les produits similaires français ; mais comme les articles allemands sont devenus plus chers, les gants français reprennent leur ancienne place.
- Le boutons de corne de qualité moyenne viennent d’Allemagne,ceux de qualité inférieure d’Italie; les bonnes sortes viennent de France; ceux de verre sont fournis parla Bohême; les boutons en perles sont fabriqués à Paris et à Vienne. Les bonnes sortes de boutons en métal viennent toujours de Paris. La Saxe et Berlin fabriquent des boutons en étoffe, mais ils sont trop chers.
- Il est très important de ne pas accorder de longs crédits, ou pour des sommes considérables, sans avoir des renseignements exacts. Les procès sont très coûteux, et souvent les frais dépassent la valeur en litige.
- TURQUIE
- COMMERCE DES SPIRITUEUX EN BOSNIE
- D’après le consul de France à Bosna-Seraï, l’importation deliqueurs et vinsfinsn’offriraiten Bosnie que de médiocres chances de succès. La population indigène est musulmane et ne boit pas de spiritueux; ses besoins sont très modiques et elle ne consomme, en général, que peu d’articles importés.
- CHILI
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Le [consul Suisse à Valparaiso recommande particulièrement aux importateurs l’emballage et l’expédition de leurs marchandises ; ces détails, trop négligés, sont d’une grande importance, et leur observation produit souvent les meilleurs résultats.
- Les bas prix des produits du Chili, salpêtre, cuivre, argent, blé, et la spéculation ont exercé une fâcheuse influence sur les affaires. En outre, le papier-monnaie perd environ la moitié de sa valeur. Aussi, il faut se montrer extrêmement réservé quand il s’agit de commander, et les importateurs devraient s’entendre de manière à restreindre leurs envois. Cette diminution amènerait peu à peu une reprise dans les cours et dans la cote des valeurs.
- Dans la situation actuelle, les marchandises sont trop chères ; le détaillant n’achète que le nécessaire, parce que le consommateur ne veut pas payer plus qu’aux époques où les changes étaient bons. Il en résulte que les marchandises qui, par la faute du change, ont doublé de valeur, perdent la moitié de leur débit. — Cependant une amélioration subite des cours ne serait pas favorable pour l’ensemble du pays : il est préférable que la situation s’amende peu à peu.
- Les magasins des douanes sont encombrés de marchandises, la plupart à bas prix, qui ne trouvent pas acheteurs ; et malgré cela, il n’arrive pas un steamer qui n’apporte de 10 à 20,000 colis. Le seul remède pour le moment est donc de restreindre les envois jusqu’au jour où la situation du pays permettra de reprendre la marche régulière des affaires.
- JAPON
- COMMERCE D’IMPORTATION
- Le consul général de Suisse à Yokohama rapporte que les étrangers ne peuvent entrer que difficilement en relations directes avec les acheteurs du pays ; les affaires sont presque exclusivement entre les mains de quelques commissionnaires japonais établis dans les ports ouverts. Les discussions sont fréquentes : ils profitent du moindre retard dans la livraison ou d’une omission dans l’exécution de l’ordre pour refuser la marchandise ou pour obtenir des rabais considérables, que l’importateur est forcé d’accorder , à cause des lenteurs et des complications des procès. Comme les cours changent fréquemment, le vendeur, en cas de retard dans la livraison, est obligé d’accepter le cours du moment, si l’acheteur l’exige.
- Il ajoute qu’il faut dans l’importation des satins,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- par exemple, tenir grand compte de la couleur, du brillant, de l’apprêt des lisières, du pliage, etc., détails qui sont d’une importance capitale sur le marché. On remarquera, notamment, qu’autrefois on voulait des satins de 3o pouces anglais, 3o 1/2 au plus ; actuellement les consommateurs ne veulent plus que des satins de 3i pouces pleins.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- IMPORTANCE DE B AH IA-B LANÇA
- U Export publie les informations suivantes à ce sujet :
- « Tout le sud de la province de Buenos-Ayres (dont Bahia-Blanca devient, grâce à sa position, le point le plus important) est actuellement le centre le plus fréquenté de la navigation anglaise et française, dans le commerce de ces nations avec la République argentine. Bahia-Blanca est, depuis quelque temps, relié directement par voie ferrée avec Buenos-Ayres ; il y a aussi une ligne directe de steamers entre Bahia et l’Angleterre, et une compagnie française vient d’établir une correspondance de quatre vaisseaux entre cette ville et Buenos-Ayres. La région voisine et circonvoi-sine de la nouvelle capitale promet d’acquérir une importance et une richesse considérables, grâce aux facilités qu’elle présente pour la colonisation ; elle est aussi vaste que le Chili. En outre, à deux journées de Valdivia s’étendent d’immenses terrains dont l’acquisition serait facile et la mise en culture particulièrement avantageuse. »
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- VII
- (Voir le Moniteur du 14 juin i885)
- En attendant que l’hôtel des Postes fût achevé, on abrita les services centraux dans des baraquements en bois, qui furent établis sur la place du Carrousel. Depuis le ier janvier i885, les travaux ont marché très rapidement. Cependant, on dit que le nouveau ministre, M. Sarrien, qui a succédé à M. Cochery, estime que certains travaux sont encore nécessaires ce qui reculera l’inauguration du nouvel Hôtel qui avait d’abord été fixée au 14 juillet.
- Nous allons maintenant faire faire connaissance à nos lecteurs avec la nouvelle construction postale. En fort peu de temps, l’édifice s’est élevé tout entier malgré les obstacles naturels, notamment, la profonde nappe d’eau qui s’étend dans toute cette partie de Paris « L’emplacement, dit « M. Alfred Barbou, a été choisi ou plutôt con-« servé à la suite de longues discussions; il offre « de grands avantages, parce qu’il se trouve à une a égale distance, ou à peu près, de toutes les « gares et dans le quartier le plus commerçant de « la capitale. Il importait de le dégager, d’établir « tout autour de larges voies. »
- Le nouvel Hôtel des Postes est reconstruit sur un terrain de sept mille huit cent soixante mètres carrés. Il est entouré par les rues Etienne-Marcel, du Louvre, Gutenberg et Jean-Jacques-Rousseau. C’est dire qu’il se trouve à quatre cents mètres de la Bourse, et à trois quarts de lieue des gares de Lyon et d’Orléans, du parc Monceau ou du Champ-de-Mars. Il conserve une excellente position au centre même de Paris.
- On craint, malheureusement, que le nouvel Hôtel des Postes ne suffise pas, dans quelques années, à rendre tous les services que nous sommes en droit d’attendre. Il est encore trop exigu. Mais quoi ! on ne peut cependant pas exproprier et faire disparaître tout un quartier de Paris ! Il faut tenir compte également d’un grand nombre d’intérêts privés. Ne serait-ce pas porter atteinte à une bonne partie du commerce parisien que d’obliger, par exemple, les facteurs aux halles à une émigration ?
- Il est probable qu’avant un petit nombre d’années, l’administration se verra obligée de mettre à l’étude la construction de quatre ou cinq petits hôtels des postes complémentaires, appelés à centraliser, aux diverses extrémités de Paris, toutes les correspondances nées dans la région ou qui lui sont destinées, alors que les correspondances seules à destination du centre de la ville seront centralisées à l’hôtel actuel. Ce jour-là, on pourra avoir, comme à Londres, deux distributions de plus toutes les vingt-quatre heures.
- Pourquoi, s’écrieront les esprits disposés à la critique, n’a-t-on pas, pendant qu’on y était, fait un édifice plus vaste, où le personnel aurait pu travailler plus à l’aise ?
- La question mérite une réponse qui sera malheureusement trop facile. On a été obligé ^ de compter avec des ressources budgétaires limitées.
- Dimanche 19 Juillet iî>8i>.
- Sans doute, le terrain sur lequel se trouve élevé l’Hôtel des Postes représente une valeur de plus de 20,000,000. Mais le devis total s’élève à 8,700,000 francs, qui se décomposent ainsi : La maçonnerie a coûté 3,493,000 francs ; la charpente en bois, 236,000 francs; la charpente en fer et la serrurerie, 2 millions de francs; la menuiserie, 700,000 francs; la couverture, 5t)5,ooo francs; la peinture, 38o,ooo francs. On évalue enfin les frais de diverses sortes à 1,326,000 francs.
- Tous ces chiffres prouvent surabondamment que l’on a agi dans la limite du possible. Il eût, d’ailleurs, été peu juste de faire supporter aux contribuables actuels des dépenses que pourront acquitter plus aisément les générations suivantes. Si celles-ci éprouvent le besoin d’agrandir l’Hôtel des Postes, soit en ouvrant des annexes dans son voisinage, soit en créant des immeubles aux extrémités de Paris, elles pourront le faire avec plus de facilité que nous-mêmes.
- Enfin, les détracteurs des plans de M. Cochery prétendent qu’il eût été relativement facile de nous donner un édifice plus grand, plus spacieux surtout. Mais M. Cuadet, l’architecte en chef, ne devait pas oublier et n’a pas oublié que le mot de poste est pour ainsi dire synonyme du mot rapidité. Or, moins il y aurait eu d’espace aux alentours de l’hôtel, moins la circulation des voitures, postales et des facteurs aurait été aisée.
- Tous les efforts de l’architecte ont donc eu pour objet d’augmenter les surfaces disponibles. Ce travail d’élargissement a été encore accentué par des combinaisons spéciales. Jamais pareil déploiement d’activité et d’intelligence dans la construction n’avait eu lieu.
- (T suivre.) T. M.
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- LES THÉÂTRES
- THÉÂTRE DES NATIONS.— Reprise de la Ber. gère d’Ivry et des Chevaliers du Pince-Ney.— COMÉDIE-FRANÇAISE. — Reprise des Folies amoureuses.
- C’est à ma nourrice que j’aurais dû demander des notes sur la première représentation de la Bergère d’Ivry, drame qui fut joué à l’Ambigu il y a un quart de siècle. La pièce est signée Eugène (Trangé et Lambert Thiboust. Elle a vieilli sans se bonifier; du reste, nous en avons vu bien d’autres depuis ce drame de banlieue. Le thème de la Bergère d’Ivry est édifié sur une cause célèbre : Une orpheline élevée par charité chez des paysans pousse la reconnaissance et l’héroïsme envers ses bienfaiteurs jusqu’à se laisser passer pour la maîtresse d’un coq‘de village, lorsque, en réalité, c’est la fille du fermier qui s’est livrée à cet aventurier. Elle est chassée par l’honnête famille indignée d’avoir réchauffé une vipère à son foyer, car on est très vertueux aux champs ! Ce n’est plus comme à la ville où l’on étouffe les scandales.
- La malheureuse sacrifiée était fiancée et le mariage était prochain ; mais celui qui devait l’épouser la tue dans un transport de jalousie.
- Il paraît qu’à l’époque de la première on pleurait. A la reprise de l’autre jour, tout en suivant avec intérêt les péripéties du drame, le public était moins sensible ; cela tient évidemment à ce que je vous disais en commençant, c’est que nous en avons vu bien d’autres depuis le sacrifice héroïque de cette pauvre bergère.
- M. Decori, qui joue le rôle de l’assassin-amou-reux,a composé son personnage d’une façon intéressante. Mmes Valette et Patry, MM. Régnier et Mondet ont convenablement joué ce mélo en vieux style.
- Une autre pièce, signée également de Lambert Thiboust et Crangé, mais cette fois avec Paulin Deslandes, a terminé la soirée : nous voulons parler des Chevaliers du Pince-Nep. — Ah ! la jolie pièce! elle n’a pas vieilli; je l’ai revue avec autant de plaisir que dans ma jeunesse. La claque de Chabanais a toujours du succès. Comme tout cela est éternellement vrai. La pièce est trop connue pour que je la raconte, même en deux mots. Qui de nous ne se rappelle Raynard qui avait fait de Chabanais, avec sa bosse, ce type prétentieux et ridicule que nous rencontrons encore aujourd’hui sur les boulevards? Il eut un succès étourdissant.Chabanais est resté et restera comme les personnages des Faux Bonshommes. On ira aux Nations pour les Chevaliers du Pince-Neq, malgré canicule, vents et tempête ! C’est si drôlè !
- La Comédie-Française a enfin repris les Folies amoureuses de Regnard. Vous connaissez tous l’œuvre sublime de celui qui serait capable, avec Molière, de soutenir toute une année la vogue au Théâtre-Français. Les Folies nous étaient promises depuis longtemps; elles avaient été trop négligées. Ah ! voilà des folies comme devrait en faire souvent la Comédie !
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, [rue de la Préfecture, 6
- p.236 - vue 216/400
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-
- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8> a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 26 Juillet 1885.
- NUMÉRO 3o.
- SOMMAIRE :
- x. Partie officielle : L’Exposition de 1889; Récompenses : 2. Congrès international d’instituteurs : 3. Exposition
- d’Anvers : Communications ; 4. L’exposition d’Anvers ; Lettre de notre correspondant; 5. Concours pour le prix de Rome ; 6. Echos ; 7. Exposiiion industrielle de Beauvais ; 8. La petite industrie et la force motrice ; 9. Histoire de la Poste aux Lettres; 10. Les Livres ; 11. Avis commerciaux.
- PARTIE OFFICIELLE
- L’EXPOSITION DE 1889
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Discussion du projet de loi portant ouverture
- d’un crédit de 100,000 francs relatif a l’exposition DE 1889.
- M. le président. L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi tendant à ouvrir au budget ordinaire du ministère du commerce, sur l’exercice 1885, un crédit de 100,000 francs pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889.
- Quelqu’un demande-t-il la parole pour la discussion générale?...
- Plusieurs membres à droite. Quand donc cette exposition a-t-elle été décidée ?
- M. le comte de Lanjuinais. Je demande la parole.
- M. le président. La parole est àM. le comte de Lanjuinais.
- M. le comte de Lanjuinais. Messieurs, je n’ai jamais reconnu l’utilité des expositions générales; elles n’ont jamais produit les résultats avantageux qu’on leur a faussement attribués.
- Nous y montrons aux étrangers tous nos procédés de travail; ils viennent y prendre nos modèles pour faire ensuite une concurrence désastreuse à nos industriels (Très bien! très bien! à droite).
- D’un autre côté, dans ces expositions, on apporte ce qu’on appelle des chefs-d’œuvre qui coûtent beaucoup plus cher à fabriquer qu’on ne peut les vendre, et qu’on expose comme les spécimens des objets de vente courante qu’on trouverait chez les commerçants et les_ industriels ; ce qui n’est pas exact. Les expositions occasionnent d’ailleurs des frais considérables à nos fabricants qui sont obligés d’y envoyer leurs produits ; ils seraient heureux d’être dispensés d’une charge à laquelle ils ne peuvent se soustraire et qui pèse lourdement sur eux; en conséquence, je voterai contre le crédit (Marques d’approbation à droite).
- M. le ministre du commerce. Je demande la parole.
- M. le président. La parole esta M. le ministre du commerce.
- M. le ministre du commerce. Messieurs, en réponse à la question posée par l’honorable M. de Lanjuinais à l’effet de savoir quel était l’auteur d’une proposition d’exposition universelle pour fêter le centenaire de 1789, je n’ai qu’à lui rappeler un décret de M. le président de la République à la date du 8 novembre 1884, qui est ainsi conçu :
- a Le président de la République française,
- « Sur le rapport du ministre du commerce,
- « Décrète :
- « Article premier. — Une exposition universelle des produits industriels s’ouvrira à Paris, le 5 mai 1889, et sera close le 3i octobre suivant.
- « Les produits de toutes les nations seront admis à cette exposition. »
- Je crois avoir ainsi donné satisfaction a la question posée par M. de Lanjuinais. Un second décret
- portant la même date constituait une commission chargée d’étudier les voies et moyens pour arriver à l’application du décret; cette commission a fait un rapport qui figurait au Journal officiel, vous l’avez tous lu; mais, pour connaître le chiffre exact qui donnerait au Parlement les éléments pour se prononcer en parfaite connaissance de cause sur l’importance du crédit à demander pour organiser cette exposition, comme nous ne pouvions pas venir ici aujourd’hui avec des devis parfaitement étudiés, nous avions jugé qu’un crédit était nécessaire pour faciliter des études préparatoires; nous le demandons aujourd'hui; parce que tout le monde sait qu’il faut trois ans au moins pour préparer une exposition digne du centenaire que nous voulons célébrer (Très bien! très bien ! à gauche).
- Nous profiterons des vacances pour faire ces études, et nos successeurs, à qui nous en livrerons le résultat, pourront se prononcer utilement.
- Tels sont les motifs pour lesquels nous vous demandons de voter le crédit. (Très bien! très bien !)
- M.le président. La parole est à M. Raoul Duval.
- M. Raoul Duval. Messieurs, en réponse à M. le ministre du commerce, je n’ai à présenter que quelques observations. D’abord, quelque responsable que soit le président de la République, un décret rendu par lui ne peut engager la Chambre à laquelle seule appartient le droit d’ouvrir des crédits.
- M. le ministre du commerce. C’est évident !
- M. Raoul Duval. J’ajoute que, dans la situation budgétaire difficile où nous sommes, nous avons le devoir de nous montrer extrêmement prudents, avant défaire un premier pas décisif dans la voie qui doit aboutir à une nouvelle exposition, car, si je ne me trompe, la dernière a laissé un déficit supérieur à 3o millions. J’ajoute, si ma mémoire n’est pas singulièrement rebelle, qu’il a été déposé, il y a plusieurs mois déjà,,un projet de loi portant règlement définitif des dépenses ae cette exposition, compte qui se soldait par une nouvelle demande de crédit de 18 millions; je ne sache pas que ce projet, sur lequel le rapport a été déposé, ait été mis à l’ordre du jour de la Chambre. Il y a de ce fait une réserve de désillusions qui grossiront le déficit de 18 millions.
- Dans ces conditions, il me semble que la Chambre agirait prudemment en laissant à nos successeurs le soin de se prononcer sur l’ouverture de crédit qu’on lui propose de voter. Je demande l’ajournement de la proposition (Très bien ! très bien ! à droite).
- M le président. M. Raoul Duval demande l’ajournement de l’examen du projet de loi.
- Je consulte,la Chambre. ^
- (La Chambre, consultée, ne prononce pas l’ajournement.)
- M. Raoul Duval. On ne répond rien à propos des 18,millions dont ]’aiparlé.
- M. Maurice Rouvier. C’est moi, monsieur Raoul Duval, qui ai saisi la Chambre du projet de loi dont vous parlez. J’ai proposé à la signature de M. le président de la République le décret relatif à la liquidation de ia dernière exp'osition, dont la conséquence a été une demande de crédit de 18 millions, et je l’ai fait afin que la Chambre eut sous les yeux toutes les pièces pouvant lui faire connaître le coût de l’Exposition universelle de 1878. En agissant ainsi j’ai cru faire acte de loyauté parlementaire (Très bien! très bien !)
- M. Raoul Duval. Je n’ai aucun reproche personnel à vous adresser.
- M. Maurice Rouvier. Vous demandez une explication; je vous la donne. •
- M. Raoul Duval. Je constate simplement que ce projet, déposé par vous depuis cinq ou six mois, n’a pas encore été mis à l’ordre du jour; il comporte ouverture d’un crédit de 18 millions et, dans la discussion du budget à laquelle nous nous sommes livrés, il n’a pas été fait le moindre état de ces 18 millions ; c’est cependant là un chiffre assez important à ajouter à la colonne des dépenses en
- regard des ressources d’ores et déjà reconnues insuffisantes (Très bien! très bien! à droite).
- M. Maurice Rouvier. 11 y-a une ressource équivalente, tenue en réserve, et qui est indiquée dans le projet de loi.
- M. le président. Je donne lecture de l’article unique du projet de loi:
- « Article unique.— Un crédit de 100,000 francs est ouvert au ministre du commerce, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1885, pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889.
- « Ce crédit formera un'nouveau chapitre au budget de ce département sous la dénomination et le numéro suivants : Chapitre 48. — Exposition universelle de 1889.
- « Il sera pourvu à cette dépense au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 1885. »
- Il y a lieu à un scrutin public.
- (Le scrutin est ouvert. Les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en opèrent le dépouillement).
- M. le président. Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants :
- Nombre des votants................. 387
- Majorité absolue................... 194
- Pour l’adoption............ 315
- Contre..................... 72
- La Chambre des députés a adopté.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- Nominations dans l’Ordre du Mérite Agricole
- Le ministre de l’agriculture a conféré la décoration du Mérite agricole aux personnes dont les noms suivent:
- M. Lefèvre, constructeur d’instruments agricoles, Vendhuille (Aisne).
- M. Aurouze, agriculteur à Charance, près Gap (Hautes-Alpes).
- M.. Vérilhac, horticulteur-pépiniériste, Annonay (Ardèche).
- M. Comte, viticulteur, Aubenas (Ardèche).
- M. Lachesnez, directeur de la ferme 'modèle de Mazargues (Bouches-du-Rhône).
- M. Baduel, juge au tribunal de Saint-Flour, propriétaire, Fraissinet (Cantal). '
- M. Fayet, propriétaire-agriculteur, maire de Lascelles (Cantal).
- M. Sabourdin, propriétaire-agriculteur, maire de Vouzan (Charente).
- M. Carrière, inspecteur-adjoint des forêts, Royan (Charente-Inférieure).
- M. Bacb, propriétaire-éleveur, Naves (Corrèze).
- M. Boucheteil, maire de Chanteix (Corrèze).
- M. Guilj, directeur de la pépinière départementale de Corte (Corse).
- M. Ollivier, agriculteur, maire de Treverec (Côtes-du-Nord).
- M. Guyomarc’h, propriétaire-cultivateur, maire de Tredarzec (Côtes-du-Nord).
- M. Rousseau, agriculteur, Nouzière, commune de Sainte-Feyre, près Guéret (Creuse).
- M. Pesteur, agriculteur, Brionne (Eure).
- M. de Lécluse, propriétaire-agriculteur, Tre-queffellec (Finistère).
- M. Lantier, agriculteur-propriétaire du domaine d’Empeaux, près Toulouse (Haute-Garonne).
- M. Puech, professeur à l’école vétérinaire de Toulouse (Haute-Garonne).
- M. de la Rue, horticulteur, Cauderan (Gironde).
- M. Maillot, directeur de la station séricicole de Montpellier.
- M. Mirvaux, agriculteur, Buzançais (Indre).
- M. Merle, agriculteur et chimiste, Argenton-sur-Creuse (Indre).
- M. Verberckmœs, maire de Villiers (Indre).
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- 238. — Première Année — N° 3o
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- M. Mabille, maire de Nazelles (Indre-œt-Loire).’
- Al. Robin, propriétaire, Saint-Flovier (Indre-et-Loire).
- M. Godefroy, directeur de l’école nationale d’agriculture de Grand-Jouan (Loire-Inférieure).
- M. Gouet, conservateur des forêts, directeur de l’école des Barres,JNogent-sur-Vernisson (Loiret).
- M. Lesgüi'HonG pYopriétaire-agrTcüTteùr,, Gîen (Loiret).
- M. Duliège, vétérinaire, Beaufort (Maine-et-Loire).
- M. Lebarbanchon., maire de Sottevast (Manche), ancien directeur de la ferme-école de Martinvast.
- M. Bession, agriculteur, maire de Dommartin-la-Planchette (Marne).
- M. Guichard, agriculteur, Saint-Pierre-la-Cour (Mayenne).
- M. Gerbault, agriculteur et industriel, Laval (Mayenne), conseiller général de la Mayenne.
- M. Sinoir, vétérinaire, chef du service sanitaire-de la Mayenne.
- M. .Gridel, lieutenant de louveterie, Baccarat (Meurthe-et-Moselle).
- M. Guerrier de Dumast, conservateur des forêts, Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- M. Thierry, inspecteur des forêts, professeur à l’école forestière de Nancy.
- M . Fourier , médecin-vétérinaire , Verdun (Meuse).
- M. Laurent, vétérinaire, Bar-le-Duc (Meuse).
- M. Vittu, médecin-vétérinaire, Lille (Nord).
- M. Coquelle, agriculteur, maire de Masting (Nord).
- M. Simon-Legrand, propriétaire-agriculteur, Auchy (Nord).
- M. Geerssen , médecin-vétérinaire, Bergues (Nord).
- M. Noquet , médecin-vétérinaire , Maroilles (Nord).
- M. Dequiedt, agriculteur, Thiennes (Nord).
- M. Vaillant, instituteur communal, Alargny-lès-Gompiègne (Oise).
- M. Poivre, conservateur des forêts en retraite, Compiègne (Oise).
- M. Baron-Lacroix, régisseur du domaine national du Pin, professeur à l’école des haras du Pin (Orne).
- AL Poncin, conservateur des forêts, Alençon (Orne).
- M. Houbart, maire de Thieuloye (Pas-de-Ça-lais).
- AI. Masclef, agriculteur à Loison (Pas-de-Calais). •
- AL Doucet, géomètre et cultivateur, maire de Saléchan (Hautes-Pyrénées).
- M. Pardon, cultivateur à la Charmée, canton sud de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- M. Clayeux, agriculteur, Neuvy-Grandchamps, maire de Gurdin (Saône-et-Loire).
- M. Million, cultivateur-éleveur, Bissy (Savoie).
- M. Meifredy, à Paris, auteur de diverses publications concernant le commerce et l’agriculture.
- M. Bois, préparateur à la chaire de botanique du Muséum d’histoire naturelle.
- M. Aiauguin, rédacteur au ministère de l’agriculture.
- M. Chabot-Karlein, membre de la Société natio-nale.d’agriculture de France.
- M. Croux, horticulteur, Aulnay, près Sceaux (Seine).
- M. Debains, ingénieur des arts et manufactures, Paris. .
- M. Jolibois, jardinier en chef du Luxembourg.
- M. Michel, directeur de la maison Vilmorin-Andrieux, Paris.
- M. Verdier, horticulteur, Ivry (Seine). . -
- M. Canu, maire d’Argueil (Seine-Inférieure).
- M. Parent, vétérinaire, Gany (Seine-Inférieure).
- M. Tillaux, agriculteur, La Gaillarde (Seine-Inférieure).
- M. Bertin, mécanicien-constructeur de machines agricoles , Montereau - Faut - Yonne (Seine-et-AÏarne).
- M. Guyon, cultivateur au Chapitre, commune de Larchant (Seine-et-Marne).
- M. Gautre.au père, agriculteur, Brie-Comte-Robert (Seine-et-Alarne).
- M. Durand fils, constructeur de machines agricoles, Montereau (Seine-et-Marne).
- M. Savart, propriétaire industriel, Aîaurevert (Seine-et-Marne).
- AI. Briot, jardinier en chef des parcs et pépinières de Trianon, Versailles (Seine-et-Oise).
- M. Moreau, cultivateur, Pontoise (Seine-et-Oise).
- . AI. Truffaut, horticulteur, Versailles (Seine-et-Oise).
- M. Lucas, agriculteur, maire de Caunay (Deux-Sèvres).
- AL Debeauvais, agriculteur, Septenville, commune de Rubempré (Somme).
- AL Véret, agriculteur, Roye (Somme).
- AI. Bédat, propriétaire, Alascale, commune de Grazac (Tarn).
- AL.le-docteur Bernard, maire de Cuers (Var).
- AI. Drageon, Toulon, directêur du journal la Provence agricole.
- AI. Foureau, agriculteur, Pontmorin (Vienne).
- Al. Forterre, cultivateur,' à ' la 'fermé 'dè ' Bois-Saint-Dié, commune de Aloriville (Vosges).
- LE MONITEÜR DE L’EXPOSITION DE" 1889
- ---- ------*-----—^—t-—h----------;----;-----
- M. Bckirguîgnon, ’ agriculteur, maiiœ dtV Vré-court (Vosges).
- AI. de Taillasson, inspecteur des forêts, Sens (Yonne). 1 ' f"
- M. Japy, ingénieur civil, constructeur de machines agricoles, Beaucourt (territoire de Belfort).
- AI. Baudoin, cultivateur, Afïrev.ille (Algérie), r""
- M. Nœtinger, viticulteur à la Consulaire (département d’Alger).
- AL Cousin, chef de section au chemin de fer, président de-la. ligue du reboisement d’Oran.-
- M. Hügel, médecin-vétérinaire, Bône (Cons-tantine).
- M. Coste, directeur de la compagnie viticole d’Amourah (Algérie). > .
- M. de Rosière, chef du bureau arabe de Laghouat (Alger).
- M. Turquois, ancien directeur de la pépinière de Médéah.
- M. Ribes, propriétaire-viticulteur et éleveur de chevaux, Terga (Oran).
- M. de Sainte-Croix, viticulteur, Mondovi (Cons-tantine).
- M. Chabaud, propriétaire-agriculteur, maire d’Aïn-Temouchent (Oran).
- L’Agha Si-El-Hadj-ben-Abdallah , des Béni Saouss(cercle de Sebdou).
- M. Taranne, agriculteur au Moule (Guadeloupe).
- M. Cambon, conseiller de préfecture du Gard.
- M. Gaillard, cultivateur, à la ferme de Monnes, canton de Neuilly-Saint-Front (Aisne).
- M. Franc, professeur départemental d’agriculture, Bourges (Cher).
- CONGRÈS INTERNATIONAL D'INSTITUTEURS
- AU HAVRE
- La ville du Havre a résolu de réunir un congrès international d’instituteurs.
- Voici les questions qui seront traitées :
- Section A. — i° De l’utilité des congrès nationaux et internationaux d’instituteurs ;
- 20 Du travail manuel à l’école primaire, comme complément de l’enseignement primaire. De l’organisation des écoles professionnelles et d’apprentissage.
- Section B. —• Du traitement des instituteurs et institutrices dans les différents pays. Dans quelle mesure l’État et la commune devraient-ils y contribuer ?
- Section C. '— Écoles normales. — Part à faire à l’éducation générale et à la préparation professionnelle des instituteurs et institutrices.
- Le programme comporte en outre : un punch, une conférence, une représentation théâtrale, une promenade en mer, un banquet.
- La ville du Havre s’est préoccupée de faciliter aux instituteurs les moyens de se rendre au congrès et de diminuer autant que possible les frais de séjour. Elle a pris à sa charge le logement et fournira à MAI. les instituteurs toutes les indi-cations nécessaires pour les restaurants et hôtels.
- Elle a obtenu de la Compagnie de l’Ouest deux trains spéciaux : l’un partant de Paris, gare Saint-Lazare, l’autre partant du Mans, avec facilité de retour dans les quarante-huit heures après la clôture du congrès.
- M. le secrétaire général du congrès, à l’hôtel de ville, fournira à MM. les instituteurs tous les renseignements utiles.
- Le Berliner Tageblatt, du 6 juillet, commentant le programme dè ce congres, émet les réflexions suivantes :
- On voit que l’enseignement des travaux manuels prend dans le programme une place importante. Gela se conçoit par ce fait que cette branche d’instruction forme depuis quelques années en France un objet d’enseignement obligatoire et que l’on y attache une signification non seulement prépondérante, au point de vüe de l’éducation, mais encore économique et sociale. C’est ce que l’on reconnaît aussi de plus en plus en Allemagne.
- Ce congrès d’instituteurs ouvre une nouvelle voie. Nous sommes curieux de voir quel sera le développement d’une réunion internationale de ce genre, qui aura besoin peut-être, avec le temps, de recevoir une organisation spéciale. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que des réunions nationales d’instituteurs, et, quelles que fussent les objections de leurs adversaires, on ne saurait, à cette époque de liberté de réunion, blâmer les instituteurs de faire valoir avec plus de fermeté dans les réunions actives leurs intérêts professionnels de même que ceux de leur préparation.
- Alais nous attendrons. encore avant de croire que le besoin d’une réunion internationale d’instituteurs se fasse sentir. Tout dépendra avant tout de l’esprit qui régnera dans ces congrès. Si bon s’en tient à la direction de l’éducation humaine pure, de l’organisation des écoles normales et'de tout ce qui s’y rattache étroitement, on ne pourrait refuser de reconnaître que cette réunion exercera
- Dimanche 26 Juillet i883.
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- un certain effet salutaire sur les règlements nationaux eux-mêmes. Alais si elle va au delà, nous doutons de l’utilité de semblables congrès.
- CONCOURS DE GÉOGRAPHIE
- DE TOURS
- La Société de Géographie de Tours met au concours la question suivante :
- :Etude, des crues de la Loire et de ses affluents, le Cher, l’Indre, la Vienne, avec la Creuse, dans le département d’Indre-et-Loire.
- PROGRAMME I.
- i° Indication sommaire des causes et de l’origine desdites crues ;
- 20 Historique des principales crues dans le département d’Indre-et-Loire, depuis l’année 1840 ;
- 3° Description séparée des effets de ces crues et de leurs ravages, en indiquant les caractères spéciaux qu’elles ont revêtus dans chaque bassin, et leur influence sur le bassin de la Loire ;
- 40 Historique des procédés employés depuis 1840 dans le but a aviser les riverains des crues, et, pour l’avenir, recherche des meilleurs moyens de donner aux intéressés des renseignements exacts en temps utile.
- Nota. — La réponse aux questions nos 3 et 4 devra s’appliquer exclusivement, comme celle à la question n° 2, au département d’Indre-et-Loire.
- Les auteurs des mémoires, en dehors de la réponse à la question n° 4, devront s’abstenir d’indiquer tous moyens préventifs ou défensifs contre les crues, cette étude n étant en rien du domaine de la Géographie.
- Le concours est ouvert entre toutes personnes.
- La Société décernera, dans l’Assemblée générale annuelle du mois de février 1886 :
- 10 Un premier prix consistant en une somme de 400 fr., dont 280 donnés par la Société de Géographie et i5o offerts par la Chambre de Commerce de Tours, ou en des ouvrages de Géographie d’égale valeur, au choix du lauréat ;
- 20 Une médaille de vermeil ;
- 3° Une médaille d’argent ;
- 40 Une mention honorable.
- Le premier des mémoires couronnés sera publié comme annexe à la Revue de la Société.
- Les travaux devront être déposés chez le Secrétaire général de la Société, rue Etienne-Pallu, 25, à Tours, avant le x5 décembre i885. Ils ne feront pas connaître le nom de l’auteur.
- Chacun d’eux portera une devise qui sera reproduite, avec le nom et l’adresse de l’auteur, dans une- enveloppe cachetée, remise, en même temps que le mémoire, à l’adresse qui vient d’être indiquée. Cette enveloppe ne sera ouverte que dans le cas où le travail aura obtenu une distinction.
- Les mémoires envoyés deviendront la propriété de la Société et resteront déposés aux Archives ; mais les concurrents pourront toujours s’en faire délivrer une copie à leurs frais.
- EXPOSITION D’ANVERS
- COMMUNICATION
- Les préparatifs se poursuivent pour la fête inaugurale des nouveaux quais, fixée au 26 juillet. Ces quais sont l’un des plus remarquables ouvrages du siècle : ils bordent l’Escaut devant Anvers sur une longueur de 3,5oo mètres avec une largeur moyenne de 100 mètres. Leurs fondations sont établies à une profondeur de 8 à 12 mètres sous l’eau. Les marées atteignent, à Anvers, 4, 5 et même 6 mètres, et les plus grands navires abordent à ces quais à marée basse comme à marée haute.
- A l’Exposition internationale des beaux-arts complètement organisée, les divers pays sont représentés par un choix d’œuvres signées de leurs artistes les plus éminents. La France en compte 681 ; la Belgique 689 ; l’Italie 297 ; l’Allemagne 274 ; les Pays-Bas 244; l’Autriche-Hongrie ip5; l’Angleterre 116; la Hongrie 100; la Russie 36; la Suisse 29; l’Espagne 23; la Suède 20. Dans une section spéciale, on remarque les envois de l’Ecole des beaux-arts de Bombay et de la Présidence de Aladras. — L’Exposition du Congo vient d’être inaugurée dans un bâtiment dit sanitarium construit dans les jardins sur le modèle des habitations qui servent aux voyageurs de l’Association internationale africaine ; armes, ustensiles, instruments de musique, fétiches, produits naturels ou objets de fabrication indigène, on saisit là sur, le vif la civilisation rudimentaire des populations congolaises. Alais voici que le roi Alassala, ainsi que les seigneurs et dames de sa suite, gagnés aux don-
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- Première Année. — N° 3o.
- I)iîd4NCHEs26 -Juillet b. — Æ.3g. :
- ceurs des mœurs européennes, dédaignent d’habiter leurs chinrbeke, les cabanes en bambous qu’ils ont apportées avec eux et réédifiées sur place. — Les concours des animaux reproducteurs continuent et sont très remarquables.‘'U y1 a 1,184 envois pour l’espèce bovine; 167 groupes pour l’espèce ovine; 123 pour l’espèce porcine et 624 lots d’animaux de basse-cour. Dans ces divers "contours, Tes’ exposants français remportent de hlombr'eux stidcès'.' " " ' " ’
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- (Lettre de notre correspondant particulier.)
- Anvers, le 20 juillet 1885.
- La lutte est finie ! — Lutte toute pacifique d’ailleurs, où se sont mesurés sur le terrain industriel nos producteurs français, belges, allemands, italiens, etc. A qui sera la palme? — Je ne puis répondre encore et je ne voudrais pas que mes prévisions, toutes en faveur de notre cher pays, pussent froisser nos adversaires ! .—: Mais s’il m’est permis de m’appuyer sur ce point incontestable, que la France a, plus que toute autre nation, pris l’Exposition d’Anvers au sérieux et qu’elle y est venue non pas en costume de voyage, sans façons, mais bien en grande toilette ; qu’elle ne présente pas uu assemblage disparate de maigres échantillons de fabrications quelconques ou les produits spéciaux d’une ou deux industries, mais bien une exposition complète, offrant dans chaque branche d’industrie des groupes très importants, je ne crois pas m’éloigner beaucoup de la vérité en promettant à nos compatriotes un grand et digne succès.
- La grandeur et la vitalité de l’industrie française s’affirmeront' de nouveau par les palmes qu’elle aura remportées dans cette lutte pacifique, et la France pourra ajouter de nouveaux fleurons à sa couronne.
- Les opérations du jury ont commencé le 29 juin et se continuent encore, dans quelques classes seulement, à l’heure où je vous écris. Depuis le 28 juin, l’Exposition d’Anvers a pris un aspect tout nouveau : le nombre des visiteurs s’accroît chaque jour ; les portes sont envahies, il faut attendre de longues heures avant de pénétrer dans l’enceinte. A l’intérieur, la circulation est des plus difficiles et c’est un spectacle vraiment intéressant que de voir la foule se précipiter vers les endroits les plus attrayants, et, au milieu de cette foule, les membres du jury, obligés d’avoir un cerbère, qui empêche le public d’approcher de trop près les produits soumis à leur examen.
- Vous avez vu la liste des jurés français. —Je'ne vous, en dirai qu’un mot qui ser;a l’impression générale que j’ai recueillie ici de lé bouche même des exposants : elle est unanimement approuvée, et les personnages éminents dans la science, les notabilités industrielles qu’elle compte sont le plus sûr garant que le verdict prononcé sera .adopté sans la moindre récrimination. — L’honneur de ce choix revient tout entier à M. le ministre du commerce et à ses deux éminents collaborateurs, M M. Robeis^Borghers, commissaire , général, et Mouthiers;) commissaire de l’Exposition industrielle et cpmmerciale, qui ont conduit les opérations du Jury, en ce qui les concerne, avec une intelligence et un dévouement vraiment remarquables ! é
- C’est aux membres îdu. jury du groupe vi du système de la classification générale qu’e-st revenu l’honneur d’ouvrir la période des travaux du jury. — Ce groupe comprend d’une façon générale les produits alimentaires, c’est-à-dire les céréales, les produits farineux et leurs dérivés, les produits de la bouangerie et de la pâtisserie, les laitages et œufs, les viandes, légumes, etc.., liqueurs et vins, les boissons fermentées.
- La France compte grand nombre d’exposants dans, ces industries, et dans les vins seulement les exposants atteignent le chiffre de 800.
- Ce chiffre d’exposants'suppose donc un ensemble de 4 à 5,ooo échantillons, que MM. les membres du jury ont eu à déguster.
- M. . Jarlauld, membre de la Chambre de commerce de Paris, était président du jury de la classe des vins. Ses collègues étaient, pour la France, MM. Lacroix, Larronde, Hébrard, Régnier, Vasnier. La Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne y comptaient deux ou trois représentants.
- Il serait certainement fort intéressant pour vos lecteurs qve je puisse ici citer les noms des principaux exposants de vins; mais la liste en est longue et je craindrais qu’en prenant quelques noms au hasard je 11’omisse des plus importants. La plupart des exposants :de vins de Bordeaux rentrent d’ailleurs dans l’exposition collective de la Société d’agriculture de la Gironde organisée par l’un de ses'unembres, M. Lacroix,_ que j’ai précédemment cité comme membre du jury.
- Lorsqu’iL.S-’es-t_-a-gi jadis de.préparer’TfExposit.iGn française à Anvers, le commissariat général français "fut saisi par M. Lacroix, au nom de la Société d’agriculture de la Gironde, d’une demande qui
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- tendait à établir une distinction entre les propriétaires de vignobles et les négociants en vins. — La proposition fu-t accueillie' avec empressement et c’est ainsi qu’aujourd’hui, contrairement à ce qui a eu lieu‘dans-Je passé, vous pouvez voir à l’Exposition d’Anvers de vrais propriétaires-producteurs, de simples cultivateurs-vignerons exposer les produits de leurs vignobles et les soumettre en même temps à l’examen et à l’appréciation du jury et des consommateurs, afin de faire connaître la qualité et le prix réel des vins provenant directement de la propriété. Cette manifestation de la Société d’agriculture de la Gironde dans un pays qui, comme la Belgique, offre -aux vins français des débouchés considérables, aura pour effet de donner des preuves éclatantes de la vitalité de la viniculture de la Gironde, et d’anéantir les agissements de certains commerçants peu scrupuleux et les affirmations erronées qui s’accréditent facilement à l’étranger et présentent la production vini-cole française comme tarie.
- Les exposants devins de Bourgogne et de vins de Champagne y sont nombreux. Les premières maisons françaises ont tenu à faire déguster aux étrangers les crus si délicats et si fins de cette riche province française, la Bourgogne.
- Parmi les vins de Champagne, nous avons remarqué entre autres marques célèbres, Rœderer, Mercier, etc. ; une nouvelle étiquette de vin mousseux dit vin de Chenonceau. On ne dira pas comme la chanson : « ce petit vin de Tours ». Il est au contraire d’un goût exquis et d’une qualité vraiment supérieure qui lui permettent de rivaliser avec nos meilleurs crus. J’ai eu l’heureuse faveur d’en goûter en compagnie de gourmets qui en ont fait le plus grand cas. C’est là un nouveau vin qui flattera plus' d’un palais dans l’avenir et que tout seigneur voudra posséder dans les caves de ses palais !
- Telle est l’exposition française des vins à Anvers; la liste des récompenses, qui paraîtra dans le commencement du mois d’août, en confirmera l’importance que je vous signale aujourd’hui.
- Enfin rentrent dans ce groupe des produits alimentaires, les céréales, les produits farineux avec leurs dérivés. Les exposants représentant cette industrie sont nombreux, et parmi eux je distinguées maisons qui tiennent le premier rang. Tout le monde connaît la maison Chapu pour ses pâtes, ses tapiocas et conserves sèches ; la maison Groult pour ses pâtes et tapiocas, ses farines, semoules, gruau de céréales, etc., et en province, à Marseille, les maisons Maurel, pour ses semoules produites par la mouture des blés durs de Tagan-rock, de l’Inde et de l’Algérie; Moricelly, pour ses blés, farines et semoules. Citons aussi les vitrines élégantes et très richement garnies de Trébucien avec ses cafés ; de la Société des amidonneries françaises.
- Les produits de la boulangerie et de la pâtisserie ont pour représentants principaux les maisons Béhu et Sigaut; Brateau avec ses biscuits si renom-més ; Olibet (manufacture parisienne de biscuits), société au capital de 800,000 frans. Enfin, lys condiments et stimulants, les sucres et produits de la confiserie, les liquëtifis* qui terminent fénoncé des -produits rentrant dans le groupe que j’ai pris pour thème, sont représentés par nos plus grandes maisons françaises. Qu’il me suffise de citer les maisons comme Lesage et Cic (Confiturerie Saint-James) , Lombart, pour ses chocolats ; Menier, également pour ses chocolats, qui a une usine hydraulique modèle à Noisiel et possède.de vastes plantations de cacaoyers au Valle Menier Nicaragua (Amérique centrale)-, etc., etc.
- IL. R EXACT,
- CONCOURS
- POUR
- LE PRIX DE ROME
- Il faut que l’Ecole des beaux-arts en prenne son parti, tous les critiques sont contre son enseignement poncif et routinier. N’est-il pas déplorable en effet de voir des peintres . éminents s’absorber dans le vieux jeu, s’assoupir dans la convention et n’avoir de faiblesses que pour l’antiquité dans ce qu’elle a de plus souverainement banal !
- Est-il possible de donner à des élèves^âvidés. de : nouveau et d’originalité un sujet plus sot disons le mot — que celui de Thémistocle * au ffoyer d’Aclmète?
- Allez donc vous escrimer surle dos de ce général athénien, aimable et valeureux, je ne dis pas n’on, qui, chassé par ses concitoyens, ne trouva rien'de " mieux que d’aller se réfugier chez Admète, roi de Phères, qu’il avait jadis malmené. Attendez, ça n’est pas tout. A moi Larousse et l’Institut !
- Admète est sorti, il est allé passer quelque revue de ses .troupes ;. en .rentrant il, trouve-TJaémis-.. tocle à son foyer; le général prend entre ses bras le fils d’Admète — encore enfant et c’est heureux, car s’il avait été homme! fait! . T-Défi 'sëijëtte aux
- genoux du roi pour implorer son hospitalité. Tableau !
- Eh bien! ce tableau n’a guère inspiré les concurrents qui, sans nul doute,'"eussent préféré quelque motif plus moderne.
- Voyons maintenant le résultat obtenu.
- N° 1. M. Spriet. — Composition faible. Coloris assez bon. Les nus sont bien rendus.
- N° 2. M. Tollet. — Pas intéressant. Les personnages sont laids. C’est prétentieux.
- N° 3. M. Bastet. — M. Bastet a des idées sombres. Son jeune prince fait peine à voir et son Thémistocle a l’air de venir demander une consultation sur le nombre ;des jours qui lui restent à vivre. L’intérieur d’Admète est mal éclairé.
- N° 4. M. Cabane. — S’est rencontré avec M. Dudicourt pour donner à Admète la bonne robe de chambre violette classique, dont les sains principes et les plis drapés d’après le théorème 74 sont religieusement enseignés à l’école. Pas d’initiative pour un sol.
- N° 5. M. Dudicourt. — S’est rencontré avec M. Cabane, etc. Tout cela est plat au possible. Pas d’espoir.
- N° 6. M. Quinsac. — Le Salon de 1885 nous a donné de M. Quinsac une toile assez aimable, intitulée : Critique influent. Son sujet de concours est également bien traité. Le coloris en est bon, bien que le dessin de son Thémistocle laisse à désirer. En revanche, la reine Phtia ne manque pas de grâce, les chairs en sont bien vivantes. Il y a là mieux qu’une promesse, car — disons-le tout bas-—- M. Quinsac est un moderne. Proh pudor !
- N° 7. M. Axillette. —-ChezM. Axillette au contraire, c’est la reine qui se trouve totalement dénuée de poésie. Le groupement manque aussi d’originalité, mais la peinture est très soignée, dans le bon sens du mot.
- N° 8. M. Thomas. — C’est lui qui paraît réunir les suffrages de la foule. Sa toile est gaie et lumineuse. Un fond de jardin bien éclairé jette un jour bien franc sur l’atrium d’Admète. Ses nus montrent que l’élève a sérieusement profité des leçons de ses maîtres, Jules Lefebvre et Boulanger; ils sont d’un fini admirable. Le groupe de Thémistocle et de l’enfant est plein d’expression. Très bon concours.
- N° 9. M. Danger. — Rencontre également beaucoup-de partisans. Songez que c’est la cinquième fois qu’il concourt. Lui donnera-t-on un prix de persévérance? Son Thémistocle incliné devant le roi, pendant que Phtia interroge anxieusement son épou^,, offrent un coup d’œil bien compris. La couleur est d’un ton élevé et dénote de sérieuses aptitudes chez M. Danger.
- N°- 10. M. Lavallée. — C’est maigre d’invention. Il n’y|a vraiment rien à dire, ni en mal, ni en bien. 1
- ' Soiïïme toute, pas un éclair réel dans ces dix compositions, qui, d’après mon humble avis, subissent trop le joug des volontés arrêtées d’enseignement.
- Des sentiers,! battus, des leçons apprises par cœur, mais 'rien de personnel et pas de superbes envolées, comme disent les poètes.
- ; Alfred Delilta.
- ÉCHOS
- ÉTRANGER
- Allemagne ïj
- Nous trouvas à l’ordre dtfjbdr delà conférence ffélégraphique'internatîonale, qui).se réunit à jÈerlin Te. mois prochain la question suivante : « Simplification des tarifs ». Espérons <|ue la conférence mettra toute-soqu attention à résoudre cette;question sur : i’importance de laquelle on ne saurait
- trop insister. ' !J
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- O11 organise à Cologne,pour le courant du mois de novembre, une grande exposition culinaire. Un comité de direction a été ,èlù il y a quelques jours et les travaux préparatoires vont commencer
- immédiatement. :
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- Angleterre
- L’empereur d’Autriche vient de faire don à la National Gallenj des portraits à Londres, par l’intermédiaire de lady Paget, femme defl’am-t, bassadeur d’Angleterre à Vienne, d’un tableau de Flickel,'représentant la Cbambr;e des- communes en IT'.KÎ. , î
- E’d'dÿssée en est assez çurieus£.
- Il le ko! 7 né en Bohême en-lT-fe, étudia d’abord à Vienne,-' puis il se retiçbQà Pajris, où il fut protégé -par M'arie-Antoirféttè*-bt-«la princesse de Lamballe. Lorsque vint la Révolution il passa en Angleterre et c’est là qu’il exécuta ce tjibleau représentant la Chambre des communes en séance et Pitt à la tribune. Le directeur de la galerie des portraits}_M.__Scbarf, apprit,après bien des recher-” cbes, qtrü"'ëette~tT>' i 10 "avaitVtrivfTT IMLeffTrHluub 0 u rg ; que les héritiers de ce dernier l’avaient vendue à
- (Voir la suite, page 242.)
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- 24° ët 241. — Première Année. —« N0 3o.
- LE
- MQNFTEü^^CP^SrFION/DE 1889.
- Dimanche 26 Juillet i885.
- A LA SECTION FRANÇAISE D$ BEAUX-ARTS (LA PEINTURE)
- :
- TONY-ROBERT FLEURY. — portrait de m. robert-fleury (père)
- J. LE BLANT. — LE DINER DE i/ÉQUIPAGE
- F E Y E N - P ER RIN . — armorica
- HENNER. — le christ AU TOMBEAU
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- 242..— Première Année — N° 3o.
- l’empereur d’Autriche et qu’elle devait se trouver dans les magasins du palais du Belvédère à Vienne.
- C’est là en effet qu’a été retrouvée, puis offerte à la National Galleri/, cette toile de 15 pieds de haut et 11 de large qui ne contient pas moins de 96 personnages grandeur naturelle.
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- Ainsi que nous l’avions fait prévoir dans notre numéro du 5 avril dernier, un accord touchant l’importation de l’opium sera signé très prochainement entre la Chine et le gouvernement britannique. M. Bourke, sous-secrétaire d’Etat au Foreigii-Ot'iice, répondant à M. Cropper, a fait une déclaration dans ce sens à la Chambre des communes, dans la séance du 14 juillet dernier.
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- Autriche-Hongrie
- Nous avons parlé, dans un précédent numéro, d’un projet d’union douanière entre l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne. On peut dès maintenant, croyonsriious, le considérer comme ayant échoué.
- Les nouvelles colportées à ce sujet viennent d’être officieusement démenties. L’opinion publique, d’ailleurs, ne s’y montre pas favorable et le gouvernement austro-hongrois devra, selon toute probabilité, entrer en négociations avec l’Allemagne pour amener une entente sur les questions commerciales.
- On nous écrit de Lemberg (Gallicie), qu’une commission austro-russe se réunira dans cette ville le 1er août prochain, pour hâter les travaux de régularisation et de canalisation: de la Wistule, de Cracovie à Zawichoft.
- L’initiative de cette mesure est due au gouvernement russe. L
- Belgique
- Des fêtes brillantes auront lieu dans le courant du mois prochain à Bruxelles, à l’occasion du cinquantième- anniversaire de l’inauguration des chemins de fer en Belgique.
- La commission nommée par le gouvernement pour en préparer le programme, vient déterminer son travail qui est en ce moment soumis â l’approbation de M. le ministre de l’intérieur.
- Un cortège historique, où l’on verra défiler les différents moyens-de transports usités jusqu’à nos jours,sera la great attraction. Il y aura probablement deux promenades : le. dimanche 16 août et le dimanche suivant.
- Le programme:;comprend en outré une grande fête champêtre au. bois de la .Cambre, le mardi 18 août, avec concert, bal sur les pelouses et feu d’artifice.
- Voici- quelle sera à peu de chose près la marche du cortège historique :
- La Fortune,-debout sur-’ sa roue, ouvrira la marche entourée d’un brillant escadron de cavaliers et précédée d’un orchestre. Puis viendront les figures allégoriques des Métaux, suivies d’une troupe de cavaliers nerviens. Ceux-ci, revêtus de peaux de bêtes, chaussés de sandales de cuir, et coiffés de casques en fer battu,escorteront un char traîné par des bœufs et monté par un chefnervien et sa famille. Les musiciens se serviront d’instruments fabriqués 'pour la circonstance sur des modèles du temps conservés au Musée du Conservatoire. Suivront les chars romains, de voyage et de guerre; les chars mérovingiens, ces derniers escortés de cavaliers francs, de porteurs et de mulets de charge.
- Un quatrième groupe réunira les premiers moyens de transport sur eau; radeaux nerviens, etc.
- Puis viendront l’époque'des croisades, l’époque de la féodalité, avec les chariots d’armes, les litières princières et les embarcations, qui à cette époque faisaient le service des marchandises de Bruges à Gand ; le tout entouré de cavaliers caparaçonnés, de hérauts, d’hommes d’armes, de troubadours, de varlets, etc.
- L’époque de Charles Quint et la Hanse teuto-nique, avec les hérauts de-Brême, Lubeck, Hambourg, Francfort, formeront un groupe brillant, que suivront des voitures de roulage, des pataches du temps de Rubens, des chaises à porteur et litières Marie-Thérèse, avec une escorte de dragons, de fusiliers, de fifres et de tambours.
- Ensuite viendra l’époque moderne, les premières diligences, les pataches de la Restauration et enfin un train authentique, celui-là même qui inaugura le service en 1835.
- Le char qui le portera aura 25 mètres de longueur et 8m,50 de- hauteur.
- On verra défiler ainsi 500 personnes, 350 chevaux et plus de GO'Véii'rcnle's divers. ..
- C’est au cours de ces fêtes qu’aura lieu la pose de la première pierre du monument de M. Charles Rogier, élevant la gare du Nord.
- Le voyage de ,Bruxelles sera donc de tous points,, intéressant et l’on compte sur une grande affluence d’étrangers.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Pays-Bas
- Nous avions été induits en erreur en annonçant, dans notre numéro du 5 juillet, que le nouveau musée des beaux-arts, œuvre de l'architecte- Cuy-pers, à qui l’exécution en avait'été coiifiée en 1876, avait été inauguré à Amsterdam, le 13 juin dernier.
- C’est le 13 juillet qu’a eu lieu la cérémonie, sous la présidence de M. Heemskerk, ministre de l’intérieur.
- Toutes les notabilités de la Hollande y assistaient, ainsi que MM. Kaempfen, directeur des beaux-arts, et Guillaume, délégués du gouver-.. nement français.
- Plusieurs discours ont été prononcés, et M. Cuy-pers, l’architecte du Ryksmuzeum, a reçu l’ordre du Lion néerlandais, ainsi qu’une médaille d’or
- offerte par la population. .....
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- Suisse
- La convention . passée entre la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas, relativement à la pêche du Saumon dans le Rhin, vient d’être ratifiée par le conseil fédéral.
- Cette affaire, pendante depuis un certain temps, avait nécessité de longues négociations par suite de la résistance du gouvernement hollandais, en ce qui concerne la protection du poisson pendant la saison du frai.
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- Le conseil fédéral a décidé d’envoyer des délégués au congrès international des chemins de fer qui se réunit à Bruxelles, le 8 août, à l’occasion du cinquantenaire des chemins de fer belges.
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- Algérie
- Nous avons parlé, dans notre dernier numéro, de l’apparition du phylloxéra en Algérie.
- Une enquête sommaire, faite par MM. Nicolas, inspecteur général de l’agriculture, et Couanon, délégué régional, n’a fait découvrir aucune tache . nouvelle autour du point infecté; aussi incline-t-on à croire que l’invasion est limitée et toute récente.
- La découverte faite à Mansourâh a causé dans toute l’Algérie une grande émotion, bien légitime d’ailleurs, quand 011 songe combien était florissante depuis quelques années la culture de la vigne, et quel avenir brillant lui était réservé.
- A la demande du syndicat des viticulteurs, le • gouverneur général a décidé qu’une inspection,?.’,, générale et minutieuse de toutes les vigneâ algériennes serait faite'dans le' plus bref delai-possible,, afin de reconnaître d’une façon précise si* l'es’- taches observées près de- Tlemcen sont ié'Ô-lées ou non.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- Conférence par le P. Linihôur
- L’AFRIQUE ÉQUATORIALE
- Mercredi dernier, le P. Limbour a fait à l’Exposition la conférence qu’il avait promise sur l’Afrique équatoriale. La salle était comble, car l’on savait que le révérend conférencier a habité, comme missionnaire, pendant neuf. ans, les contrées dont il devait faire la description et cela .. doublait l’intérêt des détails qu’il.devait, donner... •
- L’Afrique centrale n’a livré que depuis peu d’années les principaux secrets de ses vastes solitudes, et Stanley avait encore raison en 1876 de les. nommer le continent mystérieux. Au commencement du siècle, on n’en connaissait que le littoral et, depuis l’océan Atlantique jusqu’à la mer des Indes, c’est-à-dire sur une étendue de plus de 4,000 kilomètres, c’était absolument l’inconnu. Les cartes qui datent de 60 ans ne comprennent dans cette Afrique équatoriale que des espaces blancs ou des indications de fantaisie. C’est Mungo-Park qui ouvrit la marche par l’exploration du Niger en 1801, et depuis que . de voyageurs, savants et missionnaires, ont suivi ses traces ! Il s’agissait pour eux de dévoiler les secrets de cette Afrique inconnue, de la conquérir par la religion, la science et le commerce et de la faire entrer dans le monde civilisé. Mais ce glorieux chemin a été sillonné de cadavres, car beaucoup de ces hardis voyageurs sont tombés, victimes de la fatigue, de la fièvre, de l’insolation, des bêtes féroces, de la trahison, de. leurs conducteurs ou de la haine stupide des noirs fanatisés. Mais ces héros, martyrs de la foi ou de la science, n’onp pas . succombé inutilement. Les uns ont propagé les idées chrétiennes et la destruction de l’esclavage ; les autres -dn-t-ouvert—aux-mar-e-h-ands -et aux -trafiquants- - des régions nouvelles qui sont devenues des marchés internationaux et d’excellents débouchés pour les produits européens.
- Dimanche 26 Juillet i8S5
- Le P. Limbour a donné sur son séjour au Zan-guebar, dans les missions catholiques de son ordre, des détails curieux dams un langage imagé., énergique, plein dé'jKonne humeur et sans prétention.
- • On sentait, en l’entendant,^qu’-ihest surtout homme d’action et qu’il a payé largement de sa personne dans cette existence de dévouement qu’il a menée pendant de longues années sous le climat brûlant, humide et malsain dèflà'côtè orrêntàle'd’Afrique. ' Le conférencier{ jlait finfssi, de temps- en felmps,-' relever l’attention de ses auditeurs par des détails intimes sur ses rapports avec les Anglais et les nègres_j et des épisodes qu’il raconte d’une manière -fort hirnTcrffsfnqufi.. L’on comprend, en l’écoutantj qu’il a rempli dignement son devoir de missionnaire et que lui et ses confrères ont tenu haut et ferme, à l’occasion, le drapeau de la France et de la civilisation.
- Après avoir parlé du Zanguebar et de son souverain, le sultan de Zanzibar, aujourd’hui indépendant de l’irhan de Mascate, le P. Limbour a plaisanté d’uneVmanière fort agréable sur les noms de fantaisie que nous mettons sur les cartes africaines : Crngo, Madagascar, Madécasses. Il n’y a rien de réel dans tout cela ! Dans la langue dés indigènes^ le Congo, c’est le.grand fleuve; Madagascar (Hiera-Bé) la grande île ; quant aux Madécasses,-il. n’y en a pas, et ce nom ne signifie rien ; la grande île est habitée par des Hovas, des Sakalaves, flés Antakares, etc..., il n’y a pas de Madécasses^jL
- Diverses'qrrojections ont été faites pendant le cours de la 'conférence : Carte de la région des grands lgUé Victoria, Tanganyka, Bangouéla, animaux dyt pays, paysages, le passage d’un rapide de l'Ogootié. des types de nègres, l’entrevue de M. de Brâzza et. du roi de Makoko, puis enfin les portraitÿivde Livingstone, de Stanley et de M. Savorgn$p de Brazza. A l’apparition de ce dernier, la salle ^'retenti d’applaudissements à l’adresse de l’heurqtrx rival de Stanley, qui a donné à la Franc#,, sur les rives du Congo,, un vaste territoire appelas ans doute à un grand avenir.
- L^Conférencier avait fait préparer, par M. MoltéRij Ie cliché d’une carte toute nouvelle, qui indfèfue le partage du bassin du Congo entre la Fufflce, le Portugal et l’Association internationale africaine,, suivant la conférence de Berlin (26 feyrier 1885). C’est une’attention dont il faut savoir gré au P. Limbour. Cette carte fait voir d’abord à TOrient le territoire de l’Ousagara, dont l’Alle- magne a pris possession. C’est une enclave dans ‘‘l’intérieur des terres ; mais, étant donnés lès procédés ordinaires des Germains, il n’est pas douteux que dans un temps peu éloigné cette neclave ne s’étende jusqu’à la baie de Zanzibar et n’englobe peut-être Bagamoyo où se trouve la mission catholique française ; _mais ceci est .^erp dehors de la conférence de Berlin, qui ne s’est occupée que du bassin du Congo, depuis le lac Tanganika jusqu’à son embouchure. Toute la partie au nord du bas Congo est donnée à la France et se. trouvera.réunie au ..Gabon..formant ainsi un territoire grand comme quarante de nos départements. La partie méridionale est attribuée au. PortugaL et se trouvera jointe à ses colotties du bas Congo. Enfin, un territoire immense, comprenant tout le reste du bassin du fleuve, est laissé à l’Association internationale ; c’est grand comme quatre fois la France, mais la majeure partie est à peu près inconnue et n’a jamais été visitée par les Européens. Les marchandises importées dans ces territoires resteront affranchies de droit d’entrée et de transit et les missionnaires, les savants, les explorateurs, leurs escortes et collée-, tions seront l’objet d’une protection spéciale. Enfin, la liberté de conscience et la tolérance religieuse sont garanties aux indigènes et aux ..étrangers.; leylroit.. d’ériger des. .églis.e.s,..temples et chapelles' et d’organiser 'tics missions, ne sera soumis à aucune restriction ni entrave.
- Voilà, certes, d’excellents résultats pour le présent et surtout pour l’avenir. Ces immenses pays renferment toutes les richesses de l’Afrique : coton, caoutchouc, graines de toutes espèces, gommes, etc... Les mines y sont abondantes. On dit que des gisements de houille y ont été découverts et l’on n’ignore pas que l’Afrique équatoriale est par excellence le pays producteur de l’ivoire. A ce propos, le P. Limbour a fait remarquer que l’exposition de Beauvais présente dans la vitrine de MM. Dupont et Cie deux magnifiques défenses d’éléphant, qui viennent précisément du haut Congo et ont été embarquées au Gabon.
- Enfin, le révérend conférencier a dit, pour terminer, que l’on avait toujours beaucoup parlé des explorateurs anglais et américains, que la France avait, elle aussi, ses héros voyageurs, et il a cité parmi eux M. Victor Giraud qui vient précisément de parcourir l’Afrique équatoriale et ..qui. a. été reçu en séance extraordinaire par la Société de géographie le 7 avril dernier. M. Giraud est parti de Zanzibar, à parcouru YUemba, traversé le Chambéri qui forme la source du Congo, et arriva enfin au lac Bangouéla, tristement célèbre -par la :morîf de- Livingstone-.-"-Prisonnier des Vouaussis pendant quelque temps, il leur échappa, visita les lacs Moero et Tanganyka, arriva à Karema, station de l'Association africaine de
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- Première Année. — "N° 3o. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Belgique,, et enfin reviht à Zanzibar ;kprès des fatigues extrêmes en passant par le 'Nyassa et Télimane à l’embouchure du Zambèze.
- Le P. Limbour a su pendant près d’une heure et demie maintenir l’attention de son nombreux auditoire et l’intéresser vivement, tantôt par des •anecdotes familières, tantôt par des considérations élevées qui montraient combien il comprend l’avenir que réservent les régions tropicales^ de l’Afrique aux expéditions commerciales, ' au dévouement des explorateurs et, il faut le diré-, à l’héroïsme chrétien des missionnaires catholicités et protestants.
- Une salve d’applaudissements unanimes ' a remercié le révérend conférencier de l’excellente soirée qu’il avait procurée à son auditoire.
- LÀ PETITE INDUSTRIE
- ET LA FORCE MOTRICE
- La petite industrie parisienne souffre aujourd’hui, plus peut-être que toutes les autres industries, de la crise générale des affaires et se trouve en présence d’une concurrence qui va croissant chaque jour. Outre le poids des charges fiscales, le prix élevé de la main-d’œuvre intervient pour lui rendre la lutte plus malaisée et plus rude et les petites industries de la tabletterie, de la bim-belotterie et de l’article de Paris, industries si éminemment françaises et spécialement parisiennes, ont vu, de 1877 à 1885, leurs exportations diminuer sensiblement. Dans les 4 premiers mois de ces 9 années, le chiffre de ces exportations est tombé successivement de 48,397,000 francs à 24,121,000 francs, chute de 5o 0/0.
- Gomment combattre cet affaissement ?
- Parmi les différents moyens d’en triompher, il en est un assurément très efficace: c’est de fournir à bon marché de la force motrice à la petite industrie.
- Ce problème est poursuivi depuis longtemps déjà et, chaque année, la société d’encouragement pour l’industrie nationale met au concours un prix de valeur assez élevée pour le meilleur système de distribution de force motrice pour-la petite industrie.
- Les étrangers ne sont pas moins préoccupés de la même question. L’année dernière, a eu lieu, en Autriche, une exposition universelle de petits moteurs industriels.
- Un essai très important est fait à New-York depuis deux ans, au moyen de la vapeur d’eau. Une société y a installé un certain nombre de machines où la vapeur est produite et d’où elle est transportée par une canalisation souterraine à l’intérieur des maisons pour y être utilisée comme chauffage ou comme force motrice. Mais voici ce qui est arrivé : sur quatre mille chevaux-vapeur fournis l’année dernière aux consommateurs de New-York, plus de deux mille ont servi au chauffage des maisons, des cuisines et autres usages analogues et le surplus a été employé pour actionner des machines d’une force relativement assez considérable. La petite industrie n’a donc que très faiblement profité de cette distribution de force motrice.
- En France aussi d’autres essais ont eu lieu : on a, notamment à Lyon, fait quelque usage de petits moteurs à gaz pour actionner des métiers à tisser et à Paris on a fait un assez grand nombre d’installations pour donner aux petits fabricants la force motrice qui leur est nécessaire. Les installations sont de deux espèces : d’une part, de grands ateliers divisés en une série de petites cases où les ouvriers viennent du dehors chaque matin exécuter leurs travaux ; d’autre part, de grands immeubles, divisés en petits logements qui sont loués à de petits fabricants et que traverse un arbre de couche général actionné par une machine à vapeur centrale. L’ouvrier fait marcher, à l’aide du mouvement de cet arbre de couche, ses machines-outils et se trouve avoir dans le même local son habitation, son atelier et sa force motrice.
- Bien qu’il y ait là des progrès très notables, il faut bien reconnaître que cette distribution de force s’est peu développée et n’a encore rendu que très peu de services à la petite industrie.
- Un autre essai, d’un genre tout différent, vient d’être tenté à Paris et. fonctionne depuis le commencement de l’année dans le quartier Saint-Avoie> un de ceux où la petite industrie parisienne s’est le plus solidement établie.
- C’est le système de la distribution de force motrice par l’air raréfié.. Le mot indique assez bien la chose. Au lieu d’envoyer de la vapeur ou de l’air comprimé par exemple dans un corps de pompe pour faire pression sur un piston, on supprime, par l’aspiration de l’air, la pression atmosphérique naturelle sur l’une ou l’autre des faces de ce piston, ce qui rompt l’équilibre et permet à la .même pression d’exercer son effet sur l’autre face. Ce principe est bien connu, il a reçu une application très célèbre, il y a quelque vingt ans, dans le chemin de fer de Saint-Germain, entre la Seine et la ville.
- Il y n’a donc pas, à proprement parler, d’invention, de principe; mais il y a, par rapport à Paris, du moins, un changement radical dans les conditions où la force motrice est reçue à domicile. Ce système, en effet, laisse le petit fabricant chez lui, dans son logement ordinaire, au milieu du quartier qui convient le mieux, soit à lui-même, soit à son travail. Il ne l’oblige ni à aller travailler au dehors, ni à quitter son quartier pour s’établir dans l’immeuble-caserne où sont agglomérés les petits logements à force motrice. Une canalisation aussi élémentaire que celle du gaz en simples tuyaux de plomb, depuis la canalisation en égout, pénètre dans son atelier et aboutit à un petit moteur mécanique,. L’ouvrier ouvre le robinet qui termine le tuyau de plomb et voilà le moteur en mouvement; il le ferme plus ou moins, le mouvement se ralentit à son gré et s’arrête quand il veut. Il a donc delà force à son service, exactement suivant ses besoins. Cette force est produite dans un établissement central qui peut rayonner jusqu’à 600 mètres de distance.
- On voit combien ce système est souple et commode. Il présente encore- un certain nombre d’avantages qui sont à signaler : Le petit moteur mécanique est de dimensions beaucoup plus petites que les moteurs à gaz ordinaires : pour une force de 6 kilogrammètres, par exemple, ses dimensions sont de cm,38 de hauteur, om,23 de largeur, o,m23 de longueur etle diamètre du volant est de om,2 5. Pour une force de 24 kilogrammètres, un tiers de cheval-vapeur, la hauteur est de om,8o, la largeur de om,45, la longueur de om,45 et le diamètre du volant de om,56. Les moteurs à gaz correspondants, système Bisschop, auraient eu, dans le premier cas, im,2 5; om,55; ora,66 et om,6o de volant ; dans le second cas, im,9o; om,73 ; im,oo et im,i6 de volant. On voit combien la différence est grande et cette question est capitale, car l’atelier de l’ouvrier en chambre, généralement situé dans un quartier central est cher et par conséquent toujours trop petit.
- D’autre part, les moteurs à gaz donnent de la chaleur, souvent des odeurs désagréables et corrompent plus ou moins l’air de l’appartement, par . suite de la combustion de l’oxygène. Le système de l’air raréfié ne donne naturellement aucune chaleur, ni odeur et au lieu de corrompre l’air, le purifie, car l’aspiration fait un appel de l’air extérieur.
- Enfin, la Société a simplifié au dernier degré l’emploi de sa force : elle pose gratuitement les colonnes montantes comme la compagnie du gaz ; elle ne fait payer que le branchement intérieur ; elle fournit le moteur mécanique en location et l’installe à ses frais. Le client n’a donc que très peu à dépenser pour se mettre en état d’utiliser la force motrice.
- Quant à sa dépense, elle consiste d’abord dans un prix fixe de location du moteur et dans la valeur de la force qu’il a consommée. C’est absolument comme pour le gaz. La mesure de cette consommation est donnée par un compteur de tours, fixé à l’appareil et dont les.indications sont relevées chaque dix jours, conjointement avec le client.
- Il serait très difficile de chiffrer exactement l’économie qui résulte de cette force motrice. Cela dépend beaucoup des cas. Nous avons vu cer-
- Dimanche 26 Juillet i88'5. 243.
- taines industries, comme par exemple, une petite fabrique de brosses où le moteur, revenant à 3 francs par jour, économisait quatre ou cinq ouvriers à cinq francs.
- D’après les premiers résultats obtenus depuis le commencement de l’année, la distribution de là force motrice par l’air raréfié est un véritable succès et les demandes d’abonnements affluent en quantité. Le seul retard vient de la construction des moteurs.
- On est absolument en droit d’espérer que le système nouveau va produire une réalisation puissante de la démocratisation de la machine et .mettre le travail à domicile à même de n’être pas .emporté par le travail en grand atelier. Les exigences de la concurrence se traduisent, en effet, par une tendance de plus en plus marquée à la grande concentration industrielle. Il semble qu’on n>e puisse lutter que par le grand atelier 'où la division du travail peut être poussée à ses dernières limites et par la grande production. Mais cette grande production est précisément un danger pour l’industrie, car elle amène à peu près fatalement la surproduction et par suite la crise. Le travail à domicile n’est pas exposé à cette même surproduction; il y a donc lieu de souhaiter dans l’intérêt national industriel, que le petit atelier ne soit pas absorbé par le grand. Mais l’intérêt, national moral ne réclame pas avec moins d’énergie le développement du travail à , domicile, car il est un des plus sûrs garants du maintien de la famille.
- A. Fougerousse.
- HISTOIRE
- DE la
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- VIII
- (Voir le Moniteur du ig juillet i885)
- La construction du nouvel Hôtel des Postes avait été confiée par le gouvernement à M. Julien Guadet, petit-neveu du grand orateur girondin, l’un de nos architectes les plus distingués. M. Guadet avait fait depuis longtemps ses preuves ; ancien prix de Rome,, il avait mené à bien plusieurs constructions qui dénotaient chez cet artiste une vive compréhension du grandiose et de l’imposant, en même,temps qu’une rare entente des exigences de la vie moderne dans les capitales. De l’aveu de tous les hommes spéciaux, le npuvel Hôtel des Postes ne laisse rien à désirer, et M. Guadet peut dire qu’il a accompli son œuvre de maîtrise. Actuellement, il est candidat à un fauteuil vacant dans la section d’architecture à l’Académie des Beaux-Arts.
- Il est de fait que rien n’a été négligé dans Inexécution du gigantesque monument de la rue Etienne-Marcel. La presse et les critiques d’art eux-mêmes ont reconnu que l’impossible avait été fait pour bien tirer parti des terrains. Pour qui a visité l’ancien Hôtel des Postes, amas de constructions vieilles, branlantes, où tous les services étaient entassés les uns sur les autres, dont le portier seul avait pu réussir, après de longues années de fonctions spéciales, à connaître les innombrables et tortueux escaliers, à démêler topographiquement toutes les sinuosités obscures, tous les replis secrets et les cavités mystérieuses, l’hôtel nouveau paraîtra monumental et immense. Il est aujourd’hui invraisemblable que Paris ait pu, pendant un siècle, se contenter, pour un organe aussi important de sa_ vie sociale, de bâtiments aussi misérables, aussi dangereux, qu’une préfecture de seconde classe aurait dédaignés ou jetés bas depuis longtemps. Mais on a dit avec raison que rien ne dure plus en France que le provisoiré ; or, l’ancien Hôtel des Postes était provisoire depuis Louis XV.
- L’hôtel construit par M. Guadet forme un vaste quadrilatère qui est compris entre la rue Étienne-Marcel, la rue Gutenberg, la rue Jean-Jacques Rousseau, et la rue du Louvre, et mesure une superficie de 7,700 mètres carrés. La façade principale, d’une longueur de 76 mètres, est sur la rue du Louvre ; sur ce côté seul, le public entrera dans l’édifice. Sous un portique à huit arcades, qui restera toujours ouvert, sont disposées quatre immenses boites à lettres et à imprimés, un bureau de ventes de timbres-poste et un bureau de renseignements. A gauche, à l’extrémité du portique, s’ouvre l’escalier du public conduisant aux étages supérieurs ; à droite, est établi un vaste poste de
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- garde. Trois tambours donnent accès à la galerie publique, qui a 48 mètres de long sur 6 de large. Un immense comptoir de chêne, à hauteur d'appui sans grillages ni guichets, contiendra trente-deux bureaux de poste et quatre de télégraphe. Le public se trouvera ainsi en communication directe constante avec les employés, dont les attributions seront indiquées par une’ pancarte placée sur les pieds des candélabres d’éclairage..
- Sur les entre-baies, de grands tableaux permanents portent en caractères très visibles les renseignements usuels pour l’affranchissement des lettres, des colis postaux, des imprimés, etc. A droite, sur la rue Gutenberg, est l’entrée spéciale delà poste restante, qui contiendra quatre bureaux disposés de même façon que ceux de la grande galerie, sans cloisons ni guichets. Voilà qui va etre fort indiscret et point mystérieux du tout pour la clientèle féminine de la poste restante. A l’extrémité de cette petite galerie se trouve un vaste casier contenant les boites des abonnés, une innovation parisienne, car ce service fonctionne depuis quelque temps dans plusieurs grandes villes de province. L'administration a fait établir deux mille de ces boites. C’était un difficile problème que la confection des clefs qui, tout en étant du même module, doivent ne pouvoir ouvrir qu'une seule boîte. Le serrurier chargé de cette installation l’a résolu au moyen d’un système de clef à encochage fort ingénieux, où une différence de millimètres rend le jeu delà serrure impossible. Dans l’encognure de la rue du Louvre et de la rue Gutenberg a été réservée une pièce spéciale où l’on pourra faire sa correspondance.
- L’autre côté de la salle du public, parallèle à la grande galerie, est réservé au service des périodiques et des imprimés qui sont transportés à la poste par/ voitures privées. Un passage couvert a été exclusivement réservé, dans ce but, aux voitures qui entreront par la rue Etienne-Marcel,, déchargeront intérieurement à quai leurs ballots et sortiront ensuite par la rue Gutenberg. Par là accéderont, dans un bureau spécial situé sur cette dernière rue, les vaguemestres de la garnison de Paris. Les services financiers, la caisse de la direction de Paris ont également dans ce passage l’entrée de leurs bureaux établis au rez-de-chaussée sur la rue Étienne-Marcel.
- Tout le reste de l’édifice est consacré exclusivement aux services d’exploitation, et son accès en sera rigoureusement interdit au public.
- Nous voilà'bien loin de l’« ancienne Poste. » L’exiguité du vieux local avait donné naissance à une plaisante légende. Elle est fort bien racontée par le journal le Temps , à qui nous passons la parole :
- « Un Comité de chefs dût se réunir un jour, afin « d'aviser aux moyens- de -déplacer une table pour « permettre l’installation d’un nouvel employé. « Pendant plusieurs heures on délibéra, on fit des « expériences très compliquées : la table fut mise « dans tous les sens et, en désespoir dévolution « du problème, le nouvel employé dut être ren-« voyé. »
- N'est-ce pas charmant ?
- La place ne fera point défaut dans le nouvel hôtel; les services actuels n'occupent environ que les deux tiers des salles qui leur sont réservées.
- (A suivre). T. M. __
- LES LIVRES
- XVII
- Mgr Bataillon et les Missions de l’Océanie centrale, par ]c P. Maugeret. 2 vol. in-18. Vitte et Perrussel, imprimeurs-éditeurs à Lyon. — Etudes historiques et critiques sur les classiques français du baccalauréat, par MM. Urbain et Jamey, licenciés és-lettres. i vol. in-18. Memes éditeurs.
- Dans ce journal, destiné à faire aux nations civilisées Jes honneurs de la grande Exposition de 1889, on a l’hospitalité généreuse et l’humeur libérale. On permet à la curiosité du critique de chercher partout, et de prendre son bien partout où il le trouve. Ce bien, dont il fait profiter ses lecteurs, sans s’occuper ou s’inquiéter d’autre chose, c’est tout ouvrage intéressant et * instructif, qu’il rencontre et qu’il leur signale. C’est là son office, c’est là l’utilité et l’honneur de son mandat. Le critique ici est un guide, un conseiller, un lecteur qui lit pour ceux qui n’ont pas beaucoup le temps de lire, et leur indique où ils trouveront, pour leur esprit, un aliment solide ou léger, tonique ou rafraîchissant, où ils trouveront un plaisir d’art et de goût, ou simplement une émotion salutaire, une instructive récréation. C’est à ces derniers titres que nous avons lu, recueillis par un de leurs confrères, les récits de la vie et des œuvres des missionnaires maristes chargés d’évangéliser les îles de la Polynésie. N’oublions pas plus que les
- pouvoirs publics et que les commandants de nos vaisseaux, auxquels ordre est donné d’assurer leur protection aux travaux de nos missionnaires dans l’Océanie occidentale, que leurs efforts, ne profitent pas seulement à la foi, mais, à la science, à la civilisation ; que les apôtres de la croix sont aussi les apôtres du drapeau, que leur patriotisme est aussi ardent que leur prosélytisme, et que l’influenec française trouve en eux, luttant contre l’influence anglaise dont nous rencontrons là comme ailleurs, comme à Madagascar, comme en Chine, la jalouse et peu scrupuleuse concurrence, ses plus hardis et ses plus dévoués pionniers.
- Rien de plus intéressant, de plus dramatique, de plus pathétique par moments, que cette lutte d’un seul homme souvent, d’un groupe d’hommes au plus contre tout un peuple barbare, dans des îles souvent inconnues à la géographie, où en tout cas la plage est vierge de la trace de tout pied étranger. Il faut procéder tour à tour par insinuation ou intimidation, entrer dans la confiance du roi sauvage et de son conseil de vieillards par l’échange de petits cadeaux qui fonde et entretient l’amitié. Il faut démontrer la supériorité de son intelligence, de sa race, de sa foi, par signes et par symboles d’abord, en attendant que la connaissance delà langue sauvage permette les paraboles et les discours. Il faut, pour s’asseoir au milieu des assemblées du conseil ou du peuple, adopter les usages de la nation sauvage où l’on est tombé, se plier à ses mœurs, accepter les servitudes, parfois dures au palais ou à l’odorat de l’Européen, de son hospitalité. Le petit souverain à pagne brodé de coraux et à diadème de plumes n est pas toujours commode à manier. Il craint de perdre de son pouvoir dont tout prince, fût-il barbare, est instinctivement jaloux.
- Les prêtres, médecins et sorciers, qui ont tout intérêt à maintenir le culte de leur idole, tendent au blanc qui vient les déranger dans leur superstitieuse domination toutes les embûches de la perfidie et de la haine. Parfois l’évangélisateur réussit presque du premier coup, triomphe sans trop de peine et, dès sa première pêche d’àmes, ramène un peuple et son roi dans son filet. Parfois il est longtemps sans faire autre chose que d’humbles conquêtes, de vieilles femmes, des vieillards mourants et plus accessibles à l’éloquence de l’amour ou à celle de la crainte, des enfants malades qu’on guérit et que la reconnaissance des parents jette avec eux aux genoux .de. l’apôtre. Parfois le prêtre blanc se trouve aux prises avec des révolutions, avec des guerres dont il a été le prétexte, sinon la cause. Alors il se jette entre les combattants, il les sépare et la foi profite, encore des émotions de la paix. Parfois il est vaincu, il succombe, comme le P. Chanel. Il est enseveli par de saintes femmes, ses fidèles catéchumènes. Le commandant de la station s’émeut. Il envoie un navire chercher les restes du martyr. Il montre aux assassins repentants le drapeau de la France. Il pardonne aux coupables, à la prière des compagnons et de l’évêque du martyr, et son sang est fécond pour son œuvre, et il fait encore des conquêtes après sa mort par l’exemple du sacrifice et celui du pardon.
- Tels sont les drames qui donnent tant d’intérêt à ces relations des -missionnaires. Telles sont les découvertes et les conquêtes, les détails de géographie et d’ethnographie, les descriptions, les renseignements sur la flore et la faune des régions inconnues, qui donnent tant de prix pour la science aux travaux et aux succès de nos évangélisateurs. Sur l’Océanie centrale nous ne possédons guère que les récits de nos missionnaires et les rapports de nos commandants de station.
- La même grande maison de Lyon, à laquelle nous devons, outre l’ouvrage dont nous avons essayé de donner une idée, une édition définitive des Œuvres de Joseph de Maistre, y compris sa correspondance inédite, lequel Recueil touche au onzième volume et.n’en comptera pas moins de quatorze, travaille aussi pour les jeunes gens, les aspirants au premier des fruits de l’arbre aux diplômes universitaires. Les Etudes historiques et critiques sur les classiques français du baccalauréat, par MM. Urbain et Jamey, sont d’une lecture utile pour les écoliers de seize à dix-huit ans, et d’une lecture agréable encore, en dépit de certaines réserves à faire sur certains jugements, et profitable, mêmepour les étudiants en cheveux gris comme nous, qui ne renoncerons jamais à ce beau titre d’étudiant, illustré par M. Chevreul, l’étudiant presque centenaire.
- M. DE Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- MAROC
- PRODUCTION DE l’hUILE d’oLIVE
- Le consul de France à Mogador écrit que l’huile d’olive, apportée par les indigènes de l’intérieur sur cette place, est une huile grossièrement travaillée, mais qui a, du moins, le mérite d’être extraite de l’olive et vendue sans mélange. Il est possible, ajoute notre agent, que les industriels français trouvent à utiliser cette marchandise dont le coût actuel reviendrait à environ 85o francs par tonne rendue à Marseille.
- LES THÉÂTRES
- Hippodrome. — Au Congo, pantomime équestre.
- Il n’est plus nécessaire de s’embarquer à Bordeaux pour aller au Congo. Si vous avez des goûts pour les voyages lointains, vous prenez simplement une voiture ou bien un des nombreux omnibus ou tramways qui aboutissent à l’Hippodrome. — Vous êtes au Congo !
- En effet, cet agréable établissement hippique a monté, comme c’est l’usage chaque année, une pantomime; celle d’aujourd’hui est inspiréepar les explorations actuelles de différents peuples au Congo, de la France surtout.
- De toutes les expéditions, celle du Congo ne devait susciter aucun froissement pour l’opinion publique. On se souvient sans doute que la presse n’accueillit pas sans de justes observations le drame représenté sur un théâtre, aux antipodes de l’Hippodrome, et mettant en scène l’armée française au Tonkin. Les épisodes de cette pièce attiraient tous les soirs de nombreux curieux ; mais ils s’en allaient tristes et émus, de cette émotion qui ne provient pas de la science dramatique mais de la crudité des tableaux"' que l’on met sous les yeux du public.
- A l’Hippodrome, ce n’est plus cela ; la pantomime Au Congo est un panorama animé, charmant pour la vue et ne fatiguant pas l’esprit; c’est ainsi que l’on assiste à la pose d’un véritable chemin de fer avec une adresse et une rapidité inouïe ; puis, vous voyez arriver à toute vapeur un train express opérant une course vertigineuse dans la vaste nef de l’Avenue de l’Alma. Le chemin de fer du Tour du monde est dépassé. Il est vrai que la scène de la Porte-Saint-Martin a des proportions plus modestes que celles de l’Hippodrome.
- Ce spectacle repose des ..éternelles exibitions d’acrobates dont nous connaissons tous les tours plus ou moins périlleux ; ensuite, dans une pantomime on peut y introduire des idées, si je puis m’exprimer ainsi, que le spectateur suit des yeux et qui est pour lui l’intrigue qu’il cherche à deviner.
- Aujourd’hui que les machinistes de théâtres sont de vrais ingénieurs et que la difficulté de créer des trucs n’existe plus, grâce au génie humain, nous verrons des .merveilles, soit dans nos théâtres, soit dans nos cirques, merveilles que l’on ne pouvait prévoir, même il y a vingt-cinq ans. La question de la mise en scène a été discutée tout récemment par des érudits hors ligne , par MM. Charles Garnier, Sardou et Darcel; je n’ai donc pas la prétention d’en dire même un mot ici ; cependant, je tiens à déclarer que les spectacles pour les yeux sont aussi nécessaires au repos, à l’amusement, à l’instruction du public que les spectacles pour l’esprit.
- On peut mettre dans une pantomime représentée sur une vaste piste comme celle de l’Hippodrome, autant de magnificence dans les costumes, sans trop s'éloigner de la vérité historique, et autant de splendeur dans les cortèges et les défilés que dans la mise en scène de Théodora.
- Cela devient alors une pièce séduisante et instructive pour le public et lucrative pour les auteurs et les directeurs.
- G. Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,
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- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. Partie officielle ; 2. L’Exposition du Travail ; 3. Inauguration des ouvrages maritimes d’Anvers ; 4. L’Exposition de Buda-Pesth ; 5. Le Congrès de l’Association française; 6. Les Concours régionaux ; 7. Echos ; 8. Rembrandt; 9. Concours pour le grand Prix de Rome; 10. Les Livres.
- PARTIE OFFICIELLE
- LOI
- Relative aux récompenses a décerner a l’occasion DE l’exposition DE l’uNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS, ET DE l’eXPOSITION INTERNATIONALE d’hygiène et d’éducation de Londres, EN 1884.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté.
- Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- ARTICLE UNIQUE
- A l’occasion de l’exposition de l’Union centrale des arts décoratifs et de l’exposition d’hygiène et d’éducation de Londres, le Gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 2 5 juillet 1873, des nominations et des promotions dont le nombre ne pourra dépasser :
- 5 croix d’officier;
- 2 5 croix de chevalier.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’État. »
- Fait à Paris, le 11 juillet 1885.
- Jules Grévy.
- Par le président de la République :
- Le ministre de Vinstruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- René Goblet.
- Le ministre du commerce,
- Pierre Legrand.
- RÉCOMPENSES & DISTINCTIONS
- HONORIFIQUES
- UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS
- OFFICIERS DE LA LEGION D’HONNEUR
- MM.
- Darcel, directeur du musée des Thermes et de Cluny, ancien administrateur de la manufacture des Gobelins, 22 ans de services exceptionnels rendus à l’Union centrale des Arts décoratifs depuis 186 5. Chevalier depuis 1869.
- Carrier-Belleuse, statuaire, directeur des travaux d’art à la manufacture de Sèvres, exposant à l’Union centrale des Arts décoratifs depuis i865. Chevalier depuis 1867.
- CHEVALIERS DE LA LÉGION D’HONNEUR
- MM.
- Maillard (Diogène-Ulysse-Napoléon), artiste peintre, professeur à la manufacture nationale des Gobelins; 14 ans de services. Services exceptionnels à l’enseignement.
- Maloisel (François-Emile), sous-chef d’atelier de tapisserie à la manufacture nationale des Gobelins, exposant; 3 5 ans de services.
- Vogt (Georges), chimiste, chef des moufles à la
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- manufacture nationale de Sèvres. Services exceptionnels.
- Cabeau (Eugène-Charles), artiste peintre à la manufacture nationale de Sévîtes; 37 ans de services.
- Lechevallier-Ghevignard • (Edmond), artiste peintre, professeur à l’Ecole nationale des Arts décoratifs, exposant à l’Union centrale depuis 1870. Services importants rendus à l’enseignement des arts du dessin.
- Du Sartel (Octave), membre de la commission de perfectionriement de la manufacture de Sèvres, organisateur de l’exposition rétrospective des manufactures françaises de porcelaine à l’exposition de l’Union centrale; publication de travaux sur l’histoire de la porcelaine, etc.
- Magne (Lucien), architecte, exposant à la section des vitraux; a organisé l’importante exposition rétrospective des vitraux appartenant aux monuments historiques.
- Lorain (Paul), architecte ; a organisé très brillamment. depuis i5 ans, les expositions de l’Union centrale des Arts décoratifs.
- Gasnau.lt (Paul), conservateur du musée des Arts décoratifs et du musée national de Limoges ; services rendus à toutes les expositions de l’Union centrale, depuis sa fondation, à Paris et à l’étran-ger.
- Lebreton _ (Gaston), conservateur du musée de Rouen; services rendus aux expositions de l’Union centrale depuis 1870.
- Rousseau (Eugène), céramiste-verrier, membre du conseil de l’Union centrale des Arts décoratifs; exposant à toutes les expositions de l’Union centrale depuis 186 5.
- Galle (Emile), céramiste, verrier à Nancy, exposant; a obtenu deux médailles d’or, l’une pour la céramique et l’autre pour la verrerie, à la même exposition de 1885.
- Sauvaçeot (Claude), architecte, graveur d’archi-tectuie, publiciste, exposant et membre des commissions de l’Union centrale depuis la fondation ; services exceptionnels rendus à l’enseignement du dessin.
- Deslignières (Marcel), architecte; organisateur des expositions de l’union céramique à Tours en 1881 et à Paris en 1884. Médaille d’or à la dernière exposition de l’Union centrale.
- Pelletier aine (Mathias-André), verrier, exposant à Philadelphie, Vienne, Paris, Amsterdam. Trois médailles d’or. Exposant à. l’Union centrale des Arts décoratifs de 1884. Hors concours.
- Lheuriîux (Louis-Ernest), architecte, .exposant, membre du jury de TUnion centrale; services rendus à l’enseignement du dessin.
- Parvillée (Léon), céramiste, exposant depuis la fondation de l’Union centrale. A obtenu toutes les récompenses.
- Legrain (Eugène), sculpteur, exposant depuis la fondation de l’union centrale. A obtenu deux fois la médaille d’or. Services rendus à l'enseignement.
- EXPOSITION D’HYGIÈNE
- ET D’ÉDUCATION DE LONDRES EN 1884
- officiers de la légion d’i-ionneur ' MM.
- Vintras (Achille), docteur en médecine, commissaire de l’exposition internationale d’hygiène et d’éducation de Londres, en 1884; a pris une part importante dans l’organisation de la section française. Médecin en chef de l’hôpital français de Londres et médecin de l’ambassade française. Services exceptionnels rendus à la colonie "française à Londres. Chevalier du 7 novembre 1871.
- Jacquemart (Paul), inspecteur général de l’enseignement technique, membre delà commission d’organisation de la section française, vice-président de la classe 21 du jury international; a contribué pour une grande part aux succès remportés
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- par les _ services de l’enseignement technique et professionel à cette exposition. Chevalier du 7 février 1871.
- Appert (Léon), maître verrier; a apporté des perfectionnements importants au soufflage du verre par l’air comprimé ; a réalisé des améliorations sanitaires considérables dans cette industrie. Lauréat de l’Institut. Médaille d’or à l’exposition d’hygiène de Londres. Chevalier du 20 octobre 1878.
- chevaliers de la légion d’honneur MM.
- Herscher (Ernest), ingénieur; a obtenu à l’exposition de Londres quatre médailles d’or et une médaille d’argent pour les progrès réalisés dans les installations de chauffage et de ventilation des grands édifices publics, dans l’assainissement des ateliers, la boulangerie militaire en campagne et dans les appareils de désinfection.
- Miquel (Pierre), docteur en médecine, chef du service micrographique à l’observatoire de Mont-souris; a inventé de nombreux appareils et apporté plusieurs perfectionnements importants relatifs à la recherche et à l’étude des poussières atmosphériques. Travaux scientifiques de premier ordre. Lauréat de la faculté de médecine. Diplôme d’honneur à l’exposition de Londres.
- Masson (Louis), conducteur des ponts et chaussées, inspecteur des études et des travaux neufs de l’assainissement de la Seine; a rendu, depuis 1866, de nombreux services à T enseignement professionnel , comme professeur à l’Association polytechnique. A obtenu à Londres une médaille d’or et deux médailles d’argent, pour ses études et travaux sur l’assainissement de la Seine, sur l’hygiène de l’habitation, sur l’architecture et l’hygiène scolaires.
- Deligne (Albert-Jules), directeur de l’Ecole nationale d’arts et mé,tiers d’Aix, directeur déplais» 1882; 7 années de services antérieurs comme professeur; a remporté à l’exposition de Londres 2 diplômes d’honneur. Services exceptionnels.
- Cacheux, ingénieur civil, auteur de travaux spéciaux sur les institutions de secours et de prévoyance ; a obtenu une médaille d’or à l’exposition de Londres pour ses modèles de maisons ouvrières. Titres exceptionnels.
- Peyron (Louis-Ernest), docteur en médecine, ancien directeur de l’institution nationale des sourds-muets à Paris; diplôme d’honneur à l’exposition d’hygiène et d’éducation de Londres pour l’application de la méthode orale à l’enseignement des sourds-muets de l’institution qu’il dirigeait. Directeur de l’assistance publique.
- Nourrit (Robert), libraire-éditeur, membre du jury de l’exposition de Londres, éditeur d’ouvrages récompensés pour l’enseignement; a participé à l’exposition du cercle de la librairie, de l’imprimerie et de la papeterie, qui a obtenu trois diplômes d’honneur.
- L’EXPOSITION DU TRAVAIL
- L’inauguration de l’exposition du travail au palais de l’Industrie, a eu lieu le 23 juillet;! une heure de l’après-midi. M. Pierre Legrand, ministre du commerce, accompagné de nombreuses notabilités, a été reçu par le directeur de l’exposition, M. Ducret, qui a prononcé le discours de bienvenue suivant :
- Monsieur le Ministre,
- Mesdames et Messieurs,
- Au nom des organisateurs de l’exposition du travail, je vous exprime mes vifs remerciements d’être venus, en aussi grand nombre, à cette inauguration. Ce nouveau témoignage de sympathie de votre part, la présence de . M. Pierre Legrand, ministre du commerce, et de toutes les
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- notabilités qui nous entourent, donnent à cette petite cérémonie un éclat particulier, et la transforment en une véritable fête industrielle.
- Recevez donc l’expression de toute notre gratitude.
- Inutile, n’est-ce pas, de vous retracer le programme de l’Exposition du travail ? Vous le connaissez tous, puisque tous, dans une large proportion, vous vous êtes associés à cette œuvre d’éducation professionnelle. Dans quelle mesure aurons-nous servi une cause qui nous est si chère, ce sera à vous de le dire.
- Mais si, après examen, vous croyez que nous avons contribué tant soi peu au développement de renseignement technique ; si vous pensez que la mise en lumière des plus récentes inventions a provoqué des améliorations dans notre outillage ; si vous constatez que l’Exposition du travail a créé de nouvelles relations entre les’ acheteurs et le producteur, a facilité les transactions commerciales, nos efforts n’étant point stériles, toute satisfaction nous serait donnée.
- La confiance que nous ont accordé l’État, le Parlement, la Ville de Paris, les syndicats, les industriels et les commerçants, serait alors justifiée ; les encouragements prodigués par toute la presse seraient légitimés et nous aurions ainsi mérité, Monsieur le Ministre, l’extrême bienveillance et le précieux concours que toujours nous avons trouvé auprès de vous.
- En réclamant ce jugement, j’ai cependant une requête à vous adresser, requête toujours formulée en pareille occurence, c’est de nous accorder un sursis dans le prononcé du verdict; comme pour toutes les' précédentes, Y Exposition du travail, le jour de son ouverture n’est point prête ! Mais peut-être plus que ses aînées est-elle en droit de réclamer le bénéfice des circonstances atténuantes. La date en fût fixée avant de connaître la prorogation, du 20 au 3o juin, de l’Exposition annuelle des artistes français.
- En scrupuleux observateurs des engagements pris, nous ouvrons à l’heure et au jour indiqués, mais nous vous prions de considérer que nous vous présentons l’œuvre de huit jours.
- Si imparfaite que soit cette installation, elle constitue néanmoins un effort considérable et nous en reportons l’honneur aux exposants qui nous ont donné leur vaillant concours ; à nos commissaires de classes, dont le dévouement a été absolu, à nos chefs de service, à nos employés qui se sont surmenés, et surtout à M. Nicole, président de la commission supérieure, qui, par sa grande expérience, son zèle de tous les instants, a aplani bien des difficultés.
- Permettez-moi donc, Monsieur le Ministre, de leur rendre cet hommage devant vous, tout en réclamant toute votre indulgence.
- M. Nicole, président de la Commission supérieure de patronnage a pris ensuite la parole en ces termes :
- Monsieur le Ministre,
- Messieurs,
- Et nous aussi, qui avons prêté avec une satisfaction si grande notre appui à cette œuvre, nous venons remercier chaleureusement Messieurs les Ministres de leur gracieux patronage , car ces messieurs, en encourageant ainsi une telle manifestation d’initiative privée, ont fait, ce semble, l’usage le plus salutaire de leur autorité. Il est vraiment bon et patriotique, en effet, d’apprendre aux citoyens à faire leurs expositions et leurs affaires eux-mêmes, — la meilleure école de la liberté étant encore la liberté elle-même.
- Ce sont là, messieurs, les idées de notre temps, les idées de notre génération, laquelle vivant à une époque de lumière et de liberté, s’efforce par l’étude et l’observation de dégager peu à peu les principes qui paraissent répondre le plus exactement au milieu social et aux progrès accomplis.
- Autrefois, les Expositions constituaient des œuvres gouvernementales, ou au moins semi-gouvernementales. Les jurys, ainsi qu’on peut le voir par les documents publiés depuis la première Exposition de 1798, étaient simplement des commissions de fonctionnaires au milieu desquels on laissa depuis 1834 se glisser'quelques manufacturiers bien pensants.
- Dans les discours de l’époque, on félicite, avant tout, les exposants de leur fidélité à la dynastie régnante, et de ce qu’ils ont répondu à l’auguste appel du roi ou de l’empereur. On assure à ces fidèles fabricants que l’auguste regard impérial ou royal est encore la plus douce des récompenses, et on les'renvoie ainsi enguirlandés à leurs usines et à leurs fermes-modèles.
- Ce langage métaphysique n’obtiendrait pas sans doute, de nos jours, tout le succès qu’en attendraient les orateurs.
- L’opinion publique tend à éliminer les fictions et les mirages, et elle souhaite de plus en plus que l’on parle et que l’on agisse conformément à la réalité, et. à la nature des choses.
- L’Exposition du travail nous fournit un intéressant exemple de la méthode moderne. Un simple citoyen conçoit un programme d’exposition. Il fait agréer ce programme parles ministres compé-
- tents, qui lui concèdent un palais moyennant les charges d’usage, et y joignent leur patronage bienveillant. Les fabricants, les industriels divers, les inventeurs, les ouvriers, trouvant à leur, tour le programme séduisant», apportent avec empressement leur adhésion, et voilà bientôt une œuvre debout, voilà une œuvre qui simplement, modestement,' rendra des services, qui sera une occasion de transactions, et cela sans ajouter un maravédis aux impôts, et sans autre inconvénient que de mettre à la charge des organisateurs la responsabilité que tout homme sérieux sait deyoir encourir de ses actes.
- Nous devons donc, messieurs, des félicitations à tous ceux qui ont concouru à assurer le succès de cette Exposition, qui apparaîtra bientôt dans tout son éclat, lorsque les vides qu’on est habitué à voir lors de l’ouverture des expositions, seront comblés.
- Nous devons des félicitations à l’honorable. M. Ducret, son directeur, pour cette heureuse initiative, pour son zèle, pour ce dévouement aux intérêts du commerce et de l’industrie, que nous avons pu apprécier depuis plus de quinze ans au milieu des syndicats professionnels.
- Nous en devons à ces actifs collaborateurs, aux différents ministères et à la Ville de Paris pour leurs expositions spéciales. Enfin, il ne faut point oublier ici les exposants français et étrangers, fabricants, inventeurs, ouvriers, — les véritables créateurs de l’Exposition !
- De toute cette activité, Monsieur le ministre, il sortira nécessairement de grands avantages, tant au point de vue technique, qu’au point de vue commercial; nous nous en réjouirons au fond du cœur, et nous en concevrons pour une grande part un nouveau sentiment de gratitude envers le ministre du commerce, M. Pierre Legrand, dont le généreux dévouement au bien public a été apprécié depuis longtemps, et auquel il a valu justement d’universelles sympathies.
- M. le ministre a répondu aux discours précédents par une chaleureuse allocution.
- Mesdames, Messieurs,
- « Je suis très touché de la réception que vous venez de me faire, et je vous en remercie en mon nom et au nom du gouvernement qui m’a envoyé auprès de vous. En se faisant représenter, le Gouvernement a tenu à vous montrer une fois de plus l’intérêt qu’il portait à votre œuvre, et il a voulu vous montrer aussi que son concours vous était assuré pour la grande cause du travail.
- « Comme vous l’a dit si bien tout à l’heure M. Nicole, ce n’est plus le gouvernement qui fait les expositions ; aujourd’hui, c’est l’initiative privée de relever la production française (Applaudissements).
- « C’est ainsi que vous n’avez pas accepté l’argent du gouvernement et que vous êtes arrivés à créer cette exposition presque avec vos seules ressources. Mais je puis vous affirmer que. du moins, l’appui du gouvernement ne vous manquera jamais (Applaudissements).
- « Vous me remerciiez, il y a un instant, d’être venu au milieu de vous.
- « Eh bien, après ce que vous avez fait, messieurs, c’est nous qui vous remercions. Honneur au travail, honneur à vous tous, au nom de la République ! ». *
- De vifs applaudissements ont couvert ces dernières paroles, puis, au nom du Conseil général, M. Delabrousse a adressé encore quelques mots de remerciements à M. Pierre Legrand.
- A deux heures, après une visite aux diverses galeries on a lunché au buffet et le ministre a porté un toast au succès de l’Exposition du travail.
- Comme dans toutes les expositions, mais plus sérieusement motivé, on a constaté un retard dans les installations le jour de l’ouverture. Aujourd’hui la situation est fort modifiée et la grande nef est presque complètement prête.
- Le jour où paraîtront ces lignes, jeudi prochain'aura lieu le premier grand festival avec orchestre et chœurs de plus de 120 exécutants. — M. Vauthier dira l’hymne au travail.
- On parle également d’admettre ce.jour-là les visiteurs de la mine, si bien présentée qui, nous pouvons bien le dire dès à présent, sera le véritable clou de l’Exposition.
- Rien de plus curieux et de plus pittoresque que cette mine dans laquelle on descend au moyen de la benne traditionnelle. Un véritable mineur guide les visiteurs dans les nombreuses galeries en donnant toutes les explications qu’on lui demande. On voit là des mineurs dans les différents plans de leur travail si pénible et si dangereux. Rien 11’est oublié, pas même l’explosion du grisou !
- II.-F. Cabirau.
- INAUGURATION
- DES
- OUVRAGES MARITIMES D’AN VERS
- Anvers, 26 juillet.
- Encore une journée qui marquera dans les fastes anversois : au milieu d’un immense concours de monde, le roi et la reine des Belges, accompagnés de la famille royale, entourés du corps diplomatique, des ministres, du Sénat, de la Chambre des représentants, ont présidé à .l’inauguration des grands ouvrages maritimes qui font du port d’Anvers le plus beau, le plus commode, le mieux outillé du continent européen.
- Aujourd’hui Anvers a reconquis et surpassé sa puissance commerciale d’il y a trois siècles. Sa population était alors d’environ 200,000 âmes, et ses navires sillonnaient toutes les mers connues. Mais vers la fin du siècle dernier, cette grandeur, s’était à ce point éclipsée que la ville ne possédait plus que, 40,000 habitants. Le traité de 1795, en rendant libre la navigation sur l’Escaut, permit à Anvers de reprendre un nouvel essor. En 1863, le rachat des droits de péage sur la partie hollandaise du fleuve, contribua plus efficacement encore à la fortune du port d’Anvers. Dès lors aussi l’extraordinaire développement de son commerce mit en pleine lumière l’insuffisance de son outillage commercial: en 1864, 1 mètre de quai correspondait à 287 tonneaux de jauge -moyenne; et en 1876, cette proportion correspondait de 1 pour 3oo. L’honorable bourgmestre de Wael disait à la Chambre des représentants de Belgique : « le
- tonnage par mètre de quai est aujourd’hui quatre fois plus fort qu’à Liverpool. » Voilà pourquoi la ville, d’accord avec l’Etat belge, a exécuté en quelques années les gigantesques ouvrages qu’on vient d’inaugurer et qui ont coûté plus de 100 millions de francs.
- Le plus remarquable de ces ouvrages, celui qui semblait défier l’audace des ingénieurs, est un quai de 3,5oo mètres de longueur,, sur 100 mètres de largeur moyenne, avec 8 mètres au moins de tirant d’eau à marée basse sur toute, son étendue : ce qui permet l’accostage des plus forts navires à toute heure de la marée. A Anvers, l’amplitude moyenne de la marée est de 4m,o5 ; mais cet étiage est souvent dépassé: la plus haute marée, celle du 3i janvier 1873, s’est, élevée jusqu’à 6ll,,77. Le volume d’eau que fait passer chaque marée- est d’environ 55 millions de mètres cubes, avec un courant qui atteint iui,9° Par seconde. Pour y opposer une résistance suffisante,, il a fallu établir les fondations des nouveaux quais à une profondeur de 8 à 12 mètres sous la basse mer; et c’est à 6m,35 au-dessus de ces cotes variables que se dresse le ' couronnement de 'cette construction colossale.
- Une brillante flottille d’une cinquantaine de steamers est partie d’Anvers dans la matinée pour aller au devant du roi Léopold jusqu’à Tamise. Sur un steamer pavoisé aux couleurs de toutes les nations, avec une grande oriflamme où se détachent ces mots: « Exposition universelle d’Anvers» sont réunis les membres du comité exécutif, les commissaires étrangers, les représentants de la presse, les ingénieurs et les constructeurs, en un mot, les coopérateurs de l’Exposition de 1885. Des acclamations retentissent au départ sur les quais, les estrades et les toits : c’est Anvers qui leur envoie à tous un témoignage de gratitude. La flottille .s’éloigne; et bientôt, dans un contraste pittoresque, la noble cité étale sous le regard charmé ses vieux monuments, ses maisons de jadis qu’assaillit et qu’ébrèche le flot montant de la ville nouvelle, d’Anvers régénéré. De l’autre côté, sur les bords du large fleuve dont on remonte le courant rapide, se déroulent à perte de vue les plaines verdoyantes ou dorées du pays flamand, avec leurs riants villages émaillés de toits rouges. Oh ! comme les représentants de tant de nations diverses sentaient vivement en ce moment-là que l’avenir appartient aux seules .luttes pacifiques pour la civilisation!
- A Tamise, de chaleureuses acclamations saluent Léopold II qui n’a cessé d’encourager l’initiative anversoise dans ses entreprises hardies. Le roi et la reine, les membres de la famille royale, les puissances étrangères sont bord du steamer Prince Baudouin qui prend la tête de la flottille.Le vapeur Emeraude suit avec les ministres belges et les membres des deux Chambres; puis vient le steamer de l’Exposition. Toute la flottille pavoisée, parée aussi des plus charmantes femmes d’Anvers, se remet en marche pour cette Joyeuse Entrée à la mode moderne. L’image de la guerre demeure ici absolument absente ; et si le canon tonne, c’est en signe de joie Nous assistons à une véritable fête populaire ; et l’on ne saurait plus exactement rendre l’impression qu’elle laisse à tous ceux qui y ont assisté qu’en ajoutant: à une fête de famille internationale. Heureux le pays qui a pu l’offrir au monde civilisé.
- A Anvers, sur les nouveaux quais, le bourg-mestrej entouré du Conseil communal., a souhaité la bienvenue, le Welkom, aux hôtes illustres qui débarquaient.
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- •''Première Année. — N° 3i.
- Après les régates sur l’Escaut, a eu lieu le plus extraordinaire défilé qu’on ait jamais vu : celui des Nation, ou des Nations. De temps immémorial existent à Anvers des corporations ouvrières, exclusivement vouées à la manutention commerciale. Quelques-unes ont plusieurs siècles d’existence. Elles possèdent des statuts, des emblèmes, des bannières ; elles élisent leurs chefs. Celle-ci charge les navires, celle-là débarque les marchandises ; cette autre en opère le transport aux magasins, docks et entrepôts, Plusieurs se font gloire de posséder les plus beaux chevaux de labeur, et ont obtenu des prix aux récents concours de la race chevaline. Aujourd'hui les membres de ces corporations se comptent par milliers. Ils ont organisé 87 chars, portant toutes les marchandises imaginables, produites dans toutes les parties du monde : ici des fûts de vin de France; là des-tonneaux de souffre.- d’Italie ; plus, loin des caisses de. thé dé-Chine, ou des balles, de riz des Indes orientales ; tous les . chars ' enguirlandés,' ' • enjolivés, décorés avec; un. art' et une. fantaisie indesc'riptK blés. Bref, une. exposition ambulante dé; tout ce. que le travail humain produit daris.Funiversentier. Le succès'a été immense, et îLn’y a' eu. qu’un cri : Vivent les Nations, d'Anvers'!b '- . .... à . .
- EXPOSITION DE BUDA-PESTH
- « On connaissait, dit un journal autrichien,. . « les Magyars de réputation ; on les savait « braves, chevaleresques, hospitaliers, géné-« reux et même prodigues. On avait loué la « beauté de leurs femmes et admiré leurs « hussards. Mais jamais 011 n’avait pensé que « ces descendants des Huns pussent avoir une « industrie. Le monde n’avait aucune idée de « ce qu’ils pouvaient produire. Et l’on croyait « généralement que le pays compris entre les « Alpes et les Karpathes n’était qu’une vaste « plaine-déserte, entrecoupée çà et là de « grasses prairies et habitée seulement. par « une population de riches fermiers et.de-.> paysans. Aujourd’hui, depuis que l’Exposition « a ouvert, ses portes, on est forcé de recon-« naître que la, Hongrie peut tenir un rang; « honorable parmi les nations civilisées. »
- « Le comte.-Etienne- Szechenyi avait dit:
- « La .Hongrie'. n’existe, pas, elle, existera. »: Cette prédiction s’est réalisée. . .. ..
- Il y a en effet une quarantaine d’années déjà qu’eut lieu la première exposition en Hongrie. Depuis, des expositions se succédèrent dans, la province, en 1872, 1876 et 1879.
- Mais celle-ci laisse les précédentes loin derrière elle. Et l’on sent vraiment, à voir Je nombre des exposants et la quantité des différentes industries qui y sont représentées, que- l’on a devant soi l’œuvre d’un peuple laborieux et industriel.
- Nous visiterons cette fois quelques-uns des principaux édifices de l’exposition. Et no-us ne pouvons mieux commencer qu’en entrant dans., le centre même, c’est-à-dire dans le palais dé l’Industrie.
- ( PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Ce palais a été construit sur les plans de l’architecte Ulrich, et sa coupole seule. a CQÛté 1,260,000 francs. c
- On trouve les différentes sections qui se répartissent comme il suit :
- 400 exposants pour l’industrie textile.
- 328 — pour le fer et le métal.
- 129 — pour les verres et la terre
- cuite industrielle. '
- Il y a encore place pour les meubles et la décoration intérieure des habitations, les instruments de musique, l’industrie du papier, la gravure sur cuivre, sur bois, la lithographie, etc., etc.
- Comme grande attraction, cette partie nous permet d’admirer les magnifiques opales de Vœroesfàgàs. Puis nous voyons ensuite l’industrie du cuir, la plus ancienne des industries de Hongrie, qui occupe actuellement 127,937 personnes ; enfin les teintureries de peaux et la fabrication des gants.
- PAVILLON DES ARTS
- Ce pavillon, de style florentin, qui couvre
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- une superficie de 1,200 mètres carrés, a été édifié par les soins de l’architecte Pfaff. Il est construit en . briques et surélevé par un fort soubassement. Toute la frise du monument est décorée de très belles terres cuites émaillées. Et le seul reproche que l’on puisse lui faire c’est de ne pouvoir contenir que 170 tableaux. 11 avait été conçu dans le but de réunir là, sans exception, toutes les toiles modernes des peintres hongrois, depuis celles des Mun-kascy, Benczür, Wagner, etc., jusqu’aux plus modestes. Mais les prévisions ont été dépassées et l’on a été contraint de décorer d’autres salles avec le surplus des œuvres des artistes hongrois.
- i PAVILLON ROYAL
- ! \
- Cet élégant pavillon construit par l’archi-. recto: Ybl se compose intérieurement d’un grand salon ; à droite du boudoir de la reine et là gauche de la chambre du roi. La partie [centrale est couronnée par une coupole de forme assez originale. ' . ' b' '
- PAVILLON ORIENTAL : ; '
- , ; De style mauresque, cet édificéfintièreme-nt en Lois est divisé intérieurement, en quatre parties pour servir aux expositions des produits. de la Serbie, de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Turquie. L’exposition qu’il : contient a surtout pour but de donner une idée du commerce autrichien en Orient.
- PAVILLON DE BUDA-PESTH
- C’est aussi une construction en bois, mais de style suisse. Ce pavillon couvre une superficie aie 1,064 mètres. Il contient les modèles . des constructions publiques, des écoles et des h canalisations de la ville.
- PAVILLON FORESTIER
- Cet édifice, qui doit servir ensuite de rendez-vous-de chasse au prince Rodolphe, couvre une surface de 4,303 mètres carrés et est dû . à la conception de l’architecte Bukovitch. C’est 'certainement un des plus pittoresques de l’expo-' sition, et la gravure que nous en donnons le fera mieux comprendre que tout ce que nous pourrions en dire. Les pièces de bois apparentes, constituant l’ossature même du bâtiment, sont des bois en grume ; la toiture est faite en bardeaux couverts de mousse et les poinçons sont tous terminés de magnifiques bois de cefs.
- Toute l’industrie forestière se trouve représentée là. Il y a même une exposition de la faune du pays : ours, loup, chat sauvage, aigle royal,""faucon, hibou, etc. Puis une grande bibliothèque contenant tous les ouvrages hongrois . concernant les forêts, Cette collection comprend depuis les ouvrages les. plus anciens;.jusqu’aux plus-:, modernes. Cette partie est fort intéressante, car les forêts : couvrent encore 3.0 pour cent des plaines de , Hongrie.
- Nos lecteurs trouveront dans la page centrale du Moniteur d’aujourd’hui les vues de quelques-uns de ces pavillons.
- Louis Raboürdin.
- LE CONGRÈS
- DE
- L’ASSOCIATION FRANÇAISE
- L’Association française pour l’avancement des sciences tient cette année sa session à Grenoble.
- Ce sera sa quatorzième session, dont la première a eu lieu en 1872 à Bordeaux. Elle s’ouvrira le mercredi 12 août, sous la présidence de M. le professeur Verneuil, chirurgien des hôpitaux de Paris.
- Les travaux du congrès seront distribués conformément au programme général suivant:
- 1 - • —Dimanche'2 AouL r88à..—-247.
- Mercredi 12 août. — 2 heures 1/2. Séance d’ouverture. Le soir, réception à l’Hôtel de Ville.
- Jeudi i3 aoi'tt. —Le matin, séances de sections Après-midi, visites scientifiques et industrielles. Le soir, conférence.
- Vendredi 14 août. — Le matin, séances de sections. Après-midi, séance générale.
- Samedi i5 août et dimanche 16 août. — Excursion.
- Lundi ij août. —Le matin, séances de sections. Après-midi, visites scientifiques et industrielles.
- Mardi 18 aoiit. —- Excursion générale.
- Mercredi ig août. — Le matin, séances de sections. Le soir, conférence.
- Jeudi 20 août.— Le matin, séances de sections. Après-midi, séance de clôture.
- Vendredi 21 et jours suivants. — Excursions finales.
- Les conférences qui seront faites pendant le congrès de Grenoble sont les suivantes :
- M. G. Cotteau, ancien président de la Société géologique de France. — La nouvelle galerie de paléontologie du Muséum.
- M. le l)1' J. Rochard," inspecteur général des: services de santé de la marine. — Les ressources! •alimentaires- de- la. France. —*”*’*
- Lés excursions qui auront lieu pendant la session de Grenoble, et dont le programmé détaillé sera distribué au congrès, sont les suivantes : !
- Excursions d’un jour : la Grande-Chartreuse, la Vallée.de la Bourne, Villard-de-Lans, Sassenaye,; Vizille, Uriage.
- Exclusions de deux jours : Brignoud, Allevard, Pontcharra (le samedi i5 août et le dimanche iG août).
- Excursions de trois jours (finales): i° la Grande-^ Chartreuse, Chambéry, Aix-les-Bains, Annecy ; 20 Gap, Briançon, le col du Lautaret, Pont-en-Royans.
- -Le secrétariat a déjà reçu l'annonce d’un certain nombre 'de communications pour le congrès de Grenoble, dont voici les princL pales :
- Laussedat (le colonel), directeur du Conservatoire des arts-et-métiers, — Présentation du circuit-diviseur Mora, construit par M. Molteni. — Détails complémentaires sur le télémétrographe, et ses applications au génie civil et à l’art de l’oculiste.
- Marsilly (le général de), à Auxerre. -— Sur la possibilité d’expliquer les actions moléculaires par î’attraction en raison inverse du carré de la distance.
- Moessard, capitaine du génie, professeur de topographie à Saint-Cyr. — Le cylindrographe, appareil photographique panoramique; application directe de la photographie au lever des plans et à la construction des cartes topographiques.
- Simonin, ingénieur à Paris. — Les grandes lignes maritimes.
- Friedel et Craefts, à Paris. — Méthode de séparation des hydrocarbures.
- Meunier (J.). -— Sur l’existence et la séparation de deux hexachlorures de benzine et sur la saponification de ces corps.
- Pillet (I.). — Sqr un ludion barométrique.
- Raoult, professeur à Grenoble. — Principes de cryoscopie chimique.
- Z en ge r, de Prague. —- Piles et accumulateur au brome régénérable.
- Azam, professeur à la faculté de médecine de Bordeaux. — Le caractère au point de vue pathologique. 1
- Berchon, chef du!service sanitaire de la Gironde, à Pauillac. —• Découverte de i’age du bronze en Médoc (Gironde).
- Blanchard (R.), professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris. -—- L’atavisme.
- Ghatin, directeur de l’Ecole supérieure de pharmacie. -— Le calcaire de Beauce. — Les migrations alpines aux environs de Paris.
- Collineau * (D1'), à Paris. — Les inférieurs dans l’humanité.
- Cotteau, ancien président de la Société géologique de France. — L’ensemble des échinides jurassiques de la France.
- Dagrève (D1'), a Tournon. — Sur les excitations de la peau dans certaines chloroses.
- Diday, ex-chirurgien en chef de l’Antiquaille, à Lyon. — Résurrection de la blennorrhagie.
- Grasset, professeur à la faculté de medecine de Montpellier. —- Étude de thermométrie de la vitesse d’ascension de la colonne thermométrique comme moyen d’apprécier le pouvoir émis-sif du corps humain à l’état physiologique et pathologique.
- Henrot (D1’ Henri), professeur à l’école de médecine de Reims. •— Du traitement des kystes hydatiques du ioie par l’électrolyse capillaire.
- Mortillet (G. de),professeur à l’École d’anthropologie, à Saint-Germain. — Le département de l’Isère aux temps préhistoriques.
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- 248 et 249,
- Première Année. — N° 3i.
- Dimanche 2 Août i885.
- EXPOSITION
- LE MONITEUR ug .^POSITION DE 1889
- HONGROISE
- Palais de l'Industrie
- 2e Pavillon forestier
- P avilie Royal
- (Croquis de notre collapora d. Rabourdin, architecte)
- Pavillon Oriental
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- 230. — Première Année — N° 3i.
- Dimanche 2 Août i8S5 '
- Nicaise, professeur agrégé, chirurgien des hôpitaux, à Paris. — Du danger des purgatifs dans l’occlusion intestinale et des avantages de l’évacuation de l’estomac.
- Onimus (1>) à Paris. — De l’influence de la direction des courants en électrothérapie.
- Poughet (G.), professeur au Muséum. — Sur les cachalots.
- Sabatier (A.), professeur à la faculté des sciences de Montpellier. — Sur la genèse et la nature des produits sexuels dans la série animale.
- Szabo (D1- Joseph) conseiller royal, recteur de l’Université, secrétaire de l’Académie hongroise à Buda-Pesth. —• Sur les roches éruptives de la Hongrie.
- Voisin (Dr Auguste), médecin de la Salpêtrière.
- •— L’hypnotisme considéré comme moyen thérapeutique chez les nerveux et les aliénés.
- Yung (E.), professeur à l’université de Genève. Recherches expérimentales sur la cause de la sexualité chez les animaux. — Influence d’un mouvement de vague sur le développement des larves de grenouilles.
- Zaborowski,homme de lettres,àThiais. — Etude sur les . crânes finnois. — L’origine -du _ fer en Assyrie. — Sur le fer en Chine. Les chiens de l’Amérique.
- Zenger, de Prague. — Sur l’origine et la loi périodique des perturbations atmosphériques et sj.ur le parallélisme de ces perturbations.
- Auriol, professeur d’agriculture à Oran. — L’agriculture en Algérie.
- Berton (Paul), professeur à Paris. — Les échanges entre musées scolaires et cantonaux.
- Bignon (F.). •— Sur l’enseignement des sciences naturelles dans les écoles de filles.
- Bloch (E.). — Étude du modelage et de la sculpture.
- Bosteaux (C.). — Découverte d’une statuette gallo-romaine en bronze, avec inscription sur son piédestal en bronze, fouilles de Berru 1880.
- Boudin (A.), principal du collège deHonfleur. —• Des dernières réformes de l'enseignement secondaire et des. baccalauréats.
- Perrier (le colonel) membre de l’Institut. — Cartes de France au 1/200,000 et au 1/30,000. — Détermination des différences de longitude des trois sommets du triangle,.. Paris, Milan, Nice. —• Les longitudes de la France.
- Renaud (G.), directeur de la Revue géographique internationale, à Paris. —• Les irrigations dans le midi de la France en général et dans le Roussillon en particulier. — Le port de Port-Vendres, — Les Anglais et les Russes en Asie. —Droit à l’héritage, et de ses effets au point de vue agricole et commercial. — De'la statistique en France. — Des méthodes et de la pédagogie dans l'enseignement public.
- Tisserand, professeur d’histoire à Oran. — Sur quelques villes de l’Algérie. — De la propriété en Algérie.
- LES
- CONCOURS RÉGIONAUX AGRICOLES de FRANCE
- EN 1885
- (Suite.)
- Les produits agricoles du département de l'Hérault et de la région,dontil était lè chef-lieu en 1885, dont en fait, il gouverne les destinées".au point de vue spécial de la viticulture, étaient assez nombreux. jj
- Tout naturellement les vins yj; tenaient la première place, et soit dans la nombreuse série de vins exposés par les producteurs;, eux-mêmes, soit dans l’importante exposition collective si .remarquablement installée par la Société centrale d’agriculture de l’Hérault, nous; avons distingué des*’produits dignes d’attirer l’attention, surtout comme vins de coupage, qui, on le sait, forment le trafic de cette région qui a élevé l’industrie vini-cole à la hauteur qu’elle possédait naguère avant la dévastation phylloxérique et qu’elle reconquiert avec le plus grand courage pied à pied, d’année en année, grâce aux soins vigilants apportés aux vignes indigènes encore existantes, grâce à la savante et intelligente reconstitution des vignobles dévastés, soit à l’aide des producteurs directs : Jacquez, Riparia, York Madeira et tant d’autres très recommandables, soit mieux encore à l’aide. des mêmes cépages considérés comme porte-greffes et sur lesquels on place les greffons de vieux cépages français en qui résidaient la richesse de ce pays et sa prospérité d’antan.
- Des médailles d’or ont récompensé les producteurs suivants : MM. Ayrolles, de Fitou (Aude), pour ses vins de cépages français ; Scevola Bastide, d’Agnac, commune de Fabregues (Hérault), pour son vin de Jacquez 1884, et Ghalier, de Verargues (Hérault), pour ses vins de plants français gVeftès sur souches américaines (Alicante, Henri Bouschet, greffe sur Jacquez).
- L’Exposition collective, si savamment classée de la Société centrale d’agriculture de l’Hérault, a enlevé une médaille d’or hautement méritée.
- L’horticulture, grâce à la Société d’horticulture de l’Hérault et à la bienveillance du commissaire général, avait tenu ses assises au milieu du concours agricole dont elle faisait l’ornement. Plusieurs médailles d’or ont récompensé les efforts individuels d’horticulteurs méritants : MM. Aymard et Hor-tolès, de Montpellier, tandis que la collectivité, représentée parla Société d’horticulture,en recevait une, ratifiée, on peut l’affirmer, par l’admiration des visiteurs.
- De forts beaux produits séricicoles, des huiles d’olive remarquables et surtout toute une installation fromagère faite par un industriel très reconi- mandable,M. Dugarel, de Lunel,qui a su créer, par la fabrication des fromages de Roquefort, toute une organisation, aujourd’hui prospère, fort utile à la région, complètent les principaux produits exposés. Citons pour mémoire quelques expositions scolaires toujours trop peu nombreuses et sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir à la fin de notre travail.
- Bétail et produits dans les concours, envisagés dans leur ensemble, en tenant compté des spécialités culturales de chaque région donnent, le critérium de l’état actuel agricole de cette région; la commission de parcours de la prime d’honneur fait chaque année du rapport dressé par elle une éclatante, a ffirmation des progrès accomplis.
- Pour l’Hérault, le rapporteur était M. Aurran, lauréat lui-même de la prime d’honneur du Var; et pour résumer la culture dominante de ce, vaillant département de l’Hérault, la vigne, 1 pour apprécier les efforts faits et les succès obtenus, aucune plume ne pouvait être plus autorisée. La prime d’honneur de 1885 à été obtenue par M. Scevola Bastide, propriétaire-viticulteur au château d’Agnac, commune de Fabrègues, près Montpellier. Laissant de côté, bien malgré nous, les divers prix culturaux si bien mérités par des lauréats dont M. Aurran a parlé avec tant d’éloges, nous citerons seulement les principaux passages, concernant cette prime d’honneur avec raison recherchée et considérée comme la plus haute récompense et le plus grand honneur que puisse désirer un agriculteur.
- Le domaine d’Agnac, dit le savant rapporteur, situé à 12 kilomètres de Montpellier, dans la commune de Fabrègues, a été acheté par M.. Scevola Bastide en 1878, au prix de 35o,000 francs.
- La superficie est de 380 hectares ainsi répartis : terres cultivables; 106 hectares; bois et dépaissances, 274 hectares.
- La terrain est argilo-siliceux à sous-sol compact et marneux.
- Au moment de l’acquisition, un beau vignoble de 80 hectares, qui avait donné jusqu’à 10,000 hectolitres de vin, était presque totalement détruit par le phylloxéra et le sol en était envahi par le chiendent.
- La perspective des sacrifices à faire pour mettre en valeur une propriété dans un état aussi déplorable eut certainement fait hésiter plus d’un .agriculteur.
- M. Bastide accepta la lutte avec un courage qui lui fait le plus grand honneur et dont il est aujourd'hui largement récompensé.
- Son premier travail fut de procéder à l’arrachage de 80 hectares de vignes mortes ou mourantes et ces terrains furent semés partie en luzernes et surtout en céréales, afin de pouvoir, par des labours d’été, nettoyer le .sol et le préparer à la reconstitution d’un nouveau vignoble en vignes résistantes..
- Les premières plantations datent de r88o. Elles ont été fiai te s sur défoncements de q'Lp exécutés' avec cinq paires de bœufs, elles oru été. continuées de la même manière les années suivantes.
- ' Au moment de la visite du jury de. là prime d’honneur, 84 hectares étaient déjà plantés, dans lesquels 15 hectares ont été gagnés sur dés terrains de garrigues presque sans valeur, qui bordent les bois du domaine.
- L’espacement des vignes est de myyâ en tous sens, ce qui donne 3,25o ceps à l’hectare.
- Ge vignoble est ainsi divisé : deux cinquièmes, soit 34 hectares en Jacquez de 2 à 5 ans, 25. hectares en .Riparias, 20 hectares en cépages américains divers.
- En admirant le bel aspect du Jacquez du domaine d’Agnac, leur végétation régulière, leur fructification pleine de promesses, le jury n’a pu qu’adresser au concurrent les éloges, les mieux mérités sur la bonne tenue de son vignoble où 11e sont marchandés ni les soins ni l’engrais.
- Par le moyen de cultures incessantes, le sol en est tenu dans un état parfait d'ameublissement et de propreté.
- Les fumures sont faites régulièrement avec des engrais produits à la ferme, auxquels viennent s’ajouter un millier ds tonnes de boues de la ville de Cette, chargées tous les ans à Agnac et représentant une valeur de 3,000 francs.
- Les animaux de travail sont les suivants : 8 chevaux, 6 mules et 6 bœufs.
- Jusqu’en 1882, un troupeau de 400 brebis, entretenu sur les dépaissances du domaine, appartenait au propriétaire. Mais à cette époque une menace d’épidémie obligea M. Bastide à s’en défaire, par prudence d’abord, et en second lieu pour pouvoir mieux se consacrer sans autres préoccupa-
- tions à ses plantations de vignes. Depuis 1882, les dépaissances du château d’Agnac sont affermées au prix de i,3oo francs par an.
- D’après les renseignements qui nous ont-,-été fournis, la production en fumier de ferme serait :. i-° fumier de bœufs et chevaux, 23o,ooo kilogrammes; 20 fumier de bergerie, 60,000 kilogrammes.
- En ajoutant à cette quantité le millier de tonnes des engrais de Cette dont nous avons parlé, on arrive à un total de 1,298 tonnes employées sur les vignes et sur les luzernières.
- En dehors des 84 hectares de vignes, 22 hectares sont en céréales et luzernes qui fournissent poulies besoins de la ferme de 5,000 à 8,000 kilogrammes de fourrage par hectare.
- 1 J outillage agricole est à Agnac très complet, et la Commission a pu se rendre compte de l’ordre parlait qui règne dans les . moindres dispositions du matériel des.écuries,, ainsi que dans les diverses attributions du personnel.
- Parmi les. dépenses importantes, nous devons citer la restauration et l’agrandissement des bâtiments d’exploitation,constructions diverses,établissement d’un moulin à vent, avec pompe élévatoire et bassin fournissant de l’eau pour tous les usages de la ferme, chemin d’exploitation, etc.
- U est facile, de voir, par ce rapide exposé, que la vtgne doit remplir à Agnac un rôle/ absolument prédominant.
- . Au point dq vue de la production du vin, l’intention du.' propriétaire, dont la compétence en pareille matière n’est pas contestable, est de viser surtoiH aux vins de couleur. Voici donc quelle sera dans ce but la proportion des cépages adoptés : deux cinquièmes Jacquez, deux cinquièmes hybrides Bonschez greffés sur américains, un cinquième Aramons greffes sur américains.
- Les beaux échantillons de vin de Jacquez qui ont été montrés à.la Commission, échantillons présentant toutes les qualités de vin de coupage, nous ont prouvé que pour réussir les vins en question, tout dépend des procédés de vinification.
- La Commission a admiré les spécimens très réussis de greffes. Les plus anciennes, mais en petit nombre^ datent de 1881. Le greffage sur une grande échelle n’a commencé à Agnac. qu’en 1883 et 1884. En 1884, 100,000 pieds de Riparias.et autres ont dû être greffes en hybrides Bonschét et Aramons.
- Voyons maintenant quels ont été, jusqu’en mai 1884, les résultats financiers de l’entreprise agricole si bien menée par M. Bastide.
- La comptabilité du domaine tenue en partie simple par recettes et dépenses et comptes divers de cultures nous donnera à. ce sujet les renseignements les plus clairs.
- . ...Pendant les quatre premières années, de 1878 à 1882, le chiffre des dépenses considérables occasionnées parles travaux de création et de reconstitution, achats de plants américains, constructions et aménagements divers, outillage agricole, etc., a dépassé de beaucoup celui des recettes qui provenaient alors seulement du troupeau et des céréales. — En 1879, par exemple, les recettes (troupeau et blé) furent de 22,116 francs et les dépenses de io6,o5o francs.
- En 1882-83 commence la production du vin, petite production de 220 hectolitres à laquelle vient très heureusement s’ajbuter une somme ' considérable produite par la vente des bois des vignes résistantes, d’où un bénéfice important.
- Pour 1883-84, nous trouvons un total de recettes de 83,319 francs 10 dont il faut déduire 56,399 francs 75 de dépenses, soit un revenu net de 27,019 francs 43. Dans ces recettes, le vin figure pour 3y,326 francs et les plants américains pour 43,607 francs.
- En résumé, pendant les six années d’exploitation, de 1878 à 1884, le chiffre des dépenses, dans lesquelles sont compris les intérêts du capital engagé, a dépassé celui des recettes de 168,462 francs. En ajoutant ce chiffre au prix d’achat qui a été de 38o,ooo francs, contrat en main, nous arrivons à un total de 548,452 francs i5 qui repré-J sente le prix de revient de la propriété telle qu’elle est aujourd’hui.
- G’est incontestablement un beau placement, étant donnée la perspective des rendements de la vigne, qui cultivée d’une façon de plus en plus intensive, iront toujours en croissant.
- M. Bastide a dépassé en 1884 le"chiffre de 2,000 hectolitres. Il pense arriver bientôt à celui de 4,000 et il ne désespère pas de revoir dans quelques années les beaux rendements d’autrefois de 8,000 et 10,000 hectolitres. — En achetant un domaine complètement ruiné par le phylloxéra pour lui rendre par de grands sacrifices toute sa valeur première, M. Bastide a fait de sa fortune, gagnée dans le commerce des Vins, l’emploi le plus intelligent et le plus digne d’éloges. Dans l’espace de six années, il a reconstitué un superbe vignoble, aménagé sa ferme, complété son outillage, mis, en un mot, son exploitation dans les conditions les plus remarquables, et après la, période onéreuse arrive enfin celle des bénéfices.
- Dans cette entreprise en si bonne voie M. Bastide a eu un collaborateur qu’il sera fier, nous en sommes certains, d’associer à son triomphe avec
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- Première Année.
- N° 3 i .
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- fine reconnaissance vraiment filiale. M. Bastide père, qui touche presque à sa quatre-vingtième année, n’a pas cessé, depuis l’acquisition du domaine, de surveiller tous les détails de l’exploitation avec une activité et une intelligence qui méritent une mention toute particulière. Aussi le jury est-il heureux de lui donner une large part dans les éloges adressés au fils.
- Aux propriétaires encore hésitants nous donnerons le conseil d’aller visiter en temps opportun le domaine d'Agnac.
- Là, ils pourront se rendre compte de visu, de la résistance des vignes, des résultats donnés autant par les producteurs directs que par le greffage, de la qualité des produits et enfin des meilleurs procédés de culture à employer.
- C’est en considération d’un ensemble aussi complet pouvant être offert comme modèle au point de vue de la reconstitution des vignobles dans le midi delà France que le jury a décerné à M. Bastide le prix cultural de la ire catégorie et la plus haute récompense, la prime d’honneur.
- Tel est ce remarquable rapport, véritable page d’enseignement à l’usage de la reconstitution des vignobles complètement dévastés parle phylloxéra.
- La prime d’honneur de la petite culture, de création récente, a été obtenue par M. Jacques Caumette, métayer à Florence; celle attribuée à l’horticulture et qui prouve bien la sollicitude de l’administration supérieure pour cette branche si importante de l’agriculture nationale, a été méritée par M. Félix Sahut, pépiniériste à Montpellier, à qui un établissement remarquable, des recherches constantes et de savants travaux ont fait une grande notoriété.
- Montpellier, en inaugurant la série des concours agricoles, offrait aux constructeurs de machines le premier rendez-vous pour présenter aux agriculteurs les améliorations apportées à leurs instruments depuis, l’année dernière. Dans une région comme celle du Midi, trois genres de machines sont particulièrement intéressantes. i° Celles qui labourent le sol ; 20 celles qui facilitent les irrigations ; 3° celles qui servent à la vinification.
- A l’exposition agricole les instruments étaient nombreux et parmi les trois _ spécialités que nous venons de désigner, les meilleurs fabricants étaient représentés. Faut-il citer MM. Durand, de Montereau, avec ses charrues; Beaume, de Boulogne, et ses appareils d’irrigation; Mabille, d’Am-boise, et ses pressoirs, tant d’autres enfin, dont les instruments sont justement estimés i
- A côté du concours régional, un remarquable concours hippique avait été organisé et l’administration préfectorale, toujours si bien disposée, avait aidé l’inteUigente municipalité pour les expositions des beaux-arts, de l’industrie et aussi pour une intéressante exposition canine.
- Le concours agricole de Montpellier,magnifique dans son ensemble, ouvrait dignement la série des concours régionaux de France.
- Trois concours vont suivre immédiatement. Ce sont ceux d’Angers, de Toulouse et d’Angoulême, que nous allons analyser successivement.
- Noël Bretagne.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- On vient de placer dans la section américaine du Musée ethnographique, au Trocadéro,un buste du docteur Crevaux, le sympathique explorateur lorrain qui fut, 011 se le rappelle, assassiné parles Indiens Tobas, le 27 avril 1882, dans son exploration du Grand Chaco et du Pilcomayo (Amérique du Bud).
- La réduction de la fameuse statue de Bartholdi, la « Liberté éclairant le monde », qui se trouve actuellement sur la place des Etats-Unis, sera placée prochainement sur le môle du pont de Grenelle.
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- On espère que le’nouvel Hôtel des Postes pourra être inauguré dans le courant du mois d’octobre.
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- A la même époque seront terminés les travaux d’installation et d’aménagement du petit lycée Louis-le-Grand.
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- La pose de la première pierre de la nouvelle Sorbonne est annoncée officiellement pour demain lundi, 3 août.
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- Le grand prix de Rome a été décerné à M. Axilette ; le premier second grand prix à M. Paul Thomas ; le deuxième second grand prix à M. Tollet.
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- Départements
- Ainsi que nous l’avions annoncé dans un précédent numéro, le monument élevé à la mémoire du général Clianzy, et en l’honneur de la deuxième armée de la Loire, sera inauguré au Mans, le dimanche 10 août prochain. Les fêtes dureront trois jours et se succéderont dans l’ordre suivant. ;
- Le samedi 15, à 2 heures, carrousel militaire; à 8 heures et demie, retraite aux flambeaux.
- Le dimanche IG, à 7 heures du matin, concours de gymnastiq-ue ; à 2 heures, inauguration du monument ; à onze heures du soir, feu d’artifice et illuminations.
- Le lundi 17, à deux heures, régates sur la Sarthe.
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- ÉTRANGER
- Allemagne
- La Société électrique Edison revendique, on le sait, le monopole des lampes incandescentes. Elle avait même obtenu, au printemps dernier, un jugement contre sa concurrente la Cic Svtan, qui émettait les mêmes prétentions.
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- Un arrêt, rendu il y a quelques jours par lacour d’appel de Berlin, infirme ce premier jugement et reconnaît à la Compagnie Swan tous ses droits au brevet de l’incandescente.
- La collection bien connue d’antiquités troyennes, réunie par M. Schliemann, vient d’être transférée du Musée royal des Arts et Métiers de Berlin, au Musée ethnographique où deux salles ont été spécialement préparées pour la recevoir.
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- Angleterre
- La Sociétés des aquarellistes Ecossais se propose d’ouvrir une exposition dans les galeries de l’Institut des Beaux-Arts de Glascow, en octobre, novembre et décembre prochains.
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- L’exposition annuelle des ouvrages récompensés au concours général des Beaux-Arts est en ce moment dans les bâtiments .qui avoisinent, au Midi, le jardin royal d’horticulture (South-Ken-sington, Londres).
- Le Musée de South-Kensington 11’avait pu, cette année, disposer d’un espace suffisant pour le nombre d’œuvres exposées.
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- Un peu de statistique postale.
- Chaque habitant du Royaume-Uni envoie en moyenne 42 lettres ou cartes-postales par an. Il existe en Angleterre 16,484 bureaux de postes et plus de 33,000 boîtes. 95,000 employés, dont 2,919 femmes, sont employés au service.
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- Autriche - Hongrie
- On nous annonce l’ouverture à Prague (Bohême), les 2G, 27 et 28 septembre prochain, d’une exposition internationale de fruits secs, conservés, confits, etc., avec un concours pour les meilleures méthodes de conservation et de préparation.
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- Une exposition provinciale carinthienne destinée à mettre en lumière les progrès réalisés par la Carinthie dans les diyerses branches de son industrie, a été ouverte à Klagenfurt, le 28 juillet dernier, par l’archiduc Charles-Louis, sous le patronage duquel elle avait été organisée. Nous en reparlerons.
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- Asie Centrale
- Les quais de Krasnovodsk sont encombrés de matériel destiné à la construction du chemin de fer Central asiatique. Les travaux de ce dernier ont été cependant quelque peu retardés par l’incendie qui a récemment eu lieu dans les vastes ateliers de Kizil-Anvat.
- Chine
- La convention passée entre la Chine et le gouvernement britannique, touchant l’importation de l’opium, a été signée ces jours derniers et sera ratifiée le plus tôt possible. M. Bourke, sous-secrétaire d’Etat au Foreign-Olfice, a fait une déclaration dans ce sens a la Chambré des communes.
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- États-Unis
- La souscription ouverte dans les bureaux du New-York- World pour l’achèvement du piédestal de la statue de la Liberté a déjà atteint le chiffre de 91,2o2 dollars. On espère' pouvoir compléter avant peu la somme de 100,000 dollars que le World s’est imposé la tâche de recueillir.
- Japon
- .Une grande exposition asiatique internationale, à laquelle seront invités à participer tous les Etats de l’Europe, aura lieu à Tokio dans le courant de l’année 1890. .
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- Pays-Bas
- Le gouvernement hollandais convoquera prochainement une conférence au sujet du commerce des boissons alcooliques qui se fait pour les pécheurs dans la mer du Nord par des bâtiments-cabarets.
- Perse
- Le gouvernement persan aurait l’intention d’établir une ligne télégraphique entre Meslied et Sarakhs.
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- Sénégal
- L’inauguration officielle de la ligne de Saint-Lpuis à Dakar, dont nous avons parlé dans notre numéro du 5 juillet, a eu lieu le 3 juillet et la mise en exploitation le G.
- Signalons à ce propos l’apparition du Réoeil du Sénégal, premier journal publié dans la colonie. Nos meilleurs vœux de prospérité à notre nouveau confrère.
- REMBRANDT
- SES EAUX-FORTES. — SES TABLEAUX. — SES DESSINS D’APRÈS UNE MONOGRAPHIE RÉCENTE
- M. Eugène Dutuit,’ l’amateur bien connu dans le monde des arts, après avoir passé une longue partie de sa vie à étudier Rembrandt et à en collectionner presque toutes les épreuves originales, a voulu consacrer ses loisirs à décrire cette oeuvre immense et à en offrir aux bibliothèques publiques et privées des reproductions aussi parfaites que le permettent les procédés, nouveaux et puissants dont la science dispose aujourd’hui.
- « Rembrandt — a dit excellemment Eugène Fromentin — est tout entier dans ses eaux-fortes.Esprit, tendances, imagination, rêveries, bon sens, chimères, difficultés de rendre l’impossible, réalités dans le rien, — vingt eaux-fortes de lui le révèlent, font pressentir tout le peintre, et, mieux encore, l’expliquent. Même métier, même parti pris, même négligé, même insistance, même étrangeté dans le faire, même désespérante et soudaine réussite par l’expression... Il n’est personne qui ne mette le graveur au-dessus des graveurs. »
- Le catalogue raisonné, publié par M. Dutuit (1) est un ouvrage sérieux et consciencieusement étudié ; comme il vient après tous les autres, il donne le résumé des recherches et découvertes nouvelles, qui ne sont pas le moindre attrait de son livre ; enfin, même au point de vue commercial, le lecteur y trouve encore satisfaction, puisque les prix des ventes les plus récentes figurent dans la nouvelle publication. C’est là un point aussi important qu’intéressant pour les collectionneurs qui peuvent ainsi suivre à travers les ventes et donations le sort de telle ou telle épreuve du maître.
- Quant aux estampes, cette publication dépasse toutes celles qui sont annoncées ou qui ont paru jusqu’à ce jour. Par le nombre d’abord ; outre celles qu’il a pu emprunter aux grandes collections publiques et privées, qui ont été ouvertes à lui aussi bien qu’aux autres, l’éditeur, M. A. Lévy, a eu, lui seul, b sa disposition la remarquable collection de M. Dutuit, ce qui lui permet d’offrir aux amateurs des pièces peut-être uniques, qu'ils cher-
- (1) Nous pensons être agréables à nos lecteurs en leur indiquant ici les prix et conditions de la souscription à l’ouvrage de M. Dutuit, édité par M. A. Lévy, 13, rue I.afayette
- L’ouvrage iorme quatre forts volumes ; dont trois irand in-4 jésus, et un album grand colombier.
- Le tirage est tait seulement à 500 exemplaires numérotés savoir :
- 10 exemplaires. — Texte sur Whatman ; trois séries de
- e-i Sllf fiol^nde, Japon et Whatman (épuisé) 2,500 fr.
- 100 exemplaires. — Texte sur Hollande; deux séries de planches sur Japon et Hollande, 1200 fr.
- 11 ne reste plus que quelques exemplaires.
- 31)0 exemplaires. — Texte et 15 planches sur Hollande, bUO lr.
- N. B. — De grandes facilités sont accordées aux artistes.
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- cheraient vainement ailleurs. Ce n’est pas 362 pièces seulement que contient son Œuvre complet de Rembrandt, et ce titre ne pourra lui être disputé, car quelques-unes de ces estampes, au nombre de vingt environ, sont même reproduites en plusieurs états, ce qui n’existe dans aucune autre édition. Enfin toutes les reproductions ont exactement les mêmes dimensions que les originaux.
- Un mot maintenant sur le procédé employé.
- Tout le monde connaît le principe de l’héliogravure : la photographie en est la base ; le soleil fait fonction de graveur à l’eau-forte ; mais le soleil n’est pas un être pensant, un artiste, et, si la réalité le frappe, les linesses de cette réalité lui échappent. Bref, quelques retouches sont indispensables à toute héliogravure.
- Là était le grand, l’imminent danger. Retoucher, c’est transformer, c’est faire moins bien ou vouloir faire mieux que Rembrandt ; ce 11’est pas faire Rembrandt.
- L’éditeur a su éviter ce double écueil. La retouche légère qui donne à ses reproductions une supériorité si incontestable sur toutes les autres n’est pas faite en vue d’améliorer le caractère.général de l’estampe, mais en vue uniquement d’assurer la parfaite ressemblance de la reproduction et de l’original.
- M. Charreyre, l’artiste distingué auquel il a confié son travail, a passé de longs mois dans son atelier, à étudier Rembrandt sur les originaux que M. Dutuit a si généreusement mis à sa disposition, chez lui, et il est parvenu, pour ainsi dire, à s’identifier avec le maître illustre qu’il avait l’honneur d’interpréter : il a su corriger les imperfections de l’agent photograveur. Là s’est borné son travail qui est loin d’être sans valeur.
- L’exécution matérielle'est absolument irréprochable et fait le plus grand honneur à M. À. Lévy qui n’en est pas, du reste, à son coup d’essai.
- Ajoutons que le catalogue des dessins et tableaux est accompagné d’un grand nombre d’eaux-fortes par nos premiers aquafortistes, Flameng, Lalauze, etc.
- L’ouvrage, tiré sur magnifique papier de Hollande, fabriqué spécialement parla maison Van Gelder, sort des presses de M. Jouaust.
- Quant'aux planches, le tirage en a été exécuté par la célèbre maison Remercier, qui n’avait jamais atteint cette perfection.
- . Ce sont toutes ces circonstances réunies qui expliquent et justifient l’immense succès obtenu par cette publication remarquable qui a été honorée de souscriptions du ministère de fin -struction publique, de la Ville de Paris et delà plupart des bibliothèques et des établissements artistiques de la France et de l’étranger.
- Nos abonnés trouveront, encartée dans le, présent numéro du Moniteur de l’Exposition, une superbe épreuve (le Bon Samaritain) tirée de l’Œuvre complet de Rembrandt qui leur montrera avec quel soin et quel goût est . édité cet ouvrage.
- En terminant, nous tenons à remercier M. A. Lévy qui nous a permis d’être agréable à nos abonnés en leur offrant une prime d’une telle valeur. II.-F. C.
- CONCOURS
- POUR LE
- GRAND PRIX DE ROME
- SCULPTURE
- Après la peinture, l’Ecole des beaux-arts nous a appelés à juger la sculpture.
- Sujet imposé : Un jeune soldat Spartiate, mort en combattant, est rapporté à sa mère par ses compagnons d’armes.
- L’enseignement du poncif est, comme on le voit, aussi bien pratiqué chez les sculpteurs que chez les peintres,et ces braves pioupious Spartiates
- qui prennent la peine d’extraire un des leurs, parmi les nombreux morts du champ de bataille, pour en faire cadeau à la mère éplorée, me semblent le comble de la fantaisie.
- Otez toute légende aux dix productions exposées et je défie le moindre spectateur d’en deviner le motif.
- Ce cadavre est-il celui d’un individu occis en duel et ramené par ses témoins, ou celui d’un suicidé par amour? Peut-être l’homme qu’on apporte s’est-il tué par accident ? Tout cela semble coulé dans le même moule.
- Sur ce sujet naïf quelques élèves se sont assez bien escrimés, les autres ne sont bons qu’à sculpter des dessus de pendules.
- N° 1. M. Gardet. — Le bas-relief de M. Gardet est assurément celui qui me plaît le mieux. L’attitude de la mère et de la jeune fille qui l’accompagne est expressive ; la pose du mort est habile dans sa rigidité et le groupe des soldats bien compris.
- N° 2. (Le nom m’échappe). — Sans intérêt.
- N° 3. — M. Hannaux.— Si je puis m’exprimer ainsi, M. Hannaux a mis dans son œuvre plus de cœur, plus de sensibilité que de talent classique. Ses personnages offrent plus d’émotion que ceux de M. Gardet qui, en revanche, a peut-être mieux queflui la nervosité des contours et la science du groupement selon les principes de l’école. En vérité, ces deux artistes se complètent et, entre leurs ouvrages d’une réelle valeur, le choix doit certainement hésiter.
- 40 M. Chavaillaud. — D’un très bon relief et d’une bonne vigueur, bien que d’un style de composition quelque peu emphatique.
- 5° M. Faivre.— Assez bon. Le corps du fils bien présenté. Ensemble trop compliqué.
- 6. M. Marioton. —- Passable. Lanière éplorée ne manque pas de finesse comme exécution.
- 7. (Encore un nom que je n’ai pas noté). — Ce qui veut dire sur le carnet d’un spectateur: Faible.
- 8. (Même jugement). — Cependant une bonne note pour le mouvement des soldats déposant la litière sur laquelle ils ont porté le corps de leur camarade.
- 9. M. Boutry.— Bon. Excellentes attitudes et. grande expression des physionomies.
- 10. M. Bardelle. — Passable, mais certainement avec promesses réelles de l'artiste.
- En somme, concours digne d’intérêt et notamment au-dessus de la moyenne, en dépit de la banalité du sujet imposé.
- Mais que voulez-vous, quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut se contenter de ce que l’on a.
- Alfred Delilia.
- LES LIVRES
- XVIII
- Germinal, par Emile Zola; i vol. in-18, 1885.
- Nous ne vous dirons pas pourquoi ce nouveau roman de l’auteur à la mode à la fois, très lu, parfois très admiré, et pourtant peu aimé de ce public qu’il empoigne trop rudement et qu’il caresse trop à rebrousse-poil, nous ne vous dirons pas pourquoi il s’appelle Germinal, parce que nous l’ignorons et qu’on a, croyons-nous, négligé de nous l’apprendre. Mais nous vous dirons ce - qu’est le sujet du roman, et quels sont, selon nous, ses qualités et ses défauts.
- Le sujet du roman, c’est la vie du mineur des mines de houille, les mœurs, les passions, les vices, la physiologie, en un mot, du pays où l’on crache noir, ce que l’auteur ne manque pas de nous faire remarquer dès les premières page:! du livre. Cette population rude et fruste du choron à laquelle la nature du labeur héréditaire donne une physionomie à part est tourmentée comme toutes lés autres populations ouvrières, par le problème de l’existence, parla lutte pour la vie. Elle est agitée' des mêmes préjugés, des mêmes haines sourdes faites d’ignorance" et d’envie, sur les rapports du travail et du capital. Elle est incitée à certaines époques périodiques, climatériques où une sorte de vent d’orage traverse les foules et les rend folles, à jeter dans la balance de ces rapports le poids brutal de la force et du nombre. Alors c’est la grève et Germinal c’est surtout le roman de la grève, de ses origines, de ses conséquences, des courants divers, des ferments divers qui provoquent ces explosions du levain socialiste, anabaptiste. Il empoisonne comme un virus contagieux ces multitudes laborieuses, vouées héréditairement à ce labeur d’enfer, à cette poursuite du filon houiller, au fond d’un abîme de huit cents mètres de profon-
- deur, à cette funèbre moisson de charbon faite à coups de rivelaine, à la lueur d’une lampe, au risque des mille accidents, des mille désastres dont la malignité des génies souterrains, inquiétés dans leur suprême asile, venge la violation de leurs mystères.
- Germinal, c’est donc le roman, c’est aussi la comédie et le drame de la grève, car il n’y a guère de soulèvements, de révoltes de ce genre, dans des masses de dix mille, vingt mille ouvriers, sans drame, c’est-à-dire sans excès, sans délits, sans crimes, sans répression parfois sanglante. Si des deux épisodes, l’un déjà ancien, l’autre tout à fait récent, qui ont servi de modèles, de types au romancier, qui, on le sait, se pique de ne travailler que sur le vif, d’après nature, l’un celui de la grève d’Anzin n’a été signalé que par l’intervention pacifique, à titre de surveillance et de police , des troupes requises, l’autre, celui de la grève et de la collision meurtrière des bandes et des troupes à Ricamarie a laissé un souvenir de douleur, de colère et de haine que l’on retrouve avec ses excitations à la vengeance, à la revanche dans toutes les affaires de ce genre, dans tous les discours des quêteurs de popularité, des émules d’Assy.
- Etienne Lantier, le principal personnage de ce triste roman où l’auteur comme ses héros, semble s’être enivré de sa force, et de n’avoir çu que l’ambition de la montrer dans sa nudité cynique, sans s’inquiéter des reproches de la pudeur et de l’absence de la grâce, est le digne fils du héros de Y Assommoir. Il représente bien d’ailleurs le type actuel de l’ouvrier, le nouveau sublime, un peu dégoûté des chimères de l’internationalisme, et se partageant, suivant son caractère et son tempérament entre le système fédéraliste anglais et allemand, et le système nihiliste russe. Ce qu’il y a de merveilleux peut-être dans le roman, c’est le juste dessin et le relief bien accentué de ces types d’ouvriers, héros, exploiteurs, victimes et martyrs des grèves. Maheu, le bon ouvrier, entraîné par les besoins du père de famille, le brutal Chaval, toujours pour le plus fort, profitant de la grève et aussi profitant de son insuccès, le cabaretier Rasseneur, le propagandiste Pluchart, le machineur nihiliste Souvarine. Tout cela la vie au choron, l’influence sur les mœurs et leur dépravation précoce, des promiscuités de la chambre unique et des promiscuités du travail souterrain où les hommes et les filles vêtues en homme, manient l’outil du hâveur ou pousent le chariot de la herscheuse. Les fêtes grossières et les plaisirs brutaux de cette population quand elle s,e rue aux tréteaux du café concert ou aux orgies du cabaret, les jours de ducasse et de kermesse tout cela est bien vu, bien observé et peint avec le chaud entrain, la touche grasse et molle et la couleur vineuse d’un élève de Jordaens qui saurait à fond son Rabelais. Nous devons blâmer ici les procédés violents du style d’un écrivain qui ne recule jamais devant le mot propre... même quand il est sale, et qui met volontiers, et comme avec une volupté particulière de défi à de rudes éprouves, le goût, le tact et l’esprit de mesure et de décence particulières au génie français qui, comme le latin, ne saurait braver l’honnêteté !
- Après avoir loué les qualités de fougue et de force, de puissance, de violence du pinceau qui éclatent sans discrétion dans les scènes joviales et grivoises, ou tragiques et terribles du roman, nous ne saurions nous dispenser de faire remarquer que jamais peut être M. Zola n’a fait aussi bon marché dès conditions de proportion des plans, de pondération et d’équilibre des figures, d’harmonie dans les tons, d’unité, d’harmonie qui doivent régir la composition d’une œuvre littéraire. Ce roman d’une matière dure, dense, drue, où chaque page tombe avec l’éclat mat et le bruit sourd de la feuille de houille qui se détache du bloc, manque d’air, de lumière, de gaieté. La vie y est intense, profonde mais morne et froide comme au fond du puits de la mine. On y est mal à l’aise comme dans ce milieu étouffant’ de l’abîme. Pas une seule figure, pas un seul groupe sur lequel se concentre un 'intérêt sympathatique et aucun effet de contraste. Nous sommes condamnés à ne voir passer que des vices ou des ridicules. Toute la population ouvrière que met en action M. Zola est uniformément corrompue jusqu’aux- moelles. Tous les bourgeois sont ridicules. C’est en cela peut-être que ce roman, d’un'pessimisme outré, est aussi triste que dangereux, Il est triste, parce qu’aucun typé de jeunesse, de beauté, de, foi ingénue, d’amour naïf et sincère, de passion héroïque n’y repose l’esprit et n’y élève le cœur. Il est dangereux, parce qu'il manque de leçon, de sanction, de moralité exemplaire et expiatoire. M. Zola, dans ses romans ne tient pas plus de compte de la leçon morale que de la pudeur.
- M. de Lescure.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ArtRAULT çt Cio, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 9 Août 1885.
- NUMÉRO 32.
- SOMMAIRE :
- I. Partie officielle; 2. Les intérêts des exposants; 3. Exposition d’Anvers ; 4. A l’Exposition d’Anvers : La Sculpture ; 5. Exposition industrielle de Beauvais; 6. Les Concours régionaux agricoles ; 7. Histoire de la Poste aux lettres ;
- 8. Les Livres ; 9. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- LOI
- tendant à ouorir au budget ordinaire du ministère du commerce, sur l’exercice i885, un crédit de 100,000 fr. pour les études préparatoires, des projets relatifs à l’Exposition universelle de 188q.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Article unique. — Un crédit de cent mille francs (1 <$0,000 fr-) est ouvert au ministère du commerce, au* titre du budget ordinaire de l’exercice i'885, pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889.
- Ce crédit formera un nouveau chapitre au budget du département, sous la dénomination et le numéro suivants : Chapitre 48. — Exposition universelle de 1889.
- Il sera pourvu à cette dépense au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 1885.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- Fait à Paris, le 1e1' août ’i885.
- Jules Grévy.
- Par le président de la.République :
- Le ministre du commerce,
- Pierre Legrand.
- Le ministre des finances, Sadi Carnot.
- RAPPORT
- fait
- AU NOM DE LA COMMISSION CHARGEE D’EXAMINER LE
- projet de loi ayant pour objet d’approuver une convention provisoire passée entre l’Etat et la Société- l’Union centrale des Arts décoratifs pour l’installation d’un musée national des arts décoratifs dans le palais d’Orsay restauré,
- PAR M. Gustave RIVET, DÉPUTÉ
- Messieurs,
- Il y a longtemps déjà que la création d’un musée des Arts décoratifs est réclamée par tous ceux qui ont souci de la renommée artistique de notre pays, et de la prospérité des industries qui se rattachent aux différentes branches de l’Art.
- Pour ne point sortir du cadre dans lequel m’enferment les attributions de notre Commission, je ne ferai pas ici, même en la résumant, l’histoire des Arts décoratifs, de leur développement, et des tentatives faites pour maintenir à son rang l’école française.
- Mais je veux affirmer qu’à aucune autre époque, plus qu’en notre temps, on n’a senti la nécessité d’ouvrir à l’industrie des voies nouvelles, à l’art des horizons nouveaux.
- Depuis l’année terrible où notre gloire militaire
- a été si cruellement brisée, il semble qu’il y ait eu un réveil de l’énergie nationale qui ne veut pas se laisser arracher par des rivaux obstinés la seule gloire vraiment féconde et la suprématie la plus enviable qui est celle des idées et des arts.
- C’est depuis 1870 surtout que nous voyons dans notre pays se produire les plus louables efforts pour donner à nos industries une puissance capable de défier les forces des nations rivales, et pour conserver au goût français cette maîtrise, cette domination,cette souveraineté qui s’imposent encore au monde.
- Je n’ai pas besoin de rappeler quelle.est la puissante fécondité de nos artistes et de nos ouvriers d’art; de redire les succès qu’ils remportent à toutes les expositions ouvertes dans les deux mondes; le génie français à la fois si clair et si poétique, si simple et si harmonieux, imprime sa marque sur toutes les œuvres; pour tout ce qui touche à l’art, nous sommes encore les maîtres incontestés, et, pour obtenir des succès, nos rivauix doivent nous copier.
- Mais ils nous copient, ils nous imitent, ils font de grands efforts pour nous égaler. Pour garder notre premier rang, il faut que nous ne nous endormions pas dans notre gloire passée, il faut que, par un travail constant et habilement dirigé, nous poussions le génie français à se transformer, à se renouveler sans cesse pour ne pas périr.
- Les industries d’art demandent à ceux qui s’y adonnent de longues préparations, une éducation spéciale, des études patientes pour lesquelles il est nécessaire de réunir de nombreux matériaux.
- Pour préparer çles artistes à nos industries d’art on a déjà multiplié les écoles de modelage e% de dessin, on a créé des ateliers professionnels. Cela n’est point assez, et, pour développer dans les intelligences le goût, — cette chose presque indéfinissable, et qui est la base sur laquelle s’appuie une éducation artistique, — il faut, avec une longue patience, par l’enseignement, par les exemples, infiltrer peu à peu dans les esprits le sentiment de l’idéal, du beau, de ce qui est la grâce ou la force, la couleur, l’harmonie.
- Nos ouvriers ont des aptitudes admirables; il faut que l’on dirige, que l’on cultive ces aptitudes.
- C’est surtout par lefe yeux que s’instruit l’ouvrier d’art. C’est pourquoi la création d’un musée des Arts décoratifs nous paraît être un des plus puissants moyens de développer les ressources de notre génie national. Ce sera comme un arsenal où l’industrie viendia prendre de nouvelles armes pour lutter contre la concurrence étrangère.
- Dans ce musée des Arts décoratifs doivent se grouper tous les. objets anciens ou modernes, appartenant à toutes les nations de l’Orient à l’Occident ; toutes les œuvres, meubles ou tapis, étoffes et bijoux, bronzes et terres cuites, émaux ou verreries, tous les objets qui empruntent leur valeur, non pas à la matière première dont ils sont fabriqués, valeur qui est souvent nulle, mais au travail des artistes qui fait de rien des objets précieux.
- C’est en contemplant de beaux modèles, en ayant sans cesse sous les veux ce que chaque nation a produit de plus harmonieux, de plus beau, de plus gracieux, que nos artistes chercheurs trouveront des inspirations nouvelles. Ils étudieront les belles œuvres de toutes les époques, non pour les copier servilement, mais pour approprier et appliquer leurs études à des œuvres modernes et bien personnelles. Ils créeront en imitant, c’est ainsi qu’ils se maintiendront au premier rang, et qu’ils arriveront peut-être à donner à la fin de notre siècle ou au sièple qui vient un style nouveau.
- C’est ce musée des industries d’art que nous vous proposons de créer, et je ne m’attarderai pas plus longtemps à démontrer l’utilité de cette entreprise.
- Ce musée, Messieurs, vous savez qu’il existe déjà en germe.
- L’Union centrale des Arts décoratifs, qui s’est attachée à cette grande œuvre de développer les
- arts industriels nationaux, a, depuis quelques années déjà, réuni les éléments de ce musée. Il s’agit en ce moment de donner un abri aux collections recueillies, de permettre à ce musée de s’accroître, et de le mettre en situation de rendre tous les services que nous attendons de cette création.
- Vous etes saisis, Messieurs, du projet d’une Convention entre l’Etat et la Société de l’Union centrale des Arts décoratifs, pour l’installation de ce musée.dans le palais d’Orsay restauré.
- La Société l’Union centrale promet d’affecter à cette création cinq millions et demi, dont trois millions et demi pour la restauration du palais, et deux millions pour l’achat des collections.
- . Après avoir indiqué au début l’utilité, la nécessité de ce musée, il me reste à montrer que les clauses du traité donnent toute garantie à l’Etat pour l’exécution de cette œuvre.
- Au point de vue de la construction, les architectes les plus compétents ont fait des études rigoureuses, et ont affirmé que la restauration du palais peut s’accomplir, et que les travaux ne coûteront pas plus de trois millions et demi.
- La Commission a demandé pouy garantie de ces. promesses 1 avis du conseil des bâtiments civils.
- Je dois mentionner ici que deux membres de votqe Commission, MM. Tony Révillon et Fré-bault, ont proposé que l’œuvre projetée fût agrandie. Ils ont demandé que la caserne du 'quai d Orsay fût .démolie, et que sur son emplacement joint a celui de la Cour des comptes on élevât un vaste palais nouveau. Les terrains inoccupés seraient revendus, et leurs prix viendraient en décharge de. la dépense totale.
- Tout en appréciant la grandeur de cette conception, votre Commission n’a pas cru pouvoir l’accepter. D’abord parce que l’exécution de ce vaste projet coûterait beaucoup à l’Etat, car nous' devrions pour le réaliser voter au minimum dix millions, et les ressources de notre budget ordinaire ne nous permettent pas de disposer de cette somme pour des constructions nouvelles. De plus, sans entrer dans d’autres détails, ii faudrait attendre un assez long temps la réalisation et le complet achèvement de l’œuvre entreprise.
- Or,nous avons.hâte dé voir disparaître les ruines du palais, du quai d’Orsay, dernier vestige de nos luttes civiles; nous avons hâte de donner'à l’industrie trois millions et demi de travaux, et de voir enfin s’ouvrir le musée dont l’utilité est depuis si longtemps proclamée.
- Votre Commission a donc préféré s’en tenir au projet qui lui était soumis et laisser à l’initiative de l’Union centrale des Arts décoratifs le soin de mener à bien l’œuvre à laquelle elle s’attache.
- Les conditions du traité se présentent comme suffisamment avantageuses pour l’Etat.
- L Etat concède pour trente années l’emplacement du quai d Orsay. Au bout de ces trente années, il rentrera en possession de cet emplacement avec toutes les constructions qui y auront été élevées, et toutes les collections qui auront été réunies dans le Musée. En un mot, l’Etat prépare de concert avec l’Union centrale, une œuvre nationale.
- Le teriain concédé a une superficie d’environ neuf, mille métrés, ayant une valeur approximative de six à huit millions, soit une moyenne d’intérêts de trois cent mille francs par année.
- C est. donc une subvention nominale de trois cent mille fiancs pai an que 1 Etat donne à l’œuvre de l’Union centrale.
- Mais cette œuvre ne la mérite-t-elle pas ?
- Nous subventionnons des théâtres nationaux. Le développement de nos arts industriels ne vaut-il pas,- dans nos préoccupations, l’art de la musique ou de la danse ?
- Voila quinze, ans que l’Etat perd, sans qu’il y aiLaucun profit pour personne, ces trois cent mille fiancs par année, et personne n’a sérieusement proposé d’aliéner les ruines du palais.
- Votre Commission est d’avis, pour mettre fin à
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- Dimanche 9 Août iû8i>.
- cette situation, qu’il est bon d’accorder le .palais d’Orsay à l’Union centrale.
- La situation de ce Musée sera parfaite. Au centre de Paris, non loin du Louvre. Chose précieuse pour la divulgation, le Musée placé bien en vue, sera plus vite connu et plus fréquenté que s’il était placé dans quelque autre quartier de Paris, il rendra pins de services que si on le créait dans un centre ouvrier.
- Tous les corps de métiers, tous les ouvriers d’art ne sont pas, en effet, parqués dans un meme faubourg; et si, songeant à l’art du bois ou à l’art du bronze, on plaçait’le Musée soit au faubourg Saint-Antoine, soit au Marais, les autres corps d’état disséminés dans la capitale n’auraient-ils pas le droit de se plaindre ?
- Ne vaut-il pas mieux créer au centre de Paris, sur la grande voie de communication du fleuve, un Musée national facilement et également accessible à tous ?
- Votre Commission est donc d’avis que l’emplacement est bien choisi, et que les conditions dans lesquelles est proposée la création de ce Musée doivent être acceptées.
- Nous nous trouvons en effet en face d’une société qui a fait ses preuves, et qui nous offre toutes les garanties que nous pouvons souhaiter.
- L’Union centrale a déjà rendu des services que je n’ai pas à rappeler: elle a créé des cours poulies ouvriers d’art, elle a ouvert une bibliothèque, organisé des expositions que vous avez tous admirées. Elle n’est pas une Société financière, c’est une Société qui se recrute librement, et qui accomplit son œuvre, grâce aux libéralités des souscripteurs.
- Ce passé répond pour elle, et nous sommes, pour notre part, assurés qu’elle continuera, en développant son action, à donner aux Arts industriels une puissante et féconde impulsion.
- Il nous reste à souhaiter que l’Union centrale, dans le musée qui s’ouvrira, organise des leçons pratiques.
- Nous voudrions qu’en face des collections qui seront rassemblées sous leurs yeux, les ouvriers d’art trouvent non pas un enseignement vague ou trop savant, mais des indications pratiques, bien à leur portée, que le musée soit, au moins.par parties, ouvert le soir, pour qu’après le métier de la journée, l’ouvrier puisse, s’il le veut, dans, ce musée d’éducation, travailler encore à se perfectionner dans son art.
- En un mot, nous exprimons le vœu que ce musée ne soit pas seulement un vain étalage d’objets destinés à charmer un instant la curiosité publique, mais qu’il devienne vraiment une école pratique pour tous nos. ouvriers d’art.
- C’est avec la conviction que l’œuvre de l’Union centrale des Arts décoratifs répondra aux besoins de nos industries et aux vœux de la Commission que nous vous proposons d’approuver le projet de traité qui suit.
- PROJET DE LOI article premier _
- Est approuvée la convention ci-annexée, en date du 7 février 1885, par laquelle l’Etat concède à la société l’Union centrale des.Arts décorati.s, pour rétablissement d’un musée national des Arts décoratifs, l’immeuble domanial situé, quai .d’Orsay, anciennement affecté.au conseil d’Etat et à la Cour des comptes.
- ART. 2.
- La. convention mentionnée a 1 article premier ci-dessus sera enregistrée au droit fixe de trois francs (3 fr.).
- art. 3.
- Le terrain et les bâtiments du musée national des Arts décoratifs seront exempts de tout impôt existant ou à créer; toutefois l’exemption ne sera pas applicable aux impôts dont les occupants seraient personnellement passibles.
- Nota — La convention a été annexée au projet de loi n° 3519.
- _______ -g ^ --^=—_... ....-
- LES INTÉRÊTS DES EXPOSANTS
- AMSTERDAM, ANVERS, 1889
- NOTRE BUT
- L’organisation si laborieuse , la distribution parfois si partiale des récompenses, des croix de la Légion d’horîneur accordées aux membres du jury de l’Exposition d’Amterdam ont donné lieu à de nombreuses et vives critiques qui, tout le monde le sait aujourd’hui, étaient trop souvent fondées.
- Nous ne reviendrons pas sur tous les faits qui ont été reprochés aux organisateurs, aux membres du jury et au commissariat de cette exposi-tion.
- Les mêmes critiques paraissant devoir se renouveler à l’occasion de l’Exposition d’Anvers, nous avons voulu nous rendre compte des faits, par
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- nous-même, sur jfiaée ; tâcher de montrer aux exposants quels sont leurs véritables intérêts ; étudier avec eux les moyens de les défendre au besoin.
- Aussi prions-nous nos Lecteurs de bien vouloir nous faire parvenir tous les renseignements, toutes les plaintes, toutes les réclamations au sujet de l’Exposition d’Anvers qu’ils croiront devoir être publiés. Nous leur promettons d’examiner avec le plus grand soin toutes les communications qu’ils voudront bien nous faire.
- Dans le cours de ces articles, il nous arrivera d’écrire bien des noms d’exposants qui auront vu leurs intérêts lésés, qui auront eu à se plaindre du jury ou qui refuseront peut-être une récompense ; nous n’avons d’autre but que faire un travail sérieux et profitable ; et pour cela il faut des noms, il faut des faits.
- L’ORGANISATION DE LA SECTION FRANÇAISE A ANVERS
- Rappelons d’abord comment a été organisée la section française.
- A la date du 29 mai 1884, M. Hérisson, alors ministre du commerce, adressait au président de la République un rapport à l’effet de rechercher les moyens de faciliter la participation de nos nationaux à l’Exposition universelle d’Anvers en 1885. La Commission composée de trente-six membres fut instituée par un décret en date du même jour.
- M. Hérisson nomma aussitôt M. Choquet, commissaire général de la République française à cette Exposition. M. Choquet, qui venait d’être promu ingénieur en chef et chevalier de la Légion d’honneur, ne put supporter ce nouveau fardeau qui aurait peut-être été un peu lourd pour ses épaules.
- Peu de temps après, M. Robcis-Bofghers, consul général de France à Anvers, était désigné pour remplir les fonctions de commissaire général. Dans ce poste très important, il a apporté toutes les qualités de l’homme du monde et s’est rendu sympathique à tous par son tact et sa réserve.
- Le ministre de la marine ayant décidé de faire une exposition particulière des colonies avec un commissaire spécial, M. Grodet, 011 adjoignit à M. Robçis-Borghers, en qualité de commissaire de la section industrielle et commerciale, M. Maurice Monthiers, ingénieur civil, précédemment secrétaire de la Commission d’Amsterdam.
- On choisit parmi les anciens membres du jury de 1878 (Paris) et de 1883 (Amsterdam) un certain nombre de délégués adjoints à la Commission, chargés de rechercher des exposants et de les engager à envoyer leurs produits à Anvers.
- La Commission de 36 membres avait nommé une sous-commission présidée par M. Dietz-Monnin.
- L’organisation a-t-elle été faite comme elle devait l’être ? La nomination du jury a-t-elle donné lieu à de justes récriminations? Les diplômes et les médailles sont-elles allées d’une manière trop uniforme aux mêmes industriels? Telles sont les questions que nous aurons à examiner.
- L.es travaux d’installation suivirent leurs cours sous la direction du commissaire qui s’adjoignit M. Courtois-Sufnt, architecte diplômé et M. Nieu-wenhuyzen, ingénieur civil.
- S’il se produisit quelques retards,-il faut s’en prendre en grande partie à la lenteur désespérante apportée à la constrution du palais; l’état de la façade, en particulier, n’ayant pas été de nature à disposer les exposants à hâter leurs installations, même deux mois après l’inauguration.
- LA SECTION FRANÇAISE COMPARÉE AUX SECTIONS ÉTRANGÈRES
- Nous allons jeter un rapide coup d’œil sur les differentes sections qui composent l’Exposition; rechercher dans chaque pays quel est le fait saillant qui caractérise son industrie; tirer de cet examen, qui sera court mais que nous reprendrons plus tard, un avertissement pour 1889; ceci nous permettra de voir ce qu’auraient pu être et ont été les opérations du jury dans ces différentes sections.
- L’exposant français n est pas venu à Anvers pour vendre; parcourez toutes les galeries qui composent notre section et vous ne trouverez pas un seul industriel qui vienne vous offrir sa marchandise. Dans les sections belge, anglaise, allemande, etc., au contraire, vous ne pouvez faire un pas sans vous heurter à un agent, parfois on pour-
- rait dire à un camelot, qui ne vous laissera pas passer sans vous solliciter de la manière la plus pressante.
- Ce seul fait prouve que l’exposant français à plus à cœur d’obtenir une récompense que de vendre ses produits, sachant bien qu’un diplôme d’honneur ou une médaille d’or lui permettront dans l’avenir ci’e fairede plus grandes affaires. Ces récompenses attesteront, en effet, la supériorité absolue de ses produits.
- Dans les sections étrangères nous compterons bien peu d’exposants qui aient des vitrines d’exposition proprement dite et non de vente.
- L’Italie, par exemple, expose, pour la première fois en aussi grande quantité, des meubles en bois genre ancien. Pour 14 francs, vous pouvez acheter un fauteuil Henry III !
- Pour cent francs vous avez une caisse à bois formant banquette avec un immense dossier, le tout sculpté, depuis le haut jusqu’au bas. Le bon public s’arrête longuement devant cette exposition, s’extasie devant ces prix et finalement achète ces meubles de pacotille qui ne sont même pas sculptés mais simplement estampés. Il ne se doute pas que les dossiers des chaises se cassent dès qu’on s’appuie sur eux et que les tiroirs des fameux bahuts ne s’ouvriront plus au bout de quelques jours.
- Tels sont les meubles que même des Parisiens achètent. Ils font venir cela d’Italie moyennant-quelques francs de transport et de droit d’entrée. Pourquoi nos grandes maisons françaises n’exposeraient-elles pasàcôté de leurs beaux meubles, évidemment très chers, des objets dits d’exportation d’un prix relativement bas. Je suis sûr que même sur ce terrain nos industriels battraient les Italiens. Nous ferons bien de nous tenir sur nos gardes, de ce côté, en 1889.
- L’Allemagne n’a pas exposé officiellement ; son exposition est restreinte, mais il n’en est pas moins prouvé que les produits soumis à l’examen du Jury, pour être des copies serviles des modèles français, sont d’un incontestable bon marché. Sa quincaillerie est peu appréciée des constructeurs sérieux, mais elle est très recherchée par une grande quantité d’entrepreneurs peu scrupuleux. Ne voit-on pas de grandes serrures ayant l’aspect de serrures de luxe vendues, avec un double jeu de- clefs à 4 fr. 5o ou 5 fr., et qui en France le seraient aux prix de 15 et 18 fr. ! Il est évident que la qualité est bien inférieure, mais Y aspect est absolument identique. Nous reviendrons sur d’autres indications dans lesquelles nous croyons notre fabrication inimitable. La Suède a exposé de superbes spécimens de papiers à pâte de bois ; c’est encore là une industrie qui a fait des progrès très remarquables et très rapides, et qui est presque inconnue chez nous. L’Autriche enfin a envoyé à Anvers des articles de Paris d’un goût un peu allemand mais d’un prix peu élevé.
- De tout cela nous tirerons cette conclusion : les Français sont allés à Anvers pour l’honneur, les autres peuples pour l’argent.
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- LE JURY
- LES ATTRIBUTIONS
- On se fait dans le public, et souvent dans la presse, une idée inexacte du rôle du Jury dans les Expositions. Aussi peut-il être utile d’expliquer en quelques mots comment est constitué le jury et en quoi consistent ses attributions. Voici comment les choses se sont passées à Anvers.
- Ee jury est international et se divise comme l’Exposition elle-même en groupes et en classes. Les membres des jurys de toutes les nations d’une classe avaient à examiner ensemble les exposants de toutes les nations inscrits dans cette classe. Chaque gouvernement nomme un nombre de jurés proportionnel au nombre d’exposants de chaque classe; ce nombre est fixé par le gouvernement belge. — (Il en est résulté que la Belgique avait à nommer environ la moitié du nombre total des jurés et la France un peu plus d’un quart. Le reste était partagé entre les autres pays).
- Il y a pour ainsi dire trois sortes de jury:
- i° Le jury de classe. — Dans chaque classe, le jury nomme son bureau composé d’un président, d’un vice-président, d’un rapporteur et d’un secrétaire.
- 20 Le jury de groupe. — Il est composé des présidents et des rapporteurs du bureau des jurys de classe. C’est devant lui que viennent les réclamations. C’est en quelque sorte la Cour d’appel des exposants.
- 3° Le jury supérieur. — Il est composé des pré-sdents et vice-présidents de groupe, et constitue
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- son bureau avec M. le comte cFOultremont comme président, désigné par arreté royal. Ce n’est plus une cour d’appel, c’est une- cour de cassation. Il est résulté de cette répartition que le jury de groupe est en bonne partie composé de Français ; car nos compatriotes avaient trouvé le moyen, quoique en minorité, de se faire nommer présidents et rapporteurs d’un grand nombre de classes. Nous disons « avaient trouvé le moyen » , on va voir pourquoi.
- Le commissaire général Belge, dans un but d’équité qu’on ne saurait trop louer, d’accord avec les commissaires de chaque pays : voulut en quelque sorte réglementer d’avance les1 votes des jurys de classe et partager les fonctions, de presidents et de rapporteurs entre les differents pays. Au premier abord, la liberté du vote aurait eu pour résultat de ne faire entrer dans le jury de groupe que des jurés belges, puisque dans les groupes de classe chargés de nommer les présidents et les rapporteurs, la majorité appartenait aux Belges, qui de droit, vu la quantité d’exposants belges, étaient en majorité..
- M. le comte d’Oultremont indiqua donc dans chaque classe à quel pays devaient appartenir le président et le rapporteur, d’après un roulement étudié et établi avec les commissaires étrangers. Cette décision, prise dans un but absolument Équitable, ne fut pas du goût des jurés des classes. Certains jurés français furent assez habiles pour profiter : i° de ce premier mouvement de mécontentement ; 2° du désarroi qui régnait alors et au Comité général et aux différents Commissariats ; 3° des dissentiments politiques des Belges (catholiques et libéraux). Ils devinrent les porte-paroles des mécontents et, grâce à l’appui des libéraux ' belges, qui ne voulaient pas voter pour leurs compatriotes catholiques., ils furent dans la plupart dés jurys de classes appelés aux fonctions qui les faisaient devenir jurés de groupe.
- Pour le troisième jury, le jury supérieur, on avait encore adopté, ce qui n’avait plus sa raison d’être, le. même système de répartition pour les deux vice-présidences et les secrétariats ; la question de la présidence étant écartée, puisque M. d’Oultremont était désigné d’office comme prési-dent. 1,es jurés français, par l’organe de M. Cornut, ingénieur du département du Nord, protestèrent encore. 11 fut . décidé alors, par un vote du jury supérieur que les deux vice-présidents seraient choisis parmi les Français et les Russes. La première, vice-présidence fut attribuée à M. Cornut, et la France ne saurait que se féliciter vivement dé cet heureux choix, M. Cornut ayant donné dans toutes les expositions précédentes les preuves de s.on énergie et de son dévouement à soutenir les intérêts de nos nationaux.
- COMMENT FONCTIONNE LE JURY ?
- Pour mieux fixer les idées nous allons suivre un jury de classe quelconque dans ses opérations. Prenons "n’imp.orte lequel, celui des travaux publics si .vous le voulez bien. Cette classe fut divisée en trois sections, vu le nombre d’exposants et de matières à examiner. — Quinze jurés composaient cette classe et chacune des sections compta cinq membres. Ces trois sections ayant à examiner: i° les matériaux de construction, l’art de l’ingénieur et l’art de l’architecte. Ces differentes sections opéraient comme des classes distinctes sous la direction d’un secrétaire rapporteur.
- Le jour fixé pour l’examen des objets exposés on remettait aux jurés des questionnaires remplis par les exposants. Voici les diverses questions posées :
- 1. — Nom et prénoms ou raison sociale de l’exposant.
- 2. —• Domicile.
- 3. __Spécification sommaire des objets exposés.
- 4. __Date de la fondation delà maison.
- 5. __ Date de la prise en possession de la maison par l’exposant.
- 6. — Lieu de fabrication, atelier, lieu d’exploitation.
- rj% _ Nombre des ouvriers : dans les établissements fermés, hommes, femmes ; au dehors, hommes, femmes.
- g, —Nombre et espèce des moteurs,.
- 9. —- Somme totale de forces de chevaux disponibles.
- 10. _ Spécification détaillée des machines employées et autres appareils de travail.
- t x _ _ Objets dont l’exposant a introduit la
- fabrication dans son pays.
- I2<___Dispositions pour l’utilisation la plus pro-
- fitable des matières brutes et auxiliaires et surtout des déchets.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 9 Août iSS5. - 255.
- F3. — Améliorations apportées aux machines ou autres appareils.
- 14. — Matières brutes et auxiliaires nouvellement introduites.
- 15. — Améliorations apportées dans l’organisation du travail, comme par exemple par une division du travail mieux adaptée au but.
- 16. — Dispositions sanitaires remarquables dàns les ateliers.
- 17. — Précautions et établissements humanitaires.
- 18. — Valeur de la production moyenne de l’année.
- 19. —Quantités exportées et principaux débouchés.
- 20. — Autres entreprises industrielles de l’exposant.
- 21. — Récompenses aux expositions universelles précédentes.
- 22. — Autres données de l’exposant.
- : 28. — Classe dans laquelle l’exposant désire voir ses objets rangés pour y être jugés.
- 24. — Noms et prénoms des collaborateurs et des coopérateurs (contre-maîtres et ouvriers) pouvant être signalés pour services rendus à l’agriculture ou à l’industrie, soit enfin pour leur participation à- la production d’objets remarquables figurant à l’exposition (Art. i3 du règlement générale du jury international des récompenses).
- 2 5. — Eléments nécessaires ou note spéciale pour permettre au jury de statuer sur les titres que ces collaborateurs et coopérateurs peuvent avoir à une récompense.
- 26. — Faits et observations particuliers sur lesquels l’exposant désire surtout attirer l’attention du jury.
- Toutes ces questions sont-elles bien nécessaires ? Nous nous permettrons d’en douter. Les jurés n’ont à s’occuper que de ce qu’ils voient, de ce qu’ils touchent. Si le produit qu’on leur présente est de nature à mériter une médaille d’or ils n’accorderont pas un diplôme d’honneur s’il se fabrique en grandes quantités, ou une médaille d’argent si lai production est de faible importance ! Nous nous proposons du reste de revenir sur ce sujet.
- Les Exposants se trouvent devant leurs vitrines le. jour du passage des jurés et leur fournissent tous les renseignements qui peuvent leur être demandés. Chaque juré prend des notes et cote la vitrine suivant une échelle déterminée d’avance. Pûis l’on passe à une autre installation.
- >En France, grâce à l’ingénieuse disposition adoptée par l’architecte, qui avait su grouper les differentes expositions d’une classe ;sur le même point, les opérations du jury s’effectuaient encore avec une certaine facilité. Mais dans les sections étrangères, et notamment en Belgique, une même classe était répartie dans des salles quelquefois fort éloignées les unes des autres ou bien .encore dans les jardins.
- 1 A. la fin de la journée, les jurés se rendaient dans leur bureau et à l’appel du nom de l’exposant chaque juré donnait sa cote particulière.
- Celle manière de procéder laisse quelquefois à désirer. En effet, supposez que les deux premiers jurés cotent haut ; les suivants trouveront qu’ils ont coté trop bas et forceront la note : l’inverse peut également se produire.
- C’est encore là une question que nous étudierons avec nos lecteurs., c’est-à-dire avec nos correspondants.
- Nous venons .d’indiquer d’une manière sommaire les points principaux de l’organisation et de fonctionnement du jury ; au moment où nous terminons .cet article les différentes classes ont remis leur travail qui va recevoir la sanction du jury de groupe.
- Quels seront les résultats obtenus par nos compatriotes ?
- Devra-t-on se féliciter du choix des jurés ?
- C’est ce que nous nous proposons d’examiner dans un prochain article en étudiant de près la question des récompenses accordées aux industriels et la composition de la liste des jurés-français.
- H.-F.- Cabirau.
- Anvers', le 3 août 1885.
- P.-S. —• On annonce'au dernier moment que le Commissariat général à l’intention de maintenir un article de son règlement limitant le nombre des récompenses. A la presque unanimité, les jurés ont résolu de maintenir leurs décisions, décidés à se retirer, s’il est porté la moindre modification au rapport de chaque classe.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LA SECTION DES TRAVAUX PUBLICS A LJEXP0 SITION COLONIALE FRANÇAISE
- Cette section qui a été organisée sous les auspices de M..„ Félix Faure par M. Grodet, sous-directeur de.', colonies, et par M. de Nozeille, conservateur de l’exposition permanente des colonies à Paris, est des plus complètes et des mieux' organisées ; elle obtient un véritable succès, bien légitime d’ailleurs.
- Et cependant elle ne renferme presque exclusivement que des'plans, des dessins et des modèles. Mais ce qui la rend absolument intéressante, c’est qu’à chaque objet exposé est jointe une notice donnant de nombreux renseignements sur nos colonies.
- La section des travaux publics est divisée comme suit :
- i° Cochinchine.
- 20 Cambodge.
- 3° Tonkin.
- 40 Etablissements français de l’Inde.
- 5° Madagascar.
- 6° Ile de la Réunion.
- 70 Nouvelle-Caledonie.
- 8° Sénégal.
- q° Gabon.
- io° Obock.
- 11° Iles Saint-Pierre et Miquelon.
- 12° Guadeloupe.
- 1° COCHINCHINE
- La Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine expose un modèle de bateau à vapeur à l’échelle de om 02 pour 1 mètre et une carte itinéraire des voies navigables de la Cochinchine et du Cambodge.
- Cette société, toute française, a été fondée en 1881 par M. Jule's Ruelf.
- ... Elle fait le service postal, les transports de troupes et du personnel administratif ainsique du matériel dans l’intérieur de la Cochinchine et du Cambodge, dont elle dessert tous les points importants.
- Elle a entrepris également le transport des voyageurs et des marchandises et rend, sous ce rapport, des services signalés au commerce de la colonie. On peut dire qu’en assurant la rapidité et la sécurité des transactions, elle a été un des agents les plus actifs et les plus puissants du développement de la Cochinchine.
- Sa flotte s.e compose de neuf paquebots et de six chaloupes à vapeur.
- Ces paquebots, dont la compagnie expose un modèle, sont tous du même type, mais de deux dimensions différentes. Ils ont été construits sur des : plans: spéciaux appropriés à la navigation semi-maritime, semi-fluviale qu’ils ont à faire, et ils sont certainement à l’heure actuelle le dernier mot du progrès et du confort pour ce genre de navigation.
- Le type le plus petit peut passer partout en Cochinchine, attendu qu’il cale seulement 2 mètres en pleine charge, et que, sur le grand fleuve comme sur la rivière de Saigon, la marée monte de 3 mètres. Malgré leur faible tirant d’eau, ces bateaux peuvent prendre 200 tonnes de marchandises, non compris leur combustible, et 200 passagers sur les deux ponts, ainsi que des voyageurs de première et de deuxième classe. Ils marchent avec une vitesse de 9 nœuds.
- Les grands paquebots qui font spécialement le service du Cambodge ont une vitesse de 11 nœuds. Ils effectuent en 35 heures le voyage de Saigon à Pnum-Penh, tout en faisant escale dans les'principales villes du parcours. Ils peuvent embarquer 1,000 -tonnes de marchandises et 5oo passagers, sans compter les voyageurs des deux premières classes.
- Des départs de Saigon ont lieu tous les jours à heures régulières ; certaines lignes sont en correspondance entre elles ; c’est un service très précis, bien organisé, qui fonctionne à la satisfaction générale et qui nécessite des soins constants.
- Aussi, pour assurer le bon entretien de : son matériel, la compagnie possède un atelier complet de construction et de réparations de navires, le seul qui existe dans ces parages.
- Le modèle exposé a été construit dans cet atelier qui occupe un personnel de plus de 200 o.uvriers et dans lequel la compagnie exécute elle-même, complètement, des chaloupes à vapeur de 3o mètres de long.
- Elle possède là des machines et des moyens d’action puissants qui lui permettent de faire aux bateaux, qui relâchent à Saigon, les plus grosses réparations, et_ elle pourrait certainement, dans un moment difficile, seconder efficacement l’arsenal.
- Outre des magasins fle réserve très importants, les Messageries fluviales possèdent des parcs à charbon considérables, dans lesquels l’administration de la colonie a souvent puisé pour l’approvisionnement de nos navires de guerre.
- (Voir la snitc page 258.)
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- Dimanche 9 Août i885.
- 256 et 257.— Première Année. — N° 3i.
- LF.
- MONITEUR DE t.gj#SlTI0N DE l889’
- A L’EXPOSITION. D’ANVERS
- LA SECTION FRANÇAISE DES BEAUX-ARTS
- LA SCULPTURE
- L’exposition de la sculpture française à Anvers, si variée et si intéressante qu’elle soit, ne donne pas une idée absolue de la supériorité incontestée de nos
- sculpteurs. Ce qui frappe surtout dans le mouvement transcendant de la sculpture française, ce que nous appel, lerons la renaissance de notre école de sculpture, est surtout appréciable quand on peut voir et comparer nos maîtres dans les manifestations si différentes de leur talent. Un exemple prouvera ce que nous avançons.
- Barrias, avec son admirable groupe, les Premières funç railles, peut être assimilé à un classique presque absolu • mais s’il avait pu joindre à son groupe son Bernard Palissy et son divin petit Mozart, nul doute qUe ^ jugement n’eût été tout autre. De même pour Falguîère le porte-drapeau de la sculpture jeune et vivante, nous
- . j0ns presque le chef de l’École moderne; joignez à
- pleine le Saint-Vincent de Paul et le Corneille et vous
- UgZ une idée exacte du maître. Et à côté de ceux que
- i venons de nommer, les Dalou, Mercié, Dubois,
- , 7
- .jin. Tous ces maîtres cl un genre si différent ’^pneur de notre France auraient, s’ils rayaient exposé,
- montré la grandeur de notre École. Malheureusement, nous devons regretter leur absence, et, si ces grands noms sont absents du catalogue d’Anvers, nous devons pourtant nous montrer satisfait de ce qui est exposé. Après Barrias etFalguière, cités plus haut, nous trouvons Dela-planche, avec sa belle figure de Sainte Agnès, Aubé avec
- son Bailly si vivant et si décoratif, et qui nous promet une série d’œuvres qui mettront le sceau à son talent; nous voulons parler du monument Gambetta.
- Après les œuvres que je viens de signaler, l’esprit du reste de l’exposition rentre un peu dans le style gracieux. C’est ainsi qu’après VEros, de M. Coutan, Y Adolescence,
- La Charité Romaine.
- (
- l
- GUILBERT. — Eve.
- de M. Albert Lefeuvre, nous nous arrêterons devant YHébé de M. Roulleau. Nous nous souvenons d’avoir vu à Paris ce charmant groupe où Hébé forme, avec l’aigle du maître du Ciel, le plus joli groupe décoratif qu’on puisse voir. Nous le voyons aujourd’hui à Anvers, en marbre, et la matière n’a fait que rendre plus souple et plus fin le bronze que nous connaissions. Nous regrettons que M. Roulleau n’ait pas cru devoir envoyer sa belle statue de Carnot; à Anvers surtout, ville si reconnaissante, à son vaillant défenseur, l’œuvre de notre compatriote aurait été admirée.
- Toujours dans le même ordre d’idée nous signalerons
- YEve, de M. Guilbert; la Poésie française de M. Barrau, qui a joint à cela une statue, Après le bain, que nous goûtons moins ; deux jolies statues de M. Aizelin, mais toujours un peu froid, ce sculpteur gracieux. Le groupe de M. Longepied, Pêcheur retrouvant la tête d’Orphée, ne nous semble pas une œuvre pour le marbre, malgré ses qualités; M. Marqueste est plus heureux, à notre avis, avec sa Velléda, figure énigmatique d’un grand charme; M. Lombard, dans son bas-relief Sainte Cécile, nous paraît avoir mis ses qualités au service de l’archéologie; plus de personnalité nous plairait davantage. Nous reprocherons à M. Injalbert d’être tombé dans la
- manière et de n’avoir pas été à la hauteur de son talent avec son Amour incitant des colombes ; M. Cordonnier a deux marbres qui ne manquent pas d’habileté, mais cest à peu près tout ce que nous y remarquons; bien pluS intéressante est la figure de M. Boucher, Vénus Astarte, d’un faire souple et ferme à la fois ; Une jeune fille au bain, de Mmc L. Berteaux.
- Nous ferons une part spéciale aux œuvres suivantes qui, par leurs qualités, font honneur à leurs auteurs, mais qui cependant rentrent dans la catégorie academie d’étude. M. Steiner nous montre un Faune fort bien
- modelé, mais qui ne peut être regardé que comme
- étude,
- iinteret de la composition manquant sous plusieurs aspects. GilUatt, de M. Carlier, nous plaît plus, quoique ®o<ldé un peu sèchement ; le Charmeur de serpents, de ; • Corbel, est un juste milieu et par cela pas très pressant. Isma'ël, de M. Dampt, jolie étude d’enfant.
- Eude, une Charmeuse d'oiseaux à laquelle nous Werons Y Ancêtre, de M. Massoulle , et Y Adonis, de ‘ 'Paris. Mais je le répète, toutes les œuvres ci-dessus ae sortent pas d’une étude plus ou moins réussie d’un ®°dèle quelconque. M. Quinton a cherché à rendre le ',°te poétique dans son Étoile du Berger. M. Cordier exP°se une Prêtresse d’Isis jouant de la harpe.
- Nos animaliers sont représentés par MM. Fremiet, J. Bonheur et Leduc. Le premier nous montre quelques études d’animaux très intéressantes et très justes ; M. Bonheur a aussi deux ou trois belles choses et M. Leduc emporte les suffrages avec son magnifique Cerf forcé, et son portrait de M. Carolus Duran fils.
- Quand nous aurons cité les bustes de MM. Dela-planche, Franceschi, Granet, Robert, Lange, Guglielmo et Oliva et le médaillon marbre de M. G. Haller, il nous restera à signaler aux visiteurs les envois de gravures en médaille. M. Dupuis, Daniel, avec ses médaillons si vivants. M. Alphée Dubois, M. Levillain et M. Rotv,
- tous les trois très intéressants dans la variété et le fini de leurs œuvres.
- Nous ne parlerons que pour mémoire de l’esquisse de M. Carrier-Belleuse. Nous sommes convaincu qu’elle 11e donne qu’une faible idée de l’exécution.
- Nous avons terminé notre promenade et malgré les critiques que nous nous sommes permises, nous sommes justement fier de la section de sculpture française à l’exposition d’Anvers.
- Alex.. Lauroux.
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- 258. — Première Année — N° 32.
- Cette compagnie a un personnel d’élite composé en majeure partie de Français.
- Son organisation complète a employé un capital qui n’est pas moindre de 3 millions 1/2 (actions et obligations).
- La carte itinéraire des voies navigables que M. Jules Ruetï a fait établir est la plus exacte qui.ait été dressée au point de vue de la représentation du réseau navigable -de la Cochinchine et . du Cambodge.
- Elle représente minutieusement les cours d eau, indique les itinéraires suivis par les bateaux à vapeur; on y trouve un tableau des distances très exactement "calculées entre les diverses escales; enfin elle initie le pqblic à ün service important qui dessert, au moyen de sept lignes- différentes, un parcours de 2,000kilomètres, égal,. en développement, au double du cours de la Loire.
- Parmi les dessins et modèles exposés par M. G. Eiffel, l’ingénieur constructeur de Paris, nous remarquons les dessins, photographies et modèle au 1 /1 oe d’un pont portatif économique de 21 mètres de portée, système G. Eiffel.
- Ces ponts sont employés couramment en Cochinchine, où des quantités considérables sont maintenant montées. Leur mise en place n’exige pas d’ouvriers spéciaux : de simples coolies suffisent. Ils sont composés d’un très petit nombre de pièces qui restent toujours les mêmes, quelle que soit la portée, entre 9 et 21 mètres, de sorte qu’on a pu facilement constituer, à Saïgon et dans les chefs-lieux d’arrondissement, des approvisionnements où l’on trouve immédiatement les ponts au fur et à mesure des besoins.
- Ils n’exigent pas d’études préparatoires et s’établissent sur des culées très simples, formées d’un petit massif de béton ou de maçonnerie brute. Us sont très facilement démontables et transportables, la plus lourde pièce ne pesant que 145 kilogrammes. Leur poids total ne dépasse pas 2 5o kilogrammes par mètre. Cette légèreté est due à l’emploi exclusif de l’acier doux dans leur construction,
- Enfin leur mise en place peut se faire, soit par voie de lançage, soit sur un léger échafaudage que les coolies' établissent avec des bambous, en quelques heures.
- Voici maintenant un pont portatif (grandeur d’exécution) de 21 m de portée.
- Ce pont est établi à om8o de hauteur au-dessus du sol et peut être facilement étudié dans tous ses détails. C’est par l’examen attentif de chacune des parties du tablier qu’on se rend bien compte de là simplicité du montage de ces ponts, et du soin avec lequel ils sont fabriqués.
- ' Nous, signalerons aussi le pont du même type, qui est. installé au-dessus du quai Flamand et qui est affecté au service public. Le poids total de chacun de ces ponts est de 5,700 kilogrammes. Ils peuvent supporter une charge foulante de 4,000 kilogrammes sur un essieu, et de 6,000 kilogrammes sur deux essieux. Comme charge uniformément répartie, un pont du même type a été essayé à l’exposition d’Amsterdam sous une charge totale de 16,240 kilogrammes, soit 257 kilogrammes, par mètre carré.
- Ces ponts valent 5,i5o francs l’un.
- M. Eiffel a également étudié et construit des types spéciaux de ponts portatifs économiques pour le service de la vicinalité, en France, et pour les chemins de fer à voie étroite de 1 mètre, ainsi que pour les chemins de fer Decauville.
- M. Hersent, l’entrepreneur de travaux publics bien connu, nous montre une Notice explicative et un Recueil de plans se rapportant: i° ù la construction d’un bassin de radoub dans. l’arsenal de Saïgon, au moyen de caissons métalliques et d’air comprimé ; 20 aux plans et dessins d’exécution proposés et mis en œuvre par M.. H. Hersent pour la construction du bassin de radoub de Saïgon ( 188 5).
- La construction d’un bassin de radoub fixe était impérieusement réclamée à Saïgon, point central des relations maritimes françaises dans les mers de la Chine.
- La guerre du Tonkin a naturellement augmenté Futilité de cette construction et depuis longtemps on s’en préoccupait ; des sondages avaient été faits ainsi que des projets, mais l’exécution par les moyens ordinaires paraissait longue et l’on craignait l’insuccès des choses lointaines. On redoutait surtout l’insalubrité pour les travailleurs, occupés pendant longtemps sur des terrains nouvellement remués, produisant des émanations dont la première conséquence est la fièvre paludéenne.
- L’administration de la marine, à Paris, crut qu’une construction analogue à celle qui avait été faite ù Toulon pour les bassins de Missiessy serait plus vite et plus sûrement bien exécutée, que si l’on suivait les anciens moyens de construction.
- M. Hersent, qui venait d’achever avec succès les bassins de Missiessy dont les résultats de construction sont si remarquables, était tout indiqué pour entreprendre et mener à bonne fin cette entreprise.
- Il chercha parmi ses agents ceux qui voulaient ou pouvaient aller en Cochinchine et l’entreprise fut conclue pour une somme d’environ 7 millions de francs, mi-partie à forfait, mi-partie sur prix de série.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Les dimensions principales du bassin de radoub sont les suivantes :
- Extérieure Intérieure
- Longueur........... ib7m5o i6iin!;o
- Largeur............ 3on,oo 26m88etigmo8
- Profondeur au-dessous du couronnement 15moo gm5o
- Le .volume des maçonneries de toute sorte dépassera 38,000 mètres, cubes. •
- L’entreprise comprend outre les maçonneries :
- Le phenal d’accès à creuser dans le sol sur i5o mètres de longueur, la fourniture des machines d’épuisement, du bateau-porte et de tous les accessoire^ du service. Elle doit être terminée en quatre anjs et demi (icr juillet 1888).
- Le Fassin - sera construit au moyen de deux caissons métalliques, foncés dans une fouille préalablement creusée à la drague. Ils seront réunis entre eux par un joint hermétique à faire apres coup. Cette disposition a été préférée à un caisson-unique pour écarter les difficultés, en pays tropi-; cal, d’un travail délicat et d’une longue durée.
- Actuellement : la carrière qui doit fournir les pierres de taille de granit , située à Bihn-Dihn, près le cap Saint-Jacques, est en pleine exploitation ;
- Les chantiers d’approvisionnements sont tous organisés, avec grues à vapeur de débarquement sur le fleuve ;
- Les magasins, ateliers, bureaux, les accessoires de transport et de réception sont en pleine activité ;
- Le caisson des machines d’épuisement est foncé et l’on prépare la chambre des chaudières ; les machines et les pompes sont en construction ;
- Le caisson du mur .en aile opposée est en fonçage;
- Le premier grand caisson de 80 mètres de long et 3o mètres de large est monté et prêt à être amené en place ;
- Le second grand caisson est en montage;
- Le matériel de dragage, comprenant: une drague de 100 chevaux de force, un débarquement de 100 chevaux, et les chalands du transport sont en marche sur place pour le creusement de la fouille.
- Tout permet.d’espérer qu’on gagnera du temps sur le délai d’exécution fixé au marché; et pourtant.on a dû expédier d’Europe tout l’outillage nécessaire à cette grande construction.
- La. direction est européenne, presque toute française.
- Les travailleurs sont indigènes et chinois ; mais on a eü recours pour le plus grand nombre à des contremaitres italiens, habitués déjà à ces sortes de travaux et aux climats chauds.
- L’usine du Creuzot expose un album de dessins relatifs à un pont-route de 90 mètres de longueur sur l’arroyo dé l’Avalanche à Saïgon.
- Le pont a 90 mètres d’ouverture entre culées, en six travées égales de i5 mètres. Il est établi sur pieux à vis. Chacune des cinq palées en rivière se compose de trois pieux en fonte, creux, espacés de 2m20 et supportant les poutres principales. Ces pieux sont contreventés à la partie supérieure par des tirants munis de tendeurs. La hauteur des pieux est de 12 mètres et la plus grande hauteur en dehors du sol est de gm5o. Les poutres ont im2g de hauteur; elles sont à treillis à mailles serrées, elles portent des montants verticaux espacés de 2m5o. Les poutrelles, de 20 centimètres de hauteur et espacées de im25, sont placées sur les poutres et reçoivent le tablier en tôles embouties supportant la chaussée de 4m5o de largeur, bordée par deux trottoirs de y5 centimètres.
- L’espace libre entre garde-corps est de 6 mètres.
- La Société des chemins de fer garantis des colonies françaises expose un album comprenant les cartes et plans suivants :
- Carte de la Cochinchine; plan de la ville de Saïgon ; profil en long de la ligne; plan des stations et haltes ; vue extérieure de la station de Saïgon.; vue extérieure de la remise aux voitures à Saïgon ; vue intérieure de la gare de Saïgon et de l’atelier; vue extérieure delà salle aux marchandises à Saïgon ; vue de la gare de Mytho; vue de la gare de Cholon et de la halte de Tan-An ; vue du pont de Ben-Luc et du pont à Caï-Maï ; locomotive; voitures de i1'0 classe avec caisse; voitures de 2e classe ; fourgon à bagages avec compartiment pour la poste; wagon couvert; wagon-tombereau; wagon à ballast; matériel de la voie (rails et accessoires).
- Les travaux de superstructure et l’exploitation delà ligne de Saïgon à Mytho ont été adjugés le 8 août 1881 à M. Henri Joret.
- Une convention, intervenue le 18 du même mois entre M. le gouverneur de la Cochinchine et M. H. Joret, a été approuvée, par décret présidentiel, le 24 août 1881; cette convention et le cahier des charges y annexé réglaient les conditions d’exécution de la concession de la ligne de Saïgon à Mytho.
- "Cette ligne, la première qui ait été construite en Cochinchine et dont le promoteur a été M. J. Rueff, a une longueur de 71 kilomètres. Elle a son point de départ à la rencontre du boulevard de Canton et du quai du Commerce à Saïgon et
- Dimanche 9 Août 1885
- elle se termine à Mytho, sur les bords du Mé-Kong.
- Cette voie ferrée rencontre et dessert sur son parcours: la grande ville chinoise de^ Cholon, comptant 80,000 habitants et située à 5 kilomètres de Saïgon, Phu-Lam, Binh-Dien, où l’on franchit l’arroyo de Ben-Luc sur un pont de 64m8o, Goden, Ben-Luc où l’on passe le Vaïco oriental sur' un pont de 324 mètres, Tan-An où l’on franchit le Vaïco occidental, au moyen d’un pont de 216 mètres de longueur, Tan-Hiep et enfin Mytho.
- Des stations ou haltes sont installées dans toutes les localités désignées ci-dessus.
- La voie adoptée, ayant un mètre d’écartement entre les rails, suit à-peu près, sur la moitié de son parcours, la route coloniale de Saïgon à Mytho. Des rectifications de cette route complètent la ligne, dont les plus petits rayons sont de 2 5o mètres en deux endroits seulement : aux entrées des gares de Tan-An et de Mytho.
- Les plus fortes rampes ne dépassent pas i5 millimètres ; elles n’existent, du reste, qu’à l’approche des ponts dont les tabliers métalliques sont placés à- une hauteur assez grande au-dessus de l’étiage, pour permettre la navigation en tous temps.
- En résumé, la ligne de Saïgon à Mytho ne présente aucune difficulté de traction, soit en plan, soit en profil.
- Les rails, qui sont du type Vignole, en acier, du poids de 20 kilog. le mètre courant, sont posés avec éclissage en porte-à-faux, et fixés par des tirefonds goudronnés sur traverses en bois du pays, d’excellente qualité.
- Pour le matériel roulant, la compagnie a adopté un type de locomotive à 6 roues couplées, pesant 15 tonnes et demie, avide, et plus que suffisant pour répondre aux besoins de la traction de la ligne.
- Les voitures à voyageurs sont de deux classes, à circulation centrale, avec double plafond et à terrasses ; un triple système de vitres, de stores et de persiennes permet aux voyageurs de s’abriter du soleil, de la pluie et de la poussière.
- Ces voitures sont en bois de teck verni, les peintures résistant peu au soleil et à l’humidité de. la Cochinchine. . ..
- Un coupé à quatre places existe dans chaque voiture de ire classe; chaque fourgon à bagage contient en outre un compartiment spécial pour la poste. ;
- Les wagons sont de trois sortes : plats, tombereaux et couverts.
- Le matériel roulant complet se compose '.de .: 5 locomotives; 4 voitures de ire classe; .12 voitures de 2e classé; 4 fourgons avec compartiment pour la poste ; enfin, 60 wagons des trois types désignés précédemment.
- Des ateliers de réparation bien outillés sont installés dans la gare de Saïgon, pour l’entretien du matériel fixe et roulant.
- Tous les bâtinpents des. stations ont été construits avec les matériaux du pays; seuls, , les objets de quincaillerie sont venus de la métropole.
- Tout le haut personnel de la construction et de l’exploitation et la majeure partie des autres agents sont Français ; quelques postes inférieurs, tels que: expéditionnaires, chauffeurs, hommes d’équipe, etc., sont occupés par les Annamites.
- L’entreprise de tous les travaux de construction a été confiée à la Société des ponts et travaux en fer, dont le siège est à Paris.
- (A suivre.)
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- Conférence de M. Soret
- LA GALVANOPLASTIE
- Dimanche dernier 12 juillet, a eu lieu dans la salle des fêtes de l'Exposition une conférence fort intéressante de M. Soret, professeur au lycée d’Orléans, sur la Galvanoplastie. M. Soret n’était pas un inconnu à Beauvais et il a pu se convaincre qu’il avait laissé de bons souvenirs dans notre ville, par l’affluence des auditeurs qui étaient venus l’entendre ; la salle était comble.
- Après avoir exposé très simplement la théorie de la pile telle qu’on l’explique aujourd’hui dans les cours de physique, l’honorable conférencier a très ingénieusement comparé les deux électrodes, c’est-à-dire la lame de cuivre et la lame de zinc, à deux réservoirs pleins d’eau, à nivaux inégaux, mais constants. Si ces deux réservoirs communiquent à leur base par un tube à robinet, Xécoulement n’a lieu que lorsque le robinet est ouvert. De même dans la pile, le courant ne se produit que lorsque le cuivre est réuni au zinc par un fil conducteur qui tient lieu de robinet.
- L’énergie de ce courant, ou comme l’on dit ordinairement, la force électro-motrice de la pile, peut être comparée à la pression qui s’exerce dans
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- Première Année. — N° 32.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSIilON DE 1889. Dimanche q Août 188b. — 259.
- une conduite d’eau. Cette pression est liée à la différence des niveaux, à la hauteur de chute ; de même dans la pile, le courant marche du niveau supérieur au niveau inférieur, du potentiel le plus élevé au potentiel le plus faible, suivant la nouvelle expression. La durée de ce courant serait très courte, l’égalité de niveau vite atteinte, si les quantités d’électricité ainsi séparées restaient celles qui sont d’abord dues à une première attaque du zinc; mais si l’on réunit les deux lames chargées à des potentiels differents, on voit le zinc se dissoudre d’une façon continue, et il y a un écoulement constant du flux électrique. Ainsi donc l’action chimique qui se passe dans la pile crée le courant et réciproquement l’établissement de ce courant provoque l’action chimique entre le zinc et l’eau acidulée. C’est ce que M. Soret nous a montré dans une projection représentant une pile simple : quand le circuit était fermé on voyait se dégager un torrent de bulles gazeuses ; ce dégagement cessait aussitôt que le courant était brusquement interrompu.
- Il est bien établi aujourd’hui que chaleur et travail mécanique sont synonymes. C’est là une des plus grandes lois découvertes par la physique moderne. Il en est de même de l’électricité. M. Soret nous l’a montré au moyen d’une expérience très simple mais fort remarquable ; une machine Gramme, mue à la main, absorbant par ce fait une certaine somme de travail, produit un courant que l’on peut utiliser pour les décompositions par exemple ; mais inversement, si le courant d’une pile ou d’une autre machine est lancé dans l’anneau de cette machine Gramme, celle-ci se met à tourner d’elle-même ; l’électricité dépensée s’est donc, comme on le voit, transformée à son tour en travail mécanique.
- Après ces considérations générales sur la nature et les effets de l’électricité, M. Soret nous a montré, au moyen de projections très habilement dirigées par M. Leclère, son collaborateur, les décompositions de l’eau, du sulfate de cuivre et du chlorure d’étain ; dans les trois cas on a vu très bien le métal se déposer au pôle négatif de la pile. Le cas le plus curieux a été évidemment celui du chlorure d’étain : le passage du courant a précipité à l’un des pôles des cristaux d’étain d’une grande beauté, simulant des arborescences progressives, tandis que l’autre pôle, fait d’une lame d’étain, se dissolvait et formait à nouveau du chlorure d’étain.
- Ce phénomène de dépôt métallique à l’électrode négative de la pile est fondamental ; c’est la base de la galvanoplastie. Le conférencier, après avoir parlé sommairement de l’électrolyre, en est arrivé à la découverte de la galvanoplastie, en 1887, par Jacobi. Le physicien russe, en voulant perfectionner la pile Daniell, constata que le pôle de sortie était enduit d’une couche de cuivre qui en épousait très fidèlement les contours et les moindres aspérités; de cette remarque est née la galvanoplastie ; remplaçons, en effet, ce pôle de sortie par un objet quelconque ou un moulage, nous obtiendrons à leur surface un dépôt de cuivre qui en reproduit exactement les plus petits détails. La nature de ce dépôt doit être telle qu’il résiste aux chocs et aux dilatations, et surtout il doit être complètement exempt d’hydrogène ; malheureusement il n’en est pas toujours ainsi. M. Soret nous a montré à ce sujet une pièce qui, à première vue, paraît normale ; mais par transparence, grâce aux nombreuses bulles d’hydrogène qui se sont substituées en grand nombre au cuivre, elle laisse passer la lumière et présente l’aspect d’un véritable écumoire.
- Enfin, le conférencier a indiqué rapidement les procédés de reproduction galvanique ainsi que les substances employées pour le moulage des objets d’art. Ce sont : le cuivre galvanique lui-même, le métal fusible, qui sont trop coûteux ; le plâtre et la cire ; et enfin la gélatine et la gutta-percha qui, par leur élasticité, surtout'la dernière, permettent le moulage d’objets fouillés. Dans tous les cas, il faut métalliser ces moules mauvais conducteurs,, on y arrive en les enduisant d’une couche de plombagine ou mine de plomb. Quant à la métallisation des objets naturels, fleurs, feuilles, etc., M, Soret la réalise par un procédé qui lui est propre et où il entre, parait-il, une grande dose « d’extrait de patience ».
- En terminant, nous féliciterons sincèrement M. Soret et puisqu’il doit, nous dit-on, venir faire une seconde conférence sur la lanterne-magique, nous lui prédisons à lui et à son habile préparateur, M. Leclère, un aussi grand et aussi légitime succès.
- LES
- CONCOURS RÉGIONAUX AGRICOLES de FRANCE
- EN 1885 (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 2 Août i885).
- Angers, capitale de cette ancienne province d’Anjou, apanage des princes du sang de l’ancienne monarchie, est le centre d’une importante région d’élevage et de culture.
- Bétail et chevaux, blé, orge, sarrasin et céréales diverses, vignobles renommés, chanvres, oseraies et plantes industrielles intéressantes ; prairies temporaires ou permanentes fournissant de beaux fourrages, etc., tout ce que les cultures du sol peuvent fournir de plus utile et de beau se trouve réuni dans les sept départements qui composent cette belle région formée comme on le sait des provinces du Maine et de l’Anjou qui renferme encore une autre source de richesse sur laquelle nous attirons l’attention : la culture du pommier et son fruit vermeil, la pomme qui produit ce cidre savoureux, rafraîchissant, réconfortant, boisson favorite de tout l’ouest de la France.
- La culture de la vigne s’étage en pampres verts cachant des raisins blancs ou rouges sur les coteaux ensoleillés dont le pied, baigné par la Loire depuis Nantes jusqu’à Tours, esh émaillé de cottages et de châteaux, ces vignobles fournissent les délicieux vins de l’Anjou et de Saumur si justement réputés.
- L’arboriculture est considérable dans cette région de la France et surtout dans les environs d’Angers ; elle fait l’objet d’un important commerce.
- Les vallées de l’Anjou et du Maine, nombreuses et bien arrosées permettent une culture maraîchère rémunératrice dont les magnifiques produits approvisionnent en grande partie les halles de Paris.
- Les plantes textiles, les chanvres surtout,.sont cultivés en grand dans les vallées de la Loire de l’Authion et de la Sarthe et fournissent des matériaux aux nombreuses usines de la région.
- Gomme le chanvre est sensible à la sécheresse et aux vents violents et arides, il végète à merveille dans ces vallées abritées et irriguées, dont le sol riche et frais lui convient.
- Semé au printemps le chanvre pousse vite et n’exige pas de soins. On récolte les pieds mâles dès qu’ils défleurissent et les tiges femelles dès que la tige jaunit ; les nombreux ruisseaux ou rivières, les mares, les fossés tout ce qui contient de l’eau, enfin est employé par les cultivateurs pour le rouissage, opération qui consiste à immerger dans l’eau le chanvre pendant un certain temps pour faciliter le teillage. On le sèche, on le broie, on le peigne, on le lisse et il va ensuite employer les bras des nombreux ouvriers des corderies et des filatures et nourrir ainsi des milliers de familles.
- L’osier se cultive industriellement' dans les environs d’Angers. Les oseraies couvrent les îles de la Loire et les bords souvent immergés que les digues construites pour garantir les riverains contre les crues du fleuve ont abandonné comme bassin de réserve.
- On sait à quel usage est employé l’osier ; on en fabrique des hottes, des paniers, des corbeilles, des vans pour.le vannage des grains, d’où vient le nom de vannier donné à l’artisan qui travaille l’osier et celui de vannerie attribué aux objets fabriqués.
- . La Touraine achète à l’Anjou la majeure partie du produit de ses oseraies ; et c’est une charmante commune de l’arrondissement de Chinon, Villainss qui en emploie la plus grande quantité. Villaines, situé à quelques kilométrés d’Azay-le-Rideau, occupe une vallée étroite bordée sur chaque coteau d’habitations et d’oseliers creusés dans le roc ; c’est là que la famille du vannier travaille, les enfants, garçons et filles, à peler l’osier, les hommes et les femmes à tresser la liane flexible autour d’une frêle charpente pour fabriquer non seulement des hottes ou des corbeilles, mais encore les plus délicieux objets de ménage ou de salon, paniers ou chiffonniers.
- Quant à la culture du pommier, on peut dire que c’est une véritable source de richesses que nous voudrions voir augmenter davantage par ses plantations nouvelles, surtout dans les" départements du Finistère,' de l’Ille-et-Vilaine, de la Mayenne et du Morbihan.
- La vigne dépérit chaque jour, la production du vin décroît et les départements viticoles luttent avec énergie contre une dévastation épouvantable. Dans cette lutte énorme en ce moment la victoire restera aux vignerons de France, il faut l’espérer, mais il faut âonger à l’avenir et se rappeler que la vigne n’est pas seule à pouvoir produire non pas seulement des boissons capiteuses de dessert, mais une boisson de table : le cidre est une liqueur agréable et saine dont la production intéresse également agriculteurs et consommateurs.
- La culture du pommier offre donc un brillant ..avenir et nous la conseillons partout où elle est possible.
- Angers offrait au concours agricole de la région de l’ouest un emplacement magnifique, bien ombragé pour le bétail, vaste pour les machines, rare! et pour ainsi dire unique si l’on s’arrête un instant aux merveilles florales exposées par ce pays éminemment horticole qui partage, avec la Touraine, le surnom de jardin de la France.
- .Le goût cultural existe en Anjou et l'élevage du bétail y est en honneur. La race durham a transformé le vieux bétail manceau et s’y est tellement acclimatée qu’elle est devenue un véritable élément de reproduction.
- Les races bretonne et parthenaise présentaient
- des sujets remarquables qui prouvaient les progrès accomplis et la savante sélection pratiquée pour sauvegarder les qualités primitives de ce beau bétail.
- Peu de moutons, mais des lots remarquables en dishley et en. southdown, quelques porcins, de très beaux aninraux de basse-cour, et surtout les races de La Flèche, de Houdan et de Crèvecceur, de nombreux produits agricoles.
- Le beurre est une fabrication particulière à la région dont Angers était cette année le chef-lieu ; les lots étaient nombreux et remarquables.
- Les vins et les cidres faisaient bonne figure et de fort beaux spécimens de chanvre ^étaient exposés.
- Les instruments agricoles présentaient une véritable artillerie en bataille : l’artillerie de la paix et du travail.
- Cette région est véritablement en progrès. Il y a quinze ans, on ne voyait que de rares outils ; aujourd’hui les fabriques régionales ou parisiennes exposent des milliers d’instruments. Les appareils exposés sont connus des cultivateurs, ils répondent, aux besoins de la clientèle ; ils sont pratiques, tandis qu’autrefois ils étaient imparfaits. Les premiers constructeurs, mécaniciens plutôt qu’a-griculteurs, ne connaissaient pas les choses agricoles ; aujourd’hui, plus expérimentés, ils peuvent livrer des instruments réellement utiles.
- Les machines agricoles s’imposent parce que les bras nécessaires sont insuffisants pour exécuter le travail dans un court espace de temps. C’est ce qui est arrivé, par exemple, pour les moissonneuses et les faucheuses. Depuis 185q les moissonneuses et les faucheuses se trouvent dans tous, les concours. Au début, on se contentait de faire la moisson avec des instruments ne pratiquant pas le javelage; plus tard on a voulu le javelage automatique et maintenant on a recours à des appareils liant les gerbes.
- Les batteuses datent de la fin du siècle dernier. Elles sont aujourd’hui tellement répandues, que le battage au fléau est une exception se rencontrant dans la toute petite culture. Il y a quarante ans les machines à quatre chevaux étaient considérées comme de grandes machines ; maintenant on possède des machines de huit chevaux. Les avantages des machines sont connus ; le rendement est plus grand, le travail est effectué rapidement; le cultivateur peut arriver sur le marché dès le début de la campagne, s’il juge le moment opportun.
- Les semoirs mécaniques remontent au commencement du siècle. Le premier semoir répandu en France est le semoir Hugues. Il n’obtint que peu de succès, bien qu’il fût convenablement construit pour l’époque. La main-d’œuvre était alors plus facile à trouver qu’aujourd’hui, et les bons ouvriers semeurs n’étaient pas rares. Nous habitons du reste, quant à nous, une contrée où le semis à la main est encore d’un usage général. Les avantages de la machine sont cependant incontestables. La perfection du semis consiste dans la répartition uniforme de la semence, et le travail mécanique exécute cette répartition bien mieux que le travail humain. On trouve aujourd’hui partout de bons semoirs.
- Il en est de même des charrues, des herses ou des houes, des machines de toutes sortes qui servent à l’intérieur de la ferme.
- Les concours spéciaux d’instruments d’Angers portaient sur les charrues bisocs pour labours ordinaires ; sur les instruments divers pour cultiver la vigne et combattre l’oïdium et sur les teilleurs à chanvre mûs par manège ou par la vapeur, instruments tous utiles pour les cultures diverses de cette importante région.
- Le concours régional était parfaitement organisé et présidé par M. de Lapparent, inspecteur général de ljagriculture, dont la haute compétence et l’urbanité sont appréciées à leur valeur.
- En même temps, dans la même semaine, pendant les mêmes jours, se tenait, dans la région pyrénéenne, le concours régional agricole de Toulouse.
- (A suivre.) Noël Bretagne
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- VIII
- (Voirie Moniteur du 26 Juillet 1885).
- Le rez-de-chaussée, tout à claires-voies, est divise en trois sections : la cour d’arrivée, la cour de départ, de 8 métrés de hauteur, et un bâtiment intérieur, dit les bureaux du transbordement, qui lès sépare. Les fourgons et les voitures arrivant des gares et des bureaux de quartier pénètrent dans la première cour longeant la rue Gutenberg, par deux portes sur la rue Jean-Jacques-Rousseau, s accotent contre le quai des bureaux de transbordement, déposent leurs sacs, tournent à droite, et vont se replacer de l’autre côté, dans la cour du
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- 260. — Première Année — N° 32.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Août i883.
- départ,— rue Etienne-Marcel, — où ils reçoivent les sacs à transporter aux gares. Un ascenseur double dessert ce bureau, transporte les sacs d’arrivée aux étages supérieurs et en reçoit les sacs pour le départ. Un service de deux glissières hélicoïdales permet de suppléer ces ascenseurs en cas d'encombrement des plateaux aux heures de presse.
- . Le premier étage, auquel conduisent deux escaliers situés aux angles des rues Etienne-Marcel, Jean-Jacques-Rousseau et Gutenberg, contient trois immenses salles, qui occupent, — à l’exception de la partie de la galerie et de la salle du public sur la rue du Louvre, — la surface entière de l’édifice. La salle sur la rue Etienne-Marcel, qui mesure 90 mètres de longueur sur 3o mètres de largeur, qu’éclairent 18 baies, et dont la hauteur est de 8 mètres, est consacrée à la distribution des lettres dans Paris ; la salle sur la rue Gutenberg, dont les dimensions ne sont pas moindres et dans laquelle 2 3 baies déversent une lumière intense, est la salle de distiibution des imprimés dans Paris. Une salle transversale met l’une et l’autre en communication directe.
- En réalité, l’étage entier ne forme qu’une vaste et unique salle en trois parties, séparées au milieu parla cour des machines et par la cage du double ascenseur- de la salle des transbordements qui l’alimente avec un autre ascenseur installé dans la salle du public.
- Sur la façade de la rue Jean-Jacques-Rousseau on a établi une petite salle réservée aux facteurs, avec lavabos, vestiaires, chauffoirs, etc. Le premier étage de la façade de la rue du Louvre est réservé aux bureaux de la direction de Paris.
- Le deuxième étage, d’une distribution analogue, est affecté, la partie située sur la rue Etienne-Marcel, aux services des lettres pour l’étranger, la province et les colonies, la partie sur la rue Gutenberg aux imprimés et journaux pour les colonies. Les bureaux d’inspection occupent la façade de la rue du Louvre. Enfin, le troisième étage tout entier est consacré aux archives de l’administration ; une vaste salle y a été aménagée pour les travaux supplémentaires qu’exigent les cartes de visite du jour de l’an.
- Dans le sous-sol, sur la rue du Louvre, sont les ateliers de timbrage mis en relation avec tous les autres services de réception, de distribution et de départ au moyen d’un double ascenseur dont les plateaux à chaîne sans fin, toujours en mouvement à la façon d’une noria ou d’une drague, pourront, transporter du sous-sol au deuxième étage sept cents ballots par heure ; ces ateliers communiquent également par un couloir avec l’ascenseur des bureaux de transbordement. Le sous-sol contient, en outre, les appareils de chauffage par la vapeur, les machines pneumatiques destinées au service des cartes' télégraphiques (le poste central de la Bourse sera supprimé) ; trois vastes compteurs de gaz, un puits artésien de soixante mètres de profondeur, qu’on achève de forer en ce moment, des écuries pour cinquante chevaux avec tous les services annexes auxquelles on accède par une rampe établie rue Jean-Jacques-Rousseau.
- Telle est, sommairement expôsée, la distribution générale des services du nouvel Hôtel des Postes. Il reste à en étudier la construction et l’ordonnance au point de vue de l’art et du fonctionnement de l’organe important qu’il abrite.
- Toutes les lettres, tous les imprimés expédiés de Paris ou arrivant à Paris de la province et de l’étranger, passent par l’Hôtel des -Postes, que.M. Charles Bigot appelle fort justement une « immense usine ».
- L’ascenseur élève incessamment au premier étage ou les sacs apportés au service de transbordement du rez-de-chaussée, ou les corbeilles remplies par les employés du sous-sol. A mesure qu’arrivent les uns et les autres, des employés les reçoivent. D’un côté, à gauche, va se faire la répartition des imprimés ; à droite, celle des lettres.
- (.A suivre.) E M.
- LES LIVRES
- xix
- Henri IV en Gascogne (i553-i58q). Essai historique par Charles de Batz-Trenquelléon. Portrait et fac-similé. Paris, H. Oudin, éditeur. '— Henri IV. Vie privée. Détails inédits, par G.-B. de Lagrèze. Librairie Firmin-Didot.
- Tout ce qui concerne Henri IV, ce roi à qui rien de ce qui est humain ne fut étranger, intéresse le public dont la curiosité sympathique n’a été ni rassasiée ni lassée par tant d’ouvrages sur la vie du seul prince dontla mémoire soit demeurée populaire parce qu’il aimait le peuple, auquel il avait promis la poule au pot pour chaque dimanche, poule au pot qu’il attend encore, en se consolant par le fameux quatrain :
- Enfin la poule au pot sera donc bientôt mise,
- On doit du moins le présumer,
- Car depuis trois cents ans qu'on nous l'avait promise On n'a cessé de la plumer.
- Comme l’a justement remarqué M. Villemain, si Henri IV est demeuré populaire, c’est autant par ses défauts que par ses qualités, parce que, si ses qualités furent les qualités, les vertus du bon prince, ses défauts furent les défauts de sa race, de sa nation. Et la nation est demeurée flattée de cette image. Quoi qu’il en soit, on ne comprend pas plus Henri IV sans ses femmes et ses maîtresses qu’un sultan sans son sérail. M. Poirson, que M. de Batz-Trenquelléon vante un peu trop et qu’il a un peu trop imité dans ses discrétions et ses pruderies, n’avait pas parlé de Gabrielle dans la première édition de sa médiocre mais consciencieuse histoire, et nous l’avions jadis tellement taquiné sur cet oubli qu’il le répara dans les éditions suivantes, en lui consacrant trois pages. La querelle fit rire dans le temps, non à nos dépens, et Sainte-Beuve l’a résumée et jugée dans une de ses Causeries du lundi, à propos d’un livre- de nous que M. de Batz-Trenquelléon n’a sans doute pas lu, pas plus qu’il n'a lu notre Henri IV, couronné par l’Académie française , quoique tous deux fussent de son sujet. Il a certainement lu le Recueildes Lettres missives, publié sous les auspices du ministère de l’instruction publique, mais il a le tort de ne pas le citer assez. Et ici se place le grand reproche que nous avons à faire à notre honorable confrère de la Guienne, dont le travail d’ailleurs est des plus estimables, et, malgré ses lacunes, des plus intéressants, par suite de cette grâce d’état qui appartient à tous les livres consacrés à Henri IV, même quand ils sont au-dessous de leur sujet. Eh bien! oui, nous n’hésiterons pas à le lui dire en riant, et, comme il est homme d’esprit, il rira avec nous du grief et de la formule : Ce livre consacré à un roi qui aima tant de femmes et en fut tant aimé, il manque par trop de femmes.
- Aujourd’hui, quand on se mêle de parler d’Henri IV, il faut nous apprendre du neuf sur son compte, fût-ce du vieux neuf. Nous avons été tellement alléchés par ce titre : Henri IV en Gascogne, qui répondait à un vœu, _ qui comblait une lacune, qui lutinait d’un si piquant appât une curiosité de notre esprit, demeurée inassouvie, que notre déception a été grande, quand nous n’y avons pas trouvé le moindre détail à nous mettre sous la dent sur la cour de Nérac, sur la guerre des Amoureux, sur les amours légendaires du jeune roi de Navarre en cette époque chevaleresque, romanesque de sa vie, où il était si bien le prince cheval-léger dont a parlé Sully, avec Fleurette, et sur ses amours historiques avec Mlle Rebours, avec Mmc de Fos-seuse, avec Esther Imbert et surtout avec la reine de la main gauche en ce temps-là, la reine du peu austère Genève de Pau, la digne rivale par l’esprit, l’énergie, le courage, la fantaisie, de cette Marguerite dont M. Hector de La Ferrière vient de renouveler et de rajeunir l’histoire. Nous parlons de Diane ou Corisande d’Ardouin, comtesse de Guiche et de Gramont, la digne maîtresse des temps militants et souffrants, où, malgré son goût du plaisir, Henri usait, comme il disait, plus débottés de bataille que de souliers de bal. C’est justement un livre dans le genre de celui de M. de La Ferrière que nous attendions du descendant du meilleur ami d’Henri-IV, pendant la période gasconne de sa vie, Manaud de Batz. Nous espérions et nous attendions un livre qui fût le commentaire animé des itinéraires d’Henri, à ce moment où il était sans cesse par monts et par vaux, des quarante-cinq ou cinquante lettres à Corisande, les plus piquantes, les plus savoureuses qu’il ait écrites, qui complétât richement la,trop.maigre moisson d’informations que nous devons aux Mémoires de Marguerite et aux Mémoires de d’Aubigné sur cette période. Point. Rien ou presque rien (car elle est citée galamment p. 257) de Corisande, rien de ces jolies lettres d’Henri à sa maîtresse, rien des drapeaux de Coutras qu’il vint mettre à ses pieds, rien de cet épisode émouvant des amours de Catherine, la sœur d’Henri IV, avec le comte de Soissons, rien ou presque rien de cette liaison qui dura neuf années, et où, si Henri s’y montra toujours semblable à lui-même, Corisande se montra aussi la digne aïeule, par l’esprit, de ce comte de Gramont qui en eut tant et qui en donna tant à Hamilton, son biographe. Rien qu’un livre consciencieux, estimable, honnête, et un peu languissant dans son honnêteté, qui a bien fait de prendre comme enseigne ce portrait du frontispice, si inférieur comme valeur d’expression, couleur locale, et physionomie1 du moment à cet Henri IV à la Callot, vrai capitaine d’aventure, rude aux hommes, aux femmes toujours gracieux,^ qui orne de son curieux panache de roi de Bohême le volume des Lettres intimes d’Henri IV, par M. Dussieux. Non, vraiment, pas.assez de nouveau, pas assez du roman de l’histoire dans ce livre où plus d’une opinion contestable pourrait mériter controverse : celle par exemple de la préméditation de la Saint-Barthélemy. Ce n’était pas l’opinion de M. Mignet, nous l’avons entendu combattre, dans les derniers temps .de sa vie, avec une vivacité singulière. La figure de Jeanne d’Albret est aussi loin de ressortir dans le livre de M. de Batz, avec le relief qu’elle prend, comme celle d’Henri lui-même, dans le livre de M. de Lagrèze, qui n’est autre chose que le Recueil de ses notes prises dans les archives de la Chambre des comptes de Pau. Il y
- a là du nouveau et notamment une Jeanne d’Albret, secrètement remariée à M. de Goyon, et faisant élever mystérieusement l’enfant né pendant le roman de ces suprêmes amours, qui est tout à fait piquante, imprévue, et très différente de celle de l’histoire banale, comme l’est trop souvent, malgré la distinction d’esprit de son auteur, l’étude de M. de Batz.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- LES BARYTONS — LA RENTRÉE
- Nous sommes dans la saison des concours : Au Conservatoire qui nous intéresse plus particulièrement, nous avons rencontré des directeurs de Paris et de province à la piste d’un para aois.
- A propos; vous savez qu’aujourd’hui l’oiseau rare que les imprésarios guettent n’est plus le ténor; non, il y a pléthore de ténors ; ce qui manque maintenant, ce qui tend à disparaître, c’est le baryton. Le baryton est coté cher; tant mieux! nos chefs-d’œuvre lyriques seront désormais brillamment interprétés. On viendra de loin pour entendre les nouveaux ouvrages que vont monter l’Opéra et l’Opéra-Comique; ce sera un excellent prélude à ta grande Exposition de 1889.
- Il faut que pour cette époque notre Académie de musique reçoive et monte un opéra nouveau qui marque cette date historique. A mon humble avis, toutes les branches de l’art devraient préparer une œuvre, sinon un chef-d’œuvre, pour cette époque. La Société des gens de lettres, les Sociétés savantes, les Associations musicales et littéraires pourraient se concerter dans ce but. Des récompenses seraient spécialement décernées par le Gouvernement à cette occasion. Voilà une belle occasion de passer à la postérité.
- J’écris ces lignes par 33 degrés de chaleur, vous me pardonnerez donc de ne point vous parler des théâtres restés ouverts. Quand je m’égare dans Music Hall, c’est aux « Ambassadeurs » ou au « Jardin de Paris » que je donne ma préférence.
- *
- * *
- Comme le temps passe ! Mais il semble qu’il passe plus vite encore en vacances. Cependant il va falloir rapatrier bientôt la grande ville. Les artistes sont moins inquiets de leur sort que les directeurs qui ont une grosse entreprise à conduire. La plupart des artistes se reposent en allant jouer en province ou à l’étranger ; ce qui prouve que dans la grande famille artistique on songe surtout à travailler. Et puis, tout le monde ne peut pas venir à Paris; le public de Lyon, de Bordeaux, de Nantes, de Bruxelles, de Londres, de Saint-Pétersbourg, devienne, etc., est bien heureux que les artistes se* déplacent pour représenter les œuvres à succès que les Parisiens ont eu l’avantage de savourer pendant la saison dernière.
- Quant aux directeurs, à peine se reposent-ils sérieusement un mois sur deux pendant leurs vacances. Leur tête travaille comme celle de Jupiter avant l’enfantement de Minerve. Il faut qu’ils réunissent leur contingent de sujets avant de décider définitivement par quelle pièce ils feront leur réouverture. Car enfin, on peut bien décréter que le grand succès sur lequel on s’est séparé au mois de mai sera repris en septembre; oui! mais les artistes seront-ils tous à l’appel ? pourront-ils tous chanter leur grand air ou dire leur rôle dans le drame, la pièce ou la comédie rêvée par l’auteur, le directeur et le caissier ?
- C’est pour toutes ces raisons que les directeurs commencent à rentrer à Paris pour dresser leurs batteries. Les bureaux directoriaux ressemblent à ceux du ministère de la guerre la veille d’une campagne. Les dépêches, les lettres, les émissaires arrivent en foule. En effet, nos imprésarios préparent dès à présent leur nouvelle campagne.
- On interroge aussi les savants de l’Observatoire pour bien fixer la date à laquelle il est opportun de rouvrir les portes des théâtres. Il est utile en effet de savoir quel temps il fera du ier au 15 septembre. Pourquoi rouvrir par 28° ou 38° de chaleur ? il vaut mieux en ce cas que les théâtres d’été continuent leur saison.
- Quoi qu’il en soit nous voyons déjà les machinistes entrer et sortir de nos différents théâtres qui avaient fermé ; ils sont armés de marteaux, de pièces de bois, de tringles en fer ; ils passent en revue les différents aménagements de la scène ; dans la salle, il y a une équipe de tapissiers qui donnent un coup de fion aux tentures et aux^fauteuils cramoisis. Puislespeintres font des raccords; une couche de blanc par-ci, un filet d’or par là ; ce sera superbe ; les rôles .seront sus, les décors seront plantés ; il n’y aura plus qu’à dire au public. Entrez!... et à frapper les trois coups.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ArLRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le
- Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 16 Août 1885.
- NUMÉRO 33.
- SOMMAIRE :
- 1. Les intérêts des exposants ; 2. Les Récompenses indus-
- trielles; 3. Exposition industrielle de Beauvais; 4. L’Exposition d’Anvers; 5. Echos; 6. Exposition provinciale carinthienne ; 7. La Question économique ; 8. La grande Exposition , 9. Les Livres; 10. Avis commerciaux ; ix. Communication; 12. Les Théâtres.
- LES INTÉRÊTS DES EXPOSANTS
- AMSTERDAM, ANVERS, 1889
- DEUXIÈME ARTICLE
- LA COMMISSION D’ORGANISATION DE LA SECTION FRANÇAISE A AMSTERDAM ETA ANVERS
- Au moment où parut le décret nommant M. le comte de Saint-Foix, commissaire général de l’Exposition d’Amsterdam, le ministre du commerce institua une Commission de 36 membres dont la présidence fut décernée à M. Dietz-Mon-nin, sénateur. Cette Commission qui, dans l’esprit du ministre, ne devait avoir qu’un caractère purement consultatif, nomma une sous-commission qui par la suite se transforma en comité d’organisation de l’Exposition, absolument indépendant du commissariat général français.
- Ce comité qui avait à sa tête le président de la Commission, nomma M. Monthiers son secrétaire. Il se composait de dix membres et se réunissait tous les huit jours. — Quelque temps avant l’inauguration, son secrétaire établit son bureau dans le palais même de l’Exposition, tandis que le commissariat général siégeait dans les bureaux du consul d’Amsterdam. Dès lors, il était bien évident que le comité était représenté par son président et son secrétaire. — C’est à eux que tous les intéressés s’adressaient. Du commissaire général, il n’était jamais question. — En effet, ils prononçaient sur les demandes d’admissions, prenaient soin d’étudier les plans, examinaient si tel ou tel exposant était bien à la place qui lui convenait (les amis n’étaient pas, bien entendu, les plus maltraités). Le comité envoyait des ordres au commissaire général qui n’avait qu’à les exécuter. Le comité avait aussi la haute main sur les dépenses, enfin il dressa la liste des jurés et celle des décorations. Nous verrons plus loin comment furent choisis ces jurés et comment furent distribuées ces récompenses.
- A Anvers,, le même groupe voulut avoir son comité d’organisation semblable à celui d’Amsterdam. Mais il eut affaire au premier commissaire général qui avait été nommé. Celui-ci entendait être seul maître et ne pas se mettre sous la dépendance du meme comité. Dans ces conditions, et le commissaire général l’ayant acceptée, une sous-commission, conservant le caractère simplement consultatif de la grande Commission, fut nommée et composée des membres de cette commission à l’exception des fonctionnaires des ministères. Le rôle de cette sous-commission, qui ne devait être réunie que lorsque bon semblerait au commissaire général, était de donner son avis sur les demandes d’emplacement formulées par les industriels qui voulaient exposer, de ratifier les augmentations .successives de la superficie que devait occuper la section française et qui avait d’abord été de 6,000 mètres, puis de 10,000 et enfin de 14,000 mètres.
- Sur ces entrefaites, corqme nous l’avons dit dans notre premier article, M. Choquet se retira et l’on choisit M. Robcis Borghers, consul général à Anvers pour remplir les fonctions de commissaire général. — Celui-ci s’est toujours tenu un peu à l’écart, reconnaissant lui-même qu’il n’avait pas une grande expérience des expositions, et de plus étant très absorbé par ses fonctions de con-
- sul général qui sont loin d’être une sinécure dans un port aussi important. — Ce fut donc le commissaire qui prit en main la direction de l’organisation. Mais alors ?.. Parfaitement, l’Exposition
- d’Amsterdam et celle d’Anvers ont été dans la même main, — malgré tout ce que l’on avait fait pour ne pas voir se renouveler les faits reprochés aux organisateurs de la première de ces deux expositions.
- La sous-commission s’est réunie une dizaine de fois à la demande du commissaire. La plupart de ces réunions, auxquelles n’assistaient que deux ou trois membres, furent consacrées à l’étude des projets de décoration de la section française.
- LES RÉCOMPENSES ACCORDÉES AUX COMITÉS D’ORGANISATION, AUX COMMISSARIATS, AUX MEMBRES
- DU JURY ET AUX EXPOSANTS.
- Quand on lit dans le Journal officiel : « A
- l’occasion de l’Exposition internationale de....,
- le gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur des nominations et promotions etc... », -on est en droit de croire que les récompenses seront décernées aux industriels exposants qui seront allés à l’étranger montrer leurs produits et prouver que la France tient toujours le premier rang dans les luttes pacifiques. — On se trompe absolument. — Les récompenses sont d’abord décernées aux membres des Commissions, aux membres des Commissariats, aux membres du jury, puis, enfin, dans une faible mesure, aux exposants. Dans les bureaux des Commissions, les différents grades dans la Légion d’honneur sont conquis bien plus vite que sur les champs de bataille. — Nous n’en voulons pour-preuve que ce président de commission qui a été fait chevalier et officier pendant la même année 1878: En 1883, il était fait commandeur après l’Exposition d’Amsterdam. Ne désespérons pas de le voir grand officier en 1885, à la suite de l’Exposition d’Anvers et grand"croix après l’Exposition de 1889 !
- Le Comité d’organisation d’Amsterdam avait été soigneusement choisi parmi les personnes à faire décorer. Tous ses membres, moins un, ont reçu la croix de la Légion d’honneur. Parmi ceux-ci se trouvait le secrétaire qui, nous l’avons vu, a eu assez de travail.
- Mais cette année, à Anvers, nous ne voyons que le secrétaire de la sous-commission qui n’était, d’ailleurs, pas membre de la Commission. Il a été nommé à la suite du décret instituant la Commission et il n’a remplacé, pour ainsi dire, qu’un rédacteur du ministère du commerce qui, d’habitude , est secrétaire des Commissions extraparlementaires, et qui reçoit, à ce titre, une légère gratification. Il avait, il est vrai, été attaché au Commissariat d’Amsterdam, mais en qualité de simple employé. Cette année, il a donc simplement rédigé une douzaine de procès-verbaux, après avoir pris note des,observations de chacun, sans avoir le droit de les’apprécier ou de les commenter, puisqu’il n’était pas membre de la Commission. Il a assisté à l’inauguration de l’Exposition et a accompagné le président dans les trois voyages qu’il a faits à Anvers.
- S_ont-ce là des titres sérieux pour être porté sur la liste des décorations ? Nous espérons bien que le ministre ne signera pas cette proposition ; car il retirerait cette récompense à un exposant qui la mérite mille fois plus que ce jeune homme.
- Sans nous livrer à des' personnalités, nous nous permettrons encore une fois de penser que c’est là un vrai scandale quelle que soit la valeur courante de l’adage: « Primo mihi ». C’est aller contre la loi. Et qui pourrait, d’ailleurs, expliquer comment le fait devoir passé quelques mois dans un bureau de commissariat constitue davantage un droit à la décoration que le fait d’avoir été attaché durant quelques mois à un ministère quelconque. Et, notez bien qu’on prive de ces croix
- ceux-là memes auquel s’offre une occasion très rare, peut-être unique, de recevoir lg récompense méritée par de longues années de travail industriel et commercial, par d’utiles inventions, par des sacrifices sérieux faits en l’honneur du nom français.
- Voyons maintenant ce qui s’est passé à Amsterdam pour le jury.
- A l’occasion de cette Exposition le gouvernement fut autorisé par une loi en date du 10 août 1883 à faire dans l’ordre de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et des promotions dont le nombre ne pouvait dépasser :
- 2 croix de commandeur ;
- 5 croix d’officier ;
- 5o croix de chevalier.
- Les deux croix de commandeur ont été accordées au président de la commission et au commissaire général. —Un seul exposant fût fait officier : ce fut M. Christophle.
- Les autres croix furent donnés à des membres du jury et de la commission.
- Nous n’avons connaissance que de 45 croix de chevaliers accordées et qui sont réparties comme suit :
- Aux membres de la commission, du jury, du commissariat, etc. . . . ; . 24 nominations.
- Si nous ajoutons les 6 nominations précédentes (commandeur et officier).............6 —
- Nous arrivons au total de. . 3o nominations.
- Contre.....................22 —
- Faites en faveur de simples exposants.
- Il résulte de tout cela que les exposants veulent être membre du jury pour être décorés.
- Quand l’Exposition s’organise, on invite les exposants à y prendre part. Certains industriels ont eu tous les diplômes d’honneur et toutes les médailles aux dernières expositions ; par suite, ils ont étendu leurs relations, et sont arrivés à une situation qui les met au-dessus des avantages commerciaux'que peut rapporter une exposition. Ils s’inquiètent donc fort peu de prendre part à une exposition comme celle d’Anvers ou d’Amsterdam. Que se passe-t-il alors ? Pour mieux l’expliquer nous allons prendre deux maisons coqnues qui, jusqu’à présent, ont obtenu de nombreuses récompenses à toutes les expositions, et dont les directeurs malgré leur mérite incontestable ne sont pas encore décoré ; la première, est la maison Bréau (châles) la deuxième, est la maison Prévet (produits alimentaires). — Les délégués insistent pour que M. Bréau expose, en lui disant : « Vous entraînerez sûrement les autres fabricants. » — « Oui, répond, M. Bréau, mais à une condition, c’est que je serai membre du jury. » — De même chez M. Prévet. — Pourquoi donc ces messieurs veulent-ils être membres du jury ? Parce que, depuis le temps qu’ils exposent, ils voient les croix destinées aux exposants décernées aux membres du jury ! Ils veulent, eux aussi, faire partie du jury, et ils seront décorés non comme exposants, mais comme membres du jury.
- Cela est absurde, mais MM. Prévet et Bréau ont absolument raison dépenser de la sorte.
- Dans ces conditions, il semblerait beaucoup plus juste que les membres du jury fussent nommés dans chaque classe, à l’élection, par les exposants eux-mêmes, et ne fussent pas l’objet d’un choix plus ou moins arbitraire.
- Le commissariat dit: « Nous désignons nous-mêmes les jurés parce que sans cela les exposants nommeraient toujours l’industriel le plus connu d’entre eux et celui qui d’ordinaire a toujours les premières récompenses, de manière à le faire mettre hors concours et à profiter ainsi de ses récompenses ; mais dans ce cas, il n’est pas sûr que ce ne soit pas un étranger qui profite de cette circonstance. Nous ne nommons pas membres du jury MM. Barbedienne et Christophle pour ne pas priver la France de deux diplômes d’honneur, car ces deux maisons auront sûrement ces distinctions.
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- Première Année. — N° 33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sq.
- Dimanche 16 Août ibbb.
- II
- V
- CLASSES NOMS
- MM.
- [ TU'T*^0>î
- O J. Camron
- Dei.alaix
- 4 Düniol
- . . Hetht
- 5 I). Wolef père
- 7 Ptot-tot
- 8 Saint-Saens
- 9 Le D1' Martin
- 10 Le colonel Laussédat
- 11 Levasseur .*...
- 12 et 13 Williamson
- 14 Dueois
- 15 Lauth
- I 16 Tresca
- 17 F. Follot
- 18 et 19 M. Bernard
- 1 20 G. Servant
- 21 00 A.-II. Rodanet
- o;> Guerlain aîné
- 24
- 25 Ponnter
- 26 I. Lehlanc
- 27 Vallet
- III
- G. Dannkt... A. Tiiézard . C. Huisour..
- SÉVliXE.....
- Bréant......
- (3. Barev.... C. Wkiuîr...
- 1 L. Fromage..
- i) Bkssand....
- ( Alex. Muzkt. Marrf.t.......
- 36 et 37
- Nouvelle Peau....
- Carnot............
- O jury............
- A. N oui..........
- DK IjAGORSSK......
- Hardy...........
- Riche.............
- Vue...............
- Bessklièvrk.......
- F O RTIE R - B EAUI.IK U .
- Pernolet
- Dan t u......
- Mon'jtïii....
- DE C O.M13 H RO UT
- Cornut.......
- Armengaud jeune..
- Bessonnkau......
- E. Barriquand...
- PERISSE.........
- Huret-Belvai.ette
- Marché..........
- A.-N. Bailly....
- A. Mulot. .......
- Ouaciiee........
- Y. Manceron.....
- ClIAPU........
- II.-A. WAV.... L. Bignon aine. Cii. Prévet ... A. Bloue.t .....
- 68
- 69
- E. Pei.pel....
- L.' Rousseau, des Vallons. Dumesnii.....
- IIÉRRARD.....
- Jarlauld.....
- F. Lacroix... E. Larronde Mestreau
- E. Porion ....
- I. Régnier....
- Va.s ni er...
- VII cti
- VIII
- IX
- Gougeard.
- E. Lévy....
- Ch. Vaiiky . Bi.avier. ... Le.monnier.
- de Lamothe.
- »
- EXPOSANTS FAISANT DÉCORÉS
- PROFESSIONS dans I,EUR CLAUSE partie du jury d’A M ST ER DAM DE L’ORDRE de la LKGIOX d’honneur OBSERVATIONS
- Directeur de renseignement primaire décoré décoré Fonctionnaire Fonctionnaire
- Préfet du Nord “ j
- Jmprimeur à Paris Exposant
- Directeur de l’imprimeiie nationale décoré décoré Amsterdam décoré décoré Fonctionnaire
- Editeur Jury Amsterdam Jury Amsterdam Jury Amsterdam
- Délégué de la chambre syndicale de papiers en gros Industriel '
- Membre de '.'Institut.
- Luthier du Conservatoire et de l’Opéra Jury Amsterdam
- Ancien Commissaire général à l’exposition d'hvgiène de Londres
- Directeur (lu Conservatoire des arts-et-métiers décoré décoré
- Membre de l’Institut. Fonctionnaire f
- Administrateur du mobilier national décoré décoré Amsterdam Fonctionnaire Fonctionnaire
- Président honoraire du Comité central des chambres syndicales et delà chambre syndicale des cristaux et dé la verrerie. Administrateur de la manufacture nationale de Sèvres... Industriel Exposant Jury Amsterdam
- Président de la Société des .enfants du papier peint Jury Amsterdam Jury Amsterdam Jury Amsterdam décoré décoré décoré décoré décoré
- Membre de la Cham.ire de commerce de Paris
- Ancien industriel
- Président de la chambre syndicale de l'Horlogerie Exposant
- Industriel Jury Amsterdam
- Indust iel
- Industriel, vice-président union des fabricants Paris. ... )>
- décoré Amsterdam
- Industriel Exposant
- Industriel Exposant Exposant décoré
- Industriel •
- de la Chambre syndicale de la passementerie décore
- Industriel ." \ Exposant »
- Ancien président du tribunal de commerce de la Seine... décoré
- Président de la chambre syndicale de la bijouterie et de la joaillerie 1 » deeuiL» «AüASjtd dciii.1
- Industriel Exposant ' )) '
- Président de la chambre syndicale des jouets
- Inspecteur de l’Ecole des mines » décoré décoré Fonctionnaire Fonctionnaire Fonctionnai, c
- Ingénieur des mines
- Inspecteur des forêts
- Membre rln consuil supérieur Ho r«.oripnlf,m»o
- Chef des travaux chimiques de l’Académie de médecine. Directeur du laboratoire au ministère du commerce »
- Industriel Industriel » dcLUiL
- Industriel
- décoré
- Agriculteur,
- Ingénieur civil Jury Amsterdam 1, . , . .. ,
- Ingénieur, professeur à l’Ecule centrale Ingénieur en chef de l’association des propriétaires des machines à vapeur du nord de la France » •
- Ingénieur civil
- Industriel T,,„„ ,\ I ^ ... _ I A • » . / 1
- Industriel.. cicc 01 g Aiii s c v. 1 cl a 11j
- Ingénieur civil
- Industriel, présid. de la chambre syndicale dos carrossiers. Ingénieur civil . Membre de l’institut ; président de la société des artistes français Ingénieur civil, expert, près les tribunaux » i» Jury Am.5terd.a1n décoré décoré N’est pas venu a Anvers
- Juge au tribunal dê Commerce de la Sténo Chef d'escadron Exposant Jury Amsterdam décoré Amsterdam •
- Industriel
- Membre de la Chambre de commerce de Paris Agriculteur . Jury Amsterdam Jury Amsterdam Jury Amsterdam décoré
- Industriel Exposant » doeOlo
- Président de la chambre syndicale de l'épicerie en gros décoré
- Industriel 1 - -i - 1 '
- Industriel »
- Commissaire de l’Exposition algériennne » Jury Amsterdam décoré décoré
- Industriel .* d
- Viticulteur Exposant
- Membre de la chambre de commerce de Paris décoré
- Viticulteur Exposant Exposant
- Négociant ...
- décoré décoré N’est pas venu à Anvers
- Distillateur, président de la chambre de commerce de St-üraer, ; Exposant
- Négociant, président du tribunal de commerce de Dijon.. Directeur de la maison veuve Pommtry, do Reims..' ))
- Membre du conseil rl’F.f.at Fonctionnaire
- décoré
- Juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine Jury Amsterdam Jury Amsterdam décoré Amsterdam Fonctionnaire
- Publiciste
- Inspecteur général des postes et télégraphes décoré
- . Industriel, président de là chambre syndicale d’électricité. ))
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- Première Année. — N° 33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Août iSS5- — 263.
- Mais alors, peut-on répondre, en nommant MM. Bréau et Prévet, membres du jury, vous retirez à la France les deux diplômes d’honneur ou les deux médailles d’or qu’elle aurait eus. Puis encore, qui vous dit que les exposants nommeraient exclusivement des industriels exposants ?
- Croyez-vous que dans la céramique, par exemple, tous les suffrages ne se porteraient pas sur le nom de M. Lauth, le directeur de la manufacture de Sèvres dont la compétence est reconnue par tout le monde ? Croyez-vous que tous les exposants de la classe des instruments de musique ne voteraient pas pour M. Gaud, un des leurs qui a obtenu à toutes les expositions des médailles et des diplômes; qui enfin a été décoré en 1878 comme exposant et dont le dévouement pour ses nationaux ne s’est pas démenti un seul instant ? En résumé, les jurés devraient être nommés par les exposants. Ce jour-là nous ne nous plaindrons plus de voir les croix distribuées aux membres des jurys.
- LA COMPOSITION DU JURY
- Le règlement du jury attribuait à la France un chiffre de cent vingt jurés, le commissaire français a dressé une liste de jurés et l’a soumise à l’approbation du ministre du commerce qui l’a signée en y apportant certaines modifications. Nos lecteurs savent quels sont les reproches que l’on peut faire àNdes jurés. A eux donc de se rendre compte par le tableau ci-dessus si ces reproches sont fondés. On s’en rendra bien mieux compte quand, après l’Exposition d’Anvers et après le vote du Sénat, que nous n’aurons pas avaht le mois de novembre, nous publierons de nouveau ce tableau en le complétant par la nomenclature des décorations ou des promotions .dans la Légion d’honneur.
- H.-F. Cabirau.
- LES
- RÉCOMPENSES INDUSTRIELLES
- et
- LES EXPOSITIONS
- Depuis plusieurs années déjà, on se préoccupe avec raison de l’usurpation des récompenses industrielles accordées à l’occasion des Expositions. Un journal comme le Moniteur ne saurait demeurer étranger'à une semblable question, qui intéresse au plus haut point les industriels et les négociants sérieux et honnêtes, livrés sans défense aux entreprises frauduleuses de concurrents sans scrupules.
- Il s’agit de savoir si un commerçant qui a exposé et n’a pas obtenu de récompense, ou un commerçant qui m’a même pas exposé, peut s’attribuer impunément, soit un diplôme, soit une médaille, soit une simple mention ; il s’agit de savoir si cette fausse allégation d’une distinction imaginaire ne constitue.pas un fait punissable.
- Que ; signifie une récompense décernée à un exposant? Elle signifie que les ..jurés, qui ont examiné.et étudié ses p.rôduits en les comparant à ceux de ses concurrents, les ont trouvés supérieurs à ceux-ci ; la médaille est la constatation palpable, tangible de.cette opinion. En dehors d’une expérience, comparative qu’il n’est pas toujours facile de faire,* cette médaille est donc, pour le public, la seule preuve qu’il ait de la valeur des objets qu’il veut se procurer. Qu’adviendrà-t-ilsile premier venu peut, à son gré, usurper cette récompense et couvrir de ce pavillon une marchandise de qualité inférieure? Il en résultera que le public sera lésé, qu’il confondra, par suite, dans un pareil mépris les vraies et les fausses distinctions dont se pareront les fabricants, et qu’enfin les opérations des jurés et les expositions elles-mêmes seront frappées d’un discrédit en apparence justifié.
- Si, d’autre part, on considère le vendeur, l’exposant récompensé, voici la conclusion à laquelle on arrive : grâce à son intelligence, aux sacrifices qu’il s’est imposés, il a perfectionné ses produits à ce point que le jury les a mis au-dessus de ceux de ses rivaux en leur accordant une médaille; il n’est- pas douteux que cette médaille, fruit de ses efforts, est, pour ce commerçant, une véritable propriété, dans la jouissance de.laquelle il doit être protégé ; et il ne le sera plus, le jour où un concurrent indélicat se sera faussement attribué une récompense qu’il n’aura pas su mériter.
- . En résumé, il ne saurait être permis à personne de dire qu’il a obtenu une mçdaille, à moins que telle fût la vérité. Ces idées ont été très clairement, et avec une grande sagacité, expliquées dans une note adressée, en 1S78, au Congrès international de la propriété industrielle, par M. Willis Bund, avocat anglais.
- Dans ces conditions, quelles mesures ont été prises pour protéger cette propriété des récompenses industrielles, aussi respectable, à coup sûr, que celle des marques de fabrique, qui a fait l’objet de lois spéciales? — En France,^ jusqu’à ce jour, aucune ; l’usurpation de ces récompenses y est
- justiciable seulement du principe général inscrit dans l’article i382 du Code civil, lequel est ainsi conçu : « Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un préjudice, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » C’estassez dire que la justice est à peu près impuissante; aussi les parties lésées réclament-elles rarement, sachant combien la répression est illusoire.
- En Angleterre, on s’est occupé de cette matière; mais, au lieu de faire une loi générale, on s’est borné à faire une loi spéciale (du 20 juillet 1S63), qui ne s’applique qu’à l’usurpation des médailles et récompenses décernées aux Expositions universelles de 185 1 et de 1862!
- C’est en cet état que la question a été soumise au Congrès international de la propriété industrielle qui a été tenu à Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878. Le Congrès l*a discutée dans sa séance du 1,6 septembre, et a adopté les résolutions suivantes : i° l’usurpation ou fausse application, sous quelque forme que ce soit, d’une récompense industrielle délivrée à l’occasion d’une Exposition, à l’organisation de laquelle l’autorité supérieure a pris une part manifeste, doit être considérée comme un acte illicite relevant de la juridiction pénale; 20 si le fait d’une usurpation a été commis dans l’enceinte d’une Exposition ouverte dans les conditions ci-dessus indiquées, la peine devra être élevée au maximum; 3° indépendamment de l’action publique,
- 11 devrait être reconnue à toute partie lésée une action en justice, à régler conformément aux dispositions de la loi sur les marques de fabrique.
- Fort heureusement, ces décisions ne sont pas restées à l’état de vœux platoniques; et, à la date du 26 mai 1879, l’honorable M. Bozérian, sénateur, déposait.sur lé bureau de la Chambre haute une proposition de loi relative à la protection des noms commerciaux et à l’usurpation des médailles et récompenses industrielles honorifiques. Cette proposition ayant été prise en considération le
- 12 juillet 1879, le ministère du commerce ouvrit une enquête à la suite de laquelle la Commission nommée par le Sénat décida de scinder la double proposition de M. Bozérian, et de faire une loi spéciale sur la question, absolument mûre, de l’usurpation des médailles et récompenses. Le rapport fut rédigé par l’auteur même du projet, et déposé le 3 mars ; le 28 du même mois, l’ordre du jour appela la seconde délibération, et la proposition fut adoptée sans discussion ; nous allons en faire connaître sommairement les principaux articles.
- L’usage des récompenses décernées dans des expositions ou concours, soit en France, soit à l’étranger, n’est permis qu’à ceux qui les ont obtenues personnellement, et à la maison de commerce en considération de laquelle elles ont été décernées ; celui qui s’en sert doit faire connaître leur date et leur nature, l’exposition ou le concours où elles ont été obtenues, et l’objet récompensé. — Une amende et l’emprisonnement (ou l’une de ces deux peines seulement) seront infligés à ceux qui, sans droit et frauduleusement, se seront attribué publiquement ces récompenses, à ceux qui les auront appliquées à d’autres objets que ceux pour lesquels ils les auront obtenues, à ceux qui les auront indiquées mensongèrement sur leurs enseignes, papiers de commerce, etc., enfin à ceux qui s’en seront indûment prévalus auprès des jurys. — Une amende punira l’omission des indications exigées par l’article premier. — Les tribunaux pourront faire détruire ou confisquer au profit des parties lésées les objets sur lesquels les fausses indications auront été appliquées.
- ’ Telle est, dans ses dispositions essentielles, la loi qui vient d’être adoptée par le Sénat; elle comble une regrettable lacune, et elle était depuis longtemps réclamée par les industriels et négociants honnêtes et sérieux, auxquels elle nous paraît devoir donner satisfaction, en faisant cesser des abus et des scandales qui se sont trop souvent renouvelés.
- Henry Duhamel.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- Conférence de M. Coüard-Luys
- LE ROLE DE BAUVAIS PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS
- N’a-t-on pas dit que les personnes les plus rapprochées de l’église sont précisément celles qui arrivent le plus tard à la messe ? C’est assurément pour la même raison que les grands faits de notre histoire locale sont généralement assez mal connus, et finiraient peut-être par tomber dans l’oubli si des historiens, des érudits, des amateurs ne profitaient des moindres circonstances pour en raviver le souvenir. On ne s’étonnera donc pas que l’archiviste de notre département, M. Coüard-Luys, ait saisi avec empressement l’occasion qui lui était
- offerte par l’Exposition de Beauvais pour venir,; lundi dernier, entretenir un public nombreux et choisi du rôle joué par notre vieille cité dans la guerre de Cent ans. ; "
- Après quelques' considérations générales sur la guerre de Cent ans envisagée au point de vue: de ses causes et de ses résultats, le conférencier! se hâte d’arriver avec l’armée d’Edouard III sous! les murs, de Beauvais, et de montrer les troupes anglaises s’efforçant, mais en vain, de prendre d’assaut notre ville, qui est alors, dit Froissart, « forte, bien fermée et gardée de bonnes gens d’armeset de bons arbaléttiers ».Les faubourgs et les villages environnants ne ressentent que "trop les effets de leur rage impuissante : des ruines fumantes, notamment celles de l’abbaye de Saint-Lucien, indiquent le passage des Anglais qui bientôt, rejoints en Picardie par Philippe VI, vont triompher à Crécy, comme ils triompheront plus tard des troupes françaises à Poitiers en i35g, ,à Azincourt en 1415. Comment expliquer ces trois défaites qui causèrent en Europe une impression générale d’étonnement, presque de stupeur ? Plusieurs raisons ont été proposées; M. Coüard-Luys en examine la valeur :
- Parmi les contemporains, les uns virent dans ces désastres la main de Dieu voulant corriger les excès des Français par son fléau, le roi d’Angleterre : Au nombre de cès excès figurait en première ligne « la deshonnêteté des habits qui couraient par le royaulme » ; habits qui avaient le double inconvénient d’être fort courts et fort étroits et par suite d’être.jugés fort inconvenants, ce que l’on comprendra sans peine, si l’on se rappelle qu’ils succédaient aux longs et amples vêtements portés au treizième siècle. D’autres écrivains ont pensé que l’apparition de l’artillerie produisit sur les Français, à Crécy particulièrement, l’effet que produisit sur les Romains, à la bataille d’Héraclée, les éléphants amenés par Pyrrhus. Ces deux raisons sont tout-à-fait insuffisantes, et c’est à M. Siméon Luce que revient l’honneur d’avoir le premier démontré scientifiquement dans sa belle Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époque que l’organisation de l’armée anglaise composée avant tout d’infanterie, dans laquelle , les soldats coutilliers ou archers, étaient parfaitement équipés et admirablement préparés à la vraie guerre, devaient forcément triompher de l’impétuosité de nos chevaliers fiançais, braves à coup sûr, mais trop souvent téméraires, et toujours hostiles à l’emploi à la guerre des milices bourgeoises.
- Aussi en x 356 le prestige de la royauté et celui de la noblesse sont-ils considérablement amoindris. Qu’en résulte-t-il? A Paris, la première tentative faite par les bourgeois pour essayer de prendre en mains les rênes du gouvernement ; dans les campagnes, le soulèvement des paysans exaspérés contre les grandes compagnies qui les pillent, les rançonnent et les brûlent, et contre leurs seigneurs impuissants à les défendre, souvent même complices des brigands qui ont envahi l’Ile de France, la Picaidie et la Champagne. M. Coüard-Luys ne pouvait se dispenser de parler dé la Jacquerie née « dans le pays de Beauvoisin », laquelle eut pour chef non pas Jacques Bonhomme, car Jacques Bonhomme n’a pas existé : c’était simplement le nom donné par les nobles aux paysans et aux pauvres gens pour tourner en dérision leur simplicité, mais Guillaume Calle, paysan de Mello, qui paraît avoir été un homme d’élite et très supérieur aux autres paysans dont il paralyse souvent les excès. Un trépied de fer rouge fut la seule couronne qu’il porta, quelques instants avant d’être décapité par ordre de Charles Le Mauvais, entré en vainqueur à Clermont.
- Et cependant le paysan français malgré son oppression et sa misère restait patriote jusqu’au fond de l’âme : témoins Guillaume L’Allouette et le Grand-Ferré qui combattirent si vaillamment à Longueil-Sainte-Marie contre les soldats anglais envoyés contre eux par le commandement de Creil. Le traité de Brétigny, i36o, suspendit pour un temps les hostilités : le conférencier rappelle qu’une des clauses du traité obligeait le roi Jean à livrer quatre-vingts otages, parmi lesquels quarante bourgeois pris parmi les dix-neuf principales villes de France. Beauvais en fournit deux.
- Passant rapidement en revue les événements accomplis sous Charles V et dans la première partie du règne de Charles VI, M. Coüard-Luys insiste particulièrement sur les malheurs causés par la rivalité des Bourguignons et des Armagnacs : la bataille d’Azincourt, le siège de Senlis et la terrible vengeance du connétable, qui fit massacrer quatre otages sous les yeux de leurs concitoyens infidèles à leur parole ; la prise de Rouen et la concentration inutile des troupes françaises réunies à Beauvais en 1418 ; enfin le traité de Troyes. Beauvais de 1420 à 1429 va donc subir d’abord l’influence puis, avec Henri VI, la domination anglaise ; mais notre ville aura l’honneur de reconnaître une des premières l’autorité légitime de Charles et, pour mieux manifester son attachement à la cause française, elle chassera en 1429 Pierre Cauchon, tout dévoué aux Anglais, l’homme dont le nom est indissolublement lié à celui de Jeanne d’Arc dont il sera le bourreau !
- (Lire la suite page 266.)
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- 266 et 265.— Première Année. — N° 33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 16 Août i885
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- L’ENTREE PRINCIPALE DE LA FAÇADE
- ( d’après la photographie de m. g. reynaud, d’anvers )
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- 266. — Première Année — N° 33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Août i885;
- Placée sur la frontière, en face de Gournay, de Gisors et d’autres localités occupées par les Anglais, notre vieille cité luttera de 1429 à 1444 pour rester ville française. M. Coüard-Luys raconte ce que fut cette résistance, dont la bataille du Berger livrée entre Beauvais et Savignies, le i5 août 1431, le dévouement de Jacques de Guehengnies, lieutenant du capitaine de Beauvais, massacré à la porte de l’Hôtel-Dieu en 1433, sont les principaux épisodes. Son dévouement ne se ralentira pas tant que la paix ne sera pas rétablie, c’est-à-dire pendant quinze années, puisque c’est seulement le Ier juin 1444 que fut publiée, à l’Hôtel du Cygne, sur le marché de Beauvais, la trêve, signée à Tours, le 28 mai, qui avait rendu à notre région la paix et la sécurité.
- Le rôle de Beauvais dans la guerre de Cent ans fut donc considérable. M. Coüard-Luys n’a pas eu de mal à le prouver, et sa démonstration a. été rendue plus facile et plus claire par les nombreuses projections qu’il a pu faire passer sous les yeux de ses auditeurs, grâce à la précieuse collaboration de M. Fleureau, professeur au collège. L’une d’elles mérite une mention spéciale : celle du plan de Beauvais par R. Rancurel en 1 574, exécutée pour la circonstance par M. Gaultier, photographe à Beauvais, et digne de figurer à côté des projections de Molteni.
- M. Coüard-Luys parle d’une manière élégante et facile, et il a obtenu un véritable succès.
- ÉCHOS
- Paris
- L’Académie des beaux-arts a rendu, le lundi 1er août, son jugement sur le concours du grand prix de Rome pour l’architecture. Voici les résultats du concours.
- Grand prix de Rome : M. André (Pierre) ;
- 1er second grand prix : M. Devienne (Albert) ;
- 2° second grand prix : M. Louvet.
- O11 se rappelle que le sujet donné était un projet d’Académie de médecine pour Paris.
- *
- * *
- Le mardi 28 juillet avait été rendu à l’Ecole des beaux-arts, le jugement du concours de sculpture.
- Grand prix de Rome : M. Gardet ;
- 1er second grand prix : M. Hannaux ;
- 2e second grand prix : M. Boutry.
- *
- * *
- Le deuxième concours national de tir ouvrira le 20 août à Vincennes, sous la présidence d’honneur du ministre de la guerre.
- Départements
- La ville de Dunkerque organise pour l’année prochaine une exposition universelle.
- *
- * *
- Le préfet du Var vient d’autoriser l’émission d’une loterie de 30,000 billets à 1 franc, dont le produit sera affecté à la création d’un musée départemental. ' i
- * , .
- ¥ ¥ .
- On nous signale comme très intéressante 4a 32e exposition de la Société des Amis des Arts de Seine-et-Oise, ouverte à Versailles, depuis le 19 juillet, dans les salles du Musée, au rez-de-chaussée du Palais. La fermeture aura lieu le 5 octobre.
- *
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- ETRANGER
- Allemagne
- On sait qu’un musée commercial vient d’être créé dans la nouvelle Bourse de Francfort. La Chambre de commerce de cette ville a invité les différents gouvernements à y figurer, en envoyant des échantillons de leurs produits industriels d’exportation ainsi que les journaux et les publications commerciales paraissant dans le pays.
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- Le Congrès télégraphique international, dont nous avons parlé à plusieurs reprises, a tenu sa première séance le 10 août.
- *
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- Amérique Centrale
- Le droit de construction et d’exploitation d’une voie ferrée dite de Costa-Rica à Nicaragua,1 a été concédé par le Congrès de Costa-Rica à l’ingénieur américain Minor Keith Meggs. Le point de départ sera choisi par le concessionnaire sûr le chemin actuel de Costa-Rica, ainsi que le point terminus, sur le Rio-San-Juan, de façon à être accessible aux grands vapeurs qui font le service du Nicaragua.
- *
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- Angleterre
- La, Manchester Corporation Art Ga/Ze/y/, ou-
- vrira son exposition d’automne, le 4 septembre prochain.
- *
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- Australie
- La Tasmanie (Van Diemens Land) est entrée le mois dernier dans l’Union télégraphique internationale.
- *
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- Autriche-Hongrie
- La question d’une entente douanière entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, entre dans une nouvelle phase. Il ne s’agit plus maintenant d’une union douanière (Zollverein) qui, d’ailleurs, serait impossible à cause de la différence des systèmes monétaires et du régime des impôts dans les deux pays, mais bien d’une alliance douanière (Zollbündniss).
- L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie formeraient un territoire douanier commun opposant un tarif identique à l’étranger, sans porter préjudice aux intérêts de l’industrie des deux pays.
- Le correspondant du Temps affirme que cette question fait partie du programme de l’entrevue cîu prince de Bismarck, et du comte Kalnoky.
- *
- ¥ *
- Succès pour les antivivisectionnistes.
- Par décision du ministre de l’instruction publique, la vivisection ne pourra plus être pratiquée" qu’en vue d’une recherche sérieuse, et cela dans les instituts médicaux autorisés, par des' professeurs et des agrégés, ou du moins sous leur responsabilité.
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- Belgique
- Le congrès international des chemins de fer a tenu sa première séance au palais des académies de Bruxelles, le 8 aqût dernier,sous la présidence de M. Vandenpeereboom, ministre des chemins de fer, postes et télégraphes.
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- On organise âBruxelles, pour l’année prochaine, une exposition universelle d’armes.
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- Mentionnons à ce propos, l’ouverture à Liège, ouverture qui remonte déjà à quelque temps, d’un Musée d’armes.
- *
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- Le meeting international contre l’abus des boissons alcooliques aura lieu à l’Hôtel de Ville d’Anvers les 11 et 12 septembre.
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- Chili
- La Central and South . American Tèlèqraph Company serait sur le point d’étendre ses lignes tout le long de la côte sud-américaine, de Chorril-los à Valparaiso, de Rio de Janeiro à Buenos-Ayres. Une autre ligne serait également établie entre Colon et quelques points de la côte atlantique où n’atterrissent pas encore de câbles. Le bureau central serait à Panama.
- Grèce
- Une exposition universelle à laquelle nous prédisons d’ores et déjà un très grand succès, aura lieu à Athènes dans Je courant dé l’année 1887, en vertu d une décision du gouvernement hellénique.
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- Italie
- On annonce la réunion prochaine, à Rome, d’un Congrès anthropulogico-criminçî, et l’ouverture à cette occasion d’une exposition où figureront 700 crânes, 3000 photographies de criminels, des cartes graphiques sur la criminalité en Europe, etc.
- Nous relevons dans la liste des délégués français, le nom deM. Brouardel.
- Mexique
- L’immigration chinoise, chassée des territoires de l’Ouest aux Etats-Unis, s’est rabattue sur le Mexique et y prend, paraît-il, de grandes proportions.
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- Perse
- Nous avons parlé d’une voie ferrée projetée entre Tiftis et Téhéran. La Russie voudrait que le chemin de fer traversât Bakou et Keclit, en suivant les rives de la mer Caspienne. Mais la Perse, pour des raisons que nous avons indiquées, s’oppose à ce tracé et préférerait un itinéraire direct entre Tiflis et Téhéran.
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- République Argentine
- Une exposition industrielle a eu lieu à la Plata du 9 au 15 juillet.
- EXPOSITION PROVINCIALE
- CARINTHIENNE
- A KLAGENFURT (AUTRICHE)
- Nous annoncions, il v a quelques jours, dans nos Echos, l’ouverture à Klagenfurt(Carinthie), le 23 juillet dernier, d’une exposition provinciale. Nous voulons donner aujourd’hui quelques détails sur ces intéressantes, assises de l’industrie régionale que le gouvernement austro-hongrois semble vouloir multiplier sur tous les points de son vaste territoire, ce dont nous le louons d’ailleurs sans réserve.
- Ainsi que nous l’avons dit dans notre dernier numéro, le but que se proposaient les organisateurs peut se résumer ainsi : mettre en lumière les progrès réalisés par l’industrie de la Carinthie dans ses différentes branches et ses formes diverses. C’est sous les auspices (de l’archiduc Charles-Louis, comme à Buda-Pesth, sous le patronage de l’archiduc Rodolphe, que cette œuvre a été menée à bonne fin et le succès récompensera pleinement les efforts du Comité.
- Les expositions temporaires, — concours .d’animaux gras, d’horticulture, de laiterie,.-— ne commençant que vers la'iindu-mois pour se prolonger jusque dans les premiers jours de septembre, tout l’intérêt sera concentré d’ici là sur l’exposition permanente. •
- Cette dernière se subdivise en expositions., agricole, forestière, artistique, industrielle et sco-.-laire.
- Des sections spéciales sont consacrées à la géographie physique et pittoresque de la contrée, à ce que les Allemands appellent la touristique ; aux machines-d’exploitation, à l’exposition rétrospective artistique, historique et ethnographique, ainsi qn’aux envois du musée des Arts et de l’industrie de Vienne. 914 exposants prennent part à cette exposition permanente et l’on nous signale comme particulièrement intéressante la section artistique rétrospective dont le catalogue comprend 400 numéros et où .sont réunis des objets d’art du plus grand, prix empruntés aux châteaux, couvents, églises et musées de la région.
- On remarque parmi les exposants,, dans la section de touristique, les comités locaux des clubs alpins allemand et autrichien, du club des touristes, ainsi que les administrations des differentes stations thermales et sanitaria de la province.
- Il est bien entendu qu’une exposition ne doit, jamais être terminée à date fixe et qu’une cérémonie d’inauguration ne peut avoir, pour horizon qu’un entassement titanes.que de caisses d’emballage. Il n’y a pas eu d’exception dans la circonstance qui nous occupe, mais on a remarqué un certain progrès et une tendance à abandonner les anciens errements.
- Gitons parmi lès futures attractions un pin gigantesque, haut de 3i mètres, envoyé par l’administration forestière du domaine seigneurial Egger. -
- A noter: la question si importante des logements a été fort bien réglée et résolue par la municipalité, et l’on compte, sur une grande affluence d’étrangers." . • .-y '“‘û
- L’accès dès collections du muséum d’histoire naturelle, delà Sociétéhcarinthienne d’histoire, et de la salle des Arts et métiers, sera ouvert en permanence aux visiteurs. •
- On organise activement le concours d’animaux gras, 3oo propriétaires, et éleveurs ont déjà envoyé leur adhésion et feront figurer à l’exposition 723 spécimens.
- Nous parlerons de ce concours en son temps.
- Ch. Hess.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- On se demande comment, dans un pays comme le nôtre, où l’esprit court les rues, et où l’initiative individuelle est parfois si puissante et si féconde,’ on a pu se faire, pendant près de trente ans, des; illusions sur l’efficacité de ceysystème économique et financier. 1 :
- S’il est vrai de dire que l’on connaît l’arbre à ses fruits, il-faut avouer que ceux-ci ont été assez amers et qu’ils ont causé de grandes déceptions. Il y a donc longtemps que ce système aurait dû.être apprécié comme il le mérite, c’est-à-dire condamné sans rémission.
- On a beaucoup produit, depuis trente ans. La vapeur aidant, l’outillage et les moyens de transport ont été transformés, et cette transformation a contribué, dans une large mesure, au développement du commerce et de l’industrie. On constate que plus de vingt-cinq milliards ont été dépensés en travaux de toutes sortes, tant par l’Etat que par les communes, les départements et l’industrie privée, dans le but de développer les forces productives du pays,d’augmenter sa richesse, de le faire
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- Première Année. — N° 33.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- vivre à meilleur marché. Et l’on est arrivé à un résultat diamétralement opposé. Car il est prouvé que, aujourd’hui, avec deux cents francs par mois, on ne peut se donner le même bien-être que l’on pouvait se procurer il y a tiente ans avec cent francs.
- Ainsi, les délégués des peintres fileurs-décora-teurs ont déclaré devant la commission d’enquête que l’ordinaire, qui était payé en 1867 2 5 ou 3o centimes, coûte aujourd’hui 40 et q5 centimes. Les plats de viande se payaient 35 et 40 centimes, aujourd’hui c’est 5o et 60 centimes.
- « — Autrefois, a dit l’un d’eux, M. Martelet, avec 1 fr. 2 5 on se nourrissait, mais maintenant vous pouvez emporter 2 francs et vous êtes presque sûrs de dépenser plus. Voyez la réduction que cela fait sur le prix de la journée et comment voulez-vous que ceux qui, comme moi, ont trois ou quatre enfants puissent y arriver ? »
- Voilà, cependant, ce que l’on appelle pompeusement le progrès. Oui, c’est le progrès, mais vers la ruine, vers l’effondrement final.
- Ces résultats devraient nous dessiller les yeux et nous tirer de notre indifférence et de notre quiétude. Mais, au lieu d’étudier ce problème ardu et d’en chercher la solution, nous aimons mieux laisser aller les choses, risque ensuite à gémir et à nous lamenter, quand nous nous apercevrons enfin que nous glissons à l’abîme.
- Des civilisations ont péri, pour avoir méconnu les conditions véritables de la richesse, et faussé le mécanisme économique, en s’immobilisant, en quelque sorte, dans les préjugés de la routine.
- Il faut être de son temps, il faut marcher avec lui: c’est-à-dire qu’il faut se mettre à l’unisson du progrès social et scientifique, en réformant les lois surannées, en les modifiant suivant les besoins et les aspirations du moment.
- Or, notre époque, pas plus que les civilisations disparues dont nous parlons, ne paraît avoir conscience de cette vérité économique. Elle erre da,ns le cercle vicieux des mêmes préjugés et des mêmes illusions et refuse obstinément de toucher à ce vieil édifice qu’il faudra pourtant transformer, si l’on ne veut pas être écrasé un jour sous ses ruines.
- L’égoïsme étroit est à l’ordre du jour et tient le haut du pavé. Il règne en souverain sur les cœurs et sur les consciences. Quant à l’intérêt général, on ne s’en préoccupe qu’autant que l’on espère en tirer profit pour son ambition ou sa vanité personnelle.
- C’est à qui arrivera le premier et .le plus vite à la fortune et se procurera le plus de jouissances; peu importent, d’ailleurs, les moyens.
- Aussi, la moralité est en baisse et les attentats contre la propriété augmentent dans une proportion constante et en rapport avec le développement de la cupidité et de la corruption.
- — Chacun vole, chacun trompe, — a dit un chansonnier. Ce moraliste agréable exprimait en riant, et peut-être sans s’en douter, une vérité navrante et profondément douloureuse.
- Oui, chacun vole, chacun est dévoré par le désir de battre monnaie aux dépens de ses semblables.
- Du haut en bas de l’échelle sociale, c’est la même cupidité, ce sont les mêmes raffinements pour gagner de l’argent.
- En haut, la Bourse, les coulisses, les banques, les sociétés véreuses où l’on organise des krachs financiers qui ruinent des milliers de malheureux au profit de quelques coquins qui s’enrichissent et trouvent moyen d’échapper à la justice en passant la frontière.
- En bas, c’est le fabricant, c’est le commerçant qui trompent sur la quantité ou la qualité des marchandises, qui les falsifient sans scrupule et sans remords, dût la santé de leurs semblables en être atteinte et compromise.
- La spoliation et l’art de duper se sont perfectionnés d’une manière véritablement effrayante. Le sentiment de la justice et de l’équité s’est éteint dans les âmes et l’on en est arrivé à ce point de dépravation morale, que le marchand qui trompe sur la qualité des produits sophistiqués qu’il vend, se croit honnête homme parce qu’il échappe à la vindicte des lois. Le principal, pour les empoisonneurs et les voleurs, est de côtoyer la police correctionnelle ; ils se croient volontiers dignes du prix Monthyon, parce qu’ils ont réussi à ne pas s’asseoir sur le banc d’infamie.
- Jamais peut-être l’exploifation de l’homme par l’homme ne s’est affichée au grand jour avec une pareille effronterie ; jamais peut-être elle _n’_a été aussi universelle, car elle est pratiquée indistinctement par toutes les classes de la société.
- Chacun vole, chacun trompe avec une égale âpreté, en haut, au milieu, en bas, partout. Notre sôciété est devenue une fabrique de vices où l’honnête homme court continuellement le risque d’être rançonné, dépouillé comme au coin d’un bois.
- Et comme si l’on avait honte de soi-même ou comme si l’on éprouvait le besoin de jeter un voile sur toutes ces hideurs, on parle volontiers de libéralisme, de démocratie, on fait parade de philanthropie.
- Mais on sent que cette note sonne faux et que ce sentimentalisme n’est que pure hypocrisie, l’hypocrisie de la honte de se sentir tombé si bas.
- La vérité est que l’individualisme étroit et le
- froid égoïsme sont les inspirateurs de toutes les actions. On songe d’abord à soi, à ses intérêts, à son bien-être; quant aux autres, on s’en soucie fort peu ; qu'ils meurent de faim et de misère, peu importe ! pourvu que l’on soit content. Pour satisfaire ses appétits, son amour de l’argent, on ne recule devant rien : on exploite sans pitié son semblable et, au besoin, on l’écrase. Voilà jusqu’où vont le libéralisme et la philanthropie à notre époque.
- Le libéralisme véritable, la philanthropie qui n’est pas une comédie que l’on joue dans un but mesquin d’intérêt personnel, sont moins prétentieux et moins soucieux de s’afficher. Ils se préoccupent avant tout de pratiquer la justice et l’équité et de faire partager à l’universalité des citoyens, et non à quelques privilégiés, le bien-être matériel et moral résultant des progrès accomplis par la civilisation.
- Il ne suffit pas, pour servir les intérêts de la classe pauvre et croire que l’on fait de la philanthropie, de supputer les dépenses et les recettes du modeste budget de l’ouvrier et de s’écrier ensuite que sa situation est améliorée, parce que la colonne des salaires s’est accrue de quelques centimes. Qu’importe cette augmentation, s’il est obligé de dépenser le double qu’autrefois pour se procurer les choses nécessaire à la vie!
- Il est bien évident que, dans ces conditions, sa situation n’est pas améliorée, et qu’il est réduit aux mêmes privations et en proie aux mêmes souffrances.
- Voilà cependant ce que nos prétendus philan thropes ne veulent pas comprendre.
- (A suivre.) E. Mansuy.
- LA GRANDE EXPOSITION
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- J’ai cherché à établir, dans une précédente causerie, qu’une exposition universelle est une œuvre merveilleuse, non seulement au point de vue social et philosophique, mais surtout sous le rapport des éléments matériels.
- Voici l’opinion d’un économiste de la valeur de M. Leplay :
- « Jamais les productions inconnues, rares ou parfaites, ne convergent de points aussi nombreux et aussi distants vers un meme centre. Jamais l’art et l’industrie ne révèlent avec autant d’éclat leurs ressources infinies, leur puissance, leur majesté!
- « Jamais on ne voit une telle abondance, une telle variété, un choix plus exquis de tous les produits qui embellissentlavie : tapisseries, tapis, papiers peints, glaces, meubles, bronzes, orfèvrerie, porcelaines, faïences, cristaux, bijoux, dentelles, cachemires, soieriès,- tissus de toutes sortes, etc. »
- Ajoutons-y les machines si utiles à l’industrie et à l’agriculture et qui ne font aucun tort à la main-d’œuvre, car les ouvriers qui sont remplacés par les machines sont employés à distribuer et manipuler ce qui est produit par la mécanique.
- En résumé,que decréations nouvelles révélées par les expositions ! Que 'de modèles pour l’avenir! Que d’enseignements !
- On a dit avec raison qu’une exposition universelle n’est pas seulement un concours de curiosité, mais un grand enseignement pour l’agriculture, l’industrie et le commerce, ainsi que pour les arts du monde entier ; c’est une vaste enquête pratique, un moyemde mettre les forces industrielles en contact, les matières premières à portée du producteur, les produits à portée du consommateur; c’est un nouveau pas vers la perfection, cette loi qui.est le premier besoin de l’humanité et l’indispensable condition de l’organisation sociale.
- Et combienune expositionuniverselle estféconde en résultats heureux !
- D’abord, l’idée sublime de tirer le manufacturier et le simple ouvrier hors des idées étroites renfermées dans le calcul des produits d’une journée ou d’une entreprise pour les élever au sentiment de la gloire, au désir, à la volonté, aux moyens de se faire un nom qui vive dans la mémoire des hommes.
- Que de fois n’a-t-on pas fait ressortir aussi que les expositions universelles amènent le rapprochement des arts de toutes les classes et l’influence qu’en cet état ils exercent les uns sur les autres. Eh bien! les expositions ont toujours justifié ces arguments. G.-G.
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- LES LIVRES
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- David Copperfield, par Dickens. Edition illustrée. Hachette.
- Entre l’engouement frivole et passager, qui assure à tout ouvrage étranger, par cela seul qu’il est étranger, la prédilection d’un certain public et l’estime justifiée où les gens de goût tiennent certains ouvrages de la littérature étrangère qui méritent le nom de chefs-d’œuvre, il y a un abîme. Aussi nous voit-on nous associer bien volontiers à la vogue sympathique, que nous approuvons, des chefs-d’œuvre du roman anglais, tandis que nous nous réservons de protester prochainement contre le mouvement factice qui détermine en ce moment, en faveur de certains romans russes, un courant d enthousiasme qui ne durera pas. Ce que nous blâmons, d’ailleurs, remarquons-le bien, ce n’est pas le fait en lui-même, c’est son exagération, son excès.
- Il y a trente ans, la littérature russe était ignorée en France, et il semblait meme qu’elle n’existât pas. C’est Mérimée qui le premier mit en lumière le nom de Pouskine. Plus tard, apparurent ceux de Lermontoff et de Nicolas Gogol. La maison Hachette avait publié, il y a quelques années, sans en vendre beaucoup d’exemplaires, la Guerre et la Paix,\e roman épique du comte Tolstoï. Les études de M. Melchior de Vogué, dans la Revue des Deux-Mondes, sur les romanciers russes, déterminèrent un vif mouvement de curiosité et de sympathie. Aujourd’hui Tolstoï est plus célèbre etplus admiré en France qu’en Russie et il se partage avec Ivan Tourgueneffles faveurs du public lettré, qui lui dispute en ce moment un nouveau venu afla vogue, Dostoiewski. Nous aurons prochainement l’occasion de traiter à fond cette question des romans russes et de leur valeur et d’examiner en quoi consiste l’originalité, plus apparente que réelle, de cette petite école à l’inspiration étroite, de courte haleine, à la verve plus bizarre que puissante, mêlant la subtilité byzantine au vague oriental, et qui ne saurait prétendre qu’aux yeux de juges superficiels à ce grand nom d’Ecole nationale. Pour nous, la littérature du roman en Russie est encore [bien loin d’être une littérature puissante et féconde. Nous ne parlons pas de l’Espagne , de l’Italie , de l’Allemagne même qui peuvent posséder quelques individualités brillantes, mais n’ont pas de littérature de roman à proprement parler. Mais il en est autrement de l’Angleterre, qui n’a pas perdu depuis Richardson, Goldsmith et Godwin la tête de la production du roman où. elle nous égale si elle ne nous surpasse point, pouvant ajouter au nom de Walter Scott, le promoteur et le maître incontesté du roman historique, les noms des Thackeray, des Georges Eliot, des miss Braddon, des Currer-Bell, des Wilkie-Gollins, des Bulwer-Lython, des d’Israeli et surtout des Dickens. C’est, suivant nous, une bonne idée qu’a eue la maison Hachette de mettre les chefs-d’œuvre de ce dernier, par une édition illustrée à bon marché, à la portée 'des lecteurs populaires. Ces lecteurs-là ont le goût naïf, grossier même, mais pas aussi dépravé qu’on le pense. Ils jugent avec le cœur plus qu’avec l’esprit. Ils préfèrent le comique net et vif aux ironies savantes et subtiles. Ils veulent être intéressés, amusés, émus, empoignés, et on ne réussit à produire de tels effets sur de si frustes natures que par la justesse de l’observation et la sincérité de l’émotion.
- Ce sont là les qualités maîtresses, les attraits particuliers de Ch. Dickens. Certes, il a bien les mœurs littéraires, les procédés particuliers de son temps et de son pays. S’il ne procède pas par lettres, comme Richardson, il emploie volontiers la forme des Mémoires, il ne hait pas les entrecroisements et les superpositions d’histoires épisodiques, chemins de traverse dont l’action principale est la grande route. Il a le bon sens parfois un peu brutal et l’humour au rire un peu trop large et épanoui. Mais si ses personnages sont anglais, et de race saxonne, ils sont aussi de race humaine. Ils sont vivants de la vie de tout le monde ; ils ont
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- des sentiments simples, des passions claires que tout le monde connaît pour les avoir éprouvés ou observés. Le dessin de ses figures est toujours fait de traits caractéristiques. Ses personnages vivent, premier mérite, qui fait qu’ils sont accessibles, intelligibles aussi bien au lecteur français, qu’au lecteur anglais. On se souvient de ces figures si bien observées et dessinées, elles prennent dans l’esprit le relief typique. Enfin, chose dont on peut sourire, aujourd’hui que la moralité tient si peu de place dans l’art et que, sous prétexte de réalisme, on en a chassé jusqu’à la pudeur, les fictions de Dickens, ces fictions si fidèlement, si heureusement copiées sur la réalité, sur la nature, sur la vie, ont comme la nature, comme la réalité, comme la vie même un but, une moralité, une leçon et ce but est honnête, cette moralité est conforme aux idées de justice qui font battre, comme notre cœur, notre conscience, cette leçon salutaire est un hommage à la Providence. Il n’y a que les actions des bêtes, leurs querelles, leurs amours, leurs haines qui puissent être bornées à l’acte même et sans horizon d’utilité générale et de responsabilité. Mais les actions des hommes, la vie humaine ne sauraient être traitées, sous prétexte de désintéressement artistique, avec l’indifférence du peintre qui peint un combat de chiens ou une querelle de poulailler, ou un marché ou une scène de la vie maritime. Nous sommes encore pour le vieux jeu si l’on veut. Pour nous les meilleurs romans ne sont pas ceux qui sacrifient tout à la fidélité matérielle, à la ressemblance apparente. Nous sommes pour les romans qui ont un cœur, des entrailles, qui nous font rire et pleurer tour à tour comme la vie, et comme la vie nous font regarder plus haut que la terre et trouver goût aux joies sévères du devoir et aux consolations de l’espérance.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- ÉTRANGER
- Turquie
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC SALONIQUE
- D’après l’agent consulaire des États-Unis à Salonique, il convient, pour se faire une clientèle dans cette importante place de commerce, d’établir des dépôts ou des agences, renfermant un approvisionnement suffisant de marchandises. L’habitant de ce pays n’achète qu’après avoir vu. Par conséquent, le meilleur moyen est d’ouvrir une sorte de bazar ou de musée, avec tous les objets que les acheteurs demandent. Une fois que l’on connaîtrait exactement les articles qui se vendent le plus, on en ferait une provision plus grande, mais le premier point est de se faire connaître.
- Beaucoup de marchands de l’intérieur vont deux ou trois par an à Constantinople ou à Smyrne, faire leurs assortiments. Ils prendraient bientôt l’habitude de s’approvisionner à Salonique, s’ils savaient trouver dans cette ville, et en quantité suffisante, les marchandises dont ils ont besoin.
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- Chili
- IMPORTATION D’iNSTRUMENTS POUR CHIRURGIENS ET POUR INGÉNIEURS
- Des personnes au courant de cette industrie pourraient, à ce que rapporte le consul de Suisse à Valparaiso, avec le temps et moyennant un petit dépôt, se créer un sûr débouché sur cette place. Actuellement les prix des objets de ce genre sont assez élevés, précisément parce que des spécialistes seuls peuvent s’en occuper, car on craint généralement de s’occuper d’articles qu’on ne connaît pas.
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- Uruguay
- IMPORTATION ET IMMIGRATION
- Le consul de Suisse à Montevideo engage les fabricants d’horlogerie à modérer leurs envois et à agir avec beaucoup de prudence, car, sans qu’il y ait encombrement, la plaee est cependant abondamment pourvue.
- Ce consulat déconseille à nouveau l’émigration à toute personne qui ne possède pas un état manuel ou qui n’a pas des moyens de fortune suffisants, accompagnés d’une bonne santé et d’une solide instruction, surtout au point de vue des langues.
- Les comptables, professeurs, commis et les personnes qui ont des professions libérales trouveront fort difficilement ici les moyens de gagner leur vie. Toutes les carrières sont encombrées.
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- République de Libéria
- COUT D’ÉTABLISSEMENT d’une FACTORERIE
- Le « Moniteur officiel du commerce », du 23 juillet, publie un travail sur les frais approximatifs nécessaires à l’établissement et à l’exploitation, personnel et matériel, d’une factorerie pour le commerce des huiles de palme sur la côte de Libéria.
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- Possessions Espagnoles d’Océanie
- ARTICLES D’IMPORTATION
- Le consul de Belgique à Cacéresfait connaître que les produits de l’industrie d’Angleterre, de France et de Belgique sont fournis dans sa résidence par des maisons espagnoles; peu d’efforts ont été tentés pour obtenir des commandes directes. Le fer, l’acier, les armes à feu, la verrerie, les bougies sont maintenant livrés exclusivement par la Hollande. La bijouterie fausse, ou en or de 12 à 16 carats, les cotons et les filés, la quincaillerie, le papier et les enveloppes, le beurre, les viandes conservées, les liqueurs trouveraient dans cette région un écoulement facile; il en est d'e même des draps, des tissus de laine et de coton, et des étoffes de fil qui sont très demandées.
- COMMUNICATION
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- Les jurys des groupes se sont réunis pour statuer sur les conclusions des jurys des classes.
- On sait déjà que les exposants français occupent une place considérable sur le tableau des récompenses.
- D’ailleurs, leur succès grandit chaque jour. M. Pierre Legrand, ministre du comerce, le constate dans l’exposé des motifs accompagnant le projet de loi soumis à la Chambre des députés ; jamais dans aucune Exposition étrangère, la France n’a été plus brillamment représentée et, dès à présent, l’affluence des visiteurs qui se pressent dans les galeries françaises rend le plus éclatant hommage à l’excellence de notre travail national.
- Le nombre des exposants français dépasse 4700: 2.3oo dans la section industrielle; plus de 200 dans la section coloniale et 400 dans la section des beaux-arts.
- Aux récents concours des animaux reproducteurs, les éleveurs de France ont obtenu 107 prix.
- L’Exposition internationale d’horticulture de plantes fleuries et plantes ornementales qui vient de s’ouvrir mérite l’admiration de tous. L’immense salle des fêtes n’as pas suffi pour contenir ces merveilleuses collections de la flore universelle. Le soir, éclairées à la lumière électrique elles transportent le spectateur dans le monde de la féerie.
- Le Congrès international de botanique s’est réuni le 2 août. L’affluence des adhérents est telle
- que la Commission organisatrice n’a pas désigné moins de 28 vice-présidents.
- La première question à l’ordre du jour est eelle-ci: « La Flore du Congo et les essais de culture et d’acclimatation entrepris dans le nouvel État libre. »
- Les fêtes de la kermesse d’Anvers commenceront le 9 août par une grande retraite aux flambeaux à laquelle prendront part toutes les associations de la ville avec les bannières et emblèmes. On annonce toute sorte de réjouissances, concerts, régates, cavalcades et le cortège traditionnel de VOmmegang ou l’antique Anvers ressucité pour quelques heures avec ses géants, ses dauphins, sa baleine, ses costumes pittoresques et ses mœurs d’autrefois.
- LES THÉÂTRES
- LES RÉOUVERTURES
- Le travail des répétitions pour les réouvertures dont je vous parlais dans ma dernière causerie a commencé un peu partout. L’Opéra, qui n’a pas fermé s’occupe en ce moment des études du Cid. C’est. M. Gailhard qui se consacre à ce travail en l’absence de M. Ritt en ce moment en villégiature à Aix-les-Bains.
- M. Gailhard songe même dès aujourd’hui à doubler les rôles en prévision d’un grand succès. Les chœurs répètent sous la direction de MM. Mar-montel et Mathias.
- Au Palais-Royal on répète et l’on monte les Noces d’un Réserviste, la pièce de MM. Chivot et Duru.
- En attendant, la direction fera sa réouverture par les Petites Godin, qui obtint la saison dernière un certain succès.
- La réouverture du théâtre Cluny ne s’effectuera pas avec son grand succès non encore épuisé de Trois Femmes pour un mari. Ce théâtre donnera à la fin dri mois, ii5, rue Pigalle, de M. A. Bis-son. Immédiatement après cette reprise la direction donnera Mon Oncle, de MM. Paul Burain et Maurice Ordonneau.
- Le Théâtre-Français fermera quelques jours pour des réparations locatives on en profitera pour restaurer les peintures noircies par le gaz.
- D’un autre côté, j’apprends que M. Perrin, dont la santé se rétablit heureusement, prépare dans sa retraite de Louvecienne une brillante entrée ' de saisôn digne de la maison qu’il administre.
- A l’Odéon, la rentrée sera égalemeut digne du public, qui comble de ses faveurs l’habile direction de M. Porel.
- De nouveaux artistes, de nouvelles pièces, voilà l’objectif du directeur de notre seconde scène dramatique subventionnée.
- Au Gymnase et à la Porte-Saint-Martin, on ouvrira par une pièce de répertoire en attendant une primeur selon l’usage.
- Quant aux Bouffes et à la Renaissance, ce sera encore le répertoire qui fera les frais de la rentrée.
- En un mot, les directeurs sont prêts à faire face à leur réouverture, mais leurs grandes préoccupations consistent dans le clou de la saison.
- C’est ce dont j’aurai à vous parler la prochaine fois.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AHRAULT et O, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 23 Août 1885.
- NUMÉRO 34.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition d’Anvers; 3. Exposition industrielle de Beauvais ; 3. Paris ; 4. Le Congrès des chemins de fer ; 5. Echos ; 6. La question économique; 7. Les livres; 8. Avis commerciaux; 9. Communication ; 10. Les théâtres.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LA SECTION DES TRAVAUX PUBLICS A L’EXPOSITION COLONIALE FRANÇAISE
- 2° PROTECTORAT DU CAMBODGE
- M. Lelubez, constructeur, a envoyé à Anvers un album de dessin relatifs aux établissements scolaires et exécutés par M. Foulhous, architecte à Saigon. Nous citerons la feuille n° 9, qui représente les installations d'ensemble de l’école de Pnum-Penh, capitale du Cambodge, et de Gocong, et la feuille n° 10 donnant les détails de la construction métallique d’un bâtiment des classes. Les bâtiments des professeurs, des directeurs, et l'es réfectoires sont construits d’une façon analogue.
- Pour chacun de ces corps de bâtiments,composés seulement d’un rez-de-chaussée, les dimensions, le poids et le prix des matériaux métalliques, les seuls envoyés de Paris, sont les suivants :
- SURFACES POIDS TOTAUX. PRIX TOTAUX. PRIX par MÈTRE carré
- kilogr.. francs fr. c.
- Bâtiment des classes .. 39m6oX7moo surf. 277m20. 15,906 7,25o 21 10
- Bâtiment des professeurs et directeurs .. 2 0m5o x 9™.. surf. i84m5o. 14,891 6,040 33 3o
- Bâtiment pr réfectoire. i6ra65 x iom. surf. i66m5o. 9,498 4,140 24 85
- 3° TONKIN
- MM. Barbier et Fenestre, constructeurs de phares et d’appareils sonores, à Paris, .exposent un modèle au f des bouées sonores Courtenay construites pour l’Annam et le Tonkin.
- Ce modèle de bouée est accompagné d’un réservoir cylindrique en métal qui, rempli d’eau, sert à son immersion ; en soulevant légèrement à la main l’instrument, de manière à imiter le mouvement d’oscillation des vagues, il se produit un coup de sifflet dont la durée est en raison de l’amplitude de l’oscillation.
- Le mode de fonctionnement de cet instrument s’explique delà manière suivante :
- La bouée sonore Courtenay, dite bouée à sifflet, est traversée dans sa hauteur par un grand tube d’une longueur suffisante pour que, immergée, sa partie inferieure atteigne un milieu tranquille ; en outre, dans ce tube, et un peu au-dessous de la ligne’de flottaison, de manière à former une chambre d’air, on a fixé un diaphragme portant deux petits tubes, l’un muni d’une valve qui établit la communication avec _ l’air extérieur, et l’autre qui reçoit à son extrémité un sifflet.
- Dans ces conditions, le niveau de l’eau dans le tube étant soustrait à l’influence. des vagues, et conséquemment immuable, on voit que, lorsque la bouée est soulevée par la vague, la chambre d’air augmente de volume^ et que, lorsqu’elle s’abaisse, l’air qui vient d’être aspiré se trouve expulsé par le sifflet. . ,
- M. H. Lefèvre nous montre une voiture métallique étanche et démontable, à couvercle, d’un système qui porte son nom.. /
- L’expérience semble avoir démontré que ces
- voitures pouvaient effectuer les trajets les plus longs et les plus pénibles sans éprouver d’avaries.
- Leur légèreté est telle qu’elles peuvent circuler partout, pour ainsi dire, où passerait un mulet chargé.
- Dans les passages exceptionnellement escarpés, on peut les démonter rapidement et transporter la caisse (ou corps de voiture) à l’aide de perches passées dans les anneaux d’angles.
- • L’étanchéité de la caisse permet de traverser les gués de 60 à 70 centimètres sans dételer ni décharger.
- Lorsqu’il s’agit de franchir un cours d’eau plus profond, on se contente de mettre à l’eau la caisse, qui, ainsi transformée en nacelle, permet de faire passer le chargement d’une rive à l’autre sans difficulté.
- On s’est également servi de ces caisses pour jeter de véritables ponts de voitures.
- Depuis quelque temps, l’usage de ces voitures s’est propagé dans les colonies, notamment au Tonkin, où," récemment, on vient encore d’en expédier deux cents nouvelles.
- Un peu plus, loin, nous remarquons les deux dessins envoyés à l’exposition d’Anvers représentant les deux types de baraquements exécutés par MM. Moisant, Maglin et Laurent, constructeurs à Paris, et destinés au logement des troupes des corps expéditionnaires du Tonkin et de Madagascar.
- Dessins exposés ; Baraquements pour le Tonkin.
- Le type employé pour les baraques du Tonkin se compose d’une ossature complètement métallique, : plancher en fer, pans de fer pour les façades et charpentes en fer.
- Chaque baraque a nmi4 de largeur, 39m5o de longueur, et se compose de dix travées de 3m5o, ce qui laisse aux deux extrémités une galerie couverte de 2m,25 environ. Cette galerie se continue de même sur les côtés de la baraque.
- Le plancher est élevé du sol de 1 mètre et l’on y accède par plusieurs escaliers. Il est formé par des poitrails en fer à I de 220, reposant sur des piliers en maçonnerie distants de 3m5o. Ces poitrails sont réunis par des solives en fera I de 140, distantes de 80 centimètres l’une de l’autre.
- Ces solives supportent le hourdis formant le plancher de la baraque.
- Les extrémités des poitrails reçoivent les poteaux en fer supportant les fermes. Les poteaux extérieurs de la galerie sont en fera I de 120 etcomplè-tement isolés ; ceux intérieurs, en fer à I de 140, sont reliés entre eux dans toute la hauteur par une série de fers à I de 140, verticaux et horizontaux, qui forment les encadrements des portes et fenêtres et constituent un véritable pan de fer, Tous les vides autres que ceux des portes et fenêtres sont remplis sur place avec des briques.
- Les fermes, au nombre de onze, se composent d’arbalétriers en fer à I de 189, reliés .entre eux par une série de treize pannes en fer à I de 120. Sur cette charpente en fer se fixent les chevrons et les lattes , en bois, ces dernières recevant les tuiles à emboîtement.
- Les entraits des fermes en fer àl de 120 sont disposés pqur recevoir un faux plancher en bois de 2 3 millimètres d’épaisseur, qui isole la chambre de l’air extérieur, en formant un matelas d’air entre le plafond et la couverture.
- 40 ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’INDE
- La société de construction des Batignolles expose un album comprenant :
- Une élévation d’ensemble du pont-débarcadère de Pondichéry ;
- Une coupe transversale ;
- Une vue longitudinale.
- Le pont-débarcadère a été construit en deux fois ; une première partie de 188 mètres de longueur a été établie de 1863 à 1866 et le prolongement de 64 mètres de longueur a été terminé de 1870 à 1882, sous la direction du ministère de la marine et des colonies.
- La longueur totale du pont-débarcadère est donc
- de 2 52 mètres.
- Il se compose essentiellement de 164 pieux à vis, en fer rond, reliés dans des plans verticaux et dans deux plans horizontaux par des entretoises et des contreventements également en fer rond, munis de tendeurs à vis ; sur la tête des pieux sont boulonnées des poutrelles en fer, qui reçoivent les deux voies du chemin de fer et le plancher en bois de teck'.
- La longueur des pieux varie de 8 à 14 mètres.
- Le pout présente sur sa longueur plusieurs plateformes saillantes, pour l’accostage des navires; il est muni de plaques tournantes pour la manœuvre des wagons, et de grues pour le chargement et le déchargement.
- Toutes les parties métalliques ont été.construites en France,danslesateliers de laSociétéde construction des Batignolles, et montées sur place par un chef monteur de la société, aidé de la main-d’œuvre locale.
- Le pont est établi sur un fond de sable fin et les pieux ont été vissés dans le sol au moyen de cabestans ; ils y pénètrent chacun d’environ 4 mètres.
- Les pièces servant à relier les pieux et à porter le tablier en bois du pont ont été mises en place au moyen d’échafaudages volants.
- Le pont n’a éprouvé aucun tassement lors des épreuves.
- Son poids total est de 5go,ooo kilogrammes environ.
- Les pieux en fer rond, qui forment les supports du débarcadère, présentent sur d’autres espèces de pieux l’avantage d’une grande résistance sous un faible volume, et par conséquent ils offrent aussi peu de prise que possible à l’action des vagues. Ils sont peu exposés à la rouille, à cause de leur faible surface extérieure, et, en fait, ils se sont parfaitement conservés.
- Les entretoises entre les pieux ont une forme identique, car les mêmes raisons s’appliquent également au choix de la forme de ces pièces.
- L’emploi des vis est facile dans les terrains analogues à ceux qui forment le fond du rivage de Pondichéry, et l’on pose les pieux à peu près à la place exacte qu’ils doivent occuper ; cependant, afin de régler définitivement leur position, il est nécessaire de conserver les manchons à vis qui ont été adaptés aux appareils des contreventements verticaux et horizontaux. Quant aux pièces de pont qui reposent sur la tête des pieux, les trous qui servent à les boulonner sur les manchons coiffant la tête des pieux sont percés sur place et suivant les besoins.
- L’ensemble du débarcadère présente une grande résistance et a bien répondu au but qu’on s’était proposé. Sa mise en place a pu se faire assez rapidement à raison de 2 à 3 travées par semaine.
- 5° MADAGASCAR
- V
- MM. Moisant, Maglin et Laurent nous montrent encore des dessins se rapportant aux baraquements pour Madagascar.
- Le type construit à Madagascar se compose d’une ossature métallique avec un plancher en bois et des pans de bois pour les façades.
- Chaque baraque a iom6o de largeur, 35 mètres de longueur et se compose de 10 travées (de 3m5o. Une galerie de 2m20 de largeur existe sur chacune des façades de long pan, sans se continuer dans les pignons.
- Le plancher est élevé du solde 1 mètre et l’on y accède par des escaliers.il est formé par des poitrails en fer à I de 220, reposant sur des piliers en maçonnerie, espacés de 3m5o et supportant des solives en bois de om22 sur omo8, espacées entre elles de om5o.
- Un parquet en bois de 3o millimètres d’épaisseur est cloué sur ces solives.
- Les extrémités des poitrails reçoivent les poteaux en fer supportant les fermes ;les poteaux extérieurs de la galerie sont en fer à I de 120 et complètement isolés comme pour les baraques du Tonkin: ceux intérieurs en fer à I de 140 sont garnis de chaque côté d’une fourrure en bois de omi55 sur om 53. Sur ces fourrures, viennent s’assembler
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- des traverses en bois de memes dimensions, qui, avec les montants des portes, constituènt un pan de bois.
- Sur ce pan de bois, est fixée à l'intérieur et à l’extérieur une cloison en planches de 6m i5 sur om 02 3 d’épaisseur, de telle sorte que le matelas d'air compris entre les deux cloisons isole la chambre de l’air extérieur.
- Les fermes, au nombre de 11, se composent d’arbalétriers en fer à I de 140, reliés entre eux par une série de 7 pannes en fer à I de 120.
- Des chevrons et des lattes en bois sont fixés sur cette charpente et reçoivent des tuiles fi emboîtement.'
- Comme au Tonkin, les entraits des fermes en fer à I de 120 sont disposés pour recevoir un faux plancher en bois de 28 millimètres d’épaisseur, qui, pour les memes raisons, isole la chambre de l’air extérieur.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- DE BEAUVAIS
- RAPPORT de M. Émile DUPONT
- Rapporteur généra], *
- Président du jury supérieur des Récompenses
- Mesdames,
- Messieurs,
- Les rapporteurs des diverses sections ou groupes de l’Exposition de Beauvais se sont chargés de donner une appréciation détaillée et motivée des produits exposés, et particulièrement de ceux que chaque jury a’jugés dignes de récompenses. C’est un travail important, mais, quoique plein de documents et de renseignements de toutes sortes, il ne pourrait être lu sans fatigue pour l’assistance. D’ailleurs, plusieurs de MM. les rapporteurs, soucieux de donner à leur .œuvre toute la perfection désirable, n’ont pu la terminer encore et ont dû se borner à produire la liste des récompenses : leurs rapports paraîtront donc ultérieurement, et ils seront distribués aux intéressés.
- Ce qui importait aujourd’hui, c’était de vous donner un travail d’ensemble, indiquant la physionomie générale de l’Exposition, dessinant à grandsjtraits l’appréciation qui doit en être portée et donnant, les conclusions qui résultent d’une étude sommaire de ses grandes lignes. C’est l’objet du rapport général que j’ai dû dresser au nom du jury supérieur et que je vais avoir l’honneur de vous lire.
- Les grandes expositions comme celles de Londres, de Paris, de Vienne, de Philadelphie, d’Amsterdam et d’Anvers, ont pour objet de réunir tous les produits du monde entier; le travail de l’homme s’y présente sous toutes les formes qu’il prend chez les différents peuples. On peut ainsi faire, en examinant les expositions successives, des comparaisons intéressantes indiquant les progrès, industriels des nations qui y prennent part. Les inventions nouvelles s’y présentent nombreuses et y acquièrent cette notoriété nécessaire à leur exploitation fructueuse.
- Mais, il faut le dire, il en résulte pourles exposants des frais considérables, et il n’y a guère que les grandes maisons, que les industries importantes, qui peuvent les supporter, -ainsi que les déplacements coûteux et nombreux qui en sont toujours la conséquence.
- Les Expositions locales n’ont pas ces inconvénients ; les frais sont beaucoup moins onéreux pour les exposants ; les industries les plus modestes peuvent s’y présenter sans craindre une concurrence écrasante et les visiteurs se composent surtout des personnes de la région qui n’ont pas un long parcours à faire, comme l’exigent les expositions universelles toujours établies dans les capitales.
- Les produits exposés sont beaucoup moins nombreux, certainement, mais par cela même plus faciles à étudier; ils se composent surtout de ceux que donnent les industries départementales ou de la région et sont, pour cette raison, mieux appréciés par les visiteurs qui les connaissent déjà et qui peuvent plus facilement remarquer et estimer les progrès réalisés.
- Les Expositions ont une double utilité; pour les industriels, c’est un prospectus vivant, et les explications qui peuvent être données sur place aux curieux leur font mieux juger les choses qui les intéressent. Pour les travailleurs (patrons et ouvriers), c’est un enseignement pratique et un stimulant; l’étude de certains produits ou de telle ou telle machine fait voir aux uns les progrès qu’ils peuvent encore réaliser dans une industrie similaire, et aux autres les.défauts ou les imperfections qu’il est bon d’éviter. Il ost rare qu’un homme intelligent, un petit industriel, un petit fabricant, un bon ouvrier ne tire pas un avantage réel d’une visite à une Exposition; il y fait souvent une remarque importante dont il profite pour son travail.
- C’est ce désir de donner ces avantages aux habi-
- tants du département de l’Oise quia fait organiser l’Exposition de Beauvais, en même temps que s’ouvrait le concours régional agricole.
- Le nombre des exposants a été relativement considérable, puisqu’il s’élève à 1,138, y compris les 431 exposants de la section scolaire.
- Les jurys, tout en ménageant les finances du comité, ce qui était nécessaire, puisque l’exposition est une œuvre essentiellement privée, n’ayant .aucune subvention officielle et obligée de faire face à toutes les dépenses au moyen de ses ressources personnelles, les jurys, dis-je, tout en restant dans les limites de l’économie, ont accordé 873 récompenses, savoir :
- 65 Diplômes d’honneur;
- 35 Médailles d’or ou rappels;
- 87 Médailles de vermeil ou rappels;
- 167 Médailles d’argent ou rappels;
- 286 Médailles de bronze ;
- 175 Mentions honorables.
- Plus 58 médailles ou diplômes spéciaux pourles collaborateurs ou coopérateurs des exposants.
- BEAUX-ARTS. — PEINTURES ET DESSINS
- Comme vous l’a dit M. le président du Comité général, lors de l’ouverture de l’exposition, il avait été seulement question, dès l’origine, déplacer quelques tableaux dans la salle des fêtes pour son ornementation. Mais l’appel fait aux artistes, et particulièrement à ceux de l’Oise, a reçu un accueil empressé, supérieur aux espérances du Comité d’organisation, et toutes les parois de cette salle ont pu être garnies de tableaux. 109 artistes ont pris part à l’exposition de peinture, en présent tant 2.31 œuvres, diverses-: tableaux à l'huile, aquarelles, gouaches, fusains, pastels, crayons et dessins à la plume. Tous les genres sont représentés et quelques-uns le sont réellement d’une manière remarquable. Le jury, composé d’artistes choisis parmi les exposants et que leur notoriété évidente, les récompenses obtenues au Salon à diverses épo-ques, indiquaient naturellement au choix de M. le président, a fonctionné avec le plus grand soin. Il a cru devoir n’accorder que q5 médailles à ces 109 exposants; la proportion des récompenses est un peu plus faible que dans les autres groupes et, par cela même, donne plus de valeur à ces distinctions.
- Mais l’on doit remercier indistinctement'tous les artistes qui ont contribué à l’éclat de l’exposition en permettant à la commission spéciale d’orner d’une manière remarquable, et qui a été appréciée par tous les visiteurs, la salle des fêtes qui a servi si utilement aux concerts et aux conférences et qui, malheureusement, est trop petite pour recevoir toutes les personnes que le comité général aurait voulu y réunir aujourd’hui.
- GROUPE SCOLAIRE
- Ce groupe est extrêmement remarquable, infiniment supérieur à ce qu’il était en 1879 et même fort au-dessus de l’exposition scolaire de Rouen, pour certains points au moins, au dire des personnes compétentes qui ont visité la nôtre et celle de'nos voisins.
- M. le rapporteur de ce groupe doit faire un travail d’une certaine étendue qui fera remarquer les progrès de l’enseignement dans le département de l’Oise; je me bornerai, seulement à signaler l’importance considérable des musées scolaires. La plupart renferment, à côté des collections générales qui conviennent à toutes les écoles indistinctement, les matières premières et les produits principaux de l’industrie ou de l’agriculture locales. Les instituteurs, j’en suis sûr, ne se bornent pas à ces exhibitions attrayantes pour l’œil : ils s’en servent utilement, ils donnent à leurs élèves des leçons pratiques sur ces objets, leur faisant connaître la provenance des matières premières, les diverses sortes de marchandises, les procédés de fabrication, les formes diverses que prend la substance pour parvenir à l’état parfait qu’exige la vente. Ils les préparent en. quelque sorte, à la vie de travail qui doit être celle des enfants confiés à leurs soins ; après leur départ de l’école, quand ils arriveront dans l’atelier, ces enfants connaîtront déjà les choses qui se présenteront devant eux; c’est presque tin premier apprentissage qu'ils auront fait ainsi sur les bancs de la classe.
- 11 en est de même pour les collections agricoles, et les instituteurs, en faisant examiner les différentes pièces du musée scolaire, donneront nécessairement aux enfants toutes les explications indispensables sur les diverses natures du sol de la commune, sur les engrais, les. céréales et plantes cultivées, les graines, les insectes nuisibles et utiles. Toutes ces choses nécessairement sont dites par les instituteurs à leurs élèves d’une manière simple et claire, n’allant pas au-delà de l’intelligence des enfants et restant surtout sur le terrain de la pratique. Ce sont de véritables leçons de choses, j’en suis convaincu, et non pas des leçons de mots. Si les musées scolaires ne devaient pas être les instruments de cet enseignement, ils seraient superflus; il ne faudrait pas les encourager.
- Ce n’est qu’en me plaçant à un point de vue essentiellement pratique que je me permettrai de juger les expositions des dessins du groupe
- Dimanche 23 Août i^85.
- scolaire, d’accord en cela avec M. Chevallier, rapporteur de ce groupe. Il en existe un certain nombre qui témoignent de la part des maîtres un esprit de méthode excellent et de la part des élèves des progrès incontestables. Mais, à côté de ces exhibitions, il en est d’autres qui montrent que l’enseignement du dessin a encore beaucoup à faire pour devenir pratique et utile .Tl ne faut pas oublier cjue la plupart des enfants qui fréquentent les écoles priniaires sont destinés au travail manuel, agricole ou industriel. Il ne conviendrait certainement pas de transformer nos écoles primaires en écoles professionnelles, mais il ne faut pas oublier que le dessin qu’il finit y apprendre doit être surtout celui qui convient aux ouvriers.
- Illaut accorder évidemment une large place au dessin artistique, surtout dans les pays où le travail local exige l’étude'des formes ornementales, mais le dessin exact doit être enseigné dans les parties qui touchent aux diverses professions du bâtiment, de l’industrie agricole et delà mécanique. Ily a quelques peintres, quelques sculpteurs, quelques ornemanistes dans certaines villes de notre région, mais il y a beaucoup plus de menuisiers, de charpentiers, de maçons, de mécaniciens et d’agriculteurs. C’est donc le dessin géométrique qui doit être montré aux élèves, dans ses applications principales aux professions usuelles exercées dans la campagne. Sous ce rapport l’Exposition de Beauvais présente ; cêrtaiiies lacunes que les jurys ont reconnues, et il n’est pas douteux que l’autorité universitaire n’arrive prochainement fit les combler, en faisant dans nos écoles normales une plus large part à cet enseignement., moins brillant que le dessin artistique, mais cependant d’une utilité plus générale.
- La France doit lutter énergiquement contre la concurrence étrangère ; elle ne le peut, comme vous l’a dit tout à l’heure M. le président du Comité général, qu’en augmentant la valeur professionnelle de nos ouvriers, qu’en, développant leurs moyens de travail, et le dessin' sérieux et pratique leur est absolument nécessaire pouf les mettre en état de soutenir la concurrencé de.s travailleurs de l’étranger. Il est la base de renseignement technique dont l’organisation est si nécessaire en France et dont je vous dirai quelques mots à la fin de ce rapport.
- SECTION INDUSTRIELLE
- . Cette section a été divisée en cinq groupes .
- i° Médecine, produits ’ alimentaires, boissons, industries physiques et, chimiques et éclairage ;
- 20 Industries métallurgiques et mécaniques, travaux, architecture et génie civil ;
- . 3°. Arts industriels et décoratifs, carrosserie, papiers peints, etc. ;
- 40 Tissus,-vêtements et accessoires ;
- 5° Arts de précision, électricité, armurerie et coutellerie, musique et librairie ;
- Il serait bien difficile, sans être trop long et fatiguer l’attention, de donner des détails sur les industries représentées, sur les produits remarquables offerts à l’examen des visiteurs et des jurys et sur les progrès réalisés par certains exposants. Toutes les industries du département ont été largement représentées. Toutefois,' .il convient de signaler particulièrement l’industrie céramique des carreaux et delà poterie qui a fait une exposition. remarquable, surtout celle du pays de Bray. Il faut regretter seulement que quelques industries spéciales au département n’aient pu se grouper comme Ta fait l’union céramique et n’aient été représentées à Beauvais que dans des proportions trop faibles.
- Un certain-nombre d’industriels de l’Oise, dont les vitrines ou les expositions ont attiré l’attention et l’admiration de tout le monde, ont été mis hors concours, Soit comme membres du jury, soit comme membres des comités, ainsi que l’indiquait le règlement de la commission des jurys et récompenses.
- C’est dans cette situation que se sont trouvés plusieurs manufacturiers ou industriels qui, sans cette circonstance créée par leur position spéciale dans les jurys ou comités, auraient certainement obtenu des diplômes d’honneur ou d’autres récompenses importantes.
- Les divers jurys industriels ont tenu compte, autant , que possible, de la nature et de la provenance des objets exposés, les distinguant autant qu’ils ont pu le faire, cherchant à récompenser surtout les produits fabriqués par l’exposant lui-même et en négligeant, ou faisant une part bien moindre, aux exposants qui ne sont que de simples intermédiaires.
- Il convient de signaler dans le deuxième groupe l’exposition de minéralogie technologique faite par le service des ponts et chaussées, qui renferme près de 800 échantillons de roches, sables, glaises et autres produits utilisés pour la construction ou l’entretien des voies publiques, pour l’architecture, l’industrie ou l’agriculture. Cette collection, fort intéressante, est appelée à rendre de grands services au département et aux particuliers. C’est l’une des premières de ce genre qui ait été recueillie en France pour le service d’un département.
- MM. les Jurés de ces cinq groupes ont demandé pourles collaborateurs principaux des divers expo-
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- Dimanche 23 Aou-t iSS5- — 271.
- sants, des médailles ou d’autres récompenses méritées par des services distingués ou de longue durée.
- Quelques-unes ont été données à des contremaîtres d’exposants hors concours, car il n’eût pas été juste de priver ces collaborateurs de récompenses méritées, parce que l’industriel se trouvait personnellement hors concours par sa situation spéciale dans l’exposition. On n’a fait d’ailleurs, dans cette circonstance, (jue se conformer au règlement.
- SECTION ÉTRANGÈRE
- Cette section, qui comprend 38 exposants, ne pouvait être très importante à l’Exposition de Beauvais. Cependant le Brésil y est admirablement représenté par le Centre da Lavoura e commercio qui nous.montre les échantillons divers des marchandises du grand empire sud-américain, notamment ses .bois, son maté et ses calés. La collection dès bois du Brésil, si nombreux et si variés, offre pour nos pavs un intérêt incontestable. L’ébénis-terie, la tabletterie, la brosserie y occupent de nombreux ouvriers et l’emploi des bois des bassins de l'Amazone et du Parana serait lort avantageux. Cette exposition peut donc ouvrir des débouchés nouveaux au Brésil et des ressources précieuses non encore utilisées aux iabricants de notre contrée. Que les efforts des représentants distingués du commerce brésilien nous servent d’exemple ! Ils ne reculent pas devant des déplacements et des dépenses qui peuvent avoir pour résultat le développement de.leurs affaires. Imitons-les donc, et cherchons comme eux a trafiquer plus largement avec l’étranger. 11 y a dans l’Amérique du Sud des populations" d’origine latine comme nous ; cherchons à établir avec elles des relations importantes ; elles peuvent nous offrir leurs calés et leurs bois ; livrons-leur en échange les marchan-. dises qui sont fabriquées dans notre département et qui peuvent leur convenir.
- De la sorte, la petite exposition étrangère de Beauvais n’aura pas eu pour unique résultat de nous mettre en rapport avec des étrangers distingués et sympathiques, elle pourra en avoir un autre, celui de nous créer des relations d’affaires dans des pays avec lesquels nous n’en avons pas encore suffisamment. ' :
- TRAVAIL INDIVIDUEL
- Le Comité général d’-organisation a pensé avec raison qu’il fallait dans-l’exposition de Beauvais faire une part aux travaux individuels des ouvriers du département de l’Oise. La grande et. la petite industrie ont, pour l’exécution de la plupart de leurs produits, les ressources merveilleuses de la mécanique et de la division du travaiL qui permettent de réaliser une grande économie dans la fabrication. Mais il ne faut pas délaisser les œuvres personnelles'des ouvriers, celles pour lesquelles ils n’ont eu à leur disposition que leur habileté de main et l’esprit inventif qui caractérise quelques-uns d’entre eux. Ils rapportent un contingent utile dans la production générale, ils peuvent par la nature même de ces travaux, qui tiennent toujours en éveil l’esprit de réflexion et d’attention, qui manque trop généralement chez l’ouvrier des manufactures, arriver à des découvertes ou à des procédés dont la grande industrie peut parfois faire son profit.
- Il est bon d'encourager ces sortes de travaux qui augmentent dans une mesure appréciable la valeur professionnelle des ouvriers et on doit seulement exprimer le regret de ce qu’un trop petit nombre de ces travailleurs isolés ait répondu à l’appel qui leur a été fait.
- Parmi les q!3 exposants de cette classe, il en est quelques-uns qui méritent une attention particulière et les jurés chargés d’apprécier leurs œuvres ont eu raison de les récompenser généreusement et d’accorder largement des récompenses à ceux qui, sans avoir produit des travaux remarquables, ont donné au moins des preuves de leur bonne volonté. Le jury supérieur n’a donc pas hésité à confirmer les propositions du jury du groupe ouvrier.
- SECTION FORESTIÈRE
- L’administration forestière a installé dans un chalet rustique, établi dans le parc de l’Exposition, une collection complète de tous les produits des bois et forêts, non seulement en nature comme bois de chauffage et de construction, mais sous les formes variées que leur donnent les nombreuses industries qui les utilisent. Les divers fabricants de bàtonnerie, de tabletterie, de layetterie et autres se sont fait un honneur de présenter dans ce chalet des spécimens variés de- leurs travaux.
- Plusieurs personnes y ont joint des collections d’histoire naturelle appliquée à la sylviculture, insectes utiles et nuisibles, bois attaqués par eux, curiosités diverses que présentent les ^arbres, etc., puis les“outils:en’ usagé ‘dans les forêts.’
- Au dehors, le chalet est orné de massifs d’arbres et d’arbustes et de plantes croissant spontanément sur le sol forestier de l’Oise, et comme annexes, la hutte d’un charbonnier et celle d’un fendeur de lattes.
- Un catalogue spécial détaillé, comprenant jg
- numéros, permettait aux visiteurs d’examiner utilement les nombreuses collections si bien rassemblées à l’intérieur par les soins intelligents et le zèle de messieurs les inspecteurs des forêts et de leurs agents. Le jurv a tenu à récompenser d’une manière spéciale l’administration forestière, ses agents supérieurs et inférieurs et un grand nombre des collaborateurs industriels qui ont participé à cette remarquable exhibition.
- SECTION COLONIALE
- L’Exposition de Beauvais est la première des expositions de provinces en France, qui aura eu l’honneur de comprendre une section coloniale. Nous la devons au ministère de la marine et des colonies qui a installe les collections intéressantes que renferme l’édicule élégant établi au centre de notre bâtiment principal. M. Albert Grodet, sous-directeur des colonies, a bien voulu s’en occuper particulièrement.
- Nous y voyons les spécimens des diverses marchandises fabriquées ou produits naturels que l’on peut tirer des colonies françaises. Toutes y sont représentées, aussi bien l’Algérie que la Cochin-chine et le Tonkin, nos possessions de l’Inde comme la Guyane et nos iles de l’est de l’Afrique aussi bien que les Antilles'et nos colonies océaniennes.
- Tous les échantillons exposés sont étiquetés avec soin, on peut y lire l’origine des produits, le prix de vente et l’usage des objets variés qui figurent dans les vitrines. La France a donc dans ses colonies des ressources variées qui peuvent enrichir. la Mère-Patrie et qui l’enrichiront certainement le jour où nous saurons en profiter en ne laissant pas aux étrangers les avantages qui nous viennent naturellement à nous Français, qui, pour créer notre empire colonial, y avons consacré pendant de longues années des sommes importantes.
- Cette collection curieuse a été examinée et étudiée avec soin par un grand nombrede visiteurs et il en résultera dans leur esprit cette pensée : que nous avons au-delà des mers des ressources dont nous devons tirer un meilleur parti. Elle fait voir à ceux qui sortent trop peu de notre pays, que nous avons beaucoup de richesses encore trop peu exploitées et-elle fera comprendre à tous, comme le disait récemment M. le président du Comité général, que l’avenir et la prospérité commerciale de la France sont liés intimement à une politique coloniale raisonnable et raisonnée.
- Le jury du groupe a .tenu'à récompenser non seulement1 le service des colonies, mais aussi les fonctionnaires qui ont pris part à l’organisation de la remarquable collection que nous avons tous admirée. ,
- Je dois terminer ce rapport général par un vœu : c’est qu’on s’occupe sérieusement en France d’organiser, ou plutôt de compléter l’enseignement technique. C’est le désir exprimé déjà pat-divers jurys d’exposition en plusieurs circonstances et notamment après les expositions de 1862, de 18,67 et de -1878.. Notre prospérité industrielle y est subordonnée, l’avenir commercial de la France s’y relie entièrement et, comme vous le disait tout à l’heure M. le président, il faut travailler incessamment, marcher incessamment, progresser incessamment, pour lutter contre la concurrence étrangère. Mais pour lutter, il faut avoir des armes défensives et offensives ,et ces armes, pour l’industriel, consistent surtout dans la valeur professionnelle des ouvriers, qui n’est établie que sur de sérieuses connaissances techniques. Or, en France, l’enseignement technique, à part quelques subventions accordées à des cours particuliers, organisés par des chambres de commerce ou- syndicales, n’est représenté que par le Conservatoire des arts et métiers, l’Ecole centrale, les trois écoles des arts et métiers et les écoles de Dellys et de Cluses. A part ces deux dernières très peu importantes, toutes ces écoles, excellentes sans contredit, ne produisent guère que des ingénieurs ; car, il faut le dire, les écoles des arts et métiers, organisées à la fin du .siècle dernier, par notre compatriote, M. le duc de La Rochefoucauld, pour faire des ouvriers d’élite, ne font guère, en réalité, que des dessinateurs, des directeurs et conducteurs de travaux ou des ingénieurs. L’État n’a donc, au point de vue de l’enseignement technique, que des écoles d’officiers ; or, ce qui manque dans l’industrie, comme dans l’armée peut-être, ce sont les sous-officiers. L’instruction technique officielle que nous avons est trop élevée pour les contre maîtres et nous avons suffisamment d’officiers industriels, mais les sergents et les sergents-majors nous manquent trop souvent, surtout en province. A Paris et dans _les_ grandes villes, je reconnais qu’il n’en est pas ainsi.^
- Les cours, les écoles techniques privées n y manquent pas, et plusieurs sont remarquablement . organisées ; ce sont les chambres de commerce, les associations industrielles ou_ les chambres syndicales qui les ont établies; mais, en dehors des grandes villes, centres principaux d’une industrie ou d'un commerce considérables, il n’y a rien ou presque rien et nos ouvriers ne trouvent pas. les éléments d’instruction pratique qu’ils devraient posséder.
- Peut-être même, en province, sommes-nous, sous ce rapport, dans une situation inférieure à celle du siècle dernier. Il y. avait alors des corporations ouvrières où l’enseignement technique était donné par les compagnons eux-mêmes, et il en résultait des travaux dont nos musées et les collections précieuses des amateurs nous présentent des spécimens admirables.
- Consultez les vieux architectes, par exemple, et demandez leur si, dans les petites villes, la valeur professionnelle des ouvriers du bâtiment s’est augmentée ; demandez aux vieux charpentiers combien il y a encore, parmi les ouvriers d’aujourd’hui, de jeunes gens connaissant cet art du trait qui est la base de la profession. Certes on trouve çà et là quelques travailleurs qui, quoique réduits à leurs ressources personnelles, sans instruction technique raisonnée, arrivent à faire des choses fort remarquables ; mais ce sont de ces rares esprits réfléchis, studieux, qui se perfectionnent eux-mêmes, qui ont l’esprit inventif et qui trouvent et réalisent des progrès dans leur profession. Mais ces sujets distingués , fort rares, trop rares même pour les industriels qui les recherchent, seraient arrivés plus vite et plus haut si l’instruction technique ne leur eût pas manqué aux débuts de leur carrière.
- Tout récemment, il a été préparé un projet d’organisation de l’enseignement technique en France, par la création d’écoles d’apprentissage, de nouvelles écoles centrales, en faisant remarquer que nos diverses écoles techniques ne renferment que 700 élèves, et que les écoles polytechniques d’Allemagne, qui sont des écoles industrielles, en renferment plus de 6,000. Mais il y avait peut-être encore dans ces projets un peu trop de l’esprit centralisateur et administratif qui reporte tout à l’État; et pour les réaliser on aurait du faire des frais immenses, construire ces écoles dans les differentes régions industrielles et payer un personnel considérable. Cela se serait traduit par de très nombreux millions et ne pourrait se réaliser à une époque où l’opinion publique pousse avec raison nos gouvernements dans _ la voie des économies. Mais, est-il bien nécessaire de faire tant de dépenses pour améliorer notre enseignement technique ? Ce que l’Etat ne peut pas faire ou ne peut exécuter qu’à.grands, frais, les particuliers ou les associations industrielles ou commerciales, les municipalités même, peuvent le réaliser bien plus économiquement, avec l’aide d’un concours pécuniaire de l’État, bien entendu. Est-il bien utile d'avoir des constructions luxueuses. et un personnel administratif pour une école technique? Est-ce qu’une pièce libre dans une usine, un atelier, une salle de bâtiments communaux ne suffisent pas ? Ce qu’il faut dans ces écoles de sous-officiers industriels, ce sont des professeurs pratiques, des collections, et un atelier ou laboratoire. Les principaux industriels d’une région, les chambres de commerce ou consultatives des arts et manufactures, les associations d’ouvriers, les municipalités peuvent facilement créer ces cours et ces écoles en les mettant en rapport avec l’industrie locale, en les faisant servir, non seulement aux jeunes gens, mais aux ouvriers de tout âge qui voudraient se perfectionner dans leur profession. L’État n’aurait à s’en préoccuper qu’-en accordant des subventions. Supposons qu’en France ces écoles, ces cours techniques dus à l’initiative privée, puissent compter sur les encouragements pécuniaires de l’Etat; les professeurs sérieux ne manqueraient pas, car il y a bien des ingénieurs, bien des artistes occupés dans les manufactures qui pourraient faire d’excellents professeurs, et d’autant meilleurs que leur théorie s’est modifiée et simplifiée par la pratique et que, par cela même, ils seraient mieux compris des ouvriers.
- Il n’y a dans ces idées rien de bien neuf du reste, puisque l’État donne aujourd’hui déjà des subventions à un certain nombre d’écoles privées. Qu’il augmente ces subventions dans une très large mesure, en encourageant l’initiative des industriels et commerçants, et en quelques années un enseignement technique sérieux sera créé en France. Il vaudrait mieux distribuer un ou deux millions de subvention à 4 ou 5oo cours ou écoles libres fondées par les industriels, les associations ou les municipalités, que d’avoir pour la même somme 6 ou 8 écoles régionales dont les constructions seules coûteraient peut-être une trentaine de millions. Pas de irais de construction, pas de ces règlements uniformes qui sont la mort du progrès, pas de frais d’administration, mais de simples subventions aux initiateurs, c’est-à-dire des résultats avec de faibles dépenses.
- 4 ou 5oo cours ou écoles subventionnées, mais libres dans les formes de leur enseignement qui serait toujours subordonné aux nécessités des industries locales, queues industriels connaissent toujours mieux que l’État, pourraient facilement avoir 20,000 élèves ouvriers et nous donneraient bientôt les sous-officiers qui nous manquent.
- Faire je plus possible avec peu d’argent doit être l’objectif du gouvernement comme des particuliers ; il faut pour cela laisser à l’initiative pri-
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- 272 et 278.— Première Année,
- N° 84,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 23 Août 188b
- EXPOSITION D’ANYERS
- VUE DE LA GALERIE DES MACHINES
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- 274- — Première Année — N° 84.
- vée toute la latitude nécessaire et l’encourager plutôt que de l’entraver.
- Mais, je m’arrête dans ces considérations ; leur développement ne serait pas de circonstance aujourd’hui et j’aime mieux laisser la parole à M. Chevallier-Boivin, ingénieur des arts et manufactures, secrétaire du Comité des jurys et récompenses, qui nous a prêté un concours aussi dévoué qu’éclairé, pour donner lecture de la liste des diplômes, médailles et mentions honorables, que les divers jurys ont accordée,aux exposants.
- PARIS
- UNE PROMENADE A L'EXPOSITION DU TRAYAIL AU PALAIS DE L'INDUSTRIE
- C’est toujours un spectacle attrayant et digne du plus haut intérêt de voir réunis dans une même enceinte les divers produits de l’industrie humaine. C’est une douce satisfaction pour l’esprit cultivé de pouvoir constater les progrès réalisés par l’intelligence de l’homme, dans sa lutte incessante contre la matière.
- Qui pourrait rester indifférent à la vue de ces instruments de tous genres, de ces machines puissantes, auxiliaires aussi ingénieux que féconds du travailleur, de ces objets d’art, véritables chefs-d’œuvre de patience, dont la perfection le dispute à Lr grâce et qui réflètent si puissamment l’idée générale qui les a conçus et l’adresse de la main qui les a exécutés.
- La première impression qui frappe le spectateur en entrant dans le palais de l’Industrie, c’est la simplicité unie à l’élégance. Une précision mathématique a présidé à l’emménagement de tous ces objets si divers, si disparates. Tout est arrangé, divisé, classé avec goût.
- Ce premier article n’étant qu’une entrée en matière, une sorte de coup d’œil jeté sur l’exposition, nous n’entrerons dans aucun détail technique, nous réservant de revenir sur les principales branches du travail qui y sont représentées.
- Nous n’étonnerons certainement pas le lecteur en disant que les machines sont nombreuses et qu’elles donnent une excellente idée des progrès que cette industrie a réalisés chez nous depuis quelques années.
- Parmi les inventions les plus curieuses, il faut citer, en premier lieu, le chemin de fer à rail unique surélevé, de M. Lartigue.
- Un chemin de fer roulant sur un seul rail, cela paraît invraisemblable, presque impossible, n’est-ce pas? Eh bien! cependant, on est frappé delà simplicité de l’invention, quand on se trouve en face du système exposé par M. Lartigue.
- Il est incontestable que les chemins de fer à voie étroite constituaient un progrès sur les anciens modes de transport par voie ferrée, mais il est évident que le chemin à un seul rail serait en quelque sorte l’idéal du genre,-car il se prêterait plus facilement à toutes les courbes et à toutes les sinuosités du terrain.
- Nous allons donner une courte description de l’invention de M. Lartigue.
- La voie se compose d’un rail unique : au lieu de reposer sur le sol, il est en l’air, supporté de distance en distance par deux poteaux de fer réunis à leur sommet en forme d’A*, et perçant le rail à leur extrémité supérieure, au moyen d’un boulon. Ces supports reliés entre eux à leur base par une traverse métallique sont fixés par deux broches enfoncées dans le sol.
- Le rail est formé d’une bande d’acier d’une grande flexibilité horizontale et d’une grande rigidité verticale. Il est divisé en segments de 3 mètres, de sorte que le transport et la pose en sont faciles et n’exigent pas le concours d’ouvriers spéciaux. L’assemblage se fait au moyen d’éclisses que chaque rail porte à son extrémité.
- Il nous reste maintenant à expliquer comment le train circule sur cette voie étroite.
- Il roule, en quelque sorte, à cheval sur le rail. Les récipients destinés aux marchandises ou les wagons pour les voyageurs sont suspendus de chaque côté, au moyen d’une ou de plusieurs roues à gorge situées à la partie supérieure. Ces roues sont fixées par une cheville ouvrière à un bâti en fer, de chaque côté duquel descendent deux bras semblables à ceux d’un bât de mulet, et supportent soit de simples cacolets, pour le transport du bois ou d’autres matières, soit des wagonnets pour le transport des voyageurs.
- Rien de pittoresque comme ce train circulant, ainsi suspendu sur un rail unique. L’équilibre s’établit facilement et, pour ainsi dire, de lui-même, car le centre de gravité est situé bien au-dessous du point de suspension. En mas de chargement d’urp seul côté, il est maintenu par des galets placés à la partie inférieure du véhicule et glissant sur des bandes de fer fixées aux supports.
- Nous reviendrons sur cette ingénieuse invention dont'l’application est aussi facile qu’économique, et permet de se jouer des difficultés de terrain, qui constituent parfois un obstacle presque insurmontable pour les voies ferrées ordinaires.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 23 Août i885
- Puisque nous parlons des chemins de fer, nous devons aussi signaler le chemin de fer aérien de MM. Mélinaire frères. C’est le projet de création du métropolitain qui a fourni à MM. Mélinaire l’idée de leur chemin de fer aérien.
- L’ensemble de l’ouvrage représente un viaduc métallique continu, à deux étages superposés reposant sur une série de piliers fixés dans le sol. L’espace libre entre ces piliers est de 5o mètres environ, mais il peut être élargi suivant les nécessités. Les travées du viaduc, d’un point à l’autre, sc composent de deux poutres de rives de 5 mètres de hauteur composées de tôles, cornières et croisillons en fer dont les sections ont été données par les calculs de résistance. Ces poutres de rives sont solidement entretoisées par les deux planchers qu’elles ont à porter et forment un tunnel offrant une disposition des plus résistantes ; la partie supérieure est couronnée d’un garde-corps pour la sécurité des. voyageurs appelés à parcourir la voie.
- La largeur du viaduc prise à l’extérieur des poutres est de 3lu5o au minimum, et peut être augmentée si on le juge à propos.
- Nous n’avons pas besoin de dire que le modèle qui figure à l’Exposition n’a pas les dimensions que nous venons de donner. MM. Milinaire frères ont employé des dimensions plus restreintes, afin de démontrer la possibilité d’établir ces voies aériennes en n’occupant relativement que très peu de place tant en élévation que sur le sol.
- Afin de permettre la libre circulation des voitures de toutes sortes sous le viaduc aérien, les constructeurs ont eu soin de l’élever à une hauteur minima de 5 mètres qui sera susceptible d’être augmentée ou diminuée suivant le nivellement du terrain.
- Certes, on ne saurait nier que ce projet présente de grands avantages. Cette voie aérienne supportée par d’énormes piliers étayant plusieurs étages superposés, étonne par. sa hardiesse, et cependant elle offre des garanties incontestables de solidité. 1
- On peut dire que MM. Milinaire frères ont peut-être trouvé le moyen le plus pratique et le moins coûteux de réaliser le projet de création d’un chemin de fer métropolitain.
- Etienne Mansuy.
- LE
- CONGRÈS DES CHEMINS DE FER
- Le Congrès des chemins de fer convoqué à Bruxelles à l’occasion du cinquantenaire des chemins belges, s’est réuni le 8 août, au palais des Arcades. Il a été installé solennellement par le ministre des chemins dè fer, M. Vandenpeerebom, qui, pour l’inauguration, a prononcé un excellent discours consacré naturellement à célébrer les progrès accomplis par la jeune Belgique, en matière de voies ferrées. Mais ce n’est que le lundi 10 août, que le Congrès a commencé à siéger utilement, pour clore sa session le i5 ‘août. ..La semaine a été bien remplie et les congréssistes, comme l’on dit à Bruxelles, ont eu le b'on esprit de couper la monomanie des séances par de nombreuses et instructives excursions à Anvers , Cb.arle.roi , Couiilet et Liège, autant d’occasion à banquets plantureux où les bons Belges ont saturé leurs hôtes de bière blonde, sans oublier le champagne mousseux, savez-vous !
- - La présidence du Congrès avait été dévolue, par acclamation, à M. Fassiaux, secrétaire général du département des chemins de fer. Il y avait, en outre , cinq vice-présidents : MM. Brame, inspecteur général des mines (France) ; Adrew Fairbain , administrateur du Great Northern Railway (Angleterre); Thielen, président de la direction royale des chemins de fer de l’État prussien ; Van Kerkwgk, membre de la seconde chambre des États généraux des Pays-Bas ; et de Werchovsky, conseiller d’État russe.
- La France était encore représentée par MM. Matrot, chef de l’exploitation des chemins de l’Etat ; Griolet, administrateur de la Cic du Nord y Emile Level, directeur de la Société Générale française des chemins de fer économiques ; M. Picard, directeur général des chemins de fer au ministère des travaux publics s’était fait excuser.
- L’assemblée s’était subdivisée en quatre sections.
- L’ordre du jour du Congrès comprenait l’exa-. men de douze questions qui étaient d’abord étudiées séparément par chacune de ces. sections.
- Dans chaque section, un rapporteur était chargé d’élaborer par écrit les solutions proposées, après quoi la discussion était introduite en réunion plénière.
- La première question du programme était la suivante :
- Quels sont les types des voies ferrées le mieux appropriés aux diverses lignes, suivant leur nature et leur importance ?
- Les traverses en bois seront-elles remplacées par des traverses .en fer? Problème capital pour la métallurgie belge, que la substitution de l’acier au
- fer, dans la confection des rails, a réduite aux abois et qui serait heureuse de voir adopter, sur les railways, les traverses métalliques en remplacement des traverses en bois dont le prix augmente chaque jour.
- Le rapport de M. Lebon, au nom de la première section, condamne les voies sur longrines métalliques ; quant aux traverses, son avis est qu’au point de vue technique, les voies à traverses métalliques peuvent soutenir la concurrence avec les voies à traverses en bois, aussi bien sur les lignes très fatiguées que sur celles qui le sont moins ; au point de vue financier la concurrence est encore possible. La comparaison avec la voie à traverses en bois devra cependant être faite dans chaque cas particulier. La section n’entend pas se prononcer sur le meilleur support métallique ; elle déclare seulement que la voie doit être plus fortement constituée sur les voies principales et très fatiguées et sur les lignes stratégiques, que sur les lignes secondaires et moins fatiguées. On peut trouver un support métallique qui résiste aussi bien que la traverse en bois ; voilà le principe. Il y a lieu de comparer dans chaque cas; voilà le fait. Ces conclusions finissent, après une chaude discussion, par-être adoptées, malgré une demande de renvoi à la Commission formulée par M. Level.
- 'La deuxième question comporte l’examen et la discussion des • méthodes pratiques qui ont été proposées pour comparer, sous le rapport des dépenses de construction et d’exploitation, divers projets d’un même chemin de fer conçus dans des conditions différentes de tracé et de profil. Les conclusions du rapport de M. Gérard, ingénieur de l’Etat belge,'au nom de la première section, sont adoptées sans débat.
- Nous n’entrerons pas dans les développements trop techniques et trop ardus ,que M. Gérard a donnés à son rapport.
- La deuxième section s’est occupée des principes à observer dans la construction du matériel roulant afin d’en faciliter et d’en réglementer l’échange.
- On sait qu’une conférence s’est réunie à Berne en 1882 et a déterminé les conditions techniques que doit remplir le matériel roulant des chemins de fer servant au trafic international. Les Etats qui étaient représentés à la conférence ont adhéré à ces conditions ; l’adhésion des pays non représentés à Berne suffirait pour donner aux résolutions prises le caractère général qui leur manque.
- Le vœu formulé par la deuxième section en faveur de cette adhésion est adopté par l’assemblée plénière, après une discussion provoquée par le délégué autrichien. M!. de Leber, à propos de la surcharge mobile exercée par le matériel roulant sur les rails et les ponts , surcharge qui détermine un fâcheux antagonisme entre les ingénieurs de la traction et ceux de la voie et des ponts métalliques.
- Nous examinerons dans notre prochain numéro toutes lés autres questions qui ont été traitées par • le Congrès.
- É CHGS
- Paris
- La. réouverture des salles de sculpture antique au Louvre se poursuit activement.
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- M ¥•
- Le peintre Munkasey,dont on a admiré le Christ deoant Pilate, et le Calcaire, travaille en ce moment à une nouvelle toile qui sera intitulée Les derniers moments de Mosart.
- Départements
- Le congrès de l’Association 1 française pour 1’avancement des sciences est réuni en ce moment à Grenoble.
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- * Y
- Le congrès universel d’alimentation aura lieu à Bordeaux, au palais Gallien, du 26 août au 4 septembre.
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- M •¥•
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition de moteurs et machines d’exploitation pour la petite industrie a été ouverte à Nuremberg au commencement du mois.
- Le but que se proposaient les organisateurs peut .se résumer ainsi : mettre en lumière les immenses progrès réalisés dans l’industrie des machines depuis quelques années, l’influence qu’ont eue ces progrès sur la production en général, et la possibilité pour la petite industrie de prendre place à côté de la haute industrie. La première section, très intéressante, comprend les moteurs à vapeur, à gaz, à air chaud, hydrauliques, à pétrole ; la deuxième section, lés machines et instruments divers pour le travail Qu bois; et la troisième section, les ouvrages en métal. Une division spéciale est consacrée aux machines accessoires, aux appareils de sûreté, aux installations modèles, etc. On nous signale une machine à bâcher la viande, sortant des ate-
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- Première Année.
- N° 34.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Août 188b. — 275.
- Tiers do M. Soliott, à Kirchiem et pouvant fournir 75 kilogr. à l’heure.
- Une exposition permanente sera formée avec lés objets les plus remarquables de l'exposition actuelle, et annexée à l’école professionnelle de la ville.
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- La distribution solennelle des récompenses de l’exposition des Arts du métal à Nuremberg' aura lieu le 25 août. Seront décernées aux exposants français, trois premières médailles d’or, et deux premières médaille d’ar'g-cnt. O1111e peut que regretter l’abstention presque complète de nos compatriotes.
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- Nous avons annoncé dans un précédent numéro, l’ouverture à Dresde d’une exposition internationale d’horticulture, eu 1887. Elle aura lieu du 14 au 22 mai.
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- Angleterre
- La liste des récompenses do l’exposition internationale des inventions à South-Kensington (Londres) vient de paraître. Ont été décernés : 235 médailles d’or, 438 médailles d’argent, 515 médailles de bronze, et 24 diplômes d’honneur.
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- Autriche - Hongrie
- Le Club des aquarellistes, récemment ‘fondé, procédera à sa constitution définitive, dans les premiers jours'du mois d’octobre. Les travaux, préparatoires pour l’organisation de la première exposition du Club, commenceront immédiatement, l’ouverture devant avoir lieu du 20 au 25 décembre.
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- On a déterré il y a quelques jours à Althofen (Carinthie), une importante collection do monnaies romaines (depuis Nerva jusqu’à Lucius Nerus) qui a été déposée dans les galeries de la Société Carinthienne d’histoire.
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- La Société d’horticulture de Vienne est sur le point de reviser ses statuts. Ses membres seront prochainement convoqués à cet effet en assemblée generale.
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- Amérique du Sud
- L’explorateur français, A. Thouar, qui a effectué en 1883, la traversée de l’Amérique du Sud, de l’océan Pacifique à l’Atlantique, par la vallée du Pilcomayo, dans le but de rechercher les restes de la mission Grevaux, vient de soumettre aux gouvernements de la Bolivie, du Paraguay et delà République argentine,un projet déroute par le Iriloomayo, qui faciliterait, dans une large mesure,les relations commerciales entre les trois Etats.
- Asie Centrale
- Le chemin de fer russe sera terminé jusqu’à Askhabad dans le courant du mois d’octobre.
- A
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- Belgique
- Le Congrès international des chemins de fer a clôturé ses séances le 15 août.
- •A:
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- Le Congrès pour la représentation proportionnelle (Anvers, 8 août) a également terminé ses travaux par le vote de l’ordre du jour suivant
- La conférence internationale pour la représentation proportionnelle, réunie à Anvers, décide :
- 1° Que la majorité absolue viole le, principe de la liberté de l’électeur, provoque la fraude et la corruption, et peut donner la majorité de la représentation à la minorité du corps électoral ;
- 2° La représentation proportionnelle est le seul moyen d’assurer le pouvoir à la majorité réelle, le contrôle aux minorités, et la représentation exacte de tous les groupes sérieux du corps électoral ;
- 3° Pour l’appréciation des nécessités de chaque pays, le système delà concurrence des listes, avec un"chiffre répartiteur, marque un progrès considérable sur les systèmes précédemment proposés et constitue un mode pratique et rigoureux de réaliser la représentation proportionnelle.
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- . I,a promenade du cortège historique, organisé à, l’occasion du cinquantenaire des chemins de fer belges, et dont nous avons donné le programme, a eu lieu le dimanche 10 août, avec un immense succès.
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- États-Unis
- Le New-York-World a terminé sa souscription pour l’érection du piédestal de la statue la « Liberté »
- La somme fournie par 120,000 souscripteurs s’élève 102,00G dollars.
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- Un peu de statistique.
- Il y a 20 ans que la première source de pétrole
- fut découverte en Pensylvanis, et que commença l’exploitation. La production atteignit dès la première année 82,000 tonnes, chiffre colossal pour l’époque, et q ans après, en 1801, elle s’était élevée jusqu’à 2,110,182 tonnes par an, soit 4,785 tonnes par jour. De 1801 à 1871,1a production annuelle atteignit 5,030,827 tonnes, soit 15,448 tonnes par jour, et s’éleva dans la période décennale 1874-84, jusqu’à 51,884 tonnes par jour. Le chiffre le plus élevé avait été atteint, en août 1882, avec 110,000 tonnes par jour.
- Dès lors, l’épuisement des sources les plus riches, la réduction des prix de vente, et la concurrence faite sur les marchés européens par les pétroles caucasiens, amenèrent une diminution considérable dans la production qui n’était plus que de 04,000 tonnes au 31 décembre 1884, et s’est abaissée à 50,173 dans les cinq premiers mois de 1885.
- Fait intéressant à noter : la consommation du pétrole dans le monde entier a sans cesse été en augmentant.
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- Égypte
- Voici, l’ordre- dans lequel seront réglées les indemnités du bombardement d’Alexandrie : iygypte, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark , Espagne, France , Angleterre , Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suède et Norvège.
- LÀ QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 16 Août i885).
- L’industrie,, de meme que l’agriculture, doit être considérée comme le premier élément de la fortune et des revenus de l’État, car elle partage avec elle le soin de pourvoir aux besoins de la population. •
- Aussi, il est hors de doute qu’elle peut avoir une influence salutaire sur le développement de la civilisation et du bien-être des peuples. Mais, pour cela, il faut qu’elle remplisse deux conditions :
- Qu’elle multiplie, dans la plus large mesure, ses produits usuels, destinés à la consommation domestique ;
- 20 Que les prix de ces produits soient le plus bas possible.
- De ces deux conditions, la deuxième n’est, pour ainsi dire, que le.corollaire de la première, car il est évident que, si les produits de première nécessité abondent sur le marché , leur prix devra nécessairement éprouver une baisse proportionnelle à leur multiplicité. Un produit rare est un produit non avenu, parce que les riches seuls peuvent se le procurer et que, les grandes fortunes étant l’exception, il devient un objet de luxe et, par conséquent, le plus souvent inutile.
- Il faut bien reconnaître que, depuis un demi-siècle, nous nous sommes montrés peu soucieux d’observer ces règles économiques. Toujours âpres au gain et désireux, avant tout,, de faire une fortune, rapide, sans scrupule sur les'moyens, nos industriels, en hommes qui connaissent leur époque, se sont occupés, surtout, de sacrifier au goût frivole de la mode. Tout n’est qu’apparat et clinquant, mensonge et filouterie; la sophistication, .dans certaines industries, est devenue un métier lucratif, sous l’oeil du gouvernement, qui laisse faire. Un produit prôné par la réclame a-t-il enrichi, un fabricant, aussitôt tous les efforts industriels, se portent de ce côté et l’on voit surgir, du jour au lendemain, une foule de concurrents qui vendent un produit similaire frelaté. Naturellement , c’est le consommateur qui est dupe de la fraude et qui la paie de son argent et de sa santé. Mais il arrive parfois qu’il est vengé et .que le commerçant rapace et malhonnête est ruiné par la concurrence que lui font d’autres industriels encore plus coquins que lui. Ce crescendo dans le mal n’a pas de limite ; Il atteint parfois des hauteurs, réellement fantastiques. C’est ainsi que l’on voit journellement des misérables vendre , sous le nom de vin un ingrédient dans lequel il n’entre pas un grain de raisin, mais où, par. contre, la fuchsine et autres poisons plus ou moins lents jouent un grand rôlê. Quand, par hasard, ces voleurs et ces empoisonneurs sont troublés dans leur trafic odieux et traduits devant la justice, ils en sont quittes, le plus souvent, pour une légère amende ou quelques jours de prison, tandis que l’on inflige tranquillement plusieurs mois delà même peine à l’ouvrier sans travail et sans ressources que la faim pousse à dérober un morceau de pain à l’étalage d’un boulanger pou rie donner à ses enfants qui meurent d’inanition.
- Il n’est que trop prouvé, aujourd’hui, que l’industriel et le commerçant, comme le brasseur d’afiaires, s’en tiennent à'ia brutalité du fait et ne sont guidés que par l’amour de l’argent. L’aspect de i’.orles fascine, il étouffe en eux tout sentiment généreux et éveille la convoitise. Ce qui les touche
- par-dessus tout, c’est la réussite d'une spéculation ou le désastre d’une mauvaise affaire. Toutes leurs pensées, tous leurs désirs, toutes leurs actions convergent, vers ce but: faire une fortune rapide. Ils pourraient, en restant probes et honnêtes, acquérir l’aisance, même la richesse. Mais, pour cela, il faudrait travailler plus longtemps, trente ans ou quarante ans.peut-être ; ils préfèrent être malhonnêtes et faire fortune en dix ou quinze ans.
- Dans toute affaire, la première question que l’on se pose invariablement est celle-ci : Combien cela pourra-t-il rapporter ? Tant. Mais avec un peu d’habileté, c’est-à-dire en fraudant, ça rapportera un tiers de plus, et l’on trompe sans pitié et sans remords sur la qualité et sur la quantité, en se disant hypocritement à soi-même : il n’y a pas de petite économie; il faut bien que je vive.
- Eh bien ! non, ils ne sont pas, ils ne peuvent pas être honnêtes, l’industriel et le commerçant qui trouvent moyen, en quelques années, d’acquérir une fortune scandaleuse.
- Des hommes politiques et quelques économistes ont prétendu que la crise industrielle n’a pas d’autre cause que l’excès de production et. que ce phénomène peut se présenter après chaque période de quinze ou vingt années., suivant que la superproduction est plus ou moins importante.
- Cette explication est peut-être fort ingénieuse, mais elle manque absolument de sérieux et n’explique rien du tout.
- a pu y avoir excès de production, mais, à coup sûr, ce n’a pas été pour les produits usuels. Cet excès — si tant est qu’il existe réellement — a porté uniquement sur les produits deluxe et de fantaisie qui, n’étant pas d’un usage constant et général, sont à la merci des caprices de la mode.
- On a défini la production : création d’utilité publique. A notre avis, le mot création n’est pas ici à sa place. C’est transformation qu’il eût fallu dire, car l’industrie ne crée rien dans le sens strict du mot, elle ne fait pas autre chose que transformer la matière en l’adaptant aux divers usages de l’homme. Cependant, nous ne voulons pas chicaner sur ce mot et nous l’acceptons avec la signification que l’on y attache.
- La production ayant pour objet l’utilité publique, c’est-à-dire de la grande masse de la nation, il est indispensable pour qu’elle atteigne ce but que les produits soient abondants et à bas prix. Nous savons bien que l’intérêt du consommateur et celui du producteur se contredisent et que-cet antagonisme est vieux comme le monde, mais il ne.faut pas oublier que la production a pour fin unique les besoins de la consommation et que, par conséquent, elle dévie de son but quand ses produits de première nécessité se vendent à un prix trop élevé pour la classe ouvrière.
- Qu’importe que les récoltes aient été abondantes, que les distances soient rapprochées par la vapeur, et que l’industrie réalise des merveilles, si le travailleur paie aussi cher les choses nécessaires à la vie que s’il y avait disette. Ce qu’il désire, avant tout, c’est que le vivre et le loyer soient à bas pris. Pour lui, voilà le véritable progrès économique.
- L’industrie a beau être toute puissante et multiplier ses moyens d’action et ses produits, si elle n’a en vue que l’intérêt imrnédiat et prépondérant du producteur,, elle poursuit un but antisocial, devant nécessairement aboutir à des mécomptes et à des crises économiques. Cela est inévitable.
- Il suit de là que quand un gouvernement ne consulte, dans la confection des lois et des traités de commerce, que l’intérêt immédiat de la production, il consulte un intérêt antisocial.
- Son devoir est de s’inspirer exclusivement de l’intérêt immédiat de la consommation, car, en agissant ainsi, il sert l’intérêt général de la nation et non plus celui d’une classe de citoyens.
- (A suivre.) E. Mansuy.
- LES LIVRES
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- Olivier de Magny ( 15ug-1561 ). Etude biographique et littéraire par Jules Favre, professeur au lycée Henri IV. — Garnier frères, libr.-éditeurs, un vol. in-8.
- Voilà un de ces.livres comme nous les aimons, de ces premiers livres, trop souvent uniques, où un jeune et brillant professeur qui aspire au doctorat entasse avec profusion et dispose avec amour les matériaux de quelque monument biographique et littéraire et cisèle curieusement et pieusement le piédestal d’une statue parfois un peu disproportionnée, un peu trop plus' grande que nature. Livres le .plus souvent profanes par leur sujet mais sacrés a nos yeux parce qu’ils contiennent la premièi e fleur ^ ci un esprit, h? première promesse d un talent, qu ils respirent l’ingénuité d’ambition de la jeunesse, la joie mélancolique des travaux disputés au devoir, lentement achevés, de ces travaux de consolation et d’espérance qui portent avec eux parfois la fortune et comme l’enjeu de toute une vie. Livres enfin qu’on ne fait qu’une fois, avec la conscience, la minutie candide, l’ardeur de. tout savoir, le besoin de tout dire qui caractérisent tout auteur à ses débuts, comptant
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 2 3 Août i88b.
- avec une confiance rarement trompée sur l’indulgence du public, car il est plus fin qu’on ne pense et pieilleur aussi qu’on ne croit, le public. Il a pour le premier livre et pour le dernier ce respect attendri qu’inspirent toutes les aurores et tous les déclins. Il sait dans les deux cas qu’on ne recommencera pas. Il sait ce qu’a coûté de peines et de veilles le plaisir naïf de ce premier déballage un peu trop étoffe, étalé, de sa marchandise. Il pardonne, indulgent à ces débauches d’érudition, g ces luxes et à ces profusions d’un esprit, à ses premières fleurs et à ses premiers fruits. Il sait bien qu’on n’y reprendra plus l’auteur, que l’art et la vie lui apprendront « que ce n’est pas tout que d’avoir des qualités, qu’il faut encore en avoir l’économie », comme a dit Vauvenargues.
- Ce que nous disons là, nous le disons pour le premier livre en général de tout écrivain, et nous l’avons volontiers avoué pour le nôtre, pour tous ces livres trop pleins, où la moisson accumulée fait craquer le grenier menacé de crever. Nous ne le disons pas du livre de M. Jules Favre, qui nous semble au contraire avoir échappé au danger commun et au reproche commun. Son livre est à la fois un livre de jeunesse, eu égard à son âge, et un livre de maturité, eu égard à son esprit. Il est conçu sur un plan régulier qui accuse l’habitude des ordonnances académiques. Il est d’une abondance de renseignements qui n’a rien de stérile. Le style est sage et discrètement orné, comme il convient à la qualité de l’auteur et au sujet. Ce sujet, sur lequel l’auteur dît tout ce qujil faut, tout ce qu’on peut souhaiter, et ne dit rien de trop, échappant ainsi, avec une finesse précoce,^ à ce piège du superflu nécessaire où l’on tombe, à son premier livre, si volontiers, ce sujet est bien étroit en soi. Il a fallu une grande, habileté pour en élargir le cadre aux dimensions d’un tableau d’histoire littéraire, et y bien placer à son point, à son plan e.t mettre dans un heureux relief la figure d’un poète non de la Pléiade mais de la Brigade d’ou sortit la Pléiade, mort à trente ans avant d’avoir donné sa mesure, vidé son carquois. Il put pourtant, dans sa courte carrière, faire preuve d’ un talent incontestable, d’une certaine originalité. L’élève de Ronsard, l’émule de Du Bellay eût pu devenir leur égal. Il brille au second rang d’une gloire un moment éclipsée, dont son biographe a heureusement ranimé le mourant éclat, restauré l’autel, reverdi le laurier, comme on disait du temps d’Olivier de Magny.
- L’auteur des Amours, des Souspirs, des Gayeley et des Odes, inférieur de beaucoup à Ronsard et à Du Bellay, égale Remi Belleau et Baïf et laisse loin derrière" lui Pontus du Thyard et Dorât. Longtemps oublié ou méconnu, fi a été remis en lumière grâce à un mouvement de réparation commencé par Sainte-Beuve, continué par MM. Turquety, Prosper Blanchemain et Courbet et sa mémoire sourit, à jamais consolée, au monument définitif que M. Jules Favre vient de consacrer au poètecadurcien, honneur littéraire, avec Marot, de la vieille capitale du Quercy.
- Nous ne saurions suivre cet intéressant et attrayant ouvrage,' d’une mesure et d’une sûreté critique très remarquables, dans le détail des aventures et mésaventures de son héros, dans le détail de ses consciencieuses et sagaces analyses.
- Nous ne pouvons que signaler au public lettré et recommander pour notre humble part aux suffrages de l’Académie un travail des plus méritoires", des plus substantiels, qui, pour sonsujet, a épuisé la matière et pour son héros est le titre, le brevet définitif. Nous avons trouvé un grand charme de récits, un art expérimenté de peintre de plume dans les chapitres où M._ Jules Favre raconte l’enfance et la jeunesse d’Olivier de Magny, son voyage et son séjour à Paris et à Rome. Nous aurions souhaité qu’il trouvât plus de renseignements sur la fin de la courte vie d’Olivier de Magny qui demeure pour nous, malgré ses efforts, un peu obscure et mystérieuse. Nous aurions souhaité aussi que le curieux chapitre où il étudie et discute la nature des relations d’Olivier de Magny avec Louise Labbé l’amenât, non à une conclusion plus décisive, puisque le biographe de Magny se porte chêvaleresquement pour champion de la' vertu intacte et de l’honneur conjugal sans tache de la belle Cordière lyonnaise, mais à une conclusion plus justifiée aux yeux des incorrigibles sceptiques qui doutent encore, et non sans quelques raisons aussi de douter. M. Jules Favre a invoqué, en faveur de la vertu de Louise Labbé et de. l’hermine sans tache de son blason conjugal, l’opinion de son mari, sa quiétude introublée et l’estime et l’affection dont fait foi son testament. C’est bien quelque chose que cet argument. Mais il a le tort de faire sourire ceux qui pensent au proverbe sur l’ignorance imperturbable des maris en pareil cas et leur opiniâtre et aveugle confiance. Puisse le brave époux de Louise n’avoir pas été dupe en cetté affaire ! Puisse la poétesse, sa femme, n’avoir eu que des passions fictives et de platoniques amours ! Il n’y a, après tout, à cela rien d’impossible. Mais M. Jules Favre est homme d’esprit, il comprendra que, malgré tout, il nous demeure un doute, non sur le talent de l’avocat, mais sur la bonté de la cause. Nous nous souvenons toujours
- du mot de Mme de Lassay à son mari, qui soutenait devant elle la vertu de Mtue de Maintenon. « Comment faites-vous, monsieur, pour être sûr de ces choses-là ? »
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ALLEMAGNE
- DÉVELOPPEMENT LES RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA RÉGION DU DANUBE ET DES BALKANS.
- Le Die Kammer annonce qu’il vient de se fonder en Allemagne une société pour le développement du commerce allemand dans les provinces danubiennes, les Balkans et le Levant. Elle se propose d’établir, dans les centres les plus importants de ces contrées, des succursales, des maisons de commerce allemandes, soumises à la même administration et au même contrôle, qui vendraient leurs produits directement aux consommateurs. D’après les prospectus de cette société,_ les négociants et fabricants allemands paieraient annuellement 3.000.000 de marks à leurs agents en ces pays.
- Il serait donc beaucoup plus avantageux, ajoute ce journal, pour les maisons allemandes, de traiter directement les affaires, étant assurées de ne rien perdre, puisque la société ne ferait aucun crédit. Le siège de cette entreprise est à Berlin avec une succursale à Bucharest.
- VÉNÉZUELA
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Le consul de Belgique à Maracaïbo termine par les observations suivantes un rapport relatif à la situation industrielle et commerciale du Véné-zuela:
- Dans les expéditions des colis, il y a à considérer l’emballage et le volume. Les colis do-rent être très bien emballés et, comme volume et comme poids, aussi réduits que possible.. Dans le pays, le transport ne peut se faire qu’à dos de mule, cheval et âne; Les routes sont souvent impraticables, il faut pouvoir traverser des rivières et escalader des montagnes très élevées, variant de 2,000 à i,5oo pieds. Par conséquent, tout colis volumineux et trop pesant ne réunirait pas.de bonnes conditions pour le transport dans l’intérieur du pays.
- L’Allemagne, l’Angleterre et la France , ainsi que l’Italie," ont ici de grandes maisons qui tiennent en leurs mains le commerce général. Avant qu’une maison s’établisse, il serait bon qujelle vînt au préalable se rendre bien compte elle-même des spécialités du pays et ens'uite, une fois établie, qu’elle reçût des voyageurs de commerce, afin de leur passeV ses ordres sur échantillons et suivant les besoins du pays. Il va sans dire que ces commis-voyageurs doivent être habitués au climat des pays chauds et parler l’espagnol avec facilité. C’est une erreur de croire que, pour les pays étrangers, on peut expédier avec avantage les marchandises secondaires. Bien au contraire, les marchandises de bonne qualité sont celles qui ont le plus de vente et qui sont les plus recherchées.
- CHILI
- RENSEIGNEMENTS SUR LES PRINCIPAUX ARTICLES d’importation
- Le Moniteur officiel du commerce, du 3o juillet, publie un rapport du consul de Suisse à Valpa-raiso sur les principaux articles importés au Chili. Nous en détachons les informations suivantes :
- La chaussure venait autrefois presque exclusivement d’Europe -, la chaussure pour dame était de fabrication française ; m-aintenant une grande partie, surtout les articles bon marché, se fabrique dans le pays. On y fabrique déjà des chaussures pour damés, qui ne manquent pas d’élégance. Cependant, un vaste champ reste ouvert aux produits étrangers, c’est surtout le cas pour les chaussures d’enfants élégantes ; le salaire pour ce travail est relativement élevé et le matériel insuffisant. — Les ponchos de cotoû, fond café et rayé-, se vendent moins qu’auparavant ; on les fabrique maintenant sur place ; les ponchos de laine aux couleurs voyantes se placent facilement. Les gants de peau viennent de Paris, de Berlin ou de Vienne ; on porte aussi des gants de soie et de fil de Perse; les gants de laine ne sont pas en usage.
- COMMUNICATION
- EXPOSITION UNIVERSELLE D'ANVERS
- Le jury international a terminé ses travaux. Nous savons que le jury supérieur a confirmé toutes les décisions des jurys des groupes. Dans quelques jours, vers le 20 de ce mois, ces déci-
- sions pourront être portées à la connaissance des exposants intéressés. La distribution des récompenses aura lieu du 12 au 14 septembre.
- Le jury international de l’Exposition des Beaux-Arts vient d’être installé par M. le comte d’Outre-mont, commissaire général du gouvernement belge. M. Meissonier en a été nommé président par acclamation. La France est représentée dans ce jury, par MM. Meissonier, Bouguereau, Cabanel, Guillaume, Bailly et Flameng.
- Les membres du Congrès des chemins de fer, réuni à l’occasion du cinquantenaire du premier tronçon ouvert sur le continent européen, en i835, entre Bruxelles et Malines, ont reçu un brillant et sympathique accueil à Anvers. Le bourgmestre , M. de Nael, leur a souhaité la bienvenue à l’hôtel de ville. La Société des ingénieurs civils a été fêtée par la Société des ingénieurs de Liège qui lui a offert un banquet au cercle artistique d’Anvers. De chaleureux toasts ont été échangés ; M. Victor Lynen, président du Comité exécutif de l’Exposition, a rappelé qu’à l’étranger le premier encouragement est venu de la nation française.
- La commission instituée par le gouvernement belge pour l’achat des objets destinés à la loterie de l'Exposition a acquis les lots de la première sérié ; soit pour 5oo,ooo francs d’objets dont un de cent mille francs. Le tirage aura lieu prochainement.
- Le comité des logements, établi par l’administration communale, fonctionne régulièrement et rend de grands services aux visiteurs étrangers de plus en plus nombreux.
- AVIS
- Le Syndicat des Entrepreneurs de travaux publics de France, fondé depuis 1882, et qui compte déjà plus de 3oo membres recrutés parmi les notabilités de la corporation, vient de prendre une décision que nous devons signaler à nos lecteurs.
- Un Comité a été choisi par le Syndicat à l’effet d’organiser une Exposition de l’outillage des travaux publics. Ce Comité fait appel au concours des ingénieurs, architectes, entrepreneurs, constructeurs, mécaniciens, etc., français et étrangers, pour qu’ils envoient des dessins, modèles en réduction ou photographies de leurs travaux et appareils.
- Cette Exposition sera ouverte en même temps que le congrès des entrepreneurs, dont le Syndicat a décidé la réunion à Paris pour le mois de décembre 188 5.
- Les personnes intéressées pourront se procurer tous renseignements aux bureaux du Syndicat des entrepreneurs, 10, faubourg Montmartre, à Paris.
- LES THÉÂTRES
- UNE RÉVOLUTION A LA COMÉDIE-FRANÇAISE
- Notre causerie d’aujourd’hui sera sans doute la dernière qui ne contiendra pas de compte-rendu d’ouvrages dramatiques ; on nous promet des reprises prochaines , cela nous permettra de reprendre le cours normal de nos critiques théâtrales ; du reste, la rentrée s’approche et la cloche des théâtres nous dira bientôt : « En classe, messieurs les critiques ! »
- Vous savez qu’il vient de se passer un gros événement à la Comédie-Française ; presque une révolution; M. Sarcey lui-même s’en est ému, mais avec joie. M. Kaempfen a fait un coup de maître, sans s’en douter; voici l’histoire: Mmc Baretta-Worms devait jouer Don Juan d’Autriche, le rôle de Florinde lui était échu. Elle demande un congé à son directeur intérimaire M. Kaempfen qui, après quelques objections le lui accorde; mais, comme Don Juan était en répétition il donna à une autre le rôle de Florinde.
- D’un autre côté, Mlle Reichemberg devait jouer le principal rôle de la pièce. Elle prend un congé et va aux bains de mer ou aux eaux. M. Kaempfen décide que les répétitions ne seront pas interrompues et obtient de Fauteur de confier le rôle à Mllc Muller.
- Nous sommes de l’avis de M. Sarcey. C’est ainsi qu’il faudrait toujours faire. Les artistes arrivés en prendraient moins à leur aise s’ils savaient qu’un rôle, lâché par eux, sera tout de suite repris par un camarade qui s’en fera honneur.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tonrs. —lmp. "E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
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- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 30 Août 1885.
- NUMÉRO 3E
- SOMMAIRE :
- i. Les intérêts des exposants ; 2. Exposition d’Anvers :
- Récompenses; 3. Le Cinquantenaire des chemins de fer belges ; 4. Banquet de la Presse ; 5. Exposition de Buda-Pesth ;
- 6. Exposition d’Anvers : La section des travaux publics;
- 7. Clôture de l’Exposition de Beauvais ; 8. Communication ; 9. Les Livres ; 10. Les Théâtres.
- LES INTÉRÊTS DES EXPOSANTS
- AMSTERDAM, ANVERS, 1889
- TROISIÈME ARTICLE
- LA DÉCORATION DES PAVILLONS DES COMMISSARIATS
- Messieurs les Exposants,
- Si vous voulez avoir un diplôme d’honneur et non une médaille d’or ou d’argent ou de bronze, vous n’avez qu’à offrir vos services aux Commissariats français dans les Expositions étrangères et à contribuer à la décoration de leurs bureaux.
- Vous doutez de cette affirmation ?
- Nous allons vous convaincre et pour cela nous prendrons, si vous le voulez bien, la liste des récompenses d’Amsterdam.
- Récompenses obtenues pour la décoration du Récompenses Noms des Exposants pavillondela Commis- obtenues dans leur sion française. classe.
- MM. Vantillard Diplôme d’honneur Médaille de bronze,
- Weber, — Médaille d’or.
- Tassinari et Chatel — —
- P. Sormani, — Diplôme d’honneur.
- Quenardel, — —
- E. Pngnot, — —
- E. Poirier, — —
- Périn-Grados. — Médaille d'argent.
- E. Paris, — —
- Oudinol, _
- Mondait, — Médaille d’or.
- Marienval, — —
- Manufacture de Beauvais, — Diplôme d’honneur
- MM. P. Lorain, — —
- Lœbnitz, — Médaille d’or.
- Lheureux, — —
- Gagneau, -- —
- Froment-Meurice, — Diplôme d'honneur,
- Fourdinois, — —
- Facchina, — Médaille d’or.
- Ehrmann, — —
- Duplan, — Diplôme d’honneur
- Dervilli, — —
- Th. Deek, — —
- H. Dasson, — —
- D’Anthoine, — —
- Danton, — —
- Christophle, — —
- H. Braquenié, — —
- H. Bonlenger, — —-
- IDurdelcy, — —
- Bergue, — —
- Basse-Riché, — —
- Barrias, — —
- Barbedieune, — —
- Dans cette liste on trouvera beaucoup de diplômes d’honneur en double ; mais admettra-t-on que le seul fait d’avoir contribué à la décoration d’un pavillon de Commissariat donne droit à un diplôme d’honneur ? Attendons-nous à voir le même fait se reproduire à Anvers. Que nos Commissaires aient dans les Expositions étrangères des bureaux plus ou moins richement décorés (surtout extérieurement), nous ne trouverons rien à dire si les frais occasionnés par cette luxueuse décoration incombent au gouvernement qui vote les crédits nécessaires.
- Mais nous ne saurions admettre qu’on commande un travail quelconque à un industriel que l’on paiera ensuite par un diplôme d’honneur !
- LES RÉCOMPENSES A ANVERS
- Le règlement du jury international des récompenses comportait un titre ainsi conçu:
- Art. 6. — Le nombre des récompenses mises à la disposition du jury international pour les expo-
- sitions collectives ou individuelle est réglé comme il suit :
- 5o diplômes d’honneur;
- 400 diplômes de médaille d’or ;
- 1,000 diplômes de médaille d’argent; i,5oo diplômes de médaille de bronze ; i,5oo diplômes de mention honorable.
- Art. 7. — Le Comité du commissariat général du gouvernement belge, après avoir entendu les présidents de groupe, répartit provisoirement entre les groupes, avant le i5 juin, le nombre total des diplômes et de mentions honorables.
- Art. 8. — Les diplômes d’honneur sont destinés à récompenser soit le mérite des inventions, soit des perfectionnements qui ont apporté une amélioration considérable dans la qualité du produit ou dans les procédés de fabrication, soit encore les expositions collectives dont l’ensemble démontre un mérite ou un progrès exceptionnels.
- A Amsterdam, on a fait un véritable abus des diplômes d’honneur. Aussi, le Comité d’Anvers avait-il introduit dans son règlement l’art. 8 ; mais cela bien inutilement. En effet, si un exposant qui a eu un diplôme d’honneur à Amsterdam n’obtient qu’une médaille d’or à Anvers, il proteste d’abord énergiquement en disant qu’on l’a mal jugé, qu’il a ici une exposition aussi belle qu’en Hollande, etc., etc. puis, ensuite, il tache d’attendrir le jury, car aux yeux du public, de sa clientèle, ce sera une véritable déchéance. Cette médaille d’or (c’est cependant là une bien haute récompense) viendra prouver que depuis deux ans son industrie, loin d’avoir prospéré, aura périclité ; sa situation commerciale sera gravement compromise, car, peut-être, un concurrent plus favorisé lui enlèvera sa clientèle.
- Le raisonnement de cet exposant est fort juste; mais, pour les expositions industrielles, ne se passe-t-il pas la même chose que pour les expositions des beaux-arts? Il arrive qu’un peintre qui a eu pendant plusieurs années consécutives, grâce à son talent incontesté, toutes les médailles et distinctions honorifiques possibles, n’envoie plus, à un certain moment, qu’une carte de visite (en style d’atelier). — Eh bien? à celui-là lui donne-ton encore des récompenses ? — Évidemment non. — Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les expositions industrielles? Nous pouvons citer, ici, à Anvers, bien des vitrines de grands industriels qui, jusqu’ici, ont mérité tous les diplômes d’honneur, et qui sont bien inférieures à celles d’exposants de moindre notoriété.
- Le jury s’occupe avant tout du nom, ensuite de l’importance de la maison, puis des récompenses obtenues aux précédentes expositions et enfin, s’il a le temps, des produits exposés. Il arrive ceci : Une très ancienne maison n’a pas une belle vitrine; mais, étant donnés ses antécédents, on lui accorde un dipôme d’honneur. Les jurys, sentant bien que le public peut établir des comparaisons, est obligé d’accorder également un diplôme d’honneur à une maison moins connue, moins ancienne , mais dont les produits exposés sont supérieurs. On arrive alors à un nombre considérable de ces récompenses ; mais, à force d’en donner, on en diminue la valeur et si nous continuons de la sorte, en l’an 2000 le dernier des fabricants aura un cadre renfermant ses médailles et ses diplômes beaucoup plus grand que sa vitrine, et l’on sera obligé de doubler la hauteur des palais des expositions.
- Je veux citer un fait qui montrera bien l’abus que l’on a fait des diplômes d’honneur... surtout dans les sections étrangères.
- M. Camille Saint-Saéns, président du jury de la classe des instruments de musique, demande d’abord, pour la France, deux diplômes d’honneur pour deux, exposants qui ont envoyé des produits qui ne souffrent pas la moindre comparaison ; nous voulons parler de MM. Pleyel-Woltf et Erard.
- Au grand étonnement de notre éminent compatriote, les jurés belges demandent 6 ou 8 diplômes d’honneur, les allemands 4 ou 5, etc. M. Saint-
- Saëns réclame aussitôt pour les deux maisons que nous venons de citer deux diplômes d’honneur avec mention. Le Comité refuse, étant donné que le règlement n’a pas prévu des récompenses de cette nature. M. Saint-Saéns se lève et prononce ces. quelques paroles qui n’ont pas dû faire grand plaisir aux autres membres du jury :
- « Messieurs, je vous demande "de déclarer, en votre âme et conscience, qu’un seul des facteurs à qui vous avez donné un diplôme d’honneur mérite cette récompense au même titre que MM. Pleyel-Wolff ou Erard. » Personne n’a répondu.
- C’est alors que M. Saint-Saéns a demandé deux autres diplômes d’honneur pour deux autres maisons de Paris.
- Nous allons maintenant faire connaître le nombre de récompenses obtenues par les 270 exposants autrichiens venus à Anvers.
- Diplômes d’honneur...................... a5
- Médailles d’or.......................... (b)
- — d’argent.......................... 78
- — de bronze.......................... 32
- Mentions honorables...................... 27
- Nombre d’exposants hors concours....... 2 5
- — —• non récompensés... 14
- Total......................... 2
- 70
- Nos lecteurs s’étonneront sans doute de voir 25 diplômes d’honneur accordés à l’Autriche seulement, alors que le règlement fixe à 5o le nombre total de ces diplômes.
- Le Comité exécutif avait fixé ce chiffre ; mais il n’avait pas réparti de récompenses par classes, sentant bien que cela serait impossible. Qu’est-il arrivé ? Les jurés français venaient demander au commissaire le nombre des récompenses qu’ils avaient à donner dans leur classe. Le commissaire se rapportant au règlement indiquait approximativement un chiffre très restreint. Certains jurés ne sont pas préoccupés du règlement et ont voté les récompenses comme ils ont cru devoir le faire. Dans la classe des instruments de musique, par exemple, on a eu 27 diplômes d’honneur. Immédiatement grand émoi au commissariat français qui fait dire à un des jurés : « Vos décisions vont me créer des difficultés avec le commissariat belge qui a fixé le nombre des récompenses ! » Les commissaires des autres pays conseillaient à leurs compatriotes membres du jury de tâcher de défendre au mieux les intérêts de leurs nationaux et d’obtenir le plus grand nombre possible de récompenses !
- Certes, beaucoup de jurés ont pris à cœur leur tâche souvent bien ingrate et ont accompli leur mandat avec beaucoup de dévouement. Mais, par contre, dans certaines classes, les choses se sont passées bien singulièrement.
- Prenons encore un exemple :
- Il existe dans toute l’Exposition une seule machine à fabriquer les cigarettes, qui est exposée par un fabricant français. La manufacture des tabacs du Gros-Caillou a déjà fait l’acquisition de 160 machines analogues. (Et l'on sait que la manufacture des tabacs n’achète pas les yeux fermés 1) Ces machines sont vraiment merveilleuses ; elles peuvent faire jusqu’à 40,000 cigarettes par jour, au gré du fumeur, courtes, longues, serrées, molles, etc. Le papier, en bobines, se déroule et se coupe à la longueur voulue au moyen des cylindres. Une fois coupée, la feuille se loge dans une paillette de broche, s’enroule autour de cette broche et tombe sur un colleur de l’épaisseur de la lame d’un couteau (ce qui permet de n’avoir qu’un fil de gomme). Dès lors, le tube qui recevra le tabac est terminé ; il descend par une série de crans, et sèche pendant le temps que dure cette descente. Le tube arrive devant un entonnoir et est saisi entre deux pinces pleines. (L’entonnoir est régulièrement et automatiquement rempli de tabac.) A ce moment, la charge de tabac contenue dans l’entonnoir se trouve entraînée et pénètre dans le tube. Dès lors, la cigarette est terminée ; les deux pinces s’ouvrent et les cigarettes tombent une à une dans une boîte où elles viennent se ranger parallèlement.
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- 278. — Première Année. — N° 35.
- C’est là une machine des plus perfectionnées qui tait l’admiration de tous les visiteurs de la galerie des machines.
- Voici comment elle a été jugée : Le jury qui l’a examinée une première fois se composait de deux personnes: le premier juré était un Français, un agriculteur (!). Le second était Belge. Quand l'exposant a fait fonctionner la machine et a donné des explications, il s’adressa tantôt à l’un, tantôt à l’autre ; mais tout à coup, le juré belge ùi dit, en désignant son collègue : « Adressez-vous à monsieur qui est mécanicien ! » Bref, la machine a fort bien fonctionné pendant les 20 minutes que les jurés l’ont examinée, pas une cigarette n’a été défectueuse.
- Le juré français a obtenu pour cet exposant une mention honorable !
- Le cas fut soumis au jury de groupe qui a transformé la mention honorable en médaille d’or ou en diplôme d’honneur.
- Du reste, il est bien prouvé qu’un industriel qui expose pour la première fois obtient toujours des récompenses secondaires quand bien même ses produits seraient parfaits. Depuis 1878, le même groupe tient dans sa main les rouages de toutes les expositions ; malheur à l’exposant qui n’est pas persona grata à ce groupe.
- D’ailleurs, ce n’est pas parce que le jury est international que les récompenses sont distribuées avec plus d’impartialité. A l’appui de notre dire nous citerons le fait suivant dont nous pouvons garantir l’authenticité et qui fait le plus grand honneur à M. Sacré, l’un des plus grands fabricants de dentelles de la Belgique.
- La reine s’arrête un jour longuement dans la section belge, devant une vitrine de dentelles. Il se trouve, par hasard, que cette vitrine est celle d’un des fournisseurs de la Cour. Dans le courant de la semaine qui suit la visite royale, on fait savoir à M. Sacré, alors président du jury de la classe à laquelle appartient la vitrine, que la reine verrait d’un fort bon œil accorder un diplôme d’honneur à son fournisseur. M. Sacré répond que cela ne dépend pas de lui et le lendemain fait parvenir sa démission de président du jury de la classe des dentelles et de membre de ce jury.
- Il était immédiatement remplacé par quelqu’un de mieux pensant. Croyez-vous que le fournisseur aura son diplôme d’honneur ? Ici, les paris sont ouverts; mais, comme on dit à Lonchamps, on paie pour lui, car il est grand favori.
- LA PUBLICITE DES RÉCOMPENSES
- A L'EXPOSITION
- Notre confrère le directeur du Moniteur des Exposants a reçu la lettre suivante :
- « Monsieur le Rédacteur,
- « J’ai obtenu à l’Exposition d’Anvers une médaille d’argent et c’est de la bouche du président de mon jury que j’ai appris la bonne nouvelle. Vite, je me suis empressé d’acheter une superbe étiquette, bleu et or, comme j’en avais déjà vu dans beaucoup de vitrines de la section allemande et je me disposais à l’installer, dominant mes produits, et appelant à eux l’acheteur.
- « Car, monsieur le rédacteur, j’ai payé un droit de vente de trois cents francs ; ma vitrine se trouvant reléguée dans un coin, loin de tout passage fréquenté, je n’ai encore presque rien pu vendre.
- « Je compte un peu, pour rentrer dans mes fonds, sur la réclame que me fera l’annonce de la récompense que. le jury m’a fait l’honneur de nVaccorder.
- « D’ailleurs, dans plusieurs sections, notamment chez les Allemands, tous les exposants récompensés ont déjà affiché leurs récompenses et l’acheteur afflue chez eux.
- « Eh bien! je viens d’avoir la stupéfaction de lire à la porte du commissariat une affiche, signée du commissaire français, M. Mouthiers, et interdisant aux exposants d’afficher leur récompense.
- « Avouez, monsieur le rédacteur, que cette manière de procéder porte un préjudice très considérable aux .intérêts français et qu’elle est inexplicable de la part de celui qui est chargé de protéger et de défendre ces mêmes intérêts français.
- « J’ai voulu aller réclamer au commissariat. J’ai appris que M. Mouthiers était à Paris...
- « Et, comme je suis, somme toute, respectueux des consignes données, je n’ai pas affiché ma récompense. Je continue à ne rien vendre tandis que mon concurrent allemand qui, pour des produits similaires, n’a qu’une médaille de bronze, vend et vend beaucoup.
- « Je suis certain qu’il me suffira de vous signaler ce fait pour faire revenir M. Mouthiers sur sa décision.
- « C’est dans cet espoir que je vous demande, au nom de nos intérêts, qui sont les vôtres, l’insertion de ma lettre dans votre estimable journal.
- « Agréez, etc.
- « Un Exposant ».
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Août iutU.
- Nous n’ajouterons qu’un mot à cette juste réclamation.
- M. Mouthiers a agi très loyalement.vis-à-yis les autres nations en signant cet avis ; mais du moment que ces autres nations ont adopté une ligne de conduite differente, il nous semble que notre commissaire ne doit plus avoir de scrupules et qu’il doit autoriser les exposants à mentionner les récompenses obtenues par eux.
- Nous devons cependant blâmer les membres des jurys qui se permettent d’annoncer aux exposants, même confidentiellement, qu’ils ont telle ou telle récompense. Ils n’ont pas le droit de le faire.
- H.-F. Cabirau.-
- EXPOSITION D’ANVERS
- RÉCOMPENSES VOTÉES PAR LE JURY INTERNATIONAL DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DES BEAUX-ARTS
- Ire Section. — Classe ï (peinture) et classe II (dessin, pastel, aquarelle et miniature)
- Rappels de médailles d’honneur i° A. Achenbach, à Düsseldorf (Allemagne) (Vienne 1882 et Munich 1883) ;
- 20 W. Bougereau, à Paris (France) (Paris 1878) ; 3° H. Canon,à Vienne (Autriche) (Munich 1879) ; 4°L. Knauss, à Berlin (Allemagne) (Paris 1867); 5° F.von Lenbach, à Munich (Allemagne) (Munich 1879 et Vienne 1882);
- 6° E. Meissonier, à Paris (France) (Paris 1855, 1867 et 1878) ;
- 70 A. Morot,à Paris (France) (Amsterdam 1883) ; 8° Ch. Muller, à Vienne (Autriche) (Munich 1883) ;
- 90 Louis Passini, à Venise (Italie) (Munich 1879) ; io°-L. Pelouze, à Paris (France) (Amsterdam x 883) ;
- ii° A. Stevens, à Paris (France).(Amsterdam 188 3) ;
- 12° Jan Verhas, à Bruxelles (Belgique) ; i3° E. Wauters, Bruxelles (Belgique) (Paris 1878).
- Mè d ailles dé ho n neu r
- i° O. Achenbach, à Dusseldorf (Allemagne);
- 20 H. vonAngeli, à Vienne (Autriche);
- 3° L. Bonnat, à Paris (France) ;
- 40 L. Commerre, à Paris (France); .
- 5° F. Lamorinière, à Anvers (Belgique) ;
- 6° Sir F. Leighton, à Londres (Angleterre);
- 70 C. Makoff'sld (Russie) ;
- 8° O. Merson, à Paris (France).
- Médailles de ll'e edasse i° V. Brozik, à Paris (France) ;
- 20 J. Coosemans, à Bruxelles (Belgique);
- 3° A. Corelli, à Rome (Italie) ;
- 40 P. Glaize, à Paris (France) ;
- 5° H. Gude, à Berlin (Allemagne);
- 6° J. Israèls,à la Hâve (Hollande) ;
- 70 J. Le Blant, à Paris (France);
- 8° D. Loeff’tz, à Munich (Allemagne) ;
- 90 F. Schommer, à Paris (France) ; io° A. Verwée, à Bruxelles (Belgique) ; ii° G. Watts, à Londres (Angleterre).
- Médailles de 2e classe i° F. Courtens, à Bruxelles (Belgique) ;
- 20 W. Firle, à Munich (Allemagne);
- 3° J. Georges-Bertrand, à Paris (France) ;
- 40 M. Gordigiani, à Florence (Italie);
- 5° L. Gros, à Poissy (Seine-et-Oise) (France);
- 6° Holmberg, à Munich (Allemagne) ;
- 70 Ph. Maso (Espagne) ;
- 8° Mesdag, à La Haye (Hollande) ;
- 90 R. Russe, à Vienne (Autriche); io°- J. Stobbaerts, à Anvers (Belgique);.
- 11° P. Van der Ouderaa, à Anvers (Belgique).
- Médailles de 3a classe i° P. Beyle, à Paris (France) ;
- 20 F. Carcano, à Milan (Italie) ;
- 3° E. Carpentier, à Cuerne-lez-FIailebeke (Belgique) ;
- 40 E. De Jans,à Anvers (Belgique);
- 5° F. Delobbe, à Paris (France) ;
- 6° A. Erdtelt, à Munich (Allemagne) ;
- 70T. Lacroix, à Paris (France) ;
- 8° A. Laupheimer,. à Munich (Allemagne) ;
- 90 P. Lerov, à Paris (France) ;
- io° G. Moreau, de Tours, à Paris (France);
- 110 P. Moris, à Londres (Angleterre) ; i2° L. Nono, à Venise (Italie) ;
- 13° L. Perrault, à Paris (France) ;
- 140 F. Van Leemputten, à Bruxelles (Belgique); 1 5° E. Ravel, à Genève (Suisse);
- 16° F. Rumpler, à Vienne (Autriche) ;
- 170 E. Werenskjold, à Christiania (Norvège) ; 180 E. Witkamp, à Amsterdam (Hollande). Mentions honorables
- i° H. Bachmann, à Dusseldorf (Allemagne) ;
- 20 L. Bazzaro, à Milan (Italie) ;
- 3° O. Bjorck (Suède) ;
- 40 F. Bocion, à Ouchy, Lauzanne (Suisse) ;
- 5° J. Brunet, à Paris (France) ;
- 6° F. Calmettes, à Paris (France) ;
- 70 G. Chierici, à Reggio (Italie) ;
- 8° H. Darnaut, à Vienne (Autriche) ;
- 90 P. Hoecker, à Berlin (Allemagne) ;
- io° Mllc B. Hubrecht à La Haye (Hollande) ;
- 11° A. Hynais à Paris (France) ;
- 12° El. Joors, à Anvers (Belgique);
- i3° Fried Kallmorgen, à Carlsruhe (Allemagne);
- 140 A. Kesseler, à Düsseldorf (Allemagne) ;
- 1 5° A Lahaye, à Paris (France) ;
- 160 J. Montigny, à Tervueren (Belgique) ;
- 170 H. Moore, à Londres (Angleterre) ;
- 180 A. Normann, à Düsseldorf (Allemagne) ;
- 190 H. Œhmichen, id., (id.) ;
- 20° Pierre Ooyens, à Bruxelles (Belgique) ;
- 2i° Mmc Juliette Peyrol, née Bonhefiir, à Paris (E'rance) ;
- 220 MUu M. Roosenboom à La Haye (Hollande) ;
- 2 3° F'. Thaulow, à Christiania (Norvège) ;
- 240 W. Tholen, à Kampen ;
- 2 5° FI. Van Seben, à Bruxelles (Belgique) ;
- 26° T. Verstraete, à Anvers (Belgique).
- 2e section. — Classe III (sculpture)
- Rappels de Médailles d’honneur
- i° E. Carlier, à Paris (Amsterdam 1883) (France) ; 20 R. Dietz, à Dresde (Vienne 1882 et Munich 1883) (Allemagne) ;
- 3° J. Dilleul, Bruxelles (Amsterdam 1882) (Belgique) ;
- 40 L. Longepied à Paris (Amsterdam 1883 (France).
- Médailles d’honneur i° E. Barrias, à Paris (France) ;
- 20 J. Chaplain, à Paris (France).
- Médailles de ivc classe i° J. Coutan, à Paris (France) ;
- 20 G. Geefs, à Anvers (Belgique) ;
- 3° V. Genuto, à Naples (Italie) ;
- 40 L. Mignon, à Paris (France).
- Médailles de 2a classe i° L. Albert Lefeuvre, à Paris (E'rance) ;
- 20 A. Cordonnier, à Peins (France) ;
- 3° J. Cuypers, à Bruxelles (Belgique) ;
- 40 F. Leenhoff, à Paris (France) ;
- 5° H. Thornycroft, à Londres (Angleterre).
- Médailles de 3e classe i° D’Orsi (Italie) ;
- 20 Hasselberg (Suède) ;
- 3° El. Herter à Berlin (Allemagne) ;
- 40 ,Jos. Lambeau, à Anvers (Belgique) ;
- 5° Michaël Lock, à Berlin (Allemagne).
- Mentions honorables i° C. Barbella. à Chito (Italie) ;
- 20 De Rudder, à Bruxelles (Belgique) ;
- 3° Emile Namur, à Bruxelles (Belgique);
- 40 Robert Ockelman, à Dresde (Allemagne) ;
- 5° R. Pereda, à Milan (Italie).
- 3e section. — Classe IV (Architecture)
- Rappel de médaille d’honneur Commission des monuments historiques de France.
- Médailles d’honneur i° L. Bernier. à Paris (France) ;
- 20 C Peters, à La Haye (Hollande).
- Médailles de i va classe i° A. Ballu, à Paris (E’rance) ;
- 20 L. et H. Blomme, à Anvers (Belgique).
- Médailles de 2e classe i° O. Courtois-Suffit, à Paris (France) ;
- 20 E. Dieltiens, à Anvers (Belgique).
- Médailles de 3a classe i° M. Calinaud, à Paris France) ;
- 20 EL Truyman, à Anvers (Belgique).
- Mentions honorables i° L. Calmand, à Paris (France) ; '
- 20 A. Gemund, à Flaarlem (Hollande;1.
- 4e section. — Glasse V (gravure et lithographie)
- Rappels de médailles d’honneur
- i° G. Biot, à Bruxelles (Belgique) ;
- 20 C. Gaillard, à Paris (France).
- Médailles d’honneur i° T. Chauvel, à Paris (E’rance) ;
- 20 J. Jacquet, à Paris (France).
- Médailles de ivc classe i° E. Bodven, à Paris (France) ;
- 20 !.. Lecouteux, à Paris (E’rance) ;
- 3° J.-B. Muiver, à Bruxelles (Belgique).
- Médailles de 2e classe i° E. Lefort, à Paris (E’rance) ;
- 20 L. Rousseau, à Paris (France) ;
- 3° A. Serouy, à Paris (France) ;
- 40 J. Sonnenleiter, à Vienne (Autriche).
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- Première Année. — N° 35.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Août 1 SS5- — 279.
- Médailles de 3e classe
- i° Association des aquafortistes anversois à Anvers (Belgique) ;
- 2° B. Dauman, à Paris (France).
- Mentions honorables
- i° F. Lauwers, à Anvers (Belgique) ;
- 20 A. Léveillé, à Paris (France).
- Nos lecteurs qui connaissent les noms des artistes français ayant envoyé leurs oeuvres à l’Exposition des beaux arts, s’étonneront, à juste titre, de ne pas voir figurer dans la liste qui précède, un plus grand nombre de nos compatriotes médaillés du Salon annuel de Paris et à bien d’autres expositions. Nous mettons sous leurs yeux la communication suivante qui a été adressée à notre éminent confrère, le rédacteur en chef de l'Indépendance belge.
- « La distribution des récompenses aux expositions universelles donne lieu à beaucoup plus de surprises, de mécontentements et de critiques que celles qui suivent les expositions nationales où figurent seules les œuvres des artistes d’un meme pays. Les jurys des expositions nationales savent à quoi s’en tenir sur le degré de mérite de chacun des exposants, sur les efforts, sur le progrès dont témoignent ses dernières œuvres et sur le rang que lui assigne, dans son pays, l’opinion’ publique. S’ils ont fait entrer en ligne de compte ces trois éléments d’appréciation, il y aura beaucoup de chances pour que les jugements qu’ils auront portés soient reconnus équitables. Ce n’est pas à dire que toutes leurs décisions auront l’approbation universelle. Il y aura toujours des artistes déçus dans leurs espérances, qui se croiront, victimes d’une injustice, encouragés dans 'cette pensée par des amis complaisants.
- « Dans les jurys internationaux les choses se passent autrement. Les délégués de chaque pays se trouvent nécessairement en minorité relativement au nombre des représentants des autres nations, et les décisions de l’assemblée entière peuvent et doivent, par la force des choses, être souvent contiaires aux propositions djun groupe de ses membres. C’est ainsi que,dans le jury qui vient de fonctionner, les délégués belges représentaient trois voix sur quatorze votants, ce qui ne leur permettait guère, on en conviendra, d’assurer le succès de leurs candidats préférés. Les sympathies de chacun des délégués sont pour les artistes de son pays ; à moins qu’il ne s’agisse de l’un de ces mérites tout à fait supérieurs qui s’imposent et triomphent de toutes les combinaisons d’intérêts, de systèmes et d’amours-propres nationaux, il arrive souvent que le scrutin donne des résultats inattendus, contraires aux espérances, aux désirs de ceux qui voudraient en voir sortir les noms d’artistes affectionnés.
- « Il n’est pas sans exemple que des délégués de plusieurs pays se soient entendus pour dresser, de commun accord,des listes de candidats auxquels ils s’intéressaient et dans ce cas il se formait des majorités qui faussaient, en., quelque sorte, lés résultats du scrutin. De tels .incidents, ne se présentent pas dans les jurys des expositions nationales, dont les opérations n’offrent pas les mêmes chances de surprises et de déceptions.
- « On ne doit pas s’étonnec que des artistes d’un mérite incontestable n’aient obtenu aucune récompense. La distinction doit toujours être .proportionnée au talent de l’artiste et à la position qu’il occupe dans son pays. S'il a échoué dans le scrutin ouvert pour les récompenses du genre de celle à laquelle il semble avoir droit, on s’abstient de le présenter aux scrutins d’où sortiront des distinctions d’un degré inférieur. Voilà l’explication de l’absence complète de certains noms sur la liste des récompenses où l’on s’attendait à les voir figurer. Etant donnés les motifs qui viennent d’être indiqués, cette absence est, par le fait, un hommage, à la valeur des artistes évincés. Il est bon de remarquer que le nombre des distinctions était très limité et véritablement insuffisant pour faire droit à toutes les prétentions plus ou moins légitimes. Dans les differentes sections le jury a fait acter au procès-verbal le regret qu’il éprouvait de ne pouvoir pas, vu la petite quantité de médailles mises à sa disposition, récompenser tous les mérites que l’examen, des oeuvres contenues dans l’exposition lui avait fait distinguer..
- « S’il est de certains noms qu’on espérait voir portés sur les listes des récompenses et qui ne s’y trouvent pas, c’est que, indépendamment des raisons qui viennent d’être exposées, il y a celle-ci que plusieurs artistes et non les moins méritants, s’étaient mis volontairement hors concours, soit par modestie, soit, au contraire, par amour-propre et afin d’éviter un échec toujours possible, soit enfin comme n’étant point partisans du système des récompenses. Parmi ceux au nom desquels on réclame, il en est qui sont dans ce cas. D’autres n’appartiennent pas à la période actuelle d’activité
- artistique, et si leurs productions, déjà anciennes, font partie de l’exposition, c’est par une méprise du jury d’admission qui ne devait accueillir que des œuvres nouvelles.
- « d'elles sont les circonstances dont il faut tenir compte, si l’on veut apprécier équitablement le résultat des opérations du jury des récompenses, tout en regrettant à bon droit que des artistes justement estimés n’aient pas obtenu les distinctions qu’ils méritaient. L’idéal du jury international serait celui dont les membres ne considéreraient que le mérite des œuvres exposées, sans s’inquiéter des droits d’ancienneté ou de toute autre considération secondaire, et qui surtout n’auraient pas pour principal objectif de reporter le plus de médailles possible à leurs compatriotes, afin de se ménager un accueil reconnaissant. Malheureusement cet idéal est et restera une utopie. »
- LE CINQUANTENAIRE
- DES CHEMINS DE FER BELGES
- QUELQUES CHIFFRES
- La Belgique a célébré le dimanche 16 août 1885 le cinquantenaire de son réseau national.
- Nous donnerons d’abord quelques chiffres qu’a fait connaître une brochure publiée par les soins du comité des fêtes du cinquantenaire et distribuée à tous ceux qui ont voyagé sur les chemins de fer belges dimanche dernier.
- Le projet primitif, tel que la Législature de i83q l’avait adopté, ne comprenait que deux grandes lignes : la première reliait Ostende à la frontière prussienne par Bruges, Gand, Termonde, Louvain, Liège et Verviers et la deuxième Anvers à la frontière française par Bruxelles et Mons. Ce réseau ne tarda pas à devenir insuffisant. A. ses 38q kilomètres vinrent s’ajouter promptement des extensions nombreuses, construites et exploitées par l’Etat.
- En même temps, on créait les chemins de fer du Luxembourg (1847), des Flandres (I849), des rives de la Meuse et du Centre (i85i et 1857).
- Bientôt un mouvement intense se produisit en faveur de la concentration du réseau dans les mains de l’Etat. Cette concentration s’opère par étapes successives. A l’heure qu’il est, l’Etat exploite 3,110 kilomètres environ sur 4,q3o, c’est-à-dire les trois quarts des voies ferrées belges. Plusieurs centaines de kilomètres sont en ce moment en construction.
- Le railway belge est, de tous ceux qui ont été construits dans le monde entier,celui dont les mailles sontlesplus serrées. Il n’est point de localité un peu importante qui ne soit desservie par lui; il pénètre dans tous les principaux établissements industriels; il permet de visiter aisément à la fois et les beautés du sol et les trésors artistiques disséminés avec profusion sur toute l’étendue du pays.
- Pour exploiter un semblable réseau, un matériel ‘considérable est nécessaire. A lui seul, l’Etat possède 1,740 locomotives, 3,367 voitures à voyageurs, 42,722 wagons et fourgons qui, si on les mettait bout à bout, occuperaient une longueur de près de 290 kilomètres, soit la distance de Bruges à Arlon. Y compris les ouvriers des ateliers servant à la réparation de ce matériel, le chemin de fer de l’Etat occupe au total 40,459 agents. C’est une véritable armée, pour laquelle existent des caisses de pension et de retraite, et où règne une discipline toute militaire.
- En cinquante ans, le chemin de fer de l’Etat a transporté 728,798,838 voyageurs et 330,943,822,000 kilos de marchandises et bagages au prix total de 2,866,164,228 francs. Le" coût de ces transports, d’après les parcours moyens et aux prix des diligences et du roulage, eût été de 12,454,911,542 fr. L’économie résultant pour le public de la substitution des chemins de fer aux anciens moyens de transport a donc été de dix milliards de francs.
- Depuis 1835, vingt et un voyageurs seulement ont été tués par le fait du service. Gela ne ferait pas un sur 35,000,000.
- En moyenne chaque Belge prend le chemin de fer onze fois par an.
- * *
- A BRUXELLES
- Le cinquantenaire a été célébré à Bruxelles. au milieu d’un concours de population extraordinaire. La capitale a été littéralement envahie.
- Voici quelques renseignements qui donneront une idée exacte du nombre des visiteurs.
- Tout le matériel des chemins de 1er a été mis en circulation ; l’administration a emprunté un grand nombre de voitures à la Compagnie du Nord et aux Compagnies allemandes, et, comme cela ne suffisait pas encore., l’on a été jusqu a utiliser des wagons de marchandises qui ont été appropriés pour les voyageurs; on a placé a 1 intérieur des planches transversales sur les longerons, ainsi que cela se pratique pour les transports
- considérables de troupes en temps de guerre ou de grands rassemblements.
- La veille, tout le matériel disponible, qui avait servi aux trains réguliers vers les points extrêmes de la Belgique, a été envoyé vers la capitale, à partir de 4 heures du soir, pour servir au retour des voyageurs.
- A la gare du Nord, samedi, il y a eu un mouvement de 52,000 personnes. Dimanche il est arrivé, outre les trains réguliers, 2 5 trains spéciaux amenant environ 35,000 voyageurs. C’est de Gand et Louvain qu’il est venu le plus de monde.
- A la gare du Midi, il est arrivé samedi 12 trains spéciaux et hier 20, non compris les trains du dimanche et les trains ordinaires.
- Déjà à partir de 5 heures 1/2 du matin arrivaient des trains bondés de voyageurs dont on peut évaluer le nombre à 35 ou 40,000. Beaucoup de voyageurs du Nord de la France.
- 5,ooo voyageurs sont descendus à la gare du Luxembourg samedi. Cinq trains réguliers et douze trains spéciaux ont amené dimanche prè.s de 1 5,ooo voyageurs.
- Il a été nécessaire de former le soir dix trains spéciaux plus les trains réguliers, au nombre de sept.
- A l’heure où la foule des curieux s’amassait devant la gare du Nord, et où la cavalcade était déjà aux nouveaux boulevards, les trains débarquaient encore des milliers de provinciaux.
- A 4 heures, dit-on, il y avait encore à Schaer-beek six trains bondés, qui ne parvenaient pas, par suite de l’encombrement, à entrer en gare. On devine la gaieté des voyageurs.
- LE CORTÈGE
- Un cortège formé de différents groupes tendant-à montrer les différents modes de transport depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, a parcouru les rues de Bruxelles. Voici la description de ce cortège que nos lecteurs pourront bien mieux étudier au moyen de la brochure publiée par M. Rozez, l’éditeur de Bruxelles, et qui contient de charmants dessins de Arm. Heins.
- i« GROUPE
- AUX TEMPS PRIMITIFS
- Epoque des Nerviens. — Des cavaliers ouvrent la marche portant l’étendard de la Bourse des métaux, lequel est surmonté de la figurine de la Fortune les yeux bandés.
- Ils sont suivis par des cavaliers sonnant de la conque et de la trompe danoise. Tous les instruments ont été exécutés sous la direction de M. Mahillon, conservateur du Musée des Instruments de musique. Nous voyons ensuite une reproduction d’un, radeau sur lequel se trouvent le chef d’une équipe de porteurs et la famille. Rien n’est oublié, pas même le chien qui est orné d’un gigantesque collier de nickel (déjà!). Les bœufs et les chevaux succèdent au radeau primitif. Puis vient le traîneau de bois qui est le premier véhicule construit par l’homme.
- Le char de voyage d’un chef nervien s’avance, traîné par neuf bœufs de toute beauté. Les roues se composent de grosses pièces rassemblées au moyen de chevilles, une capote de peaux d’animaux non tannées le recouvre. Une escorte de cavaliers l’entoure.
- Epoque carlovingienne. — A la suite d’une bande de cavaliers sonnant de Y oliphant et d’une fanfare de buccinateurs, quatre hommes portent une noble dame dans une litière couverte.
- Une brillante escorte de cavaliers accompagne et entoure le char d’un prince carlovingien.
- 1D GROUPE
- ÉPOQUE DES CROISADES (xic SIÈCLE)
- Un corps de sonneurs de lituus à cheval précède un char de guerre, à deux roues, employé par les chefs d’armée sur les champs de bataille.
- Après ce char, des chevaux, des mulets chargés de munitions de guerre ; des hommes de peine portant sur leurs épaules des civières remplies de marchandises et de subsistances. ,
- ÉPOQUE COMMUNALE
- Le véhicule somptueux qui forme le centre de ce groupe est un char de voyage à l’usage des dames nobles. Unebâche en drap d’or le recouvre, percée de chaque côté de deux ouvertures que ferment des lambrequins en velours vert. Toute la monture est en bois sculpté et doré ; l’intérieur est tendu de soie lie de vin ; une frise ornée des écussons des grandes familles belges serpente autour du char.
- Un équipage de chasse accompagne le véhicule.
- Après un corps de cavaliers faisant retentir l’air de leurs fanfares guerrières, s’avance une lourde charrette. C’est dans un véhicule semblable que les communiers flamands transportaient, en temps de guerre, leurs armes et leurs vivres. Les unes sont soigneusement rangées sur des râteliers et des ravons ; les autres sont enfermés dans des ( Voir la suite page 282.)
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- Dimanche 3o Août i88b
- 280 et 281. — Première Année. — N° 35
- LE MONITEUR £>£ ^tfOSlTION DE 1889.
- EXPOSITION ue BUDA-PESTH
- (Croquis qe ^ j§ Rabourdin)
- PAVILLON DU MINISTÈRE ROYAL DES FINANCES
- pavillon des fleurs (extérieur)
- CSARDA DE SZEGEDIN
- pl.280 - vue 257/400
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- 282. — Première Année — N° 35.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Août 188 5
- sacs de cuir et des paniers. Une troupe d’infanterie armée de piques escorte la voiture ; elle est suivie d’un piquet de cavalerie qui entoure le char de voyage d’une noble dame du temps, assise sous un dais bleu, semé de lions d’or et percé de quatre fenêtres en ogive.
- IIIe GROUPE
- XVe SIÈCLE
- Une nouvelle fanfare de trompettes se fait entendre, accompagnée d’un roulement de timbales. Elle rappelle les débuts des musiques militaires et marche devant le chariot de voyage d’un seigneur du temps. La lourde voiture, recouverte de cuir fauve, porte à la fois le seigneur et ses bagages. A côté, marchent les porteurs ^ de dépêches du maître, munis d’un sac.et tenant à la main la pique et la lanterne, le cuisinier, le valet de chambre, à cheval, tenant une servante en croupe, et divers autres serviteurs.
- Un peu en arrière vient la litière rouge de la dame de Basel, toute sculptée et dentelée, ornée de bronze et d’acier poli, avec des courtines de tapisserie bleu-gris semées de lions d’or. Un cavalier déployant la bannière delà dame, des pages, des valets accompagnent cette gracieuse litière.
- XVIe SIÈCLE
- Voici une seconde litière, drapée de peluche grise et bleue et portée par deux robustes chevaux. Elle est entourée de pages et de troubadours. Devant elle est rangée la musique d’une bande de lansquenets : huit tambours et huit flûtes douces, jouant les airs de l’époque.
- Ces splendides bannières que portent, d’élégants cavaliers sont celles des villes commerciales unies sous le nom de Ligue hanséatique. Elles précèdent un char contenant la musique de Hanse. Trois schalmeys, des pommer s, des cornets à bouquin., une saquebute composent cette musique.
- LA LIGUE HANSÉATIQUE
- Le pesant chariot que traînent de robustes chevaux des Flandres conduits par des hommes armés est un de ceux de la Ligue hanséatique. Ils allaient, chargés de marchandises, du fond des Pays-Bas jusqu’aux confins de l’Asie, protégés partout par les négociants affiliés à la Ligue.
- Suivent un char branlant, premier type de voiture à caisse suspendue, un chariot portant une famille en voyage et un véhicule aux armes des Corporations.
- IVe GROUPE
- XVIIe SIÈCLE
- Nous arrivons au temps de Rubens. .Deux grands carrosses de voyage de formé carrée, en drap gris et vert et ornés de clous de cuivre, se présentent escortés d’une troupe de pistoliers. Puis nous voyons une patache avec sa caisse en osier et sa bâche entoile. Elle constitue le premier des transports réguliers accessibles à tous. Une nouvelle escorte de cavaliers marche autour d’elle.
- Les routes s’améliorent, les voyageurs se multiplient. Les voitures publiques deviennent plus vastes et plus corïimodes. On en peut juger par la diligence et le coche qui s’avancent lentement au pas de leurs six forts chevaux. Le second, vert et rouge, agrémenté de clous de cuivre, porte encore de chaque côté de vastes paniers. Des maraîchers, à pied et à cheval, le suivent, se rendant à la ville voisine. L’un porte en croupe sa commère.
- XVIIIe SIÈCLE
- La musique d’infanterie qui vient maintenant est celle des gardes de Marie-Thérèse, avec ses tambours, ses fifres., ses serpents et ses bonnets chinois. " Puis arrive la berline de voyage d’un ambassadeur, à la livrée blanche et rouge, qu’entoure un détachement des dragons de Latour. Des mulets chargés d’avoine ou du sel de la gabelle, deux coquettes chaises à porteurs suivent les cavaliers du célèbre corps belge..
- En même temps qu’un rapide coupé de voyage, voici un léger tilbury, une chaise sur roues appelée vinaigrette, un berlingot, des chariots pour le transport des marchandises.
- Ve GROUPE
- RÈGNE DE NAPOLÉON Ier ( I 800-18 I 5)
- Les sons joyeux d’une fanfare de postillons retentissent. Voici venir des voitures de voyage, des malle-postes, des coupés de voyage, une berline des messageries royales des Pays-Bas, fondées par la maison J.-B. Van Gend et Cic.Le confort des voyageurs devient chaque jour plus grand et le nombre croissant des clients des voitures publiques fait diviser celles-ci en trois classes : le coupé, la rotonde, l’impériale sur laquelle voyageurs et bagages sont placés côte à côte.
- RÈGNE DE GUILLAUME Ier (l8l5-l83o)
- Les charrettes bondées de marchandises qui défilent à présent sont celles qui parcouraient les routes en longues files, portant d’une ville à l’autre les produits du commerce et de l’industrie. A peine suffisaient-elles à des besoins toujours croissants et elles entraînaient des frais énormes pour ceux qui devaient s en servir.
- Parmi les voitures historiques nous citerons la
- voiture de Léopold I01' à son entrée à Bruxelles, la dernière diligence qui fit le trajet de Bruxelles à Paris, la chaise de poste du duc d’Arenberg, etc.
- VIe GROUPE
- LE CHEMIN DE FER
- Précédé par le corps de musique du i01' régiment des guides, un train s’avance. Il reproduit fidèlement le premier convoi qui ait circulé sur les chemins de fer belges. La locomotive Le Belge remorque deux « wagons » de 3° classe, un « char-à-bancs » de 2e et une « diligence » de i1-e, placée sur une sorte de truc. Des voyageurs sont installés dans toutes ces voitures.
- Un corps de musique portant l’uniforme de la Garde civique de 1835 et des bannières où sont inscrits les noms des villes desservies les premières par la « route de fer » suivent le train.
- TRAMWAYS, CHEMINS DE FER VICINAUX ET CHEMINS
- DE FER ÉCONOMIQUES DESTINÉS AUX VOIES INDUSTRIELLES ET AGRICOLES.
- Le type figurant dans le cortège est monté sur un pont métallique. Il se compose d’une locomotive pour voie étroite, d’une voiture à voyageurs et de 4 wagons à marchandises.
- APOTHÉOSE DES CHEMINS DE FER
- Ce dernier char, traîné par seize chevaux, est orné à l’avant de la reproduction du Cinquantenaire\ la plus fort.e locomotive connue jusqu’ici. A l’arrière se trouvent les neufs provinces belges, entourant un groupe qui représente la Belgique couronnant Léopold Ie1' et Charles Rogier, créateurs des chemins de fer de l’Etat. Des parfums brûlent dans des cassolettes de chaque côté du groupe ; un trophée de drapeaux de toutes les nations surmonte le char, escorté par la musique du ier régiment des guides.
- Le Cinquantenaire pèse, en ordre de marche, 75,000 kilos. Il esta 5 paires de roues et mesure 19111 de long sur 4m3o de haut et 3mi5 de largeur. C’est une machine pour fortes rampes.
- H.-F. Cabirau.
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- Rarement l’hospitalité s’est exercée d’une manière plus cordiale et plus aimable qu’elle ne l’a été à Anvers par les journalistes belges envers leurs confrères étrangers.
- Ceux-ci ont tenu à les en remercier en réunissant dans un banquet les membres des comités de la presse.
- Cette soirée a eu un caractère d’intimité charmante. Pour en rendre compte nous ne saurions mieux faire que de laisser la parole à un de nos convives, M. Goemaere, rédacteur en chef du Précurseur d’Anvers qui, pendant toute la durée de l’Exposition, s’est multiplié en faveur de ses confrères avec une inépuisable obligeance.
- « Les bureaux des deux Comités de la presse — comité belge et comité international — ont été l’objet cette semaine, de la part des journalistes étrangers présents à Anvers, d’une manifestation de sympathie qui couronne, d’une manière délicate 'et flatteuse, les nombreux ^services que ces excellents confrères ont rendus à la Belgique et à l’Exposition d’Anvers depuis leur séjour parmi nous. On dirait vraiment qu’ils espéraient nous faire accroire qu’ils nous devaient quelque reconnaissance alors q u’en réalité no us sommes et nous restons leurs obligés.
- « Cette tentative d’interversion des rôles a été perpétrée mercredi soir dans le jardin d’hiver que M. de Give-Ledelier a fait construire au fond de
- son Café de l’Empereur. L’énumération suivante dira éloquemment quels étaient les instruments de torture inventés pour nous faire accepter ce changement de rôle : »
- i\æ e r«jr xjr
- potages
- Purée d’écrevisses à la Gastronome Consommé de volaille à la Reine Hortense Madère 1840 (de la Maison M. A. Wolff, de Francfort). hors-d’œuvre froid
- poissons
- Saumon du Rhin à la Daumon Château d’Yqucm, Lur-Salnce 1870.
- RELEVÉS
- Selle de pré-salé à la Richelieu
- Poularde du Mans à la Royale
- Saint-Julien 1870 (de la Maison Fernand Jamar de Mons).
- ENTRÉES
- Chaud froid cle bécassines en Belle-Vu e Pape Clément 1869 (de la Maison Fernand Jamar de Mons). sabayon a l’indienne Johannisberg (Prince de Metternich 1874).
- LÉGUMES
- Ragoût de truffes au vin d’Iialie A sp e rge s d’Argehteuil
- Romande Conté 1865, Chambertin 1842, de la Maison Fernand Jamar de Mons.
- ROTS
- Canards de la presse en surprise Langouste à la parisienne Grands vais du Château Chcnonccau.
- ENTREMETS Trophée international Veuve Clicquot Ponsardin Bombe Trocadéro Corbeilles de fruits,
- DESSERT
- LIQUEURS
- Grande line Champagne 1840 AUasli Kunnnel de Riga Maraschino de Zara.
- Un encadrement des plus réussis sur lequel se détachait cette inscription : La Presse internationale à la Presse belge, faisait de la carte de menu, sortie des ateliers de MM. Ratinckx frères, une œuvre digne de la réputation artistique de cette maison.
- La serre est spacieuse ; 011 l’avait tapissée pour la circonstance, outre son revêtement en rocahlles, de drapeaux de tous les pays et ornée des bustes du Roi et de la Reine des Belges entourés de massifs de verdure ; des fleurs avaient été répandues à profusion par la fleuriste Mme Peeters avec le goût qui la caractérise; enfin des ouvertures habilement ménagées pour la ventilation contribuaient avec le jet d’eau de la fontaine à faire de ce lieu de réunion une admirable salle de banquet.
- C’est là que les invités, après avoir été reçus dans un salon de l’établissement, ont été conduits et que le doyen d’âge des journalistes étrangers, M. le 1> Mohr, à qui la présidence de la réunion avait été offerte, leur a souhaité la bienvenue en prenant place à table.
- Deux ou trois des confrères qui avaient manifesté le désir d’une manifestation de ce genre avaient dû s’excuser de ne pouvoir y assister; l’un d’eux, M. Janzon, du Dagbladet de Stockholm, se trouvait même en ce moment sur le Rhin. Les autres, tous présents, étaient: .
- Allemagne : D1' Mohr {Galette de Cologne).
- Autriche : Maximilien Leucht (Neue ’Freie Presse, de Vienne) ; chevalier E. de Hesse-Wartegg (Fremdenblatt, Vienne).
- Espagne: V. Valle {El Liberal, Madrid) ; E. Hi-raldez de Acosta [Correspondencia, Madrid).
- France: Avanzino (Echo de Paris)-, J. Bell, Evénement, Paris) : Cabirau (Moniteur de l’Exposition de 188g,' Paris) ; L. Paulhan (Moniteur des Exposants, Paris).
- Italie : G. Gorona (Il Secolo, Milan) ; Mgr Grassi Landi (Osservatore Romano, Rome).
- Russie: A. Effront (Nowosti, St-Pétersbourg).
- Le bureau du Comité belge était au complet : MM. Aug, Sneiders (Handelsblad) qEug.^Gressin Dumoulin (Opinion); J. Van den Dries (Escaut) ; P. Billet (Koophandel); Arthur Goemaere et Eug. Landoy (Précurseur).
- Le bureau du Comité international était représenté par son président, M. Goemaere, et par son secrétaire, M. G. Lemaire (Etoile belge) ; de ses deux autres membres, l’un M. Gaston Berardi (Indépendance belge), se trouvait en Hongrie, et l’autre, M. le baron de LIalleville (Journal de Bruxelles), avait motivé son absence et exprimé son regret par une dépêche dont il fut donné lecture pendant le banquet.
- Celui-ci, faut-il le dire, fut des plus fraternels et des plus animés. Les journalistes, s ils n évitent pas toujours les longs articles au grand mécontentement de leurs lecteurs, n’aiment pas les longs discours, et si l’on proposa beaucoup de toasts, au moins eurent-ils le mérite detre. court. On n’était pas au milieu du dîner que déjà M. Gressin-Dumoulin, en quelques paroles expressives et
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- Première Année. — N° 35.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Août i88b. — 283.
- aimables portait un toast à la presse catholique, toast auquel Mgr Grassi Landi répondit fort gracieusement un peu plus tard en buvant aux représentants de la presse libérale. Cela donne la note de la fraternité qui a régné à cette fête charmante que nous offrait la presse internationale.
- Ces deux toasts avaient été précédés d’un petit speech fort bien tourné du D1’ Mohr et terminé au milieu d’applaudissements nombreux par les paroles suivantes :
- Messieurs les Belges, nous avons échauffé nos cœurs à la sainte flamme de votre liberté ; nos âmes se sont rassérénées dans la cordialité de tant de belles fêtes auxquelles nous avons eu l’honneur et le bonheur d’assister ; nous avons ramassé tout un trésor de souvenirs doux et aimables ; je vous remercie, au nom de mes collègues et de tout mon cœur, Messieurs des deux comités de la presse, pour toute votre amabilité, et je prie mes collègues de la presse internationale de boire à la prospérité de ce beau pays et de ses dignes représentants de la presse !
- Après ce toast accueilli avec cordialité et reconnaissance, et bientôt suivi des allocutions déjà mentionnées plus haut, le dîner continua, interrompu tantôt par une improvisation étourdissante de Corona qui trouva le moyen de boire à l’abolition des quarantaines, tantôt par une petite ovation à l’architecte Bordiau, présent non pas en personne mais par sa grosse boule de l’Exposition qui dominait en miniature, et dorée, une haute pièce montée, sur laquelle figuraient aussi des cartels en sucre portant en lettres d’une blancheur éclatante les noms de tous les journaux représentés à la réunion.
- Ajoutons ici que les convives, en se mettant à table, avaient trouvé piquée dans leur serviette la traditionnelle plume d’oie ornée du drapeau de leur pays.
- L’arrivée du Chambertin de 1842, par le succès qu’il obtint, précéda dignement un toast au Roi et à la Reine des Belges porté par M. Leucht, qui prouva en termes fort aimables que Autrichiens et Hongrois sont aussi un peu des Belges et peuvent, à juste titre, partager le dévouement dynastique de ces derniers. « Votre Reine est Hongroise et nous avons pris de votre pays la plus belle fleur, la princesse Stéphanie. »
- Après une nouvelle improvisation de M. Giuseppe Corona, dont la conclusion fut : « Buvons à la chute de toutes les barrières qui. nous ont séparés, et aux Expositions qui nous unissent» ; après un toast cordial de M. de Acosta à la Belgique, pays de liberté, et à la presse belge, la plus avancée de toutes; M. Snieders prit la parole pour remercier les confrères étrangers au nom de la presse belge, et il termina son allocution par un toast à M. Mohr et à M. Leucht.
- M. Avanzino proposa ensuite un toast spécial au président du Comité international, et ce dernier répondit par quelques réflexions sur l’avenir réservé aux relations fraternelles entre les journalistes de divers pays.
- Mgr Landi parla encore du charme de cette réunion intime; M. Paulhan, un de nos plus estimables et plus charmants confrères qui, avait aidé notre ami Leucht à organiser cette fête si réussie, donna rendez-vous à tous en 1889; M. Goemaere porta un toast à M. Lemaire, le secrétaire si compétent du Comité international, et à M. Corona, le fameux alpiniste dont le nom vient d’être donné au plus haut refuge dans les neiges des Alpes; M. Lemaire rappela le séjour qu’il avait fait à Vienne il y a quatre ans et dit combien il avait été fier d’’être envoyé par la presse bruxelloise comme délégué dans sa chère ville natale d’Anvers; d’autres toasts furent encore proposés, notamment par M. Paulhan au comité exécutif de l’Exposition, mais nous n’en finirions pas s’il fallait les citer tous.
- La langue diplomatique est aussi la langue des journalistes. Tous les toasts de la soirée ont été portés en français. Seul, M. Corona a essayé, mais sans succès marqué, de parler en flamand.
- Ayant chaque toast, les verres se remplissaient de vin mousseux de Chenonceau et se vidaient avec une facilité qui ne faisait pas moins l’éloge de cet excellent cru que la médaille d’or qu’il vient d’obtenir à l’exposition.
- « Lorsqu’on se sépara fort tard, il sembla à chacun que la soirée venait à peine de commencer tant elle avait été remplie d’incidents agréables. Nous n’adresserons pas ici de remerciements spéciaux à nos confrères étrangers : nous sentons trop bien et nous dirions trop mal ce que nous leur devons.
- « Mais nous leur promettons que notre reconnaissance ne s’en ira pas en fumée comme les délicieux cigares qu’ils étaient allés butiner à notre intention chez Moris-Van den Bussche. »
- A ce compte rendu un peu trop flatteur pour nous autres, journalistes étrangers, nous n’ajouterons qu’un dernier remerciement à M. de Give qui, si bien secondé par Mme de Give, a su tout ordonner et tout disposer au grand contentement de tous. C’est à lui que nous devons, en grande partie, le succès de cette fête.
- H.-F. Cabirau.
- L’EXPOSITION DE BUDA-PESTH
- Il s’est produit une erreur dans la dénomination des gravures de notre numéro consacrées à l’Exposition de Buda-Pesth. Il n’y a pas deux pavillons forestiers. C’est le pavillon de la ville de Buda-Pesth qui, par inadvertance, avait été dénommé premier pavillon forestier.
- Nous donnons aujourd’hui à nos lecteurs les croquis de la maison des Széklers de la Csarda de Szegedin, et du pavillon du ministère royal des Finances.
- MASSONS DES SZÉKLERS
- Les Széklers qui, au nombre déplus de 200,000, habitent la partie sud-est de la Transylvanie, sont de véritables descendants des Huns." Ils passent pour un peuple doux et paisible, malgré les longues guerres qui durèrent pour eux pendant plusieurs siècles.
- Devant la maison des Széklers, se trouve une grande porte, couverte dans toute sa longueur par un pigeonnier. Sur cette porte sont figurées en ronde basse des plantes grimpantes colorées en bleu et en rouge. Et parmi les nombreuses inscriptions mélangées aux rinceaux capricieux de ces sculptures, nous remarquons celle-ci : « Entre, si tu aimes Dieu et la Patrie ; reste dehors, si tu es un mauvais génie. »
- L’intérieur est divisé en deux chambres. Nous donnons la reproduction de l’une d’elles. Les murs de cette pièce, aux poutres apparentes, sont décorés par des images représentant les différents membres de la famille régnante. Le dessus des fenêtres et de la porte est occupé par des râteliers remplis de vaisselle et de poterie. Dans le coin gauche, un poêle monumental montre ses faïences bleues et blanches ornées de fleurs et d’oiseaux. Et du même côté le lit semble vouloir élever jusqu’au plafond ses piles d’oreillers brodés.
- Une table, quelques coffres et bahuts, et pardessus tout cela, des vêtements et des étoffes de différentes couleurs accrochés çà et là, complètent l’aménagement intérieur de cette pièce.
- Dans la seconde chambre, un marchand' de Klausenburg a installé une espèce de bazar pour la vente des articles de l’industrie ménagère des Széklers. On y remarque de ravissantes découpures en bois, faites par les élèves de l’école normale de Sz. Kereztur ; des jouets qui proviennent des ateliers de Banfi-Hunvad ; des étoffes pour-fabriquer les vêtements d’homme ; des tabliers szeklers. Enfin de ces beaux tapis, aux nuances douces et bien assorties, du comitat de Csik.
- Cette maison a été construite par l’association pour l’avancement de l’industrie des Széklers.
- CSARDA DE SZEGEDIN
- Czarda signifie en hongrois maison de paysan. Ici c’est une czarda de pêcheurs de Szegedin qui sert de restaurant.
- On y peut manger le pœrkœltde Debrezin ou de Munkâcs et le gùlas de Vasarhely. Mais la renommée de l’endroit est une soupe de poissons. Pour faire cette soupe, on prend différentes espèces de poissons que l’on fait bouillir dans de l’eau, avec de l’oignon, beaucoup d’ail, du poivre, du sel, du piment rouge et du vinaigre. Puis quand le tout a suffisamment bouilli, on retire les poissons qui doivent se manger à point. On met des croûtons dans le bouillon, et on le sert ainsi. Il paraît que c’est excellent.
- Nous avouons ne pas avoir toutes les qualités requises pour faire une plus ample étude de la cuisine de la Czarda de Szegedin. Et nous attendrons, pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs, que quelque fin gourmet veuille bien nous faire part de ses impressions personnelles.
- PAVILLON DU MINISTÈRE ROYAL DES FINANCES
- Ce pavillon est divisé en deux grandes salles qui couvrent à elles deux une superficie de cinq cents mètres carrés.
- L’une contient les produits et les appareils de la manufacture du tabac, dont le monopole appartient à l’Etat. Dans un coin de la salle, le public peut rouler lui-même un cigare et fabriquer quelques cigarettes.
- L’autre contient une magnifique exposition de minerais précieux de Hongrie. Tout y est représenté depuis les minerais d’or de Kremnitz jusqu’aux simples blocs de sel gemme de Mar-rnaros.
- _ La pyramide qui forme l’entrée du pavillon, ainsique les deux petits obélisques de droite et de gauche, sont en sel gemme.
- PAVILLON DES FLEURS
- Cet édifice sert à toutes les petites expositions de. courte durée. On y a déjà vu l’exposition des chiens et celle des volailles,.
- Nous en donnons aujourd’hui une représentation pendant qu’il est orné par l’exposition des fleurs.
- ••Parmi les diverses plantes exposées, on y remarque surtout un groupe de Rhododendrons et d’Azalées ainsi qu’une exposition de Pélargonium.
- Pour être complet, nous devons citer aussi l’exposition des roses et une collection apportées du Japon (appartenant au comte Francias Zichy
- de Verdoed), qui est fort remarquée par son originalité.
- Somme toute, cette exposition fort jolie est surtout remarquable par le résultat qu’elle nous permet d’apprécier, car il y a 15 ou 20 ans à peine que l’horticulture existe" en Hongrie.
- Louis Rabourdin.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LA SECTION DES TRAVAUX PUBLICS A L'EXPOSITION COLONIALE FRANÇAISE
- (Suite.)
- 6° ILE DE LA RÉUNION
- La Compagnie du chemin de fer et du Port de l’Ile de la Réunion a envoyé à Anvers un tableau de renseignements généraux relatifs aux travaux exécutés, dont voici le résumé:
- Chemin de fer
- Longueur totale du chemin de fer
- de Saint-Pierre à Saint-Benoît....
- Largeur de la voie entre les boudins
- des rails.........................
- Nombre des gares et haltes......
- Ponts, ponceaux et aquedrr
- Nombre..........................
- Longueur totale.................
- Ponts métalliques.
- Nombre..........................
- Longueur........................
- Ponts principaux.
- Pont de la rivière Saint- ( Travées....
- Etienne ............ ( Débouché.,
- Pont de la rivière des ^ Travée___
- Galets.............. * Débouché.,
- PontdelarivièreduMât. \
- ( Débouché.
- Viaducs de la traversée l Travées...,
- de Saint-Denis..... j Débouché.
- Ponts en maçonnerie
- Nombre......................;..
- Longueur........................
- Ponts principaux
- Viaduc de la Grande- C Longueur.
- Ravine.............. f Hauteur..,
- Viaduc de la Petite-Ra- ^ Longueur., vine................... ( Hauteur..,
- Viaduc des Colimaçons, jj |yon8ueur--> ( Hauteur...
- Tunnels
- Nombre..........................
- Longueur totale.................
- Tunnel de .Sainte-Suzanne.......
- Tunnel du cap de Boulogne.......
- Tunnel du cap Bernard...........
- Tunnel de la Grande-Chaloupe... Tunnel de la Ravine-à-Jacques... Longueur cumulée des ouvrages
- d’art.........................
- soit 11.09 p. ojo de la longueur de la ligne...................
- 126 kilonr
- im
- 16
- s
- 160
- 2,y3om
- 40
- i,86om
- . 10
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- 400111
- 1
- 1 ooln H
- 15qlu
- 120
- 870“
- . in1» 26 108 • 33
- . 107
- 14
- 5
- I I,2 04m
- 55 „ 45 3,664 1,4oo 4,040
- 13,934
- Port
- Surface du port au plan d’eau..... ï8Li3ar>TC
- Profondeur d’eau..:............ 4gi
- Cube des terrassements à sec et
- des dragages................. 2,5oo,ooo™
- Longueur de la jetée sud....... i88m
- Longueur de la jetée nord..... l8g
- Largeur des jetées à la base.. i6m5o
- Largeur des j etées au couronnement i4m5o
- Poids des blocs de couronnement ii5 tonnes
- Poids des blocs du corps......... 60 —
- Poids des blocs de base.......... 50 _
- Poids des blocs de défense.... 60 _
- Voici maintenant un plan en relief à l’échelle de 1 /100e d’un chantier de construction des blocs ayant servi à faire la jetée.
- Sur ce plan sont indiquées les diverses phases de la confection des blocs. Il montre les approvisionnements des matériaux, les bétonnières servant au malaxage, les manœuvres des wagonnets conduisant le béton aux for m es a blocs et les grues enlevant le béton pour le verser dans les formes. Une fois le bloc fini et séché, il était enlevé par le Bardeur et déposé sur un truck placé lui-même sur un chariot à fosse. Le bloc étant déposé sur le truck, le Bardeur retournait sur le chantier chercher un autre bloc et le truck était amené par le chariot à fosse, au droit de la voie du Titan. Le truck était alors amarré à un cabestan à vapeur, fixé à l’arrière du Titan et amené sur la voie au-dessous du chariot de levage du Titan. °
- Ce dernier appareil se composait essentiellement : de deux poutres en treillis pouvant avan-cei sur la jetee et tourner sur un pivot hydraulique et d un chanot roulant à vapeur. Le bloc, une fois amené sous le chariot, était soulevé par celui-ci conduit,au point. ou il devait être posé- si c.etait sur 1 axe.de la jetée, le chariot le descendait simplement ; si au contraire c’était sur le côté, 1 ensemble de 1 appareil était soulevé sur son pivot hydraulique, et au moyen de presses également hyui auliques, il.pouvait tourner de l’angle néces-sane et le bloc était posé à l’emplacement désigné avec une rigoureuse exactitude. Cet appareil a
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- 284. — Première Année — N° 35,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Août i885.
- fonctionné très régulièrement sans jamais donner aucun mécompte.
- Un peu plus loin un godet de drague de 400 livres.
- Ce godet présente les particularités suivantes :
- Le dos est d’une seule pièce, en acier fondu très doux. Le dessus et le fond en tôle d’acier sont rivés sur les côtés et sur le fond du dos. Le couteau est fixé sur le dos d’une façon immuable au moyen de deux boulons prenant ses deux nervures longitudinales et rivé sur la tôle du dessus.
- L’étude première de ce type de godet a été faite en 1874 par M. La valley. Il a été imité et s’est généralement répandu en Angleterre.
- Les études et les travaux du port du chemin de fer de la Réunion ont été éxécutés sous la direction de MM. Lavalley et Molinos. Les ingénieurs du port ont été MM. Fleury etJoubert.
- Enfin, la Compagnie nous montre des traverses métalliques système Livesey, pour chemin de fer.
- Ces traverses présentent l’avantage d’une pose facile ; elles sont composées de deux cloches en fonte de forme ovale, reliées par une entretoise. Le rail repose sur deux appuis espacés de om5o, et est fixé sur la traverse au moyen d’un simple coin en fonte à cannelures qui se reproduisent sur la butée attenante à la traverse. L’augmentation de largeur dans les courbes s’obtient par un simple changement de place des clavettes de l’entretoise d’écartement.
- MM. Schneider et Cie. exposent des dessins se rapportant à un pont de ioom d’ouverture jeté sur la rivière du Mât.
- Ce pont est établi pour recevoir une voie de chemin de fer de 1 mètre de largeur, placée à la partie inférieure des poutres. Il se compose de deux poutres principales de iom5o de hauteur, espacées de 4m2 5 d’axe en axe et laissant entre elles une largeur libre de 3m5o. Les poutres sont à deux âmes, les barres de treillis inclinées à q5 degrés ont 311116 de diagonale; des montants verticaux sont espacés de 6,u32. Elles sont con-treventées horizontalement à leurs parties supérieure et inférieure, et verticalement au droit de chaque montant.
- Les poutrelles de 4.50 millimètres de hauteur sont espacées de 3miG.
- Les longrines, qui supportent les traverses et les rails de la voie, ont 340 millimètres de hauteur ; leur espacement est de 1 mètre.
- Sur les culées, les poutres sont armées de renforts, sur lesquels agissent les ancrages, pour s’opposer au renversement sous l’action des cyclones.
- Renseignements généraux :
- Ouvertures entre culées........... ioomoo
- Largeur de la voie...................... 1 00
- Largeur libre entre les poutres.. 3 55
- Hauteur des poutres..................... 10 5o
- Poids des fers................... 229,000 kil.
- Poids des fontes.................... i3,ooo
- Poids total....................... 313,ooo
- Poids du .mètre cube du pont...... 3,i3o
- (A suivre.)
- CLOTURE DE L’EXPOSITION
- DE BEAUVAIS
- La clôture de l’Exposition industrielle, horticole, scolaire et artistique est fixée au lundi 3i du courant.
- Nous engageons les personnes qui ne l’ont pas encore vue, celles, qui veulent la parcourir encore, à se presser pour y faire une dernière visite.
- Cette expôsition a été parfaitement réussie et elle présente un grand nombre de choses curieuses dans ses diverses sections et dans les jardins.
- Le comité général, pour faciliter à tout le monde les dernières visites, a décidé que le prix d’entrée serait réduit à o fr. 5o par personne , le samedi 29 et le dimanche 3o.
- Le lundi, dernier jour, le prix d’entrée ne sera que de o fr. 2 5 par personne.
- Les portes éeront ouvertes à 9 h. du matin et fermées à 6 h. du soir.
- COMMUNICATION
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- Le Moniteur belge, organe officiel, publiera dans les premiers jours de septembre la liste des récompenses accordées par le jury international. L’affluence des visiteurs augmente toujours, et dans une proportion extraordinaire ; tous ces jours-ci les entrées ont dépassé 40,000. On doit le constater à l’honneur du service des chemins de fer belges : il ne s’est produit aucun accident. Les mêmes eloges sont dus au service de la manutention : 6,000 wagons ont amené 20,000,000 de kilog. de marchandises dans les halles de l’industrie sans le moindre désordre.
- Maintenant que l’Exposition est achevée dans tous ses détails, la voix publique atteste que le visiteur est séduit par l’harmonie des lignes, l’heureux choix du décor, la variété des installations, combinés pour produire un bel effet d’ensemble. Anvers, qui fut une métropole des arts, n’a point démérité ici de son glorieux passé.
- Le grand succès, le succès décisif, est la galerie des machines ; ici c’est la vie industrielle des temps nouveaux, éclatant, rayonnant dans ses manifestations les plus extraordinaires ; c’est le génie moderne empruntant à la nature toutes ses forces, les employant comme des bras d’esclave et les forçant à concourir au bien-être universel. A côté de machines monstrueuses de la force de q,5oo chevaux effectifs que peut mettre en action la main d’un enfant, des mécanismes minuscules où agit et travaille, elle aussi, la plus formidable des forces, l’électricité. La plus grande oeuvre du xixc siècle se déroule là dans toute sa splendeur ; et, le soir, éclairée à la lumière électrique, elle offre un spectacle indescriptible.
- Les jardins, où des horticulteurs renommés étalent leurs plus belles collections florales, offrent au visiteur une promenade charmante, incessamment rafraîchie par les brises de l’Escaut. — Au théâtre Royal, Mlle Reichemberg est acclamée dans Y Ami Frity.
- LES LIVRES
- XXII
- Histoire d’allemagne. — L’Empereur Frédéric II et la chute
- de l’Empire germanique du moyen âge ; Conrad IV et Con-
- radin, par J ules Zeller, membre de l’Institut. Paris, librairie
- académique. Emile Perrin, libraire-éditeur, in-8°.
- _ L’école historique contemporaine semble s’inspirer d’un système éclectique. Elle a rogné ses ailes et ne se permet plus les larges envolées à la Guizot. Elle est sobre d’ornements et de fleurs et ne.les prodigue pas avec le luxe, parfois de mauvais goût, de Michelet. Elle préfère à tous les succès celui qui ne coûte rien au sujet s’il rapporte moins à l’auteur, celui d’avoir raison. Elle met son art dans un récit sobre et judicieux. C’est évidemment Augustin Thierry et Mignet qui ont ses préférences. Nous appellerions volontiers, sans l’inconvénient des formules trop exclusives, l’école contemporaine, actuellement dominante et triomphante en histoire, telle qu’elle est représentée par M. Duruy, son chef incontestable, et croyons-nous, incontesté, M. Chéruel, M. Fustel de Coulanges, M. Siméon Luce , M. Perrens et M. Zeller auxquels on peut rattacher si l’on veut MM. G. Picot, Perrot, Gaston Boissier, l’école critique. Elle ne met qu’un pied après l’autre dans sa voie, à travers les témoignages contemporains et les documents exhumés par les incessantes fouilles de l’érudition chartiste. Elle est essentiellement pédestre. Elle va lentement, mais elle va sûrement. Si on n’éprouve pas avec elle les éblouissements agréables et les vertiges dangereux que l’on doit à l’école du pittoresque et de la sensation à outrance, l’école Michelet, si elle procède honnêtement plus que brillamment, préférant les saines et tranquilles analyses aux majestueuses et décevantes synthèses, elle procure à la conscience, par son scrupule de justice, à l’esprit, par sa préférence pour les documents qui prouvent sur les interprétations qui étonnent, des satisfactions plus modestes, mais plus salutaires et plus fécondes. Ce n’est pas non plus qu’on y jeûne complètement de couleur et de style. Elle se permet les ornements discrets que comporte le sujet, mais ceux-là seulement. Et parfois la voix 4e l’historien s’échauffe jusqu’à l’éloquence. Mais ce n’est pas à tout propos.
- Un des maitres les plus expérimentés, les plus autorisés de cette école historique contemporaine que je crois avoir distinctement définie, c’est M. Jules Zeller. Il vient de publier le cinquième volume de cette Histoire d’Allemagne qui n’avait jamais été avant lui tentée en France, qui sera un des monuments de la science et de la langue historique, dans le dernier quart de ce siècle.
- On peut dire que l’ancien professeur de la Sorbonne, l’ancien recteur de Strasbourg, était mieux préparé que personne pour la composition de cet ouvrage qui sera le chef-d’œuvre de sa laborieuse vie, et assurera le sort de sa mémoire. Il connaît à 'merveille les deux langues et les deux littératures sans la possession desquelles il serait plus que téméraire,il serait ridicule d’aborder une Histoire d’Allemagne, la langue et la littérature allemandes, la langue et la littérature italiennes.
- L’auteur des deux volumes Italie et Renaissance, de l’ouvrage sur les Tribuns et les Révolutions en Italie, sur Pie IX et Victor-Emmanuel et l’histoire contemporaine de l’Italie, des Entretiens sur l’histoire du moyen âge était prédestiné à consacrer ses qualités ainsi aiguisées, ses ressources d’esprit ainsi accrues par un intime commerce avec le théâtre par excellence de la querelle entre le sacerdoce et l’Empire et de la lutte des nations, à ce sujet si vaste, si compliqué, de Y Histoire d’Allemagne. Il y a déployé la sûreté de méthode, la probité critique, l’impartialité sereine, la mâle sobriété de style qui sont les fruits des longues expériences et des vigoureuses maturités comme la sienne.
- Toutes ces qualités de solidité, de raison, et aussi à l’occasion, de vigueur brillante,triomphent dans ce cinquième volume, où nous assistons au dénouement de cette lutte épique entre le sacerdoce et l’Empire, entre le despotisme théocratique
- et le despotisme autocratique, entre le Saint-Empire germanique et la Papauté aspirant non pas seulement au gouvernement du monde spirituel, mais au gouvernement du monde temporel, et prétendant régenter à la fois les rois et les peuples.
- Rien de plus intéressant, de plus curieux, de plus émouvant dans sa progression tragique que ce volume où, par une expiation égale à la faute, par uneleçon saisissante,leconflitentre ces deux ambitions, ces deux excès, ces deux tyrannies, l’Empire luttant par l’invasion, la Papauté luttant par l’excommunication, finit par l’épuisement et la mort des deux combattants, la chute de la Papauté de Grégoire VII et d’innocent III, de Grégoire IX et d’innocent IV, et la chute de l’Empire germanique tel que l’avaient constitué Henri IV, Frédéric Barberousse, Henri VI et Frédéric IL Ce duel de la Papauté et de l’Empire quand bien même il ne serait pas très intéressant par les principes qu’il met en lutte,par les idées qu’il met en travail et d’où sortira le monde nouveau, ce serait encore par la beauté, l’énergie vraiment typiques, caractéristiques des figures qui les incarnent, qui les personnifient. M. Zeller remarque, avec raison, la providentielle coïncidence qui met sans cesse en présence de grands empereurs menaçant le monde de leur toute-puissance, et de grands papes destinés à sauver la liberté de tous pour la menacer, il est vrai, à leur tour.
- Quel est le roman, quel est le drame qui peuvent égaler en intérêt, en motifs d’admiration ou d’horreur, de haine ou de pitié, cette histoire de tant de vies épiques et de morts tragiques, des pontifes comme Innocent III, emporté à cinquante-six ans par 1a. fièvre d’une lutte incessante, qui dévora aussi ses successeurs Honorius III , Grégoire IX et Innocent IV, et des empereurs comme Philippe de Souabe, O thon IV, Guillaume de Hollande, Conradin, tous assassinés et ce dernier sur un échafaud! Seul Frédéric II, après avoir connu toutes les extrémités des choses humaines, traversé toutes les péripéties, depuis le triomph e jusqu’à la fuite, mourra dans son lit, mais consumé, lui aussi, par les vicissitudes qui lassent sa force sans épuiser son génie. Toutes ces figures prennent un relief saisissant et cela sans efforts de virtuosité de la part du peintre, par l’unique effet de la justesse du jour et de la couleur et de l’habile disposition des plans, dans ce recueil de portraits et de tableaux, où il faut signaler, pour la nouveauté du point de vue européen d’où elle est jugée, notre bataille et victoire de Bouvines.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- LES ENGAGEMENTS DES LAURÉATS
- Nous avons un Conservatoire de musique et de déclamation ; ce Conservatoire élève à la brochette des jeunes gens et des jeunes filles auxquels on apprend à chanter et à déclamer afin de servir de recrues pour nos scènes lyriques et dramatiques. Eh bien! Messieurs les directeurs de l’Opéra, de l’Opéra-Comique? et M. l’administrateur de la Comédie-Française n’ont pas l’air de se douter que telle est l’idée qui a présidé à la fondation du Conservatoire. Il nous est revenu que ces imprésarios subventionnés n’ont -encore engagé aucun des lauréats de cette année, ou que, tout au moins, s’ils engagent quelqu’un ils ne veulent que des premiers prix. Il faut à ces messieurs des primeurs extra; des pêches d’espaliers et non pas des pêches de vigne. Gourmands, va !
- Si le système de ces directeurs devait se perpétuer, il n’y aurait plus que trois théâtres possibles à Paris ; les seconds pris seraient obligés d’émigrer à l’étranger ou en province, tout au moins.
- Heureusement qu’un intelligent directeur, — nous voulons parler de M. Porel, de l’Odéon — a plus d’initiatives que les pachas des trois premiers théâtres que nous avons déjà nommés ; il a engagé des élèves du Conservatoire sans se soucier s’ils avaient un premier, un deuxième ou un troisième prix ; il ne s’est inquiété que de savoir si ces sujets avaient le talent nécessaire pour paraître en public ; il se chargera bien, lui l’artiste expert, de leur apprendre la vie des planches et d’en faire des artistes hors ligne; la preuve c’est que le Théâtre-Français, après avoir pris à l’Odéon Raphaël Duflos vient de lui prendre le jeune Lambert, tous deux élèves du Conservatoire d’abord, mais de M. Porel ensuite.
- Donc, M. Porel fera débuter, à partir de samedi 29 août, Mlle Méa, premier prix du Conservatoire, MM. Henri Second et Duard, deuxième prix et premier accessit. Le 9 septembre débutera M. Vandenne, deuxième prix de comédie.
- Et quand ces jeunes artistes seront bien formés, la Comédie-Française les réclamera. L’Odéon est donc le véritable Conservatoire de la tragédie et de la comédie dirigé par M. Porel.
- C’est ce que j’ai cherché à démontrer en ces quelques lignes.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — hnp. E. ARRAULT et Cu, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 6 Septembre 1885.
- NUMÉRO 36.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de Beauvais; 2. Le Congrès des chemins de fer; 3. Exppsition d’Anvers ; 4. L’Us’.re de Morteau (Doubs) ; 3. Echos ; 6. La Question économique ; 7. Exposition
- d’Anvers: Communication; 8. Les Livres; 9. Les Théâtres.
- EXPOSITION DE BEAUVAIS
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- EXPOSITION DES BEAUX-ARTS
- MEMBRES DU JURY
- HORS CONCOURS
- MM. Brispot (Henry). Julien (Albert). Lagarde (Pierre).
- MM. Maillart (Diogène) Marc (Lucien).
- Yob (Edmond).
- Médaille d’Or
- M. Denoeu (Gustave), de Beauvais.
- Médailles de Vermeil MM. Biva (Henry), de Paris.
- Cabaillot-Lasalle, de Paris.
- Denoyelle (Paul-Léonard), de Mo.uy (Oise). , Dumont (Henry), de Paris.
- Feytou. (Paul), de Beauvais (Oise).
- Henneguy (Louis-Honoré), de Paris.
- Roussel (Georges), de Beauvais (Oise). Tassart (Jules), de Compiègne (Oise). Zakarian, de Paris.
- Médailles d’Argent MM. Boucher (Sculpture), de Pans.
- Chevallier (Eugène), de Beauvais (Oise). David (Charles), de Paris.
- Mm® Héreau (Louise), de Paris.
- MM. Lafont (Emile), de Paris.
- Lavadoux (Paul), de Paris.
- Moisand (Maurice), de Paris.
- Meunier (Jules-Alexis), de Vesoul.
- Pozier(Jacinthe), de Paris.
- Mme Ruffin (R.-P.), de Nanterre (Seine).
- MM. Schmidt (L.-L.), de Saint-Quentin (Aisne). Serrier (Georges), de Paris.
- 28 Médailles de Bronze
- Mra® Raimbault, institutrice à Saint-Just-en-Chaussée.
- M. Renard, de Clermont.
- M. Robin, inspecteur primaire, à Cempuis.
- Service des ponts et chaussées du département de l’Oise.
- Médailles d’Or
- F*’® Adon, instituteur à Compiègne.
- MM. Hanniet, instituteur àNeuilly-en-Thelle. Legras, instituteur à Senlis.
- Maillard, directeur du cours complémentaire à Grandvilliers.
- MUe Morel, institutrice de Méru.
- M. Personne, instituteur à Liancourt-sur-Cler-mont.
- M11® Pigeard, institutrice à Beauvais.
- Mmc Prévost, institutrice à Beauvais.
- Médailles de Vermeil Mm0 Baroche, institutrice à Beauvais.
- MM. Blin, instituteur à Montataire.
- Caron (Charles), propriétaire à Beauvais. 'Mm® Clamouse, institutrice à Hanvoile.
- MM. Delacompté, instituteur de Hautefontaine. Devimeux, instituteur de Clermont.
- Dupont, instituteur à Liancourt-sur-Cler-mont.
- F1’® Clérus, directeur d’un pensionnat libre à Pont-Sainte-Maxence MM. Hallot, instituteur à Andeville.
- Hanesse, instituteur à Ully-Saint-Georges. Mn® Isoré,- institutrice à La Croix-Saint-Ouen. Mme Lanson, institutrice à Ressons-sur-Matz.. MUc Lecat, directrice de pensionnat à Breteuil. M. et Mm® Lesage, instituteurs à Ernemont-Bou-tavent.
- MM. Menget, instituteur à Breteuil.
- Portebois, instituteur à Creil.
- Mme Pierrat, institutrice à Auneuil.
- Mlles Pommereau, directrice de l’école maternelle à Bresles.
- Régnier, institutrice à Laboissière.
- MM. Salentin, instituteur à Méru.
- Vaquez, instituteur à Songeons.
- 42 Médailles d’Argent j 25 médailles de bronze. p7 Mentions honorables collaborateur Médaille de Vermeil.
- M. Delamarre, conducteur des ponts et chaussées, à Beauvais.
- GROUPE SCOLAIRE
- hors concours
- MM. Bellom, membre du jury.
- Boucher, id
- Lhuillier, id
- Diplômes d’honneur
- MM. Belin (Mm® Ve Eugène) et fils, éditeurs de Paris.
- Bled, de Monti.ers.
- Catel (Mmc), de Chaumont..
- Chanoine (frère Eugène), de Beauvais. Daillet, de Beauvais.
- Fenet, comptable, à la Manufacture Nationale de Beauvais.
- Feytou, professeur de dessin de Beauvais. Flobert, instituteur à Beauvais.
- Hachette et Cie, éditeurs de Paris. Hartmann (Mme) sœur Emerentienne, de Beauvais.
- Houguenague, instituteur à la Chapelle-aux-Pots.
- Mlle Lefèvre, institutrice à Creil.
- MM. Mesnard, instituteur au Quesnel-Aubry.
- Mésenguy, de Crèvecœur-le-Grand.
- Mme Moreau, de Crèvecœur-le-Grand.
- Ouvroir de Montataire.
- OUVROIR DE NOYON.
- M. Pillon, de Compiègne.
- SECTION INDUSTRIELLE
- !®r GROUPE
- Médecine; Hygiène ; 20 Produits alimentaires ; 3° Boissons; g0''Industries chimiques et physique; 5° Eclairage et chauffage.
- hors concours
- MM. A. Mercier et Cio, membres du jury. Oudaille, id.
- Raguet-Ruhlmann, id.
- Devichy, id.
- Diplômes d’Honneur
- MM. Chivot et Cic d’Amiens-(Somme).
- Association des dames françaises, de Paris. Leconte-Dupont fils et Cie, d’Estaires (Nord). J. Maillé et Cic, de Paris.
- Mercier (Eug.) et Ci(q d'Epernay (Marne). De Ricqlès et Cic, de Lyon.
- Tourtel frères, de Tantonville (Meurthe-et-Moselle.
- Vanh^eckhoet, de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais.
- Médailles d’Or
- MM. De La Coux, d’Asnières (Seine).
- Meurdrac, des Andelys (Èure).
- Rappels de Médailles d’Or MM. Gombault, de Nogent-sur-Marne (Seine). Lepecq, de Pierrefitte-en-Auge (Calvados). Leroux-Louvet fils, de Rouen (Seine-Inférieure).
- Recourat-Chorot, de Beauvais. Saffrey-Fortris, de Verneuil (Eure). Schlumberger et Cerckel, de Paris.
- Médailles de Vermeil MM. Bégou, de Pontoise (Seine-et-Oise).
- Chemin, de Préaux (Seine-Inférieure). Delafraye, de Marissel-les-Beauvais.
- Favre (Félix), de Saint-Sulpice (Oise). Gommes-Britto, de Paris.
- Granjean et Sœurs, de La Vaivre (Haute-Saône).
- Gardrat (Constant), de Beauvais.
- Juhel, de Gournay-en-Bray.
- Lattraye, de Rouen (Seine-Inférieure). Levray, de Rouen (Seine-Inférieure). Roubeau fils et Cie, du Havre (Seine-In-fériure).
- Sarazin, d’Amiens (Somme).
- Soulès, d’Agen (Lot).
- Vardon, de Lyons-la-Forêt (Eure).
- Rappels de Médailles de Vermeil
- fMM. Lefort (A)., de Beauvais.
- Ponthieu (P.), d’Amiens.
- Médailles d’Argent
- MM. Bonniol, de Salon (Bouches-du-Rhône). Boutet et Cie, de Paris.
- Brasmes et Cie, de Mazingarbe (Pas-de-Calais).
- Caustier (Eug.), d’Amiens.
- Chailly, de Saint-Denis (Seine).
- Colmant, de Saint-Emilion (Gironde). Corbut-Cossart, de La Bassée (Nord). Dautreville (E.), de Paris.
- Dauvé, de Chambly (Oise).
- Defert, de Vernon (Èure).
- Gagny-Leturcq, de Bapaume(Pas-de-Calais). Giguet-Leroy, de Paris.
- Hernoux, de Neuilly-sur-Seine.
- Jacqz (A.), de Pont-Sainte-Maxence (Oise). Lengellé-Camus, d’Amiens (Somme). Monclerc et Leroux, de Paris.
- Monceux, de Roubaix (Nord).
- Pélisson père et Cie, de Cognac (Charente). Pillon, de Clermont.
- Puvrez, de Saint-Quentin (Aisne).
- Rousseau et Cie, de Paris.
- Servant et Giraudeau, d’Amblainville-sur-Cognac.
- Stupfel, de Moulins (Allier).
- Rappels de Médailles d’Argent
- MM. Fleury, de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Inférieure).
- Louvet, de Voisinlieu-lès-Beauvais.
- Mercier (Léon), de Marissel-lès-Beauvais.
- 16 Médailles de Bronze 12 Mentions honorables.
- collaborateur Diplôme d’Honneur.
- Mme- Didier (Association des Dames Françaises).
- 2e GROUPE
- i° Industries métallurgiques ; 2° Industries mécaniques; 3° Travaux, architecture et génie civil.
- hors concours
- MM. Le Brun, membre du Jury.
- Maguin, id.
- Rafin et Ameuille (M.Ameuille, membre du Jury).
- Ducroquet frères (M. Ducroquet (A.), membre du Comité des finances).
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- 286. — Première Année. — N° 36.
- Diplômes d’Honneur
- MM. Bajac-Delahaye, de Liancourt (Oise).
- Decauville aîné, à Petit-Bourg (Seine-et-Oise).
- Hurtu, de Paris.
- Service des ponts et chaussées de l’Oise. Sibut aîné et Cie, d’Amiens.
- Société anonyme des forges et fonderies de Montataire.
- Union céramique de l’arrondissement de Beauvais.
- Utzschneider, E. Jaunez et C10, de Pont-Sainte-Maxence (Oise).
- Médailles d’Or
- MM. Clément-Thuillier, à Albert.(Somme).
- E. Cussac, de Clermont (Oise).
- Rappel de Médaille d'Or M. Colin-Muller, d’Auneuil (Oise).
- Médailles de Vermeil MM. Gargault (Félix), de Beauvais.
- Deydier et Vizet (maison Laparra), de Paris. Mahot, de Ham (Somme).
- Société anonyme des Forges, Fonderies et Laminoirs, de Saint-Roch-les-Amiens.
- Rappel de Médaille de Vermeil Mme Veuve N. Parant, Lefrançois et Cio, de Sau-mont-la-Poterie (Seine- Inférieure).
- Médailles d’Argent MM. Carrières de Mello (Oise).
- Charles et Babillot, de Saint-Denis (Seine). Diétrich et Cie, de Paris.
- Dinouard (L.), d’Amiens.
- Moutier (Paul), de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- Ouachée (Léon), de Paris.
- Pinson, de Beauvais.
- Schvoerer, d’Eysses (Lot).
- Société anonyme des Chaux et Ciments, de Berry-au-Bac (Aisne).
- Tabary fils, d’Haudivillers (Oise).
- Watteeuw, de Sainte-Geneviève (Oise).
- Rappels de Médailles d’Argent MM. Ambroise (Eugène), de Beauvais.
- Briard, de Saint-Samson-la-Poterie (Oise). Chatel père etfils,d’Elbœuf (Seine-Inférieure). Débrosse (Eugène), de Beauvais.
- 2 g Médailles de Bronze 18 Mentions honorables
- collaborateurs Médailles de Vermeil
- MM. Gérard, de la Société des Forges de Montataire.
- Marthe, conducteur des ponts et chaussées. Médailles d’Argent MM. Cardon, de la Maison Maguin.
- Barthélemy, de la Maison Le Brun.
- Godichet, de la Maison Le Brun.
- Sangnez, de la Maison Le Brun.
- Leclerc, de La Maison Delaherche-Godin.
- 6 Médailles de Bronze 4 Mentions honorables.
- 3e GROUPE
- i° Arts industriels et décoratifs ; 20 Carrosserie, bourrellerie et sellerie ; 3° Papiers peints.
- hors concours
- M. Serrin, membre du Jury.
- Société française des papiers peints (M. Roger, directeur, membre du Jury).
- Diplômes d’Honneur.
- MM. Boucher frères, de Paris.
- Boulenger, d’Auneuil (Oise).
- Julien (Charles), de Compiègne (Oise). Lévêque, de Beauvais.
- Société anonyme du Palais Bonne-Nouvelle, de Paris.
- Société des couverts alfénide, de Paris. Médailles d’Or.
- MM. Bunet, de Paris.
- Duclos, de Beauvais.
- Pommart, de Beauvais.
- Vivifie, de Paris.
- Rappels de Médailles d’Or.
- MM. Chuit, de Beauvais.
- Delarue, de- Paris.
- Médailles de Vermeil.
- MM. Breuillard, de Neuilly-en-Thelle (Oise).
- Courtin, de Gournay-en-Bray (Seine-Inférieure).
- Delahaye, de Liancourt (Oise). Eloudet-Lefèvre, de Beauvais.
- Latteux-Bazin, du Mesnil-Saint-Firmin (Oise). Rappels de Médailles de Vermeil.
- MM. Dienst et Lathoud, de Paris.
- Hennegrave veuve et fils, de Méru (Oise). Porquier (Charles), de Beauvais.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Médailles d’Argent.
- MM. Braunn, de Beauvais.
- Buquet, de Beauvais.
- Delafosse, de Beauvais.
- MM. Delaherche (A.), de Paris.
- Gréber, de Beauvais.
- Lamothe, de Creil (Oise).
- Leclerc-Roussel, d’Ons-en-Bray (Oise). Ollivier, de Beauvais.
- Rousselot, de Paris.
- Rappels de Médailles d’Argent.
- MM. Delarue, de Savignies (Oise).
- Dubos, de Beauvais.
- Roolf, de Paris.
- 23 Médailles de Bronze.
- 8 Mentions honorables. collaborateur Médaille d’Argent.
- M. Lichtenheld (Louis), directeur de la maison Lévêque (vitraux et faïences),de Beauvais.
- 2 Médailles cie Bronze.
- 4e GROUPE
- Tissus, vêtements et accessoires
- HORS CONCOURS
- MM. Dupont (A), président du Comité général. Fortin, ..membre du Jury.
- Fretin, id.
- Lagrenée (Georges), membre du Comité de la Loterie.
- Diplômes d’honneur.
- MM. Carue, de Paris.
- Cauvin-Yvose (Ernest), de Paris.
- Dillies et Cie, de Roubaix (Nord).
- Poiret frères et neveu, de Paris.
- Médaille d’Or.
- Société d’Etudes scientifiques appliquées a l’Industrie et au Commerce, à Paris.
- Médailles de Vermeil.
- MM. Aconin fils (Ch.), de Compiègne (Oise). Calame, de Rouen (Ssine-Inférieure). Hochard (Prosper-Nicolas-Emile), de Ully-Saint-Georges (Oise).
- Lauvergne (Pierre - Henry) de Clermont (Oise).
- Rappels de Médailles de Vermeil.
- MM. Loisel, de Beauvais..
- Moncomble, de Beauvais.
- Pasquier, de Beauvais.
- Médailles d’Argent.
- MM. Bar (J.), de Rantigny (Oise).
- Philippe (Charles-Ernest), de Beauvais.. Grison-Poncelet, de Creil (Oise).
- Pierron, Defer et Plée de Beauvais.
- Tellier et Denosse, de.Beauvais.
- Taire (Arthur), de Paris.
- Rappels de Médailles d’Argent.
- M. Cauville (Théophile), de Beauvais. MmeJuzieu (Amanda), de Beauvais.
- 14 Médailles de Bronze.
- 4 Mentions honorables collaborateur Médaille d’Argent.
- M. Hue père, contre maitre, chez MM, Tétard- Lainé et Rupp.
- 8 Médailles de Bronze.
- 1 Mention honorable
- 5e GROUPE
- 10 Arts de précision ; 20 Electricité ; 3° Photographie ; 40 Armurerie-Coutellerie ; 5° Instruments de musique ; 6° Librairie.
- hors concours
- MM. de Licques (Marquis), membre du Comité de la Presse.
- Tabary, membre du Comité de l’Industrie. Diplômes d’honneur.
- MM. Aimable, de Beauvais.
- Bardou-Job, de Perpignan (Pyrénées Orientales).
- Leclerc (Emmanuel-Jules), de Beauvais. Ruch, de Paris.
- Ségal, de Beauvais.
- Médaille d’Or.
- M. Gautier (Léon), de Beauvais.
- Médailles de Vermeil.
- MM. Alix, de Paris.
- Becquet, de Beauvais.
- Pirou, de Paris.
- Médailles d’Argent.
- MM. Baltazard, de Beauvais.
- Bernard, de Paris.
- Brigaud-Gadet, de Thiers (Puy-de-Dôme).
- Dimanche 6 Septembre 1883.
- MM. Derogy, de Paris.
- Lary, de Paris.
- Lesobre, de Voisinlieu-lès-Beauvais. Merz, de Beauvais.
- Perrot, de Creil.
- Roussier et Belet, de Beauvais. Trézel, de Beauvais.
- Tronchon, de Beauvais.
- 7 Médailles de Bronqe.
- 8 Mentions honorables.
- 6e GROUPE
- Produits étrangers
- Diplômes d’Honneur.
- Centro da Lavoura e commercio, du Brésil. MM. de Moltke-Hvitfeld (Comte), ministre du Danemark.
- Hildesheim, de Glascow (Ecosse).
- Howe et Cie, de Bridgeport (Etats-Unis). Krafft, de Paris.
- Nazare-Aga, ministre de Perse.
- Société géographique et commerciale de Paris.
- Médailles d’Or.
- MM. De Santa-Anna Néry.
- D’Oliveira (L. R.) (Commandeur).
- Médailles de Vermeil.
- Mmc De Montblanc (Comtesse),d’Ingelmunster (Belgique).
- La Porte Chinoise, de Paris.
- Médailles d’Argent.
- MM. Coryn, de Gand (Belgique).
- Hallez, de Dinant (Belgique).
- Ringnes et Ciu, de Christiania (Norvège).
- 3 Médailles de Bronqe.
- 1 Mention honorable.
- Diplômes de Coopérateurs.
- MM. Bonvalot, de Paris.
- Bernay (Emile), consul de France à Tauris ' (Perse).
- Charnay, de Paris.
- De Beauvoir (le marquis), de Paris.
- Dé Contenson, de Paris.
- De Kronenberg (Ladislas), de Pologne. D’Oliveira (Luiz), de Paris.
- De Vigan, de Paris.
- Eugène-Marie (frère), de Beauvais. Godefroy-Robert, d’Amiens.
- Hachette et Cie, de Paris.
- Le Coq (Henri), de Paris.
- Limbourg (R.-P.), de Beauvais.
- Maron, de Paris.
- Oukawa (Légation du Japon).
- Pirquet (le baron), d’Autriche.
- Plon et Nourrit, de Paris.
- Rabot (Ch.), de Paris.
- Mm° Richard, de Beauvais.
- MM. Roland Bonaparte (le prince), de Paris. Sanson (le commandant), de Beauvais. Société académique de l’Oise.
- 7e GROUPE
- Travail individuel
- Diplôme d’Honneur.
- MM. Leclerc et Soret, de Beauvais.
- Médaille d’Or.
- M. Delamarre (A.), de Voisinlieu.
- Médailles de Vermeil.
- MM. Clermont (P.), de Beauvais.
- Cœplet, de Sainte-Geneviève (Oise).
- Hubert, de Beauvais.
- Roquencourt (Auguste), de Beauvais. Rappels de Médailles de Vermeil.
- MM. Lefebvre (Raymond), de Beauvais.
- Pisier (Jules-Désiré), de Beauvais.
- Médailles d.’Argent.
- MM. Becker, de Beauvais.
- Bernerat, de Beauvais.
- Billard, de Beauvais.
- Cimachowicz, de Beauvais.
- Coulon (E.), de Beauvais.
- Derivery (Emile), de Saint-Just-des-Marais (Oise).
- Llutan (Adonis), de Beauvais.
- Leroy (Constant), de Méru (Oise).
- Magot (Aristide), de Méru (Oise).
- Pesnin (Louis), de Beauvais.
- Philippe (Arcade), de Lardières (Oise).
- Roux, de Beauvais.
- Rappels de Médailles d’Argent.
- MM. Beurdeley, de Beauvais.
- La Charrière (Paul), de Beauvais.
- JO Médailles de Bronqe.
- 11 Mentions honorables.
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- Première Année. — N° 36.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88y.
- Dimanche 6 Septembre iSS5. — 287.
- 8e GROUPE
- Exposition Forestière
- Diplôme d’Honneur Administration des forêts
- Médailles de Vermeil MM. Larive-Bizet, à Hermes (Oise).
- Gourlan-Germier, à la Neuville-en-Hez (Oise).
- Médailles d’Argent MM. Boitel et Giron, de Méru (Oise).
- Boutilly, d’Amiens (Somme).
- Vilfroy, de Beauvais.
- Rappels de Médailles d’Argent MM. Briet et Erard, de Villers-Saint-Sépulcre (Oise).
- Dugrosprez, de La Croix-Saint-Ouen (Oise). 4 Médailles de Bronze 4 Mentions honorables
- COLLABORATEURS
- Diplômes d’Honneur
- MM. Thêlu, inspecteur des forêts à Beauvais.
- Maupoil, inspecteur-adjoint des forêts, à Beauvais.
- Rappel de Médaille d’Or M. Masson, percepteur des contributions directes, au Meux (Oise).
- Médaille d’Argent
- M. Lambert, brigadier forestier à Fouquenies (Oise)
- 4 Médailles de Bronze 2 Mentions honorables
- 9e GROUPE
- Produits Coloniaux Diplôme d’Honneur
- Administration des colonies au Ministère de la Marine et des Colonies.
- Médaille d’Or
- M. Grodet (Albert), sous-directeur des Colonies, au Ministère de la Marine et des Colonies.
- Médaille de Vermeil
- M. Bilbaut, conservateur-adjoint de l’Exposition permanente des Colonies.
- 1 Médaille de Bronze
- SOCIÉTÉ L'HORTICULTURE ET L'APICULTURE
- Diplômes d’Honneur et Primes de 200 fr. Mmc Delavier, à Beauvais.
- M. Germain (Alphonse), jardinier à Beauvais.
- Diplôme d’Honneur et Médaille d’Or Société d’horticulture de Clermont (Oise). Objet d’Art de 200 francs M. Delaville, professeur d’horticulture à Beauvais.
- Diplôme de Mérite spécial M. Sauvage, apiculteur à Corbie (Somme). Médailles d’Or
- Mmo Rouget, propriétaire à Marissel.
- Société d’Apiculture de la Somme.
- Médaille de Vermçil (grand Module)
- M. Villatte (René), horticulteur à Beauvais. Médailles de Vermeil
- MM. Baude, horticulteur au Fayel-Cauvigny. Leconte, cultivateur à Bornel.
- Leriche, instituteur à Gezaincourt-lès-Doul-lens (Somme).
- Mercier (Léon), fabricant d’engrais à Beauvais.
- Morel, propriétaire à Auteuil.
- La Section d’Horticulture de Noailles. Rigault, propriétaire à Groslay (Seine-et-Oise).
- Thévenard (Hector), au Hamel, près Grand-villiers.
- Médailles d’Argent (grand Module)
- MM. Adam, horticulteur à Compiègne. Broutheland, jarîïhiier àAuneuil.
- . Gallier, coutellierà Beauvais.
- Piermé, jardinier à Beauvais.
- Preinveillé, horticulteur à . Saint-Just-en-Chaussée.
- Médailles d’Argent
- MM. Brigault-Gadet, coutelier à Beauvais. Garon-Dauzet, épicier à Beauvais.
- Garbet, adjoint au maire, à Beauvais.
- La Section d’Horticulture de Grandvilliers. Leclerc (Jules), serrurier à Beauvais.
- Lépine, propriétaire à Méru.
- Mabille, tourneur à Blargies.
- Maillard, instituteur à Grandvilliers. Marseille-Cavé, cultivateur au Mesnil-Con-te ville.
- La Section d’Horticulture de Méru. Rivière, fabricant de poteries, à Paris. Tourin-Guéreux, horticulteur à Beauvais. Warmez, grainier à Beauvais.
- 10 Médailles de Bronze
- 3 Ouvrages offerts par M. le Ministre de l’Instruction Publique
- 6 Mentions honorables
- LE
- CONGRÈS DES CHEMINS DE FER
- DEUXIÈME ARTICLE
- Nous avons fait connaître dans notre avant-dernier numéro, à quelles discussions ont donné lieu les trois premières questions posées au Congrès.
- La quatrième question comprend l’examen des moyens généraux de réduire les dépenses : d’entretien, de surveillance et de gardiennage des voies ferrées; de traction et de matériel; de manutention et de manoeuvres dans les gares. On conçoit toutes les questions techniques qui ont pu s’agiter à c.e propos.
- Doit-on, par exemple, confier les réparations du matériel à l’industrie privée, ou les faire exécuter par les ateliers mêmes des administrations de chemin de fer ?<M. J. Dejaer et de Busschère, ingénieurs de l’État belge, rapporteurs de la 2e section, répondent que quelques essais de réparations par l'industrie privée ont été tentés par l’État belge; ils n’ont pas été de nature à engager cette administration à persévérer dans cette voie. L’État bèlge donne d’ailleurs satisfaction à l’industrie dans la limite du possible ; chaque fois que la réparation demande le remplacement complet de la locomotive (chaudière entière, etc.), celle-ci est commandée à l’industrie. Là semble être la solution du problème.
- Faut-il confier la locomotive à un second machiniste,, quand le premier a fini son service? L’avis affirmatif de la 2e section est appuyé par M. Bau-derali, ingénieur du chemin de fer du Nord, et adopté par le congrès ainsi que tous ceux qu’elle a émis sur les sujets rentrant dans cette catégorie.
- Nombreux ont encore été les sujets traités à l’occasion de la cinquième question : Moyens généraux d’assurer la sécurité du mouvement : i° Arrêt des trains (freins continus) ; exploitation des lignes présentant de longues inclinaisons ; 20 dispositions à donner au matériel pour garantir la sécurité des voyageurs (construction des voitures), moyens d’intercommunication, cordes signal, appareils divers ; 3° dispositions à suivre pour garantir la sécurité du personnel chargé des manœuvres de gare.
- M. A. Huberti avait proposé à la 2e section un vœu en faveur des freins continus automatiques et de l’adoption de ce type unique. Son vœu avait été rejeté, non pas que l’on contestât la supériorité de ce système, mais parce que, a-t-on dit, il ne fallait pas empêcher, peut-être, des inventions de se produire, et ne pas pousser les inventeurs à ne plus chercher que dans une seule voie. La vraie raison est que les freins automatiques coûtent plus cher et que plusieurs Compagnies n’ont pas envie de s’imposer cette dépense. Elles craignent que, si le congrès affirmait l’excellence des freins de cette espèce, les journaux, les députés ne viennent leur reprocher de ne pas savoir faire de sacrifices pour assurer la sécurité des voyageurs. Saisi de la question dans l’assemblée plénière du i5 août, le congrès, sans se prononcer sur les mérites respectifs des freins continus automatiques et non automatiques, considérant les services rendus par les freins continus, en recommande l’application partout où les besoins de l’exploitation nécessitent la circulation de trains nombreux marchant à des vitesses variables.
- On sait qu’au Saint-Gothard, il a été construit plusieurs tunnels en la forme hélicoïdale. La résistance, a dit M. Dietler, directeur du chemin de fer du Gothard et délégué suisse, y est moindre que l’on avait pensé, car la vitesse des trains est plus grande que celle donnée par le calcul. Les rampes les plus fortes y ont toujours été placées au bas.
- Les membres de la 2e section ont été généralement d’accord pour indiquer le mode de traction continue pour le matériel à voyageurs comme devant se répandre de plus en plus. Le train avec la barre continue ne forme plus qu’une _ masse rigide, ce qui rend le démarrage plus difficile. Mais le système a, en revanche, bien des avantages : rendre le mouvement beaucoup plus doux, prévenir certains accidents, notamment les ruptures d’attelages, etc.
- En séance plénière, M. Diderut propose d émettre un vœu en faveur de l’adoption de mesures de contrôle exposant moins la vie des employés que le système actuel qui oblige les contrôleurs à circuler le long des trains en marche. La proposition est rejetée sans débat à une grande majorité !
- Quant à la sécurité des agents chargés de manœuvres, le rapport de M. Lapierre rappelle que ce n’est qu’en 1883 qu’un règlement a été adopté par l’administration belge pour ce service. Les heureux résultats s’en sont immédiatement fait, sentir. Tandis qu’en 1882, il était arrivé 20 accidents à des ouvriers en décrochant des wagons (8 tués, 8 blessés, 4 contusionnés), il n’y en a plus que 10 en 1884 (1 tué, 6 blessés, 3 contusionnés).
- Sixième question : Aoplications de l’électricité à l’exploitation des chemins de fer. On sait qu’elles sont en nombre infini. Parmi les plus récentes, citons le téléphone. Le transport de la force à distance par le fil électrique n’est pas encore sorti de la phase expérimentale ; mais là est peut-être l’avenir, et le succès des expériences poursuivies pourra un jour révolutionner l’industrie des chemins de fer.
- Le Congrès, sentant combien la prudence était nécessaire en pareille matière, s’est borné à constater que des progrès considérables ont été réalisés par l’emploi de l’électricité appliquée aux chemins de fer, que de nouveaux perfectionnements se produiront encore qui accroîtront la sécurité. Sur la question de savoir si l’on doit préférer les appareils électriques aux engins mécaniques, et réciproquement, il a jugé qu’on ne peut actuellement se prononcer nettement ; c’est une question d’espèce, de distance, de climat, d’application , qui doit être résolue par une étude comparative des solutions en présence dans chaque circonstance.
- L’assemblée accueille ensuite la proposition faite par un ingénieur belge, de soumettre à l’étude du prochain congrès la création d’un bureau technique international chargé d’étudier les applications de l’électricité.
- La septième question comprend l’examen et la discussion des points concernant : i° l’installation et l’outillage des lignes ferrées en vue de la sécurité, de la rapidité et du confort des trains de voyageurs ; 20 les dispositions et appareils les plus simples et les moins coûteux pour assurer, en temps d’arrêt ou d’accident d’un train, les correspondances entre les agents de la route, des trains et des gares ; 3° les appareils les plus convenables à adopter pour l’application du Block System sur les diverses voies ferrées, suivant leur nature et leur importance ; 40 les dispositions et appareils les plus propres à garantir la sécurité de la circulation dans les gares, aux bifurcations et traversées de voies ; 5° les moyens de garantir le plus efficacement la sécurité du passage des trains sur les ponts tournants ; 6° l’influence des appareils du Block System sur l’augmentation de la puissance des lignes ferrées ; 70 l’influence des appareils d’interloking System sur l’utilisation des gares.
- Messieurs les Belges ont dû reconnaître que , tandis qu’en Allemagne les appareils d’intercommunication tendant à assurer la sécurité des voyageurs existent dans toutes les voitures, rien n’a été fait en Belgique à cet égard.
- Nous autres, Français, nous n’avons pas le droit d’être beaucoup plus fiers sous ce rapport. Quant au confort, il n’a été dit rien de bien saillant. La 3e section, chargée d’étudier tous ces points, n’entend pas se prononcer sur ces types de voitures; elle indique les conditions auxquelles doivent satisfaire le chauffage et l’éclairage.
- Les Congressistes ont été unanimes à reconnaître que le Block System, même l’ancien, dans lequel les signaux à vue ne sont pas solidarisés avec les appareils électriques, augmente notablement la puissance du chemin de fer, c’est-à-dire permet de multiplier les trains, en toute sécurité, dans des proportions considérables, dans le cas d’une double voie ; mais ils n’ont pu se mettre d’accord sur la même question, appliquée aux chemins de fer à voie unique. Tandis que les Belges et les Russes, pour la plupart, estimant que les avantages du Block System sont encore plus grands pour la voie simple que pour la double voie, les Français et un ingénieur russe l’ont contesté absolument. En raison de ces divergences et de l’impossibilité de s’entendre, on a rayé la question, ce qui ne la supprime pas.
- On reconnaît enfin que les progrès accomplis, au point de vue de la sécurité du service des chemins de fer, sont très grands, mais qu’on ne pourra jamais supprimer les accidents.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LA SECTION DES TRAVAUX PUBLICS A L’EXPOSITION COLONIALE FRANÇAISE
- (Suite.)
- 7° SÉNÉGAL
- La Société anonyme des anciens ateliers Claparède, de Paris, expose le modèle d’une chaloupe canonnière du haut Niger construite, pour le département de la marine, en vertu d’un marché du 12 mars 188 3.
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- 288 et 289.— Première Année. — N° 36.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Septembre i88b.
- L’USINE D HORLOGERIE DE MORTE A
- DOURS
- ATELIER DES ÉCHAPPEMENTS A ANCRE
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- 2QO.
- Première Année
- N° 36.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Septembre 1SS5.
- Cette chaloupe canonnière à vapeur est démontable et transportable à dos de mulet en pièces ne dépassant pas 5o kilogrammes ; elle est installée de façon à recevoir à bord un équipage de i5 hommes avec 10 jours de vivres.
- Les dimensions sont les suivantes :
- Longueur de la coque (tôle d’acier zinguée).......................... i8in75o.
- Largeur au plat-bord............ 2m 65o.
- Creux au milieu................. im 100.
- Tirant d’eau maximum............ om 800.
- Vitesse minimum................. 8 nœuds.
- Le chauffage des chaudières s'effectue au bois.
- Son armement consiste en un canon revolver Hotschkiss.
- Elle flotte actuellement sur le Niger.
- La Compagnie du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis expose un carton contenant de nombreux documents.
- Voici en outre les renseignements qui sont fournis par les notices :
- La ville de Saint-Louis,chef-lieu des possessions françaises sur la côte occidentale d’Afrique,compte 15,oôo habitants et produit un trafic annuel de 60,000 tonnes métriques.
- La barre du Sénégal est très mauvaise, ce qui rend souvent les abords de Saint-Louis difficiles, tandis que le port de Dakar-Gorée, qui se trouve • à environ 260 kilomètres au sud de la capitale, est excellent.
- On entrevoit donc immédiatement l’immense avantage qu’il y avait à relier Saint-Louis, la capitale politique et commerciale du Sénégal, avec le port de Dakar-Gorée.
- Par un arreté ministériel en date du 3 septembre 1880, un appel fut fait à la concurrence privée et la société de construction des Batignolles fut déclarée concessionnaire.
- Description du tracé.
- La ligne a une longueur totale d’environ 260 kilomètres de Dakar à Saint-Louis : on compte sur la ligne deux gares : celles de Dakar et de Saint-Louis, une station principale à Rufisque et neuf stations intermédiaires, ainsi que six haltes dans l’intérieur du pays. Dans son parcours la ligne traverse le royaume du Cayor.
- Matériel fixe.
- La largeur adoptée pour la voie du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis est de 1 mètre à l’intérieur des boudins des rails ; les rails sont en acier d’un poids de 20 kilogrammes par mètre courant ; ils sont reliés par des éclisses en fer et sont fixés à l’aide de crampons sur des traverses en pin injectées au sulfate de cuivre, dont l’écartemejat a été fixé à 90 centimètres d’axe en axe, les points des rails étant toujours en porte-à-faux.
- Matériel roulant.
- La locomotive est du type dit: locomotive-tender; son poids propre, à vide, est d’environ 16*800; son poids en service, avec approvisionnements épuisés, est d’environ 18* 5oo ; elle peut recevoir un approvisionnement d’eau d’environ 3,ooo litres et environ 1,000 kilogrammes de combustible, ce qui lui donne un poids total, avec ses approvisionnements complets, d’environ 22*5oo; le poids est réparti sur six roues accouplées.
- Les voitures sont à couloir central avec plateforme couverte à chaque extrémité du véhicule ; ces plates-formes servent d’accès aux compartiments en même temps que de terrasse couverte très favorable à l’aération.
- La toiture est composée d’un double pavillon, ce qui permet à l’air de circuler activement, surtout pendant la marche ; les fenêtres de toutes les classes sont munies de châssis vitrés et de per-siennes de manière à pouvoir s’abriter contre la pluie, le soleil et le vent.
- Les châssis sont construits tout enfer et à cornières assemblées aux angles par de forts goussets disposés de manière à en maintenir complètement la rigidité.
- Ils sont munis de deux tampons à chaque extrémité espacés de 1,25o millimètres d’axe en axe.
- Les roues ont 760 millimètres de diamètre au roulement, les bandages en sont exécutés en acier Bessemer à grain fin; les centres sont en acier Bessemer ou en fer forgé d’une seule pièce.
- Les boites à huile sont exécutées en fonte grise
- et en bronze de première qualité.
- Voitures
- Dimensions de 1 r“ et 2° Voitures
- classes de 3° classe
- Longueur de tampon àtam- — —
- Pon J 6> ^6gom/m 6m490m/u
- Longueur de châssis 5 17 0 5 37°
- Écartement des essieux ... 2 900 2 9°°
- Longueur de la caisse 4 5 00 4 3oo
- Largeur de chaque plate-
- forme d’accès 700 700
- Largeur de la caisse à l’exté-
- rieur 2 400 2 400
- Largeur de la caisse a l’in-
- térieur 2 250 2 250
- Largeur mesurée à la cor-
- niche 2 56o 2 56o
- Hauteur intérieure de la
- caisse 2 l7°
- Dimensions
- Voitures de i1 2 * * *'6 et 20 classes
- Hauteur extér., ire classe.. 3 267 1/2
- Hauteur extér., 2e classe.. 3 197 1/2
- Nombredeplaces, ireclasse. 8
- Nombrede places,2° classe. 14
- Hauteur extérieure totale
- 3e classe............... 3 197
- Hauteur intérieure de la
- caisse 3e classe........ 2 170
- Nombre de places 3e classe. 22
- Le plancher est garni de baguettes formant grillage. Les sièges sont formés de deux planches légèrement, inclinées en sens contraire. Des patères ou planchettes sont disposées le long des cloisons pour recevoir les petits colis des voyageurs.
- Ces voitures sont éclairées par deux lanternes au plafond.
- Fourgons à bagages.
- Les six fourgons ont les dimensions suivantes :
- Longueur de tampon à tampon.......... 6m490m/m
- Longueur du châssis.................. 5 5po
- Ecartement des essieux............... 2 900
- Longueur de la caisse................ 5 5yo
- Largeur extérieure de la caisse...... 2 38o
- Hauteur intérieure de la caisse...... 1 980
- Hauteur totale extérieure mesurée depuis le rail jusqu’au-dessus delà caisse
- du fourgon........................ 2 o3o
- Hauteur totale mesurée jusqu’au-dessus
- de la vigie....................... o 5oo
- La répartition du matériel de la Compagnie se fait comme suit :
- 8 voitures de voyageurs, irc et 2e classes, sans frein.
- 24 voitures de voyageurs, 3e classe, dont
- 3 avec frein à vis............. 3
- 80 wagons couverts, dont 8 munis de
- frein à vis.................... 8
- 80 wagons plats dont 8 munis de frein à
- vis...................................... 8
- 192 véhicules divers, dont 7 avec frein à vis 19
- 6 fourgons....................... 6
- 198 véhicules en tout, dont avec frein à vis 2 5
- Les wagons couverts ont les dimensions suivantes :
- Longueur............................. 4m5oo
- Hauteur........................... 2 085
- Largeur........................... 2 240
- Leur capacité utile Cot c.e 1g^ooo.
- Les wagons plates-formes ont les dimensions suivantes :
- Largeur............................... 4m 5 00
- Longueur............................. 2U1240
- Hauteur............................... om2 5o
- Les travaux ont été commencés effectivement à la fin de 1882 et après trois campagnes laborieuses et énergiquement conduites, ils ont été menés à bonne lin, et à l’heure présente la ligne est terminée.
- M. Dru, ingénieur-constructeur, à Paris, a envoyé des modèles d’appareils de sondage.
- Ces deux modèles sont la reproduction exacte de deux types d’une série de cinq appareils de sondage, construits enfer creux, dont M. Léon Dru est le constructeur-breveté. M. Léon Dru, ayant eu à fournir de nombreux matériels pour travaux de sondage dans les colonies françaises et les pays étrangers d’outre-mer, a reconnu les inconvénients inhérents à l’emploi du bois et qui sont: la difficulté de transport et d’arrimage à cause du volume, la détérioration rapide, surtout dans les contrées tropicales, puis souvent, l’impossibilité de remplacer des pièces dans les régions sahariennes, où le bois de construction fait absolument défaut.
- Ces nombreux inconvénients ont conduit M. L. Dru à l’étude de ses nouveaux appareils métalliques dont les principaux avantages sont :
- i° D’offrir sous le moindre volume la plus grande légèreté et le maximum de résistance ;
- 20 De pouvoir se démonter en petites parties transportables à dos de mulet ou de chameau, poulies explorations, missions scientifiques, recherches d’eau, et études diverses par voie de sondage ;
- 3° De se prêter sans entretien à une conservation presque infinie, l’intermittence de ce genre de travaux exigeant un emmagasinage pendant un temps assez long.
- Ces appareils'ont été employés en Algérie, en Tunisie, au Sénégal et sur la côte d’Alrique ; à Manille ; à Panama, pour les travaux _ d’étude du canal interocéanique ; dans la République Argentine ; en Australie, au Caucase, et dans differents pays de l’Europe.
- L’outillage qui les accompagne est étudié au double point de vue de la forme et de la légèreté, et du meilleur emploi entre des mains peu expérimentées.
- Cinq types ou grandeurs composent ce matériel colonial et permettent d’atteindre des profondeurs de 1 5 à i5o mètres.
- Une des plus récentes applications vient d’être-faite par M. Léon Dru pour la société des travaux d’étude organisée parM. de Lesseps pourla créa-
- tion d’un port à Gabès : le sondage installé et dirigé par M. L. Dru, a amené, à 90 mètres de profondeur, la découverte d’une nappe d’eau jaillissante qui s’est élevée à 5 mètres au-dessus du sol, et débite actuellement le volume énorme de 8,000 litres par minute. C’est-à-dire qu’avec ce système transportable, on peut compter sur les mêmes résultats que donnent dans nos pays les installations de sondage les plus perfectionnées.
- M. le général Faidherbe expose un projet de canonnière pour le haut Niger, de M. Thévenet, sous-ingénieur de la marine, à l’échelle de
- Longeur................ 25ra
- Largeur................ 4mgo
- Tirant d’eau........... imoo
- Déplacement............ 64* 333
- Force de la machine. ... 56 chevaux
- Equipage............... 2 5 hommes
- Armement............... 2 canons revolvers.
- La coque en bots doit être construite en place. Les pièces composant la machine et les chaudières sont disposées de telle sorte ‘que leur poids est généralement inférieur à 5o kilogrammes; il n’y a d’exception que pour six bouts d’arbre de 85 kilogrammes et pour chacun des bouilleurs, 90 kilogrammes. Dans ces conditions, ces pièces fabriquées d’avance peuvent être transportées, à destination à dos d’animaux.
- (A suivre,)
- L’USINE DE MO RTE AU (DOUBS)
- Voici ce que nous lisons dans Y Illustration au sujet de l’usine de Morteau dont nous donnons une vue dans le présent numéro :
- « Un de nos collaborateurs étant allé voir le Saut du Doubs et passant par Morteau, fut surpris de trouver, dans ce petit pays, une usine colossale et en pleine activité. Il apprit que cette usine était celle de la Société française d’horlogerie et que cette Société, composée de quelques gros capitalistes parisiens, venait de prendre pour directeur M. B. Haas jeune, le grand industriel bien connu.
- « Notre collaborateur, désireux de voir l’intérieur de cet établissement, se présenta au directeur de l’usine qui se mit gracieusement à sa disposition. C’est ainsi qu’il put visiter une trentaine d’ateliers admirablement outillés et se rendre compte de la fabrication des montres par procédés mécaniques, depuis la création de l’ébauche jusqu’à la montre terminée. Tous ces ateliers offrent au visiteur le plus puissant intérêt, particulièrement ceux des ébauches, des échappements, des mécanismes, du réglage et des observations chronométirques, de la fabrication des boîtes, de la gravure, du dorage et du nickelage, etc.
- « L’agencement est des plus modernes et des plus remarquables ; tous les ateliers et les bureaux sont reliés par le téléphone au bureau du directeur ; l’éclairage se fait par l’électricité.
- « Il faudrait de nombreuses pages pour raconter ce qui se voit et ce qui se fait en cette usine! On y entre des lingots d’or, d’argent, d’aluminium, de cuivre, de nickel, d’acier ; et tout cela, après avoir été fondu ou travaillé, sort en montres terminées, car rien ne se fait au dehors. L’usine emploie actuellement un millier d’ouvriers et produit de 3oo à 5oo montres par jour.
- « Emerveillé, et voulant emporter un souvenir de ce magnifique établissement, notre collaborateur pria le directeur de l’usine de lui céder un carton de montres nickel et aluminium, que celui-ci eut la gracieuseté de lui abandonner au prix de gros soit à 20 fr. l’une, ce qui n’est rien, quand on songe qu’il s’agit de montres à ancre ligne droite, i5 rubis, de véritables demi-chronomètres, ne variant pas, qui non seulement sont garanties pour la bonne marche, mais sont garanties même contre la casse, ce qui ne s’est jamais vu ét ce qui s’explique en ce que les diverses pièces de la montre étant faites mécaniquement, elles peuvent être remplacées de suite et par n’importe quel petit horloger.
- « La Société française d’horlogerie a eu la main heureuse en prenant pour directeur M. B. Haas jeune, dont la compétence est indiscutable et la réputation universelle. C’est dire que le succès est assuré à cette belle entreprise qu’on peut considérer comme nationale et qui, par l’excellence de "ses produits et leur prix modeste, portera un rude coup à l’horlogerie étrangère en faisant faire un grand pas à l’industrie horlogère de la France. »
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- Première Année. — N° 36.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- ÉCHOS
- Paris
- On se rappelle que M. Turquet, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, avait manifesté l’intention de réunir toutes les œuvres achetées par le gouvernement au dernier Salon, et d’en former une exposition à l’Ecole des beaux-arts.
- Ce projet serait, paraît-il, entré dans la période d’exécution, et l’exposition ouvrirait dans le courant de novembre.
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- Concours pour l’érection d’une statue au docteur Broca.
- Le dernier délai pour le dépôt des œuvres ayant expiré le 1er septembre, l’exposition publique commencera le mardi 8 et se prolongera pendant seize jours. Le jugement sera rendu le mercredi U.
- *
- * *
- On s’occupe dès maintenant au ministère de l’agriculture do l’organisation du prochain concours des animaux gras, qui s’ouvrira au palais de l’Industrie, en février 1886.
- Une plus grande part y sera faite aux races françaises et des primes 'en plus grand nombre seront décernées aux animaux reproducteurs. En outre, le grand salon carré du premier étage sera affecté à une exhibition de raisins Irais conservés.
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- * *
- Le jugement sur les esquisses présentées au concours pour la statue de Jean-Jacques Rousseau a été rendu le mercredi 19 août. Le jury a désigné comme devant prendre part au second degré du concours, par la production de modèles au tiers de l’exécution définitive, MM. Berthet, Larché et Steiner.
- Le jugement de ce deuxième concours aura lieu dans la seconde quinzaine de décembre.
- Départements
- Le Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, réuni à Grenoble, a clôturé ses séances le 23 août dernier, après une brillante session.
- ETRANGER
- Angleterre
- Nous annoncions à cette place, il .y a quelques jours, la distribution des prix de l’Exposition internationale des inventions. (South-Kensington-Londres.)
- Les exposants français auxquels des prix ont été décernés sont :
- MM. Antoine frères et Achille, à Paris (médaille d’or) ;
- M. Chevrel et la Cie française du Celluloïde (médaille d’argent) ;
- MM. Palmer frères. Peltier et Cie, Auguste Vincent, M. Baume, E. Blay, H. Charles (médaille de bronze).
- Autriche - Hongrie
- Les projets d’union douanière entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie sont indéfiniment ajournés.
- Selon les uns, la démarche faite à ce sujet par le comte Kalnoky auprès du prince de Bismarck aurait abouti à un échec complet ; à en croire les autres, il n’aurait pas été question de cette affaire dans l’entrevue de Varzin. En présence de ces avis contraires on nous permettra de réserver notre opinion et d’attendre que l’avenir nous ait éclairés sur les suites et le but de l’entrevue des deux ministres et aussi sur celle de Kremzier, où rit n n’a été dit, ni fait, sans l’assentiment du chancelier de l’empire allemand.
- L’empereur François-Joseph arrivera le 8 septembre à Klagenfurt pour visiter l’exposition Corinthienne, et y séjournera jusqu’au 11.
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- * *
- Une innovation :
- Le millionième visiteur payant à l’Exposition de Buda-Pesth a été gratifié d’une réception d’honneur et d’un cadeau de 100 billets de la loterie de l’Exposition.
- Belgique
- Le congrès international pharmaceutique et chimique a ouvert ses séances à Bruxelles, le lundi 31 août dernier. Rappelons que le conseil
- municipal de Paris y avait envoyé comme délégués, MM. Michelin, Alfred Lamôuroux et Clian-temps.
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- États-Unis
- Une vente de tableaux modernes, la plus importante qui ait jamais eu lieu, sera faite cet hiver à New-York.
- La collection que vont bientôt disperser les hasards des enchères, est celle de Mme Morgan, la propriétaire bien connue de la ligne de bateaux à vapeur qui font le service entre New-York et la Nouvelle-Orléans. Presque tous les maîtres de l’Ecole française y sont représentés ; citons au hasard : Meissonnier, Diaz, Corot, Fromentin, J. Dupré, Th. Rousseau, J. Breton, Bouguereau, Bonnat, Cabanel, Détaillé, de Neuville, etc.
- Aucun testament 11’ayant été fait par Mme Morgan, en faveur des musées de New-York, c’est à des parents éloignés que sont revenus les tableaux, tapisseries anciennes, porcelaines, qui constituaient les collections de Mme Morgan, et que l’on évalue à dix millions.
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- Italie
- La séance d’ouverture du Congrès des cercles alpins nationaux et internationaux, a eu lieu le 30 août à Turin, dans le salon de la chambre subalpine.
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- Fête artistique.
- On prépare en ce moment, à Florence, le troisième centenaire de Donatello. Cette solennité, qui aura un grand éclat, sera célébrée, l’année prochaine, dans le courant du mois de mai.
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- On sait qu’une exposition universelle avait été projetée à Rome, pour 1887. La municipalité de Venise ayant demandé au gouvernement italien et à la municipalité de Rome que cette exposition eût lieu à Venise, il a été fait droit à cette requête basée sur des considérations politiques et économiques de haute valeur. Venise aura donc en 188 T une grande exposition. Le palais sera bâti au Jardin public ou au Lido.
- Il est question depuis quelque temps d’un projet de pont colossal reliant la Sicile au Continent italien. Ce pont serait construit entre Ganzivi et la Punta del Pizzo où la mer 11’a que 9 kilomètres de largeur et une centaine de mètres de profondeur. Tout le pont serait en acier, reposant sur des masses de gTanit. La largeur serait de 60 mètres au pilier et de 20 mètres entre 2 piliers.
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- Suisse
- C’est demain que se réunit à Berne la conférence diplomatique en vue de constituer une union internationale pour la protection des droits d’auteur. Les délégués français sont MM. Arago, notre ambassadeur, M. Louis Ulbach, M. Louis Renault, et M. Lavallée.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- Les ouvriers et les représentants de l’industrie qui ont été entendus par la commission d’enquête, au sujet de la crise économique et des moyens d’en atténuer les effets, ont pu différer d’avis sur les causes du malaise, suivant qu’ils se sont placés à tel ou tel point de vue spécial, à telle ou telle industrie, mais tous, néanmoins, ont été unanimes à formuler certaines plaintes, à demander certaines réformes qui embrassent dans leur généralité toutes les branches de l’industrie.
- Ainsi, tous ont réclamé :
- Le dégrèvement des charges publiques ;
- La suppression des impôts de consommation et des octrois ;
- L’abaissement des prix de transport ;
- La suppression des monopoles.
- Il est incontestable que les charges publiques pèsent lourdement sur le travail et que c’est la classe la plus pauvre qui supporte la plus grosse part du fardeau. Nous subissons les tristes conséquences des fautes commises par les gouvernements qui nous ont précédés. Car c'est à leur incurie, à leur ignorance des lois économiques et à leur mauvais vouloir qu’il faut attribuer la cause du malaise dont nous souffrons.
- On a dépensé sans compter l’argent de la France, sous le prétexte spécieux que sa richesse était inépuisable. Il n’est donc pas étonnant que l’on se trouve aujourd’hui dans une situation financière difficile et que l’on envisage l’avenir avec une secrète inquiétude.
- On ergotera tant que l’on voudra, mais le bon
- Dimanche 6 Septembre 1883. — 291.
- sens démontre clairement que, pour une nation qui compte 36 millions d’individus, un budget des dépenses de plus de 3 milliards est un fardeau énorme, trop pesant, sous lequel le peuple infortuné doit nécessairement ployer, comme le malheureux qui succombe écrasé sous une charge qui dépasse ses forces.
- Cela saute aux yeux et cependant on ne veut pas le voir, on refuse d’en convenir.
- Nos dépenses budgétaires ont été sans cesse en augmentant, depuis le commencement de ce siècle, alors qu’elles auraient dû, au contraire, diminuer progressivement, en raison du développement constant du commerce et de l’industrie. Mais on a dissipé la fortune du pays en des guerres aussi ruineuses qu’improductives et en des dépenses de luxe, d’inutilité publique. Quand o,n ne marchande pas les milliards pour des expéditions lointaines qui ne rapportent rien au pays ou pour des travaux de luxe, on doit fatalement aboutir à des mécomptes, à la ruine. Si, depuis un siècle, on avait consacré à l’amélioration de l’agriculture et de l’industrie les nombreux milliards que l’on a dépensés à faire la guerre, notre situation serait tout autre aujourd’hui, nous paierions moins d’impôts et la France riche et prospère serait la première des nations.
- On a posé comme principe l’égalité absolue de tous les citoyens devant l’impôt; mais qui ne sait que cette prétendue égalité est la plus amère des dérisions. La. vérité est que la répartition des charges publiques constitue la plus criante inégalité, car elles pèsent plus lourdement sur le pauvre, sur le travailleur, c’est-à-dire sur ceux qui devraient être épargnés. Nous n’en voulons pour preuve que l’impôt sur les choses nécessaires à la vie et surtout sur les boissons qui frappe d’un même droit la modeste piquette du pauvre et les vins fins du riche, D’ailleurs, cette inégalité n’est pas un fait à part, elle se manifeste du haut en bas de l’échelle administrative. On dirait que nos législateurs ont toujours eu pour but de surcharger, d’écraser la classe qui produit, au profit de celle qui vit grassement dans l’oisiveté du revenu de ses capitaux. Et cependant, c’est un devoir - sacré pour les hommes d’État d’établir comme base de la Constitution l’égalité absolue et réelle de tous les citoyens devant les lois. Il ne suffit pas qu’elle existe en fait sur tel ou tel point, il faut qu’elle soit générale, qu’elle s’étende à toute la vie sociale, qu’elle en soit, en quelque sorte, le code inviolable.
- On estime approximativement la richesse générale de la France à 160 milliards, dont 60 milliards en valeurs immobilières et 100 milliards en valeurs mobilières. Eh bien ! les charges sont réparties d’une manièie si inégale, si anti-démocratique, que les valeurs immobilières supportent seules presque tout le poids de l’impôt.
- N’est-il pas injuste, nous le demandons, que la fortune mobilière,qui représente plus de moitié la richesse générale, en soit presque exempte, tandis que l’autre moitié en est écrasée ?
- N’est-il pas injuste que le rentier oisif, dont la fortune consiste en billets de banque ou en rentes sur l’Etat, ne paie pas un centime, tandis que l’industriel, le commerçant et le laboureur sont soumis à l’impôt ?
- Un pareil état de choses est à la fois inique et .scandaleux.Et l’on s’étonne que l’ouvrier se plaigne et demande justice ? Mais n’est-ce pas son droit d’élever la voix et de protester contre l’iniquité dont il est l’éternelle victime.
- On objecte, pour toute réponse, qu’il faut bien combler le déficit budgétaire et subvenir aux dépenses de l’Etat.
- Cette réponse n’en est pas une. Elle prouve seulement que l’on ne veut pas se donner la peine d’examiner sérieusement la question, que l’on redoute d’aller au fond des choses, dans la crainte de se trouver en face de révélations, tellement douloureuses, tellement navrantes que l’on se verrait contraint de sortir de son étroit optimisme et d’agir. On préfère fermer les yeux et laisser se perpétuer les erreurs et les iniquités.
- Des économies ! On pourrait en réaliser et d’importantes ; on pourrait diminuer cet énorme budget des dépenses publiques qui écrase le pays et le pousse à la- banqueroute.
- Si l’on voulait pénétrer dans les bas-fonds administratifs et passer en revue les innombrables rouages qui font de notre administration une machine aussi compliquée que défectueuse et onéreuse pour les contribuables, on s’apercevrait bientôt qu’il est possible d’y apporter de grandes améliorations et surtout de faire des économies.
- Il y a une foule d’emplois inutiles, de rouages encombrants, de sinécures grassement rétribuées, qui sont comme autant de fiefs accordés à des personnalités sans ^mérite et souvent sans capacité, qui bénéficient d un favoritisme aussi contraire aux intérêts des citoyens qu’aux mœurs d’une véritable démocratie.
- Là où dix employés suffiraient à la besogne, il y erp a souvent vingt, trente et même plus. La moitié d’entre eux n’ayant rien à faire, ils se contentent de dormir sur leur rond de cuir, ce qui ne les empêche pas de toucher de gros appointements, comme rémunération de ce travail pénible.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Septembre 188b.
- 292. — Première Année — N° 36
- De sorte que le service de telle et telle administration qui coûte i5o ou 200 millions par an pourrait être réduit,sinon de moitié, au moins d’un tiers.
- Nous n’exagérons pas, en disant que l’on pourrait réaliser de ce chef plusieurs centaines de millions d’économies.
- Malheureusement l’administration est l’arche sainte, personne n’ose y toucher. On préière suivre les vieux errements et perpétuer les abus. Il faudra bien, cependant, que cela prenne fin.
- E. Mansuy.
- (.A suivre.)
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- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- C0MMUIVXCA.TX03V
- Plusieurs journaux annoncent par erreur la fermeture de l’Exposition pour la fin de septembre. La date officiellement fixée est le 3i octobre; il est possible meme, qu’en présence du nombre toujours croissant des visiteurs, cette date soit reculée. — Parmi les fêtes les plus réussies, il faut signaler celle qui a été offerte aux Comités de la presse, Comité international et Comité belge, par les journalistes étrangers présents à Anvers. Ce témoignage de sympathie était bien dû à ces Comités qui ne cessent de se prodiguer pour faciliter leur tâche aux représentants de la presse de tous les pays. Pendant le banquet, ceux-ci ont donné les plus vives marques de leur gratitude confraternelle au président et au secrétaire du Comité international, MM. Goemaere, rédacteur en chef du Précurseur d’Anvers et Lemaire, directeur de l’Etoile Belge.
- Les solennités musicales se multiplient dans la salle des fêtes de l’Exposition, et les concerts sur les places publiques de la ville. En Belgique, on 'a la passion de la musique, et en voici la preuve : le programme d’une seule journée énumère de trente à quarante sociétés d’harmonie, de fanfares ou de chœurs qui, se succédant d’heure en heure, prennent part à ce qu’on appelle à Anvers le festival permanent.
- Les représentants du Congo, le roi Massala et sa suite, viennent de s’embarquer pour retourner en Afrique. Les Congolais emportent de nombreux cadeaux et une paccotille de marchandises.
- LES LIVRES
- XXIII
- La civilisation en Italie au temps de la Renaissance, par Jacob Burckhardt. — Traduction de M. Schmitt. professeur au lycée Condorcet sur la seconde édition annotée par M. Gei-ger. 2 vol in-8°. E. Plon, Nourrit et O1, imprimeurs-éditeurs.
- Nous avions été frappés par laj^vivacité des éloges qu’un juge compétent, M. E'. Muntz dans son Histoire de la Renaissance, donnait à un de ses prédécesseurs dans la matière, auquel il devait beaucoup, et dont il qualifiait de magistrales les considérations. Il exprimait le vœu que le public français fut mis à même de boire à la source où il avait si largement puisé par une traduction. de l’Histoire de la Renaissance en Italie et de la. Civilisation en Italie au temps de la Renaissance. Une recommandation si autorisée ne pouvait demeurer stérile. Aujourd’hui la librairie Plon nous donne une excellente traduction française de la substantielle histoire de la civilisation en Italie, au temps de la Renaissance, et la librairie Didot une traduction du Cicerone, guide méthodique du voyageur dilettante et de l’amateur d’art en Italie, bientôt devenu classique et sur lequel nous reviendrons bientôt.
- L’auteur de ces importants ouvrages qui font honneur à l’érudition allemande contemporaine, et lui ont mérité les justes hommages de la critique française, est Jacob Burckhardt, professeur, croyons-nous, à l’Université, de Zurich, et sur lequel nous n’avons pas d’autres détails. Nous regrettons que le savant traducteur de Burckhardt, M. Schmitt, n’ait pas fait précéder son travail d’une notice biographique et critique qui nous permettrait de connaître autrement que par son livre un homme dont la vie et les œuvres font partie du domaine commun et pour ainsi dire, international, de l’histoire et de l’érudition.
- Jacob Burckhardt mérite notre estime moins par la hardiesse que par la solidité de ses généralisations. Il n’a pas la grande envergure d’un Guizot. Il ne procède pas par vastes synthèses. Il marche à pied et pas à pas, méthodiquement,
- analytiquement, rangeant sous une série de chapitres dont quelques-uns semblent à peine ébauchés, un certain nombre de faits bien choisis dans les provisions accumulées d’une immense lecture. Il arrive ainsi lentement mais sûrement à un tableau exact, fidèle de la civilisation en Italie, au temps de la Renaissance, qui manque peut-être un peu de fond, d’air et d’horizon, mais dont les détails sont très soignés, et empruntent à leur caractère exclusif de documents contemporains, de témoignages de témoins oculaires et auriculaires le relief particulier de la peinture d’après nature, et un mouvement, un frémissement de vie intense.
- Cette méthode de l’histoire analytique, anecdotique, documentaire, qui est, parmi les écrivains contemporains, celle de M. Taine, a ses avantages et ses inconvénients. Le principal de ces avantages, c’est qu’elle inspire la confiance d’une enquête consciencieuse, minutieuse, sur des témoignages soigneusement indiqués, contrôlés, comparés. Le principal de ces inconvénients, c’est que, comme toutes les enquêtes, celle-ci n’est pas sans être quelque peu émiettée, éparpillée, fourmillant de faits qui ne se rattachent pas toujours étroitement aüx ’ rubriques, et laissant le lecteur hésitant, embarrassé pour s’élever aux conclusions à travers ce fouillis luxuriant, débordant, enchevêtré de petits faits et de longues notes. La probité de l’histoire n’en est qu’une vertu. Il n’est pas interdit à la vertu d’être aimable, et l’ouvrage de M. Burckhardt, sans être fastidieux ni pédantesque, manque un peu d’agrément. C’est un solide château, lourd et froid, où la vérité historique a un asile digne d’elle et où elle ne manquera pas de munitions pour se défendre, mais auquel font défaut au gré du visiteur pacifique, l’aisance et la commodité des distributions, la lumière joyeuse des larges baies, ouvertes sur un horizon d’eaux, de verdure et de fleurs. Ajoutons enfin que l’auteur, al’haleine un peu courte, et que certains chapitres, de trois pages au plus, déconcertent la curiosité excitée par l’appât du titre, et qui n’a à se mettre sous la dent qu’une sommaire indication du sujet.
- Mais ces réserves exposées et cette part faite à la critique, nous ne saurions assez louer un ouvrage qui porte sans fléchir, comme un grenier établi sur des poutres de fer, une telle moisson de notions et de faits. Il y a là aussi plus d’un aperçu original, plus d’une vue nouvelle et féconde. Tous les chapitrai ne déçoivent pas la curiosité, beaucoup la rassasient. Toute la première moitié du tome Ier, consacrée à l’étude de la tyrannie, aux xve et xvic siècles, à l’histoire des petits tyrans, des Républiques (Venise et Florence),à la Papauté et à ses dangers, est pleine d’une saveur parfois piquante. Nous signalerons les points de vue nouveaux qui abondent dans l’étude sur les 'Borgia, l’ambition et les projets du fameux César. M. Burckhardt nous fait remarquer avec raison, ce qu’on oublie trop, que les Borgia sont des Espagnols, non des Italiens, et il indique pour la première fois le but de l’ambition mystérieuse et implacable de César la succession paternelle, soit à titre de pape, soit en cas de trop forte opposition, de chef souverain des Etats de l’Eglise sécularisés.
- Le livre entier intitulé : La résurrection de l’antiquité, où l’auteur entre à fond dans son sujet, car la Renaissance n’est pas autre chose que cette résurrection de l’antiquité grecque et latine, dont l’Italie fut la première à profiter, et dont les inva-. sions allemande, espagnole et française en Italie ouvrirent les sources à trois nations qui y rafraîchirent et y fécondèrent leur génie, ce livre entier est plein de choses curieuses et intéressantes. On y voit le rôle civilisateur de l’Italie, on comprend la portée des guerres italiennes qui, pour le progrès de la civilisation aux xve et xvie siècles sont un fait européen aussi important que les croisades pour les temps antérieurs.
- Dans le tome II,les chapitres intitulés: La sociabilité et les fêtes sont aussi des plus substantiels,des plus féconds en indications curieuses et nouvelles. On comprend que notre analyse d’un ouvrage qui ne comprend pas moins de 40 chapitres, dont chacun embrasse et résume le sujet d’un volume, doive se borner à ces quelques indications générales, qui auront atteint leur but si elles donnent envie aux esprits studieux pour lequel il est fait déliré ce consciencieux et instructif ouvrage et de sortir des platitudes ou des turpitudes littéraires du temps présent pour prendre un bain de Renaissance.
- M. DE LESCURE.
- LES THÉÂTRES
- LES RÉOUVERTURES
- La réouverture des Théâtres a coïncidé avec la réouverture de la chasse. C’est là deux grands événements. Il y a quelques jours, le Gymnase ouvrait la marche par la reprise du Maitre de Forges ; succès comme au premier jour et salle comble comme si cette pièce du maitre n’avait eu que trente représentations. Le public sait bien ce qui est bon, aussi ne lâche-t-il pas facilement ses auteurs aimés, il force la main aux directeurs qui sont bien obligés d’obéir au suffrage universel du succès.
- Gomme vous je l’annonçais dans mon dernier courrier, l’Odéon a repris sa campagne d’hiver par une série de représentations populaires; vous voyez que M. Porel salue, lui aussi, le public qui lui a fait son succès la saison dernière.
- On reprenait le Vinceslas de Rotrou pour le début de la troupe nouvelle que je vous avais présentée par avance.
- Cette pièce a paru nouvelle à notre génération actuelle, car elle est un peu oubliée. L’œuvre est en cinq actes, mais c’est le premier et le dernier surtout qui forment tout l’attrait du spectacle. Les trois autres actes sont plus sombres et moins entraînants. Quant aux débutants, Mlle Méa surtout, ils ont donné toutes les espérances que je vous faisais prévoir. M. Porel a donc été bien inspiré dans ses engagements. Attendons maintenant le répertoire pour nous prononcer définitivement. Je ne voudrais pas cependant terminer ces quelques mots sur Vinceslas sans constater les qualités de M. Paul Mounet, le jeune tragédien de l’Odéon, car c’est lui qui, dans la pièce de Rotrou, a la plus grosse charge. Il manque peut-être d’émotion dans la grande lutte du père contre le justicier, mais il a bien dit le charmant couplet du vieux roi sur la brièveté du sommeil des vieillards :
- ...J’ai des raisons qui bornent mon sommeil,
- Je me vois, Ladislas, au déclin de ma vie.
- Je le répète cette charmante poésie a plu et a été applaudie.
- Il est assez curieux de voir le premier Théâtre-Français imiter le second, c’est-à-dire de voir la Comédie-Française' fié'prèndré'lé' Vietix DÔn :'Juan d’Autriche au moment où l’Odéon reprend l’antique Vinceslas. C’est ce que nous aurons à examiner prochainement.
- Le même jour que l’Odéon donnait sa première, la Gaîté reprenait le Grand Mogol. L’intérêt de cette soirée reposait encore sur des débuts ; ceux de Mme Mary Albert qui reprenait le rôle du prince Mignapour créé par Cooper parti pour l’Amérique. Nous n’avons que des compliments à adresser àla nouvelle pensionnaire de M.Debruvère tout à fait charmante dans son rôle de travesti.
- Cette semaine sera très chargée et les notes de mon calpin que j’aurai à vous transmettre dans mon prochain courrier seront nombreuses. En effet, comptez avec moi :
- 1e1’ septembre: Don Juan d’Autriche, à la Comédie-Française.
- A l’Opéra-Comique, réouverture avec le Pre aux Clercs et le Sourd.
- Réouverture au Palais-Royal avec les Petites Voisines et à l’Amb'igu avec Louis XVI et Marie-Antoinette.
- Enfin réouverture aux Folies-Dramatiques avec la 100e représentation des Petits Mousquetaires.
- J’ai gardé pour la fin du courrier la réouverture de Cluny qui a eu lieu lundi 3i août. On donnait l’amusante pièce de M. A. Bisson, 11S, rue Pigalle, créée il y a trente-six mois sur cette même scène et qui obtint un très franc succès. Cette bouffonnerie a eu le même heureux sort, grâce à l’admirable interprétation de MM. Lacombe, Vavasseur, Guyon fils ; de Mmes Irma Aubrys et Courbois.
- 115, rue Pigalle, était précédé de la première représentation de le Terrible Bonvinet, irrésistible quiproquo dû à la spirituelle collaboration de MM. Alfred Delilia (un nom aimé, au Moniteur), et Emile Seurat.—Merci,chers confrères, de nous avoir fait rire aussi généreusement!
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AttRAULT et C'°, rue de la Préfecture,6
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- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIERE ANNEE.
- Dimanche 13 Septembre 1885.
- NUMÉRO 37.
- SOMMAIRE :
- 1. Les intérêts des exposants ; 2. Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans; 3. Les invités français en Hongrie; 4. Exposition industrielle de Beauvais; b. Echos; 6. Russie; 7. La Question économique; 8. Le Congrès des chemins de fer ; 9. Les Livres ; 10. Exposition universelle d'Anvers ;
- 11. Les Théâtres.
- A NOS LECTEURS
- Nous donnons aujourd’hui la première partie de la liste des récompenses de l’Exposition d’Anvers. Cette liste sera continuée dans le prochain numéro du Moniteur avec une pagination spéciale, ce qui permettra à nos lecteurs de la réunir en brochure quand cette publication sera terminée.
- LES INTÉRÊTS DES EXPOSANTS
- AMSTERDAM} ANVERS; 1889
- QUATRIÈME ARTICLE
- LE QUESTIONNAIRE
- Dans notre premier article nous avons reproduit le questionnaire que devaient remplir les exposants d’Anvers avant les opérations du Jury.
- A quoi ce document a-t-il servi ? A rien.- Sur 2,000 exposants français environ qui l’ont reçu, 2 5 tout au plus ont pris la peine de le retourner au commissariat. _ _
- Ce résultat est significatif et nous montre bien que nos compatriotes ont pensé qu’il .était difficile de trouver quelque chose de plus inutile et de moins concluant que ce fameux questionnaire, soi-disant destiné à faciliter la tâche des jurés.
- Nous allons prendre successivement toutes les questions et montrer que pas une n’a sa raison d’être à moins que ce ne soit dans un but que nous qualifierons... d’indiscret.
- i» Nom, prénom ou raison sociale de l’exposant.
- Ce qui frappe la vue des Jurés en arrivant devant chaque vitrine c’est une superbe plaque sur laquelle se trouve écrite en lettres d’or ou d’argent la réponse à cette question; de plus les catalogues remis à chacun des jurés fournissent les mêmes
- renseignements.
- 2° Domicile.
- 11 en est de même pour cette question.
- 3° Spécification sommaire des objets exposés.
- Nous avouons que, ne saisissant pas très bien le sens du mot spécification suivi de l’adjectif sommaire, nous avons recouru à un dictionnaire français (n’en ayant pas de belge sous la main) et voici ce que nous avons trouvé :
- Spécification, s. fi, expression et détermination de choses particulières en les spécifiant.
- Spécifier, v. a., particulariser exprimer, déterminer en détail. ,
- Donc demande aux exposants de déterminer en détail sommairement les objets exposes.
- De deux choses l’une : ou l’on veut mettre sous les yeux des jurés une nomenclature sommaire des objets exposés ou l’on veut donner des détails sur
- ces objets. .
- La première hypothèse estmadmissible, car nous pensons bien que l’on ne désigne pas des aveugles pour remplir les fonctions de jurés ; ces.messieurs, c’est là un de leurs devoirs les plus élémentaires, doivent tout regarder, tout examiner, et non pas se
- contenter de lire sur un morceau de papier la nomenclature des objets qu’ils doivent étudier.
- On aurait alors une sorte de jury en chambre!
- .La deuxième hypothèse doit être écartée immédiatement puisque l’on ne demande pas aux exposants des détails, puisque l’on veut quelque chose de sommaire.
- C’est ce quelque chose qu’on appelle une spécification !
- En résumé que reste-t-il de ce § 3 ?
- 4° Date de la fondation de la maison.
- On ne voit pas très bien le besoin que peut éprouver le jury de connaître cette date.
- L’auteur du questionnaire semble croire qu’une maison, par le seul fait d’avoir été fondée en i83o, par exemple , doit envoyer des produits plus remarquables que ceux d’une maison fondée seulement depuis 1875.
- 5° Date de la prise de possession de la maison par l’exposant.
- Veut-on savoir, en posant cette question, si la maison a prospéré ou périclité depuis cette date ? Nous ne voyons guère quel est le moyen que le jury a à sa position pour se rendre compte du fait.
- — Du reste,’ puisque l’on ne récompense pas l’exposant même, mais bien plutôt les produits exposés par lui, la question est tout au moins saugrenue.
- 6° Lieu de la fabrication, atelier, lieu d’exploitation.
- Est-ce que le fait de fabriquer à Saint-Denis, par exemple et d’exploiter à Paris constitue une différence (au point de vue des récompenses) avec le fait d’exploiter au Havre après fabrication à Rouen ?
- 70 Nombre des ouvriers.
- 8° Nombre et espèce des moteurs.
- q° Somme totale de chevaux disponibles.
- Voici trois questions qui tendent à faire connaître l’importance d’une usine ou d’un établissement industriel q-uelconque. Selon nous, le jury doit se contenter de juger les produits qu’on leur soumet et ne pas, chercher à savoir l’importance de la maison qui expose. Quel moyen, en effet, aurait-il de connaître exactement le nombre d’ouvriers, de moteurs, de chevaux disponibles? Enverra-t-il de ses membres visiter l’établissement? Cela est impossible. Demandera-t-il à l’exposant de montrer ses livres pour connaître le nombre d’ouvriers, de montrer les quittances de son fournisseur de machines, pour connaître le nombre et la force des moteurs ? Cela est inadmissible. — Par conséquent, il devra s’en rapporter aux chiffres fournis par le questionnaire. Et ma foi comme on n’aura pas fait jurer aux exposants de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.... Comme lesdits exposants penseront que les maisons les plus importantes sont celles qui obtiennent les plus hautes récompenses, il y aura, (d’après les calculs de probabilité les plus rigoureux !) bien des chances pour que les chiffres signalés dans le questionnaire soient bien supérieurs à ceux que l’on trouverait dans la réalité.
- Quant à la somme totale des chevaux, disponibles elle peut être indiquée d’une manière bien approximative, car l’industriel qui n’emploie que cent chevaux vapeur, par exemple, peut en accuser cent cinquante de disponibles... Ces cinquante formant la réserve.
- io° Spécification détaillée des machines employées et autres appareils de travail.
- Il nous semble que nous commençons à entrer dans le domaine de l’indiscrétion professionnelle. L’industriel qui a expérimenté des machines de differentes sortes s’arrête au type qui lui paraît le plus favorable. Il a quelquefois mis de longues années à chercher un outillage mieux compris et il va livrer de gaieté de cœur peut-être même à ses concurrents le résultat de ses recherches ?
- 1 i° Objets dont l’exposant a introduit la fabrication dans son pays.
- Supposons qu’un industriel expose des objets, dont il ait introduit la fabrication dans son pays.
- Cette introduction constituera un mérite aux yeux de ses compatriotes membres du jury, mais lui vaudra une défaveur marquée dans l’esprit des jurés étrangers; un juré est un homme et qui plus est, bien souvent un concurrent. Qui sait si l’exposant examiné n’a pas conquis dans son pays la clientèle de son juge actuel ? Or, tout le monde sait qu’on ne peut être à la fois juge et partie.
- Le mieux est donc de ne pas s’occuper de faire dire aux exposants tant de choses inutiles.
- 12° Dispositions pour ïutilisation la plus profitable des matières brutes et auxiliaires et surtout des déchets.
- i3° Améliorations apportées aux machines ou autres appareils.
- 140 Matières brutes et auxiliaires nouvellement introduites.
- Quand un industriel a trouvé le moyen de traiter les natures brutes et surtout d’utiliser les déchets-mieux que ses concurrents, il s’empresse de garder le secret sur cette découverte qui constitue bien souvent une des principales sources de la richesse de certains fabricants.
- Quand on améliore une machine ou un appareil on s’empresse de prendre un brevet.
- Quand on découvre une application nouvelle de la matière brute ou auxiliaire on s’empresse d’agir comme dans les deux cas précédents. On ne consigne pas le fruit de ses recherches, de ses inventions sur un questionnaire qui est destiné à passer dans bien des mains.
- i50' Améliorations apportées dans l’organisation du travail, comme par exemple une division du travail mieux adaptée au but.
- Nous pouvons faire les mêmes remarques que pour les trois questions précédentes; de nos jours dans une industrie quelconque une division du travail bien entendue est une grande source de revenus.
- 160 Dispositions sanitaires remarquables dans les ateliers.
- I y0 Précautions et établissements humanitaires.
- Est-ce que, par hasard, le prix Monthyon devait
- être, cette année, décerné à Anvers.
- 180 Valeur de la production moyenne de l’année.
- Voir les nos 7, 8, g.
- Tg° Quantités exportées et principaux débouchés. .
- II aurait été bien plus simple de demander l’adresse des consommateurs dans toutes les parties du globe !
- 20° Autres entreprises industrielles de l’exposant.
- Ceci n’est que de l’indiscrétion.
- 2i° Récompenses aux expositions universelles.
- Nous ayons déjà traité cette question au sujet des opérations du jury.
- 220 Autres données de Vexposant.
- Que peut-il ajouter à tout ce qui précède. Grands dieux!
- 23° Classe dans laquelle l'exposant désire voir ses objets rangés pour y être jugés.
- Il nous semble que le catalogue doit toujours être assez complet pour qu’un exposant n’ait pas à choisir sa classe.
- 24°-2 5° (Relatijs aux collaborateurs).
- 26° Faits et observations particuliers sur lesquels l’exposant désire surtout attirer l’attention du jury.
- Il faut croire que les exposants n’ont pas eu à citer beaucoup de faits de cette nature puisque vingt-cinq seulement ont cru devoir le faire.
- ÉTABLISSEMENT DES TARIFS D’EMPLACEMENT ET DE LA MANUTENTION A ANVERS
- Pour faire,suite aux articles que nous avons publiés sur l’organisation générale de la section française à Anvers, nous nous proposons d’entretenir aujourd’hui nos lecteurs d’une question qui
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- 294- — Première Année — N° 3~
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Septembre 188L
- intéresse vivement les exposants : nous voulons parler de la manutention et de l’établissement des tarifs de location de terrain.
- Nous savons, en effet, qu’il existe des exposants dont la coutume est de s’élever contre le paiement, pourtant légitime, des taxes qui leur sont réclamées par les comités des Expositions. Si des réclamations de ce genre venaient à se produire à Anvers, ce serait sans raison et nous le démontrerons ici. Avant de formuler toute plainte, il importe, en effet, d’être renseigné d’une façon exacte sur la manière dont se sont produits les faits qui ont déterminé l’état de choses existant.
- Or, nous pouvons dire ici, après examen de la chose, que le commissariat français a réglé les questions de tarifs d’emplacement et de manutention avec beaucoup de soins. L’impartialité est notre règle ; nous n’y manquons pas, et si parfois la note de nos articles a été sévère, elle n’a cesse d’être franche et courtoise, d’être écrite sous l’inspiration de sentiments qui excluent toute lutte et tout calcul !
- Nous ne sommes pas les propagateurs de la discorde et nous ne la voulons pas entre les exposants et leur commissaire ! Nous savons que « la critique est facile et l’art difficile » mais ici, dans ce journal, nous tâchons d’être avant tout et surtout sincères et fidèles historiens.
- Dans bien peu d’expositions le terrain a été délivré gratuitement à l’industriel qui consent à exposer ses produits : la règle générale e^t qu’on est passible d’une redevance pour l’espace occupé. Il est vrai que cette redevance n’est pas uniforme : tantôt elle peut être assez élevée : tantôt au contraire elle est très légère. Cette variation de tarifs avec chaque exposition est subordonnée d’une manière générale aux ressources dont disposent les organisateurs de l’Exposition.
- Lorsque déjà le Comité exécutif belge envoyait aux nations du monde entier l’invitation de participer au grand tournoi industriel qu’il organisait pour 1885 sous le haut patronage du roi des Belges, les règlements de cette future exposition étaient ordonnés et mentionnaient un article spécial établissant les tarifs de location d’emplacement aux exposants. Ces tarifs étaient de 70 fr. et de 1 5o fr. selon que les emplacements étaient ou non isolés. Dans ce prix rentraient tous les frais accessoires de manutention etc., désignés dans l’article que nous reproduisons ci-après, extrait du Règlement général belge.
- Art. 17. — La Société organisatrice se charge gratuitement de la manutention de tous les colis dont le poids n’excèdera pas i,5oo kil. et qui lui seront remis au plus tard le i5 avril 1885. *
- La manutention comprend :
- a) la réception en gare ou sur quai,
- b) la mise à pied d’œuvre,
- c) l’enlèvement............\
- d) l’emmagasinage pendant / des caisses vides toute la durée de l’Exposition ( et emballages,
- e) la remise à pied d’œuvre )
- J) l’enlèvement des colis réemballés,
- g) le rechargement sur wagon ou la remise sur quai.
- Les exposants se conformeront aux instructions qui seront données par le Comité exécutif pour faciliter l’enlèvement des caisses vides.
- Telles étaient les conditions d’admission qui avaient été édictées par le Comité belge, promoteur de l’exposition et qui accompagnaient l’invitation officielle envoyée aux gouvernements des puissances étrangères.
- Cette invitation à la France arrivait au lendemain de l’Exposition d’Amsterdam : les industriels devaient être peu disposés à entreprendre de nouvelles dépenses, alors que les profits étaient douteux : car la Belgique est un pays industriel par excellence, un pays de concurrence pour nos nationaux. Ici, les produits sont supérieurs mais d’un prix très élevé, là-bas ils sont de qualité médiocre et d’un prix très modique : enfin, les difficultés qu’éprouvait.momentanément notre industrie n’étaient pas faites pour servir la cause de l’Exposition d’Anvers !
- Quoi qu’il en soit, l’invitation du comité belge, transmise par M. le ministre de Belgique à Paris à notre gouvernement fut bien accueillie.
- Dès lors des négociations furent entamées avec le comité belge pour obtenir les conditions les plus favorables pour les industriels français.
- Reconnaissant de l’empressement que la France avait mis à accepter de donner son concours à 1 Exposition d’Anvers, le comité belge voulut bien faire.certaines concessions et une convention particulière détermina des conditions spéciales de participation de la France à l’Exposition d’Anvers.
- L un des points les plus importants est que la France organisait son exposition comme elle l’entendait, qu elle répudiait la tutelle du comité belge, c est-a-dire qu’elle gardait son autonomie, absolue.
- Le gouvernement français , par son mandataire, le commissaire général, retenait une espace ferme de terrain qui serait délivré par lui-même aux exposants et sans que le comité belge eût à intervenir.
- C’est ainsi qu.après avoir obtenu du Parlement des crédits spéciaux pour l’Exposition d’Anvers, la commission française et le commissaire général
- purent réduire les tarifs belges de 70 fr. et 15o fr. le mètre de terrain aux prix véritablement peu élevés de 40 et 80 fr.
- Mais en revanche, l’article 17 que nous avons reproduit ci-dessus n’avait plus lieu d’être devant cette réduction. Il se trouvait annulé par l’article i5 du.Règlement spécial français que nous donnons ci-après :
- Art. i5. — Les exposants ont à leur charge :
- i° Les frais de transport et de manutention depuis leur domicile jusqu’à l’emplacement qui leur est désigné dans l’enceinte de l’Exposition ;
- 20 Les trais de leur installation particulière;
- 3° L’emmagasinage et la conservation des caisses vides ;
- 40 Les frais de retour.
- En ce qui concerne les frais de transport, à l’aller comme au retour, les exposants bénéficieront de toutes les réductions qui pourront être obtenues tant des compagnies de chemin de fer que .de la part des agents de transport et de manutention,
- Les exposants français étaient donc vraiment favorisés et ne pouvaient que se trouver encouragés à participer à l’Exposition d’Anvers.
- Aussi le nombre des exposants s’est-il élevé à 20,000.
- Gomment s’est fait cette manutention ?
- En 1878, le service de la manutention avait été monopolisé entre les mains d’un expéditeur 1
- A Amsterdam, chaque exposant avait fait la manutention de ses colis par tels moyens qui leur avaient parus convenables.
- / A Anvers, des conditions spéciales ont été arrêtées en faveur de la France parle Comité belge et proposées aux exposants qui gardaient leur pleine liberté d’action.
- Ces conditions étaient les suivantes :
- 5 fr. par mètre carré d’espace occupé pour les exposants des halles de l’Industrie.
- 10 fr. par tonne pour les exposants de la galerie des machines.
- Une circulaire du commissaire de l’exposition industrielle avisa les exposants des offres qui lui étaient faites et leur laissa la pleine liberté en même temps que l’entière responsabilité de leurs décisions.
- En résumé le service de la manutention a été organisé par le Comité belge, qui devenait entrepreneur et exécuteur des contrats passés avec les exposants.
- L’Exposition d’Anvers approche de sa fin : le meme service de manutention fonctionnera et profitant du.passé les hommes qui le dirigent sauront le modifier de façon à ce que la réexpédition des produits s’opère à la satisfaction générale.
- Dans un prochain article nous étudierons la question plus à fond et nous verrons quels sont les résultats de toutes ces dispositions ; nous verrons encore si les critiques formulées par quelques-uns de nos confrères sont vraiment fondées.
- FI.-F. Cabirau.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- 1 « E3U3-E3 «3
- Une commission vient de s’organiser à Paris, sous la présidence d’honneur de l’honorable Robert M. McLane, ministre des Etats-Unis, dans le but de faire participer la France à l’Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans.
- Cette commission, formée sur l’initiative de M. Henri Farjas, commissaire général américain pour la France, compte dans son sein MM. Antonin Proust, député ; D. Wilson, député; H. Kiener, sénateur; Ch. de Lesseps; D. Tourette ; E. Minot; Cabirau; G. Gastel-lier, conseiller général ; G. Sandoz ; E. For-geot ; Ch. Lefébure ; Ed. Debergue ; Léon Chotteau, etc.
- Le siège de cette commission est 39, rue Caumartin.
- O11 sait qu’une grande Exposition s’est ouverte l’année dernière à la Nouvelle-Orléans. Nos compatriotes qui ont eu le bon esprit d’y figurer n’ont pas eu lieu de s’en repentir. La plupart, en effet, des exposants français y ont été récompensés.
- Plusieurs de nos ministères avaient bien voulu, l’an dernier, répondre à l’invitation des Américains. Ils ont obtenu là-bas les premières médailles.
- Par son dévouement aux intérêts français,
- notre consul général à la Nouvelle-Orléans, M. Paul d’Abzac, a largement contribué à ce beau résultat.
- O11 ignore généralement aujourd’hui que l’Exposition de la Nouvelle-Orléans est à la veille de rouvrir ses portes aux produits des deux Amériques et de l’Europe. Le nouveau concours industriel commencera le 10 novembre prochain, et finira le 31 mars 1886.
- Si l’on compare le commerce extérieur des Etats-Unis au commerce extérieur de la France, on trouve, aux Etats-Unis, depuis 1876, l’excès constant des exportations sur les importations. En ne prenant que les cinq dernières années fiscales américaines, terminées au 30 juin, 011 a ;
- Excès des
- Exportations Importations exportations des aux sur les
- Etats-Unis Etats-Unis importations
- 1880.....
- 1881.....
- 1882.....
- 1883.....
- 1881.....
- Dollars
- 835.600.000
- 902.300.000
- 750.500.000
- 823.800.000
- 740.500.000
- Dollars
- 607.900.000 042.600.000 721 600.000 723.400.000
- oot'.ooo.üoü
- Dollars
- 167.600.000
- 259.700.000
- 25.900.000
- 100.600.000
- 72.800.000
- Les chiffres ci-dessus montrent que, dans les cinq années de 1880 à 1884, les exportations des Etats-Unis ont dépassé les importations aux Etats-Unis d’une moyenne annuelle de dollars 125,320,000, ou de fr. 645,398,000.
- En France, au contraire, ce sont les importations qui dominent.
- Importations Exportations Différence en
- en rte laveur des
- France France importations
- Francs Francs Francs
- 1880.. 5.033.200.000 3.467.900.000 1.565.300.000
- 1881.. 4.863.400.001) 3.561.500.000 1.301.900.000
- 1882.. 4.821.800.000 3.574.400.000 1.247.400.000
- 1883.. 4.804.300.000 3.451.900.000 1.352,400.000
- 1884.. 4.525.967.000 3.350.109.000 1.175.858.000
- D’où la conséquence que, de 1880 inclus à 1884 inclus, la France a vu ses importations dépasser ses exportations d’une moyenne annuelle de fr. 1,328,571,600.
- Les alarmistes invoquent ce résultat pour alléguer que la France marche à sa ruine. La vérité est que l’Angleterre, et la plupart des nations qui nous entourent, achètent plus à l’étranger qu’elles ne lui vendent. Et, si l’état de notre commerce extérieur doit exciter nos alarmes, nous devons avouer que l’Europe est bien près de sa fin !
- Les faits postérieurs, fort heureusement, viendront rappeler aux^ alarmistes que la France se porte bien, et que l’Europe est loin d'être malade.
- Ces 1,300 millions, excès de nos importations, représentent une somme égale de produits exotiques entrés dans notre consommation, ou livrés à nos ateliers, à nos manufactures, et transformés par le travail national.
- Non, ne nous alarmons pas. Efforçons-nous, cependant, de développer notre exportation ; et, pour augmenter le chiffre de nos ventes aux Etats-Unis, profitons de l’occasion que nous offre l’Exposition de la Nouvelle-Orléans, de faire mieux connaître et mieux apprécier les spécimens de nos produits en Amérique, ce qui est beaucoup plus urgent que ne le pensent nos producteurs.
- Si nous passons du commerce extérieur de la France au commerce franco-américain, nous constatons, d’après les statistiques américaines, que la France, en 1884 (30 juin), a exporté aux Etats-Unis pour dollars 70,800,000 et en a importé pour dollars 50.800,000. Différence en faveur de la France, dollars 20 millions, ou fr. 103 millions.
- En 1862, notre commerce avec les Etats-Unis (exportations et importations réunies) s’élevait, d’après les statistiques françaises, à la somme de fr. 196,100,000 (99,900,000 fr. et 96,200,000). En 1883, il formait un ensemble de fr. 703,400,000 (350 millions et 353 millions-400,000 francs.)
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- Première Année. — N° 3j.
- LE MON± i EUR DE L’EXPOSIiION DE 1889* Dimanche i3 Septembre i885. — 295.
- Ces 700 millions dépasseraient bientôt 2 milliards si la France, vis-à-vis des Etats-Unis, savait tirer parti de tons les avantages que lui assure sa position géographique.
- Aujourd’hui, la Grande-Bretagne accapare presque tout le commerce des Etats-Unis avec l’Europe. Aussi, le commerce anglo-américain (exportations et importations réunies) était-il, en 1884, de fr. 2,825,805,000.
- La France atteindra ces 2 milliards le jour où toutes les énergies et toutes les volontés sauront se grouper et s’organiser chez nous.
- Si nous tenons à entrer dans cette voie, où nous ne pouvons récolter qu’honneur et profit, hâtons-nous de préparer, pour la Nouvelle-Orléans, une section française imposante.
- Léon Ciiotteau.
- Voici, en outre, les documents que nous avons reçu du Comité de direction de cette Exposition. Nous les reproduisons sans y rien changer :
- EXPOSITION DES AMÉRIQUES
- DU NORD, CENTRALE & DU SUD
- NOUVELLE-ORLÉANS
- Renseignements à l'usage des espesants étrangers
- Des arrangements ayant e'té conclus avec le département de la Trésorerie d’après lesquels les mêmes facilités douanières ont été accordées à la présente Exposition que celles octroyées à la ci-devante « World’s Exposition, » le texte entier de la loi est soumis ci-dessous pour la gouverne des exposants étrangers, et des étrangers qui désireront opérer des ventes de marchandises entreposées.
- ACT DU CONGRÈS APPROUVÉ LE IO FEVRIER 1883
- « Section i.— Que, tous articles importés dans l’unique but d’exhibition à la dite Exposition « du Monde, Industrielle et Centenaire du Coton » qui sera célébrée en l’année 1884, seront admis libres de droits, d’honoraires ou de frais de douane, sujets à tels règlements que le Secrétaire du Trésor prescrira; pourvu que, tous lesdits articles qui seront vendus dans les États-Unis ou retirés pour y être consommés, à quelque temps que ce soit subséquemment à ladite importation, seront sujets aux droits, s’il y en a, d’importation. Et pourvu, en outre, que le cas échéant où aucun des articles importés sous les dispositions de cet acte seront retirés pour la consommation ou seront vendus sans paiement de droits, comme il est requis par la loi, toutes les pénalités prescrites par les lois de revenu seront appliquées et mises en force contre lesdits articles et contre les personnes qui seront coupables de ladite retraite ou vente.
- Conformément à cet acte, les règlements suivants sont prescrits :
- Des factures seront exigées, récitant le fait que les marchandises y mentionnées sont destinées à cette Exposition. Chaque expéditeur devra rédiger ladite facture en triplicata, donnant la description de ses marchandises, leur valeur et les marques et numéros y attenant ; mais un nombre indéfini de ces factures pourra être compris dans une déclaration de l’agent, ladite déclaration devant, être faite par-devant un officier consulaire des Etats-Unis et certifiée selon l’usage. Une copie de la facture sera envoyée au Collecteur de la Douane au port de premier arrivage, une copie au Collecteur de la Douane à la Nouvelle-Orléans et une copie- au consignataire ou à l’agent de l’expéditeur.
- Les articles destinés à cette exhibition et arrivant des ports de Philadelphie, New-York, Baltimore ou San-Francisco, ou d’aucun port de la frontière canadienne, d’où les marchandises peuvent être expédiées pour transport immédiat d’après l’acte du 10 juin 1880, « un acte pour amender les statuts relatifs au transport immédiat des marchandises sujettes aux droits de douane et pour autres objets, » (résumé 4582) pourront être expédiés par voie publique entreposée du port de premier arrivage à la Nouvelle-Orléans. A l’arrivée de ces marchandises à la Nouvelle-Orléans, soit directement ou par la voie d’aucuns desdits ports, avis convenable dudit arrivage sera donné au Collecteur par le consignataire, sur quoi le collecteur en prendra possession. L’enregistrement pour entrepôt sera permis de la manière usitée et le bon habituel fourni pour garantir les droits, et après que la bâtisse aura été dûment entreposée, les marchandises seront emmagasinées dans la bâtisse de l’exhibition. Après achèvement de l’enregistrement d’entrepôt et emmagasinage des marchandises dans la bâtisse de l’Exposition, les colis seront ouverts et il sera fait un examen et
- une évaluation exacts de leur contenu, part et remise convenables étant faites pour dommages survenus, pendant le voyage et les droits d’importation, s’il y. a lieu, par l’expert préposé à ladite bâtisse d’exhibition, qui sera pour cet objet considérée comme magasin public. Quand l’évaluation sera achevée, l’enregistrement sera liquidé comme de coutume et l’inscription convenable sera faite à ce sujet.
- Afin d’identifier les articles, une étiquette sera collée sur chaque article donnant le nom de l’expéditeur mentionné dans la facture et le numéro de l’enregistrement d’entrepôt. Un garde-magasin sera stationné dans la bâtisse de l’exhibition, aux frais de l’exhibition, lequel tiendra un registre des marchandises reçues, par débit et par crédit, marquant contre les recettes les livraisons à mesure^ qu’elles se feront. Les marchandises pourront être retirées pour l’exportation à n’importe quel moment pendant les trois années suivant la date.d’importation, sans paiement de droits ou honoraires ou frais de douane. En cas de retraite pour la consommation cependant, les frais habituels deviendront exigibles.
- Si elles n’ont pas été retirées pour la consommation ou l’exportation pendant le temps spécifié, les marchandises deviendront passibles de vente pour la perception des droits. A l’occasion delà vente d’aucune des marchandises pour la consommation dans les Etats-Unis, l’enregistrement de retraite sera permis sur paiement des droits d’après les taux en vigueur à la date de l’importation des divers articles respectivement. A l’occasion d’une telle retraite pour la consommation après un an de la date de l’importation originelle, il sera exigé un droit additionnel de dix pour cent sur les droits originellement assessés.
- L’attention est appelée sur les dispositions infligeant des pénalités et des confiscations pour la violation des lois de revenu des États-Unis.
- Les règlements suivants ont été prescrits par le Secrétaire du Trésor pour régler les ventes de marchandises étrangères et la collection des droits sur celles à l’Exposition Industrielle du Monde et le Centenaire du Coton et seront maintenus en vigueur à la présente Exposition.
- 1. Aucunes ventes de marchandises étrangères pour livraison immédiate ne seront permises à moins que le propriétaire ou son agent ait obtenu du collecteur de la Douane à la Nouvelle-Orléans un permis, sous la forme qui sera prescrite par le Secrétaire du Trésor autorisant lesdites ventes.
- 2. Avant qu’un tel permis puisse être octroyé, il sera nécessaire d’enregistrer au bureau de l’officier de Douane régulier, une liste complète de tous les articles importés de l’exhibition par la personne désirant faire les ventes ou son agent, chaque article destiné pour la vente devant être numéré séparément et par ordre numérique et vérification actuelle avec évaluation desdits articles devront être faits par l’estimateur, qui en fera retour.
- 3. Quand la dite liste aura été dûment signée-sous serment, par le propriétaire des marchandises y décrites, ou, par son agent, elle sera considérée comme une combinaison de facture et d’entrée, les droits y seront étendus et liquidés et il en sera pris note en débit et en crédit dans un livre qui sera tenu à cet effet.
- 4. Chaque exposant ou son agent, porteur d’un permis, sera requis de tenir un compte exact des ventes qu’il fera, sujet en tous temps à l’inspection des officiers de Douane, de faire journellement des retours des marchandises vendues et de payer chaque jour les droits légaux, sur icelles , ou à telles époques que fixera le collecteur de la douane. Des blancs pour lesdits retours seront fournis par le département de la Trésorerie et les sommes payées seront dûment créditées sur le registre prescrit par l’article 3.
- 5. Tout permis octroyé à un exposant conformément à ces règlements sera forfait et sommairement révoqué dans le cas où le détenteur faillira au paiement des droits sur les articles vendus, comme il est requis par l’article 4, et le collecteur du port de la Nouvelle-Orléans pourra refuser de donner un permis ou pourra en révoquer un qui sera en vigueur, dans tous les cas où il le jugera nécessaire dans l’intérêt de la sécurité du revenu.
- 6. Au défaut, par un exposant ou son agent de faire retour ou de payer les droits sur les marchandises vendues comme il est requis par l’article 4, le collecteur prendra possession de tout le fonds du dit exposant dans la bâtisse d’exposition et le retiendra jusqu’à ce que les droits aient été payer et à défaut de paiement dans les dix jours, le dit fonds ou telle portion qui sera suffisante pour couvrir le montant des droits sera envoyé au magasin public, et le cas rapport au secrétaire du Trésor pour instructions ultérieures.
- 7. Tout exposant qui le désirera pourra faire enregistrement pour la consommation de toutes ses marchandises, conformément aux dispositions de l’article 2 des règlements de la Trésorerie du icr juin 1876.
- 8. L’attention des exposants est spécialement appelée aux dispositions de • la section 0082 des Statuts révisés, comme suit:
- Section 0082. — Si une personne quelconque
- importe ou introduit dans les États-Unis, frauduleusement et sciemment, ou concourt à ce faire, aucune marchandise contrairement à la loi, ou reçoit, recèle, achète, vend ou aide en aucune manière au transport, au recèlement ou à la vente de telle marchandise après importation, sachant qu’elle a été importée contrairement à la loi, la dite marchandise sera forfaite et le coupable sera mis à l’amende d’une somme ne dépassant pas cinq mille dollars ou pas moins de cinquante dollars, ou sera emprisonné pour un terme n’excédanT pas deux ans, ou les deux. Toutes les fois qu’en jugement pour violation de cette section, il sera montré que le défenseur avait ou avait eu en sa possession les dites marchandises, cette possession sera considérée comme une preuve suffisante pour autoriser sa condamnation à moins que le défendeur n’explique cette possession à la satisfaction du jury.
- Les officiers de douane sont enjoints de voir à ce que les conditions de ces règlements soient soigneusement observées, et en cas de violation d’icelle, ils devront prendre immédiatement les mesures nécessaires pour mener à bonne fin les dispositions de cette section.
- Les suggestions suivantes aideront matériellement les exposants étrangers à éviter la confusion et les délais dans l’achèvement de leur installation à leur, arrivée à la Nouvelle-Orléans.
- 1. Que vos marchandises soient emballées de telle manière que les caisses puissent servir de comptoirs. .Cela sera peut-être plus coûteux d’abord, mais en fin de compte cela vous économisera du temps, du tracas, et de l’argent, attendu que vos caisses vides seront toutes prêtes pour le réemballage.
- 2. Demandez au consul des États-Unis à votre port d’expédition, des délais sur la date de départ des steamers et sur les taux du frêt direct aux bâtisses de l’Exposition pour débarquer au wharf de l’Exposition. Ces renseignements seront fournis directement au consul par l’administration, ou par la voie d’un de ses commissaires.
- 3. Ayez soin de vous munir de factures consulaires des États-Unis pour toutes les marchandises que vous aurez l’intention de vendre soit pendant soit après l’Exposition.
- 4. Faites marquer pleinement et distinctement chaque colis à votre nom ou au nom de votre raison sociale. Si vous expédiez à un agent, fournissez lui une lettre d’autorisation pour admettre vos marchandises à la compétition, ou autrement comme vous le désirez, et en général autorisez le à se conformer pour vous aux règlements de l’Exposition.
- 5. Gardez-vous des personnes prétendant avoir autorité de l’administration pour faire acte d’agents. Si vous avez besoin d’un agent, faites application à l’officier consulaire des ÉtatsLUnis au port le plus proche, à qui l’administration aura fourni les noms des personnes à la Nouvelle-Orléans les plus sûres à cet effet.
- 6. Fournissez à votre agent des listes contenant les prix de vos marchandises pour l’instruction du jury d’arrêt et du public.
- 7. N’oubliez pas que la nouveauté, l’utilité et le bon goût prévaudront toujours contre la seule somptuosité, et que les objets exposés, possédant ces qualités seront estimés sans égard à leur prix nominal.
- 8. La seule dépense qu’encourreront les exposants étrangers, c’est-à-dire ceux qui seront simplement exposants et qui ne feront pas de ventes pour livraison pendant le terme de l’Exposition, sera le frêt aller et retour, l’érection de plate-formes, le soin des objets exposés, etc. Les dépenses d'ajustement seront minimes si l’on emploie comme agents des personnes sûres et entendues.
- 9. L’administration émettra des permis pour vendre des marchandises pour livraison immédiate, sujets à des frais raisonnables qu’on pourra connaître en s’adressant au directeur-général. Il est impossible dans cette circulaire d’établir une liste définie de frais, mais ceux-ci seront en accord avec la coutume des Expositions antérieures avec cette exception qu’aucun privilège ne sera accordé pour une royauté ou un tant pour cent, mais invariablement pour un montant raisonnable statué.
- Approuvé :
- Samuel El. Buck, Directeur général.
- S. B. Mc Connico, président.
- RÈGLEMENTS (GÉNÉRAUX
- Exposition des Amériques du Nord, Centrale et du Sud
- Les règlements généraux suivants seront observés :
- 1. L’Exposition des Amériques du Nord, Centrale et du Sud sera ouverte à la Nouvelle-Orléans le Ie1' novembre 1885, et la clôture aura lieu le 3i mars 1886.
- 2. Le but de l’exposition est de favoriser et d’encourager les relations commerciales des nations de l’Amérique par l’illustration de leurs
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- 296. — Première Année — N° 3y.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Septembre i885.
- ressources naturelles, aussi bien que de leurs arts et industries.
- 3. Le directeur général nommé par le conseil d’administration est chargé de la surveillance générale et de l’exécution de tous les détails de travail de l’Exposition sous les ordres et instructions du Président et du conseil d’administration.
- 4. Le commissaire nommé pour chaque Etat et territoire par le conseil d’administration, correspondra directement avec le Président et lui fera ses rapports. Le devoir spécial desdits commissaires sera de représenter activement l’exposition dans les divers Etats et territoires qui leur seront assignés, en encourageant l’envoi d’objets de montre généraux et en organisant des objets de montre collectifs des produits de leur section, conformément aux ordres et règlements qui pourront être promulgués de jour en jour par le directeur général.
- 5. Les commissaires étrangers nommés par le conseil d’administration, correspondront directement avec le président et seront chargés de la considération de toutes les matières concernant leurs concitoyens relativement à l’Exposition.
- (3. La classification des objets de montre comprendra les groupes suivants :
- I Agriculture.
- II Horticulture.
- III Matières premières et articles de manufactures. métaux, minéraux et bois.
- IV Meubles et accessoires.
- V Fabriques textiles, vêtements et accessoires.
- VI Arts industriels.
- VII Produits alimentaires.
- VIII Education et instruction.
- IX Objets d’art.
- 7. Le directeur général fournira les formes en blanc pour faire les applications pour emplacements accompagnées des règlements et de tous autres renseignements que requierront les exposants.
- 8. Tous articles devront être inscrits et exposés par et au nom du manufacturier ou du producteur.
- 9. Les objets de montre ne pourront pas être déplacés ou enlevés avant la clôture de l’Exposition.
- 10. Le directeur général aurale droit.de refuser l’admission de tout objet de montre et de renvoyer tout objet de montre déjà admis qui pourrait, par sa nature, son apparence ou son caractère, être nuisible à l’Exposition.
- _ii. L’assignation d’emplacements pour exhibition n’entraine pas le droit de vendre les articles exposés soit pour livraison immmédiate, soit pour livraison à la clôture de l’Exposition. La vente d’articles, quelque soit leur caractère, ne sera permise que par arrangement spécial avec le directeur général et sujette à tel taux de charge qui pourra être fixé par le consul d’administration et ensuite promulgué par le directeur général.
- 12. L’administration pourvoira à un système complet de police et de protection contre le feu, mais il est distinctement convenu que l’administration ne sera responsable en aucune manière des pertes provenant de vol ou détournement, feu ou accident quelconque, ou à aucune perte ou aucun dommage quelle que soit la cause ou l’étendue du dommage subit.
- 13. Il ne sera fait aucune charge aux exposants pour l’emplacement, mais il sera exigé de chaque exposant uniformément une somme de dix dollars comme frais d’inscription sur chaque article inscrit pour la compétition, et quand l’inscription sera faite pour exhibition seulement, un honoraire de dix dollars suffira pour le fonds entier de montre.
- 14. Une quantité raisonnable d’eau et de vapeur sera fournie sans frais. L’exposant devra statuer, quand il fera son application, la quantité dont il aura besoin et devra faire des arrangements avec le directeur général pour tout excédant ou quantité inusitée. Tous arrangements spéciaux pour faire fonctionner les machines devront être fournis par les exposants et à leurs frais et il ne sera permis aucun _ changement dans les bâtisses ou leur disposition sans la permission spéciale du directeur général, et alors seulement aux frais des personnes désirant ces changements.
- 15. Les articles inscrits pour exhibition par des étrangers, suivant des arrangements convenus avec les autorités douanières, seront admis libres de droits, à l’exception de ceux qui seront inscrits pour vente ou consommation et les bâtisses seront constituées en entrepôt légal, afin que les objets de montre étrangers puissent y être gardés en entrepôt jusqffià la clôture de l’exposition, quand ils pourront.être retirés pour consommation ou vente, ou inscrits pour reexportation comme il plaira aux exposants.
- i6; Des règlements spéciaux concernant les admissions,.arrêts d’arbitrage, et tels autres règlements généraux ou spéciaux qui seront jugés nécessaires-, a l’occasion, pour le gouvernement de l’Exposition, seront promulgués par le directeur général, et il est convenu que tous les exposants, soit américains, soit étrangers, par le fait même de leur qualité d’exposants déclarent acquiescement
- aux présents règlements et à tous ceux qui seront promulgués par la suite par le directeur général.
- 17. Des arrangements ont été conclus avec les divers chemins de fer, vapeurs, bateaux à vapeur, de par le pays, d’après lesquels tous objets de montre, sur lesquels le frêt aura été payé d’avance du point d’expédition, seront retournés sur la même route audit point sans frais. Afin d’assurer ce retour sans frais de transport, il faut que tous les colis soient consignés à l’exposant lui-çnême, sous son nom ou au nom de sa raison sociale, en plein, aux soins de l’Exposition ; et dans chaque cas il faut que le frêt ait été payé d’avance en plein à la date de l’expédition.
- Aucun objet de montre sur lequel le frêt sera dû ne sera reçu dans aucune circonstance quelconque dans l’enceinte ou dans les bâtisses de l’exposition.
- En se procurant des'connaissements pour leurs expéditions les exposants auront soin de voir que la route par laquelle leurs marchandises doivent être expédiées à la Nouvelle-Orléans soit distinctement marquée sur chaque connaissements.
- RÈGLES ET RENSEIGNEMENTS POUR LES EXPOSANTS
- APPLICATION POUR EMPLACEMENT
- 1. L’attention des applicants pour emplacements est appelée sur les règlements généraux.
- 2. Des formes en blanc pour les applications pour emplacements seront fournies sur application au directeur général.
- 3. Les applicants pour emplacements qui désireront ériger des vitrines, des comptoirs ou des cloisons devront fournir au directeur général un dessin simple désignant d’une façon précise l’élévation et le plan et indiquant particulièrement les côtés des vitrines désignés à être ouverts pour l’inspection.
- 4. Les applicants pour emplacements désirant exhiber des machines auront à fournir au directeur général, pour la gouverne de l’ingénieur consultant, un dessin calculé à 1/2 pouce le pied, du plan et delà distribution de l’objet à exhiber et aussi les renseignements suivants :
- La force de chevaux actuelle requise pour chaque machine.
- Le nombre de pieds cube de vapeur requis par heure à une pression de soixante-dix livres.
- Le diamètre des tuyaux à eau et à vapeur.
- Le diamètre des tuyaux à décharge ou à écoulement.
- Le diamètre, la largeur de faces et le nombre de révolutions des roues de rampe directrices.
- 5. Quand l’assignation de l’emplacement aura été fait, l’applicant sera notifié et un permis lui sera fourni indiquant la location exacte. Les permis pour emplacements ne sont pas transmissibles.
- EXPÉDITION DES COLIS
- 1. Les articles seront admis à l’Exposition du 1e1'jour de septembre 1885, jusqu’au ier jour de novembre x8.85.
- 2. Le transport, la réception, le déballage et l’arrangement des articles pour exhibition seront aux frais de l’exposant.
- 3. Tous objets de montre devront être consignés à l’exposant lui-même en son nom en plein, ou au nom de sa raison sociale, ou a son agent et adressés aux soins de l’exposition, et le fret devra en être payé invariablement d’avance en plein à la date de l’expédition. Aucun objet de montre sur lequel il sera dû des charges de frêt, ne sera admis, dans aucune circonstance quelconque, dans les bâtisses ou dans l’enceinte de l’exposition.
- 4. Tous les articles arrivant par voie ferrée et livrés au local de l’exposition seront déchargés par et aux frais de l’administration mais l’exposant devra les placer à ses propres frais sur l’emplacement qui lui aura été assigné.
- * Notez connaissement.
- INSCRIPTION DE l’ûBJET
- 1. Les livres d’inscription seront ouverts le ier septembre 1885 et seront clos positivement le iei-jour de novembre. Après cette date aucune inscription pour la compétition ne sera permise, dans quelle que circonstance que ce soit.
- 2. Avant de déballer ou d’installer ses objets de montre l’exposant devra exhiber son permis d’emplacement et faire son inscription de montre au bureau du directeur général.
- 3. Tous les articles de montre devront être inscrits par et au nom du manufacturier ou du producteur.
- John W. Glenn,
- Chef d’installation.
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- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- 1" A BUDA-PESTH
- Me voici de retour de ce voyage merveilleux qui pourrait me paraître un rêve si mon cœur n’était encore plein des émotions fortes et douces à la fois qui l’ont assailli pendant ces quinze jours. J’avais promis de vous envoyer, comme tous mes confrères, des lettres de là-bas; je ne l’ai pas fait pour deux raisons : la première, elle est majeure, c’est que j’ai été si promené, si roulé, si ballotté, si secoué, si peu à moi, en un mot, qu’il m’eût été fort difficile d’être à vous ; la seconde, c’est que, le voyage terminé, je pouvais l’embrasser d’ensemble, et vous dire que, depuis que nous avons mis le pied sur la terrre de Hongrie, l’intérêt a été croissant, l’enthousiasme grandissant jusqu’à l’apothéose de Szegeden où véritablement tout ce que notre imagination pouvait concevoir a été de beaucoup dépassé.
- Les origines du voyage, vous les connaissez.
- La Société des écrivains et artistes hongrois était venue, il y a deux ans, vers le 14 juillet, visiter Paris. Un Comité de gens de lettres et artistes français se constitua sous la présidence de M. Louis Ulbach pour fêter la venue de nos confrères madgyars. Les Hongrois, à l’occasion de l’Exposition ouverte en ce moment à Buda-Pesth, ont voulu nous rendre ce qu’ils avaient reçu de nous, et ils nous l’ont rendu de telle façon que nous serions bien embarrassés maintenant de pouvoir nous libérer envers eux.
- M. Attila de Szemere, muni des pleins pouvoirs delà Société des gens de lettres, vint à Paris dans le courant de juin et, après s’être entendu avec MM. Louis Ulbach, Armand Gouzien et Emile Lévy, arrêta une liste d’invités, liste réduite nécessairement par les dimensions de l’express et dont voici les heureux élus.
- En. tête, M. de Lesseps, puis, par ordre alphabétique pour n’éveiller aucune susceptibilité :
- MM. Arbey, Badin, Emile Blavet et son, fils Georges, Berardi, Maurice Bernard, Clairin , François Goppée , Delibes, Abraham Dreyfus, Edmond et Paul Duplan, Ebeling, Escalier, Armand Gouzien, Guérard, Lebrasseur, Termina, Emile Levy, Dr Lostallot, Massenet, Joseph Montet, baron de Noirfontaine, Dr Pozzi, Mario Proth, Ratisbonne, D1' Robbin, Tony Robert-Fleury, Rops, Tréfeu, Louis Ulbach, Eugène Weismann et Yung.
- Partis de Paris le vendredi 7 août, à 7 heures 1/2 du soir, nous n’avons quitté le train que le dimanche matin à 4-heures. 33 heures de chemin de fer! Voilà une sérieuse étape ! Elle n’a paru longue cependant à aucun de nous :
- On a beaucoup causé, fumé, lu, dormi et surtout dîné. On prolongeait les repas le plus possible ; il est vrai qu’ils étaient fort gais en dépit de la cuisine médiocre et du service fort mal fait. On chantait en chœur les Pfficati de -Sylvie, Massenet, chef d’orchestre, à l’orgueilleuse satisfaction de Delibes ; on entonnait le Beau Danube bleu à chaque petit ruisseau entre aperçu dans la fuite rapide de l’express ; mais le clou du voyage a été sans contredit la Chanson-Revue improvisée par Gouzien (paroles et musique) avec un mot sur chacun de nous. Le premier couplet peut donner une idée du reste :
- Voici d'abord Monsieur d’Lesseps Bien surnommé le grand Franc..eps 11 ne saurait se reposer Tant qu'il y a une isthme à percer.
- A ce moment, M. de Lesseps ouvre la porte du salon voisin où il dînait et se présente à nous une bouteille de Tokay à la main disant : Voici les ceps de Hongrie.
- Il est 4 heures du matin, le train s’arrête, nous descendons encore légèrement endormis ; l’air frais du matin nous réveille ; nous sommes à Szobb, petite ville sur le Danube. Quinze voitures nous attendent à la gare et nous mènent grand train à une délicieuse villa hongroise sur le bord de l’eau, propriété d’un membre de la Chambre des Magnats. M. Luczenbacher. Un lunch est préparé sous une véranda donnant sur le fleuve. Après la réception cordiale des maîtres du logis, une charmante jeune fille vient offrir à chacun de nous un petit bouquet de roses auquel est fixé un morceau de parchemin portant cette suscription :
- « Soyez les bienvenus en Hongrie, dans ma seconde patrie ; permettez que votre compatriote vous la souhaite, qui, en 1870, après la guerre, est restée orpheline et par bonté de M. et Mme Luc-zembacher ai trouvé un asile dans ce beau pays.
- « Annette BAILLE,
- « née à Lunéville, en France ».
- MUo Annette Baille, est en effet, la fille d’un cordonnier de Lunéville, fusillé par les Prussiens en 1870 et dont la femme mourut folle de douleur. La famille Luczembacher recueillit l’enfant, saisissant cette occasion de donner à notre malheureux
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- Première Année. — N° 3y.
- pays vaincu une preuve de la sympathie que la Hongrie n’a cessé de nourrir pour la France. Nous ne savions comment exprimer à cette noble famille et à cette charmante jeune fille les sentiments dont nos cœurs étaient pleins ; un de nous a l’idée de rédiger à la hâte une adresse de remerciements ; tout le monde signe, M. de Lesseps en tête et nous rejoignons le vapeur qui doit nous emporter, à quelques pas de là sous pression.
- Le bateau siffle, nous partons. De retentissants « eljens » portent l’expression de notre gratitude à cette population de Szobb qui la première nous a accueillis sur la terre de Hongrie et dont l’accueil nous cause une si douce impression. Cette impression persiste, se fortifie pendant les 2 h. 1/2 que dure la descente de cet admirable Danube. Partout où l’œil aperçoit quelques maisons,.Jes paysans, accourus sur la rive en habits de tête, nous saluent de leurs vivats en agitant leurs chapeaux, leurs mouchoirs, des écharpes tricolores aux couleurs hongroises et françaises.
- A Vacz, à mi-chemin de Buda-Pesth, toute la ville est sur les quais ; une foule de petits canots pavoisés viennent à notre rencontre entourant une grosse barque également pavoisée portant un orchestre de tsiganes.
- Le vapeur stoppe, un canot nous accoste; l’instituteur du pays en descend et vient apporter une magnifique couronne à M. de Lesseps. M. Back est pâle d’émotion ; il peut à peine parler et c’est la voix tremblante qu’il salue en notre président le « représentant du génie et de la science de la grande nation française. Nous sommes aussi émus que lui ; c’est les larmes aux yeux que nous serrons chaleureusement les mains de notre nouvel ami hongrois et nous repartons aux fiers accents de la Marseillaise jouée par l’orchestre tsigane, symbole de la chère patrie française acclamée par des étrangers.
- Plus nous approchons de Pesth, plus l’enthousiasme des populations augmente et à la fois notre émotion. Appuyés sur le parapet du bateau nous ne cessons d’agiter frénétiquement nos mouchoirs et de répondre aux « Eljens a Franzia » par des cris vigoureux de : « Vive la Hongrie ».
- Vers dix heures,sous les rayons d’un soleil éclatant;'nous arrivons en vue de Buda-Pesth. Je ne crois pas qu’il soit possible de trouver rien de comparable au spectacle qui se présenta alors à nos yeux: dans le fond, la masse imposante du Blockberg avec la forteresse ; à droite, la vieille ville de Bude suspendue aux flancs d’une. colline couronnée par les jardins royaux et la résidence d’été du souverain ; à gauche Pesth et ses magnifiques palais et, reliant les deux villes sur le fleuve large de plus de 400 mètres, deux ponts superbes noirs de monde, les quais aussi noirs de monde, noirs d’une foule, figée dans le silence de, l’attente. Au moment où l’avant de notre bateau émerge ^de sous l’arche du second pont, une véritable tempête « d’Eljens » éclate ; nous répondons de notre mieux, mais nos voix sont noyées dans l’immense clameur qui part du pont et des rives.
- Nous sommes reçus au bateau par le président de la Société des gens de lettres, l’illustre patriote François Pulzky, par son fils Charles Pulzky, secrétaire de la société, par le bourgmestre Ger-loczy et par le vice-président de la commission de l’exposition, comte Eugène Zichy. De nouvelles acclamations retentissent au moment où M. de Lesseps met pied à terre ; nous avons devant nous toutes les sommités littéraires hongroises et, ce qui n’est pas fait pour déplaire à des cœurs français, une foule de jolies femmes dont les beaux yeux brillent pour nous d’une vive sympathie. François Pulzky et le bourgmestre nous souhaitent la bienvenue ; M. de Lesseps répond en quelques mots et nous montons en voiture._ Les voitures, mises gracieusement à notre disposition pendant notre séjour à Pesth et dont les cochers se distinguent par des brassards blancs, ont peine à se frayer un passage à travers la loule qui nous presse et nous acclame. Nous restons tête nue et répondons du mieux qu’il nous est possible à l'effusion de ces braves gens. Nous sommes bien heureux et bien fiers : cet accueil enthousiaste de tout un peuple nous prouve que notre chère France n’a rien perdu de son prestige aux yeux du monde après les désastres qui l’ont si cruellement frappée.
- Un bout de toilette et nous nous rendons au déjeundr que nous offre en son club la société des gens de lettres de Pesth, déjeuner charmant, plein d’intimité où chacun de nous se lie plus particulièrement avec un Hongrois de son choix qui s’attache à sa personne pour lui servir de cicerone et lui faire admirer les beautés de la ville. Je passerai sous silence les toasts éloquents qui se sont succédé sans trêve à la fin de ce repas comme à la fin de tous les autres ; je constaterai seulement la facilité avec laquelle les Hongrois manient notre langue française et l’émotion sincère et communicative de leur parole. Je dois rendre justice également à notre cher président, M. de Lesseps,^qui, constamment forcé de payer de sa personne, s’exécutait de bonne grâce, nous tenant toujours sous le charme par le tact de sa parole et la variété de son esprit. Au reste, pendant les quinze jours qu’a dure's notre promenade triomphale, nous n’avons
- .Æ MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche i3 Septembre 1885. — 297.
- pas eu à subir moins de 267 toasts , du moins d’après les indications du toastomètre, instrument enregistreur inventé par un de nos compagnons de route qui, médecin et galant homme, nous a donné son adresse à Paris et s’est mis gracieusement à notre disposition pour nous soigner de la toastite chronique que nous avions dû contracter.
- Du club nous allons à l’Exposition, ce qui nous permet d’apercevoir un peu la ville. Elle est fort belle, les voies y sont larges, bien aérées, très animées et bordées de nombreux magasins fort beaux. Mais où nous sommes véritablement surpris, c’est au moment où nos voitures s’engagent dans l’avenue Andrassy. Figurez-vous une grande chaussée fort large,plus large que nos boulevards, avec double rangée d’arbres et double contre-allée, bordée de véritables palais se suivant sans interruption : l’Opéra royal, le Conservatoire de musique (résidence de Litz), l’école de dessin, le palais des beaux-arts, l’hôtel des chemins de fer de l’Etat ; etc., tous d’un style différent, tous d’un goût exquis dans leur genre et fondus dans un harmonieux ensemble. Le dernier tiers de l’avenue fait avec le reste le plus riant contraste : les palais y sont remplacés par d’élégantes villas, toutes' d’un style différent, entourées de jardins anglais, bordés de grilles ouvragées. Nous traversons un parc, nous côtoyons une pièce d’eau et par une longue avenue toute pavoisée, qui le soir, est éclairée dans toute sa longueur à l’électricité, nous arrivons à la porte de l’Exposition.
- (A suivre.)
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- HORTICOLE, SCOLAIRE ET ARTISTIQUE
- Conférence de M. Jarach
- LE DANTE
- Le public assidu à nos conférences est venu entendre vendredi soir une étude rapide sur Dante, qu’un conférencier familier avec les chefs-d’œuvre de la littérature italienne a tour à tour présenté comme homme et comme écrivain, comme penseur et comme poète. Il en a esquissé l’imposante physionomie et peint l’àme farouche, le caractère indomptable ; il l’a fait revivre dans les grandes heures d’une existence cruellement tourmentée, tantôt vaincu, brisé par l’amour, tantôt victime des passions politiques et de l’injustice de ses concitoyens ; martyr d’une idée ; plus grand dans l’exil et la pauvreté qu’à Florence au milieu des richesses et des honneurs, toujours admirable par la richesse de son imagination, par l’exquise beauté d’une langue qu’il crée ; génie incomparable dont « l’œuvre est toute une époque ».
- La vie de Dante, tout le monde la connaît. Sa naissance au milieu des luttes civiles, les tendances de sa famille, son attachement au parti guelfe, sa présence à la bataille de Campaldino, ses études avec Brunetto Latini, ses amours avec Béatrix, ses voyages en Italie et en France, son rôle politique comme ambassadeur de Florence et plus tard comme Prieur, son dévouement à la cause du peuple et s-on amour passionné pour la liberté, ses conseils dans les heures de trouble, sa haine contre les noirs, ses efforts pour modérer les partis opposés, son rêve d’un accord durable entre l’empire et la papauté, ses déceptions politiques, ses revers, sa condamnation à mort et son exil, les tristesses de sa vie errante, son refus de rentrer à Florence sous des conditions humiliantes, ses luttes morales, ses dernières espérances, son ardeur pour toutes les études qui absorbent et consolent, son chant terrible et sublime qui devient « La Divina Comedia », le respect qu’il inspire, l’influence qu’il exerce, sa mort et le. culte de sa mémoire, et enfin l’admiration universelle, pour une œuvre impérissable sans cesse étudiée et commentée — tels sont les épisodes multiples de cette existence où tout respire la grandeur et la force.
- Le rôle politique de Dante méritait d’être mis en relief. Jamais homme n’a aimé sa patrie d’un amour plus pur et plus désintéressé. » Il n’erra point, transfuge irrésolu, entre les deux camps rivaux des guelfes et des gibelins; il planta satente sur un terrain indépendant, non pour se renfermer dans une indifférente neutralité, mais pour combattre seul avec la puissance de son génie. Aussi son nom reste-t-il pur de toute alliance déshonorante aux yeux de la postérité.
- Par son savoir profond et étendu, il résume et dépasse ses contemporains et la place, au milieu des docteurs et des philosophes de tous les siècles, que Raphaël lui a décernée dans une de ses fresques, est le plus bel éloge qui ait été fait de ce
- vaste génie. Les passions politiques et les affections du cœur n’avaient pas suffi à l’envahir tout entier; il restait en lui une large place inaccessible au tumulte des opinions et aux séductions des sens, où son intelligence se retirait comme en un sanctuaire et rendait à la vérité un culte exclusif.
- Ses écrits politiques, philosophiques et littéraires sont les plus beaux monuments de l’esprit humain à cette époque.
- Mais chez Dante, c’est surtout le poète qui étonne, charme, subjugue. Aucun n’a été doué d’une originalité plus puissante, aucun ne possède plus de force et de variété d’invention, aucun ne pénétra plus avant dans les secrets replis de l’âme, n’observa mieux que lui et ne rendit avec plus de vérité la nature, aucun ne fut à la fois plus riche et plus concis. « Ses taches, a-t-on dit, ressemblent à l’ombre de ces nuages légers qui passent sur des campagnes splendides. »
- Tendre, simple, naïf presque dans la Vita nuova, où chantant la beauté et les vertus de Béatrix, il idéalisa la femme, où il peint les amères douleurs d’une perte irréparable et la transformation qu’elle opéra en lui. Dante sait s’élever, dans le divin poème, jusqu’aux sublimes accents de l’épopée et de la tragédie. A travers un symbolisme souvent inexplicable, du sein de l’infini même où il s’installe pour juger les vices et les vertus des hommes, il laisse de l’état de la société et de l’esprit humain à son époque la peinture la plus complète et la .plus merveilleuse. Et quelle étonnante variété de tableaux, quelle profondeur d’observation, quelle vigueur de pinceau, quel relief! Pouvait-on élever un monument plus grandiose à la mémoire de Béatrix.
- La Divine Comédie dont le conférencier n’a pu donner qu’une ébauche imparfaite, est donc bien le chef-d’œuvre du moyen âge.
- « C’est tout à la fois une tombe et un berceau : la tombe magnifique d’un monde qui s’en va, le berceau d’un monde près d’éclore ; c’est un portique entre deux temples : le temple du passé et le temple de l’avenir. Le passé y dépose ses croyances, ses idées, sa science comme les Égyptiens déposaient leurs rois et leurs dieux symboliques dans les sépulcres de Thèbes et de Memphis. »
- Dante n’est pas seulement un grand poète italien, il est surtout le poète par excellence de l’humanité. 11 n’a été étranger à rien. C’est un devoir de le lire. C’est surtout un indicible plaisir.
- La nation qui a eu la gloire de produire le poète des Châtiments et de la Légende des siècles peut mieux que tout autre comprendre et goûter la Divine Comédie.
- ÉCHOS
- Paris
- Un concours pour deux places vacantes à l’Ecole française d’Athènes, aura lieu au ministère de l’instruction publique le lundi 26 octobre prochain.
- Les candidats doivent être âgés de moins de trente ans et avoir des titres de docteur ès lettres ou agrégés de lettres, de grammaire, de philosophie ou d’histoire (inscriptions jusqu’au 15 octobre, au ministère, 2e bureau do la direction de l’enseignement supérieur).
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- Nous avons été induits en erreur en annonçant pour le U septembre, le jugement des esquisses présentées au concours pour une statue à l’anthropologiste Broca.
- C’est le 17 septembre que sera rendu le jugement.
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- Le foyer de la Comédie-Française sera ouvert le 15 septembre au public, les opérations de marouflage du plafond étant complètement terminées. L’œuvre de M. Guillaume Dubuffe est, parait-il, fort réussie, conçue dans une idée originale et exécutée avec goût.
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- Départements
- Le Congrès international des instituteurs, réuni au Havre, a ouvert ses séances le lundi 7.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une société artistique prospère.
- La Société de. Goethe, qui a été fondée il y a deux mois a peine à AVeimar, compte déjà 665 membres, parmi lesquels 17 appartiennent à des maisons régnantes.
- On se rappelle que la grande-duchesse de Saxe-
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- 298. — Première Année. — N° 37
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Septembre i885.
- Weimar a fait don, il y a quelque temps, à la société, d’une somme de 250,000 francs, destinée à fonder un musée de Goethe.
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- Andrews, Aclienbach, le célèbre peintre paysagiste, célébrera le 29 de ce mois son soixante-dixième anniversaire de naissance.
- Les associations artistiques de Düsseldorf, ainsi que les municipalités de cette ville, préparent une fête pour ce jour.
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- Angleterre
- Une exposition internationale portant sur la navigation, les moyens de locomotion, le commerce et l’industrie aura lieu à Liverpool en 1880, sous le patronage de la reine Victoria et sous la présidence du prince de Galles.
- Nous espérons que la France tiendra à occuper ici le rang qui lui appartient, et que l’on ne verra pas se reproduire en cette occasion la demi-abstention des Expositions d’hygiène et des inventions.
- Autriche Hongrie
- Nous empruntons à la Correspondance politique, de Vienne, les renseignements suivants :
- Le ministre du commerce a l’intention dénommer dans le courant de l’automne, une commission d’etudes, qui fixera le genre et l’étendue des travaux à exécuter dans le port de Trieste par suite de la suppression de la franchise dans ce port.
- C’est le projet de l’ingénieur français, M. Barot, qui servira de base aux délibérations des commissaires.
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- Asie centrale
- Le chemin de fer transcaspien sera terminé jusqu’à Merv et Burdalik, sur l’Amou-Daria, peut-être même jusqu’à Boukhara, dans le courant de l’automne 1886.
- Profitant de l’achèvement de la ligne, le tsar visiterait à cette époque Tiflis, Resclit, Micliai-lovsk, Merv, Burdalik, et se ferait couronner à Samarkand, comme empereur do l’Asie centrale.
- Belgique
- Les séances du congrès de la Fédération des instituteurs commencent aujourd’hui à Anvers et se continueront jusqu’au 15.
- * *
- La Société de médecine mentale de Belgique a tenu dans la même ville une réunion extraordinaire les 7, 8 et 9 septembre.
- * 4.
- Le Congrès international pharmaceutique, dont nous avons annoncé la réunion à Anvers, a été ouvert le 31 août par le ministre des affaires-étrangères. Les principales questions à étudier étaient: 1° examen d’un projet de pharmacopée universelle, élaboré par la commission nommée au. dernier congrès, à Londres ; 2° l’instruction pharmaceutique ; 3° falsification de la nourriture, législation ; 4° eau potable.
- Les vœux suivants ont été votés :
- 1° Voir établir partout où il 11’existe pas encore, un diplôme donnant seul droit a l’exercice de la pharmacie ;
- 2° Exiger des aspirants pharmaciens les mêmes études que des médecins, etc;
- 3° Dresser un programme contenant le minimum des connaissances à exiger ;
- 4° Remplacer dans tous les pays, les titres existant de chimiste, etc., par celui de docteur en pharmacie.
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- Cambodge
- Par suite de l’insuffisance de la récolte du riz au Cambodge, l’exportation de cette céréale vient d’être interdite temporairement par arrêté du général Bégin, gouverneur intérimaire de la Cochinchine.
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- Pays-Bas
- Le Temps reçoit de son correspondant à la Haye, la nouvelle suivante:
- Simultanément avec le budget des Indes hollandaises, les Chambres seront saisies d’un projet de loi concernant l’augmentation des droits d’entrée sur différents articles et la diminution, voire même l’abolition des- droits d’exportation sur d’autres.
- * *
- Japon
- M. Trench, secrétaire de la légation britannique à. To-Kio, a adressé il y a quelque temps, au Foregn Office, un rapport sur les chemins de fer au Japon,
- La longueur totale des chemins de fer exploités est de 265 milles anglais, soit environ 425 kilomètres ; 450 autres sont en voie d’établissement, et
- 1009 kilomètres sont projetés. Ces chiffres sont d’autant plus intéressants que l’établissement des premières voies ferrées 11e remonte qu’à 25 ans. Il résulte en somme de cet intéressant travail, que le grand empire asiatique n’aura bientôt rien à envier aux Etats européens, au point de vue des communications.
- RUSSIE
- RAPPORT de M. BOYARD, consul général de 'France à Varsovie, sur
- l’exposition PERMANENTE ’ UE PRODUITS INDUSTRIELS A VARSOVIE
- La crise industrielle qui se manifeste dans presque tous les Etats de l’Europe ne se fait pas moins vivement sentir dans les pays plus spécialement agricoles, tels que la Pologne et la Russie.
- La concurrence de plus en plus redoutable des céréales américaines et indiennes sur les marchés européens aggrave chaque année cette situation et impose aux agriculteurs l’obligation d’améliorer leurs procédés de culture, aux industriels celle de chercher dans une exploitation plus rationnelle des richesses naturelles du sol une compensation aux pertes qu’ils ont éprouvées.
- La direction d’un journal technique, Génie et Architecture, fondé il y a quelques années à- Varsovie dans le double but de vulgariser en Pologne l’usage des procédés nouveaux destinés à faciliter le travail des matières premières employées par l’industrie ou l’agriculture et de signaler à l’attention des capitalistes étrangers les placements industriels avantageux qu’ils peuvent trouver dans le royaume ainsi que dans la Russie occidentale, vient de s’adjoindre un bureau de commandes, dont il parait utile de porter la création à la connaissance des industriels et fabricants français.
- Ce bureau, auquel sont annexées plusieurs succursales dans l’intérieur du royaume, se charge de tous les travaux techniques, tels qu’analyse chimique des produits indigènes ou étrangers, recherches géologiques, devis et plans de construction d’usines, rapports sur leur établissement, obtention de concessions du Gouvernement, accomplissement des formalités légales, commission et vente de produits divers, représentation des maisons indigènes ou étrangères.
- Le directeur de ce bureau, M. Szafarkiewicz, ingénieur civil à Varsovie, se propose en outre de faciliter aux industriels étrangers disposés à participer à l’Exposition industrielle et agricole qui doit s’ouvrir à Varsovie au mois de juin prochain l’admission de leurs produits, en les plaçant dans un pavillon spécial dont il a obtenu la concession.
- Ils pourront, de cette manière, et sans déplacement ni frais d’autre nature que ceux indiqués plus loin, écouler sur place un certain nombre de machines agricoles ou de produits industriels quelconques et obtenir des commandes plus importantes.
- Les articles non vendus seront réunis ensuite' dans une ex position permanente technique annexée au bureau de commandes, et l’écoulement en sera facilité par la publicité du journal, dont une partie est réservée aux annonces et descriptions destinées à en recommander l’emploi.
- Quant aux frais d’emplacement que les exposants auront à supporter , ils sont fixés de la manière suivante : 3o francs par mètre carré dans l’intérieur du pavillon ou 9 francs par mètre carré en dehors du pavillon. Ils comprennent les dépenses d’installation, de surveillance et d’assurance. Les frais de transport et de douane demeurent à la charge des exposants. Pendant l’exposition permanente, les frais indiqués ci-dessus seront de 40 et de 16 francs par mètre carré.
- Indépendamment des garanties spéciales que présente l’honorabilité du directeur de cette entreprise, le conseil commercial du consulat général, M. Luxembourg, serait disposé à surveiller l’installation des produits français, les opérations du bureau et à fournir à nos industriels les renseignements qu’ils pourraient désirer sur l’état du marché, les articles plus spécialement demandés, les tarifs de gros ou de détail, enfin sur le renouvellement périodique de leurs échantillons.
- Dans un des derniers numéros du Moniteur officiel du commerce, un de nos consuls en Amérique indiquait, comme un des moyens les plus propres à développer l’importation ' des produits français dans le pays de sa résidence, l’installation d\m délégué des divers syndicats, muni d’échantillons de leurs produits et chargé de les représenter sur place, de prendre les commandes et d’en encaisser le prix.
- C’est une application de ce vœu qui vient d’être réalisée en Pologne d’une manière générale et en faveur de tous les produits indigènes ou étrangers. Notre commerce ^ d’exportation est, par suite, appelé à utiliser à son profit et à ne pas abandonner aux producteurs anglais et allemands le monopole des marchés russes et polonais.
- En sollicitant mon intervention à l’effet de donner en France la plus grande publicité possible à cette nouvelle création et de faciliter aux industriels français, qui seraient disposés à se mettre en relation avec lui, l’envoi de leurs produits ou tout au moins de leurs modèles, desseins, albums, la description des machines ou appareils d’invention récente, ainsi que leurs prix courants,M. Szafarkiewicz attire mon attention sur les richesses naturelles du sol en Pologne et sur les avantages que présenterait une exploitation systématique et rationnelle.
- Le manque de capitaux et l’insuffisance des notions que l’on possède à l’étranger sur les ressources et les besoins du pays ont jusqu’à présent entravé le développement du mouvement économique en Pologne ; mais il est permis d’espérer que cette situation peut se modifier avantageusement avec le concours des capitalistes et des Industriels étrangers.
- Sans faire mention des mines d’or et de pierres précieuses de l’Oural, des gisements de cuivre et de malachite du gouvernement de Perm, des anthracites du bassin de Donetz et sans aller au-delà des limites administratives du royaume de Pologne et des provinces de la Russie’ occiden-! taie , on peut indiquer les abondantes couches d’argile réfractaire situées à fleur de terre et contenant plus de 43 0/0 de kaolin pur, dont l’épaisseur est de 8 à 10 mètres et l’étendue plus considérable que celle de plusieurs de nos départements, les marbres de diverses couleurs, les mines de plomb argentifère, de zinc et de graphite, la pierre calcaire, la tourbe, le sel, le pétrole, l’ambre et les minerais de fer très pur contenant de 36 à 5o 0/0 de fer.
- Dans un empire dont la population comprend cent millions d’habitants et dont le réseau ferré s’augmente chaque année de plusieurs milliers de kilomètres, la consommation du fer est considérable. Bien que les produits étrangers soient frappés de droits de douane fort élevés, le fer allemand est presque exclusivement employé à Varsovie, à Kiev, à Koursk et même à Moscou, les obstacles précédemment indiqués ne permettant pas à l’industrie sidérurgique d’acquérir le développement que comportent les besoins de la consommation du pays. On y trouve cependant abondamment la pierre calcaire, et l’argile réfractaire pour la construction des hauts fourneaux, le combustible et la main-d’œuvre à vil prix, et le Gouvernement assure des primes importantes aux produits fabriqués dans l’empire. Les richesses végétales n’ont pas moins d’importance et la fertilité du sol ne le cède à celle d’aucun autre pays d’Europe. Pendant plusieurs siècles la Russie a été le grenier de l’Europe, et si actuellement les céréales de l’Inde et de l’Amérique lui disputent avantageusement les marchés étrangers, la population ne doit s’en prendre qu’à elle-même ; car, tandis que le cultivateur américain profite des progrès de la science et s’empresse de se procurer toutes les machines d’invention récente, laboure avec des charrues à vapeur, récolte avec des moissonneuses mécaniques et bat son blé avec des locomobiles perfectionnées, en Pologne, le paysan et même le . propriétaire n’emploient généralement pas de machines et cultivent leurs terres comme on le faisait il y a cinquante ans. Outre le froment et le seigle, le pays produit abondamment l’orge, le houblon, le lin, le chanvre. Si ces divers produits n’étaient pas, comme actuellement, exclusivement réservés à l’exportation,ils pourraient être employés au développement de l’industrie nationale et servir de base à la fabrication des tissus, des cordes ainsi qu’à l’installation de nombreuses brasseries. Ces diverses industries existent, il est vrai, mais elles sont encore loin d’atteindre le degré d’importance dont elles sont susceptibles.
- On peut faire une observation analogue relativement à l’exploitation des immenses forêts qui couvrent une partie du royaume et s’étendent dans la Lithuanie et dans la Volhynie. On. déboise sans mesure celles qui se trouvent peu éloignées des grandes voies ferrées ou fluviales de communication, alors qu’une exploitation rationnelle constituerait une source presque inépuisable de richesses pour le pays, en fournissant, outre le combustible,les matériaux de construction,douves, planches et des produits chimiques, comme le goudron et la térébenthine. ,
- Le but principal du fondateur de l’exposition industrielle permanente est de faire connaître les ressources du pays aux capitalistes et négociants étrangers qui arrivent souvent ici sans connaître la langue ni la législation et sont vite découragés par les difficultés de toute nature qu’ils rencontrent au début.
- Il ne suffit pas, en effet, d’être renseigné sur l’existence de tel ou tel produit ni sur les avantages que peut procurer son exploitation; il faut encore savoir où le chercher et connaître les localités dans lesquelles il peut être plus facilement exploité. En servant d’intermédiaire entre le consommateur et le producteur, l’initiateur de cette entreprise est appelé à fournir à ce dernier des informations détaillées et techniques sur les débouchés qu’il conviendrait d’ouvrir ou d’utiliser et à contribuer dans une large mesure au développe-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Première Année. — N° 3~.
- Dimanche i3 Septembre i885. — 299
- ment des transactions commerciales du pays avec les industriels étrangers disposés à se faire représenter sur place.
- Veuillez agréer, etc.
- Le Consul général de France à Varsovie, Boyard.
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- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- Nous avons dit que les grands travaux publics ne contribuent au bien-être du peuple et à l’accroissement de la richesse nationale qu’autant qu’ils ont un but d’utilité générale incontestable. Cette condition est nécessaire, indispensable et si elle est méconnue, on porte atteinte au crédit du pays, on ruine ses finances et on l’achemine vers la banqueroute.
- Nous pourrions apporter des preuves nombreuses à l’appui de notre affirmation. Nous nous contenterons de signaler le fait suivant qui s’est passé sous le régime impérial.
- On ne se gênait pas alors, pour dépenser inutilement l’or de la France. On puisait à pleines mains dans le trésor public pour satisfaire les fantaisies coûteuses du maître ou de ses favoris.
- M. Hausmann, l’homme moellon, qui ne rêvait que démolitions et reconstructions, étant préfet de la Seine, obtint d’un seul coup, du conseil municipal de Paris, 200 millions pour bâtir des casernes, 100 millions pour bâtir des églises et 40 millions pour le nouvel Opéra : total 3qo millions.
- Pour se procurer ces 3qo millions qui représentaient le rendement des droits d’octroi sur les vins, la bière et les alcools pendant sept ou huit années, on .dût augmenter les charges déjà trop lourdes, qui pesaient sur les habitants de la ville de Paris. Et, naturellement, ce fut sur le pauvre, sur l’ouvrier que retomba en grande partie ce nouveau fardeau.
- N’eût-il pas été préférable, nous le demandons de diminuer de quelques centimes les taxes d’octroi sur les produits alimentaires, plutôt que de consacrer ces 3qo millions à bâtir des églises et autres monuments d’une utilité plus que contestable.
- C’est l’éternelle manière d’agir des gouvernements et des conseils municipaux, cardans presque toutes nos villes, les travaux improductifs, d’embellissement, ont tellement grevé le budget qu’il est impossible de songer à diminuer les charges.
- On rencontre encore des naïfs, —• ils sont peu nombreux heureusement — qui approuvent ces dépenses stériles et qui poussent l’ignorance ou la bêtise, jusqu’à affirmer sentencieusement : qu’elles sont un progrès dont tout le monde profite. La vérité est qu’elles ne profitent qu’à quelques agioteurs, entrepreneurs, architectes etc., et que c’est une iniquité de prendre sur le nécessaire de l’ouvrir, de lui faire .payer le pain plus cher, pour des dépenses de ce genre.
- Quand ces travaux ont pour objet l’assainissement des villes, le percement de nouvelles rues, la création de boulevards, de marchés, de quais, de promenades, etc., ils ont leur raison d’être ce sont des travaux d’utilité publique ; car ils ont pour but de porter l’air et la lumière dans les quartiers populeux, de favoriser le développement du commerce et de l’industrie.
- On aurait tort cependant de croire que nous sommes opposé de parti pris, aux travaux d’art et d’agrément, et que nous méconnaissons leur importance et l’heureuse iufiuence qu’ils peuvent exercer sur les mœurs et l’esprit du peuple. Nous pensons, au contraire, qu’ils sont à ce point de vue d’une incontestable utilité et qu’ils contribuent efficacement au développement de la civilisation et du progrès social Mais ce que nous blâmons et ce que nous considérons comme une erreur économique, c’est qu’on leur donne la préférence sur les travaux d’utilité publique et que pour les exécuter, on aille jusqu’à prendre sur le nécessaire de la classe laborieuse.
- Quand les finances de l’Etat sont obérées, qu’il est endetté, ceux qui gouvernent la chose publique commettent une faute grave, un crime de lèse-nation, en se livrant à des travaux de cette nature.
- On traiterait d’insensé un industriel qui, au lieu d’employer les ressources dont il dispose à payer ses dettes et à améliorer son outillage, à développer ses moyens d’action, les consacrerait à des dépenses de luxe, à embellir sa demeure, à l’orner d’objets d’art. Eh bien ! cependant, les gouvernants qui emploient les capitaux de l’Etat, grevé par une dette de plusieurs milliards, à des dépenses d’embellissement, à des travaux de luxe,, ne sont ni plus logiques ni plus sensés que l’industriel en question.
- Nous avons dit que, parmi les réformes économiques réclamées par les ouvriers et les patrons qui ont été entendus par la commission d’enquête, il fallait placer en premier lieu la suppression des impôts de consommation et des octrois.
- L’impôt de consommation que l’on pourrait appeler avec plus de raison l’impôt contre la consommation est la plus inique, la plus impopu-
- laire et la plus anti-démocratique de toutes les charges qui pèsent sur le peuple, parce qu'elle frappe, en quelque sorte, l’homme dans sa vie même et que ce sont ceux qui produisent et surtout le pauvre, l’ouvrier qui en souffrent le plus.
- Hé quoi ! n’est-ce donc pas assez de mesurer au pauvre l’air et la lumière, de lui faire paver le droit de respirer en imposant la poite et la fenêtre de son modeste logis i faut-il encore que le morceau de pain qu’il mange et que le verre de vin qu’il boit soient imposés ?
- Ces impôts anti-populaires, nous dirions volontiers anti-humains sont comme un reste de la législature féroce du moyen âge, sous laquelle la noblesse et le clergé tenaient le peuple courbé. Ils sont un obstacle à la civilisation et au développement industriel et commercial, car en frappant le consommateur, ils l’appauvrissent et le forcent à se restreindre.
- L’homme se civilise en multipliant ses besoins, et le bon marché, en lui permettant de le satisfaire plus facilement et en plus grand nombre, devient nécessairement l’un des agents les plus actifs de la civilisation et du progrès.
- Ce n’est pas tout encore. La consommation, prise dans son ensemble, peut être considérée comme une richesse créée par le salaire. Cela étant, l’impôt qui frappe la consommation et l’appauvrit doit également porter atteinte à la production , car moins on consomme, moins on produit. De sorte que le résulsat le plus clair et le plus net des impôts sur la consommation est, en bas, de créer la misère et de la perpétuer, et, en haut, de tarir la richesse. Ces vérités économiques sautent aux yeux. L’homme le moins lettré en comprend toute la portée et, cependant, aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis un siècle n’a eu le courage d’envisager cette question en lace et d’en chercher la solution. Tous nos prétendus grands hommes d’Etat ont détourné la tête pour ne pas voir, ou se sont retranchés derrière un non possumus qui n’était que du mauvais vouloir.
- E. Mansuy.
- (A suivre.)
- LE
- CONGRÈS DES CHEMINS DE FER
- TROISIÈME ARTICLE
- La huitième question comporte l’examen des principes à observer dans l’établissement:
- i° Des gares de faible trafic (voyageurs et marchandises) ;
- 20 Des gares importantes destinées au service des voyageurs ;
- 3° Des gares importantes destinées à la formation des trains;
- 40 Des gares importantes destinées au chargement et au déchargement des marchandises ;
- 5° Des gares de jonction de lignes à sections différentes.
- Le Congrès adopte l’avis que la jonction des lignes doit se faire dans les gares elles-mêmes, exception faite pour les chemins de fer vicinaux. Pour le surplus, le Congrès, reconnaissant l’impossibilité de formuler des résolutions rationnelles acceptables par des administrations dont les besoins et la situation varient à l’infini, ne croit pas pouvoir mieux faire que d’émettre le vœu suivant : Chaque administration des chemins de fer voudra bien, par des notes accompagnées de plans qui seront ultérieurement annexés aux travaux du Congrès, indiquer les dispositions principales dont elle fait usage dans l’établissement des gares. On aura ainsi un moyen de comparai- sons fécondes en résultats pratiques.
- L’organisation du service des gares communes et des troncs communs, le partage des dépenses de premier établissement et d’exploitation, l’organisation du service d’échange entre les gares distinctes situées dans une même localité et reliées ou non par rails, constituaient la neuvième question. Le Congrès adopte la résolution suivante : « Il est désirable que la communauté des gares soit établie dans les villes desservies par plusieurs lignes de chemins de fer et que les gares distinctes d’une même localité soient reliées par rails. Au point de vue de la sécurité et de la perfection du service, les gares communes doivent être gérées par une seule administration. Lorsqu’il s’agit de la réception d’une ligne secondaire avant le caractère d’affluent, il est juste que l’administration principale accorde certaines facilités en tenant compte à la lois du rôle de l’affluent et de l’apport du trafic. Enfin, il est utile de substituer au mode provisoirement admis pour la répartition des dépenses des gares communes, une formule d’abonnement simple facilitant les opérations de décomptes entre les diverses administrations.
- La dixième question vise le rôle et l’avenir des voies secondaires (chemins de fer vicinaux) comme affluent de transports, comparativement aux chemins de fer d’intérêt général ; l’examen, et la discussion des principes d’une entente destinée a faciliter et étendre les rapports entre les lignes de
- natures diverses, et des systèmes d’exploitation les plus économiques pour les lignes à faible trafic.
- Cette question figurait en tête de celles dévolues à la 4e section.
- Elle a été ainsi résolue :
- Les chemins de fer d’intérêt secondaire vicinaux, ou d’intérêt local, doivent être considérés comme affluents de transport vis-à-vis des grands chemins de fer et, comme tels, conçus et établis avec des vues d’ensemble, afin qu’ils ne puissent dévier de leur but. Il faut leur maintenir le caractère d’affluent et ne pas recommencer des tentatives de concurrence contre les grands réseaux, soit de l’Etat, soit des Compagnies.
- Les chemins de fer secondaires doivent être traités avec bienveillance par les administrations des grandes lignes en ce qui concerne les gares communes, l’échange des marchandises, la répartition du matériel, le transport en service.
- Le Congrès exprime l’avis que la voie étroite permet, pour la construction et l’exploitation des chemins secondaires, de réaliser des économies plus vastes que ne le permet la voie large.
- La section estime que les tarifs des chemins de fer vicinaux doivent offrir la plus grande élasticité à raison delà situation spéciale de chacune de ces lignes ; qu’en conséquence, il faut leur accorder des tarifs notablement plus élevés qu’aux grands chemins de fer et leur laisser plus de liberté dans l’application des tarifs.
- Vient ensuite la onzième question, étude des mesures qui pourraient être généralisées pour assurer, autant que possible, le repos du dimanche aux agents du chemin de fer. Ce n’est pas là une question religieuse, mais humanitaire et sociale, ainsi que l’a fait remarquer M. Vandenpeereboom. L’Etat belge, en décrétant récemment le repos dominical pour une partie du personnel, a cédé à une pression de l’opinion publique et surtout à la ligue des employés défendus par un organe spécial ; et cette innovation, qui n’a rien de clérical, fonctionne pour le mieux et à la satisfaction générale.
- Le repos dominical absolu et à peu près général a été chaudement défendu par le baron E. Prisse, directeur du chemin de fer d’Anvers à Gand, combattu opiniâtrement par M. Em. Level, qui a fait valoir le préjudice qui en résulterait pour un très grand nombre de lignes dont le service est beaucoup plus actif et beaucoup plus utile à la masse du public le dimanche que les autres jours de la semaine. En définitive, le Congrès a émis simplement le vœu de voir se généraliser le repos hebdomadaire, coïncidant autant que possible seulement avec le dimanche. Quant aux voies et moyens, quant au point de savoir s’il convient de limiter le repos hebdomadaire à tel ou tel nombre d’heures, de créer un personnel de réserve, de faire coïncider les jours de congé dans tous les pays à la fois ou de laisser chaque pays s’arranger selon les fantaisies de ses habitudes ou de son calendrier, tout cela a été réservé par la dernière clause de la résolution exprimant le vœu d’une entente directe entre les Compagnies et les administrations de chemins de fer de tous pays, ce qui nous a l’air absolument platonique. Les "difficultés à résoudre sont nombreuses et l’expérience montre qu’il ne faut pas compter pour les aplanir sur le bon vouloir des administrations laissées à elles-mêmes et qui pourront toujours se dérober à la susdite entente, ne iut-ce qu’en faisant la sourde oreille.
- Voici enfin la douzième question : Accord à établir entre les diverses exploitations de chemins de fer pour arriver à l’adoption d’une classification des dépenses et des recettes, et d’un type de compte rendu permettant d’établir des comparaisons utiles entre les résultats obtenus par les differentes administrations ; détermination des unités statistiques.
- A la suite d’un congrès de statistique tenu à' la Haye, il y a quelques années, une commission internationale de statistique a été fondée à Vienne ; elle a publié déjà quelques travaux, mais elle se préoccupe principalement de questions générales.
- Le rapporteur de la 4e section, M. Georges de Laveleye, appuyé par M. Griolet, propose la création à Bruxelles d’un bureau international de statistique, principalement technique, lequel réunirait les documents des différentes administrations et les ferait publier. Le Congrès vote à l’unanimité la résolution suivante : « La commission organisatrice,assistée du bureau du Congrès, est chargée de préparer un nouveau Congrès. Provisoirement, elle remplira les fonctions de bureau de statistique technique international des chemins de fer. »
- Le Congrès adopte ensuite les conclusions de la 4° section, ainsi conçues :
- « Estimant qu’il y a intérêt pour toutes les administrations de chemins de fer à être tenues au courant des progrès réalisés dans le domaine technique et. des d'onnées statistiques qui mentionnent les faits accomplis et. les résultats acquis dans cet ordre d’idées ; qu’il y a lieu de dresser le cadre djune statistique plus spécialement technique et d'en assurer la publication de concert avec la commission internationale de Vienne;
- « Emet le vœu que les gouvernements et les administrations de chemins de fer continuent a
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- N» 37.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- faciliter la réunion des éléments nécessaires à la publication, par la commission internationale de Vienne, de la statistique générale des chemins de fer, ainsi que la publication de la statistique spéciale technique par les soins du bureau international de Bruxelles, dont le Congrès vient de voter la constitution. »
- C’était la dernière des questions soumises au Congrès. M. Passiaux a clos la session par un discours dans lequel il a déclaré que les résultats obtenus dans cette semaine d’études en commun, avaient dépassé son attente. Un délégué hollandais, M. Van Kerkivyck, a félicité le président du Congrès et les présidents de section et remercié le gouvernement belge de son accueil si généreux.
- Ainsi s’est terminé ce premier grand Congrès international des chemins de fer
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- LES LIVRES
- XXIV
- Les grands maîtres de la littérature russe au dix-neuvième siècle, par Ernest Dupuy. Paris, H. Lecène et Oudin, i vol. in-18.
- Il y a quelques années qu’un mouvement de curiosité sympathique, secondé par diverses circonstances favorables, a mis à la mode la littérature russe, ou, pour parler plus justement, le roman russe. On ne lit guère Pousckhine et Ler-montoff, deux poètes qui ont mêlé à l’imitation byronienne une certaine saveur d’originalité personnelle. On n’a jamais lu beaucoup* Gogol que Mérimée a fait connaître aux dilettanti littéraires, et qu’il a même quelque peu imité dans sa dernière manière. Mais on lit beaucoup depuis quelque temps Tourguenieff, le comte Tolstoï et Dostoiewski. Les événements ont appelé l’attention sur la Russie ; la guerre franco-russe, les conspirations nihilistes, le tragique attentat qui a fait succéder Alexandre III à Alexandre II, ont donné aux lecteurs français le désir de pénétrer dans les idées et les mœurs russes plus intimement, plus profondément que ne le permettaient les romans de Mme Henri Gréville et les pièces où MM. Sardou, Alexandre Dumas et Georges Ohnet avaient mis en scène des types et des héros empruntés à la société de Saint-Pétersbourg et de Moscou. Les relations d’Ivan Tourguenieff avec notre école naturaliste, son influence et celle de M. Hetzel, son éditeur, et son confrère sous le nom de J. Stahl, sur le choix des romans publiés par le Temps ont déterminé le courant spécial auquel nous avons fait allusion. On a voulu recourir à la source même et. lire dans la traduction les écrivains russes contemporains dont M. Ch. Courrière, en 1875, écrivait l’histoire, et dont les études de M. de Vogüé essayaient d’analyser les aspirations. Aujourd’hui c’est M. Ernest Dupuy qui, dans un ouvrage fort intéressant, peint dans la manière de Sainte-Beuve, avec ses élégances, ses finesses, et quelque chose de son observation minutieuse et pénétrante, le portrait en pied des trois écrivains que l’école littéraire russe contemporaine considère comme ses chefs et ses maîtres: N. Gogol, J. Tourguenieff’et le comte L. Tolstoï.
- Nous nous proposons, dans nos prochains bulletins critiques, de faire connaître à nos lecteurs, par de rapides croquis et de brèves analyses, les romans russes qui en ce moment sont l’objet de l’engouement du public français. Il importe tout d’abord de dire quelques mots de leurs auteurs et d’essayer de caractériser leur génie particulier. Le livre de M. E. Dupuy vient à point pour nous fournir, à ce sujet, les renseignements dont nous avons besoin.
- Nous laisserons de côté N. Gogol et J. Tourguenieff qui ont déjà un peu vieilli (la gloire des romanciers se fane vite) qui sont peut-être plus estimés maintenant en France qu’en Russie, qui ont achevé leur besogne et leur rôle d’initiateurs, de précurseurs, d’introducteurs. Le 'slavisme de Gogol,l’occi-dentalisme de Tourguenieff sont déjà dépassés. Le premier a surtout peint les mœurs russes à l’époque où le servage et son influence sociale si pernicieuse existaient encore. Le second a beaucoup contribué à la grande œuvre de l’émancipation à laquelle est attaché glorieusement le nom d’Alexandre II. Mais il s’est trouvé en présence d’un mouvement nouveau dont les témérités ont de beaucoup dépassé ses hardiesses, ce mouvement de réforme universelle dont les attentats nihilistes sont l’explosion. Son observation, que n’entretenait plus un commerce assez intime avec la Russie, qu’il avait abandonnée en 1863 pour vivre en, France jusqu’à sa mort s’en est trouvée déconcertée. Et c’est non plus dans ses romans, mais dans ceux de Dostoiewski et surtout de Tolstoï qu’il faut étudier l’évolution actuelle de la littérature russe.
- Le comte Léon Tolstoï, né le 28 août 1828, a été officier et a fait la petite guerre en Circassie, la grande guerre ep Crimée ; il donna sa démission à la conclusion de la paix. Ses premiers ouvrages furent : .les Cosaques, les Scènes militaires et une première série de souvenirs person-
- nels sous le titre de : Enfance et Adolescence. Dans ces premiers ouvrages, l’auteur fait preuve, à un degré magistral, de la faculté d’observer avec précision et de rendre avec relief le spectacle extérieur; mais il applique cette même sagacité, cette même acuité d’observation aux phénomènes intérieurs ; c’est un naturaliste sans brutalité mais sans complaisance ; c’est aussi un psychologue profond, subtil et raffiné. Le dualisme entre ces deux forces ne peut être qu’un duel. L’impression du spectacle extérieur pousse comme un air vif, l’énergie à l’action, l’abus du spectacle intérieur engendre la rêverie, la mélancolie et le doute. Les problèmes de l’àme humaine, les mystères de la destination humaine ont fini par préoccuper le comte Tolstoï au point de l’absorber. Dans ses romans, les mœurs sont moins bien étudiées que les passions et ces passions représentées par des types caractéristiques, moins d’une race et d’un temps que de toutes les races et de tous les temps. Cependant on peut dire que si ses personnages sont humains par leurs passions, ils sont particulièrement slaves et russes par leur façon de sentir et d’agir. C’est cette recherche de types héroïques et caractéristiques, cette largeur humaine de drames auxquels il donne parfois, comme dans la Guerre et la Paix et dans Anna Karénine, un. décor épique qui a fait le succès de ces œuvres de Tolstoï. Et ce succès, chose bizarre, loin de l’encourager à les continuer l’a découragé. Fécond pour sa gloire, son talent lui a paru stérile pour ses idées. C’est alors que bondissant hors de ses rêveries, il s’est rejeté violemment, avec ce contraste qui est une des originalités et une des faiblesses du génie national russe, dans l’action, dans la pratique, dans l’exemple. Il a jeté la plume, il s’est fait agronome, instituteur populaire et bientôt prédicant, apôtre d’une sorte de néo-christianisme communiste, résultant d’une interprétation nouvelle de l’Evangile. Il en donne la clef dans deux ouvrages : l’un intitulé Confession, dont la publication a été interdite en Russie par l’autorité ecclésiastique, l’autre intitulé : Ma Religion , qui vient d’être traduit. Nous ne saurions, dans le cadre si étroit auquel nous sommes réduit, essayer même d’exposer et de discuter sommairement ce système mystico-socialiste du comte Tolstoï. Nous devons nous borner à donner à nos lecteurs une idée de ses romans , et c’est ce que nous ferons, après leur avoir présenté, dans notre prochain article, l’émule et le rival de Tolstoï, Dostoïeswski, dont nous analyserons aussi les romans, qui ont été (les principaux du moins), traduits en français.
- M. de Lescure.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- O 3\Æ DVEX_T INT IG-
- La distribution des récompenses aux exposants est définitivement fixée au 14 septembre. Le gouvernement belge est d’accord avec le Comité exécutif pour donner à cette fête internationale un éclat exceptionnel, et d’ailleurs justifiée par un succès qui dépasse toutes les prévisions. A cet effet,le grand portique d’entrée et l’allée centrale des jardins seront transformés en un hall avec décor égyptien, assez vaste pour contenir des milliers de spectateurs et dans lequel des places seront réservées à tous les exposants. Les plus petits, tels que les exposants de l’association ouvrière, le Rubens Krinçj, comme les chefs des grandes industries, participeront à cette glorification du travail. Le roi des Belges présidera à cette imposante cérémonie qui, précédée et suivie de fêtes nombreuses, marquera la période la plus animée et la plus brillante de l’exposition. — Le Moniteur belge, organe officiel, a commencé la publication de la liste des récompenses. Nous y voyons que les exposants français ont obtenu des diplômes d’honneur dans chacune des classes du 1er groupe : « éducation de l’enfant; matériel et procédés des arts libéraux. » Au congrès de médecine où la France était représentée par MM. Brouar-del et Proust, ce dernier a déposé le voeu suivant qui a été adopté à l’unanimité : « Le Congrès, voulant prévenir l’importation du choléra en Europe, émet le voeu qu’une surveillance médicale sérieuse soit exercée à Suez, que le conseil international d’Alexandrie soit réorganisé, et prie le gouvernement belge de vouloir bien amener une entente à ce sujet entre l’Egypte et les divers gouvernements ».
- Le 8e congrès de médecine mentale vient de s’ouvrir, et le congrès pour l’éducation physique de la jeunesse se réunira cette semaine. Deux nouveaux concours sont en
- préparation : celui de la Croix rouge de Genève qui durera du 10 au 20 septembre; et l’exposition internationale de pomologie et de culture maraîchère, qui s’ouvrira le 28 de ce mois.
- LES THÉÂTRES
- Théatre-Français.— Don Juan d’Autriche, comédie en cinq
- actes, en prose, de Casimir Üelavigne (reprise).
- Palais-Royal. — Reprise des Petites Voisines,
- Vaudeville. — Reprise de Bébé.
- Théâtre des Nations. — La Pieuvre, drame en cinq actes par
- M. Morel.
- Je faisais ressortir dans mon dernier courrier la curieuse coïncidence de la reprise à l’Odêon et à la Comédie-Française de deux ouvrages bien oubliés:. Vinceslas et Don Juan. De l’œuvre de Rotrou j’ai dit tout ce que j’avais à dire, il me reste à parler du Don Juan d’Autriche de Casimir Dela-vigne.
- La Comédie-Française a-t-elle voulu en cette occurence sacrifier aux goûts du jour pour les centenaires en reprenant Don Juan ? Quand je dis centenaires, cinquantenaire serait plus exact, car il y a juste un demi siècle que Delavigne a fait, avec sa pièce une incursion audacieuse dans le domaine du romantisme.
- La donnée de Don Juan d’Autriche est ingénieuse. Le fils naturel de Charles-Quint ignore le mystère de sa naissance, mais son frère Philippe II, connait le secret. Don Juan destiné au cloître ne se sent aucun goût pour la vie monastique, mais en revanche il en a un très, prononcé pour la guerre, la chasse et l’amour. Il revèle à Philippe II qu’il aime dona Florinde. Vous avez deviné que le sombre Philippe II brûle, lui aussi, pour la gentille demoiselle ; voilà la pièce engagée. Philippe fait enlever son frère et le recèle dans un cloitre. Mais le confident chargé de la triste besogne conduit don Juan auprès de Charles Quint, son père, au couvent de Saint-Just. L’empereur a abdiqué, il n’est qu’un simple moine, il ne peut rien pour celui qu’il aime. Cependant le profond politique réparait sous la cagoule du père Arsène ; il se fait nommer prieur du monastère ce qui lui permet de rendre la liberté à son fils, auquel, du reste, il ne s’est pas fait reconnaître.
- Don Juan, libre, ne songe plus qu’à revoir la belle Florinde. Mais aussi, commence une lutte entre les deux frères, lutte qui n’a pas le don d’augmenter la grandeur de l’ouvrage ; à partir de ce moment le drame, prétendu, historique, de Casimir Delavigne devient faible. Il aurait fallu, la plume de Dumas père, pour traiter les dernières scènes.
- Le véritable intérêt de la soirée était le début de Raphaël Duflos, toujours brillant et beau ; beau comme dans Severo Torrelli de Goppée. Il tenait le rôle de Philippe II. Delaunay et Maubant avaient joué autrefois, il y a vingt ans environ des rôles qu’ils viennent de reprendre avec le même immense succès. MUe T.holer, dont nous aimons l’élégance, a joué, avec distinction le rôle de dona Florinde. Thiron a déployé beaucoup de finesse dans le rôle du conseiller intime.
- Passons du sérieux au plaisant. Le Palais-Royal a donné la reprise des Petites Voisines, ainsi que je vous l’avais annoncé ; il a donc rouvert avec le succès sur lequel il avait fermé ses portes. Les Petites Voisines sont toujours égrillardes et charmantes,la pièce a conservé toute sa fraîche jeunesse, et toute la troupe donne avec entrain. Mll,os Dinelli et d’Avraz ont le diable au corps.
- La reprise de Bébé au Vaudeville, a été non moins brillante. On regrettait l’absence de Saint-Germain et l’on faisait des vœux pour son retour d’autant plus que cet artiste, si aimé du public, est libre de tout engagement.
- Aux Nations, nous avons eu la première de la Pieuvre, gros drame sombre comme ceux de Bou-chardy. Il s’agit d’une vieille tireuse de cartes, surnommée la Pieuvre, car c’est aussi une usurière qui accapare l’argent des jeunes viveurs, les ruine et les déshonore. Enfin une de ses victimes lui fend la tête d’uu coup de hache. En voilà pour quelques représentions en attendant une bonne pièce pour l’hiver.
- Il nous reste à constater le succès des Variétés avec le Naufrage de M. Godet. Les auteurs ont appelé à leur aide les Hanlon,ces étonnants mimes qui ont eu tant de vogue aux Folies-Bergères et au même théâtre des Variétés dans le Voyage en Suisse. C’est un excellent spectacle de vacances. Les trucs imaginés par Godin sont vraiment curieux. Je crois à un plus grand succès que celui prévu par les chroniqueurs du lendemain qui m’ont paru trop pessimistes.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ARRAULf et Cia, rue de la Préfecture,6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle; 2. Exposition d’Anvers : La section des travaux publics; 3. Les expositions et les inventeurs ; 4. Les invités français en Hongrie ; 5. Rapport sur 1,'importation des machines agricoles en Serbie ; 6. Echos ; 7. La Question économique ; 8. Nécrologie ; 9. Avis commerciaux ; 10. Les Livres; 11. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE DISTINCTIONS HONORIFIQUES
- ACCORDÉES A L’OCCASION
- DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE D'ANVERS
- SONT NOMMÉS OU PROMUS DANS L’ORDRE LÉOPOLD
- Au grade de grand-officier
- M. Belpaire , commissaire international, président du Comité des essais de l’industrie.
- Au. grade de commandeur
- MM. Léopold de Wael, président d’honneur du Comité exécutif ;
- Victor Lynen , président du Comité exécutif ;
- Charles Evrard, commissaire international ;
- Robeis Borghers, commissaire général de la République française.
- Au grade d’officier
- MM. C. Bernard, commissaire international ;
- J. Gody, secrétaire général du commissariat général du gouvernement belge ;
- E. Rombaud, commissaire général de la section belge ;
- C.-J. Bal, membre du Comité exécutif ;
- F. Belpaire, membre du Comité exécutif ;
- A. Vanden Nest, membre du Comité exécutif ;
- G. Bordiau, architecte de l’Exposition ;
- L. Fucus, architecte de la section horticole ;
- M. Mouthiers, commissaire de l’Exposition industrielle et commerciale de la République française ;
- A. Grodet, commissaire de l’Exposition coloniale française ;
- Lafenètre, commissaire de la section française des beaux-arts.
- Au grade de chevalier
- MM. le comte de Ciiastel, secrétaire des sections étrangères ;
- de Graux, ingénieur du commissariat général du gouvernement belge ;
- E. van Mons, secrétaire du commissariat général du gouvernement belge et de l’œuvre des congrès ;
- Dimanche 20 Septembre 1885.
- J. Havenitii de Deker, membre du Comité exécutif ;
- J. Koch, membre du comité exécutif;
- G. Vanden Abeele, membre du Comité exécutif ;
- P. Kocii, secrétaire général de Comité exécutif ;
- le baron Nottebohm. vice-président du Comité central permanent ;
- le baron de Gruben, président du Comité exécutif des concours temporaires d’animaux domestiques ;
- A. de Cock-Legrelle, membre du Comité exécutif des concours temporaires d’animaux domestiques ;
- A. Geelitond, membre du Comité exécutif des concours temporaires d’animaux domestiques ;
- De Vrindt, secrétaire du commissariat général de la République française ;
- Courtois-Suffit, architecte des installations de l’élection française dans le palais ;
- Nieuwenhuyzen, ingénieur des installations de l’élection française dans la Galerie des machines.
- De Nozeille, commissaire-adjoint de l’Exposition coloniale française.
- ANVERS
- Nous donnons ci-dessus les nominations et promotions dans l’ordre Léopold faites en faveur des membres des comités belges et des fonctionnaires attachés aux Commissariats français. Dès que les distinctions honorifiques accordées aux simples exposants, auront paru au Moniteur belge, nous nous empresserons de les publier, mais il est fort probable que nous serons obligés d’attendre quelque temps, car les exposants proprement dits à qui, personne ne le contestera, on doit le succès de l’Exposition d’Anvers, seront comme toujours entièrement sacrifiés. Pour les décider à prendre part à ce concours on leur a promis monts et merveilles mais aujourd’hui que l’on n’a plus besoin d’eux on les laissera attendre bien patiemment. La distribution des récompenses a eu lieu hier. Nous demandons s’il existe un seul exposant récompensé ou non qui ait été officiellement ou officieusement averti de cette solennité par le commissariat français.
- A Amsterdam on a eu bien des sujets de critique à faire, nous l’avons démontré dans nos articles, mais il y a au moins un reproche que l’on n’a jamais eu à adresser au président de la commission (en réalité le commissaire général) : celui fie ne pas traiter les exposants, nous ne dirons seulement pas avec tact, mais au moins avec un peu de cette politesse et de cette déférence que l’on recherche vainement à Anvers. Remarquez bien que nous j
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- parlons des égards dus aux exposants français et non aux journalistes qui peuvent fort bien se passer de tous les commissariats possibles et imaginables ; nous l’avons bien prouvé et nous le prouverons encore.
- Lundi dernier, jour de la distribution des récompenses, le commissaire général du gouvernement avait adressé à la presse la communication suivante :
- « La cérémonie de la proclamation des récompenses décernées aux exposants de l’Exposition universelle d’Anvers, qui a lieu ce jour, a pour but, comme aux manifestations internationales précédentes, telles qu’à Paris, Londres et Vienne, de notifier officiellement aux commissaires des sections belge et étrangères, les résultats des délibérations du jury international.
- « Les listes manuscrites et authentiques de ces récompenses seront remises incessamment aux représentants des pays participant à cette exposition : elles pourront dès lors être publiées d’une manière définitive.
- « Les diplômes et les médailles seront délivrés à chacun des commissaires dans le courant du mois d’octobre.
- « Le roi, en assistant à cette cérémonie, à laquelle ont été conviés le corps diplomatique et les grands corps de l’Etat, daigne donner une nouvelle preuve de l’intérêt qu’il n’a cessé de porter à cette œuvre importante due à l’initiative privée et appuyée par le gouvernement.
- «Nous croyons savoir que le roi a voulu qu’au moment de cette proclamation quelques-uns des principaux organisateurs et collaborateurs reçussent une haute récompense honorifique.
- « Les nominations actuelles ne comprennent que les commissaires généraux, les commissaires et les adjoints aux commissariats, ainsi que les membres du comité exécutif d’Anvers.
- « Il est probable qu’en ce qui concerne les exposants, les jurés et les membres des commissions belge et étrangères, les propositions ne tarderont pas à être arrêtées.
- Un temps superbe a favorisé la cérémonie de la distribution des récompenses.
- Le roi et lareine,partis d’Osteride à 1 i heures du matin, sont arrivés à deux heures au palais de l’Exposition, entourés d’un grand nombre de personnages officiels. Ils ont pris place Sous le portique de l’Exposition. Le ministre de l’agriculture adresse un discours au roi et à la reine ; il remercie Leurs Majestés de consentir à présider cette séance solennelle qui est en quelque sorte le couronnement de l’Exposition.
- « Le pays entier, dit-il, a contracté une dette de reconnaissance envers les membres du jury international et spécialement envers les étrangers éminents qui ont bien voulu apporter à l’œuvre de l’Exposition un concours précieux et désintéressé.
- « Dans ces luttes pacifiques, dont l’Exposition universelle d’Anvers a été le théâtre,
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Septembre i885.
- la Belgique a obtenu une part importante de succès, aussi se mêle-t-il à sa reconnaissance et à son admiration pour ses hôtes étrangers un sentiment de légitime fierté et de virile confiance dans l’avenir.
- « Il n’est point douteux, Sire, Madame, que ces efforts et ces succès n’aient ce résultat si désiré d’étendre nos relations commerciales avec les pays étrangers ; et l’heureuse influence qui en résultera pour la prospérité de la nation sera un bienfait qui contribuera puissamment à rehausser encore l’éclat du règne de Vos Majestés. »
- Après ce discours, M. le comte d’Oultre-mont, commissaire général, donne lecture d’nn relevé global des récompenses.
- Puis M. Victor Lynen, président adjoint du comité exécutif, adresse au Roi une courte allocution pour lui exprimer la gratitude de tous ceux qui ont participé à l’œuvre de l’Exposition.
- Le roi répond à ces divers discours par quelques paroles de félicitations cordiales, en mentionnant tout particulièrement les services rendus par M. Lynen et ses coopérateurs.
- Les exposants récompensés étaient divisés en douze groupes, — un par pays, — dont six rangés à la droite du portique, six à la gauche.
- Ces groupes devaient défiler devant le roi et la reine. Chaque président de groupe, et tout d’abord M. Slingeneyer, président du groupe des beaux-arts, faisait connaître à Leurs Majestés le nombre des récompenses décernées.
- Puis chaque groupe aurait dû défiler musique en tête, et après avoir passé devant le portique, faire le tour par l’intérieur de l’Exposition.
- Mais toutes ces marches et contre-marches, qui n’étaient pas réglées, 11’ont pas été exécutées avec une exactitude... militaire !
- Le soir a eu lieu, à Anvers, un banquet présidé par M. V. Lynen, ayant à sa droite le nonce, à sa gauche le ministre des affaires étrangères.
- Quatre toasts ont été prononcés :
- Aux souverains étrangers par le prince de Caraman ;
- Au roi des Belges, par le nonce ;
- Au Comité exécutif, par M. de Moreau;
- Puis une réponse de M. Lynen.
- H.-F. Cabirau.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LA SECTION DES TRAVAUX PUBLICS A L3EXP0SITI0N COLONIALE FRANÇAISE (Suite.)
- (Voir le Moniteur- du 6 Septembre i885}>
- Chemin de fer Lartigue. — Le chemin de fer à rail unique surélevé connu sous le nom de Porteur Lartigue figure dans le catalogue de l’exposition coloniale française, à l’article Sénégal, pour un modèle réduit au dixième de lajfigne actuellement à l’étude, destinée à relier le Sénégal au Niger, et à desservir les forts échelonnés de Bafoulabé àBammakou.
- Le Porteur Lartigue a été créé pour obvier aux empêchements absolus qu’opposaient, à l’établissement des voies à double rail, certaines régions algériennes, dont le sol ne supportait même pas le roulage de charrettes ; l’objet même de l’invention a amené l’inventeur à une disposition telle que la voie semble essentiellement maniable et que son établissement ou ses réparations n’exigent aucun ouvrier spécial. Dès lors, et d’après diverses expériences faites, ce chemin de fer, dont les dimensions s’étendent de lapetite voie agricoleà la grande voie fixe, paraît indiqué pour servir de moyen de pénétration dans celles de nos colonies, comme le Sénégal par exemple, où l’établissement d’une voie ferrée ordinaire, à cause des aléas de son infrastructure, eût pu paraître, sinon impossible, du moins trop coûteuse pour les résultats à en attendre. Un des premiers avantages du chemin de fer Lartigue est, en effet, sa facilité d’installation presque sans terrassements, et, partant, son bon marché, à égalité de services demandés.
- D’après les chiffres communiqués, on peut compter sur une économie de premier établissement de moitié au moins, relativement au coût d’un chemin de fer ordinaire, et sur une économie
- d’exploitation (traction, entretien, etc.) encore plus importante.
- La description du système suffira à faire comprendre la possibilité de ces économies.
- La voie Lartigue se compose d’un rail spécial, véritable lame d’acier laminé, placée de champ, très résistante par conséquent dans le sens vertical, et très flexible dans le sens horizontal ; ce rail est soutenu à une hauteur, au-dessus du sol, variable suivant les besoins (1 mètre dans le modèle exposé), par une série de chevalets, s’appuyant eux-mêmes sur des traverses en fer à U, qui forment le seul contact avec le sol.
- Le modèle exposémontre diverses combinaisons de supports et de semelles, pieds simples et pieds en croix; il suffira de mentionner ici que toutes les pièces de la voie sont interchangeables et qu’un seul type de boulon est employé pour le montage, ce qui facilite aussi bien la pose que les réparations.
- Une section de voie se compose du rail décrit, ayant 3 mètres de longueur, et de trois pieds fixés d’avance et pouvant se rabattre pour la facilité du transport.
- A l’une des extrémités du rail sont pratiquées deux encoches ; à l’autre, est rivée une éclisse ayant deux trous libres dans lesquels sont passés deux boulons non serrés.
- La pose se fait de la manière suivante: les encoches du premier rail s’agrafent aux deux boulons de l’éclisse du rail suivant; on laisse reposer les pieds surle sol, on serre les boulons del’éclisse, et ainsi de suite ; la voie, est posée. Les courbes s’obtiennent, sans matériel spécial, par la seule flexibilité du rail. De même les aiguillages se font par simple transport de l’extrémité de la ligne principale à l’une ou à l’autre des éclisses divergentes. Enfin, les passages à niveau se font au moyen d’une section de voie se rabattant sur elle-même et se relevant au moyen d’un levier analogue à ceux des disques ordinaires.
- Placés à cheval sur cette voie, roulent des véhicules dont le modèle exposé donne la plus parfaite idée. Ces véhicules (voitures à voyageurs de ireet 2me classes, et wagons à marchandises) sont montés sur deux trains articulés avec chevilles ouvrières, lesquelles commandent des galets latéraux, dont l’effet est, par leur roulement sur des guides placés horizontalement aux supports de la voie, d’empêcher tout balancement. Cette disposition permet le passage dans les courbes du plus faible rayon (10 mètres).
- Il convient d’ajouter qu’une communication est établie, tant entre les deux côtés du wagon, par un escalier qui enjambe le rail, si l’on peut ainsi dire, qu’entre tous les wagons composant le train, par une galerie qui court au-dessus du rail.
- Les moyens de traction sont : la force animale, la vapeur ou l’électricité. La disposition spéciale du rail et des guides latéraux a permis à la maison Siemens de lancer directement dans la voie le courant électrique, que reçoit en pleine marche le moteur roulant.
- Ce point est particulièrement intéressant, en ce qu’il permettrait éventuellement d’utiliser, pour la mise en action des dynamos fixes, les chutes d’eau que l’on rencontre au Sénégal en de si nombreux endroits sur le parcours indiqué. Le moteur à vapeur étudié par M. Mallet, constructeur, est une ingénieuse adaptation de la locomotive ordinaire, avec divers perfectionnements que la voie Larti-gue a permis d’apporter à la construction et au roulement.
- L’album qui accompagne l’exposition du modèle ci-dessus décrit, contient, à côté d’une vue d’ensemble et des dessins techniques relatifs aux poids, dimensions, pose, etc., une intéressante série de photographies d’applications du monorail Lartigue aux opérations militaires, faites en Russie. On signalera particulièrement les photographies relatives au transport des blessés. '
- La voie dont il s’agit ici est de la petite voie.
- Cette voie, qui porte avec elle un fil télégraphique, est particulièrement maniable ; une escouade de six hommes peut, sans avoir un coup de pioche à donner, en poser facilement quatre kilomètres en une journée. Cette voie paraît être la véritable ligne de reconnaissance, celle qui précéderait la ligne de pénétration.
- MM. H. Lefebvre et Cie, de Paris, exposent : 1. Une voiture métallique, étanche et démontable, à couvercle, système Lefebvre ; —- 2. Une voiture métallique, étanche et démontable, sans couvercle, mais avec exhaussement à ridelles, même système ; — 3. Une tente carrée de 2 mètres sur 2 mètres, armature en acier, pouvant servir de bâche à la voiture métallique à ridelles.
- Le type de voiture de M. Lefebvre a été créé à l’usage du corps expéditionnaire du haut Sénégal, lorsque fut démontrée la nécessité de substituer aux interminables convois d’ânes, un matériel de transport qui permît à la fois de réaliser une importante économie et d’assurer d’une manière plus parfaite le ravitaillement des forts échelonnés depuis le Sénégal jusqu’au Niger.
- Après plusieurs essais, la maison H. Lefebvre et Cie présenta le véhicule exposé, établi dans des conditions exceptionnelles de légèreté, de solidité et de stabilité.
- L’expérience semble avoir démontré que ces voitures pouvaient effectuer les trajets les plus longs et les plus pénibles sans éprouver d’avarie. En particulier, elles ont été employées pour le transport de la chaloupe canonnière le Niger, de Kayes à Bammakou. C’est un trajet de^5oo kilomètres, alors que la route n’était pas meme ébauchée. Elles paraissent de plus avoir rendu les plus grands services pour l’établissement des routes et la construction des forts dans cette région.^
- La légèreté de ce véhicule est telle qu’il peut circuler partout, pour ainsi dire, où passerait un mulet chargé.
- Dans les passages exceptionnellement escarpés, on peut le démonter rapidement, et transporter la caisse (ou corps de voiture) à l’aide de perches passées dans les anneaux d’angle.
- L’étanchéité de la caisse permet de traverser les gués de 60 à 70 centimètres, sans dételer ni décharger. Lorsqu’il s’agit de franchir un cours d’eau plus profond, on se contente de mettre à l’eau la caisse qui, ainsi transformée en nacelle, permet de faire passer le chargement d’une rive à l’autre sans difficulté.
- On s’est également servi de ces caisses pour jeter de véritables ponts de voitures.
- Depuis quelque temps l’usage de ces voitures s’est propagé dans les colonies, notamment au Tonkin où, récemment, on vient encore d’en expédier deux cents nouvelles.
- En résumé, ce matériel paraît présenter de sérieux avantages, aussi bien au point_ de vue commercial qu’au point de vue militaire, dans tous les pays qui souffrent encore de la pénurie des moyens de transport, ou dans lesquels la nature accidentée du sol ne se prête pas facilement au développement du réseau des voies de communication. Ce matériel est actuellement à l’essai au Congo, préconisé par M. le colonel Strauch, président de l’association internationale, au Japon et dans l’Est africain.
- 8° GABON
- M. Lelubeç nous montre un Album de dessins et de photographies se rapportant à. la chapelle de Libreville et à des maisons d’habitation.
- Cette chapelle, mesurant 35m4° sur 12 mètres, soit 424m8o superficiels, a été construite à Paris en 1881 et posée en 1882 ; elle est bâtie avec des matériaux de toute nature, provenant de France, et transportés par les soins de l’administration de la marine. Le montage s’est effectué dans un délai de 9 mois. La colonie étant dépourvue des moyens d’action que l’on (peut trouver dans d’autres pays plus avancés, a demandé à M. Lelubez d’envoyer un de ses chefs monteurs, et cet homme, aidé seulement des naturels du pays, est parvenu à mener à bien son travail dans le délai indiqué ci-dessus ; il a commencé par les terrassements et n’a quitté le Gabon qu’après avoir terminé, à la satisfaction générale, la tâche qui lui était confiée.
- Une photographie (feuille n° 11), prise pendant le cours du montage, donne une idée très exacte de l’importance de la partie métallique de cette construction.
- Les dessins (feuilles nos 12 et 13) représentent l’édifice complètement terminé, vu extérieurement ou intérieurement. Les plans nos 14 et i5 donnent les ensembles et détails de la partie métallique, qui a été combinée en vue de la simplicité du montage devant être fait par des hommes inexpérimentés.
- Le poids des fers et fontes entrant dans cette construction tant pour colonnes et ossatures des murs et combles, que pour châssis de croisées, grilles et balustrades, escalier, etc., est de 70 tonnes.
- Les autres matériaux employés sont : les bois, pour chevronnage et menuiseries ; les briques, pleines pour les murs, creuses pour les cloisons et les plafonds des nefs ; les tuiles et terres cuites, pour la couverture. Le dallage a été fait en carreaux de ciment à dessins ornés ; les vitraux, en verres de couleurs montés en plomb ; enfin, les paratonnerres, clochers, etc., en un mot tous les accessoires de la construction ont été fournis par M. Lelubez.
- Le prix total de la fourniture rendue au Havre a été de : 65,316 francs, soit 153 fr. 75 par mètre superficiel.
- Le succès obtenu pour la construction de la chapelle de Libreville a conduit la colonie du Gabon à demander à la maison Lelubez, deux bâtiments pour loger, l’un quatre employés célibataires , l’autre trois employés mariés, et dans le même moment la colonie de la Guyane faisait une demande analogue.
- Il a donc fallu s’ingénier à trouver des combinaisons simples et économiques donnant le maximum de confortable que l’on puisse désirer au point de vue de l’aération et de l’abri contre le soleil et la pluie.
- Les dessins, feuilles nos 16, 17 et 18, pour le logement de quatre employés célibataires, ceux n0s 19, 20 et 21 pour le logement de trois employés mariés, et surtout le petit modèle sous vitrine à l’échelle de cinq centimètres par mètre comprenant des logements pour deux ménages, indiquent clairement les dispositions qui ont été prises.
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- Première Année. — N° 38.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Septembre i885-
- 3o3.
- Chaque bâtiment se trouve élevé sur un soubassement d’environ un mètre de hauteur de 20m54 X 12m22 pour les célibataires, et de 24m94 X 1211122 pour les ménages, des escaliers desservant isolément chaque logement, qui comprend trois chambres de diverses grandeurs, avec abri de deux mètres de largeur. Les baies sont garnies de doubles portes, croisées et persiennes. Ces personnes sont à elles seules une innovation: elles sont en tôle à lames mobiles, d’un système breveté en France et à l’étranger, et permettent de régler à volonté l’arrivée de l’air, soit comme direction, soit comme quantité.
- Un petit modèle grandeur d’exécution, monté dans son châssis en bois, permet déjuger de la solidité et du bon fonctionnement de ce système appelé k remplacer certainement ceux actuels construits en bois, sujets à la casse, à l’incendie, ou sinon, destinés en un temps très court à être détruits par les fourmis qui sont le grand ennemi du bois dans les pays chauds.
- Les prix de ces maisons d’habitation sont les suivants :
- MESURES PRISES A LAXE DES COLONNES DES ABRIS
- que ,
- iharpi bois.
- Briques pleines'
- verture.......
- Peinture, vitrerie, tenture ...
- Totaux .
- MAISON MAISON MAISON
- d’habitation d'habitation d’habitation
- pour 4 célibataires Surface 25i™i3 pour 3 ménages Surface 3 04“ 7 7 pour 2 ménages Surface 2 igm23
- TOIAUX Par mètre carré TOTAUX Par mètre carré TOTAUX Par mètre carré
- francs. fl', c. francs. fl'. C. francs fr. c.
- ] 7,854 3i 28 9,375 3o 76 7,79i 35 53
- } 3,o36 12 09s 3,68o 12 08 2,636 12 24
- | 5,134 20 49 5,5g3 18 35 4,178 19 11
- | 3,649 14 53 4,462 14 64 3,452 15 77
- j :>7°3 6 78 1,839 6 04 959 4 37
- 21,376 24,949 19,016
- En résumé, le système de construction employé par M. Lelubez paraît devoir être appelé, avec les améliorations que l’expérience pourra suggérer, à un avenir certain : il se recommande surtout par l’agencement des fers et fontes disposés de façon à pouvoir être mis en place par des gens inexpérimentés, et cela, à l’aide d’un système d’attache très simple ; lors des expéditions, toutes les pièces sont repérées avec méthode et une série de plans avec une nomenclature, portant tous les repères, sont joints à chaque livraison. Puis une fois l’ossature métallique montée, le remplissage en briques (ou autres matériaux que l’on pourrait se procurer dans le pays) se fait très facilement, car les ailes des fers servent de guides. Il en est de même du bois de chevronnage et de la couverture, qui peut être fait en tuiles ou en autres matériaux.
- En un mot , ces constructions pour maisons d’habitation présentent le triple avantage du confortable, de la solidité et de l’économie, tant dans la fabrication aux ateliers du constructeur que dans les colonies pour lesquelles elles sont destinées et où elles rendront les plus grands services, leur démontage et leur remontage sur un autre emplacement n’étant plus qu’une simple question de soins et de main-d’œuvre.
- M. Sénéchal, ancien officier d’infanterie de marine, a envoyé une notice et des plans ayant rapport à la défense des villages de colonisation.
- Ce travail est une généralisation et un perfectionnement de celui qui a été déjà récompensé en 1883 à l’exposition d’Amsterdam (section internationale).
- Dans ce travail, l’auteur s’est attaché à tenir compte des objections faites, à les résoudre, et il a généralisé l’application du système, pour qu’il puisse être utilisé dans n’importe quelle colonie, en tenant compte, bien entendu, des données topographiques.
- Ce travail se compose d’un album de sept planches et d’un rapport, le tout manuscrit.
- Ils renferment : i° une étude comparée sur l’organisation et la défense des villages de colonisation ; 20 l’exposé d’un système de construction, d’armement et de mise en défense rapide des villages sans défenses spéciales, suffisant pour les préserver du pillage et de l’incendie.
- Dans un résumé rapide, l’auteur insiste sur l’importance de l’étude de la mise en défense des stations de colonisation au moment où de tous côtés on s’occupe d’expansion coloniale et surtout au Gabon, à Obock, à Madagascar et au Congo.
- Partout il faut assurer la sécurité du colon, et, pour qu’il prospère, le mettre à l’abri des surprises et des incursions des indigènes.
- Tous les gouvernements ont cherché à résoudre
- la question. Diverses idées ont été mises en pratique, puis rejetées : la question est toujours pendante.
- M. Sénéchal expose ensuite les principaux systèmes connus, depuis l’enceinte continue et les blockauss du maréchal Bugeaud, jusqu’au réduit central du colonel Fourchault.
- Il discute ces différents systèmes au point de vue technique et au point de vue de la colonisation, ce qui amène la connaissance des besoins à satisfaire.
- Il propose donc la construction de villages ouverts, possédant un réduit central, dont les faces sont 1 flanquées par des feux, par tant d’ouvrages accessoires qui, par leur disposition, se donnent un mutuel appui, et au moment du combat, encei-gnent le village dans une ceinture de feux qui en interdisent l’accès.
- La perte d’un ouvrage n’entraîne pas la chute des autres ; il est au contraire difficile à l’ennemi de s’y maintenir.
- Tous ces ouvrages, ainsi que le réduit central, sont fournis par les bâtiments communaux, et présentent à l’intérieur un abri pour les bestiaux, instruments aratoires, etc.
- Ils sont approvisionnés d’eau ; une disposition spéciale, n’entraînant aucune dépense, fait qu’en cas d’alerte, il suffit de fermer portes et fenêtres pour transformer chaque bâtiment paisible en un petit fortin à l’abri de l’incendie.
- Après avoir décrit le village, M. Sénéchal traite de la défense en cas d’alerte.
- La Société anonyme des ateliers et chantiers de la Loire expose un projet de prolongement par une estacade métallique de la jetée nord de Libreville.
- L’estacade se compose essentiellement de pieux en fer réunis entre eux par des poutres, traverses, longerons et tirants, formant un ensemble rigide pouvant résister aux mouvements produits par le roulement des wagonnets et à la charge de 1,000 kilogrammes par mètre courant.
- Le plancher sur lequel est installée la voie Decauville a 8 centimètres d’épaisseur et est fixé aux poutres, traverses, longerons par des tire-fonds.
- Pieux. — Les pieux sont en fer rond de 80 millimètres de diamètre.
- A la partie supérieure de chacun est fixé un manchon en fonte en deux parties, portant des oreilles pour attache des tirants obliques, et une plaque à nervure pour fixer les poutres et les traverses.
- A une hauteur de 2m900 du dessous du plancher, il existe un autre manchon semblable au précédent, mais n’ayant pas de plaque à nervure. Ce manchon sert pour l’attache des tirants horizontaux et des tirants obliques.
- La base de chaque pieu est terminée, suivant la nature du terrain, par une pointe allant jusqu’au rocher ou par une vis en fonte dans les parties où il n’y a pas de roches.
- Poutres. — Les poutres sont, en fonte à I de ^i-Tf" e^es rePosent sur les manchons en fonte de la tête des pieux et sont boulonnées sur la plaque à nervure.
- Ces poutres régnent sur toute la longueur de l’estacade et sont fixées aux extrémités par une patte scellée dans la maçonnerie.
- Elles sont percées de trous dans l’aile supérieure pour passer les tire-fonds fixant le platelage. Traverses. — Les traverses sont également en
- fer à I de
- 11,5
- Il en existe une au droit de chaque pieu et une intermédiaire entre deux pieux consécutifs.
- Ces traverses sont assemblées aux pieux et aux poutres par des équerres en cornières et des boulons.
- L’aile supérieure est percée de trous pour le passage des tire-fonds fixant le platelage.
- Longerons.— Entre deux traverses consécutives et sous les rails de la voie, régnent deux files de
- longerons en fer à I de —fixés aux traverses
- par des équerres en cornières et des boulons.
- Les ailes supérieures sont percées de trous pour les tire-fonds de platelage.
- Tirants. — Les tirants horizontaux et obliques sont assemblés à une extrémité, dans les manchons en fonte, par un boulon-axe, et réglés de longueur, à l’autre extrémité, par des tendeurs à vis et écrous.
- Calcul. — Tous les fers ont été calculés ^pour que le métal ne travaille, au maximum,_ qu’à six kilogrammes par millimètre carré de section. Poids. — Fer forgé et fer )
- la™illé........................ 37. i2 5k o 45ok
- honte....................... b,32b l
- Bois......................... 3,om0 /
- 2. Modèle en bois (demi-coupe) de l’aviso le Dakar.
- Longueur........................... 4-5m5o
- Largeur.............................. 6 3o
- Creux................................. 3 70
- Tirant d’eau moyen.................... 2 20
- Puissance..................... 340 chevaux.
- Vitesse........................ 11 nœuds.
- LES
- EXPOSITIONS & les INVENTEURS
- Une question qui préoccupe à bon droit certains exposants, ou plutôt certaines personnes disposées à prendre part à une exposition, est celle de savoir si, en envoyant à cette exposition un produit nouveau, invention perfectionnée par elles, elles ne courent pas le risque de voir ce produit imité ou falsifié par un concurrent sans scrupules. Il nous a paru intéressant de rechercher, d’une part, dans quelle mesure, très étroite d’ailleurs, la législation spéciale aux expositions protège les inventeurs, et, d’autre part, quelles dispositions devraient, selon nous, être prises, pour rendre cette protection générale et véritablement efficace.
- Tout d’abord nous devons dire que, quand il s’agit, d’un produit pour lequel un brevet a été régulièrement obtenu, la question ne se pose point pies lois des 5 juillet 1844 et 3i mai 1856 déterminent d’une façon très précise les obligations que doivent remplir les titulaires des brevets, ainsi que les droits que leur confèrent ces brevets et les conditions dans lesquelles ils doivent exploiter leur invention.
- Mais un autre cas peut se présenter : celui où un industriel voudrait exposer un produit nouveau, non encore garanti par un brevet. Par exemple, un inventeur, français bien entendu, est surpris par l’annonce d’une exposition qui doit s’ouvrir prochainement en France; il ne veut pas prendre de brevet avant que cette exposition soit ouverte, parce qu’il juge que le moment n’est pas opportun ou bien encore (on voit tous les jours des inventeurs qui sont pauvres) parce qu’il n’a pas le moyen de le faire. Et pourtant, il estime qu’il serait intéressant pour lui de figurer à l’exposition, de profiter de cet excellent, et peu coûteux moyen de publicité, pour faire connaître son produit. Peut-il le faire sans danger? Oui, mais à certaines conditions que nous allons rappeler aux uns et faire connaître, sans doute, au plus grand nombre.
- Donc, en 1867, quelque temps avant l’ouverture de l’Exposition universelle de Paris, la question avait préoccupé les pouvoirs publics ; et, à la date du 3 avril de cette année, fut promulguée une loi relative à la garantie des inventions susceptibles d’être brevetées et des dessins de fabrique qui seraient admis à l’Exposition universelle. Il est sans intérêt de rappeler ici les termes de cette loi spéciale à une exposition déterminée ; et, d’ailleurs, ils furent à peu près intégralement reproduits, dans une loi des 23-25 mai 1868, dont nous allons parler. L’Exposition de 1867 terminée, on se fit l’observation , que la mesure qui avait été bonne et utile dans une circonstance donnée ne serait pas moins utile dans d’autres circonstances analogues. C’est alors que fut rendue la loi de mai 1868, actuellement encore en vigueur.
- D’après l’article ier, tout français ou étranger, auteur soit d’une découverte ou invention susceptible d’être brevetée aux termes de la loi du 5 juillet 1844, soit d’un dessin de fabrique qui doive être déposé conformément à la loi du 18 mars 1806, ou ses ayants droit, peuvent, s’ils sont admis dans une exposition publique autorisée par l’administration, se faire délivrer par le préfet ou le sous-préfet dans le département ou l’arrondissement duquel cette exposition est ouverte, un certificat descriptif de l’objet déposé.
- L’article 2 explique que ce certificat assure à celui qui l’obtient les mêmes droits que lui conférerait un brevet d’invention ou un dépôt légal de dessin de fabrique, à dater du jour de l’admission jusqu’à la fin du troisième mois qui suivra la clôture de l’exposition, sans préjudice du brevet que l’exposant peut prendre ou du dépôt qu’il peut opérer avant l’expiration de ce terme.
- Enfin, aux termes de l’article troisième et dernier, la demande de certificat doit être faite dans le premier mois, au plus tard, de l’ouverture de l’exposition. Elle est adressée à la préfecture ou à la sous-préfecture, et accompagnée d’une description exacte de l’objet à garantir, et, s’il y a lieu, d’un plan ou d’un dessin dudit objet. Les demandes, ainsi que les décisions prises par le préfet ou par le sous-préfet, sont transmises au ministre, et communiquées, sans frais, à toute réquisition. La délivrance du certificat est gratuite.
- Rappelons tout de suite que la loi du 18 mars 1806 consacre sa troisième section (articles 14-19) aux mesures à prendre pour la conservation de la propriété des dessins, de fabrique : c’est le conseil des prud’hommes qui en est chargé. Tout fabricant qui veut pouvoir revendiquer par la suite,devant le tribunal de commerce, la propriété d’un dessin de son invention, est tenu d’en déposer un échantillon sous enveloppe aux archives de ce conseil ; il doit déclarer s’il entend s’en réserver la propriété exclusive pendant une, trois ou cinq années, ou à perpétuité.
- Ainsi, par la loi des 23-25 mai 1868, le législateur a tendu la main aux inventeurs. Il a décidé qu’ils auraient le droit de participer aux exposi-
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- tions, de produire leurs inventions, et il a ajoute' qu’ils seraient,pendant la durée de ces expositions, et même un certain temps encore après leur clôture, protégés comme s’ils avaient pris un brevet. Le certificat provisoire créé en France a été adopté en Autriche et en Angleterre.
- Mais cela ne concerne que les nationaux; nous examinerons,dans un prochain article, si, en raison du nombre de plus en plus grand des expositions internationales qui s’ouvrent à l’étranger aussi bien qu’en France, il n’y aurait pas intérêt et urgence à ce qu’une entente intervînt entre les divers Etats pour qu’une mesure semblable fût appliquée à tous les exposants indistinctement, étrangers ou nationaux, et nous rechercherons qu’elles pourraient être les dispositions adoptées.
- (A suivre.) Henry Duhamel.
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- 1“ A BUDA-PESTH
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 16 septembre 1885).
- Nous sommes reçus à la porte de l’exposition par. le président Matlekowits Sandor, par le vice-président comte Eugène Zichy que nous avons déjà vu au débarcadère. Ce comte Zichy est une des figures les plus populaires en Hongrie ; on l’y a surnommé « comte de l’Industrie » et ce surnom lui est bien dû pour son dévouement, pour son activité infatigable en faveur de toutes les questions et de toutes les œuvres industrielles. Après les discours d’usage, ces messieurs nous‘conduisent à travers l’exposition et nous en font les honneurs de la façon la plus gracieuse pendant près de trois heures, à M. de Lesseps et à nous tous. Nous visitons d’abord le bâtiment principal, d’architecture imposante, qui doit survivre à l’ensemble et devenir le « palais de l’Industrie» de Pesth. Nous sommes tellement pressés par la foule qu’il nous est impossible de rien regarder de près; dans ce trop rapide aperçu nous remarquons cependant de fort jolies céramiques et des ouvrages en fer forgé d’un goût exquis. Pour le reste, l’exposition est divisée en petits pavillons séparés, bâtis et décorés avec goût et variété de motifs d’architecture lui donnant une grande originalité et une physionomie très gaie. Cette variété, que l’on retrouve partout, et dans l’ensemble de la ville, et dans l’exposition, et dans les palais de cette belle avenue Andrassy, en un mot dans tous les monuments.de l’architecture nationale me paraît être la caractéristique du sens artistique hongrois. En pourrait-il être autrement? Cette contrée a été habitée ou plutôt parcourue successivement par les peuples les plus divers, orientaux et occidentaux, et chacun d’eux a laissé dans le pays une trace sensible de son passage : la nation hongroise, qui résume en elle la descendance de tous ces peuples divers, doit avoir conservé dans ses goûts, artistiques, comme dans ses mœurs et coutumes, quelque chose des goûts et des mœurs de ces races ou disparues ou fondues dans l’unité nationale.
- Nous ne quittons l’Expositionquepour un nouveau et splendide banquet offert parla Société des gens de lettres et artistes hongrois dans les vastes salons de l’hôtel Frohner, un des premiers restaurants de la ville. Après le nombre de toasts réglementaires,nous nous dirigeons vers le théâtre de Bude où nous devons assister à une représentation nationale. On va nous présenter l’étoile de Pesth, l’artiste aimée du public, la Blaha, celle qu’ils ont surnommée la Judic hongroise. Nous entrons dans une grande salle assez pauvrement décorée et pas beaucoup mieux éclairée : on joue la Casquette rouge. Nous ne comprenons pas un traître mot ; c’est pour nous une pantomime d’un comique un peu gros frisant la charge ; il nous est difficile de juger les acteurs, ils parais-, sent jouer jeune brûlant les planches, et tenir bien la scène ; plusieurs sont doués de voix agréables qu’ils conduisent avec goût. La Blaha est un peu lourde de formes, d’un visage avenant éclairé par deux yeux brillants et sympathiques; la physionomie est mobile et fine ; sa voix a en effet beaucoup d’analogie avec .celle de Mme Judic. Nous l’applaudissons à outrance, surtout à la fin du deuxième acte, au moment où nous la voyons, avec une ardeur pleine de grâce, exécuter une czarda, la danse nationale que nous ne connaissons pas encore et qü’on a intercalée dans le spectacle pour en donner un avant-goût aux visiteurs français.
- Vers minuit nous sommes libres. Convenez que voilà une belle journée de repos après un voyage de deux jours et qu’il doit nous sembler doux de prendre un peu de sommeil.
- Le lendemain matin, lundi 11 août, visite de la cave centrale modèle et déjeuner au dit lieu. Un déjeuner dans une cave? Parfaitement et fort joyeux, mafoi ! Nous y faisons connaissance avec la « Gulas » mets national fortement épicé qui doit nous donner l’entrain nécessaire pour goûter
- tous les vins, et ce n’est pas du luxe ! Nous avons devant nous une, que dis-je, plusieurs rangées de bouteilles à faire reculer le plus intrépide vide-bouteilles du cercle des Biberons. Que faire? Nous ne pouvons reculer et nous nous mettons de la meilleure grâce possible à la besogne. Gare aux têtes ! A peine à table les toasts commencent ; le premier orateur a l’idée de se hisser sur un vieux tonneau scellé dans le sol entre la table d’honneur et la grande table; M. de Lesseps l’escalade ensuite lestement aux applaudissements de l’assistance ; puis une foule d’orateurs se succèdent sans relâche sur cette tribune de Bacchus, séance amusante de gymnastique pratique et oratoire.
- Après le déjeuner,nouvelle visite à l’Exposition, puis on se disperse pour visiter la ville et courir les magasins. Vers 4 heures la plupart d’entre nous vont aux bains. Les établissements à Pesth ou plutôt à Bude sont fort bien compris et très confortables; il serait à souhaiter que nous en possédions à Paris sur ce modèle ; mais en ceci, comme en bien d’autres choses, nous sommes en retard sur nos amis les Hongrois qui ont pour nous une si humble admiration.
- A huit heures, nous nous retrouvons tous en grande tenue au théâtre national, coquette salle bleue et blanche, éclairée à l’électricité où se jouent le drame et la comédie. C’est une représentation de gala en notre honneur. Le programme porte :
- Le Luthier de Crémone, de Coppée, traduit par M. Edouard Paulay ; Un Monsieur en habit noir, d’Abraham Dreyfus, traduit par M. E. Kuliffày; Un Crâne sous une tempête, du même, traduit par M. J. Lobmayer; le Mariage forcé, traduit par M. Charles Szasz.
- Nous ne comprenons pas plus que 1a. veille, mais nous connaissons assez les pièces pour pouvoir juger les acteurs et nous les jugeons excellents. Inclinons-nous tout d’abord devant l’exquise et séduisante Mme Markus-Pulszky, femme du jeune député, président du Comité chargé de nous recevoir. Je ne crois pas que nous puissions lui comparer une seule de nos actrices parisiennes ; nous en avons qui lavaient par la grâce touchante, d’autres par les accents pathétiques, d’autres par la verve comique, mais ce que nous ne possédons pas et ce qui est bien rare, je crois, chez une comédienne, c’est un talent anssi souple, aussi complet. Après nous avoir émus aux larmes par la tendresse naïve avec laquelle elle a rendu le personnage de Giannina, la fille du luthier, changeant de note avec une facilité surprenante, elle a fait rire aux larmes par l’entrain, le naturel et la crânerie avec lesquels elle accablait son mari dans « Un crâne sous une tempête)). Et quelle physiono-mieexpressive ! et si mobile ! Les yeux qui, dans la douleur, se couvrent d’un voile et donnent au visage une expression alanguie et désolée, brillent dans la joie d’un éclat des plus vifs et donnent au visage une expression de gaîté charmante et communicative.
- Nous lui offrons une magnifique couronne de fleurs et l’applaudissons _ avec le plus sincère enthousiasme. Après elle, je dois citer M. Naday, qui a joué les deux piécettes de Dreyfus d’une façon tout à fait remarquable et y a obtenu le succès le plus vif. On fait à nos deux auteurs des ovations interminables ; non contents de saluer de leurs loges, ils doivent paraître sur la scène où ils sont rappelés jusqu’à cinq fois par un public tout à fait emballé. Permettez-moi maintenant une petite appréciation personnelle et laissez-moi tirer de cette soirée un enseignement. Je crois que le grand succès de la représentation a été « le Mariage forcé y le public y a pris un plaisir, extrême et l’a témoigné à plusieurs reprises par de grands éclats de rire ; je ne sais si on a rappelé Molière et si, croyant qu’il était des nôtres, on ne s’est pas fâché pour le faire descendre sur la scène; toujours est-il qu’à l’étranger on traduit notre grand comiqueque ses œuvres, même de second ordre, font partie du répertoire théâtral et que le public prend, à les entendre, le plus vif plaisir, tandis que nous nous contentons de l’adorer... platoniquement.
- Nous sommes invités à un bal donné, toujours en notre honneur, au Musée national, par le président de la société des gens de lettres, directeur du Musée François Pulszky. Nous nous y rendons après le théâtre, dans notre interminable file de voitures, toujours entre deux haies de curieux; les voitures entrent dans la cour d’honneur ; nous montons par un immense perron, un peu plus haut que celui de notre Opéra, décoré de guirlandes de fleurs , et éclairé brillamment par de nombreux et puissants foyers de lumière électrique.
- Les salons sont déjà pleins au moment de notre arrivée.
- La vaste salle de bal en rotonde, aux murs entièrement recouverts de feuillages et de fleurs, d’écussons et de drapeaux, présente le plus charmant coup d’œil; toute la société hongroise y est réunie ; les femmes, toutes jolies, en brillantes toilettes, agréablement décolletées, les hommes en fracs et surtout en uniformes d’une grande élégance et d’une grande variété.
- Après une demi-heure de présentations, de causeries, nous nous asseyons devant une table
- magnifiquement servie ; mais à peine avons-nous garni nos assiettes et empli nos verres que le violon des tsiganes se fait entendre ; attirés par cette musique passionnante, et curieux de voir danser cette czarda que nous n’avons encore admirée qu’au théâtre, nous nous précipitons dans la salle de bal et le souper est complètement délaissé.
- La czarda est, comme pas, un peu dans le genre de la gigue anglaise ; le cavalier se place vis-à-vis de sa danseuse, la saisit à la taille par les deux mains ; la danseuse met ses deux mains sur les épaules de son cavalier. Ils tricotent ainsi quelques mesures (pardon de l’expression), puis le cavalier enlace la taille de sa danseuse et la fait tourner presque surplace, jusqu’au moment où se retournant en face l’un de l’autre ils recommencent à tricoter. Comme tout ce qui est hongrois, comme les vins, comme la musique, cette danse est très capiteuse, même pour le simple spectateur. Pendant la danse sur place, la pose de la danseuse est abandonnée, le corps un peu en avant, les bras appuyés sur l’épaule du cavalier et semblant porter tout le poids du corps, les yeux noyés d’une délicieuse langueur ; mais au moment où le danseur lui enlace la taille pour l’entraîner dans un rapide mouvement de rotation, les yeux de la danseuse s’allument, le corps se redresse et les petits pieds courent sur le parquet avec une vivacité et une légèreté contrastant singulièrement avec la paresse alanguie du début.
- Les applaudissements éclatent au moment où M. de Lesseps, toujours le plus jeune et le plus ardent, saisit Mm0 Pulszky parla taille et l’entraîne dans le tourbillon.
- Quelques-uns d’entre nous, gracieusement invités à faire preuve de talents chorégraphiques et emportés par l’entrain si communicatif, de nos hôtes, esquissent d’abord quelques pas timides ; puis, soutenus par le rythme, grisés par cette musique capiteuse, par la vivacité des mouvements et le succès de leur première tentative, se livrent tout entiers à cette danse endiablée et finissent par « czarder » comme de vrais Hongrois.
- Malgré l’heure avancée à laquelle nous nous séparons, nous devons nous trouver. réunis le lendemain de fort bonne heure à notre lieu de rendez-vous ordinaire, le kiosque Plang’l. C’est encore M. de Lesseps le premier levé. A 7 heures, il reçoit la visite de notre ambassadeur de Vienne, M. Fuucher de Gareil, qui se joint à nous pour toute la journée.
- Le programme de la matinée porte visite du château et des jardins royaux.
- Nous montons en voiture, traversons les ponts et nous hissons dans un petit chemin de fer funiculaire qui, en deux minutes, nous ; dépose en haut de Bude, à l’endroit même, nous dit Pulszky, où a été donné le plus furieux des trois assauts en 1849. Nous visitons le château, la chapelle royale où se trouve la main de saint Etienne dans un reliquaire d’or enrichi de pierreries ; nous visitons ensuite les dépendances ; de la grande terrasse du château, on nous montre au loin les coteaux où jaillissent les sources universellement connues et si appréciées d’Hunyadi-Janos ; on nous promène dans les jardins royaux, jardins superbes en amphithéâtre d’où la vue découvre sur Pesth et sur la vallée du Danube un panorama merveilleux.
- (A suivre.) Eugène Weismann.
- RAPPORT
- SUR ^IMPORTATION DES MACHINES AGRICOLES EN SERBIE
- Par M. le comte de RICHEMONT
- CHARGÉ D’AFFAIRES DE FRANCE A BELGRADE
- Le développement de l’agriculture en Serbie a fait depuis quelques années des progrès réels, qui augmenteront rapidement avec la facilité des communications et la possibilité d’exportation des produits agricoles et du bétail de l’intérieur.
- Cet accroissement de la production, en développant la richesse du cultivateur, lui permettra de se procurer en plus grande quantité les machines agricoles, qui ont fait leur apparition dans ce pays depuis une dizaine d’années. Leur introduction est due à la Société serbe d’agriculture. Cette Société, qui relève officiellement du ministère des finances, a néanmoins une organisation indépendante. L’Etat lui alloue une subvention annuelle de 12,000 francs, et prend à sa charge l’impression de son journal le Laboureur. La Société a des succursales dans les départements. Elle fait venir de l’étranger des semences, des grains, des plants, des machines agricoles, de la eoutel-
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- lerie, des outils et accessoires de jardinage, qu’elle vend aux agriculteurs au prix coûtant. Son influence a été des plus favorables et a contribué puissamment au développement de l’agriculture. Son action toutefois n’a pas été suffisante pour généraliser l’usage des machines. -
- Ce n’est que depuis cinq ans que le commerce s’est emparé de cette branche de l’industrie et qu’il en a augmenté notablement l’importation.
- La région de la Craïna (Négotine) sur le bas Danube a adopté la première les charrues perfectionnées. L’exemple lui venait de la Roumanie, où les grands propriétaires avaient déjà doté l’agriculture des moyens perfectionnés. Si les cultivateurs serbes sont restés longtemps réfractaires au progrès, il faut en chercher la cause dans la constitution de la propriété foncière. La terre est presque exclusivement aux mains des paysans, par suite excessivement divisée.
- Il faut excepter certains départements frontières où l’on compte quelques grandes propriétés, et des communautés (zadrougas) composées de plusieurs membres d’une même famille, qui cultivent à frais communs une superficie plus étendue. Cette institution patriarcale, qu’il 11e faut pas confondre avec la commune russe (le Mire), et qui est particulière aux Serbes de Serbie et de Croatie, tend d’ailleurs à disparaître, malgré tous les heureux résultats que l’on aurait pu théoriquement en attendre.
- De la Craïna l’usage des machines agricoles s’est répandu successivement dans les départements de Semendria, de Kragonievatz, de Pojarevatz et de Chabatz, dans la vallée de la Koloubara et dans les bassins de la Morava et du Timok.
- 11 est malheureusement impossible de fournir des données statistiques exactes sur l’importation des machines agricoles en Serbie. Les publications du Gouvernement sont à ce sujet en retard de plusieurs années. Voici les détails que j’ai pu recueillir sur les diverses machines .
- Charrues. — Les plus en usage sont celles de la maison Burg, de Vienne ; de la maison Stone, de Prague ; des maison Wieder , Bro-gle-Vidats, Gutjahr et Muller, de Budapesth. La charrue la plus employée est celle qui porte le n° 2, fabriquée par la maison Burg. Elle coûte 75 francs rendue à Belgrade ; celle de la maison Stone, 106 francs; celle de Vi-dats, dite « charrue nationale », coûte 66 francs.
- La charrue à trois socs de la maison anglaise Clayton et Shuttleworth coûte, rendue à Belgrade, 79 ou 96 francs suivant le modèle.
- Herses — On en fabrique beaucoup en Serbie même, à Belgrade à Kralievo ; les trois quarts proviennent cependant encore de l’étranger, principalement de Vienne et de Budapesth. Le prix des herses rendues à Belgrade varie entre 50 à 150 francs.
- Vanneuses ou tarares.— Elles sont importées parles maisons Vidats et Brogle,de Budapesth, qui ont imité le système Baker et les livrent au prix de 145 francs. Les modèles des maisons Gutjahr et Müller, de Budapesth et de la maison Schokoratz, de Belgrade, se vendent de 210 à 250 francs ; la plus répandue dite « américaine », 180 francs.
- Trieurs. — Ces machines ont en ce moment le plus grand succès. Une seule de fabrication française, a été introduite en Serbie. Toutes les usines de Vienne et de Pesth en fournissent au prix de 145,. 400 et 840 francs. La Société d’agriculture n’introduit que les trieurs du système Pernolet, fabriqués par la maison Clayton et Shutlevorth, qui coûtent à Belgrade 632 francs.
- Semoirs. — Ils sont encore très peu en usage et proviennent de la maison Kukne, à Wieselburg, en Hongrie.
- Machines à battre. — Quelques cultivateurs se servent des machines à bras de la maison Sanz de Mannheim (Allemagne) et de
- la maison Clayton, vendues 310 et 400 francs. On préfère en général les machines mues par deux chevaux, que la maison Umrath de Prague et la maison Clayton livrent au prix de 540 à 960 francs.
- Locomobiles. — Leur usage se répand peu à peu. Chaque département en achète tous les ans deux ou trois d’une force de 12 chevaux. Les machines à battre avec locomobile de 2 chevaux de demi force, , battant de 2,000 à 2,500 gerbes en dix heures, sont celles qui répondent le mieux aux besoins des paysans. Elles coûtent 4,200 francs rendues à Belgrade et proviennent de la maison Ruston Proctor et Cie, de Lincoln (Angleterre).
- Machines à égrener le maïs.—> Elles se vendent en grand nombre. Le système américain et le système Hilton faits à Vienne coûtent ici de 220 à 320 francs.
- Séchoirs de pruneaux. — Le système français d’Isatier est le plus recherché, mais tous les séchoirs achetés à Belgrade proviennent de fabriques austro-hongroises.
- Pressoirs. — Ils sont importés par l’Autriche et coûtent de 150 à 320 francs.
- Ruches. — On emploie principalement les ruches du système Gerson (Silésie) elles valent ici de 18 à 20 francs.
- Pèse-vins. — Le système d’Œchsle (Allemagne) et celui de Klosterneubourg (près de Vienne) sont les seuls employés en Serbie. Les viticulteurs savent qu’il existe un pèse-vins français, mais ne connaissent pas les moyens de se le procurer.
- Les commerçants de Belgrade vendent généralement les machines agricoles au prix de fabrique, plus les frais d’emballage et de transport. Les maisons anglaises leur donnent 20 p. 0]0 de commission ; celles de Vienne, de Prague et d’Allemagne, 25 p. 0[0 ; celles de Hongrie, 30 p. ü{0.
- L’entrée des machines en Serbie est libre de tous droits de douane. Les charrues seules payent 8 p. Q{0 de leur valeur, valeur déclarée. Cette taxe se réduit à 4 p. 0{Q si elles arrivent démontées, et, dans ces conditions, elles ne sont soumises sur les lignes de chemins de fer qu’au tarif des fers travaillés.
- Quelques industriels serbes fabriquent des machines agricoles simples, mais cette industrie est encore dans l’enfance.
- L’ouverture de la ligne de l’Arlberg, qui abrège les communications entre la France et la Serbie, et l’inauguration des chemins serbes permettent aux machines françaises de concourir sur ce marché. L’accès leur en deviendra plus facile encore dès que les raccordements avec la ligne de Salonique seront construits. Il importerait toutefois que nos fabricants songeassent dès à présent à prendre pied , en faisant connaître la supériorité de leurs produits et en mettant les cultivateurs à même de les comparer aux articles hongrois, dont l’infériorité est généralement reconnue.
- Le moyen pratique que je crois utile de ' recommander pour atteindre ce but est l’établissement à Belgrade d’un dépôt d’outils, de pompes, de moulins et de machines agricoles en tous genres. Un autre dépôt pourrait être créé à Radonievatz, port serbe du bas Danube qui dessert le département de Négotine et ceux de Zaitchar, Kinajevatz, Nisch et Pirot, en communication avec le premier. Les machines peuvent être expédiées à Radonié-vatz par mer (voie de Braïla).
- Les départements de Nisch, de Pirot,' de Vrania et de Procouplie pourraient aussi, dès à présent, recevoir des machines agricoles par Salonique, d’où elles parviendraient en chemin de fer jusqu’à Uskub, et n’auraient plus à faire en charrette qu’un parcours de 70 kilomètres pour gagner Vrania. Les transports régulièrement organisés sur cette route sont encore à bon marché.
- N. B.
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- ÉCHOS
- Paris
- Le sujet choisi par l’Académie française pour le prix de poésie à décerner en 1887 a pour titre: Pcillcts Athéné. La limite de trois cents vers ne doit pas être dépassée par les concurrents. Les ouvrages présentés à ce concours ne seront reçus que jusqu’au 31 décembre 1886. Les concurrents sont prévenus que l’Académie ne rendra aucun des manuscrits qui lui auront été adressés; mais les auteurs auront la liberté d’en faire prendre des copies.
- ¥ *
- L’administration de la Ville de Paris va être saisie prochainement d’un projet de création de laiteries municipales. Cette création aura pour but de donnera un prix très modique du lait absolument pur aux mères de familles qui élèvent leurs enfants au.biberon et pour résultat de diminuer la mortalité infantile. Une commission du conseil municipal étudiera le projet dès la rentrée, et s’il est adopté, ce qui n’est pas douteux, l’administration fera procéder à l’achat des vaches nécessaires, qui seront nourries on prairies dans un département voisin de celui de la Seine.
- Un concours sera ouvert à Paris, le 26 octobre 1885,_ pour la nomination d’un professeur d’économie et de législation rurale dans les écoles nationales d’agriculture. Le programme de ce concours est adressé aux personnes qui en feront la demande au ministère de l’agriculture.
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- Départements
- Le 7 septembre dernier a eu lieu, sur l’une des places de Saint-Calais (Sartlie), l’inauguration d’un monument élevé, à l’aide d’une souscription nationale, à la mémoire d’Alphonse Poitevin, inventeur des impressions photographiques inaltérables.
- Le buste est l’œuvre du statuaire Charles Gauthier; l’architecture du monument a été exécutée d’après les plans de M. Adrien Forget, tous deux professeurs à l’Ecole nationale des arts décoratifs. *
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- Une exposition de peinture et de sculpture aura lieu à Lorient, du 1er au 15 octobre prochain, dans le musée Doudelès.
- Le dernier délai pour les envois est fixé au 25 septembre.
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- La plaque commémorative qui a été placée à Fontenay-aux-Roses, sur la maison où est mort Ledru-Rollin, sera inaugurée aujourd’hui.
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- ETRANGER
- Allemagne
- La maison Justus Perthes de Gotha, éditeur du fameux almanach, a célébré, le 11 septembre, le centième anniversaire de sa fondation.
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- . On nous écrit de Munich (Bavière) que la pétition en faveur de la loi pour la protection du travail des ouvriers n’a pas réuni moins de 14,000 signatures.
- C’est seulement dans quinze jours que sera terminée l’enquête'sur le travail du dimanche.
- _ Le Conseil fédéral aura alors à examiner le dossier et-à adresser son rapport au chancelier. On ne sait encore dans quel sens sera rédigé ce document.
- Les commissions du Conseil fédéral ont accepté, il y a quelques jours, les dispositions relatives aux formalités de la mise en vigueur de la loi d’impôt sur les opérations de Bourse.
- Angleterre
- L’exécution du monument voté par le Parlement à la mémoire du général Gordon, vient d’être confié à M. Hamo Thornycroft, le sculpteur bien connu.
- Autriche - Hongrie
- La Gazette officielle, de Vienne, du 40, publie le texte de la convention passée entre l’empereur d’Autriche et l’Association internationale du Congo,
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- Asie centrale
- Quelques détails sur le chemin de fer trans-caspien que nous empruntons au Matin.
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- La ligne part du fond delà baie de Micharlousky et est déjà terminée et ouverte jusqu’à Kizil-Arvat, c’est-à-dire sur une longueur de 217 verstes.
- La construction des 200 verstes suivantes, c’est-à-dire jusqu’à Askhabad, est poussée si rapidement que la ligne sera achevée jusqu’à cette ville dans le courant de ce mois.
- De Micharlouzky à Nizil, la voie traverse un véritable désert, où pas un buisson, pas un cours d’eau, pas une maison ne vient rompre la monotonie de la solitude.
- La voie permanente est presque prête jusqu’à Merv, et l’année prochaine, au plus, tard, sera terminée jusqu’à cette place, c’est-à-dire sur une longueur de mille verstes.
- D’après le général Annenkoiï, qui est chargé do la direction des travaux, les six cents verstes de ligne jusqu’à Askhabad 110 coûteront que douze millions de roubles.
- Belgique
- Le congrès contre l’abus des boissons alcooliques dont nous avons annoncé la réunion à Anvers, a tenu ses séances la semaine dernière dans cette ville.
- L'Institut d© droit international ouvrait en même temps sa 10e session à Bruxelles, au palais des Académies.
- Bosnie-Herzégovine
- En vertu d’un règlement de police austro-hongrois du 17 avril dernier, tout voyageur se rendant en Bosnie-Herzégovine doit être muni d’un passeport délivré par l’autorité de son domicile et revêtu du visa, soit de la légation, soit d’un consulat d’Autriche-Hongrie.
- A défaut de ce visa le passeport ne serait pas considéré comme valable.
- Les personnes qui ne seraient pas pourvues de passeports remplissant les conditions ci-dessus seraient exposées à être mises en état d’arrestation et reconduites à la frontière.
- Égypte.
- Une très intéressante découverte vient d’être faite dans le Delta par un archéologue anglais, M. Petrie.
- Il s’agit de la découverte de l’ancienne colonie grecque de Haucratis, faite dans des circonstances toutes fortuites et qui rappellent un peu celles qui précédèrent la découverte du Sérapeum par l’illustre Mariette-Pacha.
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- États-Unis
- Le Financial Chronicle de New-York donne les détails suivants sur la récolte du coton aux Etats-Unis pour l’année 1884-85 jusqu’au 1er septembre.
- La production s’est élevée à 5,669,021 balles, contre 5,714,052 de l’année précédente. Sur la dernière récolte 3,939,495 balles ont été exportées, dont 2,412,281 sur Liverpool.
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- Un peu de statistique:
- La population israélite de New-York s’élève à environ 90,000 âmes.
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- Italie
- MM. Léveillé, professeur de législation criminelle à la Faculté de droit de Paris, et Albert Grodet, sous-directeur de l’administration des colonies, viennent d’être désignés par M. le ministre de la marine comme délégués de son département au congrès pénitentiaire de Rome.
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- Russie
- La Gazette russe de Saint-Pétersbourg annonce que la couronne prendrait en main dans le courant de l’année prochaine l’administration de toutes les lignes de la grande compagnie des chemins de fer russes, notamment celle de Saint-Pétersbourg à Varsovie, celle de Nicolaï et celle de Nichni.
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- Tonkin
- Nous lisons dans 1 ’Avenir du Tonkin, du 25 juillet, qu’un service postal quotidien devait être établi prochainement entre Haïphong et Hanoï.
- LÀ QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 16 Septembre 1885).
- Nous avons qualifié d’iniques les impôts qui frappent les choses nécessaires à la vie. Cette expression, si énergique qu’elle soit, ne rend pas d’une manière assez saisissante le caractère de flétrissure qu’il conviendrait d’infliger à ces impôts qui pèsent principalement sur le pauvre, l’éternel exploité de toutes les civilisations.
- N’est-ce pas, nous le demandons, un crime de lèse-humanité que d’imposer le pain, le vin, la viande, tandis que le luxe, les futilités et les inutilités dont la richesse aime à s’entourer sont exempts de charges.
- On a beau ergoter et chercher à justifier ces impôts, en disant qu’il faut équilibrer le budget.. ! Sans doute. Mais ce n’est pas sur le morceau de pain du travailleur qu’il faut prélever l’argent nécessaire. Or, il est incontestable que les impôts de consommation et de circulation, les octrois, etc., frappent surtout la classe laborieuse.
- Ainsi, on a calculé qu’un ouvrier qui n’a qu’un franc pour faire un repas paie le quart de cette modique somme en droits de fisc; tandis que celui qui peut dépenser cinq ou six francs ne paie pas davantage. L’impôt qui frappe le débit, le détail de vin de 18 °/0 avec le doublé décime en sus des autres droits, d’entrée, de circulation, frappe exclusivement l’ouvrier, car il n’y a guère que luj qui achète le vin au. litre chez le débitant.
- Nous en dirons autant au sujet de la viande; le même droit étant prélevé sur une qualité que sur 1 autre, l’ouvrier qui achète une livre de viande de qualité inférieure paie nécessairement autant de droits que celui qui en achète une livre de première qualité.
- La perception des octrois est bien certainement l’une des plus vexatoires et des plus contraires aux mœurs de notre époque, il serait difficile de légitimer cette espèce de dîme prélevée à l’entrée de nos villes sur leurs habitants. Les octrois, comme d’ailleurs, tous les impôts qui frappent la consommation, sont immoraux au premier chef, car ils sont un encouragement à la fraude et à la falsification des denrées alimentaires.
- Les droits n’étant pas ad valorem, les denrées de qualité inférieure sont soumises aux mêmes taxes que celles de première qualité. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, le mauvais vin, la piquette que boit l’ouvrier, paie les mêmes droits que les vins fins qui figurent sur la table du riche. De sorte que, pour celui-ci, l’impôt n’est que d’un dixième ou d’un quinzième de la valeur de la pièce de vin, tandis que pour le pauvre il est de çinquante et de quatre-vingts pour cent. Ce n’est pas tout encore, le riche qui achète son vin en barrique n’a que cet impôt à payer, tandis que l’ouvrier qui est obligé de l’acheter en détail paie ainsi que nous l’avons déjà dit la patente et le droit de licence de tous les débitants qui falsifient sa boisson et ruinent sa santé.
- Mais les octrois ne violent pas seulement les principes de justice et d’égalité, ils causent encore un préjudice considérable à la richesse, nationale, en diminuant la consommation. On a constaté, en effet, que chaque fois que l’on a abaissé les droits d’entrée sur une denrée, la consommation de cette denrée a augmenté dans de notables proportions.
- . Citons quelques exemples à l’appui de cette assertion.
- En 1851, les droits d’octroi sur les vins, furent abaissés à Paris de 6 °/0; la consommation augmenta immédiatement de 7 5 °/0.
- En 1853, la taxe fut augmentée de 1, 3 %; la consommation diminua aussitôt de 16 %.
- En 1880, cette taxe a été abaissée de n o/0 ; la consommation s’est élevée de 20 %.
- Les mêmes résultats se sont produits pour la bière et les alcools.
- En 1851, la taxe d’entrée sur les alcools ayant été abaissée de 6 %, la consommation augmenta de 12 %.
- En 1870 elle fut augmentée de 183 % , la consommation diminua de 54 %.
- Est-ce que de pareils résultats ne sont pas significatifs et de nature à ouvrir les yeux aux législateurs les plus aveugles et les plus endurcis dans la routine? Ils prouvent clairement que l’octroi est nuisible à la consommation, qu’il l’entrave. En outre, il encourage la fraude et la falsification qui ont pris, depuis quelques années, une extension véritablement alarmante. La falsification des boissons et de la nourriture, qui frappe l’homme dans ce qu’il a déplus cher, sa santé, sa vie, ne tend à rien moins qu’à le conduire au rachitisme . Et l’on s’étonne de rencontrer dans nos villes tant d’enfants malingres, tant de jeunes gens aux joues terreuses et aux regards presque éteints, qui se traînent péniblement comme de précoces vieillards. Gomment n’en serait-il pas ainsi ? La nourriture falsifiée qu’ils s’incorporent chaque jour, depuis leur naissance, est comme un poison lent mais sûr qui les mine sourdement et tarit en eux les sources mêmes de la vie.
- On frappe de droits élevés les comestibles et les boissons ; pourquoi ne frappe-t-on pas aussi les étoffes, le drap, la soie, le calicot, etc... Ce sont également des produits de la fabrication. Et cependant, ils sont moins nécessaires à l’homme que les produits alimentaires.
- Expliquera qui pourra cette anomalie étrange. On dirait véritablement que les législateurs ont pris, de tous temps, à tâche de faire les lois économiques au rebours du bon sens et de l’équité.
- Ces droits sont organisés d’une manière tellement inique et révoltante que tel objet ne paie que le cinquième ou le dixième de sa valeur, tandis que tel autre, d’une consommation plus usuelle et plus générale, paie jusqu’à 5o et 60 %.
- La charge résultant des octrois s’élève, aujourd’hui, pour Paris, à la somme énorme de 70 fr. par habitant. En 18 51, elle était de 35 fr. par tête; en 1869, de 52 fr. ; en 1872, de 56 fr. De sorte qu’une famille composée de quatre personnes paie aujourd’hui, annuellement, à l’octroi, la somme de 280 francs. N’est-ce pas odieux?
- Et cependant, il y a encore des écrivains qui osent défendre ces taxes iniques et vexatoires qui ne sont pas moins fatales à la production qu’à la consommation, car elles sont comme autant de barrières qui entravent la libre circulation des produits.
- Cette espèce de dîme prélevée sur la santé du travailleur a fait son temps. Les octrois et tous les impôts qui frappent la consommation ne sont plus de notre époque.
- Est-ce que le simple bons sens, la plus élémentaire équité ne disent pas qu’il est conforme à la saine raison et à la logique,^ et, par conséquent, indispensable, que les objets nécessaires à la vie de l’homme et principalement sa nourriture, soient exempts de toute charge?
- Notre organisation économique n’est, d’un bout à l’autre, qu’un non-sens, une suite ininterrompue d’illogismes et de criantes injustices. On veut bien en convenir, mais dès que l’on parle d’y introduire des réformes, aussitôt des voix s’élèvent pour protester et crier que l’on va ébranler l’édifice social jusque dans ses fondements et on laisse s éterniser le mal, on sanctionne, en quelque sorte, l’iniquité en refusant de la faire cesser.
- (A suivre.)
- E. Mansuy.
- NÉCROLOGIE
- LE DOCTEUR L. LUNIER
- La médecine mentale vient de perdre un de ses membres les plus distingués, que son intelligence et son activité avaient conduit à une des plus hautes situations que puisse envier le médecin aliéniste. Le docteur Lunier (Joseph-Ludger), né en 1822 à Sorigny (Indre-et-Loire), fit ses études médicales à Paris, et fut reçu interne des hôpitaux en 1845. Docteur en 1849, il soutint une thèse sur la paralysie générale qu’on consulte encore avec fruit. Nommé médecin en chef de l’asile de Niort
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- Première Année. — N° 38.
- en i85i, il devint en 1854 directeur-médecin de celui de Blois. Dix ans après, en 1834 il fut appelé aux fonctions d’inspecteur général du service des aliénés et du service sanitaire des prisons de France. Le docteur Lunier était officier de la Légion d’honneur et membre de l’Académie, dans la section d’hygiène, depuis le mois de mai i883.
- On lui doit de nombreux travaux, dont les plus importants sont : Recherches sur quelques déformations du crâne observées dans le département des Deux-Sèvres ; Du rôle que jouent les boissons alcooliques dans l’augmentation du nombre des cas de folie et de suicide ; De l’influence des grandes commotions politiques et sociales sur le développement des maladies mentales; De l’aliénation men-t ale et du crétinisme en Suisse, etc.
- Avec ses collègues de l’inspection générale, MM. Dumesnil et Constans, le docteur Lunier publia le Rapport général sur le service des aliénés. Cet important ouvrage donne le tableau le plus exact de l’état de l’assistance publique de ces infortunés au moment où il parut.
- N’oublions pas le rôle important qu’il joua dans la création des Sociétés de tempérance après la guerre, et les nombreux travaux qu’il publia sur ce point dans le journal la Tempérance.
- Les restes du docteur Lunier, mort en province, ont été ramenés à Paris ; des discours ont été prononcés sur sa tombe par MM. Vallin, au nom de V Académie: Foville, au nom du service des aliénés ; Ritti, au nom de la Société médico-psychologique ; Motet, au nom de la Société de tempérance ; et Cheysson, au nom de la Société de statistique.
- Nous pouvons ajouter que l’Exposition de 1889 perd dans le docteur Lunier un collaborateur précieux. Depuis quelques temps déjà il se livrait à un travail des plus sérieux et des plus complets sur l’organisation des congrès qui auront lieu pendant la grande Exposition. — Nous serons bientôt à même de publier le travail du docteur Lunier qui a toujours été pour notre journal un guide des plus sûrs et un ami des plus dévoués.
- AVIS COMMERCIAUX
- SERBIE
- DÉCOUVERTE ü’üNE MINE DE MERCURE
- XJ Export Journal annonce qu’on vient de découvrir une mine de mercure à Schuppiastena, près de Belgrade. Une galerie avait déjà permis, à l’automne dernier, de constater la continuité du filon sur une profondeur de 57 pieds ; ce filon est parsemé de veines et d’amas de cinabre et de cristaux de calomel, en même temps que de nombreuses gouttes de mercure métallique. La gangue est un quartz corné, parfois crevassé et prenant alors l’apparence d’un silex calciné. Le filon de quartz a été reconnu sur une longueur de 5 milles environ, on y a reconnu de la saussurite et diverses roches chromées, il est compris entre des bancs de serpentine. L’exploitation de cette mine paraît devoir être très fructueuse, mais elle ne semble point encore sortie de la période d’organisation.
- MAROC
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS
- La légation de France au Maroc vient d’adresser deux échantillons d’étoffes de laine blanche fabriquées par les tisserands indigènes. Ces échantillons, ainsi que les indications qui les accompagnent, sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, 254, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur, bureau des renseignements commerciaux).
- NICARAGUA
- ARTICLES D’IMPORTATION
- Le consul d’Allemagne à Léon donne les renseignements qui suivent sur certains articles faisant l’objet d’un commerce d’importation dans sa résidence.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Cotonnades et draps. — Les cotonnades anglaises, particulièrement les grises damassées, les prints et les filés anglais ont occupé la première place en 1884 dans les importations de marchandises textiles. Les prints allemands trouveraient ici un débouché si les fabricants voulaient les fabriquer et les finir comme ceux do provenance anglaise. Los fabricants de drap de fantaisie trouveraient aussi un excellent marché et de bons prix pour leurs articles. Les dessins doivent être nets, de couleurs voyantes et d’une facture un peu artistique. De tels draps se vendent déjà beaucoup.
- Articles de laine. — On demande surtout des étoffes de laine pour pantalons d’un dessin gai, en pièce de 125 centimètres. On vend beaucoup de chemises do laine toutes faites pour les ouvriers. Les étoffes de laine pour dames sont peu demandées.
- Soieries. — En fait de soieries, on ne demande guère que des châles, des ceintures et des rubans. Les châles de soie doivent être brodés et garnis de dentelles. Les couleurs les plus en faveur poulies soieries sont le noir et quelques couleurs gaies.
- Machines. —- Les machines pour vanner le maïs et les moulins à bras, pour le moudre, sont très demandées. — Des appareils à distiller, dans une moindre proportion, seraient aussi très utiles ici. Parmi les autres espèces de machines demandées, on peut citer celles pour la préparation du café, les moulins à café et aussi les machines à écraser la canne à sucre.
- Les fabricants trouveront toujours ici un débouché pour leurs marchandises s’ils se décident à employer la réclame, à envoyer des marchandises uniformément de bonne qualité et à soigner leurs, emballages.
- ITALIE
- ÉCOLE SUPÉRIEURE DE COMMERCE DE VENISE.
- Un emploi de professeur de langue et littérature françaises est vacant à l’Ecole supérieure de Venise. Le traitement annuel est de 2400 livres. Les candidats devront adresser leur demande, accompagnée de leurs titres, à la direction de cette école, au palais Foscari, à Venise. La connaissance de la langue italienne est indispensable, les cours se faisant en italien.
- TURQUIE
- COMMERCE DU CHROME
- Le consul de France à Salonique rappelle que la Macédoine renferme de nombreux gisements de chrome, notamment dans le caza de Cassandra (Péninsule Chaleidique), à Krani, Vardas et Pq-liéros et dans le caza de Karaféria situé à l’ouest de Salonique.
- Depuis assez longtemps ce minerai donne lieu à des exportations pour l’étranger.
- Cependant, c’est depuis cette année seulement, que la France a commencéà recevoir des chrêmes de Macédoine par les navires de la Compagnie Fraissinet.
- Le chrome de cette résidence étant d’excellente qualité et pouvant donner lieu à une exportation rémunératrice, il convient de signaler ce produit à nos industriels qui peuvent, ajoute notre agent, l’acquérir dans de très bonnes conditions, le chargement se faisant presque au bord de la mer.
- CONSEIL AUX IMPORTATEURS
- La différence de prix est la chose principale que les industriels français doivent prendre en sérieuse considération, écrit le vice consul de France à Cavalla ; mais tant qu’ils penseront que leurs produits étant meilleurs, plus solides, doivent être par conséquent plus èhers, les industriels allemands et autrichiens gagneront du terrain et l’industrie française déclinera dans ces pays.
- Pour combattre la concurrence, il est indispensable que les industriels frifîieais créent des agences dans les principales villes de la Turquie.
- Les agents qu’ils nommeront doivent être des
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- personnes sérieuses et de toute confiance, et ne doivent s’occuper que de la vente des produits français. Ces agents connaîtront et étudieront les villes où ils seront placés et tiendront régulièrement au courant les industriels français de tous ce qui peut contribuer à donner la préférence aux produits de leur fabrication.
- Les marchands des petites villes comme Cavalla Serres, Kevrokop, Pravista vont ordinairement faire leurs achats à Salonique, où il 11’y a pas un seul agent représentant des industriels français.
- MEXIQUE
- RELATIONS COMMERCIALES DE LA FRANCE
- La Chambre do commerce française de Mexico donne dans un dernier rapport, les renseignements suivants sur certains articles d’importation d’origine française :
- Bijouterie ordinaire. — Cet article s’importe ici sur une vaste échelle, il s’achète à Paris, à Gablonz, à Téplitz, en Bohème et à Oberstein. On aime beaucoup l’article de Paris, mais comme c’est en général la marchandise ordinaire qui trouve ici le plus grand écoulement, la bijouterie de Gablonz, qui se vend à des prix inférieurs à ceux de l’article do Paris, est importée par quantités beaucoup plus grandes.
- L’ouvrier de Paris invente ses modèles et s’en tient à son invention ; celui de Gablonz n’invente rien, il se procure les modèles français et les imite ; il y fait les changements que lui indique son acheteur. Celui-ci 11’étant pas connaisseur 11e cherche pas la qualité, il ne demande pas du bon, il ne veut que du bon marché.
- Coutellerie. — L’article français, surtout dans les qualités moyennes, est de beaucoup le plus apprécié. L’Angleterre fournit de préférence la coutellerie fine.
- L’article ordinaire français est à'la fois de meilleure qualité et de prix plus avantageux que l’allemand. Nous vendons ici une grande quantité do couteaux de poche de Thiers ; malgré tous lés efforts des Allemands, leurs ouvriers ne.sont pas encore arrivés à la hauteur des nôtres. A Thiers il se fait des spécialités que l’on ne trouve ni en Angleterre ni en Allemagne, et que depuis bien des années on cherche, en vain, à imiter dans l’un et l’autre de ces pays. Le couvert (couteau et fourchette) manche ivoire, et celui manche métal blanc qui se vend le plus est l’anglais. C’est aussi l’Angleterre qui fournit de préférence la cuiller et la fourchette en métal blanc. Ce métal ne change pas de couleur et se vend meilleur marché que l’article français. Les Anglais ont très bien compris les formes qui plaisent ici.
- - Plumes métalliques.—Laplume anglaise Perry et Cio est à peu près la seule qui soit demandée ici. Nous n’avons jamais bien réussi à faire prendre la plume française. Les Allemands n’ont pas eu plus de succès avec la leur. On aime ici la plume à pointe bien fine.
- Draperie. — La draperie est ici française, pour la belle et bonne qualité chère ; belge, pour la bonne qualité dans les prix moyens ; allemande pour les qualités tout à fait inférieures et très bon marché. La draperie anglaise s’importe aussi, mais pour les articles tout à fait excentrique de goût.
- La marchandise française est souvent trop large : lm 40 suffirait amplement et elle a souvent davantage, ce qui fait payer des droits inutiles.
- Il est probable qu’avec le nouveau tarif des douanes, qui établit les.droits au poids sans distinction de qualité, la draperie surtout anglaise, va devenir presque impossible à importer. En effet, d’après le système qui sert de base au nouveau tarif, les draps souples de laine douce et de très belle qualité auront à payer bien moins de droits que les qualités grosses, ordinaires, et qui, naturellement sont plus lourdes. Il en résulte qu,c le nouveau tarif est en faveur de l’article français.
- Cartouches métalliques. — Les cartouches métalliques chargées viennent des Etats-Unis. La consommation en est énorme et peut se chiffrer
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- par millions de cartouches par an. Ce qui fait que la France n’en fournit pas, c’est que les compagnies des vapeurs se refusent à les transporter alors que les vapeurs américains le font de très bonne grâce.
- Il en est de même des douilles vides amorcées pour la chasse, qui viennent toutes des Etats-Unis et d’Angleterre. Les navires à voiles seuls voulaient bien se charger d’en transporter de France, aussi ne les recevait-on que trois mois après leur départ et souvent détériorées, parce que les capitaines ne consentaient à. les mettre que sur le pont où pendant toute la traversée elles étaient exposées à toutes les intempéries ; aussi du jour où les vapeurs anglais ont voulu, comme les américains, en faire le transport, n’en a-t-on plus fait venir de France. Tout arrive de ces deux pays en peu de temps, 30 jours au plus, en bon état et sans supplément de frais.
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- LES LIVRES
- XXV
- Histoire de la littérature contemporaine en Russie, par C, Courriers; i vol. in-18. Charpentier, éditeur
- Nous avons essayé de donner à nos lecteurs une idée du talent et des ouvrages du comte L. Tolstoï. Avant d’analyser ses œuvres, nous devons leur présenter, non moins sommairement,le romancier Dostoiewski, qui balance actuellement dans la faveur du public français comme dans celle du public russe, Tourguenieff et Tolstoï. Dostoiewski est à peu près leur contemporain. Il appartient comme eux à l’école naturelle ou naturaliste, c’est-à-dire qui se donne pour but, en réaction contre - l’école idéaliste ou mystique, l’étude et la reproduction exacte de la réalité. Mais, tandis que Tourguenieff et Tolstoï recherchent de préférence leurs modèles dans la société russe aristocratique ou bourgeoise,Dostoiewski,au contraire, applique toutes les ressources de son observation pénétrante, de son analyse subtile aux types de la petite bourgeoisie, commerçants ou employés et du peuple. Ce n’est pas chez lui qu’il faut chercher ces figures de grands seigneurs ou de paysans si curieusement fouillées par ses deux rivaux. Dans les Pauvres gens, dans les Mauvais esprits, dans Humiliés et Offensés, Dostoiewski étudie avec une prédilection marquée ces employés, ces étudiants, ces déclassés, ces bohèmes que lê mouvement de réformes socialistes qui a succédé au mouvement d’émancipation des serfs a mis en lumière. Le célèbre ukase de 1861 a rendu libres 24 millions de serfs. Tourguenieff les a peints avant l’émancipation à laquelle ses romans ont certainement contribué. Le comte Tolstoï, de romancier devenu apôtre,s’applique moins aujourd’hui, après leur libération, à les peindre qu’à les évangéliser, en leur prêchant de précepte et d’exemple une sorte de néo-christianisme communiste. Dostoiewski n’est pas un apôtre, bien qu’il soit certainement acquis, au moins théoriquement, spéculativement, aux aspirations quelque peu utopiques et chimériques vers le progrès qui passionnent et enfièvrent actuellement la génération intelligente en Russie. C’est surtout un artiste, étudiant et reproduisant avec une minutieuse fidélité les figures de la société inférieure des villes et non des campagnes. Mais ce n’est pas seulement un peintre de mœurs. C’est encore et surtout un peintre d’âmes, un scrutateur, un observateur quia poussé jusqu’au dernier degré du raffinement psychologique l’étude des drames de conscience provoqués par les doctrines nihilistes.
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- Nous devons nous en tenir, à notre grand regret, aux traits généraux de cette physionomie originale, les renseignements biographiques nous faisant défaut pour y ajouter quelques traits particuliers.
- Par une lacune qui sera sans doute bientôt comblée, les traducteurs français des romans de Dostoiewski,que nous analyserons prochainement, n’ont fait précéder ces traductions d’aucune notice biographique et critique. M. Ernest Dupuy, dans le remarquable ouvrage que nous avons apprécié la semaine dernière, ne parle de Dostoiewski qu’incidemment à l’occasion de ses relations avec Tourguenieff. Ces relations n’ont pas tardé à s’aigrir par suite de divergences d’opinion, qu’envenimaient encore des antipathies de caractère.
- Nous savons seulement que Tourguenieff, tout en rendant hommage au talent de Dostoiewski, blâmait ses écarts de caractère, ses exagérations de couleur et ses subtilités d’analyse qui rendent parfois douloureuse l’émotion produite par des scènes trop empoignantes, d’un effet outré et brutal.
- M. C. Courrière, l’historien de la littérature russe contemporaine dont l’ouvrage est, avec les études de M. de Vogué, le meilleur bréviaire de ceux qu’intéressent cette littérature et ses évolutions, analyse assez soigneusement les principales œuvres de Dostoiewski, surtout Crime et Châtiment, son meilleur roman, mais il ne nous apprend rien sur sa vie, sinon qu’il est, à quelques années près, le contemporain de Tourguenieff et de Tolstoï, qu’il a pris part comme eux au double mouvement d’émancipation qui a affranchi le roman russe de l’imitation des romans étrangers et a ramené le génie national à ses sources, c’est-à-dire à la peinture des paysages, des mœurs et des caractères russes, qu’il rédige, avec le prince Métcherski, le Citoyen, revue russe moscovite, slavophile, pan-slaviste, ce qui explique bien ses dissidences avec J’occidentaliste Tourguenieff. C’est là tout; et c’est un peu trop peu.
- Mais comme un auteur se peint surtout dans ses ouvrages, c’est aux romans de Dostoiewski que nous demanderons le secret de ses idées et de ses passions, en les analysant à leur tour, après avoir étudié ceux du comte Tolstoï, ce que nous ferons dès la semaine prochaine.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Odéon. — Macbeth (reprise); traduction de M. Jules Lacroix. Rentrée de Mlle Rousseil.
- Renaissance. — Réouverture. — Reprise, à ce théâtre, du Procès Vauradieux , comédie de MM. Delacour et Hennequin.
- L’Odéon a repris Macbeth, d’après la belle traduction de M. Jules Lacroix. Cette œuvre de
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- Shakspeare avait déjà été soumise au public de l’Odéon avec Mlle Teissandier dans le rôle de lady Macbeth. L’autre jour, cette grande artiste était remplacée par une autre étoile de la tragédie, par Mlle Rousseil. C’est donc dans cette substitution que la curiosité du public était particulièrement sollicitée, d’autant plus qu’il y avait encore une autre comparaison à faire avec Mme Sarah Ber-’nhardt, pour ceux qui avaient vu cette artiste dans le Macbeth, deM. Richepin, à la Porte-Saint-Martin. Chaque interprète comprend, en effet, d’une manière différente son rôle, car il n’y a plus là de tradition comme pour les tragédies de Corneille ou de Racine. Et encore! on rencontre des tragédiennes, élèves du Conservatoire, qui rompent avec la tradition et débitent leur rôle selon leur
- Dimanche 20 Septembre 1885.
- caprice. J’ai connu une élève du Conservatoire qui dans le concours public avait à dire les Imprécations de Camille d’Horace. Au lieu de s’inspirer de la manière de dire de Rachel qui triomphait toujours dans ce morceau magnifique , au lieu meme de suivre simplement ce que son professeur lui avait indiqué dans ses cours, la jeune élève déclama sa tirade sur un rythme tout nouveau inventé par elle : stupéfaction du jury, attaque de nerfs de l’élève, et finalement pas de récompense. Aujourd’hui cette élève est devenue une bonne artiste car elle a réfléchi, M. Porel se l’est attachée et nous la verrons bientôt dans les Contes d’Avril, de M. Dorchain, un gracieux poète, qui s’est déjà révélé comme un auteur d'avenir.
- Mais revenons à lady Macbeth, puisque c’est sur ce rôle que porte surtout l’attrait de la tragédie de Shakspeare. La grande qualité, la qualité maîtresse entre toutes celles que possède Mlle Rousseil, c’est la passion. Non seulement elle vous l’exprime avec un grand art, mais elle vous fait entrer dans le cœur toutes les impressions sombres ou vives qu’elle ressent. Elle est noble dans ses attitudes comme une vraie tragédienne doit l’être. Dans la scène du somnambulisme, elle a déployé toute la sublimité de son talent et a rendu l’horreur qui tourmente lady Macbeth avec des ménagements progressifs obtenus par cette science de son métier que nulle ne possède mieux qu'elle. Je me suis souvenu alors d’avoir vu Mlle Rousseil au Théâtre-Français, dans le Cid, il y a douze ou treize ans ; c’est toujours le même talent fin, élevé, savant, charmant, terrible et doux.
- M. Paul Mounet comprend le personnage de Macbeth, il s’est convenablement acquitté de sa tâche. Mlle Hadamard a-montré beaucoup d'énergie dans le rôle du jeune roi Malcolm.
- La reprise de la belle traduction de M. Jules Lacroix fait le plus grand honneur au théâtre de l’Odéon.
- Qu’il me soit permis de dire un mot de la réouverture de la Renaissance.
- Ce théâtre a fait une brillante entrée de saison avec la reprise du Procès Vaur adieux, de MM. Delacour et Hennequin. Il y a dix ans que cette charmante comédie fut jouée au Vaudeville par une troupe d’été. Elle obtint un succès inattendu et fit ensuite son tour du monde. On croyait avoir sous la main une babiole, pas du tout, on avait un petit chef-d’œuvre. Aussi M. Samuel a-t-il fait un coup de maître en reprenant ce Procès qui, contrairement à ceux qui se plaident dans le temple de Thémis, lui fera gagner de l’argent. Saint-Germain reprenait le rôle qu’il avait créé jadis, et l’on peut dire que l’inimitable Fauvinarda bien mérité les bravos qu’il a si bien enlevés ; c’est sur lui, en effet, que repose toute la pièce, il est aujourd’hui l’âme de la Renaissance. Mlle Beaumaine est bien le type delà Parisienne ; rappelez-vous le Voyage en Suisse ; eh bien ! sa gracieuse personne séduit toujours le public, que se soit aux Variétés ou à la Renaissance. Hyacinthe, autre transfuge, possède toujours, malgré son grand âge, la vertu comique qu’il a apporté du Palais-Royal.
- Voilà une bonne campagne d’entreprise ; continuez dans cette voie, cher directeur, aimables acteurs.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture,6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18> a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 27 Septembre 1885. NUMÉRO 39.
- SOMMAIRE :
- i. Les Expositions et les inventeurs; 2. Exposition internationale de Calcutta; 3. L’Exposition de la Nouvelle-Orléans; 4. Les fabriques de la Nouvelle-Orléans; 5. Les invités français en Hongrie ; 6. Exposition industrielle de Beauvais ; 7. Echos ; 8. Note sur le commerce étranger en Chine ; 9. Histoire de la poste aux lettres ; 10. Les Livres ; 11. Exposition universelle d’Anvers: Communication; 12. Les Concours régionaux agricoles de France en 1885 ; i3. Les Théâtres.
- LES
- EXPOSITIONS & les INVENTEURS
- (20 article)
- (Voir le Moniteur du 20 septembre 188S}
- Il est à désirer que, dans une question qui intéresse à si haut degré toutes les' nations industrielles, une entente commune intervienne. Au lieu de décisions isolées, prises par les deux gouvernements à l’occasion de circonstances particulières, il faudrait qu’une convention internationale fût conclue entre les différents Etats qui figurent habituellement aux expositions. Leurs nationaux verraient leurs droits garantis par une législation positive et permanente.
- Une tentative a déjà eu lieu en ce sens, mais il s’en faut qu’elle ait produit tous les résultats sur esquels on était en droit de compter. Voici dans Iquelles circonstances elle s’est produite :
- En 1878, pendant l’exposition universelle internationale de Paris, un congrès international de la propriété industrielle fut tenu', au Trocadéro, du 5 au 17 septembre, sous la présidence de M. Z. Bozérian, sénateur. En dehors des délégués de la France, ce congrès comprenait ceux de l’Allemagne, de l’Espagne, des États-Unis, de la Hongrie, de l’Italie, du Luxembourg, de la Norvège, de la Russie, de la Suède et de la Suisse. Il avait donc, on le voit, par la diversité de ses éléments, toute l’autorité nécessaire, pour traiter une pareille question. Il fut pris les résolutions sui-, vantes, et le congrès adopta les quatre propositions suivantes, qui portent les numéros 5 à 8 des résolutions votées par lui, pour les « questions générales » :
- i° Il y a lieu d’accorder une protection provisoire aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels, ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce figurant aux expositions internationales, officielles ou officiellement autorisées ;
- 20 La durée pendant laquelle sont protégés les inventions, marques, modèles et dessins figurant aux dites expositions internationales doit être déduite de la durée totale de la protection légale ordinaire, et non lui être ajoutée ;
- 3° La protection provisoire accordée aux inventeurs et auteurs, industriels qui prennent part auxdites expositions internationales, devrait être étendue à tous les pays qui sont représentés à ces expositions ;
- 40 Le fait qu’un objet figure dans une exposition internationale ne saurait faire obstacle au droit de saisir réellement cet objet s’il est argué de contrefaçon.
- Ces propositions votées par le. Congrès donnent lieu à quelques courtes observations.
- Il faut remarquer, tout d’abord, que la protection spéciale que le Congrès a réclamée pour les inventeurs s’appliquerait seulement à ceux qui prendraient part aux expositions internationales •créées, patronnées par le gouvernement, ou au moins autorisées par lui ; c est ce qu il faut entendre par les mots « officielles ou officiellement autorisées » • en outre, en raison de son caractère, le Congrès’ n’aurait à donner son avis que sur les expositions internationales.
- D’autre part, il était juste-de convenir que le temps pendant lequel un inventeur serait protégé par le certificat qu’il se ferait délivrer à l’occasion d’une exposition, ne s’ajouterait point au temps de'
- durée du brevet régulier qu’il pourrait demander ensuite : il en serait résulté un privilège inadmissible, par suite duquel cet inventeur aurait, en réalité, bénéficié d’une protection de 16, 17 ou 18 ans, tandis que le titulaire d’un brevet ordinaire n’est protégé que pendant i5 ans. Ce serait là une inégalité contre laquelle le Congrès a bien fait de mettre en garde les futurs législateurs.
- La troisième révolution a eu pour objet de prévenir un danger possible : si le certificat demandé par l’inventeur exposant lui permettait de prendre plus tard un brevet dans le pays où il avait exposé, sans qu’on pût lui opposer qu’il avait lui-même divulgué son invention, cette objection aurait pu lui être faite s’il avait voulu obtenir un brevet dans un autre pays.C’est en prévision de cet inconvénient que le Congrès a adopté, avec raison, cette proposition.
- Quant à la quatrième, très brillamment soutenue par M. Bozérian, président du Congrès, elle a eu trois buts : d’abord, remplacer par la saisie réelle des objets contrefaits la simple saisie par description, souvent à peu près impraticable, surtout quand il s’agit de modèles ou de dessins de fabrique. Ensuite, il était nécessaire de donner aux victimes des contrefaçons le droit de pratiquer une saisie dans l’intérieur même des expositions, ce que certaines administrations avaient souvent refusé ; il fallait enfin établir bien nettement au point de vue de la responsabilité d’une contrefaçon, la complète assimilation des étrangers et des nationaux.
- En somme, les résolutions votées par le Congrès de 1878 sont incontestablement très équitables ; elles peuvent, en tous cas, servir de point de départ à une législation internationale.
- Quoi qu’il en soit, et bien que, en ce qui concerne la France, la loi de 1868 puisse être, à la rigueur, suffisante, il est à souhaiter que, à l’occasion d’-une prochaine exposition, la question soit reprise au point de vue international ; le gouvernement qui en prendra l’initiative fera vraiment oeuvre utile et méritoire.
- Henry Duhamel.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE CALCUTTA
- 1S83—S^4
- Cette Exposition, qui a pourtant eu un grand succès, a été très peu connue en Europe, et cela s’explique facilement par la manière précipitée avec laquelle elle a été organisée et le peu de publicité qui lui a été donnée.
- Son historique n’en est que plus intéressant.
- A la fin de 1882, M. Jules Joubert un Franco-Australien qui avait déjà installé plusieurs Expositions en Australie, est venu demander au vice-roi de l’Inde de lui permettre de faire une Exposition internationale à Calcutta, à ses risques et périls, sous le patronage du gouvernement.
- Quoique de prime abord cette proposition ait parue insensée, l’autorisation demandée a été obtenue en janvier 1884 et le gouvernement de l’Inde et surtout celui du Bengale ont donné tout l’appui nécessaire, et c’est grâce à leur puissant concours et à l’énergie et au talent d’organisation de M. Joubert que cette Exposition qui a été ouverte au public le 4 décembre 1883 (dix mois après avoir été admise en principe) a donné des résultats aussi remarquables.
- Malheureusement le gouvernement de l’Inde par la position particulière qu’il occupe vis-à-vis du gouvernement anglais, ne pouvait pas communiquer directement avec les gouvernements étrangers et les inviter officiellement à participer à cette exposition ; l’Angleterre de son côté, qui ne prévoyait pas le grand succès qu’obtiendrait cette entreprise, n’a voulu prendre aucune responsabilité et n’a même pas envoyé de commission officielle pour représenter le gouvernement delà métropole.
- Les seuls représentants officiels à l’Exposition de Calcutta, en dehors de ceux de l’Inde elle-même, étaient les commissaires australiens et ceux de Cochincliinè, du Tonkin, de Java et de'Maurice.
- Les pays qui ont exposé sont les suivants :
- Angleterre,
- France,
- Belgique,
- Italie,
- Allemagne,
- Autriche,
- Suis-se,
- Hollande,
- Turquie,
- Amérique,
- Japon,
- Australie,
- Ceylan,
- J a v a,
- Guyane anglaise, Cochincliinè, Tonkin, Ile-Maurice.
- La superficie totale de l’Exposition était de 67 hectares.
- L’emplacement occupé par plus de 100,000 produits exposés, représentés par 2,500 exposants, était de 26,000 mètres carrés.
- Le nombre des visiteurs a dépassé un million, et 1,953 abonnements, pour la durée de l’Exposition, dont le prix variait de 20 à 50 francs, ont été pris.
- La moyenne des entrées par jour a été de 6,277 et elle dépasse celles des Expositions de Melbourne et de Sydney qui étaient de . 5,214 et 4,184 seulement.
- Un jour entre autres, le 10'déceinbre, 16,183 personnes ont visité l’Exposition. Un fait remarquable pour l’Inde, où les femmes d’une certaine classe se montrent rarement au public, s’est produit par la visite à l’Exposition de plus de 100,000 femmes indigènes.
- Suivant l’usage anglais, l’Exposition était fermée au public le dimanche. Mais le gouvernement avait toléré pour ce jour-là, l’admission des femmes natives de haute classe, qui en profitaient pour y aller sans courir le risque d’être trop vues.
- Les prix d’entrée étaient pour le mercredi : Une roupie (deux francs) et pour les autres jours : quatre annas (cinquante centimes).
- La moyenne du prix payé par les exposants pour l’espace occupé par leurs produits était de 20 francs par mètre carré.
- Le coût total de l’Exposition a été de 900,000 francs seulement et le total des recettes a excédé celui des dépenses suffisamment pour permettre au Gouvernement, qui avait fait les premières avances de.fonds, de rentrer dans tous ses déboursés et à M. Joubert, le promoteur et commissaire général, de réaliser un profit raisonnable pour son temps et ses peines. Cette Exposition peut donc être con-
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- 3io. — Première Année. — N° 3().
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q
- Dimanche 27 Septembre i 88d.
- .sidérée, ajuste titre, comme celle qui a coûté le meilleur marché parmi les autres entreprises coloniales du même genre.
- Grâce au climat indien, elle n’a pu rester ouverte que pendant 96 jours et a admis dans son enceinte 1,000,000 de visiteurs, tandis que celle de Sydney, qui a été ouverte au public pendant 217 jours, n’a pu enregistrer que 1,117,000 entrées.
- L’Exposition de Calcutta, après avoir dépassé les dépenses de toute nature, a laissé un bénéfice, tandis que le reliquat de celle de Sydney a été un déficit de 264,244 livres sterling (6,606,100 francs).
- L’on peut ajouter que, sans rien coûter au Gouvernement indien, elle a occasionné une augmentation de recettes dans les chemins de fer de l’Inde de 2,200,000 !
- Les récompenses accordées par le jury consistaient en :
- 699 médailles d’or ;
- 1181 — d’argent;
- 650 — de bronze ;
- 612 mentions honorables.
- La partie la plus intéressante de l’Exposition était évidemment la section indienne et l’on ne s’arrachait qu’à grand’peine du spectacle merveilleux que présentait cette agglomération de tapis d’une richesse inouïe,de châles, decachemyr et d’agra ; de soieries d’une variété infinie ; de mousselines de Dacca d’une finesse sans pareille ; des travaux si délicats en filigrane d’argent de Cuttack ; des ivoires de Musheradabad, des broderies or et argent de Delhi ; des objets d’art en cuivre ciselé et repoussé de Bénarès, .Teypore, Luchnorr, Lahore, etc. ; des sculptures sur bois de Birmanie, et enfin des collections merveilleuses d’armes indiennes de toute antiquité, et de bijoux d’une richesse et d’une originalité remarquables, prêtées par tous les princes et et rajahs de l’Inde.
- Il ne faut pas oublier de mentionner l’annexe la plus considérable qui contenait la collection de toutes les matières premières et tous les produits du sol de l’Inde entière réunis et classés par les soins du gouvernement du Bengale et qui était tout simplement un chef-d’œuvre du genre.
- On remarquait aussi beaucoup la section du Bengale dans laquelle se trouvait l’exposition des fabricants et des industriels de Calcutta, et où l'on voyait accumulées les preuves du degré de perfection auquel on a. pu amener la main-d’œuvre entièrement indigène ; les riches mobiliers de MM. Lazams et Cie, MM. Edmond et Cieet les voitures de tout genre de MM. Dylees et Cie, Eastmau et Cie pouvaient rivaliser pour l’élégance et surtout pour la, solidité avec ce qui se fait de mieux en Europe.
- Les produits exposés des grandes et nombreuses filatures de jute et de coton et des autres industries variées du pays montraient ce que les capitaux européens peuvent faire produire à des milliers d’ouvriers indigènes guidés par un nombre excessivement restreint de surveillants européens ou sangs mêlés.
- Un des exemples les plus remarquables de la persévérance qui caractérise le caractère anglais était représenté à l’Exposition par MM. Burn et C°, la maison de construction la plus importante de l’Inde anglaise, et qui depuis près d’un siècle s’est distinguée dans tous les travaux publics indiens : chemins.de fer, canaux, constructions de toute espèce, et dont les ateliers à Calcutta emploient 3,000 ouvriers indigènes (forgerons, ajusteurs, fondeurs, mécaniciens, charpentiers etc.).
- MM. Burn et C° fabriquent : des machines de tout genre mais surtout celles que leur simplicité fait préférer aux natifs du pays, des bateaux à vapeur, chaudières, matériel roulant de chemins de fer, ponts en fer, etc., etc.
- Les produits de leur fabrique de poterie à Raucegunge ont _ pu rivaliser à l’Exposition avec ceux des meilleurs fabricants anglais, et
- leurs tuyaux de conduite d’eau et de drainage et leurs briques réfractaires ferment déjà presque entièrement le marché indien aux produits étrangers de cette espèce.
- Parmi les Expositions, coloniales, celle de l’Australie tenait le premier rang, était très intéressante et démontrait d’une manière éclatante le développement prodigieux que ses colonies ont pris, comparativement au nombre d’années si minime qui s’est écoulé depuis leur création.
- Le résultat de leur Exposition à Calcutta s’est déjà fait sentir par l’ouverture de nouveaux débouchés et d’une ligne directe de bateaux à vapeur entre l’Inde et l’Australie.
- Parmi les nations européennes, l’Angleterre tenait naturellement la plus grande place et MM. Dihvorth et Savage, qui représentaient la presque totalité des exposants anglais, méritent que l’on mentionne leur nom pour la manière intelligente avec laquelle ils avaient organisé la section de la Grande-Bretagne.
- La section française, malgré son petit nombre d’exposants, a obtenu les récompenses suivantes :
- 7 médailles d’or.
- 17 — d’argent.
- 20 — bronze.
- 9 mentions honorables.
- Beaucoup d’autres récompenses ont été en en outre accordées à des produits français qui se trouvaient exposés par des maisons, étrangères et n’étaient pas dans la section française proprement dite.
- Dans cette dernière on a surtout remarqué les vitrines de la maison Lemaire, de Paris, lorgnettes de théâtre, jumelles, etc.; la maison Fretin, de Paris, chaussures de tout genre ; MM. Challiol et Chalmettant, de Lyon, soieries; et MM. Joseph Perrier et Cie, vins de Champagne.
- Dans l’annexe consacrée aux machines, qui était sans contredit la section la plus intéressante et la plus complète des productions européennes, on ne remarquait malheureusement qu’une seule machine de fabrication française : c’était une pompe de M. Pyat, de Paris, mais grâce à sa simplicité et à son bon rendement elle a obtenu la plus haute récompense, un certificat de. Ire classe et une médaille d’or.
- Si la France était représentée d’une manière aussi sommaire, grâce à la précipitation avec laquelle cette Exposition avait été organisée, elle prenait sa revanche du côté de ses colonies.
- Le Gouvernement de Cochinchine trouva le moyens dans un très bref délai-de réunir assez de produits divers pour représenter la colonie à l'Exposition de Calcutta de manière à beaucoup attirer 1’attention des visiteurs.
- Grâce au concours intelligent de M. Moquin Tandon, commissaire général de Cochinchine, M. Maréchal, qui avait été envoyé de Saïgon, comme architecte, etM. B. Cabasse, commissaire du Tonkin, un bâtiment spécial dont l’organisation témoignait du bon goût français a été construit, sous la direction de M. Maréchal, pour recevoir les produits de la Cochinchine, du Cambodge, de l’Annam et du Tonkin.
- Llndo-Chine avait fourni 360 exposants et ils ont obtenu les 165 récompenses suivantes : 16 médailles d’or,
- 44 — d’argent,
- 51 — de bronze,
- 54 mentions honorables.
- Parmi les objets exposés on remarquait les riz, soies écrues et travaillées, graines oléagineuses, épices, café, médecines et drogues du Tonkin, meubles sculptés avec des incrustations excessivement délicates de nacre ; poteries de Cai-Mai, près de Cholon (Cochinchine qui sont de très bonnes imitations de produits chinois. Une riche collection de bois de Cochinchine et du Cambodge.
- On a aussi remarqué les échantillons d’une nouvelle industrie que le Gouvernement fran-
- çais essaye de développer en Cochinchine : la fabrication de l’indigo: celui que l’on a exposé a été reconnu être de bonne qualité et-valoir 16 fr. 25 c. le kilogramme.
- L’Exposition du Tonkin renfermait aussi une collection très intéressante de statues de-divinités boudhistes en bois dorés et laqués,, de bronzes anciens et modernes.
- L’Exposition de Calcutta aura prouvé dans tous les cas à ceux qui ont voulu étendre sérieusement la question que tous les produits du sol qui font la richesse de la plus belle province des Indes anglaises, le Bengale, se cultivent déjà ou peuvent être cultivés au Tonkin et donner les mêmes résultats au point de vue commercial, quand les voies de communication, chemins de fer, canaux et routes, auront été ouvertes au trafic et quand des travaux d’irrigation similaires à ceux du Bengale auront été entrepris.
- Une nouvelle Exposition internationale aura lieu dans l’Inde, à Bombay, probablement en 1887, etcomme elle promet d’être beaucoup plus importante que celle de Calcutta, elle sera très intéressante à visiter et à étudier pour ceux qui s’intéressent à l’avenir des nouvelles Colonies françaises, surtout s’ils veulent en profiter pour étudier consciencieusement le système remarquable de l’administration anglaise dans l’Inde au point de vue politique et surtout commercial.
- P. Déjoué.
- L’EXPOSITION
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- La Commission française a reçu le documeni suivant :
- « A toutes les femmes,
- La direction de l’Exposition de l’Amérique du Nord, du Sud et de l’Amérique Centrale, qui doit ouvrir à la Nouvelle-Orléans le 10 novembre r885, désirant sincèrement aider le progrès de la femme, a décidé d’exposer, à côté des produits de la terre et de l’industrie de l’homme, les industries domestiques, artistiques, littéraires et inventives de la femme. Ces productions seront soumises exactement aux mêmes règles qui gouvernent celles des hommes et seront étalées, comme faisant partie de l’Exposition nationale, dans l’espace occupé par le pays de l’exposant; ou les exposants peuvent faire application individuellement à la direction pour tel espace qui leur sera nécessaire. Dans le cas de non-représentation générale de la nation à laquelle appartiendrait l’exposant, les femmes de la Louisiane recevront cordialement les productions individuelles dans l’espace occupé par les travaux des femmes de la Louisiane.
- Les femmes américaines ont donné bien des preuves de leur habileté, qui les ont mises en concurrence avec les hommes dans toutes sortes d’inventions. Les écoles d’art et de décoration ont fait grand bien dans notre milieu. Mais les Européennes, entourées, comme elles le sont, dès l’enfance, de merveilles de beautés artistiques, animées d’un sincère esprit de mission , peuvent nous envoyer des échantillons de peintures, modèles, découpures, décorations, ouvrages à l’aiguille, dentelles, enfin les innombrables beaux ouvrages dans lesquels les femmes européennes excellent. Plus curieux et intéressants seront les travaux des femmes de pays moins célèbres par leur industrie féminine. Â l’Exposition universelle de l’année dernière à la Nouvelle Orléans, de fines broderies, des tissus en soie, laine et coton faits sur métier, des ouvrages en osier et en perles, des dentelles rares et d’un travail minutieux, des ouvrages à la main des femmes du Mexique et de l’Amérique centrale, attirèrent universellement l’intérêt et l’admiration.
- Nous espérons voir, cette année, les trois Amériques entrer en compétition avec l’Europe, l’Asie et l’Afrique pour la variété et la perfection des ouvrages de femmes. La valeur commerciale des grandes Expositions, en faisant connaître les productions des différents pays de l’un à l’autre, est simplement incalculable. La Nouvelle-Orléans avec sa population française, espagnole, américaine et africaine, située comme elle l’est, aux portes de l’Amériq'ue du Nord et de l’Amérique-Centrale unit aisément et naturellement les peuples du continent nord et sud, de l’Amérique centrale et du centre de l’Europe. Les femmes de
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Septembre i885. — 3n.
- tous les pays du monde sont sollicitées à profiter des rares privilèges offerts par l’Exposition Américaine.
- Madame J.-G. Nixon,
- Surintendante générale des ouvrages de femmes en Louisiane, Exposition américaine, Nouvelle-Orléans, Etats-Unis d’Amérique.
- Nouvelle-Orléans, le 26 août 1885.
- A sa prochaine séance, la commission étudiera les voies et moyens capables d’amener la participation des femmes de France à l’Exposition internationale américaine.
- Pour plus amples renseignements, s’adresser au siège de la commission française, 39, rue Caumar-tin, Paris.
- LES FABRIQUES
- DE
- LÀ NOUVELLE-ORLÉANS
- On sait que les fabricants et manufacturiers de la Nouvelle-Orléans ont pris la sage résolution de la prochaine exhibition collective de leurs produits à la prochaine Exposition — ce qu’ils avaient négligé ou dédaigné de faire, l’hiver dernier, et dont nous n’avons jamais pu nous expliquer la raison. Sont-ils en état d’y figurer honorablement et de lutter victorieusement, sinon avec les grands centres manufacturiers du Nord, tels que Philadelphie, Pittsburg, New-York, au moins avec les villes du Sud qui font un si pompeux étalage de leurs fabriques de date récente et remplissent les colonnes des Revues économiques de l’Union du récit de leurs progrès industriels? Telle est la question que pose l’Abeille de la Nouvelle-Orléans. Voyons quelle est la réponse.
- Nous avons d’autant plus raison de nous renseigner à ce sujet que, pendant que les journaux du dehors s’occupent constamment de ce qui se produit dans les autres Etats de notre section, ils ne disent pas un mot de ce qui se passe chez nous. Nous en sommes encore à chercher la cause véritable de cet étrange silence. Nous ne Sommes pas si dépourvus qu’on le pense de fabriques, grandes et petites, et c’est par centaines que nous pouvons compter les établissements où l’on travaille et transforme la matière première.
- Ce ne sont pas précisément les filatures qui fourmillent le plus à la Nouvelle-Orléans ; nous devrions en avoir une vingtaine, et elles se réduisent à trois : la filature Maginnis, la filature Lane, la filature Ghalmette ; seulement, elles sont considérables et établies sur un grand et bon pied.
- La première fait marcher 18,000 broches et 460 métiers ; son capital est de 8,5oo,ooo liv. ster. La seconde a 10,000 broches en mouvement et son capital s’élève à près de 8,400,000 liv. sterl. Elles font de belles étoffes qui se placent facilement et à un bon prix : des toiles à voile et des articles pour chemises, fort recherchés.
- La troisième,celle de Ghalmette, a 3,3oo broches et 60 métiers. Ges établissements emploient 800 personnes, hommes, femmes et enfants.
- La Nouvelle-Orléans possède aussi deux magnifiques raffineries qui peuvent rivaliser avec les plus vastes de New-York et de la Nouvelle Angleterre. La raffinerie Louisiana et la raffinerie du Planteur absorbent un capital de 8,800,000 liv. sterl. et peuvent produire 2000 barils de sucre de première qualité, par jour.
- L’industrie du tabac est une des plus prospères de la cité dù Croissant, où l’on manufacture le tabac à fumer, le tabac à chiquer, le tabac à priser, les cigares et les cigarettes. On compte ici 7 grandes fabriques qui emploient plus d’un millier d’ouvriers et no établissements où se font le cigare et la cigarette. Dans l’année fiscale expirée le 3o juin, il a été fabriqué 3g,304,174 cigares et 8, i83,511 cigarettes. Les exportations se sont élevées à 75,200 pour les cigarettes. Pour le tabac à fumer, le chiffre est de plus de 2,000,000 de livres, par an. L’exportation se fait dans l’Union, en Europe, dans l’Amérique Centrale et dans l’Amérique du Sud,. L’industrie emploie près de 3,000 personnes, hommes et femmes.
- Le riz est un de nos plus importants produits agricoles ; aussi les moulins à riz sont-ils nombreux à la Nouvelle-Orléans. Il y a cinq ans, nous n’en possédions que 5; nous en avons aujourd’hui i3. Ce sont les moulins des Planteurs, David, Brook, American, Mariposa, Louisiana, Stonewal, St-Louis, des Marchands, Levy et Foerster. Ges établissements ont un capital de 8,5oo,ooo et emploient de 3oo à 400 travailleurs. Ils peuvent faire de 1800
- à 2000 barils de riz parfaitement écalé en 24 heures. Ils ont reçu, l’an dernier, 333,6g3 sacs de produit brut et livré au commerce 202,i3i barils de riz propre à la consommation. Ils comptent en travailler, dans la saison qui commence, 800,000 sacs ; ils feront, cette année, de grosses affaires, vu l’importance de la récolte.
- La fabrication d’huile de coton est une des industries qui sont appelées au plus brillant avenir. L’usage de l’article se propage de plus en plus dans le monde et, si nous en.croyons les rapports qui nous arrivent du Nord, il y a une tendance marquée à la substituer à la graisse dans la cuisine domestique. Nous avons six manufactures dont voici les noms : fabrique d’huile et de savon Maginnis; fabrique Bienville, Louisiana, Crescent, Union,Garrollton.il y a à peu près 1,000,000 liv.str. placés dans ces six établissements qui consomment, par an, plus de 100,000 tonnes de matières premières, valant i,5oo,ooo liv. str. àl’entrée en fabrique, et près de 3,000,000 liv. str. à la sortie. Les produits sont, outre l’huile, les tourteaux, les savons, les engrais, dont il se fait une énorme exportation dans le Sud et en Europe.
- Le nombre des employés est de près de 1,000.
- Encore une industrie appelée à un grand avenir — celle de la jute. Il se fait aux Etats-Unis, surtout dans le sud, une prodigieuse comsommation de la toile d’emballage ; malheureusement la matière première lui manque encore. Le jour où nos planteurs se détermineront à cultiver la plante, non seulement ils feront une bonne affaire, mais ils contribueront à développer une fabrication très utile et très rémunératrice. Nous n’avons qu’une manufacture de jute — celle du Crescent, rue St-Ferdinand, troisième district. Elle a été fondée par une compagnie au capital de i5o,ooo liv. str. ; elle produit 2,5oo pièces de toile d’emballage par mois et emploie 200 ouvriers et ouvrières.
- La fabrication de la glace est encore une des principales industries de notre métropole. Nous en avons déjà trois manufactures ; nous en aurons bientôt une quatrième, d’une capacité dey5 tonne§ par jour. Les trois existantes ont un capital de 600,000 liv. str. et produisent plus de 5o,ooo tonnes par an. Le nombre de leurs employés est de 175 à 200.
- La glace se vend maintenant, à la Nouvelle-Orléans, 8 liv. str. la tonne — aussi bon marché que dans toutes les villes de l’Ouest.
- Un docteur s’est imaginé, dernièrement, de prouver que la bière est cent fois plus nuisible à la santé que le whisky. Notre population semble n’être pas de cet avis, puisqu’elle tend de plus en plus à s’affranchir du joug de la boisson nationale pour se placer sous l’allégeance de Sa Majesté Gambrinus.
- Nous avons, à présent, huit brasseries considérables, pouvant faire, chacune, 5o barils par jour. Les deux principales sont la Southern et la Louisiana. La première au capital de 100,000 liv. st., la seconde, de 400,000 liv. st. L’une emploie 75 hommes, l’autre 100. La dernière livre à la consommation 1,200 barils par semaine ou 62,400 par an.
- Ce que l’on ne sait pas assez, c’est que l’industrie du fer est fort bien représentée dans notre métropole. Nous avons une vingtaine de fonderies et d’ateliers de machines qui emploient un millier d’ouvriers habiles, dont quelques-uns sont des ingénieurs de talent. Parmi ces fonderies, plusieurs se distinguent ; celles de Leeds, de Shaks-peare, de Whitney et d’Edwards, qui sont outillées de façon à entreprendre des travaux très importants. Les autres ateliers, aux proportions plus modestes, n’en sont pas moins très bien dirigés.
- Citons encore les fabriques de boîtes ; celle de Kern qui occupe un grand nombre d’ouvriers et peut expédier 3,000 boîtes de cigares par jour; celles d’Otis, d’Huye et Vashburne, de Luckner, qui, ensemble, donnent de l’ouvrage à plus de 3oo ouvriers. Les manufactures de savon, au nombre de douze. Quelques-unes, surtout celle de Keller, sont importantes et en état de manufacturer et d’expédier 600 caisses de savon par jour; celle de Maginnis, qui en produisent 76,000 par an ; celle de Doussan, rue de Chartres. Il se fait ici des savons très fins, très recherchés, qui s’exportent au Mexique et dans l’Amérique Centrale.
- On aurait tort de ne pas mettre en ligne de compte nos scieries, dont quelques-unes sont^con-sidérables ; nos fabriques de portes, de fenetres, de châssis. Elles abordent un capital de près d un million et occupent des centaines d ouvriers. Nous en connaissons une quinzaine qui sont
- toujours en activité et ce font les unes aux autres une rude concurrence.
- Puis viennent les fabriques de soda, d’eau de seltz, d’eaux minérales. Il y en a au moins douze, sans compter les pharmacies qui en font presque toutes, pour leur usage personnel et celui de leurs clients. Ajoutez à tout cela les fabriques de bouchons, de pâtes d’Italie, de sirops, de cordiaux, de mousse, de conserves, de citernes, de meubles, d’articles de sellerie, de matelas, de cordages, de paniers, de briques, de tuiles, de boîtes à conserves, de fruits et de légumes, de liqueurs, de balais, de modèles de broderie, de malles, de vinaigre, de cannes, qui donnent des moyens d’existence à nous ne savons combien de milliers de travailleurs des deux sexes. Nous en passons une foule d’autres,qu’il serait trop long d’énumérer.
- Et l’on dit qu’il n’y a pas d’industries à la Nouvelle-Orléans ! Elles y foisonnent, au contraire, mais nous ne savons ni les vanter comme elles le méritent, ni leur conquérir la place qui leur revient de droit. Ah ! si nous le voulions bien, comme nos vingt mille ouvriers de fabriques doubleraient, tripleraient vite et transformeraient notre ville qui languit, en un centre plein de mouvement, de vie, d’animation, où l’argent circulerait aussi rapidement, aussi abondamment qu’à New-York ou à Philadelphie!
- Tout cela est parfaitement ignoré au dehors ; faisons-le savoir. Nous en avons une magnifique occasion ; sachons-en profiter, et nous en serons largement récompensés.
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- III0 ARTICLE
- (Voir le Moniteur du 20 septembre 1885).
- Vers midi nous rentrons dans Pesth pour déjeuner à la « Redoute », vaste édifice richement décoré appartenant à la municipalité.
- A une heure, nous remontons en bateau pour aller visiter les travaux de la régularisation du Danube, du pont du chemin de fer et de l’élévateur.
- A 4 heures, nous débarquons à l’entremité nord de l’Ile-Marguerite, ce coin enchanté, jeté, a dit si bien Goppée, comme un bouquet parfumé entre les deux rives du fleuve.-
- Nous visitons les bains; nous goûtons l’eau sulfureuse qui nous est gentiment offerte par les orphelines d’un asile établi dans l’île même ; nous nous promenons par groupes dans des parterres émaillés de fleurs, autour de pelouzes du vert le plus tendre, à l’ombre de platanes séculaires.
- Un petit tramway nous mène en quelques instants à l’autre extrémité de l’ile où un banquet nous est offert par les soins de l’archiduc François-Joseph. Dîner charmant et inoubliable ! Une table pleine de fleurs, des mets délicats, des vins exquis, une musique tour à tour passionnée ou languissante, gaie ou triste, mais toujours pénétrante et, dans une galerie à nû-hauteur de la salle, une couronne de jolies femmes en toilettes claires, s’interrogeant en nous montrant dù doigt et nous dévorant de leurs lorgnettes; nous leurs jetons des roses, elles nous répondent par des sourires et cette bataille de fleurs np prend fin qu’avec le repas.
- A 8 heures, nous nous rendons à l’Opéra royal; c’est un théâtre de construction récente dont l’extérieur est très élégant et l’intérieur fort bien aménagé ; le foyer spacieux est orné de peintures des plus gracieuses ; la salle est décorée avec un luxe discret du meilleur goût et admirablement éclairée ; les couloirs sont larges ; les sorties nombreuses; la scène est grande ; les coulisses et les praticables bien entendus ; il n’y a pas de foyer de la danse. La mise en scène a été très réussie.
- Nous devons entendre la Coppelia, de Delibes, les Scènes Pittoresques et le 6mo tableau de YHérodiade, de Massenet.
- Une triple salve d’applaudissements annonce l’entrée de Delibes à l’orchestre, il salue, s’assied, prend son bâton ; mais alors les applaudissements redoublent, il est obligé de se lever, de se tourner et de saluer encore ; le même manège se répète à plusieurs reprises, mais enfin le rideau se lève, le bruit s’apaisse.
- Cette soirée n’a été pour nos compositeurs qu’une longue suite d’ovations ; tous deux ont été
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- rappelés à plusieurs reprises, couverts de bravos et de fleurs par un public enthousiaste. Les Scènes pittoresques, jouées d’une façon délicieuse par un orchestre hors ligne, ont été redemandées malgré la longueur du spectacle. Familiers avec le succès, habitués aux triomphes, touchant à la gloire, Massenet et Delibes étaient pourtant fortement émus et conserveront certainement de cette représentation un profond souvenir.
- Sur une des places de Buda-Pesth, presque au bord du fleuve, dans un petit square, sur un socle élevé se dresse la statue de Petofi, le grand poète national. Je ne sais lequel d’entre nous eut l’idée de faire une manifestation solennelle et de couronner de fleurs cette statue d’un héros des guerres de l’Indépendance ; mais je sais que l’idée fut adoptée avec enthousiasme : un hommage à Petofi c’est un hommage à tous les cœurs hongrois, à la nation, à la race magyare ; et quel meilleur moyen d’affirmer hautement notre profonde gratitude non seulement à cette partie éclairée de la nation hongroise qui nous a invités dans ce beau pays, mais encore à cette foule qui nous fait, cortège, nous saluant, nous acclamant partout sur notre passage, mais encore à ce peuple qui s’ingénie par les plus délicates attentions à nous témoigner son ardente sympathie!
- On a gardé en Hongrie un véritable culte pour la mémoire de Petofi, et ces quelques détails biographiques empruntés à l’article de M. A. Baden, dans la Revue politique et littéraire du 3 septembre, vous le feront facilement comprendre.
- « Il faut avoir lu dans la Révolution en Hongrie de Daniel Iranyi le rôle capital héroïque-joué par Petofi aux premières heures du soulèvement de la Hongrie pour s’expliquer l’immense popularité qui s’attache encore aujourd’hui à son nom.
- « Comme Camille Desmoulins au Palais-Royal ce fut Petofi qui déchaîna et entraîna avec l’aide de trois autres jeunes gens, Vasvari, Jokay et Bulyovsky, le lion populaire hésitant et indécis dans la journée du 15 mars 1849. Ce fut lui encore qui sut formuler les aspirations de tout un peuple dans un hymne d’un souffle et d’un mouvement admirables, qui devint rapidement la Marseillaise des-Magyars.
- « C’est avec de tels accents que le poète souleva tous les cœurs d’un bout à l’autre de la Hongrie et que les forces de l’Autriche unies plus tard à celles de la Russie furent tenues en échec pendant plus de treize mois.
- « Alexandre Petofi avait alors 24 ans à peine. Fils d’un cabaretier boucher de la Puzta, il avait quitté l’école pour courir le pays avec une troupe de comédiens; puis il s’était fait soldat. Mais sa nature ardente et rêveuse s’accommodant mal du métier militaire, il avait quitté l’armée pour agir et chanter à sa guise. Démocrate dans l’âme et fervent adorateur de la liberté, il était admirablement préparé à son rôle d’apôtre et de poète révolutionnaire lorsque la révolution de février 1848 fit jaillir l’étincelle qui devait embraser l’Europe. Devenu en 24 heures l’idole de la population, Petofi accrocha sa lyre au mur et abandonna sa jeune femme et sa famille pour aller se battre. Elu capitaine dans un des bataillons de la milice nationale, il prit part à tous les combats qui furent livrés dans les provinces du bas Danube. Puis le général Bem, le vieux Bem qui commandait l’armée de Transylvanie, l’appela auprès de lui en qualité d’aide de camp et le 3i juillet 1849, à la funeste bataille de Segeswar qui fut le dernier acte de cette terrible guerre, le poète soldat disparut dans la sanglante mêlée. Son corps n’ayant jamais été retrouvé, une légende merveilleuse se forma autour de son nom. Le peuple ne peut pas se décider à croire qu’il est mort et s’attend toujours à le voir reparaître pour entonner encore une fois s’il le faut la Marseillaise de l’Indépendance.
- « On voit qu’en honorant la mémoire d’Alexandre Petofi, c’était à la Hongrie tout entière personnifiée dans son poète national et populaire, glorieuse incarnation du génie même de toute une race que nous rendions hommage. »
- Nous nous réunissons à dix heures au kiosque Hang’l en habit et cravate blanche ; le cortège se forme précédé d’agents de police à cheval chargés de nous frayer-un chemin à travers les rangs pressés d une^foule compacte. M. de Lesseps marche seul en tête suivi de M. Louis Ulbach, de M. François Coppée et du colonel Lichtenstein, puis vient la couronne, magnifique et gigantesque couronne de fleurs. naturelles, portée sur un brancard par une vingtaine d’entre nous ; les autres ferment la maiche , nous arrivons au monument.
- Dimanche 27 Septembre i8S5.
- M. de Lesseps en gravit les marches et adresse à la foule quelques paroles émues ; puis Coppée le remplace et, debout sur le socle, lit d’une voix vibrante ces strophes inspirées composées dans la nuit :
- A PETOFI
- Comme en quittant la bonne et généreuse hôtesse Qui lui fit place au feu dans la froide saison,
- Un pauvre voyageu-r pris soudain de tristesse Baise au front longuement l’enfant de la maison.
- Ainsi nous les Français, hôtes de la Hongrie,
- Vers toi, des (leurs en mains, nous sommes accourus, Soldat-poète, ô fils si cher de la patrie Qui pour elle chantas et pour elle mourus !
- Oh ! brûler de génie et périr à la guerre,
- Se dresser en airain et mourir sans tombeau !
- Mais je ne te plains pas et t’envie, ô mon frère Nul sort plus que le tien n’est héroïque et beau.
- A l’endroit où, le nombre écrasant ton courage,
- Tu mourus pour entrer dans l’immortalité,
- Aujourd’hui, j’en suis sûr, pousse un rosier sauvage,
- Poète de l’amour et de la liberté !
- Un rosier sauvage où vit encor ton âme Et, quand auprès de lui passent deux fiancés,
- Sa fleur, que l’amoureux donne à la jeune femme,
- Rend pins doux leurs serments et plus chauds leurs baisers.
- Et quand, par les beaux soirs le rossignol s’y pose,
- Le rossignol, ce libre et pur chanteur ailé,
- Il est comme enivré du parfum de la rose Il chante éperdûment sous le ciel étoilé.
- Un tonnerre d’applaudissements et d’eljens accueille la chute du dernier vers de Coppée; puis soudain tout se tait, les têtes se découvrent et du sein de la foule recueillie s’élève le chant national hongrois ; ce chant sacré, doux, grave, solennel, presque religieux, sortant de milliers de poitrines haletantes à l’adresse du soldat-poète, vibrant à mon oreille, éveille en ma mémoire ces vers de Victor Hugo qui s’appliquent si bien à Petofi, et qui semblent inspirés également par ces treize martyrs d’Arad, ces treize généraux fusillés victimes de leur amour pour la patrie et pour la liberté :
- Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
- Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.
- Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau,
- Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère,
- Et comme ferait une mère,
- La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau.
- Nous montons en voiture au milieu des acclamations d’un peuple en délire ; nous serrons chaleureusement les mains qui nous sont.tendues de toutes parts ; nous ne pouvons parler ; une émotion violente nous étreint à la gorge : nous pensons à nos morts ?
- On remet à chacun de nous une élégante boîte en chagrin renfermant trois médaillons en bronze, celui de Petofi, et ceux des deux autres grands poètes nationaux : Iranyi et Jokay, délicate attention d’une « Société pour la fabrication du bronze » en souvenir de la cérémonie du 12 août 1885.
- Nous devons quitter Pesth le soir même; nous passons l’après-midi en visites officielles ; nous nous égarons entre temps dans la cour d’un pnotographe qui en profite pour nous prendre en groupe (la photographie, très réussie, est exposée dans la salle des Dépêches du Figaro).
- Un banquet, le banquet des adieux, offert par la municipalité, nous réunit une dernière fois au restaurant Dobos,derrière le palais de l’exposition, Vous pouvez penser si les toasts se sont donné librement carrière? Mais tout a une fin, quand tout le monde a eu bien parlé, nous nous sommes dispersés pour aller faire nos paquets et une heure après un train spécial nous emportait vers les Carpathes.
- (A suivre.) Eugène Weismann.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- HORTICOLE, SCOLAIRE ET ARTISTIQUE
- de Beauvais en 1885
- Conférence de M. Armand S inval
- L'ALLIANCE FRANÇAISE
- M. Armand. S inval, qui nous avait déjà fait une conférence si intéressante sur la Russie est venu il y a deux semaines traiter dans la salle des- fêtes de l’Exposition un sujet tout différent. Les travaux qui suivent nécessairement la fermeture d’une exposition nous avaient empêché d’en parler plus
- tôt, mais mieux vaut tard que jamais, et le but que poursuivait M. Sinval en faisant cette conférence est trop élevé pour qu’il soit possible de la passer sous silence.
- Le conférencier nous a parlé d’abord des différents pays où le voyageur peut avoir la consolation d’entendre parler comme lui et il nous a montré la langue française comprise aux quatre coins du monde, du Japon au Congo, des Antilles à Madagascar, sans oublier le Canada où l’ôn célèbre tous les ans au 24 juin la fête franco-canadienne.
- Puis il nous a donné le revers de la médaille et nous a prouvé, chiffres en main malheureusement, que.cependant la langue française ne venait qu’en sixième rang dans l’empire du monde, après l’anglais, le russe, l’espagnol, le portugais et l’allemand !
- Or, M. Sinval ne veut pas entendre parler de ceux qui conseillent le statu quo ; il faut, dit-il, ne pas se contenter des territoires conquis par notre langue, mais tâcher d’en acquérir de nouveaux ; rester en place, c’est reculer, quand les autres avancent constamment. C’est dans ce but qu’une Société s’est formée, il y a deux ans, pour faire connaître et aimer notre langue dans nos colonies et dans les pays soumis à notre protectorat, seconder les missionnaires des divers cultes dans les contrées barbares, fonder des écoles, subventionner celles qui existent déjà, etc...
- Cette, société, étrangère à tout esprit de secte ou de parti,. puisqu’elle compte dans ses rangs MM. Billot, Gréard, Jourde, Lockroy, Nisard, Pasteur, de. Pressensé, Renan, Léon Say, Jules Simon, Taine, le marquis de Vogué, a jusqu’à ce jour obtenu un grand nombre de suffrages ; en quelques mois elle a recueilli plus de dix mille adhésions, grâce évidemment à son caractère essentiellement national et au prix modique de la cotisation, six francs par an.
- .Enfin, M. Sinval nous a raconté les efforts tentés jusqu’à ce moment par l’Alliance française, notamment en Algérie et en Tunisie, et, avec un accent convaincu que seuls ont ceux qui aiment bien leur pays, il a engagé les assistants à apporter leur petite pierre à l’œuvre commune. « Tâchons, a-t-il dit, de réaliser tous ensemble au profit de notre belle patrie la prédiction que faisait dernièrement, dans un autre sens, M. Gladstone : L’avenir du monde appartient à la race dont la langue est en train de faire la conquête du globe. »
- Cette conférence , toute bourrée de chiffres, n’offrait, peut-être pas pour tout le monde un aussi vit attrait que la première, si agréablement coupée de projections et de morceaux de musiques ; nous devons constater néanmoins qu’elle a été fort goûtée et que le public, par ses applaudissements, s’est associé de grand cœur à la propagande patriotique qu’avait entreprise le, conférencier.
- ÉCHOS
- Paris
- Sur la double proposition de M. Turquet, sous-secrétaire d’Etat aux beaux-arts, et de M. le directeur des domaines, la Société des artistes français vient de voir renouveler pour Tannée prochaine, la concession qui lui est faite du palais de l’Industrie, pour l’installation du Salon annuel.
- Les salles du premier étage seront mises à la disposition de la Société vers la fin du mois de février, à l’issue du concours général agricole, et le rez-de-chaussée huit jours après la clôture du concours hippique.
- M. le ministre des finances a fait dresser, à la suite de la conférence monétaire, un travail donnant la composition de la circulation monétaire de la T rance. Il résulte de cette enquête, à laquelle ont été employés plus de 20,000 comptables, que l'encaisse, en numéraire s’élève à 17.109.315 francs dont 11.860.430 francs en pièces d’or de 20 et de 10 francs, et 5,247,883 francs en pièces d’argent. Pour la France entière, l’or belge, italien, grec, suisse et austro-hongrois ressort à 1.229.300 fr. ; l’argent italien, belge, grec et suisse ressort’à 1,509.000 francs.
- Les travaux de la cour intérieure do la Bibliothèque nationale, viennent d’être repris. Ces nouveaux travaux •comprennent le pavage do la cour, 1 achèvement des trois perrons conduisant aux nouvelles salles du rez-de-chaussée, ainsi que l’aménagement de ces salles.
- O11 espère que dans deux mois cette partie de la Bibliothèque pourra être livrée à l’administration qui procédera immédiatement à l’installation de nouveaux services.
- Le bureau du conseil municipal a nommé, il y a quelques jours, sur la demande de l’administra-
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- Première Année. — N° 39.
- LE MONITEUR DÈ L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Septembre iSSb. — 3i3.
- tion, une commission provisoire de contrôle, chargée de veiller à la délivrance et à la répartition des fonds votés par le conseil en faveur do l’exposition ouvrière de 1886. MM. Curé, vice-président ; Millerand, secrétaire du conseil; Chabert, auteur; et Jacques, rapporteur do la proposition de subvention, ont été désignés comme membres et se sont mis immédiatement en rapport avec les délégués des chambres syndicales.
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- Un concours pour la nomination à cinq places d’internes titulaires en médecine, actuellement vacantes dans les asiles d’aliénés du département de la Seine (Sainte-Anne, Villejuif, Ville-Evrard, Vaucluse, Dépôt des aliénés près la préfecture do police), aura lieu à l’asile Sainte-Anne, le lundi 30 novembre.
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- Le Dépôt de la préfecture de police et la conciergerie vont être l’objet do travaux importants au point du chauffage et de la ventilation.
- Une première somme d’environ 50,000 francs sera affectée -à ces divers travaux qui seront terminés vers la fin de l’année.
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- Le Musée du Luxembourg fermera ses portes dans les premiers jours du mois d’octobre pour ne les rouvrir qu’en février 1886. M. Arago, le sympathique directeur du musée, fera procéder pendant ce temps à l’installation des nouveaux bâtiments dont la construction a ôté effectuée par les soins de l’administration et de la questure du Sénat.
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- ETRANGER
- Allemagne
- La séance de clôture de la conférence télégraphique internationale a eu lieu le 17 septembre.
- Le congrès a décidé à une forte majorité que sa prochaine réunion aurait lieu à Paris, en 1890, vingt-cinq ans après la conclusion dans cette ville dp la première convention télégraphique internationale. Les délégués français ont accepté cette décision au nom de la France.
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- L’institut géodesique de Berlin serait, paraît-il, prochainement transféré à Postdam et réuni à l’observatoire de cette ville.
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- h= *
- L’éminent orientaliste" ' Brugsh-pacha travaille actuellement à une traduction des chefs-d’œuvre du théâtre persan qu’il a rapportés de son voyage à Téhéran.
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- On nous écrit que M. de Matjcko termine un grand tableau représentant Jeanne d’Arc au moment de l’entrée solennelle de Charles VII dans Reims.
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- Angleterre
- Le congrès de la British association pour l’avancement des sciences a lieu, en ce moment, à Aberden (Ecosse), sous la présidence de l’émi-nènt chimiste, sir Lyon Payfair.
- Dans son discours d’inauguration, l’honorable président a fait ressortir les grands inconvénients que présente, pour la science anglaise, l’abstention complète de l’Etat, et a déclaré que la création d’un service public, centralisant les éléments de l’éducation nationale devenait indispensable.
- Sir Playfair a exprimé, en terminant, la conviction que ia prochaine législature réaliserait cette réforme si nécessaire.
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- Nous avons parlé dans notre dernier numéro de l’exposition qui aura lieu de mai à novembre 1886 â Liverpool.
- Des emplacements seront mis gratuitement à la disposition des exposants, sauf dans quelques cas à déterminer par le Conseil exécutif. Ce dernier s’efforcera d’obtenir des diverses compagnies anglaises de chemins de fer et des chargeurs étrangers, des conditions spéciales pour le transport, aller et retour, des objets à exposer.
- *
- d’étudier l’opportunité de la construction d’un chemin de fer entre Samarkand et Tashkend.
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- * * 1
- Belgique
- Nous lisons dans le Temps que le gouvernement français a accordé à la Belgique, la prorogation provisoire de V Union latine, jusqu’au 1er janvier 1887, pour éviter une nouvelle convocation de la conférence monétaire.
- On espère aboutir d’ici-là à une solution satisfaisante de la question de liquidation.
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- Le congrès de droit commercial ouvre aujourd’hui ses séances à Anvers, sous la présidence du baron de Lambermont, secrétaire général du ministère des affaires étrangères.
- Le congrès sera divisé en deux commissions,présidées l’une par M. Pirmez, député, et s’occupant des ordres de bourse, l’autre par M. Jacobs, et s’occupant du droit maritime.
- *
- * *
- Le congrès de moralité publique, présidé par M. E. de Laveleye, l’éminent publiciste, a été ouvert le 18 septembre à l’Athénée.
- L’institut de droit international a décidé à l’unanimité qu’il se réunirait l’année prochaine à Stockholm.
- On sera peut-être curieux de connaître les prix qu’ont coûté les principaux chars du cortège historique :
- Le radeau des temps primitifs a coûté 1,000 fr. ; le chariot nervien, 950 fr. ; le char princier du temps carlovingien, 3,000 fr, ; la voiture de dame noble, époque des communes, 2,850 fr. ; le char de la Hanse, 3,550 fr. ; la voiture de voyage du temps de Louis XV, 1,400 fr. ; la litière du quinzième siècle, .2,550 fr. ; la chaise à porteurs du temps de Louis XV, 1,250 fr.; la chaise à porteurs du temps de Louis XV], 1,000 francs.
- Quelques prix de costumes ; les cavaliers ner-viens, 107 fr. pièce ; costume du prince carlovingien, 160 fr. ; cavalier communier, 250 fr. : lansquenet, 110 fr. ; costume hanséate, 90 fr.
- Enfin voici le prix de quelques instruments de musique : trompe danoise en bronze, 30 fr. ; oli-tan, 25 fr. ; trompe droite, 10 fr. ; trompette du seizième siècle, 20 fr. ; tambour de lansquenet, 35 fr.
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- Le grand char du cinquantenaire, construit parla Société du Grand Central belge, a été transporté à Louvain, où il sera, paraît-il, conservé dans les ateliers de construction de la Société, en souvenir du cortège dont il a fait partie.
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- Gochinchine
- La ligne ferrée de Saïgon à My-Tho, a été ouverte à l’exploitation régulière à partir du 20 juillet dernier.
- Birmanie
- Le Tunis publie la nouvelle suivante :
- L’ambassadeur birman, Thangyeb Woon, qui va se rendre prochainement en France, a reçu les pouvoirs nécessaires pouraccordér à une compagnie ou à un syndicat français, la concession exclusive des chemins de fer en Birmanie et de l’établissement d’une banque à Mandalay. Le revenu des douanes de l’Iraouaddy, servirait de garantie aux concessionnaires.
- L’inquiétude est grande à Rangoon, où l’on prévoit la ruine d’intérêts anglais considérables et où l’on craint l’établissement du protectorat français en Birmanie.
- Italie
- ^ Le gouvernement italien a été consulté par la France en vue d’une reprise, en octobre, des négociations relatives à l’union monétaire. On ne doute pas qu’il adhère à cette proposition.
- *
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- Hong-Goy, qui vient d’être choisi par la commission d’hydrographie du Tonkin, que va être installé notre arsenal maritime.
- Un port de refuge y sera également créé.
- NOTE
- SUR le
- COMMERCE ÉTRANGER EN CHINE
- pendant Vannée 1884.
- Le ministre de la marine et des colonies vient d’adresser aux présidents des Chambres de commerce, des Chambres consultatives des arts et manufactures et des Chambres syndicales, la circulaire suivante :
- Monsieur le Président,
- Par deux circulaires, en date des 14 août et 10 octobre 1884, le département vous a transmis l’état des importations et des exportations des ports ouverts de la Chine pendant les années 1881, 1882 et 1883.
- Au moment où des négociations vont être engagées entre cette puissance et le gouvernement de la République, pour régler les rapports commerciaux du Tonkin avec les provinces méridionales de l’empire, j’ai pensé qu’il y aurait intérêt à publier un travail analogue pour 1884, ce travail étant de nature à renseigner très utilement nos industriels et nos négociants exportateurs sur la situation économique de la Chine.
- Je vous adresse, en conséquence, ci-inclus, un résumé du rapport général sur les douanes chinoises en 1884, préparé par l’administration centrale des Colonies. . *
- Nous donnerons, ci-dessous, quelques extraits de ce rapport :
- Si l’on considère l’ensemble du mouvement commercial de la Chine pour l’année 1884, on constate que les importations sont restées presque stationnaires et que les exportations ont diminué.
- importations
- Opium. — Les importations d’opium, comparées avec celles de 1883 et 1882, ont peu varié. L’importation de l’opium, de Malwa est restée stationnaire, celle de Patna a diminué, ainsi que celle de Bénarès. Quant à celle de l’opium, mentionné sur les tableaux qui suivent comme « autres espèces » c’est-à-dire de l’opium de Perse et de Turquie,elle a considérablement baissé.
- Cotons manufacturés. — On ne peut pas dire que la consommation des cotons manufacturés européens et américains ait augmenté d’une façon ’ Constante en Chine, pendant les quatre dernières années ; le contraire serait plutôt vrai. Pour montrer la situation de ce commerce, nous devons déduire la valeur du coton filé du total des marchandises de coton, énumérées dans les tableaux qui suivent. Voici le résultat de ce calcul : La valeur du tissu de coton manufacturé, importé en 1881, est de 21,800,000 taels ; en 1882, 18,200,000 taels ; en 1883, 16,800,000 taels; en 1884,
- i6,5oo,ooo taels. C’est seulement l’augmentation annuelle de l’importation de coton filé qui maintient le total à un niveau constant d’un peu plus de 22,000,000 de taels.
- L’importation du coton filé a augmenté progressivement ; elle était de 261,000 piculs, c’est-à-dire de 5,58q.,ooo taels en 1884, soit le double, en quantité et en valeur, de celle de l’année 1878.
- Pour les tissus de cotons proprement dits, les importations ont peu varié. Sous cette désignation, nous plaçons les shirtings gris et blancs ainsi que les toiles à T. L’importation des premiers a été à peu près la même enl.884 qu’en 1883, mais, depuis 5882, elle a baissé de 5,270,000 à 4,800.000 pièces. Les importations de shirtings blancs ont considérablement augmenté, en les comparant avec celles de 1883 et 1882, mais les chiffres de cette année sont de i3 p. 100 inférieurs à ceux de 1881 (2,100,000 pièces).
- Les toiles à T ont été importées en très petite quantité (2,000,000 de pièces), soit une diminution de 23 p. T00 sur les trois années précédentes.
- Les drills ont considérablement diminué.
- Les toiles à draps ont augmenté lentement, jusqu’à une importation d’un million de pièces.
- Les cotons imprimés ont augmenté régulièrement ; l’importation de ce produit, qui était de 223,000 pièces en 1882, s’est élevée à 368,000 pièces en 1884. Il en est de meme pour les « cotons non dénommés », dont l’importation s’est élevée à plus d’un million de taels, soit le double des années précédentes.
- Lainages. — L’importation des camelots anglais est la plus considérable qui se soit produite depuis de longues années, sauf toutefois en ce qui concerne l’année 1881.
- Les rayures espagnoles ont diminué de même que les draps ; quant aux lastings et aux longs élis, ils sont restés stationnaires.
- Métaux. L’importation du cuivre et du fer a peu varié. Celle du plomb est la plus faible qu’il y
- Asie centrale
- La Gazette allemande de Saint-Pétersbourg publie des nouvelles de Tashkend, annonçant qu’une commission spéciale, composée de représentants des ministères des affaires étrangères, des finances, de la guerre, des travaux publics et des domaines, sera prochainement envoyée dans le district de l’Amou-Daria.
- Cette commission sera chargée principalement
- Suisse
- Le congrès relatif à la-propriété littéraire, artistique et scientifique a été clos le 18 septembre. Les délégués ont signé le protocole final.
- La ville do Berne a été désignée comme siège du futur bureau international.
- Tonkin
- C’est en un point de la baie d’Along, nommé
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- 3I4. — Première Année — N° 39 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- eut depuis de longues années. Quant à celle de l’étain en feuilles, elle a beaucoup diminué.
- Marchandises diverses. — La valeur totale des trente-quatre articles mentionnés sous cette rubrique a légèrement diminué.
- L’importation d’huile de kérosène (pétrole) a considérablement augmenté à Chefoo tandis qu’à Foqchow elle a absolument cessé, l’usage en ayant été proscrit parles autorités chinoises. Les importations d’allumettes ont diminué, celles des aiguilles ont légèrement augmenté.
- Exportations
- Soie. — Depuis 1881, la valeur de ce produit a été en diminuant progressivement. Le prix du picul qui était, à cette époque, de 024 taels 3o est descendu en 1884 a 259 taels, 20.^
- Les exportations sont restées à 'peu près' stationnaires.
- Thé. — Depuis 1881, l’exportation du thé noir a graduellement diminué ; elle est maintenant de 1,564,000 piculs. L’exportation du thé vert a été considérable: elle s’est élevée à 202,5oo piculs.
- Sucre. — L’exportation du sucre, qui était considérable en 1883, a continué à progresser.
- La valeur de ce produit à diminué de 27 p. 100 depuis 1879.
- Recettes
- Les recettes ont été de i3,510,712 taels, supérieures de 224,000 taels à celles de x883, mais inférieures de 1,000,000 de taels à celles, si considérables, de 1881.
- •¥• *
- SHANGHAI
- Malgré les événements politiques, la valeur totale des échanges a dépassé de 2,781,989 taels le chiffre de 1883- .
- Les importations étrangères accusent une diminution de 2,372,572 taels. Mais les importations et les exportations chinoises ont dépassé les chiffres de 1883 de 1,893,191 et 3,261,370 taels, respectivement. La valeur totale, pour la saison, s’est élevée à 113,215,5ao taels, contre 110,433,531 taels en 1881.
- Importations
- Coions. — En janvier, il y a eu un grand commerce de produits anglais, principalement de shirtings gris. .
- Lainages. — Peu de transactions, mais les prix se sont maintenus.
- Thé. — Le marché pour le thé noir s’est ouvert le 12 juin; pour le thé vert, le lendemain. Transactions faibles. L’exportation totale du thé noir et vert au 3i décembre, s’est élevée à 531,633
- pieuls/soit une diminution de 20,174 sur 1883. Pour le thé comprimé, il y a une augmentation de 1 5,604 piculs.
- Soie. — Le commerce des soies, qui, au commencement de l’année, n’avait pas été satisfaisant, s’est soudain amélioré en décembre et les prix se sont élevés de 20 à 25 taels par picul.
- Opium. — L’importation de l’opium de Malwa a dépassé de 359 piculs le chiffre de l’année 1883. Au contraire, celle de l’opium de Patna et de Béranès a diminué de 4,149 piculs.
- L’opium persan a été rare et on a pu constater une diminution, relativement considérable, dans le chiffre de l'importation de l’opium chinois. Ce chiffre était, en effet, de 944 piculs en 1883, tandis qu’il ne s’est élevé qu’à 2 56 piculs en 1884. Il y a eu une réexportation de 84 piculs.
- T RANSIT
- Les recettes du transit ont diminué de i,io3 taels. •
- La quantité des shirtings, des mouchoirs, du plomb, de l’étain en saumon, destinés à l’intérieur, a augmenté,^.tandis qu’il y a eu une diminution sur celle des sucres, des toiles à T, des charbons, des fers et des aciers.
- La fourniture de l’huile de kérosène (pétrole), qui, en 1882, était de 3o5,ooo gallons, a dépassé 2,000,000 de gallons.
- Navigation
- Pour les vapeurs, il y a eu une augmentation de 63 entrées, soit 114,298 tonnes et 56 sorties, soit 138,490 tonnes.
- En ce qui concerne les voiliers, on constate une diminution de 77 entrées, soit 38,773 tonnes, et 53 sorties, soit 33,013 tonnes.
- ¥• *
- CANTON
- Navigation
- En ce qui concerne la navigation, il y a lieu de constater une diminution de 4 1/2 p. °/0 sur le nombre des navires entrés et sortis en 1883, mais,
- NOTA. — Te picul vaut 60 kil. 453. — La tael de Haikvan vaut 7 fr. 06. — Le gallon vaut 4,54 litres.
- malgré cette diminution, il s’est produit une augmentation de 7 p. °_/o dans le chiffre du tonnage.
- Les vapeurs de rivières fournissent 78 p. 100 du tonnage, les vapeurs maritimes 21 p. 100 et les voiliers 1 p. 100 seulement.
- Il y a eu une augmentation de 5 p. 100 environ sur le nombre et le tonnage des steamers maritimes entrés ; le tonnage moyen des bâtiments en 1884 a été de 832, au lieu de 833 en 1883. On voit donc que les hostilités avec la France n’ont pas causé un grand préjudice au commerce ; mais elles ont amené des retards et des embarras pendant les derniers mois de l’année.
- Le total des échanges, soit environ 26,000,000 de taels, a été de 9 p. 100 inférieur à celui de 188 3.
- La principale diminution a porté sur les exportations aux pays étrangers, qui ont diminué de 19 p. 100, ainsi’ que sur celles à destination de la Chine, qui ont baissé dans la même proportion.
- Importations
- L’importation de l’opium par agents étrangers, sur navires étrangers, a continué à augmenter et s’est élevée à 2,999 piculs.
- L’importation du riz de Yangtze, en 1884, a été le sixième de celle de 1881.
- Exportations
- La récolte de la soie a, à peine, donné le tiers de la récolte de 1883. On attribue cette diminution à ce que les feuilles de mûriers ont beaucoup souffert.
- La maison de condition a été réouverte, mais a dû être refermée pendant l’absence de son gérant, un Français.
- Les arrivages de thés sont estimés à 132,000 piculs, soit une légère augmentation sur le chiffre de 1883, qui était de 1 31,000 piculs.
- Soie. — Il y a eu très peu d’exportation de soie de Canton. La France a maintenu son rang dans les importations de soie de Canton.
- Thé. — La saison du thé a commencé plus tôt que d’habitude.
- Les premiers thés répandus sur le marché étaient de qualité inférieure.
- L’exportation du thé accuse une grande diminution sur la saison 1883-1884.
- L’exportation totale pour la saison peut être estimée à 5 millions pour le Congous; 10 millions pour le Scented-Caper, 2 millions pour le Scen-ted-Orange-Pekoe.
- Cassia-Lignea. — Le cassia-lignea, dont le prix était de 7 dollars par picul, en janvier, est tombé à 6 dollars 3o à la fin de l’année.
- L’exportation actuelle de ce produit s’élève à 45,410 piculs et se décompose ainsi qu’il suit :
- Années 1833 1884 (piculs)
- Londres ... 3q,3o3 12,125
- Hambourg 260 7,541
- Venise. 700 65o
- Trieste 11,81 5 5,82 5
- New-York 15,933 15,019
- France 4,15o 4,25o
- Total 07,161 45,410
- Nattes. — On constate une grande diminution dans le chiffre de l’exportation des nattes, en le comparant avec ceux de 1.882 et 1883 ;
- Pétards. — La demande de pétards a été régulière, mais les prix de cet article ne se sont pas maintenus aux cours de ceux de l’année 1883.
- Recettes
- Le droit d’exportation de la soie s’est élevé à 222,897 taels, soit une diminution sur le chiffre de 1883, qui était de 281,149.
- Le droit d’exportation des thés s’élève à 262,283 taels, au lieu de 278,732 en 1883.
- TAKOW (FQRMOSE)
- Les statistiques ne donnent des renseignements commerciaux sur ce port que pour dix mois de l’année, Takow ayant été bloqué le 23 octobre.
- Le commerce du sucre a peu souffert; la saison était terminée à cette époque.
- Le chiffre des affaires s’est élevé à 3,084,068 taels.
- L’exportation a été de 1,764,657 taels et l’importation de t,319,411 taels, soit une différence de 445,246 taels, en faveur des sorties.
- L’importation du numéraire ne dépasse le chiffre des exportations que de io,o55 taels; cela tient à ce qu’une grande quantité de numéraire a été exportée par prudence.
- Importations
- L’importation de l’opium s’est élevée à 2,307 piculs, soit 445 piculs de moins que l’année précédente. L’importation de fopium de Turquie gagne du terrain tandis que l’opium de Perse diminue beaucoup.
- Il n’y a pas à Takow une grande consommation de coton ni de lainage. Pour les lainages, cette
- Dimanche 27 Septembre 1885.
- situation est due au peu de durée de l’hiver ; les naturels préfèrent les produits plus grossiers de la manufacture du pays.
- Il y a eu une grande augmentation dans le chiffre de l’importation du plomb, à cause de l’usage qu’en a fait le gouvernement pour la confection des projectiles.
- La grande récolte du sucre a amené une grande consommation de sacs.
- L’importation des pains de sésame a* augmenté, en raison de l’usage qu’on en fait pour la falsification de l’opium.
- Exportations
- L’exportation des sucres bruts a été de 897,110 piculs. Le Japon en consomme la plus grande partie, soit 422,424 piculs ; viennent ensuite la Grande-Bretagne, 14,000 piculs; les Etats-Unis, 37,o5o piculs, le Canada, 95,i9o piculs; enfin la Nouvelle-Zélande, 8,766 piculs. Le reste de la récolte va à Hongkong et aux ports chinois.
- Parmi les divers articles exportés du sud de Formose, il y en a deux qui sont appelés à un grand avenir: le riz et le chanvre. i,o39 piculs de chanvre ont été exportés en 1883.
- Navigation
- Le nombre total des sorties, en 1884, a été de 149, soit un tonnage de 76,306 tonnes.
- Le tonnage des vapeurs est de 41,878, celui des voiliers est de 34,428.
- Recettes
- Malgré le blocus, les recettes se sont élevées à 210,214 taels.
- 11 y aura probablement une grande diminution dans les importations de toutes espèces et principalement dans celle de l’opium, en raison du manque d’argent ou de marchandises dans le pays.
- HISTOIRE
- DE LA
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- VIII
- ( Voir le Moniteur du g août i885)
- Alors commence le travail proprement dit. Il convient, pour essayer de le faire bien comprendre, de choisir les lettres comme exemple. Le service des imprimés s’opérant, d’ailleurs, de la même façon.
- Voici un sac de lettres à destination de Paris, arrivé de Lille par exemple, contenant pêle-mêle des lettres pour tous les quartiers et toutes les rues. Il a été amené à l’Hôtel des Postes par la voiture du chemin de fer du Nord, reçu au transbordement, élevé au premier étage. Aussitôt reçu, il a été porté sur une table, ouvert, étalé. Un certain nombre d’employés prennent, dans ce tas, chacun un paquet de lettres, puis vont les classer dans une série de casiers disposés à la place de chacun d’eux et divisés en autant de petits compartiments qu’il y a de facteurs parisiens. On comprend qu’il faille pour ce service des employés de choix, non seulement fort agiles de leurs doigts, mais, en outre, connaissant à merveille la géographie postale parisienne. Quand ils ont fini de classer le paquet de lettres qu’ils ont pris, ils retournent à la table et en prennent un nouveau. C’est à ce moment que commence le rôle des facteurs.
- Des omnibus les ont amenés à l’hôtel des Postes ; un escalier spécial les a conduits au premier étage. Par intervalles, ils passent derrière le casier de chaque employé de la poste, et chacun prend dans le compartiment qui le regarde les lettres qu’il sera chargé de distribuer. Le partage du courrier achevé, le facteur retourne à un pupitre qui lui appartient. Là, selon l’expression consacrée, il fait sa boîte ; il classe les différentes lettres qu’il a reçues par rues et par numéros de chaque rue, suivant l’itinéraire qu’il aura tout à l’heure à accomplir. Quand le facteur a fait sa boîte, son travail pour l’instant est terminé. Il va dans la salle du chauffoir attendre que l’heure arrive où il doit redescendre et prendre place dans l’omnibus qui le conduira jusqu’à l’endroit de Paris où sa distribution de lettres va commencer. Et, de même, cette distribution achevée, il se rendra au point où l’omnibus doit le reprendre pour le ramener à l’hôtel des Postes et recommencer un nouveau chargement et une nouvelle distribution.
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- Première Année.
- N° 3q.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche
- Septembre 188 5. — 3i5.
- Dans le sous-sol affecté au service des journaux et des imprimés sont installées les machines qui font mouvoir les monte-charges et qu’actionnent des accumulateurs d’eau forcée à la pression de cinquante atmosphères, et aussi les machines pneumatiques destinées au service télégraphique de Paris qui ont une force de trois cents chevaux environ.
- Là aussi se trouvent de vastes écuries de relais ; les chevaux de poste destinés à mener les voitures aux gares, à conduire les facteurs dans les différents quartiers. Ces chevaux sont fournis par un adjudicataire ; mais il faut prévoir les accidents et, pour qu’il n’y ait aucun retard dans le service, il y a là des chevaux et des harnais de rechange.
- Dans le sous-sol également sont établis les appareils de chauffage et de ventilation et on y a réservé la place pour les futures machines qui produiront la lumière électrique.
- Au moment où les postes ont été transférées place du Carrousel, c’est-à-dire il y a juste quatre ans, le personnel comptait 1,900 agents et sous-agents de tous grades, y compris i,i5o facteurs. Ce personnel est aujourd’hui de 2,3oo agents et sous-agents, y compris environ 1,400 facteurs.
- Au moment de cette translation le nombre des objets de correspondance manipulés chaque jour était de 1,800,000 ; aujourd’hui, il est de 2,3oo,ooo
- Au moment de la . translation, le nombre des voitures en service était de q3 avec 290 chevaux ; aujourd’hui, il est de 113 voitures avec 340 chevaux.
- On peut juger par là ce que sera, dans quelques années d’ici, le service de la poste à Paris.
- IX
- Il nous convient maintenant de dire ici un mot du dernier congrès postal qui ait été tenu en Europe,— celui de Lisbonne.
- Dans la séance d’ouverture, qui eut lieu le i5 février 1885, le congrès ne tint pas de séance plénière, mais il veilla au fonctionnement de ses commissions.
- Nous empruntons à cette occasion quelques renseignements à notre confrère le Temps qui a consacré plusieurs articles fort intéressants aux séances du congrès postal de Lisbonne :
- « La première commission, chargée de préaviser « sur la révision de la convention principale, a « .pour président M. Blackwood (Grande-Breta-« gne), et pour rapporteur M. Gife (Belgique). La « deuxième qui s’occupe des arrangements relatifs « au service des mandats-poste, des valeurs dé-« clarées et des mandats télégraphiques, dont l’in-« troduction est proposée par l’administration « française, est présidée par M. Besnier, et a pour « rapporteur M. Ansault, tous deux délégués de « la France. Enfin, la troisième, qui doit faire un « rapport sur la révision de la convention relative « aux colis postaux et sur, l’introduction dans le « trafic international de nouvelles branches de « service, telles que le recouvrement de quittances « par la poste, les abonnements aux journaux, « etc., a pour président M. Sachse (Allemagne), et « pour rapporteur M. Hœhn (Suisse).
- « Dans l’intervalle des séances, le président du « congrès, M. de Barros, et les nombreux fonc-« tionnaires de l’administration portugaise se sont « multipliés pour rendre à leurs hôtes le séjour « de Lisbonne aussi agréable que possible. M. de « Barros a déjà réuni plusieurs fois à sa table de « nombreuses délégations du congrès, et aucun « jour ne se passe sans fournir l’occasion d’une « distraction nouvelle, promenades sur le Tage, « excursions dans les environs, visites aux monu-« mentsjes plus remarquables, etc. Le dimanche « 8 février, tout le personnel du congrès a été « présenté à Leurs Majestés, qui ont fait à MM. « les délégués l’accueil le plus gracieux et se sont « entretenues avec chacun d’eux dans sa langue « nationale. Le lendemain le roi leur a offert, dans « les splendides appartements du palais d’Ajuda, « un dîner de cent soixante-douze couverts auquel « assistaient tous les membres de la famille royale, a Au dessert, le roi s’est levé, et, dans un dis-« cours en français aussi remarquable par le fond « que par la grâce et l’aisance parfaites avec les-« quelles il a été prononcé, il a retracé les phases « de l’institution postale et fait des vœux pour que « le congrès de Lisbonne exerce une heureuse in-« fluence sur son développement. »
- Enfin voici quelques-unes des principales décisions prises par le congrès postal :
- Colis postaux. — Le maximum de poids des colis est porté à 5 kilogrammes au lieu de 3, et les envois exclus jusqu’ici en raison de leurs dimen-
- 27
- sions sont admis à l’expédition comme colis encombrants. Les colis pourront porter une déclaration de valeur dont chaque pays fixe le maximum sans pouvoir descendre au-dessous de 3oo fr. Ils pourront être également grevés de remboursement jusqu’à concurrence du chiffre de 5oo fr., le tout moyennant des taxes spéciales. Toutefois, chaque pays conserve la faculté de ne pas introduire ces innovations et de maintenir le régime actuel dans ses relations avec les autres pays.
- Lettres avec valeurs déclarées. — Les administrations devront, dorénavant, admettre les déclarations de valeur jusqu’à 10,000 fr.
- Mandats deposte. — On a introduit aussi le service des mandats télégraphiques qui seront expédiés moyennant la taxe ordinaire, plus les frais du télégramme. L’expéditeur d’un mandat-carte à découvert pourra en utiliser le coupon pour des communications au destinataire.
- Pour les colis, les valeurs déclarées et les mandats, le public pourra exiger des avis de réception.
- Enfin, il a été conclu entre plusieurs administrations, au nombre desquelles figure la France, un arrangement pour le recouvrement parla poste des quittances et factures. Un autre arrangement pour l’introduction dans le service international de livrets d’identité permettant au porteur de retirer sans autre formalité, au guichet de la poste, les valeurs, envois recommandés et mandats qui lui sont adressés, a été signé par dix puissances, notamment la France.
- (A suivre.) T. M.
- --------mm *=* ^ ---------
- LES LIVRES
- XXVI
- Humiliés et Offensés par Th. Düstoieavski, traduit du russe
- par lïd. Humbert. — E. Plon, Nourrit et Cio, lib.-éditeurs,
- 1 vol. in-18.
- Nous tenons, comme nous continuerons de la tenir les semaines suivantes, notre promesse de mettre, par une analyse exacte et une appréciation raisonnée, nos lecteurs au courant des œuvres des deux grands romanciers russes, Tolstoï et Dos-toiewski.
- Nous croyons ainsi faire œuvre utile, conforme au désir de notre public, et tout à fait à sa place dans un journal d’une publicité internationale comme celui-ci.
- Nous commencerons cette campagne d’exploration des intimités de la littérature russe contemporaine par le roman de Dostoiewski, intitulé : Humiliés et offensés. Ce'titre à lui seul est, dans son étrangeté douloureuse, toute une indication. Il aurait été moins significatif, plus neutre, s’il eût été, par exemple,formulé sous cette rubrique: les Pauvres gens. Il eût ainsi témoigné de sympathies raisonnables d’une pitié tempérée par l’expérience pour les classes subalternes, deshéritées, pour celles qui s’agitent et que le vent socialiste mène dans les grandes capitales comme Saint-Pétersbourg où ne manquent ni les employés mécontents, ni les étudiants ambitieux, ni les bohèmes déclamateurs dont une cynique envie de jouir des voluptés de la civilisation ronge le foie sous leurs haillons diogéniques, ni de faméliques folliculaires. C’est là une classe qu’on pourrait dire se composer presque exclusivement de déclassés, où fermente le triple levain de la misère, de l’oisiveté et de l’instruction incomplète, pire que l’ignorance, et d’où sortent les projets de réforme utopique et les impuissants mais toujours menaçants attentats qui ont fait reculer Alexandre III dans la voie ouverte par Alexandre II et obligent un prince libéral et généreux à se faire garder comme un tyran.
- Eh bien ! dans ce titre seul : Humiliés et offensés on sent non seulement la sympathie secrète, mais la prédilection ouverte et partiale du romancier pour ces misères et ces désespoirs dont le talent et le succès l’ont tiré à temps, mais où se noient tant d’intelligences troublées, de sensibilités aigries, de volontés épuisées et exaspérées par l’angoisse d’une lutte inégale.
- Quoique l’auteur ne fasse pas mystère de sa sympathie pour les classes inférieures, militantes, et souffrantes de la société russe, il dissimule assez
- cette partialité pour qu’il faille attentivement lire entre les lignes pour la bien voir. Elle se dégage surtout de deux faits : le premier c’est qu’aucun personnage de l’aristocratie des châteaux ou des salons n’y joue un beau rôle, que la haute société y est représentée comme corrompue, égoïste, cynique sous des formes brillantes et sceptiques, se sentant jugée, menacée, mais disant volontiers avec un sourire et un haussement d’épaules à la Louis XV, en présence du flot des revendications et des représailles populaires qui monte : Après moi le déluge.
- Le second fait qui témoigne que dans cette lutte entre les triomphants et les souffrants, entre ceux d’en bas et ceux d’en haut, les sympathies et les préférences du romancier, qui n’est cependant pas un occidentaliste, un partisan des utopies à la mode, qui est plutôt un slavophile, un panslaviste dont l’idéal serait le retour aux anciennes lois, aux anciennes formes, aux anciennes mœurs, que ces sympathies et ces préférences, disons-nous, sont pour ceux qui luttent et qui souffrent contre les exploiteurs, les persécuteurs, c’est le grief, le reproche principal qu’il leur adresse. Il met à plusieurs reprises dans la bouche de ses héros l’accusation contre les Machiavels de la haute société russe, de chercher à exaspérer le mal au lieu de le guérir, de provoquer sournoisement, systématiquement les classes inférieures à la révolte, pour étouffer les progrès dans leurs excès, ajourner les réformes et retirer les concessions déjà faites.
- Le drame est simple, touchant et n’emprunte rien aux raffinements de l’imagination et du sentiment. Tout le roman pivote sur l’enlèvement de Natacha par son amant, le fils du prince Wol-kowski, sur la malédiction de son père, sur les déceptions de cet amour coupable, sur le rôle équivoque et perfide du prince dans cette affaire, sur les vicissitudes qui aboutissent au dénouement prévu, l’abandon et le mariage du séducteur, le retour de Natacha pardonnée à la maison paternelle. Tout cela est simple et depuis Clarisse Harlowe et le Vicaire de Wackefield les filles séduites, maudites, trompées, pardonnées abondent dans les romans. Ce qui n’est pas simple, ce qui constitue l’originalité du romancier et l’attraction particulière du roman, c’est l’analyse des sentiments, la fouille scientifiquement exécutée jusqu’au tuf des mobiles et des intérêts, le travail psychologique raffiné, poussé parfois jusqu’à la minutie et à la fatigue. C’est aussi la physionomie tout à .fait caractéristique, tout à fait typique de certains personnages, le vieil Sckmeniew, le prince Walkow-ski d’un satanisme à la fois très français et très slave, frivole et sincère, jusque dans son perpétuel mensonge, Alioscha, le séducteur infidèle, et la raisonneuse et ingénue et pratique Katia, sa fiancée. Mais les deux types exquis du roman, c’est Natacha,si sensible, si fière,si dévouée, si héroïquement coupable ; c’est encore plus la petite Nelly, cette Mignon épileptique, à l’intelligence si vive, à la vie si accidentée, qui meurt d’un amour inavoué pour le principal héros du roman après tout, car il est écrit en forme de mémoires. C’est ce Vania' qui y raconte sa .vie, ses succès de romancier, comment il joua le rôle de Tiberge dans les amours de Natacha, comment il recueillit Nelly,l’orpheline, et se servit d’elle pour obtenir, par un stratagème ingénieux et touchant,le pardon de Natacha, comment il passa deux fois à côté du bonheur sans le voir, ce qui arrive souvent aux romanciers, pour leur compte, et comment il est mourant à l’hôpital, ce qui arrive quelquefois aux gens de lettres.
- M. de Lescure.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- coivi]MrcjivriaA.TxoiNr
- La proclamation des récompenses a eu lieu avec un grand éclat, le 14 septembre, soüs le portique d’honneur disposé en demi-cercle ; le roi et la reine des Belges y présidaient, entourés du corps diplomatique , des ministres, des membres du Parlement belge, etc. La cérémonie avait pour
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- 3 t6. — Première Année — N° 39.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 57 Septembre i885.
- but de notifier officiellement aux commissaires belges et étrangers les résultats des délibérations du jury international. Les listes authentiques des récompenses seront remises incessamment aux représentants des pays participant à l’Exposition. Les diplômes et médailles seront délivrés à chacun des commissaires dans le courant du mois d’octobre.
- Dans son discours au roi Léopold, le ministre des affaires étrangères de Belgique a constaté que 14,085 exposants ont pris part au concours international de 1885 - Ce nombre considérable aussi bien que l’abondance, la variété et la perfection des produits, explique et justifie le chiffre des récompenses : 8,615 distinctions ont été accordées; celles-ci comprennent 65y diplômes d’honneur, et i,5 10 médailles d’or. En outre, 1,555 artistes ont concouru à l’Exposition des beaux-arts : 149 ont obtenu des diplômes parmi lesquels 34 des médailles d’honneur et 21 des médailles de première classe.
- Le congrès international de droit commercial se réunira le 27 septembre. Quinze gouvernements et la plupart des grandes villes d’Europe y seront représentés ; la France le sera notamment par les facultés de Paris, Lille, Angers, Caen, Toulouse et par la Banque de France.
- LES
- CONCOURS RÉGIONAUX AGRICOLES de FRANCE
- EN 1885
- (Suite.)
- (Voir les numéros du ig juillet et des 2 et g août 1885)
- ^Toulouse, qui offrait cette année sa large hospitalité au concours agricole de la région du sud-ouest, est une grande et belle ville superbement assise entre la rive droite de la Garonne et le canal du Midi. Elle est reliée aux départements voisins par plusieurs voies ferrées, et l’on peut à bon droit la considérer comme le plus grand centre agricole de cette magnifique région frontière endiguée, jusqu’à l’Océan, par la Garonne d’un côté et les Pyrénées de l’autre, qui comprend les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Gers, de Lot-et-Garonne, des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées et des Landes.
- Ainsi qu’on peut en juger, la région agricole, dont Toulouse est le chef-lieu,est nettement partagée en pays de plaines baignées par la Garonne et ses affluents, et en pays de montagnes dont toute la contrée pyrénéenne est hérissée de contreforts boisés, irriguée par les nombreux torrents qui s’étendent depuis Foix jusqu’à Bayonne et St-Jean-de-Luz, où viennent s’arrêter les sables des Landes. .
- Les cultures y sont aussi nombreuses que diverses ; tandis que le blé, les céréales diverses, l’arboriculture fruitière et la vigne, malheureusement dévastés en ce moment par le phylloxéra, fournissent, dans leur ensemble, de fort belles récoltes sur les coteaux et dans les plaines, les pineraies et les prairies sont en honneur dans la montagne, où les retenues d’eau et les reboisements savamment pratiqués par l’Etat ont apporté de merveilleuses améliorations.
- Les races de bétail présentent elles, aussi, des qualités bien tranchées suivant la région : à côté des superbes types des races bazadaise, garon-naise et gasconne, riches en ossature, bien fournies en chair, excellentes par l’engraissement, se trouvent les races de montagnes trapues et bien prises, précieuses par leurs qualités laitières et leur sobriété, de Lourdes, d’Aure, d’Urt, du Béarn et des Basques, grâce auxquelles de magnifiques fruitières ont pu s’élever, grandir et pros-
- pérer. Observations identiques pour les ovins et porcins.
- Le concours agricole avait pour commissaire général un de nos plus jeunes et plus intelligents inspecteurs généraux de l’agriculture , M. Ran-doing ; il était aidé par un commissariat dévoué.
- Grande était son importance, et l’emplacement magnifique des allées Saint-Etienne qui lui avait été attribué, se prêtait merveilleusement à une installation de ce genre.
- Si le bétail nombreux, les animaux de basse-cour intéressants, la collection de produits agri-cols,les vins de la région, etc., faisaient de ce concours un des plus considérables de 1885, il importe de signaler la remarquable division des machines et outils agricoles qui comprenait 1,971 numéros d’instruments. ,
- L’arrêté de M. le ministre de l’agriculture qui, chaque année, prévoit les essais d’instruments les plus utiles à chacune des régions, avait décidé que des concours spéciaux' de machines d’intérieur et d’extérieur de ferme, nécessaires aux agriculteurs du sud-ouest, auraient lieu à Toulouse.
- Ces concours ont porté sur les instruments suivants :
- Instruments d’extérieur de ferme
- i° Charrues sulfureuses ;
- 20 Charrues vigneronnes ;
- 3° Charrues Brabant doubles.
- Instruments d’intérieur de ferme
- i° Egrenoirs à maïs ;
- 20 Décuscuteurs de graines de légumineuses ;
- 3° Trieurs de graines.
- Les prix consistaient en médailles d’or, argent et bronze.
- Ces essais ont été faits pour l’extérieur de ferme sur le domaine agricole de M. Théron, de Mon-tangé à Périole, dans un sol assez difficile et avec des précautions qui ont mieux fait ressortir encore la perfection des instruments primés.
- M. Lugan-James, de Monteils (Tarn-et-Garonne) a obtenu le icr prix des charrues sulfureuses ; M. Antoine Guyot, de la Redorle (Aude), celui des charrues vigneronnes ; enfin, pour les charrues Brabant doubles, après deux essais consécutifs et une étude théorique de l’instrument après travail, le icr prix a été remporté de haute lutte par M. Durand fils, constructeur à Montereau (Seine-et-Marne).
- Les essais d’intérieur de ferme ont été pratiqués dans l’enceinte même du concours régional avec de nombreux concurents.
- Les premiers prix des égrénoirs, des decuscu-teurs et des trieurs de graines ont été gagnés par MM. Loustalot, de Muret (Haute-Garonne) ; Sausay frères, d’Autun (Saône-et-Loire) et Marot et fils, de Niort, pour les trieurs dont l’emploi ne saurait être préconisé.
- Un grand nombre d’agriculteurs assistaient à ces concours spéciaux aussi intéressants que bien dirigés.
- Nous avons dit ce que nous pensions de la beauté des produits agricoles exposés : graines, vins, récoltes des fruitiers, etc., nous regrettons encore de n’avoir pas rencontré à Toulouse plus d’expositions scolaires.
- Avant de quitter le beau concours régional qui nous a laissé les meilleures impressions , notons le splendide concours hippique organisé avec autant de compétence que de soin par l’administration des haras.
- Toulouse est aussi un centre hippique important et les magnifiques types de la race de Tarbes donnent à la région un éclat particulier. Nous avons remarqué de très beaux sujets pur sang arabe, anglo-arabe, et demi-sang.
- Les étalons arabes donnent dans cette région d’excellents produits et cette production augmente chaque année, grâce à l’appui de l’Etat qui multiplie ses encouragements, ses subsides et ses achats. L’an dernier 17 étalons ont été achetés par la remonte au prix de no,ooo francs, poûrle service des dépôts et il y a lieu d’espérer qu’on fera plus encore. Les stimulants ne manqueront pas aux éleveurs de la région pyrénéenne.
- Angoulême termine le concours de cette semaine si chargée du 9 au 17 mai.
- (A suivre.) Noël Bretagne.
- LES THÉÂTRES
- Vaudeville. — Cherchei la femme, comédie en trois actes,
- par MM. Emile de Najac et Alfred Hennequin. Théatre-
- Français. — Début de M. Albert Lambert fils dans Ruy
- Blas.
- Ecce iterum Hennequin ! M. Hennequin occu-péra bientôt les affiches parisiennes des théâtres comme M. Meilhac l’année dernière. Le Vaudeville a donné hier la première de Cherche7 la femme, par MM. Emile de Najac et Alfred Hennequin. Nous retrouvons ainsi les heureux auteurs de Bébé. Il s’agit dans la pièce nouvelle d’un oncle enrichi dans les affaires et qui veut marier son neveu. Rien jusqu’à présent que de très bourgeois et de très moral. — Ce bon oncle se met donc en quête d’une épouse pour son neveu ; mais ce coquin de neveu ne veut pas de la jeune pensionnaire qu’on lui présente. Il y a donc un secret, se dit l’oncle. Il se souvient aussitôt de cet aphorisme d’un policier célèbre : « Cherchez la femme! » Il cherche donc et il découvre... horrible histoire! que cette femme qui met des impedimenta, c’est la sienne. Elle s’appelle même Mme Chauvelin. Ici moins de complications que dans le Procès Vauradieux, mais un dénouement nouveau. Mme Chauvelin n’a pas cessé d’être une épouse vertueuse. Elle est légère cependant,, et empreinte d’une certaine coquetterie. Cependant Mme Chauvelin, en se laissant passer pour être adorée de son neveu, a voulu sauver une de ses amies placée dans une situation réellement compromise et elle ne réussit pas du tout dans ce métier de terre-neuve. Le mari a pincé une lettre accusatrice ; il la lit et saute au cou de sa femme en lui disant : Ça ne prend pas, si tu étais coupable tu ne t’accuserais pas. Et on s’embrasse. Le public gâté par Bébé et le Procès Vauradieux, ne s’est dégelé qu’au second acte fort amusant.
- M. Joly, jadis artiste d’opérette est en passe de devenir un bon comédien. Il n’y a rien de tel que l’opérette pour former des comédiens. M. Joly est un excellent oncle Chauvelin.
- M. Albert Lambert fils a débuté aux Français dans le rôle de Ruy Blas, rôle récemment essayé, comme début aussi, par M. Raphaël Durlos, autre transfuge de l’Odéon. Ruy Blas date de la fin de 1838, le rôle du valet de don Salluste et de l’amoureux de la reine d’Espagne fut créé par Frédérick Lemaitre. Les critiques d’alors s’exprimaient ainsi sur le compte du grand comédien : « Pour M. Frédérick, la soirée du 8 novembre 1B38 n’a pas été une représentation, mais une transfiguration. »
- Nous n’en dirons pas autant de M. Albert Lambert fils, mais il a été fort beau surtout dans les Cantilènes. amoureuses. La grande tirade « Bon appétit, messieurs » est au-dessus de ses forces mais non pas au-dessus de son talent. Pauvre enfant! Ah! s’il avait la voix de Coquelin, quel artiste la comédie réchaufferait dans son... foyer.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. A RRAUL l’ ut C‘°, rue de la Préteocure,6
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- Le Moniteur
- DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 4 Octobre 1885. NUMÉRO 40.
- SOMMAIRE :
- f. L’Exposition internationale de la Croix-Rouge; 2. Les Expositions flottantes; 3. Les Congrès; 4. Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs; 5. Les Expositions régionales industrielles ; 6. Note sur le commerce étranger en Chine ; 7. Echos ; 8. Les invités français en Hongrie ; 9. Exposition universelle d'Anvers : Communication; 10. Les Livres; 11. Avis commerciaux; 12. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- LA CROIX-ROUGE
- A ANVERS
- De toutes les expositions particulières adjointes à l’exposition universelle d’Anvers, celle de la. Croix-Rouge est sans contredit l’une des plus intéressantes et mérite, à ce titre, une mention spéciale. L’idée de l’organisation de cette exposition revient au comité de la Croix-Rouge de Belgique, qui, fort des appuis du Comité belge, promoteur de l’exposition, et du gouvernement, a pu adresser aux sociétés du même ordre dans les autres pays l’invitation de venir exposer les progrès accomplis dans l’œuvre de protection et de secours à prodiguer aux blessés militaires sur les champs de bataille.
- L'Allemagne, F Autriche-Hongrie, la Bavière, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Russie, etc., ont accepté le rendez-vous qui leur avait été proposé par le Comité belge. Celui-ci d’ailleurs avait toute autorité pour adresser un semblable appel aux comités étrangers, ainsi que le démontrera l’histoire de l’œuvre de la Croix-Rouge en Belgique, si fertile en épisodes et faits glorieux. Voici, d’ailleurs, en quelques lignes l’historique de cette œuvre :
- En 1862, à la suite de la guerre d’Italie, 'dans un ouvrage resté célèbre et traduit dans la plupart des langues d’Europe {Souvenirs de Solferino), un citoyen suisse, M. Henry Dunant-, publia quelques pages émouvantes sur les misères, les douleurs et les souffrances dont il avait été témoin à la bataille de Solferino. C’est sous l’empire de ces impressions que M. Dunant proposa la création, en temps de paix, de sociétés de secours pour les blessés et l’adjonction aux armées belligérantes de corps d’infirmiers volontaires.
- Tandis que cette proposition était soumise à l’examen d’une Commission nommée par la Société genevoise d’utilité publique, dans sa séance du 9 février 1863, M. Dunant faisait accepter par le 'Congrès international de statistique qui se tenait à Berlin, le projet de convoquer à Genève une conférence internationale pour s’occuper de cet objet spécial.
- Le 26 octobre, la conférence se réunit à Genève : 'quatorze États s’y étaient fait îeprésenter. Elle formula un projet de concordat, suivi de vœux tendant à placer les sociétés de secours sous le haut patronage des gouvernements et à [obtenir la reconnaissance en temps de guerre, de la neutra-lilé des ambulances, des hôpitaux, du service de santé militaire, des infirmiers volontaires, des
- blessés eux-mêmes, etc. Un appel fut adressé à tous les philanthropes d’Europe pour les inviter à former des sociétés de secours.
- Un Comité provisoire se forma à Bruxelles sous la présidence de M. le D1’ Uytterhœven, autour duquel se groupèrent les plus grandes notabilités belges, médecins, avocats, généraux, etc., etc., et, sous son impulsion intelligente autant que dévouée, les bases d’une association belge de secours aux militaires blessés et malades en temps de guerre furent arrêtées.
- Le Comité central de l’association ne négligea aucuns moyens pour donner à l’œuvre le développement qu’elle comportait et prit une part active aux travaux des différentes conférences internationales qui eurent lieu à Genève, à Berne, à Berlin, à Paris et à la Haye. Il était d’ailleurs à peine installé que la guerre de 1866 lui donnait l’occasion de démontrer l’utilité de l’œuvre en envoyant en Autriche, en Italie et en Prusse de nombreux dons en argent et en nature. En même temps, d’autres Comités, suivant l’exemple qui leur était donné, se formaient dans la province, à Anvers, dans d’autres villes importantes de Belgique.
- Le i3 mars 1868, Sa Majesté le roi consacrait tous ces résultats en .accordant son haut patronage à ces différents Comités.
- L’association avait pris pendant ce temps un développement considérable ; sa réorganisation sur une plus grande échelle était devenue nécessaire : à cet effet, des réunions de tous les membres eurent lieu le i4 janvier 1870 et le 19 février de la même année.
- La guerre franco-allemande allait bientôt donner au Comité l’occasion de montrer l’utilité de ses ressources. Bien qu’organisé à la hâte et n’ayant pas eu l’occasion d’acquérir antérieurement l’expérience si nécessaire en ces circonstances, il parvint à faire face à toutes les difficultés. Des dons de toutes sortes, des secours de toute nature arrivaient de toutes parts ; tous les objets reçus furent classés en un magasin central, puis expédiés dans les ambulances ou sur les champs de bataille où les besoins les plus pressants étaient signalés. Des ambulances volantes et des ambulances sédentaires furent établies et toutes rendirent d’immenses services aux malheureuses victimes de la guerre. Disons, à la gloire de la Belgique, qu’on vit figurer parmi les simples infirmiers les noms les plus illustres de l’aristocratie belge.
- La première ambulance qui fut organisée partit sous la direction de Mme la baronne de Crom-brugghe, le 20 août 1S70. Les trente personnes qui la composaient s’installèrent à Sarrebrück, le 22 août, et s’empressèrent de recueillir Français ou Allemands, indifféremment, tombés sur le champ de bataille et de leur prodiguer les soins les plus dévoués. Le personnel de cette ambulance ne rentra à Bruxelles que le 11 octobre 1870. Dans le cours de la guerre 1870-1871, on [trouve encore des ambulances belges installées au château de Lasove, près de Virton, à Tirlemont, à Givonne, à Sedan, à Mouzon, à Pourru-Saint-Remy, à Metz, à Maubeuge, à Arras, à Saint-Quentin, etc., etc. Pendant l’investissement de Paris, une ambulance fut établie dans l’hôtel de M. le comte Anatole d’Alcantara et un Comité, composé de
- Belges résidant à Paris, y soigna les blessés pendant le siège.
- La guerre franco-allemande terminée, la paix régna pendant quelque temps en Europe et la société de la Croix-Rouge eut quelques années de repos. Mais bientôt éclatèrent une guerre en Espagne, puis, en 1876, la guerre en Serbie, prélude d’une guerre plus terrible, celle de 1877-78, qui mit en présence les armées de l’empereur de Russie et du sultan de Constantinople. Dans toutes ces guerres, la société belge envoya des secours nombreux soit en argent, soit en objets matériels, vêtements, médicaments, etc.
- Telle est l’histoire de l’œuvre de la Croix-Rouge en Belgique. Le Comité central, en songeant à organiser à l’Exposition universelle d’Anvers une section spéciale relative à tout ce qui peut être utile aux blessés, ne pouvait, fort de son passé, qu’espérer le plus brillant succès. L’Exposition s’est ainsi trouvée enrichie d’une section à laquelle ont contribué un grand nombre de pays et où tous les amis de l’humanité peuvent venir étudier les améliorations que l’on a apportées dans l’organisation des secours à donner aux blessés et se convaincre que si le génie de l’homme est habile pour la destruction, il est aussi inépuisable dans ses inventions de charité.
- Les objets exposés ont été répartis en quatre sections.
- La première comprend les soins à donner seules champs de bataille, aux soldats blessés : boites de secours, à pansements, de médicaments et appareils chirurgicaux, signes distinctifs pour faire respecter par l’ennemi les médecins, les infirmiers et les ambulanciers sur le champ de bataille, enfin le matériel nécessaire au transport des blessés tels que : civières, voitures, brancards, litières, chaises à porteur, wagons/etc.
- La deuxième section se rapporte à la disposition et à l’aménagement des ambulances et hôpitaux fixes et mobiles pour soldats blessés et malades.
- La troisième section a pour objet l’administration des institutions hospitalières en temps de guerre; elle comprend particulièrement les moyens et modèles de registres pour la constatation er l’identité des blessés, des malades et des môrts recueillis dans les hôpitaux, les ambulances et seules champs de bataille ; les signaux et signes distinctifs à accorder exclusivement aux institutions hospitalières de la Croix-Rouge et aux personnes qui en font partie, qui suivent ou accompagnent les armées belligérantes, etc. ; les brochures, publications, plans, etc.
- Enfin, la quatrième section comprend les procédés destinés à l’assainissement des champs de bataille, tels que : appareils pour la conservation, l’inhumation ou l’incinération des cadavres, plans, modèles, traités, etc. ; procédés chimiques pour la destruction des matières organiques nuisibles, désinfectants, antiseptiques, etc. ; moyens de soustraire les habitations voisines des champs de combat aux influences délétères et de la décomposition cadavérique.
- La Belgique compte dans l’ensemble de ces sections une vingtaine d’expositions parmi lesquelles je distingue comme les plus remarquables celles qui ont été organisées par l’association belge
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- de secours aux militaires blessés en temps de guerre, le ministère de la guerre, le ministère des travaux publics, la société royale de pharmacie de Bruxelles. Les objets exposés sont : des baraques pour hôpital provisoire, des brancards à appareil amovo-inamovible pour les fractures et les plaies en général ; des voitures d’ambulance, des voitures de pharmacie, des civières à roues et à bras, des wagons de secours, des collections complètes de produits antiseptiques et désinfectants, etc.
- En Allemagne, citons l’exposition du Comité de la Samaritaine comprenant des objets de bandage, des collections pharmaceutiques, etc. ; celle du Comité central des associations allemandes de la Croix-Rouge, exposition faite sur l’ordre de S. M. l’impératrice Augusta et comprenant un modèle de tente pour des blessés et malades, en toile imprégnée et imperméable, avec ventilateur.
- En France, l’Association des Dames françaises expose un matériel d’enseignement, des caisses de secours, des lits mécaniques, des brancards, etc. ; les sociétés françaises de secours aux blessés, à Marseille et à Paris, exposent des tentes, des voitures de transport, des brancards, etc. Enfin, l’Union des femmes de France offre une intéressante exhibition de tableaux, mannequins, livres d’instruction, etc.
- Je ne saurais oublier de signaler les importantes et magnifiques expositions des Comités de la Croix-Rouge de Hollande et de Saint-Pétersbourg. Tous les deux offrent une série d’objets qu’il serait trop long d’énumérer, mais qui témoignent de la vitalité de l’œuvre de la Croix-Rouge dans ces pays. Je n’ai pas cru devoir insister sur les expositions de la Grande-Bretagne, du grand-duché de Bade, de l’Italie, de la Bavière, etc., qui n’ont, dans cette section de la Croix-Rouge, qu’une importance secondaire. Mais, aux seules exhibitions faites par ces pays, il est facile de constater qu’eux aussi comprennent la haute portée humanitaire de l’œuvre de la Croix-Rouge et, qu’à l’instar des autres nations, ils s’appliquent à l’étendre, à la développer dans la mesure des moyens et des richesses qu’ils possèdent.
- Ch. Lenoir.
- LES EXPOSITIONS FLOTTANTES
- Une nouvelle qui a été publiée il y a quelque temps par un journal commercial allemand, l’Export, émeut un certain nombre de journaux comme une révélation inattendue d’une innovation prodigieuse de la concurrence étrangère. Il s’agit, dit le Temps, de l’organisation, par des sociétés allemandes, d’expositions flottantes, dont le système est ainsi conçu :
- Des navires, dirigés sur le bassin de la Méditerranée, porteront, comme passagers, soit des négociants eux-mêmes qui se liguent pour cette entreprise, soit des représentants de commerce choisis parmi ceux qui peuvent parler les différentes langues des contrées qu’il s’agit de visiter.
- Comme cargaison, ces navires auront non seulement des échantillons des marchandises fabriquées ou vendues par les maisons intéressées à cette entreprise, mais encore des différents produits de l’industrie allemande dont les voyageurs jugeront possible de propager la consommation.
- Au lieu d’être en très minimes quantités pour chaque sorte, comme cela a lieu forcément dans les caisses des voyageurs de commerce, ces échantillons seront de véritables dépôts de marchandises, de façon que les acheteurs puissent prendre livraison immédiate des objets à leur convenance.
- Les navires voyageurs seront d’ailleurs, s’il y a lieu, réapprovisionnés en temps utile par des expéditions directement faites sur leurs points d’escale.
- Parmi les ports européens qui vont ainsi recevoir la visite de ces expositions flottantes, on cite Barcelone, Naples, le Pirée, Salonique ; mais les contrées non européennes seront celles sur lesquelles porteront les principaux efforts de l’expédition.
- Dans les ports du Maroc, de l’Afrique du Nord, du Levant, auront lieu de longues escales.
- Le système des expositions flottantes organisées par des compagnies d’industriels et de négociants est assurément très ingénieux, original, mais il n’est point nouveau. En le signalant comme une innovation véritablement surprenante , il. est à craindre qu’on ne paraisse justifier le reproche qui nous a été si souvent adressé de ne pas être au
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- courant du mouvement commercial et industriel à l’étranger. Les Allemands mettent en exploitation, en la modifiant légèremeut, suivant leur habitude, une idée qui a déjà reçu, depuis un an, son application en Autriche.
- En 1883, la Société du musée oriental de Vienne organisait une expédition scientifique aux Indes, dans_ l’Asie orientale et en Asie Mineure pour étudier les conditions et la situation du commerce d’exportation. Le rapport de l’expédition fut si satisfaisant au point de vue du rôle commercial que l’Autriche pouvait jouer dans ces pays, que le 24 février 1884, Ls représentants des principales maisons de Vienne se réunissaient dans une salle du_ musée pour fonder une compagnie d’exportation orientale, la Compagnie austro-asiatique. Aujourd’hui, cette compagnie compte plus de cent membres qui appartiennent à chacune des chambres du commerce et de l’industrie ; elle a constitué un capital important et créé un corps considérable d’agents commerciaux qui exploitent tous les pays d’Orient.
- La Compagnie n’est point une société de production directe ; elle n’est qu’un syndicat commercial. L’Orient est divisé en comptoir, où un agent général, qui a sous ses ordres des commis-voyageurs, organise des expositions ambulantes des produits variés des membres de la société, reçoit les commandes, les expédie à Vienne, à chacun des intéressés. Sur chaque commande, il est perçu un droit proportionnel pour la caisse sociale ; le fabricant expédie ensuite directement les produits commandés ; mais il bénéficie des réductions considérables que les compagnies de transport accordent à la société. Le gouvernement met au service de la Compagnie austro-asiatique toute l’influence sociale et commerciale de ses agents consulaires et diplomatiques, auprès desquels chaque représentant de la Compagnie est, pour ainsi dire, officiellement accrédité. En échange, ces représentants envoient au musée oriental les informations et les documents qui peuvent être utiles pour le commerce général de l’Autriche. Le chemin de fer, le Llyod austro-hongrois, transportera à prix très réduits les agents de l’association et les marchandises qui doivent servir pour constituer les expositions orientales.
- La Compagnie austro-asiatique constitue pour le commerce français une concurrence formidable par suite de la puissance de ses moyens d’action collective. Pour accaparer un marché, les agents de la Compagnie peuvent faire sur certains produits des réductions de prix considérables, qu’une maison de commerce seule ne supporterait point, et qui, se répartissant sur une collectivité de cent membres, tous riches, deviennent très peu onéreuses' pour chacun. Il est évident qu’aujourd’hui l’association est devenue la grande force commerciale, en permettant de réunir en un faisceau solide et indestructible les éléments d’affaires, capitaux, produits, agents, transports, assurances, que leur éparpillement.aurait rendus inutiles.
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- LES CONGRÈS
- ANVERS
- LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE DROIT COMMERCIAL
- Voici enfin un. Congrès sérieux qui ne sera pas exclusivement consacré à une suite de réceptions, de banquets et de vins d’honneur. Il ne consistera pas en une exhibition de savants douteux venus pour obtenir quelques décorations.
- Il s’agit, comme le fait fort bien remarquer Y Indépendance belge, de travaux utiles, importants et pouvant avoir dans l’avenir une influence considérable sur les relations internationales. Les spécialistes venus de toutes les parties du monde à cette 'réunion sont de vrais savants, préparés depuis longtemps aux discussions qui vont s’ouvrir. Leurs noms, leurs œuvres en sont de sûres garanties.
- Dix-sept gouvernements étrangers se sont fait officiellement représenter; les barreaux européens les plus importants, un grand nombre de facultés de droit, des sociétés juridiques connues, des tribunaux de commerce, des banques , des bourses et chambres de commerce, des compagnies de navigation et d’assurances maritimes, des recueils périodiques spéciaux, ont tenu à être représentés à ces grandes assises scientifiques, dont notre pays s’est peu ému, mais qui ont eu un grand retentissement au dehors.
- Dimanche 4 Octobre 188h.
- Le congrès est divisé en deux sections principales : l’une s’occupera de la lettre de change, l’autre du droit maritime. Cette section s’est partagé la vaste matière qui fera l’objet de ses débats; quatre' sous-commissions examineront spécialement : 1° l’abordage et les fins de non-recevoir ; 2° les chartes-parties, le transport des passagers, les droits et les obligations des propriétaires de navires et des équipages ; 3° le contrat à la grosse et les assurances maritimes ; 4° la législation relative aux navires autres que les bâtiments de mer.
- Un projet de loi internationale sur les lettres de change et autres titres négociables. — rapporteur M. J. Dubois, avocat à Bruxelles, — a été élaboré par la commission royale d’organisation (section de la lettre de change) ; il formera la base des discussions de la même section au congrès.
- Un questionnaire très complet formulé par la section de droit maritime de la commission organisatrice, et complété par des travaux importants de MM. Edmond Picard, Bonnevie, V. Jacobs et Sainctelette sera un guide utile et sûr des débats de la seconde section du congrès.
- On le voit, il s’agit là d’une œuvre sérieuse, envisagée sérieusement depuis plusieurs mois par ceux qui l’ont entreprise et traitée de même par ses très nombreux adhérents.
- Dimanche a eu lieu la séance solennelle d’ouverture, dans la grande salle du nouvel athénée d’Anvers. Au bureau, siégeaient MM. Beernaert, De Volder, Lambermont, président de la commission royale d’organisation, Pirmez et Victor Jacobs, vice-présidents.
- M. Beernaert, ministre des finances, a souhaité la bienvenue aux membres du congrès, spécialement aux étrangers.
- Quelques délégués des gouvernements représentés sont successivement montés à la tribune, et tout d’abord le docteur Herman Rœsler, membre du conseil suprême de l’empire du Japon ; fort accent allemand, grand, maigre, toute la barbe et les cheveux noirs. L’orateur a donné de longues explications sur l’organisation judiciaire, la création des différents codes, l’établissement de facultés de droit, sur les relations du Japon avec la Chine. Discours un peu long.
- Le délégué de la République française, M. Gonse, directeur du sceau au ministère de la. justice et des cultes, en quelques mots nets et précis, a remercié d’une façon charmante les. promoteurs et les organisateurs du congrès.
- Un grand monsieur, à large et joyeuse figure, encadrée de favoris blancs, toujours souriant,, est venu ensuite nous assurer des excellents, sentiments qui animent à l’égard de la Belgique son gouvernement, ses compatriotes et. lui-même. C’est Me Levy, avocat en renom d’Amsterdam, délégué du gouvernement des. Pays-Bas.
- Puis, un petit vieux, gris, gravit les degrés, de l'estrade ; une seule main gantée avec laquelle il manie constamment une badine à. pomme d’ivoire, chiffonnant de l’autre main la liste imprimée des membres du Congrès ; il prononce, avec force inclinations de tête, quelques mots que peut-être les membres du bureau ont entendus. Cet orateur à badine est. délégué par la Chambre de commerce de Lisbonne.
- Enfin, le représentant d’une association commerciale de Madrid bondit (c’est le mot) à la tribune, y empoigne une chaise par lu dossier, comme un torero empoignerait les cornes d’un taureau, la retourne pour s’y appuyer solidement, et en trois phrases lancées comme des balles, projette sur l’auditoire son petit compliment. C’est fini.
- Sur la proposition de M. Gonse, le bureau provisoire du Congrès est maintenu comme bureau définitif.
- M. Lambermont déclare que le bureau 11’acceptera la lettre de change tirée sur lui
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Octobre iSS5. — 319.
- qu’à la condition que des membres étrangers lui soient adjoints.
- On procède enfin à la désignation des vice-présidents, secrétaires généraux et secrétaires d’honneur.
- Dans notre prochain numéro nous rendrons compte des travaux de ce Congrès.
- CHAMBRE SYNDICALE
- DES
- MÉCANICIENS, CHAUDRONNIERS
- ET FONDEURS
- Cité Rougemont, 10
- (hôtel de la société des ingénieurs civils)
- Le dimanche 3o Août 1885, a eu lieu, à la mairie du XIe arrondissement, la distribution solennelle des pris aux apprentis de l’école professionnelle fondée, dans ses ateliers, par M. Gérard, mécanicien, 3, place Daumesnil, membre de la Chambre, •et aux lauréats du troisième concours de chauffage des chaudières à vapeur fait, cette année, chez M. Gérard.
- La séance a été ouverte à 2 heures 1/2, par M. Féray d’Essonnes, sénateur, président de la Chambre, assisté de M. Rocaché, maire du XIe arrondissement, M. Duval, l’un de ses adjoints et membre delà société syndicale, M. de Ménorval, conseiller municipal, M. Havard, secrétaire perpétuel du comité central des Chambres syndicales et président honoraire de la chambre du papier et des industries qui le transforment, M. Compère, ingénieur de l’association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, M. E. Pihet, président honoraire de la Chambre, M. Liébaut, vice-président •et MM. Bréhier et Armand Girard, membres delà Chambre.
- MM. Laurant, Robert, Sella et Vidal et quelques autres sociétaires, et un grand nombre d’industriels et d’ouvriers, assistaient à la séance.
- M. Hervé-Mangon, ministre de l’agriculture et M. Pierre Legrand, ministre du commerce, qui avaient l’intention d’assister à cette solennité en ont été empêchés par les nécessités de leurs hautes fonctions ; ils ont bien voulu s’excuser.
- M. le président du tribunal de commerce, M. Poirier, vice-président de la chambre de commerce-, ainsi que M. Denis Poulot, ancien maire du XIe arrondissement, M. Amédée Vée, président de la Chambre syndicale des produits chimiques, et M. Choquel, président de la chambre syndicale du papier, ont écrit à M. le président pour s’excuser de ne pouvoir se rendre à l’invitation du bureau de la Chambre.
- Après l’exécution de l’ouverture de Psyché, brillamment enlevée par Y Harmonie des ateliers de M. Gérard, M. Féray d’Essonnes prononce l’allocution suivante qui a été interrompue à plusieurs reprises par les applaudissements chaleureux de l’assistance :
- «^Mesdames, Messieurs,
- «'"jeunes élèves de l’école des apprentis,
- « Elèves de l’école des chauffeurs,
- « C’est à mon titre de président de la Chambre des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs, que je dois l’honneur de présider la distribution des prix décernés à l’école des apprentis et à l’école des chauffeurs.
- « La première de ces écoles a été fondée par M. Gérard, dans son établissement industriel, la seconde a été créée par M. Bougarel, secrétaire de la Chambre syndicale et par M. Testud de Beau-regard, l’un des sociétaires de cette Chambre.
- « La Chambre a toujours porté, avec raison, le plus vif intérêt à ces institutions fondées par trois de ses membres et je suis heureux, aujourd’hui, de leur témoigner ma haute satisfaction pour les résultats qu’ils ont obtenus et qui sont de nature à contribuer puissamment aux progrès de l’industrie française.
- « L’école d’apprentis fondée par M. Gérard n’est plus à l’état d’expérience, elle contient 70 élèves, et elle en aura 200 dans un avenir rapproché. Sans rabaisser , le mérite et la grande utilité de nos écoles professionnelles, on peut dire que l’école de M- Gérard a sur elles l’immense avantage de réunir la pratique à la théorie et que cette union est indispensable pour former de bons ouvriers. . .
- « Ce n’est pas d’hier que je suis convaincu de cette vérité. Il y a plus de 3o ans, mon fils étant sorti le premier" de l’école centrale, dans la section des mécaniciens, je l’ai envoyé passer deux ans à Manchester, où il a travaillé à l’étau, dans les ateliers de M. Wm Fairbairn, chez lequel j’avais été moi-même dessinateur en 1826.
- « M. Wm Fairbairn, ancien ouvrier menuisier, était, alors, le premier ingénieur constructeur de l’Angleterre.
- « Au bout de ces deux ans, M. Wm Fairbairn m’écrivait :
- « Vous m’avie7 envoyé un enfant, je vous renvoie un homme.
- « M. Fairbairn ne m’a point trompé. Personne n’est donc plus convaincu que moi de l’utilité de l’école d’apprentis fondée par M. Gérard. Cette école sera une pépinière d’excellents ouvriers et j’ai l’intime confiance que l’exemple donné par M. Gérard trouverade nombreux imitateurs ; il ne s’agit plus que de copier ce qu’il a fait et ce qui lui a si bien réussi.
- « L’école des chauffeurs, fondée par M. Bougarel et par M. Testud de Beauregard, en formant de bons chauffeurs, est destinée à rendre de grands services à l’industrie française, en lui procurant une économie notable dans l’emploi du combustible.
- « Vous le savez, l’argent qu’on ne dépense pas est le premier gagné.
- « Vous le savez aussi, l’un des plus grands désavantages de l’industrie française vis-à-vis de l’industrie étrangère, consiste dans le haut prix du combustible.
- « Tandis que la houille vaut 12 à i3 fr. la tonne à Lille, 18 à 19 fr. à Rouen, 22 à 24 fr. à Reims, dans le département de la Seine et dans les Vosges, elle ne vaut que 8 fr. à Manchester et à Birmingham, 6 à 7 fr. à Oldham et à Boston, 10 fr. à Gand, 5 fr. en Allemagne, dans la vallée de.la Sarre. De là, pour l’industriel français, nécessité impérieuse d’économiser le combustible. Nos industriels ont été puissamment aidés par les constructeurs de chaudières et de machines à vapeurs : MM. Farcot, Scott, Bourdon, Powel, Weyher et Richemond, Schneider,_ Cail, Le Gavrian, Durenne et tant d’autres que je pourrais nommer, rivalisant d’habileté, de génie,ont atteint, pour l’économie du combustible, des résultats qui, il y a cinquante ans, paraissaient impossibles : au. lieu de 4 à 5 kil. de houille par heure, et par cheval que consommaient les anciennes machines à basse pression de Watt et Boulton, avec les chaudières dites chaudières en tombeau, nos constructeurs sont arrivés, de progrès en progrès, à faire des chaudières et des machines avec lesquelles la consommation de combustible est successivement tombée à. 3 kil., à 2 kil., à 1 kil 1/2 et même à 1 kil. par cheval et par heure.
- « Quel immense service rendu à l’industrie, une machine de 20 chevaux, au lieu de 26 fr. en 12 heures, ne dépensant plus que 8 fr. ! Quelle économie !
- « Hé bien, messieurs, tout n’était pas fini; avec ces excellentes chaudières, ces excellentes machines, la consommation du combustible variait beaucoup suivant l’habileté des chauffeurs.
- « Rendre nos chauffeurs habiles, leur apprendre à bien conduire leur feu, à bien régler l’alimentation, et par suite, à éviter les coups de feu, les accidents, à faire durer les chaudières, tel est le but que se sont proposé MM. Bougarel et Testud de Beauregard. Les résultats qu’ils ont obtenus pour l’économie du combustible et dont M. Bougarel nous donnera connaissance, sont de nature à vous-frapper.
- « On peut dire que MM. Bougarel etTestud de Beauregard ont complété l’œuvre des constructeurs et que leur école rendra, d’un bout de _ la France à l’autre, les plus grands services à l’industrie!
- « Jeunes élèves de l’école des apprentis!
- « Elèves de l’école des chauffeurs !
- « Montrez-vous dignes, par votre amour du travail, par votre docilité, par votre application, de la constante sollicitude des hommes dévoués à qui vous devez tant et envers lesquels vous ne pourrez jamais vous acquitter.
- « Monsieur Gérard,
- « Messieurs Bougarel, et Testud de Beauregard, la présence, dans cette enceinte, de tant d’hommes distingués dans les arts, dans les sciences, dans le commerce et dans l’industrie, celle d’un conseiller municipal de la ville de Paris, l’hospitalité gracieuse de M. le maire du XIe arrondissement, sa présence à notre fête, ce prix donné par le président de la République, ces médailles, _ ces livres, qu’au nom du gouvernement M. le ministre du commerce et M. le ministre de l’instruction publique, ont bien voulu nous envoyer pour les lauréats des deux écoles, tout vous prouve combien l’opinion publique apprécie les œuvres que avez créées.
- « Au nom de la Chambre syndicale, qui est fière de vous compter parmi ses membres, au nom de ces familles dont vous, M. Gérard, vous élevez, vous instruisez les enfants, de manière à en faire de bons ouvriers et de bons citoyens, au nom de la ville de Paris, la première cité industrielle de France, au nom de l’industrie française, à laquelle vous rendez, tous les jours, des services signales, je vous félicite et je vous remercie. La reconnaissance publique vous est acquise. Vous avez contribué à relever le niveau intellectuel de l’ouvrier français, vous avez bien mérité delà France et de la République.
- « Honneur à vous !
- « Et nous travailleurs, de toutes les professions et de toutes les classes, n’oublions pas que c’est au
- gouvernement de la République que nous devons quinze années de parfaite tranquillité que nous venons de traverser et que jamais, depuis le commencement du siècle, sous les gouvernements monarchiques, la France n’a connu une semblable période de paix intérieure, n’oublions pas que c’est le gouvernement, le plus conforme à nos œuvres démocratiques, qui peut seul nous assurer la continuation de cette tranquillité qui nous est nécessaire pour que nousjpuissions travailler.
- « En retour, jusqu’à notre dernier jour, mettons au service de la République tout ce que nous avons de forces, d’intelligence et de capacité.
- « Servons notre patrie partout et toujours ! (Applaudissements répétés) »
- M. le président donne la parole à M. Gérard pour qu’il lise son rapport sur le concours qui a eu lieu entre les élèves de son école.
- RAPPORT DE M. GÉRARD
- « Mesdames et Messieurs,
- « Dans un exposé rapide, permettez-moi de vous donner les motifs qui m’ont suggéré l’idée de fonder une école professionnelle dans mon établissement.
- « Les écoles professionnelles n’ont pas encore donné tous les résultats qu’on espérait, la pratique leur fait défaut, parce que la pratique ne peut sérieusement s’acquérir qu’à l’établi, c’est donc à l’atelier surtout que doit se faire l’apprentissage, si l’on veut faire œuvre utile et probante.
- « Jusqu’à ce jour, ces écoles professionnelles n’ont pu fournir aux élèves qui suivent les cours que des notions théoriques ; on y apprend bien l’arithmétique, la géométrie, la coupe des pierres, la stéréotomie, et quelques notions de mécanique générale ; chose remarquable, mais ce que tous ignorent, c’est la pratique.
- « C’est, que le maniement de l’outil ne s’acquiert pas dans quelques leçons, il faut travailler de longues heures sous l’œil d’un chef praticien, habile lui-même ; ce sont là des conditions que certaines écoles ne peuvent remplir, faute de cadres d’hofti-mes pratiques et d’ateliers continus.
- « Il importe cependant qu’il en soit autrement pour la prospérité de notre industrie nationale. Préoccupé constamment de cette idée, voilà trois ans que j’ai ouvert dans mes ateliers, où je faisais déjà depuis longtemps un certain nombre d’apprentis, une école professionnelle, donnant l’instruction technique à près de soixante-dix jeunes gens, elle est organisée pour en recevoir deux cents.
- « Cette œuvre, messieurs, permettez-moi de le dire avec une satisfaction d’amour-propre bien légitime, est la réalisation de ce desideratum exprimé par la commission d’apprentissage de notre chambre syndicale.
- « Cette commission déclarait, dans son rapport, « qu’elle était unanime à reconnaître la nécessité « de faire de bons apprentis, afin que les ateliers « des diverses corporations puissent avoir plus « tard une pépinière de bons ouvriers et contre-« maîtres. »
- « Il était dit, dans cet intéressant rapport, que chaque industriel devait s’efforcer de faire dans ses ateliers, des apprentis, dans une proportion correspondante au nombre des ouvriers qui y travaillent. J’ai essayé de réaliser, en ce qui me concerne, ces vœux patriotiques, et j’ai la satisfaction de vous annoncer que les élèves de mon école me donnent les plus belles espérances. Je ne saurais donc que persévérer dans cette voie.
- « Autrefois nous avions les compagnonnages, les corporations ouvrières, vous savez tous ce qu’étaient ces associations, je ne vous rappellerai pas comment elles étaient formées. Ce n’était pas toujours une loi patriotique ni même fraternelle qui les régissait.
- « Elles présentaient, on le sait, de graves inconvénients. Mal réglementées, ayant chacune leurs codes plus ou moins libéraux, elles se mouvaient pour ainsi dire en dehors des lois communes,elles devaient fatalement tendre vers l’abus, c’est ce qui est arrivé et les a fait disparaître.
- « Mais, reconnaissons-le, elles avaient un côté pratique excellent, c’est qu’il n’était permis à un compagnon de se présenter comme ouvrier et qu’il n’était accueilli à ce titre que lorsqu’il avait fait un long et rude apprentissage, étudié le métier en faisant son tour de France et fourni des preuves de capacité en construisant finalement son chef-d’œuvre.
- « Aussi nos appar.eilleurs, tailleurs de pierre, nos gâcheurs, charpentiers, nos maîtres compagnons menuisiers, étaient-ils les premiers compagnons du monde.
- « Malheureusement il n’en est plus de même aujourd’hui, sans.doute les écoles d’arts et métiers ont fourni, à l’origine, de jeunes mécaniciens, qui sont devenus d’excellents monteurs, ajusteurs, constructeurs de machines, mais le niveau de ces excellentes études s’est élevé et avec lui l’ambition légitime de ces jeunes gens qui ne tardent pas à devenir d’excellents chefs d’ateliers, des usiniers distingués. Mais l’ouvrier de talent, le bon ouvrier enfin, tend déplus en plus à disparaître ; c’est donc
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- aux chefs d’industrie, à nous tous, messieurs, qu’il appartient d’ouvrir des écoles pratiques.
- « Depuis trois années, que mon école d’apprentis fonctionne, c’est, je dois le dire, à ma plus grande satisfaction.
- « Je suis heureux, en outre, de vous annoncer que l’association philotechnique compte, cette année, créer dans le quartier Picpus une section de ses cours théoriques pour les ouvriers mécaniciens, menuisiers et modeleurs.
- « Elle espère un concours dévoué, efficace, des patrons, industriels et commerçants, qui souhaitent le relèvement de la condition des ouvriers et la prospérité de notre commerce et de notre industrie, menacés directement par la concurrence étrangère.
- « L/association philotechnique fait appel à toutes les générosités, à toutes les bonnes volontés, s’empressant de mettre en œuvre le dévouement de ses professeurs et le concours qu’elle offre à tous ceux qui croient à la nécessité de l’enseignement pratique et professionnel.
- « L’association philotechnique désire de plus en plus entrer dans la voie de l’enseignement professionnel; elle a pour but de donner gratuitement aux jeunes adultes une instruction appropriée à leur profession.
- « Car il importe que l’ouvrier français soit non seulement habile, mais instruit, en développant avec goût l’art de son métier en meme temps que l’intelligence théorique.
- « Cette institution sera pour nous un puissant auxiliaire.
- « Je termine cet exposé, dont je vous prie de me pardonner la longueur, en vous annonçant que j’ai été assez heureux pour intéresser à notre œuvre le chef de l’Etat, qui a bien voulu mettre à ma disposition un prix spécial destiné à l’apprenti qui s’est fait le plus remarquer par son zèle et ses aptitudes.
- « Cette haute marque d’intérêt que M. le président de la République témoigne pour nos écoles d’apprentissage doit être pour tous un précieux encouragement et pour nos jeunes apprentis un motif d’émulation qui leur profitera.
- « Ils s’habitueront de bonne heure au travail et se prépareront par une jeunesse laborieuse et occupée à la rude vie du travailleur, ils feront de bons ouvriers, partant de bons citoyens.
- « D’un autre côté, M. le ministre du commerce, qui ne laisse passer aucune occasion de prouver l’intérêt qu’il porte à tout ce qui se rattache à notre industrie, a mis à la disposition de notre chambre syndicale deux médailles d’argent pour être distribuées à nos jeunes élèves ; c’est pour eux et pour nous une preuve d’intérêt dont nous devons être fiers.
- « Notre honorable président, M. le sénateur Féray, a voulu également encourager notre œuvre en nous donnant un livret de caisse d’épargne pour l’apprenti qui a mérité la seconde récompense ; je suis heureux de lui en témoigner toute ma gratitude.
- « En terminant, je voudrais, jeunes apprentis, vous donner un avis, que je recommande surtout à l’attention des plus avancés d’entre vous. Nous constatons que pendant les premiers temps ^ de l’apprentissage, vous êtes en général soumis à la discipline du règlement et dociles aux observations de vos contre-maîtres. Mais quand vient le moment où vous allez sortir de l’école, pour devenir ouvriers, nous remarquons chez quelques-uns certaines velléités d’indépendance qui les portent à s’affranchir de toute direction.
- « Gardez-vous donc d’une, pareille disposition d’esprit, et, «quand vous dèvenez ouvriers, lorsque parvenus à l’age où l’inexpérience rend si redoutables les dangers et les difficultés de la vie, montrez plus de docilité et rappelez-vous qu’il est plus sûr d’obéir que de commander.
- « Nous allons maintenant proclamer les noms des lauréats qui ont mérité des récompenses. »
- Les jeunes Marsv et Bertrand, âgés de 16 ans, et qui ont exécuté la machine à raboter le bois, qui est exposée, reçoivent chacun une médaille d’argent.
- Marsy reçoit, en outre, le prix d’honneur offert par M. le président de la République ; Bertrand, qui a reçu l’une des médailles offertes par M. le ministre du commerce, reçoit, en outre, un livret de la Caisse d’épargne, * offert par M. Féray d’Essonnes.
- Le jeune Guillot, âgé de i5 ans 1/2, qui a exécuté divers outils de menuisier qui sont exposés, reçoit la seconde médaille d’argent offerte par M. le ministre du commerce.
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- LES
- EXPOSITIONS RÉGIONALES
- INDUSTRIELLES
- Il serait superflu de rappeler ici la place importante que la France a toujours tenue dans les grandes expositions internationales.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Nos succès à Vienne, à Melbourne, à Amsterdam n’ont pas été oubliés par nos lecteurs. A Anvers, nos exposants défendent une fois de plus devant l’étranger la vieille réputation de l’industrie française.
- Mais il est d’autres expositions autour desquelles 011 fait généralement peu de bruit et qui pourtant sont pour nos industries locales des stimulants précieux ; nous voulons parler des expositions régionales.
- Elles ont pris depuis dix ans un heureux et utile développement et ont produit des résultats dont il y a lieu de se féliciter. Sans parler des grandes expositions universelles comme celles de Bordeaux en 1882 et de Nice en 1883-1884, organisées dans des conditions exceptionnelles, il nous suffira de citer celles qui ont été ouvertes dans,les divers départements depuis 1880 pour montrer combien l’industrie française, qu’on accuse un peu trop d’indifférence et de routine, cherche à profiter de tous les moyens d’expansion qui sont à sa portée.
- En 1881, huit expositions régionales industrielles ont eu lieu à Amiens, Saint-Florentin, Chalon-sur-Saône , Saint-Brieuc , Alençon , Epinal, Cahors et Pau. Six autres sont encore organisées en 1882 à Avignon, Nîmes, Lille, Saint-Lo, Draguignan et Niort. Neuf en 1883, à Villeneuve-sur-Lot, Troyes , Blois, Vannes, Aurillac, Foix, Amiens et Marseille. Sept en 1884 à Brest, Rodez, Bourbonne-les-Bains, Saint-Omer, Thiers,Tonnerre et Rouen. Enfin, cette année, nous avons eu les expositions de Montpellier , Beauvais, Vesoul, Moulins et Angoulême.
- Les avantages quelles procurent à l’industrie locale sont très appréciables. Elles permettent aux petits producteurs de se faire connaître, de trouver les moyens qui doivent les faire prospérer et grandir, et cela presque sans frais. L’éloignement, la difficulté et le prix des transports, les dépenses toujours élevées qu’occasionnent les déplacements sont des obstacles qui empêchent le plus souvent les petits fabricants de prendre part aux grandes expositions nationales et internationales. Combien d’inventions, de perfectionnements, de créations ingénieuses ont été ainsi perdues et sont retombées dans l’oubli faute d’avoir pu se produire ! Les expositions régio-nables ou locales peuvent donc avoir une influence sérieuse sur le développement industriel d’un pays., et il est bon de les encourager.
- Jusqu’à ce jour elles ont été un peu abandonnées à leurs propres forces. Organisées,-pour la plupart, à l’occasion des concours régionaux agricoles qui ont lieu tous les ans dans un certain nombre de départements, les frais enont été supportés soit parles chambres de commerce, soit enfin par des sociétés industrielles ou scientifiques. Le gouvernement n’a jamais pris une part directe à leur installation. Sans doute, il leur a accordé son appui moral dans la plus large mesure possible ; mais cela n’est pas toujours suffisant et les encouragements platoniques qu’il leur a donnés pourraient utilement être remplacés par une subvention pécuniaire, si minime qu’elle fût.
- Malheureusement le crédit dont le ministère du commerce dispose ne lui permet d’allouer, chaque année, aux expositions régionales, que quelques médailles : généralement une médaille d’or, deux ou trois médailles d’argent et une dizaine de médailles de bronze pour chacune d’elles.
- Peut-être y aurait-il mieux à faire, et le ministère du commerce pourrait-il s’intéresser d’une manière plus complète à leur organisation et à leurs résultats. Il devrait se garder, évidemment, d’entraver ou d’étouffer l’initiative locale, mais une certaine direction centrale pourrait avoir une grande utilité. Elle activerait, dans une certaine mesure , les efforts de la production nationale et, réunissant ces tentatives séparées, leur donnerait une unité qui en augmenterait la puissance. On ne
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- tarderait pas à s’apercevoir alors combien il serait facile d’annexer chaque année des expositions industrielles aux douze concours régionaux agricoles institués par le ministère de l’agriculture.
- En effet, conclut notre confrère du Temps, on pourrait compter, pour la plus grande partie des frais, sur le concours des villes et des chambres de commerce,qui sont les premières intéressées aux succès de ces expositions.
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- NOTE
- SUR LE
- COMMERCE ÉTRANGER EN CHINE
- pendant l’année 1884-
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 2 7 septembre 188S)
- TIENTSIN
- Ce port, ouvert le 25 février, est resté accessible jusqu’au i5 décembre.
- Malgré le malaise général du commerce sur tout le globe et la situation politique en Orient, le commerce du port deTientsin a .été prospère.
- Importations
- L’importation des marchandises de coton s’est améliorée.
- Les toiles à draps américaines continuent à remplacer les anglaises.
- Les shirtings, les drills américains, les lastings de coton ont été aussi importés en grande quantité.
- En ce qui concerne les lainages, le drap russe est resté stationnaire, les Orléans ont diminué ; mais, sauf ces exceptions, tous les principaux articles ont été importés en quantités plus grandes que les années précédentes.
- On peut également constater une réelle augmentation dans l’importation du fer. Quant à celle des verres à vitres et des aiguilles, elle est restée stationnaire. Il n’en est pas de même pour les allumettes, dans l’importation desquelles on remarque une grande augmentation.
- L’huile de kérosène (pétrole) a été importée en moins grande quantité, mais a augmenté considérablement en valeur.
- La production des mines locales est la cause de la diminution constatée dans le chiffre d’importation du charbon japonais.
- Le sucre blanc est resté stationnaire ; mais le sucre brut a augmenté.
- Le commerce en transit du thé noir et du thé en briques a diminué ; mais, par contre, les expéditions du thé à Chang-Chia-K’ou, à destination de la Russie, ont augmenté.
- L’importation du thé japonais est double de celle de l’année 1883.
- En ce qui concerne l’opium, l’importation de ce produit a sensiblement diminué et l’on constate qu’il n’en a pas été importé de Perse.
- Exportations
- Le commerce d’exportation de Tientsin va toujours en croissant.
- L’exportation de la paille tressée, qui, en 1883, était de 26,600 piculs, s’est élevée à 42,160 piculs, et il est à prévoir que cette augmentation continuera.
- L’exportation des poils de chèvre, qui, en i883, était de 24(1 piculs, a atteint 4,172 piculs.
- Enfin, celle du charbon du pays-a augmenté dans une proportion relativement considérable, par suite des livraisons faites aux nombreux vapeurs qui ont visité le port.
- Navigation
- Le tonnage des navires entrés dans le port de Tientsin a dépassé celui de toutes les années précédentes. Il s’est traduit par une augmentation de 23 navires, soit 47,535 tonnes, sur l’année 1883.
- Il est à remarquer que les voiliers allemands deviennent de plus en plus rares chaque année.
- Recettes
- Les recettes du port de Tientsin s’élèvent à
- NOTA. — Le picul vaut 60 kil. 453. — La tael vaut 7 fr. 06. — Le gallon correspond à 4 litres 54.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- 386,579 taels et accusent une augmentation de 5,648 taels sur l’année précédente.
- *
- * *
- CHEFOO
- Malgré les troubles qui ont entravé le commerce, le trafic du port de Chefoo a dépassé toutes les prévisions.
- Les récoltes, qui ont été bonnes dans la plupart des districts, ont eu -une très grande influence sur le commerce de ce port.
- Le total net du commerce de Chefoo, en 1884, s’est élevé à 10,060,516 taels, soit une augmentation de 728,115 taels sur l’année précédente.
- Les importations de l’étranger ont augmenté de 41 p. 100, les importations chinoises de 27 p. 100 et les exportations de 32 p. 100.
- Le chiffre des importations a dépassé de 1,314,392 taels celui des exportations.
- Importations
- Cotons.— Les cotons manufacturés forment la branche la plus importante du commerce étranger à Chefoo.
- Il y a eu, en 1884, une augmentation de 60,570 pièces sur l’année précédente, soit une valeur de 58,176 taels. Cette augmentation porte surtout sur les shirtings gris, les toiles à draps, les drills américains, les lastings de coton, les toiles rouges de Turquie (Andrinople) et spécialement sur les toiles à draps américaines dont l’importation s’est accrue de 141 p. 100.
- Par contre, on constate une grande diminution sur d’autres marchandises, par exemple, sur les toiles à T et les drills anglais.
- L’importation des cotons filés augmente d’une façon régulière.
- Celle des lainages accuse une légère augmentation, en comparant le chiffre de cette année à celui de l’année précédente.
- Opium. — La quantité d’opium importée a été de 852 piculs, contre 882 en i883.
- Métaux. — La valeur totale des métaux importés s’élève à 335,88p_ taels, soit une augmentation de 53,114 taels sur l’année précédente.
- Divers. — Le charbon continue à être importé en grande quantité, et cette importation se développera probablement, en proportion du mouvement des vapeurs avec les ports du Nord. Cependant l’importation a diminué de 2,000 tonnes.
- L’importation des allumettes et du varech a considérablement augmenté.
- Importations chinoises. — Le coton et le riz sont les principaux articles sur lesquels- porte l’augmentation constatée.
- Exportations
- Les pains de fèves accusent une diminution de 103,620 piculs.
- Les différentes espèces de soie et les cocons sont en augmentation de 5,158.68 piculs sur l’année précédente.
- Navigation
- Le nombre des navires a diminué de 48 sur l’année précédente, mais il est à remarquer que le tonnage accuse une augmentation de 24,331 tonnes.
- Recettes
- Les recettes s’élèvent à 273,754 taels, soit une augmentation de 1,177 taels.
- * *
- F00CH0W
- La valeur totale du commerce de ce port, en 1884, s’est élevée à 13,547,441 taels, soit une diminution de 598,335 sur l’année précédente.
- Importations étrangères
- On constate une diminution de 52,302 pièces dans l’importation des toiles à T.
- L’importation de l’huile de kérosène (pétrole), qui, en 1883,était de 235,95o gallons, est tombée à 34,292 gallons. — Cette diminution dans l’importation de ce produit est due à la prohibition dont il a été frappé par les autorités.
- Le commerce de l’opium s’est ressenti de la situation politique.
- Exportations
- L’exportation du thé s’est élevée à 680,450 piculs, soit une augmentation de 21,462 piculs sur l’année précédente. Il y a eu augmentation sur l’exportation de ce produit aux Etats-Unis et diminution sur l’exportation à Londres. Au 23 juillêt, il était déjà arrivé 431,000 caisses, alors
- qu’il n’en était arrivé que 441,000 à la même époque de l’année précédente ; mais, le 23 août, une diminution s’est fait sentir ; on constatait seulement 499,000 caisses, au lieu de 518,000, chiffre de la même époque de l’année 1883. Le 2 3 septembre, la diminution s’accentuait davantage encore ; mais, au mois de novembre, on constatait une augmentation sur l’époque correspondante de l’année 1883.
- L’opinion générale est que la première récolte était supérieure à celle de l’année dernière, tandis que la seconde a été inférieure.
- *
- * *
- NIN G PO
- L’importation directe par voiliers, qui, en 1874, était évaluée à 60.666 taels, est tombée à 39,971 taels.
- Navigation
- Les voiliers chinois, qui, il y a dix ans, ne fournissaient que 16,578 tonnes, ont donné, en 1884, 25,867 tonnes.
- Depuis 1874, le tonnage total par vapeurs s’est élevé de 378,950 tonnes à 703,496 tonnes.
- Dans le mouvement de la navigation on compte:
- 32,14 p. 100 de navires anglais.
- 26,69 — américains
- 0,51 — allemands.
- o,3i — espagnols.
- 0,16 — siamois.
- 40,19 — chinois.
- Valeurs du commerce
- La valeur nette totale du comfnerce s’est élevée à 11,422,389 taels, soit un demi-million de taels de plus qu’en 1883.
- Opium. — L’importation totale de l’opium s’est élevée à 7,926 piculs, soit 518 piculs de moins que l’année précédente. Il est à remarquer que 2 piculs seulement d’opium persan ont été importés.
- Coton. — L’importation des étoffes de coton n’a pas diminué d’une façon sensible.
- Lainages. — L’importation des lainages, qui était de 26,223 pièces en 1877, s’est abaissée jusqu’à 10,602 pièces en 1884.
- Divers. — L’huile de kérosène (pétrole), dont la consommation, en 1876, s’élevait à 98,020gallons, s’est élevée à 1,144,700 gallons cette année. Il n’y a pas eu de changement pour les allumettes. L’importation du sucre étranger a décuplé depuis dix ans.
- Importations chinoises
- Le commerce, qui est maintenant entièrement passé entre les mains des Chinois, est en décroissance ; de 1,559,000 taels, chiffre atteint en 1874, il est descendu à 1,344,000 taels, chiffre de 1884. Il consiste surtout en médicaments, en sucre et en tabac:
- Exportations
- Malgré la perturbation dans les affaires, le commerce d’exportation n’a pas subi de ralentissement sensible. On constate même une légère augmentation en ce qui concerne le thé et les médicaments.
- Transit
- La valeur totale du trafic intérieur a diminué de 46,000 taels sur l’année 1883. Les expéditions des marchandises dans l’intérieur se décomposent comme suit.
- DÉTAIL DES MARCHANDISES CHIFFRES DE 1874 CHIFFRES DE 1884
- Tissus de coton 376J04 pièces. 223.23o pièces.
- Lainages 7.3 IQ 1. 111 —
- Plomb 2.87D piculs. 5.575 piculs.
- Fer . 1.223 — 14J06 —
- Sucre 8.218 — 16.865 —
- GH 1N Kl AN G
- La valeur totale des échanges s’est élevée à 12,084,931 taels, soit une diminution de 273,529 taels sur l’année précédente.
- Les négociants sont très mécontents de la diminution du chiffre des affaires et l’attribuent aux causes suivantes :
- i° Défaut d’exportation du riz à Canton ;
- 20 Inondations dans les prairies du Shangtung et du Honan ;
- 3° Difficultés financières ;
- 40 Incertitude de la situation politique.
- * Navigation
- Pendant l’année 1884, il y a eu un mouvement
- de 1,706 vapeurs, soit 1,740,270 tonnes, contre 1,660 vapeurs et 1,528,238 tonnes en 1883.
- Pour les voiliers, l’augmentation a été plus sensible ; 188 navires, soit 21,424 tonnes de plus qu’en 1883.
- Le nombre des « lorchas » s’est également accru, mais leur fret a été très bas.
- Importations étrangères
- Les importations étrangères sont en diminution de 4,000 taels sur 1883.
- L’importation de l’opium, seule, a diminué de 267,194 taels. Mais celle de l’opium de Malwa est restée sensiblement la même. La récolte de ce produit a été généralement bonne.
- Coton. — Il y a eu une grande amélioration dans l’importation des tissus de coton, spécialement pour les shirtings gris, les toiles à draps américaines et les imprimés pour meubles.
- Lainages. — L’augmentation est générale.
- Métaux. — L’importation du fer filé pour clous a, par contre, diminué dans une notable proportion, en raison de l’énorme stock existant à la fin de l’année 1883.
- Divers. — L’importation de l’huile de kérosène (pétrole) a. considérablement augmenté (454,9.20 gallons). Il en a été de meme pour les sucres blancs et bruts.
- Exportations
- La récolte du riz a été particulièrement bonne. Il en a été exporté de grandes quantités à Canton, à Foochowet à Tientsin.
- Le transit pour l’intérieur s’est élevé à 2,713,735 taels, au lieu de 2,487,300 taels en 1883. Par contre, le chiffre du commerce extérieur, qui était de 268,219 taels pendant cette même année, ne s’est élevé qu’à 220,135 taels en 1884.
- *
- •¥ *
- HANKOW
- L’année 1884 a été médiocre.
- L’incertitude des relations entre la Chine et la France a eu une fâcheuse influence au commencement de la saison. L’ambiguité du traité Fournier n’a rien amené de définitif dans l’état des affaires, et les représailles, qui en ont été la conséquence, continuent encore à jeter de la perturbation dans les affaires commerciales.
- Les eaux du fleuve se sont retirées de bonne heure et, grâce à cela, la récolte d’automne a été assez bonne.
- Navigation
- Le drapeau américain remplaçait le drapeau chinois par suite du transfert de la compagnie des « China Merchants » à MM. Russel et Cie. Les frets à Londres ont été'bas.
- Recettes
- Il y a eu une augmentation de 40,000 taels sur 1883 ; cette augmentation est due, en partie, à l’augmentation du commerce du thé.
- Importations
- L’importation des drills a baissé dans une notable proportion. Les drills anglais sont supplantés par les drills américains.
- L’opium étranger a subi une augmentation marquée.
- L’importation de l’huile de kérosène (pétrole) a décuplé depuis 1881.
- Il y a eu une augmentation énorme sur l’importation des sucres.
- Exportations
- En ce qui concerne le thé, les soies, les cuirs, la noix de Galle et les tabacs, les exportations se sont élevées à un chiffré important, surtout pour ces trois derniers articles.
- Le prix du thé a été un peu inférieur à celui de l’année dernière. Les acheteurs russes se sont emparés des meilleurs thés. Il ne semble y avoir eu de bénéfices que sur l’exportation des thés fins.
- ÉCHOS
- Paris
- Le jugement préliminaire du concours pour la statue de Broca, a été rendu le mercredi 23 septembre. Le numéro 38 a été classé premier ; il porte la devise : « La nature est un livre ».
- Puis vient le numéro 5, avec la devise : « L’homme passe »._ Enfin le numéro 12, a été classé troisième ; devise : « Eurêka ». Le jury était composé de MM. les docteurs Yerneuil, Pozzi, Hardy, Plox, Broca fils, Franceschi, sculpteur et Escalier architecte.
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- 322. — Première Année — N° 40.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Octobre i885.
- Le 15 décembre prochain, comme nous l’avions annoncé, concours du second degré et jugement définitif.
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- En raison des besoins des divers services publics se recrutant à l’Ecole polytechnique, le ministre de la guerre a décidé que les jeunes gens ayant plus de vingt ans et moins de vingt et un ans au 1er janvier 1886, seront, par exception, autorisés à participer au concours d’admission, qui aura lieu en 1886 pour la dite école. Ils auront à justifier, avant d’être définitivement admis, qu’ils sont liés au service militaire pour cinq ans, et à produire, au moment de leuiy entrée, les pièces nécessaires. Les candidats qui profiteront du bénéfice de cette prorogation de limite d’âge, ne pourront être classés, à leur sortie, que dans les services militaires.
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- Nous lisons dans le Temps ;
- Le comité international des poids et mesures, réuni à Paris depuis une quinzaine de jours, tient en ce moment sa session annuelle réglementaire. Les séances ont lieu au bureau international, installé au Pavillon de Breteuil, à Sèvres. Le comité y discute et règle les questions administratives, et surtout stientifiques que comporte la gestion de l’important établissement international qui est placé sous sa haute direction. L’une des principales missions qui lui ont été confiées, la construction et la vérification des nouveaux prototypes du mètre et du kilogramme, destinés à être distribués à tous les États signataires de la convention du mètre, avance rapidement. La fabrication de ces prototypes, en platine iridié, est poussée avec activité, et leur vérification définitive, au bureau international, pourra commencer dans le courant de l’année prochaine, d’après le programme arrêté par le comité.
- Dans cette session, le comité a été informé de l’adhésion du Japon à ^convention du mètre, ce qui porte le nombre des États contractants à vingt-deux, représentant une population totale de 459 millions d’âmes. L’entrée du Japon dans la convention est le premier pas que fait ce pays dans la voie de l’introduction du système métrique.
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- L’Académie des beaux-arts a décerné le prix Troyon au tableau inscrit sous le numéro 42, dont l’auteur est M. Picard, élève de MM. Paul Laurens et Rapin. La première mention honorable a été obtenue par M. Marrais, élève de MM. Busson et Berchère. M. Danger, élève de MM. Gérôme et Millet, a obtenu la seconde mention.
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- A partir du 1er novembre, la Compagnie internationale organisera un train rapide de luxe, quotidien, composé exclusivement de wagons-lits, salons et restaurant, allant de Calais à Rome et à Naples, via Marseille, Nice et Gênes.
- Le trajet total s’effectuera en cinquante heures.
- Ce service assurera à la France le monopole des voyageurs anglais se rendant en Italie.
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- La séance publique annuelle des cinq sections de l’Institut aura lieu le lundi 26 octobre prochain, à deux heures de l’après-midi. Conformément à la délibération prise le 19 juillet 1848, cette solennité a lieu le 25 octobre, jour anniversaire de l’organisation de la docte Compagnie; mais, cette année, le 25 tombant un dimanche, la solennité est remise au lendemain.
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- Une session extraordinaire, pour les examens du baccalauréat, s’ouvrira le 25 octobre, devant la Faculté des lettres et des sciences de Paris.
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- ETRANGER
- Alsace-Lorraine
- Le 58e congrès des médecins et naturalistes allemands a eu lieu, il y a quelques jours, à Strasbourg.
- L’éminent professeur Wirchow a fait une conférence très intéressante au point de vue de la politique coloniale des puissances européennes, sur c l’acclimatation de la race humaine dans les tropiques ».
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- Allemagne
- Nous lisons dans la Gazette de Francfort :
- « Le gouvernement impérial ayant décidé récemment de prolonger les lignes ferrées de Weizen à Immendingen et de Hartingen à Schwacken-rentlie afin d’obtenir de nouvelles voies de transport pour les troupes se rendant de Bavière en Alsace, le chemin de fer du Val-d’Enfer sera d’un côté prolongé dans la direction de Weizen et de l’autre côté rejoindra par Hammereisenbach, Thanheim et Pfanffenweiller la ligne wurtember-geoise à Villengen, afin de faciliter également le transport de troupes wurtembergoises. en Alsace. Par suite de la construction de ces voies ferrées, Fribourg sera mis en communication directe avec
- le Wurtemberg et le trajet en chemin de fer de cette ville au lac de Constance sera plus court. » *
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- Le congrès des économistes a tenu sa première séance à Nuremberg (Bavière,', le 20 septembre dernier.
- Le congrès s’est prononcé à l’unanimité contre les tendances actuelles de politique protectionniste agraire, qui devront être énergiquement combattues dans l’intérêt économique de toute la population.
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- Angleterre
- La chambre de commerce de Dundee, répondant il y a quelques jours aux questions posées par la commission chargée d’étudier les causes de la dépression du commerce, a déclaré que la dépression du commerce du lin, du jute, des filages et des fabriques a été causée principalement par l’augmentation des filatures en Europe et à Calcutta, mais surtout par les hauts tarifs imposés aux marchandises d’origine anglaise par la France, l’Espagne, l’Italie l’Allemagne, l’Autriche et la Russie.
- La valeur des marchandises exportées de Dundee en Autriche, en Allemagne et en Russie a diminué de 700,000 livres sterling pour une période de quatre ans.
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- Belgique
- Le congrès international des libres penseurs, réuni à Anvers, a adopté la résolution suivante : « La responsabilité morale n’existe pas ; mais la société a le droit de se défendre contre les criminels et les malfaiteurs.» Le prochain congrès sera tenu à Rome.
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- Brésil
- Le projet de loi sur l’abolition de l’esclavage a été adopté par les deux Chambres.
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- Bulgarie
- Le ministère bulgare vient de terminer le rachat de la ligne ferrée de Roustchouk à Varna.
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- Birmanie
- Nous reproduisions dans notre dernier numéro la teneur d’une dépêche publiée par les journaux anglais, et d’après laquelle le gouvernement birman aurait conclu, avec la France une convention attribuant à cette dernière la concession exclusive des chemins de fer sur tout le territoire de la Birmanie, le contrôle des douanes de l’Iraouaddy, et l’établissement d’une banque à Mandalay. U Agence Havas affirme que ces nouvelles sont purement imaginaires.
- Dont acte.
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- S’il faut en croire une dépêche adressée au Times, le gouvernement birman aurait recours à l’arbitrage de la France pour régler le conflit existant entre la Birmanie et l’Association commerciale de Bombay.
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- Chine
- On sait que la question des chemins de fer est à l’ordre du jour dans l’empire chinois. Elle serait même sur le point d’entrer dans la période d’exécution. Le Conseil des princes, convoqué par ordre impérial, s’est prononcé, en effet, pour la construction des voies ferrées. Le Tsong-Li-Yamen a reçu les instructions nécessaires pour l’étude des projets présentés, étude qui sera confiée à des ingénieurs américains.
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- On se rappelle que l’an dernier, avant la rupture définitive avec la France, la China mendiants steam navigation ClA dont les attaches officielles sont bien connues, avait vendu toute sa flotte à MM. Russell et Cie de Hong-Kong.
- On nous écrit que le gouvernement impérial vient de racheter la plupart de ces navires, qui ont arboré de nouveau le pavillon chinois.
- Italie
- L’agence Havas annonce que l’Italie a accepté la date du 12 octobre, proposée parla France, pour la reprise de la conférence monétaire.
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- Portugal
- Le Journal officiel du royaume publie un décret réorganisant le service des douanes portugaises.
- Les navires, à leur arrivée dans les ports, sont dispensés de plusieurs anciennes formalités.
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- Turquie
- D’après des nouvelles reçues de Constantinople par la Correspondance politique, la présence du phylloxéra a été constatée dans plusieurs localités de la côte asiatique situées non loin de la capitale
- turque. Les territoires contaminés ont une étendue de 34 hectares. Le gouvernement ottoman a ordonné aussitôt toutes les mesures de précaution nécessaires. Contrairement à ce qui a été annoncé, le phylloxéra 11’a fait son apparition ni à Smyrne ni à Dedeagatsch.
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- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- quatrième article (Voir le Moniteur du 27 septembre 18 S5).
- Ces pages un peu tardives auront surles lettres que j’aurais pu envoyer de Hongrie un avantage sérieux. Ceux d’entre nous qui écrivaient se disaient avec ennui : « Jamais onne nous croira à Paris ; pensant que sous le coup de fortes émotions, dans le feu de l’enthousiasme, nous voyons plus grand que nature, on nous taxera d’exagération ». Je n’ai pas ces inquiétudes : je suis de retour depuis un mois; j’écris à tête reposée, et à Paris où les impressions se succèdent et se remplacent si rapidement qu’il y en a bien peu qui ne soient fugitives ; l’enthousiasme, les émotions du voyage ont disparu, ne laissant en moi qu’un charmant souvenir et une reconnaissance profonde : c’est sous l’empire de ces deux sentiments que j’écris ces lignes, récit fidèle de ce que j’ai senti, de ce que j’ai vu.
- Le mercredi 12 août, à 10 heures du soir, nous montons dans le train spécial qui doit nous emporter vers les Carpathes. Le directeur des chemins de fer hongrois, M. Tolmay,est à la gare, s’occupe des derniers préparatifs et nous accompagne dans notre excursion pour veiller lui-même de plus près au service. Quels jolis wagons et spacieux, et confortables ! Nous ne sommes que deux par compartiment de six personnes ; nous pourrons donc prendre nos aises ; nous pourrons dormir et essayer de revivre dans un révélés trois délicieuses journées que nous venons de passer â Pest et qui ont passé si vite! Une dernière fois nous agitons nos chapeaux et nos mouchoirs ; un dernier « Eljen » poussé à l’unisson porte nos adieux et l’expression de nos regrets à ceux de nos amis qui nous ont accompagnés à la gare : le train est déjà loin et nous nous mettons en devoir de passer la nuit le plus agréablement possible; mais à peine sommes-nous mollement étendus sur nos coussins de velours capitonnés, à peine un léger assoupissement a-t-il à demi fermé nos paupières : nous sommes réveillés en sursaut par une tempête d’Eljens, par les sons d’une musique tsigane, par l’arrêt du train.
- Où sommes-nous ? C’est encore un petit village de la banlieue de Pest ; les pompiers sont rangés sur le quai en grande tenue ; les autorités groupées s’apprêtent à nous souhaiter la bienvenue ; dans un coin les tsiganes jouent la Marseillaise et devant les wagons une dizaine de jeunes filles en gracieuses toilettes circulent avec des corbeilles pleines de fleurs qu’elles nous distribuent à profusion ; nous descendons un instant pour serrer les mains qui nous sont tendues; nous nous chargeons de fleurs et nous repartons tout émus de ces témoignages de sympathie. A peine avons-nous repris nos places, à peine, après avoir échangé nos impressions en quelques mots, avons-nous refermé les yeux que le train s’arrête, la Marseillaise se fait entendre et de nouveaux et retentissants Eljens nous font bondir aux fenêtres des wagons pour agiter nos mouchoirs, pour recevoir des fleurs, et pour répondre légèrement ensommeillés à ce charmant accueil. Nous dormirons une autre fois : il serait cruel de ne pas se montrer sensible à l’élan sympathique de ces braves gens debout, au milieu de la nuit, en habits de fêtes et pourquoi? pour nous voir passer, pour nous jeter des fleurs, nous crier : Vive la France ! et suivre du regard le train qui nous emporte.
- Au matin, nous arrivons à Dobsina où nous sommes reçus par le comte Andrassy, frère de l’ancien ministre de ce nom, un des grands propriétaires hongrois, mais non le plus grand; il ne paie que la faible somme de ySQoo florins
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- Première Année.
- 40.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Octobre 1885. — 323.
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- d’impôts. Dans son discours de bienvenue, le comte nous donne quelques détails intéressants sur le pays que nous visitons. Dobsina a été fondée par des Saxons qui parlent encore à présent un mélange de hongrois et d’allemand et qui, mêlés à cette forte race hongroise, sont devenus aussi Hongrois que les plus purs Magyars. C’est une petite ville de 16,000 habitants, une des plus riches du royaume de Saint-Étienne ; isolée dans le fond d’une vallée pittoresque, elle est entourée d’une ceinture d’usines, de hauts fourneaux où se travaillent et s’affinent les différents métaux (fer, nikel, cobalt) extraits des mines qui abondent dans les montagnes d’alentour.
- Une file de voitures nous mène à l’hôtel de ville ; les mineurs dans leur pittoresqus tenue de parade et les sapeurs-pompiers font la haie sur notre passage ; un lunch nous attend dans la grande salle du conseil ; les dames et les jeunes filles de la meilleure société se sont disputé le plaisir de nous servir le thé ; elles sont exquises sous leur accoutrement de servantes avec le petit tablier brodé et la jupe courte : nous sommes véritablement confus de ces marques de sympathies par trop complaisantes et nous nous confondons en remerciements ; ces dames nous affirment que le meilleur moyen de les remercier et de leur témoigner notre reconnaissance, c’est de faire honneur à ce qu’elles nous servent et de ne rien refuser de ce qu’elles nous offrent; nous faisons de notre mieux. Une fois restaurés, nous prenons congé, remontons dans nos voitures et filons au grand trot.
- C’est alors que pour la première fois nous apercevons une tribu de tsiganes purs, non plus les tsiganes civilisés à violons, mais les tsiganes primitifs, presque à l’état de nature : les vieux, à la longue barbe blanche, au visage tanné éclairé par des yeux noirs, vifs et perçants, drapés fièrement dans des haillons sordides ou accroupis impassibles sur le bord des chemins, le brûle-gueule à la bouche ; les enfants pour la plupart entièrement nus, aux cheveux noirs frisés, la peau d’une chaude couleur bronzée, courant après nos voitures, tendant les mains, implorant de leurs yeux étrangement rusés et avides quelque menue monnaie. Nous leur désignons du doigt la voiture qui suit la nôtre en leur criant « Rothschild, là derrière ». Ce nom magique ne parait pas leur produire la moindre impression.
- Le grand trot ne peut se soutenir longtemps ; nous arrivons dans la montagne, aux premiers contreforts des Carpathes ; j’aurais peine à vous décrire la route merveilleuse qui se déroule alors devant nous ; elle est d’ailleurs célèbre cette vallée de la Stratzina; tantôt nous roulons dans un chemin resserré entre deux murailles presque à pic ; puis, comme par enchantement, les murailles disparaissent et sous les rayons d’un soleil ardent nous voyons à nos pieds de vastes plaines, de gras pâturages où paissent d’innombrables troupeaux de boeufs et de moutons; soudain nous rentrons dans l’ombre ; nous sommes aux pieds de collines en pentes douces ombragées de pins odorants ; un ruisseau argenté se traîne paresseusement à côté de nous, puis nous nous élevons; la route s’accroche aux flancs d’une montagne abrupte et derrière nous le ruisseau devenu torrent roule avec fracas sur un lit de cailloux et de rochers qui font jaillir des nuages d’écume.
- Nous descendons de voiture devant un vaste chalet où le déjeuner nous attend ; hélas! nous ne déjeunons pas encore ; il nous faut tout d’abord aller visiter la grotte de glace : ma foi ! le déjeuner attendra. Nous gravissons allègrement des talus gazonnés semés de gentianes et de brunelles ; une ascension rapide nous mène en quelques instants à l’entrée de la grotte, mais nous sommes trempés et haletants ; nous nous remettons un peu sous une cabane couverte de chaume; nous nous emmi-toufflons avec soin pour éviter les fluxions de poitrine et nous entrons.
- La grotte de glace, dobsinai Jagberland, récemment découverte par un ingénieur hongrois, est une des merveilles de cette merveilleuse contrée ; elle est peu connue des touristes, mais nous la leur recommandons de grand cœur : à elle seule elle vaut le voyage ; nous descendons dans le gouffre
- béant par un escalier étroit à double rampe, presque à pic, nous allons avec précaution pour éviter les glissades dangereuses , frissonnant sous une vive impression de froid et d’humidité. Un cri d’admiration s’échappe de nos poitrines au moment où nous mettons le pied sur la dernière marche de l’escalier ; le spectacle est grandiose : figurez-vous un vaste hall au parquet de glace, aux murs de glace, avec un énorme glacier pour plafond soutenu par des piliers de glace et orné d’une multitude de larmes gigantesques gelées et pendantes, le tout éclairé par des torches dont les vives lueurs se réfléchissent dans toutes les directions et par des larmes de magnésium qui, brûlant derrière chaque pilier, nous éblouissent de gerbes d’étincelles féeriques et font briller le sol, le plafond, les murailles de reflets irisés dont l’œil a peine à soutenir l’éclat. C’est là ce qu’on appelle le salon, mais la caverne a deux étages ; par un escalier de i3o marches, nous descendons à l’étage inférieur qu’on appelle l’enfer et qui mérite bien son nom ; sur une rampe de bois accrochée aux flancs d’un glacier gigantesque nous cotoyons un abîme; plus nous marchons, plus la rampe se resserre, plus . l’abîme s’élargit sans que nous puissions en apercevoir le fond, tout à la fois le plafond s’abaisse et les ténèbres s’épaississent ; nous nous arrêtons enfin sur les bords d’une large cascade gelée dont la glace a revêtu les formes les plus fines de l’eau qui se perdait sans doute dans le précipice ouvert à nos pieds, l’aspect de cet enfer est véritablement terrifiant ; c’est exactement, comme nous le fait remarquer Pulzky, le cinquième cercle du Dante.
- Quelle que soit la beauté du spectacle que nous venons d’admirer, ce n’est pas sans une vive satisfaction que nous nous retrouvons au jour, que nous aspirons une bouffée d’air chaud et que nous nous secouons au soleil. Nous redescendons sans nous faire prier au chalet où le déjeuner nous attend toujours, déjeuner formidable arrosé de dix sortes de vins sortant des caves du comte Andrassy. Au dessert, on fait circuler entre les rangs des convives une petite boite de pommade hongroise ; chacun se lustre les moustaches, les dresse vers le ciel d’un air vainqueur. Est-ce une coutume ? Est-ce une plaisanterie ?
- A deux heures, nous remontons en voiture, en route pour Tatrafiéred ! Nous recommençons notre promenade du matin avec un horizon plus large encore ; nous roulons dans un incessant tourbillon de poussière, brûlés par un soleil caniculaire, mais toujours heureux, toujours fêtés, émus et ravis ; chaque passant est un ami ; chaque village, chaque hameau, une station triomphale ; des dames guettent sur le chemin l’arrivée des voitures françaises et les bombardent de fleurs ; nous ne savons bientôt plus où loger nos bouquets; nous en avons à toutes nos boutonnières, autour de nos chapeaux, plein nos poches. A mesure que nous avançons, la chaîne des Carpathes, que nous ne faisions qu’apercevoir dans le lointain, se dresse devant nous plus précise et plus accentuée ; au-dessus du premier contre-fort de la gigantesque muraille, quelques points blancs émaillent la sombre verdure des sapins ; ce sont les hôtels et villas de Tatrafiéred où nous arriverons vers huit heures ; nous y serions plus tôt si notre programme ne comportait une courte station dans la petite ville de Boprad, centre de la circonscription que représente à la Chanibre des députés notre compagnon si aimable et si dévoué Charles Pulszky. Le temps de laisser souffler les chevaux, de dépouiller quelques dépêches qu’on nous a envoyées de Pest, de boire à la santé du jeune député, l’infatigable organisateur de notre excursion, et nous nous remettons en route. Nous n’avançons que lentement, nous arrêtant toutes les cinq minutes à des villages, à des hameaux, à des villas, à des fermes isolées pour recueillir notre moisson de fleurs et de compliments ; la nuit tombe au moment où nous arrivons à la fin de cette sérieuse, mais bien admirable étape.
- [A suivre.) Eugène Weismann.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- GOMM-UNIGA-TIOINT
- C’est la période des Congrès internationaux. Après le Congrès des instituteurs, celui de la médecine mentale et d’autres ; après les meetings contre l’abus des boissons alcooliques, le huitième Congrès de l’Association littéraire etartistique vient de s’ouvrir. Il devait se réunir cette année en Espagne ; l’épidémie cholérique a mis obstacle à la réalisation de ce projet. Un membre du cabinetbelge, M. Berneart, qui présidait la deuxième séance, a adressé à la nation espagnole un témoignage de sympathie auquel l’assemblée s’est unanimement associée. Une brillante réception des membres du Congrès a eu lieu à l’hôtel de ville d’Anvers. M. Louis Ulbach, président de l’Association internationale, a signalé les progrès réalisés depuis un an en faveur de la propriété littéraire et artistique : notamment la loi déjà présentée et examinée qui va lui donner en Belgique une sanction définitive ; la part prise cette année aux travaux de la conférence internationale de Berne par des pays tels que l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Italie qui s’étaient abstenus en 1884. L’Espagne semble, elle aussi, décidée à ne pas s’enfermer dans sa convention particulière avec la France. En Suède et Norvège, la propriété littéraire va être garantie par une loi.
- Le Congrès international rationnaliste siège en même temps que le précédent; aussi la Fédération britannique continentale et générale pour l’abolition de la prostitution comme institution légale ou tolérée. Deux autres Congrès ont commencé le 27 septembre : le Congrès d’archéologie et d’histoire et le Congrès international de droit commercial. On annonce de grandes fêtes musicales où vont être exécutées les œuvres les plus caractéristiques de différentes écoles. M. Lamou-reux dirigera plusieurs de ces Congrès.
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- LES LIVRES
- XXVII
- T. Dostoïevski. — Le Crime et le Châtiment traduit du russe, par Victor Derély. 2 vol., in-18. Paris, E. Plon, Nourrit et Cie,imprimeurs-éditeurs.
- Voilà le roman sinon le meilleur, du moins le plus.caractéristique du talent, du procédé, de la manière de Dostoiewski. Il y a bien des qualités et bien des défauts dans cet ouvrage, d’une saveur tout à fait russe, quelque peu aigre et piquante pour les palais français, peu habitués aux condiments. slaves. L’auteur y abuse un peu des formes familières et agréables au génie russe, dont un élément essentiel, ne l’oublions pas, est byzantin, c’est-à-dire fait de mysticité et de subtilité, mais antipathiques au tempérament et à l’esprit des pays amoureux de la lumière, de la clarté comme le nôtre. Mais précisément ce contraste de nouveauté, de surprise, a grandement contribué au succès de Dostoiewski. Le lecteur français, de temps en temps, ne hait point d’être brutalisé, et les œuvres de Zola et de ses disciples, l’ont un peu blasé sur les coups de poing dans l’estomac qui sont le procédé favori de l’escrime ou plutôt de la boxe naturaliste.
- Dostoiewski aussi est certainement un naturaliste, en ce sens qu’il professe le culte de la réalité, jusque dans ses laideurs, qu’il n’idéalise pas ses types, ne fait point joli,, a au contraire la touche rude, le coup de brosse très dur. De plus, comme tous les naturalistes, surtout quand ils sont mâtinés de socialistes, il ne voit pas les choses en beau; il.n’y a guère le mot pour rire dans ses romans qui sont tristes comme la vérité, tristes comme la vie des déclassés, des déshérités, des déséquilibrés, des désespérés qu’il peint de préférence.
- Mais ce qui distingue curieusement Dostoiewski de nos naturalistes contemporains, c’est que s’il peint photographiquement ses figures, et indique à peine en quelques traits rapides ses costumes et ses paysages, il assaisonne son ragoût, son brouet naturaliste d’éléments tout à fait particuliers à son talent et au tempérament russe.
- D’abord, il use volontiers du merveilleux, du fantastique ; et ce fantastique est tout à fait spécial, il diffère du fantastique d’Hoffmann et de celui d’Edgar Poe comme l’ivresse de la bière et du tabac, l’ivresse du gin et du wisky différent de celle de l’épicurien de la Néva qui s’allume avec les fines, légères et piquantes eaux-de-vie de baies ou de grain de son pays, en fumant des cigarettes de tabac d’Orient et en croquant du poisson fumé, des gâteaux et des fruits confits. Il est évident qu’il n’y a pas plus de rapports entre les rêves, les visions, les cauchemars d’un ivrogne à Berlin, à New-York et à Saint-Pétersbourg qu’entre le brouillard de la Tamise, poudré de houille, le brouillard de l’Ohio doublé de fumée, et le brouil-
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- lard de la Neva, diapré de frimas. Le fantastique de Dostoiewski est singulièrement fin, aigu, pénétrant. Il pince doucement une à une toutes les fibres les plus ténues de la sensibilité. Nul n’a poussé aussi loin que le conteur russe la précision dans le vague, la clarté dans l’obscur, la nuance dans l’outrance. Nul n’a analysé, disséqué comme lui, d’un scalpel assez fin pour diviser un cheveu, pour diviser un rayon, les sensations successives et progressives d’un ivrogne, d’un malade, d’un fou. C’est prodigieux de travail, mais c’est d’une lenteur terrible de sculpteur, de grains de blé, de graveur faisant tenir le Pater sur un noyau de cerise. Il y a des chapitres entiers en analyse, en conversations, en monologues. Le livre lui-même est-il, en somme, autre chose, dans son action monotone et toujours tournant autour du même pivot que les conversations avec lui-même ou avec les autres, de l’étudiant Roskolnikoff, assassin par orgueil, par énervement, par ivresse de solitude, d’ambition, par exaltation raisonnante et paradoxale, plus encore que par besoin — car il tue après avoir reçu des secours suffisants de sa mère et de sa sœur —- d’une vieille usurière eqde sa sœur.
- La théorie de l’assassin, qui est évidemment celle du nihilisme , est que le monde est divisé en hommes extraordinaires, nécessaires, et en hommes ordinaires, inutiles, d’où résulte pour les premiers le droit de tuer au besoin les seconds, le meurtre cessant d’être criminel quand il a pour but un intérêt supérieur : le triomphe d’un grand homme, d’une grande découverte, le salut du plus grand nombre. C’est l’idée anabaptiste, révolutionnaire darwinienne du Salus populi, et de la lutte pour la vie. Heureusement pour la société, les assassins et les voleurs par principe peuvent plus facilement décréter.qu’obtenir l’impunité. Ils ne sauraient abolir ni la conscience; ni la vindicte sociale. Là •où le roman tourne au chef-d’œuvre, c’est dans la peinture des remords, des craintes, du supplice enfin de l’assassin, qui tourne fasciné, autour du juge, comme le papillon autour du flambeau, et ne trouve un peu de repos que dans l’aveu, cet aveu est amené par l’influence salutaire de Sonia, la prostituée par amour filial, la rédemptrice de son unique et misérable amant, dont l’œuvre régénératrice doit être racontée dans un roman que Dostoiewski n’a pas encore écrit et n’écrira peut-être jamais. Raskolnikoff, Sonia et les figures secondaires du drame, le juge d’instruction, toujours gai et souriant, Lougine, Svridigailoff, le débauché au suicide si dramatique, sont des types qu’il n’appartient qu’à un talent de premier ordre de faire vivre ainsi dans l’imagination et dans la mémoire.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- ROUMANIE
- INDUSTRIE A ÉTABLIR
- On lit dans un récent rapport du consul de Belgique à Craïova, que le gouvernement roumain semble disposé à accueillir favorablement les propositions sérieuses qui pourraient lui être faites, en vue de l’établissement, dans le pays, d’entreprises.qui s’occuperaient de la fabrication des produits du lin et du chanvre.
- Cet agent croit pouvoir affirmer que l’installation d’une fabrique de toiles ordinaires et d’une corderie en Roumanie serait, non seulement assurée de la protection du gouvernement, mais encore que les entrepreneurs pourraient obtenir de nombreux avantages qui, certainement, favoriseraient la réussite de l’entreprise.
- La loi pour développer l’industrie textile, qui a été votée par les chambres, sanctionée et publiée au Moniteur officiel, accorde, entre autres avantages, les privilèges suivants aux entrepreneurs :
- i° La matière première qui devra être importée de l’étranger et toutes les machines seront exemptées des droits de douane à l’entrée dans le pays;
- 20 Le gouvernement s’oblige à acheter dans les fabriques du pays tout ce dont il aura besoin dans ce genre de produit, pour ses administrations, ses écoles, ses hôpitaux et son armée.
- La capital nécessaire pour l’installation et l’exploitation d’une fabrique de toiles ordinaires et d’une corderie devrait être, dit-on, de 5oo,ooo fr. , dont la moitié au moins serait souscrite dans le pays.
- Le terrain nécessaire pour l’établissement des usines serait.'donné gratis à l’entrepreneur qui choisirait lui-même l’endroit convenable pour cette installation.
- TURQUIE
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE TISSUS
- M. le consul de France à Salonique vient d’adresser une collection de 53 échantillons de tissus divers de provenance suisse qui donnent lieu
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- à des ventes assez considérables sur le marché de cette ville :
- Ces échantillons et les indications qui les accompagnent sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce (Direction du commerce extérieur, bureau des renseignements commerciaux), 244, boulevard St-Germain.
- PERSE
- ARTICLES D’IMPORTATION
- Le consul d’Autriche-Hongrie à Téhéran conseille d’établir en Perse des agents qui connaissent tout à la fois les besoins des acheteurs, les usages commerciaux du pays et les produits qu’ils seront chargés d’importer.
- Il indique les articles suivants comme susceptibles de trouver à se placer dans la région : le drap, de préférence bleu ; la sellerie, les allumettes, le verre fin (en petite quantité), les sucres, les effets d’équipement pour officiers, les jouets, la chaussure (excepté les bottes) ; les vêtements d’hommes confectionnés, comprenant des redingotes un peu longues, des pantalons et des gilets, de même couleur, et les articles de bazar, à bon marché.
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- LES THÉÂTRES
- Question de priorité. — Encore Cherche\ la femme.
- Comédie-Française. — Débuts de M. Laugier et de M™° Fournier dans Tartuffe.
- Odéon. — Les Contes d’avril.
- Châtelet. — Coco-Fêlé, féerie de MM. Fcrrier, [Burani [et Edmond Floury.
- Après la première de Cherchey la femme, au Théâtre du Vaudeville , M. Arthur Arnould a écrit à notre ami, M. Prével, du Figaro, pour revendiquer la priorité de ce titre excellent de Cherchey la femme. En effet, M. Arthur Arnould a écrit et publié, il y a environ un an, chez Dentu, un roman intitulé Cherche\ la femme ! Or, le Théâtre du Vaudeville vient de représenter une pièce ayant identiquement le même titre.
- M. Arthur. Arnould ajoute dans sa lettre au Figaro :
- « Je souhaite que ces deux hommes d’esprit et que j’ai souvent applaudis de grand cœur, en cherchant la femme, trouvent, une fois de plus, le succès et l’argent ; mais comme, de mon côté, j’ai toujours eu l’intention de tirer une pièce de mon roman, que cette pièce est commencée, et qu’elle aura naturellement pour titre : Cherchey la femmel je tiens à constater publiquement, dès aujourd’hui, mon droit antérieur de propriété, afin de n’être pas accusé d’arriver trop tard, le jour où ce titre reparaîtrait sur une affiche de théâtre. »
- M. Arthur Arnould a eu raison de protester, mais il s’inclinera devant les explications qui lui ont été déjà fournies, je crois, et que nous allons compléter après avoir reproduit les explications de M. Prével :
- « M. Arthur Arnould arrive, hélas ! bon dernier dans cette chasse au titre. Il ignore- que la nouvelle pièce du Vaudeville est annoncée' depuis six ou huit ans, sous le titre de Cherchey la femme. Commencée par M. Hennequin, en collaboration avec Alfred Delacour, elle s’est promenée longtemps du Vaudeville au Gymnase, aux Variétés, au Palais-Royal, et enfin revenue à son point de départ, avec un nouveau collaborateur, M. Emile de Najac.
- « Ce sont donc MM. de Najac et Hennequin qui auraient le droit de qrier M. Arthur Arnould de ne pas employer ce titre au théâtre. Il leur suffirait —- comme pièce à l’appui — de rechercher dans la collection des Courriers de théâtre l’annonce — très ancienne — de Cherchey la femme, comédie en trois actes.
- « Si M. Arnould écrit sa pièce, il lui sera facile de trouver un autre titre. »
- Cette aventure nous rappelle le conseil donné par Alexandre Dumas père, à m\ jeune, lui annonçant qu’il allait envoyer une comédie en cinq actes à un directeur de théâtre en vogue. II se fit montrer le manuscrit, puis il prit quelques pains à cacheter, les humecta et les mit au hasard, ça et là, entre les pages. Ensuite il roula de nouveau le cahier, le rendit au jeune homme et lui dit :
- — Allez, maintenant; allez déposer votre comédie, vous m’en direz des nouvelles !...
- Six mois après, ou un an même, au plus tard, quand l’auteur, fatigué d’attendre un tour de lecture, s’en fut demander ce que devenait sa comédie, le secrétaire du théâtre lui remit le manuscrit. La pièce ne pouvait être reçue pour tel et tel motif, concernant les caractères des personnages, l’intérêt, etc...
- Inutile d’ajouter que les pages où Dumas avait glissé les pains à cacheter étaient restées scrupuleusement collées.
- Une autre fois, Dumas, sur un autre manuscrit, soumis à son approbation, fit une raie à l’encre,
- Dimanche 4 Octobre i885.
- perpendiculaire aux tours de ficelle qui liaient le rouleau du manuscrit. La pièce fut rendue à l’auteur et la raie était intacte. Le rouleau n’avait même pas été ouvert.
- Et toujours le refus agrémenté d’explications détaillées... mais vagues.
- On eût mis un rouleau de papier blanc qu’il en eût été de même.
- Que les auteurs ajournés se consolent donc ; les mœurs ont... pas changé.
- Mais revenons au menu vraiment intéressant de la semaine :
- La Comédie-Française nous a donné de nouveaux débuts véritablement intéressants : ceux de M. Laugier et de Mine Francis Fournier dans Tartuffe— avec deuxjf— selon la tradition. — Tous les chefs d’emplois étaient présents dans les divers rôles. M. Coquelin se dévouant dans celui de l’huissier Loyal; Febvre s’incarnant dans celui de Tartuffe, d’après sa création personnelle, toute différente de celle de Brassant, le regretté sociétaire de la Comédie. Delaunay jouait Valère ; Reichenbert dans Marianne et la gracieuse Sarnary montrant les seins plantureux de Dorine. Je ne voudrais pas dire que les débutants ont été écrasés par le redoutable voisinage de MM. Coquelin, Febvre et Delaunay.
- M. Laugier est un Orgon plus déluré, plus nerveux que la tradition ne le comportait jusqu’ici. L.e Benjamin de la Comédie-Française a. été, en un mot, excellent, presque supérieur; il a fait preuve d’une expérience qui a devancé son âge. Il a été acclamé. Cependant attendons-le dans le rôle de Figaro.
- J’ai à vous parler de Conte d’Avril, de mon ami Auguste Dorchain, dont je vous ai prédis le succès à l’Odéon ; je me réserve pour mon prochain courrier théâtral, il me faudra citer des vers admirables et aujourd’hui la place me manque pour rendre hommage à cette gracieuse production d’un aimable poète. .
- La semaine s’est terminée par un magnifique bouquet : par une féerie,la première de Coco-Fe'lé. Les collégiens ont pu, avant de rentrer, s’esbaudir aux attractions imaginées par M. Floury, l’intelligent et ingénieux directeur du théâtre du Châtelet. Je n’ai pas la prétention de raconter l’intrigue d’une féerie. Son premier droit est d’être insensé, ou du moins imprégné d’hypnotisme, la toquade à la mode. Il n’est pas nécessaire qu’une féerie ait l’esprit d’une revue de fin d’année. Qu’elle ait des décors et des trucs, des effets d’optique et un apothéose avec un ballet court vêtu, c’est tout ce que nous demandons aux auteurs, aux metteurs en scène, aux régisseurs, aux maîtres de ballets, aux machinistes et surtout au directeur qui sort de son escarcelle ses gros sous pour nous amuser à bon marché. Car il faut de l’argent pour monter une pièce et surtout une féerie. On monte un drame avec des habits noirs, comme le Maître de forges... et du talent. Mais pour monter une féerie, il faut du talent et dp l’argent.
- Je-n’ai rien à dire, je le répète, du livret de Coco-Fêlé. Quand on fait une féerie avec un titre pareil, on a le droit d’être incohérent. Que nous importe la folie, pourvu que nous nous amusions.
- En attendant les revues, Coco-Fêle est un suave divertissement. On va peu h l’Hippodrome ; on ne va presque plus au Cirque d’été. On ira au Châtelet voir la féerie-de MM. Paul Ferrier, Paul Burani et Edmond Floury.
- Je méprise, dans le bon sens, l’analyse de la pièce, de la féerie, veux-je dire. Tout est dans la mise en scène ; or, cette mise en scène est remarquable. Mariquita, l’incomparable, celle que nos pères applaudissaient dans la Biche au Bois, a monté un ballet suave, étourdissant, le triomphe des lorgnettes. Rappelez-vous le Tour du Monde, eh bien ! c’est cent fois plus merveilleux.
- J’ai oublié de signaler Mlle Bonnaire, empruntée au Concert Parisien, qui a été applaudie pour ses réparties spirituelles et gaies. Elle se transforme en cent costumes, ce qui lui vaut plusieurs ceu-taines d’ovations.
- Citons encore au tableau d’honneur Mlle Crou-zet, enlevée à l’Ambigu, Mlle Blanche Jolly, cueillie au Casino de Rueil, une chance insolente, mais intelligente de la part du directeur ; la fée Lœtitia, digne de son nom, et qui fait la joie du Châtelet.
- Enfin, j’allais oublier l’enfant chérie du public, Mlle Destrées, que nous avons applaudi jadis aux Folies-Dramatiques et que nous avons été heureux de revoir dans Coco-Fêlé qu’elle anime de son esprit, qu’elle éclaire de sa jeunesse et qu’elle remplit de sa-verve mutine et gracieuse. C’est une aimable artiste que Mlle Destrées ; elle mériterait de s’appeler Gabrielle !
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. ARRAULT et Cio, rue de la Préfecture,6
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- Le Moniteur
- DE
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- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. Exposition du Travail ; 2. Les Congrès; 3. Angleterre Exposition de Liverpool, en 1886 ; 4. Les invités français en Hongrie; 5. Les expositions à venir ; 6. L’Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans ; 7. La Question économique; 8. Les Livres; 9. Les Théâtres.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- PARIS
- LISTE DU JURY
- lre Section
- Classes 1, 2, 3, 7, 8, 9 et 13
- MATIÈRES PREMIÈRES INDUSTRIELLES.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Arbey, constructeur de machines-outils, 41, cours de Vincennes ;
- Ch. Boutmy, maître de forges, 144, boulevard Magenta ;
- Dard, mécanicien, 34, rue Pérignon;
- Deny frères, ingénieurs-mécaniciens, 58, rue St-Sabin;
- Ch. Desouches, charbon de Paris, 30, rue Geoffroy-Lasnier ;
- Hurtu, ingénieur-mécanicien, 54, rue St-Maur;
- Monteil, ingénieur civil, à Vierzon (Cher), directeur de la Société française de matériel agricole ;
- Paupier, fabricant d’instruments de pesage, 84, rue St-Maur ;
- Vigneron, fabricant de machines à coudre, 70, boul. de Sébastopol ;
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Baretta, ingénieur civil, rue Yacinthe-St-Honoré ;
- Bocandé, ingénieur, commissaire à l’Exposition du Travail;
- Lartigue, ingénieur, 65 bis, quai de Seine, à Courbevoie ;
- Letang, industriel, 44, rue de Montmorency ;
- Max de Nansouty, ingénieur civil, 6, rue de la Chaussée-d’Antin;
- V. Popp, ingénieur, 7, rue Ste-Anne ;
- Poupinel, président de la Chambre syndicale des bois de sciage, 37, quai de la Gare ;
- Suchet, entrepreneur de transports, 22, rue Cambon ;
- Trystram, député, 95, rue de Rennes.
- Dimanche 11 Octobre 1885.
- 2rae Section
- Classes 4, 5 et 28
- PRODUITS HYGIÉNIQUES. — PARFUMERIE.
- EAUX MINÉRALES. — PHARMACIE.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Paul Bert, député, 10, rue Guy-de-la-Brosse ;
- Champigny, 19, rue Jacob;
- Ferrand, 18, quai de Béthune;
- Joulie, pharmacien, 200, faubourg Saint-Denis ;
- Langlebert, pharmacien, 55, rue des Petits-Champs ;
- Limousin, pharmacien, 2 bis, rue Blanche ;
- Mary Jourand, hôtel des Invalides ;
- Dr Passant, 59, rue de Grenelle ;
- Subert (Jules), de la maison Dubosc frères et Subert, 75, rue Vieille-du-Tem-ple.
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. le docteur Bertherand, membre correspondant de l’Académie de Médecine, 29, rue Bergère ;
- Bouchard, vétérinaire de la Compagnie Générale des omnibus, 155, rue Saint-Honoré ;
- . Chevrier, pharmacien, chevalier de la Légion d’honneur, 21, faubourg Montmartre ;
- Docteur de Saint-Germain, médecin en chef de l’Hôpital des Enfants-Malades, 21, rue Royale ;
- Dramart, fabricant de savons, 12, rue du Génie, à Marseille;
- II. Galante, fabricant d’appareils de chirurgie, 1, rue Madame ;
- Docteur Monin, 14, rue Bréa;
- Docteur Portes , pharmacien en chef de l'hôpital de Lourcine, 111, rue de Lour-cine ;
- Trehyou, pharmacien, 71 , rue Sainte-Anne.
- 3e Section
- Classes 10, 30, 31, 32, 33 et 34 TISSUS. — VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Abadie Liotard, fabricant de corsets, 72, boulevard Haussmann ;
- Bernard, fabricant de vernis pour cuir, 9, rue de Palestrb ;
- Godchau (Ad.), négociant, 26, faubourg Poissonnière ;
- Latour (Ph.), fabricant de chaussures, 63, rue Montorgueil ;
- Ph. Léoni, industriel, 16, boulevard de Strasbourg ;
- NUMÉRO 41.
- I MM. Méliès, fabricant de chaussures, 3, rue Taylor ;
- Robert, fabricant de chaussures, 26, rue Richelieu ;
- Ricbourg, machines à coudre, 50, rue de la Folie-Regnault ;
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Béguin, de la maison Rondeau, Nos et Stetten, 28, rue des Petites-Ecuries ;
- Frohlich (Arnold), négociant, 1, Wipplin-gerstrasse, 29, à Vienne (Autriche) ;
- Jumelle, 70, rue de Rivoli, président du syndicat général ;
- Loiseau, 37, rue d’Aboukir, président de la Chambre syndicale des dentelles ;
- May, 14, rue Thévenot, président de la Chambre syndicale des boutons ;
- Oudin (Albert), à Dinan (Belgique) ;
- Toussaint, 33, rue Turbigo, président de la Société coopérative ouvrière des tailleurs ;
- Viau, négociant en textiles, 53, rue de Châteaudun ;
- De Witte-Lousberg, à Malines (Belgique) ;
- 4® Section
- Classes 11, 36 et 40
- GORDERIE. — GYMNASTIQUE. — CAMPEMENT.
- ARMES.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Couette, 119, rue de Montreuil.
- Dupuy, 5, rue de l’Echiquier;
- Haussmann, chef de bureau au ministère de la marine et des colonies ;
- Laisné, inspecteur généraldel’Enseignement de la gymnastique pour la ville de Paris, 264 bis, rue Saint-Jacques.
- • Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Pellechet, lieutenant d’artillerie, 30, rue Blanche ;
- Callot, 17, rue Vintimille, ancien president de 1’Union des Sociétés de gymnastique de France ;
- P. Christmarm,57, faubourg Saint-Denis, directeur des gymnases nautiques ;
- Walker, 42, rue Rochechouart.
- 5e Section
- Classe 12 CARROSSERIE
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Alf. Belvalette, carrossier, 24,avenue des Champs-Ëlysées ;
- Mayer, fabricant de vélocipèdes;
- Quesnay, carrossier (maison Binder),40, avenue du Bois-de-Boulogne.
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- 32f>. — Première Année — N° 41.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Octobre 1885.
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. Clément, fabricant de vélocipèdes, 26, avenue de la Grande-Armée ;
- Boulogne,140, boulevard Haussmann ;
- Rebut, 3, rue Duroc.
- 6e Section
- Classe 14
- ÉLECTRICITÉ
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Armengaud, ingénieur, 23, boulevard de Strasbourg ;
- Boivin, 16, rue de l’Abbaye ;
- Bourdin, 53, avenue de Versailles ;
- Jurés préposés par VAdministration.
- MM. Jarriant, électricien, 25, rue Pierre-Charron ;
- Hospitalier ;
- Mildé, électricien, 26, rue Laugier ;
- 7e Section
- Classe 15
- NAVIGATION AÉRONAUTIQUE
- Jurés nommés par les Exposants a
- MM. Cliaize, administrateur délégué de la Société fluviale, 12, avenue de Versailles ;
- Piaud, 8, place de la Bourse, ingénieur en chef du bureau Véritas ;
- Tissandier (Gaston), 19, avenue de l’Opéra ;
- Jurés préposés par VAdministration:
- MM. Félix Faure, président des Sociétés des Régates du Havre ;
- Fleuret, président de l’Union des Sociétés d’aviron de France, 41, avenue de Wagram ;
- Wilfrid de Fonvie.lle ;
- 8e Section
- Classe 16
- ARCHITECTURE. — TRAVAUX PUBLICS
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Cernesson, architecte, 25, rue Michel-Ange ;
- Dosse, capitaine du génie, 104, rue Gre-nelle-Saint-Germain ;
- Michaud, entrepreneur, président du Tribunal de Commerce, avenue Montaigne.
- Normand, architecte, 51, rue des Martyrs.
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. de Maegt, architecte, 21, rue des Comédiens, à Bruxelles ;
- Néél, architecte, architecte de l’Exposition du Travail, 56, avenue Ledru-Rollin ;
- Thomas, architecte du Palais de l’Industrie ;
- Veyssier, directeur du Moniteur des Syndicats ouvriers, 10, rue Deguerry.
- 9e Section
- * Classes 17, 18 et 19 MEUBLES, AMEUBLEMENTS Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Allard, 40, faubourg du Temple
- Boyer, 71, rue Richelieu ;
- Carpentier, 16 bis, rue Fontaine;
- Duval, 15, boulevard de la Madeleine ;
- Hébert, avenue Daumesnil ;
- Lemaigre, 14, rue delà Birague ;
- MM. De Maigret, 94, rue Notre-Dame-des-Champs ;
- Pecquereau, 5, rue du Chemin-Vert ;
- Viardot, 3, rue des Archives.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Chevrie, A., rue de Braque;
- Armand Dumaresq, peintre artistre, 3, rue d’Ofïemont ;
- Gruhier, trésorier des syndicats ouvriers, 10, rue Dequerry ;
- Ilusinger, 13, rue Sedaine ;
- Miano, 1, rue Meyerbeer;
- Mortier, 30, rue Pigalle ;
- Petit, de la maison Gros, Roman, Ma-zoreau et Cie, 4, rue d’Uzès ;
- Pilloy, négociant, conseiller municipal, à Bruxelles ;
- Williamson, directeur du garde meuble au ministère des beaux-arts.
- 10e Section
- Classes 21 et 22
- CÉRAMiQUE, CRISTAUX ET VITRAUX
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Champigneulle, 96, rue Notre-Dame-des Champs ;
- Brocard ;
- Danielle jeune, 108, boulevard Saint-Germain ;
- Lopin.
- Jurés proposés par VAdministration:
- MM. Boulanger, 14, rue Paradis-Poissonnière ;
- Leroy, Charles, 23, boulevard Barbés ;
- Tortat, artiste céramiste, à Blois ;
- Estor, secrétaire de la commission de la Céramique du jury d’Anvers, galerie Colbert.
- 11e Section
- Classe 23
- QUINCAILLERIE, SERRURERIE ET COUTELLERIE
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Perille, 134, rue Legendre :
- Larivière, 7, rue des Canettes ;
- L’Hermitte, 64, boulevard Beaumarchais.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Deotte, 43, boulevard Haussmann ;
- Mariller, 26, boulevard de Strasbourg ;
- Petitjean, 131, boulevard Sébastopol.
- 12e Section
- Classes 24, 26 et 35
- (JOAILLERIE, BIJOUTERIE, HORLOGERIE Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Bouchapon, 151, galerie Palais-Royal ;
- Début, 16, rue de la Paix ;
- Prenais, 77, boulevard Richard-Lenoir ;
- Paul Garnier, 6, rue Taitbout;
- Le .Joliot, 30, rue Notre-Dame-de-Naza-reth ;
- Rodanet, rue Vivienne.
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. Boürne, commissaire de l’exposition, directeur du journal le Travail, 2, rue de Provence ;
- Achard, 28, boulevard Haussmann, président de la chambre syndicale des diamants ;
- Manet, 16, rue Vivienne, président de la chambre syndicale de la bijouterie ;
- Masson, 5, rue Coq-Héron ;
- MM. Sichef-Lévy, ancien manufacturier, commissaire de l’exposition du travail ; Sandoz, Henri, 168, galerie de Valois, Palais-Royal.
- 13e Section
- Classe 25
- BRONZES ET MÉTAUX D’ART
- Jurés nommés par les Exposants:
- MM. Collin, 29, rue de Sévigné ;
- Baudrit, à St-Mandé ;
- Gagneux, 163, rue Lafayette ;
- Servani, 61, rue de Saintonge.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Drouard, 28, rue des Archives ;
- Moreau, 8, rue Chaudron ;
- Philippe, ancien négociant, commissaire de l’exposition du travail ;
- C. Straustey, à Vienne.
- 14e Section
- Classe 27
- COMBUSTIBLES APPAREILS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE (AUTRES QUE L’ÉLECTRICITÉ)
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Cuau aîné ;
- Delapoche jeune ;
- Fauconneau ;
- Idaillot, 11, rue de l’Aqueduc ;
- Maupate, Emile.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Dehaynin ;
- Druge;
- Coelzer, 182, rue Lafayette ;
- Parville ;
- Renard, Léon, 22, Chaussée d’Antin, de la maison Masson et L. Renard ; Serf, ingénieur.
- 15e Section
- Classes 29 et 37
- MAROQUINERIE, TABLETTERIE, VANNERIE. — JOUETS, BIMBELOTTERIE.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Leguy, faubourg du Temple ;
- Giraudon, 1, rue Thérèse;
- Oppenheimer, 12, boulevard Magenta; A Schlon, 53, boulevard de Strasbourg; Simon, 12, rue Porte foin ;
- Steiner, 60, rue d’Avron ;
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. Ch. Arnould, ancien négociant ; Debertrand, 192, rue St-Maur ;
- Dupont, président de l’union des. fabricants, rue Turbigo ;
- Laferrière, ancien juge au tribunal de commerce, 12, rue Martel ;
- E. Levy, rue des Petites-Ecuries ; Tourette, administrateur des chambres syndicales.
- LES CONGRES
- ANVERS
- LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE DROIT COMMERCIAL
- Le congrès a clos ses travaux après avoir épuisé presque complètement son programme, dit l’Indépendance belge. A part quelques questions secondaires, les deux sections ont tout, examiné, tout discuté et apporté des solutions aux difficultés principales des deux matières juridiques importantes soumises à leurs délibérations.
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- Première Année. — N° 41.
- Les trois derniers jours ont été fiévreux.
- La section de la lettre de changea voté cinquante articles en deux jours et consacré sa dernière séance à la révision d’une douzaine d’entre eux au point de vue de la rédaction.
- Avant la clôture des débats, un orateur anglais, M. Barclay, a rendu hommage aux qualités que l’honorable M. Pirmez, comme toujours, avait montrées dans ce débat, parfois très diffus, où les.distractions de plusieurs orateurs mettaient à une rude épreuve l’angélique patience du président.
- La section a terminé ses travaux en votant plusieurs vieux dont voici la substance :
- 1° Considérant que les travaux de la section montrent qu’une entente internationale peut s’établir dès maintenant sur presque tous les points ; que les divergences qui subsistent sur quelques points n’enpêcberaient pas même cette entente ; qu’en réservant certains détails on pourrait faire une loi commune qui aurait une haute utilité ; la section émet le vœu qu’il est désirable de tenter de nouveaux efforts pour faire disparaître tout désaccord sur les points contestés encore, et achever dans une nouvelle session l’œuvre si bien commencée ;
- 2° Il est désirable que, dans tous les pays, les frais de protêt soient réduits à un minimum ;
- 3P II est désirable que le système d'encaissement par la poste, qui fonctionne avec tant de succès dans certains pays, soit étendu au service international ;
- 4° Il serait utile d'introduire dans le service des postes un système de cartes postales enregistrées, afin de donner date certaine aux actes de protêt et autres actes se rapportant aux lettres de change ;
- 5° Il est à.désirer que le défaut dans l’application du timbre des effets de commerce n’entraîne pas la nullité des lettres de change.
- Enfin, la section s’est ralliée à une idée très ingénieuse de M. Pirmez. Pourquoi, s’est demandé l’honorable ministre d’Etat, les lettres de change . devant circuler à l’étranger ne seraient-elles pas, dans leur pays d’origine, affranchies au moyen de timbres adhésifs, comme l’est, dans le service postal universel, une simple lettre, sur laquelle on appose uniformément, dans le pays d’origine, un timbre de 25 centimes ? Si cette mesure a été possible pour le service des postes, pourquoi ne le serait-elle pas en ce qui concerne les lettres de change ? Un pays où une lettre de change ne ferait que passer en transit ne percevrait pas de timbre, ainsi que cela se fait dans le service postal. Il y aurait lieu seulement de fixer le montant du timbre « pour l’étranger », question de détail à traiter par les gouvernements. La circulation des lettres de change serait grandement facilitée par un arrangement de cette nature.
- *
- * *
- Au droit maritime on a siégé, sans désemparer,, en sections, conférence plénière. Elle a répondu d’une façon nette et positive à la plupart des 66 questions qui lui étaient posées. Les travaux n’ont été arrêtés que deux heures avant la séance solennelle de clôture.
- * ¥
- La séance de clôture s’est tenue avec le même apparat que celle de dimanche. En plus, au bureau, tous les présidents, vice-présidents et secrétaires généraux étrangers.
- Les présidents des deux sections, MM. Eu-dore Pirmez et Victor Jacobs, ont magistralement exposé les travaux accomplis et les résultats obtenus. Leurs résumés dépassent de beaucoup le niveau des rapports usités en pareille circonstance ; ce sont des œuvres de haute valeur, et, malgré leurs développements ils ont arraché à tous les auditeurs des applaudissements qui n’étaient pas seulement de commande.
- Nouveau défilé d’orateurs, sir John Goret en tête. Grand succès pour M. Marghieri, dé-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Octobre iSS3. — 327
- légué du gouvernement italien ; pour son collègue, le commandeur P. Boselli, qui formule le vœu que le gouvernement belge, promoteur de la belle œuvre qui vient de s’accomplir, constitue une commission permanents chargée de centraliser les études communes de tous les membres du congrès sur les matières soumises à cette grande réunion, de compléter ainsi son œuvre et d’organiser par la suite un nouveau congrès.
- Sur la proposition de M. Gonse (France), la commission royale organisatrice est désignée par acclamation pour remplir ces fonctions, si le gouvernement exauce le vœu qui vient, d’être formulé.
- C’est, sous une autre forme, le vœu émis par la section de la lettre de change, où le professeur commandeur, M. Virgilio, de Gênes, l’avait développé avec un vrai talent. Bien qu’il parle parfaitement le français, il s’est exprimé en italien. Une pure merveille ! Ce que c’est que le don oratoire. Voilà un homme dont le physique est ingrat. Il parle. Aussitôt, tout en lui se transforme, le visage, le geste, la voix. Il parle une langue étrangère et il enchante son auditoire. S’il est vrai que Bon doive parler l’italien aux dames, l’orateur génois est, malgré tout, assuré d’obtenir auprès d’elles le plus vif succès.
- Mais revenons à la séance de clôture et aux derniers compliments échangés. Moins heureux que le premier jour,M. Levy se compare, lui et ses collègues des Pays-Bas,à des gladiateurs antiques (sourire de M. Jacobs,l’athlète vanté par M. Malou), et salue le président d’honneur, M. Beernaert, en ces termes :Aue, Cœsar, morituri le salutant !
- Puis on entend tour à tour, M. Chamisso, M. Iluergo, délégué de la République Argentine, M. Olivier y Estellar (Espagne).
- La dernière allocution de ce genre est prononcée par M. Suf Kohey, conseiller d’Etat adjoint, délégué de l’empire du Japon ; la voix est rauque et bizarre, mais l’orateur dit tout simplement d’excellentes choses.
- Le congrès d’archéologie qui s’est tenu récemment à Anvers n’a pas été, à proprement parler, un congrès. C’était une réunion de délégués des sociétés d’archéologie de Belgique, qui se sont entendus pour établir une fédération et pour en jeter les bases.
- , La Fédération est établie et des congrès annuels auront lieu à partir de l’année prochaine, sous la présidence successive des diverses sociétés.
- En 1886, le congrès aura lieu à Namur.
- ANGLETERRE
- EXPOSITION DE LIVERPOOL EN 1886
- Une exposition internationale pour la navigation, les moyens de locomotion, le commerce et l’industrie, aura lieu à Liverpool en 1886, sous le patronage de S. M.la reine et sous la présidence de S. A. R. le prince de Galles.
- L’exposition sera ouverte au mois de mai pour être close à la fin de l’automne 1886.
- Les intéressés pourront prendre connaissance du programme de cette exposition au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain, Paris (direction du commerce extérieur, 4e bureau.)
- ---------------b^SK5hSwt-t^===.----
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- cinquième article (Voir le Moniteur du 4 octobre J885).
- Tatrafüred est une petite station thermale située au pied meme des Carpathes, à l’extrême fron-
- tière septentrionale de la Hongrie. L’eau n’en est pas désagréable, mais ne me paraît pas douée de propriétés thérapeutiques remarquables; les maladies de poitrine viennent pourtant y chercher l’illusion d’une guérison radicale; on cite même des cures étonnantes: je crois qu’il faut les attribuer surtout à l’action énergique de ce véritable coin de paradis si gai et si animé, sur le spleen et l’hypocondrie de phtisiques imaginaires. Comment résister à l’attrait de ce petit pays? Les villas sont étagées dans des clairières prises aux sapins et l’on est imprégné de fortes senteurs de térébenthine que nous humons avec volupté.
- L’établissement balnéaire n’étant pas assez vaste pour nous tous, on a distribué quelques billets de logement: M. de Lesseps est dans la villa du comte Tisza, le frère du ministre. Nous nous empressons de nous rendre aux appartements qui nous ont été désignés par avance à Popratt ; grâce à l’activité véritablement miraculeuse de nos bons génies, Pulszky et Szemere, nos bagages nous y ont précédés, et nous secouons avec bonheur la poussière de la route. Après un diner sommaire nous ne tardons pas à nous retirer chacun chez nous pour jouir d’un repos bien mérité. Profitant d’un moment où nous étions réunis, le directeur des bains a gracieusement mis son établissement à notre disposition; je vous garantis qu’il ne chômera pas : nous nous promettons tous de profiter de l’amabilité de notre hôte.
- Le lendemain, matin nous devons visiter des cascades qui jaillissent d’un des plus hauts pics des Carpathes et dont nos guides nous ont dit le plus grand bien ; une brume épaisse, suivie bientôt d’une pluie torrentielle, en décide autrement. Nous remplaçons ce numéro du programme par un bain réparateur qui nous permet de faire décemment quelques visites, entre autres chez le comte Zichy, le pianiste, neveu du vice-président du comité de l’exposition et chez le comte Tisza où loge M. de Lesseps ; celui-ci vient de recevoir une lettre de sa femme se terminant ainsi : « Je suis très heureuse que tu fasses le voyage aussi gaiement; il faut bien que jeunesse se passe. »
- Dans l’après-midi, quelques-uns d’entre nous se rendent chez la comtesse Forgach où le comte Zichy doit nous faire entendre quelques-unes de ses compositions nouvelles; malgré son infirmité (le comte est privé d’un bras) Zichy passe pour un des premiers virtuoses de l’époque ; sa virtuosité est telle qu’il faut le voir jouer pour s’apercevoir qu’il n’a qu’un bras; encore a-t-on peine aie croire.
- Une éclaircie ! Si nous partions ? mais le temps se couvre de nouveau. Pourvu que la pluie ne dure pas et qu’elle se contente d’abattre la poussière des chemins pour rendre plus agréable la route du retour ! Il nous faut renoncer définitivement à cette excursion aux cascades qu’on nous présentait comme un des grands attraits du programme.
- A cinq heures, banquet monstre. Plus de deux cents personnes de Tartafured et des environs ont sollicité l’honneur d’y être admises en payant leur écot ! Beaucoup de jolies femmes ! Toasts nombreux et éloquents ! Le plus applaudi est celui du colonel Lichtenstein à la Hongrie, à ce pays béni du ciel où tous les hommes sont braves, où toutes les femmes sont belles ! » Après le banquet, bal terminé comme l’autre jour à Pesth par une Czarda vertigineuse; puis nous regagnons nos chambres et bouclons nos malles pour être prêts le lendemain matin au petit jour.
- Nous partons à l’aube par un soleil radieux; la pluie a abattu la poussière et la journée s’annonce comme superbe. Les intrépides, M. de Lesseps en tête, montent à cheval et se mettent en devoir d’escalader la montagne; mais la plupart d’entre nous préfèrent s’entasser dans les voitures qui nous ramèneront à Popratt, où nous devons prendre le train.
- En arrivant à la gare je pousse un cri de surprise ; la locomotive qui doit nous emporter est pavoisée, enguirlandée, couverte de fleurs; le monstre de fer est transformé en berceau de verdure. Sur la lanterne placée à l’avant de la machine est un transparent avec ces mots « Vive la France ! » et tout autour alternent des cartouches avec la devise : « Tous à vous ». On me dit que le train est parti de Pesth avec le transparent et les cartouches; à chaque station les habitants du pays ont ajouté des drapeaux, suspendu des guirlandes de feuillage et semé des fleurs.
- Nous montons en wagon mais pour quelques instants seulement : avant de descendre dans la plaine hongroise, dans la Puzta, nous faisons un
- Voir la suite page 33o.
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- 328 et 32g.— Première Année. — N° 41.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche ii Octobre i88 S
- EXPOSITION D’ANVERS
- SECTION DES BEAUX-ARTS
- (FRANGE)
- Adrien MOREAU. — Le Soir.
- COLIN.
- L’Été. — (Fragments exposés à Anvers).
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- 33o. — Première Année. — N° 41.
- crochet dans la montagne pour rendre visite au lac de Czorba. Au village où nous quittons le train (je ne m’en rappelle plus le nom) le préfet et le député du comitat nous souhaitent la bienvenue : nous montons dans des voitures de toutes sortes : charrettes, tilburys, chars à bancs, troïkas, réquisitionnées à notre intention, et autour de la montagne abrupte cette caravane se déroule comme un serpent gigantesque. En arrivant au sommet nous restons saisis’ d’admiration devant ce site merveilleux qui n’a pas son pareil au monde. Le lac Czorba, dominé par quatre pics géants dont les sommets se reflètent dans le miroir de ses eaux pures et argentées, entouré tantôt de pelouses d’un vert tendre, tantôt de forêts de pins d'une couleur plus sombre, parait, pour reprendre une expression de Montet, une énorme perle irisée et moirée par les jeux de la lumière et de la brise, enchâssée dans un écrin de velours émeraude et de satin vert.
- Nous nous arrachons à ce magnifique spectacle pour faire honneur au déjeuner que nous offre sur ces sommets le comte de Sentigovanni, le seigneur de l’endroit. Le comte ne parle pas français, mais ses étreintes, ses yeux humides, les grands préparatifs mêmes qu’il a faits pour nous fêter témoignent assez de son émotion et de la joie qu’il éprouve à nous recevoir chez lui. Ce déjeuner, un des meilleurs que nous avons eus jusqu’ici, est accompagné par un orchestre de tsiganes d’une distinction particulière. Leur chef, le doyen des tsiganes, est une physionomie saisissante ; c’est un superbe vieillard de quatre-vingt-six ans, à la longue barbe blanche, chaussé de hautes bottes et la taille serrée dans une redingote à brandebourgs. Tilinko, c’est son nom, est le petit-fils de Tinnépané, la tsigane de Racocksy, la première qui a fait résonner sous son archet la marche fameuse immortalisée par Berlioz. Nous acclamons Tilinko, nous buvons à sa santé ; Massenet et Delibes trinquent avec lui ; lé vieux tsigane paraît ému ; il nous remercie en quelques mots et crie : « Vive la France ».
- Le déjeuner terminé, nous nous empressons de retourner aux bords de l’eau pour jouir le plus longtemps possible de ce paysage enchanteur ; à ce moment, les rayons d’un soleil de feu se noyant dans le lac ont changé la perle de tout à l’heure en une vaste nappe d’or et les montagnes dont nous ne faisions qu’entrevoir la silhouette grise, dégagées des brumes qui les emprisonnaient, dressent fièrement vers le ciel leurs, pics couverts de neige.
- Mais déjà les tsiganes ont repris leur violon, en plein air, devant le chalet, et nous assistons à un ballet improvisé, bien original et bien pittoresque; les paysans, que notre visite a attirés dans ces parages, les cochers de nos nombreuses voitures se lancent dans une czardas effrénée ; quelques-uns des nôtres se laissent séduire et nous voyons, spectacle étrange, des redingotes noires se trémoussant à côté des vestes blanches et des jaquettes bleues à brandebourgs ; des pantalons noirs ajustés, des pantalons blancs bouffants en forme de jupe et des culottes courtes confondus dans un grouillement bizarre ; les robustes montagnardes, dont le nombre est assez restreint, mais dont les fichus brodés mettent une note vive dans le tableau, passent indifféremment des bras d’un slovaque ou d’un cocher aux bras d’un Français sans s’arrêter, sans paraître se lasser; nous ne nous lassons pas non plus de contempler le sautillement de cette foule surexcitée par les accents de cette musique de plus en plus sauvage, de plus en plus rapide et par les cris gutturaux poussés par les danseurs eux-mêmes.
- Au moment où nous nous disposons à parler arrive en déclamant et gesticulant un slovaque à veste brodée, des brochures dans une main, une canne de minéralogiste dans l’autre ; on fait cercle autour de lui ; c’est le fou national ; c’est un paysan improvisateur qui, dans des poèmes de sa façon, prêche aux enfants de la contrée l’amour de la patrie et l’amour de la France. Pas si fou, ce fou national! aussi est-il aimé, respecté et protégé dans le pays !
- Nous redescendons rapidement vers la plaine et reprenons notre train spécial qui doit nous emporter du nord de la Hongrie vers le sud à Arad en une nuit ; une nuit où il nous faut encore faire notre deuil du sommeil ! Je vous ferai grâce des réceptions qui nous attendent à toutes les stations; je ne pourrais me lasser de les raconter si ce récit ne prenait déjà des proportions que je n’avais pas prévues. A Kassa, à Vintsa, à Szolnock, les ovations se reproduisent de plus en plus imposantes ; les gares pavoisées et illuminées sont pleines de
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- monde : à Czafa, où nous soupons au buffet, une foule immense est là à nous regarder manger comme autrefois on regardait manger les rois. Plus nous approchons d’Arad, plus les démonstrations augmentent, ce qui nous semblait impossible.
- Arad, c’est la ville sainte, c’est comme la Mecque delà Hongrie : on y vient en pèlerinage au tombeau des généraux exécutés en 1849 ; aussi les Français, apôtres de toutes les libertés, sont-ils chéris là-bas, aussi étions-nous attendus avec une vive impatience, et au moment où le train entre en gare un immense cride : «Vive la France ! nous salue à l’arrivée.
- Pour vous expliquer le souvenir intense que cette patriotique population d’Arad, après plus de 36 ans, a gardé des victimes mortes glorieusement pour la patrie, je crois intéressant de vous faire connaître cet épisode de la guerre de l’indépendance.
- Je laisse la parole à M. Badin qui se l’est fait raconter en détails et le reproduit dans un article de la Revue 'politique et littéraire.
- « Après treize mois de glorieux efforts et de sanglants combats, l’armée nationale avait réussi à rejeter les Autrichiens hors de la Hongrie, lorsque ceux-ci appelèrent les Russes à leur aide. L’arrivée des i5o,ooo soldats de Nicolas II devait changer naturellement la face des choses et l’armée hongroise fut bientôt forcée de se replier sur le bas pays. Nommé dictateur, le général Gorgev, au lieu de répondre à cette marque de confiance par un redoublement d’énergie et d’activité, laissa battre en détail ses divers généraux, par mesquine jalousie, disent les uns, par calcul intéressé, affirment les autres, et courut s’enfermer dans Arad.
- « Suivi de près par les Russes, il écrivit le 11 août au général Rüdiger qu’il se rendait sans con-dition pour épargner à ses concitoyens paisibles les horreurs de la guerre, et le jour même il se mit en mouvement d’Arad sur Vilagos, afin de se rapprocher de l’armée russe.
- « Lorsque les chefs et les soldats eurent vent de cette odieuse trahison, il était trop tard : les forces moscovites les entouraient de tous côtés. Cependant près de 7,000 soldats réussirent à prendre la fuite dans la nuit du 12 au 13 et à se soustraire ainsi à la honte du désarmement. Les 23,000 autres rendirent, dans la journée du lendemain, leurs sabres et leurs fusils avec i3o canons.
- « La reddition accomplie, les officiers supérieurs et les représentants et anciens fonctionnaires civils qui accompagnaient l’armée furent livrés à Hay-nau, qui fit emprisonner les officiers à Arad et les civils à Pest.
- « Traduits devant des commissions militaires, les officiers supérieurs furent condamnés à mort. Voici les noms de ces treize martyrs de l’indépendance • qui furent exécutés à Arad : les généraux Ernest Kiss, Aulich, Danjanich, Nagy-Sandor, Torok (du génie) Lahner (directeur des manufactures d’armes et de munitions), le comte Vec-sey, Knezich, Poltenberg, le comte Leiningen, Schneidel, Dessemffy, et enfin le colonel Lazar qui, ayant commandé un corps d’armée, fut traité comme les généraux.
- « Kiss et Schneidel furent fusillés ainsi que Dessemffy et Lazar ; les autres généraux furent pendus. Les uns et les autres moururent admirablement.
- « Ces exécutions, hélas ! ne furent pas les seules. Il est peu de familles hongroises qui n’aient fourni une ou plusieurs victimes à la terreur impériale. »
- (A suivre.) Eugène Weismann.
- LES EXPOSITIONS A VENIR
- ALLEMAGNE
- Une exposition industrielle et artistique aura lieu à Chemnitz, dans le courant de l’année 1886.
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- Les récompenses, pour l’exposition vinicole et de toutes les industries se rattachant à la culture du vin, seront décernées à Hanovre, du 3 au 19 octobre.
- AUTRICHE
- Du 15 septembre au 1er décembre aura lieu à Brünn (Moravie) une exposition rétrospective d’armes de chasse et de guerre. Cette exposi-
- Dimanche ii Octobre i8S3.
- tion comprendra, depuis la période du moyen âge jusqu’à nos jours.
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- Le Niederosterreicbische getverberein (société des arts et métiers de la province de la Basse-Autriche, à Vienne) a l’intention de célébrer, en 1888, le 40e anniversaire de l’avènement au trône du roi François-Joseph, par une exposition d’arts et métiers.
- ECOSSE
- Une exposition industrielle aura probablement lieu à Edimbourg en 1886. Cette exposition serait internationale.
- INDES
- L’ouverture de l’exposition internationale à Bombay est fixée au mois de novembre 1887.
- TURQUIE
- D’après une nouvelle de Veologuas, le gouvernement de la poste aurait décidé d'ouvrir une exposition industrielle permanente à Constantinople.
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- NOVEMBRE 188 5 — MARS l886
- Dans une de ses précédentes séances, la commission française, qui a son siège à Paris, 3g, rue Caumartin, a décidé que des démarches seraient faites auprès des ministres compétents pour obtenir leur participation officielle à l’exposition américaine.
- Se conformant à cette décision, MM. H. Farfos, commissaire général : américain ; Léon Chotteau, vice-président et Edouard Debergue, secrétaire-général de la commission française, ont rendu visite à :
- — M. Pierre Legrand, ministre du commerce. Ils lui ont demandé! une exposition de l’Ecole centrale des arts et manufactures, et du Conservatoire des arts et .métiers, ayant surtout en vue le système décimal des poids et mesures que les Américains n’ont pas encore accepté, et dont M. Farj^s se propose de montrer , les avantages pendant l’exposition de l’hiver prochain.
- — M. Demôle, ministre des travaux publics. M. Demôle a été prié d’exposer à la Nouvelle-Orléans tout ce qui est relatif à l’Ecole des mines et à l’Ecole des ponts et chaussées, ainsi que les tableaux graphiques relatifs aux ports, canaux, etc.
- — En l’absence de M. Goblet, ministre de l’instruction publique, M. Robert, chef de cabinet. Les délégués ont insisté : auprès de ‘M. Robert pour obtenir des spécimens des produits fabriqués par les manufactures de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais.
- — L’amiral Galiber, ministre de la marine. Une exposition de nos Colonies produirait le meilleur effet en Louisiane, qui était autrefois l’une de nos colonies les plus florissantes.
- — M. Sarrien,ministre des postes et télégraphes. L’objet de la requête était ici le système de transmission des dépêches dans Paris, au moyen du tube pneumatique.
- Partout, les délégués ont reçu l’accueil le plus cordial et le plus encourageant.
- M. Forjos s’étant rembarqué pour la Nouvelle-Orléans, MM. Léon Chotteau et Ed. Debergue se proposent de voir M. Hervé-Mangon, ministre de l’agriculture, pour l’aménagement et l’exploitation des forêts, l’hydraulique agricole, et les Ecoles vétérinaires.
- Puis, ces Messieurs réclameront de M. Sadi Carnot, ministre des finances, une exposition des tabacs.
- Le samedi 26 septembre,à deux heures, la commission française a remis la lettre suivante à M. Michelin , président du conseil municipal de Paris :
- « Monsieur le président,
- « L’Exposition internationale de la Nouvelle-
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- Première Année. - N» 41. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Orléans va ouvrir de nouveau ses portes aux produits d’Amérique et d’Europe. Elle commencera le 10 novembre prochain, pour finir le 3i mars 1886.
- « La France est cordialement et spécialement invitée à prendre part à ce grand concours.
- « Nos compatriotes ont accepté l’invitation courtoise des Etats-Unis et se préparent à envoyer à la Nouvelle-Orléans les spécimens variés de leurs industries.
- « Nous pensons qu’une exposition relative aux méthodes d’enseignement professionnel adoptées par la ville de Paris, et aux résultats obtenus, organisée par le conseil municipal, rehausserait singulièrement l’éclat de la section française, et nous venons reclamer votre concours patriotique.
- « L’année dernière le ministère de l’instruction publique a exposé à la Nouvelle-Orléans notre système d’instruction primaire et secondaire. Il y a obtenu un immense succès d’opinion publique, ce qui est fort important aux Etats-Uuis, et un diplôme d’honneur.
- « Dans l’Exposition qui s’organise pour cet hiver, la participation que nous vous demandons excitera un intérêt aussi, vif et aussi profond, et ne manquera pas de ménager à la France des résultats pratiques et avantageux.
- « En outre, nous prenons la liberté de vous faire observer que, si vous nous . donnez une réponse favorable, les Américains sauront apprécier cette haute marque de sympathie, et viendront en grand nombre à notre Exposition de 1889.
- « Veuillez agréer, M. le président, l’assurance de notre profond respect. »
- Ont signé, comme délégués de la commission française :
- D. Tourette, président; Léon Chotteau, vice-président; Ed. Debergue, secrétaire général ; H. Cahuzac, E. Forgeot, A. Mauprivez et Delmas, membres.
- La lettre que l’on va lire, reçue rue Caumartin de la direction de l’Exposition, montre que l’on se prépare sérieusement au grand concours de l’hiver prochain
- Nouvelle-Orléans,. 10 sept. 1885.
- J’ai le plaisir de vous annoncer que la besogne avance de la façon la plus satisfaisante. Nous avons presque tous les Etats de l’Union complètement en ligne, sans parler des représentations attendues des autres contrées de notre continent.
- M. de Fonblanque, qui, en Angleterre, s’occupe de nos intérêts, a demandé 3o,ooo pieds carrés d’espace pour la Grande-Bretagne. Aussi, espérons-nous que, dans ces conditions, les fabricants et négociants de France verront l’intérêt qu’ils ont à se faire dignement représenter ici,.
- Tout s’accorde à faire présager une saison de succès. Le transport à vapeur est assuré jusqu’au parc.
- Toutes les. compagnies de chemins de fer du pays réduisent leurs tarifs à un taux phénoménal. L’affluence sera donc bien plus grande qu’elle n’a été l’an dernier, et un plus vaste champ est offert aux exposants.
- Très respectueusement,
- Richard Nixon, secrétaire.
- En outre, le gouvernement de l’État a lancé cette proclamation :
- PROCLAMATION DU GOUVERNEUR DE LA LOUISIANE
- L’exposition des Amériques du Nord, du Centre et du Sud à la Nouvelle-Orléans a fait un tel progrès qu’il y a certitude d’un succès complet et éclatant.
- Cette grande et noble entreprise promettant à tous ceux qui y participent de nombreux et importants avantages commerciaux, j’ai jugé utile, par la présente proclamation, d’appeler l’attention des gouvernements, des chambres de commerce et du public des Etats du Sud, du Centre et du Nord de l’Amérique, et de leurs cités respectives, ainsi que des gouvernements des colonies et des îles occidentales de l’Atlantique, sur cette Exposition, maintenant complètement prête pour la réception des produits à exposer, et pour la distribution de l’espace qui leur est nécessaire.
- Et par ladite proclamation je recommande cette Exposition à l’attention et à la sympathie des nations étrangères, eu égard à l’influence importante et éminemment bienfaisante qu’elle exercera sur tous les intérêts commerciaux et manufacturiers, et sur toutes les industries productives.
- Ces avantages ont déjà été mis en évidence par l’Exposition close en mai dernier, dont celle-ci
- doit être pratiquement la continuation, inaugurée comme elle le sera pour répondre aux vœux fervents d’un grand nombre des premiers visiteurs.
- Les capacités, l’énergie, la position sociale et le caractère des membres du Conseil de direction sont de sûrs garants d’une administration équitable, judicieuse et vigoureuse.
- Donné sous ma signature et avec le sceau de l’Etat de la Louisiane, en la ville de Baton-Rouge, le 9 septembre 188 5.
- Signé : S. D. Mc. Enerl.
- Par le Gouverneur,
- Oscar Arroyo, Secrétaire d’Etat.
- La France a le plus grand besoin de relever son. commerce d’exportation. Elle ira à la Nouvelle-Orléans.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 20 Septembre i885).
- Ce n’est pas assez que l’État prélève sur les objets nécessaires à la vie de l’homme la lourde dîme des impôts de consommation et de circulation, il frappe encore le travail par la patente qu’il impose à quiconque tient un outil ou se livre au commerce.
- Cependant, le droit au travail est, en quelque sorte, sacré, car, non seulement il nait avec l’homme lui-même, mais la société impose à chacun de ses membres ^'obligation de contribuer, dans la mesure de ses forces et de ses moyens, au bien-être général. Néanmoins, par une de ces contradictions qui lui sont familières, en même temps qu’il fait du travail une obligation, l’État s’ingénie à l’entraver, à mettre les citoyens dans l’impossibilité de travailler, de produire.
- On crierait à l’injustice, à l’iniquité, s’il prenait fantaisie à un gouvernement d’imposer l’outil de. l’ouvrier, et, pourtant, on ne fait pas autre chose, en la contraignant à payer une patente. Cet impôt, ce sont les menottes qui lui lient les mains et qui l’empêchent de produire. On dira peut-être que nous exagérons ; mais les faits sont là qui prouvent la triste vérité de ce que nous avançons..
- N’est-il pas révoltant, nous le demandons, qu’un cordonnier ne puisse faire un soulier, un chapelier un chapeau, sans en avoir, au préalable, acheté le droit, en payant une redevance annuelle à l’État?
- La patente n’est pas seulement contraire au droit naturel que tout homme a de travailler; mais, comme les charges qui frappent la consommation, elle est encore un obstacle à la production ; obstacle irrationnel et nuisible à l’intérêt général comme à l’intérêt individuel.
- On objecte, pour essayer de légitimer cet impôt, qu’il ne frappe que le travailleur qui possède. Mais qui ne sait qu’il atteint indirectement l’indigent, en augmentant le prix de revient des divers produits et, surtout, des produits de première nécessité. D’ailleurs, de nombreuses difficultés s’opposent à une répartition équitable de cette charge. Aussi son application a.pparaît-elle aux contribuables comme une violation perpétuelle des principes d’égalité et de justice. Il n’est pas rare de voir, dans la même commune, deux ouvriers qui professent le même métier, payer des patentes différentes. Souvent aussi, tel industriel qui est soumis à une patente de quatrième classe est plus riche et fait plus d’affaires que tel autre qui paie une patente de deuxième classe.
- Une patente de 5 ou 600 francs ne grève guère le budget d’un banquier ou d’un riche industriel qui compte ses revenus par centaines de mille francs, tandis que l’ouvrier qui exerce son modeste métier dans une bourgade sera obligé de consacrer le produit de son pénible labeur pendant plusieurs semaines à payer sa patente.
- Le but du législateur, en créant cet impôt, a été d’atteindre les revenus industriels et commerciaux, mais il n’est, malheureusement, que trop manifeste que c’est surtout le travail qu’il atteint. Combien n’y a-t-il pas d’ouvriers qui ne possèdent pas un centime de revenu, qui vivent avec peine, au jour le jour et qui paient une patente beaucoup trop élevée, tandis qu’il y a des commerçants et des usiniers qui réalisent, en quelques années, une fortune énorme, qui payent un droit de patente insignifiant eu égard à leur revenu.
- Pour que l’application de cet impôt fut conforme
- Dimanche ii Octobre 1885. — 331.
- à l’équité, il faudrait qu’il fut réellement proportionnel au revenu, mais il n’en est pas ainsi, il laisse la porte ouverte à l’arbitraire, car, en l’éta-, blissant, le législateur a pris pour base non la réalité des faits mais de pures hypothèses : Or ce n’est pas de cette manière qu’il faut procéder, surtout en matière fiscale. On ne doit rien laisser au hasard, à l’imprévu.
- On sait que les patentes sont soumises à un droit fixe et à un droit proportionnel. Le premier a pour base le chiffre de la population et la nature de l’industrie ; le deuxième la valeur locative de l’habitation, de l’atelier ou du magasin.
- Ces distinctions pleines de subtilité prouvent l’embarras dans lequel le législateur s’est trouvé quand il lui a fallu donner à la répartition de cet impôt une apparence d’égalité. Il a eu beau établir des classes et des catégories sa classification n’en est pas moins restée incomplète, bizarre et basée sur l’arbitraire.
- C’est un travail délicat, impossible à exécuter d’une manière équitable, que de prétendre établir un impôt sur des valeurs mobiles à l’excès, de vouloir les atteindre, en quelque sorte, dans la main de celui qui ne les possède pas, puisqu’il ne les crée que pour les vendre, les lancer dans la circulation.
- On a pris pour base du droit de patente le chiffre de la population de la commune. Mais qui né sait que le revenu industriel ou commercial n’est pas et ne saurait être proportionnel à la population. Ceci est si vrai que, souvent, un commerçant qui habite une bourgade fait un chiffre d’affaires beaucoup plus élevé que tel autre qui habite une grande ville, qui vend cependant des produits similaires. Le premier fait fortune tandis que l’autre se ruine.
- Il serait trop long d’énumérer les injustices inhérentes à cette sorte d’impôt. Il n’est personne qui ne comprenne qu’il n’est basé que sur des présomptions et que ce n’est pas le revenu qu’il atteint, mais le travail.
- En 1816, après la chute du premier Empire qui avait laissé dans les finances de l’Etat un déficit de plusieurs milliards qu’il fallut combler, on proposa de doubler les patentes.
- Un membre de la Commission chargée d’examiner le projet, M. le comte Garnier,le caractérisa ainsi :
- « Nous observons que le doublement du droit des patentes nous a semblé une mesure hasardeuse et difficile dont une tentative, faite il y a peu d’années a montré les inconvénients. De tous les impôts directs, c’est celui dont l’assiette est le plus arbitraire, la répartition la plus inégale, le recouvrement le plus incertain. La seule ville de Paris supporte le quart de cette contribution, et sur les quatre millions qui forment son contingent,chaque année présente i5 à 20 pour cent de non-valeurs (1). »
- En 1872, le lendemain de nos désastres, il fallut trouver de l’argent pour payer les frais de la guerre, la rançon de cinq milliards et réorganiser notre matériel de guerre et notre armée. On commit la même faute qu’en 1816, on augmenta la contribution des patentes de 41 millions.
- Ce système cher aux oligarchies constitue un arbitraire révoltant et une violation criante du principe d’égalité.
- On ne voulut pas comprendre que l’on perpétuait les errements du passé et que l’on greffait de nouvelles inégalités sur celles qui existaient déjà.
- C’est ainsi que certaines classes des patentes ont subi une augmentation qui varie de 45 à 55 et 60 pour cent, pour d’autres cette augmentation s’élève jusqu’à 80 et 90 pour,cent.
- M. Mathieu-Bodet,dans son Rapport sur la loi sur les patentes, a fait ressortir les inconvénients de cette loi et de celles qui ont été faites à cette épo-quédans le même esprit (2).
- « L’application de toutes ces lois, y est-il dit, a donné, en 1873, des résultats que le commerce et l’industrie ont jugé excessifs.
- « Prenons pour exemple un patentable du tableau C (quatrième partie), choisi parmi les plus importants et parmi ceux, qui ont éprouvé l’augmentation la plus considérable, soit un constructeur de machines à tvapeur, métiers mécaniques pour la filature et pour le tissage et autres grandes machines, ayant quatre associés et occupant mille ouvriers et assujetti au droit proportionnel sur une valeur locative de io5,ooo fr., dont 5,ooo francs pour la maison d’habitation.
- (1) 27 avril 1816.
- {2) Annexe à la séance de l’Assemblée, du 4 novembre 187? n° 2006.
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- 332. — Première Année. — N° 41.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Octobre i88S.
- « Il payait en 1872 :
- Droit fixe (maximum)........
- Droit propor-( 5.000 au 20e) tionnel. . . .( 100.000 au 5o°j Centimes généraux (10 c. 8) ......... .
- Quatre associés secondaires......... 400
- Centimes généraux (10 c. 8)........... 43 20)
- Total au profit de l’Etat moins le. produit des 8 c. du principal attribué à la commune................
- 5oo^ 2.2 5 0
- 2.750 « /
- 3.047 *
- 443 20
- 3.490 20
- « Il a payé en 1873 » c’est-à-dire après l’application de la loi du 29 mars 1872 et de celles des 16 et 23 juillet de la même année :
- DroitiDroit déterminé : 3o »I c° 1.000 ouvriers à . ! 3.63o
- fixe ! 3 60...........3.600^
- Droit proportionnel (comme ci-
- dessus .....................2.250
- ( 10 c. 8Ni
- Centimes généraux' 60 c. 5 74 c. 6. .
- ' ( 3 c. 8)
- Quatre associés secondaires..........
- Centimes généraux (74 c. 6) . ......
- ( 5.88o »
- /
- . 4.386 48
- 2.904 » ) 2.166 38 S
- Total. .
- 10.266 48
- 5.070 38 i5.336 86
- « C’est-à-dire plus que le quadruple de ce qu’il payait avant la guerre. »
- Nous pourrions citer encore beaucoup d’autres exemples du même genre.
- Ainsi, un fabricant, appartenant au tableau C, ayant i,5oo métiers, un loyer de 1,5oo francs et un associé, payait avant la guerre 3,248 francs. Aujourd’hui, il paie 19,574 francs, soit une augmentation de 5û2 pour cent.
- Il est si évident que l’impôt des patentes est réparti d’une manière inégale et arbitraire et que sa prétendue proportionnalité n’existe pas, qu’elle n’est qu’un leurre, que presque tous les écrivains qui ont traité cette question l’ont reconnu et ont signalé les nombreux défauts de cette législation qui consacre l’injustice.
- « La contribution des patentes, écrit M. Vignes (1) pèche contre le principe de l’égalité proportionnelle, en imposant des bénéfices présumés d’après certains signes, alors que les bénéfices réels peuvent être si différents des présomptions que ces signes autorisent. »
- N'est-ce pas reconnaître que le législateur marche à l’aveuglette dans le dédale tortueux des catégories des patentés et qu’il les impose à tort et à travers, au risque de frapper un revenu qui n’existe pas ?
- « Depuis 1791 jusqu’en 1872, il y a eu, dit M. Mathieu-Bodet, un effort constant pour rendre cet impôt de plus en plus proportionnel aux bénéfices du contribuable, mais il faut bien le dire, ce problème est du même genre que celui de la quadrature du cercle ».
- Eh bien ! mais puisque l’on reconnaît qu’il est impossible de résoudre ce problème, c’est-à-dire de faire en sorte que la taxe des patentes cesse d’être une criante injustice; puisque l’on reconnaît que l’on se heurte et que l’on se heurtera toujours à des difficultés insurmontables, pourquoi s’entêter plus longtemps à perpétuer ce que l’on sait être une révoltante iniquité ?
- E. Mansuy.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XXVIII
- Les Actrices du xviii6 sièc’e.— Sophie Arnould, d’après sa correspondance et ses Mémoires inédits, par Edmond et Jules de Concourt. — Paris, Charpentier et O, 1885.
- Bien que l’engouement pour la littérature russe et les romans russes ne fasse que croître et embellir, que la Revue contemporaine régale ses lecteurs des moindres miettes tombées de la table de travail de Dostoiewski, que le Temps vienne de publier De quoi vivent les hommes, une nouvelle mystique de Tolstoï, et que le Gaulois lui-même, à l’affût de l’actualité, donne en feuilleton comme un ouvrage à sensation, le roman de Mille âmes de Piesemski, nous Jugeons à propos de remettre à une autre semaine notre appréciation des romans de Tolstoï, et de mettre un certain intervalle entre notre analyse de ses ouvrages et celle des ouvrages de son rival, dans la popularité en Russie et en France. Entre ces deux hors-d’œuvre au caviar et au gingembre, il nous semble bonde goûter de nouveau aux plats plus légèrement épicés de l’esprit français. Le feuilleté croustillant, le blanc manger délicat de nos soupers à la française, reposent de cette littérature à pâte aigre et à'condiments amers.
- Mais c’est assez sur ce point pour aujourd’hui Nous reviendrons en temps et lieu à cesujet qui est loin d’être épuisé. Et nous le ferons à propos des œuvres de Tolstoï. Si nous comprenons par les
- (1) Traité des impôts en France, t. II, p. 29.
- raisons que nous venons d’en donner, le succès actuel des romans socialistes russes, et si nous admettons volontiers qu’ils intéressent particulièrement un public, pour qui le grand attrait du roman est un attrait de cœur, ce n’est pas une raison pour médire des temps où on avait surtout le goût, la religion de l’esprit, où l’esprit, s’il ne courait pas les rues, chose que, croyons-nous, il n’a jamais faite, courait les salons, les cafés, même les boudoirs, où on avait de l’esprit même à l’Opéra, où une même actrice appelée Sophie Arnould pouvait être à la fois une grande artiste et une grande courtisane, amuser tout Paris des scandales de sa vie privée et se sauver de tout, et de l’infamie de ses scandaleux triomphes, et du ridicule de la déchéance des pécheresses impénitentes, par cette suprême grâce, par cette suprême vertu, qui ne messiéent pas aux cheveux blancs delà femme galante, obtenant une sorte de respect attendri, une sorte de considération par pitié, en finissant en galant homme, par l’esprit et la charité. L’esprit, Sophie Arnould, dont l’histoire est le plus piquant des romans, contée comme elle l’est tout à fait dans le style et le goût du temps par ces deux égarés, ces deux attardés du xvme siècle dans le nôtre, Edmond et Jules de Goncourt, l’esprit, Sophie est peut être la femme de France qui, dans la même situation à peu près que Ninon de Lenclos, en a eu le plus, après elle. Elle a eu de l’esprit et du meilleur, de celui qui fait rire et aussi de celui qui fait penser. On a publié un Arnoldiana ou Recueil des bons mots, des saillies de Sophie, qui compte autant de mots proverbiaux, maximes, demeurés, grâce à une forme exquise et à un fond solide, dans la circulation de la gaieté et de la malignité française., que Talley-rand. Il y a seulement cette différence entre eux que Talleyrand,en sa qualité d’homme d’Etat,avait des collaborateurs. Sophie faisait ses mots elle-même. Elle n’avait pas de souffleurs, de sosies, comme Talleyrand qui avait certainement beaucoup d’esprit, mais qui se servait aussi de l’esprit de Montrond.
- Mais ce n’est pas seulement par de nouveaux bons mots, de nouvelles pensées d’elle que les auteurs de l’ouvrage si intéressant que nous analysons, contribuent à la réputation et un peu à la réhabilitation de Sophie Arnould. Ils ont mis la main sur des mémoires d’elle, par elle, qui s’arrêtent malheureusement à son enlèvement par le comte de Lauraguais, à sa première faute à sa première chute et où elle ne se peint guère qu’en buste.Mais elle n’a pu romancer ses lettres. Et MM. de Goncourt citent d’elle une série de lettres d’un tour vif et gai, pleines de saillies et de mots piquants, et où le souvenir de la folle et amoureuse jeunesse mêle aux plaintes, aux regrets, aux requêtes de la vieillesse besoi-gneuse et quémandeuse le contraste d’enjouement et de mélancolie, de sourire mouillé de larmes qui pénètre à la fois l’esprit et le cœur. Ce sont des bijoux, ces lettres de Sophie à son ancien amant l’architecte Belanger, marié lui-même à une actrice galante assez célèbre, Mlle Dervieux. On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, des lettres de Rachel, du plus ou moins d’intensité de la collaboration de l’avocat Crémieux, son teinturier. Tout est de Sophie, même l’orthographe, aussi fantaisiste qu’elle, dans cette correspondance vraiment curieuse et intéressante où elle trouve •en se jouant, en riant de ses misères pour n’en pas pleurer, des pensées et des mots dignes tour à tour, par la force ou la grâce,du plus spirituel des hommes ou de la plus spirituelle des femmes.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. Antoinette Rigaud, comédie en trois
- actes, de M. Raimond Deslandes.
- Eden. — Hermann IL
- Enfin ! elle a été représentée cette pièce de M. Raymond Deslandes reçue depuis longtemps à la Comédie-Française et ajournée au moment où elle allait être sue. Mais pourquoi cet ajournement ? Tout simplement parce qu’un gros seigneur habitué de la maison, M. Alexandre Dumas, s’était présenté avec sa Denise, et tout le monde sait que l’on ne fait pas attendre M. Dumas. Denise eut donc la priorité et M. Deslandes s’inclina bon gré, mal gré.
- Antoinette Rigaud n’a pas_ d’autre auteur que M. Deslandes; si Scribe n’était pas mort, on aurait dit : Scribe est dans l’affaire. Mais Scribe n’est plus ; il faut croire cependant que son genre a survécu et que M. Deslandes s’en est inspiré, comme il s’était inspiré du genre et de l’idée de Sardou quand il écrivit vers 1871 cette petite comédie, charmante, du reste, que nous avons applaudie au Vaudeville sous ce titre : le Porte-cigare. _ ,
- L’héroïne de la pièce d’hier, Antoinette, est la sœur du capitaine de Treuil; elle a épousé M. Rigaud, honnête industriel. Mlle de Treuil était sans dot, mais c’était une femme romanesque ; le
- mariage n’a rien changé à ses idées. Pendant une saison aux eaux, Mme Antoinette Rigaud se laisse faire la cour par un jeune peintre, Jacques Sannoy. Quelques lettres sont échangées. Le bonhomme Rigaud vient à point chercher sa femme ; il est même si bonhomme qu’il trouve tout naturel qu’Antoinette ait fait faire son portrait en médaillon par l’artiste ; il lui demande plus tard de lui en taire cadeau. Antoinette ne veut pas s’en dessaisir et répond qu’elle a envoyé la miniature à son frère, l’officier dont nous avons parlé tout à l’heure, attaché à l’état-major du général de Tréfond, dont il aime-* la fille, Mlle Geneviève. Amour partagé, du reste. M. Rigaud, chargé par sa femme de taire la demande en mariage, n’obtient qu’un refus sans explications défavorables pour le jeune officier ; mais le général est lié par un serment ; Mme de Tréfond a succombé aux angoisses de la guerre ; elle a fait jurer à son mari, avant de mourir, qu’il ne donnerait pas Geneviève à un soldat.
- Antoinette vient de reconnaître parmi les hôtes du général le peintre Sannoy. —Vous ai-je dit que le couple Rigaud était eux aussi en villégiature chez ce guerrier, père de Geneviève ? — Aussi, Mme Rigaud décide-t-elle qu’elle repartira dès le lendemain. Le pavillon qu’elle occupe est relié au château par un corridor fermé à clé la nuit et ne contient que deux appartements, celui de Geneviève et celui d’Antoinette. Sannoy s’introduit chez Mme Rigaud pourlui rendre ses lettres. Antoinette lui remet en échange le médaillon ci-dessus décrit. Mais voilà que tout à coup, on frappe à la porte.
- C’est le général qui ramène le mari, absent depuis quelques jours, et qui avait siégé comme juré à la ville voisine. Il n’y a pas à dire, il fau t ouvrir et Antoinette cache le peintre derrière la porte qui conduit chez MUe de Tréfond.
- Gomme je dois abréger permettez-moi de passer quelques détails et d’arriver tout de suite au dénouement : Rigaud a vu, sans le reconnaître, le jeune peintre sauter d’une fenêtre dans le parc et se promet de prévenir le général : il s’était enfui par la fenêtre de Geneviève! Jacques en s’enfuyant avait bouleversé une serre et laissa tomber son médaillon. Le brosseur du général rapporte le bijou à son maître, et l’enquête commence. Vous avez compris que le général devine que Olivier de Treuil a seul intérêt à compromettre Geneviève pour enlever le consentement qu’on lui refuse. Rigaud affirme que le médaillon avait été envoyé par sa femme à son frère.
- Vous voyez d’ici la scène ; cher lecteur, vous connaissez trop le théâtre pour que je vous la refasse. Enfin, Olivier a compris que sa sœur est sur le point d’être compromise s’il persiste à se défendre, il incline la tête et donne sa démission. Antoinette finit alors par tout avouer dans une confidence qu’elle fait au général. Enfin, le général après avoir mis de nouveau Olivier à la torture, lui tend les bras et lui donne sa fille.
- Comme je vous le disais en commençant, voilà du bon, de l’excellent Scribe, du Scribe de i832. Eh bien ! on a goûté avec plaisir cette comédie bien faite, bien écrite, bien dite. Febvre avait abandonné le rôle de Don Salluste dans Ruy-Blas pour s’incarner dans le personnage honnête et distingué du général de Tréfond. Songez aussi que Worms jouait Olivier et M. Laroche le vulgaire Rigaud. Mme Baretta est bien l’Antoinette dramatique et fantasque qu’a pu rêver M. Deslandes. Nous avons été ému bien agréablement par la gracieuse Reichembert. Enfin, M. Baillet est un beau séducteur.
- M. Raimond Deslandes, lui aussi, a séduit le public et la critique par sa belle comédie
- Il me reste juste un pouce carré pour annoncer les débuts de Hermann II à l’Eden. Ce prestidigitateur appartient à la dynastie des Hermann. Vous avez connu à la salle où se trouve aujourd’hui le théâtre des Nouveautés,Hermann Ier, dit le Grand, c’est son élève qui attire la foule aujourd’hui à l’Eden. C’est un digne élève, mais ce n’est pas encore le maître. Rappelez-vous Hermann Ier faisant sortir de ses manches trois bocaux de poissons rouges et les faisant disparaître ensuite. Le public était ahuri !
- Georges Grisier.
- P. S. — Lundi dernier le théâtre Cluny a donné la première de Mon Oncle, comédie bouffe en trois actes, de MM. Paul Burani et Maurice Ordonneau. La salle était bien un peu distraite à cause des élections dont on parlait beaucoup entre voisins, mais on a ri quand même. A la fin de la soirée le succès de la nouvelle pièce était affirmé et acclamé. Mon Oncle terminera l’année avec succès ; la nouvelle direction pourra même hériter de cet oncle qui nous paraît fort riche.
- G. G.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et C'8, rue de la Préfecture,6
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-
-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 18 Octobre 1885.
- NUMÉRO 42.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS (1885
- TABLEAU indiquant le nombre d’exposants et le nombre de récompenses par pays:
- PAYS NOMBRE d’exposants DIPLOMES d’honneur MÉDAILLES d’or MÉDAILLES d’argent MÉDAILLES DE BRONZE MENTIONS HONORABLES t 1 TOTAUX
- Allemagne . 861 5° 146 237 204 124 761
- Angleterre 3°5 12 49 77 56 23 217
- Autriche : . . 296 26 73 84 37 31 25i
- Belgique . . . , 3411 184 456 723 604 447 2414
- Bombay . * . . . 0 00 I 3 l5 l7 30 66
- Brésil. H2 5 13 33 53 59 58 216
- Canada .......... I76 3 13 31 35 31 113
- Chili I )) » 1 « » 1
- Chine ........... I » 1 1 » )> 2
- Danemark . 39 4 1 l3 8 r' J y1
- Egypte ... 32 I 2 1 1 I 12
- Espagne .......... L99 9 5° 38 24 16 l37
- Etats-Unis 23 I 2 7 1 3 H
- France . 1893 2I5 443 493 318 142 1611
- France (Colonies) ..... 2488 25 123 233 256 261 898
- Grèce 1 • )> 1 » » )> 1
- Haiti. ........... • 90 1 3 ' U l3 14 46
- Italie ............ 660 25 91 179 *59 113 567
- Japon ........... 2 • » >) 2 » » 2
- La Plata ........ 4 1 » 1 2 » 4
- Libéria .......... 5 » » 1 2 » 3
- Luxembourg 48 2 10 13 7 5 37
- Monaco ....... <33 » ' 5 l3 8 u. 41
- Paraguay » 4 7 10 T5 36
- Pays-Bas ......... 296 14 45 ?» 63 52 252
- Portugal I043 *7 44 55 79 71 266
- Russie 225 22 59 52 36 25 !94
- Serbie * 312 2 18 38 53 47 158
- Suède et Norwège .... 202 6 20 57 43 48' !74
- Suisse 102 2 22 28 16 82
- Turquie . ' , . 18 1 4 )> 3 2 10
- Uruguay 2 )> » » )> 2 2
- Totaux .... 14461 637 1712 -0 xf lr-N O 2126 1597 8619
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-
- 334' — Première Année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Octobre i88b.
- — N° 42.
- LES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION UNIVFRSELLE D’ANVERS
- Nous donnons ci-contre un tableau indiquant le nombre d’exposants et le nombre de récompenses par pays. .
- Nous y voyons que les-pays qui ont obtenu le jflus grand nombre de récompenses sont :
- i° La Belgique, 2.414 récompenses
- 20 La France, 1.611 —
- 3° Les Colonies françaises, 898 —
- 4° L’Allemagne, 701 —
- 5° L’Italie, 567 —
- 6° Le Portugal, 70 Les Pays-Bas, 266 —
- 252 —
- 8° L’Autriche, 90 I,.’Angleterre, 25 I —
- 217 —
- io° Le Brésil, 2 10 —
- 11° La Russie, >94 —
- 12° La Suède-Norvège, 174 —
- i3° La Serbie, 158 —
- 14° L’Espagne, 157 —
- i5° Le Canada, Etc., etc. 113
- *
- Y •¥•
- Etablissons le nombre d’exposants de chaque pays pour une récompense : i° Allemagne, unerécomp.p.
- 20 Russie,
- 3° Suède-Norvège,
- 40 Italie,
- 5° Pays-Bas,
- 6° France,
- 70 Autriche, ,
- 8° Angleterre, q° Belgique, io° Espagne,
- 11° Canada,
- 12° Serbie,
- i3° France (Colonies), 140 Portugal, i5° Brésil,
- 1 expos. 1 —
- 1 •—
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 1 —
- 2 —
- 3 —
- 6 •—
- , 1 o 1 1 5g 161 164 1,745
- 1,749 175 405
- ,41a 462 556 975 77 o 922
- 597
- Etablissons le nombre d’exposants de chaque pays pour un diplôme d’honneur: i0' France, i dipl. d’hon. p. 8 exp., 80
- 2° Russie, —. 10 — 23
- 3° Autriche, — 11 — 38
- 4° Allemagne, — 17 — 22
- 5° Belgique, Pays-Bas, — 18 — 54
- 6° — 21 — 1 5
- 7° Espagne, Angleterre, — 22 — 22
- 8® —• 25 —• 42
- 9° Italie. — 26 — 40
- iô° Suède-Norvège, —- 33 •— 66
- 11° Canada, — 58 — 66
- 12° Portugal, France (Colonies) — 61 — 35
- 13° ? 1 99 — 56
- 14° Brésil, — .109 — 62
- I 5® Serbie, * * * 1 56 •— 01
- Nous trouvons pour les médailles d’or :
- i® Russie, une méd. d’orp. , 3 exp. , Si
- 2° Espagne, Autriche, — 3 — 98 o5
- 3° — 4 ~
- a® France, —• 4 — 27
- 5® Alllemagne, —• s _ 89
- 6° Angleterre, .— 6 — 22
- 7° Pays-Bas, — 6 — 55
- 8® Italie, —• 7 — 25
- 9° Belgique, — 7 — .48
- io° Suède-Norvège, — 10 — 10
- ii° Canada, i3 — 54
- 1 2° Serbie, '—• 17 — 53
- 13° France (Coèonies). , — 20 •— 2 3
- 14° Portugal, — 2 3 — 70
- 1 5° Brésil, — 43 — 18
- * Y
- Voici les résultats pour les médailles d’argent :
- i® Suède-Norvège, i méd. d’arg. p. 3 expos. 55
- 2® Allemagne, —• 3 — 63
- 3® Italie, — 3 — 69
- 4° Pays-Bas, 3 — 79
- 5® France, —• 3 — 82
- 6° Angleterre, • — 3 — 96
- 7o Russie, — 4 — 33
- 8° Belgique, — 4 — 72
- 9° Espagne, Autriche, 5 — 24
- 10° — 6 — 75
- 11® Serbie, — 8 — 21
- I 2® France .(colonies), —• 10 — 68
- 13° Canada, — 13 — 54
- 14® Portugal, — 18 — 96
- 15® Brésil, — 26 * ¥ ¥ - 89
- Passons maintenant aux médailles de bronze :
- 1° Angleterre, i méd. de br. p. 4 expos. 09
- 2® Italie, — 4 —• 1 5
- 3® Allemagne, •— 4 — 22
- 4° Suède-Norvège, — 4 — 69
- 5® Pays-Bas, — 4 — 70
- 6® Canada, — 5 — o3
- 7° Belgique, i méd. d’arg. p. 5 expos. 65
- 8° Serbie, - 5 — 8q
- q° France, — 6 — o'5
- iô® Russie, — 6 — 22
- 11° Autriche, — 8 — 00
- 12° Espagne, — 8 — 29
- i3° France (colonies), — 9 — 68
- 14° Portugal, — i3 — 20
- i5° Brésil, — 24 — 15
- ¥ ¥
- Nous trouvons enfin pour les mentions honora-
- blés :
- 1® Suède-Norvège, i ment. hon. p. 4 expos. 21
- 2® Canada, — 5 — 68
- 3° Pays-Bas, — 5 — 7°
- 4° Italie, — 5 — 84
- 5® Serbie, — 6 — 64
- 6° Allemagne, — 6 — 94
- 7° Belgique, — 7 — 63
- 8° Russie, . — 9 — 00
- 9° France (colonies), — 9 — 53
- io° Autriche, — 9 — 55
- 11e Espagne, —- 12 — 44
- 12° Angleterre, — 13 — 22
- i3° France, — i3 — 33
- 14® Portugal, — 14 — 69
- i5® Brésil, —- 24 — 57
- * Y
- Ces différents tableaux nous montrent que la France n’a pas eu, comme on s’est plu à le dire et comme elle méritait incontestablement, la première place dans le grand concours d’Anvers.
- Nous allons tâcher de montrer pourquoi, les résultats n’ont pas été aussi brillants qu’ils devaient l’être pour nos compatriotes.
- Tout d’abord, en jetant les yeux sur les premiers tableaux, on reconnaît qu’en général, moins un pays expose plus il a de récompenses .et que moins un pays est brillamment représenté plus il obtient de basses récompenses.
- En effet, les membres du jury se trouvent dans la section française, par exemple, devant 3o ou 35 exposants, et souvent beaucoup plus, de la même classe et qui presque tous montrent de fort beaux produits.
- Qu’arrive-t-il? après avoir voté quelques diplômes d’honneur et quelques médailles d’or, les jurés commencent à trouver qu’ils accordent un trop grand nombre de récompenses, ils donnent encore quelques médailles d’argent et finalement ne distribuent que fort peu de médailles de bronze et de mentions honorables.
- C’est pour ces raisons que la France qui, de l’avis de tous les visiteurs, avait groupé dans sa section les produits les plus remarquables de 1,893 exposants ne vient qu’au deuxième rang, comme nombre de récompenses.
- Elle n’a obtenu qu’une récompense par 1,1749 exposant tandis que la Suède-Norvège, avec ses 202 exposants, a obtenu une récompense pour 1,161 exposant; en outre, la France vient :
- En T1'rang pour les diplômes d’honneur;
- En 4e rang pour les médailles d’or ;
- En 5e rang pour les médailles d’argent ;
- En 9e rang pour les médailles de bronze ;
- Et en i3° rang pour les mentions honorables.
- . Tandis que la Serbie qui avait une exposition secondaire, vient :
- En i5e rang pour les diplômes d’honneur;
- En 12e rang pour les médailles d’or ;
- En 1 Ie rang pour les médailles d’argent ;
- En 8e rang pour les médailles de bronze ;
- Et en 5e rang par les mentions honorables.
- Nous reviendronsprochainement sur cette question en comparant les récompenses par classes et par pays.
- H.-F. Cabirau.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- PARIS
- LISTE DU JURY
- ( Suite.)
- 16© Section
- Classe 38 et 39
- ENSEIGNEMENT. — MATÉRIEL SCOLAIRE Jurés nommés par les Exposants :
- MM.. Salicis ;
- Wickmann ;
- Pillet ;
- Leblanc ;
- Gaillard ;
- Léauty ;
- Roy ;
- Malmanche (Mademoiselle) ;
- Cougny.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Bouquet, chef de bureau au ministère du commerce;
- Bernoux, membre de la Commission scolaire du 3e arrondissement ;
- Godart, directeur de l’Ecole Monge;
- A. Grodet, sous-directeur au ministère de la marine et des colonies ;
- ITiélard, ancien président des chambres syndicales, membre de la Chambre de Commerce ;
- Jourdan, directeur de l’Ecole supérieure du commerce ;
- Comte Lepic, cité Malesherbes , et rue Laval ;
- Richard (du Voltaire)-
- Sauton, architecte de la Ville de Paris.
- 17e Section
- Classes 41 et 42
- IMPPIMERIE, PAPETERIE, CARTONNAGE. Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Acker ;
- J. Bardou ;
- L. Berthier ;
- Boschet ;
- Martin Boursier ;
- Degeorge.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Avila;
- F. Delisle, directeur du Bulletin officiel de l’exposition du travail.
- Deroy graveur ;
- Duruy, imprimeur, 22, rue Dussoubs ;
- Guyot ;
- Valdam Pierre, président de la Chambre syndicale du cartonnage.
- 18® Section
- Classe 43 PHOTOGRAPHIE.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Davanne ;
- Georges Lévy, président de la Chambre syndicale de la Photographie ;
- Pamemacker, père .
- Jurés proposés par V Administration.
- MM. Balagny, commissaire-adjoint de l’Exposition du travail ;
- Léon Vidal, commissaire de l’Exposition du travail ;
- Yves, de la maison Yves et Barret.
- 19e Section
- Classe 44
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Blondel, directeur de la maison Érard ;
- Fourneau, facteur d’orgues ;
- Gand, luthier.
- Jurés proposés par VAdministration:
- MM. Cavaillé-Coll, président de la Chambre syndicale des instruments de musique ;
- Melchissédec;
- G. Wittmann.
- 20e Section
- Classes 45,46, 47, et48.
- MATÉRIEL .AGRICOLE, OUTILS ARATOIRES, SERRES.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Lefèvre, ingénieur de la Compagnie du Gaz ;
- Maillé ;
- Touéry.
- Jurés proposés par F Administration :
- MM. Antoniny, G, boulevard des Italiens ;
- Abel Leblanc, industriel, 4, avenue de l’Opéra ;
- Touaillon, ingénieur, 72, boulevard Sébastopol.
- p.334 - vue 308/400
-
-
-
- Première Année. — N° 42.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Octobre x SS b.
- 335.
- 21e Section
- Classes 49, 50, 51, 52 et 53
- ALIMENTATION.
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Félix Beker, négociant en cafés, 17, rue Saint-Denis.
- Blouet, négociant, ancien président de la Chambre de l’Epicerie, membre de la Chambre de commerce de Paris, IC, rue Payenne ;
- Boulier, chimiste de l’Union Syndicale des débitants de vin, à Paris ;
- Chaix, propriétaire des caves Chaix, 16, rue Feydeau ;
- Chapu, ancien négociant, 5, rue de la Tache rie ;
- Christen, négociant, 16, rue du Parc-Royal ;
- Guy, ancien distillateur, 29, quai Valmy ;
- Klein, brasseur à Paris ;
- Jules Lecoq, négociant en vins, 30, rue Taitbout;
- Loisons-Viviers, de la maison Hardillier fils, distillateur à Tours (62, rue de Bécon, à Courbevoie).
- Marguery, restaurateur, vice-président de la Chambre syndicale des limonadiers de Paris -,
- Poulin, limonadier, café de Rohan, place du Palais-Royal ;
- Roux (Paul) , directeur du journal La Revue de lu Brasserie, 53, rue Vivienne ;
- Schouteenten, distillateur, à Lille.
- Hartmann., brasseur, à Saint-Dizier.
- Jurés proposés par V Administration:
- MM. Louis Barrai;
- Bourdon, à Rémy (Oise) ;
- A. Chantrel, 31, rue Saint-Merri.
- Ch. Coulon, au Havre ;
- Eug. Ducret, 94, rue Lafayette ;
- J. Dupont, de Cognac;
- Duval, distillateur, 30, rue Montmartre ;
- Ferrari, place de l’Opéra ;
- Guichard-Potgeret, à Châlon-sr-Saône ;
- Larrieu, ancien vice-pré'sidént de la Chambre syndicale de l'épicerie ;
- Lemaire, distillateur, à Blois ;
- Mugnier (Frédéric), de Dijon ;
- Poulain fils, à Blois ;
- Raguet-Kulhmanh, à Chauny (Aisne) ;
- Vidal, négociant, 5, place d'Eylau.
- 22e Section
- (Annexe scientifique).
- Jurés nommés par les Exposants :
- MM. Delalain ;
- Houdard, 138, rue de Belleville ;
- Tissandier.
- Jurés proposés par l’Administration :
- MM. Parenteau, chef de clinique au Val-de-Grâce ;
- Varey, directeur de la Correspondance scientifique, 72, rue Dulong ;
- Vio Bonato.
- 23e Section
- (Annexe artistique.)
- Jurés nommés par les Exposants:
- MM. Ducompeix, artiste peintre, 92, boulevard Montparnasse ;
- Gondatier, artiste 33, boulevard Magenta ;
- Miano, sculpteur, 1, rue Meyerbeer.
- Jurés proposés par VAdministration :
- MM. Ludovic Durand ;
- Mas ;
- Mario Proth.
- Dans notre première liste parue dans le n° du 11 octobre (page 325, 3e colonne, i5* section), aux lieu et place de M. Tourette, retenu pour cause de maladie, a été nommé M. Ramé, ancien secrétaire de la chambre syndicale de papier, fondateur de l’Ecole professionnelle.
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- SIXIÈME ARTICLE (Voir le Moniteur du 4 octobre i8S5).
- Tout Arad est pavoisé ; un concours immense de population se. presse dans les rues ; c’est au milieu des démonstrations sympathiques d’une foule compacte contenue par un double cordon de troupes que nous nous rendons aux logements qui nous sont destinés; les boutiques sont fermées; les habitants en habit de fête ont la cocarde tricolore à la boutonnière ; les fenêtres et les balcons sont garnis de spectatrices qui nous saluent de leurs mouchoirs ; nous leur lançons les bouquets dont on nous a couverts pendant le trajet, nous n’atteignons pas toujours le but, mais l’intention est très goûtée et'nos efforts parfois couronnés de succès nous valent de gracieux sourires: en arrivant à l’hôtel j’atteins déjà une adresse relative.
- Nous avons rendez-vous à l’hôtel de ville où le bourgmestre doit nous souhaiter la bienvenue; sur le seuil on remet à chacun de nous la photographie d’un monument grandiose, oeuvre d’Adolphe Huszar, destiné à remplacer la modeste colonne « élevée en mémoire des treize martyrs politiques exécutés à Arad, le 6 octobre 1849 H au d°s de D photographie : « Souvenir à nos chers convives français, Arad, 16 août 1885. »
- Nous devons aller visiter une importante usine, mais elle est à une lieue de la ville et la municipalité d’Arad, craignant de nous fatiguer, a emprunté les meilleurs wagons des chemins de fer pour nous transporter sur les rails du tramway. La distillerie de MM. Neuman frères est de l’avis des connaisseurs (et M. Arbey doit s’y connaître) la plus grande qui existe en Europe. On y fabrique l’eau-de-vie par la distillation du maïs et le résidu de l’opération est si considérable qu’il sert à engraisser 4,000 bœufs par an. Nous visitons l’établissement en entier; nous admirons les foudres géants, les cuves gigantesques ; nous parcourons successivement les étables, les écuries, les magasins, la chambre des machines ; nous ne faisons grâce de rien à nos hôtes, les questionnant sans cesse et prenant à leurs explications le plus vif intérêt. Notre dernière visite, et ce n’est pas la moins intéressante, est pour la salle à manger de MM. Neuman où.un déjeuner exquis nous attend.
- Nous devons aller ensuite en pèlerinage au tombeau des treize martyrs ; une migraine intense m’empêche de suivre la procession et me force à me mettre au lit; je n’ai pas assisté à cette scène grandiose, on me l’a racontée le soir encore sous le coup de l’émotion et je regretterai longtemps de n’en avoir pas été témoin. Une voix plus autorisée que la mienne va vous la décrire et ma migraine me sera pardonnée.
- M. Louis Ulbach écrit au Gil Blas :
- « Après le déjeuner succulent et les libations ordinaires, nous partîmes pour le champ des martyrs. Ici toute plaisanterie doit cesser. L’émotion s’impose et c’est un grand spectacle que celui d’une population restée enthousiaste, après trente-six ans, pour les faits glorieux de son indépendance. - .
- « Ainsi que je l’ai dit, treize généraux furent pendus après la capitulation, au mois d’octobre 1849. Cette grande faute, ce crime de Haynau n’a pas entretenu là rancune de la Hongrie contre l’Autriche, mais a entretenu le patriotisme ardent, fervent, et nous, qui avons lancé les peuples à la conquête de la liberté, nous aurions manqué à notre devoir en essayant de nous soustraire à cette partie du programme.
- « Dans un champ de maïs, à quelque distance d’Arad, une pyramide s’élève sur une base de granit, à laquelle on parvient par une douzaine de marches. C’est là que les treize vaincus ont été exécutés. Des soldats qui servent l’Autriche font la haie ; un vétéran de la guerre de l’indépendance tient le drapeau de 1849, complètement enveloppé d’un crêpe funéraire. Des guirlandes enveloppent la pyramide.
- « ’Un autre vétéran des grandes luttes nous reçoit et prononce un discours. Des sociétés chorales chantent des hymnes nationaux. L’effet est simple, mais irrésistible; les larmes sont dans tous les yeux.
- « M. de Lesseps, quand vient son tour de parler, a de la peine à trouver un mot. Il monte en silence, s’agenouille devant le monument des martyrs, dépose les fleurs qu’il a toujours, comme nous, plein les mains, et dans l’embarras de trouver un signe nouveau pour symboliser son émotion, fait un grand signe de croix sur sa poitrine.
- « Je vous assure que cette démonstration religieuse n’a été raillée de personne, que ceux qui ne croient pas ou qui ne croient plus étaient les premiers à reconnaître la touchante naïveté de ce signe de croix. Le vieux soldat, qui portait le drapeau pleurait à chaudes larmes. Nous montâmes tous à l’autel et tous nous prîmes les fleurs de nos boutonnières pour les déposer sur le Golgotha hongrois.
- « Après la visite à la statue de Petofi, cette promenade est la plus haute expression de notre intimité de sentiments avec la Hongrie héroïque. »
- Je ne vous parlerai pas d’une visite à une autre cave de fournisseurs royaux. Il a fallu goûter à bien des vins ; mais, ce qui m’a ravi, ce sont de vieilles futailles, en bois dur, sculptées comme des panneaux de salles de chevalerie ou comme les stalles de vieux couvents ; les saints et les saintes qui patronnent la famille sont représentés dans des encadrements, au milieu, de la futaille.
- A cinq heures, nous nous retrouvons pour dîner: toujours le même cadre, toujours la même gaîté. Une grande salle rectangulaire pavoisée et enguirlandée ; un fer à cheval immense de 200 couverts et de chaque côté une galerie de spectatrices. Aussitôt dîné, un tramway minuscule nous emmène à la fête champêtre donnée en notre honneur. Arad est en feu ; pas une fenêtre noire, partout des drapeaux, des lampions tricolores, des rampes de gaz ; nous arrivons au jardin public qui, avec son éclairage féerique, a exactement l’aspect d’un coin du Bois un soir de 14 juillet ou plutôt de Fête des fleurs. Trois salles de bal, une couverte où on ne pénètre qu’avec invitations ; une, en plein air, un simple kiosque à musiques militaires, un peu plus vaste; et enfin la troisième, un simple cirque de gazon avec des tsiganes dans un coin, l’aristocratie, la bourgeoisie, le peuple et partout la même joie, le même entrain, la même sympathie pour les Français ; nous courons d’un endroit à l’autre jusqu’au moment où on nous réunit dans la salle officielle pour nous régaler d’un divertissement roumain, le « Kalouger ». Les danseurs sont au nombre de treize. Le coryphée exécute une première figure pendant que les douze danseurs marchent en cercle autour de lui; puis il s’arrête et marche en rond au milieu pendant que les danseurs exécutenr .le pas qu’il vient de leur enseigner ; il s’arrête de nouveau et frappe dans ses mains ; les danseurs recommencent à tourner pendant qu’il leur montre une deuxième figure. La danse se compose de douze pas, dure une demi-heure environ et le spectacle est charmant. Les danseurs ont un costume rappelant beaucoup celui des anciens Grecs : les jambes nues, le pantalon blanc bouffant en jupe et la tunique blanche, maladroitement ceinte d’une écharpe tricolore, arborée en notre honneur, il est vrai, mais nuisant à l’originalité du costume en lui donnant un aspect théâtral.
- Nous ne nous retirons que fort tard, fatigués, mais ravis.
- Le lendemain, à sept heures du matin, nous remontons en wagon ; la locomotive est plus parée encore que la veille; toute la ville est sur pieds pour nous voir partir. En deux heures, juste le temps comme vous voyez de -monter, de regarder par la fenêtre et de redescendre, nous sommes à Mezohegyes, le haras le plus important, l'établissement agricole modèle de la Hongrie. Le colonel Ehrenberger, commandant le haras, le directeur civil Jules Glucky, chargé de l’agriculture, nous attendent à la gare. Chose curieuse. Les deux directeurs sont très amis; l’administration est divisée entre l’élément militaire et l’élément civil et jamais un conflit ne trouble cet accord si rare. Et les Hongrois nous admirent!
- Chacun de nous est logé chez les divers officiers et intendants du haras et fort' bien logé. Je suis dans une petite maison délicieuse, disparaissant entièrement sous des monceaux de vigne vierge et de volubilis odorants.
- Après un lunch assez copieux nous nous rendons aux écuries, où nous admirons dans leurs stalles un nombre considérable d’étalons de demi-sang. On nous présente ensuite à la main les étalons pur-sang, anglais, anglo-normands, arabes, les plus beaux échantillons de chaque race, et leur face, leurs formes admirables séduisent les moins connaisseurs d’entre nous; j’admire beaucoup aussi l’habileté du soldat qui, chargé de présenter l’animal, parvient, malgré sa fougue indomptable, à le faire partir, à l’arrêter, à le maintenir par des mouvements précis et réguliers.
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- Dimanche i8-Octobre i88b-
- 33(5 et 337. — Première Année — N° 42
- LE MONITEUR de ^pQSITION DE 1889.
- EXPOSITION D’ANVERS. - LES MACHINES A VAPEUR
- De l’avis de tout le monde les machines horizontales à double cylindre Compound offrent d’immenses avantages, sur les machines à un cylindre, par la simplicité des organes de distribution, la facilité de leur conduite et de leur entretien.
- Les moteurs à vapeur peuvent être classés en deux grandes catégories : i° Moteurs à un cylindre ;
- 20 Moteurs à deux cylindres à fonctionnement Compound.
- Chacun de ces systèmes présente ses avantages et ses inconvénients propres, mais tous les deux ont permis de réaliser sensiblement la même économie de combustible.
- Le seul point à considérer pour comparer les deux systèmes c’est le plus ou moins de simplicité du mécanisme employé pour obtenir ces résultats économiques.
- Or, dans les machines à un cylindre, on n’est parvenu à réaliser cette économie que grâce aux perfectionnements de Corliss, perfectionnements importants, mais qui, tout en laissant la machine simple, compliquent singulièrement les organes délicats de distribution, à ce point qu’ils ne sont applicables qu’à des moteurs d’une puissance considérable et exigent pour leur conduite le savoir et l’expérience d’un mécanicien spécial.
- Ces machines économiques demeurent donc réservées exclusivement au domaine de la grande industrie.
- Dans les machines à deux cylindres Compound, la conjonction de ces deux cylindres produit l’effet de deux machines accouplées et comporte des organes de distribution infiniment moins délicats que ceux des mécanismes Corliss.
- La complication apparente que semble offrir cette dualité de cylindres est largement compensée par la simplicité des organes ; le simple tiroir à coquille suffit en effet pour obtenir les détentes les plus étendues.
- La conduite et l’entretien de ces machines ne ( sont donc pas plus difficiles que la direction d’une ! machine ordinaire et il n’est nul besoin de leur affecter un mécanicien spécial.
- En outre, elles peuvent être construites dans des proportions et des forces restreintes et par conséquent s’adapter aux travaux de la moyenne industrie, tout en offrant des économies de combustible proportionnelles à celles que présentent les puissantes machines Corliss.
- Le système que la maison Hermann-Lachapelle,
- J. Boulet et Cie successeurs, a choisi parmi les nombreuses machines désignées sous le nom de Compound est celui qui se déduit des machines marines, le seul d’ailleurs auquel s’applique légitimement la dénomination de Compound.
- Dans ce système, les deux pistons sont reliés à deux manivelles placées d’équerre, disposition qui donne une plus grand régularité de marche et par conséquent comporte l’emploi d’un volant plus faible.
- Description des machines à deux cylindres ; — manivelles à 90° et réservoir (système Compound).
- Le mécanisme a été étudié et exécuté avec le plus grand soin; l’harmonie de l’agencement général et le fini minutieux de chaque pièce assurent la régularité de la marche et la durée de la machine.
- Le bâti, très robuste, est venu de fonte avec les paliers qui supportent l’arbre moteur ; ces paliers sont inclinés à 45 0/0 pour permettre le rattrapage de jeu.
- Cylindres à vapeur.— Le grand et le petit cylindre sont juxtaposés et boulonnés au bâti par une large bride verticale.
- La vapeur arrivant de la chaudière circule d’abord autour des cylindres ainsi que des fonds, puis elle est introduite dans le petit cylindre où elle travaille avec détente.
- En sortant du petit cylindre, elle passe dans un réservoir intermédiaire ménagé dans l’enveloppe au-dessous des cylindres.
- De ce réservoir, la vapeur est distribuée au grand cylindre, où elle continue son action avec détente ; enfin, après cet itinéraire, en sortant du grand cylindre, elle se rend soit au condenseur, soit à l’air libre.
- Tiroirs. — La distribution de la vapeur s’effectue dans les deux cylindres au moyen de tiroirs à coins doubles, ayant la longueur des cylindres
- et par conséquent réduisant considérablement les espaces nuisibles. Seul, le tiroir du petit cylindre est à détente variable, actionnée par le régulateur.
- Au-dessus de 5o chevaux, le grand cylindre possède un tiroir de détente variable à la main.
- Les tiroirs sont placés en contre-bas des cylindres ; il en résulte que la purge se fait naturellement par l’échappement.
- Régulateurs. — Le régulateur est du système breveté (Andrade) , système dont la maison a acquis l’exploitation exclusive: il est à force centrifuge et absolument isochrone, c’est-à-dire qu’il assure à la machine toujours la même vitesse, quelle que soit la résistance qu’elle éprouve.
- Condenseur, pompe à air et pompe alimentaire. — Le condenseur et la pompe à air (sont placés à volonté sous l’arbre du volant qui imprime directement le mouvement à la pompe ; soit dans le prolongement du grand cylindre, dans ce dernier cas la pompe est commandée par un levier coudé attelé sur la tige prolongée du grand piston.
- Tous ces organes se trouvant hors du sol sont faciles à visiter et à entretenir.— La pompe alimentaire prend l’eau chaude du trop plein du condenseur.
- Emploi général de l’acier fondu. — Trempe. — Toutes les pièces de ces machines sont en acier fondu forgé : tiges de pistons, bielles, arbre moteur, etc.
- Toutes les pièces frottantes, les écrous, etc.,sont cimentés et trempés.
- Une des expositions les plus : remarquées à Anvers a été sans
- contredit celle de la Maison Hermann-Lachapelle, J. Boulet et Cie successeurs, qui a obtenu un diplôme d’honneur pour les machines à vapeur.
- Les diagrammes relevés par la commission des essais sur la machine Compound de 40 chevaux qui donne le mouvement à une section de la galerie des machines, ont été véritablement remarquables et bien que le mécanisme de cette machine soit très simple, les diagrammes obtenus égalent au moins en beauté ceux obtenus par les machines à déclic, Corliss,Sulzer et autres, dont le mécsnisme est très compliqué.
- Cette maison a exposé :
- i° Une machine motrice de 40 chevaux et transmission ;
- 20 Une machine pilon à 2 cylindres 3o chevaux pour l’électricité ;
- 3° Une machine horizontale, retour de flamme, i5 chevaux, pompe Dumont;
- 40 Une machine horizontale, 2 cylindres, 10 chevaux ;
- 5° Une machine horizontale, 1 cylindre, 10-14 chevaux;
- 6° Une machine .pilon à 2 cylindres, pour cabestan ;
- 70 Une machine pilon à 1 cylindre, à grande vitesse;
- 8° Une machine horizontale fixe de 6 chevaux ;
- 90 Une machine verticale de 4 chevaux;
- io° Deux appareils complets pour la fabrication des boissons gazeuses n° 2 et 3 ;
- ii° Un appareil pour petite fabrication n°o;
- 12° Une collection de siphons.
- La Maison Hermann-Lachapelle, fondée en juillet 1858, et reprise en 1879 par M. J. Boulet, son continuateur autorisé, occupe aujourd’hui de 35o à 400 ouvriers, dessinateurs, employés travaillant dans l’usine; et 60 à 80 ouvriers, monteurs, fondeurs, forgerons, modeleurs, menuisiers ou autres, travaillant au dehors.
- Les ateliers sont desservis par deux machines à vapeur :
- Une de 40 chevaux ;
- Une de 3o chevaux.
- L’atelier comporte :
- Outils mécaniques
- Soixante-dix tours divers ;
- Quinze machines à façonner ;
- Vingt-einq machines à percer, à fraiser; lapidaires, etc.
- Machine a vapeur horizontale, fixe.vdouble cylindre. (Compound).
- Outils de chaudronnerie
- Trois cisailles poinçonneuses plusieurs machines à cintrer5 . à chanfreiner;
- Une riveteuse hydraulique, divers tours et poinçonneuses.
- Cette maison peut être considéré comme la véritable propagatrice des petits moteurs à vapeur employés dans l’industrie (depuis 2 5 ans plus de 4,000 machines sont sorties de ses ateliers). Sans perdre de vue que la simplicité, est la qualité essentielle des petits moteurs, elle n’a jamais cessé de les perfectionner, employant les cylindres Compound à'détentes diverses et à fermetures plus ou moins rapides, substituant l’acier fondu et forgé au fer,. et remplaçant le bronze ordinaire par le bronze phosphoreux dans "tous les coussinets, engrenages, etc.
- La préoccupation constante de la maison Hermann-Lachapelle, l’objet de ses travaux incessants , et le but de ses recherches continuelles , était d’arriver à créer un type de machines économiques ; et l’emploi des détentes Bonjour, Holcroft, etc., lui a permis d’obtenir de sérieux résultats.
- C’est ainsi que pour une machine horizontale fixe à condensation de la force de 52 chevaux, livrée en février 1884, au port de Cherbourg , on a constaté dans les essais officiels que la machine ne dépensait que 0,750 grammes de charbon par cheval et par heure',
- Pour l’organisation du travail :
- Le grand nombre de machines que fabrique la maison, lui a permis de créer des spécialités dans la main-d’œuvre, ou chaque groupe on équipe d’ouvriers fait toujours le même travail sous la direction de contre-maîtres et de chefs d’équipe spéciaux.
- Les travaux sont faits à la tâche et le bénéfice est partagé au marc le franc entre tous.
- Les appareils destinés à la fabrication des ' eaux gazeuses ont valu à Anvers, à M. J. Boulet, une médaille d’or. Le résultat ne surprendra personne car voici en quels termes s’exprimait déjà, en 1873, M. Tresca, l’éminent et regretté savant, dans son rapport sur l’Exposition de Vienne :
- Eaux gaqeuses.
- « La consommation des eaux gazeuses artificielles s’est « tellement développée dans ces dernières années que la « confection seule des appareils nécessaires à l’exploitation « de cette industrie alimente, à Paris surtout, des usines « importantes.
- « Les ateliers de M. Hermann-Lachapelle produisent ces « appareils sur une grande échelle et avec un soin si bien « entendu, que le jury a attribué à cette maison une de ses « premières récompenses. On sait que le gaz acide qui doit « saturer l’eau gazeuse sous une pression qui dépasse « souvent dix atmosphères est produit directement par l’action « de l’acide sulfurique sur une sorte de pâte formée avec « de la craie et de l’eau; le gaz doit être lavé avant son « introduction dans le gazomètre, pour éviter que la « moindre partie d’acide sulfurique puisse être entraînée,
- « et les vases métalliques dans lesquels la réaction se « produit, sont, en général, doublés d’étain, ou tout au « moins étamés avec soin, pour empêcher toute action de « l’acide sur les parois métalliques. Les appareils de satu-« ration ont encore à satisfaire à des conditions plus difficiles,
- « puisqu’ils doivent emmagasiner le gaz à grande pression,
- « permettre ou interrompre le débit du liquide saturé « se prêter à son introduction dans les flacons ou dans les « siphons sans perte sensible.
- « Les précautions minutieuses prises par « M. Hermann-Lachapelle pour l’assemblage « méthodique de toutes les parties de ses appareils « et ses instructions pour leur montage et leur <: fonctionnement sont de nature à faciliter partout « l’exploitation de cette industrie. »
- Nous terminerons cette étude en disant quelques mots d’un appareil qui ne figurait pas à Anvers, mais qui a obtenu un bien grand succès auprès de tous ceux qui ont été admis à le voir fonctionner.
- On se rappelle que la Compagnie du canal interocéanique pour exécuter les immenses travaux du percement de l’isthme de Panama avait commandé à divers constructeurs des excavateurs d’une très grande puissance.
- La Compagnie, laissant à chaque constructeur la faculté de construire ces appareils suivant son modèle, avait mis en tête du cahier des charges une clause par laquelle elle exigeait un minimum d’extraction de 200 mètres à l’heure par chaque outil ; elle avait décidé, en outre, que des essais comparatifs seraient faits à Paris avant la livraison.
- Ces essais eurent lieu en présence du personnel ingénieurs de la Compagnie et de bon nombre d’ingénieurs et d’entrepreneurs de travaux publics.
- Le terrain choisi, rue du Chemin-Vert, à Pantin, avait été nivelé il y a quelques années, les cavités avaient été comblées avec des terres rapportées ; aussi les appareils ne se trouvaient-ils pas tous dans les mêmes conditions; les uns étaient placés sur un sol facile à enlever, d’autres étaient en présence d’un terrain composé d’une couche de terre végétale reposant sur de la pierre dont certains morceaux atteignaient des proportions considérables.
- Chaque excavateur a travaillé séparément pendant une journée : les essais terminés, il a été constaté que l’excavateur construit par MM. J. Boulet et Cie, était celui qui avait fourni la plus grande somme de travail, bien que placé dans les cofiditions les moins avantageuses, puisqu’à deux mètres de profondeur il trouvait la roche. Cet appareil a extrait 265 mètres cubes à l’heure, tandis que les excavateurs des trois autres concurrents n’avaient pu enlever chacun que de i8oà2ii mètres cubes.
- On avait aussi remarqué que c’était l’appareil qui se déplaçait le plus facilement, le mécanicien ayant sous la main tous les organes qui servent à le diriger et à le faire mouvoir. Les passes, malgré la grosseur des pierres que l’on rencontrait, se faisaient sans interruption et avec une régularité parfaite. En un mot, c’est l’excavateur de la maison J. Boulet et Ci8 qui, à l’unanimité, a été placé au premier rang.
- Nous fûmes très heureux du succès obtenu par cette maison, mais non surpris, ayant eu maintes fois l’occasion d’apprécier la façon dont elle étudie ses machines et les soins tout particuliers qu’elle apporte à leur construction.
- Depuis que la maison Boulet a transporté ses ateliers rue Boinod, où ils occupent une superficie d’environ 10,000 mètres carrés, elle a, sans abandonner la fabrication des petits moteurs à vapeur, entrepris la construction des machines à vapeur’ d’une grande puissance. Elle vient de fournir tout récemment à l’industrie et au m inistère de la marine des moteurs de 5o, 200 et 2 5o chevaux.
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- 338. — Première Année. — N° 42.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Octobre 1885.
- Nous rentrons pour déjeuner : un simple entr’acte entre la visite du matin et la promenade du soir. La table est dressée pour nous sous un hangar élégamment décoré formant une délicieuse salle à manger en plein air, au milieu d’un parc ombragé d’arbres superbes.
- Nous remontons en voiture et partons au grand galop de nos attelages ; ce que nous voyons alors est réellement admirable. Des deux côtés de la route que nous parcourons, tous les troupeaux du domaine ont été massés par leurs gardiens : i,5oo bœufs attelés par couples et rangés, en ordre de bataille avec les piqueurs au port d’arme près des instruments de labour dans la position du cavalier à pied. Plus loin, voici les tioupeaux de moutons, le berger en costume un peu différent des bouviers est à âne et n en prend pas moins, quand nous passons, une attitude militaire pour nous saluer; les moutons, au nombre de 12,000, massés par compagnies, pour fuir les rayons du soleil ardent, se pressent les uns contre les autres, et s’abritent la tête sous le ventre de leurs voisins ; ils ne daignent pas la relever pour nous regarder passer; ces troupeaux, sans tetes nous paraissent assez particuliers.
- Plus loin encore les porcs, petits, noirs, frisés, ressemblant à des moutons, au nombre de 6,000; moins disciplinés que les brebis, moins paisibles que les bœufs, ils restent sourds aux exhortations de leurs gardiens qui veulent les former en masses et persistent a gambader, a se vautrei en liberté dans la plaine.
- Mais sur notre gauche se font entendre des coups de fouet ressemblant à des détonations.; un simple nuage dépoussiéré qui augmente progies-sivement, puis sur leurs petits chevaux lancés à fond de train deux pasteurs de chevaux, deux Czikos, a la botte molle, aux larges braies flottantes, armés d’un fouet au manche court et a l’énorme lanière de cuir; puis derrière eux, dans un galop foudroyant, un troupeau de plusieurs centaines de poulains de un et deux ans, pressés, serrés les uns contre les autres, emportés dans un véritable tourbillon : c’est une charge de cavalerie qui va fondre sur nos voitures 1 Soudain, sur la simple indication du fouet qui claque dans l’air sans frapper, la course fantastique change de direction ; les quelques récalcitrants'sont ramenés par les fouets des Czikos qui suivent. C’est un tableau merveilleux que ce vol de chevaux iapides disparaissant au fond de la plaine, revenant dans un tourbillon, menés par ces immenses lanières qui sifflent dans l’air sans faire aucun mal. Ce spectacle se renouvelle à chaque distiict; le^plus souvent les poulains sont devant nous seires en un carré dont les quatre angles sont gardés par des Czikos ; au moment ou nous arrivons, un inspecteur fait un signe et l’escadron évolue, les Czikos partent, la bande suit au galop. Nous remarquons que dans chaque troupe se trouve un âne, un joli petit ane portant une clochette et galopant de son mieux; on nous dit qu’il sert à rallier les coureurs, à les ramener à la discipline.
- (A suivre.) .Eugène Weismann.
- ÉCHOS
- Paris
- La séance publique annuelle de l’Académie des inscriptions et belles-lettres aura lieu le 13 novembre, sous la présidence de M. Desjardins.
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- La réouverture de la conférence monétaire, primitivement fixée au 12 octobre, puis ajournée par suite du désir exprimé par la France à l’occasion du scrutin de ballottage, aura lieu le 20 courant.
- Rappelons que l’examen d’admission pour deux places vacantes à l’Ecole française d’Athènes, aura lieu le 26 de ce mois au ministère de l’instruction publique. La commission d’examen est composée deMM. Ravasison, membre de l’Academie des inscriptions et belles-lettres, président ; Foucard, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, directeur de l’Ecole française d’Athènes ; Geoffroy, membre de l’Académie des sciences morales et politiques ; Heuzey, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ; Le Blant, membre_ de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, directeur de l’Ecole française de Rome ; Maury, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ; G. Perrot, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
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- Le musée du Luxembourg a fermé ses portes le jeudi 15, pour ne les rouvrir qu’en février prochain, dans le nouveau local construit pour le recevoir.
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- M. Edmond Turquet, sous-secrétaire d’Etat au ministère des beaux-arts, vient de décider que l’exposition des tableaux acquis par l’Etat au dernier Salon serait ouverte au palais de l’industrie, à partir du 25 de ce mois. Cette intéressante exposition durera une quinzaine dejours environ.
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- Nous avons annoncé qu’une session extraordinaire pour les examens du baccalauréat, exclusivement réservée aux engagés conditionnels^ d’un an, ouvrira le 25 octobre devant la Faculté des lettres et des sciences de Paris. Ajoutons que les inscriptions seront reçues jusqu’au 24 octobre, de dix heures à midi.
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- Algérie
- M. Couanon, délégué du ministère de l’agriculture, dont nous avons annoncé le départ pour l’Algérie, au moment de la découverte de taches phylloxeriques dans les environs de Tlemcen-Mânsourah et Sidi-bel-Abbès, est rentré à Paris il y a quelques jours.
- Les mesures d’extinction, appliquées sous sa direction, ont donné les meilleurs résultats, et à l’heure actuelle, toutes les parties contaminées sont détruites ; de plus, des recherches minutieuses n’ont fait découvrir aucune tache nouvelle dans tout le vignoble algérien.
- Le danger est donc aujourd’hui conjuré.
- ETRANGER
- Allemagne
- Le congrès des géologues dont nous avons parlé à plusieurs reprises, a été ouvert à Berlin, dans la salle des séances du Reichstag, le mercredi 30 septembre, par M. de Goszlër, ministre de l’instruction publique.
- Le même jour, à 2 heures, l’exposition de géologie ouvrait ses portes aux visiteurs.
- Nous apprenons que le congrès a aplani toutes les difficultés qui supposaient à l’élaboration d’une carte géologique internationale de l’Europe dont les frais seront supportés par tous les Etats européens et qui sera prochainement commencée à Berlin, avec le concours de toutes les sociétés de géologie.
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- Les sociétés géographiques d’Allemagne. ont résolu d’élever à la mémoire du docteur Nachtigal, au cap Pal ma, où il est enseveli, un monument qui servira en même temps de phare. Tous.ceux qui ont connu le sympathique explorateur, si prématurément enlevé à la science, applaudiront certainement à cette décision.
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- La direction de la galerie nationale de Berlin a chargé le directeur de l’Académie de peinture de Munich, M. Charles Pilsty, de l’exécution d’un tableau colossal, représentant la mort d’Alexandre le Grand.
- Le tableau est déjà esquissé.
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- Angleterre
- Une grosse expérience a commencé le % octobre dans toute l’Angleterre. Le projet de loi abaissant le prix minimum d’un télégramme dans l’intérieur du Royaume-Uni de 1 shilling (1 fr.25) à 6 pence (60 cent.) entrait pour la première fois en vigueur.
- Le nombre des télégrammes expédiés a augmenté dès cette première journée de 30% à Londres et de 40 % en province.
- N’est-ce pas là le meilleur plaidoyer en faveur de l’abaissement des tarifs ?
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- Une très intéressante exposition des œuvres de M. \V. Hugues, le peintre bien connu de natures mortes, a été ouverte lundis octobre, àlaBurling-ton-Gallery, Old Bond Street.
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- S. A. R. le prince de Galles vient de fixer au lundi 9 novembre, la fermeture officielle de l’exposition internationale des inventions (South-Kensington, Londres).
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- D’après la statistique dressée par le ministère du commerce, les importations du mois de septembre 1885 sont en diminution de 2,285,810 livres sterling sur les importations' de septembre 1884, et les exportations en diminution de 1,884,281 : ce qui donne, pour les neuf premiers mois de l’année 1885, une diminution de 11,780,863 livres sterling dans les importations, et de 16,280,866 livres dans les exportations, par rapport à la période correspondante de 1884.
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- La longueur totale des chemins de fer exploités en Europe, qui était au 31 décembre 1883, de 182,090 kilomètres, se trouve portée, au 31 décembre. 1884. à 189,334 kilomètres; l’accroispe-ment, en 1884, est donc de 6,335 kilomètres, soit 3 46 %. Le réseau français a gagné en étendue, d’une année à l’autre, 5 05 % chiffres supérieur à la moyenne. La longueur des lignes ouvertes en France, dans le cours de ladite année 1884, représente 23 71 % de la longueur totale des lignes ouvertes dans l’Europe entière pendant le même exercice.
- Au 31 décembre 1884, la France a 31,216 kilomètres ; l’Allemagne, tous les Etats compris, en a 30,737 ; l’Angleterre 30,514.
- Viennent ensuite la Russie avec 25,391 ; l’Autriche-Hongrie avec 22,106 ; l’Italie avec 9,925 ; l’Espagne avec 8,863 ; la Belgique avec 4,319 kilomètres.
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- La direction du chemin de fer de Londres à Brightona conclu avec la Compagnie Transatlantique, un arrangement pour l’établissement d’une ligne de paquebots entre St-Nazaireet Newhaven.
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- Autriche-Hongrie
- Les délégations sont convoquées à Vienne, par décret impérial pour le 22 octobre.
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- Le congrès agricole de Buda-Pesth a été ouvert le dimanche 4 octobre par le comte Kalnoky.
- Le ministre a déclaré dans son discours inaugural que le congrès s’appliquera à résoudre les questions si importantes de la crise agricole de la guerre douanière et de J’attitude à prendre vis-à-vis de la production transatlantique..
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- La Chambre des seigneurs de Hongrie vient d’approuver la convention de navigation conclue avec la France.
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- Afrique occidentale
- MM. de Laboulaye, ministre de France à Lisbonne, le capitaine de vaisseau O’Neill, qui vient de commander la station de l’Afrique occidentale, et le DrBayol, lieutenant-gouverneur du Sénégal, ont été désignés pour représenter notre gouvernement dans la commission franco-portugaise, chargée de délimiter les possessions respectives du Portugal et de la France surfes côtes occidentales d’Afrique.
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- Belgique
- Le congrès artistique et littéraire international,, réuni à Anvers, a terminé scs travaux, il y a quelques jours. On se rappelle qu’il devait siéger .à Madrid, mais que le choléra sévissant da-n;s::"'là-péninsule hispanique, ce projet dût être abandonné. La prochaine réunion aura lieu à Stockholm dans le courant de l’année prochaine.
- Les vœux émis par les membres du congrès recevront prochainement une sanction légale, en ce qui concerne la Belgique. Les Chambres belges seront en effet saisies dès leur-rentrée d’un projet de loi pour la protection des droits de propriété artistique et littéraire.
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- Contrairement aux allégations du Standard, la .Belgique ne serait pas décidée à se retirer, le 1er janvier 1887, de l’Union monétaire latine.
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- Cambodge
- Nous annoncions dans un précédent numéro l’interdiction, à titre provisoire, de l’exportation du riz au Cambodge. C’est, dit notre confrère du Temps, surla proposition de M. Fourès, représentant du protectorat, et du directeur des contributions indirectes que cet arrêté a été rendu le 21 août par M. le général Bégin, gouverneur intérimaire de la Cochinchine.
- Voici l’explication de cette mesure. Les approvisionnements de riz se sont épuisés pendant l’insurrection et l’on prévoyait une disette générale. L’exportation a donc été prohibée pour empêcher les marchands chinois d’acheter à bas prix le riz cambodgien, pour le transporter à Saigon où le stock est de beaucoup inférieur à ce qu’il est d’ordinaire.
- En même temps, de vastes entrepôts ont été construits à Gnom-Penh, pour recevoir le riz de Siam, qui arrive à l’époque des hautes eaux, riz qui sera vendu ou distribué aux habitants.
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- Congo
- L’Etat du Congo entrera, le 1er janvier 1888, dans l’Union postale universelle.
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- Égypte
- Le Journal Officiel du Caire publie le compte rendu des recettes du Trésor pendant les huit premiers mois de 1885.
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- Première Année. —• N° 42.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Octobre i8S5.
- Le total est de 5,700,000 livres égyptiennes, contre une moyenne de 5,400,000 pour l’époque correspondante dans les quatre dernières années.
- Les dépenses administratives pendant la même période (excepté celles de la guerre et de la dette) ont atteint le chiffre de 2,200,000 livres, contre une moyenne de 2,400,000 précédemment.
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- États-Unis
- D’après le rapport mensuel du secrétaire du Trésor, la dette publique a diminué de 12,760,000 dollars, pendant le mois de septembre. L’encaisse s’élève à 483,040,000 dollars.
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- Grèce
- Le gouvernement grec a accepté la date du 20 octobre pour la nouvelle réunion de la conférence monétaire.
- Maroc
- L’ancien ministre - résident d’Allemagne au Maroc et le ministre actuel, MM. Weber et Testa, sont chargés de négocier avec le gouvernement marocain, la conclusion d’un traité de commerce et d’amitié.
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- Portugal
- D’après des dépêches de Saint-Jacques (Cap Vert), le gouverneur portugais de Saint-Thomas vient de proclamer le protectorat du Portugal sur le royaume de Dahomey.
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- Russie
- Le gouvernement russe serait décidé à dénoncer la convention littéraire conclue avec la France en 1861.
- Les dramaturges français ne perdraient pas leurs droits d’auteur par le fait de cette mesure, la convention conclue en 1882 par la direction des théâtres restant en vigueur jusqu’en 1887.
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- D’après la Gazette de Saint-Pétersbourg, il a été décidé définitivement que l’administration des lignes des grandes compagnies de chemins de fer russes sera transférée à l’Etat.
- Amérique centrale
- Un décret annonce la création de douanes dans l’isthme de Panama, à partir du 1er décembre prochain.
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- GOMIVCUIMICA-TIOIV
- Le Congrès international de droit commercial a terminé ses travaux en exprimant plusieurs vœux qui tendent à favoriser les échanges par une législation uniforme.
- Le Congrès a constaté ce fait très importaut ; l’entente est déjà suffisamment établie sur plusieurs points essentiels concernant les rapports commerciaux, pour qu’il soit possible, dès maintenant, d’en faire l’objet d’une législation identique et commune.
- Il a exprimé le vœu que, dans une nouvelle réunion, l’œuvre si utilement commencée à Anvers soit continuée en vue de régler les points de droit commercial au sujet desquels il existe des dissidences.
- Parmi les innovations les plus intéressantes et les plus utiles qui ont vu le jour à l’exposition, universelle de_i883, il faut signaler celle qu’a réalisé avec un plein succès le bureau, d’exportation. On a constitué une classe distincte, la 8ime, où se trouvent rassemblés et exposés,de manière à pouvoir être facilement consultés tous les types, modèles et documents nécessaires au commerce d’exportation.
- La grande exposition est là en quelque sorte reproduite et résumée dans ses catalogues, ses prix courants, ses cartes, ses monographies, ses dessins, ses albums d’échantillons offrant un complet et précieux ensemble d’informations.
- Cette innovation a ainsi créé un véritable facteur de transactions commerciales. Avis aux organisateurs de notre exposition de 1889.
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- Le festival international et permanent de chant d’ensemble, de fanfares d’harmonie et de symphonie, a appelé à Anvers, en ces dernières semaines, 5oi sociétés de musique belges, hollandaises et françaises.
- Plusieurs solennités musicales sont annoncées pour la seconde quinzaine d’octobre ; l’affluence des visiteurs est toujours considérable,l’exposition restera ouverte jusqu’au 3 novembre.
- LES EXPOSITIONS À VENIR
- ALLEMAGNE
- Berlin. — L’exposition de sculptures polychromes, dont nous avons déjà parlé, dans notre numéro du 22 janvier dernier, ouvrira ses portes le 13 du présent mois. Les artistes les plus célèbres ont été invités.
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- La publication du programme relatif à la grande exposition de 1886 vient d’avoir lieu. Cette exposition, qui sera faite sous les auspices de l’Académie royale des arts de Berlin, aura lieu du mois de mai au mois d’octobre 1886; elle est mise sous le protectorat de l’empereur et sous la présidence du prince royal. A cette grande exposition, sera reliée une exposition historique qui devra donner une idée aussi complète que possible du développement de l’art national allemand jusqu’aux temps modernes.
- Cependant on recevra aussi les produits d’arts de tous les pays, peinture, sculpture, architecture et les arts de reproduction. Seront exceptées les copies et les reproductions mécaniques. Chaque artiste ne pourra exposer que deux œuvres. Les
- envois devront être faits du i°r au 3i mars 1886.
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- Chemnity (Saxe). — L’exposition industrielle et artistique est fixée définitivement à l’année 1887. Les fonds de garantie de 200,000 marks devront être perçus par souscription nationale.
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- Une exposition internationale pour l’industrie du fer-blapc, aura lieu au mois de juin 1887 à Studgard (Wurtemberg). Les préparatifs sont déjà commencés.
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- Hanovre, exposition vinicole. — Ont été déjà envoyées des demandes d’Allemagne, du Cap de Bonne-Espérance, de Californie, d’Espagne, de F rance, de Grèce et de Hongrie. Le champagne français et allemand est encore jusqu’à présent peu représenté.
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- Le jury de l’exposition internationale du métal à Nuremberg, ayant terminé son travail, les prix ont été décernés le 25 août dernier à l’école des arts et de l’industrie de Pfozzheim et Offterdinger de Hanau.
- En voici les résultats :
- Hors concours
- i5 exposants, dont 3 membres du jury.
- 25 médailles d’or
- dont 3 pour la France, 3 pour l’Italie, 5 pour le Japon,. 1 pour la Russie, 2 pour l’Autriche et 11 pour l’Allemagne.
- i3i médailles d’argent
- dont 2 pour la France, 6 pour l’Italie, 3ç pour le Japon, 6 pour l’Autriche, 2 pour la Suisse, 1 pour la Hongrie, 1 pour l’Espagne, 1 pour la Belgique,
- 1 pour la Suède, 1 pour la Perse, 2 pour la Chine et 8g pour l’Allemagne, puis encore 72 diplômes d’honneur.
- AUTRICHE-HONGRIE
- La commission de l’exposition nationale de Buda-Pesth ouvrira du i3 au 3i octobre une exposition internationale de fruits et de légumes d’automne. Des diplômes et des médailles seront décernés.
- HISTOIRE
- DE la
- POSTE AUX LETTRES
- (Suite.)
- X
- (Voir le Moniteur du 27 septembre i885)
- Avant de terminer notre historique de la Poste aux lettres, nous tenons à citer ici le projet de loi relatif à l’aménagement intérieur de l’Hôtel des Postes de Paris. Ce document, dans notre pensée, étant destiné à compléter tous les détails que nous avons précédemment donnés sur la construction du superbe monument de la rue J.-J. Rousseau. On y verra aussi que les Chambres françaises ne refusent jamais de prêter leur concours à une œuvre utile au public.
- L’Hôtel des Postes est aujourd’hui complètement terminé.
- Le 2 mars i885, M. Saint-Prix, député, déposait
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- sur le bureau de la Chambré un rapport rédigé au nom de la commission du budget et tendant à ouvrir un crédit extraordinaire de 846,000 francs pour l’outillage du nouvel Hôtel des Postes de Paris. Il va sans dire que le rapport fut approuvé. La commission du budget se composait alors de MM. Sarrien, président ; Viette,Cavaignac, Etienne, Ménard-Dorian, secrétaires-, Allain-Targé, Antonin Proust, Andrieux, Henry Maret, comte de Douville-Maillefeu,Wilson, Rousseau, Thomson, de Hérédia, Jules Roche (Var), Letellier, de Lanessan, Sadi-Carnot, Ribot, Hérault, Lelièvre, Germain (Ain), Ballue, marquis de Roys, Dautresme, de Choiseul, Saint-Prix, Antonin Dubost, Brugère et Compayré.
- Il n’est pas mauvais de faire connaître ici la teneur de ce projet de loi, le dernier qu’ait nécessité l’aménagement intérieur de l’Hôtel des Postes.
- D’après la loi du 18 décembre 1879, l’Etat s’est engagé à verser à la ville de Paris, immédiatement après le vote de la loi et les congés donnés, la. somme de 7,000,000 de francs à titre d’avance sur le prix des terrains cédés, sauf règlement de compte au prorata de la dépense totale ainsi qu’il est stipulé en 1 article 2, ladite somme ne pouvant produire aucun intérêt au profit de l’Etat.
- Après _ l’achèvement complet de la première section, il devra être établi un compte de dépenses à la charge respective des parties et celle des deux qui se trouvera débitrice envers l’autre, devra se libérer sans intérêts, dans le délai d’une année.
- Le reste du projet de loi est conçu comme suit :
- « Le règlement du compte entre l’État et la ville de Paris a eu lieu. Le ministre des finances l’accepte et le Conseil municipal, par sa délibération en date du 3o janvier 1885, reconnaît que le montant des remboursements à faire à l’État sur l’avance de 7.000.000 de francs pour la reconstruction de l’Hôtel des Postes est de 854.715 10.
- « C’est sur cette somme que le Gouvernement demande un crédit de 846.000 francs pour l’outillage du nouvel Hôtel des Postes ;
- « Savoir :
- 493.500 fr. pour les machines à vapeur des-
- tinées à faire mouvoir les monte-charges, les pompés à air des tubes pneumatiques, etc. ;
- 352.500 fr. pour complément de l’outillage
- et le. mobilier.
- Total. 846.000 fr.
- « Ces dépenses nous paraissent justifiées, elles ont en outre un caractère d’urgence d’autant plus grand que les bâtiments du nouvel Hôtel des Postes sont terminés et qu’il y a tout intérêt à les livrer le plus vite possible à l’exploitation.
- « En conséquence, nous avons l’honneur, Messieurs, de vous proposer le projet de loi suivant :
- Article premier
- « Il est ouvert au ministre de l’instruction publique et des beaux-arts un crédit de 846.000 fr. qui sera inscrit au budget, sur ressources extraordinaires de l’exercice 1885, au chapitre icr, intitulé : « Reconstruction de l’Hôtel des Postes ».
- Article 2.
- « Il sera pourvu au crédit de 846.000 francs ci-dessus au moyen d’un prélèvement sur le montant du reversement, par la ville de Paris, de la somme de 854.715 fr., dont elle s’est reconnue débitrice envers l’État par délibération du Conseil municipal du 3o janvier 1885 ».
- Ajoutons, d’ailleurs, que le nouvel Hôtel des Postes de Paris, n’a pas encore été inauguré officiellement.
- Il résulte du court historique que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs que la France est la puissance européenne, qui possède la meilleure organisation postale. La France a créé une première organisation régulière des postes ; elle a, plus tard, créé le timbre — poste ; enfin, c’est la France qui, la première en i83o, instituait, cet admirable service rural, imité depuis par tous les pays du monde. Actuellement, près de 5.ooo bureaux de poste fonctionnent en France. De ces bureaux partent tous les matins 17.000 piétons, qui parcourent en moyenne chacun six lieux par jour, et qui à eux tous font quotidiennement une longueur de chemin égale à dix fois le tour du monde. Ah ! les braves gens ! Et comme l’Etat devrait bien modifier leur sort.
- Nous arrêtons ici notre historique, afin de ne pas tomber dans des détails trop spéciaux, qui seraient de nul intérêt pour le lecteur. Mais nous nous estimerions heureux de voir le ministre des postes travailler incessamment à l’amélioration, au perfectionnement du grand service public qui lui a été confié.
- T. M.
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- 3qo. — Première Année — N° 42.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche iS Octobre 1885.
- AVIS COMMERCIAUX
- BELGIQUE
- COMMERCE des vins
- Dans un rapport inséré au Moniteur officiel du commerce, du 17 septembre, la Chambre de commerce française de Charleroi signale à l’attention de M. le ministre du commerce l’importation croissante en Belgique des vins étrangers au détriment de celle des vins français et formule les indications suivantes à l’adresse de nos compatriotes des régions vinicoles :
- « Il est évident que la facilité, rendue chaque jour plus grande, des communications internationales amène sur chaque marché important un grand nombre de concurrents. Les maisons de vins, les agences ont été très multipliées; pour ces dernières, les plus actives, les plus adroites réussisent seules. Tandis que nos marques françaises, fortes de leur supériorité, s’offrent peu, les Allemands viennent visiter en Belgique jusqu’aux plus humbles villages, sonnant à toutes les portes, revenant à la charge s’ils ont été congédiés, faisant, en un mot, tant d’efforts qu’ils finissent par obtenir des ordres. En général les agents allemands voyagent deux par deux, l’un connaissant la langue française, l’autre l’apprenant et se mettant au courant des affaires. Ces tournées d’agents sont annoncées par des circulaires avec prix courants. »
- Si nos producteurs de vins français veulent se maintenir en Belgique et y trouver,dans les années de grande récolte, un débouché exceptionnel, il est indispensable qu’ils entretiennent et augmentent leur clientèle par des visites, par l’envoi de circulaires, par des tournées d’agents actifs.
- ALLEMAGNE
- MUSÉE COMMERCIAL DE STUTTGARD
- On lit dans VAustria que la société fondée à Stuttgard, il y a quelque temps, dans le but d’installer un Musée ou une collection d’échantillons de produits manufacturés pour l’exportation, vient de publier un rapport, duquel il résulte qu’elle compte actuellement 415 membres. L’industrie qui a fourni le plus de membres est la métallurgie ; viennent ensuite l’industrie textile, puis les constructeurs de machines, les fabricants d’outils, l’industrie du bois, celle des produits chimiques, du cuir, du papier, des instruments de musique, du verre, de la poterie et de la carrosserie.
- En parcourant ce rapport, on relève les chiffres suivants : en 1882,le Musée a pris 86 ordres directement et 4 par ses agents dans les villes étrangères; en 1883, le nombre des ordres a été de 5ç8 pris au Musée et de 162 envoyés par les agents; en 1884, les chiffres ont été 616 et 297; ce qui fait pour 1883 un total de 760 ordres et pour 1884 de 91a. Ces ordres ont été exécutés par 214 membres de la Société.
- Quoique le nombre des ordres se soit accru seulement à raison de 23 0/0 en 1884, la valeur des marchandises fournies s’est augmentée d’environ 1000/0. La plupart des acheteurs viennent ici spécialement pour visiter la collection d’échantillons et on lie avec eux de nouvelles relations. Le nombre des agents de la Société dans les villes étrangères est de 3i.
- TURQUIE D’ASIE
- ÉCHANTILLONS DE TISSUS INDIGÈNES
- Le vice-consul de France à Homs et Hama a joint à son dernier rapport, sur les industries principales de ces deux villes, une collection d’échantillons des divers tissus fabriqués dans la région. Ces échantillons sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur.— Bureaux des renseignements commerciaux.)
- LES LIVRES
- XXIX
- Hector de La Ferrière. — Trois Amoureuses au xvic siècle : Françoise de Rohan, Isabelle de Limeuil, la reine Margot. — Paris. Calmann Levy, i885.
- Nous avons noté, parmi les signes littéraires du temps, l’engouement pour les romans russes. Il est un autre courant qui traverse le même milieu
- chargé d’électricités capiteuses et de parfums enivrants. Odor di femina pourrait-on dire. Un certain nombre d’historiens pour être lus, se font chroniqueurs, laissent à la porte le masque de gravité classique, et nous content des histoires de femmes, toujours plus amusantes que les histoires d’hommes. Cette curiosité pour les aventures galantes du temps passé, n’est pas d’aujourd’hui. Elle est d’hier et n’est pas rassasiée ! Elle n’est pas même fatiguée, et c’est toujours avec un plaisir extrême que le public féminin et même masculin s’entête de ces séduisantes figures des grandes dames d’autrefois, examine avec intérêt leurs fraises et leurs vertugadins et comme le chancelier Maupeou, baise avec componction, au saut du lit ou à la toilette, la pantoufle espiègle que lui jette au nez une Dubarry. Pour le moment, c’est entre le xvme siècle si fécond en femmes de tête et de cœur, si amusant à étudier dans ses divagations et ses dépravations sentimentaires, et le xvie siècle, le siècle de la Renaissance, des influences italiennes et espagnoles, à qui tiendra la corde. Le public est embarrassé pour choisir, et ne choisit pas. Il se plaît des deux côtés. La semaine dernière nous lui disions quel ragoût piquant il trouverait aux aventures et aux lettres de Sophie Arnould. Cette semaine, c’est le tour de trois jolies femmes du xvie siècle, trois beautés de la cour de Catherine de Médicis qui ont fait tourner bien des têtes, et qui. ont su mettre dans leurs fautes, vulgaires en soi, quelque chose d’héroïque, ce qui fait dresser les lunettes sur le nez de MM. les moralistes, et ce qui fait essuyer avec empressement, par MM. les philosophes en quête de raffinements psychologiques, le verre de leurs microscopes penchés sur les infiniment petits du cœur humain.
- M. de La Ferrière est un gentilhomme de lettres qui porte dans l’histoire les grandes façons d’un gentilhomme de race. Il doit se complaire aux histoires du xvie siècle, car il a la tête d’un homme de ce temps. Il semble,avec sa tête chauve et sa moustache blanche, descendre vivant d’un de ces cadres de Demonstier où le crayon, trouvant le trait caractéristique, arrive à des effets de ressemblance et de vie que lui envierait le pinceau.
- Très instruit, très érudit, M. de La Ferrière a passé plusieurs années à rechercher dans les archives de l’Europe, de Rome à Saint-Pétersbourg, les traces épistolaires de Catherine de Médicis. C’est lui qui publie, par mission du ministère de l’instruction publique, les lettres de la reine la plus politique qui ait occupé le trône de France. Chemin faisant, tout en dépouillant les dossiers rébarbatifs de la diplomatie, il a trouvé, par une bonne fortune dont il était digne, bien des papiers qui relèvent moins de la grande histoire que de la petite. C’est une de ces fleurs de panier qu’il étale devant nous, dans cette triple étude, pleine de détails neufs et tout à fait appétissants.
- Françoise de Rohan est moins une femme galante et une aventurière qu’une sorte d’héroïne de l’amour. Elle n’a eu qu’une faute, qu’une chute. Elle n’a pas trompé, elle a été trompée. Elle n’est pas friponne, elle est dupe et victime, se donnant toute entière, pour la vie à une de ces passions décevantes où la maîtresse croit jeter l’ancre, et où au premier vent favorable l’amant tourne la voile au nouveau et s’envole. Mais Françoise de Rohan était bretonne, c’est-à-dire têtue, et trop fière peur jouer le rôle larmoyant d’Ariane délaissée. Elle poursuit son séducteur infidèle le duc de Nemours, devenu le mari de la veuve du duc de Guise, et lutte vingt ans pour l’honneur de la foi jurée, et l’état dans le monde du fils né de son unique faiblesse. Rien de plus curieux et émouvant que ce procès aux péripéties sans fin. Rien de plus dramatique que cette double scène: lapremière quand Henri II découvre d’un regard aussi avisé qu’indiscret le secret de la grossesse, en vain dissimulée, de Françoise assise à côté de lui à un grand festin du Louvre. La seconde quand un matin Françoise est brusquement réveillée par l’entrée dans sa chambre et l’apparition à son chevet de la reine-mère Catherine de Médicis fixant sur elle « ses gros yeux au regard profond » dont sa fille Marguerite a dit qu’ils la faisaient « transir » et accompagnée de la connétable de Montmorency et de Diane de Poitiers. « Sur un signe de la reine, la main de Diane se glissa sous les couvertures. Cette main était trop expérimentée pour qu’il put rester l’ombre d’un doute.« Mademoiselle, dit tout bas Diane à Françoise, vous êtes bien malheureuse d’avoir fait cette faute ! » Françoise ne réponditpas.
- Isabelle de Limeuil, bien plus coupable que
- Françoise de Rohan, dont l’ambition et la cupidité égalaient la beauté et l’esprit, qui ne voyait dans la galanterie qu’un moyen de parvenir, et après avoir servi les desseins de Catherine, voulut, au risque de les contrarier pourvoir à/sa propre fortune, traversa aussi les angoisses de la prison et d’un procès qui faillit tourner tragiquement. Elle trouva pourtant le pardon, et à défaut du prince de Condé et de M. de Fresnes, qu’elle s’était flatté d’épouser, un mari, M. Sardini, un de ces banquiers de Florence, affidés de Catherine, qui n’avaient pas de scrupules et ne fouillaient pas trop avant dans le passé de leurs femmes, et n’aimaient pas non plus qu’on fouillât dans le leur.
- L’histoire de Marguerite, la dernière des Valois, passait de son temps pour le plus étrange et le plus émouvant des romans. Dumas a tiré d’un fragment de cette histoire un de ses meilleurs récits. La mine est loin d’être épuisée, on y pourrait trouver encore plus d’un filon. M.de La Ferrière a surtout, et avec raison, donné tous ses soins à la partie la moins connue de cette histoire de l’aventurière couronnée, celle de sa vie errante et de son séjour au château d’Usson, où tous ses geôliers tombent amoureux d’elle, et ou leurs rivalités ensanglantent son alcôve. On connaît [le sort tragique d’Aubiac qui va à la potence, dressée par son rival Canillac, en baisant un manchon à rubans bleus, trophée de son règne d’un jour ou plutôt d’une nuit. Rentrée à Paris après tant de vicissitudes, et malgré les rides de son front et les neiges de sa chevelure, Marguerite en perruque, en fard , en diamants, est encore belle. Jusqu’au bout elle a le charme, jusqu’au bout elle est galante, dévote et spirituelle. L’histoire lui pardonne ses folies, parce qu’elles furent des folies du cœur ou de la tête, mais des folies désintéressées. L’histoire elle-même ne peut tenir rigueur à ces femmes qui ont beaucoup aimé, et qui se sauvent à ses eux, malgré leurs fautes, par l’attrait survivant à tout, du sourire, de l’esprit et de la bonté.
- M. DE Lescure.
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- LES THEATRES
- Gymnase. — Reprise des Mères repenties.
- Nouveautés. — Première représentation du Petit Chaperon
- Rouge, opérette en trois actes, de MM. Blum et Toché, musique de M. Serpette.
- Le théâtre du Gymnase a repris les Mères repenties, mais au moment où paraîtront ces lignes la pièce de Félicien Mallefille aura disparu de l’affiche. En effet, les Mères repenties n’ont pas trouvé grâce devant le public. Les amateurs de théâtre savent que l’auteur a voulu mettre en scène deux courtisanes essayant de se relever par l’affection maternelle. Elles n’y parviennent pas; elles sont punies dans leurs enfants qui supportent la faute initiale. L’auteur a été remarquable dans la composition de sa pièce, mais le public d’aujourd’hui ne l’accepte pas et cependant il a bien accepté le Maître de forges, le Fils de Coralie, si vous aimez mieux et pour être plus exact dans ma comparaison.
- Je crois inutile d’insister' sur cette pièce puisqu’elle disparaît après quelques jours de représentation.
- Les hommes de goût tiendront compte à M. Victor Koning de cette reprise d’un ouvrage curieux à étudier.
- Les Nouveautés ont donné ce fameux Petit Chaperon Rouge dont la première représentation a été précédée de plusieurs incidents ; le plus grave est la chute... de voiture de Mrae Théo qui devait créer le rôle de Denisette et qui a été remplacée en quelques jours par Mtle Marguerite Ugalde. Tout le monde convenait en sortant du théâtre de M. Brasseur, le jour de la première, que nous venions d’assister à un très joli succès.
- Le public des représentations suivantes partagera-t-il cet avis ?
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAQLT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 25 Octobre 1885.
- NUMÉRO 43.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition du Travail; 2. Exposition internationale de Liverpool 1886; 3. Exposition japonaise à Berlin; 4. Les Congrès ; 5. Un bureau d’exportation ; 6. Echos. 7. Les Livres; 8. Les Théâtres.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- RÉCOMPENSES ACCORDÉES PAR LE JURY SPÉCIAL de la section d’horticulture
- PREMIÈRE DIVISION Plantes et Fleurs Prix d’honneur
- M. Dallé, 16, rue de Javel, Paris.
- Médaille de vermeil
- MM. Mézard jeune, 5o, rue du Four, Paris. Robert, horticulteur, au Vésinet.
- Grande médaille d’argent MM. Mézard père, horticulteur, au Vésinet. Torcy-Vannier, horticulteur, à Melun. Renault, i5, rue de l’Arcade,1 Paris. Cottant, rued’Ulm, à Paris.
- L’Association des ouvriers jardiniers de Paris, 13, rue de Rottémberg.
- Médaille d’argent
- MM. Couturier, 22, rue des Calèches, à Chatou. Torcy-Vannier, déjà nommé.
- Buisso'n, horticulteur, à Courbevoie. Lévêque, rue de Liégeot, à Ivry.
- Médaille de bronze MM. -Bouvier, jardinier, à Rueil.
- Lebossé, 7, rue Mignard, à Paris.
- Mention honorable M. Gagné, à Port-Marly.
- DEUXIÈME DIVISION Arboriculture et Fruits Prix d’honneur
- M. Croux,pépiniériste,valléed’Aulnay(Seine). Médaille d’or MM. Croux, déjà nommé.
- Boucher, 164, avenue d’Italie, Paris. Lhérault, rue des Guiches, Argenteuil. Salomon, viticulteur, àThomery. L’Etablissement de St-Nicolas d’Igny.
- M. Jamet, cultivateur, à Chambourcy. Médaille de vermeil
- M. Jourdain père, cultivateur, à Maurecourt.
- Grande médaille d’argent M. Bouzigues, à Neuilly-Plaisance.
- Médaille d’argent
- M. Blondel, propriétaire, à Faremoutiers. Médaille de bronze .
- MM. l’abbé Roussel, 40, rue Lafontaine, à Auteuil.
- Battut, rue Quincampoix,_à Paris. Boullant, cultivateur, à Villejuif.
- Mention honorable
- M. Aiguesporte, 3, rue de la Paix, à Romain-ville.
- TROISIÈME DIVISION
- Culture, maraîchère Médaille d’or
- MM. Torcy-Vannier, déjà nommé.
- L’Etablissement de St-Nicolas, déjà nommé.
- M. Jamet, déjà nommé.
- Grande médaille d’argent M. Rigault, rue de l’Asile, à Groslay.
- Médaille d’argent M Boulland, déjà nommé.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE LIVERPOOL, 1886
- NAVIGATION, MOYEN DE LOCOMOTION, COMMERCE ET INDUSTRIE
- Une exposition internationale portant sur la navigation, les moyens de locomotion, le commerce et l’industrie, aura lieu à Liverpool en 1886, sous le. patronage de Sa Majesté la reine, et la présidence de Son Altesse Royale le prince de Galles.
- Le but de l’exposition est à la fois étendu et nettement défini. L’intention est de suivre l’histoire et le développement des voyages par terre, par eau et dans l’air. L’exposition comprendra également des spécimens de l’industrie, et des articles du commerce de l’univers, dûs, en si grande partie, aux progrès de la science moderne dans la création et le perfectionnement de moyens de locomotion et de moyens de transport.
- On réunira ainsi une collection de modèles de toute sorte : navires, anciens et modernes, indiquant les modes et matériaux de leur construction, machines et autres engins, embarcations de toutes espèces, bassins, ports, phares et feux, appareils* de sauvetage, et tous autres objets se rattachant aux voyages par eau.
- Dans la section des voyages par terre seront exposés des spécimens de voitures, carrosses et charrettes de tous les pays et de toutes les époques, l’histoire de la vapeur, comme force motrice, y sera entièrement représentée, et on y placera les modèles et spécimens de tous les engins, tant indigènes qu’étrangers, destinés au transport des voyageurs et des marchandises.
- Dans les sections du commerce et de l’industrie on exposera des échantillons de tous les produits, et procédés de fabrication démontrant le progrès et le développement de l’industrie indigène et étrangère.
- La propriété de « Edge Lane Hall, » d’une superficie de i4 hectares attenante au .parc de Wavertree, a été choisie pour remplacement de l’Exposition, et mise à la disposition du conseil exécutif par la municipalité de Liverpool ; elle est favorablement située et offre aux visiteurs les moyens d’accès les plus prompts par chemin de fer; elle présente des facilités spéciales pour la manutention des matériaux et des objets à exposer dans l’enceinte de l’exposition.
- La construction qui sera élevée pour cette entreprise, présentera un caractère spécial propre à la destination de l’édifice et sera achevée en temps utile pour permettre d’ouvrir l’exposition au mois de mai 1886.
- Le Conseil exécutif sera présidé par le maire de Liverpool (Alderman David Radclitfe).
- Ce Conseil sera secondé par différents comités constitués à Liverpool, et composés des hommes les plus compétents dans les différentes branches de l’exposition; en outre, des démarches sont faites pour la formation de comités dans les autres villes importantes du Royaume-Uni et de l’étranger.
- Les commissaires étrangers et coloniaux, nommés par leur gouvernement ou par des municipalités étrangères sont invités à se mettre en relations directes avec le secrétaire. Ils seront chargés du règlement de toutes les questions relatives à la distribution de l’emplacement alloué à leur pays respectif; le Conseil exécutif tient à leur disposition les informations et plans qui leurs seront nécessaires.
- Le Conseil exécutif, tout en désirant laisser entière liberté d’action à chaque comité dans les différentes questions qui lui seront soumises, se réserve le droit de confirmer ou de modifier les décisions et de contrôler les opérations de chaque comité, comme le Conseil le jugera utile ; la décision du conseil sur tous les points sera sans appel.
- Les emplacements sont mis gratuitement à la disposition des exposants, sauf dans des cas particuliers à déterminer par le Conseil exécutif; les exposants devront se conformer aux règlements qui leur seront fournis sur demande par le secrétaire Henry Bloomfield Bare, A 11, Exchange Buildings, Liverpool.
- Des diplômes conférant médailles d’or, d’argent et de bronze et des mentions honorables seront décernés aux exposants sur la proposition des jurys à qui il est donné pouvoir d’attribuer un nombre de récompenses ne dépassant pas les suivantes, savoir:
- Première récompense (1) 5oo diplômes pour médailles d’or.
- Deuxième récompense (2) 1,000 diplômes pour médailles d’argent.
- Troisième récompense (3) i,5oo diplômes pour médailles de bronze.
- Quatrième récompense (4) 2,000 diplômes pour mentions honorables.
- Les diplômes des trois premières classes seront accpmpagnes.de médailles de bronze. Les exposants honorés des diplômes de la première et de la seconde classe pourront obtenir des médailles d’or ou d’argent selon leur diplôme, moyennant paiement, du surcroît des frais.
- CLASSIFICATION
- PREMIÈRE DIVISION NAVIGATION
- Te Section. — Marine de guerre. — Des premiers temps jusqu’en i85o.
- 1rc Classe. — Modèles de navires de guerre.
- 2e Classe. — Modèles de barques et gondoles royales et civiques.
- 3° Classe. — Modèles et spécimens de toutes les espèces d’engins techniques concernant les classes ci-dessus.
- 4e Classe. — Collection historique d’emprunt. Tableaux représentant des navires, des batailles navales, des portraits de navigateurs ; médailles de guerre ; reliques intéressantes ; épées d’honneur, etc., pour exploits nautiques; uniformes.
- IIe Section. — Marine de guerre, — D.epuis i85o jusqu’en 1886.
- 1rc Classe. — Modèles de navires de guerre.
- ne Classe. — Modèles et plans de machines et chaudières, engins spéciaux, pièces et accessoires techniques, installations, etc., employés à différents usages dans les navires de guerre modernes.
- 3e Classe. — Matériel de construction.
- 4® Classe. — Bateaux torpilles, Bateaux sous-marins .
- 5° Classe. — Canons, engins d’artillerie et torpilles.
- IIIe Section. — Marine marchande. — Des premiers temps jusqu’en i83o.
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- 342.— Première Année. — N» 43. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DU 1889. T;* Dimanche 25 Octobre i883.
- 1re Classe. — Modèles et spécimens de radeaux, canots, coracles et autres espèces et descriptions d’embarcations montrant le gréement, etc.
- .2e Classe. — Engins techniques et aménagements se rattachant à la classe précédente.
- IVe Section. —Marine marchande. — Depuis i83o jusqu’en 1886.
- rre Classe. — Modèles de navires a voilés'et à vapeur.
- 2e Classe. — Modèles de bateaux de rivières et de canaux ; bacs à vapeur et yachts.
- 3° Classe. — Bateaux de plaisance, bateaux à avirons et canots.
- 4° Classe. — Spécimens, modèles et plans de machines et chaudières et de leurs différentes parties.
- 5e Classe. — Spécimens et modèles de machines et engins employés à différents usages dans la marine marchande moderne ; installations de cabines et éclairage électrique; voiles; poulies; peintures.
- 6° Classe. — Modèles de navires (en fer et en bois) à différents degrés de leur construction.
- 7e Classe. — Modèles montrant les différents systèmes de lancement des navires.
- 83 Classe. — Bateaux de sauvetage, manœuvres pour leur mise à l’eau, radeaux et appareils de sauvetage.
- (La Société humanitaire des naufragés de Liver-pool décernera une médaille d’or et une médaille d’argent aux deux inventeurs et exposants qui présenteront le meilleur appareil de sauvetage.)
- g0 Classe. — Tricycles et Vélocipèdes nautiques, etc.
- 10° Classe. — Appareils à plongeur, scaphandres.
- 1 Ie Classe. — Télégraphie sous-marine.
- 12e Classe. — Tableaux, dessins et photographies de navires.
- i3e Classe. — Cartes marines, cartes géogra-graphiques, instruments nautiques.
- 14e Classe. — Provisions conservées et spécialement adaptées à l’usage de navires, approvisionnement de navires.
- Ve Section. — Machines en mouvement. — Machines et engins mécaniques en tous genres employés dans les marines de guerre et de commerce modernes.
- VIe Section. — Docks, Phares, etc.
- i1'8 Classe. — Modèles et dessins de docks, ports, travaux de rivières et de canalisation.
- 20 Classe. — Phares, bateaux-feux, bouées, balises, signaux.
- (Le Conseil de l’Association du service de la marine marchande de Liverpool offre sa médaille d’or pour le meilleur système international de signaux pour bateaux à voiles et à vapeur, pour le cours, le brouillard et la nuit, et dont l’objet est l’amoindrissement des pertes de corps et biens sur nier.)
- 3e Classe. — Appareils de remise à flot des navires coulés.
- 4e Classe. — Dragues, barques de draguage, etc.
- 5a Classe. — Modèles et dessins de machines et de matériaux employés pour la construction de docks et de ports; terrassiers; terrassiers à vapeur.
- IIe DIVISION
- MOYENS DE LOCOMOTION, VOYAGES
- I6 Section. — Au moyen de voitures 'à bras traînées et litières portées par des hommes.
- Modèles, spécimens, dessins, etc.
- IIe Section. — A cheval et litières à dos de cheval.
- Spécimens, modèles et tableaux, anciens harnais, selles, etc., éperons, mors, harnais de tête, sellerie etharnacherie modernes, fers à chevaux, installations cl’écuries ; moyens et méthodes de dompter les chevaux et de dételer ceux qui ont pris le mors aux dents.
- IIIe Section. — Eléphants, Chameaux, Mulets, Rennes, Chiens, etc.
- Modèles et Spécimens. Harnais d’éléphants. Systèmes d’ajustement, porte-selles, porte-harnais. Traîneaux, harnachement de chameaux, tentes, attirails et cuisine de campement.
- IVe Section. — Voitures ou engins de transport en tous genres traînés par des chevaux.
- Spécimens anciens, véhicules de plaisance, véhicules de voyage, carrosses et voitures de cour ; spéci-mens modernes tous en genres ; carrosses et voitures de cour modernes, omnibus, voitures et rails pour tramways, modèles représentant des coupes de mêmes objets, en bois et en fer, matériel roulant pour tramways, modèles fonctionnant.
- V® Section. — Traîneaux, Patins, Patins à neige, bateaux à glace.
- Systèmes anciens et modernes.
- VIe Section. — Ambulances.
- Méthodes de transport des malades et des blessés.
- VIIe Section. — Voitures ou engins de transport nuis par la vapeur.
- Modèles et dessins des premières locomotives et voitures de chemin de ter. Modèles progressifs, machines, wagons, matériel technique, tel que :
- rails, aiguilles,- -signaux*- chauffage et-éclairage des wagons, ameublement et installations, wagons royaux et de luxe, wagons-salons, wagons-lits, et autres voitures spéciales. - Engins de traction, freins, etc., etc. ... ..
- VIIIe Section. — Voitures ou engins de transport nuis par l’air.
- Modèles, spécimens et tous genres d’accessoires -techniques ayant rapport à ces voitures'et engins.
- IXe Section. — Voitures ou engins de transport mûs par l’électricité.
- Modèles, spécimens et tous genres d’accessoires techniques ayant rapport à ces voitures et engins.
- X° Section. — Voitures ou engins de transport mûs par des systèmes combinés.
- Modèles, spécimens et tous genres d’accessoires techniques ayant rapport à ces voitures et engins.
- XIe Section. — Aérostats.
- Ballons, méthodes de construction et de gonflement ; ballons militaires et captifs, spécimens pratiques, machines à voler.
- XIIe Section. -— Bicycles, Tricyles, etc.
- Spécimens, modèles et accessoires techniques.
- IIIe DIVISION COMMERCE ET INDUSTRIE
- Ire Section
- Substances principalement employées dans les fabriques, manufactures et usines, dans les instruments de travail et outils, dans les ornements, comme aliments et boissons, ou en médecine et en pharmacie.
- Régne animal. — Substances animales.
- i1'3 Classe. — Pour Tissus et Draps. — (Laine, Poils, Soies, Baleines, Soie, de vers-à-soie, Plumes, Fourrures, Peaux.)
- 2° Classe. — Pour objets d’usage domestique, d’ornementation et autres. — (Os, Corne, Ivoire, Ecaille de tortue, tuyaux de plume, Perles, Semence de perles, Nacre, Corail et Coquilles en général, Huiles, Suif, Spermaceti, Cire, Saindoux, etc.)
- 3° Classe. — Matières employées comme ingrédients dans la fabrication de divers articles. — (Colle forte, Colle de poisson, Gélatine, Noir animal, Noir d’ivoire, Noir de fumée, etc.)
- 4e Classe. — Pour Fards, Teintures et autres produits chimiques. — (Cochenille et Carmin, Noix de Galle. Teintures Mes Indes et différentes espèces de laques. Sang, Os, Cornes, etc.)
- 5e Classe. — Substances employées en médecine et en pharmacie. — Huiles, Huiles de foie de morue et autres huiles animales. Onguents de Spermaceti, de Saindoux, d’Huiles et de ces.produits combinés. Antispasmodiques, tels que Musc Castoreum, Civette, ambre gris et leurs produits! Irritants, Cantharides, etc. Antiacides tels que coquilles de crabes, concrétions calcaires de l’écrevisse, os de sèche, etc.)
- 6e Classe. — Substances diverses autres que les précédentes.
- Régne végétal. — Substances végétales.
- 7e Classe. —- Gommes et variétés de "Résines. — (Gommes naturelles de toutes espèces, Gommes artificielles, Graines mucilagineuses, Écorces Cosses, Plantes, marines, Résines et Baumes de tous genres, Caoutchouc, Gommes élastiques, Gut-tapercha, Résines distillées et Résidus.)
- 83 Classe. — Variétés d’Huiles. — (Huile d’olive, huile de palme, huile de ricin, huile d’amandes, etc.)
- (f Classe. — Acides.
- 10e Classe. — Teintures et Couleurs (y compris les Bois de teinture.)
- 1 ic Classe. — Substances tanniques.
- 12° Classe. — Substances fibreuses (y compris les matières servant à la fabrication du Papier, des-Cordages et des tissus, Coton de toutes espèces, Chanvre, Lin, Herbes textiles, etc.)
- i33 Classe. — Bois de construction, d’ébéniste-rie et de fantaisie.)
- 14e Classe. — Substances employées en médecine et en pharmacie.
- i5e Classe. — Narcotiques (y compris les Drogues i'ntoxicantes, Tabac, Opium, etc.)
- i6'° Classe. —Substances diverses.
- Substances servant d’aliments et de boisson
- 1 y0 Classe. — Produits agricoles. — (Céréales, Riz, Graines, Légumes, etc.)
- 18e Classe. — Fruits secs, Noix, etc.
- ig° Classe. — Substances servant à la préparation des Boissons.— (Thé Café, Cacao, Mata, etc.)
- 2o3 Classe. — Vins, Liqueurs fermentées et Alcools distillés.
- 2i° Classe. — Epices et Condiments.
- 22e Classe. — Variétés de Fécules. — (Farines, Arrowroot, Tapioca, Sagou, Farine de Sagou, etc.)
- 23° Classe. — Matières saccharines. — (Sucres de canne, de betterave, de dattes, de lait, glucose, etc.)
- 24e Classe. — Produits divers.
- Régne minéral. — Minéraux métalliques.
- 25e Classe. Métaux communs, y compris leurs minerais. —(Fer, Cuivre, Zinc, Étain, Plomb, etc.)
- '‘'26* Classe-.— Métaux précieux, y compris leurs minerais. — (Or, Argent, Mercure, Palladium, Platine, etc.)
- Minéraux non métalliques
- ~7.e Classe. — Minéraux employés comme combustibles.
- 283 Classe. —- Minéraux employés dans la construction-, " ' ”
- 2p° Classe. — Minéraux d’ornement, de décoration et Minéraux employés dans les beaux-arts.
- 3o° Classe. _— Minéraux employés dans les Poteries,- Verreries-,- Briqueteries, Tuileries, fabriques de terres cuites, etc.
- 3ig Classe. —• Minéraux employés dans divers arts et métiers.
- 32G Classe. —Terreaux et Engrais minéraux.
- 33q Classe. — Minéraux employés en médecine et en pharmacie.
- 3y Classe. — Produits divers.
- IIe Section
- Manufactures représentées par des machines et des procédés de fabrication, leurs effets sur toutes les matières premières indigènes et étrangères, tant animales que végétales et minérales, qui ne figurent pas autrement dans les divisions de la navigation ou des moyens de locomotion.
- Echantillons et spécimens des produits suivants dans leurs différentes phases de fabrication et leurs désignations comme articles de commerce.
- j1’8 Classe. — Fils et Étoffes de coton.
- 2e Classe. — Etoffes de laine.
- 3Q Classe-. — Soies et Velours.
- 4e Classe. — Lin, Chanvre et Herbes textiles.
- 5e Classe. — Cuirs.
- 6e Classe. — Papeterie, Imprimerie et Reliure.
- 7® Classe. — Tapisserie et Broderie.
- 8° Classe. — Vêtements et étoffes d’habillement.
- cf Classe. — Coutellerie et instruments tranchants.
- 10e Classe. — Ferronnerie et quincaillerie en général, y compris les coffres-forts, Serrures, etc.
- 11° Classe."— Travail des Métaux précieux et autres. -- (Bijouterie, joaillerie et tous articles de piété ou de luxe non compris dans lès autres classes, argenterie d’église, vaisselle d’or et d’argent, ouvrages en bronze et en cuivre, en cristal de roche, en jais ; montres et horloges.)
- j2e Classe. — Sels, Alcalis et Savons, Huiles à lubrifier.
- i3° Classe. — Verre. — (Vitraux et autres espèces de vitres ornées pour fenêtres, glaces, verre à bouteilles, cristal anglais, verres pour instruments d’optique, etc.)
- . T4e Classe. — Poterie et Céramique. — (Briques, tuiles, faïence, poterie, etc., terre-cuite, terra-cotta et poteries architecturales, objets en terre réfractaire, creusets, tuyaux de drainage, instruments de chimie, appareils, engins et autres objets en terre-cuite et en grès, porcelaine, majolique et poterie artistique.)
- i5° Classe. — Art décoratif. — (Décoration en général, y compris les métiers artistiques, tapisserie, papiers-peints, articles d’ameublement, machines et procédés employés à leur fabrication, cadres pour tableaux et miroirs, parquets, lambris, tapis, tentures, toiles cirées, linoléum, kamptu-licon, nattes et paillassons tressés, instruments et procédés employés à leur confection.)
- 1 (P Classe. — Articles employés dans la construction ou dans la décoration, et composés de substances minérales.
- /7e Classe. — Articles en Caoutchouc, Gutta-percha, Vulcanite, etc.
- 18e (Liasse. Objets d Ivoire, d’ecaille de tortue, de Coquilles, d’Os, de Corne, etc.
- igQ Classe.-— Objets en Bois autres que les meubles.
- 20e Classe. — Fabrication des substances employées en médecine et en pharmacie.
- 21e Classe. — Articles d’alimentation, y compris la Farine, le Riz décortiqué, le Sucre raffiné ies Sirops, etc. *
- 22e Classe. — Instruments scientifiques, appareils de photographie, etc.
- 23e Classe. — Instruments de musique.
- 24e Classe. — Produits divers.
- RÈGLEMENT POUR LES EXPOSANTS
- G — Une Exposition internationale portant sur la Navigation, les moyens de Locomotion le Commerce et l’Industrie, sous le patronage* de Sa Majesté la reine et la présidence de Son Altesse Royale le prince de Galles, aura lieu à Liverpool en 1886.
- 2. — Date d’ouverture. — L’Exposition sera .ouverte au mois de mai j 886, et restera ouverte pendant les mois d’été et d’automne.
- 3- — Demandes de participation à l’Exposition. — Les demandes de participation à l’Exposition doivent être faites par écrit sur des formules imprimées qui seront envoyées sur demande faite au secrétaire (« Liverpool exhibition, A 11, Exchange^ Buildings, Liverpool »). On devra répondre à toutes les questions posées dans ces imprimés qui devront parvenir au secrétaire au
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- Première Année. — N° 43.
- plus tard le ier décembre 1885. La décision du Conseil au sujet des demandes d'emplacement sera notiüée vers le icr janvier 1886, sans permission spéciale.
- 4. —"Date de réception des objets 'à exposer.— Nul objet ne sera reçu avant le ier mars 1886, ni après le i5 avril 1886,.sans, permission spéciale.
- 5. — Classification provisoire. — La classifica-
- tion 11e doit pas être considérée comme définitive. Pour.les objets qui ne pourraient être compris sous aucun titre, l’exposant fera sa demande de place dans le groupe dont ils se rapprochent le plus, ou devra l’envoyer, laissant au Conseil le soin de remplir la section et la classe. _____________
- 6. — Non responsabilité quant à la remise des objets à exposer. — Le Conseil exécutif décline toute responsabilité pour perte ou dommage quelconque des objets remis à l’Exposition, en l'absence de Vexposant ou de son représentant.
- 7. — Refus d'admission. — Le Conseil seyéserve le droit de refuser l'admission des objets à exposer, sans être tenu de fournir aucune raison.
- 8. — Caisses vides. — Les colis devront être déballés le plus tôt possible et les caisses vides enlevées par l’exposant et à ses frais. Le Conseil exécutif cependant, arrangera pour l’emmagasinage des caisses vides, moyennant un prix, et au risque de l’exposant si tel le désire.
- g. — Dépenses à la charge des exposants. — Les emplacements sont fournis gaatuitement, saut quand les objets sont vendus dans la. bâtisse, ou dans des cas particuliers à déterminer ^ par le Conseil exécutif. Les exposants auront à payer tous.les frais de transport, de remise, arrangement, placement et enlèvement des objets à exposer par eux, ainsi que les frais d’érection de cloi • sons, comptoirs, et travaux de consolidation en cas de besoin. Ils doivent, personnellernent ou par leur représentant, surveiller l’expédition, la réception, le déballage, l’installation et, lors de la clôture de l’Exposition, l’enlèvement de leurs marchandises. Le Conseil exécutif se réserve le droit de faire faire, aux. frais de l’exposant, tous les travaux qui seront .jugés nécessaires, en cas de non exécution des règlements.
- 10. Transport par chemin de fer des objets à exposer. — Le Conseil exécutif s’efforcera d’obte-. nir des.diverses, compagnies anglaises de chemin de fer et des chargeurs étrangers des conditions spéciales pour le transport, à l’aller et au; retour, des objets à exposer, et, en cas de réussite-,viL.en..: préviendra les exposants.
- 11 .Marques des caisses. —Toutes les caisses contenant des objets destinés à l’Exposition porteront la marque distinctive L. E. en même temps que le nom et l’adresse de l’exposant. Des étiquettes portant l’adresse du secrétaire seront fournies à chaque exposant.
- 12. — Force motrice. — La force motrice sera fournie sous certaines conditions. Les exposants „....qiâ..e.n.auxd»L1L4î^m,Qd qui désireront faire usage ''''dela'vapêür,'''âé'Feâu~ du gaz, ou de l’électricité devront en faire la demande spéciale au secré-• : taire. . - . .
- . i3. —Billets d’entrée.t— Des billets d’entrée à l’Exposition-'-seroût accordés aux exposants et à un nombre raisonnable de leurs employés. Ces billets seront'immédiatement retirés, si d’autres personnes en. font usage,, que celles à qui ils sont accordés, ou en cas-d'inconduite ou d’infraction à; ces’ règlements de la. part des personnes les tenant.
- 14. — Substances dangereuses. — Aucune matière explosible, ou considérée comme dangereuse par le Conseil exécutif, ne sera admise ; ces matières pourront être représentées par des modèles ou des fac-similés.
- 15. — Alcools, etc. — Les alcools, les huiles, les essences, les substances corrosives et toutes les substances en général, qui pourraient endommager d'autres articles ou incommoder le,public ne seront reçus que dans des vaisseaux solides, de petite dimension et appropriés à leur usage.
- 16. — Essais, épreuves et analyses. — Le Conseil se réserve le droit d’examiner, d’essayer, d’éprouver, ou d’analyser tout objet ou article exposé, et cela dans tel but qui pourra lui paraître convenable. Tout dommage ou accident occasionné, pendant la durée de l’Exposition, soit à des visiteurs, soit à d’autres personnes appartenant ou étrangères à l’administration, par des machines, engins, instruments ou articles quelconques exposés, donnera lieu à indemnité de la part des exposants propriétaires desdits engins, objets ou articles; ces propriétaires seront tenus de garantir l’administration contre toutes actions, procès, frais et réclamations résultant desdits dommages ou accidents..
- 17. — Irresponsabilité., — Le Conseil exécutif ne sera pas responsable de la perte des objets exposés ou des dommages y éprouvés, quelle que
- soit la cause de ces 'pertes ou dommages. En déclinant toute responsabilité, le Conseil prendra cependant toutes les précautions nécessaires pour la conservation des objets exposés.
- jg, __ Droit d’enlèvement des objets exposés. _—
- Le Conseil exécutif se réserve le droit de faire enlever les objets appartenant aux exposants qui ne se conformeraient pas au présent règlement.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- iq. — Pouvoir de modifier les règlements. — Le Conseil exécutif se réserve le droit de changer ou modifier tout article de ce règlement, comme d’y ajouter ou retrancher.
- "•'20. '— Droit de photographier, etc. — Aucun objet exposé ne pourra être copié, photographié, dessiné ou reproduit d’aucune manière sans l’autorisation spéciale du Conseil exécutif.
- 21..— Obligations résultant de ce règlement. — Les personnes qui exposeront donnent par le fait même leur acquiescement au règlement entier en même temps qujaux modifications que le Conseil exécutif pourrait y introduire par la suite.
- 22. — Dimensions des vitrines, etc. — Aucune vitrine, comptoir, plateforme, paroi ou cloison, etc., ne pourra, sans permission spéciale du secrétaire, dépasser les mesures suivantes :
- Les.-vitrines et cloisons 10 pieds au-dessus du sol.
- Les comptoirs 3 pieds au-dessus du sol-
- Les plate-formes r pied au-dessus du sol.
- Il n’est pas permis d’ériger des parois ou cloisons dans les places centrales.
- 20. — Balustrades et pavillons. — Les exposants peuvent élever des balustrades autour de leur emplacement et fournir eux-mêmes des pavillons, sujets toutefois à approbation, mais, en tous cas, les balustrades ne pourront dépasser le périmètre de l’emplacement alloué.
- 23a. — Objets prêtés. — Les objets prêtés porteront le nom du prêteur propriétaire de l’objet exposé.
- 24. — Plancher. — Le plancher ne pourra être modifié, enlevé ou renforcé sans la permission du Conseil exécutif et ces travaux se feront aux frais de l’exposant.
- 2b, — Obstruction de la lumière. — Aucun exposant ne pourra placer ses objets de manière à obstruer la lumière, à intercepter la vue le long des espaces ouverts, à incommoder ou à blesser les autres exposants ou à affecter d’une façon désavantageuse leurs expositions particulières.
- 26. — Décoration. — En vue d’assurer l’uniformité de la décoration et le bon effet général, il ne sera permis à aucun exposant de se servir de drapeaux, bannières ou tout autre genre de décoration sans permission spéciale; pour la couverture des comptoirs, des parois ou cloisons les exposants devront se procurer le matériel choisi dans l’édifice.
- ......27. Enseignes.,— Les enseignes doivent être
- placées parallèlement aux grands passages, c’est-à-dire parallèlement à la façade de chaque emplacement respectif, et ne peuvent, en aucun cas, s’entre-croiser avec la lumière. Elles seront noires avec des lettres d’or et leur placement sera sujet à l’approbation du Conseil.
- 28. — Circulaires, etc. — Toutes les circulaires, imprimés, etc., destinés à être distribués ou à servir de décoration devront être, au préalable, approuvés et autorisés par le Conseil exécutif; cette autorisation pourra être retirée en tout temps.
- 29. — Service. — Les exposants sont tenus d’assurer le service, et de maintenir en bon ordre et état de propreté leurs emplacements et leurs objets pendant toute la durée de l’Exposition.
- 30. — Cession. — Aucun exposant ne sera autorisé à céder, en tout ou en partie, sans permission du Conseil exécutif, l’emplacement qui lui aura été alloué, ou à y permettre l'exposition d’autres objets que les siens propres, dûment acceptés.
- 31. — Nom.-—'Tous les objets seront exposés au nom de celui qui aura fait la demande d’admission.
- 32. — Prix de vente. — Les exposants seront autorisés à marquer les prix de vente des articles exposés.
- 33. — Epoque d’enlèvement des objets. — Les objets ne pourront être enlevés avant la fin de l’Exposition sans autorisation écrite du Conseil exécutif.
- 34. -— Vente. — Les exposants ou leurs employés peuvent donner aux visiteurs des explications sur leurs articles, mais il est défendu en tout cas de solliciter leurs ordres ou d’inviter les visiteurs à les acquérir.
- 3$. —Récompenses. — Des diplômes conférant des médailles d’or, d’argent et de bronze et des mentions honorables seront décernés aux exposants sur la proposition des jurys. _ ,
- 36. — Catalogue. — Le Conseil executif se réserve le droit exclusif de rédiger et de faire imprimer, d’après des conditions dûment fixées un catalogue des objets exposés. Chaque comité affilié pourra néanmoins éditer à ses propres frais un catalogue spécial des objets envoyés par sa
- localit(y-SO.us,réser..v.e,fi’appr.o.h.atiQn,par..le Conseil
- exécutif.
- Conditions spéciales supplémentaires concernant
- LES EXPOSANTS ÉTRANGERS, COLONIAUX OU AUTRES
- 07. — Commissaires étrangers. — Des anang.e-ments seront pris pour la nomination de commissaires et agents étrangers et coloniaux pus seiont communiqués à qui de droit aussitôt qu ils auiont été conclus. Les agents et commissaires seront tenus de fournir au Conseil exécutif des renseignements sur tous les objets à exposer par leurs
- Dimanche, 2 5 Octobre jS83. — 3q3.
- pays respectifs, et de lui soumettre la proposition de distribution du terrain concédé à ces pays.
- 38. — Exposants étrangers. — Les étrangers ou habitants des colonies dont les gouvernements n’auront pas nommé de commissaire ou d’agent, devront choisir en Angleterre des représentants qui agiront en leur nom.
- 3g. — Epoque des demandes par l’étranger. — Les demandes des pays étrangers et des colonies seront reçues jusqu’au 1e1' décembre 1885.
- 40. — Produits étrangers. — Les lettres L.E. devront être peintes sur toutes les caisses provenant de l’étranger. Elles seront marquées de façon à permettre de reconnaître facilement le pays d’origine et le nom et l’adresse de l’exposant qui les aura envoyées.
- *
- * *
- Voici le texte de la demande d’emplacement : Monsieur le secrétaire de VExposition internationale de Liverpool (navigation, moyens ^de locomotion,, commerce et industrie), a 11, Exchange B u ildings, ~ Li v erp 001.
- Je vous prie de vouloir bien m’accorder la superficie détaillée ci-après, pour l’Exposition des articles désignés à la page suivante :
- MESURES
- Long. Larg. Sup. en mètres carrés.
- f Superficie de Voir l’article j plancher. 2? des V Comptoirs. . glements. Sup4llcie de \ muraille. .
- Si ma demande est favorablement accueillie (entièrement ou en partie), je déclare adhérer au règlement de l’Exposition qui est publié.
- Signature :
- Adresse :
- Date :
- INSTRUCTIONS
- - L'"Lês-diTisions deT'Exp-ôsitiôn sont : I—Navigation. II — Moyens de locomotion. III — Commerce et industrie. (Les détails des sections et des classes sont indiqués ci-dessus.)
- 2. Les demandes d’emplacement pour objets appartenant aux différentes sections doivent être établies sur des formules spéciales. Des exemplaires supplémentaires de ces formules peuvent être demandés au secrétaire.
- 3. Ces formules doivent parvenir au secrétaire au plus tard le ier novembre 1885.
- 4. Si les demandes sont favorablement accueillies par le Comité exécutif, le requérant en sera informé au plus tôt. La distribution définitive des emplacements se fera vers le ier décembre.
- 5. La superficie à distribuer sera accordée en proportion de l’intérêt que seront supposés offrir les objets à exposer.
- 6. On est tout particulièrement prié de faire la description aussi complète que possible parce qu’elle sera prise pour .base.de la rédaction du catalogue. ‘
- 7. L’attention spéciale est appelée sur les extraits du règlement à la quatrième page.
- 8. Les exposants d’appareils nécessitant l’emploi de la vapeur, du gaz, de l’eau ou de l’électricité, comme force motrice, doivent en faire la demande au secrétaire sur une formule spéciale.
- 9. Des dispositions seront prises par le Conseil exécutif pour l’emmagasinage des caisses vides à un prix modéré.
- 10. Les exposants peuvent faire assurer eux-mêmes contre l’incendie les objets exposés ou, si bon leur semble, traiter avec le Conseil pour cette assurance, à des conditions dont le secrétaire donnera connaissance à ceux qui lui en feront la demande.
- N.-B. —Toutes demandes d’exposer doivent être envoyées directement au secrétaire à Liverpool.
- *
- Chaque exposant doit enfin remplir un tableau faisant connaître :
- iü Son pays ;
- 20 Sa ville ou sa localité ;
- 3° Son nom ;
- 40 Son adresse ;
- 5° L’espèce des articles à exposer ;
- 6° La section où l’on désire exposer ;
- 70 Les signes particuliers et la désignation des articles à exposer;
- 8° Si l'exposant se propose d’envoyer des machines, des modèles, des parties de machines, des spécimens, etc.;
- 90 Si l’exposant désire envoyer des procédés de fabrication et dans ce cas en désigner la nature;
- io° Si l’exposant enverra une macliine ou un autre engin fonctionnant ;
- 11° Si l’exposant désire que mention soit faite de ses articles au catalogue dans d'autres classes que celles où ils sont exposés et dans ce cas quelles sont ces classes.
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- Dimanche 25 Octobre 1885,
- 344 et 345. — Première Année — N° 43
- LE MONITEUR re ^POSITION DE 1889.
- EXPOSITION JAPONAISE A BERLIN
- ÉQUILIBRISTE PRÊTRE
- ESCRIMEURS
- BALLET
- u>}. TEMPLE
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- 346.Première Année. — N° 43.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Octobre i885.
- EXPOSITION JAPONAISE
- A BERLIN
- Comme nous l’annoncions dans notre numéro du 14 juin dernier, un village japonais, semblable à celui qui était établi à Londres, et qui a fini si malheureusement, est en ce moment installé dans le parc de l’exposition d’hygiène à Berlin.
- Cette idée nouvelle d’exposer tout un village avec ses habitants et leur industrie, a été assez bien rendue.
- Maisons d’habitation, boutiques, temple, théâtre, ateliers, restaurant, dégustation de thé ; rien n’y manque, pas meme le drapeau blanc au disque rouge, que l’on aperçoit de loin, ondulant au-dessus des créneaux métalliques.
- Le visiteur de cette exposition peut, en entrant, se croire réellement transporté dans une des îles de l'archipel japonais. Il peut y voir, en effet, une centaine d’individus, hommes, femmes et enfants qui travaillent sous ses yeux, vont, viennent et accomplissent tous les actes que d’honnêtes Japonais doivent remplir.
- Il y'a là: des cordonniers, des tailleurs, des brodeurs, des tapissiers, des menuisiers et tonneliers ; des fabricants de parapluies et de lampions, puis des graveurs sur bois, sur ivoire, ainsi que des ciseleurs, des potiers et des peintres.
- On y trouve tant dans l’industrie que dans les arts, des choses vraiment curieuses et qui peuvent passer pour de véritables chefs-d’œuvre. Tout l’art japonais y est représenté. Peintures imitant la tapisserie sur soie gros grain, peintures d’oiseaux et de plantes,— l'on sait jusqu’où l’amour de l’exactitude et le génie de l’observation les poussent dans cette voie,— sculpture, gravure sur bois, ciselure sur ivoire, orfèvrerie, bronzes, vases et .autres ustensiles, porcelaines, étoffes, costumes. Et enfin tout ce que comprend cette désignation générale de bibelots : ouvrages, de laque avec incrustation de bronze, de bois, d'ivoire, de corne, de nacre, etc., etc.
- Signalons encore tout une exposition complète de masques préparés en étoffe et qui, une fois terminés, ont beaucoup de ressemblance avec le bois. Toutes les expressions du jeu de la physionomie y sont représentées. On en voit de souriants, de riants, grimaçants,, de laids et d’horribles. La gamme est complète, et s’enrichit surtout en progressant vers le dernier terme.
- Il y a aussi un bazar japonais de jouets d'enfants. On y trouve d’abord, des poupées qui sont la copie exacte de leurs créateurs; puis des armes, des ustensiles, des instruments de musique, des animaux, de petites cuisines et des chambres de poupée. C’est absolument ce que l’on trouve pour nos enfants dans les magasins de jouets de la rue de Rivoli et des principaux passages de Paris. Ce qui prouve que la nature de l’enfant est bien la ' même partout. Ce qui domine chez .lui, c’est toujours le désir de copier ce qu’il voit faire aux grandes personnes et surtout à ses parents.
- Une des matières sur laquelle le génie de la création japonaise s’exerce le plus, c’est certainement le bambou. Ici, c’est une poutre ou une colonne, là, c’est une hampe de lance et plus loin nous le voyons coupé.en étroits bâtons élastiques ; il sert alors, soit à porter les tissus polychromes de légers éventails, soit à constituer la charpente des lampions et des ombrelles de différentes dimensions. La fibre du bambou est encore employée à fabriquer des nattes. Une vieille chanson allemande dit, que pour être heureux, il suffit d’avoir une petite table, une petite chaise et un petit fuseau. Eh bien, les Japonais sont encore moins difficiles, car ils travaillent, mandent, boivent et dorment, sur la même natte posée à terre. Aussi, est-il probable qu’on ne verra pas de longtemps encore se développer un faubourg Saint-Antoine à Yedo;
- Cependant, il y a un meuble qni joue un grand rôle chez les Japonais. C’est leur oreiller, qui n'est autre chose qu’un petit banc, creusé en forme de selle et sur lequel ils reposent leur tête, après y avoir renfermé tout l’argent et les choses précieuses qu’ils possèdent. C’est assurément une bonne précaution, mais cela ne prouve pas que la confiance qu’ils ont en leurs voisins soit bien considérable.
- Parmi les édifices de ce village en miniature, nous signalerons d’abord le temple.
- Aucun mortel, hormis le prêtre vêtu de blanc, ne doit toucher les tapis saints et les nattes bénies du sanctuaire. Deux tigres de bronze en défendent l’entrée et ont pour mission de dévorer tout profane qui voudrait violer cette défense. Au fond du temple, se trouve un grand tableau représentant la mort de Bouddha, à côté, un autre montre le dieu Schaka, la tête entourée d’une auréole. Puis, à droite et à gauche de ces deux tableaux, ils s’en trouvent deux autres, absolument semblables entre eux, qui offrent aux regards le dieu Wania porté sur une fleur de lotus. Sur l’autel et entre les tableaux se trouve les brûle-parfums et les vases sacrés contenant du riz chaud. Une chose encore très curieuse, c'est le miroir de la vie, un disque de métal orné de représentations étranges
- et fantastiques. Enfin deux prêtres sont toujours là, assis sur des coussins moelleux et lisant des prières, dans des livres dont les feuillets n'attestent pas un bien fréquent emploi.
- Vient ensuite le théâtre. Si l’on jugeait de'la civilisation d’un peuple par le développement plus ou moins grand de son art théâtral, il faut avouer que le degré n’en serait pas bien élevé pour les Japonais. Ils mélangent, en effet, la rhétorique, la musique, la gymnastique et la chorégraphie dans un ensemble assez primitif. Ce qu’ils donnent de mieux sur le théâtre ce sont assurément les jongleurs et les danseurs de corde, qui exécutent des exercices d’une hardiesse inouïe.
- Dans notre illustration nous montrons, ainsi qu’un danseur de corde, des lutteurs qui luttent entre eux d'après des règles anciennes. Aussi loin de faire comme nos saltimbanques qui,sur le champ de foire, lancent le gant à qui veut bien le ramasser, ils s’empressent de refuser toute lutte avec des étrangers et se contentent de s’exercer entre eux. Pour l’escrime il y a différentes méthodes. Les uns se servent de longs bambous qu’ils tiennent à deux mains, et tapent sur leurs masques en fil de fer garnis de bandes de cuir, en entonnant un cri de guerre (voir nos croquis). D’autres au contraire se servent de petites dagues.
- Toutes les fois que le duel est mis sur le théâtre, il est toujours amené par une beauté japonaise qui vient par des phrases habiles et à double sens exciter la jalousie de ses deux adorateurs et qui a soin de disparaître derrière les coulisses en papier dès que les adversaires sont aux prises. Après le duel, pour reposer les yeux et l’esprit des spectateurs, succède toujours un tableau plus calme. Deux jeunes filles apparaissent sur la scène, avec des mandolines au long manche. Ces instruments sont composés de trois cordes, dont l’accord de chacune est espacé d’une quinte et dont on joue avec une petite touche de corne. Les jeunes artistes japonaises chantent d’une façon nasillarde en jouant à l’unisson des mélodies qui sont très difficiles à écrire dans notre système de notation.
- La représentation se termine par un ballet. De petites danseuses viennent d’abord, suivies de plus grandes ensuite et toutes vêtues.'d’un magnifique costume très analogue comme coupe à ce que nous connaissons chez nous sous le nom de robe de chambre. Leur travail chorégraphique ne consiste guère qu’en revérenees. peu gracieuses,-dont le sens profond n'est pas encore bien défini.
- Somme toute, exposition très curieuse et très intéressante au point de vue de l’étude des mœurs, très instructive aussi au point de vue industriel. Au point de vue de l’art, il y a évidemment des choses de valeur, par exemple ils sont inimitables dans leurs céramiques. Ils ont un très grand talent de décorateurs et sont des observateurs consciencieux et passionnés de la nature. En combinant ces deux qualités qui sont développées chez eux à un haut degré, ils arrivent à faire des choses vraiment charmantes. Cependant, pour nous, il y a une note gênante qui domine, c’est ce génie de l’étrange et du fantastique qui fait que la plupart de leurs productions sentent toujours la chinoiserie.
- Louis Rabourdin.
- LES CONGRES
- ANVERS
- CONGRÈS LITTÉRAIRE & ARTISTIQUE INTERNATIONAL
- 1° Du droit de reproduction des télégrammes :
- Certains journaux dépensant de fortes sommes pour les dépêches que leur expédient leurs correspondants, et que d’autres feuilles reproduisent immédiatement, quelques membres du Congrès pensaient que Tort pourrait limiter ce droit à 24 heures.
- Le secrétaire général de l’Association ayant pris l’engagement de mettre cette question à l’étude, M. Ulbach a constaté qu’elle a été résolue par la Conférence de Berne dans le: sens de la liberté. La législation anglaise protège actuellement les télégrammes, mais cette mesure sera bientôt rapportée.
- M. Pouillet pense qu’il n’y a pas création dans le télégramme et qu’il 11e saurait y avoir droit d’auteur.
- 2° Durée du droit de représentation' et de traduction :
- Le. Congrès, conformément aux conclusions du rapporteur, a assimilé ce droit aux autres modes de reproduction.
- 3° Assimilation des œuvres littéraires aux œuvres dramatiques pour le droit de représentation :
- Le Congrès a complété cette qualification en introduisant dans ce titre le mot exécution, qui comprend tous les modes d’interprétation
- soit en entier, soit par fragments. Néanmoins le droit de lecture pour les professeurs et celui de citation pour les critiques doivent être formellement réservés. , ......
- Le Congrès a adopté ces conclusions.
- 4° Exécution cVune œuvre musicale :
- Le Congrès décide que la représentation ou l’exécution complète ou partielle d’une œuvre musicale ne peut se faire qu’avec l’autorisation de l’auteur si elle est publique.
- (La jurisprudence française assimile toute exécution à une reproduction, par quelque mode qu’elle se fasse. Les tribunaux belges ont toujours exclu au contraire les exécutions purement musicales du droit de représentation.)
- 5° Meme article, avec un paragraphe ajou-
- tant :
- Que si l’œuvre a été publiée, l’auteur est censé consentir à son exécution entière ou partielle partout où aucune rétribution ne sera payée par les auditeurs.
- Le Congrès n’a pas adopté ce paragraphe.
- 0° Siqepression de la disposition du projet belge soumettant à la loi sur les arts industriels toute application d'une œuvre cl’art à l'industrie (rédaction du gouvernement), ou toute reproduction de cette œuvre sur un procédé industriel (rédaction de la section centrale) :
- Dans l’intérêt de l’art, l’auteur devant conserver le droit le plus étendu sur son œuvre, le Congrès décide qu’une œuvre d’art ne perd jamais son caractère.
- (Un statuaire doit conserver son droit sur sa statue, soit qu’on en fasse un dessin de pendule (application à l’industrie), soit qu’on en fasse des espèces en métal (reproduction par un procédé industriel). Un marteau de porte de Benvenuto Cellini est une œuvre d’art. Une grossière image d’Epinal est une œuvre d’art. Le droit de l’auteur doit suivre l’œuvre quelle qu’elle soit, où qu’elle aille. Il est impossible de marquer le point de sépara-tion comme le point d’arrêt.)
- ... -~*jv~(ïQgçiion ci'une œuvre d'art :
- Le Congrès est d’avis que l’artiste a le droit de reproduction de son œuvre, sauf stipulation contraire.
- Voici le résumé de la discussion qui a eu lieu au sujet de cet article :
- La section centrale, après avoir déclaré que la cession d’une œuvre n’entraîne pas le droit de la reproduire, avait ajouté que l’artiste ne peut reproduire ou faîrê^Tëpro'düirè'’ ' soir œuvre sous la même forme artistique, si, de soi, cette forme n’indique pas- la multiplicité des reproductions. ; (
- Une statue peut être reproduite dans une-autre matière. Si la statue est coulée en bronze-la multiplicité des reproductions est. toute, naturelle. t: y,
- La commission proposait d’adopter la.ré.dac-tion de la section centrale.
- M. Lermina'demande qu’on reste dans le droit commun. L’ancienne jurisprudence réservait le droit de reproduction à l’acheteur. L’artiste peut avoir répété son œuvre avant de la vendre. Il faut aussi qu’il puisse la recommencer, à la poursuite d’une perfection nouvelle. Nous n’avons pas à tenir compte du caprice égoïste d’un acheteur qui veut se réserver une jouissance exclusive.
- M. Pouillet croit que le système de M. Ler-mina aura pour effet d’éloigner l’acheteur, en supprimant la considération qui seule le détermine le plus souvent à acquérir des œuvres d’art, au lieu de se contenter de jouir gratuitement de celles qui figurent dans les musées et les collections. L’artiste serait déloyal s’il vendait deux fois la même chose.
- Il est bien clair que l’art a perdu quelque chose à la consécration du droit de l’auteur, mais, en somme, le fait de vendre des originaux est ce qui distingue l’artiste du commerçant.
- M. Souchon a soutenu que la faculté, reconnue par la loi à l’acquéreur, de détruire l’œuvre d’art, explique pour l’artiste le droit de répétition. ...............
- M. Robert Fleury croit' qu’il " serait bon de laisser à l’artiste le droit de se répéter. Il y a des cas où la reproduction est nécessaire et constitue un original.
- M. Chedxkiewicz a proposé de remplacer l’article du projet de la section centrale par une disposition formelle en sens contraire.
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- Première Année. — N° '43.
- M. Pouillet a insisté pour le maintien de l’article. En tout cas, il demande que le droit de répétition ne soit pas formellement consacré par la loi. Il est bien entendu que la répétition 11e doit être interdite que lorsqu’elle se fait dans un but de lucre.
- M. Souchon trouve que la répétition est une question de détail. C’est aux contractants à se mettre d’accord.
- M. Demeur a demandé que dans un sens ou dans l’autre la loi contienne une disposition présomptive de la volonté des parties. Il croit du reste qu’il ^vaut mieux présumer l’intention de ne pas autoriser la répétition.
- M. Lermina veut qu’on défende l’artiste contre l’acquéreur, le marchand, le spéculateur, et qu’on 11e le dessaisisse de son droit qu’à la dernière extrémité.
- M. Wouwermans, secrétaire de la section de littérature française du Cercle artistique d’Anvers, a cité le cas d’un artiste qui s’est permis de répéter une œuvre achetée dans le but exprès de la retirer de la circulation.
- M. Pouillet croit que, dans le silence de la loi, la jurisprudence interdira à l’artiste toute reproduction.
- Le Congrès a sanctionné par son vote le système de MM. Lermina et Fleury et réclamé par conséquent pour l’artiste le droit de répœ tition, sauf stipulation contraire.
- UN BUREAU D’EXPORTATION
- L’Exposition universelle, encore ouverte à Anvers, se distingue par une particularité digne d’attirer l’attention des exportateurs et signaléepar la Revue de l’exportation française.
- Toute exposition internationale est en pripcipe destinée au développement des échanges entre les diverses contrées du globe. Ce n’est pas sans raison qu’on ouvre l’accès des expositions aux produits de tous les peuples et que les étrangers accourent par centaines de mille dans les capitales où se tiennent ces grandes assises du commerce et de l’industrie.
- Les récompenses, décernées par les jurys internationaux, désignent évidemment les produits couronnés au choix des acheteurs, quelle que soit leur nationalité. Dans diverses expositions, les exposants vont, d’une façon plus directe au-devant des acheteurs. Ils affichent le prix des objets exposés, distribuent des prospectus, des prix-courants, des catalogues rédigés et calculés en différentes langues. Qu’importent pour l’immense majorité des acheteurs la beauté et la perfection d’un modèle, s’ils ne sont pas renseignés sur les conditions de la vente ?
- Qu’importe même le prix d’un type unique, pour le négociant, s’il n’est pas renseigné sur le prix de la vente en gros des reproductions pour la consommation générale et sur les conditions de paiement ?
- D’autre part, il serait malaisé d’apposer sur chaque objet exposé les variations de conditions selon les quantités et les multiples changements que les considérations commerciales impriment au prix de vente, et à l’article fabriqué, selon le pays de destination.
- Nos voisins belges ont trouvé un ingénieux moyen de concilier ces nécessités pratiques et contradictoires en apparence.
- En dehors des sections , des groupes et des classes de l’Exposition d’Anvers, ils ont constitué une classe distincte (la 81e) qui fait en apparence double emploi avec la classification générale, mais qui, en réalité, la complète.
- Les objets exposés dans les diverses sections et les expositions particulières figurent pour ainsi dire en double à l’Exposition universelle d’Anvers en tant qu’ils sont susceptibles d’entrer dans le commerce international.
- On a compris dans le 9e groupe une classe 81, complément logique de la bibliographie. Présidée par M. John W. Hunter, elle a été organisée avec soin par le secrétaire du 9e groupe, M. Alfred Geelhand, qui en a fait un type de bureau modèle pour les affaires d’exportation.
- C’est à vrai dire une sorte de bibliothèque pratique pour l’acheteur de toutes les parties du monde. La visite de l’Exposition d’Anvers permet d’apprécier la situation générale de l’industrie belge et de certaines industries étrangères ; on peut acquérir une idée comparative des résultats obtenus par les établissements industriels, représentés à l’Exposition, mais cela ne suffit pas à décider le choix de l’acheteur, qui ne voit que les marchandises, sans apprécier leur valeur d’échange. C’est cette lacune, capitale au point de vue des affaires, qui est comblée par le bureau d’exportation. Là sont exposés, de manière à pouvoir être facilement consultés, tous les documents nécessaires aux grands importateurs. On y trouve tous les catalogues, prix-courants, cartes, monographies, albums d’échantillons, dessins, etc., etc.,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889'.
- de nature à amener un véritable courant d’affaires réelles. Grâce à cette innovation, l’ensemble des expositions particulières cesse d’être une sorte de musée industriel, dénué d’intérêt pratique : c’est un élément et un facteur de transactions commerciales nécessaire, quoique trop négligé dans la plupart des expositions universelles.
- La multiplicité des grandes expositions depuis 1874 et l’insignifiance de leurs résultats commerciaux pour les exposants ont jeté une sorte de discrédit sur ces manifestations de l’esprit moderne.
- Les maisons qui y prennent part se plaignent du surcroît de préoccupation que leur causent les expositions et des dépenses considérables auxquelles elles sont entraînées, sans que les débouchés ouverts leur apportent des compensations suffisantes. Elles obtiennent bien des récompenses, médailles ou diplômes, dont l’énumération fait un superbe.effet sur les factures et sur les circulaires, mais ils ne considèrent pas cette satisfaction d’amour-propre comme une rémunération de leurs sacrifices de temps et d’argent. Grâce au bureau d’exportation les industriels belges qui y ont adhéré sont en mesure d’espérer un résultat moins platonique. Là, tous les visiteurs de l’exposition, susceptibles de se transformer en acheteurs et en clients, trouvent réunis les multiples renseignements complémentaires, indispensables à la conclusion, voire à l’étude sérieuse des affaires. La présence simultanée des articles similaires dans diverses Expositions particulières favorise les premières,indépendamment des renseignements supplémentaires spéciaux à réclamer directement des maisons intéressées.
- D’ailleurs des mesures sont prises pour que le visiteur du bureau d’exportation trouve facilement des indications sur les classes de l’exposition, renfermant les produits dont il consulte les catalogues.
- A Anvers, on a voulu augmenter encore l’intérêt et l’utilité du bureau d’exportation en mettant à la portée des visiteurs les données pratiques sur le régime douanier des différents pays, les voies de communication par terre et par mer, le chiffre des affaires conclues annuellement par les concurrents étrangers à la Belgique.
- En se concertant avec la direction du commerce et des consulats, le comité du bureau a obtenu du ministre des affaires étrangères le concours précieux du chef du bureau des tarifs et de la statistique qui s’est mis à la disposition des exposants désireux d’entrer en rapport avec lui. Grâce à cette adjonction, le bureau d’exportation agit à la fois sur les industriels, désireux d’étendre leurs affaires au dehors et sur les visiteurs de l’exposition, disposés à acquérir les produits belges.
- Les promoteurs de cette utile innovation n’ont pas négligé la publicité, ce puissant moyen d’expansion commerciale, dont tous les rapports consulaires signalent les avantages et l’efficacité. On autorise les exposants, qui consentent à faire représenter leurs maisons au bureau d’exportation, à apposer des affiches, des cartes ou des tableaux sur les panneaux du local. En outre, un local spécial reproduit les insertions demandées par les adhérents au bureau d’exportation.
- En résumé, les industries belges, susceptibles de trouver des débouchés hors, du pays, tireront un profit réel de cette combinaison nouvelle. Elle devrait être appliquée partout où se font des expositions internationales. Nous recommandons cet exemple au comité d’organisation de notre grande exposition de 1889. Nos industriels seraient ainsi mis en demeure de bénéficier, comme leurs confrères belges, et dans une proportion plus considérable, de l’affluence de visiteurs étrangers, qui viendront contempler les merveilleux produits de l’industrie française.
- Il ne suffit pas de produire des chefs-d’œuvre, il faut que les créateurs trouvent la récompense de leurs efforts dans l’accroissement des exportations. La Belgique a fait assez d’emprunts à l’esprit d’invention de nos ingénieurs et de nos artistes pour que nous puissions nous approprier sans scrupule sa récente découverte.
- ÉGjHOS
- Paris
- La séance publique annuelle de l’Académie française est fixée au jeudi 26 novembre.
- * ¥
- La manufacture des Gobelins sera reconstruite l’an prochain. D’après le projet de M. Chabrol, architecte, les" constructions à élever sont les suivantes : 1° des salles d’expdsition ; 2° des ateliers de fabrication ; 3° des ateliers de teinture ;.4° une école de dessin ; 5° des bâtiments pour l’administration ; 6° des hangars, perron et murs de soutènement. Avec cela, 011 renouvellera une partie du matériel de la fabrication. Le montant du _ devis, approuvé par le conseil général des bâtiments civils, s’élève à 3,106,317 fr. 26 c.
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- Le service médical de nuit à Paris. — M. le
- Dimanche 2S Octobre 1885. —- 34.7;.
- docteur Passant vient de publier la .statistique de ce service pendant le troisième trimestre de: 1885 . .
- Il a été fait, pendant ce trimestre,. 1,907 visites de nuit, au lieu de 2,446 qui ont été faites pendant la même période de 1884 : différence en moins, en 1885, 539. La moyenne des visites par nuit est de 20 environ. Dans ce total de 1.907 visites,., les femmes son représentées par 992, les hommes par 627, les enfants par 288. Les maladies pour lesquelles 011 appelle le plus souvent le médecin de nuit ont été, pendant cette période, les angines ou laryngites, 101 ; les affections gastro-intestinales, 202 ; les. accouchements, 231 ; les blessures, 111. -, * . . .
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- Les délégués des chambres syndicales se sont réunis à l’hôtel de la rue Lancry afin de s’entendre sur l’organisationde la fête du commerce et de l’industrie qui doit avoir lieu au mois de mai p ro-cliain. Quarante-cinq chambres syndicales ont adhéré à ce projet de fête ; dix-sept étaient représentées à la réunion d’hier par leurs présidents, vice-présidents ou secrétaires. Les trois propositions suivantes ont été mises aux voix et adoptées : convocation prochaine de toutes les chambres syndicales, des sociétés savantes et littéraires, du syndicat de la presse, etc. ; nomination d’une commission de cent cinquante membres chargée de l’organisation définitive ; enfin, il a été décidé que le produit de la fête serait destiné aux pauvres de Paris.
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- D épartements
- Aux termes de l’article 1er du décret du 10 août 1875, concernant l’exercice de la pêche fluviale, modifié conformément aux dispositions du décret du 10 mai 1878, la pêche du saumon, de la truite et de l’ombre-chevalier est interdite, même à la ligne flottante tenue à la main, du 20 octobre 1885 au 31 janvier 1886.
- •k
- ETRANGER
- Allemagne
- Les travaux d’organisation et d’installation de l’exposition internationale de sculpture polychrome qui aura lieu, comme on sait, en novembre prochain, dans les locaux de la Galerie nationale, sont poussés avec activité. Une partie du premier étage vient d’être fermée au public.
- ' Chaque jour amène de. nouvelles adhésions et les envois des sculpteurs étrangers se multiplient. Tout en somme fait prévoir un très grand et bien légitime-succès pour cette intéressante exposition. *
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- L’Exposition des apprentis do la direction des chemins de fer du district d’Elberfeld a été clôturée officiellement le 15 octobre après la distribution solennelle des prix.
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- L’Association coloniale allemande compte aujourd’hui plus de 12,000 adhérents après quelques mois.
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- La Société météorologique de Berlin vient d’établir dans le nord et. le sud-ouest de l’Allemagne un certain nombre de stations météorologiques nouvelles.
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- L’Union centrale des industriels allemands a adopté sur le travail du dimanche, les propositions dont nous donnons ici le résumé :
- 1° Le travail des dimanches et fêtes étant anti économique, doit être évité autant que possible ;
- 2° Il est cependant inévitable quand l’industrie ne permet pas de retard, quand il s’agit de répa-tions, etc., ou de transports par terre et par eau ;
- 3° Les autorités locales détermineront les industries où la nature de l’exploitation ne permet ni interruption, ni retard, et accorderont sur la demande des intéressés le droit de travail pour les dimanches et fêtes ;
- 4° Le travail du dimanche (de 6 h. du matin à 6 h. du soir) est inopportun s’il a pour but une augmentation de la production normale.
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- La Chambre de commerce de la haute Bavière vient d’adresser au ministre royal de l’intérieur une pétition tendant à faire remettre jusqu’au 1er janvier 1886, l’application des nouveaux tarifs douaniers sur le pétrole, qui devaient être mis en vigueur à partir du 1er novembre.
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- Angleterre
- Le Board of Works, comité des travaux publics, s’occupe de nombreux et indispensables travaux d’embellissement à Londres.
- Les quartiers infects de Soho-square et le carrefour des Seven-Dials disparaîtront prochainement. *
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- Parmi les expositions actuellement ouvertes à Londres, The Athenœum signale dans Mew Bond Street, celle de Hanover Gallery qui contient le Postillon de Meissonnier. Cette peinture est
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- 348. — Première Année — N° 43.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Octobre i885.
- fort admirée de tous les visiteurs. On remarque aussi dans cette galerie un Retour de la pêche, par M. Feyen-Perrin et d’autres tableaux de MM. Roybet, Le Blant, Ralli, Stevens, Béraud et Vriendt.
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- Autriche-Hongrie
- La Société de géogixiphie hongroise a repris ses séances le vendredi 16 octobre.
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- H'
- Le Musée des arts et métiers de Buda-Pesth s’est enrichi d’une collection artistique de très grande valeur, composée d’environ cent pièces et donnée par M. Karl Haggenmacher.
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- L’exposition d’armes organisée à Brunn (Moravie) dans le Musée des arts et métiers, et dont il a déjà été question dans ces colonnes excite le plus grand intérêt dans les sphères de la ville et surtout dans les cercles artistiques.
- L’Exposition comprend en tout 600 objets de prix mis à la disposition des organisateurs par 35 exposants.
- A l’entrée est placée l’armure complète du comte Niklas de Salm, le défenseur de Vienne en 1529. Puis vient une riche collection de boucliers, de pavois, de cuirasses et morions, d’armes de hast et de trait, d’arquebuses, de lances, hallebardes, etc., et de trophées de guerres austro-turques. Il faut ajouter à cela des armes et un attirail complet de chasse offrant le spécimen le plus complet et le plus pur des traditions de la Renaissance. Les sculptures et les ciselures les plus délicates, les plus Unes inscrusta-tions d’ivoire et de nacre, les gravures les plus soignées, l’or, l’émail et l’argent travaillés d’une façon charmante attirant et captivant l’oeil du Connaisseur et du profane, éblouis par cette série d’objets merveilleux et uniques qui 11’étaient jamais sortis des collections particulières et qui sont aujourd’hui pour la première fois réunis dans une exposition publique.
- Citons au hasard parmi les exposants les princes Jean et Charles Lichtenstein, les comtes Hugo Salm-Reifferscheid, Dubsky, Belcredi. Mi-trowsky, et d’autres amateurs de Vienne et de Pest.
- États-Unis
- Nous avons parlé dernièrement d’une grande vente de tableaux modernes qui aura lieu cet hiver à New-York. Nous avons également dit par suite de quelles circonstances les collections de M>e Morgan allaient être dispersées par les enchères ; nous empruntons aujourd’hui au Matin les renseignements suivants sur la composition de cette collection.
- La vente, qui aura lieu au mois de mars, comprendra des œuvres de presque tous les maîtres de l’Ecole français moderne.
- Seize Diaz, tous très importants, parmi lesquels Vile des Amours et Coucher de soleil après l’orage.
- Onze F. Millet, dont nous signalerons les Bûcherons et les C ardeur s.
- Sept toiles remarquables de Th. Rousseau,dont la plus belle, Automne à Fontainebleau, fut achetée il y a quelques années, 50,000 francs, chez Bernheim jeune.
- Huit Corot, dont deux : Le Matin et Près Ville' d’Avray, ont figuré au Salon.
- Deux Couture : Faust et Méphistophélôs et Un Conventionnel de 1795.
- Trois Delacroix : Tigre et Serpent, Cléopâtre et un paysage.
- Cinq magnifiques paysages, par Jules Dupré.
- Quatre Daubigny : Bords de l’Oise et Bords de la Seine.
- Trois Fromentin, dont l’un, Chasse aux faucons près Philve, est une merveille.
- Six Troyon, parmi lesquels nous signalerons : Retour cc la ferme, Voiture traînée par un chien et le Pâturage.
- Trois Meissonier : Le porte-drapeau, le Salon de lecture et la Vedette en 1812, qui représentent à eux seuls, une fortune.
- Trois tableaux par Jules Breton, dont l’un, la Première Communion, qui fut tant admiré, il y a quelques années, au Salon, est considéré comme le chef-d’œuvre du maître.
- Signalons encore quatre toiles importantes de Bouguereau : La Vierge, l’Enfant Jésus, Saint-Jean-Baptiste, du Salon de 1875 et la Charité.
- Quatre Vibert, parmi lesquels nous remarquons : la Halte des missionnaires.
- Trois tableaux importants, par Rosa Bonheur : Attelage de bœufs, la Liante-Ecosse et Cerfs dans la forêt.
- Desdemona, par Cabanel.
- Deux très belles toiles de Decamps : Bazar turc et Halte dans le désert.
- Trois Gérome, cinq Knauss, deux Alma Tade-ma, six Van Marche, trois Henner, cinq Schveyer, etc., etc.
- Cette vente, par son importance, dépassera de beaucoup toutes les adjudications qui ont eu lieu jusqu’ici, et son résultat pourra avoir une inüuenc considérable au point de vue de l’art français.
- Italie
- Une exposition de la Bibliothèque de Manzoni va être installée prochainement dans une salle de la Bibliothèque nationale à Milan.
- Les organisateurs réuniront là toutes les œuvres de Manzoni, publiées et inédites, ses manuscrits, une grande collection de traductions étrangères et les nombreux ouvrages publiés sur lui en Europe, comme la Société de Goethe le fait déjà à Weimar, pour la fondation d’une bibliothèque de Goethe.
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- Pays-Bas
- Le gouvernement néerlandais vient de confier à une commission qui s’entendra pour ce faire avec les principaux négociants et fabricants du pays, le soin de chercher à améliorer le système de l’établissement des droits de douane, d’après la valeur des marchandises importées et de lui soumettre ses propositions.
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- Russie
- Un ukase interdit la célébration du vingt-cinquième anniversaire de tout événement historique. Cette mesure vise la fête projetée pour célébrer, en février prochain, l’anniversaire de l’émancipation des serfs.
- LES LIVRES
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- Les Almanachs. Collection variée, éditée par E. Plon, Nourrit et Ci®.
- Tous les ans au milieu d’octobre, fleurit une littérature spéciale, populaire, à bon marché, qui mérite quelques instants d’attention de la critique littéraire. En même temps que partent les hirondelles, que le marchand de marrons fait crépiter son dessert à la portée des plus humbles bourses, que les magasins de nouveautés embouchent la trompette de leurs boniments, que pour parer les tombes au 2 novembre s’épanouissent les chrysanthèmes, ces fleurs naturelles qu’on dirait artificielles, paraissent aussi les almanachs de l’année nouvelle qui approche.
- N’affectons pas d’en médire, écrivains mes frères, ces petits volumes se vendent par centaines de mille. Ils contribuent à la fortune de l’éditeur dans des proportions auxquelles ne peut atteindre aucun chef-d’œuvre littéraire. Ils constituent le principal rayon de la bibliothèque rudimentaire de la ferme, de l’atelier, de la maison ouvrière, autrefois réduite à quelques rares petits volumes dont le vénérable almanach de Mathieu Laensberg, imprimé sur papier à chandelle avec des têtes de clous, tient toujours la tête ; cette collection s’est accrue au point de répondre à tous les goûts, de satisfaire tous les besoins, de flatter toutes ' les modes, de former une sorte d’encyclopédie portative pour tous les âges, tous les sexes, tous les états, tous les métiers. Il y a là un instrument de diffusion des connaissances utiles ou frivoles, un levier de popularité avec lequel il faut compter, et pour l’observateur et le moraliste, c’est un passe-temps amusant qui ne manque pas de leçons piquantes, que l’examen superficiel de ce jeu de petits livres qui arrive, sous les apparences d’un manuel élémentaire de la connaissance des temps, des variations des saisons, des indications météorologiques élémentaires, à franchir toutes les portes et à s’étaler sur toutes les tables.
- Pour les gens d’affaires, les gens pratiques, qui ne s’inquiètent pas des bagatelles de la porte et veulent surtout avoir des conjectures raisonnées, des probabilités bonnes à consulter pour les voyages, les spéculations commerciales, des renseignements exacts sur les fêtes, foires et marchés, voici le traditionnel Almanach liégeois, avec la figure typique de son vieil astrologue en bonnet pointu. Celui-là ne paye pas de mine, et ne fait aucun sacrifice ou faux luxe. Mais il est plein de détails économiques, statistiques, assaisonnés au gros sel d’une anecdote, d’un bon mot tels qu’ils suffisent pour mettre un agriculteur de bonne humeur. C’est un conseiller en blouse grise, qui ne craint pas l’eau de la gouttière, ni les macula-tures de la terre de labour fraîchement soulevée.
- Pour les lecteurs d’un goût un peu plus raffiné, et que l’allure scientifique n’effarouche pas, souriant d’ailleurs avec bonhomie, voici les trois almanachs Mathieu de la Drôme,, simple, double triple, qui se trompe quelquefois dans ses prévisions, fondées pourtant sur des calculs d’expériences, mais qui souvent donne un avis salutaire à ceux qui regardent au ciel pour savoir le temps qu’il fera sur la terre et surtout sur la mer.
- A la même famille, mais avec cette pointe de scepticisme et de gouaillerie chère à l’esprit français, appartiennent. VAlmanach astrologique et Y Almanach prophétique, par un neveu de Nostra-damus, qui n’est pas ennemi delà gaieté et dont le bonnet est garni de grelots.
- Encore pour les gens pratiques amis de Cérès et de Bacchus, comme on disait autrefois, ont été composés . et illustrés VAlmanach Manuel de la
- cuisine et de la maîtresse de maison, recueil de bonnes recettes culinaires, de conseils gastronomiques, de sauces anciennes et nouvelles, sans oublier la sauce piquante dont se pourléchaient volontiers les lèvres les ancêtres du genre, Berchoux Grimod de la Reynière, Golnet et Brillat-Savarin, et le Parfait vigneron, dont le titre suffit à indiquer les utilités et les agréments.
- U Almanach scientifique, recueil des principales découvertes et applications de la science à l’industrie et à l’hygiène, par M. Paul Laurencin.
- L’Almanach du savoir vivre et de la bonne compagnie par cette brave comtesse de Bassanville, morte récemment non dans son salon, mais dans une pauvre chambre de Sainte-Périne (ô ironie du sort !) complètent le rayon que nous appellerons d’instruction et d’éducation sommaire.
- Aux gens pressés, qui n’ont que de rares loisirs à consacrer aux récréations de l’esprit, sont dédiés VAlmanach National, VAlmanach de France et VAlmanach-Album des Célébrités contemporaines, petit cours d’histoire familière, qui ne se prive pas d’un élément certain de succès en caressant discrètement la fibre patriotique, et même cette corde plus grossière de la fierté française,baptisée du nom de Chauvin.
- Il y a aussi le rayon de la petite famille, de ces demoiselles, depuis celles qui jouent à la poupée jusqu’à celles qui jouent à la femme et de ces Messieurs, ’depuis ceux qui jouent avec Polichinelle jusquà ceux qui frisent la première moustache et fument le premier cigare : Almanach de la Poupée modèle, Almanach des jeunes mères, Almanach des Dames et des Demoiselles.
- Pour ces dernières, qu’on suppose pieuses, sinon dévotes, il y a les Almanachs d’édification, le Bon Catholique, et même l’Almanach des Saints Cœurs de Jésus et de Marie.
- Enfin pour les loustics, pour les farceurs, qui aiment à se désopiler la rate, et pensent que le rire est le propre de l’homme, il y a ample provision de foiichonneries variées, salées, épicées, poivrées dans 1 ’Almanach comique, qui en est à sa 45e année,
- VAlmanach pour rire, l’Almanach du Charivari,
- VAlmanach lunatique, et l’Almanach des Parisiennes par Grévin, ce Gavarni de notre temps.
- Nous ne pouvons pousser plus loin le dénombrement et nous ne saurions nous risquer à l’analyse. Mais le lecteur conviendra avec nous qu’il y a dans le succès de cette littérature spéciale, à bon marché, dans la puissance de cet instrument de diffusion qui jette chaque année unmillion d’exemplaires dans nos maisons et surtout dans nos chaumières, un fait caractéristique du temps,, qui méritait bien un moment d’attention.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Gymnase, premier: représentation de la Doctoresse de MM. Paul Ferrier et Henri Bocage.
- La reprise des Mères repenties, audacieux essai de l’habile directeur du Gymnase, n’a pas eu de longues soirées ; la pièce de Malefille a été vite remplacée par une nouveauté de toute actualité : la Doctoresse. La pièce passait juste au moment des examens de la Faculté de médecine pour le doctorat.
- Le premier acte nous montre une doctoresse dans son cabinet de consultation recevant ses clients. Les auteurs, avec leur esprit bien connu, ont trouvé naturellement le moyen de placer des mots vifs et sémillants. La situation du mari de la doctoresse est fort difficile ; quand il dit un mot tendre, la praticienne lui répond par des textes du codex. Mais pourquoi s’est-elle fait doctoresse ? Pour amasser par son travail une fortune égale à la dot apportée par son mari. Et, nous assistons au monde renversé, la femme s’étant fait homme, c’est le mari qui est devenu la femme de ménage.
- Mlle Magnier, la doctoresse, s’est fait un costume sévère ; c’est une longue redingote de velours noir, toque noire également ; pince-nez d’argent.
- M. Noblet, le mari, a, dans ce premier acte, un air de déconfit qui fait de la peine, mais admirablement composé ; il est d’un comique irrésistible.
- Au premier acte, le succès était incertain, mais il s’est affirmé en plein au second. MUo Magnier ne tarde pas à abandonner tous ses diplômes et on la voit revenir en femme du monde dans de ravissantes toilettes claires.
- Mlle Desclauzas nous est apparue en femme colosse ; elle est d’une fantaisie exubérante.
- Nous avons vu tour à tour Mmcs Darlaud, Deri-gny, Rose Lion, Caro, Pierval, Cheirel, etc. C’est le beau bataillon du Gymnase.
- M. Paul Ferrier, en compagnie de M. Henri Bocage, a pris une brillante revanche d’insuccès passés ; la pièce de nos deux confrères est destinée à réjouir la province aussi bien que Paris.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE >
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 1er Novembre 1885. NUMÉRO 44.
- SOMMAIRE :
- x. Exposition internationale de l’industrie, Edimbourg 1886; 2. Exposition de la Nouvelle-Orléans ; 3. Le Canada à l'Exposition d’Anvers; 4. Les invités français en Hongrie; 5. Echos ; 6. La question économique; 7. Les Livres; 8. Les Théâtres.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE L’INDUSTRIE
- EDIMBOURG, 1886
- - Nous recevons, au sujet de cette Exposition, les communications suivantes :
- Une Exposition internationale de l’industrie, des arts et 'des sciences aura lieu à Edimbourg, pendant l’été de 1886.
- C’est la pt'emière Exposition internationale qui ait jamais eu lieu en Écosse, et elle sera ouverte aux produits de toutes les nations. Un trait distinctif sera de faire voir les ressources matérielles, les manufactures, et les trésors artistiques de l’Écosse.
- Une société bien connue d’ingénieurs d’Edimbourg se chargera de la section des machines en mouvement, et mettra généreusement à la disposition du Comité les machines nécessaires.
- La section des,beaux-arts et les anciens trésors historiques de l’Écosse, offriront un intérêt tout particulier.
- Une section spéciale sera consacrée aux ouvrages à l’aiguille des dames.
- La section des artisans a pour objet de donner l’occasion de montrer le talent et l’habileté des classes ouvrières.
- Le vieil Edimbourg avec ses édifices historiques, ses costumes des xive, xve et xvie siècles, sera représenté avec soin.
- Le Conseil municipal d’Edimbourg a mis à la disposition du Comité un des plus beaux parcs de la ville, et on ne peut plus accessible. Un bâti-menr sera construit, et les méthodes d’éclairage les plus perfectionnées y seront adoptées. La beauté des environs du parc ainsi que la musique et les autres fêtes ne peuvent manquer d’attirer le public de l’Écosse, de l’Angleterre et de l’Irlande, et en même temps on peut aussi espérer que les visiteurs viendront en foule des Colonies et des pays étrangers.
- Le Comité exécutif se réserve le droit d’introduire des changements dans les règles suivantes, et les décisions du Conseil ou des comités seront dans tous les cas définitives.
- INSTRUCTIONS POUR LES EXPOSANTS
- 1. Une Exposition internationale de l’industrie, sous le patronage de Sa Majesté la reine Victoria, aura lieu à Édimbourg,_en 1886.
- 2. L’Exposition ouvrira le 4 mai et fermera le 3o octobre 1886.
- 3. On peut se procurer les formules de demandes d’emplacement auprès du secrétaire, M. Mar-chbank, 18, Frederick Street, Édimbourg. Elles doivent être remplies et renvoyées avant le i5 novembre 1885. La décision du Comité sera donnée au plus tard le i5 décembre 1885.
- 4. Aucune marchandise ne sera reçue avant le i5 mars 1886 sans une permission spéciale, ni Après le ib avril 1886; mais on peut faire des arrangements avant cette date pour les moteurs, chaudières ou les pièces qui ont besoin d’être bâties.
- 5. La classification n’est pas épuisable.
- 6. Dans le cas où les objets seraient remis en l’absence de l’exposant ou de son représentant, le Comité ne sera pas responsable de la perte ou du dommage, qu’elle qu’en soit la cause.
- 7. Le Comité a le droit de refuser n’importe quel objet sans en donner la raison.
- 8. Les caisses devront être déballées aussitôt que possible et les caisses vides devront être enlevées aux frais et risques de l’exposant. Le Comité aura soin de ces caisses et les mettra en magasin aux frais de l’exposant et au prix indiqué dans la formule n° A.
- 9. Il faudra payer pour l’emplacement, excepté dans des cas spéciaux, que le Comité aura à fixer. Les exposants auront à payer tous les frais de transports, de livraison d’arrangement de leurs articles, ainsi que la construction des montures, des paravents, et des comptoirs en cas de besoin. L’enlèvement des objets sera aussi à leur charge, et ils devront personnellement ou par un représentant surveiller l’envoi, la réception, le déballage, l’installation, et à la clôture de l’Exposition, l’enlèvement de leurs articles. Le Comité, se réserve le droit de faire aux frais de l’exposant tout ce qui peut être jugé nécessaire, si ces règles ne sont pas observées rigoureusement.
- 10. Le Comité fera tous ses efforts pour obtenir des différentes compagnies de chemin de fer et autres entrepreneurs de transports des prix spéciaux pour le. transport aller et retour, et s’il y réussit, ces arrangements seront communiqués aux personnes qui ont l’intention d’exposer.
- 11. Tous les colis contenant des objets pour l’Exposition devront avoir la marque: IIE 1886, peinte ainsi que le nom et l’adresse de l’exposant. Des étiquettes seront, à cet effet, données à chaque exposant.
- 12. La force motrice (eau, gaz et vapeur) sera fournie à de certaines conditions. Les exposants qui en auront besoin devront adresser une demande spéciale au secrétaire, indiquant la vitesse et la force de chaque machine requise. Les arbres moteurs seront fournis aux frais des exposants. Toutes les chaudières doivent être soumises à une inspection rigoureuse, qui sera arrangée par le Comité aux frais des exposants.
- 13. Des cartes d’entrée à l’Exposition seront accordées aux exposants et à leurs assistants, mais si l’on trouve qu’elles sont transférées, elles seront immédiatement annulées.
- 14. Aucune substance explosive, ou regardée par le Comité comme étant dangereuse, ne sera admise ; mais elle pourra être représentée par des modèles.
- 15. Les esprits, les huiles, les essences, les substances corrosives, ou tout article pouvant détériorer d’autres articles ou incommoder le public, doivent être placés dans des vases forts et convenables, de petite dimension.
- 16. Le Comité se réserve le droit d’examiner ou d’analyser n’importe quel article. Si quelque dommage est causé pendant l’Exposition par une machine exposée, par un instrument ou tout article à un visiteur ou à tout autre personne, alors l’exposant à qui la machine, l’instrument, ou l’article appartiennent, dédommagera le Comité, et l’exemptera de toute responsabilité, en cas de poursuite, de procès et de frais occasionnés par l’accident.
- 17. Quoique le Comité ne soit responsable de la perte d’aucun article ou des dommages qui pourraient arriver, néanmoins il prendra toutes les précautions, tous les soins possibles par rapport aux articles exposés.
- 18. Le Comité se réserve le droit de faire enlever les articles de quiconque ne se conformera pas aux règles.
- 19. Aucun article exposé ne pourra être copié, photographié, peint ou reproduit sans une permission spéciale du Comité.
- 20. Les caisses, les comptoirs, les plates-formes, les abris et les partitions ne devront pas (sans une permission spéciale) excéder les dimensions suivantes :
- Montres d’étalage et partitions, 10 pieds au-dessus du plancher.
- Comptoirs, 3 pieds au-dessus du plancher.
- Plates-formes, 1 pied au-dessus du plancher.
- 21. Les exposants peuvent ériger des grilles
- autour de leur emplacement et se pourvoir de pavillons ; le tout sujet à l’approbation du Comité. Dans tous les cas ces grilles ne devront pas dépasser l’espace alloué ; quant aux machines fonctionnantes, elles devront être entourées d’une grille convenable.
- 22. Les articles prêtés seront numérotés et mis au catalogue avec le nom de l’expéditeur. Les objets d’art seront reçus selon des règles spéciales qui seront données en s’adressant au président du Comité de section.
- 23. Les objets exposés par les artisans seront numérotés et mis au catalogue avec les noms des expéditeurs. Ils pourront être placés dans une section distincte ou autrement, selon que le Comité le jugera à propos.
- 24. Le plancher ne sera ni changé, ni enlevé, ni renforcé, sans la permission du Comité.
- 2 5. Aucun exposant n’aura la permission d’étaler des articles de manière à obstruer la lumière ou arrêter la vue le long des espaces vides, ou à causer de l’inconvénient ou du dommage aux autres exposants.
- 26. Pour assurer l’uniformité des décorations, aucun exposant n’aura le droit d’élever des drapeaux ou autres décorations sans permission, et pour la couverture des comptoirs, des abris ou partitions, les exposants pourront choisir et se procurer les matériaux dans les bâtiments de l’exposition.
- 27. Les poteaux d’enseignes ou les écriteaux devront être placés à la satisfaction du Comité chargé de l’espace, et ne devront pas obstruer la lumière. Ils devront être noirs, avec des lettres d’or.
- 28. Toutes les affiches, les cartes imprimées concernant les articles exposés, et destinées à être distribuées gratuitement, devront recevoir l’approbation et la permission du Comité, laquelle permission pourra lui être ôtée quand bon lui semblera.
- 29. Les exposants devront veiller à ce que leurs estrades ainsi que leurs articles exposés soient tenus propres et en bon ordre pendant tout le temps de l’Exposition.
- 30. Aucun exposant n’aura le droit de transférer aucune portion de l’espace qui lui aura été alloué, ni de permettre qu’on y mette aucun article excepté les siens.
- 31. Toutes les marchandises devront être exposées au nom du particulier ou de la maison de commerce qui aura signé la demande.
- 32. Les exposants auront la permission démarquer les prix des divers articles exposés pour l’instruction des jurés et des visiteurs.
- 33. Les exposants ou leurs représentants pourront donner des explications sur leurs articles aux visiteurs, mais ils n’auront pas le droit de les presser d’acheter leurs marchandises, l’Exposition ayant pour but principal d’étaler les produits de l’industrie.
- 34. Les diplômes pour les médailles d’or, d’argent et de bronze, et les mentions honorables seaont décernés aux exposants sur la recommandation des jurés à qui le pouvoir sera donné d’accorder un nombre suffisant de récompenses comme il suit :
- (1) Diplômes pour les médailles d’or.
- (2) » » d’argent.
- (3) » » de bronze.
- (4) » Mentions honorables.
- Les diplômes pour les trois premières classes seront accompagnées de médailles de bronze. Ceux qui obtiendront des diplômes de première et de seconde classe pourront s’arranger de manière à avoir des médailles d’or ou d’argent selon leurs diplômes, moyennant paiement de la différence de prix.
- 35. Aucun article ne pourra être enlevé avant la fin de l’Exposition sans permission spéciale du Comité. Les articles qui ne seront pas enlevés quinze jours après la clôture de l’Exposition seront mis en magasin, aux frais et risques des propriétaires, et les choses qui resteront après
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- 35o. — Première Année. — N° 44.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Novembre i88b.
- trois mois seront vendues aux enchères, et le produit sera employé en œuvres de charité.
- 36. Tous ceux qui deviennent exposants sont censés se soumettre à toutes ces règles ainsi qu’à toutes celles que le Comité pourra établir de temps en temps.
- 37. Le Comité se réserve le seul droit de compiler et d’imprimer un catalogue des objets exposés.
- 38. Tout exposant qui aura sujet de se plaindre de la conduite d’un fonctionnaire ou ^ assistant devra en donner avis par écrit au Comité.
- 39. Le Comité se réserve le droit de renvoyer tout employé dont la conduite ne lui paraît pas convenable.
- 40. Le Comité se réserve le droit de changer, de corriger, ou d’annuler n’importe laquelle de ces règles, ou d’y ajouter quelque chose.
- RÈGLES RELATIVES AU «VIEIL ÉDIMBOURG ».
- 41. Cette partie étant regardée comme une chose spéciale dans l’Exposition, les personnes qui demanderont les emplacements devront indiquer la Société, la corporation,, ou le métier qu’elles désirent représenter.
- 42. Dans tous les cas les exposants seront priés de s’arranger de manière à ce que leurs assistants portent les costumes de leurs périodes, et de leurs métiers respectifs. Le Comité fournira les dessins, ou bien les exposants peuvent soumettre les leurs à l’approbation dudit Comité.
- 43. En aucun cas un exposant n’aura le droit d’introduire plus d’un métier dans l’espace qui lui est alloué.
- 44. Le Comité exigera des précautions toutes particulières dans le cas où l’on se sert du feu ou du gaz dans l’Exposition, et un employé responsable sera nommé pour exécuter les injonctions du Comité à cet égard.
- RÈGLES SPÉCIALES RELATIVES AUX ARTICLES ÉTRANGERS
- 45. Les demandes pour emplacement envoyées des pays étrangers seront reçues jusqu’au ier janvier 1886.
- 46. Les étrangers qui demanderont de l’emplacement, et qui appartiennent à des pays où l’on n’a pas nommé d’agent, devront nommer des représentants pour agir en leur faveur ou permettre au Comité de le faire.
- 47. Les agents et commissionnaires doivent rapporter au Comité les détails de tous les objets qui doivent être envoyés de leurs pays respectifs et de la distribution de l’emplacement que l’on se propose d’allouer à ces pays.
- 48., Les lettres IIE 1886 devront être peintes snr tous les colis envoyés de l’étranger. Le nom du pays devra aussi être ajouté avec une marque particulière et distinctive, qui doit être annoncée au secrétaire par la poste.
- CLASSIFICATION
- ire classe. — Minéraux, exploitation des mines, des carrières et métallurgie.
- 1. Houille, charbon.
- 2. Pierres de taille, granit pour monuments, pavés, ardoises, etc.
- 3. Pierre calcaire et ciments.
- 4. Meules et pierres à repasser.
- 3. Fer, plomb, cuivre et autres minérais.
- 6. Fonte, fer forgé, acier — procédés de fabrication, etc. — 7. Plomb, cuivre, zinc, fer-blanc et airain. — 8. Or, argent, platine et autres métaux (En cours de fabrication, ou prêts à servir aux arts).
- 9. Machines et appareils de tout genre employés dans l’exploitation des mines, des carrières' et dans la métallurgie, ou leurs modèles.
- 2e classe.—.Poterie, verre et industrie de même sorte.
- 1. Briques et tuiles (simples et ornées).
- 2. Faïence et poterie de grès.
- 3. Porcelaine.
- 4. Verre de toute espèce (verres en feuille, glaces, verres colorés).
- 5. Vitraux pour architecture.
- 6. Flintglass ou cristal.
- 7. Verre à bouteille et verre de scories '
- 3° classe. — Chimie, pharmacie, aliments.
- 1. Acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique.
- 2. Alcalis. soda, potasse, magnésie, composés de chaux.
- 3. Agents chimiques supérieurs, y compris les couleurs de goudron de houille.
- 4. Pétrole, huile paraffine, produits de paraffine.
- 5. Produits pharmaceutiques.
- 6. Aliments (y compris les boissons).
- 4e classe. — Substances animales et végétales, à l’état brut et travaillé.
- 1. Gommes, résines, gutta-percha, caoutchouc, huiles végétales.
- 2. Bois de charpente.
- 3. Matériaux pour teindre et tanner.
- 4. Matières textiles et produits fabriqués (laine, jute, coton, lin, chanvre), avec métiers à filer et à tisser, ainsi que machines à coudre, etc., fonctionnant ou au repos.
- 5. Cuir, cordonnerie, etc.
- 6. Costumes.
- 7. Broderies, ouvrages à l’aiguille, etc.
- 5e classe. — Fabrication du papier, papeterie, impression et reliure.
- 1. Matériaux que l’on emploie ou que l’on a employés pour la fabrication du papier.
- 2. Papiers de tous genres : à envelopper, à écrire, à dessiner, à imprimer, cartons de pâte, etc.
- 3. Papier mâché.
- 4. Papeterie de bureau.
- 5. Caractères d’imprimerie.
- 6. Lithographie et gravure, etc.
- 7. Reliure.
- 6e classe.— Principes moteurs ; premiers mobiles.
- 1. Machines à vapeur (sur mer et sur terre), à gaz, électriques, hydrauliques, à air chauffé, etc. ; Roues à eau, turbines.
- 2. Chaudières, appareils pour consumer la fumée, etc.
- 3. Accessoires de machines ou de chaudières.
- 7e classe. — Objets fabriqués en métal.
- 1. Quincaillerie, outils tranchants, coutellerie, etc.
- 2. Armes de guerre et de. chasse ; armes de différents genres.
- 3. Etain, métal blanc anglais, maillechort et nickel.
- 4. Articles d’airain de cuivre, de plomb ou de zinc, ne pouvant être compris dans la classe des machines ou de l’architecture.
- 5. Orfèvrerie, bijouterie en or et en argent.
- 8e classe. — Chemins de fer, tramways et tout ce qui concerne les véhicules.
- 1. Rails, aiguilles, signaux.
- 2. Locomotives, wagons de marchandises.
- 3. Omnibus de tramways, rails, voie permanente.
- 4. Voitures, véhicules et tout ce qui s’y rapporte, tels que freins, appareils pour contrôler les billets, etc.
- 5. Vélocipèdes, bicycles, tricycles.
- 9e classe. — Génie civil et génie militaire, bâtisse, construction des vaisseaux.
- 1. Modèles détaillés de ponts, bassins, phares, etc.
- 2. Artillerie de campagne, plaques à blinder, boulets, bombes, etc.
- 3. Modèles de bâtiments et parties d’édifices.
- 4. Barrières, grilles, balcons, poutres, solives, etc.
- 5. Appareils sanitaires.
- 6. Modèles de navires, cuirasses pour vaisseaux, traverses, etc.
- 10e classe. — Mobilier et décoration.
- 1. Meubles de bois.
- 2. Meubles de marbre.
- 3. Meubles de métal.
- 4. Vannerie, bambou, saule, osier, etc.
- 5. Mobilier de matière mixte.
- 6. Papier à tapisser, gaufrage, linoléum, toile cirée, etc.
- 7. Décoration; peinture murale.
- 8. Vitraux.
- 9. Articles de fantaisie pour décoration.
- 1 ie classe. — Appareils scientifiques.
- Modèles d’appareils spéciaux d éclairage (électrique ou autre) de chauffage ou de force motrice pour usages domestiques, tels qu’appareils à huile, à gaz,' à air chauffé, machines électriques ; d’adaptation en chirurgie, médecine, mathématiques, météorologie, astronomie, guerre (de terre ou de mer), d’inventions scientifiques de forme ou d’application nouvelle; d’horloges, de montres, etc.; en cours de fabrication, etc. On admettra dans cette section des photographies, dessins ou illustrations ingénieusement élaborés d’instruments ou d’appareils d’intérêt historique.
- 12e classe. — Articles servant à l’éducation.
- Modèles, etc., destinés à des démonstrations techniques et scientifiques, etc.; mobiliers d’école considérés sous le rapport de l’utilité et de l’économie ; musée etpréparations microscopiques pour les écoles secondaires ; cartes, sphères, diagrammes, photographies, etc.
- i3e classe. — Industrie maritime.
- 1. Bateaux-pêcheurs.,
- 2. Instruments de pêche (filets, lignes, hameçons, harpons, etc.)
- 3. Appareil de pisciculture.
- . 4. Salaison et marinade du poisson.
- 5. Utilisation du poisson de rebut, des plantes marines, etc.; y_ compris l’ichthyocolle, la colle de poisson, le caviar, la soude de varech, etc.
- 14e classe. — Beaux-Arts.
- 1. Peinture à l’huile.
- 2. Aquarelles.
- 3. Dessins d’architecture.
- 4. Gravures, eaux-fortes et lithographies.
- 5. Sculpture.
- 6. Photographies.
- i5e classe. —Reproductions d’anciens édifices ou de vieilles rues, en tout ou en partie.
- Les spécimens de cette classe seront disposés dans le « Vieil Edimbourg », représentant en grandeur naturelle un modèle de rue contenant les fac-similés exacts de Luckenbooths, West Port, Lawnmarket, West Bow, et autres anciens monuments historiques des xive, xve et xvie siècles.
- Nota. — Les divers maîtres-ouvriers qui désireront occuper un emplacement dans ces bâtiments, lesquels formeront une particularité distinctive de cette Exposition, y seront installés dans la corporation ou jurande spéciale de la période correspondante à leurs métiers, et leurs compagnons devront porter les costumes de leurs corporations et métiers respectifs.
- Les industries que l’on se propose de représenter dans le « Vieil Edimbourg » comprendront la fonte des caractères, l’imprimerie, la gravure, la lithographie et la phographie, la reliure, la ciselure, les tentures, la tapisserie, la vaisselle d’or et d’argent, la joaillerie, etc.; ou tout autre art manuel admis par le comité.
- EXPOSITION
- de
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Nous recevons les communications suivantes :
- PROCLAMATION DU GOUVERNEUR DE LA LOUISIANE
- L’Exposition des Amériques du Nord, du Centre et du Sud à la Nouvelle-Orléans a fait un tel progrès qu’il y a certitude d’un succès complet et éclatant.
- Cette grande et noble entreprise promettant à tous ceux qui y participent de nombreux et importants avantages commerciaux, j’ai jugé utile, par la présente proclamation, d’appeler l’attention des gouvernements, des chambres de commerce et du public des Etats du Sud, du Centre et du Nord de l’Amérique, et de leurs cités respectives, ainsi que des gouvernements des colonies et des îles occidentales de l’Atlantique, sur cette Exposition, maintenant complètement prête pour la réception des produits à exposer, et pour la distribution de l’espace qui leur est nécessaire.
- Et, par ladite proclamation, je recommandé cette Exposition à l’attention et à la sympathie des nations étrangères, eu égard à l’influence importante et éminemment bienfaisante qu’elle exercera sur tous les intérêts commerciaux et manufacturiers, et sur toutes les industries productives.
- Ces avantages ont déjà été mis en évidence par l’Exposition close en mai dernier, dont celle-ci doit être pratiquement la continuation, inaugurée comme elle le sera pour répondre aux vœux fervents d’un grand nombre des premiers visiteurs.
- Les capacités, l’énergie, la position sociale et le caractère des membres du conseil de direction, sont de sûrs garants d’une administration équitable, judicieuse et vigoureuse.
- Donné sous ma signature, et avec le sceau de l’État de la Louisiane, en la ville de Bâton-Rouge, le 9 septembre 1885.
- Signé : S. D. Mc. Enery,
- Par le Gouverneur,
- Oscar Arroyo,
- Secrétaire d’Etat.
- LETTRE A LA COMMISSION FRANÇAISE
- Nouvelle-Orléans, 10 septembre 1885.
- J’ai le plaisir de vous annoncer que la besogne avance de la façon la , plus satisfaisante. Nous avons presque tous les États de l’Union complètement en ligne, sans parler des représentations attendues des autres contrées de notre continent.
- M. de Fonblanque, qui, en Angleterre, s’occupe de nos intérêts,, a demandé 3o,ooo pieds carrés d’espace pour la Grande-Bretagne. Aussi, espérons-nous que, dans ces conditions, les fabricants et négociants de France verront l’intérêt qu’ils ont à se faire dignement représenter ici.
- Tout s’accorde à faire présager une saison de succès. Le transport à vapeur est assuré jusqu’au parc.
- Toutes les Compagnies de chemins de fer du pays réduisent leurs tarifs à un taux phénoménal. L’affluence sera donc bien plus grande qu’elle n’a été l’an dernier, et un plus vaste champ est offert aux exposants.
- Très respectueusement,
- Richard Nixon,
- Secrétaire de la direction de l’Exposition.
- Les dernières nouvelles portent que les exposants allemands seront également très nombreux.
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- Première Année. — N° 44.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Novembre i88b. — 351.
- DERNIER DÉLAI
- Sur une dépêche de la commission française, la direction de l’Exposition vient de télégraphier que la section française ne sera inaugurée que le ier janvier 1886.' Cette date est le dernier délai.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. Ed. Debergue, secrétaire général, 39, rue Caumartin, Paris.
- LE CANADA
- A L’EXPOSITION D’ANVERS
- La section canadienne occupe à l’Exposition d’Anvers un espace relativement restreint. Le nombre des objets exposés est cependant considérable et c’est vraiment chose intéressante que _d’e_n faire l’étude comparativement aux produits similaires que nous offrent les pays européens._
- Le Canada s’étend de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Sa surface est de 3,470,892 milles carrés. Il possède des milliers de milles carrés des plus belles forêts de l’Amérique, d’immenses richesses de charbon, une pêcherie étendue et productive sur des fleuves et des lacs qui comptent parmi les plus grands et les plus remarquables du monde. La population du Canada s’élève environ au chiffre de 4,324,810 habitants, répartis dans les huit provinces du pays. Les provinces de Québec, d’Ontario et de la Nouvelle-Écosse sont les plus peuplées, quoique cependant leur territoire soit inférieur en étendue à celui des autres provinces.
- Les voies de communication ont reçu un développement considérable dans ces dernières années ; on compte 9,949 milles de chemins de fer en service et environ i,5oo milles en construction.
- Le chemin de fer canadien Pacific, desservant déjà la ligne de Québec jusqu’au milieu de la Colombie britannique, sera achevé jusqu’à la plage de l’océan Pacifique. Il formera alors avec le chemin de fer intercolonial une seule ligne entr’océanique de l’Atlantique au Pacifique, une route entre l’Europe et la Chine, le Japon, les Indes, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La compagnie de ce chemin defer Pacifique-Canadien a fait une exposition très complète et très intéressante sur laquelle je reviendrai plus loin.
- Des canaux navigables qui comprennent _ une chaîne artificielle de dix canaux entre les Straits of Belle Isle et la Thunder Bay à la tête du lac Supérieur ont mis en communication les différents fleuves du Canada. La navigation est très importante et se chiffre par un nombre très grand de vaisseaux représentant près de deux millions de tonneaux. Voici d’ailleurs quelques .renseignements sur le commerce et l’industrie du Canada.
- Le commerce général du Canada pendant l’année fiscale qui s’est terminée le 3o juin 1884 compte pour les importations et les exportations un total de 207,003,539 dollars. Les exportations comprennent les produits des mines, de la pêche, des forêts, des animaux, de l’agriculture (orge, avoine, pois, froment, pommes de terre, etc.) L’agriculture a toujours été le principal élément de la richesse du Canada, mais l’industrie tend à y prendre une place prépondérante, aidée d’ailleurs par. les immenses ressources du pays. A côté de l’agriculture les bois et forêts constituent pour le Canada un revenu important. L’exportation du bois s’est de plus en plus développée en même temps que la valeur des produits forestiers augmentait dans des proportions considérables. Les chiffres suivants permettront de se faire une idée de la consommation du bois pour l’industrie mécanique : la statistique compte trente-quatre industries qui, pour matières premières, sont restreintes au bois, soit pour la fabrication, soit pour le commerce ; ces trente-quatre industries ont 17,577 établissements avec 95,741 ouvriers faisant un chiffre d’affaires de 95,029,828 dollars.
- Le Canada a été richement pourvu par la nature de beaucoup de métaux et minéraux dans les différentes formations géologiques du pays. La côte de l’Atlantique embrasse le grand terrain de Saint-Laurent, formation connue depuis longtemps pour les minéraux de presque toutes les espèces connues qui y sortent de l’intérieur de la terre soit dans les rochers, soit le long des montagnes. La côte du Pacifique présente, dans un terrain de plusieurs milliers de lieues carrées, une formation pareille à celle des rochers de Colorado et de la
- Nevada. . , , „ ,
- Enfin l’industrie de la peche a une importance considérable au Canada. Cette industrie a régulièrement dans ses services plus de mille vaisseaux et trente mille barques. Morues, harengs, homards, maquereaux, saumons, églefins sont les principaux produits alimentaires de la pêche du Canada et ils forment les 2/3 de la valeur totale de tous les poissons pris par an. . ,
- Je n’insisterai pas davantage sur ces considérations générales que j’ai cru devoir présenter ici pour démontrer l’importance du pays dont je me suis proposé d’examiner l’exposition.
- La première section de la classification générale
- de l’exposition d’Anvers comprend l’enseignement, les arts libéraux, le mobilier et accessoires, les tissus, les vêtements et accessoires. Le Canada n’offre que peu d’expositions dignes d’être signalées : l’imprimerie et la librairie, le mobilier et la céramique, sont les seules industries qui attirent l’attention. Les tapis, les tissus, les articles de bonneterie, les vêtements sont à peine représentés par quelques échantillons.
- Au contraire la deuxième section qui comprend « l’industrie » est richement pourvue : les produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie, les produits des exploitations des industries forestières, les produits de la chasse, de la pêche, etc., offrent aux visiteurs des collections très importantes. Le matériel des exploitations rurales et forestières y est représenté par des semeurs de céréales, des charrues, des herses, des machines pour faucher et moissonner, etc.
- La carrosserie et le charronnage nous présentent des phaétons pour dames, des voitures bourgeoises couvertes, des voitures pour poney, des traineaux, etc., des chariots et charrettes, etc.
- Enfin, dans les produits alimentaires citons des collections de céréales en grains et en gerbes, légumes, racines et des blés de printemps et d’automne, — des houblons, — des échantillons de farine, etc.
- La troisième section qui comprend la navigation nous offre un modèle de steamer du gouvernement Lansdowne. — Un canot en écorce de bouleau, long de 19 pieds 2 pouces, construit par les Indiens du Milicite, etc.
- Les deux principales expositions du Canada qui méritent une mention spéciale sont celles qui ont été organisées par la compagnie du chemin de fer Pacifique-Canadien. La première peut être considérée comme représentant une collection complète des produits caractéristiques des vastes et fertiles régions dans le nord-ouest du Canada qui sont traversées par la ligne principale du chemin de fer; —la seconde est l’exposition de « la ferme de Manitoba » qui nous montre les différents degrés de développement par lesquels un émigrant colon doit passer lors de son arrivée dans le pays.
- Ces deux expositions à elles seules, par l’intérêt qu’elles présentent, méritent une mention spéciale et je me propose d’en faire l’objet de ma prochaine correspondance. — Elles termineront l’examen que j’ai fait de l’Exposition d’un pays avec lequel les industriels français doivent tendre à augmenter leurs relations commerciales, à l'instar de l’Angleterre et de l’Allemagne dont le chiffre d’affaires avec le Canada s’est considérablement élevé dans ces dernières années.
- Ch. Lenoir.
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- SEPTIÈME ARTICLE (Voir le Moniteur du 18 octobre 1885).
- L’excursion continue ; des champs succèdent à d’autres champs ; des charrues à vapeur fendent de leurs nombreux socs la terre féconde dont nous verrons plus loin battre les produits à la vapeur ; nous les suivons curieusement dans leur marche regardant se dérouler le câble d’acier qui les rattache à la locomobile et qui, dans ses vibrations rapides, frappe le sol à coups redoublés. Deux d’entre nous s’installent sur une charrue et s’offrent le luxe d’un sillon creusé sous leurs pieds.
- Nous remontons en voiture et partons au galop.
- Au. détour d’un chemin encaissé, la mise en scène, très ingénieusement disposée, nous met subitement en présence d’un spectacle des plus curieux. En pleine campagne , sur deux files, vingt-deux batteuses mises en mouvement par autant de locomobiles reçoivent les gerbes de blé eq après en avoir recueilli le grain, rejettent la paille qui s’élève en meules gigantesques. Autour de ces géants fantastiques aux articulations de bois et d’acier se presse une foule pittoresque de travailleurs en vêtements brodés et de femmes les pieds nus quand elles n’ont pas débottés. Jamais d’interruption dans le travail : des feux électriques nombreux et puissants s’allument au coucher du soleil et font de la nuit tombante un jour renaissant; des troupes fraîches viennent relever les travailleurs fatigués qui, après- un court repos, se remettent à la besogne.
- Nous continuons notre course voyant,échelonnés sur notre passage de nouvelles files d attelages de bœufs, d’innombrables troupeaux. Nous rentrons littéralement couverts d’une poussière noirâtre et légèrement harassés de cette longue tiaite en plein soleil, mais absolument ravis de cette
- suite de tableaux gracieux, entièrement nouveaux pour nous, et très attachants.
- Nous nous installons non sans plaisir devant un plantureux dîner servi dans le même hangar où nous avons déjeuné; le menu se dresse devant chaque convive sur les deux côtés d’une petite bannière de soie tricolore, en français sur les couleurs hongroises, en hongrois sur les couleurs françaises. Aorès le dîner, bal en plein air, sur les pelouses du parc. Au moment où les tsiganes préludent, arrive une délégation que nous envoient les habitants d’une petite ville assez éloignée pour nous faire part de leur chagrin de ne pas nous voir dans leurs murs : ils nous avaient préparé une réception, des logements, des fêtes ; et un télégramme de M. Horvath leur annonçant un changement d’itinéraire les a cruellement déçus ; nous recevons les délégués de notre mieux; nous les chargeons pour leurs concitoyens de l’expression de notre sympathie, de notre gratitude, de nos regrets ; soudain ils se forment en cercle, se découvrent, et sur un signal de l’un d’eux entonnent la Marseillaise; tous les Hongrois présents se joignent à eux ; nous écoutons chapeau bas et fortement émus l’hymne sacré de la patrie.
- Cette journée à Mezohegyes peut compter parmi les plus belles de notre voyage ; je me suis laissé dire que cette petite fête coûtait à l’Etat 10,000 florins (25,000 francs). Je n’en serais pas trop surpris ; un simple détail peut expliquer ces frais élevés : on avait, en vue de notre visite, installé la lumière électrique dans tout le parc ; les repas exquis, les lunchs copieux qu’on nous a offerts venaient de Buda-Pesthavec un personnel de vingt garçons, tous au fait de la langue française ; ajoutez à cela le chômage de cette armée de travailleurs une journée entière et les préparatifs de mise en scène et le rangement après la revue.
- Ces frais, du reste, sont loin d’avoir été faits en pure perte; nous emportons de ce spectacle une impression profonde ; nous avons vu ce que personne n’a encore vu, m’a-t-on affirmé, et ce que personne ne verra après nous, et ce récit ne peut donner qu’une bien faible idée de ce qu’est cet admirable établissement, unique en son genre, si intelligemment dirigé et si productif.
- Le lendemain matin, à sept heures, il nous faut quitter ce séjour hospitalier; après une dernière collation princière, nos hôtes respectifs, ne pouvant se décider à nous quitter, nous conduisent au chemin de fer : toute l’administration du domaine, tout l’état-major du haras se trouvent ainsi réunis à la gare, et les adieux sont longs, cordiaux, chaleureux.
- Nous avons avec nous une bande de tsiganes dont le chef, tout jeune encore, artiste de grande valeur, doit venir cet hiver à Paris. La marche de Szabady, celle de Plewna, deux ou trois czar-das et nous descendons à Orostraza ; nous y sommes acclamés avec un enthousiasme qui ne se lasse pas ; nous avons peine à traverser la gare pour arriver aux superbes voitures à quatre chevaux qui nous attendent, pleines . de fleurs avant même que nous soyons assis. Un déjeuner nous était servi au buffet ; nous sommes obligés de nous soustraire à cette démonstration sympathique, on nous attend à Magoas, le château du comte Karoly, ambassadeur d’Autriche-Hongrie à Londres. La caravane s’ébranle, M. de Lesseps en tête, dans une magnifique calèche à six chevaux; une trentaine de paysans en costumes, éperonnés et bottés, des flots de rubans tricolores sur les épaules, des cocardes tricolores aux chapeaux , nous font escorte jusqu’à l’entrée des domaines du comte. C’est pittoresque au possible! Par malheur, la plaine hongroise est séchée par un soleil ardent, et les chevaux des paysans de l’escorte, les chevaux et les roues de nos voitures soulèvent autour de nous des tourbillons d’une poussière noirâtre d’une telle intensité que nous ne distinguons plus rien, ni l’escorte, ni la voiture qui nous précède, ni celle qui nous suit, ni les files d’attelages de bœufs, ni les nombreux troupeaux de moutons, massés par compagnies des deux côtés de la route. C’est une seconde édition des merveilles de Mezo-heyges, nous dit-on, mais il nous faudrait une imagination bien puissante pour nous en douter. De temps en temps , cependant, dans notre course rapide, nous entrevoyons dans un éclair, les habits brodés d’une foule de paysans, dont les retentissants « Eljens » traversent l’épais nuage dont nous sommes enveloppés, comme autrefois les dieux de l’Olympe quand ils descendaient sur la terre.
- Le comte Karoly est absent; il est à son poste, et il a chargé son intendant de nous recevoir en son nom. L’intendant, un peu zélé, dans l’espoir
- Voir la suite page 354.
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- 352 et 353.— Première Année. — N° 44.
- LE MONITEUR DE'L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche icr Novembre i885.
- EXPOSITION INTERNATIONALE DES INVENTIONS DE LONDRES (1885)
- Cette Exposition a succédé aux deux précédentes, celle de la pisciculture et de la pêche (Fisheries Exhibition) et celle de l’hygiène et de l’éducation (International Health Exhibition), qui ont eu lieu à South-Kensington sous la présidence du prince de Galles, et .elle sera suivie par l’Exposition des Indes et des Colonies (Indian and Colonial Exhibition).
- La nouvelle loi sur les brevets d’invention. qui est maintenant en vigueur en Angleterre et qui protège d’une manière beaucoup plus efficace les inventeurs, a eu pour
- résultat, en 1884, de faire enregistrer 17,110 brevets, tandis que Ton n’avait jamais dépassé auparavant le chiffre de 6,241.
- Il faut aussi ajouter que les dépenses qu’occasionnaient la prise d’un brevet en Angleterre, se trouvent beaucoup diminuées par la nouvelle loi.
- L’Exposition dont nous venons entretenir nos lecteurs prouve que dans toutes les branches de l’industrie et de la science des progrès énormes ont été faits, surtout dans l’électricité et la chimie.
- Cette Exposition ne devait d’abord comprendre que les inventions, mais on y a ajouté la musique de même qffon avait ajouté l’éducation à l’Exposition de l’hygiène.
- La direction générale a été donnée à Sir Frédéric J. Bramwell, président de la Société des ingénieurs civils de la Grande-Bretagne.
- En ce référant ou plan général on verra que la galerie du nord est adjacente au célèbre Albert Hall qui est la plus grande salle des concerts du monde entier et la ga-
- lerie du sud au nouveau Musée d’histoire naturelle de South Kensigton.
- L’entrée principale se trouve dans l’avenue de l’Exposition à une distance d’un demi-kilomètre de la station des Métropolitan and Districts Railways, mais l’on s’y rend, en descendant de wagon, par un très beau passage souterrain éclairé à la lumière électrique et dont les parois des murs et des voûtes sont faites en briques blanches émaillées qni reflètent admirablement la lumière.
- On peut se procurer à chaque station, située dans un
- PLAN DE L'EXPOSITION INTERNATIONALE DES INVENTIONS A LONDRES
- , 2Û_ ENTREE Ksi
- A — Orchestres.
- B — Monument élevé alx Mémoire div Prince Albert. C _ Librairie-.
- D — Chocolaterie.
- E — Pavillon dn Prince de Pattes F .... 3ar Amtricam^
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- PI W.C. psur Messieurs
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- InpetSjcus cLX.
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- rayon de 46 kilomètres, des billets d’aller et retour pour .une somme très modique comprenant le prix du transit par la voie la plus courte, le droit de se servir du passage souterrain pour arriver, étant toujour à l’abri, jusqu’aux tourniquets de l’Exposition, et le prix d’entrée.
- Toutes les grandes lignes de chemins de fer sont reliées aux Metropolitan et Districts railways (chemins de fer souterrains) par des stations, des passages à niveau ou souterrains, et les trains se succèdent de 5 minutes en 5 minutes.
- L’exposition reste ouverte depuis 10 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir, excepté le vendredi et le samedi où elle ferme à 11 heures seulement.
- Le prix d'entrée est pour le mercredi 2 sh. 6 d. (3 fr. 10 1/21 et pour les autres jours 1 shilling (1 fr. 25).
- . G est surtout à partir de 4 heures du soir que l’Exposition commence à se remplir, les visiteurs ayant terminé leurs affaires, viennent y dîner et finir leur soirée, les moyens de transport pour retourner chez eux étant si admirablement arrangés qu’ils n’ont à craindre ni un
- retard ni une cohue toujours si gênante sur le continent.
- L’Exposition par elle même est excessivement intéressante mais la Commission a fait évidemment tout ce qui était possible pour la rendre très attrayante, comme lieu de divertissement, aussi les promeneurs qui, avec l’atroce climat de Londres peuvent si rarement sortir au grand air, y abondent.
- Dans chaque section vous trouvez des cafés, des bars où de charmantes Anglaises vous servent, des restaurants à prix fixe depuis 60 centimes jusqu’à 10 francs (le vin non compris), et des restaurants à la carte.
- Parmi eux on remarque beaucoup un bouillon Duval que MM. Spiers et Pond, ont installé sur le même système que ceux de Paris et les Anglais admirent la carte avec les prix marqués d’avance sur laquelle on marque au fur et à mesure les articles consommés ce qui permet à John Bull de régler sa dépense.
- Il ne faut pas oublier la fameuse Ecole nationale de cuisine qui se trouvait déjà au Health Exhibition de l’année dernière, De midi à une heure on fait des cours
- de Cuisine recherchée et le prix d’entrée est de 6 d. (60 1/2 centimes). De 2 à 3 heures, cours de Cuisine ordinaire, dite de famille, entrée libre.
- A l’Ecole culinaire est attaché un grand restaurant où l’on peut dîner pour 60 centimes, pour 1 fr. 25 ou prendre du thé et des biscuits pour 0,40.
- Pour donner une idée du succès de cet établissement, il suffit de citer les chiffres suivants :
- L’année dernière il a été servi :
- 122,606 dîners à i,25,
- 163,715 id. à 0,60 centimes,
- 111,965 thés à 0,40 centimes, et l’on a consommé 11,841 kilog. de viande de bœuf, 7,000 kilog. de viande de mouton de la Nouvelle-Zélande et 49 tonnes de poisson.
- Le magnifique aquarium qui fut construit pour l’Exposition de la pêche est ouvert gratuitement aux visiteurs de l’Exposition.
- Malgré son importance il fut construit en six semaines et coûta 15o,000 francs.
- L’eau de mer vient de Brighton et les 290,000 litres nécessaires pour le remplir sont filtrés au moyen du filtre rapide, système Maignen.
- L’eau douce vient des eaux de la ville, mais passe aussi par un filtre rapide, pour se débarasser de l’excès de sulfate et de carbonate de chaux nuisible aux poissons.
- Get aquarium renferme une collection excessivement intéressante et très complète de poissons de mer et d’eau douce, de mollusques, crustacés, etc., à côté se trouve l’Exposition de l’association pour la culture du poisson, où Ton voit fonctionner les appareils inventés, par le marquis d’Exeter et M. W. Oldham Chambers, polir l’incubation des œufs et l’alimentation des jeunes poissons. Les procédés employés sont très simples et très ingénieux et il est très intéressant d’en suivre toutes les phases.
- Le marquis d’Exeter expose aussi un modèle de pârc aux huîtres.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
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- 3$4* — Première Année. — N° 44.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Novembre i883.
- de nous éblouir, ne nous a fait grâce de rien, nous a promenés dans tous les coins pendant près de trois heures, et n’a réussi qu’à nous aveugler.
- C’est avec un sentiment de profond soulagement que nous arrivons au château ; peut-être la terre de Hongrie est-elle douée de propriétés apériti-ves spéciales, nous sommes affamés aussi bien qu’altérés par cette poussière invraisemblable. Comment nous mettre à table dans un état pareil? Nous ressemblons beaucoup à une bande de charbonniers ou de chauffeurs qui auraient travaillé des mois dans un pays sans eau. On nous invite heureusement à nous rafraîchir un peu le visage, nous montons un étage et nous nous trouvons dans une salle immense, devant une interminable série de lavabos. Mais à peine sommes-nous réunis, un éclat de rire fou, homérique, s’empare de nous, roule d’un bout de la salle à l’autre et s’oppose absolument au commencement des ablutions. Chacun regarde curieusement la tête de chacun des autres, puis court se regarder dans la glace et les rires de reprendre de plus belle. Ceux d’entre nous qui sont doués (soyons aimable) d’un commencement de calvitie présentent, au moment où ils retirent leur chapeau, un crâne d’ivoire, une calotte sphérique d’un blanc éblouissant sur un visage de suie, le contraste est d’un comique irrésistible. Après nous être frictionnés, savonnés, séchés, après avoir noirci plusieurs cuvettes, nous descendons déjeuner et, devant une table bien servie, finissons de nous remettre.
- On ne peut avoir idée en Fiance d’une exploitation terrienne semblable à celle du comte Karoly. Le domaine que nous venons de traverser compte 17,000 hectares et 3,600 habitants: c’est le moins important des domaines du comte dont la totalité forme la jolie surface de 80,000 hectares. Le comte Andrassy, qui nous recevait l’autre jour à Dobsina possède, d’un seul tenant, une terre de 5o,ooo hectares, avec des quantités fantastiques d’habitants et de troupeaux. Gela nous rappelle l’histoire du propriétaire anglais montrant avec orgueil un troupeau de 1,000 brebis à un grand seigneur hongrois, le prince Esterhazy ; le prince lui dit tranquillement : « Mais j’ai plus de chiens de bergers que vous n’avez de brebis ». Le fait était vrai.
- Nous reprenons notre route et rentrons dans la poussière; nous arrivons à Szentès aussi noirs qu’à Magoas le matin et bien peu dignes de la réception qui nous attend. A une demi-lieue de la ville, une troupe de 5o cavaliers vient à notre rencontre, porteurs de grandes bannières à nos couleurs. Précédés par notre escorte, nous entrons dans la ville en passant sous un certain nombre d’arcs de triomphe dont le dernier, le plus beau, est flanqué de chaque côté d’une estrade couverte de verdure d’où les jeunes filles de la ville nous bombardent de fleurs au passage. Toute la population est massée sur le long parcours que nous suivons nous acclamant d’eljens frénétiques. C’est l’accueil chaleureux, vibrant, enthousiaste de partout, avec quelque chose de plus, une nuance d’intimité qui lui donne un charme nouveau. Nous ne sommes plus logés à l’hôtel, mais chez les habitants.
- Au moment où nous descendons de voiture, toute la ville se presse autour de nous : les habitants curieux de connaître l’hôte qu’on leur a désigné, de l’emmener chez eux, de le choyer, nous prennent pour ainsi dire d’assaut; mais tout est admirablement organisé, aucune confusion ne se produit et, quand nous arrivons chez nos hôtes, nos bagages nous y ont précédés. Rien n’est plus touchant que l’hospitalité de ces braves gens 1 Leur plus belle chambre est pour nous ; nous ne savons où ils couchent ; nous sommes les maîtres du logis; ils s’ingénient à lire dans nos yeux la moindre ébauche d’un souhait quelconque et ne semblent jamais plus heureux que lorsque nous exprimons un désir qu’ils s’empressent, d’ailleurs, de réaliser.
- Szentès est une ville des plus originales; les rues y sont des routes, on n’y connaît pas le pavé; la terre est recouverte d’une couche épaisse d’une poussière noire ou d’une couche plus épaisse encore d’une boue plus noire encore. Comme végétation, des acacias partout; lés maisons en plâtre sont petites, basses, assez laides d’aspect, mais l’entretien en est confortable et d’une propreté idéale. Szentès a 3o,ooo habitants ; la population en est exclusivement agricole et c’est un phénomène bien curieux que cette importante colonie de propriétaires fonciers et de cultivateurs ! On ne peut guère le rencontrer en Europe que dans l’organisation spéciale de l’agriculture hongroise qui fait de cette plaine hon-
- groise, de la Puzta, une terre si productive et une des contrées les plus riches du monde.
- Vers sept heures nous nous retrouvons en habit et cravate blanche, rafraîchis et restaurés par les soins de nos hôtes au bois Szechemji où quelques centaines de jeunes gens et de jeunes filles en brillants atours nous régalent d’un bal champêtre dans un décor des plus charmants et où une demoiselle de la ville nous salue en français de la part des filles de Szentès ; nous nous rendons ensuite à la grande salle de l’hôtel du Gomitat où un superbe banquet de 600 couverts doit nous réunir à nos hôtes. Nous nous pressons au balcon pour jouir de la vue pittoresque d’une retraite aux flambeaux qui défile sous nos fenêtres illuminées, puis nous nous mettons à table. La présence des dames de Szentès, qui nous ont fait la grâce de s’asseoir à notre repas, transforme ce banquet officiel en un dîner animé et joyeux. On passe ensuite dans la salle de bal; à l’entrée, une double rangée de jeunes filles nous décorent de bouquets, de cocardes, de rubans, et c’est entièrement pavoi-sés que nous faisons notre entrée. La fête est charmante et se prolonge fort avant dans la nuit, mais le retour est moins gai : il fait nuit noire, l’éclairage étant absolument inconnu dans le pays ; la pluie tombe à torrents; nous nous raccrochons désespérément aux bras, aux habits de nos hôtes pour éviter le plus possible les flaques d’eau, les ornières, les tas d’ordures; nous nous retrouvons sans encombre dans nos logements.
- Le lendemain matin la pluie a cessé ; une boue épaisse a remplacé la poussière. Cette boue noire, argileuse, collante, n’empêche pas le marché de se tenir en pleine rue. La poterie est une des industries du pays ; la plupart d’entre nous voulurent donc faire des acquisitions de poteries; ils firent leur choix, on les laissa faire, mais lorsqu’il s’agit de payer, aucune des marchandes ne consentit à recevoir le moindre centime, elles demandèrent simplement à écrire leurs noms derrière les poteries que nous emportions, heureuses et fières de les offrir aux Français.
- En route pour Szeged !
- Nous remontons en voiture ; nous passons sur des fleurs, nous passons sous des arcs de triomphe, et nous arrivons aux bords de la Tisza (Theis) où nous attend le vapeur qui va nous transporter vers Szeged.
- [A suivre.) Eugène Weismann.
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition des œuvres acquises par l’Etat au dernier Salon, a été ouverte le 25 octobre, au palais de l’Industrie.jj
- L’ensemble en est assez intéressant.
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- La séance publique annuelle des cinq Académies a eu lieu le samedi 27 octobre, sous la présidence de M. Bouguereau, de . l’Académie des beaux-arts.
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- La Chambre syndicale des grains et farines de Paris vient de prendre l’initiative de la réunion d’une commission chargée d’étudier les mesures à prendre pour arriver à l’unification du poids des sacs de farine, à 100 kilos nets par sac.
- Ce projet a été approuvé par la Chambre syndicale de la boulangerie de Paris, et la commission en question a été immédiatement constituée.
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- Par décision du ministre de l’agriculture, au concours général agricole du palais de l’Industrie qui aura lieu en février 1886, l’exposition des animaux de basse-cour sera scindée en deux sections :
- 1° Dindons, oies, canards, pigeons, lapins et léporides ;
- 2° Coqs et poules, pintades.
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- Départements
- Le ministre des travaux publics vient d’autoriser la Compagnie des chemins de fer de l’Est à livrer à l’exploitation à partir du 5 novembre, la ligne de La Ferté-Gaucher à Sézanne, et celle de la Fère-Champenoise à Vitry-le-François. La première de ces lignes a une longueur de 40 kilomètres 688 mètres ; la seconde, une longueur de 50 kilomètres 466 mètres.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Le gouvernement impérial serait décidé à ne
- pas soumettre cette année, au Reichstag, le projet de loi pour la construction d’un canal entre la mer du Nord et la Baltique, projet dont il a déjà été fait mention dans ces colonnes.
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- Une exposition régionale industrielle souabe aura lieu à Augsbourg (Bavière), dans le courant de l’année prochaine. On annonce à cette occasion plusieurs concours et expositions. Citons au hasard : une exposition de pêcherie et une exposition horticole, du 15 au 23 mai ; un concours d’animaux gras, du 29 au 31 ; une exposition d’oiseaux de basse-cour, volailles, etc., et de volière, du 13 au 16 juin ; un concours hippique et un concours d’apiculture, et enfin du 11 au 25 juillet, une exposition internationale de meunerie.
- Angleterre
- On vient de faire au château de Belvoir, appartenant aux ducs de Rutland , une importante trouvaille littéraire. Il s’agit d’une collection de lettres des rois Edouard IV et Henri VII, ainsi qu’une correspondance du comte de Shrewsburg, le célèbre Talbot de la guerre de Cent ans.
- Ces intéressants autographes ont été déposés à Londres, dans les archives de l’Etat, ainsi que des documents, d’une très grande valeur, sur l’exécution de Marie Stuart, également trouvés dans les archives du château.
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- Autriche-Hongrie
- Les délégations se sont réunies le 22 octobre à Vienne. La délégation autrichienne a élu président, M. Falkenhayn, et vice-président, M. Chlu-mecky. La délégation hongroise est placée sous la présidence du cardinal Haynald, et la vice-présidence deM. Louis Tisza, le frère du ministre. *
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- La célébration du cinquantenaire de la renaissance de la littérature croate a commencé à Agram, le 19 octobre dernier.
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- Belgique
- Le service de navigation régulier entre la Belgique et le Congo est définitivement organisé. Le premier départ a eu lieu d’Anvers, le 14 octobre.
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- Bulgarie
- On nous annonce de Sophia que le poste de directeur général du railway Varna-Roustschouk, f — qui a-été dernièrement acheté par le gouvernement bulgare, — a été confié par M. Karavéloff à M. P. Matthéoff, ancien secrétaire de l’ex-gou-vérneur-général de la Roumélie orientale, Aleko-Pacha.
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- Birmanie
- Le conflit anglo-birman, à la période aiguë ne peut manquer d’arriver bientôt à une solution. Il est peu probable que le roi Thibo réponde par une soumission immédiate à l’ultimatum et aux exigences de l’Angleterre. Nous ne serions donc nullement étonnés que la question dût être tranchée par les armes.
- Nous pensons donc que vu la situation actuelle il n’est pas sans intérêt pour nos lecteurs d’avoir quelques détails sur les frontières actuelles de la Birmanie, et sur l’effet que pourrait avoir l’annexion de ce pays par nos voisins d’outre-Manche.
- La Birmanie supérieure, qui forme le royaume encore indépendant de Birmanie touche au sud et au sud-est au royaume de Siam, à l’est à la Chine et pour ainsi dire au Tonkin, à l’ouest, au sud-ouest et au nord-ouest aux possessions anglaises des Indes. Du moins telles étaient encore les bornes de ce pays jusqu’en 1826, époque à laquelle le traité de Yendabu-Assam, conclu avec la Compagnie des Indes, vint modifier cet état de choses.
- Les monts Paktai, qui • s’étendent entre le Brahmapoutra et l’Iraouaddy, formaient alors la frontière du côté des possessions anglaises et le royaume s’étendait au nord jusqu’aux hauteurs de l’Himalaya, dans le voisinage du Thibet.
- Mais les Birmans furent refoulés peu à peu par les Singphos', habitants de ces districts septentrionaux, si bien que le royaume fut bientôt réduit à la moitié de sa superficie primitive.
- Les Singphos ne payent même plus tribut à Mandalay, et se trouvent en revanche en excellents termes avec l’Angleterre qui cultive avec soin, comme bien on pense, une telle amitié.
- La Birmanie est donc séparée, aujourd’hui, du Tonkin, de la Chine et de l’Annam, par une bande de territoire assez étroite au Nord, mais qui va s’élargissant vers le sud, et qu’occupent des tribus indépendantes.
- L’annexion de la Birmanie par l’Angleterre n’amènerait donc pas celle-ci en contact direct
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- Première Année.
- N° 44.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Novembre i885. — 355.
- avec la Chine, ou avec nos possessions indo-chinoises, mais elle faciliterait singulièrement à cette puissance, l’exécution d’une ligne de chemins de fer jusqu’à Rangoon, et soustrairait à l’influence française, pour en faire leur vassal nouveau, le royaume de Siam.
- Chine
- Un groupe de capitalistes de New-York aurait fermé un syndicat pour l’établissement d’un réseau complet de voies ferrées dans le Céleste Empire.
- Le général Wilson est déjà parti de San Francisco pour soumettre au gouvernement chinois les projets de ce groupe et obtenir les concessions nécessaires. Plusieurs maisons anglaises et allemandes participeraient à cette entreprise.
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- États-Unis
- Statistique. — L’Union possède 8,152,000 chevaux vapeur et 61,150,000 chevaux dans ses cours d’eau. Voici le tableau pour les autres pays : Grande-Bretagne, 7,780,000 vapeur, 4,520,000 cours d’eau ; — Allemagne, 4,325,000 vapeur, 6,040,000 cours d’eau;—France, 3,573,000vapeur, 6,130,000 cours d’eau;—Russie,1,365,000 vapeur, 36,115,000 cours d’eau;— Autriche, 1,280,000vapeur,5,830,000 cours d’eau ; — Italie, 180,000 vapeur, 3,960,000 cours d’eau ; — Belgique, 585,000 vapeur,370,000 cours d’eau ; — Hollande, 216,090 vapeur, 640,000 cours d’eau.
- Seule l’Europe représente 20,917,000 de chevaux de force en vapeur, et 75,505,000 en cours d’eau. Toute la force motrice à vapeur accusée dans le tableau ci-dessus est en pleine activité : mais il n’y en a pas un dixième mis en usage dans les cours d’eau.
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- Egypte
- Un journal local dit que le ministère de la justice étudie en ce moment certaines modifications dont l’introduction est considérée opportune dans les tribunaux indigènes.
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- Pays-Bas
- Les Chambres sont saisies d’une demande de crédit de 25,000 florins, comme subvention à l’expédition projetée par la Société de géographie pour juillet 1886, dans la Nouvelle-Guinée.:
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- Perse
- Le Consul d’Autriche-Hongrie à Téhéran, conseille d’établir en Perse des agents connaissant tout à la fois les besoins des acheteurs, les usages commerciaux du pays et les produits qu’ils seront chargés d’importer.
- Il indique les articles suivants comme susceptibles de trouver àse placer dans la région : le drap, de préférence bleu ; la sellerie, les allumettes, le verre fin (en petite quantité), le sucre, les effets d’équipements pour les officiers, les jouets, la chaussure (excepté les bottes) ; les vêtements d’hommes confectionnés, comprenant des redingotes un peu longues, des pantalons et des gilets de même couleur, et les articles de bazar à bon marché.
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- Portugal
- C’est aujourd’hui 1er novembre que le nouveau règlement douanier entre en vigueur.
- Le nouveau régime amènerait une sensible augmentation des recettes.
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- Suisse
- La révision de la constitution fédérale au sujet de l’impôt sur les alcools distillés a été adoptée par quinze États et environ 226,000 électeurs contre 150,000.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 11 Octobre 1885).
- Pour paraître moins injustes que la législation des patentes et que les impôts de consommation et de circulation, les droits d’enregistrement, de timbre, d’hypothèque, de greffe, n’en constituent pas moins une exploitation exorbitante des
- citoyens et principalement des propriétaires du sol par le fisc.
- L’élévation exagérée de ces taxes et leur multiplicité grèvent lourdement la production et, par conséquent, la richesse publique.
- On sait en quoi consiste la formalité de l’enregistrement. Elle a certainement son utilité, mais il est évident que FEtat fait payer trop cher les services que rend cette institution.
- Comme pour les patentes, on distingue dans l’enregistrement deux sortes de droits : les droits fixes et les droits proportionnels.
- Les droits fixes s’appliquent à tout acte civil ou judiciaire qui ne constate aucun mouvement de valeurs ou de fonds.
- Les droits proportionnels s’attachent à saisir toutes les transactions. Ils frappent tout mouvement de valeurs et de propriétés et toute mutation par décès.
- On voit par là que rien n’échappe à l’avidité du fisc et que la loi de frimaire an VII, en organisant ce système, a mis aux mains de l’Etat un puissant instrument pour frapper la propriété foncière et partant remplir ses coffres. L’enregistrement, en effet, lui rapporte, en moyenne, plus de 600 millions par an.
- Sous le prétexte spécieux de servir les intérêts des citoyens, cette organisation fiscale leur cause un grand préjudice: elle est en même temps une atteinte portée au droit de propriété.
- Le seul service réel que rend l’enregistrement c’est qu’il permet de constater les mutations survenues dans la possession des biens mobiliers ou immobiliers et qu’il garantit et conserve aux citoyens la date et le texte exacts de leur diverses transactions et conventions.
- Mais c’est faire payer trop cher ce service que de prélever sur un capital qui, parfois, n’existe pas, des droits qui souvent s’élèvent jusqu’à 20 pour cent et plus.
- Qu’un immeuble change quatre ou cinq fois de propriétaire dans l’espace de deux ou trois ans — et cela se voit assez fréquemment — il aura payé au fisc plus de moitié de sa valeur ; tandis que s’il fût resté aux mains du même propriétaire, il eût été exempt de charges.
- Ces droits énormes prélevés sur la mutation des biens n’ont pas seulement pour conséquence d’èm-pêcher les transactions, ils nuisent encore à la production qüi est né'cessairemeàt proportionnelle aux ressources dont elle dispose. .Toute dépense inutile qu’elle soit effectuée par l’État ou par une administration quelconque est un vol fait au contribuable, à la production.
- Ce système d’impôts est un reste du vieux droit monarchique en vertu duquel tout appartenait au souverain qui est aujourd’hui représenté par l’Etat.
- C’est pourquoi l’État intervient dans toutes les transactions, mutations de la propriété, successions et réclame sa quote-part comme un droit d’investiture.
- Il se place entre le père et le fils et dit à celui-ci : « Tu veux hériter des biens de ton père; mais avant que tu en prennes possession il faut que tu me paies une redevance. C’est la condition sine qua non. »
- Le fils aura beau objecter que la fortune appartenait à son père, qu’il l’avait acquise par son travail, à la sueur de son front et que par conséquent il était libre d’en disposer, comme bon lui semblait, l’État, pour toute réponse lui fera sentir que la force prime le droit.
- Est-ce que cette intervention de l’État, entre le père et le fils, entre le testateur et ses héritiers n’est pas la négation même du droit de propriété ? Elle prouve évidemment que la volonté du législateur est supérieure à ce droit.
- C’est donc en vertu de cette volonté arbitraire que l’État s’immisce dans les affaires de la famille et qu’il prélève sur les successions des redevances qui sont d’autant plus élevées que la succession est moins naturelle. Mais c’est surtout quand il y a des mineurs et qu’il faut recourir aux ventes par licitations, qu’il s’adjuge la part du lion et qu’il dépouille sans pitié les malheureux héritiers.
- Nous pourrions, à ce sujet, citer de nombreux exemples, mais il nous suffira pour montrer combien cet impôt est inique de rappeler le suivant que nous empruntons à M. Le Play (1).
- En 1839, un cultivateur, possesseur d’une ferme de la valeur de 900 francs, mourait en laissant
- ( 1) La Réforme sociale en France.
- quatre enfants mineurs. Cette ferme fut vendue 725 francs; savoir : mobilier 225 francs; immeubles 5oo francs.
- Les frais de succession atteignirent le chiffre énorme de 6q3 fr. 78 c.
- Il ne resta donc aux quatre enfants que la somme de 81 fr. 22 c.
- N’est-ce pas révoltant ? Est-ce qu’une pareille exploitation des contribuables n’est pas le comble de l’odieux ?
- Cette loi fiscale est si bien faite au rebours delà logique et de la plus élémentaire équité, sa prétendue proportionnalité est si bien un mensonge que les frais de vente des petites propriétés territoriales sont de beaucoup plus élevés que ceux des grandes.
- M. Abbattucci, dans son rapport sur la justice civile de 1821 à i85o, le démontre de la façon la plus évidente.
- Après avoir constaté que de 1845 à i85o chaque vente judiciaire avait coûté en moyenne 524 francs avec accroissement progressif des frais ; et que ces frais qui étaient de 498 francs en 1846 étaient montés à 547 francs en i85o, il ajoutait :
- « 1,900 ventes d’immeubles adjugés pendant l’année i85o au-dessous de 5oo francs, ont produit 558,092 francs, et coûté 628,906 francs. Ce qui donne, en moyenne, pour chaque vente 282 francs de produit et 318 francs de frais », soit 112 pour cent.
- « En résumé, les frais de vente des petites propriétés s’élèvent à 112 francs pour cent sur toutes les ventes de 500 francs. »
- 112 pour cent! entendez-vous bien! Est-ce assez inique ?
- Que l’on ne croie pas que M. Abbattucci a commis une erreur de chiffre ou d’appréciation, ou qu’il a exagéré. Non.
- En 1866, le 2 mars, M. de Veauce, traitant la même question à la tribune du Corps législatif, s’exprimait ainsi :
- « En résumé, les frais de vente des petites propriétés s’élèvent à 112 pour cent sur toutes les ventes de 5oo francs et au-dessous; à 100 pour cent sur celles de 5oo francs ; à 70 pour cent sur celles de 5oo à 2,000 francs ; à 35 pour cent sur celles de 5,000 à 10,000 francs; cette proportion diminue ensuite jusqu’à 10 pour cent, au fur et à mesure que la valeur de la propriété augmente.
- '« Sur 83,509 ventes judiciaires, il y a5i,366 ventes forcées. Il résulte de là que la majeure partie du produit de ces ventes est partagée par le Trésor, c’est-à-dire le fisc et les hommes d’affaires. On paie un droit sur 200,000 francs. On n’hérite que de 100,000 francs. »
- Voilà comment cette législation fiscale est conforme aux principes de la proportionnalité et de l’égalité des citoyens devant l’impôt. 1
- Ajoutons que l’injustice n’a fait que grandir depuis cette époque, car au lieu de chercher à modifier cette loi inique et à améliorer la situation, on n’a fait, au contraire, que l’aggraver par les lois du 2 3 avril 1871, des 28 février, 3o mars, 3o juin 1872, et du 3o décembre 1873.
- De sorte que, la moyenne des frais pour les ventes au-dessous de 5oo francs, a monté de 112 à 117 francs.
- Et l’on a la naïveté de s’étonner que les ventes et les achats de la propriété territoriale diminuent dans des proportions inquiétantes. Ce qui nous étonne, nous, c’est précisément l’étonnement de ces satisfaits qui ne veulent pas comprendre que le paysan hésite à arrondir son champ, qu’il y regarde à deux fois, avant d’acheter le modeste lopin de terre dont une partie sera dévorée par le fisc. Il a plus d’intérêt à acheter des rentes sur l’État qui sont exemptes d’impôt ou à serrer son argent dans son vieux bahut.
- « On ne veut pas acheter, disait M. le baron de : Veauce, parce que, s’il fallait revendre, on aurait encore à perdre la valeur de nouveaux droits et l’on ne veut pas se trouver enchaîné à une propriété dont on ne pourrait plus se défaire sans sacrifices.
- « Il faut calculer que tous les vingt ans il y a une nouvelle liquidation dans les familles, d’où il xésulte que c est toujours, dans un temps plus ou moins rapproché, l’État, le fisc et les hommes d affaires qui finissent par avoir entre les mains la valeur représentative de la propriété territoriale. »
- Etienne MANS U Y.
- (A suivre.)
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- 356. — Première Année — N° 44.
- Dimanche 1e1' Novembre i885.
- LES LIVRES
- XXXI
- Histoire de la littérature moderne, icr volume. — La Renaissance, de Dante à Luther, 2e volume. — La Réforme de Luther à Shakespeare, par Marc-Monnier, doyen de la Faculté des lettres à Genève. Libr. Firmin Didot.
- Ce qu’il y a dans les montres est toujours le même; ce qu’il y a dans les livres est toujours nouveau. Voilà pourquoi les enfants veulent savoir ce qu’il y a dans les montres: plaisir d’enfant. Voilà pourquoi les hommes veulent savoir ce qu’il y a dans les livres: plaisir d’homme. Nous sommes le serviteur dévoué de cette curiosité virile, et nous nous considérons ici moins comme chargé de juger les livres que de les analyser. C’est le public qui juge, et qui prend son bien où il le trouve.
- M. Marc-Monnier, un Français du Midi, qui professait la littérature à Genève sans s’être embéguiné de l’esprit genévois qui, comme on sait,est une sorte de jansénisme laïque, avait trouvé dans son enseignement même l’idée d’une histoire de la littérature conçue sur un plan original et nouveau. C’était l’histoire littéraire prise de haut, à vol d’oiseau, ne se cantonnant pas, ne s’emprisonnant pas dans un pays, dans une époque, mais allant d’un pays à l’autre, de sommet en sommet, de maître en maître, de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre. C’était de l’histoire littéraire au point de vue des rapports des diverses littératures, des diverses écoles entre elles et de leurs influences réciproques. C’était un peu le plan de César Cantu pour son Histoire universelle où les nations enrégimentées forment comme une armée qui évolue chronologiquement et philosophiquement sous le commandement du général en chef, établi sur une hauteur qui domine la plaine, la lorgnette de Bossuet à la main.
- La tâche que s’était imposée Marc-Monnier exigeait un philosophe doublé d’un artiste. Il la définissait ainsi lui-même dans la Préface de son premier volume : la Renaissance , de Dante à Luther.
- « Mener toutes les littératures de front: montrer à chaque pas l’âction des unes sur les autres; suivre ainsi, non plus seulement en deçà ou en delà de telle frontière, mais partout à la fois, le mouvement de la pensée et de l’art; cela paraît ambitieux et difficile, on y arrive cependant, à force de vivre dans son sujet. Ainsi est né ce livre en quatorze années d’enseignement ; je l’ai écrit, parce qu’il manquait encore en France. »
- Dans ce premier volume l’auteur parcourait l’histoire littéraire de l’Europe depuis la conception de la Divine Comédie jusqu’à l’avènement de la Réforme. C’est le règne de l’Italie qui de Dante à l’Arioste, de Boccace à Machiavel, de Giotto à Michel-Ange a produit presque sans interruption des écrivains et des artistes supérieurs. C’est le triomphe de l’antiquité qui couvre les ruines et les ombres du moyen âge des fleurs d’un second printemps intellectuel. Ce renouveau de l’esprit humain en Europe, ce nouvel empire de l’antiquité sauvée du naufrage des invasions barbares et échappée à l’étreinte mortelle de l’ignorance féodale, s’est appelé justement et gracieusement la Renaissance.
- Après avoir appris de nouveau à lire et à écrire à l’école de l’antiquité restaurée, le monde apprend à penser, à vouloir. L’originalité des ambitions et des conceptions personnelles s’échauffe, s’épure, se féconde au feu de l’imitation. Les amollissements, les langueurs voluptueuses et bientôt les stérilités de ce règne trop exclusif de l’antiquité tombé de la plume des écrivains comme Dante et Pétrarque à la baguette de roseau, à la quenouille,peut-on dire, des glossateurs,des scho-liastes, des rhéteurs, provoque ce mouvement de réaction de la pensée individuelle, de la religion raisonnée, de la littérature nationale, qui emporte comme un torrent les dernières fleurettes de la Renaissance. Ce mouvement d’émancipation du joug du despotisme italien, catholique et littéraire se nomme la Réforme. L’influence de Luther, n’est pas seulement théologique, comme on aurait
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- tort de le croire, elle est et surtout littéraire. Il est un grand orateur, un grand écrivain, il ouvre la grande source biblique à la soif jusque-là trop négligée, trop dédaignée des imaginations et des consciences populaires, par la traduction des livres saints en langue vulgaire. Il brise la domination hiératique de l’hébreu, du grec, du latin qui tenaient le livre de vie scellé des sceaux du sépulcre. Il ouvre le tombeau d’où sort la foi nouvelle, couronnée des fleurs d’une poésie nationale et légendaire non moins indépendante de toute influence étrangère que le culte l’est lui-même de tout despotisme étranger.
- La Réforme n’est donc pas seulement une grande date religieuse, mais aussi une grande date littéraire. Toute l’évolution littéraire en Europe pivote autour de la Réforme. Pendant un siècle et demi elle s’agite en un double courant de lutte où l’attaque et la résistance se battent à coups de chef-d’œuvre.
- De là le sujet de ces huit chapitres si remplis de faits et d’idées, véritables greniers de grain nourricier pour les méditations et les comparaisons de l’esprit que dominent les noms de Luther, Calvin, Rabelais et Montaigne,Le Tasse, Giordano Bruno, Camoëns, Cervantes, Shakespeare.
- De tels livres ne s’analysent pas. Ils y perdraient parce que le fond en est plus juste que le détail. Il est certain qu’entre les noms qui ornent ces huit chapitres, il y a autant de liens artificiels que de liens naturels. Mais la synthèse a de ces complaisances et aussi de ces licences. On 'ne peut exiger de la fresque et de la fresque en plafond que la justesse optique des proportions et des lignes, un certain vague y est permis et même ce vague contribue à l’effet de l’ensemble.
- Mais il y a beaucoup à apprendre, beaucoup à louer dans ce travail d’un dilettante, arrivé à la virtuosité. Ces grandes symphonies critiques élèvent l’esprit. L’auteur, et c’est grand’pitié que de voir la plume tomber de telles mains, que de voir disparaître ces brillants échafaudages d’un monument qui n’aura pas de faîte et vivra inachevé, hauteur avait tracé le plan et amassé les matériaux d’une troisième synthèse finale, couronnement de l’œuvre : La Révolution. Il est mort le 17 avril 1885, sans avoir pu remplir toute sa destinée et consommer son noble dessein. Et ces regrets funèbres qui vont à un tombeau se mêlent aux justes éloges que mérite une œuvre peut-être inférieure à son amqition, mais de grande valeur comme de haute volée.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- M. Jules Claretie, administrateur général de la Comédie-Française.
- Théâtre du Vaudeville. — L'Age ingrat (reprise), comédie en trois actes, de M. Edouard Pailleron.
- Théâtre du Palais-Royal. — Les Noces d’un Réserviste, Vaudeville en quatre actes, de MM. Chivotet Duru.
- On peut dire que l’avènement de M. Jules Claretie à l’administration de la Comédie-Française, a été salué par une presse bienveillante. Du reste, M. Claretie a appartenu à tant de journaux, aussi bien conservateurs que républicains, qu’il lui était permis de compter sur des amis dans tous les camps. M. Jules Claretie a écrit ou écrivait dans la Presse, la France, le Figaro, le Temps, Y Indépendance belge, Y Illustration ; dans un tas de revues, d’almanachs, de publications les plus multiples, enfin ! Comment ne pas avoir des amis partout ? Et, chose curieuse, ces amis ont tous salué, chapeau bas, le soleil levant... gare au coucher !
- On a dit que M. Claretie était le candidat de M. Coquelin le Grand. J’enregistre ce bruit à titre de renseignement, nous saurons bien plus tard la vérité. M. Raymond Deslandes était aussi candidat, mais il est assez heureux comme auteur dramatique et comme directeur du Vaudeville sans qu’on lui souhaite la galère de la Comédie-Fran-
- çaise. Un autre candidat sérieux, c’était M. Ludovic Halévv ; mais lui, malin, n’a pas voulu de l’héritage de M. Emile Perrin. «Comment! disait-il à ses amis, vous voulez que j’entre dans les pantoufles de M. Perrin ? Mais on ne ferait pas attention à moi. Pendant deux ans, vous verrez, on dira tout le temps : Ah ! cette pièce n’est pas montée comme du temps de M. Perrin ; voilà un salon qui n’est pas capitonné comme M. Perrin savait les capitonner; et ces bibelots en carton ! à la bonne heure, du temps de M. Perrin on avait du vieux Sèvres, des pendules de Boule, des bonheurs du jour, des commodes régence. Et rappelez-vous les vraies cerises, même en hiver, de Y Ami Frit7. » — En un mot, M. Ludovic Halévy n’a pas voulu de la place ; ii se réserve pour plus tard, et il l’aura. Rappelez-vous de cette prédiction. En attendant M. Jules Claretie a promis de jouer les jeunes : gare aux vieux !
- En un mot, si la Comédie-Française doit gagner avec sa nouvelle conquête, les journaux, les libraires et les théâtres vont perdre la clientèle de M. Claretie, l’écrivain prodigue et abondant.
- U Age ingrat a émigré du Gymnase au Vaudeville, pour le grand bonheur de ce théâtre, en heureuse veine, du reste, depuis quelque temps. Cette comédie de M. Pailleron fut Yultima vérba, de la direction de M. Montigny ; elle fut jouée plus de cent fois en 1878.
- Je ne raconterai pas la pièce, mais je donnerai, si vous le voulez bien, le signalement des principaux personnages qui en sont arrivés àl’âge ingrat:
- i° Le commandant de Sauves, marié trop tard à une femme trop jeune, a continué son ancienne vie, mais, cependant, amoureux fou de sa femme;
- 20 Marius Foudreton, ancien fort en thème, marié trop tôt ;
- 3° Gontran Désaubiers, diplomate, cultive la femme séparée ;
- 40 Enfin, Georges Lahirël, dont la profession est d’être « jeune homme à marier ». Il est gâté et dorloté, mais ne se laisse pas séduire.
- Le second acte nous montre ce côté de la vie parisienne qui se passe dans le monde de la colonie étrangère ; terrain neutre qui tient du salon par l’élégance, de l’atelier par le sans-gêne et du passage par l’encombrement.
- Une foule exotique circule dans cette villa Wac-ker avec ses grandes manières et ses mœurs factices. C’est un tableau étudié et pris sur le. vif.
- Mme Teissandier a repris le rôle de la comtesse Wacker, qu’elle avait créé au Gymnase avec une rare perfection. Mlle Legault est aussi rentrée en possession du personnage de Berthe de Sauves. M. Dieudonné, M. Landrol, M. Michel et M. Saint-Germain prêtent leur autorité à quatre personnages qui soulèvent les applaudissements. M. Jolly continue'à se conquérir une place excellente au Vaudeville, je dirais même une place de premier ordre.
- L'Age ingrat est accompagné, comme levée de rideau, d’une autre pièce de M. Pailleron, Y Autre Motif, enlevé à. la Comédie-Française.
- Le Palais-Royal a donné la première des.Noces d’un réserviste qui, nous l’espérons, feront plus de vingt-huit jours sur l’affiche. C’est toujours la vieille série de quiproquo du Chapeau de paille d’Italie ou de la Mariée du Mardi Gras ; genre difficile et démodé. Le public a été calme malgré l’entrain des artistes. M. Dailly a fait des efforts surhumains pour faire rire. Mme Mathilde a mieux réussi que son camarade à dérider l’auditoire dans son rôle d’institutrice, que Dailly a dû épouser contraint et forcé, mais dont il se venge en refusant obstinément à remplir ses devoirs conjugaux.
- On a applaudi avec réserve les réservistes ; ils n’étaient vraiment pas à la noce et nous en sommes tout marri.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O'3, rue de la Préfecture, G
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- I
- Le Moniteur
- DE
- m,
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, i8, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 8 Novembre 1885.
- NUMÉRO 45.
- SOMMAIRE : ’
- 1. Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans; 2. Exposition internationale des inventions, Londres 188 5 ; 3. Le Canada à l’Exposition d’Anvers; 4. Echos; 5. Les invités français en Hongrie ; 6. Exposition de Buda-Pcsth ; 7. Histoire anecdotique du Télégraphe; 8. Les Congrès; 9. Leg Livres; 10. Avis commerciaux; n.Les Théâtres.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- de novembre i885 à avril 1886
- La commission française, qui a son siège à Paris, 3q, rue Caumartin, s’est réunie samedi dernier, ’Bi octobre, sous la présidence de M. D. Tourette.
- La plupart dés membres étaient présents. De nouveaux membres ont été élus, entre autres, Mme Juliette Adam, directrice de la Nouvelle Revue.
- M. Léon Chotteau, vice-president, a rendu compte des démarches faites auprès des différents ministres dans le but d’obtenir une participation du gouvernement. Il a également fait connaître l’état des négociations vis-à-vis du conseil municipal.
- Pour donner l’élan nécessaire, les députés faisant partie de la commission, MM. D. Wilson, Antonin Proust, G. Gastellier et Ch. Prévet, sont décidés à appuyer, devant la Chambre des députés, une demande de crédit.
- Lecture a été donnée de la circulaire suivante, qui va être adressée aux principaux négociants et industriels :
- AUX EXPOSANTS
- La Nouvelle-Orléans va rouvrir son Exposition.
- Cette cité, de fondation française, est le centre social et commercial de tout un groupe de nations clientes de notre pays.
- La réouverture se prépare dans des conditions si avantageuses que tout fait prévoir une affluence de visiteurs comparable à celle de nos grands concours d’Europe.
- Les sept puissantes Compagnies de chemins de fer qui ont pris en mains l’administration de l’Exposition, sous le patronage officiel des Gouverneurs d’Etats, et avec l’approbation du Congrès, organisent un système de voyages,, aller et retour, à prix réduits, qui facilitera considérablement la venue en foule des populations américaines.
- Ce n’est pas ici une exhibition, en pays concurrent, des chefs-d’œuvre de notre industrie, un étalage de modèles à imiter.
- Il s’agit d’offrir, sur le plus vaste marché de consommation qui existe, des spécimens authentiques de produits naturels et fabriqués, d’un usage courant.
- Le but est de montrer, à des millions de consommateurs, en quoi l’industrie française excelle.
- L’industrie allemande va largement se déployer en Louisiane.
- Il serait déplorable que. nos producteurs français, insuffisamment représentés,^ parussent inférieurs aux rivaux qui cherchent à les supplanter parmi cette ancienne et sympathique clientèle.
- Nous devons, quoi que nous fassions, tenir compte d’une transformation qui s’est opérée dans les mœurs commerciales.
- Aujourd’hui, le producteur qui attend chez lui le consommateur, est promptement remplacé jpar le concurrent plus entreprenant, qui va lui-même offrir son produit, et en provoquer la demande. _
- La question, et elle est poignante, se pose ainsi :
- Par mollesse, par routine ou par incurie, permettrons-nous à nos acharnés concurrents de s’implanter sur un marché de cette importance ?
- Ce marché est digne de tous nos efforts.
- Les objections de distance, de dépense, d’ignorance des lieux, etc., sont mesquines et puériles.
- Ces difficultés, qui nous semblent insurmontables, n’arrêtent pas les négociants de Hambourg.
- Il faut, à l’heure actuelle, payer de sa personne.
- C’est pour avoir trop néglige cette action directe sur notre commerce d’exportation que nous sommes forcés de constater le déclin persistant de nos ventes à l’étranger.
- Ayons le courage de réagir.
- Voici une grande Exposition qui s’organise en pays ami.
- C’est, polir nous, l’occasion de rappeler hautement aux nations d’Amérique que la France est encore une des plus fécondes et des plus loyales contrées de production du globe.
- Il faut envoyer là-bas nos types et échantillons réels, sans surfaire les prix ; y montrer nos marques véridiques, avec notre cachet et notre goût reconnus.
- Il faut que l’Américain du Nord et du Midi sache à qui s’adresser, s’il veut un bon et véritable produit de France.
- Que tout producteur hésitant sache que les frais d’exposition sont réduits à leur minimum.
- Le droit d’admission est uniforme : Fr. 52.5o, quel que soit l’espace requis.
- Mais, sur la demande de la Commision française, la Direction de l’Exposition vient de renoncer à ce droit en faveur des exposants français.
- Le transport, à partir du Havre ou de Bordeaux, est tout par eau.
- Les droits de douane ne seront perçus sur aucun objet exposé.
- L’installation est exécutée par un maître-menuisier de Paris.
- La représentation, devant le jury et devant le public, est dirigée par un Français compétent, _M. H. Fajas, commissaire nommé par la Direction pour la section française.
- Sur une demande de la Commission siégeant à Paris, il a été télégraphié de la Nouvelle-Ôrléans que finauguration de la section française n’aurait pas lieu au 10 novembre, mais seulement au 1e1’ janvier 1886.
- Cette gracieuseté sera certainement reconnue par la participation d’un plus grand nombre d’exposants.
- Aussi peut-on espérer que la section française sera remarquable, non seulement par les envois techniques de nos ministères, les œuvres de nos artistes et les objets de luxe de notre industrie décorative, mais aussi par le choix et la variété des spécimens de notre industrie courante.
- En outre, les exposants français d’Anvers sont ainsi mis en mesure d’expédier à temps leurs vitrines directement d’Anvers même, et d’en tirer un surcroît d’avantages. »
- La commission française a, en outre, décidé qu’une réunion serait organisée à Paris.
- Cette réunion aura lieu la semaine prochaine.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. Ed. Debergue, secrétaire général, 3g, rue Caumartin, Paris.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES INVENTEURS
- LONDRES 1885
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du /cr Novembre 1885).
- Les amateurs de musique affluent à l’Exposition pour y entendre le splendide orchestre de Strauss que l’on a fait venir exprès de Vienne et qui compte 4c exécutants et les musiques militaires qui jouent l’après-midi et le soir dans les jardins, quand le temps le permet, et dans le Albert Hally quand il pleut.
- Ce qui attire beaucoup le public, c’est ce que l’on appelle le Vieux Londres (Old London) qui existait du reste à la dernière Exposition mais qui a été modifié et agrandi.
- Quand on sort de l’avenue du centre, en face le pavillon du prince de Galles, on se trouve devant une reproduction excessivement exacte mais à une échelle réduite, d’une des portes de la Cité de Londres (Bishopsgate), flanquée du mur d’enceinte de la Cité.
- Quand l’ôn a passé sous cette porte on est tout surpris d’être en plein air, dans une rue dont le genre de pavage vous fait immédiatement remonter à plusieurs siècles en arrière et vous vous apercevez que vous êtes dans une rue qui est une copie, dont le moindre détail montre un soin minutieux, de ce qu’était Londres avant le grand incendie de 1666.
- Le coup d’œil est très pittoresque quand on regarde toutes les maisons de style et d’époque differents qui composent cette rue, les vieilles lanternes gothiques pendues à une chaîne la traversant et les enseignes si curieuses du moyen âge qui grincent au-dessus de vos têtes; à droite en entrant vous apercevez une prison pour dette, à gauche un poste de police ; plus loin la reproduction de la maison qu’occupait le célèbre Isaac Walton ; ensuite la fameuse taverne du Coq, une chapelle très curieuse; au n° 10 se trouve la reproduction vraiment artistique d’une maison qui se trouvait à Midole Row-Strand et qui était connue comme la maison du duc de Sully, ambassadeur de France, le fameux ministre d’Henri IV; une vieille auberge vient ensuite ainsi que la maison du légendaire lord maire de Londres, sir Richard Whittington, s’il y avait seulement son chat, si connu dans l’histoire, on se croirait au quatorzième siècle.
- Toutes ces maisons sont occupées par des exposants, mais on a choisi ceux qui pouvaient le plus montrer quels immenses progrès avaient faits certaines fabrications.
- Le vieux Londres a été construit sous la direction de M. Georges H. Birch, ancien secrétaire honoraire de la société archéologique.
- Nous en arrivons maintenant à ce qui, de l’avis général, attire le plus le public, c’est-à-dire : ïéclairage électrique.
- A l’Exposition deq883, il y avait 252 lampes à arc et 2,629 lampes incandescentes. Cette année il y a 464 lampes à arc et 5 5 3o lampes incandescentes, sans compter les 9,700 qui éclairent les jardins.
- Les machines à vapeur ont toutes été fournies par MM. Davey, Paxman et Cio et les machines électro-dynamiques par plusieurs Compagnies d’électricité, parmi lesquelles on y remarque les systèmes Gramme, Edison Siemens, Drush, etc. La force motrice est de 2,3oo chevaux, quant à la première Exposition, elle n’était que de 1,000, et de i,3oo seulement à la dernière.
- L’Exposition tout entière est admirablement éclairée, mais ce qui présente un spectacle vraiment merveilleux et vous rappelle les récits les plus extravagants et invraisemblables des Mille et une Nuits, c’est l’illumination des jardins et des fontaines.
- 9,700 lampes incandescentes représentant chacune de 5 à 10 bougies sont disposées le long d’une des façades^ du musée de Kensington, à laquelle est adossé le jardin d’hiver; ce dernier est aussi entièrement illuminé et dans les jardins tous les arbres, les plate-bandes, les balustrades sont garnis de lampes électriques de différentes couleurs présentant un effet féerique.
- Le courant électrique pour ces lampes est de 750 ampères et est produit par 3 machines électrodynamiques de Siemens, chacune d’elles produisant 45o ampères avec une force motrice de 25o volts, quand elle tourne à 3oo révolutions. Chacun'des électro-dynamiques est accouplé à une machine à vapeur (système Goodfellow et Mathens) qui indique 180 chevaux, quand elle marche à 3oo tours.
- Les^ jets d’eau des fontaines du jardin sont éclairés par l’électricité par le procédé inventé par le colonel sir Francis Bolton. Un opérateur, placé dans la tour de l’horloge qui se trouve dans le côté sud du jardin, contrôle les jets d’eau, la
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- 358. — Première Année. — N° 45.
- Dimanche 8 Novembre 1883.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- couleur et l’intensité des feux électriques au moyen de signaux électriques.
- Les lampes à arc qui servent à éclairer les jets d’eau sont au nombre de cinq chacune équivalant à 8,000 bougies et le personnel consiste en :
- 1 homme pour ouvrir les robinets.
- 5 pour mouvoir les lampes à arc.
- I pour le’s signaux. ;
- La quantité d’eau consommée par toutes les fontaines est de 3o5,ooo litres par heure, mais quand tous les jets d’eau marchent en même temps le volume d’eau jeté dans'l’air pendant i5 secondes est de 4500 litres.
- II est impossible, sans l’avoir vu par .soi-même, de se faire une idée des effets prodigieux de lumière obtenus et jusqu’ici c’est ce qu’il a été fait de mieux pour montrer quelles merveilleuses applications on peut obtenir de l’électricité.
- Avant de passer à la description des produits exposés et de leur mérite respectif, il est bon de faire reporter la manière intelligente et pratique avec laquelle le catalogue et le guide officiel de l’Exposition ont été faits et qui sont d’un secours précieux au visiteur et d’un prix très modique.^ Les objets exposés ont été classés de la manière suivantes :
- première section
- Machines, appareils, procédés et produits nouveaux inventés ou employés dans le commerce et hindustrie depuis 1862.
- Groupe n° 1. — Agriculture, horticulture et arboriculture ;
- — 2. — Mines et métallurgie ;
- — 3. — Génie civil, construction et archi-
- tecture -,
- — 4. — Moteurs et transmissions ;
- — 5. — Matériel de chemins de fer ;
- — 6. — Voitures, charrettes, etc. ;
- — 7. — Constructions navales ;
- — 8.'— Aérostation ;
- — 9. — Tissus, etc.
- — 10. — Machines, outils et outillage ;
- — 11. —Appareils hydrauliques, presses,
- ascenseurs et élévateurs, balances, etc. ;
- — 12. — Pièces séparées de machines;
- — 13. — Électricité ;
- — 14. —Appareils et procédés.se ratta-
- chant à la chimie et à la physique ;
- — i5. — Gaz et autres matières éclairantes;
- — 16. — Combustible, fourneaux, foyers,
- etc. ;
- — 17. — Alimentation, ustensiles de cuisine, etc. ;
- — Habillement;
- — Bijouterie;
- — Cuirs, etc. ;
- — Caoutchouc ;
- — Ameublement, objets de fantaisie; — Céramique ;
- — Coutellerie et ferblanterie ; .
- — Armes à feu, etc. ;
- — Papeterie et librairie ;
- — Horlogerie;
- — Instruments de physique, d’optique, etc. ;
- — 29. — Photographie ;
- — 3o. — Éducation;
- — 3i. — Jouets, etc. ;
- DEUXIÈME SECTION
- Musique
- —. 32. — Instruments de musique dont on
- se sert depuis 1800 ;
- — 33. — Gravure et imprimerie de musique ;
- — 34. — Collections historiques d’instru-
- ments de musique, etc.
- Ces 34 groupes sont subdivisés en 180 classes.
- A TRAVERS L’EXPOSITION
- En venant du passage souterrain le visiteur arrive dans le vestibule où se trouve une très belle statue, par M. Boehm, représentant le prince de Galles à cheval et qui vient d’être donnée à la ville de Bombay par sir Albert Lassoon, un riche négociant de l’Inde.
- Les murailles du vestibule sont garnies de dessins représentant le développement successif des inventions les plus importantes qui se trouvent exposées ; l’on voit par exemple la forge catalane à. côté du procédé Dessemer; une mine au xvi® siècle et une en Californie en 1885 ; un pont au xvi° siècle reproduit d’après des dessins de Léonard de Vinci et le pont de la rivière de l’Est (East River Bridge) à New-York;, la première locomotive^de George Stephenson, le Rocket, et le dessin d’une locomotive d’un des derniers modèles.
- (A suivre.) Paul Dejoux.
- LE CANADA...................
- A L’EXPOSITION D’ANVERS (Suite-)
- '(Voir le Moniteur du ier novembre 1885)
- Dans ma dernière correspondance, je m’étais réservé de revenir sur l’Exposition du Canada en décrivant les exhibitions si intéressantes de la Compagnie du chemin de fer Pacifique-Canadien. J’ai déjà cité les obélisques garnis d’échantillons de froment, d’orge et d’avoine sur leurs tiges, tels qu’ils ont été moissonnés aux prairies. Mes investigations m’ont fait découvrir tout à côté un tableau vraiment curieux qui représente le mont Stephen couvert de neige, sommet sublime de la chaîne Selkirk des Montagnes rocheuses du Canada. Immédiatement au pied du mont Stephen, occupant une place si proéminente dans le tableau, se trouve le chemin de fer du Pacifique-Canadien qui, dans le courant de cette année, formera un lien entre les bords des deux océans, Atlantique et Pacifique. Plus bas sur le tableau, on aperçoit la source ravissante d’une rivière à eau limpide qui entoure les rochers de la montagne.
- Je ne m’arrête pas davantage à la beauté du panorama qu’offrent ces contrées surprenantes, et je m’empresse de revenir à l’Exposition proprement dite.
- Blés. — Ce sont surtout les échantillons de grains sous verres qui attirent l’attention par leur qualité supérieure et leur variété surprenante. La qualité la plus distinguée des froments est le Hard Fyfe, provenant de la ferme expérimentale du chemin de fer Pacifique-Canadien à Dunmore. Les qualités dignes d’être mentionnées ensuite proviennent des fermes expérimentales de Maple Creek, Forres, Hair et Gleichen ; ces grains sont surtout prisés pour leur pureté et leur force qui les rendent très valables pour le renforcement des qualités inférieures.
- Entre autres échantillons de grains exposés de différentes contrées du nord-ouest du Canada, il y a les froments (Goutte d’or, Blanc de Russie, etc.), l’orge (Chevalier et autres), l’avoine (blanche et noire), les haricots (blancs, chinois, caseknife, etc.), les pommes de terre (étoile blanche, perle mammoth, merveille de l’Amérique, etc).
- Sol. — L’Exposition présente des échantillons différents de terre tirés du nord-ouest du Canada, terre riche, noire et argileuse, contenant la plus grande partie des matières fertiles qu’on trouve ordinairement dans les sols d’un rapport abondant, lesquels se prêtent à la culture de froment, d’orge, d’avoine, de betteraves et d’herbes.
- Charbon. — Ce combustible est bien représenté par un grand échantillon de la fosse de Galt qui se trouve au nord-ouest du Canada et qui produit le charbon en quantité très abondante.
- Bois.— Les bois du nord-ouest du Canada sont représentés par les variétés suivantes : orme, chêne, hêtre, peuplier, bruyère, cèdre, saulne, bouleau, frêne, sapin, romarinier, cerisier, etc. La contrée à l’est de Minnipeg entre le Red River et le lac Supérieur est très abondamment pourvue de bois, et déjà dans plusieurs centres l’on peut voir installées de grandes scieries qui coupent et débitent le bois.
- A mentionner encore une collection des principales espèces de foin du pays, espèces trop nombreuses pour que je puisse en donner les noms. On distingue l’herbe de marais, l’herbe rougeâtre, l’herbe de semence, etc. Les plus appréciées sont celles qui sont les plus riches en feuilles.
- Enfin, il me reste à citer une riche collection d’échantillons de minéraux du Canada extraits surtout dans le district du Keewatin, à l’est de Winnipeg, éparpillés sur l’étalage : charbon anthracite, cuivre minéral, pierre brune de fer, quartz aurifère,granit, argent, plomb, porphyre, marbre, etc., etc.
- Une autre exposition non moins intéressante est celle de la ferme de Manitoba ; elle nous montre, par des modèles, les différents degrés de développement par lesquels un émigrant-colon aura à passer lors de son arrivée.
- Voici les phases diverses de la vie du colon : d’abord il érige une simple tente pour habitation et il se livre à la culture d’un petit champ et de quelques plantations. Il se construit ensuite une maisonnette et après -avoir soigné sa demeure, le colon pense à son bétail pour lequel il érige une étable en troncs d’arbre, puis des abris pour les machines aratoires, un puits et plusieurs hangars accessoires sont construits et la ferme devenue complète est enfin cernée d’une grille en fort bois de peuplier.
- La ferme du Manitoba à l’exposition offre un , excellent modèle de. ces tentes, maisonnettes, etc. On y trouve une vieille charrette à deux roues, qui est faite entièrement en bois. On n’y voit pas le moindre morceau de fer, en dehors des deux tuyaux qui entourent l’essieu. Ces sortes de charrettes étaient autrefois grandement en vogue au Red River, au nord-ouest du Canada : . celle qui est exposée a voyagé plus de 3,000 lieues. La
- charrette à quatre roues est celle qu’emploient actuellement les colons pour leurs transports de la ferme.
- Telles sont, dans leur ensemble, les deux grandes Expositions qui constituent, pour ainsi dire, à elles seules, l’Exposition du Canada et qui m’ont semblé mériter une mention spéciale. Elles nous montrent surabondamment les richesses naturelles immenses que possède ce pays'et qui lui garantissent pour l’avenir vie et prospérité.
- Ch. Lenoir.
- ÉCHOS
- Paris
- Les travaux do la Bibliothèque nationale touchent à leur fin et seront terminés vers le 15 courant.
- Y Y
- Le jugement du prix de Sèvres vient d’être rendu à l’Ecole des beaux-arts. Ce prix a été décerné à M. E’ournier, élève de la manufacture nationale de Sèvres. Le sujet du concours était une cheminée de boudoir et sa garniture pouvant faire corps avec la cheminée.
- *
- * ¥
- La dictée du programme du premier concours d’essai pour le prix Chaudesaigues a été faite, jeudi dernier, à l’Ecole des beaux-arts. Le lauréat recevra, pendant deux ans, une rente de 2,000 francs pour qu’il puisse séjourner en Italie et y terminer ses études.
- *
- Y Y
- Le prix Brunet, de 3,000 francs, pour 1888, vient d’être proposé par l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- Il sera décerné au meilleur travail bibliographique manuscrit depuis 1885, sur un ouvrage d’histoire ou de littérature du moyen âge.
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- Y Y
- Un legs de M. le baron de Trémont a mis à la disposition du Conservatoire des arts-et-métiers une somme qui permet au conseil de perfectionnement de cet établissement de décerner, chaque année, aux auditeurs qui suivent avec le plus de fruitles cours d’hiver, deux prix, l’un de 200 francs, l’autre de 125 francs. Le testateur a, en outre, exprimé le vœu que ces prix fussent attribués, de préférence, à de jeunes ouvriers. La direction invite, en conséquence, les personnes qui se proposeraient de concourir, à se faire connaître des professeurs et à mettre en ordre, pour les leur présenter en temps utile, les notes qu’elles prennent en assistant aux leçons.
- Y Y
- Les bustes de MM. Emile Perrin et Victor Massé, destinés à l’Institut, seront exécutés par MM. Cavalier et Aimé Millet.
- *
- Y Y
- Départements
- L’inauguration de la nouvelle école nationale d’art décoratif de Nice, a eu. lieu, le lundi 26 octobre, sous la présidence de M. Jules Comte, inspecteur général, délégué du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Y Y
- ’ ETRANGER
- Allemagne
- Un comité vient de se former à Berlin pour la fondation d’une société de colonisation de l’Amérique du Sud ; le programme-manifeste a paru il y a quelques jours. Nous lui empruntons les détails suivants :
- Une assemblée générale des intéressés et adhérents sera convoquée pour procéder à la constitution delà Société. Cette dernière enverra aussitôt des missions au Brésil pour y préparer par le choix de terrains et d’emplacements appropriés l’établissement de colonies allemandes. Nous citons ici textuellement : L’intérêt national du peuple allemand exige impérieusement que l’important courant d’émigration des Allemands soit détourné du nord sur le sud de l’Amérique.
- Les agriculteurs de l’Empire n’auront aucune concurrence à craindre de. ce côté car les colons allemands du Brésil ne cultivent actuellement et ne cultiveront que des produits consommés, il est vrai, en Allemagne, mais importés du dehors : riz, café, tabac, coton, etc.
- Il faut donc qu’une grande compagnie procède, après enquête sérieuse, à l’achat de terrains sur une grande échelle, fraye les routes et les voies de communication nécessaires, crée des installations pour l’emmagasinement des produits, partage les terrains en lots et obtienne des concessions pour l’établissement de voies ferrées, etc.
- L’on 11e dira pas, après cela, que nos voisins ne savent pas se créer des colonies à bon marché.
- O11 annonce la réunion à Berlin, dans le courant de l’année prochaine, avec le concours officiel du
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- Première Année. — N° q5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Novembre 1885.
- gouvernement impérial, cl’un congrès international de naturalistes.
- * *
- Autriche - Hongrie
- Nous avons annoncé, dans un précédent numéro, qu’on projetait à Vienne dans les cercles industriels, l’ouverture d’une exposition générale des industries du meuble et de l’ameublement.
- Nous apprenons que l’assemblée générale des industriels fabricants de meubles, réunis il y a quelques jours, vient de donner à sa commission exécutive pleins pouvoirs pour les travaux préparatoires, qui seront commencés sans délai. On compte sur un très grand succès.
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- L’ouverture de la conférence internationale pour la fixation du diapason normal, dont nous annoncions dans un précédent numéro la réunion prochaine à Vienne, vient d’être fixée au 16 courant, par arrêté du ministre de l’instruction publique.
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- Angleterre
- La chambre de commerce de Staffordshire, consultée par la commission d’enquête sur la crise commerciale, conseille comme remèdes à la crise que traverse actuellement le commerce anglais, l’abolition du contrôle des compagnies de chemins de fer sur les canaux, le développement des sources de production aux Indes, l’ouverture de nouveaux marchés dans l’extrême Orient, surtout dans la Chine occidentale, et une union commerciale très étroite avec les colonies.
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- L’exposition de Y Institute of Painters in OU Colours est ouverte à Londres, Piccadily, depuis le 30 du mois dernier.
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- On nous signale aussi, comme assez intéressante, l’exposition organisée à Glasgow (Ecosse), par la Scottish Society of Painters in Water-Cotours.
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- Canada
- La section du lac Supérieur du Canadian Pacific Railway, vient d’être ouverte au service des trains directs, qui font maintenant le trajet entre Montréal et les Rochy-Mountains.
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- États-Unis
- Le lieutenant Scliwatka, dont on connaît les intéressantes explorations au Pôle Nord, prépare, paraît-il, une nouvelle expédition pour le courant de l’année prochaine.
- L’ingénieur Melville partirait également vers la même époque, à la tête d’une autre expédition.
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- Le département des postes procède, en ce moment, à l’établissement, dans toutes les villes, d’une population de 4,000 âmes et au-dessus, d’un nouveau système de distribution immédiate de lettres, par un service de porteurs, analogue à celui qui fonctionne en France pour les télégraphes, et moyennant l’addition à l’affranchissement réglementaire d’un timbre spécial de distribution, d’une valeur de 10 cent. _ .
- D’après la nomenclature dressée par les soins de l’administration, 550 villes des Etats sont dotées de ce service.
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- Portugal
- L’Allemagne a adressé au gouvernement portugais une demande d’autorisation pour l’établissement d’un dépôt de charbon à Saint-Vincent (Cap-Vert).
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- Russie
- La commission franco-russe, chargée des études pour la construction d’un canal de jonction du Yolo-a au Don, réunissant les bassins de la mer Noire ! et de la'Caspienne, vient de terminer ses
- travaux. . . ,
- Ajoutons que l’idée première de ce canal remonte au xvi° siècle et est due au sultan Sélim II, fils de Soliman le Magnifique, qui lit commencer les travaux mais les abandonna bientôt, pai suite de difficultés avec le czar Yvan III le lerrible.
- Pierre le Grand les fit reprendre en 1696, par d.6S ingénieurs liollcindtns, mais ne fut plus heureux, et y renonça après la victoire des Suédois à Narva.
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- Tunisie
- Les travaux des quais de Bizerte ont été mis en adjudication.
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- Turquie
- L’ingénieur Pressel vient de soumettre au gou-
- vernement de la Sublime Porte un projet concernant l’achèvement ou la construction de diverses voies ferrées en Asie Mineure.
- Il s’agirait des lignes de Mudania-Brousse, Ismid-Herakles, Ismid-Adana, Alexandrette-Bag-dad et Trébizonde-Erzeroum.
- LES
- INVITÉS FRANÇAIS EN HONGRIE
- DERNIER ARTICLE (Voir le Moniteur du /ev novembre 188b).
- Notre navigation sur la Theiss de Szentis à Szeged offre beaucoup d’analogie avec notre première navigation sur le Danube pour arriver à Pesth. Nous avons à répondre aux mêmes acclamations parties des deux rives ; la même foule se presse sur les bords du fleuve pour saluer notre passage, nous prodiguant les marques de la sympathie la plus sincère et la plus touchante.
- La Theiss ou Tiszo est cette rivière capricieuse aux eaux limoneuses qui par ses inondations répétées a répandu la désolation dans le pays et détruit Szeged en 1879.
- Aussitôt après la catastrophe on a essayé d’en prévenir le retour; M. Jules de Horwath, qui a succédé à Charles Pulszky dans la direction du voyage depuis notre entrée dans l’Alfold (depuis Arad), a été nommé commissaire royal pour la régularisation du cours de la Tisza et s’est acquis dans le pays une popularité incroyable par la manière active et intelligente dont il a poussé les travaux à peu près terminés aujourd’hui.
- C’est le comte Louis Tisza qui a reconstruit Szeged, mais c’est Jules de Horwath qui a protégé contre les eaux la plus grande partie de la plaine environnante.
- Dans les huit premiers mois, les travaux étaient des plus pénibles, voire même périlleux; le nombre des ouvriers s’éleva rapidement de 8,000 à 20,000, celui des ingénieurs à 138, celui des employés, contrôleurs et inspecteurs à 280 ; on mit en œuvre, pour le transport du personnel et du matériel, 1,600 wagons traînés par deux locomotives et un tramway fut construit spécialement pour les travailleurs. Les dépenses atteignent déjà le chiffre élevé de 6,-5oo,ooo florins (i5 millions) ; elles ont été supportées en partie par les propriétaires riverains et les sociétés de régularisation.
- M. Jules de Horwath n’est pas seulement un ingénieur distingué, c’est aussi un homme d’Etat très apprécié, l’ami intime du président du conseil, Coloman de Tisza, mais c’est surtout le compagnon de voyage le plus aimable et le plus dévoué.
- Nous n’allons pas d’une traite jusqu’à Szeged, nous nous arrêtons à plusieurs reprises tant pour répondre aux manifestations préparées en notre honneur que pour admirer les gigantesques travaux entrepris.
- Ce ne sont le long de la Theiss que digues, canaux de dérivation, écluses dont deux fort importantes sont encore en construction; nous stoppons à l’une d’elles et y sommes surpris par une scène éminemment pittoresque : dans le fond du bassin déjà profondément creusé où l’on descend par un escalier assez raide, une vingtaine de tables aux nappes brillantes, couvertes de fleurs, entourées d’un véritable essaim de jeunes filles en costumes du pays, la cocarde tricolore coquettement posée dans les cheveux ; tout autour sur les bords de ce cirque artificiel se presse une foule bariolée et c’est un curieux spectacle que cette rangée de têtes pressées s’interposant entre le gris de la terre argileuse et le bleu du firmament.
- Un déjeuner nous est préparé, mais^le temps nous presse, nous ne pouvons nous arrêter. Mais comment rendre vains tous ces préparatifs ? Ne pas prendre places à ces tables séduisantes, ne fût-ce qu’un instant ? Voir briller des larmes dans les yeux de ces pauvres jeunes filles? Nous n'aurons pas ce triste courage ; nous nous asseyons, nous leur donnons le temps de nous servir et nous partons; mais elles ne se tiennent pas pour battues ; armées de corbeilles de fruits et de gâteaux elles nous poursuivent jusque sur le pont du bateau et se refusent à le quitter tant qu’elles n’ont pas les mains
- vides. , , , .
- Plus loin, à l’autre extrémité.du canal de deri-vation, nous descendons encore;.un énorme bouquet noué par un ruban tricolore est offert a M. de Lesseps ; on nous demande décme nos
- — 359.
- noms sur un parchemin qui doit être scellé dans les fondations de l’écluse pour perpétuer le souvenir de notre passage et attester aux générations futures que nous nous sommes associés par nos vœux à cette grande entreprise.
- Nous remontons à bord et déjeunons au son de la musique ; les tsiganes qui nous suivent toujours recommencent leurs mélodies.; l’un de nous, architecte du plus grand mérite et peintre de valeur, s’empare d’un violon et exécute avec une rare virtuosité de vieux airs français que ces musiciens répètent aussitôt. Attendez-vous, touristes et voyageurs futurs, à entendre dans les coins les plus reculés de la Hongrie « Malborough s’en va-t-en guerre et Au clair de la lune » orchestrés par un compositeur tzigane comme les Hongrois peuvent entendre chez nous la marche de Rackoczy orchestrée par Berlioz et la marche de Szabady orchestrée par Massenet.
- Mais nous approchons de Szeged et déjà les sympathies ardentes qui nous y sont acquises, sous formes de belles dames portant en écharpe les couleurs françaises viennent à notre rencontre sur des bateaux de plaisance pavoisés et fleuris; nous sommes bientôt entourés d’une multitude de petites barques d’où monte pour nous un concert d’eljens et d’où jaillissent des gerbes de fleurs qui retombent en pluie sur le pont de notre bateau.
- Un cri s’élève ; une barque, montée par de pauvres mariniers qui voulaient être des premiers à nous fêter, est violemment accostée par notre vapeur; elle chavire et disparaît. Nous nous précipitons à l’arrière, le cœur serré d’angoisse ! Notre entrée serait-elle assombrie par un sinistre ? Trois têtes reparaissent; trois bras se dressent hors de l’eau agitant fortement des chapeaux de paille et trois vigoureux « eljens a Franzia » nous rassurent sur le compte de ces braves gens. Comment rester froids, comment n’être pas violemment remués en présence de scènes pareilles ? Trois hommes du peuple sont en danger de mort: la première manifestation de leur retour à la vie est un cri d’amour pour la France !
- Je renonce à vous décrire l’arrivée à Szeged ; elle défie réellement toute description. Imaginez fondues dans un même cadre toutes nos réceptions précédentes avec quelque chose de plus intime, de plus pénétrant, de plus solennel. D’abord une clameur immense, prodigieuse, roulant et se répercutant, semblant remplirle ciel, puis des serrements de mains, des embrassades, des larmes... Nous sommes littéralement portés à nos hôtels par une foule en délire qu’un double cordon de troupes ne peut arriver à maintenir, nous nous retrouvons, je ne sais trop comment, légèrement ahuris dans nos chambres, couverts de bouquets, de cocardes, de rubans piqués un peu partout.
- En un tour de main, nous endossons nos habits, puis repartons pour visiter la ville ; un détachement de hussards précède la voiture de M. de Lesseps. Nous remarquons çà et là quelques ruines qui n’ont pas été effacées, elles sont rares ; le théâtre, d’une belle architecture, brûlé récemment, sera reconstruit avant peu et c’est vraiment un spectacle extraordinaire que celui de cette cité entièrement rasée, en quelques années entièrement rebâtie : le sol a été exhaussé, de véritables palais ont remplacé les maisons écroulées. Une promenade sur la digue du haut de laquelle on domine toute la ville nous permet d’en prendre une vue d’ensemble ; elle est merveilleuse.
- Nous voici dans l’hôtel de ville attablés devant notre dernier banquet; la salle est vaste, très simple, mais belle ; elle contient à chaque extrémité des tribunes remplies des dames de la ville.
- Voici le menu :
- Potage à la Saint-Germain POISSONS
- Foyas sauce hollandaise BŒUF
- Filets de bœuf jardinière Sorbets au vin de Champagne
- ENTRÉE
- Perdrix aux choux de Brabant ROTIS
- Dinde et Oie
- Salade française , Compote Poudding framboise Dessert, Vins, etc.
- Szeged passe pour la patrie de la beauté féminine en Hongrie. Pendant le voyage, toutes les fois que nous exprimions notre admiration pour les beaux et nombreux types féminins dont l’originalité nous frappait au passage, nos hôtes nous disaient, souriant « attendez à Szeged ». On ne
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- )6o et 361. — Première Année. — N° 45.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- Dimanche 8 Novembre 1885.
- Nous revenons encore aujourd’hui, à une des sections de l’industrie ménagère. C’est qu’en effet, dans cette Exposition de l’industrie des peuples d’Autriche-Hongrie, qui connoissent peu ou point, pour la plupart, cette grande loi de l’économie politique qu’on appelle la coopération complexe, et qui, par conséquent, font tout par eux-mêmes, et chez eux, la plus grande part de leur travail revient à l’industrie
- ménagère.
- Nous nous occuperons actuellement , d’une partie aussi intéressante que pittoresque et qui permet de comparer : la vie intérieure, Je mouvement, le costume et le sentiment artistique des diverses nationalités du pays.
- Quinze chambres correspondant à un nombre égal de nationalités différentes, ont ôté meublées et aménagées suivant les mœurs et les coutumes de chaque contrée. Des figures de cire viennent, tout en montrant une série de costumes, animer ces intérieurs, en représentant des scènes de la vie journalière et domestique.
- Sont représentés là :
- Saxons.
- Germains^ Suabes.
- * r
- 1 . Francs.
- l’euy.VaAes
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- Hongrie / Slaves
- Magyars de diverses contrées
- ! Slovaques.
- /{n/rzos-.
- Sorbes !Scliokatyes.
- Cunjewatv s
- Bulgares.
- ^ Ruthènes.
- \ Roumains.
- Jazygies.
- Kumanies.
- Szeklers.
- Deux chambres affectées à l’Orient et montrant les Pétchcnegues, les Tartares et les Turcs viennent compléter la série des quinze intérieurs.
- Nous donnons à nos lecteurs, la représentation de deux de ces chambres de paysan ; l’une est la chambre des Slovaques, l’autre est la chambre des Roumains.
- Dans cette école, on donne au peuple le moyen de développer son goût et la facilité d’acquérir plus d’habileté pour l’exécution des dessins difficiles et compliqués.
- Dans d’autres comitats où l’on a cru voir le peuple s’intéresser aussi à cette
- industrie, le gouvernement a fondé des écoles semblables. Entre autres àSchœsr-bourg en Transylvanie, à Urvœlgy, dans le comitat de Sohl et à Hodrusbanya dans le comitat de Hont.
- CHAMBRE DES SLOVAQUES
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- CHAMBRE DES SLOVAQUES
- Ce sont des Slovaques du comitat de Saros de la Hongrie du Nord. La femme assbe à gauche fait de la dentelle. Cette industrie qui n’existe pas encore chez les autres peuplades de la Hongrie, est digne cependant d’attirer l’attention. La dentelle slovaque est remarquable, en effet, par sa légèreté et sa solidité et surpasse ce que l’on appelle le point-lacé.
- Dans la section archéologique de l’Exposition on peut voir un drap orné de dentelles qui ont un siècle et demi d’existence.
- D ailleurs le gouvernement hongrois s efforce de développer cette industrie ménagère chez les Slovaques. Il a déjà fondé dans ce but une école de dentellières à Sovar (comitat de Saros).
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- CHAMBRE DES ROUMAINS
- CHAMBRE DES ROUMAINS
- Le second dessin nous montre les Roumains du comitat de Hunyadi.
- Le pays de Hunyadi (Transylvanie) bien que conservant encore le château de la dynastie des Hunyadi d’où est sorti Mathias Corvinus le plus grand roi des Magyars, a perdu tout-à-fait son caractère particulier.
- En effet sur 250.000 ha-
- Wv.yL'cvX'A, ow VAcAvwiV.—
- lement 220.000 Roumains et seulement 13.000 Magyars.
- Les Roumains que nous représentons ne sont pas tous nés dans la môme vallée. La fille assise à droite avec son tablier original, est née sur les bords du rapide fleuve Strigy. L’autre fille qui se trouve debout près d’elle, est de la ville de Broos.
- Quant à l’homme assis auprès de sa femme et qui joue de la cornemuse, c’est un berger montagnard. Il ne se trouve bien que sur sa montagne et n’admet d’autre auditeur à ses concerts primitifs que ses bœufs et ses moutons.
- Il reste loin du bruit du monde, et les événements du village le plus proche, n’ont d’intérêt pour lui que lorsqu’il sent le besoin d’y descendre chercher une fiancée.
- Toute cette partie de l’Exposition est due encore à l’initiative intelligente d’un comité de femmes.
- C était une excellente idée dont la mise en pratique habilement conduite a donné certainement un attrait de plus à l’Exposition de Buda-Pesth.
- Louis Rabourdin.
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- 362. — Première Année. — N° 4S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Novembre i885.
- nous a pas trompés ; nous n’avons qu’à lever les yeux vers les tribunes pour constater que la réputation du pays n’est pas surfaite.
- Mais le violon des tsiganes se fait entendre ; ils débutent par la Marseillaise que malgré leurs efforts ils ne peuvent arriver à rendre avec la simplicité convenable ; ils entremêlent ce chant large et fier de fioritures qui le dénaturent complètement et en diminuent la grandeur. Mais comme le reste du concert est exécuté ! La Valse de Naïlla de Delibes, l’ouverture de Hunyaol^-Laslo de Ertsel, la marche de Szabady résonnent tour à tour sous leurs archets merveilleux, puis les violons se taisent; la voix des orateurs s’élève et la série des toasts se déroule nombreux et applaudis; ils sont empreints d’une rare et pénétrante émotion : les héros de la soirée sont nécessairement Emile Blavet et Armand Gouzien, le premier représentant le Figaro qui prit l’initiative de la souscription française pour les inondés de Szeged, le second représentant le comité qui le chargea d’en porter le résultat à la malheureuse cité en détresse. C’est le bourgmestre qui prend la parole le premier; il est très poétique et très éloquent; il évoque le souvenir de la catastrophe terrible qui fut pour nous l’occasion d’une manifestation d’active et efficace sympathie... Blavet lui répond. C’est ici que je regrette de m’être laissé entraîner par mon sujet et de vous en avoir déjà dit si long; je résiste difficilement au plaisir de vous citer en entier son discours remarquable ; il a exprimé dans un langage simple et élevé les sentiments qui remplissaient nos cœurs ; il nous a fait venir les larmes aux yeux et M. de Lesseps, interprétant une fois de plus avec une admirable spontanéité le sentiment général, l’a serré tout ému sur sa poitrine.
- Mais les émotions ne sont pas terminées et quand notre compagnon si fidèle, Attila de Sze-mero, dans une improvisation charmante, porte la santé des êtres chers que nous avons laissés derrière nous, des femmes françaises qui attendent notre retour, nous ne trouvons qu’un remerci-ment pour ce brave cœur, cet excellent ami : nous le serrons tous dans nos bras.
- Nous trouvons encore le temps d’aller respirer l’air dans une fête champêtre à la villa Stephana brillammment illuminée.
- A peine avons-nous achevé le café qu’on apporte sur les tables des chaudrons fumant du plat national qu’il nous faut goûter : c’est une sorte de bouillabaisse exquise mais horriblement épicée et des flots de champagne ont peine à rafraîchir nos palais en feu. Entre temps des poètes hongrois montent sur des tables et nous débitent des vers ; des tsiganes jouent, la Marseillaise et un feu d’artifice superbe éclaire de ses gerbes éblouissantes les derniers serrements de mains, les derniers adieux. Dé pareilles soirées sont inoubliables. Cette réception enthousiaste de Szeged termine bien en apothéose notre féeriqne tournée.
- A minuit nous repartons pour Pesth ; nous y arrivons le lendemain matin.
- La délégation française se disloque; chacun tire de son côté, quelques-uns d’entre nous partent immédiatement pour Paris ; d’autres s’arrêtent en Allemagne, d’autres en Suisse, les plus favorisés peuvent rester à Buda-Pesth et faire plus ample connaissance avec cette ville charmante que nous n’avons vue qu’en courant.
- Fini le beau rêve triomphal ! Finis les réceptions, les ovations, les banquets ! Mais vivant, bien vivant, éternellement jeune le souvenir de ce trop court séjour sur la terre de Hongrie ! Mais bien vive et bien profonde la reconnaissance vouée par nous à la Société des gens de lettres hongrois qui, nous invitant à ce voyage,nous a fait vivre pendant quinze jours les fiertés les plus nobles et les émotions les plus douces !
- Encore une fois mercq à vous, nos chers amis ; Attila de Szemero et Charles Pulszky,dont les noms sont à jamais gravés dans nos cœurs !
- Et puisque nos lettres ont trouvé en France un écho que nous désespérions d’y faire naître puisque nos récits ont soulevé un enthousiasme que nous n’osions pas même espérer, qu’il nous soit permis, par l’intermédiaire de ce journal, de porter à la nation hongroise l’expression de la vive gratitude de la nation française pour l’hom-mage touchant rendu à la France en la personne de quelques-uns de ses fils I
- Eugène Weismann.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DU
- TÉLÉGRAPHE
- I
- Après la publication de notre rapide histoire de la poste aux lettres, nous avons pensé que les lecteurs du Moniteur de VExposition nous sauraient gré de mettre sous leurs yeux un court historique du télégraphe, ce grand service public qui complète à merveille notre poste aux lettres. Nous nous en tiendrons, d’ailleurs, aux faits les plus essentiels.
- Le mot français télégraphe, est formé de deux mots grecs dont la réunion signifie : art d'écrire de loin (ypacpstv, écrire ; — xrjXs, de loin. ) Le mot poste vient du latin posita (station).
- L’idée de supprimer ou du moins d’alléger les distances remonte évidemment aux temps les plus reculés. Il ne faut pas nier, non plus, que l’origine du télégraphe est la même que celle de la poste aux lettres. Le berceau de ces deux conceptions, si utiles à la civilisation moderne, s’enveloppe des mêmes mystères. L’invention des coureurs, par exemple, établie et fonctionnant du temps de Cyrus, pouvait tout aussi bien aboutir au télégraphe qu’à la poste aux lettres. Elle a simplement abouti à la poste, parce que la civilisation n’était qu’imparfaite, que les besoins de commerce et d’échanges de marchandises ne se faisaient presque pas sentir en ces époques quasi-héroïques, et aussi parce que les industries du fer, aujourd’hui si riches, étaient à peine soupçonnées. Ce qu’il y a de certain, c’est que le besoin de communiquer rapidement à travers l’espace a toujours été l’un des besoins primordiaux des sociétés primitives aussi bien que des sociétés perfectionnées.
- Il convient de faire rentrer dans le domaine des légendes les plus absurdes, celle qui veut que la construction de la tour de Babel soit le point de départ de l’invention du télégraphe. Mais il est vrai que les Grecs, si artistes et si industrieux, ont créé, en quelque sorte, un «télégraphe » le jour où ils ont eu l’idée de placer des guetteurs sur des tours. Ces guetteurs se communiquaient de loin, d’une manière relativement prompte, avec des signaux convenus, les plus grandes et les plus importantes nouvelles.
- Le télégraphe, dès lors, existait; mais il appartenait à un des hommes de génie de la fin du dix-huitième siècle, de perfectionner cette magnifique invention.
- On sait quel rôle curieux et original les guetteurs, qu’on appelait aussi veilleurs de nuit, jouent dans tout le théâtre antique. Avec Eschyle, Sophocle, Euripide, ils sont souvent en scène ; et il n’y a qu’à relire l’admirable trilogie de YOrestie, d’Eschyle, pour se pénétrer de l’importance de ces personnages. On les choisissait parmi les meilleurs serviteurs de la maison, et ils accomplissaient leur tâche sur les terrasses des palais,, des édifices publics, des temples et au sommet des tours. Les veilleurs de nuit étaient en quelque sorte sacrés. Ils se parlaient entre eux promptement, de façon que la nouvelle d’un événement important tardât le moins possible à être connue. A peu de chose près, dans la société antique, le guetteur avait autant d’importance que le vates (poète). Le grand écrivain tragique grec, l’immortel auteur des Sept contre Thèhes, nous apprend que le veilleur de nuit du palais d’Agamemnon se nommait Thaltybios.
- Les signaux employés par les guetteurs grecs étaient généralement des signaux de feu. Il ne paraît pas que, chez les Romains, l’idée d’un télégraphe à l’état de service public ait beaucoup varié avec la conception primitive des Grecs. Auguste, qui sut réglementer tant de choses avec l’aide de son premier ministre, Agrippa, curateur perpétuel des eaux et directeur des travaux publics de l’empire romain, n’a pris aucune mesure spéciale au sujet des guetteurs latins. Le seul fait qu’il soit intéressant de signaler pour l’histoire du télégraphe dans l’ancienne Rome, c’est que les guetteurs fournissaient des recrues au corps des vigiles, ou soldats chargés d’éteindre les incendies. Comme leur nom l’indique, ces soldats étaient aussi des guetteurs ; mais ils ne s’occupaient que du feu. Le guetteur primitif transmettait les nouvelles par le procédé grec. Mais il est curieux de constater que ces deux catégories d’hommes passaient indifféremment d’un corps dans l’autre. Les vigiles étaient directement commandés par le préfet de Rome.
- Au fond, le vieux télégraphe est d’invention toute gauloise comme nous allons le démontrer. Pour transmettre rapidement, de contrée en contrée, les faits présentant une certaine gravité, nos aïeux se servaient d’abord de crieurs postés à intervalles égaux, lesquels crieurs remplissaient à la fois le rôle d’appareil récepteur et d’appareil de transmission. En même temps, les Gaulois perfectionnèrent la transmission des nouvelles par le système grec des signaux de feu. Ces signaux se faisaient toujours sur une énorme pierre ; et la
- façon dont le feu s’orientait donnait à la nouvelle transmise plus ou moins d’importance, plus ou moins de gravité. Au nombre des curieux monuments mégalithiques connus sous le nom de pierres de signal, nous distinguerons tout particulièrement la pierre dite palet de Gargantua et située entre Cergy et Pontoise, non loin de la rivière de l’Oise. Dans le même département, la Pierre-Turquoise, sise en pleine forêt de Gamelles, remplissait le même but.
- (A suivre.) T. M.
- ----------------r-M5H5H5>--.--lVrT—----
- LES CONGRÈS
- CONGRÈS NATIONAL DES VÉTÉRINAIRES
- Le congrès national des vétérinaires _ a traité dans ses dernières séances deux questions importantes : l’une a trait à la tuberculose chez les animaux.
- L’Angleterre a décidé d’éloigner tous les animaux venant de France, appartenant aux races porcine, ovine, bovine et caprine. Le rapporteur, M. Lefebvre, président du grand conseil de_s vétérinaires a rapporté un fait assez curieux qui montre jusqu’où vont les rigueurs de ces mesures prises par nos voisins d’outre-Manche. Ces mesures sont tellement exagérées qu’elles rappellent l’excès de précautions prises l’an dernier sur les frontières d’Espagne, alors que les autorités de ce pays cherchaient à se garantir du choléra.
- Le 5 octobre dernier, dit Paris, M. Lefebvre embarque un bélier à destination du Cap. En arrivant à Southampton, ce bélier, de par la loi anglaise, n’a pu être mis à terre et a été transbordé en canot sur le paquebot allant au Cap. Encore ce transbordement n’a eu lieu qu’avec une autorisation spéciale accordée parce qu’il s’agissait d’un animal-type destiné à l’amélioration du troupeau colonial. Ces précautions sont d’autant plus exagérées qu’il est toujours facile de s’apercevoir si l’animal en question est sain. Il suffirait de nommer une commission composée de deux ou trois vétérinaires qui examineraient les animaux à leur arrivée dans ies ports.
- Ces mesures prises parles autorités anglaises ne nous étonnent pas beaucoup, cependant; on pourrait citer d’autres faits qui montrent que chez nos voisins on pousse les précautions à, l’excès lorsqu’elles visent un autre peuple.
- Ainsi, les habitants de Jersey possèdent une race de vache qu’ils tiennent à conserver dans toute sa pureté. Défense est faite d’introduire dans l’île aucun taureau ni aucune vache vivante. Cette défense s’étend même au bœuf.
- • Il n’y a donc rien d’étonnant à ce fait cité par M. Lefebvre, il prouve une chose, c’est que quand les Anglais prennent une mesure, ils la prennent jusqu’à l’exagération.
- Le congrès, en ce qui concerne le premier point, a émis les vœux suivants :
- i° Que les inspecteurs, dans les principaux ports d’entrée et de sortie, et quand le personnel vétérinaire le permet, soient au nombre de deux, se remplaçant mutuellement en cas de besoin ;
- 20 Que les municipalités soient invitées à prendre toutes les dispositions, à édifier toutes les constructions, à se munir de tout l’outillage nécessaire pour une inspection sérieuse et l’application de mesures réellement efficaces ;
- 3° Que M. le ministre veuille bien étudier la question de savoir s’il ne conviendrait pas mieux de confier cette mission aux chambres de commerce ;
- 40 Qu’il soit publié un bulletin sanitaire de la France et de l’étranger les icr et i5 de chaque mois ; que les importateurs et les exportateurs soient invités à exiger des vendeurs une pièce officielle constatant l’état sanitaire des animaux ; que les transporteurs soient astreints à tenir note des cas de maladie et de mortalité survenus dans le cours du voyage ;
- 5° Que la rémunération de tous les inspecteurs soit réglée comme suit : o fr. 5o par tête pour les grands animaux jusqu’à 100 ; o fr. 3o par tête au-delà de 100 ; o fr. 20 pour les petits animaux jusqu’à 100 et o fr. 10 par tête pour les suivants. La rémunération pour un déplacement ne pourra pas être moindre de 6 fr. pour les grands animaux et de 4 fr. pour les petits.
- La seconde discussion qui a eu lieu sur la tuberculose a porté surtout sur la contagiosité de cette maladie.
- Le rapporteur M. Nocard, professeur à l’école d’Alfort, a déclaré qu’à la suite de nombreuses expériences, il avait été prouvé que le sang, le lait, le vaccin, etc., ne possédaient pas la virulence tuberculeuse. Du reste, il est très difficile d’établir un diagnostic certain de la tuberculose au début, et il est par conséquent impossible d’édicter des mesures rigoureuses en ce qui concerne cette affection.
- Tel n’a pas été l’avis de la majorité du Congrès
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- Première Année. — N° 4b.
- qui demande l’inscription de la tuberculose au nombre des maladies visées par la loi du 21 juillet 1881.
- MM. Nocard et Arloing, de Lyon, ontfait adopter la conclusion suivante :
- Il doit être interdit de livrer à la consommation les viandes, même de belle apparence, provenant d’animaux atteints de tuberculose, toutes les fois que les lésions tuberculeuses d’un viscère important ou d’une séreuse ont de la tendance à se généraliser, c’est-à-dire ont franchi les ganglions lymphatiques afférents à ces organes.
- Dans les cas où les viandes pourront être livrées à la consommation, les organes tuberculeux et les ganglions lymphatiques voisins seront détruits.
- On conçoit la gravité de cette question médicale. Il existe dans Paris un nombre considérable de vacheries contenant des bêtes tuberculeuses. Le lait recueilli dans ces vacheries est distribué chaque jour dans tous les quartiers, et si les théories qui admettent la contagiosité étaient exactes, nous serions exposés à un danger constant ; car on ne prend pas toujours la précaution défaire bouillir le lait avant de le consommer ; et l’ébullition est le seul moyen efficace de se garantir dans un cas semblable.
- Le congrès a agi sagement en émettant le vœu que les vacheries industrielles destinées à la production et à la vente du lait en nature seraient visitées périodiquement par le service sanitaire afin d’en écarter les bêtes atteintes de tuberculose.
- Enfin la dernière question traitée par le Congrès est celle qui concerne le rouget du porc.
- Cette question n’a pas soulevé de discussion. Après les récents travaux de MM. Toussaint, Arloing, Cornerin, Thomas et Thuillier en France, et Dehmers en Amérique, il a été bien, établi que le rouget est produit par un microbe spécial.
- Le seul remède efficace contre cette maladie est la vaccination d’après les procédés indiqués par M. Pasteur.
- Le Congrès a voté les conclusions suivantes :
- i°La seule mesure prophylactique efficace est la vaccination préconisée par M. Pasteur ;
- 20 En attendant que les porcs aient acquis l’immunité parla vaccination, isoler les sujets sains, enfouir ou brûler les cadavres, et désinfecter lps loges, auges, baquets, etc.
- Après ces délibérations, le Congrès a décidé que ces vœux seraient présentés à qui de droit par le bureau permanent élu à la première séance. Puis on s’est séparé en se donnant rendez-vous au prochain Congrès international de vétérinaires qui doit se tenir en 1889.
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- LES LIVRES
- XXXII
- François Coppée, Contes en prose. — Vingt contes nouveaux 2 vol. Alphonse Lemerre, éditeur.
- François Coppée n’est pas seulement celui de nos poètes contemporains qui est le plus lu, et qui se vend le mieux. C’est un très habile écrivain en prose, un conteur exquis qui a renouvelé et rajeuni une des formes anciennes les plus chères à l’esprit français et a su assaisonner ses récits d’une pointe d’observation très fine et pénétrante, en même temps qu’il les animait par un mouvement qui en fait autant de petits drames en quelques pages. Ajoutons que si l’effet en est toujours juste et proportionné, l’inspiration en est honnête, et la moralité légèrement ironique comme il convient à un philosophe parisien qu’il est, dont l’expérience est sans amertume et la sagesse non sans malice. On y sent la pitié pour les_ misères humaines, l’indulgence pour les humaines faiblesses, qui peuvent très bien se concilier avec les délicatesses de la conscience la plus éclairée et le plus mâle respect du devoir.
- François Coppée est un poète doublé d’un observateur. S’il sent très bien ce qui se passe en lui, il ne voit pas moins bien ce qui se passe autour de lui. Plusieurs de ces récits qu’il appelle contes ne sont même que de simples tableaux d’intérieur ou d’extérieur, intimes ou pittoresques, d’où l’action est absente, et qui n’en produisent pas moins une impression profonde. Son talent a suivi dans la prose la même évolution, la même progression que dans la poésie. De même que le poète élégiaque est devenu peu à peu un poète dramatique, et que l’auteur du Passant qui n’est qu’un rêve dialogué, est devenu l’auteur de Severo Torelli, qui est une pièce fortement construite, et sortie du moule où Victor Hugo a pétri ses chefs-d’œuvre, de même par exemple l’auteur du Coucher de soleil qui n’est qu’un admirable tableau de Paris aux feux mourants du déclin, sur lesquels, s’abaisse peu à peu l’ombre du crépuscule, du Dé d’argent, qui n’est qu’une, étude des impressions d’une courtisane spleenétique, de Maman Nunu, simple souvenir d’enfance, de la Robe blanche, histoire sans événements d’une jeune fille du peuple, chétive et infirme, dont l’unique bonheur aura été
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- celui de l’unique robe blanche de la première communion ; de meme, il y a peu de récits plus touchants, plus mouvementés dans leur petit drame presque exclusivement intérieur, dans leur petite tempête en verre d’eau que les Vices du capitaine, un Nouveau Tantale, le Remplaçant et Mon ami Meurtrier. Cela ne s’analyse guère. Tout est dans le détail habilement et profondément caractéristique. C’est bien peu de chose que l’histoire de ce commissaire des pompes funèbres, devenu contrôleur d’un petit théâtre, et qui n’a jamais pu voir de pièce que par fragments, et que dévore la nostalgie inassouvie d’une représentation dont la fête pour lui ne soit jamais troublée, et cela fait rire ou plutôt sourire. On sourit aussi de ce fanfaron de vices et de querelles, ce belliqueux en apparence et pacifique en réalité, employé de ministère qui passe son temps à soigner tendrement sa vieille mère, à cultiver son petit jardin, à promener le petit chien de la maison, les dimanches qu’il se vante de passer en folles orgies et en pugilats homériques. Et l’on sourit encore, mais avec une larme au coin de l’œil.
- Mais on a envie de pleurer, et l’on pleure, ma foi, tout de bon au récit de ce vieil officier retraité, renonçant peu à peu non sans combat, à ses défauts et à ses dépenses, pour adopter une petite fille boiteuse, et se reprendre avec elle et pour elle aux pures délices d’un intérieur tranquille et d’une paternité fictive. Rien de plus dramatique aussi que le dévouement de ce coquin héroïque, se sacrifiant pour un ami voleur et prenant à son compte le crime et le bagne.
- Dans les Vingt Contes nouveaux l’auteur est tout à fait maître de sa manière, et le Morceau de pain, le Cantonnier, la Griffe de lion, la Sœur de lait, la Brosse aux miettes, l’Enfant bibelot, sont à la fois des études très poussées, dont le canevas est fort simple mais dont la broderie est de l’art le plus savant où posent pour nous, tour à tour, dans une attitude dont la plastique et l’expression sont inoubliables, la reine délaissée, apprenant, en berçant la fillette d’un garde-barrière, le devoir et le sacrifice maternels, le soldat grand seigneur apprenant du camarade affamé le respect des dévouements héroïques, la mère selon la mode, traitant son enfant comme une poupée qu’on adore au premier costume et qu’on délaisse au dernier, via sœur de lait à l’amour ignoré, mourant à la porte de ce bonheur nuptial qui la tue, le petit employé séduit par un geste heureux de coquetterie ingénue, et rivé à un mariage décevant.
- L’Honneur est sauf, Un accident, Une mort volontaire, la Vieille tunique, la Médaille, VOuvreuse, le Naufrage de l’inflexible sont de vrais drames, de petits drames par le petit nombre des personnages et des scènes, mais dont l’action émeut et dont le dénouement, pour être simple comme la vie et la mort, n’en est pas moins pathétique.
- Ce n’est pas une petite affaire, ce n’est pas un triomphe vulgaire que de savoir mettre en quelques pages ce qu’il faut d’émotion sincère, de poésie vraie, d’observation juste, et, parant le tout, de style et d’art enfin, pour buriner une figure qui ne s’oublie plus, pour tirer d’une situation tout ce qu’elle- comporte, et atteindre ce but que tant manquent, que tant dépassent et qui est le succès du conteur : faire rire ou faire pleurer d’honnêtes gens, d’une gaîté ou d’une émotion également salutaires.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- TURQUIE
- CONSEILS aux importateurs
- Le consul de Belgique à Salonique termine un récent rapport sur le commerce de cette ville par les indications qui suivent :
- Nos industriels doivent nommer ici des agents à qui ils remettraient leurs échantillons et qui se chargeraient d’introduire leurs produits. Il faut noter que les négociants de ces contrées n’ont pas encore pensé à se faire représenter à l’étranger pour acheter les objets dont ils ont besoin; c’est par conséquent au commerce étranger à se faire représenter sur place pour pouvoir débiter ses produits.
- Je dois ajouter que l’envoi de commis-voyageurs de temps à autre, pourrait encore contribuer au développement du commercé national.
- Ici, l’on ne regarde que l’apparence de la marchandise, sans s’inquiéter de la qualité intrinsèque qui influe peu ou point sur la vente, pourvu que les prix puissent concourir avec ceux des produits importés d’autres pays.
- En offrant la marchandise, on doit l’offrir coût, assurance et fret Salonique, ce mode de procéder faciliterait beaucoup les affaires en mettant les
- Dimanche 8, Novembre iS8b. —.363-'
- négociants immédiatement en état de se faire une idée de la concurrence.
- Le prolongement du chemin de fer au-delà de Mitrolitza, qui nous reliera avec Belgrade et Vienne, ne peut pas tarder à se réaliser. Salonique deviendra alors un point dont l’importance n’a pas besoin d’être démontrée. Les personnes qui auront déjà des relations bien établies et seront à même de connaître mieux le pays et les goûts, pourront lutter plus avantageusement que celles qui songeront seulement alors à se créer des relations. Il est donc nécessaire de ne pas perdre de temps et de penser à l’avenir.
- MADAGASCAR
- INDUSTRIES A CREER
- Le British Trade Journal publie les informations suivantes sur Madagascar :
- Il y aurait ici un débouché pour deux industries: on pourrait y installer, avec chance de réussite,; une fabrique de limonade et d’eau gazeuse et une brasserie. Aujourd’hui qu’on achète à si bon marché une machine à faire l’eau gazeuse, on pourrait certainement faire dans cette industrie des affaires avantageuses. Gomme pour tout ce que l’on entreprend dans des pays comme Madagascar, il serait imprudent de lancer une telle affaire sur un grand pied ; mais certainement, avec une bonne direction, on trouverait là de sérieux éléments de réussite. En ce qui concerne la brasserie c’est un projet qu’il importerait de ne pas réaliser de suite, mais qui a un grand intérêt à divers points de vue, la fertilité du sol, la culture du houblon et de l’orge et le travail indigène.
- POSSESSIONS ANGLAISES D’AFRIQUE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Si nos négociants tiennent à accroître la somme de leurs transactions avec l’Afrique australe, écrit le consul de France au Cap, il est essentiel au premier chef qu’ils renoncent à l’introduction dans ces régions des articles de choix, qui, en raison de leur prix de revient trop élevé, ne sont à la portée que du petit nombre. Dans un pays où les compétiteurs sont nombreux livrer ses produits aux plus bas prix possible est le facteur principal d’une réussite complète.
- Dans un ordre d’idées à peu près semblable, il est un autre facteur qui ne mérite pas moins d’être placé en évidence: c’est celui du goût du public. Nos compatriotes cherchent en général à imposer leurs préférences aux consommateurs.
- D’autre part, nos modèles sont reproduits pour la plupart à l’étranger avant même qu’ils soient sortis de nos ateliers, et ces copies livrées à des prix inférieurs, font rejeter du marché les originaux qui ont nécessité bien des frais.
- Il me sera permis de conclure, ajoute notre réprésentant au Cap, en formulant un souhait dont la réalisation pourrait être d’un concours réel : il s’agirait, pour nos nationaux, de s’entendre à l’effet d’établir à Paris une sorte de musée permanent du commerce, où seraient exposés les principaux produits de l’étranger, avec leurs prix courants en regard et les adresses des principaux commissionnaires prêts à entrer en rapports d’affaires directes avec la France.
- Nos négociants trouveraient là un élément précieux d’informations quand ils auraient à se procurer les matières premières destinées à un complément de main-d’œuvre. A une époque concomitante à cette création, il s’en imposerait une autre qui serait corrélative à la première. Elle consisterait dans l’établissement, dans tous les grands centres commerciaux étrangers, d’un dépôt d’échantillons français.
- Les commerçants étrangers admis à examiner nos produits et après en avoir apprécié les qualités, ne manqueraient pas, de leur côté, de chercher à entrer directement en rapport d’affaires avec l’industrie française. Nous arriverions aisément, je n’en doute pas, à l’aide de cette combinaison, à supprimer, au bout de quelques années, l’intermédiaire onéreux des commissionnaires de Londres. Elle nous aiderait par la même occasion à combler sans grande dépense la lacune qui procède de la difficulté qu’éprouve notre commerce à envoyer hors d’Europe des commis-voyageurs.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- DÉVELOPPEMENT DE L’iNDUSTRIE
- Dans son dernier rapport adressé à M. le minis-
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- 364- — Première Année — N° 45.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Novembre 1885.
- tre du commerce, le Président de la Chambre de commerce française à Buenos-Ayres signale les progrès rapides de l’industrie argentine, en ce qui concerne notamment les sucres, les alcools et les allumettes bougies.
- Ce document appelle aussi l’attention sur le dé-veloppement probable de la viticulture dans la région et il fait entrevoir l’époque où notre importation française aura à compter sérieusement, pour certain nombre de produits, avec le travail local.
- ILE DE JAVA
- CONDITIONS DE REPRESENTATIONS COMMERCIALES
- On lit dans le Leippgen Tageblatt que les commerçants européens qui veulent expédier des marchandises en consignation à des maisons de Java, doivent accepter les conditions suivantes : Il faut envoyer des échantillons et des prix courants ; la maison de Java accepte les marchandises à 10 ojo au-dessous du prix d’achat, pour frais divers, commission et ducroire, non compris les droits de douane, qui sont, pour la plupart des articles de 6 0/0 ad valorem. Les comptes se règlent par traites à 6 mois, sur une banque d’Angleterre, d’Allemagne ou de Hollande.
- LES THÉÂTRES
- La censure. — Interdiction de Germinal, de MM. Emile Zola et Bunarch.
- Théâtre de la Gaîté. — Le Petit Poucet, féerie en quatre actes et trente-deux tableaux de MM. E. Leterrier, Arnold Mortier et Albert Vanloo.
- Théâtre de l’Odéon. — Un coup de soleil, eomédie en un acte, de MM. Albéric Second et Théodore de Grave.
- Cynthia, comédie en un acte, en vers de M. Louis Legendre.
- Théâtre Beaumarchais. — Le Chiffonnier de Paris (Reprise), drame de M. F élix Pyat.
- Le grand potin de la semaine dernière et de la fin du mois a été l’interdiction de uerminal par la censure, interdiction approuvée par le Conseil des ministres. On en a parlé partout, dans les cercles, dans les coulisses, sur les boulevards ; au club des pannés, vous savez, ce cercle qui a ses assises en plein air à l’entrée de l’avenue du Bois de Boulogne; enfin tous les journaux ont fourni sur ce sujet une copie sinon saine, du moins abondante. L’opinion dominante est que le gouvernement aurait dû tenter l’expérience du suffrage universelle pour la pièce de M. Zola. C’était, disent les critiques, au public à se prononcer sur l’acceptation de Germinal; s’il y avait eu des troubles,, l’administration intervenait, M. Grognon faisait avancer ses gardes et M. Goblet interdisait la pièce. Si au contraire les représentations de Germinal n’engendraient pas plus d’émeutes que le Chevalier de Maison-Rouge, de Dumas, ou Raymond Lindey, de Claretie, sous l’empire ; ou bien encore que Y Ami Frff, sous le régime actuel, l’essai loyal était fait, et tout le monde était content. Heureusement qu’en France les événements se précipitent et, aujourd’hui, on ne parle plus de Germinal ; les amateurs de potins s’occupent du « Rigoïetto » dont on a violé la fille à Panama et qui a voulu tuer M. de Freycinet. Demain ce sera une autre diversion : ainsi va le monde !
- Tous les journaux ont raconté, à propos de l’interdiction de Germinal, et de dame Censure, une quantité d’anecdotes; venir après tout le monde est une situation difficile; je vais cependant vous rappeler une des aventures de la censure vers x811 ; cette anecdote a le mérite d’être peu connue et en même temps authentique :
- Vers l’époque que je viens d’indiquer le vénérable Mathieu Laensberg, après avoir, six mois d’avance, composé son almanach de 1812 avec tout l’art et toute la science dont il était capable, envoie l’épreuve exigée au directeur général de la librairie, qui ne lui répond point. Pressé par le temps, car le ier janvier approchait, il arrive de Liège à Paris, et va trouver son censeur. Pendant huit grands jours, porte close. Il entre enfin.
- — Vous êtes bien hardi, lui dit le directeur, de vous présenter devant moi !
- — Mais, monsieur, il y a trois mois, au moins, -que mon almanach est soumis à votre approbation, et j’ai cru...
- — Votre almanach! je l’ai lu et je ne l’approuverai point.
- — Oserai-je, monsieur, vous demander pourquoi ?
- — Pourquoi? Je veux bien vous le dire. Parce que vous avez eu l’insolence d’y pronostiquer une peste à Paris. A Paris, êtes-vous fou ? à Paris, capitale de l’empire et résidence impériale! Prophète de malheur ! Vous voulez donc que l’empereur meure de la peste ?
- — A Dieu ne plaise, monsieur; et si ce n’est que cela qui vous a fait retenir mon almanach, je puis, à la rigueur, placer ma peste à Madrid.
- — A Madrid, où règne un frère de l’empereur !
- — Eh bien ! monsieur, à Milan ?
- — A Milan, ville libre impériale, capitale du royaume d’Italie ! Y pensez-vous ?
- — Eh bien ! monsieur, à Rome?
- — Malheureux ! c’est bien pis. Oubliez-vous que Rome a un roi au lieu d’un pape, et que ce roi est le fils de l’empereur ?
- — Mais, monsieur, où voulez-vous donc que je place ma pauvre peste ? car enfin il m’en faut une, et mon almanach ne peut s’en passer.
- — Il s’en passera, à moins que vous n’envoyiez votre peste en Angleterre, où probablement l’empereur ne tentera plus de faire une descente.
- Voilà la censure. Sous tous les régimes elle sera la même tant qu’elle existera.
- Mais, avant de passer aux pièces du jour, encore un souvenir à propos de la censure : tous les journaux ont rappelé les incidents subis par la Dame aux camélias, de Dumas fils ; aucun n’a cité cette curieuse coïncidence ; c’est M. de Beaufort qui a fait interdire la Dame aux camélias « comme censeur » et c’est lui qui l’a montée et fait représenter plus tard comme directeur du Vaudeville. Voilà un détail qui méritait d’être relevé, il est des plus exacts, vous pouvez vérifier.
- Mais je m’arrête, mon directeur n’aurait qu’à m’appliquer la censure !...
- La Gaîté a donc donné sa féerie promise depuis deux ans ; le Petit Poucet est venu compléter la série des contes de Perrault déjà mis en scène : le Chat botté, Peau d’âne, le Petit Chaperon Rouge, Barbe-Bleue, Cendrillon, etc., etc.
- A la vérité, je ne voudrais pas être désagréable à mes confrères qui prétendent que jamais le Petit Poucet n’a paru au théâtre ; mais je dois leur dire qu’en cette circonstance, ils connaissent mal leurs archives dramatiques ou lyriques. LQ Petit Poucet ou Y Orphelin de la forêt, a été joué vers 1804 au théâtre des Jeunes Artistes alors situé au coin de la rue de Lancry, tout près de l’Ambigu-Comique. Ce Petit Poucet là était un mélodrame en cinq actes, à grand spectacle, orné de chants, danses et costumes nouveaux, évolutions militaires, avec incendies, pluie de feu, explosion et démolition de l’ârène du tyran Barbastal. C’était la célèbre Julie Diancourt, qui n’était plus jeune, car elle avait débuté à l’Ambigu du temps d’Audinot, et un acteur nommé Desloges, qui remplissaient les principaux rôles. La pièce était de Cuvilliers Apdé.
- Encore un détail. En 1807, lassé des plaintes que les grands théâtres ne cessaient de porter contre les petits, Bonaparte, qui gouvernait à la Dupuytren, trancha la difficulté en faisant, par un décret impérial, fermer les salles de spectacle d’un seul coup, sans leur donner le temps de crier merci. Le décret impérial est daté de Saint-Cloud le 9 août 1807, et tous les théâtres abolis furent fermés le i5 du même mois, ce qui ne faisait que six jours de répit. Le théâtre des Jeunes Artistes fut donc supprimé.
- Comme vous le voyez, la censure avait autrefois des coups plus terribles qu’aujourd’hui.
- Mais je m’égare dans une forêt de détails rétrospectifs, comme le petit Poucet dans la forêt où son père était bûcheron ; il me faut revenir à nos jours et à l’actualité.
- Les auteurs du Petit Poucet, dans la pièce de la Gaîté, ont laissé de côté le sombre dénouement du conte de Perrault et ils ont eu raison d’imaginer de rendre les sept garçons du bûcheron, amoureux des sept filles de l’ogre et réciproquement, et de laisser la vie à ces dernières. C’est du reste, presque le seul accroc qui ait été fait à la légende de Perrault. Pour le reste ils l’ont suivie pas à pas, ce qui me dispense de la raconter.
- Les librettistes ont semé sur la trame comme un dialogue vif, spirituel et très amusant. Ce dialogue amène toutes les transformations qu’un directeur habile comme M. Debruyère, peut inventer en collaboration avec les décorateurs, les dessinateurs et les costumiers, tous artistes les plus habiles de Paris. Sans énumérer les trente-deux tableaux du Petit Poucet, citons les principaux clous : la cuisine de l’ogre, tout d’abord, la forêt
- des enfants perdus, avec une machination bien ingénieuse pour l’ascension du Petit Poucet jusqu’au sommet de l’arbre, d’où il découvre la petite lumière ; le repas de l’ogre, qui dévore les morceaux les plus inattendus ! un pompier avec son casque, une Normande avec ses sabots, etc. ; la cour des bottes de sept lieues ; le dortoir des sept garçons du bûcheron et des sept filles de l’ogre ; le ballet des contes de fées qui rassemble tous les contes de Perrault avec leurs costumes traditionnels qui sont ravissants ; et enfin la merveille des mer-veillesl la ville des mioches.
- A côté de ces splendeurs, il y a des rôles et de vrais rôles : Christian dans l’ogre, Baron dans le cuisinier Truffentruffe sont désopilants. Le rôle du Petit Poucet est tenu par un petit prodige de douze ans, MUe Duhamel.
- Un côté douloureux se joint à toute cette joie ; des trois auteurs qui ont écrit ce livret de la féerie, MM. Mortier, Leterrier et Vanloo, les deux premiers sont morts en ces derniers temps, c’est un grand regret pour ceux qui ont connu et aimé ces deux excellents camarades.
- On a parlé jadis, comme d’un phénomène, de la Biche au bois, féerie montée à la Porte-Saint-Martin par le regretté Marc Fournier et qui fut joué 365 fois de suite; que dira-t-on dans deux et trois ans du Petit Poucet qui, sans avoir épuisé son succès à la Gaîté, entreprendra son tour du monde ? Les enfants qui auront vu les premières représentations, y conduiront plus tard leurs propres enfants, par cette féerie sera éternelle, comme le Pied dé Mouton, les Pilules du Diable et la Chatte blanche.
- L’Odéon a donné, le même jour que la Gaîté donnait sa féerie, le Coup de soleil et Cynthia. La première de ces déux comédies est en collaboration avec M. Albéric SècondetThéodorede Grave dont c’était la première oeuvre dramatique. Cette comédie est de la famille des proverbes ; il s’agit d’un vieux beau de cinquante ans qui s’est érigé le tuteur d’une jeune et jolie fille qu’il surveille et qu’il protège, se la réservant à lui-même pour plus tard, car il a senti un coup de soleil ranimer son cœur. Mais il ne l’épousera pas, ce sera son neveu qui en héritera. M. Chelles et Mlle Cerny font applaudir cette bluette.
- La Cynthia de M. Louis Legendre est une divine poésie, rappelant la Ciguë, cette ravissante comédie, la première œuvre, je crois, d’Émile Augier, ou bien encore le Passant, de François Coppée ou Conte d’avril, de Dorchain. Diane, ou Cynthia, est descendue sur la terre pour se faire aimer d’un mortel ; elle a choisi le beau chasseur Hylas, mais celui-ci en aime une autre et ne se laisse pas séduire par la fille des cieux. Il y a dans cette comédie des vers dignes de Racine : Hylas dédaigne l’amour de Diane, lors même qu’elle lui apparaît dans toute sa majesté, le croissant d’or au front; il préfère, à ce caprice divin, le bonheur obscur que lui promet une simple mortelle. Toutefois, comme il sait que la farouche déesse n’a jamais épargné qui la méprise, il s’offre lui-même à sa vengeance et à ses coups. Il y a là un vers qui est presque un vers sublime :
- N’abaisse point pour moi ton orgueil intraitable !
- Reprends ton arc ! — J’attends la flèche inévitable !
- Mais sache que le trait par qui je vais périr
- Pourra percer mon cœur et non pas te l’ouvrir !
- Cynthia se joue au milieu d’une magnifique forêt où filtrent les rayons de la lune, autrement dit Diane, autrement Cynthia. Mlle Baréty est fort jolie sous les traits de la déesse et -M. Paul Mou-net est un beau et robuste chasseur.
- Epuisons donc toutes les nouveautés et les reprises même de la dernière semaine pendant que nous y sommes. Le théâtre Beaumarchais a repris le Chiffonnier de Paris, drame de M. Félix Pyat. Cette pièce a vieilli depuis 1848. Il s’agit d’un chiffonnier socialiste et sentimental débitant d’interminables tirades politiques, qui ont laissé l’auditoire assez froid. Le directeur de Beaumarchais fera sagement de monter le plus rapidement possible la revue qu’il prépare : Y Assiette au beurre.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. AiiRAüLT et C'% rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin; 2. Partie officielle ; 3. Exposition du Travail: Liste des récompenses ; 4. Visite du Président de la République à l’Exposition du Travail ; 5. Exposition de 1889: Commission consultative; 6. Une Exposition à Berlin en 1888 ; 7. L’Exposition de 1889 et la Presse; 8. Echos; 9. Le Verre (Conférence); 10. Les Livres; 11. Les Théâtres.
- BULLETIN
- Les Chambres paraissent devoir être prochainement appelées à examiner le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889.
- Le dépôt de ce projet de loi répondra à un voeu qui, de la part de l’opinion publique, devient de plus en plus animé. Dans sa séance du 4 novembre, le Conseil municipal de Paris, sur la proposition d’un de ses membres, M. Muzet, a voté par 47 voix contre 6, une proposition tendant à inviter les pouvoirs publics à hâter la mise en oeuvre de l’Exposition universelle.
- La presse a pris acte de ce voeu en s’y associant dans les termes les plus chaleureux, et en insistant surtout sur cette considération que l’heure est venue de commencer activement les travaux, si l’on ne veut pas s’exposer à un retard des plus préjudiciables au point de vue du succès de l’Exposition universelle.
- La Commission consultative s’est réunie mercredi dernier, au ministère du commerce, sous la présidence de M. Antonin Proust; presque tous les membres composant la commission assistaient à cette séance dont on trouvera plus loin le compte rendu.
- PARTIE OFFICIELLE CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL de la séance du mercredi 4 novembre i885
- ADOPTION D’UN VŒU TENDANT A LA MISE EN ŒUVRE PROCHAINE LE L’EXPOSITION DE 1889
- M. Muzet. — J’ai l’honneur de déposer la proposition suivante :
- « Considérant que l’Exposition universelle de 1889, approuvée par le Conseil, est attendue comme un élément de succès certain par l’industrie et le commerce parisiens ;
- « Considérant qu’il est de l’intérêt immédiat des travailleurs de voir commencer au plus tôt les travaux nécessaires pour donner tout l’attrait possible à cette grande manifestation du travail, de la science et des arts ;
- « Le Consel.
- « Emet le vœu de voir hâter la mise en œuvre de l’Exposition universelle de 1889;
- « Invite son bureau à adresser l’expression de ce vœu aux pouvoirs publics.
- « Signé : Muzet, Dreyfus. »
- Cette proposition s’explique d’elle-même, et j’espère qu’elle rencontrera l’appui de la Commission spéciale de l’Exposition et celui du Conseil.
- Dimanche 15 Novembre 1885.
- L’industrie a besoin de se préparer sans retard à l’Exposition de 1889, dont l’institution a été accueillie partout avec tant de faveur. Elle sera l’occasion de l’ouverture de grands chantiers ; il importe donc que son organisation ne soit pas ajournée, au grand détriment des intérêts généraux et des intérêts des travailleurs (Très bien !)
- M. Dreyfus. — Je demande au Conseil de s’associer à ce projet de vœu. Les négociations engagées entre la commission de l’Exposition et le Gouvernement ont traîné en longueur jusqu’à présent et c’est, il faut bien le dire, par la faute du Gouvernement. Dans le conseil des ministres, on ne sait pas au juste ce qu’on veut faire.
- M. de Ménorval. — Parfaitement.
- M. Dreyfus. — Les uns veulent l’Exposition, les autres ne veulent pas d’exposition du tout. Jamais il n’y a eu de la part d’un gouvernement d’hésitation pareille à celle du Gouvernement actuel dans la question de l’Exposition.
- Il faut que le Conseil municipal de Paris, qui réclame énergiquement la reprise de la politique d’affaires, invite le Gouvernement à user de son droit d’initiative relativement à la direction du mouvement des affaires dans le pays.
- Je serais heureux que le Conseil montrât par un vote unanime quel est sur cette question le vœu de la ville de Paris.
- Je dépose une demande de scrutin.
- M. Muzet. — Je demande l’urgence.
- L’urgence est mise aux voix et adoptée.
- Le scrutin auquel il est procédé sur le vœu pour la mise en œuvre prochaine de l’Exposition de 1889 donne les résultats suivants :
- Nombre de votants....... 53
- Majorité absolue. . ...... 27
- Pour.........................47
- Contre....................... 6
- Le Conseil a adopté la proposition de M. Muzet.
- Ont voté pour :
- MM. Armengaud, Boll, Braleret, Cattiaux, Cha-bert, Chautemps, Collin, Combes, Curé, Cusset, Davoust, Delhomme, Deligny, Dépassé, Deschamps, Desmoulins, Dreyfus, Dufaure, Frère, Gaufrés, Guichard, Érnest Hamel, Hattat,. Her-vieux, Jacques, Alfred Lamouroux, Leclerc, Lerolle, Levraud, Lyon-Alemand, Maillard, Marius Martin, Mayer, de Ménorval, Mesureur, Mille-rand, Monteil, Muzet, Navarre, Patenne, Pichon, Piperaud, Réty, Reygeal, Simoneau, Vauthier, Voisin.
- Ont voté contre :
- MM. Hubbard, Mathé, Marsoulan, Michelin, Robinet, Sauton.
- Excusés :
- MM. Cernesson, Strauss, Villard.
- N’ont pas pris part au vote :
- MM. Bartholoni, Georges Berry, Maurice Bin-der, Boué, Chassaing, Cochin, Darlot, Dela-brousse, Despatys, Després, Dujarrier, Gamard, Jobbé-Duval, Narcisse Leven, Aristide Rey, Riant, Rousselle, Rouzé, Ruel, Songeon, Stupuy, Vaillant, Paul Viguier.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- Première section
- MATIÈRES PREMIÈRES INDUSTRIELLES. — MECANIQUE GÉNÉRALE
- Jurés : MM. Trystram, président. — Monteil, vice-président. — Max de Nansouty, secrétaire. —
- NUMÉRO 46.
- Parise, Emile.— Bocandé. — Lartigue. — Létang. Popp — Poupinel. — Suchet. — Noël Bretagne.
- — Ch. Boutmy. — Dard. — Deny. — Ch. De-souches. — Hurtu. — Paupier. — Vigneron.
- Diplômes d’honneur.— Société des constructions mécaniques. —- MM. Domange. — Michel et Cie.
- — Carpentier. — Broquet. — Boulet et Cic. — Mabille frères..— Rouard. — Dumont. — Collet et Cie. — .Milinaire frères. — Gautreau, à Dourdan.
- — Achille Legrand (Belgique). — Georges Vian.
- — Arbey et fils. — P. Barbier. — Société alsacienne des constructions mécaniques. — M. Alexandre Métivier.
- Médailles d’or. — MM. Abel Pifre. —- Ernest Enfer. — Huguet. — Legrand — Deletrez. — Henri Hamelle. — Retterre et Ballot. — Vachette frères. —. Verlinde. — Dupont. — Hélouis, Weber et Déjardin. — Michelet et Castelnau. — Verdier, Caen.et GA— Crespin de la Jeannière. — Bablock et Wilbockx. — Bondonneau.— Vincent. —Huré.
- — Loiseau. — Pfister et Stamm. — Delerypèreet fils. — Chameroy. — Barbieu-Semal. — Béliard.
- — Rylands brothers. — Kell. — Smith Bickford.
- — Mascitelli. — Coquelles. — Smith et Gregory. Médailles de vermeil. — MM. Valyn. — Ritter.
- — Rikkers. — De la Coux. — Roux. — Macquart.
- — Blon. — Montupet. — Aubry. — Cuau et fils.
- — Van der Schuytz.
- Médailles d’argent. — MM. Saintes. — Enfer. — Strube. — Hébert. — Kahl. — Bourgeois. — Toppaz. — Perreau. — Davon. — Collin. —
- Dietrich et Cie. — Bourguet. — Neut et CA ______
- Dumas. — Emery. — Georges Dyens. — Serin.
- — Nines. — Duprat et Cie. — Georges et Cio. —-Mercier. — Mme Angelina Salvi. —MM. Kesen.— Riboullet et Cie. — Travère. —- Tane. — Perceval et fils. — André. — Bruet. — Lamblin et Mercier.
- — Le Melle. — Menessier. — Quentin. — Tessier et Delmas. — Tiersot. — Bristish and foreing safety fuse. — Musé de Poggio alto.
- Médailles de bronze. — MM. Gallois et Mousnier.
- — Boulfroy. — De Mauclerc et Leroux. —- Delar-bre. — Levêque. — Laviornery. — Lévy. — Boom.
- — Gauthier frères.. — Parsy. — Lefèvre et Rénaux.
- — Grim. — Lagrille. — Serrure. — Marcou. _____
- Romain Legarrec. — Kahn. — Ayrol. — Prat frères. — Chapuis. — Pernot Gilles. — De Raugod.
- — Centurione frères. — Chiabotto. — Charlon. _
- Dompé. — Dorriguzzi. — Rumbotti et Angioli.
- Mentions honorables. •— MM. Delgueldre et Riser. — Vannier. — Samanos. — Agnès et Lon-guillon. — Proëll. —Jauffre et CA — Neveu,. —
- Léon Bloudron. — Blot. — Antoniny. — Piat. _____
- Dcrivery. — C. Helfon. — Du Bold. — Parravieiny.
- Deuxième section
- PRODUITS HYGIÉNIQUES. — PARFUMERIE.— EAUX MINÉRALES. — PHARMACIE
- Hors concours, Membres du Jury.— MM. Chassaing. — Dramard. — Langlebert. — Trchyon.
- Diplômes d’honneur. — Compagnie française de produits antiseptiques. — MM. Grimaud. — Meré.
- — Pennés et Boissard. — P. Rigollot et C°. — Field et C°. — Laffitte et Jacobin. — Société générale des Cirages français, Jacquot et Berthoud. — Stephens et C0..— Toiray. — Maurin. — Assistance aux mutilés pauvres. — Calligny.— Dupont.
- — Froger. — Calante et Piveta. — Ricqlès. ____
- Lancelot.
- Médailles d’or. — MM. Dautreville. — Dr Fournier. — GeraudeL — Lagasse. — Lebceuf. — Société hydro-minérale. — Teyssèdre. — Mario Le-chaux. — Spratt’s Patent. — Natton. —- Chesebo-rough. — Hazlehurst and Sons. — Lelasseur. — Martin. — De la Coux. — Sanitas. — D>’ Kingsett
- — Ditely.— Mme Hess.— Lambert-Mousin.— Robert. — Tollay-Martin et Leblanc.— Vicat.
- Médailles de vermeil. — MM. le Dr Jouanne.— Lavocat. — Warner. — Allenbach. — Boulard.— Bucquet et C°. — Guyot. — Carson et Son. — Mme veuve Bossé. — Buchard. — Flach. — Les Meshers. — Monchovault Saintiées. — Société d’hygiène pratique. — Loyer père et fils. — Soulier.
- Médailles d'argent. — MM. Gilton.— L. Brunot.
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- 366. — Première Année — N° 46.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Novembre i885
- — Joubert. — Marais et Fromage. — Dr Pascal.— Zender-Hefti. — Abattoirs de Florence. — L. Caron. — Contenot. — Desille. — Roussel et Rou-ze. — Usine St-Charles. — Vanderkerken et C°. — Adameck. — Bossard-Lemaire. — Campari. — Lecoultre. — Lefranc. — Hartmann et Haas. — J. Martin. — Mathelin et Garnier. _— Renault et Pelliot. — Richarme frères. — Robinet. — Savo-narin (de Pise).— Compagnie du Globe.— Gome's-Britto. — Dacquet. — Rothe. — Antoine.
- Médailles de bronze. — MM. Desobry.— Lomé-ny. — Faure. — Marius Talon. — Mestivier et C°.
- — Bidet. — Aquatici.— Bergonzi et Manna;— Cas ron (Auteuil). — Demayer et Delage. — Grosset Grange. — Joliot.— Lemarié. — Monnet. — Mo-ret. — Picard et Fortier. — Serpin. — Sordie et Lodi. — Compagnie franco-italienne des soufres.
- — Dientz et Lathou- de. — Chane. — Claverie. — Corentin. •— Angel. — Gicaydou. — Gornin. — Manet (Bordeaux). — Marchandise. — Perpetue Béraud. — Corme. — De La Sône. — Morel. — Crestani. — Montluçon.
- Mentions honorables. — MM. Gaëtano Argento.
- — Gallia. — Leblond. — Lereygelol. — Bartho-meuf. — Blin. — De Brocker. — Bernard-Petrich et Cie. — Pagliaro.— Léonce. — Raynaud et Cie.
- — Fossé.— Sylvestre.— Boulanger.— Costenoble.
- — Grimelli frères. — Nesci (de Messine).— Rossi (de Modène).
- Troisième section
- TISSUS. - VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES
- Hors concours. — MM. A. Oudin et Cie. —Société des Etudes scientifiques. — L. de Witte Lomsberg (Malines). — Arnold Frolich (Vienne).
- — H. Vigneron. — Ricbourg. — Ph. Léoni. — Ad. Godchau. — Latour.
- Diplômes d’honneur. — MM. Kœstemberg (Malines). — Apperly Curlis (Stroud). — Marie Rom-bouts (Bruxelles). — Ecole professionnelle.
- Médailles d’or. —• MM. H. Korn (Vienne). — Labre. — Monjou. — Dau Salvator (Sassari). — Veuve Roger.
- Médailles de vermeil.— MM.Stephen Philippe.— Dacier. — Guérin Brécheux Raboteauet fils. — De Notaris (Naples). — Porte (Naples). — Berthelot. Taire.
- Médailles d’argent. — Mme la comtesse Berthe Berthlin (Nagy-Selyk).— MM. Hodssarler. — Te-naillon. — Ruthiens (Bruxelles). — Mlle Merles.
- — MM. Smitha Gregory. — Giroux. — Zoppo.
- — Dumini. — Davis (Londres). — Coumes. — Léon. —Thirifocq. — Mosraghi (Turin). Fretin.'
- — Girard. — Guérin.
- Médailles de bronze. — Mlle Meunier (Cham-play). — MM. Hansson Smith (Birmingham). — Mme Vve Barth. — MM. Bâcle. — Petit et Arcen-cam. — Ritter Robert. — Vollerin. — Drossner.
- ___Pomeyrol fils. — Mme Vye Rabeau — MM.
- Rozier et Cie. — Faye. — Delanoue. — B. Birn-baum (Londres). — Breger. — Lavenère frères.— Lesueur et Remignard. — Renaud. — Société de l’industrie de Vienne. — Calimeri (Varèze). — Capineri (Florence). — Delamare (La Neuville en Hèze). — Wiesmann et Ralm. — Lunel. —Taire (Jules). — Lynard.
- Mentions honorables. — MM. Parry et Rocke (Swanska). — Bruno frères (Cavoux, près Turin).
- — Calabi (Joseph). — Chamon. — Cuny Ravet.
- — H. Monin. — Paxen Bardary. — Dégardin. — Mme Veuve Capitaine. — Marston et C°. — David Moselay et fils (Manchester). —• Bentagou. — Larrieu. — A Poiret. — Revel. — Thivolet. — Grenet. — Philibert. — Scandura. — Papischil (Bohême). — Pendaris et Cie. — D. Celli (Cagli).
- Quatrième section
- CORDERIE. — GYMNASTIQUE. — CAMPEMENT. ARMES
- Diplôme d’honneur — M. Guilloux,
- Médailles d’or.~ MM. Frété et Cic. — Andreux. Loches et Debertrand. —Picard.
- Médailles de vermeil. — M. Burlot.
- Médailles d’argent. — MM. Vienne (Adolphe).— Villani.
- Médaillés de bronze. — MM. Lancaster.— Goutt-man. — Couturier. — Souzy. —Favret. — Gonzalez. — Cauvin.
- Mentions honorables. — MM. Vuitton, — Guil-lian..— Pierson.
- Cinquième section
- CARROSSERIE
- Diplôme d’honneur. — La Société d’instruction professionnelle et artistique de carrosserie. — MM. Million-Guiet et Coe.
- Médailles d’or. — MM. Binder. — Vincent, Eugène.
- Médaille de vermeil. — M. Vincent, Hippolyte. Médailles d’argent. — MM. Girard et Domette.
- — Felbert. —Schubert. — Lamotte. —Dutheil. — Baudry. — Camus. — Gouvrit. — Chicot. — Har-tington.
- Médailles de bronze. — MM. Le Chevalier. — Lagoguée. — Mallein-Claude. — Selby. — Gout-temann. — Gautier. — Drossner. — Desbernard. Mentions honorables. — MM. Gerbon et Allain.
- ___Gosset. — Villain. — Dunkley’s. — Ferret et
- Sicot. — Jelzer. — Romanin. — Merville. — Lefranc.
- Sixième section
- ÉLECTRICITÉ
- Hors concours. — MM. Jarriant, membre du jury. — Milde, membre du jury. — Société générale des Téléphones, membres du jury. — Journaux, membre du jury.
- Médailles d’or. —• MM. Lévy. — Radiguet. — Aboilard.
- Médailles de vermeil. — MM. Arnould. — Hau-zelle.
- Médailles d’argent. — MM. Chaudron. — Giraud et Née. — Loiseau. — Perrody. — Petitjean. — Warnon. — Fontenilles.
- Médailles de bronze. — MM. Chariot. —• Cornette. — Delforge. — Diard. — Didier. — Bohne.
- — Neveur. — Ullmann.
- Mentions honorables. — MM. Clous. — Baudet.
- — Picq.
- Septième section
- NAVIGATION AÉRONAUTIQUE
- Hors concours. — Compagnie des Bateaux-Omnibus, membre du jury. — Bureau Véritas, membre du jury. — Ministère de la marine. — Société centrale de sauvetage. — Société française de sauvetage.
- Diplômes d’honneur.—• Jarros (Angleterre). Médailles d’or. — MM. Lachambre (Henri). — Satre. — Mors. — Tellier (Auguste). — Robert (Edouard).
- Médailles de vermeil. — Chambre des charpentiers. — MM. Lemâle. — Jackson (Angleterre).
- Médailles d’argent. — MM. Hervé (Henri). — Schindler. — Berthon, Boat Compagnie Limited. —• Romsey (Angleterre). — Turck, Richard (John), Angleterre. — Araldo (Italie). — Journal de la marine {le Yacht). — Hureau de Villeneuve. — Holff (Angleterre). — Cruchon (Auguste). — Peys. — Holthausen. — Le Tellier. — Elloriaga.
- Médailles de bronze. — M. Losserand fils. Mentions honorables. — MM. de Aguirre (José-Manuel), Bibao. — Smitter.
- Huitième section
- ARCHITECTURE. — TRAVAUX PUBLICS
- Diplômes d’honneur. — Œuvre des charpentiers.
- — MM. Giot. — Guérin.
- Médailles d'or. — MM. Savaron. — Société des charpentiers de la Villette. — Minard. — Dumes-nil. — Perrière. —• Société d’Airel et Moon. — Carré. — Le Garrec. — Milinaire.
- Médailles d’argent.— MM. Lecat. — Fradelle.
- — Boisseau. — Javon et Rivière. — Bruerre. — Gilbert et Cie. — Guipet. —Desfeux. — Paupy. — Couissinier. — Perret. — Vallin.
- Médailles cie bronpe. — MM. Pompégu. — Peyel.
- — Marceller. — Brunei. — Richerol. — Wragg et fils. — Dole. — Fouchard et Blondel. — Lacote.
- Mentions honorables. — MM. Patazzi. — Peuple. — Berger. — Girard. — Houbé et fils. — Petit, Dumont et Poix. — Good. — Le Te'tier.— Leprévost.
- Neuvième section
- MEUBLES. -- AMEUBLEMENT
- Diplôme d’honneur. — MM. J.-A. Goyers frères.
- — Gustave Lemaigre. — F. Romanelli (Florence).
- — W. Saint-Martin.
- Médailles d’or.— MM. Blanchet et Cio. — V.-C. Bouvais. — V. Denis. — Eugène Hugnet. — M. Jeandet. — Auguste Joveneau. — Loyer père et fils. — Jolifie. — Mauchain. — Muller, Audoy-neau aîné et Cio. — Péral frères. — Porte Secré-tan. — E. Teugels, Schippers (Malines). — Van Inthoudt Hûûghe (Malines). — Griet Bernoux.
- Médailles de vermeil. — MM. Georges Alix. — Hendry, Æhyte et Stracham (Ecosse). — P. Mercier père. — Snyers (Bruxelles).
- Médailles d’argent. — MM. Paulin Berc. — Edmond Delmas. — Gerderès (Anvers). — J. Rerhe.
- — J. de Laterrière. — Pasquier. — C. Perrot. — Ed. Régnier. — Remlinger et Vinet. — Georges Riehl. — Robeis. — J. Rossi et fils (Venise). — Storey, Brothers et Cie (Manchester). — Terquem.
- — H. Verbuecken (Anvers).
- Médailles de bronpe. — MM. Argant, Baradue et Cio. — Bacharach, Oppenheimer et Cie. —
- — Bing et Cie. — Eugène Boverie. — L. Cat-treux. — Chorlton et Dugdale. — Descourtels frères. — Jules Dodon. — A.-E. Eliaers. — Léopold Fouque. — Germain.— François Grand. —. Henri Jaccoux. — Emile Ronce. — Auguste Leroux fils. — Charles Louault. — Oppenheimer frères. — A. Perret. — G. Polspoël. — Jacques Schaeffer. — C. Surget. — Kremer.
- Mentions honorables. — Association des ouvriers tapissiers. — MM. Joseph Barbe. — Brunning-Haussen. — Cauhépé. — Richard Démarqué. — Jean Garnes. —Théodore Huet.— Etienne Lou-rès. —• Mra8 Ve Lhuillier. — Charles Lugrin. — Léopold Mathias. — Élisée Micheletti. — Jean Personne. — Jacques Piteau. — Schindlar frères. — Eugène Sevallée. — Georges Weber.
- Dixième section
- CÉRAMIQUE. — CRISTAUX ET VITRAUX
- Diplômes d’honneur. — MM. Lecat (Ad.). — Pelletier (Maurice). — Soyez (Paul).
- Médailles d’or. — MM. Charles (Jean). — Chi-neau (G). — Lacroix. — Perrière aîné (Louis). — Pull (Georges). — Richard (Hortense). — Bourgeois (E).
- Médailles de vermeil. — MM. Danielli aine. — Lachenal (Edmond). — Moreau (Crozet). — Teu-gels-Schippers (E).
- Médailles d’argent. —• MM. Boutet et Cie. — Ecole professionnelle et artistique de Levallois-Perret dirigée par MUe Menon. — Chambre syndicale des peintres céramistes de Limoges. — Decam (S). — Duthu (MUes M. et A.) — Ladreyt (Eugène). — Quinet et Cie. Wanzenried. Zambôn (Vincent).
- Médailles de bronze. — MM. Bav (Gustave). — Bejot (Adolphe). — Chauviret (Mme Vve). — Manna et Aschi. — Mauger et fils. — Mella (H).
- — Mortreux (Georges). — Pohl (Vincent). — Powell. — Bishop et Stonier. — Sacré (Louis).
- Mentions honorables. — MM. Bruschi (L.) — Demilly. — Masse (Charles). — Moreau. — Sturm (Jean). —Tabuteau (Georges).
- Onzième Section
- QUINCAILLERIE. —• SERRURERIE ET COUTELLERIE
- Médailles d’or. — MM. Drouot (François). — Larivière (Adolphe).
- Médailles de vermeil. — MM. Barbou fils. — Domette (Georges). —Gallet. — Mercier (Charles). — Thirion et fils.
- Médailles d’argent. — MM. Ballée (Henri). — Fontaine. - Grandi. — Larivière (Ernest). — Le Tellier. — Houpin. — Noques (Onésime). — Pi-chetto (Joseph). — Pilet (Parod). — Riche.— Unsterteller. — Vattré (A.-F.) — Verrière frères.
- Médailles de bronze. — MM. Aignan (Limosin).
- — Besson veuve. — Brinon. — Brigaud (Gades).
- — Caron. — Delpy. — Dupecher. — Eygreteau.— Houdon (César). — Noël. •— Ouvré-Pécard. — Palau (Laurent). — Reynier. — Steiner. — Sparry.
- Mentions honorables. — MM. Bain (Auguste). — Dutrou (Louis). — Errard (Emile) — Gibout (Re-neaux). — Maury (A.-F.). — Paquet (J.). —Persi-net (Stanislas). — Lothamer (François).
- Douzième section
- ORFÈVRERIE. — HORLOGERIE. --- JOAILLERIE
- Diplôme d’honneur. — MM. Warangon. — Ecole d’horlogerie de Paris.
- Médailles d’or. — MM. Bergkammer.— Ecole de la bijouterie imitation.
- Médailles de vermeil. — MM. Levassor. — Lévy (Hector). — Marty. — Payan. — Picard. — Robert. — Schwob.
- Médailles d’argent. — MM. Angenot. — Fa-vreau. — Grenet (Emile). — Gerlitzki. — Lukas (Charles). — Ménage (Jules). — Prévost (Louis).
- — Rousseau. — Zalkind.
- Médailles de bronze. — MM. Cudrey. — Gauthier. — Harington.
- Mentions honorables. — MM. Belsot et C°. — Grunberg.
- Treizième section
- BRONZES ET MÉTAUX ü’aRT
- Médailles d’or. — MM. Desclyn et Fouchée. — Favier. — Tassel.
- Médailles de vermeil. — MM. Bouché frères.— Michaëli et fils.
- Médailles d'argent. — MM. Brédeault. — Bouché. — David. — Drouard. — Millet.
- Médailles de bronze. — MM. d’Amyot. — Ches-nier. — Desmarest. — Jourdan. — Smorti. — Var-let. — Lucotte.
- Mentions honorables. —MM. Baussart. — Bertrand. — Caumers.— Caux. — Delasalle. — Er-rico. — Ettlinger et fils. — Gambette. — Pelé. — Poulain. — Werner.
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- VISITE DU PRÉSIDENTDELA REPUBLIQUE
- A
- L’EXPOSITION DU TRAVAIL
- M. le Président de la République, accompagné de M. et Mme Wilson et du général Pittié, est allé visiter, le samedi, 7 novembre, l’exposition du travail. Il a été reçu, à l’entrée, par M. Léon Ducret, directeur de l’exposition, puis le cortège s’est immédiatement dirigé vers la mine, dont les honneurs étaient faits par le sculpteur Ludovic Durand, auquel on doit cette admirable et instructive reproduction.
- Le Président a été vivement intéressé par cette idée de faire descendre le public parisien dans les galeries d’une mine de charbon et de le faire assister aux différentes phases de l’exploitation houillière ; aussi a-t-il félicité M. Ludovic Durand de la vérité pittoresque de ce travail, et s’est-il fait expliquer comment on avait pu arriver à imiter l’envoûtement rocheux des mines de charbon, en assemblant des parties de staff, de différents modèles, disposées de façon à donner l’illusion de la nature, soutenues et étayées au moyen de-
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- Première Année. — N° 46.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Novembre i885.
- 307.
- poutres et de morceaux de bois de toutes grosseurs. M. Grévy et sa suite ont examiné avec intérêt le travail des herscheuses, poussant les wagonnets ou berlines, depuis l’extrémité des galeries où se trouve le travail actif jusqu’à la benne qui emporte le charbon à l’extérieur. Plus loin , le Président s’est arrêté devant la reproduction en cire d’un mineur qui vient d’opérer le forage d’un puits d’extraction, et d’un chercheur qui, couché dans un tout petit espace, vient de trouver la veine et introduit, pour faire sauter la roche, une cartouche de dynamite ; M. Grévy a surtout admiré le pittoresque effet d’un puits d’aérage, muni d’une cheminée d’appel où l’on entretient un feu continuel et le côté fantastique des silhouettes des mineurs se détachant sur le fond de ce décor ; enfin après avoir parcouru les différentes autres galeries, il a remercié M. Ludovic Durand des explications données sur la fabrication des têtes et des mains en cire et l’implantation des cheveux et de la barbe, le cartonnage et la pose des mannequins.
- En quittant cette superbe installation,M. le Président de la République s’est rendu en chemin de fer à rail unique, et a demandé à M. Lartigue, quelques renseignements sur sa curieuse et précieuse invention. Voici, en quelques mots les explications fournies par M. Lartigue.
- Sa triple exposition, du palais de l’Industrie, peut éveiller l’intérêt à deux point de vue distincts.
- Enlui-même,le système àrail unique surélevé,qui caractérise le chemin de fer Lartigue, constitue, pour l’agriculture et pour l’industrie des transports, un outil nouveau, simple, pratique, beaucoup plus économique que les petites voies ordinaires à double rail, et utilisable dans des cas et sur des terrains où celles-ci sont absolument impraticables. Ainsi, à l’exposition d’ostréiculture, tous les parqueurs ont été frappés des avantages précieux qu’ils retireront de ce porteur : chemin de roulement à l’abri des envasements et des sables, toujours propre, tüujours prêt à laisser passer les convois, même quand la mer n’a pas encore abandonné les claires ; voie flexible se prêtant, sans préparation préalable, à toutes les courbes, à tous ies caprices de l’exploitation, composée d’éléments complets pesant chacun moins de 3o kilogrammes et pouvant être posée instantanément par le manœuvre le plus inexpérimenté ; cacolets légers pouvant être manœuvrés par une femme ou par un enfant. Voilà une application du chemin de fer Lartigue réduit à sa plus simple expression, qui montre ce que peuvent en attendre les industries agricbles.
- Dans la galerie des inventions brevetées, au contraire, on peut voir jusqu’où le chemin de fer à rail unique surélevé peut aller dans la création des grandes lignes économiques, destinées aux contrées accidentées et dont le trafic ne permettrait pas l’établissement de voies ferrée ordinaires.
- On y voit, en effet, parmi les reproductions des spécimens si intéressants présentés par le ministère de la marine, à Anvers, dans le pavillon de l’Exposition coloniale française, un modèle, réduit au dixième, de la ligne actuellement à l’étude, destinée à relier le Sénégal au Niger, et à desservir les forts échelonnés de Bafoulaté à Banmakon.
- Sur ces grandes lignes la traction sera faite naturellement par de véritables locomotives.
- A l’Exposition du travail, M. Lartigue, d’accord avec la maison Siemens, a fait une application du transport de la force par l’électricité, question tout à fait à l’ordre du jour. La petite machine qui traîne le petit convoi de voyageurs sur les méandres du chemin à rail unique, est en effet, croyons-nous, la première véritable locomotion électrique qui ait été expérimentée. Le premier essai en fut fait, en février 1884, au concours agricole des Champs-Elysées.
- Une nouvelle tentative plus perfectionnée fu-t, à l’Exposition de Rouen, couronnée d’un plein succès. M. le Président de la République, se souvenant parfaitement d’avoir été témoin des débuts de l’invention, a chaudement félicité M. Lartigue des progrès accomplis.
- Le cadre de cet article ne nous permet pas d’énumérer toutes les installations que M. le président de la République a passées en revue durant sa visite ; nous nous contenterons de citer ici les noms des exposants chez lesquels M. Jules Grévy s’est arrêté tout particulièrement et pour chacun desquels il a eu un mot aimable.
- Le président a regardé successivement l’exposition d’objets de la Chine et du Japon de la maison Appenheimer, les billards de M. William, les machines outils deM. Métivier, les machines à imprimer de la maison Derriey, les moteurs à air comprimé de V. Popp ; puis les machines à vapeur sortant des grands ateliers de Herman-Lachapelle, et le générateur Collet qui fournit la force motrice à toute l’exposition.
- Nous citerons encore l’exposition de machines-outils de M. Arbey ou l’on a découpé en quelques instants pour M, Grévy, dans une petite pièce de bois de 10 centimètres carrés et 20 centimètres de profondeur un monogramme aux initiales J. G.
- Puis le cortège, sortant sur le Cours-la-Reine .s’est rendu au charmant chalet construit en 20
- jours par M. Claude Perret et au pavillon_ de l’Union des chambres syndicales des ouvriers de France. Là, M. le président, a bien voulu remarquer le chef-d’œuvre des Compagnons charpentiers du devoir exécuté d’une façon remarquable par un jeune homme de 23 ans, les travaux des élèves de l’Ecole professionnelle de M. Gérard et les fontaines des ouvriers zingueurs.
- Rentrant alors dans le palais de l’Industrie, le cortège est passé successivement devant l’exposition de meubles de M. Viardot, les fauteuils et divans-lits de Lemaigre, les échelles de sauvetage, l’éclairage électrique Sivan et s’est arrêté chez MM. Gnet et Bernoux ou un lunch a été offert dans le salon du président. Un jouet gracieux qui aura certainement beaucoup de succès cet hiver et qui consiste en une bombe de confiserie éclatant pour livrer passage à une grêle de bonbons a été présenté à M. Jules Grévy par M. Braguier de Verdun.
- Au premier étage, M. le président de la République s’est longuement arrêté devant les machines à cigarettes des manufactures de l’Etat et devant la splendide exposition de M. Champigneulle, qui a su ressusciter dans toute sa splendeur ancienne l’art un moment oublié du vitrail, et a su rendre cette renaissance vraiment magistrale en s’élevant à la hauteur des maîtres du moyen âge.,
- A ce propos, nous croyons être agréable à nos lecteurs en leur promettant la publication prochaine d’une conférence faite par cet artiste consommé sur ses intéressants travaux.
- M. le président a terminé sa visite par la section italienne, l’exposition de l’école d’horlogerie dirigée par M. Rodanet et la manufacture d’habillements Godchaux dont les machines en fonctionnement ont vivement intéressé M. Jules Grévy.
- Il était 5 heures quand M. le président a quitté l’exposition.
- H.-F. Cabirau.
- EXPOSITION DE 1889
- COMMISSION CONSULTATIVE
- Mercredi dernier, à 9 h. 1/2 du matiiq s’_est réunie au ministère du commerce la commission de l’Exposition de 1889, sous la présidence de M. Antonin Proust.
- M. le président a informé la Commission qu’il avait demandé à M. le président du Conseil l’autorisation de convoquer la commission, afin de marquer au moment où la Chambre nouvelle se réunit l’état des travaux de la Commission et afin de poursuivre et de terminer ses travaux._
- Après avoir décidé qu’une Exposition universelle des arts, de l’industrie et du commerce aurait lieu en 1889, le gouvernement a voulu s’entourer de tous les renseignements qui peuvent permettre aux assemblées délibérantes, c’est-à-dire aux Chambres et au Conseil municipal de Paris qui doivent statuer en dernier ressort, d’ouvrir une délibération complète et rapide.
- Au mois de mars dernier, a ajouté M. Proust, notre commission chargée de préparer le dossier de l’Exposition de 1889 a présenté son rapport à M. le ministre du commerce, en insistant sur la nécessité de se prononcer sur l’aliénation définitive ou temporaire du Champ-de-Mars. et sur la nécessité de rédiger sur les plans soumis à M. le ministre du commerce des devis précis qui évitent toute surprise.
- Sur la première question de l’aliénation définitive ou temporaire du Champ-de-Mars, chacune des administrations intéressées a formulé des propositions qu’il suffira de rapprocher pour arriver à une solution.
- Sur la seconde question, le gouvernement a demandé aux Chambres l’ouverture d’un crédit de 100,000 francs qui a été voté par le Sénat au mois d’août dernier au moment de la séparation des Chambres.
- Avec les ressources de ce crédit ouvert sur l’année 1885, on peut promptement, yl’accord avec le ministre du commerce, procéder à la rédaction des devis qui seront soumis aux Chambres et au Conseil municipal de Paris. Le dossier de l’Exposition se trouvera ainsi complété. Quant aux dépenses inscrites dans les projets.de la Commission pour le personnel de l’Exposition, la sous-commission des finances voudra bien présenter, à côté de l’état du personnel de 1878, des propositions basées sur l’ancienne organisation des expositions, c’est-à-dire sur l’organisation qui plaçait la direction des expositions sous l’action directe et immédiate du ministre du commerce assisté d’une commission exécutive fonctionnant à titre gratuit. L’examen des dossiers de 1867 et de 1878 permet, en effet, de constater que l’institution des commissaires généraux, des commissaires de sections n a pu donner des résultats meilleurs que l’ancienne organisation.
- Il y a d’ailleurs d’autant plus d’intérêt à demander aux pouvoirs publics de revenir aux anciennes traditions qu’on ne saurait oublier qu’à la fin du
- dernier siècle le gouvernement de la République a inauguré le régime des expositions ; il a non seulement voulu ouvrir une vaste enquête sur l’ensemble des produits du travail, mais il a voulu mettre à profit cette enquête, particulièrement en ce qui touche le développement de l’enseignement dans les différentes branches de l’activité humaine. C’est de cette première enquête qu’est sorti le grand mouvement qui a donné naissance à nos écoles d’arts et métiers et au groupement des chambres de commerce et des chambres consultatives d’arts et manufactures. Et si l’on prépare pour 1889 à côté de l’exposition des produits actuels, une étude rétrospective de tout ce que l’effort de l’homme a réalisé depuis un siècle, il importe que cette vaste organisation soit mise sous l’autorité, sous la responsabilité et sous l’action immédiate du ministre compétent.
- Le président, après avoir conféré avec le ministre du commerce, invitera les sous-commissions à se réunir et à compléter les travaux dont elles ont été chargées.
- M. Muzet, président de l’Union nationale des chambres syndicales, conseiller municipal, a insisté très vivement auprès de la Commission, au nom du commerce parisien, pour qu’une solution soit donnée dans le plus bref délai possible, à la question de l’Exposition.
- UNE EXPOSITION A BERLIN
- EN 1888
- Tous les journaux allemands publiaient, depuis quelque temps, des articles des plus enthousiastes sur un projet d’Exposition internationale à Berlin,
- en 1888.
- Aujourd’hui, ce projet est définitivement adopté. La ville de Berlin, va voter un nombre considérable de millions ; l’Etat grèvera fortement son budget; tous les journaux assurent enfin que cette Exposition dépassera de beaucoup toutes les Expositions passées..... et futures.
- Que nos voisins fassent beaucoup de frais, qu’ils construisent de somptueux palais, qu’ils aient une belle exposition nationale, nous le croyons volontiers ; mais qu’ils aient une Exposition internationale remarquable, nous nous permettrons d’en douter. En effet, qu’est-ce qui fait le succès et la beauté d’une exposition? Ce sont les exposants, n’en déplaise à tous les organisateurs plus ou moins compétents. Vous aurez beau faire des cages dorées sous tous les aspects, si les oiseaux viennent des pays étrangers et sont ceux que l’on voit tous les jours autour de soi, les visiteurs iront voir la cage une fois, mais ne reviendront pas étudier ses habitants.
- Pour qu’une exposition soit vraiment complète et offre un puissant intérêt, il faut que les exposants étrangers soient au moins aussi nombreux que ceux du pays même où a lieu cette exposition.
- Nous n’en voulons pour preuve que les chiffres suivants relatifs à deux expositions françaises, celles de 1867 et 1878. — Certes ces deux expositions ont eu énormément de succès, mais il faut constater que la première a eu un meilleur résultat que la seconde.
- Nombre d’exposants . . . .
- Nombre de tonnes arrivées par le chemin de fer du Champ de Mars . .
- Nombre de wagons arrivés par le chemin de fer du Champ de Mars...............
- tw LO CO 18 7S
- —— - .
- France. Étranger. France. Étranger.
- 15.969 36.o3 I 25.872 26.963
- 2.369 6.237 6.146 i3.3io
- 461 i.63o i.3oi 3.227
- Quel est l’exposant des nations autres que la France ou l’Allemagne qui ne se tiendra pas le raisonnement suivant dans le courant 1887: « On me propose d’exposer en Allemagne 1888 et en France 1889. — La France achète et l’Allemagne vend ; par conséquent j’aime mieux envoyer mes produits en France. — Un diplôme' ou une médaille obtenue à une exposition internationale à Paris a une valeur bien plus grande que la même récompense obtenue à Berlin : donc j’exposerai à Paris. »
- On ne devra pas nous taxer d’exagération; tout le monde admettra à priori comme parfaitement fondée la première partie de ce raisonnement.
- Quant à la deuxième partie, à qui voudra la discuter, nous citerons à l’appui de notre dire ce
- Voir la suite page 3yo.
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- Syo. — Première Année. — N° 46.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Novembre iSS5-
- simplefait: Une maison de parfumerie de Londres, la maison Atkinson,universellement connue, a obtenu un nombre considérable de diplômes d’honneur et de médailles à toutes les expositions universelles. —A Paris, en 187S, elle s’est vu décerner une médaille d’or. Eh bien ! prenez n’importe quel produit de cette maison, flacon d’eau de Cologne, caisse de savons, boîte de cold-cream, vous ne verrez comme mention des récompenses obtenues que ces simples mots :
- Médaille d’or, a Paris, 1878.
- Et Dieu sait si les Anglais sont orgueilleux de tout ce qui touche prou ou peu à leur nationalité ! Prenons maintenant un simple touriste de n’importe quel pays, Italien, par exemple, qui désire se rendre à une exposition et dont les moyens de fortune le forcent à choisir entre celle de Berlin et celle de Paris. — Croyez-vous qu’en 1888 il ne se dira pas : « Attendons un an et nous irons à Paris ! »
- (La force et la gloire font bien des choses,
- mais....Berlin ne sera jamais Paris quoi qu’on dise
- et quoi qu’on fasse de l’autre côté des Vosges).
- En terminant, nous répéterons que l’exposition de 1888 ne doit nous inspirer aucune crainte pour l’exposition de 1889.— Exposants et visiteurs de tous les pays du monde se réserveront pour venir une fois déplus visiter notre chère patrie.
- M. de Bismarck voulait une exposition nationale... Pourquoi? — Par sympathie pour nous ou par crainte pour les siens ? — Nos lecteurs trancheront d’eux-mcmes la question.
- H.-F. Cabirau.
- P. S. — Au moment de mettre sous presse nous recevons le compte rendu suivant qui prouve que les théories deM. de Bismarck ont prévalu :
- La réunion plénière annoncée pour l’organisation définitive de l’exposition générale allemande des arts et métiers (1888) a eu lieu dans la soirée du lundi 9 novembre à l’hôtel de ville de Berlin, sous la présidence du conseiller du commerce, Kühnemann.
- L’initiative de cette réunion avait été prise par plusieurs associations industrielles, notamment par « l’Union de 1879 » et les « commerçants et industriels réunis ».
- On remarquait dans la salle, outre les délégués de ces sociétés ceux de la plupart des centres industriels de l’empire. Une première conférence de quatre heures avait déjà eu lieu dans l’après-midi, dans la salle des séances du conseil des prud’hommes.
- Après une courte allocution de M. Kühnemann, M. Vogts, rapporteur (membre de l’association Berlinoise du commerce et de l’industrie), expose le but et le programme de la conférence plénière et retrace d’une façon générale toutes les mesures prises jusqu’ici pour l’organisation de l’Exposition. L’orateur donne un aperçu détaillé des travaux entrepris pour un projet primitif d’exposition internationale ; il rappelle qu’après le rejet énergiquement motivé de ce projet par le gouvernement, les cercles industriels se sont arrêtés à un plan d’exposition nationale.
- Le ministre d’Etat de Botticher a exprimé à ce sujet le désir que le comité d’organisation adressât au gouvernement non pas seulement des vœux généraux et des propositions imparfaitement définies, mais un programme nettement tracé.
- Se conformant à ces instructions, le comité a entrepris les travaux préparatoires et réuni un capital provisoire de garantie de 200,000 marcs.
- Une enquête fut commencée et les résultats soumis à M. le ministre von Botticher qui fit alors dépendre son approbation d’une nouvelle étude poursuivie cette fois dans les centres industriels de l’empire.
- Les résultats furent peu favorables au projet du Comité, des avis tout à fait différents, tendant pour la plupart à l’organisation d’une exposition internationale, furent émis sur plusieurs points. Plusieurs chambres de commerce, notamment celles de Fulda et de Cassel, l’association bavaroise des arts et métiers, et plus de 20,000 voix dans les cercles industriels de moindre importance se sont prononcées énergiquement dans le même sens.
- L’orateur déclare que le vœu général pour une exposition nationale a été partout nettement exprimé, et termine en demandant avec des remer-cîments au Comité d’études, le vote unanime de l’ordre du jour suivant :
- « La conférence des industriels allemands réunie dans la salle des séances de l’hôtel de ville de Berlin, s’est prononcée à l’unanimité pour l’organisation d’une exposition nationale industrielle allemande Elle est convaincue que des assises brillantes de l’industrie de l’empire provoqueront un accroissement de l’activité nationale et une impulsion devenue nécessaire pour la production en général.
- L’année 1888 semble parlaitement appropriée pour la célébration de cette solennité industrielle, bien que l’on ait projeté à Paris pour 1889 une
- exposition internationale ou même une exposition nationale importante.
- Il y aura peut-être dans la haute industrie allemande des producteurs qui ne pensent pas pouvoir retirer de cette exposition des avantages certains ; cependant il est permis d’espérer de leur patriotisme qu’ils ne voudront pas s’abstenir, dans l’intérêt général et pour l’honneur de la patrie.
- La chancellerie impériale et le conseil des prud’hommes seront avisés de cette décision.
- Le professeur Vogel, de Berlin, prend ensuite la parole. Les adversaires de l’exposition projetée donnent, dit-il, pour raison de leur attitude d’abstention, l’exposition universelle de Paris en 1889. L’orateur se demande justement si l’Allemagne a des raisons ou même un intérêt pour se joindre à cette exposition ; d’après lui il faudrait que les Allemands pensassent d’abord à eux-mêmes. Il suffit de mettre entre les mains du Comité qui a déjà sur son initiative personnelle organisé l’exposition de 1879, le plan de l’exposition de 1888 et le succès est assuré. MM. Knabe, Krebs et Vogts se prononcent dans le même sens, et l’assemblée déclare voter à l’unanimité les résolutions ci-dessus. H.-F. C.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LA PRESSE
- A partir de ce jour, nous commençons une revue des principaux articles publiés par les divers organes de la presse sur l’Exposition de 1889.
- La ‘République française a publié l’important article suivant qui résume tout ce qui a été fait relativement à l’Exposition.
- Par un vœu émis dans sa séance d’hier, le conseil municipal de Paris a cru devoir rappeler qu’il était question, depuis assez longtemps déjà, d’organiser une Exposition universelle à l’occasion du centenaire de 1789 ; il a indiqué combien il est important qu’une décision définitive, prise à bref délai, permette de donner tout l’éclat voulu à cette grande manifestation industrielle. Déjà le conseil avait eu l’occasion de déclarer que Paris était tout disposé à s’associer à cette entreprise de haute portée et dont l’un des principaux avantages serait d’escompter hardiment la paix du monde. De son côté, le conseil général de la Seine s’était prononcé, en novembre 1884, en faveur de l’Exposition. Au mois de juin dernier, le président de l’Union générale des chambres syndicales, l’honorable M. Muzet, conseiller municipal de Paris, insistait auprès du ministre du commerce pour que le temps d’arrêt que semblait éprouver la préparation de l’Exposition prît fin le plus tôt possible Le syndicat général affirmait que des efforts considérables seraient tentés pour établir une fois encore la supériorité de notre industrie nationale, mais il importait que la résolution gouvernementale fût bientôt connue.
- Dans les départements, le courant en faveur de l’Exposition universelle de 1889 n’a pas été moins vif. Un grand nombre de députés se sont formellement engagés à hâter sur ce point la décision ministérielle. Il y a quelques jours, dans un grand banquet qui réunissait les républicains de Tulle, un des députés nouvellement élus dans la Corrèze, M. Vacher, prononçait ces paroles : « Il faut que dès le début de la session le gouvernement donne le signal de la reprise du travail en inaugurant les travaux de la grande . Exposition universelle de 1889 : c’est ainsi qu’il rendra confiance à notre industrie nationale, qui n’attend que ce signal pour se mettre en œuvre /
- Nous pourrions multiplier les citations de ce genre. Il est certain qu’il y a en ce moment dans le public une attente dont il serait dangereux de ne pas tenir compte. L’idée a fait son chemin, elle est aujourd’hui généralement adoptée. Nous n’ignorons pas les critiques que l’on peut diriger contre les entreprises de cette nature ; nous savons qu’une Exposition universelle n’est pas, par elle seule, un moyen certain d’amener une sérieuse et durable reprise des affaires ; cependant, lorsqu’on examine impartialement les résultats précédemment obtenus, on reconnaît que ces Expositions universelles, en stimulant les progrès de l’industrie, en activant et en améliorant la production nationale, produisent de bons effets. L’industrie française, sous toutes ses formes, traverse une crise dont elle doit sortir. L’Exposition universelle, qu’il ne faudrait pas considérer comme une panacée, aidera dans une certaine mesure à remédier à cette crise. C’est déjà beaucoup. L’important est que le remède soit habilement appliqué.
- Toutes les dispositions sont prises pour que le Parlement, à la rentrée, puisse-prononcer en connaissance de cause.
- Le crédit de 100,000 francs qui a été voté par les Chambres pour les études préparatoires de l’exposition universelle de 1889 a eu pour objet de placer le gouvernement et le Parlement en présence
- d’un projet mûrement étudié dans son ensemble et dans ses détails, et de préparer la réalisation de ce projet dans des conditions moins difficiles que celles dans lesquelles s’est effectuée l’organisation des expositions précédentes, surtout l’organisation de l’exposition de 1878. Il est à remarquer, cependant, que si les travaux de l’Exposition de 186711e commencèrent que deux années avant la date fixée pour son ouverture, cette exposition était prévue dès 1862 et que le projet complet avait été élaboré à la suite du décret du 12 juin i863. Quant à l’exposition de 1878, elle fut organisée dans des conditions de temps tout à fait fâcheuses et qui eurent de graves conséquences, tant au point de vue des dispositions intérieures qui furent adoptées, qu’au point de vue des résultats économiques. Car, du 4 avril 1876 au 1e1' mai 1878, on eut tout à préparer, tout à faire. Malgré la très grande activité qu’on déploya dans un délai relativement aussi court, malgré le dévouement infatigable dont les organisateurs donnèrent des preuves manifestes,on ne parvint pas toujours à éviter les inconvénients d’une création trop précipitée. L’expérience a démontré qu’un délai de deux années était tout à fait insuffisant pour la réalisation d’une œuvre aussi importante que celle d’une exposition universelle et qu’il fallait au moins trois années pour exécuter les résolutions prises, si l’on ne voulait point être entravé, ou être entraîné à des dépenses supplémentaires par les intempéries des saisons ou les accidents d’ordre économique.
- Les différentes mesures élaborées par la commission nommée par décret du 8 novembre 1884 et qui ont abouti au vote du crédit de 100,000 francs permettraient d’aborder dès maintenant la période d’exécution de l’exposition de 1889, ainsi qu’il ressort d’ailleurs de l’intéressant rapport de M. Antonin Proust, président de cette commission.
- Conformément au décret du 8 novembre 1884, la commission a examiné et résolu une série de questions que l’on peut ramener à trois points principaux, savoir : désignation de l’emplacement, rédaction du programme d’un avant-projet, enfin détermination des conditions sous lesquelles devrait s’effectuer la formation d’un capital nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
- La commission, d’accord avec la ville de Paris, comme cela avait eu lieu en 1867 et en 1878, a choisi les emplacements suivants : sur la rive gauche, le Champ de Mars proprement dit, les quais qui se développent de l’avenue de Labour-donnais au ministère des affaires étrangères, en y ajoutant l’esplanade des Invalides; sur la rive droite, le Trocadéro relié par le pont d’Iéna et les Champs-Elysées depuis l’avenue d’Antin jusqu’à l’avenue qui limite le palais da^’Industrie du côté de la place de la Concorde, leüpalais de l’Industrie compris, ces dernières surfaces réunies à l’aide d’un pont doublant le pont des Invalides. A Vin-cennes ont été attribués les concours et les expériences agricoles qui exigent un grand développement de terrain.
- _ Le programme de l’avant-projet des constructions a été indiqué dans ses grandes divisions sans préjuger le classement dans les détails.
- Le Champ de Mars recevrait des constructions couvrant une superficie de 288,000 mètres ; le hall des machines, prenant à lui seul 106,000 mètres, occuperait la largeur du Champ de Mars devant l’Ecole Militaire.
- Deux, palais provisoires ou permanents destinés aux arts et aux sciences occuperaient une surface de 68,000 mètres immédiatement après les squares de la ville de Paris et seraient séparés l’un de l’autre par une esplanade dont la perspective serait continuée par une large avenue réservée entre les constructions intermédiaires.
- L’exposition des produits se trouverait installée au Champ de Mars avec prolongement sur les parties non plantées du Trocadéro et sur les quais qui s’étendent de l’avenue de Labourdonnais au ministère des affaires étrangères, y compris l’esplanade des Invalides.
- Quant au palais de l’Industrie et aux parties qui l’entourent, cet emplacement serait réservé à la manifestation des idées, c’est-à-dire aux congrès internationaux et aux groupes de l’éducation et de l’instruction.
- La recherche des voies et moyens pour faire face aux dépenses que nécessiterait cette vaste installation, ainsi que l’évaluation approximative des recettes de l’Exposition forment la troisième série des mesures adoptées par la commission. Dans l’établissement des plans et des devis, la commission a observé la plus rigoureuse précision. Pour le calcul des recettes on a pris pour base les chiffres des autres Expositions, et cela avec une modération qui donne une certitude aussi complète que possible.
- Voilà le projet actuel qui peut, bien entendu, subir toutes les modifications désirables. Ce qui importe, c’est qu’une résolution définitive soit arrêtée dès le début de la législature. 11 faut que notre industrie soit avertie et qu’elle ait le temps de se préparer à lutter victorieusement avec l’étranger; il faut que les chantiers puissent être ouverts dès le printemps prochain.
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- Première Année. — N° 46.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Novembre i883.
- ÉCHOS
- Paris
- Le lundi 9 octobre a été ouverte, à l’Hôtel de Ville, l’exposition publique et gratuite des spécimens des travaux des apprentis du service des enfants moralement abandonnés, créé, 011 le sait, par le Conseil général de la Seine. Cette exposition durera jusqu’à la tin du mois.
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- Sur les quarante concurrents qui se sont présentés, dix ont été choisis par la section d’architecture de l’Académie des beaux-arts pour entrer en loge, à la suite de leur admission au concours du prix Chaudesaigues. Voici les noms do ces artistes, classés par ordre de mérite : MM. Cousin, Coussiaux, H. Colin, E. Pothier, Henry Anciau, Mioud, Hannotin, Huberti et Bauhain.
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- Un concours sera ouvert le samedi IG janvier prochain , au ministère des affaires étrangères, pour l’admission dans les carrières diplomatique et consulaire.
- Le nombre des places d’attachés mises au concours est de huit.
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- M. Jean-Paul Laurens est désigné pour remplacer comme professeur des cours du soir à l’Ecole des beaux-arts, M. Gustave Boulanger nommé il y a quelques mois professeur de peinture, chef d’atelier.
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- La nouvelle installation du Musée du Luxembourg est menée très activement.
- Un certain nombre de toiles sont envoyées au Louvre ; les autres sont transportées dans les nouvelles salles de l’Orangerie.
- La questure du Sénat pourra prendre possession des salles laissées libres, pour l’installation de ses services, dans le courant de janvier.
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- Un décret paru il y a quelques jours autorise la création à l’étranger, dans toutes les villes où fontionne un bureau de poste français, de succursales de la caisse nationale d’épargne, sous la gérance des receveurs des postes et le contrôle des consuls et vice-consuls de France.
- On ne saurait trop approuver cette excellente mesure, dont rinitiative est due aux membres de la colonie française de Constantinople.
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- La nouvelle convention monétaire destinée à remplacer l’acte du 5 novembre 1878, a été signée le 6 novembre et a reconstitué l’Union entre la France, la Grèce, l’Italie et la Suisse.
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- Départements
- Le département de la Seine-Inférieure vient de décider qu’une statue de Jeanne d’Arc, dont l’exécution sera confiée au statuaire Pézieux, sera érigée à Rouen, devant la nouvelle façade du Palais de Justice. Le ministère des beaux-arts offre à cet effet une subvention importante et fait don d’un bloc de marbre.
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- Algérie
- Le syndicat des viticulteurs d’Alger, contrairement à l’avis des chambres de commerce d’Alger etde Philippeville, et contre les vœux des conseils généraux d’Alger et d’Oran, vient de se prononcer à l’unanimité des membres de son bureau contre le rétablissement de la taxe de 5 francs sur les vins français importés en Algérie.
- Le syndicat croit que la viticulture algérienne n’a rien à redouter d’une libre et loyale concurrence.
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- Un décret décide qu’il sera créé un conseil sanitaire dans chacune des trois circonscriptions sanitaires de l’Algérie.
- Ces conseils siégeront aux chefs-lieux de la direction de la santé.
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- ETRANGER
- Allemagne
- C’est aujourd’hui qu’a lieu à Berlin, dans la galerie nationale, l’ouverture de l’exposition de sculpture polychrome.
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- En vertu d’une décision do l’association artistique, le palais des Arts de Munich sera inauguré le 25 août 1886 , centenaire do la naissance du défunt roi Louis Ier.
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- Le projet de loi pour la construction d’un canal entre la mer du Nord et la Baltique vient d’être soumis au conseil fédéral, et renvoyé par celui-ci à une commission chargée des études complémentaires.
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- Le projet prévoit une dépense de 156 millions, dont 50 seront supportés par le gouvernement prussien chargé de l’exécution de ce travail, ainsi que nous le disions dans notre numéro du 14 juin dernier.
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- Autriche - Hongrie
- L’exposition viennoise des industries du meuble et de l’ameublement aura lieu, selon toute probabilité, dans le courant du premier semestre de 1886.
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- Rappelons qu’une grande exposition orientale aura lieu vers la même époque, dans le Musée oriental de Vienne, à l’occasion du congrès des orientalistes.
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- La fermeture solennelle de l’exposition deBuda-Pesth a eu lieu le mercredi 4 novembre, sous la présidence de l’archiduc-hôritier Rodolphe.
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- Angleterre
- Le bruit court que le président des Etats-Unis a promis de venir à Londres au mois de mai prochain pour ouvrir l’exposition américaine.
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- Belgique
- L’adoption, par le gouvernement belge, d’un projet provisoire consistant à faire de Bruges un port de mer, vient d’être notifiée au conseil communal de cotte ville par le bourgmestre.
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- Grèce
- Les négociations pour la conclusion d’un traité de commerce entre la France et la Grèce vont être reprises à Athènes entre M. le comte de Mouy, ministre de la République française et le gouvernement hellénique.
- Il faut espérer çjue ces négociations aboutiront cette fois, à la conclusion du traité, dont la nécessité se fait sentir de jour en jour.
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- Italie
- . La réunion de la conférence sanitaire internationale à Rome serait ajournée.
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- Les négociations pour la conclusion de la nouvelle convention maritime franco-italienne se poursuivent à Rome. Rappelons que l’ancien traité de navigation, prorogé en juin dernier, expire le 31 décembre prochain.
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- Pays-Bas
- Il.vientde .se fonder à Amsterdam une association artistique ayant pour but d’organiser une exposition internationale permanente des arts et des arts industriels. Les objets exposés, quelle que soit leur provenance, seront admis sans frais et pourront être mis en vente.
- Russie
- Le premier tronçon du grand chemin de fer transsibérien, vient d’être livré à l’exploitation. Sa longueur, entre Ekathérinbourg et Kamychou est de 135 kilomètres. On espère pouvoir ouvrir bientôt le second tronçon jusqu’à Tuméa (366 kilomètres d’Ekathérinbourg) où commence la grande voie fluviale à travers la Sibérie.
- Les travaux de. percement de l’isthme qui sépare les bassins de l’Obi et de l’Yénisseï sont assez avancés pour qu’on espère établir la navigation entre ces deux fleuves en 1886 ou 1887. De plus les communications régulières sur l’Angara, entre l’Yénisseï et le lac Baïkal, viennent d’être assurées par un service de bateaux à vapeur.
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- Suisse
- La convention internationale télégraphique revisée au Congrès de Berlin a été ratifiée parle conseil fédéral.
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- Les Fltats signataires du protocole de la conférence de. Berne, touchant la propriété artistique et littéraire, sont convoqués pour septembre 1886 à Berne afin d’y signer le traité définitif.
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- Un traité de commerce et d’amitié a été signé fi y a quelques jours entre le conseil fédéral et le docteur Brockmann, délégué de l’Etat libre du Transval.
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- Un exemple à imiter.
- Une société par actions, pour l’établissement de restaurants modèles, vient d’être définitivement constituée à Bâle.
- Ces restaurants modèles sont destinés à améliorer l'alimentation de la classe ouvrière en mettant à la portée de tous, moyennant un prix très modique, une nourriture parfaitement saine.
- La souscription publique ouverte en faveur de cette entreprise philanthropique a produit en quelques jours 130,000 francs.
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- Tunisie
- Les travaux du port de Tunis, dont l’exécution est demandée depuis si longtemps par tous les industriels et commerçants de la Régence, commenceront dans le courant du premier semestre de 1886.
- LE VERRE
- CONFÉRENCE
- FAITE AU PALAIS DE LINDüSTRIE (Exposition du travail)
- PAR Mi CH, CHAMPIGNEULLE, DE PARIS
- Mesdames et Messieurs,
- Avant de commencer la conférence que m’a demandé de vous faire M. Ducret, le sympathique directeur de cette exposition du travail, j’éprouve le besoin de recourir à toute votre indulgence car c’est la première fois qu’il m’arrive de parler devant une assemblée si nombreuse. Soyez donc indulgents pour moi, je vous en prie, Mesdames et Messieurs.
- Je retracerai devant vous à grands traits, l’histoire du verre, son invention, ses applications diverses ; les tourmentes et les péripéties par lesquelles i.1 a passé avant de nous arriver à l’état de vitrail — et dès l’époque de cette révélation du vitrail. Je vous dirai ce qu’il a été, ce qu’il est et ce qu’il doit être — mais n’attendez pas que je vous parle comme un professeur. Je vous dirai seulement ce que je sens et ce que je pense. Je vous, dirai et mon admiration des siècles passés et aussi.mon sentiment et mon espérance en le siècle à venir.
- Vous connaissez tous les commencements du verre. Vous savez que le verre est un composé de soude ou de potasse amalgamé avec du sable sous l’action d’un feu violent.
- Nous pouvons donc presque dire que le premier verre date du premier feu allumé sur la terre en ce sens, que les cendres de ce premier feu n’étaient que de la soude ou de la potasse, et son foyer du sable. La potasse èt le sable à la chaleur de ce feu s’unirent, et le verre coula. C’est ce que nous devons admettre sans crainte de nous tromper. Du reste, voici ce que Pline rapporte sur la découverte du verre en Phénicie.
- « Des marchands de nitre, qui traversaient la’ « Phénicie, ayant pris terre sur les bords du fleuve « Bélus, voulurent y faire cuire des aliments, et « ne trouvant pas de pierres assez fortes pour leur « servir de trépied, ils s’avisèrent d’y employer « des . morceaux de nitre. Le feu prit à cette-« matière qui, incorporée par l’action du feu avec « le sable, s’étant liquifiée, forma de petits ruis-« seaux d’une liqueur transparente qui, s’étant « figés à quelques pas delà, leur indiqua l’inven-« tion du verre et la manière de le fabriquer .»
- Ce que ces marchands phéniciens trouvèrent sur les bords de Bélus, d’autres hommes sous d’autres latitudes l’ont trouvé certainement. Et le fait — pour n’être relaté que chez un seul peuplé et par un seul historien — n’en est pas moins virtuellement vrai pour tous.
- Et si nous pouvions avoir un doute sur cette hypothèse, je n’aurais qu’à attirer votre attention sur les vestiges étonnants de cette fabrication du verre découverts journellement, je puis le dire dans les fouilles entreprises, soit en Gaule ou dans les Indes, en Bretagne, à Herculanum ou à Pompéï — découvertes d’une civilisation incomparable en ces siècles reculés, dans tous les pays et dans toutes les parties du monde.
- Au fond, quoi qu’il en soit du récit de Pline, qui d’ailleurs ne rapporte ce fait que comme un bruit de la renommée, il est peut-être plus naturel de penser que ces marchands connaissaient parfaitement la valeur et les propriétés du nitre dont ils faisaient commerce et que ce qu’ils ont été chercher au bord du Bélus, c’était simplement un sable d’une qualité plus fine etplus pure que celui d’autres régions.
- Toujours est-il que des verreries importantes veiitables usines pour la fabrication du verre sous toutes ses formes, se fondèrent en Phénicie De là vinrent en. Occident les premiers échantillons de matières vitreuses et colorées. Depuis cette époque chez tous les peuples et dans tous les âges, nous pouvons suivre les traces de cette fabrication du verre, ses premiers, essais, sa grandeur et malheu-îeusement, a certaines époques, ce qu’on a appelé sa. decadence, qui pour moi n’était que de l’oubli. ^
- Et. dès cette première époque, il semble que les verriers soient arrivés à faire des chefs-d’œuvre dans leur art. Chefs-d’œuvre qui laissent bien loin
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- derrière eux les productions d’aujourd’hui, quelque perfectionnées qu’elles soient, grâce aux secours puissants que donne à notre industrie la science moderne.
- Je vais vous parler de cette production du verre chez certains peuples à cette première période.
- Tout ce que je vais vous avancer est appuyé sur les récits qu’en font les plus vieux historiens, Moïse, Hérodote, Plutarque, Pline et tant d’autres.
- Les briques vernissées des murs de. Babylone, cette ville aux cents tours, construite il y a 4000 ans, étaient l’application la plus sensible de cette fusion du verre sur une matière homogène. La couverte vitreuse, voilà le verre; la terre cuite brute, la brique, voilà la céramique.
- A Ninive, cette ville bâtie par Àssur, petit-fils de Cham, qui comptait 43 kilomètres de tour et 600,000 habitants, les briques vernissées portant les noms des rois du moment prouvent une civilisation à nulle autre pareille et l’on doit rester ébahi au récit de ces merveilles et de ce luxe que nous n’avons pas encore retrouvé 40 siècles après.
- 15oo ans avant notre ère, Sésostris, roi d’Egypte, envoyait au roi Babylone une émeraude de 4 coudées de longueur sur 3 coudées de largeur.
- Que penser d’une émeraude aussi colossale sinon qu’elle n’était évidemment qu’une feuille de verre coloré imitant parfaitement cette pierre précieuse.
- Le sceptre lui-même de Sésostris avait d’après la tradition plusieurs coudées et était une seule émeraude. Evidemment comme dans le cas précédent ce ne pouvait être qu’un morceau d’émail fondu, coloré par le cuivre et finement travaillé, •pièce assez remarquable d’ailleurs et assez rare pour servir de sceptre au vainqueur de tant d’empires.
- Et si je vous parle en ce moment de Sésostris et des rois de Babylone et de Ninive, c’est qu’ils ont vécu les uns près des autres, je dirai plus, les uns chez les autres. Les hasards des guerres qu’ils se faisaient sans cesse ramenaient le lendemain les — vaincus — triomphant chez les vainqueurs de la veille. En ce temps-là on ne levait pas de contributions de guerre, on ne payait pas de milliards, mais on détruisait, on brûlait les pays et on emportait tout ce qui avait de la valeur, que cette valeur soit du reste de l’or, de l’argent, de la chair humaine ou du verre.
- Dans ces incursions sans cesse répétées d’Assyrie en Babylonie, de Phénicie en Palestine et en Egypte, les moeurs se mêlèrent, les procédés des uns passèrent forcément chez les autres et c’est ce qui fit qu’à cette époque, dans ces peuples rapprochés vivant sur le même coin du monde, nous retrouvons les mêmes aspirations et les mêmes goûts, les mêmes besoins et la même application de l’intelligence humaine à l’industrie. Ces peuples avaient des pierres précieuses, de l’or, de l’argent, du marbre, dubois, de l’airain et de la pierre. Que cherchèrent-ils d’abord à imiter de ces produits naturels ? évidemment ceux qui leur semblèrent le plus brillant, et quoi de plus brillant que les pierres précieuses, l’émeraude et le rubis, le saphyr et la topaze.
- Et en mélangeant habilement les minéraux qu’ils avaient dans leur sol, ils obtinrent l’émeraude en fondant le verre incolore avec du cuivre ; le rubis en le fondant avec de l’or ou encore avec ce même cuivre; le saphyr avec du cobalt et la topaze avec de l’antimoine.
- Et tous ces peuples n’appliquaient pas seulement le verre qu’ils avaient appris à fabriquer au luxe de leur personne ou de leur habillement, mais encore à des nécessités plus matérielles, je dirai même plus tristes.
- Ainsi, les Ethiopiens, vers l’an 5oo avant Jésus-Christ, ensevelissaient leurs morts dans. des cercueils de verre. Hérodote rapporte le fait en parlant de l’ambassade envoyée par Cambyse au roi d’Ethiopie.
- « On badigeonnait, dit-il, les morts avec une couche très fine de plâtre de façon à laisser aux cadavres leur forme naturelle et la ressemblance de leurs traits, puis on les introduisait dans un tube de verre posé debout et leurs descendants pouvaient toujours avoir sous leurs yeux les traits de leurs ancêtres. »
- Je vous demande pardon, Mesdames, de ces détails lugubres dans une causerie que je ne devrais rendre qu’attrayante. Heureusement nous n’en sommes plus là ’ à notre époque, et cependant, si vous cherchiez bien dans la section italienne, ici ma voisine, vous pourriez voir une pierre tombale en cristal gravé, d’un travail très fin et distingué du reste, au milieu de laquelle est réservé un verre transparent qui permet au visiteur de jeter son regard à l’intérieur de la tombe. Cette tradition s’est transmise chez certains peuples et le Campo-Santo des villes de l’Italie nous en montre encore de fréquents exemples. Mais cessons vite cette digression trop longue déjà et revenons bravement 3,000 ans en arrière.
- Transportons-nous donc en un pays plus riant, en Judée, à Jérusalem, en l’an 1000 avant notre ère, chez le grand roi Salomon, qui rendait bonne justice à tous — souvent sans code, quelquefois avec un sabre. Donc en ce temps-là, ce bon roi
- Salomon —le père de tous les proverbes, qui mit sept ans à construire le temple de Jérusalem et eut jusqu’à mille femmes sans songer à divorcer avec aucune. Donc, dis-je, ce bon roi en un jour de tristesse sans doute, a dit, verset 3i du chapitre 2 3 des Proverbes :
- « Je blâme la sensualité de ceux qui contem-« plent avec admiration la brillante couleur du vin « au travers de leur coupe de verre et qui, se dé-« lectant de son éclat plus beau, le boivent avec « plus de délices. »
- Donc, Mesdames, la coupe à boire existait.— Mais vous trouverez avec moi, n’est-ce pas, que Salomon était bien puritain, cette fois. Quels anathèmes n’aurait-il pas proférés, si, comme nous, il avait vu mousser dans sa coupe ce nectar divin que nous aimons tant à voir pétiller dans nos verres. Permettez-moi, Mesdames, de blâmer Salomon en cette circonstance, bien qu’il soit un sage et que nous devions, paraît-il, suivre ces préceptes.
- Et pourtant s’il blâmait le verre en main, il aimait parfois à le voir à ses pieds. N’est-ce pas lui qui, parmi les fastuosités de la réception qu’il fit à la reine de Saba, voulut que la plus grande fut de recevoir son admiratrice sur un plancher de glaces ?
- En même temps que la coupe à boire, les dalles transparentes étaient inventées ; l’histoire est là pour le dire. Encore une illusion de notre siècle chercheur qui s’envole.
- Le verre était donc trouvé et ses applications multiples.
- (A suivre.)
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- LES LI-VRES
- XXXIII
- L’amiral Courbet, d’après les papiers de la marine et de la
- famille, par Emile Ganneron, secrétaire-rédacteur ail Sénat.
- Paris, x885. in-18, avec portrait et fac-similé d’autographe.
- Au moment des funérailles nationales faites à l’illustre vainqueur de Son-Tay et de'Foutcheou, nous avons éprouvé et nous avons entendu exprimer plus d’une fois un désir qui vient d’être heureusement et complètement exaucé. Un de ces hommes intelligents et sagaces qui savent prévoir et satisfaire opportunément les vœux légitimes de l’opinion, vient d’écrire précisément l’ouvrage qu’elle réclamait pour fixer son impression et arrêter son jugement sur un homme dont tout le monde parlait sans le connaître, que les uns exaltaient avec enthousiasme, que les autres dénigraient avec acharnement, dont la mort prématurée excitait les regrets de ceux qui admiraient son génie et satisfaisait les rancunes ou les jalousies de ceux qui le redoutaient. Car en France, il est difficile à un général d’être impunément vaincu ou victorieux. La publication intempestive et indiscrète de lettres qui n’étaient point faites pour la publicité, dont l’amiral eut certainement blâmé, si elle avait eu lieu de son vivant, la divulgation, avait jeté sa mémoire en pâture aux controverses et aux déclamations des partis. De sorte que cette figure qui, pour ceux qui ont connu l’amiral, garde une si puissante unité, un si vif relief des traits caractéristiques, avait fini par se noyer, s’effacer, se perdre, au milieu du débordement anecdotique, du déluge de confidences plus ou moins authentiques, qui finissaient par faire un simple personnage de chronique de celui qui a été un véritable héros d’histoire, un homme avec les talents modernes et les vertus antiques.
- Il était temps qu’à côté de cette statue qui sera, nous l’espérons, plus digne du modèle que celle de Chanzy, du capitaine dont la mort a mis en deuil, comme celle du héros de Coulmiers, les espérances nationales, s’élevât un monument littéraire plus modeste, mais fait aussi de main d’ouvrier, comme dit La Bruyère, digne du sujet, digne de ce public sérieux, impartial déjà, qui précède la postérité.
- Ce livre souhaité, où rien n’entre de frivole et de passionné, ce livre fait d’après les documents intimes ou publics,avec un soin qui n’exclut pas le choix, ce livre ne contenant que des renseignements exacts et que des jugements justes, vient d’être écrit par un homme habitué à analyser les documents, à observer les hommes, à ne tenir compte, dans les uns et dans les autres,que de ce qui est utile. M. Emile Ganneron a fait là, avec l’à-propos qui ajoute à tous . ses mérites, une œuvre utile, salutaire, exemplaire, digne de tous les éloges, de tous les succès, et à laquelle ne manqueront ni les suffrages militaires, ni les suffrages académiques.
- Ce qu’il y a de plus intéressant dans la vie des grands hommes, c’est la manière dont ils sont devenus grands. C’est la genèse de leur génie, l’histoire de leur esprit et de leur cœur. Parfois l’œil constate avec regret des dissonances dans ce génie, des défaillances dans ce cœur, des éclipses
- dans cette gloire précoce ou tardive. Rien de pareil dans la carrière de l’homme dont M. Ganneron a raconté la carrière, a retracé le portrait ressemblant et fidèle. La vie de Courbet est comme son esprit, comme son caractère, une, simple, droite, tendant toujours vers son but. Il ne débute point comme enfant prodige, il ne finit pas comme enfant sénile. Il marche lentement, mais sûrement dans la voie de sa vocation, de son choix, vers le but que s’est tracé une ambition tranquille. Il veut être un grand marin pour son honneur et pour le bien du pays. Il travaille sans relâche, cette œuvre de son initiation et de son perfectionnement. Il ne néglige aucun devoir de son état ; il ne néglige aucune branche de son art. Tous ses chefs signalent ses aptitudes, ses progrès, son désir de tout savoir, son ambition d’être utile, son coup d’œil, son sang-froid, son autorité précoce dans le commandement, faite du double prestige de la science et de l’exemple. Tous "ustifient leurs demandes d’avancement moins par es mérites du sujet que par l’intérêt de la marine. M. Ganneron a obtenu de la juste confiance de l’administration de la marine la communication des rapports et des notes relatifs aux services de Courbet jusqu’en 1870. Il a obtenu de la juste confiance de la famille la communication de ses lettres. C’est ainsi que nous lui devons la vraie, l’exacte mesure de la personnalité, de l’originalité de Courbet comme marin. C’est un marin complet, à qui aucune question de son art n’est étrangère. C’est un homme doué du don, de l’art si rares du commandement. C’est un esprit méthodique, un consciencieux qui ne livre rien au hasard, qui combine Ses opérations avec une habileté, une sûreté qui tiennent compte des plus faibles ressources, des moindres obstacles. Au moral, comme tous les rudes, comme tous les forts dans l’action, c’est un cœur tendre, un homme capable des dévouements les plus généreux, les plus délicats comme aussi des plus héroïques sacrifices. C’est ainsi que nous apprenons sans surprise, mais non sans émotion, qu’il sacrifia à sa carrière, c’est-à-dire à l’intérêt du pays, une affection inspirée, partagée, méritée des deux parts, et renonça aux joies du mariage pour se réserver tout entier aux joies sévères du devoir. L’unique roman de sa vie intime, roman pur comme l’honneur, est clos tristement, mais fermement par un sacrifice au devoir. Tout se tient dans cet homme qui renonce a l’amour pour la gloire, qui refuse de sauver sa vie en quittant avant l’heure sa famille du drapeau, et qui laisse en mourant la modeste fortune provenant des économies faites non sur les dépenses de représentation, car il était hospitalier et généreux, mais sur les dépenses de ses plaisirs (il n’en avait pas d’autre que celui de la lecture, et celui de la musique), à l’œuvre du sauvetage. Aussi Courbet a-t-il obtenu deux résultats de tant d’efforts, de tant d’exemples qui sont pour les natures et les mémoires comme la sienne, le plus doux profit de la gloire. Il a été obéi par tous ses subordonnés depuis le contre-amiral jusqu’au matelot, il a été pleuré par eux comme aucun chef d’armée ne l’a été depuis les funérailles de Hoche et de Marceau. Le marin et l’homme revivent à la fois, dans l’excellent, intéressant, et quand il le faut, éloquent ouvrage de M. Emile Ganneron, et si l’image du marbre ou du bronze vaut celle du livre, Courbet aura encore eu ce bonheur très rare pour les grands hommes, et dont nul n’était plus digne que lui, d’avoir l’historien et l’artiste qu’il méritait.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Jean Baudry, comédie en quatre actes, de M. Vaequerie.
- Cette reprise de Jean Baudry que nous avons déjà vue, il y a quelques années vers l’époque des fêtes enl’honneur de Molière, n’est pas de celles qui nous charment. C’est une politesse que le nouvel administrateur a voulu faire à M. Vaequerie, à un ami, et peut-être même à une idée sociale qui hante quelques cerveaux. L’attitude d’Olivier envers son bienfaiteur répugne ; ces invectives contre la cupidité du siècle, sont mal venues. Quant à Baudry, comme le dit un de nos spirituels confrères : on n’est pas b... ienfaiteur à ce point-là !
- M. Got joue toujours admirablement tout ce qu’il joue et contribue à ne point faire chuter la pièce. Le personnage odieux d’Olivier est tenu par M. Worms, et Mlle Bartet est toujours charmante.
- La semaine dernière a été moins chargée, comme vous le voyez, que la précédente, mais le prochain courrier a de la pâture qui se prépare.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE : ^
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 22 Novembre 1885. NUMÉRO 47.
- SOMMAIRE :
- 1. Partie officielle ; 2. L’Exposition de la Nouvelle-Orléans; 3. Exposition d’Anvers; 4. L’Exposition de 1889 et la Presse;
- 5. Exposition internationale des inventions de Londres ( 1885) ;
- 6. Le Verre (conférence) ; 7. La Question économique ; 8. Les Livres; 9. Avis commerciaux ; 10. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- (Suite.)
- Quatorzième section
- COMBUSTIBLES. — APPAREILS DE CHAUFFAGE ET
- éclairage (autres que l’électricité) Médailles d’or. — MM. Bondonneau (Emile-France).— Clert (Constant). —Denoyelle (Désirée). — Demotte (Joseph) et Goesels. — Joachien.
- — Éairesse (Belgique). — Perissieu-Enfer.— Prunier (Ernest). — Schæffer (Belgique). — Schuyt (Pays-Bas). —Viellard et Cie.
- Médailles de vermeil. — MM. Bordet, Saussier et Basona. — Besson et C°. — Boulet et C°. — Chaboche (Edmond). — Chabrier jeune. — De-brue, père et fils. — Giraudon. — Kesen. — Lio-iard jeune. — Robin aîné. — Valtat (Ernest). — Holff et G0.
- Médailles d’argent. — MM. Cordier. — Girat.
- — Glaive. — Leclerc, Bailly, Fonteneau et G0. — Mme veuve Lecomte. — Lefèvre (Henri). — Michaux. — Moissard de Beauval. — Molinard (Antoine). — Paillard (Jules). — Société américaine.
- Médailles de bronze. — MM. Bradel (Emile). — Crawn et Green. — A. Chauffourier. — Chauvin.
- — Croize. — Edouard Davidson.— Decoudun. — Grossot. — Lacote. — Pedrazetti. — Simon Rebourgeon. — Farreau et Cic.
- Mentions honorables. —MM. Boler. — Dela-zanne. — Fenwick frères et Cie. — Lathoud père.
- — Lejariel. — Rons.
- Quinzième section
- MAROQUINERIE. — TABLETTERIE. — VANNERIE. JOUETS. — BIMBE LOTTE RIE
- Diplômes d’honneur. — MM. Charles (Jean). — Grunbaum. — Jumeau.
- Médailles d’or. — MM. Chevrot. — Duhotoy fils. — Marchini (Italie).
- Médailles de vermeil. — M. Pellieux et Cie. Médailles d’argent. — MM. Canon. — Chambre syndicale de la tabletterie en peignes d’écaille.— Favret delà Butte. — Ferrante (Italie). — Haulet.
- .— Houillon. — Ouachée. — Oviste. — Ravenet aîné. — Terrene.
- Médailles de bronze. —MM. Bac. — Bouché. — Degardin. — Deshayes. — Derivery. — Deveau-Carlier.— Fischer (Autriche).— Giran. — Henry.
- — Hopin.— Hôpital des aliénés de Saint-Nicolas, à Sienne. — Joanny. — Kaqueler.
- Launay. — Lemaire. — Liotard. — Popelin. — Renard. — Stemmler. — Tixier de la Pommeraye.
- — Tr épier.
- Mentions honorables. — Arneth et Oberdorfer (Autriche). — Bouillon. — Fonquergne. — Hirsch.
- — Hossard. — Luksch. — Magran. — Rigault.
- Seizième section
- ENSEIGNEMENT. — MATERIEL SCOLAIRE
- Grand diplôme d’honneur.—L’école d’application des beaux-arts à l’industrie. — L’école préparatoire de dessin pratique. — Cours d’adultes hommes du boulevard de Belleville.— Cours d’adultes hommes de la rue Bréguet. — Ecole Diderot.— Ecole professionnelle et ménagère de la rue Fon-.jary, — Ecole professionnelle et ménagère de la
- rue Bossuet.—Ecole professionnelle et ménagère de la rue Bouret.— Ecole professionnelle et ménagère de la rue Ganneron. — Cours subventionnés (adultes femmes) du VI0 arrondissement. — Cours subventionnés (adultes femmes) du VIIIe arrondissement. — Cours subventionnés (adultes femmes) des Ier et XIe arrondissements. —Cours subventionnés (adultes femmes) du VIIe et IIIe arrondissements. — Assistance paternelle aux enfants des fabriques de fleurs et plumes de la rue de Lancry.
- Médailles d’or. — Cours commerciaux du Grand Orient de France. — Ecole professionnelle des mécaniciens de précision, 204, avenue du Maine.
- •— Bertaux (E). — Arissel (A.).— Grand Orient, l’Union Nationale et les Caisses des Ecoles des Ier et VIIIe arrondissements. — Garcet Nisius.—Iket-mer
- M. Armengaud aîné. — A la Société Protestante du travàil. — Desplanques.
- Médailles de vermeil. — M. Linden. — Le cours de comptabilité de la Caisse des Ecoles du VIIIe arrondissement. .— La Société civile de l’instruction du bâtiment. — Mlle Menon, Ecole professionelle de Levallois-Perret.
- Médailles d’argent. — M. Jaubert. — A la Société du Travail (siège du XIe arrondissement). — A l’Ecole professionnelle de dessin et de modelage de la Chambre syndicale de la bijouterie (imitation). — Les Femmes dessinateurs. — Mme Giorgio. — MUe Chassevaut. — Ecole de la rue Tonne-fert. — Patronnage des Enfants de l’Ébénisterie. —- MUe Fortier. — MM. Billon. — Daguerrere — Ecole professionnelle des pupilles de la Seine. — Cours de comptabilité de la caisse des Ecoles du I01' arrondissement. — Association philotechnique de Paris (Montrouge). — Cours commerciaux de l’Union centrale du commerce et de l’industrie.
- — M. Plauzewski. — Orphelinat professionnel de jeunes filles (Belleville).— Société professionnelle et artistique de la carrosserie.
- Médailles de bronze. — Palazzi. — Moscariello.
- — Muratori. — Ecole du Travail des Israélites. — Asile de Lambrechts. — Bougueret. — de Boyè-res. — Ecole d’apprentissage des mécaniciens. — Alliance des chauffeurs-constructeurs-mécaniciens de France. •—• Morus.
- Mentions honorables. — Buccolini. — Verdenet.
- — Meifredy.— Le Duc. — Bonnot. — Baudran.
- — Association philotechnique de Saint-Ouen. — Dejonc. — Féret. — Silvestrini. — Dulché père.
- Dix-septième section
- IMPRIMERIE. — PAPETERIE. — CARTONNAGE
- Diplômes d’honneur. — André Daily et fils. — Aubry. — Fernique.— Salmin frères. — Stephens and sons.
- Médailles d’or. —Abadie.— Pierre Bardou-Job.
- — Cacheux. — Chatillon. — Dewambez. — La-clais. — Roret.—Spicer frères.
- Médailles de vermeil. —- Desachy. — Georges Léopold. — Marshall. — Société biblique, britannique et étrangère.
- Médailles d’argent. — Berthier. — Capelle. — Caw Stevenson et Orr. — Compagnie française de l’autocopiste. — Dienst et Lathoud. — Imprimerie nouvelle. — Krumnos Otto. — Legrand.— Massot Hédouin et C°. — Pavard. — Riottat.
- Médailles de bronze. — M. Robin. — Mme Caron.
- — MM. Couvreux. — Fischer Boulanger. —- Jay-mes. — Lafargue et C°. — Lozza. — Moreau. — Mottier. — Patteux-Léonie. — Robert et C°. — Thivet.
- Mentions honorables. — MM. Bignani. — Bonneau. —. Delangle. — Duboc. — Dupuis. — Grange.
- — Loffler. — Silvestre.
- Dix-huitième section
- PHOTOGRAPHIE
- Médailles d’or. — MM. Attout, Taillefer et Clay-ton. — Pirou.
- Médailles de vermeil. — MM. Gallot. — Gers-chell-Manfredi. — Montabone. — Van Bosch. — Védrine.
- Médailles d’argent. — MM. Boscher. — Mac-keinstein. — Vavasseur.
- Médailles de bronze. — MM. Capelle. — Champagne. — Faller. — Pannelier. — Perrot. — Ruckert.
- Mentions honorables. — MM. Gorde. — De Launay et Amonet. — Mendoza.
- Dix-neuvième section
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- Médailles d’or. — MM. Rousseau. — Gavioii. — Société des facteurs de pianos de Paris. — Bon-temps.
- Médailles d’argent. — MM. Bailli. — Degani. — Marchetti. — De Santin. — Baudet. — Bûcher et Gaux. — Lacape. — Lévêque et Thersen. — To-masini. — Union des facteurs de pianos. — Win'-ther.,— Bonnard. — Institut musical de Florence. Médailles de bronze. — M. Mezzetti.
- Mentions honorables. — MM. Bigot. — Stransky. •— Vion. — Baudre. — Lebas. — Leroy. — Bailly.
- Vingtième section
- MATÉRIEL AGRICOLE. — OUTILS ARATOIRES. — SERRES
- Diplômes d’honneur. — MM. Delizy père et fils.
- — Lamoureux (Sylvain). — Mabile, frères. — Mi-linaires, frères. — Ferrant (Léonard), Italie.
- Médailles d’or — MM. Bergerot (Gustave). — Gouvy et Cio.— Letellier. — Mery.— Schweitzer.
- — Durafain.
- Médailles de vermeil. — MM. Dubois (Adrien).
- — Piquet (E). —Teppaz.
- Médailles d’argent. — MM. Belloir et Berry. — Demoncy-Minelle. — Gervaise. — Juberin. — An-mandus Kahl. — Legris (Emile). — Mercier (Armand). — Serpin et Cie. — Necco. — Deretti. — Trentin. — Perreaux.— Henry (E.)—Degnenant. Médailles de bronze. — MM. Arbey. — Brunner.
- — Bussereau.— Petiot de Laluisant. — Delaval-lade. — Gartrat (C.) — Hubert (Louis). — James (Constant).— Ouachée (Eugène). — Page (Michel).
- — Veissier-Lequin. — Witt. — Zitta. — Rangod. Mentions honorables. — MM. Baudry (Ange).—.
- Guillaume (Émile). — Mauger père et fils. — Mi-cault. — Ponchon (J.) — Reverdet. — Horay.
- Vingt-et-unième section
- I. — BOISSONS FERMENTÉES. — VINS. — BIÈRES. CIDRES. — VERMOUTH
- Diplômes d’honneur. — MM. Bellemer (Th.). — Chalut-Voiry. — Lalande (F.). — Loche..— Mottez. — Ravez (le comte). — Pelouze (Eugène). — Mercier.
- Médailles d’or. — MM. Authérien-Périer. — Bégat et Sédilleau. — Bignon-Pariani. — Brasseur et Hanier. — Brière (Paul).— Diekirch (brasserie de). — Juhel-Bilot. — Polack (Charles). — Raynal (Charles). — Schutzenberger. — Symons et C°. — Burgy, Menoud et C°.
- Médailles de vermeil. — MM. Alliata. — Besson-Perrault. — Petit. — Solères. — Ramos (Malen-dez). — Weiner. — Zedda. — L’Hôte. — Platel (Florent). — Valdina.
- Médailles d’argent. — MM. Barone. — Brasserie du Bas-Rhin (Casa Espagnola). — Calens (aîné). — Durieux. — Dûrr. — Èlouest. —- Fournier (J). — Gervais. — Girardeau et C° (E.). __
- Guillebert. — Guiraud, père et fils. — Hacault.
- — Rocher frères. — Lasserre. — Lump. — Noël.
- — Pépé (prince de Valdina). — Ricard. — Rou-hette. — Tassig (Hongrie). — Vittone (F.). — Vautier-Véron. — Nuncq (Angleterre). — Hartley et Bell (Angleterre).
- Médailles de bronze. — MM. Bonnafous, fils (F.). — Burlotto. — Doriguzzi (Italie). — Clerici (Italie). Gerbi (Italie). — Lambert. — Marquis de Garcano. Mauger. — Reignier, fils et Boulineau.
- — Fajardo, Frincard et Cu (Casa Espagnola). — Semet (E). — Serizier (Ch). — Ledy.
- Mentions honorables. — MM. Bos (A.). — Dumont. — Montel. — Richard. — Salasc. — Un-holz.
- H- — LIQUEURS ET ALCOOLS
- Diplômes d'honneur — MM. Baraud et Cie. —
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Novembre i88b.
- 374. — Première Année. — N° 47.
- Jullien Bertrand et Cie. — Blanqui fils. — Brun, Perod et Ci0. — Degeilh. — Ghesquier-Bouisset.
- — Edouard Joanne. — Lacaux frères.
- Médailles d’or. — MM.Edouard Boniface.—Boulle
- aîné E. Congouille. — Compagnie des Antilles. — Denize fils. —A. Fkaler. — A. Fichet. — Guérin frères. — Lejay-Lagoutte. — Moitessier, Neveu et Gi0. — L. Lhotelain. — G. Niclaus e:tCie.—Edouard Niel. — Perrein frères.— G.-S. Roubeau et Cie.— Saffrey Fortès.
- Médailles de vermeil.— MM. Blin. — Bodin. — Chauvet et Pineau.— Dennler (Suisse).— Jules De-villers. — Perret et Sicot. — E. Laine. — Loca-telli. —G. Mercier. — Marnier et Lapostolle.
- Médailles d'argent. —• MM. Barrière. — Bois-ceau et Ci0. — Bourret (Th.) — Brillet. — Fleury (A). —Guillot (A ).— Jallon (A.). — Léger (A.) — Lugan. — Lauvain. — Martin et Rogée. — Nerik fils. — Parenteau aîné et Lagrollet. — Pesqui (L). — Pandanson. — Roussel (L.) — Andrieu jeune. — Amstritz et Denner (Suisse). — Robin.
- Médailles de bronze. — MM. Fabre. Lecuyer (Ch.) — Gerhardt et Deteisheim.
- Mentions honorables. — MM. Bens et Ci0. — Veuve Lambert. — Tulasne (Léon).
- Section anglaise
- Médailles d’or. — MM. Walker et Soris. Médailles de vermeil. — MM. John Graham et son’s. — Grimble et Ci0.
- Médaille d’argent. — MM. Gulliver et Cie.
- Section italienne
- Médailles d’or. — MM. Savorini. — Girolamo Luscarda.
- Médaille d’argent. — M. Comini.
- Médailles de bronze. — MM. Gellini. — Cartel-lini. — Jesu. — Luise Loreto (A.). — De Panfil-lis. — Presanti. — Fava (F.). — Scarnera.
- Mentions honorables. — MM. di Gosino. — di Toros.
- Section austro-hongroise
- Médaille de bronze. — M. Ellebogen.
- III. — PRODUITS ALIMENTAIRES
- Diplômes d’honneur. — MM. Nicolas (Louis).— Van Idouten). — Laporte (F.). — Vicat (J.). — Beriot (Camille). — Lerville. — Guinier fils.
- Médailles d’or. — MM. Boissonnet. — Vianey frères. — Drillon. — Pernot (Gille). — Bocquet.
- — Dubreucq (P.). — Richard Maisonneuve. — Cieux (L.). — Besside fils._ —. Duplant. — Mau-privez. — Union des propriétaires (Nice). —Hul-bert (A.). — Fouquet. — Duval. — Guislain (Alexis). — Jocchi frères. — Guily. — Thiéry (Suisse). — Hernsheim frères.
- Médailles de vermeil. — MM. Baroche et C°. — Minot-Delanef. — Lenoir d’ils. — Baron. — Co-thias. — Brault. — Dennis et G°. — Dubar et G°.
- — Pernet Démangé. — Damoy. — Gésing. _ — Sartre (Ed.). — Michel. — Erlach et Bürki (laiterie des Alpes). — Balsamo. — Bruno (Italie).— Le Cicéros d’ils (Italie). — Bertoli (Italie).
- Médailles d’argent. — MM. Labbé (E.) — Petitjean. — Santasiéro. — Lafay (J.) —• Péronne. — Schneider (Noël). — Renard (E). — Sauvrezis. — S aile. — Cognier (Jean). — Melin (A.) — Dubois-Colmet. — Dumont (Léon). — Loiseau. — Lopin.
- — Bustin. — Jacob. — Goudron. — Lagache (G.)
- — Lair (A.) — Estieu. — Briot. — Moreau (G.) — Poiret (P.) — Georger. — Di Gennaro. — Bracci dei Cambini. — Malerbi. — Sacchi.
- Médailles de bronze. — MM. Huart. — Quesnel.
- — Grandjean. — Strohme. — Masson. — Sambel père et fils. — Steiner. — Bertout. — Mme Arone. MM. Thiébaut. — Grosbois. — A. D’Argérus. — Ta Min et C°. — Lassalle. — E. Sergent. — Darras.
- — Sergeant. — Garafolo. — Cinotti. —• Dicola. — Bonsignori. — Bigi. — A. Schmidt.
- Mentions honorables. — MM. Blanchard. — Kupfer. — Souchay. — Camus. — Brown et Poison. — Bracquier. — Demerat. — Scribe. — La-comme et Cie. — Encausse. — Lauvin.
- Mention honorable. — M. Amoroso.
- Vingt-deuxième section
- ANNEXE SCIENTIFIQUE
- Diplômes d’honneur. — MM. Théophile Fumière (Belgique). — Commandeur Garotti (Italie). — Doulton et G° (France). — Léon Joubert (France).
- Médailles d'or. — MM. Jos Nemets. — Société de prévoyance et de répression de la mendicité par le travail, de Florence. — Liskenne (France).
- — Loiseau fils (France). — Ségal (France). — Walter Lécuyer (France).
- Médailles de vermeil. — M. Gateau (France). Médailles d’argent. — MM. Badaloni, docteur (Italie). _— Publications scientifiques du collège des architectes et ingénieurs de Florence. — Fenzi, publication d’un ouvrage sur la gymnastique dans les appartements (Italie). — Choquart. — Delatour.
- — Toussaint.
- Adédailles de bronze. — MM. Cominotti (Italie).
- — Pezzarossa (Italie). — Moutaldo (Italie). — Société de secours mutuels de prévoyance, colonies agricoles salines (Italie). — Baudre (France).
- Mention honorable. — M. Centurione, Jules (Italie).
- Vingt-troisième section
- ANNEXE ARTISTIQUE
- Diplôme d’honneur. — Réservé.
- Médailles d’or. — Mmc Romboust, Marie (de Bruxelles), dentelles. — MM. Serrano (Italie). — Michieli (de Venise), bronzes d’art. — Mariani (de Rome), peintre en tableaux. — Mollica (de Naples). —Schopin (de Paris), faïence d’art.— Delforge (de Paris), céramique d’art. — Ponsin, vitraux artistiques. — Drouard (de Paris), ameublement artistique. — Marty (de Paris), armes, bijoux de théâtre. — Mlle Richard (Hortense).
- Médailles de vermeil. — MM. Galcagno (de Naples) porcelaines artistiques. — Zanussi (représentant de Mme Paris), mosaïques artistiques. — Bodard, serrurerie d’art.
- Médailles d’argent. — Schryvers (Bruxelles), ferronnerie d’art. — Arrigoni (Milan), peinture. — Faccioli (Bologne), tableau. — Contini..— Anas-tasio, Pierre, tableaux. — Goûtant (Paris), terres cuites. — Mortreux (Paris), faïences d’art. — Ma-zabran, Eugène, peintures sur porcelaine, Maza-bran. Pierre, peintures sur porcelaine. . — Pi-chard, peintures sur porcelaine. — Saint-Jean, sculpteur, buste. — Mme Philippe Stephen, de Tours, tapisserie d’art, broderies. — Stephens, M.-A.
- Médailles de bronze. — MM. Erico (de Naples), reproduction bronze. •—-, Frilli (de Florence), statuaire. — Bouture (Paris), sculpture. — Verdier (Paris), tableaux terre cuite. — Beauvais (Paris), tableaux terre cuite. — Mlle Menou, école professionnelle de Levallois, céramique. — Gerderès, Jeanne (Paris), aquarelle tableaux. MM. Laurent, porcelaines peinture (ouvrier). — Mollard, graveur-ciseleur (ouvrier). — Godefroy (Charles), pendules bois sculpte'. — Garreau (Paris), ouvrier. — Bidault, cadre jonc (ouvrier). —. Sevallée. _— Lecuyer, Jules, peintre décorateur. — Auvillain, sculpteur sur bois.
- Mentions honorables. — MM. Victor Denis, cheminées en marbre (Belgique). — Walker (Nouvelle-Orléans), tableaux.
- L’EXPOSITION
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Nous lisons dans le journal l’Abeille, de la Nouvelle-Orléans : .
- Le gouverneur Mc Enery vient de lancer une importante proclamation sur laquelle nous nous faisons un devoir d’appeler l’attention de nos lecteurs. Elle invite toute la population de la Louisiane, sans aucune exception — villes et campagnes, corporations et simples particuliers, milices de l’Etat, corps militaires indépendants, institutions de crédit, associations de bienfaisance et de charité, maisons de commerce, petites et grandes, habitants de tout âge, de tout rang, de toute position de fortune — à assister à l’inauguration de notre seconde exposition. C’est une immense manifestation qui se prépare. Les cérémonies qui ont eu lieu, l’an dernier, à pareil jour, avaient une grandeur que nous ne leur contesterons pas, mais il leur manquait le cachet spécial, l’ensemble, le caractère d’universalité que l’expérience seule peut donner à des célébrations de ce genre. Il est des circonstances où le zèle et le patriotisme, réduits à leurs seules ressources, ne suffisent plus ; il y faut ajouter l’éclat, la pompe extérieure, la science de la mise en scène, l’explosion de l’enthousiasme populaire. Quelques accidents imprévus, quelques fautes, fruit inévitable de la nouveauté, de la surprise, ont pu nuire au succès de l’ancienne entreprise. Il faut que la nouvelle n’occasionne aucun désappointement; il faut qu’elle remporte un triomphe complet.
- Nous l’avons déjà dit plus d’une fois, nous le répétons, le moment est solennel ; il y va de notre bonne renommée, de notre avenir. Que nous l’ayons ou non prévu, que nous ayons ou non compris la portée de l’événement, nous sommes, en réalité, à partir du 10 novembre, le rendez-vous de l’Amérique du Nord, de l’Amérique du Centre, de l’Amérique du Sud, que no*us avons, spécialement, conviées à notre grand tournoi agricole et industriel ; le rendez-vous de toutes les nations qui se feront représenter par leurs consuls, par leurs personnages marquants, par leurs publicistes, par leurs exposants, par les sommités de leur négoce et de leur finance, et — circonstance aggravante, ;—nous nous y trouvons pour la seconde fois.
- En 1884, on a pu relever de petites faiblesses,
- on a pu faire certaines critiques plus ou moins légitimes, mais nous étions si loin ! Nous étions si inconnus ! Il y avait beaucoup à excuser, beaucoup à pardonner.
- Aujourd’hui, il en est tout autrement: nous ne sommes plus en dehors du grand chemin de l’humanité, nous ne sommes plus de parfaits étrangers pour le reste ctu monde. On nous a vus à l’œuvre. Par ce que nous avons fait, livrés aux hasards de l’improvisation, on sait ce que nous sommes capables de faire après réflexion. On compte sur beaucoup mieux de notre part, on exigera de nous davantage. Répondons grandement, d’une façon digne de nous, à l’attente du public, et effaçons les derniers souvenirs des petites déceptions de l’an passé.
- Elle s’ouvre sous d’heureux hospices, dans quinze jours, demain, cette Exposition. Nos campagnes sont moins éprouvées qu’à la fin de 1884. En dépit de quelques mécomptes qui leur ont été occasionnés par des pluies survenues à une époque malheureuse, elles ont fait une bien meilleure récolte ; elles se trouvent plus à l’aise ; elles sont, par conséquent, à même de venir plus souvent nous visiter. Or, la moitié, les trois quarts des planteurs, des habitants des villes, des bourgs, des villages de la basse Louisiane descendent dans le quartier français ; ils y feront, nécessairement, une certaine dépense, ils donneront la vie, le mouvement à notre district par trop délaissé. Il y a là, pour nous, de nombreuses chances de faire de bonnes recettes; ne les laissons pas échapper, et que nos rues prennent, dès les premiers jours, un air de fête.
- Il n’y avait, assurément, rien de bien extraordi-rnrire dans nos préparatifs de 1884; néanmoins, nous avions su donner à nos décorations une allure gaie, pimpante, que n’avaient pas su prendre d’autres quartiers plus populeux, plus richement habités et hantés que le nôtre. Ce spectacle un peu inattendu avait frappé bien des étrangers, qui nous en surent gré alors. Faisons mieux, cette année, puisque la perspective est plus belle et le succès à peu près infaillible.
- Il n’est pas jusqu’au ciel qui ne se déclare en notre faveur, qui ne nous envoie un automne splendide avec des jours pleins de soleil et une température printanière.
- Quant à la direction, nous pouvons nous fier à elle ; elle a montré une activité infatigable, un zèle à toute épreuve, une rare entente des besoins d’une telle entreprise ; elle a multiplié les distractions, les tournois, les luttes du sport, qui doivent augmenter considérablement le nombre de nos visiteurs.
- Donc répondons avec empressement à l’appel du gouverneur ; ne comptons pas trop sur l’inspiration du dernier moment. Nous savons trop ce qu’il en coûte parfois de se fier à l’improvisation ; ne laissons pas se perdre la leçon que nous avons reçue, et faisons en toute hâte nos préparatifs, afin d’éviter les surprises pour nous-mêmes et les déconvenues pour nos hôtes.
- C’est surtout à nos concitoyens du deuxième district que nous faisons un chaleureux appel, parce que nous savons qu’ils ont le sentiment de l’art, la compréhension des belles et grandes choses , la conscienee de la lourde responsabilité qu’assume la Nouvelle-Orléans; parce qu’on a beau les dédaigner, les délaisser , les victimer même, parfois, c’est toujours à eux que l’on est obligé d’avoir recours, quand il s’agit de quelque chose de bon ou de grand à accomplir; parce que, toutes les fois que l’on songe à recevoir des étrangers distingués, des notabilités de la politique, de l’aristocratie, de la finance, de l’industrie, des lettres, c’est au milieu de nous qu’en dernier ressort on est obligé de chercher de quoi leur donner une hospitalité digne d’eux.
- Il faut que, dès le premier jour, ils voient notre district en fête ; qu’ils comprennent que si les bâtisses de l’Exposition sont loin, bien loin, la vraie ville, celle où l’on trouve le mouvement, le confort de la vie, les distractions élégantes, est là où nous habitons. N’oublions pas que la réouverture du. Théâtre-Français nous impose des devoirs, que nos visiteurs s’y rendront en foule, ne fut-ce que parce que c’est le Théâtre-Français qui jouit, dans le monde entier, d’une renommée, d’une popularité que l’on a depuis longtemps cherché à lui enlever, sans y réussir, que ses adversaires vaincus ne songent plus à lui contester. Nous sommes obligés, par notre attitude, par notre éclatante participation, même à des fêtes qui se donnent loin de notre quartier, par le pavoisement de nos magasins, de nos balcons, de les attirer à nous. N’est-ce pas ainsi que les choses se sont déjà passées ?
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- Première Année. — N° 47.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- N’est-ce pas dans notre district que, mûs par l’instinct, guidés par la réflexion, entraînés par leurs sympathies naturelles, tous ceux qui appartenaient à la race latine, qui avaient un peu de sang espagnol, italien ou français dans les veines sont accourus ? Ils seront plus nombreux, cette année, car ils prennent une part double à notre Exposition. Montrons-leur ce que nous savons faire et de quelle façon nous exerçons l’hospitalité. La grande réception, la fête solennelle va s’ouvrir, que chaque maison se pare, que chacun revête ses habits de fête. La lutte grandiose, dont la popularité du jour, dont la prospérité du lendemain sont le prix, va s’engager ; que tout le monde soit sur le pont !
- On voit que la section française ne sera inaugurée que le 1e1' janvier 1886.
- Les demandes d’admission sont reçues à Paris, 39, rue Caumartin.
- EXPOSITION D’ANVERS
- LES
- DÉLÉGUÉS ADJOINTS A LA COMMISSION FRANÇAISE
- Nous étions au mois de mai 1884, quand M. le ministre de Belgique à Paris informa le gouvernement de la République qu’il devait s’ouvrir à Anvers, le a mai 1885, une Exposition universelle placée sous le haut patronage de S. M. Léopold II et l’invita officiellement à y prendre part.
- C’était au lendemain de l’Exposition d’Amsterdam ; les industriels français venaient d’obtenir les plus hautes récompenses, mais ils avaient retiré peu ou point de bénéfices de cette exposition et il leur en coûtait de faire de nouveaux sacrifices ! Puis chacun disait hautement vouloir réserver ses efforts et ses dépenses pour la grande Exposition de 1889 qu’on venait d’annoncer et que tout le monde acclamait avec le plus grand enthousiasme.
- Après bien des circulaires, des notes, etc., pour vaincre les dernières hésitations, M. Choquet pensa, ainsi que la commission française, qu’il fallait officiellement demander, dans chaque industrie, le concours des notabilités, des hommes qui, par leur situation, leur influence, pouvaient consommer l’œuvre de la participation française à l’Exposition d’Anvers.
- La Commission française élabora donc une liste de personnes choisies dans chaque industrie qui prendraient le titre 'de « délégués adjoints à la commission » et seraient spécialement chargés de provoquer les adhésions, de susciter les bonnes volontés, et de donner enfin plus tard leur avis sur les admissions.
- Sur la proposition du commissaire général, M. Choquet, M. le ministre ratifia les choix faits par la commission.
- Je ne puis ici transcrire les noms de tous les délégués : ils ont d’ailleurs été publiés dans le Moniteur du 29 mars 1885. Le concours intelligent et dévoué qu’ils ont donné à la cause française à Anvers, leur active intervention près des industriels ont fait que le nombre des exposants s’est élevé au chiffre considérable de 2,000.
- Toutes les industries se trouvaient représentées, par un plus ou moins grand nombre d’exposants, il est vrai, mais aucune n’était restée indifférente. Les industries du meuble, des bronzes, des soies et tissus, des châles, etc., auxquelles la Belgique fait une si grande concurrence, répondirent néanmoins, et grâce à l’insistance de leurs délégués, à l’appel qui leur était fait. Ainsi, la T rance, en se rendant à l’Exposition d’Anvers, était certaine d’un succès plus grand encore que dans les précédentes expositions. — Depuis, les récompenses décernées aux exposants français ont consacré à la France la supériorité qu’il importait a ses intérêts et à sa gloire de garder.
- C’est aux délégués adjoints à la commission, délégués pris en province, que revient l’honneur d’avoir créé ces expositions collectives de Lyon, de Rouen et d’Elbéuf qui ont excité l’admiration des visiteurs à l’Exposition d’Anvers.
- Dimanche 22 Novembre 1883. — 3y5.
- Les délégués adjoints à la commission ne sont pas restés étrangers à l’organisation de l’Exposition, chacun en ce qui le concernait. Sans doute, ils n’ont point eu à choisir les emplacements réservés à leurs industries respectives, ce soin appartenant entièrement au commissariat général; mais ils ont été entendus et plus d’un a lui-même groupé ses exposants sur l’emplacement qui lui avait été désigné sur le plan de l’Exposition.
- L’organisation de l’Exposition terminée, le mandat des délégués prenait fin. Mais le souvenir de leur dévouement, du concours intelligent et zélé qu’ils avaient apporté pendant cinq mois à l’Exposition française ne pouvait disparaître ! Aussi a-t-on vu M. le ministre du commerce, à la satisfaction générale, faire appel à un grand nombre d’entre eux pour les fonctions de membre du jury.
- L’Exposition universelle de 1889, dont on s’oc- cupe avec une activité toute nouvelle depuis la rentrée du Parlement, donnera l’occasion,' sans nul doute, aux délégués adjoints à la commission de l’Exposition d’Anvers, de reprendre le rôle qu’ils viennent de remplir avec tant de succès ! Le passé que je viens de rappeler est la garantie que leur patriotisme se montrera à la hauteur de la tâche qui leur pourra être confiée, soit qu’il s’agisse de recueillir des adhésions, soit qu’il s’agisse de procéder à l’organisation des expositions de leurs industries respectives. Les questions à étudier sont multiples et toutes sont de la plus haute importance. Le concours de ces industriels, apportant leurs lumières aux commissions, ne peut qu’être très précieux. Et s’il m’était permis de soulever déjà une question pour l’Exposition de 1889, je demanderais que la classification fût établie par eux d’une façon raisonnée et pratique, afin d’éviter toutes les difficultés que les classifications des précédentes expositions ont toujours occasionnées !
- Mais je reviendrai plus tard sur ce sujet et pour conclure aujourd’hui ma correspondance, je ne crois devoir mieux faire que de rappeler un souvenir du banquet du 2 mars 1885 offert par les délégués à l’honorable M. Rouvier, ministre du commerce, qui, pendant son passage au ministère et à l’occasion de l’Exposition d’Anvers, avait donné tant de témoignages de sa sympathie au commerce et à l’industrie française :
- Faisant allusion à un'passage de l’allocution de l’honorable sénateur, M. Dietz-Monnin, président de la commission française :
- «..............Mon excellent voisin et ami a
- « touché une question délicate en parlant des ré-« compenses, bien légitimes d’ailleurs, qui sont « dues aux exposants. En ces matières, il est diffi-« cile de promettre parce qu’on n’est pas sûr de « pouvoir tenir.
- « Quelle que soit la bienveillance, la cordialité « de vos vœux, il ne suffit pas de s’appuyer sur (( votre adhésion pour rester aux affaires et il serait « téméraire de penser que c’est le ministre d’au-« jourd’hui qui présidera à la distribution des « récompenses.
- ..................................................
- «... J’ai cru de mon devoir de demander « aux législateurs de faire fléchir les rigueurs d’une « loi restrictive en faveur des exposants de l’Union « des Arts décoratifs et de l’exposition d’hygiène « de Londres. En présence d’un grand concours « comme celui d’Anvers, moi... ou mon suc-« cesseur, nous solliciterons des pouvoirs publics « les moyens de récompenser ceux qui, par leur « concours et leur succès, auront contribué à « représenter dignement la France à l’Exposition « d’Anvers. »'
- Je n’ai rien à ajouter que mes vœux pour que ces paroles soient entendues et que soient récompensés ceux-là qui, à l’occasion de l’Exposition d’Anvers et à'des titres divers, n’ont cessé de travailler à affirmer aux yeux de l’étranger la grandeur et la prospérité de la France !
- Ch. Lenoir.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LA PRESSE
- Voici l’étrange article que nous trouvons dans le Siècle :
- L’exposition industrielle de 1889 n’est toujours qu’un projet; il n’a pas été pris de décision relativement à cette grande solennité foraine. On ne peut qu’inviter le gouvernement à bien réfléchir à ses conséquences, avant d’y donner son adhésion. On cherche à créer un courant d’opinion favorable à l’entreprise, mais le souvenir seul des tristes résultats qui ont suivi les expositions de 1867 et de 1878 devrait faire entrevoir les mécomptes, les périls même que ramènerait certainement un nouvel essai de ces bazars cosmopolites.
- Nous apprécions les besoins du commerce, la ‘nécessité de rendre1 un peu d’activité aux affaires, les avantages temporaires que peut pîoeurer une grande affluence d’étrangers dans la capitale. On se propose d’organiser, dans cet ordre de-combinaisons, une fête très ingénieuse, qui ne durera que deux ou trois jours, et qui doit restituer la physionomie de Paris au moyen âge. De courtes fêtes suffisent pour susciter un mouvement d’échanges, mais elles ne retiennent pas assez longtemps les visiteurs à Paris pour que, peu à peu,les conditions de l’existence se modifient, les prix des vivres augmentent et la population laborieuse voie ses dépenses quotidiennes croître dans des proportions inquiétantes. Ces perturbations sont, au contraire, inévitables, lorsqu’un spectacle public se prolonge pendant plusieurs mois. La consommation subit une surexcitation factice, qui élève la valeur des marchandises et nuit à d’innombrables intérêts. Plus tard, les mercuriales ne baissent plus. Bientôt les ouvriers demandent des augmentations de salaires, ils se mettent en grève et le marché du travail est violemment troublé. Une exposition est forcément l’occasion d’une crise. Cette perspective mérite d’être très sérieusement examinée.
- Le malaise économique n’a déjà causé que trop d’embarras à la République et il importe de se demander si, au sortir des années pénibles que nous supportons, il ne serait pas gravement imprudent de courir le risque des nouvelle misères.
- Quant à l’industrie, on cherche vainement ce qu’elle gagne aux expositions. Ces vastes étalages ont l’inconvénient de rendre visible l’ensemble de nos défauts et de nos qualités techniques. Les gouvernements étrangers se font renseigner, ils profitent des observations qu’ils ont recueillies, et plus tard, dans la législation, dans l’enseignement, dans l’organisation des transports, ils prennent des mesures qui leur permettent de mieux nous combattre.
- Nous insisterons, d’ailleurs, sur une question que nous avons déjà posée. Convient-il de célébrer l’anniversaire de notre émancipation nationale par un étalage de réjouissances qui ne vont jamais sans vulgarité, nous allions dire sans grossièreté ? Ces ripailles dans des cabarets à la mode, ce débordement de la galanterie la plus effrontée, ces cohues de visiteurs attirés par une curiosité banale seraient un cadre peu digne d’une commémoration qui doit être avant tout morale. Que signifierait le centenaire de 1789 s’il n’était exclusivement l’apothéose de la philosophie, du droit et de la liberté ?
- Si l’exposition est décidée, nous l’accueillerons sans enthousiasme et nous persisterons à en appréhender les suites.
- C’est la seule note discordante que nous ayons à enregistrer au sujet de l’Exposi-tion de 1889. Au fond de toute cette mauvaise humeur n’y a-t-il pas un peu de politique? C’est égal : ces ripailles et ce débordement delà galanterie la plus effrontée nous laissent rêveur ! On dirait que dans une exposition on ne rencontie que des gens ivres ou bien des femmes galantes ! — Le Siècle devra s’abstenir d’envoyer, à l’Exposition, ses pudibonds rédacteurs.
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- 376 et 377. — Première Année — N° 47
- LE MONITEUR ^POSITION DE 1889
- Dimanche 22 Novembre i885.
- EXPOSITION INTERNATIONALE DES INVENTIONS DE LONDRES (1885)
- (Suit-J
- GALERIES DU SUD
- A la droite du vestibule se trouve le bureau du jury et le restaurant de MM. Spiers et Pond installé à la Bouillon Duval dont nous avons déjà parlé.
- Un large escalier vous mène ,ensuite aux galeries du sud; dans celle du milieu se trouve une riche collection d’armes de guerre et de chasse (groupe n° 2 5). L’attention du visiteur est tout de suite attirée par un canon entièrement en acier se chargeant par la culasse et provenant des ateliers de Woolwhich ; il pèse 12 tonnes et 5o kilogrammes de poudre de Cocoa envoie un projectile du poids de 100 lcilog'., qui perce à 1,000 mètres une
- plaque de 35 centimètres d’épaisseur ; la vitesse initiale du projectile est de 600 mètres par seconde.
- Tous les arsenaux de l’Angleterre sont représentés dans ce groupe ; les armes de chasse de toute nature y abondent, mais les nouveautés ne consistent qu’en innovations de petits détails de construction. On doit pourtant remarquer les progrès faits par la fabrication des canons de fusil en acier et celle des cartouches en cuivre.
- Avant de quitter cette section, arrêtons-nous devant le modèle de l’appareil hydropneumatique du col. Moat-crieffqui sert à la manœuvre de canons de fort poids.
- On arrive ensuite à l’Exposition de l’agriculture et de l’horticulture (groupe n° 1) ; peu d’espace a été donné à
- ce groupe qui, depuis plusieurs années, se trouve exposé à Londres sur une grande échelle à la Société royale d’agriculture ; on y remarque néanmoins une locomotive routière de MM. Aveling et Porter dont le principal avantage est d’être suspendue par des ressorts sur des roues~
- Beaucoup de locomobiles à l’usage des travaux d’agriculture sont exposées, et celles qui sont le plus appre'_ ciées sont celles de MM. Richard, Garret et MM. Rarn_ somes, Sins et Jeffries qui exposent aussi un appareil qui peut s’adapter à toute espèce de locomobile p0Ur brûler de la paille, du coton ou d’autres substances végétales à la place du charbon ou du bois.
- Parmi les nombreuses machines agricoles exposées par MM. Howard, on remarque un nouveau genre de
- sjlo. Il est aussi intéressant dans cette section de voir fonctionner la machine à faire le beurre du professeur fjord avec laquelle on obtient de 10 à 20 pour cent en plus de beurre qu’avec toute autre machine.
- ^ En revenant sur ses pas, on se rend à la section nord jes galeries du sud et l’on se trouve dans le groupe n° 2, génie civil, construction et architecture. Ce qui s’y trouve en plus grand nombre, ce sont les innovations introduites dans la fabrication des matériaux de construction tels que: pierres artificielles, briques, tuiles, béton, tuyaux de conduite, planchers et voûtes de systèmes plus ou moins nouveaux, art décoratif de tout irenre, châssis en fer, nouveaux systèmes de portes et fenêtres.
- Plusieurs spécimens de tramways et le chemin de fer portatif de MM. Diclc Kerr et C° méritent l’attention.
- Une série de modèles très curieux est celle ayant rapport au tunnel sous la Manche et elle est exposée par le South Eastern Raihvay Cio et le submarine Railway Cie.
- M. Banister du London et Brighton Railway expose les modèles du nouveau port de Newhaden et des pontons au moyen desquels on immerge des blocs de béton pesant 100 tonnes chacune.
- Parmi les excavateurs exposés, on remarque celui de MM. Amos et Smith, constructeurs des Albert Dochs.
- Un modèle intéressant pour la ville de Paris est celui de M. W.-H. Myers pour le passage souterrain des rues
- où le trafic est trop considérable pour le confort des piétons.
- Dans cette galerie vient ensuite le groupe n° 2 mines et métallurgie. On y admire beaucoup les produits du bronze de manganèse exposés par le Manganèse Bronze.Gie.
- Une Compagnie bien connue dans le monde entier, celle du Rio-Tinto expose un modèle de ses mines en Espagne. Une petite collection d’un intérêt historique se trouve au sud de cette section, c’est celle des premiers essais et échantillons des fers et aciers Bessemer et qui sont exposés par sir Henry Bessemer.
- Une invention digne d’être remarquée est celle de MM. Thomas et Gilohrist pour la déphosphorisation des
- VUE DES JARDINS
- minerais de fer que l’on ne pouvait pas transformer en acier à cause de la présence du phosphore.
- La Cie Electro-Amalgator montre la nouvelle méthode employée pour extraire l’or du minerai par l’action combinée du mercure et de l’électricité.
- Mentionnons en passant les concasseurs de MM. Morris et Wood pour quartz, superphosphates etc. ; la collection des machines, appareils et outils employés dans les Mines de MM. T.-B. Jordan, Sons et Commans; les lampes de sûreté, une électrique et une autre éclairant au moyen d’une peinture lumineuse ; et enfin l’appareil respiratoire (Fleuss Breathing drep) qui permet d’entrer dans une mine pleine de fumée, gaz, etc., sans aucun danger,parce que l’on respire toujours le même air qui, à chaque inhalation, passe à travers de la soude caustique qui le purifie en absorbant le carbone.
- Dans le milieu des Galeries du sud, le public s’arrête beaucoup devant la magnifique locomotive la marquise, de Stafford pour trains rapides, de M. F. Webbs, ingénieur en chef du London et North Western railway Cic.
- Cette locomotive a trois cylindres.
- Vient ensuite une locomotive très compacte pour tramway, de MM. Merrviveather et sons.
- Il y a 8 exposants pour les nouveaux freins de chemins
- de fer et les plus remarquables sont le frein à air automatique de Westinghouse Cie et celui à vide continu et automatique du Vacuum Cio.
- MM. Maudslay et sons à Fields exposent le modèle d’une très belle machine à vapeur à 4 cylindres qu’ils ont construite pour la Compagnie Générale transatlantique.
- M. A. S. Sealy expose un moteur hydraulique qui sert à utiliser la force du courant d’une rivière ou de la marée. Les collections des machines à gaz (système Otto) de MM. Crossley brothers, parmi lesquelles s’en trouve une de 7 chevaux de force, très belle.
- Les machines à gaz d’Atkinson et de Cerk méritent d’être remarquées pour leur simplicité et leur fonctionnement.
- Parmi les nombreuses machines à vapeur ou locomobiles, mentionnons les noms de MM. J. F. Marshall et Cie et MM. Robey.
- annexe de la porte de la reine
- (Queen’s Gâte Annex)
- En passant devant le Bar Boom de la section des machines, un couloir vous conduit à l’Annexe de Queen’s Gâte consacrée aux constructions navales (groupe n° 7) et aux voitures et véhicules (Groupe n° 6).
- Une collection très intéressante dans le groupe, n5 7 est celle des modèles de navires de guerre et de commerce de MM. Sir William Amstrong et Cie, d’Elswick. remarque surtout le Croiseur chilien, V Esmeralda
- construit en 1884; il jauge 3,000 tonneaux, sa vitesseest
- de 18 nœuds à l’heure et il porte 2 canons de 26 tonnes et 2 mitrailleuses. -
- L’Amirauté anglaise a exposé aussi plusieurs modèles de navires cuirassés.
- L’exposition des Voitures et véhicules est très conipk(e> on s’y étonne surtout des progrès immenses quja falts depuis quelques années l’industrie des vélocipèdes, bicycles et tricycles.
- De l’annexe du Queen’s Gâte on se rend à l’aquariun et à l’exposition de pisciculture dont nous avons de) parlé.
- GALERIES DE L’EST ET DE L’OUEST
- En sortant de l’aquarium on entre dans la galerie l’ouest qui renferme trois groupes. _ .
- Le premier : Machines, outils et outillage (groupe n° - _ contient une grande quantité de machines-outils de to L genre parmi lesquelles nous mentionnerons : Les p01 çoneuses et machines à percer de MM. Tushaw et L •
- UNE RUE DU VIEUX LONDRES
- L’appareil de M. F.-D. Bumsteadt pour la fabrication des sacs en papier et des étiquettes ; celui de M. Kington pour couper le bois à brûler et en faire des fagots ; les machines-outils à travailler le bois de . MM. Samuel Worssam et C° et celles de MM. Powis et C° ; les pavages en bois de MM. H.-C. Duffy et. sons; une maclaine très ingénieuse pour faire des rainures pour clavettes de MM. John Spencer et C° ; les tours de MM. Th. Shaules et C° ; les modifications importantes apportées à l’art de la céramique par.MM. Minton et Ppur finir, les machines pour la fabrication de cigares et cigarettes.
- Le second groupe dans la galerie de l’ouest est celui des Appareils hydrauliques (groupe n° 11) parmi lesquels on remarque : les machines hydrauliques à riveter (système Tireddell) exposées par MM. Fielding et Platt ; les Pulsomètres du Pulsometer - Engineering C° qui fonctionnent admirablement, les pompes de MM.Tangye brothers ; la collection de pompes et turbines de MM. Easton et Anderson; la fabrication des bougies de MM. Field et C° qui ont été les premiers à faire les bougies à .la parafine ; les ventilateurs de MM. Beck et C° ; les petites machines à vapeur pour usages domestiques de MM. Hathorn-Davey et C° qui sont très
- ingénieuses et très simples ; les belles machines à vapeur à deux cylindres et haute pression de MM. Galloway et sons et leurs chaudières si connues ; les turbines centrifuges pour sucreries de MM. Watson et Laidlair.
- Le troisième groupe dans la même galerie, les tissus et matières textiles (groupe n° 9). Les métiers de tissage pour coton, laine, etc., sont eh grand nombre et parmi eux nous avons remarqué ceux du Me Nary machines Cie, de MM. Hacking et Cie et de MM. Taylor et sons ; une fabrication intéressante est celle des paillassons, de MM. Treloar et sons ; mais ce qui, dans ce groupe, attire spécialement l’attention du visiteur c’est l’exposition de 1 ’Albestos Cie, qui montre ce que l’on peut faire avec Y Amiante-, c’est vraiment très curieux de voir les tissus que l’on est parvenu à faire avec cette matière minérale et avec lesquels on confectionne des costumes complets avec lesquels l’homme, nouvelle salamandre, peut braver impunément le feu.
- Nous arrivons maintenant à l’arcade de l’ouest où se trouvent encore plusieurs machines textiles, et en continuant sa route vers la galerie circulaire de l’ouest on monte au restaurant du Club Dining room, où de 6 h. a 9 h. du soir vous pouvez faire un très bon dîner a raison de 10 francs par tête.
- ' Dans l’arcade de l’ouest se trouve le groupe n° 24 coutellerie et ferblanterie, le groupe n° 21, caoutchouc le n° 18, habillements, le n° 20, cuirs et le n6 3r, jouets* parmi lesquels on remarque le billard qui peut se transformer en un tour de main en table de salle à manser de MM. Thurston et C°. *
- C’est à l’extrémité de la galerie circulaire que se trouvent les appareils électro-dynamiques qui servent à l’illumination des jardins.
- Dans 1 arcade de 1 ouest se trouve aussi le Temperance refres liment room où l’on ne vend ni vins ni liqueurs aussi les consommateurs ont en general la boutonnière ornée d’un ruban bleu qui prouve qu’ils ont fait le serment de ne boire que du thé ou de l’eau pure !
- En continuant sa route on arrive au groupe n° 16, combustible, fourneaux, foyers, où l’on retrouve tout ce qui a été expose précédemment mais qui est intéressante pour un Français, carpelle lui montre les progrès énormes que les Anglais ent fait sur nous dans les appareils de chauffage au point de vue de l’économie, du confort et meme au point de vue artistique.
- , Vient ensuite le groupe n° i5, gaq et autres matières éclairantes ; remarquons en passant les machines à fabriquer le gaz au moyen delagazoline de MM. Harsen
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- et G0 ; la nouvelle lampe à huile de Deffries et sons qui donne une lumière équivalente à 65 bougies.
- Dans le groupe 26, papeterie et librairie, plusieurs objets exposés présentent beaucoup d’intérêt, entre autres : La photo-lithographie de MM. Sprague et C° ; la zincographie de M. J. Ayling ; les presses à imprimer de MM. Furnival et G0; celles de MM. J.-G. Virtue, imprimeurs de Y Art Journal; mais les plus intéressantes sont sans contredit, la presse lithographique imprimant à quatre couleurs, exposée par M. W-J. Ingram, du Illustrated London News et celle du Graphie, le journal illustré si connu.
- Il ne faut pas oublier les machines à relier de M. F.-R. Daly, elles sont très ingénieuses et fonctionnent admirablement; elles ont, du reste, déjà obtenu la grande médaille d’or de l’Académie américaine.
- • Dans l’arcade de l’est se trouve l’Exposition d’électricité dont nous avons déjà fait ^ mention ; ajoutons que nous sommes heureux d’y trouver l’Exposition des piles, moteurs électriques, bateaux et vélocipèdes mus par l’électricité, téléphones, etc., d’un Français bien connu, M. G. Trouvé.
- GALERIE CENTRALE
- Dans cette galerie se trouve le groupe 19, bijouterie,, dont les principaux exposants sont MM. Haucock et G0; M. Guiliano et M. E. Gray.
- L’horlogerie,,la photographie et les instruments de physique et d’optique sont, aussi dans la galerie centrale, mais les objets exposés ne présentent rien de bien nouveau, si ce n’est quelques innovations heureuses dans les détails de construction.
- Le groupe n° 14, chimie, se fait remarquer par la fabrication de Yal farine par la Britisli Alizarine Cie et par la'quantité de substances diverses que l’on tire des rejets du gaz.
- Cette galerie donne sur le vieux Londres (Old London) dont nous nous sommes occupés dans un article précédent, et en face de la reproduction de Bishop’s Gâte se trouve le Pavillon du prince de Galles, qui a été meublé et décoré par Gillow et G0 et dont le salon est-vieux style Louis XIV.
- Le nord de la galerie centrale est entièrement consacré à la musique.
- Les instruments de tout genre s’y trouvent très bien représentés, mais la description en serait trop longue ; contentons-nous donc de citer : Les pianos de MM. Brodwood et sons, John Brismead et sons, le grand piano construit sur un principe entièrement nouveau de MM. Allison et G0, de Kentish; l’appareil de G. Schwencke pour augmenter la flexibilité des doigts du pianiste; les harmoniums de G. Cousins et les concertinas de MM. Wheastone et C°, et pour finir les modèles d’un orchestre et danse indiens de MM. Rocter et G0, ainsi que toutes les riches collections d’anciens instruments qui ont été prêtés à l’exposition.
- EXPOSANTS ÉTRANGERS
- En général, les peuples étrangers ont envoyé très peu de produits à cette Exposition.
- La France est représentée par trente exposants, parmi lesquels nous mentionnerons M. G. Trouvé, appareils électriques; MM. Beaume,de Boulogne, pompes à bière et à vins ; M. Arthur Duval, microscopes ; M. P.-H.-J. Menaut, système nouveau de toiture avec des tuiles métalliques; la Compagnie Française du celluloïde ; M. Joseph Monier, traverses 'de chemin de fer en fer et ciment ; C. Planté, appareils électriques; M. Léon Vidal, photocromie ; M. Victor Fumât, lampes de sûreté pour mines ; MM. Attout, Tailfer et J. Clayton, gelatino-bromure et M. Samuel Jacobi, reproductions artistiques.
- L’Autriche se fait remarquer par ses mobiliers en bois tordus, ses services en porcelaine, sa verroterie et beaucoup d’articles d’usage journalier.
- La Russie a exposé dans 19 groupes: machines, appareils électriques, produits chimiques, huiles minérales, bouchons, vins du Caucase, sucres, fourrures, Soieries, cuirs, objets d’art en argent, photographies, bronze, instruments de musique.
- La Suisse se distingue pour ses montres, sa bijouterie et ses boîtes à musique.
- La Chine offre une Exposition intéressante de figures en terre habillées représentant les costumes de chaque classe de ,1a société chinoise, de modèles de charrettes, voitures, palanquins ; elle a aussi installé un restaurant Chinois pour les amateurs de nids d’hirondelle et d’ailerons de requin.
- Le Japon a envoyé tous ses produits admirables, mais en revanche si connus maintenant.
- VAmérique a voulu prouver à l’Angleterre que frère Jonathan (Rrother Jonathan) fait ce qu’il peut pour augmenter le confort de la vie matérielle et nous croyons, qu’il a parfaitement réussi. Mais là où elle se distingue surtout dans l’Exposition de Y American Watch Cie pour la fabrication entièrement mécanique des montres, c’est une des choses les plus intéressantes à voir dans l’Exposition et rien ne prouve plus qu’elle ce que peut faire le génie de l’homme. On ne peut se lasser d’admirer la fabrication, par des machines, de vis que l’on peut à peine distinguer avec une forte loupe et qui sont d’une perfection irréprochable.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Novembre 1885.
- Constatons en finissant que le Directeur des ateliers de cette compagnie se fait fort, en prenant dans ses magasins les matières brutes à 7 h. du matin, de livrer à midi une montre marchant très bien et fabriquée entièrement avec ces matériaux.
- Paul Dejoux.
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- LE VERRE
- CONFÉRENCE
- FAITE AU PALAIS DE L’iNDUSTRIE (Exposition du travail)
- PAR M, CH. CHAMPIGNEULLEj DE PARIS
- (Suite.)
- Son usage se répandit rapidement sur les bords de la Méditerranée à la suite des colonies fondées à Carthage et à Utique par les Phéniciens. Les guerres des Romains sur toutes ces rives, leurs succès et leurs invasions introduisirent chez eux aussi l’usage du verre ; et sous la République romaine, après les victoires de Sylla et de Pompée en Asie Mineure, Marcus Scaurus, édile de Rome, faisait construire un théâtre pouvant contenir 80,000 spectateurs, et les colonnes du deuxième étage fie cet amphithéâtre gigantesque étaient supportées par des colonnes de verre. Pline nous a laissé la description de cette merveille. . .
- Les lacrymatoires funéraires et les unguentoria sont trop connus pour que je les rappelle ici et nous arrivons, sans que cette industrie ait pris une plus grande extension, aux premiers siècles de notre ère.
- Au temps des empereurs Titus et Constantin où les verriers furent en telle faveur qu’eux et les ouvriers qui employaient le verre sont exemptés de toutes charges et impôts publics.
- Quel bon temps, n’est-ce pas, pour la verrerie et les peintres verriers ?
- Venons enfin à l’usage que les anciens firent du verre pour en décorer leurs monuments et leurs habitations. Nous allons ici constater la première manifestation du vitrail.
- Eh bien, Mesdames et Messieurs, tout en pensant que certains peuples se sont servis avant d’autres de cette protection contre les frimas et les intempéries des saisons, nous devons admettre que la première manifestation de cet usage du verre, comme carreau, a été appliqué à Rome vers le 111e siècle, au moment où florissait l’art nouveau du verrier et où les empereurs le classaient, par des édits célèbres, au nombre des arts somptuaires 1
- Ces carreaux étaient-ils incolores ou colorés ? Aucun vestige ne nous en reste pour poser une affirmative dans un sens ou. dans un autre. Mon opinion serait cependant, avec celle de nombreux auteurs, que ce verre, matière neuve et fort rare, devait être coloré. Cette coloration nous la retrouvons en Assyrie, en Egypte, en Phénicie, en Grèce. Partout où il y avait du verre, c’était toujours du verre colore. Jamais un historien n’en parle autrement. Du reste, pour corroborer cette opinion., je puis me baser sur les dires d’historiens qui parlent des effets merveilleux obtenus dans les premiers temples chrétiens, à Rome, par les multitudes de verres variés de couleur dans les fenêtres de ces édifices.
- Il y a peu de temps, à Paris, lors de la représentation d’une pièce célèbre et bysantine, une discussion s’est élevée sur certains détails de style ; et d’après cette discussion même, nous pouvons affirmer qu’à Sainte-Sophie, réédifiée par Justinien, empereur d’Orient à Constantinople, « quoi qu’il en soit de l’armature qui a servi à enchâsser les verres de couleur qui, avec les mosaïques des murailles, faisaient de ce temple une merveille, il n’en reste pas moins certain qu’il était mis à l’abri des intempéries des saisons par une mosaïque transparente, translucide et colorée qui a été et qui reste encore pour nous jusqu’aujourd’hui la première manifestation puissante et indiscutable du vitrail ».
- Nous sommes au vie siècle : l’empire romain craquait, la décadence était complète, les empires d’Orient et d’Occident s’en allaient par morceaux. Attila était passé, dévastant tout; les descendants de Genséric régnaient en Afrique et en Espagne. Les Goths, cette horde d’Allemands, sous des noms différents, occupaient la moitié de 1 empire. Une grande ombre s’étendit sur la civilisation. Athènes étant morte, Rome dormait sous son linceul de débris et de cendres ; à Constantinople, le Bas-Empire agonisait.
- Pendant ce temps, la France se fondait ! En Aus-trasie, Thierry, fils de Clovis, avait fait de Metz sa capitale, et Pépin le Bref, fils de Charles Martel et père de Charlemagne, laissa à celui-ci le royaume de France uni ; son empire fut grand, grandes furent ses conquêtes.
- Mais les Sarrasins étaient aux Pyrénées. Il y avait près de deux siècles que Mahomet avait levé
- l’étendard de l’Hégire et que l’Asie minait l’Europe.
- Il y eut sur le monde 400 ans de ténèbres, éclairées seulement par la lueur des incendies et des guerres. L’an 1000 arriva, on crut à la fin du monde et on attendit.
- Et cependant le soleil se leva joyeux au jour du lendemain ; les feuilles poussaient au printemps et les oiseaux chantaient, on prit confiance.
- Mais les Sarrasins étaient là, toujours là; et un jour Pierre l’Ermite parla. Godefroi de Bouillon et ses compagnons se levèrent, et pendant deux siècles, ce fut l’Europe qui se rua sur l’ancien monde en mêlées folles, en mêlées glorieuses. Quelle épopée ! Messieurs. Toute l’Europe contre toute l’Asie! Louis VII, Philippe-Auguste, Conrad, Richard Cœur de Lion, Barberousse avec Godefroi etTancrède, saint Louis, Mahomet et Saladin ; Français, Allemands, Anglais ; chrétiens et infidèles.
- L’art semblait mort.
- Il devait renaître. Ces luttes lui ont donné une nouvelle force, un nouveau réveil ; dans le sang et la lumière de l’Orient, l’art national se retrempa. C’est de ces chauds pays de lumière et de soleil qu’il revint et qu’il donna ses plus purs chefs-d’œuvre. La Sainte-Chapelle et ses incomparables verrières, l’œuvre de Suger et de saint Louis, les tapis d’Orient, le butin coloré pris sur les musulmans, ces tapis accrochés en trophées aux murailles de nos églises et le génie français se les assimilant, les rendant translucides, et pour les siècles les fixant éblouissants et enflammés sous le soleil aux yeux de la postérité. L’art national, l’art français était né, fine devait plus mourir.
- J’ai dit il n’y a qu’un instant qu’après les grandes invasions l’art semblait mort. Non, mesdames et messieurs, il ne l’était pas, car du temps de Charlemagne déjà, une grande extension avait été donnée au développement de l’intelligence et de l’instruction publique.
- De ce temps tourmenté il nous reste peu de vestiges, mais des basiliques célèbres avaient été élevées ; malheureusement, presque toutes étaient en bois et l’incendie les a détruites. L’emploi des vitraux était-il en usage ? Nous pouvons répondre affirmativement et dire que dès le vie siècle, en E’rance, les fenestrages de nos cathédrales étaient garnies de feuilles de verres colorées, enchâssées dans de la pierre, du plâtre ou du bois. Qu’il y ait eu des panneaux mis en plomb, rien ne nous l’indique avant le xie siècle, où nous voyons à l’église de Vendôme une verrière peinte et colorée avec des mosaïques et des sujets dont la fabrication répond de tous points à la nôtre d’aujourd’hui.
- Les vitraux, à cette époque, étaient du reste tellement répandus que, dès le xne siècle, le moine Théophile nous a laissé le plus précieux manuel du véritable peintre verrier ; il décrit exactement les matières premières employées, la façon de fabriquer le verre et de le colorer. Il donne toutes les recettes chimiques pour arriver à ces belles couleurs si vives et pourtant si douces et harmonieuses. Il décrit toutes les opérations et les diverses phases fie cette fabrication complète, depuis le dessin, œuvre de l’artiste, jusqu’à la mise en place de ces verrières par les maçons dans la pierre de nos cathédrales, en décrivant les instruments à tailler le verre, les fours à le cuire, les laminoirs à raboter les plombs, la manière de les ajuster et d’en faire un tout.
- Ces détails sont si précis et si clairs qu’il semble qu’il n’y ait qu’à les suivre pour devenir aussi savant dans l’art du verrier que ce savant historien.
- Et pourtant ! Vous avez souvent entendu parler de la perte des procédés anciens. Rien cependant n’est plus contraire à la vérité. On n’a rien innové, rien ajouté, rien inventé parce qu’on n’avait rien perdu, et si certaines personnes ont voulu entourer cet art d’ombres et de mystères, c’était sans doute pour se tailler une réputation de savoir dans l’ignorance des autres, essayer de se grandir en rabaissant leurs voisins et se faire du mérite par opposition de tous.
- Mais je m’écarte de mon sujet et j’y reviens.
- C’est donc après l’an mil, pendant les croisades, que le grand réveil de l’art national se fit, se débarrassant des formes bâtardes et trop lourdes à notre génie du style romano-bysantin qu’avait introduites chez nous la domination romaine. Des architectes inconnus, humbles et glorieux artistes dans le silence et le recueillement du cloître, étudiaient ces merveilleuses ogives, ces voûtes si hardies que des peuples entiers, dans urt affolement de reconnaissance et de foi aidaient à construire en brodant dans la pierre ces dentelles aériennes qui semblent porter plus haut encore leurs vœux et leurs prières.
- Et sous ces voûtes, dans le mystère de cet enchevêtrement de colonnes et de chapelles, que reproduisait-on aux yeux des populations à genoux ? Les mystères de’ la religion en grandes pages étincelantes, chatoyantes et prestigieuses avec une naïveté de dessin qui parlait au cœur naïf de ce peuple qui ne vivait alors que pour se battre et pour prier.
- Quelle belle époque de couleur, quels prodiges les peintres verriers ont fait. Comme ils ont bien
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
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- compris qu’il fallait passer par les yeux pour parler à l’âme.
- Mesdames et Messieurs, les plus beaux vitraux du monde, et nous pouvons en être tiers, sont les vitraux français, et parmi les vitraux français, ceux des xne et xme siècles sont les plus beaux. Ce sont de purs chets-d’œuvre de lignes, de couleur et d’harmonie puissante, douce et pénétrante. Ce serait folie de tenter de les surpasser, contentons-nous de les imiter et soyons bien heureux si nous pouvons seulement en approcher. Quoi de plus beau que les vitraux de la Sainte-Chapelle 1 nous les avons ici au milieu de nous et ils ne sont malheureusement pas assez connus. Mesdames et Messieurs, il faut les connaître. Combien hélas 1 de Parisiens n’ont jamais vu cette perle du xiii0 siècle.
- Et nos autres cathédrales, et Saint-Denis, et Bourges, et Chartres,et Strasbourg, et Metz ? Quels chefs-d’œuvres ignorés et quels documents pour l’histoire sont écrits sur ces tapis transparents. Tenez, messieurs, je voudrais vous faire passer un peu de l’enthousiasme qui m’anime quand je parle de ces belles choses et vraiment-quand nous pouvons nous dire que nos pères ont fait cela, sans les ressources de la science moderne, nous pouvons avoir confiance dans l’avenir. Où les pères ont passé, passeront bien les fils.
- Le* xivc siècle sonna et avec lui ce qu’on a appelé la décadence et qui selon moi n’était qu’un acheminement vers la perfection de la forme et du dessin. Au lieu du trait, seule expression du modelé des figures du xme siècle, au lieu du plomb entourant chaque morceau de verre de couleur differente et qui donnait à ces verres leur aspect puissant, nous trouvons, grâce au goût nouveau, plus de lumière dans les églises et plus de jour dans les habitations.
- Les verriers,pour satisfaire ces exigences, cherchèrent de nouveaux procédés et les obtinrent, Des verres d’une dimension plus grande, de tons plus pâles furent fabriqués par eux. Les vitriers commencèrent à cacher leurs plombs dans les ombres des plis et des vêtements. Les dessinateurs eux-mêmes, dépositaires des traditions, les abandonnèrent et en place des sujets raides et gauches du xiii® siècle, commencèrent à donner une forme humaine à leurs compositions.
- Enfin l’émail sur verre apparut. Vers le milieu de ce siècle, Jean de Bruges découvrit les propriétés de l’argent qui au feu se développant en jaune nous ont donné la première application de ces peintures en grisaille et or qui ont à cette époque orné de leurs camaïeux aimables les vitres agrandies des habitations privées..
- Le xve siècle suivit l’impulsion donnée. Ce n’étaient plus ces éblouissantes mosaïques de verre des xn° et xme siècles. C’était le même verre froid et peu coloré du siècle précédent. L’art subissait des convulsions ; encore une fois le sol de la patrie tressaillait! Les Français étaient à Bourges et les Anglais partout. Jeanne d’Arc était brûlée à Rouen. Isabeau de Bavière avait donné la couronne de France à un roi d’Angleterre. Ce ne fut plus que pillages, meurtres et incendies, on construisit peu d’édifices. De rares églises de cette époque en possèdent et les verriers sont loin d’avoir la réputation de leurs devanciers malgré les édits des rois leur donnant des titres de noblesse.
- Cependant au commencement du xvie siècle, les luttes de Louis XII contre le pape guerrier Jules II le menaient en Italie. François Ier l’y suivit.
- Ce fut le grand siècle.Le siècle de François Ier, de Charles-Quint, d’Henri VIII et des Médicis. Le siècle de Michel-Ange et de Raphaël, de Jean Goujon, de Philibert Delorme et de Palissy.
- La Renaissance avait lui ? Je ne dirai pas, comme un conférencier, hélas !
- Car c’était le renouveau, c’était l’aurore d’un jour plus clair et d’un soleil plus brillant. C’était la nature enfin, c’était la vie et la vérité, c’était la gloire de la patrie et la grande étape vers la liberté.
- Je ne dirai pas hélas ! Parce que je n’admets pas qu’on reproche à un siècle ses aspirations diverses et ses besoins nouveaux. Quand une manifestation neuve d’un art quelconque se produit, il faut l’admettre d’abord, l’étudier, la discuter ensuite et seulement après la condamner si elle est mauvaise, comme la soutenir et l’encourager si elle est bonne quelque puisse en être son application et quelque révolution qu’elle apporte dans un ordre d’idées admis et préconçu : et si quelque erreur se glissait dans ces manifestations nouvelles, nous n’avons rien à en craindre, le goût public est là pour tracer la vraie voie, et c’est ce goût public, mesdames et messieurs, qui est plus fort que nous tous, qui nous dira que l’art, l’art français, l’art vraiment national se trouve partout où il y a un travailleur, dans le cœur duquel bat du sang français et j’en appelle à tous les travailleurs.
- Et nous n’admettrons jamais, nous autres qui travaillons et qui cherchons, qu’on nous mette une entrave au nom d’une formule quelconque ; nos œuvres sont là ; le public, le vrai seul bon juge qui n’appartient à aucune coterie, qui n’a aucun parti-pris, décidera. Quant à ces œuvres elles-mêmes, libre à tous de les aimer ou de les haïr, de les prendre ou de les laisser ! Le soleil n’en demeurera pas moins immuable !
- Et Palissy au xvie siècle et tous nos artistes français ont présenté au goût public de leur temps des œuvres nouvelles, et je le répète, ça a été la grande époque pour tous les arts, pour l’architecture, pour la sculpture, pour la peinture, qu’elle soit sur toile ou sur verre.
- Les noms des œuvres les voici :
- .Les Tuileries, le Louvre, Saint-Eustache, Fontainebleau, Blois, Chambord, Anet, Chenonceaux et tant d’autres merveilles enfantées et décorées par les Philibert Delorme, Jean Bullaut, Jean Goujon, Germain Pilon, Jean Cousin, Palissy, Ducer-. ceau, Pierre Lescot, etc...
- Et nos peintres sur verre s’appelaient :
- Jean Cousin, Palissy et Valentin Bouch. Les Pinaigriers qui furent aussi au siècle suivant. Mais il y avait d’un bout du pays à l’autre des écoles fameuses, à Paris, à Troyes, à Beauvais, à Auch, à Rouen dont les œuvres remplissaient les immenses baies de nouvelles basiliques qui laissaient entrer des torrents de lumière.
- Les dessinateurs étaient élèves du Primatice et de Rosso. Jean Romain faisait des cartons de vitraux, et si l’on peut reprocher qu’à cette époque l’art français subit une influence étrangère, ne nous plaignons surtout pas qu’elle soit venue plutôt du Midi que de l’Est.
- Et cette influence elle-même tous les peuples ne l’ont-ils pas subie ! Albert Durer lui-même, Albert Durer l’Allemand donnait sa note à notre école de Beauvais en affinant son style au contact du nôtre.
- Nous avions enfin une expansion vraie et naturelle de l’art, de la peinture sur verre et des chefs-d’œuvre dans toutes les églises. Citer les vitraux d’Ecouen, d’Auch, de Montmorency, de Beauvais et de Rouen, de Notre-Dame de Bron, de Con-ches, de la chapelle de Vincennes, c’est tout dire. Si ces vitraux avaient perdu l’éclat delà coloration des vitraux primitifs, c’est qu’ils répondaient aux besoins impérieux du siècle, à l’aspiration constante d’abandonner la convention et le clair-obscur des siècles précédents, pour le plein air et la vérité.
- Ce n’était plus, si vous le voulez, à proprement parler du vitrail en plombs, mais c’était du vitrail peint, de la peinture sur verre, application nouvelle et forcée des découvertes récentes de Palissy.
- Que ces tableaux, peints sur verre,aient souvent été placés d’une façon peu judicieuse, nous ne pouvons le nier. Mais la faute n’est ni à l’artiste ni à l’œuvre, c’est le résultat du manque de cette direction unique et personnelle de l’architecte qui réglait tous les détails grands et petits au xiii0 siècle.
- Quant à comparer ces deux écoles bien diverses, l’école du vitrail au moyen âge et celle de la peinture sur verre à la Renaissance, c’est absolument impossible, l’une était toute de couleur et de plomb, l’autre toute de dessin et d’émaux. Chacune avait ses qualités comme aussi ses défauts. Qualité au xiii0 siècle, qui était un défaut à la Renaissance, et réciproquement ! A chaque siècle ses besoins et ses aspirations ; du moment que l’art existerons devons nous incliner et surtout ànotre époque sceptique être assez éclectique en art pour ne pas opposer une école à une autre, un siècle à ceux qui le suivent où qui le précèdent.
- (A suivre.)
- LÀ QUESTION ECONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du /er novembre 1885).
- La propriété n’est pas seulement dévorée par le fisc; elle l’est aussi par les hommes d’affaires, notaires, avoués, etc., qui prélèvent leur part de butin sur le prix du champ que le pauvre hère, qui a réussi à se ruiner, après une vie de labeur opiniâtre et de privations, est obligé de vendre pour ne pas mourir de faim.
- Est-ce que l’heure n’est pas venue, nous ne dirons pas de supprimer ces emplois, car leur utilité est incontestable, mais d’en modifier l’organisation et le recrutement?
- La vénalité de ces offices qui rappelle .les coutumes et un peu aussi les abus du droit monar-chico-féodal, où la plupart des emplois n’étaient accessibles qu’à ceux qui pouvaient les payer, présente, à notre époque, quelque chose de si anormal, de si contraire à nos mœurs et à nos idées égalitaires, que l’on ne s’explique pas que nos législateurs n’aient pas encore songé à réformer cet état de choses.
- Pourquoi ne ferait-on pas des notaires, des avoués et des huissiers, de simples fonctionnaires du gouvernement, au même titre que les receveurs de l’enregistrement, les percepteurs, les juges de paix ? Ils recevraient comme eux un traitement fixe et relèveraient immédiatement du gouvernement.
- On se demande quelles sont les raisons qui peuvent déterminer l’Etat à maintenir ces sortes
- de corporations, quand l’opinion publique réclame avec instance l’abolition de toute institution qui éveille l’idée de privilèges.
- Nous avons fait ressortir quelques-unes des inégalités et des injustices inhérentes aux droits d’enregistrement et de.transmission de la propriété territoriale. Ces inconvénients ne sont pas les seuls, il en est d’autres non moins funestes à l’intérêt de l’agriculture et de la production en général.
- En mettant un obstacle à la transmission du sol, ces taxes empêchent le capital national de fructifier, car si toute atteinte portée à la circulation a fatalement pour conséquence de nuire à la production, le même fait économique se produit à l’égard de la propriété rurale.
- Les droits d’enregistrement et de mutation sont autant d’entraves qui nuisent aux transactions et paralysent les efforts que fait l’homme dans le but d’améliorer la terre, de la rendre plus productive; cela étant, il est évident qu’ils sont un obstacle à l’accroissement du revenu delà société.
- Un propriétaire y regarde à deux fois avant de se décider à vendre une parcelle de terre ou à l’échanger avec son voisin. Certes, il sait bien que par cet échange son champ vaudrait peut-être le double et rapporterait davantage ; mais les droits énormes prélevés par le fisc l’arrêtent ; il recule devant un pareil sacrifice d’argent.
- Voyez quelle est l’inconséquence ou plutôt l’ineptie, de cette législation. Le même propriétaire,qui ne peut vendre ou échanger un pouce de terrain sans être obligé de payer une redevance à l’Etat, peut vendre et échanger son cheval et son bœuf sans que le fisc intervienne.
- Pourquoi la liberté de transaction est-elle entravée dans un cas, et pourquoi ne l’est-elle pas dans l’autre ?
- Est-ce que le champ n’appartient pas au propriétaire au même titre que le cheval et que le bœuf ?
- Expliquera qui pourra cette anomalie.
- Notre législation fourmille d’absurdités du même genre et le plus curieux de la'chose, c’est que nos prétendus hommes d’Etat n’ont pas l’air de s’en apercev.oir ou dé s’en douter. Mais les contribuables., eaux que le fisc exploite d’une manière aussi injuste, s’en aperçoivent bien; ils ont beau protester et réclamer, leurs voix se perdent dans le vide ou, quand on veut bien les écouter on se contente de leur répondre : Nous avons besoin d’argent ; il nous faut de l’argent. Voilà ce qui se voit chaque jour, et les propriétaires du sol continuent à Verser annuellement dans les caisses du Trésor, la somme énorme de 600 millions d’intérêt, tandis que les capitalistes, dont la fortune consiste en rentes sur l’Etat, ne paient pas un centime. Et l’on appelle cela de la justice, de l’équité?
- M. Courcelle-Seneuil s’exprime ainsi au sujet de ces impôts :
- « Les droits perçus par l’enregistrement, lors de la transmission des immeubles par vente, donation, testamepd ou succession, constituent une des charges le^ plus préjudiciables aux progrès de l’agriculture : elle absorbe sans cesse, et à î’impro-viste, les capitaux mobiliers des campagnes, les épargnes destinées à l’accumulation. Un supplément d’impôt foncier, équivalant au produit des droits de mutation, serait infiniment moins nuisible à la production, parce qu’il serait prévu et entrerait dans les frais annuels d’exploitation. On a déjà appliqué cette transformation d’impôt aux biens de main-morte, pour lesquels le droit de mutation est converti en abonnement ; il serait bien utile à l’agriculture que cette conversion fût générale et s’appliquât à tous les immeubles ruraux sans distinction (1) ».
- M. Courcelle-Seneuil a raison, ses appréciations sont d’une justesse irréprochable ; mais malheureusement, la routine est là qui empêche tout progrès ; et puis, pour modifier cette législation inique, il faudrait que nos hommes d’Etat en eussent le désir et qu’ils songeassent à autre chose qu’aux misérables discussions d’une politique étroite et personnelle.
- Ces impôts sont la ruine de la propriété rurale, car ils mettent l’agriculture dans un état d’infériorité vis-à-vis des autres, industries. Et cependant, elle est la pierre angulaire de l’édifice économique et social.
- « La propriété elle-même n’est pas libre », écrit M. Ménier et il ajoute :
- « Du moment que la propriété n’est pas libre, elle n’est pas une propriété complète : car quel est l’effet le plus net du droit de propriété ? C’est d’user librement de ma propriété ; si je ne peux pas en user librement, je ne suis donc pas complètement propriétaire. :
- « Ainsi j ai un cheval ; je veux vendre mon cheval. Rien de plus facile, je trouve un acquéreur et je.le lui livre; je me sens complètement proprié- taire de ce cheval que je puis échanger si facilement.
- . « J ai, au contraire, une terre de 100,000 francs, je veux la vendre, mais alors intervient le fisc qui me dit : Fort bien ! mais tu me dois 7,000 francs
- (1) Manuel des affaires.
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- de droits. Paye-moi ces 7,ooq francs, c’est-à-dire deux années du revenu de cette terre, si tu veux avoir le droit de la vendre. En réalité, je ne suis donc propriétaire que de 93,000 francs. N’est-ce pas là une entrave à la circulation ? »
- Evidemment! et nous ne voyons pas ce que l’Etat peut répondre à cette objection ; ni comment il peut légitimer la dîme qu’il prélève sur la vente de la propriété rurale.
- On voit que M. Ménier apprécie ces taxes de la même manière que nous l’avons fait nous-même et qu’il leur fait le même reproche de violer le principe d’égalité et de nuire à l’industrie agricole.
- « Mais, continue-t-il, il y a toujours un double effet qui se produit. Si mon acquéreur vend une terre du même prix pour se procurer la mienne, c’est un échange qui coûte 14,000 francs. Multiplier cet échange, et voyez à quelle perte énorme on arrive. Devant de pareils droits, en présence d’une telle progression, on hésite à acheter, 011 hésite à vendre, on hésite à échanger une terre qui ne convient pas contre uneterre qui vaudrait mieux. La terre étant maintenue ainsi dans l’immobilité, sa valeur vénale n’augmente pas, comme elle pourrait le faire. Si ma propriété était libre, au contraire, elle vaudrait 2 5, 3o, 40... pour 100 de
- plus ».
- Gela est incontestable, et, au lieu de s’éloigner de la propriété rurale pour se porter vers le commerce ou dans des entreprises plus ou moins honnêtes et plus ou moins hasardeuses, les capitaux iraient aux biens fonds, à la terre, et ils contribueraient à rendre fécondes une foule de propriétés qui sont improductives, parce que les cultivateurs ou les fermiers qui les détiennent n’ont pas l’argent nécessaire pour les améliorer et ne peuvent se le procurer.
- Voilà une vérité qui n’a pas besoin de démonstration.
- D’ailleurs, toutes les enquêtes agricoles qui ont été faites depuis près d’un siècle ont enregistré les plaintes et les protestations des agriculteurs et des propriétaires contre l’élévation exagérée de ces droits, mais on n’en a tenu aucun compte ; on a préféré faire la sourde oreille. On se décidera à s’en occuper quand il sera trop tard, c’est-à-dire quand l’agriculture aura succombé sous le fardeau qui l’écrase.
- Etienne MANSUY.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XXXIV
- Journal d’un interprète en Chine, par le comte d'Hérisson. — Un vol. in-18. i6,ne édition. — Paris, Paul Ollendorff, 1886.
- Il n’y a rien, pour réussir, en France, comme les livres des écrivains sans le savoir, qui sont non des auteurs mais des hommes, et les récits des témoins qui se font tuer, c’est-à-dire qui racontent ce qu’ils ont vu non sans danger. C’est ce qui explique tout d’abord le succès du nouveau recueil de souvenirs personnels que le comte d’Hérisson, vient d’ajouter au premier, le Journal d’un officier d’ordonnance., parvenu à sa 43e édition..
- C’est, parle compte rendu de ce piquant ouvrage que nous avons inauguré, étrenné, il y aura bientôt six mois, nos modestes fonctions de critique ou plutôt de liseur, pour ce journal hospitalier. Nous y avions noté, avec quelques défauts peut-être inséparables du genre, un certain négligé, un certain décousu dans le récit plus -semblable à une conversation qu’à.une relation, une certaine pointe de hâblerie (dans le bon sens du mot) spirituelle, relevée d’ailleurs par des sentiments chevaleresques de bon aloi, les qualités particulières à l’auteur et qui justifient son succès, la finesse de l’observation, la nouveauté des aperçus, la curiosité du détail, la connaissance des hommes, et une expérience sans amertume, mais non sans scepticisme, assaisonnée de ce qu’on pourrait appeler l’humour français très différent de l’humour britannique, c’est-à-dire une vivacité joviale, un constant sourire, traversé parfois d’une ombre de sentiment et de mélancolie.
- Après avoir défini de notre mieux ce genre particulier, très personnel, cette manière incisive qui donne un tel charme à ce volume d’histoire anecdotique qu’on le lit tout d’un trait, comme un roman, et qu’on y apprend en se jouant, plus de choses que dans maint gros livre, sur les mystères enfin . carrément dévoilés de l’expédition anglo-française en Chine, cette étonnante épopée militaire encore trop proche de nous pour qu’on en apprécie bien toutes les grandeurs, mais qui n’a pas besoin de la poésie du lointain pour qu’on y admire l’exploit d’une armée de dix mille hommes poussant jusqu’à Pékin une pointe dont la témérité et le bonheur sont également surprenants; après avoir enfin caractérisé le genre, esquissé l’auteur, nous entrerons avec lui dans le sujet, indiquant au lecteur, a vol d’oiseau, les points de vue les plus neufs, les plus importants du livre.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Si nous considérons la cause de la guerre, les origines et le but de l’expédition, nous ne serons pas étonnés de constater que depuis 1841, tous les conflits des puissances européennes avec la Chine ont eu pour prétexte de sa part mais pour motif trop fondé de notre part, des inexécutions ou des violations de traités antérieurs. On parlait proverbialement dans l’antiquité des roueries et des déceptions de la foi punique. Elle a son pendant de nos jours, dans la foi chinoise ; et l’expérience aurait dû apprendre à nos diplomates qu’il ne faut jamais se fier entièrement à une nation pour laquelle le point d’honneur consiste à n’être pas trompé, et à tromper d’abord et toujours pour éviter d’être trompé. Le guet apens qui coûta la vie ou soumit à des tortures sans nom une avant-garde de héros anglais et français, victimes de leur confiance, aurais dû nous empêcher de nous exposer au guet apens de Bac-Le. Dans l’extrême Orient il n’y a qu’un droit, celui du plus fort, et c’est une duperie que d’opposer la loyauté et la confiance européenne à ce peuple sénile, qui d’une civilisation raffinée est tombé dans une barbarie non moins raffinée et lutte contre nous en chaque rencontre, en nous empruntant les ressources de la guerre perfectionnée, sans imiter le moins du monde la chevalerie militaire qui en règle et en tempère l’emploi.
- Le général de Montauban dont la figure si longtemps impopulaire et calomniée reprend dans la relation fidèle d’un témoin quotidien de sa vie pendant cette . campagne, la bonhomie héroïque d’un vieux soldat d’Afrique, d’un général de l’école et du tempérament de Bugeaud, ne s’était pas trompé sur les déceptions qui attendent en Chine toute expédition européenne, conduite suivant les loyales façons et les nobles préjugés de la guerre classique.*11 est regrettable qu’il n’ait pas assez vécu pour fournir à nos négociateurs et à nos généraux, avec le patriotisme qui ne lui a jamais été contesté, les conseils d’une expérience plus utile en ce cas qu’elle ne le fut par suite de la fatalité des circonstances, quand elle le mit aux prises avec les difficultés d’une guerre toute différente, la guerre néfaste de 1870.
- Il avait été très frappé de la bravoure instinctive, de l’habileté inconsciente, de la prodigieuse faculté d’assimilation, de la promptitude à s’aguerrir des troupes chinoises, et il n’avait pu s’empêcher, par une sorte de pressentiment prophétique, de prévoir ce que réservait de déceptions à l’Europe cette nation considérée à tort comme une quantité négligeable, le jour où elle aurait le temps de se préparer, de s’organiser, de profiter de nos leçons, de notre exemple et d’apprendre, à force de défaites l’art de la victoire.
- C’est ce qui explique que, malgré les dangers et les désabusements de toute négociation avec la Chine, l’Angleterre, la Russie et les États-Unis eux-mêmes, aient toujours préféré depuis l’expérience de 1860, ces difficultés et ces dangers à ceux de la lutte ouverte et mieux aimé exposer leur diplomatie que leur marine ou leur armée à des échecs, toujours à, craindre avec une nation de près de 400 millions d’hommes dont le nombre défie l’épuisement, dont les instructeurs européens réveillent et éclairent imprudemment l’instinct belliqueux et conquérant et qui couvre le nouveau monde de l’invasion pacifique de ses coolies avant de l’inonder peut-être de ses soldats, sobres, soumis et méprisant la mort.
- L’Angleterre, d’ailleurs, s’il faut en croire les révélations du livre de M. d’Hérisson, trouverait toujours moyen de se tirer d’affaire avec des traités particuliers et secrets, plus facilement que la loyauté et l’imprévoyance françaises, dans ce pays où en 1860 nous avons tiré pour elle les marrons du feu, comme nous l’avons peut-être fait depuis 1883. L’histoire des traités particuliers qui nous firent jouer à notre insu, de l’aveu de l’empereur lié par des engagements antérieurs le rôle de subordonnés, des traités secrets qui nous firent jouer à son insu le rôle de dupes, forme avec la relation exacte et impartiale du pillage ou plutôt du gaspillage du Palais d’Eté, le double épisode le plus important du livre de M. d’Hérisson. Nous signalons ces deux points, éclairés par des révélations qui semblent péremptoires et des détails tout à fait neufs et curieux, dans cet ouvrage amusant, vif, gai, entraînant comme la belle humeur et la bravoure françaises, triste aussi, par moments, comme la vérité.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ROSARIO
- chambres de commerce françaises a l’étranger
- M. le ministre du commerce vient d’être informé de la constitution d’une chambre de commerce française à Rosario (République argentine), sous la présidence d’honneur du vice-consul de France.
- On trouvera dans le Moniteur officiel du commerce, du 29 octobre, la composition du. bureau
- Dimanche 22 Novembre 1885
- et du conseil de la nouvelle chambre, ainsi que la liste de ses membres fondateurs.
- ITALIE
- constitution d’un club œnologique
- Le consul général de France à Naples fait connaître qu’un Club œnologique méridional vient d’être constitué daus cette ville.
- La nouvelle institution a pour buts principaux :
- De recueillir, réunir et propager les nouvelles relatives à la culture des vignes en Ialie (spécialement dans les provinces méridionales, et à la préparation ainsi qu’au commerce du vin ; d’étudier la question importante de la formation des types ; enfin, de faire connaître et apprécier les meilleurs vins par la publicité, par des essais, des expertises, des certificats, par des diplômes et concours œnologiques, afin d’augmenter leur commerce à l’étranger.
- Le Moniteur officiel du commerce du"5 novembre publie le programme adopté par cette association.
- AUSTRALIE
- affranchissement des correspondances pour
- ADÉLAÏDE
- Il résulte d’une communication de l’agent consulaire de France à Adélaïde que les négociants de cette ville se plaignent de l’affranchissement insuffisant des lettres qui leur arrivent de France. Ces commerçants refusent souvent les lettres pour lesquelles ils auraient à payer une surtaxe, et il en est de même pour un grand nombre des circulaires qui leur sont adressées:
- Il a paru intéressant de signaler aux exportateurs français ces faits dont la répétition pourrait nuire, au développement de nos relations commerciales avec l’Australie.
- ----------—.-.-SÛT!-. ^S-SSKgi Tiîi-i—— --
- LES THÉÂTRES
- Théâtre de l’Ambigu. — Le Roi de l’argent, adaptation par M. Millet.
- Renaissance. — TJn duel S. V. P. par MM. Fabrice Carré et Desvallières.
- L’Ambigu a donné le Roi de l’argent, adaptation d’une pièce anglaise qui a eu un grand succès à Sydney; vous voyez que ce n’est pas près d’ici. La pièce anglaise a trois auteurs MM. Hermann et Jones et le comédien Barret.
- L’auteur français, auquel M. Rochard a confié l’adaptation de Silver King, est M. Paul Milliet, le librettiste de YHérodiade de Massenet et le traducteur du Méjîstofele de Boïto. La pièce comporte treize tableaux, mais il n’y a que trois entractes grâce aux changements à vue.
- Le Roi d’argent, très bien monté, a pour interprètes, dans les principaux rôles, MUo Gerfaut, MM. Laray, Courtès, Montai, Gravier, Petit, Pé-ricaud et la petite Breton.
- . Les Parisiens vont en foule à l’Ambigu.
- Vous souvenez-vous d’avoir lu dans un magazine parisien une amusante nouvelle de mon camarade d’enfance et aujourd’hui mon confrère Fabrice Carré ? Eh bien, cette nouvelle a été mise à la scène en collaboration de M. Desvallières, neveu de M. Legouvé, de l’Académie française. Fabrice Carré est le petit fils de Labrousse, l’auteur de tant de drames émouvants. Ces deux jeunes auteurs sont donc, comme l’on dit, des enfants de la balle,
- M. Fabrice Carré est l’auteur d’ Une nuit de P. L. M. qui a eu tant de succès aux Variétés et du Voyage au Caucase, en collaboration avec M. Blavet le fin « Parisis » du Figaro.
- Fabrice, comme nous appelons familièrement ce charmant camarade, à l’éclat de rire franc comme un clairon d’or, à la main ferme et solide comme son amitié, vient donc de faire une nouvelle pièce qui a pour, titre Un duel S. V. P. ; c’est l’histoire d’un monsieur qui sort de bon matin de chez une femme mariée et qui est surpris par le mari. Il persuade à ce dernier qu’il venait le chercher pour lui servir de témoin ; il se met à la recherche d’un adversaire. A partir de ce moment, c’est une suite d’imbroglios étourdissants. Saint-Germain, la clé de voûte de la Renaissance, mène la pièce tambour battant, je vous assure. Auprès de lui se trouvent Mmcs de Cléry, Mary Gillet et Dunois.
- Je ne terminerai pas sans commencer la distribution des prix aux revues nouvelles. Il est bien convenu que nous ne les raconterons pas ; on ne raconte pas une revue ; mais je puis dire que la première que je viens de voir au théâtre du Concert parisien et la seconde aux Variétés méritent un prix d’excellence.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. - lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 29 Novembre 1885. NUMÉRO 48.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Italie et l’Exposition de 1889; 2. Les expositions admi-
- nistratives; 3. Exposition ouvrière internationale de 1886; 4. Exposition du travail ; 5. Les expositions à l’étranger; 6. Le Congrès des sociétés coopératives ; 7. Concours international de statistique ; 8. La crise industrielle à l’étranger ; 9. Exposition du travail (Gravure) ; 10. Exposition internationale de la Nouvelle-Orléans ; 11. La Question économique ; 12. Les Livres; i3. Avis commerciaux ; 14. Les Théâtres.
- L’ITALIE & L’EXPOSITION de 1889
- Nous lisons les lignes suivantes dans un journal j italien qui se publie à Paris, le Parigi-Roma : j
- M. Decrais a été reçu, vendredi dernier, par 1 le comte Robilant, avec lequel il s’est entretenu , pendant plus d’une heure. Nous savons ! qu’avant de prendre congé du ministre et s’être entretenu longuement avec lui, sur la question d’Orient, il l’a prié de lui faire savoir, d’une manière formelle, si l’Italie était disposée à participer à l’Exposition qui s’ouvrira à Paris, en 1889. Le gouvernement français désire, : avant de rendre la nouvelle officielle, s’assurer le concours des principales puissances, afin de décider l’Allemagne à prendre part à cette exposition, car il paraît que cette puissance aurait répondu à l’invitation de la France qu’elle ne trouvait pas opportun de participer à une exposition devant être inaugurée à Paris presque aussitôt que les portes de l’Exposition nationale de Berlin auront été fermées ; d’autant plus que les deux branches principales de cette Exposition, la musique et l’électricité, doivent être internationales. L’honorable M. Robiland a répondu que la France peut dès maintenant compter sur la participation de l’Italie: en outre, il a assuré M. Decrais qu’il proposerait que le gouvernement italien votât très prochainement, dans ce but, un crédit en rapport avec la large part que les industriels et les artistes de ce pays prendront à l’Exposition de Paris.
- LES
- EXPOSITIONS ADMINISTRATIVES
- EXPOSITION DE LA VILLE DE BRUXELLES
- A ANVERS I88 5
- A l’occasion de l’Exposition internationale ' d’Anvers, l’administration communale de Bru- ; xelles a jugé utile de présenter à l’étranger un spécimen de l’ensemble des services d’une grande commune, pouvant donner une idée aussi exacte que possible des soins de tout genre qu’y comporte la direction des affaires, i Il y avait en outre de l’utilité et de l’intérêt ! particulier que pouvait présenter une expo si- j tion de ce genre, une question de bons rap- j ports entre villes voisines. La ville de Bru- j xelles ne pouvait- se désintéresser du grand j concours international ouvert à Anvers et j -donnait ainsi à cette dernière ville un témoi-
- gnage de sa sympathie en apportant son concours à une fête industrielle dont le succès permettait d’attendre de grands résultats pour le pays tout entier.
- Dans un vaste salon, soigneusement arran-( gé au centre de la section belge, tantôt dis-j posés sur des tables, tantôt suspendus à des cloisons, se trouvent de nombreux livres, registres, manuscrits, cartes, plans, dessins, etc., se rapportant à chacun des services administratifs de la ville de Bruxelles.
- Ces services qui comprennent: les archives, l’architecture, les travaux publics, etc , etc., ont chacun leur exposition particulière dans un compartiment spécial.
- Pour mieux permettre de juger de l’ensemble de cette Exposition administrative, organisée par l’administration communale de Bruxelles, je résumerai brièvement chacune de ces expositions particulières qui sont si intéressantes et où il y a tant à apprendre.
- Le dépôt des archives communales de Bruxelles, qui comprend une bibliothèque et des collections d’objets divers, a exposé un choix de documents et manuscrits qui donnent une idée de ce que renferment les collections conservées à l’hôtel de ville. On sait que presque tous les registres, chartes, comptes, etc., de la ville furent détruits lors de l’incendie de la maison communale en 1695. Mais à partir du milieu du xviii® siècle, les archives devinrent considérables ; elles se divisèrent d’une façon bien tranchée en deux parties : celles antérieures et celles postérieures à la conquête du pays par les Français en 1794. Si les premières offrent plus d’intérêt à l’histoire et à l'archéologie, les dernières visent spécialement l’administration pour laquelle elles sont d’une utilité très grande.
- La Ville avait autrefois une bibliothèque qui a été cédée à l’Etat en 1842 et qui contribua alors à former la bibliothèque royale. Elle n’avait conservé qu’un certain nombre de volumes dispersés dans les bureaux de l’hôtel de ville et quelques anciens ouvrages de droit provenant de la bibliothèque spéciale des échevins.
- Parmi les documents et manuscrits exposés citons : Y Atlas.du canal de Willebroeck exécuté pendant les armées 1658 à 1661, oeuvre très soignée et très remarquable ; — un registre de l’ancien carillon de la ville avec dessins et airs notés, datant de 1642. Parmi les plans, gravures et dessins, nous trouvons les plans de la ville de Bruxelles, en 1572, 1695, 1782 et 1830, —des tabelles contenant une description abrégée, d’une part en latin, de l’autre en français, de la ville de Bruxelles, au bas se voient : d'un côté ITlôtel de Ville, de l’autre la maison du Roi. Lés gravures sont de Callot et- datent de 1638 ; — enfin deux dessins de l’architecte anversois Baurscheidt, représentant deux parties du cortège de la cérémonie d'inauguration de l’empereur Charles VI en qualité de duc de Brabant, etc., etc.
- Mentionnons encore quelques photographies. telles que celles représentant la statue
- de Saint-Michel etla flèche de l’Hôtel de Ville, — la fontaine de Manneken-Pis, etc., et quelques objets parmi lesquels une rasière ou se-tier portant une inscription constatant qu’elle a été jaugée le 10 juillet 1466. Cette ancienne mesure, qui servait d’étalon pour la vente du grain à Bruxelles, est en bronze.
- — Le compartiment réservé à Y architecture comprend une série de plans des principaux monuments de la ville d’Anvers. Tels, le plan général de la ville de Bruxelles, avec toutes les modifications survenues depuis 1830 jusqu’à nos jours, — les plans de l’Académie des beaux-arts, — de l’abattoir, — du magasin de la ville, etc., etc.
- Quelques cadres sur lesquels je crois devoir insister, sont ceux qui contiennent des photographies de certaines parties de l’hôtel de ville et de l’église Notre-Dame de la Chapelle. — Il y a plus de quarante ans que la Ville a entrepris la restauration extérieure de l’hôtel de ville dont l’exécution remonte aux xve et xvme siècle. La tour, les deux ailes de la façade sont achevées : à l’intérieur, la salle gothique jj et la salle des mariages ont été transformées, l’escalier des lions a été reconstruit.
- Les cadres se rapportant à l’église Notre-Dame de la Chapelle comprennent l’élévation du choeur et du transept qui datent du xne siècle.
- Au centre de ce compartiment occupé par l’architecture, sont établis sur étagères les surmoulages des principaux ornements et des sculptures retrouvés dans les travaux de restauration exécutés par les soins de l’administration communale, et se rapportant aux XIIe, xve et xvie siècles.
- L’exposition des travaux publics comprend une collection de plans divisée en plusieurs catégories
- 1° Plans représentants les grands collecteurs et le voûtement de la Senne ;
- 2° Plan d’ensemble du réseau des égouts publics dans l’enceinte des boulevards ;
- 3° Plan d’ensemble avec atlas et brochure pour la voirie ;
- 4° Plans du projet de transformation du port de Bruxelles ;
- 5° Plan pour l’aménagement des abords du palais de justice, — documents concernant le canal de Wilbrœck. et spécimens de bouches et de trappes pour égouts.
- Ces plans, visant des travaux publics de première importance, ont intéressé à coup sur les ingénieurs qui se sont rendus àJ.'Exposit’.on d’Anvers. — Ils nous donnent une idée des immenses travaux qui ont été accomplis dans ces dernières années, depuis l’application du régime du Tout à l'érjout, par la ville de Bruxelles.
- A côté de ces plans, nous en trouvons une quantité d’autres qui se rapportent au service du gaz, de distribution d’eau, etc., sur lesquels nous passerons rapidement.
- La ville de Bruxelles est éclairée au gaz depuis le 2 i août 1819. L’usine de fabrication,
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Novembre i SS 5
- jadis établie dans l’enceinte de la ville, est maintenant située à Loeken, sur un vaste terrain qui comprend plus de 10 hectares. La distribution du gaz comporte quatre divisions: le service de l’éclairage public, le service de la pression et de la canalisation, celui des travaux pour branchements et placement de compteurs chez les particuliers, enfin celui de l’entretien et de la surveillance des installations dans les bâtiments communaux existants ou en construction.
- Une notice donnant des explications très étendues sur le service de la distribution du gaz, sur sa consommation, etc., accompagne les plans de canalisation, les plans des compteurs à deux cadrans, indicateur portatif et changeur automatique de pression (système Wybauvv), qui sont exposés.
- — Le service des eaux expose des plans hydrologiques de la Belgique, des plans hydrologiques de l’Entre-Senne-et-Dyle ; des plans, des prises d’eau, collecteurs, machines, réservoirs, etc., des plans des tuyaux et appareils de distribution, etc.
- — Le service d'hygiène expose : une quarantaine de tableaux graphiques indiquant, par semaine, les rapports constatés entre la température, la natalité et la mortalité générale et spéciale pendant des périodes successives de quatre années ; — des publications scientifiques et administratives, annuaires, bulletins, cartes, etc; — des véhicules et objets de secours en cas d’accident, voitures, hamac et boites de secours, etc.
- — Citons encore l’exposition organisée par les soins du directeur du laboratoire de chimie de la ville de Bruxelles. Elle comprend : une lampe à gaz, dite « lampe-forge », — un appareil à dessécher dans le vide, sans machine pneumatique, par la condensation de l’anhydride carbonique.
- — Enfin le service du nettoyage et de la voirie nous présente, outre des plans et photographies de magasins, d’outillage, de matériel employé, deux bateaux en fer, à voiles, pour le transport des immondices (au bassin de battelage, quai flamand).
- Telles sont les expositions organisées par les différents services relevant de l’administration communale de la ville cle- Bruxelles. Je 11’ai pu, faute de l’espace qui m’est accordé ici,, m’arrêter longtemps sur chacune d’elles et leur donner le développement qu’elles comportent. Mais ce rapide examen permettra néanmoins de se faire - une idée de l’intérêt qu’offrait aux visiteurs cette exposition purement administrative. Il me reste à parler de l’instruction publique : j’en ferai l’objet de ma prochaine correspondance.
- C11. Lenoir.
- EXPOSITION OUVRIÈRE INTERNATIONALE
- DE 1886
- La Commission d’organisation de l’Exposition ouvrière a clos les demandes d’argent pour achat de matières premières et installation.
- L’Exposition ouvrira à Paris, le 1er avril 1886. Y prendront part de nombreux ouvriers isolés et plus de 7ü chambres syndicales et sociétés ouvrières.
- La Commission rappelle que l’emplacement et la garde des objets exposés sont g] atuits.
- L’installation et le transport sont à la charge des exposants.
- Les personnes qui désirent des renseignements peuvent s’adresser tous les soirs, de 9 à 10 heures, à la permanence, U, quai de Jemmapes.
- Adresser les correspondances au secrétaire : M. Lavaud, *2, rue Vicq-d’Azir.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- Dans la liste des récompenses publiées dans notre numéro du 15 courant, nous avons omis de citer le nom de MM. E. Magot et Cie i Manufacture de limes, aciers et outils, à Vesoul), qui ont obtenu une médaille de vermeil.
- LES
- EXPOSITIONS A L’ÉTRANGER
- Allemagne
- On a ouvert le 18 de ce mois, à Berlin, la première exposition internationale de pigeons voyageurs. Cette exposition a été organisée par la société Columbci de Berlin. L’Allemagne et l’Autriche ont envoyé 3oo paires de pigeons.
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- En meme temps que le congrès vinicole allemand, il vient d’avoir lieu à Colmar une exposition de vins, de fruits, de volailles, de produits horticoles, d’abeilles et de produits de chasse.
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- Le 27 septembre a eu lieu la fermeture de l’exposition des arts et métiers de Gœrlitz (Silésie), dont nous avons déjà parlé. Cette exposition a été visitée par 1 million 200 visiteurs. Le surplus des recettes prévues par le devis a été de 106,25o francs.
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- A Greiz (principauté de Reuss), a été ouverte, le 12 septembre dernier, une exposition nationale, concernant l’agriculture et les forêts.
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- On prépare à Leipsig une exposition permanente des objets relatifs à l’histoire de la ville.
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- L’exposition nationale du houblon qui est ouverte, en ce moment, à Munich, donne un ensemble très intéressant sur la production et la qualité de houblon de Bavière.
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- Une exposition nationale bavaroise aura lieu à Munich à l’occasion de la fête agricole (Central-lundwirthscliaft). Ce ne sera qu’une exposition de fruits, et de vignes.
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- On prépare, en ce moment, une curieuse exposition de petit-lait, pour le royaume de Saxe.
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- Une exposition des produits de l’agriculture ainsi qu’une exposition d’animaux, est ouverte depuis le 26 septembre à Weinheim (duché de Bade).
- ¥ ¥
- Autriche
- A Bakonitz (Bohême) a été ouverte le 28 septembre dernier une exposition de houblon. Elle compte 400 exposants.
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- Une exposition des œuvres du peintre Canon (Jean Strasiripka, né à Vienne en 1829, mort le 11 septembre) se prépare sous l’initiative des artistes viennois. Le comité a déjà reçu 3o toiles et plusieurs centaines d’esquisses qui appartiennent à la période de Stutdgard, c’est-à-dire de 1869 à 1877.
- Italie
- Une exposition à Gènes aura lieu pour fêter le quatrième anniversaire de la découverte de l’Amérique. Bien qu’on ait encore le temps devant soi, on s’est déjà adressé au gouvernement pour avoir une subvention suffisante. L’exposition comprendra tout ce qui se rapporte à la découverte du grand Génois Christophe Colomb, tous les certificats et documents de l’époque et toutes les reliques qui ont appartenu a lui et à ses compagnons de voyage.
- LE CONGRÈS
- DES SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES
- Le grand courant démocratique qui s’cst établi chez nous depuis la guerre, après avoir, tout d’abord, pris sa direction dans le sens politique,, s’est peu à peu, durant ces cinq dernières années, détourné sur le terrain plus solide et surtout plus fécond des intérêts économiques. Fixés par leur propre expérience sur la stérilité des discussions politiques et des utopies sociales, voire même révolutionnaires, les ouvriers, une bonne partie, tout au moins, ont tourné les yeux et leurs efforts vers-les vrais instruments de la rénovation sociale tant désirée.
- Parmi ces instruments, ils sont allés de préférence à ceux qui relèvent du principe de l’association. L’association a toujours, en effet, et avec raison, séduit les populations ouvrières ; elle est la force, tandis que leur isolement est la faiblesse. Aussi, chaque fois que le régime gouvernemental a quelque peu déblayé le terrain coopératif des entraves qui l’ont si longtemps encombré et l’encombrent même encore en partie aujourd’hui, aussitôt, une reprise énergique de l’association s’est-elle produite dans les masses populaires. C’est ce qui se passe aujourd'hui, toutefois avec cette différence très notable, qu’au lieu de se jeter uniquement sur l’association de production, la plus difficile déboutés, comme en 48, cette nouvelle montée de sève coopérative s’est portée principalement sur les associations de prévoyance et celles de consommation.
- On s’est associé, en une foule de centres différents, pour épargner et faire fructifier son épargne, comme dans la Fourmi, par exemple, pour se créer des pensions de retraite, comme dans les Prévoyants de l’Avenir, le Gram de blé, etc., ou pour acheter en commun les objets de consommation,, denrées alimentaires, vêtements, graines, engrais, etc., etc. Cette forme d’association est cent fois plus simple et plus facile que celle de production ; son succès est beaucoup plus assuré, elle ne suppose pas-un bouleversement radical dans l’organisation actuelle du travail; elle s’accorde, au contraire,, parfaitement avec cette organisation et même, dans beaucoup de cas, a puisé sa plus grande-force dans le concours des patrons.
- C’est, en effet, par des patrons qu’ont été fondées un grand nombre de sociétés coopératives de-consommation ; celles des Forgerons de. Com-mentry,des Mécaniciens d’Audincourt, des Filateurs de St-Rémy~sur-Avre, des Mineurs d’Aubin, qui comptent q5o, 700, i5oo et 2600 consommateurs.
- Pour donner une idée de l’importance de quelques-unes de ces sociétés, voici des chiffres empruntés à leurs derniers comptes semestriels :
- Ventes du dernier semestre
- 41 5,667 fr- OO 298,963 OO
- 177.268 I73,5oo
- 268.268 969,219
- 95
- OO
- OO
- 60
- La Moissonneuse Forgerons de Commentry La Revendication Société d’Audincourt Société de St-Rémy-sur-Avre Mineurs d’Anyn Ces sociétés sontprises auhazard dans notre liste.
- Les chiffres qu’elles présentent montrent que la coopération est une force aujourd’hui, avec laquelle le commerce doit compter.
- On ne saurait essayer d’énumérer les associations d’épargne et de retraite, mais nous croyons bien pouvoir dire qu’il existe au moins de 4 à 5oo-associations de consommation en France. Dans-une seule ville, à Lyon, on en compte environ cinquante ; à Paris, elles sont moins nombreuses,, il ne doit pas y en avoir plus de 3o à 35. Dans un seul département, celui d’Indre-et-Loire, dont on ne parlait guère, au point de vue.coopératif, nous venons de constater l’existence de 1 5 sociétés de-consommation, comptant près de 10,000 membres en tout.
- Entre ces 4 à 5oo associations isolées, devait nécessairement, un jour ou l’autre, surgir l’idée d’un Congrès. L’exemple des sociétés anglaises qui doivent une si grande partie de leurs progrès, à ces assises solennelles, la fréquence des Congrès de toutes natures en France, depuis quelques années, le besoin d’étudier en commun et de perfectionner la matière coopérative, et, enfin, l’idée-générale de fédération, expression supérieure du principe de l’association, tout cela devait amener un Congrès à bref délai ; l’année dernière, déjà, il avait été tenté par des sociétés de Paris, mais sans succès. Cette année, au contraire, il a pleinement
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- Première Année. — N° 48.
- réussi, sous l’initiative et la direction de trois sociétés nimoises ( 1).
- Plus de cent associations de consommation de France ou de l’étranger y ont envoyé leurs délégués ;les bases de la fédération y ont été jetées et deux commissions générales créées : l’une d’études organiques et de statistiques sous le nom de Chambre consultative, l’autre destinée à éclairer les acheteurs et associer leurs achats, sous le nom de Chambre économique. .
- Ce sont là' les ' résultats matériels les plus saillants du Congrès, mais il en est d’autres qui, bieiï que non formulés par des résolutions,n’en méritent pas moins d’être signalés, vu leur importance latente considérable. Le premier de ces résultats c’est celui-ci que le Congrès a vécu sa vie normale jusqu’au terme assigné, à l’avance et qu’il a rempli sa tâche tout entière, en dépit des prévisions défavorables que son annonce avait provoquées. On avait, il faut le reconnaître, plus d’une raison de craindre que ce premier essai échouât ; on sait, en effet, combien de ces réunions populaires sont souvent frappées de stérilité et même de mort subite par l’ignorance, l’intolérance, les •dissensions, les haines politiques et l’intervention des meneurs révolutionnaires ou, tout au moins, -obstructionnistes. Quelques symptômes de ces influences mortelles n’ont pas manqué de se produire dans le Congrès, mais heureusement sans •durée et sans effet ; les éléments de désacords étaient une infime minorité.
- Le second résultat c’est que le Congrès a donné la démonstration irréfutable d’un fait social capital qu’on ne saurait jamais trop proclamer : la possibilité et la fécondité des réunions où les classes diverses de la société sont confondues sur le terrain des intérêts économiques avec exclusion des intérêts politiques. Le Congrès, en effet, comprenait des nobles, des bourgeois, des prolétaires, des moines, des libres-penseurs, des catholiques et des protestants. Durant quatre jours et pendant 9 heures par jour, ces éléments disparates, antagonistes même d’ordinaire, ont vécu côte à côte, discuté avec ardeur, sans un mot d’hostilité, sans un conflit, sans un acte d’intolérance et finalement ont accompli toute la besogne pour laquelle ils étaient convoqués. Si le Congrès n’eût fait appel qu’à des bourgeois, il serait mort avant de naître, car les bourgeois se seraient abstenus ; s’il n’eût compté que des ouvriers, il serait peut-être mort, aussitôt né, dans les jalousies, les compétitions et le •désordre.
- Cette démonstration expérimentale d’un fait social important n’est pas la seule ni la première. Puisse-t-elle servir à donner plus d’extension aux •associations économiques formées de contingents puisés h, tous les étages de la société!
- Pourrevenir auxrésultats immédiats du Congrès, nous dirons que la tâche des deux Chambres créées par lui est considérable et que le plus ou moins de zèle, de compétence et d’activité qu’elles apporteront à son accomplissement peut, en quelque sorte, décider de l’avenir de la coopération en France. En Angleterre, comme en Allemagne, les succès considérables du mouvement coopératif sont dus,, en partie, à. l’action d’institutions analogues à ces deux commissions et qui s’appellent, de l’autre côté du détroit, le Central Board et la Wholsale Society, et au-delà des Vosges le bureau •de YAmvalt et la banque centrale de Berlin. Les Anglais, hommes pratiques, n’ont pas manqué de signaler aux coopérateurs français, dans un rapport de M. Vansittart Neale, le secrétaire général du Central Board, la nécessité et le rôle de l’unité d’action des sociétés réalisée « sou's les deux formes morale et commerciale. »
- Les deux Chambres créées en France sous le nom de Chambre consultative et de Chambre économique répondent à peu près au programme tracé parle rapport du coopérateur de Manchester. La première est la forme morale préconisée par lui. Les attributions de cette Chambre consisteront tout d’abord à dresser et tenir à jour la statistique de la coopération en France, puis à rédiger un statut type des sociétés de consommation en étudiant les statuts si divers qui régissent les sociétés coopératives en France, et en cherchant dans leur rapprochement et la comparaison des résultats auxquels ils ont abouti, l’indication des .meilleures formes de coopération.
- La Chambre ^consultative aura mission de travailler a la propagande coopérative par des conférences et des petits tracts à bon marché dont il se fait un si grand usage en Angleterre ; elle étu-
- (1) Le compte rendu officiel de ce Congrès vient de paraître à ]a librairie Guillaumin, me de Richelieu, [4, Paris. Une brochure iu-octavo de bo pages. Prix 1 franc.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- diera, en s’éclairant au besoin des conseils des jurisconsultes, les questions litigieuses relatives à la coopération ; elle défendra et représentera les intérêts coopératifs devant les administrations et les pouvoirs publics; elle fournira tous renseignements aux sociétés existantes ou à créer ; elle organisera les Congrès et pourra servir d’arbitre entre les sociétaires ou les sociétés.
- Les fonctions de la Chambre économique consisteront dans la recherche, en France et à l’e'-. tranger et la communication aux sociétés de touss les renseignements pouvant les guider dans leur achats tant au point de vue de la qualité que du bon marché ; dans la réception, l’analyse, le classement et la garde des échantillons-types des fournisseurs ; dans le groupement des commandes des diverses sociétés en vue d’achats communs ; dans la préparation et la tenue d’adjudications au profit de groupes de sociétés, dans la publication des mercuriales, des inventions, des procédés ou des appareils mécaniques, des fraudes, des falsifications des denrées alimentaires (1) et des caractères servant à reconnaître les bons produits, etc., etc.
- Les deux chambres que le Congrès vient de créer peuvent devenir un instrument puissant de développement pour la coopération de consommation en France. Tout dépendra de la sagesse et de la compétence des hommes qui seront appelés aies composer.
- S’ils comprennent bien leur rôle et sont à la hauteur de leur tâche, nul doute qu’ils n’arrivent à augmenter rapidement le nombre des sociétés, à les engager dans la voie la plus favorable au succès, à leur procurer le bon marché et la meilleure qualité des produits et à mettre à la disposition des plus pauvres et des plus modestes consommateurs, ces avantages qui ne profitent d’ordinaire qu’aux plus riches et aux plus gros.
- Sous l’action de cet organe nouveau, le principe coopératif prendra une place de plus en plus grande au sein du courant démocratique, et avec lui, tous les progrès sociaux dont il est le véhicule. Il substituera peu à peu l’habitude du comptant au funeste usage du crédit, tous les heureux effets du premier comme bon marché, bonne qualité, bon poids, règlement judicieux des dépenses et indépendance de l’acheteur, à la servitude, au laisser-aller, à la cherté et aux tromperies de toutes sortes qu’entraîne l’achat à crédit. Le principe coopératif met de l’ordre dans le budget du coopérateur ; et fait régner la probité dans la boutique du débitant ; il forme les coopérateurs au maniement des affaires et leur enseigne quel rôle y jouent le capital et l’intelligence : en un mot, il fait leur éducation économique; à un certain point de vue même, leur éducation politique.
- Il diminue le nombre exagéré des petits débitants et supprime les dépenses stériles de réclames, d’annonces et d’enseignes. Il réduit ainsi le prix de la vie matérielle et doit devenir ainsi un précieux auxiliaire pour la reprise de notre commerce d’exportation.
- A bien des points de vue différents, la coopération doit donc être favorisée. Aussi recommandons nous la lecture du compte-rendu du Congrès qui, outre la description de l’état et des moyens d’action de la coopération française, renferme d’intéressants rapports sur la coopération anglaise et allemande.
- < A. Fougerousse.
- CONCOURS INTERNATIONAL
- DE STATISTIQUE
- Dans sa séance extraordinaire du 18 juin, et à l’occasion du 25e anniversaire de sa fondation, la Société de statistique do Paris a ouvert aux savants français et étrangers un concours sur un des sujets ci-après :
- 1° Les Finances locales (statitisque et législation comparée) ;
- 2° Mesure de la richesse et du revenu publics;
- 3° Influence des prix sur la consommation.
- Le prix, dont la valeur est de 2,500 fr., sera décerné, en séance publique, le troisième mercredi de décembre 1888.
- ( 1) Cette question des falsifications s'impose aujourd’hui plus que jamais en raison de leur fréquence et de leurs dangers. Kn ce moment même, un congrès se tient à Bruxelles pour ctudier et combattre ces falsifications.
- Dimanche 29 Novembre i885. — 383.
- (Pour le programme détaillé des questions, s’adresser au Secrétaire général.)
- Nous pouvons ajouter que le choix des questions à proposer a été plus laborieux : Dix sujets ont été successivement proposés par les membres du Conseil et par les délégués étrangers. Le comité de la Société de statistique, appelé à se prononcer sur le point de savoir s’il y avait lieu d’adopter une question unique, a cru qu’il serait préférable de laisser aux concurrents une certaine latitude, afin de permettre aux aptitudes diverses de s’attacher à la question qui leur conviendrait le mieux.
- Dans cet ordre d’idées, il a dû s’attacher à. tenir compte des divers sentiments exprimés dans le cours des délibérations, en faisant un choix répondant à divers points de vue que l’on avait envisagés, savoir le point de vue analytique, le point de vue historique et, enfin, le.point de vue de la méthode scientifique.
- C’est pour satisfaire à ces conditions que, tout en regrettant d’avoir à éliminer un cer-t-ainjiombre de sujets, tous d’un grand intérêt, le comité a réduit son choix aux trois questions ci-dessus désignées dont il a été fait ultérieurement un programme détaillé et que l’on peut demander au Secrétaire général de la Société.
- Le concours étant international, la nécessité s’est imposée de fixer en quelle langue les mémoires seraient rédigés. Pour faciliter la tâche du jury, l’on s’est arrêté, d’un commun accord, aux quatre langues principales : le français, Yanglais, l'allemand et l'italien.
- Le comité a décidé ensuite que les mémoires reçus seraient envoyés successivement aux membres du jury chargé de les examiner, mais que le jugement serait rendu à Paris, où l’on recevrait les votes écrits des absents, en même temps que ceux des membres du jury présents au Conseil.
- En ce qui. concerne la nomination des membres du jury, le comité a pensé que chacune des nations représentées à l’anniversaire de la fondation de la Société jouirait d’une voix au moins. Le jury devant être complété par cinq membres français nommés en temps utile par le Conseil de la Société de statistique dé Paris.
- Le jury, composé de dix délégués étrangers et de cinq délégués français, se réunira à Paris, au mois de juin 1888, pour le classement des mémoires par ordre de mérite et l’attribution du prix.
- Les mémoires devront être déposés sur le bureau de la Société avant le 31 décembre 1887, terme de rigueur, et le prix sera décerné, s’il y a lieu, en assemblée générale, dans la dernière séance de décembre de l’année 1888.
- Le concours international pour le prix de la Société de statistique est dès à présent ouvert, et, s’il réussit, comme il y a lieu de l’espérer, la Société aura aidé à résoudre plusieurs questions, d’une grande importance pour la statistique aussi bien que pour l’économie politique.
- LA CRISE INDUSTRIELLE
- A L’ÉTRANGER
- En France, toutes les industries se plaignent et ne pensent jamais à se demander ce qui se passe à l’étranger, où la situation n’est guère plus florissante. Voici à titre de renseignement un extrait d’un rapport de M. J. d’Angelis, vice-consul de France, sur la situation de l’industrie verrière belge pendant les six premiers mois de 1885 :
- ... Depuis six mois, la situation critique de la verrerie belge s’est accentuée sans discontinuer et la baisse des prix en est arrivée à un point qui devrait pouvoir permettre de dire que baisser encore est impossible.
- Cette baisse ne semble pourtant pas avoir dit son dernier mot, car personne ne songe à restreindre sa fabrication. Au contraire, tout le
- Voir la suite page 386.
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- LE MONITEUR ^'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 2Q Novembre i885.
- 384 et 385. — Première Année — N° 48.
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- EXPOSITION'DU TRAVAIL
- ITRAIL EXÉCUTÉ PAR MM. CHARLES CHAMPIGNEULLE DE PARIS & C
- — 1 T IU._
- IE
- D’après le caI-ton Wagrez
- LE VERRE
- CONFÉRENCE
- FAITE AU PALAIS DE l’iNDUSTRIE (Exposition du travail)
- PAR M, CH, CHAMPIGNEULLE, DE PARIS
- (Suite.)
- Au xvne siècle, la peinture sur verre en France jette encore quelque éclat avec les Pinaigrier, les Jacques de Paroy et Jean de Noyare, à Saint-Séverim à Saint-Gervais, à Saint-Paul, à Saint-Etienne du Mont, pendant que les Suisses et les Hollandais nous donnaient leurs derniers petits panneaux, si charmants de finesse et de couleur, et leurs grands vitraux incomparables de Saint-Jacques, de Liège et de Gouda.
- Ensuite, complètement adandonnée au xvine siècle, la peinture sur verre ne fut reprise que de nos jours.
- Les causes de cet abandon furent les guerres de religion qui déchirèrent le pays et les progrès incessants faits par les fabricants de verres et de glaces. On préféra remplacer les anciens vitraux par une matière neuve et plus brillante, et ce fut dans tout le royaume une rage de vandalisme contre laquelle rien ne put prévaloir. Les quelques voix qui s’élevèrent furent étouffées sous l'indifférence générale, et le vitrail antérieur à notre génération présente avait vécu.
- Le dernier peintre verrier du xvme siècle fut Pierre Levieil, qui nous a transmis la plus complète histoire de la peinture sur verre que nous possédions, depuis l’essai fait par le moine Théophile au xna siècle. J’ai beaucoup puisé dans son livre pour vous raconter cette histoire du vitrail, et je crois ne pas pouvoir mieux lui rendre hommage qu’en vous lisant un de ses chapitres, celui qui a trait à la fabrication matérielle du vitrail, fabrication dont je n’ai pas encore parlé, ayant voulu d’abord vous montrer les phases diverses par lesquelles cet art industriel a passé avant d’arriver jusqu’à nous.
- Cette méthode de fabrication est du reste la même que celle employée au xn® siècle, du temps du moine Théophile, et la même aussi que celle employée de nos jours. Je ne puis donc faire mieux que de vous lire ce que disait Levieil en 1770 de la fabrication du vitrail au xin6 siècle.
- DU MÉCANISME DE LA PEINTURE SUR VERRE DANS LES PREMIERS TEMPS
- Je suppose d’abord dans nos anciens peintres sur verre une attention singulière à se pourvoir suffisamment de tables de verre transparent de toutes sortes de couleurs plus ou moins foncées, nécessaires aux différentes nuances qu’ils doivent employer, et d’environ deux lignes d’épaisseur. C’était avec l’étain et le plomb, le fond principal de leurs ateliers. Je sens ensuite qu’ils devaient avoir reçu longtemps avant de vitrer, des mains de l’architecte qui dirigeait la construction de l’édifice, le plan géométrique de la grandeur et de la forme des fenêtres qu’ils devaient remplir ; ainsi que du propriétaire ou fondateur, l’ordre des sujets d’histoire ou d’ornement qu’ils devaient y faire entrer. C’était alors au peintre verrier à faire, d’après ces plans et ces ordres, la distribution de la quantité de tableaux qui doivent fermer chaque fenêtre, et des fonds sur lesquels il devait les placer. Sur les mesures données par cette distribution, il devait établir son dessin et l’arrêter en couleur sur ses cartons. Le trait du contour des figures qu’il avait à peindre devait y être formé si exactement, que les pièces presque innombrables dont chaque panneau devait être composé, rapprochées l’une de l’autre, en observant de laisser entre elles la place de l’épaisseur du cœur de plomb, pussent remplir avec justesse tout l’espace auquel le panneau de vitres était destiné, Il parait que ces cartons se conservaient bien soigneusement par les entrepreneurs, car souvent les mêmes sujets se trouvaient répétés dans différentes églises de différentes provinces, quelquefois bien éloignées l’une de l’autre. Telles sont des vitres peintes d’un même temps dans l’église des dominicains de Poissy, dans la cathédrale de Cambrai, dans celle de Clermont en Auvergne, et de Saint-Etienne de Limoges, qui se ressemblent en distribution, dessin et exécution. Je pense que ces cartons devaient être triples; un pour servir de modèle dans l’exécution, le second pour être découpé en autant de parties que les différents contours des membres et des draperies demandaient de morceaux de verre de différentes formes et couleurs; le troisième enfin, pour y établir dans leur rang les pièces de verre taillées suivant les contours du dessin.
- On pense bien qu’il n’était pas possible de découvrir le trait de ces contours au travers de ce verre très épais et fort haut en couleur, comme on le découvre au travers du verre blanc. Or les cartons découpés levaient cet inconvénient. On distribuait par ce moyen dans l’atelier à différents ouvriers la coupe du verre de chaque couleur differente. On donnait aux uns une couleur, aux autres une autre. Alors ces ouvriers arrangeaient avec profit toutes les découpures de carton d’une même couleur sur une table de verre de cette couleur. Ils signaient avec, le blanc détrempé à l’eau de gomme et la drague, sur cette table de verre, les contours de chacune de ces différentes découpures, pour les entretailler ensuite. Les peintres vitriers n’avaient pas alors l’usage du diamant pour couper le verre : il ne commença que vers le xvi8 siècle. On se servait à cet effet d’une pointe d’acier ou de fer trempé très dur, que l’on promenait autour du trait, en appuyant assez, fort pour qu’elle fit impression dans le verre. On humectait ensuite légèrement: le contour entamé. On appliquait du côté opposé une branche de fer rougie au feu qui ne manquait pas d’y former une langue ou fêlure, qui par l’activité delà chaleur du fer, se continuait autour de la partie entamée* Alors au secours d’un petit maillet de buis, ou autre bois dur., dont on frappait les contours de la pièce de verre tracée, elle se détachait du fond sur lequel elle l’avait été. S’il restait dans ses contours quelques parties superflues, car on pouvait lui donner quelquefois trop d’étendue, ne fut-ce que par l’épaisseur du trait, on ajustait alors sur le second carton la pièce taillée, de manière qu’elle fût toujours en dedans du trait, pour laisser la place du cœur du plomb dans lequel elle devait être agencée. On employait, pour enlever ce superflu, une espèce de pince ou des griffes enfer, ou, comme nous l’appelons à présent, un greffoir ou égrifoir. Les petites dents que laissaient sur le bord des pièces coupées les écailles de verre enlevées par cet outil entraient elles-
- par cer uum ~~~~
- mêmes dans la solidité de l’ouvrage; car chassées avec un petit maillet de buis ou de plomb contre le cœur du plomb avec lequel on les joignait, elles l’effleuraient de très près, et, ainsi retenues des deux côtés, elles consolidaient l’ensemble du verre et du plomb sur lequel elles ne pouvaient glisser.
- Toutes les pièces ainsi coupées et greffées devaient être exactement rapportées dans leur rang sur le troisième carton.. Alors le peintre y traçait avec de la couleur noire les traits des membres et les hachures des plis des draperies. Lorsque ces traits étaient secs, on levait toutes les pièces d’un panneau de rang ; on les étendait dans le même ordre dans la poêle à recuire sur ou un plusieurs lits de chaux ou de plâtre bien recuit et tamisé, pour y parfondre, par la recuisson, la couleur noire qu’on y avait employée..Après la recuisson, lorsque ces pièces avaient atteint un juste degré de refroidissement, on les retirait de.la poêle dans le même ordre qu’elles y avaient été placées, pour les disposer de nouveau sur
- le troisième carton et les donner à ceux qui etafent chargés de les joindre avec le plomb pour enfaire^s panneaux.
- On peut sur ce plan se figurer que l’atelier d’unpeWre sur verre, de ces premiers temps surtout, devait-être fourni d’un grand nombre de différents ouvriers. Ie ne parie ici que des vitriers; car si le peintre sur verre expto). tait lui-même une verrerie pour ses verres de couleurs, la quantité d’ouvriers qu’il employait devait être plus considérable. Pour s’en convaincre, il ne faut que considérer un panneau de peinture sur verre des xne et *llie siècles, où la quantité de pièces qui le composer- est presque innombrable, et où il s’en trouve d’une si P Je étendue qu’on peut à grand peine la tenir avec les d0 SL
- Il fallait dans cet atelier des dessinateurs et deS P l!1* très pour arrêter et colorier les cartons, des decoup de carton et de verre, des greffeurs, des broyeurs cleuo^ des peintres sur verre pour y peindre les traits, de cuiseurs, des fondeurs de plomb et de soudure 11
- entrait une grande quantité dans ces ouvrages, des raboteurs de plomb pour le refendre des deux côtés et le mettre en état de. recevoir les pièces de verre. Il est certain que les metteurs en plomb, c’est-à-dire ceux qui étaient chargés d’agencer et de joindre avec le plomb les pièces qui formaient l’ensemble des panneaux, arrêtaient leur ouvrage avec la soudure au fur et à mesure qu’ils en assemblaient les pièces; mais je pense que, pour accélérer l’ouvrage, il y avait d’autres ouvriers employés à souder sur le revers les panneaux que les metteurs en plomb venaient définir. Ce sont ceux que j’appelledes contre-soudeurs. Il fallait encore des poseurs et des selleurs en plâtre ou en mortier quand l’ouvrage était en place.
- L’intelligence admirable que l’œil du maître et des inspecteurs ou appareilleurs entretenait dans ces ateliers, rendit cet ouvrage moins pénible et plus aisé à se produire fréquemment. Si c’est quelque chose de prodigieux que la quantité d’églises, cathédrales, abbayes, collégiales, paroisses même de villages, qui, sans sortir de
- notre France, furent vitrées de cette manière dans les xne et xme siècles, et qui étaient si percées de fenêtres que souvent les vitres l’emportaient en étendue sur le corps du bâtiment ; combien doit paraître étonnante la célérité avec laquelle ces sortes d’entreprises s’exécutaient. On ne peut retenir la surprise quand on lit que l’église de la Sainte-Chapelle de Paris, commencée en 1242, fut achevée en 1247 et se trouva close et en état d’être dédiée au mois d’avril 1248.
- Tout ceci nous montre qu’au xme siècle les peintres verriers n’étaient pas seulement comme on le croit généralement des artistes composant et faisant eux-mêmes de-toutes pièces un vitrail. Ils occupaient de plus un personnel nombreux et je ne connais aucun atelier capable aujourd’hui, malgré les facilités du travail moderne, d’exécuter en deux ans une masse de vitraux aussi considérable que celle des vitraux de la Sainte-Chapelle.
- Nous venons donc de voir quel était le mécanisme de la peinture sur verre dans les premiers temps ; il nous reste à connaître quels moyens elle possédait pour fabriquer ses verres et les colorer aux différentes époques dont nous venons de parcourir l’histoire. Aux xne et xme siècles, les peintres verriers n’avaient à leur dis-. position que quelques tons, c’est ce qu’en dit Violl.et le Duc dans son remarquable dictionnaire d’architecture:
- « Toutes les opérations « chimiques des verriers du « moyen âge, dit-il, étant « empiriques, le compte des « imprévus des variétés était « long. Théophile laisse « assez comprendre que le « hasard seul donnait cer-« tains tons, dont l’artiste « savait profiter. La palette « du verrier était ainsi très « étendue. Leur talent con-« sistait surtout à ne jamais « juxtaposer deux valeurs « égales et à profiter avec « un sentiment réel de colo-« riste des variétés tonales.
- « Nous l’avons déjà dit, « tous ces tons,sauf le rouge, « sont répartis dans la masse « du verre et non doublés, « ainsi qu’on les fabriqua « plus tard. »
- Voilà ce qu’en dit Viollet le Duc. Leurs tons se composaient du bleu, du jaune, du vert, du pourpre et du blanc, avec toutes les dégradations forcées par la fabrication même du verre, fabrication sans formules et sans données certaines.
- Le rouge ancien, dont on a tant parlé et qu’on a dit si souvent perdu, était à cette époque fabriqué de la même façon qu’aujourd’hui, et si la couche de rouge sur ce verre doublé est plus épaisse au xme siècle qu’au xive, c’est qu’il manquait aux artisans des temps primitifs cette habileté à faire le verre que les ouvriers de notre époque ont poussée au plus haut degré.
- Les beaux verres rouges du xme siècle sont dus à l’effet du hasard. En ce temps là plus ou moins de feu les rendait blancs ou noirs. Ilya peu de temps, j'ai fait exécuter pour la restauration d’une verrière ancienne des rouges inégalement coulés, des rouges manqués qui m’ont donné exactement l’effet des rouges du xine siècle.Car ce que nous pourrions reprocher à nos rouges modernes, c’est leur trop grande perfection, et j’ai eu bien du mal à obtenir de
- MM. Pelletier, qui m’ont fabriqué'ce rouge, qu’ils consentent à donner l’ordre à leurs habiles ouvriers de mal faire. Mais le secret n’en est pas perdu, je le répète ici encore. En le disant, on a entretenu le public dans une ignorance volontaire et coupable. Il est temps qu’il en sorte, et pour mon compte personnel, je m’emploierai de tout mon pouvoir à crever ces ombres factices et dévoiler l’art defaireun vitrail, comme on l’aurait toujours dû, d’une façon limpide et transparente à tous.
- Au xive siècle, la palette s’augmente du jaune à l’argent ; au xve, des couleurs de chair et des premiers émaux ; au xvie, elle s’enrichit de toutes les meilleures découvertes de Palissy et des céramistes, mais elle ne change plus jusqu’à nos jours, et nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons la palette la plus variée et la plus complète qui puisse être. Nous possédons tous les tons dans la masse, tous les tons doublés, je dirai plus, triplés et quadruplés, puisque sur un même morceau de verre nous pouvons obtenir sans aucune application d’émail quatre tons par la gravure, à l’acide ou à la roue, de trois couches d’émail superposées sur un verre blanc sans se confondre.
- Nous avons en outre tous les émaux d’application,-des bleus, des jaunes, des verts, des violets et des pourpres dégradés au point de nous donner 20 nuances d’un même ton. Nous avons l’or qui se cuit et demeure à l’état de métal, de même pour l’argent, le platine et tous les lustres métalliques.
- Les collections si variées des échantillons de M. Lacroix, chimiste, sont ici sous vos yeux. Comme fabrication, comme production, je le répète, nous pouvons tout. En ce moment nous cherchons la voie du progrès, nous avons l’expérience des anciens, et eux n’avaient pas ce qu’ont mis dans nos mains la science et la chimie moderne. Pourquoi donc ne ferions-nous pas avec des facilités mille fois doublées ce qu’eux ont fait avec presque rien. Nous vivons à une autre époque, tous nous avons d’autres besoins. Sachons nous servir de ce que les siècles nous ont appris et.marchons franchement et résolument en avant, en nous inspirant de tout ce qui dans le passé peut nous servir à faire notre œuvre grande et durable. Bien des efforts ont été faits vers le milieu de ce siècle pour renouer la chaîne brisée de l’art de la peinture sur verre.
- La manufacture de Sèvres elle-même a essayé. Elle a échoué. C’est de là peut-être qu’est née la tradition des secrets perdus.
- Je ne sais, mais enfin, des hommes courageux, des hommes de talent, se sont mis à restaurer les anciens vitraux et y ont réussi pleinement. Nous avons vu des restaurations merveilleuses des verrières brisées de nos cathédrales. Les noms de ces artistes sont connus. Ce sont : Steinheil, Gérente, Didron l’aîné, Oudinot et mon prédécesseur Coffetier, cet infatigable chercheur. Leurs œuvres sont à Notre-Dame, à la Sainte-Chapelle, à Bourges, à Amiens, à Chartres, au Mans, à Vincennes.. On peut voir ces verrières.a nciennes dont la moitié est neuve et où le plus habile praticien se tromperait à choisir les anciens des nouveaux morceaux.
- Pour restaurer les vitraux anciens, il fallait du courage ! mais pour faire des vitraux nouveaux, il fallait de l’audace. Et cette audace, un homme entre tous l’a eue à notre siècle. Il s’est fait chef^d’école. Il s’est dit qu’il avait autant de couleur dans l’âme et dans les yeux que les moines du xn® siècle. Il a fait des vitraux nouveaux et le public a applaudi.
- Cet homme, c’était Maréchal de Metz, notre maître à tous.
- Et si je vous parle ici si librement de Maréchal, c’est que ma jeune maison ne se rattache nullement à lui ni à son glorieux passé.
- Je donne mon sentiment d’homme ; on peut dire qu’il a été trop absolu, c’est vrai. Chaque œuvre doit être calculée sur son cadre, et tout art décoratif doit se plier aux circonstances de lieu et d’adaptation. Il a trop oublié ce principe. Il s’est laissé emporter par sa fougue d’artiste chaude et vibrante. Mais s’il eût vécu au xme siècle, quel, artiste incomparable il eût fait !
- Quant à nous, les jeunes, nous devons montrer à tous qu’on peut, en respectant le passé, voir dans l’avenir ! Le vitrail de l’avenir,, voilà ce que nous rêvons tous.
- Pour ma part, je crois qu’il nous faut le vitrail clair, transparent, plein de lumière et de soleil. Je l’ai essayé, et je voudrais que la scène qui est là sous vos yeux représentant le retour de l’Alsace-Lorraine dans les bras de la patrie bien-aimée fût le type du vitrail de l’avenir et que le génie de la France, y traçant la date future, fasse de ce rêve d’artiste, non "plus une espérance, mais, une réalité.
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- monde veut faire comme le voisin, c’est-à-dire activer tous ses moyens de production pour diminuer le prix de revient, sans réfléchir qu’on fait baisser en même temps le prix de vente.
- Il est vrai que si l’on n’y gagne rien, on éloigne de cette manière la concurrence sur les marchés étrangers et on en empêche le développement ; mais le seul moyen de conserver ce monopole et de soutenir la lutte c’est de réduire encore le prix de revient.
- La réduction du taux de la main-d’œuvre serait tout indiquée, mais personne ne l’applique.
- ... Les maîtres verriers étudient beaucoup les procédés nouveaux qui peuvent sortir la fabrication de sa routine, comme, par exemple, les fours à gaz et les fours à bassins. Les résultats en sont plus ou moins féconds, on n’arrive pas à la perfection d’un seul coup, mais on y arrive. Déjà 22 fours à gaz de différents systèmes et 8 fours à bassins sont installés dans le pays de Charleroi. Ces derniers produisent autant que 3 ou 6 fours ordinaires et donnent du plus beau verre avec une grande économie de charbon ; on cite notamment un four à gaz récemment construit, chez M. Four-cault-Frison d’après un nouveau système, un four à bassins de grande dimension chez M. Eugène Baudoux, un autre en construction chez le même où 60 souffleurs sont engagés pour le desservir.
- Les progrès sont sensibles et j’appelle sur ce point toute l’attention de nos verriers français.
- Malgré cela, la réduction de salaire s’impose à la verrerie belge, pour qu’elle puisse conserver ses immenses débouchés ; il faudra pour cela ou recourir à la formation de nombreux apprentis qui rétabliraient l’équilibre entre l’offre et la demande et amèneraient une concurrence raisonnable, ou bien, arriver à la suppression complète du soufflage et de l’étendage dans, la fabrication du verre à vitre. Déjà un brevet vient d’être pris par M. Delmarmol, ancien directeur de la fabrique de glace de Courcelles, pour un procédé de laminage qui permet de donner au verre une épaisseur à volonté, depuis 2 millimètres jusqu’à 10 et 12 comme aux glaces, tout en conservant le lustre que lui enlève en partie l’étendage.
- Une des grandes verreries en fait en ce moment l’essai, et si le résultat n’est pas parfait il permet de penser que l’on est sur la voie.
- La production du verre belge n’a été à aucune époque aussi grande qu’elle est maintenant, on peut facilement s’en rendre compte en consultant les tableaux d’exportation qui accusent pour les premiers mois de 1885, 48,634 tonnes de verre à vitres, dont 20,000 tonnes environ pour l’Angleterre et les possessions anglaises, 4,260 tonnes pour les Pays-Bas, 1,220 tonnes pour la France, 2,000 tonnes pour la Chine, i,38o tonnes pour la Turquie, i,3oo tonnes pour la Plata, etc.
- Pour les État-Unis seuls il y a diminution. L’exportation des six mois à cette destination n’a été que de 10,450 tonnes, en regard de 17,700 pour la période corrèspondante de 1884. Mais les patrons américains, pourvus d’un stock abondant, sont en lutte avec leurs ouvriers dont ils voudraient réduire les salaires de'i5 à 26 0/0 et les fabricants belges suivent attentivement les péripéties de cet antagonisme pour combler les déficits qui se produiraient.
- J. d’Angelis, Vice-Consul de France.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- Le journal l’Abeille, de la Nouvelle-Orléans, nous rend compte en ces termes des cérémonies d’ouverture :
- Comme nous l’avions annoncé, depuis plusieurs jours — dans l’après-midi et dans la soirée de lundi, des bombes ont été tirées dans toutes les parties de la ville, lançant dans les airs des programmes des cérémonies du lendemain, et des billets d’entrée, dont quelques-uns étaient des billets de saison qui ont dû faire plus d’un heureux.
- La foule était énorme rue du Canal ; toutes les
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- fois qu’une bombe, en éclatant, embrasait l’air de ses feux multicolores, elle était accueillie par des milliers de hourras.
- Plusieurs décorations de magasins étaient l’objet de la curiosité publique. La ville faisait évidemment des préparatifs pour célébrer dignement la fête de l’inauguration.
- Les hôtels regorgeaient d’étrangers venus pour y assister officiellement ; bon nombre d’établissements étaient déjà pavoisés.
- Hier, mardi, vers les premières lueurs du jour, les rues du Canal, St.-Charles, Royale et Chartres arboraient à leurs balcons les couleurs des Etats-Unis.
- A dix heures et demie, le cortège se mettait en marche; il se composait de cinq divisions. La première, sous les ordres du général Meyer, comprenant les milices et les chevaliers de Pythias qui faisaient brillante figure avec leur costume pittoresque. Venaient ensuite les hauts fonctionnaires, le bureau de direction et les employés de l’Exposition, le bureau de direction de l’Exposition de l’an dernier, le gouverneur de la Louisiane, suivi de son état-major; quelques membres de la Cour suprême —les autres s’étaient rendus directement sur le Jessie K. Bell, vapeur qui devait porter les invités, les fonctionnaires et la presse — les officiers fédéraux ; le corps consulaire ; les officiers de l’armée des États-Unis ; les commissaires des États et les commissaires étrangers, les juges, les fonctionnaires de l’État, les membres de la législature, le maire de la Nouvelle-Orléans, les fonctionnaires de ville. Tous les personnages officiels étaient en voiture de gala.
- Arrivait ensuite la seconde division, sous le commandement du chef ingénieur du département de l’incendie. Toutes les compagnies de pompiers étaient représentées.
- La troisième division se composait des vétérans mexicains, de la grande armée de la République, de l’armée du nord de la Virginie, de l’armée, du Tennessee.
- La quatrième division comprenait les associations et les sociétés de bienfaisance.
- Enfin la cinquième division, où se groupaient quelques associations civiles et militaires de couleur, fermait la marche. C’était le colonel H.-H. Baker qui dirigeait tout ce mouvement, sous les ordres du grand marshal Throckmorton.
- Hier, la foule était concentrée sur la rue du Canal ; sur la levée, la circulation était aisée et l’on pénétrait dans les bateaux qui devaient porter le cortège officiel, avec la plus grande facilité. Pourquoi cet étrange contraste avec les scènes, parfois regrettables, de l’hiver dernier? C’est que le public savait qu’il avait un moyen de se rendre sûrement et rapidement sur les terrains de l’Exposition par le chemin de fer de l’avenue Hagan. Il est arrivé une chose bien simple, bien naturelle ; c’est que chacun prenait son temps et se servait de la voie de communication qui était le plus à sa portée. La foule s’est dispersée, ceux-ci montant dans les bateaux, ceux-là s’installant dans les chemins de fer urbains, le plus grand nombre envahissant, ne fût-ce que par curiosité, les trains de l’avenue Hagan. En définitive, tout le monde y a trouvé son compte et certaines lignes de « cars» urbains que nous pourrions citer, ont dû faire une aussi bonne recette qu’à la dernière inauguration, sans s’attirer les malédictions du public.
- Tout cela est le résultat de la mise à exécution d’une idée juste dont la population réclamait à grands cris la réalisation.
- Enfin nous partons, précédés de l’immense steamboat qui porte les milices, et escortés d’une flotille de remorqueurs qui voltigent autour du J. K Bell et font retentir l’air du bruit de leurs sifflets.
- Pendant toute la traversée, des centaines, des milliers de personnes stationnant sur les bateaux amarrés au rivage, sur les berges, sur les battures, agitent leurs mouchoirs et accueillent le tortège par des hourras.
- Nous arrivons au quai de l’Exposition. Le cortège se reforme dans le même ordre qui avait été
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- observé en ville. Les milices forment la haie, présentent les armes, et les autorités d’État, de ville, les membres des différents corps judiciaires, les représentants des puissances étrangères, les membres de la Presse passent devant elles, la tête découverte.
- Le cortège pénètre par la grande porte d’honneur, dans le Music Hall.
- La foule est énorme dans 1 e Main Building. Dans la salle de concert pas une place vide et ce n’est pas sans peine que s’exécute le défilé vers l’estrade.
- Pendant que les autorités et les invités s’installent, nous parcourons rapidement l’immense bâtisse. Ce n’est pas le désert de l’an dernier. Il y a de nombreuses installations ; plusieurs sections sont déjà convenablement représentées, celle de la carrosserie, par exemple, et celles despianosj
- Nous remarquons aussi de belles exhibitions de machines, de verreries ; mais il y a encore bien des vides à combler. On nous affirme que presque tous les objets sont arrivés, que la plupart d’entre eux sont en douane.
- Toutes les autorités se placent sur l’estrade dans l’ordre suivant : sur le premier rang, à gauclïc des spectateurs, le président Mc Connico, la nouvelle direction, le corps consulaire ; à gauche, le directeur-général Glenn, le gouverneur, puis son état-major. L’ancienne direction occupe le second rang.
- Le chœur, comprenant au moins 600 chanteuses et chanteurs, remplit tous les gradins. L’orchestre est placé au sommet, sous la vasque nouvellement construite.
- Sur un signal du général Behan, maître des cérémonies, le chœur entonne le « Hail Columbia ». Ce chant patriotique exécuté à l’unisson, avec un remarquable ensemble, produit un grand effet et provoque une explosion de bravos dans toute la salle.
- L’évêque de l’Eglise épiscopalienne Gallagher paraît en costume ; toute la salle se lève ; il prononce une courte et touchante prière, qui est suivie de l’hymne Nearer, my God, to thee, par l’orchestre. ,
- Le général Behan présente à l’assemblée, le directeur général Glenn, qui, dans une courte allocution livre l’Exposition au Président.
- Après l’exécution du Yankee Doodle, par l’orchestre, M. Mc Connico commence un excellent discours dans lequel il rappelle avec une simplicité charmante les efforts faits par la Direction pour mener l’entreprise à bonne fin. Ces efforts ont été couronnés de succès. Ce qu’il reste à faire est l’œuvre des exposants.
- Il termine par un chaleureux appel à la population : elle a toujours su exercer d’une façon large, les devoirs de l’hospitalité ; elle doit se montrer digne de la haute réputation dont elle jouit à cet égard.
- M. Pitkin prend ensuite la parole au nom des exposants. Il célèbre, en d’éloquentes paroles, les bienfaits des arts de la paix, et. trace un brillant tableau de l’avenir des deux Amériques unies par les liens de la fraternité et la communauté des intérêts économiques.
- Comme toujours, la parole de M. Pitkin est accueillie par de chaleureux applaudissements.
- Très remarquable, le discours de senor Romero, ministre du Mexique à Washington, qui représente dignement le Président de cette République, sœur de celle des Etats-Unis.
- Nous avons hâte d’arriver à l’exécution de Y Alléluia de Hendel, chanté avec beaucoup d’ensemble par le chœur. L’effet a été saisissant; Y Alléluia a eu les honneurs du bis. M. d’Aquin a prouvé, hier, que l’on peut encore faire de la grande musique et former de grands chœurs, à la Nouvelle-Orléans. L’effort qu’il vient de tenter n’eût-il d’autre résultat que celui-là, qu’il nous faudrait lui en témoigner notre reconnaissance.
- Il est difficile d’évaluer le nombre de personnes qui se sont portées, hier, sur les terrains de l’Exposition ; nous en avons entendu élever le chiffre
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- de trente à trente-cinq mille ; nous ne le croyons pas exagère'.
- Peu d’étrangers encore, la saison n’est pas assez avancée. Quant à nos campagnes, elles n’ont pas donné ; elles sont, comme on le sait, en pleine roulaison.
- C’est dans les commencements de décembre seulement que nous pourrons juger du succès de cette grande et belle entreprise.
- Nous rappelons aux intéressés que la section française ne sera inaugurée que le 1e1' janvier 188G.
- Les demandes d’admission sont reçues à Paris, 3g, rue Caumartin, au siège de la section française.
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- LÀ QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 22 novembre /8Sé>).
- Nous avons démontré que les droits de transmission de la propriété sont contraires à l’intérêt de la production et, partant, un obstacle au développement normal de la richesse générale.
- Les frais de justice, considérés comme procédés de fiscalité, ne sont pas moins nuisibles à la prospérité du pays. En outre, ils donnent au riche des avantages tels que le pauvre est, pour ainsi dire, à sa merci ; car dans bien des cas, il lui est impossible de lutter, de se faire rendre justice.
- Pour plaider, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Dame* justice n’aime pas que l’on se présente à sa barre les poches vides. Gomment fera le malheureux qui n’a pas le sou ? Il sera vite ruiné et l’homme d’argent sera son maître. 11 est donc réduit à la cruelle nécessité de courber le front et de supporter sans se plaindre l’injustice, les affronts, le vol, la déprédation. Il ne lui reste qu’une ressource, la force brutale, le poignard ou le fusil. Aussi, il en use quelquefois, quand son cœur déborde de colères et de haines longuement accumulées. Alors, devenu criminel il va s’asseoir sur le banc d’infamie, c’est un homme de plus à la mer, car il achèvera de se corrompre, de se perdre, au contact des malfaiteurs ses compagnons de chaînes.
- N’est-ce pas une dérision de prétendre que la justice est égale pour tous ?
- Les inconvénients de toutes natures résultant des impôts sur les procédures et des frais que l’on paie aux gens de loi sont si évidents que Stuart Mill considère toutes ces taxes comme « des primes au profit de l’injustice ».
- « Dans l’énumération des mauvais impôts, dit-il, il convient d’assigner une place distinguée aux impôts sur l’usage du pouvoir judiciaire ; ils vont chercher des recettes pour le fisc dans les divers actes auxquels doivent se livrer ceux qui ont recours aux tribunaux. Comme tous les frais inutiles attachés aux procédures, ce sont des impôts sur la justice et, par conséquent, des primes au profit de l’injustice (1). »
- Stuart Mill a raison. Et dans ce cas, encore, on peut s’écrier : Malheur au pauvre ! Pour lui, la porte de la justice reste close, car pour l’ouvrir il faut posséder la clef d’or.
- Nous savons bien qu’à cela on répond que tous ces droits ont pour but de diminuer les procès.
- La belle raison en vérité. Il serait plus conforme aux faits de dire qu’ils les rendent plus dispendieux et qu’ils entravent la marche de la justice.
- M. de Serre a répondu à cette objection , il y a soixante-dix ans. A propos de l’augmentation des droits d’enregistrement sur les actes judiciaires et sur les actes extra-judiciaires, il s’exprimait ainsi, en 1816 : -
- « On espère par ce projet que le nombre des procès diminuera ; il n’en restera qu’une chose ; c’est que le pauvre ne pourra parvenir à se faire
- (1) Principes d'économie politique, t. H
- rendre justice ; le pauvre, l’homme meme un peu aisé ne pourra encourir-les chances d’un procès, et l’homme en état de supporter les frais de ce I procès lui forcera la main et lui fera nécessaire-i ment la loi. »
- On voit que cette appréciation est absolument I conforme à la nôtre. D’ailleurs, il faut être d’une ! mauvaise foi évidente pour soutenir le contraire.
- Le résultat le plus net de tous ces droits est sou-! vent de ruiner les malheureux qui, pour une I cause ou pour l’autre, sont obligés d’avoir recours à la justice.
- En 1866, M. Bonjean exposait, devant le Sénat I impérial, les défauts et les dangers de cette fiscalité :
- « La loi du 22 mai 1838, disait-il, a sagement attribué au juge de paix, à charge d’appel devant le tribunal d’arrondissement, la connaissance des actions en bornage.
- « Si les titrés et la propriété sont contestés, le procès se porte en première instance, devant le tribunal d’arrondissement, en appel devant la cour impériale.
- « En écartant tous les frais inutiles, supposant un seul défenseur, admettant qu’il n’y ait, ni jugement par défaut, ni incident, et que l’instruction se borne à une simple descente de lieux, avec nomination d’un géomètre expert, voici les minimci
- de ces frais :
- Procédure devant le juge de paix. . y3 fr. »» Appel devant le tribunal, en supposant qu’il n’ordonne pas d’instruction nouvelle.................................15 3 80
- Total. . . . 228 80
- « Les titres, la propriété ont été contestés ; le juge de paix s’est déclaré incompétent ; on se présente devant le tribunal d’arrondissement :
- Frais devant le tribunal d’arron-
- dissement........................... 428 fr. i5
- Frais d’appel................... 5y8 34
- Total. . . . 1.021 49
- « Et une parcelle entière vaut 5io francs.
- « Ce n’est pas tout. Tout jugement en dernier ressort peut être déféré à la cour de cassation ; et s’il est annulé, la cause est renvoyée devant un tribunal du même degré que celui dont l’arrêt a été cassé... C’est i,5oo francs au moins à ajouter aux totaux ci-dessus. »
- . Total général. . . 2.521 fr. 49
- Ajoutons que les procès de ce genre sont très communs. M. Bonjean affirmait qu’il ne se passe pas de semaine qu’il n’y en ait plusieurs — nous le croyons sans peine — et il citait les deux exemples que voici. Ils sont réellement édifiants :
- « Dans une affaire, il s’agissait de quelques centiares de terre dont la valeur avait été appréciée par le juge du fond à 4 francs 5o cent. Dans l’autre, il s’agissait d’une valeur de 10 à 12 francs. Il y avait eu cinq jugements, une enquête, des expertises, plusieurs appels. Les frais s’élevèrent à plus de 3,ooo francs. »
- Trois mille francs de frais pour un lambeau de terre d’une valeur de 10 francs!! N’est-ce pas le comble de l’odieux?
- Comment — nous le demandons — le pauvre pourrait-il faire valoir ses droits ?
- Le riche, seul, peut se payer cette fantaisie coûteuse et ainsi écraser l’infortuné qui a la bonhomie de croire à la justice.
- Et les législateurs s’étonnent quand des plaintes, des cris de colère s’élèvent du sein de la foule des travailleurs et viennent frapper leurs oreilles.
- Qu’ont-ils fait pour la classe laborieuse, depuis bientôt quatre-vingts ans ?
- Les efforts de tous les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir ont presque toujours eu pour but de favoriser exclusivement la bourgeoisie en protégeant le mercantilisme et l’agio. Quant à l’agriculture qui, cependant, est l’âme de la vie sociale, ils n’ont pas même songé à s’en occuper. Ils ont pensé que Jacques Bonhomme, éternellement courbé sous le joug de l’esclavage, n’aurait ni le désir, ni l’esprit de relever la tête pour se plaindre et réclamer sa part de bien-être.
- Au lieu de chercher sinon à supprimer, du moins à diminuer tous ces droits iniques, on les a constamment augmentés.
- C’est ainsi qu’en 1874, le 9 février, l’assemblée nationale votait l’article de loi suivant :
- « Les divers droits fixes de l’enregistrement auxquels les actes extra-judiciaires sont assujettis par les lois en vigueur, sont augmentés de moitié. »
- Or, ces actes extra-judiciaires comprennent les citations, assignations, congés., protêts, etc., qui visent surtout le malheureux. Ces droits sont donc, en réalité, prélevés sur la misère.
- Ici, encore, on retrouve l’inégalité et l’arbitraire qui caractérisent notre organisation fiscale, car qu’il s’agisse d’une somme de 1,000 francs ou d’une somme de 10 francs, le droit est le même. Mais s’il s’agit d’une saisie-arrêt, c’est autre chose; tous ces droits sont augmentés de 5o pour 100: dénonciations aux tiers-saisis, 5o pour 100, assi-| gnation 5o pour 100. De sorte qu’il arrive souvent que les frais de poursuite dépassent la somme due.
- On sait, d’ailleurs, que le papier timbré, en général, coûte très cher au malheureux et que huissiers, notaires, avoués et hommes de justice, l’exploitent sans pitié, sous prétexte de sauvegarder les droits de l’Etat. Ce n’est pas assez que la misère l’étreigne et que la ruine le jette à la merci de créanciers impitoyables, le fisc vient encore le saisir à la gorge et l’obliger à verser dans sa caisse l’argent qu’il n’a pas.
- « Chacun des coups de la misère, écrit à ce sujet M. Ménier, est doublé des coups du fisc : plus nous allons, plus ses coups sont lourds. Et si le malheureux succombe, si par l’accumulation des droits, une dette, insignifiante 'd’abord, se gonfle de telle sorte qu’il ne puisse plus l’alléger, que devient-il ? Encore un homme à la mer, un déclassé, un irrégulier de la civilisation !
- « On en a peur; il est à craindre et non sans raison, car rien de plus effrayant que le désespoir. On se rassure, il est vrai, en pensant qu’on a des gendarmes, des soldats, de bonnes lois répressives. Mais n’aurait-il pas mieux valu prévenir au lieu de réprimer ? La loi n’a-t-elle donc rien à se reprocher ?
- « Quand un homme se noie, on va à son secours, on lui tend une perche, ou au moins on ne lui jette pas des pierres et on le laisse essayer de se sauver.
- « Quand un homme a mis le pied sur la pente de la ruine, au contraire, le fisc intervient, le surcharge, le pousse en bas et s’acharne sur lui/ multipliant son fardeau au fur et à mesure que sa victime deyient plus faible.
- « N’y a-t-il pas là quelque chose de féroce, de barbare ? »
- Oui ; c’est de la barbarie ! Mais essayez donc de le faire comprendre aux satisfaits qui font les lois et qui perpétuent les injustices et les iniquités sociales ! Est-ce qu’ils ont le temps de s’occuper de ceux qui succombent sous le fardeau de la misère ? Ne faut-il pas qu’ils soignent leurs intérêts, qu’ils songent à leurs plaisirs, qu’ils jouent à la Bourse, qu’ils courent après les pots-de-vins ? Ah! les prolétaires ont beau souffrir et crever de faim, leurs maux les touchent peu !
- Rien n’est simple et facile à comprendre et à suivre comme l’arbitraire ; rien, au contraire, n’est plus difficile à atteindre que la vérité et la justice. Pour y arriver il faut faire des efforts, il faut du dévouement, avoir la volonté de rester honnête. Or c’est le moindre des soucis de ceux qui gouvernent les peuples. Ils ont une morale à eux, fondée sur l’égoïsme, l’hypocrisie et le mépris de la justice.
- C’est pour cela que les iniquités sociales vont se perpétuant à travers les siècles et les civilisations, malgré le progrès. La forme peut changer, le fond reste éternellement l'e même. La marche à suivre pour mettre les esclaves à la chaîne, attacher les serfs à la glèbe et pour contraindre aujourd’hui les populations à payer l’impôt, pour les opprimer et les pressurer est le meme. Rien n’est changé; on allègue les • mêmes raisons, on a
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- recours aux mêmes moyens. On pose en principe que le contribuable, le prolétaire, doit au souverain, à l’Etat, une partie de ce qu’il possède, comme l’esclave le devait à son maître-et le serf, le manant à son seigneur. Voilà ce qu’il ne faut pas perdre de vue. Plus ça change et plus c’est la même chose.
- Etienne MANSUY.
- [A suivre.)
- LES LIVRES
- XXXV
- La Grande Encyclopédie, Inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, par une société de savants et de gens de lettres, etc. Nombreuses illustrations et cartes hors textes. — Paris, A. Lévy et Cie, lib.-édit., i3, rue La Fayette.— Première livraison.
- Nous saluons avec plaisir, nous signalons et nous recommandons au public le premier fascicule d’une publication destinée à faire événement dans le monde des sciences, des lettres et des arts, à faire honneur au groupe d’hommes éminents, célèbres ou connus qui ont entrepris ce monument, et nous allons essayer d’en faire connaître le plan, l’objet, l’utilité. Il nous sera facile de répondre aussi à la légitime curiosité des lecteurs en prenant pourguide l'intéressante et substantielle préface qui expose, explique et justifie le programme de l’œuvre nouvelle. La fin de ce siècle, comme le seront désormais toutes les fins de siècle, est une fin de siècle critique, sceptique, fatiguée des mots, curieuse des choses, ne voulant plus être dupe de l’imagination et du sentiment, ne croyant qu’à ce que l’analyse révèle, et qu’à ce que la science explique, et au moment du centenaire de 1789, impatiente de se rendre compte de la route faite, du chemin parcouru, des buts atteints, des conquêtes réalisées, des ressources .assurées à la marche en avant du progrès universel. Cette lourde, mais nécessaire, mais salutaire besogne de l’inventaire des connaissances acquises par l’humanité intelligente, du testament sans phrases, en chiffres et en faits de la philosophie positive du siècle, devait tenter l’élite d’esprits généreux et solides qui l’a entreprise. Son utilité n’est pas contestable. Si le siècle a perdu la foi, jamais la soif du savoir, dans tous les ordres de •connaissances, n’a été plus ardente, plus intense, plus répandue. La science n’est plus le privilège d’une sorte d’élite hiératique, elle ouvre à tous ses hypogées désormais sans mystère. Elle fait la preuve et la preuve quotidienne de ses applications devant des multitudes d’intelligences qui aspirent à la lumière, qui veulent s’affranchir du joug de l’ignorance, la seule et juste infériorité (puisque chacun par le travail est maître d’en sortir), des temps d’égalité, la seule et juste servitude des temps de liberté. A tous ces candidats au savoir, à tous ces prétendants à l’émancipation de la lumière, les uns par un pressant intérêt d’ambition et de fortune, les autres, par désir seulement et goût désintéressé du plaisir d’apprendre, le plus grand, le plus sûr de ce monde, il ne serait pas sage de distribuer la même nourriture d’initiation. Les uns sont forts, les autres faibles ; les uns sont •des aspirants d’un degré de culture assez élevé, les autres sont rudes et brutes comme le bois à •dégrossir. Enfin, beaucoup sont pressés, beaucoup ne peuvent donner au désir, au besoin de s’instruire que les rares.loisirs conquis sur le travail, sur le métier dont ils vivent. Par . toutes ces considérations en se préoccupant surtout de leur public, de sa nature, de ses besoins, les auteurs devaient éviter avec soin les écueils sur lesquels ont sombré plusieurs entreprises devancières, l’écueil de l’esprit spéculatif à l’excès, de l’esprit de controverse ou de propagande, l’écueil de l’esprit de parti. La science n’est d’aucun parti ! Elle n’est d’aucune nation. Elle est humaine et universelle. La Grande Encyclopédie ne devait donc pas renouveler les fautes de ses aînées. Eclairée par l’expérience, elle devait au contraire les éviter.
- Il ne s’agissait donc pas de recommencer, en la mettant au courant, Y Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert, œuvre d’émancipation et de lutte plus que d’enseignement, œuvre admirable •en bien des parties, très inférieure à son objet sur bien d’autres, soit à cause des préventions et des préjugés qui peuvent s’allier, comme on l’a vu par Voltaire et les encyclopédistes eux-mêmes, à beaucoup de hardiesse et de liberté d’esprit, soit.à cause des mutilations d’un libraire qui ne voyait dans l’œuvre qu’une affaire. 11 ne s’agissait pas davantage de recommencer Y Encyclopédie méthodique de Panckoucke, ni le Dictionnaire de la conversation de Duckett, ou Y Encyclopédie des gens du monde de Rénier, ou le Dictionnaire Larousse. Il ne s’agit pas non plus de suivre le tableau des progrès de l’esprit humain de Condorcet et de remplir de faits chaque rubrique de ce tableau. Il s’agit de donner, avec le secours •de cette langue dont Rivarol a fait un si bel éloge,
- qui se prête mieux que nulle autre à la clarté, à la probité, à l’universalité de l’inventaire des idées et des faits incontestables la notion brève, précise, élémentaire, rudimentaire, d’un os, mais d’un os plein de moelle, de toute chose, de omni rescibili. Il s’agit de donner les résultats authentiquement et scientifiquement constatés, comme vraiment acquis, définitifs. Beaucoup ne peuvent aller au delà de cette notion élémentaire et creuser le sujet jusqu’au tuf. Ceux qui le veulent le peuvent. Ils ont le secours d’une notice bibliographique complète et d’une illustration à la fois artistiquement et scientifiquement combinée. Mais pour le plus grand nombre de lecteurs qui ne veulent qu’avoir au besoin des clartés de tout, l’ouvrage sera d’une richesse aussi agréable qu’utile, aussi divertissante que substantielle. Les noms des membres du comité directeur composé de MM. Berthelot, sénateur, membre de l’Institut; H. Derenbourg, professeur à l’école spéciale des langues orientales ; F. Camille Dreyfus, député de la Seine, secrétaire général de l’œuvre ; A. Giry, professeur à l’École des Chartes; Glasson, membre de l’Institut, professeur à l’École de droit de Paris ; Dr L. Hahn, bibliothécaire en chef de la Faculté de médecine de Paris ; C.-A. Laisant, député de la Seine, docteur ès-sciences mathématiques; E. Levasseur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; H. Navion, professeur de philosophie, chargé de cours à la Sorbonne ; E. Müntz, conservateur de l’École nationale des Beaux-arts ; A. Trasbot, ingénieur des constructions navales ; A. Waltz, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux. Les noms des collaborateurs, trop nombreux pour être cités, parmi lesquels toutefois un juste devoir de convenance et d’estime ne nous permet pas d’omettre celui du directeur de ce journal, M. l’ingénieur Cabirau ; ces noms sont de sûrs garants de la compétence, de l’autorité, de la largeur de vues, de l’impartialité supérieure des jugements qui feront de cet immense grenier où seront emmagasinés et méthodiquement répartis les fruits des moissons de la science pendant ce siècle afin d’être semés sur le monde des intelligences et d’y féconder les moissons futures, un monument digne de son objet et modèle du genre que nous appellerons la vulgarisation par les maîtres. L’ouvrage, qui formera 2 5 volumes de 1,200 pages, grand in-8°, paraît à raison d’une livraison par semaine et sera achevé pour être un des chefs-d’œuvre de la littérature et de la librairie scientifique et artistique, un des plus beaux fleurons de la France intellectuelle, aux grands jours des fêtes du centenaire de 1789.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BIRMANIE
- développement des relations commerciales
- AVEC LA FRANCE
- On écrit de Mandalay au Moniteur officiel du commerce que pour lutter victorieusement sur les marchés de la Birmanie indépendante contre les produits anglais et allemands, il conviendrait que notre commerce d’exportation constituât un large et puissant syndicat.
- On fonderait à Mandalay, et sur d’autres points, un vaste bazar échantillon où les maisons d’exportation françaises exposeraient leurs échantillons accompagnés d’une note explicative destinée à mettre en lumière les avantages de chaque produit. Cette notice serait traduite soit en birman, soit en annamite, soit en indoustani, guzeratty, tamoul, chinois, etc.
- Un employé français serait placé à la tête de cette exposition permanente de nos produits. C’est cet agent instruit, intelligent et actif qui serait chargé d’en faire apprécier la supériorité, d’expliquer les avantages de durée ; bref, de faire donner la préférence à l’article français par une suite de raisonnements sincères et tangibles ; en fournissant des preuves à l’appui. C’est cet agent qui représenterait le syndicat, prendrait toutes les commandes et se chargerait des écritures de commerce nécessaires aux opérations.
- Cet agent enverrait à Paris des échantillons de produits inédits destinés à l’usage exotique et sur lesquels pourraient méditer nos fabricants.
- Pour réussir en Birmanie, il importe, avant tout, de bien se pénétrer des goûts, des mœurs, des institutions, de la religion, des préjugés et de la fortune des habitants. Car un commerçant aurait beau essayer de vendre à. Mandalay des foulards blancs, violets ou noirs, à 5o 0/0 au-dessous du cours, il se heurterait contre un préjugé qui le forcerait à renoncer à son opération : tant il est vrai qu’ici le succès dépend d’une étude sérieuse et consciencieuse des mœurs et des coutumes.
- C’est en cela que l’agent du bazar d’échantillons pourrait résoudre bien des difficultés contre lesquelles se heurtent la plupart des maisons qui ont
- la prétention de faire accepter leurs articles et leurs produits.
- CANADA
- CONDITIONS DES EXPEDITIONS
- Une feuille commerciale belge appelle la sérieuse attention des exportateurs sur les dispositions ci-après de la loi douanière du Canada : Toutes les factures relatives aux marchandises expédiées doivent être certifiées et porter la signature de la maison en cause, aucune déclaration ne pouvant se faire sans certificat dans les entrepôts canadiens. L’endossement « certifier correct», avec la signature, est suffisant. Si une attestation de l’espèce fait défaut, l’importateur doit laisser les marchandises en entrepôt et encourir de ce chef des frais d’entrepôt, ou faire une déclaration à vue, impliquant une évaluation beaucoup plus élevée que celle de la facture et le paiement de droits augmentés en conséquence. Ces droits supplémentaires sont remboursés sur la production d’un certificat permettant d’amender dans le délai de trente jours, la déclaration à vue.
- Mais il est évident que les expéditeurs doivent s’efforcer d’éviter aux importateurs les désagréments et les difficultés qui résulteraient de l’une et de l’autre alternative.
- BRÉSIL
- CRÉATION DUNE NOUVELLE INDUSTRIE
- Une industrie nouvelle a fait son apparition, il y a trois ou quatre mois, dans la province de Minas Géracs.
- Il s’agit de l’extraction du suc d’un arbre appelé Mangabeira, Cachim, Borrecha (le premier nom est le plus répandu), connu dans la science sous la désignation de Hancornia speciosa H. pubescens, et appartenant à la famille des Apocynées. Ce suc coagulé donne un produit égal au caoutchouc obtenu du Siphonia elastica dans les provinces riveraines de l’Amazone.
- Le produit est encore meilleur, ajoute Y Etoile du Sud de Rio de Janeiro, à laquelle nous empruntons ces renseignements, quand on ajoute de l’alun au suc de la Mangabeira, dans la proportion de 85 grammes pour 3 litres de suc.
- Il a été fait une remise de plus de 3,000 kilog. à Bahia où l’on attend avec, impatienc'e la fixation de la valeur du nouveau produit.
- Alors seulement on saura si la nouvelle industrie est assez rémunératrice et s’il y a intérêt à y engager quelques capitaux pour en hâter le développement.
- Lors même que le caoutchouc du Mangabeira serait inférieur à celui du Siphonia elastica, il y aurait encore de la marge pour de beaux bénéfices, car la main-d’œuvre n’est pas élevée à Rio-Pardo et à Serra, les deux points où l’industrie nouvelle a pris naissance.
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- LES THÉÂTRES
- Odkon. — Les Jacobites, drame en vers en 5 actes, de M. François Coppée.
- Menus-Plaisirs. — L Homme de paille, de M. Valabrtgue.
- L’Odéon a revu de nouveau son poète bien-aimë-, De nouveau nous avons entendu sonner les rimes d’or de notre ami François Coppée.Toute la presse a célébré à l'heure qu'il est la victoire de l’auteur des Jacobites, malgré quelques contestations. La critique ne porte que sur. certains points de l’organisation dramatique. Elle est unanime à reconnaître que l'œuvre poétique est absolument une œuvre à part et peut-être même le joyau del’écrin déjà si riche de François Coppée. Les pensées élevées qui animent tous les personnages de ce beau drame, même les coupables — le" prince et Dora —- soulèvent les applaudissements du public.
- Quant à l’interprétation elle est excellente. Mlle Weber, brillamment sortie du Conservatoire, chargée du rôle écrasant de Marie, l’a supporté avec un succès extraordinaire. Eiie articule admirablement, elle dit le vers comme Rachel. Sa voix profonde, sa figure énergique a produit un grand effet. M. Paul Mounet, l’Angus, aveugle, a partagé son succès, M. Chelles remplit un rôle de jeune homme, il s’est rajeuni comme M. Lambert s’est vieilli. Décors et costumes sont combinés avec soin pour mettre en relief, comme il convient, la grande conception de François Coppée.
- L’Homme de paille a été donné hier aux Menus-Plaisirs, trois actes pleins d’esprit. M. Valabrègue a pris sa revanche et il continuera.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AURA LL F et Cie, rue de la Préfecture, (i
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- Le Moniteur I
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 6 Décembre 1885.
- SOMMAIRE :
- 1. L'Exposition de 1889; 2. Médailles d’argent décernées à des ouvriers ; 3. Les expositions administratives; 4. Les expositions; 5. Exposition d’Anvers; 6. La Foire de Leipzig; 7. La Question économique; 8. Conférence.; 9. Les Livres; 10. Les Théâtres.
- Nous donnons aujourd’hui le modèle du diplôme de l’Exposition d’Anvers. Dans les numéros suivants nous nous proposons de donner des spécimens des diplômes qui ont été décernés à toutes les expositions antérieures, françaises ou étrangères. Nous ne pouvons établir d’ordre chronologique, étant donnée la difficulté que nous rencontrons à nous procurer ces modèles.
- Dans le prochain numéro nous donnerons un curieux spécimen du diplôme de Calcutta.
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- 40 ans dans les ateliers de construction de voitures dirige's par M. Petitpas, à Dreux (Eure-et-Loir).
- M. Piret (Pierre-Augustin-Barthélemy), ouvrier depuis 43 ans dans la brasserie de M. d’Héronval, à Marquise (Pas-de-Calais).
- M. Aumont (Eugène-Joseph), ouvrier depuis 48 ans chez M. Laurin, fabricant de poterie artistique, à Bourg-la-Reine (Seine).
- M. Benech (Louis), ouvrier depuis 46 ans chez MM. Establie, frères, fabricants de tôlerie, à Paris (Seine). '
- M. Biguet (Pierre), ouvrier depuis 5o ans chez M. Auzolle, fabricant de tôles vernies, à Paris (Seine).
- LES
- EXPOSITIONS ADMINISTRATIVES
- EXPOSITION DE LA VILLE DE BRUXELLES
- A ANVERS X 88 5
- L’EXPOSITION DE 1889
- Le Conseil des ministres s’est occupé samedi dernier de l’Exposition de 1889.
- En principe, tous les ministres sont partisans de cette exposition. M. Allain-Targé, seul, voudrait une exposition nationale ; ses collègues préféreraient une exposition universelle. Après une discussion assez approfondie de cette question, le Conseil a décidé de demander leur avis à toutes les Chambres de commerce de France. Sitôt que les réponses seraient parvenues au ministère du commerce, le projet de loi serait déposé devant les Chambres.
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- MÉDAILLES D’ARGENT
- DÉCERNÉES A DES OUVRIERS
- Nous enregistrons avec un vif plaisir les noms des ouvriers qui viennent de recevoir des médailles d’argent de la part de M. le ministre du commerce. Ces récompenses honorent bien souvent aussi bien les ouvriers qui les reçoivent que les industriels qui ont su former de tels sujets.
- Par décision en date du 26 novembre 1885, le ministre du commerce a accordé une médaille d’argent à M. Elphège Pichou, membre ouvrier, depuis de longues années, du conseil de prud’hommes de Louviers (Eure).
- Par décision en date du 28 novembre i885, le ministre du commerce a accordé des médailles d’argent aux ouvriers dont les noms suivent :
- M. Trachet (Jean-Baptiste), ouvrier depuis 40 ans chez M. Bréant, fabricant de châles, à Grougis (Aisne).
- M. Mathey (Nicolas), ouvrier depuis 42 ans chez MM. Fayolle et Cic, fabricants de châles et nouveautés, à Grougis (Aisne).
- M. Colas (Pierre-Joseph-Charles), ouvrier depuis
- (Suite.)
- Voir le Moniteur du 2 g novembre 1885.
- Dans un précédent article, j’ai rendu compte de l’exposition si intéressante de la ville de Bruxelles en tout ce qui se rattache aux services purement administratifs ; il me reste à parler de la dernière partie de cette Exposition qui comprend l’instruction publique.
- Voici d’abord Vexposition de VAthénée royal: une vitrine avec échantillons de produits com-merçàbles appartenant au musée de commerce de l’Athénée; une table de manipulations avec produits chimiques élaborés par les élèves, appartenant au laboratoire de chimie de l’Athénée, etc.
- L’Athénée royal prépare les jeunes gens à toutes les carrières libérales, la magistrature, le barreau, la médecine, etc. Il comprend aussi une section professionnelle qui prépare les jeunes gens aux emplois ordinaires du commerce et de l’industrie, aux fonctions de l’administration, etc.
- Viennent ensuite les expositions des écoles normales d'instituteurs et d'institutrices, expositions très complètes et qui permettent de se rendre compte de l’importance des programmes des connaissances enseignées dans ces écoles. Les travaux exposés, émanant d’élèves destinés à devenir les maîtres de demain, comprennent des manuscrits, des recueils de rédactions, des dessins, des plans, des cartes, des collections, etc., etc., et se rapportent à la pédagogie, à la géographie, à l’histoire, à la cosmographie, à la botanique, à la zoologie, à la géologie, à la physique et chimie, au dessin, etc.,etc. Il convient d’ajouter, pour ce qui concerne les élèves de l’école normale d’institutrices, des travaux à l’aiguille, des ouvrages de couture, de coupe et de confection, etc.
- Les travaux manuels, — modelage, cartonnage, menuiserie,— sont enseignés au point de vue pédagogique ; leur but est le développement des aptitudes techniques et non la préparation à des professions spéciales.
- NUMÉRO 49.
- Les matériaux des collections sont recueillis pendant les excursions ; les boîtes, les pancartes, etc., sont confectionnées dans les ateliers par les normalistes, il en est de même des formes géométriques en carton et en bois. Les normalistes, en quittant l’école, sont ainsi en possession de collections qui leur permettent d’enseigner dans les écoles primaires par les procédés de la méthode expérimentale.
- — L’exposition de l'enseignement primaire comprend une classe primaire complète avec mobilier, matériel, collections, etc. Le développement donné à l’enseignement primaire dans les dix dernières années mérite d’être signalé : près de douze écoles ont été fondées par les soins de l’administration communale et sont fréquentées par une population de plus de dix mille élèves.
- La classe-type que la ville de Bruxelles expose réussit tout ce qui constitue la partie matérielle de son enseignement primaire. Le modèle de banc-pupitre en usage dans les écoles a été combiné de manière à satisfaire aux conditions requises par l’hygiène scolaire, en facilitant à l’enfant une position rationnelle qui ne contrarie ni ne vicie sa croissance et le libre jeu de ses organes. La classe est entourée de tableaux noirs. Des cartes, des tableaux d’histoire naturelle, etc., ornent les murs et donne à la classe un aspect riant. Enfin tout autour de la classe sont rangées des collections formées par les élèves : corps géométriques, collections d’histoire naturelle, collections technologiques, etc. ; elles constituent en même temps qu’un excellent moyen de développement intellectuel, un des meilleurs procédés pour exciter l’émulation chez les élèves.
- Une large part est faite à l’enseignement des travaux manuels ; il comprend le modelage, la menuiserie, la serrurerie, le fournage du bois et des métaux et le cartonnage. Point n’est besoin d’insister sur l’importance de cet enseignement qui fait en quelque sorte l’éducation manuelle de l’enfant, développe l’habileté de la main, prépare les enfants de la classe ouvrière à l’exercice des diverses professions en leur donnant les qualités nécessaires pour faire de bons artisans.
- Je ne saurais oublier de mentionner les expositions des Ecoles industrielles et professionnelles pour jeunes gens et jeunes filles.
- L'école industrielle de Bruxelles expose, entre autres objets se rapportant à la réglementation et à l’administration de l’école, des autographies de certains cours rédigés par les professeurs dans le but de compléter les manuels en usage ou d’y suppléer, et un grand nombre de dessins de genres différents : des dessins à main levée, des dessins appliqués aux machines, des dessins pour les ouvriers en bâtiment. Cet enseignement du dessin forme des dessinateurs pour l’industrie, en s’inspirant des conditions que réclame cette profession dans la pratique ; il fournit aux ouvriers appartenant aux professions qui se
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- rattachent à l’industrie du bâtimentjles notions qu’ils utilisent dans leurs travaux et qui leur facilitent les moyens d’améliorer sans cesse leur situation.
- L’Ecole professionnelle pour jeunes filles a pourbut de fournir aux jeunes filles des classes ouvrières les moyens d’améliorer leur sort,,, en les initiant à des professions , qu’elles peu- j vent exercer près du' foyer domestique, en combattant leur ignorance, source de toutes misères et de tous-avilissements,en leur offrant“ enfin des chances sérieuses pour la lutte de la vie. L’enseignement professionnel que reçoivent ces jeunes filles comprend je dessin, (dessin pour dentelles), la peinture sur porcelaine et sur faïence, la peinture sur éventails et sur étoffes, la peinture sur verre, la confection, la lingerie, la fabrication des fleurs artificielles et le commerce.
- L’exposition organisée par cette école répondant à ces différentes branches d’enseignement nous offre des cahiers de comptabilité, d’arithmétique, etc., des costumes de ville, robes, paletots, des chemises, corsages, etc. ; des lavis, des études d’après plâtre et d’après nature, des bouquets : mimosas, lilas, roses, etc., des aquarelles et porcelaines peintes.
- Enfin, il me reste à citer les expositions faites par les Directeurs des différents cours publics organisés par la ville de Bruxelles : cours de dessin industriel, —- cours d’histoire naturelle, — cours d’histoire nationale — cours de littérature — d’astronomie populaire, et d’économie politique.
- Telle a été, au point de vue de l’instruction publique, l’Exposition organisée à Anvers par l’administration communale de la ville de Bruxelles. Cette exposition, si complète et si intéressante, rappelle celle qu’avait faite à Amsterdam la ville de Paris et dont personne n’a oublié le grand et légitime succès !
- L’Exposition de 1889 mettra sans nul doute les villes de Paris et de Bruxelles en présence, et nous pouvons prévoir de ce côté deux belles et grandioses exhibitions !
- Pour terminer, je dirai un mot des expositions relatives à l’enseignement dans les pays qui ont pris part au grand tournoi d’Anvers. En dehors de l’exposition de la ville de Bruxelles, toutes les écoles communales qui ont envoyé quelques travaux d’élèves réunis, ont formé un ensemble assez complet pour permettre de se rendre compte du développement qu’a reçu l’instruction publique en Belgique. Dans les autres pays, l’enseignement est peu ou point, représenté : l’Italie, l’Autriche, la Suède, l’Allemagne n’ont aucune exposition scolaire ; — la Hollande a envoyé quelques cartes , quelques livres et méthodes, une classe type pour le mobilier scolaire, — la France elle-même n’est guère représentée que par les grands éditeurs parisiens d’ouvrages destinés à renseignement: Armand Colin, Belin, Delalain. L’association philotechnique et le Cercle parisien de la Ligue de l’enseignement ont cependant fait une exposition qui mérite d’être mentionnée; après eux viennent un certain nombre d’auteurs de grammaires , d’arithmétiques , d’ouvrages de chant, exposant des ouvrages isolés qui n’ont pu être réunis à des collections et qui par suite ont passé presque inaperçus. L’enseignement manuel, renseignement technique, au contraire, sontmagnifiquementrepré-sentés par les belles expositions des écoles d’arts et métiers et de l’Institut industriel et agronomique de la France.
- Ch. Lenoir.
- LES EXPOSITIONS
- Allemagne
- Vers la première quinzaine du mois d’août de l’année prochaine, s’ouvrira une exposition nationale générale du duché d’Altenbourg. Cette expo-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 188g. ... Dimanche 6 Décembre iS85
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- vsition durera un mois.-Le comité pour fes travaux préparatoires est nommé.
- A côté de l’exposition générale qui comprendra les produits agricoles., p.omologiques et’ horticoles, des expositions., de chiens, de volailles et d’abeilles ; s’ouvriront d’autres expositions spéciales de machines, de boulangerie, de confiserie et enfin une exposition de poissons et une exposition culinaire.
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- Une exposition de produits agricoles et de petits . métiers a eu lieu à Gommern en Saxe, dans la seconde, semaine du mois d’octobre. .Cette exposition entièrement riche, aussi bien par le nombre .des exposants que par la diversité des objets exposés, se divisait en trois sections : i° exposition des produits des métiers ; 20 produits agricoles nationaux ; 3° appareils agricoles.
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- On nous annonce que la société des arts de Munich prépare une exposition des œuvres du , peintre Spitzwig. Tous les tableaux qui se trouvent actuellement dans des collections particulières sont demandés pour figurer à cette exposition.
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- Autriche
- La conférence internationale du diapason normal à Vienne, vient d’adopter l’A de Paris, c’est-à-dire le diapason dont la hauteur se donne par 870 vibrations simples à la seconde.
- Il sera adopté dans toutes les écoles de musique, les théâtres et les musiqués militaires.
- Rappelons que le diapason dont il s’agit est
- adopté en France depuis 185g.
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- Angleterre
- Il semblerait que le comité de l’exposition des inventions à Londres projetterait de la continuer d’une autre façon.
- Après la fin de l’Exposition actuelle de South» Kensington, on aTintention de placer les objets principaux à bord d’un grand bateau construit dans ce but, et de les faire voyager à Dublin, Glascow, Liverpool, Cardiff' et dans les autres grands ports du royaume
- A bord de ce vapeur serait installé un buffet; de la musique et autres agréments.
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- République Argentine
- Comme nous l’avons annoncé, la Société navale argentine inaugurera le 25 avril 1886 dans la ville de" Buenos-Ayres, une exposition rurale internationale où pourront figurer dans le troisième groupe, les machines et instruments d’agriculture de toutes les nations.
- Ce troisième groupe comprend les dix sections suivantes :
- i° Harnais, mors, têtières, brides, plastrons, jougs, etc., etc.;
- 20 Instruments de culture, charrues, versoirs, herses, râteaux, pelles, pioches, pelles à bœuf, etc.,
- ! et tous appareils à vapeur pour la préparation des terres;
- j 3° Machines pour la récolte ; moissonneuses, faucheuses, batteuses, vanneuses et nettoyeuses, î couteaux à foin, faux, ciseaux à tonte ;
- ! 40 Machines et appareils pour la conservation
- | des produits de l’agriculture et de l’élevage, pour 1 meules, pour couvertures, pour presser et emballer, pour la production du froid destiné à la conservation des viandes ;
- 5° Véhicules de transport : brouettes, chars à deux roues, chars à quatre roues, wagonnets, voies ferrées portatives et train roulant;
- 6° Machines et instruments à extraire l’eau ; norias, pompes, seaux et manches à eau, poulies, appareils de sondage ;
- 70 Appareils pour abreuver et arroser ; appareils portatifs et à main ; appareils fixes ;
- 8° Abris : pour les bestiaux, pour les brebis, pour les oiseaux de la basse-cour ;
- q° Moteurs :à vapeur, hydraulique, de force animale, à vent.
- | ïc)0 ci — Clôtures, échantillons de toutes classes,
- | échantillons de portails, matériel de clôture.
- ! jy—Instruments de drainage ; appareils pour ; faire des fossés et pour drainer.
- I c____Machines pour élaborer les produits de
- | l’agriculture et de l’élevage; moulins à farine ;
- 1 instruments de tonnellerie ; instruments a hacher ! le foin, à concasser les tourteaux de lin, à fabriquer : l’amidon, à égrener le maïs, à décortiquer le café, à décortiquer le riz ; alambics pour fabriquer l’alcool de grains ; appareils à fabriquer les vins.
- Il y aura fpire pendant et après l’exposition par l’intermédiaire de commissaires-priseurs agréés parla Société rurale argentine.
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- Suisse
- La première exposition culinaire suisse est ouverte depuis le-14 octobre à Zurich. Le. catalogue énumère 1U7 exposants.
- EXPOSITION D’ANVERS
- (LINS & ÉTOUPES RUSSES)
- On peut constater à Anvers, comme dans toutes les expositions internationales, que le concours qui s’établit entre les divers pays exposants ne porte pas seulement sur les spécialités propres à chacun d’eux mais sur une sorte de réciprocité d’imitation de produits de l’un par l’autre. La France, par exemple, comme le constate l’Indépendance beige, expose des fourrures, tandis que la Russie bâtit des pyramides de bouteilles de vin de Champagne. Ne vaudrait-il pas mieux que chaque pays cultivât son propre jardin à sa manière, pour en tirer ce qu’il peut lui donner d’authentique, s’en remettant au voisin du soin de lui fournir ce qui lui manque ? Rêve de libre-échangiste qui se réalisera peut-être un jour. En attendant les produits qui, dans chaque section, méritent s’ils 11e l’obtiennent pas toujours l’attention la plus sérieuse sont, ceux qui portent le cachet indiscutable de* l’indigénat, tels, en Russie, les lins et étoupes, produit autochtone par excellence. Le pavillon exposé par une maison de St-Pétersbourg représente cette branche -essentiellement nationale de commerce et d’industrie, et si les ballots et. les outils qu’ils abrite n’offrent pas grand attrait au passant, ils évoquent tout un monde d’activité qui appelle au moins une mention.
- Presque générale dans le vaste empire russe, la culture du lin est surtout développée dans les provinces orientales, les gouvernements de Viatka et de Perm, certains districts des gouvernements de Kasan, de Vologda et d’Oufa, en un mot dans le bassin du fleuve Kama, ainsi que dans la province sibérienne de Tobolsk, où elle est exploitée sur une très grande échelle.
- Culture essentiellement populaire, car exigeant une foule d’ouvriers et beaucoup d’attention à la préparation, elle est désavantageuse aux grands propriétaires fonciers et se pratique principalement par les paysans.
- Tous les travaux nécessaires à la culture du lin, dès sa récolte, se font par les femmes à l’exception des endroits où le lin est cultivé en très grande quantité ; dans ces cas-là les hommes viennent en aide aux femmes. Quand le lin est de bonne qualité et d’une belle lon-gneur, le paysan tâche de le vendre tel quel ; les lins plus courts et moins solides fournissent les étoupes. Mais il est des endroits où les paysans convertissent en étoupes l’entière quantité du lin. Cette opération se fait à l’aide de brosses en fer et quelquefois (mais dans très peu d’endroits) on emploie des brosses en soies de porc. Dans le premier cas on obtient des étoupes à plus grosses couches, et à long brin ; dans le second cas elles ont des couches minces et un brin court, quoique la solidité de la filasse soit la même. Les étoupes travaillées avec les brosses en fer se laissent assortir beaucoup plus régulièrement et facilement tandis que celles préparées avec les brosses en soies porcines, ayant des couches petites, minces, de qualité inégale, sont d’un assortis-sement très difficile.
- Jusqu’en 1861, les lins et étoupes provenant de la Sibérie et du bassin fluvial de la Kama .étaient expédiés en hiver sur des traîneaux qui, traversant les villes de Viatha, Slobodskoy et Glazoff, les conduisaient jusqu’au cours de
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- s 'première Année. — N° 49. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- la Lonza et de la Vitchegda ; puis de là, au printemps, les barques les amenaient à Ar-changel, sur la mer Blanche. Les voyageurs qui ont parcouru ces contrées se souviennent d.e.s interminables liles de. ces..trameaux,...con-•dqits lamMes moujicks chantant-d’une Yvodx profonde leurs chansons mélancoliques. Tableau pittoresque,-''mais' moyen de transport très coûteux. Il- eh résultait que le prix d’achat sur phuàù. était minime," ce qui décourageait la cultùrem 1 à; '\7 -
- -Il fallait donc éviter .met : inconvénient : uit Tichèinégociant conçût- l’idée "'de "'.transporter'1 le'Èentre de cesyèpéraiions à S|-P-étérsbourg, l^pçemmvunicatï'ôns avec, la capitale étant -i&eaiiqdup^|us/ÿacilGsL Y /
- ’ LLslf "préséptait cependant-une grande- difficulté. Une des ''Opérations-les -plus importantes et des plus délicates.,- c’eStJ:’:assortis.seïnent des- lïiis^;Q>da ville dlArchangel possédait la ’'SpéTiaiitê:.cla'.eette .opération. Uv'Des-duV:riëT:sdtal)i]es et experts dans .cetté -matière-.; travaillaient ,-p:r-es.qüe ve.xçlusivement * dans celte ville. . G à ' ? \
- Comme la marchandise? qui était apportée/ dans le-port d’Arehangel' était vendue suri
- place‘à des agents pour l’exportation et comme; le, riombrefdevc.es agents était très limité.-Me y .le prix deVvèn.te 11'était pas toujours' avantageux. Cet état de choses fit tenter des rapports
- vdirects avec', des : acheteurs^ étrangers et, en . xL860yon fondaà Archangel, une maison chargée de , l’expédition -des marchandises à Létranger.
- C’est cette maison aimsi qui transporta/une grande partie des opérations, commerciales, sur les lins à Saint-Pétersbourg. / y f . f y/ y
- ' JTlristoire de cette maison présente uh exemple frappant de ce que peuvent faire l'in-telligerice, le travail et la persévérance. En 1881, elle exportait déjà 238,259 ponds d’étou-pe.s, S'oit à pemprès quatre millions et demi de kilus do ces :marchandises. Aujourd’hui.ellef
- %n exporte 261,960 pouds. Elle possède 13 comptoirs — non compris les . bureaux auxiliaires — dont la spécialité est d’acheter en détail sur -les . marchés de l’intérieur de la : Russie en s’adressant directement aux producteurs, — et dix-huit chantiers pour le dépôt
- et l’assortissement des marchandises. .... - _
- Les photographies exposées à Anvers, qui donnent l’idée du mode du travail dans les chantiers, sont fort intéressantes. Toutes les opérations successives y sont représentées.
- LA FOIRE DE LEIPZIG
- Un journal spécialement consacré aux expositions ne saurait demeurer indifférent aux quelques grandes foires qui se tiennent encore, chaque année, dans certaines villes d’Europe. Bien qu’ils ne soient plus, comme jadis, les seules occasions de rapprochement entre les producteurs et les consommateurs, quelques-uns de ces marchés périodiques n’en ont pas moins conservé une importance extraordinaire, au point de vue du chiffre des transactions qui s’y opèrent : le lecteur a trouvé ici même d’intéressants détails sur la foire qui venait de se tenir à Nijnii-Novgorod, en Russie ; nous voudrions, à notre tour, dire aujourd’hui quelques mots de la foire de Leipzig.
- Cette grande cité saxonne, l’une des capitales allemandes, située au confluent de l’Elster et de la Pleisse, desservie maintenant par de nombreuses voies ferrées, et qui a vu sa population tripler depuis quarante années, était tout indiquée pour devenir un lieu de marché cosmopolite et international. Dès le xv® siècle, il s’y tenait plusieurs foires qui étaient les plus importantes de toute l’Allemagne.
- Aujourd’hui encore, ces foires ont lieu trois fois chaque année : au commencement de janvier, le troisième lundi après Pâques, et à la fête de Saint-Michel. C’est de la seconde, qui est exclu-, sivement consacrée au commerce des livres, que nous nous occuperons ; elle est, d’ailleurs, la plus renommée et la plus intéressante.
- Dès le commencement du xvie siècle, à Franc-fort-sur-le-Mein, se tenait une foire annuelle où la librairie était largement représentée, et à laquelle, de tous les pays d’Europe, les marchands venaient faire leurs provisions de livres. « Bientôt -..-.aprèsy Fr ancfo rt - céda- la tplace;-. ù-'Ueip'zrg,' 'qui' -A.clé-vint définitivement le grand marché de la librai-V rie allemarlde, et resta un trait d’union entre les '''différents pays germaniques,/ alors si profondément divisés.’au point de.vue politique. » Avec le temps, l’Huportance. de Leipzig, à cet égard, n’a \f§titque s’accroître,\ët. cette '-.ville est aujourd’hui peut-être le'plus grand marché du monde pour le commerce .de la librairie, en même temps qu’elle jêst, avec Berlhl/et-Stuttgart, l’un des trois centres /principaux d’ê"diteurs deTAllemagne.
- Avec'letemps, lés choses se sont perfectionnées,
- iet-.ee n’est pas, à proprement parler, une « foire »
- des livrés:c|cii alleu à Leipzig, dans le sens q-u’on donné :ç.qïii-munément à ce ..mot « foire. »',r c’est-à-
- dite ^u’iLiTy a pas, à une époquer/détermin^e, et
- • pendantqiri.Vhombrè, limité de •jôtirs, une exhibi-V. tion; publique d’obj'ets offerts en ..vente aux' amateurs ; c’est, plutôt,-en réalité,-une «;boursVd.èsV-flivres'j.5. ; . Vy----, ’ /
- J Depuis,la. fin du sîècle-'dernier, les.libraires, les éditeurs/Vde cartes,... de musique- et - d'estampes, aussi bien què les1 flibràirés.détaillahts, ontffourni 'une vaste corporation â-pnt le. centre'Mjacti'ôiq^et : de-ténuion-s est dans cette ville. ' - yÿ-.-Vy T’y
- < L’association des éditeurs eîVdes:libraires:âppêléëÙ-
- - céBorsëhvetein », qui se réunissait autrefois dans.
- ' un local qu'elle louait, possède maintenant, sur
- une. des places'du centre de la ville, une Bourse spéciale, dans laquelle se retrouvent,::; tous dés samedis,-soit- les adhérents eux-mêmes, soit leurs ' représentants.’ C’est là aussi ..que, 'chaque année,: -aux environs de,Pâques, coin me nous l’avons dit, ; -, se rencontrent tous, les- membres .dé l'association, ' en une sorte d’assemblée générale : ils y nomment . leurs délégués, administrateurs, etc., ,etp-err'même
- temps que de nouvelles affaires.y hont engagées ou conclues, les, comptes de Tannée qui s’achève sont, réglés. 11 est évidemment impossible de fixer le chiffre : des affaires: qui sont ainsi traitées; mais il n'y a aucune exagération à dire qu’il atteint plusieurs./dizaines de millions.
- ;,0n s’explique . donc que, si Berlin a,, depuis:/ quelque temps, pris le dessus pour le, nombre dès publications, Leipzig a conservé toute sa prépondérance tant pour le. commerce, proprement dit des. livres, des, revues et des journaux, que pour les relations avec l’étranger.
- - Nous n’avons pas à notre disposition de statis-
- . tique très récente ; mais quelques chiffres que. nous trouvons dans le rapport du jury français délégué à l’Exposition de Philadelphie, permettront au lecteur de se faire une idée de l’importance de Leipzig au point de vue particulier qui nous occupe. En 1875, le nombre des éditeurs ou des libraires détaillants qui avaient correspondu entre eux par l’intermédiaire de la Bourse ou de la foire de Leipzig, était de 4,616. Sur ce chiffre total, 3,473 adhérents appartenaient à l’Allemagne, 563 à l’empire austro-hongrois et 58o aux autres pays. Et le rapport ajoute qu’un des effets directs de cette concentration du commerce des livres entre les mains de quelques commissionnaires est de répartir la production entre un nombre relativement considérable d’éditeurs fixés sur tous les points de l’Allemagne et même dans les plus petites localités.
- Il est très admissible, du reste, que cette institution, cette espèce de syndicat, a pu et dû contribuer au développement du commerce spécial de la librairie en Allemagne, qui atteint annuellement un chiffre d’affaires de cent millions de francs environ, non compris les journaux, les périodiques expédiés par la poste et autres publications qui échappent au contrôle.
- Ajoutons que ce n’est pas seulement par les facilités quelle offre à ses adhérents pour leurs transactions et par l’organisation d’une « foire » annuelle, que l’association de Leipzig ou Borsen-verein, manifeste son existence ; elle prend part aux expositions étrangères.
- C’est pourquoi il nous a paru opportun, au moment où va s’ouvrir cette « foire » de Leipzig, de dire quelques mots d’une institution que nous croyons, jusqu’ici, connue d’assez peu de personnes en dehors des intéressés directs.
- Henry Duhamel.
- ’’DîmaRche‘6 Decèmbrè 1885. — Sgi.
- LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE
- —- Depuis -V Encyclopédie de Diderot et d’A-lembert, bien des fois on a essayé de recommencer cette oeuvre qui est un des titres de gloire du xvnT siècle.
- Mais plus le temps marchait, plus s’élargissait le cercle des cohnaissances humaines et plus il devenait difficile d’écrire une Encyclopédie. ;
- Bien des tentatives ont été faites.
- Ce ne sera blesser aucun de leurs inspirateurs que de dire que nul d’entre eux n’a fait une œuvre comparable à celle de Diderot et d’Alembert. :
- 11 appartenait à la France de reprendre après cent ans la traditiori des encyclopédistes qui l’ont illustrée au xviii0 siècle.
- ' La principale difficulté consistait à grouper des rédacteurs capables, elle a été facilement vaincue ; la démocratie française n’a pas été abandonnée par ses chefs intellectuels. La passion de l’instruction populaire, la grande vertu de notre temps, a suffi pour grouper une pléiade comparable à celle qui a rédigé Y Encyclopédie du xvme siècle.
- \ Un comité de direction de douze membres ; -derrière eux plus de deux cents collaborateurs, membres de nos diverses académies, séna-Vteiirs, députés, administrateurs, savants, lit- .térateura, artistes, une foule de noms connus,
- . quelques-uns de la France entière :
- M. Berthelot, notre grand chimiste ; M. Giry, si connu par ries études d’histoire municipale où il a repris l'œuvre d’Augustin Thierry ; M. Glassoh, un de nos premiers jurisconsultes -,M. Laisant, un de nos principaux mathématiciens ; Mv Levasseur, géographe et économiste hors ligne ; M. Marion, un des plus ...brillants-: professeur^ de la jeune école philosophique; M. Muntzj le savant bibliothécaire de l’École des beaux-arts ; M. Camille Dreyfus le nouveau député :de Paris, dont la compétence budgétaire est'indiscutable. En un mot, ce que nous savons idu programme et de la manière dont ori a commencé à le remplir répond à ces espérances.
- .. La Grande Encyclopédie n’aura pas moins de 25 volumes de 1200 pages. Chacune de ces pages étant divisée en deux colonnes, et chacune des colonnes composée de 73 lignes, on arrive à un total dè 60.000 colonnes et de 4,380,000 lignes, l’équivalent d’une bibliothèque de plus de 400 volumes.
- La partie historique représente une histoire universelle en dix gros volumes, une histoire où non seulement chaquepériode, mais chaque question un peu importante, aura été traitée par l’écrivain compétent.
- La physique est au moins aussi développée que dans le plus complet des traités généraux en cours de publication. Il faudrait tout énumérer ; signalons au moins la partie biographique et contemporaine, particulièrement soignée, et l'industrie à laquelle les auteurs ont fait une place considérable, ils reprennent ainsi la tradition de Diderot ; il suffit de parcourir les premiers fascicules pour voir qu’ils ont bien tenu leurs engagements.
- La Grande Encyclopédie est plus qu’une collection de dictionnaires spéciaux.
- Ceux-ci n’ont d’autre objet que de mettre à la portée des lecteurs une quantité toujours plus considérable de documents et de renseignements. Une Encyclopédie doit se proposer un but plus élevé : montrer le lien commun entre ces différents éléments , rattacher les unes aux autres, par leurs affinités naturelles, les diverses connaissances.
- La richesse de son vocabulaire assure à la Grande Encyclopédie tous les avantages des dictionnaires. En outre, un système de renvois groupe les mots secondaires autour des articles principaux où les faits généraux et
- Voir la suite page 386.
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- 392 et 393. — Première Année — N° 49
- LE MONITEUR UE ^POSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Décembre i885.
- DESSINE et INVENTE PAR JULES WAGNER
- MODÈLE DU DIPLOME DE L’EX P O S I TIO N D’ANVERS
- GRAVÉ'PAR J B MiCHIELS'
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- 3g^;-I_:‘Première Année.' — N° 49.
- les théories sont exposés avec une grande abondance et mis à la portée de tous les lecteurs.
- Etrangère aux querelles du jour, la Grande Encyclopédie s’est imposé., Limpar-tialité ....delà science. Elle expose lés faits avec une scrupuleuse exactitude, analyse les théories diverses ou contradictoires sans prendre parti ; il appartient au lecteur de comparer et de conclure. -
- A la fin de chaque article de quelque étendue, une notice bibliographique met à sa disposition les moyens de contrôle; Cette bibliographie, dont nous avons vérifié l’exactitude scrupuleuse, rendra, même aux savants^et-aux spécialistes, des services inappréciables.
- L’illustration tient, dans laj Grande Encyclopédie,, une large place. Chaque fois . quelle texte doit y gagner en clarté et en É|:é;eisio|i, la gravure accompagne la description éerijp, qu’il s’agisse de sciences exaqtes ou ndtureliès, de beaux-arts ou d’archéologie ; cettevillustfq,-tion est complétée par un ensemble de pljis de deux cents cartes hors texte, ; gravées pour l’Encyclopédie ; à l’exactitude' et "hu coup d’œil des cartes allemandes, elles allient la clarté des cartes françaises ; leur collection formera un atlas unique dans notre pays. • ;
- Si nous comparons Y Encyclopédie, nouvelle à ses rivales, la différence; est très grande. On ne peut guère mettre! en parallèle ;lè « Larousse » gigantesque reèueil d’anecdotes, sans signature, sans bibhographie, sans illustrations. Quant aux encyclopédie étrangères , celle de Brockhaus, de MeyerVouj Y American Cyclopædia ne représententguère) plus du quart de la Grande Encyclopé-\ die. Nous ne parlons pas de la .supériorité ; qu’assurent à cette dernière la composition • de son comité de direction et de - sa liste de ’ collaborateurs.
- C'est une grande œuvre qui peut être', comme Y Encyclopédie de Diderot et d Alem-bert une gloire nationale. Bien malheureux sera celui à qui ses ressources ne permettront pas de l’installer à la place d’honneur dans sa/ bibliothèque. y
- LÀ QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 2g novembre i885).
- On ne s’est pas contenté d’augmenter les droits d’enregistrement, de mutation et les frais de justice ; on a augmenté aussi le droit de timbre sur les effets de commerce.
- Il est hors de doute que cet impôt est une entrave aux transactions commerciales et qu’il cause un préjudice considérable à l’industrie. Il faudrait être dénué de sens commun pour ne pas le comprendre. Nous devons ajouter que ce droit atteint surtout le commerçant qui est dans la gêne, et qu’il ébranle son crédit au moment où il en a le plus besoin.
- Nos gouvernants répètent chaque jour avec emphase, probablement dans le but de se faire prendre au sérieux, qu’il est indispensable de développer le commerce et l’industrie, et, pendant qu’ils font ces belles promesses dans des discours à effet, ils mettent un entêtement étroit. à plagier leurs prédécesseurs et a voter des lois fiscales contraires aux intérêts qu’ils prétendent protéger.
- Cela se voit chaque jour.
- Vous qui critiquez les régimes déchus, vous devriez au moins profiter des fautes qu’ils ont commises pour faire mieux qu’eux au lieu de suivre leurs errements et de perpétuer la routine.
- Vous devriez comprendre qu’en maintenant dans un pays démocratique les traditions fiscales du despotisme monarchico-féodal, non seulement vous commettez un anachronisme économique, mais vous perpétuez les causes d’infériorité et de ruine de l’industrie nationale, vous portez atteinte à la richesse du pays, vous l’empêchez de se développer, de prendre son essor.
- Vous devriez comprendre qu’en ouvrant nos frontières aux produits étrangers par le libre échange, tandis que vous maintenez à l’intérieur toutes les vieilles taxes iniques, toutes les barrières fiscales inventées par la. féodalité, vous mettez fatalement notre industrie et notre agri-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 6 Décembre i885.
- culture dans l’impossibilité de soutenir la concurrence qui les écrase.
- Vous devriez comprendre que tout droit qui grève la production nationale est une prime accordée à la production étrangère.
- .._,.Cle.s.L,..e.n._yer.Lu,.M.çs,...xi.êU5_.éX.i;enxents._...ecqno-_
- miques, c’est par respect pour la routine que depuis un demi-siècle on a fait subir au timbre-des effets de commerce une progression constante et que les protêts ont été inventés pour aggraver la situation des malheureux et précipiter leur chute : r..-
- En i85o ce timbre était de-< 5o Centimes,pour 1,000 francs. Il a été-porté à 1 franc en 871'., etf. à, 1 fr. 5o en 1874/ De sorte qu’à l’heure actuelle c’est de cfrq.it, le plus élevé1 qui' soit perçu en Eü'fope ain'sj; quq, le-prôûve le tableau suivant.
- Allemagne 0 fr. 5o
- Grande-Bretagne .. .. 0 5o
- Belgique .. 0 5o
- Italie .. 0 60
- Hollande 0 6q
- Russie .. 0 7$
- Autriche 0 85
- France 1 5o
- Il est incontestable que ce droit de 1 fr. 5o c. place notre commerce dans un état d’infériorité vis-à-vis du commerce étranger et qu’il est une des causes du marasme dans lequel il végète.
- On a beau essayer de légitimer cet impôt en disant qu’il est peu onéreux et qu’il frappe tout le monde indistinctement.
- Cet argument est complètement faux. Le droit de timbre des effets de commerce ne frappe que ceux qui se servent de ces effets, c’est-à-dire les commerçants, mais il esRsurtout onéreux pour le commerçant qui se troTivè dans, la gêne et qui a le plus besoin de crédit. De timbré-, de l’effet de commerce n’est pas autre chose, en somme, qu’une avance; or, toute avance aggrave nécessairement le prix du crédit.
- Il ne faut pas être un bien grand logicien pour comprendre cela, et cependant nos législateurs n’ont pas encore réussi à se pénétrer de cette vérité.
- Quand les droits d’enregistrement augmentent et rapportent au Trésor un accroissement de recettes, ils applaudissent et considèrent ce résultat comme une preuve du développement de la richesse nationale.
- Etrange aberration de l’ignorance en matière ; économique. v;r-.
- : Que représentent ces recettes qui viennent gr.os-
- | sir le Pactole budgétaire?
- I Des assignations, des sommations, des protêts,
- / des jugements, des faillites,-des liquidations, des-/ventes judiciaires, etc., etc.
- Est-ce que tous, ces actes ne sont pas dès'symptômes de misère et de ruine ?
- A qui ferez-vô us. croire .que. la., multiplicité -des -faillites, des protêts et des ventes judiciaires est une preuve du développement de la . richesse publique? Il serait plus conforme à la vérité des faits de dire que toute diminution dans le rendement des droits d’enregistrement est une preuve que la situation économique du pays s’améliore. Car, que représente en général le grand usage, du papier timbré ? sinon une augmentation de procès, de jugements, d’actes qui sont l’indice du malaise de la classe laborieuse.
- Mais pourquoi nous attarder davantage à démontrer ce qui est de la dernière évidence ? C’est perdre son temps que de chercher à prouver qu’il fait jour, à des gens qui s’entêtent à soutenir qu’il fait nuit en plein midi. Il n’y a pas de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir.
- Un autre impôt qui porte d’une manière irréfutable le cachet du servage : c’est l’impôt dit personnel. Rien que ce mot rappelle immédiatement à l’esprit l’idée de vassalité et celle de suzeraineté qui sont en contradiction avec les idées et les mœurs de notre époque. Cette institution a pu être justifiée pendant le moyen âge, alors qu’une partie de la société était sous la domination de l’autre; mais aujourd’hui, après 1789, cet impôt est un anachronisme et à la fois une insulte à la dignité et à la liberté du citoyen. Son origine seule suffit à le condamner et l’on ne s’explique pas les raisons qui ont pu déterminer un gouvernement démocratique à le conserver si longtemps.
- Mais ce ne sont pas là ses seuls défauts.
- II est inégal au premier chef.
- De quoi se compose la taxe personnelle ?
- De la valeur de trois journées de travail. Or, la valeur de la journée de travail varie d’une région à l’autre. Voilà donc une première inégalité.
- Ce n’est pas la seule.
- Plus la famille est nombreuse et plus la contribution est élevée. Seconde inégalité.
- Enfin, l’industriel et le financier qui possèdent cinquante ou cent mille francs de revenu ne sont pas plus imposés que 1 ouvrier qui n a que son travail journalier pour nourrir et elever .sa famille.
- Quant à la contribution mobilière qui est basée sur la valeur locative des bâtiments servant à l’habitation personnelle, elle est répartie d’une manière aussi injuste que la plupart des autres impôts.
- Logiquement, elle devrait être proportionnelle aux ressources de chacun; mais il n’en est pas ainsi.
- Un joaillier qui n’habite qu’une seule chambre peut faire beaucoup plus d’affaires qu’un commerçant ou un industriel avec de vastes magasins ; et cependant il paie une taxe mobilière__mo_insMéle-Vée’V ' ....
- Un père de famille pauvre, un ouvrier qui gagne péniblement sa vie au jour le jour, qui a une nombreuse famille, est obligé d’avoir un appartement plus grand que le rentier qui vit seul, dans un' ,pAtitTi%ème''nit ;-pai? conséquent, il est soumis lui auissi a uhq'tc|xè mèbilicfre plus-élevée.^Donc, cet y impôt le frappe,- non p|is en/ raison, de "c;e < q.u’il possède, mais én tars-on de'1 sésï charges •/ ce qui
- est souverainement injuste.
- Il n’est personne qui ne reconnaisse que là- /a-, ^ leur locative n’est qu’une probabilité de revenu,
- ? car..un harpagon millionnaire peut se loger dans /une,- mahsafde qui échappe à la taxe mobilière, tandis que tels et tels citoyens sont obligés par leur profession d’habiter des appartements qui sont hors de proportion avec leur revenu.
- Tous les exemples que nous venons de citer démontrent clairement que cet-impôt repose sur une base complètement fausse-
- .... . U EpipNNE-MANSUY.
- (A suivre.)
- CONFÉRENCE ,/A
- FAITE AU PALAIS DE L’iNDUSTRIE Le 3i octobre i8-85
- Frviu 3VE . 3F6. A. ËT ':
- FONDATEUR DE l’ÉCOLE PROFESSIONNELLE DU PAPIER
- Tout d’abord, permettez-moi de vous indiquer le ou pour mieux dire les titres de cette conférence. Les articles de Paris, la bimbeloterie, la maroquinerie, la tabletterie, et enfin la papeterie.
- Ces articles ont entre eux plusieurs points de rapprochement, aussi le temps étant très limité, je passerai plus rapidement sur les quatre premiers afin de vous parler plus longuement du papier /depuis les;/temps-.des plus reculés jusqu’à nos
- jours.. ; ,z
- ARTICLES DE PARIS. — Dans les registres d’E-. tienne ."Boileau, on voit que ; le grand soin de „ la, police était '‘de tenir le marché bien approvisionné et de'le rendre accessible a toutes les classes de la société, - « pour que le pauvre homme puisse prendre part avec les riches ».
- . ...Nous passerons rapidement sur tous les métiers, dont quelques-uns travaillaient les. métaux et le bois. Sans rechercher les particularités de chaque corporation, nous voyons cependant que les procédés mécaniques offraient peu de perfection.
- Au. commencement du xive siècle, il y -avait déjà des orfèvres, des batteurs d’or ; nous voyons alors apparaître des émailleurs.
- On exigeait que tous ceux qui travaillaient l’or ne se servissent que d’or fin, mais on voulait le solide, on défendait le clinquant ; cependant malgré la défense de fraude on trompait beaucoup en substituant l’apparence à la réalité, et en vendant le faux pour le vrai.
- Plusieurs métiers façonnaient le cuivre, le laiton, le fer, l’acier et le plomb pour les ustensiles de ménage,, la serrurerie, la bouderie, la harna-cherie, l’épinglerie, etc. On travaillait grossièrement, mais l’ouvrage était solide.
- Les ouvrages en bois étaient grossiers. On faisait beaucoup de chapelets, ce qui permettait à quatre ou cinq corporations de subsister au xme siècle à Paris de la fabrication de ces chapelets soit en os, en ivoire, en corail, en ambre et en jayet. (Il n’en est plus parlé dans les livres des siècles suivants.)
- Il existait aussi une corporation d’artistes faisant des crucifix en os et en ivoire.
- Voilà le début : tous ces ouvriers ou pour mieux dire ces fabricants transformèrent peu à peu ce genre de travail, puis leur matériel, et ce n’est que vers le milieu de ce siècle que l’on voit paraître les produits nouveaux qui, par la finesse de l’exécution, l’habileté du tour de main, font ces mille riens qui plaisent à tous les goûts et à toutes les bourses.
- Ce n’est guère qu’à Paris que se fabriquent ces articles qui font le tour du monde sous cette dénomination : Articles de Paris.
- Les bibelots d’étagère en porcelaine, métal, ivoire, les jouets d’actualité, les emblèmes populaires des fêtes publiques, les cocardes et insignes commémoratifs,'etc./sont autant d’articles de Paris.
- Le cricri notamment, ce petit jouet presque invisible qui a, un moment, si fort impatienté la population par son bruit strident était, dé même que les questions romaines ou autres, un article de Paris. —Cette fabrication fait quelquefois la fortune de son inventeur. Ainsi: les boîtes à'sardines'
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- Première Année. — N° 49.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanqhe 6 Décembre, i88S. — 3 9 5.,
- que l’on jette aux ordures et qui ne semblent plus avoir aucune utilité sont ramassées par les chiffonniers (on aurait dit autrefois les chevaliers du crochet) puis vendues à des marchands en gros. Un industriel ingénieux achète ces détritus, les nettoyé, dessoude fond, et couvercle, applanit le tour/ce qui lui constitue une matière _ première, ensuite- avec le découpoir il tire partie de tout, jusqu’au plus petit morceau.
- L’un fera un plat, l’autre une écumoire, puis une cuisinière, etc. , pour les petits ménages d’enfants.
- C’est ainsi qu’est né le cricri ! Mais le fabricant ne trouvant pas d’acheteurs eut un jour l’heureuse idée d’emplir les poches de tout son personnel et de l’envoyer impatienter le public parisien qui fut très intrigué de savoir ce qui produisait ce bruit invisible. — Le lendemain les demandes arrivèrent et se succédèrent en grand nombre. Voilà la fortune faite, et aujourd’hui, l’heureux inventeur possède des immeubles au soleil.
- Mais, me direz-vous, qu’est devenu le cricri ? Cela est très curieux, car il nous reviendra transformé. L’exportation en a expédié des quantités innombrables en Chine et surtout au Japon où l’on s’en sert pour décorer les petits meublés laqués avec incrustation. La découpure toute prête a tenté ces habiles industriels qui, paraît-il, produisent des décorations merveilleuses en employant ces petits morceaux de fer-blanc.
- BIMBELOTERIE. — La bimbeloterie, à proprement parler, fait partie de ce que l’on nomme articles de Paris : mais s’étend beaucoup dans le domaine du jouet. Le principal centre de fabrication est Paris, cependant quelques villes de province fournissent les jouets communs en bois et les ménages en porcelaine, en faïence ou en poteries diverses.
- Les jouets de Paris se fabriquent presque tous à la main ; certaines machines telles que balanciers, presses, tours servent pourtant à l’exécution des jouets de métal ou de bois.
- On comptait en 1872,dans le département de la Seine, environ 1,600 fabricants bimbelotiers, ils occupaient i,25o ouvriers et 2,5oo ouvrières représentant un chiffre d’affaires de 8,541,000 fr.
- L’importation des jouets étrangers, dont la valeur était en 1867 un million six cent mille fr., n’était dix années après que de un million huit cent mille fr.
- Tandis que l’exportation qui, en 1867, s’élevait à un million trois cent mille fr. atteignait dix ans après le chiffre de trois millions cent soixante mille fr. Voilà qui prouve bien le réel mérite de la production française et représente un grande extension pendant cette période.
- Le jouet étranger cause un certain préjudice à nos fabricants ; ce sont surtout les magasins de nouveautés qui les importent, plus particulièrement de provenance allemande.
- Heureusement la bimbeloterie n’a pas été comprise dans nos derniers traités de commerce, ce qui permet d’imposer ces produits à l’importation d’un droit d’entrée de 60 fr. par 100 kil. (loi du 7 mai 81).
- Comme il y avait de nombreuses fraudes, l’administration, d’accord avec le ministère du commerce, a décidé que : pour les jouets dont la base serait les métaux précieux, ce serait le tarif de ces métaux qui serait appliqué, de même pour ceux en nacre, écaille, os, corne, etc. .Enfin, pour les cas où les importateurs chercheraient à éluder le payement en les présentant sous une autre dénomination, ces pièces seront traitées comme jouets, et comme telles devront acquitter le droit de 60 fr- Cette décision protectrice ne date que du mois de juin 1885.
- Enfin, pour citer quelques-uns des articles qui forment ce que l’on nomme bimbeloterie, il faut mettre en première ligne la poupée qui, quelquefois en carton ou en bois, se fabrique actuellement tout en papier — c’est du reste ainsi que les fabrique M. Jumeaux, sauf la tête, tout n’est que du papier (plus solide que du bois) ; les panoplies pour enfants, fusils, pistolets, toupie, jeux de patience, tambours, trompettes, lanternes magiques, ménages de poupée, boîtes à ouvrage, ménageries, bergeries, laiteries, etc., en un mot tout le jouet et ses différents producteurs sont des bimbelotiers.
- MAROQUINERIE. — D’abord on tira d’Espagne les cuirs préparés et teints à la façon du maroquin : ils furent connus dans le commerce sous le nom de cordouans, d’après la ville de Cordoue, qui en envoyait le plus au dehors. C’est de là qu’est venu le nom de cordonnier. Etienne Boileau, dans son livre des métiers, signale les statuts de plusieurs métiers travaillant le cuir. Parmi ces corporations, celle des lormiers faisait plus particulièrement les petits objets.
- La maroquinerie, c’est-à-dire la teinture des cuirs, est une des découvertes les plus importantes de l’art de travailler les peaux. La première fabrique française de maroquin fut établie en 1735 à Paris, au fa'ubourg Saint-Antoine, par un sieur Garon qui fabriquait des . maroquins rouges et noirs et obtint pour cette industrie un privilège de quinze ans.
- Un auteur du dernier siècle, Desbillettes, assure pourtant qu’on préparait déjà du maroquin à Paris, vetsL665.
- C’est au chirurgien de la marine française, Granger, que l’on doit la description très complète de. la fabrication du maroquin, telle qu’on l’exécutait dans le Levant.
- En 1749, Barras fonda à Paris une nouvelle manufacture, que des lettres patentes érigèrent en manufacture royale, avec tous les privilèges attachés à ce titre.
- Il existait à Choisy-le-Roi une célèbre manufacture de maroquins, fondée en 1796; elle fut incendiée par les Prussiens en 1870 et reconstruite depuis sur un plan irréprochable. Les produits, notamment les rouges de Choisy, étaient justement renommés dès la fin du siècle dernier.
- L’industrie du maroquin est de toutes celles qui travaillent le cuir, celle qui a fait les progrès les plus rapides. Il est vrai que ses produits sont des objets de luxe, des ouvrages artistiques en quelque sorte, et que le goût français a trouvé là une occasion de se manifester.
- Les porte-monnaie, les portefeuilles, les étuis à cigares, les nécessaires, etc., sont les objets qui constituent la fabrication du maroquinier. La gaînerie, l’ameublement, la chapellerie, la reliure font également une grande consommation de maroquin.
- On emploie généralement de belles et grandes peaux de chèvre ou de bouc, des peaux de mouton et de petites peaux de veau. Les peaux de chèvre et de mouton sont cependant à peu près les seules qui servent à faire le maroquin.
- Le chagrin est fabriqué avec la peau des ânes, des chevaux et des mulets ; ce cuir, d’une solidité extrême, ne se fabrique pas en France, mais plus particulièrement dans la Turquie d’Europe et d’Asie.
- Une espèce de chagrin porte le nom de galuchat et provient de la peau du poisson de mer nommé roussette, chien de mer, sagri, et sert plus particulièrement à la gaînerie pour les étuis de lunettes, longues-vue, fourreaux d’épée et de poignard.
- La récolte de cette peau se fait plus particulièrement par les marchands de poissons et notamment à Dieppe. Ce poisson a une forme triangulaire, on coupe la peau près des ouïes et, après l’avoir séparée à chaque extrémité de son triangle, on enlève la peau à peu près comme une peau d’anguille, les deux morceaux de dessus sont gris et sont les plus beaux ; celui de dessous est blanc, il y a une manière toute spéciale de préparer cette peau qui, du reste, s’emploie peu en raison de la petite quantité que l’on obtient.
- Le cuir de Russie (youfte), qu’on fabrique d’ailleurs aujourd’hui très bien à Paris, fut pendant longtemps importé de Russie. On le recherchait à cause de ses propriétés particulières, de ne pas moisir dans les lieux humides, de n’être jamais attaqué par les insectes, et bien plus de les éloigner par l’odeur qu’il répand. Ces propriétés sont dues à l’huile de bouleau qui sert à son corroyage. Dans ce pays, on emploie plus spécialement des peaux de vache pour cette fabrication.
- Dans la maroquinerie, on emploie aussi toutes les sortes de peaux, crocodile, requin, serpent, phoque, etc. Le travail et surtout la préparation de ces peaux exigent des connaissances toutes spéciales. Un industriel, dont l’éloge n’est plus à faire, M. Giraudon, avait trouvé le moyen de préparer la peau de crocodile ; son dévouement à la cause nationale lui fit un devoir d’enseigner publiquement au Conservatoire des arts et métiers son mode de préparation. Les étrangers affluèrent et, dès qu’ils connurent le secret, cette fabrication, répandue sur tout le globe, ne fut plus d’aucun produit pour la France. Heureusement, le requin de Chine, préparé et travaillé par les soins du meme inventeur, est encore une des nouveautés à la mode dans la maroquinerie de luxe, quoique cette fabrication remonte déjà à une dizaine d’années.
- L’industrie de la maroquinerie est, pour ainsi dire, concentrée à Paris où l’on compte environ deux cent quatre-vingts fabricants et. un millier d’ouvriers.
- En dehors des peaux, on emploie le papier, la soie, le velours, les bois de fantaisie, l’os, l’ivoire, l’écaille, For, l’argent et les métaux.
- En 1867, on évaluait à douze millions la production annuelle, ce chiffre n’a pas sensiblement varié depuis, par suite de la concurrence que font à la France l’Allemagne pour les articles courants, l’Autriche et l’Angleterre pour les articles de luxe.
- TABLETTERIE. — La Tabletterie était une corporation industrielle qui comprenait les ébénistes, les tourneurs, tailleurs d'images et faiseurs de peignes. Elle reçut, en 1 5o6, des statuts qui furent souvent renouvelés.
- Au moyen âge, les tabletiers étaient représentés par trois corporations distinctes ayant chacune des statuts particuliers. C’étaient :
- i° Les Pigniers, faiseurs de peignes ;
- 20 Les Deiciers, faiseurs de dés à jouer ;
- 3° Les Tabletiers, faiseurs de tablettes pour l’écriture.
- De ces trois corporations, la seule qui ait survécu
- et conservé son nom jusqu’à nos jours est précisément celle dont les produits sont depuis longtemps devenus hors d’usage.
- On voit, au titre 60 du livré des Métiers, d’Et. Boileau, que : Li tabletiérs de Paris doivent le guet, la taille et les autres redevances que li autres bourgeois de Paris doivent au Roy.
- Actuellement, on désigne sous le nom de tabletterie les petits objets d’ivoire, d’écaille, de nacre, de corne, d’os, de corozzo, de bois durs, etc., tels que : statuettes d’ivoire, billes de billard, manches d’ombrelles et d’écrans, éventails, bonbonnières, étuis à odeur, tabattières, nécessaires, jeux de tric-trac, dominos, dames, échecs, jetons et fiches, encriers de poche, pelottes, boîtes à .fil et à timbres-poste, pupitres, boîtes à gants et à mouchoirs, voir même les pipes, etc., etc.
- Elle est divise en Tabletterie sculptée, Table-terie tournée, Tabletterie ordinaire.
- Les départements de la Seine, de l’Oise, de l’Ain, de l’Eure et du Jura ont chacun pour une partie le monopole de ces diverses fabrications..
- Pour la tabletterie proprement dite on emploie : l’or, l’argent, l’écaille, la nacre, la corne, l’os., le coco, les bois des îles, le carton, le cuir bouilli, etc.
- Pour les pipes, la racine de bruyère, l’ambre, l’ivoire, l’os, le bois des îles, le cerisier, l’ébène, etc., et aussi diverses compositions.
- Les tabletiers avaient des armoiries ' qui étaient : (1)
- • Echiqueté d’argent et de sable, à un chef d’or, chargé d’un peigne de gueules. (Armorial général, tome XXV, p. 440.)
- LE PAPIER. — Un savant moderne qui a recherché jusque dans la plus haute antiquité l’origine du papier la fait remonter à la naissance de l’écriture et de la formation de l’alphabet, où, dans ces temps reculés,on ne savait certainement pas ce que c’était que du papier. Ainsi, il raconte que les premiers hommes, pour correspondre entre eux, se servaient de bâtons rompus, de pierres et d’os de mouton sur lesquels, au moyen d’un poinçon, ils gravaient quelques signes symboliques. Il dit que les Grecs et les Romains de l’antiquité se servaient de baguettes de bois, de petites planchettes d’ivoire, de feuilles de plomb ou encore de matricules d’airain ou autres métaux pour exprimer leurs pensées et inscrire leurs lois, ainsi que le constate ce passage du livre de Job:
- « Que ne puis-je graver mes paroles avec un poinçon de fer sur des lames de plomb, pour subsister éternellement. »
- Les Phéniciens, les Grecs et les Romains se servirent aussi d’écorces d’arbres et de peaux de bêtes jusqu’au moment où les Egyptiens arrivèrent à faire usage de la tige du papyrus, dont la plante croissait en abondance sur les bords du Nil. Ce produit se répandit aussitôt chez les autres peuples qui longtemps après en firent un usage considérable, à ce point que s’il arrivait une disette de papyrus à Rome,il en résultait des émeutes populaires.
- Sans assigner de date précise à l’invention du papyrus des Egyptiens, on peut, d’après le savant Champollion, dire que ce papier existait au temps de Moïse. On a trouvé des contrats écrits sur papyrus dont la date remontait à 1702 avant J.pC. Malgré le temps ces manuscrits contemporains des Pharaons sont en bon état.
- C’est à Memphis, si l’on en croit les historiens, que reviendrait l’honneur d’avoir su, la première, fabriquer le papyrus.
- Le papyrus est une belle plante de. la famille des souchets (cyperus papyrus), à plusieurs tiges triangulaires qui .atteignent quelquefois trois, quatre et jusqu’à six mètres de hauteur, d’un diamètre de 10 à 14 c. et se termine par une large ombelle d’où s’échappent, comme un ondoyant panache, un grand nombre de filaments du plus beau vert. .
- Le papyrus naît dans les marécages de 1 Egypte ou dans les eaux dormantes du Nil, lorsque débordées, elles demeurent stagnantes en des creux dont la profondeur n’excède pas deux coudées.
- Le rhizome est oblique, gros comme le bras ; la pampe triangulaire, et n’ayant pas plus de quatre coudées de haut, va en diminuant jusqu’à l’extrémité... (Pline, Histoire naturelle, livre XIII, 11, § 22.)
- Le tubercule qui constitue sa racine servait d’aliments aux Egyptiens qui le mangeaient cru, bouilli ou grillé (2) .— Eschyle, tragique grec, appelle les Egyptiens « mangeurs de papyrus ». On fabriquait aussi, avec les racines, des ustensiles de ménage et avec les filaments, on faisait des cordages, des voiles, etc.
- Nous voyons donc que de très bonne heure, les habitants delà vallée du Nil inventèrent l’art d’utiliser un végétal indigène chez eux, le papyrus, pour fabriquer ce qu’il nous faut appeler désormais du papier-, témoin les tiges de papyrus retrouvées dans les sépultures égyptiennes et conservées à Berlin dans la collection Passalaqua.
- (1) Les Corporations ouvrières de Paris, A. Franklin, Firmin Didot et Ce, 1884.
- (2) De nos jours, la lige se mange comme les asperges
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- 39G. — Première Année. — N° 49.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Décembre i88i>.
- (Notre mot papier n’est que la forme française du mot papyrus, duquel on fait papyr, paparos, papurus et enfin papier, de même que les mots biblos et biblion, d’un même sens, nous ont donné le mot bible, et le mot liber qui, comme biblos, signifie l’enveloppe herbacée et membraneuse des plantes, nous a donné le mot livre.)
- On voit aujourd’hui, dans les squares et jardins publics, des massifs de papyrus (1), mais il n’atteignent jamais plus de deux à trois mètres de hauteur ; cette plante ne résiste pas à la rigueur de notre climat. (Tous les ans il y a un massif dans le jardin du Luxembourg, près la porte qui fait tace à la rue Soufflot.)
- On préparait le papier en divisant à l'aiguille le papyrus en feuillets très minces, mais aussi larges que possible. Le feuillet le meilleur était celui de la hampe, et ainsi de suite dans l’ordre de la division. On appelait jadis hiératique, attendu qu’il était réservé aux livres sacrés, le papier fait avec les feuillets intérieurs. Après la conquête de l’Egypte, l’adulation lui donna le nom d'auguste, de même que celui de seconde qualité portait celui de livie, sa femme, de cette sorte Y hiératique ou sacré était devenu celui de troisième qualité. Venait ensuite Yamphithéatrique, nom tiré de l’amphithéâtre du Colisée, où on le fabriquait. Les autres sortes étaient dénommées : fannien, du nom de Fannius, ouvrier très habile qui en perfectionna la fabrication; saïtique, du nom de sa provenance la ville de Saïs ; ténéotique du lieu de sa production, il se faisait avec les feuillets les plus rapprochés de l’épiderme et se vendait au poids ; enfin Yemporétique dont on ne se servait que pour l’emballage ; de là le nom qu’il portait (papier des marchands). Toutes ces sortes de papier se préparaient sur une table humectée avec de l’eau du Nil; ce liquide trouble tenait lieu de colle. Sur cette table inclinée, on collait des feuillets de toute la longueur du papyrus, puis on en posait transversalement d’autres, on les soumettait à la presse et ensuite on séchait chaque feuille au soleih On réunissait ensuite les feuilles par vingt, ce qui s’appelait scapus ou main.
- Les dimensions étaient différentes et diminuaient en rapport des qualités.
- On collait ces diverses sortes de papier avec une préparation de farine délayée dans l’eau bouillante en y ajoutant quelques gouttes de vinaigre, mais un procédé meilleur consistait à faire bouillir de la mie de pain que l’on passait ensuite, ce qui rendait le papier beaucoup plus doux. On le battait avec le maillet pour l’amincir et on le polissait avec une dent d’ivoire ou des coquilles.
- On écrivait sur de grandes feuilles, et pour les conserver on les roulait autour d’une tige de bois cylindrique, d’où est venu le mot volumen du verbe volvere qui veut dire rouler et duquel nous avons fait le mot volume. A la fin de chacun on mettait : explicit liber, comme aujourd’hui on met le mot fin, qui veut dire que l’ouvrage est terminé. Chaque rouleau était terminé par un bouton, auquel était suspendu par un fil une étiquette indiquant le titre de l’ouvrage.
- Le papyrus était tellement abondant que lorsque Marcus-Firmus s’empara d’Alexandrie , il trouva assez de papyrus pour pouvoir solder son armée (111e siècle après J.-C.).
- Le papier quelle que fût sa qualité fut toujours à Rome d’un grand prix, une simple feuille avait alors la valeur de quatre ou cinq francs de notre monnaie. Cette cherté, jointe au salaire des copistes, expliqua les sommes considérables que l'on payait pour un manuscrit.
- Le prix du papyrus, comme on le voit, était très-élevé chez les anciens, si l’on en croit quelques auteurs. Diogène Laërce raconte que le philosophe Cléanthe, trop pauvre pour acheter du papier, recueillait les leçons de son maître Zénon sur des tessons et des omoplates de boeuf. A son tour, Juvénal se plaint de ce que le métier d’historien est ruineux, à cause du papier qu’on y emploie...
- .... Millesima pagina surgit
- Omnibus et crescit multa damnosa papyro.
- Aristote paya 66,000 fr. environ de notre monnaie quelques livres de Speusippe.
- Les Romains étaient parvenus aussi à fabriquer du papier avec une. substance minérale, nous voulons parler de Yasbeste ou amiante.
- Les Grecs employaient des tablettes de bois et d’ivoire enduites de cire, et employaient aussi des coquilles, témoin ce passage de la vie d’Aristide : « On rapporte que les intrigues firent condamner Aristide à l’exil par le jugement de l’ostracisme. Vers l’an 483 avant J.-C., un paysan ne le connaissant point, vint le prier de mettre sur sa coquille le nom d’Aristide. L’Athénien, surpris, lui demanda s’il avait à se plaindre de celui qu’il voulait faire bannir ? Point du tout, répondit le rustre; mais je suis fatigué_ de l’entendre toujours appeler le Juste ; Aristide, sans se troubler, écrivit son nom sur la coquille, et la lui rendit; il fut banni... » Ostracisme vient de ostrakon qui veut dire coquille. Nous avons conservé ce nom pour l’un
- (1) Des historiens ont rapporté que Moïse était exposé, sur le Nil, dans un berceau d’osier; Victor Hugo dit de roseaux, et il a raison, mais il convient de préciser, ces roseaux étaient du papyrus.
- des formats de papier les plus usités. Ce nom a été donné à cause du filigranne qui était en transparence dans la pâte. On en retrouve des feuilles dans les archives du département de l’Aisne, portant la date de 1475.
- Les tablettes de cire sont restées très longtemps en usage chez les Romains. Horace fait allusion aux tablettes dans son Art poétique, lorsqu’il dit au poète : sœpe stylum vertas, c’est-à-dire : retournez souvent le style. Le style était un instrument en métal, pointu d’un côté, servant à l’écriture et carré de l’autre servant à effacer. Lorsque Horace conseille de retourner souvent le style, il veut donc dire qu’il faut souvent corriger ce qu’on avait écrit d’abord.
- C’est de cet instrument, stylet ou style, que nous avons fait le mot style qui signifie, par analogie, la manière d’écrire, le caractère particulier de chaque écrivain, etc.
- Les annales des Pontifes à Rome étaient écrites sur des tablettes de bois blanchi que pour cette raison on appelait album qui veut dire blanc. Nous avons conservé ce mot qui signifie un livre de papier blanc, et que l’on emploie pour le dessin, la musique, etc.
- L’art d’écrire sur papyrus était connu plusieurs siècles avant J.-C. Ce n’est que plus tard, au temps des Anales de Pergame que le parchemin vint lui faire concurrence. Eumène II, roi de Pergame 198 à 157 avant J.-C, avait fondé une bibliothèque rivale d’Alexandrie. Ptolémée V Epiphane, qui gouvernait l’Egypte, interdit l’usage du papyrus, croyant empêcher les habitants de Pergame d’augmenter leurs livres. Mais ceux-ci suppléèrent aux papyrus par le parchemin et assurèrent ainsi à leurs manuscrits une plus grande durée. Le papier de Pergame, fabriqué avec des peaux de bêtes, devint le rival du papyrus. Il s’appelait charta Per-gamena d’où l’on a l’ait pergamenon, pergamin et enfin parchemin. Le parchemin existe encore aujourd’hui et sert pour certains brevets et des actes importants que font les notaires.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XXXVI
- Le Monde pittoresque et monumental. — L’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, par P. Villars. 4 cartes en couleur et 600 gravures. — Paris, petit in-4, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 7, rue Saint-Benoit.
- Un jeune, intelligent et entreprenant éditeur, dont la plupart des initiatives ont été couronnées de succès, inaugure par ce volume sur l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande une collection d’ouvrages illustrés conçus et exécutés sur un plan qui répond à tous les désirs, à tous les besoins du public contemporain. Ces ouvrages représentent exactement la moyenne combinée d’élégance typographique, d’illustration exacte et pourtant artistique, d’informations pratiques et de bon marché relatif qui constitue l’idéal positif d’un public qui veut être à la fois amusé, instruit, renseigné, et qui veut avoir, en voyageant dans son fauteuil, le plus possible des impressions qui résultent d’ün voyage réel, qu’il a déjà fait, ou qu’il rêve-de faire, y retrouvant dans le premier cas, ses souvenirs, dans le second, ses espérances. Il ne s’agit plus là d’un spectacle de fantaisie et d’imagination. Rien n’est donné à la première, tous les documents étant choisis avec le souci de l’authentique, et une sagacité critique sans complaisance et sans à peu près. Il n’est accordé à la seconde que la part que la réalité typique réserve toujours à l’idéal. On a l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande telles qu’elles sont; rien n’empêche d’après cette image exacte de les rêver telles qu’elles devraient ou pourraient être. Il existe déjà d’assez nombreux ouvrages pittoresques et statistiques sur la Grande-Bretagne et on ne peut en parler sans que le souvenir de ceux qu’a illustrés le crayon de G. Doré ne soient évoqués par la reconnaissance de la mémoire. Mais aucun n’a encore été conçu sur ce type auquel ont profité toutes les expériences antérieures, et qui peut passer pour un modèle du genre. Les dessins sont reproduits par la photogravure, ce qui donne à la fois à l’illustration le cachet et le goût d’une main exercée et le volouté, le jeu savant des jours et des ombres, le relief, en un mot, qui proviennent de la collaboration du plus habile artiste qui soit au monde : la lumière. Toutes ces gravures réunissent au charme de la nature prise sur le vif, celui de cette photgoravure qui donne naturellement tous les effets de Yaqua-tinta et de cette gravure si fort à la mode en Angleterre au dernier siècle dite à la manière noire.
- On comprend que des livres si remplis de choses et où le détail tient une si juste et si large place, ne s’analysent pas. Ils se lisent plus du doigt que de l’œil, et l’attrait des gravures fait un peu de tort au texte. C’est dommage, car il est d’un écrivain maître de son sujet, dont le récit a un grand attrait de vu, de vécu, dont l’observation est précise, allant droit au trait caractéristique et l’aiguisant souvent d’un _ mot piquant. Mais cette lecture rapide, superficielle, un peu distraite parla gravure, si elle a ses inconvénients a aussi ses avantages. Il est rare qu’en allant ainsi à l’aven-
- ture, sans savoir où, on ne tombe pas sur un passage piquant où l’utilité du renseignement précis donné par un Français qui a fréquenté l’Angleterre, c’est-à-dire qui sait le prix du temps, et n’aime pas à baliverner, à baguenauder, est relevée par le sel d’un humour plus léger que Y humour anglais.
- C’est ainsi qu’en nous fiant aux bonnes fortunes du hasard, en piquant dans le tas, comme on dit vulgairement, au hasard de la fourchette, dans cette macédoine de détails sur les monuments, le costume, le paysage, les mœurs, les usages, nous avons plus d’une fois ramené des morceaux savoureux et des renseignements dont l’os est plein de moelle. Sur la vie publique et intime en Angleterre, sur les journaux, les clubs, les chemins de fer, les cimetières nous avons appris plus d’une chose que nous ignorions et que beaucoup ignorent comme nous. Nous nous sommes défaits, par exemple, du préjugé encore enraciné en France que les Anglais adorent la viande saignante, et qu’on fait la cour à leur appétit en leur servant du bœuf à peine cuit. C’est tout le contraire qu’il faut faire pour leur plaire, et ils se plaignent hautement du préjugé qui leur fait faire à Paris tant de mauvais dîners que l’on croit qu’ils trouvent bons. Nous n’avons pas été surpris du dédain un peu trop pratique peut-être de la mort qui rend ceux qu’elle frappe inutiles, improductifs, en,vertu duquel ils enterrent leurs décédés avec une hâte sans cérémonie, et presque sans respect. Personne ne se dérange, ne se découvre, sur le passage d’un mort allant à sa dernière demeure. Les corbillards, que suivent à peine quelques voitures de deuil, prennent la file sans plus de façon et vont se ranger devant des tombes creusées et entretenues par des sociétés par actions, qui font de bonnes affaires et distribuent des dividendes.Les cimetières, propriété de compagnies d’actionnaires, les Anglais seuls étaient capables de trouver cela.
- Ce n’est pas seulement Londres qui sera dans un siècle une ville de neuf millions d’âmes si la progression continue, que nous peint, sous tous ses aspects, M. P. Villars; c’est aussi la province anglaise, l’Ecosse avec ses châteaux et ses lacs, l’Irlande où la nature indifférente fait un magique décor à des misères proverbiales. La part réservée à l’Irlande nous a paru dans le livre un peu abrégée, écourtée.
- Dans la curieuse et brillante galerie des grandes résidences de l’aristocratie britannique, il nous semble aussi avoir remarqué l’absence d’un croquis d’Abbostford, le château de Walter Scott, et de Newstead-Abbey, célèbre par le souvenir de lord Byron. Mais il y avait tant à faire pour l’auteur et le dessinateur, que nous comprenons ces oublis, en les regrettant. Mais cette légère et inévitable part faite à la critique , nous nous empressons de finir par un éloge mérité en disant que l’ouvrage, varié et curieux comme son sujet, est tout à fait digne d’inaugurer cette brillante collection dont le succès est certain.
- M. de Lescure.
- —......^ ^ ^ -----------------
- LES THÉÂTRES
- Théâtre national de l’Opéra. — Le Cid, grand opéra, de MM. d'Ennery, Gallet et Blau, musique de M. Massenet.
- Notre théâtre national de l’Opéra a eu lundi dernier une de ses plus belles soirées, une véritable soirée de gala. M. le président de la République assistait dans son avant-scène, entouré de sa famille et de sa maison, à la première représentation du Cid. Toute l’aristocratie des deux rives, la finance, l’art, des étrangers de distinction venus exprès à Paris, emplissaient la vaste salle et accueillaient de leurs bravos cette belle manifestation de l’art dramatique et musical de l’école française. La renommée a déjà porté aux quatre coins de l’Europe le succès de l’Opéra de M. Massenet et je suis heureux de pouvoir le constater dans ce modeste courrier. Je dois aussi des hommages aux deux directeurs MM. Ritt et Gailhard, aux peintres des décors et aux artistes incomparables qui ont interprété l’œuvre nouvelle. Il y aura toujours en France deux génies qui domineront tout : le patriotisme et l’art. L’opéra de M. Massenet a été mis sur pied en deux mois; nous voilà donc sortis des lenteurs légendaires ; chacun s’est mis avec ardeur au travail ; les chanteurs ont répété chaque jour, les musiciens de l’orchestre, les choristes, tout le monde a montré un dévouement au-dessus de tout éloge. Le public les récompensera... et les directeurs aussi.
- Le théâtre des Nations a repris Notre-Dame de Paris ; c’est une concession faite à des sympathies, mais le choix pouvait être mieux fait ; sans fouiller dans les vieux meubles on eût pu trouver de l’inédit parmi les manuscrits qui dorment sans être lus. Il faut le talent de Lacressonnière qui est un superbe Quasimodo, ou Taillade dans Claude Frollo pour secouer les spectateurs ; ou bien encore Mme Marie Laurent qui a été acclamée. Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AR.RAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 13 Décembre 1885.
- NUMÉRO 5o.
- SOMMAIRE :
- i. L'Exposition de 1889; 2. Chambre des députés; 3. Les concours régionaux; 4. Exposition d'animaux gras à Buda-Pesth ; 5. Echos; 6. Congrès agronomique de Gouda; 7. La Question économique; 8. Conférence; 9. Les Livres; 10. Boite aux Lettres; 11. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Quelque esprit malin aurait-il fait disparaître du ministère du commerce la collection du Journal officiel ? On le croirait. Il y a un peu plus d’un an ce journal publiait le décret suivant du président de la République :
- Le président de la République française,
- Sur le rapport du ministre du commerce,
- Décrète :
- Article premier. — Une exposition universelle des produits industriels s’ouvrira à Paris le 5 mai 1889, et sera close le 31 octobre suivant.
- Les produits de toutes les nations seront admis à cette exposition.
- Art. 2.— Un décret ultérieur déterminera les conditions dans lesquelles se fera l’exposition universelle, le régime dans lequel seront placées les marchandises exposées et les divers genres de produits susceptibles d’être admis.
- Art. 3. — Le ministre du commerce est chargé de l'exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 8 novembre 1884.
- Jules GRÉVY.
- Pai" le président de la République,
- Le ministre cia commerce, Maurice ROUYIER.
- Or, le 4 décembre 1885, sans que ce décret ait été rapporté, le ministre du commerce, dont on connaît cependant les opinions si libérales en faveur des expositions, a adressé la circulaire suivante aux présidents des principales Chambres Syndicales et des Chambres de commerce :
- Paris, 4 décembre 1885. Monsieur,
- Vous n’ignorez pas qu’il est question d’organiser à Paris une Exposition universelle en 1889. Avant de demander aux Chambres les crédits nécessaires, le gouvernement désire connaître quel est, à ce sujet, l’avis des PROJET D’EXPOSITION représentants autorisés du en 1889 commerce, de l’industrie et _______ —=». du travail national.
- Je vous serai, en conséquence, obligé d’inviter la Chambre que vous présidez à en délibérer, et, pour le cas où vous en approuveriez le principe, de m’indiquer si cett-exposition vous paraîtrait devoir être internae
- MINISTERE
- DU COMMERCE
- Circulaire u° 181
- Direction du
- COMMERCE INTÉRIEUR
- m DIVISION Bureau de l’Industrie
- tionale ou s’il y aurait lieu, au contraire, de lui conserver un caractère purement national.
- Il y a intérêt à être fixé le plus promptement possible sur ces deux points ; je vous prie donc de vouloir bien me faire parvenir la délibération de votre'Chambre dans un très bref délai.
- Recevez, monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le ministre du commerce, Lucien DAUTRESME.
- Il nous semble que le décret du 8 novembre 1884 est explicite et formel : Une exposition universelle des produits industriels s’ouvrira à Paris, etc ; ’
- Les produits de toutes les nations seront admis à cette exposition.
- Comment expliquer alors autrement, que par une erreur, commise dans les bureaux que le nouveau ministre du commerce s’adressant aux présidents de Chambres syndicales leur écrive. « Vous n’ignorez pas qu’il est question d’organiser à Paris une Exposition universelle ! Faites-moi donc savoir, dans le cas où vous approuveriez cette idée d’exposition, si vous croyez qu’il vaille mieux faire une exposition nationale plutôt qu’internationale! ! »
- M. le Président de la République avait-il le droit de signer le décret cité plus haut? Sans aucun doute, car voici le texte du décret, signé par le maréchal de Mac-Mahon et relatif à l’Exposition de 1878.
- « Le Président de la République,
- « Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète:
- «Article 1er. — Une Exposition universelle de produits agricoles et industriels s’ouv.rira à Paris le 1er mai 1878 et sera close le 31 octobre suivant.
- « Les produits de toutes les nations seront admis à cette Exposition.
- « Article 2. — Un décret ultérieur déterminera les conditions dans lesquelles se fera l’Exposition universelle, le régime sous lequel seront placées les marchandises exposées et les divers genres de produits susceptibles d’être admis.
- « Article 3. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- « Fait à Versailles, le 4 avril 1876.
- « Mal de MAC-MAHON.
- « Par le Président de la République :
- « Le ministre du commerce et de Vagriculture,
- « TEISSERENC DE I30RT. » ,
- Le rapport officiel de l’Exposition de 1878 commence en ces termes :
- « Au commencement du mois d’avril 1876 deux décrets du président de la République, insérés au Journal officiel à quelques jours d’intervalle annoncèrent à la France et bientôt
- au monde entier qu’une Exposition universelle internationale de l’agriculture, de l’industrie et des Beaux-Arts, s’ouvrirait à Paris le 1er mai 1878 et serait close le 31 octobre de la même année. »
- Donc en 1878 le décret du maréchal de Mac-Mahon a été le point de départ de toutes les opérations qui ont eu trait à cette Exposition
- Pourquoi n’en est-il pas de même pour 1889 ?
- Pour notre part, il nous semble hors de doute que le décret qui a déterminé le caractère universel et international de l’Exposition de 1889 doit être mis à exécution ; d’abord parce qu’il ri’a pas été rapporté, ensuite parce qu’il répond aux voeux de l’immense majorité de l’opinion. •
- Tel-a été d’ailleurs, d’après nos renseignements, l’avis du conseil des ministres ; tel serait particulièrement celui de l’honorable ministre du commerce. L’envoi delà circulaire ci-des-sus reproduite ne serait qu’un acte de condescendance envers un ou deux membres du cabinet dont les préférences pour une exposition nationale sont connues II ne doit cependant subsister aucun doute sur le caractère qui doit être celui de l’Exposition de 1889. Faire une exposition purement nationale ce serait remonter à 1810 ou à 1820, à l’époque des diligences et du roulage ; ce serait remonter aune époque où il était plus difficile de faire parvenir à Paris un colis expédié de Marseille qu’aujourd’hui de faire le même envoi de St-Pétersbourg.
- Une exposition ne peut être vraiment grandiose que si elle est internationale ; c’est à cette seule condition que les étrangers viennent en foule la visiter. Or nous pensons bien que le Gouvernement est décidé à surpasser en 1889 tout ce qui aura été fait jusqu’à ce jour.
- L’exposition de 1889 doit donc être universelle, et elle le sera.
- Ii.-F. Cabirau.
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- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- PROJET DE LOI
- relatif aux récompenses à décerner à l’occasion de l’exposition d’anyers en i885.
- EXPOSÉ DES MOTIFS Messieurs,
- • Obéissant au désir de développer nos relations commerciales et. aux considérations d’intérêt général qui vous guident toujours en pareille circonstance, vous n’avez pas hésité à voter l’an dernier des crédits destinés à permettre aux industriels et aux artistes français de prendre part à l’Exposition universelle d’Anvers.
- Encouragés par l’État, nos nationaux ont
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Décembre i885
- répondu avec empressement à l’appel qui leur était adressé ; et les résultats qui, dans votre pensée, comme dans celle du Gouvernement devaient être le fruit de cette mesure ont répondu pleinement à votre juste attente.
- Dans la section industrielle qui occupait une superficie de plus de vingt mille mètres carrés, 2,300 exposants français ont réuni, à côté des produits les plus élégants de nos industries d’art, les articles à bon marché qui nous permettent aujourd’hui de lutter avec avantage contre les objets de fabrication étrangère que leur bas prix faisait parfois préférer aux nôtres.
- La section coloniale installée dans le pavillon cambodgien, admirée de tous les visiteurs, comptait plus de 2,000 exposants et offrait avec des documents sérieux pour une étude approfondie de nos possessions sur les différents points du globe, un important témoignage de l’activité déployée par leurs habitants.
- De son côté, la section française des beaux-arts a augmenté dans une large mesure battrait de l’exposition, grâce aux œuvres que 400 de nos artistes, peintres, sculpteurs, graveurs et architectes ont tenu à honneur d’y envoyer.
- Enfin les deux concours d’animaux reproducteurs tenus à Anvers les 29 juin et 11 juillet ont fourni à nos éleveurs l’occasion de remporter un magnifique succès que résume le chiffre de 107 prix attribués à la France.
- Le Jury de b Exposition appelé à décerner les récompenses aux exposants, qui s’étaient particulièrement signalés, a accordé aux exposants français 215 diplômes d’honneur sur 600. Il a été en outre accordé aux exposants français 476 médailles d’or, 570 médailles d’argent, 380 médailles de bronze, 197 mentions honorables, soit un total de 1,836 récompenses.
- En présence de ces résultats nous avons pensé que le Gouvernement avait le devoir de récompenser par des promotions dans l’ordre de la Légion d’honneur,, ceux de nos nationaux qui ont le plus uiilement contribué à assurer à la France l’un des premiers rangs à l’exposition d’Anvers. La loi du 25 juillet 1873 a, il est vrai, limité à la moitié des extinctions le nombre des croix de la Légion d’honneur, mis à la disposition du Gouvernement. Mais il a été plusieurs fois dérogé à cette règle : en 1874, après l’exposition de Vienne ; en 1876, après l’exposition de Philadelphie ; en 1878, après l’exposition universelle ; en 1881, après les expositions de Melbourne, de Sidney, puis après l’exposition d’électricité; en 1883, après l’exposition d’Amsterdam. Enfin, tout récemment encore, après l’exposition d'hygiène de Londres et après celle de l’Union centrale des arts décoratifs, les Chambres ont autorisé le Gouvernement à décerner exceptionnellement, en dehors du contingent réglementaire, un nombre déterminé de décorations aux personnes qui avaient obtenu des succès dont l’honneur rejaillissait sur le pays.
- Ces mesures se justifient d’autant mieux que les Français qui prennent part à ces expositions sont guidés moins par l’intérêt personnel que parle désir de soutenir à l’étranger l’honneur du travail national et de montrer à tous que, par ses richesses et son activité, la France tient encore un des premiers rangs parmi les nations.
- Ils remplissent donc ainsi une mission profitable au bien de tous et font acte d’un dévouement patriotique dont nous ne pouvons les récompenser que par des distinctions honorifiques.
- C’est pour ces motifs que nous vous deman dons de vouloir bien, suivant l’usage auquel vous vous êtes toujours conformés en pareille circonstance, nous mettre en mesure d’accorder à l’occasion de l’Exposition d’Anvers, des récompenses de cette nature, en vous autorisant à faire dans l’ordre national de la Lé-
- gion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et des promotions, dont le nombre ne pourra dépasser quatorze croix d’officier et soixante-cinq croix de chevalier.
- La répartition de ces croix serait opérée entre nos différents départements, de la manière suivante :
- Ministère de la Marine et des Colonies :
- Deux croix d’officier.
- Dix croix de chevalier.
- Ministère de l'Instruction publique , des Beaux-Arts et des Cultes :
- Deux croix d’officier.
- Sept croix de chevalier.
- Ministère de l'Agriculture :
- Une croix d’officier.
- Six croix de chevalier.
- Ministère du Commerce :
- Neuf croix d’officier.
- Quarante-deux croix de chevalier.
- PROJET DE LOI
- Le président de la République française, Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le Ministre de la Marine et des Colonies, par le Ministre de l’Instruction publique , des Beaux-Arts et des Cultes, par le Ministre de l’Agriculture et par le Ministre du Commerce qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article unique.
- A l’occasion de l’Exposition universelle d’Anvers, le Gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- Quatorze croix d’officier.
- Soixante-cinq croix de chevalier.
- Fait à Paris, le 3 décembre 1885.
- Le Président de la République française, Signé: Jules GRÉVY.
- Par le Président de la République :
- Le Ministre de la Marine et des Colonies,
- Signé : GALIBER.
- Le Ministre de VInstruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, Signé: René GOBLET.
- Le Ministre de U Agriculture,
- Signé : GOMOT,
- Le Ministre du Commerce, Signé : DAUTRESME.
- Dans notre prochain numéro nous étudierons cette question des croix qui intéresse nos artistes, nos industriels.
- Disons seulement aujourd’hui que si M. le Ministre du Commerce est embarrassé pour distribuer des décorations à l’occasion de l’exposition d’Anvers, il n’a qu’a suivre l’exemple de son collègue belge : faire un choix parmi les industriels qui ont obtenu un diplôme d’honneur à Anvers et à une exposition universelle précédente. Il pourra ensuite récompenser le dévouement de quelques délégués adjoints, mais s’il veut faire œuvre de justice il laissera vierges, ou dans le même état, les boutonnières de tous les commissaires, sous-commissaires, employés, etc., etc.
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- LES CONCOURS RÉGIONAUX
- Les circonscriptions des concours régionaux agricoles sont fixées ainsi qu’il suit à partir du 1e1' janvier 1887 :
- ir0 Circonscription. —Seine-et-Marne, Meuse, Seine-et-Oise, Vosges, Aisne, Haute-Marne, Somme, Aube, Pas-de-Calais, Marne, Oise, Meurthe-et-Moselle, Nord, Ardennes, Seine.
- 2e Circonscription. — Ille-et-Vilaine, Sarthe, Côtes-du-Nord, Orne, Loire-Inférieure, Manche, Morbihan, Calvados, Finistère, Seine-Inférieure, Maine-et-Loire, Eure-et-Loir, Mayenne, Eure.
- 3e Circonscription. — Nièvre, Doubs, Indre-et-Loire,” Saône-et-Loire, Indre, Yonne, Loir-et-Cher, Ain, Loiret, Jura, Allier, Haute-Saône, Cher, Côte-d’Or, Territ. de Belfort.
- 4e Circonscription. — Vienne, Gers, Dordogne, Basses-Pyrénées, Vendée, Landes, Deux-Sèvres, Ariège, Charente-Inférieure, Hautes-Pyrénées, Gironde, Haute-Garonne, Charente, Lot-et-Garonne, Haute-Vienne.
- 5e Circonscription. — Corrèze, Loire, Lot, Ardèche, Tarn, Lozère, Cantal, Haute-Loire, Aveyron, Rhône, Tarn-et-Garonne, Puy-de-Dôme, Creuse.
- 6e Circonscription. — Isère, Pyrénées-Orientales, Haute-Savoie, Gard, Vaucluse, Var, Basses-Alpes, Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Aude, Drôme, Hérault, Savoie, Bouches-du-Rhône, Corse.
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- EXPOSITION D’ANIMAUX GRAS
- A BUDAPEST
- Bœufs gras. — La première exposition des animaux gras a attiré à Pest une foule de visiteurs auxquels elle a offert un spectacle des plus intéressants. Les espèces bovine et ovine y ont été représentées par des spécimens remarquables, engraissés en majeure partie dans les distilleries et atteignant des poids considérables. Il ne semblerait pas toutefois qu’il existât encore une juste proportion entre le développement de la graisse et celui de la viande chez les bœufs engraissés dans les distilleries. Si l’on considère que la valeur de la graisse représente moins de la moitié du prix de la viande, on admet qu’il n’est pas dans l’intérêt du producteur, et encore moins dans celui du consommateur, de pousser outre mesure au développement de la graisse. Pour en prendre
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- Première Année. — N° 5o.
- un exemple, le prix de la viande est aujourd’hui sur le marché de Presbourg, pour les animaux gras, de 60 à 61 florins par quintal métrique (poids de boucherie), tandis que celui de la graisse brute n’atteint que 24 florins au maximum. Le prix de la viande des bœufs engraissés par les agriculteurs est en général de 3 à 4 florins meilleur marché que celui de la viande des bœufs engraissé? dans les fabriques, mais il va sans dire que les spécimens exposés de ces derniers atteignent une valeur bien supérieure aux prix courants du marché. Les bœufs de la distillerie Lin-zer, par exemple, qui se sont fait remarquer par leur qualité supérieure, ont été vendus au prix de 76 à 77 florins le quintal métrique (poids mort) ; d’autres ont atteint le prix de 68 à 70 florins. Parmi les bœufs à l’engraissement agricole, ceux de M. Leidenfrost ont été payés jusqu’à 68 florins les 100 kilogrammes.
- Les prix de la viande sur le marché de Pest sont sensiblement moins élevés qu’à Presbourg; il est vrai qu'elle y est généralement d’une qualité inférieure. Dans le courant de mai, la viande de bœuf gras de bonne qualité s’est élevée à une moyenne de 53 à 5q florins par quintal métrique (poids mort).
- On sait que la proportion entre le poids vif et le poids mort varie très sensiblement suivant le degré d’engraissement. Elle est calculée au moyen d’une déduction de tant pour cent sur le poids vif. Pour les bœufs engraissés dans les fabriques (de il-e qualité), cette déduction est de 28 à 29 p. 100. Elle est beaucoup plus élevée pour les produits de l’engraissement agricole et varie entre 34 et 36 p. 100 ; cependant il arrive que cette proportion diminue pour ces derniers. Ainsi les bœufs deM. Leidenfrostquiontété mentionnés plus haut ont été vendus avec une déduction de 3i 1/2 p. 100 seulement sur le poids vif. Toutefois il ne faut pas croire que l’engraissement agricole présente en général des résultats aussi satisfaisants. Les bœufs exposés ont été à l’engraissement pendant dix à douze mois et plus, tandis que la période d’engraissement ne devrait pas dépasser sept à huit mois. Aussi, malgré les prix élevés de vente, les engraisseurs pour l’Exposition; n’ont pas réalisé les bénéfices que leur aurait assuré un. engraissement-normal.
- Pour faire suite à ces observations, je crois utile d’ajouter que les bœufs maigres de bonne qualité et les jeunes bétes propres à l’engraissement se payent aujourd’hui couramment de 320 à q5o florins la paire, tandis que les bêtes vieilles, fatiguées par le travail, valent de 25o à 020 florins. Le prix par quintal métrique (poids vif) est pour les premiers de 3o à 36 florins, tandis que pour les seconds il varie entre 26 et 3o florins.
- La maison de M. Cari Linzer semble avoir atteint la perfection de l’engraissement rationnel avec les deux bœufs issus d’un croisement de Bernois, pesant 27 quintaux métriques et avec les deux jumeaux de race Mürzthaler qu’elie a exposés. Ces quatre bœufs ont été vendus 2,200 florins, soit 1,100 flori-fis la. paire, ce qui fait revenir le prix de la viande abattue à 80 florins les 100 kilogrammes, prix très élevé qui ne peut être compensé que par la qualité supérieure de la viande. Les douze autres échantillons de race hongroise exposés par cette maison sont des spécimens remarquables. Une partie en a été vendue à un boucher de Pest au prix de 1,000 florins la paire.
- Les bœufs de race Mollthaler présentés par la société de distillerie de Szeged ont attiré l’attention. Ceux du comte de Brunswick, de race occidentale, offraient le type exact des 800 bœufs engraissés annuellement dans sa terre de îvlarton-vasar (r).
- Moutons gras. — Lkigriculture hongroise s’adonne depuis quelque temps à l’engraissement rationnel des moutons. Encouragée par les exemples de l’Angleterre, de la France et de l’Allemagne, elle recherche enfin les croisements profitables à l’engraissement. Les Rambouillet acclimatés dans la Silésie prussienne et les races anglaises lui fournissent le plus gros contingent. Un importateur très capable, établi à Budapest, se charge de
- (1) Le eh'lire t_>n'. An bce.ifs expovJs s'est élevé à 271. -
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- faire venir d’Angleterre les races des Leicester, Southdown, Oxfordshiredown, Hampshiredown, Cotswold, Kentish Sheep, Shropshiredown, etc., et cette collection a été représentée brillamment à l’exposition de Budapest. On peut la diviser en cinq groupes :
- NOMBRE ANIMAUX des eiposants esposés
- Mérinos.......................... 9 378
- /français et autres à laine
- \ peignée................. 5 35
- Moutons/, , • r .
- ,a lame rnsee et croisée. 1 4
- * [anglais pour la boucherie 3 21
- Croisés.......................... 21 54 3
- Totaux.... 3p 981
- Le diplôme d'honneur a été décerné, à l’unanimité, aux frères Leidenfrost (fermage général de Léva), dont les Rambouillet et les croisements de Leicester ont attiré l’attention générale. Les moutons de quatorze mois de MM. Leidenfrost, de trois quarts de sang, pesaient en moyenne 80 kilogrammes, tandis que le poids moyen des bêtes de demi-sang âgées de vingt-six mois atteignait q3 kilogrammes. On a offert 38 kreutzers par kilogramme (poids vif) des vingt-deux moutons exposés, sans déduction de poids.
- On a beaucoup remarqué les Mérinos (Electoral Negretti) du comte Louis Larolyi, propriétaire de la célèbre bergerie de Fot-Megyer, et les produits de leur croisement avec Cotswold, dont on poursuit le développement depuis 1881. Le propriétaire et le directeur ont été l’objet de mentions hono-tables.
- Là comtesse Wimpfen, née Sina, a exposé douze Electorat Negretti provenant des bergeries d’Ercsi et d’Erd, qui comptent environ 44,000 bêtes et dont 1,000 sont expédiées annuellement à Paris. Cette exposition a obtenu la médaille de bronze.
- Les domaines des haras royaux de Kisbér et de Mezohegyes ont exposé ensemble plus de 3oo têtes de mérinos gras. Les haras de Babolwa et de Kisbér ont envoyé 3oo croisements de mérinos-southdown, oxfordshiredown et Costswold-méri-nos. Leur ensemble a témoigné hautement des bons résultats obtenus par les fonctionnaires de l’État hongrois et mérite une mention spéciale. Cette exposition a été mise hors concours. C’est le haras de Kisbér qui a fourni, sans contredit, les meilleurs spécimens dans cette exposition collective. Les croisements des Cotswold et les Soutdown ‘s’y sont distingués particulièrement. Ils pesaient, au moment de la livraison, 72 kilogrammes.
- L’exposition de M. Léon Salamons a offert des spécimens très réussis de race anglaise pure provenant de la Prusse occidentale, pour lesquels il a obtenu un prix de 1,000 francs. Ses croisements de rambouillet-negretti avec des oxfordshiredown ont été admirés. Les produits de ces croisements pesaient, à quatre mois, de 52 à 57 kilogrammes ; à quatorze riiois et demi, de q5 à 102 kilogrammes; à vingt-sept mois, i3o kilogrammes environ. L’offre a été, dit-on, de 35 kreutzers par kilogramme.
- Comte de Laugiers-Villars, Consul général de France à Budapest.
- ÉCHOS
- Paris
- MM. les membres de la Société des artistes français sont convoqués en assemblée générale ordinaire pour le jeudi 17 décembre, à trois heures et demie, au palais de l’Industrie (Champs-Elysées), salle Saint-Jean, porte n° 5.
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- L’exposition annuelle de l’Union des femmes peintres et sculpteurs 'aura lieu au palais^ des Champs-Elysées, du 12 février au 14 mars 1886.
- Le dépôt des ouvrages doit avoir lieu les 5 et 6 février.
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- Le recensement quinquennal de la population en France, est fixé au 28 mars 1886.
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- Le square d’Anvers, situé près du college Rollin, va être l’objet d’une décoration artistique sur
- Dimanche i3 Décembre 1 SS5. — 393.
- laquelle le conseil municipal a donné son avis. Il est question de mettre sur la colonne en pierre qui s’élève au milieu des plates-bandes de cette place une figure ailée analogue à celle de M. Crauck qui décore'le square des Arts-et-Métiers.
- L’administration propose de confier l’exécution du modèle de cette statue à M. Coutan, le jeune statuaire qui, il y a deux ans, a remporté avec M. Formigé le prix du concours ouvert pour ériger à Versailles le monument de la Constituante.
- Sur les pelouses, à droite et à gauche de cette colonne centrale, on mettrait les statues en bronze de Diderot et de Sedaine, achetées par la Ville au sculpteur Lecomte. •"
- La dernière de ces œuvres décore actuellement le square Parmentier dans le onzième arrondissement.
- La ville se propose également d’installer, au centre du square de Montrouge, le groupe en bronze de Fradin, représentant un cheval attaqué par un lion, qui décore depuis plusieurs années un des bas-côtés de ce jardin, et de placer à droite et à gauche de ce motif principal la Pai/sanne d'Auvergne de M. Monbur et la statue du Travail, de M. Le Bourg, placée provisoirement au palais de l’Industrie, dans la grande nef de l’Exposition.
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- Neuf tableaux provenant de la collection Saint-Albin viennent d’être placés dans la grande salle du musée Carnavalet; ce sont les portraits de Camille Desmoulins, Fauchet, Barrère, André Chénier, Michel Lepelletier, Couthon, Saint-Just et Chau-mette. L’administration de ce musée a pris, dit-on, l’excellente initiative de faire distribuer gratuitement aux visiteurs un catalogue succinct donnant des renseignements tant sur les collections que sur l’hôtel Carnavalet. Cette innovation mérite d’ètre signalée.
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- Départements
- La 22e exposition annuelle de la Société des Amis des arts de Pau aura lieu du 15 janvier au 15 mars prochain. Le dernier délai pour les envois expire le 20 décembre.
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- Aux mêmes dates auront lieu l’ouverture et la fermeture de l’exposition annuelle de la Société des Amis des arts de Lyon.
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- Un concours est ouvert pour un emploi d’attaché à la conservation du musée national de Saint-Germain en Laye (département des antiquités gallo-romaines). Un délai de vingt jours est accordé aux candidats pour produire leurs titres. Les demandés et les pièces qui les accompagneront devront être adressées au ministère de l’instrwction publique, des beaux-arts et des cultes (bureau des musées et des expositions, 3, rue de Valois).
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- ETRANGER
- Allemagne
- Un comité s’était formé à Hambourg, dans le courant de l’année dernière, pour l’organisation d’un musée, consacré à l’histoire de la ville.
- Ce musée a été ouvert le dimanche 6 décembre dernier, sous forme d’exposition historique et rétrospective des arts et métiers, dans une maison du marché au poisson, dont l’origine remonte au xive siècle.
- L’ensemble en est, paraît-il, extrêmement intéressant.
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- La Société des Amis des oiseaux d’Altona a terminé, dans son assemblée générale du 4 décembre, le programme de l’exposition d’oiseaux qu’elle prépare pour les 16,17 et 18 janvier. Nous croyons savoir que l’organisation d’une loterie a été décidée dans la même séance.
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- L’exposition culinaire de Cologne, dont nous avions annoncé l’ouverture, vient de fermer ses portes.
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- Une collection, comprenant trente-cinq œuvres d’art, et mise à la disposition du comité direedeur par la princesse impériale et quelques amateurs, vient d’ètre annexée, la semaine dernière, à l’exposition internationale de sculpture polychrome de Berlin, dont, disons-le en passant, le succès s’affirme de jour on jour.
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- , Le dernier recensement du premier décembre 1885, pour la population de Berlin, a donné un total de 1,316,382 habitants, soit une augmentation de 200,000 âmes depuis le recensement de 1880.
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- Une exposition historique et rétrospective régionale est ouverte à Bannen, depuis quelques jours. *
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- Le service des nouveaux steamers postaux commencera le 1e1' juillet prochain.
- Voir la suite page 402.
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- 4oo et
- soi. — Première Année — N® 3o
- LE MONITEUR DE L'E^POSJTION DE 1889
- Dimanche i3 Décembre 18SL
- MODÈLE DU DIPLOME DE L'EXPo$iTion DE CALCUTTA (iSSi-S-i,.
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- 402.
- Première Année.
- N° 5o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Décembre i883.
- Nous croyons pouvoir affirmer à ce sujet que le choix définitif du gouvernement allemand s’arrêtera sur Flessingue, malgré les efforts du gouvernement belge tendant à taire désigner Anvers comme port d’attache.
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- Les Sociétés des beaux-arts ont été invitées officiellement à participer à l’exposition internationale qu’organise l’Académie des beaux-arts de Berlin, à l’occasion de son centenaire, et qui aura lieu, nous le rappelons, de mai à octobre 1886.
- Envois, du 1er au 30 mars.
- Angleterre
- On nous signale comme assez, intéressante l’exposition del ’ Institutc oj P inters in O il Colours (Piccadilly, Londres).
- Une exposition culinaire internationale est ouverte au Royal Aquarium, (Westminster, Londres) depuis 'le lundi 7 décembre. La fermeture est fixée au samedi 19 courant.
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- Agricultural Hall.
- Le quatre-vingt-huitième concours agricole du Smithsrield Club a été inauguré avec beaucoup de succès le lundi 7.
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- Glasgow institute offine arts. '
- M. Robert Walker, secrétaire, invite les artistes à participer à la 25e exposition de l’Institut qui ouvrira à Glasgow, le 2 février prochain, pour prendre fin le 30 avril.
- L’exposition comprendra la peinture à l’huile et l’aquarelle.
- Les envois devront être faits chez MM. Guinchard et Fourniret, 76, rue Blanche, à Paris, au plus tard le 18 décembre.
- L’envoi de chaque artiste est limité à2 tableaux. *
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- Autriche Hongrie
- On nous signale une exposition des produits industriels et agricoles de la Hongrie, organisée à Budapesth, par les soins du Dr Ivetenay, consul du Portugal.
- Cette exposition a ôté installée sur la demande du gouvernement portugais et les objets qui y figurent iront enrichir les musées commerciaux du Portugal, complétant ainsi les données, théoriques fournies au commerce par les agents du Portugal en Autriche-Hongrie.
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- L’exposition des industries d’art, organisée.à l’occasion des fêtes de Noël dans le musée autrichien des arts et métiers de Vienne, par.les industriels de la ville est, parait-il, la plus brillante des •expositions de ce genre qui ait encore eu lieu.
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- Chine
- Une découverte archéologique des plus curieuses vient d’ètre faite dans, la province de Chang-Si. Il s’agit d’une collection très importante de monnaies romaines, n’embrassant pas moins de 13 règnes, depuis Tibère jusqu’à Auré-lien.
- Espagne
- Le projet d’une exposition universelle à Madrid, au printemps prochain, dont nous avons parlé les premiers au moment où il en fut question pour la première fois, recrute chaque jour de nombreux adhérents. La municipalité cède un terrain de 430,000 mètres do superficie, au Buen-Retiro.
- CONGRÈS AGRONOMIQUE
- DE GOUDA
- A l’occasion d’une exposition nationale d’agriculture qui vient d’avoir lieu à Gouda, dans la Hollande méridionale, il s’y est tenu un congrès agronomique dont les délibérations me paraissent devoir être signalées, en raison des tendances libérales qui y ont prévalu, contrairement à ce qui se passe actuellement dans la plupart des États de l’Europe.
- La plus importante des questions soumises au congrès a été celle de savoir s’il fallait introduire des droits protecteurs à l’importation des produits agricoles.
- Les défenseurs de la thèse protectionniste n’ont pas manqué d’invoquer la nécessité de se garantir contre la concurrence des États-Unis, des Indes
- et de l’Australie. Dans ce sens et en réponse à ceux qui conseillent de substituer les prairies aux terres arables, il a été allégué que le prix du beurre et du fromage avait baissé ; il paraît que le beurre souffre de la concurrence de la margarine et de celle du beurre danois. Quant à l’élevage du bétail, outre les envois de l’Amérique, il ressent le contre-coup des mesures prises par la France et par l’Allemagne pour protéger leur bétail. Le président du Congrès, M. Van der Breggen, n’a pas craint d’affirmer que la dépréciation subie par la propriété foncière dans les Pays-Bas pouvait être évaluée à un milliard de florins, correspondant aune diminution moyenne de 5oo florins par hectare.
- Malgré l’état de souffrance qu’attesteraient ces chiffres, la nécessité des droits protecteurs a été énergiquement contestée. On a soutenu que la conrurrence étrangère n’était pas la seule cause du mal et que l’origine de la crise devait plutôt être cherchée dans l’augmentation excessive du prix de location des terres, dans les mauvaises récoltes et aussi dans les habitudes de luxe qui avaient envahi les campagnes. On a émis l’avis que les droits sur les céréales ne pouvaient qu’exercer une influence pernicieuse sur le bien-être général et frapperaient surtout la classe moyenne et la classe inférieure.
- Finalement, le congrès s’est prononcé à une très grande majorité, contre l’établissement de droits protecteurs sur les céréales.
- Ce résultat est dû à ce fait que la Hollande, qui est un pays de commerce et d’exportation agricole, reste fidèle en général au principe du libre échange, et aussi à cet autre fait que les souffrances ne sont pas aussi vives dans les pays d’élevage qui forment la majeure partie de la Néerlande. Là où les terres à blés et à betteraves dominent, comme dans le Limbourg, le Brabant et la Zélande, les délibérations des chambres de commerce réclament une protection pour l’agriculture.
- Un professeur de l’école agricole de Wagenin-gen, M. Meyer, a émis l’avis que, pour échapper aux dangers de - la situation actuelle, la Néerlande devrait conclure une union douanière avec la France, la Belgique et l’Allemagne, ou du moins avec l’un ou l’autre de ces divers États.
- Louis Legrand, Ministre de'France à La Haye.
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 6 décembre iSSb).
- Ce n’est pas sans raison que la plupart des délégués des Chambres syndicales ouvrières qui ont été entendus par la commission d’enquête se sont élevés contre le monopole et qu’ils l’ont considéré comme l’une des causes les plus actives et les plus influentes du malaise industriel.
- S’il est vrai de dire que la concurrence est fa force vitale de la société, qu’elle répand l’activité dans tout le corps social, en mettant en mouvement tous les moyens d’action ; par contre, on peut affirmer que le monopole est la négation même de cette activité féconde, qu’avec lui le travail s’immobilise, la vie sociale se ralentit et que la machine économique peut, à un moment donné, se détraquer, parce qu’elle est faussée. De là des crises ouvrières et industrielles-comme celle que nous traversons à cette heure.
- C’est une grave erreur de croire que ces sociétés anonymes privilégiées qui constituent une puissante" organisation qui sont comme un levier omnipotent aux mains de quelques monopoleurs, contribuent au développement du bien-être et de la richesse publics, en donnant au commerce et à l’industrie une impulsion plus rigoureuse.
- C’est bien mal connaître la féodalité financière que de supposer qu’elle peut être mue.par d’autres sentiments que par l’amour toujours inassouvi de l’argent, auri sacra famés, par le besoin sans cesse renaissant de grossir le fleuve d’or qui se déverse continuellement dans ses coffres.
- A la place du cœur, le monopoleur a un sac d’ècus. Sa seule règle de conduite c’est son égoïsme étroit ; égoïsme qui est fait de platitude et de lâche hypocrisie.
- Essayez donc de lui parler de patriotisme, de dévouement, de fraternité J. Un sourire de mépris
- plissera ses lèvres minces et avides comme celles du vampire. Est-ce qu’il connaît ces choses-là, lui?
- Qu’est-ce que la patrie? Un mot vide de sens, une abstraction qui ne dit rien à son intelligence ? Sa patrie à lui, elle est là où il y a de l’argent à gagner, des naïfs à exploiter, à voler.
- Dévouement ! ! mysticisme niais qui ne mène à rien. Pourquoi se dévouerait-il ? Pour lui, tout le critérium delà vie se résume à savoir habilement grossir la colonne des recettes de son livre de caisse.
- Fraternité ! Vous des frères ! soit, mais à la condition que je serai votre maître, que j’aurai tout et vous rien.
- Voilà le monopole dans toute sa réalité, c’est-à-dire dégagé des préjugés et de l’auréole de considération dont on s’est plu à l’entourer, bien à tort, depuis uu demi-siècle.
- Dans notre société où l’industrie et le commerce ont une importance considérable et une puissante influence sur l’état social, le monopole est plus dangereux encore que dans l’ancienne civilisation, car, non seulement il tend à accaparer les fortunes particulières, mais il crée la misère et le paupérisme.
- En n’estimant les choses qu’au point de vue de son utilité individuelle, des avantages qu’il en peut retirer, le monopole fait perdre à la valeur son caractère social et, par conséquent, lui attribue un rapport essentiellement mobile, arbitraire, et uniquement basé sur son égoïsme.
- Il ne faut point perdre de vue que le monopoleur n’agit pas comme partie intégrante de la société, qu’il ne se préoccupe nullement de l’intérêt collectif, mais de son intérêt particulier sans s’inquiéter s’il est conforme ou contraire à l’intérêt général. Gela étant, il va droit à ses fins et écrase sans pitié tout ce qui s’interpose entre lui et le but qu’il se propose d'atteindre.
- Il est toujours dangereux, pour une société, de laisser ainsi aux mains de quelques privilégiés, une force financière ou économique qu’ils peuvent employer au détriment de la chose publique et qui lui est toujours nuisible.
- D’ailleurs, toutes les exceptions, tous les privilèges sont contraires au principe d’égalité qui tend de plus en plus à passer dans nos mœurs et nos habitudes. L’idée de privilège éveille nécessairement celle de caste et lui est corrélative. Nous avons rompu avec les traditions du passé et détruit les abus les plus criants, les plus contradictoires avec nos aspirations et nos besoins sociaux pourquoi conserverions-nous plus longtemps celui-ci ? .
- On comprend que le monopole ait existé sous le gouvernement despotique. Ée souverain ayant besoin.de donner à son pouvoir les garanties les plus étendues de stabilité et de sécurité, devait nécessairement chercher son point d’appui dans la noblesse et dans le clergé qui entouraient son trône et se les attacher en les comblant de ses bienfaits, et en leur concédant tous les privilèges.. L’esprit de caste régnait alors ; et le peuple, ou pour nous servir du langage de l’époque, les roturiers ne comptaient pour rien, ne jouissaient d’aucun droit et semblaient n’avoir été créés et mis au monde que pour payer le tribut, la dime, les redevances, la taille, etc., être éternellement les esclaves de la noblesse et du clergé.
- Tout était donc monopole entre les mains de ces deux castes.
- Turgot avait compris le danger que les privilèges faisaient courir à l’Etat; il avait deviné qu’ils devaient amener la ruine de l’industrie nationale, accroître la misère du peuple et finalement aboutir à la banqueroute. Aussi les combattit-il avec une grande énergie qu’il puisait dans son amour désintéressé de la patrie. Ses sages conseils ne furent pas écoutés : On sait ce qui advint.
- Nous ne sommes plus au temps de Turgot, dira-t-on.
- Hé ! sans doute, nous le savons bien. Mais rien ne ressemble plus aux difficultés sociales et économiques de son temps, et aux injustices- qu’il flétrissait, que les embarras et les iniquités dans lesquels nous nous débattons aujourd’hui.
- Les privilèges contre lesquels il s’élevait avec tant de rigueur n’existent plus, il est vrai, pour la plupart; mais ils ont été remplacés par d’autres qui ne sont ni moins injustes, ni moins contraires à l’intérêt général du pays.
- La féodalité vaniteuse et rapace du comptoir et de la banque, la juiverie industrielle et financière a remplacé la noblesse de cape et d’épée qu’elle s’efforce de plagier avec la gaucherie du singe qui veut imiter l’homme. Comme .elle, elle pressure le peuple, elle prend la menue monnaie dans les poches du prolétaire pour emplir son coffre-fort. Et avec cet or elle trafique de tout et sur tout, même des consciences, car il y en a toujours qui sont à acheter.
- C’est le monopole qui fait sa force. Il est la pierre angulaire sur laquelle elle édifie sa richesse et sa puissance. C’est lui qui en fait une sorte d’Etat dans l’Etat, en lui permettant d’exploiter à son profit et sans concurrence, toutes les forces vives de la nation, de tout accaparer, de mettre son bon plaisir au-dessus de la loi.
- Sous le masque commode de l’anonymat, le
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- Première Année. — N° 5o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Décembre 188b. — 403.
- monopoleur peut avoir toutes les audaces, et il les a ce bravo de la finance qui ne recule devant rien, quand il croit qu’il y a un bon coup à faire. Qu’est-ce qui pourrait l’arrêter d’ailleurs ? De quoi aurait-il peur? Est-ce qu’il ne sait pas que dans notre société corrompue et agenouillée aux pieds du veau d’or, il suffit de réussir pour être absout? La justice ne songe pas à inquiéter les coquins qui volent des millions ; elle ne met la main au collet qu’au misérable qui dérobe un pain pour ne pas crever de faim sur la voie publique.
- Il serait trop long de faire ici l’énumération de tous les maux qui découlent du monopole et des privilèges accordés à certaines sociétés qui se tiennent embusquées derrière l’anonymat.
- L’envahissement du monopole dans le commerce et l'industrie a donné des résultats qui parlent trop haut pour que nous nous arrêtions à les signaler. Il a, été pour le petit commerçant et le petit industriel qui n’ont à leur disposition qu’un capital restreint, une cause de désastres et dans l’état où sont les choses l’heure n’est peut être pas éloignée où ils seront obligés de fermer la boutique.
- Mais ce côté de la question n’est pas celui qui mérite le plus de fixer l’attention. Envisagé au point de vue des intérêts de l’Etat, le monopole est encore plus dangereux; il ne s’agit plus seulement ici de l’intérêt d’une classe de citoyens, mais de la puissance vitale de la nation elle-même. Eh bien ! non seulement le monopole cause à l’Etat un préjudice financier considérable en le privant de capitaux et de ressources qui seraient mieux dans ses caisses que dans celles de quelques individus qui s’enrichissent à ses dépens, mais il le prive encore d’éléments qui contribueraient au développement de la puissance et de la richesse nationales.
- De sorte que non seulement le monopole vit des dépouilles du salariat, mais encore il appauvrit et affaiblit l’Etat.
- Nous savons bien qu’on ne veut pas le reconnaître, mais le jour viendra et il n’est peut être pas éloigné où l’on sera forcé d’ouvrir les yeux, et de contesserque l’on s’était trom é.
- Pourvu qu’il ne soit pas trop tard ?
- Etienne' MANSUY.
- (A suivre.)
- CONFÉRENCE
- FAITE AU PALAIS DE L’iNDUSTRIE Le 3i octobre i885
- üvt. :e=î.a.]veaÉ
- fondateur de l’école professionnelle du papier
- (Suite.)
- Voir le Moniteur du 6 décembre 1885.
- Les Romains employèrent beaucoup le parchemin qu’ils préparaient d’une blancheur éclatante. Il fut aussi très usité au moyen âge. Cette substance étant devenue très rare par suite du manque de fabrication, certains moines poussèrent si loin le mépris des manuscrits antiques qu’ils grattèrent les manuscrits composant leurs bibliothèques afin d’y écrire leurs propres ouvrages (1).
- Cet acte de vandalisme fit perdre de nombreux ouvrages d’auteurs célèbres tels que : Cicéron, Tite-Live, Tacite, etc.
- Le cardinal Angelo Mai (1782-1834) nommé bibliothécaire du Vatican en 1819, s’est rendu célèbre par un travail de découvertes et de restitutions des textes qui consistait à gratter de nouveau le parchemin, à déchiffrer l’écriture ancienne quelque fois mal effacée et à rétablir le texte des auteurs primitifs. C’est à lui que l’on doit notamment des fragments importants de la République de Cicéron.
- Donc, dans les temps anciens on écrivait avec des roseaux sur des feuilles d’arbres, de palmier, et autres matières qui croissaient dans les contrées habitées par les peuples qui les premiers connurent
- ........Cet art ingénieux
- De peindre la parole et de parler aux yeux.
- Après la conquête de l’Egypte par les Romains le papyrus fut presque exclusivement en usage en Italie et y fut employé jusqu’au vi° siècle, époque où l’Egypte fut envahie par les Arabes.
- Les Chinois, plusieurs siècles avant notre ère, fabriquaient du papier avec les fibres du bambou, du mûrier et aussi avec de la bourre de soie ; cet art passa de la Chine en Perse où le trouvèrent les Arabes lorsqu’ils s’emparèrent du pays en 652, mais y substituèrent l’emploi du coton.
- Pour écrire les œuvres des savants, en un mot pour faire des livres on employait des copistes. Voici ce qu’en dit Egger dans son Histoire du livre :
- (1) Ces sortes de manuscrits sont ceux que l’on appelle palim-pestes, c'est-à-dire regrattés.
- « Mais ces copistes, ces calligraphes, sur quelle « matière, avec quels instruments excerçaient-ils « leur métier ? Nous avons là-dessus des témoi-« gnages qui remontent aux premiers siècles de « l’ère chrétienne. Le recueil de petits poèmes « grecs connu sous le nom à?Anthologie, contient « sept petites pièces dont le sujet uniforme est « l’offrande d’un calligraphe à quelque divinité, « offrande mentionnant tous les outils nécessaires « à sa profession ; il donne un extrait, traduit en « vers français :
- Ce plomb mou qui réglait la marche de mes doigts,
- Ce calame assoupli pour maints détours adroits,
- Ce canif qui le fend et l’amincit, la pierre Où le roseau s'aiguise; enfin ma trousse entière Avec le polissoir, l'éponge et l'encrier,
- Jadis les instruments de mon humble métier.
- Je te les offre, ô dieu, puisque affaibli par l'âge Et ma main et mes yeux renoncent à l’ouvrage.
- Le temps nous faisant défaut pour expliquer toutes les transformations du papier depuis sa découverte jusqu’à nos jours, nous allons passer en revue les différentes périodes pendant lesquelles se sont accomplis les progrès réalisés jusqu’au xixe siècle.
- Vers le vie siècle, le papyrus ou papier d’Egypte, est employé en France, surtout pendant la période mérovingienne.
- A la fin du vnc siècle, le parchemin le remplace.
- Le papier de coton ou papier de Damas, déjà en usage chez les Orientaux, au ix® siècle, est répandu enOccident vers la fin du xie ; mais rien ne prouve qu’on en ait fabriqué en France.
- Si je vous disais que les fabricants de papier existaient dès le commencement du monde, cela pourrait paraît invraisemblable, cependant à en croire les historiens de l’antiquité, Noé avait rassemblé dans l’arche une paire de tous les animaux et insectes de la création (Nous voici au déluge). Les guêpes, dont la famille est composée de plusieurs- espèces, se divisent en guêpes car-tonnières et guêpes papetières ; ces dernières font leur nid avec du papier qu’elles fabriquent elles-mêmes, les cellules intérieures sont en carton ; et une architecture des plus solides préside à la confection de ces nids. Quant aux nids entièrement en carton, leur solidité est telle qu’une voiture de pavés passant sur un de ces nids en détruirait la forme, mais n’en séparerait pas la matière qui par sa solidité résiste à tous les chocs.
- Les Chinois, profonds observateurs de l’art des insectes, découvrirent les premiers la manière de fabriquer le papier.
- Dès le ii° siècle de notre ère, les Chinois fabriquaient déjà le papier de coton. Cette invention importée en Espagne par les Arabes, répandue peu à peu Men Italie, en Grèce, en Orient, fit tomber partout le produit contre lequel elle rivalisait, et tomba à son tour dès qu’on eut découvert le moyen de fabriquer le papier avec de vieux chiffons de chanvre ou de lin.
- Selon quelques auteurs, les premières manufactures qui furent établies en France le furent sous le règne de saint Louis, au temps des croisades, en 1270, par trois habitants de l’Auvergne qui, pendant une longue captivité, apprirent les procédés employés par les Arabes pour faire le papier et les rapportèrent dans leur pays natal. Ils s’appelaient Montgolfier , Malmenayde , Falgue-
- ROLLES.
- En passant, notez le nom de Montgolfier à qui revient l’honneur d’avoir découvert Yaérostat qui fabriqué d’abord en papier, se nommait Montgolfière. Le plus ancien document sur papier de chiffon, que l’on connaisse, est une lettre du sire de Joinville au roi saint Louis, datée de 1270. — Pierre le Vénérable, abbé deCluny, cite une autre lettre de Joinville écrite sur papier de lin, adressée en 1315 à Louis X le Hutin.
- On affirme qu’au xive siècle il existait des moulins à papier, notamment à Padoue, à Florence, en Italie et que sous le règne de Philippe de Valois, les papeteries d’Ambert, de Troyes et d’Essonne jouissaient d’une certaine réputation.
- Sous le règne de Charles VII (1422 à 1461), nous voyons apparaître la découverte de l’imprimerie, 1436 ; et s’établir de nouvelles fabriques de papier.
- Louis XI (1461-1483) donna une nouvelle impulsion à la fabrication du papier par la création des postes (ordonnance du 19 juin 1464).
- A partir de ce moment l’importance des papeteries devint telle qu’il lui fallut des règlements spéciaux pour définir les droits des maîtres et des ouvriers. Ces droits furent sanctionnés par un édit de François Ier en 1 539, flui en échange des concessions auxquelles se soumirent les ouvriers, leur accordait le privilège de porter des armes (certains auteurs disent le privilège de porter épée), privilège que leur retira Charles IX en i5yi ; cependant ils ne se soumirent point à cette ordonnance et l’on voit sous Louis XIV une sentence qui punit plusieurs d’entre eux pour avoir fait usage de leurs armes dans une querelle. _ ' ^
- Dès 1 552, la fabrication du papier avait pris à Troyes un si rapide accroissement que la ville, pour augmenter ses revenus, frappa le papier d’une taxe considérable. Henri II déchargea les fabricants de cet impôt et ordonna qu’à l’avenir le papier fût exempt de tout péage et subside.
- (Cet impôt ne fut pas le premier établi sur les matières servant à la transmission de la pensée. Comme nous l’avons vu, les Romains avait mis des droits d’entrée sur le papyrus ; mais cet impôt fut aboli par Théodoric. Cass’iodore, dans une lettre à Théodoric, félicite le monde entier de la suppression d’un droit qui.frappait un produit si nécessaire au genre humain )
- . Douze ans plus tard, Charles IX (i56o à 1574) signa les premières lettres patentes qui établissaient une imposition sur chaque rame de papier. Il en résulta un procès fameux ; l’Université gagna sa cause, et l’impôt fut révoqué le 14 août 1 565.
- Sous H enri III (1574-1589), la marche progressive fut un moment arrêtée par l’édit du 21 février 1 581, qui faisait défense de transporter aucune sorte de papier hors du royaume sans payer un droit de traite.
- Henri IV (1589-1610), renouvelant les déclarations de Charles IX, affranchit de nouveau, 15g5, la fabrication et la vente du papier de toutes taxes et impôts. Au xvie siècle cet impôt reparut et fut annule par Louis XIII, le 6 mars i63o.
- Mais ce produit ne devait pas rester longtemps indemne, les ordonnances de i635 créèrent une taxe qu’on régla à proportion du poids et de la qualité du papier. Malgré les précautions prises pour se garantir des réclamations de l’Université, l’Etat se vit forcé de supprimer son dernier impôt.
- (Après les désastres de 70-71 un impôt fut créé de nouveau sur le papier. Pendant une période de 1874 à 1879, il a produit 80,641,000 fr. Nous espérons le voir supprimer en 1886).
- Ce fut alors l’époque florissante de l’industrie du papier, les nations voisines venaient toutes acheter notre production dont la perfection croissait avec la consommation que l’on en faisait. La protection que Colbert ne cessait d’étendre sur cette branche de notre industrie nationale, encourageait les fabricants qui augmentaient leurs manufactures et se disputaient la gloire de faire le meilleur papier.
- Les guerres de religion vinrent mettre des entraves au développement du progrès intellectuel. Déjà la Saint-Barthélemy avait, en arrêtant, par la persécution, l’essor de l’imprimerie, mis obstacle à la diffusion des lumières.
- Dans un but de conciliation, Henri IV en 098 promulga un édit connu sous le nom d’édit de Nantes. Cet édit eut pour résultat de permettre aux diverses religions de vivre en paix ; le commerce et l’industrie profitèrent aussi de ces avantages.
- Malheureusement, en 1685, Louis XIV révoqua cet édit; il eut pour funestes conséquences l’expulsion d’un grand nombre d’ouvriers papetiers qui ainsi que d’autres allèrent porter à l’étranger le secret de notre industrie.
- Plus de 800,000 protestants furent expulsés de France.,.
- C’est sous le règne de Louis XIII (1610-1643) que Richelieu fonda l’Académie française.
- Le papier ministre fut créé sous Louis XIV (1643-1715) par Le Tellier, marquis de Louvois. Ce papier portait en filigranne, les armes du ministre et s’appelait papier d’État; le nom de tellière lui a été depuis substitué, du nom de celui qui en avait eu l’idée.
- Sous Louis XV (1715-1774) le papier fut malheureusement employé à perdre la fortune publique par le papier monnaie, système de Law. Le 12 décembre 1736, un arrêté détermina le poids et les formats de papier, le nombre de feuilles que devait contenir chaque rame, de même que les marques qui devaient être employées par les fabricants.
- Les fabriques de papier étaient régies par les maîtrises ; la loi de 1789 abolissant les maîtrises et les jurandes accordant à tous la liberté du travail, permit alors aux industriels de développer la fabrication.
- La loi du i3 brumaire an VII vint mettre un nouveau genre d’impôt sur le papier : je veux parler de la loi sur le timbre.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XXXVII
- La Française du siècle, par Octave Uzanne, illustre de compositions’ gravées en couleur. — Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur.
- La mode a toujours exercé en France un empire aussi grand qu’éphémère. Elle y mène tout du bout de son éventail. Elle y usurpe même trop souvent les privilèges du goût. Telle quelle, cette supériorité demeure à notre décadence que c’est le pays où,lafemme est le plus femme, où elle sait le mieux la pratique et la théorie, la philosophie et l’art de l’habillé et du déshabillé. Honni soit qui mal y pense. Pendant les trois derniers siècles, la mode française a gouverné la mode européenne et lui a dicté ses décrets frivoles et implacables, sous la forme de figurines, de poupées typiques repré-
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- 4o4. — Première Année. — N° 5o. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- sentant le bon air, le bon ton du jour et dont les vêtements, les ajustements ont inspiré la coquetterie de la cour et de la ville en Allemagne, en Russie, en Italie, en Espagne, dans tout le monde civilisé enfin et jusqu’aux confins de la sauvagerie. •Chateaubriand trouva un maître de danse égaré chez les Natchez, avec sa pochette et apprenant le menuet aux (roquoises. Joseph de Maistre, à la fin du siècle, disait de la France qu’elle gardait encore -et garderait toujours le privilège de fournir l’Europe de romans, de systèmes de philosophie et de marchandes de modes. Cette mode française, qui •semble si indépendante dans ses fantaisies, y a son •coin de servilité. Elle, assujettit tout le monde à ses lois, mais elle n’échappe pas au contre-coup des événements. Tous les grands faits publics de ce siècle, tous les grands succès politiques ou dramatiques, ont inspiré et tyrannisé la mode. Dans ce miroir, la femme et la femme par excellence, la Parisienne, se regarde et le fait contemporain dominant s’y mire avec elle et en passant donne son coup de peigne ou de ciseaux à la coiffure ou au vêtement. De sorte qu’une histoire de la mode, c’est une histoire des hommes et des femmes, des choses et des moeurs d’un temps, vus par les petits •côtés, vus de cette coulisse qui en apprend plus que le théâtre, le salon, l’alcôve, le boudoir. Cette petite his-toire ainsi comprise a sa moralité, a sa philosophie, elle a son art. Elle ne peut être bien écrite que par un observateur, très fin, très fort, très rompu aux manèges de l’éternel féminin, •doublé d’un artiste et d’un écrivain, c’est-à-dire d’un homme sachant tout voir, et sous le bonjour et sachant tout dire, excepté ce qui ne se dit pas. Cet homme d’esprit et de goût, affiné par le plus intime commerce avec le xvme siècle, le siècle par excellence du règne de la femme et du règne de la mode, ayant la finesse et la malice et la quintessence ;galante et la rouerie artistique d’un poète de boudoir, d’un abbé de ruelle, d’un pamphlétaire du café .Procope, d’un habitué-fournisseur de Mme Doublet, d’un amateur élevé à l’école des Mariette, des Cay-lus, des Lalive de Jully, cet homme du xvme siècle égaré dans le xix° et s’y retrouvant à merveille, •c’est l’homme qu’il fallait pour écrire ce livre pimpant, léger comme son sujet, gracieux comme ses modèles de la Française du siècle, c’est-à-dire de la femme dans ses diverses incarnations du Directoire et de l’Empire, de la Restauration et de la monarchie de juillet, du second Empire et de la troisième République. Cet homme rare, et dont il n’existe qu’un exemplaire de plus en plus rare et prisé, car la presse a été brisée, il existe et s’appelle M. Octave Uzanne. C’est un raffiné de goût, un voluptueux d’idées, un homme dont l’œil s’é-merillonne, dont la narine se dilate à tout ce qui, dans la chronique, a le parfum durable de l’histoire, à tout ce qui dans l’anecdote d’un temps respire l’humanité de tous les temps.
- M. Octave Uzanne, après .s’être rapidement dégagé des premières influences de ses études sur la société du xvne siècle (il a publié son Voilure, et mieux qu’aucun autre), s’est senti bientôt exclusivement attiré vers le xviii0 siècle, vers le temps où Mme de Luxembourg disait ne connaître que trois vertus : vertubleu, vertuchoux, et vertugadin ; où MIQe du Deffond disait que le souper était une des quatre fins de l’homme, et qu’elle avait oublié les autres ; où la même disait que le monde se divise en trois classes : les trompeurs, les trompés et les trompettes ; où une mère en lançant son fils •dans le monde lui donnait pour tout conseil celui-ci : Mon fils, je n’ai qu’un avis à vous donner : soyez amoureux de toutes les femmes; où enfin, un oncle, de l’école de Chesterfield, disait en assistant aux premières coquetteries de sa nièce, et à ses premiers succès : elle est charmante ; nous espérons qu’elle nous donnera bien du chagrin. Ce monde, cette société, M. Octave Uzanne les connaît mieux que personne, il les connaît avec la sensation rétrospective, le frémissement du vu, du vécu. De l’histoire des événements du siècle il sait tout ce qu’il faut savoir ; de l’histoire des mœurs, des usages, du costume, il sait tout, même le reste. Cette société charmante, où il eût pu jouer et jouir de tout son esprit, où il eût pu pratiquer à son aise toutes les finesses, toutes les habiletés, toutes les bonnes fortunes de cette jolie escrime de l’esprit qu’on appelle la conversation, la Révolution l’a mise en prison, Ta menée à l’échafaud, et finalement lui a coupé le cou comme Barbe-Bleue à ses femmes. Mais les sociétés qu’on croit tuer ne font que semblant de mourir, les sociétés sont femmes et ressuscitent au premier compliment bien tourné d’un poète à la mode qui leur apprend galamment que le péril est passé, que les bourreaux ont été bourrelés à leur tour, que le temps est revenu du plaisir, de la gloire, de l’amour. Le lendemain de la Terreur s’appelle le Directoire et le Directoire a une histoire qui ressemble à un roman comme le Décameron a été le roman du lendemain de la perte de Florence. M. Octave Uzanne nous montre donc la femme à ces divers lendemain, à ces divers matins des nuits de tempête, au lendemain de la Terreur, au lendemain des guerres victorieuses du Consulat et de l’Empire, au lendemain de l’invasion et de la Restauration, au lendemain des glorieuses de juillet, au lendemain de Malakoff et de Solférino, au len-
- demain de Sadowa et de la seconde invasion. Ce sont des tableaux de mœurs, des portraits de femmes typiques, une galerie de figures à la mode, mais de figures vivantes, qu’on regarde passer sous le costume de leur temps, sous le masque de l’éternelle coquetterie, avec le sourire de Joconde de l’indéchiffrable énigme féminine. Figurez-vous une sorte de grand ricevimento, une redoute à la vénitienne et à la française pareille à celles d’Arsène Houssaye, et où les honneurs du ' mystère sans mystère et du secret de la comédie seraient faits à mi-voix à un prince étranger (le public en ce livre est traité comme prince) par un introducteur, par un cicerone de vive et audacieuse allure, de mordant esprit, parlant avec naturel la fine langue de Marivaux et de Crébillon fils, très capable d’écrire dans le style et avec la verve et le charme d’Arsène Houssaye et de Concourt, l’histoire anecdotique du xvme siècle et du xixe, de Mme Taliien à Mme de Staël, de Mme de Custin à Mme Liadières, de Mme de Metternich à Mme Juliette Adam. Le même homme est très capable aussi, justement blasé sur le succès des jolis livres et ennuyé de l’étiquette de spécialité' que le prudhommisme contemporain attache malgré lui à l’écrivain, de chercher dans de nouveaux genres une nouvelle réputation et de se montrer critique aussi original, aussi délicat romancier que curieux et ingénieux historien des élégances et des coquetteries féminines.
- M. de Lescure.
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- BOITE AUX LETTRES
- Monsieur le Directeur,
- En ce temps de crise si terrible pour les travailleurs, et par conséquent pour ceux qui font travailler, il est bon, je crois, de signaler, à l’attention des classes laborieuses, par la voie' de la presse, un succès sans précédent, obtenu par la section française à l’Exposition universelle d’Anvers.
- C’est la France qui a obtenu le plus grand nombre de diplômes d'honneur et ce résultat mérité ne saurait trop être publié, et doit attirer tout particulièrement l’attention du public, car le raisonnement le forcera à reconnaître que si les produits français sont supérieurs aux produits étrangers, par intérêt aussi bien.que par patriotisme, il doit donner la préférence aux produits nationaux.
- Il y a surtout eu une lutte des plus sérieuses dans la classe de la petite mécanique, ou des Compagnies immensément riches, améri--caines, anglaises et allemandes, se trouvaient en présence de deux maisons françaises.
- C’est l’une d’elles, comme à Amsterdam en 1883, qui a obtenu les plus hautes récompenses pour l’industrie de la machine à coudre, le diplôme d’honneur et la médaille d’or.
- Mais il est bon que l’on sache qu’il entre en France une moyenne annuelle de 125.000 machines qui représentent une valeur estimée à environ quinze millions ; or, si cette industrie, qui est d’ailleurs d’origine française, était plus connue du consommateur, il est certain que ce dernier donnerait la préférence à nos produits et trouverait encore des avantages comme prix et comme qualité. La consommation étant plus grande, nous pourrions occuper dans les usines françaises 25,000 ouvriers, de plus qu’actuellement, à la fabrication des machines à coudre et de leurs nombreux accessoires.
- Si cette question pouvait être prise en considération par le consommateur, le constructeur, décuplant sa production, pourrait établir des prix de revient qui lui permettraient, à son tour, de porter ses produits à l’étranger.
- Beaucoup d’industriels se trouvant dans les mêmes conditions, j’ai tenu à préciser par un exemple, un peu personnel, mais qui intéresse chaque famille et surtout les classes laborieuses parmi lesquelles vous avez de nombreux lecteurs.
- E11 admettant que mon souhait se réalise, c’est-à-dire que les Français achètent des produits français, supérieurs aux produits étrangers, sans se laisser séduire par des noms plus ou moins bizarres et par des réclames plus bruyantes que justifiées, les 400,000 ou-
- Dimanche i3 Décembre 1883.
- vriers qui demandent du travail seraient largement payés et auraient leur salaire assuré.
- Si donc le consommateur voulait faire œuvre de patriotisme , et comprendre ses véritables intérêts, et si d’autre part les nouveaux législateurs pouvaient arriver, en temps opportun à nous établir des nouveaux traités de commerce basés sur la réciprocité, nous cesserions d’être, pour beaucoup d’articles, tributaires de l’étranger et la crise industrielle et commerciale dont il est tant parlé 11e serait plus qu’un mauvais souvenir.
- Veuillez agréer, etc.
- II. Vigneron,
- Vice-président de la Chambre syndicale des' machines à coudre.
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- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Socrate et sa femme, comédie en un acte, en vers, de M. Théodore de Banville. — L'Héritière, comédie en un acte, en prose, de M. Eugène Morand. Renaissance. — Reprise de Jonathan, comédie en trois actes, de MM. Gondinct, Pierre GilFard etOswald.
- Et les jeunes se plaignent ! Banville, le vieux Banville, l’auteur des Odes funambulesques et de Gringoire a attendu treize ans avant de voir son dernier joyaux poétique mis à la scène du Théâtre-Français. 11 parait que l’auteur tenait à Coquelin pour personnifier Socrate ; mais les créations ne manquent pas à Coquelin ; un peu plus il croirait que c’est lui qui a créé le monde ; et Coquelin paraissait dans presque toutes les nouvelles pièces excepté dansSoerufe et sa femme. E. Emile Perrin, de son côté n’y mettait pas beaucoup d’empressement. Et puis il ne voyait pas la pièce comme l’auteur : M. Perrin prenait Xantippe pour une vieille femme désagréable et voulait donner le rôle à Mme Jouassin. M. de Banville, lui, soutenait que iafemme de Socrateétait une jeune femme puisque, d’après l’histoire, au moment de la mort de Socrate elle allaitait encore son dernier enfant. On en resta là et... treize ans se passèrent. Enfin Claretie vint ! il voulut signaler ses premiers pas dans la carrière parmi don de joyeux avènement et tira de la poussière Socrate et sa femme. Il confia à Mme Pauline Grangé qui ne se sentit pas la force d’apprendre le rôle en quelques jours, ce qui fit que l’auteur eut la bonne fortune d’avoir Mme Jeanne Samary pour interpréter le rôle de Xantippe et elle s’en acquitte selon le rêve du poète; elle est étourdissante de verve.
- On se doute bien de la donnée de la. pièce : Socrate subi les fureurs de sa femme avec la placidité que lui impose sa philosophie. Socrate aime précisément en sa femme ce caractère épouvantable qui lui permet de façonner son âme à supporter les orages. Les vers sont parfaits ; quelquefois on sent le poète funambulesque, comme par exemple ces deux vers dits par Xantippe et que je souligne :
- U n’entends rien. Je vais, je viens, je ris, je cours,
- Je parle; il se soucie autant de mes discours Que du murmure d’une abeille sur l’Hymette,
- Mais, patience ; puisqu’il faut que je m’y mette,
- Je m’en vais lui parler de façon
- Que de ma voix sans doute il entendra le son.
- Socrate! vagabond! traître! cruel! bigame!
- Sycophante ! voleur !...
- Socrate
- ... Ce n’est rien, c’est ma femme !
- Ou bien encore :
- ...Pareille à la nymphe qu’amuse Un faune, tu baisais cette tète camuse.
- Je ne m’en plains pas, je constate que le poète a souvent dans la tête le souvenir de son genre funambulesque, genre que j’aime beaucoup.
- L’Héritière, un acte, en prose, cette fois, de M. Eugène Morand, accompagnait Socrate sur l’affiche de la Comédie-Française.
- L’auteur est surtout connu'par ses. monologues. U Héritière est presque un monologue, dans tous les cas c’est une simple berquinade, point du tout déplacée sur la grande scène du Théâtre-Français mais qui sera beaucoup plus à Taise sur Am théâtre de société, cet hiver. Ce sera une bonne aubaine pour les salons. Les deux Coquelin et Mlle Reichemberg prêtaient à cette piécette l’éclat de leur brio et de leur charme.
- La Renaissance a repris Jonathan qui obtint un si grand succès au Gymnase avec Saint-Germain. On conçoit que le directeur de la Renaissance qui possède ce charmant artiste ait songé à reprendre une comédie qui avait fait fortune et la fortune du Gymnase.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE.
- Dimanche 20 Décembre 1885.
- NUMÉRO 5i.
- SOMMAIRE
- i. L'Exposition de 1889 ; 2. Les récompenses à décerner pour l’exposition d’Anvers ; 3. Les Chambres de commerce et l’Exposition de 1889 ; 4. Le Salon de 1886 ; 5. Echos ; 6. Exposition internationale de Calcutta; 7. Conférence; 8. Transformation des concours régionaux en France; 9. Les Livres; ,10. Avis commerciaux; 11. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- EXTRAIT DU COMPTE RENDU IN-EXTENSO
- Séance du jeudi 10 décembre 188S
- QUESTION
- M. le Président. La parole est à M. Gastellier pour une question qu’il se propose d’adresser à M. le ministre du commerce, au sujet de l’Exposition de 1889, et que M. le ministre a acceptée.
- M. Gastellier. Messieurs, j’ai eu l’honneur, le 24 novembre dernier, d’informer M. le ministre du commerce que je désirais lui poser une question à l’occasion du projet d’exposition universelle et internationale en 1889, à Paris.
- M. le ministre a accepté cette proposition et a fixé cette question à ce jour.
- Vous savez tous, messieurs,que depuis longtemps les expositions universelles françaises ont lieu tous les dix ans environ ; et, comme la dernière s’est tenue en 1878, le précédent ministère a cru utile de constater les progrès de toute nature qui s’étalent, depuis cette époque,, réalisés dans le monde entier ; il a donc décidé par un décret en date du 8 novembre 1884, signé de M. Rouvier et contresigné par M. le Président de la République, qu’une exposition universelle aurait lieu en 1889 et coïnciderait avec le centenaire de notre immortelle Révolution française.
- Déjà à ce moment (8 novembre 1884) les affaires commerciales et industrielles n’étaient pas florissantes et le ministère, en prenant cette décision, savait qu’il donnerait satisfaction au pays et principalement à la grande majorité-de la population parisienne, car cette exposition, devant forcément donner lieu à de grands travaux, augmenterait les affaires et donnerait également du travail à de nombreux ouvriers.
- Comme suite à sa décision, ce ministère nommait une commission chargéè d’étudier les moyens d’arriver à faire cette exposition avec le plus d’éclat possible et le plus économiquement.
- Cette commission, par l’organe de M. Antonin Proust, son président, faisait le 14 mars dernier un rapport concluant à ce que cette exposition eût lieu sur l’emplacement du Champ-de-Mars et environs.
- Et enfin, le 17 juillet suivant, une somme de 100,000 francs était mise à la disposition du ministre du commerce pour les études préparatoires.
- Il semblait alors qu’une commission étant nommée, l’emplacement de l’exposition décidé, des capitaux votés pour les études préparatoires, de là à l’exécution il n’y avait plus que quelques jours à attendre.
- Eh bien, messieurs, c’est au contraire depuis cette époque du 17 juillet, jour où la commission a eu des fonds à sa disposition, que le silence s’est fait complètement jusqu’au 3o novembre dernier.
- A cette date, M. le ministre nous informait, par une note communiquée par l’agence Havas, qu’il étudiait un projet définitif d’exécution de l’Expo-
- sition, lequel serait bientôt porté à la tribune du Parlement.
- Cette note était une première réponse faite à la demande que j’avais adressée, le 24 novembre, à M. le ministre.
- Mais, messieurs, trouvant les informations de M. le ministre incomplètes, je lui éprivais le 3 décembre, l’informant de ma résolution bien arrêtée de porter ma question à la tribune. C’est alors que M. le ministre adressa, le 4, sa lettre aux chambres syndicales, leur demandant si elles approuvaient le principe de l’exposition décidée pour 1889, si l’exposition devait être internationale ou si elle devait avoir un caractère purement national.
- J’estime, messieurs, que cette demande est contraire à la-décision prise le 8 novembre 1884, par le précédent ministère, annonçant qu’une exposition universelle et internationale aurait lieu en 1889 et ouvrirait le ier mai de cette même année (bruit.)
- Cette décision, d’ailleurs, a eu l’approbation de la France entière et plus particulièrement de Paris, et elle n’a pas été annulée, que je sache, par l’opinion publique, ni par un décret. Par conséquent, il n’y a pas lieu de discuter à ce sujet, ni de consulter les chambres syndicales — ce qui, du reste, -aurait pu être, fait depuis longtemps 'si on l’avait désiré,— mais il est urgent, au contraire, de s’occuper au plus vite des moyens d’arriver à ouvrir cette exposition à l’époque indiquée, car, il ne faut pas l’oublier, le temps s’écoule et trois années seulement nous séparent de 1889.
- Il ne faut pas oublier non plus que les affaires sont dans une situation déplorable, que les ouvriers manquent de travail, et que tout le monde compte sur cette exposition pour donner une nouvelle impulsion à l’activité nationale.
- Que craint-on donc pour ne pas vouloir faire cette exposition universelle et internationale ?
- Que la date indiquée soit mal choisie ? Comment 1 parce que nous ferions notre exposition l’année où nous fêterions le centenaire de notre immortelle Révolution, de cette Révolution qui a porté la liberté dans le monde . entier, vous craindriez que cette date fût une cause d’insuccès ? Bien au contraire, l’attrait des fêtes attirera plus que jamais les visiteurs.
- Est-ce que vous craignez les dépenses que nécessitera cette exposition? Mais les bénéfices qui en résulteront pour le commerce, l’industrie et tous les travailleurs, ne compenseront-ils pas largement ie déficit, s’il y en a, et n’y a-t-il pas trop souvent d’argent plus mal employé ?
- Du reste, le Conseil municipal de Paris ne nous marchandera pas son concours, ainsi qu’il l’a toujours fait pour chaque exposition.
- Redoutez-vous enfin que les étrangers, comme on l’a dit, ne nous prennent nos modèles, ne copient nos dessins, nos machines, etc., et qu’en un mot, ils profitent de nos progrès ?
- Mais est-ce que l’exposition nationale seulement ne les leur montrera pas tout aussi bien? car je suppose que vous n’avez pas l’intention de les empêcher de venir visiter cette exposition.
- Eh bien, qu’arrivera -1-il alors? c’est qu’ils auront vu les progrès qui se sont accomplis chez nous et que nous ne verrons pas les leurs, et que par suite tous les avantages seront pour eux.
- Ne craignons donc rien; nous ne pouvons que gagner à comparer nos produits aux leurs, et s’ils nous sont supérieurs pour quelques-uns, nous nous efforcerons de les égaler, de les dépasser par d’incessants progrès. Ce sera pour nous un stimulant.
- Si donc, messieurs, il n’y a rien à craindre au point de vue de la concurrence étrangère en décidant que cette exposition sera universelle et internationale, il y a tout à gagner au point de vue des avantages pour la ville de Paris, car plus l’exposition sera importante, plus elle donnera lieu à de grandes affaires, à de grands travaux, et plus elle contribuera à l’amélioration de la situation actuelle.
- Il faut donc prendre une décision prompte et ne pas attendre que le temps nous manque pour terminer les travaux en temps utile ; car que se passerait-il dans ce dernier cas ? nous serions dans la nécessité de faire trop vite, et quand, on fait trop vite, on dépense beaucoup ; de plus, pour faire vite, il faudra de nombreux ouvriers ; peut-être sera-t-on alors forcé d’en faire venir un grand nombre, et, lorsque les travaux seront terminés, que deviendront-ils ?
- Avec une décision prompte, il sera possible d’arriver encore à temps ; on pourra faire tous les travaux avec les ouvriers qui travaillent ordinairement à Paris. On créera un courant d’affaires continu, non exagéré» qui donnera un certain temps, et on'évitera ainsi le renouvellement d’une crise semblable à celle que nous subissons encore à la suite de l’exécution d’un trop grand nombre de travaux à la fois.
- Je viens donc demander à M. le ministre de s’expliquer catégoriquement sur sa lettre du 4 décembre dernier adressée aux chambres syndicales.
- Comme cette circulaire remet en question le principe de l’Exposition de 1889 et annule en fait le décret du 8 novembre 1884, je prie M. le ministre de vouloir bien faire connaître les motifs de ce revirement subit d’opinion de la part du gouvernement.
- De plus, comme je ne doute pas que l’opinion publique soit toujours favorable à cette idée, c’est-à-dire qu’elle désire et compte qu’une exposition universelle et internationale aura lieu en même temps que le centenaire de 1789 ; je demande à M. le ministre — en considérant la réponse des chambres syndicales comme favorable à cette exposition — où en sont actuellement les études préparatoires concernant cette exposition ? La commission nommée à cet effet a pu fonctionner, une somme de 100,000 francs ayant été mise à sa disposition ?
- Cette commission existe-t-elle encore ?
- La somme de 100,000 francs est-elle dépensée?
- L’emplacement indiqué par la commission, c’est-à-dire le Champ-de-Mars et ses environs, est-il toujours maintenu, ou de nouveaux emplacements ont-ils été choisis ?
- L’exposition sera-t-elle faite par les soins du gouvernement, et dans ce cas par quels moyens ? ou sera-t-elle concédée à des sociétés sous le contrôle et la direction de l’Etat ?
- Je pense que M. le ministre pourra répondre catégoriquement à ces diverses questions, car évidemment il n’a pas dû attendre la réponse des chambres syndicales pour préparer son projet. (Très bien ! très bien !)
- M. le Président. La parole est à M. le ministre du commerce.
- M. Dautresme, ministre du commerce. Messieurs, l’honorable M. Gastellier désire savoir quelle est, au sujet de l’Exposition de 1889, l’opinion du gouvernement. Cette opinion est très nette : le gouvernement pense qu’il est désirable et qu’il sera profitable au pays tout entier de faire, à Paris, en 1889, une exposition à la fois universelle et internationale. (Très bien ! très bien !)
- C’est parce qu’il a cette opinion, qu’utilisant le
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- 406. — Première Année. — N° 5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Décembre i883.
- crédit alloué au ministère du cornmerce par vos prédécesseurs, je m’occupe activement de faire établir un avant-projet définitif de l’exposition, ainsi qu’un devis aussi approximatif que possible des dépenses qu’elle entraînera.
- J’espère déposer ce projet dans trois ou quatre semaines et alors vous aurez à l’examiner.
- Un des points essentiels sur. lesquels la Chambre voudra être édifiée, c’est de savoir ce que pensent de l’exposition ceux-là mêmes qui y sont le plus intéressés, c’est-à-dire les industriels et les négociants que l’on convie à y apporter leurs produits.
- Pour connaître cette opinion, j’ai adressé aux chambres de commerce, aux chambres consultatives et aux chambres syndicales, qui sont les représentants autorisés du monde du travail, la circulaire dont vous a parlé l’honorable M. Gastel-lier.
- Mon honorable collègue pense, ou du moins paraît penser, que cette circulaire remet en discussion le principe même de l’exposition. Il n’en est rien ; elle a pour but de faire connaître l’opinion des intéressés, ce qui permettra ensuite à la Chambre de se prononcer en parfaite connaissance de cause. (Très bien ! très bien !)
- L’honorable M. Gastellier semble me reprocher d’avoir écrit cette circulaire. Je ne puis le regretter, parce que, à mon avis, le premier devoir d’un ministre est de fournir au Parlement tous les renseignements qui sont de nature à l’éclairer. (Très bien! très bien !)
- Telle est la réponse que j’ai à faire à M. Gastellier; j’espère que ces explications lui donneront satisfaction et qu’elles auront également l’approbation de la Chambre. (Applaudissements à gauche et au centre.)
- M. le Président. — La parole est à M. Gastellier.
- M. Gastellier. Messieurs, je suis heureux de la réponse... (Bruit à droite.)
- Permettez, messieurs. Qu’y a-t-il d’extraordinaire à dire que je suis heureux de la réponse de M. le ministre, quand il vient affirmer que le gouvernement est disposé à faire cette exposition de 1889? Que ce soit lui qui s’y trouve, ou non, à cette époque, les engagements du gouvernement seront très probablement exécutés et sa pensée suivie par ceux qui lui succéderont.
- Je le répète, je suis très heureux de la réponse de M. le ministre, et je prends note de la date qu’il a indiquée pour nous apporter ici un projet ; je crois à la parole qu’il nous a donnée de nous présenter un devis dans trois semaines.
- LES
- RÉCOMPENSES A DÉCERNER
- POUR
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- CHAMBRE DES DÉPOTÉS
- Extrait du procès-verbal de la séance du 12 décembre 188S.
- DÉCLARATION d’üRGENCE DU PROJET DE LOI RELATIF
- AUX RÉCOMPENSES A DÉCERNER POUR L’EXPOSITION
- d’anvers.
- M. Prevet. J’ai l’honneur de déposer sur le bureau de la Chambre un rapport au nom delà commission chargée d’examiner le projet de loi tendant à autorisèr le gouvernement à décerner des récompenses dans l’ordre national de la Légion d’honneur pour l’Exposition d’Anvers.
- D’accord avec le gouvernement, je demande à la Chambre de vouloir bien déclarer l’urgence.
- Il ne s’agit plus, messieurs, d’une question de principe, mais d’une question de fait. Vous savez qu’autour de ces lois d’exception gravitent bien des ambitions et combien l’industrie et le commerce se préoccupent de cette loi. Je vous demande donc, puisqu’il ne s’agit que d’une question de fait, de la trancher rapidement, d’autant plus que la fin de l’année approche, et qu’il importe, si cette loi est acceptée par vous, qu’elle soit portée de suite au Sénat, afin qu’elle puisse être votée avant la fin de l’année, et que les promotions aient lieu avant le 1e1' janvier prochain.
- M. le président. M. le rapporteur, d’accord avec le gouvernement, demande la déclaration d’urgence.
- Je consulte la Chambre.
- (La Chambre, consultée, déclare l’urgence.)
- M. le rapporteur. Je vais alors donner lecture du rapport....
- M. le baron Reille. La Chambre a déclaré l’urgence, mais pas la discussion immédiate.
- M. Prevet. Alors, je demande à la Chambre d’ordonner la discussion immédiate.
- M. le président. Je consulte la Chambre sur la question de savoir si elle entend discuter immédiatement les conclusions de la commission.
- (La discussion immédiate, mise aux voix, n’est pas ordonnée.)
- M. le président. Le rapport sera imprimé et distribué.
- Voici le texte du rapport fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi relatif aux récompenses à décerner à l’occasion de l’Exposition d’Anvers en 1885 (urgence déclarée), par M. Prevet, député.
- Messieurs,
- Les ministres de la marine et des colonies, de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes, de l’agriculture et du commerce demandent au Parlemént l’autorisation de faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, à l’occasion de l’Exposition universelle d’Anvers, des nominations etpromotions, en nombres déterminés, par dérogation aux dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873.
- Le gouvernement, à l’appui du projet qu’il présente, fait valoir que déjà plusieurs lois portant des dérogations du même genre ont été votées: en 1874, après l’Exposition de Vienne; en 1876, après l’Exposition de Philadelphie ; en 1878, après l’Exposition universelle; en 1881, après les Expositions de Melbourne, de Sydney, puis après l’Exposition d’électricité ; en 1883, après l’Exposition d’Amsterdam , et tout récemment, enfin , après l’Exposition d'hygiène de Londres et l’Exposition de l’Union centrale des arts décoratifs.
- L’Exposition qui a eu lieu cette année à Anvers a été, à coup sûr, une des plus importantes de toutes celles qui ont été organisées durant ces dix dernières années. La situation géographique même de la ville d’Anvers devait augmenter l’intensité delà lutte commerciale et industrielle qu’avaient à soutenir l’une contre l’autre la France, la Belgique et l’Allemagne.
- Les exposants français sont allés à Anvers en très grand nombre et ont fait les plus grands efforts pour démontrer l’étendue et la valeur de notre production nationale.
- La section industrielle comprenait 2.300 exposants français, la section coloniale 2.000 et la section des beaux-arts 400.
- Ces 4.700 exposants ont obtenu 215 diplômes d’honneur sur 600,476 médailles d’or, 570 médailles d’argent, 380 médailles de bronze, 197 mentions honorables, soit un total de 1,836 récompenses.
- Il est donc juste à tous égards qu’il soit fait, à l’occasion de l’Exposition d’Anvers, ce qui a été fait à propos des expositions précédentes et que le gouvernement soit mis à même de récompenser, par des promotions dans l’ordre de la Légion d’honneur, ceux qui ont le plus utilement contribué à assurer la grandeur de la France, sur le terrain de l’industrie ou des beaux-arts.
- Lors .de la discussion de la précédente loi du même genre présentée par le gouvernement à l’occasion de l’Exposition d’hygiène de Londres, M. le rapporteur de la commission du Sénat prévoyait déjà le nouveau projet qui serait soumis au Parlement après l’Exposition d’Anvers et protestait contre ces diverses lois d’exception. Il demandait, si les ministres ne disposent pas chaque année dans l’ordre de la Légion d’honneur d’un contingent suffisant pour récompenser les services rendus, qu’il soit simplement apporté une certaine atténuation régulière aux dispositions restrictives de de la loi du 25 juillet 1873.
- Yocre commission, Messieurs, n’a pas par-
- tagé cet avis. Dans son sentiment, les restrictions édictées par la loi de 1873 sont excellentes en principe pour assurer le très haut prix qu’on attache, à juste titre, aux nominations et aux promotions dans l’ordre national la Légion d’honneur.
- Mais si le principe de la loi de 1873 est excellent en lui-même, il est juste cependant que des exceptions soient faites quelquefois dans une proportion très restreinte et pour des causes parfaitement déterminées.
- Dans ce cas, la conséquence logique des lois d’exceptions est que le gouvernement n’use des autorisations qui lui sont données, que pour récompenser exclusivement ceux dont les services ont motivé ces lois.
- A cet égard , Messieurs, votre commission a été unanime à blâmer l’usage qui a été fait trop souvent par le gouvernement des autorisations exceptionnelles qui lui ont été accordées.
- Un grand nombre de croix mises' à la disposition des ministres par dérogation à la loi de 1873, ont été décernées par eux à des fonc-* tionnaires dont les services auraient trouvé plus tard leur rérqunération parmi les croix formant le contingent habituel des différents ministères.
- Votre commission entend que de pareils abus ne soient plus commis à l’avenir, et qu’en ce qui touche le projet de loi qui nous occupe aujourd’hui, toutes les croix qui seront mises à la disposition du gouvernement à l’occasion, de l’Exposition d’Anvers soient bien exclusivement réservées à ceux qui ont participé à cette Exposition, soit comme exposants, soit, mais dans une proportion restreinte, comme membres du jury.
- Aucun des fonctionnaires ou agents ayant été chargés de l’organisation de l’Exposition, des commissariats, ou ayant fait partie des différents jurys ne pourra être compris dans les nominations et promotions qui seront faites conformément à la nouvelle loi.
- Ces fonctionnaires de tout ordre devront seulement trouver dans les fonctions dont ils ont été chargés, des titres nouveaux pour obtenir plus rapidement des récompenses honorifiques parmi celles qui sont attribuées chaque année aux administrations dont ils dépendent.
- Sous le bénéfice des observations qui précèdent, et sur lesquelles votre Commission insiste très vivement, nous vous proposons, Messieurs, d’adopter le projet de loi qui vous est présenté.
- PROJET DE LOI Article unique.
- A l’occasion de l’Exposition universelle d’Anvers, le gouvernement est autorisé à faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- Quatorze croix d’officier.
- Soixante-cinq croix de chevalier-.
- Nous espérons bien que M. le ministre du commerce voudra bien se conformer aux conclusions de ce rapport en réservant exclusivement aux industriels toutes les croix d’officier et de chevalier.
- Extrait du procès verbal de la séance du i5 décembre
- adoption du projet de loi relatif aux récompenses a décerner a l’occasion de l’exposition d’anvers en i885.
- M. le Président : L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi relatif aux récompenses à décerner à l’occasion de l’exposition d’Anvers en 18 8 5.
- L’urgence a été déclarée. Personne ne demande la parole.
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- Première Année. — N° 5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Décembre i885. — 407.
- Je consulte la Chambre sur le passage à la discussion de l’article unique.
- La Chambre décide qu’elle passe à la discussion de l’article unique du projet de loi.
- « Article unique. — A l’occasion de l’Exposition universelle d’Anvers, le gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives delà loi du 25 juillet 1878, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser quatorze croix d’officier, soixante-cinq croix de chevalier ».
- L’article unique est mis aux voix et adopté.
- LES CHAMBRES DE COMMERCE
- ET
- L’EXPOSITION DE 1889
- M. Dietz-Monnin, président de la chambre de commerce de Paris, rapporte comme suit l’opinion de cette assemblée commerciale sur l’Exposition de 1889 :
- « La chambre de commerce a été d’un avis unanime pour que l’Exposition soit internationale, mais à une condition, c’est que toutes les puissances étrangères y prennent part.
- « Dans notre réponse au ministre du commerce, nous soulignerons cette clause, et nous ferons observer qu’actuellement, le rôle est au ministre des affaires étrangères, qui doit s’assurer avant tout du concours des puissances étrangères.
- « Si l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie s’abstiennent, l’Exposition n’a plus de raison d’être internationale. Les Etats-Unis, l’Italie, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas viendront bien, mais ce n’est pas suffisant.
- « Vous savez que l’Angleterre n'expose plus déjà, ou que si elle envoie quelques produits, ils sont de peu d’importance. Elle a établi chez elle des expositions annuelles et spéciales à chaque branche d’industrie ; elle a le talent d’attirer chez elle les exposants, mais elle ne va pas chez les autres.
- c( Ce qu’il nous faut surtout, c’est l’Allemagne. Nous avons besoin d’étudier les procédés de sa fabrication et de son industrie.
- a Nous sommes convaincus que cette Exposition donnera un coup de fouet aux affaires, non seulement en apportant . une amélioration au commerce, mais encore en attirant chez nous une foule d’étrangers.
- « Depuis déjà longtemps les étrangers ont désappris le chemin de la France. Ils vont se fournir ailleurs et surtout en Allemagne. Nous sommes persuadés que cette exposition servirait à leur rapprendre la route de la France. »
- Telles sont les idées que l’on prête à M. Dietz-Monnin. Où prend-il que l’Autriche-Hongrie et la Russie ne participeront pas à l’Exposition de 1889 ? Nous ne pouvons dès aujourd’hui assurer le contraire. Quant à l’Angleterre il paraît quelle n'expose déjà plus ! Pourquoi ? Parce qu’à Amsterdam et à Anvers la section anglaise n’était pas des plus brillantes. Nous sommes bien persuadé que la Grande-Bretagne n’envoie pas ses produits aux Expositions secondaires, mais qu’elle sera toujours grandement représentée à toutes les Expositions de Paris. En 1878 •elle venait en troisième rang parmi les puissances étrangères pour le nombre des exposants.
- Si toutes les chambres de commerce font à la circulaire mifiistérielle du 4 décembre dernier des réponses de cette importance et de cette valeur, M. Dautresme se trouvera en possession de documents d’un intérêt capital pour préparer son rapport sur l’Exposition de 1889.
- II.-F. C.
- LE SALON DE 1886
- MODIFICATIONS APPORTEES AU RÈGLEMENT DE 1885
- Le règlement pour le Salon de 1885 a subi quelques modifications sur celui de l’année dernière.
- Voici le releve' de ces modifications qui nous est fourni par le Journal des Arts.
- Chapitre IV. Des entrées. — En 1885, le droit d’entrée était fixé à cinq francs le vendredi de chaque semaine ; ce droit ne sera que de deux francs cette année.
- Dans les dispositions particulières à la section de peinture, le texte d’aujourd’hui dit, article Ier, que : le dépôt des ouvrages aura lieu du mardi io mars au dimanche 14. L’année dernière, le délai était plus long, il allait du jeudi 5 mars au samedi 14. Nous ferons en outre observer que cette année le 10 mars tombe non pas un mardi, mais un mercredi, le mercredi des cendres, et que le 14 est un dimanche et non pas un samedi. Il doit y avoir là une erreur matérielle d’impression. En outre, tel qu’il est fixé le délai pour le dépôt des ouvrages nous paraît bien court : cinq jours au lieu de dix jours !
- Dans la même section, à l’article 6, le paragraphe suivant qui existait dans le règlement de 1885 a été supprimé : « La première médaille étant considérée comme une-récompense exceptionnelle, pourra toujours être décernée à l’artiste qui ne l’a pas encore obtenue depuis la fondation de la Société. Cette dernière disposition ne s’applique pas à ceux qui, à cette date, étaient déjà hors concours. »
- D’après l’article 7 de 188 5, à propos de la médaille d’honneur un premier tour de scrutin devait décider à la majorité absolue par oui ou par non, s’il y avait lieu de décerner cette médaille.
- Le règlement d’aujourd’hui dit tout simplement que « la médaille d’honneur ne pourra donner lieu qu’à deux tours de scrutin. Au premier tour la majorité absolue sera nécessaire, au second tour le quart des voix sera suffisant. Les artistes qui seront d’avis de ne pas décerner une médaille d’honneur mettront un zéro sur leur bulletin. »
- Un jour de plus est accordé pour le dépôt des ouvrages de la section de sculpture, du 20 au lieu du 21 mars au 5 avril.
- A la section de sculpture, le paragraphe suivant a été ajouté à l’article Ier : « Toutefois, les sculpteurs pourront, jusqu’au 2 5 avril inclusivement, remplacer par les ouvrages exécutés dans leur matière définitive le modèle en plâtre déposé dans les délais prescrits plus haut. »
- A l’article 3, adjonction du paragraphe suivant : « Tout artiste nommé membre du jury devra, par une lettre adressée au président, faire connaître de suite s’il accepte ou refuse les fonctions de juré. Tout membre du jury qui désirera concourir pour une médaille devra donner sa démission. »
- L’article 5 contient des dispositions tout à fait nouvelles: «Tout artiste qui a obtenu la décoration, la médaille d’honneur, une première médaille ou trois médailles uniques instituées par le règlement de 1863 est hors concours. Toutefois, l’artiste qui a obtenu une seconde médaille précédée d’une troisième ou suivie - d’un rappel, pourra être considéré comme hors concours, s’il en fait la demande au président de la Société des artistes français. »
- Dans la section d’architecture, nous relevons cette modification à l’article 3 : « Ne pourront être admises au Salon les œuvres qui auront figuré dans les concours publics », etc., etc.
- D’après le règlement deTan passé, ces œuvres pouvaient être admises, mais ne pouvaient pas prendre part aux récompenses, sauf l’exception indiquée pour les projets primés, etc.
- L’article 5 porte une disposition qui n’existait pas précédemment :’« Les ouvrages des artistes médaillés ou décorés pour leurs œuvres, seront, pour l’admission, exemptés de l’examen du jury. »
- Les médailles de première classe dans cette section ne peuvent excéder le nombre de 2.
- Le nombre des voix pour la médaille d’honneur doit représenter au moins les deux tiers plus un de la totalité du jury, soit neuf voix. Le règlement précèdent disait : les deux tiers plus un de l’effectif du jury.
- Pour la gravure et lithographie, le jury composé de 16 membres au lieu de 12, ce qui augmente d’un membre le nombre des jurés, de chaque sous-section. De plus, sont seuls éligibles tous les artistes ayant obtenu une médaille dans leur sous-section.
- Sur les 13 médailles dont le jury dispose dans cette section, deux devront être réservées à chaque sous-section et aucune sous-section ne pourra en recevoir plus de cinq. Au lieu de deux tours de scrutin, il pourra y en avoir trois, et la voix . du président qui n’était pas prépondérante le devient en cas de partage. La médaille d’honneur pourra donner lieu à deux tours de scrutin au lieu d un seul ; les bulletins blancs seront comptés comme suffrages exprimés et la médaillé d’honneur ne pourra être décernée à des artistes 1 ayant déjà obtenue, restriction sur laquelle le précédent réglement se taisait.
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- ÉCHOS
- Paris
- Mardi dernier 15 décembre a été ouverte à l’Hôtel de Ville l’exposition des esquisses, aux deux tiers d’exécution, de la statue de Jean Jacques Rousseau. Les trois artistes qui restent actuellement en présence, après deux éliminations successives, sont MM. Bartet, Larché et Steiner. *
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- Le jury chargé d’examiner le concours dirsecond degré pour l’érection de la statue de Paul Broca, vient de rendre sa décision. Le projet choisi à l’unanimité, et dont l’auteur est un jeune statuaire d’une trentaine d’années, sourd-muet, M. Choppin, portait la devise : l'homme passe, la science reste.
- Il représente le savant anthropologiste debout, en redingote, tenant de la main droite un compas, de la main gauche un crâne humain qu’il étudie attentivement.
- Second, le projet qui avait pour devise : La nature est un licre...
- Troisième, le projet Eurêka.
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- Les bâtimentsqiouveaux de la Sorbonne, du côté de la rue des Ecoles, pourront être livrés aux services, dès l’automne de 1887.
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- Statistique du ministère des travaux publics. Le nombre des accidents arrivés dans l’emploi des appareils à vapeur, pendant l’année 1884, s’est élevé, pour toute la France, à 37.
- Il y a eu 46 morts, dont 22 causées par deux seuls accidents de forges, et 40 blessés.
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- L’union monétaire latine a été définitivement reconstituée, par la rentrée de la Belgique, le 12 décembre.
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- Départements
- Une.exposition artistique aura lieu à Agen, du 1er mai au 15 juin 1886. Le dépôt des œuvres aura lieu du 1er au 30 mars.
- Le 1er mai également ouverture d’une exposition à Laval et clôture le 1er juin.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Le Reichstag avait à examiner, dans sa séance du vendredi 11 décembre, plusieurs projets de subvention à des expositions artistiques.
- Interpellé au sujet de la participation éventuelle de l’Allemagne à l’exposition universelle de Paris en 1889, M. le sous-secrétaire d’Etat, Von Botti-chet, a déclaré que le. gouvernement allemand n’avait pris aucune décision à ce sujet et attendrait pour ce faire une invitation officielle du gouvernement français.
- Il ne faudrait pas, dit la Gazette nationale, voir dans ces paroles une fin de non-recevoir.
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- On commente beaucoup à Berlin, à ce sujet, la réponse de la chambre de commerce de Paris à la circulaire de M. le ministre du commerce, et l’on en conclut que l’abstention de l’Allemagne serait de nature à compromettre le succès d’une exposition internationale à Paris.
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- L’exposition allemande de 1888, à Berlin, ne semble pas non plus marcher sur des roulettes, comme l’on dit vulgairement.
- M. de'Botticher, interrogé dans la même séance a déclaré que le gouvernement impérial encouragerait certainement cette entreprise si elle était décidée, mais qu’en présence de l’hostilité de plusieurs cercles industriels et commerçants, il y avait lieu de se tenir sur la réserve.
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- L’Association colombophile « Fortuna », de Berlin, a ouvert la semaine dernière dans la Bergstrasse, sa troisième exposition générale de pigeons. Le catalogue donne un total de 74 exposants et 320 paires de pigeons exposés.
- La clôture a eu lieu Je lundi 14.
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- On. nous signale également une grande exposition industrielle, organisée à l’occasion des fêtes de Noël, dans l’hôtel de la Société des architectes. *
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- Les importantes collections anthropologiques et ethnographiques du musée Godeffroy de Hambourg, ont été acquises par la ville de Leipzig, et seront prochainement exposees.
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- Une importante exposition des œuvres du peintre bien connu Adolf Menzel, a lieu en ce
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- 408 et 409 — Première Année. =- N° 5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Décembre i885
- SPÉCIMEN DU DIPLOME DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE EN
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- — Première Année.
- N° 51.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 20 Décembre 1885.
- 410.
- moment dans les galeries de l’Académie royale des beaux-arts de Berlin.
- Un grand festival a été donné il y a quelques jours en l’honneur de l’artiste, dont on se rappelle encore l’exposition organisée aux Tuileries au printemps dernier.
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- Mentionnons enfin une intéressante exposition de la Société des artistes berlinois.
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- L’exposition rétrospective des arts et métiers de la ville de Stambourg obtient un grand et légitime succès.
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- Ainsi que nous l’avions fait prévoir, le gouvernement allemand n’avait encore pris aucune décision définitive touchant le choix d’un port d’escale pour les paquebots des nouvelles lignes transocéaniques subventionnées.
- Flessingue, qui semblait devoir être choisi comme port d’attache, vient d’être abandonné pour le port d’Anvers, à la suite de démarches faites dans ce but par le gouvernement belge. Toutefois, ce choix 11’est que provisoire, l’essai ne devant durer qu’un an.
- L’inauguration du service aura lieu le 1er juillet 1886.
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- Le projet pour la construction du canal de la mer du Nord à la Baltique a été voté.
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- Angleterre
- La troisième exposition annuelle des beaux-arts de Newcastle-on-Tyne, ouvrira le 15 janvier prochain au Bewick-Club.
- Les envois seront reçus jusqu’au 15 janvier à Newcastle; jusqu’au 31 décembre à Londres, W. C. New-Compton Street, Soho, chez MM. Dol-man and son.
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- Autriche-Hongrie
- Une conférence doit se réunir prochainement, entre les représentants des administrations autrichienne et hongroise des télégraphes.
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- Asie centrale
- Le tronçon du chemin de fer transcaspien, de Kizil-Arwat à Askhabad, vient d’être livré à la circulation.
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- Cochinchine
- Nous trouvons dans le bulletin de la Chambre de commerce de Saigon le tableau du mouvement commercial par navires au long cours pour le premier semestre de 1885.
- Les importations se sont élevées à 5,987,365 piastres (la piastre à 4 fr. 50) ; les exportations à 8,764,508 piastres , soit un total de 14 millions 751,873 piastres.
- Les provenances de France sont évaluées à 1.345,634 piastres ; celles de Chine et de Singa* poure, respectivement, à 2,186,438 et 1,676,000 piastres.
- Le Tonkin et l’Annam figurent -à l’importation pour 215,736 piastres.
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- Grèce
- Un groupe de capitalistes anglais a soumis au gouvernement hellénique un projet pour la construction du chemin de fer Pirée-Larissa, au prix de 70,000,000 fr. moyennant une annuité de 7 millions et demi.
- Une compagnie autrichienne offre d’établir, à voie étroite, une ligne d’Athènes à Thèbes.
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- On espère que les négociations pour la conclusion d’un traité de commerce entre la France et la Grèce aboutiront prochainement à un résultat satisfaisant.
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- Italie
- Une exposition rétrospective et moderne de travaux en métal aura lieu à Rome, au palais des Beaux-Arts, du 1er février au 31 mars 1886. Le dernier délai pour les envois expire le 15 janvier.
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- Tunisie
- Les importations sont évaluées, du 13 juillet au 12 octobre 1885, à 8,614,709 piastres ; les exportations à 6,217,461.
- Ce qui donne pour la dernière année fiscale, en ajoutant ces deux sommes aux évaluations des neuf mois précédents, une valeur de 44,552,540 piastres pour les importations, et 29,979,480 piastres pour les exportations.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE CALCUTTA
- Nous avons déjà entretenu nos lecteurs, dans un numéro précédent, de l’Exposition qui avait eu lieu dans les Indes anglaises, en 1884-85, et nous avons donné la semaine dernière reproduction d’un Diplôme de mérite de cette Exposition obtenue par des exposants français, MM. George Hartog et Cie de Paris qui se sont fait remarquer parmi le petit nombre d’industriels assez entreprenants pour envoyer leurs produits à des milliers de lieues de la mère patrie. Leurs vernis ont pu rivaliser avantageusement avec les vernis si renommés de l’Angleterre et aucun de ces derniers n’a obtenu une plus haute récompense que celle qui a été décernée à MM. G. Hartog et Cio. Ceci prouve une fois de plus que les produits fabriqués en F’rance sont toujours appréciés à l’étranger, et que pour développer notre commerce et notre exportation il nous faut ne pas hésiter à suivre hardiment l’exemple des Anglais, des Américains et des Allemands et ne pas craindre de faire quelques dépenses nécessaires et de courir quelques risques .pour soutenir dignement nos intérêts commerciaux et montrer au monde entier notre supériorité bien connue comme fabricants ; ce qui clans beaucoup de cas servira de contrepoids au bon marché des objets de pacotille de production étrangère.
- C’est dans ce but, du reste, que toutes les Expositions dans les pays lointains ont été faites et comme en ce moment on discute vivement les mérites d’une Exposition faite entièrement aux frais de l’Etat et d’une qui ne reposerait que sur l’initiative privée, il est bon de rappeler à nos lecteurs que l’Exposition de Calcutta, qui de prime abord a paru impossible et absurde, a été faite, dans un pays aussi éloigné que l’Inde, aux frais du promoteur, M. Jules Joubert, un Franco-Australien, qu’elle a coûté meilleur marché que toute autre Exposition comprenant un nombre beaucoup plus minime d’exposants, et qu’elle a laissé, quand tous les comptes ont été réglés, un bénéfice raisonnable à celui qui en avait eu l’idée et s’était chargé de son organisation.
- On peut même ajouter que toutes les Expositions restent ouvertes au public pendant au moins six mois, tandis que celle de Calcutta, à cause des conditions climatériques de l’Inde, n’a pu durer que 66 jours, pendant lesquels elle a néanmoins admis une moyenne de 6,277 visiteurs, tandis que la moyenne des entrées de Melbourne a été de 5,214 et celle de Sydney de 4,184 seulement.
- Cette Exposition aurait eu du reste un succès beaucoup plus grand si elle n’avait pas dû être ouverte au public 10 mois après que le gouvernement de l’Inde ne l’ait autorisée.
- Malgré ce court délai donné au promoteur et aux exposants, la Cochinchine, le Cambodje, l’Annam et le Tonkin ont pu y être dignement représentés, et l’on peut dire qu’elle a servi à montrer d’une manière indiscutable la grande analogie qui existe entre le Tonkin et le Bengale qui est sans contredit la plus belle et la plus riche possession des Anglais dans l’Inde.
- Les provinces du sud du Bengale et celles du Chota Nagpore qui sont un peu plus au Nord se trouvent comprises entre le 20° et le 240 de latitude, tandis que le Tonkin est situé entre le 180 et 220 ; le climat et la température sont presque identique" ment les mêmes. Les deux pays sont très peuplés; le Tonkin possédant 1 5,000,000 d’habitants et le Bengale 60,000,000 pour une étendue quatre fois plus considérable.
- Les produits du sol sont les mêmes, car le Tonkin ainsi que le Bengale abonde en riz, sucre, tabac, coton, poivre, épices, café, jute, indigo, et on y travaille en grand le bois et le cuivre.
- Les mines de charbon du Bengale livrent au commerce et à l’industrie 1,000,000 de tonneaux par an, et il doit y avoir évidemment des mines de même nature au Tonkin.
- Il faut dire maintenant que le développement des richesses du Bengale est dû aux chemins de fer et aux canaux d’irrigation et de navigation; dans cette province il y a déjà 4,600 kilomètres de chemins de fer à voies large et étroite qui donnent un dividende de 6 1/2 à 8 pour 0/0 par an, et 820 kilomètres de canaux servant aussi au transport des marchandises et des produits du sol et surtout empêchant les famines si communes autrefois dans l'Inde en servant à arroser les terres dans les années de sécheresse. Ces voies de communication
- ont fait de Calcutta un des ports les plus importants du monde entier d’ou l’on exporte chaque année 750,000,000 de tonneaux de marchandises diverses et où l’on en importe 5oo,ooo,ooo de tonnes.
- Depuis 20 ans, des capitaux considérables, dont la presque totalité a été trouvée en Angleterre, ont servi à créer d’immenses et nombreuses filatures de coton et de jute, d’ouvrir de nouvelles mines de charbon, de cuivre, de bois, et en un mot de transplanter dans l’Inde toutes les industries nouvelles qui avaient quelque chance de succès.
- Grâce aux nombreuses écoles qui se sont répandues dans tout le Bengale (il y a 20,000 écoles primaires) parmi lesquelles se trouvent des écoles des arts et métiers, beaux-arts, d’ingénieurs civils, de droit, de médecine et des collèges de tout genre. L’indigène peut généralement remplacer l’Européen au point de vue du travail manuel et intellectuel. .
- Les écoles des beaux-arts de Calcutta et de Bombay ont prouvé jusqu’à quel point on pouvait tranformer le talent du dessinateur ou du coloriste natif qui n’avait aucune idée du bon goût, de la ligne et surtout des proportions.
- Des quantités de portraits à l’huile ou à l’aquarelle très ressemblants et artistiquement faits avaient été exposés à Calcutta par des élèves de ces écoles, et nous terminerons en mentionnant que le dessin du Diplôme de mérite avait été nus au concours en Angleterre et dans l’Inde, et que parmi les nombreux projets soumis à la commission de l’Exposition, elle a adopté à l’unanimité, à cause de son originalité, celui que nous avons reproduit et qui est l’œuvre d’un jeune indigène du Bengale, élève de l’Ecole des beaux-arts de Calcutta.
- Paul Dejoux.
- CONFÉRENCE
- FAITE AU PALAIS DE L’iNDUSTRIE Le 31 octobre i885
- Par JSÆ.
- fondateur de l’école professionnelle du papier
- (Suite.)
- Voir le Moniteur du i3 décembre i885.
- Enfin, en 1799, un ouvrier de la papeterie d’Es-sonnes, Louis Robert, inventa la machine à fabriquer mécaniquement le papier sans fin.
- Ce ne fut que le 16 octobre 1811 que Didot-Saint-Léger prit le premier brevet français pour la machine à fabriquer le papier et qu’il la fit fonctionner dans l’usine de Sorel, près Mantes. Mais le malheureux Robert ne profita pas de son invention qu’il avait cédée pour'la somme de 8,000 fr. ; il mourut quelques années après, ne laissant aucune fortune à sa famille.
- Né à Paris, le 2 décembre 1761, Nicolas-Louis Robert mourut en 1819, laissant pour toute ressource à sa femme et à ses deux filles le revenu d’une école primaire tenue par sa fille aînée Marie-Eugénie. Lorsque Marie-Eugénie Robert fut devenue vieille et infirme, nos fabricants de papier s’intéressèrent à elle. Grâce à la généreuse initiative, à. l’intervention bienveillante et aux secours donnés par plusieurs fabricants, on put du moins tirer de la misère la fille de celui qui, par son génie, a centuplé dans le monde la fabrication du papier. Quant à l’inventeur, il avait eu le sort ordinaire des grands inventeurs : la misère !...
- Par ce temps de statuomanie, ne serait-il pas à propos de penser à honorer la mémoire de celui qui a permis à la science tant de progrès et la marche en avant de la civilisation moderne par l’instruction ? Que tous ceux qui sont à meme de juger combien sont grands les bienfaits de la propagation des livres et les résultats obtenus ; que ceux-là, dis-je, se réunissent pour honorer la mémoire de cet homme en lui élevant un monument de gloire qui efface à jamais les taches de l’oubli.
- Encore quelques dates et nous arrivons à la fabrication du papier. Le 10 décembre 1807 parait le code de commerce qui impose à tous les commerçants l’obligation de tenir des registres pour leur comptabilité.
- 1814, tristes souvenirs : L’invasion. Tous les dévouements sont unis pour défendre la patrie. Un papetier, Binant (le père du fondateur de la maison rue de Cléry), était employé chez Thierry, rue Saint-Severin. Il part et est fait prisonnier par les Russes dans les plaines de la Champagne. Un collègue Flechey, ancien papetier àTroyes, l’aperçoit, lui passe des effets d’ouvrier et facilite ainsi Ion évasion. Binant revient à Paris, ne s’inquiète
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- Première Année. — N° 5i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Décembre i885. — 411.
- pas de la surprise qu’il cause à tous et part de nouveau combattre sur les hauteurs de Montmartre et à la place Clichy à côté du maréchal Mon-cey. Il en est d’autres qui l’ont imité, mais je m’arrête à cette citation.
- Maintenant parlons un peu de la fabrication :
- Autrefois, c’était plus particulièrement la nuit, le chiffonnier, armé d’une lanterne, fouillait dans les détritus de toutes sortes déposés sur la voie publique et ramassait, à l’aide d’un crochet, le chiffon qu’il jetait dans sa hotte ; il le vendait ensuite à un marchand en gros, qui réunissait cette matière première du papier et l’expédiait aux papeteries.
- On commençait par laveries chiffons pour les débarrasser de toutes les impuretés ; ces chiffons étaient alors triés et classés par diverses catégories. Ainsi lavé et nettoyé, le chiffon est soumis à l’action des lessives caustiques.
- Le lessivage par les alcalis caustiques a pour but d’enlever, non seulement les matières acides, grasses ou colorantes, restées dans le chiffon, mais aussi la matière intercellulaire, ou, comme l’appellent les chimistes, la matière incrustante que les plantes renferment, et qui donnent une certaine raideur au tissu végétal. La présence de la matière incrustante nuirait absolument à la formation de la pâte de papier.
- Dans l’ancienne fabrication, le lessivage était précédé du pourrissage, qui avait aussi pour but de détruire, la matière incrustante. Le pourrissoir était une espèce de cave sombre et humide, où, au bout de quelques jours, les chiffons s’échauffaient et commençaient à se décomposer. Ce système était défectueux, malgré la précaution qu’on avait de remuer les tas de chiffons, car les uns étaient déjà couverts de moisissure, tandis que les autres n’avaient pas encore acquis le degré de ramollissement désiré. En outre, les miasmes produits par une telle fabrication, étaient extrêmement dangereux pour la santé des ouvriers.
- Le traitement du chiffon par la chaux caustique se fait aujourd’hui parles lessiveurs rotatifs, dans lesquels le chiffon est soumis à la double influence de l’alcali caustique et d’une température très élevée.
- Les chiffons étant lessivés, rincés et égoutés, on procède à leur défilage, opération qui a pour but d’effilocher les tissus et de les réduire en une espèce de charpie, qui sera en même temps lavée complètement et séparée des corps étrangers qui ont pu échapper au premier lavage.
- Le chiffon trié, délissé et lavé était autrefois divisé dans des piles dites à maillets. Aujourd’hui la division du chiffon s’opère dans des piles à cylindre. Le défilé ou demi-pâte ainsi obtenu ressemble à une charpie longue et fine ; la durée du défilage varie de 1 h. 1/2 à 4 h. et plus.
- Lorsque la disette du chiffon blanc força les fabricants à employer successivement les toiles bises, des tissus colorés, etc., la nécessité d’un blanchiment énergique se fit sentir. Aussi les fabricants employèrent-ils le chlore que l’illustre chimiste Berthollet venait d’appliquer à la décoloration des étoffes, On l’emploie à l’état gazeux ou à l’état de chlorure de soude dissous dans l’eau.
- La demi-pâte ou défilé, lorsqu’elle doit être blanchie au chlorure de soude par un conduit, sort de la pile où les chiffons viennent d’être défilés, et arrive dans une cuve dite blanchisseuse.
- L’ouvrier chargé de ce travail doit agiter fréquemment la masse avec une spatule de bois, afin qu’elle soit bien également mise en contact avec le réactif qui doit la blanchir. L’acide carbonique de l’air décompose l’hypochlorite de soude, forme du carbonate de soude, et dégage l’acide chlorique.
- Pour décolorer le chiffon par le chlore gazeux, on dispose dans des caisses spéciales sur des rayons superposés. Cette opération dure en moyenne deux jours.
- Au sortir des chambres à blanchiment, lorsque l’odeur du chlore s’est presque complètement évaporé, le défilé du chiffon est apporté dans la pile ra/fineuse, dans laquelle il va enfin devenir pâte.
- Les papiers qui sont destinés à recevoir l’écriture doivent être collés. Cette préparation a pour but d’empêcher la feuille de boire l’encre. Nous savons que les Romains collaient leur papyrus. Ils se servaient de colle de farine ou de mie de pain détrempée, de résine, et parfois de colle animale. Le papier de chiffon a toujours été collé ; mais depuis la découverte du papier continu, il s’est opéré une révolution dans la matière employée. De temps immémorial, on collait les feuilles fabriquées à la main, en les immergeant dans un bain contenant une dissolution de gélatine, ou colle animale, qui était préparée avec des débris de tannerie, des rognures de peaux, des pieds de mouton, etc.
- Vers le commencement de ce siècle, on eut l’idée d’effectuer le collage dans la pile même servant au raffinage. Pour cela on mélangea la colle à la pâte du défilé dans la pile raffineuse. Seulement au lieu de colle de gélatine, il fallut employer des substances végétales, telles que la fécule ou le savon de résine. La gélatine, en effet, n’aurait pu s’appliquer au collage du papier continu, qu’allait faire bientôt son apparition, à cause delà prompte dessication du papier que cette machine exige.
- Depuis quelques années pourtant on est revenu en partie à l’emploi de la gélatine pour les papiers de luxe et les belles sortes de papiers à écrire.
- Le collage végétal s’applique dans la pile raffineuse. La colle se prépare avec un mélange de savon résineux et de fécule qu’on précipite au moyen de l’alun ou du sulfate d’alumine.
- Ce ne sont pas là les seules additions que l’on fasse au chiffon dans la pile raffineuse. En même temps que la colle, on introduit souvent mêlée avec elle une certaine quantité de kaolin, qui donne au papier une apparence plus belle et plus fine, un grain plus doux ; en même temps qu’il augmente sans frais la matière première, il accroît le poids et remplit les intervalles' qui existent entre les fibrilles sans se feutrer, s’entrecroiser avec elles.
- Les chiffons de cotons bleus et rouges que l’on a mis à part servent à faire, sans lessivage ni blanchiment, les papiers dits buvard, c’est-à-dire ceux destinés à sécher l’écriture.
- Il serait trop long d’indiquer ici comment on fabriquait les papiers à la forme ou à la main ; on en fabrique beaucoup moins aujourd’hui. Depuis le commencement de ce siècle, le papier mécanique l’a remplacé dans la plupart des emplois journaliers. Le papier timbré et le papier monnaie sont ceux qui se fabriquent encore à la forme.
- En 1832, un industriel nommé Weynen donna une grande extension à l’emploi du papier à lettres en le faisant vendre dans les rues de Paris par des colporteurs en uniforme.
- Eu 1836, on vit apparaître la fabrication des enveloppes de lettres due à Maquet, qui, le premier, inventa la machine à faire les enveloppes.
- C’est vers la même époque que la fabrication des registres commença à prendre son essor.
- On fabrique aussi le papier avec le bois, la paille et en général avec tous les textiles. On prépare la pâte de bois de façon à la transporter en feuilles, il suffit de la faire détremper et la mettre sur la machine. On a perfectionné les machines qui coupent le papier aussitôt le papier fait, et avec lés nouvellés plieuses mécaniques, il n’y a plus qu’à envelopper la rame après l’avoir comptée.
- Avec le papier, on fabrique tant d’objets qu’il est à peu près impossible de tout énumérer.
- Bientôt on aura des voitures en papier, car il y a déjà des roues. Depuis 1869, les Anglais ont pris plus de six cents brevets pour la fabrication des roues de chemin de fer ; on fait même des rails en papier.
- J’ai vu à l’Exposition de 1878 des colonnes torses de plusieurs mètres de hauteur, c’était plus dur que la pierre. — Il existe près de Bergem une église pouvant contenir près de mille personnes. Les reliefs intérieurs, les statues, le toit, le plafond, les chapiteaux corinthiens, sont tous de papier mâché, rendu imperméable par une préparation spéciale.
- (A suivre.)
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- TRANSFORMATION
- DES
- CONCOURS RÉGIONAUX
- EN FRANCE
- Depuis la création des concours régionaux qui ont donné à l’agriculture nationale une si vive impulsion, les régions agricoles de France ont eu pour principales raisons de groupement, dans le choix des départements, qu’elles comprenaient les cultures similaires, le climat et surtout la facilité des moyens de communication, facilité qui a été depuis quelque vingt ans sensiblement augmentée.
- L’accroissement considérable des moyens de transport, leur rapidité toujours plus grande, l’urgence partout reconnue d’augmenter l’importance des primes d’encouragement à accorder aux cultivateurs du sol et aux éleveurs, ont nécessité un groupement nouveau, réduisant le nombre des régions, mais augmentant l’importance et la valeur des primes de chacune des nouvelles régions créées.
- Cette nouvelle organisation permet de donner aux concours régionaux agricoles qui servent, on le sait, d’assises annuelles aux diverses régions de France un développement et une notoriété en rapport avec les grandes circonscriptions territoriales dont ils sont la quintessence.
- C’est mû par ce judicieux raisonnement que M. le ministre de l’agriculture a pris il y a quelques semaines l’arrêté suivant :
- Les circonscriptions des concours régionaux agricoles sont ainsi fixées à partir du ier janvier 1887 :
- ire Circonscription. — Seine-et-Marne, Meuse, Seine-et-Oise, Vosges, Aisne, Haute- Marne, Somme, Aube, Pas-de-Calais, Marne, Oise, Meurthe-et-Moselle, Nord, Ardennes, Seine.
- 2e Circonscription. — Ille-et-Vilaine, Sarthe, Côtes-du-Nord, Orne, Loire-Inférieure, Manche, Morbihan, Calvados, Finistère, Seine-Inférieure, M.aine-et-Loijre, Eure-et-Loir, Mayenne, Eure.
- 3e Circonscription. — Nièvre, Doubs, Indre-et-
- Loire, Saône-et-Loire, Indre, Yonne, Loir-et-Cher, Ain, Loiret, Jura, Allier, Haute-Saône, Cher, Côte-d’Or, Territ. de Belfort.
- 4e Circonscription. — Vienne, Gers, Dordogne, Basses-Pyrénées, Vendée, Landes, Deux-Sèvres, Ariège, Charente-Inférieure, Hautes-Pyrénées, Gironde, Haute-Garonne, Charente, Lot-et-Garonne, Haute-Vienne.
- 5e Circonscription. — Corrèze, Loire, Lot, Ardèche, Tarn, Lozère, Cantal, Haute-Loire, Aveyron, Rhône, Tarn-et-Garonne, Puy-de-Dôme, Creuse.
- 6e Circonscription. — Isère, Pyrénées-Orientales, Haute-Savoie, Gard, Vaucluse, Var, Basses-Alpes, Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Aude, Drôme, Hérault, Savoie, Bouches-du-Rhône, Corse.
- Les concours régionaux pour les années 1887 à 1890 inclusivement, auront lieu dans les départements suivants :
- 1887 : Seine-et-Marne, Ille-et-Vilaine, Nièvre, Vienne, Corrèze, Isère;
- 1888: Meuse, Sarthe, Doubs, Gers, Loire, Pyrénées-Orientales ;
- 1889: Seine-et-Oise, Côtes-du-Nord, Indre-et-Loire, Dordogne, Lot, Haute-Savoie ;
- 1890: Vosges, Orne, Saône-et-Loire, Basses-Pyrénées, Ardèche, Gard ;
- 1891 : Aisne, Loire-Inférieure, Indre, Vendée, Tarn, Vaucluse ;
- 1892 : Haute-Marne, Manche, Yonne, Landes, Lozère, VTar ;
- 1898 : Somme, Morbihan, Loir-et-Cher, Deux-Sèvres, Cantal, Basses-Alpes.
- Telles sont les nouvelles régions agricoles et la nomenclature par année des départements appelés à donner l’hospitalité aux concours régionaux agricoles indique une rotation bien étudiée donnant, à notre avis, satisfaction à toutes les branches de l’agriculture.
- Pourtant, on ne sait trop pourquoi, des récriminations se sont élevées, des plaintes ont été formulées et certains organes de la presse ont protesté contre cette nouvelle organisation.
- Il est pourtant des raisons irréfutables en faveur de cette réduction ou plutôt, au contraire, de ce groupement agrandi si nécessaire.
- Qui ne se souvient dans les dernières années alors que, comme cela s’est vu, trois concours régionaux agricoles se trouvaient dans la même semaine, des plaintes et des récriminations des exposants, toutes très légitimes, surtout quand, comme à Toulouse et à Angers cette année, par exemple, il y avait le même jour des concours spéciaux de charrues, ce qui mettait dans l’embarras les constructeurs n’ayant pas le don d’ubiquité, et ils sont tous dans ce cas-là, même situation pour les éleveurs et les exposants de produits.
- Aujourd’hui que les chemins de fer ont rapproché singulièrement les distances et que Nantes, par exemple, est à une heure et demie d’Angers, trois heures du Mans et cinq heures de Brest; que Toulouse n’est éloigné que de cinq heures de Bordeaux et autant de Limoges, qu’enfin les méthodes agricoles en s’améliorant se sont élargies et sont aujourd’hui partout similaires par ainsi dire devant les exigences des cultures intensives et l’agriculture industrielle, il y a intérêt à former des régions plus vastes pour que les exemples qui sortent des concours soient à leur tour plus répandus dans les milieux qui doivent les appliquer.
- Nous savons bien que ce qui a frappé certains esprits, c’est la transformation inévitable des primes d’honneur régionales ; mais est-ce que cette transformation pouvait être évitée même en conservant l’ancien état de choses et les programmes d’antan n’étaient-ils pas surannés ?
- Il est encore un autre argument et celui-là est sans contredit le meilleur, pourquoi donc récriminer avant de savoir, avant de connaître ce qui va remplacer ce qu’on supprime.
- Est-ce que le mouvement qui se produit partout n’est pas en faveur des grands concours.
- Le concours général agricole de Paris qui est devenu, nous l’avons souvent dit, l’exposition nationale annuelle de l’agriculture en France est la preuve de notre dire.
- Les races françaises de bétail ne sont plus cantonnées dans une seule région ; ils vont là où il y a intérêt à les élever pour la reproduction ou l’engraissement.
- Les machines vont partout parce que partout on en a besoin et la multiplicité des concours à la même époque empêchait cette exposition.
- De plus nous savons de source certaine et autorisée que les modifications, apportées sont toutes en faveur des agriculteurs.
- Croit-on que parce que six concours sur douze sont supprimés à partir de 1887, les prix toujours trop peu nombreux accordés à l’administration pour être distribués aux agriculteurs méritants seront diminués ?
- Ce serait commettre une grande erreur et méconnaître la sollicitude des pouvoirs publics pour tout ce qui touche aux intérêts agricoles., ^
- Les encouragements annuellement accordés a l’agriculture se sont augmentés pour chaque
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- ,412. — Première Année — N° 5i.
- Tégion dans une proportion d’autant plus large qu'on n’aura plus à les disséminer dans des.régions trop nombreuses.
- Personne ne peut nier que ces fonds groupés ne produisent une somme plus considérable pour chaque région ; c’est une vérité par trop élémentaire.
- Dès lors les primes en argent à accorder aux exploitations, à décerner au bétail reproducteur, seront plus fortes et attireront des exposants plus nombreux, les essais des machines seront plus sérieux, les produits plus considérables et chaque concours régional se suivant de semaine en semaine dans les six régions, sera comme une réduction importante encore du grand concours général agricole de Paris, manifestant sur chaque point du territoire des progrès accomplis par l’agriculture nationale.
- Les dispositions nouvelles, bonnes suivant nous, méritent dans tous les cas d’être jugées dans la pratique avant d’être critiquées sans arguments sérieux.
- Il est certains points de critique qu’il importe de réfuter immédiatement pour enlever toute inquiétude aux cultivateurs ; c’est ce que nous ferons dans notre prochain article.
- Noël Bretagne.
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- LES LIVRES
- XXXVIII
- Ferdinand Brunetière. — Histoire et Littérature, 2 vol., in-18.
- Calmann Lévy, éditeur, 1886.
- Les deux volumes de Variétés publiés par M. Ferdinand Brunetière, chez l’éditeur, l’ont été d’abord dans la Revue des Deux-Mondes, recueil auquel le jeune critique a emprunté l’autorité qui lui manquait encore et qu’il lui rend largement, aujourd’hui que le succès a consacré son talent. Ce talent a un double caractère de plus en plus rare. Il est original et il est indépendant. Aussi trouve-t-on un plaisir extrême à relire dans le livre, à loisir, les articles qu’on a lus plus hâtivement dans la Revue. Ce recueil d’articles, contrairement à ce qui se passe d’ordinaire et tient justement le public en défiance de ces secondes moissons d’un blé sans valeur nutritive, ou vertu séminale, vaut la peine d’être lu. La gerbe est faite d’épis plus solides encore que brillants, dont le grain est dru et savoureux et dont la fécondité n’est pas douteuse. Nous n’insisterons pas trop sur ce qu’on trouvera dans le livre, en fait de sujets divers. Il nous suffira de dire que la liste des quinze articles qui composent ce second volume de Variétés, de Mélanges que nous voulons moins analyser qu’apprécier, va d’une étude sur la tragédie de Racine à une étude sur les petits naturalistes, c’est-à-dire embrasse les deux derniers siècles, je pourrais dire les trois derniers, puisque le nôtre y est largement compris, et qu’elle n’est pas moins variée au point de vue historique qu’au point de vue littéraire, contenant deux études magistrales sur la Convention et le conventionnel Romme et sur l’émigration. Mais, encore une fois, ce n’est pas une analyse du livre que nous voulons faire, c’est, à l’occasion du livre, 'une esquisse de l’auteur, tel que nous, le comprenons et le voyons. Cet auteur est un homme. Il vaut la peine d’être peint. Il représente en ce moment, il personnifie chez nous la critique même, ce genre discrédité, on pourrait dire même démodé, parce qu’il exige une probité d’esprit héroïque, un courage intellectuel, plus rare encore que le courage’civique, une abondance de connaissances encyclopédique, une faculté de tout voir et de tout comprendre et aussi un art de tout dire qui ne conviennent guère à la mollesse des décadences. La nôtre s’est empressée de dire qu’un critique ne pouvait être qu’un raté, se vengeant en médisant des fruits de la fécondité'des autres, d’être stérile lui-même, que la critique était un art inférieur, presque subalterne, ne comportant aucun mérite d’invention, de création, d’originalité, qù’enfin, un écrivain ne pouvait jamais prétendre à être admiré, qui passait sa vie à dénigrer les autres. Oui, ce temps où l’amour-propre des sybarites de la camaraderie et de la réclame s’offense d’un pli de rose, ce temps d’encensement réciproque et de mutuelle courte-échelle ne voit dans la critique que la forme littéraire de l’envie, que l’exercice de l’impuissance haineuse d’une sorte de zoïlisme. Il ne comprend pas que si le devoir du vrai critique est de blâmer ce qu’il trouve blâmable, son devoir et aussi son plaisir sont de louer ce qu’il trouve louable ; que la critique, ce sacerdoce du goût, a les grandeurs, les noblesses, comme elle a les colères de cette religion du beau qu’elle propage, qu’elle défend, qu’elle venge ; qu’elle n’est pas l’art de trouver des raisons de ne pas, admirer, mais l’art de .donner à l’admiration de bonnes raisons et de justes règles ; enfin que la critique, pour être dignement pratiquée,, exige une variété de connaissances, une finesse d’analyse, une sûreté de méthode, un art de tout dire, qui font
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 20 Décembre iSS5
- du critique, quand il mérite ce nom, un écrivain aussi habile, aussi éloquent, aussi créateur, aussi fécond que les meilleurs et les plus hauts de ceux qu’il juge. Si malgré les résistances et les rancunes de certains de ses justiciables et de ses victimes, la critique., dans la personne de M. Brunetière, a fini par triompher, par conquérir l’autorité et à son tour l’admiration, c’est à lui qu’elle le doit. Nul écrivain, depuis Sainte-Beuve, dont il a recueilli l’héritage et la clientèle, n’a fait plus d’honneur que lui à cet art injustement dédaigné, où il entre de tous les arts, la critique, qui doit avoir sa philosophie et qui peut avoir jusqu’à sa poésie.
- M. Brunetière ne va pas jusque-là, il se contente d’avoir raison avec tous les solides mérites et les robustes attraits d’une belle prose calquée sur les meilleurs types de style de son siècle de prédilection, le dix-septième ; et nous le soupçonnons peu capable de ces amollissements, de ces attendrissements qui corrompaient, qui effé-minaient parfois un peu trop le jugement de Sainte-Beuve, de ces excès de subtilité, de curiosité, qui émoussaient, à force de vouloir l’aiguiser, la pointe si pénétrante de son observation. M. Brunetière est un passionné d’idées et de goût; mais il n’a ni les tendresses, ni les caresses, ni les félinités de Sainte-Beuve. Il loue nettement, loyalement, parfois cordialement, quand il loue ; il blâme sans réticence, sans faiblesse, non sans rudesse parfois, quand il blâme. Il va droit au fait et au fond du livre et de l’auteur, ne s’occupant de l’homme que dans ses rapports divers et nécessaires avec l’oeuvre. Rien de superflu. J’ai dit qu’il frappait un peu fort, parfois ; et on trouvera dans le volume certain article sur l’Histoire de Vémigration de M. Forneron, qui est caractéristique de la volée de bois vert en littérature. Mais l’essentiel est de savoir si l’ouvrage la méritait. Et si l’indulgence, le pire des vices, dit non, la sincérité, la plus difficile des vertus, dit oui. Nous sommes à une époque où la raison n’a pas raison d’elle-même. Il faut l’y aider. La vérité doit se planter à coups de marteau, comme le coin, dans nos cervelles obtuses. La question n’est donc pas de savoir si M. Brunetière frappe fort, ce que nul ne nie, mais s’il frappe juste, ce que tout le monde reconnaît aujourd’hui, sauf ses victimes. Et encore ! C’est de cette dernière qualité que vient l’autorité précoce de ce juge littéraire qui est déjà salué, sans flatterie, du nom de maître. Il mérite ce titre, cet homme rare qui pense tout ce qu’il, dit, s’il ne dit pas tout ce qu’il pense, qui sait à fond ce dont il parle, qui est indépendant de toute église, de toute coterie, qui a une doctrine comme il a une religion du goût, qui a du talent, beaucoup de talent, et ce qui, pour un juge, est encore plus nécessaire que le talent, du caractère.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BELGIQUE
- ENQUÊTE SUR LE COMMERCE DES PEAUX DE CHÈVRE CHAGRINÉES.
- Une étude de la situation actuelle du commerce des peaux de chèvre chagrinées dans les diverses parties du monde vient d’être faite par le corps consulaire belge. On trouvera des extraits de ce travail dans les numéros des 3 et 10 décembre du Moniteur officiel du commerce.
- BULGARIE
- CONDITIONS DE PAIEMENT.
- On lit dans le Textile Recorder que les négociants de Varna tendent à augmenter leurs transactions avec les maisons françaises et à restreindre leurs affaires avec les maisons autrichiennes. Ce changement est attribué au fait que les Français accordent des crédits plus longs.
- TURQUIE D’ASIE
- EMPLOI DES VALLONÉES DANS L’iNDUSTRIE DE LA TANNERIE.
- Le vice-consul de France à Dardanelles écrit que les vallonées produites dans la province de sa résidence sont employées en grandes quantités dans l’industrie de la tannerie en Italie, en Autriche-Flongrie, en Allemagne et dans le Royaume-Uni, à cause de leur richesse en tanin, qui peut varier de 20 à 3o o[o, selon les quantités.
- Les vallonées sont ordinairement employées pour le tannage des gros cuirs, .et surtout pour le cuir à semelles. Les cuirs ainsi tannés sont d’une couleur verdâtre et cassants,, ce. qui explique leurs bas prix sur les marchés de l’Orient, comparés aux cuirs tannés de notre pays.
- En France, où les fabricants s’appliquent à produire bon, les tanneurs ne connaissent guère jusqu’à présent les vallonées que de nom. Ils
- emploient presque exclusivement les écorces de chêne vert qui tannent blanc et souple, mais qui ont le tort de coûter cher par rapport à leur teneur en tanin qui n’est guère que de 9 0/0. Etant donné cette teneur et le prix normal en France des écorces de chêne vert, nos tanneurs paient le
- degré de tanin à fr.......................... 2 »»
- Or en prenant une bonne qualité moyenne de vallonées, qui titrera 25 0/0 environ, et qui coûterait 35 fr. environ les iookilog, le degré de tanin ressortirait à fr.......... 1.40
- Différence en faveur des vallonées fr. 0,60 pat-degré de tanin, ce qui est très appréciable poulies importantes tanneries de France, qui emploient de grandes quantités d’écorces, sans compter le rendement en poids qui est supérieur par l’emploi des vallonées.
- Ce fait mérite d’attirer l’attention de nos grandes tanneries qui, en employant les vallonées, concurremment avec les écorces de chêne vert dans des proportions que des essais leur indiqueraient, ne nuiraient pas à la qualité supérieure de leurs produits, tout en réalisant une économie de 25 à 3o 0/0 et peut-être davantage sur leur prix actuel d’achat des matières tannantes. Cette économie leur permettrait d’abaisser d’autant leurs prix de vente sur les divers marchés étrangers, et d’y soutenir la concurrence vis-à-vis des produits anglais, italiens et allemands, qui tentent à s’implanter exclusivement dans les pays où, comme en Orient, le bon marché prime la qualité.
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- LES THÉÂTRES
- Vaudeville. — Georgette, comédie en 4 actes, de M. Victorien Sardou.
- Palais-Royal. — Le baron de Carabasse, comédie en 3 actes, de M. Emile Bergerat.
- Encore une pièce à thèse ; on pourra la refaire cent fois cette pièce qui s’est appelée Fernande, Séraphine, Fedora, le Fils de Coralie, les Idées de Mme'Aubrey, Denise et qui s’appelle aujourd’hui Georgette. On pourrait résumer en quelques mots .le sujet de la nouvelle pièce de M. Sardou : Que deviennent les filles des mères • repenties ? Telle est la question que se pose l’auteur, et qu’il résout à son gré, ou plutôt sans la résoudre, car on attend à la fin du quatrième acte une conclusion qui ne vient pas. On a dit depuis longtemps d’un gentilhomme ruiné qui épouse la fille d’un vilain riche : « 11 prend de l’or pour redorer son blason. » Ou bien encore : « Il achète du fumier pour ses terres. » Dans la pièce de Sardou nous trouvons ce dialogue :
- — Epouser la fille d’une fille ! s’écrie la comtesse de Chabreuil, jamais!
- — Pourquoi pas ? réplique Gontran ; si la fortune est malpropre, on la laisse, si la femme est pure, on la prend.
- Ce Gontran plaide alors la cause de la jeune personne^ à laquelle il est fait allusion. Il cite même à l’appui de sa thèse les origines de Catherine de Russie.
- L’action se déroulant dans un monde de millionnaires, il y avait, pour les interprètes féminines, l’occasion de déployer les splendeurs de la toilette et des bijoux; aussi Mlle Brandès et Mme Tessandier, ainsi que Mme Fromentin, ont-elles profité de l’occasion pour nous montrer leur goût exquis en matière de luxe au théâtre,
- M. Dupuis est toujours le comédien parfait que l’on connaît. M. Sardou avait ramené de Nice une jeune personne dont il a fait une artiste qui débutait avec talent dans Georgette.
- Et, maintenant, à l’année prochaine la reprise de la même thèse. Au moment où j’écris ces lignes on me donne la solution suivante : Epousez la femme que vous aimez. Et comme, bien entendu, vous n’aimerez jamais une femme indigne, vous aurez résolu le problème.
- M. Bergérat, le caliban du Figaro, nous adonné le Baron de Carabasse, au ffalais-Royal. Cette pièce devait s’appeler d’abord Thérébin, parce qu’un personnage de ce nom, pralinier et millionnaire, aime MUe Blandine, fille de M. Réginet (baron de Carabasse, dans le monde où l’on s’amuse), et de Mme Réginet, séparés pour incompatibilité d’humeur. M. Réginet veut être franc-maçoa ; sa femme, au contraire est très pieuse. « Tant que je serai vivante, s’écrie-t-elle, mon mari ne possédera de moi que mon cadavre ! » Enfin Thérébin se marie et une série de qui-pro-quo défilent en 'scène, jusqu’à ce que -Thérébin, qui n’est marié que civilement, soit mis à la porte par la famille. Finalement MUe Blandine épouse un jeune rapin qu’elle aime.
- M. Bergerat a fourni beaucoup d’esprit dans cette comédie, le deuxième acte est surtout une désopilante folie.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. ARRAULT et Cio, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur 1
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18* rue Bergère, 18, a Paris
- PREMIÈRE ANNÉE. Dimanche 27 Décembre 1885. NUMÉRO 52.
- SOMMAIRE
- 1. Les Récompenses de l’Exposition d’Anvers ; 2. Exposition d’Anvers : Liste des récompenses ; 3. Les Expositions étrangères ; 4. Conférence de M. Ramé ; 5. La Question économique; 6. Les Livres; 7. Avis commerciaux; 8. Les Théâtres.
- LES RÉCOMPENSES
- D E
- Nous étudierons cette question dans un de nos prochains numéros, au point de vue des systèmes financiers proposés par des personnes fort compétentes mais qui se font de grandes illusions, et au point de vue des divers emplacements proposés par d’autres personnes peu compétentes, celles-là, et ne pouvant guère se faire d’illusions.
- M. Poulain (Félix). — Maison Fernique (Albert). M. Procoep. — Maison Bécoulet (Ch.) et Cie.
- M. Rolland (Auguste). — Société anonyme d'imprimerie et librairie (maison Paul Dupont).
- M. Sauvageot (Claude). — Maison Des Fossez et Cie.
- M. Thioler, chef d’atelier. — Ecole de Châlons (ministère du commerce).
- M. Trombet (Albert). — Maison Chaix (Imprimerie centrale).
- Médailles de bronze
- Maison Lacroix (G.) et fils. — M. Lacroix fils.
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’argent
- M. Bouffaut. — Maison Chardon (Ch.).
- M. Caillaud. — Maison Elké (F.) et Ci0 (Ed. Gouttière, successeur).
- M. Christophe. — Maison Bouasse-Lebel.
- M. Demouveaux. — Maison Erard.
- M. cFHaène (Louis). —Maison Pleyel, WolfetCie. M. Garnier. —Maison Chardon (Ch.).
- M. Jacque. — Maison Chardon (Ch.).
- M. Lenoel (Auguste). — Maison Lutz (Edouard). M. Menaud (Louis). — Maison Bézu Hausser.
- M. Moreau (Alph.) — Maison Erard.
- M. Rouzé (Alfred). — Maison Ducretet (E.) et Cie. M. Testu (Ed.). — Maison Erard.
- M. Thezey (Paul). — Maison Estève (L. Pinet, successeur).
- Médailles de bronze
- M. Baron. — Imprimerie nationale de France.
- M. Bayen. — Maison Chevrel (G.).
- M. Bertrand (Paul). — Maison Leduc.
- M. Bienvenu. — Maison Ménard et Augery.
- M. Bois (Julien). — Maison Bouasse Lebelf M. Chambaud. — Maison Leduc (A).
- M. David (Isidore). — Maison Delalain frères.
- M. Descottes (Alex.) — Maison Sudre (F.).
- M. Desmares. —- Imprimerie nationale de France. M. Ducourtioux. — Maison Michelet Abel.
- M. Dubreuil (Henri). — Maison Chevalier Ma-reseq.
- M. Gardé (Léon). — Société anonyme d’imprimerie et librairie (maison Paul Dupont).
- M. Gavioli (Ludovic). — Maison Gavioli et Ce.
- M. Gausset (Auguste). — Maison Delalain frères. M. Grus fils aîné. — Maison Grus (J.-D.-L).
- M. Guéroult. — Imprimerie nationale de France. M. Guillot. — Maison Michelet Abel.
- M. Jelmini. — Maison Thibout (A.) et Cc.
- M. Jouvin. — Imprimerie nationale de France.
- M. Kokelberg. — Maison Thibout (A.) et G®.
- M. Kuhm. — Maison Chevrel (G).
- M. I.avail (François). — Maison Bardou Job.
- M. Louvois (François). — Maison E. Pichot.
- M. Maurq. — Maison Monti (Ch.)
- M. Molz. — Maison Delalain frères.
- M. Petrey (Emile). — Société anonyme merie et librairie (maison Paul Dupont).
- M. Pichard (Charles). — Maison Burdin et C°.
- M. Poulleau. — Maison Ruch.
- M. Pulin (Emile). — Maison Monti (Ch).
- M. Rappart (Louis). — Maison Morand et Gensse. M. Troost. — Maison E. Pichot.
- M. Valiquet. — Imprimerie nationale de France. M. Zahn. — Maison Ruch.
- Mentions honorables.
- M. Blot. — Imprimerie nationale de France.
- M. Hautoy. — Imprimerie nationale de ÉTance. M. Hée. — Imprimerie nationale de France.
- M. Loiseau.. — Maison Bardou Job.
- M. Tattegrain. —Imprimerie nationale de France. M. Ternon. — Imprimerie nationale de France. M. Théry. — Imprimerie nationale de France.
- L’EXPOSITION D’ANVERS
- Le Sénat a nommé une commission pour l’examen du projet de loi adopté par la Chambre des députés, relatif aux récompenses à décerner à l’occasion de l’Exposition d’Anvers èn 1885.
- Cette commission se compose de MM. Isaac, Naquet, Dupouy, Léon Say, Millet-Fonta-rabie, Teisserenc de Bort, Dietz-Monnin, Arbel et d’Osmoy.
- Il est bien certain que cette commission déposera un rapport analogue à celui que M. Prévet a soumis à la Chambre des députés.
- Du reste dès aujourd’hui nous pouvons dire que le ministre du commerce ne disposera des croix mises à sa disposition qu’en faveur des industriels qui ont si brillamment représenté la France à l’Exposition d’Anvers ; quelques rares exceptions seront faites pour les membres du jury ou des délégués adjoints à la commission d’organisation.
- Nous pensons bien que dans notre prochain numéro nous pourrons donner la liste complète des noms des nouveaux officiers et chevaliers de la Légion d’honneur.
- L’EXPOSITION DE 1889
- On travaille activement au ministère du commerce; dans une quinzaine de jours, tous les plans et devis relatifs à l’Exposition de 1889 seront entièrement terminés.
- Il est bien entendu que le projet du ministre ne comporte comme emplacement, que le Champ-de-Mars, avec les annexes adoptées par la commission consultative.
- De plus, M. Dautresme se propose de demander aux Chambres les crédits nécessaires pour que l’Etat fasse l’Exposition.
- C’est la seule solution qui puisse satisfaire tous les esprits soucieux de la réussite de cette grande œuvre.
- Jusqu’à présent nous n’avons pas voulu citer un seul des projets plus ou moins saugrenus qui ont été mis en avant pour l’Exposition de 1889.
- MINISTÈRE DU COMMERCE
- EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- DÉCERNÉES AUX,
- Collaborateurs et coopérateurs d’exposants
- GROUPE I
- Éducation et enseignement. — Matériel
- et procédés des arts libéraux.
- COLLABORATEURS
- Diplôme d’honneur.
- Ecole de Châlons. — Ministère du commerce.
- Médailles d’or.
- M. Asselin. — Maison Chardon (Ch.).
- M. Godron. — Institut industriel et agronomique du nord de la France.
- M. Dubois (Frédéric). — Maison Chaix (Imprimerie centrale).
- M. Du Bousquet. — Institut industriel et agronomique du nord de la France.
- Ecole d’Angers. — Ministère du commerce.
- Ecole d’horlogerie de Cluses. — .Ministère du commerce.
- M. Favre (Félix). — Maison Des Fossez et C°.
- M. Gogufcl. — Institut industriel et agronomique du nord de la France.
- M. Missier. — Maison Champenois et Ce.
- M. Rouanard. — M. le sous-directeur de l’école de Châlons (ministère du commerce).
- M. Rousseau. — Imprimerie nationale de France.
- Médailles d’argent
- M. André. — Maison Gilbert et Cc.
- M. Barre. — Société anonyme des papeteries du Marais et de Sainte-Marie.
- M. Bernasse (E.-Victor). — Maison Colin Armand et Ce.
- M. Bourg. — Maison Gilbert et Ge.
- M. Calmettes (Fernand). — Maison Charavay frères.
- M. Chabat (Pierre). — Maison Des Fossez et C®.
- M. Chadouteau. — Maison Lacroix fils.
- M. Demoyencourt. — Maison G. Bac.
- M. Fortier (Alphonse). — Maison Chaix (Imprimerie centrale).
- M. Héon. — Imprimerie nationale de France.
- M. Josselin (Gustave). — Maison Chaix imprimerie centrale).
- M. Lejeal (Gustave). — Maison Colin Armand et Ce.
- M. Liénard (Ernest). — Maison Burdin et Ce.
- M. Neyry (Ernest). — Société anonyme d’imprimerie et librairie [(maison Paul Dupont).
- M. Pellin. — Maison Duboscq (Jules).
- M. Pierson (Albert). — Maison Delalain frères.
- M. Pihan. — Imprimerie nationale de France.
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- Première Année — N° 52.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Décembre iS85
- GROUPE II
- Mobilier et accessoires
- COLLABORATEURS
- Médailles d'or.
- M. Auscher. — Manufacture nationale de Sèvres. M. Chilly (Ame'de'e).— Cristallerie de Clichy.
- M. Hallion. — Manufacture nationale de Sèvres. M. Miroy (Charles). — Maison Denière.
- MM. les professeurs. — Ecole d’horlogerie de Paris.
- MM. les professeurs. — Ecole nationale d’horlogerie de Cluses.
- M-.Tasson (J). — Société anonyme de construction industrielle, à Paris.
- Médailles d'argent
- M. Becquet (Célestin). —Maison Bo.ch frères.
- M. Besse (Etienne). — Maison William Guérin et Cie.
- M. Dutailly. — Manufacture nationale de Sèvres. M. Gérard (Charles). — Maison Godillot (Alexis-Georges).
- M. Gérard. (Prosper). — Cristallerie de Clichy.
- M. Mayer (Gustave). — Maison Viardot (G.)
- M. Renard (G.). Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Saudret. — Maison Roquet (F.).
- M. Stein (Auguste). — Maison Masure et Lor-thois fils.
- M. Toty. — Maison Hamot (G., et B.) et G0.
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’or.
- Mmo Apoil. — Manufacture nationale de Sèvres. M. Doat (Taxile). — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Ducros (Victor). — Maison Denière.
- Mme Escalier.— Manufacture nationale de Sèvres. M. Gobert. — Manufacture nationale de Sèvres.
- Médailles d'argent
- M. Belet père. — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Brelle. — Maison Thiébaut frères.
- M. Guignon (E.). — Maison Thiébaut frères.
- M. Hairion (Louis). — Maison Denière.
- M. Legré. — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Lerocq (J. Vincent). — Maison Verrebout. M.-Loth. — Maison Thiébaut frères.
- M. Paret (G.). — Maison Thiébaut frères.
- M. Richard (Emile). — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Roger. — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Soyer (Théophile). — Maison Paul Soyer.
- M. Yenny. — Maison Paul Soyer.
- Médailles de bronze.
- M. Agache (Gh.-J.).— Maison Harinkouk(A.).
- M. Aumont (Eugène). — Maison Laurin (François). M. Bal (Jules) — Maison Legrand frères.
- M. Baudon (Auguste). — Maison Grlimbaum (H.). M. Bothereau. (L.). — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Drouillez (Pierre). — Maison Lebon-Leclercs, à Jeumont.
- M. Dubois (Paul). — Maison Margaine (François). M. Dufrasne (Désiré). — Maison Lebon-Leclercs, à Paris.
- M. Fillatreau. — Maison Laurin (François).
- M. Gautier. —Maison Tortat (Josaphat).
- M. Giraudon fils. — Maison Giraudon (S.-A.).
- M. Guillotin (André). — Maison Lemaire et Dumont.
- M. Her (Arthur-Louis). — Maison Harinkouck (A.).
- M. Hestrest (Auguste). — Maison Verrebout.
- M. Hurel. — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Just (Arthur). —Maison Tortat (Josaphat).
- M. Kaspérovirez (Alph.). — Maison Verrebout.
- M. Leboeuf (Léon-Joseph). — Maison Thomas (Isidore).
- M. Leiber. — Manufacture nationale de Sèvres.
- M. Leroy (Th.). — Maison Delforge (Emile).
- M. Martin (Victor). — Maison Aubrun (Pierre).
- M. Meakers. — Manufacture nationale de Sèvres. M. Moreau. — Maison Denière.
- M. Schmid. —• Maison Croissant (Auguste).
- M. Simon (Auguste). — Maison Giraudon (S.-A.). M. 1 naca (Jean). — Maison Facchina (Jean-Dominique).
- M. Vincent. — Maison Paul Soyer.
- M. Zinck. — Maison Paul Soyer.
- Mentions honorables.
- M. Brabender (Chrétien). — Maison Grlimbaum (FL).
- M. Deleymgne (Albert). — Maison Aubrun (Pierre). M. Gracio. — Maison Verrebout.
- GROUPE III
- Tissus. — Vêtements et accessoires.
- COLLABORATEURS
- Médailles d’or.
- M. Aubron. — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Ge-velot et Gaupillat).
- M. Charreyre (V.). — Maison Chabert, J. et Cie.
- M. Gaudel (Arthur). —-Maison Daunet (G.) à Lou-viers.
- H. Witz (Georges). — Maison Lamer et Laves-sière (ancienne maison Girard et C°) ; expose
- dans la collectivité de Rouen.
- Médailles d’argent
- M. Amsler (Ed.k — Maison Lamer et Lavessière (ancienne maison Girard et G°) ; expose collectivité de Rouen.
- M. Aurelle (Paulin). — Maison Chabert (J.) et C°.
- M. Bourguinon (V.). — Maison Jaubert-Audras et O.
- M. Boutet (Edouard). — Maison Bre'ant (Eugène).
- M. Clémençon (Gaspard). — Maison Jaubert-Audras et C°.
- M. Colamel. — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Communeau (J.). — Maison Communeau et Driand.
- M. Delanoue (Eugène). — Maison Weber (Camille).
- M. Dolle (Georges). — Maison Klotz jeune..
- M. Duraur (Louis). — xMaison Bréant (Eugène)
- M. Gallas (J.). — Maison Buirette-Gaulard.
- M. Girin (Gaspard). — Maison Jaubert-Audras et Cc.
- M. Imbach (E.-M.). — Maison Buirette-Gaulard.
- M. Langlois (Eugénie). —Maison Langlois (Louis).
- M. Lannoy (Charles). — Maison Crassier (Eugène), et Ce.
- M. Laukempert (François). — Maison Roger (veuve).
- M. Ledeu (Hippolyte). — Maison Damet (G.) à Louvois.
- M. Legrand. —Maison Blazy.
- M. Lemergeaux (Camille). — Maison Stavaux, Bonnaire et fils.
- M. Le'ouzon (Edouard). — Maison Chabert (J.) et C®.
- M. Liénard (Constant). —Maison Stavaux, Bonnaire et fils..
- M. Olivier (Charles). — Maison Camel (Léon).
- M. Potier (Napoléon). — Maison Lamer et Lavessière (ancienne maison Girard et Ce) ; expose . collectivité de Rouen.
- M. Scherrer (Frédéric). — Maison Fromage (Lu-, cien) et Ce.
- M. Tulli (Emile). — Maison Chabert (J.) et Cc.
- Médailles de bronze
- M. Albant(Em.) — Maison Buirette-Gaulard.
- M. Davin (Gustave-Victor). — Maison Fromage (Lucien) et Ce.
- M. Chavant (Camille). — Maison Pevrac, Vacher et Cie.
- Mme Vérillaud. — Maison Duvelleroy (G.).
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’argent
- M. Antoine (Alexandre). — Société française des munitions de chasse et de guerre, f anciens établissements Gevelot et Gaupillat.)
- M. Bernard (Francisque.) — Société française des munitions de chasse et de guerre 'anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Bréa (Mathias).—• Société Léopold Bernard.
- M. Chapelin. — Maison Rebour (Ch.).
- M. Chartier (Auguste). — Société Léopold Bernard.
- M. Delcro». — Maison Rebour (Ch.).
- M. Hann (Henri). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Hugon (Xavier). — Maison Rebour (Ch.).
- M. Oviere (L.).— Maison Fromage (Lucien) et C°.
- Médailles de bronze
- M. Astier (Pierre!. — Maison Chabert (J.) et Ce.
- M. Aubert (Victor). —• Maison A. Fauchille-Dela-noy.
- M. Beau. — Maison Rebour (Ch).
- M. Bellié (Charles). — Maison Robbin (Ernest)
- M. Berne. — Maison Rebour (Ch ).
- M. Bernimolin (Jules). — Maison Rieger (Henri).
- MM. Bessi frères. —Maison Rebour (Ch.).
- M. Blochet (Ferdinand). — Maison Communeau et Driand. <
- M. Bosc (Jules). — Maison Neyret (C) et Ce.
- M. Bouchez (J.-B.) — Maison Masse (Paul).
- M. Broard. — Maison Fouquet (A.i.
- M. Caron (Adèle). — Maison Massé (Pauli.
- M. Cochet (Jean). —• Maison Geay (C.) et Joanny Guillemet.
- M. Collet. — Maison Fauré-Lepage.
- M. Cosson. — Maison Fouquet (A.).
- M. Ceutolleau (Camille). — Maison Robin (Ernest.)
- M. Crahay. — Maison Fauré-Lepage.
- M. Craponne (Septune). — Maison Chabrières, Morel et C°.
- M. Dahout. — Maison Frétin (Auguste).
- M.- Dammouse. — Maison Fauré-Lepage.
- M. Donkeler (Georges,1. — Maison Klotz jeune.
- M. Durozier (V.).— Maison Colas(J.-B.) et fils.
- M. Duthilleul (L.). — Maison Morel (Augustin).
- M. Engelhard (Erasme). — Maison Vulliamy frères.
- M. Etling (Albert).— Maison Langlois (Louis).
- MM. Fournel et Grataloup. — Maison Rebour (Ch.).
- M. Fulgence (Claudon). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Gillot (Ulysse). — Maison Stavaux, Bonnaire et fils.
- M. Grandhomme. —- Maison Fouquet (A).
- M. Guérin (Albert). •— Maison Boulet et Lecerf (collectivité d’Eibeuf).,
- M. Guichard. —- Maison Rebour (Ch.).
- M. Hazebrouck (L.). — Maison Morel (Augustin),
- M. Henry (Alfred). — Maison Gastinne Renette.
- M. II onoré. — Maison Fouquet (A.).
- M. Kenarchand (Ernest). — Maison Lamer et Lavessière (ancienne maison Girard et C°) (collectivité de Rouen).
- M. Kesler (Mathieu). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Lafaye. — Maison Fretin (Auguste).
- M. Lafont (Eugène). — Maison Chabrières, Morel et C®.
- Mme Lambert (Hélène). — Maison Blazy frères.
- M. Leclercq-Degrelle (Désiré). — Maison Sta-vaux-Bonnaire et fils.
- M. Leduc. — Maison Fauré-Lepage.
- M. Leguay (Louis). — Maison Fayand (A.).
- M. Leroudier. — Maison Rebour (Ch.).
- M. Maillard (Claude). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Merlin (Paul). — Maison Langlois (Louis).
- M. Meurisse (Ad.) — Maison Blazy frères.
- Mme Miquet (Auguste). — Maison Weber (Camille)-.
- M. Montagneux. — Maison Rebour (Ch.).
- M. Morel (Félix). — Maison Marteau frères et Cie.
- M. Ello. — Maison Fretin (Auguste).
- M. Ostolle (Henri). — Maison Duvelleroy (G.)
- M. Peyrol (Hippolyte). — Maison Fauré-Lapage.
- M. Pierard — Maison Rebour (Ch.).
- M. Pochard (J.). — Maison Fayand (A.).
- M. Potier. — Mais Chardin (Ernest) et Cie.
- M. Querby (Lucien). — Maison Reiger (Plenri).
- M. Ravenez. — Maison Lamer et Lavessière (ancienne maison Girard et Cie.)
- M. Roussel (Charles). — Maison Fouquet (A.).
- M. Rove (Charles). — Maison Gastine-Renette.
- M. Samson (Mathurin). — Maison Dannet (G.), à Louviers.
- M. Saule (Marins). — Maison Rebour (Ch.).
- M. Taisne (François). — Maison Stavaux, Bonnaire et fils.
- M. Touré (François). — Maison Hamelin et Cie.
- M. Trachet (J.-B.). — Maison Bréant (Eugène).
- M. Watteau (Edm). — Maison Plichon fils.
- M. Wiart (Achille). — Maison Stavaux, Bonnaire et fils.
- M. Wiart (Clovis). — Maison Stavaux Bonnaire et fils.
- Mentions honorables
- M. Allaire (Elise). — Maison Dannet (G.-A.), Louviers.
- Mm® Bataille.— Maison Loude, Poirier et Rappin.
- Mme Beaudoin. — Société française des munitions de chasse et de guerre ' (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Besacier.— Maison Vermorel (S.) et Cie.
- M. Borsary. — Maison Godchau (Ad.).
- Mme Capron. —- Maison Loude, Poirier et Rappin.
- M. Centomani (E.). — Maison Loude, Poirier et Rappin.
- Mm0-Charles Catherine. — Société française des munitions de chasse et ife guerre (anciens établissements Grevelot et Gaupillat).
- M. Danis. — Maison Gallonde (ancienne maison Cary).
- Mm0 Durozier (Victorine). — Maison Colas (J.-B.) et fils.
- M. Félix. — Maison Gallonde (ancienne maison Cary).
- MM. Gaillard et Chapelin. — Maison Rebour (Ch.).
- Mme Goetzmann (Thérèse). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Gouverneur. — Maison Godchau (Ad.).
- Mme Hardouin. — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Kesler (Marie). — Société française des muni-
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- Première Année. — N° 5a.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Décembre iSS5. —415.
- tions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaup'illat).
- M. Laurent. — Maison Gallonde (ancienne maison Cary).
- M. Lefèvre (Jules). — Maison Loude Poirier et Rappin.
- M. Maillet (Eugène). — Maison Vulliamy frères.
- Mme Perrin (Madeleine). — Société française des munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- M. Pierre (Augustin). — Maison Dannet (G. A)., Louviers.
- Mme Piot. — Société française des 'munitions de chasse et de guerre (anciens établissements Gevelot et Gaupillat).
- GROUPE IV
- Industries extractives.— Produits bruts et ouvrés COLLABORATEURS
- Médailles d'or
- M. Bullot. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Combes' (Algérie). — Service forestier du Gouvernement.
- M. Debecker (Jules). — Maison Roussel (Emile).
- M. Dervieux (J.-Baptiste-Firmin). — Maison Ar-thus (Frédéric).
- M. Dezert. — Maison Chalamel (Alfredet Georges).
- M. Jubeau. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Laurent (Ch.). — Manufacture de produits chimiques du Nord (Kuhlmann).
- M. Marquet. —Maison Solvay et Ce.
- M. Martin (J.), — Maison Goignet et Ce.
- M. Valencienne (Achille). — Maison Genevoix (François).
- M. Zambeaux. — Manufacture de produits chi-' miques du Nord (Kuhlmann).
- Médailles d'argent -
- M. Berthot.— Maison Chapuis.
- M. Boulyau. — Société industrielle et commerciale, des métaux.
- M. Castin. ;— Maison Cail (anciens établissements).
- M. Chômienne. — Maison Arbel (Lucien)..
- M. Mardoux. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Morlé (J.). — Maison Durand (Roche).
- M. Mullier (Théophile). — Maison Roussel (Emile).
- M. Portes (Ludovic). —• Maison Ghassaing,
- M. Rhem (Fritz). — Maison Miray (collectivité de Rouen). ' : ,Y:/
- M. Roquigny (Armand). — Maison Menier.
- M. VVilms (M.). — Maison Golignet et Cio.
- Médailles de bronze.
- M. Foulon iAlph.). — Maison Schmidt M.-R.).
- M. Fremiot (L.J. — Maison Rogeat et Gie.
- M. Kopp (Edouard). — Maison Keittinger et fils (collectivité de Rouen).
- M. Landy. — Maison Cail (anciens établissements.)
- M. Lebon (Auguste). — Maison Duperron.
- M. Litzelmann (Joseph). — Maison Michaud fils.
- M. Meunier. — Maison Meunier (Ferd).
- M. Meurgey (Achille). — Maison Braille (J.-V.).
- M. Paquelet (Aimable). — Maison Millerot (Adolphe).
- COOPÉRATEURS
- Médailles d'argent.
- M. Bellevoine (Jacques). — Maison Sorrel frères et Gie.
- M. Charamon (E.).—Maison Gallien frères et Cie.
- M. Lansigu (Louis). — Maison Testu-Jodeau.
- M. Laurent (Emile). Maison Prévôt Carrière (J.-M.) et fils.
- M. Laurent (Emile). — Maison Prévôt Carrière (J.-M.) et fils.
- M. Lesuguein. — Maison Bure.
- M. Tort (Jean-Baptiste). — Maison Sorrel frères et G0.
- Médailles de bronze
- M. Bitchner. — Maison Keittinger et fils (collectivité de Rouen).
- M. Brasseur (Jules). — Manufacture des produits chimiques du Nord (Kuhlmann).
- M. Charlegros. — Maison Sorel frères et Ce.
- M. Darbois (Alexandre), — Maison Ullmo (Simon).
- M. Dubocq (Charles). — Maison Belpêche (Aug.-Eug.).
- M. Dufeu. — Maison Gallien frères et G°.
- M. Fougeray. — Maison Cail (anciens établissements). _ _ '
- M. Friat (Baptiste). — Maison Tugot frères.
- M. Frochot (Jules). — Maison Ghassaing.
- M. Godillot. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Guillemin.y— Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Guinaud. — Maison Deflassieux frères.
- M. Gabriel Imbert. — Maison Brunon (Barthélémy).
- M. Laurent. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Lebceuf (Léon-Joseph). Maison Thomas (Isidore).
- M. Massot (Théophile). — Maison Testu-Jodeau.
- M. Momret. — Maison Boude (A.) et fils.
- M. Perreton (Pierre). — Maison Gallien frères et C°.
- M. Pichon (Charles). Maison Chapuis.
- M. Rimbaud (Frédéric). — Maison Boude (A.) et fils.
- M. Rirolet (Lucien). — Maison Artus (G.).
- M. Touque. — Maison Duperron.
- Mentions honorables
- M. Berthe. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Bildstein. — Manufactures des produits chimiques du Nord (Kuhlmann).
- M. Boulanger. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Boutigny. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Champfort. — Maison Artus (C).
- M. Delmalche. — Société industrielle et commerciale des métaux.
- M. Grainger (Albert). — Maison Mouchel.
- M. Janguez (Joseph). — Maison Braille.
- M. Kehm. — Maison Besselièvre (collectivité de Rouen).
- M. Mercier (Auguste).—Maison Millerot (Adolphe).
- M. Michel (Joseph). — Maison Besselièvre (collectivité de Rouen).
- M. Michel (Victor). — Maison Besselièvre (collectivité de Rouen). -
- M. Pellevoisin. — Maison Cail (anciens établissements1.
- M. Sincère.(Paul). — Maison Gallien frères et G°.
- M. Vautier.— Maison Besselièvre (collectivité de Rouen).
- M. Vincent (H.).— Maison Besselièvre,(collectivité de Rouen).
- GROUPE V
- Outillages et procédés des Industries mécaniques
- COLLABORATEURS'
- Médailles d’or
- M.,Barbet. •— Maison Cail (anciens établissements). .
- M. Bouchère. — Société des ciments français et Portland de Boulogne-sur-Mer. .
- M. Choquet. — Maison Cail' (anciens établissements).
- M. Coisean(Louis.)—Maison Couvreux et Hersent.
- M. Coutellier (Edmond). — Chambre syndicale de couverture et plomberie.
- M. Ducoudun. —- Maison Guichard, Bisson et Ce.
- M. Frager. — Maison Michel et Ce.
- M. Gaultier. — Maison Bessonneau.
- M. Gobert.— Maison Eiffel.
- M. HermierF— Maison Gaillard frères.
- M. Hyver. — Maison Cail (anciens établissements).
- MM. Jean et Peyrussbn. — Maison Dumont.
- M. Legrand. —"Maison Cail (anciens établissements).
- M. March Remy. •— Maison Cail (anciens établissements) .
- M. le marquis de Caligny.
- M. Petit René. — Maison Bessonneau.
- M. Piffard (Charles). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Ryo. — Maison Ryo-Catteau.
- Médailles d’argent.
- M. Allaire. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Barbet. — Maison Fontaine.
- M. Boudin. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Candelot. — Société des ciments français et Portland de Boulogne-sur-Mer.
- M. Chéron. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Delettrez (Georges). — Maison Delettrez (Gustave). .
- M. Leblond. — Maison Cazaubon et fils.
- M. Painvin. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Poirier (Paul). — Maison Cail (anciens etablissements).
- M. Raffiin. -= Maison Gaget, Gauthier et C9. ^
- M. Rambaud (Jean). — Maison Cail (anciens etablissements).
- Médailles de bronze
- M. Carpentier. — Maison Hannotte frères.
- M. Masson (Antoine). — Maison Souton (François).
- COOPÉRATEURS
- Médailles d'argent.
- M. Cornières (Adrien). Maison Huyard.
- M. Moire. — Maison Bessonneau.
- M. Moquet. — Maison Bariquand et fils.
- M. Person. — Maison Gaillard frères.
- Médailles de bronze.
- M. Jules Bournel. — Maison Bariquand et fils.
- M. Bouvy. — Société des ardoisières de l’Espérance.
- M. Chevalier (Jean-Baptiste).—Maison Cail (anciens établissements).
- M. Daguez (Eugène). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Degageux (Félix). •— Maison Verdol (Jules).
- M. Girault (Jean-Louis). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Guillan (François). — Maison Cail (anciens établissements)"
- M. Klein. —Maison Cail (anciens établissements).
- M. Morel. — Maison Imfèvre, Garielpère et fils et Jacqueau.
- M. Pourquet (Pierre). — Maison Huyard.
- M. Radeur. — Maison Fontaine.
- M. Reydet (Claudius). — Maison Souton (François).
- M. Roy (Louis). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Soulary (Eugène). — Maison Gaillard frères.
- Mentions honorables.
- M. Leblanc (François-Joseph). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Lemoine. — Maison Cail (anciens établissements)!
- M. Mathieu (Emile-Joseph). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Plumecocq (Louis). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Prothais (Marie-Antoine). — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Toufaier. — Maison Cail (anciens établissements).
- GROUPE VI Produits alimentaires.
- COLLABORATEURS
- Médaille d'or M. Logre (J.). — Maison Menier.
- Médailles d'argent.
- M. Belfrond (Joseph). — Brasseries de la Méditerranée.
- M. Boutry (Félix). — Maison Lesaffre et Bon-duelle.
- M. Carlier (François). — Maison Williot fils et Cie.
- M. Châtelain (Jules). — Maison Teyssonneau (les fils de).
- M. Gossart (Emile). — Maison Bourdon (Edm.). M. Lecompte (Léon). — Maison Dessaux fils.
- M. Perrenoud (Auguste). — Maison Chapu (A.).
- Médailles de bronze.
- M. Barniet. — Maison Bazinet.
- M. Laffitte (B.) père. — Maison Laffitte et Gie.
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’argent.
- M. Grousset (Jules). — Maison Rojat (Jules).
- M. Lemaire (Jules). — Maison Billet (F.).
- Médailles de bronze.
- M. Branasseau. — Maison Abbadie (Biaise).
- M. Brunot. — Maison Bourdon (Edm.).
- M. Gastaing (Jeanty). — Maison Abbadie (Biaise). M. Cavenel. — Maison Bourdon (Edm.).
- M. Duval (Louis). — Maison Lesaffre et Bon-duelle.
- M. Flodrops (Jules). — Maison Bourdon. (Edm.). M. Julia (Jean). — Maison Brusson jeune.
- M. Lienvebert (Henri). — Maison Polack Ch.).
- M. Mansoggi (Jean). — Maison Cossé-Duval et Cie.
- M. Masson (Louis). — Maison Rojat (Jules).
- M. Nègre (François). — Maison Morel (Joseph).
- M. Pothier (Aug.). — Maison Cossé-Duval et Ce. M. Renard (Georges).—Maison Lemaire (Ed).
- Mentions honorables
- M. Chiapella (Jérôme). — Maison Errazu (veuve de).
- M. Combes. — Maison Bénard et Lemaître.
- M. Dejean. — Maison Promis (P.).
- Voir la suite page 418.
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- 416 et 417 — Première Année. — N° 52
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Décembre i885-
- SPEGIMEN DU DIPLOME DE L’EXPOSITION D’AMSTERDAM
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- 418. — Première Année.
- N° 52.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Décembre i835.
- M. Doutrelong. — Maison Bourdon (Edm.).
- M. Faustin (Armand).— Maison Beaucourt (F.). M. Janco (Olivier). Maison Cossé, Duval et Ce.
- M. Joannigo (Joseph). — Maison Gosse', Duval et Ce.
- M. Jourdain. — Maison Bourdon (Edm.).
- M. Mourlon. — Maison Promis (P).
- M. Schellé. — Maison Bazinet.
- M. Toti-Blancan jeune.— Maison Lafon (Arthur).
- GROUPES VII-VIII ET IX
- IXavïgation et sauvetage.— Pêche et pisciculture. — Commerce d’imporlatiou et d’exportation
- COLLABORATEURS
- Médailles d’or
- M. Bertin. —Société des ateliers et chantiers de la Loire.
- M. Boulogni (Jules-Ernest). — Maison Claparède.
- M,. Donau (Maximilien). — Chambre de commerce de Dunkerque.
- M. Jay. — Société des ateliers et chantiers de la Loire.
- Médailles d’argent
- M. Nieuwenhuyzen. — Maison Cail (anciens établissements).
- M. Pérault. — Maison Cail (anciens établissements).
- Médailles de bronze
- M. Thomas. — Maison Cail (anciens établissements).
- COOPÉRATEURS
- Médailles de bronze
- M. Bellest. — Maison Hain.
- Mentions honorables
- M. Dupont. — Maison Cail (anciens établissements).
- Électricité
- COLLABORATEURS
- Médailles d’or
- M. Ader 1 Clément). — Société générale des téléphones de Paris.
- M. Berthon (Alfred). — Société générale ..des téléphones de Paris.
- M. Digney (Théodore). — Société générale des téléphones de Paris.-
- M. Dufossé (Maximilien). — Maison Menier.
- M. Teissier. — Maison Menier.
- Médailles d’argent
- M. Henneton. — Maison Scrive, Hermite et C8.
- M. Mors (Emile). — Maison Mors (L.).
- M. Mors (Louis). •— Maison Mors (L.).
- COOPÉRATEURS
- Médailles d’argent
- M. Bouquillon (G.). — Société générale des téléphones de Paris.
- M. De la Motte (Gaston). — Société générale des téléphones de Paris.
- M. Gilkin (Henri). — Société générale des téléphones de Paris. '
- LES EXPOTITIONS ÉTRANGÈRES
- Allemagne
- Berlin. — Un comité pour l’avancement de l’exploitation de la tourbe, dans l’empire allemand, projette une exposition. Cette exposition, si toutefois les adhésions sont suffisantes, aura lieu la même semaine où se fera la réunion générale du comité. L’exposition se diviserait en quatre groupes: i° les terrains tourbeux; 20 les produits tirés des terrains tourbeux ; 3° amélioration à apporter ; 40 moyens d’amélioration.
- Dresde.— L’exposition international horticole dont nous avons déjà parlé, sera établie sur. un terrain demandé par la commission, dans le grand jardin du roi. Elle aura lieu du 7 au 14 mai 1887. Les plans pour la distribution générale des jardins, ainsi que les. études préparatoires pour les bâtiments de l’exposition ont été déjà fournis par l’ingénieur horticulteur Bertrand à Blasewitz.
- Francfort-sur-le-Mein. — La première exposition de vins, projetée par les commerçants allemands, pour l’année prochaine, gagne de jour en jour plus de partisans. Elle compte déjà plus de 100 des principaux producteurs et négociants en gros qui ont envoyé leur adhésion. Ainsi ce projet qui au commencement était presque vu d’un mauvais œil, a su s’attirer l’attention des intéressés et l’on peut dès maintenant répondre du succès.
- Meissen (Saxe). — Le comité d’industrie de Meissen a décidé qu’une exposition industrielle aurait lieu en 1886, à partir du mois de juillet jusqu’à la fin de septembre. Le comité a été autorisé d’ouvrir plus tôt l’exposition si le besoin s’en faisait sentir.
- Afrique du Sud
- Une exposition industrielle s’est ouverte le ier décembre i885, à Port-Elisabeth.
- Angleterre
- Liverpool. — On nous communique de plus amples détails sur l’exposition internationale de navigation, du commerce et de l’industrie, qui doit avoir lieu à Liverpool en mai 1886. Le principe de cette exposition est : i° de rassembler une collection des plus complètes de tous les moyens et de toutes les dispositions des anciens temps et' de l’époque actuelle, dont on s’est servi et que l’esprit humain a conçu pour établir ou faciliter la circulation d’un endroit à un autre sur terre ou sur mer ; 20 de démontrer comment grâce à la science moderne les distances se sont au fur et à mesure rapprochées. On doit exposer en même temps des échantillons de produits commerciaux . et industriels, avec l’intention de montrer comment le développement de ces mêmes produits avait lieu dans l’ancien temps, quelle place ils occupent maintenant et quelle raison motivée peut exister pour leur amélioration future. S’il est possible, on doit exposer en nature des bâtiments, des voitures, des éléments de construction, des machines, des produits et des méthodes de fabrication. On suppléera à tous ces documents par des modèles, des plans et des dessins.
- Les adhésions doivent être adressées au secrétaire de l’exposition : Henry Bloomsceld Bare, A, IL Exchange Buildings, Liverpool.
- Londres. — La société royale d’horticulture /le Londres a décidé qu’il serait fait une exposition internationale d’horticulture, avec congrès ,. à Londres et a .exprimé l’idée que l’année 1887, c’est-à-dire l’anniversaire de l’avènement au trône de la reine, serait la date la plus propice à cet effet.
- Londres. ,— .Une exposition d’armes , de costumes de guerre et d’antiquités du Soudan et de l’Egypte est en ce moment ouverte dans le foyer dtyDrylane Théâtre. Unegrande quantité d’officiers .anglais,.qui ont fait les campagnes du Nil et de la . mer Rouge .ont contribué pour une grande part à augmenter cette exposition. ' 1
- Londres. :—Un congrès des chambres de commercé' britanniques doit se réunir avec l’exposition coloniale dans le courant de l’année 1886.
- Trente-trois chambres de commerce ont déjà envoyé leur adhésion.
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- Autriche
- Prague. — Dans le courant de novembre der-nier.a eu. lieu, à Prague, un congrès d’ouvriers de la Bohème, qui a. décidé'de mettre, tout en œuvre pour arriver à former une exposition industrielle et internationale à Prague. Le congrès pense .avoir trouvé dans la conception de cette idée le moyen efficace. de combattre l’affluence, toujours croissante, de l’importation des fabrications étran-' gères sur leur marché. '•
- Budapest. —' L’exposition nationale dé Budapest a été visitée, pendant toute sa durée, par 1,759,368 personnes,- sans, compter les propriétaires de cartes permanentes. qui étaient au nombre de 13,198. '
- Au point de vue financier, il paraît, d’après les communications - du président secrétaire d’Etat Watlekovitch, qu’il existe, un déficit de. 3oo,ooo florins en somme ronde.;
- Russie
- St-Pètersbourg. -—Il doit .avoir lieu une exposition d’électricité dans les bâtiments du musée pédagogique de cette ville.
- CONFÉRENCE.
- FAITE AU PALAIS DE L'INDUSTRIE
- Le 31 ottobre 188S Par 3VE. -A. 3S
- fondateur de l’école professionnelle du papier
- (Suite et fin.)
- Voir le Moniteur du 20 décembre'r885.
- Mais que ne fait-on pas en papier ? Depuis longtemps on fait des vêtements, chapeaux, chaussures, cols et manchettes. Il, y a un an, dans un bal, tous les costumes étaient en papier et il y en avait de tous les siècles.
- On fait : des assiettes, des verres, des bouteilles, des tonneaux (en Chine, les habitants emploient des carreaux de papier pour leurs fenetres). On est
- arrivé dernièrement à fabriquer des courroies de transmission.
- Un Américain, M. Brown, a fait un bateau en papier ayant onze pieds de long et ne pesant que vingt-deux livres. Dernièrement, dans la salle des dépêches du Figaro, un canot de papier a été exposé aux yeux du public ; il parait que son propriétaire a fait, avec ce canot, un long voyage sur mer.
- Les boutons de bottines sont en carton, les plateaux laqués sont en papier mâché, de même que tous ces petits meubles soi-disant japonais qui sont fabriqués à Paris (au Marais). Le papier ne sert-il pas, pour la tenture, comme papier peint, mais aussi comme imitation de tapisserie, tels sont les tissus-feutre. Le cartonnage de luxe en est là aussi et ces fameux jouets, qui font le bonheur des enfants, sont pour la plupart en papier; les plus belles poupées ne sont rien autre que du papier collé feuille par feuille (pour le corps) ; les articles et accessoires de théâtre, de cotillon, les masques, toujours du papier. Enfin o.n fait du linge de papier, les Hollandais ne servent (dans beaucoup de restaurants) que des serviettes en papier.
- Dans tous les temps, les hommes se sont intéressés à ce produit, soit pour en connaître l’origine, soit pour savoir de quels procédés on s’est servi et dont on se sert encore pour le fabriquer. L’usage que nous en faisons est si considérable dans tous nos actes et les besoins de la vie, qu’il en résulte tout naturellement que nous nous y intéressons par l’importance qui s’y rattache, aussi bien dans nos rapports matériels qu’intellectuels.
- Un littérateur a dit que le papier était le pain de l’esprit, mais s’il sert à développer nos facultés morales, il ne nous est pas moins utile dans les actes les plu? solennels de notre existence.
- Dès que l’homme vient au monde, c’est sur le papier que sont consignés le jour dé sa naissance et les noms qu’il doit porter ; c’est sur le papier que nous recevons notre instruction et que se déve-loppe notre intelligence; c’est sur le papier que nous contractons les liens sacrés du# mariage; n’est-çe pas aussi le papier qui reçoit la constatation de notre mort? ’
- C’est toujours sur le papier que les peuples .se déclarent la guerre.ou traitent de la paix, acte d’où dépend l’existence de milliers d’hommes et où, dans certains cas, d’autres deviennent des héros qui font notre gloire et honorent notre pays.
- N’est-ce pas avec le papier que s’étend notre littérature et que sont devenus immortels : Racine, La Fontaine, Corneille, Boileau, Bossuet, Fe'né-lon, et mille autres de nos grands écrivains dont les ouvrages garnissent nos bibliothèques, quand tant d’autres hélas ! entrent dans la boutique de l’épicier pour‘envelopper de menues denrées alimentaires ?
- Sans le papier que deviendraient nos arts, nos sciences, nos grands orateurs, s’ils ne pouvaient reproduire etpropager leurs discours; enfin que deviendrions-nous nous-mêmes, pour entretenir nos rapports sociaux intimes et les plus secrets ?
- Si le papier sert aux hommes de mérite pour élever les âmes et les conduire au bien, combien en est-il, hélas 1 qui n’en font usage que pour corrompre. les esprits et les oonduire au mal, sous prétexte de les diriger dans la voie du progrès.
- Mais si je devais vous énumérer tous les emplois que l’on'fait du papier ce serait à l’infini; car tous les jours on s’en sert pour des découvertes nouvelles, où on le substitue aux métaux, au bois, même à l’ivoire, à l’écaille, au corail et autres objets qui font le sujet d’un commerce nouveau.
- Enfin n’oubliez pas que c’est sur le papier qu’est imprimé le livre qui a déjà beaucoup fait pour aider les esprits d’élite à élever, à polir, à développer l’intelligence populaire ; mais il n’a pas achevé, il n’achèvera jamais son œuvre.
- Chez une petite nation du nord de l’Flurope, quelques années ont suffi pour que pas un être humain, sain de corps et d’esprit-, n’échappât à l’instruction primaire et n’en tirât un juste profit. (Mais la Norvège, c’est d’elle dont parle Egger, n’avait guère plus d’un million d’habitants.) Plus laborieuses sont les conquêtes qui nous restent à faire sur le sol d’un pays aussi peuplé qu’est la France. Travaiîlons-y avec courage comme à l’accomplissement d’un des plus saints devoirs ! Multiplions les livres utiles à la culture de l’esprit et du cœur, afin que leur bienfaisante influence se répande, non seulement dans les villes, mais jusque dans les moindres villages.
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- Première Année. — N° 52. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 27 Décembre 188b. — 419-
- LA QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du i3 décembre 1885).
- Notre but n’est pas de relever ici les nombreux abus du monopole et de l’exploitation du crédit public par l’anonymat. Les dangers résultant pour la société de ce favoritisme de l’agio, sont d’une telle évidence, qu’il faudrait avoir sur les yeux le triple bandeau de l’ignorance, de la mauvaise foi et de l’intérêt égoïste, pour ne pas les apercevoir.
- Et cependant, il y a parmi nous bon nombre de personnages soi-disant éclairés qui portent ce bandeau avec une affectation prudhommesque et qui en tirent vanité, tant la routine a d’influence sur les cerveaux de nos contemporains déséquilibrés par l’amour idiot de l’argent.
- On s’élève, avec raison, contre le’ prix excessif des transports qui paralyse la circulation. Il est hors de doute que l’exagération des tarifs des chemins de fer contribue dans une large mesure à la crise industrielle et commerciale et qu elle nous achemine lentement, mais sûrement, vers la ruine, en nous mettant dans l’impossibilité de lutter contre la concurrence étrangère.
- Où faut-il rechercher la cause originelle du mal? Dans le monopole qui a mis aux mains de quelques privilégiés l’un des facteurs les plus féconds de la richesse et de la puissance d’une nation.
- Nul n’ignore le rôle important que les moyens de transports et surtout les chemins de fer jouent dans notre société, non seulement au point de vue industriel, mais aussi au point de vue de la sécurité et de la défense du pays. La rapidité et l’organisation des moyens de transport, peuvent, dans certains cas, décider du résultat d une bataille e^ du sort d’une nation. On l’a bien vu en 1870-71. Les Allemands qui sont gens pratiques l’ont jugé ainsi, car leur gouvernement se souvenant des leçons de la dernière guerre et de l’expérience qu’il a acquise à nos dépens, s’est empressé de mettre la main sur toutes les voies ferrees de 1 empire, en les rachetant aux compagnies. De sorte qu’à l’heure actuelle, son organisation de mobilisation est complète et qu’il est en mesure de jeter une armée de 5oo,ooo hommes sur nos frontières en quarante-huit heures. Pouvons-nou-s en faire autant? Hélas, la réponse à cette question est malheureusement trop facile. Au lieu de prendre les précautions que conseillent la sagesse et la prudence, en prévision des éventualités de l’avenir, nous nous endoimons dans une coupable quiétude et nous nous mettons à la merci de quelques monopoleurs cosmopolites. Est-ce que le mot patrie dit quelque chose à l’âme tarée de ces exotiques assoiffés de lucre t
- Il y aurait.beaucoup à dire à ce sujet, mais notre but n’est pas d’envisager ici la question des transports sous ce point de vue. Nous voulons seulement démontrer que le prix élevé des tarit s cause à notre agriculture et à notre industrie un préjudice considérable.
- Il serait facile en les comparant avec ceux des chemins de fer étrangers, de prouver qu’ils sont plus élevés. A quoi bon? Tout le monde le sait bien. Des protestations s’élèvent chaque jour de tous les points de la France qui signalent cette inégalité ; mais on ne prend pas la peine, en haut lieu, de les examiner. On aime mieux laisser le monopole prélever tranquillement ses lourdes dîmes sur la circulation ; on së ferait scrupule de lui rogner un centime sur les centaines de millions qu’il perçoit indûment.
- Cependant, il faudrait être logique avec soi-. même.
- De deux choses l’une :
- Ou bien les chemins de fer ont été créés pour le public, pour rendre service au commerce ou à l’industrie en facilitant la circulation et en rapprochant, en quelque sorte, les distances par la rapidité du transport, ou bien ils ne sont que des entreprises financières comme tant d’autres ,
- ' uniquement destinées à rapporter de gros dividendes à ceux qui en ont obtenu le monopole.
- On a beau ergoter ; on ne peut échapper à ce dilemme.
- Si les chemins de fer ne sont que des entreprises
- financières, il n’y a rien à dire, et les sociétés qui en ont le monopole sont dans la logique quand elles s’ingénient par tous les moyens à leur faire rapporter le plus possible au détriment du public et de la richesse nationale.
- Mais s’il en est autrement, si les voies ferrées ont été créées pour faciliter la circulation et rendre à l’industrie des services contre rémunération, on se demande pourquoi l’Etat qui en a le contrôle laisse subsister plus longtemps une organisation vicieuse et des abus qui lont qu’elle n’atteint pas le but qu’il s’est proposé en autorisant ^a création des chemins de fer.
- On ne s’explique pas que tandis que dans tous les pays on s’efforce d’abaisser les tarifs et de faciliter les moyens de transport, notre gouvernement laisse les Compagnies jeter à leur guise des taxes à travers la circulation et éluder les engagements qu’elles ont pris. .
- Nous avons dit que presque tous les représentants de l’industpie et du commerce entendus par la commission d’enquête ont été unanimes à déclarer que le prix exagéré des transports est l’une des causes principales de la crise économique que nous traversons.
- M. Feray, sénateur et président de la chambre syndicale des négociants chaudronniers, mécaniciens et fondeurs de Paris s’exprimait ainsi à propos des tarifs de chemins de fer :
- « Ces tarifs sont calculés de telle façon qu’ils se trouvent souvent préjudicier au producteur français ; les Compagnies pensent servir ainsi leur intérêt, moi je crois tout le contraire. Ainsi, par exemple, nous construisons a Paris une chaudière que nous devons envoyer en Italie ou en Algérie ; de Paris à Marseille, nous payons 70 francs par tonne de transport et d’un autre côté l’Anglais qui amène une chaudière à Dunkerque ou le Belge qui l’amène à Armentières pour l’envoyer à Marseille, en vertu du tarif de transit, ne paye également que 70 francs. Nous payons 70 francs de Paris à Marseille pour un trajet de 800 kilomètres et l’étranger, pour un parcours de i,i5o kilomètres ne paye pas plus.
- (( j£t cependant a ce chemin de fer qui nous traite de cette façon nous avons payé le transport de la matière première ; nous avons payé le transport du combustible ; nous avons payé à ce chemin de fer qui nous prend beaucoup plus cher par kilomètre pour transporter nos produits à Marseille, le double de ce que l’étranger lui donne..
- « Nous demandons à être transportés par kilomètre au même prix que les Anglais, notre exigence n’est pas bien grande. Et ce que je viens de dire pour une chaudière s’applique aux tissus. Prenons, par exemple, les tissus bon marché. Je voyais hier un fabricant qui fait des toiles à sac près d’Amiens et qui se sert de la station d’Hangest. Il a pour aller à Guloz 120 kilomètres de moins de transport que les toiles belges qu'il met à la frontière.
- « Vous croyez peut-être qu’il y a égalité de frais pour les Belges et pour lui ? Il paie 88 fr. 80. pour aller d’Hangest à Culoz et la toile belge mise à Armentières ou les toiles anglaises qui arrivent de Dundee et passent par Dunkerque ne payent que 70 fr. 60 ; c’est-à-dire que le commerçant dont je parle paye, pour le transport a une distance moindre, 18 francs déplus que les étrangers. »
- Et M. Feray ajoutait : « Comment voulez-vous qu’un industriel français, dont on impose en quelque sorte la marchandise à une -surcharge de 2 1/2 pour 100, puisse lutter avec 1 etrangei : »
- La déposition de M. Haas, président de la Chambre syndicale de la chapellerie,, n est pas moins intéressante. En voici les principaux pas-SclgCS •
- « Arrivons aux exagérations que nous constatons dans les prix de transport en grande vitesse; c’est généralement la voie que nous sommes 01 ces d’employer pour nos articles.
- « Ainsi d’Albi à Paris, 709 kilométrés, nous payons 46 fr. bo les 100 kilogrammes. De Berlin a Paris, 1.067 kilomètres, le prix n’est que e 31 fr. 40, soit à distance égale à peu près 21 francs, ce que nous payons 46 fr. 5o.
- « Laissons le tarif international et voyons ce que paient les Allemands chez eux. La différence
- est encore plus accentuée. Ainsi de Berlin à Strasbourg, i>6 francs les 100 kilogrammes. La distance d’Albi à Paris est de 5o kilomètres de moins que de Strasbourg à Berlin et nous payons chez nous 46 fr. 5o ce que les Allemands payent à distance égale i5 francs.
- Nous pourrions citer encore beaucoup d’autres dépositions dans lesquelles des plaintes non moins vives et non moins justes ont été formulées. Mais celles-ci suffisent à démontrer qu’il y a urgence de remédier à une organisation qui est aussi défectueuse qu’elle est pernicieuse pour nos intérêts ^dustriels et commerciaux. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que c’est l’avenir même de notre pays qui est en cause dans cette question. Quand il s’agit de la sécurité et de la grandeur de la patrie, aucune considération, de quel ordre qu’elle puisse être, ne doit empêcher ceux qui sont chargés de la direction des affaires, de prendre les mesures que comporte la situation.
- On connaît le mal, eh bien ! que l’on applique le remède et il n’est pas difficile à appliquer, il suffit de vouloir.
- Etienne MANSUY.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- XXXIX
- Arnold Boscowitz, les Tremblements de terre.— E.D. Labesse et H. Pierret, Promenades botaniques de tous les mois.— Emile Desbeaux, la Maison de Mlle Nicolle. Illustration des meilleurs artistes, gravure de F. Meaulle. 3 vol. in-8° Pau] Ducrocq, lib.-éditeur — Contes choisis de François Cop-pée t avec illustration par IL Pille. Alphonse Lemerre, éditeur.
- Les tremblements de terre sont une de ces questions à la fois scientifiques et vitales, dont d’incessantes catastrophes renouvellent sans cesse l’intérêt mystérieux et terrible. On ne peut en méconnaître l’actualité sinistre. Hier c’était l’Andalousie, aujourd’hui c’est la région oranaise. Demain... où il plaira à Dieu. Il y a donc peu d’ouvrages traitant un sujet plus palpitant d’intérêt que celui où M. Arnold Boscowitz a prodigué les ressources d’une érudition servie par une connaissance personnelle approfondie de la nature tropicale. Créole de Saint-Thomas, l’auteur a- pu voir quelques-uns de ces phénomènes qu’il décrit si bien en élève de Humboldt, passé maître à son tour. Cette expérience personnelle des théâtres habituels de ce spectacle grandiose et terrible ? dont l’habituel décor est exotique, donne une grande saveur pittoresque à ses relations. L’Amérique n’a pourtant pas le monopole du fléau. La terre en Europe a plus d’une fois éprouvé ces secousses qui entr’ouvent ses entrailles et engloutissent des villes dans des gouffres subits. Le tremblement de terre de Lisbonne est demeuré proverbial. Naguère, deux îles poétiques et charmantes, séjour préféré du touriste savant ou du touriste amoureux, Chio, Ischia, étaient mutilées sinon détruites par une de ces brusques convulsions dont M. Boscowitz étudie, d’après les dernières données encore bien imparfaites de la science contemporaine, les causes et les effets et dont il termine le tableau par des pages touchantes, d’un spiritualisme élevé, où il montre l’homme épargné par le fléau dans sa vie mais non dans ses affections, cherchant assis sur les ruines de son foyer une consolation à sa douleur et ne la trouvant que dans les sublimes espérances d’une foi qui vient du cœur.
- Si la nature est pleine de mystères terribles elle est pleine aussi de mystères charmants, et si les phénomènes de colère et les spectacles de douleur des éruptions volcaniques et des convulsions terrestres sont faits pour inspirer la crainte de'la puissance destructrice, les merveilles de la flore et de la faune, les miracles d’équilibre, d’harmonie, de prévoyance que révèle la structure de telle plante ou de tel animal, font que l’on s’incline aussi avec admiration et avec amour devant la puissance créatrice, devant l’étonnant génie qui préside à la fécondité universelle. C’est ainsi que l’Être suprême, qui conduit vers un avenir connu de lui seul les destinées du monde, nous apparaît
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- .420. — Première Année. —- N° 52.
- sous un double visage, tour à tour attirant ou effrayant, paternel et hostile, bénissant ou maudissant, couronné de tonnerre et d’éclairs, ou coloré par le gracieux reflet des aurores boréales, baigné des douces larmes des pluies et des rosées fécondes, environné des fleurs du printemps ou des fruits de l’automne. C’est le Dieu maudissant et fulgurant qui frappe le monde d’un tonnerre jaloux que M. Boscowitz nous a montré. C’est le Dieu nourricier, c’est le Dieu paternel que nous montrent dans ses oeuvres les plus humbles en apparence et les plus charmantes, dans celles que révèle la botanique, les auteurs de ces récits intéressants et instructifs contés avec l’amour de la nature et l’amour des enfants, où l’on trouve quelque chose de la sensibilité, de la grâce des Florian, des Bernardin de Saint-Pierre, des Ber-quin et des Bouilly, mais relevé, avivé, affiné par -cet esprit moderne, ennemi de l’affectation et ennemi du vague.
- MM. Labesse et Pierret ont trouvé moyen, en quelques pages où ils nous présentent, au début, la plus digne des maîtresses et le plus intéressant et varié des auditoires d’apprentis herborisants, de nous donner, en outre des notions 'rudimentaires, la description et l’histoire de plus de 200 plantes, appartenant partie à la flore des jardins, partie à cette flore de la montagne, de la prairie, de la ruine, à cette flore salutaire des simples ou les bêtes et gens de la rusticité trouvent encore le soulagement ou le remède de leurs maux. Rien de plus curieux que ces détails qu’apprennent souvent pour la première fois des lecteurs qui croient ne faire que se souvenir sur la flore rustique, médicale, industrielle, les plantes utiles et modestes comme l’utilité elle-même.
- C’est moins le génie du créateur que le génie de l’homme que M. Emile Desbeaux explique et exalte dans un de ces récits où il excelle, dont il a créé le genre aujourd’hui' encombré par des copistes dont aucun n’a pu attraper le charme du modèle, ce charme fait à la fois du don et de l’art de conter et d’enseigner. Le procédé de M. Desbaux dans ces chefs-d’œuvre de littérature familière est très simple, ou du moins semble tel. Il consiste en général dans une exposition qui nous présente des personnages sympathiques et qui s’agitent doucement dans une intrigue que dénoue généralement une de ces petites filles précoces dont il retrace si bien le visage enfantin, à la grâce déjà féminine. C’est elle qui souvent dans ces petites actions domestiques roulant sur la découverte d’un testament, une réconciliation à ménager, un mariage à pousser à sa conclusion légèrement contrariée, joue le rôle providentiel et qui nous fait goûter le contraste piquant ou touchant de l’innocence triomphant des pièges de la rouerie ou de la faiblesse ingénue réussissant là ou a échoué la force violente. Au cours des péripéties de cette action, se mêlent dans des incidents, toujours habilement amenés, des détails précis et agréablement utiles sur telle ou telle œuvre de l’industrie humaine sur l’art de fabriquer le sucre ou le beurre, et sur celui de construire une maison. Il est très amusant et très instructif de suivre des fondements au comble, la maison de Mme Nicolle, et son ingénieux architecte, M. Desbaux, aura une fois de plus dessiné et bâti un petit monument qui résistera aux années plus sûrement que d’autres édifices plus orgueilleux.
- Signalons en finissant un choix (il était difficile parmi tous ces petits chef-d’œuvre) fait parmi les contes de François Goppée, par le poète lui-même, assisté de son éditeur et de son ami Alphonse Lemerre, homme de goût et d’esprit, qui a dû son succès et sa fortune à ces deux qualités qu’on retrouve dans toutes ses initiatives, dans toutes ses entreprises. Il s’est dit avec raison qu’il y avait dans les contes de Coppée, d’un art littéraire si fin et si varié, la matière d’un beau livre de Noël et d’étrennes pour les enfants petits et grands ; les parents même y prendront un plaisir extrême). Il a imprimé ce choix, c’est-à-dire l’exquis dans l’excel. lence comme il sait imprimer, etil a confié l’illustration à un peintre dessinateur qui a, avec plus de précision et de grâce, avec un talent plus discipliné, beaucoup du don de vie, du charme de verve de
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Gustave Doré, M. Henri Pille. C’est un beau et bon livre à tous les points de vue, qui mérite de devenir et qui deviendra nous l’espérons, populaire.
- M. de Lescure.
- La 6me livraison de la « Grande Encyclopédie » (prix: UN franc;, a paru cette semaine chez MM. A. LÉVY-et Cie, i3, rue Lafayette, et chez tous les libraires.
- Cette livraison comprend, entre autres, les mots ;
- Académie (fin), Acadie, Acariens, Accélération, Accent, Accessoires, Accident, Acclimatation, et renferme de nombreuses illustrations.
- AVIS COMMERCIAUX
- JAPON
- IMPORTATION DE TISSUS
- Le consul d’Allemagne à Kiogo-Osaka rapporte que par suite des progrès faits par les Japonais dans l’impression des mousselines, un changement s’est .produit dans le commerce de cet article. La demande pour les Yuzens et les itashimes a presque complètement cessé. A Kioto et Osaka une grande industrie est en voie de progrès. Elle emploi des couleurs et des teintures, grâce auxquelles elle produit des blancs d’impression et des reps rouges très appréciés des Japonais. Il en résulte que cette nouvelle industrie a fait cesser la demande d’un article de fabrication française. Les reps rouges sont importés aussi de Woigtland, de Géra et de Greiz : Géra et Greiz fournissent des produits à la main et Voigtland des produits à la mécanique. Les bons blancs d’impression viennent d’Alsace. On estime que les trois quarts des mousselines importées en 1884 au Japon venaient d’Allemagne.
- Les flanelles anglaises sont moins demandées que les allemandes ; mais celles-là sont plus chères. Il y a au Japon une demande croissante'pour les flanelles et le commerce promet de devenir très actif sur cet article. Les articles de lingerie blanche sont relativement peu demandés ; on porte surtout des points de couleur. Toutefois il ne faut faire au Japon aucun envoi, sans s’être procuré des renseignements détaillés auprès des marchands japonais qui donnent avec grand soin les échantillons des produits les plus demandés.
- On a tenté récemment l’introduction'à’itashismes de flanelle. Cet essai promet de bons résultats.
- En ce qui concerne les flanelles, on ne doit pas oublier qu’elles servent de vêtements de dessoüs ; aussi la laine doit en être très douce. On a envoyé quelque peu de lainages d’Allemagne ; mais on a commis une faute ; le coton était trop apparent tandis que dans les produits anglais il est complètement caché par la laine.
- CANADA
- DÉVELOPPEMENT DES RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE
- Notre commerce aurait tort de se figurer qu’il pourra trouver au Canada de grands débouchés en demandant des adresses et en envoyant des prospectus, écrit le consul de France à Québec.
- « Il faut avant tout venir offrir les produits sur les lieux mêmes , afin de les faire connaître et apprécier par une série complète d échantillons ; tous nos concurrents agissent ainsi, et ce serait une illusion de croire que nous pouvons nous dispenser de faire comme eux, quand il s’agit d’augmenter des relations directes dont 1 ensemble est réellement bien faible jusqu à présent.
- « Depuis quelque temps on constate que le petit commerce cherche à éviter l’entremise des maisons de gros ou de commission, et la tendance est
- Dimanche 27 Décembre 188h.
- de s’adresser directement aux lieux de production. Il est de l’intérêt du fabricant, qui ne connaît pas la place, d’être prudent, et il est reconnu que l’entremise d’agents ou de voyageurs sérieux a mené à des résultats toujours plus satisfaisants pour l’acheteur comme pour le vendeur. C’est là d’ailleurs un principe à observer d’une manière générale dans toutes les affaires avec l’étranger.
- La voie qui paraît toujours la plus sûre est de se faire représenter par des agents à poste fixe, qui, par suite de longues années d’expérience, connaissent la situation financière du pays et le crédit de chacun ; on évite ainsi des pertes de temps et d’intérêts, tout en se tenant exactement renseigné sur les variations du marché et les goûts des clients.
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- LES THÉÂTRES
- Gymnase. — Sapho, pièce en cinq actes, par MM. Daudet c
- Adolphe Belot.
- Le roman confié par M. Daudet à son ami M. Belot, pour en tirer une pièce, a fait fortune et continue f? grossir sa balle. La pièce aura la meme vogue ; tout le monde connaît le livre ; tout le monde voudra connaître la pièce, car elle diffère sur plusieurs points du roman, notamment au dénouement.
- Les amours de Sapho sont une page cruelle d’histoire. L’horrible vie de ses deux héros est un peu écœurante, sinon triste ou saisissante. Et les ménages interlopes groupés autour de Sapho et de Gaussin, qu’en pensez-vous ? Sont-ils peu régalants !
- Au Gymnase, Sapho paraît agir en sacrifiée ; dans le roman c’est tout le contraire.
- Le premier acte qui se passe dans le petit appartement de garçon de Gaussin, nous offre la lutte entre Jean et Fanny; celle-ci ne peut plus se passer de lui. Il l’écoute et se laisse attendrir. Fanny l’embrasse : « Enfermons-nous m’ami, pour être mieux ehez nous, » lui dit-elle, Jean tourne la clé. « Encore un tour ! » Jean obéit. « Ça y est ! » s’écrie Fanny. Jean vient de s’emprisonner. — Tout cela est bien étudié. C’est bien une page de la vie de garçon. Jean est heureux car il ignore la crapuleuse origine de Fanny. Ce premier acte est excellent. Il plaît; les deux derniers fatiguent. C’est toujours la même scène. Deux amants qui ne peuvent se passer l’un de l’autre et sitôt qu’ils sont réunis ils veulent se séparer. Tout cela avec des détails comme deux maîtres seuls peuvent ën trouver ; et Dieu sait si Daudet et Belot sont passés maîtres en l’art de charpenter une pièce.
- L’interprétation est de premier ordre ; il faut aller à la Comédie-Française pour trouver des artistes hors ligne comme au Gymnase. Mm® Jane Hading rend merveilleusement le type étrange de Sapho, avec ses calineries et sa passion farouche.
- M. Damala est un talent lui aussi, mais plus capricieux ; l’opinion générale est que sa séduisante partenaire a des moyens plus souples et plus variés. Citons encore Landrol et Mlle Darlaud qui n’ont que des rôles épisodiques ; Mme Grivot, fine comédienne, Raynard, Lagrange et Mlle Netty. Mlle Marni a montré beaucoup de talent et surtout de réalisme dans son rôle d’écuyère espagnole.
- Je disais tout à l’heure que le dénouement de la pièce n’était pas celui du roman ; M. Daudet a bien fait d’adoucir sa conclusion ; l’œuvre paraît aussi moins navrante au public. Ce n’est plus Jean emportant en exil la malédiction paternelle, le souvenir de sa mère mourante qu’il n’a pas embrassée et la torture de la ruine matérielle et morale. A la scène, Sapho fuit clandestinement pendant le sommeil de Jean qui ne connaîtra son malheur ou son bonheur qu’à son réveil.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. B. AilRAULT et C'8, rue de la Préfecture, 6
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- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’EXPOSITION D’ANVERS
- PREMIERE SECTION
- ENSEIGNEMENT. — ARTS LIBÉRAUX. — MOBILIERS ET ACCESSOIRES. — TISSUS VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES.
- PREMIER GROUPE
- ÉDUCATION & ENSEIGNEMENT. — MATÉRIEL & PROCÉDÉS des ARTS LIBÉRAUX
- CLASSE i
- ÉDUCATION DE L’ENFANT— ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT DES ADULTES
- D. H. 1
- M. 0. 4<
- Institutions
- Editeurs. .
- Etablissements
- MEMBRES DU JURY
- France 3 (dont président).
- Belgique 7 (dont vice-président et rapporteur) Pays-Bas i Espagne i
- France
- Administration centrale des Colonies.
- Direction de renseignement (Tunis). Institution nationale des jeunes aveugles (Paris).
- Service local (Cochin-chine).
- Vve Eugène Bel in et fils (Paris).
- Administration péni -tentiaire et service local (N.-Calédonie). Alliance israélites des écoles (Tunisie). Collège Calvé (Pondichéry).
- Collège Sadiki (Tunis). Sœurs de St-Joseph-de-Cluny (Indes).
- Association philotech-nique (Paris).
- Cercle parisien de la Ligue française de l’enseignement.
- / MM. C. Armengaud (Paris)
- L. Cernesson,id. Groult, orphelinat profession. (France).
- / Ecoles communales des deux sexes (La Martinique.)
- Ecole des filles Mala-
- baresses(Pondichéry.) Etablissements{ Ecole des filles pariâtes (Pondichéry.)
- Ecole de garçons (Taïti.)
- Ecole indigène protes-\ tante (Taïti.)
- / G.etE.Clouet(Elbeuf). ' L. Duru et fils (Bor-
- 7-, , \ deaux.)
- Exposants en ) H gel (Paris).
- nom personnel! Jouvet £ ciü (Fr'nce.)
- ( Millet (Martinique.) Fulconis id.
- M. A. 10
- Associations.
- Exposants en i nom personnel.)
- M. B. 10
- M. H. 11.
- BELGIQUE
- D H. 3. — M. O. 6. — M. A. 7. — M. B. 9. -M. H. 15.
- PAYS-BAS
- M.. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 4. — M. H. 4.
- ITALIE
- M. O. 1. —M. B. 2.— M. H. 5.
- ESPAGNE
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 4.
- ABRÉVIATIONS
- D. H. M. O. M. A. M. B. M. H.
- diplôme d’honneur, médaille d’or, médaille d’argent, médaille de bronze, mention honorable.
- AUTRICHE
- M. A. 1.
- ALLEMAGNE
- M. B. 2. — M. H. 2.
- MONACO
- M. H. 1.
- GLASSE 2
- ORGANISATION ET MATÉRIEL DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
- MEMBRES DU JURY France i (rapporteur).
- Belgique 4 (dont vice-président et secrétaire). Italie i (dont président).
- Allemagne i
- France
- t\ u oi Ministère du commerce. u. ri. c.j Collaborateur école de Châlons.
- I M. C. Armengaud (Paris).
- Mme Vve E. Belin et fils (Paris).
- M. 0. 5{ M. A. Colin etCie (Paris).
- Ecole d’horlogerie (Paris).
- M. C. Muret (Paris).
- Collège St-Charles (Tunisie).
- M. A. 1 M. B. 3
- M. H. 1.
- D. H.
- 1 MM. Ph. Garue (Paris).
- ! V Palmp /ïïrîinrM
- M. B. 4.
- V. Palmé (France).
- A. Seignette (Paris).
- Belgique
- D. H. 4. — M. O. i5. — M. A. 11, M. B. u. — M. H. 10.
- Italie
- M. O. 1. — M. A. 1.
- ' M. H. 1.
- Pays-Bas M.. A. 1.
- Allemagne - M. A. 2.— M. H. 1, Russie
- M. O. 1. — M. A. 1. Angleterre M. A. 1.
- Suisse M. O. I ;
- M. O. 3
- CLASSE 3
- ORGANISATION, MÉTHODES ET MATÉRIEL DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
- MEMBRES DU JURY
- France, i (rapporteur).
- Belgique, 2 (dont président).
- Italie, i (dont vice-président).
- France
- (Institut industriel et agronomique du nord de la France.
- Société des secours mutuels des voyageurs et commis de France.
- Société pour faciliter l’étude pratique des diverses méthodes de participation du personnel dans les bénéfices de l’entreprise.
- MM. Mazé (Guadeloupe).
- Thierry (Martinique).
- MM. Ballet (Guadeloupe).
- Cornillac (Martinique).
- Musée Lherminier (Guadeloupe). M. le comte de St-Phalle (St-Pierre et Miquelon).
- MM. le docteur Delamarre (St-Pierre et Miquelon.) l’abbé Weick (Haïti.)
- D. H. 3
- I. 0. 2
- M. A. 4
- NI. B. 2
- BELGIQUE
- D. H. 3. — M. O. 10. — M. A. 10. — M. B. 11. M. H. 5.
- ITALIE
- D. H. 1. — M. O. 6. — M. A.
- ALLEMAGNE
- M. O. 1.
- M. B. 2.
- MONACO
- M'. O. I.
- CLASSE 4.
- IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE
- MEMBRES DU JURY
- É rance, 5 (dont vice-président et secrétaire). Belgique, 3 (dont rapporteur).
- Pays-Bas, 3 (dont président.
- Angleterre, 2 Allemagne, 2 Autriche, i Italie, i
- Portugal, i
- France
- ; Mme Vve Ijk Belin et fils (Paris.)
- MM. Bounod-Valadon et Ciu (Paris.) Chaix et Cie (Paris.)
- , Champenois et Cie (Paris).
- D. H. 9' Ch. Chardon (id.)
- i Des Fossez et Cie (id.)
- [ Ch. Gillot (id.)
- Lemercier et Cie (id.)
- Plon, Nourrit et Cio (id.)
- MM. Burdin et Cie (Angers).
- 1 Charaire et fils (Sceaux).
- I C-haravayfrères (Paris).
- G. Charpentier et Cie (Paris).
- A. Delahaye et Lecrosnier (Paris). Ducher et Cie (Paris).
- P. Dupont (Paris).
- Durand et Schœnewerk (Paris).
- A. Fernique (Paris).
- A. Godchaux (id.)
- L. Crus (id.)
- NI. 0. 22/ F. Hennuyer (id.)
- H. Heugel (id.)
- Jourdan (id.)
- Jouvet et Cic (id.)
- H. Lahure (id.)
- J. Lemonnyer (id.)
- A. Leduc , (id.)
- Librairie des Dictionnaires (Paris).
- M. Maisonneuve frères et Ch. Leclerc . (Paris).
- (Administration centrale des Colonies.
- | M. V. Palmé (Paris).
- (MM. Bouasse-Lebel (Paris).
- Challamel (Colonies françaises). Chevalier-Maresq (Paris).'
- Th. Lefèvre et Cie (Paris).
- M fl irv Marpon et Flammarion (Paris),
- m. H. IUP Ménard et Augry (Paris).
- A. Michelet (id.)
- H. et P. Oudin (id.)
- E. Roret (id).
- J. Rouam (id).
- /MM. A. Delarue (Paris).
- H. Juzier (id.)
- J. Hautecœur (id.)
- lui d O O. Felm (id.)
- IVI. D. o , R. Marchand (Blois).
- E. Monnier et Cie (Paris).
- D. Petit (Paris).
- V. Rose (id.)
- M. H. 7.
- Belgique
- D. II. 2. — M. O. 10. — M. A. 14. — M. B. 9.
- M. H. 4.
- Pays-Bas
- D. H, 2, — M. O. 5. — M. A. 17. — M. B. q.
- M. H. 3.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 2. —M. B. 1.
- Autriche
- M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 4.— M. H. 3.
- Allemagne
- D. H.*x. — M. O. 5. —M. A. 10. — M. B. 2.
- M. H. f>.
- Monaco M. A. 1.
- Angleterre M. O. 1.
- Norvège
- M. B. 1.
- p.8x1 - vue 384/400
-
-
-
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- 2
- Portugal
- M. A. 3. — M. H. 1. Bombay M. A. 1.
- Espagne
- M. O. 1. — M. B. 2. — M. H. 1.
- Autriche, Allemagne, Luxembourg. Portugal, Brésil,
- 1 (rapporteur). 1
- ,1
- 1
- France
- M. H. 1.
- BELGIQUE
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 10. — M. H. 10.
- PAYS-BAS
- M. B. 2. — M. H. 1.
- CLASSE 5
- PAPETERIE, RELIURE, MATÉRIEL DES ARTS, DE LA PEINTURE ET DU DESSIN
- MEMBRES DU JURY
- France, 2 (dont président et secrétaire). Belgique. 3 (dont vice-président et rapporteur). Pays-Bas, i Autriche, i
- France
- MM. Ch. Bécoulet et Cie (Paris).
- Blanchet, frères et Kléber (Rives, l Isère),
- i Engel et fils (Paris).
- | Gilbert et Cic (Givet).
- D, H, 8 Ch. Lorilleux et Cie (Paris).
- jAdministration des Colonies.
- /Papeteries du Marais et Sainte-Marie, I (au Marais, Seine-et-Marne).
- Blanzy, Potire et Cie (Boulogne-sur-Mer).
- Administration locale (Cochinchine).
- , MM. Andrieux et Cie (Glaslan, Finistère). \ L. Antoine, fils (Paris).
- M. 0. 7\ G. Bac _ _ (id.)
- L. Lacroix fils (Angoulême).
- B. Sirven (Toulouse). Toiray-Morin (Jouy-sur-Seine).
- A. Bonnefoux (Lyon).
- Bardou Job (Perpignan).
- C. Blancan (Paris)
- Boulard et Cie (Lorvel, Nièvre).
- A. Dubourguet et H. Girard
- (Paris).
- E. Ravenel (Paris).
- Voisin frères et Cie et Pascal frères (Lyon). _
- Mgr Puginier (Tonkin).
- /MM. Ch. Benoît (Paris).
- Bourgoin-Meiffre (Tonkin).
- J. Chatillon (Paris).
- J. Possey (id.)
- Lambilet et Borel (Mesnay, Jura). J. Miette (Paris).
- C. Siou etCie (Lauménil,Corrèze). A. Vitry (Paris).
- M. H. 6.
- Belgique
- D. FI.'3. — M. O. 4. — M. A, i3. — M. B. 9.
- M. H. 4.
- Bays-Pas
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 1,
- Italie
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 2.
- Autriche
- D. Fl. 2. — M. O. 4. — M. A. 2. — M. H. 3.
- Allemagne
- D. FI. i. — M. O. 4. — M. A. 4. — M. B. 5.—
- M. H. 3.
- Russie
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Angleterre
- M. O. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Suède M. H. 1.
- Espagne M. B. 1.
- Canada
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. Fl. 1.
- Luxembourg
- M. O. 1.
- /MM.
- m. a. 7!
- CLASSE 6
- APPLICATION USUELLE DES ARTS, DU DESSIN ET DE LA PLASTIQUE
- MEMBRES DU JURY
- France, 9 fdont 2 vice-présidents, 2 secrétaires, 2 rapporteurs).
- Belgique,4 (dont 1 rapporteur).
- Italie, i (président).
- M. 0. 1 M. Max Cremnitz (Paris).
- I M. P. Aubrun (Paris).
- Administration pénitentiaire (Nouvelle-l Calédonie).
- „ . _) Administration locale (Cambodge).
- IVI. A. /\ mm. Bouasse-Lebel (Paris).
- / Coffinières de Nordeck (Sénégal);
- f Fernique (Paris).
- \ MUe Murliave (Martinique).
- M D j ( Service du Haut-Sénégal IVI ». « 1 M. Laforestière (Haïti).
- Belgique
- M. O. 1. — M. A. 17. — M. B. 6. — M. H. 2. Pays-Bas
- M. O. 1. — M. B. 2.
- Italie
- M. O. 2.-— M. A. 2. —M. H. 1. Autriche
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 3. M. B. 2. Allemagne M. A. 1. — M. B. 1.
- Monaco
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 2. Angleterre M. B. 1.
- N orwège M. B. 1.
- Portugal
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Bombay
- M. A. 2. — M. B. 1.
- Espagne
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Canada
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Luxembourg M. O. 1.
- Brésil
- M. B. 1.
- CLASSE 7
- ÉPREUVES ET APPAREILS DE PHOTOGRAPHIE
- (Voir Jury, Classe 6)
- France
- _ u 0( MM. Braun (Paris) ;
- D* *1* *-( Nadar (id.)
- MM. Chalot (Paris) ;
- le docteur Hocquart (Tonkin); D. Petit (Paris) ;
- A. Quinsac (Toulouse); de Saint-Senoch (Paris) ; Fleury-Hermagis (id.)
- IVI. A. 13
- MM. A. Attout-Tailfer et J. Clayton (Paris).
- J. Audouin (Paris).
- Fabre (Martinique).
- Gannin et Cio (Algérie), i Gilles frères (Paris).
- I J.-A. Hautecceur (Paris).
- L.-E. Piron (id.)
- 1 A. Schæffner (id.)
- Service pénitentiaire (Nouvelle-Calédonie).
- Service local (Nouvelle-Calédonie). Service local (Haut-Sénégal).
- Sous.-comité Exposition (Basse-Terre). M.F. Vandenbosch (Bordeaux).
- Administration locale (St-Pierre et Miquelon).
- MM. Barthet et Tras (Chandernagor).
- Deroulède et Terpereau (Bordeaux), i Fernique (Paris).
- I Fournereau (Guyane).
- 1 Ch. Gallot (Paris).
- I Lecorney (Réunion).
- „ ^ ._/ Lassave (id.)
- IVI. B. 17 h. Krafft (Paris).
- J Lecadre (id.)
- I H. Makenstein (Paris).
- I H. Martin (id.)
- J Saunier (Réunion).
- Baron F. de la Tombelle (Paris). Vandembert (Paris).
- Ch. Vasseur et Cie (Paris).
- L’abbé Weick (Haïti).
- ITALIE
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 2.
- AUTRICHE
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 1.
- ALLEMAGNE
- M. O. 1. — M. A. 6.
- ANGLETERRE
- M. A. 1. — M. B. 1.
- PORTUGAL
- M. A. 3. — M. H. 2.
- LUXEMBOURG
- M. A. 1.
- BRÉSIL
- M. A. 2.
- PARAGUAY
- M. H. 1.
- CLASSE 8.
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- MEMBRES DU JURY
- France, 3 (dont président).
- Belgique, 3 (dont vice-président et rapporteur). Angleterre, 1
- Russie, Autriche, Allemagne, Canada,
- (secrétaire).
- France
- MM. DurandSchœnewerket Cio(Paris
- (Paris.)
- ( deux diplômes
- D. H. 11
- F. Elcké et C*
- Erard et Cie (Paris.)
- J. Gaveau (Paris.)
- C. Gehrling fils (Paris.)
- P. Goumas et Cie (Paris.)
- H. Heugel (id.)
- Herrburger Schwauder (Paris. ‘Mille (Paris.)
- Pleyel, Wolf et Cie (Paris.)
- MM.
- IVI. 0.16
- IVI. A.10
- IVI. B. 2
- G. Chevrel (Paris). Dumont-Lelièvre et Cic aux Ande-
- lys (Eure).
- J. Estève (Paris).
- E. Fortin à Clermont (Oise). Gavioli (Paris).
- Grus (id.)
- P.-J. Hell (id.)
- Kriegelstein (Paris).
- A. Leduc (id.)'
- C. Monti (id.)
- F. Monti à Champigny (Seine). Ruch (Paris).
- F. Sudre (id.)
- j A. Thibout et Cie (Paris).
- ! F.-N. Voirin (Paris).
- 'Administration centrale des Colonies.
- /MM. Bonnard (Paris).
- H. Duvernoy (Paris).
- A. Fabre (Paris).
- Gasparini (id.)
- A. Kneip (id.)
- E. Lantez (id.)
- Lévêque et Thersen (Paris).
- Ch. Peccatte (Paris).
- N. Winther (id).
- A. Wolter (id.)
- iMM. Leguerinais et Cie (Paris).
- J.-P. Oberdoerffer (Le Mans).
- [M^e
- MM
- Belgique
- D. H. 7. — M. O. 10. — M. A. 9. — M. B. 8. Pays-Bas M. H. 2.
- Italie
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 7. — M. B. 6.
- Autriche
- D. FI. 1. — M. O. 2. —'M. A. 4. — M. B. 2.
- Allemagne
- . — M. O. 9. — M. A. 13. — M. B. 10. Russie
- D. H. 1. —M. O. 3. — M. A 1. Angleterre D. H. 1.
- Suisse
- M. O. 3. — M. A. 1.
- D. H.
- p.8x2 - vue 385/400
-
-
-
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Bombay M. H. 1. Canada
- D. H. 1. — M. A. 1
- CLASSE 9
- MÉDECINE, HYGIÈNE ET ASSISTANCE PUBLIQUE
- Allemagne
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 1. M. H. 2.
- Monaco M. A. 1.
- Angleterre M. A. 3.
- Havane M. A. 1.
- |m. . «\MM. Bonet, Edmond fils aîné (Rouen).
- ITI. A, Mougenot (Paris).
- .MM. Dutrou (Paris).
- M. B. 3, Giraudôn (id.)
- Leprovost, Pierre (Paris).
- M. H. 3.
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 12. — M. A. 17. — M. B. 26, M. H. 18.
- Pays-Bas
- M. O. 1. — M. A. 2. —M. B. 1. —M. H, 2. Italie
- M. G. 3. — xM. A. 7. — M. B. 9. — M. H. 11. Autriche
- D. A. 1. — M. O. 4. — M. A. 5. Allemagne
- D. H. 1.— xM. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 9. M. H. 6.
- Monaco M. H. 1.
- Russie
- M. A. 1. — M. H. 2.
- Angleterre M. A. 1. — M. H. 1.
- Suisse
- M. A. 1. — M. H. 1.
- Norvège
- M. B. 1.
- Bombay
- M. A. 2. — M. B. 2. — M. H. 5.
- Canada
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 1. — M. H. 2. Saigon (Colonie française)
- M. A. 1. — M. B. 1. Nouvelle-Calédonie (Colonie française)
- M. H. 2.
- Tonkin (Colonie française)
- M. H. 1.
- Cochinchine (Colonie française)
- M. H. 1.
- Tunisie
- M. H. 1.
- CLASSE i3 •
- OUVRAGES DU TAPISSIER ET DU DÉCORATEUR
- MEMBRES DU JURY France, i
- Belgique, 3 dont président.
- Italie, i
- Allemagne, i secrétaire.
- Bombay, i vice-président. Colonies-françaises, 2, dont rapporteur.
- France
- n U o) Ministère de la marine et des colonies. U. .h oj jyp Venebout, Auguste (Paris).
- M. 0. 1 Ministère de la marine et des colonies.
- i MM. Aubrun (Paris).
- M .) Odiaux, Félix (Saint-Quentin). IVI. A. et\ Prud’homme, H. (Paris).
- ' Ragareux, Eugène (Paris).
- M. B. 1 M. Matrat (Paris).
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 8. — M. A. 16. — M. B. i5. M. H. 5.
- Pays-Bas
- M. O. 1. — M. B. 3. — M. H. 1.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 11. — M. B. 8. — M. IL 5. Autriche
- D. H. 1. — M. A. 2.
- Allemagne M. A. 3. — M. H.' 2.
- Angleterre M. A. 1. — M. B. 2.
- Egypte M. A. 1.
- Luxembourg M. A. 1.
- Japon M. A. 1.
- Danemark M. B. 2.
- Tonkin M. B. 1.
- MEMBRES DU JURY
- France, .1 (rapporteur). Belgique, 2 (vice-président). Autriche, i Allemagne, i (président).
- France
- D. H. 3 IVI. 0. 1
- IVI. A. 7
- IVI. B. 4
- D. H. 4.
- MM. J. Barette (Paris).
- Cl. Martin (Lyon).
- Mathelin et Garnier (Paris).
- MM. Robillard et Padrona (Paris).
- MM. Carue (Paris).
- J. T. Delisle (Paris).
- Le D1’ Desjardins de Morainvillc (Paris).
- Le Dr E. Desprez (St-Quentin). Flicoteaux (Paris)
- Masson (id.)'
- Rogier et Mothes (Paris).
- iMM. H. A. Gateau (Paris).
- Mège (id.)
- P. Monthiers (id.)
- Le Dr Rougeot (id.)
- Belgique
- M. O. 1. — M. A. 3. — M. B. 4. Pays-Bas M. A. 1.
- Italie
- M. A. 2. — M. B. 2 Autriche
- M. O. 1. —M. A. 2.
- Allemagne
- - M. A. 4. — M. B. 3.
- Russie
- M. A. 1.
- Angleterre
- - M. O. 1. — M. A. 2.
- M. O. 2
- D. H. 1
- Suisse M. O. 1. Suède
- M. A. 1.
- CLASSE 10
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION
- (Voir Jury, Classe 6)
- France
- MM. Baille-Lemaire (Paris).
- \ J. Duboscq (id.)
- D. H. 5 E- Ducretet (id.)
- f A. Nachet (id.)
- Richard frères (id.)
- MM. Beru-Haussek et Cie (Paris).
- \ T. et A.Duboscq, père etfils (Paris).
- IVI. 0. 5 E. Lutz (Paris).
- / G. Secretan (id.)
- H. Hoeylaerts (Haïti).
- /MM. A.-V. Barthélemy (Paris).
- P. Dutrou (Paris).
- J.-G. Dupré (id.)
- L. Fillieux (id.)
- IVI. A. 9{ E. Foulon (id.)
- i Guyard et J. Canary (Paris),
- f Morand et Gensse (Paris).
- J.-P. Pertuis (Paris).
- Rogé (Colonies françaises).
- MM. le commandant Moëssard (école J St-Cyr).
- IVI. B. 3 i Ch.-J. Huquet (Pans).
- • L. Maire (Paris).
- M. O. 2.
- D. H. 2.
- M. H. 2.
- Belgique
- xM. A. 4. — M. B.
- Pays-Bas M. O. 1.
- Italie
- M. O. 2. — M. A.
- Autriche
- M. O. 2.
- — M. H.
- M. B. 2.
- CLASSE 11.
- CARTES ET APPAREILS DE GÉOGRAPHIE ET DE COSMOGRAPHIE
- D. H.
- IVI. A. 3
- M. B. 1.
- (Voir Jury, Classe 6)
- France
- Ministère de l’intérieur (Paris). \Ministère de la marine et des colonies 3x (Paris).
- /Société de Géographie commerciales (Paris).
- Mmc Belin, Eugène , veuve et fils IVI. 0. 2 (Paris).
- ; M. Erhard frères (Pans).
- MM. Bayle, Ch. et Cic (Paris).
- ) Lucy, Armand (St-Germain-en-) Laye).
- ( Muret (Paris).
- IVI. B. 1( M. Monthies, Paul (Paris).
- M. H. 1.
- Belgique
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 4.
- M. H. 3.
- Italie
- D. FI. 1. — M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 2.
- Autriche
- M. O. 1. — M). A. 1. — M. B. 1.
- Monaco M. O. 1.
- Norvège
- D. H. 1. — M. B. 2.
- Portugal
- D. H. 1. — M. A. 1.
- Bombay M. A. 1.
- Canada xM. B. 1.
- Luxembourg M. A. 1. — M. B. 1.
- Brésil
- M. A. 1. — M. H. 2.
- Paraguay M. A. 1.
- Algérie
- xM. O. 1. — M. A. 1.
- Haiti
- M. H. 1.
- DEUXIÈME GROUPE
- MOBILIER ET ACCESSOIRES
- CLASSE 12.
- MEUBLES A BON MARCHÉ ET MEUBLES DE LUXE. — OBJETS SCULPTÉS.
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont président et secrétaire).
- Belgique 7 (dont rapporteur).
- Allemagne 3 (dont vice-président).
- Italie i
- Canada i
- Egypte 2
- Autriche i
- France
- Q_ |T \Départements français de la maiine et (horlcadre){ des colonies (Pans).
- D. H. 1| M. Fichet (Paris).
- MM. Balny, C. (Paris).
- \ Bauche, G. et H. (Pans).
- M. 0. 5 Berlt, A. (Paris).
- / Lebon-Leclers (Pans).
- Viardot, G fid).
- p.8x3 - vue 386/400
-
-
-
- 4
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Canada
- M. B. 2.
- Cambodge (Colonie française) M. B. '2.
- Réunion
- M. B. 1.
- CLASSE 14.
- CRISTAUX, VERRERIES, VITRAUX
- MEMBRES DU JURY
- France i Belgique 4
- Italie i
- Autriche 2 Allemagne 2 Pays-Bas t
- (dont vice-président et rapporteur)
- (secrétaire)
- (dont président)
- FRANCE
- MM. Maes (Clichy).
- D, H. 3 Pelletier, M. A. et Lis (Paris).
- (Société anonyme de St-Gobin.
- M. 0. 4
- i MM. Bernard et Cie. ) Facchina, J. D.
- Haillard, E. Imberton, P.
- IYI. A. 2
- (MM. Bremard, C.
- I Reyen, A. G.
- mi D 0)MM. Gabreau, P.
- IVI. D. dj Magniadas, G.
- M. H. 3.
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 6. — M. A. 9.
- M. H. 13.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 4. —M. B. 1.
- Autriche
- M.O. 1. — M.A. 3. —- M. B. 1. — M.H. 1.
- M. B. 5.
- M. H. 1.
- Italie
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 8.— M. B. 3. M. H. 3.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 2.
- Allemagne
- M. H. 1.— M O. 1. — M. A. 5.— M. B. 4.
- M. H. 2.
- Monaco
- M. A. 1.
- Angleterre M. A. 1. — M. B. 2.
- Suisse
- M.A. 1. — M. H . 1.
- Tunisie
- M. B. 2. — M. H. 2.
- Chine
- M. A. 1.
- Portugal
- • M. B. 2. — M. H. 4.
- Bombay
- M. B. 2. — M. H. i.
- Norvège
- M. B. 1.
- Paraguay
- M. H. 1.
- Canada
- M. B. 1. — M. H. 4.
- Egypte
- M. H. 1.
- Annam
- M. H. 1.
- Indes (Colonies française)
- M. A. 1. — M. B. 1.— M. H. 2.
- Cochinchine (colonie française)
- M. O. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Tonkin (Colonie française)
- M. O. 1.
- Guadeloupe (colonie française)
- M. B. 1.
- Allemagne
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 2. — M. B. 2. M. H. 2.
- CLASSE i5.
- CÉRAMIQUE
- Cambodge (Colonie française)
- M. B. 1.
- Nouvelle-Calédonie (Coloniefrançaise)
- M.H. 2.
- Sénégal (Colonie française)
- M. H. 2.
- Martinique (Colonie française)
- M. H. 1.
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- Italie
- Angleterre Monaco Luxembourg Colon.(française
- 1 (vice-président).
- 2 (dont rapporteur) 2 (dont président).
- 1
- 2 (dont secrétaire). 1
- 1
- France
- CLASSES 16 et 17
- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT, PAPIERS PEINTS
- MEMBRES DU JURY
- /MM. Guérin et Cic (Limoges).
- I Gillet (Paris).
- U _) Haviland et CIe (Limoges).
- D. H. O (Manufacture nationale de Sèvres F (Paris).
- \ M. Soyer, P. (Paris).
- /MM. Boussard, D. (Paris).
- \ Delforge, E. (Paris).
- M. 0. 5 J ouneau, P. (Parthenay).
- I Laurin (Bourg-la-Reine).
- Sazerat-Blondeau et Cic (Limoges).
- /MM. Bohn, L. (Paris).
- Bourgeois, E. (Paris).
- I Chineau (Paris).
- I Fourmaintreaux-Courquin et Cie
- 1 (Paris).
- !Yi. A. 9' Ladneyt, E. (Paris).
- 1 Lachenal, E. (Châtillon-sous-Ba-
- r gneux).
- Milet, O. (Sèvres). .
- Richard, H. (Paris).
- Tortat (Blois).
- M R Mortreux, G. (Paris).
- Vhucamps et Cic (Maubeuge).
- France , 3 (dont vice-président , secrétaire et rapporteur).
- Belgique i (président).
- Portugal i • Angleterre i Autriche 2 Serbie i
- Allemagne i Bombay, i
- France
- . MM.. Hamot, G. B. et Cie (Paris).
- D, H- 3 Harinkouck (Roubaix).
- ' Leroy, Isidore et ses fils (Paris).
- MM. Croissant (Paris).
- Dulud, Quenardel et Cie (Paris). Labaty et Papleux (Paris). Linoléum (Cie française du) (Paris). MM. Masure F., Lorthiois et fils (Paris).
- Papiers peints, (Société Française] (Paris).
- MM. Sauce, Jacques et Cie (Paris). Thomas, Isidore (Paris).
- Verdol et Cie (Paris).
- M. 0. 9
- M. IL 1.
- Belgique
- D. H. 3.— M. O. 4. — M. A. 7. — M. B. 10. M. H. 11.
- Pays-Bas
- M. O. 1. — M. H. 1.
- MM. Dumet, L.-J. (Paris).
- V Letalle, frères (Beauvais).
- IYI. A. 5 Lemaire et Dumont (Paris).
- / Patricot (Paris).
- Wallet (Neuilly).
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 3. — M. H. 4.
- Pays-Bas M. O. 1.
- Italie
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 1. Autriche
- D. H. 1. — M. A. 2. — M. B. 1.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 3. — M. IL 2.
- Russie
- M. O. 2.
- Angleterre
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 1.
- , Portugal
- M. A. 2.
- Bombay
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 2. — M. H. 4.
- Canada
- M. B. 2.
- Sénégal
- M. A. 1.
- Serbie
- M. A. 1. — M. B. 2. — M. H. 3.
- Algérie
- M. A. 1.
- Turquie
- M. B. 1.
- Tunisie
- M. B. 1. — M. H. 2.
- Cambodge (Colonie française)
- M. A. 1.
- Nouvelle-Calédonie (Colonie française)
- M. B. 1.
- Tonkin (Colonie française)
- M. B. 1.
- Cochinchine (Colonie française)
- M. H. 1.
- Indes (Colonie française)
- M. H. 1.
- Colonies portugaises M. B. 1. — M. H. 3.
- CLASSES 18, 19 et 20.
- COUTELLERIE, ORFÈVRERIE, BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, MÉTAUX REPOUSSÉS
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- Autriche
- Italie
- Russie
- Espagne
- Bombay
- Pays-Bas
- 4 (dont président).
- 4 (dont secrétaire et rapporteur).
- 1
- 1
- 1 (vice-président).
- 1
- 1
- 1
- France
- /MM. Christofle et Cie, Ch. (Paris), i Barbedienne, Paris.
- I Denière (Paris).
- ) Fichet (id.)
- D. H. 9\ Gaget, Gauthier et Cio (Paris),
- i Hottot, L. (Paris).
- f Marrou, (id.)
- Mesureur et Monduit fils (Paris). Thiebaut frères (Paris).
- M. 0.
- MM. Boin, G. (Paris).
- Cailar, Bayard et Cia (Paris) ; Couverts Alfenides (Société des), (Paris) MM. Michaut, E. (Paris).
- Vernaz (Dieppe).
- Basset (Paris).
- Bauche, G.-H. (Reims).
- Desclers, J.-C.-Ë. (Paris).
- , MM. Boulanger, A. et Cie (Paris). IVI. A. 3 Bertrand, A.-E. (Paris).
- Dutrou (Paris).
- MM. Ernie, E. (Paris).
- 1 Leboullanger, A. et Cie (Paris).
- ( Macs (Paris).
- IVI. B. 7 Berger, H. (Paris).
- F Brichaut (Paris),
- f d’Amyot (Paris).
- \ Dusseaux, A. (Paris).
- M. H. 1.
- M. B. 1
- M. Réal, V.
- p.8x4 - vue 387/400
-
-
-
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Colonies françaises
- M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 2. — M. H. i,
- Belgique
- D. H. 4. — M. O. 13. — M. A. 10. — M. B. 18. — M. H. 4.
- Pays-Bas
- M. B. 1.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 5. — M. B. 3. — M. H. 1.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 6. — M. H. 7.
- Autriche
- D. H. 2. — M. A. 3. — M. B. 1. — M. H. 1. Angleterre M. A. 1. — M. H. 1.
- Russie
- D. H. 2. — M. O. 1. — M. B. 1. — M. II. 1.
- Bombay
- M. A. 1. — M. H. 3.
- Amérique
- M. A. 1.
- Espagne
- M. O. 2. — M. A. 1.
- Egypte
- M. O. 1.
- CLASSE 21
- HORLOGERIE
- MEMBRES DU JURY
- France i (rapporteur).
- Allemagne 2 (vice-président et secrétaire). Suisse i (président).
- France
- , Ecole d’horlogerie (Paris).
- D. H. 3 Ecole municipale (Besançon).
- ; Ecole nationale (Cluzes)/
- f. MM. E. Champion (Paris).
- NI. 0. 3 J. Laurat et C. Sivan (Cluzes).
- ( F.-A. Margaine (Paris).
- ( MM. A. Ecalle (Paris).
- |Y1, A. 3) M. Planchon (Paris).
- Ecole française d’horlogerie (Paris).
- 7 MM. A. Châtelain (Paris).
- [ Chinon et Ooms (Paris).
- M. B. 5 J- F élix (Besançon).
- f Jesson, Spindler et Cio (Paris).
- Société française d’horlogerie (Paris).
- M. H. 1.
- Belgique
- M. A- 2. — M. B. 3 — M. H. 5.
- Suisse
- D. H. 2. — M. O.4. — M. A. 9. — M. B. 17. — M. H. 3.
- Allemagne
- D. H. 3. — M. O. 2. — M. A. 6. — M. B. 5.— M. H. 3.
- Pays-Bas
- M. O. 1. — M. A. 1.
- Norvège M. A. 1.
- Russie
- M. B. 1.
- CLASSE 22.
- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE
- MEMBRES DU JURY France i (président).
- Belgique 3 (vice-président, secrétaire, rap-
- porteur).
- Angleterre 1 Allemagne i Luxembourg i
- France
- D.
- MM. H. Beau et Bertrand-Raillet H 2. (Paris).
- P. J. Grouvelle (Paris).
- MM. Ch. Allez (Paris).
- { E. Boucher et Cic (Fumay, Ar-
- M 0. 4 demies).
- I Al. Godillot (Paris).
- M. Perret (Paris).
- 1 MM. A. David (Charleville).
- ' A. Enfer (Paris).
- C. Gibault (id).
- L. J. Robin (id).
- MM. Bizot et Akar (Paris).
- E. Chauvin (Paris). Cosset-Dubrulle (Lille).
- De Surmont frères (Lille).
- A.-H. Godefroy (Paris).
- IVI. B. 10 Leclercq-Bailly (Paris).
- 1 E. Parisse (id).
- f H. Pauris et. Cic (id).
- ' L. Vieilliard et Cie (Paris).
- Société anonyme (Jes forges et clouteries réunies de Mohon et Laval-Dieu.
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. q. — M. H. 27. — M. B. 28. — ' M. H. 8.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 7. — M. H. 2. Russie M. O. 3.
- Autriche M. H. 1.
- Angleterre M. A. 4. — M. B. 2.
- Luxembourg M. O. 2.
- Suède M. O. 1.
- Norvège M. A. 1.
- Canada M. A. 1.
- Italie.
- M. A. 1.
- Amérique M. A. 1.
- Pays-Bas M. H. 1.
- CLASSES 23 et 24
- PARFUMERIE ET MAROQUINERIE, TABLETTERIE VANNERIE
- MEMBRES DU JURY
- France 3 (président, vice-président, rapporteur).
- Autriche 2 Belgique i
- Monaco i (secrétaire).
- Allemagne i
- France
- MM. S.-A. Giraudon (Paris).
- 1 F. Roquet (Rouen).
- D. H. 4 Cie franc, de l’industrie du Rotin f (Vez, Oise).
- < Service local de la Cochinchine.
- m.
- NI.
- 0.14
- A. 23
- MM. A. Chouët et Cic (Paris).
- Cottance-Bagot et Cie (Paris). Roger et Gaîlet (Paris. Roure-ôertrand fils (Grasse), i Vibert frères (Paris),
- | Société anonyme des parfums naturels 1 (Cannes).
- MM. H. Didout fils (Paris).
- 1 H. Grumbaum (id).
- f L. Héberlé et Loddé (Paris),
- f Leloir frères (Paris).
- Pitet ainé (Paris).
- Mrae veuve Renault (id).
- . Mgr. Puginier (Tonkin).
- ' Service local (Tonkin).
- ; MM. L. Augur et Cic (Paris).
- I Coulomb et Cic (Marsillasques).
- ' Levasseur, Joseph, Jackson et Cie
- (Paris).
- L. Marchancise (Paris).
- Mouplus et Buyvet (Neuilly).
- J. Ralin (Paris).
- Roume (Paris).
- L. Adam (Charleville).
- J. Berquet et Ch. Maillou (Paris). Cawiey et Henry (Paris).
- E. Delor (Sénégal).
- . Mme Depoilly (Dieppe).
- I MM. E. Doisy (Paris).
- P. H. Bomfnanget (Paris),
- A. Dubourguet et Girard (Paris). J. de Haas (Paris).
- J.-B. Lefebvre et fils (Dieppe). Maurev,Deschamps et Cie(Paris). Raoul 'Prével (Paris).
- Prunier (Guadeloupe).
- Comité central (Guadeloupe).
- Service local Nouvelle-Calédonie.
- ; MM. Ventre Pascal (Algérie).
- I Artaud et Cie (Martinique).
- | Bernard et Alfred Arnoux .(Réu-
- f nion).
- Bois-Joli-Potier (Réunion).
- Mme Veuve Laroche et gendre (Marti-j nique).
- IMM. Mohamed ben Mohamed (Tunisie).
- Novel (Algérie).
- F.-V. Pillard (Paris).
- Pellet (Algérie).
- , Reymond (Réunion),
- i le D1’ J.-B. Rottenstein (Paris).
- Service local (Saigon).
- NI. B. 24 Sous-comité de feasse-Terre (Guadeloupe).
- I Colonies françaises (Guyane).
- M. Haï-Setrouch (Ré union). Administration locale (Haïti). Administration pénitentiaire (Nouvelle-Calédonie).
- MM. Colette (Dieppe).
- H. Graillon (Dieppe).
- E. Haulet (Paris).
- E. Langlois (Dieppe), le baron Marulaz (Tarbes).
- I L.-A. Ravenet, aîné (Paris). '
- I Léon Roussel (Dieppe).
- A. Souillard (Dieppe).
- Belgique
- M. A. 2. — M. B. 12. — M. H. 11. Allemagne
- M. A. 5. — M. B. 6. — M. H. 2. Autriche
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. A. 1. — M. B. 3. — M. H. 3.
- Angleterre M. O. 2. — M. H. 1.
- Bombay
- M. A. 1. — M. H. 1.
- Russie
- M. O. 2. — M. A. 2.
- Italie
- M. A. l. — M. B. 4. — M. FI. 4.
- Espagne
- M. O. 1. — M. A. 1.
- Canada
- M. H. 3.
- Norvège
- M. A. 1. — M. H. 2.
- % Turquie M. O. 1. — M. B. 1.
- Monaco
- M. O. 1. — M. A. 2.— M. B. 2.
- Pays-Bas
- M. A. 3. — M. B. 2.
- Suède
- M. H. 1.
- Danemark
- M. A. 2.
- Brésil
- M. B. 1. — M. II. 1.
- Suisse M. H. 1.
- Egypte M. A. 1.
- République argentine M. B. 1.
- TROISIÈME GROUPE
- TISSUS, VÊTEMENTS & ACCESSOIRES
- CLASSE 25.
- FILS ET TISSUS DE COTON
- MEMBRES DU JURY
- F’ranck
- Belgique
- Allemagne
- Russie
- Autriche
- Canada
- Espagne
- Portugal
- 4 (dont président et rapporteur). 2 (dont-secrétaire).
- 2
- 1 (vice-président).
- 1
- 1
- 1
- France
- Collectivité de Rouen.
- ^ MM. G. Cornet (Pondichéry).
- D. H. 4i Harmann et fils (Rougegoutte,
- ! près Belfort)
- Thiriez père et fils (Lille).
- p.8x5 - vue 388/400
-
-
-
- 6
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE ^EXPOSITION DE 1889
- MM. A. Cocquel et Cie (Amiens). Comité central d’exposition (Sénégal). Les fils de Cartier-Bresson.
- MM. C. Gresland (Boudeville, près M. 0. 7y Rouen).
- i Dourgachorone-Roquitte (Chan-
- I dernagor).
- Poiret frères et neveu (Paris). Service local (Tonkin).
- MM. Lucien Bouillant (Thieville, Calvados).
- \ J. Godet (Paris).
- IYI. A. 6, Kœcklin, Fritz (Paris).
- Raynaud (Pondichéry). Sous-Comité iMahé).
- Comité (Yanaon).
- MM. Nyssen (Reims).
- ( Seignal et le commandant Nossi-
- (VI. B. 4] Bé (Colonies).
- ( Sous-Comité (Karikal).
- Protectorat (Cambodge).
- Belgique
- D. H. 4. — M. O. 8. — M. A. 15. — M. B. 1. — M. H. 2.
- Pays-Bas D. H. 1
- Italie M. B. 1.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 1.
- Allemagne M. A. 2. — M. B. 2.
- Russie
- D. H. 6. —M. O. 4. — M. A. 2.
- ' Tunisie
- M. B. 1.
- Angleterre
- M. O. 1. —M. A. 2. — M. B. 1.
- Bombay
- M. B. 4. — M. H. 5.
- Espagne
- M. A. 1.
- Portugal
- M. A. 1.
- Egypte M. A. 1..
- Serbie
- M. H. 2.
- CLASSE 26.
- FILS ET TISSUS DE LAINE, DE CHANVRE, ETC.
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- 3 (dont vice-président et rapporteur).
- Russie i (président).
- Luxembourg i (secrétaire).
- Autriche i.
- Frange
- D. H. 1 M. Simonnot-Godard.
- M. 0. 3
- . MM. A. Fanchille-Delanoy (Lille).
- ) Hassebrouck frères (Conimes,
- J Nord).
- Poullier-Longhaye (Lille).
- / MM. E. Gavelle (Paris).
- Huret, Lagache et Cie (Pont-de-Briques, Pas-de-Calais).
- ~ A. Lambin (Conimes, Nord).
- IVI. A. b , Raviner, Grisez et Cio (Dunker-
- que).
- P. Souk, neveu (Pans).
- G.-E. Vian (Paris).
- un o h) MM. Vancauwenberghe-Davenport et
- IVI. D. 1 / (Mo
- Belgique
- D. H. i. — M. O. 5. — M. A. 8. — M. B. 19. —
- M. H. 7.
- Pays-Bas
- M. B. 1. — M. H. 3.
- Italie
- M. H. 1.
- Autriche
- M. A. 1.
- Allemagne M. A. 2. — M. H. 2.
- Russie
- D. H. 1. — M. A. 1. — M. B. 1.
- Angleterre
- M. A. 1.
- Norvège
- M. B. 1.
- Egypte
- M. A. 1.
- Bombay
- M. H. 1.
- CLASSES 27 et 28.
- FILS ET TISSUS DE LAINE PEIGNÉE ET CARDÉE
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- 4 (dont 1 vice-président et rapporteur).
- 3 (dont président et 1 viee-prési-dent).
- Russie 2.
- Allemagne 2.
- Pays-Bas i.
- Luxembourg i.
- Canada i.
- France
- Collectivité d’Elbœuf.
- , MM. Holden, Isaac, et fils (Croix, D. H. 2 Nord).
- A. Robert et fils (Sedan).
- MM. L. Allard et Cie (Roubaix).
- E. Buirette-Gaulard (Suippes, Marne).
- Blazy frères (Paris).
- J. Connimeau et Driard (Beauvais).
- Charles-Antoine (Sedan).
- A. Grand-Jean et Cie (Reims). Lèvent, Frenoy, Ludwig et Cic M.O. 15 (Paris).
- (Marteau frères et Cie (Reims).
- P. Masse (Corbie, Somme).
- E. de Montagnac et fils (Sedan). A. Morel (Roubaix).
- C. Neyret et Cie (Paris).
- Poiret frères et neveu (Paris). Stavaux-Bonnaire et fils (Sains du Nord).
- Société industrielle de Reims. . .
- MM. J. Bouteillié et A. Mousset (Sedan).
- ' A. Cocquel et Cic (Paris).
- FI. Chaillou (Paris), i J.-B. Colas et fils (Caen).
- I Ph. Dufourmontel et Cie (Corbie,
- î Somme).
- ! E. Fortin (Clermont, Oise).
- IVI. A. 13 I. Holden (Reims).
- (Legrand et Cie (Fourmies).
- Leiëbvre, Gariel père et fils, (Paris).
- J.-B. Nyssen (Reims).
- J. Rousseau (Paris).
- Vaillant et veuve Pruvot (Cam-, b rai).
- Vulliamy frères (Renancouft).
- , MM. L. Guillaume (Harancourt).
- IVI. B. 2 Letalle frères (Bauvais).
- Crampel-Sène (Sénégal).
- Belgique
- D. H. 4. —M. O. 14. —M. A. 18.
- Pays-Bas
- I. B. 4.
- M. A. 2.
- M. H. 1.
- M. O. 2. M. O. 1.
- D. H. 2.
- M. A. 2.
- - M. B. 1.
- Italie
- M. B. 1.
- Autriche
- - M. A. 2. — M. H. 1. Allemagne
- M. A. 3. — M. A. 2. — M. H. 2. Russie
- M. O. 3. — M. A. 2. — M. B. 1.
- Angleterre
- M. O. 1.
- Serbie
- M. B. 2. — M. H. 1.
- Luxembourg
- M. B. 1.
- Canada
- M. B. 1. — M. H. 2.
- Brésil
- M. B. 1.
- CLASSES 29 et 3o.
- SOIE ET TISSUS DE SOIE, CHALES
- MEMBRES DU JURY
- France
- Colonies françaises
- Russie
- Italie
- Allemagne
- Turquie
- Belgique
- 5 (dont président). 1 (secrétaire).
- 1 (vice-président). 1 (vice-président).
- D. H. 14
- IVI. 0.14
- France
- MM. Bardou, Rittou et Mayen (Lyon). Bonnet, C.-J. (les petits-fils de) et Cie (Lyon).
- Chabert, Josué et Cie (Paris). Ducoté, Caquet-Vauzelle et Côte (Lyon).
- Emery, Léon et Adrien (Lyon). Gourd et Croizat (Lyon). Hamelin, E. et Cie (Paris). Hubert, Emile et Cie (Paris). Jaubert, Andras et CIe (Lyon). Ministère de la marine et des colonies (Colonies françaises).
- MM. Montessui, A. et Chômer, A. (Lyon).
- Palluant, H. etTestenoire (Lyon). Permezel, L. et Cio (Lyon). Poncer, père et fils (Lyon).
- MM. Blanchon, Louis (Saint-Julien). Camel, Léon (Lyon).
- Chardin, Ernest et Cio (Paris). Fougeirol, A. et Fougeirol, E. (aux Ollières).
- Franc, père et fils et Martelin (Lyon).
- Gautier et Cie (Lyon).
- Giraud, Alexandre et Cic (Lyon). Lèvent, Frénoy, Ludwig et C'° (Paris).
- Maignand,J. et Gillet, P. (Paris). Martin, Louis etCie (Lyon). Agier, V.-P., Noyer et C^ (Lyon). Peyrac, Vacher et Cio (Lyon). Piquefeu (les fils de Victor) (Paris).
- Tabard, Benoit et Cic (Lyon).
- MM. Barrai, Gacogne et Cie (Lyon).
- Berger,.Besson et Hours (Lyon). Cauvret (Bohain).
- Chabrières, Morel et Cie (Lyon). Charbin, Etienne (Lyon).
- Escot, Marnet et Rivière (Lyon). IVI. A. 13 Perrot et Harent (Paris).
- Thomasset et Capony (Lyon). Vallat et Deville (Saint-Etienne). Vaquez-Fessart (Paris).
- Verdière et Lebis (Paris). Vermorel, S. et Cie (Paris). Viallar, A. et Chartron, N. (Lyon).
- ly. n oi MM. Charvet, Vautheret et Cie (Lzon). N Laval, J. et Tronel, F. (Lyon).
- Italie
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 2. Russie
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. A. 2. — M. B. 2. Bombay
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. H. 2.
- Pays-Bas M. O. 1.
- Belgique
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 2.
- Tunisie M. A. 1.
- Egypte M. A. 1.
- Allemagne M. A. 1.
- Angleterre M. A. 2. — M. B. 4.
- Autriche M. B. 1.
- • Suisse
- M. B. 1.
- T URQUIE M. B. 1.
- CLASSE 3i.
- DENTELLES,TULLES, BRODERIES ET PASSEMENTERIE!
- MEMBRES DU JURY France 3
- Belgique 5 (dont président et secrétaire). Portugal i (vice-président).
- Serbie i
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-
-
-
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- 7
- France
- MM. Crassier Eugène, et Cie (Saint-Pierre-lès-Calais).
- Hénon, Henri (Saint-Pierre-lès-Calais).
- Langlois, Louis (Paris).
- Poiret frères (Paris).
- MM. Arnett, Georges (Saint-Pierre-lès-Calais).
- Baboin, Aimé (Lyon).
- Blazv frères (Paris).
- Davenière, E. (Saint-Pierre-lès-Calais).
- NI. 0. 8 Hall, Georges (Saint-Pierre-lès-
- Calais).
- M1UC Leroudier (Lyon).
- Société anonyme pour l’exploitation de l’usine Cliff (Saint-Quentin).
- M. West, Robert (Saint-Pierre-lès-Calais).
- MM. Ancelot, A. (Paris).
- Bélart, Léon (Saint-Pierre-lès-Calais).
- Devienne, Paul (id). Fournier,Guillaume et Cie(Saint-Pierre-lès-Calais).
- Francfert, Elie et Lévy (Paris). Geay, C. et Joanny Guillemet (Paris).
- Hemberg, Jules (Saint-Pierre-lès-Calais).
- Labaty et Papleux (Paris).
- Laval et Tronel (id).
- Trêves, Adolphe fils (id).
- NI. A. 10 ,
- / MM. Bourré et fils (Paris), i Debax, Félix (Toulouse),
- j Gellé frères et Binaux (Saint-
- j Pierre-lès-Calais).
- ! Gladwick et Roberts (Paris).
- > Molier, Paul (Paris).
- Belgique
- D. H. 5. — M. O. 9. — M. A. 17. — M. A. 5. — M. H. 11.
- MM. Berthelot, H. (Paris).
- Dehesdin et Neveu (Paris). Duvelleroy, Georges (id).
- Délira, E. (Colonies françaises). Delor, E. (id).
- Fallennaigne, Charles (Angerville) Fayaud, A. (Paris). Lepetit-Charollet (Paris). *
- NI. 0. 14< Neyret et Cic (id).
- J Raynaud , F. (Colonies fran-
- I çaises).
- I Sa Majesté le roi Topha (Colo-
- I nies françaises).
- Verdier-Moreau et Cle (Paris), i IJerolland, B. (Paris).
- MUo Murliave, Louise (Colonies fran-
- çaises).
- MM. Beaumont frères (Paris). Bourgeois, B. t(id). j Mm0 Chovet, F.-A. (Rouen).
- [ MM. Cogne (Paris), j Dutel (id).
- Londe, Poirier et Rappin (Paris). Moulinet, Gustave (id).
- Obock (service local) (Colonies françaises).
- Roussel et Bailly (Paris). Boileau fils (id.
- Brochocki , Thomas (comte) (Paris).
- ' Chevrot, Henri (Paris).
- M A 90/ Comité central de la Guadeloupe (Co-
- IVI. M. c6\ lonies françaises),
- j MM. Guilleux (Paris), j Gaultier et fils aîné’(Paris).
- Hony, H. (Paris).
- Lemaire et Dumont (Paris).
- Le Bègue de Germiny (Colonies françaises).
- Massonnet (Paris).
- Pantz frères et Cic (Pont-à-
- | Mousson).
- : Paulus ena Doc Phu Su (Colo-
- I nies françaises),
- j Retter (Colonies françaises).
- ( Sous-Comité de Gorée (Colonies fran-I - çaises).
- Autriche
- M. O. 2. — M. A. 2. — M. B. 1. Italie
- M. O. 1. — M. A. 3. — M. B. 4. — M. H. 1. Serbie
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 4. Russie
- M. O. 1. — M. A. i. — M. H. 1.
- Portugal
- M. O. i.
- Norvège
- M. A. 1.
- Paraguay
- M. A. 1.
- Suisse
- M. A. u — M. B. 1. — M. H. 1.
- Luxembourg
- M. A. j .
- Pays-Bas
- M. A. 1.
- Allemagne M. B. 3. —- M. H. 3.
- MM. Chauffert et Cie (Reims).
- Mme Guérin-Brécheux (veuve) (Paris). MM. Mayotte (service local) (Colonies françaises).
- Rozier (Paris).
- Asker Bridos (Paris).
- Baholtzer, Théodore (Paris). Blanchard-Deguitard (id). Dutheil (Paris).
- Delor, Em. (Colonies françaises). Rabery (Paris).
- Reynaud (Colonies françaises). Service local de Saigon (Colonies
- françaises).
- Service local du Tonkin (Colonies
- françaises),
- Service local de Nouméa (Colonies
- françaises).
- M. H. 19.
- Allemagne D. H 1. — M. O 3. — M A. 7. — M.
- B. 6. — M. H. 3.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 5. — M. A. 3. — M. B. 1. Belgique
- D. H. 1. — M. O. 7. — M. A. :3. — M. B. 14. — M. H. 6.
- NI. B. 14
- CLASSE 33.
- HABILLEMENT DES DEUX SEXES
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- Russie
- Italie
- Danemark
- G.
- 4 (dont président et secrétaire). 1 (vice-président).
- 1.
- 1.
- France
- , MM. Tirard frères (Paris).
- D. H. 3 Veissière, J anlin (Paris).
- Viol et Duflot (Paris).
- MM. Coïon, R.,successeur d’Alphonse Girard et Cie (Paris).
- Pressoir et Pemartin (Paris). Ducher, H. (Paris).
- Fretin, Auguste (Paris). Grebert-Borgnis, J.-B. (Paris). Henriet aîné (Paris).
- Marchais (Paris),
- Labouré, M. et Cie (Paris.) Mossandfrères (Bourg de Péage). Prévôt, Eugène (Chazelles-sur-Lyon).
- Protectorat du Cambodge (Colonie française).
- Mme Roger (veuve) (Paris).
- M. Sablonnière (Paris).
- Service local de Saigon (Colonie française).
- Administration locale de l’arrondissement de Chaudoe (Colonie française'.
- Administration pénitentiaire de la Nouvelle-Guyane (Colonie française).
- MM. Blais-Mousseron (Paris).
- Chay et Hubert (Alby).
- Chollet, Louis aine (Versailles). Champel-Sène (Colonie française). Dufresne, Fillette, Vidal (Rouen). NI. A. 18; Fuzies, Casimir (Albi).
- Gaillard (Paris).
- Gailly, A. (les fils de), (Romans). Godchau, Ad. (Paris). Langenhagen, V. (det (Lunéville). Maurel, A. et fils (Paris).
- Provot, A. et Reichardt (Paris). Provot, Paul (Lofihans).
- Service local d’Hanoï (Colonie française).
- ’ MM. Van-Biema, J. (Paris).
- Vitrac, Léon (Albi).
- ; Administration locale (Taïti) (Colonie française).
- Administration pénitentiairedela Nouvelle-Calédonie (Colonie française).
- MM. Caby (Lille).
- Cailsalo, J. (Bastia).
- Comité central d’Exposition de Saint-Louis (Colonie française).
- MM. Cousin, C. (Paris).
- Daude frères (Paris).
- Delor, Emile (Colonie française). Devès, J. (Colonie française). Langé (Colonie française).
- Lepine (Paris).
- Peron (Paris).
- Reynauld, J. (Colonie française). Reil, Lucien (Bourg de péage). Service local (Colonie française).
- M. Taire, Arthur (Paris)*.
- M. H. 23.
- NI. B. 16
- NI. 0. 14
- CLASSE 32, 36 et 37.
- ARTICLES DE BONNETERIE ET LINGERIE. OBJETS ACCESSOIRES DU VÊTEMENT.— OBJETS DE VOYAGE ET DE CAMPEMENT. — BIMBELOTERIE.
- MEMBRES DU JURY
- France 3 (dont président et secrétaire). Belgique 4 (dont vice-président).
- Russie i Allemagne i Autriche i
- France
- MM. Bapterossés J.-F. (Paris). Collectivité de la Chambre syndicale [ des chemisiers en gros (Paris).
- J MM. Cauvin, Jean (Paris)".
- D. H. 6 Huret-Lagache et Cie (Paris).
- I Jumeau, Emile (Paris).
- ' Ensemble des produits de la classe 3a (Colonies françaises).
- Russie
- D. H. 1. — M. O. 4.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 2. — M. B. 1. Brésil
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Angleterre
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1. Canada
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. ,1.
- Bombay
- M. A. 1.
- Suisse
- M. H. 1.
- Pays-Bas
- M. H. 1.
- Haïti M. H. 2.
- Norvège
- M. H. 1.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 2. Belgique
- D. H. 1. — M. O.p. — M. A. ijl. — M. B. 29. M. H. 18.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 6. — M. H. 8. Russie
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. i.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 7. — M. H. 1. Suède
- M . A. 1. — M. B. 1.
- Serbie M. A. 1.
- Pays-Bas
- M. A. 2. — M. H. 2.
- Espagne
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Tunisie
- M. B. 1. — M. H. 2.
- Bombay
- M. B. 1. — M. H. 2.
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-
-
-
- 8
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Suisse
- M. B. 1.
- Canada
- M. B. 1. — M. H. 2. Norvège
- M. B. 1. — M. H. 3. Brésil
- M. B. 1. — M. H. 1.
- Danemark
- M. B. 1. — M. H. 1. Paraguay M. H. 1.
- CLASSE 34.
- JOAILLERIE ET BIJOUTERIE
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont secrétaire). Italie i (président).
- Belgique i (vice-président). Autriche i.
- France
- M. 0.
- IYI. A.
- . MM. Gastinne, Renette, Jules-François
- 2 (Paris).
- ( Rieger, Henry (Paris).
- ! MM. Fauré-Lepage , Emile-Henri i (Paris). '
- 3 Gauchot , Henri-Gustave (Vin-
- / cennes).
- Guyot, N. (Paris).
- ' M. H. 2.
- Belgique
- D. H. 3. — M. O. 5. — M. A. 7. — M. B. 4. M. H. 4.
- Pays-Bas M. B. 1.
- Allemagne M. B. 1.
- Angleterre
- M. B. 1.
- Portugal
- M. H. 1.
- Monaco
- M. H. 1.
- DEUXIÈME SECTION
- - „ MM. Fouquet (Paris).
- U* “ H Ruteau, L. et H. frères (Paris)..
- IYI. 0.
- MM. Binet, Gringoire et Cic (Paris). Cavy-Gallonde (Paris). Couquaux (Paris).
- Giraudon (Paris).
- Jacquemyn (Paris).
- Plichon, Victor - Paul - Louis (Paris).
- MM. Bienon (Paris), i Picard, Charles (Paris).
- . . Prévost, Louis - Honoré - Denis
- IYI. A. 5 (Paris .
- f Scheidel (Paris).
- \ Turpin (Paris).
- / MM. Bouret (Paris).
- [ Bulot (Paris).
- \ Espenel, Ernest (Paris).
- Sancan, Joseph (Paris.
- IYI. B- o, Ly-Duy-Thien (Colonies fran-
- / çaises).
- ! TlToï-Van-Vo (Colonies fran-
- çaises).
- M. H. 3.
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 3. — M. A. 2. — M. B. 3.
- M. H. 2.
- Italie
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 8. — M. B. 12.
- M. H. 1.
- Autriche
- M. O. 1. — M. A. 6. — M. B. 2. — M. H. 3. Allemagne M. O 1.
- Espagne
- M. O. 1.
- Norvège
- M. A. 1.
- Indes
- M. A. 1. — M. H. 1.
- SÉNÉGAL
- M. B. 1. — M. H. 1. Tunisie M. B. 2. Bombay M. B. 2.
- Suisse M. B. 1. Pays-Bas M. H. 1.
- Tonkin
- M. H. 1.
- CLASSE 35.
- ARMES PORTATIVES, ARMES DE LUXE ET DE CHASSE
- MEMBRES DU JURY France i
- Belgique 3. (dont président et vice-prési-
- dent).
- Portugal i (dont secrétaire).
- Angleterre i
- France
- Société française des Munitions de i chasse et de guerre (anciens
- 2! établissements Gevelot et Gau-
- j pillât (Paris).
- Société Léopold Bernard (Paris).
- INDUSTRIE.
- QUATRIÈME GROUPE
- INDUSTRIES EXTRACTRIVES. PRODUITS BRUTS ET OUVRÉS
- CLASSE 38.
- PRODUITS DE L’EXPLOITATION DES MINES ET DE LA MÉTALLURGIE
- MEMBRES DU JURY
- France 6
- Russie 1
- Belgique 7
- Canada 1
- Angleterre 1
- Brésil 2
- Espagne 1
- Norvège 1
- Autriche 2
- Egypte 1
- Luxembourg 1
- Suède 2
- Allemagne 2
- Italie 1
- Pays-Bas 1
- Serbie 1 France
- MM. Arbel, Lucien (Rive de Giers).
- : . Cail (anciens établissements (Pa-
- ris).
- Chappe (Paris).
- I De Schryver et Cie (Hautmont).
- I Hubin, Félix (Paris),
- i La Providence (Paris).
- | Nickel (société anonyme le) (Colonies D. H. 3 /' françaises).
- I Société de métallurgie du cuivre i (Lyon).
- I Société industrielle et commerciale des I métaux (Paris).
- M. Sebut aîné et Cic (Amiens). Société de Vezin-Aulnoye (Maubeuge).
- !| Société générale des cirages français ) (Paris).
- MM. Brunon et Barthélémy (Rive de Giers).
- ! Barbou fils (Paris).
- Ciemandot (Paris).
- Comptoir métallurgique de Long-: \vy (Longwy).
- [ Société de Commentry-Foufchambault (Fourchambault).
- M. Chapuis (Paris).
- Compagnie française des mines de Sumium (Paris).
- Compagnie française des mines de cuivre d’Aguas-Tenidas (Paris).
- MM. Defiassieux (Paris).
- Desclercs J.-C.-E. (Paris). Dorian-Holtzer, Jackson et Cic IYI. 0.22 (Pont -Salomon).
- Société anonyme des Forges de Lorette '(Paris).
- I MM. Glibert et Cio (Aulnoye).
- Goyard, A.-G. (Paris).
- Muller, Emile et Cic (Ivry-Fort). Marc, J. et Gérard frères (Paris). MouchelJ.-O (Paris).
- Société anonyme des Mines de Guer-rouma (Paris).
- I M. Rogeat et CiR (Lyon).
- ! Société anonyme des forges et cloute-: ries réunies de Mohan et de Laval-
- j Dieu (Charleville).
- ( Société des Mines.d’or de Saint-Elie ' (Colonies françaises).
- Société de Laminage du nickel (Paris).
- i MM. Bouchacourt, Magnard et Cie (Fourchambault).
- Belpeche, A. E. (Paris), i Crepin, Éugène (Meriel).
- I Deloncle, société ouvrière de l’Inde
- 1 (Colonie française).
- I Gehu, A. (Hautmont).
- I Le Merle (Ivry).
- IYI. A. 13, Millerot (Fontenay-le-Château). Mailfert, Jules (Carvin).
- Retterer et Bellot (Paris). Reverchon et Cic (Closmortier). Société anonyme des phosphates de Monceré et Bruniquel (Bruni-quel).
- Société de Ferro-Nickel (Paris).
- Société de l’engrais à Jenais (Paris).
- I Administration pénitentiaire de la : Nouvelle - Calédonie (Colonie
- l française).
- | MM. Authoin (Paris).
- Boursier (Paris).
- Chauvel, Emile (Evreux).
- Forceau, Nouvelle-Calédonie (Colonie française).
- Foucault, Alfred (Paris). Manufacture Ardennaise (Paris).
- M. H. 8.
- Belgique
- D. H. 18. — M. O. 48. — M. A. 70. — M. B. 26. M. FI. 18.
- Allemagne
- D. H. 6. — M. O. 11. — M. A. 8. — M. B. 7.
- M. H. 7.
- Italie
- D. H. 2. — M. O. 5. — M. A. 3. — M. B. 1.
- M. H. 4.
- Canada
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. A. 8. — M. B. 4.
- M. H. 3.
- Brésil
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 1. — M. Ii. 2. Suède
- D. H. 2. — M. O. 3. — M. A. 1. — M. H. 2. Serbie
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 8. —M. B. 8. Russie
- D. H. 2. — M. O. 1. — M. A. 7. — M. B. 1. Autriche
- D. H. 2. — M. O. 8. — M. A. 5. Luxembourg
- D. FI. 1. — M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 1. Angleterre
- D. H. 1. — M. O. 9. — M.. A. 6. — M. B. 2. —
- M. H. 1.
- Espagne
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. B. 1. — M. H. 1. Norvège
- M. O. 2. — M. A. 6. — M. B. 1. — M. PI. 3. Pays-Bas
- M. O. 6 . — M. H. 2.
- Suisse
- M. A. 1.
- République argentine
- M. A. 1.
- Tunisie
- M. A. 1.
- Danemark
- M. A. 1.
- Portugal
- M. B. 1.
- Haiti M. H. 2.
- Paraguay
- M. H. 1.
- Algérie
- M. B. 1. — M. PI. 2. ‘
- IYI. B. 7,
- Tonkin M. H. 1.
- p.8x8 - vue 391/400
-
-
-
- SUPPLÉMENT AU M0N1TËUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- 9
- CLASSES 39 et 40.
- PRODUIT DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. — PRODUITS DE LA CHASSE. — PRODUITS, ENGINS ET INSTRUMENTS DE CUEILLETTES, ETC.
- MEMBRES DU JURY
- France 3 (dont secrétaire).
- Brésil 2 (dont président).
- Portugal4 (dont vice-président).'
- Norvège i Belgique 3 Autriche i
- France
- Administration centrale des Colonies (Colonies françaises).
- MM. Dubosc (Paris).
- Mougenot (Paris).
- Service pénitentiaire de la Guyane (Colonies françaises).
- Protectorat du Cambodge (Colonies françaises).
- Service local de Saigon (Colonies fran-
- IYI. 0. 4' çaises).
- f Service pénitentiaire de la Nouvelle-( Calédonie (Colonies françaises).
- - MM. Viguès, G. et fils (Paris).
- / Administration locale de la Nouvelle-Calédonie (Colonies françaises).
- M. Balloy (Le D1') au Gabon (Colonies françaises).
- Comité central d’exposition de la Guadeloupe (Colonies françaises).
- MM. Capgraud-Mothes (Paris).
- Doutreleau J. et Cic (Gaville près le Havre).
- Miot (Amiral) (Colon, françaises). Meunier, Ferdinand (La Croix Saint-Ouen).
- Malvezin frères et Cic (Paris). Raynaud, J. (Colon, françaisse).
- M. Asconobit, S.-J. (Soustons). Administration locale de Taïti (Colon, françaises).
- Comité de Mahé (Colonies françaises). Comité de Karikal (Colonies françaises). Jardin botanique de la Martinique (Colonies françaises).
- M. Pinède, Gustave (Bayonne). Service local de Mayotte (Colonies françaises).
- M. H. 4.
- Italie
- D. H. 2. — M. H 1.
- Sénégal
- - M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 6. —
- M. H. 5.
- Portugal
- D. H. 3. — M. O. 5. —- M. A. 5. — M. B. 10. — M. H. 8 Brésil
- D. H. 4. — M. O. 3. — M. A. 4. — M. B. 7. M. H. 4.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 2. — M. H. 1 Algérie
- D. II. 1. — M. O. 1. — M. A. 1. Belgique
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 11. — M. B. 8. —
- M. H. 2.
- Réunion
- M. O. 1. — M. B. 1.
- Luxembourg
- M. O 1.
- Allemagne
- M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 2. — M. H. 1.
- Suède
- M. O. 2.
- Paraguay
- M. O. i.
- Norvège
- M. O. 1. — M. A. 3. — M. H. 1.
- Serbie
- M. O. 1. — M. B. 1.
- Guadeloupe M. O. 1. — M. A. 1.
- Guyane
- M. O. 1.
- COCHINCHINE
- M. A. 2. — M. B. 2. — M. H. I.
- Russie
- M. A. 2. — M. B. 1.
- Canada
- M. A. 3. — M. B. 3. — M. H. 2.
- M. A. 9
- !YI. B. 7
- Pays-Bas
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1. Haiti M. A. 2.
- Nouvelle-Calédonie M. A. 1. — M. B. 1. Tonkin M. A/ 1.'
- Monaco
- M. A. 1. — M. B. 2. — M. H. 2.
- Tunisie M.- B. 1.
- Madagascar
- M. B. 1.
- CLASSE 41
- PRODUITS AGRICOLES NON ALIMENTAIRES
- Suisse
- M. A. 1. — M. H 2.
- COCHINCHINE
- M. A. 4. — M. B. I. — M. H. 1. Réunion
- M. A. 1.
- Tunisie
- M. A. 2. — M. B. 3. — M. H. 3. Nouvelle-Calédonie M. A. 4. — M. B. 5.
- Taiti
- M. A. 2. — M. B. 1. Guadeloupe
- M. A. 1. — M. B. 2. — M. H. 3. La Martinique M. A. 1. — M. B. 3. Porto-Novo
- M. A. 1.
- MEMBRES DU JURY
- France 5.
- Espagne 2.
- Portugal 2.
- LIBÉRIA 2.
- Brésil 2.
- Belgique 3.
- Allemagne 2.
- Russie i.
- Autriche i .
- Paraguay i .
- Pays-Bas i.
- Turquie 2.
- France
- _ J, ni Exposition des Colonies françaises U. H. £> MM. Michonneau, père et fils.
- , Guyane française (Société de la Ramie IYÎ. 0. 2 française (Colonies françaises).
- { M. Boulé/Louis (Bourges).
- i MM. Deustch A. et ses frères (Paris). Pagnies (Paris).
- Vagnies (Paris).
- Bardou, Job (Paris)
- Colardeau (Paris).
- Lacroix (Paris).
- ( Gouvernement du Cambodge (Colonies M. B. 2 française).
- ; M. Desmignot (Paris).
- Russie
- D. H. 2. — M. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 4.
- • Brésil
- D. H. 2. — M. O. 3. — M. A. 2. — M. B. 6.
- M. H. 2.
- Portugal
- D. H. 2. — M. O. 8. — M. A, 7. — M. B. 16. — M. H. 2.
- Serbie
- D. PI. 1. — M. O. 1. — M. A. 6. — M. B. 12.
- M. H. 6.
- Sénégal
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 4. — M. B. 6. —
- M. H. 8.
- Autriche
- D. H. 1. — M. O. 1.
- Guinée
- M. A. 1.
- Indes
- M. A. 2. — M. B. 1. — M. H. 2. Canada M. B. 1.
- Libéria M. B. 1.
- Mayotte M. PI. 2.
- Tonkin M. H. 1 Annam M. H. 1.
- Bombay M. H. 1.
- CLASSES 42 et 43.
- PRODUITS CHIMIQUES ET PHARMACEUTIQUES. — PROCÉDÉS CHIMIQUES DE BLANCHIMENT, DE TEINTURE D’IMPRESSION ET D’APPRÊT.
- MEMBRES DU JURY
- P’rance
- Allemagne
- Belgique
- Autriche
- Portugal
- Brésil
- Angleterre
- Italie
- Espagne
- Pays-Bas
- 7 (dont vice-président). 3 dont président).
- 6 (dont secrétaire).
- 1.
- 1.
- 1.
- 2.
- 1.
- 1.
- France
- / MM. Bourde, A. et fils (Marseille).
- Chalamel (Paris).
- I Collectivité de Rouen (Rouen).
- \ Deutsch, A. et fils (Paris).
- | Expert Bezancon et Cic (Paris).
- D. H. KL Genevoix, François (Paris).
- i Michaud fils,frères(Aubervilliers)
- r Roussel, Emile (Paris),
- j Société du traitement du quinquina ) (Paris).
- \ MM. Tugot frères (Paris).
- Allemagne .
- D. H. 2. — M. O. 5. — M. A. 7. — M. B. 3.
- Belgique
- D. PI. 3. — M. O. 7. — M. A. 20.— M. B. 12.
- Espagne
- D. H. 4. — M. O. 17. — M. A. 11. — M. B. 5. —
- M. H. 1.
- Turquie
- D. H. 1. — M. O. 1.
- Angleterre
- D. H. 1. — M. O. 5. — M . A. 2. — M. B. 3. — M. H. 1.
- Italie
- M. O. 3. — M. A. 4. — M. B. 3. — M. H. 2.
- Australie
- M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 6.
- Nossi-Bé
- M. O. 1. — M. B. 2.
- Algérie
- M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 4.
- Pays-Bas
- M. O. 3. — M. A. 3. — M. B. 2.
- Paraguay
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 3.
- Russie
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Haiti
- M. A. 5. — M. B. 1. — M. H. 2.
- I. 0. 30
- M. Arthus (Paris).
- Administration locale (Colonies françaises).
- MM. Bernard et Arnoux (Colonies françaises).
- Carron et Beaudouin (Paris). Chassaing (Paris).
- Comité d’exposition (Colonies françaises).
- MM. Chatel R. (Colonies françaises), de Tilly, G. (Paris).
- Desnoix (Paris).
- Dubac, E. (Le Havre).
- Eaux minérales de la Bourboule (Paris).
- Eaux minérales de Vichy (Paris).
- MM. George de Laire et Cio (Paris). Gillet et fils (Paris).
- Holdein et fils (Roubaix). Hulchinson et Cie (Paris).
- Hulot, Cohn, Clamtaut (Paris). Judia, Rubber (Paris).
- Jardin botanique (Colonies françaises). MM. Legrand frères (Paris).
- Limousin et Cic (Paris).
- Marnas, Bonnet et fils (Paris). Mennier (Paris).
- Matton (Colonies françaises). Perus et Cic (Paris).
- Renard, Villet, Brunaut (Paris). Sance_, J. et Cie (Paris).
- Schmidt, fils (St-Denis)
- Société générale des Cirages (Paris). MM. Thomas, Isidore (Paris).
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-
-
-
- M. A.38
- \
- M. B. 14{
- D. H. 4.
- D. H. 6. -
- D. H. 1
- D. H. 1
- D. H. 1. -
- M.
- M. O. 1
- M
- M. O. 1
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSiTIÔN DE i88<j
- Allaire, Octave (Levallois-Per-ret).
- Beslier (Paris).
- Barthol Mary (Colonies françaises).
- Coget (Paris).
- Capgrand, Mothes et Cie (Paris). Catillon (Paris).
- Chalmel (Paris).
- Chassevant (Paris).
- Chiraux frères (Cambrai). Compagnie Stephanoize (Paris). Contributions indirectes (Colonies françaises).
- MM. Clâyssen (Colonies françaises). Comité Pointe-à-Pitre (Colonies françaises).
- MM. Delamarre (Paris).
- Dartignelong frères (Soustons). Defresne (Paris).
- Dillies (Paris).
- Duperron (Fiers).
- Devise (Colonies françaises). Ferron (Rennes).
- Heckel et Schlagdenhaufen (Colonies françaises), joudrain (Paris),
- Lagrolet et frères (Bordeaux). Lecad et Cio (Marseille).
- Latapie (Colonie française)
- Menu, Edmond (Lille).
- Morel (Marseille).
- Moret, J. (Paris).
- Porlier (Nogent-sur-Marne). Rigollot (Paris).
- Raynaud,J.(Colonies françaises). Raymond, E. (Colonies françaises).
- Rolin (Colonies françaises). Steverlynck (Lille).
- Tancredé (Paris).
- Thevenot (Dijon).
- Totin (Montreuil)..
- Scrive, Hermeite et Cio (Paris).
- Norvège
- M. O. 1. — M. B. 6. — M. H. 10. Brésil
- M. A. 4. —M. B. 12. — M. H. 7. Portugal
- M. A. 2. — M. B. 4. — M. H. 3. Suède
- M. A. r. — M. B. 2. — M. H. 1. Luxembourg•
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- DANExMARK
- M. A. 1. —M. B. 1. — M. H. 1. Paraguay
- M. A. 1. — M. B. 1. — M.H. 2.
- Algérie
- M. B. 1. — M. H. 3.
- Golfe de Guinée
- M. B. 1.
- N ouvelle-Calédonie
- M. B. 3.
- Tunisie
- M. B. 1.
- Cambodge
- M. B. i.
- Amérique
- M. B. 1. — M. H. 2
- Sénégal M. B. 1.
- Canada
- M. B. 1.
- Haiti
- M. H. 1.
- CLASSE 44.
- MM. Baudart et Cie (Paris).
- Beauperthuy (Guadeloupe) (Colonie française).
- Mme Béraud, Perpétue (Paris).
- MM. Bernet (Paris).
- Bisseuil, J. et Cio (Paris). Boulard et Buquet (Paris). Chailly? Achille (Paris). Chavariber, Paul et Cic (Paris). Dautreville (Paris). Denaurois-Maire et Cie (Paris), de Santa Anna José (Colonie française).
- Froger-Bourdon (Paris). Grorichard, Jules (Paris}.
- Jolivet (Paris).
- Kaulet, Adolphe (Paris).
- Lebceuf, Lucien (Paris).
- Martiny et Cie (Paris).
- Phénol Bobeuf (Paris). Pricharme (Saint-Galmier). Ricqlès (Lyon).
- Service local de Saïgon (Colonie française).
- Thermes de Dax (Dax).
- MM. Vicat, Joseph-Henri (Paris). Vitry, Gustave (Paris).
- M. H. 3o.
- Allemagne
- - M. O. 7. — M. A. 21. — M. B. 18.
- M. H. 7.
- Belgique
- - M. O. 16. — M. A. 32. — M. B. 25.
- M. H. 16.
- Italie
- M. O. 3. — M. A. 9. — M. B. 5.
- M. H. 7.
- Angleterre
- . — M. O. 7. — M. A. 2. — M. B. 5.
- M. H. 8.
- République Argentine
- D. H. 1.
- Autriche
- - M. O. 6. — M. A. 1. — M. B. 2. —
- M. H. 2.
- Espagne
- . O. 7. — M. A. 3. — M. B. 4.
- Pays-Bas
- . — M. A. 4. — M. B. 3. — M. H. 7.
- Turquie
- M. O. 1.
- Russie
- .0.2.— M. B. 3. — M. H. 2.
- Monaco
- . — M. A. 1.— M. B. 1, — M. H. 1.
- CUIRS ET PEAUX
- MEMBRES DU JURY
- France
- Autriche
- Belgique
- Brésil
- Luxembourg
- Portugal
- Russie
- Allemagne
- Pays-Bas
- 2 (dont vice-président).
- 1 (président).
- 4 (dont secrétaire).
- 2
- 1
- 2 1 1 1
- France
- , MM. Arthur Frédéric (Paris).
- 1 Bure (Paris).
- D. H. 4' Floquet C. et fils (Saint-Denis).
- f Recompte et Gentils (Pont-Au-
- ( demer).
- MM. Basset A. et fils (Paris).
- Combe A. etOriol J.-B.-Fk Ferry (Paris).
- Domange, Lemierre et Cic i Paris).
- ! Durant-Roche (Paris).
- | Gallien frères et Cie (Lonjumeau).
- I Hugo et Cic (Aubervilliers).
- IV! 0 15\ Jumelle, Henri (Paris).
- j Laurent H.-P.-E. (Paris).
- | Lafrique et Pellessier (Paris).
- I Longumeau (Paris).
- Prévôt, Carrière et fils (Millau). Rivière, Victor (Paris), i Sorrel frères et Cic (Moulins),
- i Testu-Jodeau (Paris).
- Trouettet et Thévenet (Lyon).
- M. Braille Jules-Victor (Pagny).. Colonie française (Colonie fran-çaise). MM. Doutréleau J. et Cic (Paris).
- Gasquiel, A. Donzel et Cie (Paris). Guilleaux (Paris).
- Laperche et Viet (Paris). Monnins (Jean - Thomas) (Gironde).
- Pinède, Gustave (Bayonne). Pedaillès (Paris).
- Roux fils et Cic (Romans). Reynaud (Pondichéry, Colonie française).
- Salasc, Benjamin (Bédarieux). Ulmo, Simon (Paris).
- Terrav et Merlin (Grenoble).
- MM. Gaillard frères (Paris), t Mmc Loubie, Elise-J. (Mazamet).
- IVI. B. 5 MM. Lepgellé-Camus (Amiens). f Oriot, Paul (Pans).
- Sayer, Désiré (Paris).
- M. H. 3.
- IVI. A. 14
- Russie
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 1. — M. B. 1. M. H. 2.
- Belgique
- D. H. 5. — M. O. 12. — M. A. 12. — M. B. 10. — M. H. 9.
- Luxembourg M. O. 1.
- Italie
- M. O. 3. — M. A. 2. — M. B. 2. — M. H. 2. Pays-Bas
- M. O. 2. — M. B. 1.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 1. Autriche
- M. O. 1.— M. A. 1. — M. B. 1 Brésil M. O. 1.
- Guadeloupe M. A. 1.
- Norvège M. B. 2.
- Angleterre M. A. 1.
- Serbie
- M. B. 1. — M. H. 1.
- Australie
- M. B. 1.
- Portugal
- M. B. 1.
- Tunisie
- M. H. 1.
- Paraguay
- M. H. 1.
- Canada
- M. H. 1.
- CLASSE 45.
- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES MINES. ET DE LA MÉTALLURGIE
- MEMBRES DU JURY
- F’rance i (secrétaire). Allemagne i (président).
- Belgique 3 (dont vice-président). Norvège i
- France
- , MM. Hulster (Henri de) et fils, Cres-1 pin (Nord).
- \ V. Bietri et Cifi, St~Etienne
- a) (Loire).
- j Société de métallurgie du cuivre / (Paris).
- ' Société des ardoisières, Truffy et Pierka (Paris).
- ; MM. Gaillard frères (Paris).
- 1 Davey, Bickford, Watson et Cie
- V (Rouen).
- . ] Fumât, Victor, La Grand-Combe
- 4 i _ _ (Gard).
- I Société des spécialités mécaniques. Administrateur délégué, Albert Mar-cilhacy (Pans).
- , MM. Burton A. et fils (Paris).
- 2 Société des ateliers et chantiers de la ( Loire (Paris).
- Allemagne
- D: H. 1. — M. O. 7. — M. A. 4. — M. B. 3. M. H. 2.
- Belgique
- D. H. 3. — M. O. 5. — M. A. 14, — M. B. id.
- M. H. 6.
- Russie
- M. O. 1.
- Italie
- M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 1. Autriche M. O. 1.
- Angleterre M. B. 1.
- IVI. 0.
- IVI. A.
- m. b.
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-
-
-
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE i/'EXPOSITION DE 1889
- i 1
- CLASSE 46, 47 et 48.
- MATÉRIELETPROCÉDÉS DES EXPLOITATIONS RURALES RURALES ET FORESTIÈRES. — MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES USINES AGRICOLES ET DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES. — MATÉRIEL DES ARTS CHIMIQUES DE LA PHARMACIE ET DE LA-TANNERIE.
- MEMBRES DU JURY
- Franck 2 (dont président).
- Belgique 8 (dont- vice-président et secrétaire). Canada i Allemagne i Autriche i
- France
- MM. Cail (Société anonyme des 1 anciens établissements (Paris).
- D, H. 3 , Cailletet, Louis-Paul, Châ'tillon-
- ( sur-Seine (Côte-d’Or).
- Morane, jeune (Paris).
- MM. Gaillet et Huet (Lille).
- .)aille (Paris).
- Tancrède frères (Paris).
- Albaret, Auguste, Liancourt-Rantigny (Oise).
- Bidault, Albert (Paris).
- Boulet, J. et Cie (Paris). Cabasson, Jules (Paris).
- Lemaux, Louis (Toulouse). Dupety et Cie (à la Ferté-sous-IV!. 0. 17 Jouarre (Seine-et-M.arne).
- Fauqueux, A. et Cio, à la Éerté-i sous-Jouarre (Seine-et-Marne).
- I Fontaine (Paris).
- ( Greiss, Edouard (Paris).
- | Lecornu, Alfred (Paris).
- Létang (Paris).
- Mabille, E. frères (Amboise).
- ! Société Générale Meulière, à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). M. Malligand (Paris).
- MM . Abelous et Cie (Paris).
- Chandora, Léon, à Moissy-Cra-mayel (Seine-et-Marne).
- I Prouvé, Charles (Dieppe).
- I Baudelet, Nijeon (Paris).
- | Beyer, frères (Paris).
- M.A. 12 Coquelle (Paris).
- j Debaussaux, Emile (Amiens).
- j Deliry, père et fils (Soissons).
- j Pelletier, E. et Cie (Paris).
- Chevalet (Paris).
- Mallet, P. (Paris).
- Protectorat du Cambobge.
- Service local, arrondissement de Taynink.
- MM. Billet, François , à Marly-iès-Valenciennes.
- IChouillou (Paris).
- Palager et Granger (Paris). Société anonyme des phosphates du Monceré et Braniquevel.
- MM . Legentil-Parent, aîné, Nouvireuil |Y|, B. 14 (Pas-de-Calais).
- i Legrand, Pierre (Paris).
- I Malcotte aîné (Paris).
- | Schivre, Gustave (Paris).
- ! Tourneur (Paris).
- ' Andrieux, Pierre-Paul (Paris).
- Chapuis, H. (Paris).
- Gibault, Charles (Paris).
- Comité central d’exploitation de Pointe-à-Pitre.
- M. H. 5.
- Allemagne
- 1). H. 1.— M. O. 8.— M. A. 10. —M. B. 8.
- M. H. 4.
- Belgique
- D. H. 4. — M. O. 14. — M. A. 25. — M. B. 35. M. H. 29.
- Luxembourg
- D. H. 1. — M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 2. Pays-Bas
- M. A. 2. — M. H. 3.
- Angleterre
- M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 4. — M. H. 1. Italie
- M. A. 1. — M. B. 1 — M. H. 2.
- Norvège
- M. A. 1. — M. H. 2.
- Autriche
- M. O. 3. — M. A. 1.
- Algérie
- M. B. 1. — M. H. 1.
- Canada
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Etats-Unis d’Amérique M. A. 1. — M. H. 1. Suède M. B. 'i.
- Suisse M. H. 1.
- CLASSE 49.
- MACHINES ET APPAREILS DE LA MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- MEMBRES DU JURY
- France 3 (dont rapporteur).
- Belgique G (dont président et secrétaire)'.' Angleterre i (vice-président).
- Danemark i .
- Pays-Bas i.
- Allemagne i .
- Autriche i.
- France
- MM. Boudier, Edouard (Rouen). Boulet, J. et Cie (Paris).
- Boyer, E. (Lille).
- Huyard (Paris).
- Parenty, Henri - Louis-Joseph (Châteauroux).
- MM. Bossière (Paris).
- Cail (anciens établissements) (Paris).
- Chameroy, E.-H. (Paris). Gaillard, frères (Le Havre). Daussin, Auguste (Lille). Delettrez, Gustave (Levallois-IY1. 0. 13 Perret).
- Dickson et Cio (Dunkerque). Dumont, Louis (Paris).
- Duru et fils (Bordeaux). Guichard-Bisson et Cio (Paris). Kœrting frères (Paris).
- Michel et Cia (Paris).
- Scellos (maisonDémangé) (Paris).
- MM. Arbey F. et fils (Paris).
- I Dandoy-Mailliard, Lucq et Cie
- IY1. 0. 4 (Maubeuge).
- f Dugoujon aîné (Paris).
- Guïllet et fils (Auxerre).
- MM. Jannot H. (Triel).
- \ Mary, Jean-Marie (Saint-Denis).
- •VI. A. 4j Savn, François-Auguste (Paris)
- Société Halot, Émile et Jules (Paris).
- - MM. Alexandre, J.-B. (Harancourt).
- [ Burton et fils (Paris).
- Martinier-Laurent (Vinay).
- IVI. B. b\ Le Melle, Auguste (Paris).
- i Nowé, Victor (Paris).
- Tierrot, Achille (Paris).
- M. H. 1.
- Belgique
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 10. — M. H. 5.
- Allemagne
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 5. — M. B. 5. Angleterre D. H. 1. — M. B. 1.
- Canada
- M. A. 1.
- CLASSES 51, 52 et 53.
- MATÉRIEL 8 PROCÉDÉS DU FILAGE 8 DE LA CORDERIE. — MATÉRIEL 8 PROCÉDÉS DETISSAGE.— MATÉRIEL & PROCÉDÉS DE LA COUTURE 8 DE LA CONFECTION DÈS VÊTEMENTS.
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont président).
- Belgique 2
- Angleterre 2
- France
- MM. Burton, A. et fils (Paris).
- Diétrich, G. (Société française du fumivore Orvis) (Paris). Dumont, Alexandre (Paris). Richard frères (Paris/
- Salomon frères et Tenting (Paris). Toulet, frères et Cie (Reims). Tripier Victor (Anzin).
- Vitry, Gustave (Paris).
- MM. Alexandre j André, fils (Bordeaux).
- Badois, Edouard (Paris).
- M. B, Foucault (Paris).
- » Lagache, Henri (Lille).
- ( Margaine (Paris).
- Roser, Nicolas (Saint-Denis).
- M. H. 4.
- Belgique
- D. H. 7. — M. O. 12. — M. A. 35. — M. B. 8. — M. H. 8.
- Allemagne
- D. H. 4. — M. O. 9. — M. A. 13. — M. B. 1. M. H. 2.
- Angleterre
- M. O. 4. — M. A. 1, — M. B. 1. — M. H. 1. Pays-Bas
- M. O. 1. — M. B. 2.
- Russie
- M. O. 1. — M. A. 4.
- Etats-Unis M. O. 1.
- Autriche-Hongrie M. A. 2. — M. B. 1.
- Norvège
- M. A. 2.
- Danemark
- M. B. 1.
- Espagne
- M. H. 1.
- CLASSE 5o.
- MACHINES OUTILS
- ! MM. Hurtu, Jacques (Paris), u p) Vigneron, H. et Cie (Compagnie
- française des machines à cou-f dre (Paris).
- n. A «(' MM. Rio-Catteau (Roubaix), m. U. £) Verdot, Jules (Paris).
- / MM. Beaumont, Samuel et Cie (Roubaix).
- Garue (Paris).
- Hubinet, Louis (Glageon). Lemaire fils et Dumont (Paris). Dinouard (Amiens).
- Hannotte frères (Paris).
- Souton, François (Lyon).
- MM. Prat frères (Grenoble).
- Plet, Ernest (Paris).
- Raynal et Cic (Dijon). Stockmann (Paris).
- M. H. 1.
- Belgique
- D. H. 1. — M. O. 8. — M. A. 1 r. — M. B. 8. — M. H. 3.
- Angleterre
- D. H. 1. — M. O. 1. - M. A. 2.
- Allemagne
- M. O. 2. — M. A. 8. — M. B. 6. — M. H. 6. États-Unis D. H. 1. — M. O. 1.
- Canada
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Tunisie M. B. 1.
- Italie
- M. H. i.
- CLASSES 5q, 55 et 56.
- MATÉRIEL 8 PROCÉDÉS DE LA CONFECTION DES OBJETS DE MOBILIER 8 D’HABITATION. — MATÉRIEL 8 PROCEDES DE LA PAPETERIE, DES TEINTURES 8 DES IMPRESSIONS, — MACHINES, INSTRUMENTS 8 PROCEDES USITES DANS DIVERS TRAVAUX.
- M. A. 6
- MEMBRES DU JURY
- France 1 (rapporteur).
- Belgique 3 (dont président et secrétaire). Allemagne 2 (vice-président).
- France
- n m 91 MM. Hurtu, Jacques (Paris).
- ‘ n' Smith et Conventry (Paris).
- MEMBRES DU JURY
- France i (président).
- Belgique 2 (dont vice-président). Norvège 2 (secrétaire).
- France
- _ u p I MM. Joly et Fouart (Blois).
- Alauzet et Cio (Paris).
- i
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-
-
-
- 12
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- MM. Boulet, Lacroix et Cic (Paris). ! Barré, Ch. (Paris).
- \ Gochard et David (Paris).
- IYI. 0. 6 Boryn, F. (Lille).
- I Gail (anciens établissements)
- 1 (Paris).
- Leblond, Eugène (Paris).
- MM. Brissard (Paris).
- [ Foucher, frères (Paris).
- IYI. A. 5 Lhermite, A et G. (Paris).
- I Vital Arnaud (Paris).
- Belgique
- D. H. 7. — M. O. 5.— M. A. 8.— M. B. 5. — M. H. 2.
- Allemagne M. O. 2.
- Angleterre M. O. 1. — M. A. 1 Italie
- M. A 1. — M. B 1. — M. H. 2.
- MM. Barat, Jules (Paris).
- Beaupied (Paris). j Buffault (Pierrefitte).
- Caffort, frères (Asnières).
- Caron, Léon (Paris).
- Carré et ses fils (Paris).
- I Cambier (Paris).
- Chauvin (Paris).
- 1 Coquelle (Paris),
- Cornu fils et Cie (Montmagny). David (Le Mans).
- Duménil (Paris).
- Delor (Colonies françaises). Deschrijver et Cie (Paris). Fouchard et Blondel (Paris). Hannibal (colonies françaises).
- M R 27 Magniat, Boileau, successeur
- (Paris).
- • Pallu et Cie (Paris).
- Réal (Le Bourget).
- Rettever et Bellot (Le Havre). Rocaché (Paris).
- Société des carrières du Poitou (Paris). Société des anciennes Ardoisières réunies, à Fumay.
- Société des Ardoisière, à Truffly et Pierka (Rimogne).
- | Société des chaux hydrauliques et ciments de Meysse (Meysse). Société anonyme des Ardoisières de Rimogne.
- 1 Zemon, Charles (Colonies fran-
- çaises).
- M. H. 10.
- Belgique
- D. H. 7. — M. O. 1 5. — M. A. 25. — M. B. q3. M. H. 5q.
- Pays-Bas
- D. H. 5. - M.O. 5. — M. A. 5. — M. B. 7.
- JM. H. 6.
- Tunisie D. H. 1.
- Portugal
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 1.
- M. H. 2.
- Italie
- D. H. 1. — M. A. 1. — M. B. 3. M. H. 1. Autriche
- D. H. 1. — M. B. 2. — M. H. 1.
- Espagne
- M. O. 2. — M. B. 1. — M. H. 2.
- Monaco -
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 9. — M. D. 14. — M. H. 9.
- Luxembourg
- M. O. 1 — M. B. 1. — M. H. 2.
- Suisse
- M. A. 1.
- Suède
- M. A. I. — ,m. H. I.
- Japon
- M. A. 1.
- Angleterre
- M. A. 5. — M. B. 3.
- Russie
- M. A. 1.
- Canada M. B. 1.
- Norvège
- M. B. 1. — M. H. 3.
- CLASSE 62.
- MATÉRIEL & PROCÉDÉS DE L’ART MILITAIRE
- MEMBRES DU JURY France i.
- Belgique 2 (dont président).
- Saverne 1 (vice-président).
- France
- u H MM. Cail (anciens établissements) L'1 J( (Paris).
- n MM. Gauchot (Paris).
- IYI. U. £4 Sénéchal (Colonie française).
- Allemagne
- D. FI. 2. — M. O. 1. — M. A. 2.
- Belgique
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. A. 4. — M. B. 3. M. FI. 1.
- Italie
- M. A. 1.
- Norvège
- M. B. 1.
- Rochet, Claude (Fans).
- , MM. Goux, Emile (Paris).
- IYI. B. 3 Landa, J. (Paris).
- { Stamm et Pfister (Paris).
- M. H. 4.
- Belgique
- D. H. 3. — M. O. 3. — M. A. 1. — M. H. 4. Allemagne
- D. H. 1. — M. O. 5. — M. A. 6. — M. B. 10.
- M. H. 2.
- Amérique
- M. O. ;.
- Norvège
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 4. — M. H. 3.
- Monaco
- M. B. 1.
- Suède
- M . A. 2. — M. H. 2.
- Angleterre
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Suisse
- M. H. 1.
- Italie
- M. H. 1.
- Autriche]
- M. H. 1.
- CLASSES 57 et 58.
- CAROSSERIE & CHARRONNAGE. — BOURELLERIE & SELLERIE
- MEMBRES DU JURY France i (président).
- Belgique 5 (dont vice-président et secrétaire). Angleterre i Russie i
- France
- D. H. 1 M. Binder (Paris).
- M n Q MM. Antony, Gustave (Levallois-
- IYI. U. IJ Perret).
- ( MM. Laurent-Colas (Bogny-s.-Meuse). V Renard frères et C*° (Paris).
- IYI. A. 5 Fortin,Eugène (Clermont) (Oise).
- / Gotschi et Bouger (Paris),
- y Lochet et de Bert.
- . Carrosserie industrielle de Paris (Paris). M D n) MM. Deflassieux frères (Rive-de-Gier). IYI. D. o\ Lacombe, J.-B.-E. (Châtillon-s.-
- { Loing).
- M. H. 2.
- Russie
- M. O. 2. — M. A. 1. — M. B. 3. Belgique
- M. O. i3. — M. A. 11. — M. B. 9. — M. H. 7. Angleterre
- M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 1.
- Italie
- M. A. 2.
- Pays-Bas
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1.
- Tunisie
- M. A. 1.
- Canada
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Allemagne M. B. 1. — M. H. 1
- CLASSES Co et 61.
- TRANSMISSION OPTIQUE OU PNEUMATIQUE DE SIGNAUX. — MATÉRIEL & PROCÉDÉS DU GENIE CIVIL, DES TRAVAUX PUBLICS & DE L’ARCHITECTURE.
- MEMBRES DU JURY
- France
- Belgique
- Pays-Bas
- Portugal
- Angleterre
- Italie
- Luxembourg i
- (dont président), (dont vice-président), (dont secrétaire).
- France
- CLASSE 5q.
- MATÉRIEL DES CHEMINS DE FER
- MEMBRES DU JURY
- France i (vice-président).
- Belgique 4 (dont président).
- Allemagne 4 (dont secrétaire).
- Angleterre i
- France
- Du MM. Cail (anciens établissements)
- ' Hl '( (Paris).
- Compagnie de construction de Marly \ (Marly).
- IYI. A. 2 Société anonyme des ateliers de con-/ struction du nord de la France (Raismes).
- M. H. 1.
- MM. Cail (anciens établissements) (Paris).
- Couvreux et Hersent (Paris)’; Cie des chemins deferefdu port de la Réunion (Paris).
- Chambre syndicale des entrepreneurs de couverture et plomberie du département de la Seine (Paris).
- D. H. 11 \ MM. de Lesseps (Paris).
- (Eyffel, Gustave (Levallois-Per-ret).
- Gaget-Gauthier et Cie (Paris). Lebrun, Gabriel-Louis (Creil). Ministère de la marine et des Colonies (Paris).
- MM. Mesureur et Mauduit (Paris). Société des ciments français et Port-land (Boulogne-sur-Mer).
- j MM. Barbier et Fenestre (Paris).
- I Civet, Crouet, Gauthier et Cie
- I (Paris).
- Cazaubon et fils (Paris). Caillard frères (Paris). Compagnie des entrepôts et magasins généraux de Paris (Paris). MM. Dumont, Louis (Paris).) Decauville (Paris).
- Lelubez (Paris).
- Mathelin et Garnier (Paris). Rogier et Mothe (Paris).
- IYI. U. IJ\ Société des spécialités mécaniques (Paris).
- Société des ardoisières de l’Espérance (Hayebes).
- MM. Vaillant, Fontaine et Quintard (Paris).
- Hersent (Colonies françaises). Lartigue (Colonies françaises). Schneider et Cic (Colonies françaises).
- Société des chemins de fer garantis (Colonies françaises).
- MM. Bon, Jules (Paris).
- Brochacki et Cic (Paris).
- Béliard (Paris).
- Compagnie nationale des travaux publics (Paris).
- Direction des travaux à Saïgon.
- MM.. Flicoteaux (Paris).
- Gibault (Paris).
- Guérin, E.-F. (Paris).
- Leblanc, J. (Paris).
- Laureilhe (Paris).
- Leblanc et fils et Cio (Paris). Lacour .(Paris).
- Menant, Paul (Paris).
- Masson (Paris).
- MM . Ouachee (Paris).
- Perrière (Paris).
- Poupard (Paris).
- IYI. A. 29 Puginier, évêque (Hanoï),
- j Parise (Paris).
- , Prudhomme (Paris),
- j Renard et Fèvre (Paris).
- Société de construction des Batignolles (Paris).
- Société ardoisière la Renaissance, (Fumay).
- MM. Sudrot et Perier (Paris).
- Société anonyme des chantiers de la Loire" (Paris).
- Service local de Saïgon (Colonies françaises).
- Société cies Ardoisières de Bois-Chevaux (Bois-Chevaux).
- Société des Plàtrières réunies du Bassin de Paris (Paris).
- MM . Variclé et Ci<; (Paris).
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-
-
-
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- 13
- CLASSE 63.
- PRODUITS ALIMENTAIRES
- MEMBRES DU JURY
- France 5 (dont président et secrétaire). Canada i (président).
- Portugal i (dont vice-président).
- Brésil i .
- Suède i.
- Belgique 3.
- Autriche i.
- Italie i .
- Pays-Bas i.
- France
- MM. Grault, G. (Paris).
- Maurel, J. (Marseille).
- Société des amidonneries françaises (Valenciennes)
- MM. Simon-Legrand (Bersée).
- Tournier, Barjon Veyre et Cie (Sainte-Colombe).
- MM. Brun, J. et Cie (Lyon).
- Brusson, fils (Paris).
- Birnant, Emile (Bergues). Colomb et Cie (Lyon). Dubreucq-Pérus (Lille).
- Goulas (Mayen-Multien). Leroux-Louvet, fils (Rouen). Laporte (Toulouse).
- Lejards (Maintenon).
- Morel, Louis (Epinal).
- Segaust (Saint-Denis).
- ( Société générale des pâtes alimentaires \ (Paris).
- / Amidonnerie franco-belge (Vésinet). i Compagnie agricole et sucrière de Saint-M , Æ) André (Colonies françaises).
- 'I **1 MM. Mauprivez (Paris).
- [ Mathias, Pierre (Guyane fran-
- \ çaise).
- M. Bloch, Simon (Etampes).
- I Protectorat du Cambodge (Colonies M. B. 3 françaises).
- I M. Romaio Montrose (Colonies fran-( çaises)
- M. H. 3.
- Allemagne
- D. FI. 2. — M. O. 1. — M. A. 3.— M. B. 3. —
- M. H. 2.
- Portugal
- D. H. 2. — M. O. 1. — M. A. 4. —- M. B. 10. — M. H. 18.
- Canada
- 19. h. 1. —M. O. 1. — M. A. 3. — M. B. 5. —
- M. H. 1.
- Algérie
- D. H. 2. — M. O. 1. — M. A. 10. — M. B. 6. — M. H. 1.
- Autriche
- D. H. 2. — M. O. 4. — M. A. 5. — M. B. 3. — M. H. 2.
- Pays-Bas.
- D. H. 1. —• M. O. 3. — M. A. 3. — M. H. 2.
- Italie
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 6. — M. B. 1. Belgique
- D. H. 2. — M. O. q. — M. A. 5. — M. B. 8.
- M. H. 6.
- SÉNÉGAL
- D. H. 1. — M. A. 3. — M. B. 5.
- Brésil
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 6. — M. B. 4. M. H. 1.
- Guadeloupe
- M. O. 1. — M. A. 1.— M. B. 2.
- Serbie
- M. O. 5. — M. A. 8. — M. B. 9. — M. H. 22. Nouvelle-Calédonie
- M. O. 1. — M. A. 3.— M. B. 6. — M. H. 3.
- Russie
- M. O. 1. — M. H. 2.
- Tunisie
- M. O. 2.
- COCHINCHINE
- M. O. 2. — M. A. 1.
- Suède
- M. O. 1. — M. A. 2. — AI. B. 2. — M. H, 4. Madagascar M. A. 1. — M. B. 1 Haiti
- M. A. 2.
- Indes
- M. A. 2. —M. B. 1. — M. H. 1.
- Guinée
- M. A. 1. — M. H. 1.
- Tonkin
- M. A. 1. — M. H. 1.
- D. H. 5
- f
- \
- IYI.O. 12
- Bombay
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Norvège
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Martinique M. B. 4. — M. H. 6. Nossi-Bé M. B. 1. Paraguay M. B. 1. Danemark M. B. 1.
- La Plata M. B. 1. Corée M. H. 1.
- CLASSE 64, 65, 66 et 67.
- PRODUITS DE LA BOULANGERIE & DE LA PATISSERIE
- — CORPS GRAS ALIMENTAIRES, LAITAGE & ŒUFS
- — VIANDES & POISSONS. — LÉGUMES & FRUITS.
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont secrétaire). Italie i.
- Serbie i.
- Brésil i.
- Espagne i.
- Norvège i.
- Pays-Bas i.
- France
- D. H.
- i MM. Bonfils frères et Cie.
- 3; Rodel et fils frères.
- { Teyssonneau.,Charles (les fils de).
- M. 0.10)
- MM.
- Mmc
- M.
- Union
- Aimé Martin et Cie (Paris).
- Béhu et Sigault fils (Paris).
- Berger, Pion et Cie (Paris).
- Chevassu et Batardy (Paris).
- Gardair frères (Marseille).
- Lacaze, Eugène (Colonies françaises).
- Olibet, manufacture parisienne de biscuits (Paris).
- Potin, Félix, veuve (Paris).
- Rous, Léo (Paris), des propriétaires de Nice (Paris).
- ! MM. Anouille-Courbin et Cio (Paris), j Mme Brateau, Georges (Paris).
- I MM. Billette veuve et Chatelard (Paris).
- | Bessède fils (Marseille).
- I Bardilouze et Massonnière (Bor-
- deaux).
- Delory, F.(Lorient),
- Dubard A. et Cie (Paris), de l’Epine marquis (Avignon). Fouché (Colonies françaises). Garcin et fils (Salon).
- . pp., Gestalin de Riec (Paris).
- *"*-à Goudin (Colonies françaises).
- (Hordoir et Cie (Paris).
- Laforest, G.-B. (PérigueuxL Morel, L. et fils (Arras).
- Ménier, Camille (Paris).
- Maslo, Dargenton et Domingo (Bayonne).
- Michel, François (Colonies françaises).
- Noël frères (Ile de Croix). Savard, Lucien (Paris), i Syndicat, vauclusien des huiles (Paris).
- , M. Vendroux et Cie (Calais).
- M. Roy, Pascal (Salon).
- Compagnie hygiénique française,Rous-seau’et Cie (Paris)/
- MM. Duval H. et Cic (St-Amand).
- Duchemann A. (Colonies françaises).
- Dolbeau, J. (Colonies françaises). Gordolon, J. et Cagnoly, P.
- (Nice).
- Hoff (Paris).
- Lecat et Hervieux (Dieppe). Petit-Sagers (Colonies françaises).
- Reynaud (Colonies françaises). Ripert, Philippe (Laudun). Wavelet-Hernu (Arras).
- M. H. 22.
- Italie
- D. H. 2. — M. O. 7. — M. A. 15. — M. B. i3. M. H. 9.
- Norvège
- D. H. 1. — M. O. 3. — M. A. 12. — M. B. 4.
- Portugal
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 5. — M. B. 8. M. FI. 6.
- Pays-Bas
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. A. 11. — M. B. 2. M. H. 3. .
- Algérie
- M. O. 3. — M. A. 1. — M. B. 3. — M. H. 1.
- Belgique
- M. O. 7. — M. A. 4. — M. B. 5. — M. H. 5.
- Autriche
- M. O. 2. — M. A. 3. — M. B. 2. — M. H. 1.
- Angleterre
- M. O. 4. — M. A. 8. — M. B. 1.
- Espagne
- M. O. 2. — M. A. 6. — M. B. 1.
- Brésil
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Allemagne
- M. O. 4. — M. A. 5. — M. B. 4. — M. H. 2.
- Canada
- M. O. 2. — M. A. 5. —M. B. 3. — M. H. 1.
- Danemark
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 1.
- S E RB IF1
- M. O. 1. — M. A. 6. — M. B. 7 — M. H. 5.
- Suède
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Etats-Unis d’Amérique
- M. A. 2.
- Monaco
- M. B. 1. — M. H. 4.
- Russie
- M. B. 1. — M. H. 2
- CLASSE 68.
- CONDIMENTS & STIMULANTS. —SUCRES & PRODUITS DE LA CONFISERIE
- MEMBRES DU JURY
- lre Section
- France 1.
- Brésil 7 (dont président).
- Paraguay 1 (secrétaire).
- Belgique 1 (secrétaire). 1.
- Portugal
- Haïti 2. 2me Section
- France 8 (dont secrétaire)
- Belgique 1 (dont président). 1.
- Pays-Bas
- Russie 1.
- Brésil 3.
- Suisse 2.
- Allemagne 1.
- Portugal 1. France
- MM. Arbatte et Cio (Cambrai).
- 1 Lombart, Jules (Paris).
- ) Menier (Paris).
- D, H. 7, G hevassu et Batardy (Paris).
- J Delizy et Doisteau fils (Paris),
- f Marchand frères (Paris).
- \ Saintoin frères (Orléans).
- MM. Bodson, Séraphin (Paris). Cruchet, Ed. (Orléans).
- Dessaux fils (Orléans).
- De Sonneville frères (Colonies françaises).
- Jardin colon de Pondichéry (Colonies . françaises).
- MM. Lerville, J. (Lille).
- Rojat, Jules (Nîmes).
- Société anonyme des Salines de Som-merviller (Nancy).
- MM. Savary, A. et Bras-Canon (Colonies françaises).
- Vicat (Paris).
- Williot, fils et Cic (Croix). Fontaine,Augustin (Colonies française).
- Névot (Colonies françaises). Rollin (Colonies françaises). Sous-comité de Mahé (Colonies françaises).
- MM. Cossé-Duval et Cic (Nantes).
- , Durand, A. et Cie (Carcassonne).
- ' Hugon (Paris).
- I Lesage et Cic (Paris).
- Pelletier et Cic (Paris).
- Mmc Potin, Félix, veuve (Paris). Société anonyme de raffinerie parisienne (Paris).
- MM. Teyssonneau (les fils de), jeune (Bordeaux).
- Voyade, successeur de Escoffier et Cic (Nice).
- Beau jean (Paris).
- Blanqui, J.-M. fils (Nice). Blanchard (Paris).
- Chanterel, A. (Paris).
- Degeith, A. (Toulouse).
- Détang, L. et Cic (Beaune). Ghesgnier-Bouisset (Lille). Legouay et Delbergue (Paris). Lacaze, Eugène (Colonies françaises).
- Mugnier frères (Dijon).
- Picon, Gustave (St-Denis). Schoutecten (Paris).
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-
-
-
- H
- SUPPLEMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- A. 56'
- B. 52
- MM. Bouchery,.F. (Orléans).
- Bourgine, à St-Joseph (Colonies françaises).
- Château, L. à Ste-Rose (Colonies françaises).
- Calvert (Colonies françaises).
- Dulessey-Brétigny (Brétigny).
- Doyère, Ch. à Ste-Rose (Colonies françaises).
- Doyère, J. B. à St-André (Colonies françaises).
- De Guigné à St-Benoît (Colonies françaises).
- Girou-Ploton, Antonv (Orléans).
- Le Couarret, à St-André (Colonies françaises).
- Landry frères (Barville).
- Marguery-Bergeret (Dijon).
- Renaud, J.-E. et Douallé (Bordeaux).
- Service local de Cochinchine (Colonies françaises).
- Sous-Comité de la Guadeloupe (Colonies françaises).
- Sous-Comité de Mahé (Colonies françaises).
- Société d’agriculture d’Alger (Colonies françaises),
- MM. Taudeau, Victor (Paris).
- Vergoz, à St-Benoit (Colonies françaises).
- Bouger (Colonies françaises).
- Hibou,Charles et François (Colo-lonies françaises).
- Le Coat de Kerveguen, duc de Freuse (Colonies françaises).
- Lebon, Martin (Colonies françaises).
- Lopes (Colonies françaises).
- Laborde, A. (Colonies françaises).
- Le Dentu (Colonies françaises).
- Mutel, P. (Colonies françaises).
- Michaux, Césané (les héritiers de) (Colonies françaises).
- Mathiot (Colonies françaises).
- Bannier frères (Paris).
- Duval, Alphonse-Germain (Paris).
- Drillon fils (Colonies françaises).
- Sainton frères (Orléans).
- Trébucien (Paris).
- Angelo Bologne et Ch. Carichac, Vve (Saumur).
- Bessède fils (Marseille).
- Bénard et Lemaître (Paris).
- Cougouille-Effre (Eymet).
- De Bonneville,D. et frères (Colonies françaises). 1
- David, Adelina (Colonies françaises).
- De'nize, C. fils et Cie (Meulan).
- Esparbès,T. (Toulouse).
- Fakler, A. (Charentori).
- Gédon (Colonies françaises).
- Gouarni frères (Paris).
- Lemaire, E. (Ivry-la-Bataille).
- Jannin, Georges (Paris).
- Legendre V. ' et Arnaud (Cler-Ferrand).
- L enoi r - D elau n a y et Noël (Rouen).
- Lejay-Lagoutte (Dijon)).
- L’Héritier Guyot (Dijon).
- Mercier, Georges (Paris).
- Panis, A. (Paris).
- Pesqué (Paris).
- Rouchon, Antoine (Paris).
- Violet frères (Paris).
- MM. Braquier (Paris).
- De Rolland,Léon (Colonies françaises).
- Legras, Paul (Colonies françaises).
- Pa'doure, Clém., à Saint-Pierre (Colonies françaises).
- M. Rous, Léo (Coloniesfrançaises.)
- Service local du Tonkin (Colonies françaises).
- MM. Lhierry, directeur du Jardin Botanique de la Martinique (Colonies françaises).
- Augeard (Colonies françaises).
- Boue, Isidore (Colonies françaises).
- Duvernay,Joseph (Colonies françaises).
- MM. de' Buchmann (Colonies fran-ç aises.
- Duplant fils (successeur de Roger) (Chartres).
- Le Protectorat du Cambodge (Colonies
- françaises).
- MUo Louisia, Jean-François (Colonies
- françaises).
- Minc Macé fils, Jean (veuve) Colonies françaises).
- MM. Richard (Colonies françaises).
- Reynaud, J. (Colonie française).
- IV!. B. 52
- (Suite) \
- D. H. 3. —
- D. H. 1.
- D. H. 3. —
- D. Ii. 2. —
- D. FI. 1. —
- D. H. 1. -
- D. FI. 2.
- M. O. 2. M. O. 2 M. O. x M. O. 5. M. O. 8, M. O. 2. M. O. 5. M. O. 2, M. O. 1. M. O. 1. M. O. 1.
- Sous-comité d’exposition à Basse-Terre (Colonies françaises). MM. Sauvigny, E. (Chartres).
- Thaly, J.-D. le D1' (Coloniesfrançaises).
- Ba'rbier, H. (Paris).
- Mme Potin, Félix (veuve) (Paris).
- MM. Rousseau et Cie (compagniehygiénique française) (Paris). Sucrerie pénitentiaire de Maroni (Etablissement Saint-Maurice (Colonies françaises).
- MM. Bos, Alexandre (Decazeville). Banizet, jeune (Paris).
- Boulle, Aimé (Limoges).
- Coste FI. et Barret, F. (Limoges). Courtet, Taveau et Cie (Paris). Epondry (Colonies françaises). Fiés (Colonies françaises). Gury-Rousselot (Paris).
- Guichard père et fils (Paris). Hugues-Manson (Paris). Julien-Victor (Lavour). Lamoureux, H. fils aîné (Petit-Quevilly).
- Lescuras, L.-L. (Limoges). Levray, A. (Petit-Quevilly). Lauvin, P. (Le Havre).
- Lachaud (Libourne).
- Lefraut (Paris).
- Merlange frères (Moissac). Marnier-Lapostolle (Neauphle-le-Château).
- Nerik frères (Paris).
- Obez, A. (Douai).
- M1110 Potin, Félix (veuve) (Paris),
- MM. Perret, F. (Limoges).
- Pilard, F.-V. et Allais (Paris). Ruet et Bonnaud (Angoulême). Rouvière fils (Dijon).
- Saves (Colonies françaises). Voyade (successeur d’Escoffier et Cic) (Nice).
- M. H. 26.
- Belgique
- M. O. 14. — M. A. i5. —M. B. 17. — M. H. 28.
- Réunion
- M. O. 1. — M. A. 3. — M. B. 1. Brésil
- M. O. 21. — M. A. 17. — M. B. 19. —-
- M. H. 32.
- Portugal
- M. O. 10. — M. A. 17. — M. B. 8. —
- M. H. 8.
- Italie
- M. O. 5. — M. A. 14. — M. B. 16. —
- M. H. 21.
- Autriche
- — M. O. 1. — M. A. 4. — M. B. 1. —
- M. H. 3.
- Pays-Bas
- — M. O. 1. — M. A. a. — M. B. 7. —
- M. H. 4.
- Angleterre
- — M. A. 1. — M. B. 3. — M. FL 1.
- Paraguay
- . — M. A. 2. — M. B. 3. — M. H. 3. Haiti
- . — M. A. b. — M. B. 5. — M. FI. 3. Guadeloupe
- — M. A. 1. -r M. B. 2. — M. H. 4.
- Russie
- . — M. A. 7. — M. B. 3. — M. H. 2. Suisse
- — M. A. 2. — M. B, 3. — M. H. 3.
- Allemagne
- — M. A. 7. — M. B. 8. — M. H. 6.
- Martinique
- . — M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 2. Suède
- — M. A. 2. — M. B. 1. — M. H. 2.
- Algérie
- — M. A. 1. — M. B. 3. — M. FI. 3.
- Espagne
- — M. A. 1. — M. B. 2. — M. H. 2.
- Cochinchine M. A. 1. — M. B. 1.
- Luxembourg M. A. 1. — M. B. 1.
- Canada
- A. 1. — M. B. 3. — M. FI. 1.
- Bombay
- A. 2. — M. B. 1. — M. FI. 3.
- Libéria M. A. 1.
- Taïti M. A. 1.
- Nossi-Bé M. A. 1.
- Mayotte M. B. 2.
- Norvège
- M. B. 4. — M. H. 2. Turquie M. H. 1.
- Danemark
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 1. Monaco
- M. A. 2. — M. B. 1.
- Égypte M. B. 1.
- États-Unis M . A. 1.
- Tunisie M. H. 1.
- CLASSE 69.
- BOISSONS FERMENTÉES
- France
- Espagne
- Allemagne
- Belgique
- Italie
- Portugal
- Serbie
- Russie
- Autriche
- MEMBRES DU JURY 10 (dont président).
- D. H. 15
- F'rance
- Mme Bousquet (veuve de) (Paris).
- MM. Calvet et Cie (Paris).
- Defolie, P. (Paris). .
- Drouilhet de Segolas(Paris). Duffour, S. (Marcillac). Guichard-Poteret et fils (Chalon-sur-Saône) .
- Mme Loche, Ch. (veuve) (Reims).
- M. Martineau (Paris).
- Société de l’Agriculture (Bordeaux) (Gironde)
- Syndicat vauclusien (Paris).
- Brasserie de la Méditerranée (Marseille).
- M. Dariste (Colonies françaises).
- La région de Cognac (Cognac).
- MM. Lesaffre et Bonduelle(Paris). Ministère de la marine et des colonies pour l’ensemble de son Exposition (Colonies françaises).
- MM. Abbadie, B. (Château-Moulis). Adde, Ed. (Blaignan).
- André, P. (Beaune).
- Arone, E. (Paris).
- Beaucourt, F. (Margaux), Bernard, X. (Macau).
- Bilot, J. (Barsac).
- Buhan, E. (Gradignan).* Cabanes, J .-J. (Pomerol):
- Mme Cabrol (veuve) et E. Larronde (Bordeaux).
- MM. Cayrou, M. aîné (Bordeaux). D’Allard (Paris).
- Ducos (Paris).
- Ducourt, J. (Libourne).
- Dupuch, J. (Château-Lagarette). Duvergier, P. (Paris).
- Mme Férrazii, veuve (Bordeaux).
- MM. Fourcaud-Laussac (Paris). Giese, Ferdinand (Macau). Gontier-Lalande (Castelnau). MM. Grelot, G. (St-Emilion). Hasenklever, F. (Nuits). Herman, C. (Bordeaux).
- Hervé, F. (Fronsac).
- Labarthe, È. fils (Érontignan). L’Albert (Colonies françaises).
- / Mme Laroche, veuve (Colonies fran-
- IV!. 0. 55 çaises).
- I MM. Lataste, J. fils l'Cérons).
- ! L’He'ritier-Guyot, Louis (Dijon).
- ‘ Loiseleur, A. (Bourgueil).
- Mallet, comte de (Paris).
- Manuel et Cic (Reims).
- Mercier, E. et Cie (Epernay). Monier, comte de (Paris). Moudon, J. (Paris).
- Osiris, D. (Paris).
- Pelouse (Paris).
- Piola (Paris).
- Polack, Ch. (Dijon).
- Ravèz, comte et Marsac, marquis de (Pontets).
- Sutaine,’ Max et Cie (Paris). -Troquart, J. (St-Emilion). Verdet (Paris). .
- Vieîlhomme, H. (Beaune). Société française de distillerie, malterie et brasserie (Paris).
- Bellot, J. et Cic(Cognac).
- Billet, F. (Paris).
- Dclizy et Doisteau fils (Paris). Dubourdieu, Jeanneau et Biaut (Condom).
- Dupont et Cie (Cbgnac). Ffiguières, Art. (Colonies françaises).
- p.14 - vue 397/400
-
-
-
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- 15
- M. 0.55)
- (Suite) j
- V
- Joanne, Edmond (Paris). Lacaze-Pounçon (Paris). Revillon-Clerjaud (Chives). Sabatier, Gustave (Nîmes).
- M. A. 90(
- M. Bellemer, T. (Bordeaux).
- Mme Bert, J., veuve (St-Estèphe).
- MM. Beyssac, Eug. (Bordeaux). Bouchet, P. (Frousac).
- Boucuey, A. (St-Emilion).
- Brion, U. (Begadau).
- Brunet, A. (Bordeaux).
- Castéja (Pauillac).
- Ghabret du Rieu, L. (Fronsac). Chalut-Voiry (Tours).
- Chaperon (Libourne).
- Charron A. (Ambarès).
- Charron, Daniel (Ambarès). Cholet (Fronsac).
- Claverie, C. (Néac-Pomerol). Corbière, P. (St-Emilion). Darbeau, L. (Pomerol).
- Delmon et Cie (Bordeaux).
- Delpit, J. (Lyon).
- Ditely, E. (Paris).
- Dubourg, A. (Bassères).
- Duft'our, vicomte de Raymond (au Thil).
- Dussauts, E. (St-Emilion).
- Mrac Ferchaud, veuve (Pauillac).
- MM. Forsan, Alb. (St-Èmilion). Fournier, J. (Epernay).
- Giraud (Bordeaux).
- Gros (Paris).
- Guilibert, H. (Aix-en-Provence). Guiseries (Paris).
- Konigswarter, H. (Arsac). Labuchette, P. (Macau).
- Laffite, C. et Cie (Paris).
- Lafon, Arthur (Beautiran). Landau fils (Larigaudière).
- Lastic, Alfred (comte de) (Taba-nac).
- Lhote, S. fils (Dijon).
- Lombardo frères (Paris).
- Loyet, Louis (Barsac).
- Mahieu, E. (Paris).
- Maugin,F. (Lons-le-Saulnier). Marcilhac et Cie (Bordeaux) Mattéi, Louis (Bastia).
- Maurin, B. (Arbanast).
- Morange, Ed. (Libourne). Mugnier, F. (Paris).
- Paniagua, P. (de) (Blanquefort). Pignals, P., aîné (St-Emilion). Privas, H.-P.-F. (Bordeaux). Promis, P. (Bordeaux). Quancard (St-André-de-Cubzac). Reig, Pv. (Banyuls-sur-Mer). Rodrigues et Cie (Bordeaux). Roulleau-Bertin (St-Emilion). Roussillon, J. et Cic (Epernay). Rouvière fils (Dijon).
- Saby, frères (St-Emilion). Sarrault, H. (Château-Quinsac). Sarrazin, P. (Libourne).
- Saulnier, S. (Château-Cambon).-Schiller,V.-C. et Cie (Bordeaux). Tampier, C.-P. et Ci0 (Bordeaux).
- Tessier, A. (Bordeaux).
- Thaly, D1', habitation de la Source (Colonies françaises). Valter-Bastia (Paris). Vaudeleers, G. (Bassens). Administration . locale de Taïti (Colonies françaises).
- MM. Boutelleau'et Cie (Paris). Bessède fils (Paris).
- Bertrand, Julien (Paris). Boniface, Ed. (Montargis). Boutellot (Paris).
- Cordonnier, P., à la Guadeloupe (Colonies françaises).
- De Sonneville,P. frères, à Nouméa (Colonies françaises). Ducos, Ch., à la Guadeloupe (Colonies françaises). Duquesnay, Jules, à la Martinique (Colonies françaises). Eustache, F., à la Martinique (Colonies françaises).
- Escande, Emile (Toulouse). Habitation Tartane de la Trinité (Colonies françaises).
- MM. Isautier, veuve et fils à St-Pierre
- (Colonies françaises)
- Littéc frères, à la Martinique (Colonies françaises).
- Laine, Emile (Loos-les-Lille).
- Luzet (Luxeuil).
- Rousseau,à la Martinique (Colonies françaises).
- Rouvière fils (l)ijon).
- Sabatier, Isidore (Nîmes).
- Société anonyme des distilleries de Jonzac (Bordeaux).
- Usine St-Maurice, à la Guyane (Colonies françaises).
- m a oni MM. Voran et Bazinet jeune (Pontar-1*1 • A. lier).
- (Suite) j Wachter, Albert et Cie (Colonies
- [ françaises).
- | MM. Alesme de Meycourby (d’) (St-André-de-Cubzac).
- Baumann frères (Nuits).
- Bos, A. (Decazeville).
- Bourdon, E. (Remy).
- Copmartin, Ch. (St-Christoly). Cornilliat, Eug. (St-Emilion). Deuptos, J. (Camblanes). Escarraguel, A. (Ambès). Fornerod, B. (Artigues). Gaudin-Réaud, J. (Blaye).
- | Girardeau, G. et Cie (Bourcat).
- Grelot, G. (St-Emilion).
- Guislain, Alex. (Paris).
- Jacquet, J. (Fronsac). Labatut-Duffieu (Libourne), Lafargue, P. (Libourne).
- Lille, Arm. (Ambarès).
- Listier, P. (Paris).
- Loyer, Edouard (St-Emilion). Mages, G. (Podensac).
- Manson, H. (Nantes).
- Minvielle, J.-E. (Gradignan). Obissier-Lagiraudais (Libourne). Pezat, A. et Cic (Bordeaux). Pouchan, H. (Paris).
- Reignierfils (Bordeaux).
- Roger, L. (Paris).
- Rousseau, L. (Paris).
- Savariaud, H. (St-Vincent-de-Paul).
- Soulier, J.-P. (Collioure).
- Têtard., A. (Castres).
- Bouvaist, Albert (Abbeville). Cabarte, Gustave-Alfred (Saint-Omer).
- Adam de Villiers à Ste-Marie (Réunion) (Colon, françaises). Adams (Parc-Taïti) Colonies françaises).
- Beauchamp-Machenaud (Paris). Beyssac, Eug. (Bordeaux). Boixeau et Cie (Bordeaux). Brillet, François (Vire).
- Cirbiot (Labounardie). Chapiot-Caillaud et Cie (Paris). Cordonnier, Jean (Colonies françaises).
- Compagnie générale des levures et alcools de grains (Argenteuil). MM. de Taymoreau et Le Blanc (Combani) Colon françaises). Dosimond, Auguste, à Androdoat (Colonies françaises).
- Devilliers, Jules (Paris).
- Ferret et Sicot, Benjamin (Port d’Envaun).
- Gabariot et Baroux (Vic-Fezen-sac).
- Magnant père, fils et Cio (Alfort).
- . * Massé, Albert (Bordeaux).
- Niclaus et Cie (Paris).
- Pinet, Charles (Bordeaux).
- Pezat, A. et Cie (Bordeaux). Pluchon, C. (Cognac). Quesmesson (Fort-de-France). Société anonyme des raffineries parisiennes (Paris).
- MM. SouquèsE. et Cie (Colonies françaises).
- Tampier et Cie (Bordeaux. Vagniez, A. et B. (Amiens).
- M. H. 38.
- Portugal
- D. H. 3. — M.. O. 9. — M. A. 8. — M. B. 5.
- M. FI. 7.
- Espagne
- D. H. 2. — M. O. i3. — M. A. 5. — M. B. 3. Algérie
- D. H. 2. — M. O. 27. — M. A. 40. — M. B. 34. M. H. 22.
- Italie
- D. H. 2. — M. O. 17. — M. A. 3j. — M. B. 29* M. H. i2.
- Danemark D. H. 2. — M. A. 3.
- Allemagne
- D. H. 3. — M. O. 18. — M. A. 14. — M. B. 12.
- M. H. 9.
- Belgique
- D. H. 3. — M. O. 11. — M. A. 16. — M. B. 14. M. H. 12.
- Norvège
- D. FI. 1. — M. O. 3.— M. A. 5. — M. B. 2. Russie
- D. H. 2. — M. O. 6. — M. A. 8. — M. B. 8.
- M. FI. 3.
- Tunisie
- M. O. 2. — M. A. 3.
- Autriche
- M. O. 4. — M. A. 7. — M. B. 5.
- M. B. 59\
- Brésil
- M. O. 2. - M. A. 6. — M. B. 5. — M. H. 3.
- Serbie
- M. O. 6. — M. A. 6. — M. B. 7. — M. H. 6.
- Angleterre
- M. O. 2. — M. A. 4. — M. B. 1. — M. H. 2. Egypte M. A. 1.
- Nouvelle-Calédonie
- M. H. 1.
- Grèce
- M. O. 1.
- Haiti
- M. O. 1. — M. A. 1. - M. B. 1. — M. H. 2. Amérique M. A. 1.
- Suisse
- M. A. 3. — M. B. 4.
- Pays-Bas
- M. O. 2. —M. A. 4. — M. B. 54
- Canada
- M. O. 1. — M. B. 2. — M. H. 1. Monaco M. A. 2.
- Chili
- M. A. 1.
- Luxembourg
- M. O. 1. — M. A. 1.
- • Paraguay
- M. A. 1. — M. B. 1. — M. H. 3.
- Réunion
- M. O. 1. —M. B. 1. — M. H. 4.
- Martinique
- M. A. 1. — M. B. 2. — M. H. 16. Guadeloupe M. B. 3. — M. H. 11.
- Taiti
- M. H. 1.
- Nossi-Bé
- M. H. 1.
- Madagascar M. H. 1 Tonkin
- M. H. 1.
- Pondichéry
- M. H. 1.
- SEPTIÈME GROUPE
- NAVIGATION & SAUVETAGE
- CLASSES 70 71, et 72.
- BATIMENTS DE TOUS GENRES, MATÉRIEL, ETC. — SAUVETAGE MARITIME. — ÉCLAIRAGE & BALISAGE DES COTES. — SAUVETAGE POUR INCENDIES & AUTRES ACCIDENTS.
- MEMBRES DU JURY
- France i (vice-président).
- Pays-Bas i (président).
- Belgique 4 (dont secrétaire).
- Allemagne i.
- Angleterre i .
- France
- ' Administration centrale des colonies j (Colonies françaises).
- 1 M. Claparède (anciens établissements) ^ (Paris).
- [}i H, 4 Société anonyme des chaînes et aciers ) sans soudure (système Oury)
- I (Paris).
- . Société des ateliers et chantiers de la
- Loire (Paris).
- Barbier et Fenestre (Paris). Bossière, H. (Le Havre).
- Cail (anciens établissements) (Paris).
- Huret-Lagache et Cie (Pont-de-Briques).
- Lemerle (ancienne maison Fré-my) (Paris).
- Richard frères (Paris).
- Tabouët, F. et Cio (Paris).
- MM. Caillard frères (Paris). Compagnie générale transatlantique i (Paris).
- ' MM. Giot, Désiré (Cherbourg).
- M. A. 7, Hein (Rouen).
- i _, Roux-Guichard et Cio (Paris), f Société des spécialités mécaniques réunies.
- M. Tellier, Auguste (Paris).
- M. B. 1 M. Hannaert, Jean (Saint-Denis).
- M. FI. 2.
- Belgique
- D. H. 4. — M. O. 7. — M. A. 9. — M. B. 8. — M. H. 10.
- / MM.
- i
- M. 0. 7,
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-
-
-
- i6
- SUPPLÉMENT AU MONITEUR DE L’EXPOSITION ' DE 1889
- Angleterre
- D. H. 2. — M. O'. 3. — M. A. 3. — M. B. 2. — M. H. 3.
- Allemagne
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 2. — M. B. 2. — M. H. 1.
- Pays-Bas
- M. O. 1. — M. A. 2. — M. H. 1.
- Suisse
- M. O. 1.
- Italie
- M. A. 1. — M. H. 1.
- Canada
- M. A. 1. — M. H. 3.
- Russie
- M. B. 1. — M. H. 1.
- Norvège
- M. H. 4.
- Autriche
- M. H. 1.
- HUITIÈME GROUPE
- CLASSES 73 à 78.
- PÊCHE & PISCICULTURE
- Norvège
- Belgique
- Portugal
- Canada
- Pays-Bas
- MEMBRES DU JURY
- 2 (dont président).
- 2 (dont vice-président). 1
- t
- 1
- France
- M. 0. 1 M. Gaillard frères (Paris).
- y Administration des colonies (Colonies M. A. 2) françaises).
- ( M. Gelée, Auguste (Dieppe).
- Belgique
- M. O. 1. —M. A. 2. — M. B. 3. — M. H. 1.
- Canada
- M. O. 1. — M. H. 1.
- Norvège
- D. H. 1. —M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 2. M. H. 2.
- Angleterre M. A. 1. — M. B 1.
- Pays-Bas
- M. A. 1. — M. H. 2.
- Portugal
- M. H. 1.
- Espagne
- M. H. 1.
- NEUVIÈME GROUPE
- M.A.16
- (Suite)
- M. B. 5
- M. B. 20.
- Hubinet, Louis (Paris).
- Hurtu, Jacques (Paris).
- Lemaire fils et Dumont (Paris). Pautz frères et Cie (Pont-à-Mous-son).
- Picon, Gustave (Paris).
- \ Rouvaux, G.-S. fils etCie (Paris).
- ! Stabeau-Bomaire et fils (Paris).
- | Société des spécialités mécaniques [ (Paris),
- i MM. Totin, M. et frères (Paris).
- Trôuttet, A. etThevenet (Paris).
- b MM. Allez, frères (Paris).
- David, A. (Charleville). Delafond, père et fils (Rouen).
- I Legrand, Pierre (Paris).
- \ Rousseau et Cie (Paris).
- M. H. 2 Belgique
- D. H. 26. — M. O. 36. — M. A. 7 M. H. 11.
- Bombay
- D. H. 1. — M. O. 1.
- Egypte
- D. H. 1.
- Autriche
- D. H. 1.
- Brésil
- D. H. 2.
- 1 Italie
- D. H. 1. — M. H. 2.
- Portugal
- D. H. 1. — M. O. 2. — M. A. 1.
- Espagne
- D. H. 2. — M. A. 5.
- Haiti
- D. FI. 1. — M. B. 2.
- Angleterre I). H. 2. — M. A. 2.
- Paraguay M. B. 2.
- Allemagne
- M. O. 1. — M. A. 1. — M. B. 1.-
- CoCHINCHINE
- M. O. 1.
- Pays-Bas
- M. A. 1. — M. B. 1.
- Monaco
- M. A. 1.
- M. H. 2.
- CLASSES 79, 80 et 81.
- BIBLIOGRAPHIE. — LÉGISLATION. — IMPORTATION EXPORTATION
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont vice-président).
- Belgique 6 (dont président).
- Brésil i (secrétaire).
- Angleterre i Portugal i Espagne i Allemagne i
- France
- / Ministère de la marine (Administration J des Colonies (Paris).
- Compagnie générale transatlantique (Paris).
- _ u -, Chambre syndicale de la chemiserie en D« H. l\ gros (Paris).
- MM. Cail (Paris).
- Dehesdin-Neveu (Paris).
- Menier (Paris).
- Roger, Jules (Paris).
- MM. Henrique, Louis (Paris).
- Lucy (Paris).
- Brasserie de la Méditerranée (Marseille).
- MM. Bourgeois (Paris).
- Brillet (Paris).
- M. 0. 12; Godchau, Ad. (Paris).
- Heugel, Henri (Paris).
- Legrand frères (Paris).
- Leclerc, P. (Paris). Lepetit-Charollet (Paris). Vigneron, H. (Paris).
- Vaillant et Pruvot, veuve (Paris).
- / MM. Blais-Mousseron (Paris), i Berthollet, H. (Paris),
- mi a Beaucbamps-Machenaud (Paris).
- M. A. 16> Coget, M. (Paris).
- f Confiturerieparisienne,A.Duval(Paris). MM. Falcimaigue, Charles (Paris).
- CLASSES 82 et 83.
- AUTICLES D’EXPORTATION A L’USAGE DES INDIGÈNES DES CONTRÉES NON CIVILISÉES. — MUSÉES COMMERCIAUX.
- MEMBRES DU JURY
- France 4 (dont président).
- Russie i (vice-président).
- Belgique 3 (dont secrétaire).
- Portugal 2.
- Luxembourg i .
- France
- n u -i ( Administration centrale des colonies r*1 G (Paris)..
- Cochinchine (Colonies françaises).
- M. le Commandant de "Nossi-Bé I (Colonies françaises).
- 1 Chambre de commerce (Dunkerque).
- golfe de Guinée
- I Etablissement du j (Paris).
- M. 0.11 Indes, service local (Paris).
- I MM. Lefebvre (Paris).
- I Largent, A. (Paris).
- I Mayotte, service local (Paris).
- : St-Rierre et Miquelon (Paris).
- ; Tonkin,(Gouvernement du) (Paris).
- M. Velsen (Paris).
- ' MM. Beccioni (Paris).
- Gornan (Paris).
- Guadeloupe (Service local) (Paris). Nouvelle-Calédonie (Service local) (Paris).
- MM. Régnier fils et Boulineau (Paris). Rousselot (Paris).
- Simont, André (Paris).
- Union des fabricants de jouets de Paris (Paris).
- MM. Baron de Cambourg (Paris).
- Moussady-Isady, de Nossi-Bé (Paris).
- Roi de Tofa de Porto-Newo (Paris). Service local de Nassaon (Paris).
- \ Tahiti (Paris).
- Belgique
- D. H. 2. — M. O. 12. — M. A. 17. — M. B. 5. M. H. 2.
- Portugal
- D. H. 1. — M. O. 4. — M. B. 8.
- Allemagne
- M. O. 2. — M. A. 2. — M. B. 1.
- SÉNÉGAL
- M. O. 1.
- M. B. 5
- Brésil M. O. 1.
- Russie
- M. O. 1. — M. A. 2 Egypte M. O. 1. Paraguay M. B. 1.
- CLASSES 84 à io3.
- ÉLECTRICITÉ
- MEMBRES DU JURY
- France 2 (dont président).
- Angleterre 2 (dont vice-président).
- Belgique 4 Allemagne i
- France
- / MM. Menier (Paris).
- Mors, L. (Paris).
- Mouchel, J.-O. (Paris). r> m r) . Planté, Gaston (Paris).
- U. H. b\ Société générale des Téléphones de / Paris (Paris).
- ' The India Rubber Gutta Percha and \ Telegraph Works C° (Beaumont).
- MM. Barbier, P. et Cie (Paris), y Boivin, Arsène (Paris).
- \ Cance (Paris).
- ], 0. 6 , Clémaudot, L. (Paris).
- Houry^ Aboilard et Cic (Paris). Scrive - Hermite et Hermite (Paris).
- MM. Barbier, Ern. (Paris).
- Cauderay, E., Delisle et Cie (Paris).
- M. A. 6! Chertemps, A. et Cic (Paris).
- Goodwin, Ch. (Paris).
- Lévy, Em.-Em. (Paris).
- Warnon, J. (Paris).
- I. B. 4
- ( MM. Chaudron, J.-B. (Paris). Dupré, J. (Paris).
- De Montaud, B. (Paris). Heuricot (Paris).
- M. H. 5.
- Belgique
- D. H. 10. — M. O. 8. — M. A. 9. — M. B. 16. M. H. 5.
- Allemagne
- D. H. 2. — M. O. 2. — M. A. 4. — M. B. 4. M. H. 1.
- Autriche
- D. FI. 1. — M. O. 1. — M. H. 4.
- Italie
- D. H. 1. — M. A. 1. - M. FL 2.
- Suisse M. O. 1.
- Angleterre M. A. 2. — M. B. 1.
- Pays-Bas M. B. 1.
- Russie M. FI. 1.
- CROIX ROUGE
- MEMBRES DU JURY France 2
- Danemark 2 (dont président).
- Allemagne 2 (dont vice-président).
- Pays-Bas 2.
- Belgique 4.
- Suède et Norvège i.
- Angleterre i.
- Autriche i.
- France
- ( Association des dames françaises [ (Paris).
- D. H. 3 Union des femmes de France (Paris).
- ‘ Société française de secours aux blessés militaires (Paris).
- I. B. 2
- MM . Dutheil (Paris).
- ( Rétif (Paris).
- Allemagne
- D. H. 3. — M. O. 2. — M. A. 3. — M. H. 4. Autriche D. H. 1.
- Belgique
- D. H. 3. — M,. O. 3. — M. A. 3.— M. B. 2 M. FI. 2.
- Pays-Bas
- D. H. 1. — M. O. 1. — M. A. 1.
- Russie D. H. 1.
- Danemark
- D. H. 2. — M. A. 3. — M. H. 2. Angleterre D. H. 1.
- Norvège M. A. 1.
- Tours.— Imp. E. Arrault & C*®
- p.16 - vue 399/400
-
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- p.17 - vue 400/400
-
-