Le Moniteur de l'exposition de 1889
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIEME ANNEE.
- Janvier 1886.
- NUMERO SPECIAL.
- NOTRE JOURNAL
- Ce Journal, dont la publication remonte au mois de décembre 1884, a pour objet de servir de centre d’action à tous ceux qui à un titre quelconque, s’intéressent à l’Exposition de 1889 en particulier et à toutes les Expositions •françaises ou étrangères en général.
- Le Moniteur de l'Exposition, dans sa partie officielle, a publié tous les documents et toutes les informations que le commerce et l’industrie doivent connaître. C’est donc un véritable recueil documentaire dans lequel on peut trouver tous les décrets, toutes les circulaires ministérielles, ayant trait aux expositions ainsi que les procès-verbaux officiels de la commission consultative de T Exposition de 1889.
- Par des articles techniques, pour lesquels nous nous Sommes "assuré" le concours "des spécialistes les plus autorisés, le Moniteur permet à chaque branche du commerce national et international de faire l’inventaire de ses ressources et de ses progrès, de signaler à l’opinion et aux pouvoirs publics ses vœux et ses besoins.
- Nous citerons parmi ces articles, deux études qui ont obtenu un vif succès, l’une sur la crise économique, l’autre sur la crise agricole ; puis un travail très complet sur les Tnachines à vapeur aux différentes Expositions internationales depuis 1855 jusqu’en 1878.
- Ouvert à tous, le Moniteur de l'Exposition de 1889 se tiendra scrupuleusement en dehors de tous les intérêts exclusifs. Il admettra, de la part de ses correspondants, une entière liberté de discussion ; mais dans les appréciations qu’il sera appelé à émettre, ne s’écartera -jamais d’une absolue impartialité.
- Les grands succès remportés par notre industrie dans les dernières expositions d’Amsterdam, de Vienne, de Philadelphie, de Melbourne et de Sydney, — la part brillante qu’elle a pris cette année même aux expositions de la Nouvelle-Orléans et d’Anvers, montrent suffisamment que le commerce français comprend l’utilité indiscutable de ces grandes assises du travail.
- Le journal a pris, constamment la défense des exposants dont les intérêts menaçaient d’être lésés à Anvers comme ils l’avaient été à Amsterdam.
- En un mot, le Moniteur de l'Exposition de 1889 ne néglige rien de ce qui peut contri-.buer à l’utilité, à l’éclat et au succès d’une
- entreprise qui permettra à la France de se distinguer une fois de plus entre les nations, en leur fournissan e terrain pacifique d’une œuvre civilisatrice et féconde.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Voici un article qui a été reproduit dans le Moniteur et qui résume tout ce qui a été fait au sujet de l’Exposition de 1889.
- Par un vœu émis dans une de ses dernières séances, le conseil municipal de Paris a cru devoir rappeler qu’il était question, depuis assez longtemps déjà, d’organiser une Exposition universelle à l’occasion du centenaire de 1789 ; il a indiqué combien il est important qu’une décision définitive, prise à bref délai, permette de donner tout l’éclat voulu à cette grande manifestation industrielle. Déjà le conseil avait eu l’occasion de déclarer que Paris était tout disposé à s’associer’ à cette entreprise de haute portée et dont l’un des principaux avantages serait d’escompter hardiment la paix du monde. De son côté, le conseil général de la Seine s’était prononcé, en novembre 1884, en faveur de l’Exposition. Au mois de juin dernier, le président de l’Union générale des chambres syndicales, l’honorable M. Muzet, conseiller municipal de Paris, insistait auprès du ministre du commerce pour que le temps d’arrêt que semblait éprouver la préparation de l’Exposition prit fin le plus tôt possible. Le syndicat général affirmait que des efforts considérables seraient tentés pour établir une fois encore la supériorité de notre industrie nationale, mais il importait que la résolution gouvernementale fût bientôt connue .
- Dans les départements, le courant en faveur de l’Exposition universelle de 1889 n’a pas été moins vif. Un grand nombre de députés se sont formellement engagés à hâter sur ce point la décision ministérielle. 11 y-a quelques jours, dans un grand banquet qui réunissait les notabilités de Tulle, un des députés nouvellement élus dans la Corrèze, M. Vacher, prononçait ces paroles : « Il faut que dès le début de la session le gouvernement donne le signal de la reprise du travail en inaugurant les travaux de la grande Exposition universelle de 1889 : c’est ainsi qu’il rendra confiance à notre industrie nationale, qui n’attend que ce signal pour se mettre en œuvre. »
- Nous pourrions multiplier les citations de
- ce genre. Il est certain qu’il y a en ce moment dans le public une attente dont il serait dangereux de ne pas tenir compte. L’idée a fait son chemin, elle est aujourd’hui généralement adoptée. Nous n’ignorons pas les critiques que l’on peut diriger contre les entreprises de cette nature ; nous savons qu’une Exposition universelle n’est pas, par elle seule, un moyen certain d’amener une sérieuse et durable reprise des affaires ; cependant, lorsqu’on examine impartialement les résultats précédemment obtenus, on reconnaît que ces Expositions universelles, en stimulant les progrès de l’industrie, en activant et en améliorant la production nationale, produisent de bons effets. L’industrie française, sous toutes ses formes, traverse une crise dont elle doit sortir. L’Exposition universelle, qu'il ne faudrait pas considérer comme une panacée, aidera dans une certaine mesure à remédier à cette crise. C’est déjà beaucoup. L’important est que le remède soit habilement appliqué.
- Toutes les dispositions sont prises pour que le Parlement puisse bientôt se prononcer en connaissance de cause.
- Le crédit de 100,000 francs qui a été voté par les Chambres pour les études préparatoires de l’Exposition universelle de 1889 a eu pour objet de placer le gouvernement et le Parlement en présence d’un projet mûrement étudié dans son ensemble et dans ses détails, et de préparer la réalisation de ce projet dans des conditions mo ns difficiles que celles dans lesquelles s’est effectuée l’organisation des expositions précédentes, surtout l’organisation de l’exposition de 1878. Il est à remarquer, cependant, que si les travaux de l’Exposition de 1867 ne commencèrent que deux années avant la date fixée pour son ouverture, cette exposition était prévue dès 1862 et que le projet complet avait été élaboré à la suite du décret du 12 juin 1863. Quant à l’exposition de 1878, elle fut organisée dans des conditions de temps tout à fa’ âcheuses et qui eurent de graves conséquences, tant au point de vue des dispositions intérieures qui furent adoptées, qu’au point de vue des résultats économiques. Car, du 4 avril 1876 au 1er mai 1878, on eut tout à préparer, tout à faire. Malgré la très grande activité qu’on déploya dans un délai relativement aussi court, malgré le dévouement infatigable dont les organisateurs donnèrent des preuves manifestes, on ne parvint pas toujours à éviter les inconvénients d’une création trop précipitée. L’expérience a démontré qu’un délai de deux années était
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- tout à fait insuffisant pour la réalisation d’une œuvre aussi importante que celle d’une exposition universelle et qu’il fallait au moins trois années pour exécuter les résolutions prises, si l’on ne voulait point être entravé, ou être entraîné à des dépenses supplémentaires par les intempéries des saisons ou les accidents d’ordre économique.
- Les différentes mesures élaborées par la Commission nommée par décret du 8 novembre 1884 et qui ont abouti au vote du crédit de 100,000 francs permettraient d’aborder dès maintenant la période d’exécution de l’exposition de 1889, ainsi qu’il ressort d’ailleurs de l’intéressant rapport de M. Antonin Proust, président de cette Commission.
- Conformément au décret du 8 novembre 1884, la Commission a examiné et résolu une série de questions que Ton peut ramener à trois points principaux, savoir : désignation de l’emplacement, rédaction du programme d’un avant-projet, enfin détermination des conditions sous lesquelles devrait s’effectuer la formation d’un capital nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
- La Commission, d’accord avec la ville de Paris, comme cela avait eu lieu en 1867 et en 1878, a choisi les emplacements suivants : sur la rive gauche, le Champ de Mars proprement dit, les quais qui se développent de l’avenue de Labourdonnais au ministère des affaires étrangères, en y ajoutant l’esplanade des Invalides ; sur la rive droite, le Trocadéro relié par le pont d’Iéna et les Champs-Elysées depuis l’avenue d’Antin jusqu’à l’avenue qui limite le palais de T Industrie du côté de la place de la Concorde, le palais de l’Industrie compris,, ces dernières surfaces réunies à l’aide d’un pont doublant le pont des Invalides. A Vincennes ont été attribués les concours et les expériences agricoles qui exigent un grand développement de terrain.
- Le programme de T avant-projet des constructions a été indiqué dans ses grandes divisions sans préjuger le classement dans les détails.
- Le Champ de Mars recevrait des constructions couvrant une superficie de 288,000 mètres ; le hall des machines, prenant à lui seul 106,000 mètres, occuperaitla largeur du Champ de Mars devant l’Ecole Militaire.
- Deux palais provisoires ou permanents destinés aux arts et aux sciences occuperaient une surface de 68,000 mètres immédiatement après les squares de la ville de Paris et seraient séparés l’un de l’autre par une esplanade dont la perspective serait continuée par une large avenue réservée entre les constructions intermédiaires.
- L’exposition des produits se trouverait installée au Champ de Mars avec prolongement sur les parties non plantées du Trocadéro et sur les quais qui s’étendent de l’avenue de Labourdonnais au ministère des affaires étrangères, y compris l’esplanade des Invalides.
- Quant au palais de l’Industrie et aux parties qui l’entourent, cet emplacement serait réservé à la manifestation des idées, c’est-à-dire aux congrès internationaux et aux groupes de l’éducation et de l’instruction.
- La recherche des voies et moyens pour faire face aux dépenses que nécessiterait cette vaste
- installation, ainsi que l’évaluation approximative des recettes de l’Exposition forment la troisième série des mesures adoptées par la Commission. Dans l’établissement des plans et des devis, la Commission a observé la plus rigoureuse précision. Pour le calcul des recettes on a pris pour base les chiffres des autres Expositions, et cela avec une modération qui donne une certitude aussi complète que possible.
- Voilà le projet actuel qui peut, bien entendu, subir toutes les modifications désirables. Ce qui importe, c’est qu’une résolution définitive soit arrêtée dès le début de la législature. Il faut que notre industrie soit avertie et quelle ait le temps de se préparer à lutter victorieusement avec l’étranger; il faut que les chantiers puissent être ouverts dès le printemps prochain.
- Le ministre du commerce a promis à la Chambre de déposer, sur son bureau, le projet complet dans la première quinzaine de janvier.
- LA CRISE ÉCONOMIQUE
- Il n’est malheureusement pas douteux que le commerce souffre, que l’industrie chôme et que le nombre des ouvriers sans travail tend à s’accroître.
- Il est de plus en plus urgent d’en trouver le remède, et, en attendant, d’employer au moins des palliatifs pour atténuer les effets désastreux de la crise.
- Le premier de tous consiste à créer du travail pour assurer l'existence-à ceux-que le chômage prolongé atteint plus cruellement.
- En ce qui concerne Paris, il y a bien les travaux d’agrandissement de la gare Saint-Lazare qui sont commencés, la Bourse du commerce en projet.
- Il y a aussi l’emprunt projeté de la Ville de Paris, qui permettra de procéder à de grands travaux de voirie et d’assainissement ; mais cet emprunt est encore à l’étude au Conseil municipal. A quelle époque précise pourra-t-il être réalisable : c’est ce qu’il serait assez difficile de déterminer.
- Restent deux grands projets qui sont en instance auprès des pouvoirs publics et qui se complètent l’un par l’autre : l’Exposition de 1889 et le chemin de fer métropolitain.
- Il vient d’être longuement parlé du premier.
- Quand au second c’est une autre affaire.
- Des études complètes ont été mises à l’enquête en 1881 ; elles ont reçu la sanction du Conseil général des ponts et chaussées, après avoir été approuvées par le Conseil municipal de Paris et le Conseil général de la Seine ; le ministre des travaux publics les a retenues ; elles ont même passé par le Conseil d’Etat qui les a revêtues de son paraphe, dans les limites de ses hautes attributions.
- Le projet est donc prêt. Le gouvernement lui-même Ta si bien compris que, le 30 juin dernier, il déposait, bien qu’en fin de législature mais vu T urgence, un projet de loi qui n’a pu arriver à temps pour être discuté. Dans l’exposé des motifs qui précédait ce projet de loi, le gouvernement était aussi net que possible. Il constatait que l'opinion pu-blique s’est emparée de cette idée que Paris
- serait doté d'un chemin de fer métropolitain pour le centenaire de la grande année 1889 et que ce réseau peut seul, en présence de l’accroissement de la population, résoudre le problème des logements à bon marché.
- Il est de toute vraisemblance que les ministres des travaux publics et des finances signeraient aujourd’hui les déclarations qui précèdent, avec la même conviction qu’il y a six mois.
- On est en présence de deux cents millions de travaux en réserve qui peupleront d’un coup tous les chantiers de la capitale et rouvriront toutes les usines fermées.
- Et plus, l’Etat a pris, dans la question, une attitude particulière. La Ville réclamait l’exécution de son chemin de fer métropolitain ; elle voulait en supporter les charges ; et, si on avait fait droit, depuis dix ans, aux incessantes revendications du Conseil municipal, il y a longtemps que ce réseau sillonne-nerait les rues de Paris.
- Mais l’Etat s’est opposé à ce que la Ville prît cette responsabilité : il s’est par cela même engagé à lui donner satisfaction.
- La haute banque est aujourd’hui disposée à mener à bien cette gigantesque opération qui permettra à Paris d’avoir son métropolitain, comme Londres, New-York et Berlin ont le leur, comme Vienne et Amsterdam ne tarderont pas à l’avoir.
- Il n’est pas inutile d’ajouter que de nouveaux atermoiements peuvent n’être pas sans danger, car la misère imméritée a droit d’être soulagée.
- En provoquant la solution du Métropolitain, le gouvernement fera preuve d’humanité en même temps que de politique adroite. 11 rendra aussi, dit M. Dorémont, un signalé service à la population parisienne qui n’a aujourd’hui à sa disposition qu’un service d’omnibus dérisoirement insuffisant et qui, d’autre part, ne peut plus circuler à pied dans les artères centrales de Paris, par suite de l'encombrement des véhicules.
- A Paris, le nombre des logements qu’offre chaque maison est considérable ; quel que soit le quartier où Ton aille, dans les limites de l’enceinte fortifiée.
- Le rapport est presque le même partout. Aux environs de l’Opéra comme aux environs des barrières, — à l’extrémité du boulevard Ornano par exemple, — le nombre des habitants par mètre carré est à peu près le même. Aux environs du Châtelet et auprès du boulevard d’Enfer, il en est de même. On 11e peut, par conséquent, trouver de l’espace, de l’air et de la lumière qu’après avoir dépassé le mur des fortifications.
- L’octroi qui environne Paris et qui impose des charges si lourdes aux Parisiens s’étend jusqu’à cette enceinte et le litie de vin que boit l’ouvrier du Palais-Royal et de la rue Saint-Antoine paie le même droit que celui fourni par le caboulot des boulevards.
- Le Métropolitain, permettra à l’ouvrier d’aller chercher, en dehors de l’enceinte fortifiée, des logements à bon marché, une atmosphère saine et un allègement aux droits d’octroi excessifs qu’il paie dans l’intérieur de Paris.
- La même observation peut s’appliquer aux employés de commerce.
- Quant aux petits commerçants qui, toute la journée, vivent dans une cave ou dans une arrière-boutique, eux et leur famille, ne seront-ils pas heureux d’avoir à leur disposition un moyen de transport rapide et économique qui,
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- en trente ou quarante minutes, les conduira en plein air et leur permettra de quitter et de reprendre leur travail à heures toujours sûres?
- Nous n’en finirions pas si nous voulions faire ressortir toutes les transformations économiques et salutaires que l’établissement du chemin de fer métropolitain occasionnera dans les conditions d’existence des Parisiens.
- Ce sont là, d’ailleurs, des vérités depuis longtemps démontrées et depuis longtemps admises.
- Nous avions donc raison de dire en commençant qu’en hâtant une solution que tout le monde réclame, le gouvernement rendrait à la population parisienne un service inappréciable.
- On trouvera plus loin, un article sur le chemin de fer métropolitain.
- Au moment ou nous mettons sous presse, les délégués de la commission instituée par le conseil de la chambre syndicale des propriétés immobilières de Paris, viennent de terminer l’examen du projet de chemin de fer aérien métropolitain de MM. Milinaire, frères, dont une travée de 50 mètres, construite au dixième d’exécution, se
- trouve actuellement à l’exposition
- permanente n, rue Le Peletier.
- De l’examen autorisé de la commission du conseil de la chambre syndicale, il résulte que le système de
- chemin de fer aérien métropolitain de MM. Milinaire, frères, est le mieux conçu et le plus pratique de tous ceux dont elle a été appelée à étudier les plans ou projets jusqu’à ce jour.
- ---—-r-iirng! «Mix-ms-i—-.--
- mmm w travail
- C’est toujours un spectacle attrayant et digne du plus haut intérêt de voir réunis dans une même f enceinte les divers produits de l’industrie humaine. C’est aussi pour l’esprit une douce satisfaction de pouvoir constater les progrès réalisés par l’intelligence de l’homme, dans sa lutte incessante contre la matière.
- Qui pourrait rester indifférent à la vue de ces instruments de tous genres, de ces machines puissantes, auxiliaires du travailleur aussi ingénieux que féconds, de ces objets d’art, véritables chefs-d’œuvre de patience, dont la perfection et la grâce traduisent si puissamment l’idée qui les a conçus, la délicatesse de la main qui les a exécutés.
- Aussi ne puis-je résister au désir de retracer, dans une courte étude rétrospective, ces galeries du travail, afin d’appeler l’attention du lecteur sur les inventions les plus utiles et les plus dignes d’intérêt.
- Ces quelques études que je suis heureux de publier ici ne sont-elles pas faites pour encourager les industriels à se réunir tous les ans et à soumettre au public, leur juge désintéressé, mais juste, le produit de leurs longs travaux ?
- Je me propose d’ailleurs, à ce sujet, le développement d’idées que la place ne me permet pas d’analyser dans cet article.
- L’architecte de l’Exposition du Travail, Léon Néel.
- ARCHITECTURE, ENSEIGNEMENT
- Pour les esprits réfléchis, pour ceux qui recherchent dans les Expositions autre chose que la seule satisfaction des yeux, que de choses intéressantes ! que de trouvailles, surtout parmi les vitrines modestes.
- Autour d’elles point de tapage, rien de coquet : c’est froid, sec et tranchant. La petite femme emmitouflée ne jette pas ses regards sur ces choses sévères. Elle ne voit que les objets arrivés au fini du travail. Mais, hélas ! à toute chose, il faut un commencement et de l’éducation première des apprentis de tous métiers, dépend bien souvent la perfection à laquelle ils aspirent pour conquérir le public. Voici, par exemple, l’architecture.
- Ne croyez pas qu’il suffise de savoir dessiner et empiler moellons sur moellons pour édifier une maison. Il faut aussi pâlir sur des textes de lois, d’arrêtés, d’ordonnances, pour savoir éviter des procès, et toutes les tracasseries de l’administration qui, par ses exigences, vient souvent apporter un trouble profond dans des combinaisons de confort longtemps caressées.
- Ah ! ces maudits textes ! et quelle langue souvent incompréhensible ! Que de pièges tendus sous chaque mot !
- De tout cela il n’en est plus question ; au moyen de jolis petits modèles, presque des instruments gracieux où se trouvent réunis texte, dessin et l’objet lui-même, toute difficulté disparaît. La lumière se fait instantanément dans les problèmes les plus ardus.
- Vous n’auriez pas vu à l’Exposition du travail, sur la table qui supportait un modèle, s’étaler une énorme pancarte portant ces mots « Vendu tant de fois à MM. X, Y ou Z » Non. — Vous auriez lu sur un petit carré de papier « Propriété du Conservatoire des Arts et Métiers ». Cela voulait dire que l’auteur confiait son idée à la sagacité et à l’habileté consommée du colonel Laussédat, directeur de notre établissement national.
- Certes, cette exposition recélait une véritable idée car il s’est produit un fait bien rare. Les classes d’architecture et de l’enseignement ont réclamé simultanément à l’examen ces petits modèles, prétendant avoir chacune un droit de., priorité. On a guerroyé. La lutte est demeurée indécise. Mais l’idée est restée ce qu’elle devait être pour chaque groupe et deux médailles d’or sont venues récompenser M. Emile Desplanques, un entrepreneur de maçonnerie de Paris. N’avais-je pas raison de vous conter l’anecdote ?
- COURROIES DE TRANSMISSION
- Le jury de l’Exposition du travail a décerné la médaille d’or à M. Huguet, le chef actuel de la maison Lawrence, fondée en 1787, (la plus ancienne de Paris) pour la bonne qualité de. ses courroies et de ses cuirs. L’attention du jury s’était surtout portée surles courroies soudées par un système qui n’est pratiqué que dans cette maison, au moyen d’une soudure spéciale brevetée S. G. D. G.
- Ce mode de fabrication dépasse tout ce qui a été fait jusqu’à ce jour, en effet, les quelques essais de courroies .collées n’ont pas donné les résultats qu’on en attendait, les colles étant toujours appliquées à froid la moindre humidité ou la graisse les faisaient immédiatement dissoudre,
- Il n’en est pas de même avec la soudure de la maison Lawrence perfectionnée par M. Huguet; le travail de soudure est fait au feu, à une température de 60 à 70 degrés centigrades et ni l'humidité ni la graisse ne peuvent avoir aucune influence sur des courroies fabriquées ainsi ; nous, avons en effet remarqué une courroie double, soudée, qui qui avait marché pendant six mois dans 1 eau sans que les deux morceaux de cuir soudés ensemble présentassent la moindre altération. Cette maison labrique également tous les systèmes de courroies cousues, vissées ou rivées.
- Comme complément de ses courroies en cuir M. Huguet exposait une machine à river construite par MM. Mellan, Bray et Cie, dont il est l’unique dépositaire et qui a fait sensation.
- Jusqu’ici la mise en place et la compression des rivets ne pouvaient être utilement exécutées qu’à la main; la nouvelle machine si commode, si solide, qui peut être maniée par Je premier venu, accomplit ce travail avec le même fini, la meme solidité, et avec des avantages considérables de rapidité et d’économie.
- Nous donnons ci-dessous le dessin de cette machine.
- Et nous rappelons à nos lecteurs que la maison Huguet (26, rue Château-Landon, Paris) adresse toujours une machine à l’essai à toute personne qui en fait la demande.
- MACHINE MOTRICE
- DE LA
- MAISON J. BOULET & C,!
- DIPLOME D’HONNEUR
- La machine à vapeur qui donnait le mouvement aux. différents appareils qui fonctionnaient à l’Exposition du travail était une machine horizontale fixe de la force de 5o chevaux, sortant des ateliers de la maison Hermann-Lachapelle, J. BOULET&Cie, successeurs.
- Cette -machine ( fig. 1 ) est à deux cylindres
- Compound; le mécanisme.en est très bien groupé, les cylindres sont bien assis sur un bâtis vigoureux et sobre de moulures, les paliers de l’arbre coudé sont munis de coussinets très amples, l’arbre moteur se prolonge d’un côté pour recevoir le volant. Les glissières sont à fonds curvilignes, l’une est de la même pièce que le bâtis, l’autre forme chapeau reposant d’un bout sur le fond du cylindre et de l’autre sur deux entretoises.
- Les deux coulisseaux ou crosses ont la forme cylindriques et reçoivent les tourillons des bielles droites à deux têtes simples.
- L’introduction de la vapeur a lieu tout d’abord dans la chemise enveloppe des deux cylindres autour desquels elle circule ainsi que dans les fonds.
- La distribution s’effectue dans les cylindres au moyen de tiroirs à coins sans espace nuisible.
- Le tiroir du petit cylindre est muni d’un appareil de détente variable à fermeture rapide donnant des résultats extrêmement remarquables.
- Le tiroir du grand cylindre est à détente fixe avec 55 d’admission.
- La pompe à air est verticale, elle est actionnée par une bielle que commande une petite manivelle fixée au bout de l’arbre de couche. Toutes les pièces de la machine sont en acier fondu et forgé, tous les écrous et pièces à frottement sont trempés.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- Ces machines sont très économiques, dans des expériences faites par les ingénieurs de la marine à Cherbourg, il a été constaté qu’une de ces machines de 52 chevaux ne consommait que ySo grammes de charbon par cheval et par heure. Ce progrès dans l’économie du combustible présente un avantage immense, surtout dans la situation actuelle, ou notre industrie est sérieusement menacée par la concurrence étrangère et ne peut se soutenir qu’à condition de produire à bon marché.
- Outre les machines horizontales, la maison J. BOULET & Cie construit aussi un nouveau modèle de machine pilon Compound avec le
- volant placé au bas de la machine. Cette disposition . qui est très avantageuse dans certaines conditions de transmission, permet de placer une machine de force relativement grande dans un espace très.restreint ;. elle convient surtout poulies installations électriques dans les bateaux.
- Ces machines sont aussi très économiques.
- Pour finir, qu’il nous soit permis de féliciter la maison J. BOULET & Cie pour le soin avec lequel elle a étudié ces machines qui peuvent être mises en ligne avec les meilleures machines connues.
- Les éclatants, succès qu’elle a obtenus cette année à.l’Exposition universelle d’Anvers, et aux Expositions de meunerie et du travail, à Paris, prouvent que tous les jurys ont été unanimes à reconnaître la valeur des machines à vapeur construites par cette maison.
- LES MEUBLES
- La réputation des grands Magasins de la place Clichy, n’est plus à faire, aussi serait-il superflu de vouloir faire l’historique de cette maison, qui ne doit ses succès, son élévation, l’importance qu’elle a conquise, qu’à sa bonne administration et, surtout, à la qualité toujours excellente des objets qu’elle vend.
- Son rayon d’ameublement surtout défie toute concurrence» On connaît l’importance de ses comptoirs de tapisserie, auxquels on a dû consacrer une notable partie des nouvelles constructions (32, rue St-Pétersbourg).
- C’est là que les divines étoffes rapportées d’Orient à grands frais, sont confectionnées sous les yeux de MM. les Administrateurs et transformées en canapés, divans-pachas, fauteuils, chaises, etc.
- Fauteuil, coussin recouvert en Daghestan ancien, frange turque au bas.,
- Oh ! l’Orient ! son soleil, son ciel bleu ! qui n’a fait le rêve d’y vivre ! Hélas ! nos moeurs, nos préjugés sont si absolument contraire à ceux des langoureux Asiatiques,- que nous gardons en nous notre désir, nous contentant de mettre en un coin de notre demeure, accrochés avec les tentures de ces pays fabuleux, un rayon de soleil, un lambeau bleu de firmament, afin d’en avoir les illusions et les songeries engourdissantes.
- C’est pourquoi, à l’Exposition du travail, la foule était si grande devant les merveilleux salons installés par les Magasins delà place Clichy, Les sièges profonds et bas, /ont penser aux longs repos, les armes si artistiquement ciselées, aux combats, aux ardentes chevauchées, à l’existence, enfin, si désirable des Orientaux.
- C’est qu’aussi, à voir ces salons, l’illusion était complète ; tout ce qui les composait, tout, jusqu’au moindre détail était de provenance authentique. Les envoyés de ces magasins, qui tous les ans, vont passer plusieurs mois en Asie, rapportent non seulement les étoffes d’or et de soie, les tentures aux arabesques capricieuses, les tapis aux dessins patients, dont le moindre coûte des années de travail, mais ils nous initient à leur retour, aux coutumes des pays qu’ils viennent de parcourir, et, pour notre plus grande joie, ils réalisent en plein Paris notre rêve : Voir l’Orient et mourir !
- La sanction enthousiaste des visiteurs de l’Exposition du travail, a été suivie par celle des membres du jury qui ont reconnu par une médaille, les soins, la qualité des fournitures employées par cette maison. Afin de faciliter et répandre davantage encore le goût du public, les administrateurs de la place Clichy ont décidé d’offrir des salons orientaux, ou fumoirs turcs se composant de 5 pièces: 1 canapé, 2 fauteuils, 2 chaises; le tout confectionné en tapis anciens du Chirvan, pour i,35o francs.
- On sait que les stocks en portière d’Orient, sont devenus une des spécialités de ces magasins, c’est dire qu’ils sont incomparables. Les belles pièces anciennes des xve et xvi® siècles, forment une collection unique. Les tapis d’Ouchak, de Smyrne, de Koula, arrivent chaque saison par centaines de ballots, ce.qui signifie que la collection est des plus considérables.
- Fenêtre à l’Italienne, draperies fantaisies avec galerie recouverte.
- Les tissus français ne sont pas négligés pour cela, ils sont largement représentés dans les assortiments. A remarquer surtout, une magnifique série de cretonnes impressions françaises, toile de Jony, pour ameublements de campagne, tentures de chambres à coucher, etc.
- Les grands Magasins de la place Clichy se chargent d’installations complètes, ils s’occupent de la pose des rideaux, ils réparent les meubles, enfin le rayon d’ameublement est disposé de telle sorte que l’on peut en quelques jours renouveler son mobilier sans avoir à s’occuper de rien.
- Les meubles pour salles à manger : Buffets, tables, chaises de tous styles, sont garantis, et fabriqués dans les ateliers spéciaux de la maison. Le vieux noyer sculpté est employé de préférence; d’ailleurs il est de plus en plus à la mode, c’est pourquoi, en bons courtisans qu’ils sont, les administrateurs donnent une salle à manger composée de : Un buffet vieux noyer Henri II, une table carrée 3 rallonges, et 6 chaises cannées pour la somme dérisoire de 700 fr.
- Enfin, nous signalerons pour terjniner, le choix varié des chaises en cuir de Gordoue, dont les
- magasins possèdent plus de i5o modèles, pour bureaux, bibliothèques, vestibules ; et nous arrêterons ici cette nomenclature, car s’il nous fallait la continuer, une page entière de ce journal n’y suffirait pas. Cependant nous croyons en avoir assez dit pour persuader nos lecteurs, et leur donner le désir d’aller faire une visite fructueuse aux magasins de la place Clichy. Ils en penseront après les avoir vus, beaucoup plus de bien que nous ne saurions en dire.
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- APPAREILS HYGIÉNIQUES
- DE LA
- MAISON R. LE GARREC, 8, RUE DES FRANCS-BOURGEOIS
- Nous ne pouvons passer sans faire une longue station devant l’exposition de la maison R. Le Garrec.
- Cette maison fixe notre attention sur ses nombreux modèles d’appareils hygiéniques.
- ' Nous remarquons une grande quantité de systèmes de robinets ; entre autres, celui qui permet de déterminer exactement la quantité d’eau que le consommateur veut dépenser. Il y a certainement là une découverte heureuse, car dans toutes les industries et dans tous les services, on est forcé aujourd’hui de régler la dépense de l’eau.
- Mais outre toutes ces ingénieuses applications et le chauffe-bain instantané nous avons dû plus spécialement nous arrêter à l’étude d’un siège commun adopté par la commission d’hygiène et de salubrité de Paris (séance du 28 février 1885).
- Get appareil, qui a obtenu la médaille d’or à l’Exposition du Travail, a sur tous les autres systèmes connus la supériorité incontestable de rester complètement fermé pendant toute la durée de son fonctionnement ; de plus il est, par son ingénieuse combinaison, forcé de s’ouvrir et de se refermer immédiatement lorsque la personne abandonne l'appareil.
- BRIQUETERIE d'AIREL & MOON (MANCHE)
- TUILERIE MÉCANIQUE PERFECTIONNÉE
- La tuilerie perfectionnée d’Airel et Moon (Manche) est de création récente, établie sur la propriété de Creuly, d’une contenance totale de vingt-sept hectares et située à proximité de deux gares et du pont d’Airel, jeté sur Vire, le canal de Vire et Taute.
- Une partie de la propriété forme le talweg de la vallée, dans laquelle coule la rivière d’Elle, qui est l’affluent le plus important de la Vire.
- M. l’Ingénieur des mines Lodin, en résidence a"Caen, a constaté avant l’établissement de l’usine, que le fond de la vallée est composé entièrement d’une argile d’alluvion convenant parfaitement à la fabrication des briques et que le sous-sol du versant est composé d’argiles de trias plastiques généralement de couleur rouge, absolument dépourvus de fossiles et convenant très bien à la fabrication des produits céramiques.
- L’analyse chimique des trois espèces d’argiles contenues dans le sol, faite à l’École des mines, a corroboré le rapport de M. l’ingénieur Lodin.
- (École des Mines, Laboratoire n° 7413).
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- Deuxième année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Janvier 1886. — 5.
- Extrait du registre du Bureau d’essai pour les substances minérales.
- Sable fin et silice . Alumine .... Peroxyde de fer .
- Chaux............
- Magnésie . . . ' .
- Perte par calcination
- Paris, 20 décembre 1878. A B
- Argile rouge. Argile jaune.
- 58,00
- l8,00 8,00 0,80 i,3o 13,60
- 99,7°
- 80,60 6,60 4,oo o,3o 1,00 70 0 99,80
- 75,60
- 9,°°
- 4,60
- o,3o
- 9,40
- 10,00
- 99>9°
- L’Ingénieur des Mines, Directeur du Bureau d’essai, Signé : A. Carnot.
- Il est donc bien établi que les argiles d’Airel et Moon, d’une richesse exceptionnelle en silices, sont dépourvues de tout fossile.
- Des expériences très intéressantes ont eu lieu au Laboratoire de l’École nationale des ponts et chaussées, à Paris.
- Il s’agissait de déterminer, d’une manière précise, la résistance à l’écrasement des briques pressées, fabriquées par la tuilerie d’Airel et Moon (Manche)-
- Les briques à éprouver sont placées entre les plateaux d’une presse hydraulique, que l’on fait fonctionner jusqu’à écrasement de la matière comprimée. Un appareil analogue au manomètre des machines à vapeur indique exactement la pression sous laquelle a lieu cet écrasement.
- D’après les ouvrages de MM. Debauve, Claudel et Lejeune, ingénieurs distingués, qui ont traité spécialement cette question, les diverses briques soumises à leur examen ont donné les résultats suivants :
- 125
- 110
- 102
- 40
- Brique dure de Bourgogne, très cuite, écrasement sous.................i5o kil. par cent, carré
- Brique de Sarcelles, très cuite, écrasement sous . .
- Brique de Montereau, écrasement sous ....
- Brique de Hammersmith, écrasement sous ....
- Brique des environs de Paris, écrasement sous* .
- Les briques, provenant de la tuilerie d’Airel et Moon, ont donné les résultats ci-après :
- Briques pressées rouges, écrasement sous une charge . moyenne de................ 336 kil. par cent, carré.
- Briques pressées brunes (grésées), sous une charge moyenne de ...... 5i2 ~
- Ces résultats sont consignés officiellement dans le procès-verbal d’épreuves n° 2177, en date du 14 septembre 1883, rédigé par M. Durand-Claye, ingénieur en chef, directeur du laboratoire 'de l’Ecole nationale des ponts et chaussées, à Paris.
- Le produit le plus difficile à fabriquer en céramique ordinaire est évidemment la tuile qui tient toujours à se déformer par suite de sa faible" épaisseur. L’usine est à même d’en fabriquer plus de 10,000 en 24 heures et les tuiles d’Airel, dont nous parlons, présentent les caractères suivants :
- Régularité complète de formes.
- Légèreté exceptionnelle (33 kilogrammes par mètre carré ; la tuile de Montchanin pèse 40 kilogrammes).
- Couleur uniforme, d’un beau rouge clair.
- Sonorité métallique.
- Imperméabilité absolue.
- Les briques pleines et creuses laissent loin derrière elles, comme beauté et qualité, tout ce qui a été fait jusqu’à ce jour en Bourgogne et en Normandie.
- Par suite des nombreuses commandes qui affluent à l’usine, de nouvelles machines perfectionnées viennent d’être installées et permettent de faire 800 à 1000 boisseaux par jour et autant de tuyaux à emboitement d’un diamètre de 40 centimètres et au-dessus. Ces tuyaux offrent une supériorité que l’expérience a plus d’une fois démontrée sur ceux genre Doulton ; cette supériorité incontestable existait alors que les tuyaux d’Airel étaient faits à la main et par conséquent n’avaient pas une aussi grande régularité de forme.
- Aussi, malgré son peu d’années d’existence et alors que son installation est à peine achevée, la tuilerie d’Airel et Moon a obtenu une médaille d’argent et 4 premiers prix en 14 mois. Au concours de Caen, en i883, elle obtenait la médaille d’or pour la supériorité de ses matériaux de construction. Le jury était composé des ingénieurs et architectes les plus compétents. En juillet i885 elle obtenait à Coutances le seul diplôme d’honneur accordé.
- Depuis cette époque les nombreuses fournitures faites à la Cie des chemins de fer de l’Ouest aux Ponts et Chaussées, aux.principaux entrepreneurs-l’adoption exclusive de ces produits pour la construction du haras de Saint-Lô, toutes ces fournitures ont placé la tuilerie d’Airel et Moon au premier rang des établissements céramiques de l’Ouest: Nous comprenons donc facilement, après de semblables résultats, que la tuilerie d’Airel et Moon
- ait obtenu la plus haute récompense décernée dans la 8e section (architecture et travaux publics), par le jury de cette section à l’Exposition du Travail 1885, au palais de l’Industrie.
- Ce jury était ainsi composé :
- MM. Thomas, architecte du gouvernement.
- Normand, — —
- Nèce, architecte de l’Exposition du Travail.
- Hall, architecte.
- Caligny, architecte.
- Dosse, capitaine du génie.
- Montjoye, entrepreneur de travaux publics.
- Veissier, entrepreneur.
- PARQUETS, PLANCHERS,
- HOURDIS & PAVAGES, SYSTÈMES GUÉRIN
- Nous signalerons à nos lecteurs un nouveau système de parquet fixé sans clous, dont M. Guérin, 34, rue Laugier est l’inventeur et qui a été exposé au palais de l’Industrie. Nous appelons l’attention des personnes qui s’intéresent à la construction sur ces différents genres ainsi que sur des systèmes de planchers, hourdis et pavages en bois dont nous allons donner les principaux avantages.
- Les parquets fixés sans clous s’adaptent comme ceux ordinaires, peuvent être démontés et refixés facilement, sans déchet, par n’importe qui. Les lames, n’étant pas clouées aux lambourdes ou solives, sont indépendantes de ces dernières et entre elles ; il en résulte que pour une cause quelconque : pose de conduite d’eau, d’air, d’acoustique, fils téléphoniques, réparations en cas d’usure, nettoyage du plancher, etc., on peut enlever le parquet et le remettre en place sans déchet, tandis que les parquets cloués occasionnent une perte de bois et une main-d’œuvre coûteuses. Dans des pièces où il existe des passages fréquentés, on peut quand ils sont usés les changer avec les parties qui ne fatiguent pas ou qui sont sous les meubles. Enfin ce système par sa rapidité de pose peut-être employé quand il est de toute nécessité que le travail soit fait rapidement afin de ne pas interrompre la circulation comme dans les magasins, cafés, etc. Les divers rapports qui ntsété faits et les nombreuses applications que M. Guérin a faites de son système, nous autorisent à croire que les parquets sans clous sont destinés à prendre une grande extension.
- Nous trouvons aussi à son exposition un plancher dont toutes les parties sont démontables : parquet sans clous, lambourdes non scellées, système Fradelle, hourdis Perrière ; un type de plancher économique pour maisons à bon marché, entretoises sapin recevant le lattis et dessus le parquet, fils de fer à l’endroit des semelles des poutres évitant la production des crevasses dans le plafond ; une série de systèmes très ingénieux: frise à rabat pour le cloutage des tapis, lambourde-frise pour poudrières où il ne doit y avoir aucun clou, lambourde-frise peur cloisons , lambourde-frise pour réparations, parquet à feuil-lard en bois de fil donnant une grande durée d’usure, parquet à goujons pour plancher économique, lambourde et frise à nervure pour application sur bitume, panneaux mobiles pour soirées, bals, cours, jardins, etc.
- Enfin une invention toute récente de M. Guérin est celle des hourdis en bois, donnant une économie de poids et de hauteur dans le plancher, grande solidité, plus de vermines dans les greniers, moins de danger d’incendie, plus d’infection par les rats ou souris empoisonnés sous le plancher; planchers pour ateliers : pavage à morceaux biseautés pour empêcher les chevaux de glisser dans les cours ; passages de portes-cochères, etc.
- Les personnes qui s’occupent du bâtiment pourront examiner les divers avantages des différents systèmes que nous venons d’indiquer, qui par leur simplicité et leur facilité d’application font grand honneur à l’inventeur; celui-ci après bien des recherches est parvenu à présenter des innovations pratiques destinées à un grand développement; c’est le meilleur souhait que nous puissions faire à M. Guérin et nous aurons accompli notre tâche si nous avons pu par cet article porter à la connaissance de tous -l'utilité de ses inventions.
- M. Guérin oublie de nous dire quelques mots sur la question d’hygiène qui pour nous joue le
- rôle le plus important dans son système.
- Supposons une épidémie dans un hôpital dans un lycée ou une caserne : la facilité qu’il nous donne d’enlever facilement et rapidement les frises d’un parquet ne nous fournit elle pas aussi les moyens de purger immédiatement les lames et les entresous. Il y a là un point véritablement intéressant à étudier et à faire connaître à nos constructeurs.
- Nous souhaitons donc ardemment la grande publicité de ce système que nous devons aux recherches de M. Guérin et dont le résultat est si précieux.
- LE
- La création d’un chemin de fer métropolitain, admise en principe depuis plusieurs années et dont l’utilité s’impose chaque jour de plus en plus en raison de l’encombrement des voies publiques, est sur le point d’entrer en voie de réalisation.
- Nous n’insisterons pas sur la nécessité d’augmenter les moyens de transport reconnus insuffisants, tant pour l’intérieur de Paris que pour la banlieue ; nous nous bornerons à dire que le but à atteindre consiste dans la possibilité de créer des voies nouvelles pouvant être établies dans les avenues ou boulevards, sans les encombrer ni y gêner la circulation, et d’offrir au public les moyens de se transporter rapidement, et à bon compte, soit dans l’intérieur de Paris, soit aussi dans la banlieue.
- Pour la résolution de ce problème deux systèmes de chemin de fer sont en présence :
- LA VOIE SOUTERRAINE ET LA VOIE AÉRIENNE.
- Disons de suite que la Société des Ingénieurs civils, dans sa séance du 3 août 1883, ayant paru favorable à la voie aérienne, et tenant compte du peu d’attrait que peut avoir la circulation souterraine pour le. public parisien, il ne s’agissait plus que de rechercher les moyens les plus pratiques, et aussi les plus économiques, pour l’établissement d'un chemin de fer aérien dans la capitale.
- C’est sur ces données que MM. MILI-NAIRE, frères, ont étudié, depuis longtemps déjà, la réalisation de ce projet pour lequel ils prenaient un brevet dès le 27 août 1883, et s’ils n’ont pas plus tôt soumis à l’appréciation publique le résultat de leurs études, c’est qu’ils tenaient à compléter, le plus tôt possible, les renseignements concernant leur système de chemin de fer aérien à voies super-posées dont le côté pratique est facile à saisir et dont ils donnent ici la description et les dessins de plusieurs types à deux et trois voies superposées. — La 3e Commission municipale, dans sa séance du 26 février 1885, après examen attentif du projet ci-après détaillé, ne lui a pas été défavorable.
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- 6 et 7* — Deuxième Année
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880,
- Janvier 1886.
- EXPOSITION DU TRAVAIL
- CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN A DEUX & A TROIS VOIES SUPERPOSÉES (SYSTEME MILINAIRE FRÈRES)
- (DIPLOME D’HONNEUR. — PREMIÈRE SECTION. — JURY SPECIAL)
- Point H'Appui «. tpelalucjue
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- ... .......
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- ' * Elévation Latêbate dune Travée a Deux Voies Superpoi
- (Fig. 1)
- lFië- 4)
- UNE GARE (fg. 2)
- DESCRIPTION D’UNE TRAVÉE DE VIADUC
- à deux voies superposées
- Ainsi que l’indique le dessin ci-dessus, l’ensemble de l’ouvrage représente un viaduc métallique continu à deux étages superposés reposant sur des] points d’appui partant du sol (fig. j). ........
- Afin d’occuper le moins de surface possible sur les voies publiques/point essentiel, le viaduc repose sur une série de piliers, ou points d’appui, construits: sur différents types décrits plus loin.
- L’espace libre entre ces piliers est de 50 mètres environ, sauf dans les traversées des rues, places ou autres obstacles, auquel cas leur écartement serait approprié à la circonstance, ainsi que dans les courbes.
- Les travées de viaduc, d’un point d’appui à l’autre, se composent de deux poutres de rives de 5 mètres de hauteur composées de tôles, cornières et croisillons en fer dont les sections ont été données par les calculs de résistance.
- Ces poutres de 'rives sont solidement entretoisées par les deux planchers qu’elles ont à porter et forment un tunnel (Voir coupe transversale, fi g, 3) offrant une disposition des plus résistantes, la partie supérieure est couronnée d’un garde-corps pour la sécurité des employés appelés à parcourir la voie.
- La largeur du viaduc prise à l’extérieur des poutres est de 3™ 50 au minimum ; elle peut être augmentée suivant l’appréciation de la Commission chargée de statuer ou d’imposer certains détails d’exécution.
- Dans le projet représenté ici, MM. Milinaire frères ont employé les dimensions les plus restreintes afin de démontrer la possibilité d’établir ces voies aériennes en n’occupant relativement que très peu de place, tant sur le sol qu’en élévation.
- Les tabliers sont composés de poutrelles ou pièces de pont reliées aux
- montants par des consoles ou goussets assurant leur verticalité ainsi que la rigidité des angles.
- Ces poutrelles reçoivent, parallèlement aux poutres, deux cours de longrines en fer destinées à recevoir les traverses supportant les rails ; chaque tablier est revêtu d’un pavage en bois, ou autre, reposant sur une aire en tôle cintrée formant ainsi un contreventement compact, ayant l’avantage d’amoindrir beaucoup le bruit des vibrations métalliques au passage des trains, précaution qui se trouve complétée par l’emploi d’un corps exempt de sonorité tel que guita-percha, caoutchouc, etc., placé entre les points de contact de certaines pièces de la charpente.
- De chaque côté de la voie, un trottoir de 60 cent, de largeur sur 30 cent, de hauteur et de construction spéciale est réservé pour la circulation du personnel chargé de l’entretien des voies et pour parer à toute éventualité de déraillement, car, dans ce cas, les roues se trouvant encaissées jusqu’au moyeu ne pourraient que glisser contre le bord arrondi du trottoir sans pouvoir le franchir, en attendant l’action des freins ; donc, rien à craindre pour les déraillements, condition des plus importantes dans le cas peu probable, du reste, où il s’en produirait, vu la disposition spéciale du matériel et le peu de vitesse des trains.
- Sous chacun de ces trottoirs, et dans toute leur longueur, un caniveau, de dimensions suffisantes, est destiné à récolter toutes les eaux pluviales reçues par les tabliers, pour les conduire dans une sorte de réservoir commun, ménagé au sommet des
- piliers et communiquant avec les tuyaux de descente dissimulés dans les colonnes.
- Dans les stations, la hauteur donnée à ces trottoirs ou quais, permet aux voyageurs de pénétrer de olain-pied dans les voitures, sans . e secours de marchepieds, toujours incommodes et dangereux; la sortie et l’entrée des voyageurs dans les wagons se faisant par les côtés, s’effectueraient ainsi plus rapidement ; résultat qu’il importe d’obtenir, les arrêts des trains devant être le plus courts possible, vu leur fréquence.
- Pour permettre la libre circulation des véhicules de toutes sortes en usage et Paris, la hauteur du premier tablier au sol, est de 5 mètres au minimum ; cette hauteur sera susceptible d’être augmentée suivant
- UN PILIER (fig. 2 blS)
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Janvier 1886.
- 8. —; Deuxième Année.
- le nivellement des différents points du tracé de la ligne, pour éviter le plus possible les pentes ou rampes. Le dessous des poutres étant toujours horizontal, les différences de niveau du sol seraient rachetées par des colonnes variant de hauteur suivant le plus ou moins de déclivité du sol où elles sont implantées.
- Les études de nivellement faites sur le parcours du réseau, que MM. Milinaire proposent, permettraient de franchir les rampes dont les plus rapides n’excéderaient pas 2 cent, par mètre.
- Pour rendre l’aspect du viaduc plus léger, sans toutefois nuire à sa solidité, la disposition des poutres très ajourées a pour but de masquer le moins possible les propriétés riveraines. Quant à l'aspect extérieur de cette construction, la partie décorative en pourrait être traitée de façon à ne pas nuire à l’aspect des voies qui en seraient dotées.
- Dans les parties en courbe, celles-ci seront composées d’une série de pans, afin d’avoir toujours des poutres dans un plan droit et prenant leur point d’appui tous les 25 mètres au minimum, ayant leur écartement latéral proportionné aux rayons des courbes à inscrire entre elles deux, sans toutefois que cet écartement dépasse 4m2y.
- La ligne étant essentiellement circulaire, ou rendue telle par les boucles dites de raccordement, une voie est destinée aux trains montants, et l’autre aux trains descendants, chacun d’eux marchant toujours dans la direction qui lui est imposée, suivant l’étage. Cette disposition supprime naturellement tout danger de rencontre, même à l’endroit des raccordements, car les trains venant par un embranchement quelconque reprendre la voie principale, soit montante soit descendante, ces raccordements se feront toujours à une station après un arrêt du train devant s’embrancher, et qui laissera passer celui du
- SYSTÈME MILINAIRE FRERES, CONSTRUCTEURS A PARIS
- Élévation Latérale D'uwe Travée a deux voi^s superposées
- Coupe Transversale sur une voie de 25'
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- ÎZziI~' ^'ei en maçonnerie pour la Banlieue
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- Breveté en France et a l étranger en date du 27 Août 1883
- réseauj principal, qu’il suivra ensuite sur la voie commune se trouvant ainsi toujours entre deux trains, à des heures calculées à cet effet, et laissant le temps nécessaire pour prendre la nouvelle voie sans danger.
- Le poids approximatif d’un kilomètre de voie aérienne deux étages, tel qu’il est précédemment décrit, serait d environ 4,300 tonnes, et la dépense, compris terrassement, maçonnerie, décoration et peinture, de 2,950,000 francs.
- Des stations closes et chauffées l’hiver, placées à des distances déterminées par les besoins de l’exploitation, seraient établies, conformément à celles des chemins de fer, et comprendraient chacune un quai d’arrivée et un quai de départ communiquant chacun à des escaliers spéciaux disposés de façon à éviter la confusion des voyageurs partants ou arrivants (fig. 2).
- Dans les endroits où la surface nécessaire à l’emplace-cement des stations aurait l’inconvénient d’encombrer, ou de gêner la circulation, l’une des maisons riveraines
- pourrait être employée à cet usage, au moyen d’une passerelle la reliant à la voie.
- DESCRIPTION D'UNE TRAVÉE DE VIADUC
- A trois voies superposées
- Ce deuxième type, basé sur le même principe que le précédent, en diffère par la disposition des poutres qui, ayant à porter un étage de plus, sont de construction plus forte et, conséquemment, plus lourdes ; chaque travée, également de 30 mètres de portée, se composé de deux doubles poutres de 6 mètres de hauteur, composées de tôles et cornières avec montants verticaux et diagonales en fer plat de forces calculées pour la résistance.
- La superposition des trois tabliers, très solidement reliés aux poutres de rives, forment.deux tunnels, et une troisième voie à ciel ouvert ; deux voies seraient affectées au transport des voyageurs ayant chacune une direction opposée,
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- et la troisième serait destinée au transport des colis de toute nature n’excédant pas un poids qui serait fixé ultérieurement, créant ainsi un factage parisien sur le réseau desservi sans interrompre le service des voyageurs ; cette troisième voie pourrait aussi transporter des voyageurs les jours de grande affluence du public sur certains points, au moyen des courbes de raccordement également superposées, permettant aux trains de changer d’étage en suivant toujours la direction qui est attribuée à chacun d’eux.
- Le poids approximatif d’un kilomètre de viaduc à trois étages comme il est décrit ci-dessus serait d’environ 5,000 tonnes et la dépense de 3,557,000 francs. Dans ce chiffre sont compris les travaux de terrassement, maçonnerie, etc.
- Ce type à trois étages serait destiné à parcourir les larges voies.
- Pour celles de dimensions moindres ainsi que pour le service de banlieue raccordée sur divers points du Métropolitain, le même système, mais à deux étages seulement, serait employé (Jîg. 1 ).
- L’addition de la troisième voie, à ciel ouvert n’entraînerait qu’une dépense relativement peu considérable, attendu que, pour deux voies seulement, la hauteur des poutres de rives devant être de 5 mètres, 1 mètre de plus de section, soit 6 mètres, avec une disposition spéciale de croisillonnement, comme il est indiqué dans la figure 4, permet l’établissement d’un troisième tablier offrant toute garantie de sécurité.
- On voit, dans la coupe transversale (fig. y J, faite sur les anciens boulevards extérieurs, que les auteurs du projet proposent ffle parcourir, ainsi que l’indique
- Construction d’une 72 travée sans décoration.
- Vue longitudinale. _ Coupe transversale.
- Trains montants Vojajeurs Trains descendants
- ", Marchandises
- Charpente des piliers en fer sans décoration
- E _ Heyn/uù pour dwœiuh't dans la. (jaUric lie- boulon niKfc.
- plus loin le tracé du réseau, que la partie servant actuel-ement de terre-plein se prêterait facilement à l’établissement d’un chemin de fer aérien ; la ligne cheminerait, entre deux rangées d’arbres, sans inconvénients pour cette partie réservée aux promeneurs, et sans nuire aux habitations en bordure.
- MM . Milinaire, frères, proposent d’employer dans les courbes, dont les points d’appui seraient plus rapprochés (25 mètres au minimum), un système' de tablier à voies superposées pouvant s’appliquer aussi sur diverses parties du réseau en ayant l’avantage de laisser un espace libre entre les poutres à la hauteur du vasistas des wagons (page 8) et permettant ainsi aux voyageurs de jouir plus facilement des points de vue panoramiques les plus remarquables, susceptibles d’être rencontrés sur le parcours de la ligne.
- •
- La construction de ces poutres ne permettrait pa^ de franchir plus de 25 à 30 mètres entre les points d’appui ; ce type pourrait être employé, non seulement dans les courbes, mais encore dans les endroits où le plus ou moins de rapprochement des piliers n’auraient pas d’inconvénients.
- Dans la coupe transversale ci-dessus faite sur une voie de 23 mètres le viaduc s’élèverait au milieu de la chaussée, laissant un passage largement suffisant pour la circulation entre les trottoirs et les colonnes, la largeur totale de la chaussée redevenant libre après ces rétrécissements au droit des piliers seulement.
- Ce type, comme les précédents, peut être construit à deux ou trois voies et le prix de revient, par kilomètre, ne dépasserait pas la moyenne de ceux déjà indiqués.
- Les points d’appui supportant les tabliers, deâ
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- io. — Deuxième Année.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- différents types dont la description 'précède, peuvent être construits de diverses manières.
- i° Une seule colonne ou tourelle métallique de 50 de diamètre ouverte ou fermée suivant l’appropriation qui lui serait destinée.
- 2e Une pile en maçonnerie allégie d’une arcade ou non, construction qui serait employée de préférence pour les lignes de banlieue.
- 30 Quatre colonnes reliées par des arcades et couronnées par un chapiteau ou plateforme servant d’assise aux poutres de rives supportant les tabliers superposés; ces piliers représentant un quadrilatère de 4 mètres de largeur, sont surmontés d’un pilastre montant jusqu’à la naissance du garde-corps de la voie supérieure, et terminé par un candélabre destiné à l’éclairage de la voie.
- La fondation de ces différents genres de piliers est prévue de façon à assurer leur stabilité absolue, tout
- en réservant le passage des égouts, conduites d’eau et de ga4 susceptibles d’être rencontrés aux endroits de leur plantation n’occupant sur le sol que 50 tous les 50 mètres environ, plus une saillie de trottoir de dimension variable, suivant les emplacements, offrant un refuge couvert pour les piétons et protégeant les piliers du choc accidentel des voitures.
- AVANTAGES RESSORTANT DU PROJET
- On utilise un grand espace au profit des grandes voies publiques de plus en plus encombrées.
- Les voies superposées, permettent d’éviter toute rencontre, tout en prenant moitié moins de largeur.
- Les points d’appui sont insignifiants, _si l’on considère que pour supporter une travée de viaduc de 30 mètres de longueur sur 3m50 de largeur, en employant le système de tourelles, on n’occuperait sur la voie publique que
- ASCENSEUR HYDRAULIQUE POUR CHANGEMENT D’ÉTAGE DU MATÉRIEL ROULANT
- Et des Colis dans les voies de garage pour chemin de fer aérien
- Système iUILI.\lIRE, frères, Constructeurs, IG et 18 rue de la Goutte-d’Or, à Paris.
- CE MÊME SYSTÈME PEUT S’ADAPTER AUX EXTRÉMITÉS DE LIGNES POUR REMPLACER LES COURBES DE RACCORDEMENT
- 9mÔ5 superficiels produisantune surface utile de 3oomètres, pour le type à deux voies qt, pour les points d’appui composés de quatre colonnes : 20m2$ pour une surface de 45o mètres superficiels, pour celui à trois voies.
- Tous les piliers composés de tourelles ou de quatre colonnes, comme dans le type à trois étages, peuvent être utilisés à divers usages, tels que kiosques, pour la vente des journaux, trinkhals, postes de police, remises pour les outils de cantonniers, colonnes d affichage, water-clo-sets, etc. Chacun d’eux forment, en outre, un refuge couvert pour les piétons dans les endroits où la circulation est dangereuse. Enfin, tout le long du parcours, le public trouverait sous ce viaduc, un abri relatif en cas de mauvais temps; ajoutons que l’intérieur des tunnels pourrait être utilisé pour l’établissement de tubes pneumatiques, fils télégraphiques, téléphoniques, etc.
- En totalisant les emplacements actuellement occupés pour ces divers usages, et pour lesquels les points d’appui du chemin de fer aérien pourraient être appropriés, il ressort que ceux-ci donneraient plus qu’ils n’emprunteraient.
- MATÉRIEL ROULANT
- Le transport des voyageurs se ferait au moyen de trains composés en moyenne de trois ou quatre voitures se suivant à des intervalles appropriés aux besoins de l’exploitation.
- Les wagons de construction légère seraient construits d’une façon analogue à celle des chemins de fer actuels et
- pourraient contenir en tout trente-deux voyageurs. L’entrée et la sortie auraient lieu par les côtés au moyen de portes à coulisse, et de plain-pied.
- La longueur des voitures, sans les tampons, serait de 6 mètres sur im6o de largeur et quatre roues légèrement articulées, dont les bandages seraient garnis de papier comprimé, dont l’emploi a donné de bons résultats dans diverses applications, et dont le but ici serait d’éviter le bruit de roulement et de vibration.
- Enfin la traction pourrait être faite au moyen d’un moteur muni de l’appareil jumivore Orvis qui a fait ses preuves cette année même à l’exposition du Travail, soit encore au moyen de l’air comprimé, de la vapeur surchauffée ou enfin de l’électricité.
- Sur certains points hors Paris, où l’élévation du sol nécessiterait des passages en tranchée, il serait créé des ateliers de niveau avec la voie aérienne. On faciliterait ainsi la sortie et la rentrée du matériel roulant.
- Des plateaux élévateurs seraient en outre établis, dans des endroits propices, pour monter ou descendre, soit du matériel, soit des marchandises.
- Les personnes qui désireraient de plus amples renseignements au sujet de ce projet de chemin de fer métropolitain, peuvent s’adresser directement à MM. Milinaire, 16 et 18, rue de la Goutte-d’Or, à Paris. On peut en outre, voir un modèle de travée de 30 m. au i/ioe d’exécution, à l’exposition permanente, rue Laffitte et rue Le Peletier, 11.
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- LIGNE PROJETEE
- La voie aérienne que MM. Milinaire proposent d’établir devant être circulaire, comme l’indique le tracé du réseau ci-dessous, formerait une ligne partant de la Porte-Maillot, Y Avenue des Ternes pour suivre ensuite la ligne des anciens boulevards extérieurs, en empruntant à ces voies le terre-plein du milieu servant de promenoir, sauf la partie comprise entre la place Daumesnil et le raccordement du boulevard d’Enfer avec celui du Montparnasse à cause des pentes trop rapides à franchir entre ces deux points. Pour combler cette lacune, le tracé suivrait Y avenue Daumesnil, une partie du boulevard Diderot traversant la Seine en aval du pont d’Austerlit\ suivant une partie du boulevard de VHôpital, celui de Saint-Marcel et de Port-Royal et se raccordant avec le boulevard du Montparnasse. Ce parcours dont les cotes de nivellement son bien plus favorables, ainsi qu’il résulte des études faites à ce sujet, aurait aussi l’avantage de passer devant les gares de Lyon et d'Orléans et celle de YOuest (rive gauche). Pour éviter le coude formé par le boulevard de Vaugirard, une voie nouvelle serait ouverte pour rejoindre le boulevard de Grenelle au droit de l’avenue de Breteuil.
- A la hauteur de la rue de Lourmel, la ligne suivrait la rue Viala, qui serait élargie et prolongée jusqu’au quai de Javel traversant la Seine au-dessous de Vile des Cygnes et suivant ensuite les rues Mirabeau et Molitor jusqu’au Bois de Boulogne si fréquenté et cependant presque dépourvu de moyens de transports.
- A cet effet, la voie aérienne suivrait le boulevard d’Auteuil, le boulevard de Boulogne, avec station pour cette localité, prendrait ensuite Y Allée dite au bord de l’eau avec station pour Y Hippodrome de Longchamps, le pont de Suresnes continuant ensuite Y Avenue du bord de l’eau qu’elle quitterait par une courbe pour suivre le boulevard Richard-Wallace contournant le lieu dit Madrid, quittant le boulevard Wallace par une courbe, suivant ensuite le boulevard Maillot jusqu’à la Porte de ce nom, en raccordant la ligne avec les boulevards extérieurs. Ce tracé permettrait de desservir une partie de Neuilly.
- A l’entrée et à la sortie du bois de Boulogne, au croisement avec le chemin de fer de ceinture actuel, il y aurait une station pour les voyageurs
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- désirant prendre cette ligne. Partout où la voie aérienne traverserait de grandes voies, des stations seraient établies pour les correspondances avec les lignes de tramways ou voies souterraines conduisant soit à l’intérieur, soit à l’extérieur de Paris.
- Il en serait de même à toutes les gares de chemins de fer à proximité delà ligne.
- Sur le réseau ci-dessus décrit, un embranchement avec courbes de raccordement prenant naissance sur le boulevard Ménilmontant suivrait Yace-nue projetée de la République, jusqu’à la place de ce nom, pour suivre ensuite la rue Turbigo, jusqu’aux Halles centrales sur la toiture desquelles une plateforme servant de gare d’arrivage serait destinée à leur approvisionnement ; cette ligne, traversant la Seine, suivrait ensuite les quais de la Rive gauche avec stations au pont de la Concorde, à celui des Invalides jusqu’au Champ de Mars, desservant ainsi les Expositions susceptibles d’avoir lieu.
- Cette ligne pourrait pénétrer dans celle du Champ de Mars regagnant ensuite le réseau circulaire boulevard de Grenelle.
- Un deuxième branchement, en sens inverse partant des Halles et remontant la Seine aussi par les quais de la rive gauche pour traverser la Seine en aval ou en amont du pont d’Austerlitq suivant ensuite le boulevard Diderot, l’avenue Daumesnil jusqu à la place de ce nom, se raccordant en cet endroit avec le réseau circulaire à son passage boulevard Reuilly, Romainville, les Lilas, Bagnolet, Montreuil, traversant le bois de Vincennes puis Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Gentilly, Montrouge, Vanvres, Issy, et enfin se raccordant sur le premier réseau entre Boulogne et le Champ de course de Longchamps.
- Ce tracé offre l’avantage de correspondre avec toutes les lignes de chemins de fer sans exception, de traverser toutes les routes départementales, et de passer à proximité d’une grande partie des forts de la ligne de défense de Paris avec stations aux endroits nécessaires.
- Le réseau destiné à desservir la banlieue, aurait le grand avantage de faciliter considérablement le transport des produits de toute nature concernant l’approvisionnement de Paris, et de supprimer les aller et retour d’un grand nombre de voitures de toutes formes actuellement employées à cet usage et dont la circulation journalière contribue beaucoup à l’encombrement des rues de la capitale.
- Enfin, beaucoup de cultivateurs des environs qui sont obligés d’avoir cheval et voiture pour amener leurs produits, pourraient s’en passer, de sorte que la suppression de tous ces charrois dans Paris y rendraient la circulation plus facile en dégageant les rues dans une mesure appréciable.
- La classe ouvrière pouvant se transporter rapidement et à bon marché pourrait aussi se loger dans de meilleures conditions de loyer dans la banlieue.
- Il est entendu que ce réseau, proposé par MM. MILINAIRE frères, est purement démonstratif. Le tracé définitif devant être étudié et imposé par qui de droit.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNEE.
- Dimanche 3 Janvier 1886.
- NUMÉRO 1.
- SOMMAIRE
- 1. Exposition d’Anvers; 2. Vote du projet de loi; 3. Circulaire du ministre du commerce ; 4. Echos : 5. La transformation des concours régionaux en France ; 6. La Question économique; 7. Les Livres; 8. Avis commerciaux; 9. Les Théâtres.
- EXPOSITION D’ANVERS
- NOMINATIONS
- DANS LJ0RDRE DE LA LÉGION DJH0NNEUR (ministère du commerce)
- Le Président de la République française,
- Sur le rapport du ministre du commerce,
- Vu la loi du 25 juillet 1875 sur les récompenses nationales ;
- Vu la loi du 24 décembre i885 relative aux récompenses à décerner à l’occasion de l’exposition d’Anvers ;
- Vu la déclaration du conseil de l’ordre en date du 29 décembre 1885, portant que les nominations et les promotions du présent décret sont faites en conformité des lois , décrets et règlements en vigueur,
- Décrète :
- Art. Ier. — Sont nommés ou promus dans l’ordre national de la Légion d’honneur:
- Au grade d'officier
- MM.
- Arbel (Lucien), maître de forges à. Rive-de-Gier. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 10 avril 1877.
- Clémandot, ingénieur civil à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition d’électricité et à l’exposition d’Anvers. Chevalier de 1855. Duboscq (Jules), fabricant d’objets d’optique à Paris. A obtenu un rappel de médaille d’or à l’exposition universelle de 1878 et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers. Chevalier de 1863.
- Dumont (Louis), directeur des papeteries du Marais et de Sainte-Marie à Paris. A obtenu une grande médaille à l’exposition universelle de "i 87S, un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 5 septembre 1877,
- Grouls (Camille-Charles), fabricant de pâtes alimentaires, à Paris, membre du jury à l’exposition universelle de. 1878, a obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 7 juillet 1874.
- Morane, jeune, fabricant de pompes à Paris. A obtenu un grand prix à l’exposition universelle de 1878, un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 20 octobre 1878.
- Nachet (Alfred), fabricant d’instruments d’optique à Paris. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 7 juillet 1874.
- Plante (Gaston), géologue a Paris. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’électricité et à l’exposition d’Anvers. Chevalier du 21 avril 1881.
- Rebour, fabricant de rubans à Saint-Etienne exposant hors concours et membre du jury à L'exposition d’Anvers. Chevalier du 20 octobre 1878.
- Au grade de chevalier
- MM.
- Allart (Léon), filateur à Roubaix. A obtenu une médaille d’argent à l’exposition universelle de 1878, une ire médaille d’or à l’exposition de
- Melbourne et une médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Aubron, administrateur délégué de la société française des munitions à Paris, représentant de cette société, qui a obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Bardon (Claude-Antoine-Marie), fabricant de soies à Lyon. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878, à l’exposition d’Amsterdam et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Bariquand (Emile), fabricant de machines de précision à Paris, membre du jury à l’Exposition universelle de 1878 et à l’exposition d’Anvers. Exposant hors concours.
- Blondel (Edouard), constructeur mécanicien à Lille. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Boivin (Arsène-Désiré), électricien à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Brunon (Barthélemy), maître de forges à Rive-de-Gier. A obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de Philadelphie et une médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Bréant (Eugène), fabricant de châles brodés à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle, de 1878, un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam. Exposant et membre du jury à l’exposition d’Anvers.
- Chapu (Michel), fabricant de pâtes alimentaires à Paris, membre du jury à l’Exposition universelle de 1878, exposant et membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Charaire (Michel), imprimeur à Sceaux. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition d’Anvers.
- Charpentier, libraire-éditeur à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition d’Anvers.
- Davoust (Louis-Edmond), fabricant de toiles cirées à Paris. A obtenu des récompenses à l’Exposition universelle de 1878, à l’Exposition d’Amsterdam et à celle d’Anvers. Membre du jury à cette dernière Exposition.
- Descat (Floris), manufacturier à Roubaix. A' obtenu une médaille d’or à l’Exposition d’Amsterdam. Membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Deutsch (Alexandre), fabricant d’huiles à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de t878, un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Amsterdam et à l’Exposition d’Anvers.
- Ducretet (Eugène-Adrien), fabricant d’instruments de précision à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition universelle de 1878, à l’exposition d’électricité, un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers.
- Duru (Louis), ingénieur-constructeur à Bordeaux. A obtenu de nombreuses récompenses aux expositions, médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Expert Besançôn (Frédéric-Charles), fabricant de céruse à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition universelle de 1878 et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Foucher (Gustave-Amédée), fabricant de fécule et glucose à la Briche, juge au tribunal de commerce de la Seine. Membre du jury à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers.
- Fromage (Lucien), industriel à Darnétal-les-Rouen, A obtenu une médaille d’or à l’exposition universelle de 1878. Exposant et membrexiu jury à l’exposition d’Anvers.
- Goumas (Jean-Pierre-Gabriel), fabricant d’instruments de musique à vent, à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition universelle de 1878 etun diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Grebert-Borgnis (Jean-Baptiste), industriel en pelleteries et fourrures à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Harinkouck (Armand-François-Joseph), fabricant de tissus d’ameublement'à Roubaix. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition de Sydney, à l’exposition de Philadelphie, à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers.
- Hottot (Louis), fabricant de bronzes à Paris. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Hugo (E.), fabricant de cuirs vernis à Aubervilliers. A obtenu une médaille d’or à l’exposition d’Anvers.
- Huret-Lagache (Eugène), fabricant de lin et fabri-cantde toile à voile, àla Gondette (Pas-de-Calais). A obtenu une médaille d’or à l’exposition d’Amsterdam et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Jumeau (Emile-Louis), fabricant de bébés à Paris, A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 et un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers,
- Kolb Mercier (Auguste-Ferdinand-Jules), ingénieur civil, directeur des établissements Kuhl-mann, à Lille, membre du jury à l’exposition d’Amsterdam. Exposant hors concours et membre du jury à l’exposition d’Anvers.
- Legrand (Pierre), fabricant de fûts et tonneaux en fer à Paris. A obtenu une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1878, une médaille d’or à l’exposition d’Amterdam et à l’exposition d’Anvers.
- Manhès (Pierre), métallurgiste à Lyon. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878, un diplôme d’honneur à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition d!Anvers.
- Marrou (Ferdinand), industriel à Rouen. A obtenu une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1878, un {diplôme d’honneur à l’exposition
- . d’Amsterdam et à l’exposition d’Anvers.
- Michaud (Edmond-François), fabricant de savons à Aubervilliers. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 et à l’exposition d’Amsterdam; un diplôme d’honneur à l’exposition d’Anvers.
- Loricelle (Louis-Isidore), minotier à Marseille. Exposant et membre du jury à l’exposition d’Anvers.
- Rousseau (Léon), industriel à Laon. Membre du jury à l’Èxposition d’Anvers.
- Sibut (Pierre-Michel), fabricant de fers à cheval à Amiens. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878, un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Tirard (Charles), fabricant de chapeaux de laine à Paris. A obtenu un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Amsterdam et à l’Exposition d’Anvers.
- Tresca (Edouard), fabricant de tissus pour ameublement à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878 et à l’Exposition de Sydney, un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Amsterdam. Exposant hors concours et membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Vaillant (Camille-Stanislas), fabricant de quincaillerie à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878, à l’Exposition d’Amsterdam et à l’Exposition d’Anvers.
- Vallet (Louis-Romain-Alexandre), industriel à Paris, juge au tribunal de commerce de la Seine. Membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Viardot (Gabriel), fabricant de meubles à Paris. A obtenu une médaille d’or à l’Exposition d’Anvers.
- Wolff (David), fabricant de papiers à Paris. Membre du jury à l’Exposition d’Amsterdam et à l’Exposition d’Anvers.
- Par décret en date du 29 décembre 1885, rendu sur le rapport du ministre du commerce et conformément à la déclaration du conseil de l’ordre, sont nommés chevaliers de la Légion d’honneur à l’occasion de l’exposition universelle d’Anvers :
- MM.
- Parenty (Henri-Louis-Joseph), ingénieur des manufactures de l’Etat à Châteauroux (Indre). A obtenu un diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers :
- Vian (Georges-Edmond), directeur et administra-
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- 2. — Deuxième Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Janvier i886
- teur de la société nationale de dynamite à Paris. A obtenu plusieurs diplômes d’honneur et médailles d’or aux expositions d’Amsterdam, de Paris, de Rouen, de Beauvais et d’Anvers.
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- VOTE DU PROJET DE LOI
- relatif aux Récompenses
- AU SUJET DE L’EXPOSITION D’ANVERS
- M. Naquet. J’ai l’honneur de déposer sur le bureau du Sénat un rapport fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, relatif aux récompenses à décerner à l’occasion de l’exposition d’Anvers de 1885.
- Plusieurs sénateurs. Lisez ! lisez !
- M. le Président. On demande la. lecture du rapport.
- Il n’y a pas d’opposition ?
- La parole est à M. le rapporteur.
- M. Naquet, rapporteur. Messieurs, la loi du z5 juillet i8y3 a limité, à la moitié des extinctions, le chiffre des croix de chevaliers de la Légion d’honneur que le gouvernement de la République est en droit de conférer. Avant 1873, les croix d’officiers et des grades supérieurs se trouvaient seuls limités en nombre par le décret du 16 mars i852 ; encore l’effectif réglementaire avait-il été fortement dépassé, et il en résultait que le pouvoir exécutif possédait à l’égard des décorations une liberté presque entière.
- En i8y5 d’abord, puis en 1879, de nouvelles lois vinrent atténuer ce que la législation précédente avait de trop rigoureux en ce qui concerne les militaires et les marins. Pour ces derniers, la proportion des nouvelles nominations fut successivement portée aux deux tiers et aux trois quarts des extinctions. La loi de 1873, toutefois, demeura entière en ce qui concerne les récompenses à accorder aux services civils, et une proposition de loi présentée en 1883 au Sénat en vue de généraliser la loi de 1879 fut rejetée.
- Il en est résulté une diminution annuelle considérable dans l’effectif des membres de la Légion d’honneur et, par conséquent, dans le nombre des croix que le gouvernement de la République est en mesure de distribuer chaque année.
- C’est ainsi qu’au i01' juillet 1870 les chevaliers civils étaient au nombre de 22,179, tandis qu’au ier juin 1883 ils n’étaient plus qu’au nombre de 19,464.
- Cette diminution des effectifs et du chiffre annuel des récompenses à décerner, si elle a eu l’avantage d’assurer le très haut prix qui s’attache aux nominations et aux promotions dans l’ordre de la Légion d’honneur, a eu l’inconvénient de créer des difficultés aux ministres, même lorsqu’il s’agit pour eux de récompenser les services ordinaires, normaux ; et elle les a placés dans l’impossibilité absolue de récompenser les services nés de situations exceptionnelles.
- Aussi, toutes les fois qne ces situations exceptionnelles se sont produites, le Gouvernement a-t-il proposé, et le pouvoir législatif a-t-il voté des lois particulières qui permettaient de déroger à la loi de 1873 par la distribution de récompenses supplémentaires, quoique étroitement limitées en nombre.
- C’est ainsi que l’Assemblée nationale, dès 1874 et 1875, fut obligée de voter une dérogation à la législation qu’elle-même avait faite, en décidant qu’un certain nombre de croix, de chevaliers et d’officiers seraient accordées en 1874 aux citoyens qui s’étaient distingués à l’exposition de Vienne et en 1875 à ceux qui s’étaient signalés par des actes de dévouement pendant les inondations du Midi.
- Depuis lors, plusieurs lois portant des dérogations du même ordre ont été votées, notamment le 27 mars 1877, à propos de l’exposition de Philadelphie ;
- Le 24 juin 1878, après l’exposition universelle:
- Les 8 et 12 juillet 1880, à l’occasion de la distribution des drapeaux ;
- En 1881, à l’occasjon de l’expédition de Tunisie, d’abord, puis à propos des expositions de Melbourne et de Sydney;
- Enfin à la suite de l’exposition universelle d’électricité; en 1883, à propos des opérations effectuées au Tonkin, à Hué et à Madagascar, et aussi après l’exposition d’Amsterdam ; tout récemment enfin après l’exposition d’hygiène de Londres et l’exposition de l’union centrale des arts décoratifs.
- On -voit dans cette énumération que les faits militaires, aussi bien que les événements de la lie civile, ont donné lieu à des récompenses exceptionnelles, à des lois qui dérogeaient au principe général de la législation de iStS.
- C’est encore une loi d’exception de cette nature que le Gouverenment a proposée à la Chambre des députés dans la séance du 3 décembre 1885,
- et qui, votée par cette Chambre après une déclaration d’urgence, est en ce moment soumise à vos délibérations.
- Cette loi a pour but d’autoriser le Gouvernement à faire, à propos de l’exposition d’Anvers, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet i8y3, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser:
- Quatorze croix d’officiers.
- Et soixante-cinq croix de chevaliers.
- Lors de la dernière loi votée à l’occasion de l’exposition d’hygiène de Londres, notre collègue, M. le rapporte'ur de la commission du Sénat, protestait contre ces diverses mesures d’exception, et demandait si les ministres ne disposent pas chaque année dans l’ordre de la Légion d’honneur d’un contingent suffisant pour récompenser les services rendus, qu’il soit simplement apporté une atténuation régulière aux dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873.
- L’honorable M. Prevet, rapporteur de la commission de la Chambre des députés chargée d’examiner le projet que nous analysons ici, s’est prononcé pour un avis contraire.
- Pas plus que celle de la Chambre des députés, votre commission n’a cru pouvoir s’associer aux critiques faites par sa devancière. D’une part, en effet, il lui est apparu que les contingents dont les ministres disposent sont insuffisants pour récompenser les services exceptionnels, puisque, malgré les lois d’exception nombreuses qui ont été votées depuis 1873, les effectifs n’ont cessé de diminuer depuis cette époque.
- D’autre part, il ne lui a pas paru qu’elle pût, à propos d’une loi spéciale, particulière comme celle sur laquelle vous allez avoir à vous prononcer, vous soumettre, même sous forme de vœu, un plan de réforme de la législation générale.
- Mais après avoir repoussé les réserves de la commission sénatoriale qui nous a précédés, l’honorable M. Prevet, imitant ce qu’avait fait la commission de la Chambre des députés eu 1881, après l’exposition d’électricité, s’exprime ainsi :
- « Dans ce cas (celui où il est dérogé à la législation générale), la conséquence logique des lois d’exception est que le Gouvernement n’use des autorisations qui lui sont données que pour récompenser exclusivement ceux dont les services ont motivé ces lois.
- « A cet égard, messieurs, votre commission a été unanime à blâmer l’usage qui a été fait trop souvent par le Gouvernement des autorisations exceptionnelles qui lui ont été accordées.
- « Un grand nombre de croix mises à la disposition des ministres par dérogation à la loi de 1878, ont été décernées par eux à des fonctionnaires dont les services auraient trouvé plus tard leur rémunération parmi les croix formant le contingent habituel des divers ministères.
- « Votre commission entend que de pareils abus ne soient plus commis à l’avenir, et qu’en ce qui touche le projet de loi qui nous occupe aujourd’hui, toutes les croix qui seront mises à la disposition du Gouvernement à l’occasion de l’exposition d’Anvers soient bien exclusivement réservées à ceux qui" ont participé à cette exposition, soit comme exposants, soit, mais dans une proposition restreinte, comme membres du jury.
- « Aucun des fonctionnaires ou agents ayant été chargés de l’organisation de l’exposition, des commissariats, ou ayant fait partie des différents jurys, ne pourra être compris dans les nominations et promotions qui seront faites conformément à la nouvelle loi.
- « Ces fonctionnaires de tout ordre devront seulement trouver, dans les fonctions dont ils ont été chargés, des titres nouveaux pour obtenir plus rapidement des récompenses honorifiques parmi celles qui sont attribuées chaque année aux administrations dont ils dépendent. »
- Cette restriction impérative a été discutée dans presque tous vos bureaux, et dans quelques-uns très vivement critiquée. C’est, à vrai dire, le seul point sur lequel un débat se soit engagé au sein de votre commission.
- Votre commission pense que les abus signalés par le rapport de l’honorable M. Prevet sont réels, et que, lorsque les Chambres autorisent le Gouvernement à distribuer des distinctions honorifiques dans un but spécial, ces distincions ne doivent pas être détournées de leur destination, et servir à récompenser des services étrangers auxquels sont destinées les croix dont dispose annuellement chaque ministère. Elles le doivent d’autant moins qu’elles y contribuent toujours indirectement, dans une assez large mesure, en ce sens que certaines personnes qui auraient reçu la; croix sur le contingent ordinaire, se trouvant exposants ou membres du jury, les reçoivent à titre de l’exposition, ce qui laisse libres pour d’autres les croix qui leur auraient été attribuées, même si l’exposition n’avait pas eu lieu.
- Votre commission, avant de prendre toutefois une décision sur ce point a été désireuse de connaître l’opinion de M. le ministre du commerce. M. le Ministre a bien voulu se rendre à notre appel, et après l’avoir entendu votre commission a décidé, conformément à son avis très nettement
- exprimé, de s’associer pleinement aux réserves faites par la Chambre des députés.
- Aucune autre difficulté ne s’est élevée dans votre commission. L’exposition d’Anvers a été l’une des plus importantes de celles qui ont été organisées au cours de ces dix dernières années, et il serait souverainement injuste de refuser à ceux qui y ont dignement représenté la France, ce qui a été accordé à ceux qui l’dnt représentée dans les précédentes expositions.
- Aussi, votre commission est-elle unanime à vous proposer l’adoption du projet de loi qui vous est présenté.
- PROJET DE LOI
- Article unique. — A l’occasion de l’exposition universelle d’Anvers, le Gouvernement est autorisé à faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra dépasser :
- Quatorze croix d’officiers.
- Soixante-cinq croix de chevaliers.
- M. le Président. Je consulte le Sénat sur la discussion immédiate qui est demandée par vingt de nos collègues dont voici les noms: MM. Teis-serenc de Bort, Milhet-Fontarabie, comte d’Osmoy, Dietz-Monnin, Arbel, Naquet, Bozérian, Gens, Edmond de Lafayette, Chalamet, Testelin, Vissa-guet, Béral, Ninard, Bergeon, Charles Brun, Merlin, Isaac, Jacques, Fournier.
- (La discussion immédiate est prononcée.).
- M. le Président. Personne ne demande la parole pour la discussion générale?...
- M. le baron de Lareinty. Je demande la parole.
- M. le Président. M. de Lareinty a la parole.
- M. le baron de Lareinty. Messieurs, j’approuve, comme la commission,, la proposition qu’elle vous a faite et le nombre des croix que je crois très utile de donner à ceux qui ont pris part à l’exposition d’Anvers ; mais je ne puis pas m’associer aux conclusions de la commission, d’autant plus que, dans mon bureau, l’honorable rapporteur qui descend de cette tribune n’a été nommé qu’après avoir pris l’engagement de défendre devant le Sénat la liberté absolue pour les ministres de disposer des croix.
- Il est impossible, en effet, d’accepter une restriction semblable. Je crois que le Sénat et la Chambre des députés entrent dans une voie détestable, en ne voulant pas laisser au pouvoir administratif les droits et le rôle qui lui sont réservés. Nous pouvons ou refuser ou accepter les propositions ; mais, quant à dire à un ministre, quel qu’il soit — car c’est au nom du principe d’autorité et des pouvoirs administratifs que je parle ici — quant à dire à un ministre quel qu’il soit : Nous vous donnons des croix, mais nous faisons des catégories pour ceux qui recevront ces croix, cela me semble impossible. Je vais vous exposer tout à l’heure, en peu de mots, l’opinion du bureau et celle du rapporteur, qui, à cet égard, je l’espère, sera partagée par le Sénat.
- D’après les propositions faites, les exposants et les membres du jury ont seuls le droit d’avoir des récompenses.
- Eh bien, messieurs, je vous ferai remarquer que, tout en leur donnant une.très large part dans ces récompenses qu’ils ont méritées, vous mettez ceux qui, complètement en dehors de leurs fonctions, occupent leur temps avec un dévouement inouï, hors concours et vous faites que ces fonctionnaires, qui ont agi ainsi par dévouement, sont dans l’impossibilité d’avoir une récompense, non pas pour des services rendus ailleurs, mais pour des services rendus à l’exposition.
- Je vous ferai d’ailleurs remarquer que, si les exposants ont exposé à Anvers, c’est que leurs intérêts les y poussaient. Sans doute on peut les récompenser pour avoir bien servi leurs intérêts, et, par conséquent, les intérêts de l’industrie du pays ; mais ce n’est pas une raison pour mettre hors la loi les gens qui ont fait de très grands efforts pour montrer au monde entier les progrès de notre industrie, et faire profiter ces industriels des progrès qu’ils ont fait eux-mêmes. Nous ne pouvons pas entrer dans cette voie ; nous ne devons pas exclure des récompenses ceux que les ministres envoient pour préparer les expositions et les frapper d’ostracisme. Remarquez d’ailleurs que nous pouvons imposer nos volontés au pouvoir exécutif en n’acceptant pas ses propositions ; mais, au nom de nos traditions administratives, je vous demande d’autoriser les ministres —• et ils en feront, j’espère, surtout avec la pensée qui a été exprimée dans la commission, un usage très sage — je vous demande d’autoriser les ministres à donner des récompenses à ceux qui ont. rendu des services à ces expositions.
- Je vais vous citer un exemple : Vous savez que vous avez à Paris une exposition permanente des colonies qui est dirigée par des commissaires de la marine ; c’est une exposition d’autant plus importante qu’avec les expéditions lointaines il est absolument nécessaire que nos négociants sachent quels sont les produits que peuvent donner ces pays, et, en échange, quelles marchandises il faut.
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- Deuxième Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Janvier 1886. — 3.
- envoyer. Cette exposition est faite avec le plus grand dévouement et dure depuis très longtemps, •elle est permanente et cette permanence force ceux qui la dirigent à lui consacrer une très grande partie de leur temps.
- Je . upplie le Sénat de ne pas entrer dans cette voie, le ne pas accepter le rôle qu’on veut lui faire jouer d’empiéter, nous, législateurs, sur les pouvoirs administratifs. Puisque vous avez choisi des ministres, ayez confiance en eux et ne leur ôtez pas le droit de donner, dans des limites très restreintes, des récompenses à ceux de ces fonctionnaires qui ont rendu de grands services aux expositions et qui par cela même méritent d’être récompensés. (Vive approbation et applaudissements sur un grand nombre de bancs).
- M. Batbie. Il y a une loi.
- M. ie baron de Lareinty. Quelle loi ? Mais pas du toit. C’est une proposition que vous faites et qui dérogé absolument aux habitudes. On remet à des ministres des croix et ils sont libres de les distribuer.
- M. le Président. Permettez, monsieur de Lareinty, il y a deux choses : Il y a le rapport et la disposition de loi. C’est le rapport cjue vous attaquez, puisque la disposition de loi ne comporte pas de catégories.
- M. le baron de Lareinty. Oui,mais permettez, c’est justement ce que je n’admets pas. Dans votre loi, vous créez des catégories. Cependant les dispositifs du rapport sont tels qu’il exprime une opinion et qu’on y introduit l’interdiction aux ministres d’accorder les récompenses en toute liberté. Mettez-la dans la loi, si vous voulez ; ayez au moins la franchise de le faire.
- M. le Président. La parole est à M. le ministre du commerce.
- M. le ministre du commerce. Les observations de l’honorable M. de Lareinty touchent à une sorte de question de droit constitutionnel, il craint que le pouvoir législatif n’empiète sur le pouvoir exécutif.
- En ma qualité de membre du gouvernement, je vous dirai que je n’éprouve pas ces appréhensions. J’ai demandé moi-même dans la commission que le ministre fût enchaîné précisément parce que j’ai constaté qu’il y avait eu dans la distribution des croix à l’occasion des expositions...
- M. le baron de Lareinty. Je demande la parole.
- M. le ministre. ... des abus qui me semblent intolérables et qui auraient pour effet de décourager les exposants s’ils devaient se perpétuer. Je crois qu’au point de vue constitutionnel, vous avez parfaitement le droit, quand le gouvernement vient vous demander une dérogation à une loi, de dire que vous l’accordez moyennant certaines conditions. (Très bien ! à gauche).
- Nous vous demandons, à l’occasion des exposants d’Anvers, de nous donner un supplément de croix. Vous nous dites : Nous vous l’accordons, mais à une condition, c’est que vous ne donnerez ces croix qu’à des exposants ou à des membres du jury.
- M. le baron de Lareinty. A l’exclusion des-membres du jury.
- M. le ministre. Non, monsieur de Lareinty,. nous avons admis que les membres du jury pourraient participer aux promotions de la Légion d’honneur. Nous considérons qu’ils forment comme un des éléments nécessaires de l’exposition. Mais ceux que je ne comprends pas dans ces éléments, ce sont les fonctionnaires que l’on envoie, en dehors de leurs fonctions, à Anvers ou à Amsterdam.
- Pendant ce temps ils ne remplissent pas leurs devoirs habituels et sont payés sur le budget ordinaire ; s’ils rendent des services exceptionnels, au point de vue de leurs fonctions, ils acquièrent des titres à des distinctions qu’on leur accordera plus tard dans leur administration. Voilà, quant à moi, comment je comprends les expositions, et je le répète, c’est parce que je représente un pays industriel et commercial et parce que j’ai été frappé des inconvénients, des abus, je dirais même des scandales qui se sont produits dans la répartition des décorations, que je demande que les ministres aient les mains liées, et moi, comme ministre, je vous demande à ce qu’on me lie les mains. (Très bien ! très bien !)
- M. le baron de Lareinty. Je demande la parole.
- M. le Président. La parole est à M. le baron de Lareinty.
- M. le baron de Lareinty. Messieurs, le langage de M. le ministre a lieu de m’étonner et je vais vous dire pourquoi. J’ai fait remarquer quelles étaient les dispositions de la commission et probablement du Sénat, et j’ai trop de confiance dans la sagesse des ministres actuels (Bruit à gauche). Vous ne m’en voudrez pas de cette déclaration-là !
- M. le baron de Ravignan. C’est une ironie !
- M. le baron de Lareinty. J’ai trop de confiance en 'leur sagesse pour craindre qu’ils ne trouvent pas, devant le sentiment du Sénat, assez d’énergie pour résister aux entraînements et pour trouver qu’ils aient besoin d’avoir les mains liées pour faire leur devoir. L’attitude du gouvernement me parait désolante. Lorsque je viens demander pour lui la liberté, que vous dit-il ? Il y a eu des scan-
- dales, nous pourrions encore les voir se renouveler, nous n’avons pas la force de les réprimer.
- J’avais plus de confiance, je l’avoue, dans l’énergie de MM. les ministres. Le scandale n’existe que quand on le veut bien.
- Eh bien, je dis que MM. les ministres actuels doivent avoir assez d’énergie pour l’empêcher de se renouveler. J’ai trop d’estime pour eux pour leur lier les mains. Je crois qu’il faut repousser une doctrine aussi contraire à la liberté de conscience des ministres qu’à leur impartialité. (Exclamations à gauche).
- Je dis : à leur liberté de conscience, puisque vous prétendez qu’il est nécessaire de leur lier les mains pour qu’ils fassent leur devoir et empêchent le renouvellement des scandales dénoncés à cette tribune par M. le ministre lui-même. (Très bien ! très bien ! à droite.)
- M. le Président. Quelqu’un demande-t-il la parole sur l’article unique ?...
- J’en donne une nouvelle lecture :
- « Article unique. — A l’occasion de l’exposition universelle d’Anvers, le gouvernement est autorisé à faire, dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- « Quatorze croix d’officier,
- « Soixante-cinq croix de chevalier. »
- M. le Président. Je consulte le Sénat.
- (L’article unique est mis aux voix et adopté).
- CIRCULAIRE
- adressée par le ministre du commerce aux présidents DES CHAMBRES DE COMMERCE, RELATIVE AUX MESURES A PRENDRE POUR LUTTER CONTRE LA CONCURRENCE ÉTRANGÈRE.
- Le ministre du commerce vient d’adresser la circulaire suivante aux présidents des chambres de commerce :
- Paris, le 26 décembre 1885.
- Monsieur le président,
- Depuis longtemps, mon département se préoccupe des' conditions faites à notre commerce d’exportation par la concurrence, chaque jour plus active, de l’industrie et du commerce étranger. Dans le but de remédier à cette situation, attribuée tout d’abord à l’absence de renseignements sur les débouchés à développer ou à ouvrir à l’extérieur, un de mes prédécesseurs, sans renoncer à la publication des Annales du commerce extérieur, décida, en 1877, la création d’un recueil mensuel : le Bulletin consulaire français, destiné à vulgariser les rapports commerciaux adressés au ministre des affaires étrangères par les agents diplomatiques et consulaires de la France. Bientôt après, la périodicité trop espacée de ce bulletin mensuel détermina la création, en 1883, d’un journal hebdomadaire, le Moniteur officiel du commerce, dont le principal objet est de répandre les renseignements d’un intérêt plus immédiat, tenu dans les correspondances des consuls, tant français qu’étrangers, ou provenant de toutes autres sources d’informations. Stimulé par la publicité donnée à ses travaux, notre personnel consulaire a redoublé d’efforts et s’est associé aux vues de mon département en fournissant des renseignements particuliers à ceux de nos nationaux qui les ont demandés.
- D’autre part, le Gouvernement s’est appliqué à favoriser la création de chambres de commerce françaises à l’étranger, et sur la proposition que j’en fis, comme rapporteur à la commission du budget, un crédit spécial a pu, en 1885, être réparti entre un certain nombre de chambres de commerce pour contribuer à la fondation de musées commerciaux.
- Mais en dehors de ces sources officielles de renseignements, et dans la ' sphère de l’activité commerciale proprement dite, l’initiative privée n’a-t-elle pas à s’exercer de son côté pour recueillir des informations sur les lieux mêmes, étudier les goûts des consommateurs sur les divers marchés, faire connaître et apprécier les produits de notre industrie, étendre nos relations existantes et en établir de nouvelles ? Déjà sans doute des associations se sont fondées dans le but de favoriser l’établissement de nos jeunes compatriotes à l’étranger et d’y_ développer notre commerce.
- Mais ces tentatives dont les initiateurs ont droit à toutes nos sympathies, ont besoin d’être accompagnées et soutenues par d’autres mesures. Nos concurrents nous donnent à cet égard des exemples qui méritent d’attirer particulièrement notre attention. Comprenant que les efforts individuels ne peuvent exercer qu’une action restreinte et facilement épuisée, ils ont eu recours au principe de l’association. C’est ainsi que plusieurs maisons appartenant à'des spécialités différentes se concertent pour envoyer à frais communs des agents
- munis d’échantillons. Le développement de cette combinaison a donné naissance au système du voyage collectif, effectué le plus économiquement possible par un groupe de voyageurs de commerce chargés de représenter les industries d’une région ou même de tout un pays. Une seule association a organisé ainsi en cinq années 156 voyages collectifs dont plusieurs vers les contrées les plus lointaines et les moins connues du globe. Cette même société, combinant son action avec celle d’une autre association de même nature, s’occupe en ce moment même de l’armement d’un navire chargé de collections d’échantillons choisis et de marchandises de vente constituant une sorte d’exposition flottante, et que de nombreux représentants de commerce vont présenter dans les ports dp. nord de l’Afrique et du Levant.
- Ces faits, qui montrent combien la concurrence étrangère est ardente, imposent à nos industriels et à nos commerçants un redoublement d’efforts. J’ai cru devoir les signaler d’une manière toute spéciale à l’attention des chambres de commerce dans le double but de provoquer leurs délibérations sur cette matière dont le haut intérêt ne vous échappera pas, et de demander leur avis sur l’utilité d’une réunion dans laquelle leurs présidents ou des délégués choisis par elles se rencontreraient à Paris pour examiner ensemble et apprécier la situation.
- De toutes parts, autour de nous, les nation, s’efforcent de réserver leurs marchés intérieurss mais partout aussi la surabondance de la production les oblige à chercher des débouchés au dehors. Dans cette lutte pour la conquête de marchés _ plus étendus, le prix appartiendra à ceux qui, joignant la persévérance à l’activité, ne reculeront pas devant les difficultés des premières tentatives.
- Il importe donc que, chacun dans notre sphère, nous nous mettions promptement et résolument à l’œuvre. Il s’agit, vous ne l’ignorez pas, d’une question dont la solution intéresse, à la fois, la prospérité de nos industries, le bien-être des travailleurs et l’avenir du commerce français.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Le ministre du commerce, Lucien Dautresme.
- ÉCHOS
- Paris
- Le jugement du second degré pour la statue de Jean-Jacques Rousseau a été rendu le 21 décembre : le jury était composé de MM. Captier, Delhomme, Jourde, Kaempfen, E. Leroux, Mer-cié, Math. Moreau, Armand, Renaud, Rouville et Strauss.
- Le prix a été décerné par 9 voix sur 10 votants à M. Berthet, qui se trouve ainsi chargé de l’exécution.
- MM. Larché et Steiner ont obtenu la première et la seconde prime.
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- A peine installé, le nouveau musée du Luxembourg vient d’être reconnu insuffisant.
- 11 s’agirait, par suite, de mettre à l’étude un nouveau projet d’agrandissement des galeries existantes, projet qui consisterait à construire une nouvelle galerie.
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- Le conseil municipal a autorisé, dans sa séance du 15 décembre, le Préfet de la Seine à acquérir sur la place d’Iéna un terrain pour l’installation du musée Guimet, la construction restant d’ailleurs à la charge de l’Etat.
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- Une Société médicale de Déontologie et d’intérêts professionnels, dont l’action s’étendra sur tout le département de la Seine, a été définitivement constituée par les délégués des Sociétés médicales de Paris, le dimanche 15 décembre.
- En vertu de l’article 10 des statuts, la Société pourra, dès que le nombre des adhérents le permettra, fonder un club médical, et, excellente innovation, il y sera réservé une salle spéciale pour une exposition permanente des livres et des ouvrages nouveaux.
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- Départements
- Une exposition artistique aura lieu à Evreux (salle du Musée), du 22 mai au 4 juillet 1886. Les ouvrages devront être.déposés avant le lor mai, dernier délai.
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- Algérie
- Le gouvernement général de l’Algérie vendra aux enchères publiques dans le courant de mars,
- Voir la suite page 6.
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- Dimanche 3 Janvier i885-
- 4 et 3 — Deuxième Année. — N° i.
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- 6. — Deuxième Année. — N° i.
- un certain nombre de lots de terre domaniales comprenant une superficie de 11,000 hectares.
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- Alsace-Lorraine
- Une exposition d’artistes vivants aura lieu à Mulhouse, du 12 mai au 27 juin prochains. Les envois devront être adressés avant le 15 avril au plus tard, à M. Jules Teschè, eonitnissionnnaire en douane à Mulhouse. Exposition de la Société des arts.
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- ETRANGER
- Allemagne
- On sait que l’Exposition nationale de 1888 à Berlin est très discutée.
- Il n’est cependant pas inutile de remarquer que l’opposition,basée sur cette observation très juste que l’exposition de 1889 serait une trop redoutable concurrence pour l’entreprise allemande, tend à diminuer de jour en jour.
- Les partisans de l’Exposition tirent parti de l’hésitation qui se manifeste en France sur cette intéressante question, pour accroître le nombre de leurs adhérents, et provoquer des défections dans le camp de leurs adversaires.
- Il faut donc que nous mettions au plus tôt un terme à cette indécision, sous peine de voir à la dernière heure, une abstention de nos voisins.
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- X X
- L’exposition colombophile de Berlin a été clôturée le 14 décembre, après la distribution des récompenses.
- Ont été décernées : 10 médailles d’argent, 20 médailles de bronze et un grand, nombre de mentions honorables.
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- Autriche-Hongrie
- Une exposition artistique de bienfaisance au profit des blessés de la guerre serbo-bulgare est ouverte à Vienne, depuis.le 26 décembre, dans les galeries de l’Association artistique autrichienne.
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- A partir du 26 décembre également, exposition du peintre Gustave Graef.
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- Belgique '
- Par suite du choix d’Anvers comme port d’escale pour les paquebots des nouvelles lignes transocéaniques allemandes, un projet de voie ferrée entre Mayence et Bruxelles, vient d’être mis à l’étude.
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- Grèce
- On écrit d’Athènes que, en vertu d’un décret rendu par le roi Georges Ier, l’ouverture de l’exposition qui doit avoir lieu dans cette ville, au palais connu sous le nom de Zappiou, a été fixée au mois de novembre 1887.
- Cette exposition sera organisée par l’initiative privée; le magnifique palais dans lequel elle doit être installée comprend une rotonde centrale, une galerie circulaire soutenue par des colonnes de marbre, et six grands salons. Le plan en est dû à un architecte français, M. Boulanger, et sa construction a coûté environ deux millions.
- L’exposition projetée aura pour but de faire connaître les progrès réalisés parla Grèce jusqu’à ce jour ; on y trouvera les produits de l’agriculture, du commerce, de l’industrie et des arts grecs ; les outils et les machines les plus perfectionnés, pouvant être utilisés en Grèce, y seront exhibés. A cette occasion, les anciens Jeux olympiques seront rétablis ; des conférences seront faites dans le but de signaler les progrès accomplis par la Grèce dans ces derniers temps.
- Vers la fin de l’exposition, un jury distribuera des récompenses aux exposants les plus méritants; elles consisteront en médailles d’or, d’argent et de bronze, portant d’un côté l’effigie du roi Georges ' Ier, et de l’autre, les noms de l’organisateur de cette solennité.
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- San-Salvador
- Par décret présidentiel, la mise en adjudication des deux voies ferrées, du port de la Union à San-Miguel, et de La Libertad à San-Salvador, aura lieu le 11 mars prochain.
- Les soumissions, sous pli cacheté, sont reçues à la Commission des finances (San-Salvador), du 1er au 10 mars.
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- X X
- Suisse
- Une réunion de négociants et industriels a eu lieu il y a quelques jours à Genève, sur l’initiative de deux groupes importants, l’Association com-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- merciale et industrielle, et l’Association des intérêts du commerce et de l’industrie.
- Lecture a été donnée par M. Stéfani, président des dernières propositions des entrepreneurs de Paris demandant comme condition sme qua non, une subvention officielle de 500,000 francs outre les prestations en nature.
- M. Lechenal, député, a déclaré que le Conseil fédéral, favorable en principe à l’exposition, ne pouvait fixer aucun chiffre de subvention en présence d’un projet encore si vague, et a conseillé la nomination d’une Commission d’études, proposition qui a été adoptée à l’unanimité.
- LA TRANSFORMATION
- DES
- CONCOURS RÉGIONAUX
- EN FRANCE
- (Suite et fin.)
- Voir le Moniteur du 20 décembre 1885.
- Comme nous le disions dans notre dernier article, il est des arguments spécieux contre lesquels les cultivateurs doivent se mettre en garde.
- Les régions n’existent plus avec leur homogénéité et leurs similitudes disent les uns; l’application des primes culturales est impossible désormais, crient les autres.
- Il ne faudrait pourtant pas, à notre humble avis imiter les anguilles de Melun, quand on ignore encore-les effets d’une transformation aujourd’hui nécessaire et quand il s’agit d’amélioration d’un état de choses que nous avons souvent entendu blâmer dans les concours régionaux par les intéressés eux-mêmes.
- Nous ne reviendrons pas sur nos premiers arguments qui ont porté, la chose est sûre ; et pourtant, que les adversaires des utiles transformations que nous approuvons veuillent bien se souvenir combien rares étaient et sont les concurrents sérieux dans les régions encore existantes ; nous avons en mémoire des noms de départements où l’on n’en a point trouvé. Il nous revient même que dans une seule région, celle du centre, la prime d’honneur n’a pû être décernée pendant trois années de suite faute de concurrents sérieux.
- Avec le nouvel état de choses, Messieurs les agriculteurs auront le temps de se préparer et la transformation culturale, imposée par les nouvelles méthodes de l’agriculture industrielle qui s’étendent de plus en plus ouvriront un plus vaste champ aux candidats.
- Dans les réunions du vendredi, des concours régionaux agricoles, la tenue simultanée des concours fort rapprochés parfois dans une même semaine, a soulevé des réclamations aussi nombreuses que fondées, et, pour reconnaître la vérité de notre raisonnement, il n’y a qu’à jeter les yeux sur la liste des concours régionaux agricoles de 1886, dernière année qui verra 12 concours groupés dans une seule période d’un mois environ.
- Laval et Marseille, Agen, Lille, Dijon et Limoges se trouvent dans le même domaine deux par deux.
- Bien plus, Chambéry, Guéret et Sédan se tiendront du i5 au 24 juin, c’est-à-dire trois concours dans la même semaine.
- Eh bien non 1 on dira tout ce qu’on voudra, on entassera des Pelion de raisons sur des Ossa d’arguments, on ne fera jamais entendre aux gens qui veulent se donner la peine de réfléchir que cette organisation défectueuse est pratique, est possible, et que cela doit subsister ainsi.
- Le temps n’est plus où le paysan des Ardennes ignorait ce que pouvaient bien être les races suisses de bétail, les charolais et les bazadais ; il faut aujourd’hui que, grâce aux voies ferrées, il puisse, après son concours de Sédan, aller s’il veut voir comment se tiennent le bétail limousin à Limoges et le bétail normand à Evreux.
- Nous avons dit dans notre premier article sur cette intéressante transformation des concours agricoles de France que dans les intentions de l’administration, le dédoublement des prix affectés aux diverses classifications et l’augmentation des primes pour chacune d’elles étaient le résultat immédiat qu’obtiendrait l’agriculture de ces excellentes améliorations.
- Déjà la prime d’honneur régionale de 3,5oo fr. (objet d’art) et les primes en argent, et les divers prix de spécialités étaient importants ; non seulement les hautes récompenses sont conservées , mais l’arrêté ministériel du 31 octobre 1885 apporte la preuve que des promesses d’encouragements nouveaux le ministre de l’agriculture a été de suite aux actes, actes ayant une application immédiate, dès 1886.
- Cet arrêté porte en substance que dans chacun des départements où se tiendront dorénavant les
- Dimanche 3 Janvier 1886.
- concours régionaux agricoles les prix et récompenses qui suivent seront décernés concurremment avec les récompenses prévues par l’arrêté ministériel du 28 décembre 1880.
- i° Prime d’honneur de la petite culture
- Un objet d’art de 3oo francs et une somme de 2,000 francs seront mis à la disposition du jury pour être décernés aux cultivateurs du département, vignerons ou herbagers qui, exploitant comme propriétaires ou comme locataires ou à partage de fruits, une surface maximum de 10 hectares, avec leurs bras ou ceux de leurs enfants ou d’autres membres de leur famille, auront présenté les cultures les plus propres à être offertes comme exemple et seront reconnus les plus méritants au point de vue de l’ordre, de l’économie et de la bonne tenue de leur petite exploitation.
- Le cultivateur classé le premier recevra l’objet d’art à titre de prime d’honneur et une somme d’argent qui sera déterminée par le jury.
- 20 Prime d’honneur à l’horticulture
- Un objet d’art de 3oo francs et une somme de 2,000 francs seront mis à la disposition du jury pour être décernés aux jardiniers établis uniquement pour la vente des produits maraîchers ou des fruits, qui auront présenté les établissements les mieux cultivés, les mieux tenus et du meilleur rapport.
- Le concurrent classé le premier recevra l’objet d’art à titre de prime d’honneur et une somme d’argent qui sera déterminée par le jury.
- 3° Prime d’honneur à Varboriculture
- Un objet d’art de 3oo francs et une somme de 1,000 francs seront mis à la disposition du jury pour être décernés aux horticulteurs fleuristes et aux pépiniéristes présentant les jardins et les pépinières les mieux cultivés, les mieux tenus et du meilleur rapport.
- L’horticulteur ou pépiniériste classé le premier recevra l’objet d’art à titre de prime d’honneur et une somme d’argent qui sera déterminée par le jury.
- Ces prix étant réservés aux jardiniers arboriculteurs, horticulteurs et pépiniéristes de profession, les amateurs, les jardiniers des particuliers, les propriétaires de parcs et de jardins d’agrément ne seront pas admis à concourir.
- Des médailles de bronze accompagneront les prix autres que les primes d’honneur mentionnées aux paragraphes i°, 20 et 3°.
- 4° Prix pour les journaliers ruraux
- Des prix d’une valeur totale de i.5oo francs, avec 1 médaille d’or, 2 médailles d’argent grand module, 4 médailes d’argent et 8 médailles de bronze, seront décernés aux journaliers agricoles, vignerons, sériciculteurs, draîneurs, etc., qui auront été reconnus les plus méritants pour leur travail, leur conduite et pour l’ordre, l’économie et la bonne tenue de leur ménage.
- 5° Prix pour les serviteurs à gages
- Des prix d’une valeur totale de i.5oo francs, avec 1 médaille d’or, 2 médailles d’argent grand module, 4 médailles d’argent et 8 médailles de bronze, seront décernés aux serviteurs à gages des deux sexes jugés les plus méritants pour la longueur de leurs services, leur capacité professionnelle et leur conduite.
- Pour prendre part à ces concours, les concurrents devront se faire inscrire à la mairie de leur commune, ou à la sous-préfecture, ou à la préfecture avant le ier mars de l’année qui précède la tenue du concours régional dans le département.
- Ils devront faire connaître par écrit leurs noms, prénoms, domiciles et joindre tous les renseignements et certificats propres à faire apprécier leurs droits aux récompenses mentionnées ci-dessus ; ces pièces annexées devront être déposées en même temps que la demande.
- Il nous semble que les augmentations de primes et de récompenses sont considérables ; elles sont de taille à stimuler le zèle des cultivateurs et à décupler le nombre des candidats.
- Aurait-on pu, de bonne foi, les créer de cette importance en conservant les 12 régions agricoles, et peut-on soutenir sérieusement et sans parti pris que l’agriculture est délaissée et que les encouragements sont supprimés ?
- L’administration de l’agriculture est, tout le monde en est convaincu, plus que jamais soucieuse des grands intérêts dont elle a la garde et la défense; les cultivateurs peuvent, sans crainte, se confier à elle et leur devoir e$t de répondre à son appel toutes les fois que, parleur coopération, ils aideront au progrès de notre grande agriculture nationale.
- C’est dans cette cordiale et puissante entente qu’ils trouveront des moyens pratiques pour lutter efficacement contre la concurrence étrangère.
- Noël Bretagne.
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- Deuxième Année. — N° i.
- LÀ QUESTION ÉCONOMIQUE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 27 décembre i885).
- On a pu voir, par l’exposé rapide que nous venons de faire des contradictions et des vices inhérents à notre système économique, que les plaintes des populations ne sont que trop justifiées. Ce qui peut étonner, c’est que notre agriculture et notre industrie aient pu résister jusqu’à ce jour à un pareil régime. Il n’est pas seulement contraire à la logique et à l’intérêt bien compris de la nation, mais il consacre, en quelque sorte, l’iniquité et l’injustice, en leur donnant une sanction légale. C’est un ramassis d’illogismes, de contradictions et d’abus révoltants. L’impôt frappe à tort et à travers, tandis qu’il écrase les uns sans motif, il ménage les autres et fait preuve, à leur égard, d’une condescendance inexplicable ; il grève lourdement le champ du laboureur, le père nourricier de la société, et il ne prélève pas un centime sur les millions que le riche a placés en rentes sur l’Etat. Cela s’appelle l’égalité devant l’impôt.
- On retrouve à chaque pas dans cette fiscalité, les vestiges et l’esprit du moyen âge qui l’a créée, au profit exclusif d’une caste. Chacune de ses lois semble porter la griffe du despotisme théocratico-féodal. On sent que cette machine compliquée à l’excès a été faite contre le peuple, pour l’asservir, l’exploiter, le pressurer.
- Nos politiciens bavards qui font parade de libéralisme et ont continuellement à la bouche les mots sonores d’égalité, d’émancipation du peuple, de fraternité, n’ont pas encore eu le temps, depuis que la Révolution a détruit la féodalité, de toucher à ce mécanisme qui écrase aujourd’hui le prolétaire, avec la même avidité qu’il a broyé, pendant plus de mille ans, Jacques Bonhomme, le serf. . On dirait qu’ils n’osent porter la main sur ce mécanisme savamment organisé par le despotisme.
- Cessez donc de nous parler de vos soucis pour la classe laborieuse et de votre désir d’alléger les charges énormes sous le poids desquelles elles succombe. Depuis cent ans que le peuple a pris la Bastille et remis ses destinées entre vos mains, qu’avez-vous fait pour lui?
- Au lieu de diminuer progressivement, comme cela devait être, les impôts, au contraire, ont été continuellement en augmentant. Aujourd’hui, sous un gouvernement démocratique, notre budget des dépenses s’élève à la somme fabuleuse de plus de 3 milliards.
- Eh bien! un budget des dépenses de 3 milliards, pour une nation de 36 millions de citoyens, est une chose inique, monstrueuse. Car ils représentent une capitation de plus de 8o fr. par tête; soit 320 fr. pour une famille composée de quatre personnes.
- Comment voulez-vous, dans de pareilles conditions, que l’ouvrier puisse vivre et élever convenablement ses enfants ?
- Ne voyez-vous pas que votre fiscalité si bienveillante et si généreuse à l’égard du riche, est d’une dureté terrible pour le pauvre ; elle le prend à la gorge, l’enveloppe, l’étreint et s’efforce par tous les moyens imaginables de lui faire rendre ce qu’il n’a pas : de l’argent. *
- Nous posons en fait que parmi tous ces impôts et l’on sait s’ils sont nombreux — il n’y en a pas un seul qui ne viole les principes de justice, d’égalité et de proportionnalité.
- Tous, d’ailleurs, ont un caractère commun de dissimulation et de ruse qui répugne. Il est visible que l’on n’ose s’attaquer en face à la bourse du contribuable et prendre ouvertement l’argent dans sa poche ; on s’ingénie, pour nous servir d’un proverbe familier, à trouver le moyen de plumer la poule sans la faire crier.
- . On repousse comme inapplicable la création d’un impôt unique et l’on ne voit pas que toutes ces taxes ne sont, au fond, qu’un impôt uniforme sur la consommation, c’est-à-dire le plus mauvais et le plus impopulaire de tous. Mais leur multiplicité n’a pas seulement pour inconvénient de grever
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- inégalement les produits, souvent aussi ils sont frappés plusieurs fois et de la façon la plus arbitraire. Nous pourrions citer comme exemple l’impôt sur les successions, sur les mutations, etc.
- On objectera que l’application d’un impôt unique ne serait pas sans défaut, puisque les économistes eux-mêmes diffèrent d’avis sur ce point, et flottent indécis entre trois ou quatre systèmes, chacun préconisant le sien comme la véritable panacée.
- Nous ne le contestons pas, mais qu’importe cette divergence d’opinion ! Ce n’est pas une raison suffisante pour condamner a priori l’unité d’impôt et perpétuer les révoltantes iniquités du système actuel. En matière économique, c’est poursuivre une chimère que de rechercher l’absolu ; tout est nécessairement relatif. On ne saurait donc prétendre arriver à l’égalité mathématique dans l’application d’un système fiscal quel qu’il soit; qu’il s’appelle l’impôt sur le capital, l’impôt sur le revenu, ou l’impôt progressif. L’organisation de la société actuelle s’y oppose.
- Il y a dans l’impôt, quelque nom qu’il prenne et quelque forme qu’il revête, un fond d’injustice et une atteinte à la liberté humaine. Cela est incontestable et toutes les fleurs de la rhétorique gouvernementale ne parviendront jamais à obscurcir cette double vérité.
- Mais si l’égalité absolue ne saurait être atteinte, il ne s’ensuit pas qu’elle ne puisse être approchée. Affirmer le contraire, ce serait nier la justice elle-même dont l’égalité est devenue en quelque sorte la formule dans la société moderne. C’est pourquoi c’est un devoir pour le gouvernement, surtout dans un Etat démocratique, de se rapprocherle plus possible de l’égalité dans la répartition des charges publiques.
- On parle chaque jour de réformer l’impôt, tant on est bien convaincu que l’état de choses actuel ne saurait durer longtemps encore, sans aboutir à une catastrophe. On élabore même quelques projets, mais on s’en tient à cela ; on n’ose s’aventurer plus avant ; et l’on a raison au fond, car ces modifications ne serviraient à rien. Ce qu’il faut, c’est transformer l’impôt et non pas seulement le réformer.
- La première question que l’on devrait se poser, avant toutes choses, est celle-ci :
- Peut-on, en conservant l’organisation fiscale actuelle, donner à l’impôt le caractère de proportionnalité qu’il doit avoir, le rendre autant que-possible égal pour tous et dégrever les contribuables sans appauvrir le Trésor et mettre le budget en déficit ?
- Si l’on ne le peut pas, il est inutile de conserver cette organisation ; il faut la transformer.
- La situation est telle qu’on en est réduit à recourir à des expédients pour donner au budget un équilibre fictif et que bientôt on se verra obligé de contracter de nouveaux emprunts qui seront forcément suivis , d’autres après un temps d’arrêt plus ou moins long. N’est-ce pas ainsi que l’on a continuellement procédé depuis une trentaine d’années ? Et cependant la dette publique n’est déjà que trop lourde : toute augmentation ne ferait qu’aggraver la situation et hâter la catastrophe. Tous les efforts, au contraire, doivent tendre à la diminuer, à l’éteindre.
- C’est pourquoi nous disons : il faut absolument réaliser d’importantes économies et diminuer les charges qui écrasent les contribuables.
- Il faut que la proportionnalité de l’impôt cesse d’être une fiction pour devenir une réalité.
- Il faut imposer ceux qui possèdent et ne rien demander à celui qui n’a rien ; c’est-à-dire, en d’autres .termes, il faut que l’impôt soit en proportion des jacultés des contribuables.
- Qui oserait contester cette vérité de droit? Personne, assurément ; elle défie toute critique et toute contradiction. Mais, malheureusement, on a beau prôner la vérité ; elle reste lettre morte, car rien n’est plus difficile que de faire pénétrer une idée juste dans les cerveaux humains.
- On convient volontiers de l’excellence et de l’utilité d’un système ; on reconnaît que son application rendrait de grands services et mettrait fin à de criantes injustices ; mais on se borne à cela ;
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- on se garde bien de faire un pas, une tentative dans ce sens; on préfère suivre tranquillement et avec la même insouciance le chemin facile de la routine. Video meliora proboque détériora sequor ; telle est la devise de notre société blasée et corrompue.
- Des promesses toujours, des actes jamais.
- Cependant, le moment est venu pour elle de sortir de cet optimisme et d’agir ; car un esprit nouveau souffle sur le monde. Les idées de liberté et d’égalité remuent sourdement les masses populaires et leur font entrevoir un autre horizon que celui dans lequel ons’efforce de les tenir enfermées.
- Il est temps, enfin, que commence le règne de la justice et que la protestation si longtemps étouffée de la conscience humaine l’emporte sur l’égoïsme de la prétendue raison d’Etat qui n’est au fond que l’intérêt égoïste de quelques privilégiés.
- Etienne Mansuy.
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- LES LIVRES
- XL
- Les Contemporains. — Etudes et Portraits littéraires. — première série, par Jules Lemaître. — Paris, librairie de H. Lecène et H. Oudin, éditeurs, 1886, 1 vol. in-18.
- La critique, comme nous le disions récemment à propos de l’un de ses plus éminents représentants actuels, M. Ferdinand Brunetière, est un art qui peut- mêler toutes les délicatesses à toutes les finesses, qui est capable de grâce autant que de force, où un homme de talent peut déployer toutes les qualités du talent : l’originalité, l’invention, même la poésie. C’est un art supérieur, non subalterne, quand il est pratiqué dignement. Une époque sans grands critiques, une époque qui n’a plus ni la religion, ni les enthousiasmes, ni les colères du goût est aussi en décadence, .aussi disgraciée, aussi deshéritée qu’une époque où il n’y a plus de grands poètes. Après le plaisir d’admirer, il n’y en a pas de plus grand que celui de savourer les raisons de son admiration. Ces raisons c’est le critique qui les cherche et les donne. Il cherche aussi et il donne les raisons qu’il y a de ne pas admirer. Et c’est-là la cause de la défaveur, sinon du discrédit, dont les rancunes littéraires cherchent à répandre les épines sur sa voie. Quand il loue, on s’en félicite comme d’un hommage dû, l’on ne songe pas même à le remerciër, quand il blâme on s’en prend à lui, on s’en plaint. On crie au voleur comme si l’on était volé. De tout temps les auteurs comme les tuteurs ont eu peur des gens qui. y voient trop clair. L’horreur des réverbères fait partie de la sagesse littéraire, et le succès de tout critique commence par une belle impopularité. Ce n’est pas seulement l’auteur qu’on caresse à rebrousse poil en lui disant ses vérités, c’est le public qui a son siège fait, ne veut pas qu’on le dérange dans ses préventions hostiles ou favorables, qui se rebiffe contre la main qui le dirige comme le taureau sous l’aiguillon, qui n’aime pas le bourdonnement de l’abeille et n’est bercé agréablement dans son rêve d’omnipotence et d’omni-science que par le froufrou de la mouche du coche.
- Eh bien, ces désagréments du plus difficile et du plus exposé à disgrâce des métiers littéraires ne découragent pas certaines vocations obstinées et tenaces d’avertisseurs. Il y a des gens qui, sans convoiter, sans espérer le canonicat sénatorial où Sainte-Beuve, après de si dures expériences faites de la sottise et de l’ingratitude humaine s’endormit d’un sommeil félin et malin qui plus d’une fois encore fit sentir la griffe sous son velours, ont continué sa tradition et se sont partagé son héritage. Parmi ces successeurs, ces héritiers de Sainte-Beuve, ces enfants ou si l’on veut ces neveux de son esprit, j’ai cité, M. Brunetière qui, dans la succession, a pris surtout la part de solide étude, de substantielle et scientifique analyse, de classicisme voluptueux, raffiné, de romantisme tempéré par l’ironie, de franchise parfois brutale et de brusque bonhomie de bourru bienfaisant. Il y avait de cela dans Sainte-Beuve, à certains jours, et il y a de cela dans M. Brunetière.
- Un autre de la famille et de la maison, mais qui a surtout pris la suite des affaires du Sainte-Beuve des bons jours, du Sainte-Beuve jeune, du Sainte-Beuve alerte, primesautier, printanier, à illusions, à passions,_ qui avait traversé la poésie, et dont l'épine.sentit toujours la rose, et dont l’amertume ne fut jamais que du miel aigri, du Sainte-Beuve des libres après dîners, quand il faisait son lundi et jetait aux dîners chez Magny ou aux décanterons chez la princesse sa calotte de velours par-dessus les moulins : cet autre enfin, c’est ce normalien si vivement échappé des succès et des ennuis du professorat, et qui, après avoir prouvé
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- 8. — Deuxième Année. — N° i.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Janvier 1886.
- qu’il savait faire les beaux vers et les jolis vers tout comme un autre qui aurait beaucoup de talent et d’esprit, s’est jeté dans la littérature libre et militante et a bientôt attiré sur son nom l’attention du public, la faveur des lettrés et la haine de quelques victimes : c’est de cela que s’est toujours composé le succès. Le public est un gros monsieur blasé qui aime sa jeunesse dans celle des autres, et ne hait point d’assister, hors de portée des ricochets, à quelque jolie querelle, avec de belles attitudes de bretteur, de belles inspirations d’escrime, de belles blessures de ridicule, ou tout simplement à l’exécution sommaire, sous le balcon de la poésie ou du roman, de quelques sérénadeurs ennuyeux à qui un survenant à l’oreille agacée, à la poigne nerveuse, brise dextre-ment leur guitare sur le dos.
- Eh bien ! mais il n’a pas à se plaindre, le bon public. Ce . voluptueux spectateur des querelles d’autrui, ce dilettante doucereux et féroce emmitoufflé dans sa fourrure, il n’a pas à se plaindre de M. Jules Lemaître qui lui a tour à tour, depuis quelque temps, donné des nouvelles si lestement troussées, d’un naturalisme choisi, comme celui de Marivaux, où passe comme l’écho du rire sec de Mérimée et du persifflage précieux de Stendhal et surtout des portraits littéraires d’une jolie allure, d’un bon ragoût de couleur où le sel gaulois a passé, d’une franchise crâne, et d’une subtile adresse dans l’art d’esquiver la difficulté.
- Il y a à se délecter, pour quiconque a le palais littéraire un peu fin, dans ces pages où sourit la belle humeur d’un esprit sagace qui excelle à aiguiser en mille' détails de ressemblance maligne la flèche du mot décisif, de la note jcaractéristique. Quand on a lu et essayé de pénétrer, par un intime commerce, les poètes comme Théodore de Banville, Sully Prudhomme, François Coppée, Edouard Grenier, les romanciers comme Emile Zola, Guy de Maupassant, Georges Ohnet, les critiques comme Brunetière, les philosophes comme Renan, on est étonné et ravi de trouver son impression éclairée et résumée dans un jugement qui n’a rien d’étroit, qui a toutes les compréhensions et toutes les libertés, qui a le double mérite d’exprimer à merveille tout ce que le critique pense, et de laisser deviner tout ce qu’il ne dit pas. L’auteur use, sans en abuser, de sa connaissance personnelle des modèles. Il n’est malin, et il l’est souvent,_ que dans la mesure où il faut l’être pour être juste. Il fait toucher du doigt les défauts et les qualités. Sur Zola, par exemple, il est le premier à dire tout ce qu’il faut, à rendre justice et même hommage à la puissance grossière, mais réelle de l’écrivain, à faire la part de ce qu’il y a à la fois de systématique et d’instinctif, de large et d’étroit, d’artificiel et de naturel, dans cet apôtre du naturalisme qui est moins observateur et'plus poète qu’Alphonse Daudet. L’article sur Renan est un petit chef-d’œuvre d’ironie douce sur ce sceptique transcendental qui a trouvé moyen de demeurer gai dans le doute qui rend tant d’autres tristes. L’article sur Georges Ohnet et ce romantisme bourgeois aux hardiesses tempérées, aux audaces prudentes, qui n’est qu’un prudhommisme supérieur, est une des plus belles volées dê bois vert de ce temps. Il y a dans M. Jules Lemaitre un critique de premier ordre, sans prétention pé-dantesque ni magistrale. Et il ne nous déplaît point non plus d’y trouver parfois un poète désabusé, qui se venge et rit impitoyablement de ceux qui n’ont pas su le faire pleurer.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- LES POSSESSIONS HOLLANDAISES D’OCÉANIE
- IMPORTATION D’iNSTRUMENTS AGRICOLES. — MODES
- d’achat.
- Le consul des Etats-Unis à Batavia fournit à ce sujet les informations suivantes:
- Le sol de Java est très productif et les instruments les plus primitifs servent à sa culture. Le caractère primitif de ses instruments est au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer, au point qu’une hache est une rareté chez les indigènes de ce pays, quoique ce soit un instrument facile à se procurer.
- L’importation des instruments et des outils agricoles se fait entièrement, on peut le dire, par l’Europe. L’Angleterre et l’Allemagne ont la plus grosse part de ce s affaires ; toutefois les fournitures faites par ces deux pays n’ont pas reçu ici un accueil très favorable, puisqu’un outil étranger y est tout à fait rare. D’autre part, les machines employées pour la fabrication du sucre ou la manipulation du café et du thé, qui sont un peu compliquées, sont toutes importées ; toutefois on voit encore des machines simples faites dans le pays sur des modèles étrangers ; mais la différence est très apparente.
- Voici comment on pourrait introduire à Java des machines américaines : Il est inutile de faire séjourner un agent dix ou quinze jours à Batavia
- à Samarang ou à Sourabaya, pour étudier la situation du marché et repartir ensuite. Un agent devrait rester quatre à six mois et voyager dans le pays en se rendant compte des besoins de chaque région. Il saurait au bout de quelque temps ce qui convient à cette population et pourrait envoyer à sa maison des échantillons des objets demandés avec des indications. Puis, il pourrait ouvrir une sorte de magasin d’échantillons où les instruments pourraient être examinés, mis en mains par les marchands chinois et il est certain que si les prix sont raisonnables, les résultats compenseront largement un pareil mode de procéder.
- Les achats se font ici généralement à crédit ; on accorde de 3o jours à 6 mois et quelquefois 9 mois. Quelques maisons ne font qu’au comptant ou, exceptionnellement, accordent 3o jours. Assurément, les affaires au comptant ne seront jamais aussi nombreuses que celles à crédit ; mais en raison des risques qu’on peut courir en traitant avec les Chinois et les indigènes il semble préférable de faire moins d’affaires mais traiter au comptant.
- GRÈCE
- ' USAGES COMMERCIAUX
- On lit dans le Monatsschrifs fur den Orient que les règlements se font généralement au Pirée Athènes, au moyen d’acceptation de traites à 3 ou 4 mois ; l’encaissement s’opère soit par des maisons de banque, soit par des commissionnaires. L’emploi des banques est moins avantageux que celui des commissionnaires, parce que ces derniers connaissent mieux les clients. Ils perçoivent selon les articles de 2 à 5 0/0 pour réception des commandes, renseignements sur le client, encaissement et remise des fonds. Les achats au comptant sont rares. Les planches, les douves, les graisses, se règlent généralement au comptant.
- ESPAGNE
- LA CONCURRENCE ALLEMANDE SUR LES MARCHES ESPAGNOLS
- A propos de l’état de crise permanente qui se manifeste dans les grands centres producteurs et oblige tous les industriels à chercher au dehors la vente de leurs produits, le consul de Belgique à Barcelone adresse à ses compatriotes les conseils suivants :
- « Dans la lutte engagée à ce sujet, les Allemands se^distinguent principalement. Ils sont parvenus grâce à une persévérance que rien ne décourage, à_ introduire partout, en Espagne surt®ut, leurs divers articles manufacturés, la plupart presque inconnus auparavant, et cela malgré la routine et en dépit d’une concurrence acharnée. Ils se sont d’abord appliqués à faire connaître leurs marchandises, en opérant des rentes insignifiantes; ils sont arrivés ensuite par une étude profonde et un travail incessant à supplanter leurs rivaux et parfois à s’emparer du marché.
- « C’est de leur esprit de suite que nous voudrions voir s’inspirer nos compatriotes. Ceux-ci devraient se convaincre que, pour atteindre un but, il, faut le poursuivre avec acharnement, que pour élargir le cercle de leurs opérations, il est indispensable d’étudier les éléments et les nécessités des marchés, de s’exposer à quelques contrariétés et à de légers sacrifices.
- « Il est nécessaire de bien comprendre qu’il est impossible d’arriver à se créer une clientèle sur un marché battu, où affluent toutes les productions de l’univers, sans beaucoup de constance et que des tentatives périodiques ou passagères ne conduisent à rien. Placer l’article d’un producteur inconnu, à moins de conditions toutes spéciales, n’est pas certes chose facile; pour réussir il faut déployer une ferme volonté, une patience infatigable et se résigner d’avance à quelques délais et tâtonnements. Le succès final sera la légitime compensation de tous les ennuis.
- « Bien souvent, j’ai insisté sur la nécessité de s’abstenir d’envoyer en Espagne des produits défectueux ou autres que ceux demandés, car on s’expose à les garder pour compte et comme les droits d’entrée et autres frais sont très élevés, il est impossible de les faire retourner, et il faut les réaliser avec une grande perte.
- « Pour acquérir une clientèle dans ce pays, on doit absolument :
- « i° Livrer de la bonne marchandise;
- « 20 Veiller à la parfaite conformité de celle-ci avec les échantillons choisis ;
- « 3° Exécuter les instructions reçues avec beaucoup d’exactitude. »
- JAPON
- ENVOI D’ÉCHANTILLONS DE PAPIER ET PAPIER-CUIR
- N- 416. Le gérant du consulat de France à Yokoama a adressé une collection d’échantillons
- de papier et papier-cuir sortant de la fabrique impériale japonaise de l’Insetou-Kioka.
- Chaque feuille porte en yen (4 fr. à 4 fr. 5o, suivant les cours) l’indication de la valeur du papier, prix net de la marchandise prise en fabrique.
- Les papiers dont il s’agit sont faits avec des écorces d’arbres particuliers au Japon. Ils sont solides et résistants et ont un brillant spécial.
- Les papiers blancs, propres à toute espèce d’impression, peuvent être utilisés pour des travaux de luxe, en calcographie, typographie et lithographie ; les papiers de couleur, imitation cuir, sont d’un excellent usage pour la reliure et les papeteries en général.
- Ces échantillons sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce, 244, boulevard Saint-Germain (direction du commerce extérieur, Bureau des renseignements commerciaux).
- -- —--a— ** 'm' ^ —ETil- ------
- LES THÉÂTRES
- Châtelet. — La]Guerre, pièce à) grand spectacle, en cinq actes et neuf tableaux, de MM. Erckmann-Chatrian.
- Théâtre des Nouveautés. — Les Nouveautés de Paris, revue de l’anne'e, de MM. Wolff, B lu ni et Toché.
- Le nom d’Erckmann-Chatrian sur une affiche de théâtre peut à lui seul attirer le public parce que l’on,entrevoit toujours le patriote dans la peau de ces deux frères d’armes incarnés l’un en l’autre depuis longtemps. Demandez aux éditeurs combien ils ont encaissé de bel argent français avec les romans patriotiques de ces deux Alsaciens. Le drame du Châtelet n’aura peut-être pas le succès du Juif Polonais, mais on voudra le voir pour deux raisons : parce qu’il est écrit par Erckmann-Chatrian et monté par M. Floury, un de nos premiers metteurs en scène et un prodigue en fait de décors, de costumes, de trucs et d’accessoires. Tout ce qu’il faut pour plaire à l’insatiable public, en.un mot !
- Nous souhaitons sincèrement à M. Floury de mériter le nom d’Invincible tout comme Souvarot, un des héros de la Guerre, et de vaincre comme cet autre héros, Massena. Et il vaincra.
- Cette pièce, essentiellement militaire, nous représente Souvarot marchant à la tête des armées russes remportant des avantages sur les Français à Cassano repoussant Macdonald et les bataillons de Joubert et s’apprêtant à traverser la Suisse pour arriver jusqu’à Paris. Mais Massena coupe Souvarot dans les défilés du Saint-Gothard et met en fuite le vieux feld-maréchal qui ne comptait pas sur la présence de « l’Enfant chéri de la victoire » ainsi que l’avait baptisé Napoléon.
- . Vous voyez que sur cette donnée Erckmann-Chatrian ont pu décrire une belle épopée et le directeur du Châtelet construire- l’édifice de la plus belle des mises en scène.
- Ceux qui aiment respirer l’odeur de la poudre feront bien d’aller au Châtelet ; ils y prendront en même temps de rudes leçons de batailles
- L’interprétation est excellente dans son ensemble. Dailly, dans un rôle de vieux juif, est applaudi malgré les sentiments antipathiques qu’il inspire ; mais le public aime tant son Dailly 1 MM. Deshayes, Barbe, Bouyer, Jorge, jouent leur rôle avec talent et comprennent la mesure qu’ils doivent garder ; cela est très difficile dans les mélodrames militaires.
- Grand succès également pour Mmes Duguerret, Deshayes et Destrées. C’est avec plaisir que nous avons revu Mlle Destrées que nous avions applaudie il y a quelques mois et à laquelle nous reconnaissions un talent accompli. Nous nous étions trompés : Mlle Destrée s’est encore perfectionnée et a dépassé notre appréciation d’autrefois en se montrant comédienne distinguée et parfaite. Cette artiste a bien le sentiment de son difficile métier.
- La revue du théâtre des Nouveautés, donnée le même jour qu’un grand événement politique s’accomplissait au parlement, pouvait redouter les préoccupations du monde des premières; il n’en a rien été, au contraire. Le dénouement de la séance du Congrès a peut-être même porté bonheur à l’entreprise de MM. Wolff, Toché et Blum.
- Je l’ai dit souvent ici, on ne raconte pas une revue; mais je puis dire que les Nouveautés de Paris se sont terminées au milieu des applaudissements de la salle entière, grâce surtout à ses interprètes. Berthelier a là-dedans une chanson du Carillonneur et un rondeau qui feraient à eux seuls le succès de la revue, si les auteurs n’avaient également saupoudré de leur esprit habituel ces scènes fort agréables à entendre.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ArtRAULT et Cis, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 10 Janvier 1886.
- NUMÉRO 54.
- SOMMAIRE
- 1. Exposition d’Anvers : Nominations ; 2. Exposition d’Anvers • Les décorations; 3. Ministère de l’agriculture; 4. Exposition de l’outillage des travaux publics ; 5. Echos ; 6. Extraits d’un rapport deM. le comte de Sainte-Foix; 7. L.es Livres; 8. Avis commerciaux ; 9. Les Théâtres.
- Dans les nominations au grade de chevalier de 1b Le'gion d’honneur, insérées dans notre dernier numéro, il y a lieu de faire les rectifications suivantes :
- Au lieu de : « Chapu (Michel), fabricant de pâtes alimentaires à Paris »,
- Lire : « Chapu (Pierre-Augustin) ».
- Au lieu de : « Tirard (Charles), fabricant de chapeaux de laine à Paris »,
- Lire : « Tirard (Clément) ».
- EXPOSITION D’ANVERS
- NOMINATIONS
- DANS LJORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- MINISTÈRE DE L’iNSTRUCTION PUBLIQUE, DES BEAUX-ARTS ET DES CULTES
- Sont promus ou nommés :
- Au grade d’officier
- MM.
- Delaplanche (Eugène), sculpteur. Prix de Rome 1864. Médailles : 1866, 1868, 1870. Médaille d’honneur 1870. Médaille ire classe, Exposition universelle 1878. Hors concours. Chevalier de 1876. Exposant à Anvers.
- Gaillard (Claude-Ferdinand), graveur. Prix de Rome 1856. Médailles : 1867, 1S69 ; ir~ classe 1872 ; ire classe Exposition universelle 1878. Hors concours. Chevalier de 1876. Rappel de médaille d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Au grade de chevalier
- MM.
- Comerre (Léon-François), peintre. Prix de Rome 1875._ Médailles : 3e classe 187b ; 2e classe 1881. Médaille d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Le Blant (Julien), peintre. Médailles : 3e classe 1878 : 2 «y classe 1880. Médaille de ire classe à l’Exposition d’Anvers.
- Carlier (Emile - Nestor- Joseph), sculpteur. Médailles ; 2e classe 1879 7 ireclasse 1883. Rappel de médaille d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Roty (Louis-Oscar), graveur en médailles. Prix de Rome 1875. Médailles: 3e classe 1873; 2e classe 1882. Médaille de ire classe à l’Exposition d’Anvers.
- Bernier (Stanislas-Louis), architecte. Prix de Rome 1872. Médailles: 3e classe 1878 ; ire classe 1878 (Exposition universelle). Médaille d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Boussod (François-Léon), éditeur d’estampes. Diplôme d’honneur à l’Exposition d’Anvers.
- Grus (Joseph-Léon-Daniel), éditeur de musique. Diplôme d’honneur à Amsterdam. Deux médailles d’or à l’Exposition d’Anvers.
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE
- Sont nommés :
- Au grade de chevalier
- MM.
- Jersaillon, viticulteur à Oran, vice-président du comice agricole d’Oran. A obtenu un diplôme d’honneur à l’exposition universelle d’Anvers pour ses vins.
- Joret, membre de la société nationale d’horticulture, membre du jury international d’Anvers. Créateur du commerce d’exportation des fruits et primeurs de France dès 1842.
- Parry (Louis), agriculteur à Limoges. Lauréat de deux premiers prix à l’Exposition universelle d’Anvers. Nombreuses récompenses dans les concours et les Expositions pour ses animaux.
- Salomon, viticulteur à Thomery (Seine-et-Marne). Membre du jury international à l’Exposition d’Anvers. Lauréat d’un prix d’honneur pour ses collections de raisins.
- Weber, vétérinaire à Paris. Membre du conseil supérieur de l’agriculture, président de section à l’Exposition universelle d’Anvers.
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- EXPOSITION D’ANVERS
- LES DÉCORATIONS
- Elles ont enfin paru au Journal [officiel les noiûinations si impatiemment attendues ! La liste dressée par le ministre du commerce a été très favorablement accueillie dans le monde industriel. M. Dautresme a su s’affranchir du joug qui pesait sur ses prédécesseurs : nous ne saurions trop l’en féliciter. Que l’on nous permette de reproduire ici quelques lignes que nous écrivions dans ce journal au mois d’août dernier, dont les appréciations ont été, d’ailleurs, de tout point confirmées par le rapport de M. Alfred Naquet, sénateur. Voici ce que nous disions :
- Quand on lit dans le Journal officiel : « A l’occasion de l’Exposition internationale de ......,
- le gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre national de la Légion d’honneur des nominations et promotions, etc... », on est en droit de croire que les récompenses seront décernées aux industriels exposants qui seront allés à l’étranger montrer leurs produits et prouver que la France tient toujours le premier rang dans les luttes pacifiques. — On se trompe absolument. — Les récompenses sont d’abord décernées aux membres des commissions, aux membres des commissariats, aux membres du jury, puis, enfin, dans une faible mesure, aux exposants..........................
- Sans nous livrer à des personnalités, nous nous permettrons encore une fois de penser que c’est là un vrai scandale quelle que soit la valeur courante de l’adage : a. Primo mihi ». C’est aller contre la loi. Et qui pourrait, d’ailleurs, expliquer comment le fait d’avoir passé quelques mois dans un bureau de commissariat constitue davantage un droit à la décoration que le fait d’avoir été attaché durant quelques mois à un ministère quelconque. Et, notez bien qu’on prive de ces croix ceux-là mêmes auquel s’offre une occasion très rare, peut-être unique, de recevoir la récompense méritée par de longues années de travail industriel et commercial, par d’utiles inventions, par des sacrifices sérieux faits en l’honneur du nom français.
- Voyons maintenant ce qui s’est passé à Amsterdam pour le jury.
- A l’occasion de cette Exposition, le gouvernement fut autorisé, par une loi en date du 10 août 1883, à faire dans l’ordre de la Légion d’honneur, en dehors des dispositions restrictives de la loi du 25 juillet 1873, des nominations et des promotions dont le nombre ne pouvait dépasser :
- 2 croix de commandeur;
- 5 croix d’officier ;
- 5o croix de chevalier.
- Les deux croix de commandeur ont été accordées au président de la commission et au commissaire général. — Un seul exposant fut fait officier: ce fut M. Christophe.
- Les autres croix furent données à des membres du jury et de la commission.
- Nous n’avons connaissance que de 45 croix de chevaliers accordées et qui sont réparties comme suit :
- Aux membres de la commission, du jury, du
- commissariat, etc............ 24 nominations.
- Si nous ajoutons les 6 nominations précédentes (commandeur et officier)...... 6 —
- Nous arrivons au total de ... 3o nominations. Contre..................... 22 —
- faites en faveur de simples exposants.
- Il résulte de tout cela que les exposants veulent être membres du jury pour être décorés.
- Quand une exposition s’organise, on invite les exposants à y prendre part. Certains industriels ont eu tous les diplômes d’honneur et toutes les médailles aux dernières expositions ; par suite, ils ont étendu leurs relations, et sont arrivés à une situation qui les met au-dessus des avantages commerciaux que peut rapporter une exposition. Ils s’inquiètent donc fort peu de prendre part à une exposition comme celle d’Anvers ou d’Amsterdam. Que se passe-t-il alors ? Pour mieux l’expliquer nous allons prendre deux maisons connues qui, jusqu’à présent, ont obtenu de nombreuses récompenses à toutes les expositions, et dont les directeurs, malgré leur mérite incontestable, ne sont pas encore décorés ; la première est la maison Bréant (châles) la deuxième est la maison Prévet (produits alimentaires). — Les délégués insistent pour que M. Bréant expose, en lui disant ; « Vous entraînerez sûrement les autres fabricants. » — « Oui, répond M. Bréant, mais à une condition, c’est que je serai membre du jury. » — De même chez M. Prévet. — Pourquoi donc ces messieurs veulent-ils être membres du jury ? Parce que, depuis le temps qu’ils exposent, ils voient les croix destinées aux exposants décernées aux membres du jury ! Ils veulent, eux aussi, faire partie du jury, et ils seront décorés _ non comme exposants, mais comme membres du jury.
- Cela est absurde, mais MM. Prévet et Bréant ont absolument raison de penser de la sorte.
- Nous avions pris ces deux noms au hasard : M. Bréant figure dans la nouvelle promotion et M. Prévet, qui a été décoré il y a quelques mois, a été élu député aux dernières élections. C’est lui qui a été nommé rapporteur de la Commission chargée d’étudier le projet de loi mettant à la disposition du ministre du commerce les croix d’officier et de chevalier pour l’Exposition d’Anvers.
- Examinons les nominations parues la semaine dernière à Y Officiel (croix de chevalier, ministère du commerce). Nous trouvons les catégories suivantes :
- |o EXPOSANTS HORS CONCOURS
- MM.
- 1. — Bariquand ;
- 2. — Bréant;
- 3. — Chapu ;
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- io. — Deuxième Année. — N° 5q.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Janvier 18S6
- MM.
- 4. — Davoust ;
- 5. — Foucher ;
- 6. — Fromage ;
- 7. — Kolb-Mercier ;
- 8. — Moricelli ;
- 9. — Tresca.
- 2» EXPOSANTS AYANT OBTENU UN DIPLOME D’HON-
- NEUfi A ANVERS ET D’AUTRES RÉCOMPENSES
- AVANT 1885.
- MM.
- 1. — Aubron ;
- 2. — Bardon ;
- 3. — Blondel ;
- 4. — D eut s ch ;
- 5. — Ducrétet ;
- 6. — Expert-Besançon;
- 7. — Goumas ;
- 8. — Harinkouck ;
- 9. — Ilottots ;
- 10. — Huret-Lagache ;
- 11. — Jumeau;
- 12. — Manhès ;
- 13. — Marrou ;
- 14. — Michaud;
- 15. — Sibut ;
- 16. — Tirard ;
- 17. — Parenty ;
- 18. — Vian.
- 3° EXPOSANTS AYANT OBTENU DES MÉDAILLES
- D’OR A ANVERS ET D’AUTRES RÉCOMPENSES
- AVANT 1885.
- MM
- 1. — Allart ;
- 2. — Boivin ;
- 3. — Brunon ;
- 4. — Gharaire ;
- 5. — Charpentier;
- 6. — Du ru ;
- 7. — Grebert-Borgnis ;
- 8. — Hugo ;
- 9. — Legrand ;
- 10. — Vaillant;
- 11. —- Viardot.
- 4° MEMBRES DU JURY ET DÉLÉGUÉS ADJOINTS A LA COMMISSION D’ORGANISATION
- MM.
- 1. — Vallet ;
- 2. — Wolff.
- 5° MEMBRES DU JURY
- MM.
- 1. — Descat ;
- 2. — Rousseau.
- MM. Vallet et Wolff n’étaient pas exposants ; mais en leur qualité de délégués adjoints ils ont contribué à l’éclat des sections du papier et des fils de tissus de lin, qui étaient si brillantes à l’Exposition d’Anvers.
- MM. Rousseau et Descat étaient-ils exposants ? Nous n’avons pas pu trouver leur nom sur le catalogue de la section française.
- En résumé, il est aujourd’hui un fait établi : c’est que les industriels n’ont plus à se préoccuper que d’une seule chose : préparer de belles expositions. Quand ils auront obtenu un certain nombre de diplômes et de médailles, ils pourront être décorés sans être obligés, comme par le passé, de se faire nommer membres du jury.
- Il est bien évident que sans le rapport de M. Prévet, qui a peut-être bien été un peu inspiré par M. Dautresme, et sans l’arrivée de ce dernier aux affaires, nous eussions encore eu les -mêmes abus qu’à Amsterdam. Nous avions signalé cet écueil dans nos articles écrits à Anvers l’an dernier, articles qui avaient eu le don de déplaire au commissariat français, bien que nous n’ayons jamais avancé quoi que ce soit qui ne fut absolument exact.
- Nous nous empressons, d’ailleurs, de reconnaître que les appréciations qui précèdent ne s’appliquent nullement à l’honorable commissaire de 1 Exposition coloniale française, M. Albert Grodet. Par son initiative, son
- habileté et son énergie, il est arrivé à organiser, lui-même, une exposition qui a eu un succès éclatant. Tout le monde, à Anvers, a reconnu que le pavillon des Colonies françaises était (passez-nous l’expression) le clou de l’Exposition. On peut dire que M. Albert Grodet a été un véritable exposant.
- Il est arrivé, d’autre part, à se créer dans les jurys une situation hors de pair : président du jury de deux classes, vice-président du jury de trois groupes, membre du jury supérieur, il a rendu à tous les exposants français des services incontestables. Enfin, il a publié les Notices coloniales, l’œuvre la plus complète qui ait paru sur les colonies françaises et que le jury a récompensé d’un diplôme d’honneur.
- Pour ces motifs, M. Albert Grodet a tous les droits voulus à une distinction spéciale du gouvernement de la République. Les exposants y applaudiront sans aucune exception.
- Ii.-F. Cabirau.
- MINISTERE DE L’AGRICULTURE
- NOMINATIONS
- DANS L’ORDRE DU MÉRITE AGRICOLE
- MM.
- Asset (Jacques-Eugène), apiculteur à Sèvres. Nombreuses récompenses dans les concours.
- Baquet (Alfred-Thomas), maire de Vesly (Eure). Les importantes améliorations qu’il a apportées à l’outillage de l’industrie beurrière, lui ont valu de nombreuses récompenses dans les concours régionaux de France et à l’étranger.
- Bassin (Remy), propriétaire-agriculteur, maire d’Entraigues_ (Puy-de-Dôme), membre de la société d’agriculture du département, propagateur de la culture de la pomme de terre dans les cantons d’Ennezat et de Maringues.
- Bilbaut (Théophile), conservateur adjoint de l’exposition permanente des colonies, auteur de nombreuses publications sur l’agriculture coloniale française à la dernière exposition de Beauvais.
- Blettery (François), propriétaire-éleveur à Saint-Vincent-de-Reins (Rhône). Application de méthodes nouvelles de culture. Nombreuses et importantes récompenses obtenues dans les concours. >
- Bouchard des Landelles (Auguste), cultivateur à Sotteville (Manche). Nombreuses récompenses dans les concours; q5 ans de service.
- Choquet (Alfred-Louis), ingénieur de la société des anciens établissements Gail. Services rendus à la technologie agricole.
- Courtiller (Zacharie), conseiller général de la Sarthe, fondateur et président de la société des agriculteurs de la Sarthe. A obtenu plus de cent récompenses dans les concours pour ses travaux de défrichement et de drainage. Lauréat de la prime d’honneur de la Sarthe en 1871.
- Devès (Jacques), vétérinaire à Aurillac, propagateur de la méthode préventive de la vaccination charboneuse.
- Fabre (Georges-Auguste), ancien élève de l’école polytechnique, inspecteur des forêts à Alais (Gard).
- Fichet (Amédée-Eugène), maire et président du comice agricole de Pré-en-Pail (Mayenne), dont il est le fondateur.
- Fortin (Célestin), jardinier en chef de la ferme-école des Plaines (Corrèze). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Fougnon (Georges,), propriétaire - horticulteur, ancien professeur d’agriculture à l’école normale de Mâcon.
- Gai (Pierre-Léonce), viticulteur à Duras (Lot-et-Garonne). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours et les comices pour ses améliorations agricoles.
- Garet (Charles-Prosper), horticulteur-paysagiste à Rouen, organisateur des parcs et jardins de l’exposition de _ Rouen en 1884, lauréat dans diverses expositions.
- Giraud (Pierre-Jacques), propriétaire, maire d’Ol-met, président du conseil d’arrondissement de Thiers. Lauréat dans les concours et expositions.
- MM.
- Girodet (Alphonse), maire d’Is-sur-Tille (Côte-d’Or). À obtenu de nombreuses récompenses dans les concours et notamment à l’Exposition universelle de 1878.
- Lamarque (Aristide), garde général des forêts à Parentis-en-Born. Travaux importants pour l’ensemencement et la fixation des dunes de Gascogne..
- Lasseron (Olinde), éleveur de volailles à Paris. Nombreuses récompenses obtenues dans les concours en France et à l’étranger, entre autres une médaille d’or à l’exposition d’Amsterdam en 1884 et 4 premiers prix au dernier concours général de Paris.
- Lertora (Jean), propriétaire à Sartène. Améliorations apportées à la culture de la vigne.
- Mahieu (Horace), agriculteur-éleveur, maire d’Enquin (Pas-de-Calais). Dirige une des plus importantes exploitations agricoles de la région. Nombreuses récompenses dans les concours départementaux et régionaux.
- Maringe (Charles), propriétaire-éleveur, maire de Champlin (Nièvre). A donné un grand essor à l’élevage du bétail dans la vallée de la Nièvre.
- Mauperin (Alphonse-J.-B.), médecin-vétérinaire à Vignory (Haute-Marne), professeur à l’école pratique d’agriculture de Saint-Bon, membre du jury dans les concours.
- Moulin-Gand (Gilbert), cultivateur à Mazerier (Allier). A puissamment contribué à la propagation des meilleures méthodes de culture dans sa région.
- Nicolle (Amédée). Nombreuses et importantes publications hippiques.
- Peronnet, conseiller général, président de la société d’agriculture de Roanne. Organisation du comice agricole de Saint-Symphorien-de-Lay, dont il a dirigé les travaux pendant 2 5 ans.
- Perrot (François), cultivateur à Brichambeau, près Nancy. Création de houblonnières. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Prieur (Jean), ancien instituteur à Epannes (Deux-Sèvres). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours et expositions.
- Prunier (Alexandre-Henri), agriculteur à Fran-conville (Seine-et-Oise), membre du jury dans diverses expositions. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Renard (Jules), directeur de l’exploitation de la terre de Bellecour (Loiret), ancien sons-directeur de la ferme-école de Laumoy. Nombreuses récompenses obtenues dans les concours.
- Reuss (Louis-Henry-Eugène-Albert), inspecteur adjoint des forêts, professeur du cours d’aménagement à l’école forestière.
- Roidot (Pierre), instituteur public à Chenay-le-. Ghâtel. Professe l’enseignement agricole dans la classe, dans les fermes et dans un jardin modèle qu’il a créé pour l’enseignement pratique à ses élèves.
- Téton (Pierre-Auguste-Emile), à Rennes, membre de la société d’agriculture. d’Ille-et-Vilaine, secrétaire de la société des courses de Rennes, dont il a été l’organisateur.
- Thimel (Etienne) agriculteur à Argenton-sur-Creuse. A obtenu les plus hautes récompenses dans les concours, notamment la prime d’honneur au concours régional de Châteauroux en 1882.
- Thouvenin (Auguste-Nicolas), jardinier en chef des parcs du palais.de Versailles, lauréat dans diverses expositions horticoles.
- Vassillière (Frédéric-Louis-Auguste), professeur départemental d’agriculture de la Gironde.
- Vermond (Hippolyte-Alphonse), agriculteur-éle-
- . veur à Péronne. A obtenu près de cent prix dans les concours régionaux ou comices agricoles.
- Villain (L.), vétérinaire-inspecteur, chef de service de la boucherie'de Paris, membre du jury au concours d’animaux gras de Paris.
- Aubert (Louis-Jean-Jacques), licencié ès-sciences, inspecteur de l’enseignement agricole. Auteur de plusieurs publications agricoles. Président du comice agricole de Brives.
- Audoynaud, professeur de chimie à l’école d’agriculture de Montpellier.
- Bernier, maire de Villeboin, trésorier du comice agricole de Loches (Indre-et-Loire).
- Boinette (Alfred), viticulteur à Bar-le-Duc (Meuse). Membre du jury de plusieurs concours régionaux. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Bollet-Donat, maire de Boncins (Ain). Auteur de nombreuses publications agricoles.
- Bonifas-Lacolombié (Louis-Edouard), agriculteur à Bez (Tarn); secrétaire général du comice de Brazac.
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- Deuxième Année. — N° 5q.
- MM.
- Bouchet (Georges-Léon), -agriculteur à Gurcy-le-Châtel (Seine-et-Marne), conseiller d’arrondissement. Nombreuses récompenses dans les concours.
- Brousse (Jean), vétérinaire à Mur-de-Barrez (Aveyron). Nombreux travaux relatifs à la science vétérinaire.
- Crampagne (Jean-Victor), propriétaire-cultivateur à Bonnac (Ariège). Nombreuses récompenses dans les concours pour ses produits.
- Cuvier (Gustave), président du comice agricole de Montbéliard (Doubs). A présidé pendant dix ans l’association syndicale de la prairie de Sel on court et a fait preuve, dans ces fonctions, de zèle et de dévouement.
- Deharveng Derkenne, agriculteur à Feignies (Nord), secrétaire de la société d’agriculture d’Avesnes. Lauréat dans les concours.
- Delbosc, docteur en médecine, propriétaire-agriculteur à Tcillet (Tarn).
- Delor (Emile), agriculteur ; membre du conseil général du Sénégal.
- Dugué (Jacques-Alexandre), professeur départemental d’agriculture d’Indre-et-Loire.
- Dumas (Pierre-Baptiste-Augustin), conseiller général de la (Haute-Loire), maire de Seneujols.
- Etienbled, ancien répétiteur à l’école d’agriculture de Grignon. Services rendus à l’exposition internationale agricole d’Amsterdam.
- Gindre Malherbe (Pierre-Antoine-Aristide), propriétaire-agriculteur à Champignelle, près Cham-pigny (Seine), membre du jury des concours généraux d’animaux vivants dé 1876 à 1880. A obtenu plusieurs récompenses aux concours régionaux ; 2 5 ans de services.
- H enriet (Victor-Frédéric) , ancien vétérinaire militaire à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Henry (Adolphe), fabricant d’instruments agricoles à Dury-lès-Amiens (Somme). Nombreuses récompenses en France et à l’étranger.
- Jautard , propriétaire-agriculteur à Mostaganem (Oran), a créé à Inkermann une importante propriété où il a fait emploi de meilleures méthodes de culture.
- Korper (Georges) , aide-vétérinaire militaire ; chargé par le ministre de la marine et des colonies, d’une mission agricole et zootechnique au Sénégal.
- Laffargue (François), constructeur-mécanicien, à Prayssac (Lot). A puissamment contribué au développement de l’agriculture dans le département par les perfectionnements qu’il a introduits dans la confection des instruments agricoles.
- Latouche (Emile-Victor), à Pontoise (Seine-et-Oise).
- Letellier, membre de la chambre de commerce de Bône (Algérie), propriétaire-viticulteur de l’Oued-Kouba. Un des promoteurs de la culture de la vigne en Algérie. A obtenu plusieurs récompenses pour ses vins dans divers concours et expositions en France et en Algérie.
- Martial (Alexandre), agriculteur à Beaubreuil (Haute-Vienne) ; membre de la Société des
- agriculteurs de -France;, vice-président du Comice agricole de Limoges depuis 11 ans. A obtenu plus de 3oo récompenses dans les concours et comices.
- Nadaud (Aristide), agriculteur à Dun-le-Palleteau (Creuse). Travaux de désséchement (et créations de prairies. Les succès qu’il a obtenus dans l’élevage lui ont fait décerner de nombreuses récompenses dans les comices et concours agricoles.
- Poupon, docteur-médecin à Paris. Auteur de nombreuses publications agricoles.
- Raguet, conducteur des ponts et chaussées en Algérie. Travaux de reboisement en Algérie.
- Rapin (Louis), cultivateur à Granges-de-Plom-bières (Vosges), membre du comice agricole de Remiremont. A réalisé dans sa propriété des améliorations importantes qui lui ont valu plusieurs récompenses.
- Recordon (Gustave-Henri), médecin vétérinaire à Corbeil (Seine-et-Oise). Auteur de nombreuses publications sur la médecine vétérinaire et l’agriculture. Doyen du conseil d’hygiène de l’arrondissement de Corbeil.
- Riverain (Alphonse), vice-président du comice agricole de Vendôme, agriculteur à Areines (Loir-et-Cher). Nombreuses récompenses obtenues dans les concours.
- Sinoir (Magloire), agriculteur à Fontaine-Couverte (Mayenne). Travaux importants de drainage et de dessèchements. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- MM.
- Taponnier (Paul), agriculteur, maire d’Orchamps (Haute-Savoie). Nombreuses récompenses dans les concours.
- Volmy (frère Didier-Marie), directeur de l’école de Ploërmel au Sénégal.
- Warot (Xavier-Henri), agriculteur à l’Arba (Algérie). Exploite deux fermes importantes qu’il a entièrement transformées par des plantations de vignes et d’arbres fruitiers.
- EXPOSITION
- DE
- L’OUTILLAGE DES TRAVAUX PUBLICS
- Lundi dernier a eu lieu à la salie des États, au Louvre (Pavillon de Flore), l’ouverture de l’exposition de l’outillage des travaux publics. Elle a été organisée par le syndicat des entrepreneurs avec le haut patronage de M. le ministre qui avait même promis de présider la séance d’inauguration. Les préoccupations du moment l’empêchèrent d’assister à cette cérémonie et M. Ferdinand de Lesseps, président d’honneur du syndicat voulut bien le remplacer.
- C’est la première fois que nous voyons une chambre syndicale prendre l’initiative d’une exposition spéciale à l’industrie quelle représente et il est presque naturel que cet exemple qui sera assurément suivi ait été donné par les entrepreneurs de travaux publics. Des progrès immenses ont été en effet accomplis dans ces dernières années et les méthodes ^suivies pour l’exécution ainsi que 1 outillage employé n’ont souvent pu être connus que de ceux qui ont visité les chantiers. MM. les entrepreneurs ont alors pensé que pour se communiquer mutuellement les procédés employés par chacun d’eux dans les difficultés qu’ils ont eu à vaincre, et pour permettre aux constructeurs de leur présenter les nouveaux engins susceptibles de leur rendre des services, le moyen le plus pratique était, à l’époque de leur congrès, de remplacer les conférences qui manquent quelquefois d’intérêt, par une exposition dont la visite peut en quelques heures faire connaître ce qu’un orateur, même habile .expliquerait moins clairement' en plusieurs jours.
- Cette idée d’exposition restreinte et spéciale à une industrie nous parait devoir être approfondie et nous engageons MM. les présidents des chambres syndicales qui sont tout indiqués pour en prendre 1 initiative à examiner attentivement tout le profit que leur corporation pourrait en retirer . Mais pour ne pas nous écarter de notre sujet revenons à l’exposition de l’outillage des travaux publics et faisons en une rapide visite.
- L’école des ponts et chaussées, la ville de Paris et le conservatoire des arts .et métiers ont voulu contribuer au succès de cette entreprise et ont prêté toute une série de leurs plus intéressants modèles et de vues photographiques des plus grands travaux récemment exécutés. Nous devons également signaler une des dernières innovations du service des eaux de la ville de Paris qui a envoyé un spécimen des postes manométriques récemment installés en divers points de la ville. D’autre part un ingénieur présente un système de garde-chute pour couvrir les bouches d’égout, qui ii l’avenir ne donneront plus lieu à des accidents regrettables.
- Nous pouvons classer dans une 2e catégorie les vues de chantiers et les dessins des grandes installations dont l’ensemble forme a proprement parler l’exposition des entrepreneurs. Nous y retrouvons la suite des méthodes suivies par les maîtres de l’entreprise qui en ce moment encore achèvent les agrandissements ouïes améliorations de nos principaux ports. La compagnie du canal de Panama nous
- Dimanche 10 Janvier 1886. — 11.
- montre les machines monstres qu’il faut employer pour remuer des mètres cubes de terre aussi formidables et la compagnie de Suez nous fait voir par le graphique de ses recettes le bénéfice qu’on retire de ces grandes voies de communication.
- Une 3e catégorie comprend les dessins, photographies et modèles exposés par les grandes maisons de construction.
- Le petit matériel, tel que palans, treuils, etc., a dû figurer en naturel, mais le gros matériel qu’on amène bien difficilement, même aux expositions universelles est présenté sous forme de modèles, généralement d’une exécution des plus soignée. L’industrie de la charpente tient également une place importante. Enfin il y a une exposition que nous devons classer à part, car elle comprend en même temps des dessins de travaux et de matériel. Je veux parler de l’exposition rétrospective de l’outillage au xviii® siècle. On est frappé, en la parcourant des progrès accomplis ; en cent ans de distance, on se rend compte des difficultés que nos ancêtres ont pu avoir à amener les matériaux à construire des ponts, qui, comme celui de Neuilly, sont aujourd’hui à peine examinés de ceux qui les traversent.
- En résumé, le syndicat des entrepreneurs en groupant au pavillon de Flore tout ce qui l’intéresse personnellement a rempli le but d’enseignement mutuel qu’il s’est proposé et a réussi en même temps à faire une exposition qui semble fort goûtée du public qui suit toujours avec tant de curiosité la marche des grandes entreprises où les intérêts particuliers et les intérêts de l’Etat se trouvent engagés.
- Les élèves de nos écoles supérieures et professionnelles pouvant trouver dans une visite à la salle des Etats des éléments d’études extrêmement précieux, le syndicat des entrepreneurs a informé les directeurs de ces écoles que l’entrée de l’exposition serait gratuite pour tous leurs élèves. Il est donc à souhaiter, afin qu’ils puissent profiter de cette offre gracieuse, que M. le ministre des beaux arts accorde la prolongation qui lui a été demandée. Il serait fort regrettable de voir fermer cette exposition le 27 courant après 8 jours seulement de durée.
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- Paris
- Une souscription pour l’érection d’une statue à Parmentier vient d’être ouverte par la Société nationale d’encouragement à l’agriculture.
- M. le ministre de l’agriculture s’est immédiatement inscrit pour une somme de 1,000 fr.
- Il s’agit de perpétuer le souvenir de l’introduction en Europe de la culture de la pomme de terre, ainsi que la mémoire d’un grand philanthrope.
- Le conseil municipal a voté, dans sa séance du 29 décembre dernier, un crédit de 360,000 fr. pour la célébration de la fête nationale du 14 juillet, en 1886.
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- Une subvention de 150,000 fr. a été votée également en faveur de l'Exposition internationale ouvrière cle 1886.
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- Le conseil général, sur la proposition de M. Jacques, a accordé à la même entreprise une somme de 20,000 fr. qui sera répartie entre douze chambres syndicales.
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- Départements
- La Société des antiquaires de Picardie, fondée en 1836, organise pour l’année prochaine, à l’occasion de son cinquantenaire, une série de fêtes ainsi qu’une Exposition archéologique.
- Cette Exposition aura lieu au Musée d’Amiens du mardi 1er juillet 1886 au dimanche 4.
- Voir la suite page 14.
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- i2 et i3.
- — Deuxième Année. — N° 34.
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- 14- — Deuxième Année. — N° 5q.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Janvier 1S86.
- Elle comprendra :
- 1° Les tableaux, dessins, aquarelles, gouaches, gravures et photographies, vitraux, émaux, miniatures et mosaïques ;
- 2° Les statues, bas-reliefs, sculptures sur pierre, bois, ivoire, etc., les médailles, camées, monnaies, etc.
- 3° Les bijoux et ouvrages d’orfèvrerie ;
- 4° Les poteries, faïences, porcelaines, biscuits et terres cuites;
- 5° Les meubles sculptés, incrustés, etc. ;
- G0 Les tapisseries, étoffes, broderies, dentelles ;
- 7° Les armes ;
- 8° Les manuscrits et livres précieux.
- Les envois devront être déposés ou mis à la disposition de la Société 15 jours au moins avant l’ouverture de l’Exposition.
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- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Des fouilles faites tout récemment à Kempten (Bavière), ont fait découvrir une série de constructions et d’antiquités romaines.
- Des recherches faites sur le bord de l’Ill ont amené la découverte de fondations importantes qui paraissent être celles d’un abside, ainsi que de tout un îlot de constructions dont l’ancienne destination n’a pu être encore déterminée. Toutes . ces constructions, disposées autour d’une place, 11’ont pu encore être complètement mises à nu, ce qui 11e permet encore aucune conjecture quant à leur nature et à leur usage primitif. L’une d’elles, désignée sous le nom de basilique, a unç largeur de 1,350 mètres sur 26 de profondeur. Les colonnes et la toiture ont complètement disparu, d’où l’on conclut que ces deux parties de l’édifice étaient en bois. D’ailleurs, le forum de Kempten est identique aux fora italiens de Gabies et de Pompeï quant à la forme oblongue, à l’orientation de la place et à la disposition des différents édifices, c’est-à-dire le monument principal avec portique, au centre, du côté septentrional, et le lieu de réunion du côté sud.
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- * *
- Angleterre
- Une Exposition importante de peinture vient d’être ouverte à la Royal Academv, Burlington House, sur l’initiative de sir Fred. Leighton et de ses collègues.
- Cette magnifique collection des chefs-d’œuvre des maîtres anciens obtient un énorme succès.
- * *
- Une Exposition historique de figures de cire et de tableaux historiques dans le genre de ceux du Musée Grévin a eu lieu ces jours derniers à Cado-gan-Place, à l’occasion d’une vente de bienfaisance.
- * -Autriche-Hongrie
- Les communications téléphoniques .à grande distance seront inaugurées en février prochain entre Vienne et Brünn. Si l’essai réussir, une nouvelle ligne sera établie1 immédiatement entre Vienne et Buda-Pesth. Ajoutons que la distance qui sépare les deux capitales est de 278 kilomètres. :
- *
- ' * •¥-
- L’Exposition du peintre russe VVereschagine, qui a donné lieu à de si nombreux incidents, vient d’être clôturée il y a une huitaine de jours.'
- Le nouveau muséum impérial d’histoire naturelle sera définitivement organisé dans Je courant du mois.
- Il comprendra cinq sections scientifiques, à savoir: les sections zoologique, botanique, minéralogique descriptive, géologique-paléontologique et anthropologique-ethnographique.
- *
- ¥ *
- Belgique
- Le projet de concession au gouvernement prussien d’une voie ferrée de Mayence à Bruxelles, avec prolongement sur Anvers, dont nous avons parlé dans notre dernier numéro, n’est, paraît-il, que la reproduction d’un projet analogue déjà mis en avant en 1874, mais abandonné par suite de l’hostilité du ministère Malou, plus favorable à une ligne de Bruxelles à Cologne.
- Les négociations actuelles sont, paraît-il, entrés bonne voie.
- Le trajet de Mayence à Bruxelles se ferait on 5 heures 40 minutes et le trajet total, de Mayence à Anvers, en G heures 40 minutes.
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- Italie
- L’exposition annuelle de la Societa degli amatori e cultori delle bette arti aura lieu cette année à
- Rome, au palais des beaux-arts, vià Nazionale, du 21 février 188G au 18 avril.
- Rappelons que cette exposition admet les œuvres originales : tableaux, dessins, aquarelles, miniatures, sculptures, etc., des artistes italiens, résidant ou non en Italie et des artistes étrangers résidant à Rome.
- Les envois seront reçus du 1er au 9 février.
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- Il y a quelques jours' a eu lieu l’exposition d’un projet de monument au général Lee, envoyé par un artiste américain au concours de Richmond (Virginie, Etats-Unis). L’œuvre a été fort admirée et l’on va jusqu’à assurer qu’elle remportera le premier prix. Ajoutons que.l’artiste avait gardé le plus strict incognito.
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- Un projet de dessèchement, d’assainissement et d’exploitation agricole des marais Pontins est en ce moment à l’étude en Allemagne. -
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- Tonkin
- Nous empruntons à VAvenir du Tonkin les renseignements suivants :
- L’état comparatif du mouvement général de la navigation au Tonkin et dans les ports de Qui-nhone et Tourane, pendant le 1er semestre 1885, avec la période correspondante de 1884,"donne les
- résultats suivants :
- Entrées : 1885 1884
- Nombre de navires sans distinction de pavillon............... 171 67 '
- Jaugeage...................... 95,039*07 45,246
- Nombre d’hommes d’équipage . 5,702 2,594
- Ce qui nous donne, en faveur de 1885, une diffé-
- rence en plus de : •
- Navires, sans distinction de pavillon . 104
- Tonneaux de jaugeage................. 49,793 07
- Hommes d’équipage .... ................ 3,108
- Sorties : 1885 1884 .
- Nombre de navires sans distinction de pavillon ........ 157 58
- Jaugeage...................... 94,264*87 36,475.
- Nombre d’hommes d’équipage. 5,502 1,669
- Différence en plus pour 1885 :
- Navires, sans distinction de pavillon. . 99
- Tonneaux de jaugeage................... 57,789 87
- Hommes d’équipage....................... 3,933
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- Tunisie
- Le projet de création d’un port à Tunis, projet dont la réalisation s’imposait de jour en jour plus impérieusement et .est attendue avec impatience dans les. sphères commerciales et industrielles de la Régence, va entrer dans la période d’exécution.
- Un décret beylical, inséré à YOffieiel tunisien, approuve la convention passée entre la direction générale des travaux; publics et la Société de ' construction dés Batigriolles.
- Aux termes de cette convention, la concessionnaire remettra à l’administration, dans un délai de deux mois, un projet complet d’exécution qui sera soumis à l’approbation du conseil général des ponts et chaussées, puis notifié à la Société, laquelle, dans un délai de 30 jours, fera connaître son acceptation ou son refus dé se conformer aux conditions fixées.
- Le projet d’exécution comporte : un chenal en mer se rattachant à un avant-port à construire à la Goulette ; un canal avec garage à travers le lac de Tunis; un bassin à Tunis -et un autre à la Goulette.
- La .durée des travaux est fixée à cinq ans.
- EXTRAITS D’UN RAPPORT
- SUR
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE AGRICOLE
- D’AMSTERDAM EN i885
- PAR
- JVL. LE COMTJTEl I0JH S-A.I^TE-IT’OIX CONSUL GÉNÉRAL A AMSTERDAM COMMISSAIRE GÉNÉRAI. POUR LA FRANCE
- Amsterdam, le i5 mars 1885.
- Monsieur le Ministre,
- Votre Excellence ayant bien voulu me confier les fonctions de commissaire général de la République à- l’Exposition internationale agricole d’Amsterdam, je viens lui rendre compte de mon
- mandat et réclamer en même temps son indulgence en ce qui concerne les matières que j’ai dû traiter sans avoir dans ces différentes questions la compétence d’un agronome. J’ai pu toutefois m’inspirer des rapports que la plupart des membres du jury m’ont adressés et former, grâce à eux, un travail d’ensemble sur le grand concours néerlandais, travail dont le mérite devra être attribué biens moins au rapporteur qu’à ses savants collaborateurs.
- La France s’est empressée d’accepter cette année, comme en 1883, l’invitation que le gouvernement néerlandais lui avait adressée par l’entremise de S. E. M. le baron van Zuylen, ministre des Pays-Bas à Paris. Dans ces deux circonstances, notre gouvernement a voulu prouver à la nation hollandaise touteslessympathies qu’ilprofesse pour elle et tout l’intérêt qu’il attachait à voir nos industriels et nos agriculteurs se mesurer sur un champ de bataille où, — s’il m’est permis, Monsieur le Ministre, de rappeler vos propres expressions lors de la distribution des prix à Amsterdam, — « il pouvait y avoir des vainqueurs et des vaincus, mais où il n’y avait ni morts ni blessés ».
- Le concours agricole d’Amsterdam a été l’un des plus beaux. et des plus considérables qui aient jamais eu lieu en Europe. Placé sous le haut patronage de S. M. le Roi des Pays-Bas, organisé par les différentes . sociétés d’agriculture néerlandaises, il a d’autant mieux réussi qu’il a eu pour théâtre la capitale de la Hollande, située, comme on le sait, au centre d’une contrée très fertile et autour de laquelle se fait l’élevage le plus important du Nord. Ce succès complet, que le temps seul a légèrement contrarié, est dû au zèle et au dévouement déployés par les membres du comité d’organisation, parmi lesquels nous devons citer M. Sickesz, président, M. Van der Oudermeulen, vice-président, M. Waldeck, secrétaire, et par le bureau du jury, dont la présidence avait été confiée à M. D. Bauduin.
- . Les terrains occupés par les bâtiments de l’Exposition et ses jardins mesuraient une surface de 24 hectares. Ils s’étendaient derrière le nouveau musée où seront prochainement renfermées toutes les richesses artistiques, aujourd’hui dispersées, de la ville d’Amsterdam. C’est après avoir franchi la longue voûte du milieu qui, avec ses arcades, fait l’admiration des architectes, que l’on se trouvait en face de l’entrée principale du concours. Cette entrée était surmontée d’un arc de triomphe en feuillage, dont le fronton peint par un ancien officier de la marine hollandaise, M. Heemskerk van Beest, représentait des navires traversant à" pleines voiles une mer favorable. De chaque côté du portique, deux panneaux représentaient, à droite, un taureau et à gauche un cheval.
- La société de l’exposition agricole s’étant entendue avec les propriétaires dé plusieurs bâtiments ayant servi à l’exposition industrielle, en fit l’achat et les utilisa en 1884. C’est ainsi que le pavillon mauresque qui, l’an dernier, renfermait lés produits coloniaux fut réservé aux produits agricoles, aux produits de laiterie, à l’enseignement agricole et aux matières concernant la protection des animaux. Le pavillon de la ville d’Amsterdam servit à l’exposition des produits et objets composant le musée agricole dû à l’habile organisation de M. Bauduin, président du jury. A côté, s’élevait le bâtiment réservé à l’apiculture. Des baraquements et des tentes parfaitement installés renfermaient 416 chevaux, i,i5o animaux de l’espèce bovine, 319 de l’espèce ovine-et 12.5 de l’espèce porcine, sans compter les nombreuses volailles et animaux de basse-cour dont le concours a succédé à celui des bestiaux. Un petit champ de course avec tribunes perlnettait de présenter les animaux et même de faire courir les chevaux attelés ou montés.
- Enfin, d’autres pavillons étaient réservés à l’aviculture, aux. fromages de Hollande et à l’exposition particulière de M. Bauduin. Le vice-président du Comité néerlandais, M. van der Oudermeulen, avait fait construire le modèle d’une ferme lui appartenant, qui donnait une haute idée de son exploitation agricole située dans les environs de la Haye.
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- Deuxième Année. — N° 5q.
- Une des supériorités qu’il faut reconnaître aux Hollandais sur nous, c’est que chez eux l’initiative privée joue un rôle prépondérant. Ils ne sont nullement enclins à rendre leur Gouvernement responsable des maux dont on souffre et ce n’est pas de lui qu’on réclame et que l’on exige le remède. Ce n’est pas lui qui est la Providence universelle chargée de pourvoir à tout, même à l’inclémence des saisons et à l’insuffisance des récoltes. « Aide-toi, le Gouvernement t’aidera », semblerait être plutôt la devise du peuple néerlandais. Encore son Gouvernement ne peut-il venir à son secours que dans des limites fort restreintes. Il serait impossible, par exemple, de songer à à établir'des droits protecteurs dans un Etat qui? de même que l’Angleterre, consomme plus qu’il ne produit et dont le rôle principal est de servir d’entrepôt aux marchandises de provenance ou à destination de l’Europe centrale ou des colonies.
- En prenant l’initiative d’une exposition internationale agricole, les organisateurs, secondés ensuite par le Gouvernement royal, ont eu pour but de rechercher les moyens de remédier au malaise général que nous subissons en Europe et qui se manifeste en Hollande aussi bien qu’en France par une diminution considérable dans la valeur des terres et de leurs fermages. Ils ont voulu se rendre compte des progrès réalisés, aussi bien à l’étranger qu’en Hollande, sous le rapport de l’élevage du bétail, de l’outillage et des industries agricoles, et profiter, en un mot, des perfectionnements apportés à tout ce qui concerne l’agriculture.
- Déjà, depuis de longues années, l’élevage du bétail a remplacé les céréales dans presque tous ces terrains d’alluvion si propices à la création d’herbages, et des milliers d’animaux paissent dans ces immenses prairies qui donnent un cachet si pittoresque à toute la basse Hollande. Néanmoins les céréales sont loin d’être proscrites du sol néerlandais, car les agriculteurs de ce pays sont portés à croire que la concurrence américaine aura une fin. Tous parlent et écrivent plusieurs langues, tous connaissent le remarquable rapport distribué au parlement anglais au nom de la commission instituée pour s’enquérir de la situation de l’agri-cnlture aux Etats-Unis. Or, ce rapport établit que la richesse des récoltes américaines a correspondu aux années défectueuses pour nos contrées ; que l’Amérique n’aura pas toujours à disposition ces excédents considérables de production qu’elle déverse sur l’Europe ; que, si le mouvement de sa population, si l’immigration continue à croître dans les propositions que l’on a constatées, et rien ne fait prévoir un arrêt, un jour viendra où toute cette grande production sera entièrement consommée par sa population.
- Les agriculteurs hollandais reconnaissent cependant qu’il y a en ce moment rupture de l’équilibre entre la production et la consommation. En organisant les grandes assises internationales tenues cet été à Amsterdam, ils se sont ingéniés pour parer autant que possible au mal présent. Ont-ils réussi? Il est trop tôt pour se prononcer aujourd’hui, les effets en agriculture étant encore plus lents à se produire que dans l’industrie. Cependant on peut dire que l’extension donnée à l’élevage du bétail et aux industries laitières a atténué jusqu’ici, en parties du moins, les effets de la crise agricole. Le Comité de l’Exposition a voulu, par le concours des animaux des différentes provinces et des. pays étrangers, faire des comparaisons et apporter, si c’est utile, des améliorations dans les races Indigènes. La même pensée a présidé au concours concernant les moyens et les instruments pour l’instruction agronomique et l’agriculture pratique, les machines et les produits agricoles.
- Une autre supériorité de la Hollande sur nous, c’est que sa population augmente, de même que sa superficie, d’année en année. Le ralentissement du peuplement en France par rapport aux nations voisines, tel est le mal profond dont nous souffrons et qui atteint tout particulièrement l’agriculture. « Pour regagner le rang perdu dans le concours des nations, la France a besoin, sous peine de déchoir d’avantage, de se donner plus de citoyens, de multiplier le nombre de ses enfants pour l’aimer et la défendre. Le relèvement, la sécurité et la
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- grandeur du pays sont à ce prix et ne se retrouveront pas autrement. La richesse et le bien-être ne peuvent sufire avec une population stationnaire. Pour croître en bien-être et en force, les hommes doivent croître en nombre. Si quelques économistes ont cru apercevoir une opposition douloureuse entre l’accroissement 'de la population et celui des subsistances, ces deux termes sont liés au contraire quand on va au fond des choses. Plus il y a d’hommes sur un espace donné, plus il y sont à leur aise. Les pays les plus peuplés sont les seuls dont les habitants ne meurent pas de faim périodiquement ».
- Ainsi s’exprime un député alsacien au Reichstag^ M. Charles Grad. Ce qu’il dit pour l’Allemagne peut a fortiori s’appliquer aux Pays-Bas, où l’augmentation de population est encore plus sensible que dans l’Empire germanique. Cette augmentation est, en moyenne, de 1.21 p. 100, tandis qu’en France elle n’a été en 1881 que de o.38 p. 100, C’est cette natalité considérable qui a permis à la Hollande de peupler les terrains, les polders repris sur les eaux. En cinquante années, de 1815 à 1855, un espace de plus de 45,000 hectares a été conquis sur la mer. Grâce au réseau des levées qui divisent tous les terrains annexés en figures géométriques^ on a pu évaluer mathématiquement la superficie des polders ajoutés depuis le commencement du xvie siècle aux campagnes de la Hollande : jusqu’à nos jours l’ensemble de l’espace dont les cultivateurs ont repris possession est d’environ 38o,ooo hectares, d’une valeur moyenne de i,5oo francs l’hectare. (Staring, Voormaals en Thano). D’après le même auteur, la superficie de la Hollande s’accroît en moyenne de 3 hectares par jour, et, à mesure que les dessèchements s’opèrent, une population provenant entièrement des différentes provinces des Pays-Bas vient aussitôt s’installer dans ces nouvelles terres dont la mise en culture réclame des bras, sans que l’on s’aperçoive, dans les régions délaissées par leurs anciens habitants, du vide produit par ces migrations continuelles.
- N’était-il pas question, avant la crise qui sévit actuellement, du dessèchement de tout le Zuyder-zée, ce qui aurait doté l’agriculture hollandaise de 195,000 hectares d’excellente terre ? Plusieurs projets ont été faits à cet égard. Le réseau des digues à construire est indiqué sur les plans avec l’emplacement de ces villes, et de ces communes rurales qui n’ont qu’à s’élever au-dessus des eaux pour se voir immédiatement pourvues d’habitants.
- (A suivre.)'
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- LES LIVRES
- XLI
- Mémoires d’un ancien ministre (1807-1869), par lord-MALMES-bury, traduit de l’anglais avec l’autorisation de l’auteur, par M. A. A. B. — Deuxième édition, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1886.
- Nous prenons toujours, et beaucoup de lecteurs avec nous, un plaisir extrême à la lecture des Mémoires. C’est l’histoire en robe de chambre, en pantoufles. Mais il y a mémoires et mémoires comme il y a fagot et fagot. Par mémoires dignes d’être lus, nous n’entendons pas l’apologie des ambitions déçues, la vengeance impunie et souvent ignorée, des rancunes et des jalousies. Nous n’aimons pas ce miel aigri, ce vinaigre non parfumé. Nous entendons les confidences sans fiel, d’une expérience sans malignité , sinon sans malice, le témoignage impartial, autant que peut l’être un témoignage humain, sur des choses et des hommes qui ont gardé leur part d’inconnu, leur attrait de mystère, d’un homme bien informé racontant simplement avec la liberté de la conversation, les pieds sur les chenets, ce qu’il a vu et entendu, avec une saveur de personnalité vigoureuse, assaisonnée du sel de la belle humeur fran_ caise ou de l’humour britannique.
- C’est ici le cas. Nous avons affaire à un homme, non à un auteur. Cet homme, issu d’une des grandes familles anglaises dont une illustration récente, gagnée aux emplois et aux services poli-
- Dimanche 10 Janvier 1886. — i5.
- tiques décore l’honorabilité, a été bien placé pour bien voir et bien entendre. D’observateur il est devenu acteur, et, de la coulisse, il est passé au théâtre, naturellement, par l’effet du travail, du talent et du succès. Il a la simplicité des gens arrivés, il n’a rien de la morgue des gens parvenus. Et c’est plaisir de l’entendre nous raconter les petits côtés des grands hommes, des grandes affaires, faire en un mot, la chronique de l’histoire avec une fine bonhomie et une légère causticité*
- « Mon but principal, dit-il, a été de quitter les trois, administrations du feu comte de Derby, dont j’ai été collègue, ainsi que de rassembler mes souvenirs sur l’un des hommes les plus remar" quables du siècle ; je veux parler de l’empereur Napoléon III, qui, lors des ministères de lord Derby, joua un rôle si important dans la politique et les grandes affaires de l’Europe, »
- Nous n’avons pas à apprécier ici la valeur de ce jugement de lord Malmesbury sur Napoléon III, pour lequel il semble avoir eu un peu du faible que lord Holland eut pour Napoléon Ier. Nous le citons à titre de curiosité. C’est la lecture des mémoires qui le justifie ou non, suivant le point de vue auquel se place le lecteur. Nous nous bornons à remarquer que la prédilection du peintre pour ce portrait, ne nuit en rien à la clairvoyance de son observation et à la franchise avec laquelle il convient au besoin, des imperfections du modèle. C’est cette franchise qui est un des grands attraits des mémoires de lord Malmesbury. Partisan convaincu des privilèges . de la pairie, à la fois très féodal et très libéral d’idées, il est aussi très Anglais, tout en conservant volontiers la partialité et même la duplicité de la politique anglaise à certaines époques.
- Les mémoires de -lord Malmesbury ne sont réellement des mémoires, c’est-à-dire avec la forme du récit suivi, que pour les premières années. Il adopte bientôt la forme t plus libre, mais plus décousue du journal, notant alors ses impressions au jour le jour, prenant les hommes et les choses tels qu’ils posent d’eux-mêmes devant lui, sans s’inquiéter de modifier la pose dans un but artistique ou autre. Le récit de son enfance et de sa jeunesse à Wuisborne, au collège d’Eton et à l’université d’Oxford, de ses premiers voyages en Italie et en France, est particulièrement intéressant et piquant. Il y a là des silhouettes esquissées d’un trait et qui vivent. Il dira par exemple de son professeur, Ben Drury;
- « C’était un homme distingué et fort érudit mais dont les moeurs déréglées faisaient le désespoir de l’immortel docteur Keate. Nous avions souvent congé le lundi matin, le mal de tête qu’il avait contracté la veille à Londres le retenait au lit. Il faisait de beaux vers latins et conduisait à quatre mieux qu’aucun cocher entre Windsor et Londres. C’était l’époque du procès de la reine Caroline et nous prenions tous parti pour Georges VI. Je n’ai jamais pu savoir pourquoi. »
- De la page i5 à la page 22, le lecteur trouvera avec plaisir comme nous des détails curieux sur une femme remarquable, que nous nous honorons d’avoir particulièrement connue et fréquentée pendant les dix dernières annnées de sa vie, la comtesse Guiccioli, depuis 1847, marquise de Boissy. Lord Malmesbury commet une erreur en la faisant mourir en 1879 à Florence. Elle y est morte en x8y3 et nous avons eu le regret d’avoir à signer, en qualité d’ami, avec son avoué l’intelligent et lettré M® Chéramy, l’acte de notoriété constatant son décès.
- C’est au retour de son voyage d’Italie, en septembre 1829, que lord Malmesbury fut fiancé, au château historique de Chillingham, à la fille unique de lord Tankerville, lady Emma, il ajoute : « que j’épousai le 3o avril i83o, et.qui, pendant quarante-huit-années, a continuelllement été digne de l’épitaphe gravée sur son monument dans l’église abbatiale de Christchurch : Nous n’avons jamais trouvé en elle ni une mauvaise action ni une mauvaise parole, les manières les plus douces avec le cœur le plus généreux ( Iliade ) ».
- Ou nous nous trompons fort, ou cette épitaphe conjugale, tirée de VIliade est un trait de
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- i6. — Deuxième Année. — N° .S4
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Janvier 1886.
- caractère et de mœurs tout à fait typique et à la fois singulier et touchant.
- Le journal commence à la page 32 et à chaque page, comme dans une plaine giboyeuse, il vous part dans les jambes une anecdote amusante.
- Le 9 mars 1832, pendant son voyage sur le continent avec sa femme dans un Brit^ka suivi d’un fourgon, précédé d’un courrier à cheval chargé de commander les chevaux, lord Malmesbury, déjeune avec le vieux duc de Gramont, grand-père de sa femme et voici le résumé de la conversation :
- Il était de service à Versailles, le jour où fut arrêté le cardinal de Rohan, dont le nom est lié à celui de Marie-Antoinette à propos du fameux collier de diamants. Il nous a conté maintes anecdotes sur Louis XV, et nous a servi un plat que le roi nous a-t-il dit, avait tous les jours sur sa table-C’était un faisan écharpé avec une sauce Béchamel et des truffes, le tout gratiné. J’ai demandé la recette au cuisinier du duc et ce plat a toujours eu beaucoup de succès chez moi. Le duc nous a dit de la du Barry : « Elle était peinte comme mon « carrosse ». etc., etc.
- On ne se lasserait pas plus de citer que lord Malmesbury ne se lasse de conter. C’est là un des livres où il y a le plus à glaner pour le gourmet de ces petits faits qui ont souvent de grandes conséquences. Nous ne nous rappelons avoir lu dans le même genre avec autant de plaisir que les deux volumes de Souvenirs du comte d’Estourmel, un homme d’esprit aussi français de ton et d’allures que lord Malmesbury est anglais.Mais cet Anglais a bien de l’esprit aussi, Il est de cette forte et fine race des Malmesbury. Il avait publié en 1844, le Journal et la Correspondance du premier lord Malmesbury son grand-père, ambassadeur à Berlin, sous le Grand Frédéric. Ce fut là dit-il, toute son initiation à la matière politique. L’école était bonne, le troisième lord Malmesbury de cette famille qui semblait héréditairement voué aux affaires étrangères de l’Angleterre, fut le meilleur ami de lord Derby, qui, devenu premier ministre en 1852, lui donna le Foreign-Offîce, qu’il géra de nouveau en 1858. Il fut lord du sceau privé dans le troisième cabinet Derby et dans le cabinet Disraeli en 1868 et de 1874 à 1876, époque à laquelle sa surdité l’obligea de résigner ses fonctions et d’abandonner le ministère et la Chambre des lords. Personne ne se plaindra qu’un homme si spirituel se soit contenté de devenir sourd et ne soit pas devenu muet.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- GALATZ
- CHAMBRES DE COMMERCE FRANÇAIS A L’ÉTRANGER.
- Cette chambre donne dans son dernier rapport adressé au ministère du commerce les renseignements ci-après sur les conditions d’achats et de ventes sur la place de Galatz :
- Les achats et ventes se font, suivant accord, à 3, 4, 5 et 6 mois de terme pour les marchandises importées de l’étranger, et les maisons, qui dans ce pays, peuvent accorder le plus de terme sont celles qui font le plus d’affaires ; généralement, les maisons allemandes font 6 mois de crédit, tandis que peu de maisons françaises se décident à accorder cette facilité. Il y a ici, comme dans tous les pays, de bons et de mauvais payeurs, cependant, en ayant de bons agents et en renouvelant aussi souvent que possible les informations sur les crédits à accorder à nouveau, on peut encore faire des affaires.
- En ce qui concerne les marchandises destinées à l’exportation, le payement est effectué au comptant.
- GRÈCE
- IMPORTATION DE SUCRE RUSSE
- Le consul d’Autriche-Hongrie au Pirée-Athènes signale un fait important qui vient de se produire sur cette place pour la première fois. La Russie a expédié directement du sucre à Athènes. L’envoi a été fait par Odessa et consistait en 200 quintaux
- en sacs. Cette première expédition semble n’avoir été faite qu’à titre d’essai ; mais le sucre pourrait donner lieu à un important trafic, au détriment des pays qui jusqu’à présent alimentaient le marché.
- RUSSIE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS. — MARCHANDISES DÉDOUANÉES
- Le Bulletin du Musée commercial belge indique comme un des meilleurs moyens à employer pour se créer une clientèle sur le marché russe, la livraison de la marchandise dédouanée et fait à ce sujet les observations suivantes :
- « Les formalités en douanes sont partout plus ou moins longues et gênantes pour le commerce ; aucune exception à cette règle générale n’est à signaler en ce qui concerne les bureaux frontières russses de terre et de mer. C’est là ce que n’ignorent pas les maisons allemandes, et c’est ce qui doit, nécessairement, engager l’acheteur à donner la préférence au fabricant qui peut éviter à ses clients les pertes de temps, les faux frais, les risques et les ennuis de tout genre résultant des exigences et de la façon de procéder des douanes. Pour donner une idée de cette façon de procéder en ce qui concerne la Russie, prenons comme exemple un négociant recevant par mer un chargement de différentes marchandises. Une fois le fret payé à l’agence du navire, il doit présenter à la douane le connaissement acquitté accompagné d’une déclaration sur papier timbré. Cela fait, il attend son tour de visite, ce qui peut durer plusieurs semaines, et entie temps les frais de magasinage restent à sa charge. »
- « En résumé, pour le négociant, établi en Russie, qui importe des marchandises étrangères, les pertes de temps sont considérables, les faux frais sont élevés, les risques sont sérieux et les ennuis généralement quelconques ne sont pas négligeables.
- Aussi, nous le répétons en terminant, demeurons-nous convaincu que ceux de nos industriels qui, par des agents spéciaux, se mettraient en mesure de prendre à leur charge les opérations en douane (bien entendu en les faisant figurer à forfait sur leurs factures) seraient certains de supplanter leurs concurrents placés dans d’autres conditions.
- TURQUIE
- DIMINUTION DES IMPORTATIONS D’ARTICLES ANGLAIS
- D’après YIronmonger le déclin du commerce anglais, dans la Turquie en général, et à Constantinople en particulier, doit être attribué tout d’abord à l’absence d’une représentation suffisante des intérêts britanniques.
- « Ceux des plus importants négociants de la place qui sont d’origine anglaise s’occupent de grandes affaires d’exportation; ils s’adonnent parfois à l’importation, mais ne consentent jamais à entreprendre des opérations diverses à la commission. »
- « Il est un autre motif qui fait donner la préférence, non seulement aux articles allemands, mais encore aux articles français sur ceux venus d’Angleterre : les représentants des exportateurs du continent accordent des crédits plus longs. »
- « Voici la liste des articles pour lesquels nous sommes battus en brèche, sinon tout à fait écartés, par le fait de nos rivaux. Les fers, qui viennent de Belgique ; les fils de fer et fils galvanisés, d’Allemagne; les tuiles, de France et d’Allemagne ; les aiguilles d’Allemagne ; la brosserie d’Allemagne ; les produits .étamés et émaillés, d’Allemagne ; les coffres-forts d’Allemagne ; les lampes d’Allemagne; les ferrailles pour carrossiers, de France et d’Allemagne, les machines à coudre, d’Allemagne ; la corderie, de Russie et de Belgique ; les ficelles, d’Allemagne ; le caoutchouc, de France ; le papier d’Allemagne ; le verre à vitres, de Belgique, etc. »
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- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Menus-Plaisirs. — Pêle-Mêle-Ga\ette, revue de l’année, de MM. Blondeau, Monréal et Grisier.
- Théâtre de la Porte-St-Martin. Reprise de Marion Delorme, drame en vers de Victor-Hugo.
- Mon ami Grisier disait, si je ne me trompe, qu’on
- ne rend pas compte d’une revue. Ma besogne, en se basant sur cette thèse, se trouverait donc bien simplifiée ; je n’aurais qu’à rappeler sa phrase, et à signer, mais vraisemblablement ce serait trop abuser des lois dictées par notre ami en matière d’analyse dramatique, notamment sur le chapitre des Revues, et je vais tâcher de démêler tout ce pêle-mêle de Pêle-Mêle-Ga^ette.
- En 1884, la revue des Menus-Plaisirs, qui fit courir tout Paris, s’appelait Au Clair de la lune ; elle fut donnée au clair de la dernière lune de l’année, le 31 décembre. L’année dernière, même jeu ; Pêle-Mêle-Ga^ette a passé également le 3i décembre. On voit que cette date ne déplaît pas aux auteurs. Je vous le dis en vérité, la revue de cette année sera un plus grand succès encore que celle de l’année dernière. La première représentation a été accueillie avec un véritable enthousiasme. A Paris, on raffole des revues parce quelles vous remettent sous les yeux tous ces événements auxquels vous avez assisté et sur lesquels vous avez déjà émis votre opinion. Vous entendez alors l’esprit des auteurs éclater en répliques, en couplets ou en rondeaux et vous êtes heureux de vous reposer en riant de bon cœur. Et puis, il y a les clous ; tout le monde ne sait pas en forger comme ce joyeux trio de la revue d’aujourd’hui. Généralement le clou annuel n’est autre que l’acte des théâtres ; il y a trop longtemps que cela dure ; Blondeau, Monréal et Grisier ont changé ce vieil usage. L’acte des théâtres subsiste bien dans Pêle-Mêle-Ga%ette, Chambéry y est même étonnant dans son imitation de Sarah Bernhardt, rôle de Marion de Lorme, mais ils ont inventé d’autres attractions que leurs confrères n’ont pas deviné. C’est tout à fait une innovation. Ils ont Fusier pour compère, ainsi que l’année dernière. On pouvait penser que l’inimitable artiste, qui imite tout le monde, aurait épuisé sa faconde et les ressources de son art ? Ah ! bien oui ! toujours plus jeune et plus nouveau, cet excellent comédien.
- C’est ainsi que Fusier fait sa partie dans un duo des chats et un autre duo des phoques avec un naturel à rendre jaloux tous les félins de la terre. L’acte du cirque est, du reste, à lui seul, capable d’attirer tout Paris à la revue des Menus-Plaisirs. M. Blandi, l’intelligent directeur, a monté cet acte avec le meilleur goût et ses artistes le remplissent d’un bout à l’autre de leur verve, débitant l’esprit des auteurs avec la plus grande finesse. Je ne citerai certainement pas tous les détails du charmant spectacle, mais il ne faut pas oublier l’entrée et la sortie, la promenade enfin, tout le long de la pièce, des Beni-Bouffe-Toujours. Depuis la trouvaille, par Meilhac et Halévy, des carabiniers des Brigands, je n’ai jamais rien vu de plus spirituel, de plus vraiment comique que ces Beni-Bouffe-Toujours ; et il y a dans cette revue cinquante détails qui sont de la pure comédie.
- Un critique de mes amis disait dans son feuilleton de dimanche dernier : « Je reconnais sans peine que la Pêle-Mêle-Ga^ette diffère un peu de Marion de Lorme, par le niveau ; elle s’en distingue encore par un autre point : On s’y est beaucoup amusé ! »
- Voilà le plus bel éloge que l’on puisse faire de la revue des Menus-Plaisirs et la critique la plus vrai de Marion de Lorme. Comme tous les drames en vers de Victor Hugo, celui de Marion est curieux à lire mais peu gai à voir jouer. Marion a quelque intérêt rétrospectif ; ce drame rappelle la lutte des romantiques et des classiques. Dans là première édition de ses œuvres, Hugo a fait précéder Marion d’une préface qui nous initie aux phases diverses traversées par cette pièce avant de paraître à la scène. Tout l’intérêt est là. Joignez-y cependant la présence de Sarah Bernhardt et de Marais, ainsi que la splendide mise en scène de M. Duquesnel.
- Intérim.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AtiRACJLT et Cie, rue de la Préfecture,
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 17 Janvier 1886. NUMÉRO 55.
- SOMMAIRE
- 1. M. Edouard Lockroy; 2. L’Exposition de 1889 ; 3. Echos ; 4. Réunion des membres du jury de Nice ; 5. Exposition d’Anvers ; 6. Extraits d’un rapport de M. le comte de Sainte-Foix; 7. Les Livres; 8. Les Théâtres.
- M. ÉDOUARD LOCKROY
- Le monde des affaires a accueilli avec une satisfaction marquée la création du ministère du commerce et de l’industrie et la nomination de M. Edouard Lockroy à la tête de ce département ministériel.
- 11 y a là un gage nouveau des efforts que le ministère, présidé par l’honorable M. de Freycinet, compte multiplier pour relever le niveau dés affaires et pour mettre fin à une crise qui, pour n’être pas spéciale à la France, n’en a pas moins pesé sur nos commerçants et nos industriels.
- M. Edouard Lockroy,en prenant la direction du ministère du commerce et de l’industrie, y apportera cet esprit d’initiative intelligente et progressive qui l’a toujours distingué.
- Dès le premier jour M. Lockroy a fait preuve d’un rare coup d’oeil, en comprenant que l’industrie n’était pas moins digne de la sollicitude des pouvoirs publics que le commerce lui-même, puisque c’est des progrès de notre industrie — progrès auxquels la création d’un sérieux enseignement technique et professionnel, contribuera dans une large mesure, — que dépendent le succès de nos exportations et le développement de notre commerce tant intérieur qu’extérieur.
- Comme le remarquait M. E. Lefèvre, député, en réponse aux félicitations que M. Nicole, dans un banquet tout récent, le priait de transmettre à M. Edouard Lockroy au nom de l’Union nationale du commerce et de l’industrie, ceux-là seuls qui ne, connaissent pas M. Lockroy ont pu s’étonner de lui voir choisir de préférence le département ministériel dont il est aujourd’hui le titulaire. « Ses amis, a dit avec raison M. Lefèvre, savaient depuis longtemps que lejouroù M. Edouard Lockroy consentirait à entrer au pouvoir, ce serait ce ministère-là qui aurait ses préférences. Pourquoi ? Parce que, aujourd’hui les questions économiques sont au premier rang de celles qui doivent préoccuper un homme politique et qu’il n’est pas de but plus élevé et plus digne des meilleures ambitions que de travailler au relèvement commercial et industriel de son pays, et à la solution de ces problèmes sociaux qui deviennent plus poignants de jour en jour. *
- Ces paroles traduisent très exactement l’intérêt qui, pour tous les esprits éclairés et sou-
- cieux de la prospérité nationale, s’attache à la création du nouveau ministère.
- Nul, nous le répétons, n’était, plus que M. Edouard Lockroy, digne d’en prendre la direction. Il y était préparé par de fortes études antérieures, par cette curiosité de tout connaître et de tout apprendre et par cette facilité d’assimilation qui sont les traits caractéristiques de son esprit fin et délié, en même temps que conciliant et aimable.
- A l’heure où, pour les travaux relatifs à l’Exposition de 1889, il s’agit d’entrer dans la période d’action et d’exécution, le choix de M. Edouard Lockroy était encore peut-être plus particulièrement indiqué.
- Par une sorte d’association assez rare, M. Lockroy est, pour ainsi parler, à la fois Pari-siernet international.
- Mieux que personne il connaît Paris, ses tendances, ses besoins, ses intérêts, et autant et plus que personne aussi il connaît l’étranger où il a beaucoup voyagé, où son nom jouit d’une notoriété très grande et où il compte des amis nombreux et chaleureux avec lesquels il avait souvent l’occasion de s’entretenir dans la maison de Victor-Hugo.
- Aussi c’est avec ardeur, et nous nous félicitons d’avoir à annoncer cette nouvelle, que M. Edouard Lockroy, a, dès le premier jour, commencé l’élaboration du projet de loi qui sera prochainement soumis à la Chambre et au Sénat.
- Nous ne doutons pas qu’il n’obtienne un plein succès, chaque jour nous apportant un nouveau témoignage de la faveur avec laquelle le pays tout entier accueillera l’ouverture des chantiers du Champ-de-Mars.
- On lit dans le Temps :
- Des indications inexactes- ont été données au sujet de décisions qu’aurait prises M. Lockroy, relativement à l’Exposition de 1889, et qu’il aurait fait connaître à une délégation de la commission municipale.
- Le nouveau ministre du commerce n’a reçu jusqu’ici aucune délégation de cette commission . . •
- Un de ses premiers soins a été d’étudier la, question de l’Exposition, mais, jusqu’ici, il n’a' nullement opté entre les divers systèmes en présence.;-! - ;
- Ces systèmes sont au nombre de trois : exécution directe par l’Etat, entreprise privée et société de garantie en participation avec l’Etat.
- Le ministre étudie ces trois systèmes ainsi que les offres qui peuvent êtres faites ; en tout
- cas, il ne prendra aucune décision sans en avoir référé préalablement au conseil des ministres.
- Quel que soit le système adopté, il est très probable.que M. Lockroy n’instituera pas de commissaire général.
- En cas d’exécution directe par l’Etat, il y aurait une commission technique et une commission de contrôle.
- Enfin, avant de décider que l’Exposition sera universelle, il est nécessaire de s’assurer du désir des puissances étrangères d’y participer, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici. Nous croyons savoir que nos représentants à l’étranger vont être invités à consulter, à ce sujet, les gouvernements auprès desquels ils sont accédités.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Un des premiers projets de loi qui seront déposés par le nouveau ministère aura trait à l’Exposition universelle dé 1889. Il faudra s’en féliciter.
- Il y a près de quinze mois que la question a été posée. La commission préparatoire a dès longtemps terminé ses travaux.
- Cette commission, instituée près le département du commerce, fut chargée « cl’étudier et de rechercher les moyens propres à réaliser le projet d'une exposition universelle internationale en 1889. » Nous citons les termes du décret qui l'instituait.
- On critique et on attaque aujourd’hui les actes de cette commission qui se composait cependant des notabilités de l’administration, du commerce et de l’industrie. Voici le nom de ses membres:
- MM. Antonin Proust, député, ancien ministre des arts, président.
- Teisserenc de Bort, sénateur, vice-président.
- Spuller, député, vice-président, le sous-secrétaire d’Etat au ministère des travaux publics.
- le gouverneur de la Banque de France, le gouverneur du Crédit foncier, le directeur du commerce extérieur, le directeur du commerce intérieur, le directeur des consulats au ministère des affaires étrangères, le directeur de l’administration départementale et communale au ministère dé l’intérieur.
- le directeur de l’inspection générale au ministère des finances, le directeur de la comptabilité publique au ministère des finances, le directeur des domaines au ministère des finances.
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- •DeIjxieme Année. — N° 55.
- MM. le général directeur du génie au ministère de la guerre.
- le directeur du matériel au ministère de la marine et des colonies.
- .le directeur des beaux-arts au ministère de l'instruction publique, le directeur du secrétariat au ministère de l’instruction publique, le directeur des bâtiments civils et des palais nationaux au ministère de l’instruction publique.
- le directeur des chemins de fer au minis • tère des travaux publics. le directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture.
- le directeur du service central au ministère des postes et télégraphes, le préfet de la Seine, le préfet de police.
- le président du conseil général de la Seine.
- le président du conseil municipal de Paris.
- le dirécteur des travaux de la ville de Paris.
- l’ingénieur en chef du département de la Seine.
- le sous-directeur des colonies , chargée de la deuxième sous-direction au ministère de la marine et des colonies, le chef adjoint du cabinet du président du Conseil.
- le président delà Chambre de Commerce de Paris.
- le président de l’Union nationale des Chambres syndicales, le président du Comité central des Chambres syndicales.
- Veyssier, membre de la commission exécutive de l’Union des chambres syn-cales ouvrières.
- MM. Ducos et Grenier, auditeurs au conseil d’Etat, remplissaientles fonctions de secrétaire et de secrétaire adjoint.
- Ce sent là des personnes fort compétentes, on voudra bien nous l’accorder. On n’a qu’à jeter les yeux sur les comptes rendus des séances et on verra que toutes les questions ont été soigneusement étudiées et traitées à fond. — Nous pouvons dès aujourd’hui assurer que M. Lockroy consulte ces comptes rendus pour l’établissement du projet de loi qu’il doit déposer sur le bureau de la Chambre.
- Les Chambres de commerce et les Chambres syndicales, par l’organe de leurs présidents, se sont prononcées en faveur du caractère international de b Exposition. L’opinion, chaque jour davantage, réclame la prompte exécution de ce grand projet qui donnera au travail national une impulsion nécessaire.
- C’est donc avec une réelle satisfaction que nous avons lu dans le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris la note suivante :
- « La commission municipale de l’Exposition de 1889 s’est réunie hier ; elle a émis unanimement l’avis que de nouveaux retards apportés à l’exécution de la grande Exposition universelle étaient préjudiciables aux intérêts de la ville de Paris, et qu’il y avait lieu de charger MM. Jobbé-Duval et Guichard, vice-présidents de la Commission, et M. Monteil, secrétaire, de prier le Gouvernement de hâter la solution définitive de la question.
- « Elle a également émis l’avis que la ville de Paris ne pourrait, à aucun titre, encourager une entreprise privée ayant pour objet l’Exposition, et a rappelé que le conseil s’était prononcé ferme pour l’emplacement du Champ-de-Mars. »
- Cette note est bien claire et bien explicite. Cependant quelques-uns de nos confrères n’ont pas craint d’insérer les lignes suivantes :
- « Plusieurs journaux ont reproduit une note
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. ' Dimanche 17 Janvier 1886.
- du Bulletin officiel municipal, relativement à l’Exposition universelle de 1889. Cette note a pu être faussement interprétée par les personnes qui ne suivent pas la genèse laborieuse de cette grande manifestation nationale. Il est donc nécessaire de l’expliquer. La commission du conseil municipal a confirmé, ce qui était son droit, les décisions que l’assemblée édilitaire avait prises il y a longtemps. E11 faisant cela, elle a été logique. Mais le conseil n’a pas été saisi de certains projets qui sont nés depuis, et qu’il n’a point eu dès-lors à examiner. Tel, par exemple, le projet de Paris-Courbevoie, de M. Charles Dévie, sur lequel il n’a pas eu à se prononcer, parce qu’il est postérieur au vote émis au sujet de l’Exposition.
- « Cette délibération de la commission est d’ailleurs toute platonique. C’est aux Chambres souveraines qu’il appartient de se prononcer. Ce sont elles seules qui auront à décider si l’Exposition doit être faite par l’Etat ou par l'initiative privée sous le contrôle et la direction de l’État — et si elle doit être édifiée dans le cadre étroit et démodé du Champ-de-Mars ou sur le vaste plateau de Paris-Courbevoie. »
- Ces lignes sont inspirées par une certaine Société 'qui a su grouper quelques capitaux sous prétexte de faire des études. Or ces études se traduisent par de la réclame bel et bien payée dans quelques journaux.
- L’entrefilet cité plus haut contient une assertion absolument fausse. 11 y est dit : « Mais le conseil n’a pas été saisi de certains projets nés depuis. » Prenons le compte rendu de la séance du 17 novembre 1884, nous trouvons ce qui suit :
- « M. Dévie, introduit ensyAte, parle en faveur de Courbevoie. »
- Dans le compte rendu de la séance du 20 novembre 1884, nous lisons : « M. le président informe la commission que M. Dévie a demandé à être entendu de nouveau pour compléter les explications qu'il a déjà données au
- sujet de son projet de Courbevoie.............
- M. Dévie est -ensuite introduit et fournit à la commission diverses explications complémentaires touchant son projet de Courbevoie. »
- Or la liste des membres de la commission que nous avons donnée plus haut renferme le nom de personnes qui assistaient aux séances du conseil ; c’étaient :
- Le préfet de la Seine;
- Le préfet de police ;
- Le président du conseil général de la Seine;
- Le président du conseil municipal de Paris ;
- Le directeur des travaux de Paris ;
- L’ingénieur en chef du département de la Seine, etc., etc.
- Prenons maintenant le compte rendu analytique de la séance du conseil municipal du 5 décembre 1885. Voici un extrait de ce compte-rendu relatif à la discussion du choix de l’emplacement.
- M. le Président. — La discussion est ouverte sur l’article 2 du projet de la Commission, relatif à la désignation d’un emplacement. — La parole est donnée à M. Guichard, l’un des rapporteurs.
- M. Guichard. — Messieurs, nous nous étendrons fort peu sur les motifs qui nous ont fait repousser divers emplacements proposes pour 1 Exposition de 1889.
- On trouvera dans notre rapport les développements critiques relatifs à chacun d’eux, _ développements sur lesquels nous reviendrons si la discussion nous y oblige. _
- Nous croyons devoir insister d abord sur les procédés et la méthode que nous avons suivis pour arriver a nos conclusions.
- Notre préoccupation première a été d’écarter toutes les considérations d’intérêt local.
- C’est d’axiomes et de chiffres que nous nous sommes servis pour déterminer le choix de l’emplacement.
- Nous avons dit :
- 1° Le but d’une Exposition est, sans conteste, d’etre visitée par le plus grand nombre possible de citoyens ;
- 20 La première condition pour atteindre ce but est qu’elle soit facilement accessible à tous ;
- 3° Cette condition sera d’autant mieux remplie qu’il faudra moins de temps et mofns d’argent au visiteur pour se rendre à l’Exposition.
- Il est non moins incontestable que le plus grand nombre des citoyens disposent de peu de temps et de peu d’argent ; et dans tous les cas, « finies is money » pour tout le monde. Partant de ces axiomes qui nous paraissent indiscutables, nous avons cherché, de tous les emplacements proposés, celui qui répondait le mieux à ces exigences.
- Nous avons pris le centre de chacun des vingt arrondissements de Paris. Nous avons multiplié le nombre d’habitants de chaque arrondissement par lè nombre de mètres qui sépare le centre de chaque arrondissement de l’Exposition, de façon à obtenir la somme de distances à parcourir par les 2,269,000 habitants pour s’y rendre.
- Répétant ce calcul pour les quatre emplacements de Courbevoie, Saint-Ouen, Vincennes et le Champ de Mars, nous sommes arrivés aux résultats suivants :
- Courbevoie 19,878,882 kilomètres.
- Saint-Ouen 12,982,330 —
- Vincennes i2,g63,566 —
- Champ de Mars . 9,577,673 —
- On voit par ces chiffres que le Champ de Mars
- offre cet avantage d’exiger un tiers de moins de trajet que l’emplacement le plus rapproché, et si l’on considère que chaque visiteur devra faire un trajet double de celui de l’aller pour revenir chez lui, le Champ de Mars épargne un parcours de 6,771,786 kilomètres aux 2,269,000 habitants ou 2.984 mètres par habitant, soit trois quarts de lieue.
- La même opération appliquée à Courbevoie donne plus de neuf kilomètres (soit un supplément de près de deux lieues et demie) à faire pour chaque habitant.
- Ces chiffres se passent de commentaires.
- Après un échange d’observations entre MM. Marsoulan, Gamard, de Ménorval et Lyon-Alemand, M. le Président donne la parole à:
- M. Mu^et. — Je ne vous ferai, Messieurs, pour ne pas abuser de votre patience, qu’une citation, qui ne peut manquer d’être bien accueillie ici, car elle émane d’un des anciens membres des plus éminents de cette assemblée, Viollet-le-Duc, rapporteur, en 1876, d’une sous-commission de la commission supérieure des Expositions ; voici comment il s’exprimait au sujet d’un emplacement:
- M. Muzet donne ensuite lecture du rapport de M. Viollet-le-Duc qui concluait en ces termes :
- « Votre sous-commission a donc cru devoir vous proposer de repousser les emplacements prévus hors de l’enceinte et de s’en tenir au terrain du Champ-de-Mars.»
- Moi aussi, Messieurs, j’ai consulté sur le projet d’exposition un grand nombre d’industriels et de commerçants, et meme du 3e arrondissement : ils sont favorables au choix du Champ-de-Mars. Ils estiment, comme moi, que la ville de Paris, qui paierait même si l’Exposition était hors de son enceinte, doit profiter des bénéfices qu’elle lui apportera. (Très bien !)
- M. Georges Martin. — Je dépose la proposition suivante :
- « Les soussignés,
- « Considérant que tous les membres du Conseil municipal doivent avoir la possiblité de faire-connaître quel est l’emplacement qu’ils considèrent être le meilleur pour l’Exposition de 1889,
- « Demandent au Conseil de décider que le vote aura lieu à bulletin individuel, portant au-dessous du nom du conseiller la désignation de l’emplacement qu’il considère comme le meilleur. »
- Signé : Georges Martin, Cattiaux, Marsoulan,.. etc., etc.
- Je crois que cette proposition ralliera tous les suffrages du Conseil. Son adoption permettra à chacun de nous de faire connaître sa pensee, sans qu’il soit besoin pour cela de procéder à une série de votes sur chaque emplacement. (Très bien !)
- M. Dreyfus. — La commission accepte la proposition de M. Georges Martin.
- Le scrutin auquel il est procédé sur la détermination de l’emplacement à attribuer à l’exposition, donne les résultats suivants :
- Nombre de votants ...... 72
- Majorité absolue............
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- Deuxième Année. — N° 55.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Janvier 1886. — 19.
- Ont voté :
- Pour le Champ-de-Mars, 49.
- Pour Vincennes, 14,
- Pour la zone du bois de Boulogne, 4.
- Pour Courbevoie, 1.
- Pour Montsouris, 1.
- Pour le Sacré-Cœur, 1.
- Bulletins blancs, 2.
- Le Conseil a adopté l’emplacement du Champ-de-Mars ».
- Ces différents extraits montrent bien que le conseil municipal connaissait le projet de Courbevoie. Le conseil n’avait à s’occuper avant tout que du choix de l’emplacement, c’est ce qu’il a fait, sans s’occuper du nom des auteurs des différents projets.
- La question de l’emplacement a été tranchée. Il ne s’agit pas d’y revenir pour favoriser tels ou tels intérêts particuliers, mais de poursuivre le plus tôt possible et très énergiquement l’exécution du patriotique projet auquel le pays tout entier a applaudi et dont il attend la réalisation.
- Nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs les
- CONCLUSIONS
- DU
- RAPPORT SUR L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- PRÉSENTÉ PAR
- MM, EDGARD MONTEIL & PIERRE GUICHARD Au nom de la Commission spéciale de l’Exposition
- Pour rester conséquents avec les principes énoncés dans notre préambule et avant d’aborder les difficultés d’ordre secondaire au sujet du Champ-de-Mars, qui estl’emplacement choisi par la majorité de la Commission, nous mettrons sous les yeux du Conseil quelques chiffres relatifs à la circulation et au transport constatés à la dernière exposition de 1878.
- Nombre de visiteurs transportés.
- ARRIVÉE DÉPART DIFFERENCE en plus
- AU DÉPART
- Par les bateaux-omnibus et les [ hirondelles aux pontons de l’Exposition... 3,416,860 3,563,7o3 147,343
- Par le chemin de fer à la gare du Champ de Mars, à destination de l’Exposition 961 >947 CO 0 en : iC Oh 2 35,361
- 4> 3y8,207 4,761,011 882,704
- Il résulte de ces chiffres officiels qu’un public nombreux fait usage, au retour, des divers moyens de locomotion qu’il a négligé d’employer pour venir. Il est vraisemblable d’ailleurs que les choses se passent ainsi : la fatigue bien connue qu’éprouve un visiteur dans une exposition universelle de l’importance de celle-là doit l’inviter à regagner son domicile sans augmenter encore cette fatigue par une course à pied plus ou moins longue. Il est non moins vrai que souvent un visiteur s’attarde, entraîné par l’attrait si considérable que la vue d’un nouvel objet fait naître à chaque pas, et qu’ainsi le retard dû à une curiosité si légitime et si habilement excitee, ne peut être compensé que par l’usage d’un moyen de transport plus ou moins rapide.
- Enfin, nombre de gens qui n’ont pas l’habitude des Expositions, et qui manquent de temps et d’argent pour y revenir une seconde fois, profitent de leur présence pour en jouir aussi complètement que possible, au risque de rattraper par une dépense supplémentaire le temps sacrifié à un complément de satisfaction.
- L’on trouve encore un argument en faveur de l’explication de ce phénomène et qui en confirme bien l’originalité.
- En général, pour un temps et une dépense identique il serait beaucoup plus aisé aux visiteurs de trouver place dans les bateaux pour aller à l’Exposition, d’un point éloigné et à une heure quelconque, que pour en revenir. En effet, les départs se font toujours complets en raison des heures de retour, qui sont à peu près les mêmes pour la totalité du public centralisé en un meme point. Malgré la plus grande facilité, c’est le contraire qui se passe ; il y a donc là une dépense forcée due à la distance et par conséquent au temps du parcours, qui sont l’inconvénient constaté par un grand nombre de gens, même au Champ-de-Mars.
- L’on peut objecter que l’usage dans le public parisien est de dire :
- « Allons à l’Exposition en nous promenant et « nous reviendrons par tel ou tel véhicule si nous « sommes fatigués. »
- Soit ; et tenons compte d’un certain nombre de personnes qui raisonnent ainsi, mais nous croyons que ce nombre serait négligeable dans le cas où la promenade avant l’Exposition serait de près de 8 kilomètres pour un habitant du ier arrondissement si l’Exposition était à Courbevoie et de plus de 6 kilomètres si elle était à Vincennes.
- Nous n’avons pu, à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous procurer l’élément très précieux que nous aurait fourni à l’appui de notre thèse l’augmentation du trafic de la Compagnie des omnibus pendant la durée de la dernière Exposition, augmentation due à l’influence des visiteurs pour toutes les lignes se dirigeant vers l’Exposition.
- Nous avous pu cependant nous procurer celle relative à la ligne des tramways-sud (ligne de Montparnasse à l’Étoile) et qui, à elle seule, représente 1,221,000 voyageurs de plus pendant les six mois d’Exposition que dans la période correspondante de 1877.
- Ce chiffre représente plus des deux tiers, soit 70 0/0 environ, du trafic de cette ligne.
- On nous concédera aisément que, sur cette fraction, 5o 0/0 au moins de l’augmentation est imputable aux visiteurs de l’Exposition.
- Partant de cette base, nous proposons d’en déduire que le chiffre total des voyageurs transportés par les omnibus et tramways de la Compagnie des omnibus, allant vers l’Exposition, pendant la même période, étant de 27,693,563, une proportion au moins égale au tiers de cette somme (soit 9,231,188) est aussi imputable aux visiteurs (1).
- Nous compléterons ces données par le relevé des chargements de la Compagnie générale des voitures de Paris arrivés aux différentes portes de l’Exposition, qui se chiffre par un total de 663,612.
- Nous considérons que sur trois de ces voitures, deux ne contenaient qu’un voyageur et la troisième en contenait deux, ce qui fait un total de 884,816 voyageurs véhiculés, par ce moyen à l’Exposition.
- Si peu stricte que soit l’exactitude de ces chiffres, il nous paraît impossible que l’on critique utilement les proportions sur lesquelles notre calcul se base.
- Nous pensons, au contraire qu’il y aurait lieu d’augmenter les termes de nos proportions en songeant qu’un grand nombre de visiteurs a pu se servir de moyens de transport ayant échappé à tout contrôle (Voitures particulières, tapissières, etc.)
- Nous avons voulu procéder ainsi, pour éviter toute contradiction possible.
- Si inférieurs que ces chiffres puissent être à la vérité absolue, ils nous suffisent cependant pour démontrer péremptoirement un fait, à savoir que :
- 10,489,217 voyageurs ont pris un véhicule quelconque, pour se rendre à l’Ëxposition du Champ de Mars en 1878.
- Voyageurs transportés à l'Exposition (aller seulement) par :
- Les bateaux.................... . 3,416,860
- Le chemin de fer.................... 961,947
- Les tramways-sud.................... 6io,5oo
- Les omnibus et les tramways de
- la Compagnie................. 4,615,594
- Les voitures de la Compagnie générale....................... • 884,816
- Total........... 10,489,217
- (1) Les lignes qui ont servi à nos calculs sont les suivantes : Auteuil-Madeleme, Trocadéro-Gare de l’Est, Grenelle-Porte-St-Martin, Grenelle - Bastille, Château-d’Eau - Ecole-Militaire, Palais-Royal - Porte Rapp, pour les omnibus ; Saint-Cloud -Louvre, Louvre - Sèvres, ïrocadéro - Villette, Passy - Louvre, Bastille - Pont de l'Alma, Gare d'Orléans - l’Alma, La Muette -Rue Tronchet, Louvre - Pont d’Iéna, pour les tramways.
- Nous avons vu plus haut que le nombre des visiteurs qui se faisaient véhiculer au retour dépassait d’environ 10 0/0 le nombre de ceux amenés. Nous conclurons donc par le tableau suivant :
- Voyageurs transportés à l’Exposition (aller et retour) par :
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- Il en résulte que 22,589,627 unités de places véhiculées ont coûté au public 8,118,870 francs, soit environ 28 centimes par place.
- Si on rapproche ce chiffre de 2,428,768 fr. 09 c. du total des entrées perçues en 1878, on voit que, même en plaçant l’Exposition au Champ-de-Mars, la dépense imposée au public pour le transport, si modestement que nous l’ayons calculée, représente un chiffre extrêmement considérable, proportionnellement à celui des entrées.
- Au même titre, comparant le chiffre de 22,589,627. qui est le total des voyages effectués aller et retour par les visiteurs et dont la moitié est de 11,294,818, au total des entrées tant payantes que gratuites à divers titres et qui est de 16,102,089, on voit que 4,807,276 personnes, dont la plupart sont vraisemblablement des exposants ou des employés, ne se seraient servi d’aucun moyen de transport.
- Cela s’explique dans une certaine mesure par le fait que ce personnel, pour éviter des frais de transport quotidien, ou s’était logé près du lieu de son travail, ou s’était imposé une course à pied plus ou moins longue.
- .Comparant encore ce chiffre de 11,294,818 voyageurs, arrivés par divers véhicules, à celui de 12,721,656, total des entrées payantes, un nombre de 1,446,843 visiteurs est venu et reparti à pied (1).
- L’augmentation qui résulterait d’un éloignement plus grand encore serait, évidemment, en rapport direct avec l’augmentation de distance.
- Mais si l’on fait entrer en ligne de compte ;
- i° Le temps ;
- 20 Les obligations diverses de dépenses, telles que repas, fatigue nécessitant une augmentation d’alimentation ;
- 3° Difficulté de trouver satisfaction à ces différents besoins dans des emplacements si bien aménagés qu’ils soient, mais hors de portée des ressources si importantes et si variées de la ville ;
- On conclura certainement avec nous que, quelle que soit la difficulté d’ordre administratif qu’on trouve à l’emplacement de 1889 au Champ-de-Mars, sa qualité dominante, qui est sa proximité, comparé à tout autre emplacement, le désigne à votre choix.
- Quelques auteurs de projets ont prétendu donner satisfaction à l’avantage indéniable d’une grande
- (1) Les entrées ayant été à des prix différents à certains jours, il y a lieu de tenir compte dans les écarts de chiffres correspondants au nombre de visiteurs par rapport à la recette, de 61,048 tickets (représentant 59,827 fr.) vendus d’avance et non utilises par leurs propriétaires.
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- 20. — Deuxième Année. — N° 55.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Janvier 1886.
- proximité en invoquant, au bénéfice de leur étude, la répartition inégale de la population parisienne dans certains points de la ville. Cette considération, ne tendant à rien moins qu’à modifier un choix basé sur la proximité moyenne, par rapport aux 2,269,000 habitants-de la grande cité, nous avons dû l’examiner avec, tous les soins qu’elle comporte.
- C’est pourquoi nous avons tracé les plans ci-annexés et dont nous allons donner la clé.
- Si, en effet, nos calculs démontraient que, parmi les emplacements proposés et admissibles, il en fût un qui répondît mieux à la réduction de distance et de temps moyens pour l’ensemble delà population, c’est celui-là que nous aurions lieu d’admettre plutôt que le Champ-de-Mars.
- Mais, là encore, les chiffres donnent raison à notre choix.
- Sans doute, plusieurs procédés peuvent être employés pour déterminer l’unité moyenne de temps et de distance qui sépare chaque habitant de Paris d’un point déterminé, mais nous croyons que celui adopté par nous est un des plus rationnels.
- Nous avons pris le centre géométrique de chacun des vingt arrondissements de Paris.
- Nous avons tiré de ces centres des lignes droites jusqu’aux différents emplacements qui semblaient jouir du plus de faveur.
- Prenant ensuite la distance exacte entre le centre de chaque arrondissement et chacun de ces points, nous avons multiplié par cette distance le nombre d’habitants de chaque arrondissement, de façon à obtenir une moyenne aussi exacte que possible pour chaque habitant.
- Nous sommes arrivés aux résultats suivants :
- Pour 2,269,023 habitants:
- Courbevoie............ 19.878.882 kilomètres.
- Saint-Ouen. ...... i2.382.33o —
- Vincennes............. 12,263,566 —
- Champ-de-Mars .... 9.577.673 —
- Il nous paraît superflu d’ajouter que le chiffre de la population devant augmenter pendant la période de l’Exposition, les écarts seront d’autant plus considérables et donneront d’autant plus de*va-leur à ce raisonnement.
- Nous avons entendu faire, au sein même de la Commission, par un membre de la minorité, l’honorable M. Lyon-Alemand, une objection à notre système.
- Il disait que le procédé consistant à tirer des droites pour calculer nos moyennes ne répondait pas à la plus stricte exactitude, car, disait-il, non seulement les artères de circulation ne sont nulle part en ligne droite pour aucun des habitants de Paris, par rapport à sa destination, mais en outre, ceux des quartiers excentriques se dirigeaient dans un sens diamétralement opposé à celui prévu par nos calculs, pour se rendre à des artères de circulation : telles que stations de chemins de fer de ceinture, bureaux ou lignes d’omnibus et tramways, pontons de bateaux, stations de fiacres.
- Il concluait donc pour ces raisons que nos moyennes n’étaient pas absolues.
- Ces objections porteraient, en effet, si notre préoccupation était de voir chacun des habitants de Paris employer le plus grand nombre possible de véhicules et de moyens de transports, pour se rendre à l’Exposition de 1889, mais telle n’est pas notre pensée.
- Bien au contraire, nous croyons que plus le nombre d’habitants pouvant faire le trajet à pied sera grand, plus le nombre de visiteurs sera considé-ble.
- C’est tout au plus si, négligeant la dépense imputable au transport, l’usage des moyens artificiels compenserait le temps perdu, dans le cas où des voies ferrées spéciales telles que le Métropolitain ou autres lignes nouvelles de raccordement, prévues dans divers projets d’emplacements, seraient exécutées en temps opportun.
- Mais certainement, dans l’état actuel de la circulation, à l’aide de moyens artificiels, nous considérons que nos moyennes sont logiques et dignes de l’attention du Conseil.
- Nous terminons ce rapport en rappelant au Conseil les axiomes qui en appuient la conclusion et qui ont servi de méthode au choix d’un emplacement, à savoir: i° que plus le public y accédera facilement, plus il sera nombreux ; 20 que plus il sera nombréux, mieux le but et l’objet de l’Exposition seront atteints; 3° enfin que moins la dépense en temps et en argent sera grande, plus le côté économique sera fructueux pour le public.
- On lit dans YÉvênement :
- Selon M. Alphand, le choix de l’emplacement n’est plus discutable ; les localités excentriques sont hors de cause. Il aurait fallu, en effet, pour y aboutir, créer des lignes nouvelles de chemin de fer pour lesquelles le temps matériel fait dès à présent défaut.
- L’Exposition doit donc avoir lieu au Champ-de-Mars comme centre. Elle comprendrait : les jardins des Champs-Elysées qui entourent le palais de l’Industrie, et qui seraient reliés à l’autre rive par une passerelle attenant au pont des Invalides ; une partie de l’esplanade des Invalides ; le quai d’Orsay élargi par des constructions élevées sur les bas-ports, le Champ-de-Mars, le pont d’Iéna et le Trocadéro.
- Le ministère de la guerre réserverait pour les manoeuvres d’infanterie les plateaux devant l’hôtel des Invalides ; la Ville mettrait à sa disposition la plaine de Bagatelle pour les manœuvres de cavalerie pendant l’occupation, dorénavant temporaire, du Champ-de-Mars.
- Au point de vue décoratif, on établirait des entrées monumentales aux entrées du Trocadéro et du pont d’Iéna, au Champ-de-Mars, au bout de l’avenue Rapp, à l’angle de l’avenue d’Iéna et du quai d’Orsay, enfin aux Champs-Elysées devant le palais de l’Industrie.
- Quant à l’organisation intérieure et au classement des diverses sections d’exposants on mettrait dans les jardins des Champs-Elysées l’Exposition du ministère de l’instruction publique (enseignement primaire), celle de la ville de Paris, les Expositions de meme nature de villes de France et de l’étranger, et généralement toutes les Expositions qui ne nécessitent pas un abri couvert, les auditions musicales en plein air, etc.
- L’Exposition coloniale, les concours d’animaux, les comices agricoles et horticoles trouveraient leur place à l’esplanade des Invalides. Au Champ-de-Mars serait construit un palais unique composé de quatre corps de bâtiments à plusieurs étages, disposés en rectangle, et d’un palais central entouré de jardins, où seraient établis, aux frais des exposants français et étrangers, des Expositions collectives.. Des motifs décoratifs placés dans les parcs du Trocadéro, aux entrées, ajoute-teraient leur attrait artistique aux constructions. Les communications entre les différentes parties de l’Exposition seraient assurées d’après un plan mûrement réfléchi, trop long à développer ici.
- Comme en 1867, le palais serait entouré de boutiques destinées aux restaurants, cafés, brasseries. Cette disposition, autrefois adoptée, a donné d’excellents résultats et pour la recette et pour l’agré-mentjdes visiteurs.
- L’estimation des dépenses doit être faite avant même de mettre au concours, ainsi qu’il en avait été décidé, les projets architecturaux ; pour obtenir cette estimation, M. Alphand s’est basé, non sur des devis approximatifs qui donnent toujours de graves mécomptes, ainsi qu’on l’a vu en 1867 et en 1878, mais sur le prix de revient du mètre superficiel, établi d’après les dépenses des autres Expositions.
- C’est làun moyen d’évitertoute erreur. En 1867, le mètre superficiel est revenu à 91 fr. 5o ; il est revenu à 121 francs en 1878. M. Alphand prendrait pour chiffre de revient en 1889 le premier chiffre de 91 fr. 5o, et il ne désespère pas de le voir réduire encore par les adjudications ; sans doute le prix des matériaux et des journées d’ouvrier a augmenté depuis 1867, mais, toutes les adjudications se faisant aujourd’hui avec un rabais de trente à cinquante pour cent, l’accroissement des dépenses disparaîtrait.
- Je passe sur le détail des dépenses estimées à un franc près, sur toutes les prévisions calculées aussi exactement que possible ; l’Exposition de 1867 a coûté vingt-trois millions; celle de 1878, a coûté cinquante-cinq millions ; celle de 1889, d’après le projet de M. Alphand, coûterait quarante millions, y compris les dépenses imprévues.
- Dans ce chiffre de quarante millions, la construction du palais entre pour une dépense prévue de dix-sept millions quatre cent mille francs ; l’exposition agricole pour trois millions cinq cent mille francs ; les travaux accessoires pour quatre millions ; les parcs et les jardins pour deux millions sept cent mille francs; l’arrangement des Champs-Elysées et les ponts pour quatorze cent mille fr., les frais généraux pour sept millions cinq cent mille francs ; ' la réserve pour l’imprévu trois millions cinq cent mille francs. Total : quarante millions.
- Cette dépense pourrait être couverte par une subvention fixe de l’Etat et de la Ville évaluée à vingt millions, par un capital de garantie de vingt millions, apport d’une société financière ; les recette serviraient d’abord à rembourser cette Société, c’est-à-dire que toutes les recettes lui appartiendraient et dans le cas où elles dépasseraient les vingt premiers millions, l’excédent serait réparti entre l’Etat, la Ville et la Société de garantie proportionnellement à leur apport respectif.
- Quant aux éléments de recettes, M. Alphand les a calculés d’après les enseignements des diverses expositions françaises et étrangères : se fondant
- sur les chiffres les plus bas, il est arrivé à prévoir un bénéfice de près de sept millions.
- J’ai donné le projet tel qu’a bien voulu me l’exposer M. Alphand avec la clarté, la netteté qu’il apporte en toutes choses, la sûreté d’un homme capable de le concevoir et seul capable de l’exécuter parfaitement dans les conditions de temps exigées.
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition de miniatures, émaux, pastels, aquarelles, etc., organisée par le Moniteur des arts, aura lieu chez Charmagne, 22,rue Caumar-tin, du lundi 25 janvier au jeudi 25 février.
- Le dernier délai pour le dépôt dès œuvres expire mercredi prochain, à 5 heures .
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- Une statue en bronze de Chevert sera élevée par décision du ministre des beaux-arts, au coin de la rue qui porte le nom du général.
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- La statue de Nicolas Leblanc, l’inventeur de la sonde artificielle, dont nous avons déjà parlé, sera élevée dans la grande cour du Conservatoire des arts-et-métiers. Une statue de Denis Papin lui fera pendant.
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- Un banquet tout intime réunissait, la semaine dernière .les nombreux employés de l’importante maison Wolff et Maunoury, à l’occasion de la nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur de M. Wolff père, fondateur de la maison.
- M. Eugène Distribué a retracé, dans une chaleureuse allocution, la vie toute de travail du nouveau légionnaire, qui, en quelques paroles émues, a remercié ses collaborateurs de leur fidèle concours.
- La plus grande cordialité n’a cessé de régner pendant cette touchante fête de famille.
- La soirée s’est terminée par un toast au président de la République et au nouveau chevalier.
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- Le Comité de la Société des artistes français ne s’adressera pas cette année à un tiers pour la confection du catalogue du Salon de 1886. Le catalogue, qui coûtera un franc comme par le passé, sera imprimé par les soins et sous la direction du comité.
- Toute liberté sera d’ailleurs laissée aux entreprises particulières, pour les catalogues de luxe, avec estampes et dessins.
- On sait que la décision du Conseil municipal de Paris relative à la création d’une Bourse du commerce a été approuvée, il y a quelques jours, par une loi.
- En exécution de cette décision, il sera procédé le mardi 2 février 1886, au palais du tribunal de commerce, à l’adjudication , au plus offrant et sur soumissions cachetées, du bail pour soixante années : 1° des bâtiments de la Halle aux blés, à la charge par l’adjudicataire d’en effectuer la transformation en Bourse de commerce ; 2° de deux îlots, d’une contenance approximative de 2,.630 mètres de terrain, situés entre ladite halle et le prolongement de la rue du Louvre, à la charge par l’adjudicataire d’y élever des bâtiments à l’usage du commerce et de l’industrie.
- La mise à prix du bail est fixée à 300,000 francs par an.
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- Départements
- La trente-quatrième exposition annuelle de la Société des amis des arts de Bordeaux ouvrira le lundi 1er mars 1886.
- Les ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin et lithographie, devront être exposés du 1er au 10 février 1886, au siège de la Société, galerie de la terrasse du Jardin public.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition des esquisses présentées au concours organisé peur la décoration du Rathaus (hôtel de ville) de Berlin a été ouverte à la bibliothèque de l’hôtel de ville lundi dernier, 11 courant. La clôture est fixée au samedi 23.
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- La grande exposition de bêtes à plumes organisée par l’Association « Cypria », aura lieu du 14 au 16 février prochain. Seront décernées : une grande médaille d’or offerte par l’empereur, plusieurs médailles d’argent, de bronze, mises à la disposition du comité par le ministère de l’agriculture ; enfin une série de médailles d’or, d’argent, de bronze données par la Société, ainsi qu’un certain nombre de primes.
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- Une grande fête artistique suivie d’un bal costumé qui sera une véritable résurrection du xvie siècle, doit avoir lieu prochainement à Stuttgard (Wurtemberg).
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- Deuxième Année. <— N° 55,
- SUPPLÉMENT DU MONlTç^ DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Janvier 1886.
- Paria. — Glypto graphie SiWeatre et C-, 97, rue Oberkampf.
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- Deuxième Année. — N° 55.
- Le clou de la soirée sera : l’entrée de l'empereur Maximilien et Nuremberg.
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- Angleterre
- Les travaux d’un canal maritime reliant Liver-pool à Manchester et faisant de cette dernière ville un port de mer accessible aux navires du plus fort tonnage, seront commencés selon toute probabilité au printemps prochain.
- Le coût de ce canal, qui aura cinquante-six kilomètres de long, est estimé à 7,300,000 livres sterling, soit 182,500,000 francs.
- On se rendra facilement compte des énormes avantages commerciaux que retirera la ville de Manchester de l’exécution de cet important travail, si l’on songe que tout le transit maritime devait s’effectuer jusqu’ici par Liverpool.
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- Pendant l’année qui vient de s’écouler, les importations se sont élevées à la somme de 373 millions de livres sterling (9 milliards, 325 millions de francs) soit une diminution de 16 millions de livres (400 millions de francs) sur 1884.
- Les exportations ont atteint le chiffre de 213 millions (5 milliards, 325 millions de francs), soit une diminution de 20 millions (500 millions de francs) sur 1884.
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- Belgique
- Une exposition contemporaine et rétrospective d’architecture, organisée par la Société centrale d’architecture avec l’appui du gouvernement, ouvrira le samedi 1er mai 1886, à Bruxelles.
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- États-Unis
- La galerie artistique de l’exposition de la Nouvelle-Orléans renferme, paraît-il, un grand nombre d’études et de tableaux de nu.
- Aussi la direction a-t-elle cru, pour ménager les pudiques susceptibilités des visiteurs, devoir faire placer cette inscription à l’entrée :
- Honni soit qui mal y pense ! ! !
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- La trente-troisième exposition annuelle du club artistique de Boston a été ouverte vendredi dernier 15 janvier, et se prolongera jusqu’au 13 février prochain.
- Le tableau bien connu de Jules Breton, le Départ pour les champs, sl été vendu il y a quelques jours 7,000 dollars, à la vente de la collection Whitney. C’est le chiffre le plus élevé qui ait été atteint.
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- Italie
- Un projet de tunnel sous-marin â travers le détroit de Messine a été mis en avant, il y a quelques mois, et recueille chaque jour de nombreuses adhésions.
- L’absence de communications rapides et directes entre la Calabre et la Sicile se fait sentir depuis longtemps, mais surtout depuis que le réseau de voies ferrées de l’Italie méridionale a pris la grande extension que l’on sait. Déjà en 1879 la construction d’un tunnel fut proposée, mais les préférences du plus grand nombre s’arrêtèrent à un projet de pont gigantesque dont il a été question à cette place même. Ce projet semble cependant être abandonné aujourd’hui et le gouvernement italien a autorisé l’ingénieur Havone, par un arrêté du 29 juillet dernier,à commencer les travaux préparatoires. La première idée de cette œuvre et les travaux qui ont démontré la possibilité de son exécution, sont dus à l’ingénieur Gabelli.
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- Russie
- La troisième exposition d’électricité de la ville de Saint-Pétersbourg a été ouverte officiellement le samedi 2 janvier (20 décembre, vieux style) par le grand duc Michel Nicolaïelvitch en présence d’une énorme affluence de notabilités.
- L’exposition qui est installée dans les vastes galeries du musée pédagogique se distingue par la nouveauté, la variété et le nombre des objets exposés. Tous les systèmes d’éclairage par l’électricité,connus jusqu’à ce jour, ont été appliqués à l’éclairage de l’exposition.
- Les auditions théâtrales téléphoniques obtiennent un immense succès.
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- RÉUNION
- DES
- MEMBRES du JURY de NICE
- Le déjeuner de la réunion amicale des membres du jury de l’Exposition de Nice, réunissait le 6 janvier dernier, au café Corazza, les notabilités du commerce et de l’industrie paiisiens.
- On verra plus loin, dans le discours de son honorable président, M. Lemoine, quel était le
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 17 Janvier 1886. — 21.
- but de cette réunion tout intime, qui se composait de ;
- MM.
- Braquenié, vice-président (tapisseries et étoffes d’ameublement) ;
- Bréant (châles et tissus);
- Alph. Camille (sellerie) ;
- Chenaillier (orfèvrerie) ;
- Damon (tapisserie et meubles) ;
- Dasson (bronzes d’art) ;
- Gastine-Renette, trésorier (arquebusier) ;
- Gibert;
- Gœzler (appareils d’éclairage) ;
- Hollot (fabricant de bronzes) ;
- Lahure, secrétaire (imprimeur) ;
- Lemoine, président (ameublement, ébénisterie);
- Leys (ameublement);
- Maurey-Deschamps (brosserie) ;
- Patay (fleurs artificielles) ;
- Pelletier (chocolats) ;
- Pelpel (distillateur) ;
- G. Sandoz, vice-président (joaillerie, horlogerie) ;
- Sudrot (entrepreneur de maçonnerie, juge au tribunal de commerce) ;
- Thierry (céramique) ;
- Vigneron (machines à coudre, mécanique de précision) ;
- Weber (passementerie d’ameublement) ;
- D1' Wickham (instruments de chirurgie) ;
- Wolff (papier en gros).
- La réunion avait invité quelques personnes bien connues pour l’intérêt constant qu’elles apportent à tout cé qui touche les questions commerciales et industrielles.
- Citons au hasard, MM. Wilson, député; Grodet, sous-directeur des colonies; Violet, chef de cabinet du ministre des postes et télégraphes ; Bouquet, ex-chef de cabinet du ministre du commerce; Lejard, organisateur des fêtes du commerce et de l’industrie ; Defosse ; P. Simon; R. Sandoz; Cosson; Weber; Maunoury, etc.
- On regrettait l’absence de MM. Biais, Blanc, Ghapu, Graux, Million, Moussard, Parfonry, Thibouville, Lamy, dont les noms complètent la liste des membres de l’association.
- Avant le banquet, M. Lemoine, président, a prononcé l’allocution suivante qui a été chaleureusement applaudie :
- Je crois être, mes chers collègues, l’interprète fidèle de vos sentiments à tous, en remerciant sincèrement nos convives d’avoir bien voulu, en acceptant notre invitation, venir s’asseoir auprès de nous, au modeste déjeuner mensuel de la réunion amicale des membres du jury de l’Exposition de Nice.
- Je rappelle ici à dessein le titre de notre société, pour vous initier à grands traits, messieurs, à l’origine et au but de cette association tout amicale et industrielle.
- L’exposition dernière de Nice avait réuni dans sa ville un certain nombre de personnes appelées à composer le jury des récompenses.
- Quarante environ d’entre nous étaient réunis à l’hôtel Beaurivage, et nos rapports journaliers ont fini par dégénérer en une amitié solide, que nous avons désiré voir se perpétuer.
- De là, cette société au milieu de laquelle vous vous trouvez, et qui est composée, je puis le dire, de l’élite de l’industrie française.
- Nous n’avons pas pour but seulement de nous réunir dans des banquets, mais bien de nous voir une fois par mois, pour causer et discuter des questions qui peuvent intéresser le commerce et l’industrie.
- Puisque j’ai parlé de l’Exposition, permettez-moi, monsieur, de vous faire ressortir que quand il s’agira de s’occuper sérieusement de la grande Exposition de 1889, nous aurons à vous fournir, par les noms de ces messieurs qui nous entourent, toute une liste d’hommes honorables et compétents, et qui, si l’on veut bien les appeler, peuvent rendre les plus grands services pratiques pour l’organisation de. ce grand tournoi pacifique.
- C’est alors, messieurs, que nous vous demandons de vouloir bien vous souvenir, par occasion, que vous avez un jour fait partie pendant quelques heures de cette réunion toute fraternelle, et que nous vous prions de nous réserver la protection de votre haute influence, pour soutenir les intérêts de notre petite mais sérieuse association. Nous vous en remercions d’avance, messieurs,
- et vous prions de compter sur toute notre reconnaissance.
- M. Wilson, prenant la parole au nom des invités, a remercié l’honorable président des sympathiques démonstrations dont ils avaient été l’objet, ainsi que des sentiments qu’il avait bien voulu exprimer à leur égard, et a assuré, en terminant, qu’il s’efforcerait toujours, quant à lui, de mériter la confiance des membres de la réunion en défendant partout et toujours les intérêts vitaux de notre commerce et de notre industrie nationale.
- On s’est assis ensuite devant un excellent déjeuner, dont nous donnons le menu pour ne pas manquer à tous nos devoirs de reporter.
- Hoi-’s d’œuvre
- premier service Kramoushis à la Polonaise, Homard sauce .Rémoulade, Filet de bœuf sauce JÆadére, Poulets chasseur
- DEUXIÈME SERVICE Faisans rôtis Salade
- Petits vois. — Haricots verts Bombe glacée Fruits et dessert
- VINS
- (Bhablis — Beaune Bordeaux — Qhampagne
- CAFÉ — LIQUEURS
- Au dessert, M. Sandoz ouvrant la série des toast a pris la parole en ces termes :
- « Messieurs,
- « Notre société amicale, fondée il y a deux années par trente présidents de groupe du jury de Nice, dans le but de continuer d’agréables relations commencées à l’hôtel Beaurivage, a vu peu à peu se modifier son cercle d’action.
- « En effet, si l’amitié nous réunit, l’étude des questions vitales du commerce et de l’industrie française nous préoccupe à juste titre et les expositions universelles, les traités de commerce, la concurrence étrangère sont pour nous un vaste champ d’études dans lesquelles des hommes de votre valeur et de votre expérience peuvent rendre au pays de réels services Mais notre déjeuner du premier mercredi de chaque mois sera toujours pour nous la modeste fête qui nous réunira et à laquelle nous serons fiers de convier, comme aujourd’hui, de hautes personnalités soucieuses de tout ce qui touche à la grandeur du commer.ce de la France.
- « Notre Société vient d’obtenir un réel succès. Quatre de nos collègues viennent de recevoir la juste récompense de services rendus au pays, pendant une longue et honorable carrière ; ce sont :
- M. Wolff,
- qui a su apporter de nombreux perfectionnements et maintenir au premier rang une industrie bien française : la fabrication du papier ; qui a été membre du jury à toutes les expositions nationales ou universelles, qui est membre du conseil du comptoir national d’escompte de Paris.
- M. Bréant,
- qui occupe plus de 800 ouvriers, dans sa fabrique de châles et tissus, dont les 9 dixièmes de la fabrication sont exportés aux Etats-Unis ; qui a obtenu de hautes récompenses aux expositions à Paris, à Sydney, à Melbourne, à Amsterdam ; membre du jury et exposant à Anvers, membre de la commission permanente des valeurs en douane.
- M. Hottot,
- notre aimable collègue, artiste distingué, qui expose chaque année au salon et édite ses œuvres auxquelles il a su donner un charme particulier; quia rouvert au commerce des bronzes un marché qui lui était fermé : celui de l’Amérique.
- « Enfin M. Ghapu, le grand fabricant de pâtes alimentaires, président de jury à presque toutes nos expositions nationales ou universelles, qui, obligé de partir à Nice, par ordre de son médecin, m’a chargé de vous exprimer ses vifs regrets de ne pouvoir être au milieu de nous.
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- .« Notre Socie'té est heureuse et fière de ces succès. Mais si notre réunion compte maintenant i5 officiers ou chevaliers de la Légion d'honneur, il en reste de bien méritants qui seraient certainement décorés si le ministère du commerce n'était pas, en dehors des expositions, si mal partagé dans la répartition des croix.
- « Je porte donc un toast et je vous propose de boire non seulement à nos quatre nouveaux che-voliers mais aussi à tous nos collègues qui ne le sont pas encore et qui le seront prochainement, je l’espère. »
- M. Wolff s'est levé à son tour et s’est exprimé en ces termes ;
- « Je prends la parole au nom de mes collègues les nouveaux chevaliers de la Légion d'honneur, pour remercier notre ami, M. Sandoz, des félicitations qu’il vient de nous adresser.
- « Je remercie également M. Wilson d’avoir bien voulu honorer notre réunion de sa présence.
- « Notre jeune Société, comme l’a fort bien dit M. Sandoz, existe seulement depuis deux ans; née sous le soleil chaud du Midi, nous sommes heureux de constater qu’elle a fait son chemin, l’influence salutaire du climat de Nice se fait encore sentir parmi nous par l’amitié et la concorde qui nous unissent.
- « Je termine en vous proposant de boire à la santé du notre cher Président, M. Lemoine, dont le généreux concours n'a jamais fait défaut à ses collègues et amis. »
- M. Lemoine, président, a porté un toast au Président de la République auquel M. Wilson a répondu en affirmant la constante sollicitude que le chef de l’Etat apporte. à. tout ce qui intéresse le commerce et l’industrie de notre pays.
- « Ce matin encore, a-t-il dit en terminant, le président consultait un tableau synoptique du revenu des douanes françaises, tableau qui ne rend que trop évidente la crise qui sévit depuis 1882. Mais, a-t-il ajouté, M. Grévy a pu constater avec joie que le résumé du dernier semestre .de 1885 accuse une amélioration très sensible, amélioration qui, il faut l’espérer, ira toujours en s’affirmant et sera le point de départ d’une ère nouvelle de prospérité pour la patrie française. »
- Des applaudissements répétés ont accueilli ces rassurantes paroles.
- M. Sandoz a porté ensuite un toast à MM. Gro-det, sous-directeur des colonies et Bouquet, chef de cabinet de M. Dautresme, ministre du commerce, les remerciant de l’accueil bienveillant et du gracieux concours qu’ils ont toujours réservés aux représentants du commerce français.
- M. Albert Grodet a répondu en ces ternies :
- Messieurs,
- Il m'est impossible de laisser sans réponse les paroles si gracieuses que votre honorable collègue, M. Sandoz, vient d’adresser à M. Bouquet et" à moi. Mon camarade et ami Bouquet me permettra certainement de remercier M. Sandoz en son nom comme au mien. Nous ne savons pas si nous avons réellement rendu des services au commerce. Il ne nous serait, d’ailleurs, point permis de le dire ; mais, ce que nous pouvons affirmer hautement, c’est que, dans l’exercice de nos fonctions, nous avons toujours considéré que nous étions faits pour servir le commerce français, l’industrie nationale et, j’ajouterai, messieurs, tous les contribuables en général. ( Vifs applaudissements.)
- Abandonnant les errements trop fréquemment suivis jusqu’ici dans les administrations publiques, nous n’avons pas dédaigné les relations commerciales. Bien au contraire, ces relations, nous les avons cherchées et désirées. C'est qu’en effet, nous trouvons chez les hommes qui ont l’expérience, la pratique des affaires, des indications toujours utiles et, parfois même, une direction également utile. (Nouveaux applaudissements.)
- Je n’abuserai pas, messieurs, de votre bienveillante attention. M. Bouquet et moi nous vous remercions encore une fois de votre gracieux accueil.
- Messieurs, je bois à votre santé. Je bois aussi à la prospérité du commerce parisien. (Applaudissements répétés.)
- Enfin M. Lemoine a bu à M. Lejart, le sympathique promoteur des fêtes du commerce et de l’industrie, dont nous étudierons prochainement les importants services rendus.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Janvier 1886.
- Nous publions ci-après le rapport remarquable de M. G. Wickham, membre de cette réunion, sur une des classes les plus intéressantes de l’exposition d’Anvers.
- Nous serons toujours heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs les travaux d’hommes aussi compétents.
- EXPOSITION D’ANVERS
- RAPPORT SUR LA CLASSE 9.— GROUPE I
- Nous sommes ici en présence de tout ce qui se rattache à la médecine, à l’hygiène et à l’assistance publique. C’est l’utile, l'indispensable, venant après l’agréable, après ce qui flatte nos goûts et nos passions.
- . Il faut donc en prendre son parti et examiner avec attention tous ces remèdes à nos infirmités.
- Les exposants français pour cette classe étaient au nombre de 19. Il y a lieu de citer tout d’abord l’un d’eux, M. Baretta, fondateur du Musée pathologique du Musée Saint-Louis ; cet artiste avait là 2,000 pièces d’anatomie en pâte plastique, représentant les principaux types des maladies syphilitiques et de la peau ; ces pièces sont inaltérables et très utiles à l’enseignement.
- Trois ocularistes exposaient des yeux artificiels, à l’usage des naturalistes pour oiseaux, animaux, poissons et reptiles. Nos ocularistes français ont une supériorité incontestable, et nos premiers artistes de Paris n’étaient pas cependant au nombre des exposants.
- M. Carrue, fabricant d’appareils de gymnastique hygiénique, avait une très belle exposition, appareils de fabrication supérieure, offrant toute sécurité, travail bien fini, sans être d’un prix élevé ; il expédie sur tous les points du globe et est l’auteur d’un traité pratique de gymnastique de chambre hygiénique et médicale, fort bien fait.
- Un médecin exposait un modèle de baignoire que nous, avions déjà vu à Amsterdam ; après avoir pris son bain, la baignoire disparaît par ce fait qu’elle se transforme en siège ou meuble sur lequel on s'asseoit.
- Un fabricant de bas à varices nous montrait des bas à élasticité latérale exerçant une compression uniforme ; il fait des bas en tissu de ramie, dont la production s’étend de plus en plus en Algérie.
- Nous avons vu là un fabricant d’acoustique pour la surdité, conques, microphones, cornets et cordons divers.
- Un médecin dentiste de Lyon exposait des appareils bien compris pour les diverses affections de la face ; appareil remplaçant tout ou partie de l’os maxillaire supérieur, le malade pouvant aussitôt parler et s’alimenter comme à l’ordinaire ; un nouvel appareil pour maintenir les nez artificiels sans avoir besoin de recourir aux lunettes.
- Un nouveau système de suspension à ressorts compensateurs était exposé par le docteur Desprez de Saint-Quentin, suspension ayant pour but d’atténuer, dans des propositions considérables, les^ chocs violents des objets suspendus, cela peut rendre de réels services pour le transport des blessés ou même simplement des enfants dans leurs petites voitures.
- Il y avait aussi des plans d’un projet d’hôpital civil par un architecte de Paris.
- Enfin, l’Union des femmes de France et l’Association des dames françaises étaient là, en présence, toujours rivales pour le bien de l’humanité. L’exposition de cette dernière comprenait surtout ce qui touche à l’enseignement des ambulancières et la préparation des objets de pansement L’Union des femmes de France avait de remarquables boîtes de secours et une collection complète de pièces et appareils à pansement, plus des spécimens de toutes les excellentes choses qu e ces dames avaient pu envoyer à nos malades et à nos blessés au Ton-kin.
- Depuis un an cette Société a reçu des dons qu’elle a distribués déjà en partie pour une valeur de 35o,ooo francs ; elle a 35 comités en province,
- elle compte plus de 120 médecins faisant des cours à Paris dans toutes les mairies et au siège social, pour enseigner, surtout aux femmes, l’hygiène, la médecine élémentaire et les premiers soins à donner aux blessés. Nous nous faisons donc un devoir d’appeler la bienveillante attention de nos lecteurs sur ces deux œuvres philanthropiques.
- Nous avons eu le regret de constater l’abstention de nos premières maisons d'instruments de chirurgie, d’orthopédie et de bandages. Quoi qu’il en soit, l’ensemble était satisfaisant et les récompenses obtenues prouvent que la France était là assez bien représentée.
- Les récompenses ont été de 3 diplômes d’honneur, 1 médaille d’or, 7 médailles d’argent, et 4 médailles de bronze.
- Pour cette classe, la Belgique comptait 26 exposants, 7 dentistes, 7 bandagistes et orthopédistes, 3 fabricants de baignoires et articles d’hygiène, 9 exposants divers pour plans d’hôpitaux, installation des eaux, publications médicales, etc.
- L’exposition générale des dentistes nous a paru assez intéressante. Un chirrugien dentiste, diplômé de Bruxelles, avait des pièces de prothèse dentaire ayant pour but de démontrer que le dentiste peut obtenir avec des dents simples les effets divers et caractéristiques qu’on rencontre dans la nature.
- Un mécanicien dentiste, de Gand, exposait plusieurs instruments perfectionnés pour la pratique de l’art dentaire, l’un deux destiné à repousser dans leur alvéole, les racines des dents de lait, quand ces racines ont quitté leur position normale, pression se faisant doucement et lentement au moyen de ce nouvel appareil ; puis une clef d’extraction toute particulière, à l’aide de laquelle on peut instantanément extraire la dent quelle que soit sa position dans la bouche, et, grâce au crochet de cette clef, il est impossible de tirer deux dents à la fois, comme cela arrive trop souvent avec les anciennes clefs. Un chirurgien dentiste, de Liège, montrait des pièces dentaires en toute espèce de matières ; des moules et appareils pour le redressement des dents déviées ; des dentiers complets et des pièces partielles remarquables par leur transparence et leur solidité ; des pièces estampées avec les sinuosités du palais, dents à gencives et à talons. Dans une autre vitrine nous avons remarqué des pièces très bien faites, exposées par un dentiste de Chimay.
- Nous entrons en plein dans les misères humaines ; trois spécimens de bouches privées du voile du palais et une autre dont le palais est perforé ; un nez en caoutchouc vulcanisé couleur chair très léger, remplaçant avec avantage le nez en métal ; avec ce nez en couleur, l’illusion est complète ; à un mètre de distance on ne peut croire à un faux nez ; enfin un voile artificiel du palais très remarquable, très souple, se maintenant très bien en place sans crochets, ne gênant pas la respiration, facilitant la prononciation et aidant aux fonctions digestives.
- Les expositions des bandagistes et des orthopédistes ne présentaient rien de bien intéressant à signaler, appareils connus, bandages à prétention connue, celle de la guérison des hernies, question jugée par les diverses facultés de médecine de France et de l’étranger. Ce qu’il y a de remarquable chez ces artistes et de très curieux, c’est la quantité de décorations, diplômes d’honneur et médailles qu’ils possèdent. Il est vrai qu’à Bruxelles on voit à propos de certaines distinctions honorifiques des choses vraiment extraordinaires, et cela est assez connu.
- Passons à des exposants plus modestes : Un brave médecin de campagne avait son idée ; il trouvait qu’en prenant sa canne pour aller faire ses visites, il devait du même coup prendre sa trousse en mettant dans sa canne les instruments essentiels; c’est ce qu’il est parvenu à faire ; c’est original. Cet humble savant espère faire mieux encore, il nous montrera cela à notre exposition de 1889.
- Un fabricant de Bruxelles montrait un fauteuil à opérations, très perfectionné.
- Un plombier de la même ville exposait un système de latrine à caisse-air avec réservoir syphon donnant [une telle pression que l’eau
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- Deuxième Année. — N° 55.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche' 17 'Janvier'- 1885
- chassée avec impétuosité nettoie complètement le bassin.
- C'est donc maintenant l’hygiène que nous abordons.
- La ville de Bruxelles avait à ce sujet une belle exposition : publications scientifiques et administratives, brochures et instructions pour l'hygiène scolaire, organisation de la désinfection à domicile et matériel en usage ; organisation et matériel employé pour l’assainissement des habitations.
- Un inspecteur de l’hygiène scolaire au ministère de l’instruction publique exposait toutes sortes de publications fort intéressantes et la collection d’une revue ayant pour titre le mouvement hygiénique à laquelle collaborent des hygiénistes les plus distingués, non seulement de Belgique, mais encore de France et d’autres pays. -
- L’exposition du ministère de la justice a attiré aussi notre attention par la comparaison de ses cellules d’aliénés, anciens et nouveaux modèles et par ses rapports sur les établissements pénitentiaires et de bienfaisance.
- Les secours aux blessés étaient représentés par deux sociétés : la Croix-verte et la Croix-rouge. L’exposition de la Croix-verte consistait en un nouveau modèle de voiture-civière avec les accessoires et ustensiles nécessaires au transport des malades et des blessés.
- L’exposition de la Croix-rouge de Belgique avait une importance en rapport avec la grandeur de cette association placée sous le patronage du roi des Belges ; on voyait un modèle de baraque pour hôpital provisoire, des livres, des comptes rendus, divers modèles de civières pour le transport des blessés. Un médecin de Bruxelles montrait des plans vraiment curieux d’hôpitaux mobiles en tôle d’acier. Cette section de la Croix-rouge comprenait 21 exposants dont l’exposition consistait en toutes sortes de modèles de voitures, brancards et appareils pour secourir les blessés sur les champs de bataille. Nous devons être heureux de voir tout ce qui se fait en France, en Belgique et dans la plupart des pays européens pour venir en aide aux malheureuses victimes de la guerre. Cette généreuse pensée, cette sympathie devra s’étendre aux ligues de la paix des divers pays afin qu’elles préviennent, autant qu’elles le pourront, ce terrible fléau qui s’appelle la guerre.
- Georges Wickham,
- Délégué par le ministre du commerce pour la classe 9 à l’Exposition d’Anvers.
- EXTRAITS D’UN RAPPORT
- SUR
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE AGRICOLE
- D’AMSTERDAM EN i885
- PAR
- TÆ. UE COMITE! IDE] SAIISTTE-FOIX
- CONSUL GÉNÉRAL A AMSTERDAM COMMISSAIRE GÉNÉRAL POUR LA FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 10 janvier 1886).
- Si la désertion des campagnes, en s’accentuant d’année en année en France avec une persistance fâcheuse, forme pour nous un problème très redoutable, ce problème ne se pose nullement dans les Pays-Bas. Les agriculteurs hollandais n’ont à se plaindre ni de la rareté ni de la cherté de la main-d’œuvre. Au contraire, les salaires des ouvriers agricoles ont été considérablement réduits dans ces derniers temps, car il est nécessaire de produire à moins de frais pour pouvoir lutter contre la concurrence étrangère. De 1 florin ip par jour (3 fr.), les salaires sont tombés à 1 florin (2 francs), et
- l’ouvrier néerlandais s’est soumis à cette réduction sans se mettre en grève. Il faut dire que sa nourriture, pour laquelle il se montre beaucoup moins exigeant que chez nous, et que son entretien se trouvent très favorisés par le bas prix dp presque tous les produits, comparativement aux temps où les pommes de terre, la viande de porc, les légumes, etc., se vendaient cher.
- Cette situation fait qu’en Hollande il n’existe pas d’institutions spéciales qui aient pour objet l’assistance dans les campagnes. Il n’y a, sous ce rapport, dans les Pays-Bas, que ce qu’il y a en France. Les bureaux de bienfaisance, les caisses d’épargne, les établissements hospitaliers fonctionnent comme chez nous. Les communes rurales ne possèdent pas de sociétés coopératives, ni de caisses de secours mutuels ou de retraite pour la vieillesse, ni d'institution spéciale quelconque destinée à fournir, soit à titre gratuit, soit à titre onéreux, aux ouvriers agricoles, ainsi qu'aux petits propriétaires, aux petits fermiers et aux petits colons, les fonds nécessaires pour remédier soit à l’insuffisance des salaires ou chômages, soit aux pertes qu’ils peuvent avoir éprouvées. Les bureaux de poste encaissent les sommes destinées aux caisses d’épargne ; les malades et les vieillards infirmes sont dirigés vers les hôpitaux ou les hospices des villes. Quant aux sociétés médicales, il n’en existe pas dans les campagnes, et elles ne se rencontrent que dans les centres de quelque importance.
- L’ouvrier agricole hollandais possède généralement, comme en France, une maison et un jardin qu’il entretient soigneusement. Il récolte les pommes de terre et les légumes nécessaires à sa consommation ; il élève un ou deux porcs destinés également à sa nourriture. Lorsqu’il a satisfait à la conscription, qui d’ailleurs ne prélève sur les habitants qu’un impôt fort léger (1), il se marie, et il est bientôt entouré d’une nombreuse famille au milieu de laquelle il aime à vivre et à passer ses jours de repos. Fidèle à ses devoirs religieux, qu'il soit protestant ou catholique, il n’a pour toute distraction que les auberges où se rassemblent, de préférence, les jeunes gens et où des comédiens de passage, des déclamateurs du pays viennent de temps en temps rompre la monotonie de ces lieux de réunion où se consomment de grandes quantités de bière, de genièvre et de tabac. Ses besoins, ses exigences sont moindres que chez nous : le meilleur frein pour le retenir dans son village et au logis consiste dans cet esprit de famille si développé parmi les populations du Nord, et dans l’affection générale qu’inspirent les enfants, non seulement aux parents, mais aux Hollandais en général. De la natalité considérable, de l’absence de charges militaires, de la prépondérance du travail agricole, du peu d’importance des industries néerlandaises comparativement à celles de la France et de la Belgique, de la différence des mœurs, il résulte qu’il est difficile d’établir une comparaison entre ce pays et le nôtre. Sauf dans les deux ports d’Amsterdam et de Rotterdam, dans les villes de la Haye, d’Utrecht, d’Arnhem, de Leyde et d’Harlem, les ouvriers, au lieu d’être groupés en communes populeuses, sont presque entièrement dispersés dans les villages, les hameaux et les fermes isolées.,
- Les grands chantiers de travaux publics , les constructions nombreuses qui se sont élevées dans les principales villes ont sans doute attiré vers les centres beaucoup d'artisans venus de leurs villages. Mais ces travaux divers subissent actuellement un temps d’arrêt. S’il n’y a pas de reflux vers les campagnes, il faut constater cependant que, en 1884, la ville d'Amsterdam, par exemple, qui dans les dix dernières années voyait sa population augmenter de 10,000 à 12,000 habitants par an , ne s’est accrue durant cette période que de 3,000. Or, on doit attribuer cet accroissement plutôt aux
- (1) Le service militaire n’est pas universel enHollande. La force armée se compose de volontaires et d’hommes levés par la conscription à l’âge de vingt ans accomplis. Les conscrits sont enrôlés nominalement pour une période de cinq années ; mais, en réalité, ils ne servent que pendant douze mois, après lesquels on leur accorde un congé renouvelable, à la condition de se présenter annuellement pour les exercices de six semaines, jusqu’à l’expiration du temps officiel de service.
- naissances qu’à l’arrivée de nouveaux habitants provenant des communes rurales.
- Nous allons maintenant examiner la part que la France a prise à l'Exposition d’Amsterdam.
- Le Gouvernement de la République avait obtenu des Chambres un crédit de 3o,ooo francs pour assurer la participation de nos nationaux à ce concours international, et vous aviez institué, sous votre présidence, Monsieur le Ministre, une commission d’organisation composée de notabilités et de spécialités agricoles qui devaient assurer le succès de cette participation. En outre, un comité d’organisation, présidé par M. Récipon , député, président de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture, avait été chargé de prendre les mesures nécessaires pour l’admission de nos animaux et de nos produits, pour l’installation de la section française et pour l’acheminement vers Amsterdam de tout ce qui était, destiné à nos exposants.
- Malgré les retards subis par le vote du crédit mis à la disposition du ministère de l’agriculture, malgré le peu de temps qui nous est resté avant l’ouverture du concours d’Amsterdam, nous avons pu , grâce au zèle de collaborateurs qui nous avaient été adjoints, MM. Aubert, commissaire adjoint, chancelier du consulat général; H. Mes-nier, ancien élève de l’école d’agriculture de la Saussaye ; Marsais, rédacteur au ministère de l’agriculture, et de Cambefort, secrétaire du commissariat général, nous avons pu, Monsieur le Ministre, arriver à l’organisation complète de notre section pour la date fixée. Bien peu de nos exposants manquaient à l’appel, et encore tous les retards doivent-ils être attribués non pas à eux, mais à la négligence des compagnies de chemins de fer français, qui, nous le reconnaissons à regret, n’ont pris nul souci des intérêts nationaux engagés dans cette affaire.
- La présence dans les eaux d’Amsterdam de la corvette de guerre français le Coligny, commandée par le capitaine de frégate Hamelin, nous a été fort précieuse dans les derniers moments. Le concours de son équipage nous a été, en effet, très utile pendant la durée de l’Exposition et pour la réexpédition des animaux et des produits. L’enlè-vements de ce qui nous revenait a été même si rapidement opéré par nos matelots que, dès le surlendemain de la fermeture, tous nos colis reprenaient la route de la France.
- Le Coligny, venu déjà l’an dernier dans ce port, y avait d’ailleurs laissé les meilleurs souvenirs, en resserrant les liens de sympathie existant entre les deux marines française et hollandaise. Cette corvette a permis , en outre , au président du comité d’organisation, M. Récipon, de donner à son bord des fêtes dont les invités néerlandais et français se souviendront longtemps.
- Vous avez bien voulu, Monsieur le Ministre, malgré vos nombreuses occupations, honorer de votre visite ce grand concours international, tout lointain qu’il fût de votre résidence. Non content d’examiner les produits exposés, vous avez tenu à pénétrer, en compagnie de M. Tisserand, directeur de l’agriculture, et du commissaire général de la République, jusque dans les polders et dans les exploitations de la Hollande. Vous avez assisté enfin, le ier septembre, à la distribution solennelle des prix, présidée parle ministre du Water-staat, et avec vos sentiments de patriotisme bien connus, vous vous êtes profondément réjoui des nombreuses récompenses accordées à nos nationaux par un jury international et sur un terrain étranger. On peut, en effet, le dire sans flatterie, la France vient encore de remporter de beaux succès à Amsterdam. Si l’on a quelque raison d’accuser certains de nos agriculteurs de routine, ceux-là n’ont pas besoin d’aller en pays étranger pour trouver des modèles à imiter. Ils les trouveront chez nous et principalement parmi ces compatriotes qui, à Amsterdam, ont remporté iy3 prix, dont i3 prix d’honneur, 47 premiers prix, 43 seconds prix, 5 troisièmes prix, 3o prix du Comité, et i5 mentions honorables.
- Le catalogue français de l’Exposition internationale agricole d’Amsterdam était divisé en onze sections,-savoir :
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Jantier i885-
- 24. — Deuxième Année. — N° 55.
- Section I. Espèce chevaline.
- Section II. Espèce bovine.
- Section III. Espèce ovine.
- Section IV. Espèce porcine.
- Section V. Beurres, fromages, laits conser-
- vés.
- Section VI. Machines et instruments agri-
- coles.
- Section VII. Moyens et instruments pour
- l’instruction agronomique et
- l’agriculture pratique.
- Section VIII. Elevage d’abeilles.
- Section IX. Appareils pour la protection des
- animaux.
- Section X. Produits agricoles.
- Section XI. Aviculture et lapins.
- Ce sectionnement était celui du catalogue général néerlandais. Il avait été réglé par la commission d’organisation de l’exposition agricole. Nous devons à l’obligeance du Comité et du directeur du jardin zoologique d’Amsterdam l’adjonction de la dernière section (aviculture et lapins). L’un et l’autre ont bien voulu se rendre à nos instances et permettre aux volailles françaises de prendre leur part dans le succès de ce grand concours.
- LES LIVRES
- XLII
- Les Français en Russie et les Russes en France. (L’ancien régime. *— L’Emigration. — Les invasions), par Léonce Pin-gaud, professeur d’histoire moderne à la Faculté des lettres de Besancon. — Paris, librairie académique Perrin et Cie, lib.— éditeurs, i vol. in-8°.
- La Russie est un pays vers lequel les yeux de la France se portent avec plaisir. Il n’y a entre ces deux nations, qui pourtant se sont mesurées plusieurs fois en ce siècle sur les champs de bataille, aucun antagonisme vivace et tenace. La lutte terminée, il n’est demeuré entre les ennemis de la veille, redevenus les amis du lendemain, aucun ressentiment. Bien plus, il semble que, comme il arrive entre des adversaires généreux, le souvenir des combats passés'ait cimenté l’amitié présente. Cette amitié est fondée sur une réciproque estime, sur une mutuelle sympathie. Depuis la visite de Pierre le Grand, à Paris, qui fit entrer la Russie encore à demi-barbare, dans l’orbite de la civilisation, dans le courant des influences européennes, il y a entre la France et la Russie un échange d’abord intermittent, et au milieu du siècle tout à fait actif de communications. Voltaire et Diderot ont été les précepteurs de la société russe intelligente et de leur côté tous les Russes de distinction sont venus faire consacrer, dans les salons de Paris, une réputation d’esprit souvent très méritée, comme celle du comte Schouvalof, l’ingénieux et élégant auteur de l’épître à Ninon. La grande Catherine, si elle a agi pour la Russie, qu’elle gouverna avec génie, à pensé et parlé pour la France, écrivant en français ses Mémoires et ses Lettres, prenant Grimm pour son chargé d’affaires intime au département des commissions artistiques et littéraires, et caquetant intellectuellement entre ces deux grands hommes d’esprit, le prince de Ligne et le comte de Ségur. Pendant la Révolution, Catherine, son successeur Paul et l’empereur Alexandre, accordent à l’émigration française une protection intermittente que refroidissent tour à tour la déception causée par le perpétuel fiasco du comte d’Artois, montrant plus volontiers la galanterie d’Henri IV que son courage, et les'succès de Napoléon dont le génie a fasciné le faible esprit de ce monarque couronné au sort tragique. Sous son fils Alexandre , les rapports entre la France et la Russie sont des rapports à main armée, des visites d’invasion où Paris occupé vengera Moscou incendié.
- Tel est le cadre des tableaux et des portraits
- dont M. Léonce Pingaud a ingénieusement conçu et heureusement et finement peint l’intéressante galerie. Il possède une connaissance approfondie de son sujet qui fait de lui l’homme qui, avec M. Rambaud, connaît le mieux historiquement la Russie depuis cent ans. Il a utilisé avec sagacité les collections historiques publiées en Russie, les archives Worouqof et les curieuses publications de la Société de l’histoire russe. Il a puisé aussi aux sources récemment ouvertes des archives du ministère des affaires étrangères.
- La trame de son livre est donc consciencieuse et solide. La broderie de ce canevas est fort agréable, d’un style formé aux bons modèles et d’une vivacité de couleur que comporte ce sujet semi-oriental. Dans la première partie du livre, la moins piquante et la moins nourrie de faits, parce que pendant le règne d’Anne et le règne d’Elisabeth, la Russie, dominée par les agents et les généraux allemands, les agents et l’argent anglais, n’est ouverte que par intermittences, par boutades, par saccades à la curiosité et à l’indiscrétion françaises, nous aurions souhaité plus de relief à la figure de notre ambassadeur, La Ché-tardie, de Lestocq, son auxiliaire et son rival, du marquis de l’Hospital et du chevalier d’Eon, diplomates aventureux, dignes d’un règne si romanesque. Toute cette partie traitée en introduction est d’un raccourci un peu sacrifié. L’auteur ne prend toute son envergure, et n’est en plein dans son sujet qu’à partir de Catherine II, qui à elle seule occupe justement la moitié du volume, là plus d’hésitations, de tâtonnements, de sacrifices, d’esquisses en grisaille comme celle des figures que nous venons d’indiquer et avant elles, celles deVillebois, sous Pierre le Grand, curieuse et puissante tête d’aventurier, à peine indiquée d’un trait. En passant nous dirons que contrairement aux doutes de M. Pingaud, nous croyons ses mémoires parfaitement authentiques et point du tout apocryphes.
- C’est dans cette deuxième partie de l’ouvrage de M. Pingaud qui est, à vrai dire, l’ouvrage même, car les rapports entre la France et la Russie a l’état général, habituel, intime, ne datent que de Catherine que nous rencontrons éclairées et animées souvent par des détails neufs les figures de Karam-zine, dont M. Legrelle vient de publier le curieux voyage en France, dont nous parlerons prochainement, du comte de Ségur et du comte Roger de Damas. Le comte de Langeron, Rostopschine, Joseph de Maistre, le duc de Richelieu surtout, ce fondateur d’Odessa, et bien d’autres nous apparaissent là, à leur plan, sous leur vrai jour et il est peu de lectures plus attachantes et plus instructives que les deux cent cinquante dernières pages de l’ouvrage qu’on peut dire une histoire, faite pour la première fois de l’émigration française en Russie. Nous ne pouvons entrer évidemment dans le détail de ces recherches parfois signalées par d’heureuses découvertes. Nous nous bornerons suivant notre habitude, qui est surtout d’indiquer au lecteur ce qu’il trouvera dans un livre, à l’assurer qu’il ne regrettera point sa peine. Pour nous, nous avons appris beaucoup de choses dans l’ouvrage de M. Pingaud sur un sujet que nous croyions posséder au moins à moitié. Il nous a, par exemple, révélé et il a, croyons-nous, révélé aussi à bien d’autres un fait qui est fort peu connu. Jusqu’ici nous croyions que Bonaparte, suspecté, disgracié, se rongeant les poings dans l’impatience de l’ambition et delapauvreté avait été tenté de frapper à bien des portes, et décidé à offrir ses services même au Grand Seigneur; mais nous ignorions absolument qu’il eut fait des offres formelles de services à la Russie. Voici ce passage très curieux de l’ouvrage de M. Pingaud (p. 193): « Bonaparte exprimait alors à un ami son dessein d’aller organiser l’artillerie turque ; puis il se rejetait sur le projet d’offrir son épée à Catherine II ; et peut-être eût-il donné suite à cette idée, si on ne lui eut fait observer que les royalistes seuls étaient les bienvenus sous les drapeaux des tzars ; les amis qui l’arrêtèrent changèrent, sans s’en douter, pour la France et peut-être pour la Russie, le cours de l’histoire. »
- Cette velléité de Bonaparte en 1795 était un retour à une tentative réellement effectuée _par lui
- en 1789. Rostopschinç assurait avoir eu entre les mains une lettre de Bonaparte offrant ses services au général Tamara, chargé à cette époque, pendant la guerre avec les Turcs, d’organiser une flotille dans la Méditerranée. Il prétendait au grade de major, ce qui, paraît-il, motiva ce refus.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Palais-Royal. — La fille à Georgette, parodie en un acte, par
- M. Valbidor.
- Renaissance. — Une mission délicate, comédie en trois actes,
- par M. Bisson,
- On pourrait appeler aussi la pièce du Palais-Royal, « trois têtes dans le même bonnet », car M. Valbidor représente à lui tout seul MM. Vala-brègue, Billault et d’Orgeval, les spirituels auteurs de cette parodie. Valbidor n’est qu’un pseudonyme de plus à ajouter au dictionnaire des faux nez.
- Tout comme une revue, une parodie a besoin d’être vue pour que l’on en saisisse bien la fantaisie. M. Sardou fait les frais de la critique de M. Valbidor. Dans Georgette, la marquise de Cha-breuil récuse pour son fils une union avec la fille d’une courtisane en retraite et le jeune marquis obéit à sa mère.
- Dans la parodie, c’est le contraire ; la marquise est ruinée et elle demande à Georgette de consentir au mariage. La belle jeune fille consent, mais à condition que Mme de Chabreuil ira au diable et ne vivra pas auprès des jeunes époux.
- C’est de la bonne satire.
- Les auteurs ont même visé M. Daudet dans leur parodie, car à certain moment le jeu des acteurs souligne les exagérations de Sapho, à tel point que l’on se demande lequel de Sardou ou de Daudet est critiqué ; la vérité c’est que tous les deux ont les honneurs de la parodie de M. Valbidor.
- Milher, Mlle Lavigne et Hyacinthe sont de la plus haute bouffonnerie dans leurs rôles. Le public aime ces fantaisies ; ceux qui se rappellent les Folies dramatiques au Palais-Royal, jadis, ne me démentiront pas.
- La Mission délicate de M. Bisson, à la Renaissance, est un vaudeville grivois, qui a obtenu un grand succès de gaîté. L’auteur d’un Voyage d’agrément, avec Gondinet, et du Député de Bom-bignac, qui fut représenté aux Français, a semé de gros sel sa nouvelle œuvre qui se termine par un mariage.
- Saint-Germain est de la partie; c’est tout dire.
- Georges Grisier.
- Nos lecteurs trouveront encarté dans le présent numéro une belle reproduction du diplôme de l’Exposition de 1878. Cette reproduction a été obtenue par le système si remarquable de MM. Sylvestre et Cie, 97, rue Ober-kampf, les éditeurs du portrait du Président de la République. Le cliché de ce portrait, d’une si grande ressemblance, a été fait au palais de l’Élysée, le 5 décembre 1885.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Cie, ruade la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition de 1889 au Champ-de-Mars ; 3. Le Conseil municipal et l’Exposition ; 4. Une fête industrielle; 5. Echos; 6. Une exposition universelle à Madrid; 7. I.es Livres ; 8. Avis commerciaux; 9. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- On lit dans le Voltaire :
- UN ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE
- — Vous avez été journaliste avant d’être ministre, monsieur Lockroy. Voulez-vous permettre à un de vos anciens confrères de vous demander quelques renseignements au sujet de l’Exposition universelle ?
- — Très volontiers, monsieur, mais ce 11e sera qu’à titre de renseignement et à un point de vue tout personnel. Car je dois vous dire que je n’ai pas encore de projet définitif à ce sujet, et vous savez de plus que la décision du gouvernement ne dépendra pas seulement de moi. Mes collègues les ministres des finances, de la marine, de la guerre, de l’instruction publique, en particulier, et tous les ministres en général, ont à donner leur avis et à accepter leur part de responsabilité dans la résolution. finale que nous prendrons d’ici à peu de jours. Il est donc bien entendu qu’en vous parlant librement, je n’engage pas l’opinion du ministère et que je me réserve de modifier la mienne dans le cas où il me serait démontré que je dois sacrifier une partie de mes idées personnelles, soit pour cause de force majeure, soit pour arriver à un résultat pratique. Ceci posé, je ne vois aucun inconvénient à vous dire très franchement ma façon de voir, et à vous laisser libre de la répéter à vos lecteurs.
- Vous savez qu’il y a trois systèmes en présence, et que chacun de ces systèmes a de nombreux et chaleureux défenseurs :
- 1° L’exposition entreprise par des particuliers, avec le patronage de l’Etat ;
- 2° L’exposition organisée par l’Etat et placée sous la haute direction d’un commissaire général ;
- 3° L’exposition organisée et dirigée par l’Etat.
- Depuis que je suis ministre du commerce, je travaille dix heures par jour à élucider cette question, et jusqu’ici je dois vous déclarer que je ne suis pas en faveur d’une exposition organisée par des particuliers sur un terrain particulier. Je voudrais faire une exposition nationale, dans toute l’acception du mot nationale ; je ne voudrais servir les intérêts d’aucun groupe financier, ni me faire l’instrument d’aucune spéculation de terrain. C’est l’intérêt du public, des exposants et des visiteurs que j’ai seul en vue, et je ne-croispas qu’on trouve le moyen de me détourner de ce point de vue-là.
- . Ensuite, je ne vois pas à présent la nécessité de ne pas accéder au vœu émis par le
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- conseil municipal de Paris. Aller contre ce vœu me paraîtrait peu gracieux, du moment où il s’agit d’une exposition universelle ayant lieu dans la capitale représentée par le conseil municipal. Celui-ci a demandé que le Champ-de-Mars fût choisi comme lieu de ce grand concours international. Cela me paraît bien juste. Nous célébrons le grand centenaire de la République sur l’emplacement où ont eu lieu nos premières et imposantes manifestations d’union et de liberté. Et puis, le Champ-de-Mars appartient à l’Etat, il n’y a rien à acheter ni à louer, et nous ne favorisons pas Pierre au détriment de Paul en nous plaçant sur ce terrain neutre ; c’est la France qui recevra les étrangers, les visiteurs, qui leur fera cette réception fraternelle ; il faut donc que la France soit chez elle et non chez des particuliers. Le Ghamp-de-Mars remplit les conditions voulues.
- Pour ce qui est de la direction de l’exposition par un commissaire général, je vous dirai que personnellement je ne suis pas du tout en faveur de ce mode de gérance. Vous vous souvenez que ce système n’a pas réussi en 1867 et en 1878. Dans le premier de ces deux cas, la grande entreprise nationale fut placée sous la direction du prince Napoléon, lequel se fît tellement d’ennemis que sa direction finit par un scandale, et il dut se retirer après une rixe grotesque dans laquelle il eut l’œil poché. E11 1878, ce procédé donna les plus mauvais résultats; et il y eut un déficit financier qui n’est pas encore réglé.
- Un commissaire général, voyez-vous, est un monsieur qui met, pour ainsi dire, le gouvernement dans sa poche ; — il passe avant le gouvernement, avant la France, et tout.le monde doit passer par où il veut.
- Je suis donc en faveur d’une exposition nationale et internationale, organisée par le gouvernement français sous la responsabilité du ministère, et sous le contrôle absolu de l’Etat. Dans quelques jours, vous saurez si j’ai trouvé quelque raison pour modifier ma façon de voir ou si mes collègues seront du même avis. En tout cas, nous sommes tous également désireux de faire grand et bien, il est peu probable que nous ne tombions pas d’accord.
- Il est d’ailleurs urgent de prendre une décision. Le commerce français et étranger attend avec impatience que notre projet soit arrêté pour se préparer à cette grande lutte pacifique.
- J’ai ausi très à cœur de fournir du travail à nos ouvriers, et de voir au Journal officiel un décret qui donnera de la confiance au commerce et à l’industrie, et qui sera, je l’espère, le signal de la reprise des affaires.
- Maintenant, il y a trois points sur lesquels vous pouvez d’ores et déjà dire que mon opinion est faite, car sur ces trois points je ne varierai pas, quoi qu’il advienne : 1° Je veux que cette exposition soit honnête, c’est-à-dire qu'elle ne serve pas de prétexte à tripotages ou de piédestal à un groupe quelconque pour arriver à la fortune au détriment de l’intérêt
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- général; 2° je veux que cette exposition fasse honneur à la France, c’est-à-dire qu’elle soit grandiose et imposante ; 3° je veux qu’elle soit très gaie et surtout très parisienne. Jusqu’ici, vous l’avouerez, ces grandes manifestations ont quelque peu manqué d’attrait mondain. De tous les points du globe je voudrais voir arriver des étrangers, et je voudrais les retenir par une série non interrompue de fêtes dignes de Paris.
- Voilà, monsieur, mes projets pour l’exposition de 1889, mais il dépend du conseil des ministres de les réaliser.
- Le Voltaire a reçu de M. Le Play une longue lettre au sujet de cet article et ayant trait au passage qui commence par ces mots: - « Pour ce qui est de la direction de l’Exposition, par un commissaire général...... ».
- Le Voltaire publie * cette lettre et la fait suivre des réflexions suivantes :
- On voit que M. Lockroy, en parlant de l’exposition de 1867, n’a nullement critiqué sa gestion financière. A ce point de vue, la réponse de M. Albert Le Play n’est donc pas motivée. Notre ministre du commerce et de l’industrie a déclaré qu’à son point de vue il jugeait mauvais de confier une exposition à un commissaire général, que cette concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme était peu avantageuse ; c’est là une appréciation très acceptable, et, en supposant même que le Voltaire ait à réserver son opinion à cet égard, nous ne voyons pas bien en quoi M. Lockroy a dépassé son droit.
- On voit donc que notre impartialité est grande en accordant à M. Le Play l’insertion de sa lettre.
- En résumé on voit que les bases du projet que compte déposer M. Lockroy, et qui sera sûrement appuyé par ses collègues, sont les suivantes :
- 1° L’Exposition sera universelle
- Pour tous les esprits soucieux du succès et de la grandeur de l’œuvre entreprise, l’Exposition devait être universelle. Du reste, le décret présidentiel du 8 octobre 1884 était bien explicite à ce sujet. Deux membres du dernier cabinet 11e voulaient entendre parler que d’une Exposition nationale ; c’est ce qui a motivé la circulaire de M. Dautresme aux Chambres de commerce et aux Chambres syndicales, qui, à une très grande majorité, presque à l’unanimité, se sont prononcées pour une Exposition universelle.
- On fait aujourd’hui courir certains bruits ayant trait à l’abstention possible de quelques puissances. On ne peut rien dire à ce sujet, car nos représentants à l’étranger n’ont encore pas reçu des ordres du ministère du commerce pour adresser des invitations aux gouvernements auprès desquels ils sont accrédités.
- Il faut que les nations comptent avec le
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- commerce et l’industrie qui voient parfaitement que leur intérêt exige qu’ils soient représentés à ces grandes assises du travail.
- N’avons-nous pas vu, en effet, à Anvers, une importante section allemande ? Cependant le gouvernement allemand n’avait pas accepté l’invitation de la Belgique. En haut lieu même, à Berlin, on était fortement opposé à cette exposition. Les industriels allemands, qui voyaient bien que leur intérêt était de figurer à l’Exposition d’Anvers, se sont réunis et ont voté des fonds qui leur ont permis de préparer une installation des plus convenables et ont exécuté à leurs propres frais une décoration des salles qui n’avait rien à envier aux autres nations.
- Il nous a été donné d’entendre, à Anvers, un de nos confrères les plus distingués delà presse italienne parier des expositions à Paris : « Un industriel italien, disait-il, hésitera à consacrer 500 fr. à son installation, à une exposition comme celle-ci (Anvers). Mais, dût-il dépenser cinq fois cette somme, il enverra ses produits à une exposition internationale de Paris ! »
- 2° L’Exposition aura Heu au Champ-de-Mars
- La question de l’emplacement a été longuement étudiée et discutée au conseil municipal et à la commission consultative. Depuis quelque temps on a entrepris, dans une certaine presse, une campagne en faveur d’un autre emplacement. Voici une note que nous trouvons dans la Lanterne et qui éclairera nos lecteurs sur la valeur de cette campagne :
- L’EXPOSITION DE 1889
- « Des notes identiques envoyées à un grand nombre de journaux parisiens préconisent le projet de M. Dévie tendant à édifier l’Exposition de 1889 à Courbevoie.
- « Nous savons parfaitement que le choix de Courbevoie ferait l’affaire d’un groupe de financiers qui depuis longtemps ont acquis des terrains à bon marché dans cette région, espérant amener le gouvernement à y faire l’Exposition. Mais au-dessus de l’intérêt de ces quelques particuliers, il y a l’intérêt général, et nous sommes convaincus que l’honorable ministre du commerce n’écoutera que la voix du bon sens qui demande que la grande Exposition soit édifiée dans Paris même et non ailleurs. »
- Rapprochons cette note des lignes suivantes que nous extrayons du projet cle loi que M. Dévie a pris la peine de préparer et qu’il a envoyé aux sénateurs et députés :
- Aiit. 3. — L’Exposition aura lieu au plateau de Courbevoie, sur remplacement désigné par les plans de M. Dévie....
- Art. 4. — Aux termes de la loi du 3 mai 1841 , l’expropriation pour cause d’utilité publique sera appliquée à tous-les terrains du plan susdit.
- 3° Il n’y aura pas de commissaire général
- Voilà une décision qui ne va pas être du goût de trois ou quatre candidats à ce poste important, mais qui sera accueillie avec une vive satisfaction par tous ceux qui, à un titre quelconque, s’intéressent aux Expositions. N’est-il pas bien plus juste, bien plus rationnel (et bien plus économique ! ) de supprimer ce poste absolument inutile? Ne vaut-il pas cent fois mieux, ainsi que le désire M. Lockroy, créer des sections différentes : travaux, finances, organisation, etc., placées sous les ordres
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- de directeurs, qui dépendront immédiatement du ministre du commerce? Il est un choix qui s’impose tout d’abord et auquel tout le monde applaudira: c’est celui de M. Alphand, appelé à diriger les importants travaux du Champ-de-Mars.
- 4° L’Exposition sera faite par l’Etat.
- M. Lockroy ne proposera jamais aux Chambres de confier l’Exposition de 1889 à une entreprise privée. Il sait fort bien que ni l’État, ni la ville de Paris ne viendraient en aide à une telle entreprise.
- Il se souvient parfaitement de ce qui s’est passé en 1865, époque à laquelle, une des plus grandes maisons de construction de France avait voulu établir les bâtiments de l’Exposition de 1867 au Point-du-Jour ; et cependant cette maison offrait une sérieuse garantie !
- L’EXPOSITION DE 1889
- AU
- CHAMP-DE-MARS
- Le 8 octobre 1884, M. le ministre du commerce présentait à M. le président de la République un décret décidant qu’il y avait lieu d’ouvrir le 5 mai 1889 une Exposition universelle et internationale.
- Quelques jours plus tard il fut créé une commission consultative près des ministres du commerce, pour étudier les moyens propres à donner à cette Exposition un éclat digne de la France et des nations qui répondront à son appel.
- Cette commission, dont nous avons rappelé la composition dans notre dernier numéro, informa le public, par diverses notes aux journaux, qu’elle recevrait et entendrait tous les auteurs des projets d’emplacement pour l’Exposition de 1889.
- En agissant ainsi, elle voulait établir de prime abord que la division du terrain choisi, ainsi que la construction des bâtiments, palais, galeries, etc., etc., seraient l’objet de concours spéciaux.
- Tous les ingénieurs, architectes ou artistes français étaient invités à apporter leurs connaissances techniques et leur collaboration à cette œuvre gigantesque.
- La commission a toujours réservé la question des bâtiments. Elle s’est surtout préoccupée de la surface et des moyens de transports dont on pourrait disposer pour amener journellement.de tous les points de Paris 175,000 visiteurs et les ramener ensuite à leur point de départ.
- On a pu voir par les comptes rendus in-extenso insérés dans notre journal, que la commission a reçu un grand nombre d’auteurs de projets, et qu’elle n’a refusé d’en entendre aucun.
- Il n’y a donc eu aucun parti pris, et les conclusions du rapport déposé par M. Antonin Proust ont été examinées avec autorité et une compétence qu’on ne saurait contester.
- Nous ne recommencerions pas le plaidoyer en faveur de tel ou tel emplacement, la discussion est close depuis longtemps, si un comité, soi-disant d'études, ne faisait, à grand renfort de réclame, une campagne en faveur du plateau de Courbevoie, ou pour mieux dire de Nanterre, car si l’entrée est projetée non loin du rond-point de Courbevoie, la presque totalité des bâtiments se trouve sur le territoire de Nanterre.
- A cette heure, ce comité multiplie ses efforts pour faire revenir la commission et la ville de Paris, bien inutilement d’ailleurs, sur la décision prise en commun, d’établir l’Exposition au Champ-de-Mars. -
- Ce projet, tel que certains journaux se complaisent à le décrire, serait merveilleux. Mais c’est de tous les projets qui ont été soumis à la commission le moins praticable, sans en excepter même celui d’un rêveur qui voulait démolir les fortifications autour de Paris, combler les fossés et établir des bâtiments tout autour de la capitale !
- Si nous examinons les projets qui. ont été présentés pour des emplacements hors Paris et que nous recherchions la distance qui sépare cet emplacement du point kilométrique de Notre-Dame, nous trouvons :
- Vincennes.......... 6 k. \
- St-Cloud......... 13 j Distance du point
- Bagatelle..........10 , kilométrique
- St-Ouen............10 \ de Notre-Dame
- Nanterre-Courbevoie 11 j
- Donc, St-Cloud et Nanterre-Courbevoie sont les points les plus éloignés.
- Voyons maintenant, aussi succinctement que possible, les inconvénients inhérents à chaque projet.
- VINCENNES n’est pas mal situé, et présente des côtés agréables, mais l’Exposition maritime y est impossible ; les voies de communication manquent absolument, car le chemin de fer de Vincennes est déjà insuffisant. En outre, le cimetière de Charenton, qui se trouve dans le périmètre, 11’est pas un voisinage agréable et peut même être une raison suffisante pour abandonner le projet.
- SAINT-CLOUD. — L’emplacement de Saint-Cloud a, comme tous ceux qui sont dans la banlieue ou hors barrière, l’avantage des grandes surfaces, mais il a contre lui la disposition du sol qui est peu propice et entraînerait à des dépenses considérables.
- Comme accès, il n’y a qu’une ligne de chemin de fer absolument insuffisante et un seul pont déjà encombré les jours ordinaires.
- BAGATELLE. — Emplacement magnifique, mais supprimant en partie la plus belle promenade de Paris ; impossibilité pour le commerce de bâtir dans les environs afin d’ouvrir des cafés, restaurants, etc., etc. ; exposition maritime réduite aux petites embarcations transportables sur le lac; difficulté d’accès, le transport devant se faire par une ou deux routes ; grand embarras de voitures.
- SAINT-OUEN. — Saint-Ouen est situé à la même distance que Bagatelle ; il a l’avantage de pouvoir, à très peu de frais, être parfaitement relié avec trois grandes lignes de chemins de fer et avec la petite Ceinture. En dépensant une certaine somme pour supprimer les passages à niveau et faire des voies d’accès dans les terrains hors fortifications, ce serait à peu près un emplacement possible. Mais peut-on admettre un seul instant que le centenaire de 1789 puisse être fêté ailleurs qu’à Paris ?
- COURBEVOIE-NANTERRE. — Nous avons vu que tous les emplacements extra-muros offraient généralement de grandes surfaces. Cela se comprend aisément. Il faut admettre cependant aussi qu’il y a une limite à cette surface, puisque la commission a jugé qu’il était utile d’avoir un quart d’espace de plus qu’en 1878 ; à cette exposition il y avait 714,000 mètres de terrain, c’est donc environ 1,000,000 de mètres qu’il faudra en 1889 ; presque tous les projets présentés ont au moins cette surface.
- Cette conception soi-disant grandiose a été l’objet d’innombrables réclamés. Examinons quelques-uns des arguments présentés par les journaux amis, intéressés ou non, en faveur du projet; nous en montrerons toute l’inanité.
- Citons le Matin du 6 décembre 1885 :
- « Ne voulant rien laisser au hasard, il (M. Dévie), a entrepris une véritable besogne
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- de bénédictin..... Cette étude préparatoire
- lui a demandé trois années d’un travail opiniâtre. »
- Il nous semble que, en 1881, personne ne songeait à célébrer le centenaire de 1789 par une exposition universelle. Ce n’est donc pas à un travail de bénédictinmaisbienàun travail de devin qu'a dû se livrer M. Dévie.
- En 1876, il avait été question de l’emplacement de Courbevoie pour l’Exposition de 1878. M. Dévie n’était pas l’auteur de ce projet qui fut rejeté sur le rapport de Violet-Leduc, dont jusqu’ici personne n’a nié la compétence.
- Si nous comparons le plan de l’aménagement général des bâtiments, présenté aujourd’hui pour Courbevoie, avec celui que présenta, en 1876, Emile de Girardin, nous nous trouvons en présence de deux projets à peu près identiques.
- Le journal la France a publié ce plan le 2a novembre 1884, le lendemain du jour où M. Gautier, ingénieur, le présentait à la commission ministérielle. Ce travail rentre d’ailleurs dans le cadre du système de l’exposition de Philadelphie et de Boston ; il n’y a donc là rien de nouveau.
- Continuons à citer :
- « La surface totale que doit occuper l’Exposition de Courbevoie est de deux millions deux cent cinquante mille mètres carrés, dont plus de quatre cent mille mètres seront remplis par des galeries couvertes.
- « Disons tout de suite que le projet du Champ-de-Mars ne comprend que neuf cent mille mètres carrés. »
- La commission avait demandé un emplacement de 1,000,000 à 1,200,000 mètres carrés ; après avoir longuement discuté la superficie à donner à l’Exposition.
- Plusieurs projets clu Champ-de-Mars ont i,200,000 mètres et même 1,100,000 mètres carrés.
- A Courbevoie, on prend 2,500,000 mètres carrés ! On dirait que le terrain ne coûte rien ; au contraire.
- Notre confrère s’extasie sur la magnificence des bâtiments, palais, galeries, etc.
- Il nous semble que si on met au concours les plans et les façades de ces palais-galeries, etc., on arrivera à faire aussi bien sinon mieux, que les employés de M. Dévie. Dieu merci, nous avons en France des architectes assez remarquables pour aboutir à un résultat satisfaisant.
- Nous arrivons à la partie la plus amusante du boniment :
- « COURBEVOIE PORT DE MER. — Derrière ce palais, M. Charles Dévie creusera un lac destiné à l’exposition maritime et fluviale. De même que l’allée de la section française contiendra l’histoire de l’habitation représentée par tous les spécimens, de même sur le lac flottera l’histoire complète des constructions, figurée par une longue série de bateaux commençant à la trirème et à la galère antique pour ne s’arrêter qu’aux cuirassés et aux torpilleurs du plus récent modèle.
- « On sait que le plateau de Châtillon renferme une longue suite de carrières depuis longtemps abandonnées. M. Charles Dévie a voulu les utiliser. Une partie formera le bassin naturel du grand lac ; une autre, qui a plus de trente-huit mètres de haut, sera transformée en caves à champagne, sur le modèle de celle de Reims et d’Epernay, et servira à l’exposition des vins avec salles de dégustation. »
- M. Dévie se fait donner le titre d’ingénieur dans différents journaux amis. Nous pensons bien que c’est-là une erreur grossière ; tous les ingénieurs ont dû bien rire de ce « Courbevoie port de mer. » Se rend-on bien compte de ce port de mer creusé sur un plateau. L’auteur devrait nous dire comment il compte y faire arriver l’eau, les torpilleurs ! et les cuirassés !!!
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- On se demande ce que Châtillon vient faire dans cette galère ? A vol cl’oiseau, Châtillon se trouve à 12 kilomètres du plateau de Courbevoie !!! Au point de vue de l’emplacement nous voyons que les moyens de communication sont presque nuis, une seule ligne de chemin de fer, déjà surchargée ordinairement, ne peut amener en supplément plus de 5 à 6,000 voyageurs par jour ; et encore y aurait-il souvent des accidents sur la longueur du trajet. Quant à l’appoint que fournirait le métropolitain, il est peu probable que ce travail puisse être terminé en 1889. Parlerons-nous du trajet en voiture, il n’est pas accessible à toutes les bourses et une seule avenue, ainsi qu’un seul pont, y donnent accès.
- L’auteur du projet de Courbevoie prétend qu’il établirait un chemin de fer funiculaire qui pomperait les voyageurs à l’Arc-de-Triom-phe et les transporterait en quelques minutes au rond-point de Courbevoie. Nous verrons plus loin ce que vaut cette idée.
- Tout cela démontre que ce projet est le moins pratique de tous ceux qui ont été proposés hors Paris et que la commission a sagement agi en le rejetant à l’unanimité.
- Malgré toutes les réclames et le bruit qu’011 fait faire autour de ce projet, le Parlement, on le sait aujourd’hui, 11e s’y arrêtera pas un instant.
- M. Dévie a adressé un mémoire aux sénateurs et aux députés dans lequel il s’efforce de montrer que le projet de la commission consultative est absurde et que le sien est admirable. On devait s’y attendre.
- Nous en détachons le passage suivant :
- « La routine — d’accord avec la concurrence qu’un projet comme le mien ne peut manquer de susciter — essaie de plaider la proximité du Champ-de-Mars et l’éloignement de Courbevoie.
- <x La proximité est, à coup sur, un argument sérieux, mais elle 11e saurait résider dans la mystification qui consiste à faire l’entrée d’une Exposition au palais de l’Industrie, alors que le visiteur aurait 2 kilomètres de marche, à travers les ponts et le boyau étranglé du quai d’Orsay, sans moyens de transport, pour l’aller trouver sur son champ véritable. La proximité, au temps où nous vivons, consiste dans la facilité des voies d’accès et la multiplicité des moyens de locomotion. Or, les diverses lignes de chemins de fer qui desservent ou desserviront Courbevoie, jointes au donble chemin de fer funiculaire qui, dans mon projet, pompera la foule des visiteurs et la transportera gratuitement depuis l’Arc-de-l’Etoile, qu’il suffit ainsi de gagner, répondent victorieusement sur ce point.
- Il semble en lisant ces lignes que l’Are-de-Triomphe se trouve au centre de Paris. « Il
- suffira de gagner ïArc-de-Triomphe.....» Ce
- point se trouve à 1 kilomètre de la place de la Concorde. C’est sur cette même place que serait l’entrée de l’Exposition d’après le projet de la commission. C’est de là que pourraient partir 5 lignes de tramways à 2 étages qui assureraient le transport des visiteurs.
- Ces lignes pourraient aller: 1° au Trocadéro; 2° à l'esplanade des Invalides ; 3° au Champ-de-Mars jusqu’à l’Ecole militaire. O11 peut, au moyen des quais et des ponts, prendre différentes directions ; tandis que le chemin de fer funiculaire doit forcément passer sur le pont situé au-dessus du rond-point de Courbevoie.
- L’auteur du projet de Courbevoie ne doute de rien ; il déclare que la proximité ne saurait résider dans la mystification qui consiste à faire l’entrée d’une Exposition au palais de l’Industrie alors que le visiteur aurait deux kilomètres de marche sans moyens de transport.,
- Prenons un visiteur de l’Exposition située au Champ-de-Mars et arrivant à la place de la Concorde.
- Il veut aller au premier palais de l’Exposi-
- Dimanche 24 Janvier 18S6. —27.
- tion qui se trouve être le Trocadéro. Il parcourt à pied quelques mètres et se trouve installé dans un tramway qui 11’aura à franchir que 2 kilomètres environ. Pendant ce temps il aura sous les yeux bien des sujets de distraction, la ligne du tramway sera tout entière dans l’Exposition.
- Prenons un autre visiteur se rendant au premier palais de l’Exposition située à Courbevoie et se trouvant également à la place de la Concorde. Il devra parcourir à pied 1 kilomètre avant de se trouver à la station du chemin de fer funiculaire, franchir une avenue entièrement dénuée d’intérêt.
- Nos lecteurs verront par ces deux exemples, si l’épithète de mystification 11e peut et ne doit pas être retournée à M. Dévie !•
- A Londres, en 1862, 011 a construit 4 lignes de chemin de fer pour amener les visiteurs au palais de Cristal. Ces lignes, qui en traversent d’autres, ne peuvent fournir que 4 trains à l’heure à l’aller et au retour, pour n’avoir que peu d’accidents. Il leur faut conséquemment 3 heures pour transporter 60,000 voyageurs de Londres au palais, puisque les trains comportent 25 wagons à 50 voyageurs. Pour l’Exposition de 1889, hors barrière, il faudrait au moins 8 lignes pour transporter 150,000 visiteurs par jour, en supposant que chacune d’elles eût 10 kilomètres en moyenne ; cela ferait une dépense d’installation de plus de 25 millions en pure perte puisque ces lignes seraient inutiles en 1890.
- En résumé, c’est au Champ-de-Mars que doit être faite l’Exposition universelle. Il y a là un emplacement unique et vraiment merveilleux, d’un accès facile, d’une beauté incomparable. Pourquoi chercher autre chose lorsqu’on ne saurait trouver mieux.
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- ET L’EXPOSITION
- L’Exposition de 1889 intéressant surtout la ville.de Paris et le département de la Seine, il est bon de rappeler sommairement et de mentionner jour par jour les discussions et l’attitude du conseil général et du conseil municipal à propos d’une si importante question.
- Dès qu’il sut que le gouvernement avait l’intention d’organiser une Exposition universelle à l’occasion du centenaire de 1789, le conseil général de la Seine élutune commission de douze membres, qui devint plus tard commission municipale par l’adjonction de M. le président du conseil municipal et de M. le président de la commission du budget.
- Elle s’occupa tout d’abord du principe même : était-il bon, ou non, de faire une Exposition ? Le conseil général, consulté, se prononça pour l’affirmative, sur le rapport de M. Lefèvre, en rejetant par 55 voix contre 12, un ordre du jour présenté par M. Michelin et ainsi conçu :
- « Considérant que les expositions industrielles universelles sont nuisibles à l’industrie française, qui fournit, à grands frais, ses modèles à l’étranger ;
- « Quelles n’ont pour principal résultat que d’amener, en échange d’une prospérité apparente pendant quelques mois, une augmentation définitive des vivres et des loyers ;
- « Le Conseil émet le vœu :
- « Qu’aucune exposition universelle n’ait lieu en 1889.
- « Signé : Michelin, Robinet,
- « Rousselle. »
- De son côté, quelques jours après, le conseil municipal approuvait les paroles de son rapporteur, M. Monteil, qui, dans une éloquente péroraison, disait :
- « Les représentants du peuple de Paris doivent se faire à l’idée qu’une politique ne
- Voir la suite page 3a.
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- 'T*'
- 28-.et .29.. — Peuxièms Annrk — N° 56.
- LE MONITEUR Dfc..^POSITION DE 1889-.
- Dimanche 24 Janvier iS8(>;
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- 3o. — Deuxième,-Année. —. N° 56.
- succède pas brusquement à une autre, qu’un régime économique passé crée longtemps encore des situations forcées, que d’ailleurs, dans la vie au jour le jour des hommes et des peuples, une République est faite pour permettre à toutes les idées de dominer quand leur temps est venu, sans qu’il se produise le moindre trouble social, et qu’en lançant une Exposition universelle pour donner une activité nouvelle à notre industrie et du travail aux bras qui en manquent, nous ne faisons que suivre la chaîne des événements. Soit donc qu’on s’en déclare partisan, soit qu’on l’accepte comme une ressource, on a raison, à l’heure qui sonne, de se prononcer pour les expositions. »
- Le conseil décidait, en conséquence, « qu’il y avait lieu d’adopter le principe d’une exposition internationale en 1889 ».
- Restaient deux points sur lesquels les représentants de Paris, investis, à cet effet, de fous pouvoirs pour agir comme conseillers généraux aussi bien que comme conseillers municipaux, devait émettre un avis et délibérer : Où l’Exposition aurait-elle lieu ? — Quelles seraient les conditions et la forme de la participation de la Ville ?
- On a vu dans notre dernier numéro que le choix de ce dernier emplacement permettait d’éviter un trajet considérable, surtout si l’on tenait compte de la route que l’habitant doit faire pour rentrer chez lui.
- Mais l’ouest de Paris, déjà si favorisé par les Expositions de 1867 et de 1878, profiterait-il encore des améliorations de toutes sortes nécessitées par l’Exposition de 1889 ! L’est serait-il éternellement sacrifié ? N’avait-il pas le droit, par sa population, par ses souvenirs, par la longue négligence même dont il avait souffert, de recueillir les bénéfices d’une telle solennité ? Le centre était là pour départager les voix. Il obéit au mouvement général qui porte les hommes vers l’embouchure des fleuves ; il choisit l’ouest, c’est-à-dire le Champ-de-Mars. Il est vrai qu’une -compensation fut accordée aux quartiers orientaux. Le conseil vota, en effet, un article , dans lequel il émettait l’avis que « des -concours et une partie au moins des fêtes du centenaire eussent lieu à Vincennes et à l’est de Paris. »
- Cette question branchée,' le conseil comprenant bien que l’Exposition dépasserait les limites du Champ-de-Mars et serait forcée d’occuper l’esplanade des Invalides, le quai d’Orsay, le Trocadéro et peut-être d’autres voies publiques appartenant à la ville, crut utile de réserver pour être réglées par des délibérations spéciales, la forme et les conditions d’occupation du sol de la ville de Paris.
- Quant à la participation financière, il ne prit aucune décision formelle. 11 voulut garder toute sa liberté d’action sans qu’il soit possible d’ailleurs d’avoir quelque doute sur son concours pécuniaire, il entend poser ses conditions et sauvegarder ses prérogatives, tant vis-à-vis de l’Etat que vis-à-vis delà société de garantie qui pourrait être formée.
- Tout récemment une délégation de la commission municipale de l’Exposition, composée de MM. Jobbé-Duval et Guichard, vice-prédents,et de M. Monteil,secrétaire, s’estrendue chez M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. Elle a insisté pour que l’emplacement du Champ-de-Mars fût irrévocablement choisi, pour que les travaux fussent commencés le plus vite possible et pour que le conseil eût une part effective dans la direction de l’Exposition, condition sine quâ non de son concours financier. M. le ministre a répondu que les intérêts de la ville de Paris recevraient toute la satisfaction désirable et s’en est porté garant.
- Nous examinerons, dans un prochain article, quels sont ces intérêts, comment ils sont compris par l’Etat et dans quelle mesure la ville se propose de participer à l’Exposition de 1889.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- UNE FÊTE INDUSTRIELLE
- «1. LOCKROY AU SYNDICAT DE LA BIJOUTERIE
- Dimanche a eu lieu, rue de Lancry, la distribution des prix aux élèves de l’école professionnelle de dessin de la chambre syndicale de la bijouterie imitation et des industries qui s’y rattachent.
- Un nombreux auditoire assistait à cette cérémonie, présidée par M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, qui avait à sa droite M. A. Piel, président de la chambre syndicale de la bijouterie imitation, et à sa gauche M. Antonin Proust, député,
- M. Lockroy a prononcé l’allocution suivante :
- Mesdames, Messieurs,
- Mes chers concitoyens,
- Tout à l’heure mon ami, M. Piel, voulait bien, dans une éloquente allocution, me remercier d’être venu au milieu de vous. C’est moi qui le remercie de m’y avoir amené — et je le remercie non seulement parce qu’il m’a fourni l’occasion de présider une distribution de prix aussi intéressante, mais aussi parce qu’il me permet de lui dire publiquement qu’elle estime je fais de son talent, de son caractère et des services qu’il a rendus à l’industrie française. (Marques d’assentiment et applaudissements.)
- Ce n’est pas, messieurs, je le crois et je l’espère, la dernière fois que. nous nous rencontrerons. J’ai la ferme conviction que l’année prochaine encore je pourrai venir au milieu de vous et — si vous me le permettez — présider votre réunion. (Assentiment général et applaudissements.)
- Le pays nous a fait entendre aux dernières élections qu’il voulait deux choses : la stabilité et le progrès. Le progrès ne peut être que la conséquence de la stabilité gouvernementale et ministérielle, (Vifs applaudissements.) Et la Chambre qui est l’organe du pays, veut effacer et oublier les querelles qui ont tant de fois divisé le parti républicain. Elle veut concentrer ses forces pour réaliser des réformes tant de fois promises ; pour vous aider à'soutenir les grandes luttes industrielles et commerciales qui, autant et plus que les autres peut-être, sont utiles et glorieuses ! (Approbation générale. — Bravos.)
- Ma sympathie pour votre œuvre est ici doublement sollicitée. En premier lieu, je constate la réussite d’une entreprise due seulement à l’initiative privée ; en second lieu, je me trouve en présence d’une des premières écoles d’enseignement artistique et technique. Cet enseignement, messieurs, il incombe au Gouvernement la tâche de l’encourager ou pour mieux dire de le fonder. (Très bien! très bien!)
- Le Gouvernement, cependant, ne pourrait réussir dans cette œuvre s’il n’était aidé par l’initiative privée. A cette heure où l’industrie a pris de tels développements, où les ouvriers affluent dans les villes, où la concurrence étrangère est si lourde à soutenir ; — oui, messieurs, si des hommes comme vous ne prenaient pas d’intelligentes responsabilités en fondant .des écoles, en formant des ouvriers habiles ; si des hommes comme vous n’offraient pas leur concours, je le répète, nous serions véritablement en péril. Mais vous êtes là, messieurs ! Mais vous avez des amis aussi dévoués que vous à la cause du travail ; aussi le Gouvernement a-t-il le devoir de vous soutenir, de vous protéger, de vous encourager et de vous remercier. (Très bien ! très bien ! et applaudissements unanimes.)
- Cette école que vous avez fondée, messieurs, elle m’intéresse parce qu’elle est française à un double titre : elle est parisienne. Elle conserve chez tous ses enfants ce goût' exquis qui semble inné en France et qui nous a donné la supériorité artistique sur toutes les autres nations. Elle fait naître la passion du beau jusque parmi les plus humbles. Elle entretient dans les esprits le sentiment de l’idéal sans lequel on peut dire, que les hommes n’existent pas. Oui, messieurs, il faut un idéal à nos ouvriers, à nos artisans, à nos élèves pour compter dans le monde. Malheur à nous si nous ne le comprenions pas ! (Très bien ! Applaudissements.)
- Eh bien ! cette école, vous l’avez fondée et elle a produit des résultats qui faisaient mon admiration lorsque, tout à l’heure, vous avez bien voulu me montrer les travaux de vos jeunes élèves. J’étais étonné, surpris de voir que c’était aux efforts d’une société indépendante de l’Etat que ces résultats étaient dus, et je me disais que vous répondiez ainsi, et d’une manière victorieuse, à toutes les attaques dont le commerce et l’industrie de notre pays ont été l’objet dans ces derniers
- Dimanche 24 Janvier 1886.
- temps. Oui, c’est avec une profonde douleur — et quelquefois avec une profonde indignation — que j’ai entendu, soit dans des réunions, soit dans nos commissions et dans nos enquêtes même attaquer et je dirais volontiers calomnier l’industrie et le commerce français. On leur reprochait de n’avoir ni l’initiative ni l’énergie suffisantes pour lutter contre la concurrence étrangère.
- Eh bien ! non. Et vous avez prouvé et vous prouvez tous les jours, par vos efforts, par les résultats que vous obtenez, que l’industrie et le commerce français sont à la hauteur de leur tâche (Bravos et applaudissements), et que vous pouvez lutter, sur le champ de bataille industriel et commercial, avec toutes les nations du monde. (Nouveaux applaudissements.)
- Messieurs, vous aurez l’occasion, je l’espère, de le montrer bientôt, alors que nous ouvrirons l’exposition universelle et que nous placerons nos produits en face des produits étrangers. (Adhésion générale et bravos.)
- Ce sera ma mission, messieurs, de développer et d’encourager dans le pays cette heureuse et féconde initiative privée. Le ministère du commerce à la tête duquel je suis placé, qui devrait être certainement le plus puissant, les plus important de tous les ministères, est le plus maigrement doté. (Rires approbatifs.) Tous les ans il tend sa sébile à la commission du budget — vous le savez mieux que personne, mon cher ami Proust, vous qui avez été avec tant d’éclat, le ministre des arts, — il tend sa sébile à la commission du budget qui n’a jamais rien à mettre dedans. (Nouveaux rires.)
- Nous avons peu de ressources, et elles sont loin de suffire à l’immense besogne que nous avons à accomplir. Il faut donc que nous nous appuyions sur des hommes comme vous, messieurs, d’autant plus qu’aujourd’hui nos industries sont menacées de tous côtés, qu’il nous faut lutter sérieusement, que partout, en Europe, en Amérique, l’enseignement technique a été formidablement organisé. Partout nous trouvons ce qui manque encore à la France: le grand nombre d’écoles professionelles, industrielles, techniques, les musées d’art décoratif, les musées commerciaux, les institutions enfin qui ont produit ce résultat de nous susciter des rivaux là où nous n’avions que des imitateurs. (Très bien ! très bien!, et vifs applaudissements.) C’est pour cela que j’ai considéré que le ministère que je représente est un ministère de combat. (Très bien ! très bien ! )
- Quant à vous, mes chers enfants, je vous recommande, comme l’ont fait éloquemment, tout à l’heure, M. Topart, M. Piel et notre honorable rapporteur, je vous recommande, dis je, l’assiduité au travail. Je vous recommande surtout d’avoir toujours présente à l’esprit cette idée quand vous étudiez, quand vous produisez : c’eàt que, par votre travail, vous luttez pour la patrie elle même !
- Avant donc de procéder à la distribution des récompenses, je me permets de saluer en vous notre espérance, l’avenir et la prospérité future du pays ! (Vive adhésion et applaudissements prolongés. )
- ÉCHOS
- Paris
- Le grand événement artistique de la saison sera l’Exposition à la galerie Sedelmeyer, dans le courant du mois prochain, du nouveau tableau colossal de Munkacsy qui a pour sujet : Mozart composant sa messe de Requiem.
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- La Société centrale do médecine vétérinaire a ouvert une souscription pour ériger un monument à Henry Bouley.
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- Une attrayante Exposition de 75 aquarelles (marine, paysages et fleurs), par M. Albert Porcher, est ouverte depuis lundi dernier, 18 janvier, à la Galerie des artistes modernes, 5, rue de la Paix.
- Cette Exposition restera ouverte tous les jours, dimanche excepté, de 10 à 5 heures, jusqu’au samedi 30 janvier.
- Départements
- Une grande Exposition maritime, fluviale, artistique, industrielle et agricole aura lieu à Arcachon dans le courant de l’année.
- L’ouverture se fera du 1er au 15 mai ; la clôture du 15 au 31 octobre suivant
- On annonce à cette occasion une série d’Expo-sitions spéciales et hebdomadaires,. telles que : canine, chevaline, asine, bovine, porcine, de gallinacés, d’animaux de basse-cour, de fleurs, de fruits, d’apiculture, d’ostréiculture, d’hygiène, d’économie domestique ; enfin une Exposition in-
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- . Deuxième Année. — N° 56.
- ternationale de l’éclairage depuis l’époque la plus reculée jusqu’à nos jours.
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- ETRANGER '
- Allemagne
- La Société centrale de Géographie commerciale organiserait, parait-il, à Berlin, pour le mois de mai prochain, une grande Exposition sud-américaine, comprenant les produits industriels et agricoles du Brésil et de La Plata.
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- Une intéressante Exposition de peinture a lieu en ce moment à Francfort-sur-le-Mein.
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- Angleterre
- Le conseil exécutif de l’Exposition américaine de Londres annonce que la date d’ouverture de cette Exposition est reportée du 1er mai prochain au 2 mai 1887.
- Les considérations qui ont poussé le conseil exécutif et le directeur général M. J.-R. Whitley, à prendre cette décision, toute de courtoisie internationale, comme on va le voir, sont surtout basées sur ce fait que l’Exposition projetée des Indes et des colonies demande pour cette année toute l’attention ei tout l’appui des cercles industriels et commerciaux.
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- M. Caubet, consul de France à Liverpool, vient d’être nommé commissaire général de la section française à l’Exposition internationale de la navigation, du commerce et de li industrie, qui doit avoir lieu en 1886 dans cette ville, et dont il a plusieurs fois été question à cette place.
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- Autriche - Hongrie
- L’intéressante Exposition d’armes offensives et défensives organisée à Brünn (Moravie), par la direction du musée des Arts et Métiers a été clôturée le 27 décembre dernier. Elle avait été visitée par 24,537 visiteurs. On se rappelle, et nous l’avons plusieurs fois dit à cette place même, que l’ouverture en avait eu lieu le 25 septembre 1885.
- La direction du musée prépare maintenant une publication qui promet d’étre fort curieuse sur cette Exposition. Ajoutons que la partie technique en a été confiée à une autorité, M. W. Bœheim, conservateur des collections impériales à Vienne.
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- Le peintre russe Wereschagine, organise pour la fin du mois une Exposition de ses oeuvres à Buda-Pesth.
- L'artiste renonce devant l’intervention officieuse des autorités écelésiastiques, à exposer ses tableaux religieux, qui firent, on se le rappelle, tant de bruit il y a quelque temps à Vienne.
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- L’Exposition des oeuvres du peintre Canon, dont nous annoncions il y deux mois l’organisation par les cercles artistiques de Vienne et l’ouverture prochaine dans cette ville, a été inaugurée le mardi 19 janvier.
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- Les gantiers de Prague (Bohême) ont célébré, il y a quelques jours, le centenaire de la fondation de leur corporation. A cette occasion a paru une brochure retraçant l’histoire du gant depuis les origines les plus reculées jusqu’à nos jours.
- La capitale de la Bohême compte actuellement 120 fabriques de gantsj employant 586 ouvriers, hommes et femmes, 225 apprentis et 65 machines.
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- Belgique
- La troisième Exposition annuelle de la Société des XX, ouvrira au Palais des beaux-arts de Bruxelles, dans le courant de la première quinzaine de février.
- Parmi les artistes étrangers invités à ce petit tournoi international, on cite MM. Joseph Carriès, sculpteur ; Claude Mon et et Auguste Renoir, peintres (France); Fred. Zandomeneghi ; Whistler (Angleterre) ; Kolsto et Krog (Norvège) ; Isaac Israéls et Bfeitner (Hollande) ; Monticelli (Italie).
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- Deux Expositions particulières sont actuellement ouvertes à Bruxelles ; l’une au Cercle artistique, contient des œuvres de sculpture de M. Jef Lambeaux : la Folle chanson, un Coureur destiné à la fontaine symbolique d’Anvers et plusieurs bustes de femme, notamment une Marguerite et
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DEv 1889.
- une Bacchante. En même temps cette Exposition réunit des marines et des paysages de M. Franz Courtens : Départ des pêcheurs, les Prés salés, un Coucher de soleil, etc.
- L’autre Exposition ouverte salle Janssens, est celle de 32 paysages par M. G. Delsaux, un jeune artiste d’avenir, dont quelques toiles, notamment: l’Ecluse, effet de soir vivement saisi, et le Marais de Viane, montrent de grands progrès sur les précédentes expositions du peintre.
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- États-Unis
- On se plaint du nombre relativement restreint de visiteurs qu’attire la nouvelle Exposition internationale, cependant si intéressante de la Nouvelle-Orléans.
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- Une grande Exposition internationale à laquelle seront invités à participer tous les gouvernements, aura lieu à Chicago, en 1892, à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb.
- Cette Exposition sera organisée sur le modèle de l’Exposition de Philadelphie, et la législation en sera absolument semblable, sauf sur ce seul point qu’aucun concours financier, ni même aucune garantie, ne seront demandés au gouvernement. La ville et la population de Chicago s’engageant à subvenir à toutes les dépenses.
- Un projet de loi tendant à accorder à cette entreprise, le patronage officiel du gouvernement fédéral, sera prochainement déposé sur la tribune du Congrès.
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- Italie
- On nous écrit de Rome qu’une grande Exposition vinicole italienne aura lieu dans cette ville, entre le 7 et le 10 mars prochain, à l’occasion des fêtes du Carnaval.
- On prépare aussi, pour la même époque, une Exposition internationale des outils, instruments et machines employés pour la viticulture, la vinification et la distillation. Cette seconde Exposition sera en quelque sorte une annexe de la première.
- UNE EXPOSITION UNIVERSELLE
- A MADRID
- D’après The Ironmonger Supplément, le projet d’une exposition universelle à Madrid aurait reçu récemment de nouveaux encouragements. Tout dernièrement dit le Moniteur industriel, eut lieu dans ce.tte ville, sous la présidence de M. Moret y Prendergast, ministre des affaires étrangères, une réunion d’industriels et de commerçants, dans le but d’étudier les moyens d’arriver à la réalisation dudit projet. Les débats ont conduit à la détermination d’adopter le système suivi pour les expositions d’Amsterdam et d'Anvers. Le gouvernement n'accorderait pas de subvention, mais son concours, ainsi que celui de la ville, serait assuré aux promoteurs de l’exposition sous forme de prêt gratuit du terrain, de dons de matériaux, etc.
- On compte sur la participation des industriels français, allemands et belges, ainsi que les constructeurs de navires et de matériel de guerre anglais.
- Il ne reste plus que le capital à réunir. Les promoteurs de l’entreprise considèrent le chiffre de 500.000 fr., comme tout à fait suffisant et se proposent de fonder à cet effet une société dont le capital serait représenté par 5.000 actions de 100 fr. Ces actions feraient l’objet d’une souscription publique, et l’on espère surtout obtenir l’appui des compagnies de chemins de fer, des commerçants et de tous ceux qui retireraient certainement de sérieux avantages de la mise à exécution du projet.
- M. Moret y Prendergast promit d'user de l’influence que lui donne sa position de membre du cabinet, pour aider à la réussite de l’entreprise, et il croit possible, dans le cas où les efforts des promoteurs de cette exposition trouveraient l’appui nécessaire, de mettre déjà la main à l’œuvre dans un délai de six mois, bien que l’organisation définitive de l’entreprise dût se faire attendre quelque peu plus longtemps.
- Nous enregistrons ce projet, comme rapproche-
- Dimanche 24 Janvier 1886.— 3i.
- ment de l’exposition projetée à Berlin, pour faire ressortir la nécessité de poser enfin les jalons officiels de l’exposition de 89. Tant que cette dernière ne sera pas irrévocablement décidée, les autres peuples ont parfaitement le droit de ne la considérer que comme très éventuelle et, partant, de prendre les devants s’ils le jugent utile à leurs intérêts. Quelle que soit, en France, la valeur de la décision affirmée par le décret présidentiel qui a fixé à l’année 1889 l’ouverture de la prochaine exposition universelle à Paris, cette décision n’aura de poids au dehors qu’à partir du jour où elle sera notifiée diplomatiquement aux gouvernements étrangers. Jusque-là, on peut s’attendre à ce qu’un nouveau décret annule ce qu’un autre décret instituait, sur un terrain a peu près aussi mobile et aussi variable que le sable du désert, et l’on est fondé à ne compter comme suffisamment certain que ce qui a fait l’objet d’un engagement formel vis-à-vis des autres nations. Or il est évident que toute exposition qui devancerait l’exposition française lui ferait un tort considérable, car elle ne la précéderait certainement que d’une année.
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- LES LIVRES
- XLIII
- Georges de Lys. Raymond Meyreuil. — Paris, Nouvelle librairie parisienne, E. Giraud et C;e, éditeurs.
- Nous consacrerons aujourd’hui notre article à l’étude d’une œuvre qui est loin d’être sans défauts mais qui est pleine de qualités : début remarquable dans le roman d’un jeune officier poète dont nous avons signalé ici même le volume de vers : les Tubéreuses, comme contenant des pièces d’une réelle beauté.
- Dire que l’auteur est un poète, dire que l’auteur est un jeune dans le beau sens du mot, c’est dire aussi qu’il est très au courant des théories et des pratiques contemporaines en matière de roman qu’il ne renie point l’idéalisme, c’est-à-dire le culte de l’idéal, qu’il ne fait pas non plus fi de la réalité dont le roman, pour intéresser, pour émouvoir, doit garder l’empreinte exacte, doit être l’image fidèle, car le lecteur ne prend intérêt qu’à ce qui ressemble à la vie, qu’à ce qui respiré la vie et il n’est ému que par l’histoire des passions qui l’ont troublé, des sentiments qu’il a éprouvés. M. Georges de Lys est donc un idéaliste tempéré par le goût de l’exactitude dans le paysage, le costume et surtout dans la peinture des passions. Il admire Zola dont il trouve, comme nous, la force parfois vulgaire et brutale ; il admire aussi Octave Feuillet et c’est en cherchant le juste milieu entre les énergies parfois excessives de l’un et les délicatesses parfois mièvres de l’autre, qu'il a écrit ce premier roman où l’originalité de son talent ne se dégage pas encore entièrement des influences que nous venons de caractériser. L’essentiel, à nos yeux, c’est qu’une personnalité encore parfois balbutiante bégayante, mais qui triomphera vite de ces derniers liens, de ces dernières servitudes de l’imitation se dégage déjà de cet essai, et que nous n’y constations aucune fâcheuse tendance à tomber dans ce romantisme bourgeois, prud’hommesque, gui-mauvé, qui fait le succès passager de M. G. Ohnet,
- C’est une histoire d’alcôve, une histoire de chambre nuptiale qui a aussi tenté M. G. de Lys, mais combien sa donnée est plus neuve, plus hardie plus risquée — mais qui ne risque rien n’a rien et à
- vaincre sans danger on triomphe sans gloire,_que
- celle qui consiste à savoir si l’accomplissement du devoir conjugal, longtemps refusé à l’orgueil nobiliaire par les représailles de l’orgueil bourgeois sera enfin la récompense d’une complète soumission de la part de la femme domptée et conduite dans un triomphe sans mystère au lit, trône de l’hymen, aux sons d’une marche banale de distribution de prix ! La donnée de Raymond Meyreuil est d’une autre énergie, d’une autre verdeur, d’une autre crânerie que celle du Maître de forges. Notre romancier, poète et soldat, est un oseur. Il n’y va pas par quatre chemins, et un moment, ma foi, nous craignions de le trouver encore plus téméraire qu’audacieux. C’est un secret terrible, digne des tragédies antiques dont la fatalité nouait implacablement les nœuds que celui qui, trop tardivement révélé pour empêcher Raymond de contracter un mariage funeste, l’empêche de goûter aux joies suprêmes d’un amour partagé, et lui fait,
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- 02. — Deuxième Année. — N° 56.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Janvier 1886.
- à chaque phase de la plus douloureuse des e'preu-ves, rejeter d’une main frémissante la coupe d’un bonheur sacrilège. Ce n’est rien moins que la crainte de l’inceste et des malédictions qui foudroyèrent les villes maudites qui fait que, cherchant à dompter sa chair révoltée par des travaux et des macérations dignes des pères du désert. Raymond, mari chaste d’une épouse vierge, se dérobe aux caresses ingénues de la femme qui s’éveille dans cette vierge, et succombant à ce duel inégal d’une perpétuelle tentation de saint Antoine, ne voit d’autre issue que la mort pour échapper au crime.
- Comment se dénouent peu à peu les liens d’impossibilité morale qui attachaient l’un à l’autre ce mari et cette femme victimes du plus étrange et du plus cruel des supplices de Tantale ; comment se desserrent progressivement, après avoir été serrés jusqu’à faire éclater leur proie humaine, les engrenages dont un bourreau raffiné, une rivale jalouse, tenait et tournait les vis; comment Raymond peut aimer conjugalement, grâce aux aveux de la coupable au lit de mort, cette Huberte qu’une savante calomnie lui faisait croire sa sœur, tout cela le roman vous l’apprendra, et ce n’est pas à moi à vous déflorer ces surprises, qui, avec l’attrait de la vérité passionnelle, comme eût dit Toussenel, sont un des grands appâts du roman. On lit les romans pour retrouver dans le cadre de la réalité telle qu’elle est, c’est-à-dire exactement observé'e- et fidèlement rendue les hommes et surtout les femmes, tels qu’ils pourraient et devraient être. Il n’y a pas à sortir de là. Le réalisme seul, brutal et grossier, ne suffit pas à l’intérêt du roman. La vie telle qu’elle est et l’image de la vie telle qu’elle est, sont souvent .d’une impression, d’un effet répulsif. On fuit la vie dans le roman. C’est là le secret de l’attrait du 'roman. Mais si l’on fuit la vie dans le roman, c’est pour y trouver, à côté des intérêts, des passions .de la vie telle qu’elle est, des êtres meilleurs, des , événements supérieurs aux êtres et aux événements de la vie. Dickens, par exemple, dont on ne parle pas assez, quand on recherche les influences qui ont exercé leur action sur le roman contemporain, Dickens, qui a plus fait Zola et Daudet que Balzac ne les a faits, nous montre la vie telle qu’elle est, mais il y place à côté des ligures qui repoussent l’intérêt par leur ressemblance des figures qui l’attirent par leur mélange de réalité et d’idéal. Relisez, par exemple, David Copperfield et vous me comprendrez. Toute la difficulté du sujet résolument choisi par Georges de Lys était non dans l’art de faire accepter au lecteur une donnée qui, après tout, malgré son caractère exceptionnel, n’a rien d’invraisemblable ; mais dans l’art d’en tirer parti. Georges de Lys, à notre avis, s’en est tiré en romancier de talent et d’avenir. Il y a de vrais tours de force d’analyse dans les variantes progressives qu’il a su tirer d’une situation, qui, outre son caractère scabreux, a le défaut d’être toujours la même, et d’heureux effets d’observation et d’exécution dans la façon dont il amène Huberte à deviner ce que nul ne saurait lui apprendre. Elle provoque ainsi un dénouement qui tourne en faveur du mari, mais qui, un peu plus tard, eût sans doute profité à ce troisième larron, qui est, en général, dans les romans comme dans la vie, plus heureux qu’il ne le mérite.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- PAYS-BAS
- DÉCOUVERTE ü’UN NOUVEAU TEXTILE TIRÉ DE LA TOURBE
- Le consul de France à Rotterdam vient de faire connaître que M. Béraud, industriel d’origine française, établi à Maëstricht, a découvert le moyen de tirer de certaines espèces de tourbes une fibre propre à tisser des étoffes, nommées par lui bérandines, et présentant une grande analogie avec divers tissus de laine employés pour l’habillement, mais d’un prix de revient très inférieur à celui de ces tissus.
- M. Béraud a, dans une conférence récente, donné les renseignements suivants sur sa découverte et sur son utilisation.
- Le nouveau textile provient de la fibre qui re-
- couvre la tourbe comme d’une corde de bourre, et dont elle doit être débarrassée pour servir à la combustion. C’est donc là une matière première, jusqu’à présent sans emploi, et conséquemment sans valeur. Traitée suivant le procédé de M. Béraud, elle donne la béraudine, dont il tire des filés de belle apparence, prenant bien la teinture et pouvant atteindre jusqu’à une finesse de i5,ooo mètres au kilogramme. En y associant la laine dans une proportion de 40 à 5o 0/0, M. Béraud en tisse des étoffes peu coûteuses, et l’usage a démontré la grande résistance de la béraudine à l’usure. Porté durant un an, un vêtement de dessus, confectionné avec l’une de ces étoffes, montrait la béraudine encore parfaitement intacte, tandis que la laine était entièrement détériorée.
- M. Béraud étudie en ce moment le tissage des draps contenant de 70 à 80 0/0 de béraudine, et qu’il espère pouvoir mettre dans le commerce au prix de 2 fr. 12 le mètre.
- M. Béraud indique encore divers autres emplois de la béraudine, par exemple, pour rembourer les meubles et la literie et, peut-être, pour les pansements chirurgicaux. Il la fait étudier en F-rance et en Hollande en vue de ce dernier objet.
- RENSEIGNEMENTS AUX IMPORTATEURS
- M. le commissaire supérieur de police de Rotterdam a communiqué à M. le consul de France une liste des individus notoirement connus comme dangereux pour le commerce.
- On trouvera cette liste dans le Moniteur officiel du commerce du 3i décembre dernier.
- TURQUIE D’ASIE
- SITUATION DU COMMERCE b’iMPORTATION A MOSSOUL
- C’est seulement depuis trois ou quatre ans, écrit le vice-consul d’Angleterre à Mossoul, que les importations directes d’Europe ont cessé par suite des profits nuis ou presque insignifiants laissés par ses opérations.
- Les marchandises européennes viennent maintenant sur le marché de Mossoul par Alep ou Bagdad mais surtout par Bagdad et, quoique de très petits bénéfices soient réalisés et que les affaires diminuent en conséquence, les ventes sont un peu plus profitables que précédemment. Cette situation paraît au premier abord inexplicable, mais on la comprend mieux lorsqu’on considère que la demande des marchandises européennes est excessivement limitée ; de sorte que les marchands qui importent de petites quantités de marchandises ne peuvent pas les acquérir à aussi bon compte que ceux qui donnent des ordres importants, aussi les négociants de Mossoul, trouvent-ils avantage à faire leurs petits approvisionnements auprès des grosses maisons de Bagdad et d’Alep, plutôt que d’importer directement d’Europe.
- LES THEATRES
- L’Anniversaire de Molière
- Théatre-Français. — Molière en prison, comédie en un acte, en vers, par M. Ernest d’Hervilly.
- Odéon. — La première du « Misanthrope », comédie en un acte, en prose, par MM. Armand Ephraïm et Adolphe Aderer.
- Ambigu. — La Banque de l’Univers, pièce en cinq actes, par M. Grenet-Dancourt.
- Vendredi dernier, la Comédie-Française et l’Odéon ont célébré le 264° anniversaire de la naissance de Molière. Rue Richelieu, on donnait en l’honneur de notre grand poète comique : Y Avare, pour la continuation des débuts de M. Laugier, et la première représentation de Molière en prison. L’Odéon donnait, en la même occasion, le Misanthrope et le Malade imaginaire ; puis, entre ces deux pièces, la Première du Misanthrope.
- Dans son Molière en prison, Ernest d’Hervilly nous montre le directeur de 1’ « Illustre Théâtre » dans la prison du Châtelet, incarcéré à la requête du marchand de chandelles qui lui fournissait le luminaire.
- A ce moment, Poquelin n’avait que vingt-trois ans ; il travaillait à la gloire qu’il rêvait, mais il n’avait pas le sou.
- Cependant ses amis s’occupent de lui , entre autres Ragueneau, le pâtissier-poète qui lui apporte des victuailles. D’un autre côté, Poquelin est très bien vu par le geôlier Mascarat, et surtout par sa jolie filleule Lucile. Ragueneau profite de l’absence du geôlier et de la jeune fille pour conseiller à Poquelin de s’évader ; il apporte tout un déguisement de pâtissier. Mais Mascarat rentre, on l’invite et l’on se met à table. Quelques verres de bon vin aidant, le geôlier s’endort bientôt* Poquelin revêt son déguisement de pâtissier et se dirige vers la porte. Mascarat se réveille ; il avait en poche l’ordre d’élargissement, un Mécène du nom d’Aubry, avait payé la caution exigée.
- Tout le monde est heureux; seule, la gentille Lucile verse quelques larmes, mais Poquelin lui jnre de ne pas l’oublier.
- Ce charmant acte, cette jolie poésie, ce document historique a été joué très finement par MM. Le Bargy, Leloir, de Féraudy et par Mlle Marsy.
- A l’Odéon, M. Albert Lambert, dans le rôle de Molière; Mlle Nancy Martel, dans celui de M11® Molière ; MM. Rebel, Amaury, Rameau, Boudier, Jahan, Duparc et Lalanne, ont fort bien interprété l’à-propos de MM. Armand Ephraïm et Adolphe Aderer. Le décor représentait le foyer des artistes au Palais-Royal, le vendredi 4 juin 1766, après la représentation du Misanthrope.
- Toute la haute gomme de l’époque et les amis du poète parmi lesquels Boileau,. La Fontaine et Chapelle viennent féliciter l’auteur de son succès. Molière les invite à souper en sa maison d’Auteuil. Cependant Molière se plaint à Chapelle de la légère Mlle Molière, dont la coquetterie l’inquiète et qu’il aime quand même.
- C’est elle qu’il a voulu peindre dans Célimène et c’est lui qui est Alceste. Chamelle raisonne le poète, mais l’accord est impossible. Cependant Mlle Molière n’a voulu que railler de Guiche et Richelieu, ses adorateurs ; elle aime Molière et sait qu’elle est aimée de lui. Et l’on va gaiement souper.
- L’Ambigu a donné la première de la Banque de V Univers. Nous avions déjà eu aux Nouveautés, je crois, Paris en action, revue très spirituelle ; c’est sur cette même donnée qu’a été bâtie la Banque de M. Grenet-Dancourt. L’auteur a visé toutes ces prétendues sociétés de crédit dont le dernier guichet finit par s’ouvrir sur la police correctionnelle. Les Krachs de Vienne et de Paris ont fourni à l’auteur les éléments tristes et faciles de sa pièce.
- Je me souviens avoir entendu chanter dans le Pied de mouton, cette féerie modèle, un couplet à peu près ainsi conçu :
- Petit !
- Tout est petit,
- Dans ce joli petit village, etc.
- Eh bien! je terminerai sur le même air, en disant que dans la Banque de l’Univers, médiocre 1 tout est médiocre ! Nouveauté médiocre ! Intérêt médiocre ! Interprétation médiocre ! Succès médiocre !
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT ot Cio, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition de 1889 au Champ-de-Mars; 3. Le Conseil municipal et l’Exposition ; 4. Une fête industrielle; 5. Echos; 6. Une exposition universelle à Madrid; 7. Les Livres ; 8. Avis commerciaux; 9. Les Théâtres.
- DÉCORATIONS
- DANS
- L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- EXPOSITION D’ANVERS
- MINISTÈRE DES COLONIES
- Officier
- MM. Nivert, Albert, adjoint au maire du 17e arrondissement deParis, membre du comité d’organisation de l’exposition coloniale française à Anvers.
- Chevaliers
- Fleury, Jules-Auguste, ancien ingénieur de la Compagnie des ports et du chemin de fer de la Réunion. Médaille d’or dans la classe 61 comme collaborateur de la Compagnie qui a obtenu elle-même un diplôme d’honneur, membre et secrétaire du jury de la classe 39 ;
- Rueff, Jules-Isaac, administrateur délégué de la Compagnie des messageries fluviales de la Coehmchine ;
- Cornet, propriétaire des établissements Savanaà Pondichéry (Inde française);
- Delor, négociant à St-Louis (Sénégal), 2 diplômes d’honneur dans les classes 39, 40 et dans la classe 41 ;
- Bresson, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine ;
- Cavé, juge au tribunal de commerce de 1 la Seine ;
- Barbier, de la maison Barbier et Cheva-Ler-Furestre, constructeurs de phares aux colonies françaises , 2 médailles d’or dans les classes 61 et 70, 71, 72;
- Duluc, délégué de St-Pierre et Miquelon au conseil supérieur des colonies, médailles d’or dans la classe 79;
- Jacob de Cordenoy (Camille), ingénieur, ancien président du Conseil général de la Réunion.
- MINISTÈRE DU COMMERCE Officier
- MM. deLesseps, Charles-Aimé, vice-président de la Compagnie de Suez et de Panama.
- Chevalier
- Bougault, ingénieur des arts et manufactures.
- Dimanche 31 Janvier 1886.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET
- LES CHAMBRES DE COMMERCE
- Voici le texte de la lettre adressée au ministre par la Chambre de commerce de Paris :
- Monsieur le ministre du commerce,
- Nous nous empressons de vous transmettre l’avis formulé par la chambre de commerce de Paris, dans sa séance du 9 de ce mois, pour satisfaire au désir que vous lui avez exprimé de connaître le sentiment du commerce et de l’industrie au sujet de l’Exposition universelle de 1889.
- La chambre de commerce s’est déclarée favorable au principe de cette Exposition, qui provoquera l’affluence des étrangers à Paris, contribuera ainsi à ranimer les affaires et à tirer particulièrement le commerce parisien du marasme dont il souffre.
- Mais, pour que cette Exposition réponde aux besoins de notre époque et produise des effets vraiment utiles au point de vue industriel et commercial, la chambre considère comme indispensable qu’elle ait un caractère international.
- Dansxes conditions seulement, elle aura pour résultat de placer les produits étrangers à côté des nôtres, de nous instruire des progrès ou des défaillances de nos rivaux, de constater enfin la valeur réciproque de nos productions.
- La chambre de commerce pense qu’au contraire une exposition purement nationale n’aurait que des inconvénients en livrant notre situation aux étrangers, sans nous éclairer sur la leur, et qu’elle nous exposerait, sous ce rapport, à toutes les conséquences des expositions internationales sans nous offrir, comme ces dernières, le bénéfice de la réciprocité.
- En conséquence, la chambre de commerce s’est prononcée en faveur de l’Exposition universelle de 1889, mais à condition qu’elle soit internationale, et que le gouvernement s’assure l’adhésion préalable de toutes les puissances que nous avons intérêt à y voir figurer et à défaut desquelles une Exposition pourrait être plus nuisible qu’avantageuse.
- Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’assurance de notre haute considération.
- Le président, Signé : Dietz-Monnin.
- Le secrétaire,
- Signé: G. Marcilhacy.
- NUMÉRO 57.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- La ville de Paris participe, directement et indirectement, aux Expositions universelles : directement par son apport pécuniaire, par son exposition particulière ; — indirectement par les travaux de voirie, de salubrité et d’embellissement dont ces Expositions sont l’occasion.
- Nous laisserons de côté, pour y revenir plus tard, cette part très importante de l’oeuvre de la Ville dans l’œuvre générale et nous ne nous occuperons, pour le moment, que de sa contribution directe aux dépenses de construction des palais et d’arrangement de leurs annexes.
- En 1867, la subvention municipale, affectée à cette destination spéciale, fut de 6 rnillions de francs. En réalité, elle, s’éleva à 9 millions ; le compte de la caisse des travaux pour l’année 1867
- porte, en effet :
- Sommes payées par la caisse des
- travaux pour l’Exposition............. 7,500,000
- Subvention complémentaire........... i,5oo,ooo
- Total. . . 9,000,000
- En 1878, le conseil municipal vota une subvention de 6 millions, ci................. 6,000,000
- A cette somme, il faut ajouter :
- Confection des objets devant figurer . à l’exposition particulière de la Ville. . 392,000
- Pavillon de la Ville.................. 200,000
- Concours d’orphéons................ 5,000
- Illuminations le jour de l’ouverture
- de l’Exposition...........•........... 5o,ooo
- Fête du 3o juin........................ 99,000
- Visites scientifiques dirigées par les
- professeurs des cours d’adultes1........... 6,000
- Illuminations et pavoisements du
- 21 octobre................................ 5o,ooo
- Construction du bâtiment de l’Exposition ouvrière..................... . , 5o,ooo
- On arrive ainsi à un total de...... 6,852,000
- Non compris la dépense résultant de l’augmentation de 10 0/0 des traitements inférieurs à 2,400 francs des employés de la préfecture de la Seine et de la préfecture de police. Si l’on tient compte de cette dépense qui at-
- teignit................................ 1,078,241
- On obtient finalement. 7,930,241 Soit, en chiffres ronds............... 8,000,000
- Quel sera le chiffre voté par le conseil municipal de Paris à titre de subvention pour l’exposition de 1889 ? Autant qu’on peut le prévoir d’après les chiffres précédents, d’après les propositions préfectorales contenues dans le mémoire relatif à la création de ressources extraordinaires et à leur emploi, d’après les dispositions mêmes du conseil qui paraît ne vouloir rien négliger pour célébrer brillamment l’anniversaire de l’émancipation politique et intellectuelle de 1789, nous ne pensons pas qu’il soit inférieur à 9 millions : les allocations accidentelles et supplémentaires le porteront probablement à 10 millions. Il n’y a là rien de surpre-
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- 3q- — Deuxième Année. — N° 5y.
- nant : comme le fait très justement remarquer l’honorable M. Monteil, dans son rapport au conseil municipal sur le principe de l’exposition, chaque exposition nouvelle gagne sur l’exposition préce'dente un tiers d’exposants et de visiteurs. De là la nécessité d’accroître successivement les surfaces et, par suite, de dépenser davantage. Cette augmentation correspond donc, en réalité, à une augmentation des recettes qui ne saurait manquer de se produire.
- D’ailleurs, l’emprunt projeté par la ville de Paris et dont l’émission ne peut tarder, quelles que soient les résistances d’un certain nombre de conseillers et les conditions posées par d’autres, fournira facilement, soit par lui-même, soit par les excédents budgétaires, conséquence ordinaire de la reprise des grands travaux, la somme que nous venons d’indiquer.
- Il est vrai que, dans la discussion qui eut lieu devant le conseil municipal au mois de décembre dernier, M. Michelin, redoutant que l’Etat ne profitât d’un engagement tacite, qui, pour lui, ressortait des termes du projet de délibération, émit l’idée que les fonds de la ville seraient mieux employés à d’autres travaux. Mais M. Michelin n’est plus conseiller : M. Michelin est député et nous espérons que, n’ayant plus l’unique souci des petites affaires parisiennes, il verra mieux les choses et changera d’opinion à cet égard.
- M. Dreyfus, nouveau député, comme M. Michelin, représentant comme lui des électeurs parisiens et alors président de la commission municipale de l’exposition, lui répondit avec beaucoup de sens qu’il ne s’agissait nullement d’un engagement financier quelconque, que le conseil restait maître de son action ultérieure au cas où les propositions de l’Etat ne seraient pas à sa convenance et qu’en fait il était placé entre deux alternatives : ou laisser l’Etat agir seul et se passer de la ville, ou l’amener à compter avec elle.
- Le texte de la commission fut néanmoins modifié. Mais l’esprit n’en est pas douteux : si les mots de « concours financier », de « participation pécuniaire » n’y sont plus, l’idée de ce concours y est encore tout entière comme elle a été d’ailleurs dans toute la délibération. C’est d’ores et déjà un point acquis et sur lequel le conseil ne reviendra que pour fixer la somme d’une manière définitive.
- Le rapporteur l’affirme lui-même hautement.
- « Les premiers, dit-il, nous nous sommes occupés de l’Exposition ; les premiers, nous nous sommes publiquement prononcés en sa faveur ; nous nous déclarons prêts aux sacrifices nécessaires à sa réussite, mais sous la réserve formelle d’un contrat dont les causes assureront nos prérogatives et nos droits... »
- Le conseil posera ses conditions et c’est toute justice. En 1878, il fut privé, malgré sa subvention, de tout pouvoir sur la formation des commissions de tout contrôle sur l’exécution : on alla jusqu’à lui refuser un terrain pour l’exposition ouvrière, et le droit de visiter les chantiers.
- La convention passée avec l’Etat stipulait cependant que les travaux sur la propriété de la ville ne seraient entrepris qu’après entente entre les représentants du gouvernement et l’administration municipale et qu’ils seraient exécutés par les ingénieurs du service municipal.
- Ces dispositions ne sont point suffisantes, au sens du conseil. Elles doivent être complétées, entourées de précautions nettement définies. Il veut conserver toute sa liberté, la plénitude de son influence légitime, et, dans ces limites, soumettre à ses résolutions ce qui fut laissé naguère à l’approbation préfectorale.
- On ne saurait l’en blâmer et les résultats de la démarche faite récemment par sa délégation près de M. le ministre de commerce ont prouvé que le gouvernement était disposé à ne soulever, de ce chef, aucune difficulté.
- A propos d’un récent article 011 nous a accusés d’avoir confondu la Commission consultative, devant laquelle M. Dévie a exposé son plan dans les séances des 17 et 20 novembre
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- avec la commission spéciale de F Exposition nommée par le conseil municipal de Paris. Nous n’avons jamais dit que M. Dévie avait été appelé devant le conseil municipal.
- Nous avons écrit ce qui suit :
- Prenons le compte rendu de la séance du 17 novembre 1884, nous trouvons :
- « M. Dévie, introduit ensuite, parle en faveur de Courbevoie. »
- Dans le compte rendu de la séance du 20 novembre 1884, nous lisons :
- « M. le président informe la commission que M. Dévie a demandé à être entendu de nouveau pour compléter les explications qu’il a déjà données
- au sujet de son projet de Courbevoie..........
- M. Devie est ensuite introduit et fournit à la commission diverses explications complémentaires touchant son projet de Courbevoie. »
- 11 est vrai, et nous reconnaissons bien volontiers notre faute, que nous avons omis de dire que ce sont les comptes rendus des séances de la commission consultative que nous citions.
- Nos lecteurs ont dû d’eux-mêmes combler cette lacune en lisant les lignes qui suivaient immédiatement :
- Or la liste des membres de la commission que nous avons donnée plus haut renferme le nom de personnes qui assistaient aux séances du conseil ; c’étaient :
- Le préfet de la Seine ;
- Le préfet de police ;
- Le président du conseil général de la Seine ;
- Le président du conseil municipal de Paris ;
- Le directeur des travaux de Paris ;
- L’ingénieur en chef du département de la Seine, etc., etc.
- Prenons maintenant le compte rendu analytique de la séance du conseil municipal du 5 décembre 1884.
- En citant les comptes rendus des séances de la commission consultative et du conseil municipal nous voulons prouver que le projet de Courbevoie, au point de vue de l’emplacement, était connu des membres du conseil municipal. Du reste nous terminions ainsi :
- Ces differents extraits montrent bien que le conseil municipal connaissait le projet de Courbevoie. Le conseil n’avait à s’occuper avant tout que du choix de l’emplacement, c’est ce qu’il a fait, sans s’occuper du nom des auteurs des différents projets.
- Un mot encore.
- L’auteur de cette petite rectification ajoute:
- Le projet de M. Dévie est d’ailleurs postérieur au vote de cette assemblée en faveur du Champ-de-Mars.
- 11 faudrait s’entendre.
- Le vote du conseil municipal a eu lieu le 5 décembre 188k.
- M. Dévie a été entendu par la commission le 11 et le 20 novembre 188k.
- D’un autre côté, M. Dévie a fait dire dans une des réclames que nous avons citées dans notre dernier numéro que son projet lui avait demandé trois années d’un travail opiniâtre.
- Comment concilier toutes ces contradictions ?
- Nous lisons dans le a] Bâtiment » du 24 janvier 1886 :
- L’EXPOSITION DE 1889
- M. Dévie a eu le mérite très rare de concevoir une idée et de la poursuivre avec une grande énergie... jusqu’à l’échec final qui l’attend.
- Il a eu de plus ce rare bonheur de rencontrer des adhérents, d’honorables entrepreneurs, pour la plupart, — qui ont eu foi dans sa propre foi et qui lui ont versé près de cinq mille francs pour les frais d’études et de publicité.
- Dimanche 3i Janvier 1886.
- Jusqu’à ce jour, cette publicité avait été bruyante, mais assez intelligemment faite ; le malheur est que le projet très hardi de M. Dévie n’est pas, quant à présent, réalisable, et tous les articles de journaux ne peuvent lui donner la vie qui lui fait défaut.
- Malgré la presse, malgré les conférences, malgré tous les frais considérables faits par la Société d’études, le plateau de Courbevoie n’a pas séduit le Parisien.
- * *
- En présence de cet insuccès, que vient d’imaginer la Société d’études ?
- Elle vient d’avoir l’idée saugrenue, de faire patronner le projet par... MM. les Anglais.
- En effet, les journaux amis publiaient tous, avant hier, la petite note suivante :
- « La presse anglaise s’occupe beaucoup en ce moment de la question de l’Exposition de 1889, et elle se montre très sympathique au projet de Paris-Courbevoie, dû à M. Charles Dévie. Elle croit que l’emplacement du Champ-de-Mars, qui évoque le souvenir de certains-épisodes de la Révolution, doit rester le théâtre des fêtes politiques du Centenaire, mais que l’Exposition doit avoir lieu sur un terrain neutre, digne par ses proportions de la grande manifestation qu’on prépare.
- Répondant à une objection qui a été faite,, à ce sujet, le Morning-News dit :
- « Une objection qui a été faite au projet de « M. Charles Dévie, c’est la perte qui pourrait « résulter pour la ville de Paris sur les octrois. « A ceci, M. Dévie, répond que le gouverne-« ment a le droit de décréter l’extraterritoria-v lité de l’octroi au profit de la Ville de Paris « pendant l’Exposition. »
- En somme, on ne fait pas d’objections-sérieuses au plan de M. Charles Dévie, et il a pour lui l’opinion en Angleterre.»
- Quel pavé ! mes amis, quel pavé !
- L’opinion de l’Angleterre ? d’abord les Parisiens s’en moquent : ensuite nous croyons les Anglais trop pratiques et trop amoureux des plaisirs parisiens pour trouver, tout d’un coup, des attraits irrésistibles au plateau de Courbevoie.
- *
- * *
- Voilà le coup de grâce.
- Tant que les journaux boulevardiers ont essayé seuls de faire avaler Courbevoie, quelques âmes candides pouvaient encore croire à la réussite du projet ; mais depuis que le-Morning-News s’en mêle, c’est fini.
- Le projet Dévie est mort hier dans un éclat de rire des Parisiens.
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, quelques extraits d’articles parus dans le Matin et écrits en faveur du projet de M. Dévie. Notre confrère changerait-il d’opinion? Il le laisse supposer dans son numéro du 26 courant.
- « Un de nos collaborateurs, dit-il, s’est rendu hier auprès du ministre du commerce, qui a bien voulu, dans une sorte d’improvisation très nette, très vivante, très intéressante, résumer la série de travaux considérables et de réformes importantes qu’il compte entreprendre. »
- Voici une partie de cette improvisation:
- L’Exposition de 1889
- Je viens de vous dire ce que j’entrevois pour le ministère de l’industrie ; quant au ministère du commerce proprement dit, il comprend lui aussi des besognes multiples et des travaux intéressants.
- D’abord l’organisation de l’Exposition de 1889.
- Les projets que j’ai doivent être approuvés par le conseil des ministres, et par conséquent ne sont pas définitifs. Mais je crois bien qu’il seront acceptés.
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- Deuxième Année. — N° 5y.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Janvier 1886. — 35.
- Tout d’abord, il est à présumer que l’Exposition sera universelle.
- A une grande majorité les Chambres de commerce et les syndicats se sont prononcés dans ce sens.
- D’un autre côté, il est certain que l’Exposition ne sera pas faite en dehors de l’Etat.
- En revanche, je crois que les grands établissements de crédit dépendant de l’Etat peuvent former le capital de garantie et diminuer notre responsabilité.
- Quant à l’emplacement, on doit obéir à l’indication du conseil municipal, qui a désigné le Champ-de-Mars. On ne peut faire l’Exposition qu’avec le concours absolu du conseil ; du reste, moi qui suis un ancien conseiller municipal, je ne saurais agir autrement.
- Enfin, il ne doit pas y avoir de commissaire général.
- Il est tout à fait inutile de créer un fonctionnaire plus puissant que le gouvernement, inamovible, ayant des relations diplomatiques personnelles, pouvant faire échec au gouvernement, et ne rendant jamais assez de services pour compenser tous ces désavantages ; l’expérience des dernières expositions l’a prouvé.
- J’ai déjà préparé tous les projets à soumettre au conseil des ministres, et j’estime que d’ici à quinze jours au plus toutes les décisions premières seront prises, et nous entrerons immédiatement dans la période d’organisation, dans le concours des projets d’architecture, dans le détail de la mise en œuvre. Car, du moment où il n’y aura pas de commissaire général de l’Exposition, c’est le ministère du commerce qui devra en remplir les fonctions.
- Toute exposition nouvelle doit nécessairement être plus vaste que celle qui l’a précédée. Il est certain que d’immenses annexes seront ajoutées au Champ-de-Mars, et que le palais et ses dépendances s’étendront sur l’esplanade des Invalides, et probablement jusqu’aux Champs-Elysées.
- On s’est plaint, et avec raison, du caractère lugubre de l’Exposition de 1878; nous essayerons de rendre l’Exposition de 1889 très intéressante, très gaie, pleine de vie, de pittoresque et de lumière.
- Déjà nous cherchons des attractions, et je crois qu’il y en aurait une d’un intérêt très puissant. La transmission de la force par l’électricité est une découverte d’une portée économique et sociale immense, qui peut avoir des conséquences aussi grandes que celles de la Révolution de 1789 dont nous célébrerons le centenaire.
- Ne serait-il pas vraiment intéressant de voir la galerie des machines marcher au moyen de la force transmise par l’électricité ? On utiliserait pour cela les chutes d’eau de la Seine, le barrage de Suresnes, etc., etc.
- Mais ce projet, pour être réalisé, demande encore bien des études préliminaires.
- En attendant tout cela, je vais commencer par liquider la dernière Exposition, qui s’est soldée par un déficit. Il est vrai que nous avons pour le couvrir l’argent prêté par la Banque, et sur lequel 21 millions sont immédiatement disponibles.
- Je vais déposer un projet de loi pour terminer cette opération.
- ---------------------------- .
- L’EXPOSITION DE 1889
- AU
- CHAMP-DE-MARS
- Nous recevons de M. de Persin, ingénieur civil auteur d’un projet d’Exposition au Champ-de-Mars, la lettre que nous publions ci-dessous ainsi que les dessins que l’on trouvera aux pages 36 et 3y.
- Il est bien entendu que nous ne donnons la publicité à cette communication qu’à titre de docu-
- ment, ce projet ayant été discuté devant la commission consultative, et se rapprochant assez de celui de la commission. Nous ne pouvons nous déclarer partisan de tout ce que demande M. de Persin ; nous mettrons d’ailleurs sous les yeux de nos lecteurs les autres projets relatifs au Champ-de-Mars, que l’on voudra bien nous communiquer.
- *
- * *
- Dans votre dernier numéro, vous avez consacré un intéressant article à l’Exposition de 188 g au Champ-de-Mars. Auteur d’un projet d’Exposition à construire sur cet emplacement, je prends la liberté de vous adresser les lignes suivantes dans lesquelles je développe un système simple, pratique, que j’ai eu l’honneur d’exposer devant la commission consultative.
- Quand on sut dans le public que tout auteur de projet serait entendu par la commission ministérielle, plusieurs ingénieurs, architectes, etc., cherchèrent sur les cartes du département les divers emplacements où pourrait être établie l’Exposition de 1889.
- Quelques-uns, mus par un sentiment tout personnel, proposèrent des emplacements qui, par le seul fait de leur acceptation, les faisaient plusieurs fois millionnaires ; la spéculation des terrains est malheureusement trop connue à Paris (en trois années nous avons vu de ce fait seul, 12 à 15,ooo faillites.)
- Dans cette catégorie nous devons placer plusieurs projets présentés à la commission.
- D’un autre côté, nous voyons des projets patronnés par les municipalités de communes suburbaines désirant la fortune pour tous leurs administrés : à ceci rien à dire.
- Mais ce sont là des considérations auxquelles on ne peut s’arrêter.
- Il était indiqué que, seuls, les auteurs de projets dans l’enceinte fortifiée pouvaient et devaient être pris absolument au sérieux.
- Les auteurs des projets hors barrière éprouvent des difficultés presque insurmontables pour établir le transport des visiteurs, même en dépensant 40 à 60 millions de chemins de fer, qui deviendraient complètement inutiles en 1890, puisqu’ils n’auraient été construits que dans un seul but : l’Exposition de 1889.
- Les auteurs de quelques projets intra muros englobent dans l’enceinte de l’Exposition une surface assez considérable et coupent de nombreuses voies' de communication qui sont nécessaires aujourd’hui, mais qui seront absolument indispensables en 1889, étant donné l’affiuence des visiteurs.
- De plus, ils rendent, à nouveau, pendant 4 ou 5 années, absolument inutile notre école militaire, comme cela a eu lieu de 186 3 à 1881, par l’accaparement du Champ-de-Mars.
- Je suis l’auteur d’un projet qui permet :
- i° De laisser à l’école militaire le terrain nécessaire aux manoeuvres quotidiennes ;
- 20 D’établir l’Exposition le plus près possible du centre, afin que chacun puisse en revenir à pied•
- 3° De ne fermer aucune voie, ni aucun pont, afin d’avoir le plus d’accessibilité possible ;
- 40 D’avoir des abords spacieux afin qu’une quantité considérable de voitures de toute nature trouvent une station possible sans encombrer les voies ;
- 5° De comprendre dans l’enceinte de l’Exposition les monuments déjà construits.
- Après une étude sérieuse des divers emplacements recherchés sur la carte, et visite faite à ces emplacements, je me suis arrêté à celui dont le plan est ci-joint, et qui, selon moi, répond à tous les besoins.
- Il comprend une partie dû Champ-de-Mars (seul endroit où l’on puisse fêter ce glorieux anniversaire), tout en laissant aux troupes de l’École militaire l’emplacement suffisant pour les manœuvres. J’obtiens par ce fait une grande entrée du côté de l’École militaire, avec de spacieux abords pour les voitures. Je conserve la gare existante qui est desservie par le chemin de fer de Ceinture et par laquelle peuvent arriver tous les produits
- du continent expédiés à Paris par les différentes gares.
- Mon projet comprend le palais du Trocadéro, relié au Champ-de-Mars, par un pont analogue à celui qui fut établi en 1878, et laissant libres les passages des tramways de Sèvres, St-Cloud, Versailles, etc.
- Il y a encore une grande entrée par la place du Trocadéro, avec un emplacement suffisant pour une grande station de voitures.
- Le palais de l’Industrie avec un certain périmètre se trouve dans l’enceinte de l’Exposition ; mais je laisse absolument libres toutes les voies existantes (Cour-la-Reine, avenues, etc.), la place de la Concorde, reste telle qu’elle est aujourd’hui, les voitures trouvent encore là un emplacement largement suffisant. L’entrée principale serait située sur le bord même de cette place, sans obstruer l’avenue des Champs-Elysées, bien entendu.
- Remarquons que par des passerelles savamment combinées, on peut disposer depuis cette place jusqu’au-dessus du Trocadéro d’une voie.suffisante pour le passage des tramways existants et de ceux que l’on pourrait construire. On voit par là qu’aucune communication (route ou pont) n’est coupée.
- Enfin l’esplanade des Invalides est englobée dans ce vaste champ ; le palais Bourbon ainsi que le palais du quai d’Orsay conservent leurs abords existants et de ce côté de la Seine, il reste un espace suffisant pour la circulation ordinaire.
- Ajoutons à ces quatre grandes entrées pour les visiteurs se rendant à l’Exposition à pied ou en voitures, tramways, omnibus,etc.,les gares fluviales desservies par les bateaux-mouches, express et autres.
- Voilà à grands traits la description de l’emplacement que je propose. Nous arrivons maintenant à la partie caractéristique de mon projet : La Seine couverte. Ces mots effraient les uns et surprennent les autres. Disons tout d’abord que pour atteindre' ce but nous proposons d’employer des vis descendues sous l’eau et supportant des pieux formant des colonnes ou piles.
- L’auteur, remarquez-le bien, ne dit pas qu’il est l’inventeur de la vis ou du pieux à vis ; il ne sait même pas le nom de celui qui l’inventa, et celui-là ne viendra pas en revendiquer la paternité, car on en a trouvé dans les sables du port de Mardick, créé sous Louis XIV.
- Aujourd’hui, on fabrique ces pieux d’après les données scientifiques, on en a fait de nombreuses applications pendant ces dernières années, non pas sur une rivière comme la Seine, mais en pleine mer, à Arica (Pérou), notamment et cela avec le plus grand succès, puisque lors de la dernière guerre entre le Chili et le Pérou, les constructions ainsi établies ont été bombardées sans dégâts considérables.
- La seule innovation (si innovation il y a), est l’emploi de rails de chemin de fer (vieux ou neufs), formant poteaux, en remplacement des pieux en fer forgé employés à Arica et ailleurs. C’est là, nous le pensons, une question d’économie parfaitement comprise ; en effet, le vieux rail n’a presque pas de valeur et le neuf peut être réemployé dans les chemins de fer après avoir servi pendant 5 ou 6 ans à des travaux de construction. Nous savons qu’on va poser cette question : Où aurez-vous des vieux rails ?
- Nous répondrons que toutes les Compagnies de chemin de fer de France en déposent annuellement plus que nous n’en aurons besoin. Nous n’emploierions les vieux rails que dans les parties où ces rails devraient êtres coupés ; nous nous servirions au contraire des neufs partout où ils pourraient être employés tels quels.
- Nous ne dépenserions de la sorte que le prix de pose et de dépose, ce qui donnera exactement le même travail aux ouvriers.
- Nous proposons, en outre, d’établir le plancher couvrant la Seine, en se servant de rails espacés suivant la charge à porter, et reliés par des voûtes en briques.
- Quand l’auteur fut reçu par la commission, il lui fut fut posé diverses questions, une surtout
- Voir la suite page 38.
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- 36 et 37. — Deuxième Année. — N° 57.
- LE MONITEUR &j ^POSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Janvier 1886.
- PROJET D'EXPOSITION UNIVERSELLE
- AU
- CHAMP-DE-MARS ET ANNEXES
- 0>@^OO
- REMIS AU MINISTÈRE DU COMMERCE
- le 3 novembre 1884
- PRÉSENTÉ ET DISCUTÉ
- A LA COMMISSION CONSULTATIVE MINISTÉRIELLE
- le 25 et le 27 novembre 1884
- Auteur : M. H. de PERSIN
- INGÉNIEUR CIVIL
- Pieu a vis
- Coupe en teaS ^ur la Seine
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- 38. — Deuxième Année.
- N° 57.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Janvier 1886.
- au sujet du prix du mètre carré de surface couverte.
- « Les ponts de Paris, lui disait-on, ont coûté en moyenne 460 francs le mètre carré, comment arrivez-vous à dépenser quatre fois moins ? »
- « Cela est bien simple, avons-nous répondu ; ces ponts ont des piles et des culées en maçonnerie dont les fondations coûtent des sommes considérables. On construit des voûtes savamment décrites, et des garde-corps, souvent composés de pierres très chères et sculptées par de véritables artistes.
- « On a, en outre, deux faces pour 15 à 20 mètres de largeur.
- « Les Compagnies de chemins de fer font faire des ponts plus résistant en dépensant en moyenne 140 francs par mètre. Après la guerre, quantité de communes rurales ou villes, ont mis au concours la reconstruction de leurs ponts: je puis citer des cqnstructeurs qui ont établi ces ponts à raison de 110 à 125 francs le mètre (en restant bien entendu dans les termes de la circulaire du ministre relative à la charge d’épreuves).
- « Veuillez vous rappeler que toujours ces ponts avaient des piles et culées en maçonnerie à l’instar de ceux de Paris, ce qui constitue une dépense élevée ; remarquez encore que les constructeurs employent du fer et de la tôle, et que j’emploie des rails en acier, qui ne me coûtent presque rien. Les constructeurs achetaient le fer à 3o francs les 100 kilog, et avaient en général un déchet de 5 à 6 0/0 du poids total ; le fer ayant une résistance moitié moins élevée que l’acier, il s’ensuit qu’il me faudra moitié moins de poids.
- « En 1878, le prix moyen des charpentes en fer employées a été de o fr. 68 c. le kilog, la vente à la criée après les démolitions a produit environ 0,13 c. par k., la perte sèche a donc été de o fr. 55 le kilog.
- En résumé, voici ce qui s’est passé :
- Achat fer, 1000 kilog. à 0,68 — 680 fr.
- Vente — 1000 — 0,1 a = i3o fr.
- Perte. 55o fr.
- Voici d’un autre côté ce que je propose :
- Acier de rail, 5oo kg. à 12 fr. les 100 k. = 60 fr.
- Boulons et pièces diverses , 40 k. à 0,40. = 16 »
- Façon pose, 5oo kg. à 9 fr. les 100 k. = 45 »
- Fonte pour vis moyennes, 40 k. à o,5o. = 20 »
- Dépose et rangement, 5oo k. à 4 fr. . . = 20 »
- Dépense. 161 »
- A déduire, rail même valeur. 60 »
- 80 k. fer et fonte vendus 1 à
- 6 fr. les 100 kg II GO O
- 64 80 64 80
- Perte. 96 20
- Ces chiffres peuvent se passer de commentaires.
- Voilà ce que j’ai l’honneur d’exposer devant la commission.
- La question de résistance du sol est absolument secondaire, puisque le diamètre de la vis est établi suivant la nature de ce sol et la charge à porter. Disons encore qu’il n’est pas nécessaire que les pieux descendent à une profondeur uniforme ; on les descend au moyen d’un treuil mû par la vapeur et on arrête sa descente quand la machine débraie. Enfin, ordinairement on descend une sonde avant la descente du pieu, quand on est dans un sol incertain, et ce n’est pas du tout le cas qui nous occupe, puisque l’on connaît parfaitement le sous-sol de la Seine qui est régulier et ne comporte pas de ces parties marécageuses qui obligeraient à descendre à de grandes profondeurs.
- Etant donnée la navigation de la Seine, il serait presque impossible (en dehors de la question de prix) d’employer des pieux en bois avec un sabot d’un système quelconque, enfoncé même par une grue à vapeur. Ce battage est très coûteux, peu pratique, et on ne sait jamais si le pieu descendra à l’endroit indiqué, car il dévie. Une fois battu, le pieu n’est presque plus arrachable ; on emploie des scaphandres pour les scier au plus près possible du fond, c’est un travail très long et très coûteux.
- Le pieu à vis remonte aussi facilement qu’il a
- été descendu, et par le même système ; s’il résiste, par le système de clavetage des pieux composés, on déclavète les parties et on laisse dans le sol, et bien en dessous du niveau du fond, la vis en fonte qui serait rebelle.
- On peut donc enlever rapidement le tablier après l’Exposition, et cela sans intercepter la navigation.
- Voilà, il nous semble, des arguments indiscutables. On avait voulu les attaquer pensant qu’ils étaient le résultat de théories nouvelles, basées sur l’expérience d’un seul homme. Je n’ai rien inventé, j’applique seulement un système qui a depuis longtemps fait ses preuves.
- Se rappele-t-on le bruit qui se fit, il y a vingt ans environ, quand il fut question de lancer les ponts au-dessus des fleuves ?
- Aujourd’hui, tous les constructeurs lancent des ponts, et on n’y prend garde en aucune façon: c’est passé dans les habitudes.
- Il en sera de meme du pieu à vis, des poteaux et charpentes composés de rails de chemin de fer que préconise l’auteur ; et nous ne sommes peut-être pas éloignés du moment où tout le monde voudra l’avoir inventé ?
- Nous avons vu plus haut le détail des prix par kilogramme. L’auteur, d’après son projet compte couvrir 236.000 mètres de surface à établir sur pieux, déduction faite des embarcadères, travées d’aération, et parties laissées vides aux abords des ponts existants, la dépense de main-d’œuvre et de déchet, suivant le détail, serait de 6,000,000 de fr. environ.
- Les devis demandés dans la séance du 27 novembre par divers membres de la commission ont été remis à la séance suivante, et nous en font foi.
- Ce chiffre n’est rien si on le compare aux dépenses à faire pour établir des lignes de chemins de fer provisoires pour amener les voyageurs hors de l’enceinte des fortifications.
- Il est à remarquer qu’il est réductible, car si la commission jugeait que la surface de 1,400,000 mètres est trop grande, ou si elle empiétait un peu plus sur le ChampdeMars, elle pourrait réduire de même quantité la surface couverte sur la Seine.
- Je propose d’établir les galeries de machines sur les quais. On éviterait de la sorte le travail si coûteux de canalisation et d’égouts, qu’on a exécuté en 1878 et qui a coûté 6 à 7 millions (en pure perte, puisqu’il a été démoli), le terrain est très solide en cet endroit ; les murs des quais tiendraient lieu de fondation.
- Il est certain qu’on va faire l’objection que les poteaux et charpentes en rails n’auront rien de gracieux ni d’agréable à l’œil. C’est là une erreur nous ne pensons pas qu’il faille renouveler le système des grandes halles métalliques qu’on a appelées Palais.
- On emploierait le rail comme ossature, mais on pourrait faire des revêtements en plâtre et en stofî pour ornement sans se préoccuper de la solidité ou de la difficulté d’exécution.
- L’architecte dessinerait sa maquette, la remettrait à l’ingénieur qui se chargerait de l’exécution.
- Tous les bâtiments pourraient être au concours entre les architectes et artistes français. En restant dans les données d’un programme bien défini pour la décoration, on obtiendra des bâtiments au prix de 35 à 40 francs le mètre superficiel, prix maximum, et conséquemment moitié moins cher que les constructions de 1878 qui ont coûté 91 fr.
- Il faut remarquer que l’ouvrier parisien trouvera autant et plus de travail qu’avec le système de 1878, et qu’en outre, un grand nombre d’architectes français trouveront ainsi le moyen desefaire connaître en s’affirmant par des dispositions ingénieuses et bien comprises, dans le bâtiment que chacun des élus par concours aura à établir.
- Je m’adresse à une industrie française par excellence, et on en trouve la preuve dans ce fait : toutes les expositions étrangères Vienne, Philadelphie, Boston, Amsterdam, Anvers, etc., etc., n’ont eu que des décorateurs français.
- En résumé, l’exposition ouverte, que de facilités pour le visiteur !
- La place de la Concorde, entrée principale, est
- un centre ; les Champs-Elysées, la promenade aimée, aura deux entrées au moins.
- Toutes les grandes voies parisiennes y aboutissant auront de même des entrées, de sorte que de quelque côté qu’on y puisse venir, on n’en sera qu’à peu de distance ; on ira comme on voudra, on en reviendra à pied, au besoin, voilà certes le meilleur argument.
- Nous le voyons, facilité d’accès, unité d’enceinte, étendue indéfinie sans acquisition ni expropriation, richesse de panorama et économie par l’utilisation de ces bijoux de l’écrin parisien: le palais de l’Industrie, le pavillon de la Ville de Paris, cette œuvre de Bouvard, quia été tant admirée en 1878; leTrocadéro, œuvre de Davioud, et ce magnifique square du Champ-de-Mars, avec ses beaux hôtels bâtis par nos meilleurs architectes.
- Telles sont les considérations qui m’ont décidé à proposer l’emplacement que ]e viens de décrire.
- Je vous soumets mon projet avec d’autant plus de plaisir que dans votre dernier numéro vous avez de nouveau attiré l’attention de vos lecteurs sur le projet de la Commission consultative qui a plus d’un point de ressemblance avec le mien.
- Veuillez agréer, etc.
- H. DE PERSIN, ingénieur civil,
- 2Q, Cité des Fleurs;
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition annuelle de peinture et de sculpture du Cercle artistique et littéraire de la rue Volney, 7, est ouverte depuis mercredi dernier, 27 janvier.
- La clôture aura lieu le mercredi 24 février.
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- C’est demain lundi, 1er février, qu’ouvre,18,place Vendôme, au Cercle de l'Union artistique, l’exposition annuelle de peinture et de sculpture qui se prolongera jusqu’au 8 mars.
- L’exposition, ouverte tous les jours de 11 h. à 4 h., restera fermée par exception le dimanche 28 février.
- Quelques indiscrétions pour Te prochain salon.
- M. Roger Jourdain exposera une grande composition décorative Lacon-Tennis ; Feyen-Perrin, un Retour de la Pêche ; M. Benedict-Masson, Annibal franchissant les Alpes et Eoe chassée du paradis terrestre ; enfin Jean Béraud, une Scène de sport.
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- — La préfecture de la Seine vient de faire le relevé des visites de nuit faites, pendant l’année 1885,par le service médical spécialement organisé dans ce but.
- Il y a eu 7,494 visites s’appliquant à 2,441 hommes, 3,895 femmes et 1,158 enfants.
- Le service fondé en 1876 a subi une rapide progression, ainsi que permet de le constater le relevé suivant :
- 1876 Première année...
- 1877 Deuxième année....
- 1878 Troisième année....
- 1879 Quatrième année...
- 1880 Cinquième année...
- 1881 Sixième année....
- 1882 Septième année...
- 1883 Huitième année...
- 1884 Neuvième année.,..
- 1885 Dixième année....
- 3,616 visites de nuit. 3,312 —
- 3,571 —
- 5,282 —
- 6,341 —
- 6,521 —
- 6,891 —
- 6,895 —
- 8,712 —
- 7,494 —
- Le service a été assuré par 608 médecins et 356
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- sages-femmes. Il fonctionne de dix heures du soir à sept heures du matin depuis le 1er octobre jusqu’au 31 mars, et de onze heures du soir à six heures du matin, depuis le 1er avril jusqu’au 30 septembre.
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- On sait que M. Jules Roche compte se rendre prochainement en Allemagne et en Russie pour y étudier la question de l’alcool.
- A son retour et avant l’ouverture des débats sur le budget de 1887, il compte soumettre à la Chambre une proposition de loi attribuant entièrement à l’Etat le droit de rectifier et de vendre l’alcool. D’après la déclaration faite à ce sujet par M. Jules Roche au correspondant parisien du Petit Méridional, le monopole de l’alcool donnerait à l’Etat 'une somme nette qui 11e serait pas inférieure à 800,000,000 de francs.
- Après avoir assuré l’équilibre du budjet il serait encore possible, dans la pensée du député de la Savoie, de consacrer plus de 400,000,000 de francs, au dégrèvement des impôts qui pèsent d’un poids si lourd sur notre industrie agricole.
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- Le groupe extra-parlementaire des chemins de fer était convoqué aujourd’hui sous la présidence de M. Yiette.
- M. Jamais, député du Gard a présenté un rapport sur la question de droits en matière d’homologation de tarifs. Le rapporteur estime, d’après les auteurs qui ont écrits sur ces matières, que les homologations ne peuvent avoir lieu qu’à titre provisoire,
- Une délégation composée de M. Yiette, président, MM. Jamais, secrétaire, Marquiset, Noblot et Gros, membres du groupe, irait trouver M. le ministre des travaux publics pour le prier de faire connaître son avis sur la question.
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- Départements
- Le Conseil municipal de la Roche-sur-Yon, vient de décider l’érection d’un monument à la mémoire du regretté Paul Baudry.
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- La Société des amis des arts de Pau, a ouvert le 15 janvier, ainsi que nous l’avions annoncé, sa vingt-deuxième Exposition annuelle, qui restera ouverte tous les jours de 9 h. 1/2 à 4 heures, jusqu’au 15 mars.
- Les tableaux, dessins, aquarelles et sculptures s’élèvent au nombre de 468.
- Citons au hasard, parmi les exposants : MM. Appian Breton, Karl Daubigny, Dupré, Edouard Frère , Flameng , Lansyer , . Roll, Mmes Madeleine Lemaire, baronne Nathaniel de Rothschild, etc.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une société vient de se former à Berlin sous la dénomination de Société de la gravure à Veau-forte, pour encourager et ressusciter cette intéressante branche de l’art:
- Les membres de cette association artistique payeront une cotisation annuelle de quinze marks.
- Un appel signé par Hans Yon Adelson et les professeurs Cari Becker, Ludwig, Knaus, etc., a été adressé à tous les artistes et amateurs.
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- Angleterre
- Le bruit court qu’une Exposition des produits
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- naturels et industriels de la Birmanie aurait lieu dans le courant de l’année à Londres.
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- Autriche-Hongrie
- L’exposition des œuvres du peintre Canon, dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs, est, nous écrit-on, fort intéresssante et se prolongera pendant un mois.
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- L’exposition de peinture, organisée par la société des beaux-arts, obtient aussi beaucoup de succès. La clôture aura lieu vers le 15 du mois prochain.
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- Les ventes des collections Artaria, Sterne, Pollitzer, qui ont eu lieu dernièrement au salon espagnol de l’association artistique viennoise et comptaient 238 toiles de maîtres anciens et modernes de différentes écoles, plus 600 dessins environ, ont été très animées. La galerie impériale du Belvédère était parmi les gros acheteurs et les prix obtenus ont été relativement élevés. Un tryptique d’autel, par Gérard David, une des plus belles pièces de la collection, a été adjugée à vingt mille florins.
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- Les diplômes et médailles obtenus à l’exposition internationale d’Anvers (1885), par les exposants autrichiens, ainsi que les mentions accordées à leurs collaborateurs sont parvenus au siège de la chambre de commerce de Vienne. On attend prochainement les diplômes décernés aux membres du jury et des commissions. La remise de ces distinctions aura lieu solennellement, et la chambre de commerce donnera dans le courant de février, une grande fête à l’occasion de la brillante participation des Etats austro-hongrois à l’exposition d’Anvers.
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- Le congrès des orientalistes, réuni pour la première fois à Paris, puis à Londres, Pétersbourg, Florence, Berlin, et enfin Leyde, en septembre 1883, est convoqué pour la septième fois à Vienne, en septembre 1886.
- Un comité d’organisation a été constitué.
- Rappelons qu’on organise à cette occasion dans le musée Oriental de Vienne, une exposition orientale qui promet d’être des plus curieuses.
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- Le musée commercial devienne, considérable-meni augmenté et agrandi, deviendrait un musée général du commerce et de l’industrie.
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- Il était question depuis plusieurs mois au ministère des affaires étrangères, de l’établissement dans les principales villes commerçantes de l’Orient, de chambres de commerce austro-hongroises.
- Le rapport publié à ce sujet après une enquête minutieuse conclut à l’établissement de quatre chambres de commerce à Salonique, Alexandrie d’Egypte, Belgrade et Bukarest.
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- D’après un relevé officiel, la population de Vienne, y compris la banlieue, est de 1 million,
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- 132,403 habitants. La ville proprement dite avec ses arrondissements, compte 709,889 habitants.
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- États-Unis
- Une intéressante exposition organisée par une société de femmes artistes a lieu en ce moment à San-Francisco, (430, Pine Street). Il y a là quelques bons paysages, d’agréables natures-mortes et de jolis dessins.
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- LES LIVRES
- XLIV
- Papiers d’un émigré 178g-! 82g. Lettres et notes extraites du portefeuille du baron de Guilhermy, député aux e'tats généraux, conseiller du comte de Provence, attaché à la légation du roi à Londres, etc..., mises en ordre par le colonel de Gui-liiermy, 1 vol. in-8, Paris, E. Plon,Nourrit etCio, imprimeurs-éditeurs, 1886.
- Nous avons eu plus d’une fois, à propos des souvenirs du comte de Gontades et du comte de Puymaigre, l’occasion de définir l’intérêt particulier qui s’attachait pour nous comme pour le public lettré aux témoignages historiques relatifs à l’émigration. L’émigration est un des faits les plus considérables par ses conséquences de l’histoire de la Révolution. A mesure que les relations se multiplient sur ce sujet, il se dégage des ombres qui l’enveloppaient et la lumière se fait peu à peu sur des événements qui étaient jusqu’à ce jour, très mal connus, très dénaturés par des controverses passionnées. Les causes diverses de l’émigration, les phases très différentes de ce vaste mouvement d’exode vers l’exil volontaire d’une classe de citoyens réfractaires aux idées nouvelles, menacés dans leur propriété, leur liberté et leur vie, les caractères qui distinguent au point de vue politique et au point de vue moral et légal les simples fugitifs des déserteurs coupables, et des soldats de la contre-révolution armée, rentrés en. envahisseurs, dans leur propre pays, 'sous la bannière et à la solde de la coalition, les préjugés, les illusions et les inévitables désabusements des uns, la pauvreté courageuse et inoffensive des autres : tout cela est extrêmement intéressant pour l’historien de cette histoire de la révolution française à l’étranger qui est encore à faire. Chaque nouveau témoignage apporte son contingent à l’étude impartiale et au jugement définitif de ce fait complexe , variant dans ses manifestations suivant les époques et suivant les pays de refuge, qui s’appelle l’émigration.
- Après le témoignage, si plein de révélations curieuses sur les intrigues de Goblenz, les vicissitudes de la campagne de 1792 et le désastre de Quiberon, de MM. de Contades et de Puymaigre, voici pour l’enquête que nous ne sommes pas seul à poursuivre, la déposition du baron de Guilhermy, type d’émigré très particulier, figure de royaliste militant qui n’est pas sans originalité, en ce sens que parti pour l’étranger comme Montlo-sier, dès la clôture de l’Assemblée constituante, il persévéra jusqu’en 1814 dans une opiniâtre fidélité à ses convictions, tout en nous fournissant sur les princes auxquels il fut attaché, sur les négociations et les intrigues dont l’Angleterre fut le centre, sur les déceptions et les déboires qui ne lui furent pas épargnés, les aveux d’une expérience qui fut largement trempée dans l’amertume.
- Jean-François de Guilhermy naquit à Castelnau-dary le 18 janvier 1761. Il était d’une vieille famille noble, non titrée, et distinguée surtout par les emplois et les services de la magistrature provinciale. Il devait être d’abord, comme son père et
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- son grand-père, procureur du roi au présidial et à la sénéchaussée de Castelnaudary (20 octobre 1784).
- En 1789, les baillifs ou sénéchaux, les lieutenants généraux et les procureurs du roi, chargés de diriger les opérations des assemblées bailliagè-res, ayant pour objet d’élire' les députés aux états généraux, jouirent naturellement auprès de ces assemblées d’une influence qui, secondée par une popularité locale, en fit désigner plusieurs comme mandataires du tiers. C’est ainsi que des membres de la noblesse de robe et même d’épée furent représentants du tiers état aux états généraux. M. de Guilhermy, qui avait coopéré activement àla rédaction des cahiers pourla sénéchaussée du Lauraguais, fut élu en cette qualité. Quand il partit pour Versailles, le 16 avril 1789, il ne se doutait pas qu’il abandonnait pour jamais son foyer, sa femme, son fils, et qu’il ne reverrait qu’après trente-sept ans d’absence le pays natal, pour y rentrer en étranger, errant au milieu de ses biens spoliés, et des tombes de tous ceux qui lui avaient fait alors des adieux passagers qui se trouvèrent éternels.
- Dès son entrée aux états généraux M. de Guilhermy se distingua par son zèle royaliste, sa fidélité aux traditions , et sa résistance aux entraînements dont Mirabeau et Siéyès donnaient le signai. Il fut un des membres les plus décidés et parfois aussi les plus violents, du côté droit, au point d’encourir une détention de trois jours à l’Abbaye pour une contradiction trop véhémente à la motion d’un adversaire qui ne lui parut pas mériter une réponse raisonnable et la reçut menaçante. Il brava l’impopularité dans des circonstances plus honorables, quand au retour de Varennes, il eut le courage de résister aux sommations qui lui étaient faites de se couvrir, salua avec un courageux respect la voiture du roi ramené aux Tuileries au milieu des insultes, jeta son chapeau en défi à la foule ameutée, et échappa à grand’peine aux dangers de cette chevaleresque algarade.
- Le 17 octobre 1791, l’ancien rédacteur des comptes rendus de chaque séance qui tenaient secrètement le roi au courant des mouvements parlementaires, le correspondant officieux des Tuileries, avec tant d’autres, par l’intermédiaire de M. de Laporte, l’un des membres les plus éclairés et les plus résolus de ce côté droit qui se montra si peu adroit, si la gauche se montra aussi plus d’une fois digne de son nom en épithète, se rendit à Goblentz, à l’armée des princes, et entra comme simple maître, c’est-à-dire cavalier dans la compagnie à cheval des gentilshommes du Languedoc. Il laissait en France, une femme qu’il ne devait plus revoir et un enfant de neuf ans, qui ne devait le rejoindre en exil qu’après bien des vicissitudes. Nous n’avons pas à entrer ici dans le détail des opérations militaires auxquelles M. de Guilhermy fut quelque temps mêlé, ni dans l’analyse des négociations politiques auxquelles il prit part. Nous ne dirons rien non plus des misères et des d éceptions qu’il lui fut donné de traverser pendant une épreuve plus complète pour lui que pour bien d’autres, puisqu’il put. rentré seulement en 1814, se vanter d’avoir été un des rares émigrés appelés par leur dévouement opiniâtre, même quand il fut sans illusions et presque sans espérance, à subir jusqu’au bout les leçons de cette rude école de l’exil. Nous nous bornerons à signaler les parties les plus neuves et les plus intéressantes de sa déposition sur plus d’un point décisive. Il y a beaucoup à apprendre sur les hommes et sur les choses dans le groupe de correspondances qui nous éclaire sur le caractère du duc d’Orléans, futur roi Louis-Philippe, au début de sa carrière des années 1800 à 1814, et sur le caractère du fameux comte d’Antraigues à la fin de sa carrière d’intrigues et de luttes implacables, brusquement close par le dénouement tragique d’un assassinat dont les causes et les circonstances sont demeurées mystérieuses et controversées.
- Le 11 mai 1829, le baron de Guilhermy, après avoir été, dans des heures singulièrement difficiles et critiques où son caractère et son esprit furent à la hauteur des plus délicates épreuves, intendant
- à la Guadeloupe, puis président à la cour des comptes, mourait à 68 ans, usé prématurément par les fatigues d’une vie accidentée, laissant aux siens, pour principale fortune, la mémoire honorée d’un serviteur fidèle, éclairé et intègre, de la monarchie, et laissant à tous les enseignements et les exemples de son courage, de ses malheurs et de ses déceptions.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- MILAN
- C HAMBRES DE COMMERCE FRANÇAISES A L’ÉTRANGER
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé de la constitution à Milan, sous la présidence d’honneur du consul de France, de la chambre de commerce française de Milan et de la Lombardie.
- On trouvera dans le Moniteur officiel du commerce, du 14 janvier, les statuts et les règlemenfs intérieurs de la nouvelle chambre, ainsi que la composition de son bureau et de son conseil, et la liste de ses membres fondateurs.
- ALLEMAGNE
- LA FOIRE DU NOUVEL AN A LEIPZIG
- La Leippger Zeitung résume ainsi les opérations de la dernière foire de Leipzig :
- Déjà, dans la semaine précédente, il régnait une mauvaise tendance qui s’exerça aussi sur le trafic de cette foire.
- Les apports ne furent pas trop considérables, mais il est à noter que de leur côté les acheteurs ne furent pas nombreux et qu’ils exigèrent d’importantes concessions de prix qui, en raison du mauvais séchage des assortiments de la foire, durent être en général accordées.
- Le cuir fort et la vache, ainsi que le cuir à seconde semelle, subirent en particulier l’influence de cette situation, tandis que le cuir à œuvre et le cuir d’Allemagne (cheval) des divers apprêts, surtout dans les bonnes qualités, demeurèrent en bonne demande.
- Il y avait peu d’entrain pour les peaux de veau brunes et noires et peu de variations dans les prix.
- Quant au cuir à lisser, il se trouvait en petite quantité sur la place.
- Un certain nombre de lots de cuir fort restèrent invendus, surtout dans les marchandises allemandes, extrêmement mal partagées, qui furent offertes à bas prix.
- Les peaux de mouton éprouvèrent aussi un léger recul dans les prix et grâce à des concessions il y en eut peu d’invendues.
- En général, le résultat de la foire est mauvais ; la rareté de l’argent se fait surtout vivement sentir dans le commerce de détail.
- ROUMANIE
- INTERRUPTION DE LA NAVIGATION SUR LE DANUBE
- Le consul de France à Galatz annonce que la navigation sur le Danube vient de cesser par suite de l’approche des glaçons. Le fleuve charrit assez, et les quelques vapeurs1 qui se trouvaient dans ses eaux viennent de prendre la mer. Les compagnies austro-hongroises du Lloyd et de navigation danubienne, ont interrompu leurs services ; quant à la Cie Fraissinet, elle n’envoie plus de bateaux depuis un mois, le dernier, le Taygète, étant parti d’ici le 24 novembre. Bien que la température soit tombée à douze degrés, le Danube n’est pas encore pris.
- GRÈCE
- Le Moniteur officiel du commerce publie l’information suivante, reçue d’Athènes :
- Une ordonnance royale, rendue sur la proposition du conseil des ministres, vient d’interdire
- ’exportation du territoire hellénique des bêtes de somme, des céréales et des farines, ainsi que de toute espèce d’armes et d’objets d’équipement.
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- LES THÉÂTRES
- Théatre-Français.— Un Parisien, comédie en trois actes, par
- M. Gondinet.
- Théâtre du Chateau-d’Eau. — La Casquette du père Bugeaud,
- drame en cinq actes et neuf tableaux, par MM. Gaston Marot
- et Clairian.
- Les Parisiens qui ont connu Roqueplan n’ont pas manqué de se rappeler cette physionomie curieuse à propos de l’apparition sur l’affiche de la Comédie-Française du Parisien, de Gondinet. Il y avait bien d’autres types à citer encore, ne serait-ce que celui de La Palférine, de Balzac. Du reste, tout le monde aujourd’hui se croit Parisien. Il ne suffit pas d’assister régulièrement aux premières, d’avoir des aventures mondaines, quelques duels retentissants, de souper dans les cabarets à la mode, pour être un Parisien. Tout le monde j eut se payer ce luxe avec de l’argent. Ce qu’il faut pour être Parisien, c’est surtout de l’esprit parisien.
- Cela dit, arrivons au succès de Gondinet.
- La donnée de la comédie repose sur un fait divers lu sans doute dans quelque gazette par l’auteur de Un Parisien. Voici la chose : Un gentlemen se rendant en voiture à son cercle, ou ailleurs, renverse une pauvre petite fille ; il saute à bas de son coupé, recueille 1 enfant qu’il fait soigner par son médecin. La pauvrette est orpheline, seule au monde, il l’installe dans son élégant appartement de garçon, lui donne une gouvernante qui se charge de son éducation ; puis il reprend sa vie élégante. Tout à coup des parents de province veulent le marier, on l’entraîne à la campagne, sa protégée est du voyage, et on lui présente une jeune fille élevée à la mode du jour. Luise marier ! Y songez-vous ? Il est garçon et restera garçon. La vie de Parisien lui semble préférable à la vie de famille, mais il se trompe dans ses sentiments ; il aime la petite pauvresse devenue une parfaite jeune fille ; il ne l'aime plus comme un frère, comme un bienfaiteur ; il l’aime de l’amour le plus vrai, puisque cet amour vient d’éclater subitement, sans calcul, sans préméditation, dans ce cœur de galant homme, à l’esprit élevé et non blasé. Il épousera donc la gracieuse enfant réchauffée à son foyer.
- Sur ce simple fait divers, comme je vous le disait tout à leur, Gondinet a édifié le plus habilement, le plus délicatement du monde, une étude de mœurs parisienne avec tous ces détails si vrais qu’il présente avec tant d’autorité.
- Le Parisien de Gondinet s’appelle Brichanteau.
- Je ne veux pas chicaner l’auteur sur le choix de ce nom, mais je ne le trouve pas très parisien ; c’est plutôt le nom d'un avoué de province que celui d’un boulevardier, d’un mondain de la métropole.
- L’esprit de Gondinet est admirablement distillé par les deux Goquelin, Thiron, Mlle Reichenberg, Mlle Montaland et Mlle Kolb.
- La Casquette au père Bugeaud inaugure au théâtre du Château-d’Eau une nouvelle direction qui fera bientôt oublier les méfaits de la précédente administration. Ce drame militaire est un prétexte à mise en scène; en France on aime les soldats ; ceux qui manœuvrent dans ce drame le font avec beaucoup de crânèrie. On voit même Abd-el-Kader et sa smala; mais les rôles à effet sont réservés à un sergent et à un sous-lieutenant. Gravier a obtenu presque un triomphe dans le rôle de sergent.
- Il est bien entendu qu’on applaudit fort l’air de la Casquette et les tirades patriotiques en l’honneur de la France.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. E. ARRAULT et Cio, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur %
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 7 Février 1886.
- NUMÉRO 58.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. L’Exposition de 1889 et le Conseil municipal : 3. Les Expositions artistiques ; 4. Un musée japonais à Paris; 5. Echos; 6. Concours général agricole à Paris ; 7. Les Livres; 8. Les Théâtres.
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, a définitivement arrêté le système qu’il va soumettre aux Chambres par voie de projet de loi, pour l’organisation de l’Exposition de 1889. Nous croyons pouvoir, dès aujourd’hui, donner à ce sujet les renseignements suivants :
- Le système auquel s’est arrêté le ministre du commerce est celui de l’exécution par l’Etat avec le concours d’une société de garantie.
- Le capital prévu serait de 40 millions, dont 20 seraient fournis par la société de garantie, 12 par l’Etat et 8 par la Ville de Paris.
- Deux comités seraient installés sous la présidence du ministre.
- L’un, formé de trois membres, dirigerait les travaux ; il y aurait un délégué pour la construction proprement dite ; un pour les arts appliqués et un pour la science appliquée.
- Le second comité, dont feraient partie de droit les trois membres du premier, serait un comité d’exécution et de contrôle.
- L’intention de M. Lockroy est de le composer de deux cents membres pris dans le Sénat, la Chambre, le conseil municipal de Paris, les grandes administrations de l’Etat, les chambres de commerce, les diverses branches de l’Institut, les grands industriels, les artistes, les chambres syndicales ouvrières, la presse, et en général parmi toutes catégories de personnes compétentes dont le concours serait jugé utile à un point de vue quelconque. Enfin la société de garantie aurait ses représentants dans ce grand comité.
- Il n’y aurait donc pas dans ce système de commissaire général.
- L’Exposition serait universelle ; elle serait installée au Champ-de-Mars.
- Le plan des constructions serait mis au concours.
- Ce système est accepté par le conseil municipal de Paris, d’une part, et, de l’autre, M.. Lockroy, à la suite de négociations suivies depuis son entrée au ministère, s’est assuré les principaux éléments d’une société de garantie. .
- Le projet, une fois approuvé par le conseil des ministres, devra être soumis à la ratification des Chambres, puisqu’il comporte une ouverture de crédit.
- est parlé plus haut. Ce résultat prouve une fois de plus que l’idée de l’Exposition est dans tous les esprits :
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- L’EXPOSITION DE 1889
- On travaille activement, au ministère du commerce, à réunir les éléments du projet de loi à soumettre aux Chambres. L’exposé des motifs s’appuiera principalement sur les réponses faites par les chambres de commerce, les chambres syndicales, etc., à la circulaire de M. Dautresme, que nous avons publiée dans un numéro précédent. On peut donc espérer que le projet de loi va être incessamment déposé : la discussion, d’ailleurs, en sera faite d’urgence et les travaux pourront ainsi commencer dans la campagne de cette année.
- Ce sera un chantier de plus ouvert aux ouvriers parisiens et qui, comme celui de la Bourse du commerce, ne sera pas fermé avant longtemps.
- A titre de document, on trouvera dans le tableau suivant le résultat de la consultation des chambres de commerce, chambres syndicales, etc., dont il
- Tout d’abord une observation sur les longs atermoiements dont le gouvernement entoure, volontairement ou non, la décision qu'il est mis en demeure de prendre et le projet de loi qu’il doit présenter aux Chambres au sujet de l’Exposition de 1889. Le Conseil municipal de Paris, comme le public, est fort étonné de ces retards, ajoutons même fort embarrassé, car la convention qu’il lui faut signer avec l’Etat engagerait ses finances et il serait important pour lui d’être fixé sur ce point avant de discuter l’emploi des fonds d’emprunt qui, sans aucun doute, lui sera prochainement soumis.
- Nous ne pouvons qu’adjurer M. le ministre du commerce de presser l'affaire ; nous savons que ces délais interminables ne lui sont point imputables et qu’il faut en accuser les changements survenus dans la composition du cabinet et le nombre des questions politiques soulevées par les élections et par les guerres coloniales : mais nous comptons sur son patriotisme pour mettre en quelque sorte les bouchées doubles et faire aboutir au plus vite un projet qui intéresse notre prospérité commerciale, industrielle et financière.
- Cela dit, insistons un peu sur l’activité fiévreuse et le mouvement d’affaires considérable auxquels
- donnent lieu en général les Expositions. Nous ne nous placerons ici, bien entendu, qu’au point de vue des travaux publics, laissant à nos lecteurs la tâche facile d’apprécier la répercussion nécessaire qu’ils ont eu et qu’ils auront encore sur les. entreprises privées.
- Comme un hôte qui s’apprête à recevoir des amis, la ville de Paris, hère des embellissements qu’elle avait réalisés, sous les auspices de M. Haus-mann et de ses collaborateurs, pendant la période qui s’étend de i852 à 1867, voulut être encore, pour les étrangers qui viendraient à l’Exposition de 1878, un sujet d’étonnement et d’admiration. Si l’on ne peut rattacher directement à l’idée de l’Exposition, le percement du boulevard Henri IV, l’ouverture de cette magnifique avenue de l’Opéra, l’abaissement, l’assainissement de cette Butte des Moulins, qui était la « Butte aux Cailles », du centre de Paris, l’opération du boulevard Saint-Germain qui complétait la circonférence des boulevards intérieurs, on ne peut nier que tous ces travaux aient ajouté à la splendeur des fêtes élevées plus spécialement au Champ-de-Mars et au Trocadéro.
- Un conseiller municipal, devenu depuis député, M. Delattre, prétendait, en 1876, à propos du rapport présenté par M. Clamageran sur le projet de convention avec l’Etat, que l’Exposition de 1878 entraînerait, pour la caisse municipale, une dépense supérieure à 60 millions de francs.
- Il y a certainement là quelque exagération. Beaucoup d’opérations, faites à cette époque, n’eut pas eu l’Exposition pour prétexte : il s’agissait d’employer le produit des emprunts de 1875 et 1876, contractés dans un but spécial et ayant chacun leur programme.
- Il est vrai de dire cependant que l’Exposition de 1878, avait fait prévoir une somme de deux millions dans l’emprunt de 1876 pour la rectification du quai de Javel, voisin du Champ-de-Mars et l’amélioration des abords du Champ-de-Mars lui-même. Quand il fut décidé que le Trocadéro serait compris dans le périmètre de l’Exposition, on préleva sur cette somme 1,100,000 francs pour l’amélioration de ses abords (délibération du Conseil municipal en date du 9 novembre 1876.) La prévision primitive fut par suite insuffisante, aussi le 12 juin 1877, le Conseil municipal décidait-il d’imputer, pour 5oo,ooo francs, l’amélioration des abords du Champ-de-Mars sur les excédents disponibles de l’opération du boulevard Saint-Germain. Le 17 juillet,.il votait encore une somme de 420,000 francs, moitié de la dépense de construction d’une passerelle fixe entre Grenelle et Passy. Cette passerelle, exécutée par la maison Cail et que tout le monde connaît, devait remplacer momentanément le pont d’Iéna, et constituer plus tard une nouvelle voie de circulation entre le xve et le xvie arrondissement.
- L’Exposition de. 1889, qui aura lieu au même endroit, — quelles que soient les prétentions contraires, — et qui occupera aussi très certainement le quai d’Orsay et l’esplanade des Invalides, nécessitera de nouveaux travaux de voirie, soit pour l’aménagement de ses accès, soit pour l’établissement de communications entre ses diverses parties. C’est ainsi que la rue du Champ-de-Mars devra être prolongée jusqu’à l’esplanade des Invalides à travers les rues de la Comète, de Surcouf et de l’Exposition. Dans les discussions de l’année dernière, sur l’utilisation de l’emprunt municipal projeté, M. Dreyfus, alors conseiller du quartier du Gros-Caillou dans lequel se trouve cette rue, et qui, par conséquent, connaissait bien la question, estimait l’opération à deux ou .trois millions et la réclamait au nom de la salubrité et de la logique. On ne peut se dispenser aujourd’hui de la faire à moins de vouloir, de. gaîté de cœur, se priver d’une voie qui sera évidemment d’une grande commodité pour le service de l’Exposition.
- . On ne peut davantage reculer l’achèvement de la rue de Vouillé, qui terminera la grande voie déjà ouverte du pont de Tolbiac, des rues de Tolbiac et d’Alésia, et fera communiquer, par le pont Mirabeau, son complément indispensable, les
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS0.
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- xne, xme, xive et xve arrondissements avec le xvie et avec l’Exposition elle-même. La rue de Vouillé sera ainsi le passage direct d’un grand courant de population qui, sans elle, devrait faire un détour considérable. Quels que soient les sacrifices pécuniaires qu’elle exigera de la Ville, elle doit être faite : les avantages qu’elle procurera seront d’ailleurs assez importants pour les compenser et au delà. La circulation est, en effet, fort difficile dans le quartier de Grenelle par suite du manque de rues perpendiculaires au milieu de toutes les rues parallèles à la Seine : ce sera', de plus, le seul moyen de l’assurer, entre la rive droite et la rive gauche, étant donné qu’elle sera complètement interrompue entre ces deux rives sur toute la largeur de l’Exposition. La rue de Vouillé et le pont Mirabeau, qui, d’après l’estimation de l’administration préfectorale, coûteront à la Ville six millions environ, sont donc de toute nécessité au point de vue général et à celui plus particulier, de l’Exposition elle-même.
- C’est, on le voit, une série de travaux préliminaires dont l’utilité ne saurait être contestée et qui, joints à ceux exécutés dans le périmètre de l’Exposition, vont donner un nouvel essort à l’industrie du bâtiment depuis si longtemps en souffrance et à toutes les branches du commerce qui en dépendent.
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- LES
- EXPOSITIONS ARTISTIQUES
- L’EXPOSITION DU CERCLE DE L’UNION ARTISTIQUE
- Le cercle de la place Vendôme vient d-’ouvrir son exposition annuelle. On y trouve, comme toujours, d’excellentes choses, accompagnées de quelques repoussoirs de complaisance. Mais on ne peut décemment en vouloir à un cercle, de ne point trop tenir rigueur à ses membres.
- Le public retrouvera, du reste, là-bas les noms les plus autorisés de l’art moderne et il passera dans le coquet salon où ces toiles sont exposées une ou deux excellentes heures d’étude ou de récréation.
- Je crois devoir suivre tout uniment le programme et ne pas faire de groupement.
- Deux bons portraits de Mme R. Jourdain et de M. de Lacorelle, par Albert Aublet. Léon Barillot, toujours vivant, toujours en possession de son talent, nous a donné une Gourmandise punie et surtout une charmante toile Bords de rivière dans le Cotentin d’une fraîcheur parfaite. Du maître Paul Baudry, un dernier et magnifique souvenir, le portrait de Paul de Juriewitch, un jeune garçon blond vêtu de velours noir et très crânement campé, de haute allure tout à fait.
- Le Parisien parisiannisant, Jean Béraud, expose un petit sujet, d’une finesse extrême, le portrait d’un autre Parisien assis, jambes croisées et fumant sa cigarette. Quelle étude soignée et quel art dans le détail ! Cette œuvre serrée fait le plus grand honneur, à Béraud. Le joli Chemin creux de C. Bernier, tout plein d’argiles et de feuilles mortes sous l’épaisse verdure des arbres qui le couvrent, continue l’habile faire de cet artiste.
- Plus loin la note comique est donnée par M. Blanche. Ses Hortensias du perron, représentent une petite fille éventrée par une balustrade, du plus singulier aspect.
- De M. A. Bogoluboff, une Rade de Cronstadt, mais surtout une Nuit de juillet à Saint-Pétersbourg très bien rendue avec ses promeneurs nocturnes dans l’ombre de la berge pendant que les flots argentés miroitent sous les reflets de la lune. Un merveilleux portrait de M. Delaborde, par Bonnat. Un devant de cheminée intitulé Monte-Carlo, par Boussaton. Eh ! bien non, cela ne me donne pas envie d’y aller.
- M. Boutet de Monvel nous a servi une fantaisie bien curieuse : un enfant blond-filasse vêtu de pourpre et écrasé sur un fond grenat. Pauvre petit ! il n’en revient pas ! Nous non plus du reste. Bon portrait de MUe Château, par M. A. Brouillet
- Deux superbes envois de M. Cabanel. Un délicieux portrait de Mlle Marie Pigano, au regard pensif, à la chair mate se détachant bien sur. la
- robe rose tendre.; et un portrait parfait de......
- 1 auteur. Pourquoi cette apothéose de lui-même? Egalement deux beaux portraits par Carolus Duran; celui de Nada.r et celui d’un enfant blond,
- encore ! — vêtu de noir — parbleu ! — sur fond grenat toujours ! Oh! ce fond grenat, en abuse-t-on !
- J aime beaucoup, beaucoup, la petite femme-empire en toilette-rose de M. Th. Chartran. Il y a beaucoup de talent dans cette mignonne toile. Plus que dans bien des grandes, assurément.
- Un bébé blond fort jolipportrait de Mlle H. Rov, par M. G. Comtois. Un bon chantier en construction, de M. Dauphin.
- M. Détaillé nous a donné une Revue destinée à l’ouvrage : l’Armée française. Dans une allée om-
- bragée, des cuirassiers défilent. On conçoit que l’auteur a étudié et fouillé son sujet avec’un soin tout particulièrement scrupuleux. Et cependant le cavalier-vedette de droite m’a paru un peu ramassé et de moins excellente .allure que son camarade.
- A citer dans le même ordre d’idées la Colonne de route et les Grandes manœuvres, de Dupray. Mais pourquoi, dans celui-ci, l’arbitre a-t-il nais pied à terre pour mieux voir ?
- D’Escalier, un Parisien sous Louis XIII, bien canapé, la canne au poing et la main gauche sur la poignée de son épée. La Lisette, de M. L. Faivre, est pimpante sous la poudre, mais j’aurais voulu un sourire malicieux sur ce joli visage. A signaler deux beaux tableaux de M. A. Flameng: Marée basse et Honfleur. M. de Foucaucourt nous a donné un Couberville bien vert, au lieu de reposer la vue, cela fatigue ; j’aime infiniment mieux la mélancolie qui. règne sur ses Etangs de Belle-bouche ; il y a là une empreinte de tristesse très heureusement rendue. De M. Gérômeun fort beau portrait de M° Cléry.
- . Henri Gervex nous mène au bal de l’Opéra à cinq heures du matin. C’est peut-être bien tard pour l’élégante cohue d’habits noirs et de femmes galantes qui se pressent encore là. A cinq heures on. est généralement à table, au cabaret. Mais ne chicanons pas sur ce point et constatons la verve et le grand talent montrés par l’auteur de « Rolla », Sa femme poudrée qui sourit au milieu d’un cercle d’élégants qui la lutinent, est d’une vie éclatante,. Le « pschutteux » roux qui, plus bas, s’en va en compagnie d’une femme rousse — qui se ressemble s’assemble —; sont d’une vérité hors ligne.
- M. Ch. Jalabert nous offre comme portrait une peinture à la groseille, que j’ai peine à me figurer sur les joues d’une jeune personne. M. L. Japy a deux excellents paysages : Sur la Falaise, quelques moutons broutant un terrain maigre et un Verger picard bien frais, bien fleuri, qui fait plaisir a voir.
- Comme contraste, nous avons la Nuit d’été de M. Pierre Lagarde, un échantillon de teintes plates, vert sur bleu, de l’effet le plus singulier. Très bon Bord de Marne, de M. Lelièvre..
- Pourquoi tarder ? de Meissonier, nous montre un reître noir et gris attendant près d’une porte. Quoi ? maîtresse coupable, ou victime désignée ? Nous, le saurons peut-être un jour. Ai-je besoin d’indiquer la valeur de ce morceau ? Un’ Sous bois de Protais ne m’a que médiocrement plu. Ses fantassins arrêtés dans quelque allée de forêt sont flous.
- M. Roll en progrès constant a fait un excellent portrait de.... lui-même. Ce qui nous permet de constater que le jeune artiste est gaucher, car il s’est représenté tenant son crayon de la main gauche,. Je dois avouer que cela n’enlève rien à son talent qui s’affirme de plus en plus.
- Le. Portrait de Milj M. J., par M. Serendat de Belzim est bien gracieux. La fleur que la jeune fille pose a son corsage fort décolleté, ce dont je ne me plains aucunement, laisse tout l’avantage aux deux ornements naturels du joli modèle. Le sourire de celui-ci semble dire : Tu n’auras pas ma rose ! et je le regrette pour ma part.
- Très nature la Berge à Bougival de M. J. Stewart. Dans la buée du soir un canot portant un couple, est arrêté le long de la berge pour un instant d’entretien avec deux jeunes Femmes debout’sur la pelouse. La pose de celles-ci est d’un abandon réussi ; mais j’aurais voulu la barreuse du canot plus jolie. Le paysage est fort bien rendu. Excellente toile d’un effet certain. -
- Deux morceaux charmants de M. E. Tofano, une Femme turque à la physionomie expressive sous son voile de gaze et l’ombre de son parasol et surtout une ravissante tête de Pierrettei à la mine fatiguée, au regard légèrement plombé, de l’aspect le plus engageant.
- Je ne vois pas autre chose à noter pour la peinture.
- Treize numéros seulement à la sculpture. J’en sors un excellent bronze jaune et vert d’Alfred Lanson : Danseuse japonaise, et une tête de petite paysanne en marmotte, par Saint-Marceaux, d’une rare vérité.
- Alfred Delilia.
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- UN MUSÉE JAPONAIS A PARIS
- Samedi dernier, la presse était conviée à assister à l'inauguration du Musée Japonais que vient d’établir, sur le boulevard des Capucines M. Ibrahim, l’importateur bien connu d’objets japonais à Paris. Voilà une Exposition vraiment intéressante et digne d’obtenir le plus grand succès. Les artistes y trouveront des modèles d’une exactitude parfaite et des types pris sur le vif ; les simples curieux auront sous les yeux une remarquable série de tableaux de mœurs de l’extrême Orient-et de l’industrie du Japon. ' -
- Dans ce musée tout est japonais, depuis les-nattes et les tentures qui recouvrent le sol et les murs jusqu’aux costumes de deux charmants bambins qui, avec une bonne grâce-parfaite, offraient un catalogue descriptif à nos confrères accourus pour jouir d’un spectacle-absolument nouveau pour eux. Dès l’entrée-on voit que les organisateurs ont mis un soin scrupuleux à rendre l’originalité de ce pays, où plus que partout ailleurs le goût des arts a pénétré jusque dans la cabane du paysan ou de l’ouvrier.
- Existe-t-il aujourd’hui un salon où l’on ne trouve un objet provenant du Japon? Depuis vingt-cinq ans ce peuple s’est tellement civilisé, il a su porter son art et son industrie à un tel degré de perfection qu’il compte, pour ainsi dire, parmi les nations européennes.
- En un mot, en visitant le nouveau Musée-Japonais, on peut se faire une idée fort exacte des mœurs et de la vie privée de ce peuple si curieux et si intéressant à étudier.
- M. Ibrahim a trouvé dans M. Guybet, le-peintre décorateur, un collaborateur précieux, car chaque scène représentée est placée dans-un cadre des plus artistiques et des plus exacts, dû au pinceau de ce peintre distingué.
- Tous les personnages sont représentés grandeur naturelle. Les têtes, les mains et les pieds sont de véritables chefs-d’œuvre de-sculpture sur bois exécutés au Japon. Tous les vêtements, chaussures, coiffures et accessoires proviennent de ce curieux pays de-l’extrême Orient. Mais nous 11’avons vu nulle part le nom d’un artiste parisien qui a puissamment contribué à la parfaite exécution des-personnages. Nous voulons parler de M. TIallé, à qui tous les théâtres de Paris et peut-être de l’étranger doivent ces superbes cartonnages qui font l’admiration du public ; et à qui bien des.auteurs de féeries doivent ces clous qui décident du succès de leurs pièces bien plus que leur prose et leur imagination.
- Ilnous a été donné de voir, il y a trois mois, dans les ateliers de M. Hallé les figures qu’il préparait déjà pour le Musée Japonais. Nous pouvons bien dire que c’est grâce à cet artiste d’un talent incontestable que le public a aujourd’hui des personnages d’une vérité si frappante.
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- En pénétrant dans le musée, on se trouve dans une rue commerçante de Tokio scrupuleusement reproduite. Au milieu de cette rue-on rencontre la porte sacramentelle (tohri) qui annonce toujours le voisinage d’un temple ou d’un lieu saint quelconque ; en effet, cette-porte donne accès à l’entrée d’un temple qui est la reproduction exacte de l’entrée de celui de Shiba.
- Voici la série des groupes que l’on rencontre au rez-de-chaussée du musée.
- Ouvriers charpentiers
- Nous nous trouvons en présence - d’un groupe de types très originaux qui caractérisent fort l’ouvrier japonais ; des charpentiers en tenue de travail construisent une maison..
- Fabricants d’objets en laque
- Les Japonais excellent, depuis la plus-haute antiquité, dans la fabrication de ces objets de laque qui, de nos jours, sont fort-recherchés par les collectionneurs ; les coffrets et les nécessaires de toilette, les chevalets de-miroir de nos élégantes, les porte-cigares, etc., nous viennent du Japon, enrichis de ces incrustations merveilleuses représentant des branchages, des fleurs ou des oiseaux.
- Nous voyons un ouvrier en train de perforer une boîte en bois brut ; dans chacun de ces trous il fixe une cheville. Quatre de ses compagnons exécutent les opérations successives qui transforment le bois brut en laque brillante : le premier passe sur la boîte un enduit de laque; le second passe cette laque à la pierre ponce, le troisième décore avec un pinceau un couvercle ; le quatrième achève-le polissage d’un plateau.
- Boutique d’un marchand d’étoffes
- Voici l’intérieur d’un magasin où l’on vend de somptueuses étoffes que les hommes aussi bien que les femmes emploient pour leurs robes de cérémonie. A gauche, le patron cal-
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- cule la valeur des étoffes. A droite, deux commis établissent leurs comptes à l’aide d’un tableau de ' multiplication à grains de buis et consultent le registre de la maison.
- Tonnelier
- Un ouvrier, dans sa maisonnette, termine un seau qu’il a fabriqué avec des instruments fort curieux mais tout à fait -primitifs.
- Fabricant de cloisonné
- Tout le monde aujourd’hui sait ce que l’on entend par le cloisonné : cette industrie prit naissance en Chine et fat, il y a bien des siècles, introduite au Japon. Dans ces derniers temps, l’art du cloisonné y a pris un développement considérable et particulièrement depuis que l’Europe recherche de pareils objets d’art. Mais si on sait généralement ce que c’est que le cloisonné on pourrait en ignorer la fabrication. En s’arrêtant quelques minutes devant ce groupe on aura une idée fort exacte de ce travail.
- U11 premier artiste trace un dessin sur une plaque de cuivre. Le second place des filigranes sur les. traits qui viennent d’être indiqués (les filigranes constituent les cloisons). Un autre remplit d’émaux de diverses couleurs les. espaces laissés libres entre ces petites cloisons. Enfin le dernier passe à la pierre ponce l’objet ainsi émaillé.
- Tisseuse
- Une jeune Japonaise fait manœuvrer un métier d’une construction fort rudimentaire. Les pieds s’agitent sur deux pédales qui sont tout simplement des bâtons de bambou.
- Promenade en djinrikisha
- Avant 1870, les femmes du peuple (car les •dames de qualité ne se montrent jamais), se faisaient promener en novimon, un espèce de panier fermé, ou en kanghos, espèce de panier ouvert suspendu à un gros bambou et porté sur les épaules de 2 koulis. Aux précédentes expositions, tout le monde a pu voir des modèles de ces sortes de palanquins. Mais depuis une quinzaine d’années on.a adopté le cljinrikisha (jm-homme , riski-îorce, sha, •corruption de car.), soit véhicule traîné à force d'homme, dont nous voyons un curieux .spécimen. Le kouli qui traîne cette voiture parcourt de 3 à 4 milles à l’heure.
- Une décapitation
- Voici un tableau bien saisissant qui représente l’exécution d’un criminel dans la cour d’une prison..
- Vêtu de rouge, le patient tend le cou d’un air calme et résigné, à genoux, les bras liés derrière le dos. Le bourreau, le sabre en main, avant de frapper le condamné, s’apprête à mouiller son sabre auquel l’humidité évitera toute résistance. L’aide donne au bourreau l’eau dont il a besoin pour sa sanglante besogne. Le juge, impassible, appuyé sur son •éventail, assiste à l’exécution.
- Hara-Kiri
- Chez les Japonais , « hara-kiri » signifie « s’ouvrir le ventre ». C’est le mode de suicide usité chez eux. On croit 'que le hara-kiri remplace parfois le duel ; quoi qu’il en soit, ce que nous savoris de .précis à ce sujet, c’est qu’une noble famille japonaise ayant subi un .affront et voulant s’en venger, sacrifie un de ses membres qui s’ouvre le ventre pour donner prétexte à la vengeance. C’est fort simple !
- Chez les Japonais la vengeance est implacable, elle se transmet souvent de père en fils.
- Le hara-kiri remplace encore, dans la caste privilégiée du Japon, la condamnation à la peine capitale.
- Condamné à mort par le Taïckoun pour .avoir forfait à l’honneur ou pour tout crime de haute trahison, le noble japonais n’a qu’un refuge : le suicidé.
- C’est la scène que nous avons devant nous.
- On remarque les tentures blanches qui forment le lieu du sacrifice. Ce sont des tentures de deuil ; les palissades de bambous, la toiture légère de l’édifice, tout cela a été organisé pour la cérémonie et disparaîtra après la mort du suicidé.
- Le patient est agenouillé. lia mis à nu'la poitrine et l’abdomen. Son visage est contracté par la douleur ; il se déchire les entrailles et s’ouvre horizontalement le ventre, en formant levier de sa main gauche, et maintenant, de sa main droite crispée, la poignée du sabre. Le sang jaillit avec force : tout cela est horrible à voir, mais admirablement exécuté.
- Si la victime hésitait, vaincu par la peur ou par la première souffrance, le bourreau est là qui, le glaive levé, est prêt à lui trancher la tête. Voilà un système simple et pratique qui empêcherait bien de faux suicides chez les petites dames ou chez les bigames d’Alfortville ou d’ailleurs.
- Un assistant s’assure du suicide pour affirmer ensuite que le patient est mort sans peur. Il regarde de près, je vous l’assure.
- Les juges assistent au terrible spectacle. L’émotion se traduit sur leur face contractée par cette scène affreuse.. Pourtant ils veulent rester impassibles et s’appuient sur leur éventail avec un calme joué.
- Il est rare qu’un samouraï condamné à faire hara-kiri montre la moindre faiblesse. Dame!, avec l’épée du bourreau qui est suspendue au-dessus de sa tête !
- Il faut remarquer encore les deux petits porte-bouquets garnis de fleurs qui sont placés devant ffi patient.
- Quelle attention délicate !
- Scène mortuaire
- Voici l’intérieur d’une maison japonaise dont le maître vient de mourir. C’est le moment où on met le corps en bière.
- . Après avoir lavé et rasé le mort, on le fait entrer, ou pour mieux dire on l’accroupit dans une étroite caisse carrée, les jambes repliées sous le corps et les bras croisés sur la poitrine dans l’attitude de l’enfant dans le sein maternel : symbole d’une vie future (?)
- Le défunt vêtu de blanc est placé dans le cercueil par des croque-morts.
- Sa veuve sanglote en tenant ses enfants sur son sein.
- Sa mère en pleurs, tient un chapelet pour dire les dernières prières.
- C’est là un des tableaux les mieux réussis.
- La Chapelle Sacrée de Kioto
- Les idoles placées à l’entrée de la chapelle, dont on aperçoit l’autel, sont des divinités qui exhortent à la convenance, au respect du temple sacré, et souhaitent la bienvenue. Chargé de vases, de flambeaux ou de fleurs, l’autel supporte une statue de Bouddha. On voit sur les bronzes des .ciselures qui rappellent une foule de légendes qui, par leur originalité et l’horreur quelles inspirent parfois, se rapprochent de la mythologie des peuples indiens. Les Japonais qui jadis ne connaissaient que le culte de Kamis, celui des ancêtres, sont généralement fort indifférents à tout sentiment religieux ; quand ils n’ont pas l’esprit envahi par des superstitions puériles, ils se passeraient volontiers de religion. Cependant aujourd’hui le bouddhisme est le culte le plus répandu au Japon. Les bonzes-pontifes attachés à cette caste forment des sortes de confréries.
- Ce sont cinq bonzes musiciens que nous apercevons près de l’autel, célébrant l’office du soir. Ils portent un 'bonnet rappelant le vieux casque national, et jouent d’histruments bizarres, la flûte traversière, la flûte de Pan, la conque marine, les timbales, le kak-daï-ko, sorte de gong, etc. Ce dernier instrument est un disque tendu d’une peau et supporté par un piédestal.
- Les légendes japonaises donnent à ces instruments un caractère sacré, car jadis le maître du monde, outragé des mauvaises actions de l’homme, se retira dans les grottes profondes de l’Océan. Et la nuit se fit. On parvint à faire sortir le dieu de sa retraite en jouant de ces instruments, devenus sacrés.
- Hutte de Campagnards
- Les huttes japonaises sont le plus souvent isolées les unes des autres et ouvertes aux yeux de tous les visiteurs. C’est l’intérieur d’une pareille hutte que nous ^représentons ici. Les cultivateurs viennent d’achever leur travail. Devant nous s’étend un splendide
- paysage pris dans les environs de IvanagaAva. Dans le lointain s’élève le Fousy-Yama, le superbe volcan éteint qui domine la plaine de Kioto, géant colossal à la cime neigeuse.
- C’est là un vrai décor de théâtre qui fait honneur à M. A. Guybet. Nous voyons un jeune cultivateur, la bêche à la main, la pipe à la bouche, adressant à une jeune paysanne quelques paroles qui la font rougir, il y a donc partout des coqs de village?
- Scène de brigandage
- Sur la lisière d’un bois touffu, un brigand arrête un voyageur et lui enlève sa bourse, un sac de toile de la forme d’une petite besace. Il a traîné sa victime en lui jetant une corde au cou, et le menace d’un sabre.
- Le brigand, ou loutre, est ordinairement un officier sans emploi, appartenant à la classe privilégiée, nous dit le catalogue.
- On voit que ces messieurs 11e peuvent se passer de se servir de leurs armes !
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- Au premier étage, nous nous trouvons en présence d’une sorte de véranda à travers laquelle l’œil plonge dans un coin de campagne japonaise du plus pittoresque effet.
- Nous voyons pour la première fois une femme en costume de ville. Elle a la figure cachée et porte des souliers d’une hauteur de 15 centimètres environ. Très pratique pour traverser les flaques d’eau, cette chaussure, mais je doute que nos Parisiennes l’adoptent!
- Un peu plus loin se trouve un personnage en costume de cour et portant une coiffure bien curieuse. Figurez-vous une sorte de palette flexible partant du derrière de la tête, surmontant le crâne et venant se terminer à la hauteur des yeux, à quelqnes centimètres du visage. Ce doit être fort pratique, en été, pour chasser les mouches.
- Blanchisseuses
- On s’étonnera peut-être de voir que l’une des deux blanchisseuses a les dents noires. Au Japon les jeunes filles en se mariant ont l’affreuse habitude de se noircir les dents avec une composition qui ne s’en va plus, et de s’arracher les sourcils. Elles donnent ainsi un gage de fidélité conjugale à leurs maris, en se dérobant à tous les appâts de la séduction.
- Le noir, disent les Japonais, ne pouvant être teint en une autre couleur, elles ne pourront désormais plaire qu’à leur mari.
- En France, croyons-nous, .bien des maris préféreraient courir quelques risques et n’avoir pas constamment sous les yeux cette image si peu attrayante de la fidélité conjugale.
- Brodeurs
- L’industrie japonaise utilise rarement encore le travail des machines. Il n’existe pas dans ce pays de grandes manufactures ; le travail et la population des fabriques ne sont pas connus. L’artisan s’occupe à sa guise ; il prend un travail, l’abandonne ou le reprend quand il lui plaît ; indépendant.
- Ce sont trois brodeurs que nous voyons ici, travaillant, avec cette nonchalance qui caractérise l’ouvrier .japonais, sur des métiers bien simples. Ce qui ne les empêche pas de produire des chefs-d’œuvre d’exécution, de composition et de goût.
- Dames en visite
- Les réceptions se font, au Japon, sur des nattes étendues par terre. Les visiteurs s’accroupissent sur leurs genoux dans la posture où nous les trouvons représentés.
- Les visages des dames sont si brillants qu’ils ressemblent peut-être trop à des poupées en cire. Mais, il 11e faut pas oublier que dans cette contrée, les femmes se fardent au-delà de toute modération. Elles font ressortir la blancheur de leurs dents par une couche de carmin sur les lèvres, se mettent du blanc et du rouge sur le visage qui est rendu, par ces ingrédients, d’un luisant de stéarine.
- Partie d’échec
- Deux joueurs sont aux prises, l’un est en voie de perdre, il a l’air triste et rêveur ; l’au-
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- 44 et 45. — Deuxième Année. — N° 58.
- LE MONITEUR DE L-gpOSlTION DE 1889.
- Dimanche 7 Février r886
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- 46. — Deuxième Année. — N° 58.
- tre, au contraire, est étonné en voyant le beau jeu qu’il a. Un enfant debout les regarde en riant.
- L’expression des visages est rendue avec une vérité et une habileté vraiment remarquables.
- Les joueurs ont retiré leurs sandales mais, disons-le, ils ont gardé leurs chaussettes qui sont remarquables en ceci : l’orteil se trouve enfermé d’un côté et les quatre doigts de l’autre.
- Chez le Coiffeur
- Chaque jour le bourgeois vient faire sa toilette matinale dans le plus simple appareil. Les types du coiffeur comme celui du client sont parfaitement rendus. Voyez avec quel sérieux Y artiste opère. S’il fait placer le client sur une sellette, c’est pour avoir la liberté de tous ses mouvements : « Le coiffeur, dit un voyageur, paraît un sculpteur modelant des cariatides. »
- Remarquons en passantles peignes, brosses, ciseaux, etc., qui sont de formes absolument nouvelles pour nous.
- La Maison de thé
- Les tables, sont inconnues, surtout pour prendre les repas. C’est-accroupi sur une natte que l’on se. place autour d’un vaste plateau sur lequel sont servis les mets favoris des Japonais, le riz, les poissons frits, le soya, le thé et le saki.
- Le groupe représente, paraît-il, une demi-mondaine festoyant avec ses amis.
- Nous voulons bien le croire, mais nous pensons être devant la maison du sape, car elle est tout en verre. Serait-ce le protecteur sérieux qui passe sa tête dans le fond et qui n’a pas l’air de trouver la scène à son goût ?
- La sortie du Temple
- Sur la place publique stationnent devant le temple des bonzes mendiants faisant partie d’une confrérie pratiquant par principe la pauvreté.
- Les bonzes mendiants tendent la main avec calme, prenant l’argent comme une chose due, et sans interrompre des litanies monotones.
- Un enfant quitte sa mère pour aller vers les bonzes. Il leur donne son offrande, contenue dans un petit papier en forme de papillote, selon l’usage.
- Un autre moine mendiant fait résonner suite sol son bâton d’appel, une sorte de crosse ornée au sommet d’anneaux en métal.
- Un jongleur, portant sa boîte de prestidigitateur cachée sous son manteau, fait manœuvrer un pantin pour attirer la foule.
- Deux enfants s’approchent de lui curieusement.
- C’est encore là un tableau charmant.
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- Le Musée Japonais, situé au centre de Paris monté avec un art et un goût au-dessus de tout éloge, mérite d’obtenir le plus grand
- succès ; c’est ce que nous lui souhaitons bien sincèrement.
- Roby.
- ÉCHOS
- Paris
- La huitième Exposition annuelle de la Société des aquarellistes français est ouverte depuis mercredi, 3 février, à la Galerie Georges Petit, 8, rue de Sèze.
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- L’Exposition du Cercle catholique et littéraire de la rue Volney est cette année extrêmement intéressante.
- Citons au hasard, parmi les nombreux exposants les noms bien connus de MM. Bouguereau, Flameng, Munkacsv, Toulmouche, de Vuillef'roy, Veyrassat, Henner, Cazin, Allongé, Tattegraih, Bonnat, Eugène Feyen, Giacomotti, Lerolle, Aimé Morot, Carolus Duran, etc.
- C’est aujourd’hui à 10 heures que doit être inaugurée au Collège de France, la statue de notre grand physiologiste Claude Bernard.
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- L’Exposition culinaire de 1886 a été ouverte
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- samedi dernier 30 janvier, au Pavillon de la ville de Paris (Champs-Elysées).
- L’imagination architecturale des disciples de Vatel s’est, comme toujours, donné libre carrière, et quelques-unes des pièces exposées sont vraiment curieuses.
- Une grande maison de boulangerie de Paris expose une collection intéressante de tous les échantillons de la panification en Europe.
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- ETRANGER
- Allemagne
- La Galerie nationale de Berlin vient d’acquérir la grande toile de Paul Meverheim, une Ménagerie.
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- Le grand tableau de notre compatriote Georges Rochegrosse, la Jacquerie, qui obtint, nos lecteurs se le rappellent certainement, un si grand succès au dernier Salon, doit être exposé ces jours-ci dans les salons de l’Association berlinoise artistique.
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- Julius Hahlo, le numismate bien connu de Berlin, annonce pour le mardi 16 février et jours suivants, la vente d’une importante collection de monnaies anciennes. Le catalogue qui est adressé franco à tout amateur qui en fera la demande, donne un total de plus de 1,500 numéros.
- (S’adresser à Berlin, 41, unt'er den Linden).
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- Angleterre
- La maison Goupil expose en ce moment à Londres, dans ses galeries de New-Bond-Street, une collection très intéressante de tableaux de l’Ecole française moderne. On remarque beaucoup la Justice du Chériff, de Benjamin Constant, qui fut l’objet de diverses critiques et aussi de beaucoup d’éloges au Salon de 1885.
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- Autriche - Hongrie
- Un riche amateur de Vienne, récemment décédé, M. Damboeck, a légué à l’Académie des beaux-arts de la capitale autrichienne, une très belle collection d’études de paysage, par le peintre bien connu Hansch.
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- États-Unis
- L’administration municipale de la Nouvelle-Orléans rachèterait prochainement l’entreprise de la nouvelle-Exposition, internationale au prix de 125,000 dollars, soit 625,000 francs,
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- Le Salmagundi Club et la Société américaine du Noir et Blanc, ont ouvert dans le courant de la première quinzaine du mois dernier une intéressante Exposition dans les galeries de l’Association artistique américaine, à New-York.
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- Deux autres Expositions avaient lieu en même temps dans les salons de l’Association.
- Une Exposition américaine d’architecture et une Exposition de l’aquarelliste Relui.
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- Les collections de tableaux du gouverneur Swann doivent être exposées prochainement à Boston, chez Leonard, Bromfield Street. Les maîtres anciens et modernes y sont largement représentés. On nous signale un portrait de Franz Hais, plusieurs toiles de Van Ostade, Téniers, Jordaens, Carlo Dolci, etc.
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- La superbe collection de.faïences et porcelaines anciennes, japonaises, chinoises et coréennes, bien connue à New-York sous le nom de collection Brinkley est actuellement exposée et sera prochainement vendue. Rappelons qu’elle avait été réunie par le capitaine Brinkley, de Yokohama, en vue d’une histoire projetée de la céramique au Japon. Tous les dessins exécutés en vue de cette publication paraîtront prochainement.
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- Espagne
- Le conseil des ministres a décidé qu’une Exposition universelle aurait lieu à Madrid en 1888.
- Ce qui semble indiquer que le projet de mai 1886 est abandonné. Sage résolution, car le temps ôtait vraiment par trop limité.
- CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE
- A PARIS
- AU PALAIS DE L’INDUSTRIE
- Du lundi i5 février au jeudi 4 mars 1886
- Le concours général agricole aura lieu, en 1886, à Paris, au palais de l’Industrie,^du lundi i5 février au jeudi 4 mars 1886.
- Dimanche 7 Février 1886.
- 11 comprendra des animaux de boucherie des espèces bovine, ovine et porcine, des animaux reproducteurs mâles des mêmes espèces ; des vaches laitières en lait ; des volailles vivantes et des volailles mortes ; des produits de laiterie ; des semences de céréales; des plantes légumineuses, oléagineuses, textiles ; des houblons, des racines industrielles, fourragères et alimentaires; des pommes de terre, des plantes fourragères, des plantes médicinales, des plantes d’ornement, des plantes de prairies naturelles, des légumes; des fruits frais , des fruits secs comestibles, des raisins frais et des raisins de conserve, des olives comestibles, des huiles, des miels, des cires ; des vins d’Algérie, des cidres, des poirés ; une exposition scolaire et une exposition d’instruments , de .machines et d’appareils agricoles.
- Le concours est divisé comme il suit :
- lo Concours général d’animaux gras
- Des prix seront décernés, s’il y a lieu, aux propriétaires des animaux nés et élevés en France, reconnus les plus parfaits de conformation et les mieux préparés pour la boucherie.
- Les prix seront répartis de la manière suivante :
- ire division. — Espèce bovine.
- j1'8 Classe. — Jeunes bœufs sans distinction de race.
- 16 prix variant de 1,000 fr. à 3oo fr.
- 20 Classe. — Bœufs divisés-par races, quel que soit leur âge.
- 36 prix variant de 5oo à i5o fr.
- Y® Classe. — Femelles nées avant le ier janvier i883. .
- 9 prix variant de 5oo à i5o fr.
- 4e Classe. — Bandes. — (Chaque bande sera composée de quatre animaux de même provenance et de même race, appartenant au même propriétaire et n’ayant pas été présentés dans d’autres classes.)
- 12 prix variant de 1,400 à 3oo fr.
- 5® Classe. — Veaux gras. — ie*' prix, 15o fr. ; 2e, 225 fr. ; 3e, 100 fr.
- Un prix d’honneur, représenté par un objet d’art d’une valeur de 2,5oo francs, un prix d’honneur, consistant en un objet d’art d’une valeur de i,5oo francs, deux prix d’honneur représentés chacun par un objet d’art, l’un d’une valeur de 2,000 francs, l’autre d’une valeur de i,5oo francs seront décernées au .bœuf, à la vache, reconnus le plus parfaits de forme et d’engraissement; à la meilleure bande de bœufs, à la meilleure bande de vaches.
- 2e division. — Espèce ovine
- Les animaux de l’espèce ovine seront divisés en quatre classes, et les lots présentés, à l’exception de ceux de la 4e classe, seront composés de trois animaux, tous de la meme race et du même âge.
- Tous les animaux devront avoir été tondus depuis un mois au plus ; une mèche devra être laissée derrière l’épaule gauche.
- irS classe. — Jeunes moutons, sans distinction de race.
- 7 prix variant de 400 à 200 fr.
- 2e classe. — Moutons divisés par races, quel que soit leur âge.
- 20 prix variant de 200 à 100 fr.
- 3e classe.— Femelles nées avant le 1e1' mai 1883
- 14 prix variant de 200 à i5o fr.
- 4e classe. — Bandes. — (Chaque bande sera composée de quinze animaux de même sexe, soit moutons, soit brebis [ces dernières nées avant le ier mai 1883], de même provenance et de même race, appartenant au même propriétaire et, n’ayant pas été présentés dans les autres classes).
- 11 prix variant de 5oo à 200 fr.
- Un prix d’honneur, consistant en un objet d’art d’une valeur de i,5oo francs, un prix d’honneur consistant en un objet d’art d’une valeur de i,.5oo francs, un prix d’honneur, consistant en un objet d’art d’une valeur de 1,000 francs, seront décernés, s’il-y a lieu, aux lots de moutons et de brebis, à la bande, reconnus meilleurs parmi les lots et les bandes primés.
- 3° division. — Espèce porcine
- ira classe. — Races françaises pures ou croisées entre elles.
- Tous les animaux déclarés dans cette classe qui présenteront des indices certains de croisements avec des races anglaises seront mis hors concours par le jury.
- 7 prix variant de 200 à 5o fr.
- 2e classe. — Races étrangères pures ou croisées entre elles.
- 7 prix variant de 200 à 5o fr.
- 3* classe. — Animaux provenant de croisements entre races étrangères et races françaises.
- 7 prix variant de 200 à 5o fr.
- . 40 classe. — Bandes. — (Chaque bande sera composée de trois animaux.de même sexe, de même race et du même âge, appartenant au même propriétaire et n'ayant pas été présentés dans les autres classes.)
- 8 prix variant de 400 à 100 fr.
- Un prix d’honneur, consistant en un objet d’art d’une valeur de 1,000 francs, un prix d’honneur, consistant en un objet d’art d’une valeur de
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- Deuxième Année. — N° 58.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 7 Février 1886. —
- 800 francs, seront décerne's s’il y a lieu au porc et à la bande reconnus les meilleurs.
- DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX ANIMAUX GRAS
- Les animaux ne pourront concourir que dans la classe et la cate'gorie pour lesquelles ils auront été déclarés.
- Les boeufs âgés de moins de 3 ans et ceux de 3 à 4 ans pourront être déclarés, au choix de l’exposant, soit dans la première, soit dans la deuxième classe.
- La même faculté est accordée en ce qui concerne les animaux des deux premières classes de l’espèce ovine.
- Les animaux de l’espèce bovine présentés au concours devront, à l’exception des veaux, appartenir aux exposants, être en leur possession et se trouver dans leurs étables depuis six mois au moins avant l’époque du concours. Pour les animaux des espèces ovine et porcine, ce délai est de trois mois seulement.
- Un exposant pourra présenter autant d’animaux ou de lots d’animaux qu’il le voudra dans chaque catégorie, sous-catégorie ou section, et pourra obtenir plusieurs prix; mais, dans ce cas, il ne touchera que la somme d’argent attribuée au prix le plus élevé. Pour chacun des autres prix, il ne recevra qu’une médaille. La somme d’argent ainsi disponible pourra être employée en prix supplémentaires, s’il y a lieu.
- Les animaux ayant obtenu des prix aux concours général, ne pourront plus être représentés dans aucun concours général ultérieur.
- Outre les primes en argent ci-dessus mentionnées, les lauréats recevront, pour chaque prix, une médaille de bronze. Pour les mentions honorables, ils recevront un certificat de mention.
- 2° Concours général d’animaux reproducteurs mâles des espèces bovine, ovine et porcine.
- Des prix'seront décernés, s’il y a lieu, aux propriétaires des animaux reproducteurs mâles des espèces bovine, ovine et porcine.
- Les prix seront répartis delà manière suivante :
- ire division. — Espèce bovine.
- 52 prix variant de 3oo fr. à 100 fr.
- 2e division. — Espèce ovine.
- 12 prix variant de 12a à 75 fr:
- 3e division. — Espèce porcine.
- 6 prix de 100 à 5o fr.
- DISPOSIONS SPÉCIALES AUX ANIMAUX REPRODUCTEURS
- Les animaux reproducteurs mâles des espèces bovine, ovine et porcine devront appartenir aux exposants, être en leur possession et se trouver dans leurs étables, bergeries ou porcheries au moins depuis le ior novembre 1885.
- Un, exposant pourra présenter autant d’animaux ou de lots d’animaux qu'il le voudra, dans chaque catégorie ou section, et pourra obtenir plusieurs prix ; mais, dans ce cas, il ne touchera que la somme d’argent attribuée au prix le plus élevé. Pour chacun des autres prix, il. ne recevra qu’une médaille. La somme d’argent ainsi disponible pourra être employée en prix supplémentaires, s’il y a lieu.
- Outre les primes en argent ci-dessus mentionnées, les lauréats recevront, pour chaque prix, une médaille de bronze et, pour les mentions honorables, un certificat de mention.
- 3o Concours de vaches laitières (en lait)
- Des prix seront décernés, s’il y a lieu, aux propriétaires de vaches laitières.
- 17 prix variant de 400 à 100 fr.
- Bandes de vaches laitières. — (Chaque bande sera composée de 5 vaches de même race appartenant au même propriétaire et n’ayant pas été présentées dans les catégories précédentes).
- 2 prix de 600 et 5oo fr.
- DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX VACHES LAITIÈRES
- Les vaches laitières devront appartenir aux exposants, être en leur possession et se trouver dans leurs étables au moins depuis le iev novembre 188 5.
- Un exposant pourra présenter autant d’animaux qu’il le voudra dans chaque catégorie et pourra obtenir plusieurs prix ; mais, dans ce cas, il ne touchera que la somme d’argent attribuée au prix le plus élevé. Pour chacun des autres prix, il ne recevra qu’une médaille. La somme d’argent ainsi disponible pourra être employée en prix supplémentaires, s’il y a lieu.
- Outre les primes en argent ci-dessus mentionnées, les lauréats recevront, pour chaque prix, une médaille de bronze ; pour les mentions honorables, ils recevront un certificat de mention.
- 4° Concours de volailles vivantes
- (Dans les catégories où les mâles concourront isolément, les lots de femelles devront être composés au moins de trois bêtes, sauf pour les 14e, i5e, 16e, 17e et 18e catégories, qui ne comprendront que deux femelles).
- Les exposants devront présenter eux-mêmes leurs lots ou se faire remplacer par un. représentant qui donnera aux animaux les soins nécessaires.
- Les prix seront repartis de la manière suivante : i1'0 division — Coqs et poules.—Pintades.
- 8 prix variant de 45 à i5 fr.
- 2° division. — Dindons.
- 9 prix variant de 45 à 25 fr.
- 3e division. — Oies.
- 8 prix variant de 45 à 25 fr.
- 4e division. — Canards.
- '9 prix variant de 3o à 20 fr.
- 5e division. —Pigeons.
- Les animaux seront présentés par couples.
- 12 médailles d’or et 12 médailles de bronze.
- 6e division. — Lapins et Léporides.
- 16 prix variant de 25 à i5 fr.
- Un prix d’honneur, consistant en un objet d’art, sera attribué, s’il y a lieu, au plus beau lot exposé dans la ire division.
- Un prix d’honneur, consistant en un objet d’art, sera attribué, s’il y a lieu, au plus beau lot exposé dans les 2e, 3R et 4® divisions.
- Deux médailles d’or sont mises à la disposition du -jury pour récompenser les éleveurs qui présenteront des ensembles remarquables. Ces médailles ne sont pas cumulatives avec les prix d’honneur.
- Outre les primes en argent, les lauréats des ire, 2®, 3e, 4e et 6e divisions recevront pour les prix une médaille de bronze ; pour les mentions honorables, ils recevront un certificat de mention.
- Un exposant pourra obtenir plusieurs prix dans chaque catégorie, sous-catégorie ou section, mais, dans ce cas, il ne touchera que la somme d’argent attribuée au prix le plus élevé. Pour chacun des autres prix, il ne recevra qu’une médaille. La somme d’argent ainsi disponible pourra être employée en prix supplémentaires, s’il y a lieu.
- 5° Concours de volailles mortes
- Animaux morts préparés pour la vente, suivant les usages du commerce.
- Chaque lot sera composé de deux bêtes ; les prix consisteront en 55 prix variant de 40 à 10 fr.
- Un prix d’honneur, consistant en un objet d’art, sera attribué, s’il y a lieu, au plus beau lot exposé, sans distinction d’espèce, de race ou de sexe.
- Un exposant pourra présenter autant de lots d’animaux qu’il le voudra dans chaque catégorie ou sous-catégorie, et pourra obtenir plusieurs prix ; mais dans ce cas, il ne touchera que la somme d’argent attribuée au prix le plus élevé. Pour chacun des autres prix, il ne recevra qu’une médaille. La somme d’argent ainsi disponible pourra être employée en prix supplémentaires, s’il y a lieu.
- Outre les primes ci-dessus mentionnées, les lauréats recevront pour chaque prix une médaille de bronze ; pour les mentions honorables, ils recevront un certificat de mention.
- 6° Concours de produits de laiterie
- Fromages
- Chaque lot se composera de deux fromages ; toutefois les fromages du Cantal, de Laguiole, de Gruyère et façon Gruyère, pourront n’être représentés que par un seul échantillon. En outre, chaque lot de neufchâtels, bondons, malakoffs, camemberts et autres fromages de même grosseur, devra se composer de six échantillons.
- Un exposant ne pourra déclarer plus de deux lots de même nature.
- Les médailles sont réparties de la manière suivante :
- exposants producteurs
- 1 5 médailles d’or, 3a médailles d’argent, 43 médailles de bronze.
- Deux prix d’honneur, consistant chacun en une médaille d’or grand module, seront attribués, s’il y a lieu, l’un au meilleur lot de fromages, pâte molle ; l’autre au meilleur lot de fromages, pâte ferme.
- Un exposant ne pourra recevoir qu’un prix par catégorie ou sous-catégorie.
- Exposants marchands.— Deux médailles d’or, trois médailles d’argent et six médailles de bronze seront mises à la disposition du jury, pour être distribuées aux meilleurs lots de fromages présentés par les marchands de Paris ou des départements.
- Beurres
- Chaque lot se composera d’une quantité de beurre du poids approximatif de 5 kilogrammes. Un exposant ne pourra présenter plus de deux lots de même nature.
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- Les médailles sont réparties de la manière suivante :
- EXPOSANTS PRODUCTEURS
- 7 médailles d’or, 12 méd. d’argent; 20 méd. de bronze.
- Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribué, s’il y a lieu, au meilleur lot, sans distinction de catégorie.
- EXPOSANTS MARCHANDS
- 2 méd. d’or ; 6 méd. d’argent ; 9 méd. de bronze.
- ,Un prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, sera attribué, s’il y a lieu, au meilleur lot, sans distinction de catégorie.
- Un exposant ne pourra recevoir qu’un seul prix dans chaque catégorie.
- Laits frais, laits conservés, sucres de lait et autres produits de laiterie non dénommés ci-dessus
- Les laits frais, laits conservés, sucres de lait et autres produits,de laiterie non dénommés ci-dessus pourront être admis au concours, mais ils n’auront droit à aucune récompense.
- 7° Concours de produits agricoles divers non dénommés ci-dessus.
- (Les exposants ne peuvent concourir à la fois comme producteurs et comme marchands).
- EXPOSANTS PRODUCTEURS
- Les récompenses sont réparties de la manière suivante :
- ire division. — Céréales
- 5 méd. d’or ; 7 méd. d’argent; 10méd. de bronze.
- 2e division.— Plantes légumineuses, fourragères et graminées
- 3 méd. d’or ; 3 méd. d’argent; 9 méd. de bronze.
- 3® division. —Plantes industrielles.
- 5 médailles d’or : 6 médailles d’argent ; 12 médailles de bronze.
- 4e division. — Racines fourragères et alimentaires.
- 2 médailles d’or ; 5 médailles d’argent , 9 médailles de bronze.
- 5® division. —Plantes d’ornement fleuries et plantes vertes.
- 3 médailles d’or, 3 médailles de vermeil, 6 médailles d’argent, 10 médailles de bronze.
- 6e division. — Légumes.
- 2 médailles d’or, 3 médailles d’argent, 4 médailles de bronze.
- 7® division. — Raisins.
- 2 médailles d’or, 2 médailles de vermeil, 4 médailles d’argent, 8 médailles de bronze.
- 8e division. — Fruits frais autres que les raisins.
- 2 médailles d’or, 4 médailles d’argent, 8 médailles de bronze.
- 9e division. — Fruits secs comestibles.
- 2 médailles d’or, 6 médailles d’argent, 10 médailles de bronze.
- 10® division. — Fruits oléagineux et huiles.
- 2 médailles d’or, 5 médailles d’argent, 10 médailles de bronze.
- 11e division. —Miels et cires.
- 2 médailles d’or, 6 médailles d’argent, 11 médailles de bronze.
- 12e division. — Vins d’Algérie, des récoltes de 1884 et de 1885, présentés par des producteurs.
- 3 médailles d’or, 5 médailles d’argent grand module, 10 médailles d’argent, 20 médailles de bronze.
- 1 3® division. — Cidres et poirés, présentés par des producteurs.
- 2 médailles d’or, 4 médailles d’argent, 8 médailles' de bronze.
- Deux prix d’honneur, consistant en objets d’art d’une valeur de 400 francs, seront attribués, s’il y a lieu, aux deux plus beaux lots de produits exposés par les producteurs ; le premier pour les fruits et les légumes, et le second pour les vins d’Algérie.
- Un troisième prix d’honneur, consistant en une médaille d’or grand module, pourra être attribué par le jury au producteur du plus beau lot de produits agricoles divers non mentionnés dans la présent article.
- Un exposant ne peut recevoir qu’un prix dans chaque catégorie ; il peut présenter, toutefois, autant de lots qu’il le voudra.
- exposants marchands
- Pour l’ensemble des concours mentionnés à l’article 3q, à l’exception des vins d’Algérie, cidres et poirés, une médaille d’or grand module* 4 médailles d’or, 8 d’argent et 16 de bronze seront mises à la disposition du jury pour être distribuées, s’il y a lieu, aux plus beaux lots ou collections exposés par des marchands, négociants ou fabricants.
- 8° Exposition scolaire
- ire Section.—Matériel d’enseignement agricole, collections, dessins, objets de cours, etc.
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- 48. — Deuxième Année. — N° 58.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Février 1886.
- 2e Section. — Travaux, collections et objets d’enseignement agricole faits ou réunis par les professeurs, les instituteurs et les élèves des écoles primaires.
- 3* Section. — Travaux, collections et objets d’enseignement faits ou réunis par les professeurs d’agriculture, les directeurs de stations agronomiques et de laboratoires, les directeurs, professeurs et élèves des écoles pratiques et des fermes-écoles.
- 3 médailles d’or, 6 médailles d’argent et 10 médailles de bronze seront mises à la disposition du jury pour être distribuées, s’il y a lieu, aux objets mentionnés dans les trois sections qui précèdent.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XLV
- A. Gagnière. — La reine Marie-Caroline de Naples, d’après les documents nouveaux. Un vol. in-18. Paris, Paul Ollen-dorff, lib.-éditeur.
- Voici un livre intéressant, plus encore que piquant, sur un sujet qui a toujours affriandé une curiosité condamnée à demeurer encore comme, on dit vulgairement, sur son appétit. Il est plus caressé que rassasié par ce nouveau réquisitoire contre une reine qui a eu des apologistes, mais dont là mémoire impopulaire rencontre surtout des détracteurs passionnés. Il est difficile aux historiens de garder le sang-froid à propos de cette Agrippine, de cette Messaline, de cette Théodora napolitaine, qu’ils représentent, comme toujours, ivre d’amour ou de haine, toujours attachée implacablement à la proie de sa double ambition, de son double orgueil, de sa double volupté, possédée de l’esprit de domination et de la soif de plaisir d’une Elisabeth ou d’une Catherine, avec l’esprit, la beauté, la grâce en moins.
- Le livre de M. Gagnière apporte-t-il beaucoup de traits nouveaux à cette physionomie plus repoussante qu’attirante, et plus maltraitée que caressée par les arts, de la rousse, impérieuse et vicieuse virago dont on a de la peine à croire, tant elle fait mauvaise figure dans l’histoire, qu’elle a pu être la sœur de l’étourdie, mais gracieuse et charmante Marie-Antoinette , la belle-mère du débonnaire empereur François, et du non moins pacifique roi Louis-Philippe.
- Oui, le livre de M. Gagnière, s’il est loin d’être peintd’unpinceau optimiste, s’il n’échappe pas, par moments, à cette couleur de roman, à cette vivacité de pamphlet, qu’un élève de Michelet comme lui, emprunte volontiers à son maître, permet certainement de mieux apprécier, de mieux juger, sur des points essentiels et décisifs, l’histoire de la brillante, courte et malheureuse République parthénopéenne , et de la reine vaincue et humiliée qui tira de ce double affront une si impitoyable vengeance.
- Il a été écrit à la suite d’une enquête consciencieuse aux sources d’informations, encore inexplorées. Ce n’est pas à Naples, dont les archives sont encore jalousement muettes pour toute investigation encore indiscrète et inopportune, paraît-il, portant sur une période historique qui, si elle fait peu d’honneur au roi Nasone et aux Bourbons napolitains, n’en fait pas davantage à l’Italie elle-même, en général, que M. Gagnière a trouvé les documents décisifs. C’est à Londres, au Bri-tish Muséum, dont les cartons renferment, enfouis dans leur poussière depuis soixante-dix ans, la correspondance de Marie-Caroline, reine de Naples, avec lady Hamilton, que l’historien, grâce à cette correspondance, s’est trouvé en mesure de lever tous les doutes et d’assigner à chacun le degré de responsabilité qui lui appartient dans les exécutions qui suivirent -la violation de la capitulation accordée aux Napolitains par le représentant du roi Ferdinand IV. En y joignant les manuscrits des archives de Naples, consultés par M. Gagnière dans des fouilles hâtives et les recherches du regretté R. Palumbo,du général Mariano d’Ayola, de G. Fortunato, le lecteur aura sous les yeux un ensemble de documents définitifs, irréfutables.
- C’est l’opinion de M. Gagnière. C’est aussi la nôtre, à certaines réserves près. Nous croyons qu’après avoir lu son livre, il est difficile de'gar-der la moindre estime et la moindre sympathie à l’ambitieuse, impérieuse et incontestablement peu vertueuse épouse du roi des lazzaroni, qui donna sur le trône .les piresexemples. Nefutpas plus fidèle à la foi conjugale qu’à la foi des traités. Méprisa son mari, lui donna autant de successeurs intérimaires qu’il y a de mois dans l’année sans avoir, comme Elisabeth, l’excuse du célibat ou comme Catherine l’excuse du veuvage, et comme Elisabeth et Catherine . se montra inexorable pour toute atteinte portée à sa sécurité, toute blessure faite à sa vanité.
- Il n’est pas douteux que le cardinal Rufo, cet étrange pasteur qui se servit plus de l’épée que de la crosse, et dont la pourpre fut teinte du sang des représailles dont il eut la direction, il n’est pas douteux que le capitaine . Foote pour l’Angleterre avaient accepté une capitulation qui garantissait la liberté, la vie et le bien des chefs de la Répu-
- blique parthénopéenne et que tous deux prétendaient la faire respecter. Il n’est pas douteux que Marie-Caroline et Ferdinand, car le roi n’eut pas besoin d’être excité par la reine pour être impitoyable, pesèrent de toutel’influence de leurs rang, leurs prières, de leurs caresses, de leur présents sur l’Angleterre, le chevalier Hamilton et l’amiral Nelson, unis par l’étonnant ensorcellement de l’aventurière qui avait su se faire épouser de l’un, aimer de l’autre et qui les gouvernait tous les deux en les trompant tous les deux pour en obtenir la révocation de la parole donnée et la repression sanglante, là où on avait promis l’oubli et le pardon. Il est certain que le sang de ces exécutions odieuses, la pendaison du noble Caracciolo, l’assassinat soi-disant juridique pratiqué par le tribunal de terreur présidé parce Laffemas napolitain, ce monstre qui fournit assez de travail au bourreau 'pour lui imposer un traité à forfait, qui n’épargna pas même de malheureuses et héroïques femmes comme la marquise Fonseca et la fameuse San-Felice, retomba comme il devait retomber sur Marie-Caroline, Ferdinand, Nelsôn et lady Hamilton, et que l’histoire, en perpétuant la malédiction, fait justice.
- Mais nous devons dire aux curieux que, s’ils sont abondamment mis en mesure de justifier cette malédiction par les témoignages invoqués par M. Gagnière, ils seront déçus en ne rencontrant pas dans la correspondance qu’il a publiée contre la reine et son amie une ligne dont puisse s’offusquer, s’effaroucher la pudeur la plus timorée. Il est évident que les cartons du British Muséum n’ont gardé que là partie politique, diplomatique de cette correspondance.
- Le surplus de ces épanchements épistolaires, quotidiens pendant dix ans, entre Marie-Caroline et lady Hamilton, qui expliquent plus qu’ils ne les justifient peut-être, les accusations de commerce, les liens d’intimité saphique dont les mémoires et pamphlets du temps ont créé la chronique scandaleuse. Où sont-ils? Ils ont sans doute été la proie, la juste proie du feu qui purifie tout, du feu qui a dévoré les archives du tribunal de la Terreur royaliste de 1799, du feu qui a dévoré aussi, si elle a jamais existé, les traces et les preuves de cette intimité plus suspecte que coupable où des formules de sentimentalité dépravée, des orgies de bavardage à deux, des flatteries et des chatteries de coquetterie mutuelle ont peut-être été l’unique crime de deux femmes qui ont peut-être eu la curiosité du vice, mais qui certainement aimaient surtout les hommes. Toujours est-il que la preuve manque de ce degré d’intimité dont lady Hamilton, après la mort de son mari et de son amant, et la misère noire qui suivit n’ont pas manqué de vendre le secret. Il n’existe pas de traces de ce chantage qui ne l’eut pas fait reculer. Nous ne croyons donc qu’à la funeste et honteuse intimité et complicité politique qui produisit ce chef-d’œuvre scélérat: la Terreur de 1799, et la malédiction qui punit ses auteurs. Elle trouva une première sanction dans la mort glorieuse mais prématurée, et non sans regrets et sans remords, de Nelson à Trafalgar (i8o5), dans la mort subite et désespérée de Marie-Caroline (1814)., dans la mort cynique et le testament épigrammatiqne de sir William Hamilton (i8o3), dans la mort misérable de lady Hamilton déchue, ruinée, enlaidie, enterrée au hasard, sans que nul puisse retrouver cette dernière trace, par un sergent de ville et un vieil invalide irlandais, derrière les piles de bois d’un chantier.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Théâtre Cluny. — Doit-on le dire? comédie en trois actes, de MM. E. Labiche et A. Duru (Reprise). — Le Livre bleu, comédie en un acte, de MM. E. Labiche et Blum (Reprise).
- Il y a deux manières dans la facture de M. Labiche. Tantôt l’auteur adopte une idée ingénieuse, un élément de comédie, net et franc et il traite son idée en lui donnant, avec une argumentation serrée, tous les développements qu’elle comporte. Il montre sous forme caricaturale le côté profondément humain du caractère de ses personnages et enchaîne avec une rigoureuse logique les événements, de manière à amener ce jeu d’action si amusant, ces étonnantes situations, cette combinaison imprévue de cocasseries dont il a le secret. Et le spectacle provoque d’autant plus notre hilarité qu’à chaque instant nous nous rendons compte de la réalité des sentiments mis en jeu et de la vérité des déductions comiques qui en sont tirées. C’est à ce genre que ce rattachent : le Voyage de M. Berrichon, la Poudre aux yeux, Celimare le bien-aimé.
- D’autres fois, M. Labiche se laisse entraîner par la gaité de son imagination. Il se contente d’indiquer seulement son idée, et au lieu de la suivre par des procédés d’analyse bien déterminés, il quitte son point de départ pour s’élancer dans ^abracadabrante fantaisie. C’est à ce second genre qu’appartient Doit-on le dire ? Et si l’on ne peut déclarer que cette pièce' soit une des meilleures
- comédies du charmant académicien, elle n’en reste pas moins une de ses farces les plus désopilantes.
- Doit-on le dire ? on sait ce que cela signifie. Est-il du devoir d’un ami d’ouvrir les yeux, à l’époux ahuri par sa femme ? Tliat is the question ?
- Muserolle a rendu jadis à Gargaret le signalé service de lui apprendre que sa femme le trom-prait. Là-dessus, Gargaret s’est séparé de son indigne épouse. Muserolle s’est marié à son tour. Gargaret accourt du fond des Ardennes où il vit solitaire comme le sanglier, brûlant de rendre à son ami le service qu’il a reçu de lui. Heureusement l’occasion ne tarde pas à s’en rencontrer. Dès lors la fantaisie de M. Labiche se donne libre carrière et promène le spectateur ahuri et ravi à travers un enchevêtrement de quiproquos étourdissants et de scènes inénarrables.
- La fameuse scène de consultation dans laquelle Gargaret, irrésolu, pris de scrupules, cherche par des questions détournées et d’apparence saugrenue, adressées à l’amant, au notaire, au mari lui-même, à savoir si décidément il faut le dire, est un des plus drôles qu’il se puisse imaginer, avec son dialogue d’une exquise folie. On se rappelle le ton de ce dialogue :
- — Un coq a nourri pendant six mois un canard
- de son lait, dit Gargaret..
- — Mais les coqs n’ont pas de lait, s’écrie le marquis de Papaguanos, ce sont les poules.
- M. Montiarvel, le lemarquable acteur que la Presse s’était décidée à signaler dans Y Homme de Paille et dans la Revue des Menus Plaisirs, a joué le rôle de Muserolle avec un comique étourdissant. M. Dorgat est excellent dans celui de Gargaret. Quant à Mesmacker, il a su conserver au marquis de Papaguanos la physionomie impayable que lui avait imprimé jadis Brasseur. Extraordinaire, ce gentilhomme qui tousse toujours, non qu’il soit asthmatique, mais parce qu’il est affligé d’un cure-dents malencontreusement avalé , lequel lui remonte dans la gorge, quand le temps change.
- Mesdames Jane Debayet Aimée Martial ont les qualités nécessaires, requises par le genre de rôles féminins de Cette comédie-bouffe : elles sont très jolies personnes et portent fort agréablement la toilette. Elles sont d’ailleurs toutes deux intelligentes et disent avec finesse, ce qui ne gâte rien.
- Doit-on le dire ? est précédé sur l’affiche de le Livre bleu.
- A ce propos, l’on ne saurait trop féliciter la direction de Cluny d’avoir rompu avec cette bizarre tradition, qui consiste à offrir toujours au public, avant le grand spectacle de la soirée, une petite niaiserie ou absurdité quelconque. Cette fois on donnait une charmante petite comédie, d’ailleurs très convenablement jouée, et propre à satisfaire les spectateurs qui ne dédaignent pas d’arriver de bonne heure au théâtre et désirent se couper leur tranche de plaisir aussi large que possible.
- Léon Gandillot.
- L’Eldorado veut faire concurrence à l’Opéra. Il vient de monter un ballet noté par M. Banès sur des vers de M. Paul Bilhaud et qui porte le titre bizarre de « Zilda » ou « Fume^-moi çà ». Le sujet est, en effet, un peu enfumé. Autant qu’il est permis de le deviner, il s’agit d’une jeune fille que son père ne donnera qu’à un culotteur de pipes et qu’un amant, ennemi de la nicotine, obtiendra grâce à des essais loyaux qui montrent clairement î’état de son cœur. De jolies femmes, mais une musique assez dure, pleine de réminiscences et sans l’originalité nécessaire à de telles compositions. Somme toute, succès médiocre, malgré les applaudissements maladroits d’amis dont les claquements de mains intempestifs ont pu faire croire que la pièce était claquée.
- Mme Berthe Carpentier, qui prête ses jambes à Zilda, a prouvé plus de jarret que de mémoire : elle est d’ailleurs charmante et on ne peut la blâmer d’avoir oublié le nom d’un auteur que son œuvre ne fera point passer à la postérité.
- N.-B. — Nous venons de lire, dans le dernier supplément du Figaro, les vers de M. Paul Bilhaud. C’est de l’esprit rimé, du meilleur, et qui n’a d’autre défaut que d’avoir inspiré M. Banès.
- Le premier bal masqué de l’Opéra est fixé au samedi 6 février. Les abonnés de l’Opéra et les grands cercles de Paris ont déjà retenu leurs loges. Tout fait donc présager une brillante inauguration des fêtes du Carnaval de 1886.
- Arban dirigera l’orchestre de la salle de bal et prépare un répertoire des plus entraînants. Quant aux concerts-promenade de l’avant-foyer, c’est M. Broustet qui est chargé, cette année, de diriger cet orchestre, qui n’est pas un des moindres attraits des bals de l’Opéra. Parmi les principales œuvres qu’il compte faire entendre cet hiver, nous citerons celles de Delibes, Massenet, Saint-Saëns Joncières, Godard, Reyer, Métra, Pugno, Gung’l’ Strauss, etc. etc.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT ot O, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur y
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. Exposition d’Anvers: Nominations; 2. L.’Exposit'on de 1889 ;
- 3. Troisième exposition internationale des XX, â Bruxelles;
- 4. Les Concours agricoles régionaux en 1886; 5. L’Exposition et le Conseil municipal ; 6. Le Distillateur-liquoriste de Paris ; 7. Echos ; 8. Les Expositions artistiques ; 9. Les Fêtes de l’industrie et du commerce ; 19. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 9. Les Livres ; 10. Les Théâtres.
- Nous publierons dans notre prochain numéro la. liste complète des croix du Cambodge accordées à l’occasion • de l’Exposition d’Anvers.
- EXPOSITION D’ANYERS
- NOMINATIONS
- DANS
- L’ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- Grand Cordon :
- M. A. Beernaert, ancien ministre de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics, actuellement ministre des finances.
- Grands Officiers :
- MM. le chevalier A. M. J. de Moreau, ministre de l’agriculture, de l’industrie et des travaux publics ;
- J.-B. Delcour, ancien ministre de l’intérieur, membre de la chambre des représentants, copimissaire de la/section internationale de renseignement des arts libéraux et arts industr-réls, à l’Exposition universelle d’Anvers.
- Commandeurs :
- MM. Victor Lynen, négociant, consul du Chili, président du comité exécutif, administrateur de la société anonyme, président adjoint de la commission chargée d’encourager la participation des producteurs belges, président adjoint du comité central permanent de l’Exposition universelle d’Anvers ;
- Eugène Meeus, industriel, membre de la chambre des représentants, vice-président de la commission chargée d’encourager la participation des producteurs belges, vice-président du comité central permanent de l’Exposition universelle d’Anvers ;
- Ernest Slingeneyer, artiste peintre, membre de la chambre des représentants et de l’Académie royale de Belgique, vice-président du jury d’admission de l’Exposition universelle des beaux-arts d’Anvers ;
- L. Somzée, ingénieur, membre de la chambre des représentants, vice-président du sous-comité technique d’électricité, commissaire de la question internationale d’électricité, membre du comité central permanent de l’Exposition universelle d’Anvers ;
- Comte A. de Beaufort ;
- Léopold de Wael, bourgmestre de la ville d’Anvers, président d’honneur du comité exécutif, vice-président de la commission chargée d’encourager la participation des producteurs belges, vice-président du comité central permanent de l’Exposition universelle d’Anvers.
- Dimanche 14 Février 1886.
- Officiers :
- Ch. Simons, membre de la Chambre des représentants ;
- J. Gody, secrétaire du comité technique, secrétaire général du commissariat général du gouvernement ;
- C. Morisseaux, chef de cabinet du ministère de l’agriculture ;
- L. Systermans, membre de la chambre des représentants ;
- C. Bernard, directeur de l’administration de l’agriculture et de l’industrie ;
- F. Â. Mouceau, inspecteur général des douanes ;
- Van Ruyssel, consul général de Belgique ;
- Chevaliers :
- L. Gody, secrétaire du sous-comité technique d’électricité à l’Exposition d’Anvers ;
- le chevalier Hynderick ;
- Edouard Jouniaux ;
- Pierre Koch, sénateur général du comité exécutif ;
- M. Mourlon, conservateur du musée d’histoire naturelle ;
- L. Nothomb', ingénieur ;
- E. Pavoux ;
- E. Rodenbach ;
- Eloy van Humbeck ;
- de Ville-Chatel ;
- Bouvier ;
- Ringeret ;
- Reynaert ;
- Davtgnon ;
- L. de Cazenave, secrétaire de la section belge ;
- A. Gœmaere, président du comité international de la presse ;
- NOMINATIONS
- DANS L’ORDRE LÉOPOLD
- Grand’Croix :
- « M. Pierre Legrand, ancien ministre du commerce.
- Grands Officiers :
- MM. J.-L.-E. Meissonier, artiste-peintre, membre de l’Institut , président du jury d’admission pour la peinture, à l’Exposition universelle des beaux-arts, à Anvers ;
- Rousseau, artiste-peintre ;
- Turquet, député, sous-secrétaire d’Etat, au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Commandeurs :
- MM. Cornut, membre du jury ;
- Dietz-Monnin , sénateur, président de la sous-commission française d’organisation à l’Exposition d’Anvers ;
- Félix Faure, député, ancien sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, président du comité d’organisation de l’exposition coloniale, à Anvers;
- J. Hébrard, sénateur, membre du comité d’organisation de l’Exposition coloniale d’Anvers ;
- Robcis Borghers, commissaire général de la République française à l’Exposition d’Anvers.
- Officiers
- MM. Carnot, ingénieur en chef des mines, membre du jury ;
- Delaunay ;
- Grison ;
- Grodet, sous-directeur des colonies, commissaire de l’Exposition coloniale française ;
- NUMÉRO 5g.
- MM. Kaempfen, directeur des beaux-arts;
- Georges Lafenestre, commissaire général de l’Exposition des beaux-arts;
- LAVALLORT ;
- Lefebvre, artiste peintre ;
- Mouthiers, commissaire de la section industrielle et commerciale française ; Ortolan, membre du jury:
- Pichot, membre du jury;
- Servant, membre du jury;
- Vivier des Vallons, commissaire de l’Exposition algérienne ;
- Chevaliers :
- MM. Aumont ;
- Baltet, membre du jury ;
- Barrias, artiste sculpteur ;
- Bernard, membre du jury;
- Bessonneau, membre du jury ;
- Bresson, membre du jury;
- Céran-Maillart, membre du jury;
- Cornu, membre du jury;
- Deloncle, membre du jury;
- Demole, membre du jury; de Nozeille, commissaire-adjoint de l’Exposition coloniale française ; des Tournelles, commissaire-adjoint à la section française ; de Verninac, membre du jury; de Vrindt, chancellier attaché au consulat général français à Anvers :
- Dumesnil, membre du jury;
- Follot, membre du jury;
- H. Giudicelli, sous-commissaire de l’Exposition des beaux-arts ;
- Gobert;
- Gand, membre du jury ;
- Halphen, secrétaire de la commission d’organisation ;
- Haussmann ;
- J.-J. Henner, artiste peintre;
- Hetzel, membre du jury ;
- Jarlaud;
- Legour-Longpré,
- Le Coustellier ;
- J. Leroy, membre du jury;
- .Magniez ;
- Miray ;
- Monduit ;
- Mulot, membre du jury;
- Nivert, membre du jury;
- Ollendorf, chef de cabinet du ministre du commerce ;
- Olry, membre du jury;
- Pasquier ;
- P. Puvis de Chavannes, artiste peintre ; Rebour, membre du jury ;
- Rodanet, membre du jury;
- Seligmann.
- Suffit, architecte de la section française et membre du jury;
- Williamson, membre du jury.
- Nous recevons ces listes au moment de mettre sous presse ; nous ne pouvons compléter les qualifications qui manquent. Nous reviendrons, d’ailleurs, la semaine prochaine sur ces décorations. Constatons, dès aujourd’hui, que le commissariat français est assez bien partagé ainsi que les membres du jury. Que reste-t-il pour les exposants ?
- H.-F. C.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Contrairement à ce que certains journaux ont annoncé hier, le ministre du commerce et de l’industrie n’a pas encore déposé sur le bureau de la Chambre son projet relatif à l’Exposition de 1889.
- Ce projet est entièrement achevé et conforme
- MM.
- MM.
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- Dimanche 14 Février iSSu.
- 5o. — Deuxième Année. — N° 5ç>.
- aux indications que nous avons données il y a quelques jours. Mais avant de le déposer, M. Lockroy tient à être fixé sur le point de savoir si les nations étrangères prendront part à cette grande Exposition.
- Sur sa demande, le ministre des affaires étrangères a chargé nos représentants auprès des puissances de prendre l’avis des gouvernements auprès desquels ils sont accrédités, et ce n'est que lorsque les réponses seront arrivées que le projet sera déposé.
- TROISIÈME EXPOSITION
- INTERNATIONALE
- DE
- PEINTURE, DE SCULPTURE, DE GRAVURE & DE DESSIN
- organisée
- PAR LES XX, A BRUXELLES
- La troisième exposition annuelle organisée par les Vingt, vient de s’ouvrir au Palais des beaux-arts de^Bruxelles.
- Très important est, cette année, l’envoi des invités, parmi lesquels nous rencontrons des noms justement renommés, les uns pour leur talent fin et consciencieux, les autres pour être les grands pontifes de l’intransigeance en art.
- Nous ne savons vraiment pas ce que le fier et grand artiste qui s’appelle Claude-Ferdinand Gaillard vient faire dans ce milieu où la folie de l’extravagance fait prime et où l’impressionnisme atteint son paroxysme. Lui, Gaillard, qui est un ciseleur de la forme, qui approfondit jusqu’à la minutie tout ce qu’il touche, en vrai descendant de Holbein ou plutôt de Mantegna, ce n’est certainement pas ici que nous croyions le rencontrer. Son portrait d’après nature de S.-S. Léon XIII est merveilleux de recherche savante et d’étude du caractère du souverain Pontife. La tête de M. l’abbé Debaise est encore extrêmement fouillée et d’une exécution superbe. Ses gravures sont connues. Les Pèlerins d’Emmaüs, Saint Georges, la Vierge et le R.-P. Hubin, sont autant de chefs-d’œuvre devant lesquels la critique s’incline avec respect..
- Le Portrait de femme, de Paul-Albert Besnard est d’une belle facture et a de l’aspect.
- Roty expose plusieurs médailles justement appréciées.
- Viennent ensuite, parmi les invités,Claude Monet et Auguste Renoir,'deux révolutionnaires qui vont faire en Belgique autant de victimes qu’ils en ont fait en France. Il serait absurde et ridicule de nier le talent de ces deux artistes mais leurs tableaux font le plus souvent l’effet de feux d’artifice.
- Au même ordre d’idées, versant dans les colorations ultra-fantaisistes, appartiennent Fredrik Kolsto, Christian Krohg et Adolphe Monticelli.
- James M. Neill Whistler s’est voué au noir et y noie tous ceux qui se font « pourtraicturer » par le peintre anglais.
- Charles Hermans et Léopold Speekaert, deux belges, ne se distinguent que par leur mauvaise peinture.
- Voilà pour les invités.
- Parmi les Vingt nous remarquons avant tout Fernand Khnopfï qui, lui, sacrifie à la minutie, au symbole et aux sphinx. Ses sujets appartiennent à un monde qui n’est ni antique ni moderne. Il puise ses inspirations un peu partout. Il y a là du Gustave Moreau, du Mantegna et beaucoup de Holbein. Son art est consciencieux et nous ne voyons pour Khnopfï quel rapport il peut avoir avec ses amis les impressionnistes. Nous nous sommes renseigné à ce sujet auprès de certains fidèles de la petite église, mais on n’est point parvenu à nous donner une explication admissible.
- Félicien Rops fait de l’art..., mais non, il vaut mieux ne pas s’arrêter à ces choses-là.
- Celui qui parait être le grand prêtre des inten-tionnistes de l’impressionnisme, c’est James Ensor, suivi de près par ses amis, Jan Toorop, Willy-A. Finch et Guillaume Vogels. Il nous serait difficile de décrire ces œuvres qui attirent par une certaine harmonie de couleurs prise en dehors de tout effet de jour, de nuit ou de lumière. Tout est à eux là-dedans. Ils se sont créé un soleil comme une terre à eux. Personne n’a jamais vu ni leurs personnages,.ni leurs intérieurs, ni leurs paysages. A ce point de vue cela ne manque pas d’intérêt.
- Théo Van Rysselbergho et Frantz Charlet, deux jeunes artistes qui promettaient, se sont laissé embrigader par les nouvelles théories et aujourd’hui ne font plus rien de bon.
- Isidore Verheyden qui déjà se faisait une réputation, va complètement à la dérive et a perdu toutes ses qualités.
- Jean Delvin et Gustave Vanaise font de la peinture bourgeoise.
- Dario de Regoyos voit sa patrie en noir.
- Rodolphe Wytsman nous semble en progrès et
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- fait prévoir que d'ici peu il ne fera plus partie des Vingt. Il tâchera de paraître aux expositions avec de bons tableaux se recommandant par leurs qualités réelles et qui, par conséquent, n’ont pas besoin de la grosse caisse ni de la réclame à outrance.
- E. L.
- LES
- CONCOURS AGRICOLES REGIONAUX
- EN 1886
- Laval
- Le concours d’animaux reproducteurs, d'instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Côtes-du-Nord, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine, de la Loire-Inférieure, de Maine-et-Loire, de la Mayenne et du Morbihan, se tiendra, en 1886, du Ier au q mai, dans la ville de Laval.
- Marseille
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône, de la Corse, du Gard, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et du Var, se tiendra, en 1886, du 1e1' au 9 mai, dans la ville de Marseille.
- Bourges
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ailier, du Cher, de l’Indre, d’Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher, du Loiret et - de la Nièvre, se tiendra, en 1886, du 8 au iû mai, dans la ville de Bourges.
- Agen
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Gers, des Landes, de Lot-et-Garonne, des Basses-Pyrénées et des Hautes-Pyrénées, se tiendra, en. 1886, du i5 au 20 mai, dans la ville d’Agen.
- Lille
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Aisne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise et de la Somme, se tiendra, en 1886, du i5au 2 3 mai, dans la ville de Lille.
- Evreux
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements du Calvados , de l’Eure , d’Eure-et-Loir, de la Manche, de l’Orne, de la Sarthe et de la Seine-Inférieure, se tiendra, en 1886, du 22 au 3o mai, dans la ville d’Evreux.
- Dijon
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Ain, de la Côte-d’Or, du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône, de Saône-et-Loire, de l’Yonne et la circonscription de Belfort, se tiendra, en 1886, du 29 mai au 6 juin, dans la ville de Dijon.
- Limoges
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de la Charente, de la Charente-Inférieure, de la Dordogne, de la Gironde, des Deux-Sèvres, de la Vendée, de la Vienne et de la Haute-Vienne, se tiendra, en 1886, du 29 mai au 6 juin, dans la ville de Limoges.
- Chambéry
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements des Basses-Alpes, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l’Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie et de Vaucluse, se tiendra, en 1886, du 3 au 14 juin, dans la ville de Chambéry.
- Guéret
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l’Aveyron, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse, du Lot, du Tarn et de Tarn-et-Garonne, se tiendra, en 1886, du 5 au 14 juin, dans la ville de Guéret.
- Sedan
- Le concours d’animaux reproducteurs, d’instruments et de produits agricoles institué, chaque
- année, dans la région comprenant les départements des Ardennes, de l'Aube, de la Marne, de la Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges, se tiendra, en 1886, du 5 au 14 juin, dans la ville de Sedan.
- Les concours d’animaux reproducteurs, d'instruments et de produits agricoles institué, chaque année, dans la région comprenant les départements de l'Ardèche, de la Loire, de la Flaute-Loire, de la Lozère, du Puy-de-Dôme et du Rhône, se tiendra, en 1886, du 19 au 27 juin, dans la ville de Clermont-Ferrand.
- ¥ ¥
- A ces différents concours seront décernés la prime d’honneur, les prix culturaux, les prix d’irrigation et les médailles des spécialités accordées aux 'agriculteurs des départements de la Mayenne ; des Bouches-du-Rhône : du Cher ;
- du Lot-et-Garonne; du Nord ; de l’Eure ; de la Côte-d’Or ; de la Haute-Vienne; de la Savoie ; de la Creuse ; des Ardennes ; du Puy-de-Dôme ;
- dont les exploitations, visitées en 1885, et, s’il v a. lieu, en 1886, par la commission de la prime d’honneur, auront été jugées dignes de ces récompenses.
- Seront également décernées : la prime d’honneur de la petite culture, la prime d’honneur de l’horticulture et les prix destinés à récompenser les journaliers ruraux et les serviteurs à gages.
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- Pour être admis à exposer dans ces divers concours, on doit en faire la déclaration au ministre de l’agriculture. Cette déclaration devra être parvenue au ministère, à Paris, aux dates désignées ci-après :
- Laval et Marseille, le icr avril 1886. — Bourges, le 3 avril. — Agen et Lille, le 10 avril. — Evreux,.. le 20 avril. — Dijon et Limoges, le 2 5 avril. — Chambéry, Guéret et Sedan, le 1e1' mai. — Clermont-Ferrand, le i5 mai.
- On peut se procurer les programmes de ces divers concours et les formules de déclarations au. ministère de l’agriculture et à toutes les préfectures et sous-préfectures.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Les arguments d’ordre économique produits au. Conseil municipal contre le projet d’Exposition. ne sont pas nouveaux ; ce n’est pas la première lois qu’on entend dire que les Expositions font hausser le prix des denrées et celui des loyers, c’est le simple effet de la loi de l’offre et de la demande et ce phénomène nécessaire n’a rien que de très, naturel. Oui, les prix fixes des restaurants augmentés au début de l’Exposition, restent, quand celle-ci est terminée, au même taux; un dîner de 2fr. 5o-.en 1886 coûtera 3 fr. en 1889 et ne reviendra plus jamais à 2 fr. 5o. Oui, un loyer de 900 fr. sera porté à 1,000 fr., et s’y maintiendra. Les Expositions sont en quelque sorte le passage brusque d’un état économique à un autre transition qui, sans elle, serait faite plus lentement, plus difficilement, mais avec non moins de certitude. L’expérience du passé le prouve et je ne crois pas qu’il faille regretter ces périodes intermédiaires quelquefois si longues et toujours pénibles, qui marquaient autrefois la hausse des prix en rapport avec la diminution des valeurs monétaires intrinsèques.
- D’ailleurs la rapidité des phénomènes économiques et la surélévation brutale et définitive des prix ne sont pas un mal, dans les conditions où elles se produisent actuellement. Elles ont une cause légitime devant laquelle tout le monde s’incline et une répercussion générale qui profite au plus grand nombre, l’augmentation du prix des denrées et du logement ayant pour conséquence' celle des salaires ; elles ont en outre, d’ordinaire, une compensation dans la réduction du prix des objets de luxe qui deviennent ainsi accessibles à une plus grande quantité de consommateurs dont notre civilisation raffinée a aiguisé les désirs ou les besoins.
- Objections et réfutations ont donc été présentées dans ces termes au sein de l’Assemblée municipale :. en fin de compte, la majorité s’est prononcée en faveur de l’Exposition._
- Cependant, la minorité se retranche encore derrière une raison purement financière, qu’elle veut donner comme péremptoire. Elle prétend que les recettes budgétaires.procurées par les Expositions sont bien loin d’atteindre au même chiffre que les dépenses correspondantes. Voyons au juste ce
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- Deuxième Année. — N° ?o.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Février 1886. — Si.
- qu'il en est. Il suffit, pour cela, d’examiner les comptes des recettes et des dépenses de la Ville de Paris pour les trois années qui ont précédé, compris ou suivi l'Exposition de 187S, par
- exemple.
- Les recettes ordinaires du budget primitif de 1877 avaient été prévues pour
- la somme de................ 2 13.848.276 tr. 84
- ' Elles se sont élevées à.... 222.390.335 65
- D’où un excédent de...... 8.742.028 fr. 81
- Les travaux de l’Exposition étaient alors en pleine vigueur : ils avaient amené à Paris un grand nombre d’ouvriers ; ce fut le signal d’une série d’opérations publiques ou particulières dont les effets son clairement démontrés par l'augmentation des produits aux chapitres sur lesquels elles devaient plus particulièrement agir.
- Le produit des centimes communaux offrit ainsi un excédent de................ 130.417 fr. 33
- L’octroi dépassa les prévisions de .... ................ 7.352.3i2 81
- Et les recettes de l’année précédente de................. 1.149.572 79
- La plus forte part de cet accroissement (plus de 3 millions), porte sur les droits frappant les matériaux de construction et les bois à ouvrer : l’administration préfectorale déclare elle-même qu’il faut en voir la raison dans les nombreuses constructions élevées sur l’avenue de l’Opéra et au Champ-de-Mars pour l’installation du palais de l’Exposition.
- L’augmentation du produit des
- eaux fut de...................... 280.o55 fr. 12,
- et si la redevance versée à la ville par la Compagnie du gaz est en diminution de 1 5o,ooo fr., cela tient à la douceur exceptionnelle de l’hiver de 1877, qui causa une baisse d’un million dans les droits perçus sur les combustibles; ce déficit a, du reste, été presque entièrement couvert par une plus-value considérable dans les produits du gaz _ consommé.
- Passons à l’année même de l’Exposition, à l’exercice 1878.
- Les recettes prévues (budget primitif ordinaire), sont de...................... 218.645 .495 fr. 29
- Les recettes constatées sont •de........................ 233.941.256 72
- D’où un excédent de........... 15.295.761 fr. i3
- Et de...................... 11.350.921 o7
- sur les recettes de l’exercice précédent.
- Le produit des centimes communaux est compris dans l’excédent des recettes réalisées sur les prévisions pour une somme de 168.955 fr. 28. L'octroi y figure pour 10.172.726 fr. 20 se décomposant comme suit :
- Boissons...................• 4.321.658 fr. 60
- Liquides autres que les boissons............................... 996.817 16
- Comestibles.................... 2.091.127 3q
- •etc., etc.
- Toutes augmentations compensant une diminution de plus de i.5oo.ooofr. sur les droits frappant les matériaux et les bois à ouvrer, due à l’achèvement des travaux de l’Exposition.
- L’accroissement du produit des halles et marchés, qui se monte à 576.267 fr. 01, porte pour près de 400.000 fr. sur les droits ad valorem perçus sur les ventes en gros. On peut, sans crainte d’erreur, considérer qu’il est, comme pour l’octroi, le résultat d’une consommation plus considérable, résultant de l’affluence des étrangers et des provinciaux à Paris.
- Les abattoirs donnent un excédent de 286.186 francs 26; — les locations d’emplacements sur la voie publique et dans . les promenades, i38.3o2 francs 08, chiffre dans lequel les dépôts de chaises et tables devant les cafés entrent pour 129.000 fr. Cette branche de produits, qui avait déjà procuré, en 1877, un excédent budgétaire de 64.000 fr., prit donc cette année un développement tout à fait exceptionnel, en raison delà foule des visiteurs venus pour l’Exposition.
- Les taux dépassent les prévisions de 1.073.582 francs 21. Enfin, la part de la ville dans les bénéfices de la Compagnie du gaz, plus forte de i.of 0.000 francs qu’en 1877, s’élève de 900.000 fr. au-dessus des recettes prévues.
- En 1879, les prévisions bud-
- gétaires sont de...../....... 223.724. 547 fr. 97
- Les recettes constatées de.. 236.438.769 26
- D’où un excédent de....... 12.714.211 fr. 28
- et de....................... 2.494.502 53
- sur les recettes de 1S78.
- Les centimes communaux présentent une augmentation de 306.492 fr. 22. Mais un recensement fait à la fin de 1878, en est la principale cause : il a permis de rectifier les erreurs et de compléter les rôles.
- L’octroi est en majoration de 9.343.824 fr. 39. Il fournit même 4-200.633 fr. de^plus qu’en 1878. Mais cette augmentation n’est qu’apparente, car il comprend en 1879 pour plus de trois millions de droits perçus à l’entrée sur le poisson, le beurre et les œufs, droits qui, en 1878,7 figuraient au chapitre des halles et marchés. L’excédent réel, réduit à 1.200.000 fr., est entièrement imputable à la consommation considérable de combustibles
- faite pendant l’hiver qui, comme on se le rappelle, fut terrible.
- Les halles et marchés ne donnent plus qu’un excédent de 216.072 fr. 26 et les abattoirs que ioo.33o fr. 82 ; mais les locations, sur la voie publique et dans les promenades, dépassent les prévisions de plus de 160.000 fr., les empiètements sur les trottoirs et sur les chaussées sont devenus une habitude et — l'Exposition, qui semblait seule les autoriser, disparue — continuent de plus belle au grand désespoir des piétons.
- L’excédent du gaz est de un million ; — de 100.000 fr. seulement sur le produit de^ l’année 1877; — celui des eaux ne s’élève qu’à 348.358fr. 22.
- Pour peu qu’on examine ces chiffres, quel-qu’incomplets qu’ils soient, on voit que les recettes de la Ville se sont accrues avant et pendant l’Exposition , suivant une progression géométrique continue, mais dont la raison a diminué dès l’année suivante. L’excédent budgétaire, d’abord de 8 millions en 1877, monte à i5 millions en 1878, puis redescend à 12 millions.en 1879. Cette marche est encore plus facile à suivre en relevant le produit des droits de stationnement perçus, durant ces trois années, sur les voitures publiques. Il accuse, en effet, d’une façon saisissante, le mouvement de la circulation , c’est-à-dire, en général, le mouvement des affaires.
- Ces droits de stationnement se répartissent pour les differents véhicules et les trois années susdites, d’après le tableau suivant :
- 1877 1878 1879
- Voitures publiques
- et mixtes....... 2,5oo,5.|.o 80 2,606,712 20 2,5 ro, 13(5 80
- Omnibus............ 1,274,290 61 1407,370 95 1,268,243 65
- Tramways............. 280,779 84 58g,964 07 521.168 40
- Voituresdebanlieue 3,oii Oo i,553 26 i,5o6 20
- Totaux..... 4,058,622 85 4,506,780 42 4,291,065 o5
- On sait, d’ailleurs, que c’est en 1878, année de l’Exposition, qu’a commencé le litige, encore pendant, entre la ville de Paris et la Compagnie des omnibus, relativement au partage des bénéfices qui, selon la première, ont atteint cette année-là le chiffre fixé par le cahier des charges et à partir duquel ledit partage doit avoir lieu.
- Ces résultats sont éloquents. L’année de l’Exposition est celle qui procure les excédents budgétaires les plus importants : elle est précédée d’une année également fort productive et son. influence se fait sentir sur les années suivantes qui profitent de la force acquise des améliorations de toutes sortes et des ressources financières accumulées pendant les exercices antérieurs.
- Qu’est-ce donc, pour une ville comme Paris, qu’une subvention de 8 millions, quand, d’un seul coup, dans l’unique année de l’Exposition, l’octroi peut la couvrir et verser meme, dans la caisse municipale, à titre d’excédent, une somme presque double ?
- Les craintes des honorables membres du conseil qui combattent encore le projet de l’Exposition de 1889, sont donc futiles. Loin de compromettre les finances de la Ville, cette solennité, quelques dépenses qu’elle entraîne, ne fera que les asseoir sur une base plus solide et donner pu budget parisien l’élasticité qui est bien près de lui manquer. C’est une excellente affaire pour la caisse municipale comme pour les caisses particulières et toutes les déclamations du monde ne feront pas qu’elle devienne mauvaise.
- LE DISTILLâTEUR-LIQU ORISTË
- DE PARIS
- Au moment où dans le'monde. commercial et industriel on ressent la nécessité de redoubler d’efforts dans le travail, en présence de la concurrence toujours croissante que nous fait l’industrie étrangère, il est bon de montrer quelle situation une législation mal ordonnée et soumise à de perpétuels changements, crée à une des branches les plus importantes de l’industrie et du commerce parisiens.
- Nous voulons parler de la législation spéciale qui régit le distillateur-liquoriste de Paris.
- On sait que tous les distillateurs-liquoristes jouissent en France de la faculté d’entrepôt, c’est-à-dire que leurs produits ne sont soumis aux droits qu’au moment où on les livre à la consommation. .
- Il n’en est pas de môme à Paris. Le distil-lateur-liquoristea payé tous les droits', (26G fr.05 par hectolitre d alcool) sur tous les produits fabriqués ou à fabriquer.
- Il en résulte pour lui une perte énorme en intérêt de capital, coulage, outillage, déchets de fabrication,etc., etc , dont sont absolument exempts les distillateurs-liquoristes de province. Mais où la situation du distillateur-liquoriste de Paris, mise en rapport av ec pelle de son confrère de province, est plus mjuste encore, c’est quand ce dernier, qui n a sup-
- porté aucun droit, présente ses produits à l'entrée de Paris, il lui suffît de payer 266 fr.05 par hectolitre d’alcool., tandis que le distillateur-liquoriste de Paris ne peut pas sortir un seul litre sans payer à nouveau tous les droits de province et sans pour cela qu’on lui rembourse les droits ..de Paris (266 fr. 05) déjà perçus.
- Le distillateur-liquoriste de province et de l’étranger peut présenter ses produits sur le marché de Paris, le distillateur-liquoriste de Paris ne peut rien sortir.
- A quoi servent donc l’ouverture de nouvelles voies commerciales, la création de. nouveaux débouchés commerciaux, l’acquisition de nouvelles colonies au prix de si grands sacrifices, si une branche importante de l’industrie parisienne est prisonnière dans les murs par suite d’une législation défectueuse '? Ce n’est pas que la question n’ait été souvent soulevée. Les pouvoirs publics eux-mêmes croient l’avoir résolue par le vote d’une loi le 20 juillet 1881. Mais il ne faut pas oublier que l’application de cette loi est sul3ordonnée à un règlement d’administration publique qui n’a pas encore vu le jour. Pendant ce temps, le distillateur parisien subit les effets désastreux d’une situation vraiment incroyable sous un régime qui a pour principe : « l’égalité de tous , les citoyens devant la loi. » Afin de mieux encore édifier nos lecteurs, nous allons parcourir rapidement avec eux les divers phases de la question :
- *
- * *
- Sous l’empire de la loi du 24 juin 1824, dont les dispositions essentielles n’ont été modifiées que par la loi du 26 mars 1872, la liqueur était imposée comme alcool pur. — Les distillateurs-liquoristes de Paris qui fabriquaient leurs liqueurs à l’intérieur, ne grévaient leurs produits qu’en raison de sa richesse alcoolique, puisque ne jouissant pas de la faculté d’entrepôt, il leur suffisait d’introduire l’alcool poulie convertir en liqueurs. Mais par contre,, répétons-le, ils ne jouissaient pas de la faculté d’entrepôt et ne pouvaient rien expédier au dehors sans payer à nouveau tous les droits.
- La loi du 26 mars 1872 modifiait la perception de l’impôt. Elle imposait la liqueur en raison de sa richesse alcoolique. Mais elle établissait une taxe de compensation de 60 francs par hectolitre d’alcool entrant dans la composition des liqueurs, pour maintenir le distillateur-liquoriste de Paris dans la situation spéciale créée par la loi de 1824.
- Laissons ici parler le rapporteur de la loi, M. Laurent :
- « La ville de Paris est dans une position « exceptionnelle, par rapport à la législation « sur les alcools, les liqueurs, etc., etc.; les .« distillateurs-liquoristes, les marchands en « gros ne jouissent pas de la faculté d’en-« trepôt; ils paient lès droits de consomma-« tion, d’entrée et d’octroi à l’entrée de la « ville, et lorsqu’ils réexportent .hors des « murs de Paris, il ne leur est fait aucune « restitution.
- ' « c’est dire que le marché delà province et « même de l’étranger est fermé à la fabrica-« tion parisienne, pour tout ce qui est relatif « aux spiritueux.
- « Le système que nous proposons donne-« rait, aux industriels et commerçants pari-« siens, la juste compensation qui leur est « due, car la surtaxe de 60 francs, que nous « proposons sur l’alcool entrant dans la coince position des liqueurs, ne frapperait pas « l’alcool introduit dans Paris et servant à « tous les fabricants de liqueurs. Ce système « ne s’appliquerait qu’aux produits de la pro-cc vince, et par suite, les choses resteraient « ce qu’elles sont aujourd’hui, c’est-à-dire « qu’on n’introduira dans Pans que des cc liqueurs très fines, très spéciales et pouce vant supporter une tarification élevée. »
- La loi du 26 mars 1872 eut son effet jusqu’au 3 juillet 1880, époque à laquelle on intercala, comme par surprise, dans la. loi de dégrèvement des sucres, une disposition portant abrogation de l’article 5 de la loi du 26 mars 1872, qui établissait la taxe de compensation.
- On croyait dégrever les sucres,^on dégrevait en même temps l’alcool entrant dans la composition des liqueurs, et le trésor perdit de ce chef une recette de cinq à dix millions de
- Voir la suite page 54.
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- 52 et 53. — Deuxième Année. — N° 58.
- LE MONITEUR DEPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Février 1886
- SPÉCIMEN DU DIPLOME DE |P°SITI0N DE LONDRES
- 1884-iSS5
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- 5q. — Deuxième Année. — N° 5o.
- francs. L’industrie des distillateurs-liquoristes de Paris était frappée.
- Toutes les législations fiscales de 1824 à 1880 avaient sauvegardé ses droits résultant d’une situation exceptionnelle, une simple disposition incidente en faisait table rase.
- Cependant, cette disposition fut arrêtée au Sénat par un sénateur parisien, M. Tolain.
- Il démontra quel préjudice on allait causer à une industrie parisienne, et quelle injustice on allait commettre à son égard. Cette fois, M. Tolain fit mentir le proverbe, « il fut prophète en son pays ». Il suffira, pour s’en convaincre, de comparer le chiffre actuel des affaires dans cette industrie, aux chiffres précédents.
- M. Wilson alors sous-secrétaire d’Etat, répondit à M. Tolain au nom du ministre: « que prompte satisfaction serait donnée aux « justes réclamations des distillaleurs-liquo-« ristes de Paris » et la loi de dégrèvement fut votée parle Sénat.'Cela avait lieu le 15 juillet 1880.
- Le ministre venait de prendre un engagement, on ne pouvait s’y soustraire. C’est alors que la « loi d’admission temporaire » (20 juillet 1881, un an après) fut votée, en subordonnant son application à un règlement d’administration publique qui se fait toujours attendre.
- Le projet de budget de 1885, présenté, par M. Tirard, alors ministre des finances, rétablissait la taxe de compensation. Mais, à la veille des élections, la Chambre, dont les pouvoirs allaient expirer, craignit qu’on ne vît là une augmentation d’impôt et le projet ne fut pas adopté.
- Voilà pourquoi depuis le 3 juillet 1880, une importante industrie parisienne souffre et ne peut se développer. Il est temps que les pouvoirs publics y songent.
- Dans un moment où le travail souffre, où l’activité commerciale et industrielle ont besoin de la réunion de toutes leurs forces pour la lutte, nous espérons qu’ils ne voudront pas, par leur non-intervention, encourir la responsabilité d’avoir contribué à une injustice qui peut causer la ruine d’une industrie qui prospérait autrefois sous une législation équitable.
- E. Pelpel.
- ÉCHOS
- Paris
- L’association des artistes peintres, sculpteurs, architectes , etc., organise une exposition de l’œuvre de Paul Baudry. Cette exposition s’ouvrira à l’Ecole des beaux-arts, le 1er avril prochain.
- * *
- Nous empruntons au Journal des Arts les renseignements suivants :
- La commission du comité des Fêtes parisiennes, spécialement chargée d’étudier la partie artistique du grand cortège historique et allégorique projeté pour le mois de mai prochain, s’est réunie lundi à l’Hôtel de Ville. M. Alpliand présidait, ayant à sa droite M. Bailly et à sa gauche M. Guillaume. Un grand nombre a’artistes s’étaient joints, pour cette réunion, au bureau du comité ; et cette affluence a permis de désigner nominativement dès à présent les personnes qui ont bien _ voulu se charger d’étudier spécialement, au point de vue artistique (costumes, uniformes de milices, dessins de chars, groupement, etc.), les différentes subdivisions du cortège.
- C’est ainsi qu’ont été chargés :
- Pour la partie historique :
- MM. Garnier, peintre, et Chaperon, de l’étude du groupe et du char du prévôt de Paris (vers 1552) ;
- M. Frèmiet, du groupe et du char des Nantes (époque gallo-romaine, ve ou vie siècle) ;
- MM. Clairin et Merson, du groupe de l’alimentation (époque de saint Louis , vers 1250) ;
- M. Chaperon, du groupe et du char de la joaillerie (époque de Philippe le Bel, vers 1300) ;
- MM. Clairin et Merson, du groupe et du char des inétaux (époque de Charles V, vers 1370).
- M. Pille, du groupe et du char des tissus et étoffes (époque de Charles VI, vers 1420) ;
- MM. Merson et Clairin, du groupe et du char des cuirs et peaux (époque de Charles VII, vers 1450);
- M. Schmit, du groupe et du char du bâtiment et industries diverses (époque de Louis XII, vers 1510) ;
- M. Zier, du groupe et du char du prévôt des marchands (époque d’Henri II, vers 1552).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Février 1886.
- Pour la partie allégorique
- M. le comte Lepic, du groupe et du char do la chasse historique (époque de Charles IX ) ;
- M. Levastre, du groupe et du char de l’horticulture (époque d'Henri IV) ;
- M. Escalier, du groupe et du char du commerce (époque de Louis XIII) ;
- M. Bailly, président de la Société des artistes français, du groupe et du char des beaux-arts (époque de Louis XIV) ;
- M. Pascal, du groupe et du char de la librairie, de l’imprimerie et de la presse (époque de Louis XV);
- MM. Clairin et Rubé, du groupe et du char des sciences (électricité, gaz, etc.) ;
- M. Dalou, du groupe et du char des chemins de fer ;
- MM. Bartet, Formigé et Carpe/.at, du groupe et du char de la ville de Paris.
- *
- % %
- Le 20 mars prochain s’ouvrira la 2e exposition internationale de Blanc et Noir. Le jury de cette exposition a déjà tenu deux séances sous la présidence de M. Eugène Guillaume, membre de l’Institut. li a été convenu qu’à cette exposition seraient jointes 2 sections nouvelles spécialement consacrées aux aquarelles et aux pastels et aux dessins d’enseignement. MM. G. Boulanger, Vibert et Emile Lévy ont accepté do faire partie du jury.
- * 4.
- Le conseil d’administration de l’Union centrale des Arts décoratifs s’est réuni au palais de l’Industrie, pour étudier le projet de la prochaine exposition que pourra organiser cette société.
- *
- * &
- Départements
- La deuxième exposition de Toulouse s’ouvrira le 15 avril 1886; elle sera organisée comme celle de l’année dernière pari’Union artistique de Toulouse.
- *
- ETRANGER
- Allemagne
- Le jury chargé d’examiner les esquisses présentées au concours pour la décollation de l’hôtel de ville de Berlin, vient de rendre son jugement à la suite de l’exposition dont nous avons parlé.
- Le premier prix de 15,000 marks a été décerné au peintre Muehlenbruch ; le second de 10,000 marks au peintre Louis, enfin le troisième de 5,000 marks au sculpteur Eberlein. Ces trois artistes sont Berlinois.
- *
- Une exposition des œuvres du célèbre peintre Kaulbach, ouvre demain, lundi 15, dans les salons de la Société des architectes de Berlin»
- * *
- La grande Exposition internationale du centenaire de l’Académie royale des beaux-arts de Berlin (lor mai 1886), promet d’être des plus brillantes.
- Otto Donner van Richter de Francfort, le peintre bien connu, exposera une grande composition historique, représentant la signature du traité de paix de 1871, dans une des salles de l’hôtel Sclnvann, à Francfort, entre le prince de Bismarck et M. Jules Favre, et en présence des comtes Henckel von Donnersmark, H. von Arnim, do Hatzfeld, MM. Pouyer-Quertier et de Goulard.
- *
- On nous écrit de Munich (Bavière), que le tableau de Raphaël, la Vierqe au sein, récemment découvert, on se le rappelle, par le professeur Nicolle, et exposé, il y a quelque temps, à Paris, serait sur le point d’être acheté, au prix de 500,000 fr. par le gouvernement bavarois, et prendrait place dans la galerie des maîtres anciens, à la Pinacothèque.
- *
- * 4
- Une exposition historique de la ville de Berlin est annoncée pour dimanche prochain, 21 février. *
- * *
- L’exposition de l’Association berlinoise artistique obtient un grand succès.
- *
- On nous signale également une exposition assez intéressante par une société de femmes artistes.
- Autriche-Hongrie
- Une exposition artistique du plus grand intérêt, organisée par le comte Esterhazy, a été ouverte la semaine dernière à Presbourg.
- Belgique
- Le grand concours annuel, dit concours de Rome, organisé par l’Académie royale des beaux-arts à Anvers, aura lieu en 1886 pour la peinture.
- Sont admis à concourir : les artistes belges, par
- naissance ou naturalisation, âgés de moins de 30 ans le jour de l’ouverture.
- Le lauréat recevra, pendant quatre ans, une pension de 5,000 francs pour continuer ses études à l’étranger.
- Le jury pourra décerner également un second prix (médaille d’or) et une mention honorable.
- L’ouverture du concours aura lieu le 5 avril prochain, à midi, à l’Académie des beaux-arts, à Anvers.
- Les demandes d’admission sont reçues jusqu’au 20 mars.
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- Les programmes des concours pour 1887 et 1888, organisés par l’Académie d’archéologie de Belgique (Anvers, rue Gounod, 23), viennent de paraître.
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- États-Unis
- L’exposition de l’Académie nationale ouvrira à New-York, le 5 avril prochain. Cette exposition est exclusivement américaine.
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- La trente-troisième exposition annuelle du club artistique de Boston est ouverte depuis le 16 janvier.
- Les ouvrages exposés ne sont qu’au nombre de 136, ce dont tous les journaux américains se félicitent, la qualité étant, en raison, inverse de la quantité.
- Quel sujet de méditations, quand on pense à l’encombrement de nos salons annuels !
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- LES
- EXPOSITIONS ARTISTIQUES
- EXPOSITION DES AQUARELLISTES
- L’aquarelle, cet art charmant, est décidément de plus en plus en faveur et recueille, chaque année, de nouveaux adhérents. Il faut nous en féliciter car les résultats obtenus sont merveilleux et font le plus grand honneur à notre école.
- La Société des aquarellistes français vient d’ouvrir au public sa huitième exposition, encore supérieure aux précédentes, car tout s’y coordonne, tout s’y fond et y prend une allure de, plus en plus sérieuse au point de vue du talent et des efforts réalisés.
- Malheureusement cette année il nous faut signaler trois abstentions d’artistes du plus grand mérite: M,no Madeleine Lemaire, MM. Edouard Détaille et Jean Béraud. C’est une désertion dont ils nous seront redevables à la prochaine exposition.
- M. D'uez nous a rappelé qu’il était peintre de fleur des plus habiles, en nous offrant des Chrysanthèmes et des Hortensias d’un éclat extraordinaire ; il y a là une richesse de coloris vraiment délicieuse. Ai-je besoin d’ajouter que son talent de paysagiste se trouve également en pleine verve dans les vues de Villerville ? Enfin son excellent envoi est complété par un Lapin qui sera assurément un des succès de ce petit salon.
- De M. Boutet de Monvel, de jolies et amusantes fantaisies enfantines anglo-japonaises.
- M. Heilbuth, si je ne me trompe, fait sa première entrée avec une série intitulée : Marée basse, Baignade, la Berge, l’Enclos, la Cueillette, la Rêverie. Bon début, qui dénote jusque dans ses paysanneries un talent bien parisien.
- En chien de faïence de M. Lambert nous montre le chien anglais de madame, tout fier sous son manteau de drap venant contempler avec un air goguenard très réussi, une potée de chats réunis autour de la jatte à lait. La verve de M. Lambert n’est plus à citer ; il excelle dans une spécialité dont on ne se lasse pas. iM. Emile Adan nous donne un Chemin de la Cascade très apprécié. Dans une allée ombreuse une jeune femme remet son soulier qui s’est détaché. La pose est gracieuse, la peinture excessivement fine. Sa Bouquetière, campée dans l’angle d’une porte, esquisse un sourire, je la voudrais peut-être plus abattue; son Garçon pâtissier est aimable à voir?
- M. Jean-Paul Laurens présente six sujets historiques d’une sévérité de ton et d’allure qui détonne peut-être dans le cadre élégant où les œuvres sont exposées. Je cite Hilpérick et Grégoire de Tours, Leudaste poursuivi, le Décret contre les Juifs, comme spécialement exécutés.
- Mme la baronne Nathaniel de Rothschild, qui n’en est plus à faire ses preuves, s’est pourtant surpassée dans quatre ravissants paysages et notamment dans sa Maison du père Jacques dont la rusticité naïve au milieu de son nid de feuillage séduit absolument les amateurs du vrai et du poétique tout à la fois. De M. Harpignies aussi il faut louer la note harmonieuse et véritable, sa série de paysages variés ne mérite que des éloges.
- J’aime peu la jeune Anglaise de M. Tissot qui s’estompe à peine sur un fond de verdure également mi-teinté ; je préfère sa Dame des chars d’une
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- Deuxième Année. — N° 5f).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q.
- Dimanche 14 Février 1S8G. — 3 S.
- bonne venue quoique sa main laisse un peu trop flotter les rênes. Même au retour, si cette étude avait été prise sur le vif, M. Tissot aurait pu constater qu’il v a une tension des bras et une cambrure voulue des reins qui donnent à l’écuyère un aspect énergique que sa figure n’a pas. Trop de calme et de pose devant le photographe.
- M. Worms est toujours un fidèle de la maison. 11 nous a présenté des portraits d’un ton chaud et d’un dessin irréprochable. Je citerai surtout celui de Mme Charpentier, bien vivant, bien éclairé. Les Deux Coqs et la Poule de M. Aimé Marot sont adroitement groupés, il y a de la vigueur dans cette jolie aquarelle. Les deux élégantes que M. Delort nous présente comme prêtes à entrer dans une gondole sur le Canal Tolentini à Venise sont dans le meilleur faire du peintre. C’est gai, c’est clair, réjouissant à l’œil et, ce qui ne gâte rien, du pinceau le plus délicat.
- Je signale les anges de M. Dubufe, les merveilleuses vues de Normandie de M. Yon,le Relais à la Neige de M. de Penne et je m’arrête aux deux motifs de M. Gilbert: Premières Cerises et la Bouquetière. Des fruits et des fleurs. Mais quels fruits Quelles fleurs ! Quelle couleur. Quel chatoiement !
- Nibert, le peintre de l’Espagne, parait dans toute sa vigueur et son intensité avec quatre types féminins superbes. Regarde/.-moi Ségovie, quelle crâ-nerie d’attitude, comme ce châle est brillamment campé sur l’épaule, comme l’œil de la Ségovienne étincelle et quelle pureté dans le retroussis de la lèvre. A ajouter aussi une belle tête de cardinal, d'un vermillon à faire cligner les veux.
- Un débutant à l’Exposition, M. Maurice Courant, s’est signalé par un Steamer échoué très artistiquement rendu ; un autre, M. Besnard, a donné diverses preuves très appréciées de son talent d’aquarelliste, sous les titres de Jour de pluie, le Bain, Germaine, les Etoiles et Lavoir de Viller-ville.
- O ce Villerville, nous l’accommode-t-on à toutes les sauces, le voyons-nous sous toutes les formes et par tous les tenaps. Espérons qu’un de ces jours Messieurs les peintres abandonneront cette charmante mais monotone plage qui n’offre plus un coin inexploré et que tous les artistes ont mise en coupe réglée depuis près de vingt ans.
- M. François Flameng pèche peut-être par excès de coloris. Les Bouffons italiens offrent au regard un papillottement et une variété de tons qui dénotent chez l’artiste une habileté extrême, mais nuisent peut-être légèrement à l’aspect défini de sa composition. Première au rendez-vous, de, M. Max Claude, est un charmant épisode, la pose de l’amazone est heureuse, le cheval est finement présenté.
- Enfin je citerai encore parmi les meilleurs ouvrages: le Vieux quai à Honfleur, M. Lucien Gros; le Portrait équestre, de G. Levas Brown; les aquarelles de M. Eugène Lami, les paysages de M. Français, etc., etc.
- Alfred Delilia.
- LES FÊTES DE L’INDUSTRIE
- ET DU COMMERCE
- M. le ministre de l’industrie ef du commerce a reçu la semaine dernière, M. Alphand, président, MM. Muzet et Michelin, vice-présidents ; M. Le-jard, secrétaire général; MM. Margueryet Loiseau, trésoriers; M. Bouvard, secrétaire du comité de direction des fêtes de l’industrie et du commerce parisiens.
- M. Edouard Lockroy a accepté la présidence du comité d’honneur et le patronage de ces fêtes. Il a en outre promis aux membres du bureau du comité qu’en toutes circonstances la Société des fêtes pouvait compter sur- son concours le plus dévoué et sur l’appui du gouvernement.
- Dans sa dernière séance, le comité a arrêté ainsi qu’il suit le programme générai des fêtes du printemps :
- journée. — Samedi 1e1' mai.
- Ouverture de l'Exposition des beaux-arts.
- Ouverture des fêtes foraines historiques dans les arrondissements. Ces fêtes seront organisées par les comités locaux avec le concours des municipalités et devront durer du ier au 16 mai.
- Retraites aux flambeaux dans les divers quartiers.
- 2e journée. — Dimanche 2.
- Carrousel militaire au Champ-de-Mars.
- Ouverture des fêtes du jour et de nuit aux Tuileries, au Palais-Royal et au Pont-Neuf. Ces fêtes dureront quinze jours.
- Grande fête de nuit aux Tuileries. Illuminations. Feux d’artifice.
- Continuation des fêtes locales.
- A®, 40 et 5e journées.—Lundi 3, mardi 4, mercredi 5_
- Ouverture de l’exposition, sur l’avenue de la Grande-Armée, des chars et des costumes du cortège historique avec l’inscription des noms des personnes qui les ont construits ou confectionnés, ainsi que des donateurs.
- Spectacle-gala à l’Opéra, à la Comédie-Française, au Châtelet, au profit de la Société.
- Continuation des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Palais-Royal, au Pont-Neuf.
- Second carrousel militaire au Champ-de-Mars, le mardi 4 mai.
- 6e journée. — Jeudi 6 mai.
- i1'0 sortie du cortège historique.— Itinéraire: avenue de la Grande-Armée, place de l’Etoile, avenue des Champs-Elvsées, place de la Concorde, rue Royale, ligne des boulevards de la Madeleine à la place de la Bastille (arrêt à la place delà Bastille), rue de Rivoli, rue Saint-Florentin, rue du Faubourg-Saint-Honoré (arrêt au palais de l’Elysée), avenue de VVagram, place de l’Etoile.
- Continuation des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Palais-Royal, au Pont-Neuf.
- Grande fête de nuit au Pont-Neuf. Illuminations, feu d’artifice.
- 7e et 8° journées. —Vendredi 7 et samedi 8.
- Continuation des fêtes locales, aux Tuileries, au Pont-Neuf et au Palais-Royal.
- Samedi 8, grande fête de nuit aux Tuileries. Illuminations, feu d’artifice.
- p®journée. — Dimanche g.
- 2e Sortie du cortège. — Itinéraire. — Avenue de la Grande-Armée, place de l’Etoile, avenue Kléber, place et avenue du Trocadéro, place et avenue d’Iéna, rampes du Trocadéro, pont d’Iéna. quai d’Orsay, avenue de Labourdonnais, Champ-de-Mars, avenue de Suff'ren, quai d’Orsay, pont d’Iéna, Lampes du Trocadéro, avenue Delessert, rue de Passy, Rannelagh, avenue Victor-Hugo, place de l’Etoile, avenue de la Grande-Armée.
- Distribution, au Champ-de-Mars, des œuvres d’art et médailles offertes comme récompense aux personnes qui ont contribué à l’organisation du cortège.
- Continuation des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Pont-Neuf et au Palais-Royal.
- 10e, 1 ic et 12 journées. —Lundi 10, mardi 11 et mercredi 12.
- Spectacle-gala à l’Opéra-Comique, à la Gaieté, à la Porte-Saint-Martin, au profit de la Société.
- Lundi 10, ouverture de l’exposition des lots de la tombola à la caserne Lobau. .
- Mercredi 12 , troisième et dernière sortie du cortège.
- Itinéraire. — Avenue de la Grande-Armée, place de l’Etoile, avenue des Champs-Elysées, place et pont de la Concorde, boulevard Saint-Germain, boulevard Saint-Michel, boulevard du Palais, quai de Gesvres, place de l’Hôtel-de-Ville (arrêt sur la place), rue de Rivoli, boulevard de Sébastopol, boulevard Saint-Martin, place de la République, boXilevard de Magenta, ligne des boulevards extérieurs, place de l’Etoile, avenue de la Grande-Armée.
- j3° journée.— Jeudi i3.
- Courses de chevaux au Bois de Boulogne au profit de la Société.
- Grande fête de nuit .aux Tuileries. Illuminations, feu d’artifice.
- Continuation des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Pont-Neuf et au Palais-Royal.
- 14e journée. — Vendredi 14.
- Grande représentation au cirque d’Eté au profit de la Société.
- Continuation des fêtes locales aux Tuileries, au Palais-Royal et au Pont-Neuf.
- i5c journée. —Samedi i5.
- Grand bal à l’Hôtel-de-Ville.
- Tirage de la tombola à l’Hôtel-de-Ville.
- Continuation des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Palais-Royal etau Pont-Neuf.
- 16e et dernière journée. — Dimanche 16.
- Grande fêtes de nuit aux Tuileries et au Pont-Neuf. Illuminations et feu d’artifice.
- Clôture des fêtes locales et des fêtes aux Tuileries, au Palais-Royal et au Pont-Neuf.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1S89
- Il serait oiseux d'affirmer l’importance du rôle que joue le théâtre dans l’état actuel de nos mœurs.. La représentation scénique est une des formules qui répondent le plus aux exigences des sociétés et leur permettent le mieux de se livrer au culte de la litérature et de la musique ou de satisfaire simplement à leur besoin de distraction. Et si précisément il sévit'en ce moment une crise sur le théâtre, ce n’est point parce que l’intérêt public se détache de lui, cette crise résulte d’un ensemble de mauvaises conditions de fonctionne-
- ment à l’étude desquelles il serait important de se livrer pour apporter un remède à la situation.
- Etant donné le caractère de l'Exposition universelle de 1889, son but d’embrasser rétrospectivement le développement de tous les arts et de toutes les industries, son objet d’exposer le résultat de tous les perfectionnements accomplis par le progrès général, nous pensons qu’elle ne saurait accorder trop large place à un examen simultané de l’art et de l'industrie dramatiques.
- Cet examen comprendrait, d’une part, la présentation d’un tableau de l'art théâtral proprement dit, lequel envisagerait le côté littéraire de la question; il offrirait l’étude rétrospective et comparative des diverses manifestations de cet art et de ses transformations successives à travers les peuples et les âges.
- D’autre part, cet examen fournirait la connaissance des procédés employés pour mettre en lumière l’ouvrage dramatique, organiser son spectacle ; il devra permettre de juger, sous la forme la plus vulgarisatrice, des progrès accomplis, tandis qu’il établirait nullement les ressources dont dispose actuellement le théâtre.
- On réaliserait la première partie de ce projet en s’assurant le concours d’écrivains autorisés, d’érudits auxquels on demanderait une sorte de rapport sur la situation de l’art dramatique et sur l’histoire de ses évolutions. Ce serait là un travail de même ordre que celui qui avait été exécuté par Théophile Gautier, au moment de l’Exposition de 1867, dans son tableau de la littérature française. Mais ici le travail serait spécialisé : on prendrait à part la question littéraire en ce qui touche le théâtre pour la traiter dans tout son développement.
- Pour réaliser la seconde partie du projet, l’étude de la question technique, il faudrait rassembler en une Exposition particulière les éléments de. si diverses natures qui se rapportent au problème de l’établissement du théâtre. Tant d’arts se rattachent à l’art du théâtre, tant d’industries différentes apportent leur concours au fonctionnement de cette industrie, du décorateur au costumier, du machiniste à l’architecte, du metteur en scène à l’administrateur, un si grand nombre de travailleurs mettent en collaboration leurs ingéniosités propres. Il faut qu’ils puissent présenter à la fois les résultats auxquels chacun est arrivé de son côté.
- Enfin, il importe de tirer un avantage de l’enseignement ainsi offert, de profiter des facultés qu’il présente, de ménager une grande extension aux progrès de l’art théâtral. Il faudrait organiser des congrès chargés d’étudier les résultats obtenus et de traiter les problèmes dont la solution semble •aujourd’hui difficile. On appellerait à faire partie de ces congrès des esprits compétents à divers titres, dont les efforts combinés parviendraient certainement à apporter un grand secours dans nombre de difficultés en présence. A cet effet, les congrès devraient entreprendre quatre séries dinstinctes d’étude :
- i° Etude des moyens de représentation d’ouvrages dramatiques.' Installation de la scène. Décors, machinerie, costumes.
- 2° Etudes des satisfactions à offrir au public dans la façon dont il lui est donné d’assister à la représentation : Disposition et aménageihent des salles de spectacle, chauffage, éclairage, ventilation.
- 3° Etude du desideratum que doit réaliser l’édification d’un théâtre. Agencement intérieur, aspect extérieur. Construction, architecture.
- 4° Étude du fonctionnement des entreprises théâtrales. Administration. Réglementation- du tarif des places, etc.
- Nous allons essayer de passer en revue successivement les divers objets de ce travail complexe.
- Mais pour pouvoir appeler l’attention sur tous les points en litige, pour soumettre à l’appréciation l’exposé absolu des multiples sujets de discussion, pour offrir le tableau des desiderata de toute nature, il faut tout d’abord se rendre un compte exact de la situation du théâtre de nos jours. Il convient, en conséquence, de jeter un coup-d'œil rétrospectif sur l'histoire de l’art dramatique et de saisir nettement les différences entre le passé et le
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Février i88ü.
- présent. On sera guidé dans l’analyse des satisfactions à donner aux besoins modernes par l’examen des solutions imaginées jadis.
- Nous n’avons pas la prétention d’entreprendre une histoire de la littérature dramatique. Mais il nous est nécessaire, dans un exposé de considérations préliminaires, d’établir la liaison qui existe au théâtre entre l’art scénique et ses moyens d’action, et de parcourir rapidement l’étude des résultats qu’a fournis cette liaison pour arriver à celle des résultats qu’elle exige maintenant.
- Du chariot de Thepsis, célébré par Théodore 6e Banville, du haut duquel des vendangeurs en goguette se renvoient leurs lazzis et quolibets à la grande joie du populaire, à la scène truquée et machinée de l’Opéra, il y a quelque distance. Quelle étape parcourue par l’art dramatique entre la pantalonnade napolitaine, dans laquelle deux ou trois bouffons improvisaient une action burlesque sur un canevas naïf et la grande comédie moderne, où par un jeu de combinaisons savantes, l’auteur essaye de donner aux actes de ses personnages un enchaînement logique rigoureux et règle avec un soin scrupuleux jusqu’aux moindres mouvements de ceux-ci, s’ingénie à les faire entrer, sortir, se rencontrer, selon des explications plausibles et naturelles.
- L’art théâtral se développant nécessairement au fur et à mesure de la civilisation, il en résulte que son histoire comprend en Europe deux périodes, lesquelles correspondent aux deux grands mouvements de civilisation qui s’y sont produits. Une première évolution a rapport au progrès général accompli par la civilisation antique, une seconde concorde avec le progrès qui a accompagné la marche de la civilisation moderne.
- C’est la Grèce, le berceau de tous les arts, qui a donné naissance à l’art dramatique. Celui-ci fîo-rissait déjà en Attique, que les Romains ne connaissaient encore que les Improvisations fescen-nines. Ces jeux primitifs d’un peuple encore barbare, consistaient en espèces de chants, de harangues, de dialogues sans règles, seules manifestations d’un goût d’affabulation, tourné surtout vers les sujets grossiers. Ces jeux se perfectionnèrent et devinrent les Saturæ, farces rudimentaires, dans lesquelles commencent à se profiler les personnages et se dessiner l’action. En l’an'de Rome 514, Nivius Andronicus fit enfin jouer le premier drame régulier, imité des productions des auteurs grecs. En même temps, Nivius introduisait les Atellanes, pièces renouvelées des Saturæ, en ce qu’elles étaient écrites dans le vieil idiome populaire et des comédies grecques, en ce qu’elles s’inspiraient des procédés de composition de celles-ci. Dès lors, le théâtre latin était fondé. Plaute, Ennius, Térence survinrent et transportèrent sur la scène romaine les fictions de la comédie grecque et leur imprimèrent un caractère national.
- Léon Gaudillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- XLVI
- Ernest Legouvé, de l’Académie française. — Soixante ans de souvenirs. Première partie : Ma jeunesse. Un vol. in-S. Paris, J. Hetzel et Cic, éditeurs., 1886.
- Le temps est aux souvenirs. Ils sont à la mode, comme les espérances. Ils profitent de ce goût que le public a toujours eu pour les récits des'hommes qui ont beaucoup vu, beaucoup retenu et qui se racontent eux-mêmes. Il prend un plaisir extrême à ces confidences, non d’outre-tombe, mais d’avant-tombe, il y trouve ce que la littérature d’imagination ne donne ras souvent, et ce que fait la supériorité de l’histoire sur le roman : une saveur généreuse, un ragoût piquant deqéalité et de personnalité. Il y trouve... quelquefois ce qu’il passe son temps à chercher ç un homme. Deux de nos contemporains célèbres, à divers titres et à divers degrés, viennent de lui donner ce régal, en lui dédiant des confidences où brille, avec cette émouvante intermittence d éclat et de langueur de la lampe qui va s’éteindre, la suprême vigueur des vieillesses heureuses. Pour tous les deux, le lecteur a avant moi nommé M. Arsène Houssayeet M. Ernest Legouvé, la vieillesse a été et est encore le soir d’un beau jour. L enjouement de la conversation anime ces pages riantes ou souriantes à peine voilées par-ci par-là d’une ombre-légère de mélancolie. Mais il y a entre les Confessions de M. Arsène Houssaye et les Souvenirs de M. Ernest Legouvé, les diffé-
- rences qu’on doit s’attendre à y rencontrer quand on a l’honneur et le plaisir de les connaître. M. Arsène Houssayeest un poète et un romancier qui, dans ses velléités d’historien, n’est pas allé plus haut ni plus loin que dans le dix-huitième siècle, le siècle frivole et prodigue par excellence. C’est un historien à talon rouge, à poudre et à jabot qui pârt pour l’histoire comme on part pour Cythère, qui peint le décor et le costume avec l’œil gâté par la lecture, d’un directeur d’opéra. Ses confessions sans repentir ’ attestent l’impéni-tence finale d’un égoïsme aimable dont le moi ne blesse jamais, faisant toujours patte de velours. Pour lui la vie a été un spectacle et un plaisir, car c’est un dilettante de philo..ophie, un voluptueux d’observation.
- M. Ernest Legouvé est une figure d’un autre galbe et d’un autre relief, comme c’est une nature et un esprit tout différents de la nature et de l’esprit de M. Arsène Houssaye. Ils se ressemblent en ce que tous deux sont des hommes d’esprit et de galants hommes, que tous deux ont eu un grand bonheur dans leur carrière, que tous deux ont ce don de séduction, ce charme personnel qui n’appartient qu’à quelques hommes privilégiés. Mais comme ils diffèrent dans leur façon d’entendre la vie et de la raconter! J’ai dit que pour M. Arsène Houssaye la vie était un spectacle : il faut ajouter un plaisir. Peu d’hommes ont été plus pleins que lui de la joie de vivre. Ses livres comme sa personne respirent cette joie de vivre à son goût, à sa fantaisie, à peine' troublée par les déceptions, les chagrins inévitables, mais à l’impression passagère aussitôt corrigée par l’imagination, qui lui permet de romancer, comme Nodier tout ce qu’il touche, et de rêver, quand elle déplaît comme elle est, l’existence telle qu’elle devrait être.
- M. Ernest Legouvé est un confident plus sérieux, plus correct que son aimable confrère, qui abuse parfois de son droit en écrivant à propos de lui, les mémoires des autres, en se posant, non sans complaisance, au milieu des contemporains célèbres qu’il a connus, comme dans un salon à lui, et en poussant, jusqu’à vider ses tiroirs de lettres dans des aveux d’une intimité sans pudeur, ses privilèges de maître de maison.
- M. Ernest Legouvé est un moraliste. Il possède aussi à merveille cet art du théâtre, sur lequel son émule n’a que de superficielles notions. Il sait que les monologues déplaisent, que les aparté trop multipliés sont ennuyeux. Il a ramassé habilement, au point de vue de leur effet moral, les divers événements de sa vie, et il les présente au lecteur avec un naturel plein d’art et une expérience consoifi-mée de l’optique du théâtre. Pour lui, comme pour tous les moralistes, la vie est une leçon qu’il est bon de raconter aux générations qui suivent pour-les en faire profiter. Mais il n’est pas défendu de rendre la leçon aimable, en y parant la vérité du vêtement qui lui convient le mieux, et en ajustant ce vêtement avec le goût d’un homme rompu aux élégances de l’art et de la vie, Ajoutons à cette raison-là la supériorité comme valeur morale et comme valeur littéraire de ces souvenirs bien ordonnés, où tout est à son plan, à son point, sous son jour, que M._ Legouvé s’y raconte lui-'même, mais avec discrétion, avec tact, à travers les contemporains illustres qui ont eu influence sur sa jeunesse et sur son talent.
- M. Legouvé, comme on le sait, est un causeur et un lecteur d’un grand charme, d’un grand art, un maître aussi pour ce noble divertissement de l’escrime qu’il définit « le jeu avec le vice en moins et le plaisir en plus ». Eh bien ! son livre est bien l’image de l’homme ; il est d’un auteur dramatique pour qui l’art de présenter un personnage, de ,1e faire parler et agir n’a pas de secrets. Il est d’im causeur habile à mener une conversation sans la dominer et à y briller sans offusquer; il est d’un maître dans l’art de l’escrime, et dans l’art de la lecture, cette autre escrime, c’est-à-dire d’un coup d’œil avisé, d’un sang-froid gracieux, d’une grande correction d’attitude, d’une grande finesse et souplesse de tact. On reconnaîtra ces qualités à la manière dont il parle de lui-même et des autres, et ces autres qu’il a connus à merveille et bien observés s’appellent Casimir Delavigne, Népo-mucène Remercier, Andrieux, Villemam, De Jouy, Dupréty, Muie Malibran, Berlioz, Eugène- èue. Sur tous ces personnages il y a des anecdotes de première main, ayant bon parfum d’inédit, et des touches qui donnent au lecteur l’impression si rare et si agréable du vu, du connu, du vécu. Mais si on estime naturellement l’homme qui, dans ses confidences, se montre si naturellement estimable, si on goûte le charme de ses portraits d’un dessin si fin, et d’une couleur si sobre mais si juste et de ses récits si bien conduits au but, on éprouve, quand on entend M. Legouvé parler de son père, de son tuteur et bienfaiteur Bouilly, et qu’on lit les trois pages si tendres, si nobles, si dignes qu’il consacre à la date nuptiale du 6 février 18Bq, et où il célèbre, avec tant de tact et une discrétion de si bon goût, les noces d’or d’un mari et d’un père heureux et si dignes de l’être, on éprouve une émotion qui est pour celui qui la donne, quand il en est témoin le plus discret, le plus délicat et aussi le plus flatteur des hommages. Cette émotion c’est celle que l’on goûte à trouver dans le récit d’une vie une salutaire leçon et à
- saluer, dans l’auteur d’un beau et bon livre, un honnête homme, dans le sens le plus large et le plus noble de ce mot qui suffisait à nos pères, embrasser à la fois le charme du talent et celui de la vertu, pour exprimer à la fois l’estime et l’admiration.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Variétés. — Les demoiselles Clochard, comedie en trois actes de M. Moi Unie.
- Odéon. — Le fils de famille, comédie en trois actes, de Bavard et de Biéville (suite).
- Pluribus s’ennuie à mourir. La plate monotonie de l’existence 1 assomme. Il fait ses confidences mélancoliques à ce sujet, à son ami Clochard qui lui explique qu’il est heureux, lui, grâce aux romans qu’il a ébauchés et dont il a su égayer sa vie. Il s’est incarné en plusieurs personnages, et tqndis qu’il est lui-même, riche négociant, père d’une fille mariée à un comte et d’un fils qui fait la fête, il a eu sous le nom de Tonnetti, poêlier-fumiste, une seconde fille, mademoiselle Claquette, une petite fleuriste très délurée, et sous le nom de. Plumeau, comptable, une troisième fille, Gabrielle, jeune personne sérieuse et positive, employée dans l’administration des téléphones. Il se fait passer pour le parrain de ces deux dernières. D’autre part, Clochard est sur le point d’épouser en secondes noces, une veuve américaine, Mme Simpson.
- Pluribus se fait l’interprète des sentiments du public en s’étonnant que son ami ait pu, jusqu’ici,
- , mener, sans encombre, cette multiple série d’aventures. La comédie qui va se jouer est destinée précisément à mettre le pauvre Clochard aux prises avec toutes les difficultés et les embarras que lui occasionnent les situations dans lesquelles il s’est engagé.
- Pendant que la jeune comtesse qui croit son mari infidèle, brûle de se venger et va se faire enlever par le marquis du Grapin, Gabrielle, courtisée pour le bon motif, par le propre fils de Clochard, veut sans le savoir commettre un mariage incestueux, et Claquette, à qui l’on propose un herboriste pour mari, se jette dans les bras d’un jeune dompteur dont elle est éprise. Il faut que le pauvre Clochard se tire de tout cela, que la jeune comtesse, reconnaissant qu’elle s’était trompée sur le compte de son mari, revienne à celui-ci, que Clochard, sous les traits de Plumeau, fasse épouser Gabrielle par le marquis du Grapin, et que sous les traits de Tonnetti, il donne Claquette en légitime mariage à son dompteur, lequel, par une heureuse coïncidence, n’est autre qu’un fils de Pluribus, fruit d’amours illégitimes autant que passagères de ce dernier.
- Il serait trop -long de suivre en tous ses détailsles complications dans lesquelles s’emmêle l’intrigue de cette comédie. Sur cette trame, d’une fantaisie un peu laborieuse, sont brodés des détails charmants, des scènes fort drôles, le tout saupoudré de cet esprit si fin, l’esprit de M. Meilhac. Les deux caractères opposés de Gabfielle et de Claquette . sont furieusement dessinés : Gabrielle, la fille sérieuse et réfléchie qui a opté pour la vertu parce que, d’après un calcul mathématique rigoureux, celle-ci a, pour une femme, un avantage de 0,66 sur le vice, et Claquette, la malicieuse gamine, qui parle argot et n’a souci d’aucune réserve de manière et de tenue. Le personnage accessoire d un concierge opulent, lequel a gagné 100,000 fr. avec une obligation de la Ville, mais continue à gérer sa loge en prenant un domestique pour tirer le cordon, est d’une bien amusante originalité.
- M. Dupuis, qui remplit le rôle de Clochard, soit que la mémoire lui fit défaut, soit qu’il ne fût pas en pleine possession de son personnage, n’a pas donné la valeur ordinaire de ses moyens. Tout le succès de d’interprétation est pour Baron, un Pluribus extrêmement drôle, et pour Mlle Réjane qui joue avec une finesse exquise les deux rôles à contrastes de Gabrielle et de Claquette. Mlle Jane May est une charmante petite comtesse. M. Léonce donne un caractère d’imposante dignité à la figure du concierge riche. M. Lassouche représente un jeune élégant, aussi dépourvu d’élégance qu’on peut le souhaiter. MM. Didier, Numa et Ed. Georges se montrent comédiens consciencieux. Mm- Ch-assaing est toujours bien jolie femme.
- L’Odéon vient de donner une brillante reprise du Fils de famille. On a fait à M. Lafontaine une ovation qu’il méritait bien. Il a reparu en son célèbre rôle du colonel, avec tout le prestige et dans tout l’éclat de son talent. L’interprétation générale est excellente.
- Léon Gaudillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAlïLT et Cie, rue de la Préfect e, li
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 21 Février 1886. NUMÉRO 60.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition d’Anvers: Nominations et Promotions: 2. L’Exposition de 1889 et la participation étrangère ; 3. Les Concours internationaux d'Italie ; 4. L’Exposition et le Conseil municipal ; 5. Revue de la Presse ; 6. Echos; 7. Expositions artistiques ; 8. Remise du pavillon des Colonies françaises à la Ville d’Anvers ; 9. Fédération des Sociétés coopératives de consommation ; 10 Société des fêtes de l’industrie et du commerce parisien; 11. Les Livres; 12. Les théâtres.
- EXPOSITION D’ANYERS
- NOMINATIONS
- DANS
- L'ORDRE DE LA LÉGION D’HONNEUR
- Par décret du Président de la République, en date du 14 février 1886, rendu sur la proposition du ministre de l’agriculture, vu la loi du 24 décembre 1885 et d’après la déclaration du conseil de l’ordre en date du 11 du même mois portant que la nomination faite aux termes dudit décret n’a rien de contraire aux lois, décrets et règlements en vigueur, M. Combe (Adien-Antoine-Grégoire-Thomas), conservateur des forêts à Alger, a été nommé chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur. —-31 ans de services dont 11 passés en Algérie. A obtenu, comme exposant, une médaille d’or à l’Exposition universelle d’Anvers.
- PROMOTIONS
- DANS
- L’ORDRE ROYAL DU CAMBODGE
- - à l'occasion de
- L’EXPOSITION COLONIALE
- DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE D’ANVERS
- Les nominations suivantes ont été faites par le ministre de la marine et des colonies, sur les propositions que M. Albert Grodet, commissaire général des colonies françaises, a remises à M. le sous-secrétaire d'Etat Rousseau--:
- COMMANDEURS :
- MM. Williamson, administrateur du Mobilier national, Président du jury de la classe 12, à l’Exposition d’Anvers.
- E. Dupont, manufacturier, président du Jury de la classe 24, à l’Exposition d’Anvers.
- OFFICIERS :
- MM. Ferdinand des Tournelles, commissaire-adjoint de l’Exposition coloniale française d’Anvers.
- Bilbaut, conservateur-adjoint de l’Exposition permanente des colonies de Paris.
- Hurard, membre du Comité d’organisation et du Comité exécutif de l’Exposition coloniale française d’Anvers.
- J.-L. Deloncle, secrétaire du comité exécutif de l’Exposition coloniale française d’Anvers.
- MM. de Wrindt, chancelier du Consulat général de France à Anvers.
- Lenoir, _ secrétaire du Commissariat français à l’Exposition d’Anvers.
- Ducret, membre du Comité d’organisation et du Comité exécutif de l’Exposition coloniale française d’Anvers.
- Lucien Franche, attaché au ministère de l’instruction publique.
- Louis Carlier, inspecteur des finances.
- CHEVALIERS
- MM. Jacob de Cordemoy, membre du jury à l'Exposition d’Anvers.
- Godin, membre du jury de l’Exposition d’Anvers.
- Deville- Cavellin,. membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Le Coustelliër , membre du jury à l'Exposition d’Anvers.
- Tlervieu, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Bresson, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Fleury, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Moncelon, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Dauderni, membre du jury à l’Exposi-N tion d’Anvers.
- Hunebelle, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Gavé , membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Guerlain aîné, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Raffard, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Thierry, membre du jury à l’Exposition 'd’Anvers.
- Robellaz, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- P'chot, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Way, membre du jury à l’Exposition d’Anvers. •
- Mulot, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Ledoux, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Rodanet, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Amigues , membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Coulon, membre du jury à l’Exposition d’Anvers.
- Neuwenhuyzen, ingénieur de la galerie française des marchandises.
- Colin, attaché au commissariat de l’Exposition coloniale à Anvers.
- ITuyvenaar, attaché ail commissariat de l’Exposition coloniale à Anvers.
- Noirot, attaché an commissariat de l’Exposition coloniale à Anvers.
- Linard, sous-commissaire de la marine.
- Darquier, commissaire, à l’Exposition de Beauvais.
- Jouvin, sous-chef du service des travaux • à l’Imprimerie nationale.
- Darras, chef d’atelier de composition à l’Imprimerie nationale.
- IL Vigneron, industriel.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET
- LA PARTICIPATION ÉTRANGÈRE
- Il faut se hâter et sortir au plus vite de l’indécision qui laisse en suspens la question cependant si importante de notre Exposition universelle de 1889.
- De toutes parts surgissent des projets d’exposition, et il est urgent de ne pas se laisser distancer plus longtemps, au risque de voir se produire, à la dernière heure, des défections nombreuses et à aller au-devant d’un échec.
- A Berlin, l’on s’organise, les réunions se multiplient et la majorité des commerçants et industriels allemands se montre très favorable au projet d’exposition pour 1888 qui donnera à la capitale du nouvel empire une gloire de plus ; à Genève, on a pu le lire dans un de nos précédents numéros, la question d’une Exposition universelle en 1887 est agitée depuis quelque temps et recueille des adhésions nombreuses.
- A Madrid, le conseil des ministres s’est prononcé en faveur d’une exposition pour 1888; à Athènes, un décret royal a fixé aux premiers jours de novembre 1887 l’ouverture d’une quatrième Exposition hellénique et internationale ; à Bombay, le gouvernement vice-royal des Indes s’occupe, pour la même époque d’une Exposition depuis longtemps projetée et qui sera' également universelle ; à Venise, autre Exposition internationale pour 1887; à Rome, nouveaux projets d’Exposition, comme on le verra un peu plus loin, à l’occasion de l’inauguration du monument de Victor Emmanuel, c’est-à-dire pour 1888 probablement; à Tokio, autre Exposition organisée par le gouvernement japonais pour 1890 ; deux ans plus tard, à Chicago, Exposition du quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde, et... ce n’est peut-être pas tout.
- Tout cela n’est encore qu’à l’état de projet, je le veux bien, à part cependant les Expositions de Berlin (1888), Athènes (1887) Bombay (1887), Venise (1887) qui, toutes quatre, auront lieu certainement; mais, raison de plus pour régler au plus tôt la question de l’Exposition de Paris et prendre une décision définitive.
- Or, que se passé-t-il au ministère du commerce?
- La commission du Conseil municipal de l’Exposition universelle de 1889 se rend chez M. Lockroy pour lui demander à quelle date le gouvernement compte déposer, sur le bureau de la Chambre, la proposition de loi relative à l’Exposition.
- Le ministre met les membres de la commission au courant des démarches officieuses faites auprès des puissances pour solliciter leur adhésion.
- « Malheureusement, dit-il, la crise qui sévit en Europe aussi et peut-être plus violemment qu’en France, ne permet pas aux gouvernements étrangers de faire connaître leur réponse aussi vite que nous le désirerions. »
- M. Lockroy, qui atout préparé, ne veut déposer le projet de loi avant d’avoir obtenu un nombre de réponses suffisant.
- Pourquoi ?
- Pense-t-il que les gouvernements étrangers vont donner une réponse définitive quatre années à l’avance, alors que les travaux préparatoires ne sont meme pas terminés, alors que le projet de loi n’est pas encore voté ?
- Est-ce un gouvernement qui prend part à une Exposition ou sont-ce ses industriels, ses artistes, ses commerçants? Nous le répétons encore une fois : « Voyez ce qui s’est passé à Anvers, où l’Allemagne n’était pas représentée officiellement.
- Les industriels de ce pays comprenant fort bien que leur intérêt leur commandait d’envoyer leurs produits se sont syndiqués, ont voté entre eux, des fonds pour la décoration de leur section et ont obtenu, en définitive, un résultat des plus remarquables.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 21 Février 1886.
- Et cependant, Dieu sait si dans leur pays ils avaient eu à lutter contre les influences venant d’en haut « qui par tous les moyens possibles et imaginables ont essayé de les empêcher de prendre part à l’Exposition d’Anvers. »
- N’en sera-t-il pas de même pour 1889 ?— Certes oui et à plus forte raison, car qui oserait établir une comparaison entre Anvers et Paris.
- Le gouvernement, avant défaire la démarche que nous venons d’indiquer, devait se souvenir de ce qui s’est passé en 1878; — et s’il ne voulait se fier à sa mémoire, il n’avait qu’à consulter « Le rapport administratif sur l’Exposition universelle » duquel nous détachons les passages suivants :
- « Le projet du palais du Champ-de-Mars étant définitivement arrêté et les espaces disponibles fixés, il convenait d’en préparer la répartition entre les divers ayants droits.
- « Et d’abord, que donnerait-on aux nations étrangères ?...
- « Le partage de l’espace qu’on leur assignait ne pouvait, dès l’abord, être que provisoire et approximatif, puisqu’on ignorait non seulement ce qüe chacune d’elles nous apporterait, mais même quelles seraient celles qui se décideraient à venir. Toutefois, il fallait faire un premier essai de répartition, et les renseignements fournis par l’Exposition de 1867, en fournissaient les bases.
- « Quoi qu’il en soit, au moment où parut le règlement général avec ses annexes, on se trouvait en situation d’adresser un appel décisif aux gouvernements étrangers et aux exposants français.
- « En envoyant aux gouvernements étrangers, par l’intermédaire de leurs ambassadeurs, le règlement général avec ses .annexes, ainsi que le plan du palais, sur lequel on avait figuré l’espace provisoirement attribué à chaque nation, on développait dans une circulaire spéciale les diverses considérations suivantes, à savoir : les bases de la classification, le système de construction adopté, les réserves faites au sujet des espaces non attribués en dehors du palais, et les conditions auxquelles on pourrait accorder de nouveaux emplacements à chaque pays.
- « On appelait l’attention sur le mérite que présenterait au point de vue décoratif, la façade qui devait border la.rue des Nations. On insistait particulièrement sur la nécessité de faire un choix sévère des objets à envoyer. Une exposition ne vaut, en effet, que par les produits distingués qu’elle renferme, et l’accumulation d’œuvres vulgaires impose bien vite aux visiteurs un ennui insurmontable. Dans cette circulaire se trouvaient spécifiés aussi les frais que chaque nation pourrait avoir à sa charge et ceux dont elle serait exonérée. Enfin, on exprimait le désir de voir _ les nations étrangères entrer, parleurs intermédiaires autorisés, en relations suivies avec le commissariat général,
- « Malheureusement, au moment où cette circulaire fut lancée, les divers Parlements n’étaient pas réunis, ce qui rendait impossible toute réponse officielle immédiate. Mais des pourparlers officieux s’engagèrent avec une certaine activité. »
- Et cependant, à cette époque, les circonstances étaient autrement défavorables ; cinq années à peine s’étaient écoulées depuis 1870-71, et il était naturel que l’on attendît avec quelque inquiétude la réponse de l’Europe, ainsi que l’accueil qu’elle ferait à ce premier acte de notre renaissance nationale, et à cette preuve vraiment éclatante de l’extraordinaire vitalité de notre pays.
- Malgré toutes ces considérations, les organisateurs de l’Exposition de 1878, comprirent qu'il fallait avant tout exposer le but d’une entreprise à laquelle on invite un tiers à participer, et l’événement a prouvé que la marche suivie n’était pas sans avantages. L’exemple est là, il faut le suivre. C’est à cette seule condition, et il est facile de s’en convaincre par la lecture des feuilles étrangères, que l’on parviendra à vaincre des hésitations qui ont seules pu provoquer nos constantes tergiversations.
- Décidez, affirmez que notre Exposition aura lieu, et les exposants accourront de toutes parts. Paris, quoi qu’on en dise, est toujours Paris, son prestige est bien vivant, et comme quelqu’un le disait très justement ici même, « exposants et visiteurs de tous les pays du monde se réserveront pour venir une fois de plus visiter notre chère patrie ».
- LES
- CONCOURS INTERNATIONAUX
- D’I TA LIE
- Depuis le commencement de la lutte engagée en France contre les maladies parasitaires de la vigne et en particulier contre le phylloxéra, de nombreuses années se sont écoulées accompagnées de désastres immenses dont les conséquences .ont pesé singulièrement sur les budgets de l’Etat en causant en même temps dans les départements viticoles d'irrémédiables ruines.
- Après la France, les nations où la viticulture est en honneur, ont été successivement frappées, soit par le phylloxéra soit par l’anthracnose et le mildew.
- La France depuis nombre d’années a, grâce à l’administration de l’agriculture et à son excellent directeur général, M. le conseiller d’Etat Eugène Tisserand, donné l'exemple d’une lutte énergique autant qu’intelligente contre les parasites de la vigne.
- Les résultats ont couronné l’œuvre entreprise.
- L’Italie, notre voisine, nation viticole par excellence, poursuit vaillamment la lutte commencée qu’elle avait du reste soutenue déjà, avec le succès que l’on sait, au concours international phylloxéri-que de Turin et s’occupe spécialement des maladies parasitaires et particulièrement du mildew.
- Le champignon microscopique qui fait tant de mal à nos vignobles et menace de dévaster la plus grande partie des vignes cultivées en Europe est très difficile à détruire; il se développe un peu partout sur le végétal et se cache avec un soin pour ainsi dire méticuleux.
- Les recherches des savants ont convergé du côté du mildew et les moyens de le combattre ont fait l’objet des études des physiologistes et des chimistes de l’Europe.
- Le sulfate de cuivre a été préconisé , puis la chaux et enfin le mélange de ces deux matières, mais un point restait à trouver c’est l’application des remèdes aux ceps contaminés.
- Cette application a été le but de concours spéciaux internationaux dont l’administration de l’agriculture d’Italie, sous l’impulsion d’un ministre énergique M. Grimoldi, d’un secrétaire général d’une rare activité, M. le comte Guiesciandini et d’un directeur général dont la haute compétence est la meilleure garantie d’avenir pour la viticulture en Italie.
- Les concours internationaux vont avoir lieu non pas le ier mars mais bien le 12.mars et jours suivants à l’école de viticulture de Conegliano (par Venise) dirigée par l’éminent professeur Cerletti.
- Ils comporteront des essais d’appareils anti-cryptogamiques et insecticides, organisés dans le but de favoriser et de faciliter l’application des remèdes en solution, en poudre ou en mélange contre les cryptogames et les insectes parasites des plantes cultivées et surtout l’usage du lait de chaux contre le Peronospora de la vigne (mildew).
- Voici le programme dressé par l’administration de l’agriculture d’Italie.
- i° Le concours comprendra les pompes et instruments d’arrosage, d’irrigation et de pulvérisation.
- Les prix destinés sont les suivants :
- 1 médaille d’or de 5oo francs ;
- 3 médailles d’argent de i5o francs chacune ;
- 5 médailles de bronze.
- 20 Le ministère fera l'acquisition d’appareils primés pour la somme de 1,000 francs afin de les distribuer aux dépôts de machines agricoles et aux écoles pratiques et spéciales d’agriculture du royaume.
- 3° Les concurrents devront envoyer les demandes d’admission, avec une brève description des objets, à la direction de ladite école avant le 22 février 1886.
- A ces demandes on devra joindre l’indication des prix de chaque objet envoyé au concours.
- 40 Les constructeurs nationaux et étrangers ou leurs représentants devront faire parvenir les machines mises au concours à la ferme-modèle de l’école, avant le icr mars 1886.
- 5° Le 12 mars et les jours suivants auront lieu les expériences de comparaison, auxquelles les propriétaires et les viticulteurs pourront assister.
- 6° Le jury, nommé pour décerner les prix, présentera, dans le terme de vingt jours après la clôture du concours, un rapport sur les instruments exposés, qui sera publié dans le Bollet-tinodi notifie agrarie-du ministère de l’agriculture.
- La France a, jusqu’aujourd’hui, la fabrication presque exclusive des appareils pour l’injection, sous toutes les formes, des liquides propres à combattre le mildew, mais les constructeurs d’Allemagne se préparent à leur disputer le marché italien. Nous applaudissons donc à l’heureuse initiative de ceux de nos compatriotes qui se préparent pour les concours internationaux de Conegliano.
- Nous avons dit que l’Italie avait fait d’immenses progrès viticoles : elle doit ces progrès aux associations techniques et commerciales qui se sont formées, se groupent et s’entendent pour arriver plus rapidement au but.
- Parmi elles il faut citer, en première ligne, le Cercle œnophile italien, organisé à Rome depuis
- quelques années déjà, et qui a pour président le commandeur Antonio Toaldi, député au Parlement.
- Nous avons assisté l’an dernier à l’exposition œnologique organisée avec succès, à Rome, par cotte puissante association.
- Cette année, le Cercle œnophile italien, fidèle à ses traditions, prépare une importante exposition internationale œnologique qui a pour directeur général, notre confrère et ami, Ranieri Pini, directeur de la Sellimana, de Rome. Cette vaste exposition comporte trois divisions :
- i° L’exposition des instruments viticoles et œnologiques, comprenant :
- PREMIÈRE CATÉGORIE Instruments et outils pour la viticulture
- Première Classe. —Instruments et outils pour la viticulture : bêches, pioches, charrues, herses, sarcloirs pour vignobles, couteaux, ciseaux, serpettes, scies, greffoirs, soufreuses, pulvérisateurs, pals injecteurs, pompes d’àrrosage, charrues sulfu-ieuses, etc.
- Deuxième Classe. — Produits pour la fumure de la vigne et pour combattre ses maladies: engrais chimiques, divers produits insecticides et anti-cryptogamiques.
- DEUXIÈME CATÉGORIE Machines et outils pour l’œnologie.
- Première Classe. — Machines et outils pour la préparation du vin : fouloirs, égrappoirs, pressoirs, fouets, cuves, etc.
- Deuxième Classe. — Machines et outils pour la conservation du vin : pompes, filtres, œnothermes, fouets mécaniques, foudres, bondons-ouilleurs, bondes, robinets, étiquettes pour les foudres, entonnoirs simples ou automates, etc.
- Troisième Classe. — Machines et outils pour la préparation du vin, pour la consommation et l’expédition : fûts d’expédition, contrefûts et systèmes divers pour préserver les fûts dans les longs voyages ; bouteilles , machines pour rincer et remplir les bouteilles, paillons ou enveloppes-bouteilles, casiers à bouteilles, égouttoirs poulies mêmes. Bouchons; machines pour boucher et déboucher les bouteilles et pour en étamper les bouchons. Capsules, machines à capsuler : étiquettes, mastic-cire, décanteurs pour bouteilles. Caisses pour emballage: mesures pour la vente du vin : jauges pour fûts : flacons pour échantillons ; boites postales ; colis postaux, etc.
- Quatrième Classe. — Outils pour la dégustation des vins : verres, tasses de métal, tubes, dégustoirs des comptoirs, sondes, etc.
- Cinquième Clas,se. — Appareils et outils pour l’essai des moûts et des vins : Gleucomètres, musti-mètres, alcoomètres, aréomètres, thermomètres, alambics, ébullioscopes, acidimètres, colorimètres, œnobaromètres, etc. Réactifs pour ces essais et pour déceler les plus communes sophistications des vins.
- Sixième Classe. —• Produits pour la correction des moûts et des vins, et pour leur clarification : sucre, glucose, alcool, acide tartrique et tannique, crème de tartre, carbonate de chaux, sulfite de chaux, etc. Matières colorantes diverses extraites du raisin. Gélatines, osteocolles, poudres clarifiantes, etc.
- Septième Classe. — Systèmes et appareils pour la fabrication des vins mousseux, des vinaigres, des vermouths, et pour concentrer les moûts.
- TROISIÈME CATÉGORIE Machines et appareils pour la distillation
- Première Classe. — Systèmes et appareils pour extraire l’alcool, la crème de tartre et d’autres substances secondaires des marcs de raisin.
- Deuxième Classe. — Systèmes et appareils pour la distillation des vins et des lies.
- Pour toutes ces catégories, un jury international décernera des diplômes d’honneur, des médailles-d’or, d’argent, etc., et même des primes en argent, suivant les mérites reconnus; des rapports circonstanciés seront faits et publiés, et il est plus que probable que le ministère de l’agriculture achètera un certain nombre de machines et instruments primés, pour le service des écoles d’agriculture.
- La seconde division comprend les concours spéciaux d’instruments propres à la viticulture et à l’œnologie en deux catégories :
- Pour la première Catégorie.
- Médaille d’or, avec l’achat de 12 appareils, et médaille d’argent aux meilleurs greffoirs pour vigne lesquels, joignant au bon marché une certaine
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- Deuxième Année. — N° 60.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- solidité puissent aussi être employés avec facilité tant pour la greffe sur table que sur place.
- Pour constater la validé des greffoirs en concours, des expériences pratiques seront faites soit par devant le jury, soit en présence des visiteurs sous la direction d’un professeur de viticulture, qui donnera un cours de conférences pratiques sur le greffe des cépages américains.
- Pour la deuxième Catégorie.
- Médaille d’cr, au meilleur filtre à vin, dont l’usage, le prix, et la promptitude et bonté du travail permettent aux petits producteurs et négociants de vins, de l’employer.
- Médaille d'or et 5oo fr. en achat de fûts primés, et médaille d’argent aux meilleurs fûts d'expédition, de dimension propre au commerce vinicole, et qui joignent au bon marché une forme convenable'.
- (Les catégories suivantes s’occupent d’appareils de provenance italienne).
- .Ces récompenses méritent d’attirer l’attention des constructeurs français, mais il est surtout une raison qui doit les décider à exposer en Italie, c’est que leurs instruments y sont justement estimés et que le marché italien leur est ouvert avec une sympathie qu’ils auraient tort de dédaigner, car nous la croyons sincère.
- Ils trouveront dans la commission d’organisation de l’Exposition internationale de Rome, .le plus aimable accueil et dans son actif et intelligent directeur M. Pini, un conseiller compétent et un ami.
- Les instruments doivent être arrivés à Rome le 27 février et organisés complètement le 28, mais le jury international, d’après les renseignements que M. Ranieri Pini nous adresse ne fonctionnera que le 3 mars au matin, c’est dire qu’il est Intéressant pour les constructeurs d’être arrivés le 2 mars. La proclamation des récompenses aura lieu le 9 et ils pourront en partant de Rome le 10, se trouver, pour ceux que cela intéresse, au concours anti-cryptogamique de Conegliano le 11 ou le 12 mars".
- L’Italie viticole en créant ces Expositions spéciales, prouve une fois de plus l’intelligente énergie des hommes éminents qui président à ses destinées ; les succès qui les attendent, démontreront les améliorations apportées à la viticulture et à la vinification italienne, et l’empressement des constructeurs français à figurer dans les concours augmentera dans cette péninsule si pleine de sang et de vie le prestige de nos industries françaises.
- Noël Bretagne.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- On sait que le Conseil municipal a émis l’avis que des concours, et une partie au moins des fêtes du centenaire, eussent lieu à Vincenues et à l’est de Paris. Voyons sur quoi repose cette décision et dans quelle mesure il serait possible de l’exécuter.
- Suivant un honorable conseiller, M. Marsoulan, ce n’est là qu’un os à ronger, pour le faubourg Saint - Antoine , pour Charonne et pour Bercy. Les inspirateurs de l’idée voulaient en effet, davantage, et, il ne s’agissait rien moins que d’installer l’Exposition tout entière dans le parc de Saint-Mandé.
- M. de Ménarva'l, s’appuyant sur quelques paroles prononcées par MM. Antonin Proust d’une part et M. Galinxard, représentant du ministre de la'guerre, de l’autre, prétendait que cet emplacement seul était propre à l’édification d’un palais permanent, que l’on pourrait appeler, « Palais du travail » , et qui serait un hoturtiage rendu à la fois, à la Révolution qui a émancipé les ouvriers et au xîxc siècle, qui a porté si haut les progrès des arts et des sciences.
- Les dispositions du parc Saint - Mandé , permettraient en outre de donner à l’Exposition un cadre charmant et tout préparé: l’accès, tant pat-terre que par eau, étant facile, les distances moyennes ne dépasseraient guère celles duChamp-de-Mars, et, considérations importantes, c’est à quelques pas de l’ancienne Bastille, à l’endroit même où la Révolution était née et devenue un fait accompli, qu’aurait lieu la fête internationale destinée à en célébrer et à en perpétuer le souvenir.
- Enfin, la population de l’est de Paris, était plus nombreuse que la population de l’ouest ; — elle était moins riche,— avait été jusqu’ici déshéritée, et si l’on voulait qu’elle visitât l’Exposition, ce qu’elle n’avait pu faire en 1878, à cause de la chè-reté des moyens de transport, il fallait qu’elle en fût proche et qu’elle en pût profiter sans dommage pour sa bourse, c’est-à-dire pour sa vie même.
- A cela M. Lenoble, conseiller d’un quartier voisin du Champ-de-Mars, répondit très justement que les étrangers n’avaient pas seulement pour but, en venant à Paris, de visiter l’Eposition ; qu’ils entendaient faire un voyage d’agrément, complet, facile, économique, c'est-à-dire, voir les monuments, les beaux quartiers, les promenades agréables d’un seul coup, en quelque sorte au passage et sans nouveaux frais ; que les communications avec le lac Daumesnil et avec le parc Saint-Mandé n’étaient point si commodes qu’on le disait; que le chemin de fer d’Orléans en était éloigné de près de deux kilomètres, comme le chemin de fer de l’Est ; que le chemin de fer de ceinture, q u s’en rapprochait le plus , ne pouvait franchir les fortifications; que l’octroi, d’ailleurs, serait levé par l’évaluation d’un projet exécuté tout entier en dehors de Paris et que l’Exposition de l’est de Paris, n’était en somme que l’Exposition de Gha-renton.
- Ces paroles furent accueillies par des rires bruyants : mais rire, c’est consentir et la cause était à demi gagnée.
- En vain M. Lyon-Alemand revint à la charge. Il fallait, selon lui, pour l’établissement d’une exposition digne de l’époque actuelle, un terrain d’une contenance d’au moins 3o hectares. Or, il n’existait que deux emplacements satisfaisant a cette condition: Courbevoie et Vincennes : celui de Courbevoie exclu, — et là-dessus tout le monde était d’accord, — il ne restait que celui de Vincennes. Il est vrai que les Parisiens du centre, ceux qui habitent les quartiers riches , vont répétant partout que Vincennes est inabordable : c’est là un préjugé de gens du monde qui n’ont jamais quitté le boulevard, mais qui ne tient pas devant le raisonnement; la vérité est que Vincennes est à la portée d’un plus grand nombre de personnes, offre une superficie plus considérable, et rappelle des souvenirs plus glorieux qu’aucun autre endroit de Paris.
- M. Lyon-Alemand, donna ces raisons et beaucoup d’autres encore ; M. Marsoulan l’appuya du geste et de la voix; tous les édiles orientaux donnèrent. Hélas lia fortune est injuste, et malgré leurs efforts, la préférence fut accordée au Champ-de-Mars.
- Mais une telle dépense de talent, d’intrigues, de prières même ne pouvait rester sans effet. Comme le vainqueur qui, rendant hommage au courage du vaincu, lui accorde les honneurs de la guerre, la majorité, par l’organe de M. Dreyfus, exprima l’avis "qu’il convenait de ne pas priver l’est de Paris d’une compensation à laquelle il avait droit ; — que les événements de 1789, dont il s’agissait de célébrer le centenaire, ne s’étaient point passés au Champ-de-Mars, mais au faubourg St-Antoine ; — que cet emplacement même, témoin de si grandes choses, donnerait à leur mémoire une réalité, une solennité qu’il était impossible de trouver ailleurs et qu’en conséquence il était bon d’indiquer au gouvernement, pour qu’il en tint compte, le désir et l’intention du conseil de réserver pour cette partie de Paris tout ce qui, sans nuire à l’ensemble de l’Exposition, pourrait en être détaché.
- Dans ces termes, la délibération du conseil est parfaitement légitime et pratique; elle s’appuie sur de nombreux précédents et il est certain que le gouvernement ne se refusera pas à l’exécuter dans la mesure du possible. N’y a-t-il pas eu, lors de chaque Exposition et particulièrement lors de l’Exposition de 1878, des fêtes en dehors de l’enceinte même de l’Exposition, c’est-à-dire en dehors du Champ-de-Mars et du Trocadéro? Si ces fêtes n’avaient pas un caractère permanent, du moins avait-on reconnu leur utilité pour rompre la monotonie d'une solennité qui? par sa durée, devient pour le public une distraction normale, ordinaire, et, par conséquent, moins curieuse. Personne n’a oublié la fête du 3o juin ni les illuminations du 21 octobre 1878.
- La généralité de ces réjouissances en a été le principal attrait : il est évident qu’elles se reproduiront, en 1 «89, avec plus d enthousiasme encore de la part de la population, plus d’innovations et plus de succès. Suffiront-elles cependant et n’y aurait-il pas à faire dans les quartiers pauvres, travailleurs et si intéressants qui entourent la place de la Bastille et l’ancienne place du Trône, un essai partiel d’Exposition ? Le Champ-de-Mars, le Trocadéro, l’esplanade des Invalides, le quai d’Orsay, les Champs-Elysées et le palais de l’Industrie seront trop étroits; les innombrables visiteurs, attirés par les merveilles de l’Exposition, étoufferont encore dans cet immense espace. Or les faubourgs situés à l’est de Paris ont des industries qui leur appartiennent en propre, qui ont répandu la réputation de nos ouvriers dans le^ monde entier et dont les produits seraient peut-être mieux placés dans le lieu même de leur fabricatiorgqiie partout ailleurs. L’art tout spécial de l’ébénisterie, par exemple, y serait représenté par les chefs-d’œuvre qui, disséminés dans les magasins, ne donnent point la synthèse, l’idée exacte des moyens employés et des résultats obtenus. La foule des gens de métier, des tapissiers, des décorateurs,_ des fabricants de meubles, des tourneurs sur bois, etc., etc., aurait là, tout près d’elle, un sujet d’études et de perfectionnements, un élément de travail
- Dimanche 21 Février 188G. — 59.
- dont elle userait à l’aise et dont, en tous cas, elle saurait apprécier la valeur. C’est dans ce sens, suivant nous, qu’il faudrait interpréter la délibération du conseil municipal, en sauvegardant, bien entendu, les intérêts de l’Exposition générale du Champ-de-Mars, en lui conservant son caractère d’universalité, et sa physionomie « microcosmique ». Elle doit représenter le monde, au point de vue ethnographique, industriel, commercial et philosophique : elle doit être le résumé de la vie, des habitudes, des progrès de chaque peuple et, dans ce but, réunir en elle-même, en un ensemble cohérent, facile à embrasser, tous les types et tous les produits. Son intérêt encyclopédique ne doit être diminué par rien et toute tentative de fractionnement serait funeste : on ne peut donc songer à la compléter, mais il est permis de la détailler, de l’expliquer, pour ainsi dire, et de montrer l’élaboration d’objets qu’on n’y rencontrera que finis, polis, achevés. C’est ce qu’on pourrait faire à Vincennes et le conseil municipal n’a sans doute pas eu d’autre pensée en votant la résolution que nous avons reproduite au commencement de cet article.
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- REVUE DE Là PRESSE
- M. Félix Laurent publie dans le Paris l’article suivant :
- Lorsqu’un personnage quelconque ouvre ses salons à ses amis, à ses alliés et même à des indifférents, il ne consulte pas tout d’abord chacun de ses futurs invités pour savoir s’il acceptera la petite fête à laquelle on a l’intention de le convier. L’amphitryon lance toutsimplement ses invitations, et tous ceux qui viennent sont les bien reçus. S’il agissait autrement, il courrait le risque de voir les jaloux, les malveillants, les ennemis masqués, répondre négativement à sa demande, dans l’espoir de faire manquer la fête projetée.
- Sans rechercher si M. Lockroy a eu tort ou raison de consulter les nations étrangères poup savoir si elles accepteraient de venir à la petite fête que la France a l’intention de leur donner en 1889; sans savoir si le ministre du commerce n’a fait que remplir une formalité obligatoire, dont la nécessité ne nous est pas démontrée ; 'Sans se demander enfin s’il n’eût pas mieux valu traiter les invités à l’Exposition de 1889, comme un particulier traite ceux qu’il convie à ses bals, il est du moins permis de lui demander de ne pas tenir compte de leur réponse.
- 11 est certain que la date de 1889 effraie les gouvernements étrangers. Ils sont très médiocrement satisfaits de voir célébrer ce grand mouvement d’émancipation qui, de la France, a rayonné sur le monde. 11 est non moins évident que la France est jalousée par les autres puissances, car elle a victorieusement résisté à des secousses qui eussent ébranlé des nations moins solides. Aujourd’hui même, tandis que l’Angleterre est sous le coup d’une crise qui arrive à l’état aigu, nous constatons une augmentation sensible qui s’est produite dans nos exportations de produits fabriqués pendant le mois de janvier 1886. En janvier 1885, elles n’avaient atteint que 78 millions 1/2 ; le mois dernier, elles sont parvenues à 99 millions. De plus, les importations d’objets fabriqués ont rétrogradé de 41 millions 1/2 à 3g millions 1/2. C’est donc une reprise qui s’annonce. Nous luttons avec plus de succès contre la concurrence étrangère. En effet, depuis quelque temps, nos industriels et nos commerçants ne cessent d’apporter dans leur outillage etlians leurs méthodes de travail d’heureuses améliorations.
- Il est donc à peu près certain que quelques nations refuseront de venir à Paris en 1889.
- Elles y viendront comme visiteurs et non comme exposants. Qu’est-ce que cela nous fait ?
- En 1878, l’Allemagne n’est.pas venue. Est-ce que l’Exposition a été moins brillante ? Elle a double motif pour ne pas venir à Paris en 1889, car indépendamment de la date bien fatidique qui lui fait peur, elle a bien été obligée de constater dans toutes les expositions qui ont eu lieu depuis, que ses produits ne peuvent pas lutter avec les nôtres. Elle fabrique souvent à meilleur marché que nous, mais toujours d’une façon inférieure.
- Laissons donc de côté celles des nations étrangères qui restent confinées dans leurs rancunes ou dans leurs sentiments d’un autre âge. S’il y a des abstentions de nations boudeuses, il y aura aussi grande affluence de peuples heureux de consacrer leurs efforts et leurs travaux dans une grande solennité.
- Les expositions parisiennes ont toujours eu un éclat incomparable, à cause de la situation de Paris et du génie particulier de sa population. Laissons de côté les boudeurs et les malveillants, et passons outre.
- De son côté, M. Paul Foucher écrit dans le National les lignes ci-dessous :
- Il était facile de prévoir que notre projet d’Exposition internationale pour 1889 soulèverait beau-
- Voir la suite page 62.
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- 6o et 61. — Deuxième Année.
- N° 60.
- MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Février 1886.
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- Deuxième Année. — N° 60.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Février 1880.
- coup d’objections en Europe et rencontrerait, chez quelques-uns de nos voisins, une médiocre bonne volonté.
- L’Allemagne, qui s’est abstenue déjà lors de l’Exposition de 1878, paraît peu disposée à nous envoyer ses produits. Les feuilles allemandes déclarent que les conditions économiques ne leur paraissent pas encourageantes pour ce genre d’entreprise.
- L’Italie ne se montre pas plus favorable au projet d’Exposition universelle, et beaucoup d’industriels italiens déclarent reculer devant les dépenses que leur causerait une participation à cette exhibition colossale.
- Bien que les prétextes invoqués pour justifier une mauvaise volonté trop évidente ne soient pas absolument sans valeur, il est incontestable que nous rencontrerons, dans l’accomplissement de notre tâche, d’assez grandes difficultés.
- Les peuples européens sont très renfrognés aujourd'hui. Ils sont entrés en concurrence industrielle et commerciale, et cette concurrence devient d’autant plus hargneuse que la crise industrielle sévit plus lourdement sur tous les pays d’Europe.
- D’autre part, la grande préoccupation de. nos voisins est de nous dépouiller en nous faisant crier le moins possible, et c’est pourquoi nous les trouvons peu disposés à venir exposer chez nous les modèles qu’ils ont copiés sur les nôtres, les inventions et les perfectionnements qu’ils nous ont dérobés.
- Nous parcourrions tout à l’heure un livre que vient de publier, sur la Crise industrielle et artistique en France et en Europe, M. Marius Vachon, chargé de missions du gouvernement français pour l’étude des industries d’art. Ce livre est du plus haut intérêt. On y voit comment la plupart des nations d’Europe,, et spécialement l’Allemagne., nous font une guerre industrielle par tous les moyens, aussi bien par les plus légitimes que par les moins honorables.
- En inaugurant le musée d’art et d’industrie de Berlin, le prince impérial d’Allemagne disait : « Nous avons vaincu la France en 1870 sur les champs de bataille de la guerre ; nous voulons la vaincre aujourd’hui sur les champs de bataille du commerce et de l’industrie ». Seulement, comme en 1870, où les Français ont dû tant de fois lutter à grande distance contre des ennemis invisibles, les Allemands paraissent vouloir continuer, sur les champs de bataille industriels et commerciaux à nous combattre de loin. Faisant surtout l’article à bon marché, la camelotte, ils ne tiennent pas à ce que nous constations leurs plagiats. C’est de là que vient, en grande partie, la répugnance qu’ils éprouvent à exposer chez nous.
- Quoi qu’il en soit, ne nous laissons.pas décourager. On a pu voir hier, que la majorité de la nation française est favorable à l’Exposition de 1889. Sur 621 chambres de commerce, 36 seulement se sont montrées opposées à toute exposition; 22 ont demandé une Exposition nationale ; 563 ont réclamé une Exposition internationale. On 'peut donc aller de l’avant et être certain qu’on sera soutenu par ceux qui ont mission de parler au nom de notre commerce national et de notre industrie. La preuve que cette Exposition est, en elle-même, une chose utile, c’est que les Allemands songent à en faire une chez eux. Qu’ils fassent ce qu’ils voudront ; notre Exposition de 1889 n’y perdra rien. *
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- Du Voltaire :
- Les puissances étrangères., consultées sur l’opportunité d’une Exposition internationale à Paris en 1889, se seraient, dit-on, prononcées négativement, ou tout au moins se feraient, comme on dit vulgairement, tirer l’oreille.
- Rien d’étonnant à cela.; n’ont-elles pas toutes intérêt à amoindrir et.à effacer la France?
- Le plus simple était de ne pas les consulter, car elles seraient venues toutes seules en temps opportun.
- N’oublions pas, en effet, que c’est seulement dans les trois premiers mois de 1877 que les nations ont envoyé leur adhésion à l’Exposition de 1878, soit donc un peu plus d’un an auparavant.
- Mais on avait commencé sans elles et l’on était prêt.
- Il fallait faire de même aujourd’hui.
- ÉCHOS
- A. de Thoren, le paysagiste animalier bien connu, expose en ce moment à la Galerie des Artistes modernes, 5, rue de la Paix, une trentaine d’œuvres intéressantes et qui méritent d’être vues.
- L’exposition restera ouverte jusqu’au samedi 27 courant.
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- La Direction de Y Exposition de V Œuvre de Paul Baudri/ est ainsi composée : Président d'honneur, M. Turquet, sous-secrétaire d’Etat aux beaux-aiqs — Président : M. Bouguereau, membre de l’Institut, président de l’Association des artistes eintres, sculpteurs, etc.; — Vice-P résident : I. Antonin Proust, député ;—Secrétaire : M. Oli-
- vier Merson ; — Délègue ci l'organisation : M. Roger-Bal lu.
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- La Société de peintres paysagistes, les Amants de la nature, a ouvert dimanche dernier, 10, rue de l’Abbaye, sa sixième exposition annuelle de peinture et d’aquarelle.
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- Une exposition de nombreux tableaux modernes et anciens, parmi lesquels, la nouvelle œuvre de M. de Munkacsy : Les derniers moments de Mozart, est ouverte du 17 février au 31 mars, galerie Sedelmeyer, 4 bis, rue La Rochefoucault.
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- Départements
- A l’occasion du Concours régional de 1886, la Ville de Bourges ouvrira au mois de mai prochain : 1° Une exposition générale pour la peinture, la sculpture, la gravure, l’architecture, la lithographie, la photographie artistique et le dessin ; Exposition à laquelle pourront prendre part tous les artistes français. — 2° Une exposition régionale pour les industries artistiques, à laquelle seront spécialement appelés les départements du Cher, de l’Indre, de la Nièvre, du Loiret, de l’Ailier, d’Indre-et-Loire et de Loir-et-Cher. — 3° Une exposition spéciale des œuvres des artistes décédés du Berry (Cher et Indre), peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs). — 4° Une exposition générale rétrospective.
- Les envois, portant l’adresse suivante: « M. le maire de Bourges, exposition artistique», devront être déposés du 10 au 25 avril.
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- Le 24 juin prochain doit avoir lieu à Chenon-ceaux l’inauguration de la grande galerie des fêtes. M. Charles Toclié, l’excellent peintre auquel a été confiée cette œuvre considérable, met eu ce moment la main aux dernières fresques.
- Nous donnerons ultérieurement la description de cette galerie dont l’aspect est vraiment féerique.
- De grandes fêtes seront données à l’occasion de l'inauguration. On parle de 30,000 invités , d’une fête de jour et d’une fête de nuit. M. le président de la République a bien voulu accepter l’invitation qui lui a été faite.
- L’histoire de Chenonceaux aux diverses époques sera représentée par des groupes costumés. On évalue à 3 ou 4,000 le nombre des personnages qui feront partie de ces groupes.
- Une véritable surprise sera ménagée aux invités. Mme Pelouze fera représenter, dans la grande galerie des fêtes, le ballet qui y fut exécuté en présence de Catherine de Médicis.
- Ce divertissement sera donné avec le concours du corps de ballet de l’Opéra. La musique et la description des costumes ont été précieusement conservées dans les archives de Chenonceaux, et le ballet représenté en l’an de grâce 1886 sera la reproduction fidèle de celui qui fut donné en présence de Catherine, il y a trois siècles.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’ouverture de l’exposition internationale des beaux-arts, organisée à l’occasion du centenaire de l'Académie royale des beaux-arts de Berlin, vient d’être fixée au mardi 18 mai.
- A la requête du Comité d’organisation , les autorités municipales ont bien voulu autoriser à cette occasion, l’exposition de la grande toile d’Anton von Werner, représentant le Congrès de Berlin.
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- Italie
- A la chambre des députés italienne, dans le cours de la séance du samedi 13 février, M. Orsini a demandé si le gouvernement serait disposé à organiser une exposition universelle à l’occasion de l’inauguration du monument érigé à Victor Emmanuel, fondateur de l’unité italienne.
- Le ministre de l’agriculture a répondu que le gouvernement se montrerait favorable en principe à cette, idée, mais que le projet ne pourrait prendre aucun caractère définitif, l’époque de l’inauguration n’étant pas connue.
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- C’est samedi prochain 27 février que s’ouvrira à Rome, pour se prolonger jusqu’au 14- mars, l’exposition œnologique italienne et vinicolo internationale, dont nous avons déjà parlé.
- EXPOSITIONS ARTISTIQUES
- EXPOSITION DES FEMMES PEINTRES X SCULPTEURS
- Les femmes peintres et sculpteurs viennent d’ouvrir leur cinquième exposition.
- Ce petit salon est un peu comme l’enfer, pavé surtout de bonnes intentions, mais enfin le but est trop honorable, le zèle des organisateurs trop réel pour ne pas accorder plus qu’une attention superficielle aux efforts faits par ses membres.
- L’Exposition comprend 621 tableaux, peintures ou aquarelles et 23 numéros de sculpture.
- Un Soir de Mme Mathilde Martin, mérite une mention toute spéciale par le fini du rendu et la
- poésie du motif. Ces arbres touffus qui se reflètent, dans une mare et dont la silhouette diminue avec les dernières lueurs du jour; ce ciel dont la pourpre s’éteint, sont réellement d’une belle exécution.
- Avec les mêmes éloges je citerai En forêt, de M1110 Peyrol. Bonheur qui nous montre deux chevreuils se reposant dans l’éclaicie d’une forêt moussue et feuillue. Beaucoup de talent et du plus sérieux, dans cette œuvre complète.
- De M118 Louise de Goussaincourt, une très bonne Avenue deSchlittenbach.
- Müe Bernardine Hall expose une scène très dramatique, les Abandonnés, d’un réel mérite.
- Ce. Port de Boulogne de Mm0 Annie Avrton est à noter ; ainsi que les jolies marines de M,u0 Elodie La Villette : les Falaises de Dieppe et l’Effet de soleil à la Perrière.
- Lambert trouve une sérieuse émule dans Mrae Borner dont les Chats sont des études réussies au possible.
- Parmi les tableaux de fleurs, plusieurs envois des plus intéressants, tels les Lilas, les Tournesols et les Hortensias de MUc de Goussaincourt (déjà nommée, la charmante corbeille de Chrysanthèmes de MUe Marie Adrien; les Fleurs de Müo Peters, etc., etc. *
- Une tête très expressive, de MUe Marthe Breton; des portraits par Mmes Robiquet, Joannis, Ruffo ; Un coin de Meudon par Mme Brodbeck, sont également à voir.
- Il va sans dire que le paysage domine et que les sujets de genre ou les études de caractère sont en proportion limitée ; cela tient aux facilités qu’offre la nature pour les femmes et même aux tendances naturelles qu’elles ont à choisir un modèle aussi commode et aux attitudes toujours nouvelles.
- Mais cependant combien d’élues parmi toutes ces appelées de la peinture !
- Avant de passer à la sculpture, je me garderai bien d’oublier les aquarelles de Mme IBaubry-Vaillant dont les natures mortes sont supérieurement rendues, et le délicieux pastel de Mme Estelle Bergerat, Effet de nuit, d’un effet certain.
- Mmi Léon Bertaux, l’intelligente et dévouée présidente de la Société, a' présenté un marbre absolument remarquable Sa Jeune fille au bain est de formes et de proportions indiscutables; elle est charmante et sera le succès de l’Exposition.
- Un joli buste d’enfant, celui de sa fille Marianne, par Mme Clovis Hugues ; une Ophélie par Mrae Vallet-Paunin ; un beau buste de négresse par' Mme la duchesse de. Palmela ; un ravissant plâtre de Mme Elisa Bloch, intitulé Candeur et enfin un groupe bien campé, bien vivant : le Marchand d’esclaves, par Muie Coutan, représentent ce que l’on peut réellement citer avec éloges.
- En somme, beaucoup de bonne volonté et un résultat auquel on doit de sérieux encouragements que l’avenir justifiera nous en sommes certain.
- EXPOSITION POUR LE MONUMENT DE CLAUDE LORRAIN
- Notre confrère Roger Marx s’est dévoué à l’organisation d’une tombola destinée à élever un monument en l’honneur de Claude Lorrain. Un comité a réuni deux cents œuvres d’art, tableaux, aquarelles, sculptures qui formeront les lots et dont l’Exposition publique a lieu en ce moment chez Durand-Ruel. Le catalogue est vraiment des plus beaux et fait honneur aux artistes qui y ont contribué, c’est pourquoi il nous a semblé doublement utile d’y appeler l’attention.
- Le portrait du paysagiste Français par M. Bon-nat est assurément l’œuvre maîtresse de cette collection ; quelle puissance, quelle vérité, quelle fini elle réunit. C’est le cas de reprendre le fameux cliché : « Voilà un portrait vivant! »
- De M. Henner, Bianca, belle tête de jeune fille aux seins nus, aux chairs marmoréennes.
- Les Bretonnes du charmant maître Feyen-Perrin continuent la poétique série qui est sa caractéristique. Sous un ciel couchant qui les teinte d’une couleur sereine, des jeunes filles sont groupées au sommet de quelque brune falaise où l’herbe croît par touffes.
- EtlaA«Hzde Cabanel! Est-il rien de plus saisissant et de mieux compris ? Une bien jolie Italienne de Giacomotti et la Femme du pêcheur une figure des plus réussies de Jules Breton.
- Les paysages de Japy ne sont pas un des moindres succès de cette exposition. Les regards sont forcément attirés par son Verger normand et son Bord de la Seine à Passy. De M. E. Feyen une bonne Marée basse à Cancale et encore le Chemin creux de Jules Dupré : l’orage se prépare, le ciel assombri sur lequel se découpent des arbres eux-mêmes attristés et le chemin raboteux frayé à travers la plaine aride, formçnt une très belle page.
- Tous les envois de M. Guillemet sont toujours marqués au.boncoin. Sa Vue normande comporte donc toutes les qualités de cet artiste si apprécié et si goûté des gourmets d’art.
- Je remarque encore un Village nivernais de M. Harpignies: une superbe aqaiarelle de Mme Madeleine Lemaire : Bourriche, de géraniums, où se retrouve tout l’étinçQlement de son merveilleux talent; un dessinAM Détaillé : Sous le Directoire, qui sera l’objet de la convoitise de bien des porteurs de billets; un Duez, un Worms, un Français, etc., dont l’éloge'serait superflu.
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- Deuxième Année. — N° 60.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8q.
- Dimanche 21 Février 1886. — 63.
- Le succès de la tombola-souscription est donc assuré et Claude Lorrain aura une statue digne de lui. Alfred Delilia.
- REMISE
- DU PAVILLON DES COLONIES FRANÇAISES
- à la 'Ville d’Anvers
- Cette cérémonie, qui a eu lieu dans les premiers jours de février, a été des plus imposantes, nous dit le Précurseur d’Anvers.
- M. chev. Pycke, gouverneur de la province, invité par le ministère à le représenter, le conseil communal au grand complet, MM. Allewaert, Gits, Lefebvre, Nauts et Van den Nest, échevins, ayant à leur tête M. Léop. de Wael, bourgmestre, le comité exécutif de l’Exposition universelle, le comité central de la société commerciale, industrielle et maritime, le bureau de la société de géographie, la commission spéciale chargée de réunir les dons pour le musée commercial, les membres de la presse, se sont réunis dans la magnifique salle Leys.
- A 2 heures' 3/4, M. le comte de Montebello, ministre plénipotentiaire, accompagné de M. des Tournelles, commissaire-adjoint au département des colonies françaises, remplaçant M. Albert Gro-det, commissaire-général des colonies à l’Exposition universelle, de M. le commandant Lebon, attaché militaire et d’un secrétaire d’ambassade a été reçu par les autorités, qui avaient pris place au fond de la salle.
- M. de Montebello a pris immédiatement la présidence de la solennité et s’est exprimé en ces termes :
- Messieurs, le gouvernement de la République française, désirant donnera la Belgique, et en particulier à la grande cité dont vous êtes les représentants une preuve de sa sympathie, m’a chargé de venir remettre à la ville d’Anvers le pavillon cambodgien qui a figuré à la dernière Exposition universelle et où se trouvaient réunis une partie des produits des colonies de la France. Pour donner à cet acte plus de solennité, pour lui donner le caractère officiel qu’il comporte, il a tenu à ce que cette cérémonie fût présidée par le représentant de la France en Belgique, assisté de M. le consul général de la République française à Anvers. J’espère, messieurs, que vous voudrez bien accepter la cession de ce bâtiment, comme un gage des sentiments d’amitié qui unissent la France à votre pays. (Applaudissements.)
- Le but auquel vous destinez ce bâtiment rehaussera aux yeux de la France la valeur qu’elle attache à votre acceptation. Le pavillon, transformé en musée commercial, restera comme un souvenir durable de la grande œuvre internationale que vous avez entreprise, elle nous rappellera en même temps, et nous en sommes fiers, que la France a fait quelques efforts pour vous aider à l’accomplir.
- M. le comte de Montebello a ensuite déclaré que M. le Ministre de la marine et des colonies avait chargé M. Grodet et, en son absence, M. des Tournelles des formalités de la remise proprement dite. Puis il a ajouté :
- « Quant à moi, permettez-moi de vous dire que si j’apprécie hautement l’honneur de ma mission d’aujourd’hui, je dois surtout une grande reconnaissance au gouvernement français de m’avoir choisi pour être son interprète et de m’avoir permis de joindre aux sentiments de sympathie que je vous exprime au nom de la France, ceux que je ressens pour un pays auquel je suis très attaché et auquel j’ai le vif désir de pouvoir encore me consacrer pendant de nombreuses années. (Applaudissements.)
- Messieurs, avant de terminer, je dois vous dire qu’on semble avoir voulu dans cette occasion rendre ma tâche aussi facile et agréable que possible.
- Tout à l’heure, j’ai reçu un télégramme, répondant à un désir que j’avais exprimé, m’autorisant à faire connaître à M. le bourgmestie d’Anvers, que le gouvernement de la République française, reconnaissant les réels services rendus à la France par le premier magistrat de la ville d’Anvers, lui a conféré la commanderie de la Légion d’honneur. (Applaudissements enthousiastes et prolongés.) Je suis heureux, M. de Wael, de pouvoir vous faire connaître cette haute distinction que vous méritez à tous les titres et je suis particulièrement charmé de pouvoir le premier vous adresser mes félicita-tations. (Ovation prolongée.)
- M. Léop. de Wael répond en ces termes :
- Monsieur le ministre, Messieurs. Le grand honneur qui vient de m’échoir au moment même m’émeut profondément, je tâcherais inutilement de vous le cacher. Annoncée au nom du gouvernement de la République française par un homme haut placé, dont la Belgique entière apprécie depuis tant d’années les services rendus, cette distinction est pour moi un honneur qui surpasse mon ambition.
- J’ai l’honneur de vous prier, monsieur le ministre, d’être auprès du gouvernement de la République française l’interprète de la profonde grati-
- tude que m’inspire cette haute distinction. Je n’ai jamais cessé de travailler dans la limite de mes moyens à maintenir les bons rapports existant entre nos deux pays ; en présence d’une manifestation d’une délicatesse aussi extrême, je considérerai comme un devoir de contribuer plus que jamais à étendre ces excellentes relations (Applaudissements).
- Messieurs, dès que l’idée, conçue par quelques-uns de nos concitoyens, d’ouvrir en 1885 une Exposition universelle à Anvers, eut pris corps, le Comité exécutif fit des démarches auprès des gouvernements étrangers afin d’obtenir leur concours. Ce concours, le gouvernement français nous l’accorda immédiatement, large et généreux. Tous, nous garderons un impérissable souvenir du puissant appui que nous avons reçu de ce grand et beau pays. Mais aussi aucun de nous n’oubliera les splendeurs de l’Exposition française et la large part du succès que notre entreprise patriotique doit à la France. (Applaudissements.)
- Aujourd’hui, à côté de ces preuves multiples de sympathie et d’amitié, le gouvernement français vient en placer une nouvelle : à titre de souvenir, il nous offre cette loge cambodgienne, dans laquelle nous avons admiré les richesses commerciales des colonies françaises. Nous tâcherons de l’utiliser au mieux des intérêts du commerce, de l’industrie et de la navigation de notre métropole. Notre intention est d’y réunir les souvenirs qui nous ont été laissés dans cet ordre d’idées par tous les pays de l’Europe. Le pavillon du Cambodge servira ainsi à perpétuer le souvenir de l’Exposition universelle d’Anvers.
- Ce qui rehausse à nos yeux cette offre généreuse, c’est le choix de l’homme distingué qui a été appelé à y présider ; si quelque chose pouvait augmenter le prix que nous attachons à cette cession, c’est votre présence en ce moment, M. le ministre. (Longue ovation.) Au nom de tout Anvers, représenté par tout ce que notre ville renferme d’opinions, je vous prie d’accepter, M. le ministre, l’expression de notre profonde gratitude.
- Une triple salve d’applaudissements souligne ces paroles, et M. le bourgmestre invite ensuite M. le comte de Montebello à apposer sa signature dans le Livre d’or de la ville, sous la relation de ce mémorable événement. « Je termine, ajoute-t-il, en priant l’assemblée de dire avec moi: Merci à la France ! »
- M. le chev. Pycke, gouverneur de la province, exprime ensuite à M. le ministre plénipotentiaire tout le prix que le gouvernement de S. M. attache à la gracieuseté de la France etannonce que le gouvernement l’a chargé de remettre à M. des Tournelles, commissaire-adj oint au département des colonies françaises, la décoration de chevalier de l’ordre de Léopold.
- -------------1.ÏÏÎÜT- ^ -üiimüiïiîi -_
- FÉDÉRATION
- DES
- SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES DE CONSOMMATION
- Le Congrès des Sociétés coopératives de consommation, tenu à Paris en juillet dernier, a jeté les bases d’une fédération chargée des intérêts généraux de la coopération française de consommation.
- Cette fédération est composée de deux chambres, dont les attributions ont été réglées par le Congrès.
- Le compte rendu de ce Congrès vient de paraître à la librairie Guillaumin.
- L’une de ces deux chambres, sous le nom de chambre économique, a pour mission de chercher les meilleures denrées d’alimentation, les prix les plus bas, et de grouper les achats des Sociétés, en vue de les faire plus importants et, partant, plus avantageux.
- A cet effet, elle a ouvert une salle d’exposition, rue de Nesles, 10, où elle échantillonne tous les produits de consommation ordinaire, et d’où elle adresse ces échantillons à toutes les sociétés fédérées qui les réclament.
- De plus, elle publie chaque semaine une feuille de renseignements où sont indiquées toutes les propositions qu’elle reçoit, et tous les prix qu’on lui a faits dans la semaine, bien entendu sans donner connaissance du nom des maisons qui ont fait ces prix et ces propositions.
- C’est par cette feuille, envoyée chaque semaine à deux cent quarante-sept centres coopératifs représentant, au bas mot, soixante mille coopérateurs, que les sociétés fédérées sont renseignées sur les meilleures conditions auxquelles la fédération peut réaliser les achats en commun.
- Le nombre des sociétés qui reçoivent cette feuille augmente constamment à mesure que le travail de la statistique coopérative avance.
- Le bureau de la Fédération est ouvert les mardis, mercredis, jeudis et samedis, de trois à cinq heures du soir, rue de Nesles, 10, à Paris.
- Les réunions de la Chambre économique se tiennent dans le même local tous les jeudis soir, de huit heures et demie à dix heures, et deux jeudis
- par mois, le 1e1' et le 3e, les fournisseurs sont admis à ces séances pour y faire leurs offres de services.
- La coopération française ne peut moins faire que de rencontrer dans cette organisation de sérieux avantages au point de vue de ses intérêts commerciaux. D’abord le bon marché, puis la qualité, carie commerce sera d’autant plus consciencieux envers elle, qu’elle procédera par achats plus importants; du reste, le bureau de la Fédération compte installer prochainement une salle d’essai des denrées.
- La seconde création du congrès, la chambre consultative, n’a pas une mission moins féconde. Elle est chargée des intérêts de la Fédération en tout ce qui touche à la statistique, à la législation, aux rapports avec les administrations publiques, à la comptabilité coopérative, à l’organisation intérieure, au contrôle, à la propagande, aux congrès, aux publications, etc., etc.
- Pour l’accomplissement de ces fonctions, elle a besoin du concours de toutes les sociétés coopératives de France et le premier service qu’elle leur demande est de lui faire connaître leur existence pour dresser la statistique de la coopération française. Cette statistique est en cours d’exécution depuis le congrès de juillet : elle contient déjà les noms de 247 sociétés comptant plus de 60,000 membres. Elle doit être achevée pour le congrès coopératif qui va se tenir à Plymouth au mois de juin prochain et dans lequel on doit, avec les renseignements venus de tous les coins du globe, établir la statistique de la coopération universelle. Aussi, la chambre consultative fait-elle le plus ardent appel aux différentes sociétés coopératives de France qui liront ces lignes, et les prie-t-elle instamment de se faire connaître sans retard au bureau de la Fédération, rue de Nesles, 10, à Paris.
- La Fédération sera certainement un levier puissant pour la coopération. Elle va, indubitablement, accélérer le mouvement qui se produit, en ce moment, sur tous les points du territoire et dans tous les milieux sociaux vers l’organisation coopérative. De toutes parts, en effet, non seulement les ouvriers, mais encore les patrons des grands établissements industriels s’appliquent à chercher dans la coopération de consommation un abri contre les falsifications, un arrêt à la hausse croissante du prix de la vie et un instrument d’union et d’harmonie sociales.
- A. Fougerousse,
- Secrétaire général de la Fédération.
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- SOCIÉTÉ DES FÊTES
- DE
- L’INDUSTRIE & DU COMMERCE PARISIEN
- avec le concours
- DE LA PRESSE ET DES ARTISTES
- Nous avons donné, dans notre dernier numéro, le programme général des fêtes du printemps du ter au 16 mars 1886.
- Voici maintenant la composition du
- CORTÈGE HISTORIQUE A. — Groupe du Prévôt de Paris (Prévôt : Duprat, 1552)
- 4 Hérauts à cheval.
- 24 Trompettes à cheval.
- 2 5 Hommes d’armes en armure à cheval.
- 6 Porte-bannières des principales villes de F Ile de France dépendant de la prévôté de Paris.
- 3o Musiciens du guet à cheval.
- 12 Sergents du Châtelet.
- Le Prévôt de Paris.
- 4 Lieutenants du prévôt de Paris.
- 17 Procureurs au Châtelet et commissaires.
- Char pour le Grand-Voyer, les gardes des clefs, les maîtres des ponts et les gardes des chaînes.
- 5o Arquebusiers du guet royal, mèches à la main.
- 2 5 Arbalétriers du guet royal à cheval.
- B. — Défilé rétrospectif des Nautes et des Corporations
- 25 Cavaliers gaulois.
- 8 Musiciens, genre antique.
- Association des Nautes (costumes gallo-romains des ve et vie siècle).
- Char portant le vaisseau de Paris.
- Corporations
- Alimentation (époque de St-Louis) , vers i2 5o.
- Joaillerie (époque de Philippe-le-Bel), vers 13oo.
- 5o Archers (tambours et musique).
- 2 5 Archers de la milice.
- Métaux (époque de Charles V), vers 1370.
- Tissus et étoffes (époque de Charles VI), vers 1420.
- 5o Arbalétriers (tambours et musique).
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- 64- — Deuxième Année. — N° 60.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Février 1886.
- 25 Arbalétriers de la milice.
- Cuirs et peaux (époque Charles VII), vers 1450.
- Bâtiment et divers (époque Louis XII), vers i5io.
- C. — Groupe du Prévôt des Marchands. (Prévôt : Christophe de Thou. •— 1552).
- 4 Hérauts aux armes de la ville, à cheval.
- 12 Trompettes à cheval.
- 12 Jeunes bourgeois porte-bannières achevai.
- 25 Hommes de milice à cheval (estradiots avec armures).
- f Canons ou bombardes attelés à 6 chevaux avec 9 servants.
- 60 Archers (tambours, fifres et musiques).
- 25 Archers.
- Prévôt des Marchands.
- Echevins.
- Conseillers de la ville.
- Procureur, greffiér et receveur de ville.
- Char contenantles jurés, jaugeurs, mesureurs, crieurs et vendeurs.
- 16 Quarteniers à cheval.
- 6 Cinquanteniers avec leurs 5 dizainiers.
- 5o Hacquebutiers.
- 2° CORTÈGE ALLÉGORIQUE
- 3o Musiciens à cheval (époque Charles IX — 1570).
- 25 Chevau-légers (époque Charles IX — 1570). Chasse historique, groupe et char (époque Charles IX — 157o).
- Horticulture, groupe et char (ép. Henri IV). Commerce,_ groupe et char (ép. Louis XIII). 5o Mousquetaires, tambours et musique (époque Louis XIV).
- 25 Mousquetaires (époque Louis XIV). Beaux-arts, groupe et char id.
- Librairie, imprimerie, presse, groupe et char (époque Louis XV).
- 80 Tambours, fifres et musiques des gardes françaises.
- 25 Gardes françaises).
- Sciences, (électricité et gaz) groupe et char. Chemins de fer, groupe et char.
- 3o Musiciens (costumes en rapport avec le style du char de la ville).
- Grand char de la ville de Paris (appuyée sur le Commerce, l’Industrie, le Travail, les Sciences, les Lettres et les Arts) avec groupe de la Bienfaisance, à l’avant du char, entourée de douze enfants.
- Escorte à cheval de Prévôts des marchands de différentes époques, depuis l’origine jusqu’à la fin de l’institution.
- 500 Quêteurs.
- Des estrades sur le parcours du cortège seront établies par la Société :
- Sur les contre-allées des Champs-Elysées.
- Place de la Concorde,
- Sur les marches de la Madeleine et du Corps législatif,
- Sur le boulevard Saint-Germain, devant l’Ecole de médecine,
- Sur la place de l’Hôtel-de-Ville,
- Sur la place de la Bastille,
- Sur le boulevard Bonne-Nouvelle,’
- Sur la place de l’Opéra,
- Sur la place de la République,
- Devant la gare de l’Est,
- Sur la place d’Anvers,
- Devant le parc Monceau.
- On y entendra des fanfares et les choeurs des diverses sociétés orphéoniques.
- Prix d’entrée
- Places réservées................ 5 francs.
- Places non réservées .... 2 —
- D’autres estrades pourront être établies par les particuliers avec autorisation du Préfet de police et moyennant une redevance de }
- par mètre carré, au profit de la Société.
- Voici le programme sommaire de la fête des Tuileries
- Reproduction des Porcherons. — Cafés, Restaurants, Bals. — Tout le personnel portant le costume de l’époque.
- Deux théâtres de pantomimes historiques. — Frairies, etc. — Un théâtre de clowns. — Gymnastes, etc.
- Grande salle de spectacle sur le bassin, sur laquelle on donnera des ballets de jour et de nuit. Grande salle de bal. — Orchestre de Métra. Deux estrades pour concerts, orchestres et chœurs, dirigés par Colonne et Pasdeloup.
- Salle de concert pour les chanteurs, dans l’Orangerie.
- Jeux divers historiques. — Jeu de paume. — Tir à l’arbalète, etc., etc.
- Forains costumés d’après l’époque choisie par le Comité. — Exclusion des ménageries et des marchands de vins et comestibles, centralisés dans les Porcherons.
- Prix d’entrée
- Le jour. . ............ 1 franc.
- Pour les grandes fêtes de nuit. . 2 —
- — ——____________________________
- LES LIVRES
- XLVII
- Bibliothèque de l’enseignement des beaux-arts. —La Peinture
- italienne, par Georges Lafenestre, tome I. Depuis les origines jusqu’à la fin du xve siècle. — A. Quantin, imprimeur-
- éditeur, 7, rue Saint-Benoit.
- Voici tout simplement une des plus belles entreprises historiques, littéraires, artistiques, typographiques de ce temps-ci. Elle fait un grand honneur à son directeur, M. Jules Comte, un grand honneur à son imprimeur, M. Quantin, homme d’initiative et de goût, et par un satisfaisant contraste avec le sort de tant d’autres œuvres, dignes aussi du succès et qui ne l’ont pas obtenu, elle a eu, elle, le succès qu’elle méritait. Chacun des volumes des premières séries a été réimprimé plusieurs fois et auteurs et éditeurs, grâce à la faveur de l’opL nion, au progrès des études artistiques dans notre pays, à la protection des pouvoirs publics, aux achats de l’étranger qui a trouvé là une de ces œuvres solides et légères à la fois, substantielles et élégantes, comme en peuvent seuls enfanter le goût français uni à la clarté française, auteurs et éditeurs, disons-nous, peuvent se flatter de n’avoir pas fait chose stérile pour eux, de n’avoir pas semé en vain et garder l’espérance d’une rémunératrice moisson.
- Nous ne saurions entrer ici dans tous les détails du plan très méthodiquement et heureusement conçu de la collection, dont l’administration des Beaux-Arts a accepté le patronage et que l’Académie française a honorée de ses couronnes. Il est facile de s’en rendre compte, car les directeurs et éditeurs de l’entreprise ne font pas mystère de leurs vues et de leurs idées, inspirées selon nous par le plus sage esprit critique et pédagogique. Quand la collection sera complète, l'œuvre achevée, notre jeunesse lettrée et artiste aura entre les mains un ensemble de monographies sur toutes les matières de l’art, d'une utilité permanente et s’appliquant à tous les besoins, ceux de l’école et de l’atelier, comme ceux du salon et du musée. L’histoire, la théorie, la philosophie, la biographie de tous les arts plastiques, de tous les arts du dessin y sont, en effet, traitées d’une façon à la fois élémentaire et savante, de manière à constituer pour l’élève des manuels de classe et d’examen, et pour le lecteur plus désintéressé, des vade-mecum indispensables dans les promenades à travers les musées de France et d’Europe. Si l’un et l’autre veulent développer leur éducation artistique, ils le peuvent jusqu’au plus haut degré, grâce à un système de notes qui ne laisse rien à désirer au point de vue des renseignements critiques et bibliographiques.
- Ajoutons que, par une triple et féconde initiative, chacun de ces volumes est illustré de 80 à 100 gravures dans le texte, commentaire pittoresque aussi nécessaire, en pareille matière, que le texte même, et sans lequel il serait bien moins efficace comme initiation ; que par une innovation d’origine anglaise, mais pratiquée avec un goût tout français, ces volumes, d’un usage fréquent et d’un maniement qui doit être commode, sont vendus moyennant une faible augmentation de prix, très élégamment cartonnés ; enfin, que leur prix est, comme il convient pour les ouvrages de vulgarisation, accessible aux plus modestes bourses.
- Le volume que nous analysons aujourd’hui contient la première partie de l’histoire delà peinture italienne. Il est dû à un homme des plus compétents, un critique d’art, plein d’expérience pratique en sa qualité d’inspecteur des beaux-arts et de commissaire des Expositions, et doublé d’un poète qui a fait ses preuves. Or, à notre sens, un bon critique d’art ne perd rien de sa sagacité ni de son autorité à être un bon poète. Il y a dans l’art des points de vue auxquels seul peut s’élever un poète. Pour être un bon critique, il faut avoir l’habitude de voir de près. Il faut aussi avoir celle de voir de haut.
- M. G. Lafenestre voit bien de haut et de près. Il est impossible d’être plus maître de ce sujet, étudié à la fois dans les livres et sur les lieux, dans les musées, où les chefs-d’œuvre de l’art placés dans le milieu, sous le ciel, sous le jour où ils sont nés, apprennent et révèlent à l’observateur digne de les comprendre le secret du génie d’une nation, d’une époque, d’un homme.
- C’est un livre étudié à fond, aux sources, un livre médité, senti, vécu en quelque sorte que l’auteur présente au public. A mesure qu’on le pratique plus assidûment, plus intimement, on y trouve plus de charme et de profit. C’est là le propre des bons livres. Il est rempli de vues claires et nettes, d’aperçus ingénieux, de descriptions charmantes, de portraits d’artistes où le trait caractéristique donne du relief à.chaque physionomie. Il excelle à mettre ces physionomies en rapport non seulement avec la valeur individuelle de l’homme, mais encore en rapport avec le mouvement des idées- et des passions de son temps, à dégager la part d’originalité et la part de tradition, d’imitation, qui sont dans tout talent et dans toute œuvre.
- En quelques pages, M. Lafenestre établit les origines et les influences qui ont présidé aux débuts de la peinture italienne. Il les recherche naturellement comme celles de l’architecture et de la sculpture dans les monuments romains, d’origine
- païenne ou chrétienne, qui ont échappé aux ravages des hommes. « Pour se bien préparer, dit-il, à comprendre l’esprit, à la fois noblement idéaliste et savamment naturaliste, qui anima les grands génies de l’Italie aux xve et xvie siècles, le mieux à faire est de descendre dans les catacombes après avoir visité les ruines de Pompéï. »
- L’influence de l’art byzantin succède et se mêle à celle de l’art païen et de l’art chrétien. Enfin vient Giotto, qui préside à la formation de l’art italien au xme siècle et dont l’école le domine jusqu’à la Renaissance, laissant comme immortels monuments de ses doctrines et de ses pratiques la chapelle des Espagnols, à Florence, et le Campo-Santo, à Pise.
- Dans l’histoire de l’art pendant la Renaissance du xve siècle, les chapitres consacrés à Masaccio, Paolo Ucello, Filippo Lippi, Benozzo Gozzoli, Sandro Botticelli, Luca Signorelli, Mantegna sont des plus remarquables, des plus intéressants. Le fonds en est solide, la forme en est attrayante, on s’y instruit avec plaisir, ce qui est en deux mots le meilleur éloge qu’on puisse faire d’un livre.
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Châtelet.— U Assommoir, drame en neuf tableaux,
- par MM. Zola. Busnach et Gastineau. (Reprise.)
- Théâtre des Bouffes-Parisiens. — Les Noces improvisées,
- opéra-comique en trois actes, de MM. Liorat et Fonteny,
- musique de M. Chassaigne.
- Le théâtre du Châtelet a eu la bonne idée de reprendre ïAssommoir, le fameux drame populaire qui obtint tant de succès à son apparition sur la scène de l’Ambigu. Cette entreprise de transportation sur le théâtre d’un chef-d’œuvre littéraire n’avait pu s’effectuer sans quelque réserve, bien entendu, tant est grande la répugnance du public et surtout de MM. les directeurs de théâtre pour toute innovation audacieuse. Il a fallu la participation de MM. Busnach et Gastineau, deux dépositaires des vieilles traditions mélodramatiques. L’ingéniosité de ces messieurs s’est surtout attachée à dénaturer le naturalisme de l’œuvre. Mais heureusement, les physionomies des personnages étaient dessinées d’une main trop ferme dans le roman, l’idée générale était trop magistralement exprimée pour que le drame n’en conservât pas moins un aspect original et saisissant. Malgré les efforts tentés pour l’édulcorer et la banaliser, la pièce est demeurée une œuvre extrêmement forte et autrement impressionnante que les casse-têtes chinois et rébus larmoyants de MM. Den-nery et Cie.
- L’interprétation de Y Assommoir est des plus satisfaisantes, et vaut dans son ensemble celle qu’il possédait à sa création et qui, on se le rappelle, était fort remarquable. M. Deshayes a été parfait dans le rôle de Coupeau. Il arendu la scène de delirium tremens, avec la même puissance que Gil-Naza, et il a apporté plus de soin a la composition générale de son personnage. Dailly, le déso-.pilant Dailly, est toujours l’idole du public dans son fameux rôle d’ouvrier gouapeur et jovial, dont il a fait une si originale création.
- M1Li Meley a été fort applaudie ; elle joue avee une grande délicatesse le personnage mélancolique de Gervaise. Mme Desfresnes, sans posséder cette physionomie fatale qui avait fait le succès de MUo Lina Munte, s’est montrée meilleure comédienne que cette dernière. M. Rosambeau remplit avec talent le rôle extrêmement difficile et ingrat de Lantier.
- Si la désignation d’opéra comique convient à une opérette manquée, les Noces improvisées sont effectivement un opéra comique. C’est l’éternelle histoire qu’on nous rabâche depuis quelques années alternativement ou simultanément aux Bouffes et aux Nouveautés, d’une nuit de noces qui ne s’accomplit pas conformément aux sous-entendus du code civil. Les fournisseurs habituels des théâtres de genre se sont voués à soutenir cette thèse qu’il est impossible à l’héroïne d’une opérette d’épouser le héros au 3e acte si elle n’a pas été la femme d’un autre monsieur ou si du moins elle n’a pas passé pour telle au 2e acte. Les Noces improvisées se différencient des autres noces qui ont fleuri sur le théâtre ces derniers temps en ce que l’action se passe en Hongrie. Le héros est Rakoczi. Où l’opérette va-t-elle se nicher? La prochaine fois on choisira probablement la Pologne, avec le prince Krapotkine pour senorino.
- La musique de M. Chassaigne. est mélodieuse mais sans franche gaité ni originalité.
- L’interprétation de l’ouvrage est satisfaisante. M. Maugé est comme toujours très drôle. Quant à MIIe Mily Meyer, la véritable étoile des Bouffes, on n’exprimera jamais à quel point est charmante cette exquise petite bonne femme. Elle a dans son jeu, plein de malice et d’imprévu, une grâce, une fantaisie délicieuses et elle distille de sa petite voix flûtée les couplets, de manière à les rendre les plus fins et les plus spirituels du monde.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Ci0, rue de la Préfect e, S
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- Le Moniteur
- DE
- EXPOSITION
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 28 Février 1886.
- NUMÉRO 6 r.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889; 2. l es Chambres syndicales de Paris et l'Exposition de 1889; 3. L’Exposition et le Conseil municipal ; 4. La Langue commerciale internationale ; 5. Echos; 6. L’Exposition de 1844; 7. Le Tirage de la Loterie d’Anvers; 8, Le Théâtre à l’Exposition de 1889; 9. Les Livres; 10. Avis commerciaux; 11. Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Le ministre du commerce a soumis jeudi dernier au conseil des ministres son plan d’organisation de l’Exposition de 1889 et a fait savoir qu’il serait en mesure de déposer lundi, sur le bureau de la Chambre, le projet destiné à assurer la réalisation de cette entreprise.
- M. Lockroy a donné à ses collègues des détails qui confirment entièrement ceux que nous avons relatés à cette place il y a plus d’un mois.
- Il est, dès aujourd’hui, un fait absolument acquis, c’est que l’Exposition aura lieu au Champ-de-Mars. La dépense totale est évaluée à 43 millions dont 16 seront fournis par l’Etat, 8 parla ville de Paris et 19 par la société de garantie qui est en voie de formation et dont ïes éléments sont déjà connus du ministre.
- M. Lockroy se propose pour faire face à la dépense de 16 millions représentant la part de l’Etat, d,’employer un reliquat disponible de 21 millions provenant de la somme prélevée sur l’avance de 80 millions faite à l’Etat par la Banque de France dans le but de liquider les comptes de l’Exposition de 1878.
- LES CHAMBRES SYNDICALES
- DE PARIS
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Une réunion des représentants des chambres syndicales de Paris s’est tenue cette semaine, à deux heures, à l’hôtel de la rue de • Lancry. Il s’agissait de s’entendre et d’exprimer publiquement un avis au sujet de l’Exposition projetée de 1889.
- Le bureau élu par l’assemblée se composait de MM. Mozet, président du conseil des chambres syndicales du bâtiment ; Muzet, président de l’Union nationale des chambres syndicales, et Saglier, vice-président du comité central des chambres syndicales.
- Après une allocution de M. Muzet rappelant les phases par lesquelles a passé la question de l’Exposition depuis que la première idée en fut émise, une discussion s’est ouverte. Diverses personnes ont pris la parole. Tout le monde a été d’avis que l’Exposition devait avoir lieu en 1889 et qu’elle devait être, non pas seulement nationale, mais universelle.
- Si les pays étrangers semblent hésiter, a dit en substance M. Muzet, c’est que nous avons hésité nous-mêmes ; ce n’est pas la date choisie, la célébration du centenaire de 1789, qui peuvent les arrêter; il ne s’agit pas là de politique, mais de commerce et d’industrie. La manifestation du centenaire ne vient que s’ajouter à l’idée d’un concours international.
- Aucun gouvernement ne peut se froisser. Quand nous allons dans un pays monarchique, nous ne faisons pas d’opposition à son gouvernement ; pourquoi en ferait-il au nôtre? L’Amérique a célébré son centenaire par l’Exposition universelle de Philadelphie ; quelle est la nation qui a le plus
- coopéré à cette Exposition ? C’est l’Angleterre, pays monarchique. Tous les pays, du reste, n’ont-ils pas adopté la plupart des principes de 89.
- Ce que nous avons à faire, a conclu le président de la réunion, c’est de presser le gouvernement de prendre une résolution.
- L’ordre du jour suivant a été soumis à l’approbation de l’assemblée :
- Les membres des chambres syndicales de Paris, réunis le dimanche 21 février à la salle des Conférences,
- Considérant que le doute qui plane sur l’organisation de l’Exposition de 1889 compromet les intérêts, généraux du commerce et de l’industrie et qu’il est de nature à entraver la réussite de cette grande manifestation du travail ;
- Considérant, d’ailleurs, que les diverses institutions commerciales et industrielles, deux lois consultées, se sont prononcées d’une façon très catégorique et presque unanime,
- Expriment le vœu :
- i° Que cette exposition soit universelle et internationale ;
- 20 Qu’elle ait lieu dans l’intérieur de Paris ;
- 3° Qu’elle soit organisée par le gouvernement ;
- 40 Qu’une résolution immédiate soit prise afin de permettre de commencer sans délai la mise en œuvre de l’Exposition de 1889.
- La réunion a voté à l’unanimité cet ordre du jour, que le bureau a été chargé de remettre entre les mains de MM. de Freycinet et Edouard Lockroy.
- ---------—=•—-*<, -—;— ---------
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- La première session ordinaire du conseil municipal a été ouverte le lundi i5 février.
- Une des premières questions dont l’assemblée a eu à s’occuper a été naturellement celle del’Expo-position.
- Dès le début de la séance du 17, M. Jacques dépose la proposition suivante :
- « Considérant que les pouvoirs publics et le conseil municipal ont été d’accord en principe sur l’ouverture d’une exposition internationale à Paris en 1889 ;
- « Considérant que les atermoiements apportés à la mise à exécution ont permis aux opposants de toute sorte, soit en France, soit à l’étranger, de se coaliser pour faire croire à une résistance générale qui n’est aucunement démontrée ;
- « Considérant que la coïncidence de l’Exposition universelle et de la célébration du centenaire de 89 ne force en aucune façon les gouvernements à s’associer à la joie nationale que provoquera à Paris cette date glorieuse de notre histoire ;
- « Considérant que si l’exposition est déclarée internationale les étrangers, aujourd’hui récalcitrants, seront ramenés, « par leur patriotisme » ou « leur intérêt », à y prendre part ;
- « Le Conseil,
- « Invite M. le président, MM. les membres du bureau et MM. les délégués de la commission de l’Exposition à insister auprès du Gouvernement, comme auprès des députés et des sénateurs de la Seine, pour qu’une exposition internationale soit ouverte à Paris en 1889.
- « Signé : Jacques, de Bouteiller, Humbert, Richard, Lopin, Leclerc, Collin, Donnât ».
- M. Dépassé croit que le gouvernement peut parfaitement décider que l’Exposition sera nationale, mais qu’il ne lui appartient en aucune façon
- de la déclarer d’ores et déjà universelle et internationale : ce serait prendre hypothèque sur des volontés étrangères sur lesquelles on n’a aucune action.
- En s’engageant dans cette voie, le Conseil risquerait de compromettre sa dignité : il doit se borner à émettre un vœu.
- En conséquence, l’orateur propose un amendement ainsi conçu :
- ' « La commission de l’Exposition universelle de 1889, prendra le nom de commission du centenaire de 89.
- « Elle sera chargée non seulement de continuer l’étude des projets d’Exposition ou internationale ou nationale, mais de rechercher tous les moyens capables de donner à la célébration du centenaire de la Révolution française la grandeur et le caractère qui lui conviennent.
- « Signé : Dépassé ».
- M. Marius Martin n’est nullement partisan de cette sorte d’abdication. Il rappelle que la commission municipale de l’Exposition a eu, avec le gouvernement, de nombreux pourparlers dont le résultat a été de faire désigner l’emplacement du Champs-de-Mars. La désaffectation de ce tefrain militaire a même été négociée et était sur le point d’être réalisée, quand M. Pierre Legrand a été remplacé au ministère du commerce par M. Lockroy, qui a cru devoir adopter une procédure toute nouvelle. Pourquoi consulter les gouvernements étrangers ? C’est là un moyen dilatoire qui recule toute décision définitive. Il faut pourtant arriver le plus tôt possible à une solution.
- M. Lyon-Alemand est du même avis. Il ne s’agit pas, suivant lui, de savoir si l’Allemagne ou tel autre pays monarchique se montre ou non favorable à notre Exposition, mais de connaître la part qu’y désirent prendre les commerçants étrangers.
- Le Conseil a le devoir d’insister à nouveau auprès des pouvoirs publics et d’affirmer la nécessité de l’Exposition.
- L’intérêt ne manquera pas, ajoute M. Jacques, de conseiller aux industriels étrangers ce que leur patriotisme pourrait peut-être leur défendre.
- M. Alphonse Humbert résume admirablement les sentiments de ses collègues dans un discours plein de force et de chaleur. Il repousse hautement les insinuations de M. Dépassé, les accusations d’imprévoyance et de. témérité qu’on a lancées contre les membres signataires de la proposition de M. Jacques. Il ne voit pas comment le Conseil compromettrait sa dignité en servant les intérêts de la population qu’il représente. S’il y a imprévoyance, c’est du côté du gouvernement qui recule indéfiniment toute solution par ses tergiversations véritablement étranges.
- Un diplomate étranger répondait dernièrement à un de nos hommes politiques qui lui parlait de l’Exposition : « Vous ne pouvez espérer que nous soyons plus pressés que vous ».
- M. Humbert, comme tout le monde, critique cette consultation des gouvernements étrangers, faite trois ans d’avance; il engage le Conseil à ne point tenir compte des bruits plus ou moins suspects mis en circulation par des feuilles réactionnaires et à réagir énergiquement contre les tendances et les craintes qu’on essaie de faire naître dans une certaine partie de la population.
- M. Donnât appuie cette virulente sortie des leçons de l’expérience données par le passé.
- . En 1855, lors de la guerre de Crimée; en 1862, à l’époque de la guerre de sécession; en 1866, pendant la campagne de Sadowa, les gouvernements étrangers ont paru hésiter comme ils le font
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- 66. — Deuxième Année. — N° 61.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Février 1886.
- aujourd’hui. On a passé par-dessus ces tergiversations et, à l’une des puissances dont l’hésitation s’était plus vivement accentuée, la France envoya cet ultimatum : « Veuillez nous notifier officiellement votre refus ; nous disposerons alors de l’emplacement qui vous était réservé. » Le gouvernement dont il est question s’empressa de faire connaître sa participation et réclama même un emplacement double de celui qui lui avait été assigné.
- C’est cette conduite à la fois très correcte et très ferme qu’il faut encore tenir maintenant ; la dignité de la France comme celle de Paris n’est intéressée que dans cette question: faire que la célébration du centenaire de 1889 ait lieu avec tout l’éclat et tout le recueillement que comporte cette date lumineuse et glorieuse entre toutes.
- M. Monteil fait remarquer que ce ne sont pas les gouvernements, si puissants et si autoritaires qu’ils soient, qui impriment le mouvement en matière d’Exposition. Ce sont eux, au contraire, qui reçoivent l’impulsion de leur commerce et de leur industrie. Dans ces conditions, il n’est pas à redouter qu’ils refusent de participer à l’Exposition de 1889 ; cette Exposition sera universelle et internationale, il en a la conviction ; il n’y a donc qu’à inviter la commission nommée par le Conseil à poursuivre son œuvre en s’appuyant sur les promesses formelles du ministre du commerce et du président du conseil qui, tous deux, ont affirmé que l’Exposition de 1889 aurait un caractère universel et international. Il dépose un ordre du jour dans ce sens.
- M. Dépassé, comprenant enfin son imprudence, saisit la perche qu’on lui tend et se rallie à cet ordre du jour.
- Néanmoins la proposition de M. Jacques, mise aux voix, est adoptée à la presque unanimité des membres présents.
- Le Conseil discute ensuite la question du maintien ou du renouvellement de l’ancienne commission de l’Exposition.
- M. Paul Viguier propose le renouvellement avec adjonction de trois membres nouveaux.
- M.. Donnât dit que l’idée n’est venue à personne de méconnaître les services rendus par les membres qui faisaient naguère partie de l’ancienne commission ; mais cette commission va avoir un caractère nouveau. Elle a eu à statuer jadis, d’une part, sur le principe de l’Exposition de 1889 ; de l’autre sur le choix de l’emplacement. À ce double point de vue sa mission a été remplie et son objet est épuisé. Elle va être saisie maintenant d’une demande de subvention, des avis et des autorisations à donner pour l’occupation du sol de la ville • il va lui falloir désigner ceux de ses membres qui devront faire partie de la grande commission d’organisation de l’Exposition, étudier une foule de questions nouvelles, imprévues et qui n’ont aucun rapport avec ses anciens travaux. N’y a-t-il pas là de quoi justifier son renouvellement complet et même l’augmentation du nombre de ses membres ?
- Le Conseil, persuadé, décide que la Commission de l’Exposition sera renouvelée et comptera désormais quinze membres au lieu de douze.
- Il est en conséquence procédé au scrutin dans la séance suivante (1.9 février)..
- Ont été élus : MM. de Bouteiiler, Humbert, Jacques, Leclerc, Mesureur, Voisin, Curé, Guichard, Lefebvre-Roncier, Monteil, Lyon-Ale-mand, Jobbé-Duval, Lopin, Rousselle et Rouzé.
- La Commission s’est constituée en nommant : président, M. Guichard ; vice-présidents, MM. Jobbé-Duval et Voisin ; secrétaires, MM. Monteil et Lyon-Alemand.
- Elle a été aussitôt saisie de la lettre suivante de M. le ministre du commerce à M. le préfet de la Seine :
- « Paris, le 17 février 1S86.
- « Monsieur le préfet,
- « Dans la Commission chargée d’étudier les avant-projets de l’Exposition de 1889, les délégués de la ville de Paris ont déjà trouvé l’occasion de s’entretenir et de se concerter avec les délégués du gouvernement, et il a paru acquis que la ville de Paris tiendrait à honneur de concourir, dans la plus large mesure possible, au succès de cette Exposition.
- « Mon département se proposant de soumettre incessamment aux Chambres le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889, je vous serai reconnaissant, Monsieur le préfet, de vouloir bien saisir « d’urgence » le Conseil municipal de cette question et de me faire connaître le montant de la subvention que la ville de Paris consentirait à accorder.
- « Agréez, Monsieur le préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- « Le ministre du commerce et de l’industrie,
- '« Edouard Lockroy. »
- La Commission, après en avoir délibéré et pour se conformer àu vote émis par le Conseil, le 17 février, sur la motion de MM. Jacques, Humbert, de Bouteiiler, etc., a résolu de déléguer son bureau auprès du ministre.
- Ces délégués, auxquels se sont joints M. le Président et MM. les membres du bureau du Conseil, ont été reçus lundi dernier par M. Lockroy et lui ont remis l’adresse suivante :
- « La Commission municipale de l’Exposition, '
- « Rappelle que le vote du Conseil, émis sur le rapport de MM. Monteil et Guichard, implique sa participation à une Exposition universelle internationale. La Commission, très décidée à se maintenir dans les limites des votes du Conseil, est d’avis que la ville de Paris n’a qu’un intérêt médiocre à voir se faire une Exposition nationale et réserve toute décision relative à une Exposition qui perdrait son caractère d’universalité et d’internationalité.
- « La Commission s’engage à demander au Conseil la collaboration financière de la ville à une .Exposition universelle internationale. Toutefois, eile ne peut réclamer un vote ferme du Conseil sur un crédit déterminé jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement renseignée sur le caractère international de l’Exposition, sur la part du Gouvernement et de la Société de garantie, enfin sur l’étendue du contrôle que le Conseil pourra exercer ainsi que sur sa part de direction :
- « Sous le bénéfice de ces réserves, la Commission persiste dans son désir de voir ouvrir à Paris une Exposition universelle en 1889. »
- M. Lockroy a répondu que le Conseil des ministres avait décidé que l’Exposition de 1889 serait ouverte à toutes les nations ; qu’en ce qui concernait la participation financière de'la ville, il considérait comme suffisant l’engagement moral du Conseil municipal de participer aux dépenses de l’Exposition, le chiffre de la subvention restant à déterminer ; que l’Exposition universelle aurait lieu au Champ-de-Mars ; enfin, que l’étendue du contrôle et de la direction confiés aux représentants de la ville serait aussi grande qu’ils peuvent le souhaiter.
- Le Conseil municipal sera, en effet, largement représenté dans la commission générale de contrôle de façon qu’aucune dépense ne pourra être engagée ou exécutée sans que ses délégués aient été préalablement consultés.
- M. le ministre du commerce n’a d’ailleurs demandé aucune modification à la délibération prise sur le rapport de MM. Monteil et Guichard.
- Il a été également question dans cette entrevue des garanties qui seraient accordées aux travailleurs de l’Exposition quant à la durée de la journée, au marchandage et à l’application des prix de la série de la ville. Cependant aucune résolution définitive n’a été prise. - '
- A la suite de cette communication, faite au Conseil municipal par M. Guichard, président de la Commission de l’Exposition, M. Marius Martin demande que cette Commission étudie les propositions de désaffectation du Champ-de-Mars en même temps que le projet de subvention. On ne saurait choisir un moment plus favorable pour discuter un point d’une si grande importance.
- M. Boué rappelle qu’une partie de l’Exposition doit avoir lieu à Yincennes ; il conviendra d’insister auprès du gouvernement pour qu’il soit donné satisfaction aux légitimes espérances des quartiers de l’est de Paris.
- Toutes les autres questions d’organisation et de détail sont renvoyées à la Commission de l’Exposition qui se réunit plusieurs fois par semaine et présentera à bref délai son rapport relativement à la subvention de la ville et aux conditions de cette subvention.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ces travaux.
- -----—nr-i irji rgsutr,----
- LÀ LANGUE COMMERCIALE
- INTERNATIONALE
- Exposition universelle, — Langue universelle, voilà deux propositions qui vont ensemble. On -vient d’inaugurer à Paris des conférences de Volapilk, c’est-à-dire de . langue commerciale-uni-
- verselle. Cette idée vient bien en son temps, à la veille de notre grande Exposition universelle et internationale ; elle aura trois années pour se développer et s’implanter chez nous avant' de prendre part, tout comme s’il s’agissait d’une industrie, à la manifestation de 1889. J’ai déjà émis cette opinion que la pensée, l’idée, le génie, doivent être représentés à nos expositions sous toutes les formes. Je voudrais donc qu’à la prochaine Exposition il y eût une vaste salle de conférences où des ingénieurs, des professeurs de nos grandes écoles, des savants expliqueraient, dans des leçons, comme aux Arts et Métiers ou à l’Ecole des hautes études commerciales, les progrès de notre industrie et ses produits exposés. J’en conclus que des conférences sur le Volapilk trouveraient naturellement leur place dans la série, tout comme une conférence sur les canons à longue portée, les tourelles blindées, les locomotives de telles ou telles usines, sur les charbons de tel ou tel borinage, les cuivres et les fers de telles ou telles mines, etc. Je reviendrai, du reste, sur ce projet, que je n’expose aujourd’hui que succinctement, et que je développerai avec le soin qu’il mérite.
- Mais un mot, pour justifier le titre qui précède ces quelques lignes.
- Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’est controversée la question de la création d’une langue universelle pour les relations internationales des peuples : au xviie siècle, on s’occupait déjà de cette idée. J’avoue que jusqu’à présent les poètes et les littérateurs et bien des linguistes aussi ont nié l’opportunité et la possibilité de composer une langue artificielle ayant une pratique réelle ; seuls les philosophes l’ont tour à tour prônée comme un lien d’union et de concorde et un puissant levier de civilisation. L’idée a cependant gagné bien du terrain, en France et en Allemagne, dans ces dernières années. Il ne s’agit pas de remplacer aucune de nos langues modernes, aussi peu l’anglais que l’allemand ou le français, dans les relations des peuples, pas plus qu’il ne saurait venir à l’esprit d’aucun partisan de la langue internationale de réagir contre la patriotique pensée qui a présidé à la fondation de l’Alliance française pour la propagation de notre langue. ,
- Un premier congrès de partisans du Volapilk s’est réuni, il y a deux ans, à Friederichshafen, sur le lac de Constance ; 3oo membres, venus de tous les coins de l’Europe, y assistaient, p. un second congrès sera tenu, en 1887, à Nuremberg ; enfin un grand congrès international de délégués de toutes les sociétés de l’Europe et d’outre-mer se réunira à Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle.
- Cette réunion de volapukistes sera des plus intéressantes, un attrait de plus pour l’Exposition et un sujet de ressources pour la ville de Paris. Supposez que cent congrès se donnent rendez-vous chez nous pour 1889, vous verriez le directeur de l’octroi illuminer tous les soirs ses fenêtres.
- ÉCHOS
- Paris
- Le recensement général de la population en France, primitivement fixé au 28 mars prochain, est retardé sur l’avis du Conseil supérieur de statistique. Il aura, lieu, selon toute probabilité comme les précédents, le 19 décembre.
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- M. Kaempfen, des beaux-arts, vient d’adresser aux présidents des sociétés des beaux-arts dans les départements une circulaire dans laquelle il les invite à désigner leurs délégués à la dixième réunion des sociétés des beaux-arts.
- Cette réunion aura lieu à la Sorbonne, du mercredi 28 avril au samedi 1er mai, en même temps que la réunion des délégués des sociétés savantes.
- Les lectures et conférences se feront les 28, 29 et 30 avril; les récompenses seront distribuées dans la séance générale, le 1er mai.
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- Une proposition de M. Monin, professeur au lycée de Versailles, a été soumise dernièrement à la société de géographie. Il s’agirait, pour les sociétés de savants, de concourir par une œuvre commune, nationale, à la célébration du centenaire de 1789. Cette oeuvre consisterait : 1° à établir une bibliographie historique et géographique de chaque province jusqu’à la formation- des départements ;
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- Deuxième Année. — N° 61.
- 2° à indiquer les ressources des archives communales et départementales ; 3° à recueillir des renseignements de statistique agricole,, industrielle, commerciale ; 4° à mettre au concours des travaux sur l’état de la propriété en chaque province ou région avant 1789.
- Lors de l’Exposition, des conférences sur ehaque province seraient faites par 'les membres des sociétés savantes.
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- L’intéressante exposition d’escrime organisée sur l’initiative de Yigeant, dans la salle d’armes du Figaro se prolongera jusqu’au mercredi 10 mars.
- Le tableau de Munkacsy sera exposé chez Sedelmeyer jusqu’au 31 mars. Il partira ensuite pour Buda-Pesth et Vienne, et non pour Berlin, comme on l’avait dit par erreur.
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- Départements
- La ville de Limoges, à l’occasion du 'concours régional, ouvrira dans les salles de l’Hôtel de Ville, du 10 mai au 15 juillet, une exposition comprenant les sciences, les arts, les arts appliqués à l’industrie, une exposition rétrospective et une exposition pédagogique.
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- A l’occasion du concours régional également une exposition des arts décoratifs aura lieu à Dijon du 29 mai au 15 juillet.
- ETRANGER
- Allemagne
- C’est demain lundi 1er mars que le jury de l’Exposition internationale des' beaux-arts de Berlin entrera en fonctions et commencera les opérations d’examen et de classement des ouvrages déposés. On sait que l’ouverture est fixée au mardi 16 mars.
- Les évaluations actuelles permettent d’estimer à quatre mille environ le nombre des exposants, soit 1,000 pour la ville de Berlin ; 1,000 de Munich et Düsseldorf ; 500 des autres villes d’Allemagne et 200 de Dresde
- Puis viennent les pays étrangers ; l’Autriche-Hongrie avec 300 exposants, la Russie avec 200 ; l’Angleterre avec le même chiffre ; la France, les Etats-Unis, la Hollande, le Danemark, la Suède, avec chacun 100 exposants et l’Espagne avec 50.
- Les envois continuent d’ailleurs à arriver en grand nombre.
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- On organise en ce moment dans la salle de la bibliothèque, à l’hôtel de ville de Berlin, l’exposition locale de vues historiques, dont nous avons parlé dans un précédent numéro. Les envois sont nombreux, le dix-huitième siècle et l’époque contemporaine seront surtout brillamment représentés.
- Wereschagin exposera chez Kroll, pour toute la durée de l’exposition des beaux-arts, sa collection de quatre-vingt-cinq toiles, parmi lesquelles la Sainte-Famille et la Résurrection, qui firent tant de bruit dernièrement dans les deux capitales • austro-hongroises.
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- On va installer prochainement dans les halles de Berlin, avec l’autorisation de l’administration des marchés, une exposition générale de l’alimentation, qui restera ouverte toute la journée, et dont le but est de faciliter le débit de tous les produits alimentaires, naturels ou préparés par l’industrie.
- Un peu de statistique.
- Voici le nombre de places que renferment les principaux théâtres d’Allemagne et d’Autriche :
- Le Kroll Théâtre, à Berlin, 3,000 places ; le théâtre de la Cour, à Munich, et le Hoftheater de Vienne, 2,500 ; l’Opéra de Berlin, 2,100 ; les théâtres de Hambourg, Leipzig, Mannheim, et la salle An-cler Wicn, à Vienne, 2,000 ; l’Opéra de Francfort, 1,900; le Karlstheater de Vienne, 1,830 ; enfin les
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- théâtres de Hanovre, Dresde, Kœnigsberg, respectivement, 1,800, 1,600 et 1,750 places.
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- Angleterre
- Le Bcicick-Club de Newcastle-sur-Tyne (Angleterre), désirant favoriser le développement du goût artistique dans la contrée, a entrepris depuis quelques années d’ouvrir dans ses galeries de Pilgrim-Street des expositions périodiques d’œuvres d’art. Les deux premières tentatives de ce genre ont donné d’heureux résutats ; l’exposition de cette année, ouverte le 15 janvier, porte à son catalogue 671 numéros. La plupart des tableaux ou dessins émanent des artistes de la Grande-Bretagne, et présentent un ensemble assez complet des mérites de l’École anglaise. Quelques Hollandais sont aussi représentés : MM. Artz, Blommers, Carlebur, Destrée, de Boch, P.-J.-C. Gabriel, Koekkœk, Mauve, Maris, les Mesdag, Nakken, W.-B. Tliolen et Mme Henriette Ronner. La peinture française n’est guère représentée à cette exposition, encore peu connue chez nous, que par un tableau de M. Gabriel Ferrier : la Mère ; encore ce tableau est-il emprunté à la collection d’un amateur, Chas. Mitchell, Esq.
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- Autriche-Hongrie
- Une exposition générale d’ornithologie aura lieu, à Vienne, du samedi 20 au dimanche 28 mars prochain, sous le haut patronage de l’archiduc héritier Rodolphe.
- Les personnes qui voudraient participer à cette intéressante exposition devront adresser toutes leurs communications au secrétaire de la société ornithologique, Marokkanergasse, Vienne.
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- Brésil
- L’empereur du Brésil, ffiom Pedro, prépare la fondation d’une académie des arts ; cet établissement serait en ce genre le premier institué dans l’Amérique du Sud.
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- États-Unis
- La vente des importantes collections artistiques de feu Mme Morgan, commencera mercredi prochain, 3 mars, pour prendre fin le 15.
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler de cette vente dont l’importance est tout à fait exceptionnelle. Voici l’ordre dans lequel elle se fera :
- Les 3, 4 et 5, dans la soirée, vente des tableaux à Chickering-Hall. Les 8 et 9, vente dans les galeries artistiques américaines des objets d’art de la-Chine et du Japon, les jours suivants vente de l’ancienne argenterie, des livres, céramiques européennes, gravures et eaux-fortes, verreries, bronzes, sculptures, ivoires, etc., etc.
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- L’exposition d’aquarelle de l’Académie de New-York, ouverte le mardi 2 février, a été clôturée, hier, samedi 27,
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- On écrit de la Nouvelle-Orléans que, conformément au désir exprimé parle conseil de direction de l’exposition, le gouverneur de la Louisiane, M. Mac Enery, avait invité les gouverneurs des différents Etats à ..visiter l’exposition et assister au concours des divers Etats de la République, le 13 février.
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- On procède, en ce moment, à Philadelphie, à la formation d’un club artistique, qui organiserait, pour ses réceptions mensuelles, des expositions artistiques. Les membres du cercle, divisés en deux catégories, artistes et simples particuliers, payeraient une cotisation respective de 15 et 30 dollars par an.
- Un meeting aura lieu prochainement pour la constitution définitive de la société.
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- Les deux expositions du Salniagundi Club et de l’aquarelliste Relui, se sont terminées par une vente de quatre-vingt-deux ouvrages, vente qui a produit 4,595 dollars, soit 22,975 francs.
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- Espagne
- Les travaux de l’Exposition universelle de Bar-
- Dimanche 28 Février 1886. — 67.
- celone (1887), sont très activement menés. L’érection du pavillon destiné à la presse, le cinquième bâtiment de cette catégorie, actuellement en construction, est commencée depuis quelque temps.
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- La Ep.oca croit savoir que le cabinet Freycinet, unanime quant au maintien de la date fixée pour l’ouverture de l’Exposition de Paris, était très divisé au sujet du caractère qu’elle devait affecter : les ministres des affaires étrangères, delà guerre, de la marine, de l’agriculture et des travaux publics pensaient qu’elle devait être exclusivement nationale, tandis que les autres membres du cabinet tenaient pour l’universalité et l’interna-.tionalité.
- C’est grâce à l’intervention personnelle de M. le président Grévy que l’accord se serait fait sur cette importance question, dit notre confrère espagnol.
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- Italie
- Le correspondant parisien de la Gazette de Turin écrit à ce journal que la question de l’Exposition de 1889 prend chaque jour une importance plus grande. Il affirme qu’aucune démarche n’a été faite par le gouvernement français auprès des puissances étrangères et que les réponses plus ou moins sérieuses publiées depuis quelque temps sont une pâture habilement fournie par le ministère Freycinet, à la curiosité publique pour la détourner d’affaires plus sérieuses.
- Il conseille au gouvernement et aux industriels italiens de réserver leur réponse définitive, quelle qu’elle soit, pour plus tard.
- Que l’Exposition soit d’abord irrévocablement décidée, que les plans définitifs soient fournis.
- Le gouvernement du Quirinal prendra alors l’avis des chambres de commerce, et décidera, après enquête sérieuse, s’il doit participer, et dans quelle mesure, à l’Exposition de Paris.
- La Perscveranza de Milan affirme qu’aucun gouvernement étranger n’a été officiellement avisé de l’ouverture d’une Exposition, à Paris, en 1889, ni consulté sur sa participation éventuelle.
- Le démenti formel, opposé par le Temps à une prétendue réponse négative de l’Italie, eût pu être reproduit par toute la presse étrangère.
- Notre confrère italien n’attache aucune importance à une enquête officieuse dont les résultats ne peuvent être considérés comme l’expression exacte de l’état des esprits dans les cercles industriels.
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- L’exposition des objets d’art en métal a été inaugurée officiellement le dimanche 7 février, au palais des Beaux-Arts, via Nazionale, à Rome. M. Torlonia, syndic de la ville de Rome, et les membres du comité exécutif, présidé par M. le commandeur Placidi, ont fait les honneurs de l’exposition à ses illustres visiteurs, le roi et la reine d’Italie; accompagnés du prince héritier ; Ismaïl-Pacha, sir Savile Lurnley, ambassadeur d’Angleterre, et l’ambassadeur du Japon.
- M. Decrais , ambassadeur de France, n’a pu assister à la cérémonie, étant absent.
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- Au Vatican.
- LéonXIII aurait, paraît-il, l’intention d’organiser une exposition où figureraient tous les cadeaux qui lui ont été offerts depuis son avènement au trône pontifical, Ce n’est pas la première fois qu’une exposition de ce genre aurait lieu ; Pie IX en organisa une semblable à l’occasion de son jubilé.
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- Sénégal
- L’administration du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis vient de publier les résultats de l’exploitation du 1er janvier au 31 décembre 1885, c’est-à-dire pendant la première année de trafic régulier.
- Dans cette période, le chemin de fer a transporté 99,928 voyageurs, 2,041 tonnes de marchandises en grande vitesse et 26,703 par petite vitesse. Le total des produits s’est élevé à la somme de 673,815 fr. 34, soit 2,691 fr. 26 de recette brute par semaine et par kilomètre.
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- 68 et 69. — Deuxième Année. — N° 61.
- LE MONITEUR DçLpoSlTION DE 1889.
- Dimanche 28 Février 1886
- 3 C
- SCHNEIDER FRERES 6c C'î
- ,'CREUSOT
- Machine a river et a percer les tôles
- Machine a chocolat
- L’EXPOSITmN DE
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- LocojJve .Norris
- Pétrin mécanique (coupe verticale)
- Pétrin mécanique (élévation)
- L’EXPOSITION DE 1844
- Nous donnons aujourd’hui quelques dessins représentant les machines qui, par leur nouveauté, intéressèrent vivement les visiteurs de l’Exposition de 1844. Nous détachons les rapports suivants qui furent écrits à cette époque, par M. j. Burat et publiés par M. Challamel :
- 1° LOCOMOTIVE NORRIS
- « L'Exposition nous a offert, présentée par M. Cornu, une des locomotives américaines, système Norris, qui fonctionnent aux États-Unis et qui sont employées maintenant sur plusieurs chemins de fer d’Europe, en Autriche, en Prusse et même en Angleterre. Ces locomotives sont assises sur six roues, dont deux motrices ; l’essieu des deux roues motrices est droit et placé sous la chaudière, près de la boite à feu ; les quatre autres roues, plus petites, sont reliées entre elles par un cadre formant avant-train à articulation indépendante, se mouvant librement autour d’un pivot placé à peu près sous la cheminée et immédiatement en dessous des cylindres.
- La chaudière diffère peu des chaudières ordinaires ; quant à la boîte à feu, elle est presque circulaire, et son enveloppe également cylindrique présente un sommet qui se termine en coupole, formant le réservoir à vapeur au-dessus du foyer.
- Les cylindres, dont les joints sont formés par le contact des surfaces métalliques raudées, sont appliqués à l’extérieur de la boîte à fumée, dans une position oblique dont l’axe forme avec l’horizontale un angle d’environ
- i5 degrés. Les pistons transmettent ainsi directement le mouvement aux roues motrices par une bielle ordinaire agissant sur un pivot enchâssé dans le moyeu des roues et remplaçant les manivelles de l’essieu coudé qui se trouve ainsi supprimé.
- Cette disposition a pour résultat de mettre tout à fait en évidence le mécanisme du mouvement des pistons, des tiroirs et des pompes, qui ne présentent plus de^ difficultés pour les réparations et le graissage. Le châssis extérieur qui entoure les locomotives ordinaires est remplacé par un châssis intérieur, de sorte que les roues motrices font saillie. Le diamètre des cylindres varie de 0,226 à 0,017, sur 0,435 à o,5o5 de course, celui des roues motrices ne dépasse jamais 1,220.
- La locomotive dont nous venons de donner sommairement la description est plus spécialement affectée au transport des voyageurs ; on en construit d’autres plus fortes, d’après le même système pour servir au transport des marchandises. Elles diffèrent des premières en ce que, indépendamment de l’augmentation de diamètre et de course de cylindre, elles ont, au lieu de deux, quatre roues motrices qui sont accouplées par un système remarquable de bielles à double articulation. M. William Norris a exposé à cet effet un système de train mobile en tous sens.
- Ce système de train, qui s’applique aux locomotives à huit roues, réunit l’attelage de quatre roues motrices au lieu de deux : ce qui donne quatre points de contact sur les rails, et diminue ainsi le rapport de dégradation de la route de moitié.
- Son principal caractère distinctif est d’être mobile en tous sens, pour franchir, sans sortir de la voie, tous les obstacles et inégalités de la route.
- L’adhésion des quatre roues motrices se partageant
- également le poids de la machine sur les rails, et reliées!nei^e, etc.; 40 elles se meuvent et s’arrêtent avec facilité, ensemble par des bielles à rotule, permet de monter des[d’ou il résulte une économie considérable de temps sur pentes plus rapides qu’avec les locomotives ordinaires,jles lignes où les stations sont placées à de courtes dis-et de traîner de plus fortes charges. stances l’une de l’autre, et surtout où elles sont établies
- Cette disposition de train est telle, que lorsque Luneisur des parties en rampes; 5° l’essieu coudé, si coûteux des quatre roues se trouve élevée ou abaissée du niveanfet si exposé à des ruptures, est remplacé par un essieu du rail par un obstacle imprévu, les trois autres roues?;droit ; 6° le mécanisme étant placé à l’extérieur, peut posent d’aplomb et ne peuvent jamais en sortir. Ce traiijjj-tre surveillé facilement. Le machiniste pouvant em-étant à pivot, comme celui de devant (voir la gravure??brasser d’un seul coup d’œü toutes les pièces, le mouve-permet à la locomotive de parcourir des courbes à petï*roent des glissières, des tiroirs, des pompes, des leviers, rayon. Ce train s’applique de même aux machines à sisj?tc., est en état de remarquer immédiatement la moindre roues motrices reliées aussi par des bielles flexibles eî!lrregularité ; 70 il est essentiel de _ constater un autre tous sens, et donne l’avantage de pouvoir partager éga-|avantage, c’est que, par suite du petit diamètre des roues lement, ou dans, un rapport donné, tout le poids de l‘!et h suppression des manivelles au milieu de l’essieu locomotive sur les trois essieux, qui possèdent ainsi Moteur et de la chaudière, le centre de gravité de la ma-toute l’adhérence de la machine. _ [chine se trouve considérablement descendu. Après d’au-
- M. Norris qui a pris plusieurs brevets de perfectionnes considérations favorables au système Norris, M. nement en France, a déjà'.construit, d’après ce systèm«noticelet ajoute que ses machines exigent fort peu de 229 locomotives réparties à peu près comme il suit, séparations, et qu’elles fonctionnent plusieurs mois con-voir : 135 aux Etats-Unis,' Canada et Havane : 39 en A4secutifs sans être mises un seul jour hors de service, triche, 23 en Prusse, i5 eh Angleterre, 19 pour la Belj ha fabrication des machines locomotives est aujour-gique, l’Italie, le Wurtemberg (Stuttgart), et une seul!4Qnui acquise à nos ateliers ; presque tous s’y sont es-en France sur le chemin de fer de Montpellier à NîiWj Wes> et la plupart y ont réussi. Néanmoins cette fabri-Tels sont, d’après M. Poncelet, ingénieur belge, datation est entravée par le peu de demandes, et par Pinson rapport au gouvernement, les avantages réalisés pïr^hsance de la protection. Mais les débuts de plusieurs les locomotives Norris : j Allers dans cette fabrication, et notamment de ceux du
- i° Par la mobilité de l’avant-train, elles sont parfaitq> Ieuzot, ont démontré que la même perfection pouvait ment disposées pour le parcours des courbes à peth re atteinte en France aussi bien qu’en Angleterre, dès rayon ; 20 elles possèdent une grande force de tractiof-p e les demandes pourraient les mettre à même de s’or-parce que le diamètre des roues motrices est très petf;|‘j-niser- Les adjudications publiques qui ont eu lieu ont et que c’est sur elles que reposent plus des deux tiers <14, jhontré en outre que nous pouvions fournir ces ma-poids total de la machine; 3° par la même raison, <jeiLaries à des prix égaux au prix de revient des prove-machines ont une très grande puissance d’action sur H pCes anglaises.
- rampes et sur les rails rendus glissants par le verglas, • armi les chemins de fer qui ont fait les premiers
- efforts pour s’affranchir de l’étranger pour leurs constructions, nous devons citer en première ligne le chemin de Saint-Etienne à Lyon. Avec des moyens, plus que modestes, mais guidé par une expérience éclairée, ce chemin a construit plusieurs excellentes machines qui ont permis de donner aux convois plus de vitesse et de les conduire plus haut qu’on ne l’avait fait précédemment. N’oublions pas d’ailleurs que ce chemin de Saint-Etienne à Lyon construisait dès l’année i83o ses premières machines dont plusieurs existent encore aujourd’hui, et que c’est à l’ingénieur Seguin que sont dues les premières chaudières tubulaires. Ce sont des titres qu’on est trop disposé à méconnaître par suite d’une tendance malheureuse à préconiser les étrangers. Ce chemin, le premier qui ait été établi en France, a eu trop de difficultés industrielles et financières à surmonter, pour qu’on ne sache pas gré à son fondateur de son génie persévérant, et pour qu’on ne doive pas le citer parmi ceux.qui ont le plus fait pour cette industrie, ainsi que son habile successeur, Léon Coste, enlevé il y a quatre ans à l’estime et à l’affection de tous les ingénieurs.
- Les chemins de fer de Saint-Germain et de Versailles tirent aujourd’hui Leurs locomotives du Creuzot.
- Les chemins de Lille et de Valenciennes à la frontière belge ont organisé leur service avec des locomotives françaises.
- Celui de Bâle à Strasbourg s’est adressé aussi à l’industrie nationale pour la construction de ses machines, qui ont été faites en Alsace par MM. Kœchlin de Mulhouse, Stehelin et Hubert de Bitchwiller, Meyer de Mulhouse.
- Mais cette industrie a été arrêtée par la loi de 1840 qui a réduit de moitié les droits sur les locomotives étrangères. Depuis cette époque, les ateliers français
- n’ont pas livré une seule machine aux compagnies, si ce n ost 1 atelier construit spécialement pour les chemins de Paris à Rouen et de Rouen au Hâvre. Pendant cet intervalle il est entré 60 locomotives étrangères.
- En résumé, 262 machines locomotives composaient le matériel des chemins de fer à la fin de 1843. Sur ce nombre, 86 étaient françaises ; mais elles avaient été commandées avant une diminution de droits dont les conséquences ont été funestes.
- 2° MACHINE A PERCER ET A RIVER LES TOLES
- , Cette machine est destinée à réunir les tôles et fers d’angle par des rivets ordinaires ou des rivets de fer rond, à chaud ou à froid.
- Elle agit par compression et remplace le procédé long et dispendieux du martelage des rivets. Elle se compose d un socle en fonte a 1 extrémité duquel est implanté verticalement un fort poteau en fer forgé qui porte une matrice sur laquelle devra reposer une des extrémités du rivet a fixer ; vis-a-vis, et a quelques centimètres, est placé le tas correspondant, porté par une pièce de fonte atticulée dans le socle. A 1 arrière est une autre pièce en fonte solidement maintenue dans une position verticale par deux tiiants qui se rattachent au pied du poteau de fer. Entre ces deux pièces est établi un cylindre à vapeur à simple effet, dont le piston est réuni" par une tige a deux leviers a charnières qui relient les sommets des deux montants de fonte. Lorsque la vapeur est admise sous le piston, au moyen d’un petit levier mû à la main, la tige de ce piston s’élève et tend à ramener en ligne droite les deux leviers supérieurs, en forçant le montant articulé de se rapprocher du poteau de fer. La pression exercée par ce mouvement dépend du diamètre
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Février 1886.
- 70. — ''Deuxième Année.
- N° 61.
- du piston, comme aussi de la pression de la vapeur et de la grandeur et durée de l’ouverture d’admission donnée par le tiroir, pressions et ouvertures qu’on peut modifier a volonté suivant les besoins du travail.
- L’idée principale de cette machine, qui est due à M. Bourdon, consiste en une distribution de vapeur analogue à celle du marteau vertical, et son application directe pour la pression des rivets, comme aussi dans la disposition de 1 ensemble, et en particulier de leviers.
- La machine agit sans choc, par mouvement réglés à volonté par le riveur, avec une puissance variable suivant les besoins, et surtout avec la faculté de contenir la pression exercée sur le rivet aussi longtemps qu’il peut être utile.
- L’effet exercé pour serrer le rivet peut ainsi dépasser la limite que l’on obtient au marteau à main, et avec plus de régularité de travail on obtient une économie et une promptitude de main-d’œuvre considérable, dans une spécialité dont l’outillage jusqu’ici n’avait pas reçu de perfectionnements en rapport avec ceux introduits dans les autres parties des ateliers de construction.
- La même machine peut être employée à des usages différents, tels que dresser des rails, étam-per les fers, fabriquer les boulons et écrous, en changeant seulement les outils de rapport adoptes au poteau en fer et au montant articulé ; et ses services, ainsi généralisés, deviendront, pour diverses applications, d’une haute importance.
- 3° MACHINE A CHOCOLAT
- Il y avait plusieurs machines à broyer; moulin à broyer les cendres et les minerais de M. Lebon ; machine à broyer les couleurs _ de M. Desaulle jeune ; égrappoîr pour le minerai de fer de M. Le-monnier-Jully, de Châtillon-sur-Seine ; machines en fer et en fonte pour broyer, de M. Courtenot. M. Hermann s’est fait une réputation dans ce genre de machines. Primitivement destinées au broyage des couleurs, du savon, etc., ses machines à cylindre en granit embrassent depuis quelques années la fabrication du chocolat, et grâce à elles cette industrie a fait de grands progrès. M. Hermann en a exposé deux, une d’une grande dimension, pouvant produire jusqu’à 3oo kilog. de chocolat par jour à l’aide de la vapeur ; l’autre à cylindres plus petits, pouvant être mise en mouvement par un ou deux hommes, selon la quantité qu’on veut obtenir. Cette dernière est destinée à de petites maisons. Pour compléter la fabrication du chocolat, M. Hermann a en outre exposé une machine à pulvériser le sucre blanc et brut, qui conserve au sucre en poudre sa qualité primitive, ne le réduisant pas en gomme, comme cela arrive avec le pilon. Nous avons aussi remarqué ses machines à vapeur d’un système tout à fait applicable à la fabrication du chocolat, et une machine destinée au broyage du blanc de céruse, dans laquelle il a remplacé les cylindres en granit par des cylindres en pierres lithographiques françaises, qu’il est parvenu à tourner avec un poli qui permet de les employer pour broyer les couleurs les plus fines, telles que la cochenille.
- 4° PÉTRIN MÉCANIQUE
- Ce pétrin, en fonte, imite exactement le travail du geindre : la pâte est soulevée par le corps même du pétrin qui tourne autour d’un axe fixe, et relevée par des bâtons en fer creux fixés après le cylindre et faisant fonctions de mains ; ils font passer la pâte au travers d’autres bâtons posés sur l’arbre fixe en fer, et la pâte se trouve parfaitement travaillée.
- La force d’un cheval suffît pour'leur transmettre le mouvement et leur donner une vitesse de huit tours par minute.
- Pour faire 100 kilog. de pâte, il faut 40 kilog. pâte en fermentation, 22 kilog. d’eau, et 38 de farine.
- La fermeture en est telle que les mélanges ne peuvent jamais varier, et les gaz qui se développent en se dilatant font que le travail de la pâte s’opère sous pression, ce qui a été reconnu très avantageux.
- Des treuils placés au-dessus du ^ pétrin et adhérents aux chaises, permettent à un seul homme de lever ou de baisser le couvercle à sa volonté.
- L’imprévoyance de l’ouvrier est prévenue par un compteur qui marque tous les tours que fait le pétrin. Lorsqu’il en a fait trente, la sonnette sonne pour prévenir qu’il faut arrêter pour gratter la farine qui s’est attachée aux parois et qui n’a pas été travaillée par les_ bras. , On doit aussi vérifier si le mélange est bien opéré, car il varie selon que les farines le demandent plus ou moins. On remet alors ce qui manque, on referme le pétrin, on lui communique le mouvement, et trente autres tours suffisent pour que la pâte soit parfaitement travaillée. Ce travail se fait en dix-huit ou vingt minutes, et cinq hommes font de vingt à vingt-deux fournées en douze heures de travail, c’est-à-dire de quatorze à quinze sacs de farine ; ce qui ne pouvait se faire par le travail ordinaire dans le même temps qu’avec dix à douze hommes.
- Par ce moyen mécanique, la production est d’un vingtième en plus.
- Il faut remarquer en outre que dans les cinq hommes employés, il y a deux ouvriers seulement et trois aides.
- La propreté qu’apporte ce pétrin dans la fabrication de la pâte est incontestable ; l’homme n’y met les mains que pour donner aux pains la forme ordinaire.
- Ces pétrins se construisent aussi bien dans les petites que dans les grandes proportions et donnent les mêmes avantages. Ils fonctionnent depuis plus d’un an chez MM. Mouchot frères, boulangers à Montrouge, au séminaire de Brulé, près Beauvais ; à l’abbaye de Citeaux ; à Avignon, à la grande boulangerie de MM. Roland et Cie ; aux Antilles espagnoles, etc.
- M. Arsène Moret, en apportant des changements dans leur construction, les a rendus propres à la fabrication de la pâte du biscuit de mer.
- Dans l’établissement de MM. Henri Thébaud et frères, à Nantes, où l’on fait usage de ce pétrin mécanique pour fabriquer la pâte à biscuit de mer, on met 100 kilog. de farine blutée à 25 ou 3o 0/0, on y ajoute 40 litres d’eau à la température de 45°, et l’appareil est mis en mouvement avec une vitesse de dix tours par minute. Au bout de huit minutes on arrête le pétrin pour gratter la farine qui s’est attachée aux parois et qui n’a pas été travaillée par les bras ; cette opération dure quatre minutes ; on remet en marche, et après avoir fait tourner 40 tours on arrête ; il faut cinq minutes pour retirer la pâte du pétrin.
- Ainsi l’opération dure 21 minutes pendant lesquelles l’appareil a fait 120 tours en 12 minutes.
- . Le pétrin contient 200 kilog. de pâte. Pour fabriquer cette quantité dank cet espace de temps on emploie deux hommes et un enfant.
- Par le «travail des bras, pour faire cette même quantité, il faut quatre hommes et deux aides, et le temps est double.
- M. Championnière, ingénieur civil, qui a monté chez MM. Henry Thébaud et frères, de Nantes, un de ces pétrins à biscuits de mer, a reconnu que le frasage à la mécanique produit une pâte beaucoup plus blanche et plus légère que ne le donne le frasage à bras.
- Il faut aussi remarquer que cet appareil permet de mettre dans la pâte un cinquième d’eau de moins que par les procédés dont on se servait ; et l’on sait que dans ce travail,il est important de mettre très peu d’eau, sans quoi on obtient des pâtes trop molles qui se referment après avoir été piquées. La vapeur ne trouvant plus alors d’issue, fait ouvrir la galette et nuit à sa qualité.
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- LE TIRAGE
- DE LA LOTERIE D’ANVERS
- Les Gros Lots
- Le tirage de la loterie de l’Exposition univer-verselle d’Anvers a commencé lundi matin au. palais des Beaux-Arts.
- Voici la liste des numéros qui gagnent les gros lots :
- Le n° 958191 gagne le lot 1, parure en brillants, valeur 100,000 fr.
- Le n° 879670 gagne le lot 2, parure en saphirs, valeur 25,ooo fr.
- Au n° 91054, le lot 3, dentelles, valeur 25,000 fr.
- Au n° 153892, le.lot 4, mobilier Renaissance pour chambre à coucher, valeur 10,000 fr.
- Au n° 6o3i83, le lot 5, parure et service à café, valeur 10,000 fr.
- Au n° 514938, le lot 6, collier et boucles d’oreilles, valeur 10,000 fr.
- Au n° 399042, le lot 7, garniture de salon et piano d’Erard, valeur 10,000 fr.
- Au n° 289316, le lot 8, surtout Ghristophle, piano Pleyel, etc., valeur 10,000 fr.
- Au n° 884739, le lot 9, deux bronzes et un piano-buffet, valeur 5,000 fr.
- Au n° 995676, le lot 10, quatre bronzes et une pelisse, valeur 5,000 fr.
- Au n° 198260, le lot n, collier, valeur'5,000 fr.
- Au n° 151696, le lot 12, meubles, valeur 5,000 fr.
- Au n° 270516, le lot 13, tissus, valeur 5,000 fr.
- Au n° 648213,1e lot 14, dentelles, valeur 5,000 fr.
- Au n° 976909, le lot i5, voitures et harnais, valeur 5,000 fr.
- Au n° 511908, le lot 16, piano, vases et tapis, valeur 5,000 fr.
- Au n° 9733q3, le lot 17, tapisseries et meubles, valeur 5,000 fr.
- Au n° 76707, le lot 18, voiture, harnais, armes, valeur 5,000 fr.
- Sont sortis ensuite :
- Gagnant les lots 19 à 5o
- Les nos 999669 — 54234 — 428358 — 415581 — 653208 — 470612 — 38929 — 962254 — 108557 — 179623 — 217675 — 424417 — 946089 — 21480 — 196452 — 177943 —722641 —684696—523574 — 870018 — 6o5329 — 019332 — 59091,7 — 902652 —
- 286522 — 75091 — 719701 — 854719 — 190713 — 994967 — 797598 — 91161.
- Gagnant les lots 5i à 100 :
- Les n0s 205319 — 946434 — 616947 — 307881 — 952096 — 395471 — 148157 — 563207 — 2 i8o3 — 637684 — 494241 — 1 35525 — 594245 — 508893 — 172218 — 165145 — 15o575 — 207811 — 157955 — 2 5oo 10 — 188521 — 771368 — 551860 — 7 3888 3 — 855841 — 25076 — 572879 — 397504 — 262533 — 537307 — 350940 — 828692 — 278353 — 546380 — 29239—429517 — 978 51 — 377434 — 86874 — 918606 — 208953 — 61368 — 599725 —874514 — 289008 — 743348 — 6o3i83 — 734605 — 667412.
- Gagnant les lots 101 à i5o :
- Les n0s 590134 — 677529 — 406884— 370686 — 357836 — 854760 — 69964 — 562296 —698662 — 694179 — 746084 — 349510 — 939175 — 626187 — 519331 — 976260 -—232991 — 372760 — 858146 — 54304 — 843084 — 62217 — 800298 — 753039 — 414167 — 960044 — 280458 — 41916 — 900342 — 469487 — 568046 — 101587 — 859113 —407553 — 33823o — 5oio2 5- — 510716 — 856633 — 640520 — 474175 — 347726 — q6586i —• 263729 — 542500 — 958932 — 78914 — 262800— 133 5 ï 9 — 337197 —-929109.
- Gagnant les lots 151 à 200 :
- Les n0s 864458 — 578111 — 5o3638 — 991772 —
- 116406 — 182664 — 295473 — 868951 — 277033 — 556217 — 393784 — 985597 — 130920 — 379088 —• 140288 — 614681 — 696318 — 862693 —• 668516 — 339946 — 280722 — 599286 — 261787 — 123534— 383286 — 76600 — 816 3g 3 — 29722 — 276808 — 848276 — 967723 — 561842 —994258 — 736616 — 841646 — 1269 — 526529 — 525967 — 866626 — 490185 — 303912 — 839770 — 687630 — 294067 —• 471392 — 697409 —• 466998 — 833315 — 809330.
- Gagnant les lots 201 à 25o :
- Les n0s 85g83i — 379240 — 849249 — 846960— 857915 — 746906 — 583912 — 746909 — 427273 —• 740647 — 5206)69 1—888230 — 962286— io5755 —• 772676 — 793669 — 9.83516 —• 233449 — 954423 —
- 317778 —• 464435 — 848992 — 338723 — 168205 — 350673 — 603760 — 264760 — 877384 —• 688378 — 2258o3 —• 688267 — 883344 — 268822 — 766976 — 65741 —• 828031 — 273265 — 244527 — 947094 — 5526o5 —907261 •— 244101 — 657990 — 712057 —• 619433 — 3113 37 — 789678 — 108181 — 182296— 246756.
- Gagnant les lots 261 à 3oo :
- Les n0s 225738 — 525898 — 454562 — 479269 — 893495 — 179826 — 4355io —478451 — 319026 — 262637 — 178806 — 835o3 — 61274 — 14275 — 919017 — 810405 —6i58g3 — 866856 —756400 — 412547 — 378065 — 49962 — 836171 —: 450794 — 573219 —- 433676 — 627124 — 481403 —866556 — 455078 — 667227 — 459616 — 943608 — 777498 — 60898 — 186848 — 962225 — 106418 — 642967 — 780404 — 656646 — 7976 — 74519 —'283056 — 75866 — 519446 — 130279 — 280966 •— 152062 — 969828.
- Gagnant les lots 3oi à 35o :
- Les n0s 690756 — 48493 —• 484116 — 394837 —> 549356 — 298477 — 178283 — 338510 — 304687 — 517816 —430972 — 717001 — 505964 — 271145 — 719643 — 782688 — 199706 —627513 — 86888 —
- 215211 — 3io433 — 39756 — 216730 — 895754 — 285539 —374215 — 246321 — 725802 — 447616 —. 711006 — 869080 — 908023 — 9556i 1 — 166146 — 405836 — 570174 — 908686 — 616009 — 879793 — 807949 — 868237 — 561028 — 451346 — 864080 — 222697 —669487 — 372872 — 865475 — 601906 — 800110.
- Gagnant les lots 351 à 400 :
- Les n0s 835246 —• 372285 — 2y525o — 348898 — 881243 —9526.73 — .168867 — 4124.31.— 406588 — 78971 — 745467 — 772666 — 361634 — 399806 — 56188 — 420061 — 367271 — 145901 — 922653 — 248133 — 727 815 — 662066 — 546246 — 373771 — 292803 — 802814 — 955169 — 862617 — 3o8i38 — 216070 — 647711 — 211782 — 167029 — 481648 — 108092 — 302817 — 92180 — 309262 — 696462 — 8172 — 943369 — 937989 — 989330 — 957402 — 216128 — 35453 — 985428 — 22978 — 410704 — 469190.
- Gagnant les lots 401 à 450 :
- Les nos 638319 — 747665 — 560976 — 514624 — 767911 —709781 — 790804 — 476116 — 994018 — 628690 — 670674 — 49876 — 199186 — 17482 — 229493 — 789981 — 716990 — 812710 — 933168 — 861245 — 36996 — 920923 — 460959 — 602617 — 357963 — 863433 — 26192 — 771075 — 56o6g — 240179 — 169476 — 786691 — 843788 — 421601 — 692176 — 478086 — 104677 —879464 — 174224 — 23oo66 — 96948 — 820603 — 347016 — 947528 — 790905 — 217691 — 658954— 824969 — i883oi — 916022.
- Gagnant les lots 461 à 5oo :
- Les n0s 192062 — 358764 — 433822 — 165336 —
- 15881 — 694991 — 212660 — 3i 174 — 690443 — 554564 —438993— 946680 —444609 — 369853 — 409908 — 327021 — 104375 — 910280 — 784484 — 767865 —482418 — 637063 — 681076— 326629 — 426959 —489644— 5go3o7 — 672222 — 874192 — 642120 — 8oo36 — 70337 — 542283 — 989416 — 266177 —418167 — 807382 — 884644 — 888333 — 109718 — 83i3o2 — 368619— 441260— 668265 — 736546 —SgSiSS —886192—'209516 — 388341 et 894667.
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- .Deuxième Année.
- N» 61.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 28 Février 1886.
- — 7r-
- 3845 — 5q54 — 6905 — 7953 — 7972 — 9045 — ioo32 — 10966 — 15662 —17142— i863o — 19767 — 22969 — 24203 — 27677—27748 — 28428—42284— 43091 —44671 —46088 — 48667—49847—49876 — 50496— 61463 — 61949 — 5.2558 — 69651 —6 i6b6 — 62408 — 64133 — 67923 — 69735 —70491 —73595 — 74266 — 76645 —77534—78462—79049 — 79216 — 80643 — 82226—86201 —87001 —88511 —88874 — 89408 — 90067 — 90341 —g3854— 98349 — 98996 — 106646— 106644 — 108682 — 110629 — 111670 — 112724 — 113113 — 114535 — 1151 o 5 — 116693 — 1 17335 — 120077 — 120010 — 122161 — 12 3g 32 — 124116 — 124193 — i2oo35 — 126298 — i33534 — 1 3 5 3 1 o — 136104 — 139026 — 140846— 141071 — 143097 — 143668— 145494 — 146618 — 160171 — 150499 — 161014 — 164823 — 166657— 166379 — 157217 — 160795 — 164169 — 16 5 9 58 — 167813 — 168250— 168876 — 170249 —171036 — 171673 --174714 — 179228 — 18118 f — 181928 — 18 3 5 5 5 — 184676 —18667 — 187454 — 187600 — 190003 — 190826 — 191608 — 192062 — 193291 — 195580 — 195898 — 199697 — 2o385o — 210676 — 211711
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- 877522 — 878333 — 881572 — 884176 — 884197
- 887865 — 892039 — 892662 — 894067 — 894117
- 895142 — 896701 — 906292 — 909669 — 909883
- 913745 — 914228 — 914718 — 918938 — 920749
- 924482 — 926400 — 926165 — 927941 — 929984
- 962352 — 935224 — 936259 — 940269 — 94167b
- 942637 — 94.3197 — 946658 — 947817 — 948495
- g5io38 — 95355o — 964083 — 960964 — 961686
- .964082 — g6525o — 968791 — 969212 — 970812
- 972614 — 977049 — 977450 — 980474 — 981670
- 984889 — 986649 — 991145 — 991967 — 993350
- 993398 — 99792'5
- Délivrance des lots
- Les objets gagnés seront délivrés au palais des Beaux-Arts, rue de la Régence, à Bruxelles, à par-
- tir du Surlendemain de la clôture des opérations du tirage au sort des billets de la loterie, jusqu’au 15 mars prochain inclusivement, aux heures ci-après :
- Les jours de la semaine, de g heures du matin à midi et de 2 à 5 heures du soir ;
- Les Dimanches, de g heures du matin à midi.
- Un avis ultérieur fera connaître les dispositions prises pour la délivrance des lots après le i5 mars.
- Le porteur d’un numéro gagnant un numéro de 25,ooo francs ou au-dessus, qui en réclamera le montant en espèces sous déductions de la remise de 10. 0/0, prévue par l’article. 4 de l’arrêté ministériel du 10 mars 1885, ne pourra toucher la somme qui lui est due qu’après accomplissement des lormalités exigées pour la liquidation.
- Les voitures, piano:;, meubles et autres objets volumineux ne pourront être retirés des salles de l’exposition qu’aux heures qui seront déterminées par le conservateur des lots ; les gagnants devront s’entendre à cette fin avec ce dernier.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 14 février 1886).
- En même temps, l’établissement matériel du théâtre acquérait les perfectionnements en rapport avec le goût de plus en plus vif du peuple romain pour le spectacle.
- On éleva des édifices spéciaux pour y donner les représentations. D’abord ce ne furent que de simples constructions provisoires en charpente, qui ne subsistaient que le temps des fêtes publiques pendant lesquelles on jouait des pièces. Puis s’élevèrent des monuments durables construits avec une magnificence croissante dans des proportions de plus en plus grandioses.
- Les procédés de représentation se perfectionnèrent au fur et à mesure et parvinrent à un raffinement excessif, tant par la richesse et la variété des costumes qu’on fut amené à employer que par le luxe des décorations et l’ingéniosité des machines dont on se servit.
- La civilisation romaine s’éteignit. Les invasions bouleversèrent ses vestiges. L’art dramatique disparut. Un nouveau mouvement se produisit, une nouvelle civilisation sortit des ténèbres de la barbarie. L’art dramatique fut de nouveau enfanté et recommença son évolution.
- Au début il se manifesta par de simples improvisations analogues aux Fescennines de l’antiquité. En Italie le genre se développa. Chaque ville eut son masque, son bouffon qui personnifiait un type populaire et en lequel se résumait le caractère de la cité, Arlequin, Pantalon, Pulcinello, Stenterello, donnèrent naissance à une famille de types, de masques qui, mis en présence, se refilèrent, se gour-mèrent de mille façons, de manière à fournir la comédie des caractères et des ridicules, des moeurs et des passions.
- En F rance,l’influence prépondérante de la religion avait tout d’abord conduit à la représentation de mystères. L’esprit satirique se glissa dans ces affabulations et donna lieu à l’institution des farces et des soties qui rappellent les saturnales romaines. Les Moralités ayant un caractère plus sérieux et présentant un enseignement sous le divertissement qu’elles offrent à la foule préludent à la comédie définitive. Les modernes s’instruisent de l’art des anciens et utilisent les perfectionnements auxquels ceux-ci l’ont porté. La Renaissance donne une impulsion générale au mouvement littéraire et le drame arrive enfin à une forme nette et précise.
- Au commencement,., rien .de ce qui ressemble à l’organisation d’un théâtre. On donna d’abord les représentations des mystères et des miracles à l’occasion des grandes fêtes religieuses dans les églises et les cathédrales. Ces spectacles dans lesquels il s’introduisait peu à peu de nouveaux éléments d’attrait se multiplièrent. On les répéta dans les grandes salles des édifices municipaux et sur les places publiques. Pour constituer la scène une simple estrade. Bientôt on imagina de simuler par une superposition d’échafauds le paradis, l’enfer, la terre. Puis des décorations naïves complétèrent cette tentative et facilitèrent aux assistants l’intelligence du mouvement scénique.
- D’ailleurs, pas de troupe véritable de comédiens. Les clercs de la Basoche jouaient les Moralités, les Enfants sans souci les farces et soties, comme les confrères de la Passion représentaient les mi-racles et les mystères.
- Les baladins qui paradaient, sur les tréteaux dans les foires furent les premiers acteurs de profession. Ce furent eux qui s’organisèrent en sociétés pour jouer les pièces quand celles-ci devinrent des œuvres d’une composition sérieuse et non plus des fantaisies presque improvisées que leurs auteurs laïques ou clercs se plaisaient à représenter eux-mêmes.
- La troupe comique instituée,la parade abandonna ses tréteaux et le drame monta sur le théâtre.
- Les représentations scéniques qui n’avaient pris place jusque-là que dans les divertissements des fetes publiques s établirent d une maniéré permanente. Les troupes ambulantes qui parcouraient les villes et les campagnes dressaient leur théâtre dans une galerie de château, une grange, une salle d’hôtel de ville. Quand les sociétés comiques se fixèrent, prirent lieu de résidence, le public ne pouvait plus se contenter des installations provisoires. Il fallut organiser la salle de spectacle, édifier le monument spécial consacré au théâtre.
- Il est à remarquer dans l’histoire du développement de l’art théâtral que la poétique dramatique a toujours été en corrélation avec les procédés applicables de mise en scène, lesquels résultent de la situation industrielle et de l’état des mœurs d’un pays. Aussi tandis qu’en Occident l’art théâtral n’a cessé de se transformer, de se perfectionner, suivant le courant général de progression , s’adaptant aux besoins nouveaux , répondant aux exigences créées par un mouvement perpétuel des habitudes et des goûts, en Orient, chez les nations stationnaires, il est demeuré dans l’état où il se trouvait, lorsque l’évolution générale s’est arrêtée.
- Le théâtre oriental — nous voulons parler de celui des Chinois et des Japonais, le seul qui ait une analogie avec le nôtre — a concervé l’abstraction des personnages de la comédie primitive ; il fait mouvoir éternellement dans le même cycle, les types consacrés correspondant aux grandes variétés du caractère humain. Le théâtre européen moderne s’ingénie, au contraire, à produire le spectacle des qualités et défauts de la nature dans leur jeu occasionné par la situation actuelle de la société. Et conséquemment, en même temps que les Chinois se contentent encore aujourd’hui des moyens naïfs d’adaptation à la scène, chaque jour, chez nous, l’on s’efforce de donner à la représentation des œuvres de théâtre, par un raffinement de soins, l’aspect le plus satisfaisant.
- Par suite, dans ce but d’obtenir le résultat réclamé, cette entreprise de transportation sur la scène des ouvrages dramatiques a exigé le concours de toutes les branches de l’art, la réunion de toutes les ressources de l’industrie, est devenu, en un mot, l’application de tous les arts à l’industrie ou si vous le préférez, l’application de toutes les industries à l’art.
- A l’époque où florissait la règle des trois unités, le public pouvait se contenter de l’unique décoration, lui représentant : soit un palais, soit un salon bourgeois, dans laquelle se mouvaient les personnages de la tragédie ou de la comédie classique. Les mœurs du temps étaient en harmonie. L’exiguité du théâtre, l’habitude des gens du bel air de prendre place sur la scène même eussent empêché les changements de décors, les grands mouvements d’action contraires aux principes d’Aristote.
- Dans les siècles d’ignorance archéologique complète, le spectateur ne s’étonnait pas plus de voir les héros de l’antiquité se présenter en costumes de cour du dernier galant pour débiter leurs madrigaux, qu’il ne pouvait être déconcerté au spectacle de peintures représentant des sujets mythologiques ou bibliques avec des personnages vêtus à la mode actuelle.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
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- 72. —- Deuxième Année. — N° bl.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Février 188b.
- LES LIVRES
- XLvni
- Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth, 1649-1 ?34> par M. Forneron. Avec un portrait d'après P. Lely, et un fac-similé d'autographe. — Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1886, in-18.
- Quand on a lu, dans ces ouvrages aux murs nus, aux bois froids, aux maigres lueurs d'oratoire genevois, l'histoire, racontée par M. Guizot, d’un style sobre et austère, de la révolution et de la .contre-révolution en Angleterre, — histoire toujours à lire, toujours à méditer — on éprouve le besoin de respirer un air plus vif, plus tiède, plus parfumé de cette légère et capiteuse odor di fe-mina qui fait absolument défaut dans les récits de l’historien français. C'est une plaisanterie bien banale et c’est aussi une critique des plus justes que de dire de ces ouvrages de Guizot et même de Macaulay sur des règnes comme celui de Charles II, par exemple, qu’ils manquent par trop de femmes. Car l’histoire de Charles II, après tout, c’est une histoire de femmes, comme celle de Louis XV. Le roi règne, les ministres gouvernent, mais ce sont les femmes qui les mènent. Aussi, on en apprend plus sur les intrigues qui se croisent et font osciller dans des directions si contradictoires le char du gouvernement anglais; on en apprend plus dans la chronique scandaleuse que dans l’histoire à collet monté sur les petites causes qui produisent de si grands effets. Il faut avoir lu pour comprendre certaines choses, la haine des Anglais contre les Français sous Louis XIV, l’attachement opiniâtre de l’Angleterre à la religion protestante, et les vicissitudes qui firent succéder Cromwell à Charles Ier et Guillaume d’Orange à Jacques Stuart; il faut avoir lu des livres qui contiennent, sous des formes frivoles, de graves enseignements comme les Mémoires de Gramont, écrits par Hamilton, le Diary de Pepys et le Diary d’Eveling, les Mémoires de la duchesse de Mazarin, et les œuvres mêlées et la correspondance de Saint-Evremond. Il faut surtout avoir lu, comme nous permet de le faire l’ouvrage consciencieux et agréable de M. Forneron, la correspondance des ambassadeurs qui se succédèrent à Londres pendant le règne de Charles II, Colbert de Croissy, frère du grand Colbert et père de Colbert deTorcy,un de nos meilleurs ministres des affaires étrangères, Courtin et Barrillon, cet intendant médiocre mais laborieux et avisé, et ces deux robins, ces deux parlementaires de cour, diplomates sérieux mais observateurs un peu sceptiques, sans faux scrupules, sans fausses pudeurs, dévoués avant tout à l’intérêt français, et résignés à le faire prévaloir par les moyens alors en usage, c’est-à-dire l’intrigue, la galanterie, la corruption. Il fallait faire bonne mine à méchant jeu et garder en plein tripot de politique subalterne les allures et les façons, du salon. C’est ce que faisaient nos deux magistrats ambassadeurs, honnêtes gens dans la haute acception du mot, mais qui ne se mettaient pas les mains devant les yeux à la façon de Tartufe devant une belle gorge. Ils savaient que sous un roi débauché et prodigue, il faut autant s’occuper des favorites que des ministres et traiter les affaires autant dans les ruelles de l’alcôve de la maîtresse triomphante que dans les cercles diplomatiques et les cabinets du lord dirigeant. Nous nous souvenons à ce propos de nos dernières entrevues, de nos dernières conversations avec ce pauvre Armand Baschet, prématurément enlevé aux lettres et à ses amis, et du plaisir extrême qu’il nous témoignaitprendre aux correspondances diplomatiques des ambassadeurs français à la cour de Charles IL II nous vantait, avec l’autorité d’un vrai gourmet historique et littéraire, élevé par le commerce intime des ambassadeurs vénitiens, et par cçnséquent difficile en matière d’observation et de finesse, le ragoût piquant de ces lettres de Courtin et de Barrillon, qui formeraient un curieux et piquant commentaire aux Mémoires du chevalier de Grammont. Colbert de Croissy écrivait à M. de Lionne, ministre spirituel, éloquent et voluptueux qui se consolait volontiers, dans la galanterie la plus raffinée, des infidélités scandaleuses de sa femme, trop vite imitée par sa fille, mais il était comme son frère, un peu lourd, sanguin et brutal. Il n’y avait qu’un beau joueur, un beau renvoyeur de volant à ce jeu; c’était le ministre. Avec Louvois et avec Pomponne, la correspondance de ce Courtin dont le crédit survécut à sa disgrâce, et dont la conversation continua d’enchanter Louis XIV quand ses services cessèrent de lui plaire, la correspondance de ce Barrillon, négociateur et observateur de premier ordre, dont Mme de Sévigné et Mme de Maintenon goûtaient si fort les récits élégants et légèrement assaisonnés de sel gaulois, nous avons un dialogue entre interlocuteurs dignes les uns des autres et maniant les affaires en philosophes et en gens d’esprit.
- Les affaires, en ce moment, c’est l’alliance anglaise ou plutôt la soumission anglaise à la politique, française. Il en coûte pour réduire à ce rôle ingrat et humiliant de satellite une nation hère, un roi trop avisé, pour ne pas prévoir l’avenir, mais assez égoïste pour dire aussi, en songeant à son frère et héritier : Après moi, le déluge. Il en
- coûta à la France des sommes considérables destinées à payer la complaisance des favorites et à entretenir le luxe effréné du roi prodigue. Il en eut coûté, quelques années plus tôt, à ce roi entretenu, domestiqué, la couronne et la vie. Mais le puritanisme anglais épargna le successeur de Charles Ier. La haine et le mépris de la nation pour les derniers Stuart les punirent moins tragiquement que par l'échafaud, par l’exil et la déchéance. L'Angleterre fit maison nette à Wite-Hall. Elle prit un roi étranger et protestant, pour être bien sûre de demeurer à jamais maîtresse de ses destinées et de ne plus dépendre du fanatisme d'une reine dévote, de l’ambition d'une reine orgueilleuse ou de la vénalité, de la versatilité d'une favorite. C’est ce rôle d’ambassadrice de la France in partibus, d’avocate sur l’oreiller, de protectrice d’alcôve de la cause française, c’est ce rôle ingrat et brillant, ce rôle triomphant et sacrifié que joua cette Louise de Kéroualle, cette duchesse de Portsmouth dont M. Forneron nous raconte l’histoire intime et publique, éclairée à la lueur très crue de la lampe diplomatique, tenue par des observateurs sans scrupule, mais aussi sans indulgence. Ce sont eux qui nous disent les vicissitudes, les alternatives de revers et de succès de ce rôle terrible de maîtresse, d’amuseuse d’un roi blasé, sur lequel Mme de Pompa-dour, dans ses confidences à Mme du Hausset, nous a laissé de si poignantes confidences. Ce sont eux qui nous initient aux piquants et parfois tragiques mystères de cette guerre des favorites de la veille, du jour et du lendemain, la duchesse de Cléveland, la duchesse de Richmond, la comédienne Nelly Gwinn, la duchesse de Portsmouth, la duchesse de Mazarin. Dur métier que ce métier de courtisane royale quand on le pratique en conscience, plus dur que la pire journée d’une religieuse de l’étroite observance, plus dur que la pire journée du chrétien, disait Mme de Pompadour, regrettant dans l’insomnie sur les duvets et sous les lambris de Bellevue, le sommeil de la carmélite nourrie de pain et d’eau et couchée sur un grabat. Il faut bien que le vice se paye comme la vertu. Il y a cette leçon et bien d’autres dans l’histoire que nous ne nous défendons pas d’avoir fermée avec une certaine indulgence sinon un entier pardon pour la petite Bretonne qui a si vaillamment servi l’intérêt français et nous a fait gagner nos Flandres, notre Franche-Comté aux dépens de son honneur, à travers les épreuves, les dégoûts, les déceptions de cet état de maîtresse du roi, qui a fait son temps.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ESPAGNE
- Indications de moyens propres a développer les relations commerciales
- Une des principales raisons de la concurrence contre laquelle nos produits ont à lutter, écrit le consul de France à Santander, est l’élévation de leurs prix ; un des meilleurs moyens pour améliorer les conditions de nos échanges serait donc de baisser le prix de nos marchandises et d’établir dans nos grands centres commerciaux étrangers des sortes de bazars d’échantillons de nos produits avec le prix de chaque marchandise dans le pays d’achat, c’est-à-dire que le prix indiqué devrait comprendre tous les frais de transport, de fret, de douane, etc., etc., afin que le consommateur étranger puisse, en même temps qu’il voit la qualité de notre produit, se rendre compte de l’avantage pécuniaire qu’il a de l’acquérir plutôt que les similaires étrangers.
- Les marchandises recherchées et d’une vente courante devraient être expédiées en quantité suffisante pour être vendues immédiatement, car les peuples méridionaux veulent généralement acheter de suite ce dont ils ont besoin ; les lenteurs les rebutent autant et même quelquefois plus que l’élévation des prix.
- Une autre condition essentielle de vente est d’approprier la marchandise au goût de l’acquéreur; c’est ainsi que les Anglais, les Allemands, les Belges font une concurrence d’exportation redoutable à nos produits, qui sont surtout fabriqués en vue de notre goût national.
- MEXIQUE
- importations d’instruments agricoles. — ENVOI d’échantillons
- Le consul de France à Vera-Cruz a recueilli plusieurs spécimens de haches, machetes et ten-coles, qui servent en même temps d’instruments agricoles et d’armes de défense aux cultivateurs et villageois du littoral.
- Ces instruments de fabrication américaine sont importés au Mexique, chaque année, pour une valeur d’environ 2,5oo,000 francs.
- Des échantillons de haches, machetes et tencoles, accompagnés d'une note fournissant l'indication des prix de ces produits, tant en fabrique que sur
- le marché de Vera-Cruz, et des droits de douane auquels ils sont soumis, sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain. (Direction du commerce extérieur. —Bureau des renseignements commerciaux.)
- BRÉSIL
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- On écrit de Porto-Alègre : Les produits de l’industrie française tendent à disparaître complètement de cette province, à l’exception de quelques tissus de fantaisie et d’un nombre très limité d’articles de modes.
- Presque tout le commerce en gros est représenté par des maisons allemandes qui donnent la préfé-lence aux produits de leur pays lesquels imitent souvent les articles français.
- Les causes de cette diminution de nos importations doivent être attribuées au prix élevé de la marchandise française que justifie, d’ailleurs, sa qualité supérieure, et aussi au coût des emballages qui reviennent plus cher qu’en Allemagne.
- Pour établir et développer nos relations commerciales avec la région de Porto-Alègre, il serait nécessaire d’expédier des articles du plus bas prix possible et dont Y apparence surtout fut satisfaisante.
- C’est ainsi que procèdent nos concurrents avec un succès toujours croissant.
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- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Nations. — Les Nuits du boulevard, drame en cinq actes et huit tableaux, par MM. P. Zaccone et Th. Henry. (Reprise.)
- Théâtre des Nouveautés. — Serment d’amour, opéra-comique en trois actes, par M. Grdonneau, musique de M. E. Àiidran.
- Eden-Théatre. — Djemmah, ballet en deux actes, de MM. !.. Détroyat et Pluque, musique de M. F. Thomé. — La Folie parisienne, ballet pantomine de M. Agoust, musique de M. F. Thomé.
- Le drame que vient de reprendre le théâtre des Nations est, comme on le sait, tiré d’un de ces. feuilletons d’une littérature douteuse, qui met en œuvre, pour provoquer l’intérêt du public, les moyens fantastiques chers à Ponson du Terrail et autres maîtres du genre. Les auteurs ont tenté de rajeunir cette forme démodée par une certaine recherche de modernité dans les événements bizarres qu’ils ont imaginés. Sur des sujets nouveaux, faisons des feuilletons anciens. La seule chose intéressante que la critique ait jamais remarquée dans cet ouvrage, c’est qu’une part de collaboration en revient au fameux Mary Cliquet, ce notaire qui a mal tourné. Pauvre Mary Cliquet, son nom ne figure même pas sur l’affiche.
- L’interprétation du drame n’est pas mauvaise. MM. Charpentier, Montbars, Richard et Decori se sont montrés excellents comédiens, et Mme Mary Gillet est vraiment charmante.
- Nous n'avons pu assister à la représentation de Serment d’amour, aux Nouveautés, mais nous aurions mauvaise grâce à nous en plaindre, car de l’aveu unanime de la Presse, ce spectacle n’est pas extrêmement réjouissant. M. Maurice Ordonneau est pourtant un homme d’esprit, qui a produit d’amusantes choses. M. Audran a une veine musicale heureuse. Seulement on dirait qu’il y a un pari engagé en ce moment-ci dans les théâtres semi-musicaux à qui offrira l’ouvrage le plus ennuyeux. Pour nous c’est toujours le dernier qui parle, qui a raison.
- Il paraît que M. Berthelier est charmant dans Serment d’amour, ce qui est forcé de la part d’un aussi excellent artiste, au talent si fin et original, délicieux dans quelque rôle qu’il soit appelé à représenter. On dit aussi que M. Albert Brasseur est très amusant, ce que nous avons un peu de peine à croire. MUeUgalde, exquise, pleine de grâce, malicieuse, cela va sans dire. Nous ne pensons pas que Mmes Darcourt et Lantelme ait fourni autre chose que la valeur ordinaire de leurs moyens, qui sont toujours suffisamment agréables.
- UEden Théâtre a donné à la fois deux nouveaux ballets, un grand et un petit, l’un sérieux, l’autre badin, tous deux accompagnés de cette musique fine, légère et délicate, signée St-Thomé. Les ballets par eux-mêmes n’ont rien de particulièrement bien original. Mais entre nous, est-il absolument nécessaire qu'il en soit autrement ? L’Eden, je l’accorde, n’a pas acquis le caractère de folâtrerie qu’on a essayé de lui imprimer ; on s’y ennuie à loisir ; mais quant à devenir un établissement purement artistique il n'en a pas la vocation.
- M!les Carmen et Cornalba ont été frénétiquement applaudies par les dilettanti. Il est vrai qu’elles sont absolument exquises de charme et de grâce.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 7 Mars 1886. NUMÉRO 62.
- SOMMAIRE :
- i. L'Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition et le conseil municipal ; 3. Une lettre au ministre du commerce ; 4. Proposition de loi; 5. L’Exposition de Berlin en 1888 ; 6. Concours agricole de Paris 1886 ; 7. Echos ; 8. Le distillateur-liquoriste de Paris; 9. La coutellerie de Sheffield ; 10. Une ville-lumière dans les Alpes françaises ; it. Histoire anecdotique du Télégraphe ; 12. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; i3. Les
- Livres; 14. Avis commerciaux; i5. Les Théâtres.
- Nos lecteurs trouveront encartée, dans le présent numéro, une reproduction du diplôme de l’Exposition de Nantes, exécuté par M. Charles Toché.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- Le projet de M. Edouard Lockroy sur l’Exposition de 1889 est prêt ; mais le dépôt de ce projet sur le bureau de la Chambre est subordonné à la conclusion des négociations que le ministre du commerce a engagées, d’une part avec le conseil municipal, d’autre part avec la société de garantie en formation, pour déterminer les conditions de leur concours.
- La commission municipale de l’Exposition et la commission municipale du budget ont conclu au vote d’une subvention de 8 millions, comme on pourra le voir dans l’article suivant.
- D’autre part, les négociations avec la société de garantie sont assez avancées pour que la convention provisoire puisse être signée vendredi par les représentants de cette société de l’Etat.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- A la suite de son entrevue avec M. le ministre du commerce et de l’industrie, la commission de l’Exposition s’est réunie (23 février), pour désigner ses rapporteurs et déterminer les bases du rapport.
- MM. Monteil et Lyon-Alemand ont été nommés rapporteurs à l’unanimité.
- M. Lefebvre-Roncier insiste sur la nécessité de fixer, dès à présent, la part de contrôle et de direction qui doit être attribuée au conseil dans les opérations de l’Exposition.
- M. Lyon-Alemand ajoute qu’en effet, il importe que le conseil ne se prononce favorablement sur la subvention qui lui est demandée que lorsqu’il connaîtra parfaitement le rôle qui lui est destiné dans la surveillance de l’organisation et dans l’exécution des travaux.
- M. Jacques, rappelant la parcimonie de l’Etat à l’égard de la ville, toutes les fois qu’il y a lieu à contribution commune, croit qu’il vaudrait peut-etre mieux, dans l’intérêt des finances municipales s’en tenir au chiffre de six millions alloués en 1878, étant donné surtout que la ville aura beaucoup d’autres dépenses secondaires à acquitter.
- (On sait que, dans le projet de loi préparé par M. Lockroy, la subvention de la ville est prévue pour huit millions).
- M. le président (M. Guichard), fait observer que, pour le moment, il ne s’agit pas de discuter le chiffre de la subvention. Les rapporteurs pourraient donc se borner à le faire pressentir, sans donner un avis définitif. Le ministre se contenterait, d’ailleurs, d’un engagement moral.
- M. Monteil estime que le rapport ne doit être qu’un compte-rendu, un exposé de l’état de la
- Iuestion sans conclure à une délibération ferme, ql contiendra l’énoncé des engagements que la commission croit devoir prendre et de ceux qu’elle désire voir prendre en échange par l’Etat envers la ville. Ce n’est que lorsque la commission sera bien d’accord avec le ministre sur ces deux points que le rapport devra être présenté au conseil.
- Mais il est impossible d’en arriver là sans se prononcer sur le chiffre de la subvention. Comment, en effet, réclamer au ministre des garanties sans lui indiquer la quotité de cet apport?
- Comment, d’autre part, réclamer au conseil municipal une subvention sans lui faire connaître la somme et la nature des garanties que l’Etat lui accorde en échange de sa participation ?
- En ce qui concerne le rapport à présenter au conseil, M. Monteil estime qu’il doit contenir un historique complet de ce qui s’est passé depuis le vote du premier rapport, à la suite duquel le conseil a approuvé le principe de l’Exposition et l’emplacement du Champ-de-Mars. A ce propos, on a parlé de la désaffectation du Champ-de-Mars. Le moment n’est pas venu d’agiter cette question. Le génie militaire et le domaine national, c’est-à-dire les deux services auxquels appartient le Champ-de-Mars, sont opposés à la désaffectation. Dans ces conditions, le prix d’achat serait évidemment fort élevé.
- Il en sera tout autrement quand l’Exposition sera installée au Champ-de-Mars. Des palais auront été construits, qu’il sera économique de conserver et d’utiliser. La transaction se fera d’elle-même. Il suffira de doter le génie d’un autre terrain de manœuvre.
- Au reste, ce n’est pas au moment où la commission va demander huit millions au conseil qu’il convient de demander quatre ou cinq millions supplémentaires pour le rachat du Champ-de-Mars. Il est vrai que les recettes municipales vont augmenter, car, bien qu’on en ait pu dire, l’affluence des visiteur^ sera considérable : si quelques gouvernements boudent aux fêtes républicaines, les peuples, eux, ne boudent pas.
- Rentrant jdtms les détails de la question, M. Monteil dit qu’il convient de bien définir les attribu-butions de la commission technique, de la commission de contrôle et de la grande commission de l’Exposition.
- Il a été entendu que cette dernière comprendra toute la commission municipale de l’Exposition. Quant à la commission de contrôle, elle devra également compter un nombre de conseillers proportionnel à l’importance de la subvention de la ville. C’est dans cette représentation que résidera, en réalité, la garantie du Conseil.
- Le discours de M. Monteil résume parfaitement les idées de la commission. Cependant, M. Lyon-Alemand ajoute une remarque. M. le ministre a émis l’avis que, dans la commission de contrôle, la représentation, fût proportionnelle à l’importance des subventions allouées. En supposant, par exemple, que la société de garantie verse vingt millions,l’Etat douze, et la ville huit, il se trouverait que la société de garantie aurait cinq représentants, l’Etat trois et la ville deux : la représentation de la société de garantie serait donc égale à celles de l’Etat et de la ville réunies. A deux points de vue, selon M. Lyon-Alemand, cette représentation serait défectueuse. En effet, le capital de la société ne court aucun risque; il sera remboursé avant les douze millions de l’Etat et les huit de la ville ; les risques n’étant pas les mêmes, il ne paraît donc pas équitable que la représentation soit analogue. La représentation de la société doit être simplement égale à celle de l’Etat ou à celle de la ville.
- M. de Bouteiller s’occupe à nouveau de la question des emplacements : la séparation de l’Exposition en deux parties aussi éloignées l’une de l’autre, que Vincennes et le Champ-de-Mars, lui semble présenter de graves inconvénients. Il ne faut pas se dissimuler qu’on relierait difficilement l’Exposition principale,qui serait située au Champ-de-Mars, aux expositions agricoles et aux champs d’expériences qui seraient relégués au point de
- Paris diamétralement opposés. Il serait d’ailleur facile de donner une compensation à la population de l’Est en faisant, au bois de Vincennes et au lac Daumesnil, des fêtes analogues à celles qui ont eu lieu au bois de Boulogne en 1878.
- M. Lyon-Alemand répond qu’il est nécessaire " de rallier à l’exposition les populations de l’Est qui, jusqu’ici, n’ont guère été favorisées.
- M. Jacques fait observer qu’en établissant à l’est les expositions agricoles, les concours, etc., le conseil n’a pas l’intention de rompre l’unité de l’Exposition, mais de donner à certaines industries toute l’étendue qu’elles méritent. C’est pourquoi il est nécessaire que la Commission précise bien exactement ses projets à cet égard.
- Du reste, c’est à la commission de contrôle qu’il appartiendra de déterminer les parties de l’Exposition qui devront être installées au parc Daumesnil. Cet emplacement, dans l’esprit du Conseil municipal, est destiné aux Expositions qui, faute d’espace, ne pourront trouver place au Champ-de-Mars.
- M. Lefebvre-Roncier demande si, dans leur rapport préliminaire, les rapporteurs entendent développer l’organisation complète du contrôle que les délégués du Conseil pourront exercer sur les opérations de l’Exposition. Mais comment doit fonctionner cette organisation ? S’agit-il de créer un secrétariat spécial essentiellement municipal, ou bien d’un contrôle qui se confondrait avec le secrétariat général de l’Exposition ?
- La Commission, répond M. Monteil, ne peut d’ores et déjà préciser ce point. Il est probable que le ministre du commerce a conçu un plan d’organisation : le rapport de la commission municipale l’obligera à l’exposer. La grande commission sera sans doute chargée de délibérer sur les grandes lignes de l’opération et sera tout à fait indépendante de la Commission exécutive. Lors des précédentes expositions, cette dernière n’était qu’une émanation de la grande commission. M. Lockroy tient, parait-il, à ce qu’il en soit autrement cette fois. Il ne veut pas de secrétaire général et prendra lui-même en mains la direction de l’Exposition.
- La Commission, ayant ainsi déterminé les éléments du rapport, décide qu’elle consultera la Commission du budget pour la fixation de la subvention municipale.
- On se souvient que M. Vaillant a déposé une proposition tendant à ce que, pour les travaux de l’Exposition comme pour ceux de la ville, la journée de travail fût fixée à 8 heures, le marchandage étant aboli et les prix de la série rigoureusement appliqués.
- Cette question soulève celle du mode d’êxécu-tion des travaux. Recourra-t-on à l’adjudication ? Emploiera-t-on les marchés de gré à gré, comme on l’a fait en 1878 ?
- La Commission ne pouvait se prononcer là-dessus sans compliquer la tâche qu’elle a à remplir auprès du Ministre et qui touche directement aux intérêts de la ville et aux prérogatives du Conseil. Il y a là, d’ailleurs, un point d’une extrême importance dont la solution’dans un sens ou dans l’autre engagera gravement la responsabilité du Gouvernement et celle du Conseil.
- La Commission s’est réunie de nouveau le 27 février ; elle a eu une entrevue avec la Commission du budget au sujet du chiffre de la subvention. Cette entrevue a été secrète. Cependant les dispositions des membres de ces deux commissions ne permettent pas de douter de leur accord. D’après des renseignements particuliers,, nous pouvons affirmer que le chiffre de 8 millions a été adopté : cette somme serait versée à partir de 1887 par annuités de deux millions jusqu’en 1890.
- MM. Monteil et Lyon-Alemand, rapporteurs, ont dû se rendre chez M. le ministre du commerce pour lui soumettre cette décision et les termes des résolutions qu’ils soumettront au Conseil, dès que l’entente aura été établie entre le gouvernement et la Commission.
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- 74- — Deuxième Année. — N° 62.
- UNE LETTRE
- AU MINISTRE DU COMMERCE
- Nous donnons, à titre de document, la lettre suivante que M“e Hubertine Auclert vient d’adresser à M. Lockroy :
- Monsieur le ministre,
- J’apprends que pour organiser l’Exposition de 1889 vous avez l’intention de former des commissions qui fonctionneront sous votre présidence, et je m’empresse de vous demander de ne pas oublier d’appeller dans ces commissions l’élément féminin.
- Les femmes prennent une trop grande part à la fabrication et à la vente de nos produits pour être, sans préjudice, exclues, quand il s’agit de mettre notre œuvre nationale en évidence.
- Si par préjugé vous excluez les femmes de l’organisation de l’Exposition, il faudrait, pour être logique, interdire aussi l’entrée de l’Exposition aux chefs-d’œuvre qui sortent de leurs mains. Ce serait, vous n’en doutez pas, monsieur le ministre, décréter, en lui enlevant un de ses plus séduisants côtés, la non-réussite de la grande joute industrielle et artistique que vous organisez.
- Puisqu’on ne peut se passer de cette fée — la femme — qu’011 l’appelle à préparer elle-même les moyens de mieux faire valoir les merveilles quelle exposera.
- J’espère, monsieur le ministre, que vous ferez droit à ma réclamation; vous ne permettrez pas que la femme soit l’absente, d’avance sacrifiée, et que, comme dans d’autres expositions, les récompenses de travaux conçus et exécutés par des femmes soient scandaleusement attribuées aux hommes.
- Vous vous souviendrez, monsieur le ministre, que Mme Lockroy, votre vénérée mère, a été une adepte de nos idées de justice. Le fils d’une dévouée à l’affranchissement des femmes ne peut pas être injuste envers les femmes. Vous aurez à honneur de les appeler à concourir au succès de l’Exposition de 1889; ainsi vous ferez acte de républicain et de grand ministre.
- Veuillez agréer, monsieur, l’hommage de ma haute considération.
- Pour les femmes:
- Hubertine Auclert, Directrice de la Citoyenne.
- PROPOSITION DE LOI
- ADOPTÉE PAR LE SÉNAT
- Relative à l’usurpation des médailles et récompenses industrielles.
- La Chambre des députés a adopté la proposition de loi dont la teneur suit :
- Article premier
- L’usage de médailles, diplômes^ mentions, récompenses ou distinctions honorifiques quelconques décernés dans des expositions ou concours, soit en France, soit à l’étranger, n’est permis qu’à ceux qui les ont obtenus personnellement, et à la maison de commerce en considération de laquelle ils ont été décernés.
- Celui qui s’en sert doit faire connaître leur date et leur nature, l’exposition ou le concours où ils ont été obtenus et l’objet récompensé.
- Art. 2.
- Seront punis d’une amende de 5o à 6,000 francs et d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, ou de Tune de ces deux peines seulement : i° ceux qui, sans droit et frauduleusement, se seront attribué publiquement les récompenses ou distinctions mentionnées à l’article précédent ; 20 ceux qui, dans les mêmes conditions, les auront appliquées à d’autres objets que ceux pour lesquels elles avaient été obtenues ou qui s’en seront attribué d’imaginaires ; 3? ceux qui les auront indiquées mensongèrement sur leurs enseignes, annonces, prospectus, factures, lettres ou papiers de commerce ; 40 ceux qui s’en seront indûment prévalu auprès des jurys des expositions ou concours.
- Art. 3.
- Seront punis des mêmes peines ceux qui, sans droit et frauduleusement, se seront prévalu publiquement de récompenses, distinctions et approbations accordées par des corps savants ou des sociétés scientifiques.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 7 Mars 1886.
- Art. 4.
- L’omission des indications énumérées dans le second paragraphe de l’article premier sera punie d’une amende de 2b à 3,000 francs.
- Art. 5.
- Les tribunaux pourront prononcer la destruction ou la confiscation au profit des parties lésées, des objets sur lesquels les fausses indications auront été appliquées.
- Ils pourront prononcer l’affichage et l’insertion de leurs jugements.
- Art. 6.
- L’article 463 du Gode pénal est applicable aux délits prévus et punis par la présente loi.
- Art. 7.
- La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies.
- Délibéré en séance publique, à Paris, les 9 et 20 février 1886.
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- L’EXPOSITION DE BERLIN
- EN 1888
- Le correspondant du Figaro à Berlin annonce que le projet de faire une exposition nationale allemande à Berlin en 1888, a reçu un commencement d’exécution. Une conférence récente de deux commissions déléguées, Tune par le magistrat de Berlin, l’autre parla corporation des marchands, a pris la résolution de commencer immédiatement les études préparatoires.
- La réunion a eu lieu à l’Hôtel de Ville, sous la présidence du premier bourgmestre, M. Lor-ckenbeck.
- Les assistants étaient unanimes sur l’opportunité de l’exposition même et de la date, et se décidèrent de s’occuper sans retard du choix de l’emplacement et du devis approximatif des dépenses pour les constructions, les conduites d’eau, l’éclairage, etc. On croit être certain de l’approbation du conseil communal.
- Jusque 'dans les derniers temps, le gouvernement n’était pas sorti de la réserve qu’il, s’était imposée dans cette question; laissant.l’initiative aux industriels mêmes, il évitait de déclarer que ses sympathies étaient acquises à l’exposition, comme il se gardait d’un autre côté d’exprimer un sentiment contraire. Au Reichstag, M. de Bcetti-cher s’était borné à déclarer que cette exposition, si elle avait lieu, jouirait des memes bénéfices que toute autre exposition.
- Une lettre récente du chancelier adressée au conseiller de commerce Kühnemann va plus loin, en disant que le chancelier prêtera volontiers son concours pour obtenir des ministères compétents des réductions des frais de transport par les chemins de fer, etc., dès que la réalisation du projet de l’Exposition sera assurée, et qu’il attend des données détaillées sur l’étendue de l’entreprise projetée et sur ses bases financières.
- En attendant, l’association libre qui se trouve à la tête du mouvement en faveur de l’exposition, vient de publier une brochure avec les listes des industriels qui soutiennent le projet, et avec le plan général de l’entreprise.
- Comme emplacement, on a en vue le parc de la ville près Treptow.
- On demande à la ville de Berlin une subvention de deux millions de marks, et un million à l’Empire.
- En supposant i5,ooo exposants, et i5,ooo visiteurs par jour, on arrive à une recette totale de 4 millions de marks, en face de 6 millions de dépenses, soit une différence de 2 millions à couvrir par les subventions de la ville et de l’Empire.
- Sur la proposition de la commission, le magistrat de Berlin, dans une séance extraordinaire, a décidé de demander au conseil communal une somme de 3o,ooo marks pour études préparatoires concernant l’Exposition.
- Dans cette séance, l’association électro-technique à Berlin, interrogée si elle comptait participer à l’Exposition internationale à Paris en 1889, a déclaré que cette question était trop peu claire encore et présentait trop de difficultés pour pouvoir y répondre en ce moment.
- CONCOURS AGRICOLE DE PARIS
- 1886
- COMPOSITION DU JURY
- M. Gaston Bazille, Sénateur, Président.
- MM. de Verninac, sénateur.
- Malo, inspecteur général honoraire de l’agriculture.
- Pontfort, président de la Société centrale d’agriculture du Pas-de-Calais.
- MM. de Vialar, agriculteur à Saint-Nauphary (Tarn-et-Garonne).
- Briotet, membre du commerce de la boucherie de Paris.
- Rizat, à Saint-Claud (Charente), nommé par les exposants.
- Boitel, inspecteur général de l’enseignement agricole.
- De môle,agriculteur à Crevins-Bossey (Haute-Savoie).
- Cornevin, professeur à l’école nationale vétérinaire de Lyon.
- Ed. Teisserenc de Bort, agriculteur à Tilla-de-Muret, par Ambazac (Haute-Vienne).
- Gauthier, membre du commerce de la boucherie de Paris.
- Teinturier, membre du commerce de la boucherie de Paris, nommé par les exposants.
- de Lapparent, inspecteur général de l’agriculture.
- Lecouteux, professeur à l’Institut national agronomique.
- Baillet, vétérinaire à Bordeaux (Gironde).
- de Lagorsse, secrétaire général de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture.
- Maringe, agriculteur et maire à Champlin (Nièvre).
- Millet, membre du commerce de la boucherie de Paris.
- Massé, agriculteur à Germigny-TExempt (Cher), nommé par les exposants.
- Colet, membre du commerce de la boucherie de Paris, juré-expert.
- Nouette-Delorme, agriculteur à Ouzouer-, des-Champs (Loiret).
- Gilbert, agriculteur à Montigny-le-Breton-neux (Seine-et-Oise).
- Carlier, agriculteur à Saint-Quentin (Aisne).
- Wallet, agriculteur à Amy-le-Grand (Oise).
- Guédon, directeur des bergeries de l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon (Seine-et-Oise).
- Aubin, membre du commerce de la boucherie de Paris.
- Signoret, agriculteur à Sermoise (Nièvre), nommé par les exposants.
- Randoing, inspecteur général de l’agriculture.
- Couraud, directeur de la ferme-école de Machorre (Gironde).
- Petit fils, agriculteur à Champagne (Seine-et-Oise).
- Deloncle, agriculteur à Saint-Médard (Lot).
- Dusautoy, président de la chambre syndicale de la charcuterie de Paris.
- Noblet, agriculteur à Château-Renard (Loiret), nommé par les exposants.
- Cornu, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Carrière, directeur du journal la Revue horticole.
- Chantin, pépiniériste à Paris, avenue de Châtillon.
- Jolibois, jardinier en chef du Luxembourg, à Paris, nommé par les exposants.
- Hardy, directeur de l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles.
- Baltet (Charles), horticulteur à Troyes (Aube).
- Joret, négociant à Paris.
- Noël Bretagne, publiciste agricole à Paris.
- Battut, rue Quincampoix, à Paris, nommé par les exposants.
- Bastide, agriculteur à Montpellier (Hérault).
- Desmoulins, rédacteur au Moniteur vini-cole.
- Joigneaux (Auguste), publiciste agricole à Paris.
- Jarlauld, négociant en vins,quai de la Râpée, à Paris.
- Durel, viticulteur à Oran (Algérie).
- Noyer, viticulteur à Rouffach (Algérie).
- Rivière, directeur du jardin d’essais du Hamma, à Alger.
- Gaillardon, négociant en vins, à Paris.
- des Valons, à Alger, nommé par les exposants.
- JURÉS DÉGUSTATEURS Vins d’Algérie
- MM. Gabriel, président de la Chambre syndicale du commerce des vins, à Paris.
- Boudard, secrétaire de la' Chambre syndicale du commerce des vins, à Paris.
- Ruby, trésorier de la Chambre syndicale du commerce des vins, à Paris.
- Galichon, membre de la Chambre syndicale du commerce des vins, à Paris.
- Corbery, syndic de la Société des courtiers gourmets, à Paris.
- Lachambeaudie, courtier-expert, au port de Bercy.
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- Deuxième Année. — N°. 62.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- LISTE DES PRIX d'
- ESPÈCE BOVINE
- JEUNES BŒUFS SANS DISTINCTION DE RACES
- Animaux nés depuis le 1er janvier i883 Ier prix. — MM. Signoret, à Sermoise (Nièvre). •2e prix. — M. Bardin, à Luthenay-Melay (Nièvre).
- 3® prix. — M. Bellard, à Gimouille (Nièvre).
- 4e prix. — M. Valtau, à Vindelle (Charente).
- 5e prix. — M. le baron Desgraviers, à Mornac (Charente).
- 6e prix. — M. Rousseau, à Bordeaux (Gironde). 7e prix. — M. Deplanche (Eugène), à Fléac (Charente).
- 8® prix. — M. Régnier, à Marc-sur-Allier (Nièvre).
- Animaux nés depuis le iev janvier 1882 ' ier prix. — MM. Signoret.
- 2e prix. — M. Deplanche (Jean), à Bronzac (Charente).
- 3e prix. — M. Chaumereuil, à Billy-Chavanne (Nièvre).
- 4e prix. — Rousseau.
- 5e prix. M. Clair, à Luthenay (Nièvre).
- 6e prix. — M. Bellard.
- 7e prix. — M. Deplanche (Eugène).
- 8e prix. — M. le baron Desgraviers.
- PRIX DE RACES
- Races charolaise et nivernaise i®1' prix. — M. Brossier (Jean), à Saint-Loup (Allier).
- 2e prix. — M. Clair, à Luthenay (Nièvre).
- 3e prix. — M. Bellard, à Gimouille (Nièvre).
- Race normande
- Ie® prix. — M. Lécuver, à Carquebut (Manche). 2e prix. — M. Castillon.
- 3e prix. — MM. Delamare, à Bayeux (Calvados).
- Race limousine ier prix. — M. Valtau.
- 2e prix. — M. de Remondias, au Change (Dordogne).
- 3e prix. — M.Chambaudet (Michel), à Bassanne (Gironde).
- Race garonnaise
- Ier prix.— M. Chambaudet (Jacques).
- 2® prix. — M. Dussaux (Pierre), à Loupiac (Gironde).
- 3e prix. — M. Bernède (François), à Meilhan (Lot-et-Garonne).
- Race ba^adaise
- Ier prix. — M. Dutrénit, à Bazas (Gironde).
- 2e prix. — M. Cathalot, à Bordeaux (Gironde). 3e prix. —M. Chambaudet (Jacques).
- Race de Salers -
- i6r prix. — M. Deplanche (Eugène), à Fléac (Charente).
- 2e prix. — M. Gillibert, à Monbron (Charente).
- Races parthenaise, choleîaise et nantaise Ier prix. — M. Poinet, à Saulgé (Vienne).
- 2e prix. — M. Desgranges, à la Bazeuge (Haute-Vienne).
- RACES FRANÇAISES DIVERSES, AUTRES QUE CELEES DÉNOMMÉES CI-DESSUS
- Race flamande, mancelle, femeline, bourbonnaise, comtoise ou analogues Ier prix. — M. Robert, à Bannegon (Cher).
- 2e prix. — M. Advenier (Charles), à Bessay (Allier).
- 3e prix. — M. Chaumereuil.
- Race béarnaise, basquaise, aubrac, meqenc ou analogues
- Ier prix. — M. Rousseau.
- 2e prix. — M. Cassaingts, à Dax (Landes).
- Races bretonne, farine ou analogues 2e prix. — M. Gillibert (Louis).
- Races étrangères diverses icr prix. — M. Deplanche (Jean), à Bunzac (Charente).
- 2e prix. — M. Deplanche (Eugène).
- Croisements divers icr prix. — M. Chaumereuil.
- 2° prix. — M. Deplanche (Jean).
- 3e prix. — M. le baron Desgraviers, à Mornac (Charente).
- 4e prix. — M. Parry (Louis), à Limoges (Haute-Vienne).
- 5e prix. — M. Chambon, à Paray-sous-Briailles (Allier).
- (1) Outre les primes en argent, les lauréats recevront, pour chaque prix, une médaille de bronze; pour les mentions honorables, ils recevront un certificat de mention (Arrêté ministériel.)
- 6e prix. — M. Bardin, à Luthenay-Melay (Nièvre).
- 7e prix. — M. Chambon.
- Prix des femelles
- (Femelles nées avant le ier janvier 1883)
- Races françaises pures ou croisées entre elles
- 1e1' prix. — M. Petit (Félix), à Saint-Menoux (Allier).
- 2e prix. — M. Chaput lils, à Mereaux (Cher).
- 3e prix. — M. Regimon (Jean), à Saint-André-du-Garn (Gironde).
- 4e prix. — M. Parry (Louis).
- Races étrangères pures et croisements divers icr prix. — M. Tabouët, à Vallon - en-Sully (Allier).
- oe prix. — M. Brossier, à Saint-Loup (Allier).
- 3e prix. — M. Cherbonneau, à Contigné (Maine-et-Loire).
- 4e prix. — M. Petit (Félix).
- 5e prix. — MM. Marc frères, à Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or).
- Prix des bandes
- Bœufs
- Animaux nés depuis le Ier janvier 1882
- 1e1' prix. — M. Bellard (Jacques), à Cour-les-Barres (Cher).
- 2e prix. — M. Bellard, à Gimouille (Nièvre).
- 3e prix. — M. Rousseau.
- 4e prix. — M. Valtau.
- '3° prix. — M. Nadaud, à Chazelles (Charente).
- Animaux nés avant le icr janvier 1882 icr prix. — M. Bouille, à Mars (Nièvre).
- 2e prix. — M. Relland de Denus, à Saint-Lau-rent-sur-Manoire (Dordogne).
- 3° prix. — M. Olivier, à Jusix(Lot-et-Garonne).
- Femelles de tous âges, nées avant le zer janvier i883
- 1e1’ prix. — M. Nepveu, à Sainte-Geneviève (Seine-Inférieure).
- 2e prix. — M. Guillerand, à Langeron (Nièvre). 5e prix. — M. Larzat (Elie), à Germ^gny-l’Exempt (Cher).
- Veaux gras
- Ier prix. —M. Dehors (Alexandre), à Anet (Eure-et-Loir).
- 2e prix. — M. Lepellier, à Bourdaine (Seine-et-Oise).
- 3e prix. — M. Lepouzé, à Houdan (Seïne-et-Oise).
- Prix d’honneur
- Des objets d’art à MM. Chaumereuil, Petit (Félix), Bellard (Jacques), et Nepveu.
- ESPECE OVINE
- Jeunes moutons, sans distinction de races
- Animaux des agnelages de l’automne 1884, de l'hiver et du printemps 188S Ier prix. — M. Colas, à Sermoise (Nièvre).
- 2e prix. — M. le comte de Bouillé, à Villars (Nièvre).
- 3e prix. — M. Guyot de Villeneuve, à Saint-Bouize (Cher).
- 4e prix. — M. Conseil-Triboulet, à Oulchy-le-Château (Aisne).
- Animaux des agnelages de l’automne i883, de l’hiver et du printemps 1884 i9r prix. — M. le comte de Bouillé.
- 2e prix. — M. Pluchet-Frissard, à Roye (Somme). 3® prix. — M. Duval (Fernand-Raoul), à Genillé (Indre-et-Loire).
- moutons divisés par races quel que soit leur
- AGE
- Races mérinos et métis-mérinos Ier prix. — M. Conseil-Triboulet.
- 2e prix. — M. Hincelin, à Loupeigne (Aisne).
- 3e prix. —M. Textoris, à Cheney (Yonne).
- Race de la Charmoise iw prix. — M. Guyot de Villeneuve.
- Races berrichonne et analogues Ier prix.— M. Edme, à Bussy (Cher).
- 2e prix. — M. Duval (Fernand-Raoul).
- Races étrangères pures, à laine longue (dishley, new-kent, cotswold et analogues) rer prix. — M. Béglet. *
- Races étrangères pures, à laine courte (soutlidown, shropshire et analogues) i®r prix. — M. Colas.
- 2e prix. — M. Rasset, àMontérolier (Seine-Inférieure).
- Croisements de races étrangères à laine longue avec races françaises diverses Ier prix. — M. Pluchet-Frissard.
- 2e prix. — M. Dupont-Saviniat, à Piney (Aube).
- Dimanche 7 Mars 1886. — 75..
- Croisements de races étrangères à laine courte avec races françaises diverses ier prix. — M. Pluchet-Frissard.
- 2e prix. — M. Duval (Fernand-Raoul).
- BREBIS
- (Femelles nées avant le ier mai i883.)
- Races mérinos et métis-mérinos Ier prix. — M. Textoris.
- 2® prix. — M. Conseil-Triboulet.
- Races de la Charmoise i®1' prix. — M. Guyot de Villeneuve.
- 2° prix. — M. Poinet, à Saulge (Vienne).
- Races berrichonne et analogues Ier prix. — M. Edme.
- 2° prix.—M. Bodin.
- Races françaises diverses pures ou croisées entre elles, autres que celles désignées ci-dessus Ier prix. — M. Poinet.
- 2® prix. — M. Goret, à Egrefin (Seine-et-Marne).
- Races étrangères à laine longue et leurs croisements avec races françaises Ier prix. — M. Massé, à Germigny-l’Exempt (Cher)._
- 2e prix. — M. Béglet.
- Races étrangères à laine courte et leurs croisements avec races françaises ier prix. — M. le comte de Bouillé.
- 2° prix. — M. Colas.
- bandes .
- Races françaises pures ou croisées entre elles ior prix. — M. Guyot de Villeneuve.
- 2e prix. — M. Conseil-Triboulet.
- Races étrangères pures ou croisées entre elles Ier prix. — M. Béglet.
- 2® prix. —• M. Colas.
- Croisements de races étrangères à laine longue avec races françaises diverses Ier prix. — M. Benoist (Oscar).
- 2° prix. — M. Bignon fils.
- Croisements de races étrangères à laine courte avec races françaises diverses xer prix. — M. Duval (Fernand-Raoul).
- prix d’honneur
- 3 objets d’art à MM. Colas, à Sermoise (Nièvre).
- Massé, à Germigny-l’Exempt (Cher). .
- Benoist (Oscar), à Boutigny (Eure-et-Loir).
- ESPÈCE PORCINE
- Races françaises pures ou croisées entre elles
- Ier prix. — M. Petit (Félix), à Saint-Menoux (Allier).
- 2e prix. —- M. Larrouy, à Aire (Landes).
- 3e prix. — M. Bignon'fils, à Theneuille (Allier). 4® prix. — M. Robert (Henri), à Cubjac (Dordogne).
- 5e prix. — M. Photius, à Vaujours (Seine-et-Oise).
- 6e prix. — MM. Bernard frères, à-jUrzy (Nièvre). 7e prix. — M. Henry, à Noyant (Allier).
- Races étrangères pures ou croisées entre elles Ier prix. — M. Crozade, à Brives (Corrèze).
- 2e prix. — M. Paillard, à Quesnoy-le-Montant (Somme).
- 3e prix. — M. Joffre, à Thénon (Dordogne).
- 4e prix. — M. Bramard, à Challuy (Nievre).
- 5e prix. — M. Braud, à Sarliac (Dordogne).
- 6e prix. — M. Nadaud, à Chazaud (Charente).
- 7° prix. — M. Gaulier, à Chevenon (Nièvre).
- Animaux provenant de croisements entre races étrangères et races françaises Ier prix. — M. Ladelarie, à Cubjac (Dordogne). 2e prix. — M. Robert (Cyprien).
- 3e prix. — M. Larrouy.
- 4e prix. — M. Bignon.
- 5e prix. — M. Chaumereuil, à Billy-Chevannes (Nièvre).
- 6e prix. — M. Petit (Félix), à Saint-Menoux (Allier).
- 7e prix. — M. Lafargue, à Aire (Landes).
- BANDES
- Animaux nés depuis le iev janvier et avant le ier avril 1880
- Ier et 2e prix. — M. Bertrandus.
- 3e prix. — M. Gaulier, à Chevenon (Nièvre).
- 4e prix.— MM. Bernard frères, à Urzy (Nièvre).
- Animaux nés depuis le i01' juillet 1884 et avant le Ier janvier i885
- Ier prix. — M. Henry, à Noyant (Allier).
- . 2e prix. — M. Crozade, à Brives (Corrèze).
- 3e prix. — M. Bertrandus.
- 4e prix. — M. Parry (Louis), à Limoges (Haute-Vienne).
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- /6. — Deuxième Année. — N° 62.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Mars 1886.
- PRIX D'HONNEUR '
- Objets d’art à MM. Ladelarie, Bertrandus. PRODUITS AGRICOLES DIVERS
- EXPOSANTS PRODUCTEURS
- Céréales Froment
- Médaille d’or. — M. Métairie (J.-B.\ à Saint-Germain-le-Guillaume (Mayenne).
- Médaille d’argent. — M. Lanne (Léopold), à Eppeville (Somme).
- Médaille d’argent. — M. Grandin (François), à Cocheval (Seine-et-Marne),
- Orges
- Médaille d’or. — M. Guichard-Grand , déjà nommé.
- Médaille d’argent. — M. Puget (François), à Pont-de-Vaux (Ain).
- Avoines
- Rappel de médaille d’or. — M. Couesnon-Bon-homme, à Aulnoy (Seine-et-Marne).
- Médaille d’or. — M. Chandora, à Moissy-Cra-mayel (Seine-et-Marne).
- Médaille d’argent. — M. Mégret (Arthur), à Bé-ton-Bazoches (Seine-et-Marne).
- Maïs, millet, sarrasin
- Médaille d’or. — M. Bure, à Bône (Constan-tine).
- Médaille d’argent. — M. Rosapelly, à Vic-Bi-gorre (Hautes-Pyrénées).
- Seigle
- Médaille d’or. — M. Guichard-Grand.
- Médaille d’argent. -- M. Puget (François).
- Plantes légumineuses, fourragères et graminées
- Plantes légumineuses
- Médaille d’argent. — M. Guilloux (Ernest). Plantes fourragères
- Médaille d’or.— M. Guilloux, au Pin (Seine-et-Marne).
- Plantes de prairies naturelles Médaille d’or. — M. Nicolas, à Arcy (Seine-et-Marne).
- Médaille d’argent. — M. Guilloux (Ernest). Plantes industrielles
- Plantes oléagineuses
- Médaille d’argent. — M. Lepetit (Gilbert), à St-Amand (Cher).
- Plantes textiles
- Médaille d’or. — M. Vétault-Rouault, à Murs (Maine-et-Loire).
- Médaille d’argent. — M. Debonno (Charles), à Boufarick (Alger).
- Houblons
- Médaille d’argent. — M. Bellot, à Arvert, commune de Mattres (Charente-Inférieure).
- Betteraves à sucre et autres plantes saccharifères Médaille d’or. — M. Grenier-Dalbine.
- Médaille d’argent. — M. Guilloux (Ernest).
- Plantes à parfums, plantes médicinales et autres plantes non dénommées dans la division Médaille d’or. — M. Bure.
- Médaille d’argent. — M. Walcker-Cournes, à Bayon (Meurthe-et-Moselle).
- Racines fourragères et alimentaires
- Betteraves, carottes, rutabagas, choux-raves, navets et autres racines fourragères Médaille d’or. — M. Guilloux (Ernest).
- Médaille d’argent. — M. Grenier-Dalbine).
- Pommes de terre
- Rappel de médaille d’or.— M. Rigault (Joseph), à Groslay (Seine-et-Oise).
- Médaille d’or. —M. Rigault (Hyacinthe), à Groslay (Seine-et-Oise).
- Médaille d’argent. — M. Sevin , à Villejuif (Seine).
- Médaille d’argent. — M. Renard, à St-Gratien (Seine-et-Oise).
- Médaille d’argent. — M. Torcy-Vannier, à Melun (Seine-et-Oise).
- VINS D’ALGÉRIE
- Dos récoltes de 1884 et de 1885, présentés par les producteurs. Département d’Alger Vins rouges de plaine.
- Médaille d’argent grand module. — M. Dauphin (A.), à Kaddous, commune de Draeiah.
- Vins rouges de coteaux.
- Médaille d’or. — M. Lafargue (Léon), à Hassen-ben-Ali.
- • Médaille d’argent. — M. le colonel Fallet, à Mé-déah.
- Médaille d’argent. — M. Tisserand, à Hassen-ben-Ali, commune de Ben-Chicao.
- Médaille d’argent. — M. le colonel Fallet, déjà nommé.
- Médaille d’argent. — M. Georges (Jean-Baptiste), à Ben-Chicao.
- Médaille d’argent. — M. Camis (Jean), à Hassen-ben-Ali.
- Vins blancs secs.
- Médaille d’argent grand module. — M. Mulsant (Marius), à Birkadem.
- Vins de liqueur.
- Médaille d’argent grand module. —M. Malleval (Jean-Pierre), à Damiette.
- Médaille d’argent. — M. le colonel Fallet.
- Département de Constantine.
- Vins de plaine
- Médaille d’or. — M. Bure (Adrien), à Bône (Constantine).
- Médaille d’argent. — M. Bure.
- Vins de coteaux.
- Médaille d’argent. — M. Cavel, au domaine de Thagastina.
- Département d’Oran.
- Vins de plaine.
- Médaille d’argent grand module. — M. Parodi (Jean), à Tlemcen.
- Vins de coteaux.
- Médaille d’or. — M. Anterrien (Antoine), àThiers-ville.
- Médaille d’argent grand module. — M. Baudet (Aimé), à Bou-Tlélis.
- Médaille d’argent. — MM. Cabassot frères, à Mascara.
- Vins blancs secs.
- Médaille d’argent. — M. Roquefort (Pierre), à Renault.
- Les lecteurs du Moniteur de l'Exposition apprendrontavec un vif plaisir la haute distinction dont notre collaborateur et ami, M. de Lescure, vient d’être l’objet. L’Académie française lui a décerné, pour la seconde fois, le prix d’éloquence. Il y a deux ans M. de Lescure l’avait remporté pour son Éloge de Marivaux ; cette année, l’éminent écrivain l’a obtenu pour 1 Éloge de Beaumarchais.
- Depuis un an nos lecteurs ont pu apprécier les rares qualités d’écrivain et d’érudit qui ont fait à M. de Lescure une place si distinguée dans la littérature et dans l’histoire ; la récompense qu’il vient d’obtenir n’ajoutera rien à son mérite, mais on peut dire qu’elle en est une fois de plus la légitime et brillante consécration.
- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition internationale d’hygiène, d’éducation et de sauvetage aura lieu au palais do l’Industrie, dans le courant de l’année prochaine, sous la haute direction d’un groupe de savants, hygiénistes, sénateurs, députés, publicistes, etc.
- * *
- Le Conseil municipal était appelé dans sa séance du vendredi, 20 février, à se prononcer sur un rapport de M. Strauss, concluant à accorder à la Société de médecine publique l’autorisation qu’elle demandait pour organiser une exposition d’hygiène urbaine, et d’assainissement municipal.
- Les conclusions de l’honorable rapporteur ont été adoptées.
- * *
- La cinquième commission du Conseil a été,dans la même séance, saisie d’un autre projet d’exposition : celle des inventions brevetées. M. Armen-gaud demandait, au nom de l’Association des inventeurs et des artistes industriels, de pouvoir établir cette intéressante exposition dans le Pavillon de la ville de Paris, aux Champs-Elysées, du 15 mai au 1er octobre prochain.
- *
- * *
- Le Cercle artistique et littéraire de la rue Vol-ney a ouvert, mardi dernier 2 mars, son exposition annuelle d’aquarelles, dessins, gravures. La clôture aura lieu samedi prochain, 13 mars.
- * *
- Départements
- L’Exposition archéologique qu’organise dans
- les galeries du musée d’Amiens, pour le mois de juin prochain, la Société des antiquaires de Picardie, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa fondation, et dont nous avons déjà parlé, semble appelée à un grand succès.
- ¥ *
- La Société Dunkerquoise pour l’encouragement des sciences, des lettres et des arts, annonce qu’elle ouvrira le 14 juillet 1886, dans les salles du musée communal, une exposition des beaux-arts.
- Cette Exposition sera, comme nous l’avons dit, ouverte le 14 juillet 1886 et close le 22 août suivant.
- Elle comprendra les œuvres des artistes vivants ou décédés depuis un an, français ou étrangers, dans les six genres suivants : 1° Acpmrelle ; 2° Dessins et Cartons; 3° Pastels, Miniatures; 40 Emaux, Porcelaines et Faïences ; 5° Gravure ; 6° Lithographie.
- ETRANGER
- Allemagne
- Les chambres saxonnes ont voté une subvention de 3,00,0000 de marks, soit 3,750,000 francs pour la nouvelle académie des Beaux-Arts actuellement en construction à Dresde.
- * *
- On nous écrit que la plus grande activité règne à l’exposition internationale des beaux-arts. L’ouverture est fixée, on le sait, au mardi 16mars. *
- * *
- Deux. beaux portraits de femmes, au pastel, par François Boucher, ont été récemment découverts à Francfort-sur-le-Mein.
- La Galerie nationale de Berlin est autorisée par permission spéciale de l’empereur Guillaume, à prêtera l’Exposition des œuvres d’Andréas Achon-bacli, toutes les œuvres qu’elle possède de cet artiste.
- On sait que l’Exposition en question aura lieu à Dusseldorf, en septembre prochain, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’excellent peintre.
- *
- * *
- Une belle exposition des œuvres de Wilhelm von Kaulbach est ouverte en ce moment au Hall des architectes, à Berlin.
- On remarque beaucoup la Bataille de Salamine, V Auto-da-fê,\m Déluge inachevé ; les croquis originaux des fresques du musée, de Berlin, représentant les Hans et la Destruction de Jérusalem.
- *
- * *
- Angleterre
- L’Exposition de l’Institut des beaux-arts de Glasgow est, nous écrit-011, très brillante. Les ouvrages exposés sont au nombre de 798. La clôture aura lieu le 25 avril.
- *
- * *
- Parmi les œuvres d’artistes français, actuellement exposées à Londres dans les galeries Bous-sod, Valadon et Clc, où elles obtiennent un grand succès, on cite deux toiles de M. Bouguereau : Un écho de la mer, jeune nymphe tenant un coquillage près de son oreille et le devoir matinal groupe gracieux d’une jeune fille et d’un enfant. Ces deux tableaux récemment terminés 11’au-raient encore, dit-on, figuré à aucune exposition.
- *
- * •¥
- Le nombre des journaux publiés dans tout le Royaume-Uni s’élève, à 2,093 ; soit pour l’Angleterre proprement dite 1,634, dont 409 à Londres et 1,225 dans les provinces ; pour la principauté de Galles, 83 ; pour l’Ecosse, 193, l’Irlande, 162, les Iles, 21.
- L’Angleterre publie 144 journaux quotidiens ; le pays de Galles, 6 ; l’Ecosse, 21, l’Irlande, 15 ; les Iles, 1.
- * *
- La Galerie nationale vient d’acquérir deux beaux Véronèse provenant de collections particulières dans les environs de Milan.
- *
- * *
- Autriche-Hongrie
- Une exposition de 137 tableaux, études et croquis par AdolfMenzel, est ouverte dans les galeries de l’Association artistique autrichienne.
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- États-Unis
- M. Perry Belmont, représentant de New-York au Congrès, a déposé sur le bureau de la Chambre des représentants, à Washington, une pétition signée par environ douze cent cinquante Sociétés d’art et d’artistes aux Etats-Unis, demandant au Congrès de voter une loi pour accorder l’entrée en franchise aux œuvres d’art. A l’appui de leur demande, les pétitionnaires disent que la loi de 1883 qui a élevé de 10 à 30 0/0 les droits sur les œuvres d’art n’a pas été réclamée par les artistes,
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- SUPPLEMENT DU MONlîj^ p£ L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Mars: 188^.
- Phototyime Sgap, 3, hue de lEchelle, Paris.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Mars 18S6. — 77.
- qu’elle n’a été appuyée ni par la presse ni par le public en général, et qu’aucune nécessité pressante ne justifiait cette mesure. Ils ajoutent que la loi n’a pas atteint le but qu’on se proposait et qu’au contraire elle a eu pour effet de restreindre le commerce des œuvres d’art et do diminuer les revenus do l’Etat.
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- Les fêtes organisées à l’exposition américaine de la Nouvelle-Orléans, le 7 février dernier, à l’occasion du Créole Datj, ont été très brillantes. Elles étaient présidées par l’honorable Charles Gayarre, le célèbre historien do la Louisiane.
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- Italie
- Dimanche 21 février, s’est ouverte à Rome, au palais des Beaux-Arts, l’Exposition annuelle de la Société clegli Amatori e cultori dclle belle arti. L’Exposition comprend 402 œuvres de peinture, dont 289 à l’huile et 113 à l’aquarelle. La sculpture compte 98 œuvres, et l’art industriel 27. Parmi les œuvres qui attirent le plus l’attention, on cite un immense tableau de M. Sciuti,Sicilien, intitulé: Hic manebimus opti/ne ; une toile de M. Eroli Eruli, de Rome : Pergolèse aux fané railles de la princesse Maria Spinelli. La sculpture ne compte guère que des bustes : ceux du duc Torlonia, de M. Depretis, de Botinelli, etc. A cette Exposition figurent également les tableaux qui furent achetés par l’Etat à l’Exposition internationale de 1881. L’Exposition est ouverte tous les jours, de dix heures à quatre heures.
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- Le jeudi suivant 25 février, s’ouvrait, à YAlham-bra, l’exposition alimentaire. Nombre de vitrines étaient encore vides, à cause de retards dont les administrations de chemins de fer étaient seules coupables, disait-on ; mais aussi parce que c’est une tradition. Cependant l’aspect général était des plus satisfaisants et tout présageait un grand succès. Toutes les séductions de l’art culinaire semblaient s’être confondues dans les salles de l’Alhambra.
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- Enfin le samedi 27, à une heure de l’après-midi, avait lieu l’inauguration officielle, au palazzo Poli, de la dixième exposition vinicole et du concours international de machines œnologiques.
- Le secrétaire général du ministère de l’agriculture, le préfet, le syndic, toutes les autorités politiques et municipales, et une foule énorme d’invités assistaient à cette brillante cérémonie.
- M. Joaldi, président du Cercle œnophile italien, ' et promoteur de l’exposition, a exprimé, dans une allocution très applaudie, tout le plaisir qu’il éprouvait à constater l’incontestable succès de l’exposition, succès, qui, a-t-il dit, était dû au gracieux concours du ministère de l’agriculture, des autorités municipales de Rome, et des Chambres de commerce du Royaume, ainsi qu’à l’aimable empressement des exposants étrangers. 11 a particulièrement insisté sur la brillante participation de la France.
- L’honorable secrétaire général du ministère de l’agriculture, M. Guicciardini, a répondu en félicitant chaudement de son intelligente initiative le cercle œnophile, collaborateur infatigable du Gouvernement, dans tout ce qui intéresse les questions œnologiques. Les membres du Congrès des agriculteurs italiens, actuellement réuni à Rome, assistaient à l’inauguration qui s’est terminée par une visite détaillée de l’exposition.
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- LE DISTILLÀTEUR-LIQUORISTE
- DE PARIS
- DEUXIÈME ARTICLE
- (Voir le Moniteur du 14 février 1886)
- Il convient de tirer un enseignement de notre précédent article, et de mettre en pleine lumière un fait qui parmi tant d’autres pourrait passer inaperçu.
- Il s’agit d’une loi votée le 20 juillet 1881 dont voici la terreur :
- « Article unique. — Le régime de l’admis-« sion temporaire créé par l’article 5 de la loi « du 5 juillet 1836, pourra, sous les conditions « déterminées par un règlement d’administra-« tion publique, être étendu, en ce qui conte cerne les droits intérieurs, généraux et « locaux aux eaux-de-vie, esprits et autres « alcools de toute origine introduits dans « Pans, soit pour y être transformés en spiri-« tueux composés, soit pour être exportés. « Les négociants admis au bénéfice de ce « régime auront droit, dans la forme établie « par le règlement d’administration publique,
- « à des déductions pour ouillage, coulage, « affaiblissement de degrés et déchets de face brication. »
- Cette loi existe depuis près de cinq années et n’a pas encore été appliquée. —Voilà un fait qui mérite, au plus haut point, l’attention des pouvoirs publics.
- Il faut espérer que monsieur le président du conseil prendra souci de cette situation ; qu’il ne voudra pas laisser plus longtemps une loi en suspens, et qu’il interviendra auprès de monsieur le ministre des finances pour qu’elle soit promptement mise en vigueur. Nos législateurs seraient bien surpris si on leur disait qu’une loi votée par eux le 20 juillet 1881, qui devait, dans leur pensée, remédier aune injustice et soustraire à la ruine une grande industrie, n’est pas encore appliquée le 28 février 1886.
- Malgré les démarches incessantes de la Chambre syndicale des intéressés, malgré les enquêtes auxquelles se sont livrés l’administration des contributions indirectes et le comité consultatif de l’octroi ; malgré les projets élaborés au conseil d’Etat, rien n’a abouti. A quoi sert donc la loi, si son application peut être ainsi différée sous un régime dont elle est la base ?
- La question est posée, c’est aux pouvoirs publics à la résoudre.
- E. Pelpel.
- LA
- COUTELLERIE DE SHEFFIELD
- Dans ces derniers temps, le monde commercial anglais se plaignait beaucoup de la concurrence allemande, qui porte de sérieux préjudices à la coutellerie anglaise, dit le Temps.
- Cette concurrence — disait-on — fait du tort aussi bien aux fabricants de Sheffield qu’aux ouvriers de coutellerie, car les fabriques sont obligées de réduire considérablement leur production en voyant le marché inondé de coutellerie allemande.
- Il paraît cependant que les fabricants et les marchands de Sheffield ont trouvé un moyen de remédier au mal en ce qui les concerne, à en croire un journal anglais, le Daily Télégraphe qui rapporte ce qui suit dans un article de fond récemment publié :
- « D’après des renseignements de source autorisée— dit ce journal — il a été constaté que certains marchands et fabricants de quincaillerie à Sheffield, qui ont été les premiers à réclamer des droits d’entrée pour la coutellerie allemande, afin de prévenir la ruine du commerce de Sheffield, sont aussi lespremiers à discréditer ce commerce en vendant à leurs clients, tant en Angleterre qu’à l’étranger, de la coutellerie allemande qu’ils font passer pour des produits de l’industrie de Sheffield.
- « Un des journaux de cette localité —• et l’un des plus influents—affirme, d’une manière catégorique, que de grandes quantités de coutellerie de Solingen et de Remscheid sont importées toutes les semaines pour le compte des fabricants de Sheffield, qui revendent ensuite cette coutellerie comme provenant de leurs fabriques. »
- Le Daily Telegraph ajoute que les quincailliers de Scheffield ont fait delà coutellerie allemande un article courant. Ils l’achètent à Solingen et à Remscheid à des prix modérés et peuvent la vendre à très bon marché. Ils réalisent ainsi de beaux bénéfices, et en même temps ils réduisent, sous prétexte de crise commerciale, le nombre d’ouvriers qu’ils employaient précédemment.
- « La coutellerie que les fabricants de Sheffield reçoivent d’Allemagne — continue le journal anglais — comprend surtout les qualités inférieures de ciseaux, de couteaux de table et de canifs. Quelques-uns de ces objets sont estampillés a chaud en Allemagne avec les marques des maisons de Sheffield ; d’autres sont frappés à froid sur place par les fabricants anglais ; d’autres enfin ne reçoivent en Allemagne que des estampilles « breveté », « acier fondu », qualité supérieure », etc., et sont mises en vente sur le marché anglais avec des noms de fabriques de coutellerie qui
- n’existent pas en réalité à Steffield — ce qui rend presque impossible la découverte des véritables auteurs de la fraude. »
- Le Daily Telegraph dit en terminant, que ces agissements des fabricants de Sheffield, toutenréduisantle travail des ouvriers anglais, portent en même temps un préjudice sérieux à leur réputation industrielle. Celui qui achète de la coutellerie dite de Sheffield, mais en réalité allemande, c’est-à-dire billig und schlecht (bon marché et mauvaise), s’aperçoit bientôt de sa qualité inférieure et, naturellement, il attribue cette infériorité, non pas à la fraude qu’il ignore, mais à la négligence et à la défectuosité de la fabrication anglaise.
- Nous trouvons dans le Cosmos, l’intéressante revue des sciences et de leurs applications, le compte rendu d'une visite faite par notre confrère, M. Pierre Giffard, à la Roche-sur-Foron, la petite ville des Alpes qui vient d’adopter entièrement la lumière électrique pour l’éclairage des rues et des habitations :
- UNE VILLE-LUMIÈRE
- jdaln-s les alpes iF’R.ajsrç^isKS
- Voici qui est tout à fait original : une ville vient de décréter l’éclairage électrique dans ses rues, sur ses places, à l’extérieur et à l'intérieur de ses monuments et de ses maisons Celle vient de franchir, la première en Europe, le pas, le fameux pas qui arrête si souvent les municipalités dans la voix des innovations ; elle vient de secouer crânement et simplement, il faut bien le dire, le joug de la vieille dame routine. Et cette ville que je tiens à qualifier de Ville-Lumière, ce n’est ni Paris, ni Londres, ni Berlin, ni Moscou, ni rien de semblable. C’est une toute petite cité savoyarde, blottie dans la neige, à dix lieues du mont Blanc ; ce n’est même pas un chef-lieu d’arrondissement : c’est un vulgaire chef-lieu de canton, répondant au nom de la Roche. Connaissez-vous la Roche ? La Roche-sur-Foron, arrondissement de Bonneville (Haute-Savoie) ? Non. Eh bien ! vous allez me suivre et vous verrez comme ce groupe de quatre mille âmes vient de faire avancer brusquement — et sans bruit — la question, si importante aujourd’hui, de l’éclairage public et privé par la lumière électrique.
- C’est par une note laconique d’un journal quelconque que la nouvelle de ce phénomène nous est parvenue. Le journal en question consacrait dix lignes d’une banalité ridicule à ce fait dont l’importance est considérable. Quarante-huit heures après avoir lu ce fait divers, je débarquais à la Roche, dans quelques pieds de neige ; mais que serait le décor alpestre sans le manteau de neige ? Un devant de cheminée bon tout au plus pour Tartarin de Tarascon.
- En descendant en ville, car la Roche est une station du chemin de fer d’Annecy à Annemasse et la ville est dans un trou de la montagne, j’aperçois tout d’abord un candélabre à gaz ordinaire, qui recèle dans sa lanterne une de ces petites poires en verre, munies de platine et de charbon, et appelées lampes à incandescence. Autour du candélabre, pas de fils, pas de poteaux, rien d’apparent.
- — Diable, murmurai-)e, on a bien fait les choses. Il ne s’agit décidément pas d’une expérience, d’un essai, mais d’une application complète et durable, cela sera curieux à voir.
- •k
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- Et, en effet, j'ai passé, à visiter l’installation de la Roche, une journée et une soirée charmantes. M. Plantard, le maire de la ville, a bien voulu me servir de guide et me conter d’abord la genèse de l’affaire. Il a omis de dire qu’il en avait été l’âme, et que lorsqu’un hasard avait mis les Rochois en face de l’électricité, c’était lui, le maire, progressiste et avisé, qui avait fait réussir l’entreprise, en la présentant chaudement à son Conseil municipal.
- Les Rochois donc, après avoir pesté pendant de longues années contre l'éclairage au pétrole, qu’ils ont cependant à bon marché (2 5 centimes le litre), en leur qualité de Savoyards compris dans la fameuse zone de 1861, entamèrent en 1878 des pourparlers avec un ingénieur de Paris pour faire installer à la Roche une usine à gaz. Ces pourparlers furent même poussés très loin; M. Plan-tard était déjà maire de la ville, et il allait soumettre la convention d’usage à l’approbation préfectorale, lorsque la question d’argent vint tout gâter. L’ingénieur demandait aux Rochois un fonds de 65,000 francs pour édifier son usine à gaz. Où les montagnards trouveraient-ils 65,000 francs ? La ville était déjà obérée. C’eût été folie que d'aller plus loin ! on renonça au gaz, la mort dans l’âme. Quatre ans s’étaient écoulés, lorsqu’au printemps dernier, un mécanicien de Bellegarde,
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- M. Sansoube, vient dans le pays, s’éprend du site et lie connaissance avec les principaux élus de la municipalité, avec un adjoint, entre autres, qui lui conte les déboires de l’éclairage projeté.
- M. Sansoube, qui s’est occupé d’électricité à Bellegarde, où quelques usines et la gare du P.-L.-M. ont la lumière nouvelle, se frappe de cette idée que La Roche doit adopter l’électricité pour l’éclairage de ses rues, et aussi de ses boutiques, de ses magasins.
- — Mais de l’argent ? lui demande-t-on.
- — Nous ferons un calcul, et quand tout sera installé, vous paierez tant par lampe et par heure.
- Le lecteur sait que c’est là l’écueil fréquent des tentatives de ce genre. Le calcul de la dépense du gaz est facile à faire avec un compteur. Celui de la dépense de la lumière électrique est impossible. Il y a bien des soi-disant compteurs, mais ils coûtent cher, et ils ne valent pas encore grand’chose, au point de vue de la pratique journalière.
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- C’est dans la façon de percevoir le prix de son éclairage que M. Sansoube a surtout innové. C’est par là que son contrat avec la ville de la Roche pourra servir de type à une foule de petites municipalités.
- Désespérant d’arriver à un calcul quotidien sérieux, M. Sansoube et le Conseil municipal ro-chois se sont entendus sur les bases suivantes : Eclairage de la ville pendant toute la nuit, sans interruption, sans tenir compte des clairs de lune, pendant toute l’année, de 4 h. du soir à 7 h. du matin en hiver, et l’été, aux heures fixées par le tableau d’usage affiché à la mairie, le tout pour une somme de trois mille francs par an, payée par la ville à l’entrepreneur, en douze fractions mensuelles. Vingt candélabres à demeure^ Sept candélabres facultatifs pour les jours de fêtes, dont la consommation est payée à part.
- Le contrat de la ville avec M. Sansoube est fait pour quarante ans. Il concède à l’entrepreneur le monopole de l’éclairage public, et lui fixe un tarif pour l’éclairage, privé. C’est là encore que la Roche a innové.
- M. Sansoube ne pouvait songer à retirer des 3.000 francs municipaux autre chose que l’intérêt du prix de son installation, et tout juste. Il lui fallait, pour qu’il fît des bénéfices, pénétrer chez les particuliers. Il se livra alors à une série de démarches personnelles, expliquant à chacun des habitants de la petite ville savoyarde les avantages de la lumière électrique sur le pétrole antique et empesté. Chose remarquable, pas un de ces montagnards ne se moqua de lui. On lui demanda seulement de faire voir sa lumière et de ne pas la vendre plus de 5o/ioo plus cher que le pétrole. Même on paierait le double du prix affecté au pétrole, si c’était vraiment de la belle lumière.
- M. Sansoube prit le bon parti. Il fit installer vingt lampes à incandescence à l’Hôtel de Ville, attela une machine-dynamo sur la mauvaise roue d’un moulin qui tourne dans le pays, — car chose curieuse, ce pays n’est pas du tout traversé par une cascade de "montagne comme on pourrait le supposer,— et il illumina ainsi un bal paré qui fit courir tout la Roche. Le lendemain, sa preuve était faite, il recueillait les abonnements des principaux boutiquiers; quelques jours après, sûr de ses forces, il signait son contrat avec le maire.
- J’ai dit que la Roche n’avait point de cascade naturelle. A peine le Foron coule-t-il en ruisseau de dimension moyenne, sauf pendant la saison torrentielle. Il fallut donc créer la force motrice. L’entreprise de M. Sansoube n’en eut que plus de mérite.
- L’entrepreneur fit un barrage sur le Foron et obtint ainsi une chute d’eau de 17 mètres. Un premier réservoir de 1,200,000 litres d’eau fut établi, puis un second, à six kilomètres de là, d’une capacité de 2,5oo,ooo litres. L’eau part du réservoir n° 1, tombe dans un tuyau en tôle long de 1 56 mètres, et large de 62 centimètres. Elle est amenée sur une turbine du système Girard, de la force de 45 chevaux, laquelle actionne une machine dynamo du système Thury, construite par MM. de Meuron et Guénod, à Genève. Cette machine Thury a obtenu le premier prix à l’exposition de Turin, où la section d’électricité était internationale.
- Le courant parcourt un câble de 2,000 mètres environ (avec le retour de 4,000 mètres) sur des poteaux munis d’isolateurs. Le câble est conique, il part d’un diamètre de 2 5 millimètres et revient à 5 millimètres. Il est à nu. Seules les parties susceptibles d’être mises en contact sont pourvues de toiles parafinées. La marche à io5 volts, au maximum, exclut tout danger pour les personnes qui toucheraient le câble, à nu ou enveloppé. Elles ne ressentent qu’un léger picotement. Le maire a pris, au surplus, un arrêté contre les mauvais plaisants qui avaient une fois joint les câbles de l'aller et du retour avec une tige de fer ; ce détournement de courant avait provoqué une extinction temporaire, et bien entendu, la fusion de la baguette malveillante, après quoi l'éclairage avait repris sa marche.
- Au-dessus de la porte de chaque abonné, le cable fournit une dérivation qui entre dans la boutique, dans le bureau ou dans l’appartement privé.
- De petites lampes à incandescence, de 8, de 10, de 16 ou de 32 bougies, sont fixées au bout de serpentins en fil de cuivre ou sous l’abat-jour même des feues lampes à pétrole, dont les Rochois n’évoquent plus le souvenir qu’avec un rire narquois. Un commutateur ou interrupteur, placé au coin de la porte, de la fenêtre, de la cheminée, du lit, et cela suffit, comme on sait, pour faire la lumière ou l’obscurité.
- Les abonnés paient sur le pied d’un éclairage de tant d’heures par mois, moyenne faite en tenant compte des saisons. Ainsi le pharmacien, par exemple, qui s’est abonné pour trois lampes, pharmacie, salle à manger et cuisine, ne met son interrupteur sur la lumière que fort tard en été, c’est bien évident. Il fait jaillir la lumière seulement quand le jour a cessé, c’est-à-dire entre huit et neuf heures du soir. Par contre , en hiver, dès quatre heures de l’après-midi, il allume, c’est-à-dire qu’il s’éclaire en tournant son petit bouton. Quel abonnement prend-il ? Un abonnement moyen de quatre heures, je suppose. L’hiver, il reste éclairé jusqu’à neuf heures et cette heure de trop se compense en été, où il ne s’éclaire que très peu d’instants, quelquefois pas du tout.
- M. le maire de la Roche a ainsi fixé les tarifs pour l’abonnement au mois de ses administrés à la lumière électrique:
- !3 heures par jour. 3fr. 60 par mois.
- 4 — — 4 » 80 —
- 5 — — 6 » » —
- 6 — — 7 » 20 —
- ( 3 heures par jour. 6 fr. 3o —
- lampe j 4 — — 8 » 40 —
- de J 5 — — 10 » 5o —
- 16 bougiesv 6 — — 12 » 60 —
- Accompagné par M. Sansoube, j’ai visité hier, dès que la nuit est venue, les vias et compita de la petite cité savoyarde, puis ses cafés, ses hôtels, les boutiques des boulangers, des merciers, des marchands de nouveautés, le bureau de tabac, l’étude du notaire, l’hospice, l’hôpital, le petit séminaire, tout cela éclairé à la lumière électrique.
- Des particuliers, comme M. Dupont, banquier, ont les lampes électriques depuis la cave jusqu’au grenier, dans leurs salons, salle à manger, chambre à coucher, cuisines. Presque tous les abonnés, mêmes les plus modestes, — ceux qui n’ont que deux lampes, — en ont une pour la cuisine et l’autre pour leur boutique ou leur bureau. J’ai visité l’étude-du notaire éclairée à la lumière électrique. Assurément, c’est la première en Europe, et l’honorable tabellion rochois se déclare très satisfait de cette innovation.
- J’ai remarqué tout particulièrement l’installation, de plusieurs boulangers : elle se compose de deux lampes, dont l’une dans la chambre du pétrin, et l’autre dans la pièce où est le four. Les marchands de nouveautés se déclarent aussi satisfaits que les autres; les couleurs des étolfes ne sont pas modifiées. Les aubergistes ont des lampes partout, excepté dans les chambres des voyageurs; mais cela viendra bientôt. Ils en ont dans les écuries, ce qui n’est pas sot, et j’ai pu voir un simple chartier rentrant dans l’obscurité, tenant sa bête à la main, et illuminant son domaine en donnant un coup de pouce sur le petit levier magique. Ce n’est pas commun.
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- Le supérieur du séminaire nous a fait les honneurs de ses installations dans les dortoirs, réfectoires, salles d’études et corridors. Il est enchanté et les élèves font comme les habitants, ils rient aujourd’hui du pétrole disparu. Un hôtelier m’a fait une démonstration comico-topique. Il m’a mené dans sa chambre à coucher.
- — Là, voyez-vous, monsieur, je joue depuis dix ans une partie de cartes tous les soirs avec mon beau-père, et avec ça, a-t-il ajouté, en allumant une bougie et en la posant sur une table. Voyez-moi cet éclairage, c’est misérable... Et maintenant voyez-moi celui-ci, reprit-il en poussant un bouton placé au chevet de son lit. Une lampe de 10 bougies emplit la pièce d’une clarté surprenante.
- — Et ceci , ajoute l’hôtelier pratique, ne me coûte pas beaucoup plus cher que cela.
- En effet, la moyenne des éclairages domestiques (hôtel, cafés, établissements publics ou similaires exceptés) revient à environ 7 francs par mois.
- Le séminaire a 42 lampes; les rues et places en ont 20, l’hospice en a 5, l’hôpital en a 5, l’hôtel de ville 14, les hôtels à voyageurs en ont 14, 12 ou 10, les cafés 5 et 6, les particuliers 3 et 4 en moyenne. En somme, il y a 3oo lampes dans la ville. Ce sont jusqu’à présent des lampes Edison qui fonctionnent bien, mais il parait qu’elles cassent assez facilement, surtout celles de dix bougies. Le prix de chaque lampe étant de six francs M. Sansoube aura tout intérêt à trouver quelque chose de plus économique. Il faut reconnaîfre que les types de seize bougies cassent moins, et que ceux de trente-deux sont très solides. Il y a peut-être là un vice de fabrication que la société Edison peut corriger.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DU
- TÉLÉGRAPHE
- Voir le Moniteur du 8 novembre 1885.
- (Suite et fin.)
- A cette époque reculée, la transmission rapide ne s’opérait point pour la commodité du public. A part quelques grands propriétaires, les pierres de signal ne fonctionnaient que dans un but d’administration publique ou dans un but politique ou militaire. César, dans sa lutte prolongée avec les Gaulois, se servit constamment de ce système de communication. Les légions, averties par les signaux, correspondaient entre elles; de même que les deux principaux lieutenants du conquérant des Gaules, Trébonius et Quintus Cicéron, frère de l’orateur, communiquaient entre eux, réglant tous leurs mouvements sur ceux de César.
- Gomme on le voit, les débuts de « l’art d’écrire de loin » furent des plus modestes. L’invention, qui avait existé en germe chez les Grecs, ne parait guère avoir été perfectionnée par les empereurs romains. Cependant, à défaut de documents écrits, on peut admettre comme une probabilité que, à de certains points de vue, pour les détails du service, les vigiles romains avaient une organisation analogue à celle des veilleurs des tours et des palais grecs.
- Nous venons de voir que, pendant la période dite gallo-romaine, l’usage du télégraphe (ou plutôt de la transmission rapide des nouvelles) se fit exclusivement au moyen des pierres de signal. Dans les premiers temps de la monarchie "française,d’invention demeura dans son état rudimentaire ; elle ne reçut guère d’impulsion que sous Clovis. A cette époque, parallèlement au service des postes, il parut nécessaire au'monarque de donner une extension plus grande aux coureurs, aux guetteurs, en un mot, a tous les agents de transmission rapide. Charlemagne, avec sa civilisation compliquée, avec son administration étendue et intelligente, fit faire de rapides progrès.au service des missi, ou messagers, — agents qu’il ne faut pas confondre avec ceux du service purement postal. On a de-grandes raisons de croire qu’il existait, entre Paris et Aix-la-Chapelle, une ligne, ou plutôt un service de coureurs, parfaitement organisée. Ces coureurs utilisaient, à titre de pierres de signal, toutes les ruines mégalithiques du pays.- La ligne suivait probablement la rive droite de la Seine, de l’Oise, de la Meuse, du Rhin. Si Eginhard passe sous silence cette organisation dans sa Vie de Charlemagne, c’est à coup sûr parce que l’empereur d’Occident s’en réservait exclusivement l’usage. Charlemagne avait là comme une police particulière des renseignements rapides. On conçoit facilement que son biographe-panégyriste n’en ait pas fait la moindre mention. Au moyen âge, l’organisation primitive sommeille encore; sous François T;r, elle se confond avec le service de la poste aux lettres. Il fallait un homme de génie pour fixer définitivement les bases de la télégraphie. Sous Louis XV, sous Louis XVI, aucun progrès n’est réalisé ; et nous voyons qu’à cette époque, la nouvelle de l’accouchement des reines de France ne se transmettait pas autrement qu’à coups de canon. « Cependant, comme le dit v M. A. Barbou, à l’époque de la Révolution, « l’idée avait germé dans beaucoup de cerveaux-; « elle flottait dans les esprits et cherchait sa for-« mule ». L’invasion de la patrie stimula le courage et le patriotisme des citoyens intelligents. L’aérostation militaire, employée avec tant de succès par le général Jourdan à la bataille de Fleurus, détermina en France un courant scientifique duquel est peut-être sortie l’invention du télégraphe aérien. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’en 1792 le télégraphe était découvert et que Chappe faisait hommage de cette belle et utile invention à l’Assemblée législative.
- Chappe se faisait fort de « communiquer rapi-« dement et à de très grandes distances, tout ce « qui fait le sujet d’une correspondance. » Il affirmait que la vitesse de cette correspondance serait telle que le Corps législatif pourrait faire parvenir ses ordres aux armées et en recevoir la réponse pendant la durée d’une même séance.
- Après de nombreux déboires, après des obstacles sans nombre, Chappe obtint de faire à Paris même des expériences publiques. La découverte était pratique. Deux lignes de télégraphie aérienne furent établies : i° de Paris à Lille ; 20 de Paris à Landau. Carnot, ministre de la guerre, fut frappé de l’utilité de cette découverte ; et l’organisateur de la victoire s’en servit habilement pour transmettre ses ordres aux généraux en chef.
- « Comme toutes les œuvres de génie, a écrit Maxime du Camp, l’appareil de Chappe était d’une simplicité extrême et il est inconcevable que le monde (en acceptant la date de la création) ait attendu près de six mille ans avant de l’inventer.
- « Cet appareil ne se composait que de trois pièces, dont l’une, la principale, était formée d’indicateurs, qui, en décrivant un cercle, traçaient
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
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- dans l’air des signaux, lesquels, vus de loin à l’aide de lorgnettes, composaient un vocabulaire numéroté, vocabulaire de mots et de phrases usuelles.
- « Ce vocabulaire très habilement combiné était une sorte de dictionnaire télégraphique de plus de vingt-cinq mille vocables marqués chacun d’un signe spécial. »
- Pour l’époque, ce mode de procéder était admirable. Aujourd’hui, il nous parait, à juste titre, suranné. Malgré la perfection relative de l’appareil, il fallait, par exemple, 44,400 mouvements pour expédier de Paris à Bayonne une dépêche de quarante mots, laquelle traversait cent onze stations. La dépêche se transmettait cependant en deux ou trois heures. Mais on s’imagine quelle activité et quelle vigilance il fallait aux employés qui, sans cesse, avaient l’œil à leurs lunettes et qui, maintes fois, succombèrent à la fatigue.
- A Paris, les premiers télégraphes avaient été installés sur le dôme des Tuileries et sur la butte de Montmartre.
- L’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet multiplièrent les lignes télégraphiques. L’administration centrale s’installa rue de Grenelle et appartint successivement au ministère de la guerre, à celui de la marine et à celui des travaux publics. Le télégraphe aérien rendit encore d’excellents services au moment de la guerre de Grimée ; il contribua notamment à la prise de Sébastopol. Mais la télégraphie des signaux fut enfin définitivement détrônée par la télégraphie électrique, — celle qui est encore en honneur aujourd’hui. Non seulement le télégraphe électrique est devenu l’auxiliaire tout-puissant de la poste, — mais encore, selon l’expression de M. Barbou, on peut le considérer comme la poste de l’avenir. Sous l’administration vigilante et éclairée de M. Granet, ministre des postes et télégraphes, la télégraphie a réalisé de nombreux progrès, comme du temps de M. Cochery, d’ailleurs. Le réseau français n’a rien à envier aux réseaux étrangers. Le téléphone s’est promptement popularisé en France à la grande satisfaction du public. C’est dire que la France est dans d’excellentes conditions pour son service de dépêches.
- Au moment où l’on prépare la grande Exposition de 1889, il nous a paru utile de jeter ce rapide coup d’œil sur l’un de nos premiers services publics.
- T. M.
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 28 février 1886).
- La vive imagination des civilisations sans instruction était suffisamment frappée par la grandeur des conceptions du poète pour se représenter les lieux où il la conduisait, sans le secours d’indications visuelles. Un simple écriteau planté sur la scène suffisait à figurer pour ceux qui applaudissaient Shakeaspeare le palais, la prison, la forêt où allait s’engager l’action. En Chine, le personnage déclare à la bonne franquette qu’il va accomplir un voyage de mille lis ; il fait vingt pas de long en large, s’arrête et s’écrie : me voici arrivé, voilà la pagode, voilà le bosquet.
- L’auteur, reconnaissant l’insuffisance du simple dialogue pour donner au public l’impression absolue d’une action dramatique, s’était toujours réservé un moyen d’explication des faits. Ainsi, le théâtre antique possédait le prologue, dans lequel en dehors du discours personnel que le poète adressait à la foule pour se recommander à elle et gagner ses suffrages, il exposait le sujet de sa pièce. Le chœur servait aussi en quelque mesure à exptimer des sentiments, relater des événements nécessaires à l’intelligence du drame. La tragédie classique employait le confident, personnage absolument inutile à l’action, mais destiné à susciter des réflexions au héros, lui faire dire ce qu’il fallait qu’on sut. Dans le théâtre chinois, il existe dans toute pièce un rôle particulier, le rôle du poète pour ainsi dire, c’est celui d’un chanteur qui intervient quand il convient pour annoncer telle chose, expliquer telle situation, relier les scènes les unes aux autres, tisser la trame de l’ouvrage sous les broderies qu’y dessinent les acteurs.
- Le théâtre moderne a répudié tous ces procédés. Le public veut être à même de comprendre par soi seul ce qui se passe et éprouver une perception exacte de la représentation des choses. Aussi, que réclame-t-il : des costumes scrupuleusement corrects, donnant absolument à ceux qui les portent
- l’aspect des personnages qu’ils figurent, des décors parfaitement agencés lui offrant l’illusion complète des lieux où se déroule l’action.
- Pour des générations sceptiques comme les nôtres et chez lesquelles l’instruction générale s’est extrêmement développée, le spectacle doit utiliser tous les moyens d’illusions qui sont en son pouvoir. L’esprit de la foule ne se laisse plus absorber si facilement il faut encore que rien dans la représentation ne vienne en l’étonnant, le choquant, lui retirer ce peu de bonne foi avec lequel il s’était décidé à accepter la fiction.
- D’ailleurs, il y a de nombreuses satisfactions de divers genres auxquelles a été appelé à répondre le théâtre d’après la façon dont il s’est implanté dans nos mœurs. Chez les Grecs et chez les Romains surtout, quelque goût qu’y prissent ces peuples, le théâtre ne fut jamais qu’un procédé de divertissement employé à l’occasion des réjouissances publiques, et si, pour les Grecs, il acquit une importance plus particulière et devint l’élément du plus vif attrait des fêtes, pour les Romains il fut toujours loin de dépasser le mérite d’autres attractions, telles que les spectacles des cirques, les courses de chars, les combats de gladiateurs ou les représentations de batailles navales.
- Longtemps le théâtre est de même demeuré chez nous à l’état de simple accompagnement des fêtes publiques ; mais il est devenu maintenant un objet de distraction en quelque sorte normal et permanent auquel le public ne se livre, plus à certains intervalles, mais d’une manière courante et régulière. Par cela même, les représentations de diurnes qu’elles furent primitivement sont devenues nocturnes, d’où cet emploi de la lumière qui détermina un aménagement spécial.
- En même temps, il fallait donner à l’installation des salles de spectacle le caractère propre qui correspondait à l’état des mœurs. Ce n’était plus tout un peuple qui accourait dans de vastes amphithéâtres et se répandait démocratiquement sur les gradins, tandis que certaines places étaient réservées aux deux ou trois groupes de personnages de considération qu’admettait la grande classification sociale de l’époque. On a aujourd’hui affaire à une portion de public relativement faible et répartie en un grand nombre de fractions par l’échelle des fortunes, lesquelles réclament chacune une place en rapport avec la somme qu’elles dispensent à leurs plaisirs.
- Les anciens ne connaissaient pas ces divisions par actes que nous employons aujourd’hui. Etant donnée la rareté des spectacles, aux occasions où l’on en jouissait, la curiosité restait éveillée plus longtemps, l’assistance pouvait consacrer une attention de plus longue durée à la représentation qui s’effectuait sans coupures ni repos. De nos jours on ne saurait mettre à telle épreuve la patience des spectateurs, en même temps que des entr’actes d’un certain laps sont nécessaires pour donner aux acteurs le temps de changer de costumes et aux machinistes celui de remplacer les décorations. Il faut alors tenir à la disposition du public des locaux convenables à l’usage de l’entr’acte : d’où création de dépendances telles que foyers, promenoirs, buffets.
- (A suivre.)
- Léon Gandillot.
- LES LIVRES
- XLVIII
- La Société et les Mœurs en Béarn, par G.-B de Lagrèze. Tètes de chapitre et lettres initiales composées par Gaston de Lagrèze. — Pau, G.'Cazeaux, libraire-éditeur, in-18, 1886.
- M. de Lagrèze est certainement l’homme de France qui sait le mieux l’histoire de la Navarre et du Béarn. Il a passé sa vie à écrire sur cette histoire, envisagée à tous les points de vue, droit, coutumes, usages, mœurs, hommes célèbres, châteaux et monuments, des livres d’une érudition consciencieuse relevée par une pointe de belle humeur et de bel esprit, un pétillement malicieux de sel gaulois, qui les rend aussi agréables que substantiels, aussi piquants qu’instructifs. Sa monographie du château de Pau est classique comme celle de M. de la Saussaye sur le château de Blois ou celui de Chambord. Sa Navarre française, son Histoire du droit dans les Pyrénées, sa Vie privée
- d’Henri IV sont des ouvrages de premier mérite qui auraient dû assurer à leur auteur une place à l’Institut. Il en serait s’il était Parisien. Mais il est Béarnais, il aime mieux sa mie, ô gué, que Paris la grand’ville. Sa mie, c’est la montagne natale, c’est l’horizon pyrénéen, c’est cette ville de Pau qu’il connaît mieux que personne, dans ses replis les plus cachés, dans ses sentiers les plus inexplorés, dans ses moindres verrues, enfin pour parler comme Montaigne.
- Nous ne pouvons rendre compte en détail d’un livre qui ne comprend pas moins de cinquante-six chapitres, sorte de château historique et littéraire divisé en étages correspondant aux progressions chronologiques, et en salles ou galeries dans le style de chacun des quatre derniers siècles, contenant tableaux et portraits de l’époque. Le livre est écrit dans le style familier, aisé, d’une conversation spirituelle et gaie, après un de ces bons dîners du Béarn, arrosés de bon vin de Jurançon, où l’on goûte à loisir ce plaisir tout français," bien digne d’un peuple hospitalier et disert," qu’exprime un mot local heureux, celui de tauleya, c’est-à-dire de tableyer, de se plaire à bavarder et à galantiser et peut-être même à médire un peu à table.
- La première division, la première galerie de tableaux et de portraits, la première salle de ce petit Genève, de ce petit Versailles du Pau historique, c’est la Société chevaleresque. On y apprend bien des choses.
- Les .seigneurs de Béarn ne mettaient aucun divertissement au-dessus de celui de la chasse. C’est comme rendez-vous de chasse qu’ils créèrent Pau. La chasse au renard... anglais est encore un des divertissements favoris des Anglais, qui composent en grande majorité la colonie étrangère de Pau, une des stations hivernales favorites des fils et filles d’Albion.
- La chasse chevaleresque en Béarn était chasse plus sérieuse, c’est-à-dire plus dangereuse que celle qui consiste à courre à travers bois en habit rouge, le cor en sautoir, en brillant cortège de cavaliers solides et de gracieuses amazones, échappées des keepseakes. On chassait surtout le fauve, le loup, le sanglier,d’ours, l’isard, le cerf, dans les rocheraies et les chênaies du Béarn, du temps de Gaston Phébus, héros et maître des déduicts delà chasse, qui mourut comme il avait vécu, en chasseur, à Sauveterre, épuisé par la poursuite d’un ours réfractaire à son piège. Gaston Phébus, dont le livre est plein d’observations, d’expériences encore utiles, est. un des plus populaires parmi les princes béarnais, et il a donné beaucoup à dire à leur historien qui ne tarit pas sur son compte en anecdotes curieuses et piquantes.
- On ne peut pas parler de la chevalerie sans parler du cheval qui lui a donné son nom et qui était associé à tous les actes de la vie de celui qui le montait à la chasse, au tournoi, à la bataille, et l’admettait aux honneurs de ses funérailles. Le jour de la Saint-Hubert, les chiens, tenus en laisse par les piqueurs, assistent à la messe du patron des veneurs. Le jour des obsèques du chevalier, le coursier du défunt, caparaçonné de deuil, accompagnait son maître jusqu’à l’église et y était admis pour être offert en don au clergé. Lorsque le seigneur de Béarn venait à mourir, on présentait à l’offrande de la messe des funérailles quatre chevaux qui restaient présents à tout le service funèbre.
- Ce qui donne beaucoup de nouveauté et de vivacité aux tableaux de l’auteur de la Société et les mœurs en Béarn, c’est qu’il ne se contente pas de l’érudition de seconde main. Il est un assidu, un intime des archives historiques de son pays. Chaque'fait qu’il cite est appuyé d’un document d’archive inédit. C’est ainsi quril donne les plus curieux détails sur onze actes des archives du. Béarn, par lesquels des joueurs endurcis, mais non incorrigibles, ni impénitents, comme on va le voir, prennent l’engagement en présence de témoins de ne plus jouer, ni donner à jouer, sous peine d’une amende qu’ils s’infligent à eux-mêmes, en cas d’infraction et à laquelle ils s’obligent envers le témoin de leur renonciation.
- Au chapitre de la Table, on devine qu’il est question des mets nationaux du Béarn, encore en juste réputation : les cuisses d’oies confites dans la graisse, la garbure, les pêches et les fameux jambons salés de sel de Salies, ce qui leur donne leur goût exquis. A propos des baptêmes, nous trouvons de nombreux exemples d’une coutume touchante, dont nous avions rencontré la trace dans l’extrait baptismal de plus d’un homme célèbre. Montaigne, Montesquieu, La Grange-Chan-cel, avaient eu pour parrain un pauvre mendiant. M. de Lagrèze cite des faits plus curieux que cela : non seulement des exemples de fils de paysans, tenus aux fonts baptismaux par des grands seigneurs, des princes et même des rois ; mais, encore des exemples de fils de rois, ayant pour parrains des. pauvres, des mendiants, des pèlerins de passage à Pau. Sur les coutumes locales en matière de mariage et de testament, sur les singularités de la noce et les bizarreries des actes de la dernière heure on peut lire, dans le livre de M. de Lagrèze, de bien piquantes anecdotes. Chaque chapitre de ces deux séries : la Société chevaleresque, la Société royale, est rempli de ré-
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- 8o. — Deuxième Année. — N° 62.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 7 Mars 18S0.
- vélations intéressantes qui n’épuisent pas l’érudition et la verve de l’aimable causeur et conteur; car il n’y en a pas moins dans les séries suivantes : la Société béarnaise sous l’ancien régime, et la Société révolutionnaire. L’auteur a connu Bertrand Barère, dont M. Rothan possède un si vivant portrait peint par David, et donne, sur ses conversations avec lui, sur ses papiers, des détails caractéristiques. Les deux derniers livres de l’ouvrage : la Société de Pau depuis la Révolution ; la Société de Pau, station hivernale, ne sont pas moins féconds que les autres en anecdotes, en tableaux de mœurs, en portraits. L’auteur est plein d’un sujet qui lui est familier comme le pays natal lui-même, qu’il n’a jamais quitté, où il a fait brillamment sa carrière comme magistrat, dont il est avec honneur et avec succès l’historien et le biographe par excellence. La dernière moitié de son ouvrage, consacrée à ce qu’il a vu, entendu, vécu, a toute la saveur personnelle de Mémoires. U n’v fait pas son histoire, mais il y fait celle de la société et des mœurs de son temps en Béarn, avec la finesse d’observation et la malice d’expérience d’un homme très lettré, très cultivé, très recherché, toujours très bien placé pour bien voir et pour bien entendre, qui a beaucoup vu, beaucoup entendu, beaucoup retenu, et dont les récits donnent très bien l’idée et l’impression de la conversation d’un de ces présidents de Parlement, savants, galants, mordants, beaux diseurs, beaux joueurs et beaux buveurs, dont il a peint les portraits avec le talent et le bonheur qu’on apporte aux images favorites, aux figures préférées, en un mot, aux portraits d’ancêtres.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BULGARIE
- conseils aux importateurs
- Le vice-consul de France à Roustchouk termine par les considérations suivantes un rapport d’ensemble sur le mouvement commercial des échelles de la région :
- La grande différence qui existe entre le chiffre des importations et des exportations témoigne combien le peuple bulgare consomme encore peu les produits de l’étranger, c’est, sous ce' rapport, un pays très neuf ; cependant, l’époque n’est pas éloignée où ses besoins augmenteront.
- Il y a un certain nombre d’articles français qui, de l’avis des négociants que j’ai consultés, ne pourraient donner lieu, sur cette place à des transactions de quelque importance; ces articles sont les suivants :
- Velours, soieries, passementeries, chemises confectionnées, mouchoirs, cachemires, parfumerie, peignes, confiserie, tabatières (c’est-à-dire boîtes de poches en métal, papier mâché, etc., pour tabac à fumer), indiennes, fleurs artificielles ordinaires, cuirs, chaussures, toiles, papier à écrire et à cigarettes, bas, boutons,laine, amidon, sucre, chapeaux, articles d’imprimerie, de librairie, de papeterie, vins et liqueurs (en petite quantité), clouterie, serrurerie, draps et casimirs, jouets d’enfants.
- Les commerçants d’ici, bien qu’étant depuis de longues années en relations soit avec des maisons d’Autriche-Hongrie ou d’Allemagne, soit avec des maisons de Constantinople ou de Galatz, pour les articles français, seraient certainement .désireux de s’adresser directement à la maison de production en France ; seulement, nos producteurs, tout en cherchant avec activité à se créer des débouchés nouveaux, ne se montrent pas, en général, suffisamment disposés à accepter les usages locaux.
- Les négociants étrangers accordent de longs termes pour les remboursements ; d’autre part, ils n’exigent pas que les traités soient payables en Autriche, en Allemagne et en Angleterre.
- Certainement, toutes les traites ne sont pas payées, malgré les précautions dont on s’entoure, mais on vend en conséquence ; on doit, me disait-on, compter sur une perte d’environ 10 % ; néanmoins, les négociants autrichiens et allemands recherchent activement les ordres et se montrent satisfaits.
- D’autre part, ils ne reculent pas devant l’envoi d’échantillons qu’ils vendent à moitié prix à l’agent auquel ils sont adressés ; l’autre moitié restant due par lui, est retenue, quand il transmet un ordre sur le montant de la commission qui lui revient.
- En résumé, le commerce de l’importation en est encore, sur ce marché, à ses débuts, si les articles ordinaires qui l’ont alimenté jusqu’à ce jour lui ont été fournis par des pays qui, grâce à la proximité et au bas prix de la main-d’œuvre, défiaient la concurrence, les articles dont le prix plus élevé supporte les frais de transport ne tarderont pas à être demandés ; déjà, cette année, les soieries figurent dans une colonne spéciale du tableau : c’est le signe d’un commencement de luxe qui permet de penser que très prochainement le consommateur demandera des articles de qualité supérieure et pour la fourniture desquels nous pourrions peut-être nous présenter avec quelques chances de succès.
- MEXIQUE
- articles d’importation
- D’après Deutsches-Handels-Archiv les principaux articles importés d’Europe au Mexique, sont les suivants : d’Allemagne, les bières, machines à coudre, fer en plaques et en barres, articles d’étain et de fer-blanc, porcelaines et faïences ordinaires ou supérieures, pianos, mobilier, eau-de-vie, fromages et liqueurs ; de France : tuiles, vins, liqueurs, conserves, vermouth, pommes de terre ; des Etats-Unis, pétrole, produits chimiques et pharmaceutiques, maïs, beurre, bois de construction et verrerie ; d’Angleterre : (viâ Hambourg et Anvers) diverses sortes de produits industriels.
- MADAGASCAR
- articles d’importation
- Un rapport du vice-consul d’Angleterre à Tana-narive fournit les renseignements suivants sur les articles susceptibles de trouver un débouché dans cette région :
- Les tissus de coton sont pour la plupart de provenance américaine. Des imitations anglaises sont importées de temps en temps, mais leur infériorité est visible, et elles ne se débitent pas facilement sur le marché. On commettrait une grave erreur si on croyait que les Madégasses d’Imérina, vivant sous un soleil tropical, ne portent comme vêtements qu’un lambeau d’étoffe.
- Ils regardent fort à la chaleur et à la solidité de leurs vêtements, et dans de certaines limites, ils paieront un bon prix pour des articles qui posséderont ces qualités.
- A l’époque de la sécheresse, quand souffle le froid vent de l’est, beaucoup d’entre eux trouvent que les cotonnades américaines même épaisses, sont trop légères, et font des commandes d’articles de laine.
- Cependant on doit mettre beaucoup de prudence dans l’importation des flanelles, des couvertures et des croisés laine et coton, car on a la plus grande difficulté à les préserver des ravages des insectes.
- Les indiennes se vendent sur tous les points de Madagascar, mais il n’est pas facile de satisfaire les indigènes pour les dessins, car ils se refusent à suivre les modes européennes. De plus, les impressions qui plaisent à une tribu déplaisent souvent à une autre.
- Les autres articles dont les habitants de Tana-narive et du voisinage font une consommation plus ou moins constante, sont les pots et marmites en fer, les casseroles et les poêles à frire, des feuilles d’étain et des matériaux pour soudure, de la verrerie et de la poterie. Us se servent aussi beaucoup d’objets en étain, mais il n’est pas très profitable d’importer ces articles tout faits.
- Pour les outils de charpente les seuls que les fabricants indigènes ne forgent pas à la satisfaction de leurs compatriotes, sont les scies, les ciseaux, les lames de rabots, les gouges, les tarières, les vilebrequins et les mèches.
- Les vêtements de seconde main.se vendent souvent assez bien, surtout s’ils sont de bonne qualité et si on ne voit pas trop qu’ils ont été déjà portés.
- Les chaussures sont fabriquées dans le pays. Cependant les importations peuvent trouver un débouché si la façon en est bonne et les prix raisonnables.
- Les parapluies et les ombrelles sont aussi d’un débit assez facile.
- L’usage de la faïence est de jour en jour plus répandu. La classe riche achète quelquefois des services de Chine complets ; mais il ne faut importer qu’en petite quantité les articles chers.
- Les produits pharmaceutiques atteignent souvent de bons prix, ceux que les indigènes demandent le plus sont : la quinine, les sels d’Epsom, l’iodure de potassium, le bichlorure de mercure, la santonine, l’huile de foie de morue, le carbonate de soude, l’acide tartrique, les poudres de Seidlitz, etc.
- Le commerce de la papeterie augmente constamment. Le marché est surtout fourni par les librairies des missionnaires qui ont le privilège d’importer sans payer les droits, les livres nécessaires à l’instruction. Ils ont à fournir environ 25o,ooo enfants inscrits dans les différentes écoles; et les Bibles, les Nouveaux Testaments, et les livres de cantiques et de prières, etc., qui leur sont pris par ces enfants et par les adultes adhérents à environ i,5oo églises et congrégations, répandues par toute l’ile, prennent une part assez considérable dans le commerce général.
- Nous devons rappeler que tous les articles vendus à l’intérieur de Madagascar doivent être portés à dos d’hommes. Les paquets qu’on ne peut ouvrir ni refaire au port de débarquement ne doivent donc pas dépasser un certain poids. Un homme peut en porter deux de 40 à 45 lbs (1) chacun, mais un seul paquet du même poids demanderait deux hommes et la dépense du transport doublerait.
- La confection des lourds paquets et l’emploi de matières trop épaisses augmentent les frais d’une façon considérable. On ne saurait prêter une trop grande attention à ce détail.
- (1) lF= 453 grammes 60.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Variétés. — Le Fiacre 117, comédie en trois
- actes, de MM. E. de Naiac et Albert Millaud.
- Comédie Française. — 1802, à-propos en prose, par M. Renan. Odéon. — j 802, à-propos en vers, par Mlle Simone Arnaud. Porte Saint-Martin. — Hamlet, adaptation en onze tableaux
- et en vers, de MM. Cressonnois et Sarnson.
- La comédie que vient de donner le théâtre des Variétés appartient à ce genre de littérature qu’on qualifie de pornographique ou de grivoise, selon que l’esprit avec lequel est traité l’ouvrage en sauve plus ou moins la donnée scabreuse. Dans l’espèce, les auteurs s’en sont tenus au juste milieu.
- Le cocher du fiacre 147, un homme vertueux, a traduit devant le commissaire de police deux couples qu’il avait successivement surpris en conversation criminelle (ou du moins, en juge-t-il ainsi) dans sa voiture. C’étaient, d’une part, M. Vau-cresson et une dame ; de l’autre, un monsieur et Mme Vaucresson. Le commissaire de police fait une erreur dans son procès-verbal, de sorte que c’est contre les deux époux qu’on relève le grief que vous savez. Et les deux époux étaient précisément en train de plaider en séparation. Vous voyez les scènes comiques qu’entraîne le quiproquo. M. et Mme Vaucresson se retrouvent au palais de justice et finissent par se réconcilier.
- La pièce emprunte la plus grande partie de son. intérêt aux ressources présentées par des sous-entendus graveleux. Elle renferme néanmoins beaucoup de mots spirituels et quelques détails de fine et véritable comédie.
- Lassouche est amusant sous les traits du cocher sévère sur l’article des mœurs. Baron représente un homme du monde comme lui seul sait les représenter. Aimez-vous Céline Chaumont, on en a mis partout.
- Le premier et le deuxième Théâtre-Français ont célébré l’anniversaire de Victor Hugo.
- A la Comédie-Française, nous avons eu un Dialogue des morts de M. Renan. Corneille, Racine, Boileau, Diderot, Voltaire se promènent dans les Champs-Elysées. Ils se communiquent leurs souhaits sur le poète que tous voudraient voir naître en France à cette heure, pour relever la gloire de cette poésie nationale dont le prestige semble s’effacer. Corneille le veut sublime, Boileau large et profond, Racine tendre et plein de pitié, Voltaire philosophe et ami des hommes. La scène rappelle aimablement celle des fées venant distribuer leurs dons à un nouveau-né. On s’attend à voir entrer tout à coup la méchante fée, apportant à ce tribut de faveurs son présent détestable et fatal ; oui, il aura tous les mérites dont vous l’aurez comblé, mais... il fera de la politique. Heureusement, il n’en est rien, la vilaine fée ne se montre pas. Seul, le petit génie Camillus, sous les traits de la gracieuse Mlle Reichenberg, accourt déclarer à nos grands classiques que leurs vœux sont exaucés et qu’un poète va naître, qui concentrera en lui toutes les qualités qu’ils rêvent. •
- On ne saurait trop féliciter M Claretie d’avoir invité à célébrer la naissance de Hugo dans cet à-propos d’une majestueuse sérénité de sentiments et d’une noblessse de philosophie suprême, l’incomparable styliste et le penseur profond le plus digne de porter officiellement la louange du Maître.
- MUe Simon Arnaud avait composé pour l’Odéon une scène lyrique, un dialogue entre la Victoire et la Poésie représentées par Mlles Rousseil et Weber. Quelques clichés traditionnels y sont habilement juxtaposés. Plusieurs passages (l’une haute élévation et d’une grande pureté de forme ont été à juste titre applaudis.
- A la Porte - Saint - Martin, Hamlet, nouvelle adaptation. Les adaptations de l’œuvre de Shakespeare sont nombreuses.
- Adaptez-le sans cesse et le re'adaptez.
- On prétend toujours que la nouvelle adaptation sera plus littérale, plus artistique ou transportant plus intégralement sur la scène française la pensée du poète anglais. Mais, d’excellentes adaptations à!Hamlet ne manquant pas, un instant, avouons-le, nous avions cru que la grande tragédienne, si éprise d’originalité, avait voulu nous offrir l’audition d’une traduction de ce chef-d’œuvre en vola-pück, la langue à la mode. C’était tout bonnement du français, mais du meilleur à la vérité. L’œuvre de MM. Cressonnois et Samson est remarquable. Le vers, toujours frappé de main de maître est souvent d’un souffle grandiose. La conception de Shakespeare est magistralement rendue.
- Ophélie, c’est Mme Sarah Bernhardt. Il n’y a pas besoin d’en dire davantage. MM. Philippe Garnier, Hamlet, Léon Noël, Polonius, et Coiset, le roi, ont composé leurs personnages avec le soin artistique le plus excessif et ont obtenu une part de légitime succès dans le triomphe de Sarah Bernhardt.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AfiRAULT et Cu, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- ' DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 14 Mars 1886. NUMÉRO 63.
- SOMMAIRE ;
- 1. L’Exposition et le Conseil municipal; 2. Banquet offert par les Membres du Jury et les Exposants des Colonies françaises à l’Exposition d’Anvers à M. Grodet; 3. Exposition de la Nouvelle-Orléans; 4. Echos; 5. Exposition de 1844; 6. Les Livres; 7. Théâtres.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- MM. Monteil et Lyon-Alemand ont lu à la commission de l’Expo.sition le rapport dont ils avaient été chargés, sur la demande de subvention adressée par l’État à la ville de Paris.
- Après avoir fait l’historique de la question de l’Exposition au Conseil municipal, les rapporteurs rappellent les démarches de toutes sortes, les études, les négociations entreprises, tant par l’ancienne commission que par la nouvelle, pour assurer la collaboration de la ville de Paris à cette grande œuvre.
- La première commission était entrée en relations avec le ministre du commerce, M. Pierre Legrand. La commission d’État avait conclu à l’emplacement du .Champ-de-Mars et prévu la construction, en façade, d’un ou de deux palais permanents ; elle estimait, en outre, que la ville avait intérêt à prendre possession du Champ-de-Mars. De nombreux pourparlers eurent lieu à ce sujet, entre les représentants du Conseil. M. Pierre Legrand, M. Antonin Proust, M. Boulanger, directeur des domaines, et M. Alphand.
- Le résultat, fut que le Conseil municipal devait acheter un terrain pour les manoeuvres militaires et rester débiteur, vis-à-vis de l’État, d’une soulte constituée par la différence entre le prix de ce terrain et le prix d’estimation du Champ-de-Mars.
- Un projet de traité fut même rédigé. Il renfermait les clauses suivantes :
- « La ville de Paris désire :
- i° Que le Champ-de-Mars, qui va servir à l’établissement de l’Exposition du centenaire de 89,. soit immédiatement désaffecté de sa destination de champ de manœuvres pour les troupes de la garnison ;
- 20 Que deux zones de 90 mètres de largeur environ de terrain, situées le long des avenues de Suffren et de la Bourdonnaye, soient aliénées pour recevoir des contructions après l’Exposition-
- 3° Que la partie centrale du Champ-de-Mars entre ces deux zones, réunissant l’Ecole Militaire au Trocadéro, d’une largeur de 270 mètres environ, soit conservée à l’état de promenade publique, sans- constructions.
- Dans ce but, et pour faciliter à l’État la libre disposition du Champ-de-Mars, pendant l’Exposition, ce qui exigera un nouveau champ de manœuvres pour remplacer le Champ-de-Mars, la ville de Paris fait à l’État les propositions suivantes :,
- i° L’État vend à la ville de Paris les deux zones de terrains sus-indiquées, en façade sur les avenues de Suffren et,de la Bourdonnaye, qui lui seront remises par l’État, dans un délai de six mois après la clôture de l’Exposition. Le prix de, cette acquisition, fixé par voie d’expertise contradictoire entre les agents des domaines et de la ville, sera affecté jusqu’à due concurrence à l’achat du nouveau champ de manœuvres, de 40 hectares environ, dont l’emplacement sera choisi, d’accord entre le ministre de la guerre et la ville de Paris.
- La soulte, ' s’il y a lieu, sera employée d’abord au paiement des intérêts des sommes avancées par la ville, pour l’achat du nouveau champ de ma-
- nœuvres, intérêts qui seront comptés depuis le jour du paiement de ce terrain jusqu’à celui de la remise des deux zones vendues à la ville ; elle servira ensuite, s’il y a un disponible, aux travaux d’appropriation du nouveau champ de manœuvres, ou à tout autre usage au gré de l’État ;
- 20 L’État cède à la ville de Paris la jouissance à perpétuité de la portion centrale du Champ-de-Mars, d’une largeur approximative de 270 mètres, à la charge par la ville d’y établir, d’y conserver et d’y entretenir une promenade publique, en respectant la perspective du palais du Trocadéro et du bâtiment de l’École Militaire ;
- 3° Dans le cas où les bâtiments de l’Exposition à élever sur les deux zones vendues à la ville seraient conservés en totalité ou en partie, deux combinaisons pourraient être adoptées.
- Dans la première, la ville deviendrait propriétaire des constructions conservées à un prix à débattre avec l’État, après l’adoption des projets définitifs des bâtiments de l’Exposition.
- Dans la seconde, où l’État conserverait les constructions, soit pour son usage, soit pour les aliéner à d’autres qu’à la ville de Paris, l’Etat lui rembourserait au prix d’achat la valeur des terrains occupés par ces constructions. »
- On dressa également un devis d’estimation des terrains du Champ-de-Mars, d’après lequel la dépense ressortissait, pour la ville, au chiffre de 15,241,160 francs.
- Mais les Domaines n’étaient pas prêts à traiter. Quelque temps après, ils remettaient à l’administration préfectorale une note réclamant la modification du plan de lotissement adopté par la ville et spécifiant que le service de la guerre n’approuverait aucune combinaison lui faisant courir le risque de payer une soulte quelconque pour l’établissement du nouveau champ de manœuvres de 40 hectares qu’il exigeait en échange du Champ-de-Mars.
- Sur ces entrefaites, une crise ministérielle survint et la question de la vente du Champ-de-Mars comme celle des palais permanents fut abandonnée par l’Etat.
- MM. Monteil et Lyon-Alemand croient d’ailleurs que l’administration de la guerre et celle des domaines ne céderont le Champ-de-Mars que contraintes et forcées. Ils prétendent avec raison que la ville obtiendra les meilleures conditions d’achat lorsque le Champ-de-Mars aura été occupé pendant plusieurs années par les bâtiments de l’Exposition, lorsque l’autorité militaire aura pris l’habitude d’envoyer ses hommes manœuvrer loin de l’Ecole militaire et lorsque les domaines seront, en fait, dépossédés.
- Ils proposent, en conséquence, de réserver la question de l’achat du Champ-de-Mars, achat qui, selon eux, s’imposera fatalement un jour.
- Au reste, il a été entendu que, pendant la durée de l’Exposition de ,1889 comme pendant celle de l’Exposition de 1878, la ville prêterait au ministre de la guerre, pour les manœuvres de l’armée, tant que durerait l’occupation du Champ-de-Mars et, le cas échéant, jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau champ de manœuvres, le territoire de Bagatelle.
- On connaît le résultat de la démarche faite, au mois de février dernier, par la nouvelle commission de l’Exposition et le bureau du Conseil municipal auprès de M. Lockroy. Il en a rendu compte ici même dans un précédent numéro.
- Une seconde entrevue ayant pour but de déterminer les conditions financières de l’Exposition eut lieu quelques jours après. Le ministre déclara qu’il avait l’intention de demander 16 millions à l’Etat, somme sur laquelle 12 millions étaient déjà disponibles ; 18 ou 20 millions à une société de garantie pour laquelle il avait préparé deux combinaisons parallèles, et enfin 8 millions à la ville de Paris. Il attendait un vote ferme du Conseil municipal pour présenter son projet aux Chambres.
- En se basant sur les chiffres de 1878, MM. Monteil et Lyon-Alemand ont examiné ce que pourrait coûter à la ville, au total, l’Exposition de 1889. Ils ont ainsi établi l’état de prévision suivant :
- Monument et fêtes du centenaire. . Subvention à l’Exposition. . Dépenses de voirie entraînées par cette Exposition ......
- Subventions possibles aux sociétés
- ouvrières et autres.............
- Pavillon et exposition spéciale de la
- ville de Paris...............
- Indemnités permanentes et remises aux employés de la ville.
- 3.000.000
- 8.000.000
- 1.000.000
- 5oo.ooo
- 5oo.ooo
- 1.000.000
- Total. . . . . 13.000.000
- Or, jusqu’ici l’octroi a toujours compensé la dépense de subvention aux diverses Expositions, sans compter la plus-value mobilière et immobilière dont la ville a également profité. Il ne semble donc pas exagéré de dire qu’en raison du mouvement sans précédent que créeront à Paris les fêtes du centenaire, la plus grande partie de ces treize millions rentrera dans la caisse municipale.
- Aussi la Commission de l’Exposition, d’accord avec la commission du budget, a-t-elle accepté le chiffre de 8 millions demandé par l’Etat à la ville à titre de subvention à l’Exposition universelle.
- Cette somme sera répartie sur quatre exercices, savoir: 1887, 1888, 1889, 1890, à raison de deux millions par an et prélevée sur les fonds d’emprunt.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie, consulté au sujet de cette répartition, a déclaré que le gouvernement en acceptait parfaitement les termes.
- La commission municipale a ensuite conféré avec M. Lockroy relativement à la représentation du Conseil dans les commissions de l’Exposition et dans le jury ou le comité qui serait chargé d’arrêter le plan de cette Exposition.
- Elle lui a fait part de son intention formelle d’qcheter le Champ-de-Mars et de l’éventualité qui se présenterait de conserver les palais de façade au lieu de les démolir ; elle a fait comprendre l’intérêt qu’il y avait pour la ville, dans ces conditions, à donner son avis sur l’architecture et la construction de ces palais.
- Elle a ajouté que la ville devait être représentée dans la grande Commission et dans la Commission de contrôle ainsi que dans toutes les autres Commissions d’organisation et de surveillance, non seulement par des membres de l’administration préfectorale, mais surtout par des membres du Conseil municipal.
- M. le ministre a répondu que tous ces désirs seraient pleinement satisfaits ; que, si la Commission de contrôle avait sept membres, elle compterait deux conseillers ; que si elle avait quinze membres, elle en compterait au moins quatre ; que la grande Commission comprendrait la Commission municipale de l’Exposition tout entière et qu’enfin il y aurait des conseillers municipaux dans tous les jurys et dans toutes les-commissions de l’Exposition.
- Il a été convenu également que l’Etat livrerait gratuitement à la ville de Paris les espaces superficiels dont elle pourrait avoir besoin pour ses Expositions particulières et que la ville entrerait dans le partage des bénéfices au prorata de son apport.
- Quant à la limitation des heures de travail, au paiement des ouvriers suivant la série des prix de la ville et à l’emploi des seuls ouvriers français, M. Lockroy a dit qu’il ne savait pas combien d’heures il faudrait faire travailler les ouvriers pour se trouver prêt en 1889, mais que ces ouvriers seraient bien payés ; qu’il interviendrait lui-même en ce sens auprès des entrepreneurs et qu’on pouvait s’en fier à lui et aux idées qu’il avait défendues toute sa vie pour les résolutions qu’il conviendrait de prendre sur ces questions si intéressantes. On ne peut évidemment, en cette matière, exiger des engagements formels qui se traduiraient en difficultés Inextricables dans l’exécution ou qui pourraient soulever des observations de là part des nations amies dont on réclame précisément le concours.
- Le projet de délibération soumis au Conseil par
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- 82. — Deuxième Année. — N° 63.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Mars 18S6.
- MM. Monteil et Lyon-Alemand a été rédigé suivant les données qui précèdent. Il se termine par cet article dont on ne saurait trop féliciter les rapporteurs :
- « La présente délibération sera nulle de plein droit dans le cas où les travaux de l’Exposition n’auraient pas été commencés le premier du mois de septembre 1886. »
- C’est un gage qui vaut mieux que toutes les promesses.
- Le Conseil municipal va etre appelé, dans quelques jours, à se prononcer sur cet important rapport.
- BANQUET
- OFFERT PAR LES MEMBRES DU JURY S LES EXPOSANTS
- Des Colonies françaises à l’Exposition d'Anvers
- A. 3VE. A. GRODET
- COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION
- Sous la présidence de M. DE LA PORTE
- Sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies
- Lundi, Ier mars, a eu lieu chez Lemardelay, le banquet offert à M. Albert Grodet, sous-directeur politique de l’administration des colonies, commissaire de l’Exposition coloniale française d’Anvers, par les membres du jury et les exposants coloniaux à Anvers.
- Le banquet était présidé par M. de la Porte, sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, qui était entouré de MM. Félix Faure, député, ancien sous-secrétaire d’Etat, président du comité d’organisation de cette exposition, Jacques _ Hé-brard, sénateur, président du comité exécutif de cette Exposition, Victor Schœlcher et Milhet-Fon-tarabie, sénateurs, de Lanessan et Laisant, députés.
- Parmi les invités étrangers, se trouvaient M. de Vael, bourgmestre d’Anvers, M. Victor Lynen, président du comité exécutif belge de l’Exposition, Geelhand, conseiller de la province d’An-vers.
- On remarquait également parmi les invités, MM. Sarlat, député de la Guadeloupe, Blancsubé, député de la Cochinchine, l’amiral Thomasset, Louis Henrique, et Moncelon, membre du conseil supérieur des colonies, baron de Cambourg, vice-président de la Société des études coloniales, François Deloncle, consul de France, tous les adhérents au banquet, un grand nombre d’exposants coloniaux, quelques hauts fonctionnaires du ministère de la nlarine et des colonies, et des représentants de la presse.
- Avant d’ouvrir la série des toasts, M. de la Porte a donné lecture des télégrammes suivants, adressés d’Anvers à M. Albert Grodet :
- . « Nous nous associons de tout cœur à cette manifestation si méritée, et regrettons vivement ne pouvoir y assister ». Signé: Comte d’Oultremont et Gody, commissaire général et secrétaire général du gouvernement belge à l’Exposition.
- « Je m’associe de cœur à la manifestation dont vous êtes l’objet, et vous offre mes félicitations ». Signé : Diebuyck, directeur des consulats et des affaires commerciales, au ministère des affaires étrangères de Belgique.
- « Vous envoie mes meilleures félicitations, et assiste de cœur à la fête qui vous est offerte ». Signé : Van Geetruyen, conseiller communal, président du tribunal de commerce d’Anvers.
- Après cette lecture différents toasts ont été portés. Nous sommes heureux de pouvoir en publier quelques-uns dans ces colonnes.
- TOAST DE M. FLEURY
- Monsieur :e sous-secrétaire, d’Etat,
- La première parole que doit prononcer ici celui qui a l’honneur de représenter les organisateurs de cette réunion, doit être une parole de remerciement à votre adresse, pour avoir bien voulu accepter la présidence de ce banquet.
- Vous êtes ici au milieu d’hommes qui, chacun à sa façon, dans la mesure de ses forces et de ses moyens et dans tous les domaines de l’activité humaine, ont tous, avec le même courage, avec la même foi dans l’avenir, et l’Exposition d’Anvers me donne le droit de le dire, avec le même succès, ont largement contribué au développement et au progrès de nos colonies.
- Ils sont heureux et honorés, monsieur le sous-secrétaire cl’Etat, d’avoir ici, comme président, l’un des membres du gouvernement, celui-là même qui a la charge des colonies.
- En vous priant de vous joindre à nous, nous voulions rendre hommage à un des fonctionnaires de notre département, à celui qui a porté, à l’Exposition d’Anvers, nos colonies à un si haut point d'honneur. En acceptant de présider cette réunion, vous avez ajouté un prix singulier à la démonstration amicale et reconnaissante dont il est l’objet d e notre part. Vous nous donnez aussi la preuve
- que les colonies sont l'objet de votre haute sollicitude et vous voulez nous faire voir que, continuant les traditions de vos ^éminents prédécesseurs, vous voulez toujours considérer ces terres lointaines et dispersées .comme autant d’autres Frances dignes de vos travaux et de vos préoccupations.
- Nous voulons tous penser que vous tiendrez toujours à donner à ce beau mot de mère-patrie toute l’ampleur de sa signification et montrer que, pour vous, les colonies sont des filles dignes de la tendresse et des soins de leur mère...
- Je vous parlais tout à l’heure, Monsieur le sous-secrétaire d’Etat, de tous ceux qui ont consacré à des travaux, à des œuvres coloniales leur existence , leur activité et leur fortune. Eh bien, depuis quelques années, on a fait beaucoup dans les colonies et on le savait en haut lieu ; aussi, lorsqu’il fut question de l’Exposition d’Anvers, voulut-on que ce fût, pour nos colonies, une occasion de montrer ce qu’elles étaient. En même temps, et du moment que l’on avait résolu que les colonies iraient à Anvers, il fallait que cette Exposition fût à la fois une démonstration définitive de ce que pouvaient être et faire nos colonies et une encourageante récompense _ pour ceux qui, en grand nombre, aux colonies, messieurs, sèment, pour les générations futures, des moissons qu’ils ne verrront pas mûrir. '
- Pour obtenir ces résultats, la perspicacité de celui qui était alors chargé de la direction des colonies devina dans un de ses collaborateurs immédiats l’homme qu’il fallait.
- C’est M. Félix Faure qui fit cette désignation, et sa présente ici a une signification toute spéciale.
- Assisté d’un comité qui avait à sa tête un publiciste éminent qui trouve encore, malgré tous les soins dont il est occupé, de nombreuses heures à donner aux affaires publiques, M. Albert Grodet prit en mains l’œuvre de l’Exposition d’Anvers...
- Dans ce pavillon, élégant spécimen de l’architecture indo-chinoise, qui reste ra, à Anvers, comme un souvenir de la France d’extrême Orient, et pour les Français, comme un souvenir de l’hospitalité qu’ils y 'ont reçue, dans ce pavillon, dis-je, les colonies françaises étaient chez elles, et elles y étaient très bien. Une classification claire et méthodique, des arrangements ingénieux, des groupements pleins d’art et de science, y mettaient chaque chose à sa place et en pleine valeur.
- Aussi les visiteurs, toujours intéressés, souvent charmés, subissant la séduction de l’ordre — qui est le beau, messieurs, dans une Exposition —les visiteurs accoururent en foule. L’auguste souverain' de la Belgique y vint un des premiers et dans ses visites longues et attentives... peut-être pouvons-nous penser qu’il y a trouvé d’utiles indications, d’encourageântes espérances pour cette grande œuvre de civilisation africaine à laquelle il s’est dévoué et qui a pour elle les sympathies de tous ceux qui admirent les grands désintéressements, ’les grandes pensées, les grandes choses {Bravos).
- Puis vinrent les jurys et là encore, les colonies n’ont pas eu à se plaindre :
- 3o diplômes d’honneur,
- 108 médailles d’or,
- 182 médailles d’argent, ig5 médailles de bronze,
- 212 mentions honorables, en tout 708 récompenses ! — Voilà ce que nos colonies ont remporté à l’Exposition d’Anvers.
- Sans doute, elles ont le sentiment de la bienveillance dont elles furent alors l’objet, et l’éminent et honorable M. Lynen voudra bien me permettre de profiter de sa présence pour exprimer toute la gratitude des exposants, au commissariat général, au comité exécutif et aux jurys qui se sont départis, en notre faveur et d’une façon si libérale, de la rigueur première des règlements. Mais nous savions très bien que l’artisan de tous ces succès, c’était notre commissaire.
- Oui, monsieur, nous voulons vous reporter tout l’honneur de ce qui a été fait ; nous avons éprouvé les heureux effets de toutes vos démarches, de votre forte volonté. Vous avez été le .serviteur dévoué de tous, de celui qui était près comme de celui qui était loin ; grâce à vous, personne n’a été négligé, chacun a eu sa place et chacun a été mis dans la lumière qui lui convenait.
- Gomme si ce n’était pas assez, dans une publication considérable, vous réunissiez tous les documents qui sont, aujourd’hui, les assises obligées de l’histoire administrative et économique de nos colonies.
- Si je rappelle tout cela, c’est pour vous dire, monsieur, quel sentiment profond nous font éprouver tant de.services rendus et c’est pour cela que nous vous avons convié à ce banquet.
- Il y a quelque temps, dans une autre réunion assez semblable à celle-ci, vous parliez de votre désir d’avoir des relations commerciales, parce que, disiez-vous, je cite vos paroles: Nous trouvons chez les «hommes pratiques et expérimentés en affaires des indications et quelquefois une direction utiles.
- Je puis dire que vous ayez ici ce que vous cherchez. Je ne vois ici que des hommes disposés à
- répondre aux vues que vous exposiez si bien, à vous donner tous les concours que vous réclamerez ; je n’y vois aussi — je pense, messieurs, pouvoir le dire en votre nom — que des amis.
- Nous avons voulu, Monsieur, qu’il restât des services que vous avez rendus, de l’hommage que nous vous offrons ce soir, un souvenir non pas plus durable que celui que nous en garderons nous-mêmes, mais plus visible et que vous puissiez avoir toujours sous les yeux, pour votre famille, pour vos parents, pour vos amis. Nous avons alors fait graver sur le socle d’une modeste statuette l’hommage de la reconnaissance que nous ont inspiré les services que vous avez rendus aux colonies et à leurs exposants.
- Cette statuette est cachée sous ce massif de verdure que je prie d’enlever.
- Les exposants et les jurés de l’Exposition coloniale d’Anvers vous prient, Monsieur, d’en accepter l’hommage. C’est l’œuvre de cette nouvelle et entreprenante école qui ne redoute pas d’aborder le difficile problème de sculpter le mouvement et de faire palpiter des chairs de marbre et de bronze.
- C’est aussi l’image de la Fortune...., la Fortune, cette déesse capricieuse et inconstante entre toutes ; elle se fait un jeu de se montrer et de fuir; elle se plait à décevoir ; elle aime à tromper les espérances quelle fait naître, mais vous saurez la fixer, Monsieur, vous vous la rendrez constante dans tout le cours d’une carrière que noùs vous souhaitons longue et brillante; j’en ai pour garants, non seulement les vœux que nous formons pour vous, les vœux que forment tous ceux qui vous connaissent, vous apprécient, mais aussi ces qualités maîtresses qui, jeune, vous ont fait arriver à l’un des plus hauts rangs de la hiérarchie administrative. Votrj âpre ardeur au travail, votre profond dévouemnet à tous les intérêts qui vous sont confiés, la justesse et la rapidité de votre jugement, et surtout cette volonté forte de faire réussir tout ce que vous entreprenez.
- Messieurs, à la santé de M. Albert Grodet.
- TOAST DE IW. DE LA PORTE
- Vous ne devez point me remercier, Messieurs, d’avoir accepté votre gracieuse, votre cordiale invitation ; vous n’attendez point de moi, du reste, que, dans un banquet d’amis, dans une fête de famille, je vienne prononcer un discours. Je vous dirai tout simplement, sans apprêt, combien je suis heureux de me trouver au milieu de vous, de saluer en même temps que les exposants d’Anvers, ceux qui leur ont offert une si cordiale et si charmante hospitalité.
- C’est enfin une bonne fortune — permettez-moi de le dire, Te fait est assez rare — que de pouvoir constater que les efforts d’une administration ont été appréciés universellement et qu’ils ont recueilli cette unanimité sympathique dont M. Fleury se faisait tout à l’heure l’éloquent interprète.
- Cela me prouve, Messieurs, que, pour celui qui a bien agi —et je n’ai pas besoin de rappeler, après vous les mérites de celui que' nous fêtons ici — la récompense vient d’elle-même et qu’il y aurait une véritable injustice à se défier des manifestations spontanées de l’opinion publique qui viennent tout droit, partant du cœur, à celui qui les a méritées.
- J’ai eu le regret, Messieurs, de ne pas préparer moi-même cette Exposition ; elle a été l’œuvre de mon prédécesseur et je ne m’en sens que mieux à mon aise pour rendre justice à tous et faire l’éloge de ceux qui l’ont mérité.
- C’était d’abord une chose délicate et difficile, peut-être, que d’amener les colonies françaises à avoir confiance en elles-mêmes et à se produire devant le tribunal de l’opinion publique qui allait si bien les apprécier, à affronter les concours internationaux où elles n’avaient fait juspue-là que des apparitions insuffisantes et imparfaites, je me permets de le dire.
- A Anvers, toutes les difficultés ont été résolues parce que l’administration a fait appel à toutes les initiatives individuelles; parce que M. Félix Faure, mon éminent prédécesseur et ami, qui me permettra de lui rendre ici hommage, ainsi qu’à M. Albert Grodet, mon collaborateur et ami, parce que l’administration d’alors a compris son véritable rôle ; elle a compris que nos colonies s’ignoraient encore elles-mêmes, ne connaissaient pas toutes les richesses qu’elles recèlent ; on leur a ainsi donné une confiance qu’elles ne semblaient pas avoir et qui leur permettra un jour, sans y être sollicitées, et avec le souvenir des victoires passées, d’affronter les luttes et de remporter les succès de l’avenir.
- Oui, Messieurs, c’est là véritablement — et je suis heureux de me rencontrer ici avec M. Fleury — une œuvre essentielle à accomplir : il faut faire connaître les colonies ; quand elles seront connues, elles seront appréciées, — je ne parle pas seulement des colonies nouvelles qui nous ont, naturellement, plus coûté qu’elles ne nous ont encore rapporté, je parle des anciennes, de celles qui ont, si longtemps, fait preuve de patience, je parle de toutes celles qui sont le passé et celles qui sont l’avenir (Bravos.)
- Il faut que l’on sache bien que la France consi-
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- Deuxième Année. — N° 63.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- dère ses colonies, non comme des iilles, mais comme des' sœurs. Il faut que Fort sache bien qu’a-près tout, entre les colonies et la mère-patrie, il n’y a plus aucune espèce de différence, .que tout-citoyen Français qui vient apporter le travail dans ses possessions ou qui le maintient sur son territoire, peut compter, non seulement sur l’appui de la force matérielle, — ce ne serait pas suffisant, — mais sur celui de ,la force morale, sur celui de nos sympathies, sur celui de l’opinion publique qui, depuis quelques années, manifeste, d’une façon si irrésistible, son sentiment en faveur des entrepri- • ses coloniales. Ce sentiment, il faut l’encourager, non vers des entreprises téméraires, mais vers l’utilisation féconde de notre domaine colonial.
- C’est pour cela qu’ayant annonce que je ne ferais pas un discours, je me bornerai à vous donner l’assurance que vous trouverez toujours l’administration coloniale dans les dispositions que je viens d’indiquer et qui sont inspirées par un sentiment réel, je le crois, de la situation actuelle, de ce que le pays attend de nous, des devoirs que nous avons à remplir et auxquels nous ne sommes pas disposés à faillir.
- Nous ne devons pas oublier que, depuis quinze ans, les colonies ont été intimement associées à notre histoire politique, — j’aurais particulièrement mauvaise grâce à ne pas m’en souvenir devant le vénérable M. Schœlcher, car personne, parmi nous, n’a oublié ses efforts pour faire pénétrer la liberté dans les milieux où elle était le plus inconnue.
- Avant de céder la parole à M. Grodet, qui va vous dire quels sentiments a fait naître en lui ces démonstrations de votre sympathie et de votre reconnaissance, permettez-moi de vous dire que j’ai été, tout à l’heure, aussi heureux qu’émerveillé de voir le chef-d'œuvre artistique que vous lui avez offert.
- Cette déesse inconstante, ainsi que vous l’avez si bien qualifiée, monsieur Fleury, me paraît cependant s’être, cette fois, fixée au bon endroit... juste en face de celui qu’elle devait récompenser et que, je l’espère, elle récompensera toujours
- Nous me permettrez encore, Messieurs, de porter, en terminant, un toast qui réunira toutes les sympathies : A la santé de nos représentants des colonies, à la santé de leurs exposants qui sont ici, à la santé de nos amis qui ont bien voulu venir de Belgique pour passer cette soirée au milieu de nous. A la santé de M. le président de la République.
- TOAST DE M. ALBERT GRODET
- Messieurs, je ne prends point la parole sans ressentir une émotion que vous concevrez certainement. Je crains que l’expression de ma pensée ne soit pas à la hauteur de ma reconnaissance.
- Les marques de bienveillance, j’oserai presque dire les honneurs qui me sont prodigués ce soir, constituent pour un fonctionnaire la récompense la plus flatteuse, la récompense la plus haute qu’il puisse désirer.
- Dans l’accomplissement de nos devoirs professionnels, recevoir un témoignage de satisfaction de nos chefs est tout d’abord le résultat que nous nous efforçons d’obtenir.. A ce point de vue, en regardant autour de moi, je puis dire que le com-missaire de l’Exposition coloniale française d’An- : vers a atteint ce premier but, car, au banquet qu’on a bien voulu lui offrir, il a l’honneur d’être assis entre le sous-secrétaire d’État, M. Félix Faure, qui lui a confié le commissariat de l’Exposition d’Anvers, et le sous-secrétaire d’Etat dont il est aujourd’hui l’un des collaborateurs immédiats. Permettez-moi de vous remercier, Monsieur de la Porte, d’avoir accepté la présidence de ce banquet et d’avoir ainsi donné à votre collaborateur un témoignage de bienveillante sympathie qu’il s’efforcera de continuer à mériter par ses services.
- Nous travaillons également au cours de nos fonctions avec la ferme volonté d’arriver à un résultat tel que ceux dont les intérêts nous sont confiés disent : « Ce fonctionnaire a de nos intérêts le souci qui convient. 11 a rempli son devoir comme nous pouvions légitimement le désirer. »
- A ce point de vue encore, je crois que le commissaire de l’Exposition coloniale française d’Anvers et ses collaborateurs ont pleinement réussi. C’est pourquoi, Messieurs les exposants, Messieurs les adhérents à ce banquet, au nom de ceux qui m’ont aidé dans la réalisation de ma tâche et en mon nom personnel, je prends acte et je vous remercie du fond de mon cœur des paroles que votre délé-, gué, M. Fleury, nous a adressées tout à l’heure.
- Messieurs, la satisfaction intime que nous ressentons est doublée par les circonstances' mêmes où elle naît. Partout où je porte les yeux ici, je ne vois que des visages bienveillants ou amis. C’est avec un très vif plaisir que nous avons appris que M. de Waël, bourgmestre d’Anvers; que M. Lynen, le président du comité exécutif de l’Exposition belge ; que M. le conseiller^ provincial baron Geelhand n’avaient pas hésité à venir de cette grande cité pour assister à notre banquet. Un autre plus autorisé boira à leur santé; quant à moi, je les assure de mon affectueuse reconnaissance.
- M. Félix Faure, vous à qui je dois ma carrière-" rapide, M. le-sénateur Schœlcher, cher et vénéré maître, je vous remercie également d’être venus ;
- vous aussi MM. Milhet Fontarabie, Lavalley, Faisant, de,Lanessan,- Sarlat, Blancsubé ; vous aussi, mon cher Monsieur Muzet, vous le président réélu -de l’Union des Chambres, syndicales de Paris; vous aussi, M. Lamiral Thomasset et M. le baron de Cambourg, mes chers président et collègue de la Société des études coloniales et maritimes ; vous aussi MM. Moncelon et Louis Henrique, mes collègues du conseil supérieur des colonies ; vous aussi, mes chers anciens confrères, MM. Chaulieu, Gervais et Weyl.
- Je ne vous oublie pas, comme vous pourriez le croire, mon cher président, Monsieur le sénateur J. Hébrard. Cette belle.fête n’est-elle point la vôtre? N’est-elle point celle du comité exécutif de l’Exposition coloniale française et de son président? Quel excellent souvenir ont laissé chez chacun de nous ces. réunions hebdomadaires où l’on dépouillait ensemble la correspondance, où l’on s’exposait mutuellement ses idées, où chacun rendait compte des démarches qu’il avait effectuées. Et le lendemain, j’indiquais à M. Félix Faure, plus tard à M. Rousseau, ce que nous avions fait la veille ; les résolutions nécessaires étaient alors prises immédiatement par eux et exécutées aussitôt que prises. C’est cette collaboration continue, affectueuse, intime de l’administration avec le comité exécutif qui a été, mon cher sénateur, l’une des causes principales de notre incontestable succès ; c’est pourquoi j’émettrai sans hésitation le vœu qu’il nous soit donné encore de travailler ainsi en commun. Ni les colonies françaises, ni le public ne s’en plaindront, j’en suis sûr.
- 11 y a, Messieurs, une chose que je dois dire, maintenant, au cas où j’aurais été livré, à mes seules forces, je n’aurais pu, à la fois, diriger à Paris.un service qui ne manque pas d’être lourd et mener à bien dans tous ses détails une œuvre aussi compliquée qu’une exposition se tenant hors de France. En dehors de vous, l’on ne s’imagine pas ce que c’est qu’une exposition coloniale ; si toutes les difficultés ont été vaincues, et vaincues comme le démontrent les chiffres qu’a cités M. Fleury, nous devons ce brillant résultat à mes collaborateurs.
- A M. de Nozeille, commissaire adjoint, qui est un installateur de premier ordre et qui a été le défenseur habile de nos produits coloniaux ;
- A M. le commissaire adjoint des Tournelles, préposé à l’Exposition annexe et qui a organisé, au milieu de grandes difficultés, la section scolaire, la section géographique, la section des travaux publics, cette dernière dotée par lui d’un catalogue détaillé, qui lui a valu la reconnaissance des exposants et les plus vives félicitations du jury de la classe 61;
- AM. Maréchal, architecte de Cochinchine, le constructeur du pavillon cambodgien ;
- A M. Bilbaut, conservateur adjoint de l’Exposition permanente du palais de l’Industrie, qui nous faisait les envois de Paris ;
- A M. J.-Lî Deloncle, secrétaire de notre comité exécutif, mon collaborateur de tous les jours ;
- A MM. Noirot et Huyvenaar, attachés au commissariat, qui, eux aussi, ont été pour moi de précieux auxiliaires.
- Messieurs, je vous convie à boire à la santé de mes collaborateurs du commissariat.
- Dans ma pensée, Messieurs, ce mot de collaborateurs ne s’applique pas seulement aux fonction-nair'es du commissariat. Il doit être pris dans une acception plus large et s’étendre aux grands commerçants et aux grands industriels qui ont bien voulu accepter les fonctions de juré au titre colonial. Je puis dire que le jury colonial, par sa composition et par sa compétence, ne le cédait en rien au jury métropolitain ni aux jurys . étrangers. J’adresse mes affectueux hommages. à- ceux de ses membres, mes collègues qui sont ici présents. De ces hommages, je demanderai à M. Arthur Raffalovich, membre du jury pour la Russie, et à Monsieur le baron Geelhand, juré belge, de vouloir bien prendre leur part. Nous siégons dans les mêmes classes et ils ont été favorables aux intérêts français à l’égal des jurés français eux-mêmes.
- Et vous,. Messieurs les exposants, en chacun desquels je salue et je remercie l’un des. organisateurs de ce banquet, n’avez-vous pas été aussi les collaborateurs de l’administration des Colonies? Je dirai plus : chacun de vous ne peut-il pas, à juste titre, se considérer dans sa sphère comme Yartifex de l’Exposition coloniale d’Anvers ? Ne nous avez-vous pas apporté, et ici je m’adresse principalement aux exposants de la section des travaux publics, ne nous avez-vous pas apporté ce lustre, cette nouveauté qui a donné .à notre exposition ce cachet particulier qui a été si remarqué. Prévenus à la dernière heure, vous avez répondu tout de suite à notre appel, et notre section des travaux publics a excité l’admiration du jury qui a eu à l’apprécier et des nombreux visiteurs qui se sont pressés pour l’étudier. On a pu voir à Anvers que le génie civil français, que représente ici éminemment M. Hersent, savait trouver dans les colonies de la République l’emploi de son activité, -de sa science et de sa puissance productive.
- Aussi, Messieurs, je suis vraiment confus. C’est en mon honneur, à moi, trop heureux d avoir eu
- Dimanche 14 Mars 1886. — 83.
- votre concours, que vous organisez un banquet, c’est à moi que vous offrez cet objet d’art qui représente ce que je souhaite à chacun de vous dans ses entreprises.... la Fortune, c’est-à-dire, au sens latin, la réussite, le succès.
- Merci, Messieurs," d’avoir reconnu d’une manière aussi spontanée, aussi éclatante, les quelques services que j’ai pu rendre à l’Exposition d’Anvers. Merci, Messieurs Fleury, Lelubez et Rueff qui avez accepté la mission absorbante et délicate d’organiser cette belle fête. Je sais miepx que tout autre quel labeur vous avez eu. Mais, vous pouvez être heureux du résultat obtenu. Merci à vous particulièrement, mon cher Monsieur Fleury, à vous que vos qualités personnelles, qualités de cœur et d’intelligence., ont désigné au choix de vos honorables collègues pour être leur représentant officiel. Vous avez été l’un de nos plus utiles et de nos plus dévoués collaborateurs du jury : aussi c’est avec une joie sincère que nous vous avons vu décerner par la classe 61, comme ingénieur de cette grande œuvre qu’on appelle le port de la Réunion, la plus haute récompense qui peut être attribuée aux collaborateurs des exposants. Votre valeur n’a d’égale que votre modestie. Laissez-moi me féliciter publiquement d’avoir acquis l’amitié du juré colonial de la classe 09.
- Messieurs, que ceux qui, parmi les invités à ce banquet, ont bien voulu accepter principalement par amitié pour moi l’invitation qu’ils ont reçue, me donnent une nouvelle marque de leurs sentiments en portant un toast avec moi.
- Je bois à la santé des adhérents à ce banquet et de leurs trois délégués, MM. Fleury, Lelubez et Rueff.
- Permettez-moi, Messieurs, de garder encore la parole un instant. Il est un homme qui, pendant tout le temps que l’Exposition d’Anvers a été ouverte, m’a aidé de ses conseils et de son autorité, qui relevait mon esprit quand j’éprouvais quelque accès de découragement,qui. m’a toujours soutenu dans certains moments difficiles que j’ai eu à traverser... Il s’agit, vous l’avez deviné, de M. Armand Rousseau. Non, je ne saurais passer son nom sous silence alors que je lui dois mon tribut de reconnaissance. Que ses neveux, MM. Fleury et Lecous-tellier, veuillent bien transmettre pour lui, à sa famille, l’hommage de ma profonde et respectueuse gratitude.
- TOAST DE M. FÉLIX FAURÉ
- DÉPUTÉ, ANCIEN SOUS-SECRÉTAIRE d’ÉTAT, PRÉSIDENT DU COMITÉ D’ORGANISATION.
- Messieurs, permettez-moi, en prenant la parole, de m’adresser directement à l’un de mes vieux amis, M. Lynen. Il y a deux ans et. demi, à peu . près, M. ..Lynen arrivait à Paris où il n’était certainement pas un inconnu. Tous les Français qui ont habité la Belgique, et surtout les Français malheureux, ont trouvé en M. Lynen, non pas une hospitalité banale, mais une main et un cœur ouverts. Il venait à Paris, où il me disait : « Nous avons conçu un singulier projet : celui de faire une exposition internationale à Anvers ! Il y aura des ennuis, des difficultés, mais nous les surmonterons, surtout si la France veut y participer. » Je dois vous dire que je suis un vieil ami d’Anvers. Que de fois j’y suis allé, non pas comme homme politique, mais comme homme d’affaires, comme employé! que de jours J ai passes sur les quais d’Anvers. Je ne dis pas que de nuits, car, à cette époque, il y a vingt-cinq ans, les quais d’Anvers n’étaient pas ceux que M. Hersent a construits depuis.
- En ma qualité de Français-Anversois, j’avais donc l’honneur d’être le confident des ennuis de Lynen. Est-ce que tout le monde n’en a. pas, d’ennuis ? Il me parlait des difficultés qui entravaient certaines de ses conceptions. Il me faisait part de sa certitude de voir la France figurer à l’Exposition d’Anvers. Mais son grand désir était d’y voir participer les colonies françaises. Elles étaient bien allées à Amsterdam! ! Mais pour Anvers, il fallait faire mieux. Alors l’administration centrale a lancé sur tous les points du globe l’expression du désir de Lynen, et aussitôt, partout où flotte notre drapeau, on s’est mis au travail.
- On parlait tout à l’heure des collaborateurs de l’administration centrale; certainement ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient donner, rien ne leur a coûté, jé leur en rends ici ce légitime hommage ; mais il ne faut pas oublier nos collaborateurs des colonies, ceux-là aussi -se sont mis à l’œuvre, ceux-là aussi : fonctionnaires, employés, membres des chambres de commerce, tous, en un mot, ont voulu contribuer à l’œuvre commune. Pourquoi, Messieurs ? Parce que c’était une grande manifestation française, et que les colonies ne se désintéressent jamais de tout ce qui peut contribuer à la grandeur nationale; ensuite parce que, dans la France coloniale comme dans la France métropolitaine,' on aime beaucoup la Belgique, qui a vécu de nos joies et de nos peines, et qui nous est unie par tant de liens. Et voilà comment l’Exposition internationale d’Anvers a été créée. L’organisation a duré deux ans. Eh oui, parbleu ! toutes ces choses ne s’organisent pas du jour au
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- Dimanche 14 Mars 1886
- 84 et 85. — Deuxième Année. — N° 63.
- m
- LE
- moniteur déposition de 1889.
- EXPOSITION DE 1844
- 8H0NZES et
- ORFEVRERIE
- LA PAIX ET LA JUSTICE
- r''- , jiVi .r- . - -< .-IJ. 7'
- PENDULE EN BRONZE DORE PAR BOYER
- STATUE ÉQUESTRE DE JEAN DEÊ)ULOGNE, PAR ECK-DURAND
- BOUCLIER EN FER ET EN OR DE FROMENT-MEURICE
- CALICE EN OR EXECUTE POUR LE PAPE COUPE EN ARGENT
- par FROMENT-MEURICE
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- Deuxième Année. — N° 63.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 14 Mars 18S6.
- 86. —
- lendemain ! Il a fallu une grande persévérance, et cette persévérance on doit la proclamer, parce que cette déesse dont on vous parlait tout à l’heure, la Fortune — on pourrait l’appeler la Politique ; si elle avait un bandeau sur les yeux ! — cette déesse, qu’on appelle la Fortune, est fille de persévérance. Nous contribuons tous ici successivement— à l’œuvre commune, et nous avons la prétention, lorsque nous avons apporté notre pierre à l’édifice, d’avoir fait notre devoir. Et vous voyez qu’il n’y a pas entre nous de rivalité de la veille ou du lendemain, tous nous disons : « Travaillons pour la France ! » Oui il y a un lien entre tous les sous-secrétaires d’Etat dont on vous a parlé et qui ont nom Félix Faure, Rousseau, de la Porte, et ce lien, je l’ai dit, c’est famour de la France et de la République. C’est grâce à la persévérance, grâce à l’amour de la France que la participation française à Anvers conçue en 1883, s’est terminée en i885, avec le succès qu’on constate.
- Nous avons été heureux de faire figurer dans le pavillon cambodgien tous les produits de notre France coloniale, grâce encore à la persévérance du vieux camarade qui est en face de moi, et dont la bonne volonté a été quelquefois contrariée. On lui a fait bien des observations, je ne veux pas.dire que, dans le cours même de l’Exposition, il ait rencontré de grosses difficultés : serait-ce possible avec cette bonne figure, avec ce bon sourire, qui vous disait : « Mais tout va bien ! c’est superbe ! les actions montent, tout le monde est content à Anvers! b. Et alors, ces bons Anversois rassurés nous accueillaient si bien en nous disant : « Messieurs les Français, vous êtes chez vous », que nous aurions volontiers ouvert les bras pour embrasser ces bons amis. Et cette persévérance que je notais tout à l’heure, est une des vertus essentielles des hommes qui veulent créer des expositions, et, par conséquent, mon cher Lynen, je vous demande la permission de signaler, dans le toast que je vais porter, cette qualité maîtresse chez vous, d’y joindre le bon sens, le patriotisme, en un mot toutes ces qualités flamandes que vous possédez! Et vous, monsieur le bourgmestre, je ne vous oublie point. Je sais la part que vous avez prise, non pas seulement à l’Exposition, maïs surtout à la création de cette merveilleuse ville d’Anvers, une des plus- belles cités maritimes qui existent. Je sais ce qu’était Anvers en 1862, je sais ce qu’il est en 18S6; je sais que, pendant que Londres développait son commerce maritime dans la proportion de 135 p. 100, que Liverpool développait le sien dans la proportion de iy5 p. 100, Anvers développait le sien dans la proportion de 365 p. 100. Ah ! nous y applaudissons parce que, comme je le disais tout à l’heure, nous aimons cette ville; et puis, laissez'-moi vous le dire bien sincèrement, n’est-ce pas? — nous parlons ici entre amis — nous sommes bien contents de voir prospérer Anvers, parce que cette ville, que vous avez si bien administrée, ce n’est pas seulement la ville maritime du Nord, mais c’est aussi la ville des arts, la ville de l’hospitalité et de l’amitié.
- Nous savons combien vous et vos familles vous avez bien accueilli les Français, et tous ceux qui ont participé à l’Exposition d’Anvers se joindront à moi quand je porterai un toast à votre santé, et, en même temps, à la santé de vos familles, de vos femmes et de vos charmants enfants. J’y joins celle de vos compatriotes et de vos concitoyens.-
- Messieurs, je bois à la Belgique et à la ville d’Anvers.
- TOAST DE M. DE WAEL
- Bourgmestre d’Anvers
- Messieurs, lorsque j’ai reçu l’invitation que vous avez bien voulu m’adresser, et qui m’a permis d’assister à cette affectueuse, à cette cordiale, mais, en même temps, à cette splendide réunion, j’ai cru qu’il s’agissait de reconnaître exclusivement, uniquement les services signalés rendus à l’Exposition universelle d’Anvers par l’honorable M. Gro-det. Heureux de m’associer à cette manifestation si bien méritée, je me suis empressé d’accourir jusqu’ici, pour applaudir avec vous tous ses amis, aux services qu’il a rendus. Mais, maintenant, je vois que vous avez distrait une partie des honneurs qui revenaient au héros de cette fête pour les faire rejaillir sur nous, et je m’en trouve réellement confus. Mais, puisque votre décision est telle, il nous reste, à mes amis et à moi, à nous incliner, et à vous prier d’accepter l’expression de notre profonde gratitude.
- Nous avons, Messieurs, à différentes reprises, mon excellent ami Lynen et moi, eu Loccasion de reconnaître les services immenses rendus à l’Exposition d’Anvers par la France, ce grand pays qui se trouve et qui se trouvera toujours, comme on vient de le dire à la tête de la civilisation. Il a donné à notre petite patrie une preuve de svmpa-thie et d’amitié en imprimant à notre Exposition un relief qui a été un véritable succès. A différentes reprises, Messieurs, nous avons eu l’occasion de le remercier. Aujourd’hui que je me trouve en présence d’hommes d’élite par le* cœur et l’intelligence, je manquerais à mon devoir si je n’exprimais encore les sentiments de reconnaissance que cette attitude a éveillés en nous.
- J’en arrive maintenant, Messieurs, à cette expo-
- sition toute spéciale des colonies françaises. Nous avons, grâce à la généreuse initiative et à la bienveillance du gouvernement républicain, créé un spécimen unique, beau, splendide, de ces colonies au milieu de notre grande ville flamande, au milieu de notre métropole commerciale ; le pavillon cambodgien nous reste, Messieurs, et j’ai hâte d’ajouter que le temps qui me restera à servir les intérêts de ma ville natale, j’entourerai le souvenir de cette petite France d’un soin jaloux, et j’y verrai toujours — ou plutôt nous y verrons, car je n’hésite pas à dire que je m’exprime en ce moment, au nom de tous mes concitoyens — un gage de cette sympathie, de cette amitié que nous portons à ce grand pays. Oui, laissez-moi vous le dire, je retrouve l’esprit du toast que je veux porter dans les quelques paroles que prononçait tout à l’heure l’honorable M. Félix Faure; qu’il me permette de les exprimer à nouveau pour témoigner des sentiments qui partent du cœur. Il disait « La France aime la Belgique. » Eh bien, Messieurs, je le dis bien haut : « La Belgique aime la France ! (Bravos et double salve d’applaudissements.)
- C’est dans cette affection, dans cet amour réciproque que je trouve les termes mêmes à donner à mon toast. Je bois à l’amitié, à l’union des deux pays ; je bois aux rapports affectueux, commerciaux et industriels qui doivent toujours exister entre la grande France et la petite Belgique, parce qu’il doit toujours en résulter quelque chose de grand et d’heureux. Les grands ont le devoir de protéger les petits.
- Je bois à la sympathie, à l’affection, à l’amitié des deux pays.
- EXPOSITION
- DE
- LA NOUVELLE - ORLÉANS
- ( 3?ar Dopêolïe )
- « L’ouverture de la section française à l’Exposition a eu lieu en présence de M. l’amiral Lacombe et des états-majors de la Flore et du Talisman.
- « Le corps de musique de la division de l’amiral, composé d’une cinquantaine d’artistes, s’est fait entendre à cette occasion.
- « La cérémonie a été imposante ; recevrez prochainement les détails.
- « M.Farjas a terminé toutes les installations.
- « La section française est une des plus brillantes de l’Exposition ; elle renferme des objets d’une grande beauté. Quatre ministères français y figurent. » ,
- ÉCHOS
- Paris
- Le Conseil municipal a décidé le lundi 1er mars, que l’exposition d’hvgiène et de médecine pratique organisée par la Société de médecine publique, aurait lieu à la caserne Lobau.
- Il a déjà été question, dans notre dernier numéro , de cette exposition, autorisée le 26 février.
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- H"
- L’assemblée générale de l’Union centrale des Arts décoratifs a eu lieu au siège de la Société, 3, place des Vosges. Cette assemblée générale, convoquée à titre extraordinaire, avait à se prononcer :
- 1° Sur l’abandon ou le maintien de la convention du 7 février 1885, qui attribuait à l’Union centrale des Arts décoratifs l’immeuble domanial de la cour des comptes pour l’installation du musée prévu par l’arrêté de 1882, autorisant la loterie des Arts décoratifs ; 2° en cas d’abandon de la cour des comptes, sur le choix d’un autre emplacement.
- Par 133 voix contre 87, l’assemblée s’est prononcée contre la cour des comptes et à l’unanimité elle a donné mandat au conseil d’administration de la Société de lui présenter, à la réunion ordinaire du mois d’avril, un projet unique de construction du musée projeté, sur un terrain autre que celui de la cour des comptes.
- Dans l’exposé qui a précédé la discussion, le président de l’Union centrale, M. Antonin Proust, a insisté sur un seul point : la nécessité d’agir et de doter enfin Paris d’une institution que ses industries réclament depuis si longtemps.
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- D épartements
- La Société des amis des arts de Reims informe les artistes et les amateurs qu’elle organisera, en 1886, son exposition. L’ouverture aura lieu le samedi 2 octobre et la clôture le lundi 15 novembre.
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- Une exposition des beaux-arts et des produits de l’industrie de la France et dés Colonies, placée sous le patronage de la ville de Cherbourg, aura
- lieu en 1886 dans les bâtiments de la ville (Halle au blé) .et place Divette elle ouvrira le 11 juillet et se terminera le 15 août au soir.
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- Le carnaval de Nice a été, cette année, plein de splendeur et d’animation.
- Grâce à un temps favorable, grâce à une affluence de visiteurs absolument extraordinaire, il signor carnaval a passé des jours heureux et fait la joie de tous les amis du plaisir. Jeudi, le premier jour, la promenade des Anglais a été le théâtre d’une bataille de fleurs des plus animées et des plus réussies. Plus de huit cents voitures y ont pris part. Mail-coacks, victorias, landaus, charrettes anglaises et breaks ont rivalisé de luxe et d’élégance ; c’était vraiment un coup d’œil Ibérique de voir défiler toutes ces voitures garnies de fleurs et de rubans aux mille couleurs.
- Le soir le premier veglione (bal masqué) de la saison avait ramené tout le monde au théâtre municipal. Tout a concouru à l’éclat de ce premier bal : foule énorme, entrain et gaîté sans pareils, costumes ravissants et d’une très grande richesse. Les loges splendidement garnies de (leurs et de jolies femmes, ont fait l’admiration de tous. Dans ia salle mille intrigues se nouent et se dénouent et vers deux heures du matin, aux accords d’un excellent orchestre, arlequins et pierrots , dominos et bergères, plus de cent couple^ dansaient avec fatia dans la salle, offrant aux curieux un spectacle des plus pittoresques.
- Des bannières ont été données aux travestissements les plus coquets ; la première à un charmant domino Wateau, la seconde à deux dames portant deux ravissants costumes do velours rose, garnis de dentelles blanches et enfin, la troisième à la comtesse de Montbrial, charmante en manoloù espagnole.
- La série des fêtes a continué. Dimanche grand corso carnavalesque et seconde bataille de fleurs. Enfin, mardi gras, dernier jour, distribution des bannières du haut de la grande tribune, illumination générale avec jets de lumière électrique et deuxième grand veglione au théâtre municipal.
- Comme 011 le voit, si le ' plaisir était banni du reste de la terre, on le retrouverait à Nice.
- ETRANGER
- Angleterre
- Une conférence a eu lieu il y a quelques jours entre le lord-maire et les chefs des différentes corporations de la ville de Londres.
- Cette réunion, tenue au Mansion-House, avait traita l’exposition des Indes .et des Colonies, qui doit,011 le sait, avoir lieu prochainement, à South-Kensington. Lecture a été donnée.d’une lettre du prince de Galles. Cette lettre, faisant ressortir les constants rapports qui lient la plupart des corporations aux Colonies et à l’empire des Indes, priait le lord-maire d’user de toute son influence sur ces corporations pour obtenir qu’elles fournissent les capitaux et fonds de garantie nécessaires.
- Le lord-maire a déclaré que les fonds garantis jusqu’ici s’élèvent à la somme de 200,090 livres sterling et que la cité de Londres's’inscrira pour 10.000 livres.
- Le grand maître do la corporation des orfèvres a déclaré que sa Compagnie, garantirait de son côté 1.000 livres. Les autres délégués ont promis d’en référer à leurs corporations respectives.
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- Allemagne
- L’enquête sur l’exposition projetée de 1888 se poursuit en Allemagne. Le Comité de l’Association centrale industrielle de la Silésie vient d’adresser à Berlin son rapport sur cette intéressante question.
- L’Association estime, que l’organisation d’une exposition allemande de l’industrie et des arts industriels s’impose comme une nécessité nationale. Elle croit cependant que vu la crise que traverse actuellement l’industrie allemande dans toutes ses branches ; vu les grandes dépenses qu’imposeraient aux industriels leur participation à cette solennité, il conviendrait d’abandonner la date primitivement fixée (1888) et de retarder l’ouverture de l’exposition jusqu’à ce que la situation économique, l’état général des affaires aient pris une tournure plus favorable.
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- Une importante exposition des Arts et Métiers a été inaugurée à Barmen, le vendredi 12 février. Les collections de l’association centrale artistique et industrielle pour les provinces rhénanes et de la Westphalie, dont le siège est à Düsseldorf, forment la partie la plus intéressante de cette exposition.
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- Le mercredi 24 février dernier, a été inaugurée à Hanovre, dans les salles du Musée, la cinquante-quatrième exposition des Beaux-Arts. Le catalogue donne un total do 675 numéros.
- La sculpture n’est représentée que par quelques envois, et la peinture d’histoire fait défaut. En revanche le paysage et la peinture de genre for-
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- Deuxième Année. — N° 63.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Mars 1886. — 87.
- ment la majorité des œuvres exposées. On'Signale quelques paysages d’un grand intérêt.
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- Autriche-Hongrie
- Un projet, tendant à organiser à Vienne, une exposition nationale des arts et de l’industrie, a été soumis,il va quelques jours, au conseil municipal de la capitale autrichienne. Cette exposition aurait lieu en 1888, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’avènement au trône de l’empereur F ra n c 0 i s-J 0 s e p h.-
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- Le sixième concours d’animaux gras aura lieu à Vienne, au marché aux bestiaux (St-Marx), du 10 au 18 avril.
- Une exposition do machines et instruments d’agriculture aura lieu simultanément.
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- Italie
- On sait qu’il était question depuis quelque temps d’organiser à Venise, une exposition nationale-des beaux-arts. Le comité provisoire, chargé des études préliminaires, vient de terminer ses travaux et de soumettre les plans aux autorités municipales. L’emplacement proposé est le Jardin public. C’est en effet le seul endroit de la ville des lagunes qui, par la situation, l’étendue, la facilité des communications, par terre et par eau, se prête à une entreprise de ce genre.
- Je
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- Russie
- Les conventions conclues par la Russie avec la France, d’une part, avec la Belgique, d’autre part, concernant la protection de la propriété littéraire et artistique, ont été dénoncées, l’une pour le 14 juillet 1886, l’autre pour le 14 janvier 1887.
- Tunisie
- Une Société d’agriculture française a été fondée à Tunis ; elle a décidé de créer un comice agricole qui serait ouvert à toutes les nationalités et à toutes les industries se rattachant à l’agriculture.
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- EXPOSITION DE 1844
- BRONZES ET ORFÈVRERIE
- Nous avons donné, dans notre avant-dernier numéro, quelques gravures représentant les principales machines ayant figuré à l’Exposition de 1844.
- Nous mettons aujourd’hui sous les yeux de nos lecteurs les bronzes et les pièces d’orfèvrerie les plus remarquables de cette Exposition. On trouvera là les noms de quelques artistes dont les successeurs ont continué à maintenir au premier rang la réputation de ces deux arts si français, l’art du fondeur et l’art de l’orfèvre.
- Nous empruntons encore à l’ouvrage publié par M. Challamel, les notices suivantes écrites en 1845.
- Je
- BRONZES
- L’art du fondeur en bronze s’est élevé chez les anciens à la hauteur de la sculpture. La quantité immense de leurs produits dépasse les limites de l’imagination. C’était par milliers que les Romains enlevaient à la Grèce les statues, les vases, et tous les objets en métal auxquels la valeur du travail ajoutait tant de prix. La masse de ces richesses semblerait vraiment fabuleuse, si la découverte de la petite ville de Pompeï n’était venue confirmer l’authenticité de ces récits du passé.
- Il est vrai qu’autrefois le bronze tenait en quelque sorte la place que le fer occupe aujourd’hui ; mais, alors aussi, on portait le sentiment de l’art jusque dans les ustensiles de. l’usage le plus commun; celui qui les faisait était à la fois fondeur et sculpteur, et joignait à la connaissance pratique des procédés matériels le talent et le génie sans lesquels ils ne sont rien.
- L’âge de la barbarie vit disparaître l’art du fondeur en bronze. Les procédés matériels d’exécution se perdirent avec le goût. Mais, à l’époque de la renaissance, l’art du fondeur se releva en Italie. Florence s’en empara et se rendit célèbre par la supériorité avec laquelle elle sut l’exercer. Il suffit de rappeler les noms de quelques-uns de ses grands fondeurs d’art, de Benvenuto Cellini, de Ghiberti, l’auteur de ces admirables portes du baptistère de Florence, que Michel-Ange disait être les portes du paradis.
- Après les fondeurs florentins de cette brillante époque, l’art du fondeur retomba presque dans l’oubli dont ils l’avaient tiré. Les frères Keller seuls lui redonnèrent de l’éclat sous Louis XIV. Chose bizarre ! c’était en 1692 que Balthazar Keller coulait la statue équestre du grand roi, et cinquante
- ans après, en 1743, lorsqu’on voulut fondre la statue équestre de Louis XV, il ne se trouvait plus personne, ni savant, ni industriel, ni ouvrier, qui eût conservé le souvenir de cet art, et qui pût indiquer les règles à suivre dans l’exécution.
- . La révolution fit de nouveau délaisser la fonderie d’art. On ne fondit que des canons. Encouragée sous l’empire, elle ne produisit cependant aucune œuvre de quelque valeur. Les grands ouvrages en bronze, pavés alors à des prix exagérés, sont inférieurs à la fois sous le rapport de l’art et sous le rapport des moyens d’après lesquels ils ont été exécutés. Les petits bronzes du commerce commençaient à paraître, mais en petite quantité, et dénués de ce charme d’élégance, de ce caractère artistique qui les avaient fait si fort rechercher dans les temps anciens et à l’époque de la renaissance. C’était plutôt, qu’on nous permette de le dire, delà quincaillerie que des objets d’art.
- C’est seulement-sous la. Restauration, et surtout dans sa dernière partie, que la fonderie de bronze a pris une véritable activité. Elle s’est développée sous la double influence des besoins croissants du luxe et des progrès du goût des arts. C’est, depuis quinze ans, une industrie considérable. On estime que l’atelier de bronzes de Paris, sans rival dans le monde, fabrique de 25 à 3o millions de produits, dans lesquels les matières premières entrent seulement pour un tiers de la valeur.
- On a présenté beaucoup de critiques sur les produits de l’industrie des bronzes qui figuraient à l’Exposition ; les critiques portaient principalement sur la partie artistique ; pour répondre à ces reproches, un des principaux fabricants de Paris, M. Serrurof, a écrit au président du jury une lettre dans laquelle il cherche à justifier l’industrie des bronzes et dont nous extrayons le passage suivant :
- « Si le jury, usant de ses droits, voulait s’enquérir de l’état de la fabrication des bronzes qui s’adressent à la consommation moyenne, il verrait des fabricants, tels que M. Journeux aîné et M. Leclercq, offrir à la commission des pendules qui, malgré leur infériorité artistique actuelle, sont de vrais chefs-d’œuvre relativement à ce qui se faisait d’analogue il y a cinq ans, et à des prix tellement bas que cela paraît fabuleux.
- « C’est ainsi qu’on est parvenu à étendre la production, en forçant la consommation par la baisse des prix, et c’est là, quoi qu’en disent les partisans exclusifs de l’art, le meilleur moyen d’augmenter la richesse du pays et d’éloigner toute rivalité de la part des étrangers, car l’idée que la perfection seule, sans acception du prix de revient, peut écarter les rivaux, n’est pas vraie. Pour faire un bronze parfait, trois hommes suffiraient : un sculpteur, un ciseleur et un monteur ; j’omets à dessein le fondeur, puisque les deux derniers pourraient, à la rigueur, réparer, Dieu sait à quel prix par exemple, les bévues d’un fondeur inhabile ; mais pour faire à la fois bien et à bon marché, comme il faut réunir à tous les éléments artistiques , c’est-à-dire la verve et le talent de l’artiste, l’habileté de l’ouvrier et le goût du fabricant, tous.les éléments industriels qui concourent à la mise en œuvre, et que ces éléments ne peuvent être que le fruit du temps, de l’expérience et de. l’émulation continuelle entre les 'nombreux sujets artistes ou ouvriers, nous sommes certains, en suivant cette voie, d’être encore longtemps sans rivaux. C’est d’ailleurs ainsi que l’envisageait le jury de i83g, lorsqu’il disait : « Il devient évident « que cette industrie tend à pénétrer dans les force tunes moyennes, et à devenir un objet de con-« sommation ordinaire : c’est là que sont le secret « de sa fortune et la garantie de son avenir. » Et plus loin : « L’art ne doit être qu’un des moyens « actifs de la solution de la première partie du « problème posé : Perfection dans le produit ; mais « il ne faut pas le séparer de l’exécution indus-« trielle. » D’ailleurs', comme le dit toujours ce rapport dont je ne me lasserai pas d’invoquer les termes. « Ces bronzes (bronzes d’art), admis à « l’Exposition des arts, se sont adressés à leur « publient à leurs juges; leur rôle s’est donc ac-« compli en ce sens dans les salles du Louvre, et « se neutralise en partie dans celles de l’Exposi-« tion de l’industrie, où ils viennent chercher un « autre public et d’autres juges. » Il y a plus encore, si les bronzes ne devaient être juges que sous le rapport de l’art, quelle part le fabricant pourrait-il réclamer dans vos récompenses ? L’artiste seul y aurait droit ».
- Cette lettre, qui renferme des observations fort justes, est cependant trop absolue; elle établit entre la partie purement matérielle et la partie artistique une distinction beaucoup trop tranchée ; car il est bien certain que le bronze, quoi qu’on fasse, n’a et ne peut avoir de valeur que comme objet d’art ; ce qui enfait le prix, ce n’est pas la matière, c’est la forme plus ou moins satisfaisante qu’on lui a donnée.
- Nous croyons donc que le vrai progrès-de l’industrie des bronzes consistera à la rendre plus artistique, sans cependant en renchérir les produits. La fabrication actuellement est trop indépendante de l’artiste. Si les Florentins ont fait de si belles choses, c’est qu’ils connaissaient à fond, c’est qu’ils pratiquaient eux-mêmes les procédés d’exécution qui matérialisaient en quelque sorte la
- conception de leur esprit. On connaît l’histoire de Benvenuto Cellini, fondant lui-même sa belle statue de Persée. Sans prétendre qu’on doive en revenir à cette époque où l’artiste était fondeur, nous pensons qu’on peut rendre la fabrication moins indépendante de l’artiste, et perfectionner les procédés matériels, de manière à ce qu’ils reproduisent l’œuvre du sculpteur beaucoup plus exactement, sans le travail complémentaire des ajusteurs et des ciseleurs qui l’altèrent toujours plus ou moins.
- Parmi les fabricants qui s’occupent des bronzes d’art et qui ont exposé, il faut citer d’abord M. Eck-Durand et M. Quesnel.
- L’exposition de M. Eck-Durand se composait du Duquesne, de M. Dantan, qui déjà avait été exposé dans la cour du Louvre ; du Titicare, de M. Grasse; d’un Jean de Boulogne; du bas-relief de la Vierge, par Michel-Ange ; du Pot à bière, de Jannet, et du Coureur, de Cavélier, étude. Ces objets, rendus avec fidélité, font honneur aux travaux de ce fondeur. Mais, à côté de ces objets de grande dimension, M. Eck-Durand reproduit aussi en bronze des animaux moulés sur nature de la plus grande délicatesse. M. Eck-Durand est certainement un des fondeurs qui savent manier le sable avec le plus d'habileté. Il laisse le moins possible à la main du monteur et du ciseleur, et il s’attache à reproduire l’œuvre des artistes avec toute la fidélité dont le moulage au sable est susceptible.
- M. Quesnel mérite également des éloges sincères. C’est un fabricant consciencieux. Il a exposé un groupe, VEducation de l’Amour, par M. Pra-dier, dans lequel on admire surtout les formes gracieuses de Vénus ; Mercure inventant la lyre, de M. Duret, réduit avec beaucoup de bonheur ; deux vases ornés de sculptures représentant le vin et l’eau.
- L’Exposition la plus riche en bronzes d’ornement était celle de M. Denière, qui marche à la tête de cette industrie. M. Denière, secondé par son fils, rallie autour de lui les plus habiles en sculpture et en dessin, MM. Klagmann, Feuchère, Cavélier père et fils, Yon, etc., et dispose d’une élite remarquable d’ouvriers mouleurs, monteurs et ciseleurs. C’est ainsi qu’il a pu acquérir cette réputation légitime dont il est aujourd’hui en possession.
- On remarquait d’abord, parmi les objets qu’il a exposés, ceux qui doivent faire partie du surtout de dessert qui avait été commandé par M. le duc d’Orléans. Ce surtout, à la composition duquel a présidé M. Aimé Chenavard, est certainement le plus bel ouvrage de ce genre qui ait été exécuté dans les temps modernes. Les bronzes d’art qui le décorent sont de notre admirable sculpteur, M. Barye. Le sujet principal est un éléphant monté par les Indiens et attaqué par des tigres. Deux groupes ronds, formant les extrémités du surtout, représentent, l’un des cavaliers tartares chassant des élans, l’autre des cavaliers chassant des. ours. Deux groupes carrés longs sont placés de chaque côté du groupe principal; l’un figure des Africains donnant la chasse à un lion, l’autre des cavaliers’ poursuivant un taureau sauvage. Enfin, aux quatre coins de la pièce principale sont placés quatre petits groupes représentant divers combats d’animaux. Il est impossible de voir une composition plus animée et mieux rendue, spirantia molliùs œra, comme dit Virgile. Nous ne croyons pas que les Florentins et les anciens eux-mêmes aient rien produit de plus beau. Les pièces montées pour dessert, exposées par M. Denière, sont destinées à compléter ce magnifique surtout ; elles ont été modelées par M. Klagmann, cet excellent sculpteur qui réunît toutes les qualités de l’homme de cœur à celles d’un grand artiste. Il y avait en outre, dans l’exposition deM. Denière, la pendule et les candélabres des Sabines ; les deux candélabres du Jour et de la Nuit, or et argent, œuvres d’une originalité sévère et d’un goût hardi; lg pendule représentant les Trois-Ages, d’une bonne sculpture; une petite pendule aux Tritons dont le modèle est très heureux ; un très beau lustre doré aux armes de la ville de Paris ; un petit lustre genre Louis XVI, doré mat, dans lequel les figurines à cassolettes sont ravissantes ; des tables massives, des vases, parmi lesquels un petit vase charmant représente les fables de La Fontaine; divers décors de table et de cheminée, et quelques objets rivalisant avec l’orfèvrerie.
- } M. Boyer, dont la fabrique n’a que quatre années d’existence, s’est distingué dès la première exposition ; il nous a montré une garniture de cheminée, bronze doré et marbre, grande dimension, dont la pendule représente la Justice et la Paix ; un Monument style Renaissance, avec cadran circulaire ; une Annonciation de la Vierge, grande dimension. M. Boyer est lui-même ciseleur et a fait son apprentissage artistique chez un de nos plus célèbres statuaires.
- ORFÈVRERIE
- Parmi ceux qui ont le plus contribué au retour de l’orfèvrerie vers le bon goût, se présente entre les premiers M. Frornent-Meurice, appartenant à une famille^ d’artistes où le talent est héréditaire, artiste lui-même, et artiste sérieux, sachant modeler l’argile et ciseler le métal. Son exhibition nous
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- 88. — Deuxième Année.
- N° 63.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Mars 1886
- montrait une foule de créations d’un goût exquis auxquelles un sentiment raisonné du beau donnait un charme particulier. Voici un bouclier en fer et or, résumant dans quatre médaillons l’histoire du cheval, et destiné à former le milieu d’une panoplie offerte en prix de course. C’est, d’abord, le cheval sauvage, luttant, libre et indompté, contre les hôtes féroces des déserts. Conquis par l’homme, le cheval lui vient en aide dans les combats : voilà le cheval guerrier, écumant d’ardeur, hennissant et s’élançant dans la mêlée furieuse. La civilisation commence, les moeurs s’adoucissent, le cheval assiste beau et gracieux à une chasse du temps de Louis XIII. De nos jours, on veut surtout aller vite, c’est l’époque des courses : le cheval s’élance long, maigre, étriqué, dans l’hippodrome de Chantilly. Dans'la frise de tour, en ciselure repoussée en fer, huit bas-reliefs représentent les diverses applications du cheval, et pour lier tous ces motifs, au centre domine Neptune, le grand dompteur de chevaux. Les quatre grands sujets sont de MM. Rouillard. J. Feucnères, Justin •et Schœnnvert. La composition, l’arrangement et la ciselure de cette œuvre toute poétique sont de M. Froment-Meurice lui-même. A côté de ce bouclier se trouve une coupe charmante en agate orientale, supportée par un cep de vigne, au pied duquel sont trois groupes qui représentent l’ivresse grossière dans Silène, le vin rêveur dans un poète, le vin tendre dans deux jeunes amants, tableau gracieux que complète la raison humaine s’endormant sur l’anse de la coupe. Plus loin sont trois beaux vases exécutés sous la direction de M. Baltard ; l’un, style Renaissance, œuvre de bon goût, dont les figures distinguées font honneur au talent de M. Klagmann. L’autre, style grec, la Guerre et la Charité forment les anses ; le centre est orné d’un magnifique camée malachite sculpté par M. Pradier. Au milieu de ces objets profanes brille le calice exécuté pour le pape. Sur un pied richement émaillé, se tiennent accroupies quatre figures, quatre allégories religieuses ; plus haut, au-dessous du calice proprement dit, sont placées sous des supports renaissance quatre autres figures debout, au-dessus desquels s’épanouit un bouquet de lys dans lequel repose une splendide tulipe qui forme la coupe et la couronne dignement; œuvre remarquable, dont l’exécution et le dessin sont entièrement de M. Froment-Meurice qui a modelé les fleurs, les ornements et les figures, d’après le programme de M. l’abbé Gombalot. Enfin il faut citer encore des ostensoirs style Louis XII, remarquables par les émaux, les ciselures, les pierreries qui les enrichissent ; deux vases à vin, style Louis XV, dont les bas-reliefs représentent les vendanges et le banquet d’Anacréon ; un coffret en fer, style gothique, destiûé à madame la duchesse d’Orléans, et exécuté d’après un modèle venant des ducs de Bourgogne. Nous passons sous silence, une foule d’objets divers, d’épingles et de bracelets, de tabatières, qui retracent autant de petits poèmes.
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- LES LIVRES
- XLIX
- Victor de Laprade, sa vie et ses œuvres, par Edmond Biré. — Un vol. in-18, Paris, Librairie académique Didier Perrin et Cie, libraires-éditeurs.
- Nous avons confessé l’autre jour le goût très vif que nous avions pour les Mémoires, en raison de l’attrait que leur donne ce qu’ils ont de personnel, de confidentiel, du plaisir de curiosité particulier qu’on éprouve à y respirer ce qui reste des parfums de la vie dans la vie desséchée comme dans la fleur. Dans l’histoire d’un homme racontée par lui-même, il y a comme des cendres chaudes, comme des restes de charbon de son existence qu’on ranime d’un souffle d’évocation et qui donnent l’illusion de l’apparition de l’auteur et du héros du récit. On croit le voir, on croit l’entendre.
- L’intérêt que nous inspirent les Mémoires, les biographies bien faites nous l’inspirent presque au même degré. Il y a des hommes qui méritent une histoire et qui, par pudeur farouche, par scrupule de modestie ou d’orgueil, ne sauraient pas la raconter eux-mêmes. Ils ont besoin d’un témoin de leur vie qui en dépose, d’un confident de leurs pensées, de leurs sentiments, de leurs actions qui ait l’oreille du public, sache ce qu’il faut lui dire, ce qu’il faut lui taire, les peigne comme ils ont été et aussi comme ils auraient voulu être, mettant un peu d’idéal jusque dans la ressemblance, fournisse d’eux enfin à la postérité une image posthume qu’ils ne désavoueraient pas et embaume leur mémoire dans un livre plein de fleurs choisies avec un soin à la fois habile et pieux.
- Ces biographies, à la manière anglaise pour l’abondance des détails intimes, des renseignements d’origine et d’influence, et àla façonfrançaise, dont Sainte-Beuve a donné le type et les modèles pour la finesse des observations, la délicatesse des aperçus , la sympathie communicative pour son sujet, la liberté familière, spirituelle, malicieuse, un peu ondoyante comme une causerie, du récit, ne sont pas chez nous aussi nombreuses que nous le voudrions. Nous voudrions que tout homme, qui en vaut la peine, dont la vie a le charme et la
- leçon, trouvât toujours un témoin, un confident, un traducteur (traduttore, non traditore) dignes de lui. Peu d’hommes sont mieux doués pour acclimater et accréditer chez nous ce genre de la biographie littéraire, de l’histoire intime, de la critique morale et éclairée de haut que M. Edmond Biré. Il a écrit une histoire de Victor Hugo, qui a été un événement à sa manière et qui a, tout en rendant justice et hommage à ce qu’il y a de vraiment immortel dans le grand poète, tué dans l’œuf la légende de cette histoire. Il avait auparavant écrit de très spirituels dialogues des vivants et des morts où les morts n’avaient pas perdu leur langue pour dire leur fait aux vivants et où les vivants ne se gênaient pas, au besoin, pour se dévorer entre eux.
- Le sujet qu’il traite aujourd’hui n’a rien de commun avec l’inspiration satirique de ces Dialogues qu’avait justement pris sous sa protection et présenté au public le mordant auteur des Jeudis de Mme Char bonne au, ni avec l’inspiration maligne ou plutôt malicieuse et légèrement ironique qui avait présidé à l’analyse des avatars successifs de Victor Hugo. Il s’agit d'une vie dont le drame fut surtout intérieur, de l’histoire d’un poète qui aurait été salué du nom de grand s’il fut venu à une meilleure heure, avant que toutes les 'grandes places fussent prises, et qu’il ne fut plus possible aux nouveaux venus que d’être les premiers parmi les seconds, d’un poète lyrique, que l’indignation, a, un moment, fait satirique, mais qui demeure malgré tout un lyrique tempéré par l’élégiaque et l’idyllique même, et un moraliste en vers comme en prose. Il s’agit d’une vie pure, domestique, choisie, heureuse, jusqu’à la fin et au-delà même de la fin, puisque Victor de Laprade a eu pour biographe celui qu’il eût désiré, celui qu’il eût désigné, celui qui était le plus capable de faire ressortir comme ils le méritent les traits quelque peu effacés dans la mémoire des contemporains de ce rêveur et de ce penseur dont le rayonnement ne dépassa pas les plans voisins et amis, dont l’influence n’eut rien de décisif, le talent rien de ces traits de hardiesse et de force qui emportent l’admiration parfois au-delà de l’hommage légitime. Laprade, en effet, fut un homme qui valut mieux que sa réputation , que ses œuvres mêmes, mais que certaines langueurs de son originalité , certaines circonstances de sa vie ont condamné aux succès d’estime plus que d’élan, et à la gloire sur fond gris où s’étale sans s’épanouir, sa fière et mélancolique figure. Cette gloire sur fond gris dont nous parlons sans la moindre pensée d’ironie n’est pas sans air et sans rayons. L’auteur d’Eleusis et de Psyché, l’auteur des Poèmes évangéliques et des Idylles héroïques a eu deux veines d’inspiration qui éclairent son front grave d’un double et pur rayon, l’un parti des coteaux de l’Attique, l’autre parti des sommets du Golgotha. Comme poète des souvenirs antiques, comme poète des souvenirs bibliques, il est supérieur à Lamartine lui-même. Mais Lamartine était venu avant lui, et plus à son heure et à son moment, que lui. Laprade a eu l’accent mystique plus profond, le sentiment de la nature plus large et plus émouvant. Pourtant, il lui manque quelque chose comme poète des souvenirs antiques. Il n’a pas vu la Grèce et s’est arrêté en Italie. Comme poète mystique, il a été moins personnel, moins individuel, moins égoïste que le poète des Méditations et des Harmonies. Il a porté la peine de cette noble abnégation. Sa Pernette a été éclipsée par Jocelyn.
- Et pour beaucoup de ses lecteurs, de ses admirateurs mêmes, son orthodoxie morale et religieuse l’ayant toujours écarté des au-delà byroniens et wertheriens et de ces témérités de passion, toujours heureuses auprès du public qui préfère la force qui s’égare à la force qui se contient, il est demeuré classé, au rang d’un Hippolyte Flandrin par rapport à Ingres.
- Le livre de M. Biré rétablit, au profit de la juste appréciation de Laprade et de sa mise à sa vraie place, les dates, les circonstances, les faits qui font que la connaissance de l’homme et du milieu aidant au jugement impartial de l’artiste et de l’œuvre, Laprade ne perd rien à être ainsi étudié et analysé de près. Il y gagne. Il y a des talents _ et des figures qui gagnent à la distance, qui grandissent dans le lointain. Laprade gagne à être connu. Par un contraste dont peu de renommées contemporaines supporteraient impunément l’épreuve, il grandit à être vu de près. Le livre de M. Biré est donc un bon livre dans tous les sens du mot II place sous son vrai jour un poète trop honnête, trop religieux,. trop moral, pour paraître plus qu’il n’est. 11 est plus qu’il ne paraît. Il gagne, chose rare, à être connu. L’admiration pour son talent s’accroît de l’estime que mérite son caractère. Le livre est de plus, très agréable, d’une grande variété d’épisodes, d’une grande verve anecdotique. Le portrait de Laprade et le tableau où il est placé à son plan au milieu des contemporains se font valoir l’un l’autre. Suivant notre habitude de signaler aux lecteurs les passages vraiment neufs d’un livre, ceux où il se plaira le plus, nous leur indiquons surtout, comme offrant un intérêt particulier, les chapitres qui ont trait à la satire des Muses d’Etat et à la destitution de Victor de Laprade, au comte de Chambord et aux
- Lettres d’un prince exilé, à la République de 1848 et à la guerre de 1870.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Palais-Royal. — Bigame, comédie en trois actes, de M. Bilhaud et Albert Barré.
- Théâtre de l’Ambigu. — Martyre, drame en cinq actes, de MM. A. Dennery et Tarbé.
- Théâtre de l’Odéon. — David Tëniers, comédie en un acte et en vers, de MM. Noël et Lucien Pâté. — Le Beau Léandre, ' comédie en un acte et en vers, de MM. Th. de Banville et Siraudin (reprise).
- Le Palais-Royal vient de démontrer que la vieille veine comique de la maison n’était pas tarie comme veulent l’insinuer les pessimistes du théâtre. Il a suffi pour la retrouver de retremper cette gaîté caduque des amuseurs fatigués et vidés aux sources de bonne humeur et de verve que constituent la jeunesse et l’inexpérience. Le Bigame est une pièce véritablement bien drôle. Fernand a jadis fait passer aux yeux de Colardin, sa maîtresse Julia pour sa femme. Par la suite, Fernand s’est séparé de Julia, et a retrouvé Colardin, dont il demande la fille en mariage. Il est obligé de déclarer qu’il est veuf pour couper court à d’embarrassantes explications sur le passé. Mais voilà que Julia reparaît le jour de la noce. Elle a épousé un cousin de Colardin qui ignore complètement quelle existence accidentée avait mené sa femme. Fernand est convaincu de bigamie, vilipendé par la famille Colardin, dénoncé à la justice de son pays. De là., succession de situations baroques et comiques, série d’imbroglios désopilants qui se dénouent par un dernier acte de la plus étourdissante fantaisie.
- La pièce est jouée d’ensemble, l’interprétation très cohérente est d’une haute bouffonnerie. MM. Daubray, Calvin, Raymond, Pellerin, Mmes Mathilde et Dinelli sont bien amusantes. Pour Mlle Berthou elle est toujours la plus délicieuse mariée du Palais-Royal qu’il soit possible d’imaginer.
- Bien que ce ne soit pas un événement littéraire positif, l’apparition d’une nouvelle pièce de M. Dennery n’en provoque pas moins toujours un certain intérêt.
- Le drame qui vient d’être joué à l’Ambigu a remporté un grand succès d’attendrissement auprès d’un public à la fois sceptique et naïf sans le savoir et qui consacre la dose de sensibilité dont il est susceptible à s’apitoyer sur des invraisemblances pour n’avoir pas à se lamenter sur des vérités. Martyre, c’est une jeune femme, qui, pour sauver l’honneur de sa mère, se laisse passer pour la maîtresse d’un monsieur qui n’est autre que son frère adultérin, le fils d’amours illégitimes de la maman. Dans un sacrifice sublime, elle consent à souffrir toute sa vie plutôt que de dévoiler le crime maternel, — une façon comme une autre vous voyez, de porter la croix de sa mère. On sait que le talent de M. Sardou consiste en l’étonnante dextérité avec laquelle il parvient à dénouer des situations qui semblent inextricables ; la poétique de M. Dennery est toute inverse. Il établit une situation dramatique, dont il serait enfantin de sortir, et son ingéniosité s’applique à imaginer les plus, étranges moyens propres à empêcher ses personnages de se tirer d’embarras. Il en résulte une série de péripéties que l’auteur parvient quelquefois à rendre émouvantes malgré tout. Le spectateur se dit: se non e vero, bene trovato ; il pleure, il est content. Et voilà.
- D’ailleurs, Martyre possède une interprétation hors ligne à laquelle M. Saint-Germain et Mlle Jane May donnent un caractère réellement artistique. MM. Lacressonnière et Montai, Courtis et Mme Marie Jullien apportent le concours de leurs talents mélodramatiques consacrés par la sympathie du public de l’Ambigu.
- L’Odéon vient de donner une petite pièce en vers de MM. Noël et Pâté. David Tenier est un de ces actes qui appartiennent au genre anecdotique, genre plus particulièrement réservés aux à-propos ou ouvrages analogues. Cette comédie a le charme d’un conte aimable élégament écrit sans .que l’intrigue en soit plus originale qu’authentique. Elle a été fort bien interprétée par MM. Rebel, Rameau, Sujol, Mmes Régis et Rial.
- En meme temps l’Odéon reprenait le Beau Léandre de Banville. On a applaudi à cette verve éclatante, à cette délicatesse d’esprit pittoresque, à cette fantaisie d’imagination et à cette poésie capricieuse et tintinabulante du maître, avec un enthousiasme qui prouve que décidément au théâtre tous les genres sont bons, même le genre fin, spirituel et littéraire.
- MM. Amaury et Cornaglia et Mlle de Cerny ont bien mérité les applaudissements qu’ils ont recueillis pour la charmante gaîté et la malice avec les^ quelles ils ont dit les vers exquis de Théodore de Banville.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture , G
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8f a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 21 Mars 1886. NUMÉRO 64.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Exposition d’hygiène urbaine à Paris ; 4. Revue de la Presse ; 5. Echos; 6. A la Société de Géographie commerciale; 7. Exposition de 1844; 8. Concours agricole de Paris ; 9. Les décorations françaises ; 10. Enseignement professionnel de l’Association philotechnique; 11. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 12. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; i3. Les Livres; 14. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- On sait que le ministre du commerce a évalué à 18 millions le capital de garantie nécessaire pour couvrir les dépenses de l’Exposition universelle de 1889.
- Le ministre a confié au gouverneur du Crédit foncier le soin de former une société pour souscrire ce capital de garantie.
- Dans ce but, M. Christophle a réuni chez-lui les représentants des principales sociétés de crédit, ainsi que plusieurs notabilités financières et industrielles.
- Dans cette réunion figuraient notamment : MM. Barbedienne, industriel ; Bixio, des Petites-Voitures ; Blouut, de la.compagnie de l’Ouest et de la Société générale; Brun-Prélong, trésorier général ; Cahen d’Anvers, banquier ; Denfert,du Comptoir d’escompte; Dietz-Monnin, président delà chambre de commerce de Paris ; Durrieu, du Crédit industriel ; Gay, du Crédit industriel : Hart, syndic des agents de change de Paris ; Michel Heine, banquier; Laveyssière, industriel ; Ch. Mallet, de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée ; Maze-rat, du Crédit lyonnais ; Marinoni, industriel ; Michau, président du tribunal de commerce de Paris ; Eug. Péreire des Transatlantiques; Sautter, de la Banque de Paris ; Jacques Stem, banquier.
- Après un exposé présenté par M. Christophle des conditions dans lesquelles serait constituée la Société de garantie, la réunion a adhéré à l’unanimité à la proposition qui lui était faite et a autorisé le gouverneur du Crédit foncier à informer le ministre qu’elle s’engageait à souscrire intégralement le capital demandé.
- La somme nécessaire a l’organisation de l’Exposition de 1889 s’élève d’après les calculs les plus autorisés à quarante quatre millions de francs.
- L’Etat offre une subvention de dix-sept millions, la ville de Paris de huit millions. Restait à trouver dix-neuf millions. C’est cette somme que se sont engagés à fournir les sociétés représentées à la réunion du Crédit foncier.
- Le projet sera soumis au conseil des ministres samedi prochain, par M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- Les négociations qui se poursuivent entre l’Etat, le Conseil municipal de Paris et la Société de garantie seront terminées vendredi au plus tard.
- Aussitôt que ses collègues auront approuvé son projet, M. Lockroy le déposera sur le bureau de la Chambre et demandera que le nécessaire soit fait afin que la discussion vienne le plus promptement possible.
- Après l’adoption par les Chambres de l’exposition universelle de 1889, le ministre du commerce et de l’industrie organisera un concours entre les architectes.
- Quant aux travaux, on affirme qu’ils commenceront vers le 15 mai.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Le rapport de MM. Monteil et Lyon-Alemand a soulevé au sein de la Commission quelques observations qui ont donné lieu à des modifications de détail. Nous n’en parlerions pas si quelques-unes n’étaient de nature à faire ajourner la discussion et à se transformer, devant le Conseil, en véritables arguments contre le projet d’exposition.
- Tout d’abord M. Humbert a rappelé que lors de la première entrevue de la Commission avec le Commerce, celui-ci s’est montré disposé à faire entrer dans la Commission technique un ingénieur désigné par le Conseil municipal. Les rapporteurs ont oublié d’en faire mention.
- M. Monteil répond qujil n’y a pas là oubli, mais intention ferme d’éviter toute difficulté avec le Gouvernement, le ministre, dans une des dernières entrevues que les délégués de la Commission ont eues avec lui, ayant déclaré sur ce point qu’il ne pouvait donner d’assurances formelles, n’ayant pris encore aucune résolution en ce qui concerne le fonctionnement et la composition des commissions de l’Exposition. Il ne s’agit donc dans l’espèce que d’une offre vaguement formulée qui ne peut prendre place parmi les conditions nettement arrêtées de l’espèce de traité passé entre le ministre et les représentants de la ville.
- Peut-être le ministre, consulté à nouveau, ne refusera-t-il pas de s’engager sur cette question comme il l’a fait sur les autres.
- M. Lyon-Alemand insiste-cependant pour qu’il ne soit pas fait mention de cette offre, dans le rapport, si elle n’est pas maintenue. Il convient, suivant lui, de ne pas abuser de la bonne volonté de M. Lockroy. Il serait peut-être impolitique d’insister outre mesure sur une parole qui a été dite au cours d’une conversation en quelque sorte officieuse et cette résistance pourrait avoir pour effet de changer les relations amicales qui existent actuellement entre le ministre et la Commission, en relations simplement officielles.
- D’ailleurs, quelle serait l’utilité de cet ingénieur du Conseil ? La commission de l’Exposition, qui sera représentée dans la Commission technique, ne compte-t-elle pas, parmi ses membres, des hommes techniques qui sauvegarderont mieux que tout fonctionnaire, les intérêts de la ville ? Au reste, il est certain que M. le directeur des travaux et ses ingénieurs les plus distingués seront appelés par le ministre dans les commissions de contrôle et d’exécution. Ne sont-ils pas les défenseurs naturels des intérêts municipaux, les hommes mêmes du conseil municipal?
- Quoi qu’il en soit, la Commission de l’Exposition décide qu’en tout état de cause, la proposition du ministre figurera dans le rapport.
- M. Vaillant assistait à la séance de la Commission sur sa demande et pour présenter quelques réflexions relatives à l’organisation du travail dans les/chantiers de l’Exposition.
- Je ne sais, a-t-il dit en substance, si, n’appartenant pas à la Commission, j’ai le droit de critiquer le rapport dont l’épreuve m’a été communiquée. En tout cas, je dirai brièvement qu’il semblerait que les rapporteurs se sont efforcés de tenir dans nombre les questions que soulevait ma proposition. Ainsi le rapport omet de reproduire une affirmation faite par M. Guichard devant le Conseil, à savoir que ces questions avaient préoccupé la Commission et le ministre et qu’il en serait tenu
- compte suivant le désir que j’exprimais. Puis, sans rien rappeler des projets de concours que j’avais préconisés, il conclut par des promesses on ne peut plus vagues et par conséquent insignifiantes. Pour leur donner une valeur quelconque, il eût fallu qu’on pût affirmer que M. Lockroy resterait ministre pour les réaliser et encore, ajoute M. Vaillant, ces promesses n’eussent-elles eu alors que la valeur relativement nulle de toute promesse gouvernementale.
- M. Vaillant arrive enfin à la question elle-même. Qûand il déposa sa proposition au Conseil, il devait, rien n’étant alors décidé, y viser les diverses conditions de la participation de la ville. Il en est quelques-unes, celles de la part directrice du Conseil, qui ont été jusqu’ici l’objet à peu près exclusif des négociations avec le gouvernement.
- Quant aux autres, les plus essentielles, suivant lui, elles ont été à peine traitées sur la foi d’une vague parole ministérielle.
- Cependant le Conseil doit résoudre, pour les travaux de l’Exposition, les mêmes questions qui lui ont été posées naguère dans l’intérêt des travailleurs pour les travaux de la ville. La ville donnant 8 millions comme part contributive peut, avec autorité, poser comme conditions nécessaires de sa participation celles sans lesquelles les travaux de l’Exposition, ne profitant qu’à la spéculation, ne feront qu’aggraver la misère ouvrière. Il faut, en un mot, que la durée de la journée de travail soit réduite à 8 heures, que le marchandage soit aboli et que tous les ouvriers, sans exception, soient payés suivant la série des prix de la ville.
- L’objection du ministre, relative à la difficulté de répartir dans ces limites le temps de travail jusqu’à ce que l’Exposition soit terminée et d’éviter ainsi tout travail extraordinaire, n’est pas, d’après M. Vaillant, une objection sérieuse. La journée de 8 heures fournirait un travail mieux fait et plus rapide. D’ailleurs, une Commission d’inspection et de contrôle des travaux, composée de quelques conseillers municipaux et des délégués des chambres syndicales, pourrait déterminer les conditions des travaux extraordinaires que les circonstances exigeraient.
- Quant aux commandes de matériel, elles doivent être faites à Paris.
- M. Vaillant conclut en déclarant qu’il n’a voté pour l’Exposition que parce qu’il y voyait une occasion, pour la ville, d’établir, au profit des ouvriers une organisation protectrice du travail.
- Cette organisation pourrait, certes, être imposée dans les cahiers des charges d’adjudication; mais elle ne fonctionnera bien que si la ville et l’Etat consentent à exécuter directement, c’est-à-dire en régie, les travaux de l’Exposition.
- (Nous avons tenu à reproduire aussi exactement que possible la communication de M. Vaillant, parce qu’elle servira évidemment d’arme à tous les adversaires de l’Exposition qui chercheront une dernière fois, sous le prétexte de ces revendications généreuses, mais excessives, à remettre tout en question et, en tous cas, à retarder une solution qui, du reste, paraît imminente).
- M. Lyon-Alemand déclare que si, par ses prétentions, la ville empêche tout accord entre le ministre et la Société de garantie qui repoussera certainement de pareilles conditions, c’est absolument comme si elle refusait toute espèce de concours à l’Exposition.
- Il adjure M. Vaillant, en considération de l’intérêt que présente l’Exposition pour* le travail parisien, de ne pas insister pour le maintien de sa proposition, quitte, plus tard, à y revenir quand les Chambres, s’étant prononcées et le capital de garantie étant formé, il sera possible de soumettre sans danger ces desiderata au gouvernement.
- M. Monteil répète ce qu’il a déjà dit dans le rapport, que le ministre a donné aux délégués de la Commission l’assurance que, dans la mesure du possible, il prescrirait aux entrepreneurs les conditions les plus favorables au travail français._ Mais il a, en même temps, demandé de-ne pas faire de ces revendications une des conditions de la participation financière de la ville, pour éviter toute
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
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- difficulté soit du côté du Parlement, soit du côté de la Société de garantie.
- M. Alphonse rfumbert fait observer que, si l’on mettait la population parisienne en demeure de choisir entre l’abandon des projets d’Exposition par suite des exigences de M. Vaillant et une Exposition faite dans les conditions ordinaires, elle se prononcerait sans nul doute pour cette dernière.
- Il ne faut pas se dissimuler, en effet, que l’adoption des propositions de M. Vaillant entraînerait le rejet de l’Exposition par l’Etat. Le ministre ne recueillerait à la chambre qu’une infime minorité.
- M. Humbert ferait volontiers l’abandon de toute ingérence des membres du Conseil dans les commissions de l’Exposition si, à ce prix, les conditions réclamées par M. Vaillant pouvaient être acceptées. Mais ni les chambres, ni les pouvoirs publics, ni la société de garantie, ni les puissances étrangères ne consentiraient à y adhérer.
- Cependant, le Conseil peut donner satisfaction à M. Vaillant dans une certaine mesure, par exemple, en adoptant ses propositions en ce qui concerne les travaux qui seront exécutés par la ville.
- — M. Vaillant, on le voit, n’a pas eu plus de succès près de la commission de l’Exposition qu’il n’en a eu naguère près du Conseil. Tout le monde comprend, en effet, sauf lui, que ce n’est pas le moment, alors que l’ouvrier souffre d’une crise si aiguë, de montrer en son nom des exigences qui ne peuvent avoir d’autre résultat que de faire ajourner toutes espèces de travaux. L’Exposition sera, par elle-même, une source.assez grande de profits pour le travail et le commerce parisiens, pour qu’on ne vienne pas, sous prétexte de la rendre encore plus productive, la compromettre par des mesures maladroites.
- Nous sommes sûrs que le Conseil agira avec prudence, comprendra ses véritables intérêts et fera justice de l’opposition de M. Vaillant.
- P.-S. — MM. Monteil et Lyon-Alemand, se sont rendus mardi dernier chez M. le ministre du commerce, pour lui soumettre l’épreuve définitive de leur rapport.
- M. Lockroy les a priés d’ajourner encore de quelques jours le dépôt de ce rapport devant le Conseil, ses négociations avec la société de garantie n’étant pas terminées et pouvant avoir pour résultat d’exiger quelques modifications dans les engagements réciproques de la ville et de l’Etat.
- M. Vaillant serait donc mal venu à compliquer une situation déjà assez embarrassée par elle-même, mais qui, il faut l’espérer, finira bientôt par s’éclaircir.
- EXPOSITION D’HYGIÈNE URBAINE
- A. PARIS
- Une exposition d’hygiène urbaine , organisée par les soins de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris, aura lieu à partir du ier mai prochain à la caserne Lobau, derrière l’Hôtel de Ville.
- Cette exposition, d’un caractère exclusivement scientifique et technique, comprendra tous les plans et modèles de constructions, ainsi que les appareils destinés à assurer la salubrité du sol, du sous-sol, des habitations privées, des maisons à bon marché et des édifices publics, tels que : écoles, hôpitaux et hospices, théâtres, salles de réunion, asiles de nuit, etc. Les emplacements seront gratuits.
- Elle est placée sous le patronage du Conseil municipal et de savants, appartenant à l’Institut, à l’Académie, à la Faculté de médecine, au Comité consultatif d’hygiène publique de France, au Conseil de salubrité de la Seine, à la Commission des logements insalubres, au Parlement et à l’Administration.
- Pour les demandes d’admission et tous renseignements, s’adresser à M. le président de la Société de médecine publique, caserne Lobau, Paris, annexe est de l’Hôtel de Ville.
- REVUE DE LA PRESSE
- UNE CAMPAGNE ANTI-FR A N Ç AI SE
- Sous ce titre, M. Adrien Duvant, publie dans le Courrier de Lyon, un article dont nous extrayons les passages suivants :
- L.es attaques qu’une certaine presse ne cesse de diriger contre le projet d’Exposition universelle en 1889 donnent une triste idée de l’etat des es-
- prits dans une certaine fraction de la population française. Chaque jour, on répète, avec trop de raison d’ailleurs, que la situation économique de notre pays est fortement atteinte par le développement de la production étrangère, qu’un grand effort national est nécessaire pour réagir contre cette diminution inquiétante de notre expansion commerciale, qu’il faut, à tout prix, reconquérir les marchés que la concurrence nous enlève, et créer des débouchés nouveaux pour suppléer à ceux que notre industrie a perdus depuis quelques années. Et c’est au moment où un courant d’émulation semble commencer à s’établir pour lutter contre une situation particulièrement difficile, que nous voyons un parti s’attacher avec une odieuse persistance à combattre toutes les propositions qui pourraient encourager et stimuler ce réveil d'activité !
- Tout ce qui peut paraître défavorable à cette Exposition, tout ce qui serait de nature à décourager les industriels étrangers et même les'producteurs nationaux d’y prendre part, est accueilli avec joie par certains journaux.
- On note avec empressement les moindres rumeurs, les plus légers bruits susceptibles de nuire au projet dans l’esprit du public ; on les grossit, on les commente, on les reproduit sous des formes nouvelles. C’est une propagande ingénieuse et perfide, poursuivie avec un rare acharnement.
- Nous ne sommes pas de ceux qui ont une confiance absolue dans la portée économique des Expositions universelles. Elles ont certainement une influence sur les progrès de l’industrie, mais abstraction faite de certains intérêts particuliers à une nation ou à une catégorie de producteurs, cette influence n’a-t-elle pas des côtés dangereux? C’est une question à examiner et dont la discussion, pour aujourd’hui, nous entraînerait trop loin. Ce n’est pas, d’ailleurs, sur ce terrain que nos adversaires se placent. Mais, quelles que soient les réserves qu’on puisse faire sur l’utilité pratique des Expositions, est-il patriotique, est-il sensé d’essayer de dénigrer, de ruiner cet unique moyen que nous ayons, en ce moment, d’affirmer une fois de plus notre vitalité artistique et industrielle et de rapprendre aux étrangers le chemin de Paris ?
- Le caractère de l’Exposition universelle de 1889 devrait surtout interdire cette campagne antifrançaise. On sait qu’elle sera principalement destinée à mettre en lumière les immenses richesses artistiques que possède notre pays, à passer sous les yeux du monde, la revue de nos chefs-d’œuvre et de nos gloires nationales. A ce point de vue elle différera des autres expositions, et elle aura un intérêt personnel.
- ÉCHOS
- Paris
- Un grand succès qu’il était facile de prévoir. Le Journal officiel publie la première liste des souscriptions recueillies pour la création de l’institut Pasteur, dans l’espace d’une semaine.
- Le total de cette première liste s’élève à 242,333 fr. 20.
- Les souscriptions affluent, et une seconde liste va être publiée.
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- Voici le programme général des fêtes du printemps, tel qu’il a été définitivement arrêté par le comité de direction de la Société des fêtes de l’Industrie et du Commerce parisiens :
- Dimanche 16 mai, grande fête de jour et de nuit au jardin des Tuileries ;
- Mercredi 19, représentation de gala à la Corné-' die-Française ;
- Jeudi 20, grande fête au Palais-Royal ;
- Vendredi 21, carrousel militaire au Champ-de-Mars ;
- Samedi 22, représentation de gala à l’Opéra ;
- Dimanche 23, carrousel militaire au Champ-de-Mars ; grande fête de nuit aux Tuileries ;
- Lundi 24, représentation de gala à l’Odéon ;
- Mardi 25, grand concert de jour au Trocadéro ; Histoire de la musique ;
- Mercredi 26, représentation de gala à l’Opéra-Comique ;
- Jeudi 27, courses au bois de Boulogne sur l’hippodrome de Longchamps ; grande fête de nuit aux Tuileries.
- Vendredi 28, représentation de gala au Cirque d’Été ;
- Samedi 29, grande fête de nuit à l’Hôtel de Ville ;
- Dimanche 30, grande fête de jour et de nuit aux Tuileries.
- Le cortège historique n’est pas compris dans le programme des fêtes du printemps ; il fera l’objet
- d’une fête spéciale dont la date sera ultérieurement indiquée.
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- Le concours central hippique annuel aura lieu au palais de l’Industrie (Champs-Elysées), du mardi 30 courant au dimanche 18 avril.
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- Départements
- La Société artistique de Roubaix-Tourcoing prépare pour le 1er mai 1886 sa quatrième exposition qui aura lieu rue de l’Alouette, à Roubaix, et sera spécialement réservée aux Arts décoratifs.
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- Une Exposition des beaux-arts placée sous le patronage de la Société des beaux-arts de la ville de Boulogne-sur-Mer, aura lieu en 1886 dans les salons du Casino ; elle ouvrira le 15 juin et sera close le 15 octobre.
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- Une Exposition relative aux beaux-arts et arts rétrospectifs aura lieu à Marseille simultanément avec le Concours régional, à l’Ecole des beaux-arts ; elle s’ouvrira le lor mai et aura une durée de 2 mois.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Nous annoncions dans notre numéro du 27 décembre 1885, qu’une exposition industrielle aurait lieu à Meiszen (Saxe) en 1886, de juillet à fin septembre.
- Cette exposition vient d’être retardée, et il serait même possible qu’elle n’eût pas lieu.
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- On prépare en revanche pour le 29 septembre l’ouverture dans cette même ville d’une exposition générale allemande de fruits.
- Cette exposition, organisée à l’occasion de la neuvième assemblée générale des Pomologues, se prolongera jusqu’au dimanche 3 octobre.
- Plusieurs Sociétés ont déjà mis différents prix à la disposition des organisateurs ; entre autres : l’Association d’horticulture de Hambourg et Al-tona, qui a offert une coupe d’argent et la Société prussienne pour l’avancement de Thorticulture, ainsi que la « Flora » de Dresde, qui ont donné des médailles d’or.
- S’adresser pour plus amples renseignements à l’inspecteur Lammerliirt, Dresde, Neustadt, Nords-trasse, 16.
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- Nous parlions dans notre numéro du 11 octobre 1885, d’une exposition industrielle et artistique, qui, disions-nous, devait avoir lieu à Chemnitz, dans le courant de 1886.
- D’abord remis, pour differents motifs, à^’année prochaine, ce projet peut, actuellement du'moins, être considéré comme ayant échoué.
- Le conseil communal était saisi d’une proposition tendant à accorder pour le capital de garantie, une subvention sur la caisse municipale ; mais la commission chargée de l’examen et de la discussion préliminaire de cette proposition a déposé un rapport défavorable.
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- Une exposition régionale industrielle, artistique et agricole, du duché d’Affenburg, aura lieu dans la ville du même nom, du 15 août au 16 septembre prochain.
- On annonce, comme devant avoir lieu simultanément des expositions de boulangerie, confiserie, culinaire, canine, artistique, rétrospective, ainsi qu’un concours agricole et différents Congrès.
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- La quinzième exposition de l’Association des photographes allemands aura lieu cette année à Brunswich, du 25 au 31 août. Plusieurs importantes maisons de l’Amériquedu Nord ont annoncé l’intention d’y prendre part et de concourir avec leurs confrères d’Allemagne. L’idée première de cette participation est due à ce fait que deux maisons allemandes, Fritz Eilender, de Cologne, et Fr. Millier, de Munich se sont vu décerner l’année dernière les plus hautes récompenses aux expositions spéciales photographiques de Buffalo (Etats-Unis). Des prix d’une grande valeur seront offerts cette année aux exposants américains de Brunswick.
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- Les collections de l’armée saxonne sont exposées à Dresde depuis le 20 février.
- Ces collections, uniques en leur genre, créées par le colonel comte L. de Wurmb, et devenues en 1880 la propriété du corps d’armée saxon, retracent l’histoire militaire de la Saxe dans ses moindres détails.
- Elles se divisent en cinq sections. La première comprend sous forme de dessins, gravures, etc., toute l’histoire de l’uniforme en Saxe depuis le xvie siècle jusqu’à nos jours ; la seconde renferme les portraits des princes et des grands généraux du royaume ; la troisième présente sous forme de tableaux, photographies,etc., ses fastes militaires ; la quatrième et la cinquième, tous les travaux et
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- Deuxième Année. — N° 64.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- monuments ayant trait à l’histoire militaire de la région.
- Cette intéressante exposition est ouverte jusqu’à la fin du mois.
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- L’exposition rétrospective des vues de Berlin, dont nous avons déjà parlé, a lieu, en ce moment, à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville.
- Tout le vieux Berlin, attaqué depuis cinquante ans par la pioche du démolisseur, et aujourd’hui disparu, grâce aux embellissements, aux percements de rues nouvelles, au développement, en un mot, à l’haussmanisation de la ville, semble ressusciter, sous les yeux du visiteur par la gravure, la lithographie, l’aquarelle, la peinture, la photographie, etc., etc.
- La majeure partie des vues exposées est empruntée à la bibliothèque municipale, aux collections de la Société d’histoire et au Markisches-Museum, qui sont représentés respectivement par environ 80 500 et 150 envois.
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- On se rappelle qu’une exposition régionale des produits de la Souabo doit avoir lieu à Augsbourg, de mai prochain à fin juillet (Moniteur du 1er novembre 1885).
- La direction vient de charger un des sculpteurs les plus connus de Munich, Joseph von Kramer, de l’organisation et de l’installation de la section rétrospective et historique des beaux-arts. L’excellent artiste a déjà enti*epris la décoration artistique des Galeries.
- Rappelons, puisque nous parlons de cette exposition, quelques-uns des concours ou expositions annexes annoncés à cette occasion : une exposition de pêcherie et un concours d’horticulture, du 15 au 23 mai ; concours d’animaux gras, du 29 au 31 ; puis du 13 au 16 juin, une exposition d’oiseaux de basse-cour et de volière ; et enfin un concours hippique, un concours d’apiculture et une exposition internationale de meunerie ; cette dernière du 11 au 25 juillet.
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- Angleterre
- On sait qu’en vertu d’une décision du Conseil exécutif, prise sur l’initiative de l’honorable directeur M. J.-R. Whitley et enregistrée dans nos colonnes, le 24 janvier dernier, l’exposition américaine de Londres qui devait avoir lieu, dans le courant de cette année a été retardée'pour des motifs de courtoisie internationale, et remise à l’année prochaine.
- L’inauguration étant fixée au 2 mai 1887, on nous écrit que les préparatifs vont prochainement commencer.
- On va construire un pavillon pour la presse internationale, un bureau télégraphique et un chemin de fer électrique aérien, pour ne pas parler de mille autres projets fort intéressants.
- L’éclairage par l’électricité de tous les. bâtiments, pavillons, kiosques, jardins, fontaines, etc., sera, parait-il, tout particulièrement brillant.
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- L’exposition des maîtres anciens à la Royal Acaclemij de Londres continue à attirer beaucoup de visiteurs. On remarque beaucoup une collection d’aquarelles de J.-W.-M. Turner.
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- Autriche-Hongrie
- La grande exposition ornithologique de Vienne, .organisée par la Société d’ornithologie de cette ville sous le haut patronage de l’archiduc Rodolphe et que nous avons annoncée le mois dernier, a été inaugurée hier, et clôturera, comme nous l’avons dit, dimanche prochain 28 courant.
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- La distribution solennelle des récompenses obtenues à l’exposition d’Anvers (1885), par les exposants autrichiens, a eu lieu ces jours derniers dans la salle des fêtes delà Chambre de commerce de Vienne, sous la présidence de l’archiduc Charles-Louis protecteur de la section d’Autriche-Hongrie, et en présence des notabilités du commerce et de l’industrie.
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- Le Comité autrichien de participation à l’exposition internationale ouvrière de Paris (1886) avait provoqué à Vienne, le. jeudi 11 mars, une réunion des exposants autrichiens. Il résulte des communications qui ont été faites dans cette séance, que la Chambre de commerce de Vienne a voté un crédit de 500 florins et le Conseil communal, une subvention de 500 florins également.
- La réunion a décidé qu’une somme de 200 florins serait attribuée aux exposants peu.fortunés,
- qui voudraient prendre part à cette exposition.
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- États-Unis
- Il est question d’inaugurer à Washington, en 1892, une grande exposition permanente américaine, pour célébrer le quatve-centième anniversaire de la découverte de l’Amérique.
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- Japon
- Nos lecteurs savent qu’une exposition interna-
- tionale asiatique doit avoir lieu à To-Kio, dans le courant de 1890. Nous avons eu l’occasion de les entretenir de cette intéressante entreprise dans un de nos précédents numéros.
- On nous écrit aujourd’hui de l’extrême Orient que les préparatifs sont très activement menés.
- Le gouvernement japonais vient d’adopter les plans qui lui ont été soumis, et de confier à une commission spéciale, instituée dans ce but par décret impérial, l’élaboration des programmes généraux.
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- Mexique
- La ville de Mexico aurait, dit-on, le projet d’organiser, en 1892, avec l’appui du gouvernement, une grande foire internationale, à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb.
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- Russie
- Un concours agricole ouvrira à Varsovie (Pologne) le mardi 1er juin. Des sections spéciales seront affectées aux représentants des espèces chevaline, bovine, ovine, porcine, canine, ainsi qu’aux oiseaux de basse-cour. On verra également dans cette exposition trois installations modèles : une ferme en exploitation, une laiterie et une forge.
- La clôture aura lieu le mardi suivant, 8 juin.
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- A Lk SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
- COMMERCIALE
- La séance de mardi à la Société de géographie commerciale de Paris avait attiré une affluence considérable de visiteurs dans la vaste salle de l’hôtel de la Société de géographie, boulevard Saint-Germain.
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, présidait, assisté de MM. Pigeonneau et Lourdelet, vice-présidents de la société, Gau-thiot, secrétaire général; Ney, Félix Faure, Fon-tarabie, etc.
- M. Pigeonneau a souhaité la'bienvenue au ministre qui avait bien voulu, à l’exemple de ses prédécesseurs, donner par sa présence un précieux témoignage de sympathie à la société.
- M. Guillot, président de section, a lu le rapport sur les prix de la société pour 1885.
- La grande médaillé d’or a été décernée à M. Henri Coudreau, ancien élève de l’Ecole normale, qui compte deux ans de séjour et deux ans d’exploration dans la Guyane et sur les rives de l’Amazone, et qui doit repartir prochainement pour ces régions. Parmi les autres lauréats, citons MM. Bouinais et Palus, docteur Collin (médaille de vermeil), Paul Phoque et Bresson.
- Puis M. Georges Richard fait une très intéressante conférence sur Madagascar, ses habitants, ses ressources, son avenir, d’après des souvenirs de campagne et de voyage.
- Le ministre a félicité M. Richard et ses collègues en explorations, dont le dévouement venait d'être récompensé par la société.
- EXPOSITION DE 1844
- Nous continuons aujourd’hui notre étude rétrospective sur l’Exposition de 1844, en donnant des gravures représentant des marbres, des meubles et des armes qui figuraient avec honneur à cette Exposition.
- Nous reproduisons encore ci-dessous les notices publiées par M. Challamel, en 1845. *
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- MOULAGES EN CARTON-PIERRE
- Il y a longtemps qu’on a dû s’occuper de rechercher une substance facile à mouler comme le plâtre, mais dont les produits offrissent plus de solidité. On voit en Italie plusieurs, statues en papier mâché dues à des artistes célèbres. On essaya aussi du carton qui fut employé naguère dans" les ornements du Louvre, et qui était composé de feuilles de papier superposées ou de carton de poupée- Enfin le carton-pierre fut trouve, il y a soixante ans, par M. Mézière. Les principaux éléments de sa composition sont la craie en poudre, le papier réduit en pâte et la gélatine. L’industrie du carton-pierre s’est surtout développée dans ces dernières 'années par suite des progrès de l’aisance et du goût des arts. On en,lait des statuettes, des pendules, des lustres, des imitations de marbre. Mais son emploi le plus fécond et le plus varié, c’est son application à la décoration intérieure de nos appartements.
- M. Romagnési aîné, récemment nommé sculpteur breveté de la reine, est un artiste de goût et de talent; il s’occupe surtout de la fabrication des statuettes, des imitations de vieux métaux, de
- Dimanche 21 Mars 1886. — 91.
- vieux meubles, d’armes anciennes, de poteries antiques. Il s’adonne aussi avec un égal succès aux décorations des monuments ou antiques, ou gothiques, ou renaissance. Tout le monde a admiré ses jolis statuettes, ses bustes, ses bas-reliefs, ses ornements d’un goût pur et élégant.
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- ARMÉS ET ORFÈVRERIE
- Les armes de luxe étaient magnifiques. C’étaient vraiment des objets d’art autant que des œuvres d'industrie. Elles rentraient dans le domaine de l’orfèvrerie, de la gravure, de la ciselure, de la sculpture même. Tout n’était pas d’un égal bon goût. Nous aimons peu surtout les altérations apportées aux formes des pièces pour leur faire représenter des figures et des ornements plus ou moins contournés. Il faut respecter avant tout l’usage auquel ces pièces sont destinées.
- Une des belles choses de l’exposition des armes était une paire de pistolets de M. Gastinne-Re-nette. Les canons d’acier fondu sont richement ciselés ; les angles formés par les pans du canon sont arrondis en colonnettes qui supportent une élégante ogive ; les ornements sont de très bon goût ; la dorure est habilement ménagée et se marie bien à la couleur grise donnée à l’acier. On n’admirait pas moins les boîtes de pistolets envoyées par M. Gastinne-Renette ; elles sont en ébène et garnies en fer ciselé. En un mot, toutes les pièces qu’il avait exposées justifiaient la réputation de l’ancienne maison Renette, la seule à Paris, dit-on, où le fusil se fabrique entièrement.
- M. Rudolphi suit les traditions de l’habile Wagner, son prédécesseur ; il allie à l’art de l’orfèvre celui de l’émailleur et du lapidaire; son exposition présentait des coffrets, des vases, des coupes, des armes, où s’incrustent et se replient de cent façons pittoresques les émaux, les nielles, les perles, les pierres précieuses, caprices d’étagères, charmants petits meubles inutiles, raretés de musée, qu’on aimait tant au moyen âge et qu’on recherche aujourd’hui que le luxe revient au bon goût. Une des pièces les plus remarquées était celle de la corbèille de mariage, qui renferme tout un petit poème. Quatre bas-reliefs représentent la toilette, le repos, le guerrier désarmé par l’Amour, et l’Amour qui met un bandeau sur les yeux du philosophe, tandis qu’un autre petit dieu malin déchire les livres et en jette les pages au vent, de charmants groupes des Jeux et des Ris séparent ces bas-reliefs que domine la Beauté vaincue par l’Amour. On remarquait aussi dans l’exposition de M. Rudolphi le vase d’Ondine qui avait été modelé par M. Geoffroy Dechaumes. C’est le pendant d’un autre vase consacré au vin. Tous deux sont en argent en partie repoussé et en partie ciselé. Le dessin général du vase est d’une élégante simplicité. Sa panse, en forme d’œuf, s’étrangle par le bas au-dessus d’une base peu développée où se voient quatre groupes d’animaux en rond de bosse ; l’anse est formée par une jolie figure de femme nue dans l’engourdissement du sommeil. L’action du poème est dessinée sur le pourtour en cinq tableaux. Il serait trop long de vous raconter cette histoire merveilleuse d’Ondine. Tout cela est parfaitement exécuté.
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- MEUBLES
- La fabrication des meubles est une industrie importante, surtout pour la ville de Paris ; c’est le faubourg Saint-Antoine qui en est le siège principal ; c’est le quartier qui meuble la France et même l’étranger.
- L’histoire de l’ébénisterie est singulière. Les Asiatiques connaissaient, l’ébénisterie ; les Grecs leur empruntèrent cette industrie ; les Romains la reçurent des Grecs, puis- elle se perdit, et, chose étonnante, elle ne reparut qu’au xve siècle. En France, l’époque de François Ier se révèle, et les escabeaux, les fauteuils, les.bahuts grossiers font place à des meubles où la main de l’ouvrier sculpte la salamandre emblématique. La découverte des Indes nous donne ensuite des bois précieux qui forcent à modifier et les. formes générales et les détails ; la mode, le caprice varient à l'infini ces produits d’une des plus importantes industries françaises ; enfin Paris s’en empare presque complètement. Boule et Riesner s’immortalisent par leurs œuvres, et les fabricants du faubourg Saint-Antoine se posent comme leurs successeurs.
- On ne travaille nulle part le bois sur une aussi grande échelle que dans cet arrondissement de 1a. capitale. Ainsi qu’on l'a remarqué, la division du travail est poussée en ce genre jusqu’aux dernières limites, sans aucune des fâcheuses conséquences qu’elle engendre ordinairement dans l’industrie mécanique. Il existe au faubourg St-Antoine des usines où l’on se borne à scier les feuilles de placage ; d’autres qui débitent les bois de couleur en petites lanières pour les filets et pour l’incrustation ; il y a des découpeurs qui travaillent le bois comme la dentelle ; des ouvriers qui posent les basanes, des vernisseurs, des ponceurs,des colleurs, des 1 dessinateurs, des sculpteurs de fauteuils, des mouleurs, des rhabilleurs de serrures, qui ne font
- Voir la suite page g4.
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- 92 et g3. — Deuxième Année. — N° 64.
- LE MONITEUR DE 'ION DE 1889
- EXPOSITION DE 1844.
- Dimanche 21 Mars 1886
- MARBRES c,î IMITATIONS. ARMES, MEUBLES
- SCULPTURE EN MARBRE, PAR SEGUIN
- BIBLIOTHÈQUE, PAR DURAND FlLS
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- 94- — Deuxième Année. — N° 64.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Mars 1886.
- qu'un article, pour parler la langue du métier,. et qui en vivent très honorablement. Cette division extrême, en concentrant l’habileté des ouvriers sur un seul objet constamment demandé, les a conduits à une finesse d’exécution incomparable, qui explique seule la parfaite harmonie de l’ensemble.
- L’ébénisterie avait cependant cessé d’être un art au moment où la révolution balaya toutes les fabrications de luxe.
- Sous la République, sous l’Empire et même pendant les premières années de la Restauration, le premier ouvrier venu était capable d’établir ces sièges renouvelés des Grecs et des Romains, aux formes lourdes et massives : ces éternels secrétaires et commodes carrés, avec leurs deux colonnes à chapiteaux dorés, aujourd’hui relégués dans les auberges de village ; ces bergères, ces canapés, ces fauteuils, tous fabriqués sur le même modèle, et aussi disgracieux qu’incommodes. Mais depuis que les connaissances artistiques se sont généralement répandues, depuis que le goût du bien-être domine nos intérieurs, nous avons demandé des meubles gracieux et commodes. Alors cette masse intelligente et active d’ouvriers qui abonde à Paris s’est sentie excitée, s’est mise au travail, et en peu d’années nous avons vu nos sculpteurs, nos ciseleurs, nos mosaïstes, nos émail-leurs, rivaliser par leurs œuvres avec ce que la plus brillante époque de la renaissance nous avait laissé de chefs-d’œuvre.
- Tous les genres se retrouvent cette année à l’Exposition. Là l’écaille sévère ; ici le bronze en relief; plus loin l’incrustation habile à côté du chêne modeste dont la main-d’œuvre centuple la valeur ; et la plupart des fabricants ont exploité toutes les époques, sachant bien que la nôtre cumule toutes les velléités. Ce n’est pas que tout soit irréprochable dans ce que nous a montré l’Exposition ; il s’en faut beaucoup. On y trouve bien des fautes de style ; le mauvais goût y apparaît trop souvent; mais il y a là ce qu’on rencontre au reste dans toutes les branches de notre belle industrie française, un sentiment du beau , une recherche de la forme, un instinct artistique qui se révèle à chaque instant, même dans les objets qui sont condamnés par le bon goût.
- Ajoutons que les bois sont employés avec intelligence dans les appropriations diverses que comportent leurs nuances et leurs couleurs. L’art n’est plus immobilisé dans l’acajou : on préfère pour le meuble sculpté le palissandre, l’ébène, le poirier, le noyer qui se taille si bien, le chêne dont la sévérité convient surtout aux grands meubles tels que bibliothèques et dressoirs. Le bois de rose, l’amourette, s’accommodent assez bien au style Louis XV.
- M. Théret est un véritable artiste, et un artiste d’infiniment de goût et de talent ; il s’est inspiré de l’art des mosaïstes de Florence. Ses meubles ornés d’agates, de cornalines, d’améthystes, de lapis-lazuli, etc., sont d’une grande richesse. La pierre dure se façonne entre ses mains de la manière la plus élégante et figure en demi-relief des oiseaux et des fruits aux plus belles couleurs. Nous avons remarqué entre autres objets dont l’élégance attestait son excellent goût, un petit meuble à hauteur d’appui, avec incrustations de pierres fines, et un coffre à bijoux en mosaïque en relief. Ce sont deux œuvres aussi distinguées par le dessin que par l’exécution, et qu’on dirait avoir orné les appartements de François Ier ou de Diane d’Etampes.
- L’ameublement de M. Durand, palissandre et bronze doré, d’un style composé, est élégant ; le lit, à un seul dossier, plaît par son originalité. Il avait aussi exposé une bibliothèque d’une forme aussi élégante que bien assortie à sa destination et qui se distinguait surtout par la délicatesse des ornements, le fini et la légèreté des détails.
- CONCOURS AGRICOLE DE PARIS
- Quand on avait parcouru la vaste nef du palais de l’Industrie et admiré plus ou moins les quadrupèdes de toutes sortes, entendu quelques coricoco, pour se reposer un peu on gravissait l’escalier qui depuis 1879 conduit directement aux salons du premier étage.
- Là on y pouvait admirer les produits de l’agriculture. Bien avant le printemps la flore printanière y est représentée.
- Dans le grand salon carré du sud-est la maison Vilmorin, Andrieux et Cie y avait entassé de splendides échantillons d’horticulture. Les cinéraires bleu d’azur ont obtenu la médaille d’or, les jacinthes et les narcisses chacun une médaille d’argent et enfin l’ensemble un rappel de diplôme d’honneur.
- Les deux salons voisins occupés par la maison Forgeot et Cie étaient admirablement disposés, toute unepartie présente les céréales,
- les plantes fourragères et les graminées en leurs divers états tige complète , graine et semis levé. C’est une idée nouvelle qui a attiré l’attention du jury et aurait dû enlever d’emblée la grande médaille d’or en faveur de cette honorable maison. Peut-être est-ce le suffrage universel du jury qui, en cette occasion, une fois de'plus a fait fausse route. Les nombreux visiteurs qui affluaient dans ces deux salons semblaient vouloir attester leur préférence en faveur de ces beaux produits si bien présentés. Les primevères ont obtenu la médaille de vermeil et le magnifique lot de jacinthes de Hollande a mérité lui aussi une médaille d’argent.
- Beaucoup de fleurs, les cyclameus de Robert méritaient bien Inattention soutenue des visiteurs ; c’était en effet le plus beau lot du concours. Médaille de vermeil.
- Les orchidées de Truffaut font et feront longtemps, je crois, l’admiration du public et seront toujours recherchées par les amateurs. Le jury a, du reste, accordé une médaille d’or à cette importante collection de la famille des monocotylédones.
- En traversant tous ces salons, nous nous sommes cru transporté à la célèbre montagne de l’Attique. Le miel semblait descendu dm mont Idymette. Sous cette vaste coupole du palais de l’Industrie, couverte de neige, on pouvait goûter et savourer ces délicieux produits ; n’eût été le temps glacial on se serait cru dans
- Ces lieux où croit l’encens, où murmure l’abeille.
- (Ducis.)
- D’année en année cette partie du concours augmente et il eût été à désirer de pouvoir disposer d’un diplôme d’honneur en faveur de M. Asset, de Sèvres, un agriculteur émérite à qui le jury (1) a accordé un rappel de médaille d’or. Ses miels en rayon d’un travail artistique méritent une mention toute spéciale.
- M. Trubert, d’Eure-et-Loir, médaille d’or, M. Beuve à Créney (Aube), médaille d’argent. Ce même exposant a obtenu la médaille d’or pour ses cires épurées.
- Un exposant faisait déguster de l’hydromel, dont les bouteilles portaient l’étiquette affriolante: Nectar des dieux — pourquoi pas tout de suite de l’Ambroisie ?... Néanmoins sa belle exposition et la qualité supérieure de ses produits a valu à M. Petit la médaille d’or.
- Parmi les autres exposants marchands étaient compris dans ce groupe les fruits frais et les fruits secs (fruits conservés, figues, dates, poires ou pommes, etc., et aussi les fruits exotiques).
- La médaille d’or a été attribuée à M. Beau-douin, fruits exotiques, oranges, etc. MM. La-loy et Riot (qui ont présenté des olives tout à fait supérieures), Iduot et Péronne, ont obtenu chacun une médaille d’argent pour l’ensemble de leur exposition. Celle de M. Iduot attirait plus particulièrement l’attention par la finesse de ses produits.
- Un diplôme d’honneur a été décerné à M. Leydet, d’Aix, pour ses huiles à goût de fruit. — Une médaille d’or à MM. Anastay et Cie pour leurs huiles d’olives doucps. Une médaille d’or à M. Collon pour ses huiles de noix.
- Une médaille d’argent a été décernée à MM. Anastay et Qie pour leurs olives comestibles.
- L’Algérie a tenu à présenter aussi divers produits qui sont en progrès sur 1885. C’est ainsi que le jury a décerné cinq récompenses pour les huiles et olives dont une médaille d’argent et deux de bronze.
- Pour les miels, trois récompenses ont été accordées à des producteurs parmi lesquels M. Nègre de Bone, et les religieux de la Trappe de Staouéli. Il y a là certes des pro-
- Le jury de la section 21 était composé de MM. Ramé, président ; Dupont, secrétaire ; Gibert, Mourret, Ha-met, ce dernier nommé par les exposants : il avait à juger les miels, cires, huiles et olives.
- grès à réaliser et nous ne doutons pas de les voir se produire l’an prochain.
- Un exposant d’Algérie, M. Bure, du domaine de l’Ouïder, a remporté un vrai succès avec l’ensemble de son exposition. Prix d’honneur, objet d’art. Il présentait du miel, de l’huile et des olives, mais en trop petite quantité et se •trouvait en dehors de l’arrêté. Nous sommes convaincu que cet agriculteur, ancien élève de l’école de Grignon, 11e négligera rien pour présenter l’anprochain des produits supérieurs et en quantité voulue.
- Le palais de l’Industrie est. vaste, mais nombreux sont les exposants; il a fallu, cette année, emprunter le Pavillon de la ville de Paris, dans lequel on a installé tant bien que mal l’Exposition scolaire, au milieu de toutes sortes de machines et de petits marchands. Cette intéressante partie du concours disséminée sur les murs de ce pavillon n’atteignait pas le but proposé ni le résultat qu’on était en droit d’en attendre et qui l’an dernier faisait espérer beaucoup mieux. C’est donc sur les murs que tant de choses intéressantes, utiles et instructives étaient éparpillées.
- M. Deyrolle a, lui, un coin tout entier du pavillon et sa nombreuse exhibition lui a valu la médaille d’or.
- M. Annengaud, pour ses tableaux scolaires, a obtenu un rappel de médaille d’or.
- M. Sauvage, directeur de la station agricole de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), a obtenu une médaille d’or.
- Une exposition nous a spécialement intéressé. Un cadre contenant six grandes vitrines : enseignement agricole, les insectes utiles et leurs produits, les insectes nuisibles et leurs dégâts. Le naturaliste qui a préparé cette • collection en vue du Musée scolaire du XVIe arrondissement est doublé d’un homme de patience. Tous ces insectes, même les lilliputiens, sont préparés d’une façon remarquable. Les membres du jury accordaient la première médaille d’argent, lorsque le commissaire les a informés que M. Ramé était hors concours comme membre du jury dans une autre section. M. de Sauvage, juré, nommé par les exposants, a trouvé que cette mesure ne devrait s’appliquer à l’iDstruction. Mais devant l’arrêté, il n’a eu qu’à s’incliner. M. Ramé va préparer une série de trente vitrines semblables qui contiendront tous les éléments agricoles et d’après lesquelles il fera des conférences scolaires à la mairie de l’avenue Henri Martin.
- Plusieurs instituteurs ont reçu des médailles d’argent et de bronze, au total vingt-quatre récompenses.
- Notons spécialement la médaille d’argent décernée à MUe Fortier qui présente des modè-' les types pour collections et pour herbiers artificiels, de façon à ce que chacun puisse connaître les plantes utiles ou nuisibles ; c’est admirable tout simplement et cela servira beaucoup évidemment en ce moment où l’on s’efforce de faire faire tant de progrès à l’instruction populaire.
- Nous apprenons qu’une exposition d’apiculture et d’insectologie va s’ouvrir prochainement au palais de . l’Industrie, pavillon Nord-Est.
- Pour les renseignements, s’adresser au siège de la société, 67, rue Monge.
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- LES DÉCORATIONS FRANÇAISES
- Deux de nos confrères du Journal officiel, MM. Maupetit et Dutilh, préparent pour faire paraître en 1886, un volume in-folio d’environ 1,200 pages, qui aura pour titre:
- ANNUAIRE DES DÉCORATIONS FRANÇAISES
- et dont la rédaction est à Paris, 25, rue Saint-Augustin.
- Cet annuaire qui comprendra la Légion d’honneur, les Palmes universitaires, le Mérite agricole, les médailles d’honneur décernées pour actes de courage et de dévouement, les décorations des
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- Deuxième Année. — N° 64.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Mars 1 8SG. — q5.
- pays des protectorats (Tunisie, Cambodge, An-nam, etc.), continuera à être publié chaque année et contiendra les noms, prénoms, titres, états de services officiels et Biographies des personnes à qui des décorations auront été accordées pendant l’année courante.
- U Annuaire des décorations françaises donnera cette année, exceptionnellement, la liste complète des titulaires de la Médaille commémorative du Tonkin.
- Il sera donc, ainsi que l’indique son sous-titre, le véritable Livre d’or de l’honneur, du courage et du mérite.
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- ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
- DE
- L’ASSOCIATION PHILOTECHNIQUE
- Nous apprenons avec plaisir que l’association philotechnique a créé dans le quartier Picpus, à l’école de la rue de Reuilly, 74, une section de ses cours théoriques, pour les ouvriers et apprentis, mécaniciens, menu-siers, modeleurs et outilleurs.
- Ges cours, qui ont commencé le 25 janvier dernier, sont le complément de l’instruction pratique que reçoivent les jeunes apprentis de l’école professionnelle de M. Gérard, ingénieur mécanicien, 3, place Daumesnil, placée sous le patronage de la Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs de Paris.
- Nous applaudissons à cette œuvre et nous faisons des vœux pour la prospérité de ces cours dont les débuts sont des plus satisfaisants.
- Nous adressons nos félicitations à l’association philotechnique et à son président M. de Hérédia, nous rendons hommage au dévouement désintéressé de ses professeurs.
- Voici le programme de ces cours dont le directeur est M. Gérard, ingénieur mécanicien, 3, place Daumesnil.
- Directeur-adjoint, M. Degouet, ingénieur, ancien élève de l’école des Arts-et-Métiers de Châlons.
- LUNDI
- COURS DE MÉCANIQUE PAR M. P. MlLLET Physique
- Etats des corps. Pesanteur. — Solides, liquides, gaz. — Chaleur, magnétisme, électricité.
- Mécanique
- Anématique, transmissions de mouvement.
- — Travail mécanique.—Machines, leviers, etc.
- — Frottements. — Machines à élever l’eau, pompes.— Moulins, roues hydrauliques. — Machines soufflantes. — Résistance des matériaux .
- Machines-outils et outils pour travailler le fer et pour travailler le bois.
- Chaudières-machines à vapeur, machines à air comprimé, machines à gaz.
- MARDI
- cours d’arithmétique et d’algèbre . par M. Cii. Lecreux
- Arithmétique
- Notions préliminaires, les quatre règles. —; Divisibilité. — Fractions. Système métrique. —: Rapports et proportions. —Règle de trois, d’intérêt, d’escompte.— Partages proportionnels de Société, de mélange, d’alliage, racine carrée.
- NOTIONS DE COMPTABILITÉ, ÉTABLISSEMENT
- d’un prix courant
- Algèbre
- Notions, les 4 règles, fractions. —Equation du 1er degré à une inconnue,— Equation à plusieurs inconnues. —Progressions.
- JEUDI ET SAMEDI
- COURS DE DESSIN PAR M. DeGOUET Géométrie
- Notions, tracés graphiques. — Méthode des projections. — Courbes usuelles. — Anématique. Lois de mouvement..
- Dessin cle machine
- Croquis, dessins d’après les croquis. —Différentes vues, coupes. — Dessins avec teintes.
- — Ombre.
- VENDREDI
- COURS DE LANGUE FRANÇAISE PAR M. DEBONNAIRE
- Grammaire
- . Les dix parties du discours. — Conjugaisons régulières et irrégulières.— Fonctions des mots dans la phrase. — Notions de syntaxe.
- Notions d’étymologie usuelle et de dérivation. — Dictées orthographiques et rédactions d’un genre simple. —• Lecture à haute voix (Vies des hommes célèbres).
- Siège de l’association philotechnique, rue Serpente, 24.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- I
- Nous avons eu l’occasion, au moment où le pays s’apprête à célébrer la grande date de 1889, centenaire de la liberté du monde entier, par une grande Exposition universelle, de passer en revue l’organisation de plusieurs grands services français : la poste aux lettres, le télégraphe, etc. Aujourd’hui nous nous proposons de faire une étude historique et familière sur le Journalisme français, dont les services sont si grands. La presse , en effet, est devenue depuis cinquante ans l’auxiliaire indispensable des grandes entreprises. Il ne paraît pas jusqu’à présent qu’elle ait usurpé le nom de « quatrième pouvoir de l’Etat » qui lui a été donné depuis longtemps. Il convient donc que le lecteur connaisse les débuts plus que modestes du journalisme, débuts qui ne datent nullement de l’imprimerie comme on serait porté à le croire.
- Bien des livres ont été écrits dans le but de raconter par le menu l’usage et le développement du journalisme chez les différents peuples civilisés. Malheureusement, ces livres sont bien gros. Aussi devrons-nous nous appliquer à n’en résumer que les parties les plus saillantes, celles qui sont absolument nécessaires à la connaissance des faits indispensables. Nous ferons, dans notre étude, une large place à l’anecdote ; car, à notre avis, — et sur ce point nous sommes d’accord avec Mérimée, — c’est par l’anecdote que l’on peut tout résumer : un siècle, une société comme, aussi une grande découverte. Mais il est une somme de faits historiques que nous ne pouvons passer sous silence puisque la presse, notamment la presse française, est intimement liée à l’histoire, à la politique et à la philosophie moderne. Les galettes, les revues, les journaux n’ont jamais renoncé, à aucune époque, au rôle de facteurs des grandes idées libérales, scientifiques et humanitaires. Il faut donc traiter la presse avec les égards qu’elle mérite et surtout la considérer, ainsi que nous le disions plus haut, comme un agent indispensable aux lettrés, aux commerçants, aux industriels et aux hommes d’Etat. C’est par la presse que les grandes idées se font jour, et c’est aussi par elle qu’il s’établit une union réelle entre le lecteur et l’ouvrier de la pensée. Que de retards la cause de la liberté n’aurait-elle pas subis sans la découverte de l’art typographique et l’usage des journaux!
- Aujourd’hui, le journal est devenu en Europe, comme dans le nouveau monde, un objet de première consommation. Selon l’admirable expression de Royer-Collard « le journal est une nécessité sociale plus encore qu’une institution politique. Nous ne pouvons plus nous en passer. » Tout en ayant l’air de plaisanter, Alfred de Vigny a exprimé plusieurs grandes vérités quand il a dit: « Le bour-« geois de Paris est un roi qui a, chaque matin, à « son lever, un complaisant, un flatteur qui lui « conte vingt histoires. Il n’est pas obligé de lui a offrir à déjeuner ; il le fait taire quand il veut et « lui rend la parole à son gré. Cet ami docile lui « plaît d’autant plus qu’il est le miroir de son âme, « et lui dit tous les jours son opinion en termes « un peu meilleurs qu’il ne l’eût exprimée lui-« même. Otez-lui cet ami, il lui semblera que le « monde s’arrête. Cet ami, ce miroir, cet oracle, « ce parasite peu dispendieux, c’est son journal. » Il est impossible de plaider la cause du journalisme en termes plus saisissants.
- Deux.très anciennes civilisations, les civilisations indienne et chinoise, ne nous ont rien montré qui ressemblât à l’essai embryonnaire d’un journalisme quelconque. L’Egypte, cette mystérieuse Egypte des Pharaons, est également silencieuse sur ce point important. Comment la pensée s’est-elle communiquée aux foules en dehors de la conversation et de la réunion au marché et sur la place publique ? La chose serait curieuse à étudier. Des Egyptiens, nous-passons aux Grecs, et nous voyons qu’au temps des républiques athénienne et Spartiate les idées politiques n’avaient qu’un moyen de se faire jour : la tribune de l’Agora.
- Les Grecs anciens, aussi bien ceux de Cécrops
- et de Pandion que ceux de Solon et de Periclès, n’ont donc pas connu le journalisme proprement dit. Mais comme ils sont les inventeurs de l’affiche, c’est-à-dire de l'information placardée sur les murs et dans les établissements publics, on peut dire qu’ils ont préparé les voies à Rome, où le journalisme a pris naissance. Le doute, aujourd’hui, n’est plus permis sur ce point.
- Si les hommes d’Etat de la vieille Athènes, si Démosthènes, dans sa lutte implacable contre Philippe, l’habile roi de Macédoine, n’ont point eu pour les aider les secours de la presse (ne nous trompons point sur l’expression toute particulière de ce mot), la Rome des rois, de la République et des empereurs a connu le journalisme et en a habilement profité. La presse, telle que nous la comprenons auj ourd’hui, est née dans les premières années du xvne siècle. Mais elle était en germe chez le peuple-roi. Fort peu de temps après la fondation de Rome, après que l’on eût décrété une administration civile, le grand pontife prit l’habitude de recueillir, à la fin de chaque année, tous les actes importants de l’histoire du peuple romain. On donna le nom d’Annales à ces recueils. Ils figuraient, dans la maison du grand-pontife, sur une table, de pierre blanche, et''tous les citoyens libres étaient admis à les consulter. Ne pourrait-on pas voir là, en même temps que le germe du journal, le point de départ des bibliothèques publiques ?
- Mais les Annales de Rome ne possédaient qu’un cadre restreint. Elles s’en tenaient pour ainsi dire exclusivement aux grands événements de la religion et de l’histoire. Un peuple remuant, curieux, bavard et passionné comme le peuple romain exigeait quelque chose.de plus. Sous la République consulaire, un véritable recueil périodique fut créé. Il s’appelait Acta diurna, — expression qui équivaut à ce que nous nommons Faits dujour, dans la presse de Paris. Les Annales furent conservées,. mais en se renfermant de plus en plus dans la religion. Quant aux Acta diurna,leur succès fut prodigieux. Ils s’occupaient de tout : de la politique, des choses domestiques et, à côté des nouvelles de l’armée, ils apprenaient au curieux, à l’oisif, au désœuvré que tel cabaret avait été incendié dans le quartier de Suburre et que tel pont était en réparation. Comme les livres de l’ancienne Rome, les Acta diurna consistaient en un rouleau de parchemin maintenu par un fil de laiton. Aux bains, chez le coiffeur (tonsor, comme dit Horace) le Romain déployait son rouleau, prenait connaissance des nouvelles ; puis le soir, en présence de sa femme et de ses enfants, il commentait les nouvelles. Sous Térence et Lucrèce, le premier journal qu’ait eu le monde ne paraissait qu’irréguliè" rement. Mais nous voyons, par une citation de Suétone extraite des Duodecim Cœsares, que la publication des Acta diurna devint quotidienne à partir de la dictature de Jules César.
- Sous Juvénal, la feuille latine avait acquis une importance considérable. La presse était fondée avant la typographie.
- T. M.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 7 mars 1886).
- Les exigences du public n’ont fait que s’accroître pendant que les difficultés s’augmentaient pour arriver à y répondre. Des réglementations de police ont régi l’installation des salles de spectacle dont la construction est subordonnée à l’exiguité des emplacements. D’où, problèmes délicats, généralement mal résolus. Au point de vue administratif, des embarras sans nombre surgissent. Le coût excessif des propriétés de théâtres, les frais énormes des représentations, le prix dont on paye les comédiens ont conduit à une surélévation du tarif des places à laquelle se refuse le public. Nous croyons donc qu’il ne saurait être trop utile d’examiner successivement toutes les conditions de fonctionnement des entreprises dramatiques de mettre en lumière tous les éléments divers de cette question si intéressante, la question des théâtres.
- Les travaux des archéologues ont permis d’arriver à la reconstitution exacte de la scène antique. Les grandes différences qu’on peut remarquer entre son mode d’installation et celui qu’a adopté le théâtre moderne, résultent principalement de ce fait que les représentations étaient données de jour et à ciel ouvert. La scène était d’une grande largeur pour correspondre aux dimensions "considérables de l’hémicycle destiné à contenir une foule immense de spectateurs. Elle était relativement peu profonde afin de ne pas éloigner les acteurs du public. Ceux-ci ne se trouvant d’ailleurs qu’un petit nombre à la fois en scène n’avaient pas besoin d’un large espace pour leurs évolutions. Les masses du chœur demeuraient presque constamment dans l’orchestre (orchestra), espace demi-circulaire qui s’étendait du mur de la scène {pul-
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- q6. — Deuxième Année. — N° 64.
- pitum) aux gradins inférieurs du théâtre. Le pulpitum exhaussait la scène proprement dite (proscenium) de quelques pieds au-dessus de 1 orchestre. Au milieu de l’orchestre, mais plus rapproché du pulpitum que des gradins, s elevait le thymélé, autel de Bacchus, affecte a divers usages selon le caractère des représentations. Le sol de l’orchestre était planchéie. G était la que le chœur évoluait, chantait et dansait tandis que les loueurs de lyre et de flûte se tenaient aux extrémités du pulpitum. Quand le chœur devait se mêler directement à l’action, il montait sur le proscenium par eux escaliers latéraux. Les Romains n’employant pas le chœur dans leurs pièces, chez eux l’orchestre devint la place réservée aux sénateurs. Le rideau, au lieu d’être levé comme chez nous, descendait, pour la représentation, entre le vulpitum et un contre-mur et s enroulait sous le proscenium autour d’une sorte.de grand cylindre. Le sol du proscenium, en bois comme celui de l’orchestre, était muni de trappes 5 dessous était ménagé un espace pour le jeu des machines. Le fond du théâtre était fermé par .un grand mur (scena), d’une construction architecturale ornementée et percé de trois portes : la porte du milieu appelée royale, les deux autres hospitales. A la scena se raccordaient deux murs en retour (varas-cenia) qui fermaient les côtés du théâtre et étaient percés de grandes baies donnant accès aux pemacti (les coulisses). Enfin, derrière la scena s étendait le postscenium où les acteurs attendaient leur toui d’entrer en scène. . .
- Primitivement, toutes les pièces se jouaient dans le cadre invariable formé par cette construction , mais bientôt on fut amené à faire usage des décorations, en rapport avec les lieux où était censee se passer l’action-. Au début on en eut trois, une pour la scène tragique, une pour la scène comique, une pour la scène champêtre, puis on en imagina nombre d’autres appropriées aux divers besoins.
- Ces décors consistaient en châssis peints disposés comme nos portants de coulisses. On masqua la scena avec d’autres pièces de décorations analogues à nos fermes et, par les baies de la scena, on aperçut des toiles de fond installées dans le postscenium.
- Il y a d’ailleurs tout lieu de croire que les procédés de machinerie employés par les Grecs et les Romains ressemblaient beaucoup à ceux dont nous nous servons aujourd’hui ; du moins, en juge-t-on ainsi par les relations de représentations théâtrales et les quelques exposés de détails techniques rencontrés dans les écrits des anciens..
- Pour rencontrer en France la scène ingénieusement disposée et offrant à la représentation dramatique les ressources qu’elle possédait chez les anciens, il faut aller jusqu au commencement du xvne siècle. ^ .
- Les procédés d’illusion scénique employés jusqu’au xvi0 siècle étaient nuis ou d’une. extrême naïveté. Quand les confrères de la Passion émigrèrent de l’hôpital de la Trinité pour se fixer à fiHôtel de Flandre en 1 540, quelques tentatives de décoration raisonnée commencèrent à se .manifester. En 1548, les confrères de la Passion se transportèrent à l’Hôtel de Bourgogne et ils cédèrent leur salle peu de temps après à une troupe de comédiens qui obtint un privilège pour donner des représentations suivies.
- Léon Gandillot.
- {A suivre.)
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- LES LIVRES
- L
- Karamzine. Voyage en France (7 789-1790), traduit du russe et annoté, par A. Legrelle. — Le Volga, notes sur la Russie, par le même. — 2 vol. in-18, Hachette et Cie, libraires-éditeurs.
- Nous étant longtemps occupé et nous occupant encore d’étudier la Révolution dans son histoire intime, familière, morale, plus encore que dans son histoire politique, nous attachons naturellement un grand prix, nous trouvons un grand attrait aux relations des voyageurs en France pendant la fin du xvme siècle. Nous nous souvenions d’avoir lu jadis avec plaisir dans une édition donnée par M. de Porochine, qui avait publié avec nous, le Journal inédit sur la cour de Louis XVI, correspondance d’un nouvelliste mondain trouvée à la bibliothèque de St-Pétersbourg, les lettres du grand historien national russe, Nicolas Karamzine, écrites pendant son voyage et son séjour en France pendant les années 1789-1790. Après seize ans, nous avons l’occasion de recommencer cette lecture dans une nouvelle édition de ces lettres de Karamzine,. de beaucoup supérieure à la première, plus complète, mieux ordonnée, éclairée de notes précises par un^érudit qui connaît à merveille la langue et la littérature de la Russie qu’il a visitée trois fois.^ D’où vient que notre impression n’est plus la même, que nous trouvons beaucoup moins piquante la saveur de ces confidences épistolaires quu nous avait été, peut-être grâce à la surprise, plus encore qu’à la nouveauté, jadis si agréable?
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Aujourd’hui, en dehors de quelques rares tableaux de mœurs et de société qui donnent dans un ton assez vif et sous un jour assez juste, l’idée du Paris de 1790, nous voyons surtout dans les lettres du jeune voyageur russe (il avait vingt-trois ou vingt-quatre ans alors), un travail plus artificiel que naturel, une sorte de pastiche ou plutôt d’imitation du Voyage sentimental de Sterne, et des Lettres sur l’Italie de Dupaty, où l’influence de Jean-Jacques Rousseau et de Shakespeare se mêlant à doses presque égales, produisent une affectation de sentiment, une exaltation philanthropique et humanitaire, une tendance aux digressions oratoires, déclamatoires, lacrymatoires qui amusent un moment par ce qu’elles ont de naïf et de spontané, qui agacent et énervent ensuite par ce qu’elles ont évidemment de fictif, de conventionnel, de voulu.
- Nous ne méconnaissons pas, ces reproches portant sur l’esprit général et un peu monotone de ces lettres une fois faits, l’intérêt qui s’attache aux impressions d’un voyageur tel que Karamzine sur les lieux et les hommes, les .idées et les mœurs en France en 1790, bien que son observation soit peu pénétrante et son jugement incertain, comme il faut s’y attendre d’un étranger de 24 ans, jeté en pleine inexpérience au milieu des problèmes et des mystères de cette première année de notre révolution qui déconcertent encore des juges autrement préparés et autorisés que lui. Mais nous ne mettons pas, comme valeur de témoignage, comme importance de déposition, ces lettres de Karamzine au niveau de celles d’Horace Walpole sur ses cinq séjours à Paris, pendant la seconde moitié du siècle, ni du Journal d’Arthur Young. Karamzine appartient à la race des voyageurs plus littérateurs, plus fantaisistes, plus artistes qu’observateurs et philosophes. Il voyage plus préoccupé de l’effet qu’il ressent de la vue des hommes et des choses que de la cause qui leproduit. Il faut lui demander des impressions beaucoup plus que des jugements, des variations sur des thèmes connus, plus que des thèmes nouveaux.
- Il a trop écouté de gens, il s’est trop écouté lui-même, il a trop pioché son sujet dans les livres spéciaux pour avoir le temps de faire beaucoup d’observations personnelles, de méditer beaucoup de jugements originaux. Nous avons la conviction que ses lettres ont été revues par lui avec soin avant d’être imprimées dans le Journal de Moscou qu’il venait de fonder. Ce qu’il y a de plus curieux dans ces Lettres, ce sont les tableaux de mœurs et de société dont quelques-uns sont caractéristiques. Là encore, il y a eu sans doute, après coup, des arrangements, des retouches, car il est impossible de reconnaître, même avec beaucoup d’efforts et de recherches, les originaux des portraits dont Karamzine dissimule sous des initiales trop discrètes, le nom qu’il lui eut été, sans doute, difficile de donner parce que ses personnages ont plus la ressemblance typique, abstraite, que la ressemblance réelle.
- Il y a pour les voyages comme pour tous les plaisirs d’esprit et tous les genres littéraires des modes successives et parfois contradictoires. Le goût du public, aux divers moments d’un siècle, varie souvent et il y a aussi dans le grand public, qui donne le branle au goût, diverses classes de public. C’est pour le grand public ou pour les publics particuliers qui le divisent qu’ont été écrits, par exemple, les Voyages spirituels, galants et précieux dont le président des Brosses et le président Dupaty ont fourni les types et les modèles, les voyages politiques, à la façon de Goxe et Mirabeau, les voyages humouristirues à la façon de Simond, qui appelait le Jugement dernier de Michel-Ange: un pudding de ressuscités et à la façon de de l’Angle, dans son fameux voyage en Espagne, il y a enfin les voyages critiques et littéraires comme ceux d’Ampère, les voyages pittoresques comme ceux de Théophile Gautier. Il y a enfin les voyages de lettrés, qui sont aussi des gens d’affaires et des gens du monde, qui s’intéressent à tout ce qui est littéraire, artistique, humain, sans prétendre lutter de verve avec un Alexandre Dumas, ou de magie de style avec un coloriste comme Théophile Gauthier. Le Volga, Notes sur la Russie, de M. Legrelle, est un de ces livres aussi instructifs qu’agréables où l’on se plaît en augmentant la somme cle ses connaissances sur un pays de tout temps mais surtout aujourd’hui sympathique à la France, dont la littérature de roman est, en ce moment, après la nôtre, la première de l’Europe luttant sans inégalité avec l’Angleterre (Gogol, Tourguenef, Tolstoï, Dostoyewski valent bien Dickens, El.iott, Thackeray, Collins) et dont la barbarie s’est, il y a bientôt deux siècles, si bien frottée à notre civilisation qu’on peut dire que les Russes sont les Français du Nord. Nous avons corné plus d’une page''contenant un tableau bien enlevé ou une notion intéressante dans ce voyage sur le Volga, de Trévére à Astrakan. Il y a là sur Moscou, le Kremlin, lafoire de Nidjni-Novogorod,l'université de Kasan, les types, les mœurs, les aspirations de la Russie moscovite et orientale, des pages pleines de charmes et de profit pour le lecteur. Nous retrouverons bientôt M. Legrelle avec son œuvre capitale : Louis XIV et Strasbourg, essai sur la politique de la France en Alsace , victorieuse riposte d’une érudition patriotique au pédantisme et au casuisme des dissertateurs alle-
- Dimanche 21 Mars 1886.
- mands. Mais c’est un trop gros et un trop bon morceau pour que nous ne consacrions pas un article à part à la dissection et à la dégustation de ce substantiel et pourtant très agréable ouvrage.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre de la Monnaie (Bruxelles). — Saint-Mégrin, opéra-
- comique en quatre actes et cinq tableaux, paroles de MM. Du-
- breuil et Adenis, musique de MM. Hillermacher.
- Théâtre du Gymnase. — Fromont jeune et Risler ainé, pièce
- en cinq actes, de MM. Daudet et Belot. (Reprise.)
- A quoi bon répéter qu’il est honteux de voir un pays, qui a la prétention de marcher en tête de la civilisation, incapable d’offrir un débouché à la production artistique nationale. Cet exemple de compositeurs français, obligés d’aller chercher à l’étranger un théâtre où ils puissent être représentés, n’est malheureusement pas nouveau. Il est douloureux pour l’orgueil patriotique de reconnaître que nous devenons peu à peu un peuple de barbares, perdant le soucï de toutes ces nobles manifestations de l’esprit et de l’art, qui ont fait jusqu’ici la gloire de la France. Toutes les préoccupations artistiques s.e sont réunies dans ces derniers temps en cette fameuse discussion de savoir s’il fallait applaudir ou siffler Wagner de parti pris et pendant ce temps-là, nos musiciens vont porter à .Bruxelles des ouvrages de la valeur de Saint-Mégrin, dédaignés ou méconnus à Paris.
- L’opéra-comique de MM. Dubreuil et Adenis (si tant est qu’il faut nécessairement se servir de la désignation traditionnelle d’opéra-comique pour un ouvrage musical comportant des parlés) est tiré du célèbre drame d’Alexandre Dumas, Henri III et sa cour. La pièce suit de près celle de Dumas. Le livret est extrêmement bien arrangé et coupé de façon à se prêter aux situations musicales. Quant à la partition, elle a obtenu un éclatant succès. On connaissait déjà la science d’orchestration des deux compositeurs ; mais la richesse d’imagination mélodique dont ils ont fait preuve dans tout leur ouvrage a été une véritable révélation. Les auteurs se sont manifestés , de plus, grands artistes, par le sentiment qu’ils ont su imprimer à leur partition dontffa musique s’adapte en touspoints.de la manière la plus dramatique et la plus ingénieuse au poème.
- Nous citerons comme morceaux les plus applaudis, le duo du ier acte entre la duchesse de Guise et Saint-Mégrin, l’entr’acte du second acte., la sarabande, la chanson de Joyeuse, le duo final du 3e acte, le divertissement du 4e acte et la grande scène final entre Saint-Mégrin et la duchesse de Guise. La fameuse scène dans laquelle le duc de Guise broyé de son gantelet de fer le poignet de la duchesse pour la forcer à écrire à Saint-Mégrin le billet qui doit le conduire dans un guet-apens, a été magistralement rendue et a inspiré à MM. Hil-lemacher un effet dramatique des plus puissants.
- On a fait une ovation aux auteurs à la fin de la représentation. L’interprétation était remarquable. MUe Mepray, à laquelle il n’a manqué qu’un peu d’énergie au dernier acte pour être tout à fait admirable, a fait une création très intéressante de la duchesse de Guise. Mlie Wolff a été charmante. MM. Furot, Boyer et Renaud ont chanté sans la moindre défaillance des rôles difficiles dans lesquels ils se sont montrés encore comédiens parfaits. Mme Barbot et MM. Nerval et Devriès ont rempli d’une très satisfaisante manière les rôles secondaires.
- On a repris au Gymnase le drame tiré du fameux roman d’Alphonse Daudet, Fromont jeune et Risler aîné. Il est à remarquer que le public, tout en acceptant de fort bonne grâce les crimes et les forfaits les plus vraisemblables inspirés par les dramaturges à leurs héros, se révolte généralement devant l’amertume qui résulte de situations trop cruellement vraies. En cette raison les auteurs ont voulu édulcorer quelque peu leur pièce et rendre moins odieux et pervers le rôle principal de Si-donie. De là quelques remaniements qui ont rendu cette reprise légèrement différente de la représentation primitive de l’ouvrage. On a applaudi à beaucoup de passages et de scènes du drame ; mais le succès général n’a pas été très franc.
- La pièce est convenablement interprétée par Mmes Rosa Bruck, Malvau, Grivot, MM. Landrol, Damala et Romain. M. Lagrange, chargé du rôle fameux du comédien Delobelle, a su donner à son personnage un type extrêmement réussi.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Ci8, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : i<9, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 28 Mars 1886. NUMÉRO 65.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889; 2. L’Exposition de 1889 et le Conseil municipal ; 3. L’Italie et l’Exposition de 1889 ; 4. L’Exposition du « Blanc et Noir » ; 5. Echos ; 6. Les Musées commerciaux ;
- " 7. Exposition internationale des sciences et des arts industriels en 1886 ; 8. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 9. Les Livres ; 10. Avis commerciaux ; u. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Le programme du concours qui sera ouvert entre les architectes français, pour la construction du palais de l’Exposition, n’est pas encore publié ; mais les comptes rendus des différentes entrevues qui ont eu lieu entre le ministre du commerce et les différentes commissions spéciales nous ont fait connaître les grandes lignes de ce programme.
- Les éléments nous ont semblé avoir été puisés en grande partie dans le projet soumis à la commission d’organisation par M. Paul Fouquiau, architecte à Paris, au mois de novembre 1884.
- Nous publions aujourd’hui le plan d’ensemble de ce projet, ainsi qu’un extrait du mémoire qui y était annexé.
- EXTRAIT DU MÉMOIRE
- annexé au projet de M. Paul Fouquiau
- Emplacement.
- L’Exposition serait construite sur le Champ -de-Mars, sur le quai et sur l’esplanade des Invalides.
- Elle comprendrait : le palais de l’Industrie relié à l’esplanade des Invalides par un pont jeté sur la Seine et le palais du Trocadéro rélié au Champ-de-Mars par le pont d’Iéna agrandi.
- L’esplanade des Invalides étant également reliée au Champ-de-Mars par une voie sur colonnes longeant l’avenue de la Motte-Piquet.
- Le choix de cet emplacement réunit les principales conditions indispensables pôur la réussite d’une grande Exposition, c’est-à-dire :
- i° Emplacement dans le plus près possible du centre ;
- 2° Moyens de communication les plus nombreux et les plus variés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Exposition ;
- 3° Bonne division des objets exposés.
- DESCRIPTION GÉNÉRALE DU PROJET
- _ L’Exposition se diviserait en cinq grandes sections bien distinctes:
- i° L’industrie et le commerce au Champ-de-Mars ;
- 2° Le Génie civil et militaire sur le quai d’Orsay ;
- 3° Les arts décoratifs à l’esplanade des Invalides ;
- 4° Les beaux-arts modernes au palais de l’Industrie ;
- 5° Les arts et le travail rétrospectifs au palais -du Trocadéro,
- _ L’ensemble des terrains occupés par l’Exposition serait de 90 hectares environ.
- La surface couverte serait de 45 hectares environ, elle pourrait être portée au besoin à 5o hectares.
- Le palais dp Champ-de-Mars serait divisé en trois grandes sections perpendiculaires à la Seine.
- Ces sections formant ensemble cinq grandes galeries et seize petites galeries seraient divisées parallèlement à la Seine.
- Les différents pays occuperaient des sections
- parallèles à la Seine et toutes les classes seraient rangées perpendiculairement de façon qu’en marchant parallèlement au fleuve le visiteur se trouverait de gauche à droite dans le même pays et en marchant perpendiculairement il visitera les mêmes objets dans les différents pays.
- DESCRIPTION DÉTAILLÉE
- i° Exposition industrielle et commerciale au Champ-de-Mars
- Le palais à construire sur le Champ-de-Mars pourrait avoir 700 mètres de long sur une largeur de 35o mètres, soit une surface de 2 5 hectares 5o ares.
- Il comprendrait 3 grandes sections bien distinctes, perpendiculaires à la Seine.
- i° La section du milieu renfermerait les grandes machines mues par la vapeur ; de chaque côté se trouveraient deux galeries parallèles contenant le travail manuel où les machines en activité, les outils et machines à fabriquer en général et les matières brutes et chimiques travaillées par les machines.
- Ces trois grandes galeries formeraient un ensemble séparé des autres sections par des jardins dans lesquels se trouveraient les générateurs.
- 20 La section de gauche comprendrait 10 petites galeries et une autre grande galerie longeant le côté du Champ-de-Mars vers la ville.
- Cette section contiendrait tout ce qui a rapport à la science pure ou appliquée, tels que :
- Instruction publique, instruments d’arpentage, de géométrie, de marine, d’astronomie, de chirurgie et aussi la photographie, l’horlogerie, les livres de science et l’imprimerie, les instruments de musique, etc.
- 3Ü La section de droite semblable à celle de gauche, contiendrait tout ce qui concerne l’habillement*, les cotons, les lins et chanvres, les soies' et velours, les étoffes tissées, effilées, feutrées, imprimées et teintes, les vêtements, la chapellerie, les cuirs, maroquinerie, chaussures, les objets de voyage, la carrosserie.
- Sur les,deux côtés et en arrière du palais, du côté de l’École militaire, il existerait un espace de 5om de largeur occupé par les routes, les chemins de fer, les tramways ainsi que des annexes pour différents pays aux expositions particulières. La surface de cette partie serait de 9 hectares 25 ares.
- Au devant du palais jusqu’à la Seine se trouverait un espace de 35o mètres de largeur sur 280 mètres de longueur soit une surface de 9 hectares 80 ares.
- Le Champ-de-Mars serait relié au Trocadéro parle pont actuel agrandi.
- De l’autre côté de la Seine jusqu’à l’avenue d’Iéna les jardins du Trocadéro occupent un emplacement de 140 mètres de largeur sur 450 mètres de long, soit une surface de 5 hectares environ.
- Dans ces jardins et emplacements se trouveraient l’horticulture, les serres avec tous les objets de jardinage, les forêts, les plantes de colonies, les phares, les aquariums, la marine marchande et différents grands établissements industriels.
- Sur la berge du quai, au-devant, seraient exposés les objets se rattachant à la marine, l’art nautique et le sauvetage.
- Dans cette partie de l’Exposition ainsi que dans les jardins entourant le palais du Champ-de-Mars seront installés des restaurants et des cafés.
- Cette partie ds l’Exposition industrielle et commerciale proprement dits occupent donc :
- i° Le palais.................24 h. 5
- 20 Les 3 côtés...............9 h. 2 5
- 3° Le devant.................14 h. 5o________
- Soit environ. .... 48 h. 5o ares,
- ou 482,5oora2.
- 20 Le Génie civil et militaire
- Le quai d’Orsay a i,35o mètres de longet 90 mètres de large, soit une surface de 12 hectares 5o ares environ ou 125,000 mètres carrés.
- Deux grandes galeries parallèles à la Seine se-
- raient établies à 6 mètres de hauteur au-dessus de la chaussée, de façon à ne pas entraver la circulation.
- Dans ces galeries et dans les cours au niveau de la chaussée se trouveraient :
- Les ponts et chaussées, les chemins de fer, les routes, les- signaux, les machines de locomotion, etc.
- Les pompes à incendie et ustensiles de secours.
- L’art militaire, les travaux de génie, l’armement, le cantonnement, l’exposition de la Croix-Rouge, etc.
- Les différents pays occuperaient des zones parallèles semblables à celles du Champ-de-Mars.
- 3° Les Arts décoratifs
- Sur l’esplanade des Invalides pourrait être élevé un palais perpendiculaire à la Seine.
- Au milieu, trois grandes galeries et, de chaque côté, séparées par de petits jardins, deux doubles galeries parallèles aux premières. Toutes ces galeries seraient subdivisées transversalement en grands salons carrés et petits salons rectangulaires éclairés en partie par le haut et en partie sur les côtés.
- Ce bâtiment aurait 4 mètres de long sur 125 mètres de large, soit une surface de 5 hectares.
- Il serait réparti entre les différents pays par zones parallèles à la Seine.
- Ce palais est destiné à contenir tous les objets de luxe, de nécessité et de confort avec lequel les différents peuples ornent et bâtissent leurs habitations.
- Il comprendra donc :
- Les faïences, porcelaines, poteries.
- L’ameublement.
- Les tapisseries et tentures.
- La verrerie et les vitraux.
- L’orfèvrerie.
- La bijouterie.
- Les matériaux.
- Les façades extérieures latérales de ce bâtiment rappelleront les styles ou type d’habitation de tous les pays.
- De chaque côté du palais, sous le quinconce, il resterait un espace de 6 mètres de large de chaque côté et de 450 mètres de long, soit une surface d’ensemble de 5 hectares 40 ares.
- Sur cet espace seraient installées différentes expositions particulières, des buvettes, des restaurants et des concerts, etc.
- Cette partie de VExposition ainsi 'que le palais seraient éclairés à la lumière électrique le soir et resteraient accessibles au public.
- La surface totale de cette partie de l’Exposition serait de 10 hectares 40 ares.
- 4a Les Beaux-Arts
- L’Exposition des beaux-arts modernes serait contenue dans le palais de l’Industrie existant, le pavillon de la ville de Paris et l’espace de terrain se trouvant entre le palais[de l’Industrie et le Cours-la-Reine.
- Le palais de l’Industrie serait relié au Champ-de-Mars par un pont à deux étages.
- Le premier étage au niveau du quai actuel rendrait plus facile l’accès de l’Exposition et dégagerait le pont de la Concorde et le pont d’Iéna.
- Le second étage permettrait de passer du palais de l’Industrie dans celui du Champ-de-Mars sans quitter l’Exposition et sans gêner la circulation sur le Cours-la-Reine et sur le quai d’Orsay.
- 5° Les Arts rétrospectifs
- Les arts rétrospectifs seraient installés dans le palais du Trocadéro. Ils seraient contenus dans les salles restant libres et dans la galerie donnant sur la Seine, laquelle galerie devra être vitrée et partagée en salles.
- VOIE AÉRIENNE
- Le Champ-de-Mars serait relié à l’esplanade des Invalides par une voie établie dans l’avenue de la Motte-Piquet ; elle aurait 700 m. de long et serait
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- q8. — Deuxième Année. — N° 65.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Mars 1886.
- élevée à 6 m. du sol; sur cette voie passeraient les tramways électriques, et au milieu, une galerie couverte pour les piétons.
- RÉSUMÉ DES SURFACES
- i° Exposition industrielle.............5c h. 65
- 20 Génie civil.........................12 h. 5o '
- 3° Arts décoratifs........... . 10 h. 40'
- 40 Beaux-Arts...........................6 h. 60
- 5° Arts rétrospectifs...................9 h. 00
- Ensemble...........90 h. 75,
- Dont 45 hect. surface couverte.
- CIRCULATION EXTÉRIEURE
- La circulation extérieure ne sera nulle part interrompue, elle comprendrait donc tous les moyens actuels.
- La Seine.
- Le chemin de fer.
- Les tramways.
- Les omnibus.
- Les voitures.
- CIRCULATION INTÉRIEURE
- La circulation intérieure serait assurée au moyen d’un tramway électrique circulaire élevé sur colonnes à 6 mètres de hauteur.
- Ce tramway partirait de la place de la Concorde, passerait à niveau du 20 étage du pont et à niveau des galeries longeant le quai d’Orsay, traverserait les jardins de l’esplanade des Invalides, rejoindrait la voie de l’avenue de la Motte-Piquet entrerait au Champ-de-Mars dans le palais, traverserait les jardins, aboutirait au Trocadéro puis reviendrait à son point de départ.
- Il ne gênerait en aucune façon la circulation ni intérieure, ni extérieure.
- SERVICES ANNEXES
- Les caisses, les services divers, l’octroi, les eaux, les ambulances, le gaz, etc., seraient installés sous la partie des galeries couvertes du quai d’Orsay qui seraient ainsi utilisées.
- VOIES ET MOYENS POUR LA CONSTRUCTION
- Le palais du Champ-de-Mars et celui du Trocadéro seraient étudiés de façon à employer le plus possible des matériaux usuels du commerce pouvant servir après la démolition des palais.
- L’adjudication des travaux comprendrait donc pour la plus grande partie des marchés de location DE MATÉRIAUX.
- Il en résulterait une économie notable dans le prix de revient.
- En effet les.devis de l’Exposition de 1878 arri-
- vaient aux chiffres suivants :
- i° Palais du Trocadéro........ 8.5oo.ooo fr.
- 20 Palais du Champ-de-Mars... 2i.85o.ooo 3° Divers.................... 4.000.000
- Total.......... 35 . 000.000 fr.
- La dépense a été de 48.000.000 soit une augmentation de 33 °/0.
- Le Champ-de-Mars seul a donc coûté environ 28.000.000 fr.
- La surface couverte était de 24 hectares, soit une dépense de 120 fr. par mètre superficiel.
- La revente des matériaux a produit une somme de 3.000.000, soit 12 fr. du mètre, ce qui ramène le prix du mètre dépensé ou perdu à 108 fr.
- En 1889, la surface occupée par le palais du Champ-de-Mars, les( annexes et l’esplanade des Invalides étant de 40'hectares environ, la dépense serait donc à 108 fr. le mètre de. 43.200.000 fr.
- Les annexes, les ponts, l’aména-gement des palais du Trocadéro et de l’Industrie coûteraient environ. 5.000.000 fr.
- La dépense serait donc de.. 48.200.000 fr.
- Cependant les matériaux étant un peu moins cher qu’en 1878, on pourrait réduire la dépense à 45.000.000 fr.
- En louant les matériaux, on obtiendrait les prix suivants :
- Surface couverte :
- 40 hectares à 5o fr. le mètre... 20.000.000 Annexes et divers :
- Même estimation que ci-dessus. 5.000.000 fr.
- Total......... ... 25.000.000 fr.
- Soit une économie de 20 millions.
- *
- L’auteur du projet, appelé devant la Commission, s’était mis à la disposition de M. Rou-vier, alors ministre du commerce, pour lui fournir tous les documents nécessaires afin de justifier le chiffre de dépenses qu’il indiquait, et qui nous paraît de nature à intéresser, au plus haut point, les finances du pays.
- En effet, si ce chiffre de 25,000,000 de francs était justifié, il 11 y aurait pas lieu à avoir recours à une société de garantie. Les 8,000,000 de francs de 1 Etat seraient presque suffisants
- pour couvrir les dépenses, et l’Exposition, d’après les prévisions, pourrait être faite sans déficit.
- Le projet de M. Fouquiau, on a pu s’en convaincre en lisant l’extrait de son rapport, a été consciencieusement étudié. La classification générale est des mieux comprises ; les communications seraient assurées d’une manière fort simple entre les différentes parties de l’exposition, grâce à ce tramway dont on suivra le tracé dans le plan que nous donnons dans ce numéro.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Voici quelques renseignements complémentaires au sujet des négociations engagées entre la ville de Paris et l’Etat pour l’aliénation des terrains du Champ-de-Mars. On se souvient que la ville avait estimé le terrain pour lotissements à 10 hectares 75 ares 90 centiares ; dans un premier projet cette surface se trouvait même réduite à 74,000 m. q. L’administration des Domaines, se fondant sur la nécessité où elle se trouverait de remplacer pour l’autorité militaire le Champ-de-Mars par un nouveau champ de manœuvres de 40 hectares environ, croit indispensable que le produit de l’aliénation procure au Trésor une ressource au moins égale à la dépense qu’entraînera ce remplacement.
- Or, d’après le projet de l’Exposition, la partie nord du Champ-de-Mars (117,000 mètres contigus au parc de la Ville) doit former l’emplacement de deux palais permanents et d’une esplanade intermédiaire. Il ne reste donc comme susceptible d’aliénation que la partie sud entre l’Ecole militaire et l’emplacement de ces palais, d’une contenance de 22 hectares environ. Ces 22 hectares pourraient être cédés en toute propriété à la ville de Paris, moyennant un prix et dans des conditions convenus. Pour déterminer ces conditions, il y aurait lieu d’abord de s’entendre sur le mode de lotissement qui doit servir de base aux évaluations. La ville de Paris propose un plan d’après lequel la contenance des terrains à aliéner serait réduite à 74,000 mètres. Le Domaine estime qu’au point de vue .financier, ce projet doit être modifié et que l’estimation doit porter sur une contenance plus grande. Il serait, ce semble, possible de s’entendre à cet égard, puisque la ville, dans un deuxième projet a déjà augmenté cette surface aliénable d’environ 3 hectares 35 ares 90 centiares.
- Une fois le mode de lotissement, qui doit servir de base aux évaluations, adopté, il serait procédé, tant par la ville que par le Domaine, à la fixation du prix de l’ensemble des 22 hectares disponibles. La fixation de ce prix doit être faite avant toute convention. Les règles de la législation domaniale ne permettent pas à l’Etat de s’engager sans être fixé sur la valeur de l’objet cédé et sur l’importance des ressources que la cession doit lui procurer. Cette expertise pourrait être conduite assez rapidement. L’opération ainsi faite déterminerait le prix que la ville doit payer et que .l’Etat doit recevoir pour les 22 hectares du Champ-de-Mars désaffecté. Mais, comme la désaffectation n’est consentie par le service delà guerre qu’à la condition expresse de l’acquisition en son nom d’un champ de manœuvres, de 40 hectares situés sur emplacement désigné, il y aurait lieu de préparer simultanément cette seconde partie de la convention.
- A cet effet, la ville et le domaine feraient procéder à l’expertise des terrains nécessaires à ce champ de manœuvres. Les experts détermineraient la valeur du sol et l’importance des dépenses nécessaires à son expropriation. Quand ce chiffre serait connu, on verrait si le prix de la cession du Champ-de-Mars à la ville est égal ou supérieur au prix d’achat et d’appropriation du nouveau terrain de manœuvres. L’Etat proposerait dans cette hypothèse, que, pour simplifier l’opération, la ville fût chargée de faire elle-même les expropriations du nouveau champ de manœuvres, à la charge, par l’Etat, de lui verser une somme égale à l’estimation contradictoire adoptée par les experts. La dépense à la charge du Trésor, ainsi fixée à forfait, se compenserait à due concurrence avec le prix dû à l’Etat pour la cession de l’ancien Champ-de-Mars. L’opération reviendrait, en définitive, à ceci, que la ville, après s’être assuré la propriété des terrains nouveaux, échangerait ces terrains contre les terrains de.l’ancien champ de manœuvres, suivant les estimations faites à l’avance et sauf règlement des soultes.
- . Le service de la guerre, comme nous l’avons dit, n’adopterait aucune combinaison lui faisant courir le^ risque de payer une soulte quelconque pour l’établissement de son nouveau champ de manœuvres.
- Au moment où le gouvernement éprouve tant de difficultés à s’assurer le concours d’une société de garantie raisonnable et qui n’élève pas . des pré-
- tentions de nature à empêcher tout contrat avec elle, il n’est pas sans intérêt de connaître l’opinion du Conseil municipal à cet égard.
- Il serait complètement illogique , disent en résumé MM. Monteil et Lyon-Alemand dans leur projet de rapport, de placer la société de garantie sur le même pied que l’Etat ou la Ville. En effet, l’Etat et la Ville donnent leur argent; ils n’ont que peu ou point de chances d’un remboursement, même partiel, sur les recettes de l’Exposition, tandis que la société de garantie ne court aucune chance de perte, qu’elle consent simplement une avance.à l’Etat. La société de garantie est ainsi nommée parce qu’elle garantit la recette jusqu’à concurrence d’un chiffre déterminé ; mais elle se rembourse d’abord,, et il faudrait, pour qu’elle perdît quelque petite somme, que les recettes de l’Exposition n’atteignissent pas vingt millions ; or, les recettes sont en progression à chaque Exposition et elles ont chaque fois dépassé ce chiffre. Le capital de garantie a toujours été remboursé. En 1867, on lui donna meme onze pour cent de dividende, grâce à la savante administration de Le Play, et encore les souscripteurs n’avaient-ils rien versé ou presque rien ; le souscripteur, pour cent mille francs, par exemple, avait versé deux mille francs et touchait onze mille francs.
- Si l’on suppose que la Société de garantie, qui sera formée pour 1889, garantit 19 millions, elle ne versera pas ces 19 millions. Elle ne versera rien. Elle attendra les recettes. Si celles-ci sont de 12 millions seulement, alors elle interviendra pour payer la différence entre 12 et 19, soit 7 millions. Mais comme les recettes sont certaines, elle ne donnera rien.
- L’utilité de la Société de garantie ne réside donc pas tant dans l’avance qu’on lui demande et que l’Etat pourrait se procurer soit à la Banque de France, soit au Trésor, que dans la manière dont cette société s’y prend pour former son capitol, en appelant toutes les bourses à concourir à sa formation. Cette Société s’adresse effectivement à tout le monde pour réunir la somme qui lui est nécessaire, au grand et au petit commerce, aux chambres syndicales patronales et ouvrières, à l’industrie, à l’agricult-ure, etc... et elle fait naître de tous les côtés, non seulement des. sympathies pour l’oeuvre commune., mais encore et surtout des intérêts qui se traduisent par une propagande active et dans le but d’obtenir des adhésions d’exposants. De plus, la Société de garantie exerce un contrôle efficace sur les dépenses, et il n’y a pas d’affaire, qui exige un contrôle plus sévère qu’une Exposition. On comprend que, dans ces conditions toutes , morales, les prétentions de la Société de garantie doivent être nécessairement limitées, et qu’elle ne peut être traitée sur le même pied que l’Etat et la Ville qui sacrifient des sommes considérables^
- Ce n’est pas à la Ville, d’ailleurs, de s’occuper de la Société, de garantie et l’Etat est le maître de faire l’Exposition avec son aide, puisqu’il assume la responsabilité de l’entreprise.
- En terminant, signalons l’acceptation probable, par M. le. ministre du commerce et de l’industrie, de.la désignation, par le Conseil, d’un ingénieur qui ferait partie de la Commission technique de l’Exposition.
- C’est une satisfaction donnée aux réclamations du Conseil, mais une satisfaction bien platonique et parfaitement inutile.
- L’ITALIE
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Un banquet suivi d’un brillant concert réunissait vendredi dernier, chez Lemardelay, les membres de la Société italienne « La Polenta ». S. E. M. le général Menabrea, M. le général Tür, M. le commandeur Carpi, tout le personnel de l’ambassade et du consulat d’Italie et la plupart des notabilités de la colonie assistaient à cette soirée. Parmi les toasts qui ont été portés un seul nous intéresse : c’est celui de M. le commandeur Carpi, ancien délégué du gouvernement italien à l’Exposition universelle et au Congrès des transports de 1878, président du jury à l’Exposition d’Anvers. Dans l’exercice de toutes ces fonctions, M. Carpi, un des ingénieurs les plus distingués de l’Italie, a fait preuve de connaissances techniques, aussi étendues que profondes, ainsi que d’une inaltérable sympathie pour la France.
- S’inspirant donc d’une question toute d’actualité, celle de l’Exposition de 1889, M. le commandeur Carpi a prononce le toast suivant :
- « Messieurs,
- « C’est pour la deuxième fois que j’ai l’honneur « d’assister aujourd’hui au dîner de la Polenta à « cette réunion d’élite, heureux trait d’union q’ui « rapproche tous les membres de notre colo-« nie de Paris,, et dont le nom seul nous rappelle « une des particularités les plus caractéristiques « et les plus populaires de l’Italie.
- « Heureux par-dessus toutes choses, de me
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- Deuxième Année. — N° 65.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Mars 18S6. —
- « trouver parmi vous, au milieu de ce grand pays « que nous connaissons et apprécions tous si bien, « dont nous sommes aujourd’hui les hôtes, et que « nous aimons profondément, car rien ne détruira « jamais les affinités de race, la parenté du sang,— « je vous demande de me laisser associer ma voix « à la vôtre, dans ces agapes fraternelles.
- « On pose, en ce moment, à Paris, vous le sa-« vez, les bases d’un grand concours, qui est cer-« tainement destiné à niveler bien des obstacles, « à centraliser bien des efforts, à réunir et à grou-« per mille personnes, mille intérêts divers, dans « un seul et même but de progrès, d’amélioration « et de lumière. Je veux parler de l’Exposition de « 1889.
- « J’ai déjà eu deux fois l’honneur d’être délégué « par le gouvernement italien, aux Expositions « universelles qu’a organisées la France, et de voir « sanctionnés par la toute-puissance des faits, cet « éclat, cet essor nouveau, ces avantages multi-« pies et ces enseignements mutuels qu’elles ont « pour privilège de donner aux arts, à l’industrie « de tous les pays.
- « J’ai occupé, tout récemment encore, au nom « de l’Italie, le siège de la présidence du jury à « l’exposition universelle d’Anvers ; c’est dire que « j’étais plus que tout autre à même de constater « une fois de plus quelles éclatantes victoires sont « l’apanage de l’industrie et du travail dans ces « luttes pacifiques.
- « Je ne crains pas les rapprochements chronolo-« giques, car je ne saurais trouver dans la coïnci-« dence séculaire de deux dates, rien qui puisse « être pour vous une offense, ni dans le passé, ni « dans l’avenir, et je ne veux voir ici en chacun de « vous qu’un exposant, un adhérent de la future « grande Exposition. Je vous propose donc de « boire aux exposants italiens de 1889, et à la « France ! »
- Est-il besoin d’ajouter que des acclamations unanimes, suivies de vives félicitations, ont accueilli le toast du sympathique commandeur Carpi?
- EXPOSITION du « BLANC & NOIR »
- Très en faveur, décidément, l’exposition du a Blanc et JJoir », bien que l’exhibition de cette année contienne beancoup de non-valeurs. Pour avoir un catalogue nombreux, les organisateurs, MM. Eugène Guillaume etE. Bertrand, accueillent avec trop de facilité les envois d’une foule d’élèves, dont le talent est encore à l’état embryonnaire et cotoie plus la charge que la réalité.
- Mais enfin, il faut être un peu indulgent cette fois, en faveur des ouvrages de grand mérite que l’on peut rencontrer.
- Citons : Paul Merwart, dont Y Année nouvelle est charmante de composition, ainsi que son Attente d’un charme exquis ; Adrien Marie, le gracieux artiste que l’on sait, avec quatre illustrations d’un fini achevé ; de Feyen-Perrin, un Retour de la pêche d’une belle facture, d’une remarquable clarté, mais d’un procédé qui tourne un peu à la monotonie ; les éternelles figures de Cancalaises ne pourraient-elles être abandonnées un instant par l’énainent peintre-dessinateur?
- Merveilleuses les études à la sanguine exécutées par M. Boulanger pour son tableau du Salon : Un marchand d’esclaves. Ces belles filles nues, ces prisonniers de guerre nerveux et découplés, ces enfants attendant le maître, sont exécutés avec un brio infini.
- J’avoue que je n’ai jamais goûté les dessins en cheveux de M. Robida et ce ne sont pas les illustrations pour l’édition de Rabelais qui me feront revenir sur mes idées. La fantaisie en est maniérée, puis elle se heurte à l’œuvre de Gustave Doré qui l’éçrase de tout le poids de son talent immense.
- De M. Roll, une grisaille intéressante, le Pâturage. Une Vue du port de Bordeaux, par M° Maxime Lalanne, mérite de fixer les regards; des Porteurs de farine, de L. Carrier-Belleuse, d’une vigueur extraordinaire; les portraits de Gounod, Massenet et Daudet, par Renouard, très finement reproduits ; de Pille un charmant sujet Sous le Directoire dans le meilleur faire de l’artiste ; et de Norbert Goeneutte une Parisienne, d’un parisianisme délicieux.
- M. Mesplès a envoyé des Derviches hurleurs d’un cachet très étrange; M. Wertheimer, des lions d’une touche puissante;, M. Lamothe, un magnifique dessin, les Etats généraux, sur l’allocution de Mirabeau : « Nous sommes ici par la volonté du peuple... » d’après le haut-relief du sculpteur Dalou.
- Dans les fusains, une œuvre, hors ligne de M. Lhermitte, le Repos des Moissonneurs. C’est plein de vie et d’une vérité incontestable. Comme la moissonneuse qui allaite son enfant est prise sur nature; comme le moissonneur, qui boit à sa gourde est bien posé. Et que la lumière est habilement distribuée à travers ce champ fauché et le groupe des moissonneurs.
- D’Allongé de beaux paysages —^naturellement; et d’Appian, et de Karl Robert, mêmes éloges.
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- Le Mineur de M. Grosclaude, possède une belle énergie ; le Torrent dans la montagne, de M. Du-caruge ; un Pointelin magistral, le* Fond de Vallon et deux pastels absolument intéressants, du même artiste, l’Aurore et Soir dans les chênes, d’une profonde rêverie.
- Une rue de Village, de facture très gaie, par M. Bertrand Paulin; de bons croquis flamands, de M. Skarbina; des moutons parfaitement étudiés, par M. Cheigneau ; un excellent portrait d’homme, par Mlle Del Sarte et un Intérieur d’atelier de M. Vignal, méritent encore d’être cités.
- En nommant encore M. Besnard : Une Soirée très habilement conçue à l’encre de Chine et la gouache ; le pastel de MUe Beaury-Sorel : Colom-bine ; le Dandy i83o, de M. Weber,, et les belles aquarelles de Berne-Bellecour, Lepic et Detou-che, je crois que je n’aurai rien oublié parmi les œuvres méritantes.
- Le reste touche à la haute fantaisie — sauf erreur ou omission, comme on dit.
- Alfred Delilia.
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- ÉCHOS
- Paris
- Le Journal officiel a publié la deuxième liste de souscription pour l’institut Pasteur.
- Le montant de ces souscriptions s’élève à 4ô,153 francs, ce qui porte le total des sommes recueillies à 287,490 francs.
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- Une exposition de peinture, sculpture, gravure, architecture, organisée par le comité du groupe des artistes indépendants, aura lieu à Paris en 1886, rue des Tuileries, du 5 mai au 20 juin.
- Toutes les œuvres des artistes adhérents seront reçues sans jury d’admission.
- Les œuvres devront être déposées, du 24 avril au 3 mai, de 10 heures du matin à 6 heures du soir, au local de l’exposition, rue des Tuileries..
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- Départements
- La Société lorraine des amis des arts de Nancy, a fixé au lundi 10 mai, l’ouverture de sa vingt-sixième exposition artistique La clôture aura lieu le jeudi 1er juillet.
- L’exposition comporte, non seulement les œuvres d’art proprement dit, y compris la photographie, mais encore tout ce qui est du domaine de l’art appliqué à l’industrie idessins de vases, de meubles, de bijoux, d’étoffes, ou ces objets eux-mêmes, pourvu qu’ils soient nouveaux et originaux.
- Les tableaux, dessins et autres objets d’art devront être adressés, pour le 1er mai 1886, à M. le président de la Société lorraine des amis des arts, à Tuniversité, rue Stanislas, à Nancy.
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- Alsace-Lorraine
- La Société des amis des arts de Strasbourg ouvrira le dimanche 9 mai prochain son- exposition des beaux-arts que durera jusqu’au mercredi 16 juin inclusivement.
- Les envois, adressés à M. Stromeyer-Lauth (en douane) à Strasbourg, devront être rendus à destination avant le 30 avril, dernier délai.
- S’adresser pour toutes communications à M. Ad. Seyboth, conservateur de la Société des amis des arts, 32, boulevard de Saverne, à Strasbourg.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Il a été décidé, il y a quelques jours, que la première exposition générale de viticulture allemande aurait lieu cette année, à Francfort-sur-le-Mein, du dimanche 15 août au dimanche 12 septembre.
- Cette exposition offrira, pour la première fois, un tableau général de l’histoire de la viticulture en Allemagne depuis l’époque la plus reculée jusqu’à nos jours.
- La présidence honoraire a été offerte au docteur Miquel.
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- Le Conseil municipal de Berlin a approuvé à une grande majorité la proposition du magistrat, tendant à accorder une subvention de 30,000_marks, environ 36,500 francs pour les travaux préliminaires de l’exposition nationale industrielle qui doit avoir lieu à Berlin en 1888.
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- La foire annuelle internationale de Leipzig, dite do Pâques, commencera cette année le lundi 10 mai et prendra fin le samedi 29 (dates officielles). *
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- Le sixième congrès des géographes allemands doit se réunir à Dresde, dans les derniers jours de la semaine de Pâques. . .
- A cette occasion aura lieu une exposition d’ou-
- vrages et de publications ayant trait à la géographie et à tout ce qui s’y rattache.
- Seront admis à cette exposition et répartis dans trois sections spéciales :
- 1° Tous les ouvrages de géographie générale parus dans le courant de la dernière année (1885-86) ;
- 2° Tous les ouvrages, publications, brochures, etc., publiés sur les colonies allemandes ;
- 3° Les procédés et méthodes d’enseignement de la géographie.
- Le comité se réserve d’ailleurs de faire un choix entre ces derniers, l’espace réservé à cette division étant relativement restreint.
- Sa Majesté le roi de Saxe a bien voulu accepter le protectorat de l’exposition internationale d’horticulture, qui doit avoir lieu à Dresde dans le courant de Tannée prochaine et sur l’exceptionnelle importance de laquelle nous avons eu l’occasion d’attirer l’attention de nos lecteurs.
- Le conseiller secret, von Einsiedel, directeur du département ministériel de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, remplira les fonctions de commissaire général officiel. La présidence d’honneur a été offerte à M. le docteur Stübel, premier bourgmestre.
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- Une exposition hippique aura lieu à Kœnigs-berg (prov. de Prusse), au samedi 1er au mardi 4 mai.
- Elle sera suivie du jeudi 3 au lundi 7 juin, d’un concours agricole, avec exposition annexe de machines et instruments d’agriculture.
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- On organise actuellement à Nuremberg (Bavière), une exposition permanente du commerce et de l’industrie qui remplira le double but d’un comptoir modèle d’exportation et d’un musée commercial.
- Plusieurs corporations ont voté une somme de 6,000 marks, comme subvention annuelle. Des négociations sont engagées avec la direction du musée des Arts-et-Métiers.
- Il y a quelque temps a eu lieu à Berlin la vente de la galerie de tableaux de la villa Alpenruhe, provenant de la succession de Mlle de Wal-denburg, fille du prince Auguste de Prusse. Un Horace Yernet, Judith tenant la tête d’Ho-lopheme, qui avait été acheté 30,000 fr. et que les experts évaluaient à 8,000 marks, a été adjugé 1,800 marks, soit 2,250 fr. !
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- Angleterre
- Une exposition canine a eu lieu ces jours derniers à Y Aquarium de Londres.
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- Autriche-Hongrie
- La seixième exposition annuelle de l’Académie des beaux-arts de Vienne a été récemment inaugurée par l’empereur François-Joseph.
- Les œuvres exposées, dont la plus grande partie par des artistes autrichiens, sont au nombre de 638. On remarque un portrait de l’empereur, par le professeur Angeli.
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- États-Unis
- Une exposition de tableaux par nos peintres les plus connus, Roll, Manet, Lerolle, J.-P. Lau-rens, Flamang, Fantin-Latour, Boudin, Dumaresq, Brown, Desboutins, etc.,-ouvrira vers le 7 avril aux American Art Galleries, New-York.
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- Russie
- L’exposition annuelle de l’Académie des beaux-arts a. été ouverte à Saint-Pétersbourg, le 18 mars dernier (6 mars, vieux style). Les œuvres exposées sont au nombre de trois cents environ.
- LES MUSÉES COMMERCIAUX
- La concurrence étrangère est chaque jour plus ardente, plus implacable, plus meurtrière, c’est là un fait malheureusement trop patent pour se donner la peine de l’établir ou de le discuter. Gela tient au développement extraordinaire au point de vue commercial de l’Allemagne et de l’Angleterre et même en grande partie des empires nouveaux qui surgissent tout à coup avec un instrument redoutable de lutte, l’immensité de leur territoire : nous avons nommé les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, la République Argentine, l’Australie, etc., qui seront nos maîtres de demain après avoir.été nos rivaux d’aujourd’hui.
- Voir la suite page 102.
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- ioo et ioi. — Deuxième Année. — N° 65.
- LE MONITEUR ^ LOTION de i889-
- Dimanche 28 Mars 1886
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- 102. — Deuxième Année. — N° 65.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Mars 1886.
- Gela tient encore à notre petite surface géographique, à notre faible chiffre, de population; quoique nous puissions dire, nous rentrons en face des progrès modernes dans une proportion algébrique qui nous place avant l’Espagne et l’Italie, mais nous place au-dessous des masses profondes des races anglo-saxonne, germaine et slave sur ce terrain nouveau de la production à outrance.
- Y a-t-il remède à cet état de choses lamentables ? Oui, mais à la condition de ne pas s’endormir dans un chauvinisme trompeur qui est le prix des patriotismes, à la condition de regarder résolument le péril en face et de ne point perdre une minute.
- A l’extérieur la politique d’extension et d’expansion sur le terrain pacifique du commerce de l’exportation.
- A l’intérieur, les réformes qui doivent assurer le triomphe de cette politique de lutte pour la vie, telle est la double face de cette question grave entre toutes.
- Le sujet est vaste, il demande des développements considérables ; il touche à tous les intérêts vitaux du pays. Je ne saurais avoir la prétention de l’exposer même sommairement dans un article au courant de la plume ; pour aujourd’hui je vais tâcher simplement d’exposer un moyen possible et pratique de lutter à l’intérieur contre la- concurrence étrangère, je veux dire les musées commerciaux.
- Cen’estpasla panacée universelle bien entendu, la politique coloniale forme un ensemble de réformes pratiques et vraiment nationales que l’on ne saurait isoler, mais enfin c’est un des côtés pratiques et ce n’est pas le moins intéressant à coup sûr.
- Depuis plusieurs années deux musées commerciaux types fonctionnent régulièrement, l’un à Bruxelles, l’autre à Vienne, et.l’on peut dire que l’expérience est faite.
- Le musée commercial de Bruxelles est universel, c’est-à-dire qu’il renferme tous les objets susceptibles d’importation et d’exportation dans tous les pays.
- Il se compose :
- i° Des objets importés ou exportés, ayant chacun une étiquette qui indique le lieu de provenance, le nom du fabricant, la mesure, le poids, le prix, le coût du frêt, de la douane, etc., quand il s’agit de l’étranger, la consommation annuelle approximative.
- De la sorte, avec un simple coup d’œil, le visiteur voit de suite à quoi s’en tenir sur le degré de concurrence possible avec l’étranger dans la partie spéciale qui l’intéresse le plus particulièrement.
- 20 D’un catalogue, clair, complet, précis de toutes ces étiquettes avec des tables alphabétiques et synoptiques parfaites qui permettent de trouver à l’instant ce que l’on cherche.
- 3° D’une bibliothèque commerciale, industrielle, spéciale et technique aussi complète que possible avec salle de lecture renfermant toutes les revues et publications.du monde entier ayant trait au négoce ;
- 40 D’un bureau de renseignements, qui fournit à l’instant, à la minute, au premier venu, tout ce qu’il veut savoir sur un objet déterminé en un point quelconque du globe.
- Ce bureau est le rouage le plus important, le plus utile du musée commercial, c’est lui que l’on doit s’étudier à rendre absolument parfait par une accumulation raisonnée et méthodique de faits, de chiffres et de documents que l’on puisse toujours trouver séance tenante sans la moindre hésitation.
- La chose vaut la peine que l’on s’y arrête un instant et pour bien faire comprendre toute notre pensée nous allons donner un exemple malheureusement trop vrai, un exemple d’hier qui démontrera jusqu’à l’évidence la nécessité de la création de musées commerciaux non seulement à Paris mais encore dans tous les grands centres industriels de France.
- Un de-nos amis voulait envoyer une locomobile à un grand fermier au fond de la Russie ; il a consulté en vain tous les établissements de transports, messageries, chemins de fer, etc., de Paris, personne n’a pu le renseigner. Gomme il est exportateur, toujours à cheval sur Paris, Londres et
- Bruxelles, il est entré de guerre lasse simplement au Musée commercial de cette ville et là, immédiatement, un employé du bureau des renseignements lui a répondu : ce petit village est à telle distance de telle gare, il y a telle route à prendre par mer et telle autre par terre, ça vous coûtera tant par chemin de fer, tant par eau, tant en grande, tant en petite vitesse, ça mettra tant de jours et enfin les droits de douane seront de tant.
- Mon ami a fait son compte avec son crayon, séance tenante, sous la dictée de l’employé et il a vu qu’il devait vendre tant sa locomobile au propriétaire russe pour s’y retirer.
- Eh bien, je vous le demande, n’est-ce pas, une honte et une folie de voir que Paris n’a pas un seul établissement pareil ?
- Le ministère de la marine et des colonies a bien donné l’exemple en formant un musée commercial des colonies au palais de l’Industrie,il y abien en province des hommes éclairés qui font des musées commerciaux spéciaux, tels que mes amis d’Elbeuf pour les draps, mais en vérité tout cela est insuffisant.
- A Bruxelles, les Belges vous disent : nous avons dépensé 200 millions pour notre port d’Anvers et nous ne les regrettons pas, mais notre musée commercial nous a coûté -moins cher et nous a peut-être rapporté davantage.
- A Paris, les chambres syndicales et de commerce, le conseil municipal et l’initiative privée du haut commerce qui doivent cependant bien comprendre ses véritables intérêts, vous répondent imperturbablement: Nous n’avons pas d’argent.
- Quoi, on n’a pas d’argent! Est-ce une réponse, en vérité, quand il s’agit de lutter contre la concurrence de l’étranger, quand il s’agit de garder une partie de ses affaires, passant chaque jour aux mains des Anglais, des Allemands, des Suisses, des Belges, même des Américains ?
- Quoi, vous ne voulez point dépenser deux ou trois millions, qui ne seraient point perdus grâce aux entrées, et sous ce prétexte fallacieux vous perdez chaque année plusieurs centaines de millions qui vont au commerce général de vos ennemis mortels. En vérité, c’est de la pure folie !
- Ainsi, par exemple, prenons notre colonie naissante duTonkin où il y a tout à faire, la quincaillerie est fournie en grande partie par les Etats-Unis comme l’horlogerie commune, les montres par la Suisse, les couleurs et la lampisterie par l’Allemagne, les guinées., les filés de coton, les schirtings, etc., par l’Angleterre, les Indes et l’Allemagne.
- En présence de cette concurrence désastreuse de l’étranger dans nos propres colonies, on se contente de répondre : ce n’est pas étonnant, la main-d’œuvre est si chère en France.
- Eh bien, c’est faux, archi-faux, la main-d’œuvre est plus chère en Angleterre et les heures de travail plus courtes. En France, nous fabriquons souvent mieux et à meilleur marché que nos rivaux.
- Mais voilà pourquoi nous ne pouvons pas lutter au Tonkin, c’est que — chose à peine croyable — nous n’avons pas de lignes de steamers avec notre colonie, c’èst que tous les objets de la métropole passent par Hongkong, puis sont transbordés pour aller par voie de mer à Haïphong et de là enfin à Hanoï d’où il s’ensuit qu’ils subissent sur ce marché une majoration de 3o 0/0 en gros, 5o 0/0 en détail qui a passé en partie aux mains des intermédiaires anglais, en commissions, frêt, surtaxes de pavillon, etc. Voilà des faits désastreux que tous nos commerçants sauraient, s’il y avait un grand musée commercial dans le cœur de Paris ; il y a bien celui du palais de l’Industrie, mais on y vient peu, cette incurie de notre commerce est inconcevable.
- Ce que j’avoue là est si vrai que les montres françaises qui sont par hasard transportées par voie française se vendent à meilleur compte à Hanoï que les montres de provenance suisse. Vous voyez donc que la lutte est encore possible, mais il faut vulgariser les moyens pratiques de pouvoir soutenir cette lutte.
- Je ne dirai que deux mots du musée oriental de Vienne qui a rendu aussi les plus grands services à l’Autriche, mais est plus spécial puisqu’il ne se
- rapporte qu’au commerce de l’Orient comme l’indique son nom.
- D’une manière générale, son organisation est la même que celle du musée de Bruxelles. Cependant il a pris une mesure excellente, c’est que d’après ses statuts mêmes, la moitié des objets est toujours en route et forme un véritable musée ambulant qui s’en va de ville en ville instruire les négociants de l’empire austro - hongrois ; c’est ainsi qu’il a organisé de véritables expositions technologiques à Brünn, à Reichenberg, à Aussig, à Teplitz et à Baern.
- Enfin, ajoutons qu’au point de vue des céramiques, de la verrerie et autres industries orientales, il a exercé une véritable révolution dans l’art industriel en Autriche qui a vu ainsi s’ouvrir devant lui des horizons absolument inconnus jusqu’à ce jour; est-il besoin d’ajouter que cette renaissance de l’industrie autrichienne sur le terrain artistique a été la fortune pour une partie de l’empire, cela va de soi et est encore l’œuvre bien incontestable du musée commercial de Vienne.
- Je pense en avoir assez dit pour bien faire comprendre et le mécanisme d’un musée commercial et toute son importance commerciale et patriotique, car aujourd’hui on ne saurait guère séparer les affaires du patriotisme et il me semble que le meilleur est encore celui qui maintient son pays grand et prospère. Aussi voilà pourquoi je supplie les industriels de Paris, le haut commerce, s’ils veulent lutter contre Vienne, contre Berlin, contre le monde entier, d’ouvrir au plus vite un musée commercial à Paris ; je leur jure qu’ils ne feront pas une mauvaise spéculation et que bientôt ils comprendront qu’ils ont donné un pois pour recevoir une fève !
- Paul Vibert.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES
- SCIENCES & DES ARTS INDUSTRIELS
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- Cette exposition est organisée par la Société nationale qui a pour but*d’aider au perfectionnement et au développement, en France, de toutes les industries.
- Pour atteindre ce but, cette société se propose de contribuer à étendre l’enseignement des sciences et des arts dans leurs applications industrielles et d’encourager l’enseignement technique des associations professionnelles par la création de :
- Concours périodiques entre les industriels et entre les apprentis ;
- Collections diverses d’objets, livres , dessins, destinés à propager l’enseignement ;
- Expositions temporaires, périodiques ou permanentes, générales ou spéciales, nationales ou internationales ;
- Conférences pour les industriels et les apprentis ;
- Prix, récompenses, encouragements, subventions aux artistes, industriels, apprentis, écoles ou cours professionnels.
- Le gouvernement lui a concédé le palais de l’Industrie pour y organiser, de juillet à novembre 1886, une exposition, dont le programme complet comprend les industries scientifiques et artistiques et dont le produit fournira à la Société nationale le moyen d’atteindre le but élevé que poursuivent les fondataires. Nous publierons dans quelques jours le programme complet de cette Exposition qui, d’après les renseignements que nous, avons recueillis sera très intéressante, et dont l’organisation promet d’être supérieure à celle des expositions antérieures du même genre. Un comité de patronage composé de membres éminents du commerce et de l’industrie a été formé et le nom de M. Lockroy, membre du commerce et de l’industrie se trouvera à la tête.
- Sous de tels auspices , l’Exposition ne peut manquer d’être un succès malgré le peu de temps que les exposants auront devant eux pour faire les préparatifs nécessaires.
- Le siège de l’administration est rue Saint -Marc, 24.
- Voici le programme général de l’Exposition des arts et des sciences industrielles :
- Ier groupe. — Matériel de l’enseignement primaire secondaire et supérieur. — Matériel scolaire.
- 2® — — Matériel de l’enseignement des
- arts et des sciences.
- 3e — — Enseignement technique. — Tra-
- vaux des élèves des écoles professionnelles.
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-
- Deuxième Année.
- N° 65.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Mars 1886.
- 100.
- 4e GROUPE.
- 5e —
- 6e — 78 —
- 8e —
- 9e — 10e —
- ii° —
- 12e ------
- 13e —
- 14e -
- 15e — 16e —
- 1T —
- 18e —
- 19e —
- 20e —
- — Enseignement physique. — Gym-
- nastique. — Escrime, etc.
- — Papeterie. — Librairie. — Gra-
- vures. — Impressions. — Photographie.
- — Instruments de musique.
- — Arts militaires. — Chasse. — Pé-
- ché.
- — Industries métallurgiques.
- — Industries mécaniques.
- — Industries électriques.
- — Industries chimiques.
- — Travaux publics. — Génie civil.
- — Mobilier et accessoires. — Céra-
- mique. — Art du tapissier et du décorateur.
- — Tissus. — Vêtements et acces-
- soires.
- — Industries de luxe.
- — Alimentation. — Produits alimen-
- taires.
- — Hygiène. — Instruments et appa-
- reils de médecine et de chirurgie.
- — Sauvetage. — Voyages. — Explo-
- ration. — Campement.
- — Locomotion par terre et par eau.
- — Locomotion aérienne.
- — Collections diverses. — Exposi-
- tion rétrospective.
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 2 i mars 1886).
- Mais la scène n’était toujours guère qu’un plancher surélevé sur lequel deux châssis latéraux et une toile de fond figuraient un décor rudimentaire comme dans les théâtres joujoux qu’on donne aux enfants en étrennes. Il fallut que Mazarin appelât d’Italie des machinistes et décorateurs dans son palais Cardinal, en i65o, et qu’enfin en 1669, le marquis de Sourdeac établit rue Guénégaud l’Asadémie royale de musique, pour qu’on possédât définitivement la véritable scène de théâtre agencée de manière à satisfaire aux besoins de l’illusion dramatique, la scène munie de ses dépendances et dégagements, le cintre et les dessous.
- A partir de cette époque, l’art théâtral n’a cessé de progresser. Mais si, dans certaines de ses manifestations, il est arrivé à des résultats qui semblent insurpassables, dans beaucoup d’autres, au contraire, il est loin d’avoir suivi un si beau chemin. Il existe encore dans l’installation scénique nombre de points de défectuosité à propos desquels de grands perfectionnements seraient à réaliser.
- L’art de la décoration même est arrivé à un degré de perfection presque absolue. Des études archéologiques approfondies, un maniement judicieux des règles de la perspective, le concours d’un éclairage réglable à volonté ont permis d’obtenir dans la composition des décors toute l’illusion à laquelle 011 pouvait prétendre. Nos décorateurs modernes figurent de manière à défier toute critique les lieux tels que les a rêvés l’imagination de l’auteur dramatique et savent donner le cadre convenable à chacune de ses conceptions.
- Jusqu’au milieu du xvme siècle, quelque effort qu’on tentât pour produire sur la scène des décorations merveilleuses et extrêmement compliquées, quelque résultat qu’on obtint par le jeu des machines dont on faisait grand usage, l’art du décorateur ne fit que peu de progrès. Cela tenait au système adopté qui consistait à peindre en entier sur le décor les motifs de quelque importance qu’ils fussent; de sorte que tous y apparaissaient avec les mêmes dimensions qui juraient singulièrement entre elles. Un édifice monumental, une chaumière, un arbre, une montagne semblaient de la même hauteur. D’autre part, pour obvier aux difficultés de la perspective, on plantait toutes les décorations avec une symétrie rigoureuse, leur axe perpendiculaire à la scène et on simulait le fuyant par le rétrécissement successif du décor à ses divers plans. De là, uniformité banale d’effets, en même temps que de grands inconvénients résultant de ce rétrécissement du théâtre déjà exigu.
- Servandi, en 1726, fit faire un pas immense à l’art de la décoration, en révolutionnant toutes les idées admises jusqu’à ce jour. D’abord, il imagina de ne
- peindre aux premiers plans que la portion du motif arbre ou monument en rapport vraisemblable avec la taille des acteurs. Dans l’éloignement seulement, il représenta le motif entier tel que devait le découvrir en perspective l’œil du spectateur. Par cette simple transformation de procédé, la décoration acquérait immédiatement une ampleur de proportions inconnue jusqu’alors. Servandoni rompit en même temps avec cette habitude de présenter de face tout sujet de décoration. Il planta obliquement les palais et les paysages ce qui permit définitivement de dégager les côtés resserrés du théâtre, de l’élargir au contraire jusqu’au fond de la scène et de lui donner ainsi une étendue qu’exagéra encore une savante application des lois de la perspective.
- Ce résultat obtenu, l’art du décorateur se trouvait en possession de toutes ses ressources ; aussi, peu de perfectionnements de principe eurent-ils à se manifester depuis. Signalons toutefois, pour la décoration de paysage, une invention assez récente et qui a offert le moyen de reproduire la légèreté des feuillages,fort difficile à réaliser avec les procédés anciens de découpage des châssis représentant des arbres. Un filet à larges mailles est disposé sur des bâtis ou pend dans les frises. Sur ce filet se colle la toile qu’on découpe de manière à simuler tous les interstices des ramures.
- Un des grands défauts des décorations, défaut auquel il est difficile de remédier, réside dans le mauvais raccordement des châssis obliques avec les plafonds verticaux. Dans les intérieurs, pour arriver à des effets grandioses, on est obligé de peindre en perspective sur les frises les voûtes ou plafonds des grandes salles. Il y a brisement des lignes architecturales pour les spectateurs placés de côté. La question mériterait d’être étudiée. Dans les décorations de plein air et de vaste étendue on se heurte à des inconvénients de même nature. Les bandes d’air forment des lignes horizontales trop marquées et le raccordement des toiles de fond avec les châssis latéraux dessine des lignes verticales nuisibles à l’effet. On a imaginé des dispositions analogues à celles employées pour les panoramas, mais sans arriver à de bonnes solutions. Il y a là encore lieu à des recherches.
- Quant à la manœuvre même des décorations, on sait qu’elle s’exécute toujours de la même façon depuis la création du théâtre. Les pièces légères sont installées, posées, enlevées à bras d’hommes. Les grands châssis sont unis latéralement, poussés à la main ou à l’aide de treuils. Des chariots roulant sur des rails dans le premier dessous, soutiennent des mâts qui traversent le plancher de la scène par les costières et sur lesquels sont fixés (guindés) ces châssis. Les mouvements verticaux des rideaux et des fermes de bas en haut ou de haut en bas sont obtenus par la manœuvre de contre-poids. Les câbles qui soutiennent ces rideaux et fermes passent par des poulies de renvoi, vont s’enrouler autour de tambours logés soit dans les dessus, soit dans les dessous de la scène, et sont renvoyés par d’autres poulies des deux côtés de la scène. A leurs extrémités s’attachent des contrepoids qui montent ou descendent dans les cheminées à contre-poids, deux sortes de caisses communes à claire-voie'qui s’étendent contre toute la surface des murs latéraux de la scène. Par la manœuvre des tambours, on détermine la descente ou la montée des décorations.
- Ces procédés de machinerie ont subi quelques perfectionnements de détail qu’il serait bon de si-gualer et de mettre en comparaison avec ceux obtenus par le théâtre étranger, car, dans le théâtre, plus peut-être qu’en toute autre branche d’art industriel, les améliorations sont longues à se vulgariser et s’introduire.
- Des améliorations, dont beaucoup de très intéressantes, dues à M. Godin, ont été apportées dans la fabrication des mâts soutiens de châssis, lesquels avaient remplacé eux-mêmes les faux-châssis primitivement employés, dans la fabrication des chariots, des tambours, dans le système de manœuvre des fermes. On a surtout visé depuis ces dernières années à une substitution du fer au bois dans beaucoup de pièces de machinerie. Cette substitution n’a toujours pas donné de résultats heureux.
- Où l’imagination des machinistes s’est surtout
- manifestée, c’est dans l’établissement des procédés accessoires d’illusion dramatiqu'e. Nous ne pouvons énumérer ici tout ce qui a été fait dans ce genre mais qu’une exposition entendue permettrait d’examiner à loisir. Les Anglais surtout sont parvenus à d’étonnants résultats que nous avons appliqués presque tous en France. La construction des trappes a été poussée par eux à un grand degré d’ingéniosité. On est arrivé à des effets remarquables dans l’imitation artificielle des phénomènes atmosphériques tels que le vent, le tonnerre et les éclairs. On est parvenu aussi à donner une figuration satisfaisante de certains aspects de la nature, d une représentation qui semblait d’abord irréalisable. On imite fort bien les cascades, les flots de la mer, la réflexion, dans l’eau des lacs, le soleil et les étoiles. Une série d appareils et de dispositions curieuses ont été inventés pour arriver à la réalisation de ces problèmes. Enfin, certains machinistes ont développé l’art des trucs d’une merveilleuse façon.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- LI
- -1 ,rr J wragt, par aavier Marmier, d
- 1 Academie française. Paris, librairie Hachette et Cie, in-18.
- Rue Saint-Thomas-d’Aquin, non loin de l’église élégante et modeste à la fois, une église femme du monde et honnête femme, non loin de cette demeure aujouid hui silencieuse et déserte du musée d artilleiie îelegué aux Invalides et du légendaire et de l’oraculaire comité d’artillerie, mis au rebut des vieilles lunes et des comités inutiles, il est un escalier tenu avec la propreté flamande, qui conduit à la porte d un écrivain qui est le plus savant des voyageurs, le plus aimable des conteurs, le plus hospitalier des solitaires, le plus libéral des bibliophiles, le plus modeste des académiciens, j’entends par la modestie vraie non par 1 exiguite de son bagage littéraire qui est des plus honorables, des plus variés sans etre pour cela des plus lourds. Car l’auteur de Gapda et de ces Fiancés du Spitzberg qui ont été honorés des couronnes académiques’ et avant elles des couronnes domestiques, hommage de toute la famille émue et charmée, l’auteur de ces Lettres sur le Nord qui ont les premières ouvert à la jeunesse lettrée de ce temps les portes des pays de la glace, décrit leurs mœurs patriarcales, traduit leurs légendes, l’auteur des Contes populaires des divers pays, source poétique où après lui tant de découvreurs de l’inédit publié tant d’enfonceurs de _ portes ouvertes ont puisé sans faire ce que faisait Ducis couronnant le buste de Shakespeai e, sans enguirlander des fleurs d’un hommage reconnaissant le buste de celui qui avait trouvé la source, de celui qui avait établi pour le lecteur le’siqge, commode à la rêverie, où il goûte à son aise le rafraîchissant ombrage de ces oasis légendaires ; eh bien ! cet auteur est un homme qui a horreur de 1 ennui, qui n’a jamais ennuyé pçisonne ôt 9. pi&ticjuô toujours civcc succès lJcirt d’instruire son public sans pédantisme et de l’émouvoir sans déclamation. Cet homme a le culte de la sincérité, de la cordialité, la passion du naturel. Il a l’esprit dans les yeux, le cœur sur la main. Quand vous traversez cet appartement, qu’on peut dire livresque premier degré, puisque partout 1 œil s y bute a un horizon de livres, puisque partout le nez du dilettante s’y dilate voluptueusement a 1 odeur du maroquin, vous etes déjà gagnés au maître du logis. D
- Vous entrez, vous vous asseyez, toujours au milieu des livres, sur un signegracieuxdecegrand liseur, qui ^ est lui-même un livre vivant et souriant, c’est-à-dire un homme qui a beaucoup lu beaucoup vu, beaucoup retenu, gardant du commerce des livies, des hommes et des choses une expérience sans amertume et une finesse’sans malignité, mais non sans malice. Cette malice luit dans ses yeux, d’un trait dont la bonté amortit 1 étincelle. Si vous considérez son visage rasé, couronné de longs cheveux blancs bouclés, vous lui trouvez quelque chose de l’air de Voltaire, mais d’un Voltaire tempéré, modéré, d’un Voltaire bonhomme, point faux bonhomme, d’un Voltaire non ironique, non sardonique, d’un Voltaire honnête homme, ennemi du scandale, à la charité discrète, ayant gardé intactes les fois et les façons des anciens jours, galant sans lascivité et religieux sans bigoterie. C’est un philosophe chrétien. Il y a aussi du Franklin en lui et du Charles Nodier. I'I est du pays de Charles Nodier et leur génie est à la fois bien français et bien franc-comtois. Comme Nodier, M. Xavier Marmier a l’érudition curieuse, le goût des analyses philologiques, des recherches entomologiques, ornithologiques, botaniques, le don des langues, la passion des voyages, le vif sentiment de la nature. Mais ce n’est pas, comme Nodier, un werthérien et un byronien.
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- 104. — Deuxième Année. — N° 65.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Mars 1886.
- Il a gardé l'imagination fraîche, la sensibilité naïve, 1 émotion simple et humaine. Ce n’est pas un voyageur égoïste et sceptique comme Stendhal et Jacquemont. Ce n’est pas un romancier bizarre, fantasque, épris de l’héroïque ou du chimérique. Il ne met en scène que des héros naïfs, que des aventures communes. Son drame vit de sentiments simples qui font rire ou pleurer humainement, naturellement, franchement. Ce n’est pas un styliste au trait sec, à la Mérimée. 11 a le respect de'Dieu et l’amour de la patrie, deux cordes qui manquent à Mérimée, comme à Nodier. Voilà une faible esquisse de l’homme, du conteur, du causeur, de l’écrivain, du voyageur, qui domine en lui, et qui y domine par un double trait bien caractéristique. Il aime à voyager, il l’a dit, pour le plaisir de partir, de voir du nouveau, et aussi pour le plaisir de revenir, de revoir de l’ancien. A l’étranger le souvenir du pays natal, la fierté du pays natal ne l’abandonnent jamais. Il compare tout ce qu’il voit à ce type de prédilection, à cette image adorée de la patrie qu’il emporte toujours avec lui non comme le portrait d’une maîtresse, mais comme le portrait d’une mère.
- De là, le charme insinuant, l’attrait à la fois moral et littéraire des récits de voyage de M. X. Marmier, soit qu’il raconte ses. impressions, soit que voyageant dans son fauteuil il résume celles d’autrui. Il est de ces voyageurs qui aiment pardessus tout leur pays. Il est de ces voyageurs qui sont des hommes à qui rien d’humain n’est étranger. Si vous voulez comprendre par le fait et par l’épreuve ce que nous avons entendu dire de M. X. Marmier en l’appelant un voyageur humain dont l’observation malicieuse s’aiguise d’une pointe qu’amortit la bonté, lisez les chapitres de ce livre Passé et Présent où de ci de là une confidence autobiographique anime et parfois attendrit le récit, intitulés : Cobourg, Un village d’autrefois, Aventures dun naturaliste, En Finlande. Vous trouverez là du Stendhal chrétien , du Henri Heine sans fiel, du Charles Nodier vraiment bonhomme, vraiment cordial et patriarcal.
- Si vous voulez savoir ce que c’est qu’un voyageur patriote, vraiment Français, toujours Français, qui ne voyage pas pour chercher des raisons de dénigrer, mais d’admirer la patrie, lisez les chapitres intitulés : La Suède sous Bernadotte, En Alsace, A travers le Canada.
- Enfin, si vous voulez, dans cet homme d’esprit et de sens, qui est un brave homme au meilleur sens et au plus noble du mot goûter l’érudition facile, ingénieuse, curieuse, lisez cette monographie de "Calais, remplie de souvenirs si intéressants, si finement historiques et philosophiques sans la moindre prétention, sur cet aventurier de la fashion, cette aventurière de la diplomatie galante ; Georges Brummel, lady Hamilton,qui tous deux sont venus échouer, misérables et déchus, à Calais, dans un désabusement et un dénûment qui ferment rudement, par une leçon poignante, la comédie et la tragédie de leur vie.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ANGLETERRE
- COMMERCE DES MEUBLES ET IMPORTATION D’ARTICLES DE LUXE
- Les personnes intéressées peuvent prendre connaissance au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux), du catalogue d’un fabricant •de meubles de Manchester, pour la saison nouvelle.
- Ce catalogue adressé par le vice-consul de France à Manchester, est accompagné d’une note.à laquelle mous empruntons les renseignements suivants :
- Les industriels du faubourg Saint-Antoine, qui .avaient autrefois une clientèle assez étendue dans le nord de l’Angleterre pour le meuble riche, n’y .font presque plus d’affaires.
- Il s’est produit pour cet article le même phénomène que pour plusieurs autres de nos produits de luxe.
- Les expositions universelles ont ouvert les yeux aux fabricants anglais sur l’infériorité artistique de .leurs produits et leur ont inspiré l’ambition de nous égaler sur ce terrain.
- Ils ont embauché nos dessinateurs et entrepris près du public anglais et des intermédiaires chargés de la vente une campagne tendant à démontrer l’intérêt national qu’ont les consommateurs à favoriser la production indigène des articles de luxe.
- Encouragés par le succès de cette propagande, ils ont établi partout des écoles de dessin et des écoles professionnelles, multiplié les expositions artistiques, et préconisé la création d’un art national auxquels ils ont donné le nom d e Que en-Ann’s-style.
- Le catalogue ci-joint me semble présenter quelque intérêt pour fixer les idées de nos fabricants de meubles et tapissiers décorateurs sur les mo-
- dèles qui sont actuellement de vente dans cette partie de l’Angleterre.
- Il appartient à ces industriels d’apprécier quelles modifications ils jugent à propos de faire subir aux modèles qu’ils font pour la France afin de les accommoder au goût anglais.
- Ce que je dois constater c’est que l’influence allemande gagne rapidement du terrain à Manchester, que la vente des articles de luxe français y devient de plus en plus difficile et qu’il est urgent d’organiser la vente par des agents français résidant ici, à moins de se résigner à la voir disparaitre complètement dans un avenir prochain. En outre de l’ameublement, ces observations s’appliquent à la tabletterie et à la bimbloterie, à la haute nouveauté, aux modes et fleurs artificielles, aux confections et lingerie, aux bronzes d’art et aux articles de l’industrie parisienne.
- On obtiendrait, me semble-t-il, de bons résultats en prenant modèle pour se rapprocher le plus possible des consommateurs sur l’organisation à Paris des magasins de détail anglais dont le chiffre de vente semble augmenter continuellement.
- Manchester étant un centre extrêmement important visité par dès milliers d’habitants des comtés voisins, nous devrions y obtenir rapidement un débouché considérable au lieu de battre en retraite devant des articles anglais et allemands inférieurs à ceux de fabrication française.
- EQUATEUR
- SITUATION FINANCIÈRE ET COMMERCIALE
- On écrit de Quito au Moniteur officiel du commerce : — La crise monétaire a acquis un degré extrême d’intensité. Les affaires sont tout à fait nulles sur les marchés de l’intérieur, ainsi que sur le littoral où s’est concentré le mouvement des échanges. Les négociants s’abstiennent de faire venir de l’étranger des articles qu’ils ne pourraient écouler et les rares ventes qu’ils effectuent depuis quelques mois suffisent à peine pour couvrir leurs frais.
- CORRESPONDANCE AVEC LES AGENTS DIPLOMATIQUES OU CONSULAIRES DE FRANCE
- Un grand nombre de lettres relatives à des demandes de renseignements ou autres affaires de service sont adressées nominativement aux agents diplomatiques ou consulaires de France à l’étranger. Il en résulte des inconvénients qu’il semble utile de signaler.
- En effet, toute lettre portant en suscription le nom d’un agent peut être considérée comme personnelle, de sorte que. si l’agent est absent ou a changé de résidence, elle lui est transmise soit en France, soit à son nouveau poste, ce qui entraîne des retards plus ou moins considérables.
- Il convient, en conséquence, de ne mentionner sur les lettres écrites aux représentants de la France à l’étranger, que leur titre officiel (ambassadeur, ministre, consul général, consul, vice-consul ou agent consulaire de France à...) suivant le poste dont ils sont titulaires.
- BIRMANIE
- DROITS DE DOUANES
- On écrit de Mandalay au Moniteur officiel du commerce : Par une décision prise par les autorités anglaises, dès leur arrivée dans- cette ville, le tarif douanier de la Birmanie anglaise a été déclaré provisoirement applicable à la haute Birmanie.
- MAROC
- PROJET DE CONSTRUCTION ü’UN MOLE DANS LE PORT DE TANGER
- Il résulte d’une communication du ministre de France que la création d’un môle à Tanger est depuis quelque, temps l’objet de l’attention du corps diplomatique. A la suite de l’autorisation accordée par le sultan, les travaux de construction devaient être confiés à des ingénieurs européens, et le paiement en était garanti au moyen d’un droit fixé par le corps diplomatique sur les marchandises importées et exportées et dont la perception prendrait fin à dater du jour de l’extinction de la dette contractée vis-à-vis de l’entrepreneur.
- Il s’agissait donc d’établir la quotité approximative des revenus du port, et à cet effet, le corps diplomatique avait désigné un contrôleur chargé de surveiller la perception douanière sur les entrées et les sorties. La période des quarantaines a eu pour conséquence un fâcheux temps d’arrêt. Cependant il a été possible d’arriver à une évaluation assez exacte.
- Le remboursement des frais occasionnés par les études préparatoires de ce projet n’est en aucune manière prévu, et il est bien entendu qu’ils demeureront entièrement à la charge des ingénieurs ou entrepreneurs en concurrence.
- Le détroit est fréquemment dans un état d’agitation et ses eaux charrient une quantité énorme de sables qui viennent s’amonceler au fond du port de Tanger où s’enlisent naturellement tous les obstacles d’une nature opaque et résistante. Le
- débarquement des marchandises et des voyageurs est devenu de ce fait excessivement difficile et défectueux. Il s’agirait donc, pour parer à cet inconvénient dont les causes sont permanentes, d’adopter un système de môle en fer établi sur une fondation également en fer, à claire-voie, partant de la douane pour-aboutir au point extrême où les chalands pourraient aisément charger à marée basse, capable de supporter le poids d’un train de marchandises et dont la structure à jour permettrait la libre circulation des sables.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre des Bouffes-Parisiens. — Joséphine vendue par ses sœurs, opéra-comique en trois actes, de MM. Ferrier et Carré, musique de M. Victor Roger.
- Théâtre de i.’Odéon. — Le Modèle, comédie en un acte et en vers, de M.. Pierre Barbier.
- Enfin les Bouffes se sont décidés à donner une pièce originale et amusante, sortant quelque peu de la forme fade et banale à laquelle les théâtres de genre se sont habitués. La donnée est gaie, l’intrigue est joyeusement menée, les trois actes sont pleins de mots spirituels et de détails fort comiques, la musique est vive, pimpante, coquette sans prétention. L’interprétation est excellente et comporte dans le nombre des rôles féminins une proportion de jolis minois et de gracieuses tournures très satisfaisante. En voilà plus qu’il n’est nécessaire pour déclarer que Joséphine vendue par ses sœurs constitue un charmant spectacle. Aussi, contentons-nous d’indiquer plutôt que d’expliquer comment Joséphine, une jeune élève du Conservatoire et l’aînée des douze filles d’une concierge, Mme veuve Jacob, à l’incitation de ses sœurs, jalouses d’elle et désireuses de la voir quitter la loge maternelle, contracte un engagement brillant mais équivoque pour le Caire, lequel engagement lui est offert par le vieux pacha Pharaon. Pharaon emmène Joséphine au Caire en son harem. La naïve jeune fille finit par comprendre dans quel guêpier elle est tombée et défend sa vertu au péril de la mort. Là-dessus, arrive toute la famille Jacob qui vient retrouver Joséphine dont l’absence avait laissé un grand vide dans la maison. Pharaon épouse Joséphine et dote ses onze sœurs. Quand je dis qu’il l’épouse, je me ùrortipe ; car au troisième acte il se désiste avec une grande générosité et met la main de la jeune fille dans celle d’un de ses camarades du Conservatoire qu’elle adorait. Tout ceci se passe à la suite d’une scène très jolie, provoquée par Putiphar, le fils de Phataon, une sorte d’Egyptien pessimiste, au caractère curieusement esquissé, lequel, ayant cru que mademoiselle Jacob n’était qu’une intrigante, a disposé un piège pour la démasquer en simulant une ruine complète de la fortune de son père et voyant au contraire la petite Benjamine arriver avec sa tirelire et toute la famille Jacob apporter ses économies pour venir au secours de Pharaon, est tellement touché de ce dévouement qu’il épouse Benjamine.
- M. Maugé est extrêmement amusant dans le rôle de Pharaon. MM. Lamy et Piccaluga sont deux charmants chanteurs. Mlle Jeanne Thibault remplit consciencieusement le rôle de Joséphine. Mme Macé-Montrouge est toujours la fantasque et étonnante artiste que l’on connaît. Pour Mlle Milly-Meyer elle est exquise comme d’habitude de grâce malicieuse et de fantaisie de mimique. Nous avons remarqué une débutante, MUe Jeanne Bor-ris, une très jolie et gracieuse personne, qui a rempli avec beaucoup d’intelligence et de finesse le petit rôle de Fatime.
- Le théâtre de l’Odéon a donné un acte en vers de M. Pierre Barbier : le Modèle. C’est une fort jolie et délicate comédie inspirée par un des événements de la vie de Puget. Le célèbre sculpteur avait été acheter des marbres à Carrare. L’auteur a imaginé la rencontre de l’artiste avec une belle princesse italienne. Il l’a prise pour modèle d’une statue de Vénus. Une rivalité amoureuse s’élève entre lui et un gentilhomme italien. Dans une très subtile analyse sentimentale, Puget finit par s’apercevoir que la princesse méconnaît en lui l’artiste et n’aime que l’homme. Aussitôt une répulsion le saisit, son amour s’évapore, il brise sa statue et revient à sa femme laquelle n’a cessé de l’adorer.
- Cette petite comédie est écrite dans un style très pur d’une poésie pénétrante. Peut-être pourrait-on lui faire un reproche de sa perfection même et d’une trop subtile recherche d’idées et de sentiments. Cette concentration en un seul acte de mouvements de .cœur et de situations complexes a un peu déconcerté le public habitué à rencontrer quelque chose de plus simple dans le rapide développement d’une petite pièce.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. AR.RA.ULT et Cio, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Conseil municipal de Paris : Rapport; 4. Exposition de l’œuvre de Paul Baudry ; 5. Echos ; 6.Les petits métiers aux Expositions; 7. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 8. Les Livres; 9. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- (Extrait du compte rendu de la séance du 27 mars 1886.)
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l'industrie. — Messieurs, je viens, après avoir prévenu M. le président, demander à la Chambre de vouloir bien statuer le plus rapidement possible sur la liquidation de l’exposition de 1878.
- Si je fais cette demande, c’est que le projet de l’exposition de 1889 est complètement prêt, que je l’ai soumis ce matin au consèil des ministres, et qu’il ne manque plus, pour que je puisse le déposer sur le bureau delà Chambre, que le vote du conseil municipal, que j’attends impatiemment, et qui certainement ne peut tarder. (Très bien î très bien !)
- La Société de garantie
- La convention intervenue entre le ministre du commerce et la Société de garantie représentée par M. Christophle,pour la participation de-cellë-ci à l’Exposition de 1889 est établie sur les principes suivants :
- La dépense totale de l’Exposition est évaluée à 43 millions, dont 42 pour les dépenses prévues et 1 million pour l’imprévu.
- Cette somme sera couverte : 1° par l’Etat, jusqu’à concurrence de 17 millions ; 2° par le conseil municipal de Paris, jusqu’à concurrence de 8 millions ; 3° par les recettes de l’Exposition, estimées à 18 millions.
- La Société de garantie n’intervient que pour assurer à l’Etat les 18 millions prévus sur les recettes. Si celles-ci n’atteignent pas 18 millions, la Société de garantie fournira le surplus à l’Etat. Si les recettes dépassent 18 millions, le surplus sera réparti entre l’Etat, la Ville de Paris et la Société de garantie, au prorata de leur concours financier.
- Toutefois, cette répartition ne sera faite qu’au cas où les dépenses de l’Exposition ne dépasseraient pas les devis. Si des dépenses imprévues se produisaient, les excédents de recettes seraient employés à combler cette différence.
- Un comité de contrôle financier sera institué ; les membres seront nommés par le ministre, au prorata du concours financier des participants à l’entreprise, à savoir dix-sept représentants de l’Etat, huit de la ville de Paris et dix-huit delà Société de garantie, au total 43 membres.
- Les recettes sont perçues par l’Etat, versées
- Dimanche 4 Avril 1886.
- au Trésor et soumises au contrôle de la cour des comptes.
- La Société de garantie est autorisée à émettre par souscription des parts de 500 fr. pour constituer son capital.
- Direction
- Le mode de direction de l’Exposition a été maintenu dans les conditions que nous avons déjà indiquées.
- Il y aura un comité de trois ingénieurs chargés: le premier, de la construction ; le second, de l’installation ; le troisième, de l’administration.
- Il y aura ensuite un vaste comité d’exécution composé de deux cents membres et dont feront partie de droit le comité des trois ingénieurs et la commission de contrôle financier. Tous les comités seront présidés par le ministre du commerce.
- Projet de loi
- Le projet de loi, qui sera sans aucun doute déposé cette semaine, ne comporte qu’une ouverture de crédit correspondant à la part de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition.
- La Chambre n’a pas à statuer sur les détails d’organisation qui dépendent du pouvoir exécutif seul. Toutefois, ces détails sont donnés à titre de renseignements dans l’exposé des motifs du projet de loi.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Le conseil municipal a voté mercredi dernier, sur le rapport de MM. Monteil et Lyon-Alemand, le projet de délibération suivant :
- Le Conseil délibère.
- Article premier. — Une somme de huit millions est allouée au ministère du commerce et de l’industrie, à titre de subvention à l’Exposition internationale universelle de 1889.
- Art. 2. — Cette somme de huit millions sera prélevée sur les fonds d’emprunt et répartie sur quatre exercices, savoir : en 1887, deux millions; en 1888, deux millions; en 1889, deux millions; en 1890, deux millions.]
- Art. 3. — La ville de Paris recevra une part de l’excédent des recettes sur les dépenses au prorata de sa subvention.
- Elle ne sera tenue à aucun versement au-delà de ladite subvention.
- Art. 4. — L’État accordera gratuitement à la ville de Paris les emplacements dont elle pourra avoir besoin pour ses Expositions particulières.
- Art. 5.— Le territoire de Bagatelle sera mis, sans qu’aucune construction y puisse être élevée, pendant toute la durée de l’occupation du Champ-de-Mars, à la disposition du ministère de la guerre, pour ses manœuvres.
- Art. 6.— La présente délibération sera nulle de plein droit: i° Dans le cas où les travaux de l’Exposition ne seraient pas commencés le premier du mois de septembre 1886 ; i° Dans le cas où le projet d’emprunt voté par le conseil municipal ne serait pas approuvé par les pouvoirs publics.
- NUMÉRO 66.
- Les vœux relatifs à la réglementation du travail dans les travaux de l’Exposition ont été renvoyés à la séance de vendredi.
- Nous donnerons dans le prochain numéro, le texte de ces vœux et l’ensemble détaillé de la délibération.
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- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- RAPPORT
- Présenté par MM. Edgar Monteil et Lyon-Alemand, au nom de la commission de l’Exposition de 188g (1), sur là demande de subvention pour l’Exposition adressée par l’Etat à la ville de Paris.
- Messieurs,
- Dans sa séance du 20 octobre 1884, le Conseil général de .la Seine élut une commission de treize membres qui fut chargée de présenter un rapport sur l’Exposition de 1889. Cette commission était composée de MM. Georges Martin, Jobbé-Duval, Lyon-Alemand, Guichard, Dreyfus, Voisin, Michelin, Curé, Lefèvre, Rouzé, Hattat, Marius Martin, Monteil.
- Elle désigna le bureau suivant:
- Président: M. Dreyfus.
- Vice-présidents : MM. Jobbé-Duval et Guichard.
- Secrétaires: MM. Monteil et Lefèvre.
- Dans la Commission comme dans le bureau, M. Lefèvre représentait la banlieue.
- La commission de l’Exposition élue au Conseil général fut confirmée au Conseil municipal comme commission municipale et on lui adjoignit le président du Conseil municipal (2) et le président de la Commission du budget (3), ce qui porta la Commission de l’Exposition à quatorze membres comme Commission municipale et à quinze membres comme Commission départementale.
- 'Mais le département ayant déclaré se désintéresser complètement de la question de l’Exposition et son budget ne permettant pas de réclamer sa collaboration financière, on peut dire que la Commission de l’Exposition n’a jamais fonctionné que comme Commission municipale.
- C’est au nom de la Commission municipale que fut présenté le rapport de MM. Edgard Monteil et Pierre Guichard sur l’Exposition, rapport dans lequel 011 démontrait la nécessité où l’on se trouvait de faire une Exposition en 1889 et dans lequel on fixait l’emplacement où il convenait de construire les bâtiments qui serviraient à eette manifestation industrielle; c’est au Conseil municipal que le projet de délibération présenté par ces rapporteurs, a été voté dans la séance du 5 novembre 1884.
- Nous croyons devoir remettre sous vos yeux, Messieurs, les termes des différents articles de la délibération votée par le Conseil et les scrutins auxquels ces articles ont donné lieu (4).
- Sur l’art. Ier, ainsi conçu :
- Il y a lieu d’adopter le principe d’une exposition
- universelle internationale en 1889.
- Le scrutin auquel il est procédé donne les ré-
- sultats suivants :
- Nombre de votants............ 65
- Majorité absolue............. 33
- Pour....................... 52
- Contre....................... i3
- Le Conseil a adopté l’art. rer.
- (1) La commission de l’Exposition de 1889 est composée de MM.Guichard, président; Jobbé-Duval,Voisin, vice-presidents ; Monteil, Lyon-Alemand, secrétaires ; de Bouteiller, Curé, Humbert, Jacques, Leclerc, Lefebvre-Roncier, Lopin, Mesureur, Rousselle, Rouzé.
- (2) M. Boué.
- (3) M. Jacques.
- (4) Les noms en italiques sont ceux des conseillers qui sont sortis du Conseil.
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- io6. — Deuxième Année. — N° 66.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 4 Avril 1SS6.
- Ont voté pour: MM. Armengaud, Maurice Bin-der, Boué , de BouteillerCatnaux, Cernesson, Chabert, Chassaing, Cochin, Collin, Combes, Curé, Cusset, Davoust, Delhomme, Dépassé, Deschamps, Desmoulins, Despatys, Després, Dreyfus, Dufaure, Gamard, Guichard, Ernest Hamel, Hattat, Her-vieux, Jacques, Alfred Lamouroux, Leclerc, Le-rolle, Narcisse Leven , Lyon-Alemand, Maillard, Georges Martin, Marius Martin, de Ménorval, Mesureur, Millerand, Monteil, Muzet, Pichon, Pipe-raud, Réty, Aristide Rey, Reygeal, Riant, Simo-neau, Strauss, Vaillant, Villard, Voisin.
- Ont voté contre : MM, Chautemps, Darlot, De-ligny, Dujarrier, Marsoulan, Mathé, Mayer, Michelin, Robinet, Rouzé, Sauton, Songeon, Stu-puv.
- Excusé : M. Braleret.
- En congé : MM. Amouroux, Ruel.
- N’ont pas pris part au vote : MM. Bartholoni, Georges Berry, Boll, Delabrousse, Frère, Gaufrés, Hubbard, Jobbé-Duval, Levraud, Rousselle, Vauthier, Paul Viguier.
- Le vote de principe une fois acquis, il est procédé à un vote sur l’art. 2, ainsi conçu :
- Le Conseil municipal est d’avis que l’exposition de 1889 ait lieu au Champ-de-Mars.
- Le scrutin auquel il est procédé donne les résultats suivants :
- Nombre de votants........... 72
- Majorité absolue............ 37
- Pour le Champ-de-Mars, 5o :
- MM. Armengaud, Georges Berry, Maurice Bin-der, Boll, de Bouteiller, Cattiaux, Chabert, Cochin, Collin, Combes, Curé, Cusset, Delabrousse, Delhomme, Dépassé, Deschamps, Desmoulins, Despatys, Després, Dreyffus, Dufaure, Frère, Gamard, Guichard, Hattat, Hervieux, Hubbard, Jacques, Jobbé-Duval, Alfred Lamouroux, Leclerc, Lerolle, Narcisse Leven, Levraud, Maillard, Marius Martin, Mathé, Mayer, Mesureur, Millerand, Monteil, Muzet, Pichon, Réty, Aristide Rey, Reygeal, Riant, Robinet, Rousselle, Strauss, Villard.
- Pour Vincennes, 14 :
- MM. Boué, Chassaing, Chautemps, Darlot, Dujarrier, Ernest Hamel, Lyon-Alemand, Marsoulan, Georges Martin, de Ménorval, Piperaud, Rouzé, Vaillant, Voisin.
- Pour la zone du bois de Boulogne, 4:
- MM. Cernesson, Deligny, Vauthier, Paul Viguier.
- Pour Courbevoie, r : M. Simoneau.
- Pour Montsouris, 1 : M. Sauton.
- Pour le Sacré-Cœur, 1 : M. Michelin.
- Bulletins blancs, 2 : MM. Songeon, Stupuy.
- En congé : MM. Amouroux, Ruel.
- Excusç : M. Braleret.
- Le Conseil a adopté le Champ-de-Mars.
- L’art. 3 est ainshconçu :
- Le Conseil municipal est d’avis que des concours et
- une partie au moins des fêtes du centenaire aient
- lieu à Vincennes et à l’est de Paris.
- Le scrutin auquel il est procédé, sur l’art. 3 des conclusions de la Commission, donne les résultats suivants :
- Nombre de votants............ 47
- Majorité absolue............. 24
- Pour....................... 42
- Contre........................ 5
- L'art. 3 clu projet de la Commission est adopté.
- Il est utile, à propos de cet article, de faire remarquer qu’il ne concerne que l’Etat, la Ville gardant son entière liberté pour les fêtes qu’elle donnera elle-même, ainsi que cela ressort des paroles suivantes prononcées pendant la discussion :
- M. Monteil, l’un des rapporteurs. L’art. 3 n’est pas fait pour nous. Il ne regarde absolument que l’Etat, et nous pensons qu’il est bon de dire dès maintenant au Gouvernement : « Si, en même temps que l’Exposition, vous célébrez des fêtes à Paris, mettez-en quelques-unes au bois de Vincennes ». C’est donc, je le répète, pour l’Etat, non pour nous, que l’art. 3 sera voté, car, lorsque la question des fetes à organiser lors du centenaire de la Révolution de 1789 viendra en discussion, nous délibérerons à part.
- Le Conseil, avec la promptitude extrême qu’il peut apporter à la résolution des questions auxquelles l’Administration n’est pas mêlée, avait discuté cette importante affaire de l’Exposition et pris ses décisions dans l’espace de quelques jours. Ses votes impliquaient nécessairement sa collaboration financière à l’œuvre de l’Exposition ; cependant, pour conserver la plénitude de son action, il réserva le dernier article du projet de délibération présenté par sa Commission, article qui entraînait un dégagement formel à la participation de la Ville dans les dépenses de l’Exposition. Le
- Conseil se contenta de faire toutes réserves.relativement à la propriété de la Ville que l’Exposition pourrait occuper. Un vote spécial sera nécessaire si l’Etat, comme cela est probable, veut étendre l’Exposition sur une partie de cette propriété.
- Le Conseil s’étant prononcé en faveur de l’Exposition de 1889, votre Commission entra en relations avec l’Etat, car vos commissaires s’imaginaient, Messieurs, que l’affaire de l’Exposition serait vivement menée et aussitôt résolue.
- Il n’en a rien été.
- M. Pierre Legrand et M. Rouvier se sont arrêtés sur des questions secondaires. Deux années, plus de deux années depuis le ministère de M. Hérisson, qui pouvaient être utilement employées, ont été complètement perdues.
- Il a fallu l’arrivée au ministère de M. Edouard Lockroy, son activité, son zèle, son ardent désir de voir aboutir l’Exposition, pour qu’on se décidât à ne plus perdre de temps, pour que l’affaire de l’Exposition fût conduite avec décision.
- Le ministre ayant déposé sur le bureau de la Chambre un projet de loi tendant à la liquidation de l’Exposition de 1878, il attendait les décisions du Conseil municipal pour déposer le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889, et notre rapport, fait immédiatement, était prêt il y a trois semaines et aurait été aussitôt discuté si le ministre lui-même ne nous avait demandé d’en retarder le dépôt jusqu’à ce qu’il se fût entendu avec une Société de garantie.
- Nous avons donc, aujourd’hui, à vous proposer le vote de la subvention que vous devez accorder à l’œuvre de l’Exposition et il nous faut vous rendre compte, aussi brièvement que possible, de ce qui a été fait par votre première Commission de l’Exposition et par celle que vous venez d’élire pour mener à son terme la collaboration de la Ville de Paris à la grande entreprise que commence enfin le gouvernement de la République.
- Après les Votes que vous aviez émis, votes que nous avons eu l’honneur de vous rappeler plus haut, votre première Commission était donc entrée en relations avec le ministre du commerce, M. Pierre Legrand. Vous vous souvenez, sans nul doute, qu’une Commission d’Etat fut formée, dans laquelle on avait nommé, en même temps que des industriels, des commerçants, des ingénieurs et des membres des administrations publiques, le président du Conseil municipal de Paris et le président du Conseil général de la Seine; cette Commission d’Etat, présidée par M. Antonin Proust, député, avait résolu, comme nous, de faire l’Exposition au Champ-de-Mars, et elle avait jeté les bases de son organisation. Elle prévoyait, entre autres choses, que l’on devait construire en façade un ou deux palais permanents et que nous aurions intérêt à_ les garder ; elle éstimait justement que nous tenions à entrer en possession du Champ-de-Mars. Partant de ces deux idées, elle nous entraîna dans une série de pourparlers relatifs à l’achat de ce vaste espace, pourparlers qui eurent lieu au ministère du commerce, en présence de M. Pierre Legrand, entre les membres de votre Commission et M. Antonin Proust, M. Boulanger, directeur des domaines, et M. Alphand.
- D’après ce qui fut dit dans ces entrevues, pour entrer en possession du Champ-de-Mars, nous aurions dû acheter un terrain pour les manœuvres militaires et nous restions débiteurs, vis-à-vis de l’Etat, d’une soulte constituée ;par la différence entre le prix du terrain à acheter et le prix d’estimation du Champ-de-Mars.
- Les négociations relatives à l’achat du Champ-de-Mars nous ont fait perdre cinq mois au bout desquels nous n’étions pas plus avancés qu’au premier jour.
- Nous avions élaboré un projet de traité que nous vous demandons, Messieurs, la permission de placer sous vos yeux :
- La ville de Paris désire :
- i° Que le Champ-de-Mars, qui va servir à l’établissement de l’Exposition du Centenaire de 89 soit immédiatement désaffecté de sa destination de champ de manœuvres pour les troupes de la garnison ;
- 2° Que deux zones de 90 mètres de largeur environ de terrain situées le long des avenues de Suffren et de la Bourdonnaye soient aliénées pour recevoir des constructions après l’Exposition ;
- 3° Que la partie centrale du Champ-de-Mars entre ces deux zones réunissant l’Ecole militaire au Trocadéro, d’une largeur de 270 mètres environ, soit conservée à l’état de promenade publique, sans constructions.
- Dans ce but, et pour faciliter à l’Etat la libre disposition du Champ-de-Mars pendant l’Exposition, ce qui exigera un nouveau champ de manœuvres pour remplacer le Champ-de-Mars, la ville de Paris fait à l’Etat les propositions suivantes :
- i° L’Etat vend à la ville de Paris les deux zones de terrains sus-indiquées, en façade sur les avenues de Suffren et de la Bourdonnaye, qui lui seront remises par l’Etat dans un délai de six mois après la clôture de l’Exposition. Le prix de cette acquisition, fixé par voie d’expertise contradictoire entre les agents des Domaines et de la ville, sera affecté jusqu’à due concurrence à l’achat du
- nouveau champ de manœuvres, de 40 hectares environ, dont l’emplacement sera 'choisi d’accord entre le ministre de la guerre et la ville de Paris.
- La soulte, s’il y a lieu, sera employée d’abord au paiement des intérêts des sommes avancées par la ville pour l’achat du nouveau champ de manœuvres, intérêts qui seront comptés depuis le jour du paiement de ce terrain jusqu’à celui de la remise des deux zones vendues à la ville ; elle servira ensuite, s’il y a un disponible, aux travaux d’appropriation du nouveau champ de manœuvres, ou à tout autre usage au gré de l’Etat;
- 20 L’Etat cède à la ville de Paris la jouissance à perpétuité de la portion centrale du Champ-de-Mars, d’une largeur approximative de 270 mètres, à la charge par la ville d’y établir, d’y conserver et d’y entretenir une promenade publique, en respectant la perspective du palais du Trocadéro et du bâtiment de l’Ecole militaire ;
- 3° Dans le cas où les bâtiments de l’Exposition à élever sur les deux zones vendues à la ville seraient conservés en totalité ou en partie, deux combinaisons pourraient être adoptées.
- Dans la première, la ville deviendrait propriétaire des constructions conservées à un prix à débattre avec l’Etat, après l’adoption des projets définitifs des bâtiments de l’Exposition.
- Dans la seconde, où l’Etat conserverait les constructions, soit pour son usage, soit pour les aliéner à d’autres qu’à la ville de Paris, l’Etat lui rembourserait au prix d’achat la valeur des terrains occupés par ces constructions.
- Nous avions même fait dresser, par nos services, un devis d’estimation des terrains du Champ-de-Mars, qu’il n’y a nul inconvénient à publier puisqu’il est depuis longtemps connu delà partie avec laquelle nous devions traiter ; le voici :
- Champ-de-Mars. — Surfaces et estimations :
- Terrains aliénables, y compris les rues projetées et les constructions métalliques. 12 h. 96 a.. 69 c.
- Emplacement des voies projetées à déduire.... 2 20 97
- Reste pour lotissements......... 10 h. 75 a.90 c.
- 10 hect. 75. a. 90 cent, à 1 5o tr. le mètre superficiel............ i6.i38.8oo »
- Perte d’intérêts pendant 6 ans, à déduire....................... 4.841.640 »
- 11.297.160 »
- Partie restante du Champ-de-Mars...-........ 19 h. 72 a. 00 c.
- 19 hect. 72 a. 00 cent, à 20 fr.
- le mètre superficiel.............. 3.944.000 »
- T otal...... .. 15.241.160 »
- Cette estimation des terrains est très élevée puisqu’elle suppose facile la revente des terrains à 1S0 francs le mètre.
- Nous étions donc prêts, prêts à traiter. Les Domaines ne l’étaient pas et ils nous remettaient la note suivante :
- Le principe de la désaffectation du Champ-de-Mars étant admis, le Domaine est disposé à aliéner les terrains que cette désaffectation rendra disponibles et à donner ainsi satisfaction au vœu exprimé par l’Administration municipale.
- Mais la désaffectation du Champ-de-Mars est formellement subordonnée par le département de la Guerre à la condition que ce terrain sera remplacé par un nouveau champ de manœuvres de 40 hectares environ qui devra être créé aux portes mêmes de la capitale. Il est donc indispensable que le produit de l’aliénation procure au Trésor une ressource au moins égale à la dépense qu’entraînera ce remplacement. Or, d’après le projet de l’Exposition, la partie nord du Champ-de-Mars (1 i7,oooanètres contigus au parc de la Ville) doit former l’emplacement de deux palais permanents et d’une esplanade intermédiaire. Il ne reste donc comme susceptible d’aliénation que la partie sud entre l’Ecole militaire et l’emplacement de ces palais, d’une contenance de 22 hectares environ. Ces 22 hectares pourraient êtres cédés en toute propriété à'la ville de Paris, moyennant un prix et dans des conditions convenus. Pour déterminer ces conditions, il y aurait lieu d’abord de s’entendre sur le mode de lotissement qui doit servir de base aux évaluations. La ville de Paris propose un plan d’après lequel la contenance des terrains à aliéner serait réduite à 74,000 mètres. Le Domaine estime qu’au point de vue financier, ce projet doit être modifié et que l’estimation doit porter sur une contenance plus grande. Il serait, ce semble, pos-, sible de s’entendre à cet égard.
- Une fois le mode de lotissement, qui doit servir de base aux évaluations, adopté, il serait procédé tant par la ville que par le domaine à la fixation du prix de l’ensemble des 22 hectares disponibles. La fixation de ce prix doit être faite immédiatement et avant toute convention. Les règles de la législation domaniale ne permettent pas à l’Etat
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- Deuxième Année. — N° 66
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 4 Avril 1886. — 107.
- de s’engager sans être fixé sur la valeur de l’objet cédé et sur l’importance des ressources que la cession doit lui procurer. Cette expertise pourrait être conduite assez rapidement. L’opération ainsi faite déterminerait le prix que la ville doit payer et que l’État doit recevoir pour les 22 hectares du Champ-de-Mars désaffecté. Mais, comme la désaffectation n’est consentie par le service de la guerre qu’à la condition expresse de l’acquisition en son nom d’un .champ de manœuvres de 40 hectares situés sur emplacement désigné, il y aurait lieu de préparer simultanément cette seconde partie de la convention.
- A cet effet la ville et le domaine feraient procéder à l’expertise des terrains nécessaires à ce champ de manœuvres. Les experts détermineraient la valeur du sol et l’importance des dépenses nécessaires à son expropriation. Quand ce chiffre serait connu on verrait si le prix delà cession du Champ-de-Mars à la ville est égal ou supérieur au prix d’achat et d’appropriation du nouveau terrain de manœuvres. L’Etat proposerait dans cette hypothèse, que, pour simplifier l’opération, la ville fut chargée de faire elle-même les expropriations du nouveau champ de manœuvres, à la charge par l’Etat de lui verser une somme égale à l’estimation contradictoire adoptée par les experts. La dépense à la charge du Trésor, ainsi fixée à forfait,'se compenserait à due concurrence avec le prix dû à l’Etat pour la cession de l’ancien Champ-de-Mars. L’opération reviendrait en définitive à ceci, que la ville, après s’être assurée la propriété des terrains nouveaux, échangerait ces terrains contre les terrains de l’ancien champ de manœuvres, suivant les estimations faites à l’avance et sauf règlement des soultes.
- Le service de la guerre, qui consent à la désaffectation, n’adopterait aucune combinaison qui lui ferait courir le risque de payer une soulte quelconque pour l’établissement de son nouveau champ de manœuvres.
- Vous voyez, Messieurs, que les Domaines marchandaient, quoique nous fussions fort larges dans nos estimations, attendu que les terrains du Champ-de-Mars ne trouvent pas toujours acquéreurs, et nos négociations eussent encore duré longtemps si elles n’avaient été interrompues en même temps que la commission d’Etat cessait d’exister. Une crise ministérielle survint, le ministre fut changé, et la question de la vente du Champ-de-Mars comme celle de la construction des palais permanents a été abandonnée par l’Etat.
- Nous devions, nous aussi,abandonner momentanément, l’achat du Champ-de-Mars,dans notre intérêt, afin de nous assurer positivement sa possession dans un avenir prochain. Voici comment :
- L’Etat a la propriété du Champ-de-Mars, et il en cède la jouissance à l’autorité militaire. L’Etat, représenté par l’administration des Domaines, estime qu’un espace de terrain relativement immense, comme le Champ-de-Mars, a, pour la ville de Paris au milieu de laquelle il est situé, une valeur plus considérable encore que celle qu’il a en effet ; les Domaines ne veulent céder ce terrain que dans des conditions exagérées ; l’autorité militaire, quoique le Champ-de-Mars lui serve peu, le tro'uve commode et oppose une assez grande résistance à aller manœuvrer à une distance plus éloignée de ses casernes, en tout cas hors du mur d'enceinte puisque nous ne trouverions pas un terrain de la surface du Champ-de-Mars à l’intérieur de Paris : dans ces conditions, ce n’est évidemment que contraintes et forcées que ces deux autorités abandonneront le Champ-de-Mars.
- Est-ce donc le moment de chercher à tomber d’accord avec l’administration des Domaines, celui où elle se tient sur la défensive vis-à-vis de nous? Nous devons nous rappeler, Messieurs, la manière dont nous sommes restés en possession du jardin du Champ-de-Mars, et nous dire que nous obtiendrons les meilleures conditions d’achat lorsque le Champ-de-Mars aura été occupé pendant plusieurs années par les bâtiments de l’Exposition, lorsque le ministère de la Guerre, dont le chef actuel est énergiquement républicain, aura pris l’habitude d’envoyer ses hommes manœuvrer loin de l’Ecole Militaire, lorsque les Domaines seront dépossédés de fait.
- Sans avoir été construits comme des palais destinés à devenir permanents, _ les grands corps de bâtiment de l’Exposition, faits en fer, peuvent durer des siècles. Supposez qu’il y ait une poussée de l’opinion ou un désir du Conseil pour la conservation de ces palais dont l’utilité, aussi bien pour l’Etat que pourra Ville, est aisément démontrable ; supposez qu’il n’y. ait plus qu’à créer un jardin en arrière des palais conservés, et demandez-vous si les conditions de cession ne seront pas autres que celles qu’on voudrait nous forcer à accepter aujourd’hui.
- L’avis de votre Commission est donc de réserver la question de l’achat du Champ-de-Mars, achat qui s’imposera fatalement. Votre Commission appuie cet avis de raisons financières : l’Etat ne nous poussait à l’achat du Champ-de-Mars que pour nous amener à accorder une subvention spéciale pour la construction de palais permanents ; or, il ne nous semble pas que, actuellement, la Ville puisse ajouter de nouvelles dépenses à celles
- qui lui sont demandées par l’État pour sa collaboration à l’Exposition; de plus, il est inutile de charger notre budget en " ce moment, ' alors que, -dans trois ou.quatre ans, l’Exposition aura créé pour Paris une ère de prospérité qui nous permettra de consentir plus facilement la dépense nécessaire à l’achat du Champ-de-Mars et de la joindre aux autres dépenses. C’est pour ces raisons que nous vous demandons d’attendre l’heure propice pour entrer en possession du Champ-de-Mars.
- Nous n’achetons aucun terrain de manœuvres, mais il a été entendu que, ainsi que cela s’était fait en 1878, nous prêterions à l’autorité militaire pour les manœuvres de l’armée, tant que durerait l’occupation du Champ-de-Mars, et, le cas échéant, jusqu’à ce qu’elle ait un nouveau champ de manœuvres, le territoire de Bagatelle.
- C’était là un arrangement consenti avec M. Pierre Legrand, qui est le ministre avec lequel nous avons le plus travaillé; nous nous sommes peu rencontrés avec M. Rouvier, et M. Dautresme n’a pas eu le temps de nous appeler à délibérer avec lui du projet de l’Exposition. Nous devons dire cependant que M. Rouvier, de même que M. Pierre Legrand, de même que M. Hérisson, admettait la collaboration effective du Conseil.
- C’est qu’une des grandes préoccupations de votre première commission a été, Messieurs, d’assurer les droits et les prérogatives du conseil. Nous avons voulu éviter de revoir ce qui s’est passé à notre égard en 1878, époque à laquelle la ville de Paris fut presque rejetée de l’Exposition tandis qu’elle y collaborait pécuniairement. Nous avons eu soin de signifier.nettement aux différents ministres que la ville de Paris ne pouvait être représentée par des personnes prises dans son administration, qu’elle l’était seulement, uniquement, par les membres de son conseil municipal. Votre commission a toujours subordonné le vote de la subvention aux garanties de bonne gestion que le gouvernement accorderait au conseil municipal. Il était convenu avec MM. Pierre Legrand et Rouvier que la commission municipale tout entière serait comprise dans la commission d’Etat. M. Edouard Lockroy, premier élu de Paris notre ancien collègue et notre ami, s’est montré aussi bien intentionné que ses prédécesseurs vis-à-vis de la ville, ainsi que vous le verrez par la suite.
- Mais nous voici arrivés, Messieurs, à l’élection de la seconde commission. La plus grande partie des membres de la première commission y ont été maintenus . Cette commission a été élue dans la séance du 19 février 1886; voici quelle est sa composition :
- MM. de Bouteiller, Humbert, Jacques, Leclerc, Mesureur, Voisin, Curé, Guichard , Lefebvre-Roncier, Monteil, Lyon-Alemand, Jobbé-Duval, Lopin, Rousselle, Rouzé.
- Ont été nommés membres du bureau :
- Président, M. Guichard ; ^
- Vice-présidents, M. Jobbé-Duval et Voisin;
- Secrétaires, MM. Monteil et Lyon-Alemand.
- La nomination de cette seconde commission a été décidée en se basant sur ceci : que la première avait accompli son œuvre en décidant que l’Exposition devait avoir lieu en 1889 et en désignant l’emplacement, qu’il fallait nommer une commission définitive chargée de tenir constamment la main aux intérêts de la ville de Paris représentée par son conseil et de mener jusqu’au bout l’œuvre de l’Exposition.
- Entrant de suite dans l’esprit des décisions de notre assemblée, la nouvelle commission, accompagnée du bureau du conseil, se rendit chez M. le ministre du commerce et de l’industrie, et, dans la séance du 22 février, M. Guichard, président de la commission, rendit-compte de son entrevue en ces termes :
- M. Guichard. — L’impatience très légitime du Conseil a motivé la démarche que nous avons faite pour savoir quelles dispositions M. le ministre entendait prendre relativement à l’Expositon de 1889.
- Nous avons à ce propos posé à M. Lockroy un certain nombre de questions de nature à vous éclairer complètement sur les intentions du Gouvernement.
- Tout d’abord, et pour répondre à la lettre qu’il nous avait envoyée, par l’entremise de M. le préfet de la Seine, nous lui avons présenté la note suivante:
- « La Commission municipale de l’Exposition de 1889 rappelle que le vote du Conseil, émis sur le rapport de MM. Monteil et Guichard, implique sa participation à une exposition universelle internationale. La Commission, très décidée à se.main-tenir dans les limites des votes du Conseil, est d’avis que la ville de Paris n’a qu’un intérêt médiocre à voir se faire une exposition nationale et réserve toute décision relative à une exposition qui perdrait son caractère d’universalité et d’internationalité. _
- La Commission s’engage à demander au Conseil la collaboration financière de la Ville à une exposition universelle internationale ; toutefois elle ne peut réclamer un vote ferme du Conseil sur un crédit déterminé-jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement renseignée sur le caractère international de
- l’Exposition, sur la part du Gouvernement et <ie la Société de garantie, enfin sur l’étendue du contrôle que le Conseil pourra exercer ainsi que sur sa part de la direction.
- Sous le bénéfice de ces réserves, la Commission persiste dans son désir de voir ouvrir à Paris une exposition universelle en 1889. »
- M. le ministre nous a répondu : Que le Conseil des ministres avait décidé que l’Exposition de 1889 serait internationale, c’est-à-dire ouverte à toutes les nations d’Europe ou d’au-delà des mers; qu’en ce qui concernait la participation financière de la Ville, il considérait comme suffisant l’engagement moral de la Ville de participer aux dépenses de l’Exposition, le chiffre de la collaboration financière de la Ville restant à déterminer;
- Que l’Exposition universelle aurait lieu au Champs-de-Mars selon le vote du Conseil municipal ;
- . Enfin, que l’étendue du contrôle et de la direction confiés aux représentants de la Ville serait aussi grande qu’ils peuvent la souhaiter.
- M. le ministre est disposé, pour cette fois, à se passer de commissaire général. Il y aura seulement une commission technique d’exécution et une commission générale de contrôle, dans laquelle le Conseil municipal sera largement représenté, de façon qu’aucune dépense ne puisse être engagée ou exécutée sans que ses délégués aient été préalablement consultés.
- Nos intérêts seront donc parfaitement sauvegardés.
- Je me borne, Messieurs, à ce compte rendu sommaire, laissant au rapporteur qui va être nommé à bref délai par votre commission de l’Exposition le soin de compléter ces renseignements et d’entrer dans plus de détails.
- Les renseignements donnés par le président de la commission pouvaient être, en effet, complétés et précisés après de nouvelles entrevues avec le ministre du commerce, mais, avant ces entrevues, le conseil avait été saisi d’une lettre dans laquelle ce dernier demandait à la ville de Paris de se prononcer sur la subvention qu’elle voulait accorder à l’Exposition. Voici cette lettre :
- Paris, le 17 février 1886.
- Monsieur le préfet,
- Dans la Commission chargée d’étudier les avant-projets de l’Exposition de 1889, les délégués de la ville de Paris ont déjà trouvé l’occasion de s’entretenir et de se concerter avec les délégués du gouvernement et il a paru acquis que la ville de Paris tiendrait à honneur de concourir, dans la plus large mesure possible, au succès de cette Exposition.
- Mon département se proposant de soumettre incessamment aux Chambres le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889, je vous serai reconnaissant, Monsieur le préfet, de vouloir bien saisir d’urgence le Conseil municipal de cette question et me faire connaître le montant de la subvention que la ville de Paris consentirait à accorder.
- Agréez, etc.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie, Edouard Lockroy.
- Cette lettre n’indiquant pas de chiffre, votre Commission demanda au ministre de vouloir bien lui répéter officiellement ce qu’il lui avait déjà dit, au sujet de l’organisation financière de 1’Exposition et de lui signifier s’il se contentait, relativement à la subvention, d’un vote de principe ou s’il lui fallait un vote ferme. Le Conseil ayant déjà formulé son adhésion au principe de l’Exposition, votre Commission préférait lui présenter un projet ferme, quant au chiffre de la subvention, afin de pouvoir en même temps fixer définitivement les engagements de la ville et les engagements du gouvernement.
- Le ministre exposa aux membres du bureau de votre Commission qu’il avait l’intention de demander 16 millions à l’Etat, somme sur. laquelle 12 millions étaient disponibles ; 18 à 20 millions à une Société de garantie pour laquelle il avait deux combinaisons parallèles prêtes toutes deux (1) ; et enfin, 8 millions à la ville de Paris ; qu’au point où il en était arrivé il réclamait non un vote de principe, mais un vote ferme, qu’il lui fallait abso-
- U) Hier matin (i3 mars) a eu lieu au Crédit foncier, sous la présidence de M. Christophle, une réunion de capitalistes convoqués pour former la Société de garantie de l’Exposition universelle de 1889.
- Parmi les personnes présentes, citons :
- MM, Bixio, président de la Compagnie générale des petites voitures ; Blount, représentant la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest et la Société générale ; Granâprélong, trésorier général; Barbedienne, Cahen d’Anvers. Denfert-Rochereau, représentant le Comptoir d’escompte ; Durrieu et Gay, représentant le Crédit industriel; Hart, syndic des agents de change; Laveis-sière, Mallet, représentant le Paris-Lyon-Méditerranée ; Marinoni, Mazerat, représentant le Crédit lyonnais; Michel Heine, Dietz-Monin, président de la chambre de commerce de Paris; Michaud, président du tribunal de commerce de la Seine ; Eugène Pereire, représentant la Compagnie transatlantique ; Sautter, la Banque de Paris ; Jacques Stern, banquier, etc., etc.
- A l’unanimité des membres présents, la formation d’une société pour la constitution du capital de garantie en vue de l’Exposition de 188g a été décidé,
- M. Christophle a été chargé de s'entendre à cet effet avec M. Lockroy, ministre du 'commerce, aussitôt son. retour à Paris. {Note publiée par le journal le Temps). ;
- Voir la suite page 110.
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- ioS et ioq.— Deuxième Année. — N° 65.
- LE MARCHAND DE BOISSONS ALGERIEN
- LE MONITEUR DEPOSITION DE i88o.
- LES PETITS MÉTIERS
- AUX EXPOSITIONS
- Dimanche 4 Avril 1886
- LA « DEVOUKHA » RUSSE
- LE CUISINIER JAPONAIS
- LE TAILLEUR ALGÉRIEN
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- iio. — Deuxième Année. — N° 66.
- lument être fixé sur le chiffre ferme de la subvention de la ville, puisqu’il attendrait le vote du Conseil pour présenter son 'projet aux Chambres et qu’il voulait s’appuyer sur le vote du Conseil.
- Ainsi, Messieurs, d’après les projets du gouvernement, la dépense totale nécessitée par l’Exposition s’élèverait de 42 à 44 millions, et la ville de Paris entrerait dans cette somme pour 8 millions.
- A prendre ce chiffre total, la ville représenterait donc dans les dépenses de l’Exposition un cinquième seulement; mais il serait complètement illogique de placer la Société de-garantie sur le même pied que l’Etat ou la Ville. En effet, l’Etat et la Ville donnent leur argent, ils n’ont que peu ou point de chances d’un remboursement, même partiel, sur les recettes de l’Exposition, tandis que la Société de garantie ne court que fort éventuellement des chances de perte. La Société de garantie est ainsi nommée, parce qu’elle garantit la recette jusqu’à concurrence d’un chiffre déterminé; mais elle se rembourse d’abord, et il faudrait, pour qu’elle perdit une somme quelconque, que les recettes de l’Exposition n’atteignissent pas le chiffre garanti par elle. Or, les recettes sont en progression à chaque exposition. Le capital de garantie a toujours été remboursé. En 1867, on donna même aux souscripteurs onze pour cent de dividende, grâce à la savante administration de Le Play, et encore ces souscripteurs n’avaient-ils rien versé, ou presque rien : le souscripteur pour cent mille francs, par exemple, avait versé deux mille francs et touchait onze mille francs.
- Si on suppose que la Société de garantie qui sera formée pour 1889 garantît 19 millions, elle ne verse pas ces 19 millions. Elle1 attend les recettes. Si les recettes étaient de 12 millions seulement, alors, la Société de garantie interviendrait pour payer la différence entre 12 et 19, soit 7 millions.
- Il semble donc que l’on puisse se passer aisément d’une société de garantie; pourquoi le ministre ne l’a-t-il pas écartée?
- (A suivre.)
- EXPOSITION DE L’ŒUVRE
- DE
- PAUL BAUDRY
- Je suis d’avis que l’on doit la vérité aux morts aussi bien qu’aux vivants. Eh ! bien, il faut avoir le courage de le dire franchement, l’œuvre de Paul Baudry n’est pas de celles qui s’imposent forcément et qui autorisent les rayonnements d’une apothéose.
- L’éminent artiste, enlevé trop prématurément, a montré un talent incontestable et quelques-unes de ses pages sont des plus méritantes, mais aucune personnalité bien distincte ne s’y fait jour et cette note est plus criante que jamais dans la réunion de toiles ou cartons que l’on vient de faire à l’Exposition des beaux-arts.
- L’idée est fort louable en elle-même, il s’agit de recueillir des fonds pour lé monument que l’on veut élever à Baudry et de verser ,1e surplus dans la caisse de l’Association des peintres, sculpteurs, etc.
- Malheureusement en croyant dresser un piédestal à l’homme de valeur, on a peut-être légèrement amoindri sa mémoire et atténué la gloire qu’il s’était acquise par un labeur incessant.
- On sait qu’il avait tout sacrifié à l’honneur d’exécuter les plafonds du foyer de l’Opéra et qu’il y perdit absolument de l’argent. Ce n’est qu’ensuite par un travail constant et rémunérateur cette fois qu’il réussit à vivre un peu plus largement.
- Il faut néanmoins savoir gré à M. Bouguereau et au comité qui s’est constitué sous sa présidence, de la bonne intention qui les a guidés. Ils croyaient sincèrement travailler à la plus grande gloire de leur ami ; mais si certaines œuvres vues de loin et dans le prestige du souvenir ont perdu de leur éclat sous le jour d’ensemble qu’on leur a donné, il n’en reste pas moins une étude très curieuse de l’art contemporain par un de ses plus honorables représentants.
- Le petit salon du quai Malaquais comprend trois cent quatre-vingt-neuf numéros partagés également entre les peintures et les cartons ou dessins.
- Vingt-trois copies, d’après Michel-Ange et Raphaël, ornent la salle du rez-de-chaussée. Les plus importantes sont Y Ivresse de Noé et la Jurisprudence, la première sur une fresque de la chapelle Sixtine, la seconde sur une fresque des chambres du Vatican.
- De nombreuses figures décoratives fixent également l’attention.
- Au premier, l’œuvre est réunie dans cinq ou six petits compartiments qui gagneraient certainement à être un peu mieux éclairés.
- Le Supplice d’une vestale est la page la plus grande de cette Exposition et certainement l’une des meilleures. Toutes les figures en sont étudiées avec le plus grand soin et le style en est de premier ordre. Ce fut le dernier envoi réglementaire
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Avril 1886.
- de Rome fait par l’artiste. Sa Charlotte Corday appartient à la ville de Nantes, elle est également d’une excellente facture, et le Marat crispé dans son bain possède une énergie peu commune.
- Nous retrouvons autour de cela toute la mythologie possible devenue classique à force de reproductions par la photographie, la lithographie ou la gravure : la Toilette de Vénus (au musée de Bordeaux) trois ou quatre Diane chassant l’Amour ; Léda, Psyché et l’Amour ; la Fortune et le jeune Enfant ; la Vérité, etc., etc.
- La Perle et la Vague, que tout le monde connaît, figure au premier rang des belles toiles.
- Puis nous trouvons des portraits, des portraits et encore des portraits.
- Le plus beau comme exécution est assurément celui de l’architecte Charles Garnier ; il faut citer aussi ceux du comte de Palikao, de Mlle Denière, d’Edmond About, de Mrae Villeroy, du jeune Robert Fould, de M. Beulé, delà petite X... (n° 120), etc.
- Mais à côté de cela nous voyons un portrait de Mme Louise Stern dont le buste est tellement penché qu’on craint de voir tomber le modèle ; celui de MUe Juliette Dreyfus qui ouvre des yeux de-mesurés ; un enfant nommé Cricri qui possède le crâne de Cuvier ; un jeune prince Marc-Augustin Galitzin en chérubin sur des nuages avec des ailes, encore que le bébé n’ait rien de la physionomie d’un séraphin, etc., etc. C’est le côté des concessions regrettables.
- D’autres motifs sont plus heureux, tels une jolie brunette appelée Parisina ; une Madeleine pénitente d’une grande richesse de tons, mais d’expression trop moderne ; le portrait en pied du jeune Louis de Montebello, et une belle étude de Femme fellah.
- Au résumé, exposition très intéressante pour ceux qui ne veulent pas trop y chercher la petite bête et n’y voir que le travail d’un peintre de talent.
- Alfred Delilia,
- ÉCHOS
- Paris
- L’inauguration des nouvelles salles du musée du Luxembourg, a eu lieu jeudi dernier 1er avril.
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- Le même jour à l’École des beaux-arts, inauguration de l’expositon des œuvres du regretté Paul Baudry.
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- Le vendredi 2, ouverture à la galerie Georges Petit, rue de Sè/.e, de l’exposition des pastellistes qui durera jusqu’au 30 avril.
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- Départements
- La Société des amis des arts de Douai a fixé l’ouverture de sa trente et unième exposition annuelle au 11 juillet prochain, date de la fête communale, et sa clôture au 1er août suivant. Cette exhibition sera installée dans la galerie d’exposition de l’hôtel de ville.
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- La Société des amis des arts de Reims invite les artistes à participer à sa dixième exposition dont l’ouverture aura lieu le 2 octobre et la clôture le 15 novembre.
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- Rappelons que l’exposition de pêche, de navigation, d’agriculture, du commerce, de l’industrie et des beaux arts, organisée à Arcachon, aura lieu de juin à octobre.
- A cette exposition seront admis entre autres :
- Pour les classes industrielles : la bijouterie, camées, médailles, lapidaireries ; les éventails ; les meubles de luxe; les bronzes, métaux et objets d’art; les faïences anciennes; la verrerie, les cristaux ; les couleurs vitrifiables ; la typographie, la lithographie, la chromo-lithographie, la photographie ; la librairie ; la reliure ; les cartes, plans et dessins.
- Pour les beaux-arts : la peinture, les pastels, aquarelles, miniatures ; arts rétrospectifs ; sculpture, peinture sur émail, sur verre, sur porcelaine ; la gravure et l’architecture.
- Tous les produits devront être arrivés du 15 au 25 mai au plus tard.
- S’adresser à la « Direction de l’Exposition d’Arcachon, 11, rue Tustal, à Bordeaux. »
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’Association artistique industrielle de l’Allemagne centrale, organise en ce moment dans ses galeries de Francfort-sur-le-Mein une grande exposition, ainsi que des concours de sculpture décorative sur bois, qui auront lieu cette année, de juin à septembre.
- • Le comité a institué pour les.meilleurs travaux de sculpture de personnages, d’une part, pour
- les sculptures comportant simplement un dessin d’ornementation, d’autre part, quatre prix de 500, 300, 200 et 100 marks. Le jury se réserve cependant le droit, dans le cas où l’un de ces groupes renfermerait un plus grand nombre d’ouvrages à récompenser, d’adopter un autre mode de répartition des primes.
- Un certain nombre de diplômes d’honneur seront en outre décernés et tout exposant recevra après admission de ses envois à l’exposition, un diplôme d’admission qui consacrera la supériorité de ses produits sur ceux qui se vendent couramment sur le marché.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 1er mai, les envois jusqu’au 1er juin.
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- Le dimanche 14 mars dernier a eu lieu à Würz-burg, l’exposition vinicole de la basse Franconie. 59 exposants y ont pris part.
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- Une exposition des œuvres de feu Ludwig Richter, le peintre bien connu, aura lieu à Francfort, dans le courant du mois prochain.
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- Franz von Lenbach, le peintre bavarois, qui fit, on se le rappelle, un portrait du prince de Bismarck pour S. S. Léon XIII, organise à Berlin une'exposition de ses œuvres qui aura lieu dans le courant du mois prochain.
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- Angleterre
- Une exposition internationale photographique a lieu actuellement à Dundee (Ecosse). Il y a là, paraît-il, une collection vraiment magnifique de paysages, de marines, de portraits, de photographies instantanées, obtenus par toutes les méthodes connues, ainsi qu’une belle exposition d’appareils et d’accessoires spéciaux.
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- L’exposition annuelle printanière de plantes et de fleurs, a eu lieu cette année au Crystal Palace de Londres, le vendredi 26 et le samedi 27 mars.
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- Une nouvelle association de peintres, composée pour la plus grande partie de jeunes artistes ayant fait leurs études à l’étranger, est actuellement en voie de formation à Londres. La première exposition de la nouvelle société, aura lieu, selon toute probabilité, dans le courant du mois dans les Galeries de l’ancien_ « Institute » (Pall-Mall) qui prendront désormais le nom de « Malbo-rough-Gallery ». Il a été posé en principe
- u’aucun artiste ne pourrait envoyer plus de
- eux œuvres aux expositions de la Société, expositions qui ont surtout pour but d’offrir aux jeunes l’occasion de se faire connaître, en plaçant avantageusement leurs œuvres, et en leur permettant de ne plus se contenter, comme dans les autres expositions, des places laissées libres par leurs anciens.
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- L’exposition annuelle du Rogal Institute of Painters in Water-Colours, s’organise activement.
- Le dernier délai pour la réception des œuvres expirait lundi dernier 29 mars.
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- Autriche - Hongrie
- Le samedi 20 mars dernier, a eu lieu à Vienne, l’ouverture de l’exposition ornithologique dont nous avons parlé à plusieurs reprises.
- On remarque beaucoup la section des Gallinacés, et d’ailleurs, l’ensemble tout entier de l’exposition qui est vraiment remarquable et fait honneur à l’activité déployée par le Comité international d’ornithologie, institution dont l’origine ne remonte pas à plus de deux ans. Citons encore comme excitant beaucoup d’intérêt, un Ibis nipon, véritable curiosité d’histoire naturelle, exposé par l’Association ornithologique, ainsi que les collections scientifiques de la même société.
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- Une exposition spéciale d’un nouveau genre aurait, paraît-il, lieu à Vienne, en mai et juin prochain.
- Consacrée au sport vélocipédique dans toutes ses branches et à tous ses points de vue, elle offrirait au visiteur, avec un résumé de l’histoire du vélocipède, un tableau complet des derniers perfectionnements apportés à ce véhicule aussi mince que vacillant.
- Cette exposition aurait lieu dans les locaux du Skating-Club.
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- La grande exposition internationale des beaux-arts, qu’organise à Salzbourg (Autriche), l’association artistique de cette ville ouvrira le 1er juin et clôturera le 1er octobre.
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- États-Unis
- La trente-quatrième exposition du Club artistique de Boston, comprenant l’aquarelle, le blanc et
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- Deuxième Année. — N» 66.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Avril 1886. — ni.
- noir et la sculpture, ouvrira vendredi prochain 9 avril.
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- Portugal
- On vient d’inaugurer le pont international du Minho, qui doit relier les chemins de fer portugais du Minho et Douro à la ligne espagnole de Tuy à Orense, et faire disparaître conséquemment la solution de continuité qui subsistait encore entre le réseau de voies ferrées du nord du Portugal et les chemins de fer de la Galice.
- Le pont sert en même temps de passage aux piétons et voitures pour aller d’une rive a l’autre du fleuve. La longueur totale- est de 400 mètres^ dont 333 mètres pour le pont principal, comprenant cinq ouvertures de 03 à 69 mètres.
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- Suisse
- Nous avons parlé d’un projet d’exposition indus trielle qui aurait lieu à Genève dans le courant de l’année prochaine.
- Il y aurait, paraît-il, une émission de 3,000 actions à 100 francs auxquelles viendrait s’ajouter une subvention de 700,000 fr. à fonds perdus.
- Les dépenses sont évaluées à 1,850,000 francs ; les recettes 850,000 francs, soit 700,000 francs pour les entrées et 150,000 francs pour locations d’emplacements. •
- LES PETITS MÉTIERS
- AUX EX POSITIONS
- Voir des produits de tous genres et de tous pays réunis dans de vastes galeries, dans de superbes halls d’Exposition est certes chose fort intéressante. Mais voir les producteurs eux-mêmes dans l’exercice de leur industrie, voir le petit ouvrier façonner pour notre instruction et sous nos yeux ces mille bibelots qui constituent l’apport des petits métiers à l’immense travail de production du monde, voilà qui est bien autrement intéressant pour la masse du grand public, pour cette portion de la foule qui, impuissante ou peu habituée à abstraire, aime qu’on lui mette sous les yeux non pas seulement les envois de telle ou telle région, mais les auteurs de ces envois et qu’on reconstitue, pour les lui présenter, le cadre tout entier dans lequel ils sont accoutumés à vivre et qui, aidant puissamment à l’illusion, lui donne la sensation complète de la vie dans des contrées qu’elle ne connaît que par ouï dire en général.
- On a constaté en 1867 et 1878, où les étrangers petits ouvriers étaient fort nombreux, quelle source d’inépuisable intérêt était pour tous, instruits et illettrés, ces spectacles si curieux et l’on n’a pü qu’en regretter l’absence à Anvers et à Amsterdam où ils faisaient complètement défaut.
- Il faut donc qu’en 1889 une très large part soit faite à ce genre d’attraction et que l’on s’efforce d’attirer à Paris le plus grand nombre possible de représentants des petits métiers à l’étranger. Mêler l’utile à l’agréable, l’instructif à l’amusant a toujours été le but des organisateurs de nos Expositions ; ils ont là, plus que jamais, un moyen de mettre leur maxime en pratique, moyen qui sera toujours accueilli avec la plus grande faveur.
- N’a-t-on pas vu dernièrement avec quel empressement chacun se rendait et se rend encore au musée japonais, uù d’intelligents organisateurs ont su, en quelques tableaux bien agencés, reconstituer une image parfaite de la vie au Japon.
- Et notez bien qu’il s’agit ici de figures de cire. Si donc l’argumentation subsiste avec des mannequins, que sera-ce avec de vrais ouvriers, de vrais petits marchands. L’illusion y gagnera, l’instruction aussi et le plaisir du spectateur en sera doublé.
- Voici d’ailleurs quelques esquisses prises à l’Exposition de 1878 et qui ne seront pas sans intérêt pour nos lecteurs.
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- LE TAILLEUR ALGÉRIEN
- Le tailleur algérien était installé dans le quartier algérien, à l’ombre d’un minaret qui, sans doute, lui rappelait sa patrie. Si on l’interrogeait quand, accroupi sur ses talons, il tirait l’aiguille pour rassembler les diverses pièces d’un caftan ou d’un burnous, on reconnaissait tout de suite que ce n’est pas seulement à Paris et à... Gharleroi qu’existent les mécontents. Cet Algérien était, en effet, un déclassé, un sceptique. Il paraît que le travail ne lui est pas venu tous les jours beaucoup plus souvent qu’il ne l’eût désiré, sa sieste se pro-
- longeait bien avant dans l’après-midi. Le brave homme racontait ù qui voulait l’entendre qu’en yenant à l’Exposition de 1878, il croyait vendre aux visiteurs force vêtements arabes aux couleurs voyantes et aux riches broderies. Il n’a pas eu une seule commande. Dame ! il avait mal choisi son moment ; l’Exposition n’était pas ouverte pour la mi-carême ! A vrai dire, n’a-t-il pas été fort heureux pour lui que le public ne se souciât pas d’acquérir les nombreux ouvrages qu’il aurait pu exécuter ? Car à le voir nonchalamment accroupi sur son modeste établi, semblant, à chaque point, procéder avec une sage lenteur, comme s’il craignait de commettre quelque erreur, on pouvait se demander ce qu’il serait devenu en cas d’engouement des visiteurs.
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- LE CUISINIER JAPONAIS
- De tous les peuples de l’extrême Orient, ce furent les Japonais qui répondirent le mieux à l’appel qui leur fut adressé en 1878. Parmi eux, on remarquait beaucoup Tanaga. C’était un vieux Japonais, petit de taille, maigre, le cou décharné, la peau fanée, avec fort peu de cheveux et portant sur le bout de son nez des lunettes énormes aux verres ronds et bleus. A vrai dire, quand le visiteur le voyait et l’entendait, il se croyait en présence d’une vieille femme. Tanaga était cuisinier de son état ou plutôt préparateur de thé. Un petit réchaud, une petite cafetière, de petites tasses, tel -est le matériel lui servant à préparer un thé d’une couleur vert jaunâtre, trop claire en apparence, mais d’un arôme et d’un goût exquis.
- Tanaga est un vrai bohème japonais qui, tout en conservant son type, ses habitudes et son costume, a été faire et vendre du thé, 'en Chine, à Hong-Kong, dans l’Inde, à Moscou et enfin à Paris. Le reverrons-nous en 1889?
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- ^ALGÉRIEN MARCHAND DE BOISSONS
- L’Arabe excelle aux petits métiers, surtout aux petits commerces ; il est patient et insinuant. Comme on pouvait s’en faire une idee au quartier musulman du Trocadéro, où l’on admirait la flegmatique ténacité avec laquelle Algériens, Tunisiens, Marocains, etc., savaient attendre le client et lui faire payer très cher des bibelots sans valeur. Mohamed ben Ibrahim, de la province de Cons-tantine, était un type de ce genre ; plus perspicace peut-être que ses coreligionnaires. Il avait pensé aux altérés et s’était fait marchand de boissons et offrait une limonade de limons, maintenue fraîche dans des alcaraqas en terre rougeâtre et poreuse. Nous avons tort d’écrire « il offrait », car il attendait philosophiquement le client envoyé par la Providence sans daigner-s’échauffer, ni s’égosiller, ni meme faire teinter une clochette. Il restait nonchalant, froid et indifférent en apparence, mais vif et empressé au moindre désir deviné, au moindre geste fait vers son primitif établissement.
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- LA « DEVOUKHA » RUSSE
- Quelques puissances étrangères avaient eu, en 1878, la bonne idée, après avoir charmé nos yeux, de tenter de séduire nos palais en nous faisant goûter leurs produits dans des spécimens de cabarets nationaux, servis par des mains... nationales. Dans le cabaret russe, c’étaient de jeunes et blondes Moscovites qui servaient le thé fumant.
- Un peu frêles, un peu hardies, sans doute en leur qualité d’étrangères qui ne comprennent qu’à demi mot, les demoiselles russes, les devoukha étaient court vêtues : Jupe ou sarafanc de laine brune, bordée de blanc, dans le bas, perednick ou tablier de toile russe, corsage échancré et lacé, laissant voir la chemisette et entrevoir le col que garnit un quintuple tchotki ou collier de grosses perles dorées, la tête ornée d’un kakoshnik, haut diadème de cuivre doré servant à retenir une chevelure abondante.
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- L’HINDOU TISSEUR DE CHALES
- Tandis que les étoffes brodées se fabriquent chez nous au métier mécanique, l’Hindou est resté fidèle aux anciennes traditions. Aujourd’hui il travaille comme on travaillait ilyacenrans. On pouvait le voir en 1878 au palais du Champ-de-Mars, calme, assidu, peut-être rêveur. Il se rirait d’un outil grossier, d’une aiguille dont se servait l’industriel de Birmingham ; mais avec cette aiguille,
- notre ouvrier brode les dessins les plus fins- et les plus délicats, et sous sa main les ravissants ornements du style de l’Inde se développent chauds et colorés. Cet homme passait une journée entière pour broder un petit carré d’étoffe.
- Si les châles de l’Inde sont tissés et brodés dans les villes et bourgades de la vallée de Cachemire, les brodeurs hindous travaillent sur dessins français, au moyen de laines teintes avec des couleurs d’origine française. Il n’y a donc plus de châles de l’Inde absolument vrais.
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- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Voir le Moniteur du 21 mars 1886).
- II
- Juvénal, ce fougueux satirique qui châtia si cruellement les moeurs de la décadence romaine, reproche à une dame de passer la journée à la lecture du journal, alors qu’elle a sa maison à diriger, ses enfants à élever. Les moeurs n’ont guère changé sous ce rapport et nous voyons à Paris un certain nombre de concierges s’intéresser aux romans-feuilletons du Petit Journal assez pour que le service du cordon en souffre.
- Revenons au journalisme.
- Comment les Acta diurna parvenaient-ils au lecteur? Il serait difficile de le préciser. On a de bonnes raisons de croire, cependant, que la distribution s’en faisait au Forum, ou dans la voie Sacrée ; mais à très petit nombre d’exemplaires. Quant aux rédacteurs de la feuille, c’étaient, à n’en pas douter, les magistrats inférieurs de l’édi-lité romaine : chefs des tribus, commandant ou préfet des vigiles ou veilleurs, licteurs du Sénat, etc. Les renseignements étaient centralisés entre les mains de l’édile, qui corrigeait, émondait, en un mot donnait au journal sa physionomie définitive. L’édile dictait ensuite les articles à ses scribes ; puis il remettait lui-même une des premières copies au dictateur ou à l’empereur. Les copies des Acta diurna circulaient à. fort petit nombre dans l’intérieur de la ville. Seuls, quelques citoyens riches avaient des esclaves spécialement chargés de copier la feuille. Plus tard, il se trouva d’intelligents industriels qui spéculèrent sur cette situation. Par leurs soins, les Acta diurna furent reproduits à un grand nombre d’exemplaires, aujourd’hui nous disons de numéros, — et ils furent expédiés un peu partout : dans les provinces et aux armées. Tacite nous apprend dans ses Annales que la feuille officielle était régulièrement lue par les officiers des légions.
- Comment disparut le premier journal qu’ait eu le monde ? Nous croyons, nous, que ce fut au moment de l’invasion des Barbares. Le dernier numéro parut probablement pendant le règne de Romulus-Augustule. Après quoi,le monde romain demeura dans l’ignorance de sa vie quotidienne et intime. Le journal, en effet, est un indice probant de civilisation. Le Romain, avec sa curiosité, sa passion pour le nouveau, ses habitudes de vie publique, avait éprouvé le besoin de se créer une gazette. Les Barbares n’éprouvaient rien de semblable. Aucun lien ne les rattachait entre eux. Ils n’avaient aucune pensée à échanger. Les Acta diurna disparurent donc après avoir fourni une carrière honorable ; et ils ont eu le mérite d’ouvrir les yeux à Théophraste Renaudot.
- Ne nous y trompons pas : pour trouver un journal, un véritable journal bien digne de ce nom, il faut remonter aux premières années du dix-septième siècle. Est-ce à dire pour cela que l’idée pratique du journalisme ait sommeillé pendant tout le moyen âge. Ce serait une grande erreur de le croire ; puisque les collections particulières de Francfort et de Venise nous fournissent des spécimens authentiques du contraire. A Venise, dès les premiers temps de la République, on avait sous le titre un peu élastique de Floglietti, — petites feuilles, — et plus tard de Fogli d’Arvisi, feuilles d’Avis, — l’équivalent des Acta diurna de l’ancienne Rome. On y insérait les actes du Sénat, les grands faits religieux, les combats, les batailles et tous les événements commerciaux de quelque importance. Mais le gouvernement de Venise, ombrageux et soupçonneux à l’excès, ne voulut jamais donner à aucun citoyen le privilège de cette entreprise. Le conseil dès Dix avait fait du silence la base de son gouvernement ; et cette singulière République vénitienne, qui aurait pu sanctionner la liberté de la presse, ne voulut jamais y consentir. Vers la fin du quinzième siècle, peu après l’admirable découverte de Gutenberg, les Fogli d’Arvisi furent imprimées. Elles obtinrent à grand peine la liberté de circuler sur le territoire vénitien. Toutefois, le gouvernement ne permit jamais qu’on en adressât des exemplaires aux simples particuliers. Le journal vénitien était lu uniquement par les hommes d’Etat, les diplomates,
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- 112. — Deuxième Année. — N° 66. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Avril 1886.
- les amiraux et les agents consulaires de la République.
- On a voulu voir dans les Arvisi les premiers journaux politiques qu’ait eus le monde. Cette prétention mérite d’être combattue. D’abord, les feuilles dont il s’agit ne paraissaient que d’une façon fort irrégulière ; ensuite le peu de commentaires politiques qu’elles contenaient était certainement dû à la plume officieuse d’un membre du conseil des Dix. Il en est de meme des premières gazettes allemandes, les gazettes de Francfort, qui , d’après les Conversations Lexikon de Brockhaus, commencèrent à se répandre dans la seconde moitié du seizième siècle. Ces feuilles gothiques paraissent s’en être tenues à peu près exclusivement aux événements commerciaux. Les Fugger, dont le commerce s’étendait dans le monde entier, publiaient, de temps en temps, de ces gazettes à Augsbourg. Gazettes purement commerciales, nous le répétons; M. Eugène Hatin, qui a publié (chez Germer Baillière) une histoire estimée du Journal et qui parait avoir eu quelques types sous les yeux, est absolument de notre avis.
- Jusqu’en 1631, il n’y eut pas de journal imprimé. Il faut donc rechercher avec le plus grand soin, dans le fatras des documents éparpillés un peu partout, si l’on veut arriver à déterminer exactement la date de la naissance du Journalisme dans les temps modernes. En France, on a eu pendant longtemps le nouvellisme ou, pour parler plus exactement, la nouvelle à la main, genre bâtard d’informations et qui n’exigeait pas de grands frais, attendu qu’il n’était qu’à l’usage des grands seigneurs. On avait, dans chaque maison un peu bien montée, un valet intelligent, qui se mettait à l’affût des nouvelles. Cet homme courait tous les lieux publics de Paris, notamment le Cours-la-Reine et le jardin du Luxembourg, dans le but d’apprendre tous les petits faits de la journée. C’est par le cocher de Mm<? la comtesse une telle, ou par le valet de pied de M. le duc un tel, qu’il était renseigné sur l’arrivée à Paris, ou leur départ, des grands personnages. Sous Henri IV, les nouvellistes opéraient de préférence à la place Royale ou sur le Pont-Neuf. Sous Louis XIII, les mêmes individus se rendaient aux Augustins, aux Tuileries. C’étaient là que les cancans et les potins prenaient leur élan, avant de se répandre un peu dans toutes les bonnes maisons de Paris.
- Faisons remarquer, en passant, que même après l’apparition des journaux imprimés, l’industrie des nouvelles à la main fut plus florissante que jamais. Ainsi, sous Louis XV, les cafés en vogue du Palais-Royal, la Régence et le Café de Foy, devinrent les quartiers généraux des nouvellistes. Chez Procope, rue de l’Ancienne-Comédie, pareille chose avait lieu. Voltaire, Piron, Gresset, Rousseau, le chevalier de la Morlière, commentaient bruyamment les événements politiques et littéraires. Mais avant d’arriver à Théophraste Renaudot, le fameux créateur de la Gazette, nous devons dire un mot des Mercures français et étrangers.
- T. M.
- (A suivre).
- LES LIVRES
- LU
- Le général Bourbaki, par un de ses anciens officiers d’ordonnance, avec -portraits, cartes et fac-similé. — Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, éditeurs, 1886.
- Nous n’aimons pas beaucoup les livres de généraux ou écrits sous l’inspiration de généraux. D’abord selon nous, l’épée est la plume du soldat. C’est avec l’épée qu’il écrit son histoire. Ses livres, ce sont les batailles ; ses chefs-d’œuvre ce sont les victoires. En outre, et sauf de très rares exceptions, les livres écrits par des généraux sont d’une très médiocre littérature. Par ces motifs nous n’avons jamais parlé dans nos études critiques des livres appartenant à cette littérature militaire ou d’histoire militaire, qui nous est peu sympathique parce que Part et le style ont peu de choses à démêler non plus que la dignité militaire et la fierté patriotique, avec ces apologies, ces récriminations, ces polémiques qui ont donné lieu après la guerre, à tant de publications, en général fâcheuses et fastidieuses, signées de la plupart des généraux qui y avaient pris part. L’Allemagne a été plus réservée et en dehors de la grande publication officielle de l’état-major général, elle n’a permis ni les revendications, ni les contradictions particulières, ni les récits épisodiques, ni les comptes rendus critiques.
- Si nous faisons aujourd’hui une exception en faveur de l’ouvrage de M. Louis d’Eichtal et con-sentonsà en dire quelques mots, et à faire connaître au public suivant notre habitude, ce qu’il trouvera de curieux et d’intéressant dans son livre, c’est que toutd’abord)’auteurse défenddelamoindrearrière-pensée politique et demeure sur le terrain du patriotisme commun à tous et où tous-peuvent se rencontrer sans froissement. Toute question politique écartée, nous demeurons en face d’une figure mi-
- litaire qui vaut la peine d’être peinte, d’un général auquel ses exploits et ses malheurs ont créé une incontestable popularité, et dont l’histoire a des côtés de légende. Il n’était pas, il ne pouvait être sans intérêt pour nous de connaître plus intimement, de voir de plus près ce général Bourbaki, que ses succès d’Afrique et ses revers de France, et le souvenir de ce désespoir dans le délire duquel il essaya de sortir de la vie par une issue tragique qui se déroba comme l’issue victorieuse par laquelle il cherchait à échapper à la retraite, à ses tentatives, ont placé au rang des généraux de ce temps, qui ont une figure, une tête à part, les Bu-geaud, les Cavaignac,. les Lamoricière, les Pélissier, les Canrobert, les Ghanzy.
- Enfin, le récit biographique de M. Louis d’Eichtal, ancien officier d’ordonnance du général pendant la campagne de France, s’il ne se défend pas d’être inspiré par l’admiration et l’affection, respire aussi une grande loyauté, une grande probité, une simplicité généreuse et même une bonhomie qui nous ont rassurés et séduits. Le livre est dédié à ses enfants auxquels l’auteur s’adresse directement et dans la forme des conversations familières et confidences du foyer, et il le fait en termes qui excluent, comme l’image même, invisible aux yeux, mais moralement présente à l’esprit du lecteur, de ses jeunes et innocents auditeurs, toute idée d’animosité, tout soupçon de partialité ou de rancune. On sent que ce n’est pas ses enfants auxquels il veut donner la -leçon de nos fautes et de nos malheurs que l’auteur choisirait pour confidents et pour complices d’un témoignage vengeur s’il en était capable. Non, il n’y a rien de tout cela dans le livre, qui est certainement et ouvertement d’un témoin bienveillant pour le général, mais ami de la vérité, bien informé, par suite même de sa position et d’une mâle sincérité.
- Nous avons, comme l’eût fait le lecteur à notre place, interrogé cette déposition intime sur quelques points essentiels. Nous y trouvons d’abord, sur les origines de cette guerre funeste qui surprit si cruellement ceux qui la déclaraient et fut déclarée par ceux qui ne la souhaitaient pas ou du moins en redoutaient le plus le redoutable inconnu, ce détail caractéristique que la veille même, le 12 juillet, l’empereur croyait à la paix et la désirait. On croit à une sorte de vertige, d’accès de folie quand on lit ce récit de la journée du 12 juillet et qu’on pense que le 14 la guerre éclatait.
- « Le 12 juillet, le général Bourbaki accompagna à Paris l’empereur qui était à Saint-Cloud et qui se rendait au conseil des ministres. En sortant de ce conseil et en rentrant au château, l’empereur en donnant une cigarette au général Bourbaki, lui dit : « C’est la paix, l’Espagne renonce à la candidature Hohenzollern. La guerre serait une absurdité sans.aucune,.nécessité. Supposons qu’une île se soit élevée dans la Méditerranée, sur les côtes de France ; l’Allemagne veut s’en emparer, je m’y oppose. Mais pendant que nous sommes en présence, File disparaît. Ni l’Allemagne, ni la France n’auront la folie de se battre pour une île qui aura «disparu ».
- Apropos du siège de Metz et des opérations sous cette ville, le livre contient des détails précieux sur les tergiversations de Bazaine, ses contradictions, son jeu équivoque, sa manœuvre finale pour écarter Bourbaki, sous prétexte d’une mission, la crédulité avec laquelle, dupe ou complice, il tombe dans le piège de la négociation Regnier. La mauvaise foi et la mauvaise volonté de ses procédés à l’égard de Bourbaki dont il redoutait les résistances, la roublardise avec laquelle il le met dedans pour le mettre dehors, sont établis par des documents et témoignages décisifs. Enfin, sur les circonstances dans lesquelles le général Bourbaki céda au désespoir et sur les causes de sa tentative de suicide, le lecteur trouvera dans le livre de M. d’Eichtal de curieuses informations et révélations.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre de la Porte-Saint-Martin. — Fédora, drame en quatre actes, de M. V. Sardou (Reprise.)
- Théâtre Cluny. — La Bénédiction des poignards, comédie en trois actes, de MM. H. Raymond et Rambert.
- Fédora, en paraissant sur la scène du Vaudeville obtint un succès immense qui ne s’explique que par cette prépondérance actuelle du puffisme et de la réclame, sur tout objet artistique d’intérêt. Fédora, c’était le retour de Sarah Bernhardt à Paris, sa réapparition tapageuse dans une pièce écrite spécialement pour elle, dans un rôle destiné à la montrer sous toutes ses faces, à faire jouer tous les ressorts de son talent, à faire parcourir à sa fameuse voix d’or toute la gamme de ses inflexions savantes.
- Le sujet choisi par l’auteur était propre à un développement intéressant. Le drame met aux prises dans le cœur d’une femme au tempérament ardent, le sentiment d’une vengeance qu’elle considère comme sainte et sacrée, et celui de l’amour inspiré par l’homme même duquel elle veut tirer
- vengeance. Malheureusement, au lieu de chercher à obtenir l’effet tragique dans l’analyse logique et rigoureuse des passions, M. Sardou s’est plu à combiner une série de péripéties savantes et compliquées sous la simplicité de leurs apparences. L’intérêt qu’on prend à l’action est lassé par la difficulté qu’on éprouve’ à admettre certains détails laborieusement imaginés pour conduire aux situations pathétiques. Tout le long de la pièce on sent la recherche de l’auteur, dont l’esprit suit toujours l’interprète sous l’héroïne, et s’attache à lui procurer tel effet imprévu, tel jeu curieux et impressionnant. De là fatigue pour le spectateur plus hébété que captivé, plus ahuri que terrifié par cette succession d’horreurs tragiques, développées crescendo à ses yeux. ,
- Toutes ces combinaisons sont reliées avec une réelle dextérité, l’enchaînement en est subtilement réglé, les vraisemblances sont escamotées sans que l’on sache trop comment, si bien qu’au cours même du spectacle, les ficelles n’apparaissent pas immédiatement, et qu’énervé, déçu, à la fin on a envie de reprocher à l’auteur comme une mauvaise foi dans ses procédés. En résumé, cet ouvrage, par son habile utilisation des conventions scéniques, et son détournement savant des vérités d’action et de sentiments, est le triomphe de la fausseté mélodramatique sur la sincérité artistique.
- Quant à l’interprétation on sait qu’elle se réduit à deux rôles : celui de Fédora et celui de Loris Ipanoff. Les autres personnages sont des comparses dont les mouvements ne servent qu’à préparer et unir les unes aux autres, ces longues scènes entre Loris et Fédora. Mme Sarah Bernhardt est superbe ou exécrable, selon que l’on admet ou que l’on n’admet pas cette outrance de gestes, cette fantasmagorie de poses, cette modulation de voix qui nuance chaque phrase, chaque mot, toutes qualités faisant peut-être la joie d’une partie du public, mais ne rendant certes pas l’impression beaucoup plus sobre de la réalité tragique. M. Berton, bien que paraissant simple auprès de Mme Sarah Bernhardt,n’en remplit pas moins son personnage, selon son habitude, avec tout le maniérisme de convention qui paraît être exigé dans ces sortes dè rôles.
- Nous ne croyons pas devoir insister sur le malheureux sort de la pièce qui vient d’être représentée un petit nombre de fois au théâtre Cluny. La Bénédiction des poignards constituait un spectacle d’un comique assez laborieux, mais plutôt’ réjouissant. Cette bouffonnerie était d’ailleurs fort bien jouée par MM. Matrat, Mesmaker, Dorgat et Mmes Billy et Génat. Pourquoi le public lui a-t-il fait si mauvais accueil quand il a acclamé au même théâtre d’autres comédies qui au, fond n’avaient pas de plus grandes qualités d’observation ni de gaîté?
- Léon Gandillot.
- ERRATA
- Dans notre dernier numéro, il s’est glissé quelques erreurs que nos lecteurs rectifieront au moyen des indications suivantes :
- Page 1, 3e colonne.
- Au lieu de :
- « Ce bâtiment aurait 4 mètres de long sur 125 mètres de large, soit une surface de 5'hectares. » .
- Lire :
- « Ce bâtiment aurait 400 mètres de long....»
- Au lieu de :
- « De chaque côté du palais, sous le quinconce, il resterait un espace de 6 mètres de large de chaque côté et de 45o mètres de long, soit une surface d’ensemble de 5 hectares 40 ares.»
- Lire :
- « De chaque côté du palais, sous les quinconces, il resterait un espace de 60 mètres de large....»
- Au lieu de :
- « Le palais de l’Industrie serait relié au Champ-de-Mars par un pont à deux étages.»
- Lire :
- « Le palais de l’Industrie serait relié à l’esplanade des Invalides....»
- Puis à la 2me page, ire colonne.
- Au lieu de :
- « En effet, si ce chiffre de 25,000,000 de francs était justifié, il n’y aurait pas lieu à avoir recours à une société de garantie. Les 8,000,000 de francs de l’Etat seraient presque suffisants....»
- Lire :
- « Les 8,000,000 de francs fournis parla ville de Paris et les 18,000,000 fournis par l’Etat seraient suffisants....»
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Ci8, rue de la Préfecture,6
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- Le Moniteur
- D E
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. Chambre des députés: Projet de loi; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Conseil municipal de Paris : Rapport; 4. Echos; 5. Les petits métiers aux Expositions; 6. Les Livres ; 7. Les Théâtres.
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- PROJET DE LOI
- RELATIF A LTXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- PRÉSENTÉ AU NOM
- De M. Jules GRÉVY Président de la République française,
- Par M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie et par M. Sadi Carnot, ministre des finances
- Messieurs,
- L’Exposition universelle de 1889 a été annoncée il y a bientôt deux ans, et les décrets de M. le président de la République, le projet de loi voté le Ier août 188 5, la déclaration de M. Dautresme, ministre du commerce, enregistrée par la Chambre actuelle, ont décidé de cette grande entreprise.
- En vous soumettant le présent projet de loi, il ne nous semble pas inutile de rappeler d’une manière précise les divers précédents parlementaires auxquels le Gouvernement doit donner aujourd’hui, avec le concours des Chambres, une sanction définitive et solennelle.
- A la suite d’un rapport du ministre du commerce, en date du 8 novembre 1884, le décret ci-après était rendu par M. le président de la République :
- « Le président de la République française,
- « Sur le rapport du ministre du commerce,
- « Décrète :
- « ARTICLE PREMIER.
- « Une Exposition universelle des produits industriels s'ouvrira à Paris le 5 mai 1889, et sera close le 3i octobre suivant.
- « Les produits de toutes les nations seront admis à cette exposition.
- « art. 2.
- « Un décret ultérieur déterminera les conditions dans lesquelles se fera l’Exposition universelle, le régime dans lequel seront placées les marchandises exposées et les divers genres de produits susceptibles d’être admis.
- « art 3.
- Le ministre du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- « Fait à Paris, le 8 novembre 1884.
- « Le Président de la République française,
- Signé : Jules GRÉVY.
- « Le Ministre du commerce,
- Signé : Maurice Rouvier. »
- Un second décret, en date du même jour, instituait une commission consultative « chargée d’étudier et de rechercher les moyens propres à réaliser le projet d’une Exposition universelle internationale en 1889 ».
- Dans un rapport adressé au ministre du commerce et inséré au Journal officiel du 14 mars 1885, le président de cette commission, M. Anto-nin Proust, résumait les recherches préparatoires qui avaient eu pour triple but « d’indiquer l’emplacement de l’Exposition de 1889, de dresser le programme d’un avant-projet pouvant servir de base aux concours à ouvrir pour les constructions, et déterminer la part que devront avoir l’action
- Dimanche 11 Avril 1886.
- publique et l’action privée dans la formation du capital nécessaire à la réalisation de l’oeuvre. »
- Cette étude préalable et sommaire devait être complétée par des travaux préparatoires plus étendus, et, pour en couvrir les frais, le Gouvernement, à la date du 14 juillet 1885, saisissait le Parlement d’un projet de loi « tendant à ouvrir au budget ordinaire du ministère du commerce, sur l’exercice 1885, un crédit de 100,000 francs pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition universelle de 1889 ». Lorsque ce projet de loi vint en discussion devant la Chambre, l’ajournement, proposé par M. Raoul Duval, fut rejeté par un vote. La discussion immédiate fut ordonnée et aboutit à l’adoption de la loi suivante, promulguée à la date du ier août :
- ... « Article unique. •— Un crédit de cent mille francs (100,000 fr.) est ouvert au ministère du commerce, au titre du budget ordinaire de l’exercice 1885, pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition de 1889.
- « Ce crédit formera un nouveau chapitre au budget du département, sous la dénomination et le numéro suivants : Chapitre 48. — Exposition universelle de 1889.
- « Il sera pourvu à cette dépense au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l’exercice 188 5. »
- _ Ce crédit n’a d’ailleurs point été utilisé, la période électorale ayant interrompu les travaux de la commission. Mais, dès la rentrée des Chambres, les études préparatoires furent reprises. En réponse à une question qui lui était posée par M. Gastellier, le 10 décembre 1885, M. Daus-tresme, ministre du commerce, exposa ainsi, aux applaudissements de toute la Chambre, les intentions du Gouvernement : « L’honorable M. Gastellier désire savoir quelle est, au sujet de l’Exposition de 1889, l’opinion du Gouvernement. Cette opinion est nette : le Gouvernement pense qu’il est désirable et qu’il sera profitable au pays tout entier de faire, à Paris, en 1889, une Exposition à la fois universelle et internationale. » M. Gastellier prit acte de ces déclarations, et la Chambre, en. acceptant_ cette conclusion du débat, sanctionna une fois de plus les projets du Gouvernement.
- Un devoir s’imposait donc désormais au Cabinet du 9 janvier : celui de présenter au Parlement une solution définitive.
- Trois combinaisons s’offraient: i° organisation de l’Exposition laissée à l’initiative privée ; 20 organisation intégrale par l’Etat, à ses frais et risques, comme en 1878; 3° organisation par l’Etat, mais avec le concours d’une société de garantie, comme en 1867.
- La première combinaison présentait des inconvénients graves. Laisser à l’industrie privée la direction de l’Exposition universelle de 1889, ce serait peut-être dénaturer son caractère et compromettre son succès.
- Quelque patriotisme qu’on leur suppose, les promoteurs et commanditaires de l’entreprise ne sauraient avoir des préoccupations absolument désintéressées. Soucieux à juste titre des intérêts de leurs actionnaires, ils ne songeraient qu’à récupérer tout le capital engagé et à réaliser de gros bénéfices; ils ne seraient point embarrassés de ces scrupules nécessaires que commande la dignité de l’Etat. L’Exposition risquerait ainsi de perdre le caractère d’une grande œuvre nationale. Déjà nous avons vu, pendant la période de préparation de la loi des personnages sans autorité morale et sans moyens financiers, calomnier le Gouvernement et essayer de duper le public en lui promettant des gains imaginaires. Il serait possible que peu à peu l’Exposition devînt le prétexte de spéculations semblables. . . ,
- Tous les objets présentés par Lindustrie. pnvee supposent d’ailleurs une aliénation définitive ou tout au moins une concession prolongée^des terrains désignés comme emplacement de l’Exposi-
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- tion. Tous imposent, soit à l’Etat, soit à la Ville, des sacrifices que ni la Ville ni l’Etat ne pourraient se résoudre à consentir. ’
- Dans le second système, l’Etat assume seul la responsabilité de l’entreprise. Il construit lui-même; il organise lui-même ; il se contrôle lui-même. Personne dans le pays n’est intéressé directement à son entreprise. L’initiative personnelle ne vient point à son secours. Forcément il restreint les recettes et forcément il se laisse aller à augmenter les dépenses. Nous en trouvons la preuve dans la liquidation de la dernière Exposition universelle et dans les lourdes charges qu’elle a finalement léguées au Trésor. Reprendre les errements suivis en 1878 ce serait méconnaître les enseignements d’une expérience récente; ce serait engager témérairement les finances publiques.
- Reste un dernier système, qui a déjà fait ses preuves en 1867 et qui semble concilier les avantages des deux premiers sans présenter les mêmes inconvénients : en l’adoptant, l’Etat garderait l’action prépondérante à laquelle il a droit; le conseil municipal obtiendrait les satisfactions auxquelles il peut prétendre ; mais tous les deux trouveraient en même temps dans une association de garantie, librement constituée par les capitaux privés, un concours financier, un contrôle permanent et un appui moral.
- Cette association garantirait à l’Etat dix-huit millions de recettes, — chiffre ferme, et grâce auquel il peut dès aujourd’hui asseoir le budget de l’Exposition. Elle ferait plus : elle renoncerait à ses bénéfices, une fois ses capitaux remboursés, dans le cas où les dépenses de l’Etat auraient dépassé les prévisions : voilà le concours, financier. — Elle serait intéressée, pour obtenir des plus-values , à ce que les devis soient strictement obéis : voilà le contrôle permanent. — Elle associerait à l’entreprise, par l’appel qu’elle ferait aux particuliers, le commerce et l’industrie, et c’est ainsi qu’elle nous prêterait un appui moral.
- L’action de la société de garantie s’exerceraitpar ceux de ses souscripteurs qui seraient nommés membres de la commission de contrôle et de finances, choisie elle-même parmi les membres de la Commission supérieure de l’Exposition.LaCom-mission de contrôle et de finances différerait de la Commission impériale de 1867 en ce qu’elle n’aurait pas la direction de l’Exposition mais « elle partagerait avec l’Etat et le Conseil municipal le le droit d’être consultée par M. le ministre du commerce sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition et il ne pourrait etre passé outre à son avis toutes les fois qu’il s’agirait de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de l’Exposi tion.
- Cette commission de contrôle et de finances serait, comme on voit, appelée à jouer un rôle distinct et prépondérant. Les conseillers municipaux y figureront au nombre de huit ; les députés, sénateurs et agents de l’État au nombre de 17 ; les souscripteurs de la garantie au nombre de 18. Chaque commissaire représenterait un million.
- Pour nous résumer, l’État garderait ainsi la haute main sur l’Exposition ; la ville aurait sa part légitime de surveillance; l’association de,garantie ne perdrait point de vue ses capitaux. L’État rentrerait dans une large partie de ses dépenses par la circulation immense qui ne manquerait pas de s’établir aussi bien que par la surproduction de ses impôts indirects ; la ville rentrerait en grande partie dans ses déboursés par les droits d’octroi; l’association de garantie retrouverait son apport et au delà dans les recettes qui lui seraient abandonnées.
- Tel est, Messieurs, rapidement et dans son ensemble, le projet auquel le Gouvernement s’est arrêté. Il nous reste à examiner le budget de l’Exposition.
- Une révision attentive des évaluations de la commission préparatoire a permis d’établir avec soin un budget définitif. D’une étude approfondie à laquelle se sont livrés des hommes particulièrement compétents, et qui a subi un minutieux con-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Avril 1886.
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- trôle, il résulte que le tôtal des dépenses ne doit pas dépasser 43 millions.
- Ce chiffre repose sur les bases suivantes : i° La construction du palais de l’Exposition, établi au Champ-de-Mars, l’aménagement des diverses galeries et le service central de l’Exposition nécessiteront une dépense maxima de 36.185.000 20 Les bâtiments nécessaires à l’exposition des animaux vivants, l’installation des concours agricoles, les constructions et appontements desti- \
- nés à l’Exposition, d’agriculture reviendront à......................... 2.600.000
- 3° L’organisation des expositions de peinture et de sculpture et la disposition d’une grande nef provisoirement affectée à la distribution solennelle des récompense coûteront.. 1.215.000 40 Enfin, pour éviter jusqu’à la crainte d’un mécompte, il paraît prudent de constituer en réserve un fonds de dépenses imprévues s’éle-
- vant à........................... 3.000.000
- Ce total de....... 43.000.000
- représente bien toutes les dépenses à effectuer : on a même eu soin, sans les exagérer, de les estimer assez largement pour que l’exécution ne laisse place à aucune surprise.
- Si l’on a cru devoir majorer plutôt les évaluations de dépenses, on s’est préoccupé, dans le même but, d’établir avec la plus stricte réserve les évaluations de recettes correspondantes :
- i° Le produit des entrées qui n’avait pas dépassé 10,765,000 francs en 1867, s’est élevé en 1878 à 12,428,000 francs : il n’est certainement pas excessif d’estimer pour la prochaine Exposition
- ce produit à....................... 14.500.000
- 20 La revente des matériaux, qui n’avait guère atteint qu’un million en 1867, a dépassé 3 millions en 1878 : on peut donc, de ce chef, admettre sans hésitation une évaluation mi-
- nima de............................ 2.600.000
- 3° Enfin, les locations d’emplacements aux restaurateurs, les concessions de salons, boutiques, bureaux de change, vestiaires, et les redevances diverses représenteront cer-
- tainement une somme de............ 1.900.000
- modération ne saurait échapper, s’élève ainsi à....................... 19.000.000
- Il reste donc à trouver encore une ressource de....................... 24.000.000
- pour couvrir intégralement le total
- des dépenses, soit................. 43.000.000
- Cette allocation complémentaire se trouve déjà assurée jusqu’à concurrence de 8 millions, par la ville de Pans. Sans parler des bénéfices certains et importants qu’elle doit retirer de l’Exposition, la municipalité parisienne, on le sait, est toujours prête à apporter un concours efficace à toutes les •grandes manifestations de la pensée et du travail. Cet aménagement grandiose de l’instruction primaire, qui grève son budget d’une dépense supérieure à celle consentie par beaucoup d’Etats voisins, sa récente participation à l’agrandissement de la Sorbonne n’ont pas épuisé son active générosité. Elle entend rester solidaire de toutes les magnificences et de toutes les grandeurs de Pa-ris.
- La part contributive de l’Etat achèvera d’équilibrer le budget de l’Exposition. Cette participation, du reste, a toujours été prévue, et le Gouvernement ne vient aujourd’hui demander au Parlement que le complément d’une ressource dès longtemps mise en réserve. En effet, les avances de la banque de France au Trésor, négociées par la convention du 29 mars 1878 et autorisées par la loi du i3 juin suivant, avaient été notamment destinées à couvrir, outre les dépenses du budget extraordinaire, les frais des expositions. Elles doivent déjà pourvoir au crédit supplémentaire de 21 millions nécessaire à la liquidation de l’exposition de 1878, conformément au projet de loi récemment déposé sur le bureau de la Chambre. La presque intégralité des sommes restées disponibles a toujours été scrupuleusement gardée pour la future exposition, malgré les insuffisances budgétaires qui se sont relevées. Le Gouvernement vous invite maintenant, Messieurs, à en régler définitivement l’emploi et à attribuer au budget de l’Exposition universelle de 1889 le reliquat de i2.693.635 fr. 31. Il vous demande, en outre, de compléter la dotation.
- En sollicitant dès aujourd’hui du Parlement cette attribution définitive de crédits, le Gouvernement entend renoncer aux facilités trop grandes que lui avait laissées la loi du 29 juillet 1876 ; il s’impose à lui-même une limite irrévocablement fixée.
- La réussite de la nouvelle combinaison paraît d’ailleurs assurée. En établissant, comme nous l’avons dit, des évaluations atténuées en recette et plutôt forcées en dépenses, on s’est mis en garde contre toute éventualité de mécompte. Il suffit,
- pour s’en convaincre, de comparer le budget qui vous est présenté pour l’Exposition de 1889 au budget définitif de la précédente exposition.
- En 1878, les dépenses atteignirent.......................... 55.343.47S 94
- Mais, pour obtenir un terme de comparaison exact, il faut évidemment déduire de ce chiffre les dépenses particulières à l’exposition de 1878 et qui ne doivent point se retrouver au compte de la prochaine exposition, savoir :
- Construction définitive de la salle des fêtes et des galeries du
- Trocadéro...... 9.928.827 43 )
- Travaux divers [ 13.627.4S5 22
- au Trocadéro... 3.608.607 79 )
- En dehors de ces dépenses spéciales, les frais de l’exposition de 1878 se trouvent donc avoir atteint seulement le chiffre total de. . . . 41.716.038 72
- Dès lors un crédit de 43 millions paraît une dotation suffisante pour la future Exposition, surtout si l’on tient compte des éléments d’économie et de contrôle que doit introduire dans sa gestion la nouvelle combinaison financière.
- Vous voyez donc, messieurs, que toutes les mesures ont été prises pour restreindre le chiffre des dépenses, sans cependant nuire à la grandeur et à la beauté de l’Exposition. Nous n’avons admis pour les recettes qu’un chiffre minimum qui sera certainement dépassé. L’Exposition de 1889 ne doit ressembler à aucune autre : par l’originalité de sa conception, par l’application des sciences nouvelles, par un ensemble de constructions diverses qu’elle réunira, elle doit éveiller la curiosité des deux mondes.
- On ne parlera point ici de son utilité. Vous l’avez reconnue, messieurs, comme la Chambre qui vous a précédés. La presque unanimité des syndicats professionnels, la presque unanimité des Chambres de commerce, consultés par l’honorable M. Dautresme, ont demandé l’Exposition de 1889. Ils voient, dans cette grande entreprise, le signal du réveil des affaires, une activité nouvelle rendue à nos industries et à notre commerce ; un travail assuré pour les classes pauvres, qui viennent de mettre un an de misère au service de la République. Elle réveillera les initiatives un peu endormies ; elle nous permettra de constater les progrès accomplis par nos voisins ; elle permettra en même temps de constater ceux que nous avons accomplis nous-mêmes : une émulation nécessaire s’établira entre les nations. Elle affirmera, d’une manière éclatante, les intentions pacifiques du gouvernement français. Elle ouvrira un champ immense aux concurrences internationales et la France laborieuse n’aura rien à redouter de ce combat.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française,
- Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le ministre du commerce et de l’industrie et par le ministre des finances, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article premier
- Est approuvée la convention passée entre le ministre du commerce et de l’industrie représentant l’État, le préfet de la Seine représentant la ville de Paris, autorisé par la délibération du Conseil municipal du 3i mars 1886 et le gouver-deur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’Association de garantie à instituer pour l’Éx-position universelle de 1889.
- Art. 2
- L’État contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de dix-sept millions (17,000,000).
- Cette allocation sera imputée jusqu’à concurrence de la somme de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente - cinq francs (12,698,635 fr.) sur le prêt de quatre-vingts millions (80,000,000) fait à l’État par la Banque de France en vertu de la convention du 29 mars 1878 approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- Art. 3
- Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au-delà des crédits alloués par la loi de finances du 8 août 1885, un crédit extraordinaire de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinqfrancs (12,693,635 fr.) qui formera un chapitre spécial intitulé :
- « N° . Part contributive de l’État dans les dépenses de l'Exposition de 188g. »
- Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent.
- Art. 4.
- Les crédits nécessaires aux dépenses des exer-
- cices 1887, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion.
- Art . 5
- Les opérations de recette et de dépense de l’Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la Cour des comptes.
- La subvention allouée par la ville de Paris ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds de concours pour dépenses publiques, conformément à l’article i3 de la loi du 6 juin 1848.
- Art . 6
- Les projets de toute nature relatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1889 seront, préalablement à leur exécution, soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie.
- Art . 7
- Par extension des dispositions des articles 3, 4 et 18 du décret du 18 novembre 1882, le ministre aura la faculté d’accepter des soumissions directes pour l’exécution de ceux des travaux qu’il ne jugerait pas devoir être soumis à l’adjudication.
- Toutefois, cette faculté est subordonnée à l’avis préalable d’une commission de contrôle et de finances qui sera nommée par le ministre ; les noms des membres de cette commission seront insérés au Journal officiel.
- Art. 8
- Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au président de la République dans un rapport qui sera publié et distribué au Sénat et à la Chambre des députés.
- Art. 9
- Les actes désignés dans l’article premier, § 9 de la loi du 28 février 1872, et passés par le ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi seront assujettis au droit fixe de trois francs (3 fr.).
- Fait à Paris, le 3 avril 1886.
- Le Président de la République française,
- Signé : Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le Ministre du commerce et de l’industrie,
- Signé : Édouard Lockroy.
- Le Ministre des finances, Signé : Sadi Carnot.
- annexe n° 1
- C CLNrXLFU N T ION-
- Entre les soussignés':
- i° M. le ministre du commerce et de l’industrie, au nom et pour le compte de l’Etat, d’une part ;
- 20 M. le préfet de la Seine, au nom de la ville de Paris, d’autre part ;
- Et 3°, M. Albert Christophle, gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889, de troisième et dernière part,
- Il a été convenu ce qui suit :
- Article premier.— Les dépenses de toute nature à effectuer pour l’Exposition universelle qui doit être ouverte à Paris en 1889, en vertu du décret du 8 novembre 1884, sont limitées à la somme de quarante millions.
- Il sera réservé en plus une somme de trois millions de francs à valoir pour travaux imprévus ou modifications des devis en cours d’exécution.
- Art. 2.— Pour faire face à ces dépenses :
- i° M. le ministre du commerce et de l’industrie, agissant au nom de l’Etat,_ s’engage à contribuer pour une somme de dix-sept millions de francs ;
- 20 M. le préfet de la Seine, agissant au nom de la ville de Paris, s’engage à contribuer pour une somme de huit millions de francs ;
- 3° Pour couvrir la somme formant la différence entre les contributions de l’Etat et de la ville de Paris, soit vingt-cinq millions de francs, et les quarante-trois millions de francs jugés nécessaires pour les travaux et dépenses de l’Exposition, MM. les fondateurs de la Société de garantie s’engagent à fournir, dans les conditions ci-après indiquées, une somme qui ne pourra, dans aucun cas, et quel que puisse être finalement le total des dépenses, excéder dix-huit millions.
- Art. 3. — Les allocations de l’Etat et de la ville de Paris seront employées à subvenir aux premières dépenses de l’Exposition et il ne sera fait aucun appel à l’association de garantie qu’après épuisement de ces allocations.
- Art. 4. —Les opérations de recette et de dé-
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- Deuxième Année. — N° 67.
- pense de l’Exposition seront effectuées par les soins du Tre'sor public et soumises au contrôle législatif de la Chambre des députés et du Sénat et au contrôle judiciaire de la cour des comptes. La subvention de la ville de Paris, les produits des entrées, les recettes de toute nature, les versements de l’association de garantie seront encaissés par le Trésor public, à titre de fonds de concours avec affectation spéciale au service de l’Exposition. Les dépenses seront rattachées au budget du ministère du commerce et.de l’industrie, où elles formeront un chapitre spécial qui sera crédité : i° des 17 millions formant la part contributive de l’Etat; 20 du montant des fonds de concours encaissés par le Trésor public.
- Art. 5. — Dans le cas où le produit des recettes de l’Exposition ajouté aux subventions d’ensemble 25 millions, à fournir par le Trésor public et la ville de Paris, excéderait le montant des dépenses de toute nature de ladite Exposition, cet excédent serait considéré comme bénéfice et attribué à l'Etat, à la ville de Paris et à l’association de garantie, dans la proportion de leurs apports respectifs.
- Art. 6. — Dans le cas où, par suite de circonstances extraordinaires, les dépenses de toute nature que l’Exposition ae 188g pourra entraîner dépasseraient 43 millions de francs, l’excédent serait à la charge de l’Etat, qui, à titre de compensation, et avant tout prélèvement au profit, soit de la ville de Paris, soit de l’association de garantie, bénéficierait de toutes les recettes qui dépasseraient 18 millions de francs, et ce, jusqu’à concurrence du surcroît de dépenses mis à sa charge.
- Art. 7. — La direction et la surveillance de LExposition universelle de 1889 appartiennent à l’Etat.
- Il sera institué auprès du ministre du commerce et de l’industrie une commission de contrôle et de finances composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie dans la proportion des contributions respectives des trois parties contractantes.
- Les membres de cette commission seront nommés par décrets du président de la République insérés au Journal officiel. Elle sera présidée par le ministre.
- Cette commission administrera et gérera l’association de garantie. Elle sera consultée par le ministre du commerce et de l’industrie sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition. Il ne pourra être passé outre à son avis toùtes les fois qu’il s’agira de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de l’Exposition.
- Art. 8. — Il ne sera délivré aucune entrée gratuite en dehors des cartes exclusivement personnelles distribuées aux exposants et au personnel.
- Dans le.cas où, pendant le cours de l’Exposition, il serait accordé gratuitement des entrées, ces entrées seraient, au regard de l’association de garantie, considérées comme payantes et portées à ce titre au compte de l’association.
- Le gouvernement se réserve expressément le droit de décider seul s’il sera réclamé ou non une redevance aux exposants, à raison des emplacements qui leur seront concédés.
- Les prix d’entrée ne dépasseront pas les prix des Expositions de 1867 et de 1878.
- Art. 9. — La présente convention ne sera définitive, a l’égard de l’Etat et de la ville qu’après avoir reçu la sanction législative et à l’égard de l’association de garantie, qu’autant que le capital de dix-huit millions aura été intégralement souscrit.
- Fait, en triple original, à Paris, le 27 mars 1886. Vu et approuvé l’écriture ci-dessus, le 29 mars 1886.
- Signé : Edouard Lockroy. Signé : Poubelle.
- Signé : Albert Christophle.
- ANNEXE N° 2
- PROJET DE RÈGLEMENT De l’association de garantie de l’Exposition universelle de 188g à Paris
- Article premier.^— Il est formé, entre toutes les personnes qui adhèrent aux présents statuts, une association ayant pour objet de garantir, dans la limite d’une dépense totale de 43 millions de francs, et jusqu’à concurrence d’une somme qui ne pourra jamais. excéder 18 millions de francs, la portion des frais et dépenses de toute nature occasionnés par l’Exposition universelle de 1889 qui ne serait pas couverte : i° par la subvention de l’Etat et de la ville de Paris ; 20 par le produit des droits d’entrée et des recettes de toute nature de l’Exposition.
- Art. 2. — L’association se compose de toutes les personnes qui, dans les formes et délais à déterminer par une décision ultérieure, auront souscrit une ou plusieurs parts d’intérêt et versé une somme de 5o francs pour chaque part d’intérêt souscrite.
- La somme totale à souscrire est illimitée ; elle ne peut toutefois être inférieure à 18 millions de francs.
- Les parts d’intérêt dans l’association de garantie
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- seront de 1,000 francs chacune; il ne sera admis aucune souscription pour une somme moindre.
- Art. 3. — L’association de garantie sera administrée et gérée par une commission spéciale, choisie par le ministre au sein de la commission générale de l’Exposition, et qui sera composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie, chacun dans la proportion de leurs contributions respectives aux dépenses de l’Exposition.
- Cette commission devra être consultée par M. le ministre du commerce et de l’industrie sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition. Il ne pourra pas être passé outre à son avis toutes les fois qu’il s’agira de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de l’Exposition.
- Art. 4. — La souscription d’une ou de plusieurs parts d’intérêt dans l’Association emporte de plein droit adhésion au présent règlement et aux décisions de la Commission spéciale concernant ladite associations.
- La souscription d’une ou de plusieurs parts d’im térêt implique en outre l’engagement de solder, à la première réquisition de la Commission spéciale faisant fonctions de Conseil d’administration, et ce jusqu’à concurrence du montant de chaque part d’intérêt, les sommes nécessaires pour couvrir, sous déduction des subventions et recettes indiquées à l’article 1e1', les frais et dépenses de toute nature de l’Exposition universelle de 1889.
- Il est expressément stipulé que les subventions, ensemble de 25 millions, accordés par l’Etat et par la ville de Paris, seront d’abord employées aux dépenses de l’Exposition, et qu’il ne sera fait appel à l’association de garantie qu’après épuisement de ces 25 millions.
- La somme à verser par le souscripteur de chaque part d’intérêt sera déterminée par la Commission spéciale, d’après les comptes de l’Exposition, dressés sous sa surveillance.
- Chaque associé n’est responsable que jusqu’à concurrence du montant de sa souscription.
- Art. 5. — Tout propriétaire aura droit, dans la proportion de son intérêt dans l’Association à une quote-part dans la proportion des bénéfices de l’Exposition réservée à l’association de garantie par la Convention en date du 27 mars 1886, passée entre le ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, agissant au nom et pour le compte de la ville de Paris et les fondateurs de l’association de garantie.
- Cette répartition de bénéfices sera faite comme la répartition des pertes, par la Commission spéciale, d’une manière définitive et sans recours.
- Art. 6. —• Les parts d’intérêt dans l’association de garantie resteront nominatives. Elles seront représentées par des certificats de souscription non négociables.
- Art. 7. — Tous pouvoirs sont conférés à la commission spéciale pour gérer et administrer, tant activement que passivement, les affaires de l’association, ainsi que pour la représenter en justice, et notamment pour recouvrer et percevoir les sommes dues par les associés, en raison de leur garantie.
- ANNEXE N° 3
- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- Séance du 31 mars
- Le Conseil délibère.
- Article premier. — Une somme de huit millions (8,000,000) est allouée au ministère du commerce et de l’industrie, à titre de subvention à l’Exposition internationale universelle de 1889.
- Art. 2. — Cette somme de huit millions sera prélevée sur les fonds d’emprunt et répartie sur quatre exercices, _savoir : en 1887, deux millions; en 1888, deux millions; en 1889, deux millions; en 1890, deux millions.
- Art. 3. — La ville de Paris recevra une part de l’excédent des recettes sur les dépenses s’il y échet, au prorata de sa subvention.
- Elle ne sera tenue à aucun versement au-delà de ladite subvention.
- Art. 4. — L’Etat accordera gratuitement à la ville de Paris les emplacements dont elle pourra avoir besoin pour ses Expositions particulières.
- Art. 5.—Lé territoire de Bagatelle sera mis, sans qu’aucune construction y puisse être élevée, pendant toute la durée de l’occupation du Champ-de-Mars, à la disposition du ministère de la guerre, pour ses manœuvres.
- Art. 6. — La présente délibération sera nulle de plein droit : i° dans le cas où les travaux de l’Exposition n’auraient pas été commencés le premier du mois de septembre 1886 ; 2° dans le cas où le projet d’emprunt voté par le Conseil municipal ne serait pas adopté par les pouvoirs publics.
- Dimanche ii Avril 1886. _ ii5.
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Voici le résumé de la discussion qui a eu lieu devant le Conseil à propos du rapport de MM. Monteil et Lyon-Alemand.
- M. Monteil a soutenu les conclusions de ce rapport que nous avons analysé et qui sera d’ailleurs publié en entier dans ce journal.
- M. de Ménorval proteste contre le choix irrévocable du Champ-de-Mars ; cette protestation toute platonique n’émeut personne et n’est même pas applaudie des conseillers représentant les quartiers voisins du bois de Vincennes. L’honorable orateur analyse ensuite et totalise toutes les dépenses qu’entraînera l’Exposition pour la ville : subvention 8 millions, fêtes, travaux de voirie, indemnité 6 millions; achat du Champ-de-Mars, 6 millions ; en tout 20 millions. Toutes ces dépenses auraient été bien réduites si l’on s’était prononcé pour un autre emplacement; à ce propos, M. de Ménorval s’apitoye sur le sort du quartier des Champs-Elysées et du quartier des Invalides qui, pendant quatre ans, vont être encombrés, embarrassés, impraticables par suite des travaux de l’Exposition ; il accepterait avec plaisir ces inconvénients pour son propre quartier. Il conclut en présentant l’amendement suivant :
- ! « Le choix d’nn emplacement est réservé , les
- projets de construction sont mis au concours.
- « La ville de Paris pourra s’entendre avec l’État pour mettre à sa disposition un terrain approprié à l’Exposition. » _
- M. Hervieux est tout disposé à consentir le sacrifice de 8 millions ; mais il examine les chances plus ou moins grandes qu’a la ville de recouvrer cette somme et même si elle n’est pas exposée à verser ultérieurement une somme plus considérable que celle qui lui est aujourd’hui demandée.
- Si la ville n’est, dans l’Exposition, qu’une donatrice, elle 11’a pas droit aux bénéfices éventuels ; mais elle ne court pas non plus le risque de contribuer aux pertes au-delà de sa donation.
- Si, au contraire, elle est associée de l’État et de la Société de garantie, elle participe, d-’après le code civil, aux pertes et aux bénéfices comme ses co-associés.
- Il propose, en conséquence, pour sauvegarder les finances de la ville et éviter toutes les réclamations dans l’avenir, de spécifier que la ville de Paris ne sera pas tenue au-delà de sa subvention.
- M. Marius Martin estime qu’il vaut mieux traiter, dès aujourd’hui, avec l’Etat, pour éviter tout mécompte, de l’acquisition du Champ-de-Mars. Il demande, en outre, que le délai fixé dans le projet de délibération pour la validité de la décision du Conseil soit reculé jusqu’au premier janvier 1887.
- M. Joffrin formule, au nom de l’école socialiste, quelques réserves sur certaines questions de principes. Le rapport, suivant lui, ne donne aucune garantie aux travailleurs. Par qui les travaux seront-ils exécutés? La population' parisienne, grâce à un surcroît de production, ne sera-t-elle pas la victime du défaut de réglementation de la journée de travail? Le prix des objets de consommation aura augmenté ; les loyers auront renchéri et ce sont les ouvriers parisiens, qui n’auront peut-être pas pris part aux travaux, qui supporteront en fin de compte les effets d’une crise plus terrible que la crise actuelle. C’est dans cet ordre d’idées qu’il prie le Conseil de voter la disposition additionnelle suivante :
- « Considérant,
- « Que, les impôts retombant en définitive sur les travailleurs, ce sont les ouvriers parisiens qui paieront en réalité la subvention demandée au Conseil municipal de Paris ;
- « Que par suite il est juste que les travaux qui seront faits pour l’Exposition servent à atténuer les effets de la crise au profit du plus grand nombre possible des ouvriers de la capitale ;
- « Que, si on laissait libres les entrepreneurs ou sociétés adjudicataires de ces travaux, ils feraient venir un grand nombre d’ouvriers des départements et de l’étranger ; _
- « Que ceux-ci travailleraient au-dessous des prix, en même temps que leur présence augmentant la population, renchérirait tous les 'objets nécessaires à la vie ;
- « Que dans ces conjectures la tenue de l’Exposition, au lieu d’être un secours, serait pour les ouvriers de Paris une aggravation de souffrances,
- « Le Conseil « Délibère .
- « La subvention de huit millions ne sera accordée par la ville que si le gouvernement s’engage à faire introduire, dans les cahiers des charges des entrepreneurs et sociétés adjudicataires, les stipulations suivantes :
- « i° Paiement des ouvriers d’après les prix de série. Généralisation des prix de série à toutes les branches industrielles ;_
- « 20 Limitation à huit heures de la journée de travail ;
- Voir la suite page 118.
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- 116 et 117. — Deuxième Année. — N° 07.
- LE MONITEUR
- OSITION DE 1889
- Dimanche ri Avril 1886
- LES PETITS MÉTIERS
- AUX EXPOSITIONS
- B,
- LE NÈGRE, MAR^D bE BONBONS
- LE CORDONNIER ALGERIEN
- i
- LE CABARET HOLLANDAIS
- LE CAFÉ MAURE
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- ii8. — Deuxième Année. — N° 67.
- « 3° Conditions spéciales pour les ouvriers exécutant des travaux spéciaux offrant quelque danger pour leur santé ou leur vie ;
- « 40 Abolition du marchandage ;
- « 5° Exclusion de tout ouvrier étranger^ à la capitale qui ne travaillerait pas dans les conditions ci-dessus stipulées.
- « Signé : Joffrin, Chabert, Vaillant. »
- M. Lyon-Alemand fait observer que la Commission de l’Exposition a cru devoir réserver l’opinion du Conseil sur toutes les questions soulevées par M. Joffrin et qu’elle s’est bornée à exprimer ses désirs sous la forme du projet de vœu suivant ;
- « Que les conditions qui sont ou qui seront adoptées par le Conseil municipal pour l’exécution des travaux de la ville de Paris, soient observées dans l’exécution des travaux relatifs à l’Exposition de 1889 ».
- L’orateur ajoute que, d’ailleurs, la commission a acquis la certitude que M. le ministre du commerce respecterait, dans la mesure du possible, les desiderata de la ville de Paris; que celle-ci aurait, d’autre part, une sérieuse influence sur la direction de l’Exposition par le fait de l’admission de conseillers municipaux dans chacune des commissions ; et qu’enfin, puisqu’on viendrait encore demander, à bref délai peut-être, le concours pécuniaire de la Ville pour opérations de voirie et autres, les idées du conseil en matière de travaux pourraient à nouveau et plus efficacement être formulées.
- Au reste, qu’y a-t-il à redouter de la part d’un ministre qui, comme M. Lockroy, a gardé au pouvoir les opinions qui l’y ont conduit. S’il n’est pas inamovible, il sera bien difficile tout au moins de remplacer un homme qui aura commencé l’exécution de cette grande œuvre de l’Exposition de 1889.
- M. Léon Donnât appuie les observations de M. Lyon-Alemand. Il ajoute que la théorie de surélévation des prix à la suite des Expositions est erronée. Si des surélévations se sont produites quelquefois, en coïncidence avec les Expositions, elles résultaient de circonstances économiques indépendantes des expositions elles-mêmes. Les prix sont, en effet, en rapport avec la consommation ; si la consommation augmente, ils s’élèvent ; lorsque l’Exposition aura pris fin et que la consommation diminuera, ils baisseront.
- Passant ensuite à l’amendement même de M. Joffrin, M. Donnât dit que, si l’on réduit les heures de travail, ce travail devra être réparti sur un nombre de jours plus considérable. Or, le temps dont on dispose étant limité, il faudra de toute néces-sité) si l’on est pris de court, appeler des ouvriers étrangers. L’application obligatoire des prix de la série, jointe à la réduction des heures de travail, servira en outre de prétexte aux entrepreneurs pour réduire leurs rabais et les prévisions de dépenses seront dépassées.
- Si l’on évalue à 20 millions, par exemple, le total des salaires dans la dépense générale et à 10 0/0 l’augmentation de la valeur du travail résultant de la réduction du nombre d’heures, il y aura deux millions de salaires à payer en plus à un même nombre d’ouvriers et en moins à des ouvriers nouveaux : or, ceux-ci seront évidemment les moins laborieux, les moins capables et les plus nécessiteux. L’amendement de M. Joffrin va donc contre son but qui est de venir en aide à ces besoi-gneux.
- Dans ces conditions, il n’y a qu’à laisser à M. le ministre du commerce lesom de décider comment les travaux seront faits et d’apprécier dans quelle mesure doivent être réalisés les vœux du conseil municipal.
- M. Vaillant conteste absolument les assertions de M. Léon Donnât. Il rappelle qu’il a déposé, le 5 décembre 1884, une proposition qui a été renvoyée devant la commission de l’Exposition, et qui n’a pas été étudiée par elle. En voici les termes :
- « Le Conseil,
- « Considérant que l’influence de l’exposition de 1889 sur l’industrie et le travail de Paris dépendra surtout des conditions de sa réalisation ;
- « Qu’il appartient au Conseil municipal de sauvegarder les intérêts de Paris et des travailleurs ;
- « Délibère :
- « Article premier. — Le concours de la ville pour l’exposition de 1889 sera donné à l’Etat dans la mesure où elle obtiendra satisfaction aux demandes formulées par les art. 2, 3 et 4.
- « Art. 2. — La Ville devra prendre par le conseil municipal, ses délégués et ses agents, une part de direction et d’organisation de l’exposition de l’exposition de 1889, proportionnelle à l’importance de son concours, du travail de ses ouvriers et des produits exposés de son industrie, de son art et de son commerce.
- « Art. 3. — Les travaux seront exécutés directement par la ville seule ou par la ville et l’Etat.
- « Art. 4. •— Les conditions suivantes seront établies pour les travailleurs :
- « i° Les travaux seraient donnés au travail parisien d’abord. Tous les ouvriers.qui y seront admis seront, quelle que soit leur origine, payés au
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- même taux fixé par la série des prix de la ville, qui sera, s’il y a lieu, complétée et revisée suivant débat et entente avec les chambres syndicales ouvrières. Le marchandage et le travail aux pièces seront interdits.
- « 20 Tout- le matériel sera fabriqué en France. Aucune commande possible en France ne pourra être faite à l’étranger.
- « 3° La durée de la journée de travail sera de huit heures, la durée du travail hebdomadaire étant de quarante-huit heures, sans diminution du prix de la journée de la série officielle.
- « 40 Une exposition ouvrière sera établie dans un bâtiment spécial et durable construit au centre de Paris, et de telle façon qu’il reste, avec l’aide du conseil, le siège d’une exposition permanente des produits du travail et de l’art ouvrier.
- « 5° Une commission mixte de vingt membres, formée par cinq conseillers élus au scrutin de liste par le conseil et de quinze ouvriers élus par les chambres syndicales, sera chargée de l’inspection du contrôle des travaux, du matériel et de veiller au paiement régulier des travailleurs, à leur admission, ainsi qu’à l’exécution rigoureuse des conditions posées par la ville de Paris.
- « Signé : Ed. Vaillant. »
- Quels efforts a faits la commission pour obtenir du ministre la promesse formelle de l’exécution de ces clauses qui sont les seules, avec celles proposées par M. Joffrin, conçues dans l’intérêt du peuple de Paris? Elle n’en a fait aucun. Elle n’a pas même profité des dispositions favorables qu’elle attribue au ministre. Aussi qu’a-t-elle obtenu? Rien. Elle a oublié les souffrances de la classe ouvrière et ses revendications ; elle a oublié la crise; elle a laissé spontanément échapper l’occasion d’y apporter un remède sensible. Elle s’est contentée d’une vague promesse ministérielle, comme si des paroles dépourvues de sanction étaient une solution. Elle a donc fait inconsciemment le jeu des spéculateurs et tout cet ensemble de travaux qui, normalement devraient ouvrir une ère générale de prospérité relative, ne changera rien à la situation misérable des ouvriers.
- M Vaillant demande, en conséquence, que le conseil adopte les stipulations de la proposition Joffrin et de la sienne et qu’il en passe les conditions sine quâ non du versement de la subvention de huit millions.
- M. Desprès clôt cette partie de la discussion par une interruption humoristique : « Si les ouvriers ne sont pas contents, on leur donnera le Mérite agricole ! »
- Puis, la discussion générale étant épuisée, il est passé à la discussion des articles.
- (A suivre).
- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- RAPPORT
- Présenté par MM. Edgar Monteil et Lyon-Alemand, au nom de la commission de l'Exposition de 188g sur la demande de subvention pour l’Exposition adressée par l’Etat à la ville de Paris.
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 4 avril 1886).
- Pour faire une exposition, en dehors de la Société de garantie, deux moyens se présentent au gouvernement : le premier est de favoriser l’initiative privée ; le second est de faire l’exposition lui-même avec la collaboration ou sans la collaboration des municipalités.
- En ce qui concerne l’initiative privée, si l’entreprise est sérieuse, elle n’a pas besoin de l’intervention du gouvernement ; elle n’a qu’à acheter un terrain, à faire bâtir un palais, à s’adresser directement à l’industrie internationale, elle peut même, quand elle a achevé sa construction et est prête à recevoir les exposants, solliciter la bienveillante intervention du Gouvernement auprès des puissances étrangères, mais elle agit par elle-même, et si une entreprise avait agi ainsi, elle aurait certainement empêché de se faire l’exposition officielle.
- 11 y a un autre genre d’entreprise privée qui consiste à solliciter l’appui du gouvernement et à émettre, après l’avoir obtenu, le nombre d’actions nécessaires- pour réunir les millions que coûte une exposition. Pour favoriser une semblable entreprise il faut que le gouvernement soit assuré que cette entreprise est solide, quelle a avec elle des capitalistes sérieux. Il ne peut, en aucune façon, s’exposer à subir les conséquences d’une faillite, s’exposer à se voir obligé à prendre les travaux en régie et à continuer une exposition dont la responsabilité aurait été assumée par des particuliers.
- Aucune personne, aucune société privée n’a présenté des garanties suffisantes au ministre pour qu’il pût traiter avec elles, et le gouvernement devait regarder comme un-devoir de faire l’Exposition afin de réclamer lui-même, au nom de la Ré-
- Dimanche 11 Avril 1886.
- publique française, la collaboration des nations étrangères.
- L’entreprise privée se trouvant écartée, le gouvernement avait-il intérêt à faire l’exposition avec les seuls deniers des contribuables? L’exemple de l’Exposition de 1878 était là pour lui faire repousser ce mode de procéder et il préférait sentir dans l’exposition le frein d’une société qui ferait appel à des intéressés; en face du déficit de 1878, il devait rechercher une combinaison qui lui permît de se présenter devant les Chambres avec un devis-ferme, avec un chiffre assuré de recettes. .Ce chif-• fre ne pouvait lui être fourni que par une société de garantie : il s’est décidé à avoir recours à une. société de garantie. '
- Le principe général de la Société de garantie étant posé, il s’agit de savoir qu’elle est la Société de garantie en face de laquelle on va se trouver pour l’Exposition de 188g. Cette société se présente dans des conditions absolument particulières et qui sont infiniment meilleures, au point de vue des autres intérêts qui seront représentés dans l’Exposition, que les conditions qui régissaient les sociétés de garantie dont on a précédemment réclamé le concours.
- M. le ministre du commerce n’a voulu traiter qu’avec le Crédit foncier, parce que le Crédit foncier est un établissement de l’Etat. C’est le Crédit foncier qui est chargé de former la Société de garantie. Le chiffre de garantie définitivement arrêté par le ministre est de 18 millions. Cette somme sera obtenue au moyen d’une émission de parts de 1,000 francs ou de 5oo francs, et ce sont les porteurs de parts qui formeront la Société de garantie.
- La Société de garantie pourra toucher des dividendes au prorata de son apport, comme l’Etat et la ville. Toutefois, le dividende ne sera distribué qu’autant que les devis dressés pour les dépenses de l’Exposition ne seraient pas dépassés.-Si les dépenses sont plus considérables qu’on ne l’avait présumé, il est entendu qu’avant toute répartition, les excédents de recette seront employés à parfaire la différence entre le chiffre d’estimation de la dépense générale et la dépense générale effective; ce n’est qu’au moment où l’opération de l’Exposition sera complètement liquidée qu’on partagera les bénéfices, s’il y a lieu.
- Au point de vue de la gestion de l’Exposition, les membres de la Société de garantie, comme les représentants de l’Etat et du Conseil municipal, entreront dans les commissions de l’Exposition proportionnellement à leur apport. C’est-à-dire que si l’on prenait comme base du calcul de proportion le chiffre de millions versés et que l’on supposât que chaque million représente un homme, le chiffre des représentants de la Société de garantie serait de 18, celui de l’Etat de.16 et celui delà ville de Paris de 8.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- La Société des artistes indépendants ouvrira le 20 août son Exposition annuelle, rue des Tuileries, dans le local occupé actuellement par l’Exposition de blanc et noir. Toutes les demandes de renseignements doivent être adressées à M. Dubois-Pillet, 19, quai St-Michel.
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- Un comité s’est constitué sous la présidence d’honneur du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, et a ouvert une souscription pour ériger à Paris un monument à La Fontaine, et rendre ainsi hommage à notre immortel fabuliste.
- L’œuvre choisie est colle du statuaire Dumilâtre dont le modèle a figuré avec un très vif succès au Salon de 1884.
- La souscription est depuis peu ouverte au siège du comité, à la mairie du XVIe arrondissement, 117, avenue du Trocadéro.
- * ¥•
- Le Conseil d administration de la Société des Alsaciens-Lorrains, désireux de faire ressortir les arts d’Alsace-Lorraine, organise pour le 25 avril au palais du Trocadéro, pendant les fêtes données au bénéfice de la Société, une exposition de peinture, sculpture, architecture, dessins, aquarelles, pastels, vitraux, bronzes, gravures, etc., en un mot, de toutes les œuvres d’art exécutées par les compatriotes. La durée de cette exposition sera fixée ultérieurement.
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- D épartements
- La Société des amis des arts de Grenoble organise une exposition d’artistes français et étrangers, qui aura lieu dans cette ville, dans les salles du Musée bibliothèque du 10 juillet au 31 août 1886.
- Seront admises à cette exposition les œuvres des genres ci-après : peinture, dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences et porcelaines d’art, sculpture, gravure en médailles et sur pierre fine, architecture, gravure, lithographie et photographie d’art.
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- Deuxième Année. — N° 6'
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Voir pour tous détails complémentaires le Journal des arts du vendredi 2 avril.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’organisation de l’exposition nationale industrielle de 1888 se poursuit sans interruption.
- Le comité de direction de l’Union des commercants et industriels Berlinois vient d’aviser officiellement le conseil des Anciens,ainsi que le Magistrat, que les souscriptions organisées par ses soins dans les cercles industriels de Berlin, en vue de la formation du capital de garantie, avaient atteint la somme de 850,000 marks, environ 1,062,500 francs, et exprimait conséquemment ce vœu, qu’il fût procédé, dans le plus bref délai.pos-sible, à la constitution de ce capital de garantie.
- En résumé, l’intérêt qu’excite dans toute l’Allemagne l’accomplissement de cette entreprise nationale semble s’accroître de jour en jour, malgré les vives oppositions de la première heure. Les souscriptions dépassent actuellement le chiffre de 1,000,000 de marks, soit 1,250,000 francs.
- On signale parmi les souscripteurs les maisons : Mendelssohn, pour 100,000 marks ; Goldberger et Spindler, pour 50,000 marks chacune ; et la Brasserie de Kœnigstadt, pour 30,000 marks.
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- Une exposition canine, accompagnée d’une exposition cynégétique et de matériel de chasse, aura lieu à Leipzig (roy. de Saxe) du dimanche 25 au mercredi 28 avril dans les locaux du Krystallpa-last.
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- Une intéressante exposition comprenant 166 aquarelles, dues au pinceau de l’explorateur docteur Pechuel-Loesche, et faites pendant ses expéditions dans l’Afrique occidentale, a été ouverte à Berlin, dans le Hall des architectes, le jeudi lor avril.
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- La quatrième grande exposition générale de volailles et d’oiseaux a été ouverte à Mayence, dans les Halles municipales, le samedi 27 mars dernier.
- Le groupe poules, oies, canards et faisans, comprenait 297 numéros ; le groupe pigeons, 490 ; celui des serins, 498, et des oiseaux exotiques 357 numéros.
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- Nos lecteurs savent qu’une exposition régionale du duché d’Altenbourg ouvrira dans la ville du même nom, le 1er août prochain (Moniteur, 6 décembre 1885 et 21 mars 1886).
- Il est question de construire sur les terrains de l’exposition une maison de paysans altenbourgeois ainsi qu’une auberge du pays et de les entourer d’un jardin d’agrément renfermant toutes les fleurs de la saison. Les deux bâtiments seront composés d’un rez-de-chaussée et d’un étage, et l’intérieur en sera aménagé avec le plus grand souci de la vérité et de la couleur locale. Cette paysannerie promet d’être très pittoresque.
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- Une grande exposition régionale d’agriculture aura lieu à Bautzen (Saxe), dans le courant de l’année prochaine.
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- Le Comité d’organisation de l’Exposition internationale des beaux-arts de Berlin (15 mai 1886), qui est placé sous le haut patronage de l’empereur Guillaume, et la présidence honoraire du prince impérial, se compose du duc Ernst de Saxe-Cobourg-Gotha, du ministre d’Etat docteur Falk, et du docteur von Fahrenheid, du duc de Ratibor, des ministres, comte Stolberg, von Puttkamer, von Scholz, Maybach, von Goszler et von Botticher, du conseiller privé von Wilmowski, des professeurs Curtius, Kleinert, Achenbach, et Bende-man de Düsseldorf, von Piloti de Munich, du maître de la police, von Richthofen, du premier bourgmestre, von Forckenbeck, du prince de Reuss, ambassadeur à Vienne, du baron de Keudell, ambassadeur à Rome, von Radowitz, ambassadeur à Constantinople, etc., etc.
- Le jury sera élu par les membres de l’Académie des beaux-arts et de l’Association des artistes berlinois. L’Académie a déjà nommé le peintre Ludwig Knaus, le paysagiste Ludwig, le sculpteur Encke, l’architecte Schweehten et le graveur en taille douce Eilers.
- Les artistes berlinois n’ont pas encore voté. D’ailleurs on signale depuis quelque temps un certain désaccord entre ces derniers et l’Académie. Les premiers dissentiments se seraient produits au sujet des places à distribuer aux exposants. En effet, le nombre des envois de l’étranger étant très grand, les artistes ont craint que pour donner satisfaction aux étrangers, on ne leur fit qu’une très petite part à l’Exposition.
- La vérité est qu’ils sont froissés de l’exclusivisme des académiciens qui n’ont pas cru devoir une seule fois les consulter ou même prendre leur avis dans les questions d’organisation et d’installation. D’où défiance et désaccord.
- On apprend d’autre part que les artistes fran-
- çais ont définitivement refusé leur concours et leur participation. Belle décision, Messeigneurs ! qui fera répéter à nos voisins d’outre-Rhin que seules les idées de revanche hantent notre esprit et réveillera une fois de plus le monstre de l’ennemi héréditaire ! Mieux vaut décidément une sceptique indifférence, qu’un patriotisme à tous crins et qu’un chauvinisme aveugle !
- N’était-il donc pas plus patriotique et plus politique, Messieurs, d’aller, comme le font nos industriels, affirmer chez nos vainqueurs l’éclatante supériorité de la France dans les arts comme dans les sciences !
- Est-ce ainsi que nous attirerons les étrangers à nos expositions et croit-on qu’un patriotisme sincère ait besoin de ces démonstrations bruyantes pour se rappeler et se souvenir ?
- Que dira-t-on ? Que vous craignez quelques mauvais barbouilleurs nébuleux, et que vous vous complaisez à faire les victimes, au lieu de prendre virilement votre place à côté du germanisme envahissant.
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- Angleterre
- Une exposition des œuvres de Holman Hunt, le peintre bien connu, a lieu en ce moment à Londres.
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- Les artistes anglais sont invités à prendre part à l’exposition, qu’organise dans ses galeries, pour l’hiver prochain, l’Association artistique américaine de New-York.
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- On annonce que la reine Victoria prendra part comme exposante à l’exposition nationale de chefs-d’œuvre artistiques qui se prépare à Folkestone. Elle a promis d’envoyer un certain nombre de tableaux, tapisseries et autres œuvres d’art, provenant de ses collections.
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- L’exposition internationale d’Edimbourg, dont nous avons eu l’occasion de parler, ouvrira, nous le rappelons, dans le courant de la première semaine du mois prochain, pour clôturer fin octobre. C’est la plus grande et la plus importante entreprise de ce genre qui ait encore eu lieu en Ecosse. L’emplacement offre une superficie de onze hectares, dont trois et demi couverts par les bâtiments proprement dits, lesquels se divisent en trois parties. La première sera permanente, la seconde temporaire, la troisième enfin consacrée à une reproduction archéologique et pittoresque : celle d’une rue du vieil Edimbourg.
- Les expositions de beaux-arts seront installées dans les galeries attenantes au pavillon central. Elles seront divisées en deux catégories ; la première comprenant les œuvres des artistes vivants, exposées en vue de la vente ; la seconde, des œuvres prêtées par des amateurs et collectionneurs.
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- Autriche-Hongrie
- Une exposition historique ayant trait au. siège et à la prise de la ville forte d’Ofen reconquise sur les Turcs, événement qui se passa le 2 septembre 1686, et dont le deuxième centenaire tombe par conséquent cette année, estorganiséeàBada-Pesth, sur l’initiative de la Société hongroise d’histoire.
- Le gouvernement autrichien avait invité.le gouvernement prussien à concourir et à participer à cette solennité. Le ministère de l’instruction publique de Prusse a fait connaître, il y a quelques jours, son acceptation et a mis à la disposition des organisateurs tout ce que les bibliothèques de Berlin possèdent sur ce sujet.
- Il importe de dire pour expliquer ce fait qu’un corps brandebourgeois de 8,000 hommes, sous la conduite de Hans Adam von Schoning, se signala au siège d’Ofen et concourut puissamment à la reprise de cette ville.
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- Belgique
- Rappelons que l’exposition d’architecture rétrospective et contemporaine, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, ouvrira le 1er mai prochain à Bruxelles.
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- On écrit de Courtrai que la Société pour l'encouragement des beaux-arts et de la littérature ouvrira le dimanche 22 août prochain, une exposition de tableaux et objets d’art. La clôture aura lieu le 30 septembre.
- Seront admis : les tableaux, cartons, statues, bas-reliefs, dessins, gravures, ciselures, médailles et lithographies. Seront également admises les hotographies à partir de la dimension carte-al-um : portraits, reproductions de monuments et d’objets d’art.
- Envois avant le 15 juillet au plus tard.
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- États-Unis
- Une très belle collection de tableaux et aquarelles par William T. Richards est exposée chez Doll et Richards à Boston.
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- C’est mardi dernier, 6 avril, qu’a été ouverte aux
- Dimanche 11 Avril 1886. -— 119. -
- American Art Galleries, de New-York, l’exposition des artistes français dont nous avons parlé dans notre numéro du 28 mars dernier. Le catalogue contient près de trois cents numéros.
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- Italie
- La municipalité de Milan a décidé d’ouvrir un concours pour la construction d’une nouvelle façade à la célèbre cathédrale de cette ville.
- Les modèles et plans devront être adressés au siège du Comité, Palais Brera avant le 15 avril 1887..
- Le jury sera composé de 15 membres ; les prix à décerner, le premier d’une valeur de 40,000 livres, seront au nombre de 16.
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- République Argentine
- Rappelons que c’est le 25 avril qu’ouvrira à Bue-nos-Ayres l’exposition rurale internationale organisée par la Société navale argentine (Voir Moniteur, 6 décembre 1885).
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- Tunisie
- On annonce qu’une exposition générale des pro duits de la régence ouvrira à Tunis dans le courant du mois de novembre.
- LES PETITS MÉTIERS
- AUX EXPOSITIONS
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 4 avril 1886)
- LE CAFÉ MAURE
- Le café algérien de l’Exposition de 1878 était situé dans le bas du Trocadéro, non loin de l’entrée ouverte à l’angle du quai. C’était un tout petit pavillon de style mauresque, à arcades surbaissées et dentelées, en forme de fer à cheval. Au-dessus de la porte d’entrée l’enseigne : Café Maure, vous invitant au repos et à la dégustation du célèbre moka. Mais à l’intérieur, ce qui frappait, c’était moins l’aspect que l’étroitesse extrême du logis. Pressés autour d’étroites tables, à peine assis, les consommateurs voyaient préparer le café sur un fourneau (des plus parisiens, devons-nous l’avouer) par un Algérien à figure basanée qui maniait avec une dextérité incomparable la tasse et la cafetière microscopiques.
- On, sait qu’en Algérie le café ne se fait pas comme chez nous. L’Arabe prend une pincée de café, en poudre impalpable, et la dépose au fond d’une sorte de petite casserole de cuivre, à manche très long. Cette cafetière, des plus primitives, est remplie d’eau bouillante, et placée sur le feu. Le café n’est pas filtré avec le marc; aussi faut-il une véritable science, fruit de... longues années d'études, pour absorber le liquide seul. Bon nombre de consommateurs curieux, qui avaient payé d’un quart d’heure d’attente et de gêne le désir de déguster le nectar ne paraissaient-ils pas le goûter beaucoup. *
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- LE CABARET HOLLANDAIS
- Lorsqu’on avait traversé toute la section hollandaise, de la galerie des beaux-arts à l’avenue Suffren, on arrivait à un pavillon de petite dimension, mais d’aspect fort original. C’était un cabaret hollandais avec sa terrasse extérieure.
- Si les visiteurs y pénétraient, leurs yeux étaient véritablement charmés. Voici les tables de bois à assemblages de chevilles visibles, et leurs chaises en bois tourné à très haut dossier. Voici les murs recouverts de carreaux de faïences de Delft à sujets de marines, de paysages et de scènes villageoises ; voici le lustre en cuivre brillant comme l’or et le cendrier en cuivre rouge vif ; la grande horloge-coucou, à boîte de noyer poli, sculpté, chargé de cuivres estampés, et qui sonne, carillonne et chante toutes les heures.
- Voici surtout les trois Hollandaises (des vraies !) d’une beauté plantureuse, peut-être un peu épaisse; mais bah ! Rubens les aimait bien comme cela, pourquoi serions-nous plus difficile que lui ! Le costume, une robe de cotonnade à fond blanc, sur lequel s’éparpillent des petits bouquets, n’avait rien de marqué ; mais la coiffure était tout à fait originale. C’est un bonnet en mousseline et dentelle couvrant entièrement la tête, avec appendice cachant le cou, analogue à ce que la mode parisienne appelait autrefois le bavolet d’un chapeau. Au-dessus de ce bonnet une large plaque (de cuivre au début de l’Exposition et d’or au moment de la clôture), entourait le derrière de la tête et venait se rattacher sur les côtés à une espèce de diadème en cercle d’or, plein d’un côté avec partie à jour et chaînette de l’autre.
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- LES CORDONNIERS ALGÉRIENS
- Elle n’était certes pas grandiose comme nos usines ou nos ateliers, cette tente de tissus de
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- 120. — Deuxième Année. — N° 67.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Avril i8Sô.
- laine brun gris, avec bordures foncées, et soutenues par des piquets de bambou, sous laquelle six Ka-biles fabriquaient des babouches ; cependant ce simple appareil n’était pas dénué de charme. C’étaient six hommes superbes, au visage caractéristique avec leurs cheveux noir de jais, leurs yeux clairs et vifs, leurs grosses lèvres un peu semblables à celles des nègres, leurs dents blanches et leur teint blanc brunâtre. Ils portaient le costume mi-kabyle et mi-mauresque et pour travailler portaient, ainsi que le font les ouvriers de certains de nos corps d’état, par-dessus leur costume une sorte de grande blouse blanche en coton, fabriquée par des tisserands kabyles. Généralement en cuir jaune ou rouge, quelquefois d’une autre nuance, mais rarement noir, les babouches étaient formées d’une empeigne dont le dessin était brodé à la main par l’un des ouvriers travaillant sous les yeux du public; les pièces étaient réunies par d’autres ouvriers et cousues à une semelle épaisse formée de plusieurs couches de cuir.
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- LES FONTAINES JAPONAISES
- C’est de chaque côté de la façade japonaise que s’élevaient les deux fontaines au dessin si original mises sous les yeux de nos lecteurs. Elles étaient en porcelaine et composées de troncs d’arbres dégarnis de feuilles. Sur l’un d’eux reposait une vasque en forme de coquille, blanche à l’intérieur, verte à l’extérieur, dans laquelle coulait en filets limpides l’eau sortie d’une fleur de lotus, la plante célèbre consacrée à Bouddha. Tout autour du tronc-support de la vasque étaient groupées des feuilles de lotus, puis aussi des crabes et des grenouilles d’une exécution parfaite et d’une vérité de couleurs saisissante.
- Sur les rebords d’un bassin entourant la base du tronc d’arbre étaient rangés des galets en porcelaine, irréguliers de forme comme de vrais galets, mais agrémentés de dessins bizarres tracés d'un ou deux coups de pinceau. Les petites fontaines japonaises eurent un succès d’autant plus mérité qu’elles n’étaient seulement pas un objet d’ornement. Elles étaient aussi hospitalières et invitaient le visiteur à se rafraîchir en mettant à sa disposition un gobelet en bambou laqué, avec lequel on pouvait recueillir l’eau des lotus et la boire.
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- LE NÈGRE MARCHAND DE BONBONS
- La race blanche, la jaune, la cuivrée, étaient représentées à l’Exposition de 1878. Pourquoi la race noire n’y aurait-elle pas figuré ? Elle s’y trouvait en effet et même on pouvait en rencontrer un superbe échantillon dans le quartier algérien. Grand et bien fait, l’œil jovial et gai, riant à tout moment et de tout, montrant une rangée de dents splendides, Belker, c’était son nom, se démenait et s’agitait, interpelait celui-ci, gourmandait celui-là et bien malin qui pouvait, une fois engrené dans le marchandage, s’échapper de ses griffes les mains vides. Bien entendu, point de balances pour peser la marchandise, point de pinces pour la servir !
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- LES LIVRES
- LUI
- Bibliothèque internationale de l’Art. — Eugène Delacroix devant ses contemporains, ses écrits, ses biographes, ses critiques, par Maurice Tourneux. — Librairie de l’Art, Jules Rouam, 1886, in,-8\
- Voici un livre qui n’est qu’un catalogue, une « mosaïque patiente » suivant le mot trop modeste de son auteur, et qui est pourtant des plus intéressants, des plus curieux, des plus instructifs. Pour nous, nous avons pris à le lire un plaisir et un profit qu’expliquent le sujet, mais que justifient plus encore la méthode ingénieuse de l’auteur, son art de la recherche et son bonheur habituel en découvertes. M. Maurice Tourneux est pour la conscience et la solidité du travail de l’école bénédictine ; mais pour la liberté, la sagacité critique, le goût de la nouveauté, la curiosité sans faux scrupules, sans fausses pudeurs, il est de cette école de probité scientifique, d’analyse à fond sinon à outrance, fondée sur les principes modernes. Cette école dont le dilettantisme à la Stendhal, à la Jacquemont, à la Mérimée, à la Sainte-Beuve, recule devant rien de ce qui profite à la vérité, a inventé une volupté d’esprit nouvelle qu’on pourrait appeler la volupté critique. C’est cette méthode de recherche et de découverte dont la liberté n’a d’égale que la probité, c’est cette curiosité éveillée sur tout, pleine de tact et de flair qui constituent à M. Maurice Tourneux une physionomie à part parmi les érudits et les critiques contemporains et donne un ragoût piquant à tous ses travaux. Ses éditions de Diderot et de Grimm sont des modèles de bonne ordonnance, d’information abondante et choisie à la fois, d’érudition encyclopédique, c’est le cas de le dire. La mémoire de ces deux grands curieux, de ces deux grands critiques, de ces deux précurseurs et inspirateurs de tout le mouvement intellectuel contemporain, dont l’influence sur ce mouvement est autrement énergique et féconde que celle de Voltaire et de Rousseau, doit beaucoup à M. Maurice Tourneux
- qui a publié aussi sur Mérimée un travail de haut goût qui le désigne comme l’éditeur futur — nous voudrions dire prochain — d’une édition définitive des œuvres de ce maître. La mémoire d’Eugène Delacroix, la biographie et la bibliographie du plus grand artiste du romantisme ne lui devra pas moins que celle de Mérimée, de Diderot, de Grimm. Il vient de lui consacrer un monument modeste, mais solide et durable.
- Il a fait la lumière dans une matière des plus obscures et des plus confuses, car la vie d’Eugène Delacroix,la genèse de son talent, qui a pu paraître du génie et a touché au génie, l’histoire de ses relations, de ses œuvres, de l’influence qu’elles ont exercée, des influences qu’elles ont subies, tout cela était un champ de controverses, de contradictions, tout cela était un champ envahi par les ivraies parasites, par les fleurs légendaires, par les broussailles épineuses dont la luxuriance décourage l’exploration. On ne se figure pas avant d’avoir parcouru ce livre savoureux sous les formes qui semblent le comporter le moins, ce qu’on peut mettre de choses neuves et utiles dans un catalogue. Car ce livre n’est pas, en apparence, autre chose que le catalogue des écrits et lettres du maître, de ses œuvres, des écrits auxquels sa vie et ses œuvres ont donné lieu. Oui, mais il y a catalogue et catalogue ; il y a les catalogues selon la lettre et les catalogues selon l’esprit ; il y a les catalogues qui sont des sources d’information abondantes, des mines de renseignements, des trésors de curiosité.
- Que de choses, disait Vestris, dans un menuet ! Que de choses disait Grosley, dans un chosier! Ce joli mot de chosier d’un érudit curieux, fin, et au besoin malin comme notre ami Tourneux, convient à merveille à son livre, vrai chosier plein de choses, et qui sur Delacroix, sa vie, ses œuvres, en apprend plus qu’il n’en a l’air, et en contient plus qu’il n’est gros.. Dès la préface, par exemple, nous trouvons toute une jolie et bien instructive variation sur le thème des homonymes, des sosies en art comme en littérature, sur ce rédacteur de la Liberté, journal des arts, qui signait et avait droit de signer Eugène Delacroix, et donna encore plus de souci à l’artiste, qu’Adolphe Dumas à Dumas père, sur ce Maurice-Alexandre Decamps, frère celui là du grand artiste du même nom, dont la gloire a étouffé sa notoriété, et dont la biographie est reconstituée par M. Maurice Tourneux. La bibliographie des critiques d’arts, des salonniers n’est pas moins curieuse, et nous pouvons attester pertinemment la conscience avec laquelle elle a été faite, car l’auteur a pu dénicher certain Salon de 1859, fait par nous, enfant hâtif et_ obscur, du journaliste au début qu’oublie volontiers même la mémoire d’un père. Nous n’étions pas de ceux qui ont voulu faire un Delacroix plus grand que nature et lui ont prêté plus de génie qu’il n’en avait. Nous n’étions pas non plus de ceux qui le dénigraient et le rapetissaient à outrance. Nous sentions en lui une grande force, une grande patience, un don d’expression, un charme de poésie que nul en ce siècle n’a eus au même degré. Mais nous sentions aussi l’inquiet de cette doctrine trop ambitieuse, trop philosophique peut-être pour un art plastique, nous sentions que Delacroix était plus grand artiste que grand peintre, qu’il demeurait souvent en deçà de son aspiration, que son dessin avait souvent, que sa couleur avait parfois d’éton-nantes défaillances. Nous nous expliquions par là pourquoi il avait été militant toute sa vie, car il n’a été triomphant qu’à sa mort, et sa gloire définitive n’a lui que sur son tombeau. Il attirait et justifiait à la fois par ses audaces d’idée et ses bizarreries d’exécution, l’enthousiasme des fervents et les railleries des sceptiques. Une chose très. remarquable et mise en lumière, avec bien d’autres points nouveaux, par M. Tourneux, c’est qu’Eugène Delacroix, le plus grand peintre du romantisme, ne fut qu’en médiocre faveur, s’il ne fut pas en disgrâce auprès des grands poètes et écrivains romantiques, qui lui préférèrent toujours Louis Boulanger. Victor Hugo n’admirait par Delacroix sans resérve. Il trouvait qu’il manquait ciu sens de la beauté. Et ce reproche n’est pas entiè-ment paradoxal. Les belles femmes sont rares dans l’œuvre de ce peintre plus épris encore de l’idéal que de la beauté, et de l’expression, de l’éloquence des formes que de leur pureté et de leur harmonie. Ce fut, en somme, un grand artiste, d’une individualité puissante et tourmentée, d’une grande richesse d’imagination, d’une force d’invention supérieure à l’exécution, qui n’a pas exercé sur l’art contemporain une influence proportionnelle à sa valeur, dont le génie garde quelque chose d’incomplet et d’inachevé, dont l’originalité fut plus personnelle que générale, plus exceptionnelle qu’exemplaire, qui n’a pas fait d’élèves, laissé d’école, et n’a, dans l’histoire de la peinture au xixe siècle, qu’une place isolée et en quelque sorte météorique.
- M. de Lescure.
- LES THEATRES
- Théâtre du Gymnase. — Serge Panine, pièce en cinq actes, de M. G. Ohnet (reprise).
- Théâtre du Chateau-d'Eau.— Paris qui pleure drame en cinq actes et six tableaux, de M, Xavier Bertrand.
- Théâtre des Nations. — Les Ménages de Paris, drame en
- cinq actes, de MM. Raymond, Burani et Boucheron.
- Théâtre de l’Opéra-Comique. — Plutus, opéra-comique en
- trois actes, de MM. Millaud et Jollivet, musique de M. Lecocq. Théâtre du Vaudeville. — Le Club, comédie en trois actes, de
- MM. Gondinet et Cohen (reprise).
- Théâtre de Bluny. — Le Cabinet Piper lin, comédie-bouffe en
- trois actes, de MM. Raymond et Burani (reprise).
- Premières, reprises, adaptations nouvelles et remaniements, la semaine théâtrale a été fertile. Le Gymnase a repris Serge Panine, cette fameuse pièce qui obtint le succès le plus inconcevable qu’on eut jamais rencontré au théâtre avant celui du Maître de Forges. Inutile de revenir sur ce drame bourgeois, taillé avec un mélange de naïveté et de rouerie, sur le patron poncif et banal du genre convenu, moderne. L’œuvre de M. Ohnet est à la littérature ce que la chromolithographie est à la peinture ; même vulgarité de dessin, même mièvrerie et fausse délicatesse dans le joli, même manque d’énergie violente de mouvement, même couleurs plates, même style pommadé et poupin d’une sotte sentimentalité.
- Mme Pasca est admirable dans ce rôle de Mme Desvarennes, le seul caractère de toute l’œuvre de M. Ohnet, dessiné d’une main vigoureuse. Le reste de l’interprétation est à la hauteur de l’ouvrage.
- Le théâtre du Château-d’Eau a donné un drame Paris qui pleure, qui a failli avoir un véritable succès. L’ouvrage manque de solidité de charpente; il y a mauvaise liaison, insuffisance de concentration des éléments dramatiques ; mais quelques tirades et couplets à effets bien venus ; plusieurs détails d’observation curieux et une scène remarquablement belle suffisent à prouver que l’auteur, M. Xavier Bertrand, possède un réel sentiment du théâtre, a de l’imagination dramatique et une grande vigueur de souffle littéraire.
- MM. Gravier, Dalmy et Meillet, Mme Verteuil, Séjanne et Nantier constituent une bonne troupe d’ensemble laquelle fournit à cet intéressant drame une interprétation suffisante.
- Le théâtre des Nations a monté aussi un drame en cinq actes, les Ménages de Paris, mais qui est loin de valoir le précédent. C’est une sorte de grande machine de style populaire, comportant une assez large partie comique. Tout cela est ficelé assez in-dustrieusement mais sans intérêt.^ La pièce a pour but de nous initier aux mésaventures de quelques ménages parisiens. Le ménage du drame qui m’a semblé le moins heureux est encore celui des trois auteurs. Ces messieurs ont du reste été mal secondés par les artistes ; l’interprétation générale est assez médiocre ; nous exceptons bien entendu M. Georges Richard, le remarquable acteur qu’on regrette de voir fourvoyé dans cette littérature secondaire.
- MM. Millaud et Jollivet avaient jadis tiré une comédie en vers du d’Aristophane. Ils vien-
- nent de la transformer en opéra-comique en trois actes. D’aucuns ont trouvé que le sujet était mal choisi, que cette fameuse fable de Plutus contient une amertume de philosophie incompatible avec le badinage et les flous-flous de l’opéra-comique. Bah ! les auteurs ont bien raison d’essayer de nous faire rire un peu d’une chose aussi sérieuse que l’argent, nous en pleurons si souvent. M. Lecocq a agrémenté les vers spirituels et faciles de MM. Millaud et Jollivet, de cette petite musique gaie sans beaucoup de finesse et d’un charme un peu banal qu’il rend fréquemment ennuyeux sous couleur de lui donner de la distinction.
- Le Vaudeville a donné le Club, nouvelle édition reprise et corrigée. En principe, nous ne comprenons guère cette tarentule de remaniement qui pique toujours les hommes de théâtre. La charmante comédie de M. Gondinet prenait jadis, à un certain moment, une teinte dramatique que la critique blâmait. M. Gondinet a docilement tenu compte de cette impression et il a apporté quelques changements à sa pièce de manière à la conserver tout du long sur le mode jovial. Cet exemple a eu beaucoup de précédents ; mais il ne laisse pas d’être fâcheux. Une fois qu’une œuvre est terminée il n’y a plus à y toucher, bonne ou mauvaise, elle est, laissez là. Le Club n’en est pas moins toujours une délicieuse comédie. Le fameux second acte, sans femmes, étincelant d’esprit, a retrouvé son succès de jadis. D’ailleurs, quelle interprétation : Dupuis, le merveilleux artiste, avec sa perfection de naturel; Dieudonné, toujours charmant, verveux et spirituel ; Jolly désopilant. Mm8s Rejane et Li-gault, toutes deux exquises.
- Enfin le théâtre Cluny a repris le Cabinet Piper-lin, l’ancien succès de cet Athénée où l’on s’est amusé ferme parfois. Sans atteindre jamais au ton de la comédie, cette joyeuse pièce n’en est pas moins une bouffonnerie originale et spirituelle et est assez semée d’imbroglios fantastiques pour que ce soit un nouvel ahurissement à chaque fois qu’on la revoit. L’absence du couple Macé-Montrouge se fait quelque peu sentir dans l’interprétation qui, à part cela, est assez cohérente. MM. Victor Gay, Dorgat et Mme Billy sont des artistes réellement amusants.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 18 Avril 1886. NUMÉRO 68.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Conseil municipal de Paris ; 4. Exposition d’hygiène urbaine ; 5. Echos; 6, La rue des Nations, en 1878 ; 7. Les Livres ; 8. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Les bureaux de la Chambre des députés ont nommé le 11 avril les membres de la commission de l’Exposition.
- Sur vingt-deux membres, treize acceptent le projet du gouvernement : ce sont MM. Forest, de Douville-Maillefeu, Mézières, Pichon, Dautresme, Rivet, Brelet, Germain Casse, Emmanuel Arène, Jules Roche, Prevet, Nadaud et Barbe.
- Deux sont absolument opposés à toute exposition. Ce sont MM. Duvivier et Michel.
- Enfin, sept formulent des critiques : ce sont MM. Hovius, Cochery père, Cochery fils, Gastel-lier, Steenackers, Jumel et Rouleaux.
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- La commission a nommé son bureau lundi dernier.
- M. Dautresme, au second tour de scrutin, par 12 voix contre 10 données à M. Mézières, a été élu président. MM. Emmanuel Arène et Pichon ont été nommés secrétaires.
- Après la constitution de son bureau, la commission a entendu l’opinion de chacun de ses mena bres. Il semble que la majorité de la commission désire procéder à une étude minutieuse de la question et dès aujourd’hui on peut dire que de grands efforts seront faits par les partisans du système qui consiste à confier entièrement l’Exposition à l’industrie privée, en vue de.retarder le vote du projet du gouvernement, qui n’en reste pas moins certain.
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- Voici le procès-verbal de la séance de mercredi dernier :
- La commission de l’Exposition s’est réunie à 2 heures 1/2, sous la présidence de M. Dautresme pour entendre M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. M. Lockroy a fait tout d’abord l’historique de la question de l’Exposition ; il s’est ensuite expliqué sur les divers points de son pro-jet.
- Le premier point est celui de l’emplacement.
- La Chambre, a-t-il dit, a paru adopter le Champ-de-Mars quand elle a adopté les conclusions du rapport de M. Antonin Proust. Le Conseil municipal s’est également prononcé pour le Champ-de-Mars. Le deuxième emplacement serait le parc Daumesnil à Vincennes, on pourrait y faire des expériences agricoles, y faire manœuvrer des machines, y installer des courses au trot et au galop. Le ministre a développé ensuite les inconvénients qu’il voit aux autres projets. Le principal inconvénient est que ces autres projets, ont tous pour corollaires les spéculations particulières auxquelles l’Etat ne peut à aucun prix s’associer ou s’intéresser.
- M. Lockroy a passé rapidement en revue, en en montrant les défauts et l’impraticabilité, des divers plans et projets qui lui sont adressés chaque jour et qui atteignent déjà le nombre de 5o ou 60.
- Le second point sur lequel le ministre s’est expliqué est celui de la combinaison financière.
- M. Lockroy n’hésite pas à repousser l’initiative privée parce que, dit-il, l’Exposition livrée à l’initiative privée est en même temps l’Exposition livrée à l’agiotage, ce que l’Etat ne peut admettre à aucun prix.
- D’après M. Lockroy, les combinaisons financières d’ordre privé peuvent se classer en deux catégories, les unes évidemment très honorables et très sérieuses, mais voulant imposer à l’Etat des conditions inacceptables, les autres beaucoup
- moins exigeantes et toutes prêtes à déférer au désir de l’Etat, mais n’offrant sous les autres rapports aucune garantie. Le ministre a examiné sommairement chacune de ces combinaisons et en a démontré les inconvénients et les défauts.
- Après quoi il est entré dans les détails du projet du gouvernement qui consiste dans un apport de dix-sept millions faits par l’Etat, de huit autres millions par le Conseil municipal, et de dix-huit millions par une Société de garantie.
- On a beaucoup demandé, dit M. . Lockroy, a quoi servait cette Société de garantie.^ Elle sert d’abord, ce qui est bien à considérer, à garantir en grande partie les dépenses et les recettes. Elle a, de plus, le grand avantage de grouper autour de l’Exposition les principaux représentants du commerce et de l’industrie ; de plus, elle permet d’y introduire, ce qui n’avait pas été fait en 67 et en 78, un élément véritablement démocratique; car, il ne faut pas oublier que d’après la convention, c’est à M. le président de la République qu’est réservé le droit de choisir parmi les, porteurs^ de parts, ceux qui composeront le comité de contrôle, le ministre s’explique également sur la convention avec le Conseil municipal. Il fait d’abord observer qu’il a obtenu du Conseil deux millions de plus qu’il n’en avait souscrit pour les Expositions précédentes. Mais là ne s’arrête pas la part contributive de la ville de Paris ; celle-ci reste chargée, en effet, de tous les travaux de voirie, ce qui augmente considérablement son apport.
- Les conventions avec la Société de-garantie et le Conseil municipal de Paris ont donné lieu à. de longues négociations et n’ont abouti que très.difficilement. Si on y touche profondément, a ajouté le ministre, tout sera rompu, et il deviendra impossible d’aller plus loin.
- Il faut aboutir. L’Exposition n’est, pas une œuvre parisienne, mais une œuvre nationale.. Le commerce attend ce signal de reprise des affaires et les ouvriers demandent du travail. Il faut, aller vite, il faut non seulement que la commission dépose son rapport, mais encore que la Chambre vote le projet de loi avant les vacances de Pâques. S’il en était autrement, le ministre du commerce et de l’industrie monterait à la tribune pour dégager sa responsabilité.
- Diverses questions ont été ensuites posées .au riiinistre du commerce et de l’industrie, qui a répondu. A 5 heures et demie, M. Christophl.e, gouverneur du Crédit foncier, a été introduit et a donné des explications sur le fonctionnement de la Société de garantie.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Suite de la discussion sur le rapport de MM. Monteil et Lyon-Alemand.
- La discussion générale a été close.
- M. le président rappelle au conseil qu’il est saisi, sur l’article Ier du projet de délibération de la commission, de deux propositions conditionnelles, l’une de M. Vaillant, l’autre de M. Joffrin.
- On sait que ces propositions sont relatives à la réglementation du travail dans les chantiers de l’Exposition.
- M. Gamard demande combien il faudra ajouter de millions à la subvention pour engager le gouvernement à accepter cette réglementation.
- Il est procédé au scrutin. Les deux propositions sont repoussées par 40 voix contre i5.
- L’article premier de la commission est nus aux voix. Il est ainsi conçu :
- « Article premier. — Une somme de huit, millions (8,000,000 de francs) est allouée au ministère du commerce et de l’industrie, à titre de subvention à l’Exposition internationale universelle de 1889. *>
- Adopté par 52 voix sur 52 votants.
- M. le président donne lecture de l’art. 2 dont voici le texte :
- « Art. 2. — Cette somme de huit millions sera prélevée sur les fonds d’emprunt et répartie sur quatre exercices, savoir : en 1887, deux millions ; en 1889, deux millions ; en 1890, deux millions. »
- M. Cernesson propose de remplacer les mots « fonds d’emprunt » par ceux-ci « fonds du. budget ordinaire ou extraordinaire. Il ne veut imputer aucune dépense sur un emprunt qui n’est pas encore définitif.
- M. Gamard dépose à son tour l’amendement suivant :
- « Les fonds destinés à faire face à la subvention seront portés aux dépenses du budget ordinaire. »
- Il est inadmissible, selon lui, qu’on fasse supporter aux générations futures des dépenses qui ne profiteront qu’aux générations présentes. Le rapport prétend que l’Exposition augmentera les ressources du budget ordinaire ; rien de plus naturel alors que d’imputer le crédit de 8 millions sur ce budget. L’idée de prendre l’argent de l’emprunt pour subventionner l’Exposition serait de nature à le faire rejeter par le Sénat qui ne comprendra évidemment pas quelles contribuables de 1970 supportent les frais de fêtes de 1889.
- "M. Joffrin interrompt pour dire que le Sénat n’est que le musée des antiques.
- M. Jacques ne croit pas que ce soit au C.onseil.à douter du vote de l’emprunt. Il est certain d’ailleurs que les 8 millions ne pourront être prélevés que sur le produit de cet emprunt.
- Les amendements de MM. Gamard et Cernes-son sont repoussés.
- L’art. 2 est adopté,
- M. le président déclare qu’il y a sur l’art. 3 un amendement de M. Hervieux, ainsi rédigé ;
- « La ville de Paris recevra une part de l’excédent des recettes sur les dépenses, s’il y échet, au prorata de sa subvention.
- « Elle ne sera tenue à aucun versement au-delà de ladite subvention. »
- M. Hervieux n’a eu d’autre objet que.de faire disparaître de la délibération des mots qui rappellent trop ceux qu’on emploie pour la constitution des sociétés, tels que : participation aux bénéfices, apport, etc... Il faut éviter, en effet, qu’on puisse considérer la ville comme entrant dans la formation d’une société dont elle pourrait alors partager les pertes.
- La commission accepte cet amendement.
- La première partie est adoptée à main levée ; la seconde, dans un scrutin, par q3 voix contre 6.
- Deux amendements ont été déposés sur l’art. 4: l’un de M. de Ménorval réservant le choix de l’emplacement et mettant au concours les projets de construction ; l’autre de M. Cernesson, consistant simplement à substituer le mot « emplacement » aux mots « espaces superficiels « du texte de la commission.
- L’amendement de M. de Ménorval est repoussé ; celui de M. Cernesson est adopté. L’art. 4 est par suite ainsi conçu :
- « Art. 4. — L’Etat accordera gratuitement à la ville de Paris les emplacements dont elle pourra avoir besoin pour ses expositions particulières. »
- L’art. 5 dispose :
- Le territoire de Bagatelle sera mis, sans qu’aucune construction y puisse être élevée, pendant toute la durée de l’occupation du Champ-de-Mars, à la disposition du ministre de la guerre, pour ses manœuvres. »
- Il est adopté après le rejet d’un amendement de M. de Ménorval, portant que la ville pourrait s’entendre avec l’Etat pour mettre à sa disposition un terrain approprié à l’Exposition.
- M. Cernesson est l’auteur d’un article 6 nouveau, dont voici les termes :
- « Article nouveau. — Le Conseil recommande au ministre l’adoption des mesures indiquées ci-après :
- « i° Les travaux de l’Exposition de 1889 seront exécutés, autant que possible, en régie ;
- « 20 Les matières premières ou matériaux à
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Avril 1SS6.
- fournir pour être mis en œuvre par la régie, feront l’objet d’adjudications publiques;
- « 3° Les ouvrages de toute nature susceptibles d’un simple dégrossissement ou d’une simple exécution non parachevée sur les lieux d’extraction, de production ou de fabrication, seront indiqués et spécifiés par arrêté ministériel ;
- « 40 La fourniture, la location,_ les réparations ou l’entretien de tout le matériel nécessaire à l’exécution des travaux feront l’objet de marchés passés par adjudication publique, sauf pour les cas où il y a des brevets d’invention ;
- « 5° Les prix de série pour chaque profession seront arrêtés par le ministre, conformément à l’avis d’une commission composée, outre le président, moitié d’architectes ou ingénieurs et moitié d’ouvriers de la profession ;
- « 6° La durée maxima du travail ne dépassera pas 54 heures par semaine. »
- M. Cernesson trouve qu’il ne serait pas digne pour le Conseil municipal de Paris de ne point aborder l’examen des questions relatives aü travail, quand il s’agit d’une Exposition du travail. Il importe de régler le grand afflux d’étrangers amené par les travaux qui vont commencer : sans édicter de prohibition, on peut convenir, par exemple, qu’il ne sera employé qu’un dixième d’ouvriers étrangers. Cette sélection n’est réalisable qu’à l’aide de la régie. La cause de la crise actuelle, dans Paris, c’est le défaut de travail pour les ouvriers parisiens ; ce défaut vient de ce que l’entrepreneur, pour faire de gros bénéfices, fait venir de l’étranger ou de la province des ouvriers qui se contentent d’un faible salaire. Le travail en régie permettrait...
- — De payer 25 0/0 plus cher, interrompt M. Marius Martin.
- — D’assurer des salaires équitables aux ouvriers, continue M. Cernesson et de ne pas abandonner aux entrepreneurs, intermédiaires inutiles, les millions sur lesquels ils comptent.
- Quant à la fourniture des matériaux, il n’est pas impossible qu’elle se fasse directement par ceux qui fabriquent ou extraient. On obtiendrait un rabais plus important, puisque le fournisseur n’aurait évidemment pas de chances à courir pour le paiement.
- M. Cernesson développe ainsi, au milieu du bruit, tous les articles de sa proposition. Mais le Conseil est fatigué; il est huit heures et de nombreuses voix réclament la clôture.
- M. Guichard, président de la Commission de l’Exposition, prie ses collègues de considérer l’amendement Cernesson comme un simple vœu ne faisant pas partie du projet de délibération ferme et qui pourra être discuté ultérieurement.
- M. Joffrin proteste.
- M. Levraud fait observer que si le Sénat ne vote pas l’emprunt ou modifie le mode d’emprunt adopté par le Conseil, il sera bien difficile de payer les huit millions. Il propose, en conséquence, d’adopter un article 6 ainsi conçu :
- « Art. 6. — La présente délibération sera nulle de plein droit :
- « i° Dans le cas où les travaux de l’Exposition ne seraient pas mis en train le i0r du mois de septembre ;
- « 20 Dans le cas où le projet d’emprunt voté par le Conseil municipal ne serait pas adopté par les pouvoirs publics.
- M. Jacques estime que cette proposition, loin de servir la cause de l’emprunt, pourrait la compromettre.
- La Commission appuie la rédaction de M. Levraud, qui est mise aux voix et adoptée.
- MM. Vaillant, Joffrin et Chabert proposent les deux articles additionnels suivants :
- « Art. 7. — Quel que soit le mode d’exécution des travaux, quelle que soit l’origine des ouvriers qui y seront employés, le taux des salaires sera établi conformément aux tarifs de la série officielle de la ville de Paris.
- « Art. 8. — Les autres conditions du travail complémentaires de celles déterminées par l’art. 7 qui seront adoptées par le Conseil municipal pour l’exécution des travaux delà ville de Paris, seront observées dans l’exécution des travaux relatifs à l’Exposition de 1889.
- Ces deux articles sont repoussés par 32 voix contre 18
- M. Alphonse Humbert revient à la charge. Il comprend que la ville ne peut pas engager l’État ; mais le Conseil peut, dans l’ordre de choses où il est le maître, donner satisfaction aux revendications des ouvriers. M. Humbert dépose, en conséquence, la proposition suivante:
- « Dans tous les travaux qui seront exécutés par la Ville à l’occasion de l’Exposition universelle et du centenaire :
- « i° Les prix de la série, en ce qui concerne les salaires ouvriers, seront obligatoirement appliqués ;
- « 20 La durée de la journée de travail sera fixée à huit heures ;
- 3° Les ouvriers étrangers ne seront admis sur les chantiers de la ville que dans la proportion de 10 0/0 au maximum.
- « Signé : Alphonse Humbert, de Bouteillier, Hovelacque, Deschamps, Patenne. »
- Cette proposition est renvoyée à la Commission du travail et à la Commission de l’Exposition.
- L’amendement de M. Cernesson est mis aux voix et repoussé par 35 voix contre 17.
- L’ensemble du projet de délibération est adopté.
- M. Joffrin déclare que ce vote est en faveur des spéculateurs et que rien n’a été fait pour les travailleurs.
- M. Lerolle dépose la proposition suivante:
- « Le Conseil
- « Invite la Commission de l’Exposition à reprendre avec l’administration des domaines et le ministre de la guerre les négociations relatives à la désaffectation du Champ-de-Mars et à obtenir au moins que dans l’architecture des palais en façade, on tienne compte du rachat possible par la Ville et de la création éventuelle d’une promenade publique dans la partie centrale du Champ-de-Mars.
- « Signé: Lerolle, Cochin, Marius Martin, Lo-pin. »
- Tous les amendements, propositions et projets de vœux relatifs aux garanties du travail sont renvoyés à la Commission de l’Exposition pour être ultérieurement discutés.
- La séance est levée à 8 heures et demie.
- CONSEIL MUNICIPAL DE PARIS
- RAPPORT
- Présenté par MM. Edgar Monteil et Lyon-Alemand, au nom de la commission de VExposition de 188g sur la demande de subvention pour l’Exposition adressée par l’Etat à la ville de Paris.
- {Suite)
- (Voir le Moniteur du 11 avril 1886)
- Mais le ministre s’est réservé de choisir les membres de la Société de garantie qui feront partie des commissions ; il les prendra dans l’industrie, dans le commerce, dans les associations, à son gré, et c’est un très grand point, messieurs, que les personnes qui se sont chargées de former la Société de garantie n’aiént point imposé de candidats.
- Ainsi, le choix des personnes appartenant au ministre, et étant donné les réserves faites en ce qui touche le dividende, il est certain que les avantages des membres de la Société de garantie seront tels qu’ils donneront satisfaction à leur patriotisme plutôt qu’à leur intérêt. Tous les avantages à tirer de la Société de garantie se trouvent, dans ces conditions, du côté du gouvernement, qui peut, ainsi que nous le disions toupà l’heure, assurer à l’avance à l’œuvre de l’Exposition un chiffre ferme de recettes de 18 millions. Si une épidémie, une guerre, ou tout autre malheur public venait à éclater dans l’année de l’Exposition, l’Etat conserverait intact ce minimum de recettes qu’il a fixé, pour 1889, à 18 millions.
- L’utilité de la Société de garantie réside encore dans la manière dont cette Société s’y prend pour former son capital, en appelant toutes les bourses à concourir à sa formation. Cette Société s’adresse effectivement à tout le monde pour réunir la somme qui lui est nécessaire, au grand et au petit commerce, aux chambres syndicales patronales et ouvrières, à l’industrie, à l’agriculture, etc., et elle fait naître de tous les côtés non seulement des sympathies pour l’œuvre commune, mais encore et surtout des intérêts qui se traduisent par une propagande active dans le but d’obtenir des adhésions d’exposants. Enfin, la Société de garantie exerce un contrôle efficace sur les dépenses, et il n’y a pas d’affaire qui exige un contrôle plus sévère qu’une exposition.
- Ce n’est pas à nous, d’ailleurs, de nous occuper de la Société de garantie et l’Etat est le maître de faire l’Exposition avec son aide, puisqu’il assume la responsabilité de l’entreprise.
- Nous n’avons, nous, qu’à nous prononcer sur le chiffre de notre subvention et sur les garanties de direction et de gestion que nous désirons obtenir en proportion de notre versement par rapport à celui de l’Etat, nous n’avons ensuite qu’à demander une répartition des bénéfices possibles au prorata de notre apport.
- C’est dans ces conditions que votre commission, Messieurs, a délibéré sur le chiffre de la subvention. Elle a rappelé les chiffres relatifs aux autres expositions, qui avaient été donnés par MM. Ed-gard Monteil et Pierre Guichard dans ce passage de leur rapport que nous vous demandons la permission de placer de nouveau sous vos yeux :
- Ce fut l’Angleterre qui mit en pratique, en 185 x, nos idées d’exposition universelle ; nous l’imitâmes en 1855, et, enfin, en 1863, parut le décret qui instituait l’Exposition universelle de 1867.
- Dans le rapport qui précéda ce décret, Rouher disait : « Il importe que l’avis de cette exposition soit immédiatement publié, afin que tous les producteurs, y compris ceux-des nations les plus éloignées, aient le temps de s’y préparer ». On s’y prenait à l’avance, comme nous nous y prenons
- aujourd’hui (1), et cela dut contribuer au succès de cette belle exposition, succès qui n’a pas été dépassé. L’heureuse disposition du palais, la manière dont les produits y étaient groupés et les choses spectables et récréatives qui s’y trouvaient ramassées sont présentes à toutes les mémoires. Cette exposition fut une merveille et elle se solda par un bénéfice notable.
- Il n’en fut pas de meme de l’Exposition de 1878. Exécutée, peut-être, d’une manière trop rapide, elle se solda par un déficit considérable (2). Elle était cependant fort belle et occupait une étendue plus grande que l’Exposition de 1867, puisque l’on a remarqué que chaque exposition nouvelle gagne sur l’exposition précédente un bon tiers d’exposants et de visiteurs, ce qui semble prouver que les expositions correspondent à un besoin véritable de l’industrie et de l’éducation publique.
- A ces expositions, Messieurs, la ville de Paris avait-elle contribué ? Dans quelles limites ? Nous l’ignorons pour ce qui concerne 1855. L’incendie de l’Hôtel-de-Ville n’a pas permis de retrouver des traces de l’Exposition de 185 5 par rapport à la ville de Paris. Il est probable toutefois que celle-ci ne s’était pas engagée. L’Exposition de 1855 fut, en effet, une entreprise privée qui réalisa quelques bénéfices.
- En 1867, la subvention de la ville fut de 6,000,000 de francs ; mais on doit remarquer que le compte de la caisse des travaux pour l’année 1867 porte pour l’exposition de 1867 :
- Sommes payées par la caisse des tra-
- vaux................................7,5oo,ooo »
- Subvention pour les travaux de l’exposition........................i,5oo,ooo »
- Total des sommes payées. . 9,000,000 »
- En 1878, la subvention de la ville fut également de 6,000,000 de francs.
- Mais, Messieurs, il faut, pour se faire une idée exacte des dépenses de la ville en 1878, ajouter à cette somme de 6,000,000 de francs d’autres dépenses que nous vous demandons la permission de relever. Le conseil municipal, sur la proposition du regretté Viollet-le-Duc, vote 392,000 fr. pour la confection des objets devant figurer à l’exposition particulière de la ville ; pour le pavillon de la ville, 200,000 francs (3); pour un concours d’orphéons, 5,ooo francs ; pour illuminations le jour de l’ouverture de l’exposition, 5o,ooo francs ; pour la fête du 3o juin, 99,000 francs (4) ; pour des visites scientifiques dirigées par les professeurs des cours d’adultes, 6,000 fr.; pour illuminer et pavoiser le 21 octobre, 5o,ooo francs ; pour la construction du bâtiment de l’exposition ouvrière, 5o,ooo francs ; ce qui faisait une somme totale de 852,000 francs; et encore le préfet de la Seine, alors M. Ferdinand Duval, ne permettait-il pas au Conseil municipal de Paris de donner des fêtes, comme celui-ci le désirait.
- Le conseil général, de son côté, votait' 20,000 francs pour l’exposition ouvrière, 2,000 francs pour les orphéons et 1,000 francs pour l’exposition particulière du ministère de l’intérieur.
- A cela il faut encore ajouter l’augmentation de io' 0/0 des traitements des employés de la préfecture de la Seine et de la préfecture de police dont le traitement, compris les indemnités permanentes et remises, ne dépassait pas 2,400 francs, ce qui entraîna une dépense globale.de 1,078,241 francs.
- En chiffres ronds, l’exposition coûtait donc à la ville 8,000,000 de francs.
- Mais il faut admettre en déduction certains bénéfices, comme, par exemple, la propriété du pavillon de la ville, pavillon reconstruit aux Champs-Elysées, et qui était estimé 208,000 francs.
- Ayant rappelé ce qu’avaient exigé nos diverses collaborations aux Expositions universelles, votre commission a examiné, en se basant sur les chiffres de 1878, ce que pourrait nous coûter l’Exposition et s’est demandé à combien elle devait estimer les frais que nous occasionnerait la célébration du Centenaire, afin de bien mettre en évidence les prévisions possibles de nos dépenses en 1889.
- Il ne nous a pas semblé exagéré d’estimer à trois millions environ les dépenses du Centenaire, soit un million ou un million et demi pour le monument que nous espérons pouvoir élever sur l’emplacement des Tuileries, et le reste en fêtes ?
- (1) Le rapport de MM. Edgard Monteil et Pierre Guichard date de novembre 1884. En faisant l’exposition aujourd’hui on ne s’y prend plus à l’avance.
- (2) Les comptes de l’Exposition universelle de 1878 viennent d’être arrêtés. Bien qu’il reste encore quelques affaires litigieuses à terminer, on peut regarder les chiffres suivants comme à peu près définitifs :
- Les dépenses totales, qui avaient été évaluées à l’origine à 35,313,000 francs, ont monté à 55,343,474 francs. Le dernier paiement a été fait le 3o septembre 1884.
- Les recettes totales avaient été estimées à 25,235,000 francs. Elles n’ont pas dépassé 23,685,197 francs.
- Ainsi l’excédent des dépenses sur les recettes, qu’on avait primitivement évalué à 10,878,000 francs, est parvenu à 31,658,277 francs.
- Un crédit de 10,000,000 de francs ayant été ouvert déjà, sur l’exercice 1878, par la loi de finances du 3o mars 1878, la différence restant à couvrir ressort à 21,658,277 francs (Note publiée par les journaux).
- (3) Le pavillon de la ville avait une valeur de 5oo,000 francs ; 3oo,ooo francs étaient à la charge de l’Etat, qui devait livrer l'espace clos et couvert.
- (4) La ville ne vota d’abord que 5o,ooo francs, mais les dépenses s’élevèrent à 99,000.
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- Deuxième Année.
- N° 68.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Avril 1886. — 123.
- fédérations, banquets, etc., pour somme de quinze cent mille francs
- sera vite épuisée, ci.............
- Chiffre demandé pour subvention à l’Exposition universelle...
- Dépenses de voirie à exécuter à l’occasion de et pour l’Exposition Subventions possibles aux Sociétés ouvrières ou autres...........
- Pavillon et exposition spéciale
- de la ville de Paris...............
- Indemnités permanentes et remises aux employés de la ville de Paris.............................
- lesquels une 3.000.000 » 8.000.000 »
- 1.000.000 »
- 500.000 » 5oo.ooo »
- 1.000.000 »
- Prévision totale de la dépense pour 1889....................... 13.000.000 »
- Et pour mémoire : achat du Champ-de-Mars, dépense d’environ 6,000,000 de francs, et achat du ou des palais de façade de l’Exposition pour être conservés, environ un million et demi à deux millions.
- Voilà- donc de grosses dépenses, mais si cette prévision de dépense globale de i3 millions ne nous semble pas exagérée, il faut tenir.compte des recettes. Or, nous avons jusqu’ici regagné sur l’octroi une somme équivalente à la subvention que nous accordions aux Expositions. Nous avons donné 6 millions, nous sommes rentrés dans nos 6 millions sans compter la plus-value mobilière et immobilière dont nous avons certainement profité.
- Nous pouvons, sans crainte de nous tromper, dire que les fêtes du Centenaire créeront à Paris un mouvement sans précédent et que nous rentrerons dans une partie de nos débours, qu’il ne nous semble pas exagéré non plus de chiffrer à 8 ou 10 millions. Quand l’Etat nous demandera à occuper notre sol, nous poun ons mettre à sa charge une partie des dépenses de voirie. C’est donc, en résumé, 4 millions ou 6 millions au plus de dépense réelle qu’il faut prévoir pour 1889.
- En regard de cette dépense et de l’intérêt de nos propres finances, il est juste de placer les bénéfices que l’Etat réalise de son côté et les intérêts généraux du commerce parisien, ceux de tous nos administrés. Vous savez, Messieurs, que nous avons voté le principe de l’Exposition en nous basant particulièrement sur la nécessité de sortir de la crise actuelle, de créer un courant qui donne des résultats momentanés peut-être, mais que l’on pourra prolonger par de nouveaux moyens, car 1889 ouvre seulement la série des anniversaires glorieux. Or, ce n’est rien que 6 millions de dépenses si vous calculez tout ce que le commerce parisien, pour ne pas dire le commerce français, doit retirer de bénéfices de nos fêtes et de l’Exposition, et nous ne devons pas hésiter à consentir les sacrifices qui nous permettront de sortir de la passe difficile dans laquelle nous sommes arrêtés, ces sacrifices fussent-ils plus grands encore.
- En ce qui concerne l’Exposition même, en admettant que l’octroi ne nous rende que 6 millions, comme cela a eu lieu précédemment, ce n’est qu’une subvention de 2 millions que nous accordons, subvention bien minime pour une œuvre aussi grandiose.
- Aussi votre commission, Messieurs, n’a-t-elle pas hésité à adopter le chiffre de 8 millions. Elle a voté 8 millions de subvention à l’Exposition à l’unanimité.
- Elle a voulu aussi s’assurer de l’acquiescement de votre commission du budget et du contrôle : cette dernière a accepté le chiffre de 8 millions.
- Toutefois, il a été convenu que cette somme de 8 millions serait répartie sur quatre exercices, savoir: 1887,. 1888, 1889, 1890, à raison de 2 millions par an et qu’elle serait prélevée sur les fonds d’emprunt. _ '
- Votre commission a ensuite subordonné le projet de délibération à soumettre au conseil à l’acceptation de ces conditions de versement et à d’autres conditions que vous trouverez ci-après, pour lesquelles elle a demandé l’acquiescement formel de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Nous n’avons, comme cela était à prévoir, étant donné que nous traitions avec M. Edouard Lockroy, trouvé auprès de ce ministre que bon vouloir et désir de s’entendre avec nous.
- L’accord entre le gouvernement et nous est absolument complet.
- Interrogé d’abord sur la répartition de la subvention, M. le ministre a déclaré qu’il acceptait la répartition sur quatre exercices.
- En conséquence, votre commission a déclaré qu’elle fixait la subvention à l’Exposition universelle internationale au chiffre de huit millions (8,000,000) de francs répartis sur les années 1887, 1888, 1889, 1890, à raison de 2 millions chaque année.
- L’Etat de son côté_ donnera 16 millions, plus 1 million pour imprévu, soit 17 millions, et le chiffre total des dépenses de l’Exposition est fixé à 43 millions.
- Vos commissaires ont ensuite parlé de la représentation du conseil dans les commissions de l’Exposition et dans le jury ou le comité qui serait chargé d’arrêter le plan de cette Exposition.
- En ce qui concerne le plan, votre commission,
- Messieurs, a fait part au ministre de son intention formelle d’acheter le Champ-de-Mars et de l’éventualité qui se présenterait de conserver les palais de façade au lieu de les démolir; en tenant compte de cette éventualité, ils ont aisément fait comprendre au ministre l’intérêt qu’il y avait pour eux à donner leur avis sur l’architecture et la construction des palais de l’Exposition.
- A cette demande M. le ministre a répondu que, soit en introduisant des membres du conseil dans les jurys qui seront constitués pour juger les concours d’architecture, soit en appelant des membres du conseil auprès de lui lorsqu’il aurait à se prononcer sur le plan, le conseil serait toujours consulté.
- En ce qui concerne la représentation dans les commissions, vos commissaires ont répété à M. Edouard Lockroy ce qu’ils avaient dit à ses prédécesseurs, qu’ils ne considéraient point que la ville de Paris pût être représentée que par des membres de l’administration de la Seine, qu’elle ne pouvait être représentée que par des membres du Conseil, et ils ont demandé au ministre de désigner des conseillers municipaux dans la grande commission et dans la commission de contrôle, ainsi que dans toutes les commissions qui permettraient d’assurer l’ingérence du Conseil dans l’organisation, le contrôle et la direction de l’Exposition.
- A ces conditions M. le ministre du commerce et de l’industrie a répondu qu’ancien conseiller municipal lui-même il ne confondait en aucune manière le Conseil et l’administration, et qu’il était décidé à faire la part la plus large, dans l’organisation et le contrôle, au Conseil municipal de Paris. Il a déclaré que si la commission de contrôle avait sept membres, il y aurait parmi eux deux conseillers ; que si elle avait quinze membres, il y aurait au moins quatre conseillers parmi ces membres ; que si la commission de contrôle était formée en proportion de l’apport et se composait de 42 membres, le Conseil aurait 8, l’Etat 16, et la commission de garantie 18 membres ; que pour la grande commission il y comprendrait la commission municipale de l’Exposition tout entière, mais qu’il ne s’en tiendrait pas là. « En un mot, a-t-il dit, il y aura des conseillers municipaux dans tous les jurys et toutes les commissions de l’Exposition ».
- Relativemment à la commission technique ou d’exécution, M. le ministre du commerce n’a fait aucune objection à ce que le Conseil désignât à son choix l’un des ingénieurs de cette commission. *
- M. le président Guichard lui a alors déclaré que, dans ces conditions, il espérait pouvoir assurer le ministre de l’appui du Conseil municipal pendant toute la durée de l’Exposition.
- Il a été aussi entendu que l’Etat livrerait gratuitement à la ville de Paris les espaces superficiels dont elle pourrait avoir besoin pour ses expositions particulières (1) ; que la ville entrerait dans le partage des bénéfices au prorata de son apport, et, enfin que, conformément au vote du Conseil, l’Etat porterait à l’est de Paris, au bois de Vincennes, une partie des concours et des fêtes auxquels l’Exposition donnerait lieu, ainsi que les expositions partielles d’agriculture ou autres qui ne trouveraient pas leur place dans l’enceinte même de l’exposition. ,
- Vos commissaires avaient obtenu ce qu’ils désiraient obtenir pour sauvegarder les droits du Conseil, de la représentation parisienne, mais ils n’ont pas voulu quitter le ministre du commerce sans se faire les interprètes des vœux qui s’étaient produits à la tribune de notre assemblée touchant la limitation des heures de travail, le paiement des ouvriers suivant la série des prix de la Ville et l’emploi des seuls ouvriers français.
- A cela le ministre a répondu qujil ne savait exactement quelle serait la limitation des heures de travail, que cela ne dépendait pas absolument de lui, mais que les ouvriers seraient payés en conséquence du travail par eux accompli et bien payés, car il interviendrait lui-même en ce sens auprès des entrepreneurs, qu’on pouvait s’en fier à lui et aux idées qu’il avait défendues toute sa vie, tant pour ce qui concernait le travail que pour ce qui touchait i’emploi d’ouvriers français. Il nous a semblé, en effet, que toute la vie, tous les principes, toutes les ardentes convictions de M. Edouard Lockroy, répondaient de sa manière d’agir dans ces questions délicates et qu’il ne nous appartenait pas d’insérer dans notre délibération des conditions formelles qui se traduiraient en difficultés inextricables dans l’exécution, qui pourraient soulever des observations de la part des nations amies au moment même où nous leur demandons leur coopération et qui ne tendraient à rien moins qu’à compromettre l’Exposition même.
- En conséquence, et étant visés les observations et les engagements contenus dans ce rapport, nous avons l’honneur, Messieurs, de vous soumettre le projet de délibération suivant :
- Paris, le 10 mars 1886.
- Les rapporteurs,
- Edgar Monteil, Lyon-Alemand.
- (1) Cette condition n’a de valeur que dans le cas très peu probable où l’Etat ferait payer l’emplacement aux exposants.
- PROJET DE DÉLIBÉRATION Le Conseil,
- Vu les engagements pris par le ministre du commerce et de l’industrie avec la Commission de l’Exposition du conseil municipal de Paris, définis dans le rapport joint à la présente délibération, Délibère :
- Article premier. — Une somme de huit millions (8,000,000 de fr.) est allouée au ministère du commerce et de l’industrie, à titre de subvention 'à l’Exposition internationale universelle de 1889.
- Art. 2. — Cette somme de huit millions sera prélevée sur les fonds d’emprunt et répartie sur quatre exercices, savoir : en 1887, deux millions ; en 1888, deux millions ; en 1889, deux millions ; en 1890, deux millions.
- Art. 3. — La ville de Paris entrera dans la répartition des bénéfices, s’il y échoit, au prorata de son apport.
- Art. 4. — L’Etat accordera gratuitement à la Ville de Paris les espaces superficiels dont elle pourra avoir besoin pour ses expositions particulières.
- Art. 5. — Le territoire de Bagatelle sera mis, sans qu’aucune construction y puisse être élevée, pendant toute la durée de l’occupation du Champ-de-Mars, à la disposition du ministre de la guerre, pour ses manœuvres.
- Art. 6. — La présente délibération sera nulle de plein droit dans ie cas où les travaux de l’Exposition n’auraient pas été commencés le premier du mois de septembre 1886.
- SOCIÉTÉ DE MÉDECINE PUBLIQUE & DffïYGIÈNE PROFESSIONNELLE DE PARIS
- EXPOSITION D’HYGIÈNE URBAINE
- ASSAINISSEMENT
- DES HABITATIONS, DES ÉDIFICES & DES VILLES
- A partir du zer mai 1886 ANNEXE Est DE l’hOTEL-DE-VILLE, CASERNE LOBAU
- Au nom du Conseil d’administration de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris, M.le président et MM. les secrétaires généraux ont remis à M. le président du Conseil municipal de la ville de Paris, la lettre suivante :
- A Monsieur le président du Conseil municipal de la ville de Paris
- Monsieur le Président,
- Au moment où les questions relatives à l’assainissement de Paris sont à l’ordre du jour, la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle a pensé qu’il serait utile de mettre le public parisien à même d’étudier ces questions et de juger les solutions proposées dans divers sens par les hygiénistes. Elle a, en conséquence, décidé de réunir cette année, pendant un mois, dans une exposition d’hygiène urbaine, d’un caractère exclusivement scientifique et technique, les plans et les modèles de constructions et d’appareils qui intéressent l’hygiène d’une grande ville en assu-* rant la salubrité du sol, du sous-sol et des habitations privées, des maisons à bon marché, des édifices publics, écoles, lycées, casernes, prisons, hôpitaux et hospices, théâtres, salles de réunion, asiles de nuit, etc.
- Le Conseil d’administration de la Société a constitué un comité composé de savants, appartenant à l’Institut, à l’Académie et à la Faculté de médecine, au comité consultatif d’hygiène publique de France, au Parlement, au Conseil d’hy-, giène et de salubrité de la Seine, à la commission des logements insalubres de la ville de Paris, à l’administration, etc. ; et nous venons, en son nom, demander au Conseil municipal de vouloir bien nous aider dans cette œuvre en mettant à notre disposition, pour les mois de mai et juin de cette année, une partie des locaux vacants à la caserne Lobau.
- Nous prions en même temps le Conseil municipal de vouloir bien désigner quelques-uns de ses membres qui seraient adjoints au comité d’organisation pour formuler définitivement le programme de cette exposition d’hygiène urbaine et en contrôler la mise en œuvre.
- Il ne saurait vous échapper, monsieur le président, qu’il y a un intérêt véritable à ce que les architectes, les constructeurs, les membres des commissions d’hygiène des arrondissements, et même la population tout entière, soient mis à même d’examiner de près et sous cette forme les questions relatives à l’hygiène de la cité.
- La Société de médecine publique estime qu’elle rendra là un nouveau service à l’hygiène, et elle espère que le Conseil municipal de Paris, dans le sein duquel elle compte un assez grand nombre
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- DES NATIONS, JS 3NT 1878
- FAÇADE JAPONAISE
- FAÇADE CHINOISE
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- FAÇADE DES ETATS-UNIS D AMERIQUE
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- de ses membres, voudra bien favoriser cette tentative et accueillir sa demande avec bienveillance.
- Veuillez agréer, monsieur le président, l’hommage de nos sentiments respectueux.
- Le Président de la Société de médecine publique, Dr Ch. Gariel.
- Membre de l’Académie de médecine, professeur agrégé à la Faculté de médecine, ingénieur en chef des pont et chaussées.
- Les Secrétaires généraux :
- Dr Henri Napias,
- Membre de la commission des logements insalubres de la ville de Paris.
- Dr A.-J. Martin,
- Ancien commissaire général de la section française de l’Exposition internationale d’hygiène et d'éducation de Londres en 1884.
- Cette lettre a été renvoyée par le Conseil municipal à la commission sanitaire ; à la suite d’un rapport de M. Strauss, le Conseil municipal a autorisé, à l’unanimité, par délibération expresse, la Société de médecine publique à organiser dans l’annexe Est de l’hôtel de ville, caserne Lobau, une exposition d’hygiène urbaine à partir du Ier mai 1886, et il a délégué pour le représenter auprès de la commission exécutive MM. Voisin, Richard, Chautemps, Vaillant et Denys Cochin.
- On trouvera ci-après les noms des membres du comité d’organisation et de la commission exécutive, ainsi que le règlement et la formule des demandes d’admission.
- COMITÉ D’ORGANISATION
- PRIS DANS LE SEIN DE LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE PUBLIQUE ET D’HYGIÈNE PROFESSIONNELLE DE PARIS
- Présidents d’honneur :
- MM. le président du Conseil municipal de la ville de Paris ;
- le président de l’Académie de médecine ; le vice-recteur de l’Académie de Paris ; le doyen de la Faculté de médecine de Pa-ris;
- le président du comité consultatif d’hygiène publique de France;
- le vice-président du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine ;
- Pasteur, membre de l’Institut (Académie française et Académie des sciences) ; Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur de la ville de Paris.
- Membres :
- MM. le docteur Albenois, chef du service delà statistique démographique de la ville de Marseille;
- Allard, architecte, membre de la commission des logements insalubres de la ville de Paris ;
- Armengaud, ingénieur civil, membre du Conseil municipal de la ville de Paris ; le docteur Arnould, médecin principal de l’armée, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Lille ;
- Béral, ingénieur en chef des mines, sénateur ;
- G. Berger, président de la Société internationale des électriciens, ancien directeur des sections étrangères à l’Exposition universelle de Paris, en 1878 ; le docteur J. Bergeron, ancien président de l’Académie de médecine ; le docteur J. Bertillon, chef des travaux de la statistique municipale de la ville de Paris ; le docteur Bertin-Sans, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Paris ; Bezancon, chef de la deuxième division de la préfecture de police ;
- Bœgner, préfet du département des Vosges ;
- Bonnamaux père, architecte, membre de la commission des logements insalubres de la ville de Paris ;
- le docteur Bouchardat, professeur honoraire à la Faculté de médecine à Paris ; le docteur Bourneville, député, directeur du Progrès médical ;
- Bouvard, architecte de la ville de Paris ; le docteur Bremond,Félix,membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ;
- E. Brouardel, ingénieur civil ;
- Buisson, directeur de l’enseignement primaire au ministère de l’instruction publique ;
- Carnot, professeur à l’Ecole des mines et à l’Institut agronomique ; le docteur Cartaz, secrétaire de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ;
- Cartier, membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ; Cernesson, architecte, membre du Conseil municipal de la Ville de Paris ; Chamberland, député.
- le docteur Charpentier, membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ;
- MM. le docteur Chevallereau, secrétaire de la rédaction de la France médicale.
- Cheysson, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ;
- le docteur Colin, Léon, médecin-inspecteur de l’armée, directeur du service de santé du Gouvernement de Paris ;
- Corot, conducteur des Ponts et Chaussées, secrétaire de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ;
- Le docteur Corail, sénateur, professeur delà Faculté de médecine de Paris ; Courtois-Suffit, Octave, architecte diplômé; de Comberousse, professeur au Conservatoire des arts-et-métièrs ; le docteur Damaschino, professeur à la Faculté de médecine de Paris ;
- Degeorge, architecte ;
- le docteur de Ranse, directeur de la Gaqette médicale de Paris ;
- le docteur Dubrisay, membre du Comité consultatif d’hygiène publique de France; le docteur Dubuisson, membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ;
- le docteur Dujardin-Beaumetz, membre de ' l’Académie de médecine ; le docteur du Mesnil, membre de la Commission des .logements insalubres de la Ville de Paris ;
- Durand-Claÿe, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chef du service de l’assainissement du département de la Seine ; le docteur Drouineau, secrétaire du Conseil d’hygiène et de salubrité de la Charente-Inférieure ;
- le docteur Fieuzal, médecin en chef de l’hospice des Quinze-Vingts ; le docteur Gallard, membre du Comité consultatif d’hygiène publique de France ; le docteur Gariel, président de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ;
- le docteur Gellé, ancien interne des hôpitaux de Paris ;
- le docteur Gibert,médecin des épidémies de l’arrondissement du Havre ;
- Ch. Girard, chef du laboratoire municipal de chimie de la Ville de Paris ;
- Godard, directeur de l’Ecole Monge ; Gottschalk, ancien président de la Société des ingénieurs civils ;
- le docteur Grancher, professeur à la Faculté de médecine de Paris ;
- Ch. Herscher, ingénieur, vice-président de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ;
- Hudelo, répétiteur de physique générale à l’Ecole centrale des arts et manufactures; Huet, sous-directeur des travaux de la Ville de Paris ;
- Jacquemart, inspecteur général de 1 enseignement technique professionnel au ministère du commerce et de l’industrie ;. Kcecklin-Schwartz, maire du vm® arrondissement de la Ville de Paris ; le docteur Laborde, directeur de la Tribune médicale ;
- le docteur Lacassagne, professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Lyon ;
- Lafollye, architecte ;
- le docteur Lagneau, membre de l’Académie de médecine ;
- le docteur Lamouroux, membre du Conseil municipal de la Ville de Paris ; le docteur Landouzy, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; le docteur Launay, directeur du bureau d’hygiène du Havre ;
- le colonel Laussedar, directeur du Conservatoire des arts-et-métiers ;
- Lavezzari, architecte ;
- le docteur Layet, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Paris ;
- Leblanc, médecin-vétérinaire, membre de l’Académie de médecine ; le docteur Lereboullet, rédacteur en chef de la Gaqette hebdomadaire de médecine et de chirurgie ;
- Leroux, architecte, membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ;
- le docteur Levraud, membre du Conseil municipal de la Ville de Paris ; le docteur Henry Liouville, député, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ;
- Lombart, manufacturier ; le docteur Marchial, archiviste-bibliothécaire de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ; Marié-Davy, directeur de l’Observatoire de Montsouris ;
- le docteur A.-J. Martin, secrétaire général adjoint de la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle de Paris ;
- G. Masson, libraire-éditeur ;
- MM. Mayer, membre du Conseil municipal de la Ville de Paris ;
- H.-Ch. Monod, préfet du Finistère ;
- Mozet, entrepreneur de travaux publics ; le docteur Monod, professeur _ agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; le docteur Musgrave-Clay, directeur du bureau d’hygiène de Pau ; le docteur Napias, secrétaire général de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ; le docteur Neumann, secrétaire de la Société de médecine publique et d’hygiène- professionnelle de Paris ;
- le docteur Nitaise, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ;
- Nicolas, directeur du commerce intérieur au Ministère du commerce et de l’industrie ;
- Nocard, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort ;
- Normand, architecte, inspecteur général des bâtiments pénitentiaires ; le docteur Perrin, membre de la Commission des logements insalubres de la Ville de Paris ;
- le docteur Peyron, directeur de l’administration générale de l’Assistance publique à Paris ;
- le docteur Philbert, secrétaire de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ; le docteur Poincaré, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Nancy ; le docteur Gabriel Pouchet, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; le docteur Proust, inspecteur général des services sanitaires, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Paris ; le docteur Richard, professeur agrégé, à l’Ecole de médecine militaire au Val-de-Grâce ;
- le docteur Richet, directeur de la Revue scientifique ;
- le docteur Robinet, membre du Conseil municipal de la ville de Paris ; le docteur Rochard, inspecteur général du service de santé de la marine ; le docteur Rollet, professeur d’hygiène à la Faculté de médecine de Lyon ;
- Tirman, gouverneur général de l’Algérie ; le docteur Th. Roussel, sénateur ;
- J. Siegfried, député, ancien maire de la ville du Havre ;
- le docteur Sognies, directeur du bureau d’hygiène de Nancy ;
- Strauss, membre du Conseil municipal de la Ville de Paris ;
- le docteur Thévenot, trésorier de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle de Paris ;
- Emile Trélat, directeur de l’Ecole spéciale d’architecture ;
- le docteur Vallin, médecin principal de l’armée, directeur de la Revue d’hygiène et de police sanitaire ;
- le docteur Vidal, membre de l’Académie de médecine ;
- Yvon, pharmacien.
- Commission exécutive :
- MM. Chautemps, Denys Cochin, Richard, Vaillant et Voisin, membres du Conseil municipal de la Ville de Paris, désignés par le Conseil municipal ;
- G. Berger, Bourneville, Brouardel, Cheysson, Du Mesnil, Durand-Claye, Gariel, Ch. Herscher, Levraud, A.-J. Martin, Napias, Strauss, Thévenot et Emile Trélat.
- RÈGLEMENT
- § Ier. — Dispositions générales
- Article premier. — Avec l’autorisation du Conseil municipal de la Ville de Paris, une Exposition d’hygiène urbaine s’ouvrira à Paris, dans l’annexe Est de l’Hôtel-de-Ville"(caserne Lobau), le ie,’mai 1886. Elle aura une durée minima d’un mois.
- Cette Exposition, d’un caractère essentiellement technique et scientifique, comprendra les appareils, modèles, plans et ouvrages qui se rapportent à l’assainissement des habitations, des édifices et des villes, notamment en ce qui concerne l’étude de l’atmosphère des villes, l’étude et l’aménagement du sol et du sous-sol, de la voie publique, l’amenée et la distribution des eaux, l’évacuation des immondices, les habitations privées, les logements à bon marché, les logements collectifs, les habitations ouvrières, les écoles, les hôpitaux et hospices, les asiles de nuit, les dépôts mortuaires, les appareils à désinfection, la crémation, les cimetières, les halles, marchés et abattoirs, la salubrité des rivières, les laboratoires affectés à l’étude des questions d’hygiène, la statistique démographique, la géographieÉnédicale, etc.
- Art. 2. — Cette Exposition sera ouverte tous les jours de dix heures du matin à six heures du soir. L’entrée sera gratuite le dimanche. Tous les autres
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- jours de la semaine, il sera perçu, de dix heures du matin à midi, un droit d’entrée d’un franc, et de midi à six heures du soir, un droit d’entrée de cinquante centimes.
- Art. 3. — La commission exécutive prendra des mesures pour garantir de toute avarie les objets exposés; mais elle n’est en aucune façon responsable des accidents, incendies, dégâts ou dommages dont ils auraient à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance. Elle laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits directement et à leurs frais. Elle ne sera nullement responsable des vols et des détournements qui pourraient être commis.
- Art. 4. — Aucun objet exposé ne pourra être retiré avant la clôture de l’Exposition.
- Art. 5. —Une carte d’entrée gratuite et personnelle sera délivrée à chaque exposant ou représentant de la raison sociale exposante.
- Art. 7. — Sont exclues de l’Exposition, les matières détonnantes, fulminantes et en général toute matière dangereuse.
- Art. 8. — Les demandes d’admission devront indiquer, très lisiblement et in extenso, les noms, prénoms, raison sociale et adresse de leurs signataires. Elles devront renfermer des indications en réponse à toutes les questions du formulaire, et être accompagnées, chaque fois qu’il sera nécessaire, d’un croquis explicatif de l’installation projetée par l’exposant.
- Art. 9. — La commission exécutive statuera sur l’admission des demandes. Un certificat d’admission sera adressé à l’exposant, avec la mention de l’espace et de l’emplacement qui lui aura été définitivement attribué.
- § 3. —Installation
- Art. 10. — L’emplacement accordé aux exposants n’est susceptible d’aucune redevance.
- Art. 11.—Les exposants ont à leur charge : i° les frais de transport, de manutention et de retour de leurs objets ; 2°les frais d’installation dans l’emplacement qui leur a été alloué ; 3° l’emmagasinage et la conservation des caisses vides; 40 les frais de gardiennage de leurs objets.
- Art. 12. — La commission exécutive se réserve de faire modifier par les exposants toute installation particulière dont l’aspect serait de nature à nuire à l'effet d’ensemble de la décoration générale.
- Art. 13. — Les exposants seront responsables des dommages que leurs installations apporteraient aux planchers, cloisons, murs, etc., dont ils auront l’usage.
- Art. 14. — Les objets pourront être exposés à l’état inerte ou en état de fonctionnement.
- Art. i5. —Les objets exposés devront porter l’indication de leur prix marchand.
- Art. 16. — Les exposants auront à supporter les frais d’eau, de gaz, de force motrice qui leur seront nécessaires.
- Art. 17. — Les exposants, en acceptant ladite qualité d’exposant, déclarent adhérer aux dispositions du présent règlement.
- Art. 18. —Toutes les communications relatives à l’Exposition d’hygiène urbaine à Paris en 1886, doivent être adressées à M. le président de la Société de médecine publique, à la caserne Lobau, à Paris.
- ÉCHOS
- Paris
- Les travaux d’organisation de l’exposition de la Société nationale des sciences et des arts industriels, qui doit avoir lieu cet été au palais de l’Industrie, sous la présidence d’honneur de M. le ministre du commerce, sont poussés très activement. Les demandes d’admission, arrivées en très grand nombre, permettent de fixer déjà d’une façon définitive au 24 juillet prochain la date de l’ouverture.
- Cette exposition sera, pour nos industries nationales, une utile et brillante préparation à la grande manifestation de 1889.
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- Un décret en date du 5 avril déclare d’utilité publique à Paris *.
- 1° Le dégagement des abords de la nouvelle Bourse de commerce qui, en vertu de la loi du 27 janvier 1886, doit être installée dans l’ancienne Halle au blé, et la construction de bâtiments annexes à ladite Bourse ;
- 2° L’agrandissement des Halles centrales;
- 3° Le prolongement de la rue du Louvre entre les rues Saint-Honoré et Coquillière, et le dégagement des abords des nouveaux pavillons des Halles centrales ;
- 4e Le déclassement et la suppression des rues de Vannes, Oblin, Mercier, Babille, Sartine, des Deux-Ecus et d’Orléans.
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- Une exposition centrale et permanente des arts industriels, des beaux-arts et des arts libéraux
- est ouverte aux nos 6, 4 et 8 de la rue Sainte-Anne, au coin de l’avenue de l’Opéra.
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- Départements
- Nous avons annoncé, dans un de nos précédents numéros, qu’une expostion des beaux-arts aurait lieu à Marseille à l’occasion du Concours régional.
- On annonce, à ce propos, qu’en raison du peu de temps qui pourrait être consacré à son organisation, — l’ouverture de l’exposition des beaux-arts est fixée au 1er mai, —l’exposition annexe des arts rétrospectifs a dû être abandonnée.
- Rappelons que l’exposition des beaux-arts aura une durée de deux mois. C’est mardi prochain 20 avril qu’expire le dernier délai pour les envois.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Toujours à propos de l’exposition nationale de 1888.
- Une réunion des délégués du Magistrat et du Conseil des prud’hommes a eu lieu ces jours derniers à Berlin.
- Il a été décidé qu’un comité local provisoire serait formé dans la capitale de l’empire et que ce comité prendrait sans retard les mesures nécessitées par l’organisation de l’exposition.
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- La première exposition générale de viticulture allemande, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, ouvrira à Francfort-sur-le-Mein, le mercredi 18 août, pour clôturer le dimanche 12 septembre.
- Ces dates sont définitives et entraînent naturellement l’abandon des dates primitivement fixées. (Voir Moniteur du 28 mars 1886).
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- L’exposition permanente des beaux-arts et de l’industrie artistique, qui existe depuis quelques années à Weimar, sera transformée prochainement en Musée officiel.
- Une exposition régionale delà basse Franconie, s’organise activement à Würzburg.
- Les souscriptions recueillies en vue de la formation du capital de garantie atteignent le chiffre de 100.000 marks, soit 125,000 francs.
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- Wereshagin est en ce moment à Berlin, où il organise chez Kroll, l’exposition de ses œuvres. [Moniteur, 28 février 1886 ).
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- Les expositions des industries de luxe et de la, quincaillerie qui ont lieu à Leipzig (roy. de Saze), à l’occasion de la grande foire annuelle, ouvriront au palais de Cristal, dans le grand hall d’exposition, le lundi 3 mai.
- La clôtpre est fixée au lundi suivant, 10 mai.
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- Les résultats définitifs du dernier recensement général (1er décembre 1885) sont aujourd’hui connus. La population de F Allemagne s’est élevée 4 46,640,587 âmes soit 1,606,826 de plus qu’en 1880.
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- Angleterre
- On annonce que la Reine ouvrira solennellement à Londres, le mardi 4 mai, l’exposition des Indes et des Colonies.
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- Le lundi 5 avril a eu lieu à VAgricultural-Hall, de Londres, l’ouverture de l’exposition annuelle consacrée à l’architecture et aux industries du bâtiment.
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- On signale aux galeries Goupil une intéressante exposition d’aquarelles par Tris tram Cllis. Cette jolie collection comprend des vues de toutes les stations balnéaires de la Manche, de Margate à Penzance.
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- Une exposition d’un nouveau genre et d’un intérêt universel, aura lieu à Londres, dans le courant du mois prochain.
- Désireuse de faire connaître au public, les divers appareils, les differents moyens employés pour le sauvetage des personnes et des choses, dans les incendies, ainsi que les meilleures méthodes connues pour l’extinction et l’amoindrissement de ces derniers, la Société du Royal Aquarium vient de mettre à la disposition des industriels, et en général de tous ceux que ces questions intéressent, l’étendue tout entière de ses vastês locaux où viendront prendre place tout ce que l’esprit inventif, le génie industriel ont produit pour la prévention et l’extinction des incendies.
- D’intéressantes conférences seront faites sur les mille questions diverses qu’offrira un champ si fertile, et des concours viendront établir la valeur respective des objets exposés, machines, inventions nouvelles, appareils de sauvetage, etc.
- Des invitations ont été adressées aux industriels étrangers, aux brigades de pompiers de tous les pays, qui viendront se mesurer avec ceux de la Grande-Bretagne dans le concours et les différents exercices.
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- Autriche-Hongrie
- L’exposition industrielle que l’on organise à Vienne pour 1888, en l’honneur du quarantième anniversaire de l’avènement au trône de l’empereur François-Joseph, et qui a obtenu l’adhésion des principaux industriels de la monarchie austro-hongroise, aurait lieu à la Rotonde du Pra-tèr (Moniteur, 14 mars 1886).
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- Une exposition canine a été ouverte le samedi 3 avril dans les salles do la Société d’horticulture de Vienne.
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- Le dimanche 4 ouvrait dans la même ville, à l’Association artistique autrichienne, une exposition des œuvres du défunt Georg Raab, le peintre bien connu. On signale plusieurs beaux portraits des membres de la famille impériale, entre autres, ceux de l’empereur et de l’impératrice, de l’archiduc héritier Rodolphe, et des archiduchesses Gisèle et Marie-Valérie.
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- Italie
- Les intéressés trouveront dans le Journal des arts du mardi 13 avril le programme complet du Concours international organisé à Milan, sous le patronage de Leurs Majestés le roi et la reine d’Italie, pour la construction d’une nouvelle façade au dôme de Milan.
- Il a été question de ce concours dans notre dernier numéro.
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- Pays-Bas
- Le bourgmestre et les échevins de la ville d'Amsterdam, ont décidé que la trente-cinquième exposition communale d’œuvres d’artistes contemporains, aurait lieu à Amsterdam en septembre et octobre prochains.
- Seront admises à l’Exposition les œuvres d’art des genres suivants: peinture,sculpture, architecture, gravure, dessin et lithographie.
- L’exposition sera ouverte le 27 septembre 1886 et fermera le 30 octobre suivant. La Commission pourra prolonger la durée de l’exposition.
- Les objets destinés à l’exposition devront être adressés à la Commission exécutive de l’exposition communale d’œuvres d’artistes contemporains, local de l’exposition, à Amsterdam. On est prié d’envoyer les objets entre le 23 août et le 7 septembre. Aucun envoi ne sera accepté après le 7 septembre. Les frais du transport d’aller seront à la charge de l’exposant, mais aussitôt après la clôture les œuvres exposées seront renvoyées le plus tôt possible aux frais de la Commission.
- La municipalité décerne six médailles d’or, chacune de la valeur de 100 florins (V&ir pour détails complets le Journal des arts du mardi 13 avril).
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- Suisse
- Ce n’est plus, paraît-il, en 1887 qu’aurait lieu à Genève, l’exposition dont nous avons parlé à plusieurs reprises, mais bien en 1888.
- De plus, rien n’a encore été décidé quant au caractère que devra avoir cette exposition industrielle.
- Sera-t-elle internationale ou simplement nationale ? That is tlie question.
- Les dépenses probables sont évaluées à 1 million 800,000 francs ; l’emplacement nécessaire devrait avoir une superficie de 100,000 mètres carrés.
- LÀ RUE DES NATIONS, EN 1878
- Une des idées les plus heureuses qu’aient eues les organisateurs de l’Exposition de 1878 a été sans contredit celle de la construction de la rue des Nations.
- Nous avons pensé qu’il serait agréable à nos lecteurs de retrouver ici une série de gravures leur rappelant les façades des divers pays qui donnaient à cette rue un aspect si original et si pittoresque.
- La façade du Japon était très simple d’aspect, mais absolument caractéristique. Elle représentait l’entrée d’une demeure à demi-fortifiée par une porte épaisse que soutenait un bâti en forts madriers. Cette entrée franchie, on passait sous un porche dans le vide duquel était suspendu un tableau avec cadre en bois ouvragé, sur lequel était inscrit le nom du Japon. A droite et à gauche, sur
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- la muraille, on voyait la carte du Japon et le plan de Tokio. Cette carte et plan ont été établis par des Japonais, mais découlent de plans européens établis, paraît-il, par les professeurs et les marins que la France, l’Angleterre et l’Allemagne ont envoyé au Japon vers 1875. Mais ce qui caractérisait surtout l’entrée de l’Exposition japonaise, c’étaient les deux charmantes fontaines dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.
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- LA FAÇADE CHINOISE
- Cette façade s’élevait entre celle du Japon et le bâtiment mauresque de l’Espagne. Ç’étaitun grand bâtiment carré, noir quadrillé de blanc, surmonté d’un couronnement en bois découpé à double toiture relevée sur ses angles. La porte massive était parsemée de petits cylindres en forte saillie et constellée de sapèques ou monnaies chinoises percées d’un trou carré. Tandis que la porte était peinte en vermillon vif, les sapèques étaient dorées, ce qui donnait à l’ensemble un aspect tout à fait caractéristique. Au-dessus de cette porte brillait en caractères chinois dorés les mots signifiant Empire du Milieu et de chaque côté sur des socles-appliques, on remarquait deux groupes en bois sculpté et peint, représentant des guerriers chinois, armés de lances et d’arcs semblant aller à la rencontre l’un de l’autre ou peut-être figurant tout simplement les sentinelles chargées de défendre et de garder l’entrée du palais.
- LA FAÇADE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- La façade de la section des Etats-Unis d’Amérique était des plus simples et telle qu’elle nous était montrée, faisait plutôt penser à une gare de chemin de fer ou à un restaurant qu’à une habitation privée. Sa composition n’avait pas exigé, de la part de l’architecte, une conception trop artistique ou un rappel de souvenirs antiques trop laborieux. C’était un bâtiment formé de trois plans, un très allongé formant rez-de-chaussée, un autre un peu moins étendu constituant le premier étage, et un troisième cubique servant de terrasse. (On peut reproduire ce pavillon vec neuf dès à jouer, cinq pour la base, trois pour l’étage, un pour la terrasse!) Comme décoration, la façade des Etats-Unis arborait le pavillon blanc, rayé de rouge et étoilé abritant sous plis larges et ondoyants, les écussons de chacun des Etats de l’Union américaine.
- LES LIVRES
- LIV
- Mémoires sur les règnes de Louis XV et de Louis XVI et sur la Révolution, par J.-N. Dufort, comte de Cheverny, introducteur des ambassadeurs, lieutenant général du Blaisois (1701-1802), publiés avec une introduction et des notes, par Robert de Crêvecœur. — Ouvrage orné de deux portraits. — 2 vol. in-8°, E. Plon, Nourrit et Cie.
- Nous n’avons pas caché au lecteur, avec une franchise certaine de son indulgence, notre goût, notre faible, si l’on veut — qu’il partage, à coup sûr — pour la littérature familière et particulièrement française des Lettres et des Mémoires. Nous croyons que le génie national est doué du don heureux, du rare privilège des correspondances et des confidences sans morgue, sans raideur, sans égoïsme, sans maladresse, sans ce qui déplaît tant souvent dans les Lettres et les Mémoires anglais, allemands, italiens, espagnols même. Non , en vérité, il n’y a que les plumes françaises pour savoir trousser une lettre, pour savoir tourner ces souvenirs où il faut rendre aimable le moi, si haïssable le plus souvent, ces mémoires enfin qui sont aussi des lettres adressées à la postérité. La plupart des auteurs s’en défendent comme de beaux diables. Ils ont écrit pour la consolation de leurs vieux jours, l’emploi des derniers loisirs, l’instruction de leur famille, etc. Nous n’en croyons rien. Tout homme qui écrit écrit avec l’arrière-pensée qu’il sera lu et même imprimé.
- Quoi qu’il en soit, voici sur la fin de ce siècle comme un regain de publications de ce genre et nous nous en félicitons, et nous nous en pourléchons, intellectuellement parlant, les babines. La coulisse de l’histoire est souvent plus amusante, plus intéressante que le théâtre, et l’acteur en déshabillé en apprend plus en quelques mots dans sa loge que dans de longues tirades sur la scène. En Angleterre, on vient de publier les Mémoires de Ch. Grenville et de lord Malmesbury. Us sont curieux, intéressants et méritent leur succès. Mais l’humour britannique n’a pas la légèreté de l’esprit français, c’est la mousse épaisse du porter à côté de la mousse pétillante du champagne. Nous goûterons un autre plaisir, c’est-à-dire un plaisir extrême aux récits, aux tableaux, aux portraits tracés par le duc de Broglie, dont les souvenirs publiés par son fils vont paraître, et renouvelleront le succès des piquantes réminiscences de Mme de Rémusat.
- Pour le moment, ce sont. des Mémoires sur le siècle dernier de son milieu à sa fin, que nous
- avons à nous mettre sous la dent. Nous y mordons avec plaisir. Et nous préférons les souvenirs du comte Dufort, qui sont pleins de bonhomie, non sans finesse, ni sans malice, dans lequel il dit tout ce qu’il sait, à ces lourds Mémoires du plus frivole des prélats et des hommes d’Etat, ce décevant cardinal de Bernis où l’on cherche en vain sur sa vie publique et sur sa vie privée ce qu’il y aurait agrément et profit à savoir, et ce qu’il ne dit pas. La politique, dit Fiévée, c’est ce qu’on ne dit pas. Fort bien! Mais alors que les hommes politiques ne fassent pas de Mémoires, car c’est précisément pour savoir ce qu’on n’a pas dit que le public les feuillette avec curiosité. Les Mémoires du comte Dufort ont moins une valeur historique et politique qu’un intérêt anecdotique. Mais sur la société et sur les mœurs du temps, l’intérieur, l’intimité de la ville et de la cour, ils abondent en détails et en renseignements de première main, c’est-à-dire neufs, imprévus et souvent décisifs. Nous allons énumérer rapidement dans ce répertoire, dans ce réservoir de renseignements et de révélations les bons endroits, les bons coins où le lecteur est sûr de ne jamais jeter la ligne en vain et d’hameçonner toujours quelque friand morceau. Ce ne sera pas sans avoir complimenté et remercié l’arrière petit-fils du vieillard conteur qui se consolait et se dédommageait de l’isolement et des regrets de la Terreur, en 1795, en écrivant ces précieux et curieux souvenirs qu’une personne de la famille encore largement et dignement représentée par les Toulongeon, les des Méloizes-Fresnoy, les de Crevecceur, a légués à la bibliothèque de la ville de Blois. Ils y seraient demeurés enfouis, connus à peine et parfois feuilletés de quelques érudits, si un homme du monde , doublé d’un homme d’esprit et d’un homme de goût, très lettré, employant les loisirs d’une carrière administrative interrompue à de remarquables travaux historiques, n’avait eu l’heureuse et libérale pensée d’exhumer ce trésor de souvenirs et d’en faire part au public. Une Introduction très bien faite et d’excellentes notes mettent le lecteur au courantde ce monde où il est introduit, ne laissant aucune question sans réponse à propos de la moindre de ces ombres évoquées dont le fourmillement donne l’illusion d’un réveil subit, d’une résurrection complète de l’ancienne société. Elle revit dans ces pages peintes au petit bonheur, au hasard de la plume, par un de ses membres qui l’a connue à fond, qui a partagé ses idées, ses passions, ses vices mêmes, dont l’honnêteté est sans bégueule-rie et l’expérience sans trop d’amertume. Il y a là sur cette société spirituelle, galante, sceptique, qui perdit si gaiement son royaume et se fit si bravement guillotiner sur l’échafaud de la Terreur, après s’être si bravement fait tuer sur les champs de bataille, des détails, des révélations, des aveux qui sont précieux. La plupart des types, des personnages caractéristiques de cette ancienne société ont là leur portrait et leur histoire. Et tout d’abord Louis XV, le roi égoïste et mélancolique, maïs généreux par boutades et aimé justement de son entourage à cause de l’indulgence qu’il poussait parfois jusqu’à la bonhommie, mais à laquelle il ne fallait pas se fier, car il avait le froncement de sourcils olympien, et il faisait très bien, à l’occasion son personnage de roi, Louis XV prend dans ces confidences une attitude plus sympathique que celle que lui prête l’histoire. M. Dufort le disculpe notamment du mot si sec et si dur dit à la vue du convoi de Mme de Pompadour : « La marquise aura aujourd’hui un bien vilain temps pour son voyage. » Il paraît établi qu’au contraire Louis XV pleura à la vue des obsèques de sa maîtresse, et déplora de ne pouvoir lui rendre d’autres devoirs, d’autre hommage que celui de ses larmes. Sur le duc de Choi-seul, sur Chanteloup , sur le fameux chanteur Jélyotte, aimé et estimé dans la meilleure société, sur Sedaine, ami intime de M. Dufort, sur l’original comte d’Osmond, sur M. de Vioménil, sur l’abbé Grégoire, sur la Révolution à Blois, le passage de l’ancien régime au nouveau, de la Terreur au Directoire, sur l’art et le bonheur nécessaires à un homme comme le comte Dufort de Cheverny, pour conserver de 1792 à 179b, sa vie et son château, sur le régime des clubs, les mystères des prisons, le règne de la médiocrité succédant à celui de la violence, sur l’agonie de la République et la veille et le lendemain du 18 brumaire en province, il y a dans ces Mémoires, des détails précieux, curieux, parfois salés, qu’on ne trouve que là, qui en rendent la lecture amusante et instructive à la fois.
- M. de Lescure.
- La 22e livraison de la Grande Encyclopédie (prix 1 fr.) vient de paraître. Elle contient l’article Air dans lequel on trouvera, notamment, l’exposition des plus récentes applications de l’air comprimé, à la télégraphie, au percement des tunnels, etc. — On pourra se la procurer aux nouveaux bureaux de l’administration, 12, rue Saint-Georges.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Chamillac, comédie en cinq actes, de
- M. Octave Feuillet.
- Renaissance. — Les Dominos roses, comédie en trois actes, de
- MM. Hennequin et Delacour.
- La Comédie-Française étant aujourd’hui le théâtre à la mode de Paris, l’apparition d’une nouvelle pièce y est toujours un grand événement littéraire et mondain. Et l’intérêt pour cette nouveauté se passionne, quand il s’agit de l’œuvre d’un auteur, d’une personnalité marquée comme M. Octave Feuillet. M. Feuillet est un écrivain psychologue que les misères fondamentales de l’existence n’ont jamais beaucoup préoccupé, et qui ne s’est attaché qu’à l’étude d’un petit nombre de problèmes moraux; il ne fouille pas très profondément le cœur humain et dédaignant le commun des sentiments intimes, il n’analyse en quelque sorte que la superfluité des passions. Moraliste, il ne va pas fouailler le vice à tour de bras, il se contente, quand il le rencontre, de le souffleter galamment du bout de son gant. D’ailleurs, avant tout littérateur ,de salon, il conserve toujours en son langage une grande réserve de tact et de bon goût de manière à exprimer son opinion, sans froisser directement personne. Ces qualités d’élégance littéraire, la pureté de son style, la finesse de son esprit ont fait de M. Feuillet un charmant écrivain et l’auteur préféré des gens du monde.
- Dans sa nouvelle pièce, comme en toutes ses œuvres, M. Feuillet glisse légèrement sur l’étude des sentiments humains de vilain ordre mis en jeu, pour s’étendre complaisamment sur l’analyse d’une passion délicate.
- Un gentilhomme, M. de Chamillac, officier de chasseurs, affolé par une perte de jeu, a essayé de voler quinze mille francs à son colonel et a été surpris par lui. Le colonel a gardé le silence. Revenu de son égarement, Chamillac, sorti de l’armée, s’est juré de racheter par une existence de dévouements et de sacrifices cette odieuse faute de sa vie. D’une inépuisable bonté, il se voue particulièrement à la rédemption des misérables repentis. De là,.allures bizarres et mystère qui plane sur l’existence du personnage aux yeux du monde et aussi aux yeux du public, lequel n’est pas dans la confidence, et n’aura qu’au 5e acte la révélation de la faute de jeunesse de Chamillac.
- On a reproché à M. Feuillet comme un manque de tactique dramatique, d’avoir laissé ainsi pendant cinq actes le public dans l’ignorance de ce fait qui est la clef du drame. Il nous semble que: cette manière d’agir est bien en rapport avec la nature littéraire de M. Feuillet, retardant jusqu’au dernier moment une explication douloureuse, ne voulant pas laisser s’appesantir l’esprit de la galerie sur un événement pénible, par un préambule révélateur.
- Chamillac s’éprend d’une jeune veuve, Mme de Tryas, la fille du général de la Barterie lequel n’est autre que son ancien colonel. Seulement il y a un cadavre entre Mmede Tryas et lui, ce cadavre c’est cette terrible défaillance de jadis. Le général exige que Chamillac fasse à la femme qu’il aime l’aveu de sa faute et celle-ci pour laquelle Chamillac s’est battu et qui connaît l’admirable réparation qu’il a faite à son honneur par une existence remplie de belles actions le considère comme ayant racheté sa faute et lui donne sa main.
- Chamillac, dans sa fringale de charitables entreprises, était venu au secours d’une jeune danseuse, Sophie Ledieu, laquelle abandonnée de son protecteur avait voulu se tuer. Il avait promis à Sophie de l’épouser au bout de quatre ans, quand elle aurait achevé une éducation nécessaire, qu’il se chargeait de lui procurer. Sophie, touchée de cette merveilleuse bonté, ressent un vif amour pour Chamillac ; mais quand elle s’aperçoit que ce dernier aime Mme de Tryas, par reconnaissance elle le délie de sa promesse en épousant Hugon-net, un peintre heureusement introduit dans la pièce à cette destination.
- Tel est cet ouvrage qui n’est pas à proprement parler une comédie et dans lequel la question de réhabilitation n’est pas suffisamment controversée pour y montrer l’intention d’une thèse soutenue par l’auteur. En réalité, cette fiction romanesque constitue une sorte de mélodrame académique fort intéressant, semé de situations très belles et de scènes charmantes.
- Quant à l’interprétation elle est impeccable comme il convient à cette admirable troupe du Français. Chaque artiste rend son personnage avec une science consommée, servant chaque phrase, chaque mot du rôle dans l’intonation, longuement étudié, enveloppé du geste traditionnel correspondant. Tout cela est d’un art merveilleux. Pour ma part j’aimerais mieux que ce fût un peu moins habile et moins savant, et un peu plus naturel.
- Le théâtre de la Renaissance a repris les Dominos roses, une des plus amusantes comédies de M. Hennequin. Cette charmante folie est agréablement jouée par les pensionnaires ordinaires de la Renaissance. Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AR.RAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 25 Avril 1886, NUMÉRO 69.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Mérite agricole ; 4. Echos ; 5. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 6. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 7. Les Livres; 8. Avis commerciaux; 9. Les Théâtres; 10. Les nouvelles inventions.
- L’EXPOSITION DE 1889
- COMMISSION CHARGÉE D’EXAMINER LE PROJET LE LOI RELATIF A LEXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889,
- Séance du jeudi i5 avril 1886.
- La Commission décide que si l’Etat, en vertu du droit que s’est réservé le gouvernement, faisait payer aux exposants l’emplacement qu’ils occuperont à l’Exposition, le produit de ces redevances serait affecté exclusivement à l’Etat et ne rentrerait pas dans les recettes sur lesquelles s’exerce la clause des garanties.
- 20 La commission prend une décision analogue en ce qui concerne le produit de la loterie que l’Etat pourrait organiser à propos de l’Exposition.
- 3° Enfin, la commission décide que, si les dépenses d’établissement de l’Exposition restaient au-dessous du chiffre de 43 millions prévu par le projet de loi, la différence serait au bénéfice exclusif de l’Etat et qu’aucune réduction n’en résulterait pour le chiffre de la subvention de la Ville de Paris et de la Société de garantie.
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- Séance du vendredi 16 avril.
- M. Dévie développe le projet dont il est l’auteur et qui tend à installer l’Exposition à Courbevoie et sur le plateau de cette commune relié à Paris par l’avenue de la Grande-Armée. M. Dévie, en réponse aux questions de divers membres de la commission, déclare qu’il n’a pas réuni de capitaux et qu’il ne pourrait s’assurer les ressources financières nécessaires à l’exécution de son entreprise que si son projet était pris en considération par les pouvoirs publics. Dans ces conditions, il s’engage à remettre la direction de l’Exposition au gouvernement.
- M. Prompt, ingénieur des ponts et chaussées, est l’auteur d’un projet d’union des métallurgistes. Ce projet est fondé sur l’aliénation par l’Etat de bandes de terrains détachées du Champ-de-Mars au profit de la société qui y construirait des maisons ouvrières.. M. Prompt déclare qu’aujourd’hui il ne parle plus qu’à titre officieux, le projet qu’il a concu étant devenu la propriété de la Société des métallurgistes qui l’a soumis directement au ministre du commerce.
- M. Huet n’apporte pas une combinaison financière ; il se contente de soumettre à la commission un plan ayant pour objet de relier le Champ-de-Mars à l’esplanade et à l’hôtel des Invalides par un viaduc, et le palais de l’Industrie à l’esplanade des Invalides par un pont suspendu jeté sur la Seine.
- M. Antonin Proust, appelé ensuite à déposer en qualité de président de la commission extra-parlementaire instituée en novembre 1884, rend compte des travaux de cette commission pour la préparation de l’Exposition.
- Il indique les raisons d’ordre économique qui ont déterminé cette commission — d’accord avec le conseil municipal — à choisir l’emplacement du Ghamp-de-Mars : d’abord l’avantage de n’avoir aucune acquisition de terrains à faire et de ne provoquer aucune spéculation, et ensuite de ne pas ouvrir dans Paris de nouveaux chantiers à construction, alors que les nombreuses constructions faites dans ces dernières années ne sont pas encore absorbées et utilisées.
- M. Proust s’explique ensuite sur la question des constructions et celle des dépenses. Il estime que la somme de q3 millions prévue par M. Edouard Lockroy est suffisante et qu’elle permet
- de se mouvoir facilement, surtout si l’on réduit les dépenses du personnel et des récompenses.
- M. Proust insiste sur la nécessité d’établir une taxe d’emplacement-pour les exposants, taxe dont il estime le produit total à 13 millions. Il demande, d’autre part, que les frais de transport et de manutention soient établis de façon à ce que les exposants soient fixés d’avance sur l’étendue des frais qui leur incomberaient pour leur participation à l’Exposition.
- M. Proust indique, en terminant, que l’Exposition de 1889 devrait, à son avis, avoir un caractère particulier : montrer, d’après des spécimens, ce qu’a produit pendant un siècle la liberté du travail et ce qu’il est, par suite, nécessaire de faire pour organiser et développer l’enseignement technique.
- M. Dutert, architecte des bâtiments civils, qui accompagne M. Antonin Proust, fait connaître le plan d’ensemble des projets de construction arrêtés par la commission extraparlementaire, qu’il a dressé avec M. Albert Ballu.
- A la fin de la séance, M. Edouard Lockroy, ministre du commerce, et M. Christophle, gouverneur du Crédit foncier, sont introduits, sur leur demapde, devant la commission, pour s’expliquer au sujet des modifications aux stipulations de la convention de garantie, demandées par la commission dans sa dernière séance.
- Ces modifications portent sur trois points : i° les redevances des exposants ; 20 l’éventualité d’une loterie ; 3° le cas où les dépenses seraient inférieures au chiffre prévu de 43 millions.
- M. Christophle déclare, en ce qui concerne la loterie, que si le produit de cette loterie était exclusivement consacré à l’achat d’œuvres d’art, à la compensation des entrées gratuites ou à toute œuvre de bienfaisance,-et s’il ne restait pas de bénéfices, une fois ces dépenses faites, la Société de garantie consentirait à abandonner le produit total de la loterie à l’Etat ; mais s’il y avait des bénéfices, la Société demanderait à prélever sa part.
- Sur la question des redevances — que le gouvernement s’est réservé le droit de faire payer ou non aux exposants pour leurs emplacements — M. Christophle dit qu’il serait possible d’arriver à une transaction. Il propose de stipuler que les redevances ne seraient pas comptées si tous les autres produits couvrent les 18 millions que la Société s’est engagée à garantir. Dans le cas contraire, les redevances seraient comptées dans le produit des recettes sur lesquelles la Société de garantie aura la main mise.
- Enfin, sur le dernier point, c’est-à-dire sur la stipulation d’après laquelle, si la dépense n’atteignait pas 43 millions, l’économie réalisée serait au profit exclusif de l’État, M. Christophle accepte cette condition sans difficulté. En admettant, par exemple,que la dépense ne s’élève qu’à 35 millions, la Société de garantie apportera néanmoins ses 18 millions. L’article 3 de la convention, en effet, ne réclame qu’à titre d’avances le versement des allocations de l’Etat et delà Ville de Paris avant l’apport des 18 millions delà Société de garantie.
- M. le gouverneur du Crédit foncier, en terminant sa déclaration, insiste auprès de la commission pour qu’il soit pris rapidement une résolution définitive en ce qui concerne le contrat avec la Société de garantie.
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- Séance du samedi 17 avril.
- M. Alphand, introduit devant la commission, expose un plan complet de construction des bâtiments de l’Exposition avec les devis correspondants. Ce plan avait été communiqué préalablement au ministre du commerce dans un rapport que M. Alphand lui avait adressé sur sa demande. Voici le résumé des explications fournies par le directeur des travaux de la ville.
- M. Alphand est d’avis qu’il n’y a plus à discuter aujourd’hui sur l’emplacement de l’Exposition. Les localités situées hors de Paris, qui. auraient permis de faire un palais définitif et de développer
- l’Exposition sur de vastes espaces, sont hors de cause actuellement.
- L’Exposition comprendrait :
- i° Les jardins des Champs-Elysées, entourant le palais de l’Industrie, reliés à la rive gauche par une passerelle attenant au pont des Invalides;
- 20 L’esplanade des Invalides;
- 3° Le quai d’Orsay, élargi par des appontements édifiés sur les bas-ports ;
- 40 Le Champ-de-Mars tout entier, le pont d’Iéna et le Trocadéro.
- Là surface totale donnée à l’Exposition, constructions, jardins et parcs compris, serait de 49 hectares 1/2 en chiffres ronds. Des entrées monumentales de l’Exposition seraient établies devant le palais de l’Industrie, sur le' quai d’Orsay, à l’angle de l’avenue d’Iéna, au bout de l’avenue Rapp,au Champ-de-Mars et aux entrées du Trocadéro et du pont d’Iéna.
- Les jardins des Champs-Elysées comprendraient l’Exposition du ministère de l’instruction publique (section de l’enseignement primaire), l’Exposition de la ville de Paris et celles de même nature des villes de France et de l’étranger. Des expositions d’objets divers ne nécessitant pas un abri.couvert pourraient être disposées, dans les jardins, qui contiendraient en outre un' grand orchestre pour les auditions musicales en plein air.
- L’esplanade des Invalides serait occupée au centre par l’exposition coloniale, et on placerait latéralement sous les allées d’arbres les concours d’animaux et autres concours agricoles et horticoles.
- ' Lœs allées du quai d’Orsay et les appontements des bas-ports recevraient dans des tentes décorées les produits de l’agriculture française et étrangère.
- Le palais unique de l’Exposition contiendrait tous les exposants, à l'exception seulement de ceux des catégories précitées.
- Le palais placé au centre du Champ-de-Mars serait entouré d’un parc dans lequel on établirait aux frais des exposants français et étrangers qui le demanderaient des édifices décoratifs pour expositions collectives.
- Les jardins du Trocadéro recevraient les produits de l’horticulture.
- Toutes les parties de l’Exposition seraient reliées entre elles au-dessus du fleuve et des voies publiques par des ponts sur la Seine et par.des passerelles recouvertes de vélums.
- Enfin, une série de tentes avec vélums, trophées, bannières, oriflammes de toutes couleurs, assurerait les communications principales dans les parcs de l’Exposition et contribuerait à la décoration de l’Exposition.
- Le palais serait enveloppé dé boutiques comme en 1867, dans lesquelles seraient placés les restaurants, cafés, bars, brasseries, buffets et bouillons.
- M. Alphand, après l’exposé de cette organisation générale, fait connaître les estimations de dépenses pour la construction du palais, d’après un calcul au mètre superficiel,. par cette considération que l’évaluation ainsi faite, d’après les précédents de 1867 et 1878, offre plus de garantie qu’un devis d’architecte. En 1867, pour un palais d’une surface de 153,000 mètres, le prix du mètre s’était élevé à 91 fr. 5o.
- En 1878, pour un palais d’une surface de 190,000 mètres, le prix du mètre s’était élevé à 121 francs.
- Mais, en 1878, le palais n’avait pas suffi à recevoir tous les exposants. Il faut, en 1889, le faire assez grand pour éviter les baraques qui, en 1878, nuisaient à l’aspect de l’Exposition.
- M. Alphand estime qu’on peut y arriver, avec une dépense réduite en adoptant les dispositions suivantes :
- Le palais du Champ-de-Mars serait construit avec une ossature métallique supportant une charpente légère et des toitures en verre et en zinc ; les façaties et les cloisons intérieures seraient faites avec des matériaux légers : briques crues, plâtre, stuff, etc.
- Il se composerait de grandes galeries enca-
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- i3o. — Deuxième Année. — N° 69.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 25 Avril 1SS6.
- d.rant des cours couvertes et de galeries supérieures en premier étage formant balcon par un encorbellement sur les galeries du rez-de-chaussée, le tout avec un jardin central pour donner de l’air au palais et assurer les ventilations.
- Par cette disposition, qui donnerait une surface de 80,000 mètres aux galeries du premier étage, on peut réduire la surface, couverte du palais à 200,000 mètres et obtenir ainsi une surface totale cle 280,000 mètres à peu près égale à celle de l’Exposition de 1878.
- Le palais ainsi disposé se rapprocherait beaucoup des dispositions de celui de l’Exposition de 1867. Les produits français et étrangers pourraient y être placés avec le système de classification adopté en 1867.
- « En prenant pour base le chiffre de la dépense de 1867, soit 91 fr. 5o par mètre, et en tenant compte de ce fait, d’une part, que ce chiffre sera réduit certainement par les adjudications, et que, de l’autre, le prix des fers a baissé depuis 1867 de 40 %, on arrive à calculer que 200,000 mètres pour le rez-de-chaussée, à 90 fr., font 18 millions, et 80,000 mètres de galeries du ier étage à 3o fr. le mètre, soit 2,400,000 fr., feraient une dépense totale de 20 millions 400,000 fr. pour le palais.
- D’autre part, soit qu’on prenne les matériaux en location seulement, soit qu’on fasse état de la revente de ces matériaux, on peut compter sur une réduction de i5 %, soit 3 millions. De sorte que finalement il reste pour la dépense réelle du palais 17,400,000 fr.
- Voici comment, partant de là, M. Alphand calcule la dépense totale de l’Exposition :
- i° Palais du Champ-de-Mars., 17.400.000 fr.
- 20 Exposition d’agriculture.... 3.5oo.ooo 3° Dépenses accessoires des travaux (voies ferrées, machines éclairage, service des eaux, entretien, etc.)....................... 4.000.000
- 40 Parcs et jardins.............. 2.700.000
- 5° Champs-Elysées et Invalides. 1.400.000 6° Frais généraux (personnel, récompenses, etc)................. 7.500.000
- Total.............. 36.5oo.ooo fr.
- Si l’on prévoit une réserve d’un dixième pour imprévu, on voit que finalement les dépenses s’élèveraient à 40 millions.
- M. Alphand entre ensuite dans une série de détails sur les prévisions de recettes.
- Les entrées donneront un produit minimum de 15 millions et demi.
- Les recettes provenant de concessions de toutes natures, cafés-restaurants, boutiques, vente de l’eau et de la lumière, vente du catalogue, fêtes musicales, donneront deux millions et demi.
- Les recettes provenant de la redevance des exposants sont évaluées à- 9,800,000 francs, soit au total 27,800,000 fr.
- On voit dès lors qu’en défalquant la contribution de la société de garantie, qui est de 18 millions, il y aurait un excédent de recettes à partager entre l’Etat, la Ville et la Société.
- Après cette déposition, la commission statue sur le projet du gouvernement.
- On procède sur la proposition de M. Cochery, au vote par division, et l’on,distingue cinq questions principales :
- i° Le principe de l’Exposition est voté à l’unanimité, moins une voix, celle de M. Duvivier (sur. dix-neuf votants) ;
- 20 L’eniplacement du Champ-de-Mars est voté à l’unanimité, moins une voix (celle de M. Hovius) ;
- 3° Le principe d’une redevance à payer par les exposants pour leurs emplacements est voté à l’unanimité ; mais la commission décide de ne pas en faire l’objet d’un article du projet de loi, mais simplement d’exprimer un vœu à ce sujet dans le rapport ;
- 40 Le chiffre de la dépense totale reste fixé, comme le demandait le gouvernement, à43 millions et celui de la part incombant à l’Etat à 17 millions. Mais il est décidé qu’en aucun cas le gouvernement ne pourra, sans y être préalablement autorisé par une loi, engager des dépenses au-delà de ce chiffre de q3 millions ;
- 5° Enfin la convention avec la Société de garantie est ratifiée avec les modifications acceptées par le gouverneur du Crédit foncier, représentant la Société.
- La commission, enfin, suprime l’articley du projet de loi portant qu’il pourrait être dérogé au principe de l’adjudication publique dans certains cas. Elle maintient rigoureusement ce principe sans admettre d’exceptions.
- M. Jules Roche est ensuite nommé rapporteur par 10 voix contre 4 à M. Dautresme, 2 à M. Prévet et 3 bulletins blancs.
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- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Extrait du compte-rendu officiel de la séance du j g avril 1886,
- DÉPÔT ET LECTURE d’un RAPPORT
- M. Jules Roche. Messieurs, j’ai l’honneur de déposer sur le bureau de la Chambre un rapport
- fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi relatif à l’exposition universelle de 1889.
- Sur divers bancs. Lisez ! lisez!
- (Après une première épreu-ve, déclarée douteuse par le bureau, la Chambre, consultée par assis et levé, ordonne la lecture du rapport).
- M. le président. M. Jules Roche a la parole.
- M. Jules Roche, rapporteur. Messieurs, le projet de loi déposé le 3 avril courant par le Gouvernement vous a fait trop bien connaître les conditions générales de l’organisation de l’Exposition universelle de 1889 pour qu’il soit nécessaire d’y revenir. Nous avons seulement à vous fournir quelques explications sur certains points dont la précision et la clarté pouvaient laisser à désirer.
- Vous savez que le Gouvernement a renoncé au système de l’organisation intégrale par l’Etat, à ses frais et risques exclusifs comme en 1878, pour adopter l’organisation par l’Etat avec le concours financier d’une société de garantie, système expérimenté avec succès en 1867, et proposé par la commission consultative instituée par décret du 8 novembre 1884, pour étudier et rechercher les meilleurs moyens de réaliser le projet de l’Exposition internationale de 1889.
- Le rapport présenté par le président de cette commission, notre honorable collègue M. Antonin Proust, et publié au Journal officiel du 14 mars i8S5, développe avec une grande force les motifs en faveur d’une association de garantie, dont l’utilité peut sembler, au premier abord, discutable.
- L’ensemble des ressources destinées à faire face aux dépenses de l’Exposition, qui sont définitivement fixées au maximum de 43 millions, se présente en effet avec un caractère de certitude aussi complète qu’il est possible de l’obtenir en pareille matière. Ces ressources se composent:
- i° D’une allocation de la ville de Paris, s’élevant à 8 millions ;
- 20 D’une part contributive de l’Etat, s’élevant à 17 millions;
- 3° De recettes diverses évaluées à 18 millions et composées du produit des entrées, de la revente des matériaux et de la location d’emplacements aux restaurateurs, changeurs, gardiens de vestiaires, etc. -
- Le produit des entrées assure, à lui seul, une portion considérable de la somme de 18 millions. Le nombre des entrées payantes fut :
- En i855, de 4,5g3,ooo;
- En 1867, de 9,158,653, ayant produit une somme de 10,763,419 fr. ;
- En 1878, de 13,695,608, ayant produit une somme de 12,428,768 fr., et le produit eût été d’environ i5 millions, si les taxes d’entrée avaient été maintenues dans les mêmes conditions qu’en 1867.
- On voit que le nombre des entrées payantes s’est augmenté, chaque fois, d’environ 4 millions et demi sur l’exposition précédente. Depuis 1878, le goût et la facilité des voyages ont pris un développement considérable. Le nombre des voyageurs, qui était, en France, de 138 millions en 1877, et qui fut porté à i53 millions en 1878, s’est élevé en 1883 à 207 millions. Le réseau des chemins de fer, qui ne dépassait pas, dans l’Europe entière, 158,ooo kilomètres en 1878, n’est pas loin aujourd’hui trois ans avant l’exposition, de 200,000 kilomètres, si, même, il ne les dépasse pas.
- On peut donc considérer que le nombre des entrées payantes sera, en 1889, au m°ins de 18 millions ce qui, même dans les conditions de prix de 1878, donnera un produit de 16 millions de francs environ.
- Ajoutez-y les produits de. la revente des matériaux, qui donna 3 millions après 1878, et des locations aux restaurateurs, limonadiers, etc., vous voyez que la recette totale de 18 millions de francs est, dès à présent, sérieusement escomptable.
- Dès lors, où se trouve l’utilité de l’association de garantie, qui a pour objet de cautionner les 18 millions de recettes, et qui, en retour, touchera, en cas de bénéfices, une part proportionnelle à cette somme ? Cette combinaison ne peut-elle même pas, à un point de vue spécial, être considérée comme préjudiciable aux intérêts du Trésor ?
- La commission présidée par l’honorable M. Antonin Proust avait examiné attentivement cette question, et s’était, en définitive, prononcée formellement en faveur de l’association de garantie, dont le principe a été admis dans le décret du 9 novembre 1884, et qui présente des avantages décisifs.
- Ce n’est pas seulement, en effet, un secours financier que l’association de garantie assure à l’Etat, quelles que soient les circonstances ; c’est un moyen par lequel le public est amené à coopérer directement à l’œuvre de l’Exposition de 1889.
- En d’autres termes, l’Exposition universelle de 1889, quoique conduite par l’Etat, doit être l’œuvre de tous. Il faut intéresser, à son succès ceux qui peuvent le plus, par leurs efforts personnels, en assurer l’exécution.
- D’autre part, en intéressant le commerce et l’industrie au succès de l’opération par la souscription aux parts de la société de garantie, on s’assure de
- leur coopération active et vigilante, dans l’étude des combinaisons propres à augmenter l’attraction, et, par conséquent, de développer les recettes.
- Cette participation de l’initiative privée au succès de l’Exposition a fait défaut en 1878, comme, une première fois, elle avait fai; défaut en 1855.
- L’Exposition de i855, à la charge de l’Etat seul, se liquida par une perte de 8,100,000 fr. au-delà des dépenses prévues. Celle de 1878 se liquida par une perte de 21 millions. Au contraire, l’Exposition de 1867, organisée avec une association de garantie, donna 3 millions de bénéfices.
- Votre commission conclut donc, comme la commission extra-parlementaire de 1884 et comme le Gouvernement, que ce serait une faute de ne pas s’assurer le concours de l’association de garantie établie conformément à la convention du 29 mars dernier.
- Dans le calcul des recettes probables, tel que nous l’avons établi plus haut, nous n’avons tenu aucun compte du produit de la location des emplacements aux exposants eux-mêmes. Le Gouvernement, en effet, n’a pas pris parti sur ce point ; il s’est réservé expressément, dans l’article 8 de la convention avec la ville de Paris et l’association de garantie, le droit de décider seul s’il fera ou non payer les emplacements par les exposants. Dans le cas où le principe de la redevance serait appliqué, le produit de cette taxe pourrait atteindre un chiffre fort élevé. Le rapport présenté par l’honorable M. Antonin Proust évalue à i3 millions de francs le produit de la taxe de redevance, dont le corollaire serait le droit de vente accordé aux exposants. Dans les explications qu’il nous a fournies, l’honorable M. Alphand a élevé ce même produit à 8 millions nets au moins.
- Quoi qu’il en soit, la redevance produirait une somme importante, et votre commission vous aurait proposé d’en consacrer formellement le principe dans le projet de loi, si elle n’avait pensé que la solution de cette question comporte des détails qui ne peuvent être examinés que par le Gouvernement.
- Toutefois, comme l’association de garantie a traité dans l’hypothèse où les emplacements resteraient gratuits, ainsi qu’ils le furent toujours en France, et qu’elle assure d’ores et déjà une recette de 18 millions, il a été entendu que si une redevance est perçue, elle n’entrera dans le calcul des recettes prévues à l’article 5 de la convention que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire le total de 18 millions. Le surplus du produit de la redevance appartiendra uniquement à l’Etat.
- Il est superflu d’ajouter, et l’honorable gouverneur du Crédit foncier, M. Christophle, interrogé par votre commission, l’a formellement reconnu, que, si une loterie est organisée dans des conditions analogues à celles de 1878, ses produits ne sauraient non plus tomber sous l’application du même article 5 et appartiendraient exclusivement à l’Etat.
- Enfin, comme l’Etat est seul' responsable, aux termes de l’article 6 de la convention, dans le cas où les dépenses viendraient à - dépasser le maximum de 43 millions, il est également tout naturel et bien entendu que, dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas ce maximum de 43 millions, l’économie réalisée profiterait exclusivement à l’Etat, et viendrait en atténuation de sa part contributive de 17 millions.
- Telles sont les raisons des additions que nous vous proposons aux articles 1 et 2 du projet de loi du Gouvernement.
- Il nous a paru également utile de préciser que le chiffre total de 43 millions de dépenses à supporter, dans les proportions que vous connaissez, par l’Etat, parla ville de Paris et par l’association de garantie, est un maximum définitif, au-delà duquel aucune dépense ne pourra être engagée à moins d’une loi spéciale.
- Quant à l’article 7 du projet de loi, autorisant des soumissions directes en dehors des prescriptions et des facultés du décret du 18 novembre 1882, il a paru tout à fait inutile, et il est retranché du projet que nous vous présentons.
- Votre.commission, messieurs, ne s’est pas assurément prononcée sur tous les points, sans débat ni sans divergence, et la minorité, 401.it à fait favorable cependant au principe de'l’exposition, se réserve tous ses droits pour soutenir devant vous, sur des points de détail, ses vues particulières qui ont été insérées au procès-verbal ; mais votre commission, ses délibérations terminées, s’est trouvée unanime pour signaler au patriotisme de tous les Français, à l’attention des hommes éclairés de toutes les nations, la grandeur et l’importance de l’Exposition universelle de 1889, destinée à célébrer dignement le centenaire de la Révolution français'e. Cette Exposition ne doit pas être seulement l’étalage habilement disposé des produits les plus' remarquables de l’industrie et des beaux-arts, elle doit surtout présenter, comme en un vaste et magnifique tableau du siècle écoulé, les transformations accomplies pendant cette période dans le travail affranchi et réhabilité, et les conquêtes de la science sur la nature, de jour en jour plus étroitement asservie aux besoins de
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- Deuxième Année. — N° 6g.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Avril 18S6. — t3i.
- l’homme, qu’elle opprima souverainement si longtemps (Très bien ! très bien! à gauche).
- Absorbés par les soins — et aussi par les misères — de la vie politique, n'ous oublions trop nous-mêmes que le progrès social n’est point dû seulement aux constitutions et aux lois, mais encore et davantage aux efforts de la science, la grande et toujours bienfaisante libératrice (Très bien! très bien!) L’Exposition de 1889 devra faire éclater à tous les yeux ce dogme du monde nouveau, fondé sur la raison et sur la justice. (Nouvelles marques d’approbation).
- En 1789, la Révolution fut saluée à sa naissance par les transports de la France tout entière ; puisse son anniversaire, le plus glorieux qui soit enregistré dans les annales de l’humanité, retrouver tous les Français, après tant de malheurs et de discordes fatales, réconciliés, réunis dans la liberté, dans l’amour de la patrie ! (Applaudissements au centre et à gauche).
- PROJET DE LOI
- « Art. Ier. — Est approuvée la convention passée entre le ministre du commerce et de l’industrie représentant l’Etat, le préfet de la Seine représentant la ville de Paris, autorisé par la délibération du conseil municipal du 3i mars 1886 et le gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889.
- « Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de 43 millions, prévu à l’article ier de cette convention, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale.,
- « Les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés, ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues à l’article 5 de la convention, que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de 18 millions.
- « Art. 2. — L’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889, au moyen d’une allocation de 17 millions.
- « Cette allocation sera imputée jusqu’à concurrence de la somme de I2,6g3,656 fr. sur le prêt de 80 millions fait à l’Etat par la Banque de France en vertu de la convention du 29 mars 1878 approuvée parla loi du i3 juin suivant.
- «Dans le'cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de 4a millions prévue à l’article Ier de la convention, l’économie réalisée profiterait uniquement à l’Etat.
- « Art. 3. — Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au-delà des crédits ouverts par la loi de finances du 8 août 1885, un crédit extraordinaire de 12,693,635 fr. qui formera un chapitre spécial intitulé :
- « N° . Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889. »
- « Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent.
- « Art. 4. — Les crédits nécessaires aux dépenses des exercices 1887, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- « Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion.
- « Art. 5. — Les operations de recette et de dépense de l’Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la cour des comptes.
- « La subvention allouée par la ville de Paris, ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds de concours poür dépenses publiques, conformément à l’article i3de la loi du 6 juin 1843. .
- « Art. 6. — Les projets de toute nature relatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1889 serontpréalablementàleur exécution, soumis à l’approbayon du ministre du commerce et dé l’industrie.
- Art. 7. —• Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au Président de la République dans un rapport qui sera publié et distribué au Sénat et à la Chambre des députés.
- « Chaque année, un rapport publié dans les mêmes conditions, fera connaître l’état d’avancement des travaux et les dépenses engagées et effectuées.
- « Art. 8. — Les actes désignés dans l’article i0r, paragraphe 9, de la loi du 28 lévrier 1872, et passés par le ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi, seront assujetties au droit fixe de 3 francs.
- RÈGLEMENT DE l’ûRDRE DU JOUR
- M. Saint-Martin (Vaucluse). Je viens demander
- à la Chambre de vouloir bien mettre en tête de l’ordre du jour de demain la discussion des conclusions du rapport dont M. Jules Roche vient de donner lecture.
- A droite. Mais non, nous n’aurons pas le temps d’étudier.
- M. Saint-Martin (Vaucluse). Enfin, je soumets ma proposition à l’appréciation de la Chambre.
- M. le président. Afin qu’il n’y ait pas de malentendu, je dois faire observera la Chambre qu’en tête de l’ordre du jour de demain il y a la discussion de l’élection de Tarn-et-Garonne.
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. La Chambre ayant fixé à demain la discussion des élections de ’Tarn-et-Garonne, je ne viens pas lui demander de changer son ordre du jour. Je me bornerai donc à exprimer le désir que la Chambre veuille bien y inscrire, immédiatement après l’élection de Tarn-et-Garonne, la discussion du rapport dont M. Jules Roche vient de lui donner lecture. Cela me paraît important, messieurs, car il me semble qu’il y a intérêt à fixer le pays sur cette grave question de l’exposition universelle (Très bien ! très bien! à gauche et au centre). Le pays désire qu’une solution prompte lui soit donnée, et je crois que nous aurions tort de prolonger plus longtemps et pendant des vacances qui peuvent avoir une certaine durée, l’inquiétude qui règne en ce moment, je demande donc à la^Chambre de vouloir bien mettre le rapport de l’honorable M. Jules Roche à son ordre du jour et de vouloir bien le discuter le plus tôt possible, de façon à ce que si elle accepte ce projet, nous puissions nous mettre immédiatement à la besogne (Applaudissements à gauche et au centre).
- M. le président. Je mets aux voix la proposition de M. le ministre du commerce tendant à mettre à l’ordre du jour immédiatement après les élections de Tarn-et-Garonne, la discussion du rapportée M. Jules Roche.
- (La proposition, mise aux voix, est adoptée).
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- * *
- Extrait du compte rendu analytique de la séance du mardi 20 avril (Chambre des députés).
- L’ordre du jour appelle la première délibération sur le projet de loi relatif à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. Je prie la Chambre de prononcer l’urgence.
- La Chambre prononce l’urgence.
- M. Antonin Proust. Aux termes du règlement, la commission du budget doit donner son avis sur les articles 2, 3 et 4 du projet de loi relatif à l’Exposition universelle de 1889, qui a fait l’objet d’un rapport spécial.
- Ces articles déterminent, en effet, la participation de l’Etat aux dépenses prévues pour l’Exposition de 1889.
- Cette participation se traduit par une allocation de X'7 millions, dont 12 millions 693,635 fr. absorbent le reliquat du prêt de 80 millions fait à l’Etat par la. Banque de France, conformément à la loi du i3 juin 1878.
- Les 4 millions 3o6,365 fr., qui doivent compléter les 17 millions, devront être répartis sur les exercices 1887 et suivants.
- Cette dernière allocation sera assurée au moyen de crédits ouverts chaque année par la loi de finances.
- Là commission du budget, après avoir constaté que la somme de 12 millions 696,635 fr. provenant du prêt de la Banque de France est libre, est d’avis qu’il y a lieu d’adopter les dispositions inscrites aux articles 2, 3 et 4 du projet de loi présenté par le gouvernement pour assurer la participation de l’Etat aux dépenses de l’Exposition de 1889.
- M. le président. La discussion générale est ouverte. M le rapporteur et M. le ministre du commerce demandent l’urgence.
- L’urgence est mise aux voix et déclarée.
- M . le président. La parole est à M. Roulleaux-Dugage sur l’ensemble du projet de loi.
- M. Roulleaux-Dugage. Trois questions se posent à nous :
- Y aura-t-il une exposition ?
- Que sera cette exposition ?
- Comment sera-t-elle faite ?
- L’orateur assure que l’influence des expositions internationales universelles est à peu près nulle,au point de vue de notre commerce extérieur.
- « Il est vrai que les chambres de commerce consultées ont presque toutes manifesté le désir qu’il y eût prochainement une Exposition de ce genre, et je ferais volontiers, devant ce désir, abstraction démon opinion personnelle, quoique je sache que les raisons déterminantes n’en soient pas toutes commerciales et que la pluie bienfaisante de décorations qui suit ces solennités y compte, par exemple, pour beaucoup dans l’importance qu’elles y attachent.
- Mais, tenant le vote des chambres de commerce pour absolument sincère, je ne m’oppose donc pas, pour ma part, à ce qu’il y ait une Exposition. »
- L’orateur passe à la seconde question. Cette Exposition sera-t-elle internationale ?
- On n’a pas, jusqu’à ce jour, de réponses formelles des puissances étrangères ; il est par conséquent impossible de savoir aujourd’hui si l’Exposition de 1889 sera internationale.
- En abordant la troisième question, M. Roulleaux-Dugage fait l’historique de l’Exposition de 1878, au point de vue financier, puis passe à l’examen de la Convention conclue avec la Société de garantie qui, dit-il, ne garantit rien du tout.
- « Remarquez, en outre, que l’Exposition a lieu en 1889. Les recettes, s’il y en a, seront effectuées en 1889 et ce n’est qu’en 1890, un an peut-être après la clôture de l’Exposition, que vous viendrez demander de l’argent à la société de garantie.
- Dans ces conditions, je comprends très bien qu’elle ne réclame qu’un versement de 5o fr. Elle pourrait ne rien réclamer du tout .puisqu’elle n’aura probablement rien à verser.
- M. Lockroy, ministre du commerce. Cette objection, qui a l’air très forte en ce moment, est absolument levée et vous pouvez être tranquilles sur ce point, attendu que, s’il en était besoin, la société de garantie s’est engagée vis-à-vis de moi, par la bouche de M. Christophle, à avancer les fonds nécessaires aussitôt que le Gouvernement le lui demandera. Votre objection tombe donc absolument. »
- M. Roulleaux-Dugage. « En résumé, la'partie financière de l’Exposition se réduit à ceci : 43 millions qui seront employés on ne sait comment, une société de garantie qui n’est là que pour faire paraître moindre la part contributive de l’Etat, et le payement de ce„tte contribution réalisé par la prorogation d’un emprunt.
- La conclusion naturelle de tout ceci, ce serait le renvoi du projet à la commission.
- Si je demande ce renvoi à la commission, ce n’est pas que je sois hostile à l’Exposition, je voudrais que le ministre nous apportât un devis analogue à celui de 1867. Il aurait alors avec lui la presque unanimité de la Chambre.
- M. Steenakers prend ensuite la parole au nom des membres de la Commission qui, tout en acceptant en principe l’idée d’une exposition universelle en 1889, n’étaient pas favorables au projet du gouvernement.
- Le crédit de 100,000 fr., voté par la précédente Chambre afin de compléter les études préparatoires qui, disait alors le ministre du commerce, « n’avaient pas été conduites assez loin pour qu’il fût possible d’éclairer le Parlement •sur le chiffre réel de la dépense que peut entraîner l’Exposition n’a pas été employé. »
- Ces études'sont restées à l’Etat, et le Parlement, au moment de voter une-dépense de 43 millions, n’est pas saisi des pièces- et projets préalables qui avaient été produits à la Chambre lorsqu’elle a voté l’Exposition de 1878.
- La minorité pense que, si le gouvernement avait effectué les études décidées par la Chambre en x885, ou si, en demandant à la commission une décision moins précipitée, on lui eût donné le temps de parer à l’insuffisance des études antérieures, l’examen des devis lui eût permis d’apporter. de fortes réductions au chiffre des dépenses ;• réduction singulièrement facilitée par la diminution du prix des fers, par une révision des diverses causes de dépenses exagérées dans le passé, et par la déclaration formelle de M. le ministre du commerce que les matériaux employés à la construction de l’Exposition seraient exempts des droits d’octroi.
- Elle regrette également que le projet présenté à la Chambre autorise la dépense en bloc au lieu de répartir, suivant les règles tutélaires du contrôle financier, en plusieurs chapitres, les dépenses de natures "diverses.
- La minorité, en résumé , s’est inspirée d’une seule pensée,-le désir d’améliorer un projet auquel elle est prête à s’associer de grand cœur.
- J’ajoute que, dans la commission, nous avons tous partagé.le sentiment qui a inspiré M. le ministre et le désir de voir le rapport venir le plus rapidement possible devant la Chambre.
- Je voudrais présenter une dernière observation qui me paraît assez grave. Reportez-vous à la délibération du Conseil municipal de Paris, qui a voté une somme de 8 millions pour l’Exposition.
- Il y est expliqué que cette délibération doit être nulle de plein droit si le projet d’emprunt de la ville de Paris n’est pas approuvé par les pouvoirs publics. Or, ce projet d’emprunt n’est pas encore adopté. Je me demande donc ce que nous allons voter.
- Si le projet d’emprunt est repoussé, comment la ville de Paris remplira-t-elle ses engagements ? (Très bien! très bien! sur divers bancs).
- M. Jules Roche, rapporteur. Je n’ai que de très courtes observations à présenter à la Chambre pour répondre aux observations de MM. Roulleaux-Dugage et Steenackers.
- Je m’expliquerai d’abord, d’un mot, sur le rapprochement qui a été fait entre l’Exposition projetée et celle de 1878.
- M. Roulleaux-Dugage y a spécialement insisté. Eh bien, je lui répondrai qu’il n’est pas possible
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Avril 1886.
- que le système que nous avons adopté donne, en quoi que ce soit, les mécomptes de 1878.
- Nous avons pris toutes les. précautions nécessaires pour les écarter, et il importe de vous signaler les différences qui existent entre notre système et celui de 1878.
- La loi du 2q juillet 1876, qui est le seul acte législatif relatif à l’ouverture de l’Exposition de 1878, n’avait déterminé aucun crédit. J’appelle l’attention de la Chambre, sur ce point.
- L’article 1e1' de cette loi, qui résume tout le mécanisme de l’opération, se borne à édicter que le ministre des finances est autorisé à établir un compte spécial pour les frais de l’Exposition projetée.
- Que seront ces frais ? A quelle somme s’élèveront-ils ? La loi n’en dit pas un mot. Gomment donc a-t-on procédé ? Par décret !
- Le premier de ces décrets, rendu le 18 octobre 1876, ouvrit un crédit total de 35 millions 31 3,ooo fr., qui devait comprendre l’ensemble des dépenses de l’Exposition; or, on le sait, elles se sont élevées à 55 millions.
- Faisons-nous rien de semblable ? Non ! Nous déterminons dans la loi le montant exact des crédits qui pourront être ouverts : c’est là l’objet de l’art. Ier. Le chiffre définitif est fixé dès aujourd’hui.
- Autre différence importante : c’est que le crédit qu’on vous demande est le crédit maximum qui pourra être demandé à l’Etat. Et ce n’est pas 43 millions, c’est iy millions.
- Voilà le sacrifice définitif, le sacrifice maximum de l’Etat, aujourd’hui vous n’ouvrez ces crédits que jusqu’à concurrence de 12 millions ; le surplus ne sera ouvert que dans les lois de finances successives.
- Vous voyez, combien la réalité s’écarte du tableau présenté par M. Roulleaux-Dugage.
- Ceci dit, j’examine en quelques mots les raisons pour lesquelles M. Roulleaux-Dugage vous a demandé le renvoi du projet à la commission.
- Ce renvoi n’aboutirait d’ailleurs qu’à provoquer une seconde décision de la commission qui, demain, reviendrait vous dire : Nous vous représentons mercredi le projet que vous nous avez renvoyé mardi. Ou bien, il faudrait changer la commission et en nommer une nouvelle dans les bureaux.
- Etant donnée la situation actuelle, le projet renvoyé à la commission rencontrerait forcément une majorité qui ne pourrait que persister dans ses premières conclusions.
- Maintenant, quels sont donc les motifs pour lesquels M. Roulleaux-Dugage demande ce renvoi ?
- Ces motifs sont au nombre de trois. Le premier est que, selon lui, le temps des Expositions est passé. S’il en est ainsi, je ne comprends pas, je l’avoue,comment M. Roulleaux-Dugage se déclare partisan de l’Exposition de 1889.
- Il y a longtemps d’ailleurs qu’on dit que le temps des expositions est passé. On le disait déjà sous l’Empire avant toute exposition, et M. Leplay lui-même proposait, en 1867, de remplacer l’Exposition par la création de musées permanents, L’Exposition de 1867 a cependant pleinement réussi.
- On tenait le même langage en 1878, et pourtant, en laissant de côté les questions financières, il est certain que l’Exposition de 1878 a été un très grand succès national. Je suis convaincu, pour ma part, que ce succès sera encore dépassé en 1889.
- J'arrive à la seconde objection de M. Roulleaux-Dugage. Selon lui, les expositions ne servent à rien au point de vue industriel.
- Il nous a cité des chiffres à l’appui de cette thèse ; je demande à y répondre par d’autres chiffres.
- Dans l’année qui a précédé l’Exposition de 1855, l’activité de notre mouvement commercial spécial s’était augmentée de 443 millions. Eh bien, ce mouvement s’est encore accru de y3o millions en 1856 ! '
- En 1867, )e constate le même fait. L’année 1868 a donné sur la précédente une augmentation de 241 millions, qui s’est continuée en 1869 par une nouvelle augmentation de i3q millions.
- Pour 1878, le résultat a été encore plus significatif. Il y avait eu, en 1877, une moins-value de 457 millions. Il y a eu, en 1878, une plus-value de 249 millions.
- L’accélération s’est continuée en 1879, l’augmentation a été de 469 millions, et s’est accentuée en 1880, car la plus-value a atteint le chiffre de 676 millions.
- Voilà ce que les faits nous apprennent. Une Exposition universelle internationale ne peut pas ne pas augmenter, en France, le mouvement général de notre commerce.
- Les autres objections de MM. Roulleaux-Dugage et Steenackers ont porté sur la société de garantie. On vous dit que cette société ne sert à rien. C’est une erreur.
- Je crois au succès de l’Exposition de 1.889, et j’espère que le chiffre de recettes que nous avons prévu sera atteint. Mais l’avenir n’est à personne. L’Europe peut être troublée en 1889.
- Si nous ne réalisons pas le chiffre de 18 mil-
- lions de recettes totales surlequelnous comptons, s’il y avait par exemple un mécompte de 5 à 6 millions, qui verserait la différence ? La société de garantie.
- Grâce à elle, les 18 millions sont assurés. Or, ces 18 millions, joints au 17 de l’Etat et au 8 de la ville font les 43 millions prévus pour les dépenses. C’est une somme définitive qu’on peut considérer dès à présent comme encaissée par le Trésor.
- Mais la société de garantie ne nous apporte pas qu’un concours financier ; elle nous apporte aussi un concours moral, qui n’est pas à dédaigner. 18 millions souscrits en parts de 1,000 fr., c’est un grand nombre de collaborateurs intéressés au succès de l’oeuvre, et la Chambre peut mesurer leur influence.
- M. Roulleaux-Dugage nous a dit, en terminant, qu’il aurait fallu apporter un devis définitif, avec plans, où toutes les dépenses seraient nettement indiquées d’avance.
- M. Steenackers nous a fait la même critique. On a invoqué les règles de la comptabilité. On a parlé d’un budget réglé par recettes et par dépenses comme un budget ordinaire. Eh bien, ce serait l’ajournement indéfini de l’Exposition de 1889.
- M. Martin Nadaud. Vous ne la feriez jamais !
- M. le rapporteur. Un devis pareil ouvrirait un champ indéfini à des discussions interminables et ne vous donnerait que des garanties illusoires.
- M. Martin Nadaud. Parfaitement.
- M. le rapporteur. Il est impossible d’arrêter d’avance tous les détails d’une Exposition universelle internationale, qui comporte nécessairement des adaptations successives, c’est-à-dire modifiables jusqu’au dernier moment.
- Il n’y a qu’une garantie efficace : la limitation du crédit maximum, et il suffit que cette limitation soit établie- d’après de sérieuses probabilités.
- Les 43 millions de l’Etat, de la ville et de la société de garantie correspondent-ils bien à l’établissement projeté ? Voilà ce qu’il importe de savoir.
- Le projet de loi le démontre. Aller plus loin serait se payer d’illusions. On n’a pas agi autrement pour l’Exposition de 1867, qui a été un succès.
- J’insisterai encore sur un point quia son importance. Ce chiffre maximum de 43 millions de dépenses totales peut ne pas être atteint. A qui profitera l’économie ? Ce ne.sera ni à la Société de garantie, ni à la ville, mais à l’Etat, exclusivement à l’Etat.
- Si l’on dépense 40 millions au lieu de 43, les 3 millions d’économie viendront en déduction des 17 millions qui sont la part contributive de l’Etat et réduiront cette part à 14 millions. - :
- M, Steenackers. Et si l’on dépense 5o millions au lieu de 43 ? Si l’on demande un crédit supplémentaire?
- M. Fouquet. Cela s’est vu !
- M. i.e rapporteur. Je prends l’engagement de combattre cette demande.
- Nous vous présentons, d’accord avec le ministre du commerce et avec le gouverneur du Crédit foncier, un projet sérieux.
- La vraie question qui se pose devant vous est celle-ci : Veut-on oui ou non une Exposition en 1889.
- Si on n’en veut pas, qu’on le dise. Si on en veut, à quoi bon chercher, contre un projet acceptable et sérieux, les objections de toute nature qu’une entreprise de ce genre peut toujours offrir.
- Je sais bien qu’on vous a dit qu’on n’avait, à propos de l’Exposition de 1889, aucune préoccupation politique.
- Je crois ceux qui parlent ainsi. Mais qu’ils me permettent de leur dire, pour la Chambre républicaine et pour la France tout entière : l’Exposition de 1889 est destinée à célébrer une date qui compte dans l’histoire du pays comme dans celle de toute l’humanité, le centenaire de 1789 (Applaudissements au centre et à gauche).
- M. Fouquet. Alors, il ne faut pas y inviter les étrangers !
- M. le rapporteur. Les étrangers sont tout aussi intéressés que nous à célébrer une date comme de celle 1789, qui a été la proclamation des droits de l’homme dans tous les pays civilisés qui veulent obéir à la raison (Applaudissements sur les mêmes bancs).
- Je sais bien qu’il y a des hommes qui doivent tout ce qu’ils sont à la Révolution française et qui font néanmoins profession d’en méconnaître les bienfaits et de la calomnier.
- Ce n’est pas notre avis, et nous voulons, nous, célébrer dignement le centenaire de 1789! (Applaudissements au centre et à gauche).
- M. le président. Je mets aux voix l’amendement de M. Roulleaux-Dugage demandant le renvoi à la commission.
- Il est procédé au scrutin sur cet amendement.
- A la majorité de 33 1 voix contre 214 sur 545 votants, le renvoi n’est pas prononcé.
- M. le président. La conséquence de ce vote est que la Chambre passe à la discussion des articles. Néanmoins, je la consulte sur le passage aux articles.
- La Chambre décide qu’elle passera à la discussion des articles.
- Voix nombreuses. A la prochaine séance!
- La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.
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- Séance du 21 avril 1886.
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- M. Lanjuinais demande la suppression des deux premiers paragraphes du projet de loi relatif à l’Exposition. Ces deux paragraphes sont adoptés.
- M. Steenackers propose un amendement tendant à ce qu’il soit perçu un prix de location pour les emplacements concédés aux exposants.
- M. Lockroy répond que le Gouvernement n’est pas partisan de cette taxe, ce serait une fâcheuse innovation ; on a invoqué l’exemple de l’exposition d’Anvers. Mais l’exposition d’Anvers était une entreprise particulière. L’amendement chasse de l’exposition les ouvriers, les petits fabricants, les petits inventeurs dont on doit s’occuper et auxquels on doit faire de la place. Pour cette dernière raison surtout la Chambre le repoussera.
- L’amendement est repoussé par 2i3 voix contre 242.
- M. Kersanson demande la suppression du paragraphe premier de l’art. 2 portant que l’Etat contribuera pour 17 millions aux dépenses. Cette proposition est repoussée.
- La Chambre adopte les articles 2 à 8.
- M. Le Gavrian. — Je demande que le matériel employé à la construction de l’Exposition soit fabriqué en France et que les ouvriers employés sur les chantiers soient exclusivement Français, sauf pour les sections étrangères. * -
- M. Lockroy, ministre du commerce, répond qu’il serait dangereux d’introduire dans la loi sur l’Exposition internationale une sorte de déclaration de guerre économique aux autres nations. L’amendement est repoussé.
- La première partie de l’amendement relative au matériel est repoussée par 304 voix contre 202. La deuxième partie relative aux ouvriers est repoussée par 284 contre 209.
- L’ensemble du projet de loi est adopté par 350 voix contre 151,
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- SÉNAT
- M. Lockroy, ministre, dépose sur le bureau du Sénat le projet de loi voté par la Chambre des députés.
- En votant si rapidement le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889, la Chambre a montré le haut intérêt qu’elle attache à cette solennité. Elle a compris que le pays attendait avec une très vive impatience l’adoption du projet du gouvernement, et que le monde des affaires, non seulement de France, mais d’Europe avait besoin d’être fixé sur l’avenir de ce projet.
- Ce résultat, c’est à M. Lockroy que le pays le doit en grande partie ; on sait avec quelle activité et quelle compétence l’honorable ministre du commerce a étudié et résolu le projet de l’exposition universelle. Grâce à sa fermeté et à son énergie les obstacles ont été aplanis, et l’on peut dire, sans exagération que c’est à lui que revient l’honneur de la prompte solution de cette importante question.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Le 17 février dernier, M. Ernest Hamel déposait sur le bureau du Conseil la proposition suivante :
- « Le Conseil municipal
- « Emet le vœu : .
- «. Qu’un immense jardin d’hiver soit édifié, à bref délai, sur l’emplacement du château et de la cour des Tuileries.
- « Signé : Ernest Hamel. »
- Il existe au centre de Paris, disait l’honorable conseiller, une place désolée : c’est l’ancienne cour des Tuileries et l’emplacement où existait le château.
- Cet immense périmètre conviendrait merveilleusement à l'établissement d’un vaste jardin d’hiver, qui fait absolument défaut à Paris. C’est à l’Etat qu’il appartient de doter la ville de Paris de
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- Deuxième Année. — N° 69.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Avril 1886. — 133-
- cette splendide promenade couverte, arrosée de fontaines et plantée d’arbres constamment verts.
- Le moment, suivant M. Hamel, est absolument propice. Il faut que, pour la célébration du centenaire de la Révolution et l’Exposition universelle de 1889, cet emplacement d’aspect sinistre ait disparu. Il s’ouvrirait là immédiatement un important chantier de travaux, ce qui devient urgent, par le temps de crise qui persiste, et au moment où des délais regrettables semblent retarder indéfiniment l’exécution des délibérations du Conseil en ce qui concerne l’emprunt et les travaux gagés sur le produit de cet emprunt.
- Au reste, M. Ernest Hamel est l’homme des projets grandioses. C’est lui qui, naguère, a proposé la transformation des fortifications de Paris en un vaste jardin circulaire qui aurait le double avantage d’assainir l’atmosphère et d’offrir aux Parisiens une promenade aussi commode que fertile en points de vue variés. C’est lui qui a demandé que les ruines de la Cour des comptes disparussent et fissent place à un square pour lequel, d’ailleurs, le terrain semble merveilleusement préparé, si l’on en juge par les végétations multicolores et vigoureuses qui poussent au milieu des pierres, s’accrochent aux corniches et montent jusqu’au faîte branlant de l’édifice.
- Il est certain que tout ce quartier, appelé à devenir le centre de la circulation et du luxe pendant l’Exposition, s’accommoderait mal de ces restes déplorables de nos guerres civiles, qui déparent encore cette belle perspective des Champs-Elysées et des Tuileries et ce riche quai d’Orsay bordé d’ambassades et d’hôtels princiers. M. Ernest Hamel a donc eu là d’excellentes idées et nous ne saurions trop le féliciter d’avoir éveillé sur ce point l’attention de l’Etat qui ne paraît pas s’y être souvent portée. La ville entrerait sûrement de compte à demi dans les dépenses et le génie décoratif de M. Alphand ne manquerait pas, comme à son ordinaire, de produire de nouveaux chefs-d’œuvre de goût et d’élégance.
- Espérons que la voix de M. Hamel sera entendue : elle est d’ailleurs appuyée par celle de Tout-Paris et le gouvernement ne peut se dispenser de se mettre à l’unisson dans ce concert.
- Mais il y a plus et, si la nécessité comporte des degrés, il est une mesure plus nécessaire encore que celle qui consisterait à doter Paris d’un jardin d’hiver. Je veux parler de la disparition des baraquements horribles qui salissent la cour des Tuileries et la place du Carrousel. Je ne sais quelle est la puissance de résistance de l’administration, mais à coup sûr elle est considérable puisque, malgré les réclamations répétées de la population, des assemblées et des artistes, ces affreuses boîtes en sapin subsistent encore. Il est vrai que l’hôtel des Postes n’est pas encore achevé intérieurement et qu’il faut attendre que tous les services puissent y être transportés avant de voir l’évacuation des bureaux de la rue des Tuileries. C’est au moins une raison ; mais ce n’est pas une bonne raison, car l’édifice de la rue Jean-Jacques-Rousseau devrait être fini depuis longtemps. Enfin, on a promis qu’il le serait au premier septembre 1886 et nous n’avons plus que quelques mois à patienter. Je dois dire que les baraquements des Postes ont déjà été demandés par un conseiller pour servir, sur un autre point de Paris,, de gymnase couvert ou d’autres établissements.de ce genre. Qu’on les accorde tout de suite à l’honorable conseiller et qu’on nous en débarrasse : ce sera faire d’une pierre deux coups ; ce sera contenter tout le monde et le conseil municipal, ce qui n’est pas facile.
- Mais il restera encore les baraquements qui ont servi et servent encore d’annexe à la préfecture de la Seine, les baraquements de la direction de l’enseignement primaire posés comme une verrue sur le pavillon de Flore. Depuis quatre ans, chaque année, à chaque session, un conseiller monte à la tribune et demande àl’aJministration l’enlèvement de cet immondice. Il paraît que M. le préfet n’a pas encore trouvé de boîte assez grande pour le recueillir; ses promesses sont restées sans effet. Il y a quelques mois, on pouvait croire au manque de place invoqué par l’inertie des bureaux. L’hôtel de ville n’était point terminé ; la caserne Lobau n’était pas affectée en partie au service de l’enseignement ; on n’avait pas trouvé de terrain ni d’argent pour construire une salle d’examens. Aujourd’hui toutes ces difficultés sont levées : l’hôtel de ville est prêt ; il a des couloirs immenses qui pourraient, chacun, contenir un ministère; l’enseignement occupe une partie des locaux de la caserne Lobau; enfin, il est question de construire une salle d’examens sur le boulevard Henri IV, dans les terrains pris à la caserne des Céles-tins. Les fonds sont trouvés : l’emprunt va être approuvé par le Sénat et fournira, du reste, les quelques milliers de francs indispensables.
- Voilà donc le motif d’ajournement qui n’a plus de raison d’être. Néanmoins, à une question posée dernièrement à ce sujet, M. le directeur de l’enseignement répondait de façon à faire comprendre qu’fi n’entendait en aucune manière^ se dessaisir de ces baraquements où il semble s’être incrusté comme un limaçon dans sa coquille. Si l’administration tenait aussi énergiquement à ses bonnes traditions qu’elle tient à ses mauvaises raisons, il
- n’y aurait qu’à la louer de son esprit conservateur. Malheureusement elle oublie quelquefois ses qualités ; mais elle garde toujours ses vices et les fortifie de son expérience. C’est ainsi qu’elle a commis la faute de construire ces baraquements, qu’elle les a entretenus avec amour et qu’elle éprouve, à la pensée de s’en défaire, une hésitation que la chose en elle-même, on en conviendra, justifie peu.
- Mais qu’en fera-t-on, objecte-t-elle encore, quand on les aura détruits ? Je compte bien qu’on n’en fera rien et, si j’osais lui donner un conseil, je lui conseillerais d’en allumer un gigantesque feu de joie, l’hiver prochain, pour l’ébattement et le bien-être de ses administrés. Il serait pénible de rencontrer dans un autre quartier de Paris les couvertures de zinc, les planches piquées aux vers et les tuyaux de cheminée informes qu’on a vus trop longtemps au Carrousel. Il ne faut pas qu’on en soit poursuivi, comme d’un cauchemar. Tous ces matériaux ont fait leur temps, ennuyé le public et méritent bien le repos dû à l’excès de leurs services.
- Avec eux disparaîtront les râteaux, bêches, grattoirs caoutchoutés, semoirs de sable, tonneaux d’arrosage et autres instruments destinés au nettoiement de la voie publique. La place sera balayée de ses balayeuses et ne ressemblera plus à la succursale d’un dépôt de pavés.
- Je ne crois pas que les provinciaux et les étrangers venus pour visiter Paris au temps de l’Exposition se plaindront de ce changement. Actuellement la place du Carrousel n’a rien de pittoresque et, au lieu de l’admirable perspective ménagée du fond de la cour du Louvre jusqu’à l’Arc de Triomphe on a, de tous côtés, le regard arrêté et blessé par d’affreux bâtiments entourés d’affreuses barrières.
- Et ce sera en quelque sorte l’entrée de l’Exposition, puisque celle-ci s’étendra jusqu’à la place de la Concorde. A l’aide d’une baie habilement ménagée dans le jardin d’hiver on pourrait, du pied de la statue de Gambetta, jouir de la plus merveilleuse vue du monde : l’Arc du Carrousel, le jardin des Tuileries avec ses deux jets d’eau, l’Obélisque, la grande avenue des Champs-Elysées et, encadrant le tout, dans le lointain, l’immense cintre de l’Arc de Triomphe.
- Ne sera-ce pas là un attrait de plus donné à Paris au moment où il recevra ses hôtes ?
- A qui de droit d’aviser.
- MÉRITE AGRICOLE
- A la suite des concours'agricoles de 1886, le ministre de l’agriculture a conféré la décoration du
- Mérite agricole aux personnes dont les noms suivent :
- MM.
- Ducom, agriculteur à Montlézun (Gers), président du comice agricole de Nogaro depuis sa fondation, -lauréat des concours régionaux et des tournées de prime d’honneur.
- Lachouille (Prudent), régisseur à la ferme de l’Institut agronomique à Vincennes, commissaire dans les concours régionaux agricoles.
- Cadiot, chef des travaux de clinique et de chirurgie à l’école nationale vétérinaire d’Alfort, chef du service sanitaire au concours général agricole. Services exceptionnels.
- Hurtu, constructeur de machines agricoles à Nan-gis (Seine-et-Marne). Nombreuses récompenses dans les concours ; plus de 3o ans de service.
- Petit (Félix), agriculteur à Saint-Menoux (Allier), lauréat d’un prix d’honneur au concours régional agricole de Paris.
- Valck-Virey, constructeur de machines agricoles à Saint-Dié (Vosges). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Courrégelongue (Marcel),éleveur à Bazas (Gironde). Nombreuses récompenses dans les concours. Membre du jury de prime d’honneur.
- Chaumereuil, agriculteur à Billy-Chavannes (Nièvre), lauréat du prix d’honneur des bœufs. A obtenu en outre de nombreuses récompenses dans les concours.
- Valtan, agriculteur à Vindelle (Charente). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Bignon fils, agriculteur à Theneuille (Allier). A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours.
- Breschet, éleveur de. volailles à Paris. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours régionaux.
- Moreau (Edouard), vice-président de la société française d’encouragement à l’industrie laitière , membre du jury des concours régionaux agricoles et des concours régionaux depuis plusieurs années. A obtenu de nombreuses récompenses dans les concours agricoles ; plus de 20 ans de services.
- Ausseur-Sertier, horticulteur à Lieusaint (Seine-et-Marne). A donné un grand développement à la culture des pépinières; lauréat de médailles d’or dans diverses expositions et notamment à l’Exposition universelle de 1878.
- Fages (Arthur), propriétaire-éleveur, maire de Lanta (Haute-Garonne). A consacré ses soins à l’élevage des races bovines et ovines et a donné ainsi un exemple fort utile aux agriculteurs de sa région.
- Fréchou (Emile), pharmacien à Nérac (Lot-et-Garonne), chimiste et micrographe distingué. Etudes sérieuses sur les maladies de la vigne et découverte de la spore dominante du mildew. A contribué par ses conseils à répandre l’emploi des cépages résistants et des insecticides, ainsi qu’à la vulgarisation du soufrage des vignes.
- Favry (Marie-François), maire de Voisin-le-Bre-tonneux, agriculteur distingué, membre de la chambre consultative d’agriculture de Rambouillet-; plus de 20 ans de services.
- Guimet (Jean-Baptiste-Marie), propriétaire-agriculteur à Foissiat (Ain). A obtenu de nombreuses récompenses pour l’élevage du bétail ; a fait d’importants travaux de défrichement et de dessèchement et a par suite contribué à la disparition des fièvres intermittentes occasionnées par les marais.
- Lefront (Eugène), lieutenant au 4e régiment de tirailleurs algériens. (Création de jardins en Tunisie) ; s’est fait remarquer par les améliorations de cultures qu’il a introduites dans les camps arabes.
- Lavandet (Pierre), ancien fermier à Duroure (Camargue), membre du tribunal de commerce d’Arles (Bouches-du-Rhône). S’est attaché à propager l’emploi des machines agricoles dans sa contrée ; plus de 20 ans de services.
- Mistral (Joseph) , propriétaire du domaine du Grand-Antonnelle (Bouches-du-Rhône). Services rendus à l’agriculture et à la viticulture. Mise en culture de 200 hectares de terres incultes à Camargue. A introduit la culture de la vigne dans la Camargue, et a fait installer une grande machine élévatoire qui permet à beaucoup d’agriculteurs de se procurer, en toutes saisons, l’eau nécessaire à leur exploitation.
- Gaillardon (Baptiste), à Fontenay-aux-Boses, publiciste agricole.
- Alcuin-Phopart, président du comice agricole de Morteau.
- Lambert (Edouard), constructeur de machines agricoles à Bar-sur-Aube. Services rendus pendant 27 ans à l’agriculture par l’amélioration et le perfectionnement des machines agricoles. Nombreuses récompenses dans les comices et les concours régionaux.
- Massé (Auguste), à Germiny-l’Exempt (Cher). Nombreuses récompenses obtenues dans les concours agricoles. Lauréat d’un prix d’honneur au concours général de Paris.
- ÉCHOS
- Paris
- Le Conseil général de la Seine a décidé dans sa séance de lundi dernier 19 avril qu’un concours sera ouvert, au mois de février 1881, pour la décoration artistique de la salie des fêtes de la mairie de Pantin. Ce concours comprend la décoration d’un plafond central, à 6,000 francs, de deux caissons latéraux à 3,000 francs chacun, d’un grand panneau vertical à 16,000 francs, et d’un plafond au- dessus du grand escalier, à 8,000 francs ; les artistes pourront choisir leurs sujets et devront produire des esquisses à 1/L0e de l’exécution.
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- C’est samedi prochain, 1er mai que se réunira à Paris le Congrès pour l’application du traité de mars 1884, relatif à la protection des câbles sous marins.
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- A l’Exposition de l’œuvre de Paul Baudry, à l’Ecole des beaux-arts, l’affluence est de plus en plus considérable. Un grand attrait est l’arrivée de nouveaux tableaux, entre autres de ceux du musée du Luxembourg.
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- Départements
- Une Exposition des beaux-arts sera ouverte à Clermont-Ferrand, à partir du 25 juin prochain, à l’occasion d’un concours régional.
- Voici un extrait du règlement :
- Art. 1er. — L’Exposition comprend les peintures, pastels, aquarelles, dessins, sculptures, terres cuites, vitraux, faïences d’art. Pour les faïences, sculptures et terres cuites, les reproductions par les procédés mécaniques ne sont pas acceptées et seront renvoyées à l’Exposition industrielle
- Art 2. — Les copies sauf celles qui reproduiraient dans un genre différent un ouvrage déjà connu no sont pas admises.
- Art. 3. — Il 11’est reçu que des tableaux encadrés. Plusieurs dessins ou aquarelles peuvent figurer dans le même cadre.
- Art. 4. — Les œuvres d’artistes français sont seules admises.
- Voir la suite page i36.
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- i 34 et i 35. — Deuxième Année. — N° Gq.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Avril 1886.
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- 5
- SEC PsT
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- Deuxième Année. — N° 69.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Avril 1880.
- i36. —
- Art. 5. — MM. les artistes dont les œuvres auront été admises par le Jury d’examen de la commission auront droit au transport gratuit (aller et retour) ; l’emballage restant à leur charge.
- Art. 6. — MM. les artistes dont les œuvres ont été admises aux Salons annuels de peinture et sculpture (palais de l’Industrie) jouiront des mêmes privilèges sur la présentation de leur carte ou lettre d’admission.
- Art. 7. — Le retour sera à la charge des artistes lorsqu’ils dirigeront leurs envois sur une localité autre que celle d’où elles auront été expédiées.
- Art. g. — Pour jouir du transport franco, les œuvres d’art expédiées de Paris devront être envoyées par l’artiste ou son représentant chez Guinchard etFourniret, emballeurs, 11, rue Lepic, avant le 30 mai prochain, dernier délai.
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- Algérie
- M. Tirman, gouverneur général de l’Algérie, a prononcé, dimanche dernier, à Oran, un grand discours sur la situation agricole de l’Algérie, à la cérémonie de distribution des récompenses du concours agricole et hippique.
- Après avoir constaté les progrès réalisés dans la région, le gouverneur général a donné.quelques conseils aux colons, préconisé l’enseignement agricole et manifesté l’espoir que la création du studbook aurait pour conséquence de maintenir la pureté de la race barbe, dont la supériorité sur la plupart des autres races de chevaux de guerre a été reconnue.
- La partie la plus intéressante de l’allocution de M. Tirman est le résumé de la situation agricole de l’Algérie.
- « Les résultats de la campagne 1884-1888, a-t-il dit, témoignent de l’augmentation constante de l’élément européen et montrent que la superficie des terres qu’elle possède s’est accrue dans le cours do cette année. Le nombre des têtes de bétail s’est augmenté d’un million et demi; la valeur du matériel agricole, estimé à 20 millions en 1883-84, vaut actuellement 23 millions. Dans la même période, la récolte du vin est passée de 890,000 à 970,000 hectolitres ; la superficie plantée en vignes, de 56,000 à 71,000 hectares. »
- Le gouverneur général a terminé son discours en adressant des félicitations aux exposants.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Voici ce qu’on nous écrit au sujet de l’Exposition internationale horticole de Dresde, dont l’inauguration est fixée, on se le rappelle, au mois de mai 1887 et dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs.
- L’emplacement, choisi dans le Grand Jardin Royal, offre une étendue de 13 hectares. On dessine actuellement le parc où s’élèveront les pavillons qui couvriront une superficie de 6,000 mètres carrés. La grande salle représente à elle seule une surface de 2,000 mètres carrés. La direction va publier prochainement le programme général et définitif de cette importante exposition, et inviter tous les horticulteurs à venir y concourir.
- Quatre cents prix seront décernés.
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- Les travaux d’organisation et d’installation de l’Exposition internationale des beaux-arts, de Berlin ont repris avec une nouvelle activité depuis la cessation des froids et l’on espère être tout à fait prêt, contrairement à la tradition, pour la date d’inauguration qui est toujours, comme on le sait, fixée au 16 mai prochain.
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- L’association de l’Allemagne du Sud, pour l’élevage des chiens de race pure, organise une Exposition canine pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, qui aura lieu à Munich (Bavière), au palais de Cristal les 6, 7 et 8 juin prochain.
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- L’Exposition nationale industrielle de Berlin, pour 1888, a été votée définitivement, et à l’unanimité, par le comité local provisoire, dont nous annonçions la formation dans notre dernier numéro.
- L’emplacement désigné à l’unanimité également, est le Troptow-Parle.
- La séance s’est terminée par la nomination d’un comité exécutif, qui aura la haute main sur l’organisation de l’Exposition et qui se compose du premier bourgmestre, M. de Forckenbeck, du président du conseil municipal, M. Büchteman, et de M. le conseiller du commerce, Mendelssohn.
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- Angleterre
- Une vente artistique d’une importance exceptionnelle. aura lieu à Londres, dans les derniers jours de juin et la première quinzaine de juillet.
- Quatre cent huit toiles, signées des noms des maîtres les plus célèbres et provenant de la collection du duc de Malbourough, seront dispersées
- aux enchères, entre autres l’admirable Mater dolorosa de Carlo Dole! et tant d’autres chefs-d’œuvre, dont l’énumération nous entraînerait trop loin.
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- Belgique
- C’est aujourd’hui 25 avril, qu’ouvre dans les galeries du palais des Beaux-Arts, 9, rue du Musée, à Bruxelles, l’exposition annuelle de la Société royale belge des aquarellistes.
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- On nous écrit qu’une Exposition canine internationale aura lieu à Bruxelles, du 21 au 24 mai prochain. Un congrès cynégétique aurait lieu concurremment.
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- États-Unis
- Le 5 avril a été ouverte à New-York la soixante-et-unième exposition de l’Académie nationale de dessin. La clôture aura lieu le 15 mai prochain.
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- La Société des artistes américains de New-York organise une exposition des beaux-arts qui aura lieu dans le courant du mois prochain dans les galeries du Musée artistique métropolitain.
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- Italie
- L’exposition annuelle de la Société des aquarellistes a lieu en ce moment à Rome au palais Colonna et obtient un succès aussi brillant que mérité.
- C’est peut-être, assure-t-on, la meilleure exposition de ce genre qui ait encore eu lieu à Rome; non pas que parmi les lit) œuvres exposées, il s’en rencontre aucune qui dénote un talent extraordinaire, mais parce que le niveau général est bien au-dessus de celui des précédentes expositions et parce qu’on n’y rencontre point de ces œuvres que leur médiocrité condamnait à ne jamais sortir de l’atelier.
- On remarque beaucoup les envois de MM. Henry et Francis Coleman, Carlandi, Petiti, Franz Rœs-ler, Bazzani, Ferrari, Bucciarelli, etc.
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- Pays-Bas
- Une exposition canine internationale, organisée par l’association néerlandaise cynégétique vNemrod», aura lieu à Rotterdam, du 14 au 15 mai.
- Des prix d’une valeur de 12,000 marks, environ 15,000 francs, seront répartis entre les différentes classes. Déplus, des primes spéciales de 1,200 et 2,000 marks seront décernées pour les pointers et les setters.
- Les adhésions sont reçues jusqu’au 30 avril chez W. M. Pieters, 20, Westerkade à Rotterdam.
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- Le congrès international relatif à la vente des boissons alcooliques en mer, se réunira à la Haye dans le courant du mois de juin.
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- Tunisie
- Le Journal officiel publie la statistique des douanes tunisiennes pendant les dix dernières années.
- L’importation et l’exportation ont fourni une moyenne de droits annuels , avant le protectorat, de 3,906,229 piastres et, depuis le protectorat, de 7,005 980 piastres. La valeur moyenne des marchandises a été : avant le protectorat, de 40,404,149 piastres ; depuis le protectorat, de 75,135,715 piastres.
- Le commerce tunisien a donc à peu près doublé depuis le protectorat. Cette augmentation profite presque exclusivement à la France.
- Le total des importations en 1885 a été de 42,903,780 piastres. La France a importé directement par les . ports tunisiens pour 23,122,266 piastres. Ce chiffre ne comprend pas les importations effectuées parla voie de l’Algérie, qui sont évaluées à plus de 2 millions de piastres.
- Les importations françaises en Tunisie représentent donc environ 60 0/0 des importations totales.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- de
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Voir le Moniteur du 4 avril 1886).
- III
- A quel pays remonte l’honneur d’avoir créé le premier journal moderne?
- Grosse question. L’amour-propre s’en étant mêlé, certaines nations ont réclamé cet honneur avec une insistance qui frise de près la mauvaise foi. Le mieux est de s’en, rapporter aux docu-
- ments, aux preuves irréfutables, qui tous concluent en faveur de la France. C’est en i63o ^ue paraît la première Gapette imprimée. Il ne faut considérer les autres feuilles dont nous venons de parler que comme des essais sans génie d’une invention qui devait tant faire pour l’émancipation de l’esprit humain et la grande cause de la liberté.
- Quelle est exactement l’étymologie du mot Galette, mot employé avec tant de succès par le Français Théophraste Renaudot ?
- Dans une histoire, même succincte, de la presse en France, la question ne doit pas être passée sous silence. Il est incontestable que le mot en question a une origine purement vénitienne. Citons à ce sujet l’opinion de M. Eugène Hatin, qui nous a paru des plus concluantes : « On a beaucoup épilogué, dit-il, sur la provenance de ce nom de « gazette » qui est passé dans toutes les langues. Les uns lui ont cherché une origine hébraïque, les autres une origine hindoue ; de mauvaises langues voudraient qu’on y vît tout simplement un diminutif d’un oiseau babillard, ga^pa, la pie. L’opinion la plus généralement acceptée et la plus plausible le fait venir de l’italien gatfetta, nom d’une petite monnaie qu’on aurait payée à Venise pour avoir ou pour lire les feuilles de nouvelles, sans doute les Awisi. Tout ce que je puis dire d’absolument certain, c’est que la première gappetta, la première monnaie de ce nom, fut frappée en 1536, et que le premier journal vénitien qui ait porté ce titre de Ga^petta n’apparaît que, plus d’un siècle après, en 1760, quand notre Gazette comptait déjà cent trente ans d’existence.»
- Grâce à l’érudition et aux savantes recherches de M. Hatin, voilà une question historique parfaitement tranchée.
- Arrivons maintenant aux Mercures. Ces feuilles partagent avec les Gapettes l’honneur d’avoir inspiré Renaudot. Les Gazettes, ne l’oublions pas, sont manuscrites et ont une origine vénitienne; les Mercures sont imprimés ; ils sont spécialement consacrés aux matières commerciales et ont pris naissance en Allemagne. Quel est celui de ces deux éléments qui a prédominé sur l’autre ? On ne saurait nier que les Gazettes vénitiennes, quoique demeurées manuscrites jusqu’en 1760, n’aient beaucoup plus eu que les Mercures le caractère d’un journal, tel que nous le comprenons aujourd’hui. A Venise, nous avons donc des commentaires politiques, des informations de toute nature et des faits divers. A Francfort, nous sommes simplement en présence de Bulletins commerciaux absolument étrangers aux choses de la politique. D’ailleurs, le journalisme, tel que les Romains l’avaient compris par les Acta diurna, ne pouvait naître que dans un pays de race latine. La race germanique, elle, a créé les Mercures et nous allons voir que les Anglais n’ont pas tardé à s’emparer, vers la fin du xvie siècle, de cette invention purement commerciale.
- L’historien Chalmers a émis, avec une certaine aigreur, cette opinion que la véritable presse est née en Angleterre, sa patrie. L’insulaire s’appuie sur ce fait que, feuilletant un jour au British Muséum, dans une collection de vieux journaux, la plus complète qu’il y ait au monde, il a rencontré trois feuilles imprimées sous ce titre : The English Mercury et portant les numéros 5o, 5i et 5q, avec la date de x588. Dans sa joie anglo-saxonne, Chalmers s’élève à un ton dithyrambique. « Après « avoir fait, dit-il, en différents pays, de longues « investigations sur l’origine des journaux, j’ai eu « la satisfaction de trouver en Angleterre même ce « que j’étais allé chercher bien loin. Oui, nous « pouvons dire à notre grande gloire, que le genre « humain est redevable du premier journal à la « sagesse d’Elisabeth et à la prudence de Burleigh. » Malheureusement, pour l’orgueilleux historien, la feuille à laquelle il fait allusion est le résultat d’une supercherie littéraire. Un imprimeur britannique, fanatique de la reine Elisabeth, a imprimé les trois feuilles bien après 1588, et les a glissées habilement dans les collections du British Muséum, de façon à faire honneur à l’Angleterre d’une invention que Rome, Venise, Francfort, Paris et la Haye connaissaient bien avant Londres. Jusqu’en 1622, la presse n’a été représentée en Angleterre que par quelques rares feuilles volantes ou placards appelés News. Or, il est démontré que ces News eux-mêmes n’ont point un caractère national. Ce sont le plus souvent des traductions fragmentaires de la fameuse Galette de Hollande.
- Les Provinces-Unies, par le libéralisme de leur constitution, avaient mérité de faire triompher l’exercice de la presse. Toutefois, la plus ancienne collection de journaux que puissent montrer les Hollandais ne remonte pas au-delà de 1626.
- Un historien allemand, le docteur Prutz, a tenté de prouver que le premier journal du monde avait vu le jour en Allemagne, vers 1615- Ce Germain se trompe. Il confond la presse proprement dite avec les bulletins commerciaux nommés Mercures. La différence est sensible. La Galette de France, fondée vers i63o, est bel et bien un journal. Mais les Acta diurna romains, les Awisi vénitiens, les Mercuriales allemandes, les Galettes hollandaises et les News anglais ne sont pas des journaux. Ces feuilles ne comportent point d'articles, de rédaction. Ce sont, le plus souvent, des bulletins assez
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- grossièrement imprimés ou manuscrits. En i6o5, un imprimeur d’Anvers, nommé Abraham Verhoe-ven, obtint de l’archiduc Albert le privilège de vendre des gravures imprimées sur bois et représentant des sièges, des combats, des batailles, etc. En 1629, ces gravures parurent régulièrement chaque semaine accompagnées de quelques lignes de texte. Peut-on donner le titre de journaux à ces publications que les Flamands nommaient des Wekelyke tydinghei Nous ne le pensons pas. On peut considérer les gravures d’Abraham Verhoeven comme contenant en germe l’idée des journaux illustrés ; mais ce serait, croyons-nous, leur faire beaucoup d’honneur que de les rapprocher seulement de la feuille vraiment complète de Renaudot.
- Pour trouver un vrai journal au xvne siècle, un journal familier, bien informé, politique, amusant, il faut aller le chercher en France, d’où il sort, en i63o, tout fumant d’humour, tout bouillonnant d’esprit, du cerveau inventif d’un petit médecin de Loudun, Théophraste Renaudot.
- T. M.
- (A suivre.)
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le. Moniteur du 28 mars 1886)
- Mais la pratique même de la machinerie s’est toujours poursuivie, nous le répétons, selon les mêmes règles et il y aurait lieu à des modifications fondamentales destinées à obtenir un fonctionnement moins dispendieux et plus commode. Mais il est évident qu’il faudrait d’abord approprier la scène par des changements d’ensemble de construction aux modifications qu’on voudrait introduire dans je système actuel.
- Depuis longtemps on recherche, particulièrement dans l’installation des dessous, un système meilleur que celui que l’on possède et qui consiste en fermes de charpente que les besoins .du service empêchent de relier entre elles d’une façon stable, d’où déversement de toute la masse vers la salle, manque de solidité de construction et multiples inconvénients. La crainte des incendies pousse à la substitution perpétuelle du fer au bois. A l’Opéra, M. Garnier a construit des dessous tout en fer. Mais l’emploi du fer, en assurant la stabilité, a entraîné à des dispositions telles, qu’on n’a plus cette mobilité de l’ancien système, permettant un jeu de combinaisons variées, pour répondre à des besoins de service sans cesse nouveaux, et il est impossible à l’Opéra d’exécuter telle manœuvre de décors extrêmement facile dans d’autres théâtres.
- Une chose surprenante, c’est de voir que le théâtre n’a pas su encore mettre à profit les ressources que présente l’emploi des forces mécaniques. On s’est opposé à l’introduction des moteurs à vapeur ou à gaz, dans la crainte assez naturelle des accidents qu’ils occasionneraient. Il est manifeste, qu’avec l’encombrement qui résulte de l’agencement actuel des scènes de théâtre, l’emploi des forces mécaniques seiait dangereux ; mais à l’introduction d’un système nouveau doit correspondre une révolution fondamentale d’installation générale. Des essais ont été tentés dans cet ordre d’idée. Nous sommes mal au courant des résultats obtenus en Amérique, mais on sait qu’il existe dans certaines villes des Etats-Unis, des systèmes rompant complètement avec les traditions européennes, et qu’il serait bon d’étudier. En France, un ingénieur, M. Quéruel, a proposé l’emploi de la force hydraulique dans un projet d’installation de théâtre absolument neuf et différent de tout ce qui a été construit jusqu’à nos jours. Mais onestlong,en France, à appliquer définitivement tout système d’une conception hardie, en désaccord formel avec les idées routinières.
- La question de l’éclairage de la scène est une de celles qui ont été le plus étudiées. De ce côté, de nombreuses améliorations se sont successivement effectuées. Dans le principe, le théâtre fut éclairé à la chandelle. Sur la scène, il y avait des lustres qu’il fallait abaisser au cour de la représentation pour moucher les chandelles. La rampe était constituée par une série de lampions au suif, disposés dans des boîtes en fer blanc. Law fit remplacer, à l’Opéra, les chandelles par des bougies de cire. A
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 25 Avril 1886. — 187.
- ce procédé dispendieux, l’on substitua bientôt l’emploi de la lampe à huile d’Argant, dite quin-quet. Enfin, en 1822, on commença à se servir du gaz.
- L’éclairage au gaz, actuellement employé, se fait au moyen de la rampe pour le bas de la scène, des herus et traînées pour les parties supérieures, des portants pour les côtés. Des dispositions ingénieuses ont été imaginées dans l’installation de ce système pour obvier aux dangers d’incendie; aussi, pour la rampe, on a construit des becs à flamme renversée. De fait, ce procédé d’éclairage est loin d’être parfait dans son agencement. L’usage de la rampe, particulièrement, présente de tels inconvénients qu’on a souvent proposé de supprimer celle-ci.
- Pour les effets d’intensité lumineuse particulière, on emploie, depuis 1846, soit la lumière électrique, soit la lumière de Drummond au gaz oxydrique.
- Depuis quelques années, on cherche à substituer d’une façon générale l’éclairage électrique à l’éclairage au gaz, surtout dans le but d’éviter les nombreux dangers d’incendie qu’entraîne l’emploi de ce dernier. Des systèmes divers o.nt été expérimentés dans différents théâtres. Le dernier système de lampe à incandescence, mis à l’essai à l’Opéra, semble donner d’assez satisfaisants résultats.
- Mais, pour arriver à un perfectionnement complet, il faudrait renoncer nettement aux dispositions anciennes et adopter un mode d’installation des appareils d’éclairage qui fût en rapport avec la nature de cet éclairage, en même temps qu’il remédierait aux nombreux inconvénients du procédé actuel.
- S’il est une question qu’il convient d’examiner avec un soin tout particulier, c’est celle du feu dans les théâtres. Le nombre des incendies qui ont éclaté dans les théâtres depuis quelques années est considérable, ainsi, de 1871 à 1880, on en compte 190. Si heureusement il n’y a eu que peu de victimes dans plusieurs de ces sinistres, beaucoup d’autres ont provoqué d’épouvantables catastrophes. Citons l’incendie du théâtre de Canton, en i8q5, dans lequel périrent 1,670 personnes, et celui du théâtre du Ring, à Vienne, en 1881, avec 1,110 victimes. L’incendie du théâtre de Nice, en France, et celui du théâtre du Ring, à Vienne, ont surtout frappé l’esprit public, et c’est depuis cette époque qu’on s’est préoccupé avec une vive ardeur des moyens à employer pour empêcher de tels désastres de« se renouveler. Un grand nombre de propositions ont été formulées ; mais il en est de cela comme de toutes choses, chaque inventeur prône son système au détriment des autres. Il appartient à l’Exposition universelle de 1889 de rassembler pour une étude comparative tous les procédés mis en avant jusqu’à ce jour, et de trancher nettement la question.
- En somme, peu de systèmes ont reçu une réelle application. Les directeurs de théâtres se contentent de dégager leur responsabilité en exécutant plus ou moins strictement l’ordonnance relative aux théâtres, cafés , concerts et autres spectacles publics, rendue le 16 mai 1881, par le préfet de police.
- Il y a quelques années on avait préconisé l’usage des procédés de M. Carteron, destinés à rendre ininflammables les costumes et les décors. Des ordonnances de police le prescrirent même. Mais les comédiens se plaignaient de ce que ces'sortes de préparations donnaient aux costumes une raideur désagréable et les décorateurs de ce qu’elles détruisaient l’effet de leurs peintures. Les procédés d’incombustibilité au silicate et autres furent abandonnés. De temps en temps on expérimente quelque système nouveau. Grâce à l’initiative de M. Garnier, de nombreux essais ont été pratiqués dans cette voie. Mais de fait aucun des procédés présentés n’a reçu une application générale. Il faudrait pour arrivera des résultats sérieux, adopter un ensemble de mesures préventives contre l’incendie tel que les architectes et les ingénieurs en ont projeté à plusieurs reprises. M. P. Chenevier a fait une étude approfondie de la question. Voici quelques-unes des améliorations qu’il conseille à ce sujet d’introduire dans l’installation scénique :
- Substitution du métal au bois dans toutes les constructions de charpente, la toiture, le gril, les dessous, ainsi que dans toutes les parties du matériel scénique pour lesquelles la légèreté du bois n’est pas indispensable, comme les chariots , les tambours, les bâtis de fermes, etc... Ne pourrait-on pas non plus remplacer levoligeage des cheminées à contre-poids par des treillages ou grillages métalliques. Les pancrelles, ponts volants, escaliers de la scène qu’il faut recouvrir de bois, car la sonorité des constructions métalliques provoque dans le mouvement de la machinerie, un bruit qui trouble la représentation, seraient à carcan de fer. On doublerait de tôle le plancher de la scène.
- Substituer généralement l’usage du mica à celui du verre que brise la flamme et employer l’éclairage électrique au lieu de l’éclairage au gaz. Rendre les bois ininflammables au moyen de l’ignifuge Martin, par exemple, et les décors en se servant dans leur fabrication de tissus en bourre de soie ou de tissus spéciaux moitié toile ordinaire, moitié toile métallique.
- Mais il ne suffit pas de diminuer par toutes ces précautions les chances d’un incendie qui peut néanmoins fatalement éclater. L’établissement même du théâtre exige des dispositions telles que le feu venant à se déclarer son action soit circonscrite. A cet effet, il faut isoler complètement les unes des autres, les différentes parties de l’édifice. C’est dans l’étude générale de la construction théâtrale qu’on traitera cette question. Mais un des objets du problème se rattache d’une façon particulière à l’aménagement scénique. Il réside dans l’installation du rideau métallique destiné à séparer la scène de la salle en cas d’incendie.
- D’Arcet, en 1825, inventa le rideau-grille à mailles de fer. Beaucoup de controverses se sont engagées à l’égard des rideaux métalliques. Le rideau à mailles a l’avantage qu’il ne rougit pas ou rougit moins vite que ,1e rideau plein de tôle, mais il n’empêche pas la fumée ni l’air de passer. On a proposé sans succès des rideaux en toile d’amiante. Enfin, en 1877, on a installé au théâtre impérial de Dresde, un rideau en tôle d’acier ondulé, qui semble combiner les avantages des rideaux métalliques pleins et des rideaux à mailles
- Ce qu’il importe, c’est que le rideau métallique soit d’un fonctionnement irréprochable. Dans plusieurs cas le feu a éclaté de telle façon qu’on n’apu faire descendre le rideau. Il faut adopter des dispositions telles que la manœuvre du rideau soit assurée, en quelque point que l’incendie se déclare et qu’elle puisse s’opérer immédiatement avec la plus grande facilité.
- La première salle de spectacle fut la pente d’une colline sur laquelle s’installa la foule, pour entendre à son aise les poètes déclamer leurs rhapsodies, ou assister aux représentations naïves données par les baladins sur les tréteaux. Quand on édifia de véritables théâtres, on commença par profiter des dispositions naturelles du terrain, et on en adossa la construction au flanc des collines, en taillant des gradins dans le roc. Tel est le théâtre de Bacchus, construit par Philon sous Pe'riclès, et qui fut le premier théâtre véritable d’Athènes. Le théâtre d’Hérode Atticus, et beaucoup d’autres théâtres grecs, furent construits sur ce principe. Enfin, les Romains élevèrent des édifices fondés sur terrain plat et dont la construction seule soutenait les étages de gradins sur lesquels s’asseyaient les spectateurs.
- La forme adoptée dans le plan de construction des théâtres fut le demi-cercle dont le diamètre correspondait à la scène. On employa aussi la forme demi-elleptique, avec la scène sur le grand axe. Le mur du pulpitum se trouvait à quelque distance de la limite des rangées de gradins. Cette disposition de gradins, en un immense amphithéâtre curviligne, permettait de rassembler un nombre considérable de spectateurs, voyant tous la scène en entier. C’est ainsi qu’on a pu réunir dans le théâtre de Scaurus une assistance de 80,000 spectateurs. Le seul inconvénient auquel il fallait obvier, était celui qui résultait de l’éloignement d’une grande partie du public de la scène, avec des enceintes d’une telle dimension. Il fallait augmenter la taille des acteurs, renforcer
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- leur voix, accentuer l’expression de leur visage. Aussi,- l’on sait que les histrions de l’antiquité étaient chaussés de cothurnes, qui les surélevaient considérablement, et avaient la tête couverte d’un masque (1), exagérant la forme des traits de la figure humaine, tandis qu’un cornet disposé dans la bouche toujours ouverte du masque, servait à l’acteur d’appareil porte-voix. D’ailleurs, on imagina bientôt de placer dans la salle des appareils qui répercutaient les voix de. façon à ce que leur son en fut perçu dans toute l’étendue de l’hémicycle. C’étaient des vases d’airain, en formes de cloches, l’ouverture tournée vers la scène et calculés de manière à vibrer à l’unisson des voix des comédiens.
- Le théâtre antique était à ciel ouvert. On dit pourtant que l’Odéon d’Athènes, édifice d’une affectation spéciale, mais de même nature que le théâtre, possédait une couverture dont la charpente avait été construite avec les mâts et les agrès des vaisseaux pris sur Xerxès à Salamine. Chez les Romains, on en vint d’une façon presque générale à recouvrir l’hémicyle d’un velarium, toile tendue avec des cordages fixés à des poteaux encastrés sur le pourtour de l’édifice.
- L’amphithéâtre se composait d’une série d’étages constitués généralement par neuf à dix gradins. Entre chacun de ces étages, il y avait des paliers pour la circulation. Le dernier étage était formé par un portique, et constituait une galerie circulaire couverte. Des escaliers taillés dans les gradins donnaient accès aux divers étages et correspondaient par des portes d’entrée et de sortie à chaque étage, à des escaliers pratiqués sous le théâtre et par lesquels pénétrait et s’écoulait la foule. D’après le témoignage des écrits des auteurs anciens, on en était arrivé à une telle perfection dans la disposition de ces dégagements, que ces publics habituels de trente à quarante mille spectateurs s’installaient et s’écoulaient avec la plus grande facilité.
- Quànt à la répartition du public, des édits la réglementèrent immuablement chez les Grecs. Le bouluptikos était affecté aux magistrats. Les jeunes gens se tenaient dans Yephebekos. Le prædrias était réservé à certains personnages de considération. Les femmes étaient reléguées dans la galerie de l’étage supérieur. A Rome, longtemps il n’exista pas de distinction de cette nature. Ce ne fut qu’en 568 que le Sénat fut séparé du peuple et eut sa place réservée dans l’orchestre. Le podium, sorte de tribunes placées de chaque côté du théâtre et analogues1 à nos avant-scènes, fut affecté d’un côté aux prêteurs et aux. duumvirs, de l’autre aux vestales. Les chevaliers obtinrent pour eux les quatorze premiers rangs de gradins. Sous Auguste, les femmes furent séparées des hommes et reléguées, comme chez les Grecs, dans la galerie du dernier étage.
- Un passage du prologue de Pœnulus de Plaute donne à croire qu’il y eut à Rome pendant un
- (1) On a longtemps cru que ces masques étaient faits en écorce d’arbre ou en bois ou en cuir doublé de toile. Les recherches archéologiques les plus récentes tendent à démontrer qu’ils étaient réellement fabriqués avec une sorte de grosse toile mise en forme et recouverte de plâtre ou d’un enduit crayeux. En somme, cela ne serait autre chose que ce que nous appelons aujourd’hui le staff, Une perruque appropriée au caractère du masque s’y adaptait.
- Il y avait un grand nombre de masques employés par le théâtre antique et tous correspondant à des types consacrés, de sorte que le public reconnaissait immédiatement le personnage représenté par l’acteur. Une trentaine de masques tragiques, une quarantaine de comiques, répartis entre les rôles de vieillards, de jeun es gens, de femmes, d’esclaves, etc., servaient d’une manière courante aux représentations. En outre, certains masques particuliers correspondant à des personnages historiques ou symboliques, étaient en usage. On parle encore de masques à deux visages ou plutôt deux profils simulant chacun une expression différente de physionomie. L’acteur se plaçait par les jeux de scène dans une position ou dans telle antre, selon celle des deux expressions que devaient rendre les traits de son visage.
- Bien que son emploi n’eut plus la raison d etre qu'il avait dans le théâtre antique, le masque fut longtemps en usage dans les représentations dramatiques de la nouvelle civilisation. Les acteurs de la comédie italienne portaient tous le masque. Presque tous l’abandonnèrent peu à peu ; il demeura pour quelques personnages, tels qu’Arlequin dont le type est encore de nos jours inséparable de ce masque noir qui lui couvre la moitié du visage. On continua, en F rance, dans la comédie nationale, à porter le masque pour certains rôles, principalement ceux de vieillards, jusqu a une époque plus avancée qu’on ne se le figure généralement. Ainsi, en 1736, on jouait encore quelques rôles sous le masque.
- certain temps des spectateurs sur la scène (1) même.
- Scortum exoletum nequis in proscenium Sedeat.
- Mais si cette coutume exista véritablement elle dut être abolie par les décrets d’’Auguste relatifs à la police intérieure et à la réglementation des places dans les théâtres.
- Vitru.ve et Pline ont, dans les descriptions qu’ils nous font du théâtre romain, laissé le souvenir de • résultats véritablement prodigieux auxquels on arriva dans la construction de ces édifices. Les travaux d’érudition qui ont été exécutés pour nous donner une image de ce qui a été accompli par l’antiquité sont hors de la portée du public ou insuffisants. Les habiles reconstitutions archéologiques présentées notamment à l’exposition de 1878 ne nous donnent en réalité qu’un faible aperçu de ce qu’était le théâtre ancien. Il serait d’un puissant intérêt à l’occasion de l’exposition de 1889 d’offrir à la curiosité générale qui s’attache à la question théâtrale un enseignement véritablement complet. Se fait-on à notre époque une idée des conceptions grandioses réalisées par les civilisations anciennes dans leurs besoins de représentations prestigieuses et de fêtes immenses de tout un peuple. S’imagine-t-on par exemple ce double théâtre de Gurion composé de deux grands théâtres placés le dos opposé à quelque distance l’un de l’autre et dans lesquels en même temps deux représentations étaient données à deux assistances de 3o,ooo spectateurs. Le drame terminé, les deux hémicycles se séparaient de leurs scènes, pivotaient sur eux-mêmes en emportant leurs spectateurs pour se rejoindre bout à bout et former un amphithéâtre colossal, les deux orchestres réunis constituant une arène dans laquelle allaient se livrer des combats de gladiateurs.
- Sans vouloir rapprocher ces exemples prodigieux, des résultats obtenus dans nos siècles de mesquinerie relative, il est de toute évidence que le théâtre, quand il fut arrivé à son apogée chez les Romains,réalisait pour ce peuple un degré de perfection en rapport avec ses goûts, ses mœurs, ses besoins que nous sommes loin d’avoir atteint en France.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- LV
- L’Italie qu’on voit et l’Italie qu’on ne voit pas, suivi delà Lettre al misogallo signore Crispi et de la Réponse à S. E. M. Nigra, par Auguste Brachet, lauréat de l’Académie française. — Edition populaire à 1 fr. G. Marpon et E. Flammarion, éditeurs.
- M. Auguste Brachet est un philologue de premier ordre dont *les travaux sont classiques en France et en Angleterre. Sa Grammaire historique de la, langue française avec une préface par E. Littré, et son Dictionnaire étymologique de la langue française, avec préface de E. Egger,sont deux modèles, deux chefs-d’œuvre de labeur patient, d’érudition curieuse, de critique sagace, de philosophie ingénieuse et neuve. La traduction avec M. Gaston Payis de la grammaire comparée des langues romaines, de M. Frédéric Diez, a achevé de mettre le sceau à la réputation et à l’autorité de M. Auguste Brachet, dont les deux maîtres livres
- (1) On sait qu’en France il fat longtemps de bon ton de prendre place sur le théâtre même. La scène était encombrée de jeunes seigneurs dont la présence devait étrangement nuire à l'illusion de l’action. Ce ne fut que grâce aux efforts de Mlle Clairon et de Lekain et surtout à l’intelligente initiative du comte de Laranguais qu’en 1759 la scène fut débarassée de ces incommodes spectateurs.
- L’usage s’est prolongé en revanche presque jusqu a nos jours de placer de chaque côté du théâtre une sentinelle fort inutile.
- Nous avons peine à nous imaginer aujourd'hui qu’on ait aussi longtemps subi de si ridicules usages et pourtant nous acceptons bien ces loges sur la scène qui, notamment à l’Opéra, produisent un effet des plus désillusionants en mettant en contact les acteurs et les spectateurs et faisant surgir ces derniers, pour ainsi dire, au milieu de la décoration, d’une très malencontreuse façon.
- que nous avons cités au début de cet article, ont été couronnés à la fois par l’Académie française et l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- Le trait distinctif de la physionomie de M. Brachet comme philologue, c’est qu’il allie à l’abondance d’exemples que lui fournit une immense lecture, une certaine ardeur d’imagination qui brille dans ses écrits d’un éclat contenu par les mâles et sévères disciplines de la probité critique et de la précision mathématique. Mais enfin, c’est un savant qui est un homme, et qui n’en rougit pas, c’est un savant qui lit les poètes et qui les aime et que les gaillardises et les mignardises de l’adorable langue du xvi° siècle qu’il sait si bien, ne trouvent pas indifférent. Ce savant ne dédaigne pas d’avoir de l’esprit, d’avoir du cœur. Ce savant n’est pas un pédant, ni un cuistre. Il n’appartient pas au type sec.. Il a quelques passions que je devine sans avoir l’honneur de le connaître. Il a la passion de la vérité, la passion de la liberté, il a la passion de la patrie. C’est un patriote dans le sens le plus haut, le plus pur, le plus noble du mot, aussi éloigné des préjugés égoïstes et aveugles, du patrouillotisme, comme disait Camille Desmoulins, entendant par là comme nous l’infatuation nationale et la fanfaronnade militaire, que des vastes tendresses et des indifférences secrètes de l’humanitarisme, qui embrasse tous les hommes pour se dispenser d’en embrasser un seul, M. Brachet est un patriote fervent mais sage et prévoyant. Il nous met en garde contre des" illusions que nous avons plus d’une fois chèrement payées. Il fait remarquer que dans l’état moral actuel de l’Europe et les conditions nouvelles où les. derniers événements l’ont placée, la politique doit être chose non de sentiment mais de raison ; qu’il serait aussi ridicule de croire à la reconnaissance, des nations que de s’indigner de leur prétendue ingratitude ; que si les individus peuvent payer tribut et faire des sacrifices à l’affection, les peuples ne le peuvent guère et en tout cas ne le font pas. Les peuples n’ont de liens entre eux que ceux de l’intérêt. Et ce que l’intérêt lie il peut aussi le délier. Ce qui brouille des amis, des parents peut encore plus facilement brouiller des peuples. Les vieilles formules de la chevalerie errante, politique et internationale dont nous sommes par générosité et aussi par vanité les derniers champions en Europe, ont fait leur temps. Il faut en finir avec la légende de la guerre pour une idée,^ de l’équilibre européen, du droit des nationalités, de l’union des races latines, avec ces traditions delà prétendue mission de la France, de sa suprématie encore plus imaginaire que la politique du jour, plus avisée, plus égoïste, plus positive, plus pratique, plus scientifique, ne regarde qu’avec le dédain qu’inspireraient des ballons crevés ou des machines démontées. Tout cela doit être mis à la remise des voitures historiques, à l’arsenal des armes de rebut.
- Ce don quichottisme historique, politique, international dont la France a la manie, a trouvé son Cervantès brutal dans ce M. de Bismarck qui se soucie du droit comme un poisson d’une pomme et a appliqué à la politique l’égoïsme féroce de la théorie darwinienne. Eh bien ! cette lutte pour l’existence qui pour les nations est aussi la lutte pour l’influence, pour le gain, pour le succès, pour le progrès, cette lutte pour l’existence qui rend soudain l’Allemagne si implacable envers la Pologne trop vivace et l’Angleterre si tendre envers l’Irlande désespérée et menaçante, préside désormais aux rapports des nations entre elles. Elle nous oblige à surveiller de près, sans haine, sans. rodomontades, sans provocations, mais sans illusions,sans complaisances,sans défaillances,le jeu politique et international de cette Italie charmante et décevante, de cette Italie qui nous doit tant mais qui déteste tant de nous devoir, et qui, sous prétexte que les dettes de cœur ne se payent pas entre nations, et que la politique n’est pas une affaire de sentiment, ne reculerait pas devant une occasion de s’affranchir de ce poids désagréable au risque de paraître ingrate aux naïfs qui croient encorè qu’il y a des affections, des bienfaits, des reconnaissances, des rancunes, en politique internationale. La politique est un jeu où il s’agit de ne pas perdre et de ne pas parier pour les maladroits et les téméraires. La politique ne tient compte que du fait,. que. du succès. Elle consiste pour un peuple à. venir opportunément au secours du plus fort. Mais on en verra de moins en moins venir au secours du plus faible. Ce n’est pas tout d’être généreux, mais encore faut-il n’être pas dupe.
- Défions-nous des surprises du cœur et des dadas de générosité. N’ayons rien de M. Berrichon, ni la vanité qui lui fait tout passer à celui qu’il a sauvé, et auquel il doit d’être un héros; ni la vanité qui lui fait prendre en haine celui qui s’est porté à son secours et l’a empêché d’être une victime. Dans l’espèce, nous n’avons pas à haïr une bienfaitrice, une libératrice dans l’Italie qui n’est pas venue à notre aide .en 1870, pas plus que nous n’avons à nous fier à sa reconnaissance et à lui tout pardonner parce que nous l’avons délivrée en 185g. D’abord elle nous répond, non sans quelque raison, que nous nous sommes payés avec Nice et la Savoie. Et Nice, la Corse, Malte, Trieste, font
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- partie de ce programme spéculatif de revendications et d’espérances nationales dont les livres d’école font assaut pour infiltrer dans l’esprit des enfants italiens, depuis quinze ans, de génération en génération, la légitimité. Cette politique de l’Italie, conforme à son génie national, à sa haine héréditaire contre la France, haine justifiée, il faut bien le dire, par le ressentiment de tant d’invasions, la jalousie artistique et la rivalité commerciale, conforme enfin à l’ambition traditionnelle de la maison de Savoie, en fait un satellite de la politique allemande qui a entraîné en effet dans son orbite tous ses ministres des affaires étrangères, surtout MM. Visconti, Venosta et Mancini.^
- Cette politique que notre conduite en Egypte et à Tunis n’a fait qu’exciter, repose sur l’idée que l’unité italienne a besoin pour être complète et durable, de la réunion de tous les pays italiens encore aux mains de hétranger, y .compris Nice et la Corse, que la Méditerranée doit être non un lac français, mais un lac italien, que la France doit être l’Autriche des races latines, et l’Italie en être la Prusse. Voilà la politique de l’Italie sa politique d’instinct et de raison, de race, de génie, d’intérêt, d’ambition, de jalousie, de rancune telle qu’elle résulte de sa tradition littéraire de Guichardin et Machiavel à Alfieri et Gioberti, telle que la trahissent ses historiens, ses journalistes, ses manuels scolaires et ses livres populaires, ses accroissements maritimes, et ses préparatifs militaires, tous dominés par ce double objectif : la domination de la Méditerranée, la traversée des Alpes. En présence de notre bienveillance indifférente, de notre prudence endormie, de notre ignorance dédaigneuse, de notre désintéressement égoïste ou boudeur des questions de politique étrangère et de l’équivoque jeu des alliances, de notre absorption parles affaires de la politique intérieure, de notre système de défense trop exclusivement préparé en vue de. l’Allemagne, et où n’entre pas assez l’hypothèse d’une diversion italienne, M. Brachet, qui connaît bien l’Italie, la politique et la littérature de notre charmante et douteuse sœur, a fait non œuvre de Cassandre italophobe, mais œuvre de sentinelle vigilante en nous criant assez tôt pour les dangers subalpins, le cavete prophétique que le colonel Stoffel nous cria trop tard, à la vue des nuages subrhénans. Il faut le féliciter, il faut le remercier d’avoir, au mépris des colères et des reproches que suscitent les gardiens trop avisés de la part de ceux qu’ils dérangent dans leurs desseins ou dans leur quiétude, fait servir une science profonde, une logique implacable aux susceptibilités et aux craintes de son patriotisme. Nous ne manquons pas de savants poètes, de savants romanciers, qui, dans les globes, les sphères, les cornues de la géographie, de l’astronomie, de la chimie, et jusque dans les bras décharnés, jusque dans le crâne entr’ouvert du squelette de démonstration, sèment ou fichent les roses de l’imagination. Remercions et félicitons le savant patriote Brachet d’avoir planté résolument au poing du squelette de ses analyses et de ses anatomies philologiques, un petit drapeau d’avertissement.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ITALIE
- exposition internationale d’appareils pour meunerie, BOULANGERIE ET LES INDUSTRIES s’y RATTACHANT, A, MILAN, EN 188".
- Un comité promoteur s’est formé pour organiser à Milan, au printemps de 1887, une exposition internationale des spécialités concernant la mouture, la panification, le travail des riz et des pâtes alimentaires; pâtisserie, chocolaterie, confiserie. (Moteurs, transmissions, chauffage et éclairage de toute espèce. Appareils _ contre l'incendie, transport,, mobilier de magasin , accessoires divers, échantillons de céréales. Publications, assurances, enseignement, installations, etc., etc.)
- Les industriels, désireux de participer à cette exposition, devront adresser une demande prélimi -naire d’admission avant le 00 avril piochain.
- La Chambre de commerce française de Milan se met à la disposition de nos compatriotes intéressés pour les renseignements qui-leur seraient nécessaires, comme pour les représenter auprès de la commission définitive et pendant la durée de 1 exposition.
- SERBIE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Les industriels étrangers qui veulent entrer en relations commerciales avec la Serbie devraient se rendre sur les lieux et se renseigner par eux-mêmes écrit le consul d’Autriche-Hongrie à Belgrade.
- "Plusieurs maisons envoient des représentants de commerce à Belgrade, a Nisch, à Semendria, et dans quelques autres villes de l’intérieur pour visiter les clients ; mais ces personnes ignorent généralement la langue serbe, et ne sont même pas capables de lire les notes commerciales : aussi se
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- trouvent-elles obligées à avoir recours aux Juifs espagnols, à des agents inférieurs, ou à quelques petites maisons de peu d’importance. Les hôtels de Belgrade étant chers, les voyageurs habitent souvent à Semlin, et perdent du temps en allées et venues. Les importateurs serbes soulèvent toutes sortes de difficultés pour obtenir une réduction plus ou moins légitime, et souvent on est amené à reporter sur le prochain compte, une portion des envois. Un représentant sur place éviterait ces difficultés, s’il était à même de se mettre en communication plus directe qu’il ne peut généralement avec les habitants, si la rémunération.qu’on lui offre était plus en rapport avec les services qu’il pourrait rendre, et s’il est à la hauteur de sa tâche. Les commerçants devraient se transporter personnellement sur les marchés, se mettre en rapport avec eux, choisir leurs agents, faire en quelque sorte leur éducation. Les dépenses de voyage ne sont pas, en somme, si considérables qu’on peut se Timaginer : ainsi, on délivre à Vienne des billets circulaires qui permettent de visiter Buda-Pest, Belgrade, Orsova, Bucharest, 1 emesvar, Szegedin en dix jours, pour un prix de 70 à 80 fr.
- ÉTATS-UNIS
- PLACEMENT DE FILS MÉTALLIQUES POUR GLOTURES.
- D’après le Deutches Handels-Archiv, on a placé aux Etats-Unis, en 1885 , 160,000 tonnes de fils métalliques pour clôtures.
- On évalue à 200,000 tonnes la quantité dont on aura besoin en 1886.
- On .pourra en trouver environ 110,000 tonnes aux Etats-Unis mêmes ; il restera donc encore 90,000 tonnes à faire venir de l’étranger.
- CHILI
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS. LEGISLATION RELATIVE AUX ÉTRANGERS.
- Au courant d’un rapport sur la situation financière , commerciale, industrielle et agricole du Chili, que publie le Moniteur officiel du commerce du 1e1' avril, le consul de Belgique à Santiago recommande d’apporter des soins particuliers à l’emballage des produits expédiés d’Europe. Il faut aussi, dit-il, se conformer scrupuleusement aux ordres reçus, sinon les marchandises seront discréditées ou refusées et l’acheteur ne s’adresse plus à la maison qui a déçu son attente. Il faut de la promptitude et de l’exactitude dans les expéditions et ne jamais oublier que, dans ces contrées, le commerce recherche les marchandises les meilleures, parce que le client est capable de les )uSer- , , .
- L’etranger n a pas besoin d autorisation pour établir sa résidence au Chili ; il a les mêmes droits civils et les mêmes obligations que le Chilien. Depuis le commencement de cette année, il existe des registres de l’état civil et les enfants nés au Chili, d’un père étranger, sont considérés comme régnicoles, même quand ils sont inscrits sur le registre d’une chancellerie étrangère.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS.
- Le consul d’Autriche Hongrie à Buenos-Aires considère que l’importation des tapis et étoffes d’ameublement offre des chances de succès dans la République Argentine. La demande de ces articles augmente chaque jour dans un pays où la froidure se fait sentir pendant l’hiver et où elle est rendue plus pénible par le mode de construction des habitations.
- Il ajoute, d’une manière générale que cette contrée, où l’industrie nationale est à peu près nulle, est un grand champ ouvert aux débouchés des industries étrangères, mais il ne faut pourtant l’aborder qu’avec les plus grandes précautions et en connaissance de cause. L’installation de succursales , non seulement à Buenos-Aires, mais aussi à Rosario qui est la deuxième place de commerce de la République Argentine, est le premier objet qu’on devrait avoir en vue, mais il faudrait y envoyer auparavant des voyageurs de commerce expérimentés. ,
- LES THÉÂTRES
- Théâtre de l’Odéon. — Le Songe d’une nuit d’été, adaptation en trois actes et huit tableaux, de M. Meurice.
- Théâtre de l’Opéra-Comique. — Le Songe d’une nuit d’été, opéra-comique en trois actes, de MM. Rosier et Leuven, musique de M. Thomas. (Reprise.)
- Théâtre du Châtelet. — Les Aventuras de M. de Crac, féerie en quatre actes et vingt-cinq tableaux, deMM.Blum et Toché. Théâtre Déjazet. — Les Trois chapeaux, comédie en trois actes, de M. Hennequin. (Reprise.)
- La direction de l’Odéon vient d’éprouver une cruelle déception. Car il est inutile de vouloir par une sorte de respect littéraire, atténuer la froideur de l’accueil qui a été fait à la célèbre féerie shakespearienne ; il faut l’avouer franchement, cette adaptation du Songe d’une nuit d’été, incomprise ou maladroite selon les avis, en tout cas, n’a pas
- Dimanche 25 Avril 1885.— 189.
- été goûtée. Et pourtant qui ne s’est écrié au sortir de la représentation d’une de ces absurdes féeries, toutes taillées sur le même patron inepte, que l’on donne actuellement: Ah ! si l’on mettait au service d’une œuvre littéraire les ressources de ces merveilleuses décorations, si l’on permettait à la poésie et à la fantaisie philosophiques de s’étendre à leur aise sous les formes capricieuses et séduisantes du drame féerique, quel régal des yeux et de l’esprit ne pourrait-on fournir à la fois à l’imagination du public ! Et voilà que prenant dans l’œuvre du maître éternel du théâtre ce rêve aérien, ce poème de grâce et de dignité qui s’appelle le Songe d’une nuit d’été, un directeur de théâtre le monte avec un luxe inimaginable de costumes et de décors, ajoute au charme de cette représentation l’enivrement d’une musique délicieuse interprétée admirablement, et le public reste froid et déconcerté. C’est à peine s’il écoute avec bienveillance cette chanson de grâce piquante et de fantaisie alerte, voltigeante, que lui gazouille le gentil lutin Puck ; c’est à peine s’il se • laisse prendre par la philosophie profonde qui se dégage de cette scène fameuse où la blonde Titania, aveuglée par un philtre d’amour, prodigue ses caresses au rustre Bottom coiffé de sa tête d’âne.
- Enfin, le succès est tellement chose de convention au théâtre. Jusqu’ici le Songe d’une nuit d’été n’avait jamais été représenté sur une scène française. Le public blasé des premières n’avait pu se faire d’avance une opinion. Il a été pris sans vert, est demeuré effaré. D’une part, le grand nom de Shakespeare, de l’autre la déception de cette représentation. Qui sait si le public ordinaire, qui entend moins malice aux choses de théâtre et qui d’ailleurs est moins saturé de cette évocation des personnages mythiques Obéron,Titania, Puck, ne se laissera pas gagner par la poésie magistrale de cette féerie et ne décidera pas d’un succès jusqu’ici trop incertain.
- Mlls Cerny est un Puck délicieux. M. Saint-Germain remplit le rôle de Bottoni avec une étonnante finesse, Mlle Weber et M. Mounet donnent au couple de Titania et d’Obéron une physionomie de héros de tragédie bien malencontreuse.
- A l’Opéra-Comique autre Songe d’une nuit d’été. Livret banal, plutôt ennuyeux, musique incomparablement inférieure à celle de Mendels-sohn et pourtant tout cela s’écoute sinon avec plaisir du moins avec beaucoup plus d’indulgence qu’à l’Odéon ! Pourquoi ?
- Le théâtre Déjazet a repris les Trois Chapeaux, la première de cette série de pièces de M. Hennequin, dans lesquelles il a élevé la folie de l’imbroglio à la hauteur d’une règle dramatique. Certes on est peut-être un peu fatigué à la fin de ces trois actes, remplis de quiproquos échevelés, de situations folles, mais on s’est amusé tellement tout le cours de la représentation, qu’on ne saurait s’en plaindre.
- La troupe de Déjazet, sans être brillante, est jenne, pleine d’entrain et de gaieté. M. Moch est réellement bien drôle.
- MM. Blum et Toché, viennent de mettre en scène d’une manière assez plaisante, les Aventures du célèbre baron de Crac. Celui-ci doit épouser la fille du baron de Munchausen ; mais ce dernier impose à son futur gendre, dont, il connaît la répua tation de hâblerie, la condition préalable de courir six mois le monde, les guerres et les aventures et de lui faire à son retour une relation Véridique de ce voyage. Si le baron de Crac se permet de forcer la vérité en quoique ce soit, tout est rompu mon gendre. Le petit Julio, rival du baron de Crac auprès de la jeune fille de Munchausen, se promet d’accompagner le voyageur, et muni du talisman que lui a donné une bonne fée de faire voir à son rival des choses si extraordinaires, que Munchausen refusera de les croire.
- Voilà le prétexte dont se sont servis MM. Blum et Toché pour nous représenter successivement les diverses aventures fameuses qui ont rendu populaires les noms de Munchausen et de Crac. La pièce se traîne un peu, car beaucoup de ces extravagances épiques n’ont pas été très heureusement utilisées; en revanche, il y a quelques épisodes véritablement bien drôles. Les trucs sont en général mal réussis, mais les décors sont superbes, les costumes très beaux, la mise en scène luxueuse. Il y a notamment un défilé qui est une chose splendide.
- M. Deshayes, qui remplit le rôle du baron de Crac, comme on pouvait s’y attendre, détonne tout le long de la pièce, en reprenant à chaque instant sa bonne voix de mélodrame dont il ne peut se passer. Dailly est la joie de la pièce. Sous les espèces de Pamphile, le fidèle domestique et compagnon de voyage de M. de Crac, c’est le Jocrisse le plus amusant, le plus franchement gai qu’on puisse imaginer. Mme Monbason lui donne la réplique avec une verve et un entrain, une finesse de diction, une grâce piquante de jeu, d’un charme irrésistible. On lui a redemandé tous ses couplets, qu’elle détaille d’une façon exquise. MUe Mary Albert est agréable sous les traits du petit Julio.
- Léon Gandillot.
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- N° 69.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Avril 188G
- LES NOUVELLES INVENTIONS
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- LES MACHINES A RÉGLER
- Les premières machines à régler le papier étaient des outils fort grossiers, ne donnant qu’un travail très médiocre. Nous croyons utiles d’en rappeler ici le principe en quelques lignes :
- Elles se composaient de deux parties distinctes ; i° une sorte de table inclinée, en forme de pupitre, portant à son extrémité supérieure un châssis retenu par une charnière ; 20 un rateau sur le bord duquel on fixait une série de plumes rigides.
- Pour régler une feuille de papier, on procédait de la manière suivante :
- On disposait sur le rateau autant de plumes que le comportait la réglure à effectuer ; ces plumes étaient simplement des bandes de cuivre de 5/10 d’épaisseur, 1 cent, de largeur et 5 cent, de longueur. Le bout était aminci, puis fendu ; on obtenait, de la. sorte, une espèce de tire-ligne. On encrait ensuite l’outil ; pour cela, on trempait le bout des plumes dans un long godet rempli d’encre bleue, grise, etc. Pendant ce temps, on avait soulevé le châssis et placé sur la table le papier à régler. — On laissait tomber le châssis, qui, par son propre poids, maintenait les feuilles de papier. On n’avait plus alors qu’à promener le rateau sur la feuille, les côtés du châssis servant de . règle. On relevait ensuite le châssis, on enlevait la feuille et l’opération recommençait. - .
- On voit combien ce travail demandait de soins, car l’ouvrier qui en était chargé éprouvait de grandes difficultés pour placer les plumes sur une même ligne et les tailler d’une façon absolument égale.
- Vinrent ensuite des machines appelées « machines.de Paris ».
- La feuille de papier passait entre un cylindre et une série de plumes ajustées encore sur un rateau mais découpées dans une seule bande de cuivre et repliées sur elles-mêmes, on obtenait ainsi une sorte de réservoir alimenté par une bande de flanelle qui baignait dans un encrier placé au niveau des plumes. On évitait bien avec ces nouvelles machines 1 ’impression à la main, mais, pour obtenir un trait fin et régulier, il fallait, à chaque instant, limer, redresser et écarter le bout des plumes.
- Ce sont ces machines qui sont encore employées dans un certain nombre de papeteries.
- Mais un grand industriel de Paris, M. H. Bris-sard, rompant avec les anciennes traditions, est parvenu, à force de recherches persévérantes, de calculs savants et de travaux incessants, à construire une machine absolument perfectionnée, qui permet de régler de 4 à 5,000 feuilles à l’heure, des deux côtés à la fois, et en une, deux ou trois couleurs !
- M. Brissard a eu l’ingénieuse idée de remplacer ]es plumes par des rondelles de cuivre dont la face extérieure va en s’amincissant et se termine par une arrête presque vive. Ces rondelles sont montées sur un axe animé d’un mouvement de rotation. On comprend aisément leur fonctionnement.
- Supposez un cylindre, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, sur lequel viennent s’appuyer les arrêtes des rondelles, montées sur un axe animé d’un mouvement de rotation en sens contraire. Supposez encore que les arrêtes soient toujours encrées. Il en résultera que si l’on fait passer une feuille de papier entre les arrêtes et le cylindre, cette feuille portera les traces des arrêtes et par suite se trouvera réglée.
- La gravure que l’on voit au milieu de cette page montre parfaitement l’ensemble de la machine si ingénieuse et si perfectionnée de M. Brissard.
- Sur la table de gauche se trouve placé le papier qui au moyen d’un mécanisme est poussé, feuille par feuille, entre la première série de rondelles et le grand cylindre inférieur. Dès lors, un côté de la feuille est déjà réglé. La feuille est maintenue contre ce cylindre à l'aide de fils tendus et suit le
- mouvement de rotation. Elle passe entre les deux gros cylindres, puis remonte le long du cylindre supérieur, passe sur une deuxième série de rondelles {qui imprime le verso), puis descend le long des fils inclinés jusqu’à la table de droite.
- Nous ne pouvons malheureusement entrer ici dans de nombreux détails, mais nous ne saurions passer sans le signaler le poussoir qui, automatiquement, fait glisser les feuilles de papier une à une. C’est un véritable instrument de précision qui fait le plus grand honneur à M. Brissard. Chaque feuille pénètre sous le cylindre avec une régularité parfaite et un ingénieux dispositif empêche que deux feuilles soient poussées en même temps. La table reçoit un mouvement vertical de montée et de descente et lorsqu’elle est chargée de la quantité voulue de feuilles de papier, elle se soulève automatiquement. En outre, une poulie extensible nécessitée par les différentes dimensions du papier à régler est destinée à transmettre un mouvement plus ou moins rapide au pousseur.
- Différents organes de cette machine, dans les détails desquels, à notre grand regret, nous ne pouvons pas entrer permettent :
- mètre seulement ou le quart de la feuille, soit que la ligne de tête ait un ou deux millimètres de large.
- 20 De régler jusqu’à jS centimètres, dimension correspondant au plus grand format.
- Pour régler un grand livre, par exemple, on dispose deux séries de rondelles à encre grise et bleue, permettant de régler le recto et le verso. Puis, quand les feuilles ont été réglées, on change les rondelles, on en prend à arrêtes plus ou moins vives, selon que le trait doit être plus ou moins gros, et on les dispose en les écartant de manière à obtenir le réglage vertical voulu. On place ces rondelles au-dessus des encriers à encre rouge. Ce travail préparatoire ou mise en train demande environ 10 ou 12 minutes.
- On peut donc dire que, dans la première heure environ, 2,000 feuilles peuvent être livrées au brochage !
- En résumé, la machine de M. Brissard n’occupe qu’une personne et fonctionne à bras, à la vapeur, ou par tout autre moteur et n’emploie qu’une force insignifiante.
- Elle prend les feuilles elle-même sans le secours du margeur et avec une grande exactitude.
- Une seule personne peut, sans être du métier, diriger quatre machines à la fois ; il suffit de quelques jours pour se mettre au courant.
- Elle est établie avec les meilleurs matériaux (fer et bronze) et est construite avec le plus grand soin; elle réalise, par sa construction spéciale, tous les perfectionnements désirables dans • l’industrie du réglage. C’est la seule machine à régler qui répond d’une manière complète aux besoins actuels ; de plus, le fini et les soins apportés à sa construction en assurent la parfaite régularité et une très longue durée.
- Les régleuses Brissard présentent sur les machines à plumes les avantagée suivants :
- i° Elles produisent une réglure plus fine, plus uniforme, plus nette et sont bien appropriées au réglage des papiers quadrillés et des papiers pour registres ;
- 20 La réglure des « travers » peut être fine au point de disparaître complètement après l’écriture ;
- 3° Les colonnes et lignes de tête se font d’une façon précise et avec toute la netteté désirable.
- Nous nous arrêtons ici en constatant un grand succès obtenu parM. Brissard: en Allemagne,plus de 200 de ses régleuses fonctionnent aujourd’hui.
- C’est là, croyons-nous, une preuve irréfutable de cette merveilleuse invention.
- Le Gérant, GARREAU
- rue de la Préfecture, 6
- i° de régler les lignes de tête et de « travers » des deux côtés, soit que l’entête prenne un centi-
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et C‘
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- Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 2 Mai 1886. NUMÉRO 70.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 •, 3. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. Echos ; 4. La rue des Nations en 1878 ; 5. Les Livres; 6. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce, vient de fixer définitivement les conditions du concours pour l’Exposition.
- Un arrêté ministériel publié sous peu, fera connaître ces conditions. Le délai assigné au concours, expirera le 25 mai, jour de la rentrée des Chambres.
- Nous n’avons pu donner dans notre dernier numéro que le résultat du vote, par la Cham-•bre des députés, du projet de loi relatif à l’Exposition de 1889.
- Nous donnons ci-dessous, à titre de document, un extrait du compte rendu de là séance du 20 avril dans laquelle a eu lieu ce vote.
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Séance du 20 avril 1886.
- SUITE DE LA DISCUSSION DU PROJET DE LOI RELATIF
- a l’exposition universelle de 1889
- M. le président. L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif à l’Exposition universelle de 1889.
- La Chambre a décidé dans sa dernière séance qu’elle passerait à la discussion des articles.
- Une disposition additionnelle à l’article 1e1’ a été présentée par M. Steenackers, laquelle se placerait après le 2® paragraphe, et qui est ainsi con-çue :
- « Il sera perçu un prix de location pour les emplacements concédés aux exposants. Un décret rendu sur le rapport du ministre du commerce en fixera les divers prix, et les gratuités qu’il pourra y avoir lieu de concéder pour les expositions des associations ouvrières, des beaux-arts et de l’agriculture. »
- Au cas où cette disposition serait adoptée, le paragraphe 3 de l’article devrait être modifié et serait ainsi conçu :
- « Les produits de cette location ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues à l’article 3 de la convention que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de 18 millions. »
- La parole est à M. Steenackers.
- M. le comte de Lanjuinais. Je la demande, monsieur le président, pour proposer le rejet de cet article.
- M. le président. Vous avez la parole.
- M. le comte de Lanjuinais. Messieurs, ainsi que vous l’a dit hier en si bons termes mon ami, M. Roulleaux-Dugage, dans la question de l’Exposition universelle nous ne nous préoccupons uniquement que des intérêts commerciaux et industriels de la France, et nous entendons laisser complètement de côté la question politique..........
- Vous savez que ces grandes exhibitions entraînent des frais considérables pour ceux qui y prennent part; eh bien, je ne crois pas qu’au moment où nous traversons une crise que personne ne peut nier, où le chômage et les diminutions de salaires menacent nos ouvriers, l’instant soit bien choisi pour augmenter les frais généraux de la production.
- Enfin, au point de ’vue financier, il me semble que l’intérêt des contribuables, dont nous avons la
- charge, nous impose le devoir de ne pas accroître, sans motifs impérieux-, les déficits de nos budgets, qui sont, comme vous le savez, déjà considérables (Très bien ! très bien! à droite).
- Je comprends très bien que les députés de la Seine se soient montrés les ardents défenseurs du projet de M. Lockroy dans les bureaux et au sein de la commission, parce que, à mes yeux, il s’agit ici, en quelque sorte, d’un projet d’intérêt local qui intéresse particulièrement le département de la Seine.
- L’intérêt ne nous paraît pas suffisant pour justifier l’inscription d’un crédit au budget de l’Etat, et d’ailleurs il n’est pas exact de dire que nous votons toujours les projets d’intérêt local.
- Messieurs, la ville de Paris rentrera très probablement dans ses avances par suite de l’accroissement du produit de son octroi, causé par l’affluence des visiteurs. La plupart de ses commerçants et de ses ouvriers verront avec plaisir dépenser des millions dont une grande partie se convertira, pour eux, en profits et en salaires. Ce sont là des intérêts respectables, je ne le conteste nullement, mais ils ne présentent pas, suivant moi, un caractère d’utilité générale suffisant pour engager les finances de l’Etat.
- Lorsqu’une crise économique intense, comme celle que nous traversons, vient ralentir le travail national, le's municipalités ont le devoir de s’imposer des sacrifices pour venir en aide à ceux qui souffrent ; mais ces sacrifices ne peuvent être que momentanés et ne doivent être faits que dans la mesure strictement indispensable. Enfin, si l’Etat est appelé à y concourir, il ne doit le faire qu’à titre de subvention et dans des cas tout à fait exceptionnels. Est-ce là ce qu’on vous demande ? Non, messieurs : il y a quinze jours, vous avez autorisé la ville de Paris à emprunter 25o millions, on vous propose aujourd’hui de sanctionner un projep de loi qui entraînera encore une dépense de plus d*e 40 millions, et, dans quelques jours, on vous demandera encore la garantie de l'Etat pour le chemin de fer métropolitain qui coûtera plus de 600 millions.
- Voilà donc qoo millions qui devront être dépensés en trois ans dans la seule ville de Paris. Gela me paraît excessif.
- Les ouvriers, de nos départements, qui se plai-gnent avec raison de manquer de travail, vont affluer sur les immenses chantiers que vous allez créer; l’étranger y apportera aussi son contingent, soyez-en certains. Eh bien, dans trois ans que ferez-vous de cette masse de travailleurs que vous aurez attirés dans la capitale ? Vous ne pourrez pas continuer à emprunter des sommes aussi considérables pour leur assurer des salaires ; et à une prospérité éphémère et tout à fait artificielle succédera une crise effroyable à laquelle vous serez incapables d’apporter un remède efficace.
- Croyez-moi, Messieurs, il en est temps encore, n’entrez pas dans une pareille voie, et repoussez avec moi le projet du gouvernement.
- M. le président. La disposition additionnelle proposée par M. Steenackers prendrait place après les deux premiers paragraphes de l’article Ier ; nous pouvons donc statuer d’abord sur ces deux paragraphes, dont M. de Lanjuinais demande le rejet; ils sont ainsi conçus :
- « Est approuvée la convention passée entre le ministre du commerce et de l’industrie représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, autorisé par la délibération du conseil municipal du 3i mars 1886,. et le gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889.
- « Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de 43 millions, prévu à l’article Ier de cette convention, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale. »
- Je consulte la Chambre.
- (La Chambre, consultée, adopte les deux premiers paragraphes de l’article Ier).
- M. le président. M. Steenackers a la parole pour développer sa disposition additionnelle.
- M. Steenackers. Messieurs, dès le début, votre commission s’est préoccupée de cette question des taxes, qui lui a paru d’une importance capitale. La première fois que M. Christophle a été entendu par la commission, je lui ai posé cette question : « Dans le cas où le gouvernement jugerait bon de faire payer une taxe aux exposants pour les emplacements qu’ils occuperont, la société de garantie aurait-elle le droit de revendiquer le produit de cette taxe pour.se couvrir? » L’honorable M. Christophle nous a répondu que cette taxe faisant recette, toutes les recettes appartenaient à la société de garantie qui prélèverait celle-là comme elle prélèverait les autres. Il a même ajouté que si la commission touchait en quoi que ce fût au projet de convention, tel qu’il était rédigé, tout serait rompu.
- La commission ayant jugé bonde maintenir ses idées sur la question de la taxe, qui lui paraissait importante, le lendemain , M. Christophle nous a déclaré qu’il cédait sur ce point, comme 11 a cédé sur d’autres. Il en résulte que plusieurs de mes collègues et moi nous en sommes encore à regretter de n’avoir pas eu un peu plus de temps devant nous, car incontestablement nous aurions au moins-obtenu d’autres avantages de la société de garantie.
- Mais ici se place une autre question, celle-là d’ordre politique, question que j’ai posée à M. le ministre du commerce et de l’industrie dans la commission. La Chambre va voter l’Exposition; le Sénat approuvera sans doute et le gouvernement sera tenu de notifier aux puissances étrangères cette résolution du Parlement.
- Or, en notifiant aux puissances étrangères que l’Exposition a lieu en 1889, il sera obligé en même temps de dire, dès l’abord, si l’ôn percevra une taxe pour les emplacements occupés par les exposants ou si ces emplacements seront gratuits.
- Voilà la question que j’ai posée à M. le ministre du commerce et que je lui pose encore à la tribune.
- L’amendement que j’ai l’honneur de présenter tranche la question d’une façon très nette, car il consiste à faire décider que dès à présent on introduira dans le projet de loi cette question des taxes.
- En voici les motifs.
- En premier lieu, la commission extra-parlementaire avait fait entrer cette prévision de la taxe pour une recette de i3 millions, et je regrette que son honorable président, M. Antonin Proust, ne vienne pas à cette tribune justifier ce chiffre et le faire valoir devant la Chambre, comme il l’avait fait accepter par la commission extra-parlementaire.
- M. Alphand, que nous avons entendu dans la commission, a estimé ce produit des taxes à 8 millions 3oo,ooo fr. En prenant le chiffre le plus bas, celui de M. Alphand, il en résulterait que les 8 millions et demi acquis à l’Etat viendraient en déduction des 17 millions que l’on demande aux contribuables.
- En second lieu, il est absolument certain que la majorité des exposants est favorable au payement de la taxe, attendu que quand un exposant a payé sa place, il est- maître d’en faire ce qu’il veut. Et remarquez, messieurs, que ce système a été suivi aux expositions d’Amsterdam, d’Anvers, devienne et de Buda-Pesth, et que tout le monde s’en est montré satisfait.
- Je ne m’expliquerais pas très bien pourquoi le Gouvernement repousserait mon amendement, qui permetterait de réduire de moitié la subvention que nous aurons à payer.
- J’appelle donc toute l’attention de la Chambre sur cette modification de l’article ier, modification qui ne change rien à l’ensemble du projet de loi lui-même, mais qui allège considérablement la part contributive qu’on nous demande de voter pour une exposition dont nous sommes- tous partisans.
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. Je suis heureux de voir, messieurs, que mon honorable collègue et ami M. Steenackers
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Mai 1886.
- a singulièrement modifié les propositions qu’il faisait tout d’abord à la commission.
- En effet, dans la première séance où j’ai, eu l’honneur de me présenter devant la commission, l’honorable M. Steenackers demandait une redevance ferme pour tous les exposants. Pour ma part, je ne suis pas — je l’ai dit à la commission, — partisan de cette redevance. Je voudrais donner en quelques mots les motifs de cette opinion à la Chambre.
- D’abord, messieurs, cette redevance imposée aux exposants serait une innovation, et une innovation, à mon sens, assez fâcheuse. Dans aucune exposition internationale tenue à Paris, il n’a été demandé de redevance aux exposants : ni en 1855, ni en 1867, ni en 1878, il n’est venu à la pensée du Gouvernement de faire payer aux exposants les emplacements occupés par eux.
- Il a paru, au contraire, qu’il était dans les traditions de la nation française, dans les traditions du
- fouvernement français, quel qu’il soit, de donner hospitalité la plus^arge, non pas seulement aux étrangers, mais encore à tous nos nationaux.
- Pourquoi manquerait-on aujourd’hui à ces traditions? Pourquoi, à cette grande date que l’on invoquait tout à l’heure, ferait-on banqueroute aux engagements que la France a pris autrefois envers tous ceux qui apportent leurs produits à ses expositions ? _ '
- On invoque l’exemple de ce qui s’est passé à Anvers. Mais je ferai remarquer à l’honorable M. Steenackers que c’est un exemple qu’il ne peut pas invoquer.
- L’exposition d’Anvers a été une petite exposition, purement particulière et qu’il est impossible de comparer à l’immense exposition que nous avons à établir aujourd’hui.
- Elle a été surtout, et j’insiste sur ce point, elle a été surtout une affaire privée : elle était due à l’initiative particulière, et il était tout naturel que les organisateurs de cette exposition cherchassent à tirer, par tous les moyens possibles, des bénéfices des exposants ou de ceux qui venaient visiter l’Exposition.
- L’Etat français peut-il se conduire de meme et peut-il faire ce qu’ont fait les organisateurs d’une exposition particulière ? Pour ma part, je ne le crois pas.
- Nous pouvons les imiter à d’autres points de vue, sans doute, mais je ne crois pas, je le répète, que l’Etat puisse faire ce qu’ont fait les négociants anversois qui ont organisé avec beaucoup d’intelligence cette exposition.
- Gomme on le faisait remarquer tout à l’heure, la société de garantie ne touchera aucun des bénéfices qui résulteraient de la location des emplacements ; c’est l’Etat seul, par conséquent, qui en profiterait.
- Eh bien, je ne crois pas, messieurs, que l’Etat qui a pour désir et pour devoir de faire réussir un grand concours international de ce genre, puisse et doive transformer l’exposition en une affaire et ne la considérer qu’à ce point de vue.
- Il y a d’autres considérations, et celles-là ne sont pas des considérations purement sentimentales et qui pourraient ne pas toucher la Chambre.
- Je disais que d’autres arguments pouvaient être invoqués en faveur du non payement des emplacements''. C’est que les recettes produites par la location des places ne seraient pas, à beaucoup près, aussi fortes qu’on nous le disait tout à l’heure. Vous avez vu, en effet, qu’on nous promettait d’abord une recette de i3 millions ; puis un homme qui est très habitué à traiter les affaires d’exposition, qui y est fort expert, avait fait tomber cette somme à 8 millions. Ceci nous prouve combien les appréciations et les prévisions sont élastiques en cette matière. Mais si on a pu chiffrer la recette, il y a quelque chose qu’on ne vous a pas chiffré, c’est la dépense que comporte la location des emplacements. Avec ce système,' l’État est obligé de se charger d’une grande partie de la décoration, de la devanture.
- Je dis, messieurs, que la décoration revient en grande partie à l’État, quand les emplacements sont loués; et que., d’après les calculs auxquels je me suis livré non pas seul, non pas avec deux ou trois personnes, mais avec toutes les personnes compétentes qu’il m’a été donné de consulter, les bénéfices que vous p'ourriez tirer de la location, étant données les charges qui incomberaient à l’Etat, n’arriveraient pas même au* chiffre minimum de 8 millions que l’on donnait tout à l’heure, mais tout au plus au chiffre d’un million ou d’un million et demi ; pas davantage.
- Nous nous trouvons maintenant en face d’une difficulté, ou plutôt d’une impossibilité dont je prie la Chambre de vouloir bien tenir très grand compte.
- Elle ne peut pas, nous ne pouvons pas, à l’avance, déterminer quels seraient les emplacements que nous ferions payer ou que nous ne ferions pas payer. Il y a là, messieurs, une question d’espèce sur laquelle le Parlement er moi-même ne pouvons pas être dès aujourd’hui fixés ; car lorsqu’on dit : « les exposants », on dit tout le monde. Eh bien, supposez qu’il se présente à l’Exposition pour demander un emplacement, et déjà je suis informé qu’il en viendra en grand nombre, une société scientifique, la société d’an-
- thropologie, par exemple, qui compte faire une magnifique exposition, est-ce que vous voudrez lu faire payer son emplacement ?
- Est-ce qu’il sera possible au Gouvernement de dire à toutes nos sociétés scientifiques, littéraires et artistiques: Vous ne pourrez exposer que si vous payez une redevance à l’Etat ? Je trouve cela impossible. Remarquez d’ailleurs, messieurs, que la commission a exprimé, par l’organe de son honorable rapporteur, le vœu auquel j’adhère pleinement en ce qui me concerne, qu’il y aura une exposition historique des progrès faits par la science et l’industrie depuis un siècle. Je dis qu’il est impossible de déterminer à l’avance si vous ferez payer des emplacements aux exposants que vous appellerez à concourir à une exposition de ce genre.
- Cette exposition historique, où rentreront certainement beaucoup de collections particulières, pourrait-elle payer une redevance à l’Etat ?
- Je le répète, cela me parait impossible ; ce serait opposer une barrière infranchissable aux organisateurs des expositions véritablement intéressantes et nous priver absolument d’une grande partie des attraits sur lesquels nous comptons pour faire affluer à l’Exposition le public européen.
- Maintenant, messieurs, faites bien attention, je vous prie, à une clause inéluctable et sur laquelle il faut que l’attention de la Chambre soit attirée.
- Savez-vous ce qu’implique d’obligation pour les exposants de payer une redevance ? Précisément ce qu’elle a impliqué dans les expositions dont on nous a parlé tout à l’henre, notamment à l’exposition d’Anvers; elle implique le droit de vendre. Lorsque vous lui aurez demandé de payer sa place, l’exposant viendra vous dire : Soit ! je payerai ma place ici comme je la paye dans un marché, mais à une condition, c’est que votre exposition sera un marché, et que là aussi je pourrai écouler mes produits.
- Qu’en résultera-t-il, messieurs ? C’est que nous verrons, au bout de peu de temps, les plus beaux produits de l’industrie, ceux-là qui attireraient certainement le public, disparaître de l’Exposition.
- L’Exposition sera déflorée, ou alors nous serons obligés d’établir à côté des magasins généraux où se trouverons des produits similaires pour remplacer ceux qui auront été emportés par la vente ; et la construction de ces magasins généraux nous rejettera dans une dépense qui sera plus considérable que les bénéfices que vous auriez pu retirer de la location des emplacements.
- Est-ce à dire, messieurs, qu’aucun emplacement ne sera loué? Est-ce à dire que je suis l’ennemi acharné et déterminé des locations? Non, assurément; et vous avez pu. voir par le projet de loi que je faisais aux locations une part extrêmement large. Je la ferai la .plus large possible, car, croyez-le bien, messieurs, nous tiendrons la main à ce que les recettes recouvrées par l’Etat atteignent le chiffre le plus élevé possible qui puisse etre réalisé.
- Nous nous efforcerons de réserver des recettes à l’Etat dans la mesure que comporte la dignité de notre pays, la dignité avec laquelle doit être conduite une entreprise de cette nature.
- Une dernière observation, messieurs. Il me semble que l’amendement déposé par . mon honorable collègue M. Steenackers a l’inconvénient immense d’empêcher les petits ouvriers, les petits fabricants, les gens pauvres d’exposer. Il les chasse de l’Exposition.
- Oui, assurément, à Anvers, on payait les emplacements, mais qui les payait? C’étaient des commerçants riches qui pouvaient faire voyager leurs marchandises, payer les frais de transports, et qui payaient l’emplacement par-dessus le marché. Cela ne comptait pas pour eux.
- Mais ici, à Paris, nous avons à nous préoccuper d’autre chose. Nous devons songer à ces petits inventeurs, à ces petits patrons, à ces ouvriers pauvres qui travaillent en chambre, et dont il faut mettre les œuvres en lumière dans une exposition nationale.
- Cet argument fût-il unique, il me semblerait suffisant pour plaider avec succès la cause de la • gratuité des emplacements. Je viens donc vous demander, messieurs, de repousser l’amendement qui vous est soumis par l’honorable M. Steenackers, de rester fidèle aux traditions françaises en matière d’expositions, et enfin de laisser au Gouvernement la liberté absolue, complète de décider quels emplacements devront être loués, et quels sont ceux, au contraire, qui devront être livrés gratuitement aux exposants,
- M. le président. M. Steenackers a la parole.
- M. Steenackers. M. le ministre, messieurs, m’a semblé faire une confusion regrettable entre l’Etat et les contribuables.
- Mon amendement ne vise qu’une économie à prévoir, une recette à réaliser, pour dégager la responsabilité que nous avons vis-à-vis des contribuables. Aussi, lorsque M. le ministre est. venu dire à la tribune que le chiffre de 8 millions que j’avançais était absolument problématique ; et que, d’après M. Alphand, il serait nécessaire de faire des frais considérables pour décorer les places concédées aux exposants, je lui répondrai en citant le rapport de l’honorable M. Jules Ro-
- che, dans lequel il est dit que ce chiffre de 8 millions est un chiffre minimum.
- Par conséquent, M. le rapporteur et M. le ministre ne sont plus d’accord.
- M. Jules Roche, rapporteur. C’est le chiffre de M. Alphand qui a été repris par la commission.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie. C’est le chiffre de la recette, mais on a oublié de chiffrer la dépense.
- M. Steenackers. M. le ministre dit que M. Alphand a chiffré les recettes, mais qu’il a oublié de chiffrer les dépenses. Nous avons discuté, dans la commission, avec M. Alphand, sur le chiffre de la dépense, et ce chiffre a été compris. Je regrette, encore une fois, que l’honorable M. Antonin Proust ne vienne pas, avec son autorité,-défendre à la tribune l’opinion de la commission extraparlementaire.
- Quand M. le ministre dit que l’administration serait obligée de décorer à ses frais les vitrines des exposants, ce n’est pas bien sérieux ; cette décoration est l’affaire des exposants qui, payant leur emplacement, se réservent d’en faire l’arrangement qui leur convient, mais à leurs frais.
- Il me semble impossible aussi que lorsque vous autorisez des exposants à vendre leurs produits dans l’Exposition même, vous ne leur fassiez pas payer la place où ils doivent forcément recueillir des bénéfices; c’est logique. Quant à ceux des exposants qui n’ont pas les moyens de payer cette place, personne de nous ne refuserait au ministre la faculté de leur donner des emplacements à titre gratuit, et je suis prêt à introduire à ce propos, dans mon amendement, une disposition toute particulière.
- M. le ministre a déclaré qu’il réservait, au ministère futur, c’est-à-dire au ministère de 1889, le droit de faire payer ou ne pas faire payer une redevance pour les emplacements. Il commet un anachronisme, car c’est précisément le ministère actuel qui, lorsque le projet de loi sera voté, devra faire savoir aux nations étrangères si leurs exposants auront à payer une redevance d’emplacement. Ce n’est pas en 1889 qu’il faudra les renseigner sur ce point important, c’est le plus tôt possible, c’est immédiatement après la' décision du Parlement.
- J’espérais que M. le ministre nous apporterait une sorte de transaction, en reconnaissant la nécessité de faire payer une redevance pour quelques emplacements et, "dafis ce cas, j’aurais retiré mon amendement, mais, en présence de sa déclaration formelle, je maintiens mon amendement et j’y. ajoute ce qui touche aux sciences. Il se trouve donc ainsi modifié :
- « Il sera perçu un prix de location pour les emplacements concédés aux exposants. Un décret rendu sur le rapport du ministre du commerce en fixera les divers prix, et les gratuités qu’il pourra y avoir lieu de concéder pour les expositions des associations ouvrières, des sciences, des beaux-arts et de l’agriculture »...
- M. le ministre du commerce et de l’industrie. Messieurs, j’insiste auprès delà Chambre pour qu’elle ne prenne pas en considération l’amendement qui lui est présenté ; l’adoption de cette disposition gênerait absolument l’organisation d’une exposition que nous avons le désir de rendre très intéressante, et à laquelle nous voulons attirer le monde entier.
- Je vous’ prie donc, messieurs,, de ne pas accepter la rédaction qu’on vous propose et de vous en fier au Gouvernement pour tirer de l’Exposition toutes les recettes honorables qui pourront être faites.
- M. le Président. Je mets aux voix la prise en considération de l’amendement de M. Steenackers.
- Pour l’adoption............ 235
- Contre..................... a63
- La Chambre des députés n’a pas adopté.
- En conséquence, je donne lecture du troisième paragraphe de l’article Ier, tel qu’il a été rédigé par la commission :
- « Les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues à l’article 5 de la convention, que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de 18,000,000 de francs. »
- Je mets aux voix ce paragraphe.
- (Le paragraphe 3 de l’article ier est mis aux voix et adopté.)
- (L’ensemble de l’article 1e1' est également mis aux voix et adopté.)
- M. le Président. « Art. 2. — L’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de 17 millions de francs.
- «’ Cette allocation sera imputée jusqu’à concurrence de la somme de 12,693,635 francs sur le prêt de 80 millions fait à l’Etat par la Banque de France en vertu de la convention du 29 mars 1878 approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- « Dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de 40 millions de francs prévue à l’article 1e1' de la convention, l’économie réalisée profiterait uniquement à l’Etat. »
- M. de Kersauson a déposé un amendement
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- Dimanche 2 Mai 1SS6. — 143.
- consistant dans la suppression du paragraphe ier de l’article 2.
- La parole est à M. de Kersauson.
- M. le comte de Kersauson. Messieurs, je demande la suppression du paragraphe 1e1' de l’article 2.
- Le paragraphe 1e1' de l’article 2 dit que l’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de 17 millions.
- C’est l’Etat, c’est-à-dire tous les contribuables de France, qui payerait, et pour la plus grosse part incontestablement, une entreprise d’un intérêt purement local ou régional si l’on veut ; car l’exposition, messieurs, — et beaucoup d’entre nous ne s.e font pas d’illusion à ce sujet, — est faite pour Paris.
- Or, député de la province, je viens défendre ici les intérêts des provinciaux, trop souvent, je ne veux pas dire sacrifiés, mais oubliés pour ceux de la ville de Paris.
- Nos populations n’ont pas, que je sache, demandé une répétition aussi fréquente d’expositions, et les pays voisins nous donnent à cet égard des exemples que nous devrions méditer.
- Et quel moment choisit-on pour nous lancer dans cette. entreprise ? Je ne m’appesantirai pas sur ce sujet, — mon honorable collègue et ami, M. de Lanjuinais, en a développé tout à l’heure les motifs,— mais je dirai que nous traversons dans ce moment-ci une crise économique, et en décrétant l’Exposition de 1889, croyez-vous conjurer cette crise ? Croyez-vous l’atténuer ? Je réponds hardiment : non !
- Pour.donner à Paris durant quelques mois une vie factice et brillante, vous allez préparer l’aggravation de la crise en province.
- Vous allez attirer sur vos chantiers des masses d’ouvriers se contentant aujourd’hui d’un modeste salaire,, et vos travaux de terrassements et de maçonnerie terminés, vous les congédierez. Et alors les uns resteront à Paris oisifs, et iis augmenteront l’armée delà misère.
- . Le travail terminé, ils resteront à Paris, et c’est là qu’est le danger. Les autres rentreront chez eux, exigeant un. salaire plus élevé, et quel que soit le parti adopté, il arrivera que vous aurez rendu à notre agriculture, qui manque de bras, qui n’a plus.d’argent, le plus mauvais des services. (Interruptions à gauche). Pour satisfaire la fantaisie d’une cité, vous aurez méconnu l’intérêt du reste de la France. (Très bien ! très bien ! à droite). Et pour ouvrir à Paris une ère de fêtes, vous aurez contribué à augmenter le malaise dans les provinces.
- Mais, messieurs, notre petit commerce de province en retirera-t-il un bénéfice quelconque ?
- Un membre à gauche. Je réponds : O.ui !
- M. le comte de Kersauson. Je réponds : Non, car tout viendra s’engloutir dans la grande ville.
- Je ne le nie pas, une exposition produit toujours, messieurs, une certaine attraction, et il se passe ceci : On veut aller à Paris, et pour cela on économise, on se prive parfois en province pour exécuter ce voyage de plaisir. Mais qui souffre alors ? Le petit commerce de la province.
- Beaucoup de chambres de commerce, consultées au.sujet du projet de loi qui vous est soumis, ont émis un avis défavorable, et en cela je trouve qu’elles se sont montrées soucieuses des intérêts des régions qu’elles représentent.
- Je dis que vous allez dépenser à Paris, et pour Paris, 17 millions, pour un intérêt général, dites-vous ? Ces dix-sept millions suffiront-ils ? Je ne le pense pas pour ma part : les exemples précédents sont un avertissement pour l’avenir ; vous allez nous demander sans tarder de nouveaux millions pour une oeuvre que vous prétendrez encore d’intérêt général :. le Métropolitain, et ce jour-là, je vous répondrai encore que c’est un intérêt purement local, l’intérêt de la ville de Paris qui n’est qu’une commune, la première commune de France, je le dis hautement, mais une commune.
- M. Michelin. Reconnaissez au moins ses droits, ou supprimez Paris.
- M. de Kersauson. Je ne sache pas que Paris soit la France entière, ce n’est qu’une fraction de la France, et en disant cela je ne puis froisser aucun de mes collègues, pas même les députés de Paris. Je vous répondrai tout à l’heure si vous voulez me permettre de finir.
- Je dis que l’exposition se fait absolument pour Paris. Dans quelles conditions le projet nous est-il soumis ; alors que vous ne pouvez nous garantir, monsieur le ministre, que l’exposition sera internationale, et, pour ma part, je ne crois pas que les paroles prononcées par M. Jules Roche à la fin de. sa réplique à. ses éloquents contradicteurs, soient pour les puissances étrangères une invitation suffisante à venir jouter avec nous?
- Nous allons exposer les modèles de notre industrie, et nous ne verrons peut-être pas ceux de l’industrie étrangère; ce sera un leurre pour nos industriels et un metier de dupes pour nous.
- Je termine en répétant que l'exposition étant faite pour Paris ne présente qu’un caractère purement local. (Protestations à gauche). Et je dis qu’en votant le projet on sacrifierait à Paris les intérêts de la province.
- M. le Président. L’amendement de M. de Kersauson consistant dans la suppression du para-
- graphe ier de l’article 2, c’est ce paragraphe i0r que je mets aux voix.
- (Le paragraphe Ier, mis aux voix, est adopté.)
- Les paragraphes 2 et 3 ainsi que l’ensemble de l’article 2 sont ensuite mis aux voix et adoptés.
- « Art. 3. — Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au delà des ^crédits alloués par la loi de finances du 8 août 1885, un crédit extraordinaire de i2,6q3,635 francs qui formera un chapitre spécial intitulé :
- N° . Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’exposition de 1889. »
- « Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent. » — (Adopté.)
- «Art. 4. — Les crédits nécessaires aux dépenses des.exercices 188;, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- « Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion.» —(Adopté.)
- « Art. 5. — Les opérations de recette et de dépense de l’exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la Cour des comptes.
- . « La subvention allouée par la ville de Paris, ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds de concours pour dépenses publiques, conformément à l’article 13 de la loi du 6 juin 1843. » — (Adopté.)
- « Art. 6— Les projets de toute nature relatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1889 seront, préalablement à leur exécution, soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie ». — (Adopté.)
- « Art. 7.— Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au Président de la République dans un rapport- qui sera publié et distribué au Sénat et à la Chambre des Députés.
- « Chaque année, un rapport publié dans les mêmes conditions fera connaître l’état d’avancement des travaux et les dépenses engagées et effectuées. » — (Adopté.)
- « Art. 8. — Les actes désignés par l’article ier, § 9 de. la loi du 28 février 1872, et passés par' le ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi, seront assujettis au droit fixe de 3 fr. » — (Adopté.)
- M. le Président. M. Laur avait présenté une disposition additionnelle, mais il l’a retirée.
- M. Le Gavrian.- Je reprends cette disposition, monsieur le président, et je demande la parole.
- M. le President. Vous avez la parole, mais tout d’abord je donne-lecture de la disposition additionnelle.
- « Article additionnel :— Le matériel employé à ^construction et à l’aménagement du Palais de l’Exposition sera exclusivement fabriqué en France.
- « Les ouvriers employés sur les chantiers de l’Exposition, soit par l’administrateur, soit par les entrepreneurs, seront exclusivement français.
- « Cètte double disposition ne sera pas applicable aux sections étrangères. »
- La parole est à M. Le Gavrian.
- M. Le Gavrian. Je m’étais associé de cœur, ainsi qu’un certain nombre de mes collègues, à i’amen-dement déposé par M. Laur, et dont M. le Président vient de vous donner lecture.
- Sans même attendre les explications de M. le ministre du commerce et de l’indüstrie, l’honorable auteur de cet amendement le retire. Je le regrette.
- Aussi, nous croyons devoir le reprendre pour notre propre compte. Car nous en aurions nous-même présenté un de même nature, s’il n’y avait pas eu satisfaction pour nous par le dépôt de celui de M. Laur.
- L’Exposition universelle internationale de 1889 ne répond.pas, je dois l’avouer sincèrement, à des besoins, ni à des aspirations bien marqués de nos départements. Elle offre divers aléa, dont l’un des plus graves est d’engager l’Etat, c’est-à-dire la France entière, dans des dépenses mal définies et peut-être plus considérable qu’on ne le pense, de créer vers Paris et pour Paris un courant factice de travail, aux dépens de la province, d’aspirer au profit de la capitale, les épargnes des départements au détriment de leur commerce local, enfin, de produire à Paris, même pendant l’année 1889, une surélévation de prix, qui amènera une crise dans les années suivantes.
- Toutes ces considérations ont une certaine valeur et ne nous font pas souhaiter bien ardemment la réalisation de cette exposition. Cependant Paris la désire, Paris l’attend avec impatience ; Paris pense qu’aussitôt qu’elle sera votée, la crise actuelle s’atténuera et ira en décroissant, et que la courbe des affaires et du travail se relèvera rapidement aux environs de cet anniversaire.
- . L’importance industrielle de Paris est trop considérable, ses désirs trop légitimes, pour que nous n’en tenions pas sérieusement compte. Nous savons d’ailleurs que, par répercussion, la prospérité
- de Paris n’est pas sans influence sur celle de nos industries et sur celle de nos ouvriers.
- Nous ferons donc volontiers à Paris le sacrifice de nos craintes et de nos objections, à une condition formelle, tracée dans l’amendement de M. Laur que nous reprenons :
- Cette condition, c’est que le sacrifice de 17 millions que l’Etat, c’est-à-dire la France, consent à s’imposer, et qui, nous l’espérons, ne sera pas dépassé, par des imprudences ou une prodigalité illégales, que ce sacrifice, dis-je, profite réellement au. travail français et parisien et à l’industrie française.
- II. ne faut pas que ces millions servent à attirer à Paris de. nombreux ouvriers étrangers, sans ouvrage, ni qu’ils.servent à atténuer la crise de nos voisins au détriment de nos travailleurs français, pour lesquels nous votons ces travaux. *
- > /I ne faut pas que les constructions qui vont s’élever au Champ-de-Mars soient faites par des entrepreneurs étrangers avec des matériaux étrangers.
- . Il faut, au contraire, que notre industrie du bâtiment, que nos forges si éprouvées, et depuis longtemps, trouvent dans ces travaux un regain de prospérité ou, tout au moins, une atténuation à la crise dont elles souffrent.
- Oui, messieurs, c’est parce que nous voulons qu’on emploie des matériaux français, des ouvriers français, c’est pour cela que nous avons repris et que nous défendons l’amendement déposé par M. Laur.
- La France produit tout ce qui est nécessaire pour l’Exposition de 1889 : aussi nous désirons qu’on ne s’adresse pas à l’étranger pour se procurer ces produits. On ne, viendra pas nier qu’il y ait en France du bois, du fer et des ouvriers pour employer ce bois et ce fer !
- Il faut qu’on emploie surtout du fer, et exclusivement du fer français, dans ces immenses hangars qui vont couvrir le Champ-de-Mars, et qu’on en proscrive autant que possible le bois qui nous vient exclusivement de Suède et de Russie.
- Il faut enfin que, votés comme ayant pour but l’atténuation de la -crise française, les travaux de l’Exposition servent réellement au travail français à tous ses degrés, et non pas au travail étranger qui s’y jetterait comme sur une proie.
- Que des considérations internationales ou chevaleresques, absolument hors de saison, ne nous fassent pas négliger de mettre dans la loi un article qui nous assure ce bienfait !
- Nous offrirons, aux nations étrangères l’hospitalité large et bienveillante de nos palais. Nous leur réservons toute liberté dans leurs sections; comme nous conservons la nôtre dans la section française. C’est tout ce que l’on peut raisonnablement nous, demander.
- Ne continuons pas à faire de la générosité internationale à outrance, en matière d’affaires. Le temps en est passé. Songeons-à nos ouvriers, à. nos industriels, à Paris' et à ses travailleurs. Efforçons-nous de leur rendre la prospérité, ou tout au. moins un travail abondant, et faisons en sorte'ainsi que l’anniversaire de 1889 ne soit pas fêté dans la misère et le manque de travail. Il y perdrait beaucoup à tous les points de vue.
- Je demande donc à la Chambre d’accepter cet amendement, qui, suivant nous, est une condition nécessaire de la loi qui vous est soumise.
- M. le Président. La parole est. à M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- M. .LE MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE.
- Messieurs, je n’ai qu’un mot à répondre à l’orateur qui descend de cette tribune.
- La Chambre peut être certaine que le Gouvernement plus que. personne se préoccupe -des intérêts du travail national... (Très bien! très bien ! à gauche et au centre), que nous lui sommes sympathiques, et qu’une des raisons qui font que nous sollicitons la Chambre de voter l’Exposition, c est précisément que nous voulons donner satisfaction au travail national et venir au secours non seulement d’industries en souffrance, mais encore d’ouvriers dans la misère.
- M. le baron des Rotours. . Je demande la parole.
- M. le Ministre. Que notre honorable collègue, comme quelques-uns de ceux qui l’ont précédé à la tribune, ne vienne pas dire, je l’en prie, que 1 Exposition est uniquement parisienne, qu’elle est uniquement faite pour Paris : c’est là une erreur profonde. Elle est faite pour la France tout entière, et ce sont nos industries métallurgiques de 1 Est, du bassin de la Loire,du Nord, qui profiteront surtout, autant et plus que Paris, des travaux qui vont se faire au Champ-de-Mars.
- M. le Gavrian. Il faudrait le stipuler.
- M.. le Ministre. Maintenant, messieurs, il ,me paraît plus qufimpossible, il me paraît dangereux de venir introduire dans un projet de loi qui institue une exposition universelle un article par lequel vous commencerez par déclarer une sorte de guerre économique aux nations que nous invitons à y prendre part.
- M. le Gavrian. L’exposition sera construite quand les étrangers arriveront.
- M. le Ministre. Il serait impolitique d’intro-
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- Dimanche 2 Mai 1886.
- 144 et 145. — Deuxième Année. — N8 70,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- I.A FAÇADE AUTRICHIENNE
- LA FAÇADE DES PAYS-BAS
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- 146. — Deuxième Année. — N° 70.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Mai 1880.
- duire une pareille clause dans la loi. Je fais donc appel à la raison et au patriotisme de la Chambre, et je la prie de vouloir bien repousser l’amendement qui lui est présenté. (Applaudissements au centre et à gauche. — Bruit à droite).
- M. le vicomte de Saizy. Les ouvriers vous remercieront !
- M. le président. M. des Rotours a la parole. _
- M. le baron des Rotours. Messieurs, si je monte à la tribune, c’est pour prendre acte des poroles de M. le ministre et pour vous demander, comme mon collègue et ami M. Le Gavrian, qu’on les inscrive dans un texte législatif.
- M. le ministre vous a dit que l’intention du Gouvernement est que les travaux de l’Exposition profitent aux industriels, aux manufacturiers français et aux ouvriers français.
- Pour qu’il en soit ainsi, il est nécessaire, il est indispensable que cette intention du ministre d’aujourd’hui soit inscrite dans la loi et qu’elle forme l’objet d’une disposition formelle.
- M. Borie. Nous avons confiance dans M. le ministre ; cela nous suffit!
- M. le baron des Rotours. Il faut que les ministres qui pourront lui succéder, d’ici 1889, et qui auront peut-être des tendances différentes, soient liés par le texte de loi que vous aurez voté.
- Tout récemment encore le ministère de la guerre insérait dans un cahier des charges une stipulation portant que les fontes fournies seraient d’origine écossaise. Tandis que nos cultivateurs ne peuvent vendre leurs produits, il tire de l’étranger ses approvisionnements de blé et d’avoine.
- Le ministre des travaux publics vient d’approuver la concession à une compagnie belge de tramways en Tunisie.
- La compagnie des chemins de fer départementaux vient de s’approvisionner, pour les chemins de fer de la Corse, de matériel étranger.
- Ces errements déplorables sont relevés dans le journal le Travail national du 4 avril 1886. Voulez-vous qu’ils puissent se renouveler ?
- Je réponds à l’objection que faisait tout à l’heure M. le ministre quand il disait : Notre Exposition est internationale ; or, dans une Exposition internationale, nous ne pouvons pas proscrire les produits étrangers.
- A partir de cette époque, messieurs, l’exposition devient-elle internationale ? C’est à partir de son ouverture, mais tant qu’elle n’est pas ouverte alors qu’il s’agit de construire les bâtiments qui doivent la renfermer, le Gouvernement français exécute une œuvre exclusivement française, avec les fonds des contribuables français.
- Or, messieurs, celui qui paye a le droit de commander.
- Le ministre français a seul le droit d’approuver les plans, d’arrêter les cahiers des charges.
- Dans ces cahiers des charges, il dépend de lui que les matériaux et engins utilisés seront d’origine française.
- L’exercice d’un droit incontestable ne saurait exciter les susceptibilités des nations étrangères.
- J'insiste donc pour que la Chambre introduise dans la loi la disposition proposée par M. Laur et reprise par M. Le Gavrian.
- Elle constitue la seule sauvegarde -efficace du travail national français. En l’absence de cette disposition, nous ne saurions voter le projet de loi.
- M. le Président. Je mets aux voix la disposition additionnelle.
- M. Jules Roche. La commission repousse l’amendement.
- M. le Président. La commission et le Gouvernement repoussent l’amendement.
- M. Georges Roche. Je demande le vote séparé sur les deux paragraphes de l’amendement, qui concernent, le premier, le matériel, et le second, les ouvriers.
- M. le Président. La division demandée est de droit. Je mets aux voix le premier paragraphe de l’amendement.
- « Le matériel employé à la construction et à l’aménagement du palais de l’Exposition sera exclusivement fabriqué en France. »
- Pour l’adoption.................... 198
- Contre............................. 298
- La Chambre des députés n’a pas adopté.
- M. le Président. Maintient-on la suite de l’amendement.
- Voix à droite. Oui! oui!
- M. le Président. Le premier paragraphe n’a pas été adopté par la Chambre. Le second paragraphe est ainsi conçu :
- « Les ouvriers employés sur les chantiers de l’Exposition soit par l’administrateur, soit par les entrepreneurs seront exclusivement français. »
- L’amendement comportait un troisième paragraphe ainsi conçu :
- « Cette double disposition ne sera pas applicable aux sections étrangères. »
- . 11 y aurait évidemment lieu maintenant, si le second paragraphe était adopté, de rédiger ainsi le suivant : « Cette disposition ne sera pas appli-cible aux sections étrangères. »
- Je mets aux voix le deuxième paragraphe dont je viens de donner lecture.
- Pour l’adoption..... 199
- Contre.............. 2 77
- La Chambre des députés n’a pas adopté.
- M. le Président. Je consulte la Chambre sur l’ensemble du projet.
- M. Renard (Léon). Je demande la parole sur l’ensemble du projet de loi.
- M. le Président. Vous avez la parole.'
- M. Renard (Léon). Messieurs, je ne vais pas revenir sur une discussion qui est close; je désire purement et simplement expliquer mon vote et celui d’un certain nombre de mes amis.
- Ceux qui, comme moi, ont envisagé la question de l’Exposition, en dehors de toute préoccupation politique, qui ne l’ont discutée qu’au point de vue financier, qui n’ont fait que mettre en parallèle l’intérêt delà ville de Paris, la première ville de France, et les intérêts du reste de la France, ceux-là étaient disposés à voter le projet présenté pour l’Exposition, à la condition que nos industries, si cruellement éprouvées, y pussent trouver un petit élément de reprise.
- Eh bien, messieurs , voùs venez de repousser, non seulement l’emploi exclusif des ouvriers français, — et dans une certaine mesure, je puis comprendre vos scrupules à cet égard à l’occasion d’une exposition universelle et internationale, — mais vous venez de repousser,, en outre, pour la construction du palais, l’emploi de matériaux exclusivement français. C’est le seul moyen, messieurs, je le répète, de nous faire accepter une dépense de 17 millions dont l’Exposition va grever le contribuable.
- Dans ces conditions, nous ne pourrons, à regret, voter le projet qui nous est présenté.
- M. le ministre du commerce et de l’industrie. Je crois devoir répondre deux mots à l’objection qui pour la troisième ou quatrième fois est apportée à cette tribune. Non, il n’est pas exact de dire que la province ne profitera pas des travaux de l’Exposition, puisque, comme je l’ai affirmé déjà, c’est à la métallurgie du Nord, de l’Est, du bassin de la Loire...
- Voix à gauche. De toute la France!
- M. le ministre... de la France tout entière qu’on demandera le matériel des travaux à exécuter à l’Exposition.
- M. Le Gavrian. Les offres présentées par des étrangers dans les adjudications seront-elles répoussées ?
- M. le ministre. Il n’est pas exact de dire que la Chambre a refusé de donner des encouragements au travail national et de s’adresser à lui ; le gouvernement a dit le contraire.
- Je répète ce que j’ai dit tout à l’heure: il y a certaines dispositions, certains amendements, qui ne doivent, qui ne peuvent pas figurer dans la loi.
- Vous pouvez, messieurs, avoir confiance dans le Gouvernement -pour sauvegarder dans la mesure légitime les intérêts du travail et des industries nationales.
- M. Renard (Léon). Je crois comprendre par les explications que l’honorable ministre du commerce et de l’industrie vient de nous donner, que si on n’a pas inséré dans la loi une clause prescrivant l’emploi exclusif de matériaux français pour la construction de l’Exposition, M. le ministre prend toutefois devant la Chambre l’engagement de s’adresser à l’industrie française pour tous les produits qui seront nécessaires. Si c’est dans ce sens que je dois interpréter les paroles de M. le ministre, je retirerai ce que j’ai dit, et, voyant dans ces grands travaux un encouragement et un allègement pour nos industries, je voterai le projet du Gouvernement.
- M. le ministre me permet-il, pour bien préciser, de lui poser la question que je lui entendais adresser, il y a un instant, d’un côté de la Chambre ? Repoussera-t-il les adjudicataires étrangers ?
- M. le ministre du commerce et de l’industrie. Je n’ai rien à préciser après le vote de la Chambre, ni rien à ajouter.
- M. Renard (Léon). Dans ces conditions nous ne pouvons pas voter le projet de loi.
- M. le. Président. Comme le projet de loi contient une ouverture de crédit, il doit être procédé sur l’ensemble à un vote par scrutin.
- Il va être procédé à ce scrutin.
- Voici le résultat du dépouillement du scrutin:
- Nombre des votants................. 473
- Majorité absolue................... 2J7
- Pour l’adoption............ 3q5
- Contre..................... 128
- La Chambre des députés a adopté. (Applaudissements à gauche.)
- HÎH»-®-
- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- On sait que le Conseil municipal a réservé pour une discussion ultérieure toutes les questions relatives à l’exécution des travaux de l’Exposition. Cette discussion portera sur quatre points principaux : réduction des heures de travail, application de la série de la ville pour les salaires, suppression du marchandage, organisation des ateliers en régie. Tous les amendements présentés au cours de la délibération du Conseil se réfèrent à ces quatre chefs: celui de M. Mesureur, qui ne préjuge rien, laisse le champ libre aux amendements Vaillant et Cernesson qui, dans des termes différents, préconisent les mêmes mesures.
- M. Vaillant et quelques-uns de ses collègues, représentants du parti ouvrier à l’Hô,tel de Ville, ne consentent à aucune concession et maintiennent leur opinion jusque dans ses extrêmes conséquences. Ils prétendent que la ville, traitant de pair avec l’Etat et avec la Société de garantie, a le droit de poser, sinon le pouvoir de faire adopter ses conditions. Les garanties du travail sont une de ces conditions : au même titre que, par exemple, la non-participation aux pertes possibles, ce doit être une clause sine quâ non du contrat. Pas de garanties, pas de subvention, nul concours aux dépenses des fêtes projetées, une réserve complète ou plutôt une Exposition particulière en face de l’Exposition universelle, les travailleurs en face des capitalistes, le conflit perpétuel, aigu, critique des deux éléments de la production. Les conseillers socialistes espèrent bien que l’un des deux cédera: bien entendu ce ne sera pas l’élément ouvrier ; sans cela leur thèse n’aboutirait qu’à de piteux résultats.
- M. Cernesson et la plupart des autonomistes croient nécessaire d’affirmer les désirs du Conseil, sans en faire une condition absolue de son concours. Les garanties qu’ils réclament sont d’ailleurs les mêmes que celles réclamées par M. Vaillant. Ils comprennent cependant que, dans une entreprise comme celle d’une Exposition où le succès, purement aléatoire, dépend de la bonne volonté de tous, tous doivent être ménagés dans leurs légitimes susceptibilités comme dans leurs préjugés ou leurs prétentions rétrogrades. La France a besoin des autres nations, l’Etat a besoin de la Société de garantie : or les autres nations, où l’édifice capitaliste est encore entier et la Société de garantie qui s’efforce de réparer les brèches faites à fa vieille organisation de l’industrie, ne verraient évidemment pas d’un bon œil l’introduction de mesures aussi révolutionnaires dans un régime de travaux de cette nature et de cette portée. Les unes ne viendraient chez nous que contraintes et forcées, n’obéissant qu’à leur intérêt immédiat et se bornant aux strictes relations du commerce : — l’autre refuserait ses fonds, sèmerait la défiance chez les gros industriels et commerçants français et ferait avorter l’affaire avant même qu’elle ne fût conclue. Tel est le raisonnement, tout opportuniste, des radicaux de bon sens du Conseil municipal.
- Mais ici ils se divisent en deux groupes, les uns restant sensés jusqu’au bout, les autres ne pouvant s’empêcher de mêler un grain de... folie à leur bon sens. Les premiers sont d’accord pour que le Conseil ne manifeste ses intentions au point de vue du travail, que par un vœu dont l’Etat tiendra le compte qu’il voudra, dans la mesure des convenances et des possibilités. Les seconds ne veulent appliquer ce vœu qu’aux travaux exécutés sur la part de l’Etat et sur celle de la Société de garantie ; ils entendent au reste que le Conseil prenne des décisions fermes en ce qui concerne l’exécution des travaux entrepris à l’aide de sa quote-part dans le budget de l’Exposition.
- Ainsi, voilà des gens qui font'un contrat, en vue d’une opération strictement déterminée, avec des personnes nettement définies, lesquelles personnes sont même parties principales dans l’affaire et qui veulent annuler ce contrat par l’opposition de ses clauses, par la contradiction de ses articles, par la faculté qu’ils y inscrivent pour eux seuls de le violer quand il leur plaira. Ils prétendent garder toute leur liberté et confisquer celle des autres. Çà toujours été, d’ailleurs, la marque du libéralisme extrême. Le contrat tient pour tous, sauf pour eux; ils sont à la fois associés et non associés; ils acceptent certaines conditions, repoussent les autres, agissent à part et, dans l’entreprise commune, ne consultent qu’eux-mêmes. Ni hommes, ni femmes, rien qu’autonomistes.
- Les deux partis sont presque ausslforts l’un que l’autre: qui les départagera? La droite qui, dans ce vote, comme dans tous les votes relatifs à l’Exposition, a mis dans la balance le poids de ses dix voix. La droite, chose curieuse, votera en faveur de l’Exposition, c’est-à-dire en faveur de la République, alors que des républicains voteront contre une entreprise qui doit être l’honneur du gouvernement qu’ils défendent.
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- Deuxième Année. — N° 70.
- Quoi qu’il en soit, le Conseil votera' probablement sous forme de vœu les quatre mesures que nous avons citées au commencement de cet article, plus ou moins modifiées par les amendements qui seront introduits au cours des débats. Que valent-elles en elles-mêmes et quel sera leur effet pratique, c’est ce que nous allons étudier sommairement, car il est bien certain que l’Etat, ne fût-ce que pour en montrer le danger, en fera quelques expériences restreintes et que la ville, dans tous les travaux qui lui appartiendront exclusivement, devra s’y conformer, si elles sont adoptées.
- D’abord réduction de la journée : les uns proposent 8 heures, sur la demande même des ouvriers ; les autres 9 heures comme en Angleterre ; d’autres se contentent de 10 heures, comme à Paris. Tous sont d’accord pour compter le temps par semaine et non par jour, pour vouloir 48, 54 ou 60 heures, c’est-à-dire le travail pendant 6 jours, avec un jour de repos hebdomadaire. C’est là le progrès : un jour de repos suffit pour délasser l’homme des plus rudes travaux de la semaine. 11 est bien entendu qu’il restera possible de faire, comme aujourd’hui, des heures supplémentaires. Les ouvriers prétendent qu’en évitant ainsi le surmenage, iis feront mieux et plus vite, et en somme produiront dans de meilleures conditions. A l’avenir de juger.
- Application des prix de ’la série et régie. Ces-deux termes s’appellent l’un l’autre, aucune adjudication n’étant possible si les rabais ne portent plus surtout sur les salaires ; maintenir ceux-ci à un taux fixe. C’est donc interdire ceux-là. Là encore, malgré un accroissement de dépense immédiat, patent, les novateurs espèrent qu’il y aura compensation à cause de la meilleure exécution, de la diminution des frais d’entretien qui en résultera, etc... etc... Je crains bien qu’il n’y ait là un leurre dont les finances de la ville souffriront toutes les premières.
- Quant à la suppression du marchandage, on se fonde, pour la réclamer, sur un décret du i5 mars 1848, qui n’a jamais reçu son application. En théorie, ce serait une chose excellente ; en pratique, c’est une chose presque irréalisable. Même dans les travaux en régie, pour certains métiers, il sera impossible d’empêcher le compagnon, par exemple, de ne pas payer le manœuvre comme il l’entend : il y a là un contrat individuel dans lequel il semble que personne ne puisse intervenir. Difficultés sur difficultés, dépenses sur dépenses, voilà en somme ce que nous pouvons prévoir de l’application des nouvelles mesures et ce que nous souhaitons d’ailleurs de ne point apprendre par l’expérience.
- ÉCHOS
- Paris
- Voici les noms des concurrents pour le grand prix de Rome (peinture) admis en loge après les deux épreuves préliminaires :
- 1° Lavalley, élève de MM. Cabanel1 et Maillot ;
- 2° Danger, élève de MM. Gérôme et A. Millet;
- 3° Tollet, élève deM. Cabanel;
- 4° Lebayle, élève de MM. Cabanel et Millet;
- 5° Botirgonnier, élève de MM. Cabanel et Falguière :
- 6° Millochau, élève de MM. Cabanel et Feyen-Perrin ;
- 7° Charpentier, élève de MM. Bouguereau et T. Robert-Fleury. 1
- 8° Verdier, élève de MM. J. Lefebvre, Maillard et Boulanger ;
- 9° Sinibaldi, élève de M. Cabanel ;
- 10° Cabane, élève de MM. Bouguereau et T. Robert-Fleury.
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- Voici également les noms des concurrents pour le grand prix de sculpture ; ce sont MM.
- 1° Deman, élève deM. Cavelier.
- 2° Capellaro, élève de MM. Dumont, Thomas et Bonnassieux.
- 3° Félix Charpentier, élève de M. Cavelier.
- 4° Larcher, élève de MM. Jouffroy, Falguière et Chapu.
- 5° Gauquie, élève de M. Cavelier.
- 6° Gasq, élève de MM. Jouffroy et Falguière.
- 7° Convers, élève de M. Cavelier.
- 8° Verdet, élève de M. Cavelier.
- 9° Desvergnes, élève de MM. Thomas et Chapu.
- 10° Chavalliaud, élève de MM. Jouffroy, Falguière et Roubaud jeune.
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- Les expositions flottantes, sur lesquelles d’intéressants détails ont paru dans ces colonnes, sont à l’ordre du jour.
- M. Laur vient de soumettre à M. le ministre de la marine une proposition de loi ayant pour objet de créer, avec les navires de l’État mis hors de service, une flotte' de musées commerciaux destinée à porter dans tous les ports étrangers les échantillons du commerce français et les voyageurs de nos maisons de commerce.
- M. Laur a fait connaître en même temps à l’ami-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 Dimanche 2 Mai i885. — 147.
- ral Aube que l’Allemagne retire les plus grands avantages d’une organisation de ce genre.
- Le ministre de la marine s’est montré disposé à recueillir l’idée de M. Laur et l’a invité à adresser une note dans le sens de sa proposition.
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- Une exposition des œuvres d’un grand artiste, de François Bonvin, doit s’ouvrir prochainement à la galerie Rothschild, 3, rue Scribe.
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- Un concours est ouvert à Paris pour l’érection, à Alais, d’une statue à Jean-Baptiste Dumas. Cette statue aura 2m60 à 2m8Ü de proportion. Elle sera en bronze. Toute liberté est, d’ailleurs, laissée aux concurrents pour représenter l’illustre savant.
- Le terme du concours est fixé au 1er août 1886; à cette époque, les concurrents devront présenter une esquisse modelée, comprenant la figure et son piédestal orné de bas-reliefs. Le personnage de cette esquisse aura au moins 0m40 de proportion. On joindra, au projet en relief, des dessins et un devis estimatif de tout le monument, ce devis ne devant pas dépasser la somme totale do 40,000 francs.
- Il est accordé trois mois aux concurrents pour l’exécution des esquisses. Ce délai commencera à partir du 1er mai 1886.
- Les esquisses seront exposées à Paris, à l’école des beaux-arts. Elles devront être adressées, avec les devis, à M. le directeur de l’école.
- Les esquisses régulièrement inscrites seront exposées pendant quatre jours avant le jugement, et pendant deux jours après. Les dates de cette double exposition et celle du jugement définitif seront ultérieurement fixées. Eiles ne dépasseront pas le mois d’août.
- Le jugement sera rendu par un jury composé du Comité de Paris, de cinq délégués du Comité d’Alais, auxquels seront adjoints cinq artistes élus par les concurrents, savoir : quatre sculpteurs et un architecte. A cet effet, chaque concurrent déposera en même temps que son ouvrage et sous' pli cacheté, un bulletin de vote signé de son nom.
- Le jury sera présidé par le Président du Comité de Paris. Le jugement sera rendu à la majorité des voix. En cas de partage, la voix du Président sera prépondérante.
- Une somme de 40,000 francs est affectée à l’exécution de la statue et du piédestal.
- L’artiste classé le premier pourra être chargé de l’exécution du monument. Indépendamment du prix, il y aura deux mentions honorables : à la première sera attribuée une prime de 1,000 francs; à la seconde, une prime de 500 francs. Dans le cas où l’artiste classé le premier ne serait pas chargé de l’exécution du monument, il recevrait une indemnité de 1,500 francs.
- Les esquisses devront être retirées le lendemain delà clôture de l’exposition. Les frais d’envoi et de retour resteront à la charge des concurrents.
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- L’exposition des fleurs, organisée par la Société nationale d’horticulture de France, qui, chaque année, fait courir les Parisiens et surtout les Parisiennes, aura lieu du 11 au 16 mai aux Champs-Elysées.
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- M. Gaston Roullet, peintre du département de la marine qui avait été le printemps dernier envoyé en mission au Tonkin, vient de rentrer en France. Il rapporte de ces contrées lointaines où jamais jusqu’à présent aucun artiste européen n’avait pénétré, une importante série d’études, avec lesquelles il a l’intention de faire l’hiver prochain une exposition spéciale qui présentera le plus haut intérêt.
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- ETRANGER
- Allemagne
- La réalisation des projets d’exposition industrielle à Berlin pour 1888, est maintenant assurée, d’une façon tout à fait définitive.
- L’emplacement choisi par le comité local provisoire, sous réserve de l’approbation des autorités municipales est, comme on le sait, le Treptow-Parle.
- M. de Forckenbeck, premier bourgmestre de Berlin et président de là Commission exécutive, s’occupe d’organiser les comités de direction et l’administration tout entière.
- De pleins pouvoirs lui ont été conférés dans ce but.
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- Une exposition internationale des races ovines aura lieu à Neubrandenburg, les 17 et 18 mai.
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- Du 30 mai au 1er juin, exposition générale agricole de la Basse-Lusace, à Spremberg.
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- Autriche-Hongrie
- Le deuxième congrès international concernant la navigation fluviale siégera à Vienne, du 15 au 19 juin, sous le patronage du prince impérial.
- Ce congrès étudiera les quatre questions suivantes : 1° valeur économique des voies fluviales ; 2° profil normal des canaux et dimensions des constructions des voies fluviales artificielles ; 3° organisation de l’exploitation des voies fluviales ; 4° construction des canaux maritimes.
- Des spécialistes allemands, français et belges assisteront aux séances du congrès en qualité de rapporteurs.
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- Les expositions et concours d’animaux gras, organisés à Vienne par la société impériale et royale d’agriculture, ont eu lieu dans cette ville, au marché municipal des bestiaux, du 16 au 18 avril, ainsi que nous l’avions annoncé.
- Il y avait trois sections principales, réservées respectivement aux races bovine, ovine et porcine, plus une quatrième section, celle des machines et instruments d’agriculture. Les exposants étaient moins nombreux qu’aux précédentes expositions.
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- Colonie du Gap
- L’honorable J. Gordon Sprigg, trésorier général de la colonie anglaise du Cap, représentera cette colonie, en qualité de membre de la commission exécutive, à l’exposition des Indes et des colonies, de Londres.
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- Belgique
- La sixième exposition internationale et triennale des beaux-arts, organisée à Namur par le Cercle artistique et littéraire, avec le généreux concours du gouvernement de la province et de l’administration communale, s’ouvrira le 20 juin 1886.
- Tous les artistes belges et étrangers sont invités à y prendre part.
- Les acquisitions réalisées au Salon de 1883, soit par des particuliers, soit pour la tombola ou pour le musée de la ville de Namur, sont au nombre de 62.
- 235 œuvres ont été acquises pendant les cinq expositions précédentes, elles représentent une valeur d’environ 220,000.
- Ces chiffres s’imposent à l’attention des artistes.
- La clôture étant fixée au 15 juillet, les œuvres ayant figuré au Salon namurois pourront, le cas échéant, être adressées en temps utile à l’exposition de Gand.
- Les autres dispositions réglementaires seront incessamment portées à la connaissance des intéressés.
- Pour tous renseignements, s’adressera M. J. Trépagne, secrétaire de l’Exposition des Beaux-Arts, à Namur.
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- États-Unis
- L’exposition des impressionnistes français organisée par Durand-Ruel dans les galeries de l’association artistique américaine, à New-York a été inaugurée avec un très grand succès, le 9 avril.
- Citons parmi les artistes dont les œuvres figurent à cette exposition : Manet, Pisarro, Degas, Boudin, Serret, Desboutins, Huguet, Lepine, Flameng, Renoir, Sisley, Forain, Roli,.Caillebotte, Guillaumin, Mouzot, Signac, Melin, Seurat, Mon-tenard, Chenu, Benassit, Bisnard, Dumaresquand Lerolle.
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- Une importante exposition artistique aura lieu ces jours-ci à New-York.
- LÀ RUE DES NATIONS, EN 1878
- LJ FJÇJDE AUTRICHIENNE
- La façade de l’Autriche-Hongrie était simple d’aspect, mais elle ne manquait ni de grandeur ni de majesté. Son architecte avait eu en vue non pas l’architecture autrichienne ou hongroise, mais le vestibule d’un palais des beaux arts. C’est en effet aux arts qu’était consacré cet ensemble de deux pavillons carrés, unis par une colonnade. Ces deux pavillons, celui du Nord renfermant les bureaux de la commission hongroise, celui du Sud contenant ceux de la commission autrichienne étaient en pierres, percés de trois fenêtres très simples au rez-de-chaussée et à l’unique étage. Ils n’avaient pas de toiture apparente, mais étaient couronnés par une balustrade en pierre. La colonnade qui les réunissait formait un portique de neuf arcades dont chaque retombée de voûte venait s’appuyer sur un entablement que supportaient deux colonnes accouplées.
- L’ornementation de cette construction consistait en rinceaux, festons et figures allégoriques, peints en grisaille sur fond blanc.
- Au-dessus de cet attique, que couronne une frise également ornementée noir sur blanc, se dressaient des statues allégoriques des arts, de la science, de l’histoire, etc.
- Enfin, du côté autrichien, s’élevait un grand mât jaune et noir, au sommet duquel flottait le pavillon autrichien. A l’extrémité opposée un mât semblable
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 Mai 1886.
- portait le drapeau hongrois. Gomme on le voit la dualité hongroise était nettement indiquée. La monarchie ne possédait qu’un seul bâtiment, mais chaque nation y joussait d’un local spécial et les deux expositions ne se confondaient nullement. La colonnade soutenait un portique formant en quelque sorte le vestibule de l’Exposition austro-hongroise. Dans ce vestibule étaient exposés quelques statues : Michel-Ange, Beethoven, Albert Durer, etc. En outre étaient exposés des plans et des aquarelles de monuments existant ou projetés en Autriche et en Hongrie, parmi lesquels une vue d’opéra, alors projeté et aujourd’hui construit à Budapest, et la restauration du château du célèbre hongrois Jean Hunyade, le légendaire héros.
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- LA FAÇADE DES PAYS-BAS
- La façade hippique des Pays-Bas n’était pas fantaisiste ; c’était la reproduction diminuée de l’hôtel de ville de La Ilaye, édifice Renaissance qui remonte à 1581. L’édifice était bâti en brique et en pierre blanche. Il comprenait un rez-de-chaussée monté sur soubassement de pierre grise. La porte principale était au centre du corps de logis, encadrée par deux colonnes à base^sculptée et surmontée*d’un fronton. Les deux fenêtres étaient en voûte allongée et surbaissée, en anse de panier, construite en brique alternant avec la pierre blanche ; elles étaient à] croisée de pierres et garnies de petites vitres. Le premier étage était séparé du rez-de-chaussée par une moulure de très forte saillie, considérée par tous les connaisseurs comme un beau travail d’ornementiste.
- En retrait de ce corps de logis dans lequel se trouvaient la salle des anciens échevins et les bureaux de la municipalité de la ville, se trouvait le beffroi, sorte de grande tour carrée surmontée •d’une plate forme et d’un campanile à double étage. Cette construction était remarquable non seulement par l’originalité de son architecte mais par cette.union des plus heureuses de la pierre avec la brique, mais aussi par le fini et la variété des sculptures qui se distribuaient à la base, et le long des colonnes, encadrant les fenêtres, décorant les clefs de voûtes, agrémentant les corniches et étaient si bien distribuées que malgré leur abondance, il n’en résultait ni surcharge, ni lourdeur dans l’aspect de l’édifice.
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- LES LIVRES
- LVI
- Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, par la comtesse d’ARMAiLLÈ. — Paris, Librairie académiqne Perrin et Cie, libraires-éditeurs; in-18. .
- Mme la comtesse d’Armaillé appartient à la famille de Ségur et contribue pour sa part à maintenir. l’éclat littéraire que cette famille privilégiée ajoute à son éclat militaire. Il y a ainsi en France quelques. familles. où le don, le talent, le goût d’écrire se transmettent héréditairement. La maison de Ségur qui' a compté des maréchaux, des généraux, des évêques parmi ses membres, y a compté aussi plus d’un écrivain; Le comte de Ségur, fils du maréchal, ministre de la guerre sous Louis XVI, fût le digne partenaire de conversation du prince de Ligne, son rival et même, de l’aveu modeste de son ami, son supérieur dans l’art de tourner une lettre, une épigramme, un madrigal, ou de renvoyer le volant d’un dialogue étincelant d’esprit. Il a laissé des Mémoires des plus intéressants et des plus piquants. Il a laissé aussi de nombreux ouvrages d’histoire fort appréciés, au mérite et au succès desquels n’a pas nui la collaboration dévouée de sa digne femme, petite-fille de d’Aguesseau.
- Le frère du diplomate historien, moraliste, écrivain dramatique, ancien ambassadeur auprès de la grande Catherine, échappé à l’émigration et à la Terreur, puis sous l’Empire législateur, conseiller d’Etat, académicien, grand maître des cérémonies, sénateur en i8i3, pair de France, sous la Restauration, fut aussi un homme d’esprit, de talent, de goût, auteur aussi de jolies pièces, de chansons charmantes et de l’intéressante et piquante galerie morale intitulée : Les Femmes, leur condition et leur influence dans l’ordre social, chez les différents peuples anciens et modernes. C’est lui qui disait à propos de son frère : « Je pourrais en être jaloux; j’aime mieux en être fier. » Le fils du premier, le neveu du second fut le général Philippe de Ségur, académicien, auteur de curieux Mémoires et de ce chef-d’œuvre d’histoire et de littérature militaire qui s’appelle : La Campagne de 1812 et la grande armée, récit digne du sujet et où passe un souffle épique. Mme la comtesse de Ségur, née Rostopschine? M. Anatole de Ségur, biographe de Rostopschine et auteur de Fables ingénieuses, sinon originales dans un genre voué, depuis Lafontaine et Florian, à l’imitation, Mme la comtesse de Pitray, née de Ségur ; enfin Mme la comtesse d’Armaillé également née de Ségur, ont dignement soutenu cette réputation littéraire de leur maison, et continué cette tradition héréditaire de talent littéraire bientôt interrompue chez les La Rochefoucauld, les Ligne, les Château-
- briand, toujours florissante chez les Ségur, les Broglie, les d’Haussonville.
- Mme d’Armaillé, qui a déjà consacré des ouvrages remarquables et remarqués par l’abondance de l’information, le tour heureux du récit, la délicatesse des sentiments, la finesse des aperçus à Catherine de Bourbon, sœur d’Henri IV, à Marie-Thérèse et Marie-Antoinette, à la reine Marie Leczinska, devait être attirée par cette figure de Mme Elisabeth, sœur de Louis XVI, pieuse comme cette autre sœur la reine Clotilde de Sardaigne dont la mémoire est vénérée en Piémont comme celle d’une sainte, mais de plus qu’elle douée de toutes les qualités qui manquèrent aussi fatalement à ce roi si mal placé sur le trône,, à l’heure des prévoyances et des énergies de l’homme d’Etat, qui n’eut que des vertus d’homme privé, et pas une vertu de prince. Mme Elisabeth, au contraire, avec la richesse de sang, l’éclat de teint, la raucité de voix, la brusquerie d’allures qui marquent la décadence bourbonnienne chez elle comme elles la marqueront encore plus chez sa nièce la duchesse d’Angoulême, avait gardé de l’héritage d’Henri IV, quelques-uns des traits de cette populaire physionomie qu’elle partageait avec le comte d’Artois. Sans être une lettrée, une académicienne comme le comte de Provence, elle était instruite, la solidité de son esprit n’en excluait pas la grâce. Elle était d’un tempérament vif, bientôt contenu par les disciplines de l’éducation et de la piété.
- Cette piété n’était pas sèche, égoïste, mais tendre. Elle n’eut d’autres passions que celles de la nature, de l’amitié, de la charité. Elle se porta à tous les dévouements avec une ardeur généreuse, qui eut son jour héroïque. Elle eut son Trianon, sans rien de frivole dans Montreuil. Elle eut deux amies dignes d’elle dans Mmc de Bombelles et Mme de Causans. Elle sauva Marie-Antoinette au 20 juin.. Pendant le voyage, de Varennes, elle frappa Barnave de pitié et Pétion de respect. Elle fut la Providence du Temple. Elle mourut sur l’échafaud avec une fierté et une pudeur angéliques. Elle fut, au dire de Napoléon, au dire de son frère Lucien qui écrit d’elle « cet ange qui porta sur la terre le nom d’Elisabeth » la victime la plus innocente et la plus inutile de la Révolution, contre laquelle elle n’avait rien fait qu’en souffrir dans ses affections, plus encore que dans ses idées. Car son bon sens lui avait donné la prévoyance des événements et. sa foi en Dieu les lui faisait considérer comme inévitables et surtout comme expiatoires. C’est cette raison, c’est cette foi qui donnent parfois à ses prévisions l’intuition prophétique, et la font, parfois d’avance, parler de la Révolution comme de Maistre. Prête à tous les sacrifices, elle a toutes les résignations comme elle a toutes les clairvoyances, comme elle aurait eu, dans une place moins effacée, toutes les énergies. Examinée et étudiée à ces divers points de. vue sa correspondance avec l’abbé de Lubersac, avec ses frères, avec ses amies de prédilection, Mmede Bombelles et Mme de Causans, est pleine de révélations saisissantes et de décisives lumières., M?”6 la comtesse d’Armaillé en a tiré avec, sa sagacité habituelle un très habile parti. Elle s’efface volontiers devant son héroïne. Elle laisse parler le plus qu’elle le peut celle qui eut agi, si elle l’avait pu, avec la même intrépidité, le même dévouement et plus de succès que Marie-Antoinette, à qui sa qualité d’étrangère, de parente des chefs de la coalition faisait tant de tort. Mais dans ce choix, dans cette coordination des traits caractéristiques, il y a le goût, la main d’une artiste. Il y a aussi et surtout, l’esprit et le cœur d’une femme. Et quand cette femme est Mme d’Armaillé, nous ne pouvons que la féliciter et la remercier de cet ouvrage qui, malgré les mérites de M. de Beauchesne, ne pouvait être dignement écrit que par une femme. Il fallait la main d’une femme pour écrire le meilleur récit qui existe de la vie et de la mort de cette femme caractéristique, héroïque qui fut Mme Elisabeth.
- M. de Lescure.
- La 24e livraison de la Grande Encyclopédie (prix 1 fr.), vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 12, rue St-Georges. Elle contient notamment les mots Alais (intéressants détails sur le bassin houiller), Alaska (territoire d’), Albanie (importants articles géographiques), Albe (duc d’) et Albert (biographies historiques) et de nombreuses illustrations. .
- LES THÉÂTRES
- Gymnase. — Le Bonheur conjugal, comédie en trois actes de M. Albin Valabrêgue.
- Porttî Saint-Martin. — Patrie ! , drame en cinq actes et huit tableaux de M. Sardou. (Reprise.)
- Palais-Royal. — La Perche, comédie-vaudeville en trois actes de MM. Jules Prével et Marot.
- A la représentation de la très amusante comédie que vient de donner le Gymnase, on vient tout à coup de s’apercevoir de ^importance qu'a definitivement conquise dans la littérature dramatique la
- physionomie de M. Valabrêgue. Il est évident que le nom de M. Valabrêgue est un de ceux qui sont destinés à remplacer ceux des bons faiseurs du jour, dont la réputation commence à décliner. Jusqu’ici il n’a en rien tenté de secouer le joug des règles hiératiques, d’introduire quelque innovation dans la formule traditionnelle, il fait de la comédie dans le genre de celle de ses prédécesseurs et de la comédie gaie, mouvementée, spirituelle, avec une pointe d’observation , témoin le Bonheur conjugal. Les époux Bonneval ont déjà marié deux de leurs filles et vont donner la troisième à un charmant jeune homme, quand les deux jeunes femmes se brouillent avec leurs maris et reviennent en même temps chez leurs parents. Effarement, scandale, tohu-bohu et finalement refus de la petite dernière Bonneval de se marier puisque c’est cela le bonheur conjugal. Bien entendu les brouilles provenaient de motifs futiles, et au fond les ménages séparés s’adorent et brûlent de se rejoindre. Tous les personnages reconnaîtront leurs vrais sentiments quand leur jalousie à chacun aura été suffisamment excitée par une lettre qui tombe successivement entre toutes les mains. Cette lettre est le nœud d’une intrigue échevelée remplie de poursuites, de quiproquos, le tout très ingénieusement combiné et irrésistiblement gai. Enfin tout s’explique et chacun retombe dans les bras de sa chacune.
- M. Landrol joue avec sa finesse consciencieuse Ordinaire le rôle du père Bonneval. M. Noblet dessine très plaisamment son personnage. M. Romain est trop grave, Mme Grivot, toujours excellente comédienne, Mmes Magnier et Darlaud sont charmantes à voir et agréables à entendre, Mlle Netty s’est taillé un succès personnel très mérité dans son petit rôle de soubrette.
- La fameuse pièce de Patrie est le seul drame de M. Sardou dont on puisse comprendre et excuser l’hyperbolique, succès. Ce drame saillit, en effet, dans l’œuvre de M. Sardou, de tout le relief d’un poème puissant et passionné au milieu de conceptions laborieuses et fatigantes. Dans Patrie nous n’avons plus affaire à des fantoches de convention mais à des êtres d’os et de chair. Rysoor, le duc d’Albe, ces si différentes figures ne sont chargées ni l’un ni l’autre et représentent admirablement l’une la bonté et le patriotisme, l’autre la cruauté et le fanatisme. Dolorès c’est l’amour fougueux indomptable, sacrifiant tout à lui-même avec une logique folie. Il n’est pas jusqu’à ce personnage de la Trémouille à qui l’on ne passe un peu d’outrance dans son caractère de témérité chevaleresque devant l’aisance, l’esprit, l’impertinence de cette piquante physionomie. Que d’épisodes remarquablement présentés, que de traits impressionnants dans l’enveloppe de l’intrigue, cette partie accessoire du drame qui en devient la partie importante, l’image de l’oppression espagnole dans les Flandres, le tableau des convulsions d’un peuple agonisant. Dans Patrie les ficelles sont en petit nombre et servent à relier des scènes d’un grand pathétique ou d’une puissante horreur tragique.
- M. Dumaine a retrouvé son grand succès de jadis dans le rôle de Rysoor, ce héros qui sacrifie' sa jalousie d’époux outragé à son amour.pour la. patrie. M. Marais dans le rôle de Karloo a montré sa fougue de jeu momentanée et ses qualités d’énergie sobre qui la tempèrent, comme d’habitude. M. Conet a très bien composé son personnage' du duc d’Albe. M.. Volney ne donne pas au duc de la Trémouille le caractère d’élégance raffinée et de. bravoure cavalière qui Je distingue.' Mme Tessan-dier est très fatale et très dramatique dans le rôle de Dolorès, cette femme de feu .
- Le Palais-Royal vient de donner une nouvelle pièce très suffisamment gaie. Trois amis, Pimpol, Barentin et Popinot, se sont réunis en fraternelle association pour se tendre réciproquement la perche, à charge de revanche, quand l’un aurâ besoin des secours des autres. Par un concours de circonstances compliqué, il résulte de ce statu quo que Pimpol est obligé d’endosser la responsabilité d’une gifle donnée par Popinot à un certain marquis de Rio-Tinto. D’autre part, il se substitue à la personne de son ami Me Barentin, notaire, aux yeux d’une demoiselle Hermosa que ce tabellion a séduite en se faisant passer pour le comte de Pousournant : Mais il existe un vrai comte de Pousournant ; mais le malheureux Pimpol est suivi, surveillé, par une jeune Anglaise, jalouse avant la lettre, à laquelle il est fiancé. Voici la situation ; elle est un peu embrouillée. Les auteurs se plaisent à l’embrouiller encore davantage au second acte au moyen d’une série de quiproquos assez comiques pour la dénouer au troisième acte. Il était temps, car ces imbroglio éternels fatiguent rapidement.
- M. Daubray est superbe. MM. Calvin et Pellerin sont comme d’habitude d’une gaîté un peu forcée ,etMUe Davray est toujours très jolie femme. M11® Lavigne est extrêmement amusante sous les traits de l’Anglaise.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et G'% rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
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- DE
- EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 9 Mai 1886.
- NUMÉRO 71.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2- L’Exposition et le Conseil municipal; 3. Une Exposition à New-York, en 1889; 4. Liste des récompenses obtenues par la France à l’Exposition du nord, du centre et du sud de l’Amérique; 5. Le Salon de 1886 ; 6. Le Métropolitain ; 7. La rue des Nations, en 1878 ; 8. Exposition organisée par la Société nationale des sciences et des arts industriels ; 9. Projet d’une Exposition ouvrière internationale ; 10. Echos; 11. L’émission de l’emprunt; 12. Historique des Expositions; i3. Les Livres; 14. Les Théâtres ; i5. Les nouvelles inventions.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ARRÊTÉ
- RÉGLANT LES CONDITIONS DU CONCOURS EN VUE DE L’EXPOSITION
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu le décret du 8 novembre 1884, instituant une Exposition universelle à Paris en 1889 ;
- Vu la loi du Ier août 1885, portant ouverture d’un crédit pour les études préparatoires des projets relatifs à l’Exposition de 1889,
- Arrête :
- Art. ier. — Il est ouvert un concours en vue de l’Exposition de 1889.
- Ce concours de dispositions générales a pour objet de provoquer la manifestation d’idées d’ensemble, d’en faciliter la comparaison et d’en dégager le meilleur parti à adopter.
- Art. 2. — Sont admis à prendre part au concours tous les ingénieurs et architectes français, sous la seule condition de justifier de leur nationalité lors du dépôt de leurs projets.
- Art. 3. — L’Exposition universelle pourra englober les terrains suivants :
- i° Le palais de l’Industrie et les jardins avoisinants ;
- 20 L’esplanade des Invalides ;
- 3° Le Champ-de-Mars et son square ;
- 40 Les quais et les berges compris entre l’esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars.
- L’esplanade et les jardins des Champs-Elysées seront reliés par un pont provisoire ou par tout autre moyen.
- Art. 4. — La surface horizontale utilisable des bâtiments sera de 291,000 mètres au total, y compris le Ier étage du palais de l’Industrie, compté pour 20,000 mètres. (Le rez-de-chaussée de ce dernier palais sera entièrement réservé aux fêtes, aux réceptions et à la distribution des récompenses).
- Art. 5. — La surface de 291,000 mètres ci-dessus indiquée se subdivisera comme suit:
- i° 32,000 mètres environ pour les beaux-arts ;
- 20 2 5,ooo mètres environ pour l’agriculture ;
- 3° 6,000 mètres environ pour les colonies ;
- 40 90,000 mètres environ pour les machines ;
- 5° "118,000 mètres environ pour l’exposition des divers autres groupes.
- Dans ce total de 291,000 mètres entreraient en compte les surfaces que les concurrents jugeraient à propos de distribuer en premier étage.
- Art. 6. — Il sera ménagé autour des bâtiments affectés à l’exposition des colonies un espace libre et découvert d’environ 70,000 mètres pour l’installation de kiosques, tentes, pavillons particuliers, etc.
- Art. 7.—Toute latitude est d’ailleurs laissée aux concurrents pour l’emplacement à affecter à chacune des parties.
- En aucun cas, il ne pourra être prévu de construction sur le jardin public du Champ-de-Mars, qui sera englobé par l’Exposition dans son état actuel.
- Art. 8. — Les constructions principales seront entièrement établies en fer, avec remplissage en briques, maçonnerie, stuff, etc.
- Art. 9.— Les concurrents devront étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour en fer à base carrée, de 125 mètres de côté à la base et de 3oo mètres de hauteur.
- Ils feront figurer cette tour sur le plan du Champ-de-Mars, et s’ils le jugent convenable, ils pourront présenter en variante un autre plan sans ladite tour.
- Art. 10. — Les concurrents devront fournir obligatoirement :
- i° Un plan général d’ensemble à l'échelle de i/5,ooo;
- 20 Un plan d’ensemble du Champ-de-Mars à l’échelle d’un millimètre pour mètre, avec la tour;
- 3° Des façades, coupes ou vues à l’échelle de 0,002 pour mètre.
- Ils pourront, en outre, comme il a été dit à l’article 9, présenter facultativement:
- i° Une variante du plan du Champ-de-Mars sans la tour, à 0,001 pour mètre ;
- 20 Des plans, coupes, façades et vues des autres parties de l’Exposition à la meme échelle de 0,001 pour mètre. 1
- Art. 11. — Afin de faciliter l’appréciation des projets et d’assurer la sincérité du concours, tous les dessins et documents autres que ceux énumérés ci-dessus ou à des échelles supérieures à celles indiquées seront rigoureusement refusés et écartés de l'exposition publique des projets et du concours.
- Art. 12. — Les concurrents devront signer leurs projets et les déposer, tendus sur châssis, le 18 mai, de neuf heures du matin à sept heures du soir, à l’hôtel de ville de Paris (salle des fêtes). Passé cette heure, il ne sera plus reçu aucun projet.
- Art. i3. — Ces projets seront exposés publiquement pendant quatre jours, du 19 au 22 mai, et immédiatement soumis au jugement d’une commission qui sera nommée et présidée par le ministre.
- Art. 14. — Cette commission examinera et jugera ces divers projets au point de vue de l’aspect décoratif et des dispositions générales.
- Elle pourra accorder :
- 3 primes de 4,000 fr.
- 3 primes de 2,000 fr.
- 6 prirfies de 1,000 fr.
- Art. i5. — Les auteurs des projets ainsi primés seront seuls admis à participer, s’il y a lieu, à un concours- ultérieur.
- Art. 16. — Le ministre du commerce et de l’industrie se réserve absolument de disposer à son gré des projets primés.
- Par le fait même de prendre part au concours, les concurrents acceptent cette condition expresse.
- L’administration réserve intégralement l’examen et la solution de toutes les questions relatives soit à l’établissement du projet définitif, soit à la direction et à l’exécution des travaux.
- Art. 17. — A partir du lundi 3 mai, les concurrents pourront s’adresser au ministère du commerce et de l’industrie (quai d’Orsay, 2 5), tous les jours, de dix heures à midi et de deux heures à six heures, pour demander : Lun exemplaire du présent arrêté ; 20 un plan général des terrains à l’échelle de i/5,ooo ; 3° un plan du Champ-de-Mars à l’échelle de 0,001.
- Les mêmes documents seront immédiatement envoyés à tous les concurrents des départements qui en feront la demande au ministère du commerce et de l’industrie (direction du cabinet et du personnel, quai d’Orsay, 25).
- Paris, le ier mai 1886.
- Édouard Lockroy.
- Plusieurs journaux ont annoncé que que le ministre du commerce du commerce avait nommé deux directeurs pour l’Exposition et ont indiqué les noms des titulaires de ces fonctions.
- Ces informations sont absolument inexactes.. M. Edouard Lockroy n’a fait encore aucune nomination et il le pouvait d’autant moins que le projet de loi relatif à l’Exposition n’est voté que par la Chambre, et qu’il devra, à la reprise de la.session parlementaire, être soumis aux délibérations du Sénat.
- Le ministre du commerce s’occupe seulement de régler l’organisation du personnel supérieur de l’Exposition.
- Il est décidé, comme nous l’avons déjà dit, qu’il n’y aura pas de commissaire général de l’Exposition.
- Le ministre aura la direction supérieure de l’Exposition ; il y aura sous son autorité directe trois directeurs :
- Un directeur de la construction ;
- Un directeur de l’exploitation ;
- Un directeur de la comptabilité.
- Il reste à décider s’il y aura un directeur des beaux-arts.
- Au-dessous du ministre et de ces directeurs généraux fonctionnera la grande commission de l’Exposition, dont le nombre des membres variera entre 200 et 3oo.
- Ajoutons qué l’intention du ministre du commerce est de créer trois missions chargées de recruter des adhérents à l’Exposition, la première dans les départements, la seconde à l’étranger et la troisième dans les pays de protectorat français.
- Ce projet d’organisation, qui est presque terminé, sera arrêté définitivement au retour de M. Lockroy, en ce moment à Londres, comme on le sait, et qui rentrera à Paris au commencement de la semaine prochaine.
- Les nominations aux diverses fonctions que comporte l’organisation du personnel supérieur de l’Exposition n’aura lieu qu’après le vote par le Sénat du projet de loi déjà voté par la Chambre des députés.
- L’affluence d’architectes et d’ingénieurs français qui se présentent journellement pour prendre connaissance des conditions du concours pour l’Exposition indique que ce concours sera fort brillant.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Au moment où la question du chemin de fer Métropolitain entre dans une phase nouvelle et semble être sur le point d’aboutir, il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’en 1878, un projet, dressé par M. Huet, sous-directeur des travaux de la ville, fut exposé dans le pavillon de la ville, et de voir, par comparaison avec le projet du gouvernement, récemment déposé à la Chambre, et avec le projet du Conseil municipal et du Conseil général de la Seine, votés naguère, par ces deux assemblées, quelles modifications successives ont subies le tracé et la méthode d’exécution de cette ligne aujourd’hui reconnue indispensable.
- Voici tout d’abord les renseignements que nous trouvons sur le projet de M. Huet dans le catalogue des objets exposés parla ville et par le département en 1878.
- Dans une délibération, en date du 24 novembre 1875, le Conseil général du département de la Seine avait indiqué qu’un réseau de chemins de fer métropolitains pour la capitale « devait, autant que possible, rattacher les gares des grandes lignes avec le centre de Paris et les Halles centrales, et se prêter à un service de messageries et au service des marchandises dans certaines directions principales. »
- Le projet étudié pour satisfaire à ce programme comporte une gare centrale placée sous le jardin du Palais-Royal. Vers cette gare viennent converger quatre lignes métropolitaines qui se détachent soit du chemin de fer de Ceinture, soit des lignes de la banlieue, et qui desservent toutes les gares intérieures de la capitale, ainsi que les Halles centrales. Une cinquième ligne prolonge jusqu’à la gare d’Orléans, à travers les quartiers de la rive gauche, le chemin de fer des Moulineaux au pon* de l’Alma, concédé à la Compagnie de l’Ouest. Le chemin de fer de Ceinture rentre tout naturellement dans ce réseau et le complète.
- La première ligne se détache du chemin de fer de Ceinture (rive droite), à la station des Bati-gnolles, dessert la gare St-Lazare, la place du Nouvel-Opéra, la place de la Bourse et aboutit au Palais-Royal (gare centrale).
- La deuxième ligne se détache du chemin de fer de Ceinture (rive gauche), à la station de Gentilly,
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- i5o. — Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai 18S6.
- dessert la gare de Sceaux et la gare Montparnasse, la place Saint-Germain-des-Prés, passe sous la Seine au Carrousel et aboutit au Palais-Royal.
- La troisième ligne se détache du chemin de fer de Vincennes à l’avenue Daumesnil, dessert la gare du chemin de fer de Lyon, la place Mazas,la place de la Bastille, la place du Château-d’Eau, la rue Turbigo, les Halles centrales et aboutit au Palais-Royal!! Cette ligne comporte un embranchement qui s’en détache à l’extrémité du boulevard Bourdon, sur le quai Henri IV, et franchit la Seine pour desservir la gare d’Orléans et se relier aux voies de cette gare derrière la Salpêtrière.
- La quatrième ligne se détache du chemin de fer de Ceinture (rive droite), à la station du boulevard Ornano, dessert les gares du Nord et de l’Est, suit le boulevard Sébastopol et se confond avec la précédente dans la rue Turbigo, avant les Halles. La possibilité d’un embranchement desservant les Halles au point de vue spécial de l’approvisionnement est réservée dans les dispositions de cette ligne.
- La cinquième ligne prolonge le chemin de fer des Moulineaux,-suit le quai d’Orsay, le boulevard Saint-Germain, la rue des Ecoles, le quai Saint-Bernard et se rattache à l’embranchement de la troisième ligne vers la gare d’Orléans. Elle coupe aussi la deuxième ligne à la place Saint-Germain-des-Prés.
- Ces cinq lignes s’étendent en souterrain, ou plutôt en tranchée couverte, sur la plus grande partie de leur parcours. Toutefois les longueurs continues placées dans ces conditions sont autant que possible réduites : la plus longue, qui se trouve sur la ligne d’Ornano-Ceinture au Palais-Royal, n’a que 2,320 mètres alors que le métropolitain railway de Londres compte un souterrain de 3,230 mètres. Des cheminées d’aérage sont ménagées dans tous les carrefours.
- Le passage sous la Seine de la ligne de Gentilly-Ceinture au Palais-Royal, nécessitait le remplacement du souterrain à deux voies par deux souterrains à une voie. Leur exécution devait coïncider avec la construction des piles du nouveau pont projeté du Carrousel.
- Les culées de ce pont, ainsi que ses deux piles de 5 mètres d’épaisseur et de 36 mètres de longueur totale, devaient être descendues dans des caissons en tôle, au moyen de l’air comprimé, à 11 mètres en contre-bas de l’étiage. Le passage des deux galeries à une voie de la ligne métropolitaine y était réservé. Puis, successivement, d’une pile à l’autre et d’une culée à la pile correspondante, en draguant l’emplacement de deux tubes -en tôle de 6 mètres, environ de diamètre. Les joints devaient être calfatés et un revêtement intérieur en briques, de i5 à 20 centimètres d’épaisseur, devait suivre la section du tunnel à une voie.
- Dans ce projet, les stations établies sous les rues de moins de 20 mètres, n’ont que 14 mètres de largeur avec deux quais de 3 mètres chacun. Sous les voies de 3o mètres et plus de largeur, les quais ont 4 mètres au minimum et la couverture de la station est formée de deux voûtes reposant sur une pile intermédiaire évidée placée entre les deux voies du métropolitain. Chacun des deux quais est mis, autant que possible, en rapport direct avec l’extérieur. Leur .longueur est de 100 mètres ; leur hauteur d’un mètre environ, de telle sorte que les voyageurs entrent dans les wagons ou en sortent de plain-pied. Cette disposition est obligatoire pour un chemin de fer métropolitain sur lequel, les stations étant très nombreuses et très rapprochées, il faut que le temps d’arrêt à chacune d’elles.soit extrêmement court.
- L’ensemble de ses cinq lignes présente une longueur totale de 28,000 mètres, sur laquelle 1,170 mètres sont communs à deux de ces lignes et les dépenses d’établissement des 26,83o mètres de chemin à construire s’élevaient, d’après les estimations sommaires, à la somme totale de 139 millions, soit 6 millions environ par kilomètre.
- Un réseau de chemins de fer métropolitains ayant pour but principal de dégager la circulation dé la capitale en détournant le mouvement intérieur qui se fait par les omnibus et les voitures de place, son exploitation doit être organisée en vue de satisfaire aux besoins desservis aujourd’hui d’une manière insuffisante par ces moyens de •transports ; c’est-à-dire qu’elle doit avoir pour base des tarifs peu élevés et des trains d’un petit nombre de voitures, se succédant dans chaque sens, à très court intervalle, marchant aussi rapidement que possible entre les stations, et ne comportant qu’une perte de temps très faible à chacune d’elles, soit, un arrêt très court et la diminution, par l’emploi de freins puissants, du temps de ralentissement à son approche.
- Les trains, dans le projet de M. Huet, devaient se succéder dans chaque sens, de dix minutes en dix minutes et permettre aux lignes de Vincennes, de l’Ouest et d’Orléans de faire pénétrer une partie de leurs trains sur le réseau métropolitain jusqu’à la gare centrale du Palais-Royal. Le réseau métropolitain assurera, en outre, le passage, pour les Halles, des trains de marée et des trains de viande.
- Cependant ^approvisionnement complet des halles ne paraît pas etre une idée pratique que
- l’on puisse jamais réaliser. Les halles ne constituent pas un centre anonyme auquel sont adressées les denrées qui y affluent chaque matin. Elles comprennent un grand nombre de destinataires entre lesquels doit être répartie la masse des arrivages. Cette répartition implique un triage qui se fera toujours plus facilement dans chacune des grandes gares, en même temps que se remplissent les formalités d’octroi, qu’aux halles mêmes, où l’espace est restreint et où l’encombrement sera d’autant plus considérable qu’elles devront remplacer à elles seules les quatre ou cinq gares de triage actuelles.
- Pour en finir avec ce projet, disons que la gare centrale du Palais-Royal devait s’étendre à 6 mètres 80 environ en contre-bas du sol du jardin. On y accédait par la galerie d’Orléans dont les bâtiments, du côté du jardin, devaient être affectés aux bureaux de distribution des billets, aux salles d’attente, aux escaliers d’accès, etc...
- Des quais de 100 mètres de longueur et de 6 mètres de largeur bordent les voies, et des escaliers sont installés à leurs deux extrémités : les uns aboutissent à la galerie d’Orléans ou à la salle d’attente, en passant sous la petite galerie comprise entre les bâtiments et le jardin, galerie formant passage indépendant de la gare; les autres aboutissent à une passerelle jetée au-dessus des voies et reliant entre eux les quatre quais d’embarquement.
- Tel est l’ensemble de ce projet fort ingénieux et auquel on ne peut guère reprocher que deux choses : son exécution presque entièrement en souterrain, et le défaut de communication directe entre les grandes gares.
- Nous étudierons prochainement et dans ses rapports avec l’Exposition de 1889 le projet adopté par le Conseil municipal et par le Conseil général.
- Enfin, nous plaçant au même point de vue, nous comparerons ce projet et le projet de M. Huet au projet actuel du gouvernement.
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- UNE EXPOSITION A NEW-YORK
- « célébrer à Philadelphie le centième anniversaire « de la signature de la Déclaration d’Indépen-« dance subsiste avec la même force quand il <; s’agit d’installer l’Exposition projetée à New-« York, ou du moins dans ses environs. Car c’est « là qu’eut lieu l’inauguration de là première pré-« sidence des Etats-Unis.
- « Mais une autre raison s’ajoute à celle que « nous avons indiquée en faveur de New-York, et « la voici : les chances de succès, pécuniaire et « autre, sont plus grandes là que partout ailleurs. « Cette ville est la capitale sociale, commerciale « etindustrielle.de la nation. Elle possède (car « Brooklyn en fait partie), plus de deux fois la « population de toute autre cité, la région qui « l’entoure est la plus populeuse, la plus riche « en communications soit par terre, soit par eau, « ses ressources enfin au point de vue de la vie et « des amusements, — il s’agit ici des hôtels, théâ-« très, etc. — sont les plus étendues.
- « C’est de plus le point terminus de presque « toutes les lignes de steamers transatlantiques et « le centre auquel se réfère l’esprit des étrangers « lorsqu’ils songent à l’Amérique. Le groupe im-« portant de ses hommes d’affaires, ses vastes « richesses, lui permettent d’assumer, avec une a aisance qu’il serait impossible de rencontrer « ailleurs, les responsabilités qu’entraîne une aussi « grande entreprise. Enfin, exposants et visiteurs « préfèrent New-York, et les uns et les autres « viendront en plus grand nombre là que partout « ailleurs. Choisir un autre endroit serait donc « une funeste erreur. »
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- LISTE DES RÉCOMPENSES
- Obtenues par la France
- A L’EXPOSITION DU NORD, DU CENTRE ET DU SUD DE L’AMÉRIQUE
- H ors Concours :
- EIM 1 53 53 ES
- Il serait, parait-il, question, ainsi qu’on va le voir par les lignes suivantes, d’organiser à New-York, une grande Exposition universelle et internationale destinée à célébrer le centenaire de la présidence de la République aux Etats-Unis, comme l’Exposition de Philadelphie avait rappelé en 1876 le centième anniversaire de l’émancipation des colonies anglaises d’Amérique et la déclaration de leur indépendance. Il semblerait qu’une concurrence intempestive dût résulter pour notre Exposition de 1889 du fait de cette décision peu motivée.
- Mais il est permis d’affirmer que ces projets ne se transformeront pas en réalité et le sens pratique proverbial des Américains les empêchera certainement d’y donner suite.
- Il serait puéril, en effet, de chercher à enrayer aujourd’hui, en lançant une entreprise similaire, le grand courant qui se manifeste en faveur de l’Exposition de Paris ; ce serait une erreur que les habitants de la République-sœur ont trop de.... flair pour commettre.
- Nous croyons, cependant, devoir publier à titre de curiosité et aussi pour l’édification de nos lecteurs, la traduction d'un entrefilet paru il y a quelques jours dans le World de New-York, et ayant trait à cette question, qui, disons-le de suite, ne semble pas passionner l’opinion, le moins du monde, de l’autre côté de l’Atlantique.
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- « On s’accorde généralement aujourd’hui à re-« connaître qu’il serait opportun de célébrer par « quelque solennité, le centième anniversaire de « l’installation du premier président des Etats-« Unis, ce qui, en fait, équivaut au centenaire de « notre forme actuelle de gouvernement. Il est 1: temps que les plans et projets ébauchés dans ce « sens prennent une tournure nettement définie. « Le hasard veut justement que, dans ce siècle de « grandes foires internationales , une nécessité « s’impose au peuple américain, s’il ne veut pas se « laisser distancer par les autres nations civili-« sees : celle d’organiser à son tour une de ces « grandes Expositions, dès que des préparatifs « pourront être commencés dans ce but.
- « En effet, treize années se seront écoulées de-« puis le dernier concours international et univer-« sel organisé de ce côté-ci de l’Océan, et il est « grand temps qu’une seconde édition en soit :< faite.
- « Il a été question de choisir Washington « comme étant l’endroit le plus approprié à cette « fête et Philadelphie de son côté a émis des pré-« tentions à un monopole dans ce sens. D’autres « localités ont été mentionnées également. Eh « bien ! quelque peu que l’on réfléchisse, on » verra, croyons-nous, que New-York est le seul « endroit vraiment désigné.
- « La raison primordiale qui fut alléguée pour
- Ministère des finances (Tabac). — Certificat de mérite. Ministère des travaux publics (Documents du ministère, école des ponts et chaussées). — Certificat de Mérite.
- Ministère du commerce (Poids et Mesures.) — Certificat de Mérite.
- Ministère des postes et télégraphes (Service des tubes pneumatiques de Paris). — Certificat de Mérite.
- Médailles de lre Classe
- Adam (Mme).— La Nouvelle Revue. — Paris.— 1 médaille.
- Barbe. — Cuirs repoussés pour ameublements. — Paris.— 1 médaille.
- Beauval(A.)— Installation.— Paris.— 1 médaille. Bertrand (C. Paul). — Installation. — Paris. —
- 1 médaille.
- Bertrand (L.) — Sillery Mousseux. — Rilly-la-Montagne. — 2 médailles.
- Blot, (Eug.)— Statuettes terre cuite. — St-Omer.
- — 1 médaille.
- Champigneulle, de Paris et Cie (Ch.) — Vitraux d’art et installation.— 2 médailles.
- Chemin (O.) — Ingénieur. — Exp. du ministère des travaux publics. — Paris.— 1 médaille. Chenonceau (Château de). Saumur mousseux. —
- 2 médailles.
- Chouet (A.) — Eau, Pâtes et Poudre dentifrices.
- — Paris. — 3 médailles.
- Collot.— Fournisseur du ministère du commerce.
- — Fabrication de poids et mesures. — Paris. — 1 médaille.
- Cresson (A.-J.) — Méthode de dessin linéaire et lavis. — Rennes. — 1 médaille.
- Dandicolle (P.) fils et Gaudin aine.— Conserves de légumes, de sardines et liqueurs. — Bordeaux.
- — 17 médailles.
- Delique frères. — Noir chimique pour meubles. Paris.— 1 médaille.
- Domange (A.)— Courroies, cuirs emboutis.— Paris.
- — 5 médailles.
- Dreyfus (G.) — Miroirs. — Paris. — 1 médaille. Dumont (L.) — Pompes centrifuges. — Paris.— 1 médaille.
- Duraport. — Syphons pour eau de Seltp. — 1 médaille.
- Faryas et Pons. — Impressions sur cachemire. — Paris. — 1 médaille.
- Forgeot et Cle (E.) — Graines. — Paris. — 9 médailles.
- Fretin (A.) — Chaussures cousues et vissées. — Paris. — 2 médailles.
- Froger (E.) — Cotons et ga^es antiseptiques. — St-Remy. — 1 médaille.
- Godet. — Tissus de crin pour ameublements. — Paris. — 1 médaille
- Grandjean. — P endulographe. — Vincennes. —
- 1 médaille.
- Grus (L.)— Musique.— Paris. — 1 médaille.
- Job (Bardou).— Papier à cigarettes.— Perpignan.
- — 2 médailles.
- Kaffel frères. — Ameublements artistiques, Bronzes, Faïences, etc. — Paris. — 3 médailles.
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- Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 9 Mai 1885.— i5i.
- Lagrelle. — Clefs et Instruments à nettoyer les tuyaux. — Villeron. — 2 médailles.
- Laruelle. — Crème de mirabelles, Desserts. — Nancy. — 1 médaille.
- Ledoux (MUe A.) — Panneau en verre peint. — Paris. — 1 médaille.
- Ledoux (MUe G.) — Coffret peint. — Paris. —
- 1 médaille.
- Lepinte (R.) — Vannerie fine. — Melun. — 1 médaille.
- Leprince. — Corsets. — Paris. — 1 médaille.
- Lesueur. (E.) — Cognac marqué 2 étoiles. — Cognac.— 1 médaille.
- Magnier et Cie (A.) — Cognac extra. — Blanzac. — 1 médaille.
- Marie Brizard et Roger. — Curaçao, Marasquin, Anisette. — Bordeaux. — 10 médailles.
- Mauprivez (A.) — Tapioca naturel. — Paris. — 1 médaille.
- Melotte (Ch.) — Ardoises. — Fumay (Ardennes). 1 médaille.
- Millet fils. — Cadres et Miroirs. — Paris. •— 3 médailles.
- Moujon (J.) — Vêtements. — Paris. — 1 médaille.
- Moustié. — Galoches. — Paris. — 1 médaille.
- Nadar. — Photographies. — Paris. — 3 médailles.
- Poirier (René). — Articles de Paris. — Paris. — 1 médaille.
- Rambur et Cie. — Fleur de fine Champagne. — Rochefort. — 1 médaille.
- Regard (A.) — Imitation de pierres précieuses. — Paris. — 1 médaille.
- Régnault. — Ministère des finances, Paris. — 1 médaille.
- Rouleau et Cie. — Vieux Cognac. — Cognac. — 1 médaille.
- Seigneuret (frères). — Vins rouges et blancs. — Bordeaux. — 1 médaille.
- Simon, — Crème Simon et Eau Figaro. —1 2 médailles.
- Tazan. — Charrues pour la culture de la vigne. — Troncens-Marciac. — 1 médaille.
- Trigant de Beaumont. — Crèches. — Paris. — 1 médaille.
- Vautrin. — Vin de Champagne. — Ay. — 1 médaille.
- Villeret. — Presses à imprimer à la main. — Paris. — 1 médaille.
- Vivien (Narcisse). — Peintures artistiques sur faïences. — Paris. — 1 médaille.
- Winnhendoff. — Ministère des Postes et Télégraphes. — 1 médaille.
- LE SALON DE 1886
- Pour un bon Salon, 1886 nous apporte un bon Salon.
- Mais pour un Salon excellent, ça n’est pas un Salon excellent.
- Sans doute la génération actuelle travaille bien, soigneusement, proprement, mais tout cela me semble plutôt fait pour la vente que pour l’art. Le jour y est, l’éclat y manque. Pas d’œuvre hors ligne.
- Mon Dieu ! je ne demande pas des excentricités comme l’apparition à l’aide d’un jeu déglacés, que M. Rochegrosse nous a offerte cette année; une simple envolée d’artiste épris du beau et non du surnaturel, nie suffirait.
- Beaucoup trop d’impressionnisme cette année. Je suis absolument contre le réalisme en faveur de la réalité. L’impressionnisme n’a été et ne restera que le succès près des badauds d’une école ou paresseuse ou impuissante qui ne voulant pas finir, parce, que c’est trop long,. ou ne sachant pas dessiner, a inventé un faire imparfait qui n’est que de la caricature à l’huile.
- Quelques journalistes et quelques acolytes ont crié bien fort à tous les échos que l’avenir était là, que l’impression était la seule vraie peinture, qu’il n’y avait qu’elle « gn’ia qu’elle » et de bons naïfs de Panurge ont marché derrière.
- Plaisantez Bouguereau et Cabanel, jeunes gens ! Ceux-là resteront quand vous aurez depuis longtemps mordu la poussière et orné les greniers.
- Donc, en nature morte ou vivante, je suis pour le vrai, rien que le vrai fini. Les esquisses doivent rester à l’atelier.
- En fantaisie j’excuse les chairs laiteuses et roses, les poses maniérées, les étoffes tortillées et les paysages imaginés. Si le fait rendu est tel que la situation inventée l’exige et flatte suffisamment mon œil, que voulez-vous que je demande de plus.
- S’il plaît à un artiste de me représenter l’enfer, je ne vais pas lui spécifier que les dénions ne sont pas tels qu’il me les représente ; je n’en sais rien, ni lui non plus, son imagination fabrique des dénions et si ce qu’il a rendu nie plaît, si sa peinture dénote du talent, je m’incline et j’approuve.
- Si un autre me personnifie des femmes imaginaires, fées ou ondines par des tons plus blancs que nature, plus frais que la réalité, que m’importe si ses fées sont bien dessinées, d'aimables proportions et si les tons m’en plaisent.
- Le vrai a des bornes toutes tracées ; la fantaisie n’a que celles du bon plaisir et de la séduction.
- Voilà ma profession de foi et ma règle de conduite.
- Et maintenant, je vais dans l’ordre des galeries et des salons.
- Vestibule
- M. Girardot. — Sous le fallacieux prétexte de nous montrer Roland, archevêque d’Arles, M. Girardot a fait une charge représentant trois bonshommes déguisés en sauvages gaulois contemplant un de leurs amis qui s’est placé sur la figure un masque japonais du plus beau vert. Ça n’est pas que ce tableau soit sale, mais il tient beaucoup de place.
- M. Jadin. —Idem, M. Jadin. Sa toile est intitulée de façon un peu longuette : Braconniers dérangés par une ronde de nuit, se cachant dans des demoiselles de blé. Pauvres demoiselles! Il s’agit là tout bonnement d’une enseigne de charbonnier. Sur un fond noir, trois hommes noirs contemplent deux gendarmes noirs. Là-bas, un point rouge. C’est le local d’un pharmacien du village, ou l'omnibus de la Madeleine. A voir si l’on a l’humeur... noire.
- M. Montenard. — Sur la côte de Provence. Des paysannes descendent une colline qui longe la mer. Belle facture, allure simple et naturelle. Un peu plat comme tons, mais il s’agit d’un panneau décoratif.
- Salle XII
- MUe Louise Abbema. — A exposé un bien beau cadre avec une palme d’or au milieu. Quant à sa tragédie, maigre et brune sous une gaze noire ; quanta sa. comédie, maigre et blonde sous une robe de satin rose, elles sont très vilaines, il ne faut pas se le dissimuler. Mlle Abbema me paraît entrain . de verser dans une seconde manière oste'ologique et macabre contre laquelle elle devra réagir. J’en appelle à ses maîtres Chaplin et Caro-lus Duran.
- M. Agaghe (Alfred-PierreL — Très belle figure intitulée Kaled. C’est une femme vue de dos, la tête, de profil, très énergique, fort belle et à la chair brune. Le costume de velours noir et ponceau est très habilement traité.
- Mlle Antonia Banuelos. — Bien joli son Enfant endormi. Il.est charmant ce bébé blond aux chairs nacrées qui dort du sommeil du juste dans sa chemisette de batiste transparente, sous une courtine rouge. Réelle finesse de pinceau, talent très sérieux.
- M. Barrias. — Triomphe de Vénus. Je n’aime pas cette grande machine qui a l’air de la toile de fond d’une féerie pour une apothéose au Châtelet.
- M11® Amélie Beaury-Saurel. — Deux merveilleux portraits : celui de Mme la princesse G... en paysanne roumaine, et surtout celui de Mlu Jeanne G... J’ai rarement vu, autant que dans cette dernière figure, la vie circuler brillamment. Jamais l’expression « Elle va parler » ne saurait être plus justement,.employée.
- M. Camille Bernier. — Le Vallon, excellent paysage. Quelle tranquillité sereine dans ce coin de bois où paissent des va'ches sous la conduite d’un petit pâtre qui taille une branche. C’est mieux que de la peinture ceci. C’est de la poésie.
- M. Armand Berton. — Portrait de Mme... O. M. Berton, dites-moi que le modèle ne tourne pas la bouche comme cela. Ce serait bien vilain de sa part.
- M. Beyle. — Je n’insiste pas sur le titre un peu maniéré, la Voile année. Mais la toileest bonne. La mer déferle bien sur les rochers où des femmes de pêcheurs font des signaux à la barque qui pointe à l’horizon. Bon sujet de famille traité vingt fois ; mais il y a tant de villas au bord de la mer, pour y accrocher ces sujets bénins.
- M. Bloch.|— A puisé son sujet dans les archives du Morbihan qui nous apprennent que des Chouans se sont fait tuer dans une église. Ce qui n’est pas absolument inédit. Ici nous sommes dans la chapelle de la Madeleine à Malestroit; les bleus sont partis, au milieu des bancs brisés, près de l’autel bouleversé quatre Chouans gisent inanimés et l’on peut voir, à l’énergie de leurs attitudes, que le combat a été rude. Il y a dans cette toile, avec un bon faire, un grand sentiment et une étude approfondie.
- M. Benjamin Constant. — Justinien, très belle et vaste composition. Froid, impassible sur sa chaise de pierre, vêtu de velours violet, entouré de ses conseillers et des évêques aux physionomies diverses et savamment étudiées, l’empereur écoute la lecture d’un manuscrit. C’est là une œuvre de premier ordre.
- M. de Liphart. — Voilà qui rentre dans la fantaisie, dont je parlais. L’Etoile du berger paraîtra trop léchée aux malins, n’empêche que ce plafond est excellent en tous points. Dans un ciel où paraissent les premiers voiles de la nuit, un jeune homme nerveux, au torse nu, entoure de son bras une jeune bergère Watteau aux épaules et jambes nues,pendant que des amours tressent des guir-landes à leurs pieds. C’est rempli de sève, de fraîcheur et de vitalité.
- M. Mormann. — Deux paysages norvégiens, comme l’an passé, d’un fini invraisemblable. Mêmes collines pierreuses d’une perfection étonnante.
- mêmes chalets sur les flancs, même eau transparente et cristalline à miracle baignant les mêmes petits cailloux. Réellement, c’est très méritant, bien qu’il ne faille point abuser trop du même sujet.
- M. Puvis de Chavannes. —Letryptique obligé. J’admire le dessinateur, je récuse le peintre. Il y en a que ça amuse, d’autres qui s’extasient. Ne décourageons pas l’école symbolique.
- Salle VIII
- M. Artigue (Emile-Albert). — A ce soir! nous montre une Parisienne vêtue d’étoffes japonaises et lisant le billet qui lui donne rendez-vous. Très aimable facture ; physionomie très heureuse.
- M. Bouguereau.— Travaillez comme cela, les jeunes et blaguez « la perfection même » du maître. Voyez VAmour désarmé et l’expression maline contenue dans le regard du fils de Vénus, quelle rancune mal dissimulée contre celle qui le tient un instant impuissant ; voyez le Printemps et la grâce de cette jeune femme, turlupinée et décoiffée par cette nichée d’amours dont quelques-uns lui tiennent, tout bas, à l’oreille, des propos galants. C’est ravissant et c’est rudement fait, ô élèves !
- M. Rochegrosse. — La folie du roi Nabucho-donosor. Avec un talent très grand et indiscutable, M. Rochegrosse vient de faire joujou en se livrant à un petit tour d’acrobatie picturale. Sous une voûte sombre, un ange transparent se détache sur un fond vert et bleu, produisant les tons et nuances d’un rayon de soleil dans un verre d’absinthe. Je préfère le magistral Nabuchodonosor qui se vautre dans la fange. C’est solide et massif de talent au moins.
- M. Stengelin. — Bon paysage, intitulé : Fin d’automne, d’un travail exquis. Ces quelques arbres au coin d’une plaine jonchée de feuilles mortes, forment un tableau très heureusement conçu.
- (A suivre.)
- Alfred Delilia.
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- LE MÉTROPOLITAIN
- Des années et des années se sont écoulées depuis qu’il est question du chemin de fer métropolitain dont les Parisiens, sans parler des provinciaux et des étrangers que leurs affaires ou leurs plaisirs appellent dans la capitale, attendent avec impatience l’exécution et la mise en train. Nombre de gens avaient fini, à force d’en entendre parler, par n’y plus croire. Le ministre actuel des Travaux publics a compris que la question s’imposait irréfutablement, que l’ouverture de l’Exposition décidée pour 1889, devait coïncider avec la mise à disposition du flot de ses visiteurs, de moyens de transports puissants, rapides, moins arriérés que ceux dont Paris est actuellement doté, et que ce serait là un des meilleurs moyens d’assurer les succès de cette grande œuvre. Avec une énergie à laquelle il faut savoir rendre hommage, il a pris l’affaire en main, l’a fait sortir des tâtonnements dans lesquels elle s’enlisait, et, le 3 avril dernier, il apportait à la chambre un projet complet, prudemment pondéré, convenablement étudié et susceptible d’être mis en œuvre sans retard, ce qui est peut-être le plus à priser . Ce ne sera pas là l’un des moindres titres de M. Baïhaut à la reconnaissance de ses concitoyens.
- Ce projet est empreint d’un heureux éclectisme. Il participe à la fois des avantages des divers systèmes mis en avant pour la réalisation de ce travail de premier ordre. C’est en quelque sorte une fusion entre la solution aérienne de ivl. Haag et la solution souterraine de MM. Deligny-et Vauthier. La première de ces solutions ne saurait être partout adoptée sans arriver à des hauteurs excessives, sans se condamner à des difficultés sérieuses d’accès et sans modifier désavantageusement l’aspect de la capitale. La seconde ne pouvait pas davantage être acceptée d’une façon absolue, sous peine de laisser un aléa formidable au coût de la construction et de compromettre le succès de l’exploitation, étant données l’aversion . du Parisien pour tout ce qui est ténèbre et humidité et la nécessité de ménager les poumons des voyageurs.
- Pour répondre aux besoins qui l’ont fait naître, le Métropolitain doit satisfaire à plusieurs conditions. Il doit : relier entre elles les gares terminus de nos grandes lignes ; desservir aussi près que possible le nouvel hôtel des postes, permettre d’amener aisément les approvisionnements du Gargantua parisien sur le carreau des Halles ; faciliter les départs comme les arrivées aux personnes qui ont à voyager sur les réseaux des compagnies actuelles ou sur les deux Ceintures, soulager de leur trop-plein les entreprises actuelles de transports des voyageurs si insuffisantes, à certains jours ; assurer enfin, dans des conditions rapides et larges, les déplacements dans Paris, du centre à la périphérie et de la périphérie au centre, afin d’apporter, si non une solution complète, du moins un large palliatif à la difficulté de trouver des logements sains et à bon marché, dans un rayon rapproché du centre d’attraction personnel à chaque
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- 152. — Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai i8St>.
- habitant. Il lui faut des gares nombreuses, rapprochées des principales intersections des grandes voies parisiennes, d’un accès commode afin d’être tout à fait à la portée des populations et pour que l’on y ait recours pour les longues comme pour les petites courses. Il faudra ensuite qu’il soit pourvu en quantité suffisante d’un matériel confortable, facilement accessible, constamment maintenu à la hauteur des progrès scientifiques. 'Il faudra que les trajets se fassent rapidement et agréablement, que l’exploitation soit ce qu’on appelle intensive, c’est-à-dire faite au {[moyen de trains multipliés, afin que ses clients n’attendent point, qu’ils ne soient pas contraints à constituer ces queues interminables dont nos stations d’omnibus donnent trop souvent le spectacle, afin qu’ils soient au contraire attirés par l’aisance du déplacement et la certitude de n’avoir point à attendre. Il faudra que le prix des places soit fixé assez bas pour être à la portée des budgets les plus modestes qui sont les plus nombreux, pour ne pas les grever lourdement, ce qui serait aussi nuisible au public qu’au succès de l’entreprise. Il faudra enfin que l’on en vienne pour les billets au système anglais et américain, c’est-à-dire à leur délivrance à l’avance et à leur mise en vente dans les établissements autres- que ceux du chemin de fer.
- M. Baïhaut s’est efforcé de réaliser dès aujourd’hui ceux de ses desiderata qui concernent surtout la construction. Son projet prévoit une voie à la fois en viaduc, en tranchée ouverte et en souterrain. Et cependant, chose importante et heureuse, le profil ne présente pas de déclivités de plus de 3o m/m ; le rayon des courbes ne descend pas au-dessous de i5o mètres et cela n’a lieu que pour 8o5 mètres seulement. Quant au tracé, il se rapproche, pour parties, des deux projets précités, empruntant à l’un sa grande ligne traversant Paris du nord au sud, ainsi que le plus grand arc de son circuit intérieur, et à l’autre ses artères centrales.
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- Mais descendons plus avant dans le détail.
- Le tracé proposé se partage en deux sections differentes :
- i° Un circuit fermé, concentrique au chemin de fer de ceinture ;
- 20 Deux artères centrales sillonnant la ville : l’une souterraine, du nord au sud ; l’autre aérienne, se développant du nord-ouest au sud-est.
- Le circuit fermé se tient à une distance moyenne de 2 à 3 kilomètres de la ligne de ceinture.
- Il a son point de départ au Champ-de-Mars, franchit la Seine, sur un pont en aval de celui d’Iéna, aborde par un souterrain le Trocadéro, en ressort en tranchée ouverte et se dirige ainsi par l’avenue Kléber, la place de l’Etoile, l’avenue de Wagram et les boulevards de Courcelles, des Ba-tignolles, de Glichy, de Rochechouart jusqu’au boulevard Barbés. Ici la ligne devient souterraine pour passer sous le boulevard Magenta, la place Roubaix, la place de l’Embarcadère, de Strasbourg , jusqu’au quai Valmy, où elle devient aérienne pour longer le canal Saint-Martin, traverser la place et l’avenue de la République, la rue Oberkampf, suivre le boulevard Richard-Le-noir, franchir la place de la B'astille, l’avenue Daumesnil, le boulevard Diderot, en face de la
- §are de Lyon qui aura son raccordement, la eine sur un pont en amont de celui d’Austerlitz. Un deuxième pont livrera passage à un raccordement avec les voies delà Compagnie d’Orléans.
- Le viaduc du métropolitain continue par la place Walhubert, le quai Saint-Bernard, la halle aux vins, la rue des Fossés-Saint-Bernard et le square Monge, où il fait place à un souterrain, qui, par la rue des Ecoles, arrive sous le musée de Cluny, la place de l’Odéon, celle de Saint-Sulpice, et la moitié haute de la rue de Rennes jusqu’à la gare Montparnasse. Là, la ligne aborde par une tranchée ouverte le boulevard de Vaugirard, reprend en viaduc et regagne son point initial par l’avenue de Suffren.
- La première des artères centrales part de la gare de Strasbourg et suit en souterrain la ligné droite que ferment les boulevards de Strasbourg,- de Sébastopol, du Palais et Saint-Michel, l’avenue de l’Observatoire et la rue Denfert-Rochereau, jusqu’à la place Denfert-Rochereau, où est prévu un raccordement avec le chemin de fer de Sceaux, comme à l’autre extrémité, un raccordement avec le chemin de fer de l’Est. En outre, cette artère projette, à la hauteur de la place de la Sorbonne, deux ramifications sur le circuit fermé, l’une, à gauche desservant la place du Panthéon, l’autre à droite entre l’Odéon et le Luxembourg.
- Une seconde, artère va en viaduc de la gare St-Lazare à l’avenue Daumesnil, en se raccor-cordant en chemin au circuit fermé, à la hauteur de la place Roubaix. Elle passe par la rue Cau-martin, la Chaussée-d’Antin — non loin de l’Opéra,— la rue Lafayette jusqu’au carrefour Drouot, traverse les rues Cadet, de Trévise et Montholon. A partir du square Montholon, cette ligne se dirige souterrainement sous les rues de Rocroi et St-Vincent-de-Paul, pour aller rejoindre le circuit fermé, aux environs de la rue de Maubeuge, d’un côté, et à la place Roubaix de l’autre.
- Au carrefour Drouot et de la rue de Trévise, par deux branches qui se réunissent avant de franchir le boulevard Poissonnière, s’amorce le prolongement en viaduc de la même artère. Ce prolongement se dirige de la rue St-Fiacre à la pointe "St-Eustache, entre les rues Montmartre et Montorgueil, passe entre les rues de Rambuteau étaux Ours, traverse le boulevard. Sébastopol, longe la rue de Rambuteau, s’infléchit vers le sud avant le colosse de Rhodes, traverse la rue du Temple, puis la rue de Rivoli à la hauteur de la rue de Fourcy, débouche sur le quai des Céles-tins, non loin du pont Sully, passe au coin du boulevard Morland, suit une ligne, parallèle au boulevard Henri IV, franchit le bassin de l’Arsenal pour se relier au circuit fermé par deux raccordements, l’un vers l’avenue Daumesnil, l’autre vers le boulevard Richard-Lenoir, et se souder à la ligne de Vincennes.
- Cette ligne aura quatre voies.
- Sont en outre prévus . divers raccordements destinés à faciliter le transit d’un point du métropolitain à un autre point des grandes lignes ou de la Ceinture, place Roubaix, avec le chemin de fer du Nord et celui de l’Est, ce dernier devant être relié entre les rues Curial et Labois-Rouillon à la Ceinture.
- Place Denfert, raccordement avec la ligne de Sceaux, raccordée elle-même avec la Ceinture par deux voies s’embranchant à gauche, près de la station de Gentilly et à droite près de celle de Montrouge. Au Point du Jour, enfin, raccordement de la Ceinture avec là ligne en construction'.du Point du Jour à Courbevoie qui longera la rive gauche de la Seine.
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- Le circuit fermé a une longueur de 19,890 mètres et 40 stations, 28 sont sur la rive droite; voici leurs noms :
- Quai d’Orsay (Champ-de-Mars). — Boulevard Delessert. — Place du Trocadéro. — Place d’Iéna.
- — Place des Etats-Unis. — Place de l’Etoile. — Avenue des Ternes.— Rue de Courcelles. — Parc Monceau. — Avenue de Villiers. — Collège Chap-tal. — Rue des Batignolles. — Place Clichy. — Place Blanche. — Place Pigalle. — Montmartre.
- — Boulevard Barbés. — Place Roubaix (Nord). — Place de Strasbourg (Est). — Quai Valmy. — Place de la République. — Rue Oberkampf. — Boulevard Voltaire. — Rue du Chemin-Vert. — Bastille. — Vincennes. — Avenue Daumesnil. — Boulevard Diderot (P.-L.-M.). — Place Valhubert (Orléans).
- 12 sont sur la rive gauche ; voici leurs désignations :
- Place Valhubert (Orléans). — Halle aux Vins.
- — Square Monge. — Boulevard St-Michel (Cluny).
- — Place de l’Odéon. — Place St-Sulpice. — Boulevard d’Enfer. — Place de Rennes (Montparnasse). — Boulevard Vaugirard. — Rue Le-courbe. — Ecole Militaire. — Quai d’Orsay (Champ-de-Mars).
- L’artère nord-sud aura une étendue de 4,y5o mètres et avec ses raccordements (1,645 mètres), 6,395 mètres au total; elle comportera 11 stations :
- Place de Strasbourg. — Rue du Château-d’Eau.
- — Boulevard St-Denis. — Rue Turbigo. — Les Halles. —• La Tour-Saint-Jacques. — La Cité. — Cluny. — Ecole des Mines. — Observatoire. — Place Denfert-Rochereau.
- La ligne du carrefour Drouot à l’avenue Daumesnil n’a que 3,73o mètres ; mais les raccordements (5qo mètres) portent son étendue totale à 4,270 mètres. Elle aura 7 stations, y compris celle des Halles où il y aura croisement avec la ligne souterraine nord-sud. Voici leurs appellations :
- Boulevard Poissonnière. — Rue d’Aboukir. — Les Postes. — Les Halles. — Rue du Temple. — Rue de Rivoli.
- En tout 33,3y 5 mètres de développement, dont 3o,8i5 pour les lignes principales, et 64 stations dont : 28 en viaduc et i5 en tranchée ouverte et 21 en souterrain.
- En tout 33,375 mètres de développement, dont 3o,8i5 pour les lignes principales, et 64 stations, dont 28 en viaduc, i5 en tranchée ouverte et 21 en souterrain.
- Il y a là en perspective un ensemble, formidable de travaux, qu’en raison des délais et des formalités indispensables on ne saurait terminer en trois années, même avec l’activité la plus américaine. Aussi l’administration est-elle résolue à sérier les opérations en n’entamant d’abord que celles qui peuvent être menées à bonne fin pour l’ouverture de l’Exposition et différant les autres qui devront être néanmoins exécutées dans un délai de trois ans à compter de la déclaration d’utilité publique. A cette dernière catégorie, serait réservée la ligne du carrefour Drouot à l’avenue Daumesnil. Cette voie traversant le coeur de Paris, les quartiers riches et commerçants où les terrains sont le plus chers, et considérées comme devant coûter à elle seule sensiblement autant que tout le reste. Elle se lie d’ailleurs à d’importantes opérations de voirie, sur lesquelles l’accord n’est pas encore fait. Elle parait enfin moins urgente. Ces diverses considérations ont fait aj ourner l’exécution de cette
- partie du projet. Quant au circuit , à l’artère nord-sud et à la ligne de jonction entre les gares Saint-Lazare et du Nord, ils seraient attaqués aussitôt la loi votée et poussés activement de façon à être prêts en même temps que l’Exposition.
- La dépense totale de' construction est évaluée à 425 millions, dont 210 pour la partie à exécuter de suite, et 2i5 pour celle différée. En tenant compte des frais de publicité, de constitution de société, des dépenses préliminaires, et des frais généraux et des intérêts à servir durant la période de construction, on arrive à un chiffre qui ne s’écarte guère de 5o millions. Aussi a-t-on admis le chiffre de 475 millions comme celui de la dépense à effectuer ; 235 pour la première partie, 240 pour la seconde, frais compris.
- Comment sera constituée cette somme? Par une société au capital de 5o millions qui procurera les 425 millions restant en émettant des obligations pour une somme égale. Cette société, M. Albert Christophle, gouverneur du Crédit foncier et ancien ministre des travaux publics, s’est engagé, à la demande de M. Baïhaut à la former, que l’Etat garantisse un intérêt de 4 0/0 au capital action et de 4,25 0/0 au surplus du capital à réaliser en obligations.
- Mais cette société différera notablement par son organisation des compagnies existantes. L’Etat aura la haute main sur son administration, par la nomination qu’il se réserve, du gouverneur, lequel dirigera effectivement la compagnie, présidera le conseil d’administration et l’Assemblée des actionnaires, et aura le pouvoir de suspendre l’effet de toutes mesures contraires à l’intérêt public, jusqu’à décisision du ministre auquel appartiendra un droit de veto absolu. Il y aura, en outre, un sous-gouverneur. Le conseil d’administration comprendra, 12 membres dont 8 élus par les actionnaires, 2 nommés par le ministre et 2 par le conseil municipal La ville exercera ainsi un contrôle direct et permanent sur la gestion de cette entreprise déclarée d’intérêt général mais si utile aux intérêts urbains.
- La société ne jouera guère, pendant la construction, que le rôle d’un bailleur de fonds; l’Etat se charge en effet, de faire exécuter les travaux par son personnel et ses ingénieurs. Elle ne fera œuvre active que pendant l’exploitation, dont elle se charge aux conditions suivantes :
- L’Etat garantit, nous l’avons dit, 4 0/0 au capital actions et .4, 25 0/0 au capital-obligations; les sommes qu’il avancera de ce chef seront remboursées avec intérêt simple à 4 0/0, le jour où les produits nets du réseau viendront à excéder la somme nécessaire pour attribuer au capital l’intérêt garanti, la compagnie, se réservant seulement i/5e pour elle. Quand elle sera libérée et que ses revenus nets permettront d’attribuer au capital-actions un intérêt et dividende supérieur à 6 0/0, L’excédent sera, au gré de l’Etat, soit partagé par moitié entre lui et la compagnie soit affecté en totalité à l’extension du réseau, l’excédent maintenu pendant, deux années consécutives, l’Etat aur a la faculté d’exiger l’abaissement des tarifs dont le maximum sera fixé à un taux extrêmement réduit.
- Voyons maintenant ce que pourront être les recettes de la compagnie, et, par suite, le jeu de la garantie d’intérêt.
- En 1884, les entreprises de transport des voyageurs en communs : omnibus , Ceinture , bateaux omnibus, tramways nord et sud, ont véhiculé 289,908,000 voyageurs (1) et ces chiffres, dit l’ouvrage officiel où nous les puisons ne sont pas tout -àfait complets pour la ceinture. 1
- D’un autre côté, l’expérience prouve que chaque développement considérable des moyens de transport dans Paris a été immédiatement suivi par un brusque accroissement de la circulation. On peut donc compter qu’en 1889, 3oo millions de personnes au moins circuleront dans Paris, dont la population ne sera pas inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. 2,240,000 âmes. Cela fera 134 déplacements pour un habitant.
- Si l’on évalue d’après ce qui se passe pour les moyens de locomotion actuels, la zone d’action du métropolitain à 5oo mètres de part et d’autre de son tracé ; si l’on considère, d’autre part, que ses stations seront espacées en moyenne de cette même distance, on sera vite persuadé que le métropolitain, bien desservi et organisé, attirera à lui les personnes ayant à se déplacer, dans un rayon constant de 5oo mètres de chaque côté de ses voies. Or, la bande de terrain,’ large de 1,000 mètres ainsi considérée, englobe une population d’environ 1,100,000 habitants ; à raison de i3q déplacements par personne, ces 1,100,000 habitants devront fournir 147,400,000 voyages.
- Comme il faut faire la part de l’inconnu et aussi des autres entreprises de locomotion, on a établi sur 100 millions seulement. A 20 centimes de perception moyenne par voyageur cela fait 20 millions. 4
- Mais c’est ici le lieu de dire que les 5 compagnies concessionnaires des grandes lignes qui aboutissent à Paris, reconnaissant que le métropolitain en reliant leurs grandes gares leur facili-
- (1) Bulletin du Ministère des Travaux publics, avril i885, p. 377.
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- Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 9 Mai 1SS6. — 153.
- terait les e'changes et leur profiterait grandement, se sont engagés à faire circuler leurs trains sur ses lignes et à acquitter un péage important pour l’usage qu’elles seraient admises à faire, de ses rails. Elles lui garantissent un apport minimum de trafic se traduisant pendant les premières années de l’exploitation par un péage annuel de 5 millions de francs, tant que la ligne du carrefour Drouot à la Bastille ne sera pas exécutée, et de 7 millions quand le réseau entier sera en exploitation. Passé cette époque, le trafic d’apport ne pourra être inférieur à la moyenne de cinq années précédentes. De plus, les Compagnies se chargent d’exécuter les raccordements nécessaires pour relier le métropolitain à leurs lignes respectives et au chemin de fer de ceinture. En outre, la Compa-
- gnie de l’Ouest s’engage à prêter gratuitement au métropolitain l’usage de la gare Saint-Lazare et la Compagnie du Nord à mettre ses dépôts remises et ateliers à la disposition de la nouvelle société, si cette dernière le lui demande. Grâce à ces arrangements, on estime que les dépenses d’exploitation n’excéderont pas 5 millions. Mais.d’un autre côté, il faut, du chiffre 'de 100 millions de voyageurs ci-dessus considéré,déduire 3o millions comme devant représenter le nombre des voyageurs de grandes lignes à fournir par la zone de mille mètres qui s’étendra de chaque côté du métropolitain, voyageurs qui acquitteront la taxe entre les mains des grandes compagnies, celles-ci reversant seulement le péage au métropolitain, et gardant devers elles le prix de la traction, qu’elles effectueront avec leurs moyens propres. Il restera encore, comme élément de trafic propre à notre ligne, 70 millions de voyageurs qui procureront une recette brute minima de 14 millions de francs.
- Ajoutons-y le péage annuel garanti par les grandes Compagnies...... 7
- Nous avons un total de.......... 21
- Desquels nous déduirons la dépense d’exploitation................. 5
- millions
- Restent nets
- 16 millions
- Or les charges de la garantie se décomposent ainsi :
- 40/0 sur 5o millions d’actions 2.000.000 de fr. 4,2 5 0/0 sur 425 millions d’obligations................ 18.000 000. —
- Total.......... 20.000.000 de fr.
- Lors donc que l’œuvre sera complète, la garantie ne parait pas pouvoir entraîner pour l’Etat une dépense supérieure à 4 millions.
- Si maintenant l’on veut simplement envisager ce que sera la situation au début de l’exploitation en 1889, considérons qu’à cette époque la longueur exploitée sera de 28,980 kilomètres, ayant coûté d’après le devis 235" millions, la charge de la
- garantie sera :
- 4 0/0 sur 5o millions...... 2.000.000 de fr.
- 4,25 0/0 sur 185 millions ... 8.862.000 —
- Total......... 10.862.000 de fr.
- grandes Compagnies produira
- une recette de............ 5.000.000 de fr.
- En appliquant à la zone enveloppante les mêmes calculs que ci-dessus, on voit qu’elle peut fournir un chiffre minimum de y5 millions de voyageurs. Déduisons-en 2 5 millions de voyageurs de grandes lignes, il reste encore 5o millions de voyageurs devant apporter une recette propre au Métropolitain de............ 10.000.000 de fr.
- Total......... i5.000.000 de fr.
- Les dépenses d’exploitation ne pourront guère excéder 4 millions. Donc, dès le premier jour, la recette nette couvrira la garantie.
- Il y a de fortes raisons de croire que le nouveau mode de locomotion entrera vite dans les mœurs de la population et que la progression des voyageurs et des recettes s’établira rapidement. Les augmentations réalisées sur la première section ouverte arriveront alors dans une courte période à combler le déficit que créera la mise en exploitation de la seconde section. En sorte qu’on est en droit d’espérer que la garantie de l’Etat ne fonctionnera que pour de faibles sommes et durant un petit nombre d’années.
- Il ne nous reste plus qu’à former un vœu, c’est que le Conseil municipal et le Conseil général de la Seine, dont l’avis a été demandé par la Commission des chemins de fer, se prononcent sans retard, en faisant connaître leurs désiderata ; qu’il y soit fait droit dans la mesure du possible ; que la Commission dépose ensuite son rapport sans tarder et que les Chambres votent sans marchander l’exécution de ce projet qui, nous le répétons, paraît sagement et solidement combiné. Que l’on donne enfin le premier coup de pioche. Il n’y a plus un instant à perdre si l’on veut être prêt pour le
- printemps de 1889 ; et, autre point de vue qui n’est pas à dédaigner, les ouvriers parisiens s’applaudiront de voir ouvrir ce nouveau chantier à leur activité féconde.
- LA RUE DES NATIONS, EN 1878
- (Suite)
- FAÇADES DU DANEMARK ET DE LA GRÈCE
- La Grèce avait comme bâtiment-façade type, à l’Exposition de 1878, une maison grecque, mi-antique, mi-moderne. C’était un petit édifice polychrome à fond blanc, nervures et frises bleues et rouges. Le rez-de-chaussée était en pierres blanches, à jointures apparentes rouges. La porte d’entrée, large et basse, de forme rectangulaire, suivant le style grec, s’ouvrait à droite de l’édifice, tandis qu’à la base de gauche, entre deux fenêtres étroites, se trouvait un piédestal en forme de tombeau, supportant la statue de Minerve, la protectrice d’Athènes. Au premier étage était une loggia supportée sur deux superbes consoles. Les angles étaient terminés par des pilastres carrés et l’ouverture centrale encadrée par deux grandes colonnes ioniques. A droite et à gauche de la loggia se trouvaient deux pièces closes par des murailles et éclairées sur l’extérieur.
- Sous notre climat trop souvent brumeux, on pouvait trouver un peu froide la blanche façade grecque.
- Mais l’effet était bien différent quand la vive lumière du soleil du mois d’août colorait ces murs de tons chauds et variés.
- La façade danoise était en brique et pierre blanche et offrait une réminiscence du bâtiment public. Elle se composait d’un rez-de-chaussée avec porte encadrée de chaque côté par des colonnes doriques à bases et chapiteaux indépendants.
- On pouvait voir au premier étage une large fenêtre à croisillon de pierres et vitraux ; au-dessus, un couronnement également en pierres blanches et briques.
- Cette partie de la façade était à la fois légère et gracieuse. Des enroulements encadraient les armes danoises, à la base desquelles on voyait la couronne royale et Je chiffre du roi en or sur fond rouge. Une pyramide de pierre terminait le tout.
- M
- ¥ *
- LES FAÇADES D’ANNAM, DE PERSE, SIAM, TUNIS, MONACO ET SAINT-MARIN
- Ce groupe de nations était en quelque sorte ramassé sur une largeur qui n’excédait pas 10 mètres. La première de ces façades, que le lecteur en regardant notre gravure verra à sa gauche, est le produit de la collaboration des trois plus petits Etats de l’Europe : deux républiques, celles de Saint-Marin et du Val d’Andorre, et la principauté de Monaco. Le rez-de-chaussée de l’édifice, composé d’une porte à fronton soutenu par deux colonnes, appartenait à Monaco qui y avait placé son écusson avec la devise Deo jurante ; le premier étage, une grande fenêtre à verrière, est à Saint-Marin dont l’écusson porte la fière devise : Libertas ! Enfin, sur les dés de pierre encadrant une balustrade terminale, le Val d’Andorre avait posé ses écussons.
- La régence de Tunis était représentée par un édifice à bandes alternativement rouges et blanches, à porte de forme mauresque, à fenêtre garnie d’un balcon enfermé dans une claire-voie de bois. Au-dessus, était une petite frise multicolore^ un attique portant le nom de Tunis en caractères arabes et l’ensemble était couronné par une tourelle de minaret.
- Siam était non moins élégant. C’était une porte percée sous une espèce de vestibule en bois et fermée par des tapisseries. Au-dessus se trouvait l’écusson à VEléphant blanc, puis un étage, etle tout couronné par un triple toit étagé comme celui des constructions chinoises. Le pavillon persan, reconnaissable par le lion d’or de son écusson et le soleil de son drapeau, était également un bâtiment étroit, en forme de tour, percé au rez-de-chaussée d’une porte à voûte angulaire et au premier étage d’une fenêtre de même coupe. Il était remarquable par les gracieuses arabesques multicolores qui encadraient le sommet de la porte et s’enroulaient autour d’une colonne angulaire à fond vert d’eau.
- Enfin l’Annam avait construit une grande porte de chêne, large, à voûte surbaissée, en anse de panier, dont les angles étaient garnis de dragons ailés. Cette porte était abritée sous une toiture vérandah, à la chinoise, formée de tuiles demi-cylindriques. Au-dessus de cette toiture était un couronnement rouge et or dans lequel s’implantait le drapeau.
- EXPOSITION ORGANISÉE
- PAR LA
- SOCIÉTÉ NATIONALE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS IMDDSTRIELS
- POUR
- LE PERFECTIONNEMENT & LE DÉVELOPPEMENT
- de
- l’industrie française
- sous le patronage de
- M. LE MINISTRE DU COMMERCE & DE L’INDUSTRIE
- COMITÉ D HONNEUR ET DE PATRONAGE
- MM.
- Alphand, G. O. {fit, directeur des travaux de Paris.
- Armengaud, {fit, ingénieur, conseiller municipal de Paris.
- Bailly, O. fit, membre de l’Institut, président de la Société.des Artistes français.
- Bozerian, O. fit, sénateur.
- Carriot, fit, directeur de l’enseignement primaire du département de la Seine.
- Cazin, fit, artiste peintre.
- Cernesson, fit, architecte, conseiller municipal de Paris.
- Collin, fit, chef des ateliers de tapisseries aux Go-belins, conseiller municipal de Paris.
- Corbon, sénateur. Questeur du Sénat.
- Dalou, fit, sculpteur.
- Davoust, fit, manufacturier, conseiller municipal de Paris. _
- Fortier-Beaulieu, fit, membre de la chambre de. commerce.
- Falguière, O. fit, sculpteur.
- Frébault (Dr), député de la Seine.
- De Brazza,. O. {fit.
- De Hérédia, député, président de l’Association philotechnique.
- De la Forge, O. {fit, vice-président de la Chambre des députés.
- De la Porte, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de la marine et des colonies.
- De Lanessan, député de la Seine.
- De la Pommeraye, {fit, président de l’Association polytechnique.
- De Lesseps, G. fit, de l’Académie française.
- Delhomme , statuaire , conseiller municipal de Paris.
- Denayrouse, fit, ingénieur, ancien député.
- Deproge, député de la Martinique.
- De Verninac, fit, sénateur, secrétaire du Sénat.
- Donnât, O. fit, ingénieur, conseiller municipal de Paris.
- Duez, {fit, artiste peintre.
- Farcy, O. {fit (le commandant), député.
- Garnier (Ch.), O. {fit, membre de l’Institut, architecte de l’Opéra.
- Gastëlier, député de Seine-et-Marne, président de l’Union céramique de France.
- Gréard, G. O. {fit, de l’Institut, vice-recteur de l’Académie de Paris.
- Grodet (Albert), {fit, sous-directeur des colonies, ancien commissaire de l’Exposition coloniale française d’Anvers.
- Grombach, {fit, commandant de l’Ecole de gymnastique de Joinville.
- Guillaume, C. {fit, membre de l’Institut, inspecteur général de l’enseignement du dessin.
- Hattat (F.), manufacturier, conseiller municipal de Paris.
- Isaac, sénateur de la Guadeloupe.
- Jacques, O. I. |f, conseiller municipal de Paris.
- Jacquemard, O. {fit, inspecteur général des Ecoles d’arts et métiers et de l’enseignement technique.
- Jobbé-Duval, {fil, artiste peintre, conseiller municipal de Paris.
- Kæmpfen, {fit, directeur des beaux-arts.
- Hébrard (A.), sénateur.
- Humbert, O. {fit, artiste peintre.
- Laisant, #, docteur ès sciences, député de la Seine.
- Laurens (Jean-Paul), O. {fit, artiste peintre.
- Laussédat (colonel , G. {fit, directeur du Conservatoire national des arts et métiers.
- Lauth, O. {fit, administrateur de la manufacture nationale de Sèvres.
- Leclerc (P.),||, conseiller municipal de Paris.
- Legrand (Pierre), ancien ministre du commerce.
- Liouville (Dr Henry), député, membre du comité consultatif d’hygiène publique de France._
- Macé (Jean), , {fit sénateur, président de la Ligue de l’enseignement.
- Marsoulan, manufacturier, conseiller municipal de Paris.
- Mercié, O. {fit, sculpteur.
- Mérillon, député, ancien président des Sociétés de gymnastique de France.
- Nadaud (M.), député, questeur de la Chambre.
- Piault (J.), {fit, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- Voir la suite page 1 5 6.
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- î54 et 155- — Deuxième Année. — N* 71
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 9 Mai 1886.
- A. RUE DES NATIONS, EIST 1878
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- Æ- AMS. .t~*
- LES FAÇADES DES SECTIONS D’ANNAM, DE PERSE, DE SIAM, DE TUNIS, DE MONACO ET DE LA REPUBLIQUE DE SAINT-MARIN
- pl.154 - vue 156/461
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- i 56. — Deuxième Année. — N° 71.
- MM.
- Poulin, O. directeur des bâtiments civils.
- Proust (Antonin) , député, ancien ministre des Arts.
- Rapin, artiste peintre.
- Raspail (Benjamin), député.
- Rivet (G.), député.
- Roche (Jules), député.
- Schützenberger, O. professeur au collège de France, directeur de l’Ecole municipale de physique et de chimie industrielles. Membre de l’Académie de médecine.
- Teisserenc de Bort, vice-président du Sénat, ancien ministre du commerce.
- Thomasset, G. O. #, vice-amiral, président de la Société des Etudes maritimes et coloniales.
- Thompson, député.
- Tolain (H.), sénateur.
- Turquet (Edmond),^, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts.
- Way, membre de la chambre de commerce de Paris.
- Weber (G.), manufacturier, membre de la chambre de commerce de Paris.
- Villard, %<, ingénieur, membre du Conseil municipal de Paris.
- Wilson, député.
- Williamson, administrateur du mobilier national.
- DIRECTION
- Muzet (A.),&, O. Il, président de la Société nationale. Président du comité de direction.
- SERVICE D’ARCHITECTURE
- Thomas (A.), architecte du palais de l’industrie. Architecte de l’Exposition.
- RÈGLEMENT DE L’EXPOSITION
- Article premier. — La première Exposition organisée par la Société nationale des sciences et des arts industriels ouvrira à Paris au palais de l’Industrie, le samedi 24 juillet 1886. Elle sera internationale et durera quatre mois.
- Art. 2. — Les demandes d’admission à l’Exposition devront être adressées à M. le Président de la Société nationale, rue Saint-Marc, 24. Elles devront parvenir avant le i5 mai pour la France, avant le i5 juin pour l’étranger.
- Art. 3. — La signature de la demande d’admission entraînera pour chaque exposant l’obligation de se conformer aux dispositions des règlements de l’Exposition ainsi qu’à toutes les prescriptions de l’administration et des jurys.
- Art. 4. — Une Commission d’admission statuera, après examen, sur les demandes, et. les exposants recevront, aussitôt admis, un certificat d’admission.
- Art. 5. — Pour compenser, dans une certaine mesure, les dépenses d’organisation, d’installation, de décoration et d’attraction, il sera perçu un droit d’exposition et un droit d’entrée, le jour, de 5o centimes le dimanche et le jeudi, 2 francs le vendredi et 1 franc les autres jours.
- Art. 6. — Le droit d’Exposition comprenant le prix de location des emplacements est fixé dans la nef et les salons à 3o francs le mètre de façade pour une profondeur de un mètre et au-dessous. La profondeur au-dessus de un mètre sera tari-fiée au prix de 3o francs le mètre superficiel ;
- Sur le pourtour du grand balcon, à 40 francs le mètre de façade, comprenant une profondeur de 1 mètre 20 et au-dessous ;
- Pour les surfaces murales, à i5 francs le mètre superficiel pour les Expositions n’ayant pas plus de 20 centimètres d’épaisseur. Les Expositions comprenant moins d’un mètre paieront comme pour un mètre;
- Pour les livres, brochures, mémoires et ouvrages divers, il sera perçu un droit de 5 francs par exemplaire;
- Les entre-colonnements de la nef formant salon de 8 mètres de façade sur 4 mètres, entraîneront un droit de 1,200 francs. L’administration fournira gratuitement le panneau décoratif portant le nom de l’exposant, panneau dont elle se réserve l’exécution dans un but de décoration générale. k* Dans le groupe de l’alimentation, le prix de 3o francs le mètre ne comporte pas de droit à la dégustation.
- Art. 7.— Les droits prévus à l’article précédent sont payables sur mandats ou reçus, en trois p.aie.-ments égaux : un tiers fin du mois de l’admission, un tiers au 1e1' juillet 1886 et le dernier tiers le ier octobre 1886. Cependant, lorsque les droits ne dépasseront pas 3o francs, ils seront exigibles en un seul paiement fin du mois de l'adhésion..
- Art. 8. — Peuvent être exemptés du droit, d.’ex-position les gouvernements, ministères, municipalités, administrations publiques, musées, cours, écoles professionnelles, associations syndicales, artistes et ouvriers.
- |tfArt. 9. — L’administration se réserve le droit de faire enlever ou réduire les cloisons du pourtour de la nef, formant fond des entre-colonnements, qui pourraient gêner les installations situées en arrière.
- Art. 10. — Il est interdit d’exposer des matières
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai 18S6.
- fulminantes et détonantes et tous produits jugés dangereux ou dont l’exposition serait de nature à occasionner du bruit ou à incommoder le public ou les exposants.
- Art. 11. — L’exposant qui n’acquitterait pas le second tiers de sa location ne pourra réclamer le premier tiers, qui, dans tous les cas, demeurera acquis à l’Exposition comme dommages-intérêts. 11 sera déchu par ce seul fait de non-paiement du droit d’exposer, sans que l’Administration soit astreinte à aucune formalité judiciaire ou autre.
- Les exposants pourront confier la garde de leurs produits à un employé de leur choix agréé par l’Administration, auquel sera délivré une carte d’entrée, absolument personnelle, qui ne pourra être prêtée sous peine de retrait. Il en sera de même pour la carte d’entrée auquel chaque exposant aura droit.
- Un représentant ne peut avoir plus d’une carte d’entrée, quel que soit le nombre d’exposants qu’il représente.
- Art. 12. — Les emplacements seront mis à la disposition des exposants à partir du i5 juillet. Ceux qui n’auraient pas commencé leur installation le 20 juillet perdraient tous leurs droits. L’Administration pourrait disposer de leur emplacement sous la seule condition du remboursement du deuxième tiers du prix de la location, le premier tiers restant acquis à titre de dommages-intérêts.
- Les exposants qui n’auraient pas terminé leur installation le jour de l’ouverture officielle seraient également déchus de tous droits.
- Il sera tenu compte, dans l’appréciation du jury, du mérite des exposants dont les installations auront été les premières terminées.
- Art. i3. — Le déballage, le réemballage, le transport et la mise en place des produits étant à la charge des exposants, il sera créé un service de manutention facultatif dont le tarif sera réglé par l’administration.
- Art. 14. — L’admission, le classement et la désignation des emplacements appartiennent exclusivement à l’administration qui aura le droit d’exclure les produits qui, d’après son appréciation, ne lui paraîtraient pas de nature à figurer à l’exposition.
- Les exposants devront se conformer aux prescriptions de l’architecte pour l’harmonie et la décoration de leur emplacement.
- Art. i5. — Dans l’intérêt des exposants, des demandes de réduction seront faites à toutes les entreprises de transports.
- Il sera fait des démarches pour obtenir de la direction générale des douanes l’admission temporaire des produits exposés.
- Art. 16.— Les installations particulières seront à la charge des exposants conformément au plan général d’ensemble.
- Art. 17. — Les exposants qui auront besoin d’eau, de gaz, d’électricité ou de vapeur devront déclarer, en faisant leur demande d’admission, les quantités qui leur sont nécessaires. Le prix de la force motrice sera payable chaque mois. Le prix des travaux de canalisation d’eau, de gaz et d’installations diverses pour cette catégorie d’exposants, travaux exécutés sous la surveillance de l’architecte du palais et comprenant la remise en état des lieux, sera payé aussitôt les mémoires établis. Le prix approximatif sera versé, par avance à titre de cautionnement.
- Art. 18/— Un catalogue sera publié. Il y sera inscrit gratuitement les noms ou raison sociale de chaque exposant et l’indication sommaire des produits exposés.
- Art. 19. — L’administration prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver de toute avarie les produits exposés. Mais dans le cas de dégâts par incendie, pluie, infiltration venant du fait du Palais, des égouts, ou d’accident quelconque, l’administration ne saurait être rendue responsable.
- Art. 20. — L’administration fera surveiller jour et nuit les produits exposés ; mais, malgré cette surveillance, elle ne pourrait être rendue responsable des vols ou détournements qui pourraient être commis.
- Art. 22. — Aucun objet ne pourra être reproduit sans l’autorisation signée de l’exposant, laquelle restera entre les mains de l’administration, qui ne pourrait être rendue responsable au cas où une infraction aux prescriptions de cet article se produirait malgré la police intérieure. Toutefois, l’administration se réserve le droit de reproduction de vues d’ensemble.
- Art. 23. — Les exposants ne pourront enlever leurs produits qu’après s’être complètement libérés de leurs obligations envers l’administration.
- Art. 24. — L’enlèvement des produits et des installations devra commencer dès le lendemain de la clôture de l’Expositon, pour être terminée dix jours après la fermeture.
- Passé ce délai, les produits, colis et installations non retirés seront emmagasinés aux frais et risques des exposants et vendus pour leur compte trois mois après. , .
- Art. 2 5. — Dans le cas d’ouverture périodique ou continue de l’Exposition, le soir, les exposants seront tenus d’avoir leur installation ouverte comme le jour. ...
- Art. 26. — Dans le cas où l’Exposition serait
- prolongée, l’exposant jouirait gratuitement de sa place durant toute la prolongation.
- Le retard ou la prolongation de l’Exposition ne pourraient donner lieu à aucune indemnité de la part de l’administration.
- RÈGLEMENT DU JURY
- Article premier. — Le jury chargé d’examiner les produits et d’attribuer les récompenses se divisera en jurys de classes et jurys de groupes.
- Art. 2. — Les jurys de classes seront composés de membres désignés : moitié par l’administration, moitié par les exposants convoqués spécialement à cet effet dans le courant du mois de septembre.
- Art. 3. — Les jurys de groupes seront composés de la réunion des membres des bureaux des jurys de classes.
- Art. 4. — Les travaux des jurys de classes devront être soumis à l’approbation des jurys de groupes.
- Art. 5. — En cas de démission, de non acceptation ou d’empêchement quelconque d’un ou plusieurs jurés élus, il pourrait être pourvu à leur remplacement par le choix des autres membres.
- Art. 6. — La réunion des présidents de tous les groupes jugera en dernier ressort.
- Art. 7. — L’administration ne s’occupera que de la constitution des jurys, auxquels elle laissera toute liberté.d’action et toute responsabilité de leurs décisions.
- Art. 8. — Les récompenses attribuées par les jurys consisteront en :
- i°
- 2°
- 3°
- 4°
- 5°
- 6°
- Diplômes d’honneur.
- — de médaille d’or.
- — de médaille de vermeil.
- — de médaille d’argent.
- — de médaille de bronze.
- — de mention honorable.
- Art. 9.—Les exposants faisant partie des divers jurys ou qui auront été appelés à donner leur avis comme jurés adjoints ou experts seront déclarés hors concours.
- Art. 10.—Aucun exposant ne peut, de son chef, se déclarer hors concours ni se soustraire au jugement du jury au choix duquel il a le droit de participer.
- Art. 11. — Les exposants récompensés ou hors concours pourront obtenir des diplômes de divers ordres pour les collaborateurs dont ils auront signalé les services au jury.
- Art. 12. — La distribution solennelle des récompenses aura lieu à la fin de l’Exposition.
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- Premier groupe
- Matériel de l’enseignement primaire secondaire et supérieur. Mobilier scolaire Classe i. — Enseignement primaire.
- Classe 2. — Enseignement secondaire et supérieur.
- Deuxième groupe
- Matériel de Venseignement des arts et des sciences Classe 3. — Enseignement des arts.
- Classe 4. — Enseignement des sciences.
- Troisième groupe
- Enseignement technique. — Travaux des élèves des écoles professionnelles Classe 5. — Enseignement technique.
- Classe 6. — Travaux des élèves.
- Quatrième groupe
- Enseignement physique. — Gymnastique. — Escrime, etc.
- Classe 7. — Gymnastique.
- Classe 8. — Escrime.
- Cinquième groupe
- Papeterie. — Librairie. — Gravures. — Impressions. — Photographie.
- Classe 9.— Papeterie.— Librairie.— Impressions.
- Classe 10. — Photographie.
- Sixième groupe Instruments de musique Classe ii. — Instruments.
- Classe 12. — Orchestres.
- Septième groupe
- Arts militaires. — Chasse. —- Peche Classe i3. — Arts militaires Classe 14. — Chasse. — Pêche.
- Huitième groupe
- Industries métallurgiques Classe i5. .— Métaux bruts et ouvrés.
- Classe 16. — Bronzes..
- Classe 17. — Orfèvrerie. — Coutellerie.
- Neuvième groupe
- Industries mécaniques Classe 18. — Mécanique générale..
- Classe 19. — Mécanique de précision.
- Classe 20 — Chauffage. — Eclairage.
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- Deuxième Année. — N° 71.
- Dixième groupe
- Industries électriques Classe 21. — Electricité.
- Classe 22. — Télégraphie. — Téléphonie.
- Onzième groupe
- Industries chimiques Classe 23. — Matériel et procédés.
- Classe 24. — Tannerie.
- Douzième groupe
- Travaux publics. — Génie civil Classe 25. — Travaux publics. — Bâtiment. Classe 26. — Architecture. — Génie civil.
- Treizième groupe
- Mobilier et accessoires. — Céramique. — Cristallerie — Art du tapissier et du décorateur. classe 27. — Meubles Classe 28. —Tapis et tentures.
- Classe 29. — Céramique, cristaux et verrerie.
- Quatorzième groupe
- Tissus. — Vêtements et accessoires Classe 3o. — Fils et tissus.
- Classe 3i. — Habillement des deux sexes.
- Quinzième groupe
- Industries de luxe Classe 32. — Bijouterie.
- Classe 33. — Maroquinerie. — Tabletterie. — Eventails.
- Seizième groupe
- Alimentation. — Produits alimentaires Classe 34, — Céréales. — Produits farineux. Classe 35. — Beurre. — Fruits. — Légumes. Classe 36. — Viandes et poissons.
- Classe 3p. — Condiments et stimulants. — Confiserie.
- Classe 38. — Boissons fermentées.
- Dix-septième groupe
- Hygiène. — Instruments et appareils de médecine et de chirurgie Classe 39. — Hygiène.
- Classe 40. — Pharmacie. — Parfumerie.
- Dix-huitième groupe
- Sauvetage. — Voyages. — Exploration. —• Campement.
- Classe 41. — Sauvetage. *
- Classe 42. — Voyage. — Campement.
- Dix-neuvième groupe
- Locomotion par terre et par eau. — Locomotion aérienne.
- Classe 43. — Transport de voyageurs.
- Classe 44. — Carrosserie.
- Classe q5. — Locomotion par eau.
- Classe 46. — Locomotion aérienne.
- Vingtième groupe
- Collections diverses. — Exposition rétrospective.
- Classe 47. — Collections. — Exposition rétrospective. >
- Classe 48. — Articles divers ne figurant pas dans les groupes précédents. — Objets fabriqués par des ouvriers ou associations ouvrières.
- Vu et arrêté,
- • Pour la Société nationale:
- Le Président du Comité de Direction, A. MUZET #.
- Pour tous renseignements, s’adresser jusqu’au 10 juillet, rue Saint-Marc, 24; après cette époque, palais de l’Industrie, porte 4.
- HP 3EFL O J 3ES TT*
- d’une
- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- MANUFACTURIÈRE, AGRICOLE & ARTISTIQUE
- Dans l’intérêt de la classe ouvrière, nous demandons pour chaque industrie agricole, manufacturière ou artistique, une Exposition des inventions, perfectionnements ou progrès, apportés dans toutes les industries par des ouvriers ou patrons non patentés, travaillant chez eux, ou par des contremaîtres et employés.
- Nous y ajouterions celle des produits de toutes les écoles industrielles ou professionnelles, de manière à réunir un ensemble complet, renfermant deux divisions, lesquelles seraient classées par groupe, suivant le règlement adopté.
- Nous croyons qu’il y aurait un immense avantage à provoquer et faciliter la participation des personnes désignées plus haut à toutes les expositions, à leur donner les moyens de chercher des inventions et des perfectionnements ; l’argent qui serait dépensé pour les aider à exposer sera d’une bonne et intelligente démocratie ; il est urgent
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 9 Mai 1886.— 157.
- d’encourager et stimuler l’imagination des travailleurs ; les expositions ayant énormément développé celle des fabricants, il peut y avoir d’excellentes idées qu’il ne faut pas laisser improductives ou s’en aller à l’étranger.
- Nous pensons qu’il est utile d’encourager l’émulation dans la classe ouvrière, afin que ceux qui sont intelligents et laborieux aient toujours l’esprit tendu à faire des recherches qu’ils ne font pas et auxquelles ils n’attachent pas d’importance, n’ayant pas l’espoir d’une récompense. Nous rejetterons bien loin toute idée d’antagonisme entre les patrons et les ouvriers ; les premiers seront les plus intéressés à s’entendre avec les derniers, qui deviendront pour eux des collaborateurs et non des concurrents.
- L’institution des chambres syndicales ouvrières, les congrès et les conférences en dehors des questions politiques et d’augmentation de salaires, n’ont amené aucun système susceptible d’être réalisé, ni aucun perfectionnement de travail dans les manufactures ; il est donc tout naturel que ceux qui s’occupent du bien-être des ouvriers cherchent les moyens de leur être utiles et d’améliorer leur situation.
- Nous espérons qu’individuellement ils s’occuperont à trouver du nouveau et à en faire profiter la mère-patrie : c’est dans cette espérance que nous proposons une exposition de ce genre. Les plus grandes inventions n’ont-elles pas été trouvées par des hommes sans fortune, mais travailleurs, intelligents et persévérants, ayant rencontré des pérsonnes bienveillantes pour les aider et les encourager, d’autres, au contraire, pour les exploiter ? Les exemples d’ouvriers chercheurs ne manquent pas, nous en citerons quelques-uns au hasard.
- James Watt, qui s’est tant illustré, était un pauvre ouvrier mécanicien, né à Greeneck, en Ecosse ; il perfectionna les machines à vapeur, créées par un savant français, Denis Papin, mort de misère après avoir été renvoyé de France à la suite du fatal Edit de Nantes, si préjudiciable à notre industrie en chassant nos meilleurs ouvriers.
- Robert Fulton, fils de pauvres émigrés irlandais, était apprenti chez un horloger de Philadelphie.
- L’inventeur de l’imprimerie, Guttenberg, était sans ressources quand il eut recours à Pierre Schaeffer, de Mayence, et fut exploité par lui.
- La lithographie a été découverte par Aloys. Senefelder, pauvre copiste de musique, né à Prague en 1771, dans les conditions les plus modestes; c’est en cherchant les moyens d’abréger un travail qui lui donnait à peine de quoi vivre qu’il fit cette découverte.
- Léon Robert, simple employé dans une fabrique de papiers, trouva le moyen, en 1789, de fabriquer le papier à la mécanique.
- Dans le tissage, nous avons Jacquard, ouvrier liseur de dessins; il obtint, avec la subvention de quelques personnes, les moyens d’exposer, en 1801, les premiers essais de sa mécanique que, peut-être, il n’aurait pas exécutée, sans l’espoir de la faire paraître à une Exposition française.
- Il en est de même pour l’agriculture, les exemples ne manquent pas.
- On ne peut apprécier tous les efforts d’imagination et de travail faits en vue des Expositions et le développement d’affaires qu’elles ont produites. C’est la France qui en a eu d’abord l’idée, en 1798, -et si elle n’a pas inauguré la première Exposition universelle, l’idée n’en est pas moins française et due à un de nos plus habiles dessinateurs industriels, Amédée Couder, en 1834.
- Nous rappelons qu’en 1869, il y a eu à Amsterdam une Exposition internationale d’économie domestique d’un grand intérêt.
- Le but de cette Exposition faite par la Société d’encouragement des fabriques et de l’industrie ouvrière dans les Pays-Bas, placée sous le haut patronage de S. M. le roi de Hollande, était de faire connaître à l’ouvrier les articles de ménage, d’ameublement, d’habillement, d’alimentation, de travail et d’instruction des divers pays, qui, aux plus bas prix possibles, joignent l’utilité et la solidité , afin de pouvoir lui procurer les moyens d’améliorer sa position par l’économie.
- Un concours de cette nature sera bien accueilli du public ; nous rappellerons également qu’en 1873, à l'Exposition de Vienne, l’Autriche, qui a un gouvernement si paternel, avait fait appel aux ouvriers; d’un autre côté, la Société de l’industrie de la basse Autriche avait également ouvert un concours entre les contremaîtres les plus méritants de tous les pays ; malheureusement, il ne fut pas assez connu des exposants.
- Enfin le groupe 21 de cette Exposition, Industrie nationale domestique, avait pour but de montrer, au point de vue des moeurs et de la santé de la classe ouvrière, les avantages du travail manuel en famille, ce qui malheureusement ne peut exister dans l’agglomération des grandes usines, qui éloignent les ouvriers du foyer domestique si nécessaire au bien-être des ménages et des enfants.
- Nous estimons que pour arriver à faire cette Exposition digne de la France, une somme de un million serait suffisante ; une partie servirait à faire les installations et à payer à ceux qui auraient des brevets d’invention, les moyens de les sauve-
- garder, après une enquête sérieusement faite ; l’autre partie de la somme serait distribuée par un jury spécial et très compétent, en médailles ou prix de 5oo à 5,000 francs.
- Pour faciliter les admissions, dans chaque département il y aura un comité formé par les Chambres de commerce et les Conseils de prud’hommes pour faire les enquêtes et les soumettre à un comité exécutif siégeant à Paris, chargé de centraliser l’ensemble du travail des comités départementaux et prononcer en dernier ressort.
- Le titre d’Exposition ouvrière rencontrera peut-être des adversaires à cause de la séparation de castes qu’elle paraît créer dans l’industrie ; nous pensons qu’il ne faut pas s’arrêter à cette idée, il est impossible de mélanger les ouvriers et les patrons, les premiers se font une gloire de leur situation et nous ne changerons en quoi que ce soit leur opinion. Ils sont ouvriers et entendent rester ouvriers, jusqu’au jour où ils peuvent devenir patrons, c’est ce que nous désirons pour la plus grande partie d’entre eux.
- Si l’idée philanthropique de ce projet est acceptée, nous pourrons lui donner, si cela est nécessaire, un plus grand développement.
- H. Mourceau,
- Ancien manufacturier,
- Membre des Commissions des Expositions de Paris 1878, Amsterdam 1883, Anvers /885.
- ÉCHOS
- Paris
- La semaine dernière a eu lieu dans l’hôtel des chambres syndicales rue de Lutèce, une importante réunion d’industriels et commerçants français.
- Cette réunion avait pour but d’étudier l’organisation d’une exposition flottante destinée a montrer dans les principaux ports les spécimens de l’industrie française.
- Après avoir signalé les conséquences heureuses que pouvait avoir pour notre fabrication la mise à execution de ce projet, et après avoir rappelé que les Allemands et les Autrichiens nous avaient déjà devancé, le président, M. de Berny, a demandé à l’assistance de voter sur le principe même de l’exposition flottante A l’unanimité, la réunion s’est prononcée en faveur de la proposition.
- En outre, un comité provisoire a été constitué avec la mission d’organiser définitivement le syndicat de l’exposition. Ce comité provisoire a été composé de MM. Chenard, Dervaux, Péan, Dreyfus, Christophe, Vitasene, Boissée et Tissier.
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- La Société centrale pour l’amélioration des races canines ouvrira son exposition annuelle le 26 mai prochain.
- Le programme a été complètement remanié, et il faut espérer que l’empressement du public répondra aux intelligents efforts des organisateurs.
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- Le recensement général de la population de la France est fixé au 30 courant.
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- _ Le congrès annuel des architectes français aura lieu du 7 au 12 juin prochain.
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- Départements
- C’est vendredi dernier, 7 mai, qu’a été inaugurée l’exposition industrielle, organisée par la ville de Bourges à l’occasion du concours régional. Clôture le 31 mai.'
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- Demain lundi, 10 mai, à l’occasion du concours régional également, ouverture de l’exposition scientifique, artistique, industrielle, rétrospective et pédagogique, de la ville de Limoges.
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- La Société photographique du Nord organise pour le mois de juillet prochain, une exposition publique d’œuvres photographiques, pour laquelle elle fait appel à tous les photographes, artistes et amateurs, et aux fabricants d’appareils photographiques.
- Cette exposition aura lieu à l’hôtel de ville de Douai.
- Elle embrasse toutes les branches de l’art photographique, ainsi que lesappareils nécessaires à la production des épreuves.
- L’Exposition s’ouvrira le 11 juillet. La clôture est fixée au 22 du même mois.
- Les personnes qui désirent y prendre part doivent en donner avis au président de la société avant le 31 mai.
- Tous les envqis doivent être adressés franco de port au président avant le 15 juin.
- Trois diplômes d’honneur seront décernés.
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- Une Société des amis des arts vient de se
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- ! 58. — Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai 1886.
- fonder à Chalon-sur-Saône. Elle organise sa première exposition pour le 15 juin prochain.
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- ♦ ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition géographique dont nous avions annoncé l’organisation à l’occassion du congrès annuel des géographes a été ouverte le 19 avril au Polt/techiiikum de Dresde.
- Les groupes A et B offrent un tableau général des progrès accomplis dans la cartographie en Saxe, depuis le xve siècle jusqu’à nos jours. Une collection de cartes minières et en relief est annexée à cette dernière section.
- Le groupe C est consacré au matériel d’enseignement. Il comprend une très intéressante collection de photographies du Turkestan oriental, des Khanats de Boukkhara et de Khiva, ainsi que des régions transcaspiennes parMoser, Charlot-tenfels, près Schaffhouse (Suisse).
- On remarque dans le groupe E une série d’intéressants levés topographiques et géologiques du Japon par le Dr Neumann.
- Les groupes F et G renferment toutes les publications géographiques parues dans l’année.
- Le groupe H, l’exposition particulière de la société royale de météorologie de Chemnitz, et enfin le groupe I les collections ethnographiques réunies dans l’Amérique du Sud par le Dr Stübel.
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- Le Congrès des relieurs allemands aura lieu en août prochain à Munich (Bavière). Les industriels relieurs de cette ville organisent à cette occasion une importante exposition de la reliure et de tout ce qui s’y rattache. Un appel est adressé aux collectionneurs pour la formation d’une section rétrospective. Cette exposition durera huit jours. La date en sera ultérieurement fixée.
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- Le dimanche 25 avril a été ouverte à Leipzig Krystallpalast, l’exposition canine internationale que nous avons annoncée.
- Cette exhibition est, paraît-il, très intéressante dans son ensemble; les exposants sont nombreux.
- Les chiens de garde sont installés dans des pavillons dressés dans les jardins ; les autres races dans les colonnades et le jardin d’hiver au premier étage.
- L’exposition comprend 16 groupes qui se divisent en 97 classes.
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- L’association industrielle de Mayence, d’accord avec le comité exécutif et les commissions locales, vient de décider, en présence du nombre très restreint des adhésions, de remettre à une époque plüs favorable, l’exposition régionale industrielle qui devait avoir lieu dans cette ville.
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- On estime à 1,200 pour l’Allemagne et 400 pour l’étranger, les envois faits à l’exposition internationale des beaux-arts de Berlin.
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- Angleterre
- D’après l’avis publie par le comité exécutif de l’Exposition internationale de 1886, à Liverpool, les caisses des exposants sont reçues depuis le 15 du mois dernier, et l’ouverture du concours aura lieu après-demain, mardi 11 courant, sous la présidence de Sa Majesté la reine et de Son Altesse Royale le prince de Galles.
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- L’exposition annuelle de l’Académie royale des beaux-arts a lieu en ce moment à Londres. C’est la 118e.
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- L’exposition des Indes et des colonies a été ouverte solennellement par S. M. la reine, mardi dernier, à South-Kensington.
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- Italie
- Un comité promoteur s’est formé à Milan pour organiser dans cette ville, au printemps de l’année prochaine, une exposition internationale des spécialités, concernant la mouture, la panification, le travail des riz et des pâtes alimentaires, la pâtisserie, la chocolaterie et la confiserie.
- Seront admis à figurer à cette exposition : les moteurs, appareils de transport et. de transmission, systèmes de chatiffage et d’éclairage, mobilier de magasin, installations modèles, accessoires divers, etc., etc.
- Une section sera réservée à l’enseignement technique.
- La chambre de commerce française de Milan se met à la disposition de nos compatriotes intéressés pour leur fournir les renseignements nécessaires, et les représenter auprès de la commission définitive, ainsi que pendant la durée de l’Exposition. *
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- Pays-Bas
- Une exposition internationale de meunerie et
- de boulangerie aura lieu du 2 au 15 août prochain, à Amsterdam, dans les bâtiments et le jardin du palais de l’Industrie.
- Cette entreprise, due exclusivement à l’initiative privée et dépourvue de tout caractère officiel, a pour but d’appeler, sur les perfectionnements introduits à l’étranger, l’attention de la boulangerie hollandaise.
- Les intéressés peuvent prendre connaissance du programme de ce concours au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (direction du commerce extérieur, 3e bureau).
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- Suisse
- Après de longues négociations et finalement un renvoi à 1888 de l’exposition de Genève, d’abord projetée pour 1887, cette exposition semble devoir être abandonnée pour le moment, ou du moins prorogée.
- Nous ne pouvons, du reste, après la lecture des considérants qui la motivent et que nous adresse un correspondant, qu’approuver la décision prise.
- En effet, une conférence tenue au palais fédéral pour délibérer sur la question de la participation de la Suisse aux expositions de Paris et de Genève a été unanime pour recommander que la Suisse se fit dignement représenter â Paris. Elle a décidé en conséquence, sous réserve de ratification, que l’exposition prévue à Genève, en 1888, serait renvoyée, à condition que l’Exposition nationale suisse ait lieu dans cette ville en 1893.
- Voilà un salutaire exemple qu’il serait bon de méditer.
- Exposition remise, autre exposition annoncée, il est vrai.
- L’année prochaine, à l’occasion du tir fédéral, il y aura à Genève, une exposition consacrée exclusivement à l’électricité, à la bijouterie sans l’horlogerie, à l’enseignement professionnel, aux beaux-arts et aux arts décoratifs.
- Tunisie
- L’exposition française d’alimentation et d’économie domestique, dont nous avons eu l’occasion de parler, ouvrira à Tunis du 1er au 15 novembre prochain. Elle aura une durée de trois mois.
- Des concours d’animaux vivants, de plantes et de fleurs, compléteront cette exposition.
- Les mesures nécessaires seront prises pour la protection des brevets et des marques de fabrique.
- Les. sociétés de navigation et les Compagnies de chemins de fer, organiseront des voyages circulaires à prix réduits.
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- L’ÉMISSION DE L’EMPRUNT
- Le Journal officiel vient de publier la loi portant émission de l’emprunt national de 5oo millions en rentes 3 0/0. Cet emprunt est émis dans des conditions qui, en sauvegardant absolument les intérêts du Trésor, sont des plus favorables aux souscripteurs.
- Le taux de l’émission permettra, en effet, à ces derniers de réaliser un bénéfice considérable.
- Il en fut ainsi lors des derniers emprunts ; en 1881, pour ne citer qu’un exemple, le décret du 7 mars ayant fixé le prix d’émission à 83,25, la prime monta à 3 fr. 3o neuf jours avant l’émission. L’amortissable ancien fait 87,20 et le 3 0/0 85,80. Le 17 mars la souscription du milliard 3 0/0. amortissable est couverte 16 à ry fois. En mai le cours avançait à 87.70; le 17 juin il était de 89 ; le 3 0/0 cotait 87,80 ce qui faisait 4 francs de hausse en trois mois.
- En 1886, les circonstances sont plus favorables encore qu’en 188 r.
- Les éléments de hausse sérieuse existent. Paris et la Province regorgent de capitaux non placés. Les 400 millions de bons de Trésor ramenés à 62 millions; une unique dette exigible de 318 mil-lionsyseulement contre un milliard de ressources ; les 401. millions de la caisse d’épargne réduits à 31 millions seulement ; une loi en limitant les dépôts à 100 millions au taux abaissé de 2 1/2 0/0; le budget équilibré;.plus de dépenses extraordinaires à payer; la crise commerciale enfin passée, un avenir meilleur est certain; la paix est voulue par. toutes les. puissances. D’où pourraient bien venir des besoins d’argent imprévus ? Par contre, où iront, en.absence de toute émission, se placer nos deux milliards d’économies par an ainsi que les. capitaux refusés désormais par le Trésor et les caisses ? Dans la rente 3 0/0, seule irréductible et inconvertible. Le 3 0/0 au-dessous de 85 fr. est donc.le placement le plus avantageux possible;
- Voici, en résumé, quelles sont les conditions de l’emprunt :
- La souscription publique sera ouverte le lundi 10.mai 1886, de ^heures du matin à 4 heures du soir, pour la réalisation d’une somme de 504 millions de francs en rentes 3 0/0.
- Il ne sera admis aucune liste de souscriptions.
- Les rentes seront émises au prix de 79 fr. 80 par 3 francs de rente.
- Il ne sera pas admis de souscription inférieure à 3 francs de rente.
- Au-dessus de cette somme, les souscriptions seront reçues pour 10 francs de rente et les multiples de 10 francs.
- Toutefois, les souscriptions supérieures à 3,000 francs de rente ne seront reçues que pour des multiples de 100 francs de rente.
- Les souscriptions devront être faites sans condition, et le ministre des finances restera seul juge de leur validité.
- Les souscripteurs seront tenus de garantir leur souscription par le versement immédiat d’une somme de i5 francs par 3 francs de rente.
- Le versement du prix des rentes attribuées sera effectué comme suit :
- Le jour de la souscript. i5 fr. 00 par 3 fr. de rente Le ier juillet 1886. . 21 60 id. id.
- Le ier octobre 1886. 21 60 id. id.
- Le iei-janvier 1887. 21 60 id. id.
- Total. . . 79 80 par 3 fr. de rente.
- Les intérêts courus sur les versements effectués avant la libération complète des titres seront déduits des versements successivement exigibles.
- Le montant desdits intérêts est fixé ainsi qu’il suit :
- Au ier juillet 1886. . . ofr. i5 par 3 fr. de rente.
- Au i*r octobre 1886. . o 3o id.
- Au 1e1' janvier 1887. . o 60 ’ id.
- Si le montant des souscriptions dépasse la somme de rente à aliéner, toutes les souscriptions, quel qu’en soit le chiffre, seront soumises à une réduction proportionnelle.
- Toutetois, le ministre des finances se réserve le droit de statuer en ce qui concerne les souscriptions qui se trouveraient réduites à 3 francs ou au-dessous de 3 francs de rente.
- Au-dessus de cette somme, il ne sera attribué en rente que 5 francs ou des multiples de 5 francs ; il ne sera pas tenu compte des fractions qui donneraient droit à moins de 2 fr. 5o cent, de rente ; les fractions de 2 fr. 5o et au-dessus seront comptées par 5 francs de rente.
- Un avis inséré au Journal officiel fera connaître le résultat de la souscription et le taux de la réduction, s’il y a lieu.
- Les souscripteurs auront, à dater du ier octobre 1886, la faculté de libérer par anticipation les certificats d’emprunt. Un arrêté ultérieur déterminera les conditions de cette libération.
- Le ministre des finances se réserve d’ailleurs le droit d’autoriser avant cette date, s’il y avait lieu, la libération anticipée des termes de payement non échus.
- Les bons du Trésor, délivrés à l’échéance d’une année au plus, seront remboursés, le 10 mai 1886, aux porteurs qui en feront la demande pour affecter à la souscription les fonds à provenir de ce remboursement.
- Comme on le voit l’ejnprunt favorise à la fois les petits rentiers et les créanciers du Trésor.
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- HISTORIQUE DES EXPOSITIONS
- Un proverbe ancien mais toujours vrai nous dit : Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ; en effet, les revolvers et les canons se chargeant par la culasse, que bien des gens croient être d’invention toute moderne, étaient connus au moyen âge et le musée de Delhi en contient des modèles qui appartenaient, il y a près de deux siècles, au Grand Mogol; les Chinois connaissaient la poudre à canon et les Indiens le téléphone depuis des époques très reculées et les conteurs des Mille et une Nuits font souvent pressentir dans leurs récits les merveilles de la vapeur et de l’électricité.
- Les Expositions sont elles-mêmes presque aussi vieilles que le monde et quand le prince Albert et la Société des arts' inauguraient à Londres dans Hyde-Park la ' série des Expositions internationales ils ne faisaient après tout que suivre l’exemple du roi Assuérus ; ce dernier, en effet, si nous nous en rapportons au livre d’Esther, exposa dans son palais de Shushan les richesses de son royaume qui consistaient en des tentures blanches, bleues et vertes soutenues par des cordons de fil très fin, couleur de pourpre, attachés à des piliers de marbre par des anneaux d’argent, et des lits d’or et d’argent posés sur des dallages de marbres rouges, bleus, blancs et noirs ; les visiteurs avaient droit à des rafraîchissements de diverse nature qu’on leur versait dans des coupes ou des vases d’or qui étaient tirés d’un modèle différent.
- Si de la Bible nous passons à l’histoire romaine nous arrivons à ce que Ton peut appeler VInternationalité forcée dans les Expositions publiques à Rome qui se composaient des dépouilles opimes prises dans les pays conquis pendant les dernières années de la République et le commencement de l’Empire romain ; l’invasion des Barbares leur porta un coup fatal et à partir du règne de Néron on n’en retrouve plus de traces qu’au moyen âge.
- C’est alors qu’a eu lieu l’Exposition de Venise
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai 18SC. — 159.
- Deuxième Année. — N° 71.
- en 1268, sous le règne du doge Lorenzo Tiepolo et c’est la première qui me'rite le titre à!Exposition de l’industrie ; tous les arts et métiers y formèrent une procession triomphale, une fête nautique y fût beaucoup remarquée parmi les divertissements nombreux donnés à cette occasion ; les Echevins des corporations des tanneurs, joailliers, tourneurs, merciers, bonnetiers, drapiers, tisserands, verriers, fabricants de drap d’or, poissonniers et bouchers revêtus de leur costume d’apparat défilèrent devant le doge et après les discours d’usage ils demandèrent à la souveraine la faveur d’inaugurer l’Exposition et de la visiter en grande pompe.
- Au moyen âge les foires de Leipsick et de Nij-ni-Novgorod en Europe et de Tantah entre Alexandrie et le Caire avaient de grands points de ressemblance avec les Expositions d’aujourd’hui.
- En 1689, les Hollandais organisèrent à Levde une foire qui est restée célèbre à cause des curiosités qu’elle renfermait et parmi lesquelles les chroniqueurs de l’époque citent : « La peau d’une femme tannée comme une peau de gant, les oreilles et la langue d’un voleur qui avait été pendu, les bijoux d’Arabie, les coraux de l’Inde, les étoffes égyptiennes, les instruments de musique de la Chine et la bière chinoise!
- La première des Expositions des temps modernes se fit sous les auspices de la Société des arts à Londres en iySô, et des récompenses furent distribuées aux meilleurs fabricants de tapis, tentures et porcelaines.
- Elle fut suivie par une autre du même genre en 1761, où les objets exposés consistaient en machines agricoles et autres.
- La France entra dans la même voie en 1797 en exposant au palais de Saint-Cloud les produits des manufactures de Sèvres, des Gobelins et de la Savonnerie. Les troubles politiques nuisirent beaucoup au succès de cette entreprise mais l’année suivante le marquis d’Aveze en prépara une seconde édition dans la rue de Varennes à Paris et sa vogue fut telle qu’elle donna naissance à une exposition officielle qui eut lieu dans un bâtiment construit exprès pour la circonstance au Champ-de-Mars, et les manufactures de l’Etat n’y furent pas les seules à exposer leurs produits car 110 industries particulières s’y firent enfin représenter. C’est à l’inauguration de cette exposition que Napoléon, qui revenait de la campagne d’Italie, imita Y internationalité forcée des Romains en promenant triomphalement dans les rues de Paris les chefs-d’œuvre de l’art qu’il avait pris à Venise, Rome et Milan.
- Une seconde Exposition officielle prit place dans la grande cour du Louvre et un jury fut formé, composé d’hommes pratiques, pour juger les mérites des objets exposés et décerner les récompenses. Les exposants qui avaient obtenu une médaille d’or furent invités à dîner chez le premier consul et tout porte à croire que ce fut la première fois que le tiers-état fut reconnu publiquement et officiellement dans une cérémonie d’apparat.
- Ce premier jury dans son rapport consacra l’importance des expositions en général dans les termes suivants : Il n’y a pas un seul artiste ni un seul inventeur qui, après avoir obtenu une récompense publique pour, son talent, n’ait vu sa réputation et le chiffre de ses affaires augmenter considérablement.
- La troisième exposition de Paris en 1802 peut être considérée comme la première où il y avait eu un Catalogue officiel car on ne retrouve aucune trace de catalogue dans les précédentes; elle avait réuni 450 exposants, parmi lesquels on peut citer les célèbres inventeurs Montgolfier et Jacquard.
- La quatrième eut lieu en 1806 à l’esplanade des Invalides et elle contenait 1,422 exposants.
- Les guerres de l’Empire mirent un terme pour un certain temps, à ces démonstrations du travail et ce n’est qu’en 1819 que la cinquième Exposition groupait dans la cour du Louvre 1,622 exposants.
- A partir de cette époque, plusieurs autres Expositions du même genre se succédèrent jusqu’en 1849 ; celle qui eut lieu alors avait déjà fait des progrès énormes sur la première qui, 5o ans avant, ne pouvait réunir que 110 exposants tandis que celle de 1849 en comptait 4,5oo.
- (A suivre.)
- Paul Dejoux.
- LES LIVRES
- LVII
- Henri Heine et son temps (1 jgg-r 8 2 7), par Louis Ducros, professeur à la Faculté des lettres de Poitiers. Paris, librairie de Firmin-Didot et Cie, in-18.
- Si la France a longtemps exercé une influence littéraire prépondérante sur l’Allemagne, si cette influence l’a été surtout au xvme siècle, il n’est que juste de reconnaître que l’influence de la littérature allemande sur la nôtre au xixe siècle a été considérable. Notre romantisme surtout a été en échange de courants avec le romantisme allemand. C’est là un lieu commun en critique, qui
- ne supporte pas plus le développement que la contradiction. Notre littérature, pendant la première moitié du siècle, a été non certes tributaire, car jusque dans l’imitation le génie français garde son indépendance et son originalité, mais a subi à des degrés divers l’influence de Goethe, de Schiller, de Herder, d’Uhland, d’Hoffmann. Plus tard, il est impossible de nier que Henri Heine ne lui ait communiqué quelque chose de ce mélange de sentiment et d’ironie qui le caractérise. Henri Heine depuis Gœthe est le génie allemand qui a le plus prêté au nôtre comme il est celui qui en a le plus reçu. Aujourd’hui notre école littéraire, surtout dans le roman, traverse une crise où le courant naturaliste grossier qui procède de Rétif de la Bretonne, un reste d’influence byronierjne, et le pessimisme de Schopenhauer ont leur part, ce dernier beaucoup moins à l’état de philosophie, si le pessimisme en est une, qu’à l’état de mode et de genre littéraire, comme le Werthérisme. Seulement le Werthérisme a été une maladie littéraire plus sérieuse et plus prolongée que le pessimisme. Chateaubriand, de Sénancour, Charles Nodier, Alfred de Musset, George Sand en ont été atteints. Nul roman n’a exercé plus d’influence que Werther, si ce n’est la Nouvelle Héloïse, parce que nul roman n’a été plus lu. Il n’en est pas de même de Schopenhauer que n’ont pas lu beaucoup de ceux qui en parlent, presque autant de ceux qu’on accuse de s’en inspirer. Sa prétendue doctrine n’a jamais eu un corps bien précis, et ne semble être qu’une série de boutades misanthropiques érigées en système, très contrairement à l’ambition et même à l’opinion d’un homme dont M. Alexandre Weil, qui l’a beaucoup connu, ne parle pas du tout comme d’un philosophe mais d’un fanfaron de désespoir et d’un fantasque farceur, jouant les Léopardi outre-Rhin, moins le talent et la sincérité souvent poignante du poète italien. Quoi qu’il en soit, Henri Heine, qui s’intitulait plaisamment « le Prussien libéré » dont on a dit joliment que c’était un rossignol qui avait fait son nid dans la perruque .de Voltaire » pour exprimer le talent du plus Allemand des Français ou du plus Français des Allemands, comme on voudra, a été certainement le poète allemand favori des dernières générations littéraires, et ce talent a gardé pour nous la saveur piquante d’une sorte de Musset d’outre-Rhin. Sa valeur de poète allemand, puisqu’il est le plus grand des lyriques et des élégiaques allemands depuis Gœthe et Schiller, est d’ailleurs beaucoup plus grande que sa valeur d’influence et de reflet sur notre littérature ou notre poésie. Il n’en méritait pas moins à ce double titre l’attention de la critique, et il faut savoir gré à M. Louis Ducros du livre intéressant et littérairement très distingué qu’il a consacré à Henri Heine pendant la période allemande de sa vie, c’est-à-dire jusqu’en 1827, avec l’espoir au-d’hui exaucé, l’ambition aujourd’hui satisfaite de faire un ouvrage utile et agréable à la fois. C’est une étude consciencieuse, ingénieuse, très informée, puisée aux sources et dont les aperçus attestent une sagacité, une probité critique, tout à fait remarquables et louables.
- L’ouvrage est plus intéressant, nous devons le dire, comme tableau que comme portrait. La vie d’Henri Heine, vie universitaire, puis vie littéraire, n’a pas d’événements autres que ses goûts et ses dégoûts, ses enthousiasmes et ses décép-tions d’étudiant. Chez lui, de plus, le drame intérieur n’est guère plus varié que le drame extérieur. Il repose presque tout entier sur les nombreux et pas toujours heureux essais passionnels d’un homme qui avait pour plaisir comme pour profession en sa qualité de poète, d’être amoureux de toutes les femmes. Henri Heine, comme Gœthe, aimait à aimer, mais ses passions successives n’ont pas laissé dans ses œuvres la trace des femmes aimées par Gœthe, dans les siennes, une trace distincte, parfois profonde. De plus et même par conséquent, la vie intime de Henri Heine nous est demeurée beaucoup plus mystérieuse, beaucoup plus fermée que celle de Gœthe. Peu nous importe d’ailleurs. Ce qui importe c’est l’histoire de ses idées et de ses sentiments au point de vue des résultats, plus encore qu’au point de vue des influences. En quoi Heine est-il un grand poète, ayant ranimé, rajeuni, renouvelé le genre, où il excelle, du Lied national ? En quoi a-t-il été un romantique différent de Novalis et de Tiek. ? C’est ce que M. Ducros démêle et explique très bien, et quand il abandonne son héros et nous-mêmes en 1827 au moment où Heine commence à comprendre qu’il n’a plus rien à faire en Allemagne, et sent poindre en lui le spleen de la seconde patrie, la nostalgie de la France, nous n’ignorons rien de ce) qui est nécessaire pour apprécier la valeur absolue de Heine comme poète lyrique et élégiaque, et sa valeur relative par rapport à ses contemporains. Le Heine des Lieder et des Rei-sebilder nous est aussi parfaitement connu qu’il peut l’être. Est-ce la faute du héros ou celle, du biographe si cette physionomie originale ne_ se détache pas à nos yeux avec plus de relief, si nous trouvons plus de saveur, plus de vie aux tableaux comme ceux de Dusseldorff sous la domination française, de l’université de Bonn ou de l’université de Gœttingue, comme enfin ceux du romantisme allemand et de Berlin et de la société ber-
- linoise, en 1821, qu’au portrait même de Heine envisagé à travers les vicissitudes vulgaires de sa vie intime et les vicissitudes plus relevées, mais assez rares de la vie intellectuelle et littéraire d’un homme qui fut surtout un poète, qui ne le fut avec supériorité que dans un genre, et dont l’inspiration est en somme presque monocorde ?
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Menus-Plaisirs. — Il était une fois.... opérette en trois actes,
- de MM. Jaune et Dozé-Simiane, musique de M. de Lagoanère.
- Il était une fois.. que dis-je, il était dix fois,
- vingt fois, cent fois, hélas ! une opérette dont le nœud de l’intrigue reposait sur un quiproquo scabreux dans la situation du monde où le quiproquo est le plus invraisemblable ! Ah ! qui nous délivrera de ce sempiternel procédé d’opérette renouvelé à tant de reprises des contes de Boccace: un époux se figure qu’il a trompé son épouse , tandis que, par un bizarre concours de circonstances, il n’a fait qu’accomplir très strictement ses devoirs conjugaux. Oh ! cette substitution nocturne de personnages et cette suite de sous-entendus traditionnels, lourds et grossiers, de coqs-à-l’âne grivois qu’elle entraîne avec elle, qui nous en délivrera ? Ce ne sont pas MM. Dozé-Simiane et Jaime, car ils se sont cru obligés de soumettre l’intrigue de leur pièce à cette règle drarpatique du quiproquo nuptial, qui joue dans la fabrication des opérettes actuelles un rôle aussi prédominant que celui de la règle des trois unités dans la confection des tragédies.
- Voici donc la donnée de: Il était une fois. Une reine le soir de ses noces s’est, sans motif plausible , refusée à l’exécution de certain devoir entrant dans les charges du mariage, et auquel toutes les femmes, les souveraines comme les plus humbles, doivent se soumettre, car
- ... la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend pas nos... reines.
- Et depuis cinq ans, malgré toutes les sollicitations de son mari, l’étrange reine est demeurée, vis-à-vis de lui, dans le statu quo ante matrimonium. Le roi cherche quelques consolations dans une existence des plus folâtres. Avouons qu’il est bien excusable. Un soir, il se permet cette petite escapade d’aller à un rendez-vous, qu’une jolie fille a donné à son amoureux. Il prendra la place de
- l’amoureux et à la faveur des ténèbres...... (vous
- l’avez deviné, n’est-ce pas !) il rencontre sa femme, laquelle s’est substituée à la jeune fille pour des raisons un peu obscures. Bien entendu, les deux époux, réunis de la sorte aussi fortuitement que nuitamment, ne se sont pas reconnus et, quand ils apprennent la vérité ils manifestent un étonnement qui prouve qu’ils n’ont jamais vu jouer d’opérettes dans leurs Etats, car, sans cela, ils auraient bien dû se douter que ce qui leur arrivait était fatal et faisait partie de ce stock de règles inviolables et absolues dont la connaissance constitue la science du théâtre. Le dénouement est tout à l’honneur du roi ; l’impression ressentie par la reine a été si flatteuse pour lui qu’elle se jette dans les bras de son mari, en s’écriant :
- Enfin, je vois, je crois, je suis désabusée,
- ou quelque chose de ce genre. Bref, elle se mord les doigts d’avoir perdu cinq belles années ; mais elle se promet in petto de rattraper le temps perdu.
- Et telle est cette opérette qui, en bonne justice, n’est ni plus mauvaise ni plus ennuyeuse qu’une autre, mais à la représentation de laquelle le public a manifesté peu d’enthousiasme, car c’est au moins la soixante-douzième saillie sur le même patron qu’on nous donne et cette fois l’étoffe dont on s’est servi n’était pas riche.
- Pour la musique, elle est agréable à entendre ; mais rien de saillant. Aucun de ces airs qui se retienne tout d’abord et nous craignons bien que le public n’ait pas suffisamment de temps à les entendre pour apprendre à les fredonner.
- Mme Desclauzas cherche à remplacer par les cocasseries de son jeu les cocasseries absentes de son rôle ; mais cette outrance comique de gestes et de mouvements de physionomie n’est véritablement drôle que quand elle part d’une gaité franche et spirituelle ou bien elle tombe lourdement. M. Montcavrel, si gai d’habitude, si plein de fougue joviale est presque lugubre. Mmes Lardinois et Blanche Miroir chantent consciencieusement ; mais elles n’ont pas l’air d’être là pour s’amuser. M. De-lausnay a une jolie voix, mais il n’est pas plus gai que ses camarades.
- D’ailleurs, toute la troupe a l’air de porter une opérette en terre.
- Léon Gandillot.
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- i6o. — Deuxième Année. — N° 71.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 9 Mai 188C
- LES NOUVELLES INVENTIONS
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- LES LESSIVEUSES -- LES POELES MOBILES
- Il y a déjà bon nombre d’années que les lessiveuses ont été adoptées dans la plupart des ménages. Tout le monde connaît le principe même de ces appareils : dans une cuve en tôle ou en cuivre, on verse une certaine quantité de liquide (eau et carbonate de soude et savon) ; puis on place au-dessus de ce mélange une plaque percée de trous, qui, au moyen de taquets, est maintenue à une certaine distance du fond de la cuve. Au milieu de cette plaque est fixé un tube, terminé par une sorte de champignon également percé de trous. Le linge à lessiver est ensuite disposé dans l’appareil qui est porté sur un feu quelconque. Le liquide chaud monte dans le tube, se déverse sur le linge et redescend dans la plaque percée à jour.
- On comprend bien que ce tube et le champignon, placés au milieu de l’appareil, occupent un certain volume, au détriment du linge à lessiver.
- De plus, le linge est en contact immédiat avec la paroi qui, elle-même, se trouve exposée à l’action immédiate du feu.
- Ce sont là deux inconvénients sérieux que l’on pouvait reprocher à la plupart des lessiveuses.
- Un habile ingénieur industriel,
- M. Vivifie, a eu l’idée de perfectionner ces appareils. Il s’était posé les deux problèmes suivants :
- i° Laisser dans la cuve le plus grand espace possible pour placer le linge ;
- 20 Eviter le contact direct du linge et de la paroi de la cuve.
- Nous pouvons dire qu’il les a résolus de la façon la plus intelligente ; on va, du reste, en juger.
- Supposez une première cuve en tôle ou en cuivre, en forme de tronc de cône, que l’on place sur un fourneau, et qui est munie d’un double fond mobile.
- Une seconde paroi en tôle, qui vient s’emboîter dans la première, à une distance de 3 millimètres, porte quatre sortes de canaux verticaux et est couronnée par une bordure percée de trous.
- Il en résulte que l’eau monte(entre les deux parois arrive dans la couronne et se déverse, par les trous sur tout le linge. On voit donc qu’avec les nouvelles lessiveuses de M. Vivifie on peut étendre et déplacer le linge à volonté, comme dans un cuvier. On peut enfin mettre 3o 0/0 de linge dej plus que dans n’importe quel autre système de lessiveuse; de plus, l’idée fort pratique de la double paroi supprime le contact dont nous parlerons plus haut.
- Nous voudrions maintenant dire un mot de la fabrication de ces appareils dans les ateliers si bien outillés de M. Vivifie.
- Tout se fait mécaniquement, la main-d’œuvre est réduite a sa plus simple expression : Ceci a permis à M. Vivifie de livrer ses lessiveuses à un prix excessivement bas et par suite de vendre ses
- produits même en Allemagne, où cependant, chacun le sait la main-d’œuvre est payée beaucoup moins qu’en France.
- En pénétrant dans les ateliers de M. Vivifie on est surtout frappé par un fait absolument remarquable : la division du travail.
- Chacun a sa tâche et ne s’occupe que d’une seule spécialité ; ce qui permet à un ouvrier de faire vite et bien.
- Voici les plaques de- tôle telles qu’elles sont li-
- vrées par l’usine. Un ouvrier placé devant d’énormes cisailles les coupe à la grandeur et à la forme voulues. Un autre, a pris le repliage de la plaque, la rive ou l’agraffe. Un troisième est occupé à préparer les fonds des lessiveuses. Rien n’est perdu, comme on va le voir. Les diamètres des fonds varient de om3o environ à imoo. Etant données les dimensions uniformes des tôles, on découpe dans une plaque un cercle de om3o de diamètre par exemple qui servira de fond à la lessiveuse de modèle le plus petit. Dans cette même plaque on découpe ensuite une couronne de 5 ou 6 cent, de largeur qui servira à faire un rebord du couvercle de lessiveuse ou d’un seau ou d’un article quelconque de ménage ; dans la partie qui restera on découpera une seconde couronne qui sera d’un diamètre plus grand que la première et ainsi de suite. Jusqu’à ce que toute la tôle ait été employée.
- Ces couronnes sont transformées en sortes de cornières rondes servant à faire les rebords des couvercles au moyen d’une presse d’une puissance extraordinaire établie sur les dessins de M. Vivifie.
- Que l’on se figure une immense presse à copier dont le plateau inférieur mesurerait au moins im5o. Sur ce plateau on dispose une matrice en fonte sur laquelle on place la couronne. Le pla teau supérieur de la presse porte un moule qui pénètre dans la matrice en donnant à la couronne la forme voulue. C’est avec le même outil que l’on fabrique encore toutes sortes de pelles, de couvercles, etc., etc.
- M. Vivifie est encore l’inventeur d’un calorifère mobile avec lequel on n’a à craindre aucun accident.
- On sait que dans ces sortes de poêles la fermeture de la partie supérieure se fait au moyen d’une plaque en fonte ou en marbre portant une lame circulaire en tôle qui pénètre dans du sable.
- M. Vivifie a remplacé tout cela par une chaudière à bain-marie fermant hermétiquement qui empêche les gaz de se répandre dans l’appartement en les absorbant.
- Avec ce système on a toujours huit litres d’eau chaude à sa disposition. De plus, la chaudière, s’enlève à volonté ainsi que toutes les pièces sur lesquelles elle repose ; par suite les réparations, fort rares, d’ailleurs, sont facilement exécutées.
- Nous aurions encore bien des détails à donner sur tout ce qui sort des ateliers de M. Vivifie : ses nouveaux châssis avec cadre à coulisses pour Tes cheminées qui sont d’une si grande simplicité et d’un transport si commode ; ses fourneaux de cuisine pou -vaut s’adapter dans toutes les cheminées, etc., etc., à notre grand regret nous ne pouvons le faire, le cadre de cet article ne nous le permettant pas.
- Nous terminerons en constatant que M. Vivifie, simple ouvrier, il y a une quinzaine d’années, est arrivé par son travail, son intelligence et son éner-, gie à occuper une place des plus honorables dans la haute industrie parisienne.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. B. ArtRAULT e C»», rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 16 Mai 1886. NUMÉRO 72.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition et le Conseil municipal ; 3. 1889 : Les Expositions universelles et la statistique; 4. L’Exposition d’hygiène; 5. Le Salon de 1886; 6. Echos; 7. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 8. Les Livres ; 9. Avis commerciaux ; 10. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Plus de 5oo architectes ou inge'nieurs ont demandé au ministère du commerce les documents relatifs au concours en vue de l’Exposition.
- En présence de cette affluence, il sera impossible d’installer en une seule journée l’Exposition des projets. Aussi M. Lockroy a-t-il dû modifier l’article i3 de l’arreté du ier mai 1876, ainsi conçu :
- Art. i3. — Ces projets seront publiquement exposés pendant quatre jours, du 19 au 22 mai et immédiatement soumis au jugement d’une commission qui sera nommée et présidée par le ministre.
- Les journées des 19, 20, 21, seront consacrées à l’installation.
- L’Exposition sera ouverte au public le samedi 22, lundi 24 et mardi 25, de midi à 6 heures, et le dimanche 2 3, de 9 heures à 6 heures.
- La commission chargée de juger les projetsfonc-tionnent les 22, 24 et 25 mai, de 9 heures du matin à midi. Rappelons que l’Exposition aura lieu à l’hôtel de ville, salle des fêtes, entrée par la cour du sud, escalier H, premier étage.
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- Gomme on le sait, le projet de loi sur l’Exposition universelle, voté par la Chambre des députés, a été déposé sur le bureau du Sénat, par M. le ministre du commerce avant l’interruption des séances du Parlement. Dès la rentrée, le 26 ou le 27 mai, le Sénat nommera la commission chargée d’examiner le projet qui, on peut l’espérer, sera discuté presque aussitôt par la haute assemblée. On-parle comme rapporteur de M. Teisserenc de Bort, de M. Krantz ou de M. Dietz-Monnin. Dès aujourd’hui, une très forte majorité est acquise au projet. La loi pourra donc être promulguée vers le i5 juin, et les plans de M. Lockroy devant être à cette époque entièrement élaborés, on pourra entrer tout aussitôt dans la période d’action et d’exécution.
- *
- Nous avons dit qu’il y aurait trois directeurs à l’Exposition de 1889 et une commission, qui .comptera environ 25o membres.
- Il est, en outre, question de créer une commission des finances, composée de 43 membres :
- 17 nommés par le gouvernement ;
- 8 par le Conseil municipal ;
- 18 par la Société de garantie.
- On sait que 17 millions sont fournis par l’Etat, 8 par la Ville de Paris et 17 par la Société de de garantie.
- Il y aurait, en outre, trois commissions d’exécution :
- x° Commission des marchés (rattachée à la commission des finances) ;
- 20 Commission technique (rattachée à la Direction des travaux) ;
- 3° Commission d’organisation (rattachée à la direction administrative).
- La commission financière serait, en quelque sorte, la commission du budget de l’Exposition de 1889, chargée de faire les ouvertures de crédit et
- de contrôler les traités passés par la commission des marchés.
- * ¥•
- Les premiers travaux exécutés en vue de l’Exposition seraient des lignes de chemin de fer desservant le Trocadéro.
- L’Exposition a, en effet, démontré en 1878 que la ligne du Champ - de - Mars était absolument insuffisante pour le transport de matériaux à pied d’oeuvre.
- * *
- Pendant le voyage qu’il a fait à Londres, M. Lockroy a pu se convaincre que l’Angleterre s’intéresse très vivement à l’Exposition de 188g. Tous les ministres avec lesquels il s’est entretenu de cette grande solennité lui en ont parlé avec la plus grande sollicitude. Selon eux, la section anglaise- sera des plus complètes, car, de tous côtés, on se prépare déjà en vue de ce concours.
- M. Lockroy a eu un long entretien avec sir Owen, le commissaire général de l’Angleterre en 1878 et l’organisateur. de l’Exposition coloniale, ouverte en ce moment à Londres. Sir Owen sera vraisemblablement commissaire général en 1889.
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- L’EXPOSITION
- et
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- LE MÉTROPOLITAIN
- (Suite.)
- Je n’qntrerai pas dans la discussion du caractère du chemin de fer Métropolitain. Est-il d’intérêt général ? Est-il d’intérêt local ? La question a été résolue par l’Etat qui l’a pris à sa charge et l’a classé dans ses chemins d’Etat.
- Je m’occuperai seulement du tracé adopté par le Conseil municipal de Paris en juin 1883, et approuvé, par une délibération du Conseil général pour les lignes extérieures à Paris.
- Ce projet comprend deux réseaux : un premier exécutable de suite, un second exécutable dès que l’exploitation du premier aura donné un revenu annuel de 4 0/0 au capital engagé.
- Le premier réseau qui devait être exécuté sans subvention ni garantie, était fixé ainsi qu’il suit :
- i° Une ligne longitudinale de l’Ouest à l’Est passant en souterrain à l’Arc de l’Etoile, suit de même en souterrain ou en tranchée, l’avenue de Wagram, le boulevard de Courcelles, la rue de Rome (raccord avec la gare Saint-Lazare), la rue Auber, la place de l’Opéra, la rue du Quatre-Sep-tembre, la place de la Bourse, la rue Réaumur, la rue Turbigo, la place de la République, l’avenue de la République, le boulevard Richard-Lenoir et la place de la Bastille ; cette ligne passe ensuite par le boulevard Bourdon pour aboutir au chemin de fer de Lyon, auquel elle se raccorde.
- Le chemin de fer Métropolitain se raccorde en outre directement au chemin de fer de Vincennes.
- Au boulevard Bourdon, un tronçon circulaire se détache de la ligne longitudinale, franchit la Seine par un viaduc, près le pont d’Austerlitz ; passe également en viaduc par le boulevard de l’Hôpital, le boulevard d’Italie, les boulevards Saint-Jacques, d’Enfer, de Montrouge, de Vaugi-rard et de Grenelle ; franchit une seconde fois la Seine sur un viaduc près la passerelle de Passy et passe en souterrain au Trocadéro, pour aller se renouer à la ligne longitudinale, à l’Etoile, par l’avenue d’Iéna.
- A son parcours initial à l’ouest, la ligne longitudinale se divise en deux branches : la branche du nord-ouest, qui part d’un point à déterminer entre Puteaux et Saint-Cloud, suit le boulevard Maillot, la porte Maillot et l’avenue de la Grande-
- Armée jusqu’à la place de l’Etoile ; la branche ouest, qui part du quai de Seine, à Boulogne, suit dans les sauts de loup du bois de Boulogne, le boulevard de Boulogne, la route départementale n° 29, emprunte la ligne d’Auteuil entre les lignes d’Auteuil et du Trocadéro au tronçon circulaire venu du boulevard Bourdon.
- 20 Une ligne transversale du nord au sud part d’un point à déterminer (probablement Pantin) au-delà de Paris, passe en souterrain par le boulevard Ornano, au-devant des deux gares du Nord et de l’Est ; se continue en souterrain par les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol jusqu’aux abords des Halles centrales et de l’Hôtel de Ville. La ligne traverse ensuite la Seine, soit en viaduc, soit en souterrain, en un point à déterminer après étude ; se poursuit en souterrain du côté du boulevard Saint-Michel, jusqu’au chemin de fer de Sceaux, auquel elle se raccorde, et sort de Paris pour arriver à un point à déterminer du côté de Gentilly.
- 3° Une troisième ligne, vers l’Est, part de la place de la République pour aboutir à Charonne en passant par l’avenue de la République.
- Le deuxième réseau devait comprendre :
- i° Une ligne du chemin de fer d’Orléans, au chemin de fer des Moulineaux, par le quai Saint-Bernard et le boulevard Saint-Germain ;
- 20 Une ligne partant des Halles et des Postes, passant par la rue de Turbigo, la place de la République, le boulevard Magenta et se raccordant devant le chemin de fer de l’Est à la ligne n° 2 du premier réseau :
- 3° Une ligne se raccordant à la précédente au chemin de fer de l’Est et se dirigeant par les rues du Faubourg-Saint-Martin, La Fayette et d’Allemagne, vers la Villette et Pantin ;
- 40 Une ligne de la place de la République à Montreuil, par l’avenue de la République ;
- 5° Une ligne du boulevard Bourdon àCharenton, par les quais de la Râpée, de Bercy et la route de Saint-Maur, avec raccordement possible avec les lignes de Lyon et d’Orléans ;
- 6° Une ligne de la place de l’Opéra.au Trocadéro, par le rond-point des Champs-Elysées ;
- 70 Une ligne du Corps législatif au rond-point des Champs-Elysées;
- 8° Une ligne de la place de l’Opéra à la gare Montparnasse, par l’avenue de l’Opéra, le Carrousel, la rue de Rennes;
- 90 Une ligne de la place de l’Opéra à la Bastille, par les Halles, l’Hôtel de Ville, les quais et le boulevard Henri IV ;
- io° Une ligne du boulevard de Courcelles et de la gare Saint-Lazare à la ligne n° 1 du premier réseau ;
- 11° Après les dix lignes précédentes étaient classés, sous ce numéro, les raccordements de l’Hôtel des Postes et divers autres qui auraient été reconnus ultérieurement nécessaires.
- Le but poursuivi par le Conseil dans la constitution de ces réseaux complexes, exigeant de nombreux transbordements, enchevêtrés les uns dans les autres et manquant d’unité, était d’éviter les grandes expropriations et, par suite, de dépenser relativement peu.
- La longueur des deux réseaux dans Paris devait être à peu près de 32 kilomètres pour le premier et de 3i pour le second, soit 63 kilomètres pour l’ensemble. La dépense kilométrique était évaluée à 4 millions et le trafic du chemin d’ensemble à 120 millions de voyageurs.
- . Les voitures étaient de deux classes, au prix de 15 centimes et de 3o centimes pour tout parcours ; des places de luxe à 5o centimes étaient réservées ; un service de correspondance devait être établi entre la Compagnie du Métropolitain et les Compagnies d’omnibus ou de tramways qui consentiraient l’échange.
- _ Dans ce projet, les lignes desservant l’Exposition sont nombreuses et évidemment, sous ce rapport, la circulation est assurée dans des conditions meilleures que celles réalisées dans le projet que nous avons étudié dernièrement et même dans le projet de l’Etat. Le Champ-de-Mars, le Trocadéro
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- i62. — Deuxième Année. — N° 72.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Mai 188G
- et les Champs-Elysées sont, en effet, encadrés, sillonnés par une foule de lignes amenant les voyageurs de tous les points de Paris. La ligne longitudinale, par le tronçon circulaire, amène au Trocadéro tous les visiteurs de l’Est et de l’Ouest; la branche de Boulogne y amène ceux de ce côté de la banlieue; la ligne, transversale, Nord-Sud, par son raccordement avec la ligne longitudinale y amène ceux de Pantin, d'Aubervil-liers, de Saint-Denis, etc... comme ceux du Grand Montrouge, de Fontenay et de toute la ligne de Sceaux. Enfin, toutes ces lignes combinées avec la ligne du chemin de fer de ceinture forment un réseau idéal, en vue de l’Exposition.
- Mais l’Exposition est chose provisoire et bien que, pendant quelques années, elle domine toutes les autres préoccupations, l’Etat, dans l’établissement de son projet, devait s’inquiéter de tous les besoins à satisfaire, des intérêts des divers quartiers de Paris, de ceux de la circulation générale sur les chemins de fer français , de ceux de la défense nationale et parisienne, enfin de ceux de ses grands services publics. C’est en s’inspirant de ces considérations multiples qu’il a déposé sur le bureau de la Chambre le tracé, dont l’analyse a été donnée ici-même et qui, par son unité, par sa simplicité, par sa commodité, assure le succès de l’entreprise en meme temps que celui du grand concours de 1889.
- Tableau des principales expositions, de i7g8 à 1886.
- Expositions nationales françaises
- Nombre d'erposanls. Acners.
- Exposition de l’industrie (Paris, Champ-de-Mars)........... 110 1798
- Exposition de l’industrie (Paris, cour du Louvre)................. 220 1801
- Exposition de l’industrie (Paris, cour du Louvre).......... 5qo 1802
- Exposition de l’industrie (Paris, esplanade des Invalides). 1.422 1806
- Exposition de l’industrie (Paris, Louvre)....................... 1.662 1819
- Exposition de l’industrie (Paris, Louvre)....................... 1.648 1823
- Exposition de l’industrie (Paris, Louvre)....................... 1.795 1827
- Exposition de l’industrie (Paris, place de la Concorde).. 2.147 1834
- Exposition de l’industrie (Paris, Champs-Elysées).......... 3.381 1839
- Exposition de l’industrie (Paris, Champs-Elysées).......... 3.960 1844
- Exposition de l’industrie (Paris, Champs-Elysées)............... 4.194 1849
- Expositions internationales
- H S S $3
- LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES & LA STATISTIQUE
- • M. Eugène Minot vient de faire, sous ce titre, à la Société de statistique de Paris, une conférence des plus intéressantes. A l’occasion de la prochaine exposition, M. Minot, dont nos lecteurs ont pu apprécier la compétence, s’était proposé d’esquisserl’historique des premières expositions ; de faire un rapide exposé des progrès accomplis depuis 1789, par le commerce et par l’industrie ; enfin d’émettre quelques vœux au sujet de la statistique des faits sociaux. Les Expositions nationales et internationales qui ont eu lieu dans le cours de ce siècle ont contribué puissamment aux. progrès de la statistique et, en retour, la statistique a rendu cet éminent service de donner une forme durable aux enseignements fournis par les expositions, grâce aux nombreux et intéressants rapports dont elles ont été l’objet. M. Minot a d’abord dit quelques mots sur l’origine des expositions, sujet déjà traité dans nos colonnes et sur lequel nous ne reviendrons pas.
- En ce qui concerne les siècles passés, voici ce que l’orateur cite d’un' excellent travail que M. Levasseur, le savant économiste, a publié au sujet de l’exposition projetée à Paris pour la célébration du centenaire de 1789 :
- « Les expositions n’étaient pour ainsi dire pas possibles en France sous l’ancien régime, lorsque les corporations revendiquaient chacune, comme leur propriété exclusive, l’exercice d’un métier, n’en communiquant le privilège qu’à certaines personnes et à des conditions déterminées, qu’elles réglaient par leurs statuts les procédés de fabrication que devaient employer leurs membres, et interdisaient aux étrangers la vente des marchandises analogues ou même l’emploi de leurs outils. Dans une telle organisation du travail, il n’y avait même pas place pour le brevet d’invention ; car celui-ci implique par essence une dérogation aux pratiques traditionnelles et aurait substitué un monopole individuel au monopole collectif dont les corporations étaient si jalouses. Quand un marchand était assez entreprenant pour créer quelque chose de nouveau et assez heureux pour obtenir la faveur du public, il était exposé à voiries jurés de la corporation, envieux peut-être d’un succès qui détournait d’eux la clientèle, faire une descente dans la boutique, saisir les marchandises et dresser un procès-verbal de contravention aux statuts : l’histoire industrielle du xvm® siècle abonde en faits de cette espèce. Le brevet d’invention n’existant pas, c’était seulement à la faveur d’un brevet de manufacture royale qu’au xvm® siècle l’inventeur pouvait échapper à cette surveillance ; mais il n’était pas donné à tout le monde d’obtenir une pareille faveur. »
- M. Minot fait ensuite l’historique des trois premières expositions (1798, 1801, 1802). Nos lecteurs se souviennent sans doute des intéressantes études que M. Minot et M. Henry Céard ont publiées dans notre journal.
- L orateur place ensuite sous les yeux des membres de la Société de statistique les tableaux suivants :
- Exposition universelle de Londres. . . . 1851
- Exposition universelle de New-York. . . 1853
- Exposition universelle de Paris......... 1855
- Exposition universelle de Londres. ... 1861
- Exposition universelle de Paris............. 1867
- Exposition internationale de Saragosse. 1868
- Exposition internationale d’Amsterdam. 1869
- Exposition universelle d’Altona............. 1869
- Exposition internationale de Londres. . 1870
- Exposition internationale de Naples. . . 1870
- Exposition universelle de Gratz............. 1870
- Exposition internationale, beaux-arts et industrie de Londres. . . 1871-1872-1873-1874
- Exposition universelle de Lyon.............. 1872
- Exposition universelle de Moscou. . . . 1872
- Exposjtion universelle de Vienne. . . . 1873
- Exposition d’industrie textile de Saint-
- Pétersbourg ............................. 1874
- Exposition universelle et internationale
- de Sydney............................ 1875
- Exposition universelle et internationale
- de Valparaiso............................ 1875
- Exposition universelle et internationale -
- de Santiago du Chili..................... 1875
- Exposition universelle et internationale
- de Bruxelles............................. 1876
- Exposition universelle et internationale'
- de Philadelphie........................ 1876'
- Exposition universelle et internationale
- de Paris.............................. . 1878
- Exposition universelle et internationale
- de Sydney................................ 1879
- Exposition universelle et internationale
- d’Arnhem................................. 1879
- Exposition universelle et internationale
- de Melbourne............................. 1880
- Exposition universelle et internationale .
- de Buenos-Ayres.......................... 1882
- Exposition universelle et internationale
- de Nice.............................. 1883
- Exposition universelle et internationale
- d’Amsterdam.......................... 188 3
- Exposition universelle et internationale
- de Calcutta........................ 1883*1884
- Exposition universelle et internationale
- de Santiago du Chili.................... 1884
- Exposition universelle et internationale
- Exposition universelle et internationale
- de Budapest......................... 1885
- Exposition universelle et internationale
- d’Anvers............................ 1885
- Exposition de bijouterie de Nuremberg. 1885
- Exposition-du travail à Paris.......... 1885
- Expositions internationales dans la Grande-Bretagne (Londres, Liverpool, Folkestone et Edimbourg)................... 1886
- Expositions universelles et internationales de Paris
- SUPERFICIE NOMBRE TOTAL NOMBRE NOMBRE des exposants français.
- de -X
- remplacement. d’exposants, de visiteurs Algérie et
- — — — colonies
- . 11 hectares. 14,000 4,180,117(1) comprises. 10,914(2)
- . 20 — 52,200 9,062,965 52,835 16,102,089 15,969
- . 29 - 25,852
- « Ainsi en 1867, ajoute l’orateur, le nombre des visiteurs a été de 108 p. 100 plus élevé qu’en 1855 et en 1878, 89 p. 100 plus considérable qu’en 1867. Si cette progression continuait, il y aurait à l’Exposition du centenaire environ 3o millions de visiteurs ; mais il serait prudent, selon nous, de ne compter que sur 20 millions de visiteurs, soit dix millions de personnes, en admettant une moyenne de deux entrées par personne. On a remarqué, en
- (1) Plus 995,601 visiteurs de l’-Exposition des beaux-arts.
- (2) io,oo3, non compris Algérie et colonies.
- 1878, qu’un grand nombre de voyageurs entrés le matin dans Paris par chemins de fer,en repartaient le soir, après avoir visité l’Exposition, en y consommant sur place les provisions de bouche qu’ils avaient apportés de la banlieue ou de la province ; mais, d’autre part, beaucoup de visiteurs français ou étrangers sont entrés à l’Exposition trois, quatre, cinq et même dix et vingt fois. Il est donc à présumer que le nombre réel des visiteurs ne s’élèvera pas au-dessus de dix millions de personnes. En déduisant les enfants, les femmes et les badauds qui ne chercheront à l’Exposition qu’un amusement, il ne restera guère de visiteurs pour contempler et analyser les tableaux graphiques, les diagrammes, les cartogrammes, les dessins et albums de toutes sortes que les statisticiens de tous pays auront exhibés dans quelque annexe du Palais du centenaire. Cette œuvre de la statistique sera certainement appréciée et récompensée comme il convient. Mais la statistique n’aura-t-elle pas à remplir, en outre, une mission plus populaire, plus utile que c-et étalage d’ouvrages luxueux d’un grand format, ne se vendant pas, et visibles seulement pendant quelques minutes parmi la foule ?
- Oui, le centenaire de 1789 réserve une autre tâche à la statistique. Dans une des conférences internationales de statistique faites à l’occasion de l’Exposition de 1878, M. Levasseur, disait :
- « Je pense qu’il y aurait avantage à donner plus de publicité aux travaux de statistique. En France, particulièrement, nous avons encore beaucoup à faire sous ce rapport. Il faudrait que des maisons de librairie fussent chargées de vendre ces publications pour les mettre facilement à la portée du public.
- « Aujourd’hui, ces publications sont données par les diverses administrations qui les rédigent, mais on ne peut les acheter qu’à l’Imprimerie nationale. La plupart du temps on ignore même qu’elles existent. C’est ainsi que, depuis 25 ans, le ministère du commerce publie chaque année dans les Annales du commerce extérieur un résumé des forces productives de la France [Exposé compara-tifpour une période de quinze ans ( 1 )], mais beaucoup de personnes qui en auraient besoin ne savent pas non plus que ce travail existe. »
- A ces paroles de M. Levasseur, ajoutons que ce qui était vrai en 1878 est encore aujourd’hui trop vrai. Les travaux de statistique ont une publicité insuffisante. Ces publications sont données par les administrations qui les rédigent. Il est bien entendu qu’on' peut les. acheter à l’Imprimerie nationale. Mais les achète-t-on? Les chiffres n’étant pas du monde où l’on s’amuse, on les dédaigne. D’autre part, l’administration française donne peut-être trop généreusement aux intéressés les documents qu’elle rédige. Autant d’acheteurs de moins pour l’Imprimerie nationale.
- Nous voudrions pouvoir propager le goût des ouvrages de statistique et les faire vendre à un aussi bas prix que possible, mais les faire vendre.
- Il y a actuellement en France 10,278,979 électeurs". Serait-ce trop demander qu’un électeur sur mille voulût bien acheter les documents résumant d’une manière précise les faits sociaux ?
- Louis XIV disait: l’Etat, c’est moi. Aujourd’hui nous disons : l’Etat, c’est nous.. Or, la statistiqu-e est surtout l’exposé des.faits qui concernent l’Etat. La statistique est donc,-en effet, de la compétence de tout citoyen.
- Le propriétaire rural, le manufacturier, le négociant, le voyageur de commerce, les ouvriers, les consommateurs quels qu’ils soient, ont, autant que le diplomate, l’administrateur, le législateur, intérêt à connaître les pays qui fournissent à meilleur marché les meilleures espèces de denrées qu’ils débitent ou dont ils se fournissent, la proportion entre les . salaires, les impôts et le prix des objets nécessaires à la vie dans les divers Etats, le prix de vente des articles manufacturés, les fabriques d’où sortent les étoffes avec lesquelles ils font leurs vêtements et leurs meubles ; les usines où se trouvent les métaux, les outils, ustensiles, machines et mécaniques dont ils se servent.
- Jusqu’à présent, les progrès de la statistique ont été surtout de l’ordre administratif ou académique. La statistique doit devenir populaire.
- Nous nous proposons de faire cette tentative. Nous résumerons en chiffres les faits et gestes do notre.siècle, nous les livrerons à la publicité à l’occasion du centenaire. En 1878,_ on a vu aux abords du palais du Trocadéro diverses sectes religieuses débiter gratuitement des brochures pour la propagation de leur foi. Nous ferons aussi notre œuvre de propagande. Sans admettre la gratuité absolue, nous mettrons la science à la portée de tous. La statistique parlera, et l’on peut être certain qu’elle n’excitera pas à une hausse artificielle des salaires. Nous n’aurons sans doute pas le succès des romanciers en vogue; mais notre littérature ennuyeuse n’en sera cependant pas moins très positiviste, très naturaliste.
- Amis du drame et des émotions fortes, voulez-vous satisfaire vos goûts? Voyez la statistique des pauvres, des infirmes, des enfants abandonnés, des
- (1) Document publié par le ministère du commerce et de l’industrie {direction du commerce extérieur, bureau du mouvement général du commerce et de la navigation).
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- Deuxième Année. — N° 72.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- filles séduites, des divorcés, des aliénés, des banqueroutiers, des suicidés, des assassins et des condamnés à mort.
- Mais le résultat le plus beau de la statistique comme des expositions, c’est de faire voir, d’un coup d’œil, les progrès du travail parmi les nations. Il y a là un stimulant énergique pour le génie de l'homme et un enseignement de la plus haute portée.
- *
- * *
- D’après Balbi, au commencement de ce siècle, la population de notre planète était d’environ 720 millions d’habitants. Aujourd’hui, d’après les recensements les plus récents, la population du globe est évaluée comme suit :
- Millions Habitants
- Kilomètres carrés d'habitants 1 par :dl. carrés.
- Europe 9,71 0,340 0 M 1 ^ 33.0
- Asie 44,572,250 . 84O 19.0
- Alrique 29,909,414 2 10 7.0
- Amérique Australie et Po- 38,389,200 100 2.6
- lynésie 8,953,727 5 o.56
- Régions polaires. 4,520,400 » »
- Totaux. , . . 136,o55,331 1,475 10.83
- Ainsi, dans le cours d’un siècle, le nombre des habitants de la terre a doublé. Dans certains pays, en France notamment, la population ne s’est accrue que d’environ 5o 0/0 depuis la Révolution. Dans d’autres contrées, la population a triplé, quatruplé, même plus que décuplé. C’est ainsi que le territoire qui comprend les Etats-Unis d’aujourd’hui, après n’avoir eu que 5 millions d’habitants au commencement du siècle, comptait:
- En i85o. En 1860. En 1870. En 1880.
- 23,191,876 habitants. 31,443,321 —
- 38,558,371 —
- 5o,i55,i73 —
- *
- * ¥
- On peut donc estimer que la population des Etats-Unis sera, lors de notre centenaire, d’environ 65 millions d’habitants.
- Cette progression rapide de la population si laborieuse de l’Amérique est peut-être un danger pour le commerce et l’industrie de l’Europe. Bornons-nous à poser cette question si complexe. L’atelier industriel du globe voit s’accroître chaque jour le nombre de ses travailleurs et la puissance de ses engins de travail. Actuellement, il y a déjà surcroît de production. La consommation se laisse distancer. De là, malaise. Mais l’accord se rétablira. La loi des échanges est inflexible. L’expérience nous apprendra, l’art de régler ce mécanisme. Le besoin de débouchés nous pousse aux explorations..
- Voilà le fait: population double, production décuple. Et la vapeur nous ‘met aux portes de l’Amérique.
- En 1819, le trajet de Liverpool à New-York était accompli en 26 jours par le steamer Savan-nah ; en 1837, il ne fallait que 14 jours i3 heures par le Great-Western ; en 1840, 14 jours 1 heure, par le Britanniaj en 1875, 7 jours 18 heures ; en 1876, 7 jours 11 heures ; aujoud’hui, 6 à 7 jours suffisent. 100,000 navires jaugeant 100 millions de tonnes sillonnent les mers.
- Marine marchande française Effectif
- 3i décembre i836 (à voiles et
- à vapeur).............
- Tonnage moyen: 46 tonn. 3i décembre 1836 (à vapeur).
- Tonnagemoyen: 140 tonn. 3i décembre 1884 (à voiles et
- à vapeur).............
- Tonnage moyen: 69 tonn. 3i décembre 1884(à vapeur). Tonnagemoyen: 545tonn.
- NAVIRES TONNES
- 15,249 685,011
- 55 5,700
- 15,352 1,033,829
- 938 0 511,072
- t 169,902 tonneaux,
- Mouvement maritime de la France
- NAVIRES CHARGÉS
- Entrée..........
- Sortie..........
- NOMBRE DE TONNEAUX (pavillon français).
- 1887. 1885.
- 584,45 l 542,598
- 1,127,049
- 4,364,55q 4,054,368
- 8,419,927
- Jetons un coup d’œil sur les chemins de fer, ces auxiliaires si utiles des expositions !
- C’est le 27 mars 1826 qu’eut lieu l’adjudication publique des travaux du premier chemin de fer français de Saint-Etienne à Lyon. Cette adjudication'fut approuvée par ordonnance royale du 7 juin 1826. Le_3o juin i83o, c’est-à-dire quatre ans plus tard, 1@ tiers du chemin, soit environ 20 ki-
- lomètres, était exécuté. Le Ier avril i83a, on achevait les travaux du second tiers et le 1e1' avril 1833, le dernier tiers, de Rive-de-Gier à Saint-Etienne.
- En 1836, c’est-à-dire dix ans après l’adjudication, le chemin était en pleine activité sur toute la ligne, mais il restait encore divers travaux à faire pour son entier achèvement. Les ingénieurs qui avaient exécuté ces travaux étaient MM. Seguin frères et Edouard Biot, ingénieurs civils.
- A la suite d’un rapport présenté au roi, le 10 juin 1837, par Martin (du Nord), ministre des travaux publics, de l’agriculture et du commerce, — rapport où l’on voit qu’à cette époque la population de la France dans les limites de son ancien territoire s’était déjà accrue de 9 millions d’habitants, — nous trouvons un tableau qui établit pour la première fois la statistique des chemins de fer construits ou encours de construction dans notre pays.
- Voici le résumé de ce tableau :
- LONGUEUR en kilomètres
- i° Chemin de fer de Saint-Etienne à
- Lyon...............’...............
- 20 Chemin de fer d’Alais à Nîmes (en
- cours d’exécution).................
- 3° Chemin de fer d’Epinal au canal de
- Bourgogne .......................
- Une annotation relative à ce chemin de fer dit ceci : Produit insignifiant. Nombre de voyageurs transportés : Néant.
- 40 Chemin de fer de Montpellier à Cette. 5° Chemin de fer de Saint-Etienne à
- Andrézieux.........................
- 6° Chemin de fer de Pisanne à Andrézieux................................ •
- Total..............
- 58
- 69
- 29
- 2 7 V-2
- 20 V2
- 67
- 271
- Les recettes totales de ces chemins de fer ont été, en x836, de 1,400,000 fr.
- Aujourd’hui, la France possède 29,000 kilomètres de chemins de fer et les recettes armuelles sont de 1,200 millions de francs.
- Le développement des voies ferrées des divers pays d’Europe est de 178,000 kilomètres; des Etats-Unis d’Amérique, de i55,ooo kilomètres; soit ensemble 333,000 kilomètres, c’est-à-dire une longueur égale à plus de 8 fois la circonférence de la terre. On sait que les télégraphes accompagnent toujours les chemins de fer. Mais les câbles télégraphiques marchent seuls aussi à travers les champs et les océans. Leur longueur totale terrestre et maritime est évaluée à40o,ooo kilomètres. La voix de l’homme s’entend d’un pôle à l’autre.
- *
- ¥ if-
- Nous ne pouvons, dans ce rapide exposé, indiquer les résultats du mouvement industriel et commercial des divers pays. Constatons seulement l’extension considérable prise par ce mouvement dans le cours de ce siècle En voici un indice qui a‘son prix. C’est ce siècle qui a vu fonder la statistique internationale du commerce.
- La Convention nationale , tout en créant le grand-livre de la dette publique, l’Institut, l’Ecole normale, l’Ecole polytechnique, le Conservatoire des arts et métiers, le Muséum d’histoire naturelle, le système métrique, le Bureau des longitudes, etc., la Convention nationale a établi les bases de notre statistique commerciale, devançant ainsi les autres nations. Il est vrai que ce n’est qu’à partir de 1818 que les résultats de notre commerce extérieur ont été publiés régulièrement ; mais la France était déjà en tête de ligne, et l’on peut affirmer hautement qu’à ce point de vue, notre pavs occupe encore aujourd’hui le premier rang.
- Les Etats-Unis n’ont commencé la publication de leurs tableaux annuels des douanes qu’à partir de 1819. L’Angleterre a commencé une publication analogue en 1820, la Russie en 1824, la Belgique en 1831, dès sa constitution en royaume indépendant.
- Sont venus ensuite collaborer à la statistique internationale du commerce :1e Danemark, en 183 5 ; l’Autriche et la Suisse, en 1840 ; la Suède, en 1841 ; l’Association douanière allemande, en 1842 ; les Pays-Bas, en 1846 ; l’Espagne, en 1849 ; les Etats sardes, les Etats romains, la Norvège et le Canada, en 1851.
- Remarquons cette dernière date: 1851, l’année de la première Exposition internationale , à Londres. Chaque nationalité éprouve alors le besoin d’établir le mieux possible la comptabilité de son trafic. Nous l’avons dit en commençant: la statistique et les Expositions se rendent des services réciproques.
- Arrivent enfin les retardaires sur ce terrain de la statistique commerciale : la Grèce, en 1858 ; le Portugal, en 1865 ; la Chine, en 1869 ; TEgypte, en 1879 ; la Roumanie, en 1880 ; le Mexique, en 1883.
- Les Etats de l’Amérique du Sud ont fait_ aussi des efforts dans ce sens, mais sans continuité. Il est inutile d’ajouter que toutes les colonies anglaises publient comme la métropole la statistique commerciale. Quant à l’Europe, il n’y a plus qu’un
- Dimanche 16 Mai 18S6. — 163. J_______________________.____
- seul pays dont les douanes ne livrent pas leur documents d’ensemble à la publicité, c’est .la Turquie.
- Nous avons deux vœux à formuler au sujet des travaux statistiques en général et des documents commerciaux en particulier :
- i° Que les congrès internationaux de statistique s’appliquent à obtenir des résultats comparables. Les nomenclatures, les cadres, les méthodes, la fixation de la valeur des marchandises, tout est à reviser en vue de l’uniformité, sans parler de l’unité, des poids, des mesures et des monnaies ;
- 20 Que les manuels de statistique offrent désormais, à prix réduits,'sous forme condensée et dans un format commode , le résumé des faits sociaux les plus intéressants , à l’usage des électeurs aussi bien que des élus.
- Notre centenaire fournira l’occasion de hâter la solution de ces problèmes. Pour notre part, nous allons entreprendre, de présenter la situation économique et morale de la France pendant les dernières années de l’ancien régime, et de dresser le tableau des progrès accomplis depuis lors jusqu’à nos jours, dans les arts, les lettres, les sciences, le commerce, l’industrie et les institutions. Nous avons déjà reçu de précieuses adhésions pour notre publication, la Revue du centenaire. Nous remercions à l’avance tous les amis du progrès qui voudront bien nous prêter leur aide dans cette entreprise d’éducation morale. »
- Eugène Minot.
- L’EXPOSITION D’HYGIÈNE
- Nous avons annoncé, dans un de nos derniers numéros, l’Exposition d’hygiène urbaine qui vient d’être inaugurée le 8 mai par M. Ollendorff, chef du cabinet du ministre du commerce et de l’industrie. Cette exposition, organisée par la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, est des plus brillantes et obtiendra sûrement un succès des plus vifs et des plus légitimes. En la visitant, les architectes, les constructeurs, les membres des commissions d’hygiène, les simples particuliers, sont à même d’étudier de près les engins les plus parfaits de l’art sanitaire appliqué à l’hygiène urbaine, les moyens de désinfection rapide et efficace des objets mobiliers, des maisons et des abris, les mesures propres à rendre inoffensifs les égouts, le perfectionnement apporté aux systèmes de vidanges, aux obturations des conduites d’eaux ménagères, au nettoyage de la voie publique, etc., etc.
- On le voit, cette exposition, d’un caractère exclusivement technique et scientifique, montre les plans et les modèles de constructions et d’appareils qui intéressent l’hygiène d’une grande ville en assurant la salubrité âu sol, du sous-sol et des habitations privées, des maisons à bon marché, des édifices publics, écoles, lycées, casernes, prisons, hôpitaux et hospices, théâtres, salles de réunion, asiles de nuit, etc.
- Ce résultat est dû au concours généreux de l’autorité municipale de Paris, au dévouement des docteurs A.-J. Martin, Naésias, Philbert, Neuman, Gariel et de M. Bouvart, architecte de la ville, organisateur de l’Exposition.
- Nous n’avons pu jeter sur l’ensemble de l’exposition qu’un coup d’œil rapide ; nous reviendrons en détail, dans un prochain article, sur les principaux appareils exposés, sur les inventions récentes et sur les progrès réalisés dans l’étude de l’assainissement, principalement dans le service des eaux.
- L’administration générale de l’Assistance publique expose des constructions hospitalières, un matériel pour salle des malades, des dessins d’installations diverses concernant l’hygiène et l'assai-sement des édifices hospitaliers.
- Le docteur Jacques Bertillon,"chef des travaux statistiques de la ville de Paris, des recherches statistiques relatives à la fièvre typhoïde (de 1865 à 1883) et au choléra en 1884.
- M. Bourbouze, chef des travaux de physique à l’école supérieure de pharmacie de Paris, des appareils scientifiques pour l’étude des variations hygrométriques de l'atmosphère.
- M. Durand-Claye, ingénieur en chef des ponts et chaussées expose des études sur la mortalité par la fièvre typhoïde et le choléra à Paris ; l’Ecole alsacienne des plans de construction et des modèles de mobilier scolaire.
- Le docteur Armand Gautier, professeur de chimie à la Faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de médecine, expose des appareils pour recueillir et conserver les germes atmosphériques, pour obtenir à froid des bouillons de culture pour cultiver les spores et les bactéries ; nous nous étendrons, dans un prochain article, sur ces appareils du plus haut intérêt, dont M. le professeur Gautier a exposé le fonctionnement dans une conférence faite à la Sorbonne.
- Le laboratoire municipal de chimie, dirigé par M. Ch. Girard, porte à la connaissance du public les instruments et appareils du laboratoire, des
- Voir la suite page t 66.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- 164 et 165- — Deuxième Année. — N° 72
- Dimanche 16 Mai 1886.
- SI uA, H-1 O INT
- Caballiot-Lassalle. — Départ pour la Vendange.
- pl.164 - vue 165/461
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- :66. — Deuxième Année. — N° 72..
- documents et des tableaux relatifs à la recherche des falsifications des substances alimentaires.
- M. Albert Levy, chef du service chimique à l’observatoire de Montsouris, fait connaître des appareils et des méthodes servant aux analyses chimiques de l’air et des eaux. M. Marié-Douy fils des appareils de météorologie et de chimie appliqués à l’hygiène, M. le docteur P. Miguel, chef du service micrographique de l’observatoire de Mont-souris, expose des appareils et des méthodes pour l’étude des germes atmosphériques.
- M. Pasteur expose des appareils et méthodes pour l’étude des micro-organismes et des affections transmissibles, choléra des poules, charbon, rouget du porc, rage, etc. M. Maurice de Thierry, préparateur de chimie à l’Ecole de médecine, expose des appareils de chimie appliqués à l’hygiène ; nous donnerons la description de son ingénieux appareil pour le dosage de l’eau oxygénée ainsi que de son aréomètre.
- La ville de Bruxelles expose les documents divers concernant les travaux et l’organisation du bufeau d’hygiène dont M. Janssens est directeur ; des études statistiques sur les épidémies et la prophylaxie des affections transmissibles, des appareils en service dans le bureau de l’hygiène.
- Le service des eaux et égoûts de la ville de Paris, expose des appareils servant à la distribution des eaux, leur installation dans les rues, sur les places publiques et dans les habitations, des appareils d’essai et de. filtrage,, des réductions d’usines et de réservoirs, et une installation spéciale pour la comparaison des trois natures d’eaux distribuées à Paris, puis des dessins, plans et documents concernant l’assainissement des maisons et du sous-sol de la voie publique, et les dérivations des eaux à Paris, des types d’égoûts et d’appareils de salubrité.
- Le service de la voie publique de la ville expose les machines, engins et' outils divers employés pour le nettoiement de la voie publique.
- La direction de l’enseignement primaire (M. Carriof, directeur, M. Duplan, sous-directeur), des mobiliers scolaires pour les écoles de divers degrés.
- La préfecture de police des appareils, tentes et documents pour les secours publics, des appareils de sauvetage, des voitures pour le transport des contagieux, des brancards pour le transport des malades, des appareils à désinfection, enfin des documents sur le service des épidémies.
- M. Wiesnegg expose des appareils de laboratoire appliqués à l’étude des organismes, patho-gènie des affections transmissibles.
- M. Yvon, pharmacien, des appareils de laboratoire pour recherches concernant la salubrité publique.
- Cet aperçu rapide suffit pour donner une idée de l’importance de l’exposition d’hygiène et du vif intérêt qu’elle présente à tous les points de vue ; dans un prochain article, nous nous étendrons plus longuement sur un certain nombre d’appareils exposés.
- LE SALON DE 1886
- (Suite.)
- Réalier-Dumas. — Le Fossé de Vincennes. Bonne toile. Dans l’obscurité de la nuit, le peloton qui vient d’exécuter le duc d’Enghien s’éloigne, pendant que l’officier, songeur, contemple encore quelques instants la fosse encore ouverte. Il y a un grand sentiment dans ce morceau.'
- Schlomka. — La Veuve du pêcheur. Malgré le regret que j’ai d’être sévère pour un artiste étranger, il me faut bien constater le manque de valeur de cette toile qui nous montre une pauvre vieille contemplant un bébé cul-de-jatte tombé dans un plat d’épinards par suite de l’obscurité. Sujet et peinture regrettables.
- Smith-Hald. — Même procédé et même fini que son compatriote norvégien, M. Normann. Un peu plus de verdure sur ses collines, mais même exactitude scrupuleuse pour les rocs, même transparence trompe-l’œil pour ses eaux. Il y a surtout une buée, au fond, très réussie. C’est joli tout de même et d’un travail bien soigné.
- Salle IV
- Sain (Paul-Jean-Marie ). —• Coucher du soleil-dans l’île de Piot. M. Sain est encore un des plus brillants représentants de l’école paysagiste. Ces arbres, dénudés, qui se découpent vivement à la lisière du bois sur un ciel couchant, sont enlevés de main de maître. Voilà un des plus beaux morceaux du Salon actuel.
- Saintin (Jules-Emile). — La Cueillette. Un bébé d’un blond-roux, richement vêtu .vient d’emplir de fleurs son petit panier et se montre à nos yeux, tout étincelant de vie et de vérité. Très grande finesse de rendu et toile excellente.
- Toudouze (Edouard). — Salomé triomphante. Elle triomphe à peu de frais, cette femme rousse de l’Eden, peinte avec du lait et de la crème rose. Je me refuse à croire que Salomé eut cette allure
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 16 Mai 1SS6.
- de cocotte et préfère m’en tenir modestement à celle d’Henri Régnault.
- Vibert. — L’arrivée de Monseigneur. Toujours dans le même goût de l’artiste; c’est de la gaieté en peinture, mais un amusement de talent.
- Salle V
- Saintpierre. — Soudja-Sari. Le sujet est tiré d’un recueil de poésies d’Emmanuel Ducros, je crois. Elle est fort belle, cette étude. Soudja écarte la draperie, ses yeux noirs, alanguis, ont une délicieuse teinte plombée, sa peau bistrée, est magnifique de ton, la jupe est serrée aux hanches, les bras sont nus et le sein demi-voilé. M. Saint-pierre est, depuis longtemps, classé parmi les premiers et nous ne pouvons qu’une fois de plus faire son éloge pour le soin scrupuleux qu’il apporte à tout ce qu’il touche.
- Tillier. — Le Réveil. Gomme elle baille bien franchement cette jeune femme qui, assise demi-nue, sur sa couche, s’étire paresseusement. Les chairs sont très belles. La pose aimable.
- Toulmouche. — Portrait de Mme Rose Caron. Très réussi. L’artiste, en toilette rose, se tient debout près d’un piano sur lequel, touchante attention du peintre, se trouve la partition de Sigurd. Ressemblance parfaite.
- Mme Villebesseyx. — Fleurs. Des pavots dans un vase et deux pigeons se becquetant au pied, il n’en faut pas plus avec une très grande gracieuseté de pinceau pour faire une très agréable toile.
- Salle VI
- Allongé. — Un coin du plateau de la mare aux fées. Voilà sans contredit un des meilleurs paysages du Salon. Ce petit bouquet d’arbres aux feuilles roussies, aux pieds encadrés par des roches moussues est d’une finesse de ton, d’une exactitude de coloris remarquables.
- Bonnat. — Portrad de M. Pasteur et de sa petite fille. Portrait de M. H. Delaborde. Il faut bien se répéter lorsqu’on est en face d’un maître d’une sûreté de pinceau pareille. Il existe dans ces deux toiles un tel talent, une ressemblance et une vérité telles, que l’admiration est de commande. J’admire !
- Rixens. — Don Juan. Du bon et du mauvais ; de la patte et du raté. Ce don Juan qui ressemble à M. Paul de Cassagnac, ces femmes nues en baudruche qui le poursuivent me font un piteux effet. Au contraire, la pose du passeur est d’une énergie étonnante, dans la contorsion obligée du corps; et je donne toutes les autres figures pour celle-ci.
- Schuller. — Automne. Un massif de fleurs très joliment rendu.
- Toulot. Salammbô. Elle est nue et son ventre déjà vert annonce une fin prompte. Il faut soigner ça.
- Alfred Delilia.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- C’est lundi dernier qu’a été ouverte à la rue Laffitte l’exposition des Refusés.
- L’ensemble des œuvres exposées est loin de motiver lès rigueurs du jury.
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- Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts vient d’être saisi d’une proposition tendant â créer dans le château de Saint-Cloud, fidèlement reconstruit, un musée biographique universel qui. recevrait à l’occasion et à la faveur de l’exposition prochaine, les principaux documents de cette nature exposés dans les collections publiques et particulières du monde entier.
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- C’est le mardi 27 juillet que sera rendu le jugement du grand prix de Rome, pour la sculpture.
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- Détails complémentaires. — La Société des artistes indépendants ouvrira le 20 août son exposition au pavillon de l’enseignement de la Ville de Paris, près du pavillon de Flore, entrée rue des Tuileries. Cette exposition durera un mois.
- Les Sociétaires seuls prennent part à l’exposition. Pour être sociétaire il faut : Signer son adhésion aux statuts ; •— Verser les six premiers mois de cotisation ; la cotisation mensuelle est d’un fr. 25 ; — Verser également 1 fr. de droit d’adhésion.
- Sont admises les œuvres des cinq genres ci-après désignés : 1° Peinture ; — 2° Sculpture, gravure en médaille et sur pierres fines ; — 3° Gravure et lithographie ; — 4° Dessins, cartons, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, porcelaines, faïences ; — 5° Architecture.
- Les ouvrages devront être déposés du 13 au 16 août inclus, de 8 h. du matin à 6 h. du soir, au local de l’exposition ; les ouvrages envoyés à l’exposition devront être expédiés franco à l’adresse suivante : Société des artistes indépendants (en gros caractères). M. Honner, président, pavillon de l’Enseignement, rue des Tuileries, Paris.
- Toutes les demandes de renseignements, adhésions, versements doivent être adressées à M. Dubois Pillet, 19, quai Saint-Michel.
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- Les adhésions à la cinquième exposition canine sont reçues jusqu’à jeudi prochain, 20 courant, 46, rue des Mathurins.
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- Départements
- L’exposition de Roubaix est ouverte depuis le 1er mai et semble appelée à un vif succès.
- On sait que cette exposition, consacrée aux arts décoratifs, a été organisée par la Société artistique de Roubaix-Tourcoing.
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- L’exposition scientifique et industrielle de Limoges a été solennellement inaugurée lundi dernier 10 mai par M Turquet, sous-secrétaire d’Etat au ministère des beaux-arts, assisté de MM. Kaemp-fen, directeur des beaux-arts ; Poullin, directeur des bâtiments civils. ; Guillaume, inspecteur général de l’enseignement du dessin, professeur au collège de France ; Comte, inspecteur général des écoles ; Crost, chef du bureau de l’enseignement et des musées ; H. Douillet, membre du conseil supérieur des beaux-arts.
- D’après les dernières nouvelles, cette exposition offre un ensemble des plus satisfaisants, dans chacune de ses différentes sections.
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- La cinquante-troisième session du Congrès archéologique de France aura lieu cette année à Nantes, du 1er au 8 juillet.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Aujourd’hui a lieu à Berlin, l’ouverture officielle de l’exposition internationale des beaux-arts organisée par l’Académie royale à l’occasion de son centenaire.
- Le prince impérial présidera cette solennité.
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- A côté de cette exposition s’ouvrira prochainement au Wintergarten, jardin d’LIiver, une exposition comprenant les œuvres refusées par le jury de la précédente, pour une raison ou pour une autre.
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- Une exposition générale de pêcherie ouvrira à Augsbourg (Bavière), dans le courant de l’été.
- Le programme définitif vient d’en être élaboré et publié.
- Les récompenses, médailles et diplômes, seront nombreuses.
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- L’exposition régionale industrielle du duché d’Altenbourg, dont nous avons annoncé l’ouverture pour la première quinzaine du mois d’août, s’organise également.
- Les souscriptions pour le capital de garantie ont atteint le chiffre fixé, soit 55,000 marks, 68,750 francs.
- A cette somme viendra s’ajouter une subvention officielle de 25,000 marks, 31,250 francs, ce qui porte à 100,000 francs le total des fonds disponibles.
- Une nouvelle exposition, celle des antiquités régionales, s’ajournera à la série d’expositions spéciales et concours annexes, dont nous avons donné la nomenclature.
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- Angleterre
- Le nombre des visiteurs à l’Exposition des Indes et des Colonies a été, durant la première semaine, de 128,077 fr.
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- Mardi dernier a eu lieu sous la présidence de la reine, l’ouverture officielle de l’Exposition internationale de Liverpool.
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- Autriche-Hongrie
- Une exposition de peinture à laquelle sont plus spécialement appelés à participer les artistes allemands et autrichiens, ouvriruscu Kunstlerhaus, de Salzbourg, le 1er juin prochain, pour clôturer le 30 septembre.
- Cette Exposition est organisée par l’association artistique de Salzbourg.
- Le dernier délai, pour les envois, expire jeudi prochain, 20 mai.
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- Belgique
- La sixième exposition triennale et internationale des beaux-arts de la ville de Naraur organisée en 1886 par le Cercle artistique et littéraire sous les auspices de l’Etat, de la province et de la ville, s’ouvrira à Namur le 20 juin 1886 et se fermera le 15 juillet suivant.
- Sont admises les productions des artistes, belges ou étrangers, vivants ou qui sont décédés depuis
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- Deuxième Année.
- — N° 72,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Mai 18S6. — (67.
- la clôture du Salon de 1883, comprises dans les quatre genres indiqués ci-après : 1° Peinture, dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences et porcelaines ; — 2° Sculpture, ciselure et gravure en médaille ; — 3° Gravure et lithographie ; — 4° Architecture.
- Les objets destinés à l’Exposition devront parvenir à la Commission directrice, au local de l’Exposition, rue Pépin, à Namur, du 1er au 10 juin. Ils seront annoncés par le bulletin d’inscription adressé au secrétaire de la Commission directrice avant le 24 mai.
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- Italie
- L’exposition nationale des beaux-arts qui doit avoir lieu à Venise dans le courant de l’année prochaine, et dont nous avons eu l’occasion de parler à différentes reprises, s’organise activement.
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- Une exposition consacrée à l’art religieux dans ses différentes manifestations, aura lieu au Vatican à l’occasion du jubilé de l’entrée des ordres du pape Léon XIII.
- L’exposition se divisera en quatre groupes différents, renfermant respectivement: le premier les étoffes, broderies de prix, vêtements et ornements du culte ; le second, les objets d’art, en bois ou métal,tels que tabernacles, calices, châsses, etc.; le troisième, les livres et publications artistiques ; le quatrième enfin et le plus important, les tableaux et sculptures.
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- Suisse
- Quelques amateurs genevois, possesseurs de la plus grande partie des œuvres de Liotard, se sont réunis pour organiser à Genève une exposition de pastels ou dessins de cet excellent pastelliste. Parmi les œuvres réunies, au nombre de cinquante environ, on remarque les portraits de Mme d’Epinay, et de plusieurs autres jolies femmes, ses contemporaines, du docteurTronchin,du conseiller Tronchin et de sa femme, de Mlle Vermenoux; du conseiller Thellusson et de sa femme, une des beautés de l’époque ; puis ceux de quelques personnages célèbres : Catherine de Russie, l’impératrice Marie-Thérèse, Louis-Philippe d’Orléans, une étude pour le portrait du maréchal de Saxe au musée de Dresde ; enfin plusieurs portraits de l’artiste par lui-même, à des âges différents.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Voir le Moniteur du 2 5 avril 1886)
- (Suite.)
- Si la question litteTaire doit être écartée icq — car on ne peut nier que l’art dramatique ait entassé chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre depuis l’institution du théâtre et qu’on soit parvenu de ce côté à un excessif raffinement, — l’installation matérielle du théâtre moderne est quoi qu’on en puisse dire en inharmonie absolue avec le progrès général et les perfectionnements que l’industrie, la science et la culture des arts ont partout apportés.
- A nos climats et à nos mœurs correspond l’installation de salles de théâtre dans des proportions de dimensions beaucoup moins vastes que celles employées par les Romains.
- Il semble que la première condition que doive remplir une salle de spectacle c’est d’être agencée de telle façon que tous les assistants puissent voir ce qui se passe sur la scène. Ceci a l’air d’une naïveté et pourtant on sait que dans n’importe quel théâtre il y a plus delà moitié des places d’où il serait impossible aux spectateurs de voir quelque chose s’ils demeuraient dans la position prévue par l’architecte. Il leur faut se lever, se baisser, s.e pencher, travailler laborieusement pour arriver à apercevoir quelquefois à peine la moitié delà scène en largeur et en hauteur. Il existe enfin une quantité assez notable de places complètement sacrifiées et desquelles quelque effort tenté on ne peut voir rien, absolument rien.
- On dirait que le programme donné par les administrations théâtrales à l’architecte est le suivant : installer un local de façon qu’on y puisse matériellement entasser le plus grand nombre désirable de spectateurs ; il est bon que les specta-
- teurs entendent, il est inutile qu’ils voient, il suffit qu’ils paient. Nous ne nions pas que lorsqu’il s’agit de réunir une grande assemblée dans un espace relativement restreint, toutes les places ne peuvent être excellentes ; quelques-unes seront toujours forcément sacrifiées aux autres. Mais dans l’espèce le sacrifice est trop considérable.
- Le cercle jouissant de cette propriété, c’est la figure qui correspond au maximum de surface pour une périphérie de développement donné, c’est en adoptant un plan circulaire dans la construction d’une salle de spectacle qu’on aura la plus grande proportion de places internes, c’est-à-dire d’orchestre, parterre, amphithéâtre, par rapport au nombre de places de pourtour, loges et galeries donc la plus grande proportion de places desquelles l’on voit bien. Mais cette considération malheureusement entre trop faiblement en ligne de compte dans le projet d’établissement d’une salle de spectacle ; on préfère diminuer la proportion de bonnes places en en augmentant le nombre total. Il est vrai de dire que le public a la bonté de payer des places exécrables plus cher que les meilleures.
- Les premières salles de théâtre n’avaient pas été construites à l’effet spécial des représentations dramatiques. Ce furent des salles de fêtes ou de jeux qu’on appropria à une nouvelle destination en installant des banquettes en amphithéâtre, en disposant des galeries dans la hauteur de la salle et en perçant les parois des murs de baies par lesquelles d’autres spectateurs furent encore admis à jouir de la représentation (origine des loges). Quand on construisit des salles spéciales on conserva l’ancienne forme de carré long, si incommode pour la disposition, tant soit peu confortable des places et si défavorable à l’acoustique. Enfin, on en vint à-terminer par une partie circulaire le fond de la salle dont les côtés parallèles étaient toujours perpendiculaires à la scène. Telle la fameuse salle des machines construite en 169a par Vigarini au palais des Tuileries et qui pouvait contenir 6,000 spectateurs.
- Le plan adopté aujourd’hui dans la construction des salles de théâtre consiste soit en une partie parallélogrammatique attenante à la scène et fermée par un demi-cercle ou une demi-ellipse, soit en un cercle tangent au mur de scène ou dont la corde constituée par ce mur détache un segment, soit en une ellipse disposée généralement son grand axe perpendiculaire à la scène. On voudrait bannir autant que possible la ligne droite du plan de construction des salles de spectacle, elle est défavorable à l’acoustique et à la bonne distribution des places. On a pourtant construit des salles polygonales. Le théâtre de Covent-Garden à Londres est en forme de soufflet, celui de Lazzari à Paris était octogonal, celui d’Aliberti à Rome est polygonal. L’Opéra, construit par l’architecte Louis, en 1794, sous le nom de théâtre des Arts, était une sorte de quadrilatère curviligne.
- D’ailleurs, ' si la question du plan de la salle mérite une grande attention, c’est surtout une fois un plan adopté, dans la distribution et la répartition des places, qu’il faut se livrer à une étude sérieuse pour arriver à installer dans un espace donné le plus grand nombre possible de spectateurs voyant complètement la scène. Les résultats fournis jusqu’à ce jour ne sont pas satisfaisants, l’affirmons-nous énergiquement, et l’architecte qui parviendrait à donner une meilleure solution du problème rendrait un service signalé.
- Aujourd’hui, dans la construction des salles de théâtre, on s’occupe malheureusement trop du coup d’œil général de la salle et on la dispose de façon que les assistants jouissent du spectacle de la salle bien plus que de celui de la scène. Gela, nous n’en doutons pas, est fort du goût d’une certaine partie du public, qui vient au théâtre beaucoup plus pour se faire voir que pour voir ; mais cet intérêt particulier devrait le céder à l’intérêt général et il serait décent de disposer enfin des salles dans lesquelles le spectateur aurait la scène pour premier objectif. Wagner, qui fut un grand novateur, a fait construire à Bayreuth un théâtre dans ces conditions. Peu de loges, presque rien que de grands amphithéâtres et la salle même édifiée avec une ornementation sobre reproduisant
- a divers plans une série de portiqùes à travers lesquels le spectateur aperçoit la scène dans un cadre favorable à l’illusion. On sait d’ailleurs que Wagner avait su dissimuler son orchestre en partie sous la scène, en partie dans un vide entre la scène et le théâtre qui constituait une séparation d’un effet excellent.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- LVIII
- L’Esprit de Montaigne, choix des meilleurs chapitres et des
- plus beaux passages des Essais, disposés dans un ordre méthodique, avec notes et commentaires, par le I> C. Saucerotte,
- ouvrage posthume publié par sa famille. — Paris, Librairie
- académique Perrin et Cie, in-18.
- Il y a les livres qui instruisent, qui intéressent, qui amusent, les livres qui font pleurer, qui font rire, qui font penser. Les derniers sont les plus rares. Ils ne sont guère signés que des maîtres, ou ils ne sont faits qu’avec des chefs-d’œuvre. Aux deux derniers siècles, on publiait et on lisait volontiers de ces Recueils, de ces Choix, de ces Extraits. Presque tous les écrivains ou philosophes célèbres avaient leur place dans cette bibliothèque des Anas, ainsi nommée de la désinence finale de chaque volume; le Ménagiana, par exemple signifiait le choix des bons mots, pensées, maximes, anecdotes de ou sur Ménage. Nous avions aussi la bibliothèque des Esprits: esprits de Rabelais, de Bâlzac, de Voiture, de Ri-varol. L’Esprit de Montaigne était encore à réunir, à condenser dans un de ces flacons d’essence, d’élixir livresque, comme il eût dit. Ce travail méthodique et ingénieux de mosaïque a tenté un médecin philosophe et lettré, grand admirateur de Montaigne, qui a consacré les loisirs forcés d’une longue maladie à extraire et à classer sous des rubriques méthodiques les opinions de son moraliste favori sur des sujets essentiels tels que : l’homme et ses facultés; l’éducation qui les développe et la société où elles trouvent leur application, enfin, la philosophie qui nous enseigne à vivre.
- En faisant ce travail le regretté membre de l’Académie de médecine a rendu un grand service à bien des gens : il a permis à la partie du public qui n’a pas le temps de lire les Essais dans leur intégralité d’en respirer la fleur et d’en savourer le fruit. Il a fourni aux admirateurs de Montaigne, à ceux qui ne veulent exprimer aucune opinion sans le consulter, les moyens de le faire rapidement et sûrement, grâce aux points de repère ménagés à travers les longues et touffues réflexions d’un homme qui s’interrogeait dans la solitude avec une entière liberté et se répondait avec une entière franchise. Cette franchise, si elle a ses avantages, a aussi ses inconvénients ; etles mœurs du temps aidant, il se trouve que parfois la vérité sort du puits de Montaigne, toute nue, un peu trop nue, d’une nudité qui n’est pas chaste comme celle de l’art. Il se trouve aussi, toujours par le fait du caractère de notre philosophe et de l’influence des mœurs et des usages du temps, qui n’étaient pas bégueules, que la sagesse de Montaigne a le langage cynique de l’ivresse. Il y a enfin des taches de cette impudeur naïve dans Montaigne, comme il y en a d’impudeur moins ingénue dans Rabelais. Le docteur Saucerotte a gardé les fleurs, a serti les perles dans un commentaire souvent utile, toujours agréable de comparaison et de rapprochement.
- Il a élagué le fumier qui fait pousser les fleurs, où l’on peut trouver des perles, mais qu’il est inutile de laisser dans un ouvrage dont il ne voulait pas faire seulement un bréviaire, un Vade me-cum, un compagnon de chevet pour les lecteurs, les observateurs à barbe, mais aussi un livre d’étude, de famille pour le public féminin. La mère plus que la femme peut se plaire aux observations et aux réflexions de Montaigne qui a longuement traité et avec une grande hardiesse d’idées, une grande verdeur, et un grand charme d’expression, cet objet des sollicitudes maternelles, par excellence : l’éducation des enfants. Il est vrai qu’il s’occupe avec prédilection de l’éducation des garçons, bien qu’il n’ait pas eu de fils, mais seulement six filles de son mariage avec Françoise de la Chassaigne, dame, paraît-il, plus vertueuse qu’aimable, dont les qualités étaient épineuses, et qui ne rendit pas à Montaigne son intérieur si agréable, qu’ii ne trouvât comme un plaisir d’affranchissement d’un joug lourd parfois, de délivrance de la servitude domestique, dans la diversion de ces voyages de Paris- et d’Italie, dont son secrétaire nous a laissé la relation.
- Les pensées de Montaigne sur l’amour, sur les femmes, sur, les filles sont d’un sceptique, d’un désabusé, d’un homme convaincu de la supériorité
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- i68. — Deuxième Année. — N° 72.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 16 Mai 18S6.
- de son sexe, et trouvant à étaler, avec une malignité piquante, les témoignages de l’infériorité intellectuelle et morale du sexe auquel il devait sa femme et ses filles, une sorte de consolation ou de vengeance de ses déceptions conjugales et paternelles.
- Le docteur Saucerotte ne s’est pas contenté de distribuer sous des chapitres méthodiquement classés les principaux passages des Essais, de mettre cette moelle de sagesse tutélaire et salutaire, en pilules en quelque sorte, ou, si l’on veut, de monnayer ce trésor de façon à le mettre en circulation. Il a fait, pour un dernier chapitre, une sorte de gerbe des pensées de Montaigne, qui forment axiome. Et dans cette gerbe, il y a de ces épis dont le grain inépuisable est une semence féconde pour les esprits cultivés. Voici, au hasard, quelques-unes de ces pensées qui font penser.
- « L’ambition n’est pas un vice de petits compaignons. »
- « Celuy qui bien faict à quelqu’un l’aime mieulx qu’il n’en est aimé. »
- « La pauvreté des biens est aysée à guarir; la pauvreté de l’âme impossible. »
- « La vieillesse imprime plus de rides à l’esprit qu’au visage. »
- « N’examinez pas combien un homme sçait, mais comment il sçaif. »
- ’ « Ceulx qui donnent le bransle à un estât sont le plus volontiers absorbés en sa ruyne : le fruict du trouble ne demeure guère à celuy qui l’a esmeu: il bat et brouille l’eau pour d’aultres pèse heurs. »
- « C’est mettre ses conjectures à bien hault prix que d’en faire cuire un homme tout vif. »
- « Les aigreurs comme les doulceurs du mariage se tiennent secrettes par les sages. »
- Voilà de la sagesse en pastilles, d’une saveur où l’expérience à mis sa pointe de salutaire amertume.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- RUSSIE
- IMPORTATION DE MACHINES
- Le consul d’Allemagne à Kischanef rapporte qu’avec le développement de l’industrie en Bessarabie les tissus de divers genres deviennent d’une importation difficile dans ce pays. Il indique, par contre, que la ferronnerie trouve dans le pays un écoulement facile. Il n’y a pas en Bessarabie de fabriques de machines, les instruments agricoles, charrues, herses, chariots, sont confectionnés sur place. Les machines à vapeur, les outillages de moulins, les machines agricoles sont tirés de l’étranger.
- BELGIQUE
- ENQUÊTE’'SUR LE CÔMmÉKCE DES CUIRS
- Une étude de la situation actuelle du commerce des cuirs et des divers renseignements qui s’y rattachent vient d’être faite par le corps consulaire belge. On trouvera des extraits de ce travail dans le dernier numéro du Moniteur officiel du commerce.
- AUTRICHE-HONGRIE
- I
- ENVOI D’UN ÉCHANTILLON D’ORFÈVRERIE
- M. le consul général de France à Trieste vient d’adresser une broche en argent de fabrication autrichienne.
- Ce bijou est, avec les renseignements qui l’accompagnent, à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- II
- SOCIÉTÉ D’EXPORTATION ET MUSÉE COMMERCIAL DE VIENNE
- Il existe à Vienne, écrit M. l’ambassadeur de la République française, une société austro-hongroise pour l’exportation (Ohst-ung-Exportverein) qui a pour but principal d’établir et de développer les relations commerciales entre l’Autriche-Hon-grie et les pays d’outre-mer. Elle se charge également d’aplanir les difficultés de payement sur les places étrangères où elle a des correspondants et de renseigner les industriels sur les conditions du commerce étranger. Il est question aujourd’hui d’augmenter la sphère d’action de cette association, c’est-à-dire de lui adjoindre un dépôt de collections d’articles de fabrication autrichienne, qui seraient tout à fait distinctes de celles du futur musée commercial.
- Ce dernier, en effet, offrira à ses visiteurs des échantillons de marchandises de fabrication étrangère, où l’industrie indigène trouvera des indications sur la manière de procéder pour améliorer ses produits, ou mieux, pour les rendre plus propres à être exportés; tandis que l’association pour l’exportation se proposera uniquement par ses collections d’échantillons d’offrir aux négociants étrangers la facilité de se renseigner et d’étudier promptement et commodément les articles autrichiens qu’ils ont l’intention d’acquérir.
- CHINE
- ENVOI D’ANNUAIRES COMMERCIAUX
- M. le gérant du consulat général de France à Shangaï vient d’adresser un exemplaire des deux principaux annuaires publiés en Chine et qui contiennent les noms des étrangers résidant en extrême Orient, ainsi que la plupart des traités conclus entre les nations européennes et le Céleste-Empire, le Japon et Siam, les règlements de douanes, etc. Ces annuaires sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (direction du Commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux). 1 .
- ALLEMAGNE
- ORGANISATION ü’UN DEPOT D’ÉCHANTILLONS DE PRODUITS ALIMENTAIRES A BERLIN
- Le consul général de Belgique à Berlin fournit les renseignements suivants sur l’organisation dans cette ville d’un dépôt d’échantillons de produits alimentaires ouvert aux étrangers.
- La construction des marchés couverts de Berlin, dits « Berliner Markthallen », sera terminée sous peu et on compte pouvoir les inaugurer dans le courant du mois de mai prochain.
- Pour faciliter l’accès de ces établissements aux vendeurs qui ne peuvent ou ne veulent pas supporter les frais de la location permanente d’un emplacement de quelque étendue, un dépôt d’échantillons de denrées alimentaires sera établi, avec l’autorisation de l’administration des halles dans la « Central-Markthalle », à Berlin.
- Cette institution, qui offre au cultivateur la possibilité d’étaler sous les yeux du public les spécimens de ses produits, semble devoir être d’une utilité réelle pour les producteurs étrangers, qui, par suite du grand éloignement, ne peuvent approvisionner régulièrement le marché de Berlin.
- La direction du dépôt d’échantillons vient de publier à ce sujet les indications ci-après :
- En organisant cette exposition, nous nous proposons de faciliter et de développer le placement de tous les produits bruts du sol et des articles dérivés, en servant d’intermédiaire pour la vente des comestibles.
- Ce but sera atteint : i° Par l’exposition publique d’échantillons, de dessins, de prix courants, de télégrammes, d’offres de cartes d’adresses, de prospectus, etc. ;
- 20 Par la représentation des exposants auprès des visiteurs, acheteurs, exportateurs, importateurs et étrangers, l’effet de conclure, recevoir et remettre les - commâïidfes', et trouver des agents et des voyageurs sur place et au dehors ;
- 3° Par des insertions dans les journaux : les participants pourront disposer gratuitement d’une place pour l’insertion de leurs raisons sociales et de la nomenclature de leurs articles, dans un journal qui sera envoyé aux intéressés;
- 40 Par l’exécution des ordres de commission et de vente aux enchères, aux conditions à établir parle Conseil municipal de Berlin; ainsi que par la représentation de maisons étrangères se chargeant des achats.
- Les exposants paieront d’avance, pour le service du dépôt d’échantillons, une somme de 20 marcs par an et une provision sur toutes les' ventes faites par l’entremise du dépôt d’échantillons, d’après le tarif que le Conseil municipal établira pour les intermédiaires concessionnaires de vente.
- Il sera mis à la disposition de chaque participant une place convenable pour l’étalage gratuit des échantillons.
- La nouvelle institution pourra être utile, tant au producteur qui est déjà représenté sur la place de Berlin, qu’à celui qui veut y introduire ses produits.
- On recommande d’accompagner les échantillons fournis en double ; les collections resteront la propriété de l’exposant, à moins de conventions contraires.
- Si l’exposant le désire, des échantillons seront remis aux personnes qui demanderont à les déguster; il pourra également, à ses frais, les faire assurer contre l’incendie.
- Un grand nombre de maisons de premier ordre ont déjà donné leur adhésion.
- Les bureaux du dépôt d’échantillons resteront installés Komingstrasse, n° 28, à Berlin, jusqu’au moment où les halles seront inaugurées.
- PORTUGAL
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- On lit dans un rapport du consul d’Allemagne à Porto que l’industrie indigène est en progrès, il existe plusieurs filatures de coton qui approvisionnent toute la contrée et rendent difficiles l’introduction de filés ; les draps et les lainages communs se fabriquent également en grandes quantités. — On ne saurait trop recommander aux importateurs, d’après ce document, de n’entrer en relations avec les -commerçants, surtout
- ceux des petites villes, qu’après avoir pris, en lieu sûr, des renseignements précis, et de ne pas s’en tenir à ceux de soi-disant agents d’affaires. Il est également important d’envoyer, autant que possible, des catalogues et des prix-courants en portugais, attendu que les langues étrangères sont peu connues dans le pays.
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- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — La Coupe enchantée, de La Fontaine et Champmeslé. (Reprise.)
- Gaîté. — Le Grand Mogol, opéra-bouffe en quatre actes, de MM. Chivot et Dura, musique de M. Audran. (Reprise.) Folies-Dramatiques. — Les Mousquetaires au couvent, opérette en trois actes de MM. Ferrier et Préal, musique de M. Varney. (Reprise.)
- Déjazet. — L’Héritage de Perdrivol, comédie en trois actes, de M. Busnach.
- Cluny. — Les Chemins de fer, comédie en cinq actes, de M. Labiche.
- La Coupe enchantée est une petite pièce plus grivoise qu’amusante, qui après être longtemps restée au répertoire de la Comédie-Française, en avait disparu depuis une vingtaine d’années, sans que cette disparition fût le moins du monde à déplorer. La part de collaboration de La Fontaine dans cette comédie n’étant pas nettement déterminée, le public, frotté de littérature, des Français a éprouvé à la représentation de la Coupe enchantée, l’embarras d’un amateur de peinture en présence d’une toile d’authenticité douteuse. Si la pièce est réellement du grand fabuliste le respect de la. mémoire du bonhomme commande une admiration complète ; si elle n’est au contraire que l’oeuvre de l’acteur Champmeslé, il ne convient de lui porter qu’une très mince estime. Le cas était délicat. La critique s’en est tirée en prononçant un jugement à deux faces. Il y a du bon et du mauvais dans la comédie : le bon viendra de La Fontaine et le mauvais de Champmeslé ; encore qu’il n’y ait quelque imprudence à attribuer dans une collaboration, de parti pris, toutes les bonnes choses au grand homme de la collaboration. .
- M. Coquelin cadet a obtenu un grand succès très mérité. Il joue Thibaut d’une manière charmante. MUes Kolb et Muller interprètent très agréablement leurs rôles et MM. Clerh et Leloir ont fort plaisamment dessiné leurs personnages.
- La Gaîté vient de reprendre le Grand Mogol. Le Grand Mogol est une pièce encore jeune et qui a remporté un assez joli succès ; rien à dire.de cette reprise, sinon qu’il passe de singulières idées dans la tête des directeurs de théâtres. Celui de la Gaîté s’était imaginé de corser son affiche et attirer le public par l’exhibition plus encore que l’audition de choeurs russes introduits dans la pièce comme des cheveux sur la soupe. Le directeur a été bientôt obligé de remercier ses chœurs, le public n’ayant pas semblé goûter cet intermède intempestif au milieu d’une opérette.
- Les Folies-Dramatiques ont repris les Mousquetaires au couvent. Les Mousquetaires au couvent se reprennent si souvent qu’on a eu mille fois déjà l’occasion de dire tout ce qu’il y avait à dire sur cette opérette qui est moins ennuyeuse que beaucoup d’autres.
- M. Morlet, charmant artiste comme toujours, a été très goûté dans son rôle. Gobin, sans être d’une exquise finesse, est réellement fort drôle et on comprend une partie de l’enthousiasme qu’il excite chez le public des Folies-Dramatiques; •
- A Déjazet reprise, déguisée il est vrai, mais reprise tout de même. L’Héritage de Perdrivol n’est que le Bas de laine joué au Palais-Royal il y a quelques années et retapé, remis à neuf avec quelques modifications d’aménagement de peu de conséquence. Le Bas de laine était une fantaisie très décousue et contenant pas mal de mots spirituels ; en somme, bouffonnerie amusante. La pièce n’eut d’ailleurs pas de succès. Espérons qu’elle aura un meilleur sort à Déjazet, car elle renferme des cocasseries charmantes. Se rappelle-t-on cette scène du premier acte où toute une famille grimpe sur une malle pour en tenir baissé le couvercle et reste juché dessus en attendant une visite pour faire fermer la serrure par le visiteur.
- La troupe de Déjazet joue très gaiement ces sortes de pantalonnades. M. Bartel est extrêmement plaisant. MM. Lacombe et Dacheux ont de la verve et de l’entrain.
- Mmes Fanny Génat et Luxe ville sont agréables comédiennes.
- A Cluny encore une reprise: les Chemins de fer, du divin Labiche. Les Chemins de fer sont loin d’être une des meilleures pièces du maître de la gaîté française. Mais Labiche, même en sa veine la moins heureuse, est toujours d'une si étourdissante fantaisie qu’il n’y a qu’à rire à gorge déployée tout d’abord, quitte à revenir un peu de son éclat de joie.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp, E. AüRAULT e Oia, ruade la Préfecture, &
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. Les projets ; 3. Exposition d’hygiène -,4. Société nationale d’horticulture de France ; 5. L’Exposition ouvrière de 1886 et le Conseil municipal; 6. Le Salon de 1886; 7. Echos; 8. Les Livres; 9. Avis commerciaux ; 10. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Nous avons dit, dans notre dernier numéro, que le ministre avait reculé la date de l’Exposition publique des projets en vue de l’Exposition de 1889. Voici, à titre de document, le texte de cet arrêté :
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’arrêté du ier mai 1886 ouvrant un concours préparatoire en vue de l’Exposition universelle de 1889, et spécialement l’article i3 instituant une exposition publique des projets du 19 au 22 mai;
- Considérant que le nombre des projets déposés parait devoir dépasser de beaucoup les prévisions primitives,
- Arrête :
- Art. 1e1’. — L’exposition des projets déposés sera ouverte au public les samedi 22, lundi 24 et mardi 2 5 mai, de midi à six heures, et le dimanche 23 mai, de neuf heures à six heures.
- Art. 2. — La commission chargée de juger les projets procédera à cet examen les lundi 24 et mardi 2 5 mai, de neuf heures à midi.
- Art. 3. — Conformément à l’article 12 de l’arrêté précité, les concurrents devront, sous peine d’exclusion, déposer leurs projets le 18 mai, de neuf heures du matin à sept heures du soir, à la salle des fêtes de l’Hôtel de ville de Paris (entrée par la cour du sud, escalier H, premier étage).
- Fait à Paris, le 12 mai 1886.
- Edouard Lockroy.
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- LES PROJETS
- Les salles où se trouvent exposées les projets ne seront ouvertes que samedi.
- Nous ne pouvons donc cette semaine rendre compte de ce concours auxquels ont pris part 107 architectes ou ingénieurs parmi lesquels nous citerons :
- MM. P.. Dubuffe, Lejeune, Ballu, Vaudoyer, Lheureux, Formigé, G. Eiffel, Fouquiau, Morice et Escalier, Blondel, Dutert, Camus, Bauer, Crepinet, Loviot, Reboul, de Persin, Olive et Bernard, etc., etc.
- Presque tous les candidats ont fait figurer la tour de 3oo mètres, telle que M. Eiffel l’a étudiée et établie. Nous avons pu voir deux ' ou trois projets dans lesquels les auteurs ont placé la tour de M. Bourdais, d’autres concurrents ont indiqué sur leurs dessins des projets de tours de 3oo mètres plus ou moins étudiés par eux.
- Dès aujourd’hui nous pouvons dire que les deux projets qui ont le plus frappé, sont ceux de MM. Formigé et Fouquiau.
- Le premier présente un plan d’ensemble parfait, mais nous avons quelques réserves a faire sur les élévations. Le plan du second nous a semblé
- Dimanche 23 Mai 1886.
- également fort bien étudié et l’ensemble du projet est un de ceux qui attireront le plus de regards.
- Dans notre prochain numéro nous rendrons compte de cet intéressant concours.
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- EXPOSITION D’HYGIÈNE
- LES ÉTUVES DE DÉSINFECTION
- Depuis que la science moderne a montré que les maladies contagieuses étaient produites_par des êtres vivants, et se propageaient par le transport de ces êtres ou de leurs germes de l’individu malade à l’individu sain, les moyens prophylactiques ont pris une importance considérable.
- Parmi ces moyens, le plus efficace incontestablement est la destruction, en dehors du corps humain, de tous les germes de maladie.
- Jusqu’à présent un seul agent de destruction, la chaleur, s’est montré d’une efficacité absolue.
- Il est en effet prouvé que tous les microbes meurent quand on les place dans un milieu dont la température dépasse 100 degrés centigrades.
- A cet effet, de nombreuses étuves de désinfection ont été inventées.
- Dans la plupart des premiers appareils construits, le procédé employé consistait à placer les objets à désinfecter dans des gaz ou des vapeurs ayant.une température supérieure à 100 degrés.
- M. le Dr Steph. Leduc a publié, dans la Revue d’hygiène, une note, des plus intéressantes, relative à ces premiers appareils.
- « Le gaz et les tissus, dit-il, ne conduisant presque pas la chaleur, celle-ci ne peut pénétrer par conductibilité dans l’intérieur de la literie et des étoffes ; en outre, l’air se trouvant immobilisé dans les matelas et les tissus, la chaleur ne peut y pénétrer par convection, c’est-à-dire par déplacement des molécules gazeuses ».
- Pendant le choléra qui sévit à' Nantes en 1874, M. le Dr Leduc soumit à la commission sanitaire de cette ville un projet d’étuve reposant sur le principe suivant : les objets à désinfecter étaient placés dans de la vapeur d’eau, sous une pression de 1 à 2 kilog. La désinfection se faisait bien, mais les objets étaient complètement mouillés, et le temps nécessaire pour les sécher rendait ce procédé tout à fait impraticable. Un autre inconvénient fort grave de cette étuve, c’était d’altérer les tissus et de diminuer leur solidité surtout celle des tissus de laine.
- M. le Dr Leduc fit d’ailleurs sur ce sujet des expériences minutieuses.
- Il prit six bandes de flanelle parfaitement semblables, six bandes de toile et six bandes d’un tissu de coton; il plaça deux bandes de chacun de ces tissus dans de la vapeur d’eau sous la pression de 1 kil. et par conséquent à 1220. Il plaça deux autres bandes de chaque tissu dans un mélange d’air et de vapeur d’eau surchauffée à 125°, et il conserva les autres bandes intactes. Il mesura ensuite la résistance de toutes ces bandes au dynamomètre. Les résultats des expériences sont consignés dans le tableau suivant :
- I. — Bandes de flanelle (de 5° de largeur).
- Les bandes intactes
- Se sont rompues sous un effort de 25 kilog-
- NUMÉRO 73.
- Les bandes traversées pendant une heure par un mélange d'air et de vapeur d’eau surchauffée à 125°
- Se sont rompues sous un effort de 23 kilog.
- (La flanelle s’est légèrement colorée en jaune).
- Les bandes placées pendant une heure dans de la vapeur d’eau à 1 kilog. de pression et à une température de 1220
- Se sont rompues sous un effort de 12 kilog.
- (La flanelle s’est fortement colorée en jaune).
- II. — Bandes de coton (taillées dans un tissu ayant déjà servi).
- Les bandes intactes
- Se sont rompues : la ire sous un effort de xo kilog. 5oo ; la 2e sous un effort de 10 kilog.
- Les bandes traversées pendant une heure dans un mélange d’air et de vapeur d’eau surchauffée à 125°
- Se sont rompues : la ire sous un effort de 8 kilog. ; la 2e sous un effort de 7 kilog. 60.
- Les bandes placées pendant une heure dans de la vapeur d’eau à 1 kilog. de pression et à une température de 1220
- Se sont rompues, toutes deux, sous un effort de 8 kilog.
- III. — Bandes de toiles (de 52m/m de largeur).
- Les bandes intactes
- Se sont rompues : la ire sous un effort de 116 kilog. ; la 2® sous un effort de 106 kilog.
- Les bandes traversées pendant une heure par un mélange d’eau et de vapeur d’eau surchauffée à 125°
- Se sont rompues : la ire sous un effort de 94 kilog. ; la 2e sous un effort de 85 kilog.
- Les bandes traversées pendant une heure dans de la vageur d’eau à 1 kilog. de pression et à une température de 12 20
- Se sont rompues : la ire sous un effort de 84 kilog. ; le 2® sous un effort de 78 kilog.
- La vapeur sous pression a, d’après le Dr Leduc, deux graves inconvénients qui en prescrivent l’emploi :
- i° Difficulté, du^ séchage des objets désinfectés;
- 20 Impossibilité d’y désinfecter la laine.
- D’un autre côté, d’après un rapport du Dr Par-son, sur la désinfection par la chaleur, où sont analysés les travaux des personnes les plus compétentes et où sont exposés les divers systèmes d’étuves à désinfection, il résulte cette notion capitale ; la désinfection par la vapeur d’eau humide, sous pression, est beaucoup plus fidèle et plus sûre que la désinfection par la vapeur sèche.
- Peut-on obtenir, à l’aide d’une étuve construite sur le premier principe, que la vapeur sous pression pénètre jusque dans la profondeur d’un matelas pour y détruire les germes morbides qu’on y suppose exister? Peut-on ensuite dessécher rapidement pour le rendre à son usage ordinaire le matelas imprégné de vapeur humide ? Pour répondre à ces questions, le Dr Grancher a fait une première expérience le 26 octobre 1885 avec l’étuve de MM. Geneste et Herscher, dont il sera parlé plus loin.
- L’étude portait sur les microbes suivants :
- Bacilles du rouget ;
- Point double en capsule du choléra des poules ;
- Microbe point double de la salive ; *
- Bacille virgule de Koch ;
- Bacille virgule de Fenkler ;
- Spores du charbon ;
- Tyrothrie scaber de Duclaux ;
- Bacillus subtilis.
- Le D' Grancher avait introduit dans des tubes un demi-centimètre cube environ de bouillon de culture contenant un micro-organisme; il place ensuite ces tubes au centre d"un matelas à côté de thermomètres à maxima.
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- i7°* — Deuxième Année. — N° j3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Mai 1886
- Le tout fut introduit dans la chambre de désinfection.
- L’expérience commença et pendant i5 minutes le matelas fut soumis à une pression de vapeur de 75 centigrammes, soit ii5°,5.
- L’opération se fit en deux temps.
- MM. Geneste et Herscher croient, en effet, qu’il est nécessaire pour obtenir une pénétration plus rapide et plus profonde de la vapeur, de laisser échapper après les cinq premières minutes de chauffe, une partie de la vapeur déjà accumulée dans le cylindre. Celle-ci entraîne avec elle l’air interposé entre les fils de laine et le crin, de sorte que la vapeur introduite à nouveau pénètre aisément partout.
- Après la cinquième minute, on ouvrit donc une soupape et on obtint ainsi une chute de pression, après quoi l’opération recommença.
- Le tout dura i5 minutes, puis le matelas fut tiré au dehors, fumant, brûlant, humide, mais non mouillé.
- Les thermomètres marquaient n5°.
- Tous les micro-organismes, énumérés plus haut dans l’ordre ascendant de leur résistance à l’action de la chaleur étaient morts ; la vapeur avait pénétré à travers l’enveloppe des matelas, à travers le crin, la laine, etc., jusqu’au fond des tubes. Le bacillus subtilis, qui ne meurt qu’à ii5°, avait été tué comme les autres microbes.
- Le 29 octobre 1885, le Dr Grancher fit une seconde expérience: le matelas était disposé comme dans la première expérience, mais il fut soumis à une pression de vapeur de o kil. 40, soit à une température de io8°8 au lieu de n5°5. Enfin, pendant des i5 minutes que dura l’opération, on fit deux chutes de pression.
- Tous les microbes périrent, sauf le bacillus subtilis.
- Le 3i octobre de la même année, nouvelle expérience, toutes conditions égales, mais sans dépasser la pression fixe de o lui. 175, soit une température de io3°.
- Tous les microbes ont été tués, sauf les deux derniers qui meurent à io5°età ii5°.
- Les expériences portèrent encore sur une étuve à air sec et à vapeur sans pression, puis sur une 'étuve à air sec.
- De ces trois séries d’expériences, M. le Dr Grancher put tirer les conclusions suivantes :
- A. — L’étuve à vapeur humide sous pression de MM. Geneste et Herscher est un instrument de désinfection excellent, puisqu’il suffit d’élever dans cette étuve la pression à 1060 C., ce qui est facile, pour tuer sûrement, même au sein d’un matelas, tous les microbes pathogènes éprouvés.
- B. — L’ étuve à air sec et à vapeur sans pression des mêmes constructeurs n’a pas un pouvoir désinfectant égal à celui de l’étuve à vapeur sous pression, puisque la bactéridie charbonneuse, les spores de cette bactéridie, le tyrothrix scaber et le bacillus subtilis n’y sont pas détruits.
- C. — L’étuve à air sec de l’hôpital des Enfants-Malades est un instrument de désinfection encore plus imparfait.
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- Tels sont les divers principes qui ont inspiré les fabricants d’étuves de désinfection et sur lesquels reposent lés appareils exposés en ce moment à la caserne Lobeau.
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- MM. PIERRON ET DEHAITRE
- (Système du Dr Leduc)
- Leur système de désinfection consiste à forcer la vapeur d’eau, l’air chaud ou les vapeurs désinfectantes quelconques, à filtrer par pression ou par aspiration à travers la literie ou les tissus à désinfecter.
- Dans l’étuve construite par MM. Pierron et F. Dehaître et installée à l’hospice Saint-Jacques à Nantes, c’est l’aspiration qui a été adoptée. La literie et les objets à désinfecter sont disposés dans un caisson, de façon à^ former un diaphragme transversal; on fait pénétrer ce caisson dans un four en forme de voûte dont les extrémités opposées s’ouvrent dans des chambres distinctes, de façon que les caissons se chargeant dans une cliambre et se déchargeant dans 1 autre, la chambre des décharges n’est traversée que par des objets désinfectés. La partie supérieure du caisson communique largement avec le four que l’on peut remplir à volonté de vapeur surchauffée, d’air chaud ou d’un mélange de ces deux gaz, dans une proportion qu’on peut régler à volonté.
- L’aspirateur, activé par une petite machine à vapeur, force les gaz à traverser les matelas et les ramène ensuite à la partie inférieure de l’étuve.
- Avec un seul matelas, il suffit de quelques minutes pour faire fondre le soufre placé dans des tubes de verre bien bourrés à l’intérieur du matelas, c’est-à-dire pour élever la température à l’intérieur du matelas au-dessus de 1160; avec deux matelas, il faut 20 à 3o minutes pour obtenir ce résultat dans le matelas inférieur.
- On peut, avec de l’air sec, élever la température dans l’intérieur des matelas jusqu’à i35 à 1400; puis en .faisant arriver des quantités de plus en
- plus grandes de vapeur, on abaisse progressivement la température et on peut arriver à mouiller les matelas.
- Le procédé qui semble le plus avantageux aux inventeurs, tant pour la désinfection que pour la conservation des objets, consiste à faire traverser les objets à désinfecter, pendant une heure, par un mélange d’air et de vapeur d’eau entre 120 et 12 5°.
- _ C’est ainsi qu’ont été faites les expériences consignées dans le tableau cité plus haut, expériences montrant que les tissus, dans ces conditions, ne sont pas sensiblement altérés.
- Quant à la désinfection, elle est évidemment complète : car on voit dans les expériences de Koch, dans celles de M- Redard, médecin en chef des chemins de fer de l’Etat, la vapeur d’eau surchauffée à 111° stériliser, après deux minutes d’action, les produits morbides les plus résistants : produits morveux, charbonneux, claveleux, du choléra aviraire, bacillus subtilis, etc.
- D’ailleurs ce système d’étuve permet de faire agir successivement, dans la même opération, l’air sec à une température très élevée, la vapeur seule, un mélange d’air et de vapeur, ou une vapeur spéciale quelconque, comme l’acide sulfureux par exemple, qu’il suffirait de produire ou de faire arriver dans le four.
- M. le docteur Leduc avait indiqué les deux obstacles à la pénétration de la chaleur dans la literie et les tissus, et il a fait connaître le moyen de les surmonter, il a en outre mis en évidence l’altération des tissus de laine par la vapeur sous pression.
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- MM. GENESTE ET HERSCHER
- A. — Etuve à vapeur humide sous pression.
- Elle se compose :
- i°'D’un générateur de vapeur;
- 20 D’une chambre d’épuration.
- Celle-ci est un gros cylindre métallique revêtu de bois et hermétiquement clos. On y introduit sur un chariot les objets à désinfecter. Deux faisceaux de tubes à vapeur sont placés dans l’intérieur du cylindre aux deux extrémités de son axe vertical, c’est-à-dire dans les parties non utilisables pour la désinfection. Au moyen de ces tubes, desservis indépendamment, on chauffe les parois avant, pendant et après l’opération.
- Cette étuve est d’un prix assez élevé et exige l’emploi d’une chaudière à vapeur et, par la suite, la présence d’un chauffeur.
- B. — Etuve à air sec et à vapeur sous pression.
- Cet appareil est plus simple que le_ précédent’ moins coûteux, et peut être manœuvre sans con” naissances spéciales. Il se compose d’une étuve et d’un calorifère ; dans celui-ci est un bouilleur qui fournit de la vapeur que l’on peut diriger dans l’étuve par un tuyau ou que l’on peutfaire échapper. Le calorifère fournit, d’autre part, de l’air chaud, et c’est l’action successive de l’air chaud sec et de l’air chaud mélangé de vapeur qui constitue l’originalité de ce système.
- Pour assurer le mouvement de ces fluides au moment convenable et régler lenrs proportions, il y a, sur les tuyaux, des valves et des robinets, ainsi que des registres qui permettent de mélanger l’air froid à l’air chaud dans des proportions variables à volonté, et de laisser échapper l’air chaud de l’étuve s’il est jugé nécessaire.
- Enfin, un ventilateur, qui peut être mû à bras ou à l’aide d’un moteur quelconque, assure le passage de l’air chaud du calorifère à l’étuve ; par une autre conduite, l’air de l’étuve, refoulé par l’action du ventilateur, retourne au calorifère, de manière à ne pas perdre la chaleur qui est encore emmagasinée dans ce cas.
- C. — Etuve à air sec.
- Cette étuve est composée d’une chambre de chauffe en maçonnerie, munie de tringles et pourvue d’un chariot sur rails pour la suspension et l’apport des objets à désinfecter.
- L’air chauffé par le gaz dans un petit compartiment placé sur les côtés de la chambre de chauffe pénètre dans cette chambre par sa partie inférieure, chauffe les parois et les objets soumis à la désinfection.
- Un thermomètre à tige extérieure, mais dont le réservoir se trouve à l’intérieur de la chambre de chauffe, donne les indications de la température atteinte dans cette chambre; elle doit être réglementairement de i3o° et l’étuve est munie d’un régulateur d’Aarsonval qui fonctionne automatiquement, règle la dépense du gaz et maintient, pendant cinq heures, la température dans l’intérieur de l’étuve à i3o°.
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- Dans notre prochain numéro nous étudierons les études de désinfection de MM. le Dr Gibier, Kœrling frères, et Leblanc.
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- Voici la liste des conférences qui auront lieu à
- l’Exposition d’hygiène, à huit heures et demie du soir, du 25 au 29 mai :
- 25 mai.— M. E. Trélat, professeur au Conservatoire des arts et métiers.— Aérage et chauffage des intérieurs.
- 27 mai. — M. le Dr Voisin, membre du conseil d’hygiène de la Seine. — Nouveaux pavillons de secours aux noyés de la ville de Paris.
- 29 mai. — M. le Dr Bailly, de Chambly.— De F inspection médicale des écoles.
- Trois conférences ont déjà eu lieu la semaine dernière et ont été fort suivies ; nul doute que_ les conférences que nous venons d’annoncer n’obtiennent un succès égal.
- H.-F. Cabirau.
- SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE
- IDE FRANCE
- EXPOSITION GÉNÉRALE
- DES
- PRODUITS DIS L’HORTICULT CTIÎ.TG Du 11 au 16 mai 1886 Pavillon de la Ville de Paris aux Champs-Elysées
- DÉCISIONS DES JURYS Prix d’honneur
- Grand prix d’honneur. — Objet d’art de la manufacture de Sèvres, offert par M. le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, à M. Ant. Chantin, pour ses palmiers.
- Prix d’honneur. — Médaille de M. le ministre de l’agriculture, à M. Alb. Truffaut, pour sa col- lection d’orchidées.
- Prix d’honneur. — Médaille de M. le préfet de la Seine, à M. Alf. Bleu, pour ses semis de Berte-lonias, Sonerillas, Caladiums et Anthuriums.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société, à M. Dallé, pour ses plantes variées de serre.
- Prix d'honneur. — Médaille de la Société, à M. Savoye, pour ses plantes variées de serre.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société, à MM. Ghantrier frères, pour leur collection de Crotons.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société, à M. Massange de Louvrex, pour sa collection de Cattleya variés. ,v ux': . .
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société à M. Linden, pour ses plantes d’introduction nouvelle.
- Prix d’honneur. — Médaille offerte au nom du maréchal Vaillant, ancien président de la Société, à M. Defresne, pour ses Conifères.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société à M. Moser, pour ses Rhododendrons.
- Prix d’honneur. — Médaille de M. le ministre de l’agriculture à M. Ch. Verdier, pour ses rosiers.
- Prix d’honneur. — Médaille de MM. Vilmorin-Andrieux et Cie à M. L évêque, pour ses rosiers.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société à MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, pour leurs plantes herbacées d’ornement.
- Prix d’honneur. — Médaille offerte au nom du DrAndry, ancien secrétaire général de la Société, à Mme E. Lion, pour ses bouquets.
- Prix d’honneur. — Médaille de la Société à l’Association de secours mutuels des jardiniers de la Seine.
- Prix d'honneur. — Médaille de la Société à M. Louis Lhérault, pour ses asperges.
- Diplôme d'honneur. — AM. Jolibois, jardinier en cnef du Luxembourg, pour sa collection de broméliacées.
- Vives félicitations à la ville de Paris, pour ses plantes d’ornement.
- Plantes de serres.
- 4 concours plantes nouvelles.
- 2 — pour la culture.
- 33 — plantes en collection.
- 3 — imprévus.
- Plantes de pleine terre.
- 3 concours plantes nouvelles.
- 2 — pour la culture.
- 20 — plantes en collection.
- 2 — fleurs coupées.
- 5 — imprévus.
- Bouquets et garnitures d’appartements.
- 6 concours.
- Arboriculture et fruits.
- 4 concours (dont 1 imprévu).
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- Deuxième Année. — N° y3.
- Culture maraîchère.
- 8 concours.
- Instruction horticole.
- 4 concours.
- PRINCIPALES RÉCOMPENSES
- OBTENUES PAR LES EXPOSANTS EN DEHORS'DES PRIX
- d’honneur
- Médailles d’or, vermeil, argent.
- Chantin, 7 médailles or, 1 grande médaille vermeil.
- Levêque et fils, 4 médailles or, 1 médaille vermeil.
- Truffaut, 2 médailles or, 1 médaille vermeil.
- Bleu, 2 médailles or.
- Moser, 2 médailles or, 1 argent.
- Vilmorin, Andrieux et Cie, 1 médaille or, 4 grandes médailles vermeil, 1 grande médaille argent, 1 médaille argent.
- Croux et fils, 1 médaille or, 1 médaille vermeil, 1 médaille argent.
- Lecaron, 1 médaille or, 1 médaille vermeil, 1 médaille argent.
- Bories, 1 médaille or, 1 médaille vermeil, 1 médaille argent, 1 médaille bronze.
- Honoré Defresne, 1 médaille or, 1 médaille vermeil.
- Verdier, 1 médaille or, 1 médaille vermeil, 1 médaille argent.
- Chantier, 1 médaille or, 2 médailles argent.
- Duval, t médaille or.
- Fletcher, 1 médaille or.
- Terrier, 1 médaille or.
- Valleraud, 1 médaille or.
- Robert, 1 médaille or.
- Margottin père, 1 médaille or.
- Mlle Fortier, 1 médaille or.
- Rothberg, 1 grande médaille vermeil, 1 médaille vermeil, 2 grandes médailles argent, 1 médaille argent.
- Christen, 1 grande médaille vermeil, 1 médaille vermeil.
- Simon, 1 grande médaille vermeil, 1 médaille vermeil.
- Landry, 1 grande médaille vermeil.
- Lemoine, 1 grande médaille vermeil.
- Boucher, 1 grande médaille vermeil.
- Lecarou, 1 grande médaille vermeil.
- Delahaye, 1 grande médaille vermeil.
- Salomon, 1 grande médaille vermeil.
- Lhérault, 1 grande médaille vermeil.
- Ramé, 1 grande médaille vermeil.
- Dupanloup et Cie, 1 médaille vermeil, 2 grandes médailles argent.
- Lion, 1 médaille vermeil, 2 médailles argent.
- Debrie, 1 médaille vermeil, 4 médailles bronze.'
- Couturier, 1 médaille vermeil.
- Savoye, 1 médaille vermeil.
- Isabeth, 1 médaille vermeil.
- Viennent ensuite des médailles d’argent, de
- bronze, et enfin quelques mentions honorables.
- En France on aime le nouveau, l’extraordinaire, le surnaturel même, et sitôt qu’une attraction nouvelle se montre à l’horizon, on est sûr d’y trouver la foule.
- Mardi 11 mai, dans la matinée, tout était en oeuvre pour donner le dernier coup de main, en jardinage, on dit le coup de râteau, et à midi tout était prêt. La Société nationale d’horticulture ouvrait les portes de son palais des fées garni de nombreux parterres plus enchanteurs que les jardins d’Armide. Les plus brillantes toilettes, les plus éclatants bijoux, pâlissaient à côté de ces merveilleux coloris prodigués par la nature, et le soin minutieux des nombreux horticulteurs qui avaient tenu à honneur de participer à cette manifestation printanière.
- M. le président de la République, arrivé à 3 h., accompagné de Mme Wilson, a fait une longue visite, M. Léon Say, président de la Société, a fait àM. Grévy l’honneur de l’Exposition qui a été si bien organisée par M. Joly, président de la commission. Le ministre de l’agriculture, M. le général Pittié et d’autres membres de la maison du président de la République l’accompagnaient dans cette visite. M. Tisserand, venu un peu plus tôt, s’était préalablement donné la satisfaction d’admirer les massifs et les corbeilles, et il paraissait satisfait, c’est que M. le. directeur de l’agriculture est amateur et fin connaisseur, et dans son intérieur, il s’occupe toujours de. cette importante question : l’agriculture ; Mme Tisserand même ne dédaigne pas d’étudier l’acclimatation des vers à soie exotiques, et nous ne saurions trop l’en féliciter.
- M. Chantin,qui a remporté le grand prix d’honneur, a une exposition rare, bien digne d’admiration. La moitié de la partie droite est occupée par des palmiers gigantesques, un magnifique Cala-mus de Java et un Phoenix dactylifera d’Orient qui a huit mètres de hauteur ; puis des fougères dont le tronc varie entre quatre et six mètres. Au milieu d’un beau massif s’étalent de splendides orchidées,
- LE MONITEUR|DE L’EXPOSITION DE 1889.
- disposées avec beaucoup d’harmonie. Un admirable Cymbidium Lowii, forme sur le tout un joli panache avec une grappe de fleurs d’un jaune verdâtre. Sur la gauche, abrité par un Cycas revo-luta, se trouve un Cattleya acclandiœ. Mais ce qui est admirable à tous les points de vue, tant pour la rareté que pour la beauté, c’est la collection d’orchidées, fleurs qui ont l’aspect de papillons ailés, aux fraîches couleurs, aux noms éclatants peut-être, mais bien difficiles à retenir. Le Cypri-pedium superbiens a l’air d’une petite bourse qui quête. Quant aux anthuriums à la fleur écarlate avec un léger filet jaune qui part du centre en se tortillant, il y a tant de variétés qu’il faut renoncer à les citer, d’autant que nous en retrouverons d’autres. Affectant les formes les plus bizarres, d’une élégance et d’un coloris remarquables, ces plantes asiatiques ou américaines attirent plus particulièrement l’attention des connaisseurs.
- Sur la gauche l’exposition de M. Truffaut n’attire pas seulement les regards, elle fascine le visiteur qui émerveillé part, mais revient aussitôt : j’ai vu un amateur revenir à plusieurs reprises et qui finalement disait en s’éloignant : je reviendrai demain. — Les orchidées de toutes sortes dont la variété éblouit, sont placés en étagère à hauteur de cimaise, ce qui permet de les regarder sans se lasser.
- M. Truffaut a aussi une corbeille d’Azalées de l’Inde qui sont d’une belle variété.
- M. Bleu présente entre autres particularités des semis de Bertolonia, le n° 2, Marguerite Wilson, est très remarquable, vigoureuse variété, couverte d’un réseau de nervures et de gros points d’argent teinté de rose violacé.
- M. Dallé a une très belle exposition de plantes de serre et des variétés exotiques très rares, il en est une entre autres qui a l’air d’ün petit colibri qui s’envole : c’est léger et coquet à l’envi.
- Dans le massif, un très beau Gardénia grandi-flora, n’attire que fort peu les regards.Lorsque dans mon enfance je faisais en cachette des boutures de ces magnifiques rubiacées, on en vendait beaucoup, car un jour mes boutures étant venues à fleur, me furent enlevées et portées au marché, d’où elles ne revinrent pas, à mon grand déses-poir.
- MM. Chantier frères ont une variété de cro-tons, très remarquable, des dracœnas au feuillage multicolore, des anthuriums, etc.
- M. Savoye fils a aussi une belle collection de plantes de serre ; le Rudgesia macrocephola est remarquable, sa fleur ressemble beaucoup à un bouquet de boutons de fleurs d’oranger.
- Arrêtons-nous un instant devant cette profusion de fleurs coupées présentée par Mme E. Lion. Sur le panneau en hauteur se trouve un tableau fait de pensées avec inscription en lilas blanc et boutons de.roses blanches
- HOMMAGE A L’HORTICULTURE
- à droite un énorme piquet de roses roses, à gauche, un grand croissant de roses blanches et fougères. Au-dessous deux immenses bouquets de lilas blanc ; de nombreux bouquets plus gracieux les uns que les autres et sur une table au milieu un coussin que l’on croirait de satin blanc, fait avec des fleurs d’azalée blanc, en fait de rubans de coin de magnifiques fleurs d’orchidées, puis des fleurs de toutes sortes jetées çà et là sur ce coussin avec une grâce, un sans façon qui sont admirablement combinés. Cette Exposition a remporté le prix d’honneur, médaille d’or, en mémoire du Dr Andry, ancien secrétaire général de la société.
- Deux très belles corbeilles de rhododendrons, de M. Moser et de MM. Croux et fils, forment le fond du parterre et leurs pétales multicolores produisent un chatoiement agréable.
- A coté de ces beautés de la nature, dans un petit salon se trouvent différents spécimens destinés à l’enseignemeut horticole..
- Tout d’abord, il faut attendre un moment que l’œil s’accoutume à la demi-obscurité, puis alors nous remarquons un grand cadre déjà aperçu au concours général : entomologie , enseignement agricole, collections d’insectes utiles et leurs produits, d’insectes nuisibles et leurs dégâts ; cinq •autres vitrines sont disposées sur la table, ce travail fait pour le musée scolaire du XVIe arrondissement a été apprécié par un jury très compétent qui lui a décerné la première récompense, grande médaille de vermeil. Nous regrettons de ne pouvoir ici nous étendre davantage sur cette exposition très bien présentée et d’un travail aussi scrupuleux qu’instructif.
- L’école de Courtenay a obtenu une médaille d’argent pour sa collection d’entomologie et la médaille d’argent pour ses herbiers.
- Une collection de magnifiques photographies exposées par MM. Moreau frères leur a valu une grande médaille d’argent.
- Ces fleurs sont reproduites avec fidélité : leurs dimensions ne sont point altérées et leur coloris est exact. Elles présentent aussi un très grand avantage : les plus petites nervures des feuilles et des fleurs sont conservées, les couleurs employées ont une telle transparence qu’elles permettent de
- Dimanche 23 Mai 1886. — 171.
- voir jusqu’aux plus petits détails, et sont complètement inaltérables.
- De magnifiques clématites ont valu à M. Boucher la grande médaille de vermeil.
- M. Moussart, de Passy, nous offre une belle variété de plantes à feuillage. Nous remarquons surtout une curiosité, un Hamus Elephantines ou Testudinaria ; on dirait une écaille de grosse tortue d’où sortent deux tiges ou branches ressemblant à du gui.
- De nombreuses corbeilles sont dispersées sur les pelouses. M. Poirier a de très beaux géraniums. Une belle collection de caladiums présentée par M. Isabeth lui a valu une médaille de vermeil.
- Sur la galerie de droite M. Delahaye a exposé de nombreuses variétés (en fleurs coupées) de renoncules, anémones, tulipes, narcisses, iris de Suez, etc., qui lui ont valu une grande médaille de vermeil; mais pourquoi des renoncules à fleur verte ? j’aime mieux laisser le vert aux feuilles, quant à moi, je chercherais tout, excepté le vert qui, réellement, n’est pas beau du tout en cette circonstance.
- A côté, nous retrouvons les fleurs et plantes artificielles de M1Ie Fortier qui continue avec un acharnement digne de louanges une collection de plantes toutes étiquetées avec leurs noms scientifiques pour l’étude de la botanique et destinée à la formation d’herbiers pour les musées scolaires.
- En ce moment où l’on s’efforce de faire faire tant de progrès à l’instruction populaire, il y a un grand avantage à ce que chacun puisse étudier les principales plantes utiles ou nuisibles, c’est le but que Mlle Fortier se propose d’atteindre.
- C’est de ce côté que sont disposés les légumes de toutes sortes. M. Cousin présente des melons, des choux-fleurs, des tomates, de très belles fraises, etc., qui lui ont rapporté une médaille d’or. Quant à la collection maraîchère de MM. Vilmorin et Gle et celle de la société de secours mutuels des maraîchers de la Seine qui ont obtenu un diplôme d’honneur, disons que tous ces produits sont tous très appétissants.
- M. Rigault a un travail spécial, régénération de la pomme de terre ; par une idée ingénieuse, il a présenté^ dans plusieurs petites caisses réunies côte à côte un semis de pommes de terre où l’on lit cette phrase :
- 1886. HOMMAGE A PARMENTIER
- Sous une tente spéciale, la ville de Paris expose les produits^ des terrains de Gennevilliers ; en face, M. Lhérault a installé une splendide collection de fraisiers ainsi que des asperges qui, comme toujours, lui ont valu un prix d’honneur. En tournant, le pavillon, il faut remarquer les'plants de peupliers de M. Fouquet.
- MM. Vilmorin et Ci0 se sont partagés . avec M. Lecaron les parterres des plantes herbacées d’ornement. En parlant des premiers nous ne pouvons que faire des redites, disons seulement que l’ensemble de ce concours leur a fait décerner un prix d’honneur. Les plantes de M. Lecaron sont magnifiques et il faut surtout admirer la splendide collection de capucines. C’est sous la tente que se trouvent ces parterres, et là aussi que nous trouvons les magnifiques pivoines (coupées) de M. Verdier. '
- M. Jolibois, jardinier en chef du Luxembourg, a envoyé de très belles plantes pour lesquelles ^e jury a décerné un prix d’honneur.
- Les fleurs du Luxembourg servent également d’entourage à l’exposition de M. Salomon qui nous montre, comme d'habitude, des raisins frais sur leur cep et des raisins conservés; puis un pêcher garni de cinq belles pêches, mais qui a l’air de s’ennuyer tout seul, tandis que dans un autre massif plus loin il y en a une collection, ainsi que des cerisiers, des amandiers, des brugnonniers, etc. présentés par M. Margottin père : la médaille d’or est bien justement attribuée pour une si belle variété.
- Les pensées sont présentées en belles variétés par MM. Duplat, Dupanloup et Cie, Falaise, la collection de ce dernier est beaucoup mieux composée et bien supérieure aux autres.
- Les rosiers occupent la plus grande partie de la grande tente, et certes nous avons été émerveillé quoique cependant les rosiéristes ne se soient pas absolument dépassés cette année.
- Il y a des nouveautés, cela est vrai, mais faut-il parler de la rose verte du Bengale ? Est-ce un tour de force? ce n’est qu’un fait naturel, sans attrait, car cette rose n’a pour elle que l’actualité ; du parfum, de l’aspect, absence complète. Un groupe qui passait derrière moi faisait cette réflexion : Gela une rareté ! on dirait du pain de hanneton ! Néanmoins ne. restons pas sur ce mot, et si la rose est la reine des fleurs, j’ai ouï dire que la femme est la plus belle des roses, et qui plus est, l’ai vu écrire sur un éventail.
- J’ai eu le plaisir de. revoir M. Lévêque qui, heureusement pour moi, ne m’a pas gardé rancune de mes méfaits d’autrefois : ses serres étaient
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- 17-2 et ij3. — Deuxième Année. — N° 73
- LE MONITEUR DE ^POSITION DE 1889
- Dimanche 2 3 Mai 1886.
- Brouillet. — Le Carrier blessé,
- Jean Béraud. — Le Déçût des Filles à la Préfecture.
- Paysages et Marines
- MM. 1. Iwil; 2. Grimelund ; 3. H.-W. Mesdag; 4. Henriet; 5. Sauzay ; 6. Barnsley ; 7. Garaud; 8. Barthélemy; 9. Zuber.
- Roll,
- Etude.
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- 174- — Deuxième Année. — N° jo.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 3 Mai i 880.
- adossées au mur du jardin de mon grand-père, et en jouant on lançait des colimaçons chez le voisin. Pourquoi ? je ne sais, mais les entants font toujours un peu de mal.
- Cet âge est sans pitié'.
- Le fabuliste ne l’a-t-il pas dit ?
- A. Ramé.
- L’EXPOSITION OÜVRIÈRE DE 1886
- ET
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Dans la séance du 26 décembre 1884, M. Georges Berrv, au nom de la deuxième Commission, proposait l’ajournement d’une demande formée par trente chambres syndicales ouvrières et ayant pour but le vote d’une somme de 5,000 fr. pour frais de propagande en vue de l’organisation d’une exposition ouvrière. Sur l’insistance de M. Chabert, le crédit de 5,000 francs était ouvert.
- Les études faites, les plans dressés, le Conseil municipal ouvrit un nouveau crédit de i5o,ooo francs et mit à la disposition de l’Exposition projetée le pavillon de la ville de Paris.
- Le Conseil général de la Seine ne voulut pas rester en arrière du Conseil municipal ; le 24 décembre i8S5, il alloua pour l’installation de l’Exposition internationale ouvrière, une somme de 20,000 francs à repartir ainsi qu’il suit :
- Marbriers 4 0 0 ?
- Tourneurs en optique. DOO
- Voitures réunies. . . 3 3oo
- Tourneurs robinettiers 220
- Peintres en lettres . . 450
- Lithographes .... 120
- Brodeuses 15o
- Distillateurs 1 36o
- Doreurs-argenteurs. . 4 000
- Passementiers. . . . 3 000
- Ebénistes 1 200
- Bronziers 800
- Somme égale. . . 20 000 IV.
- Le crédit de i5o,ooo francs, accordé par le Conseil municipal, avait été voté dans les conditions suivantes : toutes les chambres syndicales ouvrières, indistinctement, pourraient participer à l’Exposition ; elles seraient responsables des fonds et chargées de vérifier la qualité des exposants de telle façon qu’aucun patron ou délégué de patron ne se glissât parmi les ouvriers. C’était dire que, seuls, les ouvriers syndiqués seraient admis à exposer sous le contrôlé et la surveillance de la Chambre à laquelle ils appartiendraient (6 août 1885). :
- Le 23 avril dernier, M. Delhomme, au nom de la cinquième Commission, présentait un rapport sur une nouvelle pétition des chambres syndicales sollicitant la construction d’un certain nombre de baraquements, comme annexes au pavillon de la ville de Paris, pour l’Exposition ouvrière de 1886. Le défaut d’espace de ce pavillon était en effet, flagrant et, rien que pour Paris, il manquait 36 r mètres de superficie et 1028 mètres de surface murale.
- L’Exposition était appelée à un succès inouï, les enfants assistés et les enfants moralement abandonnés devaient y prendre part : un crédit de 3,ooo francs avait été voté à cet effet par le Conseil général de la Seine.
- En outre, la direction de l’enseignement du département réclamait deux travées doubles de i4m5o de long et un passage de 2m40 de large, soit au total 210 mètres.
- M. Delhomme proposait, en conséquence, d’autoriser l’administration à construire, dans la limite d’une dépense de 25,000 francs, un baraquement annexe au pavillon de la ville de Paris, d’une surface d’environ i,5oo mètres. Il proposait, en même temps, de refuser la disposition d’une partie de ce baraquement aux marchands de vins qui avaient demandé à y installer une exposition particulière. L’Exposition, selon M. Delhomme, devait conserver un caractère essentiellement ouvrier et n’admettre aucun élément hétérogène.
- La pétition des marchands de vins était basée sur ces faits. L’Union syndicale des marchands de vins, par l’organe de M. Chauvat, avait passé avec la Commission exécutive de l’Exposition ouvrière une convention aux termes de laquelle un baraquement serait accordé aux marchands de vins pour qu’ils pussent exposer leurs produits, pour que « le consommateur fût mis en rapport avec le producteur ».
- Le Conseil municipal qui, en réalité, dirige financièrement l’Exposition, n’a pas voulu reconnaître cette convention. Les marchands de vins, en leur qualité de patrons, n’ont aucun droit à figurer parmi les exposants : ils ne peuvent donc participer en aucune façon aux avantages accor-
- dés aux ouvriers, tant au point de vue des sommes liquides destinées à l’achat des matières premières qu’au point de vue de l’emplacement affecté à l’exposition des produits fabriqués.
- Les conclusions de la cinquième commission furent adoptées.
- Mais une nouvelle difficulté devait surgir en raison même du succès certain de l’Exposition ouvrière. Dans la séance de lundi dernier, 17 mai, M. Hervieux déposait sur le bureau du conseil municipal une proposition invitant l’administration à faire auprès des organisateurs de l’exposition ouvrière, les diligences nécessaires pour que les ouvriers libres fussent admis à exposer les produits de leur travail.
- Les raisons invoquées par M. Hervieux étaient les suivantes : Certaines chambres syndicales ouvrières ne comptent que 600 membres alors que les ouvriers libres de la même industrie sont peut-être plus de 6,000. Il s’ensuit que l’Exposition ouvrière universelle et internationale ne comprendra qu’un très petit nombre d’ouvriers français, que le dixième à peine des ouvriers parisiens qui devaient y figurer.
- Les Chambres syndicales, en demandant le concours financier du Conseil municipal, savaient bien qu’elles assumaient une responsabilité ; elles avaient, en revanche, la possibilité de la sauvegarder en n’acceptant les ouvriers libres que moyennant les garanties les plus élémentaires et en même temps les plus sûres telles que : présentation du livret ou d’un certificat de patron, investigation au domicile ou n’importe quel autre procédé. En un mot, l’Exposition ouvrière doit être, selon M. Hervieux, une exposition universelle des travailleurs et non purement et simplement une exposition des Chambres syndicales ouvrières parisiennes.
- Ces arguments étaient assez spécieux. Mais M. Chabert les réfuta parfaitement en rappelant que le contrôle de l’Exposition appartenant aux Chambres syndicales, celles-ci ne pouvaient l’exercer qu’à la condition que les exposants fissent partie de leurs membres, ne fût-ce que pour la durée de l’Exposition. Il faut penser que les Chambres syndicales ne sont pas des associations fermées : elles n’exigent pas l’exécution d’un chef-d’œuvre ; souvent même le paiement de la cotisation est fictif; en tous cas, il n’est pas réclamé à ceux qui manquent de travail. Au surplus, on n’a pas exclu les ouvriers isolés parce qu’ils ne font pas partie d’unç. Chambre syndicale, mais parce que, quoiqu’on fît, il serait bien difficile de reconnaître la qualité qu’ils invoquent.
- D’ailleurs c’est là une excellente occasion de faire comprendre aux ouvriers la nécessité de se grouper pour défendre leurs intérêts, le besoin d’une solidarité effective et la puissance de l’association.
- La vérité, ajoute M. Joffrin, c’est que les ouvriers libres étaient convaincus que l’Exposition ne réussirait pas ; aujourd’hui que le résultat est certain, ils viennent faire acte d’adhésion. Mais sèrait-il juste de faire partager à ces retardataires incrédules avec ceux qui, tout de suite, ont accepté les conditions imposées, les bénéfices de la participation à l’Exposition.
- M. Strauss est du même avis que MM. Chabert et Joffrin. Il dit que le Conseil a surtout voulu favoriser les groupements des travailleurs. Le législateur a, par la loi sur les syndicats professionnels, permis aux ouvriers de se réunir et de s’organiser. C’est dans cet ordre d’idées que le Conseil est entré à son tour et il a entendu donner aux syndicats ouvriers une subvention morale autant que matérielle et un large encouragement.
- Le Conseil municipal a goûté ces raisons et voté l’ordre du jour pur et simple sur la proposition de M. Hervieux. L’Exposition ouvrière reste ainsi ce qu’elle était primitivement, .l’Exposition des Chambres syndicales françaises et étrangères.
- On nous en promet des merveilles : telle Chambre syndicale qui n’a reçu que 5,000 francs, a exécuté des travaux pour une somme cinq fois supérieure; telle autre a agi avec ses propres ressources. La Chambre syndicale des voitures, entre autres, qui triomphe déjà à l’Exposition d’ffiygiène par ses modèles de brancards et de voitures d’ambulance prépare une nouvelle victoire. Bref, les ouvriers français et particulièrement les ouvriers parisiens' ont fait de leur mieux pour prouver qu’ils ont gardé leur supériorité, leur goût et leur initiative créatrice. C’est le prélude des succès qu’ils obtiendront à la grande Exposition de 1889 et la démonstration évidente et rassurante que, malgré les crises, malgré les grèves, malgré les chômages, malgré la misère, malgré toutes les causes dissolvantes, toutes les influences mauvaises et l’envahissement de l’industrie étrangère, nos étrangers ont toujours mis leur art au-dessus de leurs intérêts et conservé précieusement la tradition qui les fait passer partout plus pour des artistes que pour de simples travailleurs.
- LE SALON DE 1886
- {Suite.)
- Guillemet. — Le Hameau de Landemer. L’aimable et si sympathique paysagiste a, cette année, quitté les coteaux de Meudon pour ces petites plages qu’il aime tant et qu’il nous fait aimer. Quelques masures presque baignées par la mer, des femmes de pêcheurs aux paniers pleins, il n’en faut pas davantage pour que le pinceau de l’artiste donne à cela une saveur parfaite. C’est la nature dans toute sa simplicité et son charme.
- Mme Jeanne Fichel. — Portrait de Mx{e H. H... (respectons l’incognito) Portrait de Mma Grivot. Mme Fichel est un de nos peintres les plus délicats. Elève de son mari, dont la valeur s’est affirmée depuis longtemps, elle a acquis de lui cette finesse de touche et cette grâce de coloris que l’on peut remarquer dan s ses deux portraits. Voyez ces chairs, comme le sang circule sans mièvrerie là dedans. Regardez l’éclat des yeux, ces miroirs de l’âme et de la vie, comme s’est habilement rendu. Ces toiles sont absolument méritantes.
- Fichel. — Le Toast. Un Corps de garde. Je reprendrai ce que je dis ci-dessus. M. Fichel n’en est plus à faire ses preuves et il n’est pas de galerie qui n’ait quelque ouvrage de ce raffiné de la peinture. Le Toast est excellent ; le Corps de garde me plaît encore mieux.
- Marec. — Un lendemain de paye. Excellent morceau d’un dessin très étudié. A signaler aussi le portrait de Mme D...
- Wallet. — Le plateau du bois des Hogues. Très bon paysage.
- Watelin. — Un marais dans la vallée de la Bresle. Le soir vient, la prairie verte se baigne dans l’ombre. Beaucoup de poésie et beaucoup de talent.
- Eugène Feyen. — La foire de Saint-Benoit-des-Ondes, Encore des Cancalaises ; il est vrai que cette fois elles sont accompagnées de bêtes à cornes. J’arrête une plaisanterie facile. Ceux.qui aiment les Cancalaises seront servis à souhait; moi j’en suis un peu fatigué. Que diriez-vous d’un peintre qui ne ferait que des grenouilles, des grenouilles et encore des grenouilles?
- Marius Michel. — Fumculi-Funicula. Une gavrochade de peintre essentiellement parisien détaché en Italie. C’est du reste beaucoup mieux qu’une fantaisie ; c’est une étude d’une valeur réelle. Très bonne aussi, sa toile A l’atelier.
- Vayson. — Les Chercheurs de truffes. Singulier sujet. Je ne crois pas que le peintre doive se lancer à corps perdu dans une idée, simplement parce qu’elle n’a pas- été traitée. A ce compte-là nous arriverions au naturalisme effréné et Cambronne servirait de thème à bien des amateurs. De même que toute vérité n’est pas bonne à dire, je ne crois pas que tout sujet soit bon à traiter. Ceci exposé je suis obligé de reconnaître que le tableau de M. Vayson est d’une excellente peinture et sa truie du premier plan, d’une vérité... inconvenante.
- Paul de Katow. — Portrait. Notre confrère du Gil Blas est un peintre distingué. Son portrait de
- Mme...., offre des qualités de finesse qui dénotent
- un talent mûr et sûr de lui-même.
- Heilbuth. — Un samedi. M. Heilbut est un Parisien fini que les hasards de la vie ont fait naître en Allemagne comme Henri Heine. A une touche de pinceau d’une clarté indiscutable, il joint une pointe de malice véritablement charmante.
- Zuber. — Sentier perdu. C’est absolument ravissant ce sous-bois. Il y a là des effets merveilleux de lumière et d’ombre qui méritent les plus grands éloges.
- Gérôme. — Œdipe. Le maître se retrouve tout entier dans cette conception grandiose. Bonaparte s’est détaché de son armée qui défile dans la plaine, il a gravi à cheval la colline et face à face, il interroge le Sphinx monumental de pierre dressé devant lui. L’idée est magnifique, l’ouvrage du plus grand talent.
- Son premier baiser du soleil, pris aux pyramides, est également des plus beaux.
- Moreau de Tours. — La Mort de Pichegru. Sur le lit de camp au milieu de la pièce, le poing crispé autour de la cravate avec laquelle il s’est étranglé, le bras et la jambe gauches pendants, Pichegru est étendu, contemplé froidement par un représentant du peuple et curieusement par un petit clerc et un gardien, pendant qu’à une table, deux scribes dressent le procès-verbal de la môrt. Motif excellent., sévère et d’une exécution irréprochable.
- Vernier. — Embarquement des filets à Saint-Ives. J’ai l’air de procéder à une distribution
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- Deuxième Année. — N° 73,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 23 Mai 18S6. — 175.
- de prix, mais cela tient simplement à ce que mes yeux ne s’arrêtent volontiers que sur les bonnes toiles où sur celles qui me semblent donner de sérieuses promesses. Pourquoi insister sur les exécrabilités, pardon du néologisme, ou sur les non-valeurs qui foisonnent ; ne vaut-il pas mieux consacrer son temps à ce qui dénote du mérite ou de l’étude?
- C’est ainsi que l’habile peintre de marine Emile Vernier, nous offre dans son Embarquement de filets, un morceau de premier ordre. Sur la grève mal éclairée par un soleil dans la brume, des pêcheurs hissent dans le bateau des filets qu’ils vont emporter à la marée. C’est d’une vérité frappante, d’un réalisme saisissant, auquel, du reste, M. Vernier nous a habitués.
- Willette. —La veuve de Pierrot. — Ça a du cachet cette mise au Salon d’un dessin du caricaturiste que l’on sait. Ça n’est pas de la peinture, c’est une sorte d’impressionnisme agréable et je comprends que certains amateurs se plaisent à ces fantaisies d’un artiste original.
- Alfred Delilia.
- (A suivre.)
- ÉCHOS
- Paris
- L’Académie des beaux-arts a prononcé le 15 mai l’admission en loge pour le concours du prix de Rome (musique), de MM : 1. Savard ; 2. Kaiser, (élèves de Massenet) ; 3. Bachelet ; 4. Gédalge, (élèves de Guiraud).
- * *
- Un groupe d’impressionnistes, composé de Mmes Marie Bracquemond, Berthe Morisot ; MM. Degas, Forain, Gauquin, Guillaumin, Pissaro, Redon, Rouat, Scliuffeneker, Seurat, Signac, Tillot, Vignon et Zandomneghi, convie le public à venir visiter, du 15 mai au 14 juin, la huitième exposition de leurs œuvres en peinture et sculpture, 1, rue . Laffite, Maison d’Or, au premier étage.
- *
- * *
- Départements
- Rappelons que l’exposition de la Société artistique et industrielle de Cherbourg ouvrira le 14 juillet prochain pour fermer le 15 août.
- Les envois devront être rendus chez Mme veuve Guinchard rue Lepic, du 10 juin au 2 juillet, terme de rigueur.
- * •¥•
- Une réunion a eu lieu, le 10 mai, à la chambre de commerce de Toulouse, à propos d’un projet d’exposition industrielle pour l’année prochaine. M. Sirven, maire de Toulouse, a exposé les avantages d’une exposition, en rappelant les succès obtenus par celle de Rouen. La somme nécessaire à obtenir, par l’initiative privée, a été évaluée à 300,000 fr. Un certain nombre d’assistants se sont faire inscrire immédiatement pour des sommes formant un total de 40,000 fr.
- * *
- Alsace-Lorraine
- L’exposition artistique organisée par la Société des arts de Mulhouse dans les salles du musée de la société industrielle a été ouverte officiellement le 12 mai dernier, et obtient un succès aussi brillant que mérité.
- Citons parmi les 355 numéros exposés dans la section de peinture, le Voyageur de M. Meis-sonnier ; le Christ de M. Heriner ; Y Etoile perdue de M. Bouguereau, etc.
- Presque toutes les sommités de l’art français sont représentées à cette intéressante exposition.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition modèle des industries de luxe, organisée à l’occasion de la foire annuelle, au Krys-tallpalast de Leipzig, et dont nous avons annoncé l’ouverture, a eu lieu ces jours derniers et a été très brillante.
- Le chiffre des affaires qui y ont été faites est, parait-il, important.
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- La première exposition spéciale de travaux d’art en étain a été ouverte à Francfort-sur-le-Mein, le 2 mai dernier.
- Cette exposition, très intéressante, est toute rétrospective.
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- 'Le douzième concours annuel d’animaux gras a -eu lieu à Berlin, au Marché central des bestiaux, les 5 et 6 mai.
- 144 exposants y ont pris part, avec un total de 1,133 animaux exposés.
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- Nous avons parlé à différentes reprises de l’exposition régionale souabe d’Àugsbourg (Bavière).
- Parmi les heureuses innovations que l’on signale à l’occasion de l’ouverture de ce concours industriel, il en est une qu’il importe de signaler.
- Les organisateurs se proposent de mettre sous les yeux du public, pour certaines branches de l’industrie et de la production en général, la fabrication elle-même dans ses différentes phases, dans les degrés successifs qu’elle parcourt, et de lui faire assister à la transformation de la matière première en produit manufacturé.
- C’est ainsi que les représentants des industries textiles d’Augsbourg, ont décidé de n’envoyer a l’exposition aucun objet fabriqué, mais d’y faire figurer la fabrication même des tissus.
- La participation de la Société Alsacienne de Mulhouse, pour la construction des machines, permettra d’installer dans la Galerie des machines tous les appareils nécessaires au tissage des cotons.
- Il y aura également une imprimerie en pleine activité. MM. Reichel frères, directeurs de l’Imprimerie royale d’Augsbourg, ont fait construire à cet effet un pavillon spécial, annexé au hall des machines. Le journal spécial « VExposition Souabe », y sera rédigé, composé, mis en page, stéréotypé, imprimé.
- Ces intelligentes innovations obtiendront, à n’en pas douter, un très vif succès à l’expérience et il est à désirer que les organisateurs de notre grande Exposition de 1889 ne les laissent pas passer inaperçues.
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- Angleterre
- L’Exposition internationale d’Edimbourg a été inaugurée officiellement par le prince Albert Victor de Galles, fils aîné du prince de Galles, le G mai dernier.
- De grands efforts avaient été faits pour que l’Altesse Royale n’eût pas à escalader trop de caisses d’emballages, ainsi que le veut la tradition.
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- Australie du Sud
- Une exposition internationale aura lieu à Adélaïde, capitale de l’Australie du Sud, dans le courant de l’année prochaine, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’avènement au trône de la reine Victoria et à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’existence de cette colonie.
- Une Commission de direction et d’administration a été constituée. Tous les consuls accrédités à Adélaïde par les différentes jouissances, en font partie.
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- Autriche - Hongrie
- L’Exposition du Club des Aquarellistes a été ouverte au Künstlerhaus de Vienne, le 5 mai.
- Les envois sont au nombre de 230 et l’ensemble en est des plus intéressants.
- On remarque aussi quelques jolis pastels. .
- Le Musée autrichien des arts et de l’industrie a organisé une exposition de travaux de femmes, qui durera environ trois mois.
- N’ont été admis que les ouvrages d’art décoratif, les broderies et les dentelles.
- LES LIVRES
- LIX
- Querelles de philosophes. — Voltaire et J-J. Rousseau, par Gaston Maugras. i vol. in-8-. Calmann-Lévy.
- Au point de vue de l’histoire des idées et des passions du xviii® siècle, la querelle, qui ne finit qu’avec leur vie, sans jamais rassasier leur haine mutuelle et sans jamais épuiser,la curiosité publique, de Voltaire et de Jean-Jacques,, est un fait, un épisode des plus importants, des plus intéressants. Il permet de remarquer une fois de plus, et jamais il n’y eut à l’appui de cette vérité triste et comique à la fois un plus illustre et plus décisif témoignage, que les querelles soi-disant philoso-
- phiques peuvent être des modèles de malignité, de perfidie et d’acharnement, qu’il n’entre ••pas)moins de fiel dans l’âme des incrédules que dans celle des dévots, que les réformateurs politiques et sociaux auraient souvent besoin de commencer par se réformer eux-mêmes, que la vie des plus grands hommes n’est pas toujours exemplaire, qu’on peut allier un grand esprit avec un détestable caractère, etc. Ce sont là des résultats généraux dont l’historien et le moraliste peuvent faire leur profit. Nous verrons même que l’aliéniste aurait tort de considérer comme devant lui être indifférente cette querelle fameuse, dont, pour la première fois, l’histoire vient d’être écrite ab ovo, en détail, par le menu, avec une suite et des documents qui renouvellent un sujet plusieurs fois abordé, sinon traité, mais qui ne l’avait jamais été comme il devait l’être pour produire l’effet nécessaire et salutaire qu’il comporte. M. Gaston Maugras, brillamment connu par une édition de. lettres de l’abbé Galioni, un très curieux et très intéressant ouvrage sur la jeunesse et la vieillesse de M,ne d’E-pinay et son livre sur la vie intime de Voltaire aux Délices et à Ferney, qui ont eu un légitime succès auprès du public lettré, et établi sa compétence, a justement pensé que la querelle entre Voltaire et Rousseau, les deux plus grands philosophes du siècle par excellence de la philosophie méritait un ouvrage à part, et l’exigeait même afin que le lecteur put juger en pleine et parfaite connaissance de cause ce procès encore controversé, résoudre équitablement les questions de responsabilité qui en découlent et rendre l’arrêt définitif qui sera la sanction de ce long débat. M. Maugras, qui s’est constitué le rapporteur de cette affaire intéressante a fait preuve dans cette difficile épreuve de rares qualités. Il a la netteté de l’exposition, la sagacité de l’analyse, l’art de mettre en valeur, en relief les points essentiels, il déduit clairement et il conclut discrètement mais fortement. Tout cela n’était pas facile, car il s’agit d’un débatphilosophique, théologique même, d’un débat soulevé par deux adversaires artificieux, que brouille à mort une rivalité dont Genève, patrie de l’un, patrie adoptive de l’autre, asile de tous deux, sera le théâtre et payera la guerre de son repos. Car Voltaire et Rousseau qui veulent, l’un conserver la liberté de ces jeux dramatiques pour lesquels il professe une passion dont l’âge n’amortit pas les feux, l’autre exercer sur son pays une domination sans partage mettront les esprits en ébullition, les foules en mouvement, les institutions en péril pour l’emporter dans ce duel dont leur orgueil jaloux multiplie les passes avec toutes les ressources d’une escrime aussi habile que perfide. A ce jeu prestigieux leurs témoins et champions perdent quelque peu la tête, les esprits génevois étant — en ce temps-là — à la fois vifs et gauches, subtils et lourds et ce n’est pas sans peine, et grâce à un récit méthodique et clair, qu’on se reconnaît et se débrouille au milieu des péripéties parfois contradictoires de ces démêlés confus. Voltaire qui a éludé d’abord par malice plus que par goût de la paix les provocations d’un adversaire impatient de la lutte, et reçu les premiers coups sans les rendre, s’engage à fond et après avoir payé les frais du premier engagement l’emporte à la reprise et assiste triomphant du haut de son donjon inviolable de Ferney à l’excommuni-cation, à la lapidation et à la fuite de Rousseau.
- Pour la première fois, l’ouvrage de M. Gaston Maugras éclaire de la lumière décisive de documents nouveaux, inédits ou peu connus, et soumet aux procédés d’une critique rigoureuse, l’histoire intime et publique de Jean-Jacques, qui n’avait été qu’ébauchée par Manet-Pathay, et sur laquelle M. Saint-Marc Girardin n’a laissé qu’un travail marqué de ses éminentes qualités, mais inachevé. Il résulte de ses conclusions que l’avantage moral de la lutte entre lui et Voltaire demeure à ce dernier. Voltaire fut un propagateur actif, zélé et sincère de la grande idée de tolérance. Il prit hautement, courageusement et efficacement la défense des protestants, prit une part décisive à la réhabilitation de Galas, de Sirven, de La Barre, de Lally. L’école libérale et philanthropique le considère à bon droit comme un précurseur. Il eut accordé à Rousseau, persécuté, si celui-ci eut voulu l’accepter, un généreux asile. Il ne fit que se défendre contre Jean-Jacques, auquel revient le tort de la provocation et de' l’attaque, qui ne fut jamais qu’un fanfaron d’humanité, et dont les sophismes furent et sont encore le code de l’école révolutionnaire.
- M. Maugras élucide, sans le résoudre complètement,' le problème physiologique et moral qui résulte, à la décharge de.Rousseau, de l’influence
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- 176. — Deuxième Année. •— N°
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 2 3 Mai 18S6.
- incontestable sur ses écrits et ses actes, de l’infirmité qui le rendit hypocondre et de la part qu’il convient de faire dans ses erreurs et dans ses fautes à cette maladie de la vessie où l’on doit voir la grande circonstance atténuante de sa vie et sans doute la cause de sa mort. Les troubles physiques et cérébraux, qui furent la suite de cette infirmité, le conduisirent à une manie de la persécution bien caractérisée, qui confina à la folie, et au supplice de laquelle tout p.orte à croire qu’il ne vit d’autre délivrance que celle de la mort volontaire. Cette hypothèse du suicide, combattue par M. de Girardin, mais admise par Corancez et Saint-Marc Girardin trouve une confirmation qu’on pourrait dire décisive, si dans ces matières mystérieuses, il nq demeurait toujours du doute, dans les observations et les déductions fournies au débat par l’auteur du livre remarquable dont nous venons de faire ressortir sommairement la valeur et l’intérêt.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BELGIQUE
- concours d’appareils de chauffage par le gaz
- A BRUXELLES EN I886
- La ville de Bruxelles institue un concours d’appareils de chauffage pqr le gaz. Une somme de 10,000 fr. pourra être distribuée en primes, savoir : 6,000 fr. au meilleur appareil pour le chauffage des appartements ; 3,ooo fr. au meilleur poêle-cuisinière pour ménage bourgeois; 1,000 fr. au meilleur réchaud pour cuisine et service d’appartement.
- Les primes pourront être partagées entre deux concurrents; dans ce cas, elles pourront être portées respectivement à 8,000 fr., 4,000 et i,5oo. Les concurrents devront faire parvenir leurs appareils avant le Ier octobre 1886.
- POSSESSIONS ANGLAISES D’AFRIQUE
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA COLONIE DU CAP.
- PORCELAINES ET VERRERIES. VINS ET LIQUEURS
- Le Moniteur* officiel du commerce, du i3 mai, publie un rapport du consul de France au Gap relatif aux principaux articles offerts et demandés sur le marché de cette ville. Nous empruntons à ce document les indications suivantes adressées à nos fabricants de porcelaines et de verreries, et à nos producteurs de vins et de liqueurs.
- Porcelaines et verreries. — Les Anglais et les Allemands priment les autres nations pour ce produit dont la fabrication n’a pas été jusqu’ici tentée au Cap, bien que le kaolin existe sur nombre de points de la colonie. Les droits auxquels sont assujetties les porcelaines et la verrerie étrangère sont de i5 0/0 ad valorem.
- Il serait à désirer que nos industriels entrassent en rapport avec le commerce du Cap pour lui faire accepter leurs produits en échange de ceux de l’Allemagne qui se signalent, en ce qui a trait aux porcelaines notamment, par un manque de complément de main-d’œuvre des plus caractéristiques et un goût très discutable.
- Vins. — L’importation des vins étrangers par suite de l’élévation des droits qu’ils subissent (5 shillings par gallon en fût et 1 shilling par bouteille) est presque nulle. Seuls les vins de Champagne et les eaux-de-vie dont les marques sont connues trouvent aisément leur placement. C’est par suite de ces motifs que nous ne saurions recommander les consignations de produits nouveaux qui, en thèse générale, ne laissent que des résultats désastreux. Les principaux importateurs sont MM. Anderson et Murisson ; R. Davidson et C° ; Thomson Watsonet C°; Smota et Leebs, etc.
- PARAGUAY
- INDICATION DE MOYENS PROPRES A DÉVELOPPER LES
- RELATIONS COMMERCIALES ENTRE LA FRANCE ET
- LE PARAGUAY.
- Depuis une année, écrit le consul de France à l’Assomption, l’importation allemande a augmenté considérablement sur cette place, en ce qui concerne les tissus surtout.
- Le bon'marché est certainement une des raisons de ce fait, mais les efforts que font, en personne, les fabricants et les négociants allemands, pour développer leur commerce, ainsi que l’empressement qu’ils mettent à venir offrir leurs produits, contribuent puissamment à cette augmentation.
- Les grandes maisons allemandes de Buenos-Ayres, qui ont des entrepôts de marchandises, en majeure partie originaires de leur pays, soit dans leurs magasins en ville, soit dans les dépôts de la douane, se tiennent au courant de la situation de la place de l’Assomption ; elles se renseignent sur les époques des renouvellements des approvisionnements ; et elles envoient, de temps en temps, des représentants sérieux qui, munis de nombreux échantillons, sont chargés de faire des offres de longs crédits dont le commerce de ce pays a toujours besoin. Très souvent, aussi, ces grandes maisons passent des marchés rendant faciles les remboursements en nature, acceptant du tabac, par exemple, en payement. Ces représentants étudient de visu les besoins du commerce et les articles recherchés par les consommateurs paraguayens et emportent des échantillons dont leurs patrons ne refusent pas de payer le prix.
- Dans le courant de l’année 1885, trois voyageurs allemands, envoyés par des maisons de Buenos-Ayres, sont venus à l’Assomption. Ils ont visité les principaux commet çants, leur ont fait des offres qui ont été acceptées de suite. Un seul de ces voyageurs a placé pour plus de 3oo,ooo fr. de tissus de cotons ; les deux autres avaient apporté un vé_ ritable chargement d’articles divers qu’ils ont vendus immédiatement.
- Avec un commerce comme celui du Paraguay, qui ne peut pas toujours compter sur des rentrées certaines, celles-ci dépendant surtout de la bonne ou de la mauvaise récolte des tabacs, de la vente de la yerba, etc., il faut se résoudre à ouvrir de longs crédits de six, huit ou neuf mois.
- Aussi, à moins d’établir une délégation représentant plusieurs syndicats de commerçants français, nous aurons toujours une très grande difficulté à faire la concurrence aux articles allemands.
- Je suis certain qu’un établissement de ce genre trouverait de suite une clientèle bonne et nombreuse, mais cette maison ou délégation devrait être en état d’ouvrir aux commerçants du pays un compte courant et des crédits de six mois au moins et accepter, quelquefois en échange de marchandises, les produits indigènes, tels que : tabacs, cuirs, bois, etc.
- LES THÉÂTRES
- Théâtre du Vaudeville. — La veuve de Damoclès, comédie en trois actes, de MM. Bernard et Bilhaud. —• Allô ! Allô! comédie en un acte de M. Pierre Valdagne.
- Théâtre de l’Ambigu. — Le Naufrage de la Méduse, drame en cinq actes et neuf tableaux, de MM. Desnoyers et d’Ennery.
- L’entrée en matière n’est pas très neuve. M. et Mme Patineau et le jeune Gontran formant le trio classique du mari ganache, de la femme ardente et sentimentale à la fois, et de l’amant déjà blasé sur sa conquête. Il est même à ce point blasé le jeune Gontran qu’il se propose d’épouser une charmante jeune fille MUe Montignac dont il est devenu amoureux. Mais un obstacle terrible s’oppose à ce mariage. Gontran a donné à" Mme Patineau sa parole
- d’honneur de l’épouser si elle devenait veuve. Précisément Patineau tombe malade, Mme Patineau réclame à Gontran l’exécution prochaine de sa promesse. Position pitoyable du pauvre Gontran ; suite de scènes et péripéties plus ou moins burlesques qu’entraîne cette situation d’un amant attaché à sauver les jours du mari qu’il a trompé. Au troisième acte, comme il convient, Patineau est complètement rétabli. Cet avertissement de la maladie l’ayant engagé à revenir à sa femme vis-à-vis de laquelle il avait de nombreux torts et à renoncer à une existence trop folâtre pour son âge, le ménage se raccommode et Gontran peut épouser Mlle Montignac.
- Un tel sujet ne devait pas être la source d’observations comiques, originales et imprévues. La pièce est simplement amusante et renferpie des détails très drôles. M. Jolly s’est montré charmant dans ce rôle qui convient si bien à sa finesse bourgeoise de jeu, ce rôle de Patineau le mari ridicule doublé d’un céladon âgé. Mlle Legault est bien séduisante dans le personnage de Mme Patineau. MM. Michel et Corbin et M1Ie Vri-gnault en second plan ont très correctement tracé les silhouettes de leurs personnages.
- Le théâtre du Vaudeville a donné, en même temps, la première représentation d’une intéressante petite comédie : Allô! allô! qui emprunte son titre au rôle important qu’y joue le téléphone. Si nous étions en dix-neuf cent et quelques an nées, cet acte ne serait qu’une piécette ordinaire ; mais aujourd’hui il peut passer pour une manière de petit chef-d’œuvre. Rien de particulièrement neuf comme idée dramatique, nous sommes encore et toujours en présence du trio classique le mari, la femme, l’amant. Seulement l’aüteur, au lieu de faire agir des pantins dont les mouvements peuvent être amusants, mais finissent par énerver, avec leurs répétitions de gestes consacrés et de phrases stéréotypées s’est donné la peine d’actionner des personnages bien vivants, parlant le véritable langage mondain, se conduisant, non, selon les règles du théâtre, mais selon les habitudes et les mœurs modernes. Au lieu d’avoir une charge de convention, nous avons un tableau piquant, plein de traits pris sur le vif. C’est du plein air en art dramatique. Mlle Réjane et M. Dieudonné donnent aux personnages qu’ils représentent une intensité de vie remarquable et un esprit de bon aloi, charmant. M. Montigny est comme toujours la correction même, jointe à la froideur la plus communicative.
- Nous avons eu à l’Ambigu la reprise du Nau- frage de la Méduse. On s’est livré à ce sujet à de grandes débauches de plaisanteries, faciles sur l’opportunité de la reprise d’une pièce maritime pendant la saison d’été. C’était malheureusement à peu près tout ce qu’il y avait à dire à l’occasion de la réapparition de ce mélodrame, qui n’a même pas l’avantage de la plupart des mélodrames, d’exciter une douce gaîté dans les situations pathétiques. Cette position de malheureux errant sur une épave, torturés par la faim et réduits à défendre l’un contre l’autre leur lambeau d’existence, est épouvantable et sinistre, et prête peu à la facétie pour le spectateur si sceptique et blasé qu’il soit. Cela rappelle trop l’éternelle misère coudoyée tous les jours.
- La mise en scène, sans'mériter une approbation artistique, est suffisamment soignée pour communiquer l’illusion à un public de bonne composition. L’interprétation est à la hauteur de la mise en scène.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. AARAULT 0 O, rue de la Préfecture, ô
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- Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIEME ANNEE.
- Dimanche 30 Mai 1886
- NUMÉRO 74.
- M. Edouard L0CKR0Y
- MINISTRE DU COMMERCE ET DE l’INDUSTRIE (Dessin de M. G. VUILLIER, gravure de M. J. ROBERT)
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- Dimanche 3o Mai 1SS6.
- — Deuxième Année. — N° 74.
- SOMMAIRE :
- i- M. Edouard Lockroy ; 2. Arreté; 3. Les Projets; 4. Résultats du Concours; 5. L'Exposition de 1889 et la Chambre de commerce britannique de Paris ; 6. Le Salon de 1886 ; 7. Exposition industrielle, horticole, scolaire et artistique de Beauvais; 8. L'Exposition ouvrière de 1886 et le Conseil municipal; 9. La Champagne ; 10. Conférences de la Ligue de l'Enseignement à Rouen; 11. Les Livres ; 12; La Grande Encyclopédie; i3. Les Théâtres.
- M. EDOUARD LOCKROY
- M. Edouard Lockroy est né à Paris, rue des Pyramides, le 17 juillet 1840.
- Fils d’un auteur dramatique distingué, il eut, dès l’enfance, la bonne fortune d’être en relations suivies avec les célébrités littéraires de notre temps * • • -
- Après de brillantes études, il se destina d’abord à la peinture et entra à l’Ecole des beaux-arts.
- _Parmi les élèves qui fréquentaient, rue du Regard et ensuite rue de Vaugirard, l’atelier ..de . Gleyre vers i85g et 1860, se trouvait, nous raconte-t-on,-un--tout jeune homme qui paraissait bien n’avoir pas vingt ans : l’air doux et la voix vibrante, la taille svelte et la grâce d’une jeune, fille, mais plein de verve et d’entrain, très vif à la riposte, spirituel en diable et le plus fort de tous ses camarades pour ce qu’on appelle les charges d’atelier, en un mot, un bon garçon qui égayait son monde, qui rendait volontiers "service et dont on disait : il a de l’avenir.
- Dès cette époque M. Lockroy vivait surtout avec les livres. 11 cherchait, notait et retenait. Aussi l’auteur des Trois Mousquetaires lui dit-il un jour : « Mon enfant, quitte le pinceau et la palette pour la plume et l’encrier ; tu feras mieux et tu iras plus loin ».
- M. Lockroy suivit ce conseil. Poussé vers les aventures, vers l’inconnu, vers l’étude d’un monde nouveau pour lui, il part pour l’Orient, en compagnie d’Alexandre Dumas père. N’y a-t-il pas dans ce pays du soleil à aborder de grands problèmes d’histoire, de langage et de religions? Quel vaste et magnifique horizon !
- Chemin faisant, nos deux voyageurs rencontrent Garibaldi à Païenne. L’enthousiasme les gagne, . les voilà épris du héros, du grand patriote italien. Affranchissement, c’est le mot d’ordre. M. Lockroy endosse la chemise rouge des volontaires et fait toute la campagne de Sicile. Attaché à l’état-major du vaillant général Türr, il est un des plus intrépides de la colonne qui s’empare, après un combat acharné, de Caltanissetta et de Girgenti. M. Edouard Lockroy a fait lui-même le récit de cette campagne dans son livre l’Ile Révoltée.
- Artiste et soldat, tels sont donc dès cette heure les traits saillants de cette figure essentiellement parisienne, c’est-à-dire française par excellence. L’artiste entrevoit le progrès ; le soldat tente de le réaliser par la parole, par la plume, par l’épée, s’il le faut.
- Après la conquête du royaume des Deux-Siciles, M. Lockro y se rendit en Syrie où M. Renan l’attacha à sa mission archéologique. Le volontaire garibaldien, l’un des Mille, parcourut alors la Judée et la Phénicie, dessinant et écrivant, soldat de la science.
- M. Lockroyne fut pas un simple secrétaire pour M. Renan, mais un collaborateur sérieux et tel que son œuvre personnelle est restée. Dans le rapport général sur la Mission de Phénicie, plusieurs articles sont signés de M. Edouard Lockroy. On y trouve notamment la description des grottes célèbres de Mar-Maroun. Le jeune et savant voyageur recueillit et traduisit un grand nombre d’inscriptions de l’époque alexandrienne et dessina la plupart des planches reproduites dans l’ouvrage que nous venons de citer. On peut voir au Louvre, dans une des grandes salles du rez-de-chaussée, un beau sarcqphage qui a été trouvé et mis à jour par M. Lockroy dans la plaine de Tortode et qui est arrivé, par ses soins, à notre musée national. On ajoute enfin que le jeune explorateur rapporta de ce voyage deux volumes de notes dans lesquels, à côté de ses impressions d’ordre purement scientifique, il consigna des remarques sur l’organisation des consulats en Orient et sur la politique orientale de la France.
- De retour à Paris, M. Edouard Lockroy se consacra à la politique.
- 11 fonda alors le Diable à quatre et devint l’un des plus^brillants collaborateurs du Rappel qui venait d’être créé.
- Chef d’un bataillon de la garde nationale pendant le siège de Paris, il fut élu le 8 février 1871 représentant de ia Seine à l’Assemblée nationale, le quinzième sur quarante-trois, par 104,583 voix sur 328,970 votants ; il'vota contre les préliminaires de la paix.
- Il donna sa démission dès que la guerre civile éclata et, avec M. Floquet, fit partie de la ligue des droits de Paris, tout en prenant une part active aux tentatives de conciliation entre les camps hostiles.
- Il fut élu, le 23 juillet suivant, membre du Conseil municipal de Paris pour le quartier de la Roquette (XI0 arrondissement). A ce titre, il signa
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE. 1889.
- l’exposé de la situation du commerce et dq l’industrie concluant à la levée de l’état de siège.
- Pendant deux ans, M. Lockroy siégea au Conseil municipal et prit.une part active à toutes les délibérations. En mars 1873, il proposa de voter 5o,ooo francs pour envoyer des ouvriers à l’Exposition de Vienne. Le mois suivant, la candidature à la députation lui fut offerte dans les Bouches--du-Rhône et il fut élu par plus de 37,000 voix. Aux élections du 20 février 1876, nommé à Aix et à Paris (XIe arrondissement), il opta pour Aix qui, après le 16 mai, le choisit encore pour son représentant.
- En 1880, il fut élu dans le XIe arrondissement. Aux dernières élections de la Seine, il a été élu, au scrutin de liste, le premier sur trente-huit, par 272,660 voix.
- On sait quelle affection Victor Hugo portait à M. Edouard Lockroy. Il le fit entrer dans sa famille. Le corps électoral de la Seine semble avoir choisi également M. Lockroy comme fils adoptif. Il a confiance dans la fermeté de ses principes, dans sa parfaite, intégrité, dans la justesse de ses vues à la "fdîs‘~éîëvées' et pratiques.
- Si, grâce à M. Lockroy, le ministère du commerce est devenu le ministère du commerce et de L industrie,, il n’y a pas là une simple adjonction de titre. Les attributions de ce département ont été, en réalité, agrandies en ce qui concerne les chambres syndicales, les syndicats professionnels, en un mot l’organisation du travail. L’œuvre est en bonne voie. Les circonstances présentes donnent une importance exceptionnelle à cette branche de l’administration.
- L’enseignement technique, l’industrie, le commerce, sources de la richesse publique, réclament en effet l’attention d’un ministre vigilant et impérieux. Mais en consentant à accepter son portefeuille, M. Edouard Lockroy a sans nul doute entrevu aussi avec faveur la célébration de l’anniversaire de la grande époque de nos réformes : l’exposition universelle de 1889 où chaque nation viendra manifester ia puissance de son génie particulier.
- Le Moniteur de l’Exposition de 188g le disait au mois de janvier, lors de l’entrée de M. Lockroy aux affaires : « Nul n’était, plus que M. Edouard Lockroy, digne de prendre la direction du_ ministère du commerce et de l’industrie.. Il y était préparé par de fortes études antérieures, par cette curiosité de tout connaître et de tout apprendre et par cette facilité d’assimilation qui sont les traits caractéristiques de son esprit fin et délié, en même temps que conciliant et aimable.
- _ « A l’heure où, pour les travaux relatifs à l’Exposition de 1889, il s’agit d’entrer dans la période d’action et d’exécution, le choix de M. Edouard Lockroy était encore peut-être plus particulièrement indiqué.
- « Par une sorte d’association . assez rare, M. Lockroy est, pour ainsi parler, à la fois Parisien et international.
- « Mieux que personne.il connaît Paris, ses tendances, ses besoins, ses intérêts, et autant et plus que personne aussi il connaît l’étranger où il a beaucoup voyagé, où son nom jouit d’une notoriété très grande et où il compte des amis nombreux et chaleureux avec lesquels il avait souvent l’occasion de s’entretenir dans la maison de Victor Hugo. »
- ARRÊTÉ
- Constituant la Commission chargée d’examiner
- et de juger les projets et plans déposés en vue
- de l’Exposition de 188g.
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu l’arrêté du iermai 1886, ouvrant un concours préparatoire en vue de l’Exposition universelle de 1889, et^ spécialement l’article i3, décidant l’institution d’une commission d’examen nommée et présidée par le ministre,
- Arrête :
- Art. 1e1'. — La commission chargée d’examiner et de juger les projets et plans déposés est constituée comme suit :
- Le ministre du commerce et de l’industrie, président.
- Le sous-secrétaire d’Etat aux beaux-arts, vice-président.
- MM. Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux à la préfecture de la Seine.
- Armengaud, membre du comité de la société des ingénieurs civils.
- Bailly,,membre-de l’Institut, président de la société des architectes et de la société des artistes français.
- Berger, ancien commissaire des expositions internationales.
- Bœswillwald, architecte, inspecteur général des monuments historiques.
- Burty, publiciste, inspecteur des beaux-arts.
- Charton, ingénieur civil, ingénieur de la compagnie des chemins de fer du Midi.
- MM. Clioquet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ancien commissaire général français à l’exposition d’Anvers.
- Christophle, gouverneur du Crédit foncier de France.
- Dartein, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur d’architecture à l’école polytechnique et à l’école des ponts et chaussées.
- Flamand, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur de construction à l’école des ponts et chaussées et à, l’école centrale.
- Garnier, architecte, membre de l’Institut.
- Guichard, 'membre du conseil municipal.
- Hébrard, sénateur, membre du conseil supérieur des beaux-arts.
- Hirsch, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur de machines à l’école des ponts et chaussées et au Conservatoire dés arts et métiers.
- Kaempfen, directeur des beaux-arts. —;-
- Lisch, architecte, inspecteur général des monuments historiques.
- Lourier de Lajolais, directeur de l’école nationale des arts décoratifs.
- Mantz, directeur général honoraire des beaux-arts.
- Ollendorff, commissaire général des expositions à l’administration . des beaux-arts, directeur du cabinet et du personnel au ministère du commerce et de l’industrie.
- Périssé, vice-président de la société des ingénieurs civils.
- Poulin, directeur des bâtiments civils et des palais nationaux.
- Proust (Antonin), membre de la Chambre des députés.
- Puvis de Chavanne, artiste peintre.
- Renan, membre de l’Académie française.
- de Ronchaud, directeur des musées nationaux et de l’école du Louvre.
- Ruprich-Robert, architecte, inspecteur général des monuments historiques?
- Schœlcher, sénateur.
- Tisserand, conseiller d’Etat, directeur de l’agriculture au ministère de l’agriculture-
- Vaudremer, architecte, membre de l’Institut, inspecteur général des édifices diocésains.
- Art. 2. — M. Armand Renaud, inspecteur en chef des beaux-arts à la préfecture de la Seine, est chargé des fonctions de secrétaire,.
- Paris, le 21 mai 1886.
- Edouard Lockroy.
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- LES PROJETS
- Voici la liste des ingénieurs ou architectes qui ont envoyé des projets en vue de l’Exposition de 1889.
- N° 1. — M. Vaveau.
- N° 2. — M. Belluau.
- N° 3. — M. H. Lefèvre.
- Plan assez original déformé octogone.
- N° 4. — M. Régnier.
- N° 5. — M. D. Perché.
- N° 6V— M. Léonard.
- N° 7. — M. de Persin.
- Dans^ le premier projet de M. de Persin, la Seine était couverte. L’auteur a renoncé à cette idée, car les plans exposés à l’hôtel de ville sont conformes aux données du concours. Bonne élévation ; à citer une élégante passerelle jetée sur la Seine.
- N° 8. — M. de Corbin.
- N° 9. — M. J. Doré.
- N° 10 — M. J. Reboul.
- Les bâtiments ont la forme elliptique qu’on leur avait donnée en 1867, et sont entourés par trois galeries de machines et un vestibule.
- La tour semble avoir toute l’Exposition pour base.
- N° 11. — M. A. Leclerc.
- La tour a une forme élégante et se détache bien des bâtiments dont l’élévation est originale. Plan avec premier étage bien étudié. Un des rares projets bien présentés.
- N° 12. — M. Goder.
- N° i3. — M. E. Lefevre.
- N° 14. — M. Triboulet.
- N° 15. — MM. Moreau frères.
- N° 16. — MM. J. Olive et Bénard.
- N° 17. — M. E. Rigault.
- N° 18. — M. A. de Baudoc.
- N° 19. — M. Blondel.
- Projet consciencieusement étudié.
- La façade principale est fort belle et fort originale ; nous lui reprocherons seulement d’avoir un peu l’aspect Casino.
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- Deuxième Année. — N° 74
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE
- Démanché 3o Mai 1SS6. — 179.
- Nous doutons fort que l’administration veuille établir au Champ-de-Mars une statue qui nous a semblé mesurer une soixantaine de mètres.
- Labour, qui n’est pas celle de M. Eiffel, a un peu l’aspect d’un phare.
- Le plan est également bien étudié; mais pourquoi y avoir fait figurer un grand baqar international ?
- N° 20. — M. Mossa (de Nice).
- N° 21. — M. E. Léfévre.
- N° 22. — M. Simil.
- Plan' bien étudie : l’exposition des animaux vivants est placée sur l’esplanade des Invalides, celle des beaux-arts au palais de l’Industrie et celle d’horticulture sur le Cours-la-Reine.
- L’auteur a dessiné une vue perspective de l’ensemble de l’Exposition. Est-ce pour cela que la tour n’écrase pas les bâtiments comme dans la plupart des autres projets ?
- N° 23. — M. Saint-Pierre.
- N° 24. — M. Laudet.
- N° 25. — M. Cailloux.
- N° 26. — MM. Lafon et de Rupe.
- N° 27. — MM. Moyaux et Lafforche.
- N° 28. — M. E. de Perthes.
- Une des meilleures façades exposées. Le dessin des premiers plans est très poussé, tandis que la tour est à peine esquissée ; aussi la lourdeur du bâtiment de mo mètres ne frappe-t-elle pas trop l’œil du spectateur.
- Le plan n’est pas suffisamment étudié.
- N° 29. — MM. Cassien-Bernard et Nachon.
- La tour se trouve placée sur la Seine. C’est une disposition fort heureuse, car elle l’isole entièrement des autres bâtiments. Façade gracieuse. Certaines dispositions du plan excellentes. Un des meilleurs projets.
- N° 3o. — X... (Signature illisible).
- N° 3i. — M. P. Dubufe.
- N° 32. — M. Petitdemange.
- N° 33. — MM. Bitner et Leroux.
- N° 3q. — M. Larché.
- N° 35. — M. Belzon.
- N° 36. — M. Raumier
- N° 37.—-X... (Signature illisible).
- N° 38. — M. E. Legay.
- N° 3q. —X... (Signature illisible).
- N° 40. — M. Bobin.
- N° 41. — M. Constant Bernard.
- N° 42. — M. Jean.
- N° 43. — M. Pierron.
- La tour Eiffel, dans ce projet, est assez bien présentée... Bon plan. Certains détails des façades très bien compris.
- N° 44. — MM. Bureau et Yrième.
- N° 45. — M. Lescure.
- N° 46. — M. Chaume.
- N° 47. — MM. Clarin et Morel.
- Façade très élégante, mais rappelle un peu, dans ses grandes lignes, les gares de chemin de fer. Plan consciencieusement étudié. Bon projet.
- N° 48. — M. Gremailly.
- N° 49. — M. Formigé.
- Sans contredit, un des deux meilleurs plans du concours. Nous l’avons dit dans notre dernier numéro et nous tenons à le répéter aujourd’hui. Voici les principales divisions proposées par M. Formigé, pour le Champ-de-Mars :
- MACHINES MACHINES
- FRANÇAISES ÉTRANGÈRES
- SECTION SECTION
- FRANÇAISE ÉTRANGÈRE
- GALERIE INTERNATIONALE
- français
- TOUR
- BEAUX4RTS
- étrangers
- N° 5o. — M. Vionnois.
- N° 5i. — M. Lheureux.
- N° 52. — M. X.... (signature illisible). N° 53. — M. Fouquiau.
- Voici, avec celui de M. Formigé, le projet le mieux étudié et le mieux rendu. Les colonies et une partie des beaux-arts se trouvent sur l’esplanade des Invalides. Le reste des beaux-arts au pavillon de la Ville de Paris et au palais de l’Industrie. Nous ne citerons ici que pour mémoire le chemin de fer si ingénieux qui parcourt toute l’Exposition et dont nous avons entretenu nos lecteurs, à la même place, il y a environ deux mois.
- La tour de 3oo mètres, bien décorée, se rapproche beaucoup de celle de M. Eiffel ; elle sert de motif principal à la façade. Sur le quai, un immense porche, qui semble faire corps avec la tour, est d’une allure fort belle.
- M. Fouquiau est, croyons-nous, de tous les concurrents, celui qui a su le mieux tirer parti de la tour de 3oo mètres en la plaçant au milieu des bâtiments.
- N° 54. — M. Mimey.
- N° 55. — M. Chance!.
- N° 56. — M. Caugoy.
- N° 5y. — M. Dionis du Sejoir.
- N° 58. — MM. Eiffel et Sauveste.
- Le plan ne nous semble pas très heureux, quoique par certaines dispositions il offre quelques côtés pratiques. Un peu trop de fers apparents.
- N° 5g. — MM. Escalier et Morice.
- N° 60. — M. Dutert.
- Plan assez original et consciencieusement étudié. — La façade laisse un peu à désirer au point de vue de l’originalité.
- N° 61. — M. Marcel Lambert.
- N° 62. — MM. Parent.
- N° 63. — M. H. Motte.
- N° 64. — M. Perron.
- N° 65. — M. E. Camut.
- Nü 66. •— MM. Denfer et Friésé.
- N° 67. — M. E. Baume.
- N° 68. — M. Solard.
- N° 69. — M. G. Lejeune N° 70. —- M. Genteur.
- N° 71. — M. Ballu.
- Bon projet , consciencieusement étudié. Tour d’un aspect gracieux et léger.
- N° 72. — M. Go quart.
- N° 73. — M. Yaudoyer.
- Plan très bien étudié. Bonne élévation.
- N° 74. — M. Burguron.
- N° 75. — MM. Théry et Ponchot.
- N° 76. — M. Bourdonnay.
- N° 77. — M. Grojean.
- N° 78. — MM. Hochereau et Girault.
- N° 79- — M. Loirot.
- N° 80. — M. X... (illisible).
- N° 81. — M. Tiré.
- N° 82. — MM. Stoullig et Plumet.
- N° 83. — M. Bauer.
- N° 84. — M. Decrou.
- N° 85. — M. Briclot.
- N° 86. — M. Bailly.
- N° 87. — M. Raulin.
- Excellent plan. Façade très heureuse,
- N° 88. — M. Arnolt.
- N° 89. — M. Hanin.
- N° 90. — M. Bruneau.
- N° 91. — M. Tropey.
- N° 92. — M. Ulmann.
- N° 93. — M. Gager.
- N° 94. — M. Grépinet.
- N° 95. — M. Gaston Hénard.
- Façade très réussie, gaie, mouvementée, bien décorée. Le vide qui existe sous la tour Eiffel est rempli d’une manière fort bien comprise. Bon plan.
- N° 96. — M. E. Hénard.
- N° 97- — M. Roux.
- Plan bien détaillé.
- N° 98. — MM. Bertich-Proust et Walwein.
- Excellent projet, mais rappelle un peu l’Exposition de 1878.
- N° 99. — M. Guion.
- N° 100. — MM. Parent et Gautier.
- N° 101. — MM. Marcel et Lafon.
- N° 102. — M. Bourmanché.
- N° io3. — M. Béquin.
- N° 104. — M. Wable.
- N° io5. — M. Paulin.
- Une des meilleures façades. Plan bien étudié, avec emplacements réservés pour les spécimens des constructions, métiers et industries en usage en 1789.
- N° 106. — M. Winckler.
- N® 107. — M. X. (illisible).
- --------—------S»-£HâHSHSSr--------------
- RÉSULTATS DU CONCOURS
- La commission constituée par arrêté ministériel du 21 mai pour examiner et juger les 107 projets déposés s’est réunie hier, mercredi, à deux heures, dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville. Etaient présents : MM. le ministre du commerce et de l’industrie, président; le sous-secrétaire d’Etat aux beaux-arts, vice-président ; Alphand, directeur des. travaux de Paris ; Armengaud, membre du comité des ingénieurs civils ; Berger, ancien commissaire général ; Boeswillwald, inspecteur général des monuments historiques ; Burty, publiciste, inspecteur des beaux-arts; Charton, ingénieur civil ; Ghoquet, ingénieur en chef des ponts et. chaussées ; Christophle, gouverneur du Crédit foncier de France; Dartein, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Flamant, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Garnier, membre de 1 Institut ; Guichard, membre du conseil municipal; Hébrard, sénateur; Hirsch, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Haempfen, directeur des beaux-arts ; Lisch, inspecteur général des monuments historiques ; Louvrier de Lajolais, directeur de l’école nationale des arts décoratifs ; Mantz, directeur général honoraire des beaux-arts ; Ollendorff, commissaire général des expositions, directeur du cabinet et du personnel au ministère.du commerce et de l’industrie ; Périssé, vice-président de la société des ingénieurs civils ; Poulin, directeur des bâtiments civils et des pa-lais^nationaux ; Antonin Proust, député; Puvis çie Chavannes ; de Ronchaud, directeur des musées nationaux et de l’école du Louvre; Ruprich-Robert, inspecteur général des monuments historiques ; Schœlcher, sénateur ; Vaudremer, membre de l’Institut. 1
- Sur les 18 projets qu’elle avait retenus dans ses précédentes séances, la commission a choisi, au scrutin secret, les douze projets auxquels elle accorde les primes fixées par l’article 14 de l’arrêté du icr mai dernier. Les auteurs de ces projets, placés ex æqno et par ordre alphabétique dans chaque série de primes, sont:
- Prime de 4,0 00 fr.
- MM. Dutert, G. Eiffel, Formigé.
- Prime de 3,ooo fr.
- MM. Cassien (Bernard) et Francis Nachon, de Perthes, Raulin.
- Prime de 2>0 0 0 fr.
- MM. Ballu, Fouquiau, Hochereau et Girault Paulin, Pierron, Vaudoyer.
- En outre, ayant égard au mérite des autres projets retenus et non primés, la commission a décidé de leur accorder des- mentions honorables qui ne leur donneront d’ailleurs aucun droit aux divers avantages expressément réservés par le programme aux auteurs des projets primés.
- Les auteurs des 6 projets ayant obtenu cette mention honorable sont, par ordre alphabétique :
- MM. Blondel, Claris et Morel, Gaston Hénard, -François Roux, Simil, Walwein et Bertisch Proust.
- L’exposition publique de ces divers projets aura lieu à la salle des fêtes de l’PIôtel-de-Ville, les vendredi 28 et samedi 29 mai, de midi à 5 heures et le dimanche 3o mai de 10 heures à 5 heures.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LA
- CHAMBRE DE COMMERCE BRITANNIQUE DE PARIS
- La chambre de commerce anglaise de Paris vient d’offrir un banquet à MM. Kennedy, Jarnall, Tre-vor, Bateman et Lamb, délégués du gouvernement anglais à la conférence internationale des câbles transatlantiques, qui a lieu actuellement à Paris.
- L’intérêt de cette réunion porte principalement sur les discours qui ont été prononcés et qui ont trait à l’Exposition du centenaire de 1789.
- M. Kennedy, dit le Temps, ayant manifesté le désir de ses collègues de connaître exactement les 1 vues des membres de la chambre de commerce sur le principe même de l’Exposition, M. William Crawford, vice-président de la chambre, a prononcé une allocution qui a été très applaudie par l’assistance.
- M. Crawford a déclaré que, pour sa part, il ne pensait pas que la date choisie pour l’Exposition universelle pût faire hésiter-les Anglais de prendre part à cette soîennité internationale.
- Rappelant la « courtoisie bien connue de la nation française », il estime que les souvenirs de la Révolution n’amèneront certainement rien de désagréable pour les étrangers. Il a ajouté que l’Exposition, malgré les attaques dont elle peut être l’objet, offre tous les avantages de l’enseigne-
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- iBo. *— Deuxième Année. — N° 74.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Mai i886
- ment mutuel. « Car si une nation montre les résultats des derniers perfectionnements apportés à son outillage industriel, par contre, elle est toujours à même d’apprendre quelque chose de ses voisins ».
- M. Crawford a dit que le gouvernement anglais voudra participer officiellement à l’Exposition en désignant une commission royale, comme en 1878, et il a terminé en émettant le vœu que le prince de Galles se mette lui-même à la tête de cette commission afin d’assurer le succès de la section anglaise.
- M. Samson a émis une opinion contraire, mais son discours n’a rencontré aucun écho dans l’assistance, et c’est aux applaudissements chaleureux de tous que le président de la réunion a « exprimé l’espoir que si le gouvernement anglais déclinait toute participation à l’Exposition de Paris, la chambre de commerce anglaise de Paris assumerait la tâche importante de représenter les intérêts des manufacturiers anglais ».
- LE SALON DE 1886
- {Suite.)
- Moullion. — La Baignade. Forêt d’automne. Deux bien jolies toiles, finement conçues et très habilement peintes. M. Moullion est du reste un artiste consommé et d’un talent très délicat ; c’est un modeste, malheureusement. Mais les gens de goût le tiennent, avec raison, en haute estime.
- Henner. — Orpheline. Certes non, je n’aime pas toujours M. Henner et lorsqu’il nous présente des nymphes en ivoire jauni, je proteste en faveur de ces jeunes personnes que la mythologie nous présente fraîches, roses et enjouées, non cadavériques et moroses. Mais je dois reconnaître que cette fois, son faire a touché juste et que son orpheline pâlie sous ses grands voiles de deuil est du plus beau caractère.
- Colin. — Floréal. Que vient faire là cette femme nue au milieu d’une prairie ? cette Parisienne moderne couchée sur les fleurettes, mais vraisemblablement au sein des fourmis, des charançons, des chenilles et des araignées. Trop fin pour me plaire, ce sujet allégorique. La couleur n’en est pourtant pas plus mauvaise que celle de bien d’autres.
- J. Breton. — Le Goûter. La Bretonne. Un peu flan, le Goûter-, je lui préfère du tout au tout la Bretonne accoudée au pilier de l’église, dans une pose bien naturelle et la physionomie perdue dans sa prière et ses souvenirs du mari ou du fiancé absent.
- Carolus Duran. — Eveil. Très belle étude ; mais pourquoi : Eveil} A quoi reconnaît-on que cette brunette nue ramassée sur sa couche sort du sommeil. Elle a plutôt l’air de poser pour le photographe et l’on sent trop l’apprêt dans ce bras accoudé qui soutient soigneusement la tête et cette main posée avec art sur la cuisse gauche habilement saillante.
- Feyen-Perrin.^— Rentrée des glaneuses d’huîtres. Toujours le même talent, mais toujours les mêmes Cancalaises. C’est un monopole que je respecte, mais qui finit par ne plus me charmer.
- Carpentier. — Mme Roland à Sainte-Pélagie. Beaucoup de vigueur et un heureux contraste entre le maintien noble et digne de la malheureuse femme et les allures débraillées des prostituées qui l’entourent et la bafouent. La tête de Mme Roland est superbe de résignation hautaine; les types des autres femmes ont de la vérité, de la diversité et surtout de l’originalité.
- Béraud. — La Salle des filles au Dépôt. — M. Jean Béraud a traité à peu près le même sujet, mais en le modernisant et en le ramenant à sa façon si parisienne. La Salle des filles au Dépôt est le troisième ouvrage d’une série que l’auteur a l’intention de continuer et qui comprend déjà la Salle Graffard et les Fous à Charenton. Son dernier envopne le cède en rien aux précédents. Sous le joui crû qui vient d’en haut par deux baies, les filles se groupent et s’agitent. Celles-ci, en larmes, une débutante, sans doute; celle-là en chapeau à plume, orgueilleuse de tenue jusque dans la prison ; cette autre, indifférente, rattachant sa chaussure ; 1 une se peigne ; au fond, des habituées allument des cigarettes, etc., pendant, qu’impassible, debout dans sa chaire, la sœur de garde tricote au milieu de ce cynisme conscient ou inconscient.
- Maignan. — Le Réveil de Juliette. — Je louerai sans réserve cette heureuse toile où toute la poétique de ce roman d’amour a été parfaitement comprise^ Pendant qu’assise sur *le marbre qui 1 enfermait, Juliette ouvre ses grands beaux yeux, en cherchant dans l’infini le pourquoi des cnoses que son esprit ne saisit pas encore, Roméo, fou de douleur et de passion, agenouillé, la retient dans ses bras et appuie sa tete sur le cœur de sa maîtresse avec une indicible expression de mélancolie. C’est là une œuvre d’un mérite absolu.
- Grolleron. — Episode de la bataille de Loigny. — M. Grolleron s’établit de plus en plus comme un de nos meilleurs peintres militaires. Bien que son épisode soit un peu court de personnages, on n’en compte que neuf, dans un coin de maison, l’énergie de ce groupe de combattants est d’une observation rigoureuse.
- Aubert. — L’amour en vacances. — Quand la fantaisie est poussée ainsi sans motif à la charge, elle me choque. Ce petit Cupidon, son arc d’une main et une valise de l’autre, est fait pour un journal comique et non pour un salon de peinture.
- Boutet de Monvel. — Portrait de M. Paul Monnet. — Autre charge d’un comédien en débraillé et en cheveux touffus collés sur la joue. Pourra être utilisé par quelque marchand d’eau capillaire.
- Boulanger. — Un maquignon d’esclaves à Rome. Toutes les qualités de l’éminent artiste se retrouvent sur cette admirable toile. La naïveté de l’enfant, la fureur de la femme offerte à l’encan, la résignation farouche de ce beau jeune gaillard appuyé contre le mur du temple et la physionomie cyniquement bestiale du maquignon assis sur le bord de l’estrade forment un groupement d’une allure hors ligne.
- Pelez. — Misère. — Sous ce titre, M. Pelez a repris son Martyr de l’année dernière, qu’il avait si parfaitement réussi. Misère tient donc du même procédé; c’est un pauvre gamin blond, nu sous un long paletot d’homme qui le protège mal du froid et qui implore la charité. Avec les mêmes mérites de pinceau, Misère ne me fait cependant pas oublier la sauvage énergie du petit Martyr de 1885.
- Weisz. — Nymphe découvrant la tête d’Orphée. Le peintre du Lion amoureux, si apprécié l’an passé, a modifié légèrement sa manière. Toujours finesse incontestable du coloris, sa nymphe est charmante, mais pourquoi faut-il qu’il soit tombé dans le sentier battu de la hanche saillante, comme toutes les Vénus de Baudry et toutes les études de nos peintres de nu.
- Lobrichon. — Une halte. Oh ! la charmante bambine et qu’elle a l’air éveillé sur le talus fleuri qui lui sert de siège. Le peintre des bébés a admirablement réussi ce portrait de M1Ie Marcelle G"-.
- Yon. — Les Pêcheurs de grenouilles. Motif très réussi, mais réellement trop de Villerville ; cette plage agréable finira par devenir insupportable, grâce à la manie de la colonie picturale qui ne vit et n’agit que par elle, nous la montrant sous toutes les faces. Trop de fleurs !
- (A suivre.)
- Alfred Delilia.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE
- HORTICOLEj SCOLAIRE & ARTISTIQUE DE BEAUVAIS
- Le comité général de l’Exposition de Beauvais s’est réuni le .21 courant, afin de recevoir et d’apurer les comptes qui lui ont été rendus par son comité des finances. Le chiffre des recettes est un peu supérieur à celui des dépenses et il en résulte une réserve destinée à payer les frais de publication d’un compte rendu historique et financier de l’opération, qui réunira un certain nombre de documents intéressants pour les expositions futures.
- Il ressort, en définitive, des opérations du comité des finances, que les souscripteurs au capital de garantie seront remboursés intégralement et que la ville de Beauvais rentrera dans la totalité des avances qu’elle avait faites pour ce capital de garantie. Ainsi, l’Exposition industrielle, artistique, scolaire et horticole de 1885 n’aura rien coûté, ni aux souscripteurs, ni à la ville, qui a vu ses produits d’octroi augmentés ; le commerce local a profité largement d’un surcroît d’affaires, et les habitants ont eu pendant l’été dernier des distractions agréables et utiles, et le tout sans que la ville ait déboursé un centime, tandis qu’elle a donné de lai*ges subventions pour le concours régional qui a duré huit jours.
- Il faut d’autant plus se féliciter de ce résultat que dans beaucoup de villes les expositions industrielles donnent des déficits.
- La loterie, qui était annexée à l’Exposition, a parfaitement réussi, quoi qu’on n’ait pu placer qu’une partie des billets (environ les 2/3). Le comité de l’exposition, en ajoutant une petite somme prise sur sa réserve, a pu élever à 10,000 fr. la somme à donner aux pauvres. Il est bien entendu qu’après la publication du compte rendu, ce qui pourra rester disponible sur la réserve aura la même destination.
- En résumé : Le fonds de garantie n’est pas touché, la ville n’aura rien dépensé et il y aura une grosse somme pour les pauvres. Ce sont des résultats excellents dont il faut féliciter le comité général, étant données les circonstances difficiles dans lesquelles il s’est trouvé, et qui sont dûs aux encouragements d’un grand nombre d’habitants de la ville et du département, àTa bonne organisation
- que le président a su donner aux diverses parties de l’œuvre et au dévouement si complet et si désintéressé de ses collaborateurs pour les divers services de l’exposition et de la Loterie.
- L’EXPOSITION OUVRIÈRE DE 1886
- ET
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- Il semble que le succès assuré de l’Exposition universelle ouvrière de 1886 empêche un certain nombre de gens de dormir. C’est ainsi qu’au sein même du Conseil municipal, qui a été le premier à encourager cette œuvre, des réclamations tardives et d’une légitimité spécieuse s’élèvent encore pour la faire échouer. Heureusement, elles demeurent impuissantes et ne servent qu’à fortifier l’autorité du comité exécutif de l’Exposition.
- Voici comment M. Hervieux s’exprimait à la séance de lundi dernier, 24 mai. Il convient de citer son discours en entier, la réfutation en sera plus facile et tous les doutes seront dissipés.
- « Messieurs, a dit M. Hervieux, à l’une.de nos dernières séances, j’ai appelé votre attention sur la situation faite aux ouvriers non affiliés aux chambres syndicales qui veulent prendre part à l’Exposition internationale ouvrière. Vous avez cru devoir repousser le projet de résolution que j’avais déposé.
- « Je ne viens point aujourd’hui apporter à cette tribune des récriminations rétrospectives : je respecte votre décision. Mais j’ai reçu depuis de nouvelles communications de la part d’un des ouvriers intéressés. Soyez assuré que je ne les ai point sollicitées ; elles sont venues à moi spontanément, et elles me déterminent à déposer le projet de délibération suivant, pour lequel je demande l’urgence, car l’ouverture de l’Exposition a lieu dans huit jours et il n’y a pas un instant à perdre pour introduire dans le règlement les modifications que je propose:
- '« Le Conseil, v
- « Considérant que la Commission exécutive de l’Exposition ouvrière de 1886, qui n’a d’ailleurs aucun règlement connu, entend :
- « i° Percevoir sur les exposants un loyer de 4 francs par mètre de surface parquetée ;
- « 20 Leur interdire la faculté de placer leurs adresses sur les produits par eux exposés ;
- « 3° Se substituer à eux pour en opérer la vente au public ;
- « 40 Prélever sur les prix de vente une commission de 15 0/0 ;
- « 5° Accorder des subventions à certains exposants et les refuser à certains autres.
- « Invite
- « L’administration à intervenir immédiatement auprès de la susdite Commission exécutive, à l’effet de la faire renoncer aux agissements sus-énoncés.
- « Signé : Hervieux. »
- Vous comprenez aisément, messieurs, combien sônt graves ces exigences formulées par le Comité exécutif de l’Exposition internationale ouvrière. Elles sont telles que beaucoup d’ouvriers.n’accepteront jamais de prendre part à l’Exposition dans ces conditions. Un ouvrier ébéniste, par exemple, qui a économisé 2 ou 3,000 francs, représentés par la valeur du meuble qu’il désire exposer, peut-il admettre que son adresse ne sera pas placée sur ce meuble, qu’il ne soit pas libre d’en indiquer le prix et d’en faire valoir les avantages aux visiteurs et que la vente, s’il y a lieu, en soit faite par l’entremise du Comité exécutif, qui prélèvera i5 0/0 sur le prix de vente ?
- Est-il juste que cet ouvrier perde une somme relativement aussi forte sur le prix de son travail ? La perte pourra même être beaucoup plus considérable que le montant de la remise de i5 0/0, car si le Comité exécutif, et c’est, je le reconnais, une éventualité qu’on peut considérer comme n’ayant pas de chance de se produire, ne lui rend pas compte de la vente et du prix perçu, à qui s’adressera-t-il ?
- Le Comité exécutif n’est point, que je sache, une personnalité juridique, et, d’autre part, les membres qui composent ce comité, à en juger par une lettre dont je suis porteur, ne signant que par des initiales leurs lettres et communications, l’exposant ne saura contre qui exercer son recours.
- Le mal est donc très grave, messieurs ; il faut un remède immédiat. C’est pourquoi, je le répète, je demande l’urgence. »
- De telles assertions, présentées sous cette forme, étaient évidemment de la plus haute gravité. Il en résultait que le Comité exécutif de l’Exposition exerçait sur les exposants une sorte de dictature tracassière qui en diminuerait le nombre et rendrait illusoire la qualification d’universelle et d’internationale donnée à cette Exposition.
- La majorité du conseil s’est hâtée d’annihiler l’accusation et de réduire l’incident, qui paraissait devoir prendre des proportions inquiétantes, à ses justes proportions.
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- Deuxième Année. — N° 74.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Mai 1886. — 181.
- Il a été décidé, dit M. Jacques, qu’une commission constitutive forméç de délégués des chambres syndicales, serait chargée d’établir le règlement de l’Exposition. Ce règlement est fait; l’Exposition va s’ouvrir et c’est ce moment qu’on choisit pour demander des modifications profondes et inattendues à une réglementation acceptée par toutes les parties intéressées ! D’ailleurs, il n’appartient pas au conseil d’entrer dans les détails de l’organisation intérieure et de se faire juge de difficultés qu’il ne peut à aucun titre examiner. M. Hervieux a voulu revenir encore une fois sur la question de l’admission des ouvriers libres à l’Exposition ; il entend faire de cette Exposition un bazar véritable ; dans ces conditions, il ne reste qu’à repousser l’urgence qu’il réclame pour sa proposition et à passer à l’ordre du jour.
- Ces paroles, pleines de sagesse, sont appuyées par M. Straus. M. Straus fait remarquer l’étrange confusion commise par M. Hervieux quand il entend faire peser sur le conseil et sur l’administration la responsabilité d’une opération dont précisément on a entendu laisser toute la responsabilité aux administrateurs. On a voulu voir, en effet, ce que les chambres syndicales ouvrières peuvent faire et quels résultats on peut espérer de leur action lorsqu’elle sera libre ; c’est dans ce but qu’on leur a abandonné tout ce qui concerne l’organisation et la réglementation. Les critiques formulées par M. Hervieux sont donc sans portée réelle et ne doivent-être considérées que comme de? chicanes.
- M. Hervieux proteste; les réclamations qu’il a produites à la tribune émanent d’un exposant qui, admis, n’a, par conséquent, aucune tendance à critiquer outre mesure ce qui s’est passé.
- Il rappelle que, dans toute exposition et notamment, l’année dernière, à l’exposition du travail qui, par sa nature, se rapproche beaucoup de l’Exposition actuelle, on a toujours vu les exposants rester maîtres de disposer des objets exposés, de les surveiller, d’en indiquer le prix, d’en faire valoir les qualités, surtout de faire connaître leur domicile et de donner ainsi au public les moyens de s’adresser à eux. Pourquoi, dans l’Exposition ouvrière de 1886, empêcherait-on l’ouvrier de défendre ses intérêts et prélèverait-on sur lui un bénéfice de i5 0/0 qui constitue une véritable spéculation ?
- M. Joffrin a répondu à M. Hervieux dans des termes identiques à ceux de MM. Jacques et Strauss. On voit que tous les partis du conseil ont été d’accord pour repousser les prétentions de M. Hervieux et maintenir les conditions premières de l’Exposition ouvrière. Cette unanimité n’a rien qui puisse surprendre : depuis longtemps on a compris qu’il fallait encourager l’association ; si les moyens à employer diffèrent suivant les opinions, si les uns s’en tiennent à tla loi sur les syndicats professionnels, si les autres préconisent les groupements libres, si d’autres enfin vont jusqu’au communisme et au phalanstère de Guise, tous sont disposés à seconder, dans la mesure de leurs forces, cette marche en avant de la classe ouvrière.
- Aussi l’ordre du jour pur et simple a-t-il été voté sans protestation sur la proposition, de M. Hervieux. Les adversaires de l’Exposition ouvrière, qui sont, au fond, les mêmes que ceux de l’Exposition de 1889, avaient échoué une fois de plus dans leur tentative pour faire avorter ces concours si utiles, si féconds en enseignements de toutes sortes, si profitables au progrès de l’industrie et aux finances du pays qui a le bon sens de les organiser.
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- LÀ CHAMPAGNE
- Le 22 mai a eu lieu l’inauguration du service postal rapide entre la France et les Etats-Unis, en présence de M. Granet, ministre des postes et télégraphes, et de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- Un train spécial, parti de la gare Saint-Lazare vendredi dernier à midi 45, déposait à 4 h. 42, sur le quai de.la gare du Havre, MM. Granet et Lockroy accompagnés de MM. Ollendorff, Payelle, G. Bastian et'Léglise, M. de Laporte, sous-secrétaire d’Etat au ministère des colonies, M. le capitaine Morin, représentant le Président de la République. MM. Jubault et Campion, lieutenants de vaisseau, M. Robert, M. Claverie, représentant les ministres de la marine, de la. guerre, de l’instruction publique et des affaires étrangères ; M. Mac-Lane, ministre des Etats-Unis à Paris ; MM. Siegfried , Ricard, Waddington, députés ; M. G. Berger, M. Nivert, adjoint au maire du 17e arrondissement de Paris, M. Dietz-Monnin, M. Hendlé, préfet de la Seine-Inférieure, qui, à Rouen était monté dans lé train ; le haut personnel de la compagnie Transatlantique et du chemin de fer de l’Ouest, des représentants de la presse, etc., etc.
- La tente des Transatlantiques, établie sur les quais, était pavoisée de nombreux drapeaux, ornée de plantes et de fleurs magnifiques et éclairée par une quantité considérable de lampes électriques.
- Il en était de même de l’immense passerelle qui permettait de monter à bord de la Champagne.
- Deux cents convives environ ont pris place autour d’une magnifique table, dressée dans le grand salon du navire au-dessous de laquelle et sous le grandcapot se balançaitunimmense bateau de roses copie exacte d’un transatlantique.
- Vers neuf heures et alors que la première moitié du menu était à peine épuisée, M. Cloquemin , vice-président de la Compagnie générale Transatlantique, s’est levé et a ouvert la série des toasts, en annonçant que le départ de M. Lockroy le forçait à cette dérogation aux usages. M. le vice-président a dit ensuite qu’un incident pénible, l’indisposition subite de M. Eugène Pereire, lui avait valu l’honneur de présider cette réunion. Il a en conséquence, présenté les excuses de M. Pereire et donné lecture du discours que devait prononcer M. Pereire et dont voici le texte exact:
- Messieurs,
- Mon premier mot doit être un remerciement pour tous ceux qui ont bien voulu répondre à l’invitation de la Compagnie générale Transatlantique :
- Pour Monsieur le Président de la République, qui a daigné se faire représenter ici, après m’avoir donné personnellement l’assurance de sa haute bienveillance ;
- Pour Monsieur le ministre des postes et des télégraphes, qui, en présidant à l’inauguration de la ligne postale à grande vitesse entre la France et New-York, prend en quelque sorte possession au Havre d’un des grands services de son département.
- Pour Monsieur le ministre du commerce et de l’Industrie, qui veut bien voir dans nos paquebots de puissants instruments de la prospérité économique de notre pays ;
- Pour Monsieur le sous-secrétaire d’Etat aux Colonies, qui sait que nous améliorons sans cesse celle de nos lignes qui unissent les Antilles françaises à la Métropole.
- Je remercie également, Messieurs, avec un profond sentiment de gratitude, Monsieur le ministre des Etats-Unis, dont la présence, ici, est comme un hommage rendu à la persévérance de nos efforts pour abréger la distance qui nous sépare de New-York ;
- Je remercie, enfin, Monsieur le maire de la ville du Havre, qui voudra bien dire avec moi que les hôtes de la Compagnie sont aussi les siens.
- Cette réunion n’est pas, d’ailleurs, Messieurs, une simple manifestation des sympathies que peut exciter chez vous une Compagnie maritime essentiellement française. Elle est aussi, permettez-moi de le dire, la consécration solennelle d’un succès, depuis longtemps poursuivi, qui assure définitivement à notre pays une puissance nouvelle : celle des grandes constructions navales !
- Vous êtes, en effet, ici, Messieurs, sur un paquebot construit en France, par des ouvriers français, avec des matières premières françaises et sous la direction d’ingénieurs de la marine de l’Etat. La Champagne a deux fois le droit de porter les nobles couleurs du pavillon français ! Et, après elle, vous verrez bientôt entrer en ligne nos trois autres paquebots : La Bourgogne, la Bretagne et la Gascogne, — quadruple affirmation d’un progrès dont notre patriotisme a le droit de se réjouir !...
- Ce progrès, Messieurs, vous le saisirez mieux encore, quand je vous rappellerai qu’en 1864, la Compagnie générale Transatlantique inaugura la ligne du Havre à New-York,, avec un paquebot à roues, le Washington, qui mesurait 106 mètres de longueur, jaugeait 3,200 tonnes, possédait une machine de 3,400 chevaux, et ne pouvait recevoir que 32 5 passagers et 900 mètres cubes d.e marchandises. — Aujourd’hui, en 1886, après 22 ans de luttes et de perfectionnement, nous mettons en ligne un paquebot qui mesure 15 5 mètres de longueur, jauge 7,000 tonnes, possède une machine de 9,000 chevaux, et peut recevoir 1,200 passagers et 2,200 mètres cubes de marchandises !
- Mais, il y a encore d’autres résultats à signaler, dont la science et l’industrie doivent être fières ; je veux parler des modifications successivement introduites dans la construction des appareils moteurs : les roues ont fait place à l’hélice, les machines à balancier, lentes et encombrantes, ont disparu ; on ne voit plus sur nos paquebots que des machines rapides et légères, à double détente, ou à triple expension. La Champagne offre, de ce dernier système, le spécimen le plus important qui ait été construit jusqu’ici. La rapidité de la marche a progressé en même temps, et nous avons atteint une vitesse aux essais de près de 19 nœuds, c’est-à-dire de plus de 35 kilomètres à l’heure !
- Pardonnez-moi, Messieurs, ces détails techniques ; ils servent à bien marquer l’essor donné à notre industrie maritime, qui a su se prêter d’année en année aux exigences toujours croissantes de la concurrence étrangère. Nous pouvons dire,-aujourd’hui, que nous n’avons plus rien à envier aux nations qui ont poussé le plus loin l’art naval, et nous sentons, tous, que nous ne nous arrêterons pas dans cette voie ! Il y a.encore des découvertes à faire, des progrès à réaliser, et je crois,
- que tout .&st à prévoir, même l’impossible, quand, aux applications si variées de la mécanique, s’ajoutent les merveilleux résultats de l’électricité !
- Qui récoltera les avantages de cette course incessante à travers le domaine infini de la science i Notre civilisation, messieurs, et notre commerce! Jugez-en par cette dernière comparaison entre le passé et le présent: en 1864, la Compagnie générale Transatlantique mettait au service de nos exportations et importations une flotte de 19 navires à vapeur, représentant une force de 40,000 chevaux et un transport de 42,000 tonnes ; aujourd’hui, elle leur donne 70 navires à vapeur, représentant une force de 145,000 chevaux et un transport de 153,ooo tonnes. Dans le cours de notre dernier exercice, en 1886, nous avons transporté, sur toutes nos lignes, 400,000 voyageurs et plus de 2 millions de tonnes !
- Ce mouvement considérable de passagers et de marchandises vous frappera certainement, messieurs, mais il est dû surtout à ce que je vous demande la permission d’appeler démocratisation de nos transports rapides,— c’est-à-dire que nous avons voulu, en créant des installations spéciales qui n’existaient pas il y a vingt ans, prendre indistinctement sur nos paquebots à grande vitesse les passagers et les marchandises de toute classe, et assurer ainsi aux voyageurs pauvres et aux matières destinées à la consommation populaire, les mêmes avantages qu’aux passagers et aux produits de luxe.
- N’est-ce pas encore là un progrès qui répond, en France, au sentiment national ? Il faut absolument aider à la large expansion de toutes ^les forces, au concours de toutes les énergies, à l’élan de tous les dévouements colonisateurs ! De grands courages se sont employés, de nos jours, à faciliter les rapports entre les points les plus extrêmes du monde ; il était de notre devoir de nous tenir prêts à justifier ces magnifiques entreprises qu’on appelle le canal de Suez et le canal de Panama !
- Je n’ai jamais oublié qu’en 1864, l’honorable directeur-général des postes répondant, à bord du Washington, à un discours de M. Emile Pereire, alors président de la Compagnie générale Transatlantique, prononçait ces paroles prophétiques,:
- « Encore un peu de temps, et les hommes de « notre génération verront les bâtiments des Mes-« sageries sortir par la porte de Suez et les bâti-« ments de la Compagnie Transatlantique sortir « par la porte de Panama, se rencontrer et se « saluer dans l’océan Pacifique, après avoir em-« brassé le monde dans leurs évolutions!... »
- Oui, en effet, le jour n’est plus éloigné où nous franchirons cette porte de Panama. Nous croyons à la promesse que nous en a faite encore, ces jours derniers, l’illustre M. de Lesseps, que nous aurions été heureux de saluer ici de nos acclamations, et à qui nous envoyons, du bord de la Champagne, l’expression de notre admiration sincère ! En attendant, messieurs, nous réalisons une autre espérance, en mettant désormais à huit jours de distance Paris et New-York, en dépit des 6,000 kilomètres qui séparent ces deux grands foyers de ^activité humaine !
- Je voudrais m’arrêter ici, messieurs, mais comment ne pas parler des auxiliaires principaux de nos efforts, de ces grandes compagnies de chemins de fer qui, en voyant en nous, sur l’Océan et sur la Méditerranée, comme le prolongement naturel de leur réseau, nous donnent leur concours pour faire de nous le trait-d’union entre les grandes lignes du continent et le puissant réseau des deux Amériques. Il est impossible au fils et au neveu des premiers fondateurs des voies ferrées en France de ne pas vous demander de saluer de toutes vos espérances pour l’avenir l’association féconde des chemins de fer et des paquebots transatlantiques.
- Je termine, messieurs !
- Si je suis heureux d’avoir pu continuer ici l’œuvre de MM. Emile et Isaac Pereire et de leurs premiers collaborateurs, j’ai le devoir d’exprimer toute ma reconnaissance à mes collègues du Conseil d’administration, à nos chefs de service et à leurs employés, à nos officiers et à leurs équipages ; à nos ingénieurs et aux ouvriers de nos ateliers ; je dois enfin l’exprimer au gouvernement qui a renouvelé, en i883,_nos concessions et qui, aux dispositions protectrices de la loi, ajoute les relations administratives les plus sympathiques.
- Je vous demande, en conséquence, messieurs, de porter avec moi la santé de .M. Jules Grévy, président delà République française, des membres de son gouvernement, et des représentants des puissances étrangères qui nous ont fait l’honneur de venir au milieu de nous.
- M. Granet a pris ensuite la parole : « Interprète des sentiments de M. Grévy, il déclare que c’était, pour les membres du gouvernement, un véritable devoir d’assister à cette solennité, car il ne s’agit pas seulement d’une entreprise privée, mais d’une entreprise nationale dans laquelle le gouvernement revendique l’honneur de la collaboration. Du reste, la présence, à cette réunion, d’un si grand nombre de personnages éminents, est la meilleure preuve que.tout le monde s’y intéresse.
- « Concessionnaire des services postaux sur l’Amérique, la compagnie avait contracté de grands
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- devoirs. Elle devait se montrer digne des sacrifices que l’Etat avait consentis. Mais elle les a remplis et au delà en présentant, même avant les délais fixés, ce merveilleux spécimen d’architecture navale. L’orateur la félicite chaleureusement, au nom du gouvernement, de l’intelligence et de l’activité dont elle a fait preuve.
- « Unissons-nous tous, dit en terminant M. Gra-net, pour boire à la prospérité delà compagnie générale Transatlantique, et à la santé de son président. Unissons-nous aussi pour saluer ce beau navire que nos vœux accompagnent, qui va porter des gages d’union à une République amie, passionnée comme nous pour le travail et pour l’indépendance, et à laquelle tant de liens nous attachent. Buvons à l’heureux voyage de la Champagne et à son prompt retour 1 (Applaudissements "prolongés).
- M. Granet remet alors, au milieu des bravos unanimes de l’assemblée, la croix de chevalier de la Légion d’honneur à M. Anglade, ingénieur de la Compagnie.
- M. Jules Siegfried, député, prend ensuite la parole et s’exprime ainsi :
- « Messieurs, en écoutant les discours que vous venez d’entendre, je pensais involontairement au fondateur du Havre, François Ier, qui nous a préparé cet avenir. De son temps, les traversées d'ç l’Atlantique se faisaient par des navires de 2 a 3oo tonneaux et prenaient au moins deux mois. On ne se doutait pas alors que quelques siècles plus tard les mêmes traversées se feraient en huit jours par des navires de 8,000 tonneaux. Et cependant le dernier mot n’est pas dit encore.
- « Mais pour préparer à notre tour un avenir nouveau, il faut aider le commerce, il faut favoriser ses développements, il faut ouvrir à nos navires de grands ports, de larges bassins, il faut surtout nous hâter; car autrement nous serons devancés par les nations étrangères. La lutte est aujourd’hui une lutte internationale et il n’est pas de trop de l’union intime du commerce et de l’industrie, avec les pouvoirs publics pour nous assurer la victoire.
- « Je demande donc au ministre du commerce de faire tous ses efforts pour nous ouvrir ces nouveaux débouchés et pour encourager nos négociants, et au ministre des travaux publics de hâter l’exécution des grands travaux qui mettront le Havre à la hauteur de ses concurrents étrangers. Il ne suffit pas d’avoir de grands et beaux navires, il faut encore avoir des ports pour les recevoir et surtout des marchandises pour les remplir.
- « Je bois au ministre du commerce et au développement maritime et commercial de la France. » (Nombreux applaudissements).
- M. Lockroy, à son tour, s’exprime ainsi :
- « Messieurs, si j’élève ici la voix après les éloquents discours que vous venez d’entendre, c’est pour remercier mon ami, M. Granet, d’avoir si bien exprimé mes propres sentiments à l’égard de la compagnie générale Transatlantique et de la grande nation amie d’au-delà des mers, avec laquelle nous entretenons de si cordiales relations.
- « J’ajouterai que je n’ai pas perdu l’espoir de voir des relations économiques plus douces s’établir entre les deux pays, de voir s’ouvrir à nouveau le grand marché qui nous est aujourd’hui fermé, et je suis sûr que nos relations politiques y gagneront encore. C’est ce que croit aussi l’homme éminent qui représente ici les Etats-Unis, et je le prie de reporter à son pays les paroles de cordialité qui s’échappent des lèvres ce tous (Bravos).
- « J’aborde maintenant le sujet qu’indiquait tout à l’heure mon ami Siegfried. C’est avec raison que l’honorable député disait tout à l’heure que la grande navigation est indispensable au développement de la prospérité _ du pays. Une grande , nation a besoin de se faire connaître, apprécief et aimer au dehors et c’est surtout vrai pour une nation d’honnêteté et de bonne foi comme la France (Applaudissements).
- « Oui, nous avons besoin de trouver des débouchés au dehors, d’envoyer des représentants à l’étranger, de former des industriels et des commerçants, de perdre un peu de cette timidité, de cet excessif esprit de famille qui porte à garderies enfants à la maison et qu’expliquent d’ailleurs la vie facile et la tranquille jouissance d’un pays si beau qu’on a toujours de la peine à le quitter.
- . « Il nous faudrait prendre des habitudes plus viriles; il faudrait envoyer nos enfants à l’étranger pour les rendre capables de fonder au retour des établissements durables.
- « Certes, je ne conseillerai pas au pays de tenter des expéditions lointaines et, à la politique coloniale , je.préfère ce que j’appellerai la politique commerciale, fondée sur le développement intellectuel et moral de la nation.
- « Vous aidez du reste cette politique : vous la fêtez aujourd’hui et vous ayez raison, car je suis bien convaincu qu’elle contribuera au développement de la prospérité nationale et que, grâce à elle, la France reprendra bientôt son rang dans le monde.
- « Je bois à la Compagnie générale Transatlantique et à la prosp^ du pays ! » (Applaudissements).
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- M. Mallet président de la Chambre de commerce, croit aussi que la marine est le grand agent de prospérité d’un pays et par suite il est appelé à formuler les vœux suivants : i° que le port du Havre soit doté prochainement d’une entrée en eau profonde; 20 que des mesures restrictives ne viennent pas entraver le développement du commerce maritime. En terminant, il félicite la Compagnie, lui souhaite tout succès et propose de boire encore une fois à sa prospérité.
- M. Delarbre, vice-président de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, dit que cette réunion constitue une solennité internationale, car la Champagne doit emporter une commission chargée d’unir les rails français aux rails américains. On a pensé que, dans la grande famille industrielle, les Compagnies françaises devaient tendre la main à l’Amérique. La Compagnie Transatlantique a offert de servir de trait d’union et sa proposition a été acceptée.
- L’orateur rappelle ce qui a déjà été fait pour les émigrants, auxquels on a consacré des trains spéciaux et confortables. Il cite l’exemple du train qui a emporté les passagers delà Normandie et qui est déjà à Paris au moment où il parle.
- « Ne pourrait-on pas, ajoute-t-il, faire aussi quelque chose pour les marchandises? Nous croyons qu’en allant trouver les producteurs à New-York ou à Chicago, on pourra développer le commerce international. La Champagne, sur son départ, est la personnification de ces idées ; je propose de boire à l’entente des grandes Compagnies de terre et de mer, au succès de la France, à la prospérité de la Compagnie générale Transatlantique ! » (Applaudissements).
- Le commandant Traub, au nom de l’état-major de la Champagne, remercie l’assistance des vœux qui ont été faits pour son navire. « Nous nous efforcerons, dit-il, d’être à la hauteur de la tâche qui nous est confiée. Une guerre peut survenir et la Charnpagne deviendrait alors un croiseur rapide. De même que nous sommes heureux de consacrer nos efforts aux travaux de la paix, de même nous serions prêts à donner s’il le fallait notre vie pour le pays. » (Bravos chaleureux).
- M. le lieutenant de vaisseau Campion, officier d’ordonnance du ministre de la marine, remercie vivement le brave commandant1 Traub de ses patriotiques paroles. Aujourd’hui, coureur de richesses, la Champagne pourrait, en cas de guerre, devenir un utile auxiliaire. L’orateur propose de boire à la Champagne et à ses officiers (Applaudissements).
- M. de Gaalon, le sympathique agent principal de la Compagnie générale Transatlantique, prend à son tour la parole en ces termes :
- « Messieurs, de tout temps, c’est sur les lignes de navigation aboutissant à New-York que les nations maritimes ont accumulé toutes les merveilles de l’industrie navale.
- « Les colosses, qui vont être les nouveaux champions de la France dans cette lutte pacifique des peuples, sont bien français.
- « Ce n’est plus chez nos voisins que nous achetons nos armes pour les combattre. Nous nous serons émancipés de cette servitude bien avant l’Allemagne, encore tributaire de l’étranger.
- « Mais la sollicitude du gouvernement de la République pour cette œuvre vraiment nationale, et les sacrifices que la Compagnie Transatlantique s’est imposés pour maintenir le pavillon français au rang éminent qui lui appartient sur les. mers, tout cela serait peine perdue, si je ne pouvais avec confiance répondre devant vous de mes collaborateurs de tout rang, de leur vigilance, de leur activité, de leur expérience et de leur dévouement éprouvé. Leur mission est de donner à ces beaux navires l’intelligence; la vie et le mouvement. Ils n’y failliront pas. C’est pour moi, en même temps qu’un devoir, une véritable satisfaction de pouvoir rendre ce témoignage pour tous ceux que j’ai l’honneur de conduire.
- « Ce n’est pas tout : en plus de la bienveillance du gouvernement républicain, en plus des efforts de ses marins dans l’accomplissement journalier de leur service toujours difficile et parfois bien pénible, il faut encore à la Compagnie Transatlantique les encouragements et les sympathies, de ce grand commerce du Havre, toujours patriote^et toujours si clairvoyant quand il s’agit des intérêts de la patrie. Je sais que ce n’est pas.en vain que nous lui demandons son puissant appui.
- « Messieurs, je bois au commerce du Havre et à sa prospérité. » (Nombreux applaudissements).
- D’autres toasts sont encore portés: par.M. de la Porte, sous-secrétaire d’Etat aux colonies, au président de la Compagnie; par M. Mac-Larte, ministre des Etats-Unis, à M. Jules Grévy, président de la République française ; par M. Cloque-min, à la Presse française ; par M. Bernai, consul général d’Angleterre, à la Compagnie générale ^Transatlantique ; par M. Baragnon, au nom de la Presse, au Progrès.
- Un mot personnel. — Ma bonne étoile .et mon inscription tardive sur les listes des invites m’ont relégué à une petite table dressée dans la salle à manger des secondes de la Champagne (quoique destinée aux voyageurs de seconde classe cette salle est aussi luxueuse que celle de bon nombre
- des principaux restaurants de Paris !) Cette petite table était présidée par deux de nos plus spirituels confrères, anciens députés, auxquels leurs attaches avec la Compagnie transatlantique permettaient de faire les honneurs du bord aux journalistes présents. De longtemps, nous n’oublierons les deux discours prononcés par eux, discours dans lesquels perçait peut-être une ironie un peu... jalouse; mais tout cela était dit avec tant d’esprit ! Et puis, ces messieurs auraient bien pu, il y a quelques années (la politique est si bizarre), présider la grande table et non la petite.
- Le banquet terminé, on quitte le salon, les uns pour prendre le café sous les coursives et dans le fumoir, les autres pour se rendre sur le Saint-Laurent amarré contre la Champagne et sur lequel a lieu un bal absolument féerique. — Malheureusement un violent orage éclate à ce moment et contrarie un peu cette fête si brillante et si réussie.
- Le départ de la « Champagne ».
- Le lendemain, samedi, à 10 h. 1/2, M. Granet et les invités de la Compagnie Transatlantique montaient sur un bateau à vapeur, qui devait accompagner la Champagne à deux lieues en mer. Au même moment, remorquée par TAbeille un microscopique vapeur à côté de l’immense paquebot la. Champagne franchissait la porte du bassin, où elle se trouvait, après avoir admirablement accompli une manœuvre des plus délicates, étant données les dimensions exiguës de l’écluse à traverser.
- La Champagne passait majestueusement entre les deux jetées aux acclamations d’une foule immense.
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- Les nouveaux paquebots de la Compagnie Transatlantique
- A la suite d’adjudications publiques, la Compagnie générale Transatlantique a obtenu le renouvellement de la concession du service postal sur toutes les lignes qu’elle exploitait déjà, depuis plus de vingt ans, entre le Havre, Saint-Nazaire et l’Amérique, mais dans des conditions toutes nouvelles de vitesse, ce qui lui a imposé l’obligation d’augmenter sa flotte, déjà très considérable.
- Pour assurer dans les conditions si difficiles du nouveau cahier des charges le service du Havre à New-York, la Compagnie a dû faire construire quatre nouveaux paquebots qui vont être les plus puissants existant en France et seront tous mis en service d’ici au Ier août prochain. Ces navires, conformément aux exigences du nouveau contrat, ont été construits en France, et il y a lieu d’espérer qu’ils ne seront en aucun point inférieurs aux constructions anglaises de ce genre les plus soignées, comme le dit à juste titre., M. Ch. Noël, ingénieur de la marine, en retraite, à qui nous devons les détails qui vont suivre.
- Sur les grands navires comme ceux dont nous parlons, il faut faire vivre côte à côte, pendant 8 à
- 10 jours, 23o passagers de ire classe, y5 de seconde, 900 de troisième, environ 200 hommes d’équipage ; les loger dans des parties différentes et séparées,- les nourrir différemment, leur fournir des lieux de promenade où ils n’aient aucun contact d’une classe à l’autre, où on les amène par des escaliers spéciaux 'et distincts, éclairer pendant le jour la partie centrale des différents étages par des tambours traversant les entreponts placés au-dessus et montant jusqu’au pont supérieur, chauffer ces vastes espaces, les éclairer pendant la nuit à la lumière électrique, prendre toutes les précautions contre les dangers des voies d’eau et du feu, bien plus terrible à la mer que sur terre. On ne peut, comme dans un hôtel, aller acheter chaque jour les provisions nécessaires;
- 11 faut loger tout à bord, y faire le pain, y tuer les animaux qu’on emmène vivants, avoir des glacières, des caves. Il faut assurer le service des machines et du nombreux personnel qu’elles occupent, l’embarquement du charbon, l’enlèvement des escarbilles ; trouver la place des panneaux pour le passage des marchandises, réserver les dégagements nécessaires à leur embarquement, placer cohvenablement les mâts qui ne doivent gêner ni les marchandises, ni les chaudières, ni les logements ; prévoir le placement de kilomètres-de tuyaux de vapeur, d’eau douce, d’eau distillée, d’eau salée, de calorifères. En outre, un navire-n’est pas un édifice régulier comme un hôtel, où on dispose de cours de dégagement ; la longueur est égale à dix fois la largeur et toutes les surfaces sont occupées ; c’est dire combien les communications des différentes parties entre.ell.es, pour le service des domestiques et de l’équipage, sont difficiles à établir. Enfin, que les plans doivent être complètement arrêtés dans toutes leurs parties essentielles avant qu’on ne mette la main à l’œuvre sur le chantier, car les ouvertures dans les ponts ne peuvent plus être changées sans grands frais, et le moindre changement entraîne après lui une série de mo difications difficiles à prévoir.
- Le rôle de l’ingénieur-constructeur exige donc aussi des talents multiples et variés, et ceux qui ont exécuté les paquebots de la Compagnie transatlantique se sont montrés à la hauteur de leur
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- .Deuxième Année. — N° 74.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- tâche : parmi eux, il n’est que juste de nommer M. Andrade, directeur du chantier de la Compagnie à Penhoët, qui, comme nous l’avons dit plus haut, vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- Nous venons d’indiquer, pour ceux qui ont eu peu d’occasions de s’occuper des questions maritimes, l’étendue et l’importance de l’œuvre que nous avons entrepris de signaler ici ; nous allons maintenant montrer comment le problème a été résolu et décrire rapidement les dispositions principales qui ont été adoptées.
- La Champagne a été construite à Saint-Nazaire, au chantier de Penhoët, appartenant à la Compagnie Transatlantique.
- Les principales dimensions sont les suivantes :
- Longueur entre perpendiculaires. . i55moo Largeur au fort hors membres. . . 15 70
- Creux sur quille à la ligne droite des
- baux du pont supérieur............ 11 70
- Tonnage brut approximatif. . . . 6.800 ton.
- Tirant d’eau moyen en charge. . . 7m3o ,
- Profondeur de carène en charge. . . 7 »
- Déplacement correspondant (hors
- membres)..........................9.980 ton.
- Hauteurs d’entrepont de ligne droite en ligne droite :
- Du pont des roofs au pont supérieur. 2m40
- Du pont supérieur au 20 pont. . . 2 60
- Du 2e pont au 3e pont................ 2 3o
- Dans un prochain article nous donnerons la description de ce splendide steamer qui est, à l’heure actuelle, le premier de toute la flotte marchande française et peut-être bien anglaise.
- H.-F. Cabirau.
- =ü=>-<SHSH5>-s
- CONFÉRENCES
- DE
- LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT
- ./5k. ROTJE3IV
- Le cercle rouennais de la ligue de l’enseignement fait faire des conférences chaque semaine devant un nombreux auditoire et rend par ce procédé dont on ne saurait trop recommander l’exemple, de précieux services à la cause de l’enseignement. De plus, en donnant la parole à des jeunes gens désireux de s’habituer à parler en public, elle forme pour le barreau et le professorat de brillants sujets.
- Il y a quelques jours, un tout jeune homme (il n’a pas encore vingt et un ans!), étudiant en droit, faisait une conférence sur les ballons, sujet déjà souvent traité, il est vrai, mais par suite, on voudra bien le reconnaître, très difficile à développ e sous une forme nouvelle.
- Le jeune conférencier a rappelé brièvement les essais de vol mécanique qui précédèrent les mémorables expériences des Montgolfier, Pilâtre des Roziers, Charles, etc., et qui sont trop connus pour que nous nous y arrêtions ici. Nous reproduirons cependant volontiers le passage suivant où perce une fine ironie :
- « Oh ! messieurs, le père Gallien mérite pour lui seul une mention toute particulière. Son projet de navigation aérienne est tout simplement colossal, et sa hardiesse n’a d’égale que le sérieux même de l’inventeur.
- « Figurez-vous que ce bon père Gallien n’aspirait à'Tien moins qu’à élever dans les airs un énorme vaisseau pouvant porter une cargaison de cinquante-huit millions de quintaux, cjest-à-dire, si j’en crois toujours le même père Gallien, un poids cinquante-quatre fois plus considérable que n’était celui de l’arche de Noé avec toute sa ménagerie et d’abondantes provisions pour un an de déluge.
- « Vous souriez, mesdames, mais le père Gallien ne rit pas, lui ; il est, au contraire, très convaincu de la vérité de ses calculs, et il vous dit très sérieusement qu’un tel navire, parvenu au-dessus d’une certaine couche d’air très dense, qu’il croit exister, se soutiendrait aussi bien dans l’atmosphère qu’un navire dans l’eau. La seule chose qui l’embarrasse, c’est d’élever son navire au-dessus de cette prétendue couche d’air ; en effet, pour peu qu’elle se trouve à deux ou trois mille mètres, vous jugez du travail qu’il faudrait pour élever à une telle hauteur un poids de soixante-dix millions de quintaux... »
- Passons maintenant aux expériences du physicien Charles :
- « Ce ballon était composé de fuseaux de soie recouverts de vernis ; le gonflement en fut très
- difficile et très long ; on n’avait pas alors, pour produire l’hydrogène, les grands appareils dont on dispose aujourd’hui; aussi, fallut-il quatre jours pour gonfler un ballon de 12 mètres seulement de circonférence, et encore, fut-ce en prenant des précautions infinies.
- « La veille au soir du jour où devait avoir lieu l’ascension, on procéda au transport du ballon, des ateliers des frères Robert, place des Victoirse au Champ-de-Mars. Cette opération offrit un spectacle singulier : le ballon fut porté sur un brancard, il était précédé de torches allumées, et escorté par un- détachement du guet à pied e,t à cheval. Cette marche nocturne, la capacité-.,du corps qu’on portait, le silence qui régnait, tout tendait à répandre sur Tes préparatifs un mvstère imposant. Aussi, vit-on les cochers de fiacre" arrêter leurs voitures et se prosterner humblement, chapeau bas, sur le passage du ballon.
- « Il fut déposé au' milieu du Champ-de-Mars, et le lendemain, en pfés'ence--d’une foule immense, le Globe, c’était le nom du ballon, délivré de ses liens, s’éle.va avec une telle vitesse, qu’en moins de deux minutes, il fut porté à 1,000 mètres de hauteur. En cet instant, ü'nê pluie diluvienne vint à tomber ; mais les dames, élégamment vêtues, les yeux fixés sur le Globe, n’y prirent nullement garde, s’occupant beaucoup plus alors de voir un fait aussi surprenant que du soin de garantir leurs toilettes. Ce ne fut pas là, n’est-ce pas,‘mesdames, le moindre succès de l’inventeur.
- « La descente du Globe s’effectua à Gonesse ; elle jeta un effroi sans pareil chez les bons campagnards, au milieu desquels elle eut lieu. Deux moines ayant assuré que c’était une des fameuses bêtes de l’Apocalypse, le curé vint avec tous ses paroissiens pour l’exorciser. Le ballon à moitié dégonflé, offrait un. spectacle fantastique par les soubresauts que le vent lui faisait subir.
- « Voyant que la bête ne s’en allait pas, un... brave, saisissant son fusil, s’avance avec toutes les précautions d’un chasseur consommé, et, arrivé à distance convenable, fait feu sur le monstre. Le gaz s’échappe de la blessure et la bête s’affaisse en poussant un grand cri, à ce que l’on raconta dans le pays.
- « Les paysans se ruèrent sur le ballon et le mirent en pièces. On n’apprit, malheureusement, cette nouvelle que trop tard à Paris et l’on ne put rien recueillir de cette belle machine qui avait coûté 15,ooo francs.
- « Le gouvernement publia, à cette occasion, un curieux document dans lequel il annonçait qu’on lancerait encore dans les airs des globes offrant l’aspect de la lune obscurcie, mais qu’il n’y avait pas lieu de s’en effrayer; qu’ils ne pouvaient causer aucun mal, et que peut-être, au contraire, iis rendraient plüs tard de grands services... «
- Nous arrivons ensuite aux expériences des frères Montgolfier (5 juin 1788).
- ... L’allégresse qui accueillit ce magnifique résultat esf indescriptible, et dans l’histoire des progrès de l’esprit humain, il n’est pas d’exemple d’une découverte ayant éveillé un enthousiasme aussi unanime. En l’espace de quelques jours, la nouvelle s’était répandue dans la capitale. Paris n’avait qu’une voix pour acclamer les conquérants de l’air, et alors, comme aujourd’hui, la voix de Paris donnait le signal à la France, et la France le donnait au monde. L’imagination prenait comme les ballons un libre essor, les rues débordaient de chansons, les vitrines deslibrairesétaientencombrées d’images
- représentant la nouvelle machine.... Et puis, on
- allait donc enfin connaître la lune,, cette voisine mystérieuse de notre planète ; on allait entrer en relations avec ses habitants, on en ferait peut-être une colonie ; il se trouvait déjà des économistes pour élaborer des traités de commerce. Des discussions, des controverses s’engageaient de toutes parts. Il n’était pas jusqu’aux détracteurs des Montgolfier (quel est l’inventeur qui n’a pas les siens) ? qui ne publiassent leurs griefs contre les ballons : c’était, disaient-ils, une découverte immorale: l’honneur et la vertu étaient en danger s’il était permis à des aérostats de descendre à toute heure de la nuit dans les jardins et vers les fenêtres ; puis le chemin de l’air étant ouvert, il n’y aurait plus de propriétés fermées. En un mot, tout le monde se remuait, s’agitait, nul ne restait indifférent. »
- L’orateur fait ensuite la description du ballon et des accessoires employés aujourd’hui par nos aéro-nautes, puis par une heureuse transition, passe à la direction des ballons et rappelle que dès 1784, à Rouen, un normand, Blanchard, fils d’un tisserand des Andelys, annonçàit qu’il monterait et descendrait au moyen cl’aites et de machines de son invention, qu’il dirigerait et ferait des évolutions de toute nature.
- L’expérience eut lieu « mais, dit le Journal de « Rouen, à 7 heures 35 minutes 10 secondes,
- « M. Blanchard a remarqué que son baromètre « était descendu ; au même instant, il a traversé un « petit nuage blanchâtre ; ensuite, un autre très « épais qui l’a considérablement mouillé, puis il
- Dimanche 3o Mai i885.— iS3.
- « s’est élevé à une hauteur qui lui a fait éprouver « les effets de la glace. »
- Blanchard descendit à Claville-Motteville, n’ayant obtenu aucun résultat des efforts faits avec ses avirons.
- Le conférencier étudie successivement les expériences de MM. Giffard, Dupuy de Lomé, Tissan-dier, Krebs et Renard, expériences encore présentes à toutes les mémoires.
- « Aujourd’hui, la navigation aérienne en est au point où celle des bateaux à vapeur fut laissée par Fulton.
- « Bonaparte avait nié les bateaux à vapeur ; M. •Babinet a nié la direction des ballons. Eh bien ! malgré ces prophéties, les navires à vapeur sillonnent la mer en tous sens, et nous avons bien le droit d’espérer qùe la navigation aérienne, portée déjà à un tel perfectionnement par nos deux savants officiers, n’en restera pas là, et que les aéronefs, les monitors de l’air, passeront bientôt du .domaine de la fantaisie dans celui de la réalité.
- : «. Que. nos inventeurs, que nos mécaniciens se mettent à l’œuvre ; qu’ils travaillent, et surtout qu’ils travaillent en secret, afin qu’une découverte aussi:, française que celle des ballons ne devienne dans .la main de l’étranger une arme terrible dirigée contre nous... »
- La dernière partie de cette intéressante conférence était consacrée aux ballons militaires. Après avoir rappelé les services rendus par les ballons captifs sous la première République et par les ballons libres pendant le siège de Paris, le jeune orateur termine en ces termes :
- « Aujourd’hui, nous avons l’école d’aérostation militaire de Chalais-Meudon, si habilement dirigée par le capitaine Renard; tous nos corps d’armée sont pourvus d’un matériel complet d’aérostat captif avec treuil à vapeur pour le faire monter et descendre. Tout récemment, une première équipe d’aérostatiers a eu déjà l’occasion de donner au Tonkin les preuves de son savoir-faire, et nos braves soldats ont pu voir à Bac-Ninh, à près d’un siècle d’intervalle, le drapeau tricolore flotter à la nacelle d’un ballon d’observation, comme jadis à Fleurus, leurs ancêtres de la première République... C’est déjà un grand pas fait dans l’aé-rostation militaire, mais nous ne devons pas nous en tenir là. Le ballon captif ne peut s’élever qu’à une hauteur relativement insuffisante, étant donnée la portée des armes employées aujourd’hui. Et vous avez pu lire, il y a deux ou trois mois dans les journaux, le compte-rendu d’expériences de tir sur les ballons, faites en Allemagne, et qui établissent qu’à 5 ou 600 mètres, un aérostat n’est pas à l’abri des projectiles. Je sais bien qu’il n’est pas un aéronaute français qui hésiterait à s’exposer ausc balles ennemies pour assurer la victoire de son pays, mais il faut autant que possible éviter les dévouements inutiles et chercher, dans le perfectionnement même du matériel, des avantages que l’on ne peut obtenir encore qu’au prix d’existences qui nous sont chères.
- Ce double but de sécurité et d’observation aérienne, le ballon dirigeable est appelé à le remplir.
- A 2,000 mètres d’altitude, un tel aérostat pourra impunément croiser comme un navire de guerre au-dessus de l’armée, ennemie, et par les renseignements qu’il enverra à nos généraux, déjouer la tactique d’un nouvel envahisseur.
- Il ne faudra pas cependant, Messieurs, le jour où nous aurons obtenu ce magnifique résultat, oublier nos vaillants aéronautes du siège de Paris. Et tout en glorifiant ceux qui nous auront donné la victoire, nous devrons encore nous souvenir des hommes courageux, des deux braves marins : Prince et Lacaze, qui, à l’heure de ladéfaite, n’écoutant que la voix d’un ardent patriotisme, s’élancèrent au milieu de la tempête déchaînée et qu’on ne revit jamais !
- ... Que leurs noms restent gravés dans nos
- mémoires, et comme Guillaume à Sedan, saluant la charge désespérée de nos immortels escadrons, répétons pour ces héros obscurs, ce mot désormais célèbre : « Oh ! les braves gens !!... »
- * *
- Est-ce là une péroraison conçue et dite par un jeune homme de vingt ans ? De tous les extraits •que nous avons été heureux de publier ici ne se dégage-t-il pas une réserve, une mesure que bien des fois on cherche en vain dans les conférences faites par des avocats, des professeurs et... des politiciens ?
- C’est un début plein de promesse, et dont la ligue a le droit d’être satisfaite.
- H.-F. Cabirau.
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- 1S4. — Deuxième Année. — N° 74.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3o Mai 1SS6.
- LES LIVRES
- LX
- La Grande Encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, par une société de savants et de gens de lettres, etc. Tome Ier, accompagné de cinq cartes en couleurs, hors texte. De A Alcala-de-Hénarès. — H. Lamirault et O, éditeurs, 61, rue de Rennes.
- Cet ouvrage considérable, ce monument grandiose élevé au progrès des sciences, des lettres et des arts, et en marquant l’état actuel par une sorte de borne séculaire superbe, est en pleine construction et ses assises fondamentales sont posées. Le tome Ier a paru. La 28e livraison est en cours de publication. Il est certain que rien n’est plus difficile que la mise en train d’une opération si vaste et si compliquée. C’est le cas de dire qu’il n’y a que le premier de ces pas de géant, le premier volume qui coûte. Aujourd’hui, ce pas est fait, ce premier volume en vente. Le second le suivra de près, et cette entreprise qui, avec celle de l’édition nationale de Victor Hugo fait un si grand honneur à la librairie contemporaine, témoignera, lors de l’Exposition du centenaire de 89, de la force et de la vitalité en France, de cette noble industrie du livre, la première de toutes.
- Il est donc permis de prévoir, à échéance relativement courte, l’achèvement de la nouvelle Encyclopédie. La première, celle de d’Alembert et de Diderot, mit plus de vingt ans à paraître. La seconde, celle dont Panckoucke entreprit la publication fut moins longtemps à s'achever, mais usa encore d’un large .délai. Aujourd’hui, nous sommes au temps de l’électricité, de la vapeur, du chemin de fer, du télégraphe, du téléphone, du ballon. Trois oü quatre ans suffiront pour la publication des vingt-cinq volumes de ce nouvel inventaire raisonné des trésors acquis, des instruments assurés à l’ambition insatiable de l’intelligence humaine pour ses nouvelles conquêtes. Il est possible, il est intéressant, il est curieux de voir, d’après son premier volume, se dessiner, s’accentuer la physionomie de l’entreprise, de dégager les traits essentiels de son originalité.
- La première Encyclopédie fut une œuvre de lutte, de propagande, une machine de guerre. Son caractère essentiel, c’est d’être surtout philosophique, critique. Il s’agit moins d’établir les bases' de la science nouvelle que de ruiner celles de l’antique et universel despotisme. Avant de compter; les conquêtes du savoir, il s’agit d’obtenir la liberté de penser. La seconde Encyclopédie, entreprise par Panckoucke en des temps plus heureux, alors que la Révolution avait supprimé les bandelettes, les bandeaux,'lès chaînes de l’ancien ,hiératisme, fut d’un tempérament moins militant, d’un vol moins hardi et moins ambitieux,' marquée du caractère utilitaire plus que du caractère philosophique.
- L’œuvre puissante d’envergure et bien réglée, bien équilibrée de proportions dont nous essayons d’analyser la figure se présente à nous avec la sérénité, la solidité, et quand il le faut, la légèreté d’une'entreprise' reposant sur la collaboration, de toutes les compétences, disposant en pleine liberté politique, en pleine tranquillité sociale, de toutes les forces de l’association, et procédant à sa mission qui est de mettre à la portée de tous, les solutions de tous les problèmes, les réponses à toutes les questions utiles, avec la méthode la plus rigoureuse. Le caractère distinctif de la Grande Encyclopédie est le caractère scientifique, dans toute sa probité et dans tout son éclat. Il 11’y a à chercher dans ces volumes d’une impression claire et robuste, d’un papier solide, d’une illustration précise et élégante, que ce qu’il est utile, nécessaire de savoir, que ce qui est supérieur à toute contradiction, que ce qui est définitivement, irrévocablement acquis. C’est un substantiel recueil de notions sûres ; un répertoire de résultats. On y respire l’air vivifiant de la certitude en toutes choses.
- La place donnéeffi ces monographies, à ces physiologies destinées non à alimenter les curiosités de la lecture frivole, les banalités de la conversation courante, mais à rappeler à celui qui sait, à apprendre à celui qui ignore ce qu’il convient de voir sur tout sujet donné, De omni re scibili est évidemment ce qu’elle doit être : une place proportionnée à l’importance, à l’abondance du sujet.
- C’est ainsi que l’article Académies ne comprend pas moins d’une livraison et demie, soit la matière d’un volume in-18. Les écrivains les plus distingués et les plus autorisés, notamment MM. Ferdinand Brunetière et Olivier Merson, ont contribué aux divers articles compris sous cette rubrique. Les articles Administration, Aérostat portent de même la marque des collaborateurs les plus aptes à traiter ex-professo la matière. Pour la biographie, on peut citer comme type et modèle du genre l’article d’Alembert dû, pour le principal, à la plume de M. Maurice Tourneux. On sent que nous ne pouvons entrer dans le détail. Nous avons tenu seulement à dégager de l’étude de ce premier volume le plan du recueil et sa physionomie par-
- ticulière. Plan et exécution sont dignes de l’objet et du but. Quand cette œuvre sera terminée, elle portera dans son ensemble et dans ses parties les caractères, faits pour honorer le génie national et pour attester, une fois de plus, son don et son art de prosélytisme, de la plus belle et de la plus utile entreprise de vulgarisation que le siècle ait vu éclore et dont il couronnera brillamment sa fin.
- M. de Lescure.
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- LA GRANDE ENCYCLOPÉDIE
- Le premier volume de la Grande Encyclopédie, 'comprenant 25 livraisons, soit 1,200 pages de texte à deux colonnes, vient de paraître. Ce premier volume était attendu avec une certaine impatience. Le grand public pourra dès lors, en souscrivant, avoir sous les yeux une fraction importante de l’œuvre ; s’assurer ainsi de la concordance de toutes ses parties ; savoir comment l’unité idéale de ton et de mesure entre tant d’articles de genres si divers peut être réalisée. Le public aura surtout un gage certain de la continuation de ce bel ouvrage.
- Toute entreprise aussi vaste en son but, aussi compliquée en ses détails et qui, à première vue, semble un moment impossible à achever en un siècle,. rencontre volontiers des sceptiques. Sans compter qu’on doute des forces et surtout de la persévérance des architectes, on se désintéresse trop souvent d’une œuvre dont on ne se croit pas appelé à contempler le couronnement. Mais à mesure que l’édifice sort de terre, et qu’il présente des lignes dont on peut déjà saisir l’harmonie, on y prend insensiblement de l’intérêt, on aime à en suivre jour par jour les progrès, et l’on finit par s’y attacher invinciblement, quelque soit d’ailleurs le résultat définitif. C’est ainsi que nombre de lecteurs nous ont, dès à présent, manifesté leur surprise du prompt achèvement (6 mois) du premier volume ; ils en marquent leur satisfaction et s’empressent déjà de souscrire, car ils possèdent le gage qu’ils réclamaient et qui dépasse leurs espérances.
- Ce premier volume, les éditeurs le présentent au public avec pleine confiance. Ils y ont, en effet, apporté tous leurs soins; un observateur attentif reconnaîtra sans peine les progrès réalisés, des premières feuilles aux dernières, progrès qui iront en s’accentuant dans les volumes suivants. La tâche la plus ardue est accomplie, la période d’expériences et de tâtonnements inévitables est close. Les cadres des rédacteurs sont au' complet, et. s’ils renferment des personnalités illustres, les plus modestes individualités sont encore des hommes d’étude et de réel savoir.
- Les figures qui ornent le texte sont devenues plus nombreuses et plus parfaites. Les . capitaux importants . confiés à la Société par des esprits éclairés lui permettent de marcher de l’avant sans redouter le moindre obstacle. Bref, cette gigantesque machine aux rouages multiples et délicats est désormais réglée de telle sorte que l’on peut compter sur la livraison, dans une période assez prochaine, de plusieurs volumes aussi complets, aussi soignés que le premier.
- La direction de la Grande Encyclopédie n’a rien négligé d’ailleurs pour atteindre ce résultat. Elle y est arrivée grâce à la centralisation des services intérieurs. Il fallait donner à l’œuvre une unité absolue, lui assurer le calme et l’absence, de toute préoccupation étrangère à son but, lui enlever enfin jusqu’à l’apparence d’une affaire de librairie.
- Aussi la gérance a-t-elle été confiée en dernier lieu à M. H. Lamirault qui, depuis la fondation de la Société, avait pris en main et dirigé avec autant d’habileté que- d’intelligence toute la partie administrative, et qui avait conquis par son tact et par son inaltérable amabilité la sympathie de-tous les collaborateurs.
- Aujourd’hui l’organisation de la Grande Encyclopédie est en quelque sorte parfaite. Elle permet à ses directeurs de promettre au public l’entier et rapide accomplissement de leur programme. Nous avons examiné scrupuleusement le premier volume et nous devons reconnaître qu’aucun ouvrage analogue n’a jamais atteint une telle exactitude scientifique, une telle variété littéraire, une telle précision typographique. C’est avec confiance que nous attendons la suite de cette remarquable publication.
- --------— -> iSHSHa^aar -T-— --—
- LES THÉÂTRES
- Théâtre Français. — Le - Fruit défendu, comédie en trois actes et en vers, de M. Camille Doucet.
- Odéon. — La Vie de Bohême, comédie en cinq actes, de Barrière et Murger.(Reprise).
- Vaqdeville. — Clara Soleil, comédie en trois actes, de MM. .Gondinet et *** (Reprise).
- Folies-Bergères. — Vulcain et Cie, ballet en un acte, de MM. Iras et Gredeluc, musique de M. Tagliaferro.
- La pièce que vient de .reprendre le Théâtre-Français appartient dans toute l’acception du
- terme à ce que l’on appelle le genre aimable. M. Doucet ne brandit pas le fouet aux lanières cruelles de la comédie, il lui suffit d’agiter un petit plumeau dont la taquinerie n’est guère qu’une caresse. Cela est délicat, plein de fine bonhomie, plaisant à entendre ; ça facilite la digestion en invitant quelque peu au sommeil. La poésie bourgeoise dont se pare cette versification surannée, semble légèrement puérile aujourd’hui. N’importe, ce ronron amical du vers charme encore le public et le fait dodeliner de la tête. Bien que ce titre de Fruit défendu puisse prêter à des développements scabreux, on sait que M. Doucet, académicien de naissance, ne s’est nullement engagé dans son alerte comédie en des considérations sataniques. Il s’agit d’un jeune homme qui a trois cousines, dont deux mariées. Il fait la cour à la fois aux deux jeunes femmes (attrait du fruit défendu) en négligeant la jeune fille. Le bonhomme Desrosiers, oncle de celle-ci, s’imagine dans sa bienveillance malicieuse de piquer l’indifférence de son neveu Léon en lui contant qu’il y a un obstacle entre lui et mademoiselle Jeanne et que par conséquent il ne pourra jamais l’épouser ; ce à quoi d’ailleurs Léon ne pensait nullement. Mais maintenant que Jeanne devient à son tour un petit fruit défendu, Léon s’éprend d’elle et c’est ainsi que tout finit bien, Léon s’éprend d’elle et c’est .ainsi que tout finit bien, Léon épouse Jeanne et renonce aux projets jovialement criminels qu’il avait formés en même temps sur les personnes de Glaire de Varennes et Marguerite Jalabert.
- M. Coquelin cadet est charmant dans le rôle de Desrosiers. La finesse un peu banale de son jeu convient parfaitement à ce caractère de malice bourgeoise et de bonhomie conventionnelle. MUe Reichemberg est exquise comme d’habitude. M. Féraudy est amusant et M. Le Bargy maintient les traditions de Delaunay dans cet emploi de jeunes premiers charmeurs et parlant tout le temps en musique.
- L’Odéon a repris la Vie de Bohême. Bien que les types de cette pièce soient un peu démodés et que la comédie elle-même ait perdu de son pétillement d’esprit comme une bouteille de champagne restée depuis longtemps débouchée, elle est toujours charmante, amusante et attendrissante q la fois. On ne veut plus beaucoup croire à la Bohême aujourd’hui ; mais les caractères de Murger sont d’une telle éternelle vérité que la vie jaillit encore lumineuse et épanouie de cette œuvre de jadis.
- M. Dumeny joue le rôle de Rodolphe avec une aisance et un naturel parfaits. Oh ! le naturel au théâtre, il est bien rare et avouons-le, on ne l’y estime pas à sa valeur ; on a un tel amour du convenu et du faux. M. Dumeny est bien remarquable. M. Colombey représente un Schaunard très amusant. MM. Boudier et Duard sont excellents, mais rien de plus. Mlle Hadamard personnifie d’une façon charmante cette délicate figure de Mimi. Peut-être.met-elle un peu trop d’intensité dans son jeu. Le rôle doit être esquissé au pastel et non tracé au crayon noir. Quant à Mlle Cerny elle, est ravissante en Musette. C’est l’exquise gaieté, la joyeuse jeunesse, l’esprit, l’entrain, assaisonnés de la beauté du diable. Mlle Nancy Martel représente une très belle et très distinguée madame de Rouvres, aussi froide que l’exige le rôle.
- Le Vaudeville a repris Clara Soleil. Cette pièce très gaie n’as pas encore cessé d’être amusante.' Il -y a tant ' d’esprit là-dedans et tant de verve joyeuse. La sincère observation comique y fait d’ailleurs défaut, il n’y a guère que le personnage, de ce grotesque provincial, organisateur de concerts et courtisan de jolies artistes de passage qui. soit réellement pris sur le vif. Mais les scènes drolatiques s’enchaînent si bien, la fantaisie é'st distribuée d’une telle main de maître qu’on rit toujours aux larmes d’un bout à l’autre de la pièce..
- Les théâtres ayant renoncé à. donner des nouveautés cette année, c’est :aux Folies-Bergère qu’il faut aller pour rencontrer quelque primeur. Et cette fois-ci, franchement, cela en vaut la peine. Vulcain et Cie est un divertissement réellement divertissant. Livret original, sans finesse particulière, mais propre à l’exhibition de costumes charmants et fournissant un spectacle à la fois joli et amusant. On y voit la mythologie travestie d’une façon piquante : Vulcain en forgeron, Minerve en femme de ménage (bien court vêtue par parenthèse, mais.dans les forges il fait si chaud). Les cyclopes sont de petits apprentis forgerons, très' délurés et élégants. Mars arrive en employé du télégraphe fantaisiste et Cupidon en bookmaker, autrement gracieux que ne le sont d’habitude ces industriels. M. Tagliaferro a brodé sur ce canevas folâtre une musique ravissante. C’est vif, pimpant, original, d’un effet charmant.
- La jolie Mme Léry, le sémillant Cupidon, exécute un pas très coquet et leste. Le tout se termine par un quadrille épileptique, par les pensionnaires les plus désarticulés delà maison.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT e 0>°, rue de la Préfecture,,6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 6 Juin 1886. NUMÉRO 75.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889 ; 2. La Chambre de commerce française de Bruxelles et l’Exposition de 1889; 3. Les musées commerciaux; 4. Exposition d’hygiène; 5. Echos; 6. La « Champagne » ; 7. Les Syndicats agricoles; 8. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; 9. Les Livres ; 10. Avis commerciaux ; 11. Les Théâtres.
- M. le ministre des finances vient de rappeler qu’aux termes de la loi du 13 brumaire, an VII, toutes les demandes adressées aux ministres, doivent être écrites sur papier timbré.
- Un grand nombre de demandes adressées au ministre du commerce, relativement à l’Exposition de 1889, ont dû être retournées aux intéressés qui ne s’étaient pas conformés à la loi citée plus haut.
- ..........Hifini'-Ç) -------
- L’EXPOSITION DE 1889
- LE PROJET DE LOI DEVANT LE SÉNAT
- Le Sénat, dans sa séance du 27 mai, a nommé la commission chargée d'examiner le projet relatif à l’Exposition universelle de 1889.
- Ont été élus :
- MM. Béral,
- Tolain,
- Tirard,
- Bardoux,
- Dietz-Monnin,
- Albert Grévy,
- Paris,
- Naquet,
- Teisserenc de Bort.
- Tous les commissaires sont favorables au projet, excepté M. Paris.
- Cette commission s’est réunie le 29 mai, et a nommé président M. Albert Grévy et secrétaire, M. Béral.
- Elle s’est occupée principalement, lundi dernier, de la participation d£ la ville de Paris, puis des rapports qui existent entre le projet de l’Exposition et celui de l’emprunt de la ville de Paris et enfin des intentions qu’a annoncées le conseil municipal de Paris de refuser son concours à l’Exposition, si lé projet d’emprunt n’est pas voté par le Parlement.
- Le lendemain, M. Lockroy, ministre du commerce, a été entendu par la commission. Il lui a fourni tous les renseignements qu’elle lui a demandés.
- La commission tenait à etre renseignée, principalement, sur la conditionnalité de la participation de la ville de Paris, qui veut voir, tout d’abord, voter son projet d’emprunt; sur la location des espaces, sur la composition de la commission de deux cents membres, sur les réponses des puissances étrangères.
- Elle a terminé son travail, le mercredi 2 juin, et adopté tout le projet, sauf le paragraphe 3 de l'article 1e1' qui vise la redevance à demander aux exposants pour les espaces qui leur seront concédés. La commission estime que les espaces doivent Être concédés gratuitement.
- Si le Sénat ratifie cette décision de la com-
- mission, il s’ensuivra que le projet devra retourner à la Chambre.
- La commission a nommé rapporteur M. Teisserenc de Bort.
- -------—--------------y—------
- Là CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE
- DE BRUXELLES
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- M. Roland, vice-président de la Chambre de commerce française à Bruxelles, vient d’adresser à nos compatriotes, habitant la Belgique, la circulaire suivante :
- Monsieur et cher compatriote,
- Ainsi que vous favez appris, il y aura à Paris, en 1889, une Exposition universelle.
- Afin de donner à ce concours le plus grand éclat possible, nous venons, dès aujourd’hui, réclamer votre participation à cette œuvre patriotique/
- Notre but est de recueillir le plus grand nombre d’adhérents afin d’obtenir, en raison même de ces acquiescements, une place qui soit en rapport avec le nombre des exposants et l’importance de leurs produits.
- Nous nous proposons déformer un comité, pris dans le sein de la Chambre de commerce, pour vous donner les indications qui vous seraient nécessaires et vous représenter provisoirement auprès du gouvernement de notre pays.
- Nous vous prions donc de nous retourner, revêtu de votre signature, le bulletin ci-joint, au siège de la Chambre de commerce. '
- Dans l’espoir de vous voir coopérer à cette manifestation universelle de l’industrie, nous vous prions d’agréer, etc., etc.
- A cette circulaire était joint le bulletin suivant :
- Bulletin d’adhésion de participation a l’Exposition UNIVERSELLE DE PARIS EN 1889
- Je soussigné demeurant
- déclare être dans l’intention de prendre part à l’Exposition universelle de Paris en 188g et j’adhère provisoirement aux démarches que fera la Chambre de commerce française de Bruxelles dans l’intérêt des, Français habitant la Belgique.
- Bruxelles, le 1886.
- Nous ne saurions trop féliciter icj M. Roland de l’heureuse initiative dont il a fait preuve en envoyant cette circulaire. Nul doute que les autres Chambres de commerce françaises à l’étranger n’entrent bientôt dans la même voie et ne contribuent ainsi à l’éclat et à la grandeur de l’Exposition de 1S89.
- LES MUSÉES COMMERCIAUX
- Monsieur le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser la circulaire suivante à MM. les présidents des chambres de commerce :
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous infoiyner que la chambre de cojmmerce française de Rosario a décidé d’organiser un musée commercial qui serait établi au siège même de cette compagnie et situé dans un des quartiers les plus fréquentés de la ville.
- La chambre met, dans ce but, à la disposition des industriels et négociants français une grande salie d’exposition destinée à recevoir des échantillons de nos produits nationaux.
- En transmettant la lettre par laquelle la chambre de Rosario m’annonce la création de l'institution
- dont il s’agit, Monsieur le vice-consul de France à cette résidence signale les avantages que le commerce de la métropole peut retirer de l’ouverture d’une exposition d’échantillons. Un grand nombre de produits ne se vendent pas à Rosario, parce qu’aucune maison française ne les fait connaître ; il importerait donc que nos industriels et négociants envoyassent des échantillons accompagnés de prix courants.
- Il convient d’observer à ce sujet, ajoute notre agent, que la concurrence commerciale est très vive sur . les marchés de la Plata et que les négociants étrangers s’y contentent de modestes bénéfices.
- Je ne puis, Monsieur le Président, que porter les indications qui précèdent à votre connaissance comme étant de nature à intéresser les fabricants de votre circonscription et je serais heureux d’apprendre qu’elles leur ont paru susceptibles d’être utilisées.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Lockroy.
- Le 2 novembre 1885, le président de la chambre de commerce française de Charleroi, l’honorable M. Valère-Mabille, adressait la lettre suivante au président de la chambre de commerce française de Bruxelles :
- Monsieur le Président,
- Nous avons l’hon-neur de vous faire part de l’installation de la Chambre de Commerce française de Charleroi, au quai de Brabant, 16, près de la station du chemin de fer.
- _ Le Secrétariat de la Chambre est ouvert aux visiteurs tous les jours non fériés de 11 à 12 h. et de 2 à 4 heures.
- Nous saisissons cette occasion d’attirer de nouveau votre bienveillante attention sur le Musée commercial que la Chambre a pris l’initiative de fonder à son siège même. Ce musée recevra à côté des principaux produits français d’exportation, les échantillons des produits étrangers qui viennent leur faire concurrence sur le marché belge, et permettra à la Chambre de donner d’utiles avis au commerce français. A ce faire, nous comptons sur votre patriotique concours pour nous adresser les produits d’importation qui peuvent figurer dans notre musée, en les accompagnant des indications principales sur leur qualité, leur prix de vente et leur fabrication. Nous avons la conviction que la réalisation de ce musée constituera une œuvre vraiment patriotique.
- Veuillez agréer, etc., etc.
- Nous espérons que les chambres de commerce françaises à l’étranger suivront l’exemple donné par la Chambre de Charleroy, pour la création de musées commerciaux, comme elles auront suivi l'exemple de la Chambre de Bruxelles pour la participation de l’Exposition de 1889.
- EXPOSITION D’HYGIÈNE
- Les mobiliers scolaires
- L’étude des mobiliers scolaires est, au point de vue de l’hygiène, une de celles qui sont le plus suivies depuis un petit nombre d’années.
- Que de progrès accomplis depuis une vingtaine d’années dans cette _ voie! Si le collège nous a laissé de bon souvenirs ce n’est certes pas au point de vue du confort des tables et des bancs. Comme le dit fort bien un de nos principaux fabricants de mobiliers scolaires.
- . « Il ne suffit pas qu’une classe soit bien située, bien exposée, qu’elle ait des dimensions suffisantes, que le chauffage, l’éclairage, la ventilation soient réglés, que la propreté soit observée avec la plus grande attention. » A cette classe, il faut un mo-
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- bilier, et particulièrement des tables et des sièges pour les élèves, et une chaire pour le maître : ce qui à première vue peut paraître très _ simple: mais l'hygiène dans les mobiliers scolaires doit être envisagée sous divers-points ; une des préoccupations principales doit être de proportionner les tables et les sièges aux différents âges des enfants, car combien de l'ois n’a-t-on pas reconnu que les proportions défectueuses des mobiliers occasionnent les attitudes vicieuses des enfants, attribuées par erreurs, soit à leur moiesse, soit à la négligence des maîtres, suppositions erronées dans la plupart des cas. Ces déviations sont les résultats de l’usage d’un mobilier défectueux. L’élève, 11e pouvant se maintenir dans une position convenable, est condamné à des contorsions qui deviennent chez lui une habitude. 11 en résulte qu’à un âge où le squelette n’est pas encore consolidé, où les articulations sont trop peu résistantes, le développement plastique rencontre des obstacles sérieux, qui deviennent l'origine de désordres irréparables; ces désordres sont occasionnés par la disproportion du mobilier. Les dimensions sont-elles trop basses pour l’âge ou la taille de l’enfant? L’estomac, le cœur, les poumons, les intestins constamment comprimés lorsque le corps est replié sur lui-même, sont gênés dans leur libre fonctionnement, la santé générale en subit les conséquences : le résultat final sera peut-être une constitution détériorée pour toute la vie.
- Au contraire, le mobilier est-il trop élevé ? Les désordres sont d’une autre nature; la table rapproche les objets de la vue, qui s’y habitue, et amène la myopie, en même temps que les épaules sont déviées.
- Les médecins qui se sont occupés de l’hygiène des écoles ont constaté la proportion croissante des cas de myopie, des déviations de la colonne vertébrale et des déformations de la poitrine avec toüs.les désordres organiques qui en résultent.
- Il est indispensable que l’èlève. ait une attitude normale. Une bonne position lui épargne la fatigue; elle prévient les altérations de la vision et les.. difformations graves que nous venons d’énoncer.
- Nous croyons que M.; Lemèl a réalisé toutes les conditions d’hygiène avec ses mobiliers scolaires en bois et fonte ou fer. Nous signalerons son mobilier tout en bois,’; mobilier destiné à rendre de grands services dans certaines communes où le local est appelé à subir diverses transformations selon qu’il doit servira une conférence, à une distribution de prix, etc., etc.
- La table est inclinée d’environ i5 à iS degrés, et repose sur un caisson divisé en quatre compartiments pour en mettre un à la disposition de chaque élève ; ce.caisson repose à ses extrémités SüT'detiN'pied’s ou montants, deia,o6’5 s.ü:r;oto:65‘chàh-freinés, lesquels se relient avec les deux sièges extrêmes-par des traverses assemblées ; les pieds des sièges intermédiaires se rattachent par leur traverse à la barre longitudinale, qui sert d’appui aux pieds des élèves*; cette barre assemblée à ses extrémités par des boulons, aux- traverses maintient l’écartement du bas des pieds de la table concurremment avec une autre traverse en bois de console arasée, laquelle, placée sous le' caisson de la table, empêche le hiement.
- Les dimensions de ce mobilier sont exactement les mêmes que celles du mobilier fonte de fer et bois, il jouit de toutes ses propriétés : les sièges sont isolés, le dossier est proportionné en hauteur et ne diffère du précédent qu’én ce qu’il relie les sièges deux par deux, et leur assure parl’assemblage sur les poteaux, une fixité à toute épreuve.
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- Éclairage
- Cette partie de l’hygiène, fort importante cependant, a été un peu sacrifiée. Nous n’avons à signaler que les verres de lampes .Bayle qui commencent à se répandre et à être fort appréciés.
- Les différents types de lampes qui servent aujourd’hui pour l’éclairage domestique présentent plusieurs imperfections, et l’expérience journalière montre trop souvent combien, même avec les modèles les plus soignés et les mieux étudiés, il est difficile de réaliser une combustion parfaite des divers liquides usuels, huile, pétrole ou schiste.
- M. Bayle s’est efforcé d’apporter un remède à cet état de choses, mais, ne pouvant songer à modifier la disposition des lampes de commerce, adoptées par le public, sans léser .beaucoup d’intérêts et sans se heurter à de graves difficultés matérielles, il a dirigé ses recherches sur la cheminée, sur le verre de la lampe.
- La cheminée n’est pas seulement un appareil destiné à écouler les fumées et les gaz de la combustion ; son rôle principal est de rompre l’équilibre de l’air atmosphérique, qui est le grand réservoir d’oxygène, et d’appeler dans le foyer, par la différence des densités, cet agent indispensable à toute combustion.
- Il s’agissait donc de trouver une cheminée qui, sous de petites dimensions, eût une grande force d’aspiration.
- M. P. Bayle a mis à profit les propriétés définies par Venturi et Bernouilli, des ajutages conver-gents-divergents et s'est inspiré des"” travaux de
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- M. de Romilly, à savoir qu’un courant de gaz dirigé dans Taxe et vers la petite base d’un cône tronqué, à une distance déterminée de cette petite base, a la propriété d’entraîner avec lui, par impulsion, une quantité d’air ambiant à peu près double de celle que ce même courant pourrait en-trainer s’il était dirigé vers un cylindre.
- Lorsqu’on observe deux lampes identiques dont l’une est munie du verre Bayle et l'autre d’un verre ordinaire, on est frappé de la différence qui existe dans la couleur de la flamme ainsi que dans l'intensité de la lumière produite.
- Dans ce dernier cas, la flamme est rouge et peu brillante (1,113 carcel) et dans l'autre la flamme est blanche et extrêmement lumineuse ('1,404 carcel) et cependant dansles deux cas on brûle, à l’heure, la même quantité d’huile (62 gr. 25 et 63 gr.).
- Les verres Bayle, qui s’appliquent aux lampes à huile, à gaz ou à pétrole ont été l’objet d’un rapport lu à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, rapport qui se terminait ainsi :
- « Votre comité des arts économiques, considérant les avantages qui peuvent résulter de l’emploi du nouveau verre :
- Augmentation du pouvoir éclairant;
- ' Suppression de la fumée ;
- Combustion plus active, permettant l’emploi d’huiles .même défectueuses ;
- Vous propose d’adresser des félicitations à M. Bavle et de voter l’insertion du présent rapport au Bulletin de la Société, avec planche à l'appui. » (Approuvé.)
- ÉCHOS
- Paris
- Ifassembléo générale des sociétaires de l’Union centrale des arts décoratifs, après avoir examiné, dans sa réunion du 29 avril dernier, les conditions d’installation du Musée des arts décoratifs sur différents points de Paris, a' voté, à.une majorité considérable, en faveur du terrain domanial de la Cour des comptes, sur* le quai d’Orsay. L’Union centrale, dans une réunion tenue le 4 mars dernier, avait alors voté contre l’adoption de cet emplacement et elle s’était mise en quête d’un terrain, l’Etat lui offrant de procéder par voie d’expropriation pour lui faciliter sa tâche. Aucun terrain 11’ayant paru pouvoir être approprié à la destination que l’on se proposait, l’union centrale est revenue à la Cour des comptes. A la suite de négociations récentes, l’accord s’est fait entre le gouvernement et l’Union centrale sur un projet déposé -à* la rentrée, des Chambres par M. le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts et sur lequel le Parlement sera appelé prochainement à se prononcer.
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- M. Schefer, membre de l’Institut, directeur de l’Ecole des langues orientales vivantes, et M. Ouimet, directeur du Musée national des religions, sont chargés de représenter le ministère de l’instruction publique à la septième session du congrès international des orientalistes, qui doit .d’ouvrir à Vienne pendant le mois de septembre prochain.
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- Le ministre du commerce et de l’industrie vient de charger M. de Lanessan, député, de la mission d’étudier, en qualité de délégué général, la situation commerciale des colonies françaises et pays de protectorat, et de préparer leur participation à l’Exposition universelle de 1889.
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- La maquette de M. Falguièrc, qui couronne l’Arc de Triomphe, doit disparaître ces jours-ci.
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- M. Efigard Monteil a déposé, il y a quelques jours, sur le bureau du conseil municipal, un projet d’érection d’un monument commémoratif de la Révolution de 1789 sur remplacement- du palais des Tuileries. A cet effet, le conseil prendrait l’initiative d’une souscription dans toutes les communes de France, et il s’inscrirait pour une somme de un million.
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- C’est aujourd’hui, G juin, que .sera inaugurée, au palais de l’Industrie, en présence de M. le ministre du commerce et de l’industrie, du conseil général de la Seine, du conseil municipal et.des représentants de la presse, l'exposition internationale ouvrière.
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- Un grand banqueta été offert à M. Albert. Chris-tophle, gouverneur du Crédit foncier, par les directeurs des succursales, réunis en ce,moment à Paris.
- M. Christophle a profité de cette circonstance pour remercier ses nombreux collaborateurs du zèle et du dévouement dont ils font preuve dans l’exercice de leurs fonctions.
- M. René Brice a répondu à l’éminent gouverneur eu lui rappelant tous les sei vices qu’il a
- rendus personnellement au Crédit foncier, en énumérant toutes les couvres grandes et utiles auxquelles il a attaché son nom : la souscription pour l’Institut. Pasteur, la Société de garantie de l’Exposition universelle de 1889 et la création du Métropolitain.
- En réponse à ce toast, chaleureusement applaudi, M. Albert Christophle a constaté que le Crédit foncier n’avait qu’à gagner à ces diverses affaires La gloire de M. Pasteur rejaillit sur cette grande institution, dont il est devenu l’un des administrateurs. L’Exposition de 1889 est. une œuvre au moins aussi parisienne que nationale; enfin, le Métropolitain donnera une plus-value considérable à la propriété foncière de la grande cité, où le Foncier, par suite de scs prêts, peut être considéré comme le plus grand propriétaire.
- Cette réunion s’est prolongée jusqu’à près de minuit, et l’on s’est donné rendez-vous pour l’année prochaine.
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- Départements •
- Petit mémento.
- Agen. —• Exposition du Ie1' mai au 15 juin.
- Amiens. — Exposition archéologique du Tr juin au 4 juillet.
- Arcachon. — Exposition de juin à octobre.
- Boulogne-sur-Mer. — Exposition du 15 juin au 15 octobre.
- Chalon-sur-Saone. — Exposition du 15 juin au 31 juillet.
- Clermont-Ferrand. — Exposition du 25 juin au 25 août.
- Dijon. — Exposition des Arts décoratifs, du 29 mai au 4 juillet.
- Evrkux. —• Exposition du 22 mai au 4 juillet.
- Limoges. — Exposition du 10 mai au 15 juillet.
- Marseille. —• Exposition du 1er mai au 30 juin.
- Nancy.— Exposition du Ie1' mai au L1’ juillet.
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- La petite ville de Montaigu (Vendée), se prépare à inaugurer, le 14 juin prochain, le buste de la Réveillère-Lepeaux, membre du Directoire, et l’un de ses enfants.
- Un banquet sera offert à M. Goblet, ministre de l’instruction publique, qui doit venir présider cette l'été.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition internationale des beaux-arts de Berlin a été ouverte officiellement, le dimanche 23 mai , à une heure ; de ' Taprôs-midi , ' par l’empereur Guillaume, accompagné du Kronprinz, de tous les membres de la famille impériale, des ministres, des autorités municipales, et de toutes les notabilités.
- Le prince impérial, à qui était dévolu le soin de prononcer le discours d’ouverture, a rappelé que l’institution des expositions avait été créée par Frédéric le Grand, il y à un siècle.
- Il a dit qu’au milieu de la tempête populaire qui se déchaîna il y a plus de quatre-vingt-dix ans sur la vieille Europe, ce lurent des hommes du Nord, tels que Winckelmann, Thorwaldsen, etc., qui furent les restaurateurs de l’hellénisme, tandis qu’un autre groupe, dont Cornélius était le maître, ressuscitait l’antiquité germanique.
- C’est ainsi , a poursuivi le prince , que s’est développé sous des formes variées l’art allemand. Cet art a grandi tous les jours, et il a produit une foule de merveilles que nous admirons, et qui Uniront par se grouper dans un ensemble de vérités également morales et patriotiques, suivant en. cela l’exemple do. nos peuples germaniques, qui, sous la direction paternelle de l’empereur, sont-devenus une nation unie, une famille puissante.
- La tradition nous faisait un devoir de convier et d'offrir l’hospitalité aux artistes étrangers. Ils ont répondu à notre invitation Nous leur souhai tons à tous une cordiale bienvenue.
- Plusieurs allocutions• ont été prononcées, par M. de Goszler, ministre et d’autres fonctionnaires. La cérémonie s’est terminée par une visite de l’exposition et du diorama impérial.
- A trois heures, les portes ont été ouvertes au public.
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- Puisque nous parlons de l’exposition des beaux arts, ajoutons que l’art religieux y sera également représenté. Une nouvelle section va être installée dans le style gothique primitif, parle professeur Johannes Oczen et l’on y réunira tout ce qui a trait à l’art monumental, à l’art du vitrail et à la sculpture, au point de vue religieux. Un dernier groupe sera consacré à l’art décoratif et aux industries artistiques, dans le même domaine.
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- Disons encore que la grande médaille d’or a été dessinée par le professeur Schaper et qu'elle présente les effigies de l’empereur régnant Guillaume, et de Frédéric le Grand, fondateur de l’Académie royale des beaux-arts, dont le cente-
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- Deuxième Année.
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- naire est, comme on le sait, le prétexte de l’exposition actuelle.
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- Enfin, pour terminer, on organise une grande loterie à 1 mark le billet, avec 28,G22 lots d’une valeur totale de 300,000 marks, dont trois gros lots de trente, vingt et quinze mille marks.
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- L’inauguration de l’exposition régionale Souabe a eu lieu "a Augsbourg (Bavière), le samedi 15 mai. La cérémonie était présidée par le prince Louis, représentant le roi de Bavière, M. le bourgmestre von Fischer a souhaité la bienvenue au royal visiteur, dans une courte allocution qu’a suivie le le discours d’ouverture, prononcée par le président d’honneur, prince Fugger de Babcnliausen.
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- L’exposition des œuvres du peintre Ludwig-Richter, dont nous avons annoncé l’organisation, a été ouverte le dimanche h mai dernier, à la société polytechnique de Francfort. Cette exposition est consacrée plus spécialement aux dessins et aux aquarelles du grand artiste.
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- La onzième exposition hippique a eu lieu à Dresde, du 22 au 24 mai. Le catalogue contenait 715 numéros.
- Une grande exposition agricole aura lieu à Trêves, du 2G au 28 septembre prochain.
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- On signale comme extrêmement intéressante la section rétrospective de l’exposition régionale d’Augsbourg, dont l’inauguration a eu lieu le 15 mai dernier.
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- L’exposition régionale d’Altenbourg s’organise activement. Les capitaux, pour le fonds de garantie, s’élèvent au total de 87,000 marks.
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- Une intéressante exposition d’œuvres choisies du peintre belge parisien, Jean van Beers, est ouverte à Cologne, dans les galeries Schulte.
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- La section d’architecture à l’exposition des beaux-arts de Bprlin, est, parait-il, la plus importante et la plus intéressante de toutes celles que l’on a vues jusqu’ici, en Allemagne, dans les expositions similaires.
- Les exposants sont au nombre de 170, avec un total de 1,030 œuvres exposées.
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- Angleterre
- L’exposition internationale d’Edimbourg, dont nous annoncions l’ouverture dans notre précédent numéro, est placée sous le protectorat de la reine, qui, du reste, y prend part en qualité d’exposant, avec un grand nombre d’objets d’art et de curiosités, provenant des châteaux de la couronne.
- Une des parties les plus intéressantes de cette exposition est la restauration d’un quartier du vieil Edimbourg, du temps de Marie Stuart. Différentes industries sont installées dans la plupart des maisons et tous les ouvriers et vendeurs portent le costume de l’époque.
- Une autre spécialité de cette exposition est la réunion dans une section spéciale, de tous les systèmes connus pour l’éclairage électrique.
- "Un groupe particulier est consacré aux ouvrages de femmes.
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- La France, l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, VAutriche-Hongrie, les Pays-Bas, l’Amérique, la Chine, le Japon et l’Afrique sont représentes à l’exposition internationale de Liverpool.
- Trois galeries parallèles renferment les machines en fonctionnement.
- L’exposition de navigation renfermant un très grand nombre d’embarcations de tous genres pour la navigation maritime et fluviale est installée dans un dock modèle. .
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- Belgique
- On nous écrit de Bruxelles que. l’exposition d’architecture ouverte depuis le 101‘ mai au palais des beaux-arts de cette ville, et, dont nous avons parlé à plusieurs reprises est vraiment intéressante et mérite d’être vue.
- On sait qu’elle a été organisée avec l’appui du gouvernement par la Société centrale d’architecture et qu’elle offre un aperçu général du développement de l’architecture de Belgique.
- Les deux sections, rétrospective et contemporaine, renferment respectivement 472 et 800 numéros.
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- Une exposition d’œuvres d’art, organisée par la Société pour l’encouragement des beaux-arts ( sous la protection do S. M. le Roi) s’ouvrira à l’époque des tètes communales de cette année, à Malines. Des subsides du roi, de l’Etat, de la
- province et de la ville, sont assurés à la Société; ces subsides, ainsi que la totalité des souscriptions des membres, frais d’organisation déduits, seront employés à l’achat d’œuvres d’art, à répartir par la voie du sort entre les souscripteurs. A chacune de ses expositions antérieures, et notamment à la dernière exposition de 1881,1a Société a contribué à la vente d’un nombre très considérable d’œuvres d’art.
- L’exposition aura lieu dans la salle des Halles, Grand’Place, spécialement appropriée à cet effet. Elle s’ouvrira le 1 juillet et sera clôturée le 25 du même mois, à G heures.
- Seront admises, les œuvres de peinture, aquarelles, miniatures, porcelaines et faïences artistiques, émaux, dessins, pastels, gravures, eaux-fortes, lithographies, architecture, sculpture, ciselure et gravure en médailles.
- Elles doivent émaner d’artistes vivants belges ou étrangers; on admettra, néanmoins, les œuvres des artistes décédés depuis la clôture de l’exposition de 1884.
- Seront exclues : 1° les œuvres d’art n’appartenant pas à leur auteur s’il n’est justifié, par écrit, de l’autorisation de ce dernier ; 2° celles qui auraient été précédemment exposées à Malines ; 3° les copies, sauf celles reproduisant un ouvrage dans un genre différent; 4° les peintures, gravures, dessins, etc., dépourvus de cadres.
- Les ouvrages seront adressés franco à la commission directrice de /’Exposition des heaux-arts, aux Halles, Grand'Place, du 10 au 20 juin, terme de rigueur. Après cette date, ils ne seront plus reçus sous quelque prétexte que ce soit.
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- La 33e exposition triennale des beaux-arts dans la ville de Gand, organisée en 188G, par la Société pour l’encouragement des beaux-arts , avec le concours du gouvernement et de l’administration communale, s’ouvrira le 15 août, dans les salles du Casino, spécialement appropriées à cette destination. La clôture en est fixée au 24 octobre.. Il y est admis toute espèce de productions d’artistes belges ou étrangers, vivants ou décédés depuis la clôture du Salon de 1883, telles que tableaux, sculptures, gravures, aquarelles, etc.
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- États-Unis
- La société des artistes américains a ouvert le mardi 4 mai, dans les galeries du musée métropolitain artistique de New-York, sa huitième exposition annuelle
- Cette exposition, qui est, parait-il, la plus intéressante de toutes celles qu’a organisées jusqu’ici la société, se prolongera comme les années précédentes durant six mois.
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- Une importante exposition artistique, organisée par YEssex Jnstitute, ouvrira mardi prochain, 1er juin au Plummer-Hall, à Salem, état de Massachusetts.
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- Il est question de créer à Washington un musée d’artillerie et de marine, analogue aux institutions de ce genre qui existent à Paris, au palais du Louvre et à l’hôtel des Invalides.
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- Italie
- Une exposition nationale de floricult.ure, la première de ce genre, croyons-nous, qui ait été organisée eu Italie, vient de succéder, au palais des Beaux-Arts de Rome, à l’exposition des arts du métal, avec un succès qu’explique l’importance de cette première tentative.
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- < Turquie
- Sa Majesté lé sultan vient d’ordonner la création à Constantinople d’une exposition permanente des beaux-arts et des industries artistiques.
- Cette exposition restera ouverte au public jusqu’à l’organisation d’un musée des beaux-arts.
- Le gouvernement ottoman, pour attirer et encourager les exposants, fera d’importants achats.
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- Brésil
- L’inauguration solennelle d’une exposition française parle président de la province et les autorités locales vient d’avoir lieu au Brésil, nous dit le Temps. Des discours ont été prononcés, saluant ce réveil de notre commerce d’exportation. Toute la presse de Pernambuco, qui y était représentée, en parle très longueipent ; elle applaudit à l’intelligente initiative des fabricants français,, unis en société coopérative, et fait l’éloge du directeur, M. Régnier, l’organisateur de ces expositions.
- C’est après un long voyage d’étude dans toute l’Amérique du Sud que notre compatriote a\ait posé les bases de cette association et recueilli les adhésions d’importantes maisons. Parti de France en mars dernier avec les éléments de cette première exposition, M. Regnier, laissant, aux représentants associés de Pernambuco le soin de.continuer l’œuvre si brillamment inaugurée, doit être
- aujourd’hui à Bahia, où aura lieu la seconde exposition des produits français.
- De nouvelles adhésions se sont produites dès que les résultats effectifs de la première entreprise ont été connus : d’autres se produiront, et tout permet d’allirmer que la troisième exposition française, qui doit être faite à Rio-Janeiro, produira un effet encore plus considérable.
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- Australie
- Adélaïde.-—L’Australie du Sud devant atteindre, le 28 décembre 188G, le cinquantième anniversaire de son érection en colonie anglaise, le gouvernement colonial vient de décider que cet anniversaire serait célébré par une exposition internationale organisée à Adélaïde. Le parlement a voté les fonds nécessaires pour l’acquisition des terrains et pour les constructions à ériger. L’emplacement sera relié au port par un chemin de fer de 11 kilomètres, et l’arrivée des objets envoyés par les exposants sera, par suite, très facile.
- L’inauguration de l’exposition aura lieu le 20 juin 1887 ; elle correspondra avec l’ouverture des grandes lignes de chemins de fer reliant Adélaïde à Melbourne, Sidney et Brisbane.
- Cette exposition sera divisée en sept groupes : Mines et métallurgie, objets fabriqués, éducation et sciences, arts, machines et outils, agriculture, horticulture ; ces sept groupes seront divisés en 57 sections, subdivisées elles-mêmes en 722 classes.
- Les récompenses comprendront des diplômes de mérite de premier, deuxième et troisième ordres, ceux do premier ordre accompagnés de médailles.
- Les demandes d’admissions doivent être faites avant le 1er janvier 1887 ; un emplacement de G m.5 carrés environ, sera fourni gratuitement ; au delà, on paiera une location proportionnée à l’espace loué.
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- LA. « CHAMPAGNE »
- (Suite.)
- {Voir le Moniteur du 3o mai 1886)
- La Chaynpagne ne compte pas moins de 4 ponts complets; les deux supérieurs sont entièrement bordés en tôle. 11 existe à bord 11 cloisons étanches transversales , dont 8 montent jusqu’au deuxième.pont et sont prolongées jusqu’au pont supérieur, comme protection contre la propagation de l’incendie.
- Le paquebot est muni de ce que l’on nomme en Angleterre des water-ballast, c'est-à-dire que les fonds forment une double coque et sont divisés en compartiments étanches dans lesquels on peut introduire jusqu’à 800 tonnes d’eau. On peut ainsi maintenir la stabilité dans des proportions convenables quand le navire est très déjaugé par suite de la consommation presque totale de son charbon et aussi, quand le chargement met le navire trop sub i avant ou trop sur l’arrière, lui restituer l’assiette convenable pour que l’hélice soit convenablement immergée et fonctionne avantageusement. Les water-ballast servent aussi à supprimer ou réduire la différence de tirant d’eau pour la sortie du port, lorsqu’on craint d’avoit trop peu d'eau sous la quille. Enfin, en cas d’échouage, le double fond peut empêcher l’envahissement de l’eau dans les cales ; il constitue donc une très notable augmentation de sécurité.
- Voici maintenant une description sommaire et rapide des différents entreponts.
- Cale. — La cale ne contient, à part les chaînes et l’eau douce en caisses, que les marchandises, les chaudières et le charbon.
- Troisième entrepont. — L’entrepom inférieur ou troisième entrepont est surtout consacre aux approvisionnements de bouche et de matériel. En partant de l’avants on rencontre : les magasins à voiles et les cordages, une annexe de la cambuse, c’est-à-dire un local où est logée, dans des caissons et sur des étagères la plus grande partie des provisions de table en dehors du vin et de la farine, puis la cave aux vins, les soutes pour les bagages que les passagers ne peuvent garder dans leurs cabines et enfin, à l’extrème-arrière des magasins protégés spécialement contre l’action de l’eau et du feu, pour le service des postes. Toute la partie centrale de cet entrepont est encore occupée par les machines, les chaudières et le charbon.
- Deuxième entrepont. — Le deuxième entrepont comprend à l’avant un poste pour une partie de l’équipage; à l’arrière de ce poste, la cambuse principale au-dessus de l’annexe précédemment signalée; dans la partie centrale et par le travers de la machine deux postes pour 70 chauffeurs et soutiers et un poste pour 48 domestiques. Tout le reste de cet entrepont est consacré au logement des 900 passagers de 3e classe ; les cloisons étanches’subdivisent ce vaste espace en plusieurs com-
- Voir la suite page 1 go.
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- LE MONITEUR DE
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- Ménagère,
- Whitman. — Paysage, l’Hiver.
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- Portrait.
- Mme Baury-Saurel.
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- partiments dont, quelques-uns sont réservés aux femmes seules. Ces passagers couchent dans des lits superposés sur deux rangs et démontables ; chaque poste renferme aussi les tables nécessaires aux repas. Au cas où certains compartiments ne sont pas occupés, on démonte couchettes et tables, et l'espace est utilisé pour le placement de marchandises légères et maniables.
- Premier entrepont. —• A part un post-e à l’avant pour le reste de l’équipage, la cambuse de distribution des vivres, les chambres et les carrés des maîtres, c’est-à-dire des sous-officiers de l'équipage, et un hôpital pour les passagers de 3e classe, tout le premier entrepont est affecté aux passagers de i‘‘e et 2e de classe.
- De tout temps, dans la marine militaire,l’arrière a été réservé au logement des officiers ; par imitation, on plaçait, dans l'ancienne marine marchande, les quelques passagers qu’on avait alors, à l’arrière aussi et sur les grands paquebots on agissait de meme pour les passagers de ire classe. Gela était logique, du reste, du temps de la marine à voiles. Sur les navires à hélices, le bruit et les vibrations du propulseur sont souvent désagréables pour les passagers ; de plus, la partie arrière du pont qui sert alors de promenade est exposée à la chute des escarbilles et des cendres qui s’échappent de la cheminée ; la partie centrale du navire est beaucoup. plus agréable à habiter, d’autant qu’on y souffre moins des mouvements de tangage. Aussi s’est-on décidé, depuis quelques années, sur les grands paquebots, à y placer les passagers de ire classe et c’est ce qu’a fait la Compagnie Transatlantique.
- Par le travers et sur l’avant de la machine se trouvent donc les passagers de ire classe. Ils disposent : de 2 cabines de luxe, vastes, élégamment meublées, avec de larges couchettes; de 8 cabines de famille et de 76 cabines ordinaires contenant chacune deux lits superposés et un canapé-lit. Une vaste salle à manger de i5 mètres sur i5 mètres occupe tout une tranche transversale; les fauteuils placés devant les tables sont pivotants, de façon à permettre à chaque passager de quitter la table ou de s’y placer sans déranger ses voisins.
- Les services accessoires pour cette catégorie de passagers comprennent, à cet étage, un salon pour dames, une buvette, une office, un salon de coiffures, plusieurs salles de bains et un grand nombre de water-closets, ainsi que des chambres pour femmes de service.
- Dans la partie arrière, sont disposées 12 chambres pouvant contenir y5 passagers de seconde •classe avec salle à manger, salon des dames, office, water-closets, etc. Cette distribution constitue une supériorité sur le système anglais qui ne comporte pas d’intermédiaire entre la ire et la 3e classe.
- Sur le pont supérieur s’élèvent : à l’avant, une longue tengue couverte d’un pont arrondi en forme de dos de tortue, à l’arrière une grande dunette, au milieu un roof ayant 7 3 mètres de long sur près de 9 mètres de large, et 2 autres petits roofs, un à l’avant, l’autre à l’arrière du grand. Le pont qui recouvre le grand roof est prolongé jusqu’en abord, formant une vaste plate-forme ayant .toute la largeur du navire et mesurant au moins 1,000 mètres carres de superficie ; elle forme une magnifique piomenade pour les passagers de irc •classe. Elle est reliée par des passerelles aux petits roofs, à la tengue et à la dunette ; on peut ainsi, à cette hauteur, circuler sans obstacle d’un bout à .l’autre du navire ; les passerelles sont mobiles et se relèvent quand on procède au chargement et au •déchargement des marchandises.
- Sous la tengue se trouvent : les apparaux de mouillage, l’hôpital de l’équipage, les chambres du boucher, du boulanger, des cuisiniers, pâtissiers, la forge, les water-closets et salles de lavage de l’équipage et des passagers de 3° classe dans des •locaux distincts.
- Le petit roof avant contient les chambres et la salle à manger des officiers.
- Le grand roof renferme à l’avant un fumoir et un luxueux salon de conversation pour passagers de première classe, et la descente principale pour les passagers de cette catégorie. Sa partie centrale est consacrée aux cuisines, pâtisserie, boulangerie et services annexes. A l’arrière se trouvent des logements pour quatre mécaniciens officiers, quatre élèves mécaniciens et quatorze premiers chauffeurs et graisseurs.
- Le petit roof arrière contient la descente des passagers de seconde classe, dont l’entrée forme sa’on, et un'petit fumoir.
- Sous la dunette sont placés les appareils à gouverner à vapeur pouvant se manœuvrer du centre du navire et min appareil à manœuvrer à bras, en cas d’avarie des premiers. Cette partie a été tout particulièrement soignée ; il y a quatre moyens de gouverner, indépendants les uns des autres, pouvant se remplacer et être successivement mis en œuvre si les autres venaient à manquer.
- Sous la dunette, également, se trouvent les glacières, des salles de lavage et des water-closets pour les passagers de 3e classe.
- Les passagers de 3° classe accèdent par des échelles spéciales au pont des gaillards ou pont supérieur, où ils viennent prendre l’air ; il ne leur est pas permis d’aller plus haut. La grande plate-
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- forme qui couvre le roof central sert de promenade, comme nous l’avons dit, aux passagers de iru classe ; le dessus de la dunette et les passerelles arrière, aux passagers de seconde classe. Ces deux catégories de passagers doivent donc pouvoir monter jusqu’à ces plate-formes sans passer par le pont des gaillards ; aussi est-on obligé d’élever sui-ce pont léger des abris pour recouvrir les échelles de descente ; on y place aussi les réservoirs d’eau douce, d’eau salée. Enfin un roof placé à l’avant, au-dessus du grand fumoir, contient un appartement pour le capitaine et un local pour le timonier, actionnant de là l’appareil à gouverner à vapeur. Ce local est lui-même surmonté d’un abri pour les compas, placé ainsi au sixième étage au-dessus du fond, sans compter la cale ; il supporte une passerelle, avec mains courantes, dont le plancher est à environ 19 mètres au-dessus de la quille.
- Les mâts sont au nombre de quatre ; ils portent une voilure suffisante pour permettre au navire de gouverner et de faire encore sa route, en cas d’avarie de machine.
- La manœuvre des ancres, du gouvernail, l'embarquement des marchandises, l’enlèvement des escarbilles, se font au moyen d’appareils à vapeur. Il existe de puissantes pompes à vapeur pour vider les compartiments étanches qui pourraient se trouver envahis par l’eau ; d’autres pompes servent à épuiser les water-ballast. Un tuyautage règne sur toute la longueur des divers entreponts pour combattre l’incendie. Des moteurs spéciaux actionnent des machines dynamo-électriques qui alimentent 600 lampes à incandescence. Des distillateurs sont disposés pour fournir de l’eau douce en cas d’épuisement de l'approvisionnement. Enfin tout le premier entrepont est chauffé par des calorifères à vapeur.
- Les quatre paquebots de la Compagnie Transatlantique n’ont pas des machines identiques. Les deux construits à la Seyneont des machines Com-pound ordinaires qui reproduisent exactement, à une échelle plus grande, les dispositions générales de la machine de la Normandie qui a été décrite dans le Génie civil (1) ; les détails ont été réglés par les Ingénieurs de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée, avec la grande expérience qu’ils ont de ces machines.
- En résumé, trois petits cylindres de 1 m. 07 de diamètre intérieur sont superposés à trois grands cylindres de 2 m. o3 de diamètre intérieur. Chaque groupe d’un petit et d’un grand cylindre forme une machine, genre Woolf, ayant les tiges de pistons et de tiroirs communes:; la course des pistons est de 1 m. 70 ; le nombre de tours prévu est de 60. Chacun des trois groupes de cylindres à son condenseur mais tous les condenseurs communiquent entre eux.
- Les arbres, en acier fondu de Wickers, ont o m. 60 de diamètre ; les trois coudes sont assemblés par des tourteaux. Chacun d’eux est formé de cinq pièces forgées et ajustées séparément, assemblées à chaud e't réajustées après coup. Cette disposition, inaugurée seulement depuis quelques années, est connue en Angleterre sous le nom de built up. Chaque coude pesy environ 21 tonnes. Aux essais, la machine doit faire 8,100 chevaux indiqués et donner au navire une vitesse d’au moins i« nœuds ; en service courant, des appareils de détente variable permettront de réduire la puissance à 6,5oo chevaux, et l’on obtiendra encore près de 17 nœuds par beau temps.
- Les chaudières sont tout en fer avec tubes en fer; elles sont timbrées à 6 kilog. par centimètre carré et se composent de 12 corps cylindriques de 4 m. 65 de diamètre, contenant chacun trois foyers de 1 m. 2 5 de diamètre. La surface totale de chauffe est de 2,3oo mètres carrés; la surface de grilles de 84 mètres carrés.
- L’hélice a 7 mètres de diamètre ; elle est à quatre ailes déployées en bronze, rapportées sur un moyeu en acier.
- Les lieux paquebots contruits à Saint-Nazaire ont des machines qui ont exactement la même apparence que celles que nous venons de décrire ; mais en service courant, la vapeur pourra y fonctionner à triple expansion. Elle sera, dans ce cas, introduite d’abord dans le petit cylindre central ; elle passera de là dans les deux petits cylindres extrêmes où elle continuera de se détendre : la détente s’achèvera simultanément dans les trois grands cylindres qui évacueront dans les trois condenseurs. On a tout calculé pour réaliser ainsi les 6,5oo chevaux nécessaires; quand on voudra, aux essais ou dans des circonstances nécessitant le développement d’une puissance exceptionnelle, obtenir les 8,ioo_ chevaux indiqués pour lesquels la capacité des chaudières a été déterminée, par une manœuvre très simple et très ingénieuse de soupapes et grâce à un tuyautage approprié, on pourra introduire directement la vapeur dans chacun des petits cylindres ; la vapeur passera ensuite de chaque petit cylindre au grand correspondant; on rentrera dans le cas de la machine Compound à double expansion. Les petits cylindres ont 1 m. 2 5 de diamètre intérieur, les grands ont 1 m. 90; la course et le nombre de tours sont les mêmes que survies paquebots de la Sevne. Les arbres ont le même diamètre; mais
- (1) Voir le Gcnie civil, tome lit, n° 15, page 358.
- chacun des trois coudes est forgé d’une seule pièce et pèse environ i5 tonnes après ajustage.
- Les chaudières entièrement en acier, sauf les tubes, sont timbrées à 8 kilog, ; elles ont toutes les mêmes dimensions que nous avons données plus haut. L’enveloppe a 3o millimétrés d’épaisseur.
- Les machines de Saint-Nazaire devront avoir, en service courant, une consommation de combustible sensiblement inférieure à celle des paquebots de la Seyne, mais qu’il est inutile de préjuger ; l’expérience parlera bientôt. En tous cas, les quatre machines seront d'un fonctionnement économique et l’on espère que la consommation journalière, malgré la présence de nombreux appareils auxiliaires, n’excédera pas 1 5o tonnes.
- La distance du Havre à New-York est, en chiffre rond, de 3,200 milles. Pour réaliser, sur l’année entière, une vitesse moyenne de i5 nœuds, comme il arrivera souvent en hiver qu’on ne pourra faire plus de 14 nœuds à 14,5 nœuds, il faudra atteindre en été 16,5 nœuds à 17 nœuds. Cette vitesse qui, nous le répétons, eût paru chimérique, il y a vingt ans, sera cependant atteinte.
- En résumé, nous avons la conviction que les essais et le fonctionnement normal de ces nouveaux paquebots les placeront au rang des plus perfectionnés et des plus confortables parmi ceux qui sont appelés à accomplir la pénible navigation de l’Atlantique nord. Quand les emménagements seront absolument terminés, après les essais, nous aurons sans doute l’occasion de compléter la description dont nous venons de donner les grandes lignes par l’indication des nombreux perfectionnements de détail réalisés sur ces paquebots; il sera intéressant surtout de faire connaître les résultats obtenus en ce qui concerne la coque et la machine.
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- LES SYNDICATS AGRICOLES
- Notre agriculture, si douloureusement éprouvée en ce moment, subit les tristes conséquences des errements économiques qui se sont perpétués depuis, des siècles. Car, bien que nous nous disions hommes de progrès, nous nous sommes faits les imitateurs serviles des régimes qui nous ont précédés, tout en critiquant leurs principes et leurs procédés.
- On a constamment, depuis un siècle, favorisé le commerce et l’industrie; quant au cultivateur, au lieu de prendre en main ses intérêts et de le protéger, on l’a accablé sous le. poids des impôts et, quand il s’est plaint du sort misérable qui lui éiait fait, pour toute réponse on a augmenté ses charges. De sorte que la terre a subi une dépréciation constante et que le fermier fatigue d’arroser de ses sueurs le sillon qui ne lui rapporte plus de quoi subvenir à ses besoins, va chercher ailleurs d’autres moyens d’existence et fuit vers les villes.
- Cependant, un lien puissant attache l’homme des champs à son berceau ; il aime d’un amour ardent le hameau où il est né et le lambeau de terre que lui ont légué ses ancêtres. Chaque site du paysage qu’il a si souvent parcouru lui rappelle un souvenir et parle à son cœur un langage mystérieux qui l’émeut. Il faut donc que sa misère soit bien poignante pour qu’il se décide à rompre tous ces liens sacrés, à abandonner ces lieux où il laisse souvent la meilleure partie de lui-même.
- L’isolement est l’une des causes principales de l’indifférence avec laquelle le pouvoir a constamment traité le cultivateur.
- Tandis que les ouvriers des villes sont en relations entre eux, échangent leurs idées et se solidarisent pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts, le rural, au contraire, vit à l’écart et souffre en silence. A peine échange-t-il avec son voisin quelques réflexions sur l’état des récoltes et sur les cours des marchés. On ne s’occupe pas de lui, on ne songe pas à lui rendre justice, parce qu’il reste muet ou que, s’il se plaint, sa voix isolée se perd dans le vide et ne parvient pas jusqu’aux oreilles des gouvernants. Pour obtenir justice, il faut crier fort et se faire craindre, et c’est pour cette raison que les 23 millions de citoyens attachés à la glèbe ont toujours été traités en parias.
- Il a fallu la crise actuelle pour faire comprendre à ceux qui sont chargés de la direction des affaires publiques qu'il y a quelque danger à négliger les intérêts de l'agriculture que Sully appelait la nourrice des nations, et à favoriser à ses dépens le mercantilisme et l’agio.
- Il n’y a qu’une politique véritablement féconde, c’est celle qui s’occupe avant tout de dégrever le sol et de le faire fructifier. Chercher la richesse ailleurs que dans une exploitation intelligente de la terre, c’est faire fausse route et courir à des déceptions et à des crises économiques et sociales comme celle que • nous traversons. Ceux-là se trompent qui considèrent la production comme étant le niveau de la richesse d’un pays. Une nation n’est riche qu’autant qu’elle consomme davantage. La consommation et la production sont les"deux termes d’un même problème économique.
- La première condition nécessaire pour que la consommation augmente, c’est que les produits
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- soient à bas prix et, ensuite, que tous les citoyens jouissent d’une aisance relative. Vivre mieux et à meilleur marché, tel est donc le but auquel doivent tendre tous les efforts des gouvernants.
- On a beau fabriquer et entasser les marchandises dans les magasins, elles y resteront éternellement si la masse des consommateurs, nous voulons dire les 3o millions de prolétaires qui forment la plus grande partie de la nation, végètent dans la misère.
- On a calculé que le sol de la France produit annuellement 12 milliards. Eh bien! nous pouvons affirmer que s'il était bien cultivé, il pourrait rapporter presque le double, au moins de 18 à 20 milliards.
- Mais au lieu de s’occuper de sa fécondation que fait-on ? On cherche des débouchés, c’est-à-dire des consommateurs à plusieurs milliers de lieues de la patrie, on dépense annuellement des centaines de millions à des travaux stériles et les 3o millions de Français affamés se serrent le ventre, en attendant, avec une résignation stoïque, qu’on veuille bien mettre un terme aux chinoiseries d’une politique étroite et basée sur l’égoïsme, pour s’occuper un peu de leurs intérêts.
- D’après certains économistes le sol cultivable de la France est.ainsi reparti :
- 38 % ou 1 5,ooo,ooo d'hectares à quelques milliers de grands propriétaires.
- 3r °j0 ou 12,400,000 hectares à quelques centaines de mille de familles.
- 3i °/o ou 12,400,000 hectares à cinq ou six millions de familles.
- Ces cinq ou six millions de familles, de soi disant propriétaires, ne tirent pas de leurs terres de quoi subsister ; ce sont donc, en réalité des prolétaires qui sont obligés de vendre leurs bras, de se louer pour gagner leur nourriture.
- En résumé, lus deux tiers du sol de la France sont possédés par moins de cinq cent mille propriétaires. Quanta l’autre tiers, il est ingratement cultivé par des millions de pauvres gens qui ne récoltent pas de quoi vivre.
- Nous avons dit que le sol produit environ 12 milliards annuellement. Sur ces 12 milliards 9 sont absorbés par la consommation et l’entretien de la population. Celle-ci s’élevant au chiffre de 36 millions d’habitants, cela fait o fr. 70 c. par jour et par individu. Mais, il faut déduire de ces o fr. 70 c. ce que chaque citoyen paie à l’impôt et à l’octroi. Que reste-t-il des o fr. 70 c.? Hélas! à peine de quoi acheter une livre de pain. Or, ce n’est pas suffisant pour soutenir les forces d’un homme qui se livre à un rude labeur quotidien.
- Et l’on s’étonne qu’il y ait tant de misérables et que les crimes contre les personnes et contre la propriété augmentent dans des proportions anormales et véritablement- inquiétantes- pour l’avenir!
- Cette constatation douloureuse est l’indice d’un mal social profond.
- Que fera' le malheureux ouvrier qui se trouve sans travail et sans crédit ? Il est réduit s’il ne veut pas mourir de faim à mendier ou à voler.
- Mendier ! la loi lui défend de tendre la main à la pitié de ses semblables.
- Voler! La prison l’attend et la prison devient presque toujours.pour celui qui y entre l’école-du vice et du crime ; il en sort plus corrompu et plus aigri contre la société.
- "Que fera-t-il alors ?
- Il faut donc qu’il meure, qu’il se suicide.
- Il a beau dire : J’ai des bras robustes, de l’intelligence, de la volonté , prenez tout cela et donnez-moi, en échange, un morceau de pain. On lui répond : ]e n’ai pas de travail à vous donner.
- Eh bien ! une société dans laquelle le travailleur, c’est-à-dire celui qui crée le bien-être et la richesse est réduit à un tel degré de misère, qu’il est obligé pour vivre de s’insurger contre la loi et de la violer, cette société-là est bien malade, car la justice et le bon droit sont du côté de ceux qui souffrent.
- Quand l’ouvrier des champs talonné par la misère abandonne le sillon et fuit vers la ville, il va le plus souvent grossir l’armée redoutable, des mécontents et des révoltés. Or, il est hors de doute que depuis quelques années cette armée fait chaque jour de nombreuses et importantes recrues. Ainsi, on a constaté que depuis le dernier recensement, c’est-à-dire en l’espace de cinq années seulement, le nombre des campagnards qui ont émigré dans les villes s’est élevé a plus d’un million et le mouvement s'accroît de jour en jour.
- Etienne Mansuy.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite./
- ( Voir le Moniteur du 25 avril 1886).
- Jusqu'à ces derniers temps, on avait beaucoup fait usage, dans la construction des salles de spectacle, de grandes colonnes supportant les divers
- étages de loges ou de galeries. Le goût a été longtemps à ce genre de décoration pompeuse présenté par la colonnade de style colossal. Le premier Empire et la Restauration en firent un abus déplorable. Ces monstrueuses colonnes prenaient une place considérable et bouchaient la vue à nombre de spectateurs. Grâce aux progrès de la construction métallique et à un virement du goût de notre époque, on est arrivé peu à peu à substituer le porte à faux par encorbellements, consoles, etc. au procédé de support direct des étages par cet échafaudage encombrant. Dans la plupart des théâtres, aujourd'hui on ne fait usage de grandes colonnes qu’avec réserve en de certains points de la construction pour produire uireffet décoratif, et quant à celles qui sont indispensables pour la solidité, on les dissimule le plus qu’il se peut et on les construit aussi minces que possible. En Italie pourtant, où le pourtour des théâtres est souvent uniquement composé de loges sur toute la hauteur, on a encore une série de colonnades dont l’aspect régulier n’a rien de gracieux.
- Il y a déjà longtemps que dans l’étude de la construction des salles de spectacle, on s’est élevé contre l’établissement des avant-scènes, ces loges d’où l’on voit fort mal et dont l’installation traditionnelle entraîne une disposition très défavorable pour un grand nombre des places de côté dans les théâtres. Il est évident que l’on ne parviendra à une réellement bonne installation générale qu’en les supprimant. Les places extrêmes de côté seront toujours relativement sacrifiées quoi qu’on fasse pour y remédier, mais on diminuera la quantité totale de mauvaises places par un mode de construction qui éloignerait quelque peu de la scène l’origine des galeries en laissant l’espace libre aux regards des spectateurs de côté. Avant le Châtelet on avait déjà construit des théâtres sans avant-scènes, mais le résultat obtenu dans cette salle par M. Davioud est un des plus satisfaisants qui aient été présentés.
- Pour le spectateur consciencieux et aimant ses aises, c’est à l’orchestre aujourd’hui que se trouvent les meilleures places. Longtemps, il n’en fut pas ainsi. On sait qu’à l’origine le parterre ne posséda pas de banquettes. Le public s’y tenait debout et les speetatèurs, placés près-de la scène, pousses, pressas, étouffés par la foule qui, au fur et à mesure, se massait, descendant la pente du plancher, Se trouvaient dans une pitoyable situation. Chose étrange, le public du parterre, fort turbulent d’ailleurs, jugeait agréable cette manière d’assister aux représentations et quand, en 1782, à la Comédie-Française, on installa des banquettes dans le parterre, il y eut tumulte et protestations,, si bien que le’ théâtre des Italiens qui avait vould suivre cet exemple y renonça et que le parterre resta encore longtemps debout dans cette salle, tandis qu’il était assis dans celle du Théâtre-Français (1).
- Le public moderne semble avoir conservé l’insouciance du confortable qui caractérisait nos pères à la façon bénévole dont il s’accommode, dans certains théâtres, de l’odieuse installation de l’orchestre dont les rangs sont si resserrés que la circulation de personnes un peu volumineuses y est d’une extrême difficulté. On a bien essayé de parer à cette incommodité par des dispositions de relèvement automatique de la banquette des sièges. Au Vaudeville notamment, il y a une installation nouvelle très ingénieuse, mais un peu compliquée comme mécanisme; il vous semble quand vous prenez votre place que vous vous asseyez dans une horloge.
- Mais la véritable défectuosité de l’installation de l’orchestre consiste dans la difficulté qu’il y a pour le public à s’en écouler et qui tient à l’insuffisance
- (i) On sait qu'en Italie le parterre proprement dit est encore debout. Cela tient à des mœurs et des habitudes toutes différentes des nôtres en ce qui touche la fréquentation des théâtres. Les lo^es sont souvent des propriétés de famille que chacun installe et’ arran ;e à sa guise. Pour celles qui sont à la disposition du public. 1 administration des théâtres en confie la clef à qui vient les louer. Il n'y a pas d'ouvreuses.
- Pour pénétrer au théâtre. 011 paye l'in grès.10 qui donne droit à la circulation. La porte du parterre est une large baie toujours ouverte par laquelle l'on voit le spectacle et l'on peut s'avancer dans un certain espace de la salle qui constitue ainsi le parterre. Il faut payer une taxe snpplémenta:re pour s'asseoir à l'orchestre ou pour louer une loge.
- des dégagements. Il y a bousculade à l'issue de chaque rang pour prendre place dans la file qui s’écoule par le mince passage laissé libre contre les baignoires. Ne pourrait-on pas établir une ou deux voies de circulation en même temps au milieu même de l’orchestre comme cela se fait pour le parterre dans quelques salles, et aboutissant a d’autres issues. On établirait au besoin des strapontins dans ces passages pour récupérer la place perdue, durant le spectacle.
- D’ailleurs, il serait fastidieux de rééditer tous les reproches justifiés qu’on a adressés jusqu’ici, sans obtenir de résultats sérieux aux incommodités de toute nature que présente l'installation mobilière générale des salles de spectacle. Emettons simplement le souhait qu’on vienne à les prendre enfin en considération et qu’011 s’occupe d’apporter à cet aménagement intérieur des perfectionnements qui, en l’espèce, ne demandent qu’un peu de bonne volonté de la part des directeurs de théâtres pour être accomplis.
- Une bonne acoustique est une des indispensables conditions auxquelles doit satisfaire une salle de spectacle. Malheureusement, jusqu’à ce jour on n’a pas à ce sujet de règles auxquelles on puisse se fixer pour arriver au résultat cherché. Il conviendrait d’étudier d’autant plus la question maintenant que la plupart des mesures qu’avait conseillées l’expérience doivent être proscrites par raison majeure. Ainsi on recommandait une calotte de salle en bois et les précautions à prendre contre l’incendie exigent au contraire une calotte-métallique. Le mur de pourtour très léger et en matériaux vibrants doit être remplacé par un mur épais pour le même motif. On sait que les anciens se servaient d’appareils qui procuraient une excellente acoustique à leurs immenses hémicycles à-ciel ouvert ; que ne s’ingénie-t-on à trouver des dispositions analogues correspondant aux conditions dans lesquelles on se trouve actuellement. Jusqu’ici l’on a opéré un peu au hasard et ce n’est qu’une fois la salle terminée qu’on s’aperçoit que-pour telle ou telle -raison l’acoustique y est fort défectueuse ; d’autre part on n’est pas parvenu à se faire une perception exacte du critérium des qualités réunies d’aventure dans une salle .dont la sonorité est sans défaut. Ainsi, l’acoustique,de la salle du Conservatoire est parfaite-, celle de l’Opéra-de la rue le Peletier était excellente, celle du nouvel Opéra est moins bonne, celle de l’Opéra-Co-mique est satisfaisante, celle de la salle du Troca . déro est exécrable.
- L’éclairage d’une salle de théâtre est généralement obtenu par l’emploi d’un grand lustre suspendu au plafond. On s’est beaucoup élevé contre l’usage de ce lustre. On lui reproche de produire-un appel d’air trop» puissant à la partie supérieure de la salle, de détourner ainsi les ondes sonores, d’être en même temps d’un éclat extrêmement fatigant pour nombre de spectateurs placés aux étages supérieurs et dont il gêne la vue. M. Garnier a éloquemment et même poétiquement pris la défense du lustre et expliqué que tous les reproches qu’on lui adressait devaient s’appliquer à sa mauvaise installation et non au fait même de son emploi. Il n’a pas convaincu tout le monde, notamment les spectateurs du dernier amphithéâtre de l’Opéra.
- Léon Gandillot:
- ÇA suivre.)
- LES LIVRES
- LXI
- Le Régiment de la calotte, par Léon IIknnkt, avec quatre gravures en fac-similé; — Paris, Jouaust, librairie des Bibliophiles.
- Qu’est-ce que peut bien être ce régiment de la calotte? se demandera plus d’un lecteur. Nul sans doute, n’ira cependant jusqu’à commettre l’erreur de ce libraire chargé de dresser le catalogue de la bibliothèque de Lamennais, qui classait sous la rubrique : Théologie, les Mémoires pour servir à l'histoire delà calotte ou de cet éditeur qui prenait pour l’œuvre d’un clérical les Lettres de l'abbé Galiani, qui fut aussi peu prêtre qu’un abbé peut l’être. Le lecteur le moins au courant de l’épisode de l’histoire de la littérature et des mœurs en France, que rappelle ce titre grotesque : le Régiment de la calotte se doute bien que, c’est là ‘un
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- 192. — Deuxième Année. — N° 7?.
- régiment beaucoup plus profane que sacré, et dont plus d’un membre doit sentir le fagot. Disons donc en bref ce que c’est que le régiment de la calotte, dont M. Léon Hennet a conte agréablement l’histoire, puisée aux sources par une curiosité consciencieuse et bien informée. Le régiment de la calotte est une association, une confrérie de railleurs, de frondeurs, de rieurs, qui s’amusaient à envoyer des brevets ironiques de dignitaires et de pensionnaires de l’ordre, à tous ceux qu’un travers marqué, un ridicule tenace, un scandale éclatant, une bévue extraordinaire signalaient à l’attention et à la malignité publiques. Le brevet était rimé parles beaux esprits du temps qui trouvaient dans l’institution et l’impunité, l’espèce d’inviolabilité qu’elle avait conquise des moyens commodes des occasions propices d’épancher leur bile, de vider leurs querelles, d’échanger des épigrammes, parfois réglées en monnaie de bois.
- Le brevet était accompagné d’une calotte de plomb, insigne de l’ordre, qui se composait de tous les gens dont le cerveau paraissait avoir besoin d’une calotte, d’une toque de plomb, en un mot de tous les toqués, toqués de la politique, de l’administration, du clergé, de la finance, de la robe et même de l’armée, mais surtout de la littérature.
- Le régiment de la calotte naquit d’une conversation et d’une plaisanterie, dans l’antichambre du roi Louis XIV, et eut pour fondateurs M. de Tor-sac, exempt des gardes du corps, Aymon, portemanteau du roi et plusieurs officiers de leurs amis. Les premières facéties de ce groupe de rieurs sceptiques, comme on le devient facilement dans le voisinage des grands et au service des princes, eurent un succès, contre lequel personne n’osa se fâcher, le souverain, qui ne haïssait point de se moquer des gens, ayant donné, par un rire auguste, son approbation à cette police du ridicule, qui le vengeait et le dédommageait de l’ennui, né bientôt à la cour de l’uniformité de la flatterie. Il y avait là une diversion amusante et les rois ne s’amusent pas tous les jours. L’autorité olympienne de Louis XIV ayant daigné rire, et s’étant par là désarmée, il fut de mode et de bon goût de laisser passer, parfois en faisant la grimace, les brevets ‘satiriques, qui continuaient, en petit, en frivole, en satires volantes, en pamphlets rimes, l’œuvre de Molière et de la Bruyère.
- De 1702 à 1752, pendant cinquante ans, le régiment de la calotte, gouverné tour à tour par M. de Torsac, par Aymon et par M. de Saint-Martin, vécut, railla, rima et sema dans les salons et dans les cafés ses brevets dont le recueil imprimé a eu cinq ou six éditions successives, et dont la collection de Maurepas contient deux volumes manuscrits et en partie inédits.
- Toute l’histoire •anecdotique de ce demi-siècle repasse et revit dans ce commentaire frivole et satirique des graves annales politiques, littéraires, académiques. Le régent, prince tolérant par système et par caractère, Louis XV dont la mélancolie se déridait à ces malices, prirent le régiment sous leur protection discrète, et empêchèrent l’ordre de succomber aux représailles ou aux intrigues de ses victimes.
- Si l’on veut bien considérer, d’une part, que les chefs de l’ordre, gens d’esprit et de belle humeur tout simplement, eurent la bonne idée de confier la rédaction de leurs brevets à des railleurs et à des rimeurs comme Roy, Gacon, l’abbé de Mar-gon, l’abbé Desfontaines, l’abbé de Grécourt, que Jean-Baptiste Rousseau, Piron et Voltaire, ne dédaignèrent pas de collaborer au Recueil, que nul événement marquant ne passa sans essuyer le feu de leur verve, qui censura tour à tour les scandales de la cour et de la ville, les excès de l’agiotage, les abus de la police, les ridicules du néologisme et de la préciosité, les querelles sorties de la bulle Unigenitus, les caprices de la tyrannie académique, on comprendra l’intérêt pour l’histoire anecdotique, littéraire, morale de xviiie siècle de cettecollection de brevets satiriques dont les traits parfois envenimés n’épargnèrent personne, ni individu, ni corps, qui firent pleuvoir leurs pierres dans tous les jardins, même celui de Versailles, non sans briser parfois quelques vitres du palais.
- Cette collection du régiment de la calotte a, pour cette histoire anecdotique dont nous parlons, l’importance qu’a celle des sottisiers et chansonniers Maurepas et Clérembault, pour le siècle de Louis XV, des Actes des apôtres, pour la Révolution, du Recueil des facéties qui porte le nom de Caylus et du Caveau.-. On a fait cette histoire et cette analyse du Recueil du Caveau, du recueil des Actes des apôtres. Mary Lafon a recueilli dans un livre curieux les principales épigrammes du Pasquin de Rome. L’histoire du régiment de la calotte était à faire. M. Léon Hennet l’a faite et bien faite et il faut lui en savoir gré. Il l’a faite avec des lacunes inévitables, et avec une rapidité un peu superficielle. 11 aurait pu corser ses analyses, citer davantage, profiter plus abondamment des sources, des documents imprimés et manuscrits, fouiller plus à rcnd ce journal de Mathieu Marais et cette correspondance inédite de Marais avec le président 'R hier, où il aurait retrouvé plus d’un épisode
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 6 Juin 1886
- de l’histoire du régiment qu’il a négligé. Il aurait pu insister davantage sur le régiment de la calotta au point de vue militaire, sur cette franc-maçonnerie des officiers subalternes qui s’est continuée et existe encore dans l’armée avec son impunité de fronde familière et de satire discrète. Il aurait pu rechercher ce règlement pour la calotte du régiment de La Fère, formulé par Bonaparte lui-même. Sur la calotte dans les régiments à la fin du xvme siècle, le Recueil intitulé : Paris, Versailles et les provinces au XVIIIQ siècle par Du-gast de Bois Saint Just, contient à ce propos des anecdotes caractéristiques. En somme, il a fait un livre intéressant, amusant, qui comble heureusement une lacune dans l’histoire anecdotique, littéraire et sociale du xvme siècle.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- CHINE
- Principaux articles d’importation. — Moyens a employer pour créer des relations commerciales avec la Chine.
- Le tableau des importations étrangères en Chine nous fait voir, écrit notre ministre résident de Belgique à Pékin, quels sont les produits qui ont trouvé un débouché important dans ce pays. En première ligne figure l’opium, qu’il ne faut citer que pour mémoire, mais'qui représente à lui seul le tiers de la valeur totale importée.
- Les articles étrangers qui pénètrent ici se partagent en quatre grandes catégories :
- i° Les tissus de coton, pour 140 millions de francs ; 20 les tissus de laine, pour 26 millions ; 3° les métaux, pour 3o millions ; 40 les articles divers que les statistiques anglaises comprennent sous le nom de sundries.
- Ce sont, ou des produits naturels dont l'importation est nécessairement réservée au pays d’origine, ou des produits manufacturés.
- 'Deux cent vingt-neuf maisons anglaises existent dans les différents ports de la.Chine ; elles entretiennent directement des relations avec leur pavs, et s’adressent exclusivement à lui pour fournir aux besoins du marché chinois. Il n’est guère facile de prévoir le cas où l’industrie anglaise ne pourrait pas répondre à toutes les demandes. Le négociant étranger, le Belge, par exemple, ne peut pas s’adresser à une maison anglaise qui, sauf quelques cas bien rares, trouvera des produits similaires en Angleterre. De plus, un préjugé assez naturel, et dont la force s’accroît à raison des distances, engage les maisons d’importation à s’adresser exclusivement à' la mère-patrie. A Pékin, il existe une sorte de magasin général qui se charge de toute espèce de fournitures. Il est tenu par un Danois. Il en résulte que les tables des résidents sont largement fournies.de beurre danois, de lait et de fromage de même provenance. Chaque colon étranger devient ainsi, indirectement, un importateur, au profit de la production nationale.
- Après les Anglais, ce sont les Allemands qui occupent la première place clans la colonie commercante. Il n’existe pas moins de soixante-trois mais'ons allemandes, alors que les maisons françaises ne sont qu’au nombre de quinze.
- L’importation allemande offre aussi le chiffre le plus considérable après celui de l’Angleterre. Les produits de l’Allemagne y figurent, naturellement, pour la majeure partie. Cependant, les Allemands sont moins exclusifs dans le choix des articles qu’ils se chargent d’offrir au marché chinois ; ils explorent le continent tout entier et, à défaut de produits nationaux, ils s’adressent volontiers aux industriels des pays voisins. Seulement, il ne faut pas l’oublier, l’industrie allemande s’est développée et se développe tous les jours davantage.
- Sitôt que la Chine s’est trouvée ouverte au commerce européen, les Allemands ont largement profité des facilités que leur offraient les traités. On les voit s’établir successivement dans les différents ports, s’emparer de toutes les branches du commerce de commission et fonder des maisons qui rivalisent aujourd’hui avec celles des Anglais.
- Les jeunes Anglais et les jeunes Allemands partent de bonne heure, pour être attachés aux maisons de commerce ; ils appartiennent généralement, par leur parenté ou leurs relations, à ces maisons elles-mêmes. C’est un temps de service qu’ils accomplissent en Chine.
- Ces jeunes gens, une fois débarqués, ne sont point abandonnés à eux-mêmes, ils ne tombent pas dans l’isolement, si fatal à l’étranger. Etroitement rapprochés de leurs compatriotes, ils retrouvent au loin l’esprit et même, dans une large mesure, l’existence de la mère-patrie. Dans la plupart des grandes maisons, ils vivent en commun, usage excellent qui les défend de la nostalgie, avec laquelle il faut compter. Après quelques années, un congé de longue durée leur est accordé. Si le chef de la maison, à son tour, retourne en Europe pour prendee quelque repos, il trouve bientôt auprès de lui des aides parmi lesquels, avec le temps, il choisit ses associés ou ses. successeurs. Grâce aux progrès des communications, grâce à
- l’aisance générale, le voyage d’Europe n’offre pour ces résidents ni de grandes difficultés, ni une trop forte dépense ; l’expatriation n’est pas un exil.
- C’est dans ces conditions excellentes que se sont établies les colonies commerçantes de la Chine.
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- LES THÉÂTRES
- Clôture annuelle.
- Edkn-Théatre. — Brahma, ballet en trois actes ei neuf tableaux, de M. Monplaisir, musique de M. Dall’Argine.
- Beaucoup de théâtres font déjà figurer sur leur affiche la mention consacrée : clôture annuelle. D’autres établissements se hâtent de terminer les représentations en cours pour fermer leurs portes à leur tour. Le théâtre est un plaisir d’hiver, l’été arrive à grands pas: plus de théâtres, c’est dans l’ordre des choses. Il est convenu qu’à partir du mois de juin, il fait tellement chaud dans les salles de spectacle qu’on ne saurait les tenir ouvertes. Encore n’est-il pas établi d’une façon bien nette qu’on y étouffe davantage au mois de juillet qu’au mois d’avril ; d ailleurs, si l’on voulait s’en donner la peine, on pourrait construire des salles d’une aération très suffisante pour qu’on y fût à l’aise dans la période des plus grandes chaleurs. C’est à de semblables idées que certains entrepreneurs se sont ralliés en s’avisant d’organiser des représentations pour la saison d’été. Malheureusement, la plupart de ces entreprises ne nous semblent pas très ingénieusement conçues. Lutter contre le préjugé et essayer d’attirer au théâtre, pendant la canicule, un public réfractaire, cela est hardi et mérite d’être approuvé ; mais la façon d’opérer est défectueuse. On nous annonce pour ces saisons d’été la sempiternelle reprise de vieux drames démodés ou de vaudevilles surannés et catarrheux. Pourquoi ne profite-t-on pas de ce que les fournisseurs syndiqués des théâtres abandonnent un peu la partie au moment des chaleurs pour faire l’essai de pièces nouvelles et d’auteurs inédits. Le public n’est pas si benêt qu’on veut le lui faire croire et il est susceptible de s’amuser franchement à des productions qui n’ont pas reçu l’estampille de la signature d’un auteur officiel. Il y a en effet des précédents ; on a joué en été des pièces qu’un directeur n’eût jamais consenti à monter en hiver et qui ont obtenu de grands succès. Comment se fait-il que ces exemples n’aient pas frappé.les entrepreneurs de spectacles ; pourquoi s’obstinent-ils à courir à la ruine en remontant, comme un.rocher de Sisyphe qui retombe éternellement, la vieillerie resassée dont l’indifférence du public a fait depuis longtemps justice. Du nouveau, du nouveau ! Pourquoi ne donne-t-on pas du nouveau en été ? Mystère et direction.'
- L’Eden étant affecté à un genre de littérature qui se goûte et se pratique en toute saison, reste ouvert et renouvelle son spectacle. On vient de nous donner Brahma, ballet à grande mise en scène. Est-il nécessaire de répéter pour les ballets ce qu’on redit pour les féeries depuis si longtemps : comment peut-on allier tant de pauvreté d’imagination, de poésie et de fantaisie à tant de richesse de décorations et de costumes?
- Il s’agit cette fois d’un dieu hindou qui a été expulsé du ciel, on ne sait trop à quel sujet. La critique est indulgente pour ce point de départ en faveur des faciles allusions politiques qu’il lui fournit. Quoi qu’il en soit, Brahma, expulsé, ne pourra rentrer dans le céleste séjour que s’il parvient à se faire 'aimer d’amour sincère, pour lui-même, par une fille de la terre. Heureusement que nous sommes sur la scène et non dans le pourtour de l’Eden ; Brahma rencontrera la jeune personne demandée. C’est Padmana, une ancienne prêtresse de Zoroastre, qu’un concours de circonstances malheureuses a réduite à devenir l’esclave d’un aubergiste indien. Enlèvement, péripéties, charge de cavalerie au deuxième tableau, batailles, danses variées, changements à vue, projections de-lumière oxhydrique et nous arrivons à cet instant palpitant où Brahma, condamné à être brûlé vif, voit la fidèle Padmana se précipiter dans ses bras pour mourir avec lui sur le bûcher. La condition draconienne imposée à Brahma par ses persécuteurs est réalisée. Brahma remonte au ciel et invite Padmana à s’asseoir à ses côtés sur son trône glorieux .
- Madame Adelina Rossi, extrêmement belle et gracieuse femme, danse et mime le rôle de Padmana avec, un mélfange d’énergie sauvage et d’élégance étrange, d’un grand charme. MAL Monti et Saracco sont très convaincus et manifestent beaucoup d’intelligence. Malheureusement, la mimique pour homme est un art peu en faveur de nos jours et on semble lui faire suffisamment d’honneur quand on ne la trouve pas absolument ridicule.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. I£. ArtrtAUL T e Ci®, rue de la Préfecture, G
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 13 Juin 1886.
- NUMÉRO 76.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. L’Exposition ouvrière ; 3. L’Exposition coloniale et indienne de Londres ; 4. Le Salon de 1886 ; 5. Situation économique en France ; 6. Echos ; 7. Le charbon en France; 8. Les embellissements de Paris ; 9. Les syndicats agricoles; 10. Histoire auecdotique de la presse en France; 11. Le théâtre à l’Exposition de 1889; 12. Les livres; i3. Avis ministériels; 14. Les théâtres; i5. Les grandes manufactures.
- Nos lecteurs trouveront encartée dans le présent numéro une planche représentant le plan, l’élévation principale, la tour et l’élévation de l’exposition coloniale, du projet de M. Formigé.
- Dans notre prochain numéro, nous donnerons les plans et façades de MM. Dutert et Eiffel.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- M. Teisserenc de Bort, chargé parla commission du Sénat de faire le rapport sur le projet de loi relatif à l’Exposition universelle, le déposera d’ici peu de jours. La commission l’a prié de hâter autant que possible son travail. Ce projet adopté par le Sénat ne diffère que sur un point du projet voté par la Chambre, celui de la gratuité des emplacements que la commission du Sénat voudrait voir dès maintenant décidée.
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- L’EXPOSITION OUVRIÈRE
- L’inauguration de l’Exposition internationale ouvrière, organisée par les chambres syndicales exclusivement ouvrières, a eu lieu dimanche dernier, à dix heures, aux Champs-Elysées.
- Cette Exposition est installée dans la partie où se trouve le pavillon de la Ville de Paris, derrière le palais de l’Industrie et dans un grand hall en charpente de 40 mètres de longueur sur 12 mètres de façade.
- C’est dans ce hall qu’a eu lieu la cérémonie d’inauguration, sous la présidence de M. Herbinet, prési -dent des chambres syndicales.
- Cent cinquante personnes environ étaient présentes, parmi lesquelles on remarquait plusieurs membres du conseil municipal:
- Le secrétaire de la commission exécutive a pris le premier la parole et a fait part à ses auditeurs des conditions dans lesquelles a été faite cette exposition, dont le but est de faire une expérience du collectivisme industriel et de montrer ce que les syndicats ouvriers, organisés en corporation, étaient capables de faire : les exposants sont tous des travailleurs syndiqués.
- Nos lecteurs se souviennent que, pour encourager cette tentative des ouvriers, le conseil municipal de Paris a voté une subvention de 15o,ooo francs, et a aussi permis aux syndicats d’acheter des matières premières et défaire face aux dépenses générales.
- M. Hovelacque, président du conseil municipal, a pris ensuite la parole.
- On s’est rendu ensuite dans le pavillon de la Ville de Paris pour visiter l’Exposition : le centre est occupé par les travaux des pupilles de la Ville et
- ceux des élèves des écoles de Montevrain et de Villepreux.
- L’installation est loin d’être terminée; nous espérons cependant que, dans notre prochain numéro, nous pourrons’donner un premier aperçu de cette exposition, qui promet d’être intéressante à plusieurs points de vue.
- L’EXPOSITION COLONIALE
- ET INDIENNE
- DE L03NTDEES
- (Par notre correspondant spécial.)
- Cette exposition est installée au Royal Horticul-tural Gardens South Kensington, sur le même emplacement occupé les années précédentes par les expositions de l’hygiène, de la pisciculture, et des inventions, mais son organisation est toute différente et ses bâtiments couvrent une surface beaucoup plus grande.
- L’exposition coloniale est sous la direction d’une commission royale dont les membres ont été nommés par la reine et dont la partie exécutive est composée de la manière suivante :
- Président effectif
- Son Altesse Royale le p;ince de Galles.
- Secrétaire
- Sir Philip Cunliffe Owen (ancien commissaire de la section anglaise à l’Exposition de Paris 1878).
- - Président du comité des finances
- Sir John Rose.
- Censeurs
- MM. Loveloch et Whiffin, experts-comptables et assermentés.
- Conseil honoraire
- Sir Richard Webster, membre du Parlement.
- Chef du contentieux
- M. Kingsford, notaire, avoué.
- Président du comité de l'éclairage électrique
- Sir Frédéric Abel.
- Secrétaires-adjoints
- M. Edward Cunliffe Owen.
- M. J.-B. Royle (attaché à l’Inde).
- Agent officiel de l’Exposition
- M. J.-R. Sommars Vine.
- La commission royale se compose de 120 membres, parmi lesquels se trouve 16 des princes indépendants de l’Inde Anglaise et plusieurs d’entre eux ont promis de venir visiter la capitale avec une suite nombreuse.
- Voici la liste complète des colonies qui se trouvent représentées à l’Exposition ainsi que les noms de leur commissaire respectif.
- Le Canada. — Sir C. Tupper.
- La Nouvelle-Galles du Sud. — Sir Alexander Stuart.
- Victoria (Australie). — L’honorable Graham Berry.
- IJ Australie du Sud. — Sir A. Blyth.
- Queensland (Australie). — L’honorable J.-F. Garrick.
- La Nouvelle-Zélande. — Sir F.-D. Bell.
- Les îles Fiji. — L’honorable J.-L. Mason.
- Cap de Bonne-Espérance. — Sir C. Mills.
- Natal. — Sir W.-C. Sargeaunt.
- Sainte-Hélène. — Lieutenant-colonel E. Palmer.
- Ile de Ceylan. — M. Birch.
- Maurice. — M. T.-A. Despaissis-
- Penang-Singapore. — M. F.-A. Swettenham.
- Hong-Kong. — Le secrétaire de la commission, royale.
- Bornéo. — Sir R. Alcoolc.
- Guyane anglaise. — M. G.-H. Hawtayne.
- Indes occidentales. — M. A.-J. Adderley.
- Colonies de l’Ouest africain. —1 Sir James-Marshall.
- Malte. — Sir V. Houlton.
- Chypre. — M. Hamilton Lang.
- Iles Falkand. — Le secrétaire de la commission royale.
- Empire indien. — Le secrétaire de la commission royale.
- L’Exposition a été ouverte le 4 mai et durera environ six mois. — La commission royale laisse les gouvernements coloniaux entièrement libres pour le classement de leurs collections.
- Les emplacements sont absolument gratuits et la force motrice et l’eau sont fournies aux exposants qui en ont fait préalablement la demande. Les commissaires exécutifs nommés par leurs gouvernements respectifs ont un contrôle absolu sur l’organisation de leurs produits.
- L’Exposition ouvre à 10 heures du matin et ferme à 10 heures du soir, excepté le mercredi, qui est le jour fashionable, où l’on accorde au public une heure de plus.
- Le prix d’entrée pour chaque jour de la semaine (excepté le mercredi), est de un schelling (un franc vingt-cinq centimes) et pour le mercredi deux schellings six pences (trois francs dix centimes.)
- Des cartes d’abonnement pour toute la durée-de l’Exposition sont délivrées au prix de :
- 5o francs pour une personne.
- y5 francs pour deux personnes.
- L’exposition communique avec la station du Métropolitain à South Kensington station par un tunnel très bien aéré, dont les parements sont faits en briques blanches émaillées, et il est éclairé par la lumière électrique. En temps de pluie, ce tunnel est d’une très grande commodité pour les visiteurs qui peuvent venir du chemin de fer au guichet de l’exposition, sans avoir à traverser la rue.
- A chaque station du Métropolitain on vous délivre, si vous le désirez, un billet qui comprend le prix du parcours et en même temps celui de l’entrée à l’exposition.
- Les facilités de communication, soit par chemin de fer, omnibus, ou voiture de place (Handsome Gabs) sont tellement grandes, que je puis constater que samedi dernier au moment où 25,000 personnes sortaient de l’exposition, j’ai trouvé, à la sortie principale, des omnibus à moitié vides et que j’ai même attendu quelques minutes avant que celui dans lequel je me trouvais ne se soit trouvé au complet !
- Paul Dejoux.
- (A suivre)
- LE SALON DE 1886
- (Suite.)
- Cabanel. — Portraits du fondateur et de la fondatrice de l’ordre des petites sœurs des pauvres. 'Si l’éminent artiste était encore à juger, il faudrait employer pour son envoi de cette année les formules les plus laudatives. Jamais, en effet, la vérité et le fini n’ont été plus brillamment réunis que dans les deux admirables portraits qu’il expose. Voyez comme l’austérité n’élimine pas la bonté sur les traits du vénérable fondateur de l’ordre, assis dans son humble cabinet de travail ; contemplez la perfection du visage mat, mais empreint d’une exquise douceur, de la fondatrice. Cette dernière œuvre surtout, d’une touche étonnante, est incontestablement d’une supériorité remarquable et supprime, selon nous, toute discussion.
- Gervex. — La Femme au masque. L’amusette que l’excellent peintre de Rolla a cherchée en fai-
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- 194- — Deuxième Année. — N° 7G.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- sant sa Femme au masque a peut-être nui près des amateurs bénévoles à l’étude approfondie de l’ouvrage exposé et je suis convaincu que beaucoup de gens n’ont admiré que superficiellement cette toile, l’une des plus réussies de M. Gervex, pour se livrer avec plus d’attention à la minime satisfaction de savoir par quel secret d’état le visage du modèle était masqué. Il y a là cependant une vigoureuse étude de nu dans la meilleure manière de l’artiste, des chairs grasses en pleine couleur d’une verve absolue. Le peintre, qui est à ses moments de loisirs un joyeux compagnon, a voulu se donner la satisfaction d’un petit « pétard » de rapin, d’une charade pour les « bourgeois ». D’où le masque. Il a, parait-il, réussi; tant mieux si cela lui a causé quelque pinte de bon sang. Mais sa peinture vaut beaucoup mieux que sa plaisanterie ne pourrait le laisser entendre.
- Beaumetz — L'Appel suprême. Les premiers coups de canon. M. Beaumetz a décidément pris rang parmi les plus distingués de nos peintres militaires. Ses deux épisodes des combats de Cham-pigny, 3o novembre et 2 décembre 1870, ont ce brio poignant qui séduit autant par les qualités incontestables de la couleur et du dessin, que par le choix douloureusement vrai du sujet.
- Besnard (Albert). — Portrait de Mmc R. J... Une fantaisie de douce gaieté. C’est la lutte sur un même sujet de la clarté lunaire et de la lumière provenant des salons voisins éclairés pour une soirée. Flanquée à gauche et à droite de ces deux lueurs, Mme R. J... ainsi posée à sa terrasse subit l’expérience curieuse tentée par le peintre pour fondre une lumière brillante et vive avec une lumière crue. La jeune femme y a mis vraiment une aimable complaisance. Il en est qui aiment à être battues.
- Connerre. — Portrait de Louise Théo II est bien pimpant et bien réussi ce portrait de la charmante divette. Gracieusement campée en jupon court, la main doucement posée sur la hanche, le sourire aux lèvres, elle semble souhaiter la bienvenue à ses nombreux amis. La grâce du modèle a parfaitement inspiré l’artiste.
- Roll. — Portrait de M. Damoye. Ma foi, je manque d’enthousiasme pour ce motif que d’aucuns admirent. C’est bien chargé, bien apprêté, bien voulu. Qui veut trop prouver ne prouve rien et j’aurais préféré plus de naïveté.
- Brouillet. — Le Paysan blessé. Une bien vigoureuse et bien naturelle étude. Le malheureux blessé porté par deux camarades reçoit les premiers soins de deux bonnes femmes qui l’accueillent à l’entrée de la maison pendant qu’une autre, la vieille mèreévidemment, pleure, le visage caché dans ses mains. L’attitude de cette dernière est peut-être légèrement calme devant le malheur qui la frappe. Selon toute vraisemblance elle devrait se précipiter sur le corps de l’homme qu’on apporte au lieu de rester banalement sur le seuil à verser des larmes.
- Pelouse. — L’Ilot aux oies. Le Plateau de la Montjoie. Deux excellents paysages pleins de lumière et de saveur.
- J. Lefebvre. — Portrait de Mm% T... De la facture rien à dire comme bien vous pensez. Mais sapristi, je défie bien Mmc T... de tenir cinq minutes sur sa hanche la main droite ainsi recourbée sans être prise d’une épouvantable crampe. Essayez un peu vous-même pour voir, cher maître, ce petit exercice de dislocation.
- Kæmmerer. — Calendrier républicain. Un peu maniéré, mais si gracieux.
- Je citerai encore les paysages de MM. Bonnefoy: La fin d’une belle journée ; Harpignies : Saules et Aulnes; Busson : le Village de Lavardin ; Yon : les Pécheurs de grenouilles ; Sédille : la Marre aux bécasses; Damoye: Soleil couchant; etc. Et les marines de M.Mazure: la Pointe de Granville; Haquette: Un homme à la mer ; Lansyer: Oues-sant; Renouf: En dérive; Mesdag: Arrivée; etc.
- Sculpture
- Paul Dubois. — Le Connétable de Montmorency. Cette statue équestre est assurément d’une grande allure. Il y a de la dignité dans la pose du cavalier et une rude hardiesse de forme dans l’exécution de sa monture. Le statuaire demeure toujours impeccable dans son travail.
- Guilbert. — Etienne Dolet. Daphnis et Chloé. Le sévère et le plaisant; M. Guilbert touche avec le même talent au sacré et au profane. Son Etienne Dolet ne sera pas l’une des moins belles œuvres de nos places publiques, cette victime de l’ignorance est bien campée et tient encore tête a ses adversaires qui l’envoient au martyr. Le charmant groupe en marbre de Daphnis et Chloé est assurément d’une délicieuse conception. 11 y a de la passion naïve dans le baiser qu’échangent les deux amants et le groupement en est très ingénieux.
- Saint-Marceaux. — Danseuse arabe. Beaucoup de délicatesse et une savante étude des courbes, dans ce plâtre d’une finesse extrême et d’une nudité épicée.
- Paul Fournier. — Léda. Ophélie. Il y a une vigueur peu commune et un tempérament certain dans les deux marbres présentés par le jeune sculpteur. Si sa Léda n’exprime pas la passion exagérée qu'on a coutume de lui prêter, voyez comme les
- Dimanche ii Juin 1SS6Ô
- lignes en sont étudiées et quelle richesse de formes elle possède. Quant à son Ophélie d’une pose excessivement habile, quelle étude absolue de la physionomie, comme l’expression en est adroitement perdue dans le vague d’une douce rêverie démente. M. Paul Fournier doit certainement attirer l’attention par la nervosité de son talent de premier ordre, qu’on y songe bien.
- Croisy. —Le général Chanqy. Cette statue, qui doit être érigée dans les Ardennes, est le produit d’une souscription publique. Il y a certainement de l’énergie dans l’attitude du vaillant soldat, mais je n’y retrouve pas l’élan que j’avais remarqué dans le soubassement du monument au même général destiné au Mans et exposé l’an dernier avec la statue de M. Crauk. Celle actuelle de M. Croisy est d’un ensemble un peu mastoc.
- Delhomme. — Louis Blanc. Même remarque. Avec une grande ressemblance, le personnage est lourd et écrasé par sa dimension même.
- Chatrousse. — Jeanne d’Arc. Les statuaires abusent un peu du sujet, mais il faut leur pardonner en faveur de l’intention. L’héroïne française a trouvé en M. Chatrousse un interprète excellent, et l’expression inspirée de la physionomie est réussie sans conteste.
- Falguière. —’ Bacchantes. Un bien joli groupe, d’une hardiesse de contours parfaite. Et p'our revenir aux choses de la terre un très bon buste de Coquelin cadet.
- Crauck. — Edmond About. Cette statue est destinée au tombeau de l’éminent écrivain ; elle est d’une finesse de reproduction qui fait le plus grand honneur à son auteur.
- Amélie Colombier. — Bustes de MUe Hadamard et de M. Arsène Houssaye. Deux fort jolis marbres qui témoignent d’un talent très personnel et d’une réelle sûreté de main.
- Dalou. — Projet de monument à Victor Hugo. Ce tombeau destiné à être érigé au Panthéon, bien qu’à l’état de maquette, est d’un grand sentiment ; la poétique s’y marie très artistement avec la réalité et forme un tout infiniment décoratif.
- Alfred Boucher. — Au but. Très intéressants, ces coureurs qui se pressent pour toucher le but; une saine vigueur dans ces muscles et dans ces corps bien découplés. Très bon plâtre.
- Caïn. — Lionne rapportant un sanglier à ses lionceaux. Si je ne craignais de commettre un pléonasme, je dirais que le merveilleux animalier s’est surpassé dans cet admirable groupe.
- A citer encore : MM. Pevnot : Pro patria ; Michel: Circé; Marioton : Ondine; Franceschi : la Fortune; Fremiet -.Chiens courants; Longepied : l’Immortalité ; Madrassi : Hercule et Omphale ; Astruc: Mars et Vénus; Louis Moreau: Sylvain jouant avec un faune; Ferrary: Mercure et' l’Amour ; Godebski : Persuasion ; Sarah Bernhardt : Buste de Miiù...; Doublemard : Bustes de MHo Dudlay et de M. Laroche; Le Duc : Harde de cerfs écoutant le rapproché, etc., etc.
- Alfred Delilia.
- SITUATION ÉCONOMIQUE
- DE LA FRANCE
- Nous croyons devoir signaler à l’attention des esprits studieux un document que le ministère du commerce et de l’industrie vient de faire paraître dans les Annales du commerce extérieur, sous le titre de Situation économique de la France.
- Ce document établit, d’après les sources officielles, la situation des diverses branches de notre activité économique, pour toutes les années de la période républicaine en regard des résultats similaires de l’année 1869. On peut puiser dans cet ouvrage des enseignements de nature à donner du courage à ceux qui sont le plus enclins à s’alarmer. Nous reviendrons sur certains faits bons à être mis en lumière. Aujourd’hui nous nous bornerons à comparer nos exportations de 1869 à nos exportations de 1884. En voici la répartition entre les divers continents :
- 1869 1884
- Exportati ons de France. Millions de francs.
- Pour l’Europe . . 2.304 2 346
- — l’Amérique . . . . 52 3 63q
- l’Afrique . . 218 2 I 3
- — l’Asie • • 2/ 28
- — l’Océanie . . 3 7
- Totaux. . . 3.075 3.233
- Ainsi, malgré la perte de nos provinces de l’Est dont l’industrie était si, florissante, nous constatons, en laveur de 1884, une augmentation de 1 58 millions de lrancs.
- Mais il ne faut pas perdre de vue que cette évaluation de notre commerce en numéraire est loin de représenter d’une manière complète le développement réel de nos transactions avec les pays étrangers. Si l’on comparait entre elles les quantités de marchandises vendues au dehors, au lieu de n’en considérer que la valeur, les résultats de cette comparaison seraient, en effet, bien autrement fa-
- vorables à ces dernières années. C’est que le prix des matières premières s’étant amoindri de plus en plus, notamment les .matières que nous empruntons à l’étranger (la soie par exemple), le prix de nos produits fabriqués a dû baisser en conséquence, et que pour une même somme d’argent en matière première, nous pouvons faire sortir de nos manufactures beaucoup plus de marchandises qu’autrefois, en donnant ainsi plus d’activité à notre travail national et d’expansion à l’écoulement de nos produits.
- Pour ne parler que de la soie, voici quels étaient les prix de cette matière première en 1869 et 1884 :
- 1869 1884
- Prix du kilogramme.
- Soies en cocons..............26 f. » 11 f.
- Soies écrues grèges..........66 » 38
- — —• moulinées . . . q5 » 52
- Bourre en masse.............i5 » 10
- — peignée et cardée . . 20 fo 16
- filée...............44 2 5 20
- Diminution moyenne d’environ 5o 0/°.
- Sans nous appesantir outre mesure sur ce fait caractéristique, disons qu’en présence de la baisse de la presque généralité des produits, il n’est pas surprenant que, évalué en numéraire, notre commerce d’exportation n’offre pas plus de 158 millions de francs d’augmentation en 1884 par rapport à 1869.
- Un ancien ministre du commerce, M. Teisserenc de Bort, sénateur et président de la commission des valeurs de douane, dont la haute compétence est bien connue, disait récemment ceci dans un rapport très remarquablement étudié sur nos industries : « Rien n’autorise à penser que le travail français ait rien perdu de son énergie, de sa vitalité, et nous pouvons attendre l’avenir avec une confiance que les faits se chargeront de confirmer. »
- Eugène Minot.
- ÉCHOS
- Paris
- Le congrès des architectes français s’est réuni hier lundi dans l’après-midi à l’Ecole des beaux-arts, sous la, présidence de M. Bailly, membre de l’Institut. Après une conférence de M. Moyaux, sur l’architecture au Salon, le congrès s’est fendu à la synagogue de la rue de la Victoire qu’il a visitée. Le congrès a duré'jusqu’à samedi et a tenu séance tous les jours. Il a visité les ateliers d’un chimiste mozaïste, l’abbaye et l’hôtel de ville de Saint-Denis, le chantier de la Sorbonne, les Catacombes et le Panthéon et jeudi, il a dû faire une excursion à Troyes.
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- Par arrêté du 17 mai, le ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts a décidé quelles seraient, les commandes de peinture à exécuter pour la décoration de la nouvelle Sorbonne.
- Le choix des artistes et des sujets a été fait, d’après les propositions de l’architecte de la Sorbonne et avec l’approbation du vice-recteur de l’Académie de Paris, par le comité des travaux d’art, composé de MM. Kaempfen, Etienne Arago, Philippe Burty, Charles Yriarte, Lafenestre, Paul Mantz, Poulin, de Ronehaiid, Roger Ballu, Dayot.
- Ces. commandes ont été réparties ainsi qu’il suit :
- Grand amphithéâtre (hémicycle) : M. Puvis de Chavannes.
- Grand amphithéâtre (médaillons de coupole) : M. P.-VrGalland.
- G ra 11 d s escaliers: MM. Flameng et Chartran.
- Salle du conseil académique : M. Benjamin Constant.
- Salle Saint-Jacques : M. Lerolle.
- Salle Sorbonne : M. AVencker.
- Grande salle à manger : M. Cazin.
- Salle des commissions A. : M. L’hermitte.
- Salle des commissions B. : M. Roll.
- Salle à manger du recteur: M. Raphaël Collin.
- Salle des actes (Faculté des lettres) : M. Duez.
- Salle des actes (Faculté des sciences) : M. Merson.
- Petit salon du recteur, M. Clairin.
- M Puvis de Chavannes devra faire une composition unique avec groupes consacrés à la poésie, à l’éloquence, à l’histoire, à la philosophie, d’une part; aux principes de la science, puis aux applications de la science traitées d’une façon très synthétique, d’autre part ; le centre serait occupé par un motif que l’artiste aurait à préciser.
- Pour les grands escaliers, M. Flameng aurait à traiter comme sujet les fastes da la Faculté des sciences.
- Dans la salle, du conseil académique, les sujets que M. Benjamin Constant doit étudier sont : pour le panneau central, cinq ligures personnifiant les cinq facultés ; panneaux latéraux : les lettres d’un côte, les sciences de l’autre ; panneau en retour :
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- Deuxième Année. — N° 76.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche i3 Juin 1 SS5.— io5.
- dans l’un, Promèthée enchaîné, dans l’autre Pro-méthôe délivré.
- Quant aux autres parties des nouveaux bâtiments, les artistes sont invités à s’entendre avec le vice-recteur et avec l’architecte pour la composition do leurs sujets.
- Nous avons relevé sur l'Officiel que M. Zacharie Marchand, ouvrier en instrumentsde musique, a reçu une médaille d’argent, pour 42 années do de stabilité dans la maison Antoine Courtois ^et Mille, Mille successeur, 88, rue des Marais-St-Martin, à Paris.
- Cette maison, qui date de 1803, est la plus ancienne et celle qui a obtenu le plus de premières récompenses aux expositions universelles, et l’année dernière encore, l’exposition universelle d’Anvers lui a décerné un diplôme d’honneur, et celle de Londres, une médaille d’or, pour tous ses instruments en général.
- Elle fournit les Beaux-Arts et les conservatoires do Paris et des départements.
- Y Y
- L’utilité des annuaires 11’est plus à démontrer. Voici que notre Bottin fait école. Nous venons en effet de recevoir le premier exemplaire de l’annuaire général d’Italie, qui s’est visiblement inspiré de l’œuvre créée par les Bidet, et qui est officiellement patronné parle gouvernement italien. Nous croyons rendre un véritable service en signalant l’existence de cette publication, à tous ceux qui ont des renseignements à y puiser.
- A Paris, l’ouvrage se trouve chez Castelli, 5, rue Lamartine.
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- Départements
- La Société des Amis des arts de Seine-et-Oise ouvrira le dimanche 11 juillet prochain sa trente-troisième exposition.
- Les envois, aller et retour, de Paris à Versailles, sont à la charge de la Société, pourvu.que les ouvrages soient déposés, du 14 au 26 juin inclusivement, à Paris chez Guinchard et Fourniret, 11, rue Lepic. L’exposition aura lieu dans les salles du puisée de Versailles et clôturera le dimanche 3 octobre au soir.
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- Une exploration archéologique qui vient d’étre faite à Caudebec-lès-Elbeuf, sur l’emplacement de l’antique Uggate, a amené la découverte de-sépultures remontant aux deux premiers siècles et consistant en urnes, contenant des cendres, en bouteilles, amphores, vases d’offrande, biberons, le tout en terre blanche, brune ou noire, et quelques objets de bronze. Ces fouilles étaient dirigées par M.' Drouet, de la commission des antiquités de la Seine-Inférieure, assisté de M. Bruet, bibliothécaire de la ville d’Evreux, et de M. Gouellain, vice-président de la Société des amis des arts de Rouen, membre de plusieurs sociétés savantes.
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- Une exposition de peinture et sculpture, sous la présidence de M. Bourdeille sera ouverte le 27 courant, au casino de Bougival. S’ad. à M. Guiraud, 26, rue Fuyanet.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Le Comité local provisoire de l’exposition nationale de Berlin (1888) a adopté les conclusions suivantes de la Commission d’administration et ratifié les propositions et demandes dont voici le résumé.
- Les dépenses sont évaluées au chiffre de 8 millions de marks, soit environ 9 millions de francs ; les recettes à 3 millions cinq cent mille marks.
- Pour couvrir la différence, les présidents de la commission,MM. deForckenbecketMendelssohn, se sont adressés au chancelier de l’empire, prince de Bismarck, pour obtenir qu’une subvention gratuite de 3 millions de marks fût accordée à Pentreprise sur le budget impérial. Le Comité a décidé en outre de déposer sur le bureau du conseil municipal les deux propositions suivantes :
- 1° Concession définitive par les autorités municipales du Treptow-Park, comme emplacement, à charge, pour les concessionnaires, de rendre les fieux°en l’état, après la clôture de l’exposition.
- 2° Note, en faveur de l’entreprise d’une subvention municipale de deux millions, étant donné que les crédits demandés au gouvernement soient accordés.
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- Les artistes de Stuttgart, réunis pour la première fois en association, ont ouvert le mois dernier une exposition générale des beaux-arts dont le succès a été très vif.
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- Y Y
- Une autre exposition artistique, formée d’œuvres d’artistes modernes, empruntées aux collections particulières, a été inaugurée dans la même ville, le 28 mai dernier.
- Les œuvres exposées, très nombreuses et fort intéressantes, se décomposent comme suit : 368 tableaux, 80 aquarelles, grisailles, pastels ou dessins et quelques morceaux de sculpture.
- États-Unis
- La soixante et unième exposition annuelle de l’Académie nationale de dessin (New-York) a été clôturée le 15 mai dernier.
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- Italie
- Une exposition internationale de scierie, mécanique est organisée à Foggia (Italie méridionale).
- L’ouverture est fixée au mercredi 20 octobre, la clôture au mardi 30 novembre 1886.
- Toutes les communications doivent être adressées à la Commission de l’Exposition qui s’occupe de l’organisation des concours auxquels prendront part tous les exposants.
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- Suisse
- On organise à Genève, pour le courant de l’année 1888, une exposition générale pharmaceutique. Cette exposition serait internationale et aurait une durée de six mois.
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- • LE CHARBON EN FRANCE
- La question des mines étant à l’ordre du jour, nous croyons intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs le tableau suivant :
- CONSOMMATION EN FRANCE Quantités Tonnes 24.657.530 24.472.100 24.144.500 24.555.300 25.332.100 28.846.300 29.444.900 31.024.000 32.439.300 30.941.400 275.858.030 27 585.803
- COMBUSTIBLES MINÉRAUX provenant des mines étrangères Quantités Tonnes 7.903.000 8.222.000 7.807.000 8.080.000 8.815.000 9.893.000 9.761.000 10.529.000 11.234.000 11.012.000 O O O O 0 lO iO 02 01 ce ce ce ce ce
- ÜJ / <1> . H- t -V Z . 5 i u * s “ > « U.sS c s g \ » § 0 1 £ =•> 0 <u r- 0 ^ m 1- cm r- iOOOXthOOC WCtH OTfCQMiH-HHTHHH CMCMCMCMCMGMCMGMCMCM 22 51
- PRIX IYI0YE1 PAR '1 sur ie carreau des mines fr. c. eocoiOiCco-^cooDOco Ci co 0 tF Ci r- -Gt1 co 0 00 io >0 -o* co cm cm cm cm cm cm t-ht-Ht— HrtrHrtrHi—1 rH 13 41
- S MINÉRAUX INES FRANÇAISES Valeurs francs 270.201.185 262.212.104 236.236.161 228.300.188 221.325.669 246.687.143 245.791.577 254.622.505 266.750.246 246.815.545 C7$ 02 02 ce ce oi Ol ^ 'T* 0 ce ce ce T'-^ 02
- COMBUSTIBLE EXTRAITS DES M Quantités tonnes OCOCiOCi'^COH^'THTTH ^VIMtHI-OOOOOCh CO 7* ,0 Ci Ci -O Ci I- oc .c CTHTfOC-HiGCOCOM iOCCCthOCOOGN C.thXCthCCÎ-OCCO T~-1 v**H ( r“H T-H v"^ CQ 02 02 186.023.361 18.602.336
- ANNÉES c 0 r- co Ci 0 t-h cm et h+i i-i-i-r-r-oOQOooocQO QCococooooQOococcccc T-^-rHrHTHTHT-H-^HT—(t-Ht-H Totaux. . Moyennes.
- L’examen de ces chiffres nous permet d’établir les données suivantes :
- Différence entre la production et la consommation :
- En 1875... — 7.700.690 de tonnes En 1884... — 10.917.886 de tonnes Rapport de la consommation à la production :
- En 1875 .................. 1-468
- En 1884 .................. 1.545
- Rapport de la production à Vimportation :
- ^ En 1875.................... 2.146
- En 1884 ................ 1.819
- Di fférence entre la consommation d’une part et la production iointe à Cimportation d'autre part :
- En 1875......-h 202.310 tonnes
- En 1884......— 94.114 tonnes
- Nous vovons en outre qu’en 1884 on a produit 3.066.674 de tonnes de plus qu’en 1875, tandis que l’on a consommé 6.283.070 de tonnes de plus.
- L’augmentation de la consommation est de \/5 environ, tandis que la quantité de force (chevaux-
- vapeur), a presque doublé.
- Ainsi pour l'industrie privée, les bateaux, les chemins de fer, le nombre de machines a vapeur en activité était :
- En 1875 de............. 40.056
- En 1881 de............... . 63.138
- et la force de chevaux-vapeur était :
- En 1875 de.......... 2.500.000
- En 1881 de.......... 4.600.000
- La houille a donné lieu, pendant les 10 dernières années, aux transactions commerciales énumérées dans le tableau ci-après :
- OO (M
- CM t-* O O O
- OO
- CM t-h O O O
- Ci t-h GM CO CO
- Ol CO O O O
- O O
- O O
- t-H tH O
- GO OC M
- O O <01
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- ioo. — Deuxième Année. — N° 76.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i3 Juin 18S6.
- LES
- EMBELLISSEMENTS DE PARIS
- Le Conseil municipal vient d’être saisi d’un rapport de M. Mesureur sur les opérations de voirie à exécuter dans Paris. C’est, à proprement parler, une liste de toutes les opérations projetées par l’administration, proposée par les conseillers ou réclamées par la population. Cette liste est d’autant plus intéressante que, dans le produit du prochain emprunt, une somme 104 millions sera affectée aux opérations de voirie et qu’une partie de cette somme devra être dépensée avant 1889, c’est-à-dire avant l’Exposition universelle.
- Nous examinerons successivement, arrondissement par arrondissement, les opérations les plus importantes ou celles qu’on peut espérer voir réalisées dans un avenir prochain.
- Ier Arrondissement
- Agrandissement de la Banque de France.
- Le projet d’agrandissement de la Banque de France, qui a été voté par le Conseil, devait amener l’exécution de diverses opérations de voirie que nous croyons devoir rappeler ici pour mémoire :
- Suppression complète de la rue Radziwill dont le^sol était cédé pour l’édification des nouveaux bâtiments de la Banque, placés en bordure de la rue de Valois, dont l’élargissement aurait été réalisé jusqu’à la rue Baillif.
- Elargissement de là rue des Petits-Champs jusqu’à la rue Richelieu et dégagement du Palais-Royal dont l’accès, du côté de la rue Vivienne, aurait été facilité par l’établissement de voies en pente douce.
- Ce projet a été repoussé par le Conseil d’administration de la Banque: aucune autre proposition n’est intervenue depuis pour l’exécution de cette opération nécessaire et facile.
- Rue et Pont du Louvre.
- Avant 1879, cette voie était amorcée seulement entre les rues de Rivoli et Saint-Honoré; depuis, 1 édification de l’hôtel des Postes a amené l’exécution d’un tronçon important entre les rues d’Ar-gout et Coquillière. La création de la Bourse de commerce entraîne l’achèvement entre les rues Coquillière et Saint-Honoré ; la dernière partie, entre les rues d’Argout et Montmartre, est comprise dans les propositions de l’Administration relatives à l’emploi des fonds de l’emprunt.
- Cette voie magistrale doit établir une communication nouvelle avec la rive gauche au moyen d’un pont aboutissant entre la Monnaie et l’Institut , en face du prolongement de la rue de Rennes.
- Rue des Petits-Champs.
- L’élargissement demandé de la rue des Petits-Champs jusqu’à l’avenue de l’Opéra serait sans doute très onéreux, car cette mesure atteindrait tout un côté de la rue jusqu’à la rue Sainte-Anne ; toutefois, _ il faut reconnaître que l’ouverture de la rue. Etienne-Marcel doit amèner sur la place des Victoires une circulation telle que les débouchés vers le nord-ouest, soit par l’élargissement des rues de laFeuillade et des Petits-Champs, soit par la rue Vide-Gousset portée à 20 mètres et la place des Petits-Pères rectifiée.
- L’opération de l’agrandissement de la Banque de France aurait réalisé l’élargissement de la rue des Petits-Champs jusqu’à la rue de Richelieu.
- Restent dans le ior arrondissement à élargir, à rectifier, à prolonger ou à achever les rues de la Ferronnerie, de la Grande-Truanderie, Jean-Jacques-Rousseau, Jean Lantier, des Lavandières, Sainte-Opportune, Mondétour, Pierre-Lescot, Pirouette, du Pont-Neuf, des Prêtres, Saint-Ger-main-l’Auxerrois, delà Réole, Saint-Honoré, Vau-villiers et le quai des Orfèvres.
- IIe Arrondissement
- Rue des Filles-Dieu.
- Le décret qui a approuvé cette opération, aujourd’hui achevée, a prévu l’établissement d’un carrefour au débouché de la voie nouvelle sûr les rues Saint-Spire et Sainte-Foy. L’exécution de cette partie du décret entraîne l’expropriation d’un îlot de maisons peu important et dont la disparition assurerait un débouché à la voie nouvelle et permettrait, par cela même, une meilleure revente des terrains de la rue des Filles-Dieu, qui sont devenus le gage d’un grand nombre de petites opérations très intéressantes à faire dans Paris.
- Cet îlot de maisons se trouve sur le tracé de la rue nouvelle projetée entre la rue Réaumur et la butte du boulevard Poissonnière.
- Rue Montmartre.
- Voilà une rue qu’il faudrait élargir d’un bout à l’autre! Qui n’a souffert de son encombrement, du peu de largeur de ses trottoirs, du mauvais état de sa chaussée? Cependant, il n’est question que de son élargissement entre les rues Saint-Sauveur et
- Mandar. Il est vrai que l’achèvement de la rue du Louvre créera, sur ce point, un vaste carrefour et servira de débouché à la circulation.
- Rue Réaumur.
- Dans sa direction générale, cette rue est sensiblement parallèle à la rue aux Ours. Déjà ouverte sur deux parties de son parcours : de la place de l’Opéra à la rue Notre-Dame-des-Victoires, sous le nom de rue du Quatre-Septembre, de la rue Saint-Denis à la rue de Bretagne, qui la continue, sous son propre nom, il s’agit de réunir ces deux tronçons par un percement de 609 mètres de longueur. Dans ce parcours, la rue Réaumur fait disparaître une partie de la rue Joquelet, coupe en biais la me Montmartre à la hauteur de l’ancienne cour des Messageries, les rues de Cléry, d’Aboukir, des Petits-Carreaux et enlève tout le côté des numéros pairs de la rue Thévenot ; l’ouverture de l’impasse.Froissart, séparée du boulevard des Filles-du-Calvaire par une épaisseur de quelques mètres seu-lement, ferait déboucher la rue de Bretagne sur ce boulevard. Les quartiers du centre seraient mis ainsi en communication avec les gares de Vincennes et de Lyon, tandis que, parles grandes voies aboutissant à la place de l’Opéra, ils seraient reliés à la gare Saint-Lazare, à l’ouest et au nord-ouest de Paris. 'La rue Réaumur deviendrait alors une des plus importantes artères commerciales de la circulation parisienne.
- L’urgence de cette voie nouvelle n’est plus à démontrer pour ceux qui connaissent la circulation du centre de Paris, surtout au moment où les services des Postes vont enfin être installés dans le nouvel hôtel.
- Le Conseil a voté l’achèvement de la rue Réaumur par l’exécution du Chemin de fer métropolitain; nous espérons encore que la loi, qui doit concéder ce chemin de fer, respectera la décision du Conseil.
- Une proposition récente appelle plus particulièrement l’attention sur l’élargissement de cette rue entre la rue de Turbigo et la rue Saint-Martin; cette opération aurait pour effet l’isolement de l’ancienne église du Prieuré-de-Saint-Martin-des-Champs, et l’achèvement du Conservatoire des arts et métiers. Opération dont la dépense serait à partager entre la ville et l’Etat.
- Place des Victoires.
- La place des Victoires, par son caractère architectural, est un véritable monument public ; toutes les tentatives faites par l’administration de M. Hé-rold pour obtenir l’abandon de-la forme circulaire pour une partie de cette place ont échoué; les immeubles nouveaux, élevés aux coins des rues Etienne-Marcel et d’Aboukir continuent l’alignement courbe et sont conformes, dans leur architecture, au style de la place.
- L’opération demandée aujourd’hui est justifiée par la nécessité d’ouvrir un débouché à la'circulation amenée par la rue Etienne-Marcel et par l’intérêt de terminer avant 1889 la place des Victoires, un des plus beaux points du centre de Paris ; cette opération consisterait dans la suppression de la rue Vide-Gousset ; le seul immeuble du côté impair devrait disparaître complètement, les deux immeubles du côté pair articuleraient l’alignement de la place. Son exécution ne saurait donc entraîner à de fortes dépenses et permettrait l’ouverture d’un tronçon de voie de 20 mètres de largeur, en parallélisme avec la rue Etienne-Marcel.
- Autres opérations : rüe de la Banque ; passage Caron; avenue Centrale qui partirait de la place de la Bastille pour aboutir à la gare Saint-Lazare, après avoir traversé tout le quartier du centre de Paris ; rue Dussoubs, rue Grenéta, rue de la FeuiL lade ; rue Nouvelle (A), en prolongement de la rue Dussoubs, entre la rue Réaumur et le boulevard Bonne-Nouvelle; place des Petits-Pères; rue de Port-Mahon; rue Thévenot; rue Vide-Gousset.
- IIIe arrondissement.
- ' Avenue de VHôtel-de-Ville.
- Voie projetée partant de la rue de Rivoli près l’Hôtel de Ville pour aboutir rue de Turbigo. Cette importante avenue, dite de l’Hôtel-de-Ville, ferait disparaître un grand nombre de ruelles du centre de Paris (rue du Renard, rue Pierre-au-Lard, etc.) et assurerait l’élargissement de la rue Beaubourg, dont elle emprunte le sol depuis la rue de Rambu-teau jusqu’à la rue de Turbigo.
- Après les rues des Billettes et des Archives, c’est l’opération urgente la plus utile dans ces quartiers privés d’air et de lumière, et fermés à la circulation.
- Rue aux Ours.
- Cette voie, projetée en prolongement de la rue Etienne-Marcel, commence au boulevard de Sébastopol et aboutira au boulevard Beaumarchais ; elle a pour but d’établir une grande voie de communication dans le centre de Paris et d’assainir une partie du 3e arrondissement. Elle emprunte, en effet, le sol des rues du Grenier-Saint-Lazare, Michel-le-Comte, des Vieilles-Haudriettes, des Quatre-Fils, de la Perle, du Parc-Royal et de Tho-rigny, dont elle portera largeur à 20 mètres.
- Cette opération, qui s’imposera dans un avenir
- plus ou moins prochain, est réclamée en partie, au moins comme besoin immédiat, jusqu’à la rue Saint-Martin, afin de faire disparaître ce cloaque absolument malsain et d’un très vilain aspect du côté du boulevard Sébastopol ; la longueur de cette section à ouvrir est de 60 mètres.
- Autres opérations : rue des Archives, Conservatoire des arts et métiers, rue Aumaire, rue Bailly, rue Cunin-Gridaine, impasse Froissart, rue du Grenier-Saint-Lazare, rue Michel-le-Comte, rue de Normandie, rue Nouvelle entre la rue Meslay et le boulevard Saint-Martin, rue du Parc-Royal, rue de la Perle, rue des Quatre-fils, rue du Temple, place de Thorigny, rue du Vertbois, rue des Vertus, rue des Vieilles-Haudriettes, rue Volta.
- IVe Arrondissement
- Rue des Billettes.
- L’opération qui a pour objet l’élargissement de la rue des Archives et le remplacement des rues des Billettes, de l’Homme-Armé et du Chaume par une voie de 15 mètres de largeur en prolongement de la rue des Archives, constitue une opération d’une utilité générale incontestable ; depuis qu’elle a été classée en première urgence en 1879, quelques démolitions partielles ont eu lieu, mais il importe d’achever dans le plus bref délai la partie comprise entre les rues de Rivoli et de Rambuteau ; l’administration propose d’affecter à cette opération les fonds de l’emprunt 1886.
- Rue Vieille-du-Temple.
- L’élargissement de cette rue, comme celui de la rue du Temple, est d’un intérêt général au point de vue de la circulation' de Paris, mais il faut constater que ces opérations s’exécutent d’elles-mêmes avec le temps, sans grandes dépenses pour la Ville qui, si elle voulait procéder par voie d’expropriation, sacrifierait là des ressources qu’elle doit consacrer à ouvrir les voies projetées qui ont pour but justement de dégager la circulation des rues comme celles dont nous venons de parler.
- Autres opérations : rue Aubry-le-Boucher, rue de l’Ave-Maria, rue Beautreillis, rue du Bourg-Tibourg, rue Brise-Miche, rue Charles V, rue du Chaume, îlot de la Cité, rue des Etuves-Saint-Martin, rue de l’Homme-Armé, rue et quai de l’Hôtel-de-Ville, rue de La Reynie, rue Maubuée, rue de Moussi, rue Nouvelle entre le quai des Gélestins et la place Baudoyer, rue du Renard, rue Saint-Bon, rue Taille-Pain, rue de Venise ; plus quelques opérations déjà citées comme affectant les arrondissements précédents.
- Ve Arrondissement
- Rue de V Abbé-de-V Epée.
- Cette rue est, en projet, une voie très importante; actuellement il existe une section de largeur normale entre les rues Saint-Jacques et Gay-Lussac ; la section entre la rue Saint-Jacques et le boulevard Saint-Michel doit être élargie par une emprise sur l’institution des Sourds-et-Muets et devra faire l’objet d’une convention avec l’État.
- Le prolongement à travers le 5e arrondissement serait très utile au point de vue de la circulation et de l’assainissement; il dégagerait l’Ecole normale, entamerait, le couvent des dames de l’Adoration-Réparatrice, ferait disparaître les maisons des dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve, de la congrégation du Saint-Esprit et du Cœur-de-Marie, et aboutirait rue Monge à une amorce qui porte le nom de rue Mirbel.
- De l’autre côté du boulevard Saint-Michel, cette rue borne la partie sud du jardin du Luxembourg; cette section a depuis peu pris le nom d’Auguste-Comte, le projet qui consistait à prolonger cette rue jusqu’à la place de Rennes paraît abandonné.
- Rue Monge.
- Cette opération, reconnue depuis longtemps d’une utilité générale incontestable, s’impose avec d’autant plus d’urgence que toute la partie de la rive gauche que la rue Monge dessert a pris un grand développement ; la section "de cette voie à terminer assainirait tout le quartier avoisinant l’ancienne place Maubert et permettrait de relier aux lignes de la rive droite les lignes des Tramways-Sud.
- Cette opération, classée en deuxième urgence dès 1879, proposée par l’administration pour être exécutée l’une des premières sur les fonds de l’emprunt, est certainement la plus urgente des opérations importantes de la rive gauche.
- L’ouverture de la rue du Dante complétera cette opération d’assainissement et donnera un nouveau débouché vers le centre du 6e arrondissement.
- Rue Saint-Jacques.
- L’élargissement de la rue Saint-Jacques, nécessaire sur presque toute l’étendue de son parcours, a été exécuté en partie pour la reconstruction de la Sorbonne, mais s’impose surtout à l’attention de la Ville pour la partie comprise entre le boulevard Saint-Germain et la rue du Petit-Pont, qui est son prolongement jusqu’au quai et qui devra être elle-même portée à 20 mètres.
- L’élargissement de la partie comprise entre la
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- N" 76
- LE MONITEUR DE L'E' POSITION de 1889
- Dimanche 13 Juin 1886
- L’EXPOSITION DE 1889
- PROJET DE M. FORMIGÉ
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- ESPLANADE
- exposition
- DES
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- Deuxième Année. — N° y(h
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Diaunche i3 Jchn 1SS6.
- rue _ Gay-Lussac et le boulevard de Port-Royal serait aussi très nécessaire pour la circulation.
- Autres opérations : rue d’Arcole, rue des Bernardins, rue de Bièvre, rue Blainville, rue Boute-brie, rue de Buffon, rue du Cardinal-Lemoine, rue des Carmes, rue Censier, rue du Dante, rue des Feuillantines, rue de Jussieu, rue Lacépède, rue du Maître-Albert, rue Mirbel, rue Mouffetard, rue Nicole, rue Nouvelle entre le lycée Henri IV et le Jardin des Plantes, rue Nouvelle entre les rues Navarre et Linné, rue des Novers, rue du Petit-Pont, église Saint-Séverin, rue Thouin.
- VIe Arrondissement
- Rue Dauphine.
- L’élargissement de la rue Dauphine est présenté, dans une pétition très importante revêtue de plus de 2,000 signatures, comme devant rendre inutile, et remplacer même, le tronçon projeté de la rue de'Rennes entre le Pont-Neuf et laplace Saint-Ger-main-des-Prés.
- En l’état actuel l’élargissement de la rue Dauphine serait très favorable aux intérêts de la rive gauche et à la circulation générale, qui souffre beaucoup de ce débouché unique et étroit donné au Pont-Neuf.
- Cette opération, très utile en elle-même, ne saurait empêcher l’achèvement de la rue de Rennes, surtout si on admet que cette dernière devienne sur la rive gauche le prolongement de la rue du Louvre, par l’établissement d’un pont nouveau entre la Monnaie et l’Institut.
- L’élargissement de la rue Dauphine aurait pour conséquence nécessaire celui de la rue de Buci jusqu’au boulevard Saint-Germain.
- Boulevard d’Enfer.
- ; Le boulevard d’Enfer, terminé par la place d’Enfert-Rochereau au boulevard du Mont-Parnasse, est amorcé encore rue Notre-Dame-des-Champs, rue de Rennes, rue de Sèvres, rue de Babylone et rue du Bac, au point où il doit faire sa jonction avec le boulevard Saint-Germain.
- Cette opération, très importante au point de vue de l’intérêt général, mettrait en rapport direct et prompt les arrondissements de la rive gauche avec le centre de Paris, l’insuffisance des rues du Bac et des Saint-Pères étant démontrée pour desservir complètement cette partie de la ville. Toutes les communes de la banlieue-sud qui amènent journellement leurs produits à Paris bénéficieraient de l’achèvement de cette voie, qui établira un tracé direct entre le parc de Montsouris et les Champs-Elysées.
- Rue du Four.
- Cette rue appartient à cet ensemble de voies, qui, à défaut de la rue de Rennes, constituerait une grande artère de circulation entre le Pont-Neuf et la rue de Sèvres.
- L’opération se divise en deux parties également urgentes et nécessaires :
- La première, comprise entre la rue Bonaparte et la rue de Rennes, soulève, outre l’élargissement, une question de nivellement.
- La seconde, comprise entre la rue des Canettes et le boulevard Saint-Germain, entraîne une démolition complète de cette voie insalubre pour le quartier et surtout dangereuse pour la circulation, qui y est très active.
- Rue de Rennes.
- Le prolongement de la rue de Rennes, de la place Saint-Germain-des - Prés jusqu’à la Seine, a fait l’objet de plusieurs tracés. Du point où elle s’arrête actuellement elle se diviserait en deux branches : la première, vers le nord-est, a été un moment projetée jusqu’au Pont-Neuf, afin de dégager la rue Dauphine, mais l’ancien projet qui aboutissait entre la Monnaie et l’Institut paraît, après l’achèvement de la rue du Louvre, le plus rationnel au point de vue de la circulation générale ; il aboutirait en face du pont projeté, en prolongement de la rue du Louvre. Quant à la seconde partie de la rue de Rennes projetée, qui doit aboutir dans l’axe des guichets du Carrousel, c’est un projet qu’il faut laisser à l’avenir le soin de réaliser, car il doit entraîner aussi le déplacement du pont des Saint-Pères.
- Autres opérations : rue de Buci, rue de Cicé, rue de l’Ecole-de-Médecine, rue de Madame, rue Mazarine, rue Monsieur-le-Prince, rue Saint-André ou boulevard Saint-André-des-Arts, rue Saint-André-des-Arts, rue de Seine et rue de Sèvres.
- (A suivre.)
- LES SYNDICATS AGRICOLES
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 6 juin 18S6).
- Il est hors de doute qu’au double point de vue économique et social, les campagnes ont le droit de jouir des mêmes avantages que les villes et d’être traitées sur le pied d’égalité. C’est une des
- conditions nécessaires de la bonne harmonie politique et du développement de la richesse et du bien-être publics. Or, en est-il ainsi ? Evidemment non. Il est manifeste que les grands centres sont plus favorisés sous tous les rapports. Nous pourrions citer de nombreux faits à l’appui de cette assertion. Ainsi, par exemple, il n’est pas douteux que les charges qui pèsent sur les habitants des campagnes sont plus lourdes que celles que supportent les habitants des villes et que les services que les premiers reçoivent de l’Etat (hospices, secours, moyens de communication, etc.), sont beaucoup plus faibles. Cependant, la population rurale est la plus nombreuse puisqu’elle forme, à elle seule, près des trois quarts de la nation. Il y a là une inégalité choquante dont on ne tient pas assez compte et qu’on devrait chercher à faire disparaître. Si tous les c'itovens sont égaux devant la loi, ils doivent l’être aussi devant l'impôt.
- Nous avons dit que la terre constitue la base la plus solide et la plus féconde de la richesse et de la puissance d’un pays. Rien de plus vrai. Sans doute, le mercantilisme contribue dans une large mesure au développement de la richesse, mais il, est à la merci du hasard, d’une foule de circonstances et d’événements qui déjouent toutes les prévisions et trompent les espérances, tandis que le sol, au contraire, représente la fortune stable et à l’abri de tous les aléas.
- Cependant les villes se plaignent. Nous ne dirons pas_ que c’est à tort, car le malaise est général. Mais, à tout prendre, la situation de ceux qui vivent de la terre, laboureurs, vignerons, fermiers, etc., est au moins aussi précaire et aussi difficile que celle des ouvriers des villes. Ce qui le prouve, c’est l’émigration croissante des campagnes vers les villes.
- D’ailleurs, les ouvriers des villes ont des moyens de défendre leurs intérêts et de faire valoir leurs droits, qui manquent aux travailleurs des champs ou qui ne sont pas à leur portée.
- A la ville, les ouvriers s’unissent; il existe entre eux une solidarité étroite : ils forment des associations, des syndicats qui ont pour but de défendre leurs intérêts, de leur venir en aide, de présenter leurs plaintes et leurs revendications au gouvernement.
- A la campagne, au contraire, le travailleur vit dans l’isolement et la solitude, courbé sur le champ qu’il arrose de ses sueurs. C’est à peine s’il connaît son voisin. Personne ne s’intéresse à son sort, ne songe à prendre en main sa défense, à le protéger. Le pouvoir profite de son silence et de son isolement pour augmenter les charges qui pèsent sur lui et il l’en accable, certain qu’il est que l’infortuné ne réclame pas, qu’il paiera sans protester.
- On ne craint pas que le laboureur se mette en grève, qu’il se fasse promoteur d’émeute ou de révolution et c’est pour cela qu’on ne fait rien pour lui venir en aide, qu’on le laisse crever de faim sur le sillon.
- Mais tout a un terme ici-bas, la patience comme le reste. L’heure n’est pas éloignée où, fatigué de souffrir et de se voir traité en paria, l’ouvrier des champs comprendra qu’il a mieux à faire que de courber docilement la tête et qu’il peut, lui aussi, trouver dans l’association, dans la formation de syndicats professionnels, un moyen de défendre ses intérêts et de se faire rendre justice.
- Cette idée pratique commence à gagner du terrain dans .les campagnes ; les esprits les plus rebelles comprennent l’importance et l’utilité de son application, et nous constatons avec satisfaction que des hommes intelligents et dévoués s’efforcent de la propager.
- Dans une campagne de conférences poursuivie avec succès dans plusieurs départements, M. Deusy, ancien député du Pas-de-Calais, s’est efforcé de démontrer aux populations agricoles que leur faiblesse et l’indifférence avec laquelle on les traite proviennent de leur isolement et que le moyen le plus efficace de remédier à cet état de choses, c’est de créer des syndicats agricoles.
- « Vous êtes-vous demandé, s’est écrié un jour M. Deusy dans un de ses éloquents discours, pourquoi les agriculteurs sont taillables et corvéables à merci? Pourquoi l'industrie française et l’industrie étrangère sont protégées chez nous et contre nous, cultivateurs, alors que nous subissons toutes les charges de la prétendue liberté commerciale qu’on nous impose ?
- « Pourquoi les villes peuvent-elles opprimer les campagnes et sont-elles autorisées à percevoir à leur profit exclusif des droits d’octroi sur tous les produits agricoles, sur les vins, sur le bétail, sur les blés, tandis que les produits manufacturés en sont affranchis ?
- « Pourquoi vis-à-vis des impôts qu’il faut payer un rural vaut-il deux citadins, tandis qu’un citadin vaut deux ruraux pour ijommer des sénateurs. »
- « Pourquoi, enfin, est-il possible de violer ainsi, au préjudice de l’agriculture, tous les principes de l’égalité économique, fiscale et politique ? »
- La réponse à ces questions est facile. M. Deusy y a répondu avec autant de verve que d’à-propos, il a fait valoir les arguments que nous avons nous-mêmes développés ici dans l’étude que nous avons consacrée, il y a quelques mois, à la question agricole.
- Il n’est pas un cultivateur qui ne se rende parfaitement compte de la flagrante injustice avec laquelle l’agriculture est traitée comparativement aux autres industries qui ont toujours été favorisées.
- A qui profitent lés lois de douane, les traités de commerce, les octrois, les réductions sur la petite vitesse, etc., etc. Est-ce aux campagnes? Non, c’est aux villes, aux industriels et aux commerçants .
- Si le laboureur se rend à la ville pour y vendre son blé, son bétail, etc., il faut qu’il paie une redevance à l’octroi, tandis que les produits de l’üsi-nier et du fabricant sont exemptés de cette espèce de dîme.
- Est-ce là de l’égalité ?
- Nous n’exagérons pas en disant que le laboureur est traité de paria et que toutes les faveurs gouvernementales sont pour les villes, pour le commerce et l’industrie.
- La France, qui est un pays essentiellement agricole, compte près de vingt-cinq millions de laboureurs. Eh bien, comment la branche la plus importante de l’industrie nationale est-elle représentée dans le Parlement? Combien y a-t-il de laboureurs à la Chambre et au Sénat ? Il n’y en a pas un seul. Il y a bien, il est vrai, deux ou trois grands agriculteurs, mais ces messieurs n’ont jamais touché le manche de la charrue, ce sont des agriculteurs de salon; ce ne sont pas des laboureurs ; ils n’ont pas vécu de sa vie rude et austère; ils ne sauraient donc parler au nom des vingt millions de prolétaires qui arrachent péniblement à la glèbe leur morceau de pain.
- Aussi, on ne saurait s’empêcher de hausser les épaules quand on voit ces prétendus représentants de l’agriculture qui ne représentent, en réalité, que l’égoïsme personnel et l’intérêt politique, discuter des questions dont souvent ils ne connaissent pas le premier mot. Pour traiter avec compétence un pareil sujet, il est indispensable d’être du métier, d’avoir, comme on dit, mis la main à la pâte. Mais, aujourd’hui, il paraît que tous ceux qui arrivent à la direction des affaires possèdent la science infuse et peuvent tout organiser, tout diriger ; c’est probablement pour cela que tout marche si bien et que l’agriculture défendue et protégée par des avocats, des banquiers et des usiniers succombe sous le fardeau.
- A suivre. ’ E. Mansuy. W
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- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Voir le Moniteur du 2 5 avril 1886).
- IV
- La presse, née en France peu de temps avant la monarchie absolue de Louis XIV, constitue l’une des plus heureuses innovations du xvne siècle. L’homme jeune et hardi, le penseur indépendant qui la créa, mérite que l’humanité entière garde son souvenir. Esprit, vivacité, rapidité dans la pratique et sage lenteur dans la conception,-Renaudot avait toutes les qualités nécessaires à cette entreprise. C’était un rêveur doublé d’un homme d’action. La facilité avec laquelle cet homme mit le pouvoir de son côté démontre surabondamment qu’il était né pour les grandes choses.
- « La Galette, a dit un bon juge, Vigneul-Mar-ville, la Galette, que la plupart des gens regardent comme une chose de rien, est, à mon gré, un des plus difficiles ouvrages qu’on ait entrepris de nos jours. Il fallait autant de génie et de capacité qu’en avait feu M. Renaudot pour y réunir au point qu’il a fait, dès qu’il a commencé à y mettre la main. Gela demande une connaissance fort étendue de notre langue 1 et de tous ses termes, une grande facilité d’écrire et de narrer nettement, finement et en peu de mots. Il faut savoir parler de la guerre sur mer et sur terre, et ne rien ignorer de ce qui regarde la géographie, l’histoire du temps et celle des familles illustres, la politique, les intérêts des princes, le secret des cours, les moeurs et les coutumes de toutes les nations du monde. Enfin, sans entrer dans un plus grand détail, il faut tant de sortes de connaissances pour bien écrire une Galette que je ne sais comment on l’a osé entreprendre. »
- Ce que dit là Vigneul-Marville est on ne peut plus juste ; et l’on ne saurait trop être reconnaissant à celui qui dota le monde de ce merveilleux instrument de publicité qu’on nomme un Journal. A peu de choses près, la situation des écrivains de la presse n’a pas cessé d’être des plus délicates. Non seulement on exige d’eux beaucoup de connaissances premières, un arsenal complet d’instruction, d’éducation et d’érudition ; mais encore faut-il que l’homme, qui embrasse ce métier, y ait été préparé par la nature. On devient cuisinier, mais on naît journaliste. Surtout à l’époque où nous vivons, c’est une profession des plus difficiles à exercer, quoi qu’on en dise, et nous ne sau-
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- igS. — Deuxième Année. — N° 76.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS0.
- Dimanche i3 Juin iSSô.
- rions trop engager à s’en écarter tous les jeunes gens qui n’y auraient pas été suffisamment préparés par leurs études antérieures.
- Théophraste Renaudot, le fondateur de la Galette de France et par conséquent le créateur de la presse moderne, ne remplissait certes qu’im-parfaitement le programme du bon journaliste, tel que le comprend Vigneul-Marville. Mais Renaudot avait pour lui le don, la grâce, cette double vue particulière aux initiateurs, aux inventeurs, et aux hommes de génie. Depuis la mort de Henri IV, la vieille noblesse s’était remise à commenter les choses de la politique ; les grands jugeaient sévèrement les moindres actes de la cour, et, de son côté, le Parlement de Paris, en vertu des antiques traditions qui faisaient sa force, son orgueil et sa gloire, jetait en France les premiers germes de l’opposition libérale. Cet état de choses déplaisait à Richelieu beaucoup moins qu’on ne le croit généralement. Le cardinal-duc, pendant qu’il réprimait les moindres écarts de la noblesse, trouvait un secret plaisir à s’appuyer sur les hommes de la bourgeoisie. D’un autre côté,l’affinement toujours croissant des mœurs de la société française, avait donné naissance à un important mouvement littéraire, qui continuait la pléiade avec plus d’artifice et d’ingéniosité.
- L’hôtel Rambouillet était un soleil sur.lequel chacun avait les yeux. Les discussions littéraires, -conduites par Voiture, Sarrazin, la marquise de Rambouillet, tenaient une grande place dans les choses publiques. Qu’on joigne à cela tout le mouvement politique, les actes du ministère Richelieu, l’opposition discrète et libérale du Parlement, et l’on comprendra sans peine que cette société nouvelle ait éprouvé le besoin d’une presse et qu’elle ait inspiré le novateur hardi qui a nom Renaudot.
- Théophraste Renaudot était né à Loudun en 1 586. Il sortait d’une province particulièrement éprouvée par les luttes religieuses et il a dû voir; en pleine jeunesse, s’allumer le bûcher du malheureux Urbain Grandier. C’était un esprit vif et original, un homme aux idées larges ec modernes. Né pauvre, il éprouva de grandes difficultés à mener à bien ses études. Il se rendit fort jeune à Paris, y étudia la médecine et la chirurgie ; puis, hanté par la tradition rabelaisienne, il se rendit à Montpellier afin d’y prendre le bonnet de docteur. Ce résultat faisait le plus grand honneur à son courage, à son intelligence, à son activité. Dès 1610, Renaudot, à peine âgé de 24 ans, était réputé le meilleur maître-chirurgien du pays de Loudun. Sa réputation s’étant rapidement répandue, il fut appelé à Paris en 1612, et devint aussitôt l’un des médecins ordinaires du jeune roi Louis XIII.
- Notre docteur avait des visées plus ambitieuses. Bientôt il cumule-,-avec- son emploi---médical, l’office de commissaire général des pauvres — office qu’on peut considérer comme le point de départ de notre administration actuelle de l’Assistance publique. Dans cette situation honorable, Renaudot rendit des services .signalés. Cette même année 1612, il obtint le privilège royal des « Bureaux d’adresse ». -
- C’était une forte, maison de commission et de placement. On lit, dans.le brevet qui lui fut délivré à cet effet, le 14 octobre 1612, que le roi- « désirant « gratifier et favorablement traiter Théophraste « Renaudot, l’un de ses médecins ordinaires, lequel « Sa Majesté,'sur l’avis qu’elle avait eu de sa capa-« cité,, avait fait venir exprès à Paris, pour l’em-«, ployer au règlement général des pauvres de son « royaume », lui ayant fait don de la somme de 600 livres, « pour- les bons et agréables services « qu’il lui avait rendus et pour les frais de ses « voyages. »
- La protection du cardinal Richelieu suivit de près celle du roi. Grand amateur du progrès et des idées nouvelles, Renaudot se lança dans des spéculations médicales qui eurent le plus grand succès. Les remèdes chimiques de Renaudot sont demeurés célèbres. Avec ses gains, l’audacieux médecin dote Paris du premier mont-de-piété qu’ait eu la France. Moyennant 3 pour 100 d’intérêt et'un faible droit d’enregistrement, il prête sur gages à tous les nécessiteux. Il s’établit alors dans une maison de la rue de la Calandre, à l’enseigne du Grand Coq et c’est là qu’il mène à bien l’idée de la création d’une Gaqette.
- Cette maison du Grand Coq, avec toutes les entreprises dont elle était devenue le siège, se transforma rapidement en une académie de nouvellistes. Il ne fallut pas moins de quinze ans à Renaudot pour mener cette idée à bien. Se fondant sur l’autorité d’Aristote et du sieur de Montaigne, Renaudot taille sa plume. Le premier numéro de la Gaqette de France parait enfin le ?o mai 163 1. La cour et la ville crient au miracle et l’habile Renaudot est sacré homme de génie.
- T. M.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L'EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Monilour du 6 juin i8S6)
- 11 est positif d’ailleurs qu’avec l’introduction de la lumière électrique dans l’éclairage une grande partie des inconvénients que présentait l’usage du lustre disparait. On peut diminuer beaucoup ce formidable appel d’air produit par la cheminée du lustre, appel si défavorable à l’acoustique, si préjudiciable en cas d’incendie, si nuisible à l’effet d’une bonne ventilation.
- Dans certains théâtres au lieu d’un grand lustre on a un certain nombre de petits lustres disposés en couronne. On dispose en outre des appliques de girandoles sur le pourtour de la salle.
- Enfin en 18G0 on a commencé à faire usage de plafonds lumineux au théâtre du Châtelet et au théâtre Lyrique. L’installation de ce système correspondait à un nouveau mode de ventilation. On a reproché aux plafonds lumineux de fournir une lumière blafarde, d’anéantir toute gaité dans l’aspect de la salle et on est revenu aux petits lustres en couronne.
- En 1869, on a installé au nouveau théâtre du Vaudeville un lustre surbaissé entouré d’une enveloppe noyée dans le plafond et qui devait combiner les avantages de la gaité d’un foyer de lumière visible avec ceux qui résultaient du système de ventilation auquel il correspondait. Ce procédé d’éclairage n’eut pas de succès.
- L’usage de la lumière électrique qui est impérieusement indiqué aujourd’hui dans l’éclairage des salles de théâtre est évidemment destiné à donner la solution convenable définitive au problème. D’ailleurs, cette question de l’éclairage se rattache d’une manière intime à celle du chauffage et de la ventilation.
- Le problème du chauffage et de la ventilation des salles de spectacle est un des plus complexes qui se présentent et il attend encore une véritable solution, car, quelques efforts qui aient été tentés depuis ces dernières années pour réaliser les desiderata exigés, il est manifeste que les progrès accomplis sont loin d’être satisfaisants. Il est peu de théâtres où il ne fasse trop chaud ou trop froid selon l’occasion. Il n’en est pas où l’air soit'pur, à partir du milieu de la représentation. La question est évidemment difficile à résoudre ; un des plus grands écueils réside dans ce fait que les données du problème changent par les communications successives qui se font alternativement entre ces trois grandes capacités différentes, la scène, la salle et les couloirs, selon que le rideau est baissé ou levé et que les portes de la salle sont ouvertes ou fermées. Mais quelques obstacles qu’on ait eus à surmonter pour arriver au résultat convenable, il n’y a pas de doute que les travaux des ingénieurs et des architectes appliqués à l’étude de la question n’en eussent depuis longtemps triomphé, n’eût été l’incurie générale des administrations théâtrales et leur répugnance à se livrer aux dépenses occasionnées par l’établissement et l’entretien d’un système satisfaisant.
- Les anciens que la question de ventilation de leurs théâtres à ciel ouvert n’avait pas_ à préoccuper, s’étaient néanmoins souciés de se procurer les moyens d’éviter pendant les représentations les désagréments de l’excessive chaleur. Des baies spéciales étaient pratiquées dans la construction, destinées à établir des courants d’air rafraîchissants. Au théâtre de Pompée, un aqueduc amenait de l’eau à tous.les étages de gradins et permettait aux spectateurs de se désaltérer en même temps qu’il leur apportait une agréable fraîcheur.
- Un pareil souci de confortable a longtemps été inconnu chez nous et on accepta sans conteste tous les désagréables et malsains inconvénients qui résultent de la réunion d’une assemblée dans un espace clos. C’est au commencement du siècle seulement qu’on commença à, se préocuper de cette si importante question d’hygiène. Le marquis de Chabannes établit au théâtre de Covent Garden à Londres la première disposition de chauffage et de ventilation raisonnés. En France, en 1828, une
- commission présidée par d’Arcet fut chargée d’étudier la question. D’Arcet, dans le mémoire qu’il publia, posa des principes et élabora une série de prescriptions qu’il considérait comme définitives, mais dont l’application démontra que le problème était encore loin d’être résolu. Jusqu’en 1858, on n’avait fait guère usage que d’une sorte de ventilation naturelle. L’appel formé par le lustre entraînait au dehors l’air vicié. Ce n’est qu’en 1858, à Lyon, qu’on imagina de recourir à la ventilation artificielle et d’employer des machines injectrices^ La tentative ne réussit pas.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXII
- Histoire des femmes écrivains de la France, par Henri Carton
- illustré de six portraits. — Paris, A. Dupret, éditeur, 3, rue
- de Médicis.
- Voici un livre intéressant, agréablement composé de courtes biographies, qui n’évitent pas toujours les trahisons du raccourci, d’extraits qui ne sont pas toujours caractéristiques et de iuge-ments empruntés le plus souvent à des critiques célèbres, dont le temps a consacré l’autorité, mais dont il a aussi amorti le piquant et terni i’aloi. Mais il y a lieu de tenir compte des difficultés d’une pareille compilation, des efforts et de l’habileté qu’il a fallu déployer pour la rendre à la fois substantielle et légère, solide et brillante, pour faire entrer dans l’étroite galerie d’un volume de 272 pages les 100 portraits ou profils, croquis ou tableaux que comporte une histoire littéraire des femmes.
- Pour les gens qui savent ce qu’il fiiut d’art et de métier pour une telle entreprise, c’est déjà un tour de force que d’v réussir à moitié. Bien qu’il ne soit pas inutile en un pareil sujet d’être quelque peu philosophe, comme l’auteur de cet excellent résumé est surtout un historien, un nomenclateur, un enregistreur qui ne doit pas perdre une occasion de se-dérider et de nous dérider a l’anecdote, il ne faut pas demander à son livre, livre pédestre par la force des choses, un grand horizon où un solennel étalage de vues générales, soit critiques, soit philosophiques. Il 11e perd pas son temps à disserter sur la valeur intellectuelle comparée de l’homme et de la femme. Il est a la fois juste et galant de se prononcer pour l’égalité intellectuelle et morale des sexes. Les femmes pensent comme les hommes, observent plus finement, sentent mieux, écrivent tout aussi bien et elles sont leurs égales devant la loi, au moins au point de vue des devoirs, car le code civil et le code pénal sont masculins, et on le voit bien à certaines restrictions qui tendent à maintenir le plus possible la femme à l’état de minorité et de tutelle, bien qu’on la reconnaisse, en temps de paix, passible de la prison et de la mort, et, en temps de guerre civile ou étrangère, bonne pour la fusillade et l’échafaud. La thèse de l’égalité des sexes n’a pas seulement pour elle le témoignage du geôlier ou du bourreau; elle a en sa faveur le traditionnel assentiment de la critique et de nombreux chefs-d’œuvre.
- Tout ce qu’il est permis de faire remarquer, sans entamer le principe de l’égalité des sexes qui nous paraît juste et moral, sinon légal, c’est qu’en raison de certaines aptitudes ou faiblesses particulières de ses organes, de son cerveau, de certains préjugés tenaces de son éducation, la femme a surtout excellé dans les genres qu’on peut dire légers, quoique non frivoles, le récit, le conte, le roman’ la poésie, mais surtout les Mémoires et les Lettres. Rien comme une femme pouf savoir écrire de ces billets qui, mis à la poste, vont à la postérité. Rien comme une femme pour savoir se peindre dans des Mémoires en pied et surtout en buste, et s’y défendre en attaquant et y dire du bien d’elle et du mal des autres, et s’v confesser sans pénitence, et s’y venger sans merci, mais non sans grâce. Les Lettres de Mn,e de Sévigné, de Mme du Defïand ou de Mme de Lespinasse, les Souvenirs de Mm0 de Caylus, les Mémoires de M,ne de Staal-Delaunay sont des modèles que les hommes sont capables d’admirer, mais incapables d’égaler. Mais, si du côté de la figure nuç est le privilège du charme, de l’élégance, de la finesse, de la malice, il faut reconnaître au sexe barbu le privilège de la force qu’il paye d’ailleurs. assez cher par plus d’une défaillance. C’est ainsi que dans la théologie, la philosophie,_ l’histoire, les genres sévères, la femme est d’une incontestable infériorité. Il ne lui est pas donné. de tendre l’arc d’Ulysse. La théologie de Mme Guyon et de Mme de Maintenon sont egale-aaent^steriles, l’une dans son abondance passionnée, l’autre dans sa sécheresse égoïste. 11 n’y a pas d’Aristote, ni de Platon, ni de ‘ Plutarque, ni de' Thucydide parmi la gent enjuponnée. Il n’est pas jusqu’au théâtre, dont les jeux soient trop virils pour une main de femme. Ce ne sont pas les pièces de Mine Deshoulières, ni de Mmc du Boc-
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- Deuxième Année. — N° yC.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche i3 Juin 1886. — iqq.
- cage, ni celles de Mrae de Montesson, de Mme de Genlis ou de Mme de Staël qui me donneront démenti.
- Seules George Sand et M“° Delphine de Girar-din ont donné au théâtre quelques comédies justement applaudies. Il y a même de belles choses dans la Cléopâtre de la dernière. Mais la femme est maladroite à porter le cothurne. U Allemagne et les Considérations de Mm0 Staël, n’attestent pas suffisamment leur aptitude critique ou philosophique. Il est sage, sans erreur ni ingratitude, de reconnaître qu’elles n’ont excellé que dans les genres légers, même frivoles, où la Muse est doublée d’une Grâce, mais que si le roman, le conte, les mémoires, les lettres, sont pleins de leurs chefs-d’œuvre, l’histoire, la philosophie, la critique sont des terres à peu près fermées à leurs victoires et conquêtes. Une autre remarque qu’on peut faire, qu’on a faite souvent, que rappelle M. Henri Carton, c’est qu’il est plus que rare que les femmes auteurs aient été heureuses en ménage. Nous ne voulons pas examiner les causes de cette fatalité. Nous nous bornons à la constater sans rechercher si elle tient plus à l’esprit de la femme qu’à la bêtise du mari ou réciproquement. Cela nous conduirait trop loin, dans un sujet où il importe de ne pas s’égarer, ce qui est facile quand on étudie cette question des torts de la femme ou du mari éternellement plaidée, jamais résolue, parce qu’elle touche aux plus intimes et aux plus délicats mystères de ce cœur humain où il y a plus de petits sentiers que de grandes routes.
- Il y aurait mauvaise grâce à chicaner l’auteur de cette histoire littéraire des femmes sur certaines lacunes, certaines omissions, sur certaines disproportions de ses Notices. Cependant, si nous comprenons qu’il ne donne qu’une ligne à Mme Guyon, c’est peut-être trop peu que de n’en donner qu’une à Mme de Staal-Delaunay. Qu’il ait oublié dans le siècle de Louis XIV, Mme de la Suze, Mme de Villedieu, Mme de Brégy, il ne nous en chault guère. Mais ne rien dire de Mra0 de Mainte-non, ni de Mme de Caylus, est peut-être dépasser la mesure des silences permis. C’est aussi être bien discret ou bien pressé que de passer sans un mot d’éloge, sans un hommage, sans même murmurer leur nom dans un salut, devant des femmes comme Mme d’Epinay et Mme d’Houdetot. Qu’on néglige toutes les admiratrices, zélatrices, correspondantes de Rousseau, comme Mme de la Tour-Franqueville, Mme de Verdelin, c’est peut-être excessif ; mais ce qui l’est à coup sûr, c’est de ne pas consacrer une ligne à des femmes comme Mme de Montesson, et surtout comme Mme Suard, M1116 de Condorcet, et parmi les femmes savantes, comme Mlle de Lézardière. Mme Gacon-Dufour, Mme de Charrière, Mrae Robert (MUe de Keralio), MUe Vauvilliers et bien d’autres, pourraient aussi se plaindre d’avoir été oubliées. Il est vrai qu’en un sujet comme celui que M. Carton a traité, il y a tant à se souvenir, qu’on est bien excusable de quelques oublis. Une nouvelle édition lui fournira prochainement l’occasion de faire droit, s’il les trouve justifiés, à nos désirs et à nos regrets.
- M. de Lescure.
- La 29e livraison de la Grande Encyclopédie (Prix 1 ~fr.), vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 61, rue de Rennes. Elle contient notamment les mots Alger (ville), Alger (départ.), Algérie où l’on trouvera les détails les plus complets et les plus intéressants sur notre grande colonie. Une magnifique carte de la province d’Alger et de nombreuses illustrations accompagnent cette livraison.
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- AVIS MINISTÉRIELS
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- Six des bourses créées par l’Etat à l’école supérieure du commerce de Paris seront vacantes à la rentrée prochaine.
- Un concours pour l’obtention de ces bourses sera ouvert, le 19 juillet 1886, dans les villes suivantes : Paris, Dijon, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rouen, Lille et Nancy.
- Pour tous les renseignements, s’adresser au directeur de l’école supérieure de commerce, '102, rue Amelot, Paris.
- MINISTÈRE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- Emission de cartes-lettres
- A partir du i5 juin prochain, des cartes-lettres à 1 5 et à 25 centimes seront mises à la disposition du public, moyennant le simple remboursement du prix du timbre d’affranchissement: i5 centimes ou 25 centimes.
- Les principaux bureaux de poste de Paris et des départements seront approvisionnés dès le début ; les autres bureaux seront approvisionnés successivement, au fur et à mesure du développement de la fabrication.
- Les cartes-lettres à 25 centimes sont particulièrement destinées aux relations internationales ; les cartes-lettres du service intérieur pourront également être utilisées pour les pays étrangers, mais elles seraient taxées à destination si l’expéditeur ne complétait pas l’affranchissement au moyen de timbres-poste.
- Il est permis d’insérer dans les cartes-lettres une ou plusieurs feuilles de papier,ainsi que tout objet dont l’insertion est autorisée dans les lettres ordinaires.
- Les cartes-lettres pourront être recommandées moyennant un droit fixe de 2 5 centimes, et donner lieu, dans ce cas, à l’émission d’un avis de réception de to centimes.
- Les timbres-poste découpés dans les cartes-lettres ne pourront pas servir à l’affranchissement d’autres correspondances ; mais les cartes-lettres hors d’usage avant d’avoir été jetées à la boîte seront admises à l’échange contre des timbres-poste, au guichet de tous les bureaux.
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- LES THÉÂTRES
- Menus-Plaisirs. — Cadet Roussel. Dumollet, Gribouille et Cie, bamboebadeen trois actes, de MM.Clairville et Andrès (Reprise). Odéon. — La lettre au Cardinal, comédie cil un acte et en vers, de MM. Bertal et Lafon.
- Cluny. — 2Q degrés à l’ombre, vaudeville en un acte de M. Labiche (Reprise).
- Pendant que le Café-Concert assailli, transpercé par les pluies diluviennes, s’embourbe, s’effondre et se noie dans ses marécages élyséens, son malheureux rival, le théâtre, n’en relève guère plus haut la tête et poursuit sa languissante existence de morte-saison. Les Menus-Plaisirs ont eu l’idée, après la Scala (signe des temps, ce sont les cafés-concerts aujourd’hui qui impriment la direction au goût artistique et éclairent la route aux théâtres), les Menus-Plaisirs ont donc eu l’idée de remettre en honneur la vieille chanson française, le rondeau de nos pères et lé vaudeville national, en reprenant une pièce de Clairville, une farce, amusante et aimable sans queue ni tête, laquelle sert d’encadrement à un défilé de tous les vieux refrains et fredons qui ont bercé notre enfance et berceront celle de nos arrière petits - neveux. Clairville, à défaut de profondeur comique, possédait une finesse malicieuse et une gaîté imperturbable, si bien qu’avec sa fantaisie surannée et ses drôle-' ries un peu éventées, cette bambochade est toujours plaisante à écouter. D’ailleurs M. Montcravel, le remarquable artiste, dont la supériorité s’affirme chaque jour, est charmant d’esprit et d’entrain ; Mme Toudouze est aussi charmante.
- On vient de célébrer l’anniversaire de la naissance de Corneille avec un éclat assez modeste. Mais, comme c’est déjà le 280e anniversaire, on ne peut pas exiger à chaque nouvelle occasion une solennité très pompeuse. En l’espèce, les petites cérémonies qui ont eu lieu rappellent ces messes de bout de l’an, basses et courtes, expédiées en un tour de main, qui succèdent bientôt aux magnifiques services commémoratifs exécutés en l’honneur d’un illustre défunt. A la Comédie-Française, MUc Bartet a récité sous le titre de 'Visite à Corneille, une pièce de vers assez beaux et surtout vigoureusement frappés, par lesquels la femme française se réclame de Corneille, en glorifiant le génie de celui-ci qui lui a emprunté ses propres vertus pour pétrir le cœur des Chimène et des Pauline.
- A l’Odéon on donnait l’à-propos classique, le petit acte en vers. Cette fois, il s’agit du mariage de'Corneille avec MUe de Lemperière. La lettre au Cardinal contient de très beaux vers exprimant de très nobles pensées. La pièce a obtenu un fort joli succès.
- Le théâtre Cluny vient de reprendre 2<) degrés à l’ombre pour servir de lever de rideau aux Chemins de fer. 2 9 degrés à l’ombre est un de ces petits chefs-d’œuvre d’un acte dont est bondé le répertoire de M . Labiche. Sans avoir bétonnante portée philosophique de telle autre de ses piécettes, le Misanthrope et l’Auvergnat par exemple, 2g degrés à l’ombre, représente évidemment ce qu’on peut arriver à produire dé plus désopilant au théâtre avec une situation exposée en un trait et dénouée d’un autre. M. Labiche s’arrête à cette extrême limite où la fantaisie trop exagérée ne serait plus acceptable. Avec lui, le rire monte crescendo jusqu’à l’épanouissement complet, jamais la note ne sera forcée et faussée. On demeure en extase devant ces petites comédies de Labiche comme devant un dessin de Daumier. Peut-on, dans la caricature, déformer les traits humains d’une plus comique façon, sans altérer en rien une harmonie infuse qui donne la vie à ces fantoches merveilleux !
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ArtRAULf et d», rue de la Préfecture, 6
- LES
- L’importante manufacture de chaussures AUGUSTE FRETIN, 64, rue de Rennes, Paris, Usine à Auxi-le-Château (Pas-de-Calais), débutait simplement avec une machine à visser et deux ouvriers; quelques années suffirent, elle se transformait en une vaste usine.
- Utilisant les précieuses ressources de la mécanique, M. FRETIN fait installer la vapeur dans son usine ; de nombreuses machines à ' visser, à brocher, à couper, viennent s’ajouter à la première ; il a établi le travail divisionnaire et créé ainsi, à Auxi-le-Château, une véritable école professionnelle de cordonnerie, en innovant un système qui diminue de beaucoup le prix de revient et lui permet d’entrer en lutte, pour la vente de ses produits, sur les marchés étrangers.
- Ce travail, fait par fraction, réussit à établir une paire de chaussures en cinquante-cinq minutes ; de là le secret de la grande production.
- Avec son personnel, qui ne compte pas moins de I/lOO personnes, hommes, femmes, enfants, ouvriers et ouvrières, receveurs, contre-maîtres et employés, l’usine de M. FRETIN livre chaque jour à la consommation une moyenne de 1,200 paires de chaussures d’hommes et dépasse annuellement 0,000,000 d’affaires.
- M. AUGUSTE FRETIN
- Fondateur delà manufacture d'Auxi-le-Cliâteau et des grands magasins de Paris. 64, rue de Rennes.
- Elle soutient la marque française à l’étranger et, dans son chiffre d’affaires, la plus forte moitié, soit 1,750,000 francs, est, livrée à l’exportation.
- Sur les marchés de Hollande, d’Allemagne, aux Indes, en Afrique, dans l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, ses produits sont appréciés et leur prix modique tient en échec toute concurrence.
- De nombreuses récompenses ont été accordées à M. FRETIN dans les expositions internationales, à Calcutta, Boston, Amsterdam, Londres, la Nouvelle-Orléans et en France.
- Quatre fois membres du jury aux expositions nationales et internationales.
- Voir à la dernière page notre dessin : Vue intérieure et extérieure des magasins et ateliers de cette importante manufacture.
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- Vuo extérieure et intérieure des Magasins et Ateliers de la Manufacture AUGUSTE FRETIN, faris, (if, rue de Rennes
- (Usine à Auxi-le-Ghâteau)
- 200. — Deuxième Année. — N° 76. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S80. Dimanche i3 Juin 1SS6
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- Le Moniteur
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- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- vis
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 20-Juin 1886. NUMÉRO 77.
- SOMMAIRE :
- 1. Circulaire ; 2. L’Exposition de 1889; 3. M. Lockroy au Cercle de1 conférences commerciales ; 4. Exposition ouvrière internationale ; 5. L’Exposition coloniale et indienne de
- Londres; 6. L’Exposition de Genève; 7. Le commerce entre la France et l’Allemagne ; 8. Les établissements insalubres, dangereux et incommodes; 9. Le Métropolitain ; 10. Les Syndicats agricoles ; 11. Histoire anecdotique delà Presse en France ; 12. Les Livres ; i3. Les Théâtres.
- CIRCULAIRE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser aux Préfets la circulaire suivante :
- Paris le 15 juin 1886.
- Monsieur le Préfet,
- Par décret en date du 8 novembre 1882, le gouvernement a décidé l’ouverture d’une Exposition universelle à Paris, le 5 mai 1889, et cette décision est sur le point d’être définitivement ratifiée par les Chambres.
- Il importe donc de se mettre à l’oeuvre sans retard et vous aurez bientôt à instituer dans votre département des centres d’initiative et de coopération. La formation du comité départemental et des sous-comités d'arrondissement sera d’aillleurs l’objet d’instructions détaillées que je vous adresserai par une prochaine circulaire.
- Je dois seulement vous entretenir dès aujourd’hui de la participation de votre département à la Société de garantie formée en vue de l’Exposition. Cette association, librement constituée dans les conditions prévues par la Convention et le Règlement dont vous trouverez ci-joints plusieurs exemplaires, a immédiatement obtenu d’importantes adhésions, et déjà, sans aucun appel à la publicité, elle a réuni à Paris un capital supérieur à sept millions.
- Les départements ne sauraient évidemment rester étrangers à cette souscription, et il vous appartient, monsieur le Préfet, d’éclairer et de grouper les fonctionnaires, les industriels, les négociants et les agriculteurs qui tiendront à honneur de participer effectivement au succès de l’Exposition et de prêter dans ce but au gouvernement un patriotique concours.
- En s’associant ainsi directement à l’oeuvre commune, ils donneront la mesure de l’intérêt qu’il y attachent, et se désigneront, pour ainsi dire, eux-mêmes pour le moment où vous aurez à faire appel à des dévouements déjà éprouvés.
- Je ne doute pas que votre initiative et votre exemple 11e provoquent dans votre département un sérieux mouvement d’opinion et je vous serai obligé, de vouloir bien me communiquer, dès qu’il vous sera possible, le chiffre
- de souscriptions atteint avec les noms et qualités des souscripteurs.
- Recevez, monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, Edouard Lockroy.
- A cette circulaire sont joints le projet de règlement et la Convention que nous avons publiés dans notre numéro du 11 avril 1886.
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- L’EXPOSITION DE 1889
- LE PROJET DE TOUR DE 300 MÈTRES
- NOMINATION DE LA COMMISSION CHARGEE d’ÉTUDIER LES PROJETS
- Par arrêté en date du 12 mai 1886, le ministre du commerce et de l’industrie a nommé une commission consultative chargée d’étudier et d’examiner le projet de tour en fer, présenté par M. Eiffel, ingénieur-constructeur. Cette commission était composée comme suit:
- Le ministre du commerce et de l’industrie, président ;
- MM. Alphand, directeur des travaux de la ville de Paris ;
- Berger, ancien commissaire des expositions internationales ;
- Brune (1), architecte, professeur à l’école des beaux-arts ;
- Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l’école des ponts et chaussées ;
- Contamin, professeur à l’école centrale ;
- Cuvinot, sénateur;
- Hersent, président de la société des ingénieurs civils ;
- Hervé-Mangon, membre de l’Institut;
- Ménard-Dorian, député ;
- Molinos, administrateur des forges et aciéries de la marine ;
- Amiral Mouchez, directeur de l’Observatoire ;
- Philips, membre de l’Institut.
- Séance du iS mai 1886
- (Tour Eiffel)
- La commission s’est réunie au ministère du commerce et de l’industrie, le i5 mai 1886. Dans cette première séance, le ministre a rappelé que l’adoption définitive du projet présenté par M. Eiffel restait subordonnée aux décisions ultérieures de la commission de contrôle des finances, et que la commission actuelle était exclusivement chargée d’étudier ce projet au point-de vue technique et d’émettre un avis motivé sur les avantages qu’il présente et les modifications qu’il pourrait comporter. La commission a entendu les explications fournies par M. Eiffel et a confié l’étude détaillée des plans et la vérification des calculs aune sous-commission composée de MM. Phillips , Collignon et Contamin.
- Séance du 12 juin
- (Tour Eiffel et autres projets)
- Dans sa seconde séance, la commission a reçu lecture du rapport présenté, au nom de la sous-commission, par M. Collignon, et, par un vote, a adopté à l’unanimité les conclusions de ce rapport. Ensuite, sur l’invitation du ministre, elle s’est livrée à l’examen de divers autres projets de tour dont le ministre s’était trouvé saisi dans l’inter-
- (1) M. Brune est décédé dans l’intervalle des deux séances.
- valle des deux séances. Après avoir successivement examiné les projets présentés par MM. Boucher, Bourdais, Henry, Marion, Pochet, Robert, Rouyer et Speyser, la commission a écarté plusieurs d’entre eux comme irréalisables, quelques autres comme insuffisamment étudiés, et finalement, sur la proposition de M. Alphand, elle a déclaré à l’unanimité, que la tour à édifier en vue de l’Exposition universelle de 1889 devait offrir un caractère nettement déterminé, qu’elle devait apparaître comme un chef-d’œuvre original d’industrie métallique et que la tour Eiffel semblait seule répondre pleinement à ce but. En conséquence, la commission, dans les limites du mandat purement technique qui lui était confié, a proposé au ministre l’adoption du projet de tour Eiffel, sous la double réserve que l’ingénieur-constructeur aurait à étudier d’une manière plus précise le mécanisme des ascenseurs, et que trois spécialistes, MM. Mascart, Becquerel et Berger seraient priés de donner leur avis motivé sur les mesures à prendre au sujet des phénomènes électriques qui pourraient se produire.
- Rapport de la sous-commission
- Dans sa séance du i5 mai 1886, la commission de la tour de 3oo mètres a désigné une sous-commission de 3 membres (1) pour examiner le projet de M. Eiffel au point de vue spécial delà résistance et de la stabilité de l’ouvrage. Les travaux de cette sous-commission, sont résumés dans le présent rapport.
- Le dossier a d’abord été examiné successivement par chacun des membres désignés. Puis une réunion préparatoire a eu lieu le 25 mai, pour convenir des questions, que l’on poserait aux auteurs du projet, et des vérifications qui seraient à faire. La sous-commission s’est mise en rapport avec M. Eiffel et ses collaborateurs dans une conférence qui a eu lieu le ier juin. Les réponses de M. Eiffel ont été communiquées à la sous-commission le.5 juin, et elle a pu arrêter le même jour ses conclusions définitives.
- Les calculs présentés par M. Eiffel, opérés pour la plupart à l’aide de la méthode graphique, reposent sur certaines hypothèses relatives à l’intensité du vent. L’habile ingénieur en a admis deux successives : dans l’une, la tour subirait du haut en bas une poussée horizontale de 3oo kilogrammes par mètre carré de surface choquée; dans l’autre la poussée du vent varierait régulièrement, et par degrés insensibles, depuis 200 kilogrammes à la base jusqu’à 400 kilogrammes au sommet. Ces limites sont notablement supérieures aux pressions du vent observées dans nos climats.
- Le projet comporte l’emploi du fer, de préférence à l’acier, qui exigerait de moindres sections et des poids plus faibles, mais ne présenterait pas les mêmes garanties d’homogénéité et ne pourrait être travaillé dans les mêmes conditions.
- L’accroissement de poids qu’entraîne l’adoption du fer contribue d’ailleurs à la stabilité de l’ouvrage.
- La limite de résistance admise pour le métal est * de 10 kilog. par millimètre carré. Ce chiffre, qui dépasse les limites généralement admises dans les études des tabliers métalliques, ne devant être atteint que dans les cas tout à fait exceptionnels où se réaliseraient les hypothèses faites sur les actions dues au vent, nous semble pouvoir être admis partout oùles influences non calculées de vibrations s’ajoutant aux efforts moléculaires déterminés dans le mémoire donneraient une fatigue inférieure à la limite d’élasticité du métal.
- La tour se compose essentiellement de quatre arbalétriers, ou montants, qui forment les angles de l’édifice et en composent l’ossature. Ils ont une forme courbe qui les amène graduellement à converger au sommet, tandis que leurs pieds s’écartent à la base et y dessinent un carré de 100 mètres de côté. Le tracé des arbalétriers a été fait de telle sorte que l’action du vent y développe seulement des actions longitudinales, soit des
- D) MM. Phillips, Collignon et Contamin.
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- 202. — Deuxième Année. — N° 77.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- compressions qui augmentent celles que produit le poids propre, soit des extensions qui se retranchent au lieu de s’ajouter, mais en laissant toujours prédominer la compression qui règne en tout point, du sommet à la base. Dans ces conditions, l’entretoisement des arbalétriers devient inutile, et on les a rendus indépendants les uns des autres, disposition qui donne à la construction son caractère particulier. U est vrai qu’en toute rigueur, cette indépendance suppose une répartition déterminée des efforts dus à l’action du vent. Dès qu’on admet successivement, comme l’ont fait les auteurs dp projet, deux hypothèses distinctes pour la répartition de ces efforts, à chacune de ces hypothèses correspondrait un tracé particulier de la ligne moyenne des arbalétriers, et le tracé réel que l’on adopte n’est plus que le résultat d’une interpolation entre ces deux tracés préparatoires. De là résulte qu’aux efforts longitudinaux s’ajoutent dans les diverses sections des moments fléchissants, dont la valeur n’est nulle part, du reste, bien considérable.
- La sous-commission a discuté toutes ces hypothèses, et repris la plus grande partie des calculs,, en les faisant par d’autres méthodes. L’accord constaté entre les résultats obtenus de diverses manières est une garantie de l’exactitude des opérations.
- La tour peut être partagée en deux parties principales :
- La première partie, la plus élevée, s’étend du sommet de la tour à la section V, sur une hauteur de 114 mètres ; les quatre montants y sont réunis, et se fondent pour ainsi dire en une seule et même poutre droite à section rectangulaire;
- La seconde partie supporte la première; les quatre arbalétriers s’y écartent de plus en plus à mesure qu’on descend et sont reliés seulement, de distance en distance, par des brides horizontales dans la portion la plus haute, et plus bas par les planchers des étages de, la tour et des arcades qui les accompagnent.
- Nous examinerons ces deux parties successivement :
- Première partie
- Dans ce tronçon de 114 mètres, les efforts de compression calculés séparément pour les bandes longitudinales des arbalétriers et pour les barres de treillis qui les rendent solidaires, atteignent les valeurs suivantes, exprimées en kilogrammes et rapportées au millimètre carré de section transversale :
- C/3 BANDES LONGITUDINALES TREILLIS
- O en - DES ARBALETRIERS
- p* § .. —
- g Effort de
- ^ W Effort Effort dû compression
- P w Z dû au poids au vent. Effort total. dû au vent.
- propre.
- Ire 1 kil. 20 1 kil. 70 2 kil. 90 5 kil. 10
- IR 1 kil. 90 5 kil. 70 7 kil. 60 7 kil. 40
- IIIe 2 kil. » 5 kil. 90 7 kil. 90 7 kil. 3o
- IVe 1 kil. 90 2 kil. » 6 kil. 5o 7 kil. » 8 kil. 40 9 kil. » 7 kil. 80 7 kil. 60
- Ve
- Bien que ces efforts soient inférieurs à la limite de résistance, 10 kil., admise pour le métal, ils paraissent un peu élevés. La compression des barres de treillis approche de la limite qui pourrait y produire une flexion latérale. La compression des bandes est due en grande partie à l’action du vent, qui y produit des efforts bien supérieurs à ceux que produit le poids propre. Si l'on tenait compte des mouvements vibratoires qu’un vent violent, soufflant par rafales, pourrait communiquer à la tour, on serait conduit à admettre que la part due au vent dans l’effort total peut être accidentellement doublée, et alors au lieu d’un effort total de 9 kilogr., décomposé en 2 kilogr. dus au poids propre et 7 kilogr. dus à la poussée du vent, on obtiendrait un effort limité de 16 kilogr. par millimètre carré, bien voisin de la limite d’élasticité du fer. Mais il ne faut pas oublier que les résultats contenus dans le tableau précédent supposent un vent de 400 kilogr. par mètre carré soufflant dans la région la plus haute de la tour. Or, on n’a jamais observé à Paris, ni même ailleurs, un vent atteignant une pareille intensité. Dans nos climats, les plus grandes tempêtes ne développent pas d’efforts supérieurs à 90 kilogr. On serait donc autorisé à réduire au quart environ les résultats obtenus dans une hypothèse évidemment exagérée ; dans ces conditions, les 9 kilogrammes de compression de la section V s’abaisseraient à 3 kil. 7S à l’état statique et à 7 kil. 5o si l’on double l’effort dû à la composante horizontale pour tenir compte des vibrations. Rien ne serait plus facile, du reste, que d’augmenter notablement la rigidité de cette partie de la tour, par un léger accroissement des épaisseurs attribuées au métal.
- Seconde partie
- Les calculs de résistance de la seconde partie ont été présentés par M. Eiffel, sous une forme très simple, grâce à l’adoption de certaines hypothèses. Il a admis, par exemple, que la résultante des forces extérieures qui agissent sur une portion d’arbalétrier, comprise entre une section quelconque et le sommet de la tour, passe toujours par le centre de gravité de la section qui lui sert de base. Il a réduit aussi, pour certaines parties, la section utile de l’arbalétrier à deux membrures, tandis qu’il eût été plus rigoureux d’en introduire trois dans les calculs. Il était essentiel d’examiner la légitimité de ces hypothèses, et de voir si elles ne conduisaient pas à des efforts moindres que ceux qui seraient réellement développés.
- Entre la section V, base de la première partie, et la section IX, qui coïncide avec le plancher du second étage, le mémoire de M. Eiffel signale des compressions qui varient de 9 k. 40 à 9 k. 90 et dans lesquelles le poids propre entre seulement pour 1 kilog. à 1 k. 90. Ces efforts paraissent un peu élevés, par les raisons exposées tout à l’heure. Mais il y a une manière bien simple d’améliorer de beaucoup la stabilité de cette région, et d’y introduire un surcroît de raideur qui profitera à tout l’ensemble. Les quatre arbalétriers, sans être jointifs, comme plus haut, sont encore, jusqu’au plancher du second étage, à des distances assez faibles pour qu’il soit possible de les entretoiser, par des diagonales, de manière à en faire une seule et unique poutre rigide. Les efforts se répartissent alors beaucoup plus également, et la compression maxima s’abaisse immédiatement de 9 k. 90 à 4 k. 5o. La modification que l’on signale ici ne change rien, d’ailleurs, à l’aspect général de l’ouvrage.
- Entre le plancher du second étage et la base de la tour, les compressions indiquées par M. Eiffel s’élèvent à 9 k. 96 au plus, limite qui n’a plus rien d’inquiétant, car si on la décompose en deux parts, l’une due aux poids propres, l’autre à l’action du vent, on reconnaît que la première part passe graduellement de 3 k. 10 à 6 k. 20, tandis que la part de l’action du vent diminue de 5 k. go à 3 k. 76: de sorte que la portion stable l’emporte de plus en plus sur la portion qui peut subir un accroissement du fait du mouvement oscillatoire.
- On reconnaît aussi que les simplifications admises par les auteurs du projet ne les ont pas conduits à la détermination de valeurs trop faibles. Le calcul complet, fait pour la section X, située au-dessous du premier plancher, conduit à une limite de 7 k. 40, au lieu de 9 k. qu’avait trouvés M. Eiffel par la méthode plus sommaire dont il a fait usage.
- La sous-commission a signalé aux auteurs du projet une objection que l’on peut faire aux hypothèses qui servent de base au calcul de l’action du vent. Ces hypothèses consistent, comme on l’a vu, à admettre une répartition uniforme, ou uniformément variée, de la poussée horizontale qui agirait sur toute la construction de la base au sommet. Or, rien n’autorise à supposer que le vent réalisera toujours une répartition aussi régulière, et la sous-commission a pensé qu’il fallait prévoir les cas où elle exercerait seulement sur une portion de la tour, à partir du sommet, sans agir également sur toute la hauteur. Dans ces conditions la poussée résultant du vent ne passe plus au niveau qui permet de la décomposer tangentiellement aux arbalétriers ; il en résulte la production d’un couple qui doit être équilibré par la résistance des mêmes sections dans le métal, et dont le bras de levier acquiert parfois des valeurs considérables. M. Eiffel a présenté à la sous-commission une nouvelle série de calculs dans lesquels il tient compte de ces poussées incomplètes. Il a supposé successivement qu’un vent de 3oo kil. au mètre carré agissait d’abord sur le quart supérieur de la tour, puis sur la moitié supérieure et enfin sur les trois quarts à partir du sommet, le reste de la tour ne subissant aucune poussée analogue. 11 résulte de ces calculs que les augmentations produites dans les efforts limités de compression par ces poussées incomplètes ne sont jamais bien grandes. Si le couple à équilibrer peut acquérir de grands bras de levier, la force, par contre, est d’autant moindre que le bras de levier est plus grand ; de là une sorte de compensation qui restreint l’augmentation des efforts. La charge la plus grande par mètre de surface due aux poussées incomplètes a lieu dans la section XI, lorsque l’action du vent s’exerce sur la moitié supérieure de la tour. Elle monte à 10 kil. 40, mais le poids propre y figure pour 3 kil. 80. 11 n’en résulte pour la stabilité aucune condition notoirement défectueuse et cela dans une hypothèse qui sans doute ne sera jamais réalisée, il en coûterait d’ailleurs relativement peu de diminuer ces chiffres de 1 kil. et demi à 2 kil.
- Le calcul des ceintures présenté par les auteurs du projet n’intéresse pas la résistance de l’ossature, seule question dont la sous-commission ait eu à se préoccuper. Efle a laissé de même de côté les questions d’assemblage et de rivures dont elle est loin de méconnaître l’importance, mais qui pourront être étudiées seulement lors de la rédaction du projet d’exécution définitif.
- Résumé. — Conclusion
- En résumé, le projet de tour présenté par M. Eiffel paraît conçu dans de bonnes conditions de stabilité générale, surtout si l’on a égard à l’exagération évidente des hypothèses faites sur la violence du vent.
- Des quatre étages que renferme la tour, le rez-de-chaussée, où le poids propre prédomine, et l’étage supérieur, où les quatre arbalétriers sont invariablement réunis, présentent toute la rigidité nécessaire ; on ne voit d’autre observation à faire, à propos de ces deux parties, que d’engager les auteurs du projet à faire reposer leurs arbalétriers, coupés à angle droit, sur des assises inclinées, dressées normalement à l’axe des pièces auxquelles elles servent de base.
- Le second étage, compris entre le second plancher et le troisième, peut être amené au degré de résistance de l’étage supérieur, en introduisant entre les arbalétriers deux à deux, une liaison par des barres diagonales.
- Le premier étage, au-dessus du premier plancher est, dans le projet actuel, la partie la plus faible de la tour, parce qu’il y a dans cette région, prédominance des efforts dus au vent sur ceux qui correspondent au poids propre, et l’écartement des arbalétriers ne permet pas de les entretoiser.
- La sous-commission est, en définitive, d’avis, que le projet de M. Eiffel peut être approuvé au point de vue de la stabilité et de la résistance, sous les réserves suivantes :
- i° les arbalétriers seront réunis deux à deux dans la partie désignée plus haut sous le nom de second étage ;
- 20 Les sections des arbalétriers dans la partie dite du premier étage devront être légèrement grossies, de telle manière qu’il en résulte une réduction de la part proportionnelle du vent dans, l’effort total;
- Les pieds des arbalétriers, à la base de la tour, seront coupés normalement à l’axe moyen des pièces, et devront porter sur des assises réglées à la même inclinaison.
- La sous-commission estime qu’il y a lieu d’appeler l’attention des auteurs du projet sur l’importance des questions relatives aux assemblages, et aux rivures, comme aussi sur la convenance qu’il y aurait à assurer l’invariabilité des angles, des arbalétriers, au moyen des goussets et des cornières.
- Enfin, reprenant une idée exprimée par M. Brune, notre regretté collègue, la sous-commission pense qu’il est à propos, au point de vue architectonique, de faire saillir dans le projet d’exécution, les arbalétriers dans toute la hauteur du re^-de-chaussée, sauf à réduire l’épaisseur de-l’archivolte de la voûte voisine.
- Les membres de la sous-commission,
- Ont signé : MM. Philips, Collignon et Contamin.
- M. LOCKROY
- AU CERCLE DE CONFÉRENCES COMMERCIALES
- Vendredi dernier a eu lieu l’inauguration du nouveau local où le Cercle de conférences commerciales vient d’élire domicile, rue Sainte-Cécile, 8, à deux pas du Comptoir d’escompte. Fondé il y a un an environ, grâce à l’initiative de quelques employés de commerce, à la tête desquels se trouvaient MM. Boussion et Hérouart, il a pour-but d’établir spécialement entre tous les employés de commerce et, d’une façon générale, « entre les hommes du commerce et de l’industrie » des relations plus fréquentes, un échange d’idées plus facile, une cordialité plus étroite. Le Cercle de conférences commerciales met à la disposition de-ses membres un nombre considérable de renseignements que chaque jour renouvelle et qui ne peut que grandir avec l’oeuvre elle-même. Il a organisé tout un système de demandes d’emploi et de placements pour la France, les colonies et l’étranger. Il a organisé des conférences commerciales et économiques, des cours de langues étrangères, de droit international, de géographie commerciale et une bibliothèque que de nombreux dons enrichissent tous les jours. Cette entreprise mérite qu’on s’y intéresse à tous les points de vue.
- Aussi M. le ministre du commerce et de l’indus-rie avait-il accepté la présidence d’honneur de cette fête d’inauguration. Il est arrivé vers dix heures et quart, accompagné de M. Ollendorf, son chef de cabinet et son entrée a été chaleureusement accueillie.
- M. Lourdelet, l’honorable président de la. chambre syndicale des négociants-commissionnaires, après avoir souhaité la bienvenue au ministre, a cité les paroles qu’il prononçait, il y a quelques jours, au banquet de l’Union des fabricants de jouets. Il a ensuite insisté sur le rôle de la presse, qui est, comme la langue, la meilleure et la pire des choses, suivant l’usage que l’on en fait. La presse peut beaucoup pour aider au progrès de-
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- Deuxième Année. — N° 77.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 20 Juin 18SG. — 20J.
- notre commerce et de notre industrie, mais il faut qu’elle se résigne à parler plus sérieusement des choses sérieuses.
- L’orateur a retracé alors l’objet de ce Cercle.,11 l’a montré sous un double aspect: œuvre d’instruction d’une part, et de solidarité de l’autre. Il a dit quels efforts sont faits à l’etranger pour tâcher -de développer l’enseignement professionnel. Quant à la solidarité qui doit unir désormais tous les membres de la grande famille des industriels et des commerçants, nos concurrents les plus redoutables l’ont également comprise, et M. Lourdelet -a cité, à ce propos, l’œuvre du Cercle commercial de Hambourg, qui, fondé en 1858 par 14 commerçants, compte aujourd’hui 12,000 adhérents répandus dans le monde entier. L’influence allemande doit à. une telle organisation une puissance exceptionnelle. Mais il dépend de la bonne volonté de nos nationaux, de leur esprit d’initiative et de solidarité, de conquérir à la patrie française une influence au moins égale.
- Après ce discours, auquel les applaudissements n’ont pas manqué, M. Lockroy a pris la parole en ces termes :
- Messieurs,
- Je ne puis que remercier M. le président des paroles si sympathiques avec lesquelles il m’a accueilli au milieu de vous. Je le remercie d’avoir bien voulu rappeler que j’avais eu l’honneur de présider une de vos premières réunions à la mairie du IVe arrondissement, et de m’être ainsi associé à vos premiers efforts en qualité de membre du Comité d’honneur qui présidait à votre organisation.
- Ce sont des souvenirs que non seulement je ne renie pas, mais dont je m’honore hautement. J’ai toujours, pendant toute ma carrière de député, tâché, dans la mesure de mes forces, de concourir au développement du commerce parisien et _français en aidant ceux qui sont véritablement, jeunes de cœur et d’esprit, comme je crois l’être encore. (Bravo ! bravo !)
- En fondant ce' Cercle à l’imitation des nations étrangères, vous avez introduit en France une grande et bonne chose et une institution qui, j’en ai le ferme espoir, portera des fruits précieux.
- Oui ! il faut que la France qui s’était renfermée et recueillie en elle-même depuis bien longtemps, qui avait eu le tort de ne pas regarder assez au delà des frontières, ait les yeux fixés sur l’étranger et qu’elle se mette enfin en mesure de lutter avec lui sur le terrain de la concurrence commerciale et industrielle. (Très bien ! très bien!)
- Rappelez-vous, Messieurs, que l’inaction n’est pas permise à l’homme. C’est la lutte, une lutte perpétuelle, qui est le fond même de sa vie, aussi bien pendant la paix que pendant la guerre.
- Pendant la paix, elle s’exerce sur un terrain pacifique, et non meurtrier; mais elle n’en est pas moins acharnée. Quand les industries combattent les unes contre les autres, quand le commerce d’une nation lutte contre le commerce d’une autre nation, ah! mes chers concitoyens ne nous trompons pas ; ce sont là des armes terribles, que ces nations ont entre les mains et c’est aussi la ruine •et la mort qu’elles peuvent porter dans le camp de leurs adversaires. (Très bien ! très bien !) Sur ce terrain que vous préparez pour notre défense, vous êtes les soldats de la France et vous combattez, vous aussi, pour la défense nationale. Le gouvernement doit vous en être reconnaissant et vous encourager, car vous défendez la patrie menacée aujourd’hui de toutes parts. (Applaudissements.)
- J’écoutais tout à l’heure votre président qui, rappelant une parole prononcée par lui dans un récent et très brillant discours, disait : le gouvernement s’occupe trop de la politique qui le préoccupe exclusivement. Nous ne voyons pas que les discussions économiques, commerciales et industrielles tiennent, dans le Parlement, autant de place.que les discussions purement politiques.
- Messieurs, s’il faut vous dire mon sentiment, je reconnaîtrai avec votre président et avec vous, que les questions économiques et sociales sont les plus hautes et les plus graves que nous puissions traiter .aujourd’hui. Et, pour exprimer toute ma pensée, je dirai que le ministère du commerce et de l’industrie, dont j’ai l’honneur d’être le titulaire, doit être un des plus importants qu’il y ait aujourd’hui en France (C’est vrai! C’est vrai! applaudissements), je ne fais aucune difficulté de le reconnaître. Mais je trouve que votre président a été bien loin en disant que nous ne nous occupions pas des intérêts industriels et commerciaux* du pays.
- Depuis mon arrivée au ministère, j’ai déposé un projet de loi sur la réorganisation commerciale, projet réorganisant le conseil supérieur du commerce, y admettant l’élection pour les intéressés, organisant le suffrage universel des patentés et introduisant dans l’élection des réformes absolument démocratiques depuis longtemps réclamées par l’opinion. Si ce projet de loi qui contient un grand nombre d’articles, n’est pas encore venu en discussion, il faut que vous sachiez bien que c’est parce qu’il est tombé entre les mains d’une commission qui ne veut pas le faire aboutir et contre laquelle j’aurai à lutter (Bravos).
- En même temps que ce projet désirable et nécessaire pour le commerce, j’ai déposé à la Chambre un projet de loi sur les prud’hommes, remaniant l’ancienne loi d’un bout à l’autre et instituant une cour d’appel pour les prud’hommes (Très bien! Très bien!)
- J’ai déposé aussi un projet de loi sur les accidents pouvant arriver aux ouvriers des fabriques. Je prépare d’autres lois, dont le Conseil d’Etat termine l’examen, et qui sont relatives à la salubrité des ateliers et magasins, à l’inspection des enfants et des femmes dans les manufactures. J’ai enfin déposé, il y a trois mois, un projet de loi sur les prud’hommes employés de commerce (Très bien! Très bien!)
- On a raconté, je ne sais trop à quel propos, que, dans une conversation particulière, j’aurais déclaré avoir'oublié ce projet. N’en croyez pas un mot. Ce sont là des plaisanteries toujours faciles à faire quand les ministres ne sont pas présents. Ne croyez pas un seul instant que j’aie oublié les promesses que j’ai faites comme député (Bravo! Bravo! )
- Il ne faut pas dire que nous ne nous occupons pas du commerce et de l’industrie, quand, actuellement, la grande discussion, celle qui domine toutes les autres, est précisément une question d’industrie et de commerce: je veux parler de la question des sucres.
- Après cette question des sucres, viendront toutes celles qui sont soulevées à la chambre sur les céréales, le maïs, les grains. Elles occuperont à peu près toute la session ; sans compter toutes les questions qui, comme celle des admissions temporaires , comme celle des fontes et comme tant d’autres, sans se rattacher uniquement à mon département, touchent cependant à toutes les branches du commerce parisien ou français. Sachez-le bien, pas plus que mes prédécesseurs, je ne me désintéresse des graves questions d’industrie et de commerce qui sont le-nerfetla vie même des grandes nations. (Bravo ! Bravo !)
- Ah ! je sais que la critique est facile et que rien n’est plus aisé que de plaisanter les ministres en insinuant qu’ils ne font rien, que rien ne sort de leurs tiroirs et qu’ils ne sont au ministère que pour y vivre en heureux sybarites (Hilaritégénérale).
- Prétend-on que ce soit une tâche si facile que de peser les intérêts contradictoires qui se heurtent dans notre pays, et de chercher la vérité dans les affirmations des uns et des autres ? Croit-on que ce soit une situation d’esprit enviable et douce : se préoccuper sans cesse de protéger toutes nos industries sans en léser aucune, et concentrer en soi cette pensée, que la grandeur de la France ne peut résulter que d’un accord entre tant d’intérêts en apparence divergents ? (Vifs applaudissements.)
- Dans les pays dont on nous entretenait tout à l’heure, les industries similaires ne se livrent pas des combats acharnés. Elles comprennent la force de l’association ; elles se syndiquent et font quelque fois des sacrifices particuliers destinés à amener le bien général. Enfin, elles ne connaissent qu’un enn,emi : l’étranger. (Vifs applaudissements).
- C’est là, mes chers concitoyens, un exemple que nous devons suivre. Ce sont là les préoccupations d’un homme qui, après avoir recueilli les suffrages d’une grande ville comme Paris, n’ignore pas quelle responsabilité énorme pèse sur lui. Voilà, dis-je, quel est son devoir et quel doit être son but. Voilà à quoi il doit sacrifier son repos, sa santé, sa vie, s’il le faut pour répondre à l’honneur qu’on lui a fait, à la confiance que la nation lui a témoignée. (Bravo! Bravo!)
- C’est aussi à cela que je m’applique ; mais, je vous en prie, ne raillez pas ceux qui ont de pareilles préoccupations. Ne vous moquez pas, même du passant, même dans des discours qui font rire et qui amusent, de ceux qui portent de pareilles responsabilités. Ne riez pas de ces hommes qui, pour arriver à leur but, ont sacrifié tout ce que l’existence a de doux et d’agréable et jusqu’à la vie de famille ; qui passent leur temps, à étudier, à apprendre, à consulter les hommes compétents, à se rendre au milieu d’eux pour s’approprier leurs idées et leurs innovations et qui cherchent sans relâche les moyens non seulement de résister à la réaction, mais encore, et s’il m’est permis de parler ainsi, d’organiser le progrès (Vifs applaudissements). Aussi bien, Messieurs, cette bonne volonté que je mets à votre disposition, je sais que vous l’avez mise, à un degré plus grand encore, au service de votre pays, de la France, et je tiens à vous en remercier. Je sais que vous tous ici présents, vous travaillez à cette œuvre, par un labeur patient.
- Je sais que vous vous employez avec moi, avec nous, avec le gouvernement de la République à modifier une situation économique qui met momentanément la France dans un état d’infériorité commerciale et industrielle ; elle qui a tant de ressources et tant .de force, elle qui doit se relever un jour et qui se relèvera je vous le jure (Applaudissements).
- Nous travaillons tous à ce relèvement et nous pensons tous que le premier acte à accomplir dans ce but doit être cette Exposition universelle que nous voyons en expectative, qui n’est pas sans alarmer nos rivaux, mais à laquelle ils s’empresse-
- ront néanmoins de venir pour ne pas déserter le champ de bataille de la concurrence (Bravos).
- Oui, ce sera là notre premier pas en avant. Mais croyez bien que cette pensée ne me fait pas oublier les autres devoirs qui m’incombent et surtout celle dont mon ami Lourdelet parlait tout à l’heure, à savoir l’organisation de l’enseignement pratique et des écoles professionnelles (Très bien ! très bien !)
- En effet, il faut non seulement nous préoccuper du présent, mais encore de l’avenir, représenté par nos enfants qui ne vaudront que par l’éducation professionnelle et technique que nous leur auront donnée. (Très bien !) C’est ainsi que nous formerons des ouvriers et des contre-maitres des nations voisines. C’est de là que sortira une France rajeunie, plus forte et plus ardente que jamais et qui occupera avec éclat son rang toujours marqué au milieu des peuples civilisés (Vifs applaudissements).
- Oui, Messieurs, c’est là ce que nous cherchons et ce que nous arriverons à créer. Pour moi qui ai beaucoup entrepris, car il faut en ce monde beaucoup entreprendre et ne jamais manquer d’audace et de confiance'ou renoncer à faire de l’industrie ou de la politique, pour moi, dis-je, j’ai une grande audace et une grande confiance en vous, dans le peuple français, dans le progrès que nous pouvons réaliser. Tout ce qu’il y a à faire de noble et de généreux dans ce pays, je crois qu’on peut l’entreprendre avec l’espérance et la certitude de le mener à bonne fin.
- L’enseignement, celui de l’enfant comme celui de l’adulte, est au nombre du programme d’avenir. C’est une tâche à laquelle nous devons nous consacrer.
- Je vous dirai en terminant : ayons confiance les uns et les autres dans notre œuvre, travaillons sans cesse, et nous arriverons certainement à venger nos désastres. Nous rendrons aussi à la France le rang qu’elle doit avoir dans le monde et nous en ferons de nouveau ce qu’elle a été autrefois : la reine des nations (Double salve d’applaudissements).
- M. Deschamps, conseiller municipal de Paris, exprime le vœu que M.. Lockroy hâte le vote de l’emprunt de la ville, en suspens au Sénat; la participation de la ville à l’Exposition et au Métropolitain dépend de ce vote.
- M. Strauss succède à M. Deschamps et rappelle que la presse est prête pour toutes les grandes idées, pour toutes les causes généreuses.
- M. Strauss soumet à M. Lockroy deux vœux : i° il voudrait que l’on créât à l’étranger et dans nos colonies des. écoles d’application "où, sous la direction de nos consuls, les élèves sortis de nos écoles commerciales trouveraient à s’exercer ; 20 il souhaiterait que, dans la prochaine loi militaire, les jeunes gens qui s’expatrient pour se consacrer aux carrières commerciales fussent exemptés du service..
- M. Lockroy, reprenant la parole, s’est exprimé en ces termes :
- Messieurs,
- Il est évidemment dans la destinée d’un ministre d’être interpellé, même quand il vient au milieu de ses amis.
- L’interpellation le suit partout ; elle plane au-dessus de sa couche et elle le retrouve à son réveil (Hilarité).
- Eh bien soit : je suis interpellé. Je m’y résigne d’autant plus volontiers que c’est par le vice-président du conseil municipal, c’est-à-dire par cet homme si charmant et si aimable qui n’est autre que mon vieil ami, mon vieux confrère, Paul Strauss et dont vous connaissez tous le grand, talent de journaliste (Très bien ! très bien!)
- Il a suffisamment défendu la presse pour que je n’aie pas à recommencer son plaidoyer. Ce n’était du reste pas moi que visaient ses reproches, je ne me permettrais pas d’ailleurs de m’attaquer à la presse, car ce serait m’atteindre moi-même et je ne le veux pas ; les critiques auxquelles je puis être en butte me suffisent amplement (Sourires).
- M. le vice-président du conseil municipal me demandait tout à l’heure de faire tous mes efforts auprès du Sénat pour que la loi sur l’emprunt de la ville de Paris vînt en discussion le plus tôt possible. Je suis heureux de pouvoir lui répondre que ces efforts je les ai faits. Ce matin même je me suis rendu au Sénat ou l’on m’a promis et affirmé que la discussion de l’emprunt s’ouvrirait très prochainement et que, immédiatement après et sans interruption, viendrai^ le projet de la loi sur l’Exposition de 1889, que je considère comme des plus importants (Marques d’assentiment).
- M. Strauss a traité d’autres questions.
- Il m’a demandé ce que je comptais faire pour le commerce d’exportation.
- Il m’a pressé de prendre des mesures dans le plus bref délai possible. Je suis, faut-il le dire, tout à fait d’accord avec lui lorsqu’il se préoccupe de notre commerce d’exportation. Il est certain, en effet, qu’au point où la science est arrivée et avec les progrès industriels que nous avons accomplis, nous devons comme tous les pays civilisés, arriver
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- 204. — Deuxième Année. — N° 77-
- à un état de surproduction dont 1 effet, serait, si nous ne trouvions pas les débouchés nécessaires, de nous exposer à périr sur nos propres richesses. Il faut donc aux peuples civilisés pour répondre aux besoins de leurs industries nouvelles, des débouchés par où s’écoule et s’épuise leur activité. Il y a différentes manières d’acquérir ces débouchés, nous nous en sommes assurés quelques-uns dont j’espère que nous pourrons tirer le meilleur parti.
- Un autre système m’a beaucoup frappé, dont je tiens à vous entretenir. Je ne sais si vous l’avez remarqué comme moi. Une nation voisine, à laquelle il a été fait allusion bien souvent dans cette discussion déjà si longue, — ne craignez rien, messieurs, j’ai trop l’habitude d’entendre des discours pour ne pas être bref, — (rires) une nation voisine, dis-je, sans avoir tiré un coup de canon, sans avoir mis de baïonnettes au bout de ses fusils, est arrivée à se créer en Amérique aussi bien qu’en Asie de tels débouchés commerciaux qu’elle fait maintenant concurrence, non seulement à la France, mais encore à l’Angleterre elle-même, et que sur tous les marchés des deux Amériques, de la Chine et de l’Indo-Chine, les autres nations européennes se trouvent concurrencées par l’invasion des produits allemands.
- Comment pareil résultat a-t-il été obtenu ? Comment cette puisssance est-elle arrivée en Afrique jusqu’au Congo ; — où elle n’avait cependant pas envoyé de Brazza ? Comment est-elle parvenue à posséder des comptoirs, où elle est représentée aujourd’hui par des négociants unis dans une étroite solidarité, et qui inondent ces régions des marchandises de l’Allemagne tout entière ?
- Cela tient, je crois, à l’attention raisonnée que l’Allemagne apporte dans le ciioix de ceux qui doivent la représenter commercialement dans ce pays (adhésion).
- L’Allemagne, imitant en cela l’Angleterre, a choisi dans ce but, de vieux négociants parfaitement au courant des mœurs, des habitudes et des besoins du pays, elle les a investis des fonctions de consuls et ces négociants ont appelé des compatriotes qu’ils ont groupés autour d’eux (C’est vrai ! C’est vrai !) Voilà pourquoi, dès mon entrée au ministère, j’ai traité avec le département des affaires étrangères, qui s’est du reste montré très bien disposé ec très bienveillant à cet égard, pour la création d’agents commerciaux français qui pourraient être appelés dans des écoles spéciales dont on parlait tout à l’heure, et qui préoccupés uniquement de notre industrie et de notre commerce, rivaliseraient ainsi avec les consuls des nations étrangères. C’est là, je crois, le grand remède et je ne ferais, pour ma part, aucune opposition à ce que demandait tout à l’heure notre ami Strauss, je serais heureux que l’on envoyât à-l’étranger, pour se perfectionner au point de vue pratique un certain nombre d’élèves qui auraient fait en France des études théoriques. Ces jeunes gens se grouperaient autour de nos agents consulaires et commerciaux qui se sont profondément pénétrés des besoins de la France et dont un très grand nombre travaillent ardemment à faire éclater sa grandeur devant l’Europe.
- Voilà ma réponse au discours si éloquent que nous venons d’entendre ; mais je tiens à constater, en terminant, notre complet accord. Oui, nous voulons créer des débouchés pour le commerce de la France ; oui, nous voulons éviter ces surproductions déplorables pour un pays et qui peuvent nous provoquer, à des heures douloureuses, de redoutables crises (Très bien! Très bien!)
- Oui, Messieurs, c’est au nom de la paix publique elle-même. C’est pour elle autant que pour notre propre prospérité qu’il nous faut trouver au-dehors des débouchés importants, par où s’écoulera, je le répète, le trop-plein de la richesse de la France. J’espère arriver à ce résultat avec le concours dévoué de mes collègues de la marine et des affaires étrangères.
- Un grand pas est déjà fait dans cette voie, et, aujourd’hui même, il n’y a pas deux heures, je rencontrais l’amiral Aube, l’un de mes meilleurs amis et l’un des meilleurs amis de la France (Applaudissements). Il me disait: J’ai appris que la Chambre de commerce de Paris veut faire une exposition flottante; je mettrai à sa disposition deux de mes bâtiments qui iront porter au loin, sur les rivages de l’Afrique et de l’Amérique, le pavillon français, le nom français et les marchandises françaises (Bravo! Bravo!) Voilà, Messieurs, quel est l’objet de nos études. Je suis heureux de me trouver en complet accord avec vous et de saluer avec MM. Strauss, Deschamps etLourdelet et avec vous tous l’avenir qui, je l’espère et j’en réponds, sera plus heureux et plus glorieux encore que le passé (.Applaudissements prolongés).
- Après quelques mots de remerciement de M. Lourdelet, la séance a été levée. M. Lourdelet a fait alors au ministre les honneurs du Cercle; il lui en a fait visiter toutes les salles. Le ministre s’est arrêté quelque temps dans la bibliothèque, qui avait été réservée aux membres de la presse. Il a pris congé de ses hôtes un peu avant minuit.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Juin iSSb.
- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du i'S juin 18S6)
- Les exposants sont nombreux. Nous comptons d’abord beaucoup de chambres syndicales ouvrières parmi lesquelles nous citerons: les apprê-teurs en pelleteries, l’association des tapissiers, l’association des ébénistes, l’association des ferblantiers, l’association de l’ébénisterie parisienne, l'association de l’imprimerie nouvelle, les bijoutiers imitation, le groupe des bijoutiers-joailliers, les bronziers, les céramistes, les charrons, les chaudronniers en cuivre, les charpentiers, les couvreurs-plombiers, les coupeurs en chaussures,les coupeurs tailleurs, les cordonniers en talons Louis XV, les dessinateurs industriels, les doreurs sur bois, les doreurs-encadreurs , les doreurs-argenteurs , les ébénistes, les forgerons-serruriers, les facteurs d’orgues et pianos, les ferblantiers, les gantiers, les graveurs, les gaîniers, les imprimeurs en papiers peints, les jardiniers, la ligue de résistance des ouvriers en voitures, les layetiers - emballeurs, les malletiers, les marbriers, les menuisiers, les menuisiers en voitures, les ouvriers en voitures, les parqueteurs, les passementiers à la barre, les passementiers à la main, les peintres en décors, les peintres-fileurs, les peintres de lettres, les peintres en voitures, les portefeuillistes-maroquiniers, les relieurs-doreurs, la chambre des sacs de dames et de voyage, les scieurs à la mécanique, les selliers en voiture, les serruriers en bâtiments, la société professionnelle des mécaniciens, les selliers-bourreliers, les sertisseurs, la société générale des chapeliers , les tourneurs en optique, les tapissiers, les tailleurs de pierre, les tôliers, la typographie parisienne, l’union des joailliers, l’union fédérale des tonneliers, l’union des peintres en bâtiments et les vanniers ; puis plus de trois cent cinquante exposants individuels, parmi lesquels il faut citer les établissements de Montévrain et de Villepreux,.les écoles primaires supérieures de filles et celles de garçons, l’école municipale de dessin de la rue Sainte-Elisabeth, les cours d’adultes et l’école d’application des beaux-arts appliqués à l’industrie.
- Le catalogue n’est pas encore imprimé, ce qui, en l’absence de ce vade mecum, rend difficile l’orientation des visiteurs. L’installation est à peu près terminée et dès que le public pourra se renseigner sur les objets exposés, cette exhibition sera véritablement digne d’un grand intérêt.
- Le dimanche 13, jour de la Pentecôte, une affluence énorme avait tenu à témoigner de sa vive sympathie pour cette manifestation ouvrière qui prouve bien que lorsque l’on veut, on peut, et que surtout les ouvriers sont des hommes intelligents, actifs, laborieux et surtout soucieux, non pas seulement pour eux, mais pour leurs enfants, d’assurer un sort meilleur aux travailleurs honnêtes et rangés qui ne cherchent pas le bruit, mais le résultat. L’un d’eux me disait: « 89 a donné à la bourgeoisie la liberté en brisant les chaînés de l’esclavage ; pourquoi faut-il donc qu’après un siècle il reste encore des maillons rivés les uns aux autres? La place doit appartenir à celui qui sait la conquérir !... »
- C’est bien là ce qu’ont voulu montrer tous ces groupes syndiqués et c’est aussi pour cela qu’ils n’ont voulu d’autre récompense que le diplôme nominatif de médaille d’or, de vermeil, d’argent ou de bronze.
- Certains groupes vont plus loin: « le public, disent-ils, doit être le seul juge et nous n’avons besoin que de son appréciation, car les récompenses, quelles qu’elles soient, font toujours des jaloux, tandis que l’ensemble des visiteurs parle juste et vrai ; on ne peut trouver bien ce qui ne l’est pas, et il est difficile de trouver médiocre ce qui est bien. »
- L’école professionnelle de la Chambre syndicale des ouvriers tailleurs et scieurs de pierre a exposé le travail des enfants : des dessins au trait et des lavis, différents modèles exécutés en plâtre représentent des parties de ponts, de tours, de phare, d’escaliers, de sépulture, etc.; cette exposition, bien présentée, indique que l’école dirigée avec intelligence doit produire de bons ouvriers ; nous remarquons surtout un pont biais, section droite elliptique, présenté par M. Cortolezzis.
- Les scieurs à la mécanique ont montré tout ce qyie l’on peut tirer de l’adresse réunie à la patience. Une magnifique cheminée en palissandre dont les pilastres, depuis la plinthe jusques et y compris les consoles et le bandeau sont découpés à jour, est d’un magnifique effet; le cadre de glace qui l’accompagne est très bien ornementé avec les fonds en bois de rose et milieu en bois noir, taille diamant. — La balustrade qui entoure cette exhibition de même que le titre, sont en bois blanc, et toutes les découpures faites à la scie circulaire. Cette cheminée doit être accompagnée d’une pendule, dont tous les mouvements seront^ parait-il, en bois, puis de deux candélabres du même genre de fabrication. Nous espérons voir bientôt ces chefs-d’œuvre.
- La Chambre syndicale des dessinateurs présente divers spécimens, il y a entre autres de bonnes études peintes, n° 1 Cour de ferme, dénote une main sûre, n° 17 deux gentils Paysages, n° 18 Un arrivage de marée, et n° 22 Paris vu des hauteurs de Saint-Cloud; ces deux peintures, quoique décoratives, nous révèlent un artiste. Dans le premier, il y a des crevettes à servir sur la table des plus fins gourmets, il semble qu’on va les prendre. Quant au panneau n° 22 qui paraît destiné à une tapisserie, il est d’un très joli effet. Le n° 14 est également destiné à la tapisserie, les premiers plans sont nets, mais le fond devient flou beaucoup trop vite. Nous voyons aussi une série d’éventails, des dessins pour étoffes, des croquis pour illustration et pour l’industrie. Cet ensemble comprend les deux milieux du pavillon et, certes, il remplit très bien la place qu’il occupe.
- Au centre du pavillon de la ville se trouvent les travaux de l’école de Montévrain, service des enfants moralement abandonnés, assistance publique de la Seine. Une série de dessins de meubles présentés en portefeuille, ce qui permet de les examiner, montre que l’enseignement professionnel est très sérieux. Nous avons remarqué des dessins de meubles les uns au trait, d’autres ombrés à la plume et d’autres entièrement au lavis. Une série de petits modèles terminés et des études du travail du bois, des assemblages, des coupes d’onglets placés sur des tables indiquent les progrès réalisés chaque année.
- Pour ce qui concerne les progrès dans l’apprentissage industriel, toutes les personnes qui ont visité l’école ont été frappées des résultats et ils ne sont pas factices , puisque les élèves fabriquent pour la vente, seul critérium de la valeur des produits.
- D’ailleurs, les grands meubles qui sont exposés sont faits par des apprentis de quatrième année, il y a une chambre à coucher en noyer, panneaux plaqués en fougère, qui mérite d’être examinée. Un buffet avec balustres a été fait par les mêmes enfants, l’un étant spécialement tourneur, l’autre ébéniste, etc.
- Cette école, fondée seulement depuis le commencement de 1880, a déjà répondu aux espérances que défendait si chaleureusement le docteur Thulié au sein du Conseil municipal et du .Conseil général où, en décembre 1879, ce projet fut accueilli avec faveur.
- La composition de l’école comprend actuellement :
- 5p ébénistes ;
- 10 menuisiers en sièges ;
- 20 ébénistes de quatrième année ;
- 7 tourneurs ou découpeurs ;
- 10 compositeurs typographes.
- Car l’école comprend actuellement l’imprimerie qui a, comme début, imprimé le rapport de 1885 pour l’administration générale de l’Assistance publique.
- Dans différents concours de gymnastique et de pompe, l’école a déjà remporté 24 récompenses, dont 7. en or.
- Tout à côté se trouvent les produits présentés par l’école de Villepreux; agriculture maraîchère, horticulture, apiculture, vannerie.
- L’école d’horticulture de Villepreux mérite une mention toute spéciale : l’enseignement professionnel qui y est donné ne coûte plus rien après deux ans d’inscallation, les produits récoltés suffisant pour couvrir ces frais.
- La culture en plein air rapporte peu encore, nous avons vu les produits exposés : des petits pois, des haricots verts, des salades, des artichauts, etc., et il est certain que l’on pourra obtenir plus de rendement; quant à la qualité,elle a atteint son maximum.
- L’établissement possède des serres très complètes pour 1’enseignement 4 serre chaude, serre tempérée, serre à multiplication, serre à ananas, serre à forcer la vigne et les pêchers; et de nombreux châssis. — Quelques rieurs sont placées ça et là et ont bonne mine. Un joli cantaloup présenté comme spécimen en fait supposer bien d’autres. En continuant ainsi, cet établissement gagnera de l’argent au lieu d’en coûter.
- La vannerie occupe les enfants pendant l’hiver et les mauvais temps, et fournit les paniers aux horticulteurs de la région. — De plus,on fabrique à Villepreux, chaque année, environ un millier de berceaux qui sont distribués aux mères nécessi-teuses par le bureau de secours.
- L’apiculture n’a pas encore beaucoup produit, mais il faut s’attendre à des résultats, car le professeur qui enseigne_ gratuitement a fait don de ruches et elles multiplieront.
- Cette école a obtenu une médaille d’or au concours de Brunoy. Il est bien évident que le système de ces écoles est tout à fait supérieur, et au lieu de voir dans les rues bon nombre de petits mendiants, de traîne-misère, abandonnés par les parents, on arrivera ainsi à former de bons et honnêtes ouvriers qui chercheront à gagner leur vie tout en se rendant utiles à leur pays.
- (A suivre.) A. Ramé.
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- Deuxième année. — N° 77
- 1
- LE MONITEUR UE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 20 Juin 1886
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- 19
- J^ROJET DE JVEJVT. JfïlFFEL ET ^AUVESTRE
- pLÉVATlON PRINCIPALE ET j^LAN^
- J^ROJET DE JVL PüTERT
- /UE A VOL D’OISEAU ET pLAN^
- PARIS. - Glyptographio SILVESTRE t Cia, 97. rua Oberkampl.
- pl.n.n. - vue 204/461
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- 203.
- Deuxième Année. — N° 77.
- Dimanche 20 Juin iSS5.—
- L’EXPOSITION COLONIALE
- ET INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial.)
- (Suite)
- (l'o.'r lj Moniteur du i3 juin 18SG,)
- En entrant par la porte principale qui donne sur le Exhibition Road, on se trouve dans une grande salle adroite de laquelle sont les bureaux de.l’administration générale de l’Exposition. Les murs latéraux de cette salle sont couverts par de grands panneaux, chacun d’eux contenant une vue d’une capitale des colonies anglaises, et l’on remarque surtout celles de Melbourne, Sydney, et Brisbane en Australie, Natal et le Cap en Afrique, Kandy dans l'ile de Ceylan, Montréal, Québec et Halifax dans le Canada.
- Dans le milieu de cette salle se trouve une reproduction de la statue équestre du prince de Galles, dont l’original est à Bombay et qui a été offert à cette ville par un riche" marchand israélite, sir Albert Sapoon, à l’occasion du voyage du futur roi d’Angleterre, dans l’empire indien.
- Cette salle contient aussi les modèles des paquebots qui servent de trait-d’union entre la mère-patrie et ces colonies lointaines, et en les regardant on ne peut se défendre d’un sentiment d’admiration profonde pour les progrès immenses que la navigation à vapeur a faits pendant un quart de siècle.
- La Compagnie Péninsulaire et Orientale, qui est la rivale de la Compagnie Française des messageries maritimes et dessert l’Inde, la Chine et l’Australie, expose le modelé des vapeurs Rome et Carthage, qui ont 142 mètres de long, jaugent 5,ooo tonneaux et ont des machines d’une force de 5,ooo chevaux.
- Parmi les autres Compagnies on admire beaucoup le modèle du vapeur Orinoco, qui appartient au Royal mail steam Packet Company qui fait le service postal des Indes occidentales, du Brésil et de la Plata. Ce magnifique navire, que font mouvoir 5,ooo chevaux-vapeur, est admirablement installé et entièrement éclairé à la lumière électrique.
- L’arcade qui sépare l’entrée principale du vestibule est plaquée de panneaux en céramique de MM. Doulton et Cie qui ont une grande valeur artistique. Deux lie ces panneaux sont des copies du style oriental où le paon, oiseau de l’Inde par excellence, se fait surtout remarquer ; les autres panneaux contiennent des figures allégoriques représentant les manufactures de l’Angleterre, l’agriculture de l’Australie et l’art céramique de l’Inde.
- En mettant le pied dans le vestibule qui précède le grand escalier nous nous trouvons dans l’Exposition de l’empire indien et dès les premiers pas le visiteur ne peut s’empêcher de reporter sa pensée à trois siècles en arrière. C’est, en effet, le 3i décembre 1600 que la Cie anglaise des Indes fut enregistrée; elle comptait alors 125 actionnaires et son capital était de 1,750,000 fr.
- Les conquêtes d’une nation sont bien souvent dues à des causes bien futiles et l’origine de l’envahissement d’un pays immense comme l’Inde peut être cité comme exemple : dans l’an 1600 le monopole du poivre était entre les mains des Hollandais qui le vendaient à l’Angleterre 3 fr. y5 la livre ; un beau jour iis voulurent le faire payer 7 fr. 5o et la Cie anglaise de l’Inde se fonda immédiatement pour importer elle-même son poivre et des qu’elle pût organiser un service de navigation entre l’Inde et l’Angleterre elle augmenta son capital qui fut alors de 10 millions de francs et jeta les bases de l’empire indien actuel qui contient plus de a5o millions de sujets britanniques !
- C’est le gouvernement de ce vaste empire qui a pris la direction de l’Exposition indienne. Les gouvernements des différentes provinces de l’Inde et le; princes natifs ont réuni toutes les collections qui sont exposées et qui sont divisées en trois groupes :
- i° Le groupe des arts et de l’industrie ;
- 20 Le groupe des produits économiques, agri-cultu-aux et ethnologiques;
- 3° Le groupe des objets exposés par les admi-nLtrations diverses (travaux publics, instruction publique, postes et télégraphes, cartes et plans, etc.)
- Il faudrait des volumes pour décrire toutes les merveilles et les produits intéressants qui se trouvent dans ces trois groupes ; il sera donc nécessaire de ne donner qu’un aperçu général de chacune.des provinces qui sont placées dans un ordre géographique en ce qui concerne le groupe des arts.
- 1° Vestibule et escalier
- Les murs et piliers du vestibule sont décorés avec des é.olLs de Cachemir et de Kot Kamalia
- (Pendjab) drappées avec beaucoup de goût. La plus grande partie de ces étoffes ont été faites spécialement pour l’Exposition par les ordres du maharajah de Cachemir.
- Sur les côtés se trouvent des modèles, grandeur naturelle, très bien faits, des soldats des vingt-cinq régiments différents qui ont servi dans l’Inde ; un contraste frappant s’y fait remarquer quand on compaie le lancier de la garde du vice-roi, homme de près de 2 mètres de haut avec le petit gurka, un des soldats les plus intrépides de l’Inde, qui est plus petit que le plus petit de nos chasseurs à pied. Les costumes, à la fois élégants et sévères de la cavalerie du Bengale et de celle de Pendjab attirent les regards. Mentionnons en passant le soldat Sikh avec son uniforme jaune terne qui s’est distingué dans l’expédition anglaise au Soudan. Les Sikhs ont été les ennemis les plus acharnés des Anglais et "leur fournissent maintenant leurs meilleurs soldats.
- En descendant le grand escalier, tout le monde se porte à droite pour s’arrêter devant le trophée de chasse dumaharajah de Kuch Behar ; le père de ce prince indien est mort laissant un fils âgé de quelques années seulement ; le gouvernement anglais fut son tuteur et le fit élever à l’européenne, quoi qu’il n’ait pas changé de religion. Le jeune prince valse très bien, est très fort au lann tennis, monte admirablement à cheval, est un chasseur intrépide et mène sa femme dans la société européenne, faisant ainsi exception à une règle, pour ainsi dire, générale, parmi ses coreligionnaires.
- Son trophée représente une chasse au singe. L’éléphant de chasse, qui marche avant les rabatteurs, tombe, sans s’y attendre, sur un couple de tigres, il s’est à moitié débarrassé de l’un d’eux, mais l’autre est cramponné à sa trompe et l’on aperçoit à travers les jungles d’autres tigres et léopards approchant. L’effet de ce groupe est saisissant et tout à fait nature, à côté se trouve une immense vitrine contenant un aperçu de ce que l'on appelle, dans l’Inde, le Jungle avec ses habitants. On se croit, en effet, dans une forêt du Bengale entouré de tous les animaux auxquels on donne la chasse, panthères et ours, buffalos et cerfs, oiseaux de toute espèce, caïmans et boas, cobras capelle et lézards gigantesques.
- (A suivre.) Paul Dejoux.
- ---------- rsa;—> <g> @>-«rüHi——. -
- L’EXPOSITION DE GENÈVE
- Nous avons annoncé, il y a quelques mois, qu’un comité s’était formé à Genève dans le but de préparer une Exposition dans cette ville en 1887 ou en 1888.
- Ce comité a adressé les lignes suivantes aux journaux suisses :
- « Nous avons l’honneur de vous communiquer les .décisions prises par la commission centrale de l’Exposition de Genève dans sa dernière séance.
- « i° Il n’esf pas donné suite à l’idée de faire une exposition à Genève soit en 1887, soit en 1888 ; par contre, il est pris acte des promesses faites par nos autorités fédérales en faveur d’une grande Exposition nationale à Genève en 1893.
- 20 II est nommé un nouveau comité de sept membres, chargé de conserver les archives, de recueillir tous les documents de nature à faciliter l’organisation d’une Exposition, de rappeler en temps opportun à nos autorités les promesses faites à la conférence de Berne et de faire les démarches nécessaires auprès de qui de droit, afin d’obtenir la prochaine Exposition nationale suisse qui aurait lieu en i8q3.
- 3° Il sera donné décharge de sa gestion à l’ancien comité par une commission de vérification de deux membres nommés séance tenante.
- 40 Le premier versement de fonds sera remboursé au plus vite, sous déduction des frais faits à ce jour.
- 5° Le mandat de la commission centrale et du nouveau comité sera terminé avec l’accomplissement des résolutions précédentes. »
- LE COMMERCE
- ENTRE U FRANCE ET L’ALLEMAGNE
- Nous avons signalé dans notre dernier numéro la nouvelle publication de la Direction du commerce extérieur, « La Situation économique de la France ». Grâce aux documenis renfermés dans ce précieux recueil, nous pouvons publier les tableaux suivants relatifs aux transactions commerciales qui ont eu lieu entre la France et F Allemagne depuis 1870 jusqu’en 1881.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 20 Juin 18S6.
- 206. — Deuxième Année. — N° 77.
- Ces chiffres nous permettent de tracer le tableau graphique suivant :
- ^3 's<3 ^ >S>o Vçs
- Ce tableau nous montre que les opérations commerciales entre la France et l’Allemagne ont pris un développement des plus importants depuis l’année 1869.
- La moyenne des exportations était avant 1869 de 260,000,000 de francs et depuis la guerre de 1871 elle s’est élevée à 381,200,000 francs (total en 13 années, 1872 à 1884 : 4,965,600,000 de francs).
- La moyenne des importations était avant 1869 de 230,000.000 ; depuis la guerre elle s’est élevée à 386,760,000 francs (total en 13 années : 5,028,100,000 francs).
- Nous voyons en outre que de 71 à 73 les exportations ont augmenté d’une manière considérable et depuis cette date elles diminuent de jour enjour, tandis que les importations, qui ont progressé régulièrement de 71 à 1882, tendent maintenant à diminuer.
- Pour donner une idée de la rapidité avec laquelle certaines importations se sont accrues et avec laquelle certaines exportations ont diminué, nous avons dressé le tableau suivant :
- ANNÉES MAC4 ET MÉC Exp. [INES UNIQUES lmp. SUC Exp. RES lmp. Industries Allemagne BIÈRE lmp. nationales France. articles de Paris Exp.
- 1869 2.1 T. A )) )> 1.6 2.0
- 1871 2.8 0.3 3.9 )) 0.4 0.5
- 1872 4.3 1.7 3.9 » 10.4 2.8
- 1873 4.5 6.0 9.5 » 11.6 4.0
- 1874 3.5 9.0 10.8 » 8.8 4.7
- 1875 3.4 9.8 11.8 » 10.4 4.0
- 1876 3.0 10.6 9.2 1.5 10.7 4.9
- 1877 3.5 12.7 5.5 1.6 11.7 3.6
- 1878 2.5 13.4 3.0 1.4 11.6 1.5
- 1879 2.9 11.9 2.4 0.2 10.7 1.5
- 1880 3.3 14.0 1.3 5.9 10.7 3.9
- 1881 3.6 18.2 0.8 21.7 14.4 3.6
- 1882 2.9 27.6 0.6 17.4 16.4 0.2
- 1883 3.3 33.8 0.4 19.8 16.3 0.2
- 1884 3.1 21.7 0.3 18.2 16.3 0.1
- H.-F. Cabirau.
- &
- LES
- ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES
- DANGEREUX & INCOMMODES
- LE NOUVEAU TABLEAU D’ENSEMBLE ET LES NOUVEAUX CLASSEMENTS
- Le Journal officiel du 12 mai a publié un décret rendu en Conseil d’Etat, dont l’article premier est ainsi conçu :
- La nomenclature et la division en trois classes des établissements insalubres, dangereux ou incommodes sont fixées conformément au tableau annexé au présent décret.
- Le tableau que le décret du 11 mai a mis en vigueur présente un double intérêt :
- i° Il réunit dans une nomenclature unique et complète tous les classements qui existent, et qui étaient loin de se trouver tous dans le tableau général annexé au décret du 3i décembre 1866. Depuis lors, il n’y a pas eu moins de cinq décrets, en 1872, 1878, 1879, 1881 et 1883 , qui ont partiellement et successivement complété ou modifié la nomenclature de 1866.- Ces éléments épars ont été refondus et codifiés par le conseil d’Etat dans le tableau que nous annonçons, et qui, à l’avenir, remplaçant tous les autres, servira seul de règle ;
- 20 Voilà pour les classements déjà existants. Il y a, en outre, seize industries faisant l’objet de classements nouvellement institués ou rectifiés. Elles figurent dans le tableau que va publier le Bulletin des lois, mais confondues, selon l’ordre alphabétique, avec les classements préexistants. Nous les en détachons. Les voici :
- DÉ
- SIGNATI ON
- INCONVÉNIENTS
- DES industries
- C/D
- w
- C/j
- C/D
- J
- U
- Acide fluorhydrique (F abrication de
- Alizarine artificielle (Fabrication de f), an moyen de l’anthraeène..,..
- Bleu d’outremer (Fabrication du) :
- 1° Lorsque les gaz ne sont pas
- condensés....................
- 2° Lorsque les gaz sont condensés.........................
- Briqueteries flamandes.............
- Chicorée (Torréfaction en grand de
- la)...............................
- Crayons de graphite pour éclairage électrique (Fabrication des)........
- Encres d’imprimerie ( F abrication des) :
- i° Avec cuisson d’huile, à feu nu. 20 Sans cuisson d’huile, à feu nu.
- Épaillage des laines et draps (parla
- voie humide)......................
- Gravure chimique sur verre, avec application de vernis aux hydrocarbures............................
- Huiles oxydées par exposition à l’air (Fabrication et emploi des) :
- i° Avec cuisson préalable......
- 20 Sans cuisson................
- Malteries......... ................
- Mèches de sûreté pour mineurs (Fa-brication des) :
- 1“ Quand la quantité manipulée ou conservée dépasse 100 kilogrammes de poudre ordinaire. 2° Quand la quantité manipulée ou conservée est inférieure à 100 kilogrammes de poudre ordinaire......................
- Emanations nuisibles...........
- Odeurs et dangers d'incendie.........
- Emanations nuisibles.............
- Emanations acci -dentelles .......
- F umée...........
- Odeur et fumée...
- Bruit et fumée.....
- Odeurs et dangers
- d’incendie.......
- Idem................
- Danger d’incendie..
- Odeurs et dangers d’incendie.........
- Idem..............
- Idem..............
- Altération des eaux.
- Dangers d’incendie ou d’explosion....
- Idem.
- Peaux salées non séchées (Dépôts de). Odeurs.
- Peaux sèches (Dépôts de) conservées à l'aide de produits odorants...... Idem.,,
- Porcheries comprenant plus de six animaux adultes :
- i° Lorsqu’elles ne sont point l’accessoire d’un établissement a-
- gricole.......................
- 2° Lorsque, dépendant d’un établissement agricole, elles sont situées dans les agglomérations urbaines de 5,000 âmes et au-dessus..........................
- Odeur, bruit
- Idem.
- 3'.
- ire.
- 3«.
- ire. 2e.
- 3e.
- 3U
- Verdet ou vert-de-gris (Fabrication du) au moyen de l’acide pyroligneux..............................
- Odeurs
- 3e.
- On remarquera que, sur ces seize industries, deux, les encres d’imprimerie et les porcheries, étaient déjà classées. Le décret du 11 mai en modifie le classement. D’autre part, l’industrie des briqueteries flamandes, spéciale à la région du
- Nord, était depuis longtemps réglementée, en fait par des arrêtés préfectoraux. Le décret, en les comprenant dans la classification établie par le décret du i5 octobre 1810 et l’ordonnance du 14 janvier 1813 (qui sont les deux actes organiques en matière d’établissements insalubres) ne fait, ainsi que consacrer en droit une pratique constante. Dans la série des industries nouvellement classées, nous en signalons une, récemment introduite en France, celle du linoléum (huiles oxydées par exposition à l’air). L’établissement de la première usine, près de Choisv-le-Roi, avait suscité, en 1882, les réclamations les plus vives et donné lieu à un examen particulièrement attentif du comité consultatif des arts et manufactures et de son savant rapporteur, M. Aimé Girard.
- Enfin, nous appelons l’attention sur l’intérêt qui s’attache, pour l’agriculture, au nouveau classement des porcheries. Jusqu’à ce jour, les porcheries étaient rangées toutes indistinctement dans la première classe. Par suite, leur éloignement des habitations était obligatoire. En réalité, le classement était excessif et inapplicable. La classification qui va être désormais en vigueur admet des distinctions. D’une façon générale, elle soustrait à toute réglementation, même dans les villes, les porcheries qui renferment au plus six animaux adultes, et même celles qui en renferment un plus grand nombre, à moins que ces dernières ne dépendent d’un établissement agricole, ou soient situées dans les agglomérations de 5,000 âmes et au-dessus. Cette classification nouvelle, que réclamait le ministère de l’agriculture, est de nature à faciliter l’élevage des porcs qui est devenu, depuis quelques années, une des branches importantes de notre production rurale.
- -------------—--
- LE MÉTROPOLITAIN
- Le rapport de M. Lefebvre-Roncier au Conseil municipal, distribué à la Presse au commencement de cette semaine, vient d’être annulé par ordre du rapporteur lui-même à son retour de Berlin. On sait que le Commission municipale du Métropolitain est allée visiter le chemin de fer intérieur récemment achevé et mis en exploitation dans cette ville.
- Nous donnerons la semaine prochaine le nouveau rapport qui contiendra les propositions définitives et les études complètes concernant la participation de la ville de Paris aux dépenses de cette vaste opération.
- ---------------—-----
- LES SYNDICATS AGRICOLES
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du i3 juin 1886).
- III
- Nous avons démontré que les intérêts de l’agriculture ont été constamment méconnus et négligés et que les bienfaits du gouvernement ont toujours été pour l’industrie et le commerce. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet et nous pourrions citer des faits nombreux et indiscutables. Mais à quoi bon ? Cela ne servirait à rien. La routine règne en souveraine et l’on songera à s’occuper de l’agriculture, le jour, seulement, où elle sera représentée dans le Parlement, non plus par des avocats, des médecins et des capitalistes, mais par des laboureurs véritables, c’est-à-dire par des hommes qui ont travaillé la terre et vécu la vie rude'et toute de privation du paysan. Mais, malheureusement, ce jour est encore éloigné, et, d’ici là la misère aura le temps de faire son œuvre et de multiplier ses victimes.
- Cependant, la situation est déjà assez triste. L’avenir apparaît sous un aspect assez sombre, pour que l’on prenne enfin en pitié les infortunés ruraux qui succombent sous le fardeau.
- . C’est surtout la petite culture qui est rudement éprouvée. Privée de moyens de travail rapides et économiques, de capital et de crédit, elle s’épuise
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- Deuxième Année. — N° 77,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 20 Juin 18S6. — 207.
- à lutter, elle se ruine et meurt de faim sur le sillon.
- Et qu’on ne dise pas que nous exage'rons.
- Voici ce qu’écrivait, il y a à peine quelques mois, un membre du syndicat agricole de la Charente-Inférieure , dans un rapport où il faisait l’examen du modeste budget des recettes et des dépenses du petit cultivateur :
- Fabricant de blé, il vend 18 fr. ce même blé qu’il rachète 26 fr. sous forme de pain, perdant 25 pour 100 sur sa marchandise.
- Fabricant de viande, il vend aujourd’hui ofr. 5o cette même viande que, consommateur, il rachète 1 franc, perdant 5o pour 100 sur sa marchandise.
- Consommateur d’engrais, de semences, c’est 3o pour 100 en plus de leur valeur qu’il lui faut payer, heureux encore si la fraude n’est pas intervenue.
- Acheteur d’instruments pour sa profession , c’est 20 pour 100 de bénéfice qu’on lui demande.
- Aussi qu’arrive-t-il ? C’est que de 1877 à 1882 pendant l’espace de cinq années seulement , 968,454 habitants des campagnes ont quitté la culture pour venir accroître d’autant la population des villes.
- L’auteur de ces réflexions d’une justesse indiscutable, aurait pu ajouter que le petit cultivateur est odieusement exploité non seulement par tous ceux avec qui ses besoins journaliers le mettent en relations d’affaires, depuis le domestique et le tâcheron, jusqu’au charron et au bourrelier, mais encore que le fisc aveugle et impitoyable se montre à son égard d’une injustice révoltante. Ah! nos agioteurs et nos rhéteurs bavards qui dissertent avec tant de faconde sur les chinoiseries de la politique devraient bien s’occuper un peu de cette question ; mais malheureusement, ils n’en connaissent pas le premier mot. Et puis, que leur importe le prolétaire rural ! C’est un bon enfant dont on n’a rien à redouter ! il n’y a donc pas à se gêner pour lui. Il sera temps, au moment des élections, de reéditer les mêmes promesses menteuses qu’on lui a faites cent fois et qu’on n’a jamais tenues.
- Jusqu’à ce qu’il se décide à envoyer à la Chambre et au Sénat, pour y défendre ses intérêts, non des avocats et des industriels, mais des laboureurs comme lui. L’homme des champs ne doit compter que sur ses efforts, sur sa volonté, son intelligence, c’est-à-dire sur lui-même, pour faire face, autant que ses moyens d’action le lui permettent, aux besoins du moment et améliorer sa situation.
- Certes, il n’est pas réduit à une impuissance irrémédiable, il peut, s’il le veut sérieusement, agir d’une manière efficace. Ce qui lui nuit, par-dessus tout, c’est l’isolement.
- Abandonné à ses propres forces, l’ouvrier des champs n’a aucune autorité, aucune influence, aucun moyen d’action ; il s’annihile, en quelque sorte, dans une solitude néfaste. Mais si, au contraire, il entre en relation avec les autres laboureurs, ses frères, qui souffrent 4U même mal et des mêmes besoins que lui, s’il s’entend avec'eux, s’ils forment entre eux une association, ils deviennent une force, une puissance avec laquelle il faudra compter.
- Une association a nécessairement une influence et des moyens d’action que ne saurait posséder un individu isolé quel qu’il soit. On n’écoute pas un individu, on est obligé de compter avec le nombre, la foule.
- Qu’un cultivateur, qui a besoin d’argent pour augmenter son capital, améliorer ses terres ou son matériel, se présente chez un banquier, sans aucune autre recommandation que sa probité et son amour du travail, on l’éconduit plus ou moins poliment ; mais s’il vient, au nom d’une société de cultivateurs, et avec la garantie d’un syndicat, on s’empressera de lui donner ce qu’il demande.
- Il en est de même lorsqu’un individu isolé adresse une réclamation au gouvernement ; sa voix se perd le plus souvent dans le vide et n’est pas écoutée, tandis que si la pétition est l’œuvre collective de plusieurs milliers de citoyens, elle a toutes les chances d’être examinée et d’obtenir justice.
- Le principe de l’association qui fait la force des ouvriers des villes serait également d’un grand
- secours pour les travailleurs agricoles. C’est par le groupement industriel et la solidarité que les classes ouvrières parviendront à améliorer leur sort et à atténuer les effets désastreux du chômage et de la crise économique.
- La loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels est un bienfait dont il faut savoir gré au gouvernement actuel. Il a prouvé, en faisant cette loi, le sérieux et profond intérêt qu’il porte aux hommes et aux choses du travail.
- Nos cultivateurs devraient en profiter pour imiter l’exemple des ouvriers des villes et former entre eux des associations, créer des syndicats agricoles. L’application du système de la mutualité aux travailleurs agricoles ne saurait rencontrer des difficultés sérieuses ; il suffit, pour cela, d’un peu d’initiative et de bonne volonté.
- Ainsi, par exemple, tous les cultivateurs, fermiers et propriétaires ruraux d’un même canton pourraient former entre eux un syndicat professionnel, et, non seulement ces syndicats cantonaux correspondraient entre eux, mais ils se mettraient en relations constantes avec un syndicat départemental qui siégerait au chef-lieu du département et qui serait composé de délégués pris au sein des syndicats cantonaux et choisis par eux.
- Dans certains cas particuliers, comme, par exemple, quand il s’agirait de porter devant le Parlement des questions ou des réclamations intéressant plusieurs départements ou toute une région, les syndicats départementaux de cette région pourraient se réunir et former une sorte de fédération.
- On comprend facilement quelle serait l’importance d’une telle organisation et l’influence considérable dont elle disposerait pour la défense des intérêts de l’agriculture.
- Mais il faudrait veiller avec soin à ce que la politique en fût bannie et à ce que les syndicats ne dégénérassent pas en des sortes d’agences de propagande électorale en faveur de telle ou telle opinion politique, ou de telle ou telle personnalité influente. C’est là l’écueil le plus dangereux à éviter.
- Peut-il l’être? Nous le croyons.
- Nous savons bien que les passions et les ambitions politiques sont ardentes, implacables parfois, mais on peut les empêcher de transformer en clubs, ces associations utiles, en leur opposant un règlement énergique, basé sur une sanction sérieuse.
- . E. Mansuy.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE •
- DE
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Voir le Moniteur du i3 juin 1886).
- V
- L’étonnement fut profond, à la cour et à la ville; on n’avait jamais rien lu, en France, qui ressemblât sérieusement à un journal. Du jour au lendemain, le médecin Renaudot fut célèbre.
- Il faut bien dire que la Galette cherchait savoie et n’était qu’à l’état embryonnaire ; mais quel progrès ! quelle lumière ! si l’on songe aux privations de la société française. Le besoin de s’instruire, d’apprendre les nouvelles comptait déjà pour beaucoup, et Renaudot y avait donné une bonne mesure.
- La Galette de France, telle qu’elle fit son apparition, accordait déjà une place importante aux choses de la politique. Ainsi, par exemple, nous voyons que le premier numéro contient des nouvelles, avec la date de leur départ : de Constantinople, le 2 avril ; de Rome, le 26 avril, et sous cette rubrique se trouvent les nouvelles d’Espagne et de Portugal ; de la haute Allemagne, le 3o ; de Freistad en Silésie, le 18 mai ; de Venise, le 2 ; de Vienne, le 3 ; de Stettin, de Luhec, le 4 ; de Franc-fort-sur-l’Oder, de Prague, de Flambourg, de Leipsick, le 5 ; de Mayence, le 6 ; de la Basse-Saxe, le 9 ; de Francfort-sur-le-Mein, le 14 ; d’Amsterdam, le 17, et enfin d’Anvers, le 24 mai.
- Ôn voit que, quoique en ce temps-là les communications ne fussent pas très rapides, Renaudot n’en avait pas moins fort bien organisé son service. Au moyen de courriers et de messagers particuliers, Renaudot avait assuré son service tant
- bien que mal. Ce déploiement d’information était prodigieux pour l’époque, et l’on peut dire de Théophraste Renaudot ce qu’on dit couramment de bien des médiocrités d’aujourd’hui ; il était né journaliste. On ne verra point sans intérêt l’information suivante, qui donne une idée de la façon dont le directeur de la Galette troussait ses nouvelles :
- « De Constantinople, le 2 avril 1631 : Le roy de Perse, avec quinze mille chevaux et cinquante mille hommes de pied assiège Dille, à deux journées de la ville de Babylone, où le Grand-Seigneur a fait faire commandement à tous les janissaires de se rendre sous peine de la vie, et continue, nonobstant ce divertissement-là, à faire toujours une âpre guerre aux preneurs de tabac, qu’il fait suffoquer par la fumée. »
- Une chose très remarquable, comme le dit M. Eugène Hatin, c’est que ce premier numéro ne-contient aucune nouvelle de France, non plus que les quatre suivants; on ne commence à en trouver que dans le sixième, à la fin duquel se lit aussi, pour la première fois, l’indication du bureau et la date en ces termes : « Du bureau d’adresse, au « Grand Coq, rue de la Calandre, sortant au Mar-« ché-Neuf, près le Palais, à Paris, le 4 juillet « 1631, avec privilège. »
- Puisque nous en sommes à noter les impressions diverses qui accueillirent la Gaqette à sa naissance, ne manquons pas de faire justice, une-fois pour toutes, des ridicules racontars qui traînent dans tous les Anas. Ainsi, on a dit qu’à l’origine, le journal de Théophraste Renaudot était simplement un recueil de pasquinades et de balivernes destinées à amuser les malades afin de les. préparer à une complète guérison. Nous rougissons pour les érudits qui ont osé se faire les échos de ce bruit grotesque. Assurément, ceux qui prétendent que Renaudot fonda la Gapette dans un but purement médical n’ont jamais consulté la collection de la première année. Toute la rédaction de l’antique feuille française est sérieuse,, mesurée, correcte; c’est bien en face d’un grand journal que l’on se trouve. D’ailleurs, pour restituer à la création de Renaudot son caractère imposant, il n’y a qu’à reproduire ici un fragment de la Préface placée en tête des recueils de gazettes de i631 :
- « Si la crainte de déplaire à leur siècle, dit Renaudot, a empêché plusieurs bons auteurs de toucher à l’histoire de leur âge, quelle doit être 1a. difficulté d’écrire celle de la semaine, voire du jour même où elle est publiée! Joignez-y la brièveté du temps que l’impatience de votre humeur me donne, et je suis bien trompé si les plus rudes-censeurs ne trouvent digne de quelque excuse un ouvrage qui se doit faire en quatre heures de jour, que la venue des courriers me laisse, toutes les semaines, pour assembler, ajuster et imprimer ces lignes. En une seule chose, ne céderai-je à personne, en la recherche de la vérité, de laquelle-néanmoins je ne me fais pas garant, étant malaisé qu’entre cinq cents nouvelles écrites à la hâte il n’en échappe quelqu’une à nos correspondants qui mérite d’être corrigée par son père le temps. »
- Ces lignes ne manquent point d’une certaine crânerie. Elles nous confirment amplement tout ce que nous savons du caractère actif et entreprenant de Renaudot. Elles nous démontrent également que la pensée, qui présida à l’éclosion de la Galette était une pensée d’intérêt public. Toujours dans cette même préface de 163 r, et un peu après les lignes que nous venons de citer, Renaudot constate qu’il aura énormément de mal à satisfaire sa clientèle. Mais cela ne le rebute point. On est journaliste ou on ne l’est pas. Il annonce également qu’il sera toujours disposé à accueillir les rectifications. Mais qu’on se garde bien de lui envoyer des mémoires partiaux et passionnés, vu que ses gazettes sont épurées de toute autre passion que celle de la vérité. Du reste, s’il parle de la difficulté qu’il rencontre en la composition de ses gazettes et nouvelles, ce n’est pas pour en faire plus estimer son ouvrage, c’est pour s’excuser de ne pouvoir satisfaire tous les goûts :
- « Les capitaines y voudraient rencontrer tous les jours des batailles ou des sièges levés ou des villes prises ; les plaideurs, des arrêts en pareil cas. Les personnes dévotieuses y cherchent les noms des prédicateurs, des confesseurs de remarque. Ceux qui n’entendent rien aux mystères de la cour les y voudraient trouver en grosses lettres. Tel, s’il a porté un paquet en cour, ou mené une compagnie d’un village à l’autre sans perte d’homme , ou payé le quart de quelque médiocre office, se fâche si le roi ne voit son nom dans la Gaqette. D’autres y voudraient voir ces mots de Monseigneur ou de
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- 2oS. — Deuxième Année. — N° 77. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 20 Juin 1SS6.
- Monsieur répétés à chaque personne dont je parle. Il s’en trouve qui ne prisent qu’un langage fleuri, d’autres qui veulent que mes relations ressemblent à un squelette. »
- Rien de plus original que ces lignes. Renaudot s’y met à nu avec la tournure familière et libérale de son esprit et la préoccupation du succès de son entreprise.
- T. M.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- LXIII
- Un salon à Paris.— Mm° Mohl et ses intimes, par-K. O’Méara.
- _ Un vol. in-18. Paris. E.Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-
- éditeurs,
- L’histoire des salons célèbres fait partie, en France, de l’histoire de la société et de la littérature. Les salons, selon les temps et suivant qu’il s’agit du règne de Louis XIV ou de la Régence, du règne de Louis XVI ou du Directoire, font les mœurs ou les défont. Ils font l’opinion publique, qui n’est que le grossissement de certaines opinions privées, assez influentes pour créer ce troisième pouvoir public qui insinue son empire entre celui des lois et celui des mœurs. A l’action et à l’influence de tout salon préside une femme. Que ce soit en France ou en Angleterre, en.pays de galanterie ou en pays de cant, on n’a pas l’idée d’un salon présidé par un homme. Ce n’est pas pour rien que l’inexorable logique, qui régit les formes du langage, a fait du genre, du sexe féminin, toutes les puissances qui mènent les hommes tandis qu’ils s’agitent : la fortune, la gloire, l’opinion, la mode, la Providence sont personnifiées par des femmes, dans les allégories et dans la réalité. Elles n’apparaissent aux yeux des hommes que sous les formes du sexe aux pieds duquel ils tonibentàtoutmoment, en raison de ce qu’ils lui doivent leur mère, leur sœur, leur femme, leur fille, etc... En France, dans le pays par excellence de la conversation, de la mode, du goût des nouvelles et des bons mots, depuis le grand salon des précieuses, ces jansénistes de l’amour, comme les appelait malignement Ninon, à l’hôtel de Rambouillet jusqu’à nos jours, que de salons typiques, caractéristiques, ayant influé sur les idées, les passions, les mœurs du moment, la façon d’exprimer l’amour, et — moralement parlant — la façon de faire l’amour. Citons, pour mémoire, les salons de MUe de Scudéry, de Mme de Sévigné, de Mn,e de Lambert, de Mme de Tencin, de Mme du Deffand, de Mme Geoffrin, de Mme d’Epinay, de Mme de Luxembourg, de Mme Necker, de Julie Talma, de l\Ime Roland, de Mm0 Tallien, de Mme de Staël, de Mme de Duras, de Mme de Raigecourt, de M‘ne de Rumfort, de Mme de Lieven, de Mm® de Girardin, de Mme d’Abrantès, de Mmc Ancelot, de Mme Récamier qui' prolongea l’influence du sien jusqu’à la veille de la révolution de 1848.
- De nos jours, bien que le cercle, le club, le casino, les eaux, les bains de mer, le chemin de fer, le télégraphe, le téléphone, aient tué ou à peu près la sociabilité, la galanterie , le talent épistolaire, l’esprit de conversation, on cite les salons de Mme d’Aubernon, de Mme Adam, de Mme de Blocqueville. Nous n’avions guère entendu parler, nous en convenons, de celui dont M. O’Meara nous conte l’histoire d’une façon fort intéressante et spirituelle: le salon de Mme Mohl.
- Ce fut surtout un salon académique, marqué d’un caractère original moins par sa composition que par la figure du maître et surtout de la maîtresse de la maison, qui a un caractère tout à fait excentrique, fantasque et sur la fin fantastique et presque hoffmanesque.
- C’est chez Mme Récamier que Mme Mohl avait appris ' son métier, comme Mm0 Geoffrin avait appris le sien chez Mrae de Tencin et Mme du Deffand. Mais certes plus d’une fois, l’élégante et toujours quelque peu précieuse Juliette, toujours en garde contre tout mouvement vif ou brusque, altérant la majesté de la pose, troublant la pureté plastique de la ligne se fut scandalisée, voilé la face, pâmée, en écoutant les étonnantes, saillies de son élève, et en voyant cette élève se livrer mêracà l’âge des cheveux d’argent à une orgie de mouvements, à une débauche de gestes, à une sorte d’ivresse de la parole et du rire, qui n’avaient rien de commun avec les voluptueuses attitudes de lady Hamilton dans la danse du Shall, ni les mélancoliques langueurs d’une lady Fitz-Gérald, murmurant les romances de Moore._
- Mais miss Mary Clarke, l’Ecossaise qui devait épouser sur le tard le plus fidèle habitué de son salon, le Wurtembergeois Jules Mohl, professeur de langue et de littérature persane au collège de France, avait su se ménager l’impunité par un charme irrésistible de jeunesse, de vivacité, de gaîté. Elle avait fait rire Chateaubriand. Elle
- seule avait trouvé le moyen de chatouiller, de façon à le dérider, l’incommensurable ennui de fauteur de René. Pour ce triomphe, pour cette conquête elle fut tout de suite célèbre, et sur le pied de tout se permettre — en paroles bien entendu — sans inconvénients pour sa réputation ou ses relations. Il est vrai que faire rire Chateaubriand n’était pas le fait de la première venue.
- M. O’Meara a très habilement rattaché les uns aux autres les menus fils qui constituent l’histoire d’un empire mondain pour faire une trame suivie de ces annales légères du salon de la rue du Bac, de 1820 à 1870.
- Pendant ces cinquante ans, que de figures célèbres et diverses ont traversé ce salon: Mme Récamier, la princesse Belgiososo, Mme Andryane, la princesse de la Moskowa, la marquise de Ga-briac, et bien d’autres parmi les femmes, quoique le salon de Muie Mohl, largement ouvert aux hommes, le fut beaucoup plus étroitement, jalousement aux femmes. Il ne faut en effet dans un salon que la maîtresse de la maison, avec quelques comparses, repoussoirs, tapisseries. S’il y a plusienrs femmes, surtout d’esprit et de beauté, elles se partagent et se disputent les hommages; les a-parte, les chuchottements tuent la conversation générale. On se regarde plus qu’on 11e s’écoute. Ce sont surtout des hommes qui fréquentèrent et pratiquèrent, malgré la hauteur de quatre étages, et le menu de dîners qu’eut évités avec soin Brillât-Savarin, mais où ne s’asseyaient que des gourmets d’esprit, ce salon où passèrent et repassèrent attirés et retenus par l’esprit endiablé de la maîtresse de la maison, Chateaubriand, Fauriel, Ampère, deux érudits singulièrement galants, toujours amoureux, souvent aimés, Mérimée, M. de Tocqueville, Manzoni, le duc de Broglie, Thiers, Guizot, M. de Lomini, Jules Simon, E. Renan, Barthélemy Saint-Hilaire, le fidèle de tous les temps, celui qui a fermé sur lui la porte du cénacle, successivement vide de tous les assistants, et poussé le loquet sur le sanctuaire désert.
- De ce salon qui fut un des centres d’opposition sous l’empire, l’histoire est pleine d’épisodes curieux et amusants, et très bien contés par M. O’Meara ; le récit du mariage de miss Clarke âgée de cinquante-sept ans, et dë Jules Mohl âgé de quarante-sept, le récit des relations de Mme Mohl avec la reine de Hollande sont de vrais chapitres de comédie ou de roman, et pourtant, de la plus scrupuleuse, mais delaplusamusante réalité.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Chateau-d’Eau. — Le Trouvère.
- Opéra-Comique. — La Traviata.
- L’Opéra populaire est dans nos murs. Une fois encore un imprésario vient tenter d’arracher au café-concert un public mélomane en lui offrant le spectacle de l’opéra et de l’opéra comique à prix réduits. Ce genre d’entreprise, pour être couronné de succès, exige la réalisation de bien des conditions. La plus importante est que la saison soit pluvieuse. Heureusement pour le Château-d’Eau, les choses s’annoncent favorablement pour l’exécution de ce desideratum, la direction est donc en droit d’espérer une de ces réussites qui accueillent si rarement, hélas 1 ces tentatives artistiques. Et franchement cette nouvelle entreprise lyrique du Château-d’Eau mérite bien le succès. Certes cette reprise du Trouvère ne pouvait pas non plus se produire avec un éclat particulier et extraordinaire, mais telle qu’elle a été effectuée, elle estfort intéressante et témoigne d’une intelligente direction du théâtre. Il n’y a pas à dire, la comparaison des résultats obtenus au Château-d’Eau en proportion des ressources dont dispose un tel théâtre et des résultats fournis par nos grands théâtres comme l’Opéra et l’Opéra-Comique est toute à l’honneur du Château-d’Eau. Avec une troupe constituée de bric et de broc, obligé de monter les ouvrages en grande hâte, luttant contre la guigne, le manque de prestige du théâtre, l’indifférence du public, la chaleur, etc..., mal soutenu parla presse et ne s’appuyant que sur des capitaux restreints, organiser un spectacle comme celui-là, c’est étonnant, c’est admirable.
- Bien que demeuré l’une des œuvres les plus populaires de Verdi, le Trouvère a beaucoup baissé dans l’estime artistique. Même, avec cette indépendance de cœur qu’on témoigne aux choses qui ont cessé de plaire comme jadis, et ce besoin de piétiner sur les débris des idoles autrefois vénérées, on est devenu très injuste à l’égard du Trouvère. Il est vrai que l’art dramatique musical a marché depuis la formyle de Verdi, pas
- toujours dans la bonne ligne, mais enfin il a marché, et la manière du vieux maître est un peu démodée aujourd’hui. N’importe, il y a dans le Trouvère une intarissable veine mélodique dont, à moins d’être de mauvaise foi avec soi-même, on est bien forcé d’éprouver toujours le charme. D’ailleurs malgré tous les baroques imbroglios d’un livret qui est le triomphe de l’incohérence, le quatrième acte n’est-il pas d’un effet dramatique éternellement puissant, et contenant des accents sublimes qui seront considérés comme tels en tout temps par toute école.
- Mme de Garden est une Léonore aussi agréable à voir qu’à entendre, ce qui est rare. Très sûre de sa voix, elle s’est ménagée pour le duo du 3® acte et la scène du Miserere, dans lesquels elle s’est manifestée remarquable cantatrice et véritable artiste. Mme d’Harno, qui remplit le rôle de la bohémienne Azuce'na, possède une voix très belle dans les notes basses, mais un peu défaillante dans les notes supérieures ; du là, quelques troubles dans son chant naturellement plein, vibrant, puissant, très dramatique. Son jeu très énergique et très soutenu est d’un grand effet M. Gallois, le trouvère, a une voix solide, égale, dont il se sert sans fatigue. Il possède aussi la note tendre et car-ressante, et a chanté la sérénade du iCr acte, et la romance du 4e acte avec une grande douceur et un grand charme. M. Chauvreau, le comte de Luna, est un peu froid, belle voix, superbe prestance, mais chant manquant d’élan, et geste dépourvu de passion. M. Stephan est un Fernand convaincu et suffisamment ronflant.
- L’orchestre excellent est admirablement conduit. Quant aux chœurs ils sont positivement remarquables. Le chœur des bohémiens, le chœur du cloître, le Miserere, sont chantés d’une manière excellente.
- L’Opéra-Comique a également repris une œuvre de Verdi. La Traviata a moins vieilli que le Trouvère, son sujet même en fait une œuvre de tous les temps qui résistera plus facilement aux révolutions d’écoles et aux coups de vent de la mode. A quoi bon répéter d’ailleurs que la Traviata contient des pages sublimes et que la passion y est exprimée musicalement de la façon la plus poignante, la plus déchirante qui ait jamais été et qui sera jamais obtenue.
- La Traviata est montée bien entendu avec ce soin très ingénieux et très habile, mais absolument dépourvu de sentiment artistique, qui caractérise le faire de M. Carvalho. Décors bien peints, costumes luxueux, mise en scène étudiée, mais tout manque de fougue, de grouillement vital. M. Ta-lazac met sa belle voix au service d’un jeu un peu lourd. Mme Salla, qui possède d’ailleurs un organe charmant, est d’une opulente beauté qui jure légèrement avec sa situation de poitrinaire. Enfin ces deux artistes forment un duo de concertants parfaits ; on ne peut chanter avec plus d’art, plus de science, plus de charme; seulement de là à nous représenter les personnages du fameux drame...
- L’orchestre est parfait, cela va sans dire.
- Léon Gandillot.
- Très attrayant spectacle aux Folies-Bergères. On vient de représenter un nouveau ballet-pantomime la Rosière de Montretout. Inutile d’ailleurs de chercher à analyser cette succession de cocasseries fantasques et de gambades vertigineuses. Cherchez toutes les fantaisies les plus éperdues auxquelles on peut se livrer à propos de la cérémonie du couronnement d’une rosière et vous n’aurez pas encore trouvé.
- Fusier est venu donner une série de représentations.
- Fusier, le populaire Fusier, l’homme-spectacle toujours plus original,plus inédit, plus fantaisiste, constitue à lui seul tout un programme d’attractions et de réjouissances.
- L. G.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et r>, rue de la Préfecture Ô,
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- Le Moniteur
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- V?*,
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- i. L'Exposition de 1889 ; 2. L’Exposition coloniale et indienne de Londres ; 3. Exposition internationale des sciences et des arts industriels ; 4. La Nouvelle-Orléans ; 5. Notre commerce ; 6. Echos; 7. Le Conseil municipal et le Métropolitain; 8. Ré-i union des membres du jury de Nice ; 9. Exposition maritime internationale du Havre en 1887; 10. Exposition des-beaux-arts et de l'industrie à Cherbourg ; 11. Les Livres ; 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- CIRCULAIRE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient, d’adresser la circulaire suivante aux présidents de Chambre de commerce :
- Monsieur le Président,
- Vous avez sans doute appris par la voie de la presse que le gouvernement fait appel, en vue de l’Exposition universelle de 1889, à une association de garantie librement formée dans les conditions prévues par la convention et le règlement dont vous trouverez le texte ci-joint.
- La constitution de ce capital de garantie paraît devoir s’effectuer dans les conditions les plus satisfaisantes, et, déjà, sans aucun appel à la publicité, les souscriptions se trouvent avoir dépassé 7 millions.
- Les Chambres de commerce, interprètes autorisés des intérêts industriels et commerciaux, ne sauraient évidemment rester étrangères à cette souscription. Déjà la Chambre de commerce de Paris, en demandant l’autorisation d’inscrire à son budget une souscriptiou de cent mille francs, m’a informé qu’elle considère « comme un devoir de contribuer, le « plus largement possible, au succès d’une « Exposition qui intéresse à un si haut point « le commerce, surtout en présence des diffi-« cultés économiques dont il souffre actuel-« lement ».
- Je ne doute pas que toutes les Chambres de commerce françaises ne veuillent suivre cet exemple et's’associer, dans la plus large mesure possible, aux établissements decrédit, aux financiers et aux grands industriels qui nous ont déjà promis leur concours.
- Je vous prie donc de vouloir bien saisir d’urgence de cette question la Chambre que vous présidez et de me faire connaître sans retard, sous réserve de l’approbation ministérielle ultérieure , le chiffre de souscription quelle aura cru devoir me proposer, si elle possède des ressources immédiatement ou prochainement disponibles ; dans le cas où les ressources de ce genre feraient défaut, je vous serais reconnaissant, Monsieur le Président, de vouloir bien grouper autour de vous les souscriptions individuelles de chacun des membres de
- Dimanche 27 Juin 1886.,
- votre Chambre et de me tenir au courant du résultat que vous aurez obtenu.
- Recevez, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, Edouard Lockroy.
- LE PROJET DE LOI DEVANT LE SÉNAT
- Nous avons annoncé que le rapport sur le projet de loi relatif à l’Exposition de 1889 avait été déposé sur le bureau du Sénat. Ce rapport n’a pas encore été distribué aux sénateurs.
- On sait que les résolutions de la commission sénatoriale ne diffèrent que sur un point du projet voté par la Chambre des députés, celui de la gratuité des emplacements.
- La commission voulait que cette question fût arrêtée dès maintenant.
- On croit que la commission, revenant sur cette décision, proposera, lors de la discussion, d’adopter le projet tel qu’il a été voté par la Chambre. Cette mesure ne pourrait bâter la solution d’une question qui intéresse au plus haut point le commerce et l’industrie.
- L’EXPOSITION COLONIALE
- ET INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par noire correspondant spécial.)
- (Suite)
- (Voir le Moniteur dit 20 juin rS86,)
- À l’entrée de la section des arts industriels se trouve la porte de Jeypoor qui a été envoyée par le maharajah de Jeypoor ; cette porte, curieusement sculptée et qui présente un aspect très original, est la reproduction fidèle de l’entrée habituelle d’un temple ou d’une résidence royale ; sur le dessus de la porte, ainsi que c’est la coutume dans plusieurs parties de l'Inde, se trouve le Nabarkhana (maison des tambours) et l’on y voit des figures en terre glaise, revêtues des vêtements du pays, représentant les musiciens qui, à certaines heures, jouent des morceaux spéciaux en l’honneur de leurs dieux ou de leur monarque. Dans le milieu de la balustrade, contre laquelle s’accoudent les musiciens, une sculpture représente la Shcimsha autrement dit le Soleil, qui est le symbole de l’origine des princes de Jeypoor, ainsi que des chefs rajpoutes, descendant de l’astre du jour. Du côté opposé on aperçoit l’emblème de l’autre grande race rajpoute qui prétend descendre de la Lune.
- Au-dessous se-trouve la devise des princes de Jeypoor Yato Dharm stato jaya (La victoire se trouve où il y a de la vertu).
- La porte et le kiosque des tambours sont décorés des drapeaux à cinq coulëurs de Jeypoor.
- Dès que le visiteur a franchi cette porte, il est frappé par la manière avec laquelle on a installé les différentes coras indiennes dans la grande galerie du Sud. Dans les expositions précédentes, les côtés étaient bondés de vitrines, laissant un passage fort étroit, et il en résultait un encombrement très désagréable ; cette année on a supprimé complètement cet inconvénient en laissant un passage de 7 mètres où l’on circule librement. Les deux lignes de démarcation de ce passage sont in-
- NUMÉRO 78.
- diquées par des séries de panneaux en bois ou en pierre sculptés ou découpés, travaillés à jour on pleins, supportés par des colonnettes donnant une entrée libre au dehors et chaque série est d’un style et d’une couleur différents, suivant la province à laquelle elle sert d’enceinte.
- Plusieurs de ces panneaux, que les Anglais appellent screens et qui sont en effet des écrans ouvragés, sont des modèles admirables de sculpture en creux et en relief, quelques-uns sont formés de découpures à jour faites dans des dalles excessivement minces de pierre rouge ou blanche et de marbre, et qui présentent néanmoins une si grande surface que l’on se demande comment on a pu les transporter intactes du nord de l’Inde par des charrettes à bœuf des chemins de fer et des bateaux à vapeur, jusqu’à South Kensington.
- Nous allons donner maintenant une description rapide des produits les plus remarquables exposés par les différentes provinces et Etats indépendants, soumis au protectorat effectif de l’Angleterre, et qui sont réunis dans la section des arts proprement dits et arts industriels.
- I. Rajputana
- Ce protectorat comprend 20 Etats natifs différents, dont la population atteint le chiffre de dix nations d’habitants.
- A droite, on remarquera les magnifiques barrières ou écrans en bois brun de Shisham incrusté d’ivoire, venant de Kotale et copiées sur un vieux palais de cette ville, et celles d’Ajmère ; ces derniers consistent en une série d’arcades qui sont les reproductions de ce que l’on retrouve dans les rues d’Ajmère et qui forment la façade des vérandas des maisons particulières, et la devanture des boutiques du bazar.
- On arrive en suivant à la barrière de Bikamir, qui est remarquable par la richesse de ses peintures en or, écarlate et noire. Les moulures que l’on remarque sur les panneaux se font de la manière suivante : L’ouvrier dessine des fleurs et feuilles d’abord, ensuite il étend dans l’intérieur des silhouettes, une couche de craie liquide qu’il laisse sécher avant d’en remettre une autre couche. Lorsque sa feuille ou sa fleur ont obtenu une épaisseur voulue, il fixe le tout par une couche de peinture, partie noire et partie rouge, qu’il termine en ajoutant aux endroits nécessaires une couche d’or.
- N’oublions pas les barrières de Johdpur, Uhvar et Givalior, et le magnifique spécimen en pierre rouge découpée de Karauli, qui de loin ressemble à une dentelle gigantesque.
- A l’entrée de la cour de Jeypoor se trouve une collection très intéressante de modèles en terre glaise, représentant toutes les classes des habitants de cet Etat.
- Plus loin, l’on rencontre des sculptures en marbre blanc et noir, et partiellement recouvert de dorure imitant, grossièrement il est vrai, mais avec un cachet tout spécial, des animaux, l’éléphant surtout, des dieux et des jouets d’enfants.
- La collection de bijoux et objets d’art en or et en argent des différents Etats de Radjputana est très curieuse, mais on y remarque surtout les émaux sur or pour lesquels l’Etat de Jevpore n’a pas de rivaux dans l’Inde entière et qui sont d’un genre tout à fait différent aux émaux de Chine et du Japon. Des bracelets et des colliers de ces émaux forment des parures excessivement originales et artistiques.
- Ne négligeons pas les objets en filigrane d’argent, d’un travail tout spécial, parmi lesquels on remarque surtout une bouteille et un verre (Chuskidan) et une boîte à bétel (Khasdan) et les incrustations d’ivoire ou de nacre dans du bois ou de la corne de buffalo, qui sont la spécialité de la ville d’Etawah.
- Les ivoires sculptés de Mauvar sont originaux mais bien au-dessous des ouvrages similaires que l’on trouve en Chine.
- Les collectionneurs d’armes anciennes et modernes feront bien de s’arrêter devant la collection
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- Deuxième Année. — N° 78.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Juin 18S6.
- envoyée par les rajahs du Radjputana, pour y voir les sabres et poignards aux formes fantastiques et les boucliers en peau de rhinocéros avec armature en acier et ornés de cornes de cerf.
- En Unissant cette section, n’oublions pas les mousselines et cotonnades imprimées et remarquables par la beauté de leurs couleurs ; les turbans (pagris) qui sont faits d’une pièce d’étoffe ayant 3o mètres de long et 25 centimètres de large; des tentures et des tapis très bon marché, mais qui font beaucoup d’effet ; les broderies en soie et or d’Alwar; et, pour terminer, les châles et jupons portés par les femmes de Fat, dans le district de Nagpore, qui, depuis quelque temps, trouvent beaucoup d’acheteurs européens, à cause de leur originalité.
- Paul Dejoux.
- (A suivre)
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES ET DES ARTS INDUSTRIELS
- L’Exposition du palais de l’Industrie qui doit ouvrir le 24 juillet prochain, sera certainement l’une des plus brillantes qui ait eu lieu dans ce berceau des expositions universelles en France.
- C’est, en effet, pour la première Exposition universelle française de 1855, que fut bâti ce superbe palais, situé dans le plus splendide quartier de la capitale. La grande nef du rez-de-chaussée offre à elle seule une superficie d’environ 12,000 mètres carrés. Les deux grandes galeries forment ensemble environ 10,000 mètres superficiels.
- L’Exposition que la Société nationale a pu organiser en quelques mois est dès à présent assurée d’un véritable succès.
- Ce succès est dû au président, M. A. Muzet, dont la compétence reconnue fait autorité en matière d’exposition, et qui a donné à l’organisation l’impulsion intelligente et énergique indispensable pour mener à bien une œuvre de cette nature.
- Les plus grands efforts sont faits pour qu’à l’ouverture, qui doit être faite par notre sympathique ministre du commerce et de l’industrie, M. Edouard Lockroy, soit le point de départ d’une série de fêtes et d’attractions dont tout le monde profitera, visiteurs et exposants.
- Rien n’a été négligé pour rendre cette Exposition instructive, intéressante et amusante tout à la fois.
- Disons tout d’abord que les principales maisons dans les diverses branches des industries scientifiques et artistiques, ont répondu à l’appel des organisateurs dont le but désintéressé est de consacré les produits de l’Exposition au perfectionnement de l’industrie nationale et au développement de l’enseignement professionnel.
- Nos grandes industries des meubles, du bronze, de la tapisserie, de la joaillerie, de la bijouterie, de l’orfèvrerie, la céramique, la parfumerie, la carrosserie, les industries de luxe, etc., etc., y seront largement représentés.
- L’hygiène de l’habitation comme l’hygiène de la personne et l’alimentation y occuperont une place importante.
- L’électricité, cette science dont les progrès s’augmentent de jour en jour, formera une section qui sera, en quelque sorte, une véritable exposition dans l’exposition plus grande. On y verra tous les perfectionnements nouveaux et étonnants dus au talent de nos ingénieurs électriciens si habiles.
- L’une des grandes salles du premier étage est réservée aux auditions téléphoniques si curieuses le jour comme le soir, car, innovation heureuse et qui sera vivement appréciée du grand public parisien, si occupé dans la journée, le palais de l’Industrie sera éclairé de la façon la plus brillante certains soirs et, nous l’espérons, tous les soirs, si les visiteurs viennent en nombre suffisant pour indemniser la Société des sacrifices qu’elle s’impose pour leur plaire.
- L’un de nos plus habiles ingénieurs électriciens, M. H. Fontaine, a bien voulu prêter à l’Exposition le concours de sa compétence incontestée pour l’organisation du service d’éclairage que comprendra* la combinaison des divers systèmes connus à ce jour. Son nom seul est une garantie de succès.
- Ajoutons qu’un tramway électrique, d’un système perfectionné, partira de la place de la Concorde et amènera les visiteurs jusque dans l'intérieur du palais, par la porte 6.
- La grande galerie du côté de la Seine comprendra toutes les machines en mouvement, les machines-outils, etc., manœuvrant devant le public. On y verra fabriquer la glace par des procédés nouveaux. Les principaux constructeurs y seront représentés. On y verra les canons de Bange. Cette galerie importante est confiée à M. l’ingénieur Njewenhinsem, l’habile organisateur de la section française des machines, si remarquée à l’Exposition d’Anvers l’an passé.
- Si nous ajoutons qu’un orchestre, composé de musiciens de l’Opéra et des principaux concerts et
- dirigé par M. Mayeur, de l’Académie nationale de musique, donnera des concerts de jour et de nuit, nous aurons constaté encore une fois que toutes les attractions possibles ont été combinées pour faire du palais de l’Industrie, le rendez-vous de tous les Parisiens et de tous les étrangers qui fréquentent, pendant la belle saison, notre belle capitale.
- Disons enfin qu’à côté d’un salon de lecture, où les visiteurs pourront trouver les principales publications françaises et étrangères, la direction a eu l’idée nouvelle d’installer une salle d’armes où, sous l’intelligente direction de M. Tavernié, dont le nom est si connu dans le monde de l’escrime, il pourra être organisé des assauts et où pourront se réunir les nombreux amateurs de cet art si français.
- La ville de Paris exposera les travaux des élèves des écoles primaires et professionnelles, suivant une décision prise par le Conseil municipal sur une proposition de M. Marsoulan, après le rapport de M. Jobbé-Duval.
- Les écoles professionnelles des associations syndicales de Paris et de province enverront également les produits fabriqués dans ces écoles. La comparaison de ces travaux sera d’un intérêt facile à comprendre.
- La direction de l’Exposition nous communique les circulaires suivantes qu’elle vient d’adressser aux exposants :
- La direction' a l’honneur de porter à la connaissance de MM. les exposants l’avis suivant :
- L’ouverture officielle de l’exposition, par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, étant irrévocablement fixée au samedi matin 24 juillet, MM. les exposants sont instamment priés de prendre les mesures nécessaires pour avoir terminé leur installation le 22 au soir, la journée du 23 devant être consacrée au rangement général.
- Les emplacements seront désignés du 2 au 5 juillet, au palais de l’industrie, porte 4.
- La grande galerie, côté de la Seine, sera mise à la disposition des exposants à partir du 2 juillet, la grande nef du rez-de-chaussée et les salons du premier étage à partir du 8 juillet.
- Les exposants occupant les entre-colonnements devront établir leurs cloisons séparatrices et un plancher à 20 centimètres du sol.
- Pendant les derniers jours de l’installation, le palais sera éclairé à la lumière électrique afin de donner toute facilité aux exposants de terminer au jour dit.
- Une disposition du règlement intérieur de l’Exposition, dont vous recevrez prochainement un exemplaire, prescrit qu’il sera délivré des cartes gratuites d’entrée :
- i° Aux exposants, dans les conditions suivantes :
- Une carte par exposant ;
- Une carte pour chaque associé, en nom collectif, faisant partie d’une société exposante ;
- Une carte pour i’aetministrateur délégué d’une société par actions ;
- 20 Une carte de représentant, ou agent, par chaquè exposant ou raison sociale.
- J’ai l’honneur, en conséquence, de vous prier.de me faire parvenir le plus tôt possible les photographies (montées sur carte de 10 centimètres et demi et 6 et demi, dimensions usuelles), des personnes de votre maison comprises .dans les catégories ci-dessus désignées.
- Ces cartes devront être retirées de notre administration du 5 au i5 juillet prochain.
- Nota. — Il s’agit seulement des cartes d’exposant ou de représentant. Les ouvriers ou employés recevront des cartes de service valables jusqu’à l’ouverture officielle.
- LA NOUVELLE-ORLÉANS
- La Belgique avait répondu avec empressement à l’invitation que lui avaient adressée les organisateurs de l’Exposition de la Nouvelle-Orléans. Les lignes suivantes que nous détachons du « Export » prouveront que nos nationaux ont eu grand tort en ne sui-vantpas l’exemple des Belges. Nous croyons utile de mettre sous les yeux de nos lecteurs cet intéressant article.
- a C’est au commencement de 1885 que M. de Fonblanque, consul d’Angleterre à la Nouvelle-Orléans, attira l’attention de son gouvernement sur les articles que les fabricants anglais devaient envoyer à l’occasion de l’exposition universelle cotonnière. Ceux-ci ne tinrent pas compte de cet avis que les Belges utilisèrent en établissant sous la raison, Comptoir industriel belge, une agence qui représente à la Nouvelle-Orléans trente-deux maisons différentes. La conséquence a été que les fabricants belges ont causé un grand préjudice aux fabricants anglais, principalement dans les articles suivants : vêtements de dames, toiles [de Courtrai), mouchoirs, cambrics, étoffes pour meubles, couvertures de lits, coutils de lin, outils de construc-
- tion, chromo-lithographies, flanelles, draps, cachemires, vraies dentelles, bonneterie, tweed, rails portatifs pour chemin de fer à voie étroite, parfumerie, essences de fruits, zinc en feuilles, plomb, lampes, appareils et conduits à gaz, bronzes, matériel de chemins de fer, instruments de musique en métal et en bois, drogues à l’usage des animaux, pendules (surtout en marbre), confiserie, produits pharmaceutiques, armes à feu de toutes sortes, gants glacés, savons de toilette, pierres pour pavage, verre à vitres, miroirs, cadres, linge de table, boutons , garnitures, articles en fer et lettres émaillées.
- « Pour beaucoup de ces articles, l’Allemagne sera en état de lutter avec les Belges à armes au moins égales. En outre, la Nouvelle-Orléans pourrait encore convenir à l’écoulement des produits suivants, au sujet desquels il est à remarquer qu’on apprécie les jolis modèles et qu’on attache de l’importance à ce que les mêmes articles soient offerts dans diverses qualités. Ce sont: porcelaines et faïence, services de table et de toilette, meubles de toutes sortes, ornements pour la table, tentures, tapis, couvertures de voyage, objets pour la décoration des habitations, impressions en couleurs, ustensiles pour cuisines et métairies, cotonnades imprimées, cretonnes, objets en acier, articles de toilette, malles et sacoches de voyage avec nécessaires, boîtes à ouvrage, parures communes, écrans et paravents , ustensiles pour toutes sortes de sports, statuettes pour jardins, vases, jardinières, tentes, ustensiles d’écurie, mobilier scolaire, articles pour le pavage, le nettoyage et le drainage des rues, tuyaux de drainage, machines pour la filature et le tissage, machines pour les mines, meubles pour les hôpitaux (à l’exception des instruments de chirurgie), grues à vapeur et cabestans pour le déchargement des navires.
- « Par des offres isolées, on ne peut obtenir que de médiocres résultats ; le meilleur chemin parait être celui que les Belges ont suivi et qui consiste en la réunion de plusieurs maisons et l’établissement en commun d’une agence à la Nouvelle-Orléans. Il est démontré, par le succès du « Comptoir industriel belge, » que les habitants adoptent volontiers les articles étrangers, mais il faut bien se garder de tomber dans la faute commune qui consiste à croire que pour les marchés des Etats du sud de l’Union des prix élevés et des couleurs vives constituent le point capital. Le temps où cela était exact n’existe plus ; les habitants ont acquis du goût et du jugement et s’entendent même aux choses d’art.
- Suivent de curieux renseignements sur le pays :
- « Bien que la Nouvelle-Orléans se trouve actuellement dans une meilleure situation sanitaire que les années précédentes, les émigrants ne peuvent se faire immédiatement au climat ; seul, un long séjour peut les protéger contre les atteintes de la fièvre. Les émigrants doivent donc être prudents ; mais ils ont, avant tout, à se mettre en garde contre les belles descriptions que font les Sociétés indigènes.
- « A la Louisiane et au Missis'sipi, les lois sont très sévères ; les secours aux pauvres n’existent sous aucune forme, et si le travailleur étranger, par suite de maladie ou parce qu’il ne trouve pas de travail, a recours à la charité publique ou privée, il est considéré comme vagabond (vagrant) et condamné à une amende qu’il ne peut naturellement pas payer. Il lui faut alors l’acquitter en travaillant en prison, ce qui exige souvent de longs mois. La loi désigne également comme vagabonds (vagrants) tous les individus oisifs qui ne'peuvent établir qu’ils possèdent par eux-mêmes des moyens d’existence et sont sans travail; en outre, ceux qui sont errants et passent la nuit dans des maisons inhabitées ou en plein air, et, enfin ceux qui mendient ; ce sont des situations dans lesquelles un étranger sans ressources peut fréquemment se trouver.
- « La cause principale pour laquelle la culture rapporte si peu dans les Etats de la Louisiane et du Mississipi est que le terrain situé à proximité de l’eau est relativement cher ; mais lorsqu’il est placé dans l’intérieur, il fie possède pas de moyens de communication ou bien lorsque ceux-ci existent, ils sont souvent impraticables durant des mois. Si le fermier n’a pas de capital à lui il peut se procurer un crédit dont les intérêts ne s’élèvent pas à moins de 40 à 5o %, ce qui le conduit infailliblement à la ruine. Ces conditions sont diamétralement opposées à celles adoptées dans d’autres États de l’Union, où existent des banques qui font aux cultivateurs des avances au taux de 8 à 10 %. En outre, un grand inconvénient est que — la loi prescrivant de porter tout vol devant un jury, d’où de grandes formalités et même des frais pour celui qui a subi le dommage — le fermier préfère généralement ne pas poursuivre les délits contre la propriété et se protège lui-même en ne donnant aucune occasion de le dévaliser. C’est pour cette raison que dans beaucoup de districts il est devenu tout à fait impossible de se livrer à l’élève de la volaille ainsi qu’à la culture des arbres fruitiers ou des légumes. Depuis de nombreuses années on ne cultivait à la Louisiane presque exclusivement que la canne à sucre et le coton ; ce n’est que très récemment, qu’on a apporté plus d’attention à la culture du riz. Cependant elle rapporte très peu de-
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- Deuxième Année. — N° 78.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Juin i8S5.—. 211.
- puis que le congrès de Washington a modifié le droit d’entrée qui était de 2 i/4 cents par livre de riz propre, de sorte que du soi-disant riz granulé ne paye que 20 % de la valeur, ce qui représente à peu près 1,66 cents par livre de riz propre, on préfère donc importer par grandes quantités le riz des Indes orientales qui est plus tendre. Quant au sucre, sa situation dépend complètement du maintien ou de la'suppression du droit d’entrée existant actuellement sur les sucres de betteraves. C’est encore le coton qui donne les meilleurs résultats bien que le taux élevé des salaires ne permette pas de réaliser d’importants bénéfices.
- « Comme minéraux, on trouve à la Louisiane deux qualités de fer, le bon en faible proportion, le fer silicieux en plus grande quantité ; mais ce dernier ne peut pas être employé seul, car il dépose trop de scories. Quoi qu’on y trouve aussi la pierre à chaux qui est nécessaire à l’industrie sidérurgique, la fabrication ne prendra pas grande extension parce qu’il n’v a pas de houille et qu’on doit avoir recours au charbon de bois qui peut être produit abondamment et, pour le moment à bas prix.
- « Dans ces derniers temps, on a également découvert à la Louisiane du marbre d’assez bonne qualité, mais il n’existe encore aucune fabrique en état de mettre en œuvre cette matière première ».
- NOTRE COMMERCE
- Voici le résumé comparatif des marchandises françaises ou francisées exportées pendant les cinq premiers mois des années 1885 et 1886 :
- 1886.. 1.296 millions de francs
- 1885- • i.25S — —
- Augmentation en 1886.. 58 — —
- Les articles qui ont contribué le plus à cette augmentation sont les suivants :
- Tissus de soie.. Tissus de laine , Tissus de coton
- Augmentation en 1866....
- Mille francs
- III.480 102.672
- 148.IOO 49.182
- 141.724
- 44.696
- 308.762 289.OQ2
- 19.670.000 francs
- Modes et fleurs artificielles Augmentation en 1866.... Ouvrages en peau et en cuir Augmentation en 1886....
- 16.295 9-753
- 6.542.000 francs 59.526 54.241
- 5.285.ooo francs
- Outils et ouvrages en métaux...................
- Augmentation en 1886 ...
- 24.004 . 19*779
- 4.225.000 francs
- Articles de l’industrie parisienne.................... 36.114 3i.02i
- Augmentation en 1886.... 5.093.000 francs
- Quant aux importations, en voici le montant pour les cinq premiers mois de 1885 et 1886 :
- 1886. 1.737 millions de francs
- 188 5. 1.763 — —
- Diminution en 1886... 26
- Tels sont les résultats totaux des transactions commerciales de la France pour les cinq premiers mois de la présente année. Ils indiquent pour les exportations un mouvement de reprise fort agréable à constater. Malheureusement, les importations ne nous donnent pas une égale satisfaction. Que voyons-nous, en effet, en ce qui concerne notamment les importations de vins en France ? Un accroissement gigantesque, un déluge de plus en plus menaçant. Sait-on combien, pendant les cinq premiers mois de cette année, il a été importé dans notre pays d’hectolitres de vins en futailles ? Plus de cinq millions deux cent mille hectolitres ! En voici le relevé :
- Pays de provenance
- Espagne.........
- Italie.........
- Algérie.........
- Autres pays
- Hectolitres de vin importés pendant les cinq premiers mois 1886 1885
- 2.682.OOO I.I20.000 165.000 ) I.249.00a j
- 2.279.OOO
- 349.000
- 6:8.000
- 5.216.000
- 3.246.000
- Augmentation en 1886
- 1.970.000 hect.
- Ces quantités se traduisent, à la valeur, par 158,825,ooo francs pour 1885 et 248,387,000 francs pour 1886.
- En regard de cette augmentation considérable de l’importation des vins, contre laquelle il n’y a guère d’autre remède que l’extermination du phylloxéra, nous voyons pour les principales matières nécessaires à l’industrie importées en France une baisse de 72 millions de francs. Cette augmentation et cette diminution combinées produisent, nous l’avons vu plus haut, une résultante de 26 millions de moins pour nos importations.
- En résumé, voici les traits les plus saillants de la situation actuelle de notre commerce extérieur :
- Accroissement énorme des importations de vins ;
- Diminution sensible des importations des matières premières nécessaires à l’industrie ;
- Augmentation des exportations de nos principaux produits fabriqués.
- Nous nous proposons d’analyser, mois par mois, les résultats de notre commerce avec les pays étrangers. La statistique commerciale établie par l’administration des douanes avec le concours du ministre du commerce, quant à la valeur des marchandises échangées, offre certainement des enseignements bons à méditer pour les négociants et les législateurs. Mais les résultats sommaires publiés à ce sujet par la plupart des journaux sont ordinairement insuffisants et prêtent aux interprétations les plus contradictoires. Il en résulte que l’attention publique se détourne volontiers de ces chiffres à l’aspect si rébarbatifs et dont la signification est si ténébreuse. Un poco di luce, un rayon de lumière sur les grands livres de notre comptabilité commerciale, c’est ce que nous voulons essayer de réaliser.
- E. M.
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- ÉCHOS
- Paris
- Le Conseil municipal, dans sa séance du 18 juin, a été informé que l’inauguration de la statue de Diderot, par Gautherin, aurait lieu le 14 juillet prochain.
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- On assure également que l’inauguration tant attendue du nouvel Hôtel des postes serait célébrée le jour de la Fête nationale.
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- Le jury du salon, section de peinture, vient de décerner le prix Marie Bashkirtsefî à M. Achille Cesbron, auteur de Fleurs clu sommeil.
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- La grande industrie française d’exportation a eu et aura encore cette année des occasions multiples d’affirmer dans le monde entier, aussi bien sur le territoire national que dans les pays étrangers, l’incontestable vitalité de la production en France.
- Nos. lecteurs sont en effet à même de constater, par le catalogue que nous en dressons pour ainsi dire chaque semaine, combien les expositions se multiplient, encouragées par l’empressement toujours croissant des producteurs à y figurer.
- Eh ! bien, pourrie citer par exemple qu’une seule grande maison française, disons que l’importante manufacture de chaussures, Auguste Fretin, qui sous une intelligente et entreprenante direction contribue à maintenir partout notre réputation sur le domaine industriel a pris, prend et prendra part cette année : à l’étranger, aux expositions de Liverpool, Edimbourg, la Nouvelle-Orléans, Louisviile etTunis; en France, à celles de Marseille, Arcachon, Nantes, Cherbourg, Agen, Bourges et Paris (24 juillet, palais de l’Industrie).
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- D épartements
- A l’occasion de la réunion du congrès de l’association bretonne, la ville de Pontivy organise une exposition des beaux-arts, dont l’ouverture aura lieu le 6 septembre prochain.
- L’exposition comprendra, peintures, aquarelles, dessins, sculptures et terres cuites.
- Les artistes parisiens devront déposer leurs œuvres chez M. Pottier, emballeur, 14 et 9, rue Gaillon, du 15 juillet au 1er août, terme do rigueur.
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- Nos lecteurs trouveront dans le Journal des arts du vendredi 11 juin le règlement complet de l’exposition artistique, organisée avec le concours et le patronage de l’Etat par la Société des amis des arts de Reims.
- Rappelons que cette exposition dont nous avons eu l’occasion de parler il y a quelques mois, ouvrira le 2 octobre prochain pour clôturer le 15 novembre suivant.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Un important concours régional d’animaux a eu
- lieu à Augsbourg à l’occasion du congrès de l’association agricole bavaroise.
- Il résulte de cette exposition, la troisième de ce genre organisée en Bavière, que l’élevage des bestiaux fait de très grands progrès dans la Souabe.
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- Le vingt-troisième grand marché international de machines a eu lieu à Breslau, dans le courant de la seconde semaine de juin. La section des moteurs, pour ne citer que celle-là, comprenait à elle seule 140 spécimens, représentant une force de 1,500 chevaux.
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- L’organisation d’une exposition nationale d’agriculture à Bautzen, pour l’année prochaine, a été définitivement décidée par la direction des cinq associations régionales agricoles du rovaume de Saxe.
- Cette exposition comprendra des concours d’animaux, et les expositions spéciales suivantes : produits agricoles, bruts ou ayant subi des préparations ; engrais naturels et artificiels ; instruments, ustensiles, accessoires forestiers et de chasse ; machines et instruments .d’agriculture ; enseignement agricole, forestier horticole, avec section scientifique, etc., etc.Une somme de 19,000 marks sera distribuée en prix. La loterie comprendra 1,200 lots d’une valeur de 40,000 marks.
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- L’Académie Royale des beaux-arts a été autorisée, par le ministère prussien de l’intérieur, à émettre la loterie destinée à accompagner, l’exposition internationale organisée par ses soins.
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- Un journal d’outre-Rhin, la Post, se demandait il y a quelque temps ce qui pouvait bien se consommer journellement de cuir à chaussures, dans la capitale de l’empire allemand, et il arrivait l’autre jour aux conclusions suivantes :
- On sait que Berlin compte 1 million 300,000 habitants.
- Si l’on suppose que sur ce chiffre, 1 million d’habitants seulement portent des bottes ou des souliers, évalués à six marks la paire et ayant une durée moyenne de six mois, on trouve qu’il se consomme quotidiennement à Berlin pour 33,338 marks de cuir à chaussures.
- Angleterre
- On a compté 159,715 visiteurs à l’exposition des Indes et des Colonies, du 5 au 12 juin, ce qui porte au chiffre total de 1 million 010,629, le nombre des visiteurs depuis l’ouverture, c’est-à-dire en 37 jours.
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- Le mercredi 16 juin, Son Altesse royale, la duchesse de Teck, a inauguré à Elsecar, près Sheffield une importante exposition des arts industriels.
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- La Société aérostatique a voté, dans une de ses dernières séances, la proposition suivante :
- Une exposition pour le développement de l’industrie du pétrole aura lieu dans la première semaine d’octobre au St-Stepliens Hall, près l’Aquarium. Les armateurs, négociants et inventeurs sont invités à y apporter leur coopération. M. Marlow, membre de la société, avait, dans l’exposé des motifs, constaté que si la Russie est parvenue à monopoliser à son profit tout le marché du pétrole dans l’Asie centrale, rien n’empêche l’Angleterre de la supplanter, après la découverte récente de nouvelles sources de production aux Indes, en Birmanie et en Egypte. L’orateur en terminant a exprimé la conviction que dans quelques années il ne passerait pas dans le canal de Suez un seul steamer qui n’eût remplacé le charbon par le pétrole, comme combustible.
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- Autriche-Hongrie
- Le Musée Autrichien de Vienne prépare pour 1887 une exposition artistique qui sera exclusivement consacrée à l’art religieux, dans toutes ses manifestations.
- Cette exposition ouvrirait le 15 mars et se prolongerait jusqu’en septembre. Elle comprendrait deux sections, l’une rétrospective, l’autre moderne.
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- Belgique
- La grande exposition internationale hippique organisée à Bruxelles par le cercle hippique et le cercle équestre, ouvrira le 18 juillet. Les bâtiments de l’exposition nationale de 1880 ont été concédés à cet effet au comité de direction.
- Le conseil communal offre plusieurs prix.
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- États-Unis
- Le président Cleveland vient d’accepter définitivement la présidence d’honneur de l’exposition américaine dont nous avons souvent entretenu nos lecteurs et qui ouvrira, comme on le sait, à Londres, le 2 mai 1887.
- Le président inaugurera l’exposition, par télé-
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- 212. — Deuxième Année. — N° 78.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
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- Dimanche 27 Juin 1S8<5-
- graphe, de la Maison-Blanche, sa résidence ollicielle, à Washington.
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- Italie
- Une importante exposition d’appareils pour la prophylaxie des maladies de la vigne, et la destruction des insectes qui s’v attaquent, a eu lieu le mois dernier à Conegliano.
- Les exposants, parmi lesquels se trouvaient quelques étrangers, étaient au nombre de 1U7, les machines et appareils divers, au nombre de 521. Un rapport illustré relatant toutes les expériences faites durant cinq jours, sous la direction d’un jury de savants et de viticulteurs, sera prochainement publié par le ministère de l’agriculture. Les prix décernés, consistaient en trois médailles d’or, trois médailles d’argent avec primes 'de 150 francs, six médailles d’argent et trois primes spéciales offertes par le comité local d’agriculture.
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- On annonce pour le courant de l’été prochain, l’ouverture à Livourne d’une grande exposition internationale des beaux-arts.
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- Portugal
- Un syndicat composé de soixante à soixante-dix constructeurs allemands, organise à Lisbonne, à partir du 1er juillet, tfne exposition modèle, de machines allemandes qui durera trois ans. 11 résulte d’une communication faite à la Société centrale de géographie commerciale de Berlin, par le D1' Jannasch, que cette institution est un des résultats de l’expédition allemande sur le vapeur Gottorps. Ce qui démontre, une fois de plus, la très grande utilité des expositions flottantes.
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- Suède
- . Une exposition d’agriculture comprenant 13 sections différentes aura lieu à Stockholm , du 12 au 18 juillet.
- Cette exposition comprendra outre les expositions d’animaux (races chevaline, ovine, bovine, porcine, etc.) des expositions spéciales de produits et appareils d’agriculture, d’architecture agricole, de cartographie agronomique, d’enseignement technique, d’apiculture et d’élevage des oiseaux.
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- Une exposition de moteurs, instruments et outils pour la. petite industrie aura lieu à Stockholm, du 12 juillet au 12 septembre.
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- LE CONSEIL MUNICIPAL
- ET LE MÉTROPOLITAIN
- C’est lundi dernier qu’a commencé, devant le Conseil municipal, la discussion du remarquable rapport de M. Lefebvre-Roncier, sur l’intervention de la ville de Paris dans l’exécution du chemin de fer Métropolitain.
- Voici, en quelques lignes, l’analyse de ce long travail.
- La commission municipale a entendu les auteurs de deux des projets principaux, MM. Haag, Deli-gny et Vauthier. Les autres, comme MM. Théry, Desroches, Barrau, Tellier, etc., ont été entendus par la commission parlementaire.
- Un projet de M. de la Hante a été retiré au dernier moment.
- Cependant la commission n’a étudié et réformé que le projet émanant du Gouvernement et portant concession du Métropolitain à M. Christophe. Elle a examiné trois points :
- i° Quel est le projet du ministre, considéré au point de vue général et au point de vue local?
- 20 Quelles sont les modifications et les adjonctions à introduire pour donner spécialement satisfaction aux intérêts municipaux ?
- 3° Quelle est, en conséquence, la nature et quel est le montant du concours financier que la Ville peut être appelée à fournir pour assurer l’exécution du Métropolitain de Paris ?
- Le projet du Gouvernement relève sans aucun doute plus directement de l’intérêt général et des nécessités de raccordement qui sont propres aux grandes lignes de transport.
- Il divise les lignes à construire en lignes concédées à titre définitif et en lignes concédées à titre éventuel.
- Le Métropolitain comprend en tout 33 kilomètres, dont i5 en viaduc, 5 en tranchée ouverte et i3 en souterrain.
- Le réseau se compose de quatre lignes :
- i° La ligne circulaire partant .de l’Etoile et y revenant.après avoir passé par la place Clichv, la gare.du Nord, les places de la République et de la Bastille, la gare de Lyon, le square Monge, la place de Rennes, le Champ-de-Mars et le Trocadéro.
- 20 Une ligne transversale partant de la place de Strasbourg, suivant les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol, desservant les Halles et aboutissant à la place Denfert-Rochereau.
- 3° Une ligne partant de la gare Saint-Lazare et aboutissant, près de la gare du Nord, à la ligne circulaire, en passant par ou près le carrefour Drouot.
- 40 Et enfin une ligne partant du carrefour Drouot pour aboutir à la Bastille.
- Ces lignes doivent être reliées entre elles par des raccordements qui permettraient de verser directement dans le Métropolitain les trains des grandes Compagnies et ceux du chemin de fer de ceinture. Les deux premières lignes sont, dès aujourd’hui, concédées à" titre définitif; une enquête est nécessaire pour la troisième qui doit être également exécutée avant 1889; la quatrième, seule, serait exécutée après cette date.
- L’Etat s’est réservé la direction des travaux. La Société appelée à fournir les capitaux et à exploiter moyennant une garantie d’intérêts a été constituée d’après un système administratif nouveau. L’Etat nommera le gouverneur de cette société, gouverneur qui aura la direction effective de la Compagnie, qui présidera le conseil d’administration, qui aura le pouvoir de suspendre l’effet de toutes résolutions contraires à l’intérêt public jusqu’à la décision du ministre, auquel appartiendrait le droit de veto.
- Au sein du Conseil d’administration, l’Etat serait représenté par deux membres, et le conseil municipal par deux autres membres.
- L’Etat s’est réservé la fixation des tarifs et il a stipulé de plus, dans le cahier des charges, à l’art. 4a, des conditions de transport exceptionnelles pour les trains du matin et du soir transportant plus particulièrement des travailleurs. Les billets de 3® classe, aller et retour, valables pour la journée, seront inférieurs de 5o % aux prix perçus pour les billets simples à plein tarif.
- En laissant de côté la ligne éventuelle du carrefour Drouot à la Bastille, évaluée à 240 millions, le projet estime à 235 millions le coût des trois premières lignes ; la garantie d’intérêts à fournir serait, par suite, de 9,862,500 francs sur lesquels les grandes Compagnies donneraient 5 millions, ce qui laisse net à l’Etat une garantie de 4,862,500 francs. C’est de cette garantie que la commission parlementaire des chemins de fer demande au Conseil municipal de prendre une partie à sa charge.
- Celui-ci a donc cherché à obtenir du gouvernement, moyennant son intervention, des modifications et des adjonctions faisant du Métropolitain un chemin de fer approprié aux besoins de la population parisienne. La ligne circulaire, dans la partie sud de la ville, a été abandonnée à sa discrétion. Elle suit maintenant le boulevard de l’Hôpital, le boulevard d’Italie, le boulevard Saint-Jacques jusqu’à la place Denfert-Rochereau, le boulevard Montparnasse, le boulevard de Vaugi-rard et le boulevard de Grenelle.
- Pour la ligne transversale, les Halles et l’Hôtel de Ville seront desservis mieux qu’ils ne le spnt dans le projet primitif.
- La ligne de la gare de l’Ouest à la gare du Nord, prévue en viaduc, serait construite en tranchée couverte.
- Il est bien entendu que les autorités techniques auront à se prononcer sur les difficultés d’exécution qui pourraient résulter de ces modifications.
- En outre, il est adjoint au projet ministériel une petite ligne, de la place de l’Etoile à la porte Maillot, faisant communiquer le Métropolitain et la Ceinture et servant d’amorce à la ligne de la porte de Madrid pour laquelle le ministre a promis de préparer un projet de loi d’accord avec la Compagnie de l’Ouest, ainsi que pour la ligne d’Auteuil-Boulogne à la Seine.
- On étudiera également, pour le second groupe à construire, les lignes propres à donner satisfaction aux populations de la région et de la périphérie Est de Paris.
- Mais l’adjonction la plus considrable au projet du gouvernement, c’est la ligne nouvelle souterraine partant d’un point antérieur à la gare Saint-Lazare, traversant la rue du Quatre-Septembre, la rue Réaumur, la rue de Turbigo et se ramifiant à la ligne circulaire, à la place de la République. Cette ligne a déjà été votée en 1883 parle Conseil municipal. Le gouvernement l’a acceptée avec la réserve du maintien de son projet et du réseau qui fait corps avec les conventions qu’il a signées et dédommagement financier.
- Cette ligne sera l’occasion de l’achèvement de la rue Réaumur, cette voie si importante dans l’intérêt de la population du centre et de l’ensemble de la ville.
- L’Etat fait gratuitement l’emprise du domaine communal : en tenant compte de cet abandon gracieux et en calculant que le projet réformé par le Conseil municipal coûterait 295 millions au lieu de 235, soit une garantie de 12,625,000 francs, à raison de 5o millions à 4 % et de 240 millions, à 4,25, la Commission propose, en échange du droit au tiers des bénéfices, de porter à un tiers de la somme de 7,625,000 francs ( différence entre les 12,625,000 francs de garantie totale, et.les 5 millions donnés par les grandes compagnies), la garantie à prendre par la ville, sous les conditions suivantes:
- i° Sur ces 2,540,000 francs une somme de 1,225,000 francs représentant la garantie de l’opé-
- ration de voirie de la rue Réaumur, serait constituée payable par antériorité sur la garantie d’intérêt proprement dite de l’Etat et de la Ville, pendant la durée de la concession ;
- 20 Une participation égale au sixième de la garantie d’intérêt incombant à l’Etat, sans pouvoir être jamais supérieure à 1,31 5,000 ^francs , sera payée par la Ville pendant 25 ans à partir de la mise en exploitation, avec faculté de.co.ntinuer sa garantie et sa participation dans les bénéfices pour un tiers;
- 3° Remboursement des sommes versees par la Ville, aux clauses et conditions des remboursements de l’Etat par la Compagnie métropolitaine. . . .
- Telle est l’économie du projet de la Commission municipale.
- La discussion, fort longue, tiendra certainement plusieurs séances: nous en publierons les résultats.
- RÉUNION des MEMBRES du JURY
- DE NICE
- Mercredi dernier a eu lieu au café Coiiaza le banquet offert par la réunion des membies du jury de Nice à M. Granet, ministre des postes et
- télégraphes. . ' ~
- Parmi les convives nous citerons MM. Granet, accompagné de MM. Violet et Léglise, chef et sous-chef de son cabinet; Wilson, députe; C. Berger commissaire à l'Exposition de 1878; Besnard, directeur de l’Exposition maritime du Havre, Sandoz, vice-président de la réunion et.piésident du banquet, en l’absence de M.. . Lemoine, en ce moment loin de Paris; Braquenié, vice-piésident, les membres de la reunion dont les noms suivent. MM. Allain, Biais, Bréant, Camille, Chapu, Che-nailler, Damon, Dasson, Goeltzer, Lahure, Leys, Muhlebacher, Moussard, Patay, Parfoury, 1. elle-tier Pelpel, Petitjean, Rau, Sudrot, Ihierry, Vigneron Weber, Wickham, quelques auties mvi tés: MM? R. Sandoz; P. Simon ; Biny ; Bourde, directeur du Travail.
- Après un dîner exquis et admirablement servi a été ouverte la série.des toasts, série absolument remarquable et qui devrait servir de modèle. Nous avons eu en effet (sept!) toasts qui ont été portés en moins de (dix-huit!) minutes; soit environ 2 minutes 24 secondes.par toast.
- Pour arriver à un tel résultat, M. G. Sandoz avait pris le premier la parole poui déclai ei que la devise de la réunion était : « Beaucoup travailler, peu parler.» Existe-t-il en effet un plus cruel supplice, après le dîner, que d écouter une véii-table .conférence et que d’y répondre. Il se contente de déclarer que tous les membres de.la réunion sont profondément reconnaissants à M. le ministre des postes et télégraphes d’avoir bien voulu assister à ce banquet. Ils font des çvœux pour que M. Granet reste longtemps à la tête de ce département, où il a déployé tant d’activité et où il a montré tant de sollicitude pour le bien du commerce et de l’industrie, dont les intérêts sont intimement liés à ceux de la France. Il boit donc à la santé de M. Granet, ministre des postes et télégraphes.
- M. Granet se lève alors et commence par donner toute son approbation à la devise citée par M. Sandox. Il ne prononcera pas de discours. Il se contentera de dire un seul mot : L’honneur est pour lui d’avoir été admis dans cette réunion. A quel titre est-il ici ? Il considère qu’on rend hommage à une pensée qui n’est pas de lui, mais qu’il tient à répéter : Le ministre des. postes et télégraphes est le collaborateur, l’associé de tous ceux qui s'efforcent de développer le commerce et l’industrie. Il est heureux de déclarer que son administration est un service des industriels, qu’elle est un outil, un instrument destiné à, seconder leur activité. Il ne faut pas la considérer comme une administration fiscale, mais comme une administration voulant réduire les charges de l’industrie et par suite travailler dans son intérêt. Il persévérera dans la voie qu’il s’est tracée. Se reportant aux vœux faits par M.. Sandoz, il .déclare qu’aussi longtemps qu’il lui sera donné de rester au ministère des postes et télégraphes,qi n’aura qu’un souci : Celui de veiller aux intérêts du commerce et de l’indusfrie et par suite au bonheur de la France. Il boit donc enfin à la réunion des membres du jury de Nice, qui .compte dans son sein l’élite du commerce et de l’industrie.
- M. Braqueni boit ensuite à la santé des convives qui ont bien voulu répondre à l’invitation de la réunion.
- M. Wilson remercie M. Braqueni et s’associe au vœu formulé par M. G. Sandoz en faveur, de M. Granet. Il lui souhaite d’être aussi inamovible que l’un de ses prédécesseurs. Il constate enpautre qu’il a la bonne fortune de se trouver à côté de l’un des futurs directeurs de l’exposition de 1889.
- A ce moment tous les verres se tendent vers celui de M. Georges Berger.
- L’ancien commissaire de l’Exposition de 1878 répond à M. Wilson et dit qu’il fait là un acte de
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- Deuxième année. — N° 78
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 27 Juin 1S8E
- 5
- J
- fROJKT DK JVL JlAULII^ fAÇADE PRINCIPALE
- j-^ROJET DE JSÆJVT J'ÏACHON ET pASSIEN - JBeRNARD VIJE PERSPECTIVE DE LA T'OUÏR
- Projet de JVL de J^erthe J^açade principale
- PARIS. — Glyptographie SILYESTRE & Cir, 97, rue Oberkampt.
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- Deuxième Année. — N° 78.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. Dimanche 27 Juin 1886.— 20.
- courtoisie et d’affection, car l’éminent député a su toucher une corde sensible. Il a vu bon nombre d’années de sa vie rendues utiles et embellies par la fréquentation de l’élite des membres de l’industrie, pendant qu’il remplissait ses fonctions aux expositions universelles. Il a entendu dire que le gouvernement veut encore en 188g l’appeler aune direction de l’exposition. Il acceptera, mais à une condition c'est qu’il pourra s’assurer du concours des membres de la réunion qu’il voit autour de lui.
- Il s’efforcera alors de faire de l’Exposition une œuvre dont le souvenir restera gravé dans tous les cœurs, même dans ceux des personnes qui auront eu, au début, peu de sympathie pour l’œuvre entreprise par le Gouvernement. Il boit à 4a réunion de Nice, qui s’est formée dans la ville qui a vu naître le sympathique ministre des postes et télégraphes.
- M. Hengel remercie M. Granet au nom des industriels présents d’avoir pris la défense de leurs intérêts avec autant de sollicitude.
- M. Granet se lève encore, il s’excuse d’être, par ce fait, récidiviste, mais il ne peut ni ne veut accepter tous les éloges qui lui sont décernés.
- Le mérite des réformes accomplies revient à l’industrie. Le ministre ne fait que suivre les indications qui lui sont fournies, que prêter une oreille attentive aux besoins qui lui sont signalés. En faisant droit à ces sollicitations, il se rend utile au pays.
- Les" convives se sont séparés vers 11 heures, enchantés de l’accueil que leur avaient réservé les membres de la réunion de Nice.
- H.-F. Cabirau.
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- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE
- cLti Ha^vre en 1887
- En 1887, une grande Exposition maritime internationale aura lieu au Havre.
- Elle ouvrira le 101' mai et fermera le 3o septembre, avec faculté de prorogation jusqu’au i5 octobre.
- .Due à l’initiative du syndicat général, du commerce et de l’industrie, cette Exposition, développement rationnel de celle de 1868, a obtenu le concours officiel :
- De la ville du Havre,
- De la chambre de commerce du Havre, ainsi que l’appui efficace des hommes les plus considérables du monde industriel et financier.
- Le capital de garantie a été souscrit par les grandes compagnies de transport et les différentes classes de la population,havraise.
- Tous ces efforts' combinés ont un bue aussi élevé que nettement défini : multiplier les relations commerciales et industrielles de la France et du port du Havre avec tous les pays, fortifier la solidarité d’intérêts qui les associe les uns aux autres, en faisant produire à chacun la plus grande somme de progrès dont tous les autres puissent profiter.
- Grâce à l’emplacement choisi, l’Exposition maritime internationale du Havre sera réellement la première manifestation complète et grandiose des perfectionnements de la navigation universelle à vapeur ou à voiles, en même temps qu’elle mettra en évidence toutes les ressources des industries qui se rattachent particulièrement à la navigation.
- La pêche et la pisciculture, ces facteurs d’un si grand intérêt pour le recrutement du personnel marin,.qui constituent la vie propre de certains ports' et assurent pour une large part le stock alimentaire du monde entier, trouveront dans des sections spéciales un champ de concours et d’expériences très étendu.
- Tous les produits importés des colonies françaises et ceux que la France exporte plus particulièrement à leur usage y seront largement représentés.
- Un vaste bassin d’une superficie de 40,000 mètres carrés, pouvant recevoir des navires de grandes dimensions, formera le centre même de cette Exposition.
- Deux grands appontements établis de chaque côté du bassin permettront aux visiteurs d’accéder aisément à tous les navires exposés, ainsi qu’à tous ies échantillons du matériel marin alignés de chaque côté.
- Des galeries couvertes sur les quais du bassin et sur les places adjacentes l’envelopperont complètement.
- Elles seront affectées aux différentes sections : de la construction (modèles), des machines, de l’armement, de l’aménagement, de la pêche et de l’aquiculture, de l’électricité, et à tous les produits en général qui ne pourront être exposés flottants ou en en plein air.
- Cette disposition absolument nouvelle, permettant seule l’exhibition rationnelle, l’examen facile de tous les types propres à la marine, a reçu l’approbation complète des ingénieurs, constructeurs et industriels les plus autorisés, et leur, concours comme exposants est aujourd’hui assuré.
- Les adhésions sont d’autant plus nombreuses et
- importantes que l’Exposition maritime internationale du Havre, par son mode de classification, bien différent de celui adopté dans les expositions universelles, mettra mieux en lumière, par une comparaison immédiate, la supériorité des produits classés, les progrès et les innovations qui trop souvent passent inaperçus du plus grand nombre des visiteurs.
- Afin de faciliter l’accès de ce grand concours maritime au plus grand nombre de navires possible (types divers des marines militaires, des bateaux de Commerce, des yachts et canots de plaisance, des bateaux de pêche, des bateaux de sauvetage, etc., etc.), et dans le but de ne pas immobiliser pendant toute la durée de l’Exposition des navires que leur service ordinaire appelle à la mer ou à leur port d’attache, le'comité d’organisation établira des séries de présence d’une durée de quinze jours ou un mois à.la volonté des exposants.
- Les navires entrés au bassin d’exposition, dans ces conditions, n’auront à supporter qu’un tarif d’emplacement proportionnellement réduit.
- Les objets admis seront exposés sous le nom de l’inventeur, du constructeur, du fabricant, de l’auteur et généralement du producteur et de l’industriel.
- Ils pourront l’être aussi sous le nom de l’armateur, du négociant, du détenteur, du marchand ou de l’intermédiaire.
- En dehors des diplômes d’honneur, des diplômes de médailles d’or, de médailles d’argent, de bronze et de mentions honorables, des récompenses spéciales en argent et objets d’art seront décernées aux divers types de navires qui auront concouru dans l’exposition flottante et auront été jugés supérieurs, soit par leur construction, soit par leur matériel d’armement, soit par leurs aménagements.
- Avec l’Exposition maritime internationale coïncideront, comme corollaire indispensable, les « Régates internationales du Havre » qui, grâce à la présence d’une foule de yachts à voiles et à vapeur, auront une importance exceptionnelle.
- L’exposition de peinture et de sculpture sera organisée en même temps, avec le plus grand soin, par la Société des amis des arts.
- Parallèlement aux autres fêtes et concours préparés par : les sociétés de courses , les sociétés d’agriculture et d’horticulture, les sociétés musicales, les sociétés de gymnastiques et de tir, le comité d’organisation provoquera la réunion de congrès internationaux, où seront discutés les questions d’intérêt général ayant particulièrement trait : au droit maritime et commercial, aux règlements sanitaires.
- Uniquement préoccupé de donner à cette Exposition le caractère élevé qu’elle doit conserver jusqu’à la fin, le comité, qui 11e vise dans cette œuvre aucune source de bénéfice (les bases de son organisation financière en font foi), a voulu rendre aussi accessibles que possibles, par les clauses du règlement général annexé, les conditions d’admission des divers produits.
- Aussi ne doute-t-il pas que l’accueil le plus1 symnathique ne soit réservé à l’appel qu’il fait à tous* pour le succès de l’Exposition maritime internationale du Havre en 1887.
- Le président du comité d’organisation, Ed. Latham
- Vice-président de la chambre de commerce.
- Le directeur de l’Exposition,
- G. Bénard.
- President du syndicat général du commerce et de l’industrie.
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- TITRE Ier
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Article premier. — .L’Exposition maritime du Havre est internationale pour toutes les industries qui se rattachent à la marine, à la pêche, à l’électricité.
- Elle est nationale pour les produits importes des colonies françaises et ceux qui y sont exportés.
- Art. 2.— Cette Exposition organisée par 1 initiative du Syndicat général du commerce et de l'industrie, établie au centre même de la ville dont elle emprunte trois des principales places, enveloppe un bassin très important. Sa superficie totale sera au moins de 60,000 mètres carrés.
- Art. 3. _ Elle sera ouverte du ier mai au 3o septembre 1887, avec faculté de prorogation jusqu’au i5 octobre.
- Art. 4. — L’Exposition aura trois grandes divisions principales : .
- La première établie sur le bassin ci cl Commerce sera flottante et comprendra tous les types de bateaux à voile ou à vapeur affectés :
- A la marine militaire; à la marine marchande ; à la pêche ; au pilotage ; au sauvetage ; à la navigation de plaisance ou d’exploration de haute mer ou fluviale, ainsi que tous les engins flottants propres au service des rades et des ports.
- La deuxième comprendra les diverses sections ;
- i° Des machines à vapeur marines ou autres engins mécaniques ;
- 20 Des modèles et plans ;
- 3° Des industries spéciales à l’aménagement, à l’armement et à l’approvisionnement des navires ; 40 Des engins de sauvetage ;
- 5° Des engins de pêche et du matériel et des produits de l’aquiculture ;
- 6° Des machines électriques.
- La troisième (nationale) réunira tous les produits divers importés des colonies françaises ou que la France y exporte.
- Art. 5. — Dans le jardin et sur les deux grands promenoirs nord et sud du bassin seront placés les kiosques et constructions 'légères ainsi que tous les produits des sections précitées qui pourront être exposés en plein air.
- Art. 6. — La classification annexée ne doit pas être considérée comme définitive. Pour les objets qui ne pourraient être compris Sous aucun titre, l’exposant fera sa demande de place dans le groupe dont il se rapproche le plus.
- Art. 7. — Les produits à exposer devront être rendus à destination avant le 1e1' avril 1887. Passé ce délai, aucun produit ne pourra plus être admis. Les produits lourds et encombrants ou tous autres qui exigeraient des travaux considérables d’installation devront être envoyés au plus tard le ier mars.
- Art. 8.— Tout produit exposé est engagé pour toute la durée de l’Exposition et ne pourra être retiré qu’avec une autorisation écrite de la Direction.
- Art. 9. — Aucun produit exposé ne peut être copié, dessiné ou reproduit sous une forme quelconque sans une autorisation écrite de l’exposant.
- Le Comité se réserve le droit d’autoriser la reproduction des vues d’ensemble.
- Art. 10. —• Les exposants étrangers pourront se grouper et se faire représenter officiellement par • des Commissions instituées par leurs gouvernements respectifs.
- Il en sera de même pour les exposants français de certains ports ou centres commerciaux dont les produits réunis auront assez d’importance pour constituer un groupe qui serait alors représenté par une Chambre de commerce ou une Commission spéciale. Ces commissions entreront le plus tôt possible en relations avec le Comité d’organisation pour traiter les questions qui les intéressent, notamment celles relatives à la répartition de l’espace réservé à leur groupe et au mode d’installation.
- Tous les étrangers qui ne seraient pas représentés par des Commissions ou des délégués de /leur pays correspondront directement avec le Comité d’organisation. Celui-ci fournira aux Commissions étrangères ou aux délégués les renseignements nécessaires, et leur fera connaître les règlements auxquels ils seront priés de se conformer.
- Art. 11. — Le Comité d’organisation fera dresser un catalogue officiel des produits de toutes les nations indiquant le nom des exposants, le genre d’industrie, le lieu de production, etc.
- Les renseignements nécessaires pour la reproduction de ce catalogue seront fournis par les exposants au plus tard le Ier mars 1887, sous leur responsabilité.
- TITRE II
- DES CONDITIONS D’ADMISSION
- Art. 12. Les demandes devront être adressées à la Direction de Y Exposition maritime internationale, rue de Paris, 118, au Havre », au plus tard le ier janvier 1887 (délai de rigueur) pour les exposants domiciliés en Europe. Des exceptions pourront être admises pour les exposants des autres pays en raison des grandes distances. Ces demandes devront indiquer :
- i° Les noms, prénoms ou raison sociale et domicile de l’exposant ;
- 20 Le siège de son établissement ; *
- 3° La nature et le nombre approximatif des objets ;
- 40 L’espace demandé (surface horizontale, murale, à couvert, en plein air, flottante).
- Art. i3. —En compensation des frais d’installation et de décoration générale de l’Exposition, l’espace occupé par chaque exposant, donnera lieu de sa part à une rétribution par mètre carré de surface calculée de la manière suivante :
- i° Surface horizontale Jusqu’à 3 mètres de hauteur :
- De 1 mètre à 25 mètres. . . 35 fr. le mètre carré.
- Chaque mètre carré en plus
- de 25 mètres............ 3o fr. » »
- Au-dessus de 3 mètres de
- haut jusqu’à 6 mètres. . . 10 % en sus.
- 20 Surface murale
- Hauteur extrême, 3 mètres. i5 fr. le mètre carré.
- GALERIE DES MACHINES
- i° Surface horizontale Hauteur jusqu’à 8 mètres et 18 mètres entre les fermes. (Ces hauteurs ne doivent pas être considérées comme définitives : elles pourront être modifiées). -
- De 1 mètre à 25 mètres. . . 35 fr. le mètre carré.
- Chaque mètre carré en plus de 2 5 mètres............. 3o fr. » »
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Juin 1886
- 20 Surface murale
- Hauteur jusqu’à 3 mètres. 1 5 fr. le mètre carré.
- Toutes les installations qui auraient moins d’un mètre de profondeur, seront mesurées selon leur longueur multipliée par un mètre. Aucun emplacement ne paiera moins d’un mètre.
- Les installations isolées ou d’angle seront comptées comme ayant une surface égale au développement des parties vues, multiplié par leur profondeur avec un minimum de un mètre.
- JARDIN ET PROMENOIRS DU BASSIN
- i° Surface horizontale
- Pour kiosques et constructions légères dont le poids, pour les promenoirs, ne pourra dépasser 25o kilos par mètre carré, produits exposés compris.
- Le mètre carré....................... 10 fr.
- 20 Surface murale sur les promenoirs
- Hauteur jusqu’à 3 mètres.
- Le mètre carré....................... 10 fr.
- BASSIN
- Exposition flottante
- Pour navires ne mesurant pas plus de 12 mètres au maître-bau et ne calant pas plus de 6 mètres.
- Les surfaces mesurées au carré en prenant la plus grande largeur du maître-couple ainsi que la longuéur occupée.
- Pour toute la durée de
- l’Exposition.......... 5 fr. — le mètre carré.
- Pour une durée de i5
- jours à 2 mois........ 2 5o » »
- Cette rétribution ne constitue en réalité qu’un droit d’inscription pour les concours des diverses catégories de bateaux et d’engins flottants auxquels des primes en argent et objets d’art seront attribués.
- Les navires dont le séjour à l’Exposition ne' sera que temporaire, se succéderont par séries et concourront devant les jurys de leurs classes aux mêmes titres que les échantillons de bateaux qui resteraient en permanence pendant toute la durée de l’Exposition.
- Les résultats du concours ne pourront porter que sur l’ensemble des séries scccessivement représentées.
- Art. i5. — Les taxes d’emplacement seront encaissées par les soins du comité, moitié quinze jours après l’admission, moitié un mois après l’ouverture de l’Exposition, sous peine d’enlèvement immédiat (sans recours de l’exposant) des produits déposés sur l’emplacement dont le loyer n’aurait pas été payé.
- Art. i5. — Aucun exposant ne sera autorisé à céder tout ou partie de l’emplacement qui lui aura été alloué ou. à permettre l’exposition d’autres objets que les siens propres dûment acceptés, sauf permission du comité.
- Art. 16. — La signature du bulletin de demande d’admission entraîne pour chaque exposant l’obligation de se soumettre à toutes les conditions du présent règlement, notamment en ce qui concerne l’article 13, ainsi qu’à toutes les mesures d’ordre et de sûreté qui seraient ultérieurement prescrites par le comité.
- Art. 17. — Les produits devront être adressés en port payé aux risques des expéditeurs. Le comité ferale nécessaire pour obtenir des compagnies de chemin de fer et de navigation des réductions importantes sur les prix de transport.
- N. B. — La compagnie de l’Ouest accorde déjà les conditions généralement consenties pour les expositions, soit le plein tarif à l’aller et la gratuité au retour. Il n’est pas à douter que les autres compagnies ne suivent l’exemple. — Plusieurs lignes de navigation consentent aussi des réductions sur les taux du fret.
- Art. 18. —«Le comité statuera sur les demandes d’admission et les exposants ne devront envoyer leurs produits qu’après réception de leur certificat d’admission.
- Art. 19. — Les exposants qui auraient besoin d’eau, dé gaz, de vapeur directe ou d’électricité déclareront sur le bulletin de demande d’admission susvisé la quantité d’eau, de gaz, de vapeur ou d’électricité qui leur est nécessaire par heure. Ceux qui auront besoin de force motrice indiqueront quelle sera la vitesse de leurs appareils et la force dont ils voudront disposer. La force motrice sera concédée dans la galerie des machines d’après un tarif spécial; elle sera prise sur l’arbre de couche de la transmission générale. L’établissement de toutes les transmissions intermédiaires, ainsi que les fondations et tous frais d’installation particulière resteront à la charge de l’exposant. La vapeur, l’eau, le gaz et l’électricité seront fournis aux conditions du tarif réglant cet objet.
- Un règlement spécial détermine les conditions relatives à l’installation et à la marche des machines. Il sera envoyé aux exposants qui en feront la demande. Les exposants rentrant dans cette catégorie sont invités à faire cette déclaration le plus tôt possible.
- TITRE III
- MESURES ADMINISTRATIVES
- Art. 20. — Sont exclues de l’Exposition : les
- matières détonantes, fulminantes et, en général, toutes les matières jugées dangereuses.
- Ne seront reçus que dans des vases solides appropriés et de 'dimensions restreintes, les esprits ou alcools, les huiles et essences, les matières corrosives et généralement les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés ou incommoder le public.
- Les amorces, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne seront reçus qu’à l’état d’imitation et sans aucune addi-tio'n de matière inflammable.
- Les exposants de produits incommodes ou insalubres seront particulièrement tenus de se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites.
- Art. 21. — Le comité se réserve le droit absolu de faire déplacer ou retirer tous produits qui, par leur nature ou leur aspect, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but et les convenances générales de l’Exposition.
- Art. 22. — Le comité se réserve le droit de rejeter ou de faire modifier, aux frais des exposants, toute décoration qui ne lui paraîtrait pas compatible avec les convenances générales et l’agencement de l’Exposition. Tous les frais d’installation ou de décoration restent à la charge des exposants.
- Art. 2 3. — Le comité prendra les mesures nécessaires pour préserver les produits exposés de toute avarie et pour qu’une surveillance active soit exercée, mais il ne sera en aucun cas responsable des incendies, dégâts, détournements ou dommages dont ces objets pourraient,avoir à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance.
- L’administration de l’Exposition facilitera aux exposants les moyens d’assurer leurs produits.
- Art. 24. — L’Exposition étant constituée en entrepôt réel, les produits étrangers seront reçus en admission temporaire et ne paieront par conséquent aucun droit de douane.
- Art. 25. — Les produits seront exposés sous le nom des signataires de la demande d’admission.
- Art. 26. — Les exposants sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom ou de leur raison sociale les noms des coopérateurs qui ont contribué au mérite des produits exposés.
- Art. 27. — Les exposants sont invités à indiquer le prix marchand des produits exposés, autant pour faciliter le travail .appréciateur du jury que pour renseigner les visiteurs.
- Art. 28. — Les Commissions étrangères, les collectivités et les exposants auront la faculté de se servir de gardiens et surveillants spéciaux. Ces agents devront être agréés par le comité. Ils porteront des emblèmes distinctifs ; ils pourront, en toute circonstance, réclamer l’aide des agents commis par le comité et celui de la police.
- Des cartes d’entrée gratuites et personnelles leur seront délivrées pour assurer leur service. Un agent d’exposant ne peut avoir plus d’une carte d’entrée, quel que soit le nombre d’exposants qu’il représente.
- Art. 29. — MM. les exposants pourront effectuer la vente des produits exposés, mais il ne sera permis d’enlever les objets vendus avant la fermeture de l’Exposition que sur autorisation spéciale et écrite du Comité.
- Art. 3o. — Seuls, les articles fabriqués ou confectionnés sur place pourront, moyennant paiement d’une taxe à convenir, être vendus ou livres sur-le-champ. Une convention spéciale réglera le droit de faire déguster les boissons.
- Arjt. 3i. — Une seule carte d’entrée gratuite sera délivrée à chaque exposant ou à son représentant. Cette carte est personnelle ; elle est retirée s’il est constaté qu’elle a été cédée ou prêtée à une autre personne, le tout sans préjudice des poursuites de droit. La carte devra être signée par l’exposant, porter sa photographie et le numéro du groupe et de la classe auxquels il appartient ; elle sera, en outre, frappée du timbre du Comité.
- Art. 32. — Les exposants français ou étrangers pourront adresser leurs produits aux agents de leur choix et les charger du déballage, de la manutention, de l’installation et de la réexpédition, en se conformant auxrèglements de police intérieure.
- Toutefois, la Direction se chargera de ces différentes opérations pour les exposants qui préféreraient lui adresser directement leurs produits et et en déterminera ultérieurement le prix dans un tarif spécial.
- Art. 33. — Aussitôt après la clôture de l’Exposition, les exposants devront procéder à l’emballage et à l’enlèvement de leurs produits et de leurs installations.
- Cette opération devra être terminée au plus tard six semaines après la fermeture de l’Exposition. Passé ce délai, les produits, les colis, les installations qui n’auraient pas été retirés par les exposants ou leurs agents seront enlevés d'office et consignés dans un magasin public aux frais et risques des exposants. Les objets qui, au 3o mai suivant, n’auraient pas été retirés de ce magasin, seront vendus publiquement et le produit de la vente appliqué à une œuvre de bienfaisance.
- Art. 34. — Il sera institué un Jury international de récompenses, élu moitié par les exposants, moitié par le comité d’organisation. Ce jury commencera à fonctionner le 20 mai. Les récom-
- penses consisteront en diplômes d’honneur, diplômes de médailles d’or, diplômes de médailles d’argent, diplômes de médailles de bronze, diplômes de mentions honorables.
- Pour l’exposition flottante spécialement, il sera décerné, en outre des diplômes, des primes en argent et en objets d’art. La distribution des récompenses aura lieu dans le mois qui précédera la clôture de l’Exposition.
- Les exposants pourront obtenir les médailles correspondant à leurs diplômes, moyennant paiement du surcroît des frais.
- Art. 35. — Des règlements ultérieurs détermineront, en temps utile, les modes d’envoi, de réception, de manutention, d’installation et de réexpédition des produits et l’installation toute spéciale de l’exposition flottante.
- Art. 36. — Les exposants et concessionnaires admis à construire ou à s’établir dans le jardin ou sur les promenoirs de l’Exposition auront à se conformer aux conditions imposées par le comité d’organisation. Un cahier des charges spécial réglera le mode d’adjudication des restaurants, buvettes, débits de tabacs, de comestibles, etc.
- Art. 37. — Toutes les communications relatives à l’Exposition devront être adressées par lettre affranchie à la « Direction de l’Exposition maritime internationale du Havre, rue de Paris, 118, au Havre ».
- DISPOSITIONS SPÉCIALES
- Art. 38.— Les Français et étrangers, en acceptant la qualité d’exposants, déclarent adhérer aux dispositions du présent règlement général, à celles des règlements spéciaux et aux mesures d’ordre qui pourraient être ultérieurement promulguées.
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- PREMIÈRE DIVISION
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- première classe. — jcr Groupe. — Navires de guerre de différents types, à voiles. — 2° Groupe.
- — Navires de guerre de différents types, à vapeur.
- Ne mesurant pas plus de 12 mètres au maître-
- bau et ne calant pas plus de 6 mètres.
- deuxième classe. — /er Groupe.— Navires de la marine marchande de différents types, à voiles. — 2e Groupe. — Navires de la marine marchande de différents types, à vapeur.
- Ne mesurant pas plus de 12 mètres au maître-bau et ne calant pas plus de 6 mètres.
- troisième classe. — 7e1' Groupe. — Bateaux de grande pêche, à voiles ou à vapeur. — 2e Groupe.
- — Bateaux de pêche côtière, de toutes dimensions, à voiles ou à vapeur, pontés ou non pontés,
- quatrième classe. — Bateaux de pilotes, à voiles ou à vapeur.
- cinquième classe. — Bateaux de sauvetage. — Radeaux de sauvetage.
- sixième classe.— ier Groupe. — Yachts, bateaux de plaisance, d’exploration ou d’instruction, à vapeur. — 2e Groupe. — Mêmes bateaux à voiles.
- — 3° Groupe. — Embarcations de haute mer ou de rivière et canots de types divers, à vapeur ou à l’aviron.
- septième classe. — Engins flottants propres au services des rades et des ports. ('Phares. — Bateaux-Phares. — Bouées. — Balises. — Signaux.
- — Bateaux-Pompes. — Barques de draguage. — Dragueurs. — Elévateurs. — Appareils à mater.
- — Cloches à plongeurs. — Wharfs de débarquement. — Appareils de remise à flot des navires coulés, etc., etc.)
- DEUXIÈME DIVISION exposition internationale
- huitième classe. — Machines en mouvement. — Machines et engins mécaniques employés dans les marines de guerre et de commerce pour le service des ports, des rades et des rivières. — Pièces détachées de machines.
- Neuvième Classe. — 7e1’ Groupe. — Modèles, spécimens, plans et dessins : des bâtiments de guerre de toute catégorie, des navires de commerce affectés à la navigation maritime et fluviale, des bateaux de plaisance, etc., etc., et de tous les engins dont l’usage se rattache à la navigation. — 2e Groupe. — Modèles, spécimens, plans et dessins : des travaux publics ou particuliers exécutés ou projetés dans les ports, les rades et les rivières.
- — 3a Groupe. —'Tous ouvrages, livres, plans, dessins traitant des questions de navigation de tactique, de droit maritime, de législation, de régime colonial, de rapports consulaires, de pêche d’hydrographie, de sauvetage, d’électricité, etc.
- Dixième Classe. — 7er Groupe. — Matériel d’armement : mâture, gréement, voilure, ancres, chaînes, etc. — 2e Groupe. — Conservation des constructions navales. — 3e Groupe. — Mobilier meublant des navires. —Groupe. — Equipement des équipages. — 5° Groupe. — Approvisionnement, appareils s’y rapportant. — 6e Groupe. — Instruments de navigation, timonerie, phares et signaux. — 7e Groupe. — Hygiène, pharmacie et chirurgie de bord.
- Onzième Classe. Sauvetage. •— Engins et appareils de sauvetage, appareils de natation, vêtements
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- Deuxième Année. — N° 78,
- imperméables et objets divers à l’usage des sauveteurs, baigneurs et ouvriers employés aux réparations et au renflouement des navires, etc.
- Douzième Classe. — Pèches. — 1e1' Groupe. — Matériel et armement des navires employés aux grandes pèches. — 2° Groupe. —• Matériel et armement des navires employés aux pêches côtières. —• 3e Groupe. — Pêches à pied : engins, modes et procédés. -— 4a Groupe. — Appâts divers pour toutes les pêches. — Pêches avec salaisons à bord.
- Grandes pèches et pêches côtières. — Modes de préparation des produits , sur les lieux de pêche. Sels employés, barillage spécial, etc. — Préparation à terre des produits de pêche. — Modèles d’établissements. — Divers procédés de préparation et de conservation. — Séchage. — Marinage. — Salaison, etc. —Treizième Classe. — Aquiculture. Eaux douces et eaux salées. Matériel et produits. — Divers systèmes d’élevage. — Modèles d’établissements pour la culture des poissons et crustacés.
- Quatorzième Classe. — Electricité. — Matériel producteur. — Télégraphie. — Téléphonie. — Eclairage.
- TROISIÈME DIVISION
- EXPOSITION nationale
- Quinzième Classe. — Importation des colonies françaises. — 1cr Groupe. — Règne minéral. Métaux bruts. Pierres précieuses. Houilles. Pétroles. Produits fabriqués. — 2e Groupe. — Règne végétal. Produits alimentaires : grains et farines, thés, cafés, sucres, riz, etc., huiles, comestibles, épices, fruits de table, fleurs et plantes médicinales, vins, conserves, etc. — Produits non alimentaires : graines oléagineuses, huiles, cires, beurres végétaux, cotons, chanvres, jutes, lins, fibres textiles, tabacs, indigos, cochenilles, etc. Bois de construction, d’ébénisterie et de teinture. Racines, écorces, résines, goudrons et sucs épaissis, caoutchouc, gutta-percha. — Produits manufacturés. — 3e Groupe. — Règne animal. Viandes, poissons, peaux, pelleteries, laines, soies, plumes, graisses, cornes, crins, os, engrais, etc. Produits manufacturés et industriels.
- Seizième Classe. — Exportation aux colonies,. — rer Groupe. — Matériaux de construction travaillés. Bois sciés et ouvrés. Meubles, Parquets. Tonnellerie. — 2° Groupe. — Métaux ouvrés, laminés, étirés ; fers, aciers, bronzes, cuivres,zings, plombs, fers spéciaux, marchands, feuillards, etc., produits de la tréfilerie, câbles métalliques, treillages, clous, etc. — 3e Groupe. — Machines, objets de mécanique générale. Machines-outils, machines des chemins de fer, tramways à vapeur, combustibles. — 4® Groupe. — Industries textiles, matières demi-fabriquées. Objets d’ameublement, de vêtement, de parure, d’usage domestique. — 5e Groupe. — Produits alimentaires ; conserves, boissons fermentées et non fermentées, spiritueux. — 6 e Groupe. — Produits non alimentaires : Tabacs fabriqués et cigares. Papeterie, typographie. Armes et munitions de guerre et dechasse. Produits céramiques, verreries et gobletteries. Meubles en fer. Quincaillerie. Bijouterie. — 7® Groupe. — Matériel de transport par terre:. Carrosserie et accessoires. 8e Groupe. — Produits chimiques et pharmaceutiques. Couleurs, vernis, laques, bougies, caoutchoucs travaillés, savons. — gG Groupe. — Produits de l’horticulture.
- DÉPARTEMENT DE LA MANCHE
- VILLE DE CHERBOURG
- SOCIÉTÉ ARTISTIQUE ET INDUSTRIELLE
- EXPOSITION
- DES BEAUX-ARTS ET DE L’INDUSTRIE
- Du 14 juillet au i5 août 1886
- EXTRAIT DU RÈGLEMENT
- La Commission chargée parla Société artistique et industrielle de Cherbourg d’organiser l’Exposition de 1886 porte à la connaissance du public les dispositions suivantes :
- Article premier. — Une exposition des beaux-arts et dés produits de l’industrie de la France et des colonies, placée sous le patronage de la ville de Cherbourg, aura lieu en 1886 dans les bâtiments de la ville (halle au blé) et place Divette ; elle ouvrira le 14 juillet et se terminera le i5 août au soir.
- Art. 2. •— Une commission spéciale, divisée en deux grandes sections : arts et industrie, sera chargée de recevoir les objets envoyés par les Exposants et de les classer. La Société donne tous ses soins aux objets exposés, mais elle ne répond que des pertes et avaries provenant de son fait.
- Art. 3. — Sont appelés à concourir à l’Exposition tous les artistes, industriels et ouvriers appartenant aux catégories ci-après, à charge de se
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- conformer aux dispositions prévues par le présent règlement.
- i° Exposition rétrospective
- 20 Exposition des beaux-arts ;
- 3° Arts appliqués à Vindustrie ;
- 4° Industrie proprement dite ;
- 5° Agriculture ;
- 6° Horticulture ;
- 7° Exposition scolaire ;
- 8° Navigation et pêche ;
- 9° Divers et non classés.
- Art. 4. — Les personnes qui désireront exposer devront faire connaître leur intention à M. le président de la Société artistique et industrielle à Cherbourg.
- Les lettres seront affranchies et la déclaration contiendra :
- Pour l’Exposition des beaux-arts
- i° Les noms, prénoms et résidence de l’exposant ;
- 2° L’énoncé des récompenses déjà obtenues par lui ;
- 3° L’espace qui lui est nécessaire en hauteur, longueur et largeur.
- Pour l’Exposition de l’industrie
- i° Les noms, prénoms, profession et résidence de l’exposant ;
- 2° La nature, le volume et le nombre des objets qu’il désire exposer ;
- 3° L’espace qui lui est nécessaire en hauteur, largeur et longueur, soit sur le sol, soit contre un mur, à couvert ou à découvert;
- 4° Une notice contenant des renseignements sur l’industrie de l’exposant, l’énoncé des récompenses déjà obtenues par lui et toutes indications propres à éclairer le jury et la commission d’organisation de l’Exposition.
- Les demandes d’admission doivent être adressées à M. le président de là société artistique et industrielle de Cherbourg.
- Ces demandes seront soumises à la Commission qui statuera en dernier ressort.
- Des formules imprimées de demandes seront mises gratuitement à la disposition des exposants : elles seront conformes au modèle arrêté par la Commission.
- Art. 5. — Un catalogue général de l’Exposition sera dressé par les soins d’une Commission-spéciale et contiendra le résumé de la notice de chaque exposant ainsi que la description des objets exposés.
- Art. 6. — Chaque caisse ou colis contenant des objets destinés à l’Exposition sera adressée à Monsieur le président de la Société artistique et industrielle de Cherbourg et devra porter le nom et la résidence de l’exposant et la désignation du contenu.
- Art. 7. — Les produits seront exposés sous le nom du signataire de la demande d’admission; toutefois celui-ci pourra inscrire à la suite les noms de ses coopérateurs.
- Tout exposant qui n’accompagnera pas les objets envoyés par lui à l’exposition devra se faire représenter par un mandataire habitant la ville de Cherbourg ou les environs ; néanmoins, dans le cds où l’exposant ne pourrait se faire représenter, la Commission d’organisation, sur sa demande, agirait au mieux de ses intérêts, sans engager la responsabilité de la Société.
- Art. 8. — Les divers objets' ou marchandises exposés devront être cotés au prix où l’Exposant pourra les livrer; ce prix serait indiqué par des étiquettes en gros caractères.
- La mention Hors concours ne sera autorisée que sur des objets ayant obtenu la plus haute récompense dans des Expositions précédentes.
- Les exposants qui ne voudraient pas concourir devront le déclarer en faisant leur demande et seront autorisés à mettre sur leurs objets la mention : Ne concourt pas.
- Art. 9. — Les envois seront inscrits à la date de leur réception sur un registre à souche spécial et il en sera donné un reçu à l’exposant ou à son mandataire II ne sera fait exception que pour ceux dont la fabrication et la conservation n’ont qu’une durée limitée.
- Art. 10. — Des demandes seront faites auprès des Compagnies de chemins de fer pour obtenir les réductions en usage sur les frais de transport.
- Art. 11. —Tout objet exposé est engagé pour la durée de l’Exposition ; il sera retiré par l’exposant et à ses frais dans les huit jours qui suivront la clôture.
- Art. 12. — Les objets exposés à couvert paieront un loyer de cinq francs pour le premier mètre carré ou fraction de mètre carré occupée en plan, et un franc par mètre supplémentaire jusqu’à concurrence de dix mètres carrés.
- Les objets appliqués contre les murs paieront un franc par mètre carré.
- Ceux exposés extérieurement paieront deux francs pour le premier mètre carré et cinquante centimes pour chaque mètre carré supplémentaire.
- Pour les espaces excédant dix mètres carrés, il sera traité de gré à gré.
- Les droits de location de place seront perçus : moitié lors de la demande d’admission et le reste
- Dimanche 27 Juin iSSC. — 215.
- dix jours après l’ouverture sous peine de déchéance du concours. Le reçu du premier versement servira de carte d’admission.
- Ces droits seront toujours exigibles alors même qu’un emplacement ne serait pas occupé par celui qui en aura fait la demande.
- Art. i3. — Les exposants supporteront les frais particuliers d’installation et de décoration se rattachant spécialement à leurs expositions ; les installations particulières devront être faites de manière à ce que l’harmonie générale n’ait pas à en souffrir. — L’administration ne fournira que l’emplacement à couvert ou à découvert, suivant la nature des objets.
- Art.. 14. — Il sera fait exception aux conditions des articles 9, 12 et i3 pour les beaux-arts et l’exposition rétrospective qui seront l’objet d’une réglementation spéciale.
- Art. 1 5. — Il sera remis à chaque exposant ou à son mandataire une carte spéciale qui lui permettra d’entrer à loute heure pendant la durée de l’exposition, sous réserve toutefois des exceptions motivées par les besoins du service.
- Art. 16 — Tous les objets précieux devront être exposés dans des vitrines fermant à clef.
- Art. 17.-— Les esprits: alcools, huiles, essences, tous les liquides en général, ne seront reçus que dans des récipients solides et bien conditionnés.
- Ne seront pas admises à l’exposition les matières explosibles ni en général les marchandises dont la présence serait jugée dangereuse par la Commission d’organisation.
- Art. 18. — Toutes les marchandises ou objets d’art exposés seront assurés contre l’incendie par les soins de la Société artistique et industriellé de Cherbourg, aux frais des exposants, pour ce qui concerne la partie industrielle suivant les déclarations de valeur indiquées et consignées sur le registre à souche.
- Art. 19. — Le dixième jour de l’exposition, chaque section d’exposants nommera son jury, lequel appréciera les objets exposés et fera son rapport sur les récompenses à décerner.
- Art. 20. — Des diplômes d’honneur, des médailles d’or, de vermeil, d’argent, de bronze, ainsi que des mentions honorables, seront décernés aux exposants dans la séance solennelle de distribution des récompenses dont la date sera indiquée ultérieurement par le programme spécial des fêtes de l’Exposition.
- Art. 21. — Un emplacement spécial sera réservé pour une exposition rétrospective. La Société artistique et industrielle fait appel à tous les amateurs, détenteurs d’antiquités ou d’objets d’art, tant nationaux qu’étrangers, pour donner à cette exhibition le plus grand éclat.
- Art. 22. — Pendant la durée de l’Exposition, des fêtes seront données autant que possible tant par la Socité artistique et industrielle que par la ville de Cherbourg et les autres sociétés locales. — Les régates et les courses notamment feront partie de ce programme.
- Art. 23. — Une loterie ou tombola sera organisée par les soins de la Commission. — Les lots seront achetés et choisis parmi les objets exposés, sans dépasser les prix déclarés par l’exposant.
- Arrêté par la Commission d’Èxposition.
- MM. ;|! Menut, président ; A. Saillard fils, secrétaire
- Les Membres de la Commission,
- MM. Didier, Dupont, Lanièce, Bréard, Le Boisse-
- lier, Saillard père. A. Simon fils, Gutelle, Mariette, Mahieu-Laroque, Poullain, Menut père,
- V. Buhot, Hervé, Allemandet, V. Leroy, Dutot,
- Hottot, Brégaint, Le Boulanger, Pignot.
- LES LIVRES
- Lxm
- Paul de Molènes. — Œuvres diverses, t. IV. Aventures du temps passé. Briolan. — Petite bibliothèque artistique, Lettres persanes publiées en deux volumes, avec une préface, par Maurice Tourneux, dessins d’Ed. de Beaumont, gravés à l’eau-forte, par Boilvin, édition Jouaust, librairie des bibliophiles, rue Saint-Honoré, 338.
- Paul de Molènes est un écrivain de passion et de haut goût, rencontrant parfois les bonnes fortunes du style. Il appartient à cette génération aujourd’hui trop oubliée, qui faisait de l’art pour l’art et faisait aussi plus grand que nature. Mais combien ces défauts de proportion et ce mépris distrait de la prosaïque réalité sont compensés par une mâle aspiration vers l’idéal, et la religion parfois un peu superstitieuse des sentiments et des raffinements héroïques ! Il est certain qu’on respire dans ces livres l’air rare et pur des hauts sommets, et le parfum étrange de la fleur d’idéal. Il est certain que ces récits romanesques de Paul de Molènes, où l’on se sent peu à peu gagné par l’enthousiasme généreux qui les inspire, les récits militaires où on ne résiste pas à cette folie chevaleresque de l’épée qui l’entraîne, font belle et fière figure en face de l’idéalisme timide et mièvre, à l’haleine courte, de certains de nos romanciers, et du réalisme dépravé, passionné pour les laideurs et les monstruosités humaines, des natura-
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- 261. — Deuxième Année. — N° 78.
- listes à la mode, les Zola et Guy de Maupassant. Pas si naturelle ! disait-on épigrammatiquement de l’histoire naturelle de M. de Buffon. Pas si naturel non plus ce naturalisme qui ne voit dans l’âme humaine que ce qui ravale l’homme et dans le paysage que ce qui le souille.
- Certainement, le style de Paul de Molènes, dans ses Aventures du temps passé, n’est pas le type de la simplicité et de la naïveté. Certainement, sou gentilhomme du xvin® siècle aux goûts et aux illusions de paladin détonne un peu en habit de satin vert dans le jardin du Palais-Royal. C’est en pourpoint et en cuirasse qu’il devrait figurer dans les batailles et les tournois du xvie siècle. Nous passons cependant volontiers sur ces anachronismes de costume et de milieu, et nous suivons avec plaisir cet étonnant Amadis-Pompa-dour, dans ses aventures aussi amusantes qu’invraisemblables de flibustier honnête et de pirate malgré lui, dans ses duels, ses voyages, sa station à l’abbaye de Cythère de l’ile de Tavera, son roman avec une Atala Caraïbe, dans les erreurs, les fautes et aussi les nobles sacrifices et le rare exemple de son don-quichotisme galant. Il y a dans Paul de Molènes, de l’Alfred de Vigny, dont ses Histoires et récits militaires et ses Commentaires d’un soldat, le font le meilleur élève et le plus digne héritier, il y a_ du Dumas père dans l’entrain et la verve du récit, il y a de l’Octave Feuillet dans l’analyse subtile dés sentiments et la délicatesse dans la passion, il y a enfin du Jules Janin pour l’éclat parfois un peu faux, et le pailleté plus brillant que solide du style. Il y a de tout cela, c’est-à-dire un fond d’imitation et de pastiche, et avec cela, l’allure et la fierté d’une individualité indépendante, d’une généreuse personnalité littéraire. Il y a de ces je ne sais quoi qui font qu’on ne quitte pas volontiers l’auteur, et qu’on estime l’homme dansl’auteur, de ces je ne sais quoi dont le mot charme résume l’impérieux attrait ou l’insinuant empire. Il peut ressembler à quelques-uns de plus en plus rares, il ne ressemble pas à tout le monde ; il est quelqu’un. Il n’y a de notre temps que M. Barbey d’Aurevilly pour écrire de ces phrases à spencer, à brandebourgs, à cuirasse, d’une élégance et d’une couleur 'ffiyroniennes, qu’on ne saurait même plus pasticher aujourd’hui.
- « Le courage faisait circuler dans tout son corps ses agréables chaleurs. Les rêves à l’éclat d’armure, aux voix de cymbales et de trompettes, qui remplissent le matiffides belliqueuses journées, tourbillonnaient autour de lui...
- « Favonette, blessé dans le fond de sa hutte, était tiré par la vie d’un côté, par la mort de l’autre, comme un soudard par deux ribaudes. »
- On ne trouvera rien de cette intensité de couleur locale, de ce diable au corps dramatique et pittoresque, de ces par delà de style, dans ce. chef-d’œuvre de bon sens spirituel, de scepticisme léger, d’ironie discrète, de philosophie souriante,de fine malignité, de pittoresque de trait et de comique de mot, dans cet ouvrage «le plus profond des livres frivoles » qu’on appelle les Lettres persanes.
- M. Maurice Tourneux en a donné l’histoire dans une de ces courtes préfaces, pleines de choses, où rien ne manque, mais où il n’y a que ce qui convient, qui sont aussi de petits chefs-d’œuvre dans leur genre. En quelques pages, d’un style incisif et dsune critique impeccable, l’éditeur et le commentateur de Grimm et de Diderot, auquel nous devrons aussi un jour une édition princeps (non comme date mais comme qualité) de Mérimée dont il .amasse .les matériaux et qui devrait bien tenter un Jouaust, c’est-à-dire Jouaust lui-même, car il n’en est qu’un au monde, en quelques pages Maurice Tourneux a séparé le vrai du faux, le roman de l’histoire, le froment de l’ivraie, éclairci définitivement la genèse du livre, le problème compliqué des éditions diverses des Lettres persanes et de l’élection^ de Montesquieu à l’Académie française, résumé le plan, le but et l’influence de cet ouvrage qui a plus fait, avec les romans de Voltaire, pour l’émancipation de la raison et la liberté des idées, que Y Encyclopédie., Ce sont les troupes pédestres et légères, à l’épée brillante et courte,, et non les grosses et lourdes cavaleries qui enlèvent les obstacles et prennent d’assaut les préjugés.
- Nous ne finirons pas sans adresser une fois de plus, au maître imprimeur Jouaust, le chef incontestable de notie école typographique française, éprise à la fois de tradition et dp progrès, de correction et d’élégance, des compliments et des éloges sur lesquels il doit être blase. L’impression et le papier des Aventures du temps passé sont un type et un modèle du livre pour tous, à la portée de toutes les bourses, du livre plus solide encore qu’agréable, mais fabriqué avec ce qu’on peut appeler la probité du goût.. Mais les Lettres persanes sont comparables, avec ce je ne sais quoi en plus, qui résulte de la supériorité de moyens due à l’expérience et à la science, aux chefs-d’œuvre et aux bijoux les plus renommés de l’exquise librairie du xviii0 siecle. Montesquieu se fut extasié devant ce papier d’une pâte égale, souple, harmonieuse comme une trame, ces caractères purs et gracieux,
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 27 Juin 1SS6.
- cette impression qui a la netteté et la justesse de ton des belles estampes, cette illustration exquise dont le dessin a le moelleux légèrement effacé du pastel, dont la gravure à l’eau forte, mêlant les fines caresses de la pointe aux fines morsures de l’acide est à la fois si légère et si pénétrante, et il eut embrassé celui qui a le mieux traduit son ouvrage, car la belle typographie, l’imprimerie d’art et de style a aussi son éloquence et sa poésie.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- URUGUAY
- commerce des meubles
- Nous empruntons les renseignements suivants sur le commerce des meubles dans l’Uruguay à la Revue commerciale, maritime et financière publiée par la chambre de commerce française de IVIonte-video.
- Le meuble français qui pendant longtemps a été très apprécié sur nos marchés a beaucoup perdu de son importance depuis quelques années. Les articles d’ameublement en qualités courantes et ordinaires de fabrication française ont trouvé un grand écoulement dans nos contrées ; mais, depuis un certain temps déjà, diverses causes ont arrêté ce mouvement.
- L’industrie locale, d’abord, s’est grandement développée et est arrivée à produire, à prix assez bas, tous les meubles du genre courant, imités des meubles français.
- Cettte industrie est presque toute en des mains italiennes à Montevideo; on comprend facilement déjà la diminution dans l’importation des meubles français.
- D’autre part, l’Allemagne, dans cet article comme dans beaucoup d’autres, a cherché à faire connaître ses produits, en expédiant des quantités de meubles, surtout en ameublements complets de chambres à coucher et salles à manger. Bien que les modèles français lui aient souvent servi de guide, le meuble allemand se ressent toujours de son origine; il est lourd, massif; peu élégant, mais cherche à produire de l’effet par son apparence et sa solidité, et surtout arrive à se vendre bien meilleur marché que le meuble de Paris. Le meuble de Hambourg est même parvenu à se faire une place sur notre marché et à être apprécié dans une certaine mesure. Les fabricants allemands, très désireux de créer des débouchés à leurs produits accordent de grandes facilités aux maisons chargées de la vente. Leurs marchandises n’ont pas à supporter de frais de transport jusqu’au lieu d’embarquement (et l’on sait que ces frais sont considérables en France) l’emballage est à très bon marché surtout si on le compare à celui qu’il faut payer à Paris, de sorte que la différence de prix à la vente est sérieuse. Nous ne parlerons pas de la main-d’œuvre qui réduit encore le coût des articles. Il n’est donc pas étonnant, toutes ces causes réunies, de voir les meubles allemands s’écouler en assez grande quantité.
- L’Amérique du Nord s’est faite depuis longtemps une spécialité de certains meubles, tels que chaises et sièges, articles en bois blanc verni, en noyer verni, en bois arrondis et qui arrivent maintenant plus perfectionnés. Tous ces sièges, nous viennent démontés et par chargements; ces articles par leur bas prix et leur emploi très répandus, défient toute concurrence européenne.
- L’industrie locale dont nous parlions plus haut peut lutter avec avantage, en tant que meubles courants, avec la fabrication d’Europe; elle est protégée par des droits de 40 %, appliqués à l’importation sur une évaluation établie chaque année dans le tarif des douanes. Néanmoins, cette industrie n’arrive pas encore, en général à fabriquer le beau meuble que nous recevons encore de Paris, en genre riche et bien fini. Ce genre là devrait donner lieu à des affaires plus importantes dans nos contrées, où, malgré tout, le goût français est toujours apprécié. Les ameublemenss complets de salons, chambres à coucher, salles à manger, en beaux articles, trouvent encore des amateurs. Le meuble fantaisie, le petit meuble d’ornenient s’impose aussi par son goût et son originalité.
- A notre avis, il suffirait à l’industrie française du meuble d’apporter quelques modifications dans ses opérations pour lutter avantageusement contre le courant allemand.
- Il faudrait, tout en maintenant le goût et le fini dans les articles, rechercher l’apparence et faire toutes les économies possibles dans la fabrication, limiter les bénéfices, diminuer de beaucoup les frais d’emballage, qui, à Paris surtout, sont énormes, réduire les frais de transport à leur plus simple expression, pour obtenir des prix de revient convenables.
- Le grand but est d’arriver à pouvoir vendre sur place à des prix plus bas que ceux demandés jusqu’à présent. Avec quelques efforts, on parviendrait certainement à trouver des débouchés importants sur nos marchés.
- LES THEATRES
- Chateau-d'Eau. — Le Voyage en Chine, opéra-comique en
- trois actes, de MM. Labiche et Delacour, musique de M. Bazin.
- Ambigu.—Pierre le Noir ou les Chauffeurs, drame en cinq
- actes et six tableaux, de MM. Dinaux et Eugène Süe.
- Le Théâtre l’été.
- ' L’entreprenante direction du Château-d’Eau qui affiche l’intention de varier fréquemment son programme et de se constituer un répertoire complet d’opéras de divers styles, vient de déployer une grande activité en montant, huit jours à peine après le Trouvère, le Voyage en Chine. Le Voyage en Chine est un opéra comique, qui a conservé une grande popularité. Le livret est si gai, livret de Labiche, parbleu ; et la musique, quoique moins gaie, est suffisamment claire et agréable pour que l’ouvrage fournisse encore aujourd’hui un charmant spectable. D’ailleurs, la pièce est fort bien montée ; si la direction du Château-d’Eau continue à faire preuve d’autant d’active habileté et de souci artistique dans le cours de son entreprise, et si de son côté la saison demeure pluvieuse, il n’est pas douteux que cette tentative d’organisation d’opéra populaire ne recueille cette fois-ci un véritable succès..
- L’Ambigu vient de reprendre à huis-clos un vieux drame de Dinaux et Eugène Sue, une de ces antiques machines qui ont fait frémir nos grand’tantes et auprès desquelles les pièces les plus démodées de M. Dennery paraîtraient d’audacieuses manifestations d’un art innovateur. La direction de PAmbigu n’a pas cru devoir convier la presse à cette petite fête. A-t-elle craint un parti pris d’irrévérence gouailleuse de la part d’un certain public un peu bien sceptique ? Souhaitons à la direction un public payant nombreux et naïf, mais franchement, nous n’osons pas l’espérer, car enfin, voici la situation. Le directeur intérimaire de l’Ambigu se propose de remonter une série de mélodrames de l’âge de Pierre le Noir, en prenant les plus inconnus, ceux qui n’ont jamais été rejoués à Paris, de mémoire d’habitué de PAmbigu. Comment c’est en ce jour, jour épouvantable où dans le silence des théâtres déserts, retentissent ces paroles : le drame se meurt, le drame est mort, qu’un impressario, abusé par quelque philtre funeste, s’imagine d’aller chercher dans le magasin de friperies dramatiques les haillons et les loques littéraires les plus effilochés et mangés aux vers pour, s’en tailler des vestes monumentales. Quelle singulière, quelle étrange idée 1 Mais, du nouveau, au nom du ciel, du nouveau! Pourquoi s’obstiner dans la mine épuisée depuis longtemps, au lieu de se mettre à l’exploitation d’un autre filon. Comment! il y a pléthores d’écrivains dramatiques ! les armoires des secrétariats regorgent de manuscrits ! Parmi toutes ces pièces négligées, il y en a de bonnes, c’est forcé, il y en a tout au moins qui pourraient obtenir du succès, faire la fortune d’un directeur. Non, le directeur contemple d’un œil serein les piles de manuscrits endormis à jamais. sur les rayons de l’armoire et s’asseyant dans son fauteuil : Que l’on m’apporte, dit-il, un tome de..... Bour-chardy.
- Quelques voix autorisées viennent enfin de s’élever dans la presse et de souffler un vent de réaction contre cette coutume qu’ont prise les théâtres de chômer pendant trois mois de l’année. C’est M.de Pêne qui a attaché le grelot, MM. Sar-cey et Lapommeraye sont venus à la rescousse. Voici la question : faut-il qu’un théâtre soit ouvert ou fermé pendant l’été. 11 n’est pas dommage que les voix autorisées se soient enfin décidées à s’élever, sans cela nous aurions eu l’air de vouloir soutenir un paradoxe à prétendre que les théâtres devraient toujours resterouverts.il est de convention de déclarer que Paris se vide après le Grand Prix. La population spéciale exportée aux bains de mer ou aux eaux est amplement remplacée par les arrivages de province et de l’étranger. On peut fournir un public au théâtre aussi bien en été qu’en hiver. La seule objection sérieuse est que les salles de spectacle sont intolérables en été. Elles le sont presque autant en hiver et on n’y prend pas garde. D’ailleurs qu’on s’en donne la peine et de'main l’on aura des théâtres aménagés confortablement pour les périodes de chaleur. Seulement le pli es't pris, les comédiens en été se font des tournées en province très lucratives,, les directeurs n’osent pas entreprendre des exploitations estivales, une partie du public même se refuse par principe à fréquenter les théâtres à partir d’une certaine époque ; il est bien difficile d’aller là-contre. Oh! la mode, la routine, les vieux errements ! N’importe, cela est froissant pour l’orgueil de la ville Lumière qu’elle consente pendant trois mois à se priver presque totalement d’un des plaisirs les plus délicats et qui témoignent le plus d’un raffinement de civilisation.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AiLRAULT et 0*», rue de la Préfecture. 6.
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- Le Moniteur
- DE
- EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration-: 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 4 Juillet 1886. NUMÉRO 79.
- SOMMAIRE :
- ï. L’Exposition de 1889 et le Sénat; 2. Rapport au ministre du commerce et de l’industrie sur les travaux des délégués ouvriers à l’Exposition internationale d’Anvers ; 3. Exposition ouvrière internationale, ; 4. L’Exposition coloniale et Indienne de
- Londres; 5. Echos; 6. Les combustibles Français ; 7. Exposition maritime internationale du Havre en 1887 ; 8. Les Livres; 9. Les Théâtres.
- L'EXPOSITION DE 1889 ET LE SÉNAT
- RAPPORT
- Fait au nom de la commission (1) chargée d'examiner le projet de loi, adopté par la Chambre
- des députés, relatif à l’Exposition universelle de
- 188g, par M. Teisserenc de Bort, sénateur.
- Messieurs,
- Vous nous avez chargés d’examiner un projet de loi adopté par la Chambre des députés et qui a pour but d’ouvrir les crédits nécessaires à l’organisation et à la tenue d’une Exposition universelle internationale en 1889.
- Le principe même de cette Exposition n’est plus à discuter.
- Le Gouvernement l’avait posé par un décret rendu le 8 novembre 1881. Les Chambres se sont associées à sa pensée en ouvrant, l’année suivante, un nouveau chapitre au budget sous le titre de : Exposition universelle de 1.88g, et inscrivant à ce chapitre un premier crédit de 100,000 francs pour études préparatoires des projets de réalisation.
- L’exposé des motifs considère donc la question de principe comme définitivement et irrévocablement résolue. Nous ferons comme l’exposé des motifs et nous prendrons le même point de départ.
- On a regretté que, soit par une interpellation au moment de la publication du décret, soit lors-qu’est venue la discussion delà demande de crédit de 100,000 francs, un débat approfondi sur les avantages et sur les inconvénients des Expositions internationales ne se soit pas engagé avec toute l’ampleur qu’une semblable question comporte.
- C’eût été une excellente occasion de faire justice des exagérations auxquelles s’abandonnent aussi bien les partisans que les adversaires des concours internationaux. Mais nous ne devons pas ouvrir une discussion qui serait aujourd’hui sans utilité pratique.
- En fait, les Expositions internationales, isolées des manifestations politiques qu’on peut vouloir y rattacher, sont les grands tournois paciRques des sociétés travailleuses modernes, mais des tournois qui ont sans doute leur raison d’être, puisque, sous une forme ou sous une autre, nous les voyons constamment se renouveler dans les divers
- Pays- , .
- C’est qu’elles répondent à plusieurs nécessités impérieuses de notre temps.
- Elles donnent au producteur la plus digne, la plus honorable des publicités.
- Elles éveillent, elles entretiennent les émulations, sources vives de l’invention et du progrès.
- En même temps, elles sont un foyer d’études et d’enseignement pour le public.
- La publicité est d’autant plus grande, l’émulation d’autant plus excitée, l’étude d’autant plus profitable et complète que le cadre de l’Exposition est plus élargi, que la lutte est plus sérieuse, que le nombre des concurrents est plus considérable ; de là la supériorité dès Expositions internationales sur les concours limités aux productions d’un seul pays.
- Aussi la presque unanimité des chambres de commerce, des chambres consultatives et des syndicats professionnels, interrogés par le gouver-
- 1) Cette Commission est composée de MM. Albert Grévv, Président: Béral, Secrétaire; Tolain, Tirard, .Bardons, Dietz-Monnin, Paris, Naquct, Teisserenc de Bort.
- nement sur le caractère qui devait être donné à l’Exposition de 1889, a-t-elle demandé que cette Exposition, comme’celles de 1867 et de 1878, fût internationale en même temps qu’universelle (1).
- C’est à la réalisation de ce vœu que répond le projet dont nous allons analyser les diverses dispositions.
- Question de l’emplacement
- L’Exposition , une fois décidée, la première question qui se posait était celle du choix de l’emplacement qu’elle devait occuper.
- L’expérience du passé avait appris que, dans toutes les solennités de ce genre qui avaient réussi, les prévisions des organisateurs étaient toujours dépassées, car d’une part le développement de la richesse, l’extension des moyens perfectionnés de transport accroissent incessamment le nombre des exposants et les étendues d’emplacement demandé par chacun d’eux, de l’autre, à chaque Exposition nouvelle, les organisateurs s’efforcent de combler les lacunes que le spectacle de l’Exposition précédente avait révélées, en élargissant le programme proposé à l’émulation des peuples.
- En 1855, l’Exposition aux Champs-Elysées avait pu faire face aux demandes des exposants avec une surface couverte de .116,000 mètres carrés.
- En 1867 l’Exposition au Champ-de-Mars occupait une surface couverte de i63,ooo mètres.
- En 1878 l’Exposition primitivement préparée pour une surface couverte de 226,602 mètres aù Champ-de-Mars et de 16,000 mètres au Troca-déro, a exigé l’établissement de nombreuses annexes, qui portèrent à 289,100 mètres les surfaces couvertes, non compris les locaux affectés à l’agriculture et à l’horticulture.
- Si cette progression devait se continuer, on arriverait à des chiffres impossibles, et ce sera un des devoirs- les plus impérieux des organisateurs de l’Exposition de 1889, de soumettre les demandes d’admission à un examen assez rigoureux pour que tous les produits qui ne présentent pas un véritable intérêt soient écartés. Ce triage attentif, en même temps qu’il ménagera la place, donnera à l’Exposition un caractère plus utile et plus sérieux.
- En 1877, le trouble que jeta dans le monde des affaires la crise politique du 16 mai, rendit cette ventilation à peu près impossible, car c’est seulement à partir du mois de novembre 1877, c’est-à-dire six mois avant l’ouverture de l’Exposition, que les demandes affluèrent toutes à la fois, en sorte que les Comités d’admission manquèrent du temps nécessaire pour les examiner. Avec une année de plus, les effets fâcheux de cette précipitation pourront être évités.
- Mais il ne faut pas croire que dans la pratique ce triage soit bien facile à maintenir dans toute la rigueur, par ce que les.producteurs exclus se considérant comme atteints dans leurs intérêts, s’agitent autour des Comités d’admission et de contrôle, font intervenir les influences politiques et arrivent trop souvent à forcer la porte qu’on voulait leur fermer.
- D’ailleurs, cette sélection ne peut être exercée que sur les produits français. Les exposants étrangers, ne relevant que de leurs nationaux, n’y sauraient être assujettis, et, de ce côté, il n’est pas possible d’exercer un contrôle efficace.
- Aussi, même en faisant la part de ce correctif, il est sage de prévoir pour l’Exposition de 1889 une surface couverte à peu près égale à celle que l’Exposition de 1878 a fait reconnaître nécessaire.
- Les surfaces couvertes en 1878, non compris les expositions agricoles et horticoles temporaires, ont atteint, avons-nous dit, le chiffre de 289,130 mètres.
- La commission consultative, constituée le8 novembre 1884, avec mission de préparer l’organisa-
- (1) Sur 73o chambres de commerce, chambres consultatives et syndicats professionnels de patrons et d’ouvriers qui ont répondu à la circulaire ministérielle, 691 ont exprime l’avis que l’exposition de 1889 devait être internationale.
- tion de l’Exposition de 1889, avait évalué à 288,000 mètres l’étendue de la surface à couvrir.
- Dans le programme du concours ouvert par le ministre du commerce et de l’industrie entre les auteurs de projets, la surface à couvrir est évaluée à 291,000 mètres carrés, savoir :
- 32,000 pour les beaux-arts ;
- 2 3,ooo pour l’agriculture ;
- 6,000 pour les colonies ;
- 90,000 pour les machines;
- 118,000 pour l’exposition des autres groupes.
- Mais où trouver un emplacement approprié à un si grand développement de constructions diverses?
- Éa commission consultative, d’accord en cela avec le Conseil municipal de Paris et le Conseil général de la Seine, a émis l’avis que le Champ-de-Mars, avec les quais qui y donnent accès et l’esplanade des Invalides, était encore l’emplacement le plus convenable pour obtenir de l’Ëxposition future tout son effet utile.
- Le Champ-de-Mars présente, en effet, un ensemble d’avantages qu’aucun emplacement n’offre au même degré :
- Il dispense des dépenses d’acquisition de terrain ;
- Il est plus rapproché du coeur de Paris et plus accessible qu’aucun autre par les quais, par la Seine, par les chemins de fer et les tramways;
- Il permet d’utiliser pour l’Exposition : le palais, le parc du Trocadéro, le jardin public de la rive gauche de la Seine, et évite ainsi une dépense de plusieurs millions qu’il eût fallu subir partout ailleurs.
- La commission consultative avait ainsi défini le périmètre que devait, à son avis, embrasser l’Exposition :
- Sur la rive gauche de la Seine le Champ-de-Mars, le terrain qui s’étend de l’avenue de La Bourdonnaye au ministère des affaires étrangères, en y comprenant les quais et l’esplanade des Invalides ;
- Sur la rive droite : le Trocadéro, relié parle pont d’Iéna et les Champs-Elysées, depuis l’avenue d’Antin jusqu’à l’avenue qui limite le palais de l’Industrie du côté de la place de la Concorde, en y comprenant le palais de l’Industrie, ces dernières surfaces réunies, à l’aide d’un pont provisoire.
- On grouperait autour du palais de l’Industrie, devenu le centre de réunion des congrès et des conférences, tout ce qui touche à la manifestation des idées, aux progrès de la science dans le cours du siècle, aux méthodes d’enseignement, et la rive gauche serait réservée à l’exposition matérielle des produits.
- Tels sont les traits généraux du plan que le gouvernement a adopté. Les plans de détail, les silhouettes de façade ne seront définitivement arrêtés que quand le vote de la loi aura permis à l’administration d’organiser le personnel des travaux et de choisir le fonctionnaire qui aura la direction et la responsabilité de l’édification du palais.
- Vraisemblablement, on sera amené à rester dans le type général des palais préparés pour les deux précédentes expositions, non pas que ces immenses halles juxtaposées ne présentent une grande monotonie d’aspect, mais la disposition en bâtiments dispersés, souvent préconisée, et qui permettrait de donner aux expositions plus de pittoresque et d’originalité, multiplieraitlesfaçades, qui sont une grande cause de dépense.
- En 1878, on avait aussi songé à établir, en ré-gard de l’allée dénommée rue des Nations, une série de constructions architecturales variées qui auraient rappelé les types successifs de l’architecture française à travers les âges ; mais on dut renoncer à'ce projet très séduisant, à cause du supplément de dépense considérable qu’il eût entraîné.
- La disposition en damier a en outre cet avantage précieux pour l’étude, de se prêter à une classification méthodique qui permet au visiteur d’examiner à son choix l’ensemble des productions d’une même nationalité ou les expositions par-
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- îielles de la meme nature de production dans toutes les nationalités.
- Dépense d'exécution et d’entretien
- Quel chiffre de dépense entraînera la réalisation de ce projet ? Il dépendra beaucoup de l’esprit dans lequel seront exécutés les plans définitifs^
- Si le mode de construction en bois et toiles peintes adopté par les entrepreneurs des^exposi-tions d’Amsterdam et d’Anvers, pouvait être accepté dans cette occasion, une vingtaine de millions seraient sans doute suffisants ; mais nous sommes plus exigeants en France, surtout quand il s’agit de fêter le plus grand événement politique de notre histoire, et nous tenons, lorsque nous convions solennellement les producteurs et les visiteurs du monde entier, à leur offrir une hospitalité et un spectacle dignes d’un grand pays.
- L’Exposition de 1889 devra donc être conçue sur des proportions architecturales analogues par leur ampleur et leur élégance à celles qui l’ont précédée, et le moyen le plus exact de prévoir la dépense qu’elle occasionnera, consiste à prendre, comme base de son budget, les règlements définitifs des comptes des Expositions de 1867 et de 1878.
- L’Exposition de 1867, avec un ensemble de surfaces couvertes de 168,000 mètres, a nécessité une dépense de 23 millions.
- L’Exposition de 1878, déduction faite du palais et du jardin du Trocadéro, qui profiteront à l’Exposition de 1889 et ne sont plus à créer, a coûté 41,716,038 francs (1), pour une surface couverte supérieure à 273,000 mètres (289,130 mètres, surface totale, moins 16,000 mètres au Trocadéro). Notons, en passant, la parfaite concordance de ces deux chiffres quand on les rapporte aux surfaces couvertes : ils mettent mieux en relief que tous les raisonnements, la valeur du mode d’évaluation que le Gouvernement a adopté et le degré de confiance qu’il mérite.
- * L’Exposition de 1889 est basée sur la prévision d’une surface couverte'un peu supérieure à celle de 1878, mais depuis l’année 1876, où se firent les marchés de charpente et de serrurerie de cette Exposition, le prix du fer a diminué dans une proportion considérable. Cette remarque a son importance pour un travail qui n’emploiera pas moins de 15,ooo tonnes de fer.
- Elle sera exonérée de la dépense d’un établissement d’un jardin entre le palais et la Seine. Ce jardin existe aujourd’hui comme promenade publique de la ville de Paris, et il ne demandera,pour être approprié à sa nouvelle destination, que des remaniements de peu d’importance : de là un allègement de dépense d’un million et demi sur les comptes de 1878.
- Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu’en 1878 le manque de temps a obligé d’apporter dans la préparation et dans l’exécution des travaux, une célérité qu’il a fallu payer et qui a sensiblement augmenté la dépense générale.
- Én tenant compte de ces différences, il semble que l’évaluation de 40 millions portée au projet de loi, offre toutes les garanties d’exactitude. Nous pensons toutefois que le gouvernement a sagement agi en ajoutant à son devis une somme de 3 millions pour dépenses imprévues, car dans une entreprise si vaste il faut toujours faire une part à l’inconnu.
- L’ensemble de la prévision des dépenses se trouve ainsi réglé à 48 millions.
- La Chambre des députés a ajouté à i’article. 1 r du projet du gouvernement un paragraphe ainsi conçu :
- « Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de 48 millions, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi. »
- Cet article ne garantira pas le gouvernement contre les surprises des règlements définitifs des travaux adjugés sur séries de prix, mais il lui donnera un point d’appui pour résister aux exigences souvent excessives des exposants et au désir bien naturel du ministre de combler les lacunes qu’il découvre, en cours d’exécution, dans son programme primitif.
- Recette probable
- En atténuation de cette dépense, quelle recette peut-on légitimement espérer t
- L’expose des motifs l’évalue à 19 millions, qu’il réduit à 18 millions par surcroit de prudence dans ses évaluations.
- « Voici comment il justifie le chiffre de 19 millions :
- « i° Le produit des entrées, qui n’avait pas dépassé 10,765,000 francs en 1867, s’est élevé en 1878 à 12,428,000 francs : il n’est certainement pas
- Lé palais du Trocadéro a coûté...........9.928.827 fr. 40
- Le jardin, les aquariums, les cascades et autres annexes...................................3 608.607 fr. 70
- Total............13.637.4.35 fr. 22
- qui. déduits de 55.3.p.473 fr. 94, laisse, pour le Champ-dc-Mars et ses annexes, 41,716 o38 francs.
- excessif d’estimer pour la prochaine Exposition
- ce produit à...................... 14.500.000
- « 20 La revente des matériaux, qui n’avait guère atteint qu’un million en 1867, a dépassé 3 millions en 1878 : on peut donc, de ce chef, admettre sans hésitation une évaluation minima de................... 2.600.000
- « 3° Enfin, les locations d’emplacements aux restaurateurs, les concessions de salons, boutiques, bureaux de change, vestiaires, et les redevances diverses représenteront
- certainement une somme de.......... 1.900.000
- « Le total de ces prévisions, dont la modération ne saurait échapper, s’élève ainsi à.................... 19.900.000
- Sans refuser à ces évaluations le caractère de modération que l’exposé des motifs réclame pour elles, nous approuvons cependant l’atténuation de un million que le projet gouvernemental leur fait subir.
- D’une part, le chiffre de 1,900,000 francs attribué aux recettes des locations de cafés, restaurants, etc., nous semble excéder de beaucoup celui que les précédents de 1867 et de 1878 permettent d’espérer.
- Dans son rapport sur l’Exposition de 1867, M. Le Play écrit :
- « Les concessions ont été pour l’Exposition de 1867 une source d’embarras de toute nature. Le produit qu’elles ont rapporté est resté bien au-dessous de ce qu’a supposé l’opinion publique, et il est à peine supérieur à celui de l’Exposition de 1862 (1,278,000 fr. contre 1,002,000 fr.). Si l’on en diminuait toutes les réductions consenties ou subies par la Commission, on verrait quel rôle insignifiant joua en définitive cette recette dans le budget de l’Exposition de 1867. »
- En 1878, les redevances de concessions, de restaurants et de buffets, les remboursements pour fournitures d’eau et de gaz produisirent 712,878 francs, sur laquelle somme 96,664 francs furent irrécouvrables.
- L’impression du catalogue coûta 204,086 francs, pendant que la vente ne produisit que ii8,i5o francs.
- A supposer que les résultats financiers de ces locations soient plus favorables en 1889.qu’en 1867 et 1878,11 nous semble difficile d’obtenir la somme de 1,900,000 francs portée aux prévisions.
- En ce qui concerne le produit des entrées, la suppression des entrées gratuites autres que les cartes de service des exposants stipulée dans la convention passée avec la société de garantie (article 8 de la convention) tendra sans aucun doute à élever le chiffre de la recette (1) mais il convient de prévoir toutes les éventualités de l’avenir. La crise qui pèse si lourdement sur le travail dans toutes les parties du monde peut se continuer, et de même que la progression annuelle des recettes des chemins de fer, naguère considérée comme une loi immuable, s’est changée en une progression de déficits, de même la loi d’accroissement du produit des entrées constatée dans les Expositions successives passées, peut subir un temps d’arrêt.
- 11 est vrai que pour en élever le chiffre, on pourrait essayer d’un mode d’attraction qui a été couronné de succès à l’exposition d’Amsterdam et à l’exposition de l’électricité à Paris, et ouvrir l’exposition à des fêtes du soir.
- Mais cette tentative, portant sur une enceinte de près de 5o hectares, nécessiterait des frais d’éclairage et de surveillance qui en compromettraient peut-être le succès financier, et elle obligerait probablement à introduire dans l’enceinte des jardins de l’exposition un genre d’attraction frivole mal à sa place dans une œuvre gouvernementale.
- Il est prudent d’attendre l’expérience pour chiffrer ce qu’une pareille innovation peut donner de net.
- Nous sommes disposés à croire qu’en reportant, comme le fait le nouveau plan, la porte principale d’entrée de l’Exposition aux Champs-Elysées, près du palais de l’Industrie, on donnera à la masse des visiteurs qui se recrutent parmi les oisifs une facilité qui en augmentera l’importance.
- Mais, par contre, si dans la construction du palais, on généralisait un mode de contrat partiellement essayé en 1878 et qui consistait à laisser à l’entrepreneur la propriété des matériaux qu’il fournissait, en lui payant une indemnité locative, on atténuerait sensiblement le chiffre de 18 millions dans lequel la revente des matériaux entre pour 2,600,000 francs.
- Par ces divers motifs, nous croyons que le chiffre de 18 millions est une prévision raisonnable dont les résultats effectifs devront beaucoup se rapprocher.
- Location des emplacements
- La commission consultative avait porté dans ses
- (il Kn 1878, le nombre des entrées gratuites accordées aux instituteurs, aux élèves des écoles d'arts et métiers, des orphelinats. aux délégations ouvrières de Paris tut de 2,267.000.
- Ces facilités*”furent alors la mise à exécution d'un engagement que la commission de la Chambre des députés avait lait prendre au gouvernement au cours de l'examen du projet.
- prévisions de la recette qu’on pouvait obtenir de-l’Exposition une somme de i3 millions provenant d’une redevance qui aurait été exigée des exposants comme prix de location des emplacements qu’occupent leurs produits.
- Voici en quels termes le président de cette commission, M. Antonin Proust, justifiait cette perception dans son intéressant et remarquable rapport :
- u Le paiement d’une redevance a déjà été demandé aux expositions de Vienne, d’Amsterdam et d’Anvers.
- « Cette redevance apparaît comme une conséquence inévitable du développement et du renouvellement périodique des expositions. Il est à désirer qu’il serve de frein à l’exagération progressive de l’extension matérielle des expositions aux dépens de l’intérêt réel qu’elles présentent.
- « Cette taxe, dans l’esprit de la commission, est étroitement liée au droit de vente accordé aux exposants et elle constitue en quelque sorte une taxe représentative de cette sorte de patente, dont l’équité ne peut être contestée.
- « Il faut dire, au sujet du droit de vente accordé aux exposants, qu’il n’a été contesté que dans les-dernières expositions. Dans les premières expositions, celle de 1798 par exemple, on avait autorisé les ventes au cours de l’exposition.
- « La tarification devra être arrêtée de manière à tenir compte de la nature des objets exposés et delà situation des emplacements. »
- Le gouvernement n’ayant pas fait entrer la prévision de cette recette dans l’évaluation des produits probables de l’Exposition, avait ainsi manifesté son intention de ne pas recourir à la perception d’un droit d’emplacement.
- Mais, au cours de la discussion qui eut lieu à la Chambre des députés, un membre proposa d’en, inscrire le principe dans la loi par un article ainsi libellé :
- « Il sera perçu un prix de location pour les-emplacements concédés aux exposants. Un décret, rendu sur le rapport du ministre du commerce, en fixera les divers prix et les gratuités qu’il pourra y avoir lieu de concéder pour les expositions des associations ouvrières, des sciences, des. beaux-arts et de l’agriculture. »
- Cet amendement, combattu par le gouvernement, fut repoussé par une majorité de 28 voix (263 contre 235).
- La commission de la Chambre des députés s’était placée à un autre point de vue.
- Remarquant que dans la convention conclue-par le gouvernement avec la Société de garantie, il était dit à l’article 8 :
- « Le gouvernement se réserve expressément le-droit de décider seul s’il sera réclamé ou non une redevance aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés. »
- Et ne voulant pas que l’établissement de cette-perception vînt augmenter les bénéfices de la Société de garantie, elle avait ajouté à l’article premier du projet de loi un paragraphe additionnel stipulant que les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés, ne pourraient entrer dans le calcul des recettes prévues par l’article 5 de la convention, que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de dix-huit millions de francs.
- Ce paragraphe additionnel a été adopté et il fait ’ partie du projet en ce moment soumis à la sanction du Sénat.
- Nous avions donc à examiner s’il convenait de-donner au gouvernement la faculté d’établir en 1889 une perception sur les emplacements occupés par les exposants.
- Avant de prononcer sur cette question, votre commission a voulu connaître les intentions du gouvernement et elle a demandé au ministre du commerce et de l’industrie s’il se proposait d’user de la faculté qui lui était ouverte par le pagraraphe additionnel précité et comment il entendait la mettre en pratique.
- M. le ministre, se référant aux déclarations qu’il avait déjà faites à la Chambre des députés, dans la séance du 21 avril, nous a dit qu’il était, quant à lui, absolument opposé à l’idée d'imposer aux exposants cette nouvelle contribution. Il la considère comme une innovation dangereuse dans l’histoire des Expositions internationales organisées sous la direction de l’Etat, comme une mesure de nature à compromettre la pleine réussite de la future exposition et il est bien résolu à ne pas user de la faculté qu’on voudrait lui imposer. C’est pour cela qu’il n’a pas fait figurer de recette de ce chef dans la prévision des ressources de l’Exposition.
- Pour justifier cette innovation, il faudrait donner aux exposants le droit de vente qui en est en quelque sorte le corollaire et l’on risquerait ainsi d’enlever à l’Exposition une partie de son attrait, car, si l’exposant qui vend les objets placés dans son étalage, peut facilement remplacer les produits de fabrication courante, il n’en est pas de même pour les objets spécialement exécutés en vue de l’Exposition, lesquels ont été l’ob.jet d’un travail et de soins exceptionnels. Ce sont cepen-
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- dant ces derniers qui donnent aux Expositions leur principale attraction.
- Cette difficulté très sérieuse pour les produits nationaux devient bien autrement grande quand il s’agit des produits étrangers qui ne peuvent pénétrer dans la consommation française qu’après acquittement d’un droit de douane. Pour rendre les ventes possibles dans ces catégories de produit, il faudrait construire à la portée des sections étrangères un entrepôt qui serait une nouvelle cause d’élévation dans le devis des travaux.
- Comment une mesure semblable serait-elle exécutée ? En ferait-on une règle rigoureuse, générale ? Alors elle mettrait obstacle aux Expositions ayant un caractère historique, scientifique, qui composent cependant la partie la plus intéressante, la plus instructive de nos grands tournois du travail.
- Elle rendrait l’Exposition inabordable à ces modestes inventeurs, à ces petits patrons, qui ne sont pas encore arrivés à la fortune, mais dont nous avons tout intérêt à mettre les œuvres en lumière.
- L’Etat, dit-on, pourrait faire des remises individuelles, mais serait-il digne pour le gouvernement d’un grand pays de demander aux exposants la confidence de leur situation privée ou de subir des marchandages comme les entrepreneurs des Expositions d’Anvers et d’Amsterdam dont on nous convie à suivre l’exemple ?
- Quelle source de difficultés, de réclamations, •d’accusations de favoritisme un pareil trafic n’au-.toriserait-il pas !
- Et puis, une fois entré dans cette voie des exemptions, où s'arrêtera-t-on, et que restera-t-il des i3 millions attendus des locations d’emplacements ?
- Il ne faudrait pas croire que les exposants, alors même qu’on leur donne la jouissance gratuite des emplacements, n’ont pas à supporter des dépenses plus ou moins lourdes. Ils restent, en effet, chargés de pourvoir à la distribution, à l’aménagement, à la décoration des locaux qui leur sont attribués, et si l’on veut juger de ce que peuvent être ces sacrifices, il suffit de se reporter au tableau n° 17 du rapport administratif de l’Exposition de 1878, on y lira que les frais d’installation se sont élevés, par mètre superficiel :
- 324 53 dans la classe 42
- 4.57 68 — 10
- 531 75 — 70
- 588 — 71
- 7i5 42 ^7
- Dans les sections étrangères, on retrouve les mêmes dépenses auxquelles sont venus s’ajouter, en 1878, les frais d’exécution des façades de ce qu’on nommait alors la rue des Nations.
- L’administration de l’Exposition se chargerait-elle de ces dépenses d’installation ? Alors la plus grande partie du produit des emplacements s’y trouverait absorbée.
- Votre Commission a donc été unanime pour écarter la pensée de faire payer les emplacements et se plaçant dans cet ordre d’idées, elle s’est demandé si elle pouvait laisser subsister un paragraphe additionnel qui, en donnant une affectation déterminée aux recettes éventuelles obtenues des redevances d’emplacement, semble prévoir l’établissement de ce genre de perception.
- Elle avait d’abord résolu de vous en proposer la suppression et son remplacement par une rédaction impliquant la gratuité, mais elle a été rassurée par les affirmations très nettes de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Voilà, en effet, comment les choses vont se passer:
- Sitôt que le vote des deux Chambres aura transformé le projet d’Exposition en loi' du pays, le premier acte du gouvernement devra être de porter cette résolution à la connaissance des pays étrangers en indiquant nettement les conditions auxquelles seront soumis les exposants.
- Dans cette communication, M. le ministre déclarera, — puisque telle est sa résolution — que les emplacements seront gratuits.
- La parole de la France sera donc immédiatement engagée.
- Suppose-t-on qu’après une déclaration semblable, il sera possible de faire un pas en arrière ? Non, assurément.
- Alors donc, la question sera définitivement et irrévocablement résolue dans le sens libéral que nous tenons à faire prévaloir sans qu’il soit besoin de renvoyer encore une fois le projet devant la •Chambre et de retarder encore la promulgation de la loi.
- C’est ainsi que nous avons été amenés à coru-server un texte que nous aurions voulu faire disparaître.
- La gratuité des emplacements pour les exposants laisse d’ailleurs intact le droit, qu’ont toujours les organisateurs des expositions, de faire payer des droits de location aux débitants installés dans l’enceinte de l’exposition pour desservir les besoins divers des visiteurs.
- Entre l’exposant qui présente ses produits aux regards du public et au jugement du jury, et l’entrepreneur qui met ses services à prix d’argent, qui spécule sur les fournitures de repas, la vente
- des catalogues, l’usage des cabinets de toilette, il n’y a pas de confusion possible.
- Les locations pour usages industriels continueront donc à subsister et à être soumises à des redevances proportionnées à leur importance et aux profits qu’on en peut espérer.
- Formation d’un capital
- Ainsi que nous le disions tout à l’heure, une somme de q3 millions est nécessaire pour la tenue de l’Exposition. Les recettes prévues étant de 18 millions, il reste à pourvoir à une insuffisance de millions. La ville de Paris offre de contribuer pour une subvention fixe de 8 millions. Le gouvernement vous demande d’inscrire au budget de l’Etat un crédit de 17 millions, qui parfait ainsi la somme de 25 millions et balancerait le total des dépenses prévues. Mais ces prévisions, si consciencieusement qu’elles soient établies, ne sont, en ce qui concerne les évaluations des dépenses et des recettes, que des prévisions, et peuvent être déçues dans la pratique, soit parce que les ingénieurs chargés de l’exécution des bâtiments céderont trop à la tentation de faire grand et beau, soit parce que l’Etat n’opposera pas aux demandes exagérées d’emplacements des exposants une suffisante résistance, soit enfin parce que quelques éléments de recette n’auront pas été suffisamment mis à profit.
- Le gouvernement a donc pensé que pour servir de frein aux premiers et pour exciter la vigilance des autres, il était bon de s’assurer le concours et la participation de l’initiative privée qui avait donné en 1867 de si excellents résultats (1).
- En 1867, la société de garantie avait entrepris à ses risques et périls l’exécution et l’exploitation de l’exposition. A ce point de vue elle fonctionnait comme une entreprise privée, mais elle tirait son caractère gouvernemental de la composition de la commission chargée de l’administrer.
- Cinq ministres , qui s’étaient inscrits chacun pour 25,ooo francs sur la liste de souscription du capital de garantie, en faisaient partie et elle était présidée par le ministre d’Etat.
- Reprendre aujourd’hui cette formule de 1867 était à peu près impossible, à cause de l’élévation du chiffre capital qu’il faudrait réunir pour prendre les risques d’une entreprise de 40 millions.
- Le projet actuel adopte une autre combinaison. Il ne demande à l’association de garantie que de se porter fort pour le chiffre présumé des recettes. Mais, par une combinaison ingénieuse, il intéresse cette société au maintien des dépenses dans la limite budgétaire de q3 millions, car, si la dépense excède ce chiffre, tout l’excédent sera prélevé sur les bénéfices que l’association de garantie pourra réaliser au delà de 18 millions.
- Si au contraire la dépense de construction reste dans les limites des devis et que le chiffre d’évaluation des recettes soit dépassé, l’excédent de la recette sera partagé entre l’Etat, la ville de Paris et la société de garantie au prorata de leur apport.
- L’Association de garantie, dit l’exposé des mo-ti-s, librement constituée par les capitaux privés, donnerait tout à la fois à l’Exposition, un concours financier, un contrôle permanent et un appui moral.
- Cette association garantirait à l’Etat 18 millions de recette ferme, grâce auxquels le budget de l’Exposition repose sur une base solide. Elle ferait plus : elle renoncerait à ses bénéfices, une fois ses capitaux remboursés, dans le cas où les dépenses de l’Etat auraient dépassé les prévisions : voilà le concours financier.— Elle serait intéressée, pour obtenir des plus-values à ce queles devis soient strictement obéis : voilà le contrôle permanent. — Elle associerait à l’entreprise, par l’appel qu’elle ferait aux particuliers, le commerce et l’industrie, et c’est ainsi qu’elle nous prêterait un appui moral.
- L’action de la Société de garantie s’exercerait par ceux de ses souscripteurs qui seraient nommés membres de la Commission de contrôle et de finances, choisie elle-même parmi les membres de la Commission supérieure de l’exposition. La Commission de contrôle et de finances différerait de la Commission impériale de 1867 en ce qu’elle n’aurait pas la direction de l’Exposition, mais elle partagerait avec l’Etat et le Conseil municipal le droit d’être consultée par M. le ministre du commerce sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition, et il ne pourrait être passé outre à son avis toutes les fois qu’il s’agirait de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de l’Exposition.
- Cette Commission de contrôle et de finances serait, comme on le voit, appelée à jouer un rôle distinct et prépondérant. Les conseillers municipaux y figureront au nombre de 8 ; les députés,
- (1) Cette question ne s’était pas posée en 1878. La commission de la Chambre des députés l avait écartée dans les termes que voici :
- s Dans notre pensée, l'exploitation deTexposition internationale doit appartenir à l'Elat seul. Nous sommes unanimes silice point. C’est l'Etat qui doit seul et par ses seuls agents avoir la conduite et la direction de l’affaire. Tout autre système serait dangereux; il risquerait de compromettre le caractère de l'exposition internationale en y introduisant la spéculation. Il faut que l'hospitalité française s'oit exercée par la France même, pour être digne de la France et de ses hôtes. »
- Dimanche 4 Juillet 188G. — 219.
- sénateurs et agents de l'Etat, au nombre de 17 ; les souscripteurs de la garantie au nombre de 18. Chaque commissaire représenterait un million de la dépense prévue.
- Pour nous résumer, l’Etat garderait ainsi la haute main sur l’Exposition ; la Ville aurait sa part légitime de surveillance ; l’Association de garantie ne perdrait point de vue ses capitaux.
- Nous donnons notre entière approbation à cette disposition du projet de loi, qui aura l’avantage d’appeler le public à collaborer directement à l’œuvre de l’Exposition de 1889 et qui intéressera au succès de cette grande œuvre nationale ceux qui peuvent le plus, par leurs efforts personnels, en assurer l’exécution, en augmenter l’attraction et, par conséquent, en développer les recettes.
- Avons-nous besoin de dire que l’efficacité du contrôle et de l’action de l’Association de garantie vaudra surtout par l’expérience et l’autorité des hommes qui seront chargés de la représenter.
- Nous sommes persuadés que M. le Ministre, auquel la loi défère l’élection de ces utiles collaborateurs, apportera dans ses choix un soin consciencieux, qui donnera au sentiment public une entière et légitime satisfaction.
- Un paragraphe additionnel ajouté par la Chambre des députés à l’article 2 stipule que, dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de 43 millions de francs, l’économie réalisée profiterait exclusivement à l’Etat et diminuerait d’autant la subvention de 17 millions prévus par le projet.
- Cette disposition est la juste compensation des chances qu’assume l’Etat en s’obligeant à supporter les excédents de dépense que les travaux de premier établissement pourront occasionner.
- Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que suivant toute probabilité, l’Etat retrouvera dans la seule augmentation de ia circulation générale déterminée par l’Exposition une grande partie de la subvention qu’il accorde.
- En 1878, le produit des transports à grande vitesse sur l’ensemble des chemins de fer français fut supérieur de 47,575,000 francs à la recette* de l’année précédente ; le supplément d’impôt perçu sur cette augmentation dépassa dix millions.
- Que le même fait se reproduise en 1889 et l’Etat, en même temps qu’il recouvrera dix millions par les décimes, sera allégé d’une vingtaine de millions du chef de la diminution des garanties d'intérêt.
- Il n’aura donc pas fait une mauvaise opération.
- Conclusion
- _ Nous avons rapidement parcouru les dispositions essentielles du projet de loi, et nous leur avons donné une approbation motivée.
- Nous vous recommandons l’adoption de ce projet, avec l’espérance que sa mise- à exécution conduite avec fermeté, avec prudence, avec sagesse, préparera à la République une nouvelle page glorieuse dans l’histoire des manifestations du travail.
- PROJET DE LOI Article premier
- Est approuvée la Convention passée entre le Ministre du commerce et de l’industrie représentant l’Etat, le préfet de la Seine représentant la ville de Paris, autorisé par la délibération du Conseil municipal du 3i mars 1886, et le gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’Association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889.
- Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de q3 miilions, prévu à l’article premier de cette Convention, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale.
- Les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues par l’article 5 de la Convention, que jusqu’à concurience de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de dix-huit millions de francs (18,000,ooofr.)
- Art. 2.
- L’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de dix-sept millions de francs (17,000,000 fr.)
- Cette allocation sera imputée jusqu’à concurrence de la somme de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinq francs (i2,6q3,635 fr.) sur le prêt de So millions de francs fait à l’Etat par la banque de France en vertu de la convention du 29 mars 1878 approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- Dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de q3 millions de francs prévue à l’article premier de la convention, l’économie réalisée profiterait uniquement à l’Etat.
- Art. 3.
- Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au-delà des crédits alloués par la loi de finances du S août 1885, un crédit extraordinaire de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinq
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- 220. — Deuxième Année.
- N° -o.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 4 Juillet 18S6.
- francs (12,693,035 fr.) qui formera un chapitre spécial intitulé : Np «43. Part contributive de l'Etat dans les dépenses de l’Exposition de i88q. »
- Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent.
- Art. 4.
- Les crédits nécessaires aux dépenses des exercices 1887, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en Conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion.
- Art. 5.
- Les opérations de recette et de dépense de l'Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la cour des comptes.
- La subvention allouée par la ville de Paris, ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds de concours pour dépenses publiques, conformément à l’article i3 delà loi du 6 juin i8q3.
- Art. 6.
- Les projets de toute nature relatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1889 seront, préalablement à leur exécution, soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 7.
- Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au président de la République dans un rapport qui sera publié et distribué au Sénat et à la Chambre des députés.
- Chaque année, un rapport, publié dans les mêmes conditions, fera connaître l’état d’avancement des travaux et les dépenses engagées et effectuées.
- Art. 8.
- Les actes désignés dans l’article premier, paragraphe 9, de la loi du 28 février 1872, et passés par la ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi, seront assujettis au droit fixe de-trois francs (3 fr.).
- Nota. — La convention, le projet de règlement et la délibération du Conseil municipal d.e Paris ont été annexés au projet de loi n° i83.
- RAPPORT
- An ministre du commerce et de l’industrie sur les travaux des délégués ouvriers à l’Exposition internationale d’Anvers.
- Monsieur le ministre,
- L’Exposition internationale d’Anvers, ouverte le 2 mai 1885, a réuni un nombre considérable d’exposants.
- Aussi, le gouvernement de la République a-t-il pensé qu’il y avait un réel intérêt pour le travail national à ce qu’une délégation ouvrière y fût envoyée, ainsi que cela avait eu lieu déjà pour d'autres expositions et notamment pour celle d’Amsterdam en 1883.
- Les rapports publiés à la suite de cette dernière exposition par les délégations ouvrières prouvent l’utilité de pareilles missions. Réunis par les soins de votre département, ces . rapports contiennent un certain nombre de renseignements importants, d’autant plus précieux qu’ils ont un caractère éminemment pratique.
- En présence de cette expérience, le Parlement crut devoir entrer dans les vues de votre prédécesseur, et la loi'du 7 août 1885 mit à la disposition du département du commerce une somme de 60,000 fr. pour -couvrir les frais de voyage, de séjour, d’un certain nombre d’ouvriers français à l'Exppsition internationale d’Anvers, et permettre en même temps la publication de leurs rapports.
- En exécution de cette loi, l’administration supérieure a procédé au choix de 1 56 délégués appartenant aux 71 professions comprises dans la no-
- menclature suivante :
- Ajusteurs.............................. 4
- Appareilleurs......................... 1
- Armuriers............................. 1
- Bâtiment (ouvriers du)................ 1
- Bijoutiers. . . 1
- Bourreliers........................... 1
- Brossiers............................. !
- Carrossiers. :........................ 1
- Chapeliers............................ j
- A reporter. . . 12
- Report. . . 12
- Charpentiers.......................... 4
- Charpentiers de navires............... 2
- Charrons.............................. 1
- Chaudronniers......................... 1
- Chauffeurs mécaniciens................ 2
- Chaussures (ouvriers en).............. 1
- Classeurs de tissus................... 1
- Constructeurs......................... 1
- Cordiers.............................. i
- Cordonniers........................... 2
- Corroyeurs............................ 3
- Coton (fileurs de).................... 1
- Couteliers............................ 1
- Couvreurs............................. 1
- Cuisiniers............................ 1
- Dessinateurs.......................... 1
- Diamantaires.......................... 1
- Ebénistes . . 6
- Faïenciers............................ 1
- Ferblantiers......................... 1
- Ferronniers........................... 2
- Filateurs............................. 1
- Fileurs .............................. 1
- Fondeurs.............................. 1
- Forgerons............................. 1
- Gantiers.............................. 1
- Graveurs.............................. 4
- Gréeurs...............•............ 1
- Guillocheurs.......................... 1
- Horlogers............................. 1
- Huiles (employé d’une fabrique d’) . 1
- Imprimeurs typographes et lithographes .................................10
- Jardiniers ........................... 1
- Maçons................................ 1
- Marbriers............................. 1
- Maréchaux............................. 1
- Marqueteurs........................... 1
- Mécaniciens..................' . . 11
- Mégissiers............................ 1
- Menuisiers........................... 14
- Modeleurs. . 2
- Mouleurs en fonte.................... 2
- Passementiers . 1
- Peintres........1..................... 7
- Pelletiers-fourreurs.................. 1
- Plâtriers............................. 2
- Porcelainiers......................... 2
- Relieurs.............................. 1
- Rubaniers............................. 1
- Scieurs à la mécanique................ 3
- Sculpteurs............................ 5
- Serruriers............................ 5
- Tabletiers........................... 1
- Tailleurs de pierre................... 1
- Tapissiers. 5
- Tisseurs et tisserands................ 6
- Tonneliers. .......................... 1
- Tourneurs............................. 4
- Tréfileurs............................ 1
- Tullistes............................. 2
- Yeloutiers............................ 1
- Verriers.............................. 1
- Total . . . . 15t>
- Sans doute, beaucoup de professions importantes ne sont pas représentées par les .membres de cette délégation, mais aucune demande n’a été adressée pour ces professions, soit par les chambres syndicales, soit par les préfets, soit par les intéressés eux-mêmes. Il ne pouvait appartenir à l’administration de combler cette lacune en conférant d’office le caractère de délégués à des ouvriers que personne ne désignait à son choix.
- Lors de la nomination des délégués, M. Pierre Legrand, alors ministre du commerce, a pensé que la mission qui leur était confiée par le gouvernement de la République aurait un effet d’autant plus utile que le travail de chacun d’eux serait exécuté avec méthode, en vue d’une publication d’ensemble faite par votre département. Une note spéciale pour la rédaction des rapports a donc été envoyée à titre de simple indication à chaque délégué.
- Voici en quels termes cette note traçait aux ouvriers rapporteurs le programme de leurs travaux :
- « I. — Il est très désirable que MM. les délégués examinent tout d’abord dans leur travail l’importance relative qu’ils attribuent, dans l’Exposition d’Anvers, à l’industrie à laquelle ils appartiennent.
- « II. — Ils devront ensuite, après avoir passé en revue les divers produits français exposés et concernant leur profession ou des professions similaires, les comparer avec les produits de meme nature présentés par les nations étrangères, se rendre un compte exact de la supériorité des uns ou des autres, constater les causes de cette supériorité et indiquer, autant que possible, pour les produits inférieurs à différents points de vue, les moyens qui leur paraîtraient de nature à remédier à cet état de choses.
- < III. — Il est également nécessaire, pour tout ce qui concerne leur spécialité, qu’ils examinent avec le plus grand soin la qualité des produits, le prix de main-d’œuvre, de revient et de vente, les perfectionnements ou inventions introduits parles différentes nations, soit dans l’outillage, soit dans les procédés de fabrication. »
- Ce programme n’avait, d’ailleurs, rien de limitatif, et les délégués pouvaient y ajouter tous les renseignements et toutes les considérations qu’ils croiraient utile de porter à la connaissance du gouvernement, tels que ceux concernant le mode d’apprentissage, les conditions du travail des adultes, la situation des ouvriers dans leur partie, etc.
- D’autre part, afin de stimuler le zèle des rapporteurs et de laisser aux plus méritants d’entre eux un témoignage durable de la mission dont ils avaient été investis, votre prédécesseur a décidé, le 10 septembre i885, que des récompenses seraient allouées aux auteurs des meilleurs mémoires, sous formes de médailles ainsi réparties:
- i° Une médaille d’or du module de 41 millimètres ;
- 20 Une médaille d’or du module de 36 millimètres ;
- 3° Cinq médailles de vermeil du module de 5o millimètres ;
- 40 Vingt médailles d’argent du module de 5o millimètres.
- Je suis heureux de constater, monsieur le ministre, que la délégation ouvrière a répondu à la pensée si généreuse et en même temps si pratique qui a inspiré la loi du 7 août dernier. Tous les délégués ont tenu à honneur de remplir, chacun dans la limite de sa compétence professionnelle et de son instruction individuelle, le mandat qui lui avait été confié Sur les 156 ouvriers dont se composait la délégation, deux seulement ne se sont pas rendus à Anvers, et trois autres n’ont pas encore fourni leurs rapports.
- Or, monsieur le ministre, les 1 51 rapports que votre administration a reçus et qui ont été de ma part l’objet d’un examen attentif, témoignent d’un certain esprit d’observation et contiennent beaucoup d’idées très justes. On doit reconnaître que, sauf quelques légères imperfections de forme, un certain nombre de ces rapports sont irréprochables ; quelques-uns même atteignent à un degré de perfection qui fait le plus grand honneur à leurs auteurs.
- Le nombre des rapports particulièrement remarquables est si élevé ; la différence de mérite qui sépare plusieurs d’entre eux est si délicate à déterminer, qu’à la suite du classement auquel il vient d’être procédé, je crois devoir^ vous proposer, monsieur le ministre, de porter de cinq à huit le nombre des médailles de vermeil, et de décerner vingt mentions aux rédacteurs des meilleurs rapports qni viennent immédiatement après les auteurs des mémoires dignes de la médaille d’argent.
- Si, ainsi que je l’espère, vous agréez, monsieur le ministre, cette proposition, toute à la louange de la délégation ouvrière à Anvers, j’aurai l’honneur de vous demander de décerner les deux médailles d’or, les huit médailles de vermeil, les vingt médailles d’argent et les vingt mentions aux ouvriers dont les noms suivent, et dont l’énumération des titres est faite, par ordre alphabétique, des noms dans chaque catégorie de médailles. En dehors des deux médailles d’or de modules différents, il eût en effet été très difficile de faire entre les autres concurrents un classement individuel reposant sur des bases d’appréciation suffisamment précises. Vous penserez sans doute qu’il est convenable de considérer comme ayant un mérite respectif égal entre eux les huit rapports objets de la distinction de la médaille de vermeil et les vingt rapports récompensés de la médaille d’argent.
- i° Médaille d’or du module de 41 millimètres
- Cette médaille paraît devoir être décernée à M. Gruhier (Charles), pelletier-fourreur à Paris, délégué proposé par l’Union des chambres syndicales ouvrières de France.
- M. Gruhier, dans un rappport très complet, a passé en revue successivement les produits se rattachant à sa profession et exposés par les divers pays. A cette occasion, il a étudié les conditions du travail dans ces pays, l’organisation ouvrière et la législation industrielle. Il faut féliciter M. Gruhier d’avoir su traiter toutes ces questions d’une manière aussi convenable que facile, et, tout en restant dans les limites d’un examen pratique des faits se rattachant à sa profession, de s’être livré à de consciencieuses recherches sur la condition générale des ouvriers.
- Médaille d’or du module de 36 millimètres
- Pour cette médaille, j’ai l’honneur de vous proposer M. Briard (Jules), typographe à Charleville (Ardennes), auteur d’un excellent, travail sur la situation comparative de l’industrie typographique en France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en Allemagne. Ce délégué a traité avec une grande lucidité et une parfaite mesure, les questions si délicates de la production des salaires.
- Médailles de vermeil
- Les huit médailles de vermeil semblent devoir être décernées aux délégués dont les noms suivent, qui seraient indiqués par ordre alphabétique.
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- Deuxième année. — N° 79
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanctie 4 Juillet 1886
- Projet de JVC. Pouquiau
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- PARIS. — Gljrptographie SILVESTRE & O, 97, rue Oberkampf.
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- Paçade principale
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- Projet de JA. fAuut^ ^açade PRINCIPALE
- PARIS. — Glyptographie SILVESTRE A C-, 97, rue Oberkampf.
- pl.n.n. - vue 222/461
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- Deuxième Année. — N° 79.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 4 Juili.et 18S0. — 221.
- MM.
- Bezou (Constant), chef d’atelier, dessinateur à la manufacture .de Montereau (Seine-et-Marne), rédacteur d’un excellent rapport, a fait preuve d'une connaissance approfondie des intérêts professionnels de son industrie.
- Doignon (Fernand), peintre-décorateur à Dunkerque. — Rapport complet sur les parties de l’exposition le concernant. Renseignements utiles sur les prix de vente et les salaires.
- Millet (Paul), cordonnier, à Niort. — Rapport très étendu, qui contient une étude très intéressante sur l’organisation ouvrière en Belgique et les sociétés coopératives. Un peu moins complet dans le compte rendu de l’exposition.
- Padiras(Félix), dessinateur mécanicien à Bordeaux.
- — Rapport très étudié au point de vue technique. Les considérations sur les salaires sont un peu trop générales.
- Paquotte (Auguste), ouvrier imprimeur à Reims.
- — Etude très complète de l’exposition en ce qui concerne l’imprimerie, la stéréotypie, les machines à imprimer et les fonderies de caractères.
- Texier (Léon-Eugène), mécanicien à Nantes (Loire-Inférjeure), a fourni un rapport qui contient des indications techniques utiles et des appréciations économiques bien étudiées.
- Verger, relieur à Périgueux. — Rapport très bien conçu. Il est toutefois regrettable que l’auteur ait limité son travail à la comparaison entre la France et la Belgique.
- Veyssier (Firmin), ouvrier peintre en bâtiments à Paris. La première partie de son travail est un peu écourtée, en ce qui concerne le compte rendu de l’exposition. Par contre, la partie professionnelle est traitée d’une manière tout à fait remarquable. M. Veyssier s’est livré, sur la situation comparative de l’industrie delà peinture en bâtiment en France et en Belgique, à une étude complète très instructive, M. Veyssier est, de tous les délégués proposés pour la médaille de vermeil, celui qui est arrivé le plus près de la médaille d’or.
- 40 Médailles d’argent:
- Les vingt médailles d’argent semblent devoir être décernées aux délégués dont les noms suivent :
- MM.
- Anthime, menuisier à Bourges (Cher).
- Audouin (Alexandre), imprimeur - typographe à Périgueux (Dordogne).
- Balande (François), serrurier-forgeron, à Oran (Algérie).
- Besson (Jules), diamantaire à Saint-Claude (Jura). Boilève (Victor',appareilleur à Bordeaux (Gironde). Bouvet,' couvreur-plombier, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Brouillaud (Jacques), maçon, à Reims (Marne). Carbonneau, tourneur-mécanicien au Havre (Seine-Inférieure).
- Chazet, armurier, à Saint-Etienne (Loire). Corrompt (Claude), chauffeur-mécanicien, à Lyon (Rhône).
- Druesne (Léon), graveur-lithographe, à Valenciennes (Nord).
- Duclair, peintre sur porcelaines, à Limoges (Haute-Vienne).
- Espinouse (Marc), lithographe, à Périgueux (Dordogne) .
- Geoffray (Claude-Auguste), marbrier, à Lyon (Rhône).
- Guers (Claude-Joseph-Marie) , tisseur, à Lyon (Rhône).
- Humbert (Jean), menuisier à Chambéry (Savoie). Masson, tabletier, à Paris (Seine).
- Peert (Edouard), tourneur en cuivre, à Lille (Nord).
- Petit (Jules), ajusteur-mécanicien, à Lille (Nord). Quentat (Léon), jardinier, à Paris (Seine).
- Ainsi que j’ai eu l’honneur de vous l’exposer plus haut, outre les rapports des délégués proposés pour les médailles d’or, de vermeil et d’argent, un certain nombre d’autres rapports se recommandent par de réelles qualités, et leurs auteurs méritent d’être encouragés par des mentions honorables.
- Les délégués, auteurs de ces rapports, sont:
- MM.
- Adam (Ernest) et Sergent (Louis), charpentiers de navires à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Allemand fils (Léon), tanneur et corroyeur, à Va-zille (Isère).
- Aubry ^Alphonse), tisseur à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Blanchon-Couturas, ouvrier tapissier à Aubusson (Creuse).
- Bourdon (Gustave), ouvrier cotonnier à Bolbec (Seine-Inférieure).
- Celle (Alphonse), tourneur sur métaux, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Dintzer (Joseph), chaudronnier, au Havre (Seine-Inférieure).
- Dupagny (Achille), menuisier ébéniste à la compagnie des mines d’Anzin (Nord).
- Dufour (Jean-Baptiste), conducteur de scierie, à Valenciennes (Nord)
- Fournei (Jules), sculpteur, à Montpellier (Hérault). Gallet, charpentier, à Angers (Maine-et-Loire).
- MM.
- Le Duc (Charles), menuisier-modeleur, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Legarrois (Paul), mécanicien), à Orléans (Loiret). Marty (Louis-Adolphe), bijoutier, à Paris (Seine). Mercier (Henry), modeleur-sculpteur, à Limoges (Haute-Vienne).
- Monnier, typographe, à Lons-le-Saulnier (Jura). Naudot (Henri-Philibert), tisseur, à Lyon (Rhône). Navarre (Léon), tvpographe, à Laon (Aisne). Pasquier (Louis), menuisier, à Bordeaux (Gironde).
- Rindez (Isidore), cordier, à Rouvroy-les-Abbeville (Somme).
- Je suis convaincu, monsieur le ministre, que ces récompenses seront considérées comme un précieux encouragement pour les ouvriers auxquels vous les aurez décernées ; elles stimuleront le zèle des délégués qui seront à l’avenir envoyés dans d’autres Expositions. Elles montreront, en outre, que le gouvernement de la République a voulu témoigner particulièrement sa satisfaction aux ouvriers qui, non contents de faire leur profit personnel des enseignements qu’ils ont pu recueillir à Anvers, ont tenu à en faire profiter sans restriction leurs camarades de la même profession, en les consignant dans leurs rapports. Ces délégués ont donné un sage exemple de l’esprit de solidarité dans lequel les associations professionnelles puisent leur plus grande force.
- J’ai, en conséquence, l’honneur, monsieur le ministre, de vous prier de vouloir bien revêtir de votre approbation le présent rapport.
- _ Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’expression de mon dévouement respectueux,
- Le conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur, C. Nicolas.
- Approuvé :
- Paris, le 19 juin 1886.
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Edouard Lockroy.
- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 20 juin 1886).
- L’association corporative des ouvriers tapissiers., fondée depuis deux ans et demi seulement, présente une très belle exposition. Avec environ 5,ooo fr. de subvention, ces ouvriers ont trouvé le moyen de produire à peu près 10,000 fr. de marchandises.
- Citons d’abord une chaise longue à dauphins brodés soie et peluche, une croisée marine d’un style et d’une décoration tout à fait nouveaux, en peluche de lin avec agrès, pour ornements, gainés en peluche.
- Une cheminée Henri II et une tenture peluche de lin vert olive avec encadrements de bande lino-sculpture, composition nouvelle pour décoration en relief sur étoffes, méritent d’être également citées. N’oublions pas le fauteuil dit: fauteuil Victor Hugo (création Piton) d’un style et d’un caractère imposant, très riche et confortable. Enfin le meuble bibliothèque nous montre une idée tout à fait pratique, les logements sont si chers que l’on ne sait plus où se loger : une simple pièce suffira ; soit que le dessus du meuble serve de buffet ou de bibliothèque, la disposition est à peu près pareille et dans le corps du bas on peut renfermer le lit avec sa literie complète. Le fonctionnement est très simple et très facile.
- Ici nous voyons une idée pratique, meuble bon marché, utile et de bonne vente, c’est là selon nous un point capital : la vente ! Quant à la chaise-longue, c’est une autre question, ce meuble fantaisie ou caprice, ne peut servir que pour le boudoir d’une petite maîtresse à même encore, il faut le dire, de faire rouler des sacs d’or, ce qui, il est vrai pour la tapisserie, ne peut être un mal, à condition que l’or qui roule lasse mieux que les pierres et ramasse au moins des écus... Mais que fera la Chambre syndicale ouvrière de tous ces beaux meubles après l’exposition ? Pour rentrer dans ses frais, il lui faudra louer un magasin et en un mot faire le nécessaire pour vendre sa marchandise. Est-ce bien là le but que se sont proposés les organisateurs de cette manifestation ouvrière ? Nous ne le croyons pas. A l’autre bout du pavillon se trouve l'exposition de la carrosserie. 5 groupes professionnels se sont réunis :
- Les menuisiers en voiture ;
- Les charrons ;
- Les forgerons ;
- Les selîiers-garnisseurs ;
- Les peintres" en voiture, auxquels il convient d’ajouter :
- Les lanterniers ;
- Les peintres d’armoiries et les plaqueurs.
- L’ensemble se compose de six voitures fabriquées par ces divers groupes réunis.
- Un coupé trois quarts, garni en maroquin, drap et passementerie vert russe, dénote un bon travail courant, de même que le vis-à-vis qui se trouve à côté et est garni de même façon en bleu foncé. Puis ce sont des voitures de commerce, côté pratique, un fourgon pour distillateur et une voiture pour livraisons, pouvant servir à toutes sortes d’industries, mais les deux autres modèles exposés ont une supériorité au point de vue humanitaire, ce sont des voitures pour le transport des malades, l’une très simple, faite pour remplacer le bràncard, comporte un lit suspendu, posé sur ressorts et ayant tout ce qu’il faut pour aider au transport à bras lorsque cela deviendrait nécessaire ; l’autre voiture d’ambulance disposée pour recevoir quatre’ malades, peut instantanément être transformée en omnibus pour dix personnes, le matériel de transport peut rester à l'intérieur ou se supprimer au besoin, ce qui est fort bien représenté par un petit modèle type au cinquième d’exécution, ce véhicule a de plus une place spéciale pour le gardien et contient une pharmacie de route.
- Il nous semble qu’il y a là un côté pratique qui a été bien compris ; ces ouvriers réunis ont présenté du travail courant facile à vendre, ils ont à notre sens le grand avantage de n’avoir pas cherché à faire un chef-d’œuvre, qu’il faut quelquefois ..garder, non pas longtemps, mais toujours sous globe ou même au rencart.
- De plus, des plans d’exécution, de menuiserie et plans de montage sont exposés sur de grands châssis; puis, différents plans faits par les élèves de l’école de l’avenue de VVagram, ainsi que différentes pièces enfer, qui servent aux démonstrations des c-ours, complètent cet ensemble qui est un des mieux présentés de l’exposition ouvrière.
- Parmi les belles expositions, il faut remarquer celle de la céramique ; la chambre syndicale fondée d’abord en 1867, est enfin parvenue après de nombreuses difficultés à se reconstituer très sérieusement et fonctionne régulièrement depuis 1882. Sur mille ouvriers appartenant à cette industrie, plus de six cents sont adhérents à la chambre syndicale.
- "De nombreuses vitrines bien agencées contiennent beaucoup de jolies porcelaines et faïences décorées : assiettes, tasses, verres, etc., de tous genres et styles, décorés avec beaucoup de goût. Ne pouvant citer tous les objets exposés, nous en avons noté quelques-uns qui nous ont semblé mériter une citation plus spéciale. Deux panneaux japonais occupent le fond de la grande vitrine, faits en collaboration par deux’ artistes ; ils représentent une valeur de 5oo francs, les cadres en bois sont peints dans le 'même style par un peintre sur porcelaine. Puis deux grands vases, décors relief mauresque, femme en costume oriental avec ornements sur le vêtement et broderies, cuisson pour porcelaine ; on sent que M. Sablé est un ouvrier doublé d’un artiste. Nous remarquons ensuite une grande vasque avec trois cartels de décoration exotique représentant de jolies petites perruches vertes qui ont l’air de gazouiller, des bengalis, des oiseaux bleus que l’on croirait échappés des forêts vierges de l’Hindoustan.
- Parmi les plats et assiettes, une assiette genre Sèvre mérite un peu d’attention, ces deux petits amours qui admirent un nid, chef-d’œuvre de la nature, sont admirablement posés sur un fond grisaille. — Un grand plat faïence, la belle Arago-naise? est d’une exécution tout à fait spéciale," ce travail fait en pointillé relief présentant de grandes difficultés. Un autre plateau, décors Renaissance, en dix couleurs, est du plus bel effet; il dénote chez l’artiste une grande patience et beaucoup de sûreté de main.
- Un tête-à-tête indien, de forme locale et d’un décor original, est aussi une belle pièce.
- 11 ne faut pas oublier la pendule style Louis XVI, en biscuit, avec décors sujet chinois, et un. service à bière décors genre bohème ; une gourde en faïence imitation bronze, décors relief et émaux appliqués, genre grec très original ; deux jolis petits vases pâte tendre, style Louis XVI, fond bleu, décors à sujets. Un coffret en faïence, imitation vieux bois et cuivre avec émaux rapportés, est un tour de force que présente M. Nouillard.
- Dans une autre vitrine, deux beaux plateaux dont l’un représente la Contemplation.
- Enfin, divers vases barbotine et de nombreux plats, tableaux, paysages, plateaux, cartes à jouer trompe-l’œil, sujets de genre, etc., servent à l’ornementation d’une partie de l’Exposition.
- Avant de quitter la céramique, il nous faut absolument mentionner le grand poêle en faïence, entièrement fait à la main, modelé sans aucun moule ni creux, toutes les statues font corps avec les panneaux, la grande console elle-même fait corps avec le chapiteau du milieu, seule la statue de la ville de Paris est libre. Les armes de la ville de Paris figurent au fronton de cette belle pièce (cuisson au grand feu, teinte de Sienne) qui revient à 4,000 francs et a été faite par MM. Lesueur, sculpteur poêlier, Soudière, cmailleur et Baron’ cuiseur.
- Evidemment, c est la le spécimen du savoir-faire,
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- 22. — Deuxième Année. — N° 79.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 4 Juillet 1S8G
- il faut sérieusement apprécier et admirer ce beau travail pour lequel l’auteur principal a montré beaucoup de goût et d’idées, ainsi qu’il a prouvé que l’art ne lui était pas étranger.
- Dans une autre vitrine se trouvent exposés de nombreux spécimens des travaux exécutés par l’association ouvrière, Imprimerie Nouvelle. C’est d’abord le rapport sur l’imprimerie à l’Exposition de Boston, puis des catalogues, brochures, diplômes, actions, plusieurs volumes de la collection dite : Bibliothèque nationale, Histoire d’une association ouvrière et enfin plusieurs catalogues.
- Ce dernier titre nous arrête : Comment _se fait-il que tous les groupes1 réunis ayant avec eux une association telle que l’Imprimerie Nouvelle n’aient pas eu l’idée de lui confier le soin d’imprimer le Catalogue de l’Exposition ouvrière ? C’était bien évidemment le moment ou jamais, en créant un document impérissable, témoin de cette importante manifestation, de prouver que la solidarité est une des bases fondamentales du groupement des syndicats ouvriers : C’était faire œuvre de vitalité et nous sommes étonnés en pensant que cette lacune n’ait pas encore été comblée. Un guide, si succinct qu’il soit, est évidemment une chose utile, nécessaire même et qui s’impose, si l’on veut assurer le succès d’une œuvre, qui, pour laborieuse, n’en doit pas moins être fructueuse en résultats et pour les intéressés et pour le pays lui-même. A l’œuvre donc, Messieurs les typographes, si vous voulez que l’on puisse apprécier et votre esprit d’initiative et le talent que vous savez si bien déployer dans tant de circonstances difficiles !...
- La Chambre syndicale de la gravure comprend plusieurs groupes d’artistes, car il faut bien le reconnaître, cette Exposition comprend beaucoup de travaux artistiques et c’est là un des cas de signaler le mouvement du goût artistique français si développé chez nos ouvriers français.
- Des spécimens de taille douce, monogrammes, sont présentés par les apprentis, travail de concours exécuté en sept heures, puis la gravure sur acier, palmes, coins, fleurons, concours exécuté en dix heures ; des timbres humides, concours pour les élèves de 2e et 3e année exé'cuté également en dix heures ; on sent là un enseignement professionnel très sérieux. D’autres travaux, gravure en médaille, coins, bordures, boutons, bijouterie, etc., cette partie de vitrine est bien remplie.
- Pour la gravure des fers à dorer, des blocs gravés et des épreuves, nous représentent : les portraits de Victor Hugo et de Gambetta ; des illustrations pour reliure : le Printemps, l’Orage, dont les gravures, d’après des tableaux de maîtres, ont été appréciées bien des fois déjà, ce qu’il y a lieu de faire encore.
- M. Simon a exposé d’abord une jolie croix palmée gravée à l’eau forte préparée pour recevoir des émaux, puis, une garniture de bureau ; encrier, bougeoir, couteau à papier, st)le Henri II, également destinés à recevoir des émaux : ce travail est très sérieusement exécuté.
- Les Premières illustrées, plaque préparée pour l’estampage ou pour mieux dire pour le gauffrage du livre, montre tout ce que l’on peut obtenir dans l’art de la reliure moderne.
- Dans la vitrine qui suit, un petit plateau nous représente, d’après Giacomelli, une famille dans les roses. Nous recommanderons à cet artiste d’étudier encore et surtout de bien se pénétrer des lumières, le nid est plat et deux des petits vont tomber. Hélas, M onsieur l’artiste, ménagez la tendresse maternelle et éclairez les petits, car le chemin de la vie est souvent difficile à parcourir.
- M. Guy est un graveur héraldique de première force à en juger seulement par ce petit groupe réunissant à la ville de Paris les armes d’Alsace et de Lorraine. Ce sentiment ne peut être exprimé que par le patriotisme d’un bon Français.
- Giacomelli a inspiré beaucoup d’artistes et pourquoi pas 1 je lui ai bien un jour emprunté des hirondelles. Sur un grand panneau il faut admirer le Rossignol, plateau finement travaillé, fond ar-gent.
- A côté, l’apôtre municipal de l’Exposition ouvrière, nous montre que s’il a réclamé en faveur de ses collègues, il sait ne pas rester inactif. M. Cha-bert nous montre son savoir faire, gracieux et coquet à l’envi. Boudoirs, enrichissez-vous ! les admirables cadres de petites glaces, face à main ou psyché, tout est finement repercé et grave' par une main habile. L’un de ces cadres porte en fronton les armes de la ville de Paris ; ce travail nous montre qu’un ouvrier bien souvent peut surpasser un artiste, tandis qu’un artiste n’égale quelquefois pas un ouvrier.
- Enfin à côté se trouvent plusieurs panneaux de bois gravés pour meubles, celui du milieu, style Louis XVI, qui est tout simplement d’un fini irréprochable, nous porte à croire que ce style est à peu près celui qui a obtenu la plus grande faveur auprès de tous ces hommes de talent.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
- L’EXPOSITION COLONIALE
- ET INDIENNE
- IDE! LOISJDRES
- (Par noire correspondant spécial.)
- (Suite)
- {Voir le -Moniteur du 27 juin 1886,)
- Inde Centrale
- L’Inde centrale comprend les Etats de Gwalior, Indore, Bhopal, Batlam, Datia, Chatarpus, Dewas, Dhar et Orchha, de même que ceux du Rajpoo-tanah qui sont sous le protectorat de l’Angleterre représentée par le vice-roi des Indes.
- La population de l’Inde centrale comprend neuf millions d'habitants.
- L’on remarque surtout dans cette section des sculptures boudhistes et Indous d’une très haute antiquité; et des spécimens de sculpture moderne parmi lesquels Gwalior tient le premier rang.
- Cette section ne présente, à part cela, rien de très intéressant quand on la compare aux autres sections indiennes. On peut néanmoins mentionner le sabre du rajah de Charkari qui faisait attacher ensemble la tête et les quatre' pieds d’un chameau et tranchait le tout d’un seul coup de cette arme.
- Province de Bombay
- La province ou plutôt la présidence de Bombay peut être classée comme la province de l’Inde anglaise qui a fait le plus de progrès, surtout pendant les vingt années qui viennent de s’écouler. Ses succès sont dus, en grande partie, à l’élan énorme que la guerre d’Amérique a donné à son commerce quand Manchester et les autres villes manufacturières de l’Angleterre ont été obligées de faire venir leur coton de l’Inde, à n’importe quel prix, vu qu’ils ne pouvaient plus se servir du marché des Etats-Unis.
- Les spéculations auxquelles cela a donné lieu à Bombay dépassent de beaucoup les krachs les plus fantastiques que nous ayons vus sur nos marchés européens.
- La présidence de Bombay possède 16 millions d’habitants plus 9 millions pour les Etats indépendants qui sont sous le protectorat direct de son gouvernement.
- Les partitions en écrans de cette section sont en bois admirablement sculpté et d’un travail très délicat, chacune d’un style différent, et celle qui est la plus remarquée est celle de l’Etat de Bhar-nagar, dont les sculptures sont des copies de vieilles mosquées de Ahmedabad qui, en l’an 1573, avait la réputation d’être la plus belle cité de l’Hindoustan et était aussi grande que le Londres de la même époque.
- Arrêtons-nous ensuite devant la maison des pigeons de l’Etat de Baroda, où l’on pousse à la perfection l’art d’élever les volailles, non seulement pour l’alimentation mais encore pour l’amu-, sement. Les pigeons de Baroda, convenablement dressés, décrivent dans l’air des courbes diverses qui leur sontindiquées par leur gardien au moyen d’un long bambou auquel est attaché un petit-drapeau.
- La section de Bombay est surtout remarquable pour les meubles en bois noir sculpté et travaillés à jour, les boîtes en bois de sandal incrustées d’ivoire, de métal ou de bois d’ébène, avec un cachet tout à fait spécial ; les figurines en terre glaise de Poona ont un cachet artistique qui peut être très bien comparé aux terres cuites de Bou-lugne-sur-Mer ; l’art de_ la poterie a été poussé très loin dans cette province et la tradition prétend que c’est dû au voyage dans le Sind d’un Chinois qui aurait importé les secrets de cette industrie, qui existe en Chine de toute antiquité, parmi les musulmans du pays.
- Le trophée d’armes du rajah de Cutch (Etat indépendant) est excessivement curieux ainsi que celui de Baroda et l’on y trouve des armes de toute espèce et d’un aspect plus que fantaisiste.
- L’Etat de Cutch expose de très beaux spécimens d’orfèvrerie en or et en argent surtout dans le genre repoussé ; pour des yeux européens, ces vases, coupes, amphores, etc., sont, dans l’Exposition Indienne, ceux qui plaisent le plus.
- En quittant les objets d’art nous arrivons à l’Exposition des cotonnades de Bombay, d’Ahmedabad, Baroda, Cutch qui sortent de manufactures, dont quelques-unes employent plus de 2,000 ouvriers, et qui font une concurrence devenant chaque jour de plus en plus sérieuse, aux cotonnades de Manchester.
- Il ne faut pas non plus oublier les tissus de soie et les brocades d’Amedabad et de Surat qui au point de vue de la fabrication et de l’harmonie des couleurs sont très remarquables.
- (A suivre)
- Paul Dejoux.
- ÉCHOS
- Paris
- L’Académie des inscriptions et belles-lettres a décerné le prix Stanislas Julien (ouvrages relatifs à la Chine et à l’extrême Orient) au P. Séraphin Couvreur pour son dictionnaire français-chinois de la langue mandarine, sorti des presses de la mission de Ho-Kien-fou.
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- Divers journaux ont annoncé à tort que le projet d’éiever un édifice sur l’emplacement des Tuileries serait tout à fait abandonné : La 5e commission du conseil municipal de Paris, après avoir examiné diverses propositions relatives à la construction d’un monument commémoratif de la Révolution française, présente en ce moment même un projet de résolution concluant à un édifice « qui s’adapterait à l’espace laissé par la démolition des Tuileries », et qui comprendrait le musée de la Révolution, suivant le projet de M. Ch.-L. Chassin, exposé dans le rapport comme destiné à devenir « l’âme du monument ». D’autre part, ni M. Chassin, ni l’architecte, M. Auguste Sauvage, auteur d’un avant-projet d’édifice approprié au musée, à la bibliothèque, aux archives de la Révolution française et à la salle des conférences , fêtes et spectacles historiques , ni le comité de sénateurs, de députés, d’historiens et de publicistes qui soutient leur œuvre, n’ont renoncé à son exécution.
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- Dans le courant du mois, le musée du Luxembourg sera fermé pendant une dizaine de jours, le temps d’y faire les remaniements nécessaires pour . donner place aux tableaux récemment achetés par la commission des beaux-arts.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Le conseil municipal de Berlin a voté la subvention de deux millions de marcs pour l’exposition nationale de Berlin en 1888.
- Le conseil fédéral à qui le Chancelier avait soumis, ainsi que nous l’avons dit, en faveur de la même entreprise, une demande de crédit de. trois millions, représentant la subvention de l’Etat, a renvoyé la proposition à l’une de ses commissions.
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- Une exposition industrielle a été inaugurée le 18 juin dernier à Leisnig.
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- La direction de l’Union centrale industrielle des Provinces Rhénanes et de la Westphalie, dont le siège est à Düsseldorf, a décidé de convier en décembre prochain, à une grande exposition d’art industriel, tous les membres de l’Union et des sociétés annexes.
- L’exposition sera installée dans les galeries artistiques de Düsseldorf.
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- La Société d’horticulture de Halle organise une exposition régionale horticole qui aura lieu dans cette ville du 4 au 8 septembre prochain, au Jardin Freyberg.
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- Là création à Nuremberg d’une grande exposition permanente du commerce et de l’industrie a été définitivement décidée, à la suite d’une enquête faite dans tous les cercles industriels et commerciaux de la Bavière.
- Les chambres bavaroises seront prochainement saisies d’une demande de subvention.
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- Une exposition de sculpture sur bois, dont le but est de développer cette branche de l’art industriel au point.de vue de l’ameublement et de l’architecture intérieure, a lieu en ce moment à Francfort dans les galeries de l’Union artistique et industrielle de l’Allemagne centrale. Seront décernés, 8 prix de 500 à. 1,000 marcs et un certain nombre de diplômes d’honneur.
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- L’exposition de chiens pur-sang organisée par la société de l’Allemagne du Sud pour l’élevage des chiens de races pures, au palais de Verre de Munich, a été très intéressante. Plus de 450 spécimens avaient été exposés.
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- Le vendredi 11 juin a eu lieu à Dresde, l’ouverture de l’exposition des marchandises d’exportation organisée par l’association saxonne d’exportation.
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- Cette importante exposition, à laquelle prennent part 200 exposants, est installée dans le palais du Prince Max et dans les locaux de la société d’horticulture « Flora ». Elle so divise en 13 groupes.
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- L’exposition régionale d’Altenbourg promet
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- Deuxième Année. — N° 79.
- Dimanche 4 Juillet 1 SS5.— 223.
- d’être très brillante. Jusqu’au 8 juin 011 avait reçu au comité de Direction plus de 400 adhésions, et tout faisait- prévoir pour le courant du mois un notable accroissement de ce chiffre.
- L'installation est très activement menée.
- Les jardins et le parc sont à peu près terminés ainsi que la grande coupole qui recouvre le Grand Hall central de ''industrie. Les deux tiers des emplacements sont déjà répartis.
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- Autriche-Hongrie
- Le congrès international de navigation fluviale, réuni à Vienne, a décidé, dans sa séance de clôture, que la prochaine session du congrès aura lieu à Francfort en 1888.
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- - Belgique
- Rappelons qu’une exposition internationale de boulangerie et de meunerie aura lieu à Anvers du 15 au 21 juillet.
- Un grand nombre de récompenses, primes, médailles d’or, d’argent, de bronze et. diplômes seront décernées.
- On signale comme devant prendre une part importante à cette exposition, outre la Belgique, l’Allemagne, la France, l'Angleterre, la Suisse et l’Espagne.
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- Le beau tableau de Munkacsy, le Christ devant Pilate, qu’on se rappelle avoir vu à4 Paris, il y a quelques années, à la galerie Sedelmeyer, et qui obtint à cette époque un si grand succès, est exposé en ce moment, à Bruxelles, au musée des beaux-arts, et y attire beaucoup de visiteurs.
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- États-Unis
- L’exposition annuelle des photographes américains a ôté ouverte à Saint-Louis, le mardi 22 juin.
- On sait qu’un grand concours international de photographie a lieu, chaque année, à cette occasion, et que des prix d’une grande importance y sont décernés.
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- Italie
- La Chambre des députés italienne a adopté hier la nouvelle convention de navigation conclue entre la France et l’Italie.
- LES COMBUSTIBLES FRANÇAIS
- Nos lecteurs ont trouvé, dans le numéro de ce journal du i3 juin 1886, un tableau faisant connaître, de 1875 à 1884, le chiffre de la production en France, des combustibles minéraux, avec leur valeur, leur prix de vente sur le carreau des mines et sur les lieux de consommation, ainsi que les quantités importées de l’étranger. Nous voudrions compléter les renseignements fournis par ce tableau, en donnant quelques indications sommaires sur les bassins houillers français et sur les qualités de leurs produits : cette question ne manque pas d’intérêt, à un moment où l’on voudrait réserver à l’industrie nationale la fourniture des produits nécessaires à l’alimentation des services publics. On a prétendu que les combustibles étrangers étaient de meilleure qualité que les combustibles indigènes, qu’ils coûtaient moins cher, et qu’il y avait, par conséquent, avantage à les employer. Qu’y a-t-il de fondé dans ces allégations ?'
- La France est très riche en gisements de combustibles minéraux ; ils s’étendent sur une superficie de 570,000 hectares, et ont fait jusqu’à ce jour, l’objet de 636 concessions. Sans parler de nombreux petits bassins houillers, il en existe six principaux, renfermant des richesses considérables et pouvant fournir une production de beaucoup supérieure à celle qu’ils donnent actuellement. A cet égard, un seul exemple suffira: le bassin de Valenciennes s’étend sur une longueur de 110 kilomètres et une largeur de 10 kilomètres ; il y a été institué 43 concessions, qui comprennent une superficie de 122,000 hectares.
- Or, la richesse minérale de ce bassin a été évaluée par M. de Glercq, ingénieur en chef des mines, dans un rapport au ministère des travaux publics, du 3 octobre i8y3, à i3 milliards de tonnes, de telle sorte qu’il pourrait fournir, chaque année, 3o millions de tonnes de houille pendant q33 ans: En supposant même, avec M. Vuillemin, dans son ouvrage sur les Mines d’Aniche (1878), que cette richesse minérale ne soit que de 6 milliards de tonnes, elle suffirait à produire, pendant une période de 3oo ans, 20 millions de tonnes de combustible annuellement : à l’heure qu’il est, ce bassin produit 10 millions de tonnes, soit à peu près la moitié de la production totale de la France.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSi>
- Ces quelques explications prouvent que notre industrie charbonnière serait en mesure de pourvoir à la consommation totale de la France en combustibles, qui est de 3c millions et demi de tonnes par an, environ.
- Et cependant, notre pays demande à l’étranger, chaque année, environ 11 millions de tonnes, pour lesquelles il lui paie un tribut de près de 180 millions de francs. Cette façon de procéder se justi-tifie-t-elle par une infériorité des combustibles français comparés aux combustibles étrangers ? S'explique-t-elle même toujours par des prix moins élevés ? Nous allons voir qu’il n’en est rien.
- 11 est bien vrai que, au point de vue industriel, ou plutôt technique, la France se trouve, à certains égards, dans une situation moins favorable que les pays étrangers ; mais ce n’est pas au point de vue de la qualité même de ses charbons, c’est au point de vue des gisements qui sont d’une exploitation plus difficile, plus coûteuse. Chez nous, la main-d’œuvre est chère ; les charges de toute espèce sont élevées.
- Mais cette infériorité cesse absolument quand on compare les qualités respectives des combustibles de l’une et de l’autre provenance ; nos bassins houillers renferment toutes les variétés de charbons que l’on rencontre dans les bassins étrangers; leurs produits sont de qualité égale et souvent même supérieure à celle des produits importés. Ainsi, les houilles de la Loire jouissent d’une réputation exceptionnelle pour la métallurgie et la fabrication du gaz ; celles du Gard rivalisent avec les houilles anglaises pour la marine, et l’on rencontre à Blanzv, à Commentry, etc., des charbons analogues à ceux qui viennent de l’étranger.
- Quant au bassin de Valenciennes, il fournit toutes les espèces de houilles, appréciées surtout pour leur teneur en matières volatiles ; on y exploite des couches qui en donnent de 8 à 40 °/0, en passant par toutes les teneurs intermédiaires, c’est-à-dire des anthracites de 8 à 12 %, des charbons pour générateurs de 12 à 20 %, des charbons à coke de 20 à 25 °/0, des charbons pour forge de 25 à 3o °/0 et des charbons pour gaz et pour chauffage domestique de 3o à 40 °/0 de matières volatiles. Il n’existe pas de bassin, à l’étranger, qui renferme des variétés aussi complètes.
- En même temps, ces houilles sont pures et leur teneur en cendres ne diffère pas de celle des meilleures houilles anglaises, belges et allemandes; elle est même souvent inférieure à celle de ces dernières. Peut-être sont-elles moins en morceaux à cause de la faible épaisseur et de l’irrégularité des couches ; mais on remédie maintenant à cet inconvénient par des criblages et des classifications.
- Il est donc certain qu’on trouve en France les mêmes qualités de combustibles qu’à l’étranger, donnant, à l’emploi, les mêmes résultats.
- E‘n résumé, il y a là une industrie considérable qui représente une portion importante de la richesse nationale, qui, dans la situation actuelle, emploie plus de 110,000 ouvriers, qui enfin, depuis plusieurs années, a fait des efforts constants, des dépenses énormes pour se mettre à même de satisfaire aux besoins du pays. Il ne se.rait que juste, il faut le reconnaître, de la récompenser de ses efforts en lui donnant les encouragements compatibles avec les intérêts généraux de la nation.
- Henry Duhamel.
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- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE du Havre en 1887
- REGLEMENT SPECIAL A L’EXPOSITION FLOTTANTE
- ARTICLE PREMIER
- Les navires de toutes nations, à voiles ou à vapeur (marine de guerre ou marine marchande),
- Les bateaux de pêche,
- Les bateaux pilotes,
- Les bateaux de sauvetage,
- Les yachts, bateaux de plaisance, d’exploration ou d’instruction,
- Les embarcations de fiaute mer, de rivière et tous les canots de types divers à vapeur ou à l’aviron et tous les engins flottants sont admis dans le bassin de l’Exposition.
- Art. 2.
- Les propriétaires ou capitaines ou patrons ou gardiens feront connaître si leur séjour doit être permanent dans l’Exposition ou s’il ne doit être que temporaire.
- Dans ce dernier cas, ils indiqueront, autant qu’il leur sera possible de le faire, à quelle époque ils ont l’intention de s’v présenter, quelle sera la durée probable de leur séjour, et s’ils y renouvelleront leur présence, cette faculté leur étant accordée sans répétition du droit d’admission.
- Art. 3.
- A leur arrivée dans le port du Havre, ils feront Connaître à la direction de VExposition, 118, rue de Paris, s’ils ne l’ont déjà fait antérieurement :
- Le nom du bateau, sa nationalité;
- Le nom du propriétaire ;
- Le nom du capitaine ou patron ;
- Le nom des personnes séjournant à bord et leur nombre ;
- Le nombre d’hommes de l’équipage.
- Ils feront savoir s’ils ont un gardien à bord ou s’ils désirent avoir recours aux gardiens et aux équipes désignés par le comité de l’Exposition.
- Art. 4. •
- Les propriétaires ou capitaines de navires qui voudraient que le concours se fît au profit des constructeurs de leurs navires et des industriels ayant travaillé à l’armement ou à l'ameublement, en indiqueront les noms et les adresses.
- Ils" devront en outre indiquer : i° la date de la construction ; 20 les dimensions ; et 3° tous les détails concernant la construction de la coque et celle des appareils moteurs de leurs navires, etc.
- Art. 5.
- Ces renseignements ne pourront figurer au catalogue général de l’Exposition que s’ils sont fournis au plus tard le ier mars 1887. L’insertion au catalogue n’est pas obligatoire pour le concours.
- Art. 6.
- Ils concourront devant un jury spécial.
- En dehors des diplômes d’honneur, des diplômes de médailles d’or, de médailles d’argent, de médailles de bronze et de mentions honorables, des récompenses spéciales en argent et objets d'art seront décernées aux types divers de navires qui auront concouru dans l’Exposition flottante et auront été jugés supérieurs, soit par leur construction, soit par leur matériel d’armement, soit par leurs aménagements.
- Art. 7.
- Sauf exceptions résultant d’un accord avec le comité, les navires exposés ne pourront séjourner moins de huit jours dans le bassin de l’Exposition.
- Art. 8.
- Ils devront occuper la place qui leur sera désignée par les commissaires de la division flottante et se prêter aux changements de position qui seront commandés par le renouvellement des séries de présence, l’organisation des expériences ou des fêtes nautiques, les exigences de l’agencement général de l’Exposition ainsi que par la sécurité et la convenance des bâtiments.
- Dans les mouvements qu’ils auront à effectuer ainsi, ils pourront être aidés par les bateaux et équipes de l’Exposition.
- Parles soins des commissaires, tous les navires seront placés de façon à être facilement vus des promenoirs et des bateaux promeneurs.
- Art. 9
- Les visiteurs ne pourront monter à bord que tout et autant qu’il plaira aux propriétaires, capitaines ou patrons de leur donner accès, et ce dans la mesure qui plaira à ces derniers.
- Les commissaires et les agents de l’Exposition veilleront à ce que ces convenances soient respectées.
- Des pancartes visibles, fournies par le Comité de l’Exposition et placées sur les navires, feront connaître la défense ou la permission de monter.
- Les commissaires-délégués et les membres du jury de l’Exposition flottante, dans l’exercice de leurs fonctions, seront naturellement admis.
- Pour les besoins du service, les officiers de port et les commissaires-délégués auront, également droit de présence avec les hommes indispensables pour effectuer les manœuvres urgentes.
- Art. 10
- Ce règlement spécial au bassin de l’Exposition n’affranchira pas les capitaines et patrons de navires des règlements ordinaires du port du Havre.
- Art. 1 1
- Depuis l’heure d’ouverture jusqu’à l’heure de fermeture de l’Exposition, les navires devront arborer leurs pavillons nationaux et tous autres pavillons qu’ils pourront avoir dans le but de donner plus d’éclat à l'Exposition.
- Art. 12
- Les propriétaires de navires, les membres de leur famille séjournant à bo.d, ainsi que les hommes de l’équipage, seront munis de cartes spéciales. gratuites, portant le nom du navire exposé.
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- 224. — Deuxième Année. — N° 79.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8q.
- Dimanche 4 Juillet 1SS6.
- Art. i3
- Ces cartes, pendant la présence du navire seulement, leur donneront le droit de visite dans toutes les parties de VExposition. Elles donneront en outre aux propriétaires et aux membres de leur famille le droit d’assister aux fêtes et concerts, au même titre que les abonnés.
- Le nombre de ces cartes sera limité à deux par dix mètres carrés.
- Art. 14
- Ces cartes ne pourront être prêtées à personne sous peine d’être immédiatement retirées à tout le personnel du navire. Elles..devront être présentées à toute réquisition des agents de l’Exposition et rendues avant la sortie du navire du bassin de l’Exposition.
- Art. 1 5
- Par dérogation au règlement général de l’Exposition (art. i3. Tarif des emplacements de l’Exposition flottante),
- Le prix de 5 fr. par mètre carré pour toute la durée de l’Exposition, et le prix de 2 fr. 5o par mètre carré pour une présence de huit jours à deux mois, ne seront applicables que jusqu’à 2 5 mètres carrés.
- Au-dessus de cette superficie, il y aura lieu de traiter avec l’administration de l’Exposition qui consentira des réductions importantes sur le prix cl.5 remplacement proportionnées aux dimensions des ncvires admis.
- Les-su:;erfl::e7 «ont calculées en multipliant la iom'ium: tir, naci c par la plus grande largeur du maitre cv/.r.ln
- Dans le caïeu., ms surfaces occupées, ne seront pas compris les mâts et agrès dépassant la coque du navire.
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- LES LIVRES
- LXIV
- liouis Depret. — Vous et Moi. — Pari?, Paul Ollendorf, éditeur un vol. in-32 à filets rouges.
- Le peuple français, et par là j’entends ce peuple qui n’est pas une foule, mais une élite, le peuple en un mot des gens de goût et des lettrés, trouve une saveur particulière, un attrait singulier à trois genres littéraires qu’on peut dire éminemment français, c’est-à-dire les plus conformes au génie national. Le Français, littérairement parlant,aime et excelle à écrire des lettres, des Mémoires, des romans et des Pensées, c’est-à-dire des aperçus sur les hommes et les choses, en raccourci, sous une forme axiomatique et proverbiale, de la philosophie en tranches légères, en quelques mots, en un mot. Lors même qu’il flétrissait notre décadence, Joseph de Maistre reconnaissait plaisamment que la France gardait le privilège de fournir l’Europe de systèmes de philosophie, de romans, de maîtres à danser, de cuisiniers et de marchandes de modes.
- Un homme, un homme d’esprit, un écrivain s’est rencontré chez nous qui a su trouver la forme originale, contemporaine, qui convient le mieux à ce cgenre des Pensées qu’ont illustré chez nous Montaigne,Charron,Nicole, Pascal, La Rochefoucauld, Vauvenargues et Joubert. C’est M. Louis Depret. Il est quelqu’un. Son verre est petit, mais son verre est à lui, et nous y buvons avec plaisir, à petits coups, cette philosophie d’observation et d’expérience dont les anciens comparaient la douce amertume à un vinaigre parfumé.
- Esprit essentiellement français, mais Français du Nord, avec une fermeté de bon sens qui n’exclut pas l’imagination ni le sentiment, mais l’imagination tempérée, le bon sens raisonnable, la malice souriante, l’ironie discrète dont on trouve de si curieux exemples dans les contes, les légendes et les chansons populaires des Flandres, M. Louis Depret s’est préparé à sa tâche de moraliste, par une étude intime, approfondie de la littérature anglaise, surtout dans le genre humouristique. Il sait à fond son Goldsmith, son Sterne, son Swifft, et il nous a fait connaître, dans une traduction excellente, les essais choisis de Charles Larnb. Il a écrit une étude'sur l’esprit et l’humour. Nul mieux que lui ne sait et n’exprime les secrets de l’un et de l’autre.
- M. Louis Depret a écrit des récits de voyages et des romans goûtés des fins et des délicats,'mais d’une intensité d’observation, d’une vigueur d’analyse qui ne sont pas les qualités à la mode. Le gros public veut du gros sel et les raffinements le déconcertent. M. Louis Depret a dû se résigner à mettre sa sagesse en pilules, son esprit en pastilles. Là il a pleinement réussi, il a renouvelé un genre épuisé. Il a rallumé son cigare en soufflant sur la cendre éteinte de la pipe d’Alphonse Karr, et il en a tiré des bouffées d’une fumée point narcotique du tout, d’une fumée dont on suit en l’air les spirales avec une volupté que comprennent et que
- savourent tous ceux qui aiment à penser et à rêver.
- Mme d’Epinay disait de Mme d’Houdetot: « c’est une jolie âme », on pourrait répéter le mot de M. L. Depret. C’est une jolie âme, éprise des curiosités psychologiques, des raffinements moraux.
- Il est à l’âge de la mûre virilité, de la pleine expérience. Mais l’expérience ne lui a pas refroidi le cœur. Il n’a plus guère d’illusions que celles qu’il faut toujours avoir. Mais il n’y a pas d’âpreté, ni d’âcreté dans sa philosophie. Il voit l’homme tel qu’il est, mais ne s’indigne pas trop de ne pas le trouver tel qu’il devrait être. En un mot, c’est de la raison attristée parfois, mais non de l’égoïsme révolté, qui se dégage de ses déceptions. Il garde cette curiosité qui, à l’automne de la vie, semble à quelques-uns l’unique motif, l’unique plaisir de vivre. On peut lui dire ce que Mmcde Créqui disait à Sénac de Meilhan: « Vous êtes désabusé, non détaché ; vous voyez en tout le jeu des machines, le secret des ficelles, mais vous vous en amusez encore. » Enfin, pour achever de le caractériser, M. L. Depret n’est pas un moraliste mécontent et sec, comme La Rochefoucauld. Il est de l’école de Vauvenargues, de l’école des généreux et des tendres dont la bonté adoucit la perspicacité sans l’amortir, et qui ne méprisent pas tous les hommes, pour se dispenser d’en aimer quelques-uns.
- Pour finir, il faudrait citer. Mais le choix est difficile. Prendre un bouquet dans un bouquet n’est pas commode. On peut d’ailleurs aller au hasard, dans ces réflexions, ces méditations sur les lettres, les arts, les femmes et l’amour, l’amitié, le bonheur, le malheur, la. renommée, la gloire, les voyages, les opinions, etc. Tous ces thèmes sont brodés de variations neuves et vives, qui gravent leur note dans l’esprit. Voici une petite gerbe.
- « D’aucuns savent conserver leur indépendance parmi les étreintes de la foule, et d'autres se forgent à eux-mèmes des chaines dans la solitude.
- « Le devoir lui-même peut paraître un champ d'inégalités, et présenter des aspects d'injustice.
- « Rien ne nous étonne parfois dans ceux que nous admirons, autant que de voir ce qu’ils admirent eux-mêmes.
- «A l'exemple delà nature, la société procède par voie d'élimination envers tout ce qui ne doit pas lui servir.
- « 11 nous a semblé rencontrer plus souvent la jalousie entre deux égaux, que d’inférieur à supérieur.
- « Le grand affront, ce n'est point d'irriter l’humeur des gens, c’est au contraire de la trouver toujours égale.
- a Le personnage qui intéresse la galerie et fait rêver une femme, ce n’est pas l’homme qui parle, c’est celui dont il parle.
- « Tout n’est rien et surtout l’amour, sans le don de plaire.
- « Que l’ironie ne soit pas si fière ! Elle aussi peut être ridicule.
- « La méfiance à l’état perpétuel ne fait qu’un avec l’inintelligence.
- « Presque jamais notre succès ne nous contente nous-mêmes, et nous prétendons qu’il fasse plaisir à nos amis !
- « Ce n’est rien que d’aimer les gens; ils 11e vous en ont aucun gré, si vous n’entendez pas la façon dont ils veulent être aimés.
- « Il y a plus d’éloignement entre certains quartiers de Paris, qu'entre des nations différentes.
- « A Paris on s’isole ; en province on est isolé. »
- Nous n’irons pas plus loin. Il suffit, croyons-nous, de ces citations pour faire plaisir aux gens qui nous demandent un ben compagnon de voyage, de promenade, de solitude. Prenez ce petit livre, gros de choses : Vous et Moi.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — La Sortie de Saint-Cyr, comédie en un acte de M. Verconsin.
- La Comédie-Française vient de donner la première représentation d’une petite pièce de M. Verconsin, qui devait d’abord s’appeler la Leçon d’armes et dont on parlait sous ce titre depuis déjà pas mal de temps. M. Verconsin, homme d’esprit, auteur d’agréables piécettes et de saynètes charmantes, qui ont obtenu de grands succès sur les scènes de genre et surtout sur celles de société, nourrissait cette ambition commune à la plupart des auteurs dramatiques, d’être représenté au Théâtre-Français. Après bien des péripéties et des alternatives, il est enfin arrivé à ses fins, l’heureux homme. Dans la presse, on s’est généralement plu à troubler malicieusement sa joie, en manifestant une grande sévérité à l’égard de son petit acte. Certes, le sujet en est plutôt anodin: un jeune militaire, frais émoulu de Saint-Cyr, doit se battre, pour un motif futile quelconque, avec un de ses camarades de promotion, lequel aime sa sœur et en est aimé, vous voyez cela dûci, les pleurs à l’eau de rose de cette Chimène de pensionnat, personne de tué et un bon mariage à la fin. M. Legouvé eût mis cela en vers, M. Verconsin a le mérite de n’avoir employé qu’une prose aimable et spirituelle.
- Quoi qu’il en soit, la comédje est sans consis-
- tance et de peu d’intérêt. Là-dessus, la critique de prendre ses grands airs et de crier à la déchéance de l’art, etc. Il est positivement regrettable que la scène, qui se dit la première du monde, ne nous offre, comme régal, que ce maigre plat; mais, en l’espèce, de quoi se plaint-on ? N’a-t-on pas déjà donné aux Français une infinité de petites pièces, n’ayant pas plus de valeur réelle que celle-là < Et nous en verrons bien d’autres encore, tant que la Comédie-Française sera réglementée et régie de la façon dont elle l’est. Car si l’art dramatique n’est pas mieux représenté qu’il ne l’est au Théâtre-Français, la faute en revient à l’organisation même du théâtre.
- Est-il permis à un humble folliculaire de déplorer cette organisation, qui semble faire l’admiration de la majorité des contribuables, puisque l’on répugne tellement à la modifier. C’est à Napoléon Ie1’, n’est-ce pas, qu’est due cette organisation.
- . On a souvent contesté les mérites militaires et politiques du grand empereur, cela ne nous regarde pas, mais une chose que l’on n’a jamais contestée jusqu’ici, c’est son manque total de prestige artistique dans l’histoire. S’il est un souverain qui a été le protecteur mal éclairé des lettres et qui a peu contribué à faire fleurir l’art sous n’importe laquelle de ses manifestations, c’est bien lui. Quand on pense qu’il n’y eut que deux écrivains sous son règne: Chateaubriand et Mmc de Staël, et qu’encore ils étaient exilés. Eh bien ! pourquoi s’obstine-t-on alors à respecter aveuglément une institution que la réputation de son fondateur devrait particulièrement signaler à la critique des réformateurs ?
- Sans entrer dans une discussion de détails, car il y en aurait trop long à dire, contentons-nous de remarquer que la principale défectuosité du système d’organisation du Théâtre-Français correspond au mode de recrutement des ouvrages. Ce sont les comédiens, ces rois du jour, qui sont chargés de l’admission des,pièces, et
- Pour grands que soient ces rois, ils sont ce que nous sommes Et peuvent se tromper comme les autres hommes.
- Ils l’ont surabondamment prouvé en maintes circonstances. D’ailleurs n’est-il pas fort dangereux de conférer à de simples interprètes les fonctions de juges. Le jugement des comédiens est fatalement soumis à une série de considérations mesquines qu’il conviendrait (l’écarter. D’un autre côté, charger un fonctionnaire du gouvernement, un directeur, de décider en dernier ressort du mérite des œuvres dramatiques et de les faire jouer à son gré, cela est aussi mauvais; on en arriverait bientôt à créer une sorte d’art officiel, à la mesure duquel devrait se taxer la valeur littéraire.
- En second lieu, le Théâtre-Français possède un répertoire et doit en même temps jouer des pièces nouvelles. Quelles que soient les conditions du cahier des charges, la distribution des représentations entre le répertoire et les nouveautés sera toujours dépendante de considérations administratives absolument étrangères à la littérature.
- Aussi,à notre avis, pour répondre équitablement au souci unique de l’art, la Comédie-Française ne devrait représenter que des chefs-d’œuvre réputés tels de notoriété publique. Pas de nouveautés, pas d’essais, partant pas de mécomptes, rien que des chefs-d’œuvre. Une commission d’hommes de lettres, fréquemment renouvelable pour en assurer l’impartialité et empêcher l’impatronisation des coteries, serait chargée d’indiquer constamment au directeur les pièces à mettre en représentation et nous aurions alors une scène, sorte de musée de l’art dramatique, qui serait pour le théâtre ce que le Musée du Louvre est pour la peinture et la sculpture.
- Parallèlement à ce théâtre, en fonctionnerait un second (l’Odéon), essentiellement consacré au contraire à la représentation d’œuvres inédites d’auteurs nouveaux ou de pièces inintelligemment refusées par d’autres théâtres, et destiné à offrir un débouché aux études dramatiques, à faciliter l’éclosion des jeunes talents et à frayer la voie au progrès. On réglerait pour ce théâtre les conditions d’admission en confiant l’examen des pièces à des commissions d’hommes de lettres encore plus renouvelables que lest premières ; et franchement, avec ce double système harmonique, n’obtiendrait-on pas un résultat plus digne d’une civilisation raffinée et éprise d’art que celui que nous offre le système bâtard actuel.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ArlRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a PariS
- DEUXIEME ANNEE.
- Dimanche 11 Juillet 1886.
- UMERO 8o.
- SOMMAIRE :
- i. La Tour de 3oo mètres de M. Eiffel; 2. Loi relative à l’Exposition de 1889 ; 3. L'Exposition devant le Sénat ; 4. La Sarthe et l’exposition flottante ; 5. Le littoral Méditerranéen à l'Exposition de 1889; 6. Echos; 7. Exposition maritime du Havre en 1887; 8. Exposition ouvrière internationale; 9. L’exposition coloniale et indienne de Londres ; 10. Exposition des Appareils d’éclairage à Bruxelles; 11. Le Conseil municipal et le Métropolitain ; 12. Les Livres ; i3. Avis commerciaux; 14. Les Théâtres; i5. Les nouvelles inventions.
- Nous rappelons qu’aux termes de la loi du 13 brumaire an VII, toutes les demandes, pétitions et réclamations adressées aux Ministres et aux Administrations publiques doivent être formulées sur papier timbré.
- En conséquence, toutes les lettres adressées sur papier libre, en vue de l’Exposition universelle, ne peuvent être classées qu’à titre de simple renseignement et il n’en sera tenu compte qu’après renouvellement de la demande sur papier timbré.
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- TOUR DE 300“' DE M. EIFFEL
- PRÉCAUTIONS A PRENDRE
- POUR
- PROTÉGER LA TOUR CONTRE LES ACCIDENTS DE FOUDRE
- Note adressée à Monsieur le ministre du commerce et de l’industrie par :
- MM. Ed. Becquerel, membre de l’Institut.
- Mascart, membre de l’Institut, directeur du Bureau central météorologique.
- Georges Berger, président honoraire de la Société internationale des électriciens.
- La tour de 300 mètres de hauteur dont la construction est projetée au Champ-de-Mars, dans l’enceinte de l’Exposition, pourra jouer le rôle d’un immense paratonnerre protégeant un très large espace autour d’elle, à condition que sa masse métallique soit en communication parfaite avec la couche aquifère du sous-sol, par le moyen de conducteurs capables de débiter la quantité considérable de fluide électrique dont il y aura lieu d’assurer l’écoulement pendant les jours d’orage.
- Grâce à ces précautions, Vintérieur de ïédifice avec les personnes qui s’y trouveront abritées, sera absolument assuré contre tout accident pouvant provenir des coups qui frapperont infailliblement les parois de la tour à différentes hauteurs.
- Pour réaliser la non-isolation de la tour dans les meilleures conditions, on noiera dans la couche aquifère qui se rencontre à 7 mètres environ au-dessous du niveau moyen du sol actuel du Champ-de-Mars deux lignes de tuyaux de fonte de fer parallèles à deux faces opposées du soubasement de la tour. Chacune de ces lignes de tuyaux aurait ainsi une longueur de 124 mètres égale à la largeur d’embasement de la tour, ouverture comprise. Les tuyaux employés pourront utile-
- ment avoir un diamètre de 0,60 ; ils seront du genre de ceux que l’on emploie pour les conduites du gaz. Chacune de ces lignes de tuyaux sera mise en communication avec les parties métalliques basses de la tour, au moyen de câbles de barres ou de lames de cuivre à grandes sections. Ces conducteurs émergeront du sol par des puits maçonnés de 1 mètre de diamètre au mioins, et chemineront, à découvert, le long de la maçonnerie des socles de la tour jusqu’aux pièces métalliques auxquelles ils se souderont, en s’épanouissant de façon à multiplier les points de contact. Les puits permettront d’aller constater fréquemment l’état des soudures et des attaches de conducteurs de cuivre avec les tuyaux
- Quant à l'extérieur de l'édifice, il s’agira de protéger spécialement toutes les parties ou le public pourra séjourner à l’air libre ; ces parties sont les balcons qui régneront probablement autour de la tour, aux trois étages indiqués par son dessin d’élévation.
- On obtiendra la protection nécessaire en plaçant d’abord des paratonnerres pbliques à pointes, de bonnes longueurs, à chacun des quatre angles de chaque balcon. Ensuite on disposera le long des faces de ces balcons une série de paratonnerres à pointes ou d’aigrettes de dimensions appropriées et convenablement espacés.
- On pourra mettre également au sommet de l’édicule culminant delà tour un paratonnerre vertical à pointe, de hauteur modérée.
- Il sera nécessaire que les travaux destinés à assurer la non-isolation de la tour soient entamés en même temps que ceux de fondation des socles, pour préserver les ouvriersde tous accidents de coup de foudre, une fois que la construction aura atteint une certaine hauteur.
- Paris, le 24 juin 1886.
- Signé: G. Berger, Mascart, Ed. Becquerel.
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- PARTIE OFFICIELLE
- LOI
- relative à l’Exposition universelle de i88g
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté.
- Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Art. Ier. — Est approuvée la convention passée entre le ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, autorisé par la délibération du Conseil municipal du 3i mars 1886, et le gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889.
- Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de 43 millions, prévu à l’article ier de cette convention, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale.
- Les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues par l’article 5 de la convention, que jusqu’à concurrence
- de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de dix-huit millions de francs (18,000,000 fr.).
- Art. 2. — L’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de dix-sept millions de francs (17,000,000 fr.).
- Cette allocation sera imputée, jusqu’à concurrence de la somme de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinq francs (12,693,635 fr.) sur le prêt de 80 millions de francs fait à l’Etat par la Banque de France, en vertu de la convention du 29 mars 1878, approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- Dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de 43 millions de francs prévue à l’article ier de la convention, l’économie réalisée profiterait uniquement à l’Etat.
- Art. 3. — Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au-delà des crédits alloués par la loi de finances du 8 août 1885, un crédit extraordinaire de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinq francs (12,693, 635 fr.), qui formera un chapitre spécial intitulé : « N° 43. — Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889. »
- Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent.
- Art. 4. — Les crédits nécessaires aux dépenses des exercices 1887, 1888 et 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances»
- Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion.
- Art. 5. — Les opérations de recette et de dépense de l’Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la cour des comptes.
- La subvention allouée par la ville de Paris, ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds de concours pour dépenses publiques, conformément à l’article i3 de la loi du 6 juin 1843.
- Art. 6. — Les projets de toute nature relatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1889 seront, préalablement à leur exécution, soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie.
- Art. 7. — Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au président de la République dans un rapport qui sera distribué au Sénat et à la Chambre des députés.
- Chaque année, un rapport, publié dans les mêmes conditions, fera connaître l’état d’avancement des travaux et les dépenses engagées et effectuées.
- Art. 8. — Les actes désignés dans l’article ier, paragraphe 9 de la loi du 28 février 1872, et passés par le ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi, seront assujettis au droit fixe de trois francs.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- Fait à Paris, le 6 juillet 1886.
- Jules Grévy.
- Par le président de la République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Edouard Lockroy.
- Le ministre des finances, Sadi-Carnot.
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- 220. — Deuxième Année. — N° ^o.
- LE .MONITEUR DE L'EXPOSITION DE ASo.
- Dimanche i 1 Juillet 1SS6.
- L’EXPOSITION DEVANT LE SÉ
- AVIS
- Présenté au nom de la commission des finances (i) sur le projet cle loi, adopté par la Chambre des députés, relatif à /'Exposition. universelle de i88q, par M. Edouard Millaud, sénateur.
- Messieurs,
- La Chambre des députés a adopté, dans la séance du 21 avril, un projet de loi relatif à l’Exposition universelle de 1889. Le même jour, le gouvernement présentait le projet au Sénat, qui le soumettait à l'examen d’une Commission spéciale.
- Au cours des délibérations de cette Commission, la Commission des finances a été appelée, aux termes de l’article 22 du règlement, à donner son avis sur les conditions financières du projet et les diverses imputations de crédit qui en sont la conséquence.
- L’ensemble des ressources destinées à faire face aux dépenses de l’Exposition se compose :
- i° D’une allocation de la ville de
- Paris s’élevant à...............; 8.000.000
- 20 D’une part contributive de l’État
- jusqu’à concurrence de................17.000.000
- 3° Des recettes diverses évaluées à. 18.000.000
- Total...................4.3.000.000
- Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà de ce chiffre, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale. _
- Une association de garantie assure à l’État 18 millions de recette, chiffre ferme.
- Si les dépenses restent dans les limites prévues et que le chiffre d’évaluation des recettes soit dépassé, l’excédent des recettes sera partagé entre l’État, la ville de Paris et l’Association de garantie au prorata de leur apport.
- L’Association de garantie, renonce à tout bénéfice, une fois ses capitaux remboursés, dans le cas où les dépenses de l’État auraient dépassé les prévisions.
- Dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas le maximum de 43 millions, l’économie réalisée profiterait exclusivement à l’État et viendrait en diminution de sa part contributive de 17 millions de francs.
- Toutes les opérations de recettes et de dépenses de l’Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la Cour des comptes.
- L’état détaillé des recettes et des dépenses sera présenté au Président de la République dans un rapport qui sera distribué au Sénat et à la Chambre des députés.
- Les dépenses relatives à l'allocation de l’État seront imputées, jusqu’à concurrence de la somme de douze millions six cent quatre-vingt-treize mille six cent trente-cinq francs (12.698.635 fr.) sur le prêt de So millions fait à l’État par la Banque de France, en vertu de la Convention du 29 mars 1878, approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- Un crédit extraordinaire dépareille somme sera ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, et formera un chapitre spécial intitulé : Part contributive de l’Etat dans les dépenses de VExposition.
- Quant aux crédits nécessaires aux dépenses des exercices 1887, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation de 17 millions, ils seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- Votre Commission des finances, après avoir pris connaissance de l’exposé des motifs du Gouvernement, des rapports des Commissions spéciales de la Chambre des députés et du Sénat et de la convention intervenue entre M. le ministre du commerce et de l’industrie, au nom de l’État, M. le préfet de la Seine, au nom de la ville de Paris, et M. Albert Christophle, au nom de l’association de garantie, croit devoir donner un avis favorable aux combinaisons financières proposées en vue de l’Exposition universelle de 1889.
- Elle compte sur le zèle éclairé de M. le ministre du commerce et de l’industrie et surla surveillance attentive de la commission de contrôle pour que le chiffre des dépenses prévues ne soit en aucun cas dépassé.
- (1) Cette Commission est composée de MM. Dauphin, président ; Tirard, Léopold Paye, vice-présidents; Cnvinot, Barbey. Emile Loubert, secrétaires ; Duclerc, Magnin, Edouard Millaud, Emile Lenocl, Merlin. Casimir Fournier, Gouin, Jules Cazot, Bocher, Clamageran, Chesnelong, Calmon.
- L'avis de votre Commission des finances, retardé par la discussion devant le Sénat du projet de loi relatif à l’emprunt de la ville de Paris, ne saurait être différé maintenant. Le dernier vote du Sénat a non seulement assuré la part contributive de Paris à l’Exposition, mais déjà donné une sanction au décret de novembre 1884.
- DISCUSSION DU PROJET DE LOI
- RELATIF
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 AU SÉNAT
- M. le président. L’ordre du jour appelle la première délibération sur le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, relatif à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Teisserenc de Bort, rapporteur. J’ai l’honneur de demander au Sénat, d’accord avec M. le ministre du commerce et de l’industrie, de vouloir bien déclarer l’urgence.
- M. le président. Je consulte le Sénat sur l’urgence qui est demandée par la commission, d’accord avec le gouvernement.
- Il n’y a pas d’opposition?...
- L’urgence est déclarée.
- Personne ne demande la parole pour la discussion générale ?...
- Je consulte le Sénat sur la question de savoir s’il entend passer à la discussion des articles du projet de loi.
- Il n’y a pas d’opposition ?...
- Je donne lecture de l’article ier:
- « Art. icr. — Est approuvée la convention passée entre le ministre du commerce et de l’industrie représentant l’Etat, le préfet de la Seine représentant la ville.de Paris, autorisé par la délibération du Conseil municipal du 3i mars 1886, et le gouverneur du Crédit foncier, agissant pour le compte de l’association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889.
- « Aucune dépense ne pourra être engagée au-delà du chiffre de q3 millions, prévu à l’article ier de cette convention, à moins qu’il n’y ait été préalablement pourvu par une loi spéciale.
- « Les produits éventuels d’une redevance qui serait réclamée aux exposants à raison des emplacements qui leur seront concédés ne pourront entrer dans le calcul des recettes prévues par l’article 5 de la convention, que jusqu’à concurrence de la somme nécessaire pour parfaire une recette totale de 18 millions de francs. »
- (L’article ier, mis aux voix, est adopté).
- M. le président. « Art. 2.— L’Etat contribuera aux dépenses de l’Exposition de 1889 au moyen d’une allocation de 17 millions de francs..
- « Cette allocation sera imputée jusqu’à concurrence de la somme de i2,6q3,635 fr. sur le prêt de 80 millions de francs fait à l’Etat par la Banque de France en vertu de la convention du 29 mars 1878 approuvée par la loi du i3 juin suivant.
- « Dans le cas où les dépenses n’atteindraient pas la somme de q3 millions de francs prévue par l’article 1e1' de la convention, l’économie réalisée profiterait uniquement à l’Etat. » —- (Adopté).
- « Art. 3. 1— Il est ouvert au ministre du commerce et de l’industrie, sur l’exercice 1886, au-delà des crédits alloués par la loi de finances du 8 août 1885. un crédit extraordinaire de 12,693,635 fr., qui formera un chapitre spécial intitulé: « N° 43. Part contributive de l’Etat dans les dépenses de l’Exposition de 1889. »
- « Il sera pourvu à ce crédit extraordinaire au moyen de la ressource mentionnée à l’article précédent. » — (Adopté).
- « Art. 4. — Les crédits nécessaires aux dépenses des_exercices 1887, 1888, 1889 et suivants, dans la limite de l’allocation ci-dessus fixée, seront ouverts par les lois annuelles de finances.
- « Toutefois, pendant la prorogation des Chambres, en exécution de l’article 5 de la loi du 14 décembre 1879, ces crédits pourront être ouverts par des décrets délibérés en conseil des ministres. Ces décrets devront être soumis à la sanction des Chambres dans la première quinzaine de leur plus prochaine réunion. » — (Adopté).
- « Art. 5. — Les opérations de recette et de dépense de l’Exposition seront effectuées par les agents du Trésor et soumises au contrôle de la cour des comptes.
- « La subvention allouée par la ville de Paris, ainsi que toutes les recettes provenant de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, seront versées au Trésor à titre de fonds 'de concours pour dépenses publiques, conformément à l’article i3 de la loi du 6 juin 1843. «— (Adopté).
- « Art. 6. — Les projets de toute nature lelatifs à la construction, l’appropriation et l’exploitation de l’Exposition de 1880 seront, préalablement à leur exécution, soumis à l’approbation du ministre du commerce et de l’industrie. » —(Adopté).
- « Art. 7. — Le compte détaillé des recettes et des dépenses de l’Exposition universelle de 1889 sera présenté au président de la République dans un rapport qui sera publié et distribué au Sénat et à la Chambre des députés.-
- « Chaque année, un rapport, publié dans les-mêmes conditions, fera connaître l’état d’avancement des travaux et les dépenses engagées et effectuées. » — (Adopté).
- « Art. 8. — Les actes désignés dans l’article ie>\ paragraphe 9, de la loi du 28"février 1872, et passés par le ministre du commerce et de l’industrie en exécution de la présente loi, seront assujettis au droit fixe de 3 fr. » — (Adopté).
- _ M. le président. •— Il va être procédé au scrutin sur l’ensemble du projet.
- (Le scrutin a lieu. — MM. les secrétaires opèrent le dépouillement des votes).
- M. le président. —Voici le résultat du scrutin:
- Nombre des votants........... ip5
- Majorité absolue............. 98
- Pour l’adoption......... 171
- Contre.................. 24
- Le Sénat a adopté.
- M. Maurice Lœwy, président de la Société' internationale des électriciens, a reçu de M. Georges Berger la lettre suivante :
- « Monsieur et cher Président,
- « M. Albert Christophle, gouverneur du Crédit foncier, agissant au nom de l’Association de garantie à instituer pour l'Exposition universelle de 1889 , 111’a exprimé le désir que les membres français de -la Société internationale des électriciens fussent mis à même de connaître les deux documents inclus:
- « 1° Le projet de règlement de l’Association de 1’-Exposition universelle de 1889, à Paris ;
- « 2° La convention passée, au sujet desdépenses à effectuer pour l’Exposition de 1889, entre l’Etat, la ville de Paris et h Association, de garantie.
- « Ne vous semble-t-il pas que les textes de ces deux documents pourraient être insérés utilement dans le Bulletin de notre Société ?
- « Je me tiens d’ailleurs à.la disposition des membres français de la Société.qui voudraient souscrire, pour leur fournir des formules de-souscription et tous les renseignements désirables.
- « J’estime qu’il y a là un acte patriotique à accomplir.
- « L’empressement des souscripteurs est assez grand pour qu’il n’y ait pas lieu de donner une véritable publicité ou le caractère d’upe souscription publique ordinaire à la collecte des fonds qui formeront, par engagements départs de 1,000 fr. chacune, le capital de garantie de l’Exposition de 1889. Il est désirable que beaucoup de nos collègues s’inscrivent , car l’électricité sera . certainement hune des dominantes de l’Exposition.
- « Chaque souscripteur d’une part de 1,000 f. n aura à verser immédiatement que la somme minime de 50 fr. Il restera engagé pour la somme de 950 fr. ; mais j’estime que, si les préparatifs et l’exploitation de l’Exposition suivent la marche normale que l’expérience du. passé et la* connaissance des obligations actuelles leur tracent, aucun appel nouveau de fonds ne deviendra indispensable avant l’ouverture de l’Exposition, dont les produits formeront amplement l’appoint nécessaire aux soldes de comptes, après que les subventions de l’État et de la Ville de Paris auront été réalisées.
- « J’ose même prévoir des bénéfices à répartir comme en 1867.
- « Agréez, Monsieur et cher Président, la nouvelle assurance de mes sentiments les plus distingués et les plus dévoués.
- « Le Président honoraire,
- « Signé : G. Berger. »
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- « LA SARTHE»
- ET L’EXPOSITION FLOTTANTE
- Le comité des expositions flottantes ne perd pas son temps, nous apprend le Phare de la Loire. Dans peu de jours, on verra à Marseille le transport de l’Etat la Sarthe, mis à la disposition du
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- Deuxième Année. — N° So.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche ii Juillet 1886. — 227.
- comité par le ministre de la marine, l’amiral Aube. Ce transport, qui est de l’avant-dernier type, ne mesure pas moins de 83 mètres de long sur 12 de large; il se trouve en ce moment en réparation à Toulon; il sera comme neuf et se prêtera admirablement à sa nouvelle destination. On a changé jusqu’aux chaudières. Il sera utilisé dans toutes ses parties par l’Exposition flottante. Les deux batteries seront affectées à ce qu’on pourrait appeler la partie extérieure de l’Exposition, c’est-à-dire aux produits figurant en vitrines ou contenues dans des tiroirs. Ce sera comme un vaste étalage qui rappellera les grands magasins de Paris. Un personnel de soixante à quatre-vingts employés sera préposé à la garde et à la vente des marchandises, et, comme la clarté pénétrant par les hublots pourrait être insuffisante, l’électricité éclairera de sa douce lumière les batteries et le faux-pont qui présenteront un coup d’œil vraiment féerique. Dans le faux-pont seront rangées les machines, et dans les cales seront tenus en réserve les stocks des marchandises étalées dans les batteries.
- Un bar de trente mètres de long, disposé avec élégance, permettra aux visiteurs et acheteurs de déguster les vins des meilleurs crus et toutes les liqueurs surfines accompagnées d’un assortiment varié de pâtisseries et de confiseries françaises.
- Tout sera prêt à bord avant le 1e1' septembre. L'équipage de la Sarthe sera pris dans la marine marchande et comprendra soixante hommes. L’installation sera faite à Marseille et quand le vaisseau, contenant l’Exposition flottante, aura séjourné dans’ notre port, il ira compléter au Havre son chargement de marchandises en stock et à l’étalage. L’installation et l’aménagement de la Sarthe sont confiés à M. A.-G. fkryé, dont la compétence est connue. C’est un homme d’initiative qui a étendu nos relations commerciales avec le Brésil et créé les rapports de Marseille avec l'a Californie.
- Par sa dimension et sa structure, la Sarthe répond très bien à sa destination nouvelle, et il faut savoir gré à l’amiral Aube, de l’empressement qu’il a mis à seconder les vues patriotiques du comité des expositions flottantes, qui n’aüra pas de peine à faire oublier le Gottorg, ce petit navire allemand de z5o tonneaux, ou les marchandises étaient entassées pêle-mêle, et dont il n’est plus question.
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- LE LITTORAL MÉDITERRANÉEN
- A L’EXPOSITION DE 1889
- PROJET D’UN PAVILLON
- A élever dans les jardins de U Exposition et représentant les stations hivernales de la Méditerranée : Hyères, Iles d’Hyères, Fréjus, Saint-Raphael, Saint-Egulf, La Napoule, Cannes, Grasse, Cannet, Golfe-Juan, Vallauris, Antibes, Vance-Gagne, Nice, Villefranche, Beau-lieu, Eze, Monaco, Monte-Carlo, Menton, etc., etc.
- Au moment où Paris se prépare à fêter par une grande Exposition l’anniversaire de 89, nous avons pensé qu’il serait d’une grande utilité pour les stations hivernales de la Méditerranée d’y être représentées au moyen d’un Pavillon spécial. Ce pavillon serait construit et décoré en utilisant et en mettant ainsi en relief les principales ressources industrielles du pays. Les faïences vernissées de Nice, Vallauris, Golfe-Juan, Monaco, seraient de précieux éléments de décoration. Les plantes que renfermerait un atrium _ central donneraient l’aspect de la végétation d’hiver de ces contrées privilégiées.
- Chaque ville exposerait, dans des divisions spéciales donnant accès .sur l’atrium le produit de ses industries privées. Nice, Grasse, Monaco auraient leurs parfums et leurs poteries artistiques. L’industrie du potier avec ses tours, une des plus attachantes à étudier et qui n’a jamais figuré à aucune Exposition occuperait la place qu’elle mérite et pourrait être considérée comme 'un précieux élément d’attraction.
- Un diorama reproduirait diverses. vues des principaux points du littoral, vues présentées en relief comme des maquettes de théâtre. Les ouvrages, brochures, photographies _ concernant le Midi seraient tenues à la disposition du public. Les hôtels auraient leurs réclames, les sociétés •de terrains leurs plans, etc., etc. Un agent de renseignements se trouverait en permanence dans le pavillon, servirait de cicerone aux personnes qui voudraient faire le tour des curiosités ainsi réunies sous leurs yeux, donnerait des indications sur les villas, logements, hôtels, locations pour l’hiver et préparerait ainsi la saison d’hiver.
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- L’Exposition de 1889 obtiendra un succès sans
- précédent ; cette grande manifestation en faveur de l’art, des sciences et de l’industrie fera très certainement affluer à Paris tous les étrangers qui voyagent, et ont le goût de l’inédit et du merveilleux. Il n’y a donc jamais eu, il n’y aura donc jamais de moment plus propice pour montrer à tous les richesses, les progrès et l’avenir des côtes méditerranéennes, pour s’imposer un effort énergique et décisif en vue de la prospérité de ces aimables contrées.
- Certes, l’Exposition de Nice avait un objectif des plus louables et des plus intéressants ; mais, malheureusement, cette grande entreprise était localisée, circonscrite à la région et la force de volonté,
- 1 initiative, l’énergie dépensées dans de pareilles circonstances devaient être en disproportion avec l’effet obtenu. Le but qu’il faut poursuivre, c’est l’initiation des personnes qui ne sont jamais venues dans le Midi, aux avantages, aux agréments de ce pays si exceptionnellement doté par la nature. Le pavillon qui figurerait à l’Exposition de 1889 rentrerait absolument dans cet ordre d’idées et, bien que représentant un effort relativement minime, ih produirait des résultats centuples de ceux qu’on pouvait espérer à Nice.
- Il y. a, d’ailleurs, une condition de succès qu’il ne faut pas négliger, il suffit d’examiner d’un peu près les choses de cette région pour constater que les intérêts du littoral sont reliés entre eux comme les anneaux d’une chaine ininterrompue; on doit se garder de briser cette unité., de compromettre cette solidarité en éparpillant des forces qui, réunies, peuvent aboutir.
- C’est pourquoi nous nous adressons aux grandes comme aux petites stations du littoral ; nous demandons à leurs représentants industriels, commerçants, etc.,-etc., de vouloir bien s’unir en vue de la réalisationdu projet que nous venons d’avoir l’honneur d’exposer et qui, s’il est énergiquement poursui vi, doit assurer de très sérieux avantages à notre littoral méditerranéen.
- Lucien Roy.
- ÉCHOS
- Paris
- Les collections zoologiques, botaniques et ethnographiques réunies dans l’Ouest-Africain , par les collaborateurs de M. de Brazza, le brillant explorateur du Congo, sont exposées jusqu’au 15 juillet au Muséum d’histoire naturelle. Cette intéressante exposition, que tout le monde ira voir et qui initie le public parisien aux particularités de nos nouvelles possessions africaines,,, est ouverte depuis le 1er juillet.
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- Sur le rapport de M. Hattat, le conseil municipal a voté les acquisitions suivantes au Salon de 1886 :
- Circé (groupe bronze), par M. Gaston Michel : modèle, 5,000 fr. ; fonte, 7,000 fr. ; ensemble, 12,000 fr.
- VAvenir (statue de marbre),fpar M. Mathurin Moreau, 3,000 fr.
- Botteleur (groupe plâtre), par |M. Jacques Perrin, 4,000 fr.
- Un dessin de MM. Allongé, 800 fr. ; Appian, 500 fr. ; Ducaruge, 450 fr. ; Rigolot 300 fr.
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- M. Ed. Turquet vient d’acquérir, pour le musée du Louvre, plusieurs pièces d’une importance considérable, parmi lesquelles se trouvent :
- Une tête de granit, dit Tête d'intendant èyyp-tien, dont le modèle, jusqu’à ce jour, n’existait qu’en bas-relief dans les tombeaux de la treizième dynastie.
- Un chien de chasse, grandeur naturelle, fait de basalte noir, unique spécimen connu à ce jour, pierre datant de plus de trois mille ans.
- Une statuette d’art Saïde.
- . Une œuvre de Donatello, réplique en stuc peint de la Madone des Pazzi, achetée l’année dernière par le musée de Berlin ; un buste d’homme en marbre (quinzième siècle); un bas-relief en carton doré, par Jacopo Sansovino.
- On sait qu’il y a en ce moment quatre expositions intéressantes ouvertes en Angleterre : l’une à Londres, à South-Kensington ; la deuxième, qui est internationale à Liverpoql ;_ la troisième, industrielle, scientifique et artistique, a Edim-
- bourg; la. quatrième, purement artistique’, à Folkestone- M. Muzet a proposé au conseil municipal le vote d’un crédit permettant à quelques ouvriers français la visite de ces expositions. Sur le rapport de M. de Bouteiller, le principe de ce crédit a été adopté, dans la séance du 1er juillet la somme en a été fixée à 1,000 fr. et il a été décidé « que cette somme serait affectée exclusivement au voyage d’ouvriers . parisiens désignés par leurs chambres syndicales respectives ou par les conseils de prud’hommes ». Il a été entendu, au cours de la discussion, et après explications de MM. Chabert et Muzet, que les ouvriers délégués visiteraient non seulement les expositions, mais les musées d’art industriel , notamment celui de Kensington.
- ETRANGER
- Allemagne
- Une grande exposition do la chaussure ouvre aujourd’hui à Berlin au Coneerthaus, pour se prolonger jusqu’au 20 courant. Elle est exclusivement consacrée aux ouvrages d’apprentis et elle comprend un très grand nombre d’exposants.
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- Une exposition régionale industrielle a été ouverte le 16 juin dernier à Stendal (Altmark).
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- Le 20 juin a eu lieu à Paderborn l’inauguration d’une exposition locale, des arts et métiers.
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- Enfin, le 23, ouvrait à Kiel un important concours provincial d’animaux.
- Angleterre
- Une grande exposition industrielle aura lieu à Birmingham , dans le courant de l’automne prochain.
- Une très large part y seixi réservée, comme bien l’on pense, aux deux grandes industries de la région, celles du fer et de l’acier.
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- Autriche- Hongrie
- Une importante exposition d’ouvrages de femmes, travaux d’aiguille, etc., etc., a été organisée par l’association nationale de l’industrie féminine de Buda-Pesth, qui a réuni à cette occasion, dans ses ' galeries, plus de cinq mille envois.
- L’inauguration a eu lieu le 22 juin.
- Belgique
- La classe des beaux arts de l’Académie de Belgique organise une exposition de tableaux anciens au profit de la Caisse centrale des artistes. Cette exposition, qui aura lieu à Bruxelles au palais des Beaux-Arts, , s'ouvrira au mois de septembre. Les adhésions reçues jusqu’à ce jour assurent un grand succès à l’entreprise. Le roi qui, dès l’origine, a pris la Caisse des artistes sous sôn patronage, a promis de faire figurer à l’exposition des œuvres de sa galerie.
- La ville de Spa organise avec le concours du gouvernement une exposition des beaux-arts qui ouvrira le 1er août prochain pour clôturer dans le courant delà deuxième quinzaine de septembre. Les envois devront être déposés avant le 22 juillet, le placement devant commencer le 25.
- Espagne
- La question de l’exposition industrielle et artistique de Madrid en 1888, revient sur le tapis après une éclipse de quelques mois.
- Le gouvernement est, paraît-il, décidé à la faire.
- Elle ne serait plus exclusivement espagnole, mais aussi coloniale et portugaise.
- * *
- États-Unis
- Du mois d’août, au mois d’octobre prochain, grande exposition industrielle à Minneapolis.
- A cette occasion, du 23 août au 2 octobre, exposition générale annexe de l’architecture américaine.
- Nous trouvons dans le Trace 1er, de Boston, un
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- 228. — Deuxième Année. - N° 80. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ii Juillet 1SS6.
- tableau extrêmement curieux, qui nous donne une idée exacte des progrès commerciaux des Etats-Unis, depuis 1860.
- Il y a 23 ans, les Etats-Unis avaient une population de 30,000,000 d’âmes ; elle flotte maintenant entre 50,000,000 et 60,000,000, se rapprochant du dernier chiffre plutôt que du premier
- Il y avait 111 villes de çlus de 8,000 habitants ; il y en a, maintenant, 286 de même importance, de sorte que la population des villes, qui était alors de plus de 5,000,000 d’âmes, s’élève à présent à 12,000,000 au moins.
- En 1860, les mines de charbon produisaient, annuellement, 14,000,000 de tonnes ; elles en donnent aujourd’hui 85,000,000 par an, c’est-à-dire six fois davantage.
- La production du fer se montait à 900,000 livres de minerai ; maintenant elle arrive à plus de 8,000,000 de tonnes, c’est-à-dire neuf fois plus qu’en 1860.
- Dans cette même année, les établissements métallurgiques employaient 53,000 ouvriers ; ils consommaient pour §100,000,000 de matière première, et la. valeur de leurs produits dépassait $170,000,000 par an; aujourd’hui, les mêmes établissements donnent du travail à 300,000 ouvriers ; ils consomment pour plus do $380,000,000 de matière première et livrent sur le marché 460,000,000 de produits.
- Même progrès dans l’industrie du bois. De 130,000 personnes , le nombre des employés a atteint 340,000 et la valeur de leurs produits a plus que triplé.
- L’industrie de la laine a marché aussi à pas rapides. Elle employait 60,000personnes, en tout; elle en entretient aujourd’hui 160,000. Les manufactures livraient sur le marché pour $80,000,000 de lainages ; à cette heure, elles en expédient pour 270,000,000.
- Passons au coton. En 1860, nous importions 227,000,000 do yards de cotonnades ; en 1881, ces importations étaient réduites à 25,000,000 de yards. Les filatures e.t fabriques de ce textile emploient, à l’heure qu’il est, 200,000 bras ; elles exportent plus de 150,000,000 de yards par an.
- Il y a loin, comme on le voit, de l’époque où les Etats-Unis étaient obligés de recevoir 227,000,000 de yards de l’étranger.
- Dans l’industrie de la soie, le personnel des employés a été de 5,000 à 35,000, c’est-à-dire sept fois plus nombreux. On n’importe pas plus de soieries qu’en 1860, mais les fabriques, qui n’en produisaient qu’une valeur de 6,000,000, en fournissent pour plus de 40,000,000.
- En 1860, la poterie, la faïencerie américaine-employaient tout au plus 12,000 ouvriers ; aujourd’hui elles en occupent plus de 30,000.
- Dans le même espace de temps, le nombre des milles de chemins de fer a quadruplé, celui des fermes a doublé, et la culture des céréales a donné des résultats plus que doubles.
- Progrès énormes aussi dans l’élevage. Il y avait en 1860, 22,000,000 de têtes de brebis, aujourd’hui il y en a, aux Etats-Unis , plus de 40,000,000. Quant à la laine elle s’est élevée do 60,000,000 de livres à 240,000,000.
- Enfin, si nous prenons les exportations, on trouve qu’elles ont plus que doublé. Elles étaient en 1860, de 400,000,000 ; elles sont à présent ' de 900,000,000.
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- Italie
- Rappelons que la Chambre de commerce française de Milan s’est mise à la disposition du comité promoteur de l’exposition internationale de Milan, qui aura lieu au printemps de 1887, pour les spécialités concernant la mouture, la panification, le travail des riz et des pâtes alimentaires, pâtisserie, chocolaterie, confiserie, moteurs, transmissions,_ chauffage et éclairage de toute espèce, appareils contre l’incendie, transport^ mobilier de magasin, accessoires divers, échantillons de céréales, publications spéciales, associations, assurances, enseignement, installations, etc.
- « Le but de la Chambre est de donner toute la publicité possible au programme de cette exposition, qui sera do la plus haute importance pour la solution économique de nombreux problèmes relatifs à l’alimentation publique. Elle sa met à la disposition des intéresséspour les renseignements qui pourraient leur manquer encore, comme pour les représenter auprès de la commission définitive et durant l’exposition. »
- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE
- du Havre eiu 1887
- Depuis que nous avons eu l’occasion d’en parler, l’œuvre entreprise a fait des progrès très marqués.
- Le gouvernement français a transmis par ses
- agents diplomatiques à l’étranger, les invitations du comité aux différentes puissances maritimes ; cela assure à l’Exposition un concours très important de plusieurs d’entre elles.
- D’un autre côté, après un examen approfondi par le comité technique d’un certain nombre de projets de construction, très intéressants et très bien étudiés, le comité d’organisation a pu faire choix de celui qui présentait les avantages les plus sérieux, sans dépasser les limites posées, et M. Pombla, constructeur, très connu à Paris par divers travaux, a été déclaré adjudicataire.
- Les constructions seront commencées dès la fin du mois de juillet.
- Nous pouvons, dès à présent, faire connaître ce qu’elles seront dans leur ensemble.
- La partie asphaltée de la place Gambetta sera occupée par des galeries couvertes, qui communiqueront avec la grande galerie du premier étage établie au-dessus de la rue de Paris, dans toute la largeur de la place Gambetta, et au centre de laquelle se dressera la partie monumentale, composée d’une immense sphère, surmontée d’un sémaphore et flanquée de quatre phares d’une hauteur de 28 mètres.
- La façade principale donnera sur la place de la Mâture, transformée en jardin.
- Des deux extrémités de la galerie de la rue de Paris, partiront les bâtiments couverts des quais d’Orléans et Lamblardie, d’une largeur de 17 à 18. mètres, et s’étendant sur une longueur de 600 mètres dé chaque côté, jusqu’à l’extrémité Est du bassin.
- Des galeries couvertes occuperont également toute la place du Commerce, et se regarderont avec celles du quai d’Orléans.
- Deux appontements de 6 mètres de large, abrités par une marquise, et, communiquant avec les galeries, seront établis, sur le bassin même, adossés aux murs des quais, sur une longueur de 3oo mètres environ de chaque côté.
- Tout cet ensemble de construction représentera une superficie couverte d’au moins 26,000 mètres et une superficie totale de près de 100,000 mètres carrés.
- En dehors des Exposition universelles, l’Exposition du Havre sera la plus importante qui ait existé en France.
- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 4 juiltet 1886).
- Afin de compléter nos renseignements sur quelques-uns des groupes syndicaux les plus importants, nous remettrons à la semaine prochaine le compte-rendu delà bijouterie des bronzes, etc.
- Les produits exposés dans l’annexe qui est au bout du pavillon de la ville de Paris, nous offre pour aujourd’hui quelques renseignements utiles à consigner, et nous ne voudrions pas manquer cette occasion.
- D’abord, il y a fort peu d’exposants internationaux. L’Autriche est bien représentée par plusieurs vitrines: si nos marchandises envoyées à l’étranger ne sont pas mieux présentées, il n’y a rien d’éton-nant qu’en voyant la supériorité de nos produits on ne les démarque pour se les approprier, ce qui n’est pas le cas dans cette circonstance.
- Avec les exposants étrangers, l’annexe comprend les groupes d’ouvriers syndiqués dans les départements, et enfin les exposants individuels. i Disons en passant qu’une partie de l’annexe est disposée avec estrade pour cent vingt musiciens et que bon nombre d’artistes ont déjà fait entendre les meilleurs morceaux de leur répertoire.
- Un buffet-restaurant des mieux aménagés sert aux consommateurs les plus nouveaux rafraîchissements de la saison ; on peut donc, sans crainte aucune, aller voir l’exposition ouvrière qui, dès à présent, complète, refuse les indifférents de la première heure jaloux de prendre part aux succès.
- Nous voyons en _ Autriche un médaillon dit: tête allégorique, qui a l’air d’une furie, travail fini avec beaucoup de modèle et entièrement fait au marteau ; puis ce sont des cadres en bois sculptés, feuilles d’acanthe finement et savamment fouillées par une main habile qui a su mettre en fronton une tête de Diane et grouper sur les côtés de jolis oiseaux merveilleusement posés. Des panneaux pour meubles, lTtn représentant un faune, l’autre un dragon, c’est artistique et très soigné.
- Des reliures présentées par Peterfi sont d’un travail courant, mais les modèles exposés par Pudit paraissent beaucoup mieux faits. Nous ne pouvons préciser davantage sur ces travaux, car les vitrines fermées empêchent de pouvoir apprécier d’une façon plus positive.
- De nombreux spécimens de pipes sculptées montrent ce que peuvent faire les ouvriers de ce métier; les prix indiqués sur chaque objet sont réellement très bas, eu égard au fini de certaines pièces.
- Certains objets en fer forgé sont aussi très soignés : une pendule, une lampe, des bougeoirs, encriers, etc., fer forgé et martelé, dénotent une grande persévérance pour arriver au degré, Ttrès remarquable, de ces pièces artistiques.
- Une garniture de foyer et une croix, également en fer forgé, méritent d’arrêter le regard.des connaisseurs.
- La Société des conducteurs, typographes et fondeurs de Budapest présente des types de travaux exécutés pour le commerce : spécimens d’imprimés, livres, brochures, circulaires, etc. Notons les clichés de papier, selon la méthode Kalhanek, qui, d’après le dire de l’inventeur, sont supérieurs au bois et au zinc et conviennent à tous les travaux de ville, aussi bien que pour les illustrations soignées.
- Dans cette annexe, il-y a de nombreux travaux personnels, ouvrages de patience, en bois, en liège, en métaux, tels que meubles, tableaux, monuments, etc. Notre-Dame de Paris, travail pris sur pièce, fait avec un seul morceau de merisier. Une pendule en bois de pommier représente les tours Notre-Dame. Des cages de fantaisie. Nous y retrouvons les pierres qui chantent, que M. Baude promène dans toutes les villes d’Europe.
- Mais tous ces travaux qui sont des tours de force et démontrent beaucoup de persévérance, ne remplissent en aucune façon le but que se sont proposé les organisateurs de cette importante manifestation ouvrière.
- Qu’est-ce que la France gagnera sur les nations voisines en faisant ces pièces uniques? Quel profit le commerce et l’industrie tireront-ils en étalant tous ces petits chefs-d’œuvre unipersonnels? Absolument rien !
- Ce n’est pas là le résultat du groupement ouvrier et le pays ne peut nullement grandir, le commerce ne peut s’étendre, l’industrie ne peut se développer; ce sont là les petits côtés, que l’on n’ose appeler industriels, de la question si souvent posée : l’abolition du paupérisme!...
- Nous ne sommes plus, heureusement, au temps des maîtrises et des jurandes, époque déjà loin de noüs_, où l’apprenti d’hier aspirait à devenir ouvrier, compagnon, maître, en faisant ce fameux chef-d’œuvre que les gardesv du métier devaient juger et pour lequel le titulaire devait payer de nombreux droits. 89 a aboli les privilèges, c’est donc d’un autre côté qu’il faut se retourner et voir, sous un jour nouveau, les progrès réalisés et l’espace qui reste à parcourir pour développer cette intelligence française à nulle autre pareille, qui fait la force de notre production si variée, toujours nouvelle et sans cesse enviée par les autres nations.
- Ce tour de main de l’ouvrier français peut, peut-être, s’imiter, mais se créer ailleufs'qu’en France: jamais! L’ouvrier national quitte quelquefois notre sol, travaille à l’étranger où il ne crée plus rien, car il lui faut pour cela l’air et la liberté qui ne se trouvent que sur le sol sacré de la patrie.
- Voulons-nous jeter un coup d’œil sur le travail individuel ? examinons les produits exposés par les ouvriers présentant leurs œuvres individuellement : M. Welfringer aîné a envoyé une table à ouvrage avec incrustations de diverses essences de bois, ivoire, nacre, etc., et surtout un joli panneau pour table de salon; ii est vrai que c’est très joli, et que cela sort des mains d’un artiste. A côté une crédence style Renaissance avec sculptures : Il en faut beaucoup comme cela pour arriver à la réussite, et ces travaux ne se commandent pas; ils se présentent à la vente quand ils sont fabriqués ; mais pour la vente il faut attendre l’acheteur : en attendant, il faut vivre !...
- M. Vernanchet nous présente de nombreux modèles de métallisation artistique en plâtre durci ; cadres, statuettes, bas-reliefs, médaillons imitant le vieil ivoire, le bois, le marbre, le fer, l’argent, etc., autant d’articles pour lesquels il faut une boutique pour exposer ces objets- à la vente.
- L’ouvrier d’hier devient alors marchand, et le but reste encore à atteindre.
- Beaucoup plus pratiques les ouvriers d’Ille-et-Vilaine, qui, réunis, ont envoyé des spécimens de leurs travaux. De jolis cadres dorés et modèles d’encadrements, l’emploi du maroquin représenté par un cadre doré à la roulette et au petit fer, un paroissien dont la donne est très artistique; à remarquer également une pièce (jambe articulée mécanisme spécial) présentée parles ouvriers métallurgistes de Rennes.
- L’Union fédérative de Poitiers, syndicats des menuisiers en parquets, présente le projet (au 5e d’exécution) d’un magnifique parquet mosaïque destiné à la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville. Des types de chaussures pour enfants et une série de jolis petits sabots sont exposés par Mauray, également de Poitiers.
- Enfin, quelques ouvriers parisiens ont exposé chacun séparément son travail.
- Des appliques style Louis XVI, bouquet de fleurs avec bras pour bougie, travail entièrement enlevé au ciseau, fer travaillé sur pièce, bouton de rose, rose et papillon, etc., sont d’un travail très scrupuleux et indiquent ce que peut l’habileté dans certains travaux.
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- Deuxième année. — N° 80
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 11 Juillet 1886
- Projet de JVL yAUDOYER
- PAÇADE COTÉ DE L’ECOLE JMlLITAIRE
- pROJET DE JVtJVL pOCHEREAU ET pIRAULT pLAI^ DU pHAMP-DE-JV[ARS
- PARIS. — GiyptoyrapMe SILVESTRE A C'*-, 97, rue Oberkampf.
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- Deuxième Année. — N° 8o.;
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Une vierge à l’enfant, bois sculpté avec cadre à fronton, n’est rien autre que de l’art.
- A côté, M. Martin, sculpteur, a exposé des consoles sculptées, enfants supportant un plateau, une statuette, enfant lançant une flèche, des panneaux bas-reliefs, des cariatides, autant de jolis travaux à admirer et qui ne seraient pas déplacés à l’Exposition des beaux-arts.
- M. Seure, ébéniste, a envoyé un tour de glace palissandre, fond bois de rose plaqué fougère avec milieux taille diamant, puis une pendule bois noir .et ivoire, placage bois des îles ; ces travaux sont finement exécutés.
- Au milieu de l’annexe, M. Ravenac, présente son système d’échelle (breveté s. g. d. g.); ce modèle, au dire de l’inventeur, est si bien- combiné qu’il est facile de monter au haut de n’importe quelle maison avec cet instrument d’un seul montant, un homme peut arriver sans difficulté à toute partie d’une maison en flammes et quelle qu’en soit la hauteur, porter des secours, opérer facilement les sauvetages, ces échelles ne pouvant plus jamais être trop courtes puisque toutes les pièces se raccordent les unes aux autres. Certes, voici du progrès, et nous avons vu un homme monter au faite du bâtiment avec beaucoup de facilité et se servir en même temps des bras et des jambes, sans quitter l’échelle. Nous ne pouvons que souhaiter un grand succès à cet inventeur.
- (A suivre.)
- A. Ramé.
- L’Exposition des insectes utiles et nuisibles qui devait avoir lieu au palais de l’Industrie pendant le mois de septembre, n’aura pas lieu cette année, l’emplacement qui avait été accordé n’étant pas suffisant pour cette importante exhibition.
- Elle aura lieu l’an prochain, et nous ferons connaître en temps utile le local que les organisateurs auront choisi.
- L’EXPOSITION COLONIALE
- ET INDIENNE
- DE LOMDRES
- (Par notre correspondant spécial.)
- (Suite)
- [Voir le Moniteur du 4 juillet 1S86).
- Province du Bengale
- La province du Bengale, la plus riche de toutes les provincee de l’Inde anglaise, fut concédée par Shah Âlam à la compagnie des Indes en 1765, sa population est de près de 67 millions d’habitants. Les séparations qui s’étendent le long du passage du milieu se distinguent aisément de celles qui précè lent par la façon très originale dont elles sont peintes et travaillées. Elles sont faites en papier mâché et sont des reproductions fidèles des terres cuites qui, dans tous les édifices sacrés et habitations particulières du Bengale, sont le système caractéristique de l’architecture moitié hindoue et moitié musulmane qui, depuis des siècles, se mêle l’une à l’autre dans un pays où les deux religions vivent côte à côtg et en bonne intelligence, comparé aux autres parties de l’Inde.
- La séparation du côté nord est copiée sur le fameux temple de Krishna (le Christ indien) à Kautanagar.
- Celle du côté sud est d’une architecture entièrement mahométane et reproduit les sculptures que l’on rencontre dans l’ancienne cité de Gaür qui, en 1198, était la capita.e du Bengale, mais qui fut désertée sous le règne du fameux Akbar, en ï 575.
- Les piliers plats sont imités du tombeau du sultan Ghyasuddin à Punduah, qui date du xm® siècle.
- Parmi les objets artistiques contenus dans cette section, il faut remarquer les modèles grandeur naturelle et réduits des indigènes du Bengale ; ces modèles sont faits en terre glaise séchée au soleil et quelquefois dans un four d’une simplicité extrême et sont recouverts de vêtements faits avec les étoffes employées par les natifs, on peut les comparer très bien aux figures en cire, et quant au modelé et à l’apparence de vie, ils pourraient faire une concurrence sérieuse au musée Grévin.
- C’est dans une seule ville du Bengale, Krishna-gur, que se trouvent de vrais artistes pour ces figures en terre, elles sont imitées dans plusieurs autres parties du Bengale, mais le cachet artistique y manque. Celui qui a vu une fois une statuette de Krishnagur la reconnaîtra immédiatement parmi une douzaine de même grandeur et représentant le même sujet, mais d’autre provenance.
- Nous arrivons maintenant aux tissus les plus remarquables du Bengale et qui sont connus dans le monde entier sous le nom de Mousselines de Dacca. Rien n’est plus léger que ces étoffes qui feraient rêver nos élégantes quand, en les pesant, elles s’apercevraient qu’une pièce de mousseline de i5 mètres delong sur un.mètre de largeur pèse, suivant sa qualité, 55 grammes ou 95 grammes, la
- première coûtant a5o francs et l’autre 1,000 francs la pièce !
- La bijouterie du Bengale attire beaucoup l’attention et les marchands indiens de colliers, bracelets, broches, etc., en argent, qui sont autorisés à vendre leur marchandise aux visiteurs trouvent, des bénéfices qui leur permettent d’oublier, dans les brouillards de Londres, le beau ciel de leur pays.
- Les villes du Bengale les plus célèbres pour leurs bijoux, sont: Dacca, Cuttack et Calcutta. Les parures en filigrane d’argent de Cuttack dépassent, en beauté et en finesse, tout ce que l’on trouve à Gènes, Malte, dans l’Arabie, la Norvège et le Danemark, pays si connus pour ce genre de travail.
- Calcutta tient la première place pour les bijoux de tout genre, en or.
- Les sculptures sur cuivre du Bengale sont loin de valoir celles de Benarès, et Monghyr est la seule ville où l’on travaille les incrustations d’ivoire sur bois d’ébène.
- "Les objets laqués de Dherboom sont les seuls qui puissent un peu se comparer aux laques inférieures de Chine et du Japon. La laque, par elle-même, est de très bonne qualité et de grandes quantités sont importées en Europe, mais le secret des Chinois, pour l’appliquer, n’est pas'connu des Bengalis.
- Quant aux tissus autres que les mousselines, le Bengale ne peut être fier que de ses soies de Tussor qui sont déjà très appréciées en France, le cocon de Tussor se trouve, à l’état sauvage, dans les forêts de l’Inde, son filage est très difficile, mais des progrès notables ont été déjà faits dans cette industrie, qui est appelée à un grand avenir.
- Dans la section que nous venons de décrire, on ne trouve que les produits entièrement indigènes; nous reviendrons aux productions dues au génie de l’Européen, quand nous passerons en revue la sectio-n économique et industrielle.
- État du Népaul
- C’est un Etat indépendant, sous le protectorat du gouvernement de l’Inde, sa population est de deux millions d’habitants. Le Népaul est un des pays de l’Inde le plus difficile à visiter pour les touristes, ,il faut une recommandation toute spéciale du Gouvernement anglais pour que l’on puisse y pénétrer; les habitants du Népaul forment de très bons soldats et plusieurs émigrent et s’enrôlent dans les rangs de l’armée anglaise.
- Dans l’exposition du Népaul on remarque un paravent en bois de bouleau sculpté, la plaque du milieu est une copie d’une fenêtre d’un ancien monastère de Patau, dont l’existence remonte à plus de trois siècles.
- Le fronton de l’arche centrale représente un ciel nuageux avec des anges et des dragons ailés.
- Les bijoux, objets en cuivre ciselé et les armes sont les seuls articles du Népaul qui s.oient exposés.
- (A suivre.)
- Paul Dejoux.
- EXPOSITION DES APPAREILS D'ÉCLAIRAGE
- A BRUXELLES
- L’exposition ouverte au palais de la Bourse, sous les auspices de la Société belge des ingénieurs et industriels, a duré jusqu’à la fin de juin. On y a fait des expériences sur la valeur comparative des différents systèmes eyposés et l’on a donné des conférences. Ces essais, ainsi que ces conférences, ont été organisés par M. Aerts, l’éminent directeur de l’usine à gaz de Bruxelles. Nous trouvons dans le bulletin de la Société internationale des électriciens de curieux renseignements sur cette exposition.
- Le gaz et le pétrole étaient largement représentés par les derniers perfectionnements apportés à ces deux modes de lumière ; il n’en est pas tout à fait de même pour l’électricité, les constructeurs de lampes n’étant pas bien nombreux en Belgique. La Compagnie VElectrique montrait une installation d’éclairage domestique au moyen des accumulateurs Jullien, ainsi que plusieurs appareils destinés à l’éclairage des navires : cônes diffusants, lampes, trotteuses, etc. Un bureau-ministre était parfaitement éclairé au moyen d’un chandelier à deux lampes Lane-Fox,pour lesquelles le courant est fourni par une petite batterie d’accumulateurs placée dans un des compartiments du bureau. L’Administration communale de Bruxelles exposait le régulateur de Foucault qui a servi à. l’éclairage de la rue Royale, lors du vingt-cinquième anniversaire de l’Indépendance nationale, c’est-à-dire en 1855.
- M. Somzée avait plusieurs modèles de lampes régulatrices automatiques, pour la lumière
- Dimanche ii Juillet iSS5.— 229.
- par incandescence et à arc voltaïque, et aussi un type de lampe alimentée par des poussières de charbon ou autres matières peu conductrices et divisées. Cette dernière combinaison aurait pour avantage de réunir l’économie et la divisibilité de la lumière, et de rendre les foyers parfaitement indépendants les uns des autres. On trouvait également plusieurs spécimens de la bougie Jablockoff, ainsi que les premiers modèles simples de la lampe Soleil. Mentionnons encore quelques éclairages spéciaux, comme le brûleur à incandescence de M. Clamond, dernier perfec-’ tionnement, donnait la carcel avec 138 litres et consommant 270 litres de gaz à l’heure ; le chalumeau oxhydrique de Tessié du Motay à incandescence de la zircone..
- Une exposition fort intéressante était celle de MM. Leanerts et Leanerts-L’Olivier, où l’electricité vient au secours du gaz pour assurer la sécurité et le confort dans les habitations particulières, les théâtres, etc. D’abord le robinet gazo-électrique au moyen duquel 011 est prévenu par sonnerie quand, après la fermeture du compteur à gaz, il y a un petit robinet resté ouvert par mégarde ou par négligence, dans le bâtiment. Un tableau comme celui des sonneries électriques ordinaires indique l’étage et la place où se trouve le robinet ouvert, et permet de fermer celui-ci avant qu’une fuite quelconque puisse avoir lieu de ce chef. Ensuite, l’appareil électrique de sauvetage fermant à distance, automatiquement ou à volonté, toutes les conduites de gaz, en cas d’incendie, et remplaçant au même instant l’éclairage au gaz par la lumière électrique. Lorsqu’un incendie se déclare dans le bâtiment, en un endroit quelconque, les fils de la ligne de sécurité ferment le circuit d’une batterie d’accumulateurs , dont le courant fait fondre une agrafe métallique qui soutient la clef du compteur ouvert. La clef tourne sous l’action d’un contre-poids et, dans son mouvement, entraîne la manette d’un commutateur qui dirige le courant électrique dans les lampes de secours. L’appareil supprime donc le danger du gaz en cas d’incendie, et l’allumage immédiat des lampes électriques de secours évitera des catastrophes comme celles qu’on a vues à Vienne et à Nice, dues principalement à l’affolement des spectateurs subitement plongés dans une obscurité complète. A ce point de vue, les inventions de M. Lenaerts méritent une attention sérieuse.
- LE CONSEIL MUNICIPAL
- ET LE MÉTROPOLITAIN
- Le Conseil municipal vient de terminer la discussion du rapport de M. Lefebvre-Roncier, relatif à l’intervention de la Ville dans l'exécution du chemin de fer métropolitain. Cette discussion, très longue, très difficile et très délicate, a duré neuf séances. _Les négociations avec le gouvernement ont failli être rompues à diverses reprises • enfin, par 44 voix contre 8, le Conseil a adopté le projet de délibération suivant :
- Le Conseil,
- Vu le projet de loi relatif à l’exécution d’un chemin de fer métropolitain dans Paris, déposé le 3 avril 1886, par M. le ministre des travaux publics-
- Vu le mémoire de M. le préfet de la Seine, en date du 7 mai 1886, transmettant au Conseil la lettre de M. le ministre des travaux publics, du 28 avril 1886 ;
- Vu le rapport de sa Commission spéciale,
- I. — Délibère :
- Article premier. — Est approuvé le tracé du chemin de fer métropolitain conforme au plan ci-annexé, comportant l’achèvement de la rue Réau-mur et comprenant:
- A titre définitif :
- i° Une ligne circulaire partant de la place de l’Etoile et y revenant en passant par ou près la place Glichy, la gare du Nord, les places de Strasbourg, de la République et de la Bastille la place Mazas, le boulevard de l’Hôpital, la place d’Italie, les boulevards d’Italie et Saint-Jacques la place Denfert-Rochereau, la place de Rennes’ le boulevard de Grenelle et le Trocadéro • ’
- La section de cette ligne entre le Trocadéro et le boulevard Barbés, passant par les avenues Kléber et de Wagram, les boulevards de Courcelles des Batignolles, de Clichy et Rochechouart, sera exécutée en tranchée couverte, sauf les prises d’air et les jours nécessaires ; 1
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8q.
- Dimanche ii Juillet iSSb.
- z'ro. — Deuxième Année. — N° vo.
- 2° Une ligne se détachant de la precedente par un double raccordement près la place de Strasbourg, passant par les boulevards de Strasbourg, d-e Sébastopol, près l'Hôtel de Aille, le boulevard Saint-Michel et aboutissant à la place Denlert-Rochereau ;
- 3° Une ligne allant des Batignolles à la place de la République, passant par ou près la place de l’Opéra et la place de la Bourse, par la . rue du Quatre-Septembre, la rue Réaumur et la. rue de Turbigo, et se reliant à ses deux extrémités à la ligne circulaire par de doubles raccordements ;
- 4° Une ligne partant de la porte Maillot pour aboutir à la place de l’Etoile ;
- 5° Une ligne allant de la place de la République à Ménilmontant et Charonne, suivant l’avenue de la République et se reliant dans les deux directions avec la ligne de Ceinture à la hauteur de la rue Sorbier, près la place des Pyrénées.
- A titre éventuel :
- i° Une ligne de la gare Saint-Lazare à la ligne circulaire pVès la gare du Nord, en passant par ou près le carrefour Drouot ;
- 2° Une ligne se détachant de la précédente.près le carrefour Drouot et rejoignant la ligne circulaire à ou près la Bastille ;
- 3° Une ligne partant de la gare d'Orléans et rejoignant la gare Montparnasse par la Halle aux vins, le square Monge, la place Saint-Sulpice, la place de Rennes.
- Art. 2. — Toutes les lignes désignées ci-dessus comme éventuelles ne pourront être, concédées définitivement et faire l’objet d’un décret déclaratif d’utilité publique sans une nouvelle délibération du Conseil municipal.
- Toutefois, en ce qui concerne la ligne reliant les gares du Nord et Saint-Lazare, le Conseil l’approuve dès à présent et décide que cette ligne sera exécutée en tranchée couverte. Ce mode d’exécution est subordonné aux difficultés techniques.
- Au cas où le raccordement rail à rail permettant la prolongation des trains ordinaires ne pourrait •être obtenu que par un tracé mixte (partie en via-duc et partie en souterrain), une Commission de quatre ingénieurs, désignés : deux par l’Etat et deux par la Ville, sera chargée d’étudier, dans le plus bref délai, un projet de tracé qui., tout en répondant aux conditions exigées, réduira au minimum nécessaire la partie à construire en viaduc.
- Art. 3. — La garantie d’intérêt, donnée par. la ville de Paris, .qui ne pourra, en aucun cas, dépasser le tiers de la garantie de l’Etat et, tout compris, excéder 2,470,000 francs par an, comprendra:
- 1° Par antériorité, une somme de 1,275,000 fr. afférente à l’opération de la rue Réaumur, et ce, pendant toute la durée de la concession à partir de la mise, en exploitation ;
- 20 Une participation égale au sixième de la garantie incombant à l’Etat vis-à-vis de la Société concessionnaire, et ce, pendant 2 5 ans à partir de la mise en exploitation ;
- Dans le cas où la boucle gare Saint-Lazare — gare du Nord pourrait être construite en tranchée •couverte, la garantie sera réduite à 2,225,000 fr.
- Art. 4. — i° Pendant les vingt-cinq premières apnées, la ville de Paris participera pour un tiers dans les bénéfices des revenus du chemin de fer métropolitain. Passé cette époque, la ville de Paris sera libre de continuer la garantie d’intérêt comme il est dit ci-dessus, à condition qu’elle participera également dans les bénéfices pour un tiers ;
- ^2°Toutes les sommes versées par la ville de Paris, aux termes de l’art. 2 ci-dessus, seront remboursées par la Compagnie du Métropolitain à la ville de Paris dans les conditions établies pour.le remboursement de la garantie de l’Etat par ladite Compagnie, par application de l’art. 9 de la convention intervenue le 3 avril 1886 entre le ministre des travaux publics et le concessionnaire..
- Art. 5. — Dans les travaux nécessités parla construction du chemin de fer métropolitain, les ouvriers étrangers ne pourront pas être admis dans une proportion supérieure à 10 °/0.
- Les ouvriers étrangers seront payés au même taux que les ouvriers français.
- L’outillage sera exclusivement demandé à l’industrie française.
- Art. 6. — Les ouvriers et employés commissionnés ne pourront être révoqués qu’en raison de motifs légitimes et jugés tels par un jury formé de leurs pairs.
- Ils auront la gérance de leur caisse de retraite, de secours et d’assurance sur la vie.
- Art. 7. — Le conseil d’administration du chemin de fer métropolitain comprendra :
- i° Trois membres nommés par le conseil municipal, pris dans son sein ;
- 20 Trois membres nommés par les employés de tout ordre du chemin de fer métropolitain, dont les appointements ne dépasseront pas 4,000 fr.
- Art. 8. — Au-delà de 6 °/0 au capital-actions de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris et sur l’excédent des revenus, il sera prélevé, avant toute autre affectation, et attribué par disposition statutaire de la Compagnie, dans une forme à déterminer ultérieurement, 10 °/0 en faveur du personnel des employés et ouvriers du chemin de fer métropolitain de Paris.
- Ces attributions figureront dans le bilan de la Compagnie au même titre que les dépenses courantes de personnel ou autres, comme attributions bénéficiaires ou complémentaires du personnel des employés ou ouvriers de la Compagnie.
- Art. g. — Au bout de 2 5 ans, si la ville de Paris continue à donner sa garantie d’intérêt, elle bénéficiera avec l’Etat des dispositions portées au titre IV du cahier des charges, lors de l’expiration de la concession, dans les proportions pour lesquelles chacun des deux aura participé à la garantie d’intérêt.
- IL — Emet le voeu :
- i° Que la ligne souterraine Nord-Sud, allant de la gare de l’Est à la gare de Sceaux, soit remplacée par une transversale sinueuse partant de la gare du Mont-Parnasse pour aboutir à la gare de l’Est, en passant par la rue de Rennes, le boulevard Saint-Germain, le quai Saint-Bernard, la pointe amont de Pile Saint-Louis, le quai des Cé-îestins et l’Hôtel de Ville.
- 20 Que, pour la construction du Métropolitain, la durée du travail effectif ne puisse excéder dix heures par jour ni six jours par semaine, et que, dans le cas exceptionnel où l’urgence des travaux .et l’insuffisance des bras obligeraient à prolonger la journée au-delà de la durée normale adoptée par le conseil, les heures supplémentaires de travail soient payées double.
- 3° Que la Compagnie qui exploitera le Métropolitain prenne toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité complète des voyageurs ; et en particulier, sans préjudice des autres systèmes qui pourraient lui être imposés ultérieure-mènt par l’Etat, la Compagnie applique immédiatement le block-svstème, qui repose sur l’intervalle d’espace ;
- Qu’elle s’interdise surtout d’imposer à ses employés qui ont plus particulièrement la responsabilité de la vie des voyageurs, notamment aux aiguilleurs, mécaniciens et conducteurs de trains, plus de dix heures consécutives de travail ;
- Que l’intervalle entre la cessation et la reprise du travail ne puisse également être de moins de dix-heures.
- 40 Qu’il soit délivré des billets aller et retour valables pour toute la journée pendant laquelle'ils auront été délivrés, et dont les prix sont calculés d’après des bases inférieures de 2 5 % à celles qui sont indiquées ci-dessous pour les billets simples à plein tarif, sans qu’il puisse être moins de ':
- ?o centimes pour les billets aller et retour de 3e classe ;
- 3o centimes pour les billets aller et retour de 2e classe ;
- 40 centimes pour les billets aller et retour de ir0 classe ;
- 5° Qu’il soit établfi pour toutes les classes, des billets d’aller et retour pour toutes les distances de 4 kilomètres et plus :
- Que la Compagnie d’exploitation du Métropolitain soit tenue d'organiser dans les deux sens du parcours, à 5 heures, à 6 heures et à 7 heures, en été ; à 7 heures, à 8 heures et à 9 heures du matin, en hiver, et le soir, à 6 heures, à 7 heures et à 8 heures, en toute saison, des « trains de travail » composés de 2e et de 3e classes, .à prix réduits, sans aller et retour, pour tout le parcours du Métropolitain. Qu'il ne soit perçu sur ces trains du matin et du soir, quelle que soit la distance parcourue, que o fr. 10 c. par place en 3e classe et o fr. 20 c. en seconde.
- 6° Que pour la traction des trains, il soit fait emploi de machines aménagées pour ne dégager ni fumée, ni vapeur, ni gaz susceptibles de vicier l’air ambiant ;
- Que l’air soit renouvelé par des puits d’aération ou par des appareils de ventilation suffisamment rapprochés ;
- Qu’à défaut de regards assez spacieux pour faire pénétrer la lumière du jour dans les tunnels, et pour la commodité et la sécurité des voyageurs, les parties souterraines soient éclairées a giorno à la lumière électrique, les frais de cet éclairage pouvant être payés par les annonces industrielles et commerciales qui seront autorisées sur les parois des parties souterraines et aux stations du Métropolitain ;
- 70 Que dans les travaux du chemin de fer métropolitain les associations ouvrières soient appelées à concourir à l’exécution d’une partie importante des travaux ;
- Que, pour l’exécution de ces travaux, des facilités de crédit à un taux d’intérêt ne dépassant pas 4 1/2 °/0 leur soient assurées par la Banque de France et le Crédit foncier, institutions d’Etat, d’après une convention dont les termes devraient être approuvés par le gouvernement, qui a assumé la direction des travaux ;
- Que la série de prix officielle de la ville de Paris réformée soit appliquée, ou' une série de prix spéciale s’en rapprochant, de nature à donner des garanties de rémunération équitable du travail ;
- 8° Que les prix de main-d’œuvre portés aux bordereaux ayant servi aux adjudications soient obligatoires entre les entrepreneurs et les ouvriers.
- 90 Que la commission parlementaire s’efforce de faire concorder la durée de la concession du che-
- min de fer métropolitain avec la durée restant à courir des concessions faites par l’Etat aux grandes compagnies ;
- io° Que les deux Chambres veuillent bien, avant leur séparation, statuer sur le Métropolitain.
- III. —Renvoie au Gouvernement l’étude des lignes suivantes :
- i° Une ligne circulaire partant de la place de l’Etoile, et y revenant, en passant par ou près la place Clichy, la uare du Nord, les places de Strasbourg, de la République et de la Bastille, les places Mazas et Walhubert, les places d’Italie et Den-fert-Rochereau, le boulevard Edgar-Quinet , Je boulevard de Vaugirard, le boulevard de Grenelle et le Trocadéro.
- 20 Un embranchement à la ligne de Batignolles à la place de la République et aux Halles.
- Cet embranchement partira de la place de l’Opéra pour aboutir aux Halles, suivant en souterrain l’avenue de l’Opéra, la rue des Petits-Champs, la rue Etienne-Marcel et la rue Montmartre.
- 3° Une ligne allant de la gare Saint-Lazare à la gare de Sceaux, comportant l’achèvement du boulevard d’Enfer.
- En raison de l’achèvement du boulevard d’En-fer, la ville participerait financièrement à la construction de cette ligne pour une quotité à déterminer ultérieurement.
- Et subsidiairement :
- A partir du pont de la Concorde, la ligne passerait par pu près les voies suivantes :
- Quai d’Orsay, palais Bourbon et ministère des affaires étrangères, jonction avec le chemin de fer des Moulineaux, rue de Constantine (esplanade des Invalides), boulevard des Invalides et boulevard du Mont-Parnasse jusqu'à la gare de l’Ouest.
- Dans la séance publique de lundi dernier, le conseil général de la Seine a émis un avis favorable à l’exécution de la précédente délibération.
- Il a émis, en outre, un avis favorable à la création d’une ligne de I3oulogne à Auteuil et d’une autre ligne de la Porte-Maillot à Neuilly.
- Enfin, plusieurs vœux relatifs à la fixation des tarifs du Métropolitain, au tracé de certaines lignes d’intérêt départemental et à l’étude d’un Métropolitain de banlieue ont été votés.
- Mais, en somme, la délibération du conseil municipal est approuvée et c’est elle seule qui va être soumise aux Chambres par le ministre.
- Au Parlement de prononcér.
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- LES LIVRES
- LXV
- Edouard Simon. — L'empereur Guillaume et son règne. — Un vol. in-8. Paris, Paul Ollendorf, éditeur.
- L’heure de la postérité, c’est-à-dire d’un' jugement complètement impartial et définitif, n’a pas encore sonné pour l'empereur d’Allemagne. Mais si la postérité rend, par l’organe de l’histoire, des arrêts que l’on dit définitifs, non qu’ils soient infaillibles mais parce qu’ils contiennent, grâce à l’éloignement des faits et à l’apaisement des esprits, la plus grande somme possible de justice et de vérité, elle ne peut le faire que sur le rapport, sur les témoignages des contemporains. Le livre de M. Edouard Simon est, à ce titre, moins une histoire définitive de l’empereur Guillaume et de son règne, qu’une contribution utile à cette histoire.
- Pour la première fois en France, un écrivain a pu se détacher assez de certaines préventions, se désintéresser assez de souvenirs pénibles pour tenter une enquête impartiale sur cette longue vie, ce long règne, et dégager d’analyses consciencieuses, une synthèse qui s’impose aux esprits sérieux comme un vigoureux et judicieux essai de philosophie historique et politique. Ce travail témoigne de qualités plus solides que brillantes, et il n’y faut pas chercher les effets de style, les mouvements d’éloquence, les traits de virtuosité littéraire que ne comporte guère d’ailleurs le sujet. Ceux qui veulent demander à l’histoire les impressions et les sensations du roman seront un peu déçus et méritent peut-être de l’être. Car il ne faut pas demander à un sujet, à un genre ce qu’ils ne peuvent guère donner sans sortir de leurs limites et de leurs règles. Que les dilettantes puissent se plaindre de la gravité uniforme des expositions et des déductions, qu’ils puissent trouver que le tableau manque d’air et d’horizon, que le portrait du monarque ne satisfait pas l’imagination par un relief suffisant, des oppositions savantes, de brillantes couleurs, c’est leur affaire. Nous avons lu le livre avec des préoccupations plus historiques que littéraires, qu’artistiques, comme celles qui l’ont inspiré. Nous ne lui avons demandé que ce qu’il prétendait nous donner, et ce qu’il nous donne, en effet, un exposé clair et substantiel de la politique intérieure et extérieure qui ont fait de la Prusse de Frédéric-Guillaume IV, tenant en Allemagne un rang précaire, disputant à la rivalité jalouse et impérieuse de l’Autriche une suprématie dont l’ambition semble très supérieure à ses for-
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- Deuxième Année. — N° So.
- ces, l’Allemagne de Guillaume Ier, ayant réduit l’Autriche aux fonctions de satellite, dominant non seulement la France mais l’Europe, régnant directement ou fédéralement sur soixante millions d’hommes et pouvant, avec sa landsturm, jeter impunément, grâce à son système d’alliances, deux millions de soldats sur l’adversaire qui la provoquerait ou qu’elle aurait intérêt à provoquer. Il est certain que ce ne sont pas là des résultats qu’on puisse attribuer au hasard ni au bonheur. Il est certain que pour que la royauté prussienne menacée en 1848 par la Révolution, contrariée pendant dix ans dans son évolution, par les chicanes parlementaires, obligée de payer ses armées avec des budgets d’office, obligée de lutter diplomatiquement entre des ennemis de tradition ou de situation, et de négocier avec des amis d’occasion, ait pu arriver à triompher de tous ces obstacles, à battre le Danemark avec l’Autriche, puis l’Autriche avec l’Italie, à dissoudre la confédération germanique, puis à vaincre la France avec la complicité de gré ou de force de toute l’Europe, il a fallu le concert si rare d’un prince doué de hautes facultés, d’une raison supérieure, d’une habileté égale à son ambition, avec des exécuteurs et des modérateurs de ses volontés, doués du talent à ce degré où il confine au génie. L’Allemagne a donné à son empereur le titre de grand. Et peut-être la postérité ratifiera-t-elle ce titre que nous n’avons pas à confirmer pour deux motifs : d’abord parce que la gloire de Guillaume nous coûte trop cher, ayant été surtout acquise a nos dépens ; ensuite parce que si nous voyons ce que l’Allemagne a gagné à ses succès, nous ne savons pas pour combien de temps, mais surtout nous ne voyons pas ce que le monde, ce que l’humanité, ce que le progrès général qui est son but ont gagné à des victoires et à des conquêtes qui n’ont pas été le triomphe du droit, mais celui du fait armé de la force. Pour nous, on n’est un grand homme que lorsqu’on a servi l’humanité. Guillaume n’a servi que l’ambition de sa dynastie, que l’orgueil national allemand. Nous dirons de lui comme Joseph de Maistre le disait de- Frédéric : C’est un grand homme, soit, mais c’est surtout un grand Prussien.
- A ce propos, se posait naturellement, et M. E. Simon ne l’élude pas, tout en la traitant avec discrétion, la question de savoir à qui, dans la politique triomphante à Diippel, à Sadowa, à Sedan, revient, du souverain ou de ses ministres, la part de direction, d’inspiration, d’initiative, la part principale et prépondérante.
- Guillaume, en se plaçant bien entendu toujours au point de vue allemand, a-t-il été un grand roi ou seulement le roi d’un grand règne, comme on l’a dit de Louis XIV lui-même? Est-il le roi de ses œuvres ou le roi des œuvres des autres? A-t-il eu un plan déterminé, des idées réfléchies, un génie personnel ou n’a-t-il été que le joueur heureux gardant l’honneur d’une partie dont sa couronne était l’enjeu, mais qui a été gagnée à son profit par ces habiles teneurs de cartes, le général de Roon, l’organisateur militaire, le général de Moltke, le tacticien, et le prince de Bismarck, l’homme d’Etat, le négociateur, le politique. Sur ce point, la réponse n’est pas difficile et elle résulte de l’analyse serrée des faits telle que la pratique M. E. Simon, et d’ailleurs des aveux mêmes de M. de Bismarck, qui ne sont pas des flatteries de courtisan. Il semble incontestable que l’empereur, dès le premier jour comme.le dernier, a régné et gouverné, a voulu, préparé, combiné l’œuvre et l’outil: l’outil, c’est-à-dire l’organisation de l’armée ; l’œuvre, c’est-à-dire la destruction de lq Confédération germanique, l’abaissement de l’Autriche, l’agrandissement territorial de la Prusse. U, a eu des collaborateurs éminents. Mais il a . été, il demeure l’auteur du nouveau progrès du système prussien, de l’application de ce système à l’Allemagne et à l’Europe. Ce système prussien, il est traditionnel, il est héréditaire ; il date de Frédéric et l’empereur Guillaume est, on peut le dire, hormis l’esprit littéraire et la fanfaronnade philosophique, le meilleur élève de Frédéric. Il y a aussi le système russe dont Pierre le Grand est l’auteur, mais qui n’a pas rencontré dans ses successeurs d’aussi dignes héritiers , d’aussi bons élèves. L’empereur Guillaume a accommodé le système de Frédéric aux temps actuels et, on peut le dire, à son propre caractère, à son propre génie. Il ne se pique d’être ni littérateur, ni philosophe. Il est roi de droit divin, roi religieux, et il lui a été très agréable, dans son piétisme mystique, de pouvoir renoncer au Kulturkamf et renouer de bonnes relations avec la Curie romaine. Il n’ajamais beaucoup admiré ni aimé la machine constitutionnelle et le mécanisme parlementaire. Et peut-être ne se prête-t-il pas sans appréhensions aux tentatives de socialisme d’Etat et de politique coloniale qui nous paraissent des idées ou plutôt des expédients propres àM. de Bismarck. Mais un trait de son œuvre' qui est bien à lui, c’est la Triple Alliance sur l’oreiller de laquelle il s’endormira tranquillement, et sur lequel dormira peut-être moins à l’aise son successeur.
- Ce qui, en tout cas, résulte du livre de M. E. Simon et de ses exposés qui témoignent d’une instruction diplomatique et d’une sagacité politique auxquelles son livre doit son originalité et son
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche ii Juillet 1880. — eâi.
- autorité, des négociations qui ont amené la guerre avec le Danemark, la guerre avec l’Autriche et la guerre avec la France, c’est que c’est bien l’empereur qui est l’auteur de son système, du nouveau système prussien et allemand. M. de Bismarck n’a été que son collaborateur, son auxiliaire, et lui rend cet hommage avec une franchise qui n’est peut-être pas sans arrière-pensée, une humilité qui n’est pas sans ironie, car laisser à l’empereur le mérite, l’initiative de l’œuvre, c’est lui en laisser aussi la responsabilité, et jamais dans ses conceptions les plus aventureuses, le chancelier n’a négligé de'se ménager, en cas d’échec, la ligne de retraite.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- BELGIQUE
- INDUSTRIE DES PAPIERS PEINTS
- Le Moniteur officiel du commerce du 17 juin publie une dépêche au consul de France à Liège, relative à l’industrie des papiers peints en Belgique.
- Ce document fait connaître que l’industrie dont il s’agit a pris de grands développements pour le pays. La France continue toutefois à y importer ses .produits riches et d’un dessin élégant, tandis que les envois des fabricants allemands et anglais n’y ont jusqu’ici que médiocrement réussi.
- ITALIE
- INDUSTRIES MÉTALLURGIQUE ET CHARBONNIÈRE
- Le consul général de France à Turin, après avoir examiné la situation actuelle de l’industrie de la fonte et du fer en Italie, ainsi que la consommation des charbons, termine un récent rapport par les conclusions suivantes :
- En résumé, la métallurgie italienne a fait depuis 20 ans des progrès remarquables et elle s’affranchit peu à peu de l’industrie étrangère. Sur ce terrain, comme sur tant d’autres, l’activité allemande nous a fait un tort considérable. S’ensuit-il que la place perdue ne puisse être reprise? Je ne le pense pas.
- L’industrie métallurgique française n’a laissé que de bons souvenirs, tout le monde reconnaît ses qualités de solidité, de fini, tandis qu’on se plaint chaque jour davantage d’autres produits étrangers.
- Que nos industriels baissent un peu les prix du catalogue, qu’ils aient de bons représentants et ils trouveront en Piémont de sérieux débouchés.
- VÉNÉZUÉLA
- ARTICLES D’IMPORTATION ET D’EXPORTATION. INDUS-ITRE. MONNAIES. POIDS ET MESURES
- On trouvera dans le même numéro du Moniteur officiel du commerce des extraits d’un rapport très étendu du consul de Belgique à Caracas sur les principaux articles d’importation du Vé-nézuéla et sur la situation industrielle de la République.
- Ce rapport fournit notamment l’indication des maisons de commerce les plus importantes du pays en ce qui concerne les tissus de laine, le ciment, les peaux de chèvre, la céramique, les armes et les bougies. Il donne aussi des renseignements sur les monnaies en circulation et sur le système des poids et mesures usité.
- RUSSIE
- EXPORTATION DES BOIS RUSSES PAR LES PORTS DE LA MER NOIRE.
- Nous empruntons les extraits suivants à une correspondance adressée de Tiflis au même journal et relative au commerce des bois provenant des forêts qui se trouvent sur les bords de la mer Noire, notamment en Abkhasie, près de Soukhoum-Kalé :
- A un point de vue général, les affaires de bois que les Français font sur les bords de la mer Noire gagneraient à être conduites de la manière suivante :
- Il faut envoyer à Soukhoum ou ailleurs, un homme connaissant parfaitement les essences, qui trouvera dans le pays un homme de confiance parlant les dialectes de la côte; ils visiteront les forêts où l’on désire faire des coupes et choisiront arbre par arbre, l’argent étant déposé chez le juge de paix à Soukhoum-Kalé, par exemple, où les indigènes seraient payés. Il serait dangereux de porter sur soi plus que le strict nécessaire. En commençant avec 2S ou 3o,ooo francs (10 à 12,000 roubles),'à titre d’essai, on serait sûr de réaliser des bénéfices qui peuvent varier entre 5o et 100
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- L’achat d’arbres au choix doit être préféré à l’achat de forêts en bloc (sans le terrain). Il fau-
- drait un homme pour surveiller la coupe, le « troussage », la toilette, le transport et lé chargement des bois, et cet homme n’aurait besoin que d’un abri dans la forêt. Les indigènes travaillent bien et à des prix modérés. On peut aussi, à tout moment, arrêter et liquider l’affaire.
- 11 faut apporter beaucoup de prudence dans les transactions avec les gens du pays,
- La matière première abonde dans la région et l’argent y est rare, très rare. Par conséquent, plus on a de capitaux à employer, plus on a de chances de succès.
- Une dernière observation, qui peut être utile: Dans ce pays, la sève des arbres ne cesse presque pas de couler; aussi la coupe doit-elle avoir lieu de décembre à février, et il faut visiter les forêts avant le mois d’avril pour éviter l’excès de feuillage et les plantes grimpantes qui empêchent de se rendre un compte exact de la valeur de chaque-arbre.
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- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Reprise des Fâcheux.
- La Comédie-Française vient de reprendre solennellement, officiellement, pontificalement, ainsi qu’elle en agit toujours, les Fâcheux, de Molière. Certes ce n’est pas une mauvaise idée que d’avoir-repris les Fâcheux ; mais n’est-il point bizarre qu’il ne puisse se débiter trois vers classiques aux Français sans que cela n’ait l’air d’un événement, littéraire. 11 ne faut pas s’imaginer qu’on va nous révéler Molière aujourd’hui; qu’on fasse donc moins de tapage quand on le joue et qu’on le joue plus souvent en revanche, ce sera mieux. Bien que-la pièce des Fâcheux ne soit pas une comédiè construite selon les règles traditionnelles de l’art, c’est-à-dire offrant le développement d’une intrigue ou comportant l’analyse soutenue d’un caractère, elle est extrêmement intéressante à plus d’un point de vue. D’abord c’est une des pièces les plus documentaires, du répertoire classique une de celles qui donnent le plus vif tableau des us et mœurs du xvii0 siècle. Mais dans cette comédie brassée à la diable par le grand peintre de caractères, les touches rapides sont si rigoureusement, étalées, que les personnages se profilent en silhouettes magistrales qui résisteront éternellement: à l’injure des temps. Ne reconnaît-on pas ces fâcheux, déshabillés de leurs justaucorps, leurs grands canons et leurs perruques, nos raseurs modernes qui sont encore ceux de l’avenir. Car tant que le monde sera monde, les fâcheux auront les mêmes procédés d’action ; c’est-à-dire que tous les moyens leur seront bons, ils les ont tous accaparé dès l’origine. La forme du rasoir change un peu; mais le raseur est toujours le même. Le spectateur gênant et désagréable au théâtre est-bien vivant encore hélas aujourd’hui, et l’amateur de musique, wagnérien ou anti-wagnérien, et le monsieur aux affaires d’honneur, et le joueur de piquet remplacé par le joueur de baccarat et les belles précieuses, ergoteuses d’amour, ô lectrices de M. Bourget et auditrices de M. Ca.ro, et le sportman du pesage après le chasseur du grand siècle, et le quémandeur de places, et l’inventeur aux abois qui vous emprunte deux pistoles et le-raseur de sa propre essence, l’importun juré, le crampon qui vous rase pour rien, pour le plaisir-tous, ils y sont tous. Oh ! la belle galerie d’ancêtres à laquelle il n’y a qu’à donner un coup de-plumeau pour voir apparaître une suite de photographies modernes. Pourtant il est une sorte de fâcheux que Molière n’a pas portraicturé, car son siècle avait le bonheur de ne pas le connaître ; ce raseur qui a concentré tous les autres en lui-même, Protée aux mille formes épousant tous les aspects et versant l’ennui sous toutes les couleurs, c’est le monologuiste. Tuleuniez vous dit du portrait du monologuiste par Molière, et du rôle enlevé de verve par M. Coquelin (P. P. C.).
- Nous ne pouvons nous empêcher de manifester notre indignation devant la façon dont on se comporte à l’égard de la direction de l’Opéra populaire. Comment! voilà une des tentatives qui aient été le plus artistiquement conduites jusqu’à ce jour; on n’ignore pas les difficultés sans nombre dont est entourée une entreprise de cette nature et on ne cherche qu’à mettre des bâtons dans les roues à M. Millaud- Il prépare des pièces ; au dernier moment on lui refuse l’autorisation de les jouer; aussitôt qu’il manifeste l’intention d’en monter d’autres, les interdictions arrivent en foule et cela pour des motifs de spéculations souvent peu intelligentes et toujours indignes de tempéraments artistiques de M part des propriétaires d’opéras ou opéras-comiques. Et celaa lieu en vertu de pouvoirs soit réels que la législation dramatique devrait songer à reviser en quelque mesure, soit fictifs et occultes dont le mépris public devrait faire justice.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ALRAULT et O, rue de la Préfecture, 6
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- 232. — Deuxième Année. — N° 80.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889-
- Dimanche 11 Juillet 1886
- LES NOUVELLES INVENTIONS
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- Soupape BARBE9 préservatrice des Explosions des chaudières
- a vapeur
- APPLIQUÉE PAR L’ÉTAT FRANÇAIS
- Avant d’entretenir nos lecteurs de cette importante question, qui a fait l’objet d’examens les plus minutieux, nous avons voulu attendre les résultats des expériences faites par les Ingénieurs de l’Etat délégués spécialement à cet effet par M. le ministre des travaux publics.
- Aujourd’hui, que ces résultats sont connus, puisqu’ils sont consignés dans des rapports très favorables adressés à l’âdministration supérieure, et que le ministre compétent a donné à cet appareil une sanction officielle par sa décision du 2 avril dernier, de l’appliquer sur les chaudières ressortissant à son département , nous croyons de notre devoir de mettre nos lecteurs au courant de cette intéressante question. ^
- Tout le monde sait que les sou-
- ,. , . Coupe longitudinale de l’appareil,
- papes, dites de surete, prescrites par
- le décret du 3o avril 1880, sont complètement insuffisantes pour prévenir les explosions : l’expérience le démontre
- d’abord d’une manière douloureusement éloquente, puisque toutes les chaudières actuellement en service en sont munies, et que, malgré cela, la statistique enregistre malheureusement trop souvent des catastrophes épouvantables provenant d’explosions de chaudières. Le calcul le démontre aussi, puisqu’il prouve que ces appareils devraient avoir, en réalité, une surface 64 fois supérieure à celle que l’on obtient à l’aide des formules. Quant aux soupapes à vapeur, dites à échappement progressif, bien qu’elles constituent un progrès important sur les précédentes, des calculs irréfutables établissent qu’elles sont en moyenne de 20 à 3o fois moins efficaces qu’une soupape à eau de sections égales.
- Les rapports des trois savants ingénieurs, désignés par M. le ministre des travaux publics, établissent au contraire que la soupape
- Barbe, qui évacue l’eau et la vapeur, est d’une efficacité absolue pour prévenir le retour de ces terribles accidents, et que son emploi s’impose à tout industriel soucieux de son existence, de celle de ses ouvriers, et aussi de ses intérêts.
- Du reste, pour mettre nos lecteurs en mesure de juger la question en toute connaissance de cause, nous en résumons ci-dessous l’historique depuis le commencement des essais auxquels cet appareil a été soumis jusqu’à ce jour.
- La soupape Barbe fut expérimentée par M. Julien, ingénieur en chef des mines à Paris, spécialement délégué, à cet effet, par M. le ministre des travaux publics, ainsi que par la préfecture de police, et par M. Wicker-sheime, ingénieur des mines, tous les deux chargés de la surveillance des chaudières de la Seine. Les expériences eurent lieu à Ivry, le 29 décembre 1884, puis à Paris, les
- 23, 24 et 3i janvier 1885 ; leurs résultats, très concluants, furent consignés dans des rapports très favorables adressés par ces Ingénieurs, au mois de mars 1885, à l’administration compétente. La commission centrale des machines à vapeur, dans sa séance du 5 mai suivant, trouva ces expériences insuffisantes, et, dans. sa séance du 28 juillet suivant, demanda des expériences industrielles sur de grands générateurs.
- M. le ministre des travaux publics, par lettre du 22 août 1885,
- désigna alors M. Peslin, ingénieur en chef des mines, à Douai,
- pour y procéder.
- M. Pesin visita plusieurs usines dans lesquelles la soupape Barbe est installée depuis trois et quatre ans : il put ainsi constater qu’elle se
- maintient très bien étanche pendant plusieurs années, et que les incrustations n’ont pas été un obstacle à son fonctionnement. Il reçut aussi les déclarations de chefs d’usines, attestant que la soupape avait fonctionné chez eux, par suite de surélévation de pression, et évité ainsi de graves accidents.
- M. Peslin fit ensuite lui-même des expériences sur des chaudières de 60, 90 et 120 m. 2 de surface de chauffe, contenant 9, 12 et 14 m.3 d’eau, et, sa mission terminée, il en consigna les résultats dans un rapport favorable qu’il adressa au ministère, le 26 octobre 1885, et que la commission centrale approuva dans sa séance du 8 octobre suivant.
- Enfin, le 2 avril dernier, M. le ministre des travaux publics décidait que la soupape Barbe serait appliquée sur les chaudières de l’Etat ressortissant à son département.
- Application de la soupape à une chaudière verticale Vue extérieure.
- Application de la soupape à la partie supérieure d’une chaudière à bouilleurs. Coupe transversale.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- DEUXIÈME ANNEE.
- Dimanche 18 Juillet 1886.
- NUMÉRO 81.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889: 2. Les expositions anglaises en 1886: exposition coloniale et indienne de Londres, exposition de Liverpool, exposition de Folkestone; 3. Exposition ouvrière internationale ; 4. Étude sur les broderies, dentelles et étoffes à l’exposition d’Anvers en 1885 ; 5. Les embellissements de Paris; 6. Questions coloniales ; 7. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 8. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 9. Les Livres; 10. Avis commerciaux; 11. Les Théâtres.
- L’EXPOSITION DE 1889
- La Société de garantie s’organise activement.
- Nous avons donné ici même le texte de deux circulaires adressées par le ministre du commerce et de l’industrie aux préfets et. présidents des chambres de commerce et des chambres syndicales, dans lesquelles il était parlé de ce capital de garantie.
- De nombreuses souscriptions sont déjà recueillies, les grands établissements de crédit, plusieurs chambres de commerce, les principaux capitalistes ou industriels, un grand nombre de trésoriers'généraux, figurent sur la liste des souscripteurs.
- Nos lecteurs savent qu’aux termes de l’article 2 du règlement il suffit de verser 50 francs par part de 1000 francs. Il y a tout lieu de croire que ce sera le versement qu’auront à effectuer les souscripteurs.
- En 1867 on avait constitué une société de garantie au capital de 8 millions de francs, divisés en 8000 part de 1000 francs, les souscripteurs s’engagèrent pour une somme de 10.347.000 francs, mais n’eurent qu’à verser 2 pour cent du montant de leur souscription soit en tout 206,940 francs pour chaque part de 1000 francs souscrits, qui avait entraîné un versement de 20 francs. Les souscripteurs ont reçu : intérêts dè 20 francs, 2 fr. 11, dividende 89 fr. 05 total 91 fr. 16.
- On reconnaîtra que c’était là un placement assez avantageux, pourquoi en serait-il autrement en 1889 ?
- N’a-t-on pas tout lieu de croire, au contraire, que ce chiffre sera dépassé.
- Les recettes de 1889 seront, sans aucun doute, bien supérieures à celles qui furent faites en 1867.
- Les dépenses seront réglées avec le plus grand soin, tout en faisant un monument digne du but que l’on veut atteindre, c'est-à-dire prouver une fois de plus la grandeur de la France.
- Nous pensons pouvoir enregistrer dans notre prochain numéro le décret nommant directeurs de l’Exposition :
- MM. Alphand, travaux ;
- G. Berger, administration-,
- Grison, finances ;
- Ainsi que la composition de la commission supérieure de l’Exposition et de la commission de contrôle et de finances.
- On sait aujourd’hui, que le ministre va faire dresser un plan définitif de l’Exposition, en prenant dans les projets primés ce qu’ils ont de meilleur et qu’il n’instituera pas un nouveau concours ainsi que certains de nos confrères l’avaient annoncé.
- M. Lockroy aurait l’intention de constituer, le plus tôt possible, un conseil administratif des trois directeurs et de leurs principaux chefs de service.
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- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- E NT 188 6
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial.)
- (Suite)
- ( Voir le Moniteur du i / juillet 1886).
- Les provinces du Nord-Ouest et d’Oudh
- Ces provinces embrassent la partie supérieure de la grande vallée gangétique et ont une population de 44 millions d!habitants.
- Agra qui était l’ancienne capitale des provinces du Nord-Ouest, du temps du Grand Mogol, a été détrônée par la cité d’Allahabad, mais Lucknow, qui était la résidence des rois d’Oudh, est restée le chef-lieu de la province de ce nom, qui est assez familier aux oreilles parisiennes, car la mère du dernier prince régnant est morte à Paris il y a quelques années.
- Cette section est remarquable pour ses sculptures empruntées aux temples et aux palais d’Agra et de Fatchpur Sikri ; les reproductions des balustrades à jour, du fameux mausolée le Taje (à Agra) et des incrustations en pierres précieuses, imitant des fleurs et des oiseaux, qui garnissent tous les bas-reliefs du temple sont de toute beauté. Ce genre de travail fut importé dans l’Inde par un Français, Austin, de Bordeaux.
- L’Exposition de Lucknow se fait surtout remarquer par ses bijoux en or et en argent d’une grande originalité et ciselés avec beaucoup de fini.
- Bénarès expose, une collection très variée de vases et autres objets, en cuivre ciselé, qui, depuis quelques années, sont très connus en-France et font beaucoup d’effet malgré leur travail comparativement grossier.
- Les cotonnades d’Oudh tiennent toujours une place prééminente parmi les textiles de l’Inde, malgré la concurrence acharnée que leur fait Manchester ; mentionnons aussi les broderies sur mousseline et les dentelles d’or et d’argent qui sont la spécialité de Lucknow.
- Le Pendjab et le Cachemire
- La population du Pendjab est de 19 millions d’habitants.
- Cette province expose des sculptures sur bois très remarquables, des bijoux en or et en argent, des émaux possédant une couleur bleue toute spéciale, des incrustations d’argent sur acier, faites à Sialkot et Gujérat, et qui sont uniques dans leur genre.
- Il y a aussi de très belles collections d’armes anciennes et modernes et un modèle très soigné du fameux Temple doré (Golden Temple) d’Am-ritsur.
- Parmi les textiles on remarque les cotonnades imprimées de Kot-Kamalia, les tapis, les châles imitation de Cachemire et les fameuses broderies de Delhi sur soie et velours, qui ont eu la médaille d’honneur à l’Exposition de Paris de 1865.
- Le royaume de Cachemire expose des vases, amphores et autres objets en or, argent ou cuivre ciselé et émaillé, d’un goût exquis et d’un dessin qui ne se retrouve nulle part dans les autres parties de l’Inde, des châles merveilleux (les fameux châles de l’Inde, si renommés jadis) et des chintzes de Sambar, petite ville au pied des montagnes, à quarante kilomètres de Summoo, capitale du Cachemire. La demande pour ces chintzes (cotonnades imprimées) est devenue si considérable que le gouvernement du Cachemire en a pris le monopole et que le prix est monté de 18 francs à 28 francs la pièce.
- Provinces du centre et d’Assam
- Rien de bien intéressant dans les provinces du centre; remarquons seulement en passant les soies Tussar de Samlalpar et les turbans brodés de Dhandara. L’Exposition de l’Assam consiste surtout en thés. Cette province avec une population de cinq millions d’habitants est surtout connue par ses plantations de thé qui n’existaient pas il y a quelques années ; les premières coupes de thé d’Assam furent expédiées en Angleterre en 1838 et maintenant cette province exporte pour près de 75 millions de francs de thé chaque année. '
- Les peuplades de l’Assam sont très primitives et les produits exposés ne sont curieux que par leur originalité et leur simplicité; mentionnons néanmoins la collection de bijoux parmi lesquels se font remarquer les colliers et bracelets en filigrane d’or de Barpeta, les colliers en or et corail des monts Khasi, qui sont la parure ordinaire des femmes riches de Khasi, et les objets en or et en argent de Manipur.
- La Birmanie anglaise
- Cette province a une population de 3,736,000 habitants.
- Le style des objets exposés diffère entièrement des autres provinces du grand empire indiqn et se rapproche du genre chinois. Les partitions de cette section sont en bois de teck, avec des sculptures représentant des monastères et des fêtes religieuses bouddhistes : Rangoun, capitale de cette province, a envoyé une riche collection d’objets en or et argent ciselé qui tient le milieu entre l’art indien et l’art chinois, mais n’en conserve pas moins une originalité toute particulière. Les gongs birmans ainsi que les cloches sont très appréciés même par les Chinois, mais les autres objets en cuivre ciselé sont de qualité très inférieure. Parmi les tissus de Birmanie qui sont exposés, on remarque les pièces de soie nommées putsos que les hommes se mettent autour du corps et qui ont quinze mètres de long sur un mètre de largeur; elles sont surtout remarquables par la variété des couleurs et l’excentricité des dessins et le prix des plus beaux putsos varie entre 600 et boo francs
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- 284- — Deuxième Année. — N° Si.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Juillet 18S6.
- chacun citons aussi les tentures brodées très chargées en couleur, mais d'un effet très pittoresque.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- L'Exposition de Liverpool a pour objet principal la production des moyens de locomotion et de transport depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Nous n’en ferons point aujourd’hui l’étude détaillée et nous remettons à notre prochaine correspondance les renseignements intéressants que nous avons pu recueillir sur la ville elle-même aussi bien que sur l’Exposition. Nous donnerons seulement quelques notes qui permettront à nos lecteurs de se rendre compte plus facilement des photographies que nous reproduisons.
- L’une de nos gravures représente un amusement ou peut-être à plus juste titre un exercice qui semble être en faveur auprès des Anglais. Il s’agit d’un « Tobocanning ». Le mot est quelque peu difficile à traduire et nous ne saurions mieux le faire comprendre qu’en disant en quoi consiste cet exercice.
- A l'entrée principale de l’Exposition et à gauche de la façade se trouve un terrain en pente assez prononcée. D’une longueur de 5o à 60 mètres sur une largeur de 20 mètres environ, il est divisé en trois parties, séparées par des rails de chemin de fer. Un petit traîneau partant d’une plate-forme parcourt à toute vitesse les intervalles laissés par les rails. Une personne se place dans le traîneau, s’abandonne à sa course vertigineuse et arrive à une autre plate-forme succédant à la pente, où le traîneau pendant sa vitesse trouve un obstacle qui l’arrête.
- Une autre gravure représente un pavillon indien. Il se trouve placé dans les jardins au milieu des nombreux kiosques qui en font l’ornement. Ce pavillon a été construit pour des Indiens, véritables indigènes, amenés à l'Exposition — sans doute pour lui donner un attrait spécial — par M. William Croos qui ne craint pas de s’intituler importateur-en ce genre!... Mais qu’importe le titre pourvu que la chose soit intéressante ? On ne saurait dire qu’elle ne l’est nullement, mais cependant on ne saurait comprendre par exemple, pourquoi ces Indiens sont conduits en voiture, dans leurs exercices de cirque , par des Européens. Les modes de transport des pays qu’ils représentent sont des voitures, peu différentes des- nôtres, mais elles sont traînées par d'autres animaux. Le cheval n’est plus rien : il a pour concurrents des buffles, des éléphants, des chameaux, des zèbres, etc.
- L'intérieur du pavillon est disposé en cirque : le public moyennant une redevance assiste aux exercices des indigènes sur des gradins disposés ad hoc. En dehors des courses en voitures de différentes sortes dans l’arêne, la représentation comprend des danses indiennes, et de plus une interprétation — que nous n'apprécions pas — d’une musique dite d’opéra que nous croyons vraiment bien indigène. Aux quatre coins de ce cirque se trouvent des huttes simulant des ateliers où quelques Indiens travaillent le bois, en font les uns des petites voitures d’enfants, les autres des petits bateaux, etc. Des femmes aussi sont.là tissant des étoffes.
- Le pavillon lui-même est plutôt digne d’être remarqué. Il a l’apparence d’une mosquée, avec son grand dôme flanque' de deux tours en style oriental.
- Notre troisième gravure représente une vue des jardins à l’entrée de l’Exposition. Un phare, d’une hauteur de 3o mètres environ, a été établi en cet endroit par une importante société anglaise et suffit à lui seul, par son élévation, à renseigner sur la route à suivre pour arriver à l’Exposition. Chaque soir, du haut de ce phare, des lumières électriques, projetées en tous sens, produisent le meilleur effet.-Tout autour sont des expositions diverses parmi lesquelles un bateau à voiles, prêt à être lancé à la mer, mérite d’être cité.
- Nous n’insisterons pas davantage sur cet aperçu sommaire de ce qui caractérise au dehors l’Exposition de Liverpool.‘Avec notre correspondance prochaine, nous pénétrerons dans l’intérieur et nous passerons en revue chacune des sections organisées par les différents pays.
- EXPOSITION DE FOLKESTONE
- Le ier mai de cette année se sont ouvertes en Angleterre quatre expositions : elles ont pour théâtre les quatre villes de Folkestone, Londres, Liverpool et Edimbourg. Toutes sont dites internationales, mais à vrai dire ce titre est pompeux et il eût été peut-être plus juste de les appeler concours régionaux. Il faut cependant faire exception pour l’exposition de Liverpool dont nous parlerons prochainement et dont le Comité d’organisation, en s’appuyant sur les consuls de chaque pays, a réussi à grouper dans son palais une représentation modeste, mais réelle, des industries des principales puissances européennes.
- L’exposition de Londres, la plus importante, est coloniale. Elle nous montre les produits des industries nombreuses et variées de l’Inde. Son arrangement si séduisant tient bien plutôt sous le charme les visiteurs que la valeur même des objets exposés. Il en est de même de l’exposition d’Edimbourg, dont la disposition artistement ordonnée nous captive. Rien cependant de particulièrement intéressant en dehors des quelques industries mécaniques qui y sont représentées.
- L’exposition de Folkestone dont nous nous occupons aujourd’hui est due à M. Félix Joseph, qui en émit l’idée pour la première fois le 26 mai 1885. Sa proposition fut d’abord très restreinte : elle consistait à établir un jardin d'hiver de proportions modestes devant recevoir chaque année une exposition d’oeuvres d’art.
- L’accueil fait au projet d'exposition dépassa bientôt toutes les espérances malgré les difficultés qui avaient semblé un moment pouvoir entraver sa réalisation. lien résulta qu’on abandonna l’idée d’exposition exclusive des œuvres d’art et qu’on autorisa l’admission des produits industriels. Les bâtiments de.l’exposition construits ad hoc sont situés entre la station de Shornchiile ou station ouest et la station de jonction à l’est. La façade se trouve dans Bouverie Rood ouest en face deTrinity Road : d’une apparence imposante, elle se développe sur une longueur de 33o pieds. Au centre est un beau et spacieux portique, formant entrée dans la principale galerie de l’Exposition.
- Les bâtiments consistent en une galerie centrale de 70 pieds de large sur 210 de long avec des galeries latérales de 3o pieds de large qui se commandent entre elles.
- L’une des plus grandes attractions de l’exposition est l’éclairage électrique organisé par la « Electrical Power storage Company ». Deux machines de 80 chevaux-vapeur mettent en mouvement quatre dynamos Crompton, lesquels fournissent l’électricité nécessaire à toutes les lampes : ces machines se trouvent dans un bâtiment spécial,' auquel accèdent par une voie couverte ceux des visiteurs qui désirent les examiner. Les lampes employées sont de deux sortes : les lampes à arc et les lampes à incandescence. Les premières sont au nombre de 36, chacune, d'une force de 3,000 bougies ; — les secondes sont au nombre de i,25o de 10 bougies chacune.
- Les expositions contenues dans la grande galerie sont plutôt artistiques : les cloisons sont ornées de tableaux parmi lesquels nous distinguons les portraits du roi Georges IV, de Charles James Fox, assis dans un fauteuil devant un bureau, de la reine Adélaïde, etc. Au fond de cette galerie est un grand orgue exposé par MM. Joues et fils de Londres, et qui se recommande aux spécialistes par une quantité d’innovations importantes.
- Au centre de cette grande nef centrale se trouve une élégante fontaine avec un jet d’eau s'élevant jusqu’à 25 pieds et dont les gouttes cristallines viennent tomber autour de la statue d’ « Eve à la fontaine ».
- Parmi les sculptures exposées dans cette galerie, citons, de M. Bizch, une statue équestre « The Last Trumpett Call » et un grand nombre de bustes d’éminents personnages.
- Deux expositions industrielles terminent cette galerie, qui est consacrée plus spécialement aux œuvres d’art. Ce sont celles de MM. Doulton et Cie, de Londres, qui, en dehors des salons de toilette qu’il a installés, expose un assez grand nombre de vases émaillés, et de M. Josephs, orfèvre à Londres, exposant des coupes, candélabres, calices, amphores en argent, etc.
- Dans les galeries à droite et à gauche de l’entrée principale se trouve une splendide collection de
- peintures anciennes et modernes. C’est le salon de-Folkestone, en même temps que le musée.
- Nous ne pouvons citer tous les tableaux intéressants : nous laissons à l’un de nos collaborateurs ce travail d’artiste. Disons seulement qu’il en est de signés des grands noms bien connus : Michel-Ange, Titien, Véronèse, Giorgione, Tinto-retto, de Vinci, Rubens, Rembrandt, Teniers, Van-Dyck, Ruysdaël, Greuze, Poncin, H. Vernet, etc., etc.
- Mentionnons aussi une exposition d'arts industriels, d’antiquités, de curiosités, d’émaux, d’armes-anciennes, etc.
- Ici, dans un magnifique écrin, nous voyons un surtout massif, aux armes de Montefiore ; là des spécimens d’objets du moyen âge, qui n’ont jamais été exposés auparavant, si l’on s’en rapporte à ce que disent les propriétaires ; quelques curiosités de peu de valeur intrinsèque, mais offrant un intérêt historique ; enfin une grande quantité d’objets choisis dans les musées de Brigh-ton, Maidstone et Canterbury.
- Section française
- Mais voici le pavillon français, flottant au-dessus de la porte d’un salon.
- Nous nous y rendons en toute hâte. Une exposition modeste mais coquette s’offre à nos yeux nous ne tardons pas à constater qu’elle est due à la Chambre de commerce de Boulogne. Il faut en. faire honneur au président et nous ne manquons pas à le féliciter de son patriotisme. Si la France-ne pouvait venir entière à cette exposition, au moins il était intéressant que les villes rivales des bords de la Manche montrassent qu'elles-pouvaient grandement supporter la concurrence des cités au-delà du détroit.
- Le président de la Chambre de commerce de Boulogne a formé une exposition collective très intéressante et pour laquelle les félicitations de tous lui seront acquises.
- Nous allons d’ailleurs examiner en détail cette exposition française.
- La Chambre de commerce de Boulogne expose les photographies et plans de l’entreprise Bara-toux. Citons l’endroit où est posée la première pierre du port de Boulogne en eau profonde et des vues du port de Boulogne et de ses principaux établissements.
- M. Herbaux, directeur des grandes carrières de Leulinghen et Mont-Lambert, près Boulogne, expose ses magnifiques marbres, ses pierres de construction, etc. MM. Déjardin père et fils exploitants des carrières d’Elinghen, exposent aussi des marbres divers ; citons plusieurs cheminées Pom-padour et Louis XIV, qui sont du meilleur goût. Plus loin sont encore des cheminées de marbre 1 M. Delacre en est l’exposant.
- M. Huret-Lagache, de Boulogne, expose dans une élégante vitrine ses toiles à voile, ses cordages, etc. — M. Chartaux, des meubles et tapisseries, chaises Louis .XV et Louis XVI, et une ravissante petite chaise bébé satin vieux vert et vieil or en soie.
- La quincaillerie est représentée par M. Fayot ; les fourrures, par M. Kummer; les broderies, par MM. Lafosse et Guilland; la librairie, par M. Guil-land-Macquet ; la photographie, par MM. Grassin et Patté, etc., etc.
- L’exposition artistique a aussi ses représentants. Les peintres de Boulogne ont répondu à l’appel du Président de la Chambre de commerce et nous pouvons citer une trentaine de jolis tableaux signés de M. Mesureur-Noc, de Mme Elise Dutercq, de M. Barra, de M. Houter, etc., etc. MM. Fresnayë*, Blot, Lormier représentent la sculpture.
- Enfin, citons une exposition particulière très intéressante de M. Lebeuf, membre de la Société française d’archéologie des antiquaires de Normandie et qui consiste en un tableau reproduisant les dessins d’armes franques mérovingiennes à comparer à celles anglo-saxonnes de la Grande-Bretagne au temps de l’Heptarchie.
- Telle est dans son ensemble la section française de l’Exposition de Folkestone. Si modeste qu’elle soit, nous ne pouvions la passer sous silence. Nous sommes heureux au contraire de constater les efforts faits par l’industrie boullonnaise pour soutenir, sous le patronage de la Chambre de commerce, haut et ferme le drapeau de la France à l’étranger.
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- Deuxième Année. — N° Si.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE TS89.
- Dimanche 18 Juillet 1886. — 235.
- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 11 juillet 1886).
- Nous avons déjà parlé des Ecoles de Montévrain et de Villepreux ; en outre du travail de ces deux établissements, l’administration de l’assistance publique offre aux yeux des visiteurs le produit des résultats obtenus dans plusieurs autres écoles professionnelles placées sous la surveillance du service des enfants assistés et dont les travaux sont faits sous la direction des patrons.
- Villenoy, près Meaux, école de chapellerie (15 élèves) ; enseignement tout particulier du travail manuel. Ces enfants sont destinés à fournir de futurs contre-maîtres à cette industrie, par le mode tout particulier de l’apprentissage, ce qui ne se fait pas ordinairement dans les ateliers de cette industrie. Les produits exposés sont très remarquables comme finesse de travail et comme prix peu élevé.
- Bois-Colombes, école de fleuristes (12 élèves), fleurs faites absolument d’après nature ; renseignement de cette profession est donné d’une façon tout à fait supérieure ; ces fleurs en tissus sont des plus remarquables ; les bleuets ont l’air d’avoir été cueillis à l’instant dans les blés d’alentour.
- L’orphelinat de Magnanville, près Mantes (57 élèves, jeunes enfants), instruit les enfants et les initie d’une façon toute spéciale aux travaux d’aiguille et de ménage et enseigne en outre la fabrication des objets en soie végétale, petits sacs, dessous de plats, de lampe, hamacs, etc.; nous avons remarqué de très élégantes brides pour chevaux, tous ces objets attirent agréablement le regard des nombreux visiteurs.
- L’orphelinat Chanson (71 élèves), a d’abord été sous la direction de la Société Bonjean. Les enfants y reçoivent l’instruction primaire, et sont exercées aux travaux généraux de la femme : couture, confection, modes, fleurs, broderies ; parmi les objets exposés, il faut admirer un coussin avec chiffre brodé sur canevas, imitant la dentelle.
- L’école de Saint-Sulpice fabrique des jouets en bois et en fer-blanc (articles de Paris), petits ménages, etc. Il en faudrait beaucoup comme cela, car la supériorité marquée de ces produits les place bien au-dessus de la fabrication étrangère ; ce serait sûrement un très bon moyen de fermer la porte à tous ces envahisseurs qui encombrent notre marché.
- A Dole, Jura (29 élèves),fabrique de coutellerie, sécateurs, cisailles pour tondre les haies. Prix modiques et bonne fabrication. Une bonne intention a présidé, à l’installation de cette exhibition : au centre d’un grand panneau, les lettres onciales de l’état sont représentées avec les produits manufacturés.
- La cordonnerie de Beaufay (Orne) (5o élèves), présente des produits d’une fabrication soignée.
- La serrurerie est aussi représentée, 28 enfants placés dans diverses maisons du département de la Somme nous font voir que la grande sollicitude de l’administration, toujours en éveil, cherche le plus possible à placer un peu dans toutes les industries les garçons placés sous sa direction.
- Dans toutes les écoles de garçons, l’enseignement de la gymnastique et .les premières notions militaires font partie de l’enseignement.
- Outre ces écoles, des groupes importants trouvent leur place, dans d’autres industries : la faïencerie occupe 76 enfants tant à Digoin qu’à Choisy-le-Roy ; dans la verrerie pt cristallerie, 212 enfants sont placés dans six établissements.
- Cet important service comptait au mois de juillet 1886, 3,400 enfants placés en apprentissage, parmi lesquels on compte des bijoutiers et des sculpteurs dont l’habileté est déjà digne de remarque.
- Nous ne pouvons terminer aussi rapidement l’examen du travail des enfants assistés de la Seine sans rendre un hommage très mérité à la paternité morale qui protège, suit et dirige toutes ces petites intelligences. Certes le tuteur des enfants abandonnés est de par les lois du i5 pluviôse an XIII et 10 janvier 1849,1e directeur de l’Assistance publique, qui pour les intérêts des enfants, agit sans conseil de famille, la loi l’ayant investi de tous les pouvoirs paternels ; mais si c’est le général qui commande l’armée et gagne les batailles, il
- est d’autres capitaines qui, s’ils ne sont pas absolument au premier, brillent au second rang d’un rayonnement si lumineux, que tous ceux qui savent ce que le chef de la division des enfants assistés a fait, fait tous les jours et surtout ce qu’il prépare, ceux-là, dis-je, ne peuvent manquer de rendre hommage au zèle et au dévouement infatigables de M. Brueyre en faveur de ces pauvres déshérités qu’il ne veut pas voir, comme en Hollande, mis à l’index de toute une population par leur costume mi-partie rouge et mi-partie noire (ce sont les forçats libres de l’enfance).
- La première fondation en faveur des enfants abandonnés date de Charles V, et il reste encore aujourd’hui, à cette intéressante institution, une rente provenant de l’hôpital du Saint-Esprit et quelques biens ruraux, héritage de l’hospice Saint-Jacques. Plus tard, sous François Ier on créa les Enfants-Rouges, ainsi nommés à cause de la couleur de leur costume. Aujourd’hui tous ces enfants sont habillés comme les autres, sans aucune distinction, et lorsque l’on se rend bien compte que le département de la Seine compte sous sa tutelle, son patronage ou sa protection environ 47,000 enfants, et dépense pour eux plus de six millions, il ne sera pas difficile de se convaincre que le chef de division chargé d’un tel service n’a pas dans son emploi les distractions d’une sinécure.
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- Nous sommes bien loin de cet exemplaire de P Iliade cité par Cicéron, les i5,ooo vers étaient écrits dans un si petit espace que tout le manuscrit tenait dans une coquille de noix!... Aujourd’hui on fait beaucoup de grands exemplaires : Est-ce mieux ? je ne le crois pas.
- Le livre occupe une place d’honneur dans notre mobilier : l’auteur, le dessinateur, l’imprimeur, le relieur, tou£ rivalisent pour produire une œuvre absolument artistique.
- Un format courant peut aussi bien être composé habilement, être illustré richement et surtout relié artistement qu’un grand format, je dirai même plus facilement.
- La société de solidarité de la reliure-dorure a exposé une trentaine de volumes qu’il nous faudrait tous citer, car il y a lieu de remarquer les uns pour la nouveauté, les autres pour Part, d’autres enfin pour quantité de bonnes raisons qui de prime aborcj ne sont pas sans valeur.
- Pourquoi avoir mis toutes ces belles reliures en rang comme à l’étalage du plus petit des libraires? Certes la reliure méritait bien une vitrine spéciale tout comme la bijouterie. Un bijou fait plaisir, il passe de mode, on s’en lasse ! Un bon livre, on le lit, on le relit encore; puis a-t-on quelque moment d’ennui, vite le plus sûr conseiller est là, il vous console, le meilleur ami qui, lui, reste toujours l’ami, c’est le livre : une autre fois, messieurs les organisateurs, une place d’honneur au livre, s’il vous plaît!...
- Enfin, il faut prendre les expositions comme elles sont et les objets exposés : la reliure pour de Part, et les relieurs pour des artistes.
- Madame Bovary, in-8° cavalier, maroquin vieux rouge, clair poli, dorure de composition. Envoi de M. Bonleu qui a joint deux autres volumes dont : Le Conte de l’Archer, in-8° cavalier reliure maroquin bleu ciel, dorure du xvma siècle. Ces volumes sont d’une bonne exécution. Vient ensuite M. Dervois qui nous présente seize spécimens de son savoir-faire. Manon Lescaut, grand in-40, demi-reliure d’amateur, maroquin du Levant bleu marine dos et coins, ébarbé, tête et coins dorés, filets dorés à la garde, bonne exécution ; mais pourquoi des plats en soie tissée? Ce n’est pas pratique. J’aime mieux les deux petits in-8°. La Reliure aux Expositions, maroquin du Levant grenat glacé, ébarbé, tête dorée, reliure pleine, plats filetés, gardes également filets dorés ; l’ouverture est bonne, le mors est bien net, c’est bien dommage que ces deux volumes ne soient pas à vendre, ils sont des mieux parmi les bien et ne manqueraient pas d’amateurs. Anacréon et Sapho, in-8°, maroquin Levant rouge, la reliure répond à l’édition, c’est fini, léger, coquet ; gardes soie moirée verte avec contre-garde maroquin vert, dorure à la roulette, tranche dorée avec transparent vert. — Si vous allez à la messe et que vous n’aimiez pas à vous encombrer de gros volume, faites relier votre livre, comme, ce petit paroissien romain in-24 maroquin vert olive glacé, reliure souple, joli chiffre fait à la roulette, gardes moire grenat avec contre-garde maroquin bordée de dentelle au petit fer. C’est tout simplement coquet à l’envi.
- Les Chansons de J.-B. Clément, in-12, couvert maroquin du Levant vert poli, à nerfs, dorure, fleurons et sujets au petit fer, travail tout à fait artistique celui-là, et si nous ouvrons le volume, admirons la patience qu’a déployée cet homme de Part pour faire de telles gardes : 488 petits carrés de maroquin de diverses couleurs, assemblés sur
- un fond orange, forment un damier en mosaïque du plus bel effet, les tons employés s’harmonisant admirablement, la tranche dorée est marbrée en transparence et l’on y retrouve les teintes mosaïques du damier.
- Un in-8, Sous bois, et d’autres volumes méritent aussi l’attention des amateurs. Citons aussi les Heures romaines, in-16, plein maroquin grenat avec incrustation argent niellé, joli motif Louis XV fleuronné, et Y Armistice, in-8, reliure hollandaise, parchemin blanc, tranche rouge ; est-ce une idée ou une attention ? le titre du volume ; l’armistice et la commune enveloppés d’une couverture tendue dont le blanc immaculé ressort d’autant plus que la tranche est rouge écarlate !...
- Deux volumes, in-4, Lt Flandre, la Hollande, présentés par M. Guimbal, sont dfiine bonne facture, reliure d’amateur, demi-maroquin vert russe, tranche ébarbée, tête dorée. Le papier, un peu fort, rend l’ouverture difficile, cependant les mors s’ouvrent très carrément.
- L’Eventail , l’Ombrelle, deux volumes in-4, exposés par M. Kerling, sont d’une bonne exécution demi-reliure d’amateur. Ces ouvrages méritaient mieux qu’une demi-reliure, mais cela ne retire rien au travail de M. Kerling, qui est très soigné. Les volumes présentés par M. Knecht sont d’un travail courant bien exécuté.
- M. Richert a envoyé quatre volumes parmi lesquels nous citerons la Renaissance, in-4, maroquin rouge, dorure du xvie siècle. Le Père Goriot, in-8 raisin, couvert veau mat, ornements sur les plats, encadrement entièrement au petit fer, nerfs encadrés, le tout en noir d’une grande régularité, tranches ébarbe'es, tête dorée, contre-garde encadrée d’une dorure à la roulette très nette. Enfin, les Elégies, vol. in-18, plein maroquin capucine, contre-garde en bleu ciel, dos orné, dorure du xvme siècle. MM. Vigny et Percot ont envoyé six volumes dont le travail a été fait en collaboration. Deux volumes, la Femme française, Son Altesse la femme, grand in-8 jésus, reliés maroquin vert poli, tranche marbrée et dorée, sont d’une très bonne exécution. Julia de Trécœur, in-8, plein maroquin rouge fileté, gardes maroquin vert avec dorure, guirlande de fleurs très remarquablement exécutée au petit fer, ce volume mérite une attention toute spéciale. Puis la Matronne, in-8, plein maroquin fauve, tranche marbrée et dorée, dorure Dusseuil, filets et coins, d’angle, encadrement des nervures du dos en mosaïque bleue.
- La dorure sur tranches de tous ces volumes a été exécutée par M. Chapuis et c’est à Mlle Chas-sevent que l’on doit ces tranchefiles multicolores qui sont posées avec une dextérité remarquable.
- Dans toute cette Exposition, il n’y a rien qui ne soit bien exécuté, mais il faut remarquer que tous ces travaux sont essentiellement, pratiques. Le volume des chansons de J.-B. Clément, seul, monte à 200 francs ; quelques-uns, et des plus soignés, ne sont pas à vendre, mais en général les prix sont abordables à tous les amateurs du beau et du fini anistique qui a présidé à l’ensemble de cette exhibition.
- Oui, nous avons vu plus riche, mais plus soigné et plus fini, non, certes, nous ne pouvons dire l’avoir vu. Ne remontons pas aux siècles passés, où pour couvrir les livres on se servait principalement de cuir de cerf; les livres reliés aux époques d’alors étaient destinés aux bibliothèques des moines ou des grands seigneurs. L’industrie des relieurs était entravée par de nombreuses lois exceptionnelles et par des privilèges dont jouissaient partout alors les corporations, notamment celle des orfèvres. Les relieurs ne pouvaient que brocher et couvrir tout au plus le parchemin ou le cuir dont ils s’étaient servis pour envelopper leurs brochures de quelques ornements très simples et non coloriés. En sortant des mains du relieur, le livre passait dans celle de l’orfèvre, qui seul avait le droit, en dehors des habitants des couvents, monastères ou abbayes, de faire les riches couvertures en or, argent, cuivre de laiton, ornées de perles ou de pierres précieuses, ainsi que les fermoirs, les boutons remplaçant ou ornant ces derniers, etc. Ce n’est qu’après le travail de l’orfèvre que le livre retournait chez le relieur qui fabriquait l’étui, recouvrant la couverture luxueuse pour la préserver de toute poussière et généralement de tout ce qui aurait pu la salir. Aujourd’hui, après avoir lu un livre broché on le donne à cartonner !... A cartonner! C’est-à-dire que l’ouvrage n’est plus broché, mais qu’il n’est pas encore relié ; il est ainsi dans une espèce de purgatoire, attendant que l’on soit décidé à l’habiller suivant ses mérites. Fi donc!... Croit-on vraiment qu’une riche reliure, ou même une_ mosaïque, serait déplacée sur les ouvrages que j’ai cités?
- Si les amateurs des siècles derniers avaient fait cartonner, nous n’aurions plus ces merveilleux spécimens que tout le monde connaît. Faites donc relier somptueusement vos ouvrages précieux, certainement plus intéressants à tous les points de vue que pas mal de livres à figures du xvme siècle, que l’on est tout étonné, malgré leur peu de mérite, de rencontrer habillés de maroquin. Oh ! je sais bien que l’on me répondra : « Mais quelle reliure choisir ? Il n’y a point d’ornements ni de fers xixe siècle, les relieurs ne font que copier les
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- anciens; quant aux essais que nous connaissons ils ne nous charment guère ». Soit, mais ma réplique est toute prête. S’il n’y a pas encore de reliure genre xixe siècle bien caractérisée, c’est la faute des amateurs; oui certes; si au lieu d’encombrer les ateliers de Trantz-Bauzonnet, pour ne citer que celui-là, d’ouvrages anciens dont on avait cassé la reliure et qui attendaient un habit neuf, on eût dit à ce maître : Combinez une ornementation, trouvez des fers ; inventez une reliure nouvelle qui portera votre nom : il l’eût trouvée,- cette reliure et exécutée dans la perfection. Trantz n’est plus... mais il y a encore d’excellents relieurs ; témoins les travaux exposés par les ouvriers relieurs.
- Nous ne voulons pas continuer ces appréciations, car il résulte de l’ensemble d’observations multiples que, dans le développement de cette branche de l’art industriel, ce n’est pas le hasard, mais bien l’influence de faits historiques coïncidant avec des manifestations nouvelles de l’art qui marque les époques de progrès ou de sommeil.
- Quand on est au plaisir ou que la satisfaction domine l’esprit, le temps passe, les heures s’écoulent, et le sablier du temps se vide sans crier gare !... L’heure sonne, les agents crient : on ferme! Quelle heure est-il donc ? c’est à la pendule mystérieuse exposée par M. Cunge, que nous le demandons : hélas, six heures sont sonnées, il. fious faut vous renvoyer au prochain numéro, mais pas, toutefois, sans vous dire ce que c’est que cette pendule exposée au centre du pavillon sur le socle B. Les mécaniciens, eux-mêmes, avouent ne rien comprendre à la pendule mystérieuse exposée par cet ouvrier horloger. Aroun-ar-Raschid évoque tes souvenirs et me viens en aide, ne dérange pas ce mouvement et dévoile-moi le mystère : Sur un support en cuivre doré formant demi-cercle, sont placées'deux sphères en verre transparent; la plus grosse, qui se trouve en bas, indique les heures, l’autre plus petite, placée au-dessus, marque les minutes. C’est en vain'que l’on cherche à deviner le moyen par lequel ces boules peuvent se mouvoir. C’est le dernier mot du mystère dans la mécanique. Ajoutons que ce système est un objet gracieux, aussi original qu’utile et nouveau sous toutes ses formes. C’est un des succès de l’Exposition. Félicitons ce chercheur qui a passé un temps infini pour trouver et mettreàjour une découverte ingénieuse, capable de défier la science et l’œil le plus exercé.
- A. Ramé.
- (A suivre.)
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- ÉTUDE
- SUR '
- LES BRODERIES, DENTELLES & ÉTOFFES A L’EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- E3\T 1 ss 5
- Les Expositions sont devenues peut-être trop fréquentes et sont faites le plus souvent au profit de la nation qui expose. Entendons-nous bien par le mot profit.
- Nous voulons dire que la nation chez laquelle se fait l’exposition est beaucoup mieux représentée que les autres.
- Le mauvais état des affaires en France et dans d’autres nations a fait de nombreux vides.
- La fréquence des Expositions produit un effet contraire à celui qu’on attend, même dans les industries à la main les plus îhaniables et dont les produits sont le plus facilement transformables,.
- Eu égard aussi aux causes énoncées plus haut, l’industriel économise ses frais , restreint ses efforts, cherche plus à vendre qu’à créer, de manière à 'souffrir le moins possible.
- Il ne manque pas de motifs pour ne pas exposer, surtout lorsque' l’industriel est certain de ne trouver dans cette Fxposition aucun débouché à ses produits et s’il expose, ce sont des produits déjà connus ou fabriqués sur idées déjà exploitées et dont les frais sont déjà faits.
- A ces causes, joignez la crainte, pour ne pas dire la certitude, de se voir emprunter ses procédés et les dessins, et vous aurez la clef de bien des abstentions dans l’Exposition présente sans rien dire du passé et sans préjuger de l’avenir.
- EXPOSITION D’ANVERS
- Il s’est produit à la dernière heure de l’installation de l’Exposition d’Anvers quelques désordres regrettables, dont le gros public ne s’est peut-être que peu aperçu, mais qui ont nui certainement à la facilité de l’étude.
- Au dernier moment, un grand nombre de places ont ,été changées dans la section française, sans
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 18 Juillet 1SS6.
- que l’on ait suivi rigoureusement les classements qui avaient été officiellement approuvés.
- Cet inconvénient eut été facilement évité en conservant pendant tout le courant de l’Exposition le même bureau pour chaque classe : Président, vice-président, secrétaire veillant tous trois à ce que les dispositions qu’ils ont prises depuis le commencement de leurs travaux soient rigoureusement observées, lorsque surtout ces dispositions ont été officiellement approuvées par le commissaire général.
- Belgique
- Les broderies application pour ameublement étaient très ordinaires.
- Les guipures, genre Alençon, les points de Venise ne valent pas ceux de Paris ni comme dessin, ni comme exécution. Quelques points à l’aiguille étaient d’une bonne exécution sur des dessins vulgaires et sans valeur. De même pour les Bruges, les lacets et toutes les dentelles à larges effets. On n’en tire aucun parti décoratif.
- Les industriels Français n’ont rien à craindre sinon qu’on leur prenne leurs dessins.
- Quelques efforrs de dessins dans les bordures, mais rien de bon dans, les pièces d’ensemble, éventails, pointes, châles, etc. Les dentelles noires sont lourdes d’exécution, le dessin en est mal compris. Les dessins pour les dentelles noires devraient être spécialement composés en vue de cette fabrication.
- Jolies reproductions d’anciens points : point d’Anvers, point de Flandre. Les points d’effets très doux conviendraient à des dessins assez larges qui feraient valoir l’exquise délicatesse que nous avons remarqués dans les bordures exposées.
- Nous avons vu avec étonnement un tapis de table exposé en 1878. Rien de nouveau dans ces dessins, sinon une aube gothique dont l’idée a été (sinon les détails) empruntés à une maison de France.
- Les travaux des dames étaient certainement mieux représentés que les dentelles. La plupart joignaient de réels efforts d’imagination à une excellente exécution.
- Ornements d’église de Gand
- Les ornements d’église de Gand brodés en or et argent et soie de couleurs, quoique de dessins trop menus, offraient de sérieuses qualités d’exécution : cependant, on peut blâmer l’abus des vernis noirs qui alourdissent le dessin et dépassent de beaucoup le but que le compositeur s’est proposé. Nous avons remarqué un très beau portrait du voir des Belges brodé au point de tapisserie : l’exécution très régulière et très fine s’appuyait du reste sur un dessin au coloris très large et très simple qui se modelait de lui-même.
- La plupart des travaux de tapisserie perdent leur effet par la .mauvaise tendance qu’ont les brodeurs de chercher des modèles trop fondus, dont l’exécution est irréalisable, au lieu de s’appuyer sur un coloris juste, simple et aussi peu compliqué que possible. Que ne consultent-ils plus souvent et plus sérieusement les beaux travaux de la mosaïque et de la peinture décorative en faïence.
- Nous devons signaler une mystification dont plusieurs personnes ont très probablement été le. jouet. Il s’agit d’une chasuble, ayant appartenu à un personnage illustre et ayant été restaurée par le fabricant. Les chasubles du xme siècle n’avaient ni cette forme, ni ces dessins, ni cette exécution, l’ornement exposé était tout simplement une chasuble de forme française en satin cramoisi, dessin de style chinois, du temps de Louis XV, fleurs, oiseaux et papillons. Le travail est moderne et très probablement exécuté en cordonnet au Japon au siècle dernier au plus tard. Les galons de la croix sont d’une exécution toute européenne. Ils sont en soie floche et ont été rapportés !
- Un autre brodeur qui exposait du reste des ornements d’église fort médiocres à tous les points de vue, prétend exposer des ornements anciens qu’il a restaurés : or, la restauration annoncée me semble en truquage, car la prétendue partie ancienne paraît être peinte et ne paraît jamais avoir été brodée. Je ne crois pas à la sincérité de la prétendue restauration. La partie de soie qui a été reconstituée est bonne, mais comme dans toutes les broderies belges, l’emploi de l’or est mauvais : ici surtout les cordons sont trop gros et ont été employés maladroitement.
- Nous en avons fini avec la Belgique. Les ornements d’église tant vantés sont en somme bien au-dessous de leur réputation. Une seule exposition, celle d’une maison de Bruges, est très remarquable,
- mais c’est une partie exceptionnelle de l’ornement d’église , puisque l’auteur a fait sa spécialité des figures au petit point. Loin de nous l’idée d’en, diminuer l’incontestable mérite. Etant donné le moyen âge traité à la flamande (style spécial dont l’auteur ne sort pas, et de là une certaine monotonie dans cette remarquable exposition ) d’une façon très habile comme préparation de dessin et comme exécution d’aiguille, on cherche vainement dans son exposition comme dans' les autres une belle pièce complète. Ces sujets brodés sont coûteux, longs à exécuter. Les ouvriers sont rares à trouver et difficiles à former, mais ces sujets ne constituent qu’une bien faible partie de l’ornement d’Eglise qui demande une exécution industrielle (en même temps qu’elle sera artistique) puisqu’elle s’adresse à une consommation importante, variée, et dans des conditions de prix souvent minimes. En somme, l’ornement d’église en Belgique n’est point compris en ce qui concerne la chasublerie et la broderie au point de vue pratique.
- Au point de vue de l’art, les dessins sont du moyen âge flamand et restent tels. Les artistes restent dans le même champ dont ils perfectionnent, il est vrai, la culture, mais sans la changer. Ils en tirent d’ailleurs d’excellents résultats au point de vue théorique de l’ornementation, mais ce sont des produits qui, malgré leur qualité sont souvent monotones et ne sont acceptés sous d’autres climats que par des raffinés de l’art et à titre d’exception.
- Gomme nous le disions, ce perfectionnement constant d’un style si robuste est des plus intéressant au point de vue théorique, surtout pour les ornementistes étrangers qui y trouveront une mine inépuisable de matériaux et de documents.
- Nous avons admiré les travaux de divers industriels qui forment une sorte d’école d’ornementation flamande qui possède à Gand et dans les environs surtout, des adeptes pleins de conviction, de tradition et de talent.
- Dans la plupart des nations étrangères on trouve, du reste, ce manque c?assimilation des éléments étrangers dans l’art décoratif. L’art décoratif en Allemagne, en Bavière, en Autriche, en Belgique et en Angleterre dérive des mêmes principes. Il y a entre tous ces pays un lien de parenté très étroit. Ces diverses nations ne s’assimilent pas un autre art. Lorsqu’elles l’étudient en l’employant, c’est pour le reproduire tel qu’elles l’ont vu, ou mieux encore tel qu’elles ont cru le voir.
- Les Autrichiens, dont le caractère se rapproche tant du caractère français par divers côtés, ont, comme les artistes français, des qualités très sérieuses d’assimilation. On peut se rendre compte de ce fait en étudiant d’un côté l’art décoratif des nations citées plus haut, et de l’autre l’art décoratif autrichien, surtout dans le parti qu’il a su tirer de l’ornementation delà Renaissance.
- Italie
- L’Italie a exposé peu de soieries unies dont la fabrication est cependant importante, mais l’exposition des étoffes brochées pour meubles qui était bonne en 1883 à Amsterdam est excellente en x885 à Anvers. Les exposants de Turin envoient des lampas et des damas de beaux dessins, bien fabriqués, bien teints. Un Vénitien s’applique plus spécialement à la fabrication des velours dits de Gênes. Ces spécimens sont fort remarquables.
- La fabrication italienne a fait sous tous les rapports, depuis peu de temps, des progrès qui peuvent donner à réfléchir aux fabricants de Lyon.
- Espérons que ces derniers sauront lutter, conserver une supériorité dans les beaux articles après s’être laissé dépasser par Tourcoing et Roubaix pour les articles à bon marché. L’école professionnelle de Venise avait aussi une bonne exposition de dentelles. On ne peut demander à des enfants des œuvres irréprochables, mais, outre que l’exécution était sinon parfaite, tout au moins satisfaisante, il est bon et juste de signaler de très violents efforts dans la composition des dessins, d’heureux essais dans l’emploi de la couleur. Il y avait sur l’exposition de cette école de 1878 de notables progrès qui, s’ils sont soutenus, ne peuvent manquer d’amener les meilleurs résultats.
- France
- Les manufactures nationales de Beauvais et des Gobelins ouvrent la marche avec leurs beaux produits, toujours aussi parfaits, mais toujours aussi monotones et aussi froids.
- Les artistes et les savants si éminents qui dirigent ces deux remarquables manufactures parais-
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- Deuxième année.
- N o 81
- DE MONITEUR DE D’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 18 Juillet 1386
- EXPOSITION
- INTERNATIONALE
- LIVERPOOL
- MAI - OCTOBRE 1886
- yisiTEURS se rendant a da partie basse de D’jrxposmois^
- li'apro? Il # fliehos du o Loin Ion cl Couniy photo G" », G3. ?t-Paul's Cliureliiard. London
- PARIS.
- Glyptographie SILVESTRE & C"-, rue Oberkampf, 97.
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- Deuxième Année. — N° 81
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- sent peu se préoccuper d'utiliser les meilleures ressources d’art et de fabrication dont ils disposent non seulement pour conserver la supériorité de nos manufactures nationales, mais encore pour montrer à l’industrie privée la route qu’elle doit suivre. C’est le plus souvent le contraire qui arrive quoique les manufactures nationales croient de leur dignité de ne pas profiter de la leçon.
- Les expositions des fabricants français sont d’une bonne et très satisfaisante moyenne bien que nous n’ayons trouvé aucun progrès sensible ; les deux expositions les plus importantes, comme, hélas ! beaucoup d’autres, étaient fort mal éclairées, de telle façon qu’on ne pouvait se rendre qu’un compte bien imparfait de la valeur des produits.
- Un fabricant dont les produits étaient disséminés dans les quatre coins de l’Exposition (section française), poursuit avec succès ses imitations de tapisserie. Nous voudrions voir cet industriel se préoccuper plus de la variété dans le style de ses dessins et de la vigueur de ses colorations ; mais cette exposition est très intéressante, supérieure à la précédente et pleine de promesses pour l’avenir. Si, comme il y a lieu de le croire, cet exposant se donne plus amplement à la fabrication de la soierie et poursuit son œuvre de décentralisation, les fabricants de Lyon auront là un concurrent avec lequel plusieurs maisons devront compter.
- La fabrication des châles français n’a qu’un seul exposant qui la continue avec autant de patriotisme que de succès. Il est difficile de savoir pourquoi on a abandonné ces charmants produits qui luttent avec succès contre ceux de l’Orient.
- Espérons que le goût public ne tardera pas à les mettre de nouveau en lumière et à leur être favorable.
- Les cuirs ornés selon les anciens procédés de Venise et de Cordoue tiennent une place importante dans l’art de l’ameublement, bien qu’ils puissent être encore perfectionnés. En combinant avec de nouvelles gravures un emploi de métaux et de la couleur, on donnerait une impulsion et un développement qui réjouirait tous les amis de l’art.
- La fabrication des étoffes d’ameublement du Nord delà France est représentée comme toujours par de remarquables produits. Chaque exposition montre des produits nouveaux, nombreux, bien dessinés et d’une excellente exécution dans laquelle nous constatons avec un grand plaisir le mélange de plus en plus important de la soie.
- La fabrique de Paris a apporté un grand perfectionnement à l’impression des velours et des draps en relief. Ces produits sont très intéressants et rendent de grands services par leur bon marché et leur perfection. On peut reprocher un peu plus de sécheresse dans l’exécution de gravures qui demanderaient à être dans certains détails traitées avec plus de moelleux ; d’un autre côté, il serait bon que les dessins fussent plus variés et ceux de style surtout plus étudiés. Nous avons retrouvé des planches d’ornement d’église qui surtout déparaient cette belle Exposition.
- L’Exposition collective des cotonnades imprimées de Rouen n’offre qu’un intérêt médiocre : on sent peu d’efforts vers l’art. Espérons que les résultats finaux seront meilleurs. Rouen a repris une partie de la fabrication de notre chère et regrettée Mulhouse, mais les fabricants de Rouen n’ont su faire les mêmes efforts ni les mêmes sacrifices, ni s’entourer des mêmes éléments qui avaient créé la meilleure exposition de Mulhouse en 1867.
- Adéfaut de la dentelle véritable, l’industrie était représentée par la dentelle en application de Saint-Pierre-les-Calais, soit en ce qui concerne l’ameublement. Nous n’avons à signaler aucune amélioration. Il y aurait cependant de grands perfectionnements à apporter surtout aux dessins de dentelles d’ameublement.
- La passementerie parisienne d’ameublement et de mode était brillamment représentée. Les modèles étaient élégants et la fabrication irréprochable. Il est à regretter l’absence des passementeries militaires dont l’éclat métallique réjouit l’œil du visiteur.
- Nous avons été profondément attristés par la vue de l’Exposition collective de Lyon. Un seul fabricant d’étoffes pour meubles avait envoyé d’anciens et beaux spécimens que nous connaissons depuis de longues années. Le broché pour mode était peu représenté, ce qui est, hélas, facile à comprendre par suite de la défaveur qui, dans la mode, a frappé ces produits jadis si répandus.
- La collection des étoffes unies en noir, en blanc et en couleur était aussi belle et aussi variée que possible comme teinture et comme fabrication. Il
- est à désirer que la fabrication de Lyon qui a conservé sa supériorité reprenne son importance d’autrefois' et voie se rouvrir ses cabinets de dessins qui faisaient sa gloire et son succès.
- La broderie lyonnaise était représentée par une seule maison qui avait exposé les broderies d’ameublements les plus variées. Dans quelques-unes des pièces les plus brillantes, nous aurions désiré voir obtenir les clairs par des effets métalliques même très sobrement employés. La soie seule ne peut tout rendre, si habilement que soit fait le travail.
- Autriche
- Les dentelles autrichiennes représentées par un seul exposant conservaient leur supériorité de 1878 à Paris et de i8S3 à Amsterdam. Les dessins très corrects s’appuient sur les opulentes créations de la Renaissance et ne laissent rien à désirer comme fabrication. Les étoffes de meuble sont bien dessinées, mais conçues généralement dans des colorations tristes et ternes. Nous avons regretté la broderie et la passementerie d’ameublement ainsi que la broderie d’ornements d’église.
- Suisse
- Si nous arrivons en Suisse, nous trouvons l’importante fabrication de la broderie au métier. A l'opposé de la Belgique, c’est dans les grandes pièces que nous trouvons les améliorations. Les dessins ont fait de grands progrès depuis 1878. Cependant, il y aurait de sérieuses études à faire, tout spécialement pour les broderies en couleur. On voit en général que la coloration est venue à la suite du dessin et n’a pas été comprise dans le principe par le dessinateur comme faisant partie intégrale de sa composition. Ce défaut est commun et se rencontre fréquemment dans les industries qui commencent à employer la couleur et sont encore inexpérimentées. Les petites pièces sont intéressantes surtout au point de vue d’une meilleure fabrication qui imite avec une perfection inouïe le bon travail' à la main.
- Russie
- L’Exposition russe toujours pittoresquement installée dans ses jolies vitrines en sapin a montré des produits les plus intéressants et conservant l’art national en le développant avec goût. Les plus belles étoffés de soie, d’or et d’argent sont destinées à la confection des ornements d’église, des manteaux de cour et à l’ameublement. Les dessinateurs s’inspirent avec raison de la belle ornementation russe du xne au xive siècle et les fabricants les suivent dans l’exécution de leurs dessins. Aussi, loin de se restreindre dans une étroite largeur de 0.54 c/. pour la fabrication des riches tissus brochés, les lamés, les brocarts somptueux, etc., les fabricants ont l’intelligence de faire lés étoffes en 0.80 c./, im et 2m de large.
- Le dessinateur a donc un large espace pour développer sa composition ; aussi les Russes exposent-ils de merveilleux travaux d’une très grande largeur de composition et d’une grande richesse d’exécution.
- A côté de ces riches produits, nous en avons admiré de plus modestes et qui sont fort intéressants ; à côté de linges damassés, l’étoffe dite Andri-nopie joue un rôle considérable. De nombreux et riches spécimens sont imprimés en couleurs vives sur le beau fond rouge que nous connaissons. Quelques-uns sont mélangés d’or ; de même des velours de coton de nuances vives imprimés en couleurs sombres. Ces tissus sont tous destinés à l’ameublement et sont fort répandus à cause de leur bon marché et de leur bon effet, Tous, du reste, s’appuient sur d’excellents dessins nationaux d’un caractère très décoratif et qui ne demande qu’à être développé.
- Les quelques tissus de soie pour ameublement étaient moins bien représentés. Il en était de même des broderies de costumes. La dentelle russe, qui était fort brillante en 1878,11’avait pas de produits. Cette absence regrettable s’explique aussi facilement que celle de toutes les autres industries den-telières moins importantes peut-être que l’industrie belge au point de vue de l’art que les dente-Hères belges paraissent beaucoup trop négliger.
- Résumé
- Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit en commençant sur l’Exposition d’Anvers, sur l’inégalité des produits exposés, sur l’absence de plusieurs industries importantes parmi celles qui nous intéressent. L’Exposition d’Anvers n’offrait, à peu de chose près, en ce qui nous concerne, que la répétition des Expositions de Paris en 1878 et Amsterdam en 1883.
- Dimanche 18 Juillet iS85. — 237.
- Les objets exposés affirment la conservation de la supériorité du travail à la main et du grand perfectionnement du travail à la machine ; en somme, une supériorité toujours croissante de l’exécution ; mais il faut aussi constater une faiblesse générale dans le dessin et un appauvrissement dans les compositions artistiques.
- Les pays qui ont su conserver leur art national dans certaines industries restent dans le même cercle, répètent les mêmes idées sans se servir de cet art comme d’un point de départ pour des compositions nouvelles et hardies.
- Les pays dont les tourmentes ont brisé les traditions de leur art national ne cherchent pas à les reconstituer par de laborieuses et fortes études.
- Ils marchent au hasard, plus soucieux d’obéir aux exigences passagères du goût et de la mode que de puiser aux sources du grand art décoratif des siècles passés.
- Il est vrai que partout on crée des musées industriels, on amasse les matériaux anciens, mais c’est plutôt (une question de mode et d'engouement qu’une question de travail. On répète trop souvent l’art ancien sans le comprendre et sans tenir compte du travail de nos ancêtres des derniers siècles. On fait table rase des recherches modernes dans les industries de l’art contemporain et on recommence sans cesse à prendre l’ancien comme point de départ, même dans les industries qui n’ont laissé que des vestiges insignifiants et sans intérêt.
- Ce qui manque partout, dans les industries d’art en général et dans les nôtres en particulier, c’est l’enseignement, non celui des dessins copiés qui n’est que le solfège de l’art et surtout de la composition. Il est regrettable qu’on n’enseigne pas la composition du dessin, d’une façon aussi régulière et complète qu’on enseigne la composition de la musique.
- Ces reproches sont applicables à tous les pays et, disons-le franchement, au nôtre en particulier.
- Les industries procèdent les unes de la science et les autres de l’art et ce sont ces dernières qui nous occupent. '
- Combien, sous le rapport de l’art, est incomplète, sinon absolument nulle, l’éducation non seulement des ouvriers, des contre-maîtres et des employés, mais aussi celle des chefs de maison : C’est là la source du mal. Un industriel veille à ce que la comptabilité soit bien en règle, que son établissement soit matériellement bien tenu et même que ses modestes emballages soient bien faits. Il a cent fois raison, mais là où il a cent fois tort, c’est de ne pas avoir une éducation artistique qui lui permette non seulement de composer des dessins, mais même de les inspirer et d’en diriger la composition.
- Les industriels ne sont, le plus souvent, guidés que par leur goût ©u par les besoins de leurs produits ou les exigences de leurs clients. Ils sont trop souvent tentés et enclins à consulter plus les travaux de leurs concurrents nationaux et étrangers que de chercher des idées neuves pour leur propre compte.
- Il y a un fait bien certain, c’est que, à de très rares exceptions près, dans les industries de la science, l’industriel connaît la science, et que dans les industries de l’art, l’industriel ne connaît pas l’art.
- Il est indispensable que non seulement les Cabinets de dessin soient composés de dessinateurs habiles, laborieux et inventifs, mais il est plus indispensable encore que les chefs de maison mettent la main au crayon comme ils la mettent à la plume, qu’ils fassent de même pour leurs fils et pour ceux qui doivent leur succéder à eux-mêmes.
- Que les. chefs soient en cela comme en toutes choses, plus instruits que leurs inférieurs.
- Alors le chef de maison ayant travaillé dans son enfance et dans sa jeunesse à connaître l’histoire de la profession, l’histoire de l’art, le dessin copié et la composition, arrivera à l’âge de production et de direction avec de sérieuses connaissances acquises. Il connaîtra à la fois la théorie et la pratique de son industrie.
- Souvenons-nous que l’homme qui dessine voit mieux que les autres. Non seulement il rendra facilement sa pensée, mais, par suite des études qu’il a faites et qu’il fera par la pratique pendant toute sa carrière, les idées se présenteront à son. esprit plus variées, plus nombreuses et plus éclairées que chez aucun autre.
- ' Th. Biais,
- Délégué à l’Exposition d’Anvers_
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- 238. — Deuxième Année. — N° Si.
- LES
- EMBELLISSEMENTS DE PARIS
- (Suite.)
- VIIe arrondissement
- Rue du Champ-de-Mars.
- Une pétition d’habitants du quartier du Gros-Caillou demande le prolongement de cette rue jusqu'à l’esplanade des Invalides. Cette opération donnerait un nouveau débouché à la circulation et serait profitable au commerce de ce quartier et à la salubrité de toute une partie de la rive gauche.
- Avenue de Tourville.
- Deux projets sont présentés relativement au prolongement de l’avenue de Tourville, qui borne au sud l’Hôtel des Invalides.
- Le premier a été l’objet d’un rapport au-Conseil, en 1884, par notre honorable collègue M. Rousselle. Le projet étudié continuait cette avenue en la coudant, depuis le boulevard des Invalides jusqu’à la rue de Lille et le quai Voltaire, au point où elle se rencontrerait avec une section projetée de la rue de Rennes devant aboutir dans l’axe des guichets du Carrousel.
- Ce projet très important peut être divisé en deux opérations distinctes ; la première comprend le prolongement de l’avenue de Tourville jusqu’au carrefour formé par les boulevards Saint-Germain, d’Enfer, et la rue du Bac. La seconde s’étend du quai Voltaire jusqu’au boulevard Saint-Germain, elle est indépendante de la solution à intervenir sur le prolongement de l’avenue de Tourville.
- Le deuxième projet consiste à prolonger l’avenue de Tourville en ligne droite, du boulevard des Invalides à la rue du Bac ; la voie projetée traverserait le jardin du Sacré-Cœur, les terrains de l’ancien hôtel d’Orsay et rejoindrait la rue de Chenaleilles qu’elle emprunterait sur toute sa longueur jusqu’à la rue Vaneau, puis, traverserait pour atteindre la rue du Bac divers terrains qui, comme ceux que nous venons de citer, sont frappés de réserves domaniales en vue du percement de la rue Chenaleilles prévue au plan des Artistes conformément au projet que nous exposons ; toutefois le point d’arrivée, que nous fixons à la rue du Bac, devait être le carrefour de la Croix-Rouge. ' Autres opérations : rue de Babylone, rue de Bourgogne, avenue Duquesne,, rue de Grenelle, hôpital L,aennec (isolement), impasse Saxe, rue de Solférino, rue Vaneau.
- VIIIe arrondissement
- Avenue d’Antin.
- Il ne reste qu’à exproprier un immeuble qui forme saillie et gêne la circulation.
- Quartier de l’Elysée.
- Une dame qui n’a pas craint de s’occuper d’opérations de voirie, quelque ingrat que soit ce sujet, a dressé tout un projet de dégagement du palais de l’Elysée. Elle demande la suppression du triangle de maisons qui écrase l’entrée du palais ; au moment de l’Exposition de 1889, des réceptions nombreuses auront lieu à l’Elysée ; il serait à désirer que ce dégagement se fit à cette époque. Ce dégagement serait incomplet si on n’y joignait la création d’une large voie allant directement de la façade de l’Elysée à la place Saint-Augustin. La ville trouverait dans cette opération un terrain propre à l’édification d’unô école laïque de filles réclamée par toute la démocratie du 8e arrondissement.
- Autres opérations : rue La Boétie, passage Saint-Philippe-du-Roule.
- IXe arrondissement
- Boulevard Haussmann.
- Nous avons étudié ici même, dans ce journal, la question de l’achèvement du boulevard Haussmann.
- On sait qu’il, s’agit de prolonger ce boulevard depuis le carrefour de la rue Taitbout, où il s’arrête actuellement, jusqu’au coin de la rue Drouot et du boulevard des Italiens, à travers les rues Làffitte, Le Pelletier, et le passage del’Opéra.
- Autres opérations : impasse Briare, rue Chau-chat, rue Choron, avenue du Coq, rue de La-Tour-d’Auvergne, rue Milton, rue Mogador, impasse Rodier, rue de la Victoire.
- Xe arrondissement
- Avenue Parmentier.
- L’exécution de la partie de l’avenue Parmentier qui doit mettre en communication la rue du Faubourg-Saint-Martin avec la rue du Fau-bourg-du-Temple, ainsi que de la partie qui réunira ces deux faubourgs avec tout le 11e arrondissement, est d’une utilité générale incontestable ; classée déjà en première urgence en 1879, cette opération est proposée par l’administration sur les fonds de l’emprunt 1886.
- Prison Saint-Lazare.
- La suppression de la prison Saint-Lazare doit
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE i88q.
- amener sur l’emplacement qu’elle occupe actuellement l’ouverture de voies nouvelles : le prolongement de la rue Martel, une voie nouvelle en prolongement de la rue des Messageries, de la rue d’Hauteville à la rue du Faubourg-Saint-Denis, enfin, parallèlement à cette dernière, une rue de lotissement. Cette opération est instamment réclamée par le 10e arrondissement, en vue surtout du transport de la mairie, dont l’édification est projetée sur ce point.
- Autres opérations : rue d’Abbeville, rue Alibert, rue Chaudron, rue Claude-Villefaux, rue Saint-Lazare, rue de Saint-Quentin, rue de Strasbourg, rue des Vinaigriers.
- XIe Arrondissement
- Avenue Ledru-Rollin.
- Dès 18791a Ville avait placé en première ligne l’achèvement de l’avenue Ledru-Rollin, si instamment réclamé par les populations des 11e et 12e arrondissements.
- Après Rélargissement du pont d’Austerlitz, cette opération, au point de vue de l’intérêt général de la circulation, s’impose à l’attention du Conseil municipal, car elle doit mettre en relation directe toute la population de ces arrondissements industriels avec les gares des grandes lignes-d’Orléans et de Lyon-Méditerranée ; de plus, avec l’avenue Parmentier, elle reliera directement ces deux gares avec celles de l’Est et du Nord, enfin elle assainira toute une partie de la ville cruellement frappée par l’épidémie cholérique car elle fera disparaître un grand nombre de passages, impasses et cours insalubres où la population est très dense.
- _ Il importerait donc d’achever à bref délai la partie déjà ouverte entre le quai et l’avenue Daumes-nil, ainsi que la section, déjà classée en première urgence, comprise entre le pont du chemin de fer et la rue du Faubourg-Saint-Antoine. Nous espérons que les ressources de la Ville permettront de faire l’opération d’ensemble, c’est-à-dire d’ouvrir cette voie complètement, de la place Voltaire au pont d’Austerlitz.
- Avenue de la République.
- L’avenue de la République commence place de la République, traverse le IIe arrondissement jusqu’au boulevard de Ménilmontant, à l'angle de la rue du Chemin-Vert, part de ce dernier point pour aboutir place des Pyrénées et se termine enfin sur le boulevard de ronde à la porte de Ba-gnolet; cette dernière section, classée en 1879 en première urgence sous le nom de rue de la Dhuis, a été. ouverte, sauf entre les rues Peileport et Haxo. L’Administration propose d’exécuter ce tronçon sur les fonds de l’emprunt de 1886.
- Les parties non encore exécutées sont : dans le
- I Ie arrondissement, la section entre le boulevard Richard-Lenoir et le passage Bertrand (l’Administration propose d’exécuter les travaux de cette dernière section sur les fonds de l’emprunt jusqu’à la rue Saint-Maur, afin de dégager complètement les abords du nouveau lycée); dans le 20® arrondissement, la section entre le boulevard Ménilmontant et la rue Sorbier.
- Rue Sainte-Marguerite.
- La rue Sainte-Marguerite constitue un foyer d’infection et ses habitants ont été particulièrement éprouvés lors de la dernière épidémie cholérique ; la Commission des logements insalubres a présenté au Conseil municipal un rapport très intéressant qui lui demandait deprocéder à l’assainissement et à l’élargissement de cette rue par voie d’expropriation, comme il l’avait déjà fait pour la rue des Filles-Dieu.
- Autres opérations : rue d’Angoulême, rue de l’Asile Popincourt, rue de Charonne, rue Croza-tier, rue Darboy, rue Deguerry, rue Froment, rue de l’Orillon, rue de Reuilly, rue de la Roquette, rue Saint-Sébastien, rue Servan, rue Titon, rue des Trois-Couronnes.
- XIIe Arrondissement
- Rue de la Nativité.
- Le prolongement de la rue de la Nativité est projeté entre la rue de Charenton et la place Dau-mesnil. Cette rue est appelée à rendre de grands services à la circulation; avec la rue de Dijon et le pont de Tolbiac, elle établit une communication importante avec la rive gauche.
- Le Conseil vient de se prononcer favorablement pour l’exécution de cette opération.
- Rue Montempoivre.
- Le complet achèvement de la rue Montempoivre doit être considéré comme une opération d’intérêt général, car cette rue, véritable prolongement du boulevard de Reuilly, établira une communication qui fait complètement défaut entre le 2e arrondissement et la porte Montempoivre.
- Rue de Charenton.
- La rue de Charenton, dans la première partie de son parcours entre la place de la Bastille et la rue Traversière, est encore très étroite, elle ne pourra être élargie que très lentement et au fur et à mesure des mises à l’alignement volontaires.
- II y a lieu de faire remarquer que l’ouverture de l’avenue Ledru-Rollin viendra alléger considéra-
- Dimanche 18 Juillet 18S6.
- blement la circulation sur ce point de la rue de Charenton.
- Une autre partie de cette rue, au coin de la rue des Fonds-Verts, serait très utilement élargie, un seul immeuble avance sur la voie publique et rend la circulation dangereuse par suite de la pente rapide de cette partie delà rue de Charenton.
- Autres opérations : rue d’Aligre,avenue de Bouvines, passage du Chantier, rue de Charonne, rue du Chemin-Vicinal, rue Michel-Bigot, rue Nicolaï, boulevard Poniatowski, boulevard de Reuilly prolongé, rue Ruty, rue du Sahel, rue Sibuet, boulevard Soult, rue de la Voûte.
- (A suivre.)
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- QUESTIONS COLONIALES
- MOYENS DE TRANSPORT
- Comme je l’ai souvent constaté, la science moderne a absolument transformé toutes les relations économiques de peuple à peuple, de continent à continent.
- Dans ces articles rapides, au jour le jour, je n’ai pas la prétention de faire un cours complet d’économie coloniale, cela demanderait plusieurs volumes, mon but plus modeste est de signaler les points les plus défectueux de notre organisation commerciale et d’indiquer les remèdes à côté du mal.
- Depuis cinquante ans, les chemins de fer ont transformé le monde, il suffitpour s’en convaincre, de citer un chiffre : à l’heure présente, il y a 125,000 lieues de voies ferrées ouvertes à la circulation sur notre planète, c’est là sans doute un chiffre fort respectable ; par un enchaînement vraiment merveilleux des découvertes contemporaines, après les voies ferrées, la télégraphie électrique, puis les téléphones hier, puis les isthmes percés, Suez aujourd’hui, Panama, Corinthe, Kra demain, etc.
- On ne peut qu’admirer cet admirable enchaînement et ce n’est certes pas moi qui protesterai contre lui, cependant il est curieux d’enregistrer un phénomène singulier à l’heure présente,^ mortel dans l’avenir, si nous n’y prenons garde.
- On peut affirmer hardiment, sans crainte d’être démenti, que le monde entier a été saisi d’un bel enthousiasme à la suite des ingénieurs construisant les chemins de fer, décuplant la fortune publique ; cet emballement est excusable, je le comprends, et c’était même inévitable, je dirai plus, nécessaire pour faire de grandes choses. Mais où commence l’erreur, où le danger se manifeste clairement, c’est lorsque l’on affirme que les chemins de fer sont le dernier mot du progrès dans l’ordre économique.
- Hélaslnon, et plus que jamais en face des jeunes nations grandissantes, en face de la concurrence étrangère, il se dégage aujourd’hui une vérité très nette de l’étude de ces questions vitales et c’est cette vérité que nous devons populariser par tous les moyens possibles.
- A savoir que les chemins de fer seront toujours des moyens de transport rapides, mais chers et que fatalement à côté d’eux, une grande nation doit rechercher les moyens de transport par eau, c’est-à-dire le _ frêt lent, mais bon marché. C’est cette grande loi économique que nous avons trop longtemps méconnue, qui est cause en grande partie de notre infériorité vis-à-vis de l’étranger, comme je vais essayer de le démontrer péremptoirement en quelques mots.
- Je ne veux pas parler aujourd’hui de la contrepartie nécessaire à l’extension coloniale dans la métropole, c’est-à-dire la' création d’un réseau parfait de canaux, de Paris port de mer, du canal des deux Mers, reliant Marseille et Cette à Toulouse et Bordeaux qui ne seraient pas les concurrents, mais les auxiliaires des chemins de fer; j’y reviendrai dans un article spécial, mais je veux simplement indiquer quels sont nos moyens de communications entre la métropole et les colonies par rapport aux autres nations et l’on verra là, comme je le disais l’autre jour à propos du Tonkin, combien nous sommes inférieurs par notre propre faute, comhien il nous reste de progrès à accomplir et combien en même temps la chose serait facile, si nous voulions seulement devenir un peu pratique à l’exemple de nos rivaux.
- En 1883, sur 2,071 navires représentant le mouvement maritime de la Martinique 801 jaugeant 262,000 tonnes étaient français et 1,270 étrangers.
- A la Guadeloupe et dépendances, pendant la même année, 589 navires français jaugeant 100,000 tonnes et 1,081 navires étrangers.
- A la Réunion, 425 navires dont 374français jaugeant 220,700 tonnes.
- A la Guyane française, 191 navires dont 111 français jaugeant 41,000 tonnes.
- A Saint-Pierre et Miquelon, 5,745 navires dont 3,361 français jaugeant 194,000 tonneaux.
- Au Sénégal, le mouvement général de la navigation dans les ports de Saint-Louis et Corée a été pendant la même année de 1,433 navires, dont i,3oo jaugeant 239,000 tonnes sous pavillon français.
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- Deuxième Année. — N° Si.
- A Grand-Bassam, nous relevons 19 navires jaugeant 5,340 tonneaux, dont 7 français, 1,790 tonneaux, 9 anglais, 2 américains, 1 allemand.
- A Porto-Novo, 178 navires, jaugeant 38,000 tonneaux, sur lesquels 16 bâtiments français seulement jaugeant 4,000 tonnes.
- Au Gabon, les chiffres sont encore plus tristes à constater, tout le commerce ou à peu près est au mains des maisons de Hambourg et de Liverpool, dont il est inutile de citer les noms ici.
- MM. Daumas et Béraud à Libreville sont les seuls à tenir vaillamment le pavillon français.
- 318 navires dont 36 français jaugeant 8,700 tonneaux, les étrangers jaugent 90,500 tonneaux; en 1856, il n’y avait que 48 navires et il est à remarquer que sur les 36 navires français, la plupart doivent appartenir au ministère de la marine.
- Si l’on pense un instant qu’il y a là les plus beaux bois d’ébénisterie, de construction, etc., que l’on puisse désirer et une foule d’autres richesses naturelles, on est véritablement navré et c’est ce que nous avons à constater malheureusement trop souvent.
- A Nossi-Bé, nous relevons pour le commerce général de la navigation, 136 navires français jaugeant 35,000 tonneaux et 1,125 navires étrangers jaugeant 26,000 tonneaux.
- Comme je n’ai en mains pour Madagascar que des chiffres remontant à i883, j’aime mieux ne rien donner ici.
- A Mayotte, 83 navires français jaugeant 15,700 tonnes, et 1 b3 navires étrangers jaugeant 7,000 seulement, c’est bien, mais il serait intéressant là encore de connaître le chiffre exact afférant au commerce et celui qui doit être attribué à la marine de l’Etat.
- Le mouvement général du port de Nouméa en Nouvelle-Calédonie a été, toujours en 1883, de 87 navires français, jaugeant io3,ooo tonnes et de 190 navires étrangers jaugeant io3,000 tonnes également.
- Nous pourrions poursuivre ces citations. Le commerce de nos colonies occupe 7,376 bâtiments portant notre pavillon et depuis, ce chiffre a, Dieu merci, sensiblement augmenté, on peut en être certain.
- On estime le nombre des marins employés par cette flotte marchande, à environ 3o,ooo.
- Nous ne comptons pas là les navires français faisant le commerce des côtes d’Afrique, soit io3 navires jaugeant 70,500 tonnes, qui ont fait le voyage entre la métropole et le continent noir.
- On sait comment certaines maisons de Marseille ont des bâtiments à elles, comment elles font le commerce sur toutes les côtes d’Afrique, comment elles maintiennent haut et ferme le drapeau français contre les Allemands et les Anglais et comment, grâce à elles, nous avons encore le monopole de notre commerce général au Sénégal.
- Ce sont là des faits consolants, d’autant plus consolants qu’ils prouvent jusqu’à l'évidence que l’on peut lutter contre l’étranger, être patriote et faire ses affaires.
- Ce n’est pas tant l’infériorité de notre marine marchande que le manque de lignes commerciales régulières entre la métropole et les colonies qui nous fait du mal.
- On ne va pas régulièrement de Bordeaux et de Nantes à Gorée, Saint-Louis, ou Dakar, encore moins à Libreville ou à Porto-Novo, c’est là où est le grand mal.
- Si des maisons importantes y vont avec leurs navires, elles ont raison, mais gardent leur fret et leur moyen de transport pour elles, ce qui se comprend assez.
- Tant que nous enverrons nos marchandises au Tonkin par exemple, par Hong-Kong en passant par les intermédiaires anglais, tant que nous n’aurons pas des lignes régulières et directes de navires, purement commerciales, entre la métropole et nos colonies, nous ne pourrons pas lutter sur notre propre terrain avec les Anglais, les Allemands, les Suisses, les Américains.
- C’est là la raison de notre infériorité, bien plus que la cherté delà main-d’œuvre, car tout le monde sait que les ouvriers anglais travaillent moins que les nôtres et sont payés plus cher, le bon marché de la houille et du fer ne compense pas cela à coup sûr.
- Ce qu’il nous faut absolument, ce sont les moyens de transports maritimes, le frêt à bas prix et abondant et régulier, alors seulement nous pourrons vendre facilement dans nos colonies et même ailleurs, aussi bien que les étrangers, notre quincaillerie, notre horlogerie, nos filés de coton, nos schirtings, nos indiennes, etc., car nos produits sont toujours supérieurs à ceux des nations rivales.
- Nous pourrons facilement retirer de ces mêmes colonies les matières premières dont nous avons besoin; nous irons chercher nos gommes et caoutchoucs les plus beaux du monde au Sénégal, au lieu d’aller bêtement à Para, dans l’Amérique du Sud ;' nous aurons des arachides de chez nous, du Coprah, au lieu d’aller les chercher dans les colonies étrangères ; nous ferons venir notre alfa de notre Algérie, au lieu d’aller le chercher à Londres, sous forme de pâte à papier, ce qui est un peu raide, il faut bien l’avouer.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Pour obtenir ce résultat merveilleux et bien simple, il suffit de deux choses, d’abord que nous installions des lignes de navigation commerciales entre la métropole et les colonies, ensuite que nous soyons un peu plus pratiques, c’est-à-dire que nous donnions un peu plus notre argent pour ces entreprises patriotiques et nécessaires entre toutes, il nous en restera toujours assez pour les Ottomans ou autres financiers de grands chemins. Vraiment l’expérience devrait nous éclairer, il est temps, si nous voulons lutter, de mettre notre patrimoine national en valeur, les transports maritimes sont certainement le premier moyen à employer pour y parvenir rapidement.
- Paul Vibert.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Voir le Moniteur du 20 juin 1886).
- VI
- Nous sommes donc arrivés à la fin de la période des tâtonnements. La presse, la vraie presse, telle que nous la comprenons encore aujourd’hui, est née et elle se trouve entre les mains d’un habile homme. 11 faut dire, à la louange de l’ancienne monarchie française, que le pouvoir comprit tout de suite l’avenir réservé à la mission de Renaudot. Non seulement, on ne le contraria pas, mais encore il fut chaudement soutenu et encouragé. Quel contraste cent ans plus tard !
- On aurait tort de ne pas croire que, pour l’époque où elle parut, la création de Théophraste Renaudot ne fut pas une .chose absolument achevée. Cette tentative de journalisme fut suivie du plus grand succès. Richelieu, avec l’ampleur de son coup d’œil et sa vaste intelligence politique, vit tout de suite le parti qu’il pourrait tirer de la Galette de France. Louis XIII lui-même ne tarda pas à penser comme son premier ministre. Les deux maîtres de la France, en admettant que le cardinal comptât moins que le roi, eurent tout de suite l’habileté de mettre à contribution l’esprit et la verve de Renaudot. Celui-ci, en homme intelligent, comprit à demi-mot. Doit-on lui en faire un , crime? Ne faut-il pas reconnaître plutôt que, sans l’intervention du pouvoir royal, un « gazetier » ne pouvait être grand’chqse ?
- C’est de cette façon que, peu à peu, le roi Louis XIII fut amené à glisser sa prose dans le journal de Renaudot. A ce propos, faisons remarquer qu’il est assez piquant de constater en passant que le roi qui exerça tant de métiers divers, au dire de Tallemant des Réaux, le malin auteur des Historiettes, le roi, disons-nous, a exercé la profession de journaliste. On reste rêveur en voyant Louis XIII corriger les épreuves de quelque tartine politique, en compagnie de Richelieu, dans la maison enfumée et noire où la Galette avait ses bureaux. Peut-être qu’en sortant de là, le roi allait méditer une déclaration en règle pour Mlle de Lafayette ou préparer une bassine de confitures. Quant au cardinal, à coup sûr, il allait saisir d’une main fiévreuse le manuscrit de Mirame et ajouter quelques mauvais vers aux mauvais vers dont fourmillait déjà cette tragédie.
- Il est assez difficile de déterminer exactement les conditions dans lesquelles Renaudot consentit à se faire l’auxiliaire du pouvoir royal. Le peu de documents que nous avons sur cet épisode intéressant laisse supposer, — et nous le croyons volontiers— que la chose se fit sans que Renaudot y laissât un pouce de son honneur ou de sa dignité. Et la preuve que la Galette ne montra pas envers le pouvoir de basse complaisance, c’est que, sous la régence d’Anne d’Autriche, la carrière de Renaudot ne fut point arrêtée. Il traversa la Fronde allègrement, sans secousse trop violente, sans que ses ennemis pussent l’abattre. Il faut donc croire que Renaudot avait louvoyé de façon à ne pas s’inféoder à la défunte royauté.
- Toutefois, notre gazetier eut maille à partir, pendant quelque temps, avec le ministère du cardinal Mazarin. Le père des journalistes français se défendit fort habilement dans une requête adressée à la Reine, et qui révéla tout le mystère de cette haute comédie : « Chacun sait, y lit-on, que le roi défunt ne lisait pas seulement mes gazettes et n’y souffrait pas le moindre défaut, mais qu’il m’envoyait presque ordinairement des mémoires pour y "employer. Etait-ce à moi à examiner les actes du gouvernement ? Ma plume n’a été que greffière... Mes presses ne sont pas plus coupables d’avoir roulé pour ces mémoires... que le curé qui les lirait à son prône, que l’huissier ou le trompette qui les publierait. » Finalement,Théophraste gagna son procès, et il alla encore plus avant dans la faveur de Mazarin qu’il n’avait été dans celle de Richelieu.
- Sa conduite fut si habile, si correcte, que la cour finit par lui donner une preuve non équivoque de sa confiance : Mazarin le nomma directeur de l’imprimerie officielle de la couronne. C’était là, ou à
- Dimanche 18 Juillet 1886. — 220.
- peu près, la situation d’un directeur du Journal officiel. On était en pleine Fronde. Renaudot fut à la hauteur de sa nouvelle situation. Lorsque la cour sortit de Paris, le 6 janvier 1649, ^ eut ordre de la suivre à Saint-Germain. L’imprimerie devait être établie dans un des appartements de l’Orangerie. Il n’y avait pas à hésiter ; mais le départ de Renaudot pouvait laisser le champ libre à la concurrence et porter un coup funeste à la Galette. Que fit Renaudot ? Il trancha la difficulté en habile homme qu’il était. Il avait deux fils attachés avec lui à la rédaction de la Galette ; il les laissa à Paris,avec le plan d’un nouveau journal, et, pendant qu’il écrivait la Galette à Saint-Germain pour le roi, ses enfants écrivirent à Paris le Courrier françois pour le Parlement. Qui sait même si Mazarin ne fut pas pour quelque chose dans ces calculs. Il était assez fin pour cela. Le Parlement, voulant avoir sa gazette à lui, le premier ministre n’aurait rien trouvé de mieux que de la lui faire faire par des hommes à lui. C’est bien là ce qu’on peut appeler de la politique italienne.
- T. M.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du i'3 juin 1886)
- A partir de 1860, on commença à étudier le problème d’une façon réellement sérieuse et on essaya successivement divers systèmes dont les principaux sont :
- Le système du général Morin, appliqué au théâtre du Châtelet et au Théâtre Lyrique.
- Le système de M. Trélat, appliqué au théâtre du Vaudeville.
- Le système d’Hamelincourt, appliqué à l’Opéra.
- Le système Bohm, appliqué à l’Opéra de Vienne.
- Le système Bourdais et Devioud appliqué à la salle du Trocadéro.
- C’est le système Bohm qui semble approcher le plus de la perfection. Il est vrai de dire que c’est celui qui a été installé avec le plus de soin et au service et à l’entretien duquel on consacre la plus suffisante importance.
- M. Sax est l’inventeur d’un système qui n’a jamais été appliqué et qui diffère essentiellement de tous les autres en ce que l’air pur se renouvelle en arrivant par la scène au lieu d’être introduit dans la salle directement.
- Toutes les applications faites jusqu’à ce jour de différents procédés ont, du moins, établi d’une façon définitive qu’il fallait diminuer autant que possible l’appel par le lustre ; employer des machines injectrices ou aspiratrices pour éviter les courants inverses et régler la ventilation en toutes circonstances ; faire usage d’appareils destinés à réchauffer ou rafraîchir l’air introduit, selon la saison ; régler le chauffage et l’admission de l’air, au fur et à mesure de l’entrée du public dans la salle et enfin, complément indispensable qui n’est guère réalisé qu’à l’Opéra de Vienne, établir un service sérieux d’inspection du fonctionnement et de l’entretien du système.
- Le grand point de discussion qui a motivé la proposition de systèmes différents réside dans le principe de l’introduction de l’air pur parla partie supérieure ou la partie inférieure de la salle. Il y a eu là sujet à de grandes controverses. Aujourd’hui on tend à introduire l’air pur et retirer l’air vicié en même temps à peu près en tous les points de la salle, le plus près possible des spectateurs. D’où encore nombreuses divergences d’opinions au sujet de la manière d’obtenir ce résultat. De nombreux travaux ont été publiés sur la ques.tion. Signalons notamment ceux de M. Joly et de M. Walon dans leurs traités de chauffage et de ventilation. Nous renvoyons à la lecture de leurs intéressants ouvrages pour l’étude plus approfondie de la question.
- En principe, on semble avoir admis dans le mode de chauffage : la vapeur ou l’eau chaude pour la scène, l’air chaud pour la salle et les couloirs. L’air chaud présente cet avantage qu’il permet un échauffement rapide d’une enceinte, mais en revanche, différents inconvénients résultent de son emploi. N’y aurait-il pas lieu d’étudier
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 18 Juillet 1886
- des systèmes combinant les avantages du mode de chauffage à l’air et de celui à l’eau ou à la vapeur?
- En tout cas, il importe de rassembler, en 1889, d’une manière plus spéciale et plus complète que cela ne s’est fait à l’occasion de l’Exposition de 1878, les éléments divers de cette importante question de chauffage et de ventilation ; de réunir pour un examen comparatif tous les résultats exacts fournis par l’expérimentation des divers systèmes appliqués. L’on donnera alors une solution définitive à l’un des problèmes qui intéressent au plus haut point l’avenir du théâtre, étant donné que le public commence à se montrer maintenant de moins bonne composition que jadis et exige toutes les satisfactions auxquelles il a droit dans la jouissance de ce plaisir du spectacle qu’il paye si bon prix.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- -- -1 --i-"
- LES LIVRES
- LXVI
- Bibliothèque de l’enseignement des beaux-arts, publiée sous la direction de M. Jules Comte. — ,Précis d’Histoire de l'art, par C. Bayet, ancien membre des Ecoles de Rome et d’Athènes, professeur à la Faculté des lettres et à l’École nationale des beaux-arts de Lyon. — Maison Quantin, Compagnie générale d’impression et d’édition.
- Vraiment nos fils sont plus heureux que nous. On demande aujourd’hui aux jeunes gens une somme de connaissances plus variées, peut-être plus superficielles que celle qu’on en exigeait jadis. La fin du siècle tourne dans le cercle critique, scientifique,encyclopédique. On veut que le jeune homme et même la jeune fille aient des notions sinon des clartés de tout, car le vernis de cette éducation surchauffée s’écaille vite.
- En revanche, et comme revers de médaille il faut dire que les ouvrages élémentaires de philologie, de géographie, d’histoire de l’art sont de véritables cîiefs-d’oeuvres de vulgarisation, de véritables bijoux d’impression et d’illustration. Depuis 1871 on a, avec une émulation dont les résultats ont été merveilleux, poussé de plus en plus vers la perfection, la composition et la fabrication des ouvrages d’éducation et de vulgarisation scientifique, géographique, artistique.
- A mesure que l’on organisait et vivifiait chez nous, sous le double aiguillon de l’ambition de garder dans les Expositions universelles le premier rang que nous disputent nos voisins, notamment l’Angleterre et l’Allemagne, l’enseignement technique de l’art, soit dans son esthétique désintéressée, soit dans ses applications industrielles, qu’on multipliait les écoles, les cours, une impulsion partie d’une intelligente et libérale initiative était donnée à la publication des Manuels de toute sorte qui peuvent se rapporter à l’enseignement des beaux-arts.
- La maison Quantin a pris et a gardé, sans conteste, la tête de ce mouvement. Sa bibliothèque de l’enseignement des beaux-.arts, dont nous allons examiner le vingt-deuxième volume est une collection sans rivale, que les nations étrangères trouvent plus facile de traduire que d’imiter..
- Dans ce Précis de l’histoire de l’art qui vient de paraître l’auteur s’est proposé de donner la caractéristique générale, la physionomie spéciale de chaque manifestation, de chaque évolution de l’art, correspondant à une période du temps et à une époque, à une école de l’art, à une phase de son progrès incessant.
- U examine donc,- et apprécie successivement l’art dans l’antiquité; c’est-à-dire l’art égyptien, assyrien, phénicien, nous ne dirons pas l’art judaïque. Car c’est une chose remarquable, que l’art plastique n’a jamais été en honneur chez les Juifs. La loi mosaïque interdisait les représentations matérielles de la figure humaine et des êtres animés. L’art judaïque n’existe qu’à l’état d’imitation et de pastiche, c’est-à-dire n’existe pas. En dépit de la légende du temple de Jérusalem, l’architecture même chez les Juifs n’a pas eu de vie propre, de -Çgure originale. C’est Salomon qui a décrété, mais c’est Hiram, roi de Tyr, qui a édifié avec l’aide d’artistes, d’ouvriers, de matériaux phéniciens, le temple plusieurs fois détruit et rebâti, et définitivement rasé lors de la prise de Jérusalem par Titus (p. 3g).
- Le chapitre le plus développé et, en traits bien choisis de l’histoire de l’art dans l’antiquité est consacré à l’art grec, archaïque et au temps. de Périclès. L’art étrusque et l’art romain sont définis et appréciés avec la netteté mais la brièveté que comporte le sujet.
- Avec le moyen âge, nous entrons dans les origines- de l’art chrétien et nous assistons à l’efflorescence successive de l’art byzantin, de l’art arabe qui laissent leur trace' dans la peinture et la.sculp-ture du moyen âge dont le génie ne se déploie avec une entière originalité que dans l’architecture. A
- ce propos, l’auteur nous donne une sommaire mais magistrale monographie de l’art roman et de l’art gothique.
- La Renaissance subit dans ses origines les influences de l’antiquité païenne jusqu’au moment où elle s’émancipe dans ce superbe et fécond mouvement dont l’Italie prend et garde la direction que partagent aux xve et xvie siècles la France, la Flandre et l’Allemagne. Nous arrivons aux temps modernes, où l’art perd de plus en plus ses directions générales et communes, se dégage, des influences maîtresses pour s’adapter au génie et aux moeurs de chaque nation civilisée. Nous avons alors une école italienne en décadence qui s’émiette en groupes de plus en plus rares, en individualités isolées et en art national hollandais, espagnol, anglais et français.
- Il n’y a là évidemment que des notions générales, une synthèse fondée sur quelques caractères distinctifs particuliers à chaque école et à chaque époque. Mais ces notions sommaires sont très bien groupées, ces synthèses un peu étroites sont vivifiées par une méthode sûre et un vif esprit critique.
- Ajoutons que cette philosophie historique de chaque époque, de chaque école de l’art est animée par le commentaire de l’illustration qui peint aux yeux ce que le texte dit à l’esprit.
- Cent treize gravures, intercalées dans le texte et choisies avec un goût heureux et sûr, donnent l’impression typique de chaque époque, de chaque école, de chaque phase de l’art, depuis le.Ra-Em-Ré, la statue en bois du musée de Boulacq jusqu’au Voltaire de Houdon, à -la Comédie française, depuis la façade du temple de Louqsor jusqu’au Parthénon* depuis le Colysée et Sainte-Sophie jusqu’à l’Alhambra, à l’église de Vezelay et à Notr.e-Dame-de-Paris, un des chefs-d’œuvre de cet art gothique qui est essentiellement, comme le démontre M. Bayet, un art français.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- chambres de commerce françaises a l’étranger
- La Chambre de commerce française de Galatz vient de fonder une Agence commerciale dont la principale fonction sera de répandre en Roumanie et dans les pays limitrophes les produits de l’industrie française.
- Toutes communications à ce sujet doivent être adressées à M. le Président de la Chambre de commerce français. — Pour l’Agence commerciale. — Galatz.
- SUÈDE ET NORVÈGE
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE - ET L’ALLEMAGNE
- On écrit de Stockholm au Moniteur officiel du commerce :
- Un journal prenant texte des plaintes formulées par le commerce allemand contre les droits de patente auxquels les commis-voyageurs sont astreints en ce pays, a publié dernièrement un intéressant article sur les relations, commerciales de la Suède avec l’étranger et principalement avec l’Allemagne. Il y est dit en substance que les Royaumes-Unis n’ont rien à gagner aux. entreprises des voyageurs de commerce de nationalité allemande, qui viennent en grand nombre répandre leurs produits, et que, si les droits de patente étaient modifiés, ce ne serait certes pas dans le sens d’une réduction de ces droits. Au dire du journal de Stockholm, les commandes faites en Allemagne par les négociants suédois se suivent et ne se ressemblent pas. Si les premiers envois sont passables, ceux qui suivent sont mauvais. En outre, les maisons allemandes enverraient à leurs correspondants plus de marchandises qu’ils n’en demandent, et ceux-ci ne se défendraient pas faute de savoir où s’adresser pour obtenir des produits similaires.
- Sans croire que ces récriminations soient suivies d’effet et que "la‘patente imposée aux commis-voyageurs soit élevée, on peut constater qu’alors même que le droit serait augmenté la France n’aurait guère à en subir les conséquences. Un voyageur de commerce français est devenu une rareté en Suède et en Norvège. Tout au .plus y voit-on paraître un commerçant isolé, attiré par ses affaires particulières.
- L’Allemagne est sans doute mieux en mesure d’envoyer des produits ici ; ses ports sont plus rapprochés et les marchandises qu’elle envoie, étant de qualité inférieure, reviennent à meilleur marché que les produits français. Tout cela, cependant, n’explique pas l’infériorité marquée du commerce de la France, par rapport à celui d’autres nations. Beaucoup d’articles de provenance française ne coûtent pas plus cher que les articles semblables provenant d’Allemagne., d’Autriche ou d’Angleterre. Seulement, ces nations ne se contentent pas de produire. Elles apportent une activité extraordinaire à écouler leurs marchan-
- dises : elles vont au-devant du consommateur. Tandis que vos concurrents étudient les transformations et les exigences du goût, en Europe et ailleurs, qu’ils établissent sur des bases solides et durables la conquête des marchés commerciaux étrangers, trop de négociants français se sont laissé distancer pour ne pas rompre avec une routine qui n’est plus de ce temps.
- C’est là, semble-t-il, une des raisons principales du ralentissement de vos échanges, et pour ne parler que de la Suède, on ne peut douter qu’elle n’influe beaucoup sur l’état de votre commerce. Les informations envoyées d’ici ne vaudront jamais celles que les intéressés viendront recueillir eux-mêmes et sur place. Il est temps que l’esprit d’entreprise se réveille dans le commerce et l’industrie et qu’on reconnaisse que les transformations que l’Europe a subies depuis vingt-cinq ans ont suscité à-la France des concurrences qui lui imposent une activité plus grande, une initiative plus ardente.
- ÉTATS-UNIS
- COMMERCE DES ARTICLES DE NOUVEAUTÉ
- Le Moniteur officiel du commerce, du 1e1'juillet, publie, d’après les renseignements fournis par le consul de France à Baltimore, une revue des articles dits de nouveauté avec l’indication des prix auxquels ils sont vendus par les maisons de la place et la désignation de ces maisons.
- LES THEATRES
- Théâtre du Chateau-d’Eau. — Reprise de Martha.
- Ambigu. — Le Vieux Caporal, drame en cinq actes, de MM. d’Ennery et Dumanoir. (Reprise.)
- La direction de l’Opéra-Populaire vient de monter Martha de la façon très honorable et très intéressante dont elle a déjà monté plusieurs autres ouvrages avec une activité admirable et un soin artistique fort scrupuleux. L’on répète à satiété que l’installation d’un Opéra populaire est chose de toute impossibilité. Voyez les grandes difficultés qu’a à vaincre la direction du Château-d’Eau, voyez l’inqualifiable mauvaise volonté dont on a fait preuve à son égard, pourtant l’entreprise marche et donne un résultat artistique très satisfaisant. Que n’obtiendrait-on pas si on. la subventionnait convenablement et lui accordait une sorte de consécration et d’autorité par l’apport même de cette subvention?
- L’Ambigu est avec le Château-d’Eau le seul théâtre où l’on ait eu le courage de lutter contre l’été. Je ne parle pas des établissements qui n’ont tenu leurs portes ouvertes que pour continuer à écouler des succès en train. Mais je ne puis m’empêcher de me le répéter, quelle drôle d’idée d’exhumer toutes ces vieilles machines. Enfin si cela fait plaisir au public le plus malin dé la terre. Mais le Vieux Caporal ? pourquoi pas Adolphe et Clara ou Hariadan Barberousse.
- En somme, les événements dramatiques qui intéressent le plus le public en ce moment de chaleurs sont d’une part l’exhibition de Mlla Fatma et de l’autre la retraite de M. Coquelin de la Comédie française. Il paraît que M. Coquelin veut aller faire4 une tournée en Amérique. Cette entreprise artistique est plutôt du genre de celle de Mlle Fatma que de celui qui convient à un grand comédien véritablement artiste et jaloux de la dignité de son état. Car ces représentations au nouveau monde d’acteurs de nos pays sont à proprement parler de simples exhibitions de personnalités en vogue, attraction d’une essence ridicule qui flatte à la fois l’orgueil candide et la cupidité commerciale, mais qui est indigne d’un tempérament d’artiste et de lettré. M. Coquelin va être montré par son imprésario aux populations yankees ou brésiliennes, comme un tableau de "M. Meissonnier ou autre pièce rare ; c’est-à-dire comme on nous montre à nous autres Parisiens, des Fuégiens ou des Esqui-, maux au Jardin d’acclimatation et il ne préfère pas continuer à se faire applaudir au Théâtre-Français comme un des premiers comédiens de notre4 époque. Etrange !
- Léon Gandillot.
- ERRATA
- Nous devons rectifier quelques fautes d’impression qui se sont glissées dans notre dernier .numéro, en rendant compte des Soupapes de sûreté Barbe.
- Au lieu de : M. Wickersheime, lire : Wickershei-mer: au lieu de#: sections égales, lire : section égale-, au lieu de : M. Pesin,‘lire : M. Peslin; au lieu de 8 octobre, lire : 8 décembre.
- Le Géraait, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et (T», rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Parts
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 25 Juillet 1886. NUMÉRO 82.
- SOMMAIRE :
- 1. AVis ; 2. Nominations dans la Légion d’honneur; 3. Le Centenaire de 1889; 4- La lutte contre le mildew et les concours anti-cryptogamiques de Loches ; 5. Exposition maritime
- internationale du Hâvre pour 1887; 6. Exposition ouvrière internationale ; 7. Les Expositions anglaises en 1886 : Exposition de Liverpool ; 8. La rue des Nations à l’Exposition de 1878 ; 9. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; 10. L’Enseignement agricole ; xi. Les Livres ; 12. Avis commerciaux ; i3. Les Théâtres.
- AVIS
- Nous rappelons qu’aux termes de la loi du 13 brumaire an VII, toutes les demandes, pétitions et réclamations adressées aux ministres et aux administrations publiques doivent être formulées sur papier timbré.
- En conséquence, toutes les lettres adressées sur papier libre, en -vue de l’Exposition universelle, ne peuvent être classées qu’à titre de simple renseignement et il n’en sera tenu compte qu’après renouvellement de la demande sur papier timbré.
- NOMINATIONS
- DANS
- s
- LA LÉGION D’HONNEUR
- Le président de la République française,
- Sur le rapport du ministre du commerce et de l’industrie ;
- Vu la loi du 25 juillet 1873 sur les récompenses nationales ;
- Vu la déclaration du conseil de l’ordre, en date du-iq juillet 1886, portant que les nominations et les promotions du présent décret sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur,
- Décrète :
- Art. Ier. — Sont nommés ou promus dans l’ordre national de la Légion d’honneur :
- Au grade de commandeur
- M. Nicolas (César-Marie), conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur au ministère du commerce et de l’industrie; 25 ans de services. Chevalier du 12 juillet 1880. Officier du 9 juillet 1885. Titres exceptionnels.
- Au grade d’officier
- MM.
- Labbé (Charles), président de la chambre de commerce d’Amiens. Membre du conseil supérieur du commerce ; a rendu de grandes services à l’industrie régionale. Chevalier du 6 août 1874. Poirrier (Alcide-Fran.çois), vice-président de la chambre de commerce de Paris. Dirige une importante maison de produits chimiques ; a obtenu de nombreuses récompenses aux Expositions universelles et internationales. Fait partie de la chambre de commerce de Paris depuis 1878. Chevalier du 7 juillet 1874.
- Au grade de chevalier
- MM.
- Blanc (Pierre), médecin sanitaire de France à Suez. A fait preuve de beaucoup de dévouement pendant les épidémies qui ont sévi à Suez ; a été attaché pendant onze ans comme médecin à bord des paquebots de la compagnie des messageries maritimes. A été chargé de la direction de l’hôpital français à Suez. Remplit depuis 1867 les fonctions de médecin sanitaire de France dans cette ville.
- Cerf (Hippolyte), négociant en cuirs. Dirige une importante manufacture de peaux, membre de la commission permanente des valeurs de douanes. Titres exceptionnels.
- David (Théophile), docteur en médecine à Paris, lauréat de la faculté de médecine de Paris. Est attaché comme médecin à divers lycées, directeur de l’école et de 1 hôpital sanitaires de Paris. Titres exceptionnels.
- Gillot (Charles-Ferdinand), graveur-lithographe à Paris. A apporté de grands perfectionnements à l’art de la gravure typographique par l’application de la photographie. A obtenu de nombreuses récompenses aux Expositions universelles et internationales. Titres exceptionnels.
- Ileugel (Henri-Georges), éditeur de musique à Paris. Dirige l’importante maison du Ménestrel. A obtenu de nombreuses récompenses aux Expositions universelles et internationales. Titres exceptionnels.
- Pelletier (Michel), avocat à Paris. A brillamment représenté la Tunisie à la conférence internationale de Rome pour la révision de la convention de la propriété industrielle , auteur de divers ouvrages sur la* propriété industrielle. Titres exceptionnels.
- Piel (Alexandre-François), président de la chambre syndicale de la bijouterie imitation. Est à la tête d’une importante fabrique de bijouterie imitation. A obtenu de nombreuses récompenses aux expositions universelles et internationales ; membre du conseil de prud’hommes de Paris. Titres exceptionnels.
- de Selle (Marie-Albert), professeur à l’école centrale des arts^et manufactures. A dirigé des travaux très importants comme ingénieur du service des eaux de la ville de Paris. Ingénieur-conseil auprès des sociétés minières, membre correspondant de l’académie des sciences naturelles de Philadelphie, auteur de plusieurs mémoires ; a publié différents ouvrages surlacristallographie et la minéralogie. Titres exceptionnels.
- Art. 2. — Le ministre du commerce et le grand
- chancelier de la Légion d’honneur, sont chargés,
- chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du
- présent décret.
- Fait à Paris, le 21 juillet 1886.
- Juims Grévy.
- Par le président de la République :
- Le ministre du commeree et de l’industrie, Edouard Lockroy.
- Par décret du 21 juillet 1886, rendu sur le rapport du ministre du commerce et de l’industrie, et conformément à la déclaration du conseil de l’Ordre, sont promus ou nommés dans l’ordre national de la Éégion d’honneur.
- Au grade de commandeur
- M. Marinoni, constructeur-mécanicien à Paris,' inventeur de la presse qui porte son nom.Nom-
- breuses récompenses aux expositions universelles, diplôme d’honneur à l’exposition internationale d’Amsterdam. Chevalier du 2 février 1875. Officier du 9 janvier 1884. Titres exceptionnels.
- Au grade de chevalier
- MM.
- Jacquot (Auguste-Félicien), chimiste, fabricant de cirages à Paris. Fondateur et administrateur délégué de la société générale des cirages français. Dirige une importante fabrique d’encres et de cirages-, A obtenu de nombreuses récompenses aux expositions universelles et internationales. Titres exceptionnels.
- Lang (Moïse-Tibulle), directeur de l’école La Martinière à Lyon; services importants rendus depuis 1869 ^ la société de l’enseignement professionnel du Rhône. Directeur de l’école La Martinière depuis 1879. Ancien capitaine du génie. Belle conduite pendant la guerre de 1870.
- Lavauzelle (Henri-Charles), libraire-éditeur à Limoges. Dirige une importante imprimerie. Services rendus par la publication de diverses feuilles et revues militaire. Services importants pendant la guerre de 1870. Titres exceptionnels.
- Gallet (Eugène), président de la société industrielle d’Amiens, ancien président du tribunal de commerce d’Amiens, secrétaire de la chambre de commerce de cette ville, fondateur de la société industrielle dont il est président depuis 1882. A contribué à la fondation du musée commercial et à l’organisation de l’exposition ouvrière et industrielle d’Amiens. Censeur de la succursale de la Banque de France depuis dix ans.
- Orsatti (Camille), ingénieur. Services importants rendus à l’industrie depuis i852. Est à la tête d’une importante fabrique de machines et matériel de chemins de fer. Titres exceptionnels.
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- LE CENTENAIRE DE 1889
- Dans la séance de lundi dernier le Conseil municipal a discuté un rapport de l’honorable M. Dépassé, tendant aux conclusions suivantes :
- Article premier. — Un monument commémoratif de la Révolution française sera érigé à Paris.
- Art. 2. — Des pourparlers seront engagés avec les ministres compétents pour arriver à établir un accord sur le choix de l’emplacement et sur la part contributive de l’Etat et de la ville dans l’édification de ce monument, destiné à perpétuer la mémoire des services rendus par nos pères de 89 à la cause de la démocratie.
- M. Gamard, au nom de la droite, avait déposé une proposition dans laquelle il demandait qu’on célébrât non le centenaire de la Révolution, mais celui de la réunion des états généraux de 1789.
- Cette proposition a été repoussée, comme bien on pense.
- M. Monteil a traité la question au point de vue pratique. Quelques jours auparavant, il avait présenté au conseil un projet, dressé par M. For-migé, architecte de l’hôtel de ville et comprenant une colonnade d’ordre corinthien, avec, au milieu, un groupe représentant l’allégorie de la Révolution et, entre les piliers, les statues des grands hommes de cette époque. Ce monument élevé aux Tuileries, sur l’emplacement de l’ancien pavillon de l’Horloge, dominerait une pièce d’eau qui s’é-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 25 Juillet 1SS6.
- tendrait à ses pieds, et, en l’isolant, permettrait d’en saisir l’ensemble.
- M. Monteil croit, en effet, qu’il n'est plus temps de faire un concours. Il voudrait que le groupe central du projet Formigé fût le monument de Dalou, le Triomphe de la République, que tout le monde connaît et admire. Il est guidé dans ce choix par des motifs d’art dont on ne peut contester la valeur et par la nécessité d’aller au plus vite si l’on veut être prêt en temps utile. M. Monteil consacre, dans son esprit, ce monument au triomphe de la République dont il porte déjà le titre. Le monument commémoratif de la Révolution de 1789, serait, selon lui, un monument distinct, qu’on érigerait place de la Nation.
- M. Strauss pense qu’il y a lieu de mettre au concours le projet d’architecture tout en faisant la commande directe de la sculpture. L’expérience faite récemment par M. Lockroy pour l’Exposition, a montré qu’un concours de ce genre n’exigeait qu’un délai assez bref. Cette part légitime faite au concours, le conseil et le gouvernement s’adresseraient ensuite à ceux qui leur paraîtraient le plus dignes d’interpréter leur pensée.
- M. Strauss parle également de l’emplacement du Champ-de-Mars, au sujet duquel des négociations pourraient être engagées avec M. le ministre du commerce et de l’industrie. .
- En tout état de cause, d’ailleurs, la ville devrait s’entendre avec l’Etat pour la décoration de l’emplacement des Tuileries.
- M. Vauthier croit que la célébration du centenaire de la Révolution ne serait pas complète si l’on ne s’occupait, en même temps, de créer un « Musée de la Révolution ». On sait que la première idée de ce Musée appartient à l’un des hommes qui ont le mieux connu et aimé la Révolution, à M. Charles-Louis Chassin.
- Après une courte discussion, les conclusions de la commission sont adoptées.
- La commission des beaux-arts, sur la proposition de M. Strauss, sera.chargée de suivre les négociations avec l’Etat pour l’érection du monument commémoratif de la Révolution française et devra en même temps préparer un projet complet touchant la part qui sera prise par la ville à la participation du centenaire de 1789.
- Elle recherchera également une entente avec l’Etat pour la décoration de l’emplacement des Tuileries.
- Tel est l’état de la question ; le principe est voté ; le mode d'exécution reste, indéterminé^ nous .espérons que les négociations qui vont s’ouvrir nous donneront un prompt résultat.
- Les pouvoirs publics viennent d’approuver la liste des opérations de voirie dont la dépense sera imputée sur l’emprunt de 2 5o millions à émettre par la ville de Paris, de 1886 à 1896.
- Les travaux commenceront dès cette année ; ils n’absorberont qu’une somme de 43 millions. La quotité affectée aux opérations de ce genre sur le produit de l’emprunt étant, au total,de 110 millions, il restera à déterminer l’emploi des 67 millions encore disponibles.
- En attendant, voici le détail des opérations adoptées :
- i° Rues des Billettes, de l’Homme-Armé et du
- Chaume, achèvement (I V0 arrondissement) 4.600.000 »
- 20 Rue Monge, achèvement (V0' arrondissement). ...................7.800.000 »
- 3° Avenue Parmentier, achèvement (Xe et XI0 arrondissements . . . 3.3oo.ooo »
- 4° Elargissement de la rue Ste-Marguerite(X/6 arrondissement). . 1.800.000 »
- 5° Avenue Ledru-Rollin, section comprise entre l’avenue Daumesnilet la rue du Faubourg-Saint-Antoine
- (XII0 arrondissement).............5.800.000 »
- 6° Rué de Tolbiac, partie (XIII0
- arrondissement).................. . 3.000.000 »
- 70 Rue des Plantes, achèvement
- (XI V° arrondissement)............1.000.000 »
- 8° Rue de Vouillé, partie (XV0 arrondissement) ......................2.000.000 »
- 90 Rue Ordener, élargissement (XVIIIe arrondissement) .... 1.800.000 »
- io° Avenue de la République, sections (XIe et XXe arrondissements). 6.000.000 »
- Somme réservée pour opérations de voirie secondaires et imprévus. • 4.000.000 »
- Total. . . . 41.100.000 »
- Report. . . 41.100.000 »
- 12° Travaux neufs de viabilité. . 1.800.000 »
- Travaux neufs des promenades, de l’éclairage, des divers édicules relatifs à la salubrité sur la voie pu-
- blique.............................. 600.000 »
- Total général. . . 43.S00.000 »
- ------- • ' 11" ~~ -------
- LA
- LUTTE CONTRE LE MILDEW
- ET LES
- CONCOURS ANTI-CRYPT0GAIV1IQUES DE LOCHES
- Après le phylloxéra, parasite animal d’importation américaine que tout le monde connaît aujourd’hui et dont les ravages ont converti en landes noircies ou en coteaux desséchés tant de régions viticoles, un autre parasite, végétal celui-là, un cryptogame, est venu depuis quelques années ajouter ses désastres à ceux déjà causés par ses congénères, l’oïdium de triste mémoire et l’an-thracnose.
- Ce cryptogame, c’est le Peronospora viticole, d’origine américaine encore, improprement appelé mildew, non générique qui englobe toutes les maladies parasitaires de cette nature, mais qui est si bien passé dans la pratique, qu’il est pour ainsi dire francisé aujourd’hui et, dans tous les cas admis.
- Signalé successivement en France par des savants distingués tels que MM. Prillieux, Cornu,. Planchon, Gavon, Millardet, Foex et tant d’autres dont les noms nous échappent, mais dont le monde viticole connaît les travaux; en Italie, par les professeurs Cerletti, Cuboni, Comboni, savants entre tous ; en Autriche, par M. de Thumers ; en Portugal, par M. de Almeïda, l’éminent inspecteur général, le peronospora viticole a été l’objet d’études incessantes et d’expériences aussi multiples que patientes.
- La désagrégation des feuilles de la vigne par le Peronospora, souvent confondue-avec les attaques d’unrinse,cte, l’Erinéum.,- es-t.a.ujourd?huTconnue.
- Presque tous les viticulteurs savent comment cette désagrégation se produit sous l’influence des cryptogames microscopiques qui s’étendent, détruisent les tissus organiques et font tomber la feuille, jaunie, desséchée, recroquevillée pour ainsi dire.
- De même que pour le phylloxéra, l’administration de l’agriculture est venue apporter son aide aux vignerons affolés et son influence n’a pas été pour peu de chose, dans les efforts nouveaux tentés pour trouver à cette maladie de plus en plus menaçante pour nos vignobles des remèdes préventifs et curatifs.
- Les recherches de nos savants et surtout les études si intelligemment et si patiemment suivies par M. l’inspecteur général Prillieux ont fait faire à cette grande question un pas considérable.
- Les nations voisines de la France où la viticulture s’est développée depuis trente ans avec une rapidité et une intelligence pratique qui prouvent en faveur des hommes éminents qui dirigent l’agriculture de ces pays mais qui doivent donner à réfléchir a nos viticulteurs, ne sont point restées en arrière, et pendant que l’Espagne et le Portugal faisaient des expériences, l’Italie sous la haute inspiration du ministre Grimaldi et de son excellent directeur général, M. le commandeur Miroglia, organisait à l’école royale d’agriculture de Core-gliano, des essais de traitement à l’aide du lait de chaux (hydrate de chaux), remède préconisé par les frères Belussi, de Corregliano, viticulteurs praticiens.
- Après des tentatives réitérées et variées couronnées d’un succès partiel, mais fort remarquable et alors même que MM. Bélussi eux-mêmes différaient entre eux sur leur opportunité, le traitement au lait de chaux fut officiellement étudié en Italie et semble encore avoir la préférence.
- On ne saurait trop reconnaître et signaler à nos viticulteurs l’esprit d’initiative et la persévérance
- des frères Bélussi, soutenus, du reste, par deux hommes éminents dont les travaux viticoles et œnologiques sont hautement appréciés, MM. le docteur Cerletti et le chevalier Carpéné, assistés de deux professeurs de l’école de viticulture, MM. Cuboni et Comboni.
- M. le ministre de l’agriculture avait bien voulu nous confier la mission d’étudier, en même temps que les autres délégués étrangers, les essais faits à Conégliano en mars dernier ; notre rapport, retardé par l’attente aujourd’hui comblée de documents italiens qui nous étaient nécessaires , paraîtra bientôt.
- Les concours internationaux d’appareils anti-cryptogamiques de Conégliano, parfaitement dirigés par M. le professeur Cerletti, ont réuni un très grand nombre d’appareils représentant environ quarante systèmes différents. Les essais ont été fort intéressants et portent déjà leurs fruits.
- Cela ne devait point, en effet, tarder.
- Les perturbations atmosphériques, les troubles anormaux de la saison et la continuité fâcheuse d’un climat pluvieux et froid, devaient amener une recrudescence des maladies parasitaires de la vigne dont les atteintes, l’année précédente , avaient causé tant de ravages.
- C’est pourquoi M. le ministre de l’agriculture prescrivit des essais d’appareils anticryptogami-ques dans les principaux centres viticoles possédant cette année des concours régionaux agricoles. C’est ainsi que des concours spéciaux de ce genre viennent d’avoir lieu successivement à Marseille, à Bourges, à Agen, à Dijon, à Clermont-Ferrand.
- Ils ont eu pour résultats non seulement de familiariser les vignerons avec des instruments qui seront pour eux de précieux auxiliaires ; mais aussi de faciliter aux constructeurs des études comparatives leur permettant de modifier et d’améliorer leurs appareils.
- A côté de l’action de l’Etat, il faut constater, chose heureuse, l’initiative des associations agricoles soutenues et secondées, avec le zèle le plus louable, par les professeurs départementaux d’agriculture.
- Parmi les associations agricoles qui marchent avec le progrès, il convient de citer le comice agricole de l’arrondissement de Loches. Ce comice vient d’obtenir de l’administration de l’agriculture une subvention de i,5oo francs pour l’organisation de concours internationaux d’appareils anticryptogamiques et de concours spéciaux annexes de charrues sulfureuses, de pals injec-teurs, de pompes rotatives et autres pour le transvasement des liquides et de filtres à vin.
- M. le ministre a bien voulu ajouter deux médailles d’argent et M. le président de la République a daigné offrir un prix d’honneur (Sèvres), spécialement destiné aux appareils destinés à traiter les maladies des vignes.
- Le Comice agricole a ajouté un prix d’honneur pour la seconde division comprenant les appareils vinaires.
- Voici le programme des concours internationaux et spéciaux de Loches qui auront lieu pendant les assises annuelles du concours du comice agricole dans la ville de Loches (Indre-et-Loirê), les 6, 7 et 8 août prochain.
- COMICE AGRICOLE DE L’ARRONDISSEMENT DE LOCHES
- CONCOURS INTERNATIONAUX & SPÉCIAUX
- Organisés à l’occasion du Concours agricole qui aura lieu à Loches les 6, 7 et 8 août prochain, avec une subvention de M. le ministre de l’agriculture et un prix d’honneur offert par M. le président de la République.
- PREMIÈRE .DIVISION Concours internationaux d’Appareils anticryptogamiques.
- PREMIÈRE CATÉGORIE
- Instruments servant à répandre les liquides
- ic- prix : Médaille d’or ;
- 2e prix : Médaille d’argent ;
- 3e prix : Médaille de bronze
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- Deuxième Année. — N° S2.
- DEUXIÈME CATÉGORIE
- Instruments servant à répandre les matières semi-fluides
- ier prix : Médaille d’or ;
- 2e prix : Médaille d’argent ;
- 3e prix: Médaille de bronze.
- 3nie CATÉGORIE
- Instruments servant à répandre les matières pulvérulentes
- ier prix: médaille d’or;
- 2e prix: médaille d’argent;
- 3e prix: médaille de bronze.
- CONCOURS SPÉCIAUX Charrues sulfureuses
- ipr prix : médaille d’or;
- 2e prix : médaille d’argent ;
- ' 3e prix : médaille ,de bronze.
- Pals injecteurs
- iet- prix: médaille d’or;
- 2e prix: médaille d’argent;
- 3e prix: médaille de bronze.
- Le prix d’honneur de M. le président de la République sera décerné à l'instrument de cette division qui aura paru le meilleur au jury (Il n’y aura pas double emploi).
- DEUXIÈME DIVISION
- Pompes rotatives et autres, pour le transvasement des liquides.
- icr prix: médaille d’or;
- 2e prix : médaille d’argent ;
- 3° prix : médaille de bronze.
- Filtres à vin
- 1e1' prix : grande médaille d’or ;
- 2e prix: médaille d’argent;
- 3® prix: médaille de bronze.
- Le prix d’honneur, objet d’art offert par le comice agricole, sera décerné à l’instrument compris dans cette division qui aura paru le meilleur au jury (il n’y aura pas double emploi).
- MM. les exposants sont prévenus que les essais seront entourés de toutes les précautions nécessaires pour obtenir une équitable appréciation et guider le choix des viticulteurs.
- Ils voudront bien remarquer que cette solennité agricole est composée d’une série de concours spéciaux et que, par conséquent, les collections sont inutiles; les instruments d’expériences, doublés en cas d’accident, paraissent seuls utiles. Toutefois les exposants sont libres, la place leur sera gratuitement accordée.
- La réception des instruments aura lieu à partir du jeudi 3 août, à S heures du matin. Le jury passera le vendredi 6 août, à 9 heures du matin.
- MM. les exposants devront être munis de tous les accessoires nécessaires au fonctionnement de leurs appareils quels que soient les désirs du jury. Toutefois les matières anticryptogamiques et les lies de vin leur seront gratuitement fournies.
- MM. les viticulteurs et commerçants en vins sont invités à vouloir bien suivre les essais dont l’importance ne peut leur échapper.
- Fait à Loches, le i5 juillet 1886.
- Le Président, Avril-Turquand.
- Le Secrétaire du Comice,
- Leroux.
- Nota. — Les déclarations des exposants seront reçues jusqu’au 2 août au secrétariat du Comice. (Adresser les déclarations à M. Leroux, secrétaire du Comice à Loches). Les demandes spéciales aux renseignements techniques pourront être adressées à la direction du Moniteur de l’Exposition de i88q, 18, rue Bergère, à Paris.
- Ces concours importants par leur situation dans une région viticole considérable dans une ville comme Loches, riche en souvenirs historiques, gracieusement assise sur l’Indre, entre les vallées du Cher et de la Loire, ne peuvent manquer d’attirer une grande quantité de constructeurs de toutes
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- les régions de la France qui fabriquent des appareils pour le traitement du mildew, quel que soit le système employé, des charrues sulfureuses et des pals injecteurs contre le phylloxéra, des filtres à vin si nécessaires aux vallées de l’Indre, du Cher et de la Loire, qui possèdent de nombreux, commerçants en vins, des pompes à soutirage que l’approche de la saison vinicole rend plus urgentes.
- Il y a tout à gagner à ces réunions agricoles-C’est de l’union des producteurs et des consommateurs, c’est de l’échange de leurs observations que nous attendons le progrès.
- Noël Bretagne.
- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE
- Du Havre pour 1887
- Le comité de cette Exposition a pris possession des emplacements concédés pour les constructions.
- Les premiers matériaux sont sur place et dès le commencement du mois prochain on verra s’élever les fermes des galeries.
- Ce n’est que le 1er septembre que les opérations maritimes sur le bassin du Commerce seront suspendues pour les travaux des apon-tements et à cette époque tous les chantiers seront en pleine activité.
- En dehors de la partie monumentale qui sera très remarquable et dont nous espérons pouvoir prochainement publier les plans, il est question d’une restitution historique du plus haut intérêt.
- La tour François Ier, qui datait de la fondation du Havre et qu’on a eu le regret de voir disparaître il y a une vingtaine d’années pour les agrandissements du port, figurerait dans ses dimensions premières, à l’extrémité d’un des apontements du bassin
- Les aspects extérieurs de sa construction et sa couleur seraient religieusement observés et l’Exposition du Havre offrirait ainsi à ses visiteurs une attraction sérieusé, pleine d’originalité et de charme à la fois.
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- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 18 juillet r886).
- Des cours professionnels ont été fondés à Neuilly par la Chambre syndicale des ouvriers jardiniers ; des professeurs du jardin des plantes y enseignent la botanique et l’arboriculture ; des ouvriers démontrent la partie technique. Tous les ans, il est donné plusieurs bourses de voyage pour visiter les principaux établissements d’horticulture de la Hollande, de la Belgique, etc. C’est là une bonne mesure qui ne peut manquer de profiter à une industrie comptant bon nombre de gens de science. L’histoire naturelle et le dessin sont des éléments qui sont nécessaires aux ouvriers et, dans cette profession on voit journellement de simples artisans arriver à force d’étude et de persévérance à faire des merveilles.
- Au début de cette exposition, a eu lieu un concours très intéressant qui comprenait des fleurs coupées et montées, ainsi que des bouquets : une magnifique croix de la Légion d’honneur, en fleurs naturelles, faisait l’admiration des amateurs. Placée dans un petit pavillon sombre, cette exhibition n’a pu être admirée autant qu’elle le méritait.
- Les parterres et les plates-bandes qui ornent l’entrée ont également été faits par les ouvriers jardiniers et sur la droite on peut lire l’inscription : Chambre syndicale des ouvriers jardiniers. Les lettres sont en pyrèthre, le fond est fait avec des alternanthera ; puis en face la porte d’entrée le vaisseau de la ville de Paris et de chaque côté les lettres initiales de la .République française. On
- Dimanche 20 Juillet iSS5.— 248.
- sait du reste que les jardiniers font des parterres artistiques, de véritables mosaïques qui ne lassent jamais l’admiration.
- Si les jardiniers comptent parmi les artistes, les cuisiniers, eux aussi font des travaux d’art ; mais pour faire de la cuisine, il faut un fourneau. C’est ce que paraissent avoir compris les ouvriers de la Chambre syndicale des tôliers. Leur exposition appelle l’attention : un grand fourneau, nouveau modèle ; trois mètres cinquante de long sur un mètre cinquante de large, à foyer et grille mobiles indépendants l’un de l’autre, tire-plats dans les fours, avec mouvement de va et vient permettant d’attiser le feu et secouer les cendres, et empêchant le mâchefer de s’attacher aux grilles; magnifique bain-marie pour les sauces, etc.
- Evidemment c’est une belle pièce dont le modèle est déposé et breveté, parait-il ; mais c’est encore un de ces chefs-d’œuvre qu’il ne faut pas encourager : Que feront les ouvriers tôliers au mois d’octobre ? Si le fourneau est vendu, tout sera pour le mieux, mais s’il ne l’est pas !... Il faudra le remonter dans un magasin quelconque en attendant la vente, et il n’est pas facile de placer une telle pièce : alors, les ouvriers deviendront marchands et le but proposé ne sera pas encore atteint. Nous eussions préféré voir des articles courants, de vente facile, permettant aux ouvriers de continuer le travail par des commandes successives.
- Peut-être nous trouvera-t-on trop sévère, soit ; mais il faut dire la vérité telle que l’on pense, afin d’éviter les déboires' à ceux qui ne les connaissent pas et par contre ne les prévoient point.
- Pour beaucoup de métiers, il faut des marchands pour écouler les produits et le travail seul n’arrivera jamais à faire en meme temps et la fabrication et la vente : Il faudra toujours des marchands !...
- Il y a des faits si bizarres que souvent on les croit préparés avec intention, cependant, il n’en est rien. Un petit coin restait libre à côté de ce grand fourneau, on l’a donné à M. Blouet, et il y a installé un objet d’usage pratique, très hygiénique et dont il est l’inventeur. Certes il aurait eu sa place à l’exposition de la caserne Lobeau, mais il paraît que les fonds ne lui permettaient pas de faire deux pièces, c’est pourquoi l’appareil à double effet qu’il présente est exposé ici pour la première fois. L’appareil à double cuvette pour cabinet d’aisances présente non seulement de grands avantages, comme salubrité et comme hygiène, mais aussi est très pratique au point de vue de la construction, du nettoyage et de la réparation.
- Deux pas plus loin, les ouvriers mécaniciens font fonctionner diverses machines. M. Çourmont démontre par les spécimens qu’il découpe que sa scie circulaire brevetée offre de très grands avantages, le bois scié ne conserve pas le trait de la scie, bien au contraire, il paraît tout à fait rabotté.
- Parmi les divers objets qui composent l’Exposition des ouvriers ferblantiers, il y a un appareil à faire le gaz chez soi. Nous regrettons beaucoup qu’une circulaire explicative ne soit pas à la disposition du public, cet instrument nouveau fournit du gaz qui ne revient, paraît-il, qu’à deux centimes par bec et par heure.
- Cette invention est sans doute modifiée, perfectionnée, mais pas nouvelle, car, a notre connaissance, il existe déjà treize appareils de ce genre, dont le dernier est le gazogène Vigreux mû, comme celui-ci, par un mouvement d’horlogerie et que la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée est sur le point d’adopter pour une partie de ses gares.
- La même chambre syndicale a exposé deux rampes d’escalier, des fûts de colonne, etc., qui sont de beaux spécimens, on voit qu’il est possible de confier du travail aux ouvriers soigneux qui ont fabriqué ces modèles.
- En entrant dans le pavillon de la ville de Paris, en face les bureaux de l’administration, on est souvent charmé par les accords harmonieux qu’un virtuose passager fait entendre aux dilettantes. Une petite salle, aménagée avec goût par les ouvriers facteurs de pianos et orgues faisant partie de la Chambre syndicale, contient deux pianos et deux harmoniums et une jolie petite cithare.
- Les deux pianos, grand modèle, cordes obliques, sept octaves, trois cordes du la au la, mécaniques à baïonnettes, à double répétition et à transposition, auraient besoin, pour la partie harmonie, d’être jugés par les Wolff, Gand ou autres; mais nous ne pouvons nous empêcher de dire que ces deux pièces sont très belles. 11 en est de même des harmoniums, celui en bois noir avec sculptures
- Voir la suite page 246.
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- LE MONITEUR DE ^POSITION DE 1889.
- Dimanche 2 5 Juillet 1886.
- T . /X RUE IDES IST -A.'ï'ïOlNI S E INT 1878 (Suite).
- p.dbl.n.n. - vue 250/461
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- 24G. — Deuxième Année.
- N° 82.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Juillet 1SS6.
- et appliques Sèvres, garniture nickelée est surtout remarquable. Mais, n’en déplaise aux exposants, si leurs travaux ne sont pas vendus pendant l’Exposition, pourront-ils faire autrement que de créer un magasin pour la vente de leurs produits ? Alors, ils deviendront, ou tout au moins l’un d’eux deviendra marchand et par cela même, tout établissement de commerce même en coopération constituant le patronnât, ils deviendront patrons ; ce dont je ne les blâmerai pas, car je trouve qu’au-jourd’hui plus que jamais, la place est à celui qui sait la conquérir.
- Toutes les chambres syndicales ouvrières qui ont envoyé des produits avaient pour point de départ : montrer ce que peut l’ouvrier !
- Depuis longtemps, nous savons quelles sont les capacités des ouvriers français, mais nous savons aussi que toutes les fois que le travailleur sait s’organiser, il trouve parfaitement bien non seulement à se caser, mais aussi à arriver lui-même, quoi qu’en puissent dire les parvenus qui veulent être des exceptions. Des exceptions, évidemment il y en a toujours, mais il faut les laisser pour telles. Or, si beaucoup de Chambres syndicales ont pu présenter des travaux courants, c’est-à-dire à même d’être vendus très facilement, il n’en est pas de même des lapidaires et diamantaires qui ont exposé divers genres de travaux sur des pierres de moindre valeur, montrant que leur travail consiste en grande partie dans le savoir-faire de l’ouvrier. C’est ainsi que M. Clavier nous présente une magnifique coupe en lapis de Californie, ogive à côtes, genre étrusque. Quant à M. Duraffourg, il nous fait voir un brillant, forme étoile, en cristal de roche,, ainsi qu’une imitation du Régent. M. Regard a exécuté une imitation de saphir d’Orient, un médaillon incrusté en losange lapis d’or. Divers autres travaux présentés par un groupe d’ouvriers jurassiens sont bien soignés; citons la collection d'imitation de camées par M. Lefranc, le travail d’ajustage de turquoise de' M. Kauffmann, notamment l’églantine. Mentionnons aussi les travaux en grenats : feuilles, fruits, fleurs, scarabée, et une parure églantine en onyx creusée et repercée à bords minces, travail difficultueux.
- Ce qui nous montre les différents travaux du lapidaire, facettes, gravure, compositions artistiques, imitation de pierres fines et verroterie.
- Une des attractions, et elle n’a jamais manqué d’attirer le public dans toutes les Expositions, c’est le métier à .tisser. Très joli métier, tout battant neuf, il fonctionne à .merveille, fait quatre bamdes à la fois, tissage en blanc et noir seulement. Le sujet représente la statue de la République. L’exécution, qui a neuf centimètres de hauteur, largeur grand ruban, comprend 1032 ^fils de chaîne fil simple et 2,182 cartons, cou*pe de navette ou trame. Et c’est ce fameux Jacquard, ouvrier lui-même, que les'ouvriers lyonnais voulaient jeter dans le Rhône, qui revit dans le métier qu’il a créé.
- Les passementiers à la barre, qui font fonctionner ce métier, exposent, en outre, dans leur vitrine des articles pour ameublement et chapellerie, qui sont faciles à vendre, c’est du tra'vail courant comme on en devrait voir partout.
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- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- E INT 18 8 6
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 18 juillet 1886).
- Les bâtiments de l’exposition sont situés dans un parc d’une étendue de 35 arpents qui appartient aux « Corporations de Liverpool » et dont l’usage a été librement abandonné par elles au Comité organisateur de l’Exposition. Il se trouve à proximité des stations d’Edge Lane et d’Edge Hill et est relié à tous les points de la ville par des omnibus et des tramways.
- Le plan général des bâtiments est celui-là même que nous avons vu à l’Exposition d’Anvers. D’ailleurs, toute l’armature en fer de cette exposition,
- qui fut tant remarquée par sa légèreté et son élégance, a été vendue au Comité de l’Exposition de Liverpool, qui n’a eu qu’à la faire réédifier. Cependant l’exposition de Liverpool, — malgré cet emprunt à celle d’Anvers — est loin d’en avoir le cachet de grandeur et d’importance : et ses halles, vues d’extérieur, apparaissent comme une succession de hangars désagréables à la vue et ne laissant point supposer qu’ils puissent avoir été construits en vue d’une exposition.
- Je ne parlerai point de la façade principale : Un portique des plus simples sans la moindre architecture et écrasé par les bâtiments adjacents.
- Mais, aussitôt entré, l'aspect change : Un bel et magnifique escalier de 40 à 5o marches et tenant toute la largeur de la façade, vous dédommage de la mauvaise impression produite au dehors. Sur les murs de côté ont été placés de ma-gnifiques tableaux empruntés aux riches musées d’Angleterre : Devant vous, vous apercevez une série d’expositions, vitrines, kiosques, etc., très géométriquement disposées dans une immense avenue qui est la galerie centrale et qui parait sans fin.
- L’ensemble est plus que satisfaisant et je n’hésiterais pas à le proclamer parfait si le Comité anglais, au lieu de relier chaque colonne par des cloisons, avait su éviter ces murs disgracieux qui détruisent tout le charme en bornant l’horizon de chacun des visiteurs. On ne peut ainsi découvrir les expositions des galeries latérales, qui sont nombreuses et qui toutes devraient avoir une issue sur la galerie centrale.
- Cette galerie centrale a environ cinq cents mètres de longueur, près de trente mètres de largeur et de vingt à vingt-cinq mètres de hauteur. Elle a été réservée entièrement aux exhibitions anglaises qui répondaient vraiment à l’objet général de l’exposition, c’est-à-dire aux moyens de transports par terre et par mer. Elle contient une quantité innombrable de petits bateaux — bijoux mis sous verre — reproduction des grands transports anciens et modernes.
- En son milieu, cette avenue centrale est coupée par deux autres galeries ayant la même largeur. Au point d’intersection se retrouve le grand dôme d’Anvers au faite duquel nous remarquons les mêmes panneaux décoratifs !
- Sous ce dôme, MM. Doulton et Cie, de Londres, ont organisé un magnifique salon de céramique d’art qui rompt la monotonie de cet alignement de bateaux, de voitures ou de chaises à porteur.
- Le besoin d’un de ces murs disgracieux dont j’ai parlé plus haut se faisait sentir au Comité anglais, précisément à ce rond-point pour ainsi dire de l’exposition où chacun vient et se repose pour continuer ensuite ses promenades dans les autres galeries.
- A Anvers, le comité belge avait placé sous le dôme, sans doute pour masquer l’entrée de la section française, l’exposition de la Chambre de commerce qui se composait d’un immense tas de barriques et de sacs. Le comité anglais a bien cette même exposition faite par la Chambre de commerce de Liverpool et l’eût-il placée sous le dôme au lieu de la mettre à l’extrémité de la grande avenue centrale, qu’il n’eût point nui à l’effet de la section française. Il a préféré réserver ce point d’intersection de deux galeries occupées: l’une, par l’Angleterre, l’autre par la France, à une exposition d’œuvres d’art. Il faut l’en féliciter; mais alors, pourquoi avoir établi cette cloison qui masque la section française dans laquelle on ne peut pénétrer que par deux étroites entrées réservées aux extrémités ? Encore ces entrées n’ont-elles été autorisées que grâce aux énergiques protestations de l’éminent consul de France, commissaire général de la section française !
- Section française
- L’exposition française n’est point grande, quoique le nombre des exposants atteigne le chiilre de sept cents. Elle est parfaitement organisée et l’intelligente disposition des vitrines, salons, etc., fait
- honneur à son commissaire. — De rien, Dieu fit le monde, dit-on : — ici, le fait est moins contestable et l’on peut dire de peu, le commissaire général de la section française, consul de France, a fait beaucoup.
- Quelques noms au hasard, suivant les industries :
- Havilaud, pour la céramique ; Pilliwuyt, Charles. Jean, pour les émaux; Vessière Paulin, pour les robes d’enfants; Viguier, pour les bois des îles; Bru, pour les poupées et jouets d’enfants ; Cailar Bayard, pour l’orfèvrerie, etc.
- Je ne saurais oublier un magnifique salon où se trouve une collectivité d’industriels d’ordre different et qui constitue le « great attraction » de la section française. J’y trouve les noms d’exposants bien connus dans les précédentes expositions : MM. Wallet, Zwiener, Danielli, Chineau, Sobau et Leprovost, etc.
- M. Zwiener nous y montre des meubles d’un goût parfait et d’un fini qui nous révèlent bien cet art parisien, universellement admiré. Nous remarquons surtout une commode Louis XVI, garnie de bronzes dorés et de médaillons de la manufacture de Sèvres. M. Wallet nous offre des tapisseries que rious avons déjà eu, l’occasion d’admirer à Amsterdam et à Anvers. Elles nous sont une fidèle reproduction des Gobelins et, à ce titre, leur valeur réelle prend encore plus de prix à nos yeux . Çà et là, au milieu de cette exposition qui nous figure un de nos salons parisiens, entre les meubles, dans les coins, de jolies statuettes, bustes en imitation de bois d’ivoire, delà maison Danielli, des terres cuites de Chineau, sont posées sur d’élégantes colonnettes en marbre, de M. Leprovost. Il semble qu’en cet étroit espace on ait voulu réunir tout ce qu’il y a d’art élevé dans les différente, industries que nous venons de citer. En tout cass l’ensemble de cette seule exposition est splendide et à elle seule elle suffirait à vous indiquer ce que vous pouvez trouver de séduisant dans notre charmante section française !
- Une autre Exposition intéressante est celle de la maison Dumont-Lelièvre, facteurs d’orgues aux Andelys. Nous remarquons un très bel orgue mé-diophone, plusieurs harmoniums, un claviphone et un tableau solfège automatique et chantant par le claviphone. Ce tableau est destiné à l’enseignement de la musique et du chant dans les écoles. Il se compose d’un petit harmonium ou claviphone surmonté d’un tableau avec portée de musique dont les notes sont découpées à jour pour donner passage aux notes automatiques dissimulées derrière le tableau.
- Puisque j’en suis à la musique, je ne puis oublier de citer M. Pinet £[ui expose des anches métalliques pour harmoniums, harmoniflûtes, accordéons, etc. La réputation de cette maison n’est plus à faire : son chiffre d’affaires avec l’Angleterre, l’Italie, la Belgique, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, etc., et l'es récompenses obtenues dans les précédentes Expositions — médailles d'or — démontrent suffisamment l’intérêt qui s’attache à cette fabrication.
- Aux Expositions d’Amsterdam et d’Anvers, la bijouterie française, dont les modèles sont uniques et ne se retrouvent en aucun pays de l’univers, avait été représentée par peu d’industriels,' mais au moins par les plus grands: MM. Boucheron, Sandoz, Fouquet, etc., nos illustres décorateurs du Palais-Royal, avaient réuni dans d’élégants pavillons les pièces les plus remarquables de leur fabrication. — A Liverpool, je cherche en vain la grande bijouterie ; en revanche, les fabricants de bijouterie imitation ou fausse bijouterie y sont nombreux. Leurs articles ne sont certainement pas à dédaigner et il y en a parmi eux de très jolis et d’un prix très modeste. Cette bijouterie, qui me semble plutôt s’adresser aux classes pauvres, mérite d’être mentionnée. Une des plus grandes maisons en ce genre est celle de M. Chopard dont l’Exposition de broches, bracelets, colliers, boucles, agrafes, etc., est très complète et très intéressante. A citer encore les exhibitions de MM. Thomas, Bonin et Bulot qui, possèdent de très jolis objets.
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- Deuxième Année. — N° S2,
- Les instruments de précision qui sont une des attractions des Expositions en général ne sont point représentés à Liverpool. Cependant la maison Lemaire est là ; nous la connaissons de vieille date et sa réputation n’est plus à faire. Une élégante vitrine placée dans une des galeries principales de la section française nous offre, artistement arrangées sur leurs étagères, des lorgnettes-jumelles pour l’armée et la marine, pour théâtres, musées, courses, voyages ; des jumelles à changement d’oculaires et à foyer conservé, etc. La maison Baille-Lemaire a, dans son tableau de récompenses, nombreuses médailles d’or et nombreux diplômes d’honneur. Pourrait-il en êtte autrement pour une maison dont les produits sont au-dessus de toute comparaison et de toute concurrence, et aussi bien en raison de leurs prix relativement peu élevés que de leur excellente qualité ? Aussi n’est-il pas étonnant que sur une production de deux millions, les quatre cinquièmes environ sont absorbés par l’Amérique et l’Angleterre.
- Je ne quitte point sans regret l’Exposition 'de cette maison sur laquelle j’aurais tant à dire, mais la place m’est mesurée et je ne puis tout accorder à un seul. Il y a tant de jolies choses dans cette petite section française S
- Voici encore un joli salon dont le propriétaire exposant est M. Bertrand. De magnifiques objets en galvanoplastie s’offrent à nos yeux. Quels beaux cadres à portraits ! quelles jolies boîtes à bijoux. Gentlemen, rendez-vous à ce salon et contentez vos mis !
- L’orfèvrerie est représentée par la maison Cailar et Bayard, dont la fondation remonte en 1848 et qui a pris depuis cette époque une extension considérable, due à la fabrication de bons produits d’autant plus facile 'que les perfectionnements les plus nouveaux sont sans cesse apportés dans l’outillage des usines. Il y a là, dans cette Exposition, des pièces d’art qui font rêver et je suis persuadé que plus d’un visiteur aura été tenté par les magnifiques services et milieux de table étalés dans la vitrine de MM. Cailar et Bayard.
- Cir. Lexoir. -
- (A suivre.)
- LÀ RUE DES NATIONS
- A L’EXPOSITION DE 1878
- LA FAÇADE BELGE
- Nous continuons aujourd’hui par la façade de la section belge, la série des bâtiments de la rue des .Nations en 1878.
- Le bâtiment belge se composait d’une série de tours, de corps de logis et de galeries différents de dessin et de style, mais formant par leur réunion un ensemble harmonieux qui faisait véritablement honneur à l’architecte, M. Emile Janlet. En se promenant de gauche à droite, le regard rencontrait d’abord une tour en pierres bleues, de nature granitique, quadrangulaire, à pans coupés, surmontée d’une terrasse sur laquelle se dressait une tourelle octogonale, à toiture couronnée par un beffroi en charpentes, ardoises et fer forgé.
- Sur la façade de la tourelle était une horloge de ville. A la suite de la tour, venait le pavillon central ou principal dans lequel s’ouvrait la grande entrée. Ce pavillon à assises différentes de grain et de couleur, était composé de deux avant-corps en saillie sur la porte et’remarquables par quatre cariatides dues au sculpteur Fraikin, de Bruxelles ; puis par leur couronnement un peu tourmenté, un peu chargé peut-être, mais tout à fait flamand. Au-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- tour de l’arc de la porte, sur les pierres à forte saillie, étaient les armes de la Belgique et de ses principales cités. Le corps de logis surmontant la haute arcade de l’entrée était également d’une grande richesse, et son dôme oblong était caché par un couronnement formé d’enroulements, de volutes, de frontons et de pyramides. Le pavillon principal se reliait au moyen d’une galerie à un autre corps de logis également important. Cette galerie, formée au rez-de-chaussée par des vitraux, restait ouverte au premier étage pour servir de passage couvert et de terrasse. Ses colonnes., comme ses balustrades, étaient des spécimens des principaux marbres belges. Le corps de logis suivant, construit comme tous les autres en diverses natures de matériaux, principalement en pierres brunes, noires et blanches, se faisait surtout remarquer par son couronnement, véritable édifice dont le reste du bâtiment semblait former la base, et ]aar un très beau balcon, s’appuyant sur des consoles et recouvert d’une massive véranda s’appuyant sur des piliers de bois sculpté et entourée d’une balustrade également en bois tourné et sculpté. Le dernier pavillon n’offrait rien de particulier.
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- ( Voir le Moniteur du 18 juillet 1886)
- Enfin, une des questions capitales qui se présentent dans l’étude de la construction de la salle de théâtre se rapporte à la mise à l’abri de l’incendie et surtout à ^isolement, en cas de sinistre, de la salle des autres parties de l’édifice pour empêcher la propagation du feu. C’est ici que s’est particulièrement butée la répugnance des entreprises de théâtres à l’établissement de dispositions perfectionnées. Car, outre que le problème est difficile à- résoudre et que, comme il est aisé de s’en apercevoir en l’étudiant, telle des mesures indispensables à prendre nuit à la sonorité de la salle; telle autre à la facilité de chauffage et de ventilation à bon marché, la grande pierre d’achoppement réside dans la nécessité de sacrifier pour les dégagements un certain nombre de places ; c’est ce que les directeurs né veulent entendre à aucun prix et ils se contentent d’exécuter à peu près les ordonnances de police et appliquent leur ingéniosité à chercher à tourner ces règlements au détriment de la sécurité publique.
- M. P. Chennevier, dans sa brochure sur le feu dans les théâtres, a posé une série de principes excellents au point de vue de l’installation de la salle. M. Garnier à l’Opéra a certainement réalisé une des meilleures solutions du problème qui aient été présentées. La salle de l’Opéra remplit en effet les trois conditions essentielles suivantes : plancher à charpente de fer ; cage de la salle constituée par un mur épais dépassant les toits des constructions des dépendances du théâtre ; plafond métallique soutenu par une charpente de fer. Dans toute la construction delà salle, la charpente métallique a été substituée à la charpente en bois et la plus grande partie de la décoration, surtout dans la portion qui avoisine la scène, est constituée de matériaux incombustibles.
- En outre de ces dispositions fondamentales M. Chennevier propose quelques mesures que les or- . donnances de police devraient enjoindre d’appliquer et qui empêcheraient la flamme ou la fumée de gagner les couloirs une fois que le public a évacué la salle. M. Chennevier voudrait que toutes les portes des loges et galeries fussent doublée
- Dimanche 25 Juillet 1SS6. — 247.
- de feuilles de tôle, que les judas qui y sont pratiqués fussent garnis de toiles métalliques et portassent des carreaux en mica au lieu de verre et qu’enfin ces portes se fermassent hermétiquement d’elles-mêmes. D’autre part M. Chennevier recommande un matériel de salle de spectacle incombustible, des sièges à carcasses métalliques et à garnitures en crin animal. Il va sans dire qu’en tout cas tous les bois employés pour les parquets, etc., devraient être rendus ininflammables par des procédés chimiques.
- Plus on examine les différentes questions qui se rattachent à l’établissement des salles de théâtre-plus on se rend compte des difficultés de toute na, ture en présence desquelles on se trouve. Une foule de problèmes surgissent: — acoustique,éclairage, chauffage et ventilation, abri de l’incendie, installation du public— qui s’enchevêtrent les uns dans les autres et dont les solutions particulières se contrecarrent fréquemment.
- Il importe donc de réunir une bonne fois toutes les études diverses auxquelles les hommes compétents se sont livrés chacun de leur côté, pour condenser en une solution unique et parfaite les meilleurs résultats obtenus dans chaque ordre d’idées.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE
- M. Aristide Rey, député de l’Isère, a déposé en son nom et au nom de plusieurs de ses collègues, sur le bureau de la Chambre, un ,projet de loi intéressant, qui a pour but d’instituer l’enseignement primaire agricole et qui sera soumis, dès la rentrée, à la commission d’initiative.
- En voici les principales dispositions :
- i° Dans les écoles normales, le programme des cours comprend l’enseignement des sciences qui intéressent l’agriculture.
- 20 Les instituteurs destinés à enseigner^dans les écoles de village doivent avoir fait un stage d’une année au moins dans une école d’agriculture avant leur nomination définitive ;
- 3° Dans les écoles primaires, à la campagne, les éléments des sciences agricoles font partie du programme d’enseignement ;
- 40 Dans chaque canton, une école primaire,— autant que possible celle du chef-lieu, — est transformée en école professionnelle agricole.
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- LES LIVRES
- LXVII
- Le Roman vussc, par le vicomte E. M. de Vogué.
- U11 vol. in-8. E. Plon, Nourrit et Cie.
- Plus que jamais le roman russe est à la mode. Non seulement on traduit de nouveau Gogol et Pousckhine, mais encore Lermontoff. Les éditions des oeuvres de Tourgueneff se multiplient. On translate du russe en français la moindre des œuvres de Dostoiewski et du comte Tolstoï, les deux lions de cette mode. On va jusqu’au second ordre et l’on traduit Gontcharof et Pisemski. Et la critique s’en mêle et après les commentaires de dilettantes comme Mérimée et Louis Viardot nous avons les portraits en pied, les histoires en forme de ce mouvement littéraire russe des années quarante, comme on dit en Russie, l'oouvrage de M. Dupuy, que nous avons analysé ici même et celui de M. de Vogué, que nous allons apprécier. Il en vaut la peine par le sujet et par le talent tout à fait pénétrant, l’intensité d’observation et de vie avec lesquels il est traité.
- Il en vaut la peine par le sujet, car ce n’est pas un pur caprice de la curiosité et de la vogue que cet engouement pour le roman russe. C’est plus qu’une mode. Ce n’est pas une révolution, mais c’est une évolution de notre littérature et de notre critique, très intéressante à étudier. Le réalisme russe et le.réalisme français sont en pleine action, en plein triomphe ; il est curieux de comparerleurs
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- LE MONITEURDE L’EXPOSITrION DE 1889.
- Dimanche 25 Juillet 18S0.
- origines, leurs procédés, de montrer à côté du roman qui n’est en France qu’une manifestation, qu’un genre de l’art, le roman devenant en Russie l’art tout entier, et un art national par les tendances, les causes et les effets ; de mettre en présence le réalisme français, son pessimisme égoïste, amer et révolté, et lé réalisme russe avec son intimité d’accent, sa sincérité, sa tendresse mêlée à sa rudesse, sa résignation presque fataliste à l’inévitable souffrance, mais aussi son vif sentiment de charité fraternelle, de pitié sociale.
- C’est par ce courant de sympathie humaine qui lui a attiré les âmes jeunes et généreuses, que le roman russe a surtout réussi chez nous. Aussi M. de Vogué ne veut point qu’on parle d’engouement frivole, de caprice de la mode à ce propos. Pour lui, il y a là un mouvement grave et réfléchi qu’il explique ainsi : « Le roman russe a trouvé son vrai public dans la jeunesse studieuse de toutes conditions. Ce qui l’a séduite, ce n’est point la couleur locale et le ragoût d’étrangeté ; c’est l’esprit de vie qui anime ces livres, l’accent de sincérité et de sympathie. La jeunesse y a trouvé l’aliment spirituel que notre littérature ne lui donne plus, et comme elle avait bien faim, elle y a mordu avec ravissement. »
- Il y a beaucoup de vrai dans cette observation. Celle qui suit et qui est comme la leçon un peu rude, la moralité un peu amère de l’introduction de M. de Vogué, c’est celle où avec la résignation du philosophe et la déception du patriote, il con-statela décadence du prestige littéraire de la France à l’étranger, où on lit encore beaucoup de roman français, mais où le livre décisif, le livre, qui fait tourner les têtes et vibrer les coeurs, le livre qui touche autant au mouvement moral et social qu’au mouvement littéraire, est plus souvent encore un roman anglais ou un roman russe qu’un roman français. Le nombre de nos romanciers leur fait illusion sur leur force. Mais le public étranger, le public cosmopolite avec lequel aujourd’hui il faut ‘ compter, ne se paye pas de la monnaie des anciennes fascinations. Il ne confond plus la quantité et la qualité, il fait un choix souvent plutôt dicté par la portée morale et sociale de l’œuvre que par sa valeur littéraire. La superstition du roman- français à l’étranger, que Balzac, Alexandre Dumas et même en dépit de certaines dissonances, George Sand -entretenaient est descendue avec eux dans la tombe. Certes aujourd’hui en Europe, Alphonse Daudet et Emile Zola ont des lecteurs nombreux, des admirateurs passionnés, mais peuvent-ils croire leur prestige égal sur le lecteur européen, à celui d’un Dickens, d’un G. Elliot, d’un Gogol, d’un Dostoiewski, d’un Tourgueneff, d’un Tolstoï ? Ont-ils jamais soulevé les entrailles populaires, provoqué un mouvement universel d’opinion, au degré où le fit la Case de l’oncle Tom ?
- M. de Vogüé a, sur tous ceux qui l’ont précédé dans cette voie d’initiation, de vulgarisation, de grands avantages. Il a habité la Russie, il en connaît à fond la langue et les mœurs. Il y a, dans les caractères de sa critique, cette simplicité de vues, cette sincérité d’accent, cette générosité et cette sympathie humaine et cordiale d’un pessimisme qui n’a rien de fanfaron, qui résulte de l’expérience, mais de cette expérience saine qui ne tue que les fausses pudeurs, les fois factices, les préjugés parasites et ne laisse rien perdre de sa force salutaire au vin amer qu’elle dépose. Ses essais sur l’école romantique russe, les poètes Pousckine et Lermontof, la fatalité de la fin tragique de ces byroniens slaves, sur le réalisme né de la révolte du génie national contre les anciens jougs et les anciennes servitudes d’imitation, le caractère particulier de ce mouvement, la génération remarquable, vraiment marquée de l’esprit de principauté, dont on date l’avènement et l'empire des années quarante, c’est-à-dire des années 1840 à 1849, sur le fantasque et le fantastique Gogol, sur l’étrange et maniaque Dostoiewski, sur le mystique Tolstoï sont ce qui a été écrit de plus fort, de plus pénétrant dans ce genre de la grande critique, c’est-à-dire de celle qui s’éclaire de philosophie et se pare d’art, depuis les Causeries du lundi, de Sainte-Beuve, et l’Histoire de la littérature anglaise, de M. Taine. On est frappé de la sincérité, de la pitié profonde et sans révolte pour les fatalités de la vie sociale et leurs victimes, de l’acuité d’observation de ces regards habitués à fouiller jusqu’au tuf les curiosités de la conscience humaine, de cette vie uniformément maladive, inquiète, persécutée de ces hommes qui ont vécu leurs romans et qui en sont morts comme Gogol, de l’hypocondrie, comme Dostoiewski, de l’épilepsie (seul, Tolstoï, de race aristocratique, longtemps soldat, préservé des souffrances physiques et morales de la pauvreté, s’est maintenu dans un équilibre physique, qui ne fait que mieux paraître sa déséquilibration morale d’apôtre du néo-évangile, qu’il prêche et applique d’exemple). On est frappé aussi de la popularité immense de ces agents plus ou moins inconscients d’un mouvement de passions et d’idées, qui transformera lentement le monde russe, non sans l’avoir ébranlé et dont les succès de la coterie chez nous triomphante, les illusions d’ambition et d’orgueil de nos Flaubertistes, de nos Daudettistes, de nos Goncouristes ne donne pas plus l’image que la grenouille ne ressemble au bœuf.
- Le livre de M. de Vogué est, par le sujet et le talent, un des plus intéressants que nous ayons lus depuis longtemps. On n’a pas souvent la bonne fortune de lire un livre original dans le genre où il est le plus difficile de l’être, et qui fait penser.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- SUISSE
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE ET AVEC l’allemagne
- On écrit de Bâle au Moniteur officiel du commerce :
- Nous avons eu l’occasion de constater, à plusieurs reprises, la vivacité de la concurrence que les marchés allentands font à l’importation française dans la région bâloise. Cette concurrence, qui s’applique à un grand nombre d’articles, tels que porcelaines, verreries, meubles, étoffes, appareils d’éclairage, etc., etc., est sur le point de prendre un caractère plus redoutable encore pour notre industrie, si les commerçants français ne portent promptement remède à la situation. Afin de lutter avec plus de succès contre nos produits, presque toutes les maisons allemandes envoient maintenant « franco-frontière » les marchandises qu’elles écoulent aux négociants suisses. Il y a, dans cette facilité nouvelle accordée par les Allemands à leur clientèle, un danger très serieux et sur lequel nous croyons devoir appeler l’attention de nos nationaux. Déjà séduit par le bon marché de la marchandise rivale, le détaillant bâlois n’hésite plus à lui donner la préférence, si le transport par chemin de fer doit désormais rester à la charge du vendeur. Nous savons que des concessions semblables ont été réclamées par certaines maisons de ce district à leurs fournisseurs de France. Ces derniers n’ont pas cru devoir y faire droit, soient qu’ils aient élevé des doutes sur la réalité de la mesure adoptée par les Allemands, soit qu’ils se refusent à entrer dans cette voie. Il nous paraît urgent de leur faire savoir que, s’ils persistent dans leur manière de faire, l’exportation de leurs objets fabriqués se heurtera à un obstacle de plus.
- MEXIQUE
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE
- Nous empruntons les extraits suivants à un rapport du consul de France à la Vera-Gruz sur les conditions actuelles du commerce d’importation au Mexique :
- Il importe que nos fabricants se pénètrent bien d’une indéniable réalité : c’est que l’offre à distance et par lettre n’est plus de saison, car la concurrence, telle qu’elle s’exerce de nos jours, l’a frappée de stérilité. Offrir par, écrit sa marchandise est désormais une propagande trop anodine pour qu’on puisse espérer des résultats. Il n’existe à Vera-Cruz que des maisons de commission en transit et des maisons d’importation. Ces dernières ont leurs fournisseurs attitrés, leurs marques qu’elles ont accréditées et auxquelles sont habitués leurs clients ; qu’on ajoute à cela les visites et les tentatives périodiques des représentants de commerce étrangers auprès de ces importateurs pour leur faire adopter des articles similaires d’une autre provenance, et l’on comprendra sans peine que les propositions écrites de nos industriels doivent fatalement échouer et que plus d’une de ces propositions reste sans réponse.
- Aujourd’hui comme avant, l’industrie française tient le sceptre en ce qui concerne la durée du produit, la pureté du goût, la distinction artistique de la forme et la finesse du travail ; comme toujours, elle excelle et domine dans l’exquis, mais l’exquis ne constitue pas un article de consommation pour la masse des acheteurs. C’est dans la fabrication des articles courants, c’est-à-dire de ceux que consomme tout le monde, que notre industrie s’est laissée distancer par ses rivales, et c’est à mieux réussir sous ce rapport que doivent tendre toutes ses facultés.
- Il est possible que, chez le consommateur désabusé, se produise tôt ou tard une réaction de défaveur à l’égard de ces marchandises dont l’apparence trompeuse séduit la vue et qui ne se vendent bon marché que parce qu’elles sont de qualité médiocre ou de mauvais aloi. N’importe, le but que poursuit notre industrie française est de vulgariser, dans une plus large mesure, la consommation de ses produits. Eh bien, il faut, à notre avis, quelle s’efforce de réduire le coût de sa production, afin de diminuer ses prix de vente, et qu’elle abandonne les habitudes casanières contractées dans la paisible jouissance d’une suprématie dont, pendant une longue période, aucun péril grave n’a menacé l’existence. Les temps et les circonstances ont changé. Partout le vent souffle à l’action et à la lutte; il faut, coûte que coûte, passer les monts et
- les mers, et ne pas oublier que l’avenir sera au plus actif.
- RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
- COMMERCE D’IMPORTATION
- On lit dans le Deutsches Handels Arckiv que, par suite de la stagnation persistante du marché, ies affaires d’importation sont actuellement peu favorables dans la République Dominicaine.
- GUATÉMALA
- SITUATION COMMERCIALE
- En raison des difficultés que présente la situation économique et financière du pays, dit le même journal, la plus grande prudence est recommandée aux négociants qui font des importations au Gua-témala.
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- LES THÉÂTRES
- C’est fini, bien fini, cette fois, la saison théâtrale est morte et le cadavre dramatique n’est même plus agité de quelques frissons réflexes. Pas même une reprise, une reconstitution paléontologique d’un drame fossile à l’Ambigu. Le Château-d’Eau annonce bien la représentation prochaine d’un nouvel ouvrage à l’étude. Mais le Château-d’Eau propose et bien des gens disposent. On a encore refusé au directeur de l’Opéra populaire l’autorisation de monter Lucrèce Borgia et cela, dit-on, pour obéir aux dernières volontés de Victor Hugo. Où la piété des souvenirs va-t-elle se nicher ?
- Les statistiques du dernier recensement ont démontré que Paris possédait plus de deux millions d’habitants. C’est merveille de voir comme ces deux millions d’habitants et plus se privent facilement du plaisir des spectacles dramatiques. Bah ! l’on a des cafés-concerts aux Champs-Elysées et nous venons d’avoir la fête à Montmartre après l’avoir eue à Neuilly, ces divertissements sont suffisamment littéraires et artistiques,n’est-il pas vrai? Un jour viendra qui n’est pas loin où les théâtres parisiens resteront fermés même en hiver et l’habitant de la rue Vivienne réalisera des économies pour aller de temps à autre par le train de plaisir ouïr la comédie ou l’opéra à Bruxelles et à Carpen-tras. O pays de Corneille et de Molière !
- Un événement qui ressort un peu de la préoccupation de l’art dramatique réside dans la distribution des décorations à l’occasion du 14 juillet. On a décoré des directeurs; on a failli décorer des acteurs, on a oublié les auteurs. Ne parlons pas de MM. Armand Sylvestre et Edouard Philippe qui ont reçu des distinctions l’un pour services administratifs et l’autre pour services militaires.
- Décidément l’on se détache des choses du théâtre. On ne parle même plus du départ de M. Co-quelin. Et cependant une révolution se prépare peut-être. La commission des beaux-arts à la Chambre semble vouloir proposer la suppression de la censure. On a beaucoup discuté pour et contre cette institution, laquelle au premier abord semble peu convenir à un régime libéral. Mon Dieu, pourquoi faire relever en quelque sorte de la préfecture de police l’exercice de l’art dramatique ? Pourquoi laisser subsister ce honteux système de tolérance qui retient les directeurs de théâtre sous la coupe d’espèces d’agents des mœurs? Ne pourrait-on laisser aux directeurs leur initiative et le jour où ils viendront à contrevenir aux lois de la pudeur ou susciteront des désordres, soumis au droit commun ils seront poursuivis comme de simples citoyens, à la requête de spectateurs indignés, comme excitateurs à la débauche ou fauteurs de troubles. En général, les directeurs connaissent le public au moins aussi bien que MM. de la censure ; c’est à leurs risques et périls qu’ils opéreront et en connaissance de cause. Donc il convient de leur accorder la liberté, en établissant leur responsabilité. Mais toutes ces mesures préventives que comporte le fonctionnement de la censure (ou inspection des théâtres, comme on voudra l’appeler) tout ce système de formalités préalables vexa-toires est indigne d’un peuple libre et sans être d’aucun secours pour la morale publique ne fera jamais qu’arrêter l’essor du progrès littéraire et l’élévation de l’art dramatique.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et Ci», rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche Ier Août 1886.
- NUMÉRO 83.
- SOMMAIRE :
- i. Bulletin; 2. Partie officielle; 3. M. Lockroy au Comptoir des fabricants de bijouterie ; 4. Les expositions anglaises en 1885 : Exposition coloniale Gt indienne de Londres; Exposition de Liverpool ; 5. Exposition ouvrière et internationale ; 6. La lutte contre le mildew et les concours anti-cryptogamiques de Loches; 7. Exposition nationale de Toulouse en 1887; 8. Les Livres ; g. Les Théâtres.
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- Nous donnerons dans nos prochains numéros les portraits des directeurs de h Exposition.
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- BULLETIN
- Le Journal officiel vient de publier le décret relatif à l’organisation de l’Exposition universelle de 188g. Nos lecteurs trouveront plus loin ce document.
- Enfin ! serait-on tenté d’écrire, en pensant à tous les travaux préliminaires, à tous les efforts qui ont précédé cette solution.
- Il n’y a pas moins de dix-huit mois, en effet, que parut le premier décret du président de la République, aux termes duquel « une Exposition universelle s’ouvrira à Paris le 5 mai 1889 et sera close le 3i octobre suivant ».
- Un décret ultérieur devait déterminer les conditions dans lesquelles se fera l’Exposition universelle, le régime dans lequel seront placées les marchandises exposées et les divers genres de produits susceptibles d’y être admis.
- Depuis lors, l’Exposition de ï88o adonné lieu à de nombreux travaux dont il ne faut méconnaître ni l’importance, ni la difficulté.
- Les questions d’organisation, de réglementation, d’emplacement nécessitaient de longues études. Elles ont été menées à bien par la commission chargée de préparer l’exécution de ce grand projet. ‘
- Aujourd’hui, le décret qui vient d’être publié par 1 e Journal officiel fait entrer le projet de l’Exposition de 1880 dans sa période définitive d’exécution.
- Il faut en faire honneur au ministre actuel du commerce, M. Edouard Lockroy, qui, avec le concours si intelligent et si dévoue du directeur de son cabinet, M. Gustave Ollendorff, est arrivé à menerà bien cette oeuvre délicate et ardue. .
- Le décret qui vient d’être rendu sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie donne à l’organisation de l’Exposition de i88q un cadre complet ; il détermine les pouvoirs et les attributions de chacun ; en un mot il n’y a plus qu’à marcher, à faire vite et bien, à presser sur les chantiers du Champ-de-Mars l’exécution des travaux.
- Le programme adopté par M. le ministre du commerce et de l’industrie et ratifié par le président de la République, institue au ministère du commerce et de l’industrie un service spécial en vue de l’Exposition de 1889. Le ministre est le commissaire général de l’Exposition et il conserve toutes les attributions du commissaire général. Il a sous ses ordres trois directeurs généraux dont les noms seuls suffisent à mettre en lumière toute la compétence. Ce sont MM. Alphand, pour la direction générale des travaux; Berger, pour la direction générale de l’exploitation; Grison, pour la direction générale des finances.
- Comme on le voit, le décret qui réglemente l’organisation de l’Exposition a un très grand avantage. Il a permis d’assurer dans des conditions honorables et acceptables pour chacun des hommes qui étaient à des titres différents, mais avec une insistance égale, désignés par l’opinion publique comme capables de mener à bien cette grande œuvre.
- _ Citer le nom de M. Alphand, c’est évoquer tout aussitôt cette grandiose et magnifique transformation de Paris qui a fait l’admiration du monde entier.
- Personne plus que M. Alphand n’est capable d’assurer à l’Exposition de 1889 une supériorité marquée sur toutes les expositions qui l’ont précédée. Quant à M. Berger qui, en qualité de directeur de sections étrangères en 1878, a laissé de tels souvenirs que le commerce et l’industrie réclamaient comme nécessaire sa participation la plus.active à celle de 1889, sa nomination à la direction générale de l’Exploitation ne peut manquer d’être accueillie comme un signe certain du succès de l’Exposition.
- La compétence de M. Grison assure à tous les services une gestion financière irréprochable en même temps qu’un contrôle des plus précieux, pour les souscripteurs du capital de garantie.
- Ces trois directeurs auquel est adjoint M. 01-lendorf, directeur du Cabinet et du personnel, constitueront, sous la présidence du ministre, le comité de direction de l’Exposition universelle. Ce comité, dès la semaine prochaine, arrêtera les termes du règlement. La Commission de trois cents membres qui prend le nom de grand conseil de l’Exposition sera prochainement nommée.
- Ce grand conseil se subdivisera en sous-com-missions dont les membres sont, en quelque sorte, appelés à former les états-majors des comités d’admission et d’organisation de l’Exposition.
- Telle est l’œuvre à laquelle M. Lockroy s’est consacré avec une persévérance au-dessus de tout éloge. L’organisation de l’Exposition est dès cette heure assurée ; les assises en sont solidement établies, nous entrons dans la période d’exécution ; le gouvernement a fait son devoir ; c’est au commerce et à l’industrie à faire le leur en se préparant à mettre en pleine lumière les progrès accomplis depuis l’Exposition de 1878 dans toutes les branches de l’activité humaine.
- PARTIE OFFICIELLE
- DÉCRET
- RÉGLANT L’ORGANISATION DES SERVICES
- DE •
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Le président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884,
- Vu la loi du 6 juillet 1886,
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie.
- Décrète :
- Article premier.
- Il est institué au ministère du commerce et de l’industrie un service spécial en vue de l’Exposition universelle de 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie est le commissaire général de l’Exposition et il conserve toutes les attributions du commissariat général.
- Il a sous ses ordres trois directeurs, qui ont le titre de directeurs généraux.
- Art. 2.
- Les attributions du directeur général des travaux sont réglées comme suit :
- Service d’architecture et des travaux de l’Exposition. — Rédaction et étude des projets, devis, cahiers des charges générales et particulières. — Marchés spéciaux. — Adjudications générales et restreintes. — Direction, exécution et surveillance des travaux. — Règlements provisoires et définitifs. — Réceptions provisoires et définitives. — Délivrance des certificats de paiement pour acompte et pour solde. — Entretien des constructions. — Démolition après l’exposition.
- Contrôle des travaux exécutés par les concessionnaires de restaurants, cafés, chalets, kiosques, etc.
- Examen des projets et devis présentés. — Préparation des autorisations de concessions. — Détermination des moyens et délais d’exécution, surveillance et contrôle des travaux autorisés. — Police pendant la durée des travaux.
- Service des plantations et de la voirie de l’Exposition. — Plantations et jardins. — Appropriation et entretien des voies, ponts, passages intérieurs et extérieurs. — Eau. — Gaz. — Remise en état des voies et plantations après l’Exposition. — Etablissement de toutes les voies ferrées à l’intérieur de l’Exposition, après entente avec le directeur général de l’exploitation et sur avis préalable' du comité de direction visé à l’article 10.
- Fêtes publiques dans l’intérieur et aux abords de l’Exposition. — Aménagements et décoration. — Préparation de la cérémonie d’ouverture et installation de la salle des récompenses.
- Service des palais et bâtiments spéciaux (dans les conditions à déterminer par arrêtés ultérieurs). — Service d’architecture. Service des plantations et de voirie.
- Service médical. — Réglementation et surveillance du service médical et pharmaceutique fonctionnant au compte de l’Etat. — Règlement des honoraires.
- Présentation du personnel au commissariat général.
- Art. 3.
- Les attributions du directeur général de l’exploitation sont réglées comme suit :
- Service des transports. — Organisation et surveillance d’un service général de transports et de transbordements dans toute l’enceinte de l’Exposition , tant pour les besoins du service que poulie compte des exposants, dans des conditions à déterminer par arrêté ultérieur. — Réception et mise en place des ’ colis expédiés. Classement et conservation des caisses et emballages pendant la durée de l’Exposition.— Réexpédition.
- Services de'la section française et de la section étrangère. — Classement des. groupes et sections. Rapports avec les commissaires et les exposants. Distribution des surfaces. — Comités d’admission et d’installation. — Jurys. — Récompenses. — Avis motivé sur les projets de concession de restaurants, vestiaires, etc., au point de vue de l’emplacement.
- Service mécanique et électrique. — Etablissement et distribution de la force motrice. — Direction et exécution des travaux y relatifs.— Règlement des dépenses au compte du budget de l’Exposition. Projets de répartition des frais incombant aux exposants.
- Service des installations intérieures. — Groupement des exposants par classes, pour couvrir les frais collectifs d’aménagement intérieur, de décoration, de gardiennage, d’assurances, etc.— Préparation des projets et devis avec le concours des architectes spéciaux désignés par le ministre.
- Service de police intérieure. — Surveillance des bâtiments et jardins de l’Exposition. — Garde des objets exposés. — Rapports avec la force publique et le service de police municipale. — Présentation du personnel au commissariat général.
- Art. 4.
- Les attributions du directeur général des finances sont réglées comme suit :
- Comptabilité. — Mesures générales de comptabilité. _ Budget préparatoire. — Avis sur tous les
- projets de dépense présentes au ministre, au point de vue de la disponibilité et de la répartition des
- crédits. __ Contrôle de l’emploi des crédits. —
- Contrôle des dépenses faites. — Préparation et expédition des ordonnances et mandats de paiement. __Comptabilité-matière, tenue des écritures, préparation des états et situations.
- Caisse.— Paiement des traitements, indemnités et salaires au personnel de l’Exposition. — Paiement des dépenses courantes du matériel. — Défi-
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- s5o. — Deuxième Année. — N° 83.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche ier Août iSSb.
- vrance des mandats aux parties prenantes. Avis motivé sur tous les projets de concessions payantes.
- Contentieux. — Rapports avec la commission consultative du contentieux, dont la composition et le fonctionnement seront réglés par arrêté ultérieur.
- Centralisation des demandes d’avis formulées par les directeurs généraux, les commissaires de section et les exposants.
- Transmission des avis donnés par la commission. Examen des affaires contentieuses qui ne seraient pas étudiées directement par les services compétents. Poursuite et règlement des affaires soumises aux tribunaux.
- Service du matériel et des entrées. Acquisition, conservation et récolement du mobilier payé seules crédits budgétaires. Chauffage et éclairage des bureaux et locaux occupés par l’administration. Fournitures de bureaux. Visa et exécution de toutes les commandes d’impressions et autographies. Direction et surveillance des huissiers, garçons de bureau et gens de service.
- Organisation et contrôle des entrées avant et pendant l’Exposition. Visa et enregistrement des laissez-passer respectivement délivrés pour les besoins du service par le directeur général des travaux et le directeur général de l’exploitation. Direction et surveillance du personnel préposé à la garde des portes et au contrôle des entrées. Surveillance administrative du service des entrées payantes. Rapports avec l’agent comptable du Trésor préposé à la recette des entrées. Présentation du personnel au commissariat général.
- Art. 5.
- Les attributions du commissariat général sont réglées comme suit :
- Personnel, nominations, avancement, congés, révocations, affaires disciplinaires. Nomination des commissions et comités d’admission et d’installation, des jurys de récompenses, etc. Décorations et distinctions honorifiques. Ouverture et distribution quotidienne des dépêches. Centralisation et examen des dépêches et pièces soumises à la signature du ministre. Service des franchises postales. Départ des dépêches expédiées par les services. Rapports avec les Chambres, les ministres, les autorités administratives, les ambassadeurs et les ministres étrangers. Insertions au Journal officiel. Relations avec la presse. Rapports avec le grand conseil de l’Exposition, la commission consultative de contrôles et de finances et les commissions et comités fonctionnant directement auprès du ministre. Préparation et publication des règlements. Archives. Questions générales ne se rattachant spécialement à aucun service. Affaires réservées.
- Art. 6.
- Des arrêtés spéciaux régleront les relations du cabinet du ministre, commissaire général et des directeurs généraux avec le grand conseil de l’Exposition et avec la commission de contrôle et de finances nommée dans les conditions prévues par l’article 7 de la loi du 6 juillet 1886.
- Art. 7.
- Les directeurs généraux reçoivent les instructions du ministre sur toutes les mesures à prendre. Ils sont responsables de leur exécution et en rendent compte dans les circonstances exceptionnelles, ils peuvent prendre, sous leur responsabilité et à charge d’en rendre compte immédiatement et par écrit les mesures urgentes nécessitées parles intérêts du service.
- Art. 8.
- En dehors des cas-exceptionnels prévus par l’article précédent, ils ne peuvent jamais engager aucune dépense sans autorisation écrite du ministre.
- Art. 9.
- La correspondance préparée par les directeurs généraux est adressé par eux au cabinet, pour être soumise à la signature du ministre. Des arretés spéciaux détermineront la correspondance que chaque directeur général entretient directement avec certains fonctionnaires et avec les particuliers.
- Art. 10.
- Le ministre réunit auprès de lui, toutes les semaines, un comité administratif composé des trois directeurs généraux et du directeur du cabinet et du personnel au ministère du commerce et de l’industrie.
- Ce conseil, présidé par le ministre, ou en son absence par le plus âgé des directeurs généraux présents, entend lecture des rapports hebdomadaires présentés au ministre par chacun des directeurs généraux et étudie les questions soumises à son examen par le ministre.
- Un secrétaire, nommé par le ministre, dressç un procès-verbal détaillé de chaque séance. Ce procès-verbal est remis au ministre qui statue sur les projets de résolutions adoptées.
- Art. 11.
- Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 28 juillet 1886.
- Jules Grévy.
- Par le président de la République :
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Locicroy.
- DÉCRET
- NOMMANT LES TROIS DIRECTEURS
- de ipexposition
- Le président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 18S4 ;
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret en date de ce jour, réglant l’organisation des services de l’exposition ;
- Sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie ;
- Décrète :
- Article premier
- Sont nommés au service de l’Exposition universelle de 1889 :
- Directeur général dés travaux, M. Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de la ville de Paris.
- Directeur général de l’exploitation, M. Berger, ancien directeur des sections étrangères à l’Exposition universelle de 1878,, ancien commissaire général des Expositions.
- ^Directeur général des finances, M. Grison, directeur du secrétariat de la comptabilité, au ministère du commerce et de l’industrie.
- Art. 2.
- Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 28 juillet 1886.
- Jules Grévy.
- Par le Président de la République :
- Le ministre du commerce et de l'industrie, Edouard Lockroy.
- Le président de la République française,
- Sur le rapport du ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- Vu la loi du 25 juillet 1873 ;
- Vu la déclaration du conseil de l’ordre, en date du 19 juillet 1886, portant que la nomination du présent décret est faite en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur,
- Décrète :
- Article premier
- M. Ollendorff (Gustave), président honoraire de l’Union française de la jeunesse, inspecteur des beaux-arts, commissaire général des expositions françaises et internationales des beaux-arts, délégué dans les fonctions de directeur du cabinet et du personnel au ministère du commerce et.de l’industrie, est nommé chevalier dans l’ordre national delà Légion d’honneur; 14 ans de services. Titres exceptionnels.
- Art. 2.
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes et le grand chancelier de la Légion d’honneur, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
- Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 21 juillet 1886
- Jules Grévy.
- Par le président de la République :
- Le ministre de l’instruction publique,
- des beaux-arts et des cultes,
- René Goblet.
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- M.LOCKROY
- SU COMPTOIR DES FABRICANTS DE BIJOUTERIE
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, s’est rendu, jeudi dernier, à l’inauguration du comptoir des fabricants de bijouterie, et a prononcé, en réponse au discours du président, les paroles suivantes :
- Messieurs,
- L’éloquent discours que vous venez d’entendre soulève les problèmes les plus graves et les plus dignes de préoccuper un Gouvernement qui tient, avant tout, à relever la fortune et la prospérité du pays.
- Je dois vous remercier tout d’abord de l’œuvre que vous avez entreprise, de la persévérance que vous avez mise à la continuer, malgré les événements qui sont survenus, malgré tous les événements qui sont survenus, malgré les révolutions qui se sont succédé et auxquels cette pensée a survécu, puisque je la retrouve toujours plus vivante et plus active que jamais.
- _ Je vous remercie d’avoir compris que l’association est l’une des plus grandes forces que l’on puisse mettre en œuvre aujourd’hui. Sans l’association, en effet, nous risquerions de voir périr notre commerce et notre industrie. Elle seule peut nous sauver et nous permettre de lutter contre les nations voisines qui s’en servent pour combattre, quelquefois avec avantage, l'influence-de cette industrie française, à laquelle nulle autre jusqu’ici n’avait osé disputer la suprématie dans le monde. (Applaudissements.)
- Aujourd’hui, nous nous retrouvons un peu éprouvés et étonnés de ces épreuves ; et nous-nous demandons à quelle cause nous les devons.
- Pour le savoir, Messieurs, regardons d’abord en nous-mêmes et demandons-nous si nous n’avons pas. manqué un peu de cette confiance qui n’aurait jamais dû nous abandonner. (Applaudissements.)
- Demandons-nous si nous n’avons pas été quelquefois en proie à un excès de timidité qui nous a empêché de marcher audacieusement, — disons le mot, _— comme nous avions marché jusqu’ici,, et d’avoir ainsi manqué du sentiment qui, en nous donnant cette audace, aurait pu nous maintenir au premier rang que nous . n’aurions jamais dû quitter.
- Et aujourd’hui encore, si nous nous recueillions et. si nous avions en nous-mêmes, comme autrefois, cette foi individuelle et collective, je ne doute pas que nos efforts réunis ne finissent par rendre à notre pays la haute situation qu’il avait toujours occupée, surtout dans les industries d’art si fines, si admirables, si esquisses et si artistiques, dont aucun peuple n’a pu approcher et dont on a dit que toutes les nations essayaient seulement de les imiter sans pouvoir jamais ’y réussir. (Bravos).
- Vous nous avez montré, Monsieur le président, la France devant, pour lutter contre les nations étrangères, étaler ses produits à travers le monde afin de les comparer aux produits étrangers. Vous nous avez dit que notre pays était encore aujourd’hui, au point de vue industriel, digne de sa vieille’ renommée.
- Vous n’hésiterez pas, j’en suis sûr, à reconnaître avec moi que notre nation comme notre commerce ont été parmi les plus calomniés dans le monde. C’est qu’en effet, après les défaites militaires que nous avons subies, on a voulu nous faire subir encore des défaites non moins graves et non moins importantes pour la vie du pays, c’est-à-dire les défaites commerciales et industrielles. On a dit qu’il était possible' ainsi de venir à bout de la France. Eh bien ! non, pour'ma part je ne le crois pas. (Applaudissements).
- Je ne le crois pas parce que je trouve au milieu de vous, des hommes d’une initiative énergique, qui refusent de subir l’abaissement devant l’etranger, qui veulent se relever et qui veulent que la France se maintienne à son rang traditionnel.
- Le meilleur moyen d’arriver à ce but, c’est de montrer la France à l’étranger, de la lui faire voir telle qu’elle est, c’est de l’exhiber devant les peuples européen et américain auprès desquels on l’a calomniée.
- Et quel meilleur moyen, messieurs, pour atteindre ce résultat, que celui que vous employez et qui permet de transporter les échantillons de toute une industrie dans tous les coins de l’univers, et de montrer précisément là où nous sommes calomniés, ce que valent ces calomnies et ce que vaut l’industrie française ? (Applaudissements.)
- Je vous remercie donc, messieurs, de la pensée qui vous a réunis. Vous avez dit tout à l’heure que votre industrie était gênée et contrariée par les lois, les arrêtés, les ordonnances, les décrets. — Eh bien, je conviens que vous avez raison : C’est à juste titre que vous vous êtes plaints, et c’est un ministre qui vous le dit. (Bravos et Applaudissements.)
- En effet, messieurs, les auteurs de nos lois et de nos codes ont fait leur œuvre à une époque où l’industrie et le commerce n’existaient pour ainsi dire pas, ou du moins existaient dans des conditions complètement différentes des conditions actuelles. Nos lois industrielles ont donc été faites pour une société qui a disparu pour faire place à une société nouvelle, laquelle a besoin pour vivre de lois nouvelles. (Applaudissements).
- Oui, depuis le commencemcntdu siècle, une révolution profonde s’est accomplie dans l’industrie, dans le commerce et dans la société, révolution non moins grande peut-être dans ses conséquences que la Révolution de 1789.
- Je m'entretenais ce matin encore avec un jurisconsulte éminent et il n’hésitait pas à reconnaître avec moi que nous avions à combler de grandes lacunes, en ce qui concerne l’extension de notre industrie et le développement de notre travail national.
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- Deuxième Année. — N° 83.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 1e1' Août i885.— 251.
- Est-il possible de combler cette lacune en un jour ? Nul ne le soutiendra, et aucun de vous, moins que personne, assurément. Cela ne vous empêche pas de reconnaître que nous devons nous élancer avec énergie dans cette voie.
- Il y a un nouveau droit à créer et de nouvelles lois à faire. Lorsqu’elles seront faites et lorsque votre droit sera reconnu, alors, seulement, nous aurons donné au travail national toute sa puissance et toute sa force, et nous aurons ainsi accompli tout ce qu’une génération peut faire pour le bonheur et pour la grandeur de la patrie. (Bravos et applaudissements répétés).
- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- EN 188 6
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spe'cial)
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 18 juillet 1886)
- Présidence de Madras
- I/exposition' de cette province, qui représente une population de 3o millions d’habitants, est "ütîe des dernières de la galerie du Sud. Les partitions" en bois sculpté qui s’étendent de chaque côté sont en style dravidien qui est entièrement hindou, et date du xve ou xue siècle.
- La collection de bijoux est curieuse vu que le travail des artistes de Madras présente un cachet tout particulier. Les colliers, bracelets, ceintures de femme en or ciselé représentent généralement des sujets de la mythologie indienne.
- Les autres objets, exposés dans cette section, ayant une valeur artistique, sont des vases, amphores, coupes, théières, etc., en cuivre incrusté d’argent et d’un dessin très original.
- Etats du Mysore de Coorg et d’Hyderabad
- Le nom du Mysore est bien connu dans l’histoire des guerres coloniales de la France, car un de ses princes, le fameux Tippoo Saïd, fut l’allié des Français quand ceux-ci disputaient à l’Angleterre la possession, des provinces du Sud de la Péninsule indienne ; si, à cette époque, nos gouvernants en France n’avaient pas enrayé, par leur ineptie, les efforts héroïques des Dupleix et des Bussy, si au lieu de désavouer leur politique que les Anglais ont tellement admirée, qu’ils l’ont (.suivie de point en point, et si la trahison ne s’était 7 pas glissée dans nos rangs, l’exposition de la province de Madras' et du Mysore, et on peut même dire celle de l’Inde entière, où le drapeau français flotterait aujourd'hui depuis les Himalayas jusqu’au cap Comorin, n’aurait pas lieu à Londres mais à Paris.
- Les sculptures des partitions du Mysore sont copiées sur celles du palais d’or de Sem-igapatam bâtipar Tippo Saïb.
- L’Etat de Coorg expose des meubles en bois sculpté avec des incrustations d’ivoire ou de métal.
- En face la section du Mysore se trouve celle d’Hyderabad dont les partitions diffèrent complètement des autres, en ce que chacune d’elles est d’un genre-et d’un travail spécial destiné à montrer chaque art particulier du pays. Ces partitions sont aussi décorées avec de magnifiques tapis en soie de Warangal. Les objets les plus remarquables de cette section sont des boîtes, coffrets, vases, coupes et amphores en métal noirci incrusté d’argent, et de très riches broderies en or.
- Ici se termine la section des arts industriels de l’Inde.
- Ecole nationale de cuisine
- Avant de quitter cette galerie nous devons faire remarquer qu’au côté Sud MM. Spiers et Pond ont intallés leurs restaurants, bars, etc., d’une façon très pratique et que l’on y dine fort bien.
- La grande école nationale de cuisine possède également à cet endroit un restaurant populaire où les prix sont très modérés ; pour la somme de 60 centimes on peut se procurer un plat de viande ou de poisson avec des pommes de terre et du pain. Dans une autre salle on a pour 1 fr. 2 5, deux plats et un pudding avec pommes de terre et pain ; de six heures à 8 heures du soir, on sert pour la somme de 3 fr. 10, un dîner consistant en soupe, poisson, entrée et rôti avec légumes et dessert. Comme preuve du succès obtenu par ces restaurants, disons que l’année dernière ils ont servi 126,606 dîners à 1 fr. 2b, 163,178 dîners à 60 centimes et 111,965 thés avec pain et beurre à 40 centimes, ce qui représente 23,682 livres de bœuf, 1,400 moutons de la Nouvelle-Zélande et 49 tonnes de poisson.
- Dans ces restaurants on emploie autant que pos-
- sible les denrées de provenance coloniale et l’on déguste aux bars les vins d’Australie et du Cap.
- A proximité de ce bar, un passage conduit à la section économique dite Section impériale.
- Section économique
- Pour tous ceux qui veulent visiter l’exposition coloniale au point de vue commercial, la section la plus intéressante et la plus instructive est celle-ci, car on y trouve rassemblé une vaste collection de tous les produits utiles de l’Inde qui fait connaître les ressources et la puissance productive de ce pays qui tient le 5e rang parmi les nations commerciales, le chiffre de ses affaires étant de 4 milliards de francs par an.
- Ces produits sont divisés de la manière suivante :
- Classe i. — Denrées alimentaires.
- Classe il — Boissons.
- Classe iii. — Tabac et narcotiques.
- Classe iv. — Huiles.
- Classe v. — Produits pharmaceutiques.
- Classe vi. — Gommes et résines.
- Classe vil — Teintures.
- Classe viii. — Matières textiles.
- Classe ix. — Peaux et cuirs.
- Classe x. — Bamboos et osiers.
- Classe xi. — Minéraux.
- Classe xii. — Bois de charpente et d’ébénisterie.
- Dans cette section, l’attention est immédiatement attirée par les trois trophées remarquables qui s’y trou-v.ent.
- Le' premier est placé dans le milieu-de la galerie et est entièrement cqmposé:. de trente variétés de bamboos. Il consiste'’en une .plateforme élevée de 3 m. 5o au-dessus du sol et supportée par quatre colonnes ; on y arrive par deux escaliers de 40 marches faites en bamboos fendus et disposés géométriquement.
- Le bamboo est inséparable de l’Indien; sans lui, ce dernier serait, je ne dirai pas comme un corps sans âme, mais plutôt comme une âme sans corps. L’indigène, en effet, ne peut pas remuer un poids quelconque sans se servir plus ou moins d’un bamboo : sa charrue, sa charrette et son palanquin sont en bamboo, et c’est avec lui qu’il construit sa case, ses ponts, ses meubles, les nattes de sa hutte, les conduites d’eau de son jardin, son seau pour tirer de l’eau et ses ustensiles de cuisine, ses armes de chasse et de pêche et ses instruments de musique.
- Il faudrait des pages entières pour énumérer tous les usages auxquels l’Indien emploie le bamboo, on peut dire seulement que ce dernier peut lutter avec avantage avec tous les bois de l’univers et qu’il remplace souvent le fer et même l’acier.
- Le trophée de l’entrée de la section économique consiste en un arc de triomphe construit avec trois mille échantillons des bois indiens, pouvant servir à la charpente, la menuiserie et l’ébénisterie ; la largeur de cette arche est de quinze mètres et sa hautéur de cinq mètres.
- Presque tous les échantillons de ces bois appar-tiennént au musée économique de Calcutta et, parmi eux, on remarque un bois de découverte toute récente : c’est le padouk, bois rouge des îles Audamans, que l’on commence à utiliser pour faire de très jolis meubles.
- Le troisième trophée est une collection de modèles en terre cuite laquée, faits au jardin botanique de Calcutta par les artistes sculpteurs de Krishna-gur, de fruits et légumes indiens.
- Les idées que l’on se fait généralement sur les fruits de l’Inde sont excessivement exagérées : à part le mango, le litchi, la goyave, l’ananas et la banane, tous les autres fruits d’une certaine valeur ont été importés d’Europe,Chine, Indes occidentales et Amérique et y sont beaucoup moins bons que dans leurs pays d’origine.
- Il serait beaucoup trop long d’essayer de donner une description, même très succincte, de tous les produits utiles renfermés dans cette section, je me contenterai de mentionner que presque toutes ces collections ont été préparées pour l’Exposition internationale qui eut lieu à Calcutta en 1883 et que le classement qui a été fait pour les deux expositions, sous la direction de M. Georges Watt, est parfait sous tous les rapports.
- Tous les négociants qui font ou ont l’intention de faire du commerce avec l’Inde, devraient visiter avec soin cette section et beaucoup d’eux auraient des chances de découvrir parmi les végétaux de l’Inde plusieurs variétés dont ils ignorent l’existence et qui pourraient être utilisés, avec avantage, dans plusieurs de nos industries.
- Tous les renseignements désirables sont, du reste, donnés avec la plus grande obligeance , par M. George Watt.
- C’est surtout parmi les graines oléagineuses et autres, les noix et. amandes, de formes plus ou moins excentriques, les végétaux propres aux teintures et les plantes médicinales, que des applications importantes de produits nouveaux pourraient être découvertes.
- Parmi les collections les plus intéressantes, mentionnons celles des blés de l’Inde, dont on inonde maintenant les marchés de France et d’Angleterre, et celle des sucres . La fabrication du
- sucre a pris, depuis quelques années, un très grand développement comme quantité et comme qualité; 1 Inde produit maintenant plus de deux millions de tonnes de sucre de canne par an ; il se fabrique aussi une très grande quantité de sucre, provenant du dattier et du palmier.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 2 5 juillet 1886).
- L’horlogerie est une branche d’industrie qui a surtout pour berceau la Suisse. Mais la France n’est pas au-dessous de sa voisine. Que d’efforts ont été faits depuis quelques années pour le développement de cette industrie ! Aujourd’hui, grâce à l’activité, au dévouement de l’un des plus grands industriels parisiens en ce genre, j’ai dit M. Ro-danet, la France possède des écoles qui lui donneront pour l’avenir des ouvriers capables, non seulement de soutenir notre gloire et notre supériorité, mais de leur donner un plus grand développement encore dans l’avenir! — L’exposition de Liverpool compte comme Français M. Mar-gaine, qui expose une très belle collection de pendules de voyage à sonnerie, de montres, etc. A côté de lui se trouve l’exposition de M. Schwob. Que de jolis bijoux ! quelles splendides montres ! Je dois surtout vous citer la montre dite du Ton-kin : les heures y sont marquées en caractères chinois et l’organisme de la montre est réglé de façon à ce qu’il ne puisse subir d’altération soit par l’influence de l’élévation de la température ou de sa variation. Malheureusement M. Schwob n’expose que par hasard dans la section française à Liverpool et je regrette de me rappeler qu’à'Anvers il est allé renforcer l’exposition suisse, en s’abstenant entièrement de tout concours en France ! A citer aussi une exposition artistique de M. Ledoublé, objets ciselés, gravés et repoussés au marteau.
- Il me reste à parler encore de beaucoup d’industries, mais le cadre d’un article est trop restreint pour que j’en puisse parler longuement. Je les passerai néanmoins en revue, mais brièvement et au hasard de la plume.
- Les produits chimiques et pharmaceutiques ont toujours été grandement représentés dans les précédentes expositions. A Liverpool, il y a bien des abstentions que "rachètent à vrai dire les expositions de deux ou trois grandes maisons. Au premier rang, citons la maison Genevoix et Cie ou pharmacie centrale de France. Aux expositions de Melbourne et d’Amsterdam, M. Genevoix a reçu des médailles d’or, à celles de Vienne, de Nice et d’Anvers, les diplômes d’honneur. La maison Roure Bertrand, de Grasse, expose ses produits de parfumerie, essences de cassis, de jasmins, de violettes, etc., huiles, pommades, etc.— A citer encore MM. Steverlynck-Desmons pour leurs savons, — Giguet-Levoy pour les colles fortes, le docteur Pierre pour son eau dentifrice, Vibert, grand parfumeur parisien, etc., etc. M. Schmild, de Saint-Denis, expose des vernis gras pour chemins de fer, équipages, etc.; des gommes exotiques et autres matières premières servant à la fabrication des vernis.
- L’inventeur Ponthus expose les dessins d’une machine à air comprimé pour tenir flottants les navires percés et brisés et pour les guider sans gouvernail, leur permettre de marcher sans hélice, supprimant tous les propulseurs mécaniques par l’application du propulseur à air comprimé..— M. Chaudron expose un appareil nettoyant automatiquement les voies de tramways. L’appareil se compose d’un outil principal en acier, en forme de croissant, divisé en deux parties qui se relient dans l’intérieur d’un porte-outil au moyen de deux goujons à trous borgnes et d’une vis de pression. Le porte-outil en fer est soutenu par une double armature en V fixée sur le longeron de la voiture. L’appareil est d’application d’autant plus facile qu’il peut se placer à l’avant, au milieu ou à l’arrière de la voiture. J’en aurai fini avec les inventions mécaniques en mentionnant les dessins exposés par M. Guitard. Ils visent un système de chauffage applicable aux voitures de chemins de fer, tramways et bateaux à vapeur et consistant en bouillottes d’eau chaude amenées à la température voulue par la vapeur de la chaudière. Enfin la société Dyle et Baccalan expose une grande voiture de chemin de fer, dont la disposition seule donnerait le goût des voyages !
- La bonneterie et la lingerie ont bien peu de représentants : que de jolies choses cependant ne fait-on pas en France. Voyez plutôt nos élégantes Parisiennes ! A ce propos je ne puis passer sous silence l’exposition des corsets de la maison Mo-nin et... ne rougissez pas! de diverses formes de faux sein se gonflant à volonté ! Il paraît même qu’ils présentent au toucher toutes les marques de la réalité. On s’y trompe. Avis aux dames peu favorisées de la nature !
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- yævKte.
- 252. — Deuxième Année. — N° 83.
- Une exposition bien intéressante,et peut-être la plus complète de la section française, est celle des cuirs et des chaussures. Une quinzaine d’exposants ont pu être réunis, et offrent au public les formes les plus nouvelles et les plus élégantes de la chaussure pour hommes et dames. De grandes bandes de cuirs vernis, etc., sont également suspendues à des cloisons ou renfermées dans des vitrines. On y lit les noms suivants : Pédaillés, Gasquiel, A. Douzel et Cie, pour les cuirs ; Frétin, Sablonnière, Roger, Petit, etc., etc.
- Enfin, voici une galerie complètement garnie de bouteilles ! C’est la section des vins. Je ne pourrais énumérer ici tous les exposants et toutes les marques. Bordeaux et Bourgogne, Champagne et vins mousseux, etc., se pressent sur des gradins fort bien décorés par le représentant de nos grands propriétaires, M. Chevalié. Les Anglais trouveront là de quoi satisfaire leurs goûts ; j’appelle surtout leur attention sur le champagne dont ils tiennent tant à être réputés amateurs et même gourmets ! Un champagne nouveau, un vin mousseux de Touraine, « le Château-Chenonceaux » ne manquera pas d’être apprécié par sa qualité supérieure pouvant soutenir la comparaison des .crus reconnus les meilleurs jusqu’alors. Il a aussi une autre qualité — et je la crois bien peu négligeable pour tous, —• c’est qu’il est livré à des prix très modérés et à la portée de toutes les bourses.
- Telle est, dans son ensemble, la section française de l’Exposition de Liverpool ; elle eût été plus complète si elle avait été connue plus tôt de nos industriels français. La représentation de nos industries mécaniques y est nulle : cela s’explique par la décision bizarre — prise au dernier moment d’ailleurs par le Comité de l’Exposition — de réserver la galerie des machines aux seuls produits anglais. La section française à Liverpool est loin d’avoir l’importance des Expositions que nous avons admirées à Amsterdam et à Anvers, et la comparaison — d’ailleurs impossible à établir — lui serait défavorable. Mais, si les industriels français sont peu nombreux, si la plupart de nos industries de luxe qui font notre gloire y sont peu ou point représentées, il n’en faut pas moins rendre hommage à cette poignée d’exposants (et parmi eux il en est qui tiennent la tête d’industries françaises) qui, sous l’autorité et l’intelligente direction de M. Caubet, notre consul à Liverpool, ont organisé une Exposition dont la France a le droit d’être fière et dont les étrangers pourront encore se montrer jaloux !
- Cn. Lenoir.
- (A suivre.)
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- EXPOSITION OUVRIÈRE
- INTERNATIONALE
- (Suite.)
- (Voir le. Moniteur du 2 5 juillet 1886).
- La chambre syndicale des ouvriers encadreurs assembleurs expose sept modèles d’encadrement : ces travaux sont bien exécutés ; le n° 2 n’est pas à proprement parler de l’encadrement, mais bien de l’ébénisterie ; un passe-partout forme éventail dénote de la patience; nous préférons le n° 6, passe-partout à coins carrés, marque avec filets, genre ancien et au centre un autre passe-partout biseau anglais ; quant au n° 7,.qui contient trois spécimens, il est très soigné : mais ce n’est pas suffisant, il eût fallu montrer d’autres travaux plus compliqués.
- La machine à vapeur qui fait marcher les quelques outils exposés par les mécaniciens est exposée par les ouvriers de la rue de Tanger. Cette machine rotative à demi-cylindre circulaire continu est à deux pistons prenant leur point d’appui alternativement l’un sur l’autre. Cette pièce est présentée comme nouvelle invention.
- M. Guidez a exposé dans une vitrine, à l’entrée de l’annexe, divers genres de culottes d’une coupe nouvelle et qui a de très grands avantages pour les cavaliers. Un général qui passait au moment où l’inventeur faisait une description a exprimé sa satisfaction à l’ouvrier qui est parvenu à ce degré de perfection. Quelques tableaux de coupe pour l’enseignement sont placés dans la même vitrine ainsi qu’un dolman d’officier d’artillerie.
- L’union des ouvriers peintres expose des échantillons de peinture en bâtiment: des spécimens de peinture à l’huile, à la colle, au silicate, etc., sans décoration, puis des travaux de peinture exécutés sur menuiserie neuve, zinc, plâtre, ciment, etc., enfin deux vieille^portes restaurées, l’une en totalité et l’autre en partie ; cette dernière permet de juger du travail de réparation. Divers modèles de teintes dégradées sont très bien exécutés. Voilà du travail bien présenté et ces échantillons font juger des aptitudes des ouvriers qui ont eu l’idée très pratique de montrer leur savoir faire en exposant du travail courant.
- Les ouvriers parqueteurs, avec des dessins et huit panneaux de divers genres, nous présentent une grande variété de leurs travaux. Nous re-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- marquons une belle rosace en marqueterie, avec plusieurs essences de bois, placage formant soleil au centre, avec bordure grecque.
- Les menuisiers ont voulu faire un tour de force en présentant ce qu'ils désignent sous le titre de salon, mais qui, en réalité,, est tout au plus une salle à manger, entièrement en noyer. Ce travail est soigneusement fait, mais il est fâcheux q.ujun homme de l’art n’ait pas présidé à la disposition de cet ensemble, qui est très lourd. Les deux fenêtres fort bien décorées, prouvent très bien les capacités des ouvriers qui ont mis la main à ce qu’il nous faut forcément appeler un chef-d’œuvre mais duquel on ne trouvera pas le placement.
- Les spécimens qui sont à l’entrée, petit.escalier à double évolution, et autres travaux, dessins, études, lavis, etc., sontfaits par les apprentis de l’école professionnelle ; ils méritent une attention spéciale.
- Une grande cheminée Louis XVI, en marbre rouge d’Italie, colonnes à chapiteaux composites, panneaux des pilastres et chambranles en marbre vert de mer, surmontée des armes de la ville de Paris, est d’un beau travail, présenté par les ouvriers marbriers qui espèrent que le Conseil municipal fera l’acquisition de cette œuvre monumentale.
- Les ébénistes ont envoyé plusieurs meubles qui sont pour la plupart des travaux individuels. Citons parmi les petits meubles, un joli bureau Louis XV en marqueterie qui n’a qu’un défaut: un prix excessif ; une chambre à coucher, palissandre, sans style précis ; un bahut Renaissance, avec .gravures à plat, digne de remarque ; quelques nouvelles inventions, tables à jeu, etc..
- Les ouvriers de l’ébénisterie parisienne forment un autre groupe qui nous fait admirer de très jolis meubles : Chambre à coucher Louis XVI, palissandre, à colonnes, un très joli bahut Henri III, et une grande bibliothèque en bois noir ; ces travaux ^sont très soignés, mais s’ils ne sont vendus, il faudra, comme nous l’avons déjà dit, louer un magasin, payer des contributions,une patente, etc., et alors devenus marchands, les ouvriers d’hier deviendront forcément des patrons au petit pied... dépasser le but, c’est manquer la chose 1...
- Au centre du pavillon, une corbeille de roses est exposée sous un globe, ce qui empêche de respirer le parfum de la gloire de Dijon ou du maréchal Niel, des Paul Neyron ou Jacqueminot, mais ajoutons que ces roses, dont quelques-unes ont l’air de se faner, sont artificielles. Admirablement bien faites, elles paraissent si naturelles, les teintes sont si délicates, le velouté du bouton qui s’ouvre est si bien reproduit que l’on reste émerveillé.
- Samedi, 24 juillet, le Conseil général de la Seine et le Conseil municipal de Paris, conviés par les organisateurs de cette exposition, se sont rendus à une heure et demie au pavillon de la ville de Paris et ont visité, en détail, tous les objets exposés. MM. Hovelacque et Roussel, après avoir examiné divers travaux, sont entrés dans le pavillon de l’horticulture, où de splendides bouquets, leur ont été offerts ; les jardiniers ont ensuite prié les conseillers d’accepter de jolis boutons de roses.
- Après avoir longuement apprécié les travaux des enfants assistés et entendu la fanfare de l’école de Villepreux, les membres du conseil se sont un instant reposés dans le pavillon de l’assistance publique où M. Max, photographe, a fait plusieurs épreuves de groupes dans lesquels figurent les enfants de l’école d’horticulture de Villepreux et leur chef de musique, ainsi que des jeunes filles de l’école Chanson. Les directeurs de plusieurs de ces établissements étaient présents et ont été chaleureusement félicités des résultats obtenus.
- Les expositions des différentes écoles professionnelles ont été l’objet d’un minutieux examen: ce sont d’abord les travaux des écoles de dessin, cours qui sont en général fréquentés par des apprentis ou ouvriers et consistent en nombreux spécimens, tant pour le dessin à vue que pour le dessin géométrique et industriel, puis les dessins et modelages de l’école préparatoire de dessin pratique; les dessins, modelages, copies, compositions, travaux des ateliers de l’école d’application des beaux-arts à l’industrie. Dans cette école, il y a quatre ateliers : un pour la céramique, un pour, le dessin sur étoffes, un pour la peinture décorative et un autre pour la sculpture décorative. Ces deux dernières écoles, de fondation récente (trois ans seulement), nous permettent d’apprécier les résultats acquis, qui sont véritablement surprenants.
- Les vitrines du milieu sont occupées ^par les travaux des écoles professionnelles et ménagères de jeunes filles, où l’on enseigne la couture, la confection ; quelques élèves font même de la broderie, des fleurs, des éventails et de la peinture sur porcelaine. Les différents objets exposés, qui sont très remarquables, sont présentés par les écoles de la rue Fondary, rue Bouret, rue Ganne-ron et rue Bossuet.
- Pour le travail du fer et du bois, d’un côté sont exposés les travaux très soignés de l’école Diderot et, de l’autre, des spécimens provenant du. travail manuel qui est enseigné dans les écoles primaires et dans les écoles primaires supérieures. On peut voir par tous ces differents Travaux quel intérêt la ville de Paris attache à l’enseignement profes-
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- Dimanche ier Août 1SS6.
- sionnel, qui, nous l’espérons, ne tardera pas à s’étendre davantage et fera désormais partie de l’enseignement d’une façon très étendue.
- Ajoutons que les membres du conseil, après avoir visité la reliure et la céramique et avoir témoigné leur bien vive satisfaction, se sont longuement arrêtés devant la vitrine de.la joaillerie-bijouterie, où ils ont admiré plusieurs pièces, parmi lesquelles nous devons citer: Une branche de pommier en fleurs, entièrement finie, c’est-à-dire garnie de brillants et de roses, ce.travail est fait avec beaucoup de grâce et de légèreté; une branche d’églantine également garnie, malgré le classique de cette pièce, nous devons remarquer que, très bien groupé, ce modèle est bien fini comme monture et serti. Une chimère. mordant une comète, une fleur d’orchidée sont également de bons travaux. Une branche préparée composée de marguerites, capillaires et coléus est traitée avec beaucoup de légèreté et dénote une grande sûreté de main. Un bracelet torsade, travail qui a dû coûter de grandes difficultés à son auteur. Une bague marquise tout à fait artistique. Une ancre marine or de couleur, très bonne exécution. Beaucoup d’autres-pièces sont aussi remarquables, mais rien ne surpasse ce bouquet de fleurs des champs qui a été cueilli sur l’heure, juste le temps de le copier et de le jeter sur le miroir encadré de velours qui lui sert de support: coquelicots, pâquerettes, bleuets, etc. ; ce travail, tout à fait artistique, exécuté en argent martelé, de plusieurs teintes, est un admirable chef-d’œuvre qui, à .lui seul, vaut la peine d’entrer, ne fût-ce qu’un instant, pour voir le fini et la légèreté gracieuse, de ce travail, disposé avec beaucoup de grâce. Disons enfin.que cette vitrine est garnie d’une dentelle métallique en argent et fil de lin, du meilleur effet. Nous devons reconnaître que dans cette industrie, tous ont rivalisé d’art, de goût, de soin et d’adresse pour soutenir la supériorité d’une industrie essentiellement française, ce dont nous les félicitons.
- A. Ramé.
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- LA
- LUTTE CONTRE LE MILDEW
- ET LES
- CONCOURS ANTI-CRYPTOGAMIQUES DE LOCHES
- 2e article
- (Voir le Moniteur du 25 juillet 1886).
- Les concours internationaux et spéciaux anti-cryptogamiques et parasitaires que le comice agricole de l’arrondissement de Loches, organise avec une subvention et des médailles de l’administration de l’agriculture et des prix d’honneur de M. le président de la République dus à la bienfaisante influence de M. Wilson, député d’Indre-et-Loire, méritent d’attirer l’attention des viticulteurs de France et des fabricants d’instruments et d’appareils destinés à combattre les maladies qui désolent les vignobles ou nuisent à la bonne fabrication du vin.
- Après la Bourgogne et le Bordelais, aucune région viticole n’est plus intéressante que celle baignée par les trois rivières se groupant dans l’Anjou en un seul faisceau et qui s’appellent le Cher, l’Indre et enfin la Loire pour grossir la continuité de ce beau fleuve dont l’estuaire offre son abri aux plus gros navires à son embouchure sur l’Océan.
- La Touraine, le Blésois, l’Anjou, le Berry, le Poitou sont couverts d’innombrables hectares de vignes dont le nombre dépasse trois cent mille hectares.
- Des milliers de viticulteurs et de vignerons cultivent ce sol riche et particulièrement favorisé par le climat aussi bien dans les plaines de l’Orléanais et du Poitou que sur les coteaux ensoleillés de la Loire et du Saumurois.
- Les vins qu’on y récolte sont réputés et il n’est personne en France qui n’estime le goût framboisé du Bourgueil et la saveur pétillante du Vouvray. Les commerçants en vins abondent dans ces régions privilégiées qui fournissent non seulement des vins de table exquis, mais encore et en grande quantité, les vins du Cher que recherche le Midi pour ses coupages, les moûts succulents de Saint-Avertin ou de Joué achetés fort souvent par les champagniseurs des meilleures marques de champagne.
- Les vignobles du centre sont depuis cinq ans désolés parle phylloxéra. Ils l’avaient été auparavant par l’oïdium, depuis pari antrachnose et enfin comme si tant de malheurs n étaient pas suffisants, depuis l’an dernier avec une vigueur nouvelle par un cryptogame s’attaquant plus particulièrement aux feuilles de la vigne, le Peronospora viticola ou le mildew, nom sous lequel il est vulgairement
- connu. , ,
- La Touraine a été sérieusement attaquée, et il était alors tout naturel qu’une association agricole, qui compte déjà de longs services, ait pris en. main la défense du vignoble et provoqué des essais de traitement.
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- Deuxième année.
- No 83
- Dimanche 1er Août 1886.
- LE MONITEUR DE IMPOSITION DE 1889
- EXPOSITION DE FOLKESTONE
- Hall central:
- Section Poloniale
- D'a/irè.s
- les clichés de MM. Lambert IVeston et Son, à Folhestone et .Douera*
- E^ARIS. — Glyptographie SILVESTRE A O, rue Oberkampf, 97.
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- Deuxième Année. — N° 83.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche icr Août 1886. — 2 53.
- L’appel qu’elle a fait à la bienveillance de M. le ministre de l’agriculture a été entendu et exaucé et c’est avec cet appui et grâce à un esprit d’initiative qui ne fait défaut à aucun des membres du comice de Loches et qui se trouve concentré dans son excellent et dévoué secrétaire, M. Leroux, que les concours internationaux d’appareils anti-cryptogamiques ont pu être organisés dans un temps très court avec l’appoint de la compétence de M. Dugué, professeur départemental d’agriculture d’Indre-et-Loire, délégué départemental du service phylioxérique et de nos modestes efforts qui sont acquis d’avance à toute œuvre utile et surtout aux concours du comice de Loches dont nous avons l’honneur d’être membre.
- Nous avons dit que l’Italie s’était mise avec une louable ardeur au traitement par le lait de chaux suivantla méthode préconisée par les frères Bélussi de Corrégliano et soutenue par les professeurs Cerletti, Cuboni et Comboni, etc. Cette méthode par aspersion d’hydrate de chaux semi-fluide a produit des effets relatifs mais incomplets à cause de la trop grande quantité de matières déposées sur les feuilles amenées à dessiccation par la température et qui, en les recouvrant totalement, empêchaient les fonctions vitales en détruisant la chlorophyle.
- La théorie de MM. Belussi que nous tenons d’eux-mêmes, car nous avons eu avec ces viticulteurs d’intéressantes discussions, c’est qu’il faut projeter l’hydrate de chaux en grande quantité et avec violence; conséquemment l’application de la méthode entraîne avec elle une grande dépense d’eau.
- Cela peut être une difficulté négligeable en Italie, mais en France il est loin d’en être ainsi.
- Tous les instruments italiens exposés à Corre-gliano pour la pulvérisation ou l’aspersion des matières liquides ou semi-fluides ont été construits sur cette idée que l’économie de l’eau à employer est inutile.
- Pour nous, au contraire, la théorie qui doit présider à la construction d’un appareil anti-cryptoga-mique doit être celle-ci : i° couvrir le plus grand espace de cultures avec le moins de liquide possible tout en touchant tous les organes de végétation ; 20 ne point vaporiser, pulvériser en aspergeant de manière à repartir également, au point de vue de la composition chimique, les molécules en suspension.
- En France, où l’on considère avec raison le lait de chaux comme un simple véhicule pour mieux distribuer l’élément préventif et curatif, le sulfate de cuivre, dont les résultats ont été aussi merveilleux qu’inattendus, l’opinion que nous émettons rencontre partout son application, aussi bien pour les matières liquides telles que l'eau céleste que pour la bouillie bordelaise.
- 11 serait trop long d’énumérer les remarquables études de MM. Prillieux, inspecteur général; Planchon; Cornu, du, Muséum; Foex, de l’école de Montpellier ; Gayon.de Bordeaux ; Millardet ; Vialla; etc., sur ces questions si vitales pour nos vignobles ; les essais qui se font en ce moment partout affirmeront davantage encore la vérité de l’erreur de telle ou telle méthode et c’est pourquoi il faut féliciter hautement le comice agricole de Loches de son initiative.
- A côté du tnildew, il y a le phylloxéra dont les attaques continuent. Aussi a-t-on été bien inspiré en ajoutant des concours spéciaux de charrues sulfureuses et de pals injecteurs pour le traitement par le sulfure de carbone.
- L’influence curative du sulfure de carbone ne fait aujourd’hui doute pour personne; il s’agit de le bien repartir de façon à permettre aux vapeurs l’asphyxie des phylloxéras.
- C’est cette diffusion parfaite qu’on réclame des pals injecteurs et des charrues sulfureuses. Le prochain concours de Loches démontrera les nouvelles améliorations apportées à ces utiles appareils.
- La vinification est une grande operation qui termine les travaux viticoles en août et septembre et son résultat nous donne cette purée septembrale que chante avec autant d’ardeur que de conviction notre immortel Rabelais.
- Elle est .la consécration de longs mois de travaux et d’efforts ; la récompense des nombreuses fatigues du vigneron; le paiement de ses sueurs et de ses peines.
- Aussitôt après l’action du pressoir qui suit les vendanges et la fermentation de la cuve qui précède lafimise en futailles,' arrive l’heure des soutirages et pour bien soutirer sans remuer le liquide et sans remettre à nouveau, bien malencontreusement, les lies en suspension, les pompes à transvasement des liquides comptent aujourd’hui parmi les meilleurs auxiliaires des viticulteurs _ et des commerçants qui font en grand l'exportation des produits'des vignobles.
- Les filtres à vins qui séparent le vin des résidus liquides ou semi-fluides apportent aux opérations vinaires une économie qui peut être estimée à plus de 40 %. . . .
- Tels sont les appareils viticoles et vinaires que le comice agricole de Loches a voulu étudier dans ses concours des 6, 7 ei_ 8 août prochain et faire étudier par tous les viticulteurs et commerçants
- vinicoles dont ils doivent servir les intérêts et qui, nous en sommes convaincu, suivront en foule ces essais intéressants spécialement organisés pour eux.
- Noël Bretagne.
- EXPOSITION NATIONALE
- DE TOULOUSE EN 1887
- La municipalité de la ville de Toulouse organise, sous le haut patronage de l’Etat, une exposition nationale qui sera ouverte le x5 mai 1887 et close le i5 octobre suivant.
- Dès aujourd’hui le succès de cette exposition est assuré car les adhésions arrivent déjà en grand nombre, non seulement du midi de la France, mais du Nord et de l’Est, ainsi que de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.
- Toulouse veut faire une belle exposition et elle peut le faire ; en effet i5o,ooofr. ont été votés par son Conseil municipal et à l’heure qu’il est le capital de garantie souscrit atteint presque le chiffre de 5oo,ooo fr. Du reste, le comité de direction se trouve sous la présidence de M. Sirven, maire de Toulouse, le grand manufacturier dont la haute intelligence et les grandes capacités d’administrateur et d’organisateur sont un sûr garant du succès de l’œuvre entreprise.
- Les exposants iront en grand nombre à Toulouse, un des principaux et des plus riches centres commerciaux delà France : ils sont sûrs de trouver des débouchés sérieux dans ce milieu qui sait apprécier le progrès et le bien-être. Les visiteurs du Midi seront nombreux, car Toulouse se trouve au centre d’un réseau de chemins defer qui rayonne vers des villes aussi riches et aussi commerciales ou industrielles que Montâuban, Albi, Agen, Carcassonne, Perpignan, Tarbes, etc. Ceux du Nord ne manqueront pas non plus, car Toulouse est une ville fort curieuse qui mérite d’être visitée ; de plus, elle se trouve au pied des Pyrénées, ce qui fait qu’au moment de l’exposition, tous ceux, et ils sont nombreux, qui se rendent dans les charmantes stations thermales, portant les noms de Cauterets, Luchon, Bagnères-de-Bigorre, etc., voudront passer quelque temps près du Capitole.
- L’exposition nationale de Toulouse recevra les œuvres d’art, les produits de l’industrie, de l’apiculture et de l’agriculture.
- Elle sera installée sur les magnifiques allées Saint-Etienne, dans le jardin bien connu du Grand Rond et sur les allées qui y aboutissent : c’est là un emplacement admirable, au centre même de la ville, dont la disposition se prête d’une manière parfaite à une exposition qui ne mesure pas moins de 20,000 m. superficiels.
- L’exposition des beaux-arts sera particulièrement brillante : l’école de Toulouse qui jouit d’une réputation universelle et qui a produit des peintres, des sculpteurs et des architectes tels que -Falguière, Mercie', Pousan-Debat, Bida, Esquié, etc., etc., tiendra à honneur d’être dignement représentée dans sa ville natale.
- Nous devons encore signaler une exposition fort originale et qui obtiendra sûrement un grand succès de curiosité. Nous voulons parler de l’exposition pyrénéenne où l’on pourra admirer les habitations si bizarres de cette région, avec ces paysans aux costumes pittoresques.
- La classification, fort bien étudiée , comprend une section'où l’on retrouvera l’exposition d’hygiène, telle que l’ont comprise les habiles organisateurs de l’exposition de la caserne Lobeau, qui vient d’obtenir un si légitime succès. Dans cette section, qui sera installée dans les jardins, on trouvera réunies les différentes classes suivantes, qui, jusqu’à présent, se trouvaient réparties dans divers groupes : Médecine et chirurgie. — Hygiène. — Assistance publique. — Ambulances urbaines et militaires. — Secours aux noyés et asphyxiés. — Secours contre les incendies.
- Nous remarquons à côté du groupe de Y électricité, qui sera des plus complets, une section entière réservée au ga\. Dans les précédentes Expositions, cette section était absolument négligée; on pourra, à Toulouse, étudier et comparer, dans un même bâtiment, les ustensiles de chauffage, d’éclairage, de cuisine, les moteurs, les emplois divers du coke et du goudron, une intéressante collection rétrospective d’appareils, etc..
- Nous pouvions signaler bien d’autres idées nouvelles qui ont présidé à la rédaction de cette classification, mais le cadre de cet article ne nous permet pas de les développer pour l’instant; nous y reviendrons en temps et lieu.
- Au sujet du règlement, nous devons appeler l’attention des exposants sur un point qui doit les intéresser vivement ; le prix de la manutention est compris dans celui cle la location des emplacements. Le Comité /d’organisation se charge, en effet, gratuitement de tout ce service qui comprend :
- i° La réception des colis ;
- 20 La mise à pied d’œuvre ;
- 3° L’enlèvement.................. des caisses
- 40 L’emmagasinage pendant la ( vides durée de l’Exposition............C et emballages
- 5° La remise à pied d’œuvre.
- 6° L’enlèvement des colis réemballés ;
- 7° Le rechargement.
- Les exposants apprécieront, nous le pensons bien, les grands avantages qui leur sont ainsi offerts. Ils n’auront qu’à remettre leurs colis au chemin de fer, au lieu même de production et ils les trouveront à Toulouse, sous les halles de l’Exposition au pied même de leurs vitrines. Que de. soucis, que de pertes de temps seront ainsi évités !
- Une commission vient de se former à Paris, chargée de représenter ici le Comité de Toulouse. Elle se compose des notabilités du commerce et de l’industrie, nous en donnerons la liste dans un de nos prochains numéros. Cette commission tiendra sa première séance le 4 août prochain et, le 1er septembre, les travaux commenceront aux allées Saint-Etienne.
- Nous n’avons pas à souhaiter un grand succès à l’Exposition nationale de Toulouse: nous le répétons, ce succès est déjà assuré.
- Nos lecteurs trouveront ci-dessous le règlement de cette exposition et le commencement de la classification dont nous donnerons la fin dans notre prochain numéro.
- H.-F. Cabirau.
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- I
- Dispositions générales
- Article ier. — L’Exposition nationale de Toulouse, placée sous le haut patronage de l’Etat et sous la direction et la surveillance immédiate de la municipalité de la ville de Toulouse, sera ouverte le i5 mai 1887 et sera close le i5 octobre suivant. »
- Art. 2.— Cette Exposition recevra les œuvres d’art, les produits de l’industrie, de l’agriculture et de l’horticulture de la France, des colonies, de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.
- Des concours temporaires de plantes, de fruits, de fleurs, de légumes et d’animaux vivants pourront être organisés.
- . Art. 3. — L’Exposition.sera établie sur les allées Saint-Etienne et ses annexes, et occupera une superficie d’environ vingt mille mètres carrés. Autour du palais seront disposés des parcs et des jardins où seront placés les produits dont l’installation n’aura pas été possible dans le bâtiment principal, ainsi que l’Exposition des secours.
- Art. 4. — Un Comité, placé sous la présidence d’honneur de M. le préfet de la Haute-Garonne et sous la présidence de M. le maire de Toulouse, constituera le Comité exécutif et supérieur chargé de l’organisation et de la direction de l’Exposition.
- Les questions financières dépendent entièrement de ce Comité.
- Art.. 5. — Il sera institué des Commissions chargées de recueillir des adhésions. Elles seront au nombre de deux: i° Commission centrale à Toulouse ; 20 Commission à Paris
- Art. 6. — Les objets exposés sont répartis en sections, groupes, classes, d’après un système de classification annexé au présent règlement.
- Art. 7. — Il sera dressé, à l’aide des renseignements consignés aux bulletins de demande d’admission, un catalogue officiel, méthodique et complet des objets exposés.
- Art. 8. — Aucune œuvre d’art, aucun produit, aucun dessin industriel, exposé dans le palais ou dans les jardins, ne peut être dessiné, copié ou reproduit sous une forme quelconque, sans une autorisation par écrit de l’exposant. Ée Comité exécutif se réserve cependant le droit d’autoriser la reproduction des vues d’ensemble.
- Art. 9. — Aucun objet exposé ne peut être retiré avant la clôture de l’Exposition sans une autorisation spéciale et par écrit du Comité exécutif. Il est fait exception à cette règle pour certains objets ou produits dont la vente aura été autorisée.
- Art. 10. — Des mesures seront prises pour protéger contre toute avarie les produits exposés, mais ni la ville ni les Comités ne seront, en aucune façon, responsables des accidents, incendies, dégâts ou dommages dont ils auraient à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance.
- Les exposants ont d’ailleurs toute liberté d’assurer leurs produits, directement et à leurs frais, s’ils jugent à propos de recourir à cette garantie.
- Un bureau d’assurances sera établi, à cet effet, à l’intérieur de l’Exposition, dès le 1e1' mars 1887.
- II
- Dispositions spéciales aux œuvres d’art
- Art. 11. — Sont admissibles, après examen d’un jury spécial, les œuvres des artistes français et étrangers, comprises dans une des classes du groupe 1.
- Art. 12.— Sont exclus :
- i° Les tableaux et les dessins non encadrés ;
- 20 Les sculptures en terre non cuite ;
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- 254-— Deuxième Année. — N° S3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche iei' Août iSSC.
- 3° Les copies, sauf celles qui reproduiront un ouvrage par un procédé différent;
- 40 Les ouvrages anonymes.
- Art. i3. — Des salles spéciales et convenablement appropriées seront affectées à l’Exposition des œuvres d’art.
- Art. 14. — Un règlement, adressé à tous les artistes qui en feront la demande, renfermera toutes les indications nécessaires pour l’admission, l’expédition des œuvres d’art et les récompenses qui seront distribuées aux artistes distingués par le jury.
- Art. i5. — Le transport (aller et retour), l’installation, l’emplacement, l’emmagasinage des caisses pendant toute la durée de l’exposition, l’emballage pour le retour, seront absolument gratuits pour les artistes exposants.
- III
- Dispositions spéciales aux produits de l’industrie et de l’agriculture
- Art. 16. — Sont admissibles à l’Exposition, tous les produits de l’agriculture et de l’industrie, sauf les exceptions et réserves mentionnées à l’article suivant.
- Art. 17. — Sont exclues les matières détonantes, fulminantes, et en général toute matière jugée dangereuse.
- Ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimensions restreintes, les esprits ou alcools, les huiles et les essences, les matières corrosives, et généralement les corps qui peuvent altérer les autres produits ou incommoder le public.
- Les amorces, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne pourront être reçus qu’à l’état d’imitation et sans aucune addition de matière inflammable.
- Art. 18. — Les exposants de produits incommodes ou insalubres devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites.
- Art. 19. — Le Comité exécutif se réserve le droit absolu de faire retirer les produits de toute provenance qui, par leur nature ou par leur aspect, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but ou les convenances de l’Exposition.
- Art. 20. — Les demandes d’admission seront conformes à la formule annexée au présent règlement. Ces imprimés pourront être demandés à la mairie de Toulouse, et retournés dans le plus bref délai possible.
- Il est absolument' indispensable que les exposants répondent à toutes les demandes inscrites sur les imprimés, de manière à ce que la rédaction du catalogue soit terminée avant l’ouverture de l’Exposition.
- Art. 21. — Le prix des emplacements comprenant la décoration générale et la manutention sera établi sur les bases suivantes :
- î. — Biitimcuts.
- Emplacements non isolés
- / Par mètre courant de fa-\ çade (la profondeur ne dé-
- Sur sol..... I passant pas 1 mètre . . . 35 fr.
- i Par mètre superficiel la l profondeur dépassant 1 m.). 35 fr.
- c . . ( Par mètre courant de fa-
- Sui cloison. | çaqe en élévation . . . 15 fr.
- Emplacements isolés
- Par mètre superficiel.................... 70 fr.
- (Les cloisons ont une hauteur de 3 mètres. Les installations isolées peuvent atteindre, dans certaines parties des halles, une hauteur supérieure).
- ront, en aucun cas, être rendus responsables des pertes et avaries que les colis ou leur contenu pourraient subir.
- Art. 2 5.— Les produits devront être adressé.s en port payé, au risque des expéditeurs ; ils seront retournés en franchise aux exposants, jusqu’à la frontière, suivant les règlements des chemins de fer français.
- Art. 26. — Le Comité statuera sur les demandes d’admission et les exposants ne devront envoyer leurs produits qu’après réception de leur certificat d’admission.
- Art. 27. — Aucun exposant ne sera autorisé à céder tout ou partie de l’emplacement qui lui aura été alloué ou à permettre l’exposition d’autres objets que les siens, sauf autorisation par écrit du Comité.
- Art. 28. — Un règlement spécial adressé aux exposants qui en feront la demande déterminera les conditions relatives à l’installation età la marche des machines, et le tarif réglant le prix de la vapeur, de l’eau et du gaz.
- Art. 29. — Les planchers pourront, en général, supporter un poids de 5oo kilogrammes par mètre superficiel, et de 1,5oo kilogrammes dans certaines parties. — Ils ne pourront être modifiés, déplacés ou consolidés que d’accord avec le Comité exécutif aux frais des exposants
- Les cloisons seront fournies gratuitement.
- Art. 3o. — Les exposants auront à supporter les frais spéciaux, tels que:' meubles, installation, décoration, étalage, entretien et nettoyage des produits, etc.
- Art. 31. — Il sera établi un jury de récompenses. Ce jury fonctionnera dès le ier juin 1887.
- Les récompenses consisteront : en diplômes d’honneur, diplômes de médailles d’or, diplômes de médailles d’argent,diplômes de médailles de bronze, diplômes de mentions honorables. — Une médaille de bronze accompagnera chaque diplôme.
- La distribution des récompenses aura lieu le ier octobre 1887. Le plus grand éclat sera donné à cette solennité, et la plus grande publicité à la liste des récompenses.
- IV
- Administration et police
- Art. 32. — Les produits seront exclusivement exposés sous le nom des signataires de la demande d’admission.
- Art. 33- — Les exposants sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom ou de leur raison sociale les noms des coopérateurs de tout genre et de tout grade qui ont contribué au mérite des produits exposés.
- Art. 04. — Les exposants sont expressément invités à indiquer le prix marchand des objets exposés, autant pour faciliter le travail d’appréciation du jury que pour édifier le visiteur.
- Art. 35. — Une surveillance très étendue sera établie, de jour et de nuit, contre les vols et les détournements ; mais la ville et les comités n’entendent de ce chef assumer aucune responsabilité.
- Art. 36. — Une convention spéciale passée entre le Comité exécutif et les industriels qui en feront la demande permettra à ces derniers d’établir des restaurants, buvettes, débits, dont ils auront été rendus adjudicataires, etc., et de vendre des menus objets fabriqués ou non dans l’Exposition.
- V
- Expositions annexes. — Congrès
- Art. 37.— Des expositions supplémentaires, des concours, des congrès, des conférences, etc., pourront être organisés pendant toute la durée de l’Exposition.
- II. — A découvert
- Le mètre superficiel de 5 à i5 fr., selon l’emplacement.
- Art. 22. — Les droits sont payables sur mandats ou reçus présentés par les soins du receveur municipal en trois payements égaux :
- Un tiers au 3i janvier 1887 ;
- Un tiers le 3o avril 1887 ;
- Un tiers le 3o juillet 1887.
- Art. 23. — Le Comité exécutif se charge gratuitement de la manutention de tous les colis dont le poids n’excède pas i,5oo kilogrammes, et qui lui seront remis au plus tard le i5 avril 1887.
- La manutention comprend :
- i°La réception des colis ;
- 20 La mise à pied d’œuvre ;
- 3° L’enlèvement...............
- 40 L’emmagasinage pendant la durée de l’exposition............
- 5° La remise à pied d’œuvre. .
- 6° L’enlèvement des colis réemballés ;
- 70 Le rechargement.
- Les exposants devront effectuer à leur frais le déballage, l’installation, l’étalage et le réemballage de leurs produits, ainsi que la mise en état des caisses vides.
- Au-dessus de 1,5oo kilogrammes, la manutention calculée sur une base très minime sera aux frais des exposants.
- Art. 24. — La manutention sera faite avec le plus grand soin, mais la ville et les comités ne pour-
- des caisses vides
- et emballages.
- VI
- Dispositions générales
- Art. 38. — L’Exposition est constituée en entrepôt réel.
- Art. 3g. — Le service des entrées fera l’objet d’un règlement spécial.
- Art. 40. — Des règlements et des circulaires détermineront en temps utile les modes d’envoi, de réception et d’installation des produits, le mode de formation et de fonctionnement du jury des récompenses, ainsi que le régime des entrées des locaux de l’Exposition.
- Art. 41. — Toute communication relative à l’Exposition doit être adressée sous pli fermé à M. le maire de Toulouse avec la mention très visible : Service de l’Exposition.
- Art. 42. — Toutes annonces, enseignes, pièces imprimées ou autres destinées à être affichées ou distribuées dans l’enceinte de l’Exposition devront, au préalable, être autorisées et approuvées par le Comité exécutif.
- Art. 43. — Les Français et les étrangers, en acceptant la qualité d’exposant, déclarent adhérer aux dispositions du présent règlement général, à celle des règlements spéciaux et aux mesures d’ordre qui pourraient être ultérieurement promulguées .
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- SECTION A
- PREMIER GROUPE Œuvres d’art
- Classe i. — Peinture à 'l’huile.
- Classe 2. — Peintures diverses, — dessins, — cartons, etc.
- Classe 3. — Sculpture, —gravure en médailles et pierres fines.
- Classe 4. — Architecture.
- Classe 5. — Gravure et lithographie.
- SECTION B
- Enseignement. — Arts libéraux. — Mobilier et
- accessoires. — Tissus. — Vêtements et accessoires.
- DEUXIÈME GROUPE
- Education et enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux.
- Classe 6. —Education de l’enfant. —Enseignement primaire. — Enseignement des adultes : Enseignement primaire, supérieur et professionnel. Plans, modèles, agencements, mobiliers des établissements.— Matériel d’enseignement : livres, cartes, modèles, appareils, tableaux. — Matériel propre à l’enseignement des sourds et muets et des aveugles. — Appareils de démonstration pour cours publics. •— Travaux des élèves des deux sexes. — Bibliothèques et publications.
- Classe 7. — Organisation et matériel de l’enseignement secondaire : Plans, modèles, agencements et mobiliers des établissements et des ateliers d’apprentissage. — Matériel d’enseignement, collections, livres, cartes, globes, modèles, tableaux.
- Classe 8. — Organisation, matériel et méthodes de l’enseignement supérieur : Plans, modèles, agenceinents et mobiliers d’Académies, Universités, Écoles de médecine, d’application, d’agriculture, pratiques, techniques, d’Observa-toires, Musées scientifiques, amphithéâtres, laboratoires. — Matériel d’enseignement, collections, livres, appareils, modèles, tableaux. — Expositions particulières des institutions savantes, Sociétés techniques, agricoles, horticoles, commerciales et industrielles.
- Classe 9. — Méthodes et appareils d’éducation et développement physique des enfants et des adultes : Méthodes, appareils, instruments uniformes de gymnastique, d’escrime, de canne, de boxe, de danse, de natation, d’exercices militaires et de tir réduit, de patinage, de jeux divers.
- Classe 10. — Imprimerie et librairie : Spécimens de typographie et épreuves typographiques, lithographiques ou de gravure de toute nature ; chromolithographie ; livres, publications périodiques ou autres, atlas, albums, éditions de musique.
- Classe ii. — Papeterie, reliures, matériel des arts de la peinture et du dessin : Papiers, pâtes à papier, cartons, cartes, encres, fournitures de bureaux, de classes, des peintres, des dessinateurs, des graveurs, des sculpteurs.
- Classe 12. — Photographie ; produits et procédés de reproduction qui en découlent: Instruments, appareils, matières premières, matériel d’atelier. — Phototypie, glyptie, photogravure en creux et en relief, phototypogravure, chromolithographie.
- Classe i3. — Instruments de musique : Instruments à vent, avec ou sans cordes, avec ou sans claviers, métalliques ou non, à percussion, à frottement, automatiques ; pièces détachées ; matériels d’orchestre.
- Classe 14. — Instruments de précision : Appareils et instruments de mesure (poids et longueurs), de calcul, de géométrie pratique, d’arpentage, de topographie, de géodésie, d’astronomie, de physique, de météorologie, destinés aux laboratoires et aux observatoires.
- Classe i5. •—Cartes et appareils de géographie : Cartes et atlas topographiques, géographiques, géologiques , hydrographiques , astronomiques , météorologiques. — Plans en relief. — Globes et sphères.
- TROISIÈME GROUPE Mobiliers et accessoires
- Classe 16. — Ebénisterie et menuiserie artistiques : Meubles de toute sorte, de luxe et à bon marché.
- Classe 17. — Ouvrages du tapissier et du décorateur : Objets de literie, sièges garnis, baldaquins, rideaux, tentures d’étoffes et de tapisseries. — Objets de décoration et d’ameublement, de pierres et de matières précieuses. — Pâtes moulées et objets de décoration de plâtre, de carton-pierre, papier mâché, etc. — Cadres. — Peintures et décors pour les services religieux.
- Classe 18. — Cristaux, verrerie et vitraux : Cristaux; — gobeleterie de cristal et ordinaire. — Verrerie commune et bouteilles. — Verres à vitres, à glaces, de toute nature.— Vitraux peints. — Miroirs, glaces.
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- Deuxième Année, — N° S3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Classe iq. — Pierres sculptées et céramiques : Marbres ouvrés. — Biscuits. — Porcelaines dures et tendres. — Faïences fines à couverte colorée, etc. — Biscuits de faïence. — Terres cuites. — Laves émaillées. — Briques et carreaux. — Grès cérames.
- Classe 20. — Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement : Tapis;— moquettes; — tapisseries; — épinglés ou veloutés. — Tapis de feutre, de caoutchouc, de linoléum. — Nattes. —Tissus d’ameublement, de coton, de laine ou desoie, unis ou façonnés. — Tissus de crin, cuirs végétaux, moleskines.—Cuirs de tenture et d’ameublement.
- — Toiles cirées.
- Classe 21. — Papiers peints: Papiers imprimés, veloutés, marbrés, veinés, émaillés, vernissés, de fantaisie. — Papiers pour cartonnages, reliures, etc. — Imitations de bois et de cuirs. — Stores peints ou imprimés.
- Classe 22. — Joaillerie et bijouterie : Bijoux de métaux précieux ciselés, filigranés, ornés de pierres fines, etc.; — en doublé et en faux; — enjayet, ambre, corail, nacre, acier, etc.; — diamants, pierres fines, perles et imitations.
- Classe 23. — Orfèvrerie : Orfèvrerie religieuse, de décoration, de table, de fantaisie. —Produits de la galvanoplastie.
- Classe 24. — Horlogerie : Pièces détachées. — Montres, chronomètres, compteurs divers, etc. — Pendules, horloges, régulateurs ; — métronomes.
- — Clepsydres et sabliers.
- Classe" 2 5. —Bronzes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés /Statues et bas-reliels de bronze, de fonte, de fer, de zinc, etc. — Fontes revêtues d’enduits métalliques par la galvanoplastie. — Repoussés en cuivre, en plomb, en zinc, etc.
- Classe 26.— Coutellerie : Couteaux, canifs, ciseaux, rasoirs, etc.
- Classe 27. — Maroquinerie, tabletterie et vannerie : Nécessaires et petits meubles de fantaisie.
- — Objets de poche en cuir, métal, laque ou bois et ivoire. —Tabatières, pipes.— Brosserie de toilette. — Corbeilles et paniers de fantaisie ; clissa-ges et objets de sparterie fine.
- Classe 28.—- Parfumerie : Savons, cosmétiques, pommades, huiles, extraits, vinaigres, pâtes, poudres, pastilles, sachets ; — parfums à brûler.
- QUATRIÈME GROUPE Tissus. Vêtement et accessoires
- Classe 29. — Fils et tissus de coton : Cotons préparés et filés. — Tissus de coton pur (unis ou façonnés), mélangés. — Velours et rubanerie de coton.
- Classe 3o. — Fils et tissus de lin, de chanvre, etc. : Lins, chanvres et autres fibres végétales filées. — Toiles et coutils. — Batistes. — Tissus de fil avec mélange de coton ou de soie.— Tissus de fibres végétales, équivalents du lin et du chanvre.
- Classe 31. — Fils et tissus de laine peignee : Laines peignées ; — fils de laine peignée. —Mousselines ; cachemires d’Ecosse ; — mérinos ; — serges, etc. — Tissus de poils purs ou mélangés.
- Classe 32.— Fils et tissus de laine cardée : Laines cardées; — fils de laine cardée. — Draps et autres tissus de laine cardée. — Couvertures. — Feutres de laine ou poils pour tapis. — Chapeaux. ___ Chaussons. — Tissus de laine cardée non foulés ou légèrement foulés : flanelles, tartans, molletons.
- Classe 33.—Soies et tissus de soie .- Soies grèges et moulinées. — Fils de bourre de soie. — Tissus de soie pure ou tissus et rubans débourré de soie, pure ou mélangée. — Velours et peluches.
- Classe 34. — Dentelles, tulles, broderies et passementeries : Dentelles de fil ou de-coton faites au fuseau, à l’aiguille ou à la mécanique ; — de soie, de laine ou de poil de chèvre; d’or ou d’argent.— Tulles de soie ou de coton, unis ou brochés.— Broderies; — chasublerie. — Passementeries.
- Classe 35. — Articles de bonneterie et de lingerie. Objets accessoires du vêtement .- Bonneterie de coton, de fil, de laine ou de cachemire de soie, ou de bourre de soie, purs ou mélangés. — Tissus élastiques. — Lingerie confectionnée. — Confections de flanelle et autres tissus de laine. — Corsets, cravates, gants, guêtres, jarretières,.bretelles, éventails, écrins.
- Classe 36. — Habillement des deux sexes : Habits d’hommes ; — habits de femmes. — Vêtements imperméables. — Coiffures des deux sexes ; — fleurs artificielles et plumes. — Perruques et_ ouvrages en cheveux. — Chaussures. — Confections pour enfants.— Vêtements spéciaux aux diverses professions. .
- Classe 3p. —Armes 'portatives. Chasse: Armes défensives; — armes contondantes; — armes blanches ; — armes de jeu ; — armes à.feu ; — objets accessoires d’arquebuserie ; projectiles ; — capsules ; — amorces, cartouches. — Equipements de chasse. — Artillerie. — Pièges, engins ; — produits de la chasse.
- Classe 38. — Pêche: Pièges et engins;—lignes et hameçons, harpons, filets, appareils et appâts ;
- — produits de la pêche ; — pisciculture.
- Classe 3q. — Objets de voyage et de campement : Malles, valises, sacoches, etc.; — nécessaires et trousses de voyage ; — couvertures ; — coussins ;
- — bâtons ferrés ; — grappins ; — parapluies, ombrelles, cannes, parasols. — Tentes et objets de campement.
- Classe 40. — Bimbeloterie : Poupées et jouets, figures de cire et de figurines. — Jeux d’intérieur destinés aux récréations des enlants ou des adultes.— Jouets instructifs.
- SECTION C
- CINQUIÈME GROUPE Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés
- Classe 41. — Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie : Collections et échantillons de roches, minéraux et minerais. — Matériaux réfractaires. — Terres et argiles. — Soufre brut. — Sel gemme, sel des sources salées. — Combustibles minéraux. — Asphaltes. — Bitume.
- •—Goudron minéral. — Pétrole brut, etc. — Métaux bruts. — Alliages métalliques. — Produits de l’art du laveur de cendres et de l’affineur de métaux précieux, du batteur d’or, etc. — Produits de l’élaboration des métaux bruts. — Tôles. —_ Métaux ouvrés. — Produits de la tréfilerie. — Aiguilles; épingles. — Câbles. — Treillages. —Tissus métalliques. — Tôles perforées. — Produits de là quincaillerie, de la taillanderie, de la ferronnerie, de la chaudronnerie, de la tôlerie, de la casserie et de la ferblanterie.
- Classe 42. — Produits des exploitations et des industries forestières : Échantillons d’essences forestières. — Bois d’œuvre, de chauffage et de construction. •—• Bois ouvrés pour la marine. — Merrains. — Bois de fente. — Lièges. — Écorces textiles. — Matières tannantes, colorantes, odorantes, résineuses, etc. — Produits des industries forestières : bois torréfié et charbon. — Potasses brutes. — Objets de boissellerie, de vannerie et de sparterie ordinaires. — Sabots, etc.
- Classe 43. — Produits agricoles non alimentaires : Matières textiles : cotons bruts, lins et chanvres taillés et non taillés, fibres végétales textiles de toute nature., — Laines brutes lavées et non lavées. — Cocons de vers à soie. Produits agricoles divers, employés dans l’industrie, dans la pharmacie et dans l’économie domestique. — Plantes oléagineuses, huiles, cires, résines. — Tabacs en feuilles ou fabriqués. — Amadous. — Matières tannantes et tinctoriales. — Fourrages conservés et matières spécialement destinées à la nourriture des bestiaux.
- Classe 44. — Produits chimiques et pharmaceutiques : Acides, alcalis, sels de toutes sortes. — Sels marins et produits de l’exploitation des eaux-mères. — Produits divers des industries chimiques : cires et corps gras. — Savons et bougies.
- — Matières premières de la parfumerie. — Résines, goudrons et corps dérivés. — Essences et vernis, enduits divers, cirage. — Substances tinctoriales et couleurs. — Matières premières de la pharmacie. — Médicaments simples et composés.
- Classe 45. —• Eaux minérales et thermales : Procédés et appareils de captage des sources , Établissement, plans et vues, utilisation des eaux.
- — Échantillons des eaux et de leurs dépôts. _
- Classe 46. — Produits chimiques de blanchiment,
- de teinture, d’impression et d'apprêt : Spécimens de fils et tissus blanchis et teints. — Echantillons de préparations pour la teinture. — ^ Spécimens de toiles impriméés ou teintes. — Spécimens de tissus imprimés de laine, pure ou mélangée, peignée ou cardée; de coton, de soie, de tapis. — Spécimens de tissus imprimés de soie pure ou mélangée.
- Classe 47. — Cuirs et peaux : Matières premières employées dans la préparation des peaux et des cuirs. — Cuirs tannés, corroyés, apprêtés ou teints. — Cuirs vernis. — Maroquins et basanes, peaux hongroyées', chamoisées, mégissées, apprêtées ou teintes. — Parchemins. — Peaux préparées pour la ganterie. — Pelleteries et fourrures apprêtées ou teintes. — Articles de boyauderie : baudruches, nerfs de bœufs.
- SIXIÈME GROUPE
- Outillage et procédés des industries mécaniques
- Classe 48. — Matériel et procédés de l'exploitation des mines et de la métallurgie : Matériel de sondage, de forage des trous de mines, etc. — Modèles, plans eÈvues de travaux d’exploitation des mines et carrières. — Extraction et descente des ouvriers dans la mine. — Pompes. — Ventilateurs. — Lampes. — Appareils de préparation, mécanique des minerais et des combustibles minéraux. — Appareils à agglomérer les combus-tibles. — Appareils pour la carbonisation des combustibles. — Foyers et fourneaux métallur-
- mqUes. ___ Appareils fumivores. — Matériel des
- usines métallurgiques. — Matériel spécial des forces et fonderies. — Matériel des ateliers d’élaboration des métaux sous toutes Informes.
- Classe 49. — Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières : Plans de culture, assolements et amenagements agricoles. — Matériel et travaux du génie agricole. — Plans et modèles de bâtiments ruraux. — Outils, instruments,
- Dimanche 1e1’ Août 18S6. — 2 55.
- machines et appareils servant au labourage et aux autres façons données à la terre, à l’ensemencement et aux plantations, à la récolte, à la préparation et à la conservation des produits de la culture. — Machines agricoles diverses mues par des attelages ou par la vapeur. — Matériel des charrois et des transports ruraux. — Manèges. — Matières fertilisantes d’origine organique ou minérale. — Appareils pour l’étude physique et chimique des sols. —- Plans de systèmes de reboisement, d’aménagement, de culture des forêts.
- — Matériel, instruments et machines de la fabrication des tabacs.
- Classe 5o. — Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires : Matériel des usines agricoles. — Matériel de la fabrication des produits alimentaires. —Appareils pour la fabrication des pâtes alimentaires. — Machines à faire le biscuit de mer. — Machines à préparer le chocolat.^— Appareils pour la torréfaction du café. — Préparation des glaces et des sorbets.
- — Fabrication et conservation de la glace.
- Classe 5i. — Matériel des arts chimiques, de la
- pharmacie, de la tannerie: Ustensiles et appareils de laboratoire. —Appareils et instruments destinés aux essais industriels et commerciaux. — Matériel et appareils des fabriques de produits chimiques, de bougies, de savons. — Matériel et procédés de la fabrication des essences, des vernis, des objets de caoutchouc et de gutta-percha. — Matériel et procédés des blanchisseries ; — de la préparation des produits pharmaceutiques. — Matériel des ateliers de tannerie et de mégisserie. — Matériel et procédés des verreries et des fabriques de produits céramiques.
- Classe 52. — Machines et appareils de la mécanique générale: Courroies de transmission en matières diverses. — Pièces de mécanismes détachées.— Appareils de graissage. — Compteurs et enregistreurs. — Dynamomètres, manomètres, appareils de pesage. — Appareils de jeaugeage des liquides et des gaz. — Machine servant à la manœuvre des fardeaux. — Machines hydrauliques élévatoires. — Récepteurs hydrauliques. —• Accumulateurs et presses hydrauliques. — Machines motrices à vapeur. — Chaudières, générateurs de vapeur et appareils accessoires. — Appareils de condensation des vapeurs. — Machines à vapeur d’éther, de chloroforme, d’ammoniaque; — à vapeurs combinées. — Machines à gaz, à air chaud, à air comprimé. — Procédés de sécurité. — Moulins à vent et pananémones. — Aérostats.
- Classe 53. — Machines-outils: Machines-outils servant au travail préparatoire des bois. — Machines à faire les tonneaux. — Machines à découper le liège. — Tours et machines à aléser et à raboter.
- — Machines à mortaiser, à percer, à découper. — Machines à tarauder, à fileter, à river. — Outils divers des ateliers de constructions mécaniques. — Outils, machines et appareils servant à presser, à broyer, à malaxer, à scier, à polir, etc. — Machines-outils spéciales à diverses industries.
- Classe 54. — Matériel et procédés du filage et de la corderie: Matériel du filage à la main. — Pièces détachées appartenant au matériel des filatures. — Machines et appareils servant à la préparation et à la filature des matières textiles. — Appareils et procédés destinés aux opérations complémentaires : étirage, dévidage, retordage, moulinages, apprêts mécaniques. — Appareils poulie conditionnement et le titrage des fils. — Matériel des ateliers de corderie. — Câbles ronds, plats, diminués, cordes et ficelles, câbles métalliques, câbles à âme métallique, mèches à feu, étoupilles, etc.
- Classe 55. — Matériel et procédés du tissage: Appareils destinés aux opérations préparatoires du tissage : machines à ourdir, à bobiner. — Lisages. — Métiers ordinaires et mécaniques pour la fabrication des tissus unis. — Métiers pour la fabrication des étoffes façonnées et brochées. — Battants brocheurs. — Métiers électriques. — Métiers' à fabriquer les tapis et tapisseries. — Métiers à mailles pour la fabrication de la bonneterie et des tulles. — Matériel de la fabrication de la dentelle. — Matériel des fabriques de passementerie. — Métiers de haute lice et procèdes d’espou-linage. — Appareils accessoires: machines à fouler, calandrer, gaufrer, moirer, métrer, plier, etc.
- Classe 56. — Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements : Outils ordinaires des ateliers de couture et de confection.— Machines à coudre, à piquer, à ourler, à broder. — Scies à découper les étoffes et les cuirs pour la confection des vêtements et chaussures. — Machines à faire, à clouer et à visser les chaussures. — Machines pour l’appropriation du caoutchouc.
- Classe 5y. — Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation : Machines à débiter les bois de placage. — Scies à découper, à chantourner, etc. —• Machines à faire les moulures, les baguettes de cadre, les feuilles de parquet, les meubles, etc. — Tours. — Machines à estamper et à emboutir, à travailler le stuc, le carton-pâte, l’ivoire, l’os, la_ corne ; — à mettre au point, à sculpter, à réduire les statues, à graver, à guillo-cher, à fabriquer les.briques, les tuiles, les pierres artificielles ; — a scier et polir les pierres dures, les marbres, etc.
- Classe 58. — Matériel et procédés de la pape-
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- 2 56. — Deuxième Année. — N° 83
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i el‘ Août 1SS6.
- terie, des teintures et des impressions : Procédés, matériel et produits de la fabrication des pâtes à papier ; — du blanchiment des fibres ligneuses ; — de la fabrication du papier à ia cuve et à la machine ; — appareils pour satiner, glacer, moirer, gaufrer et régler le papier ; — pour découper, rogner, timbrer les papiers, etc. — Matériel du blanchiment, de la teinture et de l’apprêt des papiers et des tissus. — Matériel de l’impression des papiers peints et des tissus. — Machines à graver les rouleaux d’impression. — Matériel, appareils et produits des fonderies en caractères, clichés, etc. — Machines et appareils employés dans la typographie, la stéréotvpie, l’impression en taille-douce, l’autographie, la lithographie, la chalcographie, la pamconographie, la chromolithographie, etc. — Machines à composer et à trier les caractères. — Impression des billets de banque, des timbres-postes, etc.
- Classe 5g. — Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux : Presses monétaires.
- — Machines servant à la fabrication des boutons, des plumes, des épingles, des enveloppes de lettres. — Machines à empaqueter, à confectionner les brosses, les cardes ; — à fabriquer les capsules ;
- — à plomber les marchandises ; — à boucher les bouteilles, etc. — Outillage et procédés de la fabrication des objets d’horlogerie, de bimbeloterie, de marqueterie, de vannerie, etc. — Machines pour la reliure. — Machines à écrire.
- Classe 60.— Carrosserie et charronnage : Pièces détachées de charronnage et de carrosserie : roues, bandages, essieux, boîtes de roues, ferrures, etc.
- — Ressorts et systèmes divers de suspension. — Systèmes d’attelage. — Freins. — Chariots, tombereaux, camions, véhicüles à destination spéciale.
- — Voitures publiques, voitures particulières. — Vélocipèdes.
- Classe 61. — Bourrelerie et sellerie : Articles de harnachement et d'éperonnerie. — Bâts, selles, cacolets, brides et harnais pour montures, pour bêtes de somme et de trait. — Etriers, éperons.
- — Fouets et cravaches.
- Classe 62. — Matériel des chemins de fer et tramways : Pièces détachées : ressorts, tampons, freins, etc. '•—''Matériel fixe. — Matériel roulant.
- — Voitures automobiles et locomotives routières locomobiles. — Machines spéciales et outillage des ateliers d’entretien, de réparation et de construction du matériel.— Matériel et machines pour plans inclinés et plans automoteurs ; pour chemins de fer atmosphériques. — Modèles de machines, de systèmes de traction, d’appareils relatifs aux voies ferrées. — Modèles, plans et dessins de gares, de stations, de remises et de dépendances de l’exploitation des chemins de fer.
- Classe 63. — Signaux optiques ou pneumatiques : Appareils de télégraphie fondés sur la transmission de la lumière, du son, de l’air comprimé. — Horloges 'pneumatiques.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXVIII
- R. Chantelauzïs. — Portraits historiques : Philippe de Com-mynes ; le grand Condé ; Mazarin ; Frédéric II; Louis XV et Marie-Thérèse. — Paris, Librairie académique Perrin et Cie, 1 vol. in-8".
- Nous avouons un certain, faible 'pour le genre, qui semble aujourd’hui un peu démodé, du Portrait historique. Ce qui n’est pas du tout la même chose que l’ancien Parallèle ou Eloge, qui rappellent à la mémpire, avec les noms des La Harpe, des Thomas, des Guibert, le souvenir de fardeaux ingrats. Comme eux,le Portrait historique est bien un genre qui a quelque chose d’essentiellement académique. Mais d’abord n’est pas académique, ni académicien qui veut. Notre public frivole s’effaroucherait d’ailleurs à tort de lectures qui, sans être du feuilleté ou du blanc-manger, ne sont ni lourdes ni indigestes, ne manquent ni de saveur ni de piquant. Il y a enfin portrait et portrait, comme il y a peintre et peintre. Il est certain que sans être trop sérieux, le lecteur qui ne se contente pas cependant de ce qui convient à tout le monde, trouve un grand plaisir et a un grand profit à ces synthèses animées, vivantes, de l’histoire d’un homme auteur ou acteur dans de grands événements'. MM. Guizot, Mignet, Cousin, Ville-main, et à de moindres degrés MM. de Barante et Pierre dénient ont excellé dans ce genre du Portrait historique. Plusieurs de ceux qu’ils ont tracés méritent le nom de chefs-d’œuvre et réalisent l’idéal du genre qui est de graver dans la mémoire les traits caractéristiques de la vie d’un homme du passé, de façon à donner au lecteur par le relief, le modelé de la figure, sa mise au plan sous le meilleur jour, l’illusion du portrait d’après nature, ad vivum. Pour arriver à cette pérfection du genre, il faut avoir vécu dans un long et intime commerce avec son personnage. Il faut avoir recherché un à un les traits qui constituent sa personnalité, son originalité. Il faut être capable des
- généralisations, des concentrations puissantes d’idées et de faits. Il faut être doué d’imagination et de sentiment, qualités sans lesquelles il n’y a pas de bon peintre d’histoire. Enfin, il faut savoir peindre ce qu’on sait, comme si on l’avait vu, pouvoir faire œuvre d’art et de style.
- M. Chantelauze, auquel l’histoire, l’érudition, la critique sont redevables de travaux divers, justement estimés, sur Marie Stuart, Marie Mancini, Louis XVII., mais dont le principal titre est l’œuvre qu’il poursuit avec succès depuis une dizaine d’années, de la restitution à la vérité et à l’unité de la vie et des œuvres du plus suspect de nos politiques et du plus inconnu — pour le grand public— de nos grands écrivains le cardinal de Retz, a abordé dans le livre que nous analysons — avec une_ prédilection artistique qui n’est pas sans lui avoir porté bonheur — deux sujets sur lesquels il nous donne des lumières décisives. L’étude sur Philippe de Commynes, l’étude sur le cardinal Mazarin, sont d’allure magistrale et décèlent en effet l’homme entièrement maître de son sujet. L’étude sur le grand Condé et sur Frédéric II et Marie-Thérèse ne sont que de bonnes esquisses, de bons travaux d’atelier qui ne prétendent pas aux honneurs du musée.
- Nous n’apprenons pas tout à fait, parce qu’il est impossible d’avoir lu Commynes sans en concevoir cette haute idée, qu’il est le premier de nos écrivains politiques, d’une saveur vraiment française, plus agréable et plus saine que l’amertume de Machiavel. Commynes, qui ne fait que raconter ce qu’il a fait ou ce qu’il a vu, n’ayant pas été un diplomate de cabinet mais un diplomate d’aventure, fort bon soldat à l’occasion et ne boudant pas aux coups d’épée, mais surtout employé aux négociations du prince le plus cauteleux, le plus subtil, le plus habile, de ce Louis XI qui, par la ruse plus encore que par la force, et par la séduction plus encore que par la terreur, a fait sortir la France moderne des moules de fer du moyen âge, Commynes, donc, est le premier de nos écrivains politiques et un de nos plus grands écrivains avant Montesquieu. Il n’aime pas la guerre et préfère à ses œuvres celles de la paix. Il a la conscience large du légiste qui a vu le droit trop souvent battu par leffait. Il n’a pas de faux scrupules, de fausses pudeurs, de fausses délicatesses, et professe hautement son goût et son respect pour le succès. Mais si sa philosophie n’est pas d’une haute moralité (quiconque pense que la politique est une science morale et ne sait pas qu’elle est un art, qu’elle est un jeu, où les plus grands joueurs, ceux qui ont gagné leur partie, ne sont pas trop injustement soupçonnés d’avoir quelque peu triché, doit s’écarter de l’échiquier politique, ou il ne pourrait être qu’échec et mat), si elle sacrifie trop au culte de la ruse, à la religion du succès, elle n’est point pour cela affranchie de tout scrupule, comme celle de Machiavel. Commynes n’est partisan ni de la fraude ni de la violence. Il est de son temps pour ses idées et ses mœurs, il lui est supérieur et le devance par certaines intuitions de génie et une langue admirable , vraiment nationale , qu’une heureuse ignorance préserve des latinismes et des grécismes, que la langue de la Renaissance souleva dans le flot troublé de sa source, qu’un siècle suffira à peine à épurer et à clarifier.
- La figure de Commynes est étudiée et fouillée jusqu’au tuf, par M. Chantelauze qui nous donne, par une mosaïque de citations heureuses, les raisons de son admiration et de la nôtre.
- Il est moins' indulgent pour le cardinal Mazarin, ennemi irréconciliable et, à ses yeux, heureux et indigne adversaire de son ami le cardinal de Retz, et tout en reconnaissant les mérites et les services politiques du négociateur du traité de Westphalie et dtp traité des Pyrénées, il signale les lacunes et les faiblesses de ces œuvres trop vantées et achève de copier à fond la légende, déjà bien compromise et qui fait définitivement naufrage, du désintéressement politique de Mazarin.'Celui-là seul pouvait faire question, l’intégrité du ministre, complice des gaspillages de Fouquet qui, en sept ans, fit par l’intrigue, la rapine et le vol, une fortune de cinquante millions (deux cent millions de notre temps), ne pouvant pas être l’objet d’un débat sérieux et ne pouvant être caractérisée que par l’énergique épithète de filoutage que lui applique Retz. Sur le détail de ces filoutages, dont Fouquet partagea le crime et porta seul la peine, sur le prétendu mariage secret avec Anne d’Autriche dont Mazarin, simple tonsuré, cardinal laïque, ne fut que le favori, que l’amant, sur la réalité de ses intentions et de sa conduite, fort loin de l’héroïsme et du sacrifice qu’on lui a prêtés, dans l’affaire des amours de sa nièce, Marie Mancini, et de Louis XIV, l’auteur fait la lumière définitive ; il y a dans ce double portrait de Mazarin vivant eg dp Mazarin mourant, de M. Chantelauze, les détails caractéristiques et décisifs, les qualités d’historien et de peintre qui font défaut à l’œuvre de Paul Delaroche.
- M. de Lescure.
- La 87° livraison de la Grande Encyclopédie (prix : 1 fr.), vient de paraître chez les éditeurs
- H. Lamirault et Cic, 61, rue de Rennes, à Paris. Elle contient la fin de l’important article Alsace-Lorraine. avec deux belles cartes en couleurs hors texte, une série de travaux chimiques sur Y Alumine, Y Aluminium, Y Alun, etc., et de nombreuses biographies historiques.
- Envoi du ier volume contre un mandat-poste de 2 5 francs.
- LES THÉÂTRES
- LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE
- Les concours du Conservatoire viennent de commencer. On a fait et refait depuis longtemps la monographie du Conservatoire. Pour ce qui se rapporte aux concours en particulier, on a dit et redit à_mille reprises comment tout cela s’effectue humoiistiquement ou méchamment, compendieusement ou longuement ; de Sarah Barnum, à des ouvrages plus didactiques, l’image se répète plus ou moins ressemblante, de cette effervescence demi-artistique, dece branle-bas de cabotinage qui signalent la fin d’études dramatiques. Le public de ces concours on le connaît, parents, amis, camarades et fournisseurs, quelques gens ’de métier, un gros de journalistes et une phalange spéciale d’amateurs, êtres hybrides participant à la fois du badaud et du dilettante. Ces amateurs suivent les concours comme d’autres vont aux courses, prenant une anxieuse satisfaction à voir arriver bonne première la jeune personne ou la pouliche favorite. Inutile d’ailleurs d’insister sur la plaisante vanité de ces concours. Un talent peut-il s’exprimer véritablement en s’offrant dans de si déplorables conditions. Peut-on juger de la faculté comique ou tragique d’un acteur à s’incarner dans un personnage, par les deux ou trois gestes, ies quelques intonations qu’il fournira au cours d’une scène détachée. De deux choses l’une ou le Jury s'inspire pour décerner les prix des renseignements qu’il possède sur la valeur même des élèves ou il juge de prime abord d’après l’échantillon offert ; dans le premier cas le concours est inutile, dans le second, il ne signifie rien. Donc à quoi bon ces concours de fin d’année! Pour habituer les futurs artistes au public. Que ne les y habitue-t-on tout le cours de l’année.
- Nous sommes dans un siècle révolutionnaire, plus en parole qu’en action d’ailleurs; car l’aphorisme d'un aimable philosophe sceptique : tant plus çà_ change, tant plus c’est la même chose, est toujours de saison. Hier on parlait de supprimer l’Académie. Mon Dieu, l’Académie n’est pas absolument indispensable. On pourrait faire décerner par une commission quelconque le fameux prix Monthyon ; quant au dictionnaire son élaboration n’a jamais servi que de texte à des plaisanteries, de mauvais goût. L’Académie supprimée, les affaires n’en iraient ni plus ni moins mal. Mais on ne supprimera pas l’Académie pas plus qu’on ne supprimera le Conservatoire, bien qu’aujourd’hui d’aucuns viennent contester l’utilité de cet établissement.
- Toute institution a ses partisans dévoués et ses détracteurs acharnés. Il en est ainsi pour le Conservatoire. Les services que rend celui-ci sont en réalité médiocres; mais le supprimer totalement serait une mesure quelque peu radicale. Ne pourrait-on simplement modifier un peu la formule de l’enseignement qui y est pratiqué. Cet enseignement est trop pédagogique. La pédagogie nous envahit aujourd’hui. On veut tout mettre en théories, en règles inflexibles, on ne laisse jamais quelque latitude au mouvement naturel de l’esprit. Il y a évidemment certaines choses que l’on doit enseigner_; il y en a d’autres qu’il est inutile de chercher à inculquer. On apprend à l’écolier à mettre l’orthographe, on n’apprendra pas à un poète à faire un drame. L’instruction du Conservatoire devrait être plus passive qu’active. Les premières règles essentielles divulguées, le professeur ne devrait s’astreindre qu’à relever les fautes de l’élève, ses erreurs d’inexpérience. Il doit être un critique sévère ; il doit lui indiquer le mauvais effet produit ; mais il ne doit pas chercher à lui souffler l’intonation, à lui montrer le geste de convention. Malheureusement on a élevé l’art dramatique à la hauteur d’une science exacte développée mathématiquement. On sape le sentiment du naturel dans l’esprit du débutant poulie remplacer par l’étude d’une série de subtilités. Oh! le naturel ! le naturel! voilà ce que l’enseignement du Conservatoire étouffe au lieu de développer et voilà pourquoi cet établissement ne cesse de nous fournir des cabotins pontifiants quand nous voudrions de simples comédiens.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. IC. AR.11AULT et (T®, rue de la Préfecture.. 6
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- Moniteur
- DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8t a Paris
- M. ALPHAND
- DIRECTEUR DES
- TRA.VA.UX DE L’EXPOSITION
- DE
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- z58. — Deuxième Année. — N° 84.
- SOMMAIRE :
- r. Partie officielle; 2. Nomination de trois architectes à l'Exposition de 1889; 3. Le comité de direction, 4. M. Alphand ; Revue de la presse; 5. Les expositions anglaises en 1886: Exposition coloniale et indienne de Londres; Exj osition de Liverpool ; 6. Le Métropolitain; 7. Exposition nationale de Toulouse en 1887; 8. Reprise des affaires; 9. Le Théâtre à l'Exposition de 1889; 10. Les Livres; n. Avis commerciaux; 12. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- ARRÊTÉ
- Instituant au ministère de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes une commission, en vue de la préparation de l’Exposition universelle des beaux-arts en 1889.
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- Vu le décret du 8 novembre 1884 ;
- Vu la loi du G juillet 1886 ;
- Vu le décret du 10 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Arrête :
- Art. 1er. — Il est institué au ministère de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes, une commission spéciale, en vue de la préparation de l’Exposition universelle des beaux-arts de 1889 (Arts contemporains et arts rétrospectifs.)
- Art. 2.— Cette commission sera composée ainsi qu’il suit :
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, président.
- Le sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, vice-président.
- Le directeur des beaux-arts, secrétaire.
- Le directeur des bâtiments civils et des palais nationaux.
- Le directeur des musées nationaux.
- MM.
- Bouguereau (William-Adolphe,) membre de l’Institut, président du jury de peinture au Salon de 1886.
- Bonnat (Léon-Joseph-Florentin), membre de l’Institut, vice-président du jury de peinture au Salon de 1886.
- Cabanel (Alexandre), membre de l’Institut, vice-président du jury de peinture au Salon de 1886.
- Guillaume (Claude-Jean-Baptiste - Eugène), membre de l’Institut, président du jury de sculpture au Salon de 1886.
- Moreau (Mathurin), vice-président du jury de sculpture au Salon de 1886.
- Bailly (Antoine-Nicolas), membre de l’Institut, président de la société des artistes français, président d’honneur du jury d’architecture au Salon de 1886.
- Questel (Charles-Auguste), membre de l’Institut, président du jury d’architecture au Salon de 1886.
- Hédouin ^Edmond), président du jury de la gravure au Salon de 1886.
- Gaillard (Claude-Ferdinand), président de la société des graveurs au burin.
- Chaplain (Jules-Clément), membre de l’Institut, graveur en médailles.
- Le président de l’académie des beaux-arts. Ileuzey (Léon), membre de l’académie des beaux-arts.
- Le baron de Rothschild (Alphonse), membre de l’académie des beaux-arts.
- Le président de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Delisle (Léopold), membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Schlumberger, membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres.
- Mantz vPaul), publiciste, directeur général honoraire des beaux-arts.
- Ilavard (Henry), publiciste, membre du conseil supérieur des beaux-arts.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 8 Août 1SS6.
- Le chef du bureau des travaux d’art et des expositions remplira près de cette commission les fonctions de secrétaire-adjoint.
- Fait à Paris, le 2 août 1886.
- Le ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes,
- René Goblet.
- ------ ' ' " ------------------
- NOMINATION
- DE TROIS ARCHITECTES A L’EXPOSITION DE 1889
- Sur la proposition de M. Alphand, directeur général des travaux, M. le ministre du commerce et de l’industrie a nommé architectes de l’Exposition :
- MM. Bouvard, architecte de la ville de Paris.
- Dutert, architecte, inspecteur général de l’enseignement du dessin, ancien directeur de l’enseignement du dessin au ministère des arts.
- Formigé, architecte de l’IIôtel de Ville.
- M. de Mallevoux remplira les fonctions de secrétaire général de la direction des travaux.
- 1—'mm—n.---------
- LE COMITÉ DE DIRECTION
- Le comité de direction s’est réuni deux fois, au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Lockroy. Dès la deuxième réunion M. Alphand a pu présenter un avant-projet du plan d’ensemble. Le comité a chargé M. le directeur des travaux de préparer le projet définitif de ce plan.
- Voici sur quelles bases serait établi ce projet:
- Au milieu du Champ-de-Mars, faisant face au Trocadéro, serait établie la tour Eiffel entièrement isolée des autres bâtiments et formant en quelque sorte la porte monumentale de l’Exposition.
- A gauche de la tour, allant jusqu’à l’avenue Suffren se dresserait le palais des beaux-arts et à droite, allant jusqu’à l’avenue de la Bour-donnaye, le palais des arts libéraux.
- A la suite de ces deux palais viendraient à gauche la section française et à droite la section étrangère et enfin au fond du Champ-de-Mars la galerie des machines qui serait encore un véritable palais et peut-être le plus beau de tous.
- Nos lecteurs se souviennent sans doute que nous avons publié ici même, il y a environ 16 mois, un plan de l’Exposition établi d’après les décisions prises par la commission consultative que présidait M. Antonin Proust. Ils retrouveront sur ce plan, à peu de chose près, les emplacements que nous signalons ci-dea-sus.
- Il est probable que dans les jardins du Trocadéro se trouvera l’exposition d’horticulture.
- Rien n’est décidé en ce qui concerne les quais, l’esplanade des Invalides, le cours la Reine et le palais de l’Industrie.
- Dans C3S deux séances on a examiné un projet de règlement général qui a été préparé par le ministre et qui sera publié très prochainement par ses soins.
- Nous pensons bien pouvoir le publier dans notre prochain numéro.
- On écrit au Temps, :
- M. de Lanessan, député de la Seine, vient d’être nommé président d'honneur du comité chargé de l’organisation de l’Exposition tunisienne à Paris en 1889.
- Le général Mohamed-Djellouli, ministre de la Plume, est nommé président.
- Le comité se compose, en outre, de cinquante-cinq membres choisis parmi les fonctionnaires français et tunisiens, les notabilités commerciales et industrielles de la régence.
- Une commission, composée de MM. de la Blanchère, directeur des antiquités et des arts, de Valensi, vice-président de la municipalité de Tunis, du commandant Gérodias, du général Mohammed-el-Asfouri, président de la municipalité de Tunis, et de Salah-Ben-Abdel-Ouabeb, a été chargée de préparer la répartition des membres du comité en plusieurs commissions distinctes.
- A l’unanimité, le comité a émis l’avis que la Tunisie doit faire les frais de son • exposition et l’organiser elle-même,
- M- ALPHAND
- M. Alphand, dont nous donnons aujourd’hui le portrait, est ne' à Grenoble le 26 octobre 1817. Il lit ses études au lycée Charlemagne et entra en 1835 à l’Ecole polytechnique d’où il sortit en i83y pour suivre les cours de l’Ecole des ponts et chaussées.
- En i83p, il est envoyé à Bordeaux où il dirige pendant quinze ans, avec le titre d’ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, les services des ports maritimes, des chemins de fer et des travaux des landes de Gascogne. Il fut chargé, en outre, de la construction dans la rade de Bordeaux d’un quai vertical permettant aux navires du plus gros tonnage d’opérer à terre leur chargement et leur déchargement. Il remplit également dans cette ville les fonctions de chef d’escadron d’état-major de la garde nationale et fit partie du Conseil municipal de Bordeaux, puis du Conseil général de la Gironde où il représenta jusqu’en 1867 L canton de Coutras.
- Au mois de novembre 185q, M. Haussmann, ancien préfet de la Gironde, alors préfet de la Seine, appela M. Alphand au poste important d’administrateur des promenades et d’ingénieur en chef des promenades et plantations de Paris. Il fut chargé successivement des embellissements de la capitale et des services de l’éclairage, des concessions sur la voie publique et du contrôle des voitures. C’est sous la direction de M. Alphand qu’ont été créés ou aménagés, dans la période de 1854 à 1869, le bois de Boulogne ( 1858), le parc Monceau (1861), le boulevard Richard- Lenoir ( 1863), le bois de Vincennes (1864), l’avenue de l’Observatoire (1867), L Parc des Buttes-Chaumont (1869), l’avenue du bois de Boulogne, le parc de Montsouris et les nombreux squares qui ornent nos places publiques.
- On doit également à M. Alphand la création des pépinières et des serres de la ville de Paris ( 1855-i83g), et comme grands travaux de voirie le percement du boulevard du Prince-Eugène, devenu depuis boulevard Voltaire.
- Lors de l’inauguration de ce boulevard, qui eut lieu le 7 décembre 1862, M. Alphand reçut les insignes d’officier de la Légion d’honneur. Il avait été nommé chevalier le 7 octobre 1802.
- Le service de la voie publique fut ajouté en 1867 aux autres services dont était déjà chargé M. Alphand qui eut dès lors le titre de directeur de la voie publique et des promenades. Il avait pris une grande part aux travaux de l’Exposition universelle de 1867 en faisant exécuter les travaux de nivellement du Trocadéro dont les terres servirent à faire le parc du Champ-de-Mars et en dirigeant tous les travaux du parc et des jardins de l’Exposition, ainsi que l’aménagement général des expositions particulières.
- A cette occasion, M. Alphand fut promu le 3o juin 1867 au grade de commandeur de la Légion d’honneur.
- Deux ans plus tard, le 3o juin 1869, b était nommé inspecteur général des ponts et chaussées de 2e classe.
- Pendant la guerre de 1870 -1871 M. Alphand fut chargé d’organiser la Légion du génie de la garde nationale de Paris dont il fut nommé colonel par le gouvernement de la Défense nationale. Il dirigea en cette qualité les travaux de mise en état de défense de l’enceinte fortifiée et construisit des ouvrages avancés tels que ceux de la boucle de
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- Deuxième Année. — N° 84.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 8 Août iSS5. — 25q.
- Marne, de Champigny, du Drancy et de Montre-tout.
- En 1871, par décret de M. Thiers, président de la République française, M. Alphand est nommé directeur des travaux de Paris et réunit sous son autorité les services de la voie publique, des promenades et plantations, de la voirie, de l’architecture, du plan de Paris et des travaux du département de la Seine.
- Quatre ans après, le 3 mai 1875, il est nommé inspecteur général des ponts et chaussées de ire classe, puis, en 1878, il joint à ses attributions la direction des eaux et égouts laissée vacante par la mort de M. Belgrand. En cette meme année M. Alphand collabora aux travaux de l’Exposition universelle, notamment parla création des jardins actuels du Trocadéro, et comme membre de la commission supérieure des Expositions.
- Devenu le doyen des inspecteurs généraux des ponts et chaussées de ire classe, il est nommé par décret du i3 juillet 1882, grand officier de la Légion d’honneur, et en recevait les insignes des mains de M. le président de la République le jour de l’inauguration de l’Hôtel de Ville.
- En dehors des commissions municipales, M. Alphand est membre de la commission supérieure des Expositions universelles, de la commission des bâtiments civils, de la commission supérieure pour l’aménagement et l’utilisation des eaux et du conseil d’hygiène.
- Il a reçu de nombreuses marques de distinction des gouvernements étrangers : il est grand officier de l’ordre de François-Joseph d’Autriche, grand officier de l’ordre du Christ de Portugal, grand croix de l’ordre du Nicham, commandeur de l’ordre de Léopold de Belgique, du Medjidié du Soleil de Perse, etc., etc.
- Il est, en outre, membre honoraire de l’Institut des ingénieurs civils d’Angleterre.
- M.. Alphand est l’auteur d’un grand ouvrage intitulé : les Promenades de Paris : Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Parcs, Squares, Boulevards, etc. (1867-1873), 2 volumes in-folio avec gravures et chromo-lithographies. Il a publié également un livre descriptif sous le titre de : Arboretum et Fleuriste de la ville de Paris (1874, in-folio); et en collaboration avec M. le baron Ernouf Y Art des Jardins ( 188 5).
- Tel est l’homme chargé de la direction des travaux de l’Exposition de 1889, dont les grandes capacités et la haute intelligence répondent du succès de l’œuvre entreprise.
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- REVUE DE LA PRESSE
- Le Voltaire a publié, cette semaine, la conversation qu’un de ses rédacteurs a eue avec M. Alphand et que nos lecteurs trouveront ci-dessous:
- La Société de garantie
- Dans la conversation que j’eus hier avec M. Alphand, celui-ci me parlait de la société de garantie de l’Exposition, qui avait déjà réuni les premiers fonds nécessaires au commencement des travaux.
- Dix millions sur dix-huit étaient déjà en caisse.
- Il était intéressant de connaître la situation exacte de cette société, comment elle entendait disposer de ses capitaux et quels étaient les principaux souscripteurs jusqu’à ce jour.
- Je me suis donc rendu au Crédit foncier. En l’absence de M. Christophle, j’ai été reçu par M. Méliodon, secrétaire général du Crédit foncier, qui a bien voulu me fournir les explications suivantes :
- — Les dépenses de l’Exposition universelle de 1889 ont été fixées à 43 raillions; et cette somme ne pourra être dépassée, à moins d’une loi spéciale.
- Sur ces 43 millions, 17 doivent être donnés par l’Etat, 8 par la ville de Paris et 18 par la Société de garantie.
- — Dans quelle mesure et quand la société doit-elle contribuer à la dépense?
- — La société ne déboursera pas un sou avant plusieurs années. Il est en effet absolument établi que les premières dépenses, c’est-à-dire 2 5 millions, seront acquittées par l’Etat et la Ville.
- Nous n’entrerons en jeu que lorsque l’exposition sera à peu près terminée, c’est-à-dire lorsque son succès sera assuré.
- Vous me direz : mais si l’exposition doit coûter 40 millions, comment pourra-t-on pourvoir à tous les frais d’installation avec 2S millions i
- La réponse est facile. Il est bien certain que les entrepreneurs, les constructeurs, les industriels qui auront fourni les matériaux ne seront pas réglés immédiatement. Il y aura longtemps que l’exposition sera prête alors que leurs mémoires seront encore à examiner. Par conséquent, on n’aura pas besoin de nos 18 millions avant l’ouverture de l’exposition.
- Les souscripteurs n’ont donc aucune crainte à avoir, car non seulement ils contribueront à une grande œuvre patriotique, mais encore leurs capitaux ne seront engagés par la société qu’à bon escient, et, en admettant qu’ils ne fassent que rentrer dans leurs débours ne feront-ils pas quand même une bonne spéculation en contribuant au relèvement des affaires, relèvement dont ils profiteront?
- — Et comment comptez-vous rentrer dans votre argent?
- — Mais, par les recettes de l’exposition ! Voici comment nous avons calculé : En 1867, l’exposition a rapporté douze millions. En 1878, dix-sept millions et demi. Or, il n’est pas admissible qu’en 1889 elle rapporte moins.
- Car, depuis cette époque, les moyens de locomotion ont augmenté, les attractions diverses seront plus grandes, et enfin l:exposition sera ouverte le soir.
- Les jardins, les galeries sont éclairés à la lumière électrique, et, sans parler des établissements tels que : cafés, concerts, restaurants, marchands, qui payeront des droits, nous avons là des recettes supplémentaires absolument assurées.
- Or, toutes les recettes feront retour à la société jusqu’à concurrence de dix-huit millions. Pas un sou 11e sera pris par l’Etat ni la Ville avant que la société soit rentrée dans ses débours.
- — Si la sociéténe doit entrer en ligne que lorsque tout ou à peu près sera terminé, si elle doit participer la première aux bénéfices sans presque rien risquer, quel avantage a-t-on eu à en demander la formation ?
- — L’Etat y voit cet avantage qu’il ne fournit pas d’abord tout l’argent nécessaire et qu’ensuite la société sera un excellent contrôle qui empêchera qu’on ne se lance dans des dépenses folles.
- En 1878, on n’a pas assez compté, et l’on est arrivé à un déficit considérable. Au lieu qu’aujour-d’hui, si les directeurs de l’exposition voulaient engager des dépenses trop grandes, nous serions là pour les arrêter, au nom des intérêts de nos actionnaires.
- — Et quels sont-ils, ces actionnaires ?
- — La liste en est déjà bien longue, puisque nous avons, aujourd’hui 3 août, 10 millions de souscrits.
- Voici les principaux souscripteurs, avec le mon tant de leurs souscriptions :
- Le Crédit Foncier................1.000.000
- La Banque de France.............. Soo.ooo
- Les Cies de chem. de fer, chacune. doo.ooo Les grand. Sociétés de Crédit, chac. 3oo.ooo
- Le Bon Marché................. . • ôo.ooo
- La Compagnie Transatlantique. . . 100.000
- Banque Franco-Egyptienne. . . . 100.000
- Les Magasins Généraux............ 100.000
- Les Messageries.................. 100.000
- La Compagnie du Gaz.............. 200.000
- Le Crédit Mobilier. . ... . . - iâo.ooo
- Wilson, député................... 5o.ooo
- etc., etc., etc.
- Les particuliers ne sont pas encore très nombreux, mais on nous annonce chaque jour des souscriptions nouvelles, et avant six mois nous aurons nos 18 millions assurés.
- Songez que le président de la République et les ministres n’ont pas encore souscrit.
- Ils ne sauraient tarder, et avant peu nous pourrons publier la liste complète dans laquelle on verra figurer tout ce qui à Paris et en France,
- porte un nom dans les arts, les lettres, le commerce, l’industrie et la politique.
- Nous ne demandons d’ailleurs, pour le moment, aux souscripteurs que 5ofr. par titre de 1,000 fr. et jamais sans doute nous ne leur réclamerons le surplus . Enfin nous ne nous engagerons que lorsque l’exposition sera lancée, c’est-à-dire lorsque son succès sera certain.
- Ce sont là des conditions exceptionnelles, que tout le monde doit connaître, afin de ne pas hésiter à contribuer dans la mesure de ses moyens à l’exposition de 1889 !
- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- EN 18 8 6
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial)
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du août 1886)
- Section économique (suite)
- Une industrie qui a pris depuis quelques années un développement prodigieux dans l’Inde est celle du filage et tissage du jute (qui est le chanvre indien). Calcutta possède cinq filatures ayant coûté une moyenne de 4 millions de francs chacune et donnant de l’emploi à plus de i5,ooo ouvriers. Ces filatures comprennent aussi le tissage et la fabrique des sacs (Gunny bago) qui servent à transporter le blé, le riz, les graines oléagineuses, etc., et dont il se fait aussi une exportation considérable en Chine, en Australie, en Amérique et même en Angleterre où les manufactures indiennes font une concurrence eflrenée à celles de Glasgow qui furent les premières à travailler cet article.
- Les échantillons exposés aussi par les filatures et fabriques de tissage de coton montrent aussi les progrès immenses que cette industrie a faits dans l’Inde et qui lui permet maintenant de rivaliser avec Manchester qui serait ruinée sans les droits protectionnistes donnés aux cotonnades d’origine anglaise.
- N’oublions pas de nous arrêter devant la riche collection des charbons de l’Inde; les premières mines qui ont été exploitées sont celles de Ranu-; gunge dans le Bengale et elles ne le sont que depuis une trentaine d’années. La qualité du charbon indien est à peu près la meme que celle des charbons de Bessège et de la Grand’-Combe. La quantité extraite chaque année est de i,3i5,ooode tonnes. A l’exception d’une faible partie de la ligne de Bombay à Allahabad qui, vu la distance qui la sépare des mines, brûle du charbon venant de Cardiff et quelques petites lignes qui brûlent du bois, tous les chemins de fer indiens, consument le charbon indigène; il est même maintenant employé par la plupart des grandes lignes.de navigation’à vapeur qui ont supplanté la navigation à voiles entre l’Angleterre et l’Inde depuis l’ouver--ture du canal, de Suez.
- Nous retrouvons dans la section économique et dans ses annexes des échantillons de ce que le génie européen a pu faire faire aux ouvriers indigènes au moyen d’un personnel comparativement très restreint, d’ingénieurs, constructeurs, fabricants de tout genre, contre-maîtres et ouvriers anglais.
- L’on y trouve des voitures qui, pour la solidité et l’élégance, peuvent rivaliser avec celles de France et d’Angleterre, du matériel roulant de chemin de fer admirablement construit et équipé, des machines de tout genre qui semblent sortir des mains de nos ouvriers les plus habiles et sont pourtant l’œuvre de natifs qui doivent entièrement leur éducation au sens pratique des Anglais leurs conquérants.
- L’Indien est. comme le Tonkinois et l'Annamite, il apprend tout ce que l’on veut se donner la peine de lui apprendre, il copie tout ce qu’il peut voir et toucher, mais il n’invente rien; je nie rappelle parfaitement que quand j’étais commissaire de l’Exposition internationale de 1882, de Calcutta, j’ai cherché partout les inventions vraiment indiennes et je n’en ai trouvé que deux faites par des ingénieurs natifs, sortant des écoles du gouvernement; une était une serrure et l’autre une application de la vapeur au moulin à huile généralement employé par les indigènes !
- Une collection très intéressante est celle des tabacs et cigares de l’Inde; il n’y a que vingt ans que la culture du tabac et surtout la manipulation de la feuille a pris un grand développement et plusieurs marques de cigares indiens égalent celles de la Havane à un prix infiniment inférieur. Cette industrie va en croissant chaque jour et n’a encore dit que son premier mot
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- 2Ôo. — Deuxième Année. — N° 84.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSq.
- Dimanche 8 Août 1886.
- ^Une autre collection qui présente un intérêt réel est celle des vins de Cachemir; ce sont les seuls que produisent la péninsulaire indienne, et c’est à un Français au service du Maharajah de Cachemir que revient le mérite de l’introduction de plants de vigne d’origine française et de tous les essais de fabrication qui ont du reste parfaitement réussi.
- Une manufacture qu’il ne faut pas passer sous silence est celle du papier due entièrement à l’esprit d’entreprise du gouvernement anglo-indien. Des fabriques de papier d’une importance très considérable sont installées à Bally, à côté de Calcutta et à Luchnow, dans la province du nord-ouest, sans compter celle d’une importance moindre due à l’entreprise privée.
- Ainsi que je l’ai dit dans mon article de la semaine dernière, la collection des graines oléagineuses est très intéressante à étudier, à cause de la quantité d’espèces différentes, et dont plusieurs sont peu connues, qu’elle renferme.
- L’importance de l’exportation de ces graines se démontre par les chiffres suivants qui représentent la valeur des quantités exportées chaque années, des espèces les plus connues, commercialement parlant.
- Graines de lin.....
- Sésames............
- Graines de pavot...
- Noix...............
- Graines de ricin...
- 104,855,000 fr. ix5,i 5o,ooo I, 125,000 902,500 52,575,000
- Pour terminer la série des richesses produites par le sol indien n’oublions pas l’indigo qui se fabrique dans 197 factor.ies (usines) dans le Bengale, 1,963 dans les provinces du nord-ouest etl’Oudh ; 1,254 dans la présidence de Madras et les laques indiennes dont on exporte en Europe pour i3 millions de francs par an.
- (A suivre.)
- Paul Dejoux.
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- Algérie
- L’Exposition algérienne à Liverpool mérite une mention spéciale et c’est à dessein que je n’en ai point parlé dans mon étude de la section française dont elle fait cependant partie.
- Elle offre un intérêt tout particulier et il ne me paraît pas inutile d’appeler l’attention de mes lecteurs sur cette France africaine qui se fait connaître lentement mais' qui, cependant, renferme de grandes richesses.
- Ce n’est pas la première lois que l’Algérie prend part aux Expositions qui ont lieu à l’étranger. A Amsterdam, en i883, a Anvers, en 1885, les propriétaires et industriels algériens comprenant l’intérêt des Expositions pour les produits de leur pays hélas ! trop peu connus, s’étaient groupés et avaient envoyé de nombreux échantillons de leurs vins, de leurs blés, de leurs alfas, de leurs bois, etc., etc.
- Le gouvernement confia l’organisation de ces Expositions au sympathique commandant des Vallons, qui est aujourd’hui encore à Liverpool et qui y représente avec une remarquable compétence et un admirable dévouement les intérêts algériens.
- Pour l’avenir de l’Algérie dont le sol est si fertile et le climat si puissant, souhaitons que de fréquentes Expositions aient lieu et qu’elle y prenne part dans des proportions plus grandes encore, beaucoup _ plus grandes que dansées récents concours. Si les Expositions sont utiles aux pays, européens entre lesquels elles facilitent les relations commerciales, favorisent et développent les échanges, combien le sont-elles davantage encore pour tous ces pays éloignés, pour ces habitants de régions explorées par un petit nombre seulement ! L’Algérie, certes, est connue généralement ; depuis seize années , l’administration républicaine s’est intéressée d’une façon particulière à ce grand et beau pays et elle peut s’enorgueillir des^ résultats obtenus. Mais il y a encore beaucoup a faire : il y a bien des vœux formulés dans ces bulletins des comices agricoles qui, réalisés, donneront à l’Algérie le développement commercial dont elle est susceptible et qui lui manque encore à l’heure actuelle.
- Il n’y a rien de plus urgent, par exemple, que de rechercher des débouchés pour les vins algériens. La vigne trouve en Algérie un sol et un climat dont la nature-lui. convient à merveille. Elle croît avec vigueur aussi bien dans les terres légères et sablonneuses des plaines de la Métidja que sur les versants des coteaux calcaires des environs dOran. Le phylloxéra, cet ennemi si redoutable, y est inconnu, alors que tant de nos beaux vignobles du continent ont.été ravagés. Trois cents propriétaires ont envoyé les vins de leurs crus à Liverpool : Les vins rouges les plus appréciés sont ceux des environs dOran, de Mascara, de Tlemcen de Médéah, et certains vins blancs des territoires de Bône et de Douera. Les vins de dessert, secs
- et doux, des vignobles de Médéah, ne sont pas moins appréciés.
- On connaît trop peu ces vins algériens : peut-être aussi ne les répand-on pas assez dans le public. Il ne suffit pas d’une simple exposition et des récompenses qu’elle entraîne : il y a mieux à faire et il faut espérer qu’on trouvera un moyen qui permette à tous d’apprécier les vins qu’on veut mettre.en circulation. Pourquoi, par exemple, les propriétaires algériens ne se réuniraient-ils pas en syndicats et ne chercheraient-ils pas à fonder des comptoirs à l’étranger? Les intérêts de tous sont les mêmes; par suite toute propagande en faveur de l’un profiterait aux autres.
- L’agriculture constitue aussi un des éléments capitaux de prospérité de l’Algérie. Les froments, les blés et les orges sont très appréciés ; le maïs, l’avoine, le riz y sont cultivés avec succès. Les huiles d’olive tiennent un des premiers rangs parmi les produits algériens : l’olivier croît spontanément en Algérie : il s’y propage sans culture et fournit des "fruits abondants.
- L’exposition algérienne, dans son cadre restreint, offre des échantillons de tous ces produits indigènes, mais leur nombre exigerait un emplacement beaucoup plus grand. Présentés plus largement et séparément, ils attireraient bien davantage l’attention du public qui souvent passe sans s’arrêter, se contentant du spectacle des yeux et ne faisant aucun effort pour opérer lui-même la sélection des objets qui pourraient plus particulièrement l’intéresser.
- Voici une magnifique exposition des bois d’Algérie comprenant les lièges, les bois de construction, de charpente, de charronnage, d’ébénisterie, — le thuya, l’olivier, le citronnier, le génévrier et le chêne vert. L’Algérie possède un immense domaine forestier. Son étendue est de près de 2 millions d’hectares. Les forêts de chêne-liège y sont nombreuses : sur le littoral algérien cet arbre croît indistinctement en plaine comme en montagne, mais il se plaît surtout dans les terrains légèrement accidentés, sur les collines et sur les montagnes peu élevées. Comme bois de menuiserie et d’ébénisterie, on pourrait en tirer un très bon parti, car il a une belle couleur et est largement maillé : il est toutefois inférieur à l’yeuse ou chêne vert sous ce rapport.
- « L’exportation des lièges de l’Algérie tant en planches qu’ouvrés était en 1868 de 18,424 quintaux : en 1877 elle s’est élevée à 48,328 quintaux, soit une augmentation de production en 10 ans de 3o,ooo quintaux. •— Cette progression ne peut que continuer' par suite de la mise en valeur de nouvelles forêts et de la meilleure exploitation de celles déjà en production.
- « Les trois quarts environ des lièges algériens s’expédient en France, le restant s’exporte.à l’étranger ; une très faible partie seulement reste dans le pays pour alimenter la consommation locale.
- Parmi les pays d’exportation, l’Espagne occupait, il y a peu de temps encore, le premier rang et les lièges algériens expédiés en Catalogne étaient livrés au commerce comme de provenance espagnole. Aujourd’hui l’Angleterre et la Russie achètent directement en Algérie des quantités de liège assez considérables, et l’exportation pour l’Espagne est en baisse.
- « En dehors de ces pays, l’Algérie expédie encore en Italie et en Belgique et depuis ces dernières années en Hollande : jusqu’ici l’exportation a été nulle pour l’Amérique. »
- Les ports d’embarquement sont ceux de la Galle, de Bône, de Philippeville, de Stora, de Collo, de Djidjelly et de Bougie : les pays d’exportation sont la France, l’Espagne, l’Angleterre, l’Italie, le Portugal, les Etats barbaresques, la Belgique, la Hollande, l’Autriche, l’Allemagne, la Russie, les Etats Scandinaves, l’Amérique. — La statistique accuse comme quantités exportées de ces différents ports en ces différents pays, en 1868 : 1,765,607 kil. de lièges en planches et en 1877 : 4,478,326 de ces mêmes lièges.
- On voit, en un espace de temps relativement court, la progression de ces exportations. Aujourd’hui elles ont pris un développement plus grand encore et ces chiffres disent assez quel avenir commercial possède l’Algérie !
- J’ai emprunté ces renseignements au livre de M. Lamev, inspecteur des forêts, sur le chêne-liège en Algérie. Quel regret que les indications si intéressantes de ce beau livre soient si peu connues ! Je ne saurais trop engager nos commerçants à le lire ; ils se feront ainsi une idée exacte des richesses que contient l’Algérie et qui sont trop ignorées.
- Je me suis étendu sur cette belle exhibition de bois exposés dans la section algérienne. Pour être complet, je dois encore citer ces beaux tapis, aux couleurs riches et variées dont la fabrication constitue, dans certaines tribus, une branche importante de commerce. Mascara, Tlemcen, Biskra et Constantine sont des centres de fabrication renommés. — Enfin s’offrent à nos yeux de nombreuses plantes ligneuses : la ramie, l’alfa, etc., produits si utilement et si ingénieusement employés de nos jours. Les industries extractives y tiennent aussi une large place : les minerais, les lignites,les
- marbres et les onyx si remarquables des départe-tements de Constantine et d’Oran.
- Et pour rehausser l’éclat de tous ces produits, des armes à feu, des lances, des sabres, des bijoux, des poteries de formes primitives et ornées de dessins bizarres s’entremêlent et forment un ensemble empreint d’un cachet original bien fait pour exciter l’envie et l’admiration des collectionneurs antiquaires !
- L’exposition algérienne à Liverpool est digne de ses aînées : elle les surpasse peut-être même. — Aussi les visiteurs de l’exposition de Liverpool ne manquent point de s’y arrêter. Il m’a semblé, et je le comprends, qu’ils trouvent grand plaisir à venir rêver — à l’ombre de magnifiques palmiers importés là pour décorer la section — à ce beau pays du Soleil, qui possède tant de richesses !
- Section anglaise
- La situation commerciale de Liverpool est exceptionnelle : une exposition internationale en Angleterre ne pouvait avoir un théâtre plus approprié que cette ville dont le port est en relations constantes avec le monde entier.
- Il n’est pas inutile de donner quelques renseignements sur le port de Liverpool. L’annuaire de la marine de commerce française les donne aussi complets qu’a pu les lui fournir le secrétaire du conseil des docks et du port de la Mersey à Liverpool. J’en ferai une courte analyse.
- Le domaine des docks de la Mersey comprend les vastes docks situés à Liverpool et à Bir-kenhead et les magasins, hangars, constructions qui en dépendent. Cet ensemble est administré par un corps constitué appelé conseil des docks et port de la Mersey.
- L’un des plus anciens docks de Liverpool qui fasse encore partie du système actuel est le dock George ouvert en 1771 et agrandi en 1825. Pendant les années qui suivirent le développement des docks il se fit peu de progrès, mais il en fut autrement à partir de 1873. Ce ne fut qu’en septembre 1881 que les nouveaux et nombreux docks furent inaugurés par le prince etlaprincesse de Galles. Ils sont principalement affectés aux grands steamers transatlantiques qui font l’intercourse de l’Amérique du Nord. Les navires accèdent à cet ensemble de bassins par le bassin Canada qui est muni de chaque côté de jetées en bois s’avançant dans la rivière. Ces jetées ont pour but de faciliter l’entrée et la sortie des navires et aussi de favoriser l’action des écluses de chasse destinées à débarrasser le chenal des dépôts de vase.
- Citons parmi les principaux docks, ceux de Langton, Alexandre, Hornby qui sont les plus grands. Le nombre total des docks et des bassins existant actuellement à Liverpool est de 57.
- Le conseil des docks a construit tout un vaste système de magasins rattachés aux docks; il a créé aussi des installations très complètes pour l’embarquement du charbon aussi, bien à Liverpool qu’à Birkenhead. Grâce à ces installations, la quantité de houille embarquée pendant le cours de l’année 1885 s’est élevée à 628,217 tonnes.
- Les docks de Liverpool et de Birkenhead sont pourvus de voies ferrées dont la longueur totale s’élève à io3 kilomètres et ces voies sont reliées aux principales lignes du Nord de l’Angleterre.
- Les chiffres suivants donneront à nos lecteurs une idée plus exacte de l’importance de ces docks : leur surface totale est de q35 hectares à Liverpool et de 204 hectares à Birkenhead. Le nombre des navires pendant l’année 1885 a été de 21,529 et leur tonnage a atteint 8,571,454 tonneaux.
- Je renvoie d’ailleurs nos lecteurs à l’annuaire de la marine de commerce française qui donne de la façon la plus claire et la plus précise tous les renseignements voulus sur tous les ports du monde entier. C’est un livre que chacun de nos commerçants français devrait posséder, j’entend aussi bien ceux qui s’occupent du commerce d’exs portation que ceux qui, négligeant les affaires-extérieures, se consacrent spécialement à la vente courante d’objets ou de produits plus particulièrement destinés à notre pays. Qu’on le lise plutôt et je ne crains pas qu’on vienne me contredire. Honneur soit aux directeurs d’une entreprise aussi patriotique !
- Ces renseignements une fois donnés sur l’importance du port de Liverpool, j’aborde l’examen de la section anglaise de l’Exposition. Elle occupe la galerie centrale dont j’ai parlé au début de mes correspondances, magnifique avenue, artistement décorée et peut-être trop géométriquement divisée. Mais ce n’est qu’un petit défaut.
- Elle ne contient que des spécimens de bateaux, des différents types aussi bien anciens que modernes. Tout le monde sait qu’entre toutes les industries anglaises, l’une des plus importantes est sans contredit celle de la construction des bateaux. Ce n’est certainement pas trop dire que c’est là la principale force de l’Angleterre et que de cette force' dépend la prospérité de toutes les autres industries.
- Ch. Lenoir.
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- Deuxième Année. — N° 84.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche S Août 1886. — 261.
- LE MÉTROPOLITAIN
- On se rappelle que le 3 juillet, le Conseil municipal, délibérant sur la question du Métropolitain, demanda l’adjonction au projet ministériel d’une ligne entre la place de la République et la Petite Ceinture , vers Ménilmontant et Charonne. Il adopta, en outre, les articles suivants :
- « Art. 5. — Dans les travaux nécessités par la construction du chemin de fer métropolitain, les ouvriers étrangers ne pourront pas être admis dans une proportion supérieure à 10 °/0.
- « Les ouvriers étrangers seront payés au même prix que les ouvriers français.
- « L’outillage sera exclusivement demandé à l’industrie française.
- « Art. 6. — Les ouvriers et employés commissionnés ne pourront être révoqués qu’en raison de motifs légitimes et jugés tels par un jury formé de leurs pairs.
- « Ils auront la gérance de leur caisse de retraite, de secours et d’assurance sur la vie.
- « Art. 7. — Le Conseil d’administration du chemin de fer métropolitain comprendra :
- « i° Trois membres nommés dans le Conseil municipal, pris dans son sein ;
- v 2° Trois membres nommés par les employés de tout ordre du chemin de fer métropolitain, dont les appointements ne dépasseront pas 4,000 francs.
- « Art. 8. — Au-delà de 6 °/0 du capital-actions de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris, et sur l’excédent des revenus, il sera prélevé, avant toute autre affectation, et approuvé par disposition statutaire de la Compagnie dans une forme à déterminer ultérieurement, 10 °/0 en faveur du personnel des employés et ouvriers du chemin de fer métropolitain de Paris.
- « Ces attributions figureront dans le bilan de la Compagnie au même titre que les dépenses courantes de personnel ou autres, comme attributions bénéficiaires ou complémentaires du personnel des ouvriers ou employés de la Compagnie.
- « Art. 9. — Au bout de 2 5 ans, si la ville de Paris continue à donner sa garantie d’intérêt, elle bénéficiera avec l’Etat des dispositions portées au titre IV du cahier des charges, lors de l’expiration de la concession, dans les proportions pour lesquelles chacun des deux aura participé à la garantie d’intérêt, en tant que ces conditions sont conformes aux prescriptions qui régissent le domaine public national. »
- M. le ministre des travaux publics, dans une lettre adressée au préfet de la Seine, déclare tout d’abord que les conditions du concours financier de la ville à l’exécution de la ligne place de la République à Charonne, devront faire l’objet d’une entente spéciale ; qu’en conséquence, cette ligne ne peut-être, quant à présent, considérée qu’à titre éventuel; la déclaration d’utilité publique en serait, d’ailleurs, proposée aussitôt que possible.
- En second lieu, il déclare qu’il ne pourra donner suite au projet du métropolitain que si les stipulations relatives aux conditions du travail sont, soit retranchées de la délibération du Conseil, soit tout au moins transformées en simples vœux ne constituant plus des conditions sine quâ non de la participation de la ville.
- Il ajoute, d’ailleurs, qu’il entre dans les vues du gouvernement de faire bénéficier, dans toute la mesure du possible, les ouvriers français et l’industrie nationale des grands travaux auxquels donnera lieu l’exécution du métropolitain.
- Il refuse enfin de proposer au Parlement la disposition contenue dans l’article 9 et qui est en désaccord absolu avec le cahier des charges général des concessions françaises de chemin de fer.
- M. le ministre termine sa lettre en indiquant, au contraire, une stipulation qui devrait être ajoutée à la délibération du 3 juillet:
- Dans l’estimation des dépenses d’expropriation auxquelles doit donner lieu l’ouverture de la rue Réaumur entre la place de la Bourse et la rue Saint-Denis, la ville de Paris n’a pas compris la valeur des immeubles qui lui appartiennent et qui sont, si je suis bien renseigné, situés rue de Cléry, 20, 22, 24; rue d’Aboukir, 5y, 59; rue du Petit-Carreau, 3i ; rue Thévenot, 3o et 8, et rue Saint-Denis, 224. Il doit être explicitement déclaré que la Compagnie concessionnaire n’aura à payer aucune indemnité pour les portions de ces immeubles qui doivent être incorporées à la nouvelle voie publique et que, d’une manière générale, elle ne sera tenue à aucune indemnité envers la ville pour les terrains appartenant à cette dernière et dont elle sera amenée à occuper soit le sous-sol, soit la surface.
- La Commission municipale du métropolitain, saisie de ces différentes questions, s’est rendue aux objections du ministre et, dans un rapport présenté par M. Lefebvre-Roncier, elle propose : i° D’accepter purement et simplement les conditions ministérielles pour la ligne de la place de la République à Charonne ; 20 de maintenir les art. 5, 6, 7, 8 et 9 de la délibération du 3 juillet, sans en faire la raison sine quâ non du concours de la ville dans l’entreprise du métroplitain ; 3° toutes réserves faites en ce qui concerne les droits des tiers, de n’élever aucune réclamation pour la cession des portions de terrains appartenant à la ville de Paris et qui doivent former le sol de la voie publique lors du percement de la rue Réaumur.
- On ne saurait trop féliciter la Commission de son esprit de conciliation ; il faut espérer que le Parlement mettra, de son côté, dans l’examen de cette question primordiale, toute l’activité et tout le bon vouloir dont fait preuve le Conseil municipal de Paris.
- Il importe, en effet, que, dans l’intérêt des ouvriers, dans l’intérêt de la reprise des affaires, dans celui de l’Exposition elle-même, les travaux commencent au plus tôt.
- --------“==S=s^gH3-------------
- EXPOSITION NATIONALE
- DE TOULOUSE EN 1887
- CLASSIFICATION GÉNÉRALE
- (Suite.)
- Classe 64. —Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de Varchitecture : Matériaux de construction. —• Matériel et produits des procédés employés pour la conservation des bois. —• Appareils et instruments pour l’essai des matériaux en construction. — Matériel des travaux de terrassement. Appareils et outillage des chantiers de construction. — Serrurerie fine. — Matériel et engin des travaux de fondations. — Matériel des travaux hydrauliques. — Matériel et appareils servant aux distributions d’eau et de gaz et d’élévation d’eau. — Matériel de l’entretien des routes, des plantations et des promenades. — Modèles, plans et dessins de travaux publics. — Phares. — Monuments publics de destination spéciale.
- Classe 65. — Matériel de la navigation de plaisance : Types, dessins et modèles de canots et embarcations de plaisance, à rames, à voiles, à vapeur.
- SECTION D
- SEPTIÈME GROUPE Produits alimentaires
- Classe 66. — Céréales, produits farineux avec leurs dérivés : Froment, seigle, orge, riz, maïs et autres céréales en grains et en farine. — Grains mondés et gruaux.— Fécules de pommes de terre, de riz, de lentilles, etc. — Gluten. — Tapioca, sagou, arrow-root, cassave et autres fécules, produits farineux mixtes, etc. — Pâtes dites d’Italie, semoules, vermicelles, macaronis.
- Classe 67. — Produits de la boulangerie et de la pâtisserie : Pains divers avec ou sans levain ; — pains de fantaisie et pains façonnés ; — pains comprimés pour voyages, campagnes militaires, etc.;
- — biscuit de mer.
- Classe 68. — Corps gras alimentaires, laitages et œufs : Graisses et huiles comestibles. — Laits frais et conservés : — beurres salés et frais ; — fromages. —: Œufs de toutes espèces.
- Classe 69. — Viandes et poissons : Viandes salées de toute nature. — Viandes conservées par divers procédés. — Tablettes de viande et de bouillon. —Jambons et préparations de viandes.
- — Volailles et gibiers. — Poissons salés, encaqués ; — poissons conservés dans l’huile. — Crustacés et coquillages.
- Classe 70. —Légumes et fruits : Tubercules. — Légumes farineux secs; verts à cuire ; — racines ;
- — salades, cucurbitacées, citrouilles, melons, etc.;
- — épices ; légumes conservés par divers procédés.
- — Fruits à l’état frais;— secs et préparés; — fruits conservés sans le secours du sucre.
- Classe 71. — Condiments et stimulants, sucres et produits de la confiserie : Epices. — Sel de table. — Vinaigres. — Condiments et stimulants composés.— Thés, cafés et boissons aromatiques. ___Chocolats. — Sucres destinés aux usages domestiques, sucre de raisin, de lait, etc. — Produits divers de la confiserie.— Fruits confits.— Fruits à l’eau-de-vie.— Sirops et liqueurs sucrées.
- Classe 72.—Boissons fermentées : Vins ordinaires, rouges et blancs; — de liqueur; — cuits. — Vins mousseux; — bières, cidres, poirés et autres boissons tirées des céréales, des sèves végétales, du lait et des matières sucrées de toute nature. — Eaux-de-vie et alcools. — Boissons spiritueuses.
- SECTION E
- HUITIÈME GROUPE
- Agriculture
- Classe 73. —Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles / Types des bâtiments ruraux des, diverses contrées. — Types d’écuries, d’étables, de bergeries et de parcs à moutons, de porcheries et d’établissements propres à l’élevage et à l’engraissement des animaux. — Matériel des écuries, étables, chenils, etc. — Appareils pour préparer la nourriture des animaux. — Machines agricoles en mouvement : charrues à vapeur, moissonneuses, faucheuses, faneuses, batteuses, semoirs, etc. — Types d’usines agricoles, distilleries, sucreries, raffineries ; — brasseries, minoteries, féculeries , amidonneries, magnaneries. — Pressoirs pour le vin, le cidre, l’huile. — Types de poulaillers, de pigeonniers, de faisanderies. — Appareils d’éclosions artificielles. — Matériel de l’élevage et de la conservation des abeilles et des vers à soie. — Matériel et procédés de la destruction des insectes nuisibles.
- Classe 74. — Viticulture : Traités, monographies, tableaux, cartes et publications diverses concernant la vigne et le vin. — Procédés et outillages de plantation, de greffage, de culture. — Accidents, maladies, parasites ; moyens de défense de tous genres. — Vinification. — Méthodes et appareils pour la réception et la conservation du vin, pour l’améliorer, pour reconnaître ses altérations et ses falsifications.
- NEUVIÈME GROUPE
- Horticulture
- Classe y5. —Serres et matériel de Vhorticul-, ture : Outils du jardinier, du pépiniériste et de l’horticulteur. — Appareils d’arrosement, d’entretien des gazons. — Grandes serres et leurs accessoires. — Petites serres d’appartement et de fenêtre. — Aquariums pour plantes aquatiques. — Jets d’eau et appareils pour l’ornement des jardins.
- SECTION F
- DIXIÈME GROUPE
- Classe 76. — Gaq : Canalisation et accessoires. — Appareils employés dans la mesure de quantité, de qualité, de pression du gaz et dans l’analyse des produits accessoires. — Histoire et enseignement de l’industrie du gaz. — Bibliographie, dessins, modèles. — Collection rétrospective d'appareils.— Appareils divers d’éclairage. — Appareils divers de chauffage et de cuisine.
- Classe 77. — Moteurs à gaz, transmission de force à distance. — Emploi divers du coke et du goudron. — Applications diverses. — Sous-produits du gaz. — Sels ammoniacaux, engrais, teintures, etc.
- SECTION G Electricité
- ONZIÈME GROUPE
- Classe 78.— Production des courants et conducteurs électriques : Piles hydro-électriques.— Piles thermo-électriques. — Piles secondaires. — Machines magnéto-électriques ou dynamo-électriques. — Bobines d’induction. — Câbles, fils et accessoires. — Paratonnerres.
- Classe 79. — Etude et enseignement de la science électrique. Applications scientifiques: Instruments employés dans les expériences de démonstration.
- — Instruments de mesure. —Applications de l’électricité à l’astronomie, à la géodésie, à la météorologie.— Applications à la mécanique, àlabalistique, à la physique, à la chimie. — Applications aùx sciences biologiques. — Electricité médicale. — Histoire et enseignement de la science électrique.
- — Bibliographie. — Dessins, modèles, etc. — Collections rétrospectives d’appareils.
- Classe 80. — Transmission des signaux et de la parole par l’électricité : Télégraphie publique et domestique. — Téléphonie, microphonie, photophonie. — Applications de l’électricité aux chemins de fer. — Signaux électriques à divers usages. — Horlogerie électrique.
- Classe 81. — Application industrielle des courants électriques. Applications diverses: Eclairage électrique. — Photomètres. — Moteurs électriques. — Transmission de l’énergie. — Electro-métallurgie, et galvanoplastie. — Applications diverses.
- SECTION H
- DOUZIÈME GROUPE
- Classe 82. — Médecine et chirurgie ; médecine vétérinaire et comparée: Matériel, instruments, appareils, méthodes de travaux anatomiques et histologiques,_ d’exploration médicale, de pansement, de chirurgie, d’anesthésie, de prothèse
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- 202. — Deuxième Année. — N° 84.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Août 188CL
- plastique et médicale, d’orthopédie; —bandages herniaires.
- Classe 83. — Hygiène: Aération directe. — Appareils scientifiques applicables aux études scientifiques. — Architecture (plans d’). — Buanderies.
- — Canalisation pour eaux et immondices. —. Chauffage. — Crémation. — Démographie et statistique.
- — Désinfection. — Distribution d’eau. — Eclairage. — Egouts. — Filtres. — Gymnastique hygiénique (appareils). — Hydrothérapie (établissements collectifs). — Hygiène urbaine (services d’). — Laboratoires. — Maisons à bon marché. — Murs, briques, toitures, parquets. — Plomberie sanitaire. — Urinoirs publics. — Ventilation. — Vidanges (appareils de). — Water-closets.
- Classe 84. — Assistance publique .-Plans, modèles, agencements, mobiliers d’hôpitaux, d’asiles divers, de maisons de refuge, de retraite, d’aliénés, de crèches, etc. — Appareils destinés aux infirmas, malades, aliénés. — Objets nécessaires au service médical, chirurgical et pharmaceutique.
- Classe 83. — Ambulances urbaines. Secours aux personnes blessées ou malades: Plans, nyodèles types, matériel d’ambulances civiles. — Boites de pansement. — Transport des blessés dans les villes. .
- Classe 86. — Ambulances militaires: Plans, modèles, types. — Aménagements, mobiliers d’ambulances militaires. — Matériel de secours aux blessés sur les champs de bataille. — Trousses et caisses d’instruments et de^ médicaments destinés aux chirurgiens de l’armée et de la marine. — Transport des blessés.
- Classe 87. — Secours aux noyés et asphyxies : Postes et boîtes de secours. — Appareils de toute nature destinés aux noyés et asphyxiés.
- Classe 88.— Secours contre les incendies: Pompes. — Echelles. — Voitures. — Cloches et cornets d’alarme. — Uniformes et armes.
- SECTION 1
- Exposition pyrénéenne
- Géologie et minéralogie. — Géographie. — Anthropologie. — Ethnographie. — Archéologie. Zoologie. — Botanique. — Cartes et ouvrages imprimés, vues manuscrites, photographiques et autres. — Plans en relief. — Modèles d’habitations. — Costumes. — Monuments en tous genres, originaux et imités. — Collections diverses.
- jV. B. — La classification ne doit pas être considérée comme absolue. Pour les objets qui ne pourraient être compris sous aucun titre, l’exposant fera sa demande de place dans le groupe dont il se rapproche le plus.
- LA REPRISE DES AFFAIRES
- La crise industrielle et économique que traverse, en ce moment, l’Europe n’est pas de celles que l’on puisse faire disparaître du jour au lendemain, en réglementant les heures de travail des ouvriers, ou en promulguant une loi sur la participation ou sur l’association du travail et du capital, le rêve poursuivi par une certaine école d’économistes qui, prenant pour la réalité les fantasmagories qui hantent le cerveau de ses adeptes, ne tient compte ni des difficultés, ni des préjugés sociaux, ni des règles de l’économie politique.
- Nous n’ignorons pas que ceux qui professent ces doctrines jurent leurs grands dieux qu’ils sont mus uniquement par l’intérêt de la classe ouvrière. Nous voulons bien les croire sur parole, mais à côté de l’intérêt du travailleur, il y a aussi celui de l’industriel et du consommateur dont il faut également tenir compte.
- La question est donc très complexe, elle renferme des antinomies contre lesquelles on se heurte à chaque pas. C’est pourquoi nous disons que c’est folie de prétendre la résoudre par une réglementation ou par des décrets, comme une simple question de police.
- Notre but ici n’étant pas de prendre parti dans ce débat obscur et de préconiser tel système de préférence à tel autre, nous nous contentons de constater des faits.
- Et nous disons que les pessimistes qui voient tout en noir et jettent dans la foule des travailleurs le cri de la désespérance, commettent une mauvaise action. La vie est déjà assez amère et assez difficile, sans qu’on vienne encore en augmenter les ennuis par de sinistres prophéties que rien, d’ailleurs, ne justifie.
- La situation, au contraire, tend à s’améliorer de jour en jour. La crise diminue d’intensité et nous allons assister sous peu à une reprise sérieuse des affaires.
- On demandera, peut-être, sur quelles données
- précises nous nous basons pour formuler cette assertion optimiste.
- Ces données sont multiples et reposent sur des faits incontestables.
- Nous pourrions citer telle et telle industrie dont le chiffre d’affaires a subi en quelques mois, une augmentation qui est de bon augure. On signale un peu partout une activité qui frappe d’autant plus que, depuis plusieurs années, nous étions, en quelque sorte, habitués à vivre dans le marasme.
- C’est ainsi que les transactions sur les fers, la houille et les denrées alimentaires ont augmenté de plus de 20 °/0> depuis six mois seulement.
- Dans les départements du Rhône et de la Loire où l’industrie des tissus et de la soie est une source de richesse, on constate, dans le travail, une accélération sérieuse. D’ailleurs, à part les articles sur lesquels l’étranger nous fait une concurrence redoutable, la situation tend à s’améliorer et l’on peut affirmer que cet élan ne fera que croître, grâce à l’Exposition de 1889 qui va encourager et développer ce mouvement de reprise des affaires.
- Les nouvelles des récoltes sont bonnes, en France, et cette consolante perspective met au cœur du travailleur des champs un peu de gaîté et d’espérance.
- Dans la récolte de la terre, il y a des milliards ; c’est la source principale du bien-être et de la richesse du pays.
- Or, on sait que quand le paysan a du vin dans sa cave et du blé dans son grenier, il dénoue plus facilement les cordons de sa bourse.
- Et puis, l’Exposition universelle de 1889 va nécessairement donner au travail national une poussée dont les heureux résultats se feront sentir dans toutes les classes de la société, car toutes sont également intéressées dans la réussite de cette entreprise.
- Dès que le premier coup de pioche aura été donné au Champ-de-Mars, chacun se mettra courageusement à l’œuvre ; la France reprendra son aspect réjouissant d’autrefois : celui d’un immense atelier plein de mouvement, de vie et de franche gaieté.
- Car ce n'est pas Paris seulement qui profitera de l’élan industriel et commercial auquel l’Exposition va nécessairement donner lieu; c’est le pays tout entier. Tout ce qui travaille, produit, achète, vend, échange, participera à ce mouvement universel. Il n’est personne qui ne reconnaisse que c’est, en quelque sorte, un point d’honneur pour la France, de se montrer à ces assises du travail, digne de sa vieille et glorieuse renommée ; de prouver au monde que sur le terrain industriel et commercial elle ne craint aucune comparaison, aucune concurrence.
- Ceux qui ne connaissent qu’imparfaitement le vieux génie gaulois si fécond, si primesautier et surtout si plein de ressources ont pu croire qu’il subissait un moment d’éclipse parce que des causes indépendantes de la volonté humaine sont venues paralyser ses efforts et l’arrêter, un instant, dans son essor, mais ils ne tarderont pas à revenir de leur erreur, quand ils le verront de nouveau à l’œuvre ; l’Exposition de 1889 leur fournira d’une manière palpable la preuve éclatante de sa puissante vitalité et de ses progrès incessants.
- Les autres nations, elles aussi, nous montreront les conquêtes qu’elles ont faites dans le domaine artistique et industriel. Chacun pourra examiner, comparer et se rendre compte de l’infinie variété des produits que la nature met à la disposition de l'homme pour satisfaire ses besoins.
- Cette Exposition montrera à l’aide de quels moyens un peuple parvient à se procurer tel produit exotique qu’il ne peut fabriquer, comment il modifie ou améliore tel autre ; elle fera voir à quoi tient la supériorité des uns et l’infériorité des autres, ce qui ouvre les débouchés et ce qui les ferme, comment se crée la richesse d’un pays et comment elle se répand dans tout le corps social.
- Le champ est vaste et ouvert à toutes les activités, toutes les aptitudes, toutes les initiatives. L’agriculture, cette vieille nourrice des hommes et l’industrie qui pourvoie à leurs besoins et adoucit les misères de la vie, qui change le bâton du voyageur en wagon et la poste aux chevaux en fil télégraphique, qui fabrique dans un seul pays assez de tissus pour ceindre plusieurs fois le globe terrestre; les arts, les sciences en un mot, toutes les branches de l’activité humaine sont sollicitées par cette fête du travail qui sera la glorification du génie de l’homme.
- C’est pourquoi, contrairement aux allégations des pessimistes, nous disons : Prenons courage.
- L’avenir est moins sombre et moins menaçant qu’on se plaît à le peindre.
- Mettons-nous donc à l’œuvre sans retard et ne négligeons rien pour que la France figure dignement à cette grande solennité à laquelle elle convie le monde entier.
- E. M.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 25 juillet 1886).
- Ce n’est pas tout que de construire une salle de-spectacle, il faut encore permettre d’y accéder et d’en sortir facilement ; ce n’est pas tout que d’aménager ingénieusement une scène, l’établissement complet d’un théâtre comprend l’installation de nombreux services accessoires. Grouper harmoniquement toutes les parties de l’édifice en répondant aux séries de conditions exigées par des considérations de toute nature, constitue une fort importante branche de l’art architectural, branche qui n’est pas encore assez cultivée et développée. La cherté des terrains, le manque de place sont les obstacles les plus sérieux d’une bonne construction. Mais tout en disposant d'une place suffisante, on en arrive encore rarement à élever des théâtres d’une installation commode et d’un aspect extérieur réussi.
- L’art de la construction théâtrale a de grands progrès à accomplir et l’Opéra de M. Garnier, œuvre certainement remarquable, mais incomplète, ne doit que marquer une étape dans la voie de développement et de révolution dans laquelle s’est engagée la science architecturale.
- Le principe fondamental moderne, qui semblera bientôt, un aphorisme naïf et qui a été si longtemps inconnu par les esthétiques sans sentiment et sans logique de ces derniers siècles, est-que tout édifice doit offrir nettement dans son aspect, le caractère de son affectation spéciale. Ce n’est que sous cette inflexible condition qu’un monument peut présenter la commodité de dispositions intérieures et l’élégance ou la beauté de formes extérieures, dont la réunion constitue l’harmonie artistique de l’œuvre.
- Eh bien ! regardez nos théâtres. Ecartons les petits théâtres, ceux dont la construction est enclavée par des constructions environnantes et qui, architecturalement parlant, ne possèdent qu’une façade, voir même un lambeau de façade, une simple porte accompagnée de sujets d’ornementation plus ou moins heureux. Regardez nos grands théâtres, ceux qui s’élèvent en édifices isolés ou à peu près isolés, possèdent-ils architectoniquemenü l’empreinte de leur destination ?
- Pendant bien longtemps toute la science de l’architecture en a été réduite à cette formule ridicule : prendre une boîte de dominos et en faire une église, un tribunal, un hôpital, une maison à cinq étages ou un théâtre. Boîte de dominos, l’Odéon, comme l’Opéra-Comique, comme le Châtelet,., comme l’ancien Lyrique, etc., boîte de dominos comme la Madeleine, comme la bibliothèque Ste-Geneviève, comme la Bourse, etc.
- Et comment s’étonner si tous ces établissements de natures différentes contraints à revêtir les mêmes aspects, forcés dans le meme moule, objets disparates renfermés dans une gaîne réglementaire,, s’y voient si mal à leur aise, compressés, brisés,, aheurtés de la plus lamentable façon.
- M. Garnier a magistralement révolutionne le vieil art, en ce qui se rapporte à la construction théâtrale, par l’intelligence avec laquelle il a disposé ses bâtiments conformément à leurs affectations particulières et par la loyauté artistique avec: laquelle il a affirmé la nature de l’édifice et accusé la destination de chacune de ses parties dans la recherche delà décoration et de l’effet monumental.
- Vitruve témoigne dans ses ouvrages du degré de perfectionnement auquel étaient arrivés les anciens dans l’installation générale de leurs théâtres. Les dégagements étaient merveilleusement ménagés, de sorte que'ces assistances de trente mille:
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- Deuxième Année. — N° S4.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 8 Août 18S6. — 2G3.
- spectateurs s’écoulaient plus facilement que nos •publics de quelques centaines de personnes.
- De nos temps, bien des auteurs ont e'crit sur la question de la construction théâtrale, depuis Boul-let, Donnet, Orcazzi, Kaufmann, dont les ouvrages •n’ont plus guère qu’un interet de curiosité rétrospective, jusqu’à M. Garnier qui, à plusieurs reprises, a affirmé des principes et développé des adées qui assurent les bases des doctrines et des 'théories nouvelles.
- Les procédés mêmes de construction générale en révolution et en transformation, depuis l’application du métal au charpentage des édifices, sont aujourd’hui acceptés, imposés, ont reçu la caractéristique de notre époque. Il est donc très intéressant de réunir en une exposition, les exemples, peu nombreux d’ailleurs jusqu’ici, d’édifices construits d’après les nouvelles méthodes pour comparer les résultats obtenus et s’instruire des perfectionnements divers à introduire. Car en France, l’art de la construction théâtrale gagnerait beaucoup à s’inspirer d’exemples étrangers, notamment de ceux fournis dernièrement en Allemagne et en Autriche.
- Il y a de nombreux inconvénients auxquels nous ne parons point encore, auxquels nous songeons à peine à parer encore dans l’installation de nos théâtres. On se contente de les constater.
- Il n’y a guère qu’au nouvel Opéra que l’accès de la salle soit commode pour le public, que la sortie soit .facile à la foule, que les dégagements .de l’édifice soient spacieux, d’une disposition satisfaisante.
- Pour le service de la scène c’est bien autre chose. Dans la plupart des théâtres, le transport des décors, leur introduction sur la scène, leur emmagasinage ne s’exécutent qu’avec de considérables difficultés, occasionnent de grands frais et font ainsi du renouvellement des spectacles, des opérations beaucoup trop dispendieuses et d’une complication étrange. Nous sommes loin encore de cette installation du théâtre de Francfort, où mécaniquement les décors sont amenés du magasin sur la scène par voie ferrée.
- Et l’aménagement des services administratifs et l’installation des loges, des foyers, comme tout cela est généralement misérablement exécuté. Il serait fastidieux d’énumérer les incommodités, les défectuosités de toute nature dont abonde l’aménagement théâtral.
- La question du feu revient toujours avec ténacité au milieu des préoccupations d’une bonne installation. Pourtant de ce côté on s’est livré aux travaux les plus sérieux, aux recherches les plus laborieuses. Nous avons déjà signalé les principes fondamentaux de la mise à l’abri de l’incendie des théâtres. Le triple problème est celui de l’emploi de dispositions préventives, de la garantie de l’édifice, le feu venant à s’y déclarer et de l’évacuation par le public. Dans les théâtres déjà construits on a exécuté quelques travaux de réfection destinés à solutionner l’une ou l’autre des données des problèmes. Dans les nouveaux théâtres on a fait des applications plus étendues des principes posés à la suite d’études et d’expérimentations, application presque irréprochable à l’Opéra de Vienne et au nouveau théâtre de Berlin et très satisfaisante au nouvel Opéra de Paris. Mais partout ailleurs, les dispositions tendant à assurer la sécurité sont insignifiantes et ne témoignent que d’une prise en considération illusoire des appréhensions du public.
- (A suivre.)
- Léon Gandili.ot.
- LES LIVRES
- LXIX
- M. Pasteur. Histoire d'un savant par un ignorant. Neuvième édition revue et augmentée d'un chapitre sur la rage.— J. Hetzel et Cie, éditeurs.
- Le nom de M. Pasteur remplit le monde, à l’honneur de la fortune, de la gloire, de la science, de la France. Je dis à l’honneur de la fortune, parce qu’il semble que pour se réhabiliter d’autres choix moins justifiés, elle ait voulu pour une feis n’etre ni aveugle ni banale, en prenant pour
- favori un homme qui, à coup sûr, ne lui a jamais fait la cour et qui a été heureux comme s’il n’avait pas mérité de l’être. Je dis à l’honneur de la gloire parce qu’il n’en est pas de plus pure que celle d’un homme dont chaque découverte a été un bienfait pour l’industrie ou pour l’humanité. Je dis à l’honneur de la science, parce que la science, pour mériter les bénédictions des hommes, doit leur apporter autant de bien-être que de lumière et marquer ses étapes par des services, et ses conquêtes par la diminution du mal qui pèse, en vertu d’une fatalité que la foi seule peut trouver providentielle, sur la pauvre nature humaine. Je dis enfin à l’honneur de la France, parce qu’il n’y a pas de génie plus français, par l’ordre, la méthode dans la recherche, le bon sens, la patience, la persévérance, la clarté, parce qu’il n’y a pas de gloire plus française que le génie, que la gloire d’un homme qui n’a profité d’aucune de ses découvertes et dont le patriotisme et le désintéressement n’ont voulu accepter d’autres récompenses que celles de. l’honneur national et de la reconnaissance nationale. Il a reçu les diplômes et les médailles de toutes les Académies. Il a reçu le grand cordon de tous les ordres de l’Europe ; mais il n’est fier que d’être grand’eroix de la Légion d’honneur, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie française et pensionnaire de la France.
- De tels hommes sont rares, surtout dans ce pays, surtout dans ce temps où tout tend à se montrer et à circuler en petite monnaie, talents et caractères, hommes et choses, et dont on pourrait dire, selon le mot de Sénac de Meilhan, que « les grandes passions y sont aussi rares que les grands hommes. »
- S’il y a stérilité, le meilleur moyen de la réparer et de ramener la fécondité au sein de la France épuisée d’illustres enfants, c’est d’étudier leur origine, de rechercher les circonstances caractéristiques de leur naissance et de leur développement. Raconter la vie des grands hommes, c’est semer de la graine de grands hommes. Plutarque est moralement le père de tous ceux qui ont mérité la gloire à force de l’aimer. Rien de ce qui touche à l’histoire d’un grand homme ne peut et ne doit être indifférent à l’humanité. C’est bien le moins qu’elle connaisse en détail ceux qui lui font honneur. Si M. Pasteur était Anglais ou Allemand, on.compterait par centaines les ouvrages biographiques sur son compte. En France, il n’existait pas, il y a encore quelques années, une histoire de la vie de Pasteur et de ses travaux. Fallait-il donc attendre sa mort pour posséder de lui une image fidèle, tracée pieusement par la main compétente de son successeur à l’Institut ? Nous avons dit que M. Pasteur était un homme heureux, comme s’il n’avait pas mérité de l’être. C’est dire combien il l’a mérité. Aucun des bonheurs du travail, des bonheurs du foyer dont il a la religion et les vertus des bonheurs de la famille qu’il adore et dont il est adoré, ne lui a fait défaut. Heureux comme mari, comme père, comme grand-père, il ne lui manquait que d’être heureux d’une façon que je vais dire. Il l’a été comme inventeur, ayant toujours eu auprès de lui pour collaborateurs des disciples enthousiastes, habiles, dévoués et fidèles, qui ont partagé ses travaux et auxquels il a libéralement partagé sa gloire. Il ne lui restait donc à être heureux que comme auteur, en ce sens qu’il lui fallait un traducteur qui ne fut pas un traître. Poulie public scientifique, spécial, il n’est pas de meilleur introducteur, de meilleur expositeur de ses oeuvres que M. Pasteur lui-même, doué du génie même de l’exposition claire et de l’argumentation décisive, et qui trouve le style sans le chercher. Mais pour ce public qui se compose de tout le monde, il avait besoin de ce qu’il a trouvé, aussi sans le chercher et tout près de lui, dans sa propre famille. Ce qu’il lui fallait, c’est un homme d’esprit capable de bien comprendre sa doctrine, sa méthode, ses procédés et de les faire comprendre aux gens. moins bien doués, d’exposer non seulement clairement mais agréablement, dans un livre à la fois instructif et amusant, ses recherches et ses découvertes.
- Ce qu’il lui fallait c’était un vulgarisateur,.un po-pularisateur, qui fit connaître à tous ses titres à l’admiration et surtout à la reconnaissance de tous, qui le louât avec mesure, avec tact, laissant parler les faits qui sont plus éloquents que tous les éloges, et de façon à le faire aimer, ce qui est pour ce savant illustre, modeste et sensible, la forme la plus désirable, la seule désirable même de la gloire. On le voit bien à l’inspiration de ses recherches. Elles obéissent toujours à un mobile d’utilité générale, d’amélioration de la condition humaine. Il y a des savants qui ne cherchent que pour eux ou par un égoïsme plus noble, pour la science seule. M. Pasteur ne'pense pas à lui. Il a l’espèce d’ambition scientifique que je crois la plus rare et la plus féconde, l’ambition philanthropique ou humanitaire. Un autre que lui n’eut pas voulu soigner la petite Pelletier, tardivement présentée à ses soins, incurable, et dont l’inévitable décès pouvait servir d’argument aux adversaires, aux envieux, compromettre le prestige de la découverte à sa naissance, troubler même les combinaisons et les déductions de la doctrine en formation. M Pasteur n’hésita pas à donner ses soins à
- la malheureuse enfant pour la soulager au moins, la sauver peut-être. Il n’est pas de ceux qui disent ou qui pensent : Périsse un enfant plutôt qu’un principe.! Les principes peuvent attendre, ils ne meurent pas après tout, et le retard de leur triomphe, quoiqu’il coûte à une science ou à une gloire, ne vaut pas les larmes de reconnaissance d’une mère, la caresse d’une enfant moribonde, sauvée ou consolée.
- Voilà l’homme. S’il a toujours été heureux, c’est qu’il s’est toujours contenté du bonheur que donnent les affections partagées, les satisfactions de la conscience, la pure et sublime volupté de la vérité embrassée, du domaine de la science, de la raison, de la destinée humaine agrandie. S’il a été heureux,c est qu’il l’est surtout par le triomphe de la vérité,. de la lumière, du bien sur l’erreur, sur 1 obscurité, sur le mal. Mais ce triomphe n’est pas venu tout seul, cette victoire n’est pas sans lui avoir coûté bien des luttes. Il a failli rester en 1869 à la suite des fatigues de ses recherches sur la maladie des vers à soie, sur le champ de bataille de la science, terrassé, mais non vaincu. Il a vu la mort en face, et c’est la mort qui a reculé devant l’énergie et la tranquillité de ce robuste montagnard du Jura, trempé de bonne heure, physiquement et moralement, à l’eau des sources et des sommets alpestres, qui ne regrettait rien de la vie que les êtres aimés et les travaux arrêtés. A ces détails on devine que M: Pasteur est sorti de bonne et forte race populaire et bourgeoise, fils du soldat décoré sur le champ de bataille, ayantportédansl’in-dustrie delà tannerie le courage au travail et le sentiment du devoir de son premier état. A l’école de l’honneur, Pasteur fut aussi de bonne heure à l’école du travail et de la lutte. Il a toujours travaillé, toujours lutté, et il aime plus que jamais, à l’heure du repos pour les autres, le travail et la lutte.
- _Ah! ce n’est pas un savant voluptueux, égoïste, mignard. Il ne porte pas les manchettes de dentelle du comte de Buff'on, ni l’habit brodé d’or de M. de Lavoisier, ni la tabatière à pierreries du marquis de Laplace. Les belles dames n’auraient que faire à ses cours, s’il avait le temps de professer. Mais cet homme qui n’est pas un marquis, c’est un homme, qui honore l’humanité, c’est un grand homme qu’on admire et qu’on aime davantage, selon le désir de son biographe, à mesure qu’on le connaît mieux, et dont le bilan, si on l’évaluait en chiffres, aurait rapporté à son pays plus que ne lui ont coûté les cinq milliards du tribut à l’Allemagne, par le fruit des recherches et découvertes sur les fermentations (ferments du vinaigre, de la bière, du vin), sur la maladie des vers, à soie, les maladies virulentes, le charbon, la septicémie, le choléra des poules, la maladie des vers à soie, la rage. Par une singulière bonne fortune, dont il était digne plus que qui que ce soit au monde, ces chefs-d’œuvre d’intuition, d’observation, d’expérimentation, de déduction du plus illustre et du plus utile des savants français au xixe siècle ont été racontés, expliqués, commentés, dans cet ouvrage aussi intéressant qu'instructif, véritable chef-d’œuvre de vulgarisation, d’un auteur qui ne s’est pas nommé, par une modestie qui n’est pas tout à fait exempte de coquetterie, car il n’est inconnu de personne et son affection et son talent l’ont doublement trahi.
- M. DE LESCURE.
- AVIS COMMERCIAUX
- ESPAGNE
- Importation d’articles de Paris et de' bijouterie
- On écrit de Barcelone au Moniteur officiel du commerce: Nous sommes assaillis d’objets d’art, de fantaisie, d’articles dits « de Paris » ; nos magasins en sont littéralement bondés. La plupart de ces marchandises viennent d’Allemagne et sont envoyées par leurs fabricants en consignation, sans que les réceptionnaires aient d’autres avances à faire que celles pour le payement des transports et des droits d’entrée, ce qui est pour eux un grand avantage, car ils peuvent garnir leurs magasins presque sans frais. Nous devons ajouter que toutes ces marchandises se vendent peu. Elles sont cependant bon marché, mais d’une fabrication reconnue aujourd’hui trop inférieure, et nous sommes persuadés que, si la fabrication française voulait entrer dans cette voie de consigner ses produits, elle ne tarderait pas à paralyser cette concurrence.
- Nous recevons aussi beaucoup de bijouterie or mais à 14, 12 et même à 10 carats. Gela se vend très bien, surtout pour les Antilles.
- PORTUGAL-ALGÉRIE-ÉGYPTE-RUSSIE-AUSTRALIE
- Commerce des combustibles et des cuirs
- Le même journal publie, d’après les rapports de consuls de Belgique, une enquête sur le commerce des combustibles à Lisbonne, à Alger, à
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 8 Août 18S6.
- Oran, à Alexandrie et à Odessa, ainsi qu’une lettre du consul de la même nation sur le commerce des cuirs dans la colonie de Victoria.
- ROUMANIE
- Conseils aux importateurs
- Le consul de Belgique à Braïla recommande aux maisons belges la plus grande circonspection dans le choix des agents auxquels elles confient leurs intérêts, tant à "Braïla que dans tout le pays.
- Un manque de prudence présente des inconvénients non seulement pour la partie qui perd l’argent, mais aussi pour les négociants solvables établis ici. Ceux-ci se ressentent, en effet, fortement de la concurrence faite à tous prix par des aventuriers qui parviennent à obtenir quelque crédit et qui se lancent dans de grandes affaires sans bénéfices. Ils gâtent le commerce, perdent l’argent de la firme qui leur donne du crédit, font tort aux bonnes maisons et discréditent ce pays.
- TURQUIE D’ASIE
- importations française et étrangère
- Le vice-consul de France à Alexandrette, après avoir constaté dans un récent rapport que certains importateurs étrangers ont trouvé des mécomptes dans leurs affaires avec cette place, conclut en engageant le commerce français à s’organiser contre une concurrence qui a ses côtés faibles.
- En général, dit-il, les produits français sont supérieurs à leurs similaires d’origine différente. L’appât seul du bon marché attire à ces derniers la clientèle des gens qui, séduits par les bas prix, ne tiennent pas suffisamment compte de la qualité des articles offerts. Cependant un revirement se produit et les consommateurs commencent à revenir à des idées plus saines de leurs véritables intérêts. Tâchons donc de fabriquer à aussi bon marché que possible, et surtout n’abandonnons pas la lutte, parce que nous sommes en état de nous défendre. Nous conservons, en outre, le grand avantage, en luttant sur les lieux, de profiter des occasions favorables qui se produiront toujours par la force des choses et par suite des imprudences de nos concurrents. C’est ce que je réponds constamment à nos compatriotes qui me demandent assez souvent des renseignements sur le commerce du pays. Ce commerce est d’une grande importance; il passe annuellement par Alexandrette (il est bon de le répéter souvent) de 40 à 45 millions de francs en marchandises d’importation et de 25 à 3o millions en marchandises d’exportation. . .
- L’importance de ce mouvement mente assurément d’attirer l’attention la plus sérieuse de l’industrie et du commerce français.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Importations française et étrangère
- Nous empruntons les extraits qui suivent à une lettre de Buenos-Ayres publiée par le Moniteur officiel du commerce :
- Il y a ici beaucoup à faire pour l’industrie française • mais nous avons à lutter contre une concurrence très vive de la part de^nos voisins, qui ne craignent pas de venir eux-mêmes, comme chefs de maisons, solliciter les acheteurs et se mettre au courant des besoins du pays.
- Tout le monde est d’accord pour reconnaître la supériorité de nos produits, mais la question de prix se représente sans cesse.^ Il faut du bon marché, du bon marché quand même.
- Nous ne pouvons plus parler de notre goût, de nos beaux dessins ; nos voisins nous copient servilement et, la copie faite, il ne reste plus que la différence de qualité, souvent bien difficile à reconnaître.
- L’industrie italienne a accompli, depuis quelques années des progrès considérables et nous rencontrerons* bientôt de ce côté une concurrence aussi redoutable que celle de l’Allemagne.
- L’immigration considérable qui s’est faite depuis plusieurs années a amené avec, elle ses goûts et ses coutumes. C’est surtout l’Italie qui envoie ici l’excédent de sa population. Elle est représentée par 56 p. % sur de nombre d’habitants de la République Argentine. Aussi le goût italien se fait-il sentir presque partout, dans la construction, la décoration, la peinture, etc. Toutes ces industries sont entre les mains des Italiens.
- l/Amérique du Nord a son industrie largement représentée ; elle fournit le matériel de chemins de fer, mais en moins grande quantité que l’Angleterre, les machines agricoles, l’outillage, les objets de fonte de fer, les articles de ménage, le papier peint, l’orfèvrerie Ruolz avec des modèles tout à fait spéciaux et d’un genre inusité en France. Elle fait, pour cette dernière industrie, un chiffre d’affaires relativement important.
- Les commissionnaires français et les maisons
- d’introduction, établis dans le pays, sont animés des meilleures intentions envers leurs compatriotes producteurs ; mais ils sont absolument impuissants à enrayer ce mouvement. Ils représentent, à la fois, quinze ou vingt fabriques d’objets divers, connaissent peu la fabrication d’articles si variés, vendent sur dessins ou échantillons ; mais ils ne peuvent renseigner utilement l’industriel sur les changements ou améliorations à apporter à son outillage ou à sa fabrication pour arriver à produire peut-être un peu moins bon, mais surtout moins cher, dans le genre, le style et le goût de ce qui plaît le mieux à la consommation locale.
- Le commissionnaire vend tout ce qu’on veut bien lui acheter et il ne peut, sans nuire à ses intérêts, se refuser à servir d’intermédiaire lorsqu’on lui demande, à cause du prix, des articles étrangers similaires aux nôtres.
- Chaque pays a des habitudes et des usages qu’on est obligé de respecter et auxquels il faut que nos industriels sachent se conformer. Tel objet, absolument goûté chez nous, n’aura aucun succès ailleurs.
- Nous avons été habitués à imposer notre goût et nos produits sur tous les marchés. Cela a été parfait tant que nous avons été les seuls à produire ; mais aujourd’hui tout est bien changé, le dévelop-pèment industriel est général ; il y a abondance de production et la marchandise est plus offerte que demandée.
- En Angleterre, tout le monde voyage parce qu’011 sait voyager à peu de frais. Quoique moins développé qu’en Angleterre, le goût des voyages est complètement et définitivement entré dans les mœurs françaises.
- Grâce aux grandes facilités que la Compagnie de l’Ouest ne cesse d’offrir aux voyageurs, chacun peut aller passer son dimanche, soit dans les champs, soit sur les bords de la mer. L’excursion faite, récemment, à St-Malo, à Dinan et sur les bords de la Rance, par les employés de la grande imprimerie Oberthur, de Rennes, et leurs familles, nous en donne la meilleure preuve.
- La Compagnie de l’Ouest a organisé, pour ces prochains dimanches, des trains d’excursions de Morlaix à Roscoff, St-Pol-de-Léon et Brest; du Mans et de Vitré à,St-Malo; de Rennes et de St-Brieuc à Brest ; d’Argentan et de Fiers à Granville ; de Caen à Cabourg et à Trouville ; d’Amiens et de Beauvais à Dieppe et au Havre, etc.
- Nous ne pouvons c[ue féliciter la Compagnie des facilités qu’elle offre au public et nous engageons vivement nos lecteurs à en profiter.
- LES THÉÂTRES
- Comédie-Française. — Reprise du Mari à la campagne, de MM. Bayard et Wailly.
- Le théâtre de drame populaire.
- Le Théâtre-Français vient de reprendre sans grand éclat le Mari à la campagne. Depuis assez longtemps déjà on avait remis à la scène cette jolie comédie, un peu surannée, qui a servi du reste de patron à bien des vaudevilles de ces dernières années. On nous présentait une distribution toute nouvelle, on a fait ce qu’en style d’amateur de la Comédie Française on appelle donner la jeune troupe. La jeune troupe donne ainsi quelquefois pendant les périodes de chaleur, à l’époque où les abonnés du mardi et du jeudi n’exigent pas la présence sur l’affiche des chefs d’emploi. Cela apprend à ces jeunes gens (jeunes gens ! il en est souvent hélas des jeunes acteurs comme des jeunes auteurs, ils sont jeunes de succès sinon d’années)à s’établir dans les grands rôles qu’ils seront appelés à jouer un jour devant le public d’élite d’hiver, et d’ailleurs cette interprétation est bien suffisante pour le grossier public d’été (il est convenu qu’en été, il ne va aux Français que des Anglais ou des instituteurs de province en vacances). Pendant ce temps-là, les grands dignitaires de la comédie se reposent sur leurs lauriers, ou daignent aller recueillir quelques bravos sur les plages normandes ou dans les villes d’eaux select.
- Cette manière d’opérer e«t une des traditions de la Comédie Française. Dans cet étonnant théâtre on n’opère ainsi que par traditions. Il y a une série de précédents, de règlements, dé formalités, trans-
- mis avec un soin pieux d’administration en administration qui interdisent toute innovation dans la marche à suivre, toute révolution intelligente, toute mesure de nécessité. Certes, il n’y a pas à blâmer M. Claretie de faire jouer sa jeune troupe en été, nous lui reprochons seulement de ne pas-la faire snffisamment jouer en hiver. La profession de premier sujet devrait être moins fermée au Théâtre-Français, les chefs d’emploi ne devraient pas détenir aussi despotiquement tous les rôles à effets. Les jeunes devraient pouvoir s’essayer côte à côte avec les anciens, non tous seuls dans des représentations qui ont un caractère d’humilité. Nous voudrions que cette démarcation entre sociétaires et pensionnaires disparût, qu’il n’y eût plus que des artistes. Mais c’est peut-être demander la lune cela.
- La jeune troupe du' Français qui certainement n’a pas encore l’assurance de l’ancienne est à peu près de la même étoffe; elle présente sensiblement les mêmes éléments de talents et il est à présumer que quand cette cyclade d’étoiles actuelles, déjà d’ailleurs fortement amoindrie, se sera tout à fait évanouie, celle qui la remplacera brillera du même éclat que la première. Mais précisément elle la remplacera trop bien ; l’image ressemble trop au modèle, et l’élève copie trop bien le professeur. Tous ces jeunes gens sont malencontreusement portés à s’introduire dans la peau de leurs prédécesseurs et maîtres. M. Lebargy imite trop M. De-launay comme M. Féraudy imite trop M. Got. Au lieu d’acteurs nouveaux nous n’avons que des rééditions stéréotypées des vétérans. Cela se gagne d’une façon inquiétante. M. Coquelin a laissé entrevoir qu’il se promettait de ramener d’Amérique un petit Coquelin ressemblant au grand comme deux gouttes d’eau. De sorte que d’ici à quelques années, i.1 n’y auraplus aux Français ni Got, ni Coquelin, ni Worms, ni Mauband, ni Febvre ; mais ce sera absolument la même chose. Un acteur ne devrait jamais relever d’un autre acteur il ne doit relever que de la nature. Emprunter pour plaire au public les procédés qu’il a applaudis chez son comédien favori de jadis est une méthode très en usage au théâtre, particulièrement au Théâtre-Français mais quin’en estpas moins déplorable. Naturel et originalité, telle devrait être la devise des jeunes troupes.
- Parmi les entreprises qui n’inspirent qu’une confiance modérée et ne provoquent pas un enthousiasme satisfaisant aujourd’hui, il faut citer en première ligne la création d’un théâtre de drame populaire. Il y a, dans une telle tentative, deux idées en jeu l’une bonne, morale, philanthropique, l’autre^ simplement bizarre. Mettre le plaisir du théâtre à la portée des bourses modestes, des pauvres gens, des nécessiteux même, cela est excellent; mais vouloir instituer à l’usage des classes humbles une sorte d’art démocratique, populaire, cela nous semble dénué de logique, presque de bon sens. Il n’y a pas deux espèces d’art, il n’y en a qu’un, accessible à toutes les éducations. Il y a bien un certain degré de l’art, un raffinement qui n’est goûté que par une sélection particulière d’individus, les lettrés. Mais les lettrés sont une classe à part qui n’est ni plébéienne ni patricienne et qu’il faut mettre hors de cause. Quant aux honnêtes gens ordinaires que voulait amuser Molière, ils appartenaient à toutes les catégories de la société et le banquier, le commerçant et l’ouvrier ont identiquement les mêmes goûts en matière dramatique, jugent de la même façon et éprouvent le même plaisir, si ce n’est qu’il y a une certaine gradation dans les satisfactions éprouvées parla raison que le palais est plus ou moins blasé chez ces diverses sortes de dilettante.
- Seulement, qu’on y prenne garde, la création d’un théâtre de drame populaire implique une tendance à la reconstitution des succès dits populaires, à l’éternelle reprise du vieux drame jadis aimé et aujourd’hui l’on n’en veut plus, il n’y a pas à dire, l’on n’en veut plus. Les sociétés vieillissent et leurs goûts évoluent.
- Diversos diversa juvant, non omnibus annis
- Omnia conveniunt.
- Si les entreprises s’obstinent à vouloir remonter le courant, le théâtre de drame populaire sera bientôt obligé de fermer ses portes, si toutefois il les ouvre jamais.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O»», rue de la Préfecture., 6-
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 15 Août 18S6. NUMÉRO 85.
- M. GEORGES BERGER
- DIRECTEUR G ÉlSTÉ R A.L I3E L’EXPLOITATION IDE L’EXPOSITION -DE 1 8 S 9
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- ^'•0. — Deuxième Année. — N° S5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i5 Août 1SS6.
- SOMMAIRE :
- i. L'Exposition de 1889 : 2. Le comité de direction ;
- 3. M. Georges Bei*ger ; 4. Revue de la Presse ; 5. L’organisation de l'Exposition permanente des Colonies ; 6. Les Expositions anglaises en 1886; Exposition de Londres ; Exposition de Liverpool ; 7. Echos; 8. Les Récoltes; 9. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 10. Les Livres ; 11. Avis commerciaux; 12. Les Théâtres.
- g- j
- L’EXPOSITION DE 1889
- La commission administrative de l’Exposition universelle s’est réunie ce matin à dix heures sous la présidence de M. le ministre du commerce et de l’industrie, on. a continué à discuter diverses questions relatives au plan général :
- 1° L’emplacement de la tour Eiffel ;
- 2° L’établissement des communications avec différentes lignes de chemins de fer pour faciliter l’entrée des chantiers aux matériaux d’abord, aux produits divers des exposants ensuite ;
- 3° L’établissement des devis.
- On comprend, en effet que bien que le groupement des sections soit maintenant à peu près arrêté on ne peut prendre une résolution définitive relativement à l’adoption du plan d’ensemble que lorsque M. le directeur général des travaux aura fourni un devis approximatif de la dépense.
- LE COMITÉ DE DIRECTION
- Mercredi, à 10 heures du matin, le Comité de direction de l’Exposition s’est réuni, au ministère du commerce, sous la présidence de M. Lockroy.
- Ainsi qu’il l’avait promis, M. Alphand a présenté son rapport sur le plan général de l’Exposition. Ce plan a été l’objet d’une étude approfondie de la part du Comité, qui l’a approuvé sauf quelques légères modifications, portant sur la diminution de la largeur des galeries et l’élargissement des cours et jardins intérieurs. Le comité a été d’avis également de rapprocher le plus possible du pont d’Iéna la tour de 300 mètres, de manière à bien dégager la façade principale de l’Exposition. Ce rapprochement, poussé dans ses limites extrêmes, aurait conduit à construire la tour au-dessus du pont, ainsi que l’avait indiqué M. Nachon dans son projet si élégant. Malheureusement, cette idée n’est pas réalisable, étant donnée l’imposibilité absolue qui existe d’établir les fondations sur les quais.
- Dans l’axe principal du Champ-de-Mars et contre la galerie des machines, dont nous avons indiqué l’emplacement dans notre dernier numéro, sera réservé un immense terrain,; dans lequel sera planté un jardin qui ne peut manquer d’être féerique, puisqu’il sera conçu et exécuté par M. Alphand. C’est dans ce jardin que se trouveront dispersés les constructions, les palais, etc., internationaux.
- Le directeur des travaux a promis au Comité de lui soumettre de nouveau le plan général,' avec ces légères modifications, au cours de la séance suivante.
- Le ministre du commerce et de l’industrie a signé avec l’administration de la guerre représentée par AL le général Richard, directeur du génie, la convention relative à la cession temporaire du Champ-de-Mars.
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- Le règlement général de l’Exposition sera
- arrêté définitivement dès les premiers jours de cette semaine.
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- On s’occupe activement au ministère, de la rédaction des cahiers des charges, afin de mettre le plus tôt possible les travaux en adjudication.
- Les sociétés coopératives et les sociétés ouvrières seront appelées à ces adjudications et on leur facilitera les moyens d’y prendre part.
- A l’heure qu’il est, le capital de garantie est presque totalement souscrit. ïl reste un nombre de parts fort restreint.
- M. Lockroy a fait la réponse suivante au sujet du grand conseil de 300 membres:
- « Je désire que le grand conseil de l’exposition soit en quelque sorte la synthèse de la société moderne, telle que l’a faite la révolution de 1789, c’est-à-dire la grande fusion de toutes les classes, sans distinction de nuances et départis, depuis les plus hautes sommités de la science, des lettres, de l’industrie et du commerce, jusqu’à l’ouvrier manuel et au paysan. C’est dans cet esprit que je compte choisir les membres du grand conseil de l’exposition. »
- *
- La direction de l’exploitation est placée dans l’hotel du ministère de l’agriculture, rue de Varennes, 73 bis.
- La direction des travaux sera établie avenue Rapp.
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- * *
- Les travaux de l’Exposition commenceront en septembre.
- Les architectes dont nous avons dernièrement publié les noms sont chargés:
- M. Formigé, du palais des beaux-arts et des arts libéraux, c’est-à-dire de toute la façade ;
- M. Dutert, du palais des machines, c’est-à-dire le fond;
- M. Bouvard, des palais qui borderont le Champ-de-Mars (ceux de l’industrie).
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- M. GEORGES BERGER
- AL Georges Berger, dont nous donnons aujourd’hui le portrait en tête de notre numéro, est bien connu dans le monde des arts et de l’industrie, où il s’est fait, par son travail et ses vastes connaissances, une place aussi brillante que bien méritée.
- Al. Georges Berger a 51 ans.
- Après d’excellentes études à l’Ecole des mines de Paris,'il fut attaché au. service des travaux de la compagnie des Chemins de fer du Nord. Doué d’un esprit vif, pénétrant, d’un goût sûr et d’une grande facilité d’assimilation, il s’est occupé avec un égal succès de beaux-arts, et de questions financières et in-: dustrielles. Il fit partie de la rédaction du Journal des Débats comme critique d’art. Sa compétence en la matière ne tarda pas à le faire remarquer, et le gouvernement le nomma professeur à l’Ecole des beaux-arts, puis membre du conseil de la manufacture de Sèvres. C’était rendre justice à son mérite et à ses aptitudes.'M. Berger se montra à la hauteur de la mission qui lui était confiée. Il a été également un des fondateurs de l’Union centrale des arts décoratifs.
- Avec son tempérament ardent et son amour de la science, il ne devait pas borner ses études à une seule branche des connaissances humaines, il s’occupa d’agriculture et de viticulture, deux questions qui sont aujourd’hui l’objet des préoccupations des économistes et des hommes politiques, parce qu’elles touchent aux intérêts les plus immédiats et les plus chers du pays tout entier.
- Les remarquables découvertes qui ont été faites depuis vingt ans, dans Inapplication de l’électricité, la mystérieuse puissance de cet agent appelé à révolutionner la science et à ouvrir à l’activité humaine de nouveaux hori-
- zons, devaient naturellement attirer l’attention de cet homme avide de connaître, solliciter son esprit ouvert à tout ce qui peut contribuer au développement du progrès. Aussi, lors de l’exposition d’électricité qui eut lieu à Paris, en 1881, il fut nommé commissaire général, puis ensuite, président de la Société des électriciens .
- Alais, c’est surtout dans l’organisation des Expositions universelles de 1867 et de 1878, où il remplit avec autant de zèle que d’habileté les fonctions de directeur des sections étrangères, que M. Georges Berger a montré dans tout leur éclat, les rares qualités d’organisateur et d’administrateur dont il est doué. D’ailleurs, il a été mêlé, depuis vingt ans, à toutes les entreprises de ce genre. N’est-ce point là la meilleure des recommandations ?
- Son passé, sa longue expérience, les nombreuses relations et les sympathies qu’il a su se créer, tant en France qu’à l’étranger, le désignaient donc naturellement au choix de M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- Cependant, nous devons à la vérité de dire que dans maintes occasions, nous avons combattu certains projet, certaines appréciations de l’honorable AI. Berger. C’est ainsi qu’il y a un an environ, lorsqu’il fut question de choisir l’emplacement où devait s’élever le palais de l’Exposition universelle de 1889, nous soutînmes, contrairement à son opinion, que le bon sens et l’intérêt même du succès de l’entreprise indiquaient qu’il fallait préférer l’emplacement du Champ de Mars que M. Berger, dans une brochure qu’il publia à cette époque trouvait « démodé, dépourvu de tout attrait, de toute nouveauté et de pittoresque « ; et il lui préférait le champ d’entraînement de Bagatelle. Les événements nous ont donné raison, le comité chargé de trancher la question, a choisi le Champ de Mars, à la grande satisfaction du commerce et de l’industrie et de la population parisienne. Il est vrai que depuis cette époque AL Berger s’est rendu à notre manière de voir.
- Dans la même brochure, que nous avons analysée et discutée en son temps, AL Berger formulait un projet dont nous lui avons toujours su gré de s’être fait le promoteur. Il demandait que l’Exposition de 1889 fut. ouverte le soir. Nous espérons qu’il se souviendra de ce desideratum et qu’il l’appuiera de toute son influence, aujourd’hui qu’il fait partie du comité de direction de l’Exposition.
- Nous avons la conviction que cette innovation serait bien accueillie. Les Parisiens et les Parisiennes, que leurs occupations retiennent le jour à Paris, seraient heureux de pouvoir visiter l’Exposition le soir, quand à l’attrait de îa température rafraîchie viendrait se joindre le spectacle féerique des illuminations.
- Ajoutons en terminant que cette mesure constituerait pour l’Exposition un supplément sérieux de ressources.
- ---------.........................
- REVUE DE LA PRESSE
- Nous lisons dans le Voltaire :
- L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie sont d’accord pour anéantir bientôt l’indépendance politique de la Hollande et de la Bavière, ainsi que le restant de la suprématie turque dans la plus grande partie des Balkans.
- C’est le moment venu pour M. de Bismarck de compter avec la Russie, et même avec l’Italie, un peu plus que jadis.
- A présent, en effet, poussées par des mobiles différents, mais aboutissant à un résultat identique, ces deux puissances expriment le désir de voir l’Allemagne participer à fexposition de 1889, à Paris, et disent à M. de Bismarck que ce gage les satisferait.
- La Russie, inquiète des menées de l’Angleterre à Gastein et désireuse de voir réserver son droit d’intervention morale et effective dans les affaires bulgares et rouméliotes, la Russie comprend l’utilité des sympathies françaises et les provoque .en demandant à M. de Bismarck cette assurance de paix universelle. Cette démonstration en l’honneur du commerce et de l’industrie pourrait faire suite opportune aux épanchements d’Heidelberg.
- L’Italie, craignant une scission éclatante entre
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- Deuxième Année, — N° S5.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i5 Août 1886. — 267.
- son gouvernement dynastique et son peuple,.si elle avait à se prononcer en cas de guerre entre l’Allemagne et la France, l’Italie qui voudrait bien recevoir la Tripolitaine des mains de la France, l’Italie préfère une certitude de paix en Europe et elle la trouve aussi dans cette participation de ses amis allemands à la grande fête du travail de 1889.
- En résumé donc, il faut conclure que la Russie et l’Italie sont d’accord pour ne contracter avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie une prolongation de leur quadruple alliance que si, avant mars 1887, M. de Bismarck laisse l’Allemagne prendre part officiellement à la prochaine exposition internationale de Paris.
- Telles sont les nouvelles qui nous arrivent de Gastein. Qui se permettrait de douter maintenant de la grande utilité des expositions ?
- De la Galette de Cologne :
- En ce qui concerne la question de l’Exposition universelle à Paris, une note officieuse donne à entendre que l’Allemagne doit exposer officiellement, c’est-à-dire avec le concours et sous le contrôle de l’empire, ou bien qu’elle ne doit pas exposer du tout, qu’une participation individuelle pourrait peut-être profiter à des intérêts particuliers, mais qu’elle n’offrirait nullement un tableau exact de la totalité de l’industrie allemande et qu’elle serait en conséquence plus nuisible qu’utile.
- Nous sommes entièrement d’accord avec cette manière de voir et nous ne doutons pas que le gouvernement ne se prononce en faveur de la non-participation à l’exposition de Paris. Moins encore qu’en 1878, il existe aujourd’hui un besoin de prendre part à une exposition universelle. Si, malgré .cela, quelques industriels allemands, trouvent bon de se faire représentera Paris, qu’ils le fassent à leurs risques et périls, et, en cas d’insuccès, il n’y aura pas lieu d’en rendre le gouvernement responsable.
- L’ORGANISATION
- DE
- L’EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES
- A la suite de l’exposition internationale d’Anvers, des modifications importantes ont été apportées dans l’organisation de l’exposition permanente des colonies.
- Les objets sont groupés sous deux titres principaux : produits formant l’exportation du crû de la colonie et produits de consommation de toute nature importés des différents pays dans nos établissements d’outre-mer et les pays protégés, formant ainsi de véritables musées commerciaux destinés à s’accroître successivement.
- Dans ces derniers on a indiqué autant que possible pour chaque objet son lieu de provenance, son prix, son abondance ou sa rareté dans la colonie et même, pour quelques-uns, le mode d’emballage préféré.
- Voici l’indication sommaire des produits de cet ordre exposés dans les galeries du palais de l’Industrie.
- Les marchandises d’importation aux îles Saint-Pierre .et Miquelon se composent principalement de fils et tissus de coton et de laine, flanelles, draps, vêtements, articles de chapellerie, de cordonnerie, de menuiserie, quincaillerie, chaudronnerie, horlogerie, lampisterie, etc., outils de toutes sortes, porcelaines, faïences, verres, bières, liqueurs, etc., etc.
- Sénégal et côte occidentale d’Afrique. —Les principaux objets d’importation dont les spécimens se trouvent à l’exposition permanente des colonies sont des fils et tissus de coton et de laine, des articles de verroterie, coutellerie, chaudronnerie, quincaillerie, ustensiles de ménage, fusils et poudre de traite, sucres, conserves, boissons diverses. On
- y trouve aussi la série des articles servant au Gabon à faire la traite du caoutchouc et celle de l’ivoire.
- Les collections d’échantillons commerciaux pour le Tonldn renferment des tissus de coton, de laine et de soie de toutes couleurs, mousselines, toiles, cretonnes, flanelles, indiennes, etc., couvertures, vêtements, articles de toilette, de mercerie, de verroterie, quincaillerie, horlogerie, objets en fer étamé, poudre de chasse, couleurs, lampes à pétrole et à huile, suspensions, allumettes et bougies, cire à cacheter, ferre en barre, etc., etc.
- Cambodge. — Les marchandises d'importation expédiées se composentprincipalement deflanelles, cotonnades, indiennes, soies, vêtements, quincaillerie, chaudronnerie, lampes, lanternes et fanaux, etc., etc.
- Etablissements de l'Inde. — Les objets exposés à ce titre se composent surtout de tissus de toutes sortes provenant presque «exclusivement de l’Inde anglaise.
- Nossi-Bé. — Tissus de toile de coton et de soie, vêtements.
- Mayotte. — Tissus divers, vêtements, verrerie, faïences, porcelaines, chaudronnerie, cuirs, savons, • etc.
- Etablissements de l'Océanie. — Principalement tissus de coton de toutes nuances.
- Nouvelle-Calédonie. — Les objets d’importation composant le musée commercial de la Nouvelle-Calédonie se composent.de fils et tissus de coton, laine et soie, alpagas, draps, vêtements, chaussures, quincaillerie, coutellerie, conserves diverses, vins et liqueurs, tabacs, etc.
- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- E TST 18 8 6
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial)
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 8 août 1886)
- Section économique (suite et fin)
- Dans cette section se trouvent disséminés des modèles, grandeur naturelle, des différentes races de l’Inde qui habitent les montagnes et les forêts et qui sont les descendants des premiers habitants de cette curieuse contrée avant que la race aryenne n’y ait émigré.
- En les classant parleur degré de primitivité nous y voyons les indigènes des îles Andaman et Nico-bar,dont plusieurs sont encore anthropophages et n’ont pour tout vêtement que quelques plumes, une ficelle et des coquillages, les Karen-s de Birmanie, les Singhos, Mishmis et Nagas des montagnes de l’Assam dont les guerriers ont une forte ressemblance avec les Peaux Rouges d’Amérique, couleur à part ; les natifs habitant sur les frontières des provinces de Bombay et de Madras ; et pour finir les fameux Gonds qui, ainsi que les Bhils, offraient à leurs divinités des sacrifices humains, avant que cette coutume barbare n’ait été supprimée par le gouvernement anglais.
- Plusieurs de ces modèles faits en terre et revêtus d’habillements provenant de chaque tribu ainsi que les ornements et les armes sont de véritables œuvres d’art comme pose et comme ressemblance ; on remarque surtout ceux qui sont les œuvres d’un modeleur indigène de Krisnaghur qui a travaillé pendant plusieurs années dans la plus grande fabrique européenne de poterie (Tuyaux de conduite d’eau, carreaux de couleur, briques réfractaires et travaux de céramique en général) de MM. Buru et Cie à Ranecgunge (Bengale).
- Des modèles, à échelle réduite, représentent aussi des villages indiens et parmi eux, le plus in-
- téressant est celui d’un village des environs de Luchnow ; on y voit le Lémindar (seigneur du village), assis sous la vérandah de son habitation, recevant les rentes de ses terres que lui apportent ses employés, qui, malgré les ordres sévères de l’admistration anglaise, ont eu souvent recours au
- bamboo pour faire payer un fermier récalcitrant, ----
- mais qui trouveront néanmoins avec la plus grande "• ,y\
- facilité, des centaines de témoins (parmi lesquels, Tq compteront plusieurs amis du battu), pour jurer.T *
- sur tous leurs dieux, diables ou diablesses que le M/
- fermier en question a été traité avec les plus grands . .Æf
- égards.
- Tout à côté de la résidence du Lémindar est le puits du village, à côté duquel se trouve l’iiole locale qu’un brahmine couvre de fleurs blanches et jaunes. En face sont groupés les magasins-et les bazars. Derrière les boutiques, quelques indigènes sont en train de ferrer un bœuf étendu sur le dos et une vieille femme garde des porcs, à moitié sauvages, qui disputent à des chiens et à des vautours la carcasse d’un âne. Dans un autre coin, on voit un moulin fabriqué avec des troncs d’arbre et servant à écraser la canne à sucre, des bœufs tirant de l’eau d’un puits au moyen de plans inclinés et le conducteur natif leur tordant la queue par moment pour leur donner l’énergie necessaire.
- Nous terminerons la revue de la section économique en mentionnant une voiture traînée par des bœufs, richement décorée, et destinée au transport d’une dame de haut rang et qui a été envoyée à l’Exposition par le Thakore de Bharnaghur.
- Exposition du gouvernement de l’Inde
- Le gouvernement suprême de l’Inde se trouve représenté :
- i° Par le département du revenu et de l’agriculture qui comprend : l’agriculture, l’impôt foncier, le commerce intérieur, l’émigration, les cartes et études géologiques, la météorologie;
- 20 Le département des finances et du commerce renfermant les finances en général, les impôts, les contributions directes et indirectes sur le sel, opium, vins et liqueurs, etc. La monnaie, la poste et les timbres, l’imprimerie nationale et le commerce extérieur;
- 5° Le département de l’intérieur avec l’éducation, la justice, la police, les prisons, les hôpitaux et les forêts ;
- 40 Le département des travaux publics dont les subdivisions sont : Les chemins de fer, routes, travaux d’irrigation, bâtiments de l’Etat et le service télégraphique ;
- 5° Le département des affaires étrangères qui s’occupe des Etats semi-indépendants et tributaires, des décorations des ordres de l’Etoile de l’Inde (Starof India) et de l’Empire Indien (Indian Empire) ;
- 6° Le département de la guerre et de la marine.
- Parmi les objets exposés par ces diverses administrations, nous remarquerons les spécimens de la monnaie frappée dans l’Inde et les modèles de timbres, de différente espèce, qui rapportent au trésor un revenu annuel de 75 millions de francs.
- La direction des postes expose des modèles des divers moyens de transports qui lui permettent de distribuer 184 millions de lettres par an sur une étendue aussi vaste.
- Le département de l’intérieur montre des spécimens des mobiliers, livres, fournitures, etc., employés dans 111,287 écoles par 2,790,061 élèves; ces écoles sont soumises à l’inspection du gouvernement, mais les écoles libres dépassent de beaucoup ce chiffre.
- Les modèles des travaux d’irrigation, si remarquables dans l’Inde, ont été envoyés parle département des travaux publics, qui aurait pu fournir une collection beaucoup plus importante de spécimens des travaux gigantesques qui ont été exécutés depuis le commencement de ce siècle dans l’Inde anglaise.
- Le palais indien
- Avant d’y arriver on rencontre une colonnade de marbre ornée de pierres précieuses, elle est formée de colonnes trouvées dans le fort d’Agra ; ce beau travail d’incrustation ressemble à celui de
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- Taj et on suppose qu’ils avaient été destinés à orner le palais Dirvau-I-Ichas ; mais avant que ce projet pût être mis à exécution la ville avait été prise d’assaut par le rajah de Bharatpur qui enterra ces piliers avant que la ville ne fut reprise. Ce n’est que récemment qu’ils ont été découverts pendant qu’on creusait le terrain pour la construction d’une caserne.
- Nous voici maintenant au palais indien bâti sous la direction de M. Pardon-Claske, conservateur du Musée indien. Toutes les sculptures ont été faites par des sculpteurs ramenés des Indes.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 8 Août 1886).
- Section anglaise (suite)
- J’aurais bien des choses intéressantes à dire si j’entreprenais dans tous ses détails la description seule de l’Exposition maritime de la section anglaise. Comme je l’ai déjà dit, elle occupe lagrande avenue de l’Exposition, partant de la façade et finissant aux salles de concert et de réception réservées à son' extrémité.
- Je ne reviendrai pas sur la disposition de cette avenue principale qui, à elle seule, constitue l’Exposition anglaise. Elle eût pu être mieux comprise et chacun sera de mon avis quand j’aurai dit qu’ici se trouvent les objets empruntés au musée de Kensington, plus loin ceux- du musée de Liver-pool, plus loin encore les objets gracieusement envoyés par Sa Majesté la reine et enfin ceux qui ont été fournis par le département des sciences et arts (Science and art departement) ; qu’entre chacune de ces magnifiques Expositions qui, réunies, auraient formé un ensemble imposant, on a placé nombre d’exhibitions de bateaux modernes dénaturant entièrement le caractère historique qui semblait se révéler au premier abord en pénétrant dans cette galerie principale. Passer de l’antiquité au moderne pour revenir à l’antiquité et retomber encore dans le moderne chagrine mon esprit, alors qu’il y a là réunis tous les éléments propres à. nous donner les transitions entre ces âges. L’histoire n’est plus respectée dans ses époques successives et partant, tout visiteur sérieux se trouvant obligé d’étudier, de classer et ne pouvant apprendre de visu, se désintéresse d’une Exposition dont le mérite et l’intérêt sont cependant incontestables. Il n’est certes pas facile d’organiser une Exposition, mais encore peut-on au moins apporter dans le classement une méthode logique et raisonnée.
- Avant d’aborder l’étude des objets empruntés aux divers musées, je consacrerai quelques lignes à l’Exposition du « Llyod’s Register of British and foreign Shipping » qui est sans contredit la plus remarquable, en ce sens qu’elle nous montre à côté des bateaux de construction actuelle d’autres modèles de navire qui datent du siècle dernier. Ainsi, il est possible à chacun de se rendre un compte exact des perfectionnements apportés dans cette grande industrie anglaise.
- Les modèles de bateaux exposés sont rangés dans l’ordre de leur date de construction, autant qu’il a été possible de le faire en se conformant aux exigences de l’emplacement.
- Voici le Brotherly Love qui fut construit en 1764 à Ipswich. Il est surtout curieux par la légende qui s’y rapporte : on dit que le capitaine Cook a fait plusieurs voyages sur ce vaisseau ; en 1728, ce fut sur YEndeavour qu’il visita successivement Tahiti, la Nouvelle-Zélande, découvrit les nouvelles côtes du Sud (New-South-Wales), etc.
- Citons encore les modèles des bateaux : Arethusa construit en 1681, et le Saint- Vincent de 498 tonnes lancé des chantiers de MM. Ch. Hill et fils, en 1804; la Medea avec ses 26 bouches à feu, construit en 1778 par James Martin, à Bristol. Négligeant le premier quart de ce siècle, je signalerai les modèles de bateaux construits entre 1828 et 1833 qui, de même que le vaisseau à roues Countess of Gal~
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- loway, construit en 1835, peuvent donner lieu à une étude historique intéressante, YHibernia et Y America. Le premier jaugeait 1,422 tonnes et avait en longueur 219 pieds, en largeur 35 pieds-Après YHibernia, la Cunard Company construit en 1843, le Cambria qui atteignit une vitesse moyenne de neuf nœuds et demi. U America quoique ayant 32 pieds de long en plus de YHibernia, était pourvu de plus petites machines.
- A citer encore les modèles de bateaux construits en i85o : YEverton de 206 tonnes, les vapeurs à roues, Empress et Queen, de 3oq tonnes, le Jo-cantirs construit en i85q ainsi que le Scamandor et le Resuit.
- L’exposition du modèle du bateau The City of Baltimores construit en i855,àGlasgow,nous rappelle que Guillaume Junam fut en réalité le premier armateur qui organisa un service régulier de bateaux à vapeur à travers l’Atlantique ; ces bateaux étaient des vapeurs à hélices entièrement en fer.
- Le premier vapeur de cette ligne fut le City of Glasgow, bateau de 1,600 tonnes et dont le premier voyage s’accomplit le 17 décembre i85o. Le City of Manchester, fat leur second vapeur ; il fut construit en 185 1 par MM. Rod et Gregor à Glasgow. Ce bateau jaugeait 2,125 tonnes et avait une longueur de 270 pieds. •
- Nous distinguons encore le modèle d’un vaisseau qui durant la guerre civile en Amérique, a eu une grande réputation; c’est le Shenaudoah. Ce vapeur à hélices, avait été acheté par les Etats-Unis d'Amérique et converti en croiseur, puis, après la fin de cette désastreuse guerre, il fut acheté par le sultan de Zanzibar et lui sert encore, dit-on, de yacht.
- Ch. Lenoir.
- (A suivre.)
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- ÉCHOS
- Paris
- Une exposition spéciale des produits de l’Annam, du Cambodge et du Tonkin sera prochainement installée au palais de l’Industrie à côté de l’exposition internationale des sciences et des arts industriels.
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- L’exposition des œuvres d’art, acquises par l’Etat au Salon annuel, devait être installée cette année au palais de l’Industrie ; mais, ce vaste local se trouvant occupé en totalité par l’exposition des sciences et des arts industriels, on vient de décider que l’exposition des acquisitions de l’Etat aura lieu au Louvre, probablement dans la salle des Etats.
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- Pendant la semaine du 27 juillet au 3 août 1886, la Société générale clés Téléphones a inscrit 17 nouveaux abonnés à Paris et 0 dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de 12 à Paris et de 3 dans les départements.
- Paris compte actuellement 4,427 abonnés et les départements 2,197, soit, en tout, 6,624 abonnés, contre 5,834, à la même époque de l’année dernière .
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- Une exposition internationale vinicole ouvrira le samedi 28 courant sur la place du Carrousel (emplacement de l’ancien palais des Tuileries).
- Elle est placée sous le patronage du ministre de l’agriculture.
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- Départements
- L’exposition annuelle organisée par l’Académie de l’Ouest, aura lieu cette année à Angers, du samedi 11 septembre 1886 au dimanche 10 octobre, jour fixé pour la distribution des récompenses.
- L’exposition comprendra cinq sections : 1° peinture à l’huile ; 2° aquarelles et assimilés ; 3° dessins, etc ; 4° sculpture ; 5° photographie artistique.
- Dimanche i5 Août 1886.
- Il y aura pour chaque section, un diplôme d’honneur :des médailles delre, 2e et 39 classes, et des mentions honorables.
- Il pourra être décerné en outre un prix unique, dit de l’exposition, à la meilleure œuvre exposée.
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- La Société des beaux-arts des Pyrénées-Orientales ouvrira sa quatrième exposition à Perpignan du 7 octobre au 10 novembre.
- Le dernier délai pour les envois est fixé au 15 septembre, terme de rigueur.
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- La Société des amis des arts de la Dordogne ouvre à Périguoux, du 15 courant au 30 septembre une exposition publique de peinture, sculpture, gravure, architecture, dessins et photographie artistique.
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- La troisième exposition de la Société artistique de Roubaix-Tourcoing, ouvrira le 19 septembre prochain. Envois avant le 5 septembre.
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- La trentième exposition des beaux-arts de la ville de Rouen ouvrira au Musée-Bibliothèque de cette ville le 1er octobre prochain pour clôturer le 30 novembre suivant.
- Envois à Paris, chez. Guinchard et Fourniret, rue Lepic, jusqu’au 20 courant, à Rouen, jusqu’au 24.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition générale des produits de l’Amérique du Sud, dont nous avons déjà parlé, alors que l’idée première en fut émise, peut-être considérée comme définitivement décidée. Elle ouvrira à Berlin en septembre prochain. La République argentine, le Chili, le Pérou, l’Uruguay et le Brésil y seront représentés avec leurs produits agricoles et industriels.
- Une section spéciale sera affectée aux antiquités péruviennes.
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- Une exposition des apprentis cordonniers a eu lieu à Berlin dans le courant du mois dernier.
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- Le conseil communal de Dresde a voté une subvention de 7,500 marks en faveur de l’exposition internationale d’horticulture qui aura lieu, comme on le sait dans cette ville en mai 1887. Une autre somme de 5,000 marks a été votée et sera affectée aux prix et récompenses â décerner.
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- Une grande exposition de roses a eu lieu à Hambourg du 9 au 12 juillet sur l’initiative de la Société d’horticulture de Hambourg et Altona, et avec le concours de plusieurs autres associations similaires.
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- Une importante exposition d’agriculture à laquelle prennent part une centaine d’exposants des provinces de Brandebourg, et de Hanovre, a été inaugurée le samedi 24 juillet dernier à Kalkberge-Rüdersdorf.
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- Une exposition badoise d’élevage des bestiaux aura lieu à Karlsruhe du mardi 21 au dimanche 26 septembre, sous la direction et avec le concours du gouvernement grand-ducal.
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- La vingt-neuvième exposition des beaux-arts du duché de Brünswieka été inaugurée le dimanche 4 juillet. Plus de 700 toiles ont été envoyées de toutes les parties de l’Allemagne, et notamment des grands centres artistiques de Munich, Düsseldorf, Berlin, Hanovre, Cologne, etc.
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- L’union rhénane artistique expose en ce mo-
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- Deuxième Année. — N° S5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche i5 Août 1886. — 269.
- ment à Mayence, dans le foyer du théâtre municipal une intéressante collection de 200 tableaux.
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- Une grande exposition d'œuvres des maîtres anciens se prépare à Düsseldorf.
- Elle ouvrira en septembre à la Galerie artistique.
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- Rappelons que la première exposition générale de la viticulture allemande ouvrira à Francfort-sur-le-Mein, le lundi 23 août prochain.
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- L'inauguration solennelle de l’exposifion régionale du duché d’Altenbourg, dont nous avons parlé à différentes reprises, a eu lieu le dimanche 1er août, sous la présidence du duc régnant.
- L’exposition, qui comprend comme on le sait, les produits industriels, agricoles, forestiers de la région avec de nombreuses expositions annexes, est des plus intéressantes et est appelée à un grand succès.
- Une exposition de pêcherie a été ouverte le même jour dans le parc.
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- Une exposition technique de la petite industrie et de l’économie domestique ouvre aujourd’hui 15, à Karlsruhe (grand-duché de Bade, 150 exposants y prennent part.
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- Une exposition des œuvres du défunt professeur Camphausen a été ouverte le 25 juillet dernier à Düsseldorf.
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- Angleterre
- Une grande exposition se prépare à Manchester pour le courant de l’année prochaine. Elle comprendra selon toutes prévisions les sept sections suivantes : procédés industriels, dessins industriels, industries chimiques, outillage, une reconstitution du vieux Manchester et un modèle du canal maritime projeté, une exposition artistique restreinte au règne de la reine Victoria, et enfin une section botanique.
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- Il est question de former à Londres une exposition générale, permanente et sans cesse renouvelée, de toutes les productions de l’empire botanique. L’exposition indienne et coloniale actuellement ouverte à South-Kensington en serait le noyau.
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- Autriche- Hongrie
- L’exposition de peinture actuellement ouverte à Salzbourg obtient un grand succès.
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- La Société hongroise des beaux-arts invite les artistes à son exposition d’automne, qui aura lieu au palais de la Société, (Andrassy-ut, Buda-Pesth) du 1er octobre au 10 décembre.
- Elle aura lieu en deux séries, la première, du 1er au 31 octobre ; la seconde, du 10 novembre au 10 décembre.
- Nous renvoyons pour tous détails au Journal clés arts du 22 juillet.
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- L’union industrielle de la basse Autriche organise définitivement à Vienne, pour 1886, une grande exposition industrielle de la basse Autriche.
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- Une exposition industrielle allmando a été ouverte à Prague (Bohème) le mardi 6 juillet.
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- Une exposition industrielle de la Silésie autrichienne a été ouverte hier samedi 14, à Troppau, sous le patronage du gouvernement Elle se prolongera jusqu’au jeudi 2 septembre.
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- A l’occasion du 200e anniversaire de la reprise
- sur les Turcs, en 1886, de la cidatelle de Buda, par les troupes impériales, sous le commandement du duc Charles de Lorraine,la ville de Buda-Pesth donne une série de fêtes qui commencent aujourd’hui 15 août, jour de l’ouverture, dans le parc de la ville, d’une exposition historique, dont nous avons déjà parlé à différentes reprises.
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- Belgique
- Rappelons que l’exposition triennale des beaux-arts de Gand, ouvre aujourd’hui dimanche 15 août, pour clôturer le 24 octobre.
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- L’exposition des beaux-arts organisée par la ville de Spa avec le concours du gouvernement a été inaugurée le 1er août.
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- Espagne
- On annonce comme devant avoir lieu désormais à Madrid dans le courant des mois d’avril et de mai, une exposition triennale et internationale de peinture, sculpture et architecture, etc. Ne seront admises à cette exposition que des œuvres originales.
- Les envois seront soumis à un jury d’admission nommé par le ministre des beaux-arts et à un jury de qualification, élu par les artistes.
- Les frais de transport et d’emballage seront à la charge des exposants.
- Les récompenses consisteront en une médaille d’honneur, en médailles de première, de seconde et de troisième classe pour chaque section.
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- L’ouverture de l’exposition de Saragosse, sur laquelle nos lecteurs ont déjà trouvé dans nos colonnes de nombreux détails, vient d’être sur la demande de quelques exposants et par la nécessité de compléter les installations, retardée jusqu’au 5 septembre prochain. Les demandes d’emplacements seront dont encore reçues jusqu’au 20 courant, et les envois jusqu’au 30. Les Compagnies espagnoles de chemins de fer accordent une réduction de 50 pour cent sur le transport, aller et retour, des marchandises destinées à l’exposition.
- S’adresser pour toutes communications à «Dom Modesto, Torres, Cerveho, secretario ». Exposi-cion Aragonesa, Zaragoza.
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- États-Unis
- Deux grands projets d’exposition sont actuellement à l’étude, de l’autre côté de l’Atlantique ; l’un en 1880, pour célébrer le centenaire de la constitution des Etats-Unis ; l’autre en 1892, pour fêter le quatre centième anniversaire de la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb.
- Le congrès a reçu de nombreux mémoires demandant pour ces entreprises, non seulement la sanction officielle, mais l’appui formel du gouvernement.
- Il s’agirait, dans le second projet, d'établir à Washington une exposition permanente où seraient représentées les « trois Amériques », septentrionale, centrale et méridionale, et de faciliter ainsi, en les étendant, les relations commerciales entre les seize républiques, les quatre colonies européennes, et l’empire que comprend l’hémisphère.
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- Une exposition industrielle ouvre le lundi 23 courant à Minneapolis.
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- Indes anglaises
- Une compagnie serait paraît-il, actuellemenfren négociations avec la municipalité de Calcutta, pour obtenir la concession de l’éclairage électrique, dans la capitale indienne.
- Le projet aurait toutes chances d’aboutir.
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- Italie
- Un concours international d’appareils pour la
- prophylaxie et la dsetruction des insectes nuisibles à la culture doit avoir lieu dans le courant du mois à Udine.
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- Un concours international de machines à coudre ouvrira à Foggia, le 20 octobre prochain pour clôturer le 30 novembre suivant.
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- Nouvelle-Zélande
- Le gouvernement projette d’organiser en 1800 à Auckland, une exposition internationale et intercoloniale, pour célébrer l’achèvement d’une voie ferrée, réunissant Auckland à Wellington.
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- Suisse
- Henri Moser, l’explorateur de l’Asie a organisé à Charlottenfels (Schaffhouse), une exposition formée des belles collections de tissus, bronzes, ivoires, bois sculptés, armes, céramiques, etc., qu’il a rapportées de l’Asie centrale, de la Chine et du Japon.
- LES RÉCOLTES
- Chaque année, à l’époque où nous sommes, on se préoccupe vivement, non seulement dans le monde industriel et commercial, mais encore dans la classe des travailleurs, de l’état des récoltes et de leur rendement. Ce souci, d’ailleurs, s’explique parfaitement et n’a rien que de très naturel, car il s’agit, au fond, du bien-être, de la vie de tout un peuple.
- L’influence des récoltes sur les transactions commerciales, sur les affaires, comme on a coutume de dire, est incontestable.
- Quand le cultivateur et le vigneron ont fait « une bonne année »,leur cœur s’épanouit un peu, ils oublient facilement les misères de la veille et font moins de difficultés pour augmenter de quelques centaines de francs, leur modeste budget des dépenses. Or, si l’on songe qu’il y a, en France plus de 25 millions de citoyens qui vivent de la terre, on comprend l’influence considérable qu'une bonne récolte, peut avoir au point de vue des intérêts industriels et commerciaux.
- Mais il est extrêmement difficile de se procurer des renseignements exacts, des informations qui soient complètement désintéressées. Il n’y a guère que l’Etat qui puisse recueillir des données sérieuses sur tous les points du territoire, par l’intermédiaire de l’administration.
- D’après les nouvelles venues des différentes régions de la France, on peut affirmer dès maintenant, d’une manière générale, que l’année sera bonne, surtout en ce qui concerne les céréales. La récolte du froment et de l’orge est satisfaisante presque partout, mais principalement dans le centre et dans l’est; quant à celle de l’avoine elle est très abondante en grain et en paille ; la température d’ailleurs, lui a été extrêmement favorable.
- La situation est à peu près la même en Angleterre qu’en France. On compte, pour le froment, sur un rendement moyen de 25 hectolitres par hectare. On sait, qu’en général, le rendement en blé par hectare, en Angleterre, est supérieur à celui de la France ; il faut, cependant, en excepter notre région du nord-ouest et du nord, dont le rendement est souvent égal à celui de la Grande-Bretagne.
- Le centre de l’Europe paraît moins bien partagé ; ainsi, en Autriche-Hongrie, le rendement n’atteindra pas tout à fait la moyenne ; on l’évalue à 95 pour 100 de l’année ordinaire. Il en est de même en Allemagne.
- En Russie, les basses températures des mois de mai et de juin avaient compromis la récolte en froment, mais elle s’est améliorée, depuis cette époque. Cependant, dans certaines régions, comme la Bessarabie, par exemple, où l’on s'attache de
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- préférence à la culture des blés tendres, les résultats seront moins satisfaisants qu’on ne l’avait espéré.
- La moisson est terminée en Italie et en Espagne et, néanmoins, les renseignements qui nous parviennent de ces pays, et surtout du premier, sont obscurs et incomplets. On croît cependant que l’Italie donnera un rendement moyen. Quant à l’Espagne, sa situation est moins bonne ; d’après les battages faits dans plusieurs régions on ne peut guère espérer que 7 5 ou 80 pour 100 d’une récolte moyenne.
- On peut conclure, d’après ces renseignements, que la production des céréales sera satisfaisante dans tous les pays d’Europe, sauf quelques rares exceptions. Cependant, comme presque toutes les nations du vieux continent sont obligées, pour suffire à leurs besoins, de recourir à l’importation des blés étrangers, il n’est pas sans intérêt de connaître l’état de la production dans le pays que l’on considère comme les greniers d’abondance du vieux monde.
- Depuis la guerre de la sécession, la culture du blé aux Etats-Unis, a pris une grande extension. La création de moyens de communication et les défrichements ont contribué, dans une large mesure, à la superproduction des céréales dans ce pays. Ainsi, jusqu’en 1866, le blé était souvent plus cher à New-York qu’à Paris, parce qu’alors, le domaine agricole des Etats-Unis se bornait aux états de l’Est et du Sud. Mais, aujourd’hui, la situation est bien changée. La production a plus que doublé: en 1870, elle était de 82 millions d’hectolitres, en 1878, de 147 millions,aujourd’hui, elle dépasse 170 millions d’hectolitres, dont 52 millions sont exportés à l’étranger et principalement en Europe.
- La moisson des blés d’hiver est à peu près terminée dans le sud des Etats-Unis, et elle se poursuit activement dans le Nord, si nous nous en rapportons aux chiffres publiés par le bureau officiel de statistique de Washington, la condition de ces blés était, fin juillet, de 91.2. Mais celle des blés de printemps serait moins satisfaisante, car elle ne dépasserait pas 83.3. Cependant, le bureau estime que la récolte des blés de toutes sortes des Etats-Unis dépassera d’environ 28 millions d’hectolitres la récolte de 1885- U suivrait de là que la récolte de 1886 atteindrait 172 millions d’hectolitres. Admettons que ce chiffre est peut-être un peu exagéré et supposons que la récolte ne soit que de ibo millions d’hectolitres, même dans ces conditions les Etats-Unis, après avoir suffi à leurs besoins, pourront encore exporter plus de 40 millions d’hectolitres.
- Le blé indien fait sur les marchés d’Europe une concurrence redoutable au blé d’Amérique. Ce pays qui, il y a trente ans, était dénué de moyens de transport, est entré dans la voie du progrès. Les Indes anglaises possèdent aujourd’hui 16,000 kilomètres de chemins de fer. L’agriculture a pris dans ce pays un développement considérable.
- La surface emblavée en blé, pour la campagne 1885-86, est estimée à 11 millions d’hectares, avec un rendement moyen de 78 millions de quintaux métriques.
- L’exportation, pendant cette même année, a été de io,5oo,ooo quintaux métriques de grains qui se répartissent comme suit :
- Angleterre . . . 6,o36,ooo quintaux métriques
- Belgique . . . . i,33i,ooo —
- France. . . 1,072,000 —
- Hollande. . . 43,000 —
- Italie .... 610,000 —
- Égypte . . . . i,i5o,ooo —
- Autres pays . 258,ooo —
- Total. io,5oo,ooo quintaux métriques
- Nous devons faire remarquer que l’importation en France des blés indiens a subi une diminution importante ; puisqu’elle était, en i883, de 1,695,641 quintaux métriques et qu’elle est descendue, en 1885, à 1,072,000 quintaux. Par contre, l’importation des blés d’Autriche tend à augmenter sur nos marchés. En 1883, elle était de 99,060 quintaux
- métriques et en 1884, elle a dépassé le chiffre de 800,000 quintaux.
- En moyenne, la France a besoin de 113 millions d’hectolitres de blé par an, pour subvenir aux besoins de ses habitants et à ceux des diverses industries spéciales qui emploient cette céréale. Or, d’après la statistique, sa récolte de cette année ne dépassera guère 100 millions d’hectolitres, le déficit est donc de i3 millions d’hectolitres qu’il nous faudra demander à l’étranger. Quoi qu’il en soit, les années moyennes comme celles-ci sont heureuses pour le cultivateur, surtout après les rudes épreuves qu’il a traversées.
- Disons, en terminant, que le blé nouveau a déjà fait son apparition sur nos marchés. Le grain est sec et de belle couleur; il pèse environ 78 kilogrammes l’hectolitre.
- E. M.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 8 août 1886).
- Par ces temps de spéculations inconsidérées et de hasardeuses négociations, la mise en exploitation d’un théâtre est généralement regardée comme une des entreprises offrant le succès le plus aléatoire. D’innombrables précédents témoignent sans doute de la difficulté que l’on éprouve à réussir dans ce genre d’entreprises. Mais en même temps suffisamment de fortunes se sont édifiées pour démontrer que le théâtre peut enrichir son homme. Le malheur est qu’en s’engageant dans une affaire de théâtre on joue souvent ses intérêts à pile ou face au lieu d’étudier soigneusement et mûrement tous les points d’une question complexe. L’exploitation d’un théâtre est devenue aujourd’hui une entreprise extrêmement sérieuse dans laquelle doivent entrer en ligne de compte quantité de considérations capitales.
- Le mouvement des mœurs et du goût en faisant un plaisir régulier normal, de la réjouissance extraordinaire que constituait autrefois le spectacle, a amené dans le système d’organisation des représentations une évolution qu’il convient d’étudier.
- En même temps, le perfectionnement exigé sans cesse dans l’exécution de ces représentations, a conduit à un accroissement progressif des frais de mise en scène et autres. Jadis, à l’exception des représentations d’opéras qui ont toujours coûté des sommes considérables, les frais journaliers ne se montaient qu’à un nombre restreint de livres. Aujourd’hui, sans parler de l’Opéra qui a pour 15,ooo fr. de frais par soirée, il n’est pas rare que les frais atteignent dans les théâtres la somme de 3à4 mille francs, quelquefois beaucoup plus.
- D’un autre côté, la situation des comédiens dans la société s’étant singulièrement modifiée on en est venu à les payer tout différemment qu’au-trefois et en agir tout différemment avec eux sous beaucoup de rapports.
- Le mode de rétribution des auteurs a subi lui-même d’importantes variations.
- Des impôts spéciaux, prélevés sur les exploitations théâtrales, se sont successivement établis, renouvelés, ont été supprimés, rétablis, etc.
- Le goût public a manifesté tour à tour de particulières tendances qui ont provoqué des révolutions non seulement de poétique dramatique, mais encore de procédé d’exploitation des théâtres.
- De toutes ces considérations combinées ont résulté des transformations fondamentales et la crise que traverse le théâtre en ce moment-ci suffit à faire constater que l’on n’est pas encore arrivé à répondre parfaitement à toutes les exigences du jour. Les choses ne sont pas dans un état logique et entendu. Pour employer une expression triviale, ca ne va pas bien comme ça. Il faut chercher, il faut étudier. Envisageons donc tour à tour les principaux côtés de cette question épineuse de
- l’exploitation théâtrale, en résumant l’historique des entreprises des représentations dramatiques et en analysant les divers détails d’installation et d’organisation qui s’y rattachent.
- La tradition rapporte que les premiers acteurs furent des vendangeurs barbouillés de lie, qui du haut d’un chariot se lançaient leurs quolibets et leurs-lazzis à la joie du populaire, jusqu’au jour où le métier de baladin devint une profession sinon avouable du moins reconnue et où des hommes se-consacrèrent uniquement à l’occupation de représenter devant leurs concitoyens des scènes comiques ou tragiques.
- Chez les Grecs, peuple artiste, les histrions étaient honorés d’une grande considération. La plupart des poètes dramatiques jouaient eux-mêmes leurs pièces.
- A Rome, le métier d’acteur était réputé infâme-ou du moins le fut-il dans le début. Il n’était rempli alors que par des étrangers ou des affranchis. Pourtant on en revint de ce mépris, car Cicéron fut lié de grande amitié avec le comédien Roscius et plus tard les plus hauts personnages de la République, des sénateurs, des empereurs même, en arrivèrent à monter sur la scène sans plus de scrupule qu’ils n’en avaient éprouvé à descendre dans l’arène du Cirque et de l’Hippodrome.
- On connaît le mot de La Bruyère sur la situation, des comédiens dans la civilisation moderne : En France, écrivait-il-, à peu près en ces termes, on les considère à la manière des Romains et on les traite à la façon des Grecs. Depuis Louis XIV, nous sommes devenus encore plus athéniens à ce sujet et les comédiens jouissent parmi nous aujourd’hui d’un véritable prestige certainement exagéré.
- Chez les anciens, les hommes seuls se donnèrent, en spectacle dans le début. Des rôles féminins étaient tenus par des adolescents. Ce ne fut que longtemps après l’institution du théâtre à Rome que les femmes commencèrent à jouer. De même, chez nous, le métier de comédien demeura longtemps l’apanage exclusif du sexe masculin et ce fut en 1600 Marie Vernier, la première comédienne qui se montra sur la scène. Ce ne fut qu’en 1681 qu’on commença à voir danser des femmes sur un théâtre. Jusque-là, il n’y avait eu que des danseurs. Inutile de dire que depuis les femmes ont pris sur la scène une place de plus en plus large au détriment de celle des hommes, notamment les danseuses qui ont fini par chasser presque complètement du théâtre les danseurs, ce dont d’ailleurs nous ne saurions nous plaindre. Il existe encore beaucoup de peuples orientaux chez lesquels il n’y a que-des acteurs, pas d’actrices.
- Les baladins qui paradaient seuls ou par groupes, débitant des rhapsodies ou des bouts de dialogues, se réunirent, se 'constituèrent en troupes, pour représenter le drame, tableau étendu des événements comiques ou tragiques de la vie, quand le drame naquit.
- Chez les anciens, ces troupes furent d’abord organisées sans grande consistance. Elles se formaient par juxtaposition d’éléments aux époques de jeux et de fêtes dans lesquelles on donnait des représentations dramatiques.
- A Athènes, un magistrat spécial, le chorège (il y en avait un par tribu), nommé par élection, comme tous les magistrats, était chargé de l’organisation de ces représentations. C’était lui qui réunissait la troupe des comédiens et qui, avec la somme souvent considérable allouée par le trésor de la tribu, payait tous les frais des représentations. Comme ces représentations étaient extrêmement dispendieuses, le chorège était généralement obligé d’y mettre du sien; mais il ne s’en plaignait pas, car il se ménageait de la popularité par ses largesses et les fonctions de chorège conduisaient aux plus hautes charges de l’Etat. Thémistocle dut une grande partie de sa fortune politique au renom qu’il s’acquit précisément en remplissant avec munificence ces fonctions de chorège.'
- Après la guerre du Péloponnèse, il se forma en Grèce des sortes de confréries , des véritables troupes de comédiens constituées en société.
- De même, à Rome, il y eut une organisation analogue à celle des temps modernes; des troupes.
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- Deuxième Année. — N° S5.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9 Dimanche i5 Août iSS5. — 271.
- -ayant à leur tête des directeurs qui se ruinaient fréquemment comme les nôtres.
- La première troupe de comédiens qui se forma en France fut celle des Confrères de la Passion; encore n’étaient-ce pas là des comédiens de profession. Des bourgeois de Paris se réunirent en 1398, à Saint-Maur, près Vincennes, pour donner des représentations de mystères. Ces représentations leur furent interdites par le prévôt de Paris, mais en 1402, des lettres patentes du roi leur conférèrent le privilège de représenter ces dits mystères, à certaines époques de l’annéô. Ce furent les Confrères de la Passion qui installèrent le premier théâtre dans l'hôpital de la Trinité, qu’ils achetèrent, et où ils aménagèrent une sorte de salle de spectacle, après s'être vu confirmer leurs privilèges par François Ier. L’hôpital de la Trinité leur ayant été fermé en 1547, Par arr^t du Parlement, ils achetèrent l’hôtel de Bourgogne et y construisirent une nouvelle salle en 1548. De nouveaux privilèges leur furent accordés. Vers 1600 le genre des mystères, qui s’était peu à peu détourné de son caractère primitif religieux, avait fini par arriver par une suite de transformations, à ce que nous appelons aujourd’hui la comédie, les Confrères de la Passion cédèrent alors leur salle et leurs privilèges à des comédiens de profession, qui formèrent .la fameuse troupe de l’Hôtel de Bourgogne.
- A peu près en même temps que les confrères de la Passion, vers la fin du xive siècle, d’autres amateurs s’étaient constitués en troupes pour représenter ce qu’on appelait les moralités, c’étaient les Clercs de la Basoche. Ils donnaient leur spectacle au Palais, au Pré-aux-Clercs et indépendamment de ces représentations, ils organisaient des cavalcades et de grandes parades, dans lesquelles ils se livraient à une série de railleries audacieuses contre les pouvoirs d’alors, d’où luttes perpétuelles avec le Parlement qui finit, en i547, par leur faire iuterdire complètement l’exercice de ces jeux satyriques. Louis XII leur avait conféré le privilège de donner des représentations sur la table de marbre du Palais.
- Il y eut encore d’autres troupes créées à la même époque que les deux premières, celles-là formées de jeunes gens fortunés, de poètes, de gais vivants. C’étaient les Enfants sans souci et les Sots qui s’assemblèrent pour jouer des farces et des soties. Clément Marot était de cette corporation des Enfants sans souci. Les représentations étaient données aux Halles. Les deux sociétés des Enfants sans souci et des Sots se réunirent, puis se séparèrent. Une portion finit par se fondre avec la troupe de l’Hôtel de Bourgogne, le reste se disjoignit bientôt.
- Jusque-là, on le voit, rien que des confréries, des sociétés ayant à leur tête des sortes de présidents. Mais pas de troupe de comédiens avec son direc-‘ teur. Molière fut le véritable premier directeur de théâtre. Après sa mort, ses comédiens s’administrèrent en société, société fondée d’ailleurs par ordre du roi avec celle de l’hôtel de Bourgogne.
- L’Académie royale.de musique, dès qu’elle fut fondée, eut un directeur à sa tête et continua d’en avoir un. Mais longtemps l’organisation des autres ^Q-£j.gpfises theatrales consista encoie en etablissement de sociétés avec des comités administrateurs. Enfin, il ne resta plus que les troupes de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne, s’administrant de la sorte. Et quand la Comédie-Italienne disparut, il n’y eut plus que la Comédie-Française dirigée par un comité. Encore l’autorité d’un'fonctionnaire spécial vint-elle bientôt s’adjoindre à celle du comité.
- De nos jours des artistes ont cherché, à plusieurs reprises, à se constituer en sociétés pour administrer eux-mêmes leurs théâtres. Ces tentatives n’ont généralement pas _ donné de bons résultats. La plus intéressante est celle de ces artistes aux-q-Qglg Conseil municipal vient de concéder le théâtre des Nations pour y représenter le drame.
- En somme, sauf le Théâtre-Français qui a une organisation toute spéciale, tou s les théâtres aujourd’hui se trouvent administrés de la même façon, c’est-à-dire qu’un directeur, chef responsable de ^exploitation, concentre en lui toutes les autorités
- artistiques et administratives. Parfois ce directeur se dédouble, deux associés se partagent le pouvoir directorial; mais le principe est le même.
- Léon G AND ILLOT.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXX
- Amaxjry-Duval. — Souvenirs ( 182g-18'3o); Un volume in-18.
- Librairie Plon, E. Plon, Nourrit et Cie.
- Je me souviens d’avoir rencontré sinon connu l’auteur, mort récemment, de ces Souvenirs qui n’auront pas la suite qu’il se proposait de leur donner. Il mérite des regrets comme homme, comme artiste et même comme auteur de Mémoires, car ceux qu’il nous a laissés sur Ingres et son atelier et ceux que nous allons analyser sont fort intéressants. C’était un peintre distingué, instruit, estimé, qui passait justement pour un des meilleurs élèves, un des plus dignes lieutenants successeurs de Ingres. Il avait eu les récompenses et les honneurs de son art. Il était officier de la Légion d’honneur. Il aurait été sans doute de l’Institut sans sa brusque éclipse de la vie active, sa retraite prématurée et un peu boudeuse de mécontent ou d’attristé, provoquée par quelque chagrin intime que nous ignorons ou peut-être tout simplement par la lassitude précoce, le dégoût et le découragement des artistes dont l’ambition est plus grande que le talent, qui ne parviennent pas à réaliser leur idéal, qui se sentent abandonnés du public, du succès, de la mode. Il y avait déjà de ce découragement, de ce désabusement, de ce dégoût bien avant qu’il eût jeté les pinceaux avec lesquels il songeait à l’avenir pour se rabattre sur la plume avec laquelle il ne songeait plus qu’au passé, dans l’air contraint et réservé, le sourire discret, l’élégance froide et la raideur correcte de 1 altiste homme du monde, galant homme et honnête homme par excellence, auquel ne furent pas épargnées les déceptions qui attendent inévitablement, dans notre société contemporaine, les hommes demeurés épris des anciennes mœurs, des anciens scrupules, des anciennes théories dait. Ce temps-ci n’est guère tendre aux timides, aux inquiets, aux délicats, aux raffinés, aux mesurés, aux circonspects. Il est exagéré, brutal, outrancier. Il appelle des clairs de lune les talents qui se contiennent et qui se reservent. Il prefeie les éclats de la couleur aux probités du dessin. Il blaguerait tour à tour Ingres pour ses sécheresses et Delacroix pour ses hardiesses à son gré trop modérées. Les naturalistes qui font brutal et les impressionnistes qui se contentent du premier à peu près, sont seuls à la mode. Les idéalistes comme Gustave Moreau et Bénonville, les archaïstes comme Gleyre et Ha-mon, les modeleurs en pâte fine qui font juste et gris, qui aiment, les fonds cendrés, comme les Amaury Duval, les Jalabert ne sont plus à la mode. Us ont cessé de plaire. Il y avait donc dans l’aspect un peu effarouché, ombrageux, mélancolique, de notre auteur, il y a eu dans sa retraite et aussi dans sa mort précoce quelque chose de ce je ne sais quoi d’inquiet, d’ingrat, d’inachevé qui tourmenta son talent distingué mais sans chaleur, sans flamme et sa vie sans événements, sans plaisirs, sans femmes, sans enfants, sans amour, sans joie. Ge sont moins ses souvenirs que les souvenirs des autres que nous racontera cet homme toujours plus témoin qu’acteur, toujours soumis à des influences maîtresses qu’il n’eut pas la force de contenir ou d’écarter, homme d’affection, d’habitude, de joug, d’observation plus que d’action, réservé aux peines et aux plaisirs des gens qui voient plus et mieux qu’ils ne font.
- Il a très bien vu ce qu’il raconte avec une simplicité enjouée, qui n’est pas sans agrément ; il était fils de cet Amaury Duval, avocat breton, secrétaire du baron de Talleyrand-Perigord, ambassadeur à Naples, en 1780, puis de Basseville, à Rome en 1793? échappé non sans peine a 1 assassinat de
- son chef qui le dégoûta, on le comprend facilement de la carrière diplomatique, puis chef de bureau aux Beaux-Arts, fondateur et directeur avec J.-B. Say, Ginguené et Andrieux, de la Décade philosophique, 1811 lauréat et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, en 1812, mis à la retraite comme inspecteur des Beaux-Arts, sous le gouvernement de la Restauration, mort en 18 38.
- Amaury Duval le père,avait pour frères Alexandre Duval, l’auteur dramatique, membre de l’Académie française en 1812, et l’autre Duval, effacé modestement dans la gloire paternelle et fraternelle, homme de lettres aussi, auteur d’une Histoire de Charles VI. Il avait épousé la fille du grand sculpteur Houdon. Les deux gendres d’Alexandre Duval étaient l’architecte Mazois, auteur du Palais de Scaurus et d’un ouvrage estimé sur Pompéï et un officier d’état-major, M. Clément, dont l’unique fille épousa Victor Régnault, l’illustre chimiste, et fut la mère de ce jeune Henri Régnault, déjà grand peintre, lorsqu’une balle allemande le ravit à la France et à l’art, le 19 janvier 1871.
- On voit dans quel milieu élégant, poli, lettré, artiste, naquit et vécut notre Amaury, dont la mère était morte jeune, remplacée auprès de son mari et de son fils par l’affection intelligente et dévouée d’une fille et d’une sœur, femme spirituelle et charmante qui embauma la maison d’une bonne odeur de grâce, d’esprit et de vertu, d’abord sous le nom de Chasseriau, son premier mari, puis sous celui de Guyet-Desfontaines, notaire à Paris, puis député de la Vendée. Le grand attrait des Souvenirs d’Amaury Duval est précisément dans les lettres, pleines de finesse et de malice, de cette sœur Emma qui nous la font connaître, admirer et aimer. Elle fut l’introductrice de son frère aux soirées de l’Arsenal, chez Nodier, où il connut Victor Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, à l’aube de leur gloire. Plus tard elle eut elle-même au quai Conti, un salon charmant auquel devait succéder, quand la fortune clairvoyante et juste cette fois, eut récompensé une jeunesse de travail, d’abnégation et de sacrifices, le salon célèbre delà rue d’Anjou, dont son frère se proposait d’écrire l’histoire, dessein à jamais déconcerté par la mort.
- Cette première partie des Souvenirs d’Amaury Duval , malheureusement aussi la dernière ne comprend donc que quelques épisodes de sa vie pendant une année. Mais cette année est l’année 1829-1830, qui n’est pas une des moins importante du siècle, et dans le cadre de laquelle il a pu placer tour à tour bien des tableaux et des portraits intéressants. L’histoire du salon de l’Arsenal, du salon du quai Conti, la vive esquisse des figures qui composent le groupe familier des habitués des patriarcales soirées de Charles Nodier, des réunions plus mondaines, mais non moins lettrées de la la maison Duval, où se retrouvaient la plupart des mêmes hommes et des mêmes femmes, plus tard justement célèbres, l’histoire en déshabillé et vue de la coulisse, de l’expédition de Morée, à laquelle fut attaché Amaury Duval, les détails neufs et piquants qu’on y trouve sur cette mission, ses membres, Edgar Quinet et le futur maréchal Pélissier, alors capitaine d’état-major, à la conversation spirituelle et aux lettres plus spirituelles encore, enfin la Révolution de juillet vue de la fenêtre du quai, en face du Louvre, donnent un grand agrément à ces pages sans prétention, qui ne visent qu’aux légers mérites de la chronique et atteignent parfois sans le chercher, à ceux plus sérieux de l’histoire.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIADX
- TURQUIE
- PRINCIPAUX ARTICLES d’importation EN BOSNIE ET HERZÉGOVINE.
- Le consul d’Angleterre à Serajevvo donne les renseignements suivants sur les principaux articles
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- Deuxième Année. — N° 85.
- LE MONITEURDE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche i5 Août 1SS0.
- d’importation en Bosnie et Herzégovine et sur leurs conditions de vente :
- Tissus de coton. — Les tissus de coton en usage sont presque exclusivement de fabrication autrichienne; cependant on rencontre des articles anglais, français, suisses, turcs et italiens. Autrefois les produits de Roumanie, de Bulgarie et d’Asie Mineure étaient estimés, ils ont été écartés du marché par les articles d’Autriche et de Suisse, de qualité inférieure, mais d’un prix moins élevé. Les '.cotonnades et les coutils d’Angleterre ont à peu près disparu; les calicots et les mousselines viennent uniquement d Autriche. Les marchands du pays regrettent le temps où ils vendaient, avec avantage, les cotonnades d’Angleterre, les soieries de France et les draps d’Italie.
- Draps. — Les draps vendus dans ces provinces, connus dans le commerce sous le nom à!Orientaux, viennent des fabriques de Reichenberg dans la basse Autriche, de Bielitz en Moravie et de Biala en Galicie. Les principales couleurs sont le noir, le bleu foncé, le rouge et le brun. Le commerce de ces articles décline de plus en plus, parce que la population adopte les costumes européens. Brünn fournit des draps d’un genre plus moderne, mais en très petite quantité. Les vêtements confectionnés faits de draps inférieurs, sont surtout importés de Vienne. Les lainages communs, blancs, bleus ou rouges, portés exclusivement par la population rurale, sont fabriqués dans le pays ou importés d’Autriche.
- Soieries. — Les étoffes de soie, portées dans la région, appartiennent à la catégorie des tissus fabriqués spécialement pour l’Orient ; les étoffes en usage dans les pays les plus civilisés ne trouvent pas de débouchés. Les étoffes de soie et coton mélangés, connues sous le nom de demi-soie et soie unie et rayée, arrivent de Vienne ; quelques genres, tout soie, sont expédiés par la Suisse, et surtout Zurich, à cause de la régularité du tissu et du bon marché de l’article ; mais ils ne tarderont pas à passer également entre les mains de fabricants autrichiens, qui font tous leurs efforts pour se conformer aux goûts de la population. Les fils de soie continuent à venir de la Roumélie et de Constantinople.
- Passementerie d'or et d’argent. — Ces articles sont d’un usage très fréquent dans les provinces ; ils sont employés presque par toutes les classes, pour l’ornement des vêtements : ils proviennent de Treuchtlingen et de Nuremberg, en Bavière; les imitations sont de provenance autrichienne.
- Papier à cigarette. — Le seul papier à cigarette employé est le papier dit Job, et fabriqué à Vienne ; l’importation annuelle est évaluée à 5o,ooo francs.
- Verres, porcelaine et poterie. — Le verre à vitres venait précédemment de Belgique; actuellement les fabriques de Bohême, de Styrie et de Hongrie fournissent cet article ; la qualité en est médiocre et la demande limitée ; on peut évaluer à 75,000 francs le trafic annuel de ce produit.
- Clouterie. — Les clous nommés pointes de Paris étaient, avant l’occupation autrichienne, importés de France et de Belgique, via Trieste; maintenant ce commerce est totalement entre les mains des fabricants de Styrie. L’importation annuelle représente environ 12,000 barils de 5o kilogrammes chacun.
- Métaux. — Le fer, le cuivre et le laiton sont importés en quantités insignifiantes ; les articles manufacturés viennent de Moravie, du Tyrol, de Styrie. L’Italie fournit des couteaux, l’Allemagne des serrures.
- Les allumettes, pour une valeur annuelle de 2 5,ooo francs, sont expédiées par Vienne, Venise et Esseg, en Esclavonie.
- Les cuirs et peaux tannés sont importés d’Allemagne et d’Autriche pour une valeur annuelle de 35o,ooo francs.
- Crédit. — Les ventes se font généralement à six mois de crédit, et à 6 ou 8 p. °/0 d’intérêt, si le terme est plus long. Dans les cas, fort rares du reste, de règlement au comptant, il est accordé de 4 à 6 p. °/0 d’escompte.
- POSSESSIONS ESPAGNOLES D’AMÉRIQUE
- fondation d’un comptoir de produits français
- A LA HAVANE
- Le consul général de France à la Havanne annonce que cinquante fabricants français viennent de fonder dans cette ville un comptoir où les produits, représentés par des types ou échantillons, seront exposés et mis en vente au prix de fabrique.
- Le directeur de cet établissement est M. Frédéric Caine.
- ÉTATS-UNIS DE COLOMBIE
- PRINCIPAUX ARTICLES D’iMPORTATION
- Les importations dans cette région consistent, écrit le chargé d’affaires d’Italie à Bogota, en grains, tissus, toile, vêtements confectionnés, métaux et dérivés, machines, quincaillerie, matériel pour télégraphes, matériel pour construction, mobilier, instruments scientifiques, instruments de musique, produits chimiques et pharmaceutiques, vins et liqueurs, porcelaines, cristaux, verrerie, armes et munitions, outils et agencement pour cordonniers, voitures, pétrole et bougies, conserves et pâtes alimentaires, huiles.
- L’Angleterre tient le premier rang sur le marché de la Colombie, et est suivie, par ordre d’importance, par les Etats-Unis, le Venezuela, la France et l’Allemagne.
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- LES THÉÂTRES
- LE THEATRE DRAMATIQUE POPULAIRE
- C’est décidé. Une association d’artistes vient d’obtenir la concession de l’exploitation du théâtre des N ations pour y représenter le drame populaire (?) et le drame historiqne.
- Souhaitons bon succès à cette entreprise, car nous voyons s’y engager des artistes d’une grande valeur, aimés de la foule à juste titre et auxquels en général on n’a qu’un reproche à adresser c’est de n’avoir pas suffisamment compris le mouvement de l’ait dramatique à notre époque. Nous honorons en eux l’attachement fidèle aux croyances de jeunesse, la religion de la tradition; mais, sans vouloir passer pour un oiseau de mauvais augure, nous ne pouvons dissimuler notre appréhension en face du résultat de leur entreprise.
- D’abord, la constitution d’artiste en société est-elle bonne? Non, a-t-on déjà répondu mille fois de toutes parts. Combien d’articles les hommes de théâtre n’ont-ils publiés dans les journaux à ce sujet. La participation des acteurs aux bénéfices de l’affaire, au prorata des services rendus par eux est une chose excellente et toute morale. Mais l’administration de la troupe par elle-même est d’un principe déplorable. L’intérêt d’un acteur n’est pas suffisamment soudé à celui de ses camarades, pour que les instigations particulières de tous puissent constamment concourir au bien commun. Les artistes n’ont pas ce désintéressement, cette largeur de vues, cette abnégation, ce fonds d’estime réciproque et de modestie personnelle qui sont absolument indispensables dans
- l’administration d’une communauté d’intérêt où l’avantage de l’un doit toujours être sacrifié à celui de la majorité. Dieu sait ce qui va se passer au bout de quelque temps dans ce petit gouvernement qui n’est pas une République comme, on le déclare partout, mais une oligarchie, c’est-à-dire cette caricature de la république, formée avec la combinaison de tous les défauts des systèmes monarchiques.
- Maintenant, autre chose, quel va être le répertoire du théâtre des Nations ?
- Le drame populaire, c’est-à-dire le drame produisant sur la scène les moeurs, les passions des gens de classes inférieures, faisant mouvoir des personnages pris dans le peuple. Est-ce cela ? et croyez-vous que cela amusera beaucoup le public. Il raffolait autrefois du clinquant romantique et de l’empanachement mélodramatique. On l’en a saturé il est revenu un peu aujourd’hui des cottes de mailles, des pourpoints de brocart ou des costumes Louis XV à la Dennery, mais ce n’est pas pour se voir servir à perpétuité la casquette et le bourgeron. La foule a perdu de sa candeur, on lui fait moins gober de choses qu’autrefois, mais elle est susceptible de se passionner pour les réalités émotionnantes qu’on lui présente et dans quelque cadre que ce soit. Il ne faut plus lui circonscrire ses impressions, il faut leur offrir le champ le plus vaste, montrer au public la vie poignante avec ses luttes de chaque jour, produire sur la scène non plus ces fantoches d’autrefois, ces entités conventionnelles démodées aujourd’hui comme les types et les masques de la Comédie-Italienne, mais des hommes, et des hommes pris partout en haut comme en bas de l’échelle, tous intéressants, tous incompréhensibles, car ils penseront, agiront, souffriront, viveront comme les spectateurs eux-mêmes ou comme ceux qu’ils ont coudoyés dans la rue. Donc, ce n’est plus une forme particulière du mêlo qu’il faut, la forme où le rôle du jeune premier est tenue par un ouvrier et celui du traître par un haut fonctionnaire ou un ecclésiastique ; mais le drame véritable comprenant la tragédie et la bouffonnerie, le drame réaliste renouvelé de Shakespeare et approprié à l’état actuel de nos mœurs.
- Quant au drame historique spécial qu’on parle d’instituer à l’ex-théâtre des Nations, ce drame instructif et plaisant à la fois apprenant au peuple son histoire : discet ridendo historiam, c’est une simple plaisanterie. Quelques efforts qui puissent être pratiqués par de braves gens malavisés, le théâtre n’est et ne sera jamais un lieu d’enseignement, c'est un lieu de récréation. Et c’est déjà bien joli.
- Mais le véritable intérêt que présentait la création d’un théâtre municipal a été complètement négligé. Ce qu’il faudrait à une ville comme Paris, c’est un établissement où se puissent produire les jeunes talents, où les auteurs inconnus puissent faire jouer leurs pièces. Ce que ne réalisent pas les théâtres nationaux comme la Comédie-Française et l’Odéon, la ville de Paris l’eût fait faire. C’eût été grand et beau, digne d’une telle cité. Offrir à l’art pur, au mérite dédaigné les moyens de se divulguer, donner son assistance et son encouragement perpétuels au talent en dehors des coteries de boutique et des intrigues officielles, voilà qu’elle eût dû être l’œuvre de la ville de Paris. Elle consacre cent mille francs chaque année à l’amélioration de la race chevaline (et quelle amélioration !), elle pourrait en consacrer autant au développement de l’art dramatique.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et 0>*, rue de la Préfecture, ti
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 22 Août 1886. NUMÉRO 86.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889 ; 2. Exposition internationale des sciences et des arts industriels, 1886; 3. Les expositions flottantes; 4. Les musées commerciaux; 5. Une enquête sanitaire ; 6. Les Expositions anglaises en 1886 ; Exposition coloniale et indienne de Londres, Exposition de Liverpool ; 7. Echos; 8. Question économique ; 9. Histoire anecdotique de la presse en France ; 10. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ; 11. Les Livres , 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- Par suite d’un retard apporté dans la gravure du portrait de M. Grison, nous ne pouvons continuer cette semaine la série des portraits des directeurs de l’Exposition.
- Nos lecteurs trouveront encartée dans le présent numéro une vue de l’exposition des arts industriels qui a lieu au palais de l’industrie.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Nous rappelons encore une fois, qu’aux termes de la loi du 13 brumaire an VII, toutes les demandes, pétitions et réclamations adressées aux ministres et aux administrations publiques doivent être formulées sur papier timbré. J’usqu’ici M. le ministre du commerce et de l’industrie avait retourné les lettres de demandes d’emploi, écrites sur papier libre, en mentionnant le motif de ce retour. Mais à présent, vu le nombre considérable des lettres qui lui parviennent dans ces conditions, le ministre se voit dans l’obligation de les classer dans les archives purement et simplement.
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- Le règlement général de l’exposition est entièrement terminé et il sera discuté et très probablement approuvé dans la prochaine séance du comité de direction qui aura lieu dans les premiers jours de cette semaine.
- Ce règlement contiendra l’organisation entière de l’exposition. Il déterminera les pouvoirs de la commission des trois cents et de la commission des finances et de contrôle ; en outre il donnera le système de classification générale, ainsi que la division des groupes et des classes, qui sera probablement nouvelle. Il contiendra également les dispositions spéciales aux produits de l’agriculture et des beaux-arts.
- Les règlements généraux des expositions antérieures ne renfermaient que :
- 1° Les dispositions générales ;
- 2° Les dispositions spéciales aux oeuvres d’art ;
- 3° Les dispositions aux produits de l’agriculture et de l’industrie ;
- 4° Le système de classification.
- Le nouveau règlement général n’aura pas moins de soixante pages de texte.
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- Dès que le règlement sera arrêté par le
- comité de direction, le ministre nommera la commission de contrôle. La commission des trois cents ne sera nommée que quelques jours après.
- Dans la prochaine séance de la commission administrative, on s’occupera de la partie de l’exposition relative à la tour Eiffel, sur laquelle aucune décision n’a été prise jusqu’à présent.
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- Le capital de garantie s’accroît de jour en jour, de nombreux souscripteurs ont encore versé cette semaine d’importantes sommes entre les mains de MM. Christophle et Georges Berger.
- Les chambres de commerce des départements commencent à souscrire, et d’ici fort peu de temps, nous en sommes persuadés, toutes les chambres de commerce de France auront envoyé leur adhésion.
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- Dans notre dernier numéro, une erreur de composition nous a fait écrire que les bureaux du directeur général de l’exploitation étaient situés 73, rue de Varenne, c’est. 78 bis, qu’il faut lire.
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- Dès que le plan définitif sera approuvé, M. le directeur des travaux s’occupera de préparer les adjudications. Dès aujourd’hui, MM. les entrepreneurs peuvent adresser à M. le ministre, sur papier timbré, les demandes de soumission.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES S, DES ARTS INDUSTRIELS, 1886
- IPalais cle lslncLu.strie ( Champs-Elysées )
- La société nationale des sciences et des arts industriels, qui s’est fondée pour aider au développement, en France, de toutes les industries, vient d’inaugurer son programme en organisant, au palais de l’Industrie, une exposition réunissant toutes les industries scientifiques et artistiques. Le produit de cette entreprise patriotique sera employé à créer de nouvelles écoles professionnelles et à soutenir les cours et les écoles de sciences et d’arts industriels qui doivent servir à conserver à la France sa supériorité, incontestée jusqu’à ce jour, mais que l’étranger lui dispute maintenant avec une énergie toujours croissante.
- Malgré le peu de temps que la société avait devant elle pour préparer cette exposition, elle a pleinement réussi, grâce à l’énergie et à l’esprit d’organisation de son président, M. A. Muzet, qui s’est complètement dévoué à cette œuvre et en a pris la direction.
- Le palais de l’Industrie ayant été occupé par le Salon jusqu’au 5 juillet, il restait peu de jours disponibles pour installer les 2,5oo exposants qui s’y trouvent réunis et pour que l’ouverture de l’exposition ait lieu à la date fixée : le 24 juillet. L’inauguration a pris place, néanmoins, ce jour-là, et l’exemple des rares exposants qui se trouvaient alors entièrement prêts a servi de stimulant aux retardataires.
- Toutes les places de la grande nef sont main-
- tenant occupées par les exposants qui ont terminé leur installation ; presque tous les salons du haut sont remplis ; la section étrangère qui promet d’être très intéressante est en bonne voie d’achèvement et celle des machines, grâce à l’activité déployée par M. Nywenshuysen, ingénieur de l’Exposition, a fait des progrès qui sont très remarquables quand on considère l’importance de cette section et le travail considérable qu’a nécessité l’installation des chaudières et des machines puissantes destinées à l’éclairage électrique.
- Deux salons ont été entièrement consacrés à la section de l’électricité, mais plusieurs exposants qui doivent s’y trouver, peuvent être comptés parmi les retardataires.
- Quoique l’Exposition ne soit pas encore entièrement terminée, on peut déjà dire qu’elle est sous tous les rapports de beaucoup supérieure à celle du Travail qui eut lieu l’année dernière au palais de l’industrie. Les aménagements pour la circulation des visiteurs sont parfaits ; la classification des objets exposés a été suivie avec beaucoup de soin ; l’entrée dans la nef est complètement dégagée et on peut s’asseoir ou circuler librement auprès de l’estrade de l’orchestre, derrière lequel est installé un grand buffet. Le restaurant est sur un emplacement entièrement séparé à côté de la porte de sortie.
- En dehors du grand intérêt que présentent les nombreux produits exposés dont plusieurs ont une grande importance industrielle et sont groupés avec beaucoup de goût, on peut dire que l’administration, a fait tout son possible pour augmenter les causes d’attraction pour le visiteur. Énumé-rons-les rapidement en commençant par l’Ascension du mont Blanc que le musée Grévin, sous la direction d’un artiste bien connu, M. Jambon, a installé à côté de la sortie en face du restaurant. Nous donnerons plus tard une description détaillée de cette œuvre remarquable que le public a pu admirer depuis dimanche dernier, mais dont l’éclairage électrique sera encore incomplet pour quelques jours.
- A la même époque, un tramway électrique amènera les visiteurs de la place de la Concorde à l’intérieur du Palais et les déposera aux pieds du mont Blanc. Dans un grand bassin circulaire dans le milieu duquel se trouve un petit ilôt garni de rocaille et de plantes d’un aspect très pittoresque, surmonté d’un kiosque auquel on arrive par deux ponts rustiques, naviguent les bateaux électriques de M. G. Trouvé.
- Tous les jours de 3 à 5 heures, un excellent orchestre dirigé par M. Mayer de l’Opéra, donne des concerts qui sont déjà très suivis ; les balcons de pourtour du 1e1' étage, présentent un intérêt tout spécial, car c’est là que se trouvent exposées les magnifiques tapisseries des Gobelins, prêtées à l’Exposition par le Mobilier national. M. Roulina est en train de monter sa Taillerie de Diamants, qui présentera un grand intérêt.
- Depuis l’Exposition d’électricité de 1882, celle qui nous occupe sera la première qui sera ouverte le soir au public et éclairée à la lumière électrique ; M. Fontaine, de la Société Gramme, a la haute direction du service de l’éclairage électrique et M. Georges Fournier, ingénieur électricien de l’Exposition, est chargé de l’exécution ; les installations pour cet éclairage ont été très vivement poussées et seront terminées au moment ou paraîtra cet article ; les expériences déjà faites font prévoir un grand succès.
- Les visiteurs du soir, en outre du concert, profiteront de l’audition téléphonique, qui reliera l’Opéra avec- l’Exposition.
- Pour terminer cet aperçu succinct de cette Exposition, dont nous donnerons un compte rendu détaillé, nous mentionnerons que deux des salons du haut, artistement décorés, ont été réservés, l’un pour des matchs de billard et l’autre pour des assauts d’armes, et que des conférences sur des sujets se rattachant aux sciences et aux arts, auront lieu dans le grand salon de réception.
- (A suivre.) Paul Dejoux.
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- LES EXPOSITIONS FLOTTANTES
- Nous avons déjà parlé, à différentes reprises, des Expositions flottantes qu’un Comité parisien est entrain d’organiser à l’heure actuelle.
- Nous avons dit aussi que, voulant favoriser la première exposition de ce genre, le ministre de la marine avait mis à la disposition de ce Comité le transport de l’Etat, la Sarthe.
- La transformation de ce navire se poursuit très activement et ses nouvelles installations ne tarderont pas être achevées. Le moment est donc venu de parler plus en détail de cette entreprise, du but qu’elle poursuit et des moyens que le Comité pense employer pour obtenir les résultats visés. Nous empruntons au journal Le Havre les lignes suivantes :
- Un fait est, aujourd’hui, malheureusement trop certain : c’est que notre commerce et notre industrie sont battus en brèche par des producteurs qui étaient naguère nos inférieurs et qui sont aujourd’hui nos rivaux. Profitant de notre apathie et de nos fautes, ils ont su, avec une ténacité remarquable, s’implanter là où nous dominions en maîtres ; ils ont su faire de grands sacrifices, se contenter de petits bénéfices et ils ont fini, sachant se conformer aux goûts et aux usages des pays consommateurs, par nous chasser de ces pays et y trôner à notre place.
- Qu’avons-nous fait jusqu’ici pour remédier à cet état de choses ? Rien ou à peu près. Nous croyant toujours indispensables, nous avons attendu que nos clients perdus nous revinssent, et nous nous sommes contentés de gémir, en voyant le déficit s’accroître à la fin de chaque inventaire.
- Aujourd’hui, chacun sait qu’il faut que la France secoue cette apathie mortelle ou que c’en est fait de son commerce.
- Parmi les plans d’action proposés, l’idée des Expositions flottantes est une de celles qui ont eu, à bon droit, le plus de succès.
- Dans les Expositions ordinaires, grandes et petites, les visiteurs parcourent rapidement les galeries, pour avoir une idée de l’ensemble. Seuls, ceux qu’un article intéresse, s’arrêtent et l’examinent. Quant aux habitants, ils restent le plus souvent indifférents et l’on est obligé de recourir à des réclames, à des affiches pour les engager à se déranger.
- Malgré ces désavantages, on a constaté qu’aux Expositions de Melbourne, Sydney, Amsterdam, Anvers, etc., plus de 40,000 industriels français n’avaient pas reculé devant des dépenses énormes pour montrer leurs produits, sans avoir la certitude qu’ils seraient vus par les visiteurs.
- Tout autres sont les conditions de l’Exposition flottante. Outre que c’est une nouveauté que tout le monde voudra voir, elle sera complètement gratuite. De plus, elle ira au-devant du visiteur, au lieu d’attendre que le visiteur vienne à elle. Et comme elle se montrera dans beaucoup de ports, on peut assurer qu’elle sera vue par dix fois plus de monde qu’une Exposition ordinaire. De là, un premier et précieux avantage pour les exposants. Mais ce n’est pas le seul.
- Dans un discours qu’il prononçaità Marseille le 7 juillet dernier, M. A.-G. Boyé, délégué du comité organisateur, précisait ainsi le mode d’action des Expositions flottantes :
- « Un directeur versé dans les connaissances commerciales et industrielles sera à la tête de l’Exposition. Son rôle principal sera de visiter, après renseignements sérieusement pris sur les lieux, les maisons avec lesquelles il croira pouvoir nouer des relations importantes pour nos industriels. A l’aide des marchandises exposées à bord, il prendra les ordres et devra, s’inspirant des besoins et des goûts des habitants des villes visitées, soumettre à nos fabricants, les observations, les remarques qui lui seront faites, afin de les mettre à même de conformer leur fabrication aux besoins et aux goûts locaux.
- « Car l’une des causes de notre infériorité industrielle dans les pays d’outre-mer, c’est que nous avons toujours voulu imposer nos habitudes, nos modes, nos goûts et nos idées à ceux dont nous étions les fournisseurs, et nos concurrents, mieux avisés et moins systématiques, ont su petit à petit, profitant de nos" fautes et de notre entêtement, s'implanter là où nous n’aurions jamais dû avoir de rivaux. »
- Voilà pour l’action morale et industrielle de l’Exposition. Voyons maintenant comment le Comité a compris’le côté matériel.
- Aucun navire marchand, non seulement en France, mais èn Allemagne ou en Angleterre,n’était mieux approprié que la Sarthe au but auquel les circonstances l’ont appelée. En effet, on aurait trouvé difficilement un autre vapeur ayant des entreponts de 2 m. 25 à 2 m. 5o de hauteur, se prêtant si bien à l’aménagement vaste et commode d’une Exposition industrielle, dans laquelle les visiteurs pourront circuler aisément.
- « Dans les deux batteries du steamer, disait naguère M. A. G. Boyé à Marseille, on verra s’étaler dans des vitrines et sur des comptoirs coquettement disposés, toutes les marchandises françai-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- ses, naturelles et fabriquées, tout cela éclairé à la lumière électrique, desservi, montré, expliqué par des jeunes hommes instruits et bien élevés, parlant pour la plupart la langue des gens auxquels ils iront faire admirer toutes ces richesses de notre génie national.
- « Pour compléter l’installation de l’Exposition, en lui donnant tout l’agrément et le confortable nécessaires, et afin que les exposants des articles de consommation,tels que vins, liqueurs,vermouth, cognac, champagne, etc., d’un côté, biscuits, fruits confits au sucre et à i’eau-de-vie, conserves de toutes sortes, chocolats, etc., de l’autre, puissent faire apprécier toutes ces choses qui se boivent et qui se mangent, nous avons résolu de réserver à l’arrière de la batterie haute, une pièce de 25 à 3o mètres de long sur 12 mètres de large, pour y construire un bar, où l’on pourra goûter, luncher et déguster. Ce bar, qui n’aura rien à envier aux plus jolis magasins de confiserie ou de pâtisserie de Paris, aura un comptoir élégant et riche où l’on servira toutes les boissons demandées. Tout cela, avec un personnel ad hoc, donnera l’illusion d’un des grands cafés des boulevards parisiens ; ainsi sera atteint un double but : faire connaître à ceux qui ne les connaissent pas nos délicieux produits et leur en donner le goût. »
- Tout cela nous paraît aussi heureusement combiné que possible et nous serions bien surpris si le succès ne venait point couronner les efforts désintéressés du Comité qui consacre à cette œuvre son temps et son argent sans aucune idée ni espoir de profit personnel et dans le seul but d’être utile au commerce français.
- Nous avons dit déjà que le Comité avait l’intention d’envoyer la Sarthe compléter son chargement au Havre. C’est maintenant chose assurée et nous pouvons ajouter même que l’Exposition flottante séjournera quelque temps dans nos bassins, où elle sera certainement l’objet d’une vive curiosité et d’un réel intérêt.
- Mais nos concitoyens seuls ne seront pas appelés à la voir.
- Lorsque la Sarthe sera au Havre, le Comité s’entendra avec le chemin de fer de l’Ouest pour organiser des trains de plaisir de Paris, afin que les habitants de la capitale puissent visiter, eux aussi, cette Exposition d’un nouveau genre.
- Ce n’est là, si l’on veut, que le petit côté de l’entreprise. Cependant c’est pour nous un élément d’intérêt de plus. Et c’est pourquoi nous hâtons de nos vœux la venue de la Sarthe, en faisant les vœux les plus sincères pour que l’Exposition flottante, bien conduite comme elle a été bien conçue, puisse contribuer à rendre à notre commerce l’activité qu’hélas il n’a plus.
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- LES MUSÉES COMMERCIAUX
- Fondation d’un musée commercial français à Saint-Sébastien
- Dans le but de développer les relations commerciales et industrielles entre la France et l’Espagne, plusieurs négociants français, établis à Saint-Sébastien, viennent de se constituer en syndicat. Le premier acte de cette réunion de commerçants, personnes d’ailleurs des plus recommandables, a été la création dans le quartier le plus central de la ville, d’un musée commercial où seront admis les échantillons des produits des deux pays.
- Les spécimens des diverses marchandises exposées dans ce musée, qui a été autorisé par le gouvernement espagnol, y seront groupés, classifiés, étiquetés selon leur genre, de manière que le nom des fabricants, le lieu de leur résidence, les faits généraux de transport, de douane, etc., se présentent bien en évidence sur chaque article.
- Par l’entremise du syndicat qui se tiendra en relation constante avec les exposants, les visiteurs recevront tous les renseignements intéressant les échantillons exposés, et un prospectus, donnant les détails les plus complets sur la marchandise dont les spécimens figureront au musée, sera distribué gratuitement au public.
- En outre, à l’effet d’aider au placement de nos produits, le syndicat s’entourera d’informations puisées aux sources les plus sérieuses afin de pouvoir faire connaître l’origine des articles étrangers similaires entrant en Espagne par les frontières du Nord, ainsi que les motifs de la préférence qui leur est accordée par les consommateurs. Toujours dans le même ordre d’idées, le syndicat recommandera les exposants à ses correspondants français et espagnols et fournira, avec impartialité et sous toute réserve, les renseignements confidentiels de moralité et de solvabilité, qui pourront les intéresser.
- Les exposants paieront une indemnité annuelle-de 60 francs pour subvenir aux frais généraux.
- Déjà une vingtaine de fabricants ou industriels-français, parmi lesquels il faut citer MM. Worms, Josse et Cie de Bordeaux, Hayeur aîné, Roy frères, Dalsace oncle et neveu, Jourdan, Tissier, Bonnelly et Cie, Legrand, de Paris, Alamigeon et: Rollas, d’Angoulême, ont adhéré à cette œuvre de-propagande nationale qui, si elle est bien conduite,, peut, je crois, rendre d’utiles services à notre-commerce d’exportation.
- Compte rendu de la séance annuelle du musée commercial de Stuttgard
- Le musée commercial de Stuttgard a tenu, le-mois dernier, sa séance annuelle. Le rapporteur a constaté la situation prospère de la Société dont le-nombre dépasse aujourd’hui 390. Pendant l’année 1885, le dépôt d’échantillons a été visité par 192 personnes dont 145 acheteurs. L’agence a reçu 666 commandes directement, 171 par ses représentants et 25o par l’intermédiaire de la succursale de-Hambourg, soit au total 1087 ordres qui se sont répartis sur 236 membres. Le chiffre des affaires, comparativement à celui de l’année précédente,, présente une augmentation de 26 1/2 0/0. De plus, il convient de remarquer que plusieurs des membres ont reçu directement des commandes qu’ils n’ont pas fait connaître pour éviter le droit minime-dû sur les affaires procurées par l’agence.
- Les achats ont été exactement et promptement payés.
- Quant aux visiteurs dont beaucoup se présentaient pour la première fois, ils sont venus non seulement des principales places de commerce-d’Europe, mais encore de New-York, Boston,. Denver, Philadelphie, Pittsbourg, San Francisco, Montréal, Mexico, Chihuahua, Guadalajara, Gua-yaquil, Bélize, Buenos-Ayres, Puerto-Cabello, Caracas, Porto-Alegre, Cuiana, Rio-de-Janeiro, Rosario, San Carlos, la Havane, Bombay, Deli, Batavia, Pa-dang, Bangkok, Beyrouth, Jaffa, Jérusalem, Alger, Tunis, Mogador, Alexandrie, Port-Elisabeth, le Cap, Accra, Bulbine, Sidney et Melbourne.
- On a surtout demandé des produits chimiques, des légumes secs, des cigares, de la céramique, des outils, des limes, des ustensiles de ménage, des cuirs et articles en cuirs, de la cordonnerie, de la ganterie, de la quincaillerie, des instruments de chirurgie, des meubles de fer, de la bijouterie, de l’horlogerie, des meubles, de la bimbeloterie, de la mercerie, des couvertures de laine et de-coton, des tricots, des corsets, de la chapellerie, des pianos, des registres de commerce, etc.
- Le nombre des renseignements fournis par l’agence a été de 25o. Pour la publicité, on a distribué 85o catalogues (dont 100 en français), 1,140 avis, 2,700 circulaires.
- L’agence possède maintenant 22 représentants à l’extérieur : à Londres, Liverpool, Paris, Anvers, Amsterdam, Barcelone, Milan, Naples, Athènes, Vienne, Trieste, Copenhague, Pétersbourg, Moscou, Bucharest, Sofia, Belgrade, Constantinople, Smyrne, Salonique, Alexandrie et Melbourne.
- Ces représentants ont rendu de grands services, surtout en Grèce jusqu’au jour où les événements, politiques ont arrêté les affaires avec ce pays., L’Export-musterlager y avait envoyé deux jeunes gens actifs et intelligents auxquels des fabricants, avaient assuré un minimum d’affaires. Ces jeunes gens ont commencé par étudier le pays, ses besoins et ses goûts et ce n’est qu’après s’être bien renseignés qu’ils ont fait venir les échantillons, évitant ainsi des déplacements inutiles de marchandises qui, sans parler des frais qu’ils occasionnent, fatiguent et mécontentent le fabricant-Les résultats ainsi obtenus avaient été très satisfaisants, et c’est ce système qu’on paraît devoir employer à l’avenir pour établir des relations entre-les divers pays ; pour cette raison, j’ai cru devoir le signaler.
- On est satisfait du développement qu’a pris la succursale de Hambourg pendant l’année 1885. Elle représente maintenant 63 maisons wurtem-bergeoises , et malgré les difficultés que lui ont suscitées les commissionnaires de la ville, elle a
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- pu procurer, ainsi que je l’ai dit plus haut, 260 •commandes.
- Quant à la situation financière de l’agence, elle est tout à fait satisfaisante : l’allocation de 10,000 marcs qui lui avait été accordée par le comité de l’Exposition de 1881 n’est pas entièrement dépensée. Les frais sont couverts par les cotisations des membres (22 marcs chacun) et par le léger droit prélevé sur les affaires procurées par son entremise.
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- UNE ENQUÊTE SANITAIRE
- Le ministre de l’agriculture vient d’adresser aux professeurs départementaux d’agriculture l’importante circulaire ci-après, qui intéresse non seulement tous les pays vignobles mais encore la masse des consommateurs de vins et notre commerce d’exportation en entier.
- « Depuis que l’expérience paraît avoir démontré l’efficacité du sulfate de cuivre et de ses composés dans le traitement des vignes atteintes ou menacées parle mildew et que l’emploi de ces substances s’est propagé parmi nos viticulteurs, l’attention de l’administration a été appelée, à diverses reprises, sur les dangers que pourrait présenter, pour la santé publique, la consommation des vins provenant des vignes traitées par les mélanges à la base de soufre.
- On fait remarquer, à ce sujet, que, si les pluies auxquelles sont exposées certaines régions viticoles, telles que celles du sud-ouest au sud-est, ont généralement pour effet d’entraîner et de faire disparaître la majeure partie des sels de cuivre qui auraient pu se fixer sur les grains de raisin, il est à craindre qu’il n’en soit pas de même dans le Midi, où il n’est pas rare de voir régner une sécheresse absolue du mois de juillet au mois d’octobre, c’est-à-dire pendant la période qui s’écoule entre l’époque ordinaire du traitement et celle de la vendange.
- En outre, comme il semble résulter de plusieurs expériences que, presque tout le cuivre semble se concentrer dans les marcs, on s’est demandé si les vins des deuxieme et troisième cuvées qui sont exclusivement consommés par les classes ouvrières ne seraient pas ceux qui présenteraient le plus de danger au point de vue de l’intoxication.
- ... Bien qu’il existe, dès à présent, de fortes présomptions en faveur de l’innocuité complète du traitement par le cuivre et que, d’autre part, le fait de la concentration du cuivre dans les marcs ne paraît pas jusqu’ici impliquer plutôt l’intoxication des vins des deuxième et troisième cuvées que celle des vins du premier pressurage, j’estime néanmoins qu’une question qui intéresse la santé publique et la bonne renommée de nos vins est trop grave pour être résolue sur de simples inductions, quel que soit leur degré de probabilité et avant que des expériences absolument concluantes aient éclaici un certain nombre de points encore obscurs.
- J’ai décidé, en conséquence, que MM. les professeurs départementaux des diverses régions viticoles de la France dirigeraient sur l’école de Montpellier, aussitôt après les vendanges, des échantillons de vins et de marcs provenant de vignes traitées par le sulfate de cuivre de telle sorte que l’analyse à laquelle ils devront être soumis, dans cet établissement, fasse ressortir, aussi rigoureusement que possible la quantité de cuivre contenue dans les vins, ainsi que dans les liquides des deuxième et troisième cuvées et dans les marcs :
- i° Pour les traitements effectués au moyen du sulfate de cuivre pur ;
- 20 Pour les traitements effectués au moyen de mélanges variables de sulfate de cuivre et de chaux soit liquide, soit en poudre.
- Les doses étant déterminées, il ne restera plus qu’à rechercher si elles peuvent exercer une influence sur la santé des consommateurs; et c’est au conseil d’hygiène qu’il appartiendra de se prononcer à cet égard.
- Je compte sur tout votre zèle pour assurer le succès de ces expériences auxquelles j’attache une importance exceptionnelle puisqu’elles doivent fixer l’opinion publique sur la valeur définitive
- d’un traitement qui, au point de vue exclusif de la préservation et de la défense des vignes, a donné jusqu’à ce jour les résultats les plus satisfaisants. »
- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- EN 188 6
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial)
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du i5 août 1886)
- Le Palais indien (Suite et fin)
- C’est à la demande du prince de Galles que M. Pardon Clarke a été envoyé dans l’Inde pour préparer les plans du palais et réunir les ouvriers indigènes qui ont été employés à sa construction.
- Cette partie de l’Exposition est sans contredit une des plus curieuses à visiter. On pénètre dans le palais indien par un portique gigantesque construit entièrement en pierre de taille, merveilleusement sculpté, et qui passe à juste titre pour le plus bel échantillon de l’art moderne indien. C’est le Maharajah Scindia de Giraliorqui en a fait don au musée de South Kensington après l’avoir prêté à l’Exposition de Calcutta où il servait d’entrée à la section indienne. Des deux côtés de ce portique s’étendent les murs crénelés et les bastions qui défendent les abords deÿ palais de l’Inde. Nous nous trouvons maintenant dans une vaste cour entourée de vingt boutiques indigènes, construites et décorées dans le style Hindou-Persan ; chacune de ces boutiques est occupée par un ou plusieurs ouvriers des provinces du nord-ouest, d’un métier différent : les uns font des tapis, des châles de cachemir, des mousselines d’une finesse merveilleuse, des broderies en or, argent et soie, les autres des bijoux, des incrustations sur métaux, des ustensiles de ménage, des meubles sculptés, etc. On se croirait véritablement dans un des bazars de Luchnorr ou de Lahore, car malgré, la grande affluence de visiteurs qui se presse autour des Indiens, ces derniers conservent toujours leur impassibilité caractéristique et en réalité traitent avec le plus profond mépris, suivant la coutume des orientaux, les badauds qui les contemplent.
- On quitte la cour d’entrée en passant sous un large porche bizarrement construit et on arrive dans le vestibule garni de plantes, d’un bassin, d’un dessin très original et paré en mosaïque indienne, et un escalier en pierre rouge vous mène dans la salle du Durbar. C’est le salon des réceptions princières ou les Rajahs et Maharajahs reçoivent en grand apparat leurs ministres, leurs fonctionnaires, et les visiteurs de distinction. Ils y tiennent parfois de hautes cours de justice et y promulguent leurs lois et leurs édits.
- Cette salle présente un aspect merveilleux avec ses enchevêtrements de sculptures excentriques, ses colonnes et ses fenêtres cintrées d’un modèle à la fois élégant et d’une originalité extrême, ses tentures en soie, et en étoffes de Cachemyr, et ses tapis d’une richesse inouïe ; tout le travail de décoration a été fait par deux ouvriers indigènes de Bhera dans Pendjab.
- L’extérieur du palais, surtout le style connu sous le nom d’architecture Mogol, est peint en couleur de Terra Cotta, relevée par des ornements en couleur blanche.
- Nous avons maintenant terminé la section indienne, proprement dite, qui comprend les produits exposés de toutes les provinces soumises au gouvernement du vice-roi de l’Inde.
- Ile de Ceylan
- L’Ile de Ceylan qui fut occupée d’abord par les Portugais, et ensuite en 1656, par les Hollandais, appartient à l’Angleterre depuis l’année 1796; elle a une surface égale au cinq sixièmes de celle de l’Irlande et sa population est de 2,822,090 habitants parmi lesquels le nombre des Européens ne dépasse pas 5,000. Son gouvernement est entièrement séparé de eelui de l’Inde.
- Ceylan est un des pays les plus remarquables du globe pour sa végétation luxuriante, et la route du Colombo à Kandy présente les plus beaux points de vue que l’on puisse rêver. C’est aussi à Ceylan que l’on trouve le plus vieux des arbres dudmonde et dont l’âge vénérable est prouvé par des documents authentiques. C’est l’arbre sacré des Boudhistes qui depuis 2,200 ans vont en pèlerinage ramasser que lques feuilles tombées et les conserver comme des reliques.
- Cette ile est célèbre depuis des siècles pour ses perles fines et ses pierres précieuses, saphirs, rubis, topazes, etc. La pêche des huîtres perlières
- est sous le contrôle du gouvernement qui, comme impôt, se fait remettre le tiers des huîtres arrachées à l’océan Indien et le fait vendre en vente publique ; la pêche dure de 3o à 40 jours et la vente des perles réalise une moyenne de 4,220,000 francs par an sur lesquels le gouvernementprend 1,410,000 francs..
- Les habitants de Ceylan (Singalais ou plutôt Sinhalises) sont d’une race d’agriculteurs de premier ordre et ce qui prouve que, dès la plus haute antiquité, l’agriculture a été largement patronée par les rois du pays, ce sont les vestiges que Ton rencontre encore de nos jours, des travaux d’irrigation remontant à 5oo ans avant l’ère chrétienne.
- On entre dans l’Exposition singalaise par un pavillon en bois de Teak qui a été copié sur le temple boudhiste de Kaudy où se trouve la dent sacrée de Boudha. Toutes les décorations de cette section représentent d’une manière différente les animaux qui font partie de la mythologie boudhiste le lion, l’éléphant, le taureau et l’oie ; cette dernière, si mes souvenirs sont exacts, a été admise dans le Panthéon indien pour avoir rendu des services analogues à ceux des oies du Capitole. Les sculptures et les peintures sont des reproductions exactes des anciens temples et on remarque surtout le Gautama Boudha, sculpté en relief, dans l’attitude conventionnelle de la contemplation de la fleur de lotus.
- L’Exposition artistique de Ceylan consiste dans ses meubles en bois d’ébène sculptés ; ses objets en écaille de tortue, ses sculptures en ivoire, ses bijoux en or et en argent et ses dentelles de Galles, Cotta et Negombo qui ressemblent beaucoup à celles de Malte. On remarque aussi une très belle collection d’armes singalaises.
- Au point de vue commercial, le café et le thé occupent le premier rang. Ce n’est que vers 1820 que les Anglais ont commencé à cultiver le caféier qui n’est pas une plante originaire de Ceylan, l’exportation atteint maintenant le chiffre de 56 millions de kilogrammes par an représentant une valeur de 125 millions de francs. Ce café, mélangé avec du moka ou du café de Bourbon, est excellent.
- La culture du thé n’a commencé qu’en 1877, la dernière récolte a produit 1,800,000 kilogrammes et dans six ans les planteurs espèrent atteindre le chiffre de i3 millions de kilogrammes.
- On remarque aussi de très beaux échantillons de quinquina et de cacao.
- Une des grandes productions de l’île est l’huile, les fibres et la liqueur fermentée (arrack) fournis par le cocotier, on en exporte pour 17 millions et l’impôt sur l’arrack rapporte 4,250,000 francs au gouvernement.
- Pour finir avec Ceylan, mentionnons la collection très intéressante exposée par les jardins botaniques de l’île et la collection ethnologique.
- Paul Dejoux.
- (A suivre)
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- {Voir le Moniteur du i5 Août 1886).
- Section anglaise (suite)
- L’exposition du Llyod’s Register est trop vaste pour que je puisse citer tous les modèles qu’elle comprend : J’en ai déjà mentionné quelques-uns dans mon dernier article qui me paraissaient importants : je continuerai rapidement la nomenclature des principaux vaisseaux en ne m’arrêtant qu’à ceux qui peuvent présenter un intérêt particulier. Voici, par exemple, un groupe de modèles de bateaux construits en 1864, en partie par la « Thames Irouwozks Company. » L’un deux est l’aviso « Izeddin », construit pour le sultan de Turquie : il jauge 1,075 tonnes et a une longueur de 25o pieds sur 29 de largeur. Un autre est le vapeur à roues « Napoléon III », de 3,400 tonnes, maintenant appelé la « Ville du Havre », construit pour la Compagnie générale transatlantique ; et encore les vapeurs à roues, tout en fer « Buffalo », « Lama » et « Camel ». Parmi les bateaux construits en 1866, je remarque les modèles des vaisseaux en fer « Marpesia » et «Antiope » construits pour la Compagnie australienne de navigation et celui de la « Ville de Paris » (City of Paris), si renommé pour sa magnifique disposition et surpassant toutes les constructions qui avaient été faites jusqu’alors. La longueur totale est de 416 pieds et il jauge 3,072 tonnes.
- Puis se succèdent, le vapeur à roues, en fer, « Galatea », le Lahloo, le Spindrift, etc., construits en 1867 à Greenock et à Glasgow, le vapeur à hélices « Oberon », construit en 1869, enfin le vapeur à hélices, en fer, « Lord of the Isles », construit en 1870 par MM. Napier et fils de Glasgow. La même année un vapeur à hélices « Australia », était construit par MM. Caird et Cie, de Greenok, pour la Compagnie Péninsulaire et Orientale de navigation à vapeur.
- A citer encore le modèle « City of thester » qui,
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
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- comparé au « City of Paris », appartenant à la même Compagnie, permet de juger des changements apportés dans quelques années à la construction navale. Ce bateau est beaucoup moins grand que le « City ôf Paris » : il n’a guère qu’une longueur totale de 5o pieds ; mais il n’en a pas moins montré sa capacité de tenir la mer par les sept voyages qu’il a fait de New-York à Queens-town, accomplissant la traversée en 8 jours 11 heures 26 minutes.
- Parmi de nombreux modèles de bateaux construits de i8y3 à 1882, mentionnons le transatlantique « Arizona ». L’Arizona a accompli sa première traversée à New-York en 7 jours 11 heures et 49 minutes : sa longueur est d’environ 4.00 pieds ; 1’ » Austral » construit pour la Compagnie Orientale de navigation ; les vapeurs « Rome » et « Carthage » de la Compagnie Péninsulaire et Orientale de navigation à vapeur; le <- Vanduara » un magnifique bateau à voiles, avec 4 mâts, construit par MM. Connell et Cie, de Glasgow. Le vapeur à roues « Invicta », a été construit pour la Compagnie London Chatham and Dover Railway.
- Yachts. — L’exposition de yachts est très intéressante et charmerait plus d’un de nos riches compatriotes déjà renommés par leur goût pour ce genre de bateaux. Le Llyod’s Register nous offre une magnifique collection de modèles.
- L’un des plus anciens yachts est 1’ « America », construit en 1851 par M. Steers, de New-York et maintenant la propriété de M. Butler, L’ « America » qui jauge 171 tonnes prit part aux régates de Cowes, lorsqu’il sortait des chantiers et gagna le prix de la Reine, dans la course autour de l’Ile de Wight. MM. Hausens et fils présentent deux modèles de yachts construits par eux en 1851 et 1855 le Wildfire et le Whirlivind ; M. Luke, de Southampton, expose le « Maid of Alhens », construit en 1875 pour M. Jacobson et le « Daphné » construit en 1882 pour M. Haukinson. Les yachts à voiles sont en grand nombre. Parmi eux citons le Water-Witch, goélette construite en 1880 pour lord Revelstoke, le Winnifred construit en 1884 par MM. Walkim et Cie, à Londres, le Venelia, le Dove, le Mary? etc. Ce dernier construit par MM. Black et Cie, de Southampton, cette année.
- Parmi les yachts à vapeur, nous trouvons le « Fairy » vapeur à hélices en fer, le premier yacht qui fut construit pour sa majesté la reine Victoria ; citons aussi le « Rona » de Czarina, le « Lily » construit en 1883, par MM. Walkim et Cic de Londres, le Nerisse, construit l’an dernier par MM. Stephens, de Glasgow. A propos de l’exposition des machines du « Llyod’s Register of British and Foreign Lhipping » qui présente un grand intérêt historique, j’aurai à parler des machines de la « Comète ».
- Voici, au sujet de ce bateau, une légende assez curieuse: Le propriétaire, M. Bell, ne consentit jamais à faire plus d’un voyage chaque jour entre Glasgow et Greenok avec la « Comète » et on rapporte qu’une seule fois le bateau quitta Greenock à 10 heures du matin pour Glasgow, mais grâce à un très léger vent de bout, il était deux heures après midi que Bowling n’avait pas encore été atteint, ce qui faisait quatre heures de marche pour une distance de 10 milles. Aussi les passagers furent obligés de débarquer et de profiter de la marée basse pour gagner Glasgow. Depuis 1862 ce bateau est placé dans le Musée de South Kensington et comme objet de curiosité sa valeur actuelle est beaucoup plus grande que celle qu’il a jamais eue. La machine a un cylindre à haute pression : elle est simple dans sa construction et légère en poids.
- Mentionnons encore le modèle du bateau « Great Western » qui fut construit spécialement pour le service entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Le Great Western fut projeté et construit en bois par M. Patterson de Bristol : il avait 212 pieds de longueur. Il fit sa première traversée de Bristol à New-York en 5o jours. Le Llyod’s Register comprend dans son exposition le modèle des machines de ce bateau.
- Si je me suis longuement étendu surl’exposition du Llyod’s Register qui comprend tant de modèles de navires, de différentes formes et de destinations également diverses, c’est que j’aurai prochainement à parler d’une société analogue, non moins puissante, et dont le siège social est à Paris. Je veux parler du bureau Veritas, dont l’exposition est placée dans la grande avenue delà section anglaise, sans appartenir d’une façon absolue à cette section. Par son caractère international, elle ne pouvait trouver place dans telle ou telle section ; il lui fallait une sorte de terrain neutre et l’on ne pouvait mieux résoudre la question qu’en lui donnant une place d’honneur à l’entrée de l’Exposition. Mais, avant d’aborder l’examen de cette exposition française, anglaise, allemande, suédoise, etc., faite par le Bureau Veritas, je voudrais mentionner quelques exhibitions particulières dont le mérite ne saurait être effacé par l.esgieux sociétés dont je viens de parler et qui ne diffèrent^ que par leur constitution. La société du « Llvod s Register » dont j’ai passé en revue l’exposition au début de cet article, est presque exclusivement anglaise : celle du Bureau Veritas nous permettra d’étudier les constructions navales dans presque chacun des pays du monde entier.
- Au premier rang de ces exhibitions particulières se trouve celle de MM. Amstrong de Newcastle qui comprend une série de modèles de croiseurs construits pour le Japon, l’Italie, etc., etc., et de magnifiques machines de bateau. MM. Laird Brothers de Birkenhead nous intéresse par ses modèles de vieux bateaux, torpilleurs, cuirassés, etc.
- La « Cooperative Wholes ale Society » expose entre autres spécimens de ses produits, les modèles de ses bateaux à vapeur. Le vapeur à hélices « Pio-ner », construit en 1878, fut le premier bateau de cette société: il avait 173 pieds de longueur et 26 pieds de largeur. N’ayant point de quille, ce vapeur portait un poids de 5oo tonnes, avait un tirant d’eau de 12 pieds et atteignait une vitesse de 9 nœuds. MM. Thomson de Dundee et de Glasgow exposent quantité de bateaux parmi lesquels, comme magnifique spécimen d’architecture navale, se trouvent les bateaux à voiles « Persévérance » et « Terepaca ». Le colonel Hime de Weymouth expose un modèle de bateau à vapeur. MM. Thomas et Cook de Londres et Li.verpool ont une intéressante exhibition de gondoles de Venise des xve, xvne et xixe siècles ; de bateaux de plaisance à voiles, de bateaux employés pour la navigation sur le Nil, enfin un ancien modèle de bateau employé par les Egyptiens pour conduire leurs morts à leur dernière demeure. Une exposition très importante est celle de MM. Oswald, Mordaunt et Gie ; elle comprend deux modèles de vaisseaux en fer, encore sur chantier et, par suite, n’étant point encore nommés ; ces bateaux jaugeant 2,600 tonnes chacun ont une longueur de 304 pieds sur une largeur de 41 pieds. A citer encore de la même maison deux autres bateaux à voiles « Ellesmere » et « Scottish Hills ». Le premier est un modèle de bateau à voiles, en fer, à 4 mâts et jaugeant 2,707 tonnes; le second est un bateau en fer complètement gréé, jaugeant 2,000 tonnes. Citons aussi quelques jolis yachts, d’élégants petits vapeurs... et enfin quelques spécimens de machines de bateau.
- J’aurais encore à citer beaucoup d’autres expositions importantes, mais la place m’est comptée et, pour finir cette section maritime anglaise, j’arrive aux expositions d’objets empruntés aux musées de Kensington et de Liverpool ou envoyés pour la décoration de la section et son intérêt historique par S. M. la Reine, le duc d’Edimbourg, et par d’autres personnages importants de l’Angleterre.
- Ch. Lenoir.
- (.A suivre.)
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- ÉCHOS
- Paris
- On sait que M. Chevreul, l’éminent savant, achèvera le 31 courant, sa centième année. Une série de fêtes aura lieu à cette occasion avec le concours officiel des ministères et des sociétés savantes.
- Signalons entre autres, l’ouverture le Ie» septembre, dans les galeries du Muséum, d’une exposition rappelant les découvertes de M. Chevreul et leurs applications industrielles : matières colorantes, teinture des étoffes, impressions sur étoffes et sur papiers, bougies stéariques, dynamite, décoration de la porcelaine, enfin cette admirable classification des couleurs qui permet à la manufacture des Gobelins d’exécuter sur commande, sans que ses artistes aient les nuances sous les yeux, ces chefs-d’œuvre qui font l’admiration universelle.
- La commission adresse un chaleureux appel à tous les manufacturiers et industriels qui ont appliqué à leurs produits les découvertes scientifiques. de l’illustre savant, et qui désireraient participer à cette exposition.
- Les demandes sont reçues, tous les jours, de 2 à 5 heures, au siège du comité,62, rue de Provence.
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- Les ministres de la guerre et de la marine, ont l’intention d’organiser l’année prochaine au palais de l’industrie, une exposition d’un nouveau genre, où seraient réunis, les armes, armures et uniformes de toutes les nations et de toutes les époques.
- Cette intéressante exposition ouvrirait le 1er. juillet 1887 pour prendre fin le 30 novembre.
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- Nous lisons dans le Temps :
- Est-ce un projet sérieux ? Est-ce une simple plaisanterie ?...
- Un comité composé de littérateurs, d’artistes, de vétérinaires et d’agriculteurs organise une exposition de tous les spécimens de la race féline domestique.
- Cette exposition, qui compte aujourd’hui un grand nombre d’adhérents, aura lieu au commencement d’octobre.
- Pour tous renseignements, s’adresser boulevard Montmartre, 1, tous les jours de 2 heures à 5 heures.
- Une médaille d’or de mille francs sera donnée
- au lauréat, et d’autres médailles d’or et d’argent seront décernées au premier prix de chaque espèce.
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- L’œuvre patriotique de l’envoi d’ouvriers français pour visiter les expositions anglaises, les écoles professionnelles et les musées industriels et commerciaux d'Angleterre, organisée par un comité composé des membres de la chambre de commerce, des chambres syndicales, des conseils de prud’hommes, de conseillers municipaux et d’industrie de Paris, sous le patronage du ministre du commerce, a rencontré une approbation générale.
- La province a déjà répondu à l’appel ; mais comme plusieurs chambres de commerce, conseils de prud’hommes et chambres syndicales ont demandé de reculer l’envoi des délégations afin d’avoir plus de temps pour délibérer et choisir des délégués, le comité a décidé de retarder ce voyage jusqu’au mois de septembre prochain.
- La souscription reste donc ouverte, et on peut toujours s’adresser pour tous renseignements au secrétaire du comité, au palais de l’industrie, porte 4, Champs-Elysées.
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- Une section coloniale est créée à l’Ecole libre des sciences politiques, dirigée par M. Boutmy, à partir de l’ouverture de la prochaine année scolaire.
- Le programme de cette section, plus spécialement organisée en vue du recrutement des administrateurs de notre empire indo-chinois et de la Tunisie, comprend les matières suivantes :
- Histoire des rapports diplomatiques de l’Occident avec les pays de l’extrême-Orient, en insistant sur le rôle de la France dans l’Indo-Chine depuis 1860.
- Droits et coutumes annamites.
- Droits et coutumes musulmans.
- Législation française coloniale.
- Géographie physique et économique.
- Droit administratif (organisation du pouvoir central).
- Finances (impôts, législation budgétaire, marchés de l’Etat).
- Droit international conventionnel et consulats.
- Législation maritime et commerciale comparée.
- Affaires commerciales.
- Monnaies, changes, banques coloniales.
- Un diplôme constatant la possession de cet ensemble de connaissances sera délivré aux candidats reconnus capables.
- L’enseignement sera réparti de manière à permettre aux élèves de suivre à l’Ecole des langues orientales, les cours de langue arabe, chinoise ou annamite.
- M. Paul Leroy-Beaulieu inaugurera les cours par une série de conférences sur la colonisation.
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- D épartements
- La fédération des officiers et sous-officiers de sapeurs-pompiers de France et d’Algérie tiendra son congrès annuel à Grenoble (Isère), les dimanche 26 et lundi 27 septembre prochain.
- A ce Congrès sera annexée une exposition de matériel d’incendie, d’engins de sauvetage, de signaux avertisseurs, et, en général, de tout ce qui intéresse la sécurité publique au point de vue de l’incendie.
- Cette exposition ouvrira le vendredi 17 septembre pour clôturer le lundi 27.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition d’agriculture annoncée a eu lieu avec un très grand succès à Augsbourg (Bavière), du dimanche 1er au dimanche 8 août.
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- Angleterre
- Une délégation composée de vingt-quatre membres du conseil municipal de Paris étudie en ce moment la question ouvrière de l’autre côté de la Manche.
- Nos édiles visitent également l’exposition coloniale de Londres, ainsi que les expositions internationales de Liverpool et Edimbourg.
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- Australie du Sud
- Nos lecteurs savent qu’une grande exposition internationale célébrera à Adélaïde, au printemps de l’année prochaine, le cinquantenaire de la Colonie et le cinquantième anniversaire de l’avé-nement au trône britannique de la reine Victoria.
- Déjà les travaux viennent de. commencer. Le 21 juillet dernier, quarante-neuvième anniversaire de la reine, le gouverneur, Sir J. Robinson,entouré de tous les fonctionnaires et de toutes les notabilités de la Colonie, a inauguré solennellement les chantiers par la pose de la première pierre des futurs bâtiments de l’exposition australienne.
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- Autriche - Hongrie
- Dimanche dernier a eu lieu à Budapest l’inau-
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- N° 86
- LE MONITEUR DE ^EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 22 Août 1886
- 1 euxième année. —
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES ET DES ARTS INDUSTRIELS
- RALAIS DE L'INDUSTRIE taris. - Glyptographie SILVESTRE & Ci., rue Oberkampl. 97
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- Deuxième Année. — N° S6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 22 Août 18S6. — 2
- guration de l’exposition historique organisée à l’occasion du jubilé de la reprise d’Of'en sur les Turcs, en 1686.
- La cérémonie était présidée par M. Tisza, président du conseil des ministres hongrois. Dans l’assistance se trouvaient les membres du cabinet et du Parlement, les consuls généraux, les représentants de la municipalité, de l’Académie et des Universités.
- M. Tisza, dans son discours d’ouverture, a fait ressortir la haute importance de l’événement jubilaire.
- Toute la chrétienté, a-t-il dit, a été reconnaissante envers les nations qui ont coopéré à la délivrance. Le ministre a insisté sur les succès qu’une armée est capable de remporter lorsqu’elle est soutenue par l’enthousiasme de la population.
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- Sous les auspices de la Société des arts graphiques de Vienne, une exposition annuelle de travaux d’art graphique vient d’être organisée. La première de ces expositions sera ouverte au Kuns-tlerhaus, à Vienne, du 1er décembre 1880 au 31 janvier 1887. Elle comprendra : la gravure sur cuivre, la gravure à l’eau forte, la lithographie, la gravure sur bois et tous autres travaux d’art effectués au moyen de divers procédés techniques, ainsi que les éditions de luxe illustrées. Les envois devront être adressés à Vienne à la fin de septembre 1886.
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- Belgique
- Une exposition internationale des industries appliquées à l’art de la guerre est en voie d’organisation.
- Cette importante exposition aurait lieu dans le courant de l’année prochaine à Bruxelles, le choix de cette ville ayant paru le plus convenable à cause de la neutralité de la Belgique.
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- Chine
- Les travaux publics sont très disputés.
- Nos entreprenants voisins d’outre-Rhin et d’ou-tre-Manche accaparent en ce moment la construction des premières lignes de chemin de fer.
- On assure cependant, que grâce à l’énergique intervention de M. Ristelliueber, notre consul à Tien-Tsin, la concession des travaux des. docks et du port à construire à Port-Arthur aurait été concédée à un syndicat français.
- D’autre part, la construction d’une voie ferrée entre Kelüng et Tarnsui, dans l’ile de Formose, serait formellement décidée, ainsi que l’établissement d’un câble de Formose à Amoy par les îles Pescadores.
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- Italie
- La première exposition italienne de photographie aura lieu à Florence, dans le courant du mois d’octobre 1886. Cette exposition aura un caractère national, pourtant quelques objets étrangers pourront être admis dans certaines classes. Les demandes de renseignements doivent être adressées au comité organisateur, 33, Via San Gallo, palais Le Monnier, à Florence.
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- Une nouvelle exposition depuis longtemps projetée, et sur laquelle nous avons donné quelques détails, est maintenant définitivement décidée.
- Venise aura, l’année prochaine, son exposition nationale des beaux-arts 'qui est placée sous le haut patronage de Sa Majesté la reine Marguerite d’Italie.
- Le comité exécutif, qui est composé de vingt-quatre membres parmi lesquels figurent le prince Giovanelli, les comtes Serego, Papadopoly, Tie-polo, Valmarana, Grimani, Mocenigo ; les professeurs Favretto, Ciardi, Rossa, Marsili, Nono, Ferrari; les barons Trêves dei Bonfili, Urbani de Gheltof; les ingénieurs Fambri et Lavezzari, etc., vient de publier le règlement général de l’exposition qui fixe l’ouverture pour le 25 avril 1887 et qui comprendra la peinture, sculpture, verrerie, céramique, mosaïque et tout art appliqué à l’industrie, et nul doute que la plus complète réussite ne'vienne récompenser les louables efforts du
- comité. . .
- Les édifices de l exposition seront eleves dans l’enceinte des jardins publics, un des sites les plus pittoresques de la ville, et le programme des fêtes qui seront données est des plus attrayants.
- L’adjudication des travaux aura lieu avant le départ'de-la reine d’Italie, qui se trouve depuis quelques jours à Venise, afin qu’elle puisse assister à l’inauguration des travaux avant son départ.
- QUESTION ÉCONOMIQUE
- Les concours agricoles qui ont lieu chaque année un peu partout, en France comme à l’é-trangeV, montrent aux regards de l’observateur attentif les progrès incessants de l’outillage agri-
- cole et révèlent, en même temps, la tendance de plus en plus marquée à remplacer le travail de la main-d’œuvre par celui delà machine.
- Quand on parcourt ces sortes d’expositions régionales du travail des champs, on est frappé de la multiplicité et de la variété des agents mécaniques qui sont aujourd’hui employés à l’exploitation d’une ferme et l’on ne saurait s’empêcher de remarquer que la part réservée au labeur manuel diminue de jour en jour dans des proportions considérables. L’heure n’est pas éloignée où tous les travaux qui occupaient jadis de nombreux ouvriers s’exécuteront à l’aide de machines. Déjà, les moissonneuses, les faucheuses, les batteuses, les semoirs, etc., ont supprimé, en grande partie, la main-d’œuvre pour les travaux du dehors. A l’intérieur de la ferme, le travail mécanique tend aussi de plus en plus à remplacer les bras de l’homme. C’est ainsi que le liachage des fourrages et des racines et le transport des objets qui encombrent les cours des fermes se font à l’aide d’agents mécaniques. Dans les grandes exploitations, la brouette et la civière du bon vieux temps sont remplacées par de petits wagonnets montés sur rails, véritables chemins de fer en miniature.
- On se demande, en présence de cet état de choses qui condamne tant de bras à l’inactivité, ce que vont devenir ces ouvriers. Certes, ce n’est pas la volonté qui leur manque, ils ne demandent qu’à travailler, mais où trouveront-ils à s’occuper?
- Il y a, dira-t-on, d’autres industries. Oui, sans doute, mais malheureusement, les autres industries suivent la même voie que l’agriculture et comme elle, elles ont, pour la plupart, substitué le travail mécanique au travail manuel, ou elles ne tarderont pas à le faire.
- Pourtant, il faut bien que ceux que cette transformation industrielle atteint, qu’elle met dans l’impossibilité de travailler, gagnent leur vie.
- Le problème n’est pas facile à résoudre et nous comprenons que les économistes et les hommes politiques soient dans l’embarras, quand ils envisagent la situation de sang-froid et sans parti pris.
- Que deviendront ces forces ainsi exclues du domaine du travail ? Elles ne sauraient s’annihiler ; il faut nécessairement qu’elles trouvent un emploi quel qu’il soit. C’est un devoir pour la société de protéger tous ses membres et de leur fournir les moyens de suffire à leurs besoins par le travail. Lorsque, pour des raisons ou pour d’autres, il lui est impossible de subvenir à cette tâche qui, nous le reconnaissons, est parfois très difficile, sinon impossible, elle doit au moins essayer de soulager leurs misères. C’est pour cela qu’elle crée des bureaux de bienfaisance et qu’elle a institué l’Assistance publique ; mais qui ne sait que ces institutions humanitaires n’atteignent pas toujours le but que l’on se propose. Il y a bien des misères cachées ou honteuses que la charité ignore et auxquelles elle ne saurait apporter aucun soulagement.
- Ce qui rend la situation encore plus critique c’est que, à mesure que le travail manuel diminue, la population ouvrière croit et multiplie, car si la misère peut abréger les jours des individus, elle ne saurait paralyser la loi naturelle de la multiplication incessante et progressive de l’espèce.
- Le problème, il faut le reconnaître, est difficile à résoudre.
- Quoi qu’il en soit, en présence de ce double phénomène de la diminution constante du travail manuel d’une part et de la multiplication de l’espèce humaine de l’autre, on se demande avec une légitime inquiétude ce que l’avenir réserve à la vieille Europe et si elle n’est pas à la veille de commotions et de bouleversements qui modifieront peut-être complètement l’organisation sociale des peuples. « Ces grèves qui éclatent partout, ces manifestations nombreuses du prolétariat, sont les symptômes d’un malaise général. »
- Peut-être serait-il temps encore de conjurer l’orage. Pour cela il faudrait aller au fond des choses, entrer dans la voie des réformes économiques et sociales. Il est un fait incontestable ; c’est que l’organisation économique actuelle est condamnée par l’expérience et par les résultats qu’elle a donné. Elle a pu sous l’ancien régime, satisfaire les besoins d’une société, dans laquelle la plèbe travailleuse et la bourgeoisie étaient complètement sacrifiées, bien qu’elles fussent comme aujourd’hui les créatrices delà richesse et du bien être général. Mais dans l’organisation actuelle, les rôlesMe sont plus les mêmes. C’est pourquoi le système économique ne correspond plus aux nécessités sociales. Tout, d’ailleurs, le prouve surabondamment et, nous pourrions citer en premier lieu, les difficultés industrielles dans lesquelles se débattent toutes les nations européennes.
- Ceux qui ont mission de vèiller sur les destinées des peuples y ont-ils songé?
- Si nous avons exposé ces faits, ce n’est pas pour récriminer, mais simplement pour montrer le danger et solliciter l’attention des penseurs et des hommes politiques. C’est, d’ailleurs, la question brûlante du moment, elle doit primer toutes les autres, parce qu’elle est grosse de périls et que c’est l’existence même delà société qui est en cause. Elle fournit des armes aux révolutionnaires, qui
- rêvent la destruction de l’organisation sociale et elle concentre autour d’elle toutes les revendications et toutes les haines. Plus on retardera l’étude et la solution du problème et plus l’armée des mécontents et des révoltés ira grossissant, et trouvera des recrues. Ce qui se passe actuellement en Belgique, en Allemagne et en Russie en est la preuve palpable. Il y a quelque vingt ans seulement, le socialisme et le nihilisme ne comptaient que quelques bataillons clair-semés d’adeptes, aujourd’hui, ils forment une armée redoutable. Que l’on y songe !
- E. M.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 18 juillet 1886).
- VII
- Nous n’en avons pas fini avec l’habileté professionnelle de Renaudot.
- Nous avons à enregistrer l’extension donnée à la Galette, dont R format primitif — 4 pages in-40 — ne tarda pas être considérablement augmenté! Il faut dire que la clientèle était nombreuse. On ne sait comment il s’y prit ; mais ce diable de Renaudot réussit à avoir bientôt des correspondants à peu près dans toutes les capitales. En même-temps qu’un esprit très inventif, on peut dire de. cet homme qu’il avait aussi le génie de l’information.
- Au point de vue ou nous en sommes arrivés,, la Galette de France fonctionne très bien. Elle a sa rédaction et son administration propre elle est écoutée à la cour et à la ville; et nous ve’nons de voir qu’elle a fondé une succursale au moyen du Courrier Français. Théophraste Renaudot avait donc accompli son œuvre ; le succès avait couronné ses efforts. Il reste maintenant à savoir si vraiment Renaudot ne fut qu’un simple industriel et un écrivassier besogneux.Nous pensons qu’il faut le juger avec beaucoup plus de bienveillance; et l’on doit voir en lui le plus audacieux et le plus actif. des précurseurs du journalisme contemporain.
- Nous parlions plus haut du Courrier. Sait-on qu’après la Fronde, quand le roi fut rentré à Paris et que le Parlement eût courbé la tête, un dissentiment profond éclata entre Renaudot et le propriétaire du Courrier ? La chose paraîtra peu croyable, et cependant elle est véridique. Au nom de son privilège, Renaudot demanda que le Courrier fit place nette à la Galette, la guerre civile étant terminée, il n’y avait plus place à Paris pour deux journaux. D’autre part, en admettant que le Courrier eût vécu parallèlement à la Gazette, il pouvait etre pour celle-ci un adversaire dangereux. Renaudot, qui l’avait fondé, le savait mieux que personne. Mais avant de disparaître, le Courrier eut ce qu’on peut appeler sa belle époque. Il ne se vendait qu’un sou. Un nommé Saint-Julien, obscur bohème de lettres dans le genre de Maillet (l’original du Poète crotté) et de l’inimitable Neuf-germain, conçut l’idée de paraphraser en vers chacun des numéros du Courrier. Saint-Julien n’avait, d’ailleurs, ni talent ni esprit. Tel était l’engouement de Paris pour les feuilles volantes que la publication versifiée eut un réel succès de lecture et qu’elle rapporta à son auteur de nombreux écus.
- Nous sommes maintenant en 1652. Les gazettes en vers viennent de naître. Loret, chroniqueur ingénieux, va bientôt conquérir la protection de la duchesse de Longueville et de toute la cour. La Galette en vers de Loret est, à proprement parler, fenfance.de la petite presse française. Loret est à la fois chroniqueur mondain, critique d’art, informateur et journaliste politique. Il a de l’esprit, beaucoup de verve, parfois de la grâce. Ses verselets contiennent quelquefois des traits charmants. Mais Loret a de nombreux défauts dont le moindre n’est pas la prolixité. Malgré tout cela Loret amuse ; et l’on s’explique qu’à notre époque un éditeur ait eu l’idée de réimprimer la collection des Galettes rimées. D’ailleurs ne nous y trompons pas, le bonhomme Loret a contribué à agrandir les domaines du journalisme français. A côté de Renaudot, il a son charme et son utilité ; et la preuve c’est que, lui disparu il a eu de nombreux imitateurs et continuateurs. Pour le plaisir des grandes dames et des seigneurs de la cour, un peu aussi par intérêt, Loretta tracé de fort amusants tableaux de son époque. Il assistait aux premières représentations des comédies et des tragédies et il en rendait compte avec habileté et malice. Quand un personnage célèbre quittait la scène du monde, Loret ne manquait pas de parler du décès dans la Galette, en l’accompagnant de quelques réflexions. On sait que les amateurs ont
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- 278. — Deuxième Année. — N° S6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 22 Août 188G.
- gardé la mémoire des vers écrits par Loret au moment de la mort de Marion Delorme :
- La pauvre Maryon de l'Orme,
- De sy rare et plaisante forme,
- A laissé ravir au tombeau
- Son corps sy charmant et sy beau.
- Quand la mort, avec sa faucille,
- Assassine une belle fille
- J'en ai toujours de la douleur
- Et tiens cela pour grand malheur.
- Voilà toute l’émotion de Loret. Ne lui demandons pas d’autre sentiment : il en est incapable. C’est un chroniqueur, à la fois malicieux et bonhomme. Il excelle à raconter les petites nouvelles du monde, et il annoncera avec le même sérieux le départ de Louis XIV pour la guerre et le déplacement du célèbre coiffeur Champagne. Mais les gazettes rimées de Loret sont précieuses à titre de documents. Quoique avec moins d’autorité, car Loret n’était pas un écrivain, elles jouent un rôle analogue à celui des très piquantes Historiettes du malicieux Tallemant des Réaux.
- Mais revenons à Théophraste Renaudot, que nous avons un peu perdu de vue. Quoiqu’il eût gagné beaucoup d’argent, ses dernières années furent dures. C’est que Renaudot n’avait pas cessé de consacrer ses gains à de nombreuses améliorations réalisées en faveur de la Galette. Bref, quand il mourut, le 25 octobre 1653, Théophraste ne laissa pas un sou. Voici en quels termes la Galette du ier novembre annonce le décès de son fondateur :
- « Le 25 du mois dernier mourut, au quinzième « mois de sa maladie, en sa soixante-douzième « année, Théophraste Renaudot, conseiller-méde-« cin du roi, historiographe de Sa Majesté, d’au-« tant plus recommandable à la postérité que, .< comme elle apprendra de lui les noms des grands « hommes qu’il a employés en cette histoire jour-« nalière, on n’y doit pas taire le sien, d’ailleurs « assez célèbre pour son grand savoir et la capa-« cité qu’il a fait paraître durant 5o ans en l’exer-« cice de la médecine, et par les autres belles pro-« ductions de son esprit, si innocentes que, les « ayant toutes destinées à l’utilité publique, il « s’est toujours contenté d’en recueillir la gloire. »
- Ce dernier éloge est rigoureusement exact. Le père du journalisme français fut toujours un homme désintéressé et voué au bien public. Son plus bel éloge a été fait par Guy Patin, qui fut son plus mortel ennemi à cause de certaines rivalités médicales. Le 12 novembre 1653, Guy Patin écrivait ceci : « Le vieux Théophraste Renaudot « mourut ici le mois passé, gueux comme un « peintre. » Pour qui connaît le caractère de Guy Patin, ces deux lignes sont éloquentes.
- On ne peut s’expliquer l’oubli dans lequel est tombé aujourd’hui le nom de Théophraste Renaudot. Cet homme de bien a fait, pour son temps, une création considérable ; et le conseil municipal de Paris devrait bien consacrer son souvenir en donnant son nom à une voie publique. T. M.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du i5 août 1886).
- Sans avoir encore tout à fait obtenu ce que l’on pourrait appeler la libre pratique, l’exploitation du théâtre est devenue de nos jours une entreprise artistico-industrielle de même genre que la plupart des entreprises commerciales ou financières modernes. Ceci est relativement nouveau. L’autorité administrative supérieure, qui s’impose encore de plusieurs manières à la direction des entreprises dramatiques, a d’abord présidé d’une façon omnipotente à l’organisation du spectacle, organisation qui avait un caractère absolument officiel.
- On sait que chez les anciens les représentations dramatiques faisaient partie des divertissements que comportaient les jeux publics, fêtes nationales se répétant à certains anniversaires de victoires, ou célébrées en l’honneur des dieux à diverses époques. Du reste, en instituant des jeux en toute occasion, puisqu’il y en avait même à la .mort des hauts personnages, les chorèges chez les Grecs, les édiles curules chez les Romains étaient chargés de l’organisation des spectacles. Il y avait, en outre, des présidents de jeux, magistrats spéciaux: chez les Gi'ecs ; cette charge d’un grand honneur était dévolue aux personnages en vue, chez les Romains, les édiles présidaient les jeux au théâtre. Des édits, des ordonnances très détaillées régissaient en tous points le fonctionnement des entreprises dramatiques. Les lois théâtrales avaient surtout chez les Grecs une importance et une autorité considérable. Les peines les plus sévères étaient édictées contre les citoyens qui en proposeraient l’abrogation. Démosthènes,
- en 35o avant Jésus-Christ, essaya vainement, dans l’élan patriotique de sa deuxième Olynthienne, de porter atteinte à quelques-unes de ces lois pour le bien général du pays. Les réformes et mesures d’économie qu’il proposait ne furent pas acceptées, tant ces lois avaient conservé de force et de prestige.
- Dès que le théâtre commença à s’introduire en France, dès qu’on se livra aux premières représentations dramatiques sous forme de mystères, moralités, farces et soties, le pouvoir supérieur s’en préoccupa, s’ingéra dans l’exercice de ces spectacles; et tout fut soumis à des réglementa-tions plus ou moins despotiques. Des interdictions furent lancées, quelques privilèges furent concédés : aux Confrères de la Passion, en 1402, par Charles VI, aux Clercs de la Basoche par Charles VII, aux Enfants sans.soucis par Louis XII.
- Aucune troupe ne put s’établir à Paris sans en avoir obtenu la permission royale. Quant aux troupes nomades, ambulantes, elles avaient à peu près liberté d’aller et venir par le pays, en se conformant, quand elles donnaient des représentations aux ordonnances des cités, aux édits des Parlements des contrées qu’elles traversaient.
- C’est ainsi que des privilèges royaux furent concédés à des troupes demeurées célèbres, celle de l’Hôtel de Bourgogne, puis la troupe de Monsieur (la i‘'e de Molière à Paris, si l’on excepte Y Illustre théâtre, qui n’était qu’une troupe d’amateurs). Louis XIV donna bientôt à Molière la salle du Petit-Bourbon, et ensuite celle du Palais-Royal. Molière mort, cette salle fut donnée à Lulli pour y installer son Académie Royale de musique. Les comédiens italiens du Marais s’établirent aussi par permission et avec privilèges.
- A ces concessions royales, correspondaient certaines charges à remplir par les comédiens qui demeuraient sous le coup de l’autorité souveraine. Leurs privilèges leur assuraient en revanche des droits et des avantages considérables. Le plus fameux de ces privilèges fut celui accordé à Lulli pour son Académie Royale de musique et qui fut transmis à son théâtre jusqu’à la Révolution. L’Opéra acquit de la sorte une façon de monopole dont durant de longues années il usa avec un pouvoir arbitraire. Dès le début, il empêcha tout autre théâtre d’employer dans ses représentations plus de deux chanteurs et de six violons. Il inter-disit les danseurs. A mesure que de nouveaux théâtres se créèrent, ils durent payer tribut à l’Opéra. A l’époque de la Révolution, tous les théâtres de Paris , sauf la Comédie-Française, étaient tributaires de l’Opéra qui leur imposait des conditions draconiennes et qui rançonnait jusqu’aux théâtres forains. La Révolution supprima ce privilège qui fut rétabli par l’empire. Toute espèce de spectacle tant soit peu musical, bals, fêtes, concerts dut alors payer redevance à l’Opéra. La Restauration conserva la réglementation impériale. Enfin, en 1829, les théâtres se. liguèrent pour refuser de payer à l’Opéra l’impôt inique qu’il exigeait d’eux ; il y eut procès intenté, et perdu par les théâtres. La Révolution de i83o fit disparaître le privilège. Mais des vestiges en demeurèrent longtemps encore. L’époque n’est pas si éloignée où les petits théâtres n’avaient pas le droit de produire sur la scène plus d’un certain nombre de personnages, très restreint d’ailleurs. Ce qui avait conduit d’ailleurs à de bien curieuses applications de détournement des règlements. Ce n’est qu’en 1864, avec la proclamation de la liberté des théâtres, que les divers monopoles à la fois ridicules et odieux, concédés aux divers théâtres officiels, leur furent retirés.
- D’ailleurs, jusqu’en 1864, l’exploitation des théâtres releva toujours directement d’une autorité administrative supérieure. Avant la Révolution, il v avait un haut fonctionnaire royal, un surintendant chargé de la surveillance de l’Opéra, de la Comédie-'Française et de la Comédie-Italienne. Ce surintendant avait sous ses ordres quatre premiers gentilhommes exerçant chacun par quartier, c’est-à-dire par trimestre. Avec la Révolution ce système disparut. D’ailleurs, en 1791, l’Assemblée nationale, après une discussion à laquelle prirent une part active Maury et Robespierre, avait décrété la liberté des théâtres. L’Empire reprit le système d’autorité administrative de l’ancien régime. La Restauration le conserva. Les théâtres furent soumis à l’autorité directe de la maison du roi. Un surintendant était chargé des théâtres de Paris. Les théâtres de province relevaient du ministère de l’intérieur par l’administration préfectorale.
- En mai 1815, une instruction ministérielle établit une réglementation complète du fonctionnement des entreprises théâtrales. La France était divisée en 25 arrondissements théâtraux. On distingua deux sortes de directeurs de comédiens : les directeurs de troupes stationnaires et les directeurs de troupes ambulantes. Les premiers résidaient dans des villes désignées, dites stationnaires, lesquelles du reste, à l’exception de Paris, n’avaient pas le droit de posséder plus de deux théâtres. Ces directeurs étaient nommés par le ministre et obtenaient ainsi des brevets accordés pour un certain laps de temps. Pour obtenir ce brevet il fallait verser un cautionnement. Et tout était administré, réglementé officiellement. Les
- directeurs ambulants devaient suivre des itinéraires indiqués d’avance. Les directeurs stationnaires se trouvaient sous la surveillance constante des préfets. Des comptes d’entreprises devaient être rendus à époques fixées. Le répertoire était soumis à l’approbation ministérielle. Les femmes ne pouvaient obtenir de brevets ; ces brevets eux-mêmes étaient rigoureusement personnels et ne pouvaient être cédés. Bref tout, tout, était dans ses moindres détails soumis à l’investigation en même temps qu’à la discrétion du pouvoir officiel.
- En 1864, un décret impérial proclama la liberté des théâtres. Il fut dès lors permis à tout individu d’entreprendre à ses risques et périls une exploitation dramatique ; moyennant, bien entendu, sa soumission à quantité de réglementations moins despotiques-que celles d’autrefois, mais ne témoignant pas encore suffisamment d’un souci complet de la liberté littéraire et industrielle.
- Le pouvoir, assez bénin, il est vrai, et presque occulte aujourd’hui, du reste, absolument discrétionnaire, qui s’impose encore à la libre exploitation du théâtre est celui de la censure.
- La censure a existé de tous temps sous différentes formes. Son institution date évidemment de l’époque de l’institution du théâtre et tant que le théâtre vivra, la censure existera plus ou moins déguisée. Chez les Grecs, il régnait à la vérité une liberté presque complète sur la scène. Chez les Romains, il n’en était pas ainsi, malgré le débordement de licence de langage qu’on remarqua dans les pièces du théâtre latin. L’autorité romaine permettait le cynisme des paroles, le tableau de mœurs dissolues, mais non l’allusion directe aux personnages puissants, la critique acerbe des institutions publiques. Les édiles ne faisaient représenter des pièces qu’après les avoir achetées, quand ils les avaient vu répéter devant eux :
- Postquam ædiles emerunt
- dit Térence dans le prologue de VEunuque.
- Névius fut emprisonné pour avoir adressé quelques épigrammes à la puissante famille des Mé-tellus.
- Chez nous on retrouve, en 789, une ordonnance royale contre les licences de la mimique, les baladins s’étant permis des audaces qui avaient déplu aux grands. En 1402, trois , officiers furent chargés de surveiller les Confrères de la Passion. Les Clercs de la Basoche et les Enfants sans souci, en même temps qu’on leur conférait des privilèges, se virent aussi soumis à des règlements qui leur interdisaient de toucher de telle et telle façon à tel et tel sujet dans leurs jeux.
- En 1699, la censure s’établit d’une manière absolument administrative. Des fonctionnaires spéciaux sont créés pour veiller à ce qu’on ne présente pas sur le théâtre des spectacles blessant la morale, les lois, la religion et particulièrement offensant le pouvoir en quelque façon que ce fût. Avec la Révolution, la censure disparaît par l’article 6 de la loi de janvier 1791: Les officiers municipaux chargés de la surveillance des théâtres ne peuvent ni arrêter, ni défendre les représentations ; ils en défèrent à la juridiction ordinaire. Le consulat rétablit la censure. Elle est supprimée en i83o pour être rétablie en 1835 sous une forme déguisée. On institue ce qu’on appelle la commission d’examen. Supprimée en 1848, cette commission reparaît en 1852. Elle est supprimée définitivement le 3o septembre 1870 par le gouvernement de la Défense nationale et non rétablie depuis, ce qui ne l’empêche pas de fonctionner toujours. On parle encore en ce moment de la supprimer, ce qui serait de toute logique et de toute dignité, car pourquoi imposer aux directeurs de théâtres cette sujétion à une sorte de juridiction préventive au lieu de les soumettre au droit commun, quand ils auront contrevenu aux lois générales du pays.
- Sauf cette condition de soumettre le répertoire à l’autorisation de la commission d’examen et les mille autres conditions de réponse aux exigences des ordonnances policières, l’exercice de l’entreprise dramatique est donc libre aujourd’hui. Seuls, les théâtres subventionnés, demeurent sous la tutelle du gouvernement ou des municipalités. Cette tutelle se représente par la constitution d’un cahier de charges que doivent remplir lesdits théâtres et dont des fonctionnaires spéciaux, les commissaires du gouvernement près les théâtres subventionnés sont chargés de surveiller l’exécution.
- Les directeurs des théâtres subventionnés, du reste, ne prennent guère au sérieux ce cahier des charges, et la seule clause qu’ils exécutent à la lettre est celle de l’encaissement de la subvention.
- Il y a plusieurs sortes de subventions, les subventions fournies par les municipalités (en province surtout, car la municipalité de Paris s’est généralement refusée à en octroyer d’une manière régulière), les autres par l’Etat. A l’étranger, les souverains subviennent souvent aux frais de représentation, dans certains théâtres avec de l’argent pris sur leurs cassettes particulières. En Angleterre, la subvention est inconnue. A Paris, il y a quatre théâtres subventionnés par l’Etat : l’Opéra qui reçoit 800,000 fr., la Comédie-Française qui en reçoit 240,000 ; l’Opéra-Comique qui en reçoit Soo^ooo et l’Odéon qui en reçoit 100,000.
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- Les théâtres subventionnés s’administrent comme les théâtres ordinaires. Le directeur nommé parle gouvernement (ou la municipalité, pour les théâtres municipaux) opère avec pleins pouvoirs.
- La Comédie-Française a seule une organisation toute spéciale. Un fonctionnaire supérieur dont le qualificatif varie souvent et qui s’est appelé tour à tour, directeur, commissaire, administrateur général, est chargé conjointement avec un comité d’artistes sociétaires de la direction du théâtre. Le décret de Moscou, du i5 octobre 1812, a délimité les pouvoirs des sociétaires et de ce fonctionnaire et réglementé minutieusement tous les détails d’organisation. Modifié par une ordonnance de 1847, puis Par une autre ordonnance de i85o, le décret de Moscou demeure encore dans son ensemble le texte de l’organisation de la Comédie-Française. Est-il nécessaire de dire que cette organisation est loin d’être parfaite et que si un congrès théâtral se réunissait à l’occasion de l’Exposition de 1889, un de ses premiers soins devrait être d’appeler l’attention du gouvernement sur toutes les défectuosités du système actuel, et de provoquer de grandes modifications dans le fonctionnement administratif du théâtre Français.
- En fait de choses de théâtre, la question qui intéresse le plus vivement le public ordinaire est celle du prix des places. On s’accorde généralement aujourd’hui à trouver exhorbitants les tarifs en vigueur. Il est vrai qu’il y a dans ce sentiment de révolte contre le coût du spectacle une véhémence passagère, laquelle tient à la crise financière qui sévit en ce moment-ci sur la France; l’argent sort de la bourse à notre époque avec beaucoup plus de difficulté que jamais. Quoi qu’il en soit, le prix des places est certainement exagéré ; le taux du spectacle est plus élevé qu’il ne le convient, d’après la place qu’il occupe dans les besoins de l’existence moderne. Il y a du reste une fâcheuse inharmonie dans la relation de cet accroissement du prix des places avec le mouvement des mœurs. Plus le public s’affine, s’instruit, plus il exige des représentations d’une grande perfection et d’un vif éclat ; ce qui produit cette augmentation perpétuelle de frais et de dépenses des entreprises dramatiques. Mais en même temps le public s’habitue de plus en plus à voir dans le spectacle un plaisir très ordinaire, qu’il veut par conséquent se procurer à bon marché. De là, d’une part, obligation des entreprises à hausser leurs tarifs, répugnance croissante du public à payer plus cher. Il y a un état d’équilibre qu’il faudrait obtenir, et qu’on n’obtiendra jamais d’une façon stable tant qu’on n’aura pas réussi d’une façon quelconque à dégrever les charges des exploitations théâtrales au profit de la diminution des tarifs.
- D’autrefois à aujourd’hui il y a eu révolution fondamentale dans le système d’exploitation dramatique.
- Chez les anciens, la représentation était une réjouissance nationale ; aux premiers temps du théâtre chez nous, c’était l’exercice d’une troupe d’amateurs ; puis ce fut un des éléments des grandes fêtes seigneuriales et royales. Dans tous ces cas, la rétribution exigée du public, quand il y eut rétribution, était destinée à solder dans une certaine mesure les frais de la représentation. Mais le plus clair de la ressource des entreprises provenait chez les Grecs et chez les Romains soit des sommes affectées aux jeux’et prélevées sur le Trésor public par les lois théâtrales, soit de la libéralité des grands personnages qui donnèrent des spectacles. A l’époque des confréries, il devait y avoir cotisations des membres, caisse de société constituée par divers moyens. Jusqu’à Louis XIV, ce fut à peu près uniquement aux frais de la cassette royale ou de riches seigneurs qu’eurent lieu ces représentations à grand éclat qui précédèrent l’installation définitive du spectacle à décors, mise en scène somptueuse, etc. Donc, jusque-là, la subvention, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est le véritable revenu du théâtre.
- Le théâtre devenu permanent, la subvention ne suffit plus à l’entretenir; le public prend sa part des plaisirs du roi, il la paye. A mesure que les entreprises se dégagent de leur caractère officiel, la subvention disparait et le public paye tout. Aujourd’hui le revenu du théâtre n’est plus que le produit de la location des places et pour les théâtres dits subventionnés, la subvention n’est qu’une allocation très minime en proportion des considérables dépenses qui sont effectuées.
- Chez les Grecs et chez les Romains les premières représentations furent gratuites. Quand des théâtres furent édifiés à grands frais et qu’on apporta un grand déploiement de luxe dans les spectacles, le public paya dans une certaine mesure. Mais ces grands personnages avides de popularité donnèrent fréquemment au peuple des représentations dont leur magnificence intéressée soldait seule la dépense. On ne peut donc pas se faire une idée très exacte de ce qu’étaient les prix des places chez les anciens. D’autant plus que les diverses places étaient affectées réglementairement aux diverses classes du public.
- Nous avons déjà parlé de cette répartition des spectateurs dans la salle antique. Nous n’y reviendrons pas. Des officiers spéciaux, le designa-tor à Rome (l’ouvreuse moderne) veillaient à ce
- que chacun pritla place qui correspondait à sa cessera, numéro d’ordre qu’on donnait à l’entrée et qui jouait le rôle de notre billet de stalle. Les citoyens qui avaient droit à des places réservées étaient inscrits comme tels sur les livres des censeurs.
- Vos qui potestis ope vostra censerier
- dit Plaute dans le prologue des Captifs.
- Du reste, les spectateurs anciens cherchaient souvent à se glisser aux places qui ne leur appartenaient pas. Les esclaves se faufilaient parmi les hommes libres, et des citoyens hardis s’introduisaient dans les rangs des chevaliers.
- Plaute fait allusion à ces manœuvres indélicates d’amateurs de spectacle dans le prologue du Pœ-nulus.
- Servi ne obsideant, liberis ut sit locus,
- Ve( ocs pro capite dent.
- et Juvénal s’écrie dans sa troisième satire Exeat, inquit,
- Si pudor est, et de pulvino surgat equestri,
- Cujus res legi non sufficit.
- On ne sait pas exactement quelles pouvaient être les taxes, bien minimes d’abord, que les sociétés comme celles des Confrères de la Passion, etc., imposaient au public, quand elles jouèrent dans des salles fermées et qu’elles eurent obtenu assez de succès pour que la foule désirât les voir en payant.
- Les troupes ambulantes de comédiens qui se mirent à courir les provinces à partir du xvi0 siècle établissaient des tarifs de places qui dépendaient bien entendu de la fortune des divers publics auxquels elles s’adressaient. La plupart du temps les comédiens offraient leurs services à des seigneurs de châteaux ou aux municipalités des villes qui les traitaient avec plus o.u moins de générosité pour donner un certain nombre de représentations.
- Par documents à peu près authentiques, on apprend qu’une troupe d’Italiens, les Gelosi, donnèrent à la salle des Etats à Blois et à Paris, à l’hôtel de Bourbon, des représentations pour lesquelles on payait quatre sols. En 1659, quand Molière fit jouer les Précieuses au Petit-Bourbon, le prix du parterre fut de dix sols. Au théâtre du Palais-Royal, il fut porté à i5 sols en 1667. Voici d’ailleurs quel était le tarif des places dans le théâtre de Molière:
- Places sur le théâtre
- Loges...............
- Amphithéâtre........
- Loges hautes. . • . .
- Loges de 3e.........
- Parterre. .......
- 5 livres 10 sols
- 5 —
- 3 —
- 1 — 10 sols
- 15 sols
- A l’hôtel de Bourgogne le tarif était le même. Quand une pièce obtenait un grand succès on surélevait momentanément les prix qui augmentèrent d’ailleurs bientôt d’une manière absolue. En 1699, le parterre coûtait 18 sols au Palais-Royal, devenu académie de musique; en 1716, nouvelle augmentation. Le prix des places de théâtre s’est toujours accru depuis cette époque. Depuis ces trente dernières années, il s’est augmenté à peu près dans une proportion d’un tiers.
- Jusqu’à l’époque de la proclamation de la liberté des théâtres, en 1864, Ie tarif fut dépendant de l’autorité supérieure administrative. Aujourd’hui, sauf dans les théâtres subventionnés où le prix des places est réglementé par le cahier des charges, le directeur en agit à sa guise. Généralement il n’use pas de son indépendance d’une manière très ingénieuse et conforme à ses intérêts et à la prospérité de son théâtre. Elevant trop son tarif, il fait se raréfier son public, à moins de succès exceptionnels ; le diminuant trop, il discrédite son spectacle. La juste mesure est difficile à obtenir. La question du prix des places devient de jour en jour plus importante dansles conditions de bon fonctionnement d’une entreprise dramatique. Aujourd’hui, cela est positif, le prix des places est trop élevé et un directeur ne peut remplir sa salle.
- Et pour marcher, dans le théâtre, il n’v a pas à dire, il faut des salles pleines. Que fait-on ? On distribue quantité de billets de faveur. On a mené dans les journaux, il y a quelque temps, à l’instigation des directeurs de théâtres à succès, une campagne assez ridicule au sujet des billets de faveur. Le directeur de théâtre est un négociant comme un autre qui ne livre pas sa marchandise à pure perte de gaieté de cœur. Il ne recourt à l’emploi de billets de faveur que par intérêt, convaincu qu’il retire un profit de cette distribution gratuite. Le profit ne vient pas toujours. Le public de faveur est un public spécial, bien plus exigeant que le public ordinaire payant et dont il devient bientôt terrible de s’encombrer.
- Pour ne pas diminuer leurs tarifs généraux et avoir tout de même des spectateurs, les directeurs ont imaginé le billet prime, le billet à droit. Le public se laisse allécher par cette diminution fictive d’un tarif fixe qu’on lui offre avec plus ou moins d’habileté, et paye plus facilement cette somme réduite que la même somme ou une somme moindre correspondant à un plein tarif. Il y a
- là un tour d’escamotage qui donne d’assez bons résultats. Le directeur emplit les. trois quarts de sa salle de billets à demi-droit. Soit naïveté, soit fierté bizarre, d’autres spectateurs arrivent payant place entière, la salle est comble. Le procédé n’en demeure pas moins d’un succès aléatoire.
- Un point très important de la question des billets est celui de l’augmentation du tarif en location. Dans les journaux, depuis ces dernières années, on s’attaque à ce système qui est illogique au premier chef. Les directeurs y tiennent, surtout par entêtement traditionnel et parce qu’aucun ne veut commencer le premier à y renoncer, le pli n’étant pas pris dans le public. Le public qui loue d’avance est une catégorie particulière de public. On a peur de perdre le gain que l’on fait sur lui, sans le récupérer par un plus grand débit de billets.
- Pourtant, un mouvement d’habitudes se produirait certainement si les places prises d’avance coûtaient meilleur marché ; le gain des entreprises dramatiques deviendrait plus assuré, car le public ayant moins à débourser sacrifierait plus volontiers son argent et attendrait moins l’engouement de la mode et du succès d’une pièce pour se proposer de l’aller voir.
- Bref, la formule de la modicité du prix de vente et de la grande quantité de débit est celle du commerce et de l’industrie modernes. Elle doit être appliquée à l’exploitation du théâtre comme à tout autre genre d’entreprise.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXI
- Katia, par le comte Léon Tolstoï, traduction de M. le comte d’Hauterive. — A la recherche du bonheur, par le comte Léon Tolstoï, traduit et précédé d’une préface par M. E. Halphérine. 2 vol. in-18. Paris, librairie académique Didier. Perrin et Cie, libraires-éditeurs.
- Un des caractères distinctifs du génie national français, c’est d’être logique à outrance, de pousser les principes jusqu’à leurs extrêmes conséquences, d’aller en toute chose jusqu’au bout, ce bout fut-il l’absurde, ce bout fut-il le fossé, et la culbute dans le fossé. Un des symptômes littéraires les plus marquants, les plus significatifs de la période contemporaine, c’est le goût pour la littérature russe, et particulièrement le roman russe. Il dépasse même en intensité, en vivacité le goût pour le roman anglais qui signala la seconde moitié du xvme siècle quand tout le monde pleura à l’envi sur les infortunes de Clarisse Horlowe, quand tout le monde refit plus ou moins le voyage sentimental de Sterne, quand tout le monde se drapa l’imagination du deuil des méditations funèbres de l’auteur des Nuits. Plus tard, la vogue passa du roman anglais au roman allemand, et le pistolet de Werther fit au réel et au figuré, pas mal de victimes. Aujourd’hui, le public français raffole du roman russe. Le goût est devenu de l’engouement. On lit avec une curiosité qui tourne à la manie, à la frénésie, les œuvres de Tourguenef, de Dos-toiewski, de Tolstoï, de Gontcharof, de Piesenski. Tous les éditeurs, saisis d’une émulation que le succès aiguillonne et justifie, publient des traductions d’après le russe. Ce qui était du temps de Mérimée, de Viardot et de Xavier Marinier un régal de dilettante, de raffiné, devient le mets commun, le plat vulgaire, le plat du jour. Les mœurs et les usages se ressentent de cette vogue du roman russe, qui tourne à la popularité. La consommation du thé augmente ; le samovar a la place d’honneur sur la-table des réunions mondaines, on se fait au caviar, et le kummel est en train de détrôner la chartreuse.
- Nous l’avons dit l’autre jour, à propos de l’ouvrage si intéressant de M. de Vogue : Le roman russe. Nous ne nous plaignons pas de ce mouvement. Nous comprenons que l’on préfère la saveur franche, la. salutaire amertume du réalisme russe aux brutalités et aux obscénités systématiques du réalisme français. Nous comptons sur cette infusion de sang slave dans la veine épuisée de notre inspiration romanesque pour régénérer son appauvrissement, pour rendre la santé et la vigueur à notre littérature d’imagination qui se traîne dans les sentiers battus ou les sentiers hon-
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- z8o. — Deuxième Année. — N° 86.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 22 Août 1S86.
- teux. Nous préférons en tout cas pour notre goût et notre plaisir, la lecture vivifiante des chef-d’œuvres du roman russe à la lecture affadissante de cette littérature russe de fantaisie, d’imitation, de pastiche, de contrefaçon dont Mme Henri Gré-ville pratique le commerce avec succès, sans en avoir le monopole.
- Malheureusement ou heureusement car de pareils entraînements, de pareils excès sont en général précurseurs de la fin de la crise et ce qui manque d’un côté à notre plaisir nous préservera aussi de l’autre de l’ennui qui résulte de la satiété, on ne se borne pas à traduire et à publier les chefs-d’œuvre incontestables de Dostoiewski et de Tolstoï on publie et on traduit toutes leurs œuvres. Nous n’en sommes plus à la. fleur du panier, mais au fond du panier. En ce qui touche Tolstoï, par exemple, il n’a pas suffi de traduire les Cosaques, Guerre et paix, Anna Karénine, Ma religion. Nous avons à analyser et à apprécier aujourd’hui deux œuvres de lui, dont la première est une étude intime d’un charme pénétrant, mais d’une portée sinon d’une valeur secondaire, dont la seconde- est un Recueil de nouvelles populaires d’une couleur biblique, mais d’un mysticisme parfois irritant, appartenant à la suprême évolution d’un talent supérieur qui ressemble au génie, et s’il en a les puissances, en a aussi les obscurités.
- Katia est un drame tout intime, on pourrait dire tout intérieur. C’est l’histoire des espérances, des déceptions et des résignations qui animent, attristent et clôturent la recherche du bonheur conjugal, dans un mariage d’inclination contracté entre une jeune fille sentimentale et rêveuse, un peu trop esclave de son imagination et de ses nerfs, et un homme touchant à la maturité qui a le double de son âge et dirige sa femme, non sans la brusquer et la froisser quelquefois, avec la supériorité de sa raison et de son expérience, à travers les écueils fameux par plus d’un naufrage. Quand ils se retrouvent après les révoltes et les angoisses d’une séparation morale, d’un malentendu qui aurait bien pu s’aigrir et s’envenimer jusqu’aux derniers déchirements et à la rupture suprême, -lassés de l’épreuve décisive, et qu’ils s’embrassent devant le berceau de leur enfant, le lecteur a compris et partagé le conseil qui forme la leçon et la moralité du roman. C’est assez celle du grand moraliste français qui a dit : « Il y a de bons mariages, il n’en est pas de' délicieux. » Le mariage délicieux, c’est celui que l’on rêve durant la lune de miel. Le bon mariage,, c’est celui où l’amour se change en amitié, où le mari goûte dans les conseils de l’honnête femme associée à ses travaux, à,ses peines, à ses joies quelque chose de plus doux que ce que pourrait lui offrir la société du plus honnête homme, où la commune sollicitude pour l’avenir des enfants forme un nœud qui supplée au relâchement des autres liens, où ies devoirs et les bonheurs delà maternité réparent et apaisent pour la femme les déceptions de l’épouse.
- ‘ L’étude des vicissitudes de sentiment de Katia est poussée, fouillée à fond par un psychologue, par un observateur doué du don et de l’art des délicates analyses, pour lequel le cœur humain et surtout le cœur féminin n’ont pas de replis inexplorés, d’inviolables mystères et dont l’œuvre est remplie de si adorables figures de femme. La figure du mari se détache avec moins de relief, et sa conduite et ses paroles ne laissent pas d’offrir des incertitudes ou des contradictions quelquefois agaçantes.
- Mais Katia est une étude de caractères et de mœurs des hautes classes ; elle ne peut trouver de lecteurs que dans le milieu social où évoluent ses personnages. Les lettrés seuls, les dilettanti peuvent applaudir-aux tours de force de cette virtuosité d’un analyste raffiné. Dans la dernière et originale évolution de sa pensée et de son art, le comte Tolstoï, auteur et apôtre d’une religion nouvelle qui est une sorte de communisme évangélique, de saint-simonisme ramené aux simplicités et aux naïvetés bibliques, dont le symbole est l’abolition de la propriété, de la police, de la guerre, la pratique de la pauvreté, du travail manuel, de la charité fraternelle, s’est reproché comme un
- luxe stérile et coupable, comme un abus de son talent et de son art ces romans qui ne pouvaient contribuer en rien ni à l’éducation ni à la moralisation, ni à la récréation des masses populaires. Il a donc écrit ces sept nouvelles, qu’un simple mou-gik peut lire, comprendre, sentir, où il a dramatisé en apologues accessibles aux plus simples et mis en action sous une forme simple et saisissante, les principales vérités de la doctrine nouvelle : Les deux Vieillards, le moujik Pakhom et surtout l’adorable nouvelle: Ce qui fait vivre les hommes, d’une inspiration si élevée, d’une poésie si gracieuse tour à tour et si forte sont les perles de ce volume qui ajoute quelques traits nouveaux à la physionomie si originale du plus grand des romanciers russes.
- M. DE LESCURE.
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- AVIS COMMERCIAUX
- RUSSIE
- CAPACITÉ RÉGLEMENTAIRE DES BOUTEILLES POUR l’application DU TARIF RUSSE AUX VINS ET AUX SPIRITUEUX IMPORTÉS EN BOUTEILLES.
- D’après une décision du 10 janvier 1884, l’administration des douanes de Russie considère comme bouteille de mesure pour l’application des droits d’entrée aux vins et aux spiritueux importés de l’étranger, la bouteille qui contient la vingtième partie du vedro, ou 61 centilitres 4.S.
- La capacité de la plupart des bouteilles de vin et de liqueur expédiés de France en Russie dépasse cette mesure et varie le plus souvent entre 70 et y5 centilitres. Il en résulte que nos exportateurs ont à supporter une surtaxe pour la quantité de liquide excédant les dimensions réglementaires admises en Russie.
- Pour éviter- les difficultés qu’entraîne dans la pratique la perception de cette surtaxe, on croit devoir appeler l’attention des négociants exportateurs sur l’intérêt qu’il y aurait à employer des bouteilles de la mesure réglementaire pour les expéditions de vins et de spiritueux en bouteilles à destination de la Russie.
- ANNAM ET TONKIN
- Dans l’avis inséré au Journal officiel du ier juin dernier et relatant les principales conditions auxquelles l’administration du protectorat de l’Annam et du Tonkin se proposerait d’établir un chemin de fer d’Hanoï à Dap-Cau, par Bac-Ninh, il a été spécifié qu’un prolongement de la ligne pourrait être prévu jusqu’aux Sept-Pagodes.
- Cette indication doit être complétée en ce sens, que les offres des personnes qui désireraient obtenir la concession pourront prévoir le prolongement du chemin de fer, d’une part, jusqu’à la mer, en un point situé près de Haïphong ou de Quang-Yen, et d’autre part, de Dap-Cau à Lang-Son, par Phu-Lang-Thnong.
- Aucune autre modification n’est apportée aux renseignements antérieurement publiés.
- LES THÉÂTRES
- Opéra-Populaire. — La Servante de Ramponneau, opéra-comique en deux actes, de M. Rodembourg, musique de Cormon. Reprise de la Poupée de Nuremberg, d’Adam.
- La réouverture des Théâtres.
- L’Opéra-Populaire, ajoutant encore un nouveau numéro à son répertoire pour ses dernières représentations, vient de reprendre la Poupée de Nuremberg et de donner deux petits opéra-comiques
- nouveaux. On a revu avec grand plaisir la charmante bluette d’Adam; cette musique fine, légère, spirituelle ne lasse heureusement pas encore. En revanche, on a accueilli sans beaucoup d’indulgence les ouvrages inédits. On a même été d’une grande sévérité pour Torquemada, un petit acte, pas trop bien venu à la vérité, mais qui se laisse facilement écouter. La Servante de Ramponneau a obtenu plus de succès. C’est un opéra-comique selon la formule; le livret comporte une petite intrigue assez ingénieuse qui se dénoue par un bon mariage ; la musique est gracieuse, pas très originale, mais agréable, claire et mélodique. Il s’agit d’un jeune gentilhomme poursuivi pour quelques imprudents couplets satiriques à l’adresse de la favorite du Bien-Aimé. Le fameux cabaretier Ramponneau, dans un but de réclame, assez piquant mais un peu xixe siècle, consent à se faire passer pour l’auteur de la chanson, car il juge que quelques jours de Bastille lui attireront du monde à son établissement. La traditionnelle grande dame, l’amoureuse dédaignée dont la sollicitude veille sur le cruel étourdi, s’introduit chez Ramponneau sous les traits d’une servante. L’action s’engage; les soins de la belle dame ont obtenu en haut lieu le pardon de l’élégant criminel qui, après avoir coqueté avec la servante sans la connaître, l’épouse avec enthousiasme quand elle dépouille son personnage. Ramponneau qui, au dernier moment, avait manifesté de la répugnance à se laisser embastiller, n’ira pas en prison et tout finira par des chansons. Comme on le voit, le poème prête beaucoup aux couplets et divers autres motifs de musique. Le compositeur en a habilement profité.
- L’interprétation est très digne d’éloges, nous applaudissons à juste titre la charmante madame Noelly et MM. Bonijoly et David.
- Le théâtre se dispose à rentrer de la campagne et à revenir s’installer à Paris. En ce moment-ci, partout on époussette, on bat les meubles, on nettoyé les carreaux, on prépare tout dans la maison pour la rentrée du maître. En réemménageant, le théâtre arriverait-il avec quelques-unes de ces idées de réforme, de modifications de façon d’être, qu’il y a tant de difficulté à lui faire accepteur. La crise qu’il a traversée dans la saison dernière lui a-t-elle donné à réfléchir ? On le dirait. Malgré l’annonce de reprises banales, malgré cette création du théâtre de Paris, qui est un pas en arrière pour l’art dramatique (à moins que les concessionnaires ne rompent franchement avec les traditions du passé), il y a dans l’ait* comme un souffle révolutionnaire. Un souci de modernisme, de satisfaction rendue aux exigences du jour transparaît dans la préoccupation générale, aussi bien pour la question technique et matérielle que pour la question littéraire et artistique. Le vieux Palais-Royal va s’éclairer à la lumière électrique ; ce n’est rien et c’est énorme. C’est un signe des temps, c’est la marque sympathique de la conquête du progrès sur la routine et la tradition. D’autre part nous voyons un directeur de théâtre, un jeune, M. Bos-chert, arborer franchement le drapeau de l’indépendance artistique, afficher l’intention de représenter de l’inédit, de jouer des pièces d’auteurs inconnus, ne faisant partie ni des coteries diverses ni des fameux syndicats. Le théâtre Déjazet veut conquérir sa place au soleil dramatique.
- Seront-ce de véritables révélations que M. Bos-chert va offrir au public, l’avenir de son théâtre nous l’apprendra. En attendant, nous ne pouvons que louer cet esprit d’initiative et cette ardeur à secouer le joug des préjugés timorés. Nous allons certainement assister à une tentative très intéressante ; et nous espérons que le jeune directeur saura démontrer que quand les vieux filons sont épuisés on peut encore trouver des richesses dans les nouveaux.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. AtlRAULT et O, rue de la Préfecture, 6
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIEME ANNEE.
- Dimanche 29 Août 1886.
- NUMÉRO 87.
- M. GRISON
- DIRECTEUR GE NER A'L DBS I’’ INAN CES DE L’EXPOSITION DE 1889
- Gravure de M. J. ROBERT (d’après la photographie de M. APPERT).
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- 282. — Deuxième Année. — N° 87.
- SOMMAIRE :
- 1. Bulletin: 2. Partie officielle : Règlement ge'ne'ral de l’Exposition de 1889; 3. M. Grison ; 4. Les Echos ; 5. L’industrie et le commerce allemand ; 6. L’exposition des sciences et des arts industriels ; 7. Les expositions anglaises en 1886: Exposition de Liverpoo!;8. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; 9. Les Livres ; 10. Avis commerciaux ; 11. Les Théâtres.
- BULLETIN
- L’Exposition de 1889 vient d’entrer définitivement dans sa période d’exécution ; le Journal officiel du 27 août en a publié le règlement général, qu’on lira plus loin et qui édicte les dispositions relatives à l’emplacement, à l’organisation générale, à l’admission des produits, etc.
- Ce règlement est très complet ; il fait grand honneur au ministre du commerce et de l’industrie, M. Edouard Lockroy,qui, malgré des difficultés de toute sorte, a réussi à doter l’Exposition d’une organisation qui assure son entier succès.
- ' Les séances du comité de direction se succèdent, d’ailleurs, sans interruption. Il faut tout particulièrement signaler celle qui a eu lieu mercredi dernier sous la présidence de M. Lockroy, qui a revêtu de sa signature les plans qui lui ont été présentés par M. Alphand, directeur général des travaux, et qui avaient été auparavant discuté-s et approuvés par le comité directeur.
- Ces plans ont trait notamment aux bâtiments principaux du Champ-de-Mars et à la vaste nef destinée aux machines et située à côté de l’Ecole militaire, en avant de laquelle s’étendront, séparées de cette dernière par un jardin, des constructions plus basses abritant les produits français et étrangers. Au bord de la Seine les pavillons de beaux-arts et des arts libéraux se feront face, et au milieu du parc qui séparera ces deux pavillons, on verra s’élever la gigantesque construction de la tour d’Eiffel.
- Le conseil avait, dans cette même séance, adopté le règlement général publié par Y Officiel et lô système de classement des produits en tenant compte des éléments nouveaux qui, depuis les dernière expositions, ont pris dans l’industrie une place importante.
- La prochaine réunion du comité de direction aura lieu dans une dizaine de jours.
- D’autre part, le capital de garantie se souscrit rapidement. La province et l’étranger deviennent chaque jour plus favorable à l’Exposition de 1889, depuis quelle est sortie de la période des avant-projets.
- Le ton de la presse européenne prise dans son ensemble devient de plus en plus sympathique à ce grand concours international qui nous montrera, réunis, dans un cadre grandiose et admirablement disposé pour les comparaisons les plus instructives et les plus fécondes, les produits de l’industrie humaine et les progrès de la civilisation à la fin du xrxô siècle.
- A. IL
- PARTIE OFFICIELLE
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- DÉC RET
- Le président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884- et la loi du 6 juillet 1886, décidant l’ouverture à Paris d’une Exposition universelle internationale en 1889;
- Vu l’article 34 de la loi du 17 décembre 1814 ; Vu l’article 4 de la loi du 5 juillet 1836 ;
- Sur le rapport du ministre du commerce et de l’industrie et du ministre des finances,
- [LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Décrète :
- Article ier. — Les locaux affectés à l’Exposition universelle de 1889 seront constitués en entrepôt réel des douanes.
- Art. 2. — Les objets destinés à l’Exposition universelle seront expédiés directement sur le palais de l’Exposition, sous les conditions du transit international ou du transit ordinaire au choix des intéressés, par tous les bureaux ouverts à ce transit et avec exemption du droit de statistique.
- L’expédition par transit international sera faite sans visite. Les expéditions par transit ordinaire ne donneront lieu qu’à une visite sommaire et les plombs de la douane seront apposés gratuitement
- Art. 3. — Les marchandises admises à l’Exposition universelle, qui seront livrées à la consommation, ne seront soumises, quelle qu’en soit l'origine, qu’aux droits applicables aux produits similaires de la nation la plus favorisée.
- Art. 4. — Le ministre du commerce et de i’in-dustrie et le ministre des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
- Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 25 août 1886.
- Jules Grévy.
- Par le président de la République,
- Le ministre du commerce et de U industrie, Edouard Lockroy.
- Le ministre des finances, Sadi Carnot.
- ARRÊTÉ
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu le décret du 8 novembre 1884;
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886;
- Vu le décret du 10 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 2S août 1886,
- Arrête :
- Art. ier. — Aux termes des décrets rendus par le président de la République française, sur la proposition du ministre du commerce et de l’industrie et du ministre de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes, une Exposition universelle internationale sera ouverte à Paris, le 5 mai 1889, et sera close le 3i octobre suivant.
- Toutefois, aucun produit ne- sera plus admis dans les enceintes de l’Exposition après le ier avril 1889.
- Art. 2. — Cette Exposition recevra les œuvres d’art et les produits de l’industrie et de l’agriculture de toutes les nations.
- Elle aura lieu principalement au Champ-de-Mars, dans l’espace libre compris entre l’avenue de Lamothe-Piquet et le square situé près du quai. Elle pourra s’étendre :
- i° Rire gauche de la Seine
- Sur la chaussée et les berges du quai, dans les parties comprises entre le Champ-de-Mars et l’esplanade des Invalides, et sur l’esplanade des Invalides.
- 20 Rite droite de la Seine
- Dans le parc du Trocadéro et les parties disponibles du palais du Trocadéto, dans le palais de l’industrie et dans les terrains situés entre le palais et la Seine.
- ORGANISATION GENERAL-
- Art. 3. — Il est institué auprès du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition, une commission consultative de trois cents membres, dénommée : Grand Conseil de VExposition unieerseUe de 1889.
- Art. 4. — Le Grand Conseil est convoqué et présidé par le ministre, qui règle son ordre du jour.
- Art. 5. — Il se subdivise en vingt-deux commissions consultatives, savoir :
- Commission de contrôle et de finances.
- — du contentieux.
- — des constructions.
- — des fêtes et cérémonies.
- — des transports.
- — des beaux-arts.
- — de l’agriculture.
- — des colonies et pays de protectorat.
- — de l’enseignement.
- — des arts libéraux.
- -— d’hygiène.
- — du 3e groupe (mobilier et accessoires).
- — du 4e groupe (tissus, vêtements et ac-
- cessoires).
- — du 5e groupe (industries, extractions,
- produits bruts et ouvrés).
- Dimanche 29 Août 18S6.
- — du 6e groupe (outillage et procédés des
- industries mécaniques).
- — du y® groupe (produits alimentaires).
- — de l’électricité.
- — de la presse.
- — des auditions musicales et théâtrales.
- — des congrès et conférences.
- — de l’exposition rétrospective du travail.
- Art. 6. — La commission consultative de contrôle et de finances, nommée par décret du président de la République, est présidée par le ministre ou, en son absence, par un des trois vice-présidents, à tour de rôle.
- Elle est. convoquée par le ministre, qui règle son ordre du jour.
- Art. 7. —Cette commission est consultée par le ministre sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition.
- Il ne pourra être passé outre à son avis, toutes les fois qu’il s’agira de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir à l’occasion de l’Élxposition.
- Art. 8.— Les autres commissions pourront être ultérieurement complétées par l’adjonction , de nouveaux membres, nommés par arrêtés ministériels.
- Leurs présidents seront nommés par le ministre.
- Les vice-présidents et secrétaires seront désignés par les commissions elles-mêmes, sous réserve de l’approbation ministérielle.
- Elles pourront se subdiviser en sous-commissions, après approbation du ministre, qui désignera les nouveaux présidents.
- Art. 9. — Toutes les commissions et sous-commissions sont directement saisies par le ministre des affaires soumises à leur examen.
- Art. 10. — Les directeurs généraux, nommés dans les conditions définies par le décret du 28 juillet 1886, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de préparer et de soumettre au ministre, commissaire général, les projets relatifs à la construction, à l’appropriation et à l’exploitation de l’Exposition.
- Ils ont entrée, avec voix consultative, à toutes les séances de la commission de contrôle et de finances et aux séances des commissions saisies d’affaires ressortissant à leurs services respectifs.
- Admission et classement des produits
- Art. 11. — Il est institué, dans chaque département de la République française, un comité départemental nommé par le ministre du commerce et de l’industrie et ayant pour mission :
- i° De faire connaître dans toute l’étendue du département les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les formules de demandes d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l’Exposition ;
- 20 De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont Y admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité;
- 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département ;
- 40 De provoquer et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- 5° De préparer s’il y a lieu, par voie de souscription, ou par toutes autres mesures, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maitres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- Art. 12. —- Les commissions étrangères constituées à la demande du gouvernement français sont invitées à se faire représenter le plus tôt possible auprès de lui par un délégué.
- Ce délégué est chargé de traiter les questions qui intéressent ses nationaux, notamment celles qui sont relatives à la répartition de l’espace total entre les divers pays et au mode d’installation de chaque section nationale.
- En conséquence, le ministre, commissaire général, ne correspond pas directement avec ies exposants étrangers, et tout produit présenté par les producteurs étrangers n’est admis que par l’entremise de leurs commissaires respectifs.
- Art. i3. — Les comités départementaux nommés par le ministre, et les commissaires étrangers, régulièrement accrédités auprès de lui, entrent en relations directes avec le directeur général de l’exploitation.
- Les commissaires étrangers reçoivent de lui toutes les indications et les plans utiles à l’installation des produits de leur nation, ainsi que tous les renseignements sur les conditions de circulation générale et d’ordre public auxquelles ils sont tenus de se conformer.
- Ils doivent recourir à son intermédiaire pour les échanges d’espaces de pays à pays.
- Art. 14. — Dans chaque section consacrée aux exposants d’une même nation, les objets exposés seront répartis entre les neufs groupes suivants :
- Ier groupe. — Œuvres d’art (classe 1 à 5).
- 2e groupe. — Education, enseignement. — Ma
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- Deuxième Année
- N° 87.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE rSSg.
- Dimanche 29 Août 1886. — 288.
- tériel et procédés des arts libéraux (classe 6 à 16.)
- 3e groupe. — Mobilier et accessoires (classe 17 à 29).
- 4e groupe — Tissus, vetements et accessoires (classe 3o à 40).
- 5e groupe. — Industries extractives. — Produits bruts et ouvres (classe 41 à 47).
- 6e groupe. — Outillage et procédés des industries mécaniques. — Electricité (classe 48 à 66).
- 7e groupe. — Produits alimentaires (classe 67 à 7 3)-
- 8e groupe. — Agriculture, viticulture et pisciculture (classe 74 à 77).
- qe groupe. — Horticulture (classe 78 à 83).
- Chacun de ces groupes est divisé en classes, suivant le système de la classification générale annexée au présent règlement (pièce annexe n° 1).
- Ce document comprend pour chaque classe une énumération sommaire des objets qu’elle doit renfermer.
- Art. i5. — Il sera dressé, en langue française, un catalogue méthodique et complet des produits de toutes les nations, indiquant les places qu’ils occupent dans les palais, les parcs ou les jardins, ainsi que les noms des exposants.
- Chaque nation aura d’ailleurs le droit de faire à ses frais, mais dans sa propre langue seulement, un catalogue spécial des produits exposés dans sa section.
- Art. 16. — Les exposants français ou étrangers n’ont à payer aucun loyer pour la placequ’ils occupent à l’Exposition.
- Ils auront à supporter toutes les autres dépenses d’installation et de décoration dans le palais, les parcs ou les jardins. Ces dépenses comprendront essentiellement la fourniture et la pose des planchers et des vélums ou plafonds dans le palais, ainsi que les terrassements spéciaux et les plantations spéciales dans les parcs ou les jardins, aux abords et dans le périmètre des constructions particulières autorisées par le ministre commissaire générale.
- Le plancher est fourni en bon état de solidité et d’usage dans tous les chemins intérieurs de la circulation générale.
- Art. 17. —Aucune œuvre d’art, aucun produit exposé dans les palais, les parcs ou les jardins, ne peut être dessiné, copié ou reproduit, sous une forme quelconque, sans une autorisation de l’exposant, visée par-le directeur général de l’exploitation.
- Le directeur général de l’exploitation peut, toutefois, autoriser la reproduction des vues d’ensemble.
- Art. 18. — Aucune œuvre d’art, aucun produit exposé ne peut être retiré, avant la clôture de l’Exposition, sans autorisation spéciale.
- Art. 19. —Dans les délais et dans les conditions édictés par la loi du 2 3 mai 1868, relative à la garantie des inventions susceptibles d’être brevetées et des dessins de fabrique, les exposants jouiront des droits et immunités accordés par ladite loi (pièce annexe n° 2).
- Art. 20. — Aux termes du décret rendu en date du 25 août 1886 (pièce annexe n° 3), l’Exposition est constituée en entrepôt réel ; en conséquence, les produits exposés sont affranchis des droits et des visites de l’octroi de Paris, ainsi que de la douane française.
- Art. 21. — Des règlements ultérieurs détermineront, en temps utile, les modes d’expédition, de réception et d’installation des produits, le régime des entrées dans les locaux de l’Exposition et le mode de formation du jury international des récompenses, qui fonctionnera dès l’ouverture de l’Exposition.
- Dispositions spéciales aux œuvres d’art
- Art. 22. — Sont admissibles à l’Exposition les œuvres des artistes français et étrangers, exécutées depuis le 1e1' mai 1878.
- Art. 23. — Ces œuvres comprennent les sept genres indiqués ci-après :
- 1° Peinture.
- 20 Dessin, aquarelle, pastel, miniature, émaux, porcelaines, cartons de vitraux, à l’exclusion de ceux qui ne représentent que des sujets d’ornementation.
- 3° Sculpture.
- 40 Gravures en médailles et sur pierres fines.
- 5° Architecture.
- 6° Gravure.
- 70 Lithographie.
- Art. 24. — Sont exclus :
- i° Les copies, meme celles qui reproduisent un ouvrage dans un genre différent de celui de l’original.
- 20 Les tableaux ou les dessins qui ne sont pas encadrés.
- 3° Les sculptures de terre non cuite.
- Art. 20. — Le soin de statuer sur l’admission des objets d’art sera délégué à un jury spécial.
- Art. 26. — Les formalités à remplir pour les demandes d’admission seront fixées par un règlement ultérieur. Un autre règlement fera aussi connaître le mode d’expédition et de réception des œuvres d’art.
- Art. 27. — Il sera statué ultérieurement sur le nombre et la nature des récompenses qui devront être décernées, ainsi que sur la constitution d’un jury international des récompenses.
- Dispositions spéciales aux produits de l’industrie et de l’agriculture.
- Art. 28. — Sont admissibles à l’Exposition tous les produits de l’industrie et de l’agriculture, sauf les exceptions et réserves mentionnées à l’article suivant.
- Art. 29. — Sont exclues les matières détonantes, fulminantes et, en général, toute matière jugée dangereuse.
- Ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimension restreinte, les esprits ou alcools, les huiles et les essences, les matières corrasives et, généralement, les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés ou incommoder le public.
- Les amorces, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets amdogues ne pourront être reçus qu’à l’état d’imitation et sans aucune addition de matière inflammable.
- Art. 3o. — Les exposants de produits incommodes ou insalubres devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leu-r seront prescrites.
- Art. 3i. — Le directeur général de l’exploitation pourra toujours faire retirer les produits de toute provenance qui, par leur nature ou par leur aspect, paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but ou les convenances de l’Exposition.
- Art. 32.— Les demandes françaises d’admission seront conformes à la formule annexée au présent règlement (Pièce annexe n° 4).
- Celles de Paris et du département de la Seine devront être envoyées directement au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, à Paris, 2 5, quai d’Orsay, ou au directeur général de l’exploitation, 80, rue de Varenne.
- Celle des départements seront recueillies par les soins des comités départementaux, qui les feront parvenir aux mêmes adresses.
- Toutes les demandes françaises ainsi centralisées seront soumises par classe à l’examen de comités d’admission, nommés par le ministre et statuant en dernier ressort.
- Il est essentiel que toutes les demandes soient remises dans le plus bref délai.
- Les formules imprimées de demandes d’admission seront mises gratuitement à la disposition du public :
- i° A Paris, au ministère du. commerce et de l’industrie, 2 5, quai d’Orsay, et 244, boulevard Saint-Germain, aux bâtiments d’administration de l’Exposition (avenue de La Bourdonnaye, et 80, rue de Varenne), au tribunal et à la chambre de commerce ;
- 20 Dans les départements, aux préfectures, sous-préfectures, chambres de commerce, tribunaux de commerce, chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités départementaux, ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auro'nt désignés.
- Art. 33. — Les constructeurs d’appareil exigeant l’emploi de l’eau, du gaz ou de la vapeur doivent déclarer, soit en faisant leur demande d’admission, soit par l’entremise des délégués étrangers, la quantité d’eau, de gaz ou de vapeur qui leur est nécessaire.
- Ceux qui veulent mettre des machines en mouvement indiqueront quelle sera la vitesse propre de chacune de ces machines et la force motrice dont elle aura besoin.
- Art. 3q. — L’eau, le gaz, la vapeur et la force motrice pour la galerie des machines seront concédés gratuitement.
- La force sera prise sur l’arbre de couche de la transmission générale.
- L’établissement de toutes les transmissions intermédiaires restera à la charge des exposants.
- Dispositions administratives
- Art. 35. —• Les produits seront exposés sous le nom du signataire de la demande d’admission. Cette condition est de rigueur.
- Art. 36. — Les exposants sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom ou de leur raison sociale les noms des coopérateurs de tout genre et de tout grade qui ont contribué au mérite des produits exposés.
- Art. 3y. — Les exposants sont expressément invités à indiquer le prix marchand des objets exposés, autant pour faciliter le travail d’appréciation du jury que pour édifier le visiteur.
- Art."38. — Les objets vendus ne peuvent être enlevés avant la fin de l’Exposition, à moins d’une autorisation spéciale.
- Art. 2>q. — L’Etat prendra des mesures pour protéger contre toute avarie les produits exposés; mais il ne sera, en aucune façon, responsable des accidents, incendies, dégâts ou dommages dont ils auraient à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance. Il laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits directement et à leurs frais, s’ils jugent à propos de le faire.
- Art. 40. — Une surveillance générale sera établie contre le volet les détournements.
- Les commissions étrangères seront absolument chargées de pourvoir au gardiennage de leurs sections respectives. Les agents préposés par elles à cette fonction devront être commissionnés par le ministre, commissaire général. Ils porteront un costume ou des emblèmes distinctifs ; ils pourront, en toute circonstance, réclamer l’aide des agents français et des hommes de police qui parcourront les voies de la circulation générale ou y stationneront.
- Dans la section française, les exposants de chaque classe s’entendront pour organiser un gardiennage collectif, indépendant de la surveillance générale. Les agents particuliers de cette catégorie seront commissionnés par le ministre, commissaire général ; ils seront revêtus d’insignes indi-. quant, le numéro de la classe dont ils auront à surveiller les salles.
- Art. 41. —Il est expressément entendu que l’Etat repousse toute responsabilité relativement aux vols et détournements qui pourraient être commis.
- Art. 42. — Aucune publicité par voie d’affiches, prospectus, etc., ne pourra être faite dans l’enceinte de.l’Exposition par les exposants, les concessionnaires ou toute autre personne, sans autorisation régulière et acquittement préalable des redevances qui pourront être exigées.
- Art. 4.3. — Toute communication relative à l’Exposition doit être adressée au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, 25, quai d’Orsay, à Paris, et porter sur l’enveloppe la mention : Exposition universelle de 1889.
- Art. 44. — Les Français et les étrangers, en acceptant la qualité d’exposant, déclarent, par cela même, adhérer aux dispositions édictées par les articles 11 à 42 du présent règlement.
- Paris, le 26 août 1886.
- Le ministre du commerce et de l”industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- ANNEXE N° 1
- Système de Classification générale
- PREMIER GROUPE Œuvres d’art
- Classe i
- Peintures à l’huile
- Peintures sur toile, sur panneaux, sur enduits divers.
- Classe 2
- Peintures diverses et dessins
- Miniatures, aquarelles; pastels et dessins de tous genres ; peintures sur émail, sur faïence et sur porcelaine; cartons de vitraux et de fresques.
- Classe 3
- Sculptures et gravures sur médailles
- Sculptures en ronde bosse, bas-reliefs, sculptures repoussées et ciselées. Médailles ; camées ; pierres gravées. Nielles.
- Classe 4
- Dessins et modèles d'architecture
- Etudes et fragments. Représentations et projets d’édifices. Restaurations d’après des ruines ou des documents.
- Classe 5
- Gravures et lithographies
- Gravures en noir ; gravures polychromes. Lithographies en noir, au crayon et au pinceau ; chromolithographies.
- DEUXIÈME GROUPE
- Education et enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux.
- Classe 6.
- Education de l’enfant. — Enseignement primaire. Enseignement des adultes.
- Plans et modèles de crèches, écoles maternelles, orphelinats, salles d’asile et jardins d’enfants, agen-
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- cements et mobilier de ces établissements. Matériel d’enseignement approprié au développement physique, moral et intellectuel de l’enfant jusqu’à son entrée à l’école.
- Plans et modèles d’établissements scolaires pour la ville et pour la campagne ; agencement et mobilier de ces établissements. Matériel d’enseignement, livres, cartes, appareils et modèles, etc.
- Plans et modèles d’établissements scolaires destinés au cours d’adultes et à l’enseignement professionnel. Agencement et mobilier de ces établissements. Materiel de l’enseignement des adultes et de l’enseignement professionnel.
- Matériel de l’enseignement élémentaire dans ses diverses branches. Matériel de l’enseignement élémentaire du dessin géométrique et pittoresque.
- Matériel propre à l’enseignement des aveugles et à celui des sourds-muets.
- Travaux des élèves des deux sexes.
- Bibliothèques et publications.
- Classe 7.
- Organisation et materiel cle Venseignement
- secondaire.
- Plans et modèles d’établissements d’enseignement secondaire : lycées de garçons et de filles , gymnases, collèges, écoles industrielles et commerciales. Agencement et mobilier de ces établissements.
- Collections, livres classiques, cartes et globes.
- Matériel de l’enseignement technologique et scientifique, de l’enseignement des arts, du dessin, de la musique et du chant.
- Appareils et méthodes de là gymnastique, de l’escrime et des exercices militaires.
- Classe 8.
- Organisation, méthodes et matériel de Venseignement supérieur.
- Plans et modèles d’académies, universités, écoles de médecine et écoles pratiques, écoles techniques et d’application, écoles d’agriculture, observatoires, musées scientifiques, amphithéâtres, laboratoires d’enseignements et de recherches.
- Mobilier et agencement de ces établissements.
- Appareils, collections et matériel destinés à l’enseignement supérieur et aux recherches scienti-fiques.
- Expositions particulières des institutions et sociétés savantes, techniques, agricoles, commerciales et industrielles.
- Missions scientifiques.
- Classe 9.
- Imprimerie et librairie.
- Spécimens de typographie, épreuves autographiques, épreuves de lithographie, en noir ou en couleur, épreuves de gravures.
- Livres nouveaux et éditions nouvelles de livres déjà connus, collections d’ouvrages formant des bibliothèques spéciales, publications périodiques. Dessin, atlas et albums.
- Classe 10.
- Papeterie, reliures ; matériel des arts de la peinture et du dessin.
- Papiers, cartes et cartons, encres, craies, crayons, pastels, fournitures de bureau, articles de bureau, encriers, pèse-lettres, etc., presses à copier.
- Objets confectionnés en papier, abat-jour, lanternes, cache-pots, etc.
- Registres, cahiers, albums et carnets, reliures, reliures mobiles, étuis, etc.
- Produits divers pour lavis et aquarelles ; couleurs en pains, en pastilles, en vessies, en tubes, en écailles. Instruments et appareils à l’usage des peintres, dessinateurs, graveurs et modeleurs.
- Classe i i .
- Application usuelle des arts au dessin et de la plastique.
- Dessins industriels, dessins obtenus, reproduits ou réduits par procédés mécaniques. Peintures de décors, lithographies, chromolithographies ou gravures industrielles. Modèles et maquettes pour figures, ornements, etc.
- Objets moulés, estampés, ciselés, sculptés. Camées, cachets et objets divers décorés par la gravure. Objets de plastique industrielle décorative obtenus par procédés mécaniques: réductions, etc., objets moulés.
- Classe 12.
- Epreuves et appareils de phothographie
- Photographie sur papier, sur verre, sur bois, sur étoffes, sur émail, etc., etc. Gravures héliographiques , épreuves lithographiques. Epreuves lithophotographiques, clichés photographiques, épreuves stéréoscopiques et stéréoscopes. Epreuves obtenues par amplification. Photocromie.
- Instruments appareils et matières premières de
- la photographie. Matériel des ateliers de photographes.
- Classe i3
- Instruments de musique.
- Instruments à vent non métalliques, à embouchure simple, à bec de sifflet, à anches avec ou sans réservoir d’air.
- Instruments à vent, métalliques, simples, à rallonges, à coulisse, à piston, à clef, à hanche.
- Instruments à vent à clavier : orgues, accordéons, etc.
- Instruments à cordes pincées ou à archet, sans clavier.
- Instruments à cordes à clavier : pianos, etc.
- Instruments à percussion ou à frottement.
- Instruments automatiques : orgues de Barbarie, serinettes.
- Pièces détachées et objets du matériel des orchestres.
- Classe 14
- Médecine et chirurgie. — Médecine vétérinaire et comparée.
- Matériel, instruments et appareils des travaux anatomiques, histologiques et bactériologiques.
- Pièces d’anatomie normale et pathologique ; préparations histologiques et bactérioscopiques.
- Instruments d’exploration médicale, générale et spéciale.
- Appareils et instruments de chirurgie générale, locale et spéciale.
- Appareils de pansement.
- Appareils de prothèse, plastique et mécanique ; appareils d’orthopédie ; appareils de chirurgie herniaire : appareils balnéatoires et hydrothérapiques ; appareils de gymnastique médicale ; matériel, instruments et appareils de thérapeutiques spéciales.
- Instruments destinés à la pratique de l’art dentaire.
- Appareils divers destinés aux infirmes, aux malades et aux aliénés.
- Objets accessoires du service médical, chirurgical et pharmaceutique dans les hôpitaux ou infirmeries.
- Trousses et caisses d’instruments et de médicaments destinés aux chirurgiens de l’armée et de la marine. Matériel de secours aux blessés sur les champs de bataille.
- Appareils de secours aux noyés et asphyxiés.
- Matériel spécial, instruments et appareils de la médecine vétérinaire.
- Classe i5
- Instruments de précision
- Appareils et instruments des arts de précision.
- Appareils et instruments de géométrie pratique, d’arpentage, de topographie et de géodésie ; compas ; machines à calculer; niveaux, boussoles, baromètres, etc.
- Appareils et instruments de mesure : verniers, vis micrométriques, machines à diviser, etc., balances de précision.
- Instruments de l’optique usuelle. Instruments d’astronomie. Instruments de physique, de météorologie, etc. Instruments et appareils destinés aux laboratoires et aux observatoires.
- Mesures et poids des divers pays. Monnaies et médailles.
- Classe 16 *
- Cartes et appareils de géographie et de cosmographie. — Topographie.— Modèles, plans et dessins clu génie civil et des travaux publics.
- Cartes et atlas géographiques, géologiques, hydrographiques, astronomiques, etc.
- Cartes physiques de toutes sortes. Cartes topographiques planes ou en relief.
- Globes et sphères terrestres et célestes. Ouvrages et tableaux de statistique. Tables et éphé-mérides à l’usage des astronomes et des marins.
- Modèles, plans et dessins des travaux publics : ponts, viaducs, aqueducs, égouts, ponts-canaux, écluses, barrages.
- Modèles, plans et dessins de monuments publics de destination spéciale ; constructions civiles; hôtels et maisons à loyer ; cités et habitations ouvrières.
- Modèles, plans et dessins de gares, de stations, de remises et de dépendances de l’exploitation des chemins de fer.
- TROISIÈME GROUPE Mobilier et accessoires
- Classe 17
- Meubles à bon marché et meubles de luxe
- Buffets, bibliothèques, tables, toilettes, lits, canapés, sièges, billards, etc.
- Classe 18
- Ouvrages du tapissier et du décorateur
- Objets de literie, sièges garnis, baldaquins, rideaux, tentures d’étoffes et de tapisseries.
- Objets de décoration et d’ameublement. Pâtes moulées et objets de décoration de plâtre, carton-pierre, papier mâché, etc. Cadres. Peintures et décors pour les services religieux.
- Classe 19
- Cristaux, verrerie et vitraux
- Gobeleterie de cristal; cristaux taillés, cristaux doubles, cristaux montés, etc. Gobeleterie ordinaire. Verrerie commune et bouteilles.
- Verres à vitres et à glaces. Verres façonnés, émaillés, craquelés, filigranes, trempés, etc.
- Verres, cristaux d’optique, objets d’ornement, etc.
- Vitraux peints industriels. Miroirs, glaces, etc.
- Classe 20 Céramique
- Biscuits, porcelaines dures etporcelainestendres.
- Faïences fines à couverte colorée, etc. Biscuits de faïence.Terres cuites. Laves émaillées. Briques et carreaux. Grès cérames.
- Classe 21
- Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement
- Tapis, moquettes, tapisseries, épinglés ou veloutés. Tapis de feutre, nattes, etc. Tapis de caoutchouc, etc.
- Tissus d’ameublement : de coton, de laine ou de soie, unis ou façonnés. Tissus de crin, cuirs végétaux, moleskines, etc. Cuirs de tenture et d’ameublement. Toiles cirées, linoléums.
- Classe 22 Papiers peints
- Papiers imprimés. Papiers veloutés, marbrés, veinés, etc. Papiers pour cartonnages, reliures, etc. Papiers artistiques. Papiers émaillés et vernissés. Imitations de bois et de cuirs. Stores peints ou imprimés.
- Classe 23 Coutellerie
- Couteaux, canifs, ciseaux, rasoirs, etc. Produits divers de la coutellerie.
- C lasse 24 Orfèvrerie
- Orfèvrerie religieuse, orfèvrerie de décoration et de table, orfèvrerie pour ustensiles de toilette, de bureau, etc.
- Classe 25
- Bronzes d’art, fotites d’art diverses, métaux repoussés
- Statues et bas-reliefs de bronze, de fonte, de fer, de zinc, etc. Fontes revêtues d’enduits métalliques.
- Repoussés en cuivre, en plomb, en zinc, etc.
- Classe 26 Ho rlogerie
- Pièces détachées d’horlogerie, gros et petit volume.
- Montres, chronomètres, podomètres, compteurs divers, etc! Pendules et horloges ; régulateurs ; métronomes.
- Horloges astronomiques; chronomètres pour la marine ; pendules de voyage. Réveils, etc. Clepsydres et sabliers.
- Classe 27
- Appareils et procédés de chauffage. Appareils et procédés d’éclairage non électrique
- Foyers, cheminées, poêles et calorifères. Objets accessoires du chauffage des habitations. Fourneaux et appareils pour le chauffage et la cuisine au gaz.
- Appareils de chauffage par circulation d’eau chaude, de vapeur et d’air chaud.
- Lampes servant à l’éclairage au moyen des huiles diverses et essences.
- Accessoires de l’éclairage. Allumettes.
- Appareils et objets accessoires de l’éclairage au gaz.
- Appareils pour l’éclairage au moyen du magnésium, elc.
- Classe 28 Parfumerie
- Cosmétiques et pommades. Huiles parfumées, extraits et eaux de senteur, vinaigres aromatisés ; pâtes d’amandes, poudres, pastilles et sa-
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
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- chets parfumés ; parfums à brûler. Savons de toilette.
- Classe 29
- Maroquinerie, tabletterie, vannerie et brosserie
- Nécessaires et petits meubles de fantaisie, caves à liqueurs, boîtes à gants, coffrets. Trousses et sacs, écrins. Porte-monnaie, portefeuilles,carnets, porte-cigares.
- Objets tournés, guillochés, sculptés, gravés, de bois, d’ivoire, d’écaille, etc. Tabattières. Pipes.
- Peignes de luxes ; objets de brosserie fine, de toilette.
- Objets divers de laque.
- Corbeilles et paniers de fantaisie ; clissages et objets de sparterie fine.
- Grosse brosserie. Plumeaux.
- Brosses à peindre.
- QUATRIÈME GROUPE Tissus, vêtements et accessoires
- Classe 3o
- Fils et tissus de coton
- Cotons préparés et filés.
- Tissus de coton pur, unis ou façonnés.
- Tissus de coton mélangé.
- Velours de coton.
- Rubanerie de coton.
- Classe 3i
- Fils et tissus de lin, de chanvre, etc.
- Lins, chanvres et autres fibres végétales filées.
- Toiles et coutils. Batistes. Tissus de fil avec mélange de coton ou de soie.
- Tissus de fibres végétales, autres que celles du coton, du lin et du chanvre.
- Classe 32
- Fils et tissus de laine peignée. — Fils et tissus de laine cardée.
- Laines peignées; fils de laine peignée.
- Mousselines, cachemires d’Ecosse, mérinos, serges, etc.
- Rubans et galons de laine mélangée de coton ou de fil, de soie ou de bourre de soie. Tissus de poils purs ou mélangés.
- Châles de laine pure ou mélangée.
- Châles dits de Cachemire.
- Laines cardées : fils de laine cardée.
- Draps et autres tissus de laine cardée.
- Couvertures. Feutres de laine ou poils pour tapis, chapeaux.
- Chaussons.
- Tissus de laine cardée non foulée ou légèrement foulées : flanelles, tartans, molletons, etc.
- Classe 33
- Soies et tissus de soie.
- Soies grèges et moulinées. Fils de bourre de soie.
- Tissus de soie pure, unis, façonnés, brochés. Etoffes de soie mélangée d’or, d’argent, de coton, de laine, de fil.
- Tissus de bourre de soie, pure ou mélangée.
- Velours et peluches.
- Rubans de soie pure ou mélangée.
- Châles de soie pure ou mélangée.
- Classe 34
- Dentelles, tulles, broderies et passementeries.
- Dentelles de fil ou de coton faites au fuseau, à l’aiguille ou à la mécanique.
- Dentelles de soie, de laine ou de poil de chèvre.
- Dentelles d’or ou d’argent.
- Tulles de soie ou de coton, unis ou brochés.
- Broderies au plumetis, au crochet, etc. Broderies d’or, d’argent, de soie. Chasublerie. Broderies, tapisseries, et autres ouvrages à la main.
- Passementeries de soie, bourre de soie, laine, poil de chèvre, poils divers, crin, fil et coton, lacets.
- Passementeries en fin et en faux. Passementeries spéciales pour équipements militaires.
- Classe 35
- Articles de bonneterie et de lingerie. — Objets accessoires du vêtement.
- Bonneterie de coton, de fil, de laine ou de cachemire de soie, ou de bourre de soie, purs ou mélangés. Tissus élastiques ; tricots. Lingerie confectionnée pour hommes, pour femmes et pour enfants, lavettes. Confections de flanelles et autres tissus de laine.
- Corsets, cravates, gants, guêtres, jarretières, bretelles, éventails, écrans, parapluies, ombrelles, cannes, etc.
- Classe 36
- Habillement des deux sexes.
- Habits d’hommes, habits de femmes.
- Chapellerie, coiffures des deux sexes ; fleurs artificielles et plumes.
- Perruques et ouvrages en cheveux.
- Chaussures.
- Confections pour enfants.
- Vêtements spéciaux aux diverses professions.
- Costumes populaires des diverses contrées.
- Classe 3y
- Joaillerie et bijouterie.
- Bijoux de métaux précieux ciselés, filigranés, ornés de pierres fines, etc.
- Bijoux en doublé et en faux.
- Bijoux en jayet, ambre, corail, nacre_, acier, etc.
- Diamants, pierres fines, perles et imitations.
- Classe 38
- Armes portatives. — Chasse.
- Armes défensives : cuirasses, casques.
- Armes contondantes : massues, casse-tête, etc.
- Armes blanches : épées, sabres, baïonnettes, lances, haches, couteaux de chasse.
- Armes de jet : arcs, arbalètes, etc., etc.
- Armes à feu : fusils, carabines, pistolets, revolvers.
- Objets accessoires d’arquebuserie, etc.
- Projectiles pleins ou creux, explosibles. Capsules, amorces, cartouches.
- Equipements de chasse, engins de dressage pour les chiens.
- Matériel de salle d’escrime.
- Classe, 39
- Objets de voyage et de campement
- Malles, valises, sacoches, etc. Nécessaires et trousses de voyage. Objets divers. Couvertures de voyage ; coussins ; coiffures ; vêtements imperméables ; bâtons ferrés; grappins ; parasols.
- Matériel portatif spécialement destiné aux voyages et expéditions scientifiques; nécessaires et bagages du géologue, du minéralogiste, du naturaliste, du colon, du pionnier, etc.
- Tentes et objets de campement. Lits, hamacs, sièges, pliants, etc.
- Classe 40 Bimbeloterie
- Poupées et jouets, figure de cire et figurines. Jeux destinés aux récréations des enfants ou des adultes.
- Jouets instructifs et scientifiques.
- CINQUIÈME GROUPE
- Industries extractives, produits bruts et ouvrés
- Classe 41
- Produits de Vexploitation des mines et de la métallurgie
- Collections et échantillons de roches, minéraux et minerais. Roches d’ornement. Roches dures'. Matériaux réfractaires. Terres et argiles. Produits minéraux divers. Soufre brut. Sel gemme, sel des sources salées.
- Combustibles minéraux, charbons divers, résidus et agglomérés. Asphaltes et roches asphaltiques. Bitume. Goudron minéral. Pétrole brut, etc.
- Métaux bruts : fontes, fers, aciers, fers aciéreux, cuivre, plomb, argent, zinc, etc. Alliages métalliques.
- Produits de l’art du laveur de cendres et de l’affineur de métaux précieux, du batteur d’or, etc.
- - Produits de l’élaboration des métaux bruts : fontes moulées; cloches; fers marchands; fers spéciaux; tôles et fers-blancs; tôles de blindage, de construction, etc.
- Tôles zinguées et. plombées, etc. ; tôles de cuivre, de plomb, de zinc, etc.
- Métaux ouvrés : pièces de forge et de grosse serrurerie ; roues et bandages ; tubes sans soudure, chaînes, etc.
- Produits de la tréfilerie. Aiguilles, épingles; câbles métalliques ; treillages ; tissus métalliques ; tôles perforées.
- Produits de la quincaillerie, de la taillanderie, de la ferronnerie, de la chaudronnerie, de la tôlerie, de la casserie et de la ferblanterie.
- Métaux ouvrés divers.
- Classe 42
- Produits des exploitations et des industries forestières
- Echantillons d’essences forestières.
- Bois d’œuvre, de chauffage et de construction. Bois ouvrés pour la marine ; merrains bois de fente.
- Lièges ; écorces textiles- Matières tannantes , colorantes, odorantes, résineuses, etc.
- Produits des industries forestières : bois torréfiés et charbons ; potasses brutes ; objets de bois-sellerie, de vannerie, de sparterie, sabots, etc.
- Classe 43
- Produits de la chasse. — Produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes
- Collections et dessins d’animaux terrestres et amphibies, d’oiseaux, d’œufs, de poissons, de cétacés, de mollusques et de crustacés.
- Produits de la chasse: fourrures et pelleteries, poils, crins, plumes brutes, duvets, cornes, dents, ivoire, os, écaille, musc, castoréum et produits analogues.
- Produits de la pêche : huile de baleine, sper-macéti, etc. Fanons de baleine ; ambre gris, coquilles de mollusques, perles, nacre, sépia, pourpre ; coraux, éponges, etc.
- Produits des cueillettes ou récoltes obtenues sans culture : champignons, truffes, fruits sauvages, lichens employés pour teinture, aliment et fourrage; sèves fermentées ; quinquina ; écorces et filaments utiles; cires, gommes-résines; caoutchouc brut, gutta-percha, etc.
- Pièges et engins : lignes et hameçons, harpons, filets, appareils et appâts de pêche.
- Appareils et instruments pour la récolte des produits obtenus sans culture.
- Classe 44
- Produits agricoles non alimentaires
- Matières textiles : cotons bruts, lins et chanvres teillés et non teillés, fibres végétales textiles de toute nature; laines brutes lavées ou non lavées ; cocons de vers à soie.
- Produits agricoles divers employés dans l’industrie, dans la pharmacie et dans l’économie domestique ; plantes oléagineuses, huiles, cires, résines.
- Tabacs en feuilles ou fabriqués. Amadous. Matières tannantes et tinctoriales.
- Fourrages conservés et matières spécialement destinées à la nourriture des bestiaux.
- Classe 45
- Produits chimiques et pharmaceutiques
- Acides, alcalis, sels de toutes sortes. Sels marins et produits de l’exploitation des eaux mères.
- Produits divers des industries chimiques ; cires et corps gras; savons et bougies ; matières premières de la parfumerie; résines, goudrons et corps dérivés ; essences et vernis, enduits divers, cirages.
- Produits de l’industrie du caoutchouc et de la gutta-percha; substances tinctoriales et couleurs.
- Produits dérivés du traitement de matières minérales utilisées pour l’éclairage.
- Eaux minérales et eaux gazeuses naturelles ou artificielles. Matières premières de la pharmacie. Médicaments simples et composés.
- Classe 46
- Procédés chimiques de blanchiment, de teinture, d'impression et d’apprêt.
- Spécimens de fils et tissus blanchis et teints. Echantillons de préparations pour la teinture.
- Spécimens de toiles imprimées ou teintes, de tissus imprimés de coton pur ou mélangé. Spécimens de tissus imprimés de laine, pure ou mélangée, peignée ou cardée.
- Spécimens de tissus imprimés de soie pure ou mélangée.
- Spécimens de tapis imprimés de feutre ou de drap, de toiles cirées.
- Classe 47 Cuirs et peaux
- Matières premières employées dans la préparation des peaux et des cuirs.
- Peaux vertes, peaux salées. Cuirs tannés, corroyés, apprêtés ou teints. Cuirs vernis.
- Maroquins et basanes, peaux hongroyées, cha moisées, mégissées, apprêtées ou teintes. Peaux préparées par la ganterie. Pelleteries et fourrures apprêtées ou teintes. Parchemins.
- Articles de boyauderie : cordes pour instruments de musique, baudruches, nerfs de bœuf, etc.
- SIXIÈME GROUPE
- Outillage et procédés des industries mécaniques. Electricité.
- Classe 48
- Matériel et procédés de l’exploitation des mines et de la métallurgie
- Matériel des sondages pour recherches, pour
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- 286. — Deuxième Année. — N° 87.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- puits artésiens et pour puits à grande section. Machines à forer les trous de mine, à abattre la houille et à débiter les roches. Appareils d’inflammation pour faire sauter la mine.
- Modèles, plans et vues de travaux d’exploitation des mines et carrières. Travaux de.captage des eaux minérales. Machines et appareils destinés à l’extraction et à la descente des ouvriers dans la mine.
- Machines d’épuisement, pompe.
- Appareils d’aérage, ventilateurs.
- Lampes de sûreté. Appareils de sauvetage, parachutes, signaux.
- Appareils de préparation mécanique des minerais et des combustibles minéraux.
- Appareils à agglomérer les combustibles.
- Appareils pour la carbonisation des combustibles. Foyers et fourneaux métallurgiques. Appareils fumivores.
- Matériel des usines métallurgiques.
- Matériel spécial des forges et fonderies.
- Matériel des ateliers d’élaboration des métaux sous toutes les formes.
- Classe 49
- Materiel et procèdes des exploitations rurales et forestièrôs
- Plans de culture, assolements et aménagements agricoles. Matériel et travaux du génie agricole : dessèchements, drainage, irrigations. Plans et modèles de bâtiments ruraux.
- Outils, instruments, machines et appareils servant au labourage et autres façons données à la terre, à l’ensemencement et aux plantations, à la récolte, à la préparation et à la conservation des produits de la culture.
- Machines agricoles diverses mues par des attelages ou par la vapeur.
- Matériel des charrois et des transports ruraux.
- Machines locomobiles spéciales et manèges.
- Matières fertilisantes d’origine organique ou minérale.
- Appareils pour l’étude physique et chimique des sols.
- Plans de systèmes de reboisement, d’aménagement, de culture des forêts.
- Matériel des exploitations et des industries forestières.
- Matériel, instruments et machines de la fabrication des tabacs .
- Classe 5o
- Matériel et procèdes des usines agricoles et des industries alimentaires
- Matériel des usines agricoles : fabriques d’engrais artificiels, de tuyaux de drainage; fromageries et laiteries, minoteries, féculeries, amidon-neries, huileries, brasseries, distilleries, sucreries, raffineries, ateliers pour la préparation des matières textiles, magnaneries, etc.
- Matériel de la fabrication des produits alimentaires : pétrisseurs et fours mécaniques pour boulangers, ustensiles de pâtisserie et de confiserie.
- Appareils pour la fabrication des pâtes alimentaires, du biscuit de mer, etc., etc. Machines à faire le biscuit de mer.Machines à fabriquer le chocolat. Appareils pour la torréfaction du café.
- Préparation des glaces et des sorbets ; fabrication et conservation de la glace.
- Classe 5i
- Materiel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie
- Ustensiles et appareils de laboratoire. Lampes d’émailleurs. Chalumeaux.
- Appareils et instruments destinés aux essais industriels et commerciaux.
- Matériels et appareils des fabriques de produits chimiques, de savons et de bougies.
- Matériel et procédés de la fabrication des essences, des vernis, des objets de caoutchouc et de gutta-percha.
- Matériel des usines traitant les matières miné-ralës utiles pour l’éclairage.
- Matériel et procédés des blanchisseries.
- Matériel de la préparation des produits pharmaceutiques.
- Matériel des ateliers de tannerie et de mégisserie.
- Matériel et procédés des verreries et des fabriques de produits céramiques.
- Classe 52
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- Pièces de mécanismes détachées : supports, galets, glissières, excentriques, engrenages, bielles, parallélogrammes et joints, poulies, courroies, systèmes funiculaires, etc. Embrayages, déclics, etc. Régulateurs et modérateurs de mouvement. Appareils de graissage.
- Compteurs et enregistreurs. Dynamomètres, manomètres, appareils de pesage. Appareils de jaugeage des liquides et des gaz.
- Machines servant à la manœuvre des fardeaux.
- Machines hydrauliques élévatoires : norias, pompes, tympans, béliers hydrauliques, etc.
- Récepteurs hydrauliques : roues, turbines, machines à colonne d’eau.
- Presses hydrauliques.
- Machines motrices à vapeur ; machines fixes, machines demi-fixes et machines locomobiles. Chaudières, générateurs de vapeur et appareils accessoires.
- Appareils de condensation des vapeurs.
- Machines à vapeur autres que la vapeur d’eau ; à vapeurs combinées.
- Machines à gaz, à air chaud, à air comprimé.
- Appareils pour la transmission de la force par l’eau et par l’air.
- Moulins à vent et pananémones. Aérostats.
- Classe 53 Machines-outils
- Machines-outils servant au travail des bois : raboteuses, toupies, scies circulaires et à rubans; mortaiseuses, couteaux américains, etc. Machines à faire les tonneaux. Machines à découper le liège.
- Tours et machines à aléser et à raboter. Machines à mortaiser, à percer, à découper, à fraiser, à décolleter, à poinçonner. Machines à tarauder,. à fileter, à river, etc., etc. Perforatrices. Outils divers des ateliers de constructions mécaniques.
- Meules à affûter, ébarber, polir, etc.
- Outils, machines et appareils servant à presser, à broyer, à malaxer, à scier, à. polir, etc. Machines-outils spéciales à diverses industries.
- Classe 54
- Matériel et procédés du filage et de la corderie
- Matériel du filage à la main. Pièces détachées appartenant au matériel des filatures. Machines et appareils servant à la préparation et à la filature des matières textiles. Appareils et procédés destinés aux opérations complémentaires, étirage, dévidage, retordage, moulinage, apprêts mécaniques. Appareils pour le conditionnement et le titrage des fils.
- Matériels des ateliers de corderie. Câbles ronds, plats, diminués, cordes et ficelles, câbles^de fils métalliques, câbles à âme métallique, mèches à feu, étoupilles, etc.
- Classe 55
- Matériel et procédés du tissage
- Appareils destinés aux opérations préparatoires du tissage : machines à ourdir,. à bobiner. Lisages.
- Métiers ordinaires et mécaniques pour la fabrication des tissus unis. Métiers pour la fabrication des étoffes façonnées et brochées ; battants-bro-cheurs.
- Métiers à fabriquer les tapis et tapisseries.
- Métiers à mailles pour la fabrication de la bonneterie et des tulles. Matériel de la fabrication de la dentelle. Matériel des fabriques de passementerie.
- Métiers de haute lisse et procédés d’espouli-nage. Appareils, accessoires : machines à fouler, calandrer, gaufrer? moirer, métrer, plier, etc.
- Classe 56
- Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements
- Outils ordinaires des ateliers de couture et de confection. Machines à coudre, à piquer, à ourler, à broder.
- Scies à découper les étoffes et les cuirs pour la confection des vêtements et chaussures.
- Machines à faire, à clouer et à visser les chaussures.
- Machines pour l’appropriation du caoutchouc.
- Classe 57
- Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et dlhabitation.
- Machine à débiter les bois de placage. Scies à découper, à chantourner, etc.
- Machines à faire les moulures, les baguettes de cadre, les feuilles de parquet, les . meubles, etc. Tours et appareils divers des ateliers de menuiserie et d’ébénisterie.
- Machines à estemper et à emboutir. Machines et appareils pour le travail du stuc, du carton-pâte, de l’ivoire, de l’os, de la corne.
- Machines à mettre au point, à sculpter, à réduire les statues, à graver, à guillocher, etc.
- Machines à briques, à tuiles ; machines à fabriquer les pierres artificielles.
- Machines à scier et polir les pierres dures, les marbres, etc.
- Classe 58
- Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- Matériel et produits de la fabrication des pâtes à papier de bois, de paille, d’alfa, etc.
- Procédés et produits du blanchiment des fibres ligneuses.
- Matériel de la fabrication du papier à la cuve et à la machine. Appareils pour satiner, glacer, moirer, gaufrer, filigraner et régler le papier. Machines à découper, rogner, timbrer les papiers, etc.
- Matériel du blanchiment, de la teinture et de l’apprêt des papiers et des tissus.
- Matériel de l’impression des papiers peints et des tissus. Machines à graver les rouleaux d’impression.
- Matériel, appareils et produits des fonderies en caractères ; clichés, etc.
- Machines et appareils employés dans la typographie, la stéréotypie, l’impression en taille-douce, l’autographie, la lithographie, la calco-graphie, la paniconographie, la chromolithographie, etc. Machines à composer et à trier les caractères. Impression des billets de banque, des timbres-poste, etc.
- Classe 5g
- Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux.
- Presses monétaires.
- Machines servant à la fabrication des boutons, des plumes, des épingles, des enveloppes de lettres; machines à empaqueter, à confectionner les brosses, les cardes; à fabriquer les capsules ; à plomber les marchandises; à boucher les bouteilles, etc
- Outillage et procédés, de la fabrication des objets d’horlogerie, de bimbeloterie, de marqueterie, de vannerie, etc.
- Machines pour la reliure. Machines à écrire. .
- Classe 60
- Carrosserie et charronnage. Bourrellerie
- et sellerie.
- Pièces détachées de charronnage et de carrosserie : roues, bandages, essieux, boîtes de roues, ferrures, etc. Ressorts et systèmes divers de suspension.
- Systèmes d’attelage. Freins.
- Produits du charronnage : chariots, tombereaux, camions, véhicules à destination spéciale.
- Produits delà carrosserie : voitures publiques, voitures d’apparat, voitures particulières, chaises à porteurs, litières, traîneaux, etc., vélocipèdes.
- Articles 'de harnachement et d’éperonnerie : bâts, selles, cacolets, brides et harnais pour montures, pour bêtes de somme et de trait; étriers, éperons ; fouets et cravaches.
- Classe 61
- Matériel des chemins de fer.
- Pièces détachées : ressorts, tampons, freins, etc.
- Matériel fixe : rails, coussinets, éclisses, changements de voie , aiguilles , plaques tournantes ; tampons de choc; grues d’alimentation et réservoirs ; signaux optiques et acoustiques. Appareils divers de sécurité, de bloquage des trains.
- Matériel fixe pour tramways.
- Matériel roulant : wagons à voyageurs, à terrassement, à marchandises, à bestiaux; locomotives, tenders.
- Voitures automobiles et locomotives routières.
- Machines spéciales et outillage des ateliers d’entretien, de réparation et de construction du matériel.
- Matériel et machines pour plans inclinés et plans automoteurs ; modèles de machines, de systèmes de traction, d’appareils relatifs aux voies ferrées.
- Matériel roulant pour tramways de systèmes divers.
- Classe 62 Electricité
- Production de l’électricité. Electricité statique. Piles et accessoires.
- Machines magnéto-électriques et dynamo-électriques : accumulateurs.
- Transmission de l’électricité : câbles, fils et accessoires, paratonnerres.
- . Electrométrie : appareils servant aux mesures électriques. Compteurs d’électricité.
- Applications de l’électricité : télégraphie, signaux, téléphonie, murophonie, photophonie. Lumière électrique, moteurs électriques, locomotion électrique, transport et distribution de la force, transformateurs. Electricité médicale, électrochimie. Electro-aimants et aimants, boussoles, horlogerie électrique.
- Appareils divers.
- Classe 63.
- Matériel et procédés du génie civil fies travaux publics et de Varchitecture
- Matériaux de construction : roches, bois, métaux; pierres d’ornement ; chaux, mortiers, ci-
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- Deuxième Année. — N° 87.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 Août i885.— 287.
- ments, pierres artificielles et bétons ; tuiles, briques, carreaux ; ardoises, cartons et feutres pour couvertures.
- Matériel et produits des procédés employés pour la conservation des bois. Appareils et instruments pour l’essai des matériaux de construction.
- Matériel des travaux de terrassement ; excavateurs. Appareils des chantiers de construction. Outillage et procédés de l’appareilleur, du tailleur de pierre, du maçon, du charpentier, du couvreur, du serrurier, du menuisier, du vitrier, du plombier, du peintre en bâtiments, etc.
- Serrurerie fine : serrures, cadenas ; grilles, balcons, rampes d’escalier, etc.
- r Matériel et engins _ des travaux de fondations : sonnettes, pilotis, pieux à vis ; pompes, appareils pneumatiques, dragues, etc. Matériel des travaux hydrauliques, des ports de mer, des canaux, des rivières.
- Matériel et appareils servant aux distributions d’eau et de gaz. Matériel de l’entretien des routes, des plantations et des promenades.
- Phares. Matériel spécial de la télégraphie à air comprimé.
- Classe 64
- Hygiène et assistance publique
- Matériel, instruments et appareils à l’usage des études d’hygiène.
- Matériel et procédés d’assainissement des habitations, des édifices et des villes : aération directe, chauffage, ventilation, éclairage dans leurs rapports avec la salubrité; canalisation pour eaux et immondices, drains et égouts,réservoirs de chasse, syphons hydrauliques, water-closets, urinoirs publics et privés, éviers, tables de toilette, appareils de. vidange, plomberie sanitaire, murs, briques, toitures, parquets, etc., etc.
- Appareils pour le transport, la réception et le traitement des immondices. .
- Appareils et procédés pour la filtration des eaux.
- Appareils destinés à la prophylaxie des maladies transmissibles : procédés, produits et instruments de nettoiement, de stérilisation et de désinfection.
- Appareils et instruments d’ensevelissement et de destruction des cadavres dans les cimetières et sur les champs de bataille : crémation.
- Plans, modèles et documents des services d’hygiène, dépendant de l’Etat, des départements et des communes.
- Matériel et procédés d’hygiène professionnelle et industrielle.
- Plans, modèles, agencements, mobilier d’hôpitaux, d’asiles divers, de maisons de refuge, de retraites, d’aliénés, de crèches, etc.
- Plans, modèles, types d’ambulances civiles et militaires.
- Classe 65
- Matériel cle la navigation et du sauvetage
- Dessins et modèles de cales, bassins de radoub, docks flottants, etc.
- Dessins et modèles des bâtiments en tous genres usités pour la navigation fluviale et maritime. Types et modèles des systèmes de construction adoptés dans la marine marchande et militaire. Torpilleurs.
- Canots et embarcations.
- Matériel du gréement des navires : grues, cabestans. Vireurs. Timonerie.
- Armement.
- Pavillons et signaux. Appareils destinés à prévenir les collisions en mer. Bouées, balises, etc.
- Matériel et exercices de natation, de plongeage et de sauvetage ; flotteurs, ceintures de natation, etc. Cloches à plongeur ; nautilus, scaphandres, etc. Bateaux sous-marins ; matériel de sauvetage maritime, porte-amares, bateaux dits life-boats, etc. Matériel du sauvetage pour les incendies et autres accidents.
- Navigation de plaisance.
- Classe 66
- Matériel et procédés de l’art militaire
- Travaux du génie militaire et fortifications.
- Artillerie, armes, affûts et projectiles de toutes sortes.
- Equipement, habillement et campement.
- Matériel des transports militaires.
- Topographie et géographie militaires.
- SEPTIÈME GROUPE Produits alimentaires
- Classe 67
- Céréales, produits farineux avec leurs dérivés
- Froment, seigle, orge, riz, maïs, millet et autres céréales en grains et en farine.
- Grains mondés et gruaux.
- Fécules de pommes de terre, de riz, de lentilles, etc., gluten.
- Tapioca, sagou, arrow-root, fécules diverses, produits farineux mixtes, etc.
- Pâtes dites d’Italie, semoules, vermicelles, macaronis.
- Préparations alimentaires propres à remplacer le pain : nouilles, bouillies, pâtes de fabrication domestique.
- Classe 68
- Produits de la boulangerie et de la pâtisserie
- Pains divers avec ou sans levain ; pains de fantaisie et pains façonnés ; pains comprimés pour voyages, campagnes militaires, etc. ; biscuit de mer.
- Produits divers de pâtisserie propre à chaque nation. Pains d’épice et gâteaux secs susceptibles de se conserver.
- Classe 69
- Corps gras alimentaires, laitages et œufs
- Graisses et huiles comestibles.
- Laits frais et conservés ; beurres salés et frais; fromages.
- Œufs de toutes espèces.
- Classe 70 Viandes et poissons
- Viandes salées de toute nature. Viandes conservées par divers procédés. Tablettes de viande et de bouillon. Jambons et préparations de viandes.
- Volailles et gibiers.
- Poissons salés, encaqués : morues, harengs, etc.; poissons conservés dans l’huile : sardines, thon mariné, etc.
- Crustacés et coquillages : homards, crevettes, huîtres; conserves d’huitres, d’anchois, etc.
- Classe 71 Légumes et fruits
- Tubercules: pommes de terre, etc.
- Légumes farineux secs: haricots, lentilles, etc.
- Légumes verts à cuire: choux, etc.
- Légumes racines : carottes, navets, etc.
- Légumes épices : oignons, ail, etc.
- Salades, cucurbitacés, citrouilles, melons, etc.
- Légumes conservés par divers procédés.
- Fruits à l’état frais ; fruits secs et préparés; prunes, figues, raisins, etc.
- Fruits conservés sans le secours du sucre.
- Classe 72
- Condiments et stimulants : sucres et produits de la confiserie
- Epices : poivres, canelles, piments, etc.
- Sel de table.
- Condiments et stimulants composés : moutarde1 karis, sauces, etc.
- Thés, cafés et boissons aromatiques; cafés de chicorée et de glands doux.
- Chocolats.
- Sucres destinés aux usages domestiques, et aux autres.
- Produits divers de la confiserie : dragées, bonbons de sucre , fondants, nougats , angélique , anis, confitures et gelées.
- Fruit confits.
- Fruits à l’eau-de-vie.
- Sirops et liqueurs sucrées.
- Classe 78
- Boissons fermentées
- Vins ordinaires, rouges et blancs.
- Vins de liqueurs et vins cuits.
- Vins mousseux.
- Cidres, poirés et autres boissons tirées des céréales.
- Boissons fermentées de toute nature.
- Eaux-de-vie et alcools.
- Boissons spiritueuses, genièvre, rhum, tafia, kirsch, etc.
- HUITIÈME GROUPE
- Agriculture, viticulture et pisciculture
- Classe 74
- Spécimens d’exploitations rurales et d’usines agricoles
- Types des bâtiments ruraux des diverses contrées.
- Types d’écuries, d’étables., de bergeries et de parcs à moutons, de porcheries et d’établissements
- propres à l’élevage et à l’engraissement des animaux.
- Matériel des écuries, étables, chenils, etc.
- Appareils pour préparer la nourriture des animaux.
- Machines agricoles en mouvement: charrues à vapeur, moissonneuses, faucheuses, faneuses, batteuses, etc.
- Types d’usines agricoles, distilleries, sucreries, raffineries ; brasseries, minoteries, féculeries, ami-donneries, magnaneries.
- Pressoirs pour le cidre, l’huile.
- Types de poulaillers, de pigeonniers, de faisanderies .
- Appareils d’éclosion artificielle.
- Types de chenils.
- Classe 75 Viticulture
- Types de bâtiments d’exploitation pour la viticulture.
- Matériel de la culture de la vigne.
- Matériel des chais, caves et cuviers. Pressoirs.
- Procédés et méthodes employés pour combattre les maladies de la vigne.
- Collections de cépages.
- Classe 76
- Insectes utiles et insectes nuisibles
- Abeilles, vers à soie et bombyx divers.
- Cochenilles.
- Matériel de l’élevage et de la conservation des abeilles et des vers à soie.
- Matériel et procédés de la destruction des insectes nuisibles.
- Classe 77
- Poissons, crustacés et mollusques
- Animaux aquatiques utiles, à l’état vivant.
- Aquariums. Procédés de la pisciculture.
- Matériel de l’élevage des poissons, des mollusques et des sangsues.
- NEUVIÈME GROUPE
- Horticulture
- Classe 78
- Serres et matériel de Vhorticulture
- Outils du jardinier, du pépiniériste et de l’horticulteur.
- Appareils d’arrosement, d’entretien des gazons.
- Grandes serres et leurs accessoires. Petites serres d’appartement et de fenêtre.
- Aquariums pour plantes aquatiques.
- Jets d’eau et appareils pour l’ornement des jardins.
- Classe 79
- Fleurs et plantes d’ornement
- Espèces de plantes et spécimens de cultures rappelant les types caractéristiques des jardins et des habitations de chaque contrée.
- Classe 80 Plantes potagères
- Espèces de plantes et spécimens de cultures rappelant les types caractéristiques des jardins potagers de chaque contrée.
- Classe 81
- Fruits et arbres fruitiers
- Espèces de plantes et spécimens de produits de culture rappelant les types caractéristiques des vergers de chaque contrée.
- Classe 82
- Graines et plants d’essences forestières
- Espèces de plantes et spécimens de produits de culture rappelant les procédés de peuplement des forêts, usités dans chaque pays.
- Classe 83 Plantes de serre
- Spécimens des cultures usitées dans divers pays, en vue de l’agrément ou de l’utilité.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 29 Août 1886.
- 288. — Deuxième Année. — N° 87.
- M. GRISON
- Le directeur général des finances de l’Exposition Universelle de 1889, M. Grisou, dont le portrait se trouve en tête de notre journal, a fait toute sa carrière au ministère du commerce ; entré tout jeune dans l’administration, c’est un à un qu’il a franchi tous les échelons qui l’ont mené à la haute situation qu’il occupe aujourd’hui.
- Travailleur modeste et infatigable, M. Gris on est le type parfait de ces fonctionnaires dont les services inconnus du public ne sont appréciés à leur juste valeur que par ceux-là seuls qui les utilisent.
- Comptable de premier ordre, le Directeur général des finances a fait ses preuves dans des circonstances particulièrement délicates : En 1871, après le siège, c’est lui qui fut chargé de liquider les dépenses de l’approvisionnement de Paris. Dans l’accomplissement de cette tâche ingrate et difficile, M. Grisou montra une énergie, un souci constant et sévère des intérêts de l’Etat, qui plus tard le désignèrent pour la liquidation des comptes de l’Exposition Universelle de 1878.
- Directeur du secrétariat et de la comptabilité au ministère du commerce et de l’industrie depuis plusieurs années, M. Grison, par sa compétence administrative, sa longue pratique de la comptabilité publique, était l’homme qu’il fallait à M. E. Lockroy.
- Le choix du ministre du commerce et de l’industrie est une sécurité pour les souscripteurs de la Société de garantie ; ils peuvent être certains que sous la direction d’un homme tel que M. Grison, leurs capitaux sont en sûreté, les dépenses exagérées 11e sont pas à redouter.
- ÉCHOS
- Paris
- Deux expositions artistiques rivales sont ouvertes.depuis le 20 août dans les baraquements dos Tuileries ; celle du groupe des indépendants et celle de là Société des artistes indépendants.
- Et voilà, comment en France, toutes les idées, même les bonnes comme dans le cas présent, finissent par le ridicule !
- *
- ¥• *
- Notre confrère Stanislas Ferrand se plaint fort justement dans le Bâtinïent des inquiétants retards apportés à la création de la Bourse de Commerce.
- « C'est le 30 novembre 1885,dit-il, que le Conseil « municipal a voté définitivement la création « d’une Bourse du Commerce, et c’est le 2 mai^ « 1880 que l’adjudication de cette importante opé-« ration était prononcée au profit de M. H. Blon-« del, architecte, seul concurrent.
- « Les travaux devaient être entrepris sans re-« tard. .On allait démolir 167 maisons, expulser « un millier de locataires et ouvrir un chantier « colossal.
- « Six mois se sont écoulés, et, à l’heure actuelle, « rien de tous ces grands projets n’est encore « commencé. »
- Il faut avouer que les faits se passent de commentaires .
- *
- * *
- Pour compléter utilement l’exposition des moulages installés au Trocadéro, on a créé une salle de travail ou d’études, qui pourra être mise à la disposition du public. Cette salle est aujourd’hui complètement aménagée ; elle occupe toute l’étendue du pavillon d’angle de l’aile gauche du palais. On y accède par une porte monumentale représentant « le portail de la façade occidentale de l’église S.ainte-Marie-des-Dames, à Saintes ». L’installation intérieure se compose d’une énorme table autour de laquelle pourraient travailler une vingtaine de personnes, à la fois. De nombreuses collections de photographies, de dessins et de plans en relief seront mis à la disposition des personnes munies d’une autorisation pour se livrer à des études spéciales. A l’extrémité de la salle, on vient de placer le buste en marbre de Viollet-le-Duc, le grand restaurateur des monuments anciens.
- * *
- Pendant la semaine du 10 au 17 août 1886, la Société générale des Téléphones a inscrit 8 nouveaux Abonnés à Paris et 6 dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de 11 à Paris et de 1 dans les départements.
- Paris compte actuellement 4,448 abonnés et les départements 2,192, soit, en tout, 6,640 abonnés, contre 5,840, à la même époque de l’année dernière.
- * *
- Départements
- L’exposition artistique des Basses-Loges (Fontainebleau), sera inaugurée le dimanche 5 septembre.
- k
- X *
- ETRANGER
- Allemagne
- Nos voisins d’outre-Rhin suivent avec autant d’attention que d’intérêt l’organisation.de notre grande exposition de 1889.
- Hâtons-nous de le dire, la grande majorité y est sympathique, et il n’en faut plus douter, ces grands industriels qui ont refusé leur concours à une exposition nationale de l’Allemagne pour 1888, viendront en masse chercher à Paris cette consécration suprême que nos expositions ont toujours donnée aux industries étrangères et qui, vu le prestige de notre capitale, leur est si nécessaire.
- Ils viendront, dira-t-on, pour nous étudier de plus près et perfectionner leurs moyens d’action.
- C’est vrai, mais il ne tient qu’à nous de retourner contre eux les leçons qu’ils nous ont données ; de profiter des exemples fournis par ce contact pacifique et de faire ainsi de l’année de l’Exposition la première d’une ère de relèvement définitif pour la France sur le domaine industriel et commercial.
- Nos rivaux tiennent à venir se mesurer avec nous. C’est apparemment que nous leur paraissons redoutables.
- A l’œuvre donc pour leur prouver que leurs prévisions sont atteintes et dépassées.
- *
- * X
- Angleterre
- Une grande exposition minéralogique et métallurgique se prépare à Newcastle pour l’année prochaine.
- Les plans, élaborés par M. W. Glover, vice-président de la Northern Architectural Association, ont été adoptés et approuvés par le Conseil municipal.
- Les bâtiments couvriront une superficie de 226,500 pieds. Le capital de garantie est complètement souscrit, et les promoteurs peuvent avec raison compter sur le succès.
- L’exposition comprendra un modèle de mine de houille en exploitation, et tous les appareils employés pour la construction des machines, les grands travaux publics et l’architecture navale, ainsi que les arts et les sciences.. L’exposition ouvrira le 26 mai 1887.
- *
- * *
- L’expostion internationale de Manchester, dont nous avons déjà parlé, s’organise également. On sait qu’elle aura lieu l’année prochaine.
- Les plans et devis de MM. Maxwell et Tuke, architectes, ont été acceptés. Ils évaluent les dépenses à faire pour la construction des bâtiments à 32,652 livres sterling.
- Ne sont pas, bien entendu, comprises dans ce chiffre, les sommes qu’entraînerait la réalisation d’un projet annexe présenté par quelques-uns des promoteurs et qui consisterait, comme cela a été fait à South-Kensington, pour le « vieux Londres» à reproduire une partie du « vieux Manchester ».
- Les autres sections de l’exposition comprendront les beaux-arts, les machines en fonctionnement et unesallo de concerts.
- L’emplacement choisi se trouve entre Talbot Road et . Chester Road, près le jardin Botanique, c’est-à-dire non loin de l’emplacement où eut lieu en 1857 l’exposition des chefs-d’œuvre artistiques.
- Le capital de garantie, s’élevant à 100,000 livres, a été rapidement souscrit. Il est question de l’élever à 200,000 livres.
- *
- * X
- Sa majesté la Reine, accompagnée du prince et de la princesse Henry de Battemberg, s’est rendue ces jours derniers à l’exposition internationale d’Edimbourg, qu’elle a visitée en détail et dont le succès, disons-le en passant, s’affirme de jour en jour.
- •¥• X
- Une mesure qui a reçu l’approbation unanime vient d’être prise par l’agent général de l’Exposition coloniale, dans le but 'd’ouvrir gratuitement les portes de cette dernière à. la population éco-
- lière de Londres. Depuis lundi dernier, en vertu d’un arrangement passé avec les compagnies, les enfants aü-dessous de quatorze ans, élèves d’un Board ou d’une école publique, peuvent se faire délivrer par leurs professeurs un certificat valable pour eux-mêmes et pour les personnes qui les accompagnent, et se présenter aux guichets de toute gare se trouvant dans un rayon de six milles de chaque station terminale de la métropole. En échange du susdit certificat, ils reçoivent des billets pour South Kensington, comprenant le voyage aller et retour, le passage sous le Subway et l’admission à l’Exposition. Le prix de ces billets est, pour les gares de l’Inner Circle Railway, de neuf pence pour les adultes et de six pence pour les enfants ; enfin, de un shelling pour les adultes et sept pence pour les enfants, dans les autres gares comprises dans la limite sus-mentionnée.
- Le Commerce du Royaume-Uni. — Le bureau central des douanes vient de publier son rapport sur l’exercice 1885.
- La première partie du rapport donne la valeur des exportations et importations.
- En 1885, les importations ont été de 370,967,955 liv. ster., contre 390,Ul8,569 liv. sterl. en 1884, 426,891,579 liv. sterl. en 1883, 4,3,017,608 liv. sterl. en 1882, et 397,022,489 en 1881.
- . Les exportations ont été, en 1885, de 271,403,694 liv. sterl., dont 213,044,500 liv. sterl., représentant la valeur des produits anglais, et 58,359,194 liv. sterl. la valeur des produits étrangers et coloniaux contre 295,000,000 liv. sterl. en 1884, 305,000,000 liv. sterl. en 1883. 305,000,000 en 1882, et 297,000,000 en 1881.
- *
- X X
- La Société des Painters-Etchers (peintres-aquafortistes) ouvrira son exposition annuelle à Londres le 1er septembre prochain.
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- X X
- La neuvième exposition annuelle de peintures et aquarelles, ouvrira à Dundée le 2 octobre dans les galeries de VAlbert Institute.
- Les envois doivent être adressés avant le 4 septembre à M. John Maclauchlan, secrétaire.
- * X
- Australie du Sud
- Nous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs sur l’exposition internationale qui se prépare à Adélaïde, à l’occasion du cinquantenaire de la Colonie et dont l’ouverture aura lieu dans le courant de l’année prochaine,
- La commission de l’exposition (Victoria Gardens, Victoria Street, S. W) vient de publier le tableau synoptique ainsi que la classification générale des produits avec tous les détails nécessaires sur les promoteurs de l’entreprise, son organisation et son administration.
- Les demandes d’emplacements seront reçues jusqu’au 1er janvier 1887; ajoutons que les formules et les conditions de ces demandes peuvent être demandées par les intéressés au secrétariat de l’Exposition à Adélaïde, ou au secrétariat de la Commission de Londres.
- Les Gouvernements qui désireraient participer officiellement à cette intéressante solennité, doivent adresser leurs communications, à cet effet, au secrétaire général, à Londres, avant le 1er octobre prochain, au plus tard.
- Une voie ferrée, directe, d’une longueur de sept milles, et déposant les produits sur le terrain même de l’exposition, reliera les pavillons, de cette dernière aux wharfs de Port-Adelaïde, où pourront venir se ranger et débarquer directement leur cargaison dans les trucks du railway, les navires d’un tirant d’eau de,vingt-deux pieds.
- Ajoutons que l’année 1887, celle de l’Exposition, aura une importance toute particulière pour les colonies australiennes.
- Elle verra en effet la réunion par une voie ferrée continue de l’Australie du Sud, de Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Cette ligne, longue de 1,760 milles, se décomposera comme suit :
- D’Adelaïde à Melbourne, 508 milles; de Melbourne à Sydney, 574 milles ; enfin, de Svdnev à Brisbane, 678 milles.
- La Commission publie une brochure contenant une jolie carte du continent australien et un plan en couleurs de l’exposition, dont les terrains sont situés entre la ville et la rivière Torrens dans le voisinage immédiat de l’Université des jardins Botanique et Zoologique et de la Bibliothèque.
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- X X
- États-Unis
- Le chemin de fer aérien de New-York étant devenu insuffisant, on a décidé et mis à l’étude la construction d’un nouveau réseau souterrain. Il est probable qu’on y utilisera Péloctricité comme force motrice : plusieurs modèles très perfectionnés de locomotives ont déjà été proposés. Dans ceux-ci l’électricité est l’agent unique : éclairage,
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- Deuxième Année. — N° 87
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 29 août 1S86. — 289
- sonnerie, freins, tout est réglé par le puissant facteur, susceptible de déployer, par la réunion de deux moteurs, une force de üOO à 700 chevaux.
- L’inauguration de la statue colossale de la Liberté est fixée au 20 octobre prochain. Le départ des délégués français s’effectuera le 2.
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- Espagne
- L’exposition universelle de Barcelone, dont l'ouverture est fixée à l’année prochaine, s’organise très activement. La Reine-régente en a accepté la présidence d’honneur.
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- Chine
- Le conseil d’administration municipale de la Concession française à Shanghaï désirant obtenir des plans pour la construction d’un hôtel de cille à Shanghaï, invite MM. les architectes à vouloir bien lui adresser des plans à cet effet.
- Les plans reçus seront soumis à une commission choisie par le Conseil.
- L’auteur du plan n° 1 recevra une somme de cinq cents taëls (environ 2,850 fr.) L’auteur du plan n° 2 recevra une somme de trois cents taëls (environ 1,710 fr.) L’auteur du plan n° 3 recevra ,une somme de deux cents taëls (environ 1,140 fr.)
- S’adresser pour tous les renseignements :
- A M. Delahaye, rue Saint-Georges, 20 à Paris, qui tient à la disposition des intéressés des plans du terrain et le cahier des conditions du concours.
- Le concours sera clos à Shanghaï le 1er décembre prochain. Les plans devront donc être déposés chez M. Delahaye, au plus tard le 15 octobre prochain, avant midi, de façon à pouvoir être expédiés par le courrier quittant Paris le vendredi soir 15 octobre.
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- Pérou
- On organise, actuellement à Lima une grande exposition minéralogique dont le but serait de faire connaître les immenses richesses minérales du pays.
- L’inauguration aurait lieu le 1er juin 1887.
- L’INDUSTRIE
- E T
- LE COMMERCE ALLEMANDS
- Il est de mode de mettre la prospérité de l’Allemagne en regard de la situation embarrassée de la France.
- Les rapports des Chambres de commerce d’Allemagne, plus compétentes, à coup sûr, que quelques journalistes fourvoyés dans les questions économiques, portent un rude coup à cette légende. Le système auquel s’est rallié M. de Bismarck a sans doute été accompagné de résultats factices : une prospérité apparente s’est produite, mais, au bout, il n’y a que mirage et déception.
- Voici, à ce sujet, quelques extraits des rapports des Chambres de commerce allemandes, recueillis par le Journal clu Havre :
- - La Chambre de Chemnitz dit :
- - « Le recul des affaires est dû au système protectionniste,qui a provoqué des représailles ; l’industrie. allemande est actuellement dans une situation de plus en plus fâcheuse, le mouvement des affaires est lentement paralysé et l’amélioration espérée ne viendra pas. »
- La Chambre de commerce de Hanau constate que l’année est encore plus mauvaise que les précédentes, l’exportation se réduit à un minimum, grâce aux hauts droits. Une conséquence déplorable de cet état de choses, c’est l’augmentation incessante du stock en objets fabriqués chez l’industriel, comme chez le marchand.
- Darmstadt dit : « La production est excessive et la consommation est réduite, les hauts droits à l’étranger repoussent les produits allemands, et la consommation est réduite par la dépréciation du capital et la baisse de l’intérêt. Il faut absolument renoncer à cette
- guerre de tarifs et revenir aux traités de commerce. »
- Carlsruhe parle de l’inquiétude du monde des affaires, de l’insécurité provoquée par cette course incessante aux hauts droits, course qui désespère le producteur et cause de grands dommages à l’industrie.
- Crefrel se plaint de ce que la protection n’ait pas fait augmenter la consommation des produits nationaux en Allemagne et l’ait diminuée au dehors. D’année en année, l’exportation devient plus difficile. Les industriels rhénans sont, en majorité accentuée, contre la majoration des droits de douane.
- Coblentz constate une dépréciation inouïe de la plupart des produits du sol, au profit desquels les droits protecteurs 11’ont exercé aucune influence.
- Ileidenheim signale la diminution continue de l’exportation. Des traités de commerce judicieux, au lieu de droits élevés pourront seuls amener une amélioration.
- Reutlingen fait la même observation. Kawl parle des déceptions de l’industrie, et dit que de tous côtés en Allemagne les opinions se manifestent ouvertement contre la politique commerciale et douanière de l’Empire. Munster adresse à M. de Bismarck un vote de défiance en sa qualité de ministre du commerce ; le rapport demande que le ministère soit confié à un homme compétent dans les questions économiques, autrement la situation fâcheuse créée par cette fausse politique ne fera que s’accentuer davantage -encore.
- On voit combien nous sommes loin du tableau fantaisiste qu’011 nous fait de la prospérité de l’industrie allemande.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES £ DES ARTS INDUSTRIELS, 1886
- IPalais (le rincLastrie ( Champs-Elysées )
- (Voir le Moniteur du 22 août 1886).
- Ainsi que nous l’avions fait prévoir dans notre dernier article, les installations pour l’éclairage électrique avaient fait assez de progrès pour que le samedi 21 août la Société des sciences et des arts puisse inaugurer l’ouverture du soir de son Exposition.
- Cett*e cérémonie a eu lieu à 9 heures et parmi les invités nous avons pu remarquer plusieurs membres du corps diplomatique, des sénateurs, des députés et des conseillers municipaux . M. Lockroy a été empêché par une indisposition d’assister à l’inauguration, mais il s’était fait représenter, ainsi que les ministres des postes et télégraphes, de la guerre et de la marine.
- Plus de 10,000 personnes se pressaient dans le palais de l’industrie et parmi elles se trouvaient le jeune prince Diaoulé-Karamoko et sa suite qui, sous la conduite de M. Muzet, du secrétaire général de l’Exposition, M. Bell, de MM. Carteret et Grivel, commissaires des sections étrangères, M. Grenier et plusieurs membres de l’administration, a visité toutes les galeries ; les Africains ont été si intéressés par les merveilles de l’art européen qu’ils sont venus faire une seconde visite à l’Exposition le lundi suivant, dans la journée.
- La partie purement électrique de l’éclairage était complète pour la soirée d’ouverture, mais une section de la force génératrice qui n’avait pu être terminée que le même jour, a occasionné quelques contretemps et ce n’est que mardi soir que l’éclairage était vraiment magnifique et produisait un effet merveilleux qui sera encore augmenté quand le grand lustre aux 35o lampes à incandescence sera éclairé. En tous cas, on peut déjà déclarer que c’est le plus beau déploiement de lumière électrique qui ait été produit en France jusqu’à ce jour.
- Son pouvoir éclairant dépasse un million de bougies tant en lampes à arc qu’en lampes à incandescence, alimentées par 'des machines dynamo-électriques nécessitant une force de 800 chevaux-vapeur.
- Les générateurs de vapeur sont séparés en deux groupes ; le premier, pavillon. sud-ouest, comprend les chaudières Collet, qui alimentent une machine Guillac de 60 chevaux, deux machines Borsat de 20 chevaux, une machine Westinghouse à grande vitesse de 20 chevaux, et quelques autres petites machines. Le second groupe renferme les machines avec générateurs
- de la maison anglaise Davey et Paxmann, de Col-chester, donnant ensemble plus de 35o chevaux et une machine semi-fixe de MM. Boulet et Cie, pouvant développer 60 chevaux et alimentée par un générateur Roser, de Saint-Denis.
- D’autres machines importantes se trouvent aussi dans diverses parties du palais, et parmi elles nous mentionnerons : 3 locomobiles fournissant une force totale de 120 chevaux et qui appartiennent à la Société d’éclairage électrique, une machine Weyher et Richemond de 70 chevaux, 40 chevaux produits par des moteurs à gaz système Otto, exposés par la compagnie parisienne du gaz et la compagnie des constructions mécaniques.
- Les machines électriques ont été empruntées à tous les systèmes pratiquement connus : Gramme, Edison, Thompson-Houston, Chertemps, Bréguet, Mondos, Elwell Parker, Scrive Hermite, etc., etc.
- N’oublions par l’installation faite par la Banque d’Escompte de la machine, système Gaulard et Gibbs, dont le courant après avoir éclairé quelques salles de l’Exposition, se rendra place de l’Opéra, où il alimentera deux lampes à arc très puissantes ; ce même courant éclairera ensuite la place Ven-tadour et finira en alimentant un certain nombre de lampes à incandescence à l’hôtel de ville, pour revenir après au Palais de l’industrie, point originaire de son départ.
- Les lampes électriques à arc ou à incandescence comprennent aussi tous les systèmes connus ; on y trouve les régulateurs Gramme, Klostermann, Mondos, Piper, Woodhouse et Rawson, Cance, Crompton ; les bougies Jablochoff,qui,au nombre de 200,font le service général du Palais ; les lampes à incandescence de Changy, Trouvé, Edison, Gérard, Lodgguine, Woodhouse et Rawson, Meyer,Swann, Crutto, etc, etc., formant un total de plus de 2,000 lampes, le pouvoir éclairant de chaque varie entre 10 et 400 bougies.
- En dehors de l’éclairage, le public était attiré par le bateau électrique de Trouvé se mouvant au moyen de ses batteries électriques sur le bassin rustique et par un autre bateau du même électricien, trop grand pour le bassin, mais exposé à côté et qui, mis en motion par des roues à palettes, au moyen de l’électricité, a obtenu sur la Marne une vitesse de 18 kilomètres à l’heure.
- Le diorama de l’ascension au mont Blanc est maintenant complètement éclairé, et la foule se hâte pour admirer l’œuvre du Musée Grévin.
- Une mention toute spéciale doit être faite au festival de samedi, qui a été une véritable solennité musicale, à laquelle, en dehors des chœurs de l’Opéra et de l’orchestre, dirigés par M. Mayeur, Mlle Alès, du Théâtre-Lyrique et M. Villebrun,des Italiens, prêtaient leur concours. Deux numéros ont même été bissés : David devant Saüt et la Pa-trouille Turque. Ces festivals qui sont de véritables fêtes artistiques seront certainement une des grandes attractions de cette Exposition, si intéressante par elle-même, et la première de ces soirées fashionables qui a eu lieu mardi dernier a déjà attiré plus de 1,000 visiteurs.
- Dans notre prochain numéro, nous commencerons à donner un compte rendu détaillé de chaque groupe des produits exposés.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
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- LES
- EXPOSITIONS ANGLAISES
- E INT 18 8 6
- EXPOSITION DE LIYERP00L
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 22 Août 1886).
- Section anglaise (suite)
- Au milieu des expositions de bateaux des constructeurs anglais se trouvent les expositions des musées d’Angleterre ou de sociétés particulières, dont l’intérêt historique doit être mentionné.
- Le SouthKensington Muséum a, parmi ces Expositions, la première place. Notre attention est d’abord attirée par une quantité de petits modèles de jonques chinoises, de bateaux particuliers aux indigènes pour excursions sur les fleuves et de bateaux japonais. Il faut avoir la témérité de ces Orientaux pour s’abandonner sur ces frêles embarcations au courant d’un fleuve !
- Mais la partie la plus intéressante de l’Exposition du Kensington Muséum est celle qui se rapporte aux bâtiments.de guerre: les uns sont déjà d’une époque lointaine, d’autres sont modernes. Parmi ces derniers, distinguons les modèles des vaisseaux de guerre, le Howe et VImmortalité. Le premier, construit en 1860, a 121 bouches à feu ; le second,
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 août 1886.
- qui date de i85q, a 5o bouches à. feu. Un autre vaisseau, Turret Ship, fut construit à Chatam en 1S68 et lancé en 1871 : il a une longueur de 243 pieds sur une largeur de 54 pieds et jauge 2,709 tonnes.
- Plus anciens sont les autres bateaux exposés : parmi tous leurs modèles, citons le Victor~ys construit en 1765, pourvu de 100 bouches à feu ; Y Artois, construit en T794, pourvu de 38 bouches à feu et jaugeant 996 tonnes ; le Rodney, construit en 1833 ; YÈmerson, bateau à roues, construit en i’83o, l’un des premiers bateaux à vapeur de la marine royale; le Lacedemonia, construit en 1812, jaugeant 1,070 tonnes ; YOsborne, bateau à roues construit en 1S43, jaugeant 1,034 tonnes, pourvu de 6 bouches à feu.
- En dehors de tous ces modèles de bateaux antiques et modernes, le musée de Kensington a envoyé à l’Exposition de Liverpool une série d’autres objets se rapportant à ce qui concerne les moyens de transport. Ainsi, nous remarquons une voiture à deux roues traînée par une paire de bœufs, sorte de char à banc pouvant contenir un grand nombre de voyageurs : le cocher, au lieu d’être assis sur un siège ordinaire de voiture, se tient dans la position d’un homme à cheval, sur le brancard même. Il y aurait encore à citer un grand nombre de curiosités asiatiques, de modèles de transport en Orient, de harnais antiques également orientaux, etc.
- Le Musée de Liverpool expose un modèle de bateau de guerre danois avec 90 bouches a feu ; un autre vaisseau de guerre du xvmc siècle, le modèle d’une frégate, For-Tuyn, datant de 1764; enfin des modèles de bateaux de sauvetage, des pirogues malaises , etc. , etc. A ^ citer surtout, comme objet historique, le modèle d’un ancien bateau égyptien trouvé dans une tombe à Thèbes ; le modèle d’un bateau dit Kayak et une série d’autres modèles de bateaux dont quelques-uns datent d’environ i5oo ans av. J.-G.
- Le Département des sciences et des arts (science and art department), sorte de musée semi-officiel, expose aussi differents modèles de bateaux antiques, parmi lesquels un spécimen de bateau de la Nouvelle-Zélande aussi curieux par sa lorme que par les sculptures de figures bizarres qui en sont l'ornement.
- Sa Majesté la Reine a daigné aussi, à l’exemple des musées de son royaume, exhiber les antiquités artistiques entassées dans ses palais. J’ajme Jx croire qu’elle a voulu ainsi montrer son intérêt pour l’Exposition de Liverpool dont elle a accepté le patronage, à moins toutefois— ce qui ne serait pas contraire aux habitudes royales — qu'elle ait vu seulement, dans cette Exposition, une occasion économique de produire au grand jour les richesses au milieu desquelles se passe son existence.
- Quoi qu’il en soit, il est très intéressant d'examiner en passant, par exemple : un traîneau, vraiment luxueux, offert à la reine par l’empereur Nicolas ; un char à banc offert à lareine, au temps jadis toujours, parle roi Louis-Philippe Ier. Ce char à banc est splendide ; j’en cite les constructeurs : ce furent MM. Gautier et Picherani, à cette époque carrossiers du roi de France. Le char à banc q quatre sièges ; il est surmonté d’un, dais protégeant contre les intempéries des saisons, et les lanternes, que je remarque tout particulièrement sont de vrais bijoux! C’est une voiture royale. Avis aux princes exilés qui promènent actuellement leurs vaines espérances à travers l’Angleterre..
- Enfin, si vous voulez savoir comment le prince de Galles, enfant, visitait ses domaines, arrêtez-vous devant deux petites voitures à trois roues, en fer peint en jaune ; on a seulement omis de mentionner sur la pancarte fixée à ces voitures le nom du nègre ou de la négresse qui le traînait alors.
- Le bey de Tunis n’a pas oublié non plus sa majesté la reine dans les cadeaux qu’il a eu l’occasion d’adresser aux souverains des différents pays. Il lui a envoyé des harnachements pour ses chevaux; des selles' magnifiques en velours rouge et brodées d’or, etc., etc.
- J’aurais encore à citer bien des. choses intéressantes dans la magnifique exposition des objets gracieusement envoyés par sa majesté la reine. Je ne puis m’y arrêter davantage et je regrette de ne pouvoir mentionner tous les bibelots artistiques contenus dans d’élégantes vitrines entourant l’exposition royale.
- Il me reste à examiner la section anglaise dans les différentes industries qu’elle comprend : l’orfèvrerie, la céramique, la carrosserie,^etc. .L industrie mécanique également devra être l’objet d’une étude spéciale, mais . auparavant, il me semble plus naturel d’en finir avec tout ce qui concerne l’exposition 'maritime. Je me propose donc dépasser en revue l’exposition. organisée par le bureau Veritas, société dont le siégé social est à Paris. Cette exposition, composée de modèles de bateaux, se trouve placée dans la grande avenue de la section anglaise : étant donné en effet son caractère international, elle ne pouvait trouver place clans telle ou telle section. Il lui fallait une sorte de terrain neutre et l’on ne pouvait mieux résoudre la question qu’en lui donnant une place d’honneur à l’entrée même de l’Exposition.
- La dénomination de « bureau Veritas » a été donnée à une Société qui s’est formée dans le but de fournir aux armateurs des renseignements
- sur les assurances maritimes. Le fondateur de cette Société fut M. Morel, qui, en 1028, avait organisé à Anvers le « bureau des renseignements pour les assurances maritimes ».
- Le rôle du bureau Veritas est d’exercer un contrôle général sur la construction et l’entretien des navires de commerce. A cet effet, il publie les règlements de construction et de classification qui servent de base à l’estimation de la valeur des navires tant au point de vue des échantillons des matériaux qu’à celui de la main-d’œuvre et de l’entretien. Des experts, au nombre.de 2 5o environ, résident dans les principaux ports du monde et ont mission de surveiller la construction des navires qui demandent à être classés, de vérifier leur concordance avec les prescriptions du règlement, etc. Les renseignements fournis par les experts sont résumés dans une publication appelée registre Veritas qui donne aux assureurs maritimes, aux affréteurs, aux armateurs des indications indispensables pour leur industrie. Le bureau Veritas publie aussi annuellement un répertoire général de marine marchande qui est d’une très grande utilité pour toutes les personnes en relations d’affaires avec la marine. Cet ouvrage se compose de deux volumes dont l’un est consacré aux voiliers et le second aux vapeurs. Le volume des voiliers publie des renseignements sur les lettres et signaux, les noms du navire et du capitaine, la date et le lieu de la construction, le nom et la résidence de l’armateur, etc., le tonnage, le tirant d’eau, etc.
- Dans le volume des steamers on trouve également des renseignements sur les lettres de signaux, les noms du navire et du capitaine, le pavillon et le gréement des navires, le tonnage, les dimensions, le nom du constructeur et le système de construction, la force motrice, etc., etc. Le bureau Veritas publie encore, tous les mois, une liste des sinistres maritimes, avec les causes des accidents.
- Telles sont les principales attributions du bureau Veritas. Son importance est considérable et se développe chaque jour, malgré la concurrence d’autres institutions analogues, dont la plus importante est celle du Llyod's Résister dont j’ai déjà parlé dans mes précédents articles. Son utilité est indiscutable : elle se révèle dans les principales attributions qu’il comporte et que je viens d’examiner. Assureurs et armateurs y trouvent l’avantage de garanties qui les préservent de tout risque dans les assurances ou les affrètements ; le commerce connaît les navires auxquels il peut confier le transport de ses richesses et n’a plus à redouter les hasards d’une mer en courroux !
- J’ajouterai qu’au point de vue humanitaire, cette institution du bureau Veritas est digne de notre admiration et de nos encouragements. Que de navires ont déjà parcouru les mers, qui n’étaient point en état de résister aux tempêtes, etc., et qui ont coûté la vie à tant d’équipages ! Grâce à l’intervention du bureau Veritas, dans la construction des bateaux, les aléas des longues et pénibles traversées ont presque disparu et l’on part avec confiance et certitude de retour !
- La marine marchande ne saurait que profiter de la protection morale de cette institution ! Il n’est donc pas étonnant que le Registre Veritas con-tienne-plus de ii,5oo navires cotés par le Bureau Veritas.
- L’exposition faite par le Bureau Veritas à Liverpool comprend 208 modèles de navires de différents pays. La France, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, le Danemark, la Russie, etc., ont un compartiment spécial, disposition intelligente qui permet au visiteur de se rendre compte de la marine de l’une ou de l’autre de ces nationalités !
- Je ne puis mentionner les noms de tous les modèles de navire exposés : J’en citerai seulement quelques-uns, ceux qui me paraîtront les plus importants.
- Autriche-Hongrie
- Modèle d’un navire en bois YAurora, construit en 1877, jaugeant 1,045 tonnes et ayant une longueur de 16r pieds sur. 32 de largeur; modèle d’un vapeur à hélices YAdriana, construit en 1885 et destiné à faire les côtes de l’Adriatique. Il peut recevoir 100 passagers et a une longueur de 120 pieds sur une largeur de 17 ; modèle d’une bri-gantine Madvig, construite en 1884.
- Danemark
- Modèle d’un bateau à hélices le Svitqer, construit à Copenhague en 1884, ayant une longueur de r 35 pieds sur 22 de largeur ; modèle d’un steamer Omsk, construit en 1884, à Copenhague, destiné au commerce de la Méditerranée et pouvant recevoir 24 passagers; modèle d’un vapeur à hélices, le Cachemire, construit en 1884 par les forges et chantiers de la Méditerranée et appartenant à la Compagnie nationale de navigation à Marseille. Il a une longueur de 344 pieds sur 41 de largeur.. Le Canton, Y Anatolie, le Mingrelie, vapeurs, à hélices d’une longueur variant entre 3oo et 35o pieds, ont été également construits par les forges et chantiers de la Méditerranée.
- France
- L’exposition du bureau Veritas constitue l’exposition maritime française ; et je me plais à constater que toutes les meilleures dispositions ont été prises par cette Société, pour que l’attention des visiteurs soit longtemps retenue sur les modèles de nos bâtiments qui font honneur aux grands constructeurs français. Parmi les principaux constructeurs,je remarque les noms suivants : M. Lagoue de Bordeaux, M. Tranchenor à Saint-Malo, constructeur d’un bateau « la Fauvette », de 89 pieds de longueur, destiné à la pêche. Alleau, à'Nantes, constructeur de bateaux en bois. Les ateliers et chantiers- de la Loire exposent le modèle du « Rio-Negro », navire de commerce construit en 1883 et devenu la propriété des chargeurs réunis, le modèle d’un yacht, le Saint-Joseph, construit en 18S4, et appartenant au prince de Léon. La compagnie générale de bateaux à vapeur à hélice du Nord, à Dunkerque, expose le modèle du steamer la Ville de Dunkerque. Les forges et chantiers de la Méditerranée, au Havre exposent entre autres modèles celui du vapeur à hélices « Bordeaux », construit en 1882, jaugeant 3,447 tonnes et ayant une longueur de 379 pieds sur une largeur de 40. Il appartient à la compagnie commerciale de transports à vapeur français. Enfin, l’administration du bureau Veritas expose une série de modèles de bateaux construits sur son ordre et pour son compte.
- Allemagne
- Parmi les nombreux modèles de bateaux exposés, je distingue surtout 1’ «Àdolph-Woerman, » vapeur à hélices, tout récemment lancé à la mer, construit en 1886, par MM. Biohm et Voss de Hambourg. Il jauge 2,000 tonneaux et a une longueur de 270 pieds sur 35 de largeur; il est destiné au commerce de l’Afrique. A citer encore un vapeur à roues « Freia », construit en 1885, par la même maison-et destiné au transport des passagers et des marchandises entre Hambourg et He-liogoland. Il a 235 pieds de longueur sur 26 de largeur. La maison Dreyer de Hambourg expose une série de modèles de bateaux à voiles, d’une longueur variant de 100 à i5o pieds et destinés au commerce.
- Grande-Bretagne
- Ce pays à lui seul compte dans l’exposition du bureau Veritas près d’une centaine de modèles de bateaux. La plupart sont originaires de Glasgow, de Newcastle ou Tyne. Ce sont là de grands centres de construction. Le nombre des chantiers à Glasgow est considérable : ils occupent les deux rives de la Clyde sur une distance de plus de 8 kilomètres. Et si quelqu’un de mes lecteurs visitait jamais Glasgow, qu’il n’oublie point de remonter la Clyde jusqu’à son embouchure. Par une belle journée, telle que le mois de juin peut la donner, je lui promets une promenade des plus intéressantes : il nç sera pas seulement charmé par le spectacle d’une nature pittoresque et vraiment enchanteresse, il sera saisi d’admiration et d’étonnement devant l’animation qui règne sur les rives du fleuve où vit tout un monde de travailleurs !
- Les modèles de bateaux exposés sont trop nombreux pour que j’en puisse citer les noms : ils comprennent toutes les catégories de bateaux, des voiliers, des vapeurs à hélices, des vapeurs à roues, etc.
- J’ai déjà eu occasion de parler de leurs constructeurs dans mon étude précédente sur la section anglaise.
- Hollande
- Il y a bien peu de modèles de bateaux exposés. M. Grœn d’Amsterdam expose le projet d’un bateau qui n’est pas encore construit et MM. J. Bok et Zoonen d’Amsterdam,également, exposent le modèle d’un bateau pêcheur appelé le Nord qee Canal, ayant une longueur de 73 pieds sur 19 pieds de largeur. La Compagnie hollandaise de bateaux à vapeur à Rotterdam expose le modèle d’un vapeur en fer à hélices, le Nederland, jaugeant 2,796 tonnes et mesurant 318 pieds de longueur sur 3p de largeur.
- Italie
- Les modèles exposés représentent des bateaux en bois destinés au commerce méditerranéen. Parmi eux, citons comme les plus importants le Nuovo Nicolo, jaugeant 832 tonnes et l'Alata, jaugeant 8o5 tonnes et mesurant 169 pieds de longueur sur 35 de largeur.
- Suède et Norvège
- Parmi les principaux bateaux dont les modèles sont exposés, il suffira de citer les vapeurs à. hélices Hekla et Korsor, construits à Christiania et ayant, le premier, une longueur de 3 12 pieds, le second, une longueur de 24S pieds sur une largeur de 3q pieds.
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- De unième'Année. — N° 87
- Russie
- Quelques modèles de bateaux à vapeur en fer, méritent d’être mentionnés. Ainsi le Lastochka, jaugeant y5o tonnes et mesurant une longueur de 207 pieds, destiné au commerce de la Caspienne le Solovetsky, jaugeant 374 tonnes et mesurant 165 pieds de longueur. Il a été construit pour le compte du monastère de Solovetsky pour le transport des pèlerins et passagers entre Arckangel et Solovetsky.
- Enfin pour terminer l’examen de cette exposition si intéressante au point de vue de la marine marchande, il me faut mentionner une collection d’aciers, de fers, etc., employés dans la construction des bateaux et des machines par le Creusot (Schneider et Cie) et par les forges de Saint-Nazaire.
- Telle est l’exposition maritime internationale à Liverpool. Elle montre que nos constructeurs français ont en nos voisins des rivaux sérieux; mais cependant il est certain que l’industrie française de la construction des bateaux sortira de la lutte avec de nombreuses palmes.
- Ch Lenoir.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 22 août 188b).
- En examinant successivement, sous toutes ses faces, le fonctionnement de l’exploitation dramatique, il faut, après l’élude des recettes au théâtre, envisager celle des dépenses. Les dépenses d’entreprise sont de plusieurs natures. Les unes qui sont, à proprement parler, les frais de représentation, sont dépendantes de l’organisation administrative du théâtre et du genre dramatique exploité, partant, de l’initiative du directeur. Les autres sont déterminées par autorité supérieure, ainsi : les droits d’auteurs, réglés par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques à la juridiction suprême de laquelle se soumettent tous les directeurs, puis le fameux droit des pauvres, impôt spécial frappé par la loi sur les entreprises théâtrales. _
- Les frais de représentation, qui s’élèvent de jour en jour, pour les pièces à grand spectacle, ont de tout temps été considérables.
- Les chorèges, chez les Grecs, engloutissaient des fortunes dans l’organisation des représentations.
- Plaute, qui était directeur-entrepreneur en même temps qu’auteur et acteur, après avoir gagné beau coup d'argent, fut conduit à de telles dépenses, qu’il se ruina complètement, au point d’en être réduit à se faire esclave (Par la suite il reconquit, d’ailleurs, sa liberté et se relit une fortune).
- Quand le théâtre se dégagea de ses langes à l’époque de la Renaissance italienne et que le spectacle complet s’organisa sous la forme de 1,’opéra primitif, les princes, les seigneurs, les cardinaux, rivalisant de magnificence, prodiguèrent des sommés énormes pour les représentations.
- Catherine de Médicis apporta en France la mode de ce luxe ruineux. Le ballet comyque de la Royney qu’elle fit donner en i58i, coûta douze cent mille écus.
- On sait à quelles dépenses excessives se livra Mazarin, du fruit de ses rapines, dans les spectacles pompeux qu’il fit ordonner.
- Le marquis de Sourdéac, le véritable créateur de la grande mise en scène, dépensa son immense fortune à organiser la représentation magnifique de la Toison a’or.
- Au xvme siècle, il en coûtait de deux à trois cent mille francs pour monter certains ballets. Comment s’étonner de voir de nos jours cent à deux cent mille francs consacrés à la mise à la scène d’un nouvel opéra.
- L’excès de dépenses provenait autrefois de la rareté des représentations et _ de l’organisation extraordinaire qu’elles entraînaient. Le spectacle étant institué régulièrement aujourd’hui, il en découle une organisation normale qui, relativement, réduit beaucoup les frais et devrait les réduire encore davantage.
- Il n’y a pas de doute que si le progrès général n’était si long à s’introduire au théâtre, on pourrait arriver, par des perfectionnements de procédés, à de grandes économies dans la construction des décorations, la confection des costumes, les frais d’éclairage et autres.
- Les frais généraux administratifs dépendent, eux, beaucoup de l'intelligence et des soins de la direction. Les autres frais de location de l’immeuble ou d’amortissement de son prix de construction, sont souvent, malheureusement, en inharmonie avec les ressources présentées par le théâtre. De là de fréquents mécomptes.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 août 1886. — 291
- Toutes ces considérations prêtent à des études délicates de quantité de questions généralement insuffisamment examinées et sur lesquelles il conviendrait de jeter enfin un jour complet dans une présentation de tous les éléments de perfectionnement des entreprises dramatiques à l’occasion de l’Exposition de 89.
- En ligne particulière, il faut considérer dans le coût des représentations les appointements des acteurs. On s’étonne aujourd'hui des sommes que gagnent les comédiens en vogue. Le public s’en indigne même. Indignation naturelle et honorable à la vérité, mais singulièrement naïve, car ce n’est pas en proportion de son talent, mais en rapport avec la vogue qu’il obtient auprès du public qu’est payé l’acteur. C’est le public lui-même qui, implicitement, assigne les émoluments aux comédiens. Gela a été et sera de tout temps.
- Dans l’antiquité, les comédiens à la mode étaient payés avec une générosité peut-être plus folle encore que de nos jours. L’histrion Polus (un nom prédestiné dans les fastes delà popularité), recevait un talent pour deux représentations, soit 5,56o fr. Roscius eut couramment mille deniers par représentation, environ 900 fr. Œsopus laissa une fortune de vingt millions de sesterces. La célèbre actrice Dyonisia gagnait cinquante mille écus par an. César donna a Labérius cinq cent mille sesterces pour lui jouer une tragédie qu’il avait composée.
- Les sommes énormes qu’on a offertes en Amérique à nos actrices Sarah Bernhardt, Judic, ne témoignent pas chez les Yankee d’une prodigalité bien supérieure à celle de nos pères qui faisaient obtenir, en 1825, à la Malibran, 3,000 francs par représentation, à Jenny Lind, 5,000 francs par soirée. Si, en 1866, Faure eut 90,000 francs d’appointements à l’Opéra, vingt ans avant Rachel s’en faisait plus de soixante à la Comédie-Française.
- Tous ces chiffres, à la vérité, sont exceptionnels, et on ne peut guère discuter à leurs propos. Quant aux appointements réguliers des artistes ordinaires ils ont augmenté réellement et augmentent toujours dans une grande proportion.
- En Grèce, à l’époque où le théâtre florissait, les histrions étaient payés communément 7 drachmes par représentation,''à peu près 6 francs. A Rome, ils gagnaient environ 18 pistoles, dit Fournel.
- D’après Chappuzeau, en 1674, un bon comédien de Paris se faisait de trois à quatre mille livres. On a des renseignements très exacts sur les émoluments des artistes de l’Opéra, sous Louis XIV par l’ordonnance du 11 janvier 171a. Soixante-dix mille francs à peu près furent inscrits au budget des menus plaisirs du roi pour l’entretien de l’Opéra. On voit dans le détaillé de l’ordonnance que les chanteurs et les cantatrices recevaient un traitement annuel de mille à quinze cents livres. Les choristes étaient payés huit cents livres. Les danseurs et danseuses de quatre cents à mille livres. Le chef d’orchestre ou batteur de mesure mille livres.
- Dix ans plus tard, ces appointements .furent. un peu augmentés. En même temps, certaines rétributions à titre de gratifications et d’indemnités (ce que nous appelons les feux aujourd’hui) lurent adjoints aux émoluments ordinaires.
- Ces appointements s’accrurent rapidement. En 1792, les premiers sujets de chant reçurent 9,000 fr. à l’Opéra.
- A notre époque, les chanteurs sont beaucoup plus payés que les comédiens. Les appointements sont d’ailleurs très variables et comprennent une gradation très espacée, des émoluments les plus mesquins à des traitements de ministres ou d’ambassadeurs. Ainsi les appointements d’un chanteur d’opéra peuvent monter jusqu’à une centaine de mille francs, tandis que le comédien type, celui ayant conquis dans le monde la situation la plus enviable par la consécration du talent et le.pres-tige de la position, le sociétaire des Français, ne se fait guère qu’une cinquantaine de mille francs de bénéfices ordinaires.
- Du reste, cela est l’affaire des directeurs de savoir rétribuer les comédiens au prorata des services rendus par eux. La pierre d’achoppement c’est que précisément la plupart des directeurs sacrifient beaucoup trop à une hasardeuse spéculation, en tenant à s’assurer le concours de quelques artistes en renom, au lieu dé chercher à se procurer de bonnes troupes d’ensemble en Départissant plus intelligemment la somme dont ils peuvent disposer pour les frais de constitution de personnel.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXII
- Jvcques S-unt-Cère. — L’Allemagne telle qu’elle est. — Paul OUendorff, éditeur, un vol. in-18.
- Nous considérons comme un devoir patriotique, supérieur à tout autre, de donner, quand l’occasion
- s’en présente, une utilité de plus à notre modeste besogne critique, en signalant au lecteur, de préférence, les ouvrages de nature à le renseigner sur l’étranger, sur ce qu’il pense de nous, sur ce qu’il y a lieu de penser de lui. En ce qui nous touche, nous croyons que la France se fait illusion sur son rôle, il ne comporte le retour à l’ancienne suprématie qu’à de nombreuses conditions dont la première est de tenir compte de l’opinion de l’Europe, si elle veut que l’Europe tienne compte de la sienne. La F’rance, par insouciance, par générosité, par suite de ce sentiment bien national, dans son allure fanfaronne et sa conséquence funeste, du duc de Guise, jetant à terre le billet l’engageant à se tenir en garde et haussant les épaules avec un dédaigneux « Ils n’oseraient » ne s’occupe pas assez des avis de ce genre. 11 faut les multiplier. Il faut attirer et retenir son attention sur les suites du passé, les mystères du présent, les problèmes de l’avenir au point de vue international.^ 11 faut qu’elle triomphe de sa vanité, de sa fierté, de sa pudeur, qu’elle ne craigne pas de se voir toute nue dans les miroirs sans flatterie dont l’environnent les observateurs étrangers. Il n’y a que profit à tirer des critiques, des leçons, des médisances de l’ennemi. Or, tout étranger est plus ou moins un ennemi. Il l’est par le fait seul qu’il peut le devenir. Le même mot latin signifie, ne l’oublions pas, étranger et ennemi ! 11 faut donc que la France ne craigne pas d’apprendre la vérité sur son compte, de la bouche d’étrangers qui ne l’épargnent guère. Qu’elle leur sache même gré de leur jalousie clairvoyante.
- J’aime mieux un franc ennemi
- Qu’un bon ami qui m’égratigne.
- Une flatterie n’a jamais rapporté que des déceptions. Un bon reproche vaut un bon conseil. Si la France ne doit pas hésiter à lire les pamphlets de la médisance allemande, anglaise, italienne, où elle est photographiée sans complaisance, mais non sans malice, elle doit hésiter encore moins à lire, dussent-ils parfois manquer de charité (nous pouvons user de représailles sans crainte de dépasser notre droit de rendre coup sur coup et de demeurer en reste), les ouvrages écrits sur l’étranger par des observateurs judicieux et prévoyants. C’est à ce titre que nous avons déjà analysé pour nos lecteurs, les ouvrages intitulés : la Société de Londres et l’Italie qu’on voit et l’Italie qu’on ne voit pas, le chef-d’œuvre du genre, un de ces livres avertisseurs, qui ont le rôle importun et le sort fâcheux de Cassandre, mais dont on ne saurait trop conseiller l’amertume salutaire, l’usage préservateur aux pays comme le nôtre toujours disposés à se croire bien portants, assurés contre tout danger et à se moquer du conseiller et du médecin, jusqu’à ce qu’ils soient malades. L’éminent philologue Brachet, en publiant son Caveant Consules, dirigé du côté des Alpes, nous a rendu un grand service public et a bien mérité du pays,toujours dupe de sa sincérité, de sa confiance, de son désintéressement et victime de son don Quichottisme. Nous ne sommes plus au temps des belles folies, des chevaleresques chimères du fantastique redresseur de torts. Nous ne sommes' plus au temps des paladins errants. Aujourd’hui c’est Sancho qui règne, c’est Sancho qui gouverne, c’est Sancho, c'est-à-dire le bon sens lourd et sourd, la raison pratique,,l’égoïste intérêt qui mène le monde, à cheval sur son âne et brandissant son bâton.
- Donc pas de préjugés, pas d’illusions sur nous-mêmes, pas de préjugés, pas d’illusion sur les autres. Ce n’est pas militairement et matériellement seulement qu’il nous importe de bien connaître nos voisins, il faut les connaître moralement littérairement, artistiquement, commercialement ; il faut les bien envisager sous tous leurs aspects. 11 faut les voir dans les livres où un observateur exact et sagace les déshabille devant nous, les met au nu de leurs qualités, de leurs défauts, de leurs passions, de leurs idées, de leurs infériorités et aussi de leurs supériorités par rapport à nous. C’est ce que M. Jacques Saint-Cère vient de faire pour l’Allemagne qu’il nous montre non telle qu’elle pourrait ou devrait être,-mais telle qu’elle est. Et cela parfaits, preuves et chiffres, sans colère, sans haine, mais aussi sans, amour, comme doit le faire tout témoin impartial, tout conseiller utile. Le mérite du livre est qu’il est clair,, son agrément est qu’il est malin, son défaut, car où n’y a-t-il pas un défaut, est qu’il est parfois trop court, trop superficiel. Il y a.beaucoup de choses justes et fines, sinon de traits neufs dans les portraits de l’empereur Guillaume, un peu trop déprécié par l’auteur, qui vaut plus et mieux qu’il ne le pense, à qui il prête trop bénévolement une médiocrité qui n’apparait pas précisément dans l’unité que rien n’a rompue du plan de sa longue vie et dans la prévoyance et le calcul de cette unique idée à laquelle il l’a consacrée : unité allemande sous le sceptre prussien. L’idée n’a rien de vulgaire, et si elle s’est réalisée .à . nos dépens, ce n’est pas une raison pour en médire. Et les hommes qui n’omt qu’une idée et qu’une idée comme celle-là sont plus près du génie que de la médiocrité. De même l’auteur en. faisant pivoter toute l’existence de M. de Bismarck sur cet unique désir d’avoir rai-
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- 2Q2. — Deuxième Année.
- N° 87
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 29 août 1886.
- son, auquel il aurait certainement tout sacrifie', nous parait s’être mépris sur l’homme. M. de Bismarck n’en est pas à compter ses variations et ses contradictions ; sa politique est une évolution perpétuelle, son escrime, sauf le but qui reste toujours le même, est des plus changeantes. Son unique souci n’est pas d’avoir raison, mais d’avoir succès, de réussir, eut-il tort, chose dont il se soucie comme un poisson d’une pomme. Nous trouvons beaucoup plus juste le portrait de M. de Moltke, stratège sagace, homme égoïste et sec, ce que l’auteur dit, mais génie tout critique, non inventeur, non créateur, bon élève de Jomini et surtout de Napoléon, dont il a copié et reproduit à Metz une des plus fameuses manoeuvres, celle de l’investissement d’Ulm et cela dans des conditions qui pouvaient la rendre désastreuse pour l’armée allemande, si elle n’eut pas eu affaire, pour notre malheur, au plus incapable des adversaires. C’est ce que M. Saint-Cère n’a pas assez dit. Mais son étude de l’armée allemande, son étude de l’officier allemand sont excellentes. Elles respirent la réalité, la ressemblance, la vie. Excellente aussi, et pleine pour nous de leçons, l’étude de l’école allemande. M. Saint-Cère n’est pas galant pour la femme allemande. Et on pourrait l’accuser d’avoir exagéré les couleurs d’un portrait un peu brutal. Nous aimons mieux celui que trace M. Tissot. Mais il n’y a là, après tout qu’une question de mesure et de degré dans l’expression.
- En somme, livre intéressant, instructif, amusant et de nature à entretenir chez nous cette salutaire méfiance qui est à la fois le commencement de la sûreté et le commencement delà sagesse.
- M. DE LESCURE.
- La 41e livraison de la Grande Encyclopédie (prix 1 fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 61, rue de Rennes, à Paris.
- Elle contient notamment la fin de Y Amérique du Sud, avec une carte en couleurs, hors texte ; un intéressant travail sur l’histoire de Y Ameublement avec de nombreuses illustrations ; un article géographique et historique sur la ville d’Amiens.
- Envoi du ier volume, contre un mandat-poste de 25 francs.
- AVIS COMMERCIAUX
- Chambres de commerce françaises à l’étranger
- GALATZ
- Fondation d’une agence commerciale française
- Le Moniteur officiel du Commerce a publié, le ier juillet dernier, une lettre-circulaire relative _à la fondation d’une agence commerciale française à Galatz par les soins de la Chambre de commerce française de cette ville.
- M.' le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé que le service de cette agence, qui reste sous.le patronage et le contrôle permanent de la Chambre de commerce, a été confié par elle à une société en commandite composée, dans ce but, des principaux membres des colonies françaises de Galatz et, de Braïla et qui a délégué, comme directeur-gérant, M. C. Scala.
- Voici, d’ailleurs, le texte de la circulaire par laquelle la nouvelle agence fait connaître son fonctionnement :
- Galatz, i5 juillet 1886.
- En exécution de la circulaire lancée, il y a quelque temps, par la Chambre de commerce française de Galatz, nous avons l’honneur de vous faire savoir que nous venons de créer dans cette ville une entreprise qui, sous le nom d’agence commerciale française, est destinée à développer les transactions entre la B’rance et la Roumanie.
- Cette agence s’occupera de commission, d’ex-•portation et de recouvrements. Elle opérera le placement des articles de toute nature dont les, maisons françaises lui auront adressé échantillons, spécimens ou modèles. Pour l’exportation,_ elle se met à la disposition du commerce français pour conclure tous les marchés qui pourraient lui être confiés.
- Appelant votre attention sur l’idée nationale et patriotique qui a présidé à la création de cette entreprise, nous vous prions d’agréer, monsieur, nos plus sincères salutations.
- Pour la direction de l’agence commerciale française,
- Le directeur-gérant,
- C.-J. Scala.
- MONTRÉAL
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé de la fondation d’une Chambre de commerce française à Montréal, sous la présidence d’honneur de M. le consul général de France au Canada.
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 12 août, publie les statuts, le règlement intérieur et la composition du bureau delà nouvelle Chambre.
- JAPON
- Envoi d’une collection d’échantillons de mousselines DE LAINE
- Le consul de France à Yokohama vient d’adresser une collection d’échantillons des mousselines de laine les plus recherchées au Japon. Cette collection, accompagnée de renseignements détaillés, est à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. Bureau des renseignements commerciaux).
- BRÉSIL
- Ouverture d’une exposition permanente de produits français
- Dans un rapport adressé au département des affaires étrangères, le consul de France à Bahia donne avis de l’ouverture, dans cette ville, d’une exposition permanente de produits français par la Société française coopérative universelle, et sous la direction ’de M. Anselme Régnier.
- D’après les renseignements recueillis par notre agent, cette société peut être appelée à rendre de sérieux services au commerce français d’exportation en lui ouvrant de nouveaux débouchés. Elle aurait déjà établi à Pernambuco un comptoir qui donnerait des résultats satisfaisants et elle se proposerait d’en créer d’autres dans différentes villes de l’Amérique du Sud.
- LES THÉÂTRES
- La Subvention. — Le Théâtre étranger
- A présent que les théâtres vont rouvrir leurs portes, il est peut-être temps de s’étonner de ce qu’ils les aient fermées, ou du moins cet étonnement est-il naturel au sujet de deux d’entre eux, les théâtres nationaux et subventionnés de l’Ode'on et de l’Opéra-Comique. Que les entreprises particulières n’osent aller contre la routine, ou que les spéculations privées ne croyent pas devoir s’asservir aux intérêts uniques de l’art, rien n’est plus naturel. Mais que dans un établissement qui représente une institution nationale, on opère de la même façon, cela est inconvenable. Comment se fait-il que les cahiers de charges n’imposent pas, en première condition , l’ouverture permanente du théâtre ? Si aux périodes de chaleur l’entreprise devient coûteuse, le public fait défaut (ce qui tient surtout à la déplorable installation des salles de spectacles), la subvention est là précisément pour parer aux éventualités de diminutions de recettes, soutenir l’entreprise et sauver l’art quand même. Mais subventionner un théâtre pour les seuls moments où la recette est fructueuse et où l’administrateur s’enrichit cela est véritablement singulier. D’ailleurs, il faudrait s’occuper de déterminer plus nettement aujourd’hui, la situation des théâtres subventionnés. Un théâtre subventionné est-il un établissement de rapport, dont on concède l’exploitation à un heureux personnage, comme sous l’ancien régime on accordait le bénéfice d’une abbaye, ou bien est-ce une installation répondant à certaines exigences de la civilisation moderne et du fonctionnement de laquelle il faut charger des
- mains convenables? Eh bien! il est évident, pour employer une expression triviale, qu’aujourd’hui dans les théâtres subventionnés on se moque du monde. Les directeurs sont des potentats, héritiers de ces bénéficiaires à brevets et à privilèges du sys. tème monopolisateur de jadis, et qui en agissent selon leurs intérêts particuliers ou leurs caprices plus ou moins estimables, avec un incroyable sans-gêne et un dégagement très cavalier des soucis élevés de l’art. Existe-t-il des cahiers de charges conformes aux intérêts de l’art dramatique, que n’en fait-on exécuter les clauses à la lettre ? Ces cahiers de charges sont-ils incomplets ? Que ne les achève-t-on ? Il y a quelques années, un grand scandale s’est produit, quand la Comédie-Français e sous prétexte de réparations de la salle, s’est transportée en Angleterre et y a donné une série de représentations fructueuses. Le scandale, c’est bien, c’est une répression morale, mais n’eût-il pas mieux valu une répression matérielle, une interdiction absolue, d’exécuter un projet si éhonté, au mépris de toutes les convenances et de toutes les obligations d’une société de comédiens appointés par la France pour jouer en France et non à l’étranger. On a permis à la Comédie-Française cette transgression impudente à ses devoirs, c’est un fâcheux précédent. Plus on va plus on se relâche de retenir les administrations des théâtres subventionnés dans la stricte observance des conventions. L’Opéra-Comique et l’Ode'on n’ouvrent leurs portes qu’en hiver, un jour viendra où ils les ouvriront et fermeront absolument comme il leur plaira, et bientôt ces deux théâtres achèveront de se transformer en gigantesques bureaux de tabac, au bénéfice d’heureux titulaires, amis des puissants du jour.
- Une troupe américaine va venir donner des représentations au théâtre du Vaudeville. Il n’y aura que trois soirées, c’est bien suffisant pour une entreprise de ce genre qui n’a d’attrait que pour quelques étrangers, un petit noyau d’érudits curieux et les badauds du chic et du genre, rares à Paris en ce moment. Mais pourquoi en principe ce système de représentations étrangères ne s’établirait-il pas chez nous; avec la restriction toutefois que les pièces se jouâssent traduites en français. Nous sommes dans une déplorable ignorance du théâtre étranger. Les Allemands nous sont à peu près inconnus, les Italiens totalement. Les Espagnols nous les avons perdus de vue depuis Louis XIII. Quant aux Anglais nous avons beau répéter avec admiration le nom du grand Shakespeare, combien de Parisiens ne connaissent à la vérité son œuvre que par l’adaptation à l’opéra de ses célèbres drames. Il vient de mourir en Russie un auteur dramatique, Ostrovskii, plus populaire là-bas que M. Sardou chez nous. Combien de Français ont-ils vu jouer des pièces d’Ostrovskii,; Mrae Marie Dumas avait organisé, il y a quelques années, des représentations étrangères. Pourquoi ne reprend-t-on pas l’idée d’une façon plus nette et décidée, pourquoi un théâtre exclusivement étranger ne se fonde-t-il pas avec l’appui du gouvernement, nous donnant la représentation permanente des chefs-d’œuvre de la littérature de tous les pays, ce qui serait parfois d’un grand attrait de curiosité et toujours d’un très utile enseignement. Plus que jamais aujourd’hui l’art en stagnation a besoin de se renouveler au contact des manifestations diverses des génies particuliers des peuples.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, &
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de 1889; 2. Les concessions aux. Expositions de 1867 et 1878; 3. L’Exposition de 1889 et la chambre de commerce italienne à Paris ; 4. Revue de la presse ; 5. Echos ; Congrès viticole de Bordeaux ; 6. Les Expositions flot-
- tantes ; 7. Les Expositions anglaises en 1886 : Exposition de Liverpool ; Exposition coloniale et industrielle de Londres ; 8. Exposition maritime internationale du Havre 59. Les Théâtres à l'Exposition de 1889; 10. Les Livres; 11. Avis commerciaux; 12. Les Théâtres.
- Un accident survenu aux machines nous empêche de publier aujourd’hui la gravure habituelle du journal. Nous y suppléerons par un encartage dans le prochain numéro.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Différents journaux ont annoncé que M. Lockroy avait définitivement arrêté la liste des membres qui doivent composer la commission supérieure de l’Exposition. Ils ont sans doute voulu parler de la commission des finances et du contrôle, qui comprendra, comme nous l’avons déjà dit,- quarante-trois membres et se composera de députés, de sénateurs, de hauts fonctionnaires, de conseillers municipaux de Paris et de membres de la Société de garantie. Cette commission n’est pas encore formée; elle ne peut l’être avant que la Société de garantie ait été elle-même constituée, ce qui n’a pas eu lieu encore.
- A ce propos, nous pouvons annoncer que l’on a recueilli déjà 16 millions sur 18 millions dont le fonds de garantie doit se composer ; chaque jour il arrive au Crédit foncier de deux à trois cent mille francs.
- Le 1er septembre il ne restait à souscrire que 2 millions de francs.
- Ces 2 millions ont été réservés aux commerçants, industriels, exposants ou autres personnes de Paris et des départements s’intéressant directement au succès de l’Exposition et qui trouveront au Crédit foncier tous les renseignements nécessaires.
- M. Lockroy ne s’occupera delà constitution de la commission des finances et de contrôle que dans le courant de cette semaine, après le retour à Paris de MM. Alphand et Berger. -------------------------------------
- LES
- CONCESSIONS AUX EXPOSITIONS
- DE 1867 ET 1878
- La Commission de l’Exposition de 1889 aura à s’occuper, de la question des concessions qui intéresse un grand nombre d’industriels et qu’elle ne saurait résoudre, sans une discussion approfondie et un examen sérieux des faits qui se sont produits en 1867 et 1878, si elle ne veut pas avoir à soutenir de nombreux procès et à enregistrer plus d’une non-valeur.
- La Commission impériale chargée de l’organisation de l’Exposition de 1867, P.ouf abriter sa responsabilité, avait préféré l’adjudication publique à la concession de gré à gré qui avait été adoptée dans les Expositions précédentes et qui assurait un meilleur choix des concessionnaires.
- Le système d’adjudication pour les travaux, fut celui de l’adjudication restreinte. Le Comité des constructions dressait une liste des entrepreneurs admis à soumissionner ; mais quelquefois aussi, il traitait de gré à gré.
- Aucun des traités pour l’établissement du palais,
- Dimanche 5 Septembre 1886.
- du parc, du jardin et de la berge, n’a donné lieu à une difficulté importante. Sur le total de 48 millions environ, représenté par l’addition du budget des dépenses, à celui des recettes, une seule partie a été féconde en questions litigieuses. C’est celle d’un million à peu près, correspondant au produit des concessions.
- Quelques exemples suffiront à démontrer qu’il est nécessaire d’apporter un grand soin à la rédaction des traités relatifs aux concessions.
- Le procès des chaises, comme on l’a appelé, est celui qui a le plus occupé l’attention publique.
- La Commission avait-concédé pour 35,000 fr., à un fermier, le droit de placer 6,000 chaises dans le Champ-de-Mars. Les restaurateurs, pressés par l’affluence des consommateurs, se croyant autorises d’ailleurs par un usage général à Paris, étaient bientôt sortis des limites assignées à leur local, et avaient placé des tables et des chaises sur le promenoir extérieur. La Commission impériale, qui pensait s’être réservé,par son traité, le droit absolu de répartir les chaises dans l’enceinte du parc et du palais, toléra cet empiètement.
- Le fermier des chaises se crut lésé par cette tolérance, et après de longs débats, obtint gain de cause, par un arrêt du .i3 août 1867, qui obligea la Commission à faire disparaître les chaises des restaurateurs.
- Cet enlèvement eut lieu le 23 août, non sans une certaine émotion du public, accoutumé à consommer en plein air.
- Le procès continua. La Commission fut condamnée en première instance, par un jugement du 16 mai 1868, à 229,071 francs de dommages-intérêts, chiffre qui fut réduit à 120,000 francs, par un arrêt de la Cour du 5 janvier 1869.
- Les restaurateurs, à leur tour, se plaignirent de l’enlèvement des chaises, et n’ayant pu faire accueillir leur demande .en référé (ordonnance du 28 août 1867), ils soulevèrent au principal une instance, qui fut longtemps pendante. De telle sorte que la Commission, après avoir bénévolement défendu leurs intérêts et souffert des empiètements qui ont entraîné pour elle des embarras et des sacrifices considérables, s’est trouvée en butte à un nouveau procès de la part de ceux mêmes pour qui elle avait accepté la lutte, et qui prétendaient puiser un droit dans sa tolérance.
- Les concessions qui devaient exploiter la publicité, ont aussi fourni leur contingent d’embarras à la Commission impériale. Celle du catalogue a donné lieu à des procès qui ont dû être intentés par la Commission elle-même, pour faire respecter le privilège du concessionnaire, et suivis avec des succès divers, devant le tribunal et la cour. Par suite de l’arrêt qui portait une certaine atteinte au monopole qu’elle avait concédé, la Commission fut amenée à apporter une large réduction à la. redevance stipulée dans le contrat.
- La concession du droit d’affichage sur les vastes surfaces en planches, qui entouraient le Champ-de-Mars, a également causé à la Commission une perte assez grave. La difficulté de faire respecter ce privilège par les tiers, entraîna les réclamations du titulaire. La Commission impériale accepta un jugement par sentence arbitrale, qui la condamna à payer une somme élevée de dommages-intérêts (sentence du i3 décembre 1867).
- En résumé, les concessions ont été, pour l’Exposition de 1867, une source d’embarras de toute nature, de sacrifices, de retards et d’incertitudes dans la liquidation. Le produit qu’elles ont rapporté, est resté bien au-dessous dé ce qu’a pensé l’opinion publique, et il fut à peine supérieur à celui de l’Exposition de 1862 (1,278,000 fr. contre 1,002,000 fr.) Si on le diminuait de toutes les réductions consenties ou subies par la Commission et des dommages-intérêts dont ils ont été l’occasion, on verrait quel rôle insignifiant joue en définitive cette recette dans le budget de l’Exposition de 1867. Telle est l’opinion de M. Leffay, commissaire général de cette exposition, qui est d’avis cependant, que le système des concessions privilégiées, doit survivre à ces inconvénients, mais sous les conditions suivantes :
- NUMÉRO 88.
- « i° Qu’il ne s’appliquera qu’à des services vraiment indispensables à la satisfaction des visiteurs ;
- 20 Qu’il réduira le privilège au strict nécessaire et n’enchaînera que le moins possible la liberté de la commission supérieure, en même temps qu’il ne la rendra pas responsable des actes d’autrui ;
- 3° Que le choix du personnel des concessionnaires sera fait directement sans adjudication et parmi les personnes offrant toutes garanties par leurs antécédents;
- 40 Enfin que, dès l’origine, tous les termes des marchés seront pesés et contrôlés par un service du contentieux fortement organisé.
- *
- * *
- Le commissariat général, en 1878, s’imposa comme règle absolue de ne concéder soit gratuitement, soit à titre onéreux, aucun monopole et de n’admettre à concourir aux adjudications que des personnes présentant de sérieuses garanties d’honorabilité et de solvabilité. De plus, elle s’efforça, dans ses traités, de ne jamais subordonner l’intérêt du public à celui des concessionnaires.
- Un règlement spécial fut proposé pour les permissionnaires admis à construire dans les parcs et jardins et chaque concession fut accompagnée d’un cahier des charges soigneusement étudié, où les droits et.obligations des contractants étaient nettement établis. Ce cahier des charges comprenait 16 articles et fixait :
- i° Les emplacements des concessions;
- 20 La date à laquelle devaient être terminés les travaux ;
- 3° Les cas de retrait d’autorisation ;
- 40 Les engagements d’assurances contre l’incendie;
- 5° Les conditions de l’abonnement àl’eau et augaz;
- 6° L’établissement et l’entretien des massifs, jardins et allées ;
- 70 Les mesures à prendre dans l’intérêt des exposants et des visiteurs ;
- 8° L’interdiction absolue de sous-traiter et de modifier la nature de la permission ;
- 90 L’examen de toute contestation relative à la concession par trois jurés.
- En outre, deux innovations furent introduites dans tous les traités.
- D’une part, on prit pour base des redevances le nombre des visiteurs payants, admis dans l’enceinte de l’Exposition. Ce nombre, constaté chaque jour officiellement, était en rapport assez direct avec les consommations de toute nature puisqu’il représentait le chiffre principal des visiteurs. En le prenant pour base on évitait toute ingérence dans le détail des affaires du concessionnaire, comme aussi on supprimait toute occasion de fraudes et de discussions.
- D’autre part, les permissionnaires prenaient l'obligation.de n’engager aucune instance judiciaire avant d’avoir soumis les difficultés pendantes à un conseil formé par des membres du Jury, choisis par eux et par l’administration. Ces deux dispositions ont produit les résultats heureux que l’on en attendait.
- Le manque de place, les risques d’incendie, le souvenir encore vivant de certains abus, déterminèrent l’Administration à ne pas introduire d e restaurants proprement dits dans le palais ; on n’y toléra que des bars à la façon américaine, des buffets, des glaciers, et, encore, le moins que l’on put. Les divers établissements de consommation furent placés dans les parcs et jardins.
- Combien fallait-il en admettre ? Ce point était assez difficile à préciser. En dépassant la mesure nécessaire, on donnait lieu à une concurrence effrénée, par suite.à des ruines et à des réclamations sans fin. Mais, d’autre part, en restant au-dessous des besoins réels, on livrait le public, sans défense aucune, à la merci des concessionnaires et l’on provoquait, des plaintes incessantes. Cette question méritait donc d’être étudiée de près.
- Tout d’abord, on reconnut qu’il y avait lieu de constituer quatre sortes d’établissements:
- i° Restaurants à la carte ou de luxe destinés à la clientèle opulente, qui est, avant tout, préoccupée du confortable de ses repas ;
- 20 Restaurants à prix fixe pour les gens aisés mais qui, cependant, croient devoir compter avec leur bourse autant qu’avec leur appétit ;
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- 294- — Deuxième Année. — N° 8S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Septembre 1886.
- 18 6 7
- • ETEN DE LA COï' Rez-de- chaussée DUE ICESSION Caves REDEVANCE
- NATURE de la concession PAYS EMPLACEMENT DE LA CONCESSION DUE PAI de rez-de- chaussée r MÈTRE de caves DUE en totalité Effectivement encaissée à raison d’exonération ou de non-valeurs PAR ARTICLES
- m. c. m. fr. fr. fr. c. fr. C.
- Limonadier France . . Palais. . . . 692 00 25o 100 20 74,200 00 74,200 00
- Restaurant Idem . . Idem. . . . 6Q2 00 400 60 20 44,520 00 49,520 00 23,510 00
- Idem Idem Idem.... 214 70 102 100 20 23,5io 00
- Brasserie Idem Palais. . . . 175 42 15 74 20 13,281 10 13,281 10
- Restaurant Idem Palais. . . . 475 00 I 22 100 20 44,940 00 49,940 00
- Idem. Idem . . Jardin réservé . 37 I 00 » » )) 4,5oo 00 4,5oo 00
- Idem Idem Palais. . . . 475 00 200 io5 21 54,075 00 54,075 00
- Brasserie Café-restaurant Idem . . Idem Palais. . . . Berge.... 140 00 q36 00 80 » 180 » 20 )) l3,200 00 13,200 00
- Idem. Idem Idem.... 800 00 )) •> » 75,000 00 25,000 00
- Restaurant Idem Près de l’Ecole militaire i,5oo 00 » » >, »
- Idem. Idem Parc . k 3oo 00 » . » » 5,ooo 00 5,ooo 00
- Idem Pays-Bas . Palais. . . . 141 00 52 3o 20 5,27b 00 11,15o 00 5,270 00
- Idem. Prusse . . Palais. . . . 263 00 163 3o 20 1i,i5o 00 8,290 00
- Idem. Bavière . . Palais. . . 147 00 IQ4 3o 20 8,290 00
- Idem. Idem Idem. . . . 121 00 13o 3o 20 6,23o 00 6,23o 00
- Idem Autriche. . * Idem. . . . 128 00 69 3o 20 5,220 00 5,220 00
- Idem Idem . Idem. . . . io5 00 41 3o 20 3,970 00 5,970 00
- Brasserie Idem . . Parc 4Q4 00 )> 3o » 14,820 00 14,820 00
- Idem Suisse . Palais. . . . 165 00 82 ' 3o 20 6,590 00 6,590 00
- Restaurant Espagne. . Palais.... 117 00 74 3o 26 4,990 00 4,990 00
- Idem. Danemark . Idem. . . . 33 00 32 3o 20 1,600 00 i,63o 00
- Idem. Suède et Norvège Idem. . . . 66 00 65 3o 20 3,280 00 ))
- Idem Russie . . Idem. 70 00 97 3o 20 4,040 00 4,040 00
- Idem. Italie . . . Palais. . . . 102 00 58 3o 20 4,220 00 4,220 00
- Idem Roumanie . Idem. . . . 33 00 3 7 3o 20 i,73o 00 2,610 00 1,730 00
- Idem . . Turquie . Idem.... 63 00 36 3o 20 2,610 00
- Café Tunis. . . Idem. 33 00 )> 3o » 990 00 990 00
- Thés Chine. . . Idem.... 56 00 56 3o 20 2,800 00 8,63o 00
- Brasserie Etats-Unis . Palais. . . . 165 00 184 3o 20 8,63o 00 6,340 00
- Restaurant Amérique du Sud Idem.... 140 00 107 3o 20 6,340 00
- Idem Angleterre . Idem.... 71 00 19 5o 20 3,o3o 00,
- Idem Idem Palais. . . . 53 00 168 5o 20 6,010 00'
- Brasserie Iden Palais.... 20Q 00 184 100 20 24,580 00 1 .48,225 00
- Idem Idem Idem.... 158 00 70 100 20 17,200 00
- Restaurant Idem Idem. . . . 334 00 204 100 20 37,480 00 17,856 37
- Divers » )) » 17,856 37
- Fruits, vins fins et gâteaux France . . Palais.... 22 00 10 100 20 2,400 00 2,400 00
- Chocolats Idem Palais. . . 43 70 3o 100 3o 5,270 00 5,270 00
- Pâtisserie modèle .... Idem . . Idem. . . . 3o 00 5o 100 20 4,000 00 4,000 00
- Vins de Touraine .... Idem . . Idem. . . 17 80 9 100 20 1,960 00 1,960 00
- Vins de Champagne . . . Idem . . Idem.... 38 40 100 » 3,840 00 3,840 00
- Vins de Bourgogne. . . . Idem Idem.... 22 5o » 100 » 2,25o 00 2,25o 70
- Vins de Bordeaux .... Idem . . Idem.... 22 5o 72 100 20 3,690 00 3,690 00
- Caves de la classe j3. . . Idem . . Idem.... » 5o )> 20 1,000 00 4,000 00
- Charcuterie Idem Palais.... 3o 00 » » » 3,6oo 00 3,6oo 00
- Fabrication de gaufres . . Idem . . Parc (kiosque). 26 25 . )) » » 5oo 00 5oo 00
- Boulangerie Idem . . Parc .... 220 00 ’ » » » » »
- Idem Dégustation de vins d’Autriche et Idem . . Idem .... 64 00 » )) 510 00 510 00
- de Hongrie ...... Autriche et Hongrie Palais.... )) » » » >) ))
- Boulangerie Autriche. . ' Parc .... 48 00 » » » )) -
- Café Espagne. .. Idem . . . . » )) )) )) »
- Vins Grande-Bretagne. Palais. . . . 348 00 » )) » »
- Salle de conférences . . . France . . Parc .... 240 00 » » » » ”
- Cercle international . . . i Concert. Idem . . Idem .... 990 00 » )) » 25,000 00 10,000 00
- Salles Suffren. Restaurant . Buvette. . . . . J Idem Idem .... 3oo 00 » » » 1,000 00 1,000 '00
- Théâtre international. . . Idem . . Idem . ... 2,964 00 ù » » 21,000 00 W
- Bureaux de change. . . . France . . Palais.... 108 00 » » » 15,000 00 15,ooo 00
- Idem. . . . Idem . . Porte d’entrée. . . Parc et rez-de-chaussée )) » >> 10,000 .0.0 10,000 00
- Chaises et sièges Fauteuils roulants et petites voi- France . du Palais . . )) » » )> 36,000 00 36,ooo 00
- turcs France . . Parc et Palais . )) » » )) 10,000 00 5,ooo 00
- Bureaux de tabac .... France . . • Parc et Palais . » ». » 70,000 00 70,000 00
- Affichage mural Catalogue officiel (Champ-de-M ars France . . Parc .... )) » ” » 300,000 00 75,000 00
- et Billancourt) France . . » )) » » 538,000 00 320,000 00
- Médailles commémoratives France . . Parc et Palais . . . . )) )) - )) )) 14,361 60 14,361 60
- Photographie France . . Parc .... 704 00 )) » » 60,000 00 60,000 00
- Idem. Idem • Idem .... )) » 25,000 00 25,000 00
- Water-closets France . Palais....... Parc et portique de Suf- 800 00 « » » 25,oi 1 o5 25,011 o5
- Vestiaires France . . fren et La Bourdonnaye 518 00 » » » 35,000 00 o5,ooo 00
- Concessions à Billancourt • • France . . , Ile de Billancourt . 14,121 00 )> Total. . » » 110,000 00 70,000 00 1,278,720 02
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-
- Deuxième Année.
- N° 88.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 5 Septembre 1886. — 295.
- 1878
- OBJETS des CONCESSIONS NOMS DES CONCESSIONNAIRES MONTANT des REDEVANCES MONTANT des RECOUVRE- MENTS
- I. — ÉTABLISSEMENTS DE CONSOn ÏMATION
- 1° Restaurants de luxe
- Restaurants français (Ca- fr. c. fr. c.
- telair et Cic, Champ-de-
- Mars et Trocadéro) . . . 78,898 22 78,898 22
- Restaurant belge (Sapin, Champ-de-Mars) . . . . 38,428 92 38,428 92
- Restaurant espagnol (Zara-gosa, Trocadéro) . . . . 39,593 75 39,593 75
- 2° Restaurants à prix iixe
- Restaurant français de l’Ecole militaire (François). 83,845 65 37,243 68
- Restaurant de la gare (Castel) 34,i63 72 34,l63 72
- Restaurant du quai d’Orsay (Fanta) C2, 15o 22 32,i5o 22
- Restaurant du Trocadéro (Manroner et Mousseau). 11,714 86 11,714 86
- Restaurant de l’esplanade des Invalides (Daumas). 1,750 00 1,750 00
- 3° Restaurants à bon marché
- Restaurant de l’Ecole militaire (Duval et Cie). . 21,923 42 21,928 42
- Restaurant de l’Ecole militaire (Gangloff) . . . 21,294 07 21,294 07
- 4° Buffets, brasseries, cafés , débits de liqueurs, etc.
- Buffet anglais (Indes Coop angle du palais du Champ-de-Mars) 78,101 93 64,!4i 93
- Buffet français (Godefroy, angle du palais du Champ-de-Mars) . . . . 73,406 12 40,711 29
- Buffet français (Garen, angle du palais du Champ-de-Mars) 46,362 63 46,362 63
- Buffet hollandais, Heine-ken (angle du palais du Champ-de-Mars) . . . . 41,079 72 41,079 72
- Buffet français, Dastros et Baudemant ( centre du Palais) 13,873 00 13,873 00
- Buffet français (Panta, porte Rapp). ._ . . . . . 12,413 91 12,413 91
- Czarda hongroise (Illmer-Parc) 6,229 5o 5,o56 20
- Débit russe (Childlovoski, parc) 6,229 5° 6,22Q 5o
- Buffet italien (Cirio, parc) 5,565 25 5,505 25
- Brasserie belge (Decoux, parc) • • • • 3,53g 5o 3,53g 5o
- Débit hollandais (Moltzer, parc) 3,i 14 75 3,i 14 75
- Débit colonial (Gerville, parc) 1,245 90 1,245 90
- Débit colonial ( Cardinet et Michel, parc) 2,491 80 2,491 80
- Débit de gaufres (Piel, parc) ; • 2,660 87 2,660 87
- Buffet du pont d Iena (Bonvalet) q55 3o 955 3o
- Buffet du pont d’Iéna (Bousquet) 58o 18 58o 18
- Buffet du pont d’Iéna (Otto) ; • • 6o5 87 6o5 87
- Débit de cidres (Mottier, quai d’Orsay). . . . . . 1,119 00 1,119 00
- Débit marocain (Maazek, Trocadéro) . . . . . 3,114 75 3,114 75
- Débit tunisien (Valensi et Itora, Trocadéro) . . '. 3,937 89 3,q37 8q
- Confiserie persane (Ba-card,Trocadéro) . . . 1,245 90 1,012 o5
- Comptoir algérien (Calvet, Trocadéro) 559 45 559 45
- Comptoir algérien (Hé-diard, Trocadéro) . . . 559 45 559 45
- Comptoir algérien (Mo-relle-Brocard, T rocadéro Comptoir algérien (Picon, Trocadéro) 559 45 559 45
- 559 45 559 45
- Comptoir algérien (Sifico, Trocadéro) 559 45 55g 45
- Comptoir algérien (Stora, Trocadéro) 559 45 559 45
- Laiterie au Trocadéro (Quentell) 1,245 90 1,245 90
- Divers (eau et gaz) . . . 1,644 98 1,644 98
- II. — CONCESSIONS DIVERSES
- Affichage sur les kiosques à tickets (Delastre et Cic) 3,193 48 3,ig3 48 7U67 55
- Waters-closets (Dorion) . 7.367 55
- Fauteuils roulants (Duval, tapissier) 18,949 67 18,949 67
- Affichage sur les stores, Meunier) 4,983 60 4,983 60
- Totaux 712,377 98 617,714 o3
- 3° Restaurants à bon marché, à l’usage de la clientèle pauvre, pour laquelle un repas pris en dehors du ménage constitue toujours une sorte de prodigalité ;
- 40 Bars, buffets, glaciers, brasseries, etc., où l’on trouverait des consommations légères servant d’intermèdes entre les repas.
- Pour les restaurants à bon marché, on se proposait alors de n’exiger aucune redevance et de reporter tous les sacrifices à consentir par les concessionnaires sur le bas prix et la qualité des aliments offerts aux consommateurs.
- Pour les trois autres classes, on ne jugeait pas utile de défendre aussi énergiquement les intérêts du public, les visiteurs mécontents d’un restaurant pouvant aller dans un autre et, de cette façon, éviter toute exploitation abusive.
- Les établissements des deux premières classes furent mis en adjudication ; mais, malgré toutes les annonces et invitations, le nombre fut restreint des industriels sérieux qui se présentèrent. On ne put de cette manière traiter que pour trois concessions ; il fallut, pour le surplus, en revenir aux marchés de gré à gré. Dès le mois d’août 1877, on avait assuré l’installation de quatre restaurants de luxe (deux français et deux étrangers), de deux restaurants à prix fixe, de deux autres à bon marché, de quatre buffets et de sept cafés ou débits.
- La date d’ouverture de ces exploitations était fixée au ier mai. Elle eut lieu, pour le plus grand nombre, à cette époque. Cependant quelques concessionnaires la devancèrent, avec l’autorisation du commissaire général.
- Il semblait que le nombre des établissements de consommation fût assez largement établi pour qu’on n’eût à redouter aucun mécompte. Mais l’affluence des visiteurs fut telle qu’elle déjoua toutes les prévisions, et que l’on dut, suivant le droit qu’on s’était réservé, autoriser l’installation de nouveaux restaurants, buffets, brasseries, qui ne s’ouvrirent au public que dans le courant des mois de juin et juillet.
- L’entreprise des fauteuils roulants et celle des water-closets fut concédée, sans privilège, moyennant une redevance et avec un tarif fixé par l’administration. Ce tarif pour les water-closets ne comprenait pas les urinoirs, qui étaient gratuits.
- La fourniture des bancs, chaises, fauteuils, etc., ne fit l’objet d’aucune concession. On se borna à autoriser tous les industriels qui en firent la demande, à placer dans les parcs et jardins ces sortes de meubles, sous la condition expresse qu’ils resteraient, pendant toute la durée de l’Exposition, et sans aucune redevance, à la disposition du public. Le nom et l’adresse des permissionnaires, mis en évidence, constituaient une réclame qui avait sa valeur et compensait l’usure et les frais de transport.
- *
- Nous donnons ci-dessus les tableaux des concessions de 1867 et de 1878.
- N. B.
- ---------*-------------------------
- L’EXPOSITION DE 1889
- et
- LA CHAMBRE DE COMMERCE ITALIENNE A PARIS
- La Chambre de commerce italienne à Paris vient de prendre une importante initiative au sujet de l’Exposition de 1889. Il s’agit de la formation d’une commission permanente qui aurait pour but de favoriser le concours des exposants italiens.
- Voilà une initiative digne d’imitation.
- L’un des conseillers de la chambre, M. Fri-gerio, représentant la « Compagnia cli Navi-gazione generale italiana » a soumis a la Chambre un remarquable rapport qui vient de paraître dans le dernier numéro du « Bolletino délia cameradicommercio italianainParigi » et qui vise spécialement l’économie dans les moyens de transports. Presque en même temps M. Lazzarini du journal Parigi Roma membre de la Chambre de commerce italienne toujours dévoué à l’union politique et économique franco italienne à traité la même question dans une lettre que nous venons de lire dans ce journal et qui était adressée à M. Magagna, président de la Chambre. Par cette lettre la
- Chambre italienne est saisie d’une proposition concernant l’Exposition, les intérêts des exposants et la création d’une commission qui rendrait non seulement d’inportants services mais qui serait pour les exposants italiens un moyen de propagande internationale en faveur de l’Exposition. Une institution de cette nature est certainement appelée à donner d’excellents résultats ; en en prenant l’initiative la Chambre de commerce italienne a bien mérité, de l’Exposition universelle.
- REVUE DE LA. PRESSE
- La Correspondance républicaine a publié l’article suivant qui a été reproduit par une grande partie de la presse départementale.
- Le Journal officiel vient de publier le règlement général de l’Exposition de 1889. Dès lundi prochain, M. Alphand, directeur général des travaux, va faire procéder au piquetage et au sondage du Champ-de-Mars.
- Dans la dernière réunion tenue, au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Lockroy, par le comité de direction récemment constitué, le ministre a revêtu de sa signature les pians présentés par M. Alphand et précédemment discutés et approuvés par ses collègues.
- Ces plans ont trait aux bâtiments principaux qui seront élevés au Champ-de-Mars et à la vaste nef destinée aux machines, qui sera située à côté de l’Ecole militaire, en avant de laquelle s’étendront, séparées de cette dernière par un jardin, des constructions plus basses abritant les produits français et étrangers. Au bord de la Seine, le pavillon des beaux-arts et le pavillon des arts libéraux se feront f.ice et, au milieu du parc qui s’étendra entre eux, s’élèvera la gigantesque construction de la tour d’Eiffel.
- Comme on le voit, c’est là un magnifique plan d’ensemble et l’Exposition de 1889 dépassera de beaucoup, à tous les points de vue, toutes celles qui l’ont précédée.
- La rédaction du règlement général nous a paru très complète et très satisfaisante'; avec beaucoup de raison, il a été tenu compte des éléments nouveaux qui régissent, à cette heure, le classement des produits des diverses industries.
- On a introduit dans ce règlement plusieurs innovations importantes. Il en est une qu’il convient de signaler particulièrement ici, c’est la création des comités départementaux qui sont appelés à apporter au comité principal,dont le siège est à Paris, le plus précieux concours.Ces comités donneront à l’Exposition de 1889, un caractère vraiment national, en permettant à toutes les parties de la France d’y collaborer de la manière la plus active. Us auront pour principale mission de stimuler les exposants, de les renseigner, d’aplanir pour eux les difficultés et, d’autre part, de fournir au comité central toutes les informations nécessaires sur l'importance et la nature des produits qui seront envoyés à Paris par chaque département. On ne saurait trop engager les préfets et les maires ainsi que les conseils généraux et municipaux à s’associer le plus tôt possible aux vues du ministre. Nous touchons tout à l’heure à la fin de 1886, et deux ans et demi seulement nous séparent de l’ouverture de l’Exposition. Il n’y a que le temps.
- Quoi qu’il en soit, malgré tous les obstacles, malgré des difficultés inhérentes, soit à la nature même de l’entreprise, soit aux- circonstances, l’Exposition de 1889 doit être considérée aujourd’hui comme entrant définitivement dans sa période d’exécution. Le capital de garantie est presque entièrement souscrit, et la province et l’étranger se montrent de plus en plus favorables depuis qu’ils ont pu constater avec quelle activité intelligente le ministre du commerce s’emploie à mener à bien cette grande œuvre.
- A l’extérieur, notamment, l’opinion publique paraît revenir peu à peu des préventions ou des fausses rumeurs naguère répandues par l’hotilité des
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- 296. — Deuxième Année. — N° 8S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Septembre 18S6.
- quelques gouvernements dont la jalousie est en éveil dès qu’il s’agit de la France. Le ton de la presse européenne devient chaque jour plus favorable à l’exposition et l’on peut dire que partout en Europe cette dernière est vengée par l’opinion et par ses organes les plus importants des attaques imméritées qui avaient été dirigées contre elle. On se rend parfaitement compte du caractère hautement pacifique et civilisateur qui sera celui de l’Exposition de 1889 ; on sait gré à la France de donner, du moins en ce qui la concerne, ce gage d’apaisement et de tranquillité aux nations européennes; on voit là un heureux contraste avec les inquiétudes et les préoccupations de l’heure présente, en un mot, on souhaite ardemment que la France se consacre avec autant d’ardeur que de patriotisme et de bon sens au succès de cette grande entreprise.
- Ce sera une gloire sans tache d’avoir, à la fin du xixe siècle, mis en pleine lumière, dans un cadre unique et incomparable, le tableau des progrès de la civilisation du monde entier.
- Tenons à cette gloire et attachons-nous à en doter notre pays : nous ne saurions mieux le servir.
- ----———----11 r‘—-----------
- ÉCHOS
- Paris
- Le siège du Comité de l’exposition des chats, vient d’être transféré 196, boulevard St-Germain, où le secrétaire se tient à la disposition du public, tous les jours, de deux heures à cinq.
- * •¥•
- Le projet de restitution de la Bastille et de l’ancienne rue Saint-Antoine, dont nous avons eu à nous occuper lorsque, dès le début, il a été question de l’exposition de 1889, est entré dans la période des études définitives.
- Son exécution complétera, sous une forme vibrante et pleine d’attractions, la grande œuvre de l’Exposition du centenaire de 89. M. Colibert poursuit d’ailleurs très activement ses travaux au ministère du commerce, où les plans et les maquettes sont installés.
- *
- ¥ ¥
- Nous avons annoncé que l’année prochaine s’ouvrirait à Paris une exposition internationale d’armes et d’objets militaires, placée sous le patronage des ministres de la guerre et de la marine. Nous apprenons que M. le capitaine de vaisseau Thierry est nommé membre du comité d’organisation de cette exposition.
- + *
- Les Incohérents, qui n’ont pas fait d’exposition depuis deux ans, ouvriront cette année, au profit des diverses sociétés de protection dé l’enfance, une exposition d’œuvres nouvelles incohérentes : peinture, dessins et sculpture, à Paris dans la Kermesse de l’Eden-Théâtre, rue Boudreau, du 17 octobre au 10 décembre prochain.
- Nous extrayons du règlement, qui est envoyé à toute personne en faisant la demande, les indications suivantes : Tout le monde peut exposer. Seules les œuvres obscènes, sérieuses ou banales ne seront pas acceptées. Le prix d’entrée est'fixé à 1 fr. 05 pour les jours de semaine, et à 65 centimes pour le dimanche.
- Le vendredi, jour réservé, le prix d’entrée sera de 1 fr. 95. La réception des œuvres aura lieu du 1er au 8 octobre, de midi à cinq heures, à l’Eden-Théâtre.
- Toutes les communications doivent être adressées par lettres affranchies à M. Jules Lévy, organisateur de l’exposition, 4, rue Antoine-Dubois.
- * *
- Pendant la semaine du 17 au 24 août 1886, la Société générale clés Téléphones a inscrit 10 nouveaux abonnés à Paris et 4 dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de 15 à Paris et de9 dans les départements.
- Paris compte actuellement 4,455 abonnés- et les départements 2,191, soit en tout 6,646 abonnés, contre 5,846 à la même époque de l’année dernière.
- *
- * *
- Départements
- «
- Aujourd’hui 5 septembre ouvre à Montreuil la seconde grande exposition triennale de produits industriels, d’agriculture et d’objets d’art.
- *
- * *
- Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, le 1er octobre prochain, doit s’ouvrir, à Biarritz, un important Congrès international d’hydrologie et de climatologie.
- Plusieurs puissances d’Europe ont déjà envoyé
- leur adhésion à ce Congrès, qui aura une importance considérable pour la France, à cause du nombre, de la variété et de l’efficacité des sources minérales et des stations climatologiques dont notre pays est si richement pourvu.
- Les travaux du Congrès dureront un mois et toutes les questions si graves qui touchent à l’hygiène et à la thérapeutique balnéaire et hydrologique y seront traitées avec les développements qu’elles comportent.
- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, qui a accepté la présidence d’honneur du Congrès, a délégué, pour représenter le Gouvernement M. Nicolas, conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur, dont la haute compétence en toutes ces matières assure à la France une sup-prématie très marquée dans cette importante réunion internationale.
- *k
- * ¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition pharmaceutique, organisée sur l’initiative de l’Association des pharmaciens allemands, a été ouverte à Dusseldorf, le dimanche 15 août.
- * *
- La première exposition générale de la viticulture allemande, organisée par les soins de l’Union des hôteliers allemands, a été, ainsi que nous l’avions annoncé, inaugurée à Francfort-sur-le-Mein, le mardi 17 août dernier, sous la présidence du bourgmestre, Dr Miquel.
- Le succès en est très grand.
- L’exposition comprend les sept sections suivantes :
- 1° Vins allemands, avec 65 exposants ;
- 2° Vins mousseux d’Allemagne, 13 exposants ;
- 3° Liqueurs de fruits, 4 exposants ;
- 4° Cidres et poirés, 10 exposants ;
- 5° Cognacs et spiritueux divers, 11 exposants ;
- 6° Accessoires, ustensiles pour la fabrication, installation de caves, magasinage, etc. 66 exposants :
- 7° Section polvgraphique, 2 exposants ;
- Il convient d’ajouter à cette nomenclature l’exposition collective des viticulteurs de l’Alsace-Lor-raine, division qui ne comprend pas moins de 325 exposants.
- *
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- Angleterre
- Une exposition d’objets se rapportant à l’histoire anglo-juive, aura lieu, au printemps de l’année prochaine, dans le Royal Albert Hall, de South-Kensington, Londres, sous les auspices d’un comité composé des principales autorités de l’archéologie, de l’histoire et de l’art, et présidé par MM. Moncatta et John Evans.
- Les collectionneurs qui désireraient participer à cette exposition devront s’adresser, pour recevoir tous les renseignements nécessaires aux secrétaires du Comité, MM. Morris, Joseph et Isidore Spielman, 3, Westbourne Creseent, Styde-Park.
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- Autriche - Hongrie
- C’est aujourd’hui dimanche 5 septembre qu’ouvre à Czernowitz (Bukowine), la grande Exposition régionale, agricole, forestière, industrielle et mécanique dont nous avons déjà parlé.
- Douze cents exposants y prennent part, dont : cinq cents pour les sections de. l’industrie et des machines, et six cents pour les sections agricole et forestière.
- Les quatre divisions réunies renfermeront, au point de vue des objets exposés, douze cent cinquante-huit spécimens environ.
- Mentionnons également une exposition annexe des travaux de femmes, qui réunit à elle seule un total de cent dix exposantes.
- Les expositions temporaires annoncées sont : du samedi 11 au vendredi 24 septembre, concours pour les bêtes à cornes et le petit bétail ; du samedi 18 au mardi 21, exposition de volailles, d’oiseaux et concours d’apiculture ; du samedi 25 au lundi 27, concours hippique ; enfin du jeudi 30 septembre au mardi suivant 5 octobre, exposition de légumes et fruits.
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- Le chiffre total des brevets d’invention, délivrés en Autriche durant l’année 1885, s’est élevé à trois mille.
- Sur ce nombre, quinze cents ont été accordés à des étrangers, dont 783 Allemands, 213 Français, 201 Anglais, 131 Américains et 42 Suisses.
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- Australie du Sud
- Les intéressés trouveront au ministère du commerce et de l’industrie (direction du commerce extérieur, 3e bureau, 244, boulevard Saint-Germain), tous les renseignements nécessaires sur l’exposition internationale d’Adelaïde, dont nous avons déjà parlé.
- Rappelons, à ce propos, que l’inauguration de l’exposition est fixée au 20 juin 1887 et que les demandes d’admission sont reçues jusqu’au 1er janvier de l’année prochaine.
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- États-Unis
- On écrit de Cincinnati que la treizième exposition industrielle aura lieu dans cette ville du vendredi 1er au samedi 9 octobre.
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- Italie
- Le pape a décidé de consacrer une somme de trois cent mille francs à l’organisation de l’exposition d’art religieux, qui, ainsi que nous l’avons dit, il y a quelque temps, aura lieu dans les jardins du Vatican, à l’occasion du cinquantenaire de l’entrée dans les ordres de S. S. Léon XIII.
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- Tonkin
- Sur l’initiative de M.PaulBert, résident général de France en Annam et au Tonkin, membre de l’Institut, une exposition exclusivement consacrée aux produits français pouvant trouver un débouché dans nos nouvelles possessions de l’extrême Orient, ouvrira le 1er janvier 1887 à Hanoï.
- Les objets destinés à cette intéressante et importante exposition pourront être envoyés gratuitement sur les transports de l’Etat.
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- Belgique
- L’Académie royale de Belgique se propose d’organiser prochainement à Bruxelles, au profit de la caisse centrale des artistes belges, une exposition de tableaux anciens. MM. E. Fetis et H. Hymans sont à la tête du Comité organisateur.
- CONGRÈS VITICOLE
- DE BORDEAUX
- Il y a un an environ, le Comité central d’études et de vigilance de la Gironde décida d’organiser un Congrès national viticole et une Exposition cle tous les objets se rattachant, à des titres divers ci la culture et à la défense de la vigne, ci la diffusion cle ses produits.
- Il fut, en outre, arrêté que le Congrès durerait 5 jours et que les membres tiendraient au moins 2 séances par jour.
- A signaler deux bonnes mesures : les orateurs ne devaient garder la parole plus de vingt minutes et ne pouvaient présenter plus d’un travail personnel par séance.
- Les questions soumises au congrès se partagent en trois grandes divisions: i°le phylloxéra; 20 affections autres que le phylloxéra ; 3° économie et législation. Ces divisions se décomposent elles-mêmes en plusieurs sections : l’étude de l’insecte et les observations nouvelles sur ses mœurs et son développement ; la défense par les moyens curatifs, préventifs ou palliatifs; la reconstitution des vignobles par les cépages résistants, par les producteurs directs et hybrides; les maladies cryptoga-miques (mildew, anthracnose, oïdium, pourridié, black-rot), les insectes ampélophages et l’érinéum, les accidents atmosphériques (coulure, chlorose, gelée) ; le régime économique et la législation intérieure des vins et des alcools, les falsifications et la question d’une enquête agricole.
- Les séances du Congrès ont lieu à l’Ecole supérieure de commerce et l’Exposition est installée dans le jardin public. Les deux locaux sont assez éloignés : c’est là une bien mauvaise disposition qui n’est pas faite pour assurer la réussite de l’Exposition.
- Cette dernière est divisée en quatre sections : i° vignes en pieds, raisins, vins, eaux-de-vie ; 20 instruments, appareils,' outils; 3° ouvrages, plans, dessins ; 40 collections, produits, etc.
- Nous ne pouvons suivre, à cette place, les discussions qui se sont produites au sujet des diverses communications faites pendant les séances du Congrès. Nous signalerons seulement les diverses conclusions qui ont été adoptées.
- Au sujet des deux premières sections de la première division comprenant l’étude de l’insecte, la défense et la reconstruction des vignes les conclusions suivantes ont été votées à l’unanimité.
- i° Le phylloxéra ne paraît pas vouloir désarmer et continue, comme par le passé,-sa-marche envahissante ;
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- Deuxième Année. — N° 88.
- 2° La question de l’œuf d’hiver n’est pas résolue et reste à l’étude ;
- 3° La vigne européenne peut être efficacement défendue contre le phylloxéra au moyen des insecticides, suivant les milieux où elle est plantée ;
- 4° Les terrains ou cette défense a déjà donné et devra continuer de donner de bons résultats par des applications de sulfure de carbone, sont les terrains suffisamment riches, profonds ou siliceux ;
- 5° Partout ailleurs, c’est-à-dire dans les terrains calcaires, argilo-calcaires et à sous-sols imperméables peu profonds, le sulfure de carbone ne paraît pas permettre une défense efficace;
- 6° Le sulfo-carbonate de potassium peut être employé avec succès dans toutes les natures de terrains, pourvu qu’il soit de bonne qualité et que son application soit faite dans des conditions qui en assurent le succès ;
- 7° Les applications d’engrais énergiques doivent toujours être le complément des traitements au sulfure de carbone et presque toujours des traitements au sulfo carbonate de potassium ;
- 8° Les façons culturales doivent être mieux soignées et plus fréquentes qu’autrefois pour obtenir une régénération prompte et fructueuse ;
- • q° La submersion est, de tous les insecticides, celui qui a donné les résultats les plus incontestables ; elle devra être pratiquée partout où elle est possible. Mais il y a lieu d’étudier avec soin la nature des cépages qui s’accommodent le mieux de ce traitement ;
- io° Cette opération demande l’apport d’engrais complémentaires, quand elle n’est pas faite avec les eaux contenant des limons riches comme celles de la Garonne et de la Dordogne ;
- ii° A moins de conditions exceptionnellement favorables, il semble imprudent de suspendre les traitements de la submersion une année sur deux;
- 12° Aucun dépérissement n’a été jusqu’ici remarqué sur les vignes plantées dans certaines natures de sables.
- LES EXPOSITIONS FLOTTANTES
- La question des expositions flottantes, depuis quelque temps à l’ordre du jour, vient d’entrer à Bordeaux dans la voie de la pratique. Dans quelques jours on va commencer, à bord du Château-Laffitte, superbe steamer appartenant à la Compagnie bordelaise de navigation à vapeur, les travaux nécessaires à l’aménagement d’une première exposition de ce genre, qui quittera notre port vers le mois de novembre. Installée dans le spardeck, l’exposition comprendra un millier de mètres carrés de vitrines et d’objets exposés. Lejour, elle sera éclairée par de nombreuses ouvertures ; le soir, par la lumière électrique. Ainsi aménagé, le Château-Laffitte visitera les Antilles et la Côte-Ferme, depuis Colon jusqu’à Trinidad.
- Dans les vingt et un ports où il s’arrêtera, nous dit le Temps, le bâtiment sera ouvert gratuitement aux visiteurs ; dans ceux où il ne pourra être amarré à quai, un canot à vapeur fera la navette entre le rivage et l’exposition, apportant les nombreuses personnes que ne saurait manquer d’attirer la nouveauté de l’entreprise.
- Une moitié des emplacements sera réservée à Paris et aux centres industriels ; Bordeaux et sa région occuperont le reste avec leurs vins, eaux-de-vie, liqueurs, conserves, etc. La cale sera remplie des marchandises dont les échantillons seront exposés, et les marchandises seront vendues en cours de voyages dans les ports visités. Un bar et un salon de dégustation seront installés à bord, avec tout le confort possible, de sorte que chacun pourra se rendre compte de la valeur des produits offerts, produits qui, cette fois, seront bien réellement des produits français.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8§JT
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- EXPOSITIONS ANGLAP
- LES
- EN 18 8 6
- EXPOSITION DE LIYERPOOL
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 2g août 1886).
- Section anglaise (suite)
- Avec l’exposition organisée par le bureau Veritas à Liverpool et dont j’ai parlé dans mon précédent article, j’en ai terminé avec les nombreuses et parfois très belles exhibitions de bateaux appartenant à la section anglaise.
- Il me reste à examiner quelle est la représentation des autres industries anglaises à l’Exposition de Liverpool.
- Elle est loin d’être aussi brillante que l’on pourrait l’espérer au premier abord en voyant cette profusion d’installations qui se succèdent dans plusieurs galeries, trop souvent au mépris de l’ordre qu’impose toute classification arrêtée au début d’une Exposition.
- L’industrie mécanique en Angleterre tient une place importante, mais il n’en est point de même à l’Exposition de Liverpool où la galerie des machines, très restreinte d’ailleurs, ne comprend guère que des comptoirs de vente d’objets de petite mécanique fabriqués sous les yeux. Quelques expositions sont cependant dignes d’être remarquées.
- Les différentes compagnies de chemins de fer anglaises exposent des locomotives fabriquées dans leurs ateliers et sous la direction de leurs ingénieurs. Les deux plus remarquables sont les locomotives The City of Liverpool exposées par la Compagnie du London and North Western Rail-way et la Victoria exposée par la Compagnie de Lancashire and Yorkshire Railway.
- La première, construite sur les dessins de l’ingénieur Webb, doit atteindre une vitesse de jS milles à l’heure. Le diamètre des roues est de 6 pieds 3 pouces et, chose digne d’être remarquée, la locomotive est pourvue d’un frein à vide qui permet au mécanicien d’arrêter presque instantanément le train, alors même qu’il est lancé à toute vitesse.
- Cette locomotive, suivie de son tender pouvant conten-ir environ 5 tonnes de charbon, m’a paru magnifique et — quoique je ne sois pas mécanicien ni au propre ni au figuré, — je n’hésite pas à déclarer que j’ai admiré le fini en même temps que l’élégance de cette machine.
- Je l’admire, et chacun des visiteurs comme moi, sans doute, d’autant plus que voici tout près deux types de vieilles locomotives dont un musée d’Angleterre a bien voulu se dessaisir momentanément en faveur de l’Exposition de Liverpool.
- Les deux machines exposées datent de 1825 et de i83o. La première due à Stephenson est exposée telle qu’elle était au premier jour de ses essais : la seconde est un modèle de la « Rocket», locomotive construite à cinq ans de distance de la première, et qui montre déjà des perfectionnements considérables ! Comparez-les à nos machines modernes et vous aurez une idée des progrès accomplis dans un demi-siècle par les transformations successives qu’elles ont subies !
- La vie de Stephenson est assez curieuse pour que j’en reproduise ici une analyse que j’emprunte d’ailleurs au Courrier cle Londres. Je m’excuse auprès de mon ami et confrère Bazin si je pille son article si plein de détails intéressants à ce sujet.
- Stephenson était fils d’un chauffeur. Après avoir été tour à tour berger et employé d’une petite ligne de chemin de fer établie près de Newcastle pour le transport des charbons en qualité de garde-frein, il réussit à se faire nommer irrégulier des mines de Kellingworth en 1812. Deux ans plus tard il produisait une première locomotive traînant huit wagons de charbon à une vitesse de quatre à cinq milles à l’heure. En 1825, Stephen-
- son, devenu ingénieur en chef de la première ligne de chemin de fer ouverte au public — celle de Sclockton à Darlington,— conduisit lui-même sa machine dont la vitesse fut de huit à dix milles à l’heure. En 1826 on commença les travaux du chemin de fer de Liverpool à Manchester : le i5 septembre i83o, le premier train de voyageurs partit de Liverpool pour Manchester, et dans le concours de locomotives organisé par les directeurs de la compagnie, ce fut la machine de Stephenson qui remporta le prix de cinq cents livres sterling.
- Dans les années qui suivirent, la construction des lignes de chemins de fer prit en Angleterre un très grand essor, et nous voyons Stephenson jusqu’en 1840, aidé de ses fils, construire d’autres, machines, auxquelles il apporte sans cesse les plus utiles perfectionnements.
- Que le lecteur me pardonne cette digression et revenons à la locomotive appelée « Victoria », dont j’ai fait mention plus haut et qui est exposée par la compagnie du Lancashire et Yorkshire Railway. Cette locomotive mérite surtout d’être remarquée par la disposition spéciale de l’avant de la machine qui repose sur un train mobile à quatre roues auquel elle n’est retenue que par un pivot. Cette disposition a surtout pour effet de diminuer sensiblement les secousses que donne toujours une machine en vitesse aux courbes et aux changements de voie, et par suite, ce qui n’est, pas moins important, d’offrir une certaine garantie contre les déraillements.
- Outre cette locomoùive, la compagnie du Lancashire et Yorkshire Railway expose un wagon de voyageurs ayant une longueur de cinquante pieds et divisé en compartiments de différentes classes, présentant aux voyageurs le plus grand confortable.
- Enfin, citons une locomotive construite en Angleterre pour le Brésil. Elle a ceci de particulier qu’en avant aussi bien qu’en arrière se trouvent placés des cowcatchers. Ce sont de grands grillages en fer, partant de l’avant de la machine et allant én forme d’éventail finir à peu de distance des rails. Leur effet est de chasser tout obstacle qui pourrait occasionner un déraillement.
- Une Exposition bien intéressante est celle d’un « automatic Coupling » système qui permet aux employés de chemin de fer de rattacher les wagons, ou de les détacher les uns des autres sans être-obligés, comme cela se pratique actuellement, de se tenir entre les wagons et de risquer qu’un faux mouvement les fasse écraser. Ce système très simple donnerait aussi l’occasion d’une économie de temps ! Certes on ne saurait forcer toutes les Compagnies de chemin de fer à adopter chacun des perfectionnements qu’on apporte chaque jour au matériel qu’elles emploient. Mais cependant il serait bon qu’elles ne négligeassent point de s’emparer de toutes les inventions qui peuvent leur être profitables sans les entraîner à des dépenses considérables. Or, ce système dont je viens de parler a cet avantage de pouvoir s’adapter au matériel existant. Il consiste en une barre de fer munie à son extrémité d’une poignée permettant au manœuvre de rester sur le quai et d’attacher instanta-nément deux wagons se rencontrant.
- La statistique des chemins de fer en Angleterre établit, ainsi qu’il suit, l’étendue des voies ferrées en 1883. 281 Compagnies se partagent l’exploitation de 18,681 milles de voies ferrées : elles possèdent près de i5,ooo locomotives et de 5oo,ooo wagons de toutes sortes. Les chemins de fer ont transporté 266,382,968 tonnes de marchandises et 683,718,137 voyageurs. Les recettes se sont élevées à la somme de 71,062,270 liv. sterling.
- Voilà qui donne une idée du trafic énorme de l’Angleterre sur son continent même !
- Les machines de navires sont en assez grand nombre : il ne pouvait en être autrement, étant donnée l’importance de l’exposition maritime.
- Je ne pourrais citer tous les exposants : l’énumération en serait trop longue : je m’arrêterai qu’à ce qui m’aura paru le plus intéressant.
- M. W. Parker expose la machipe d’un bateau appelé Cornet, machine à balancier, bien différente de celles qu’on construit actuellement. Plus loin.
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- 2g8. — Deuxième Année. — N° 88.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Septembre »886.
- se trouve l’exposition des chaudières de Fox, employées depuis quelque temps déjà par tous les grands steamers.
- La maison Vickens de Sheffield a une belle exposition d’aciers, d’arbres en acier pour les navires et d’hélices de différentes grandeurs. A citer aussi dans la même industrie les belles expositions de MM. Cammell, de Sheffield, de M. Wilhworth, de Manchester,qui expose un arbre de 5g pieds de long !
- Cii. Lenoir.
- (A suivre.)
- EXPOSITION COLONIALE & INDIENNE
- DE LONDRES
- (Par notre correspondant spécial)
- (Suite.)
- {Voir le Moniteur du 22 août 1886)
- II. Les galeries du centre.
- (Nouvelle-Galles du Sud. Australie occidentale. Queensland. Australie méridionale.
- Fiji et Victoria).
- La première salle dans laquelle on arrive en sortant de l’Exposition de l’Inde est la galerie centrale sud. A droite se trouve la Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales) et à gauche la colonie de Victoria. En prenant à droite, on trouve d’abord la Nouvelle-Galles du Sud, l’Australie occidentale (Western Australia), Quensland, l’Australie méridionale (South Australia) et finalement Victoria et les iles Fiji. On fait tout le tour de cette galerie et on sort par la même porte que celle d’entrée.
- Nouvelle-Galles du Sud.
- Cette colonie est celle que l’on appelle' Mother Colony, la mère des colonies australiennes. Sans parler des premiers voyages de découverte du continent australien faits par les Espagnols, les Hollandais et les Portugais, nous nous contenterons de dire que le premier navigateur anglais qui mit le pied sur cette terre nouvelle fut le fameux boucanier William Dampier qui en donna une description fort peu faite pour encourager les émigrants.
- Ce n’est qu’en 1770 que le capitaine Cook débarqua à Botany Bay et y planta le pavillon anglais ; mais les premiers essais de colonisation de ce vaste territoire ne commencèrent réellement que dix-sept ans après.
- William Pitt était alors premier ministre en Angleterre et il envoya plusieurs navires en Australie sous le commandement du capitaine de vaisseau Arthur Philip qui, ne trouvant pas Botany Bay à son goût, choisit Port Jackson où il débarqua p5o émigrants qui furent les fondateurs de la fameuse ville de Sydney (lord Sydney était à ce moment secrétaire d’Etat pour les colonies anglaises) et elle devint la capitale de la Nouvelle» Galles du Sud dont Arthur Phillip fut nommé gouverneur.
- Cette nouvelle colonie continua à prospérer lentement jusqu’à ce qu’elle arriva à ce que l’on peut appeler Yère d'or de l’Australie. C’est à ce moment que l’on découvrit l’existence du précieux métal et que le nombre d’émigrants venant non seulement d’Angleterre, mais encore de toutes les parties du monde prit des proportions vraiment colossales et inconnues jusqu’à ce jour dans les annales coloniales de l’univers entier.
- Le développement de cette colonie a été si rapide que sa population qui était de p5o habitants en 1787, atteignit après un siècle, le chiffre imposant d’un million avec une capitale renfermant 3oo,ooo âmes.
- La Nouvelle-Galles du Sud est comprise entre le 28°, i5/ et le 37°, 35° degrés de latitude Sud et le 1410 et le 153° 35/ de longitude est. Sydney, sa capitale s’étend sur une longueur de 6 kilomètres et demi, le long de la côte, et occupe une largeur de 10 kilomètres; la longueur totale de ses rues dépassant 200 kilomètres sert de façade à 40,000 maisons d’habitation, édifices publics, etc.
- La principale richesse du pays est le bétail, et il est intéressant de montrer par des chiffres les progrès obtenus dans moins d’un siècle :
- En 1792,1e statistique donnait comme bétail se trouvant dans la Nouvelle-Galles du Sud, qui à cette époque, comprenait à elle seule toute la colonie australienne, 23 bœufs ou vaches, 11 chevaux, io5 moutons 43 porcs et quelques chèvres.
- En 1885, ces chiffres étaient transformés ainsi :
- 9,000,000 bœufs et vaches.
- 80,000,000 moutons.
- i,5oo,ooo chevaux.
- 1,000,000 porcs.
- Pour donner une idée de l’importance du commerce que l’Australie fait de nos jours avec l’Europe et l’Amérique, il suffit de mentionner que dans l’année 1885, 5,942 navires représentant un tonnage de 4,660,958 sont entrés dans le port de la Nouvelle-Galles du Sud où ils en sont sortis.
- Quand on parle de l’Australie on pense tout de suite à l’or et on a raison, quand on voit que depuis la découverte des terrains aurifères jusqu’à 1884, on a extrait pour une valeur de 178,758,895 francs, mais on ne doit pas oublier qu’un autre minéral qui est d’une importance beaucoup plus grande pour une colonie, le charbon de terre, et qui est tiré des houillères autrichiennes, représente un total de 425,309,190 francs.
- Le pays en outre est très riche en minerais d’argent, cuivre, fer, antimoine, bismuth et amiante, en dépôts de pétrole et pierres précieuses parmi lesquelles on remarque les diamants, les rubis, opales et saphirs.
- La valeur des minerais autres que les minerais aurifères, représente depuis l’origine de la colonie jusqu’à 1884, une somme de 56,454,295 francs.
- En dehors du bétail qui est une des plus grandes richesses de l’Australie, les produits du sol donnent des résultats considérables. Dans la Nouvelle-Galles du Sud on récolte 31,334 tonnes de pommes de terre et 11,000 tonnes de tabac, mais les plus importants sont le blé, le maïs, l’orge, l’avoine et le sucre de canne qui atteint déjà le chiffre de io,9i2,53okilogrammes, le vin, l’eau-de-vie et les fruits de table, parmi lesquels on compte plus de 4 millions de douzaines d’oranges.
- (A suivre.)
- Paul Dejoux.
- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE cLul Havre en 1887
- Voilà cette Exposition entrée dans sa phase de grande activité.
- Non seulement les constructions qui s’élèvent rapidement seront prêtes avant l’époque indiquée à recevoir les produits qui lui sont destinés, mais l’importance des emplacements déjà retenus nous confirme dans l’espérance que nous verrons une fois enfin exposants et administration prêts au jour dit.
- Cette exactitude si désirable et si peu observée par toutes les entreprises de cette nature s’impose pour l’Exposition du Havre.
- Située au centre même de la Ville, empruntant ses plus grandes voies, ses principales places, elle n’a pas le droit de les détenir un jour trop tôt.
- Si Ton considère en outre que dans cette région le printemps est presque toujours la saison la plus agréable, quelquefois la plus ensoleillée, on conçoit qu’il serait bien regrettable de gaspiller le mois de mai en préparatifs et en installations.
- Nous sommes heureux de constater cette marche résolue du Comité Havrais.
- Nous recevons de la Direction la communication suivante :
- Le Comité fait connaître aux intéressés les diverses réductions que les Compagnies ci-
- après ont consenties sur leurs tarifs de transport en faveur des produits qui figureront à l’Exposition :
- Compagnie Générale Transatlantique : Plein tarif à l’aller ; gratuité au retour.
- Messageries Maritimes et Compagnie Ila-vraise Péninsulaire de navigation à vapeur : Réduction 30 0/0 pour les exposants ; 20 à 30 0/0 pour colis.
- The Cunard Steam Ship Company Limited: Réduction de 2 sli. G den. sur le tarif de 10 sli.
- General Steam Navigation Company et London and South Western Raihvay Company : Plein tarif à l’aller ; demi-tarif au retour.
- Société Navale de l’Ouest. Plein tarif à l’aller; gratuité au retour.
- Worms Josse et Ce : Tarif 12 fr. par tonne soit de Bordeaux soit de Hambourg.
- Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest, de Paris à Lyon et à la Méditerranée, de l’Est, du Midi, du Nord et de Paris à Orléans: Plein tarif à l’aller ; gratuité au retour.
- Pour plus amples renseignements, s’adresser à la Direction de l’Exposition, 118, rue de Paris.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 2g août 188b).
- La rémunération des auteurs est aujourd’hui établie d’une, manière formelle par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et ceux-ci perçoivent régulièrement un tant pour cent sur la recette, une somme proportionnelle à la quantité d’argent qu’ils font affluer à la caisse du théâtre. Ceci est absolument logique, ils ont un tant pour cent, comme reçoit un tant pour cent dans toute espèce de négociation commerciale, l’homme qui apporte une affaire à une entreprise industrielle.
- Ce n’est que depuis peu d’années relativement que le mode de rétribution des auteurs a été définitivement fixé.
- Dans l’antiquité les pièces étaient achetées à leurs auteurs par les autorités spéciales administratives, chorèges ou édiles. Les prix décernés dans les jeux, quelquefois simples récompenses honori-ques, mais souvent pécuniaires en même temps venaient augmenter le salaire du poète.
- Aux premiers temps de l’établissement du théâtre en France, l’auteur, le poète fut généralement une sorte de fournisseur attitré de la société comique, un associé de l’entreprise, participant aux bénéfices. Il devait composer des pièces nouvelles et constamment remanier, retoucher celles du répertoire de la troupe, allongeant, retranchant de ci de là, modifiant la nature des personnages, changeant le lieu d’action d’après ce qu’il convenait aux comédiens pour un motif ou un autre. Il faisait un travail d’adaptateur et de transformateur, lequel se pratique aujourd’hui encore à l’étranger et y a pris une grande extension, notamment en Angleterre et en Italie, mais surtout en Amérique. Un de ces poètes fournisseurs de la fin du xvi9 et du commencement du xvne siècle, était le fameux Hardy, lequel attaché à l’hôtel de Bourgogne, a laissé un renom d’étonnante et ridicule fécondité. Hardy devait donner aux comédiens six pièces par an et il touchait en échange une des parts des bénéfices, lesquels étaient divisés en un certain nombre de parts.
- Molière, directeur et associé de ses comédiens, s’adjugeait une part comme auteur indépendamment de ce qui lui revenait comme directeur et comme acteur.
- En même temps l’habitude se prit aussi chez les comédiens d’acheter, prix net, des pièces à leurs auteurs. Le prix de ces pièces était bien entendu dépendant de la vogue dont jouissait l’auteur. Corneille malgré la réputation de pauvreté qu’on lui a faite de nos jours vendait les siennes souvent fort cher relativement.
- Louis XIV avait établi un certain tarif à l’Opéra par une adjonction à son ordonnance de 1713.
- Un opéra était payé à ses auteurs deux cents livres par représentation pendant les dix premières et cent livres seulement pendant les dix suivantes. L’auteur ne touchait plus rien ensuite. Pour le ballet réglementation analogue ; cent vingt livres pour les dix premières représentations, soixante pour les dix suivantes.
- C’est à l’instigation de Quinault que l’on commença seulement à faire usage du véritable droit proportionnel. L’auteur perçut deux parts à. la ré-
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- Deuxième Année.
- N° 8S.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Septembre 18S6.
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- partition des bénéfices pendant la représentation de son ouvrage, mais pour un certain laps de temps seulement. Au bout d’un nombre déterminé de représentations la pièce était ce qu’on appelait tombée dans les règles et appartenait en toute propriété au théâtre qui ne payait plus l’auteur.
- Quand ce droit proportionnel fut définitivement établi pour tous les théâtres, ce système se conserva longtemps encore de n’associer l’auteur aux bénéfices que durant le cours d’un nombre déterminé de représentations. Au milieu du xvme siècle, voilà comment les auteurs étaient rétribués à la Comédie-Française. Ils percevaient le 9e de la recette nette pour une pièce en b actes, le 1210 pour une pièce en 3 actes, le 18e pour une pièce en 1 acte, jusqu’à ce que la pièce fût tombée dans les règles. A la Comédie-Italienne les droits étaient d’un g8 pour une pièce en 3 actes, d’un 12e pour une pièce en 2 actes.
- Ce n’est qu’à partir de 1816 qu’il fut définitivement établi que l’auteur aurait la propriété perpétuelle de son œuvre et qu’il serait payé tout le temps qu’on jouerait sa pièce, avec cette restriction cependant qu’au bout d’un certain nombre de représentations sa rétribution était considérable -ment diminuée. A l’Opéra, les auteurs recevaient 5oo fr. par soirée jusqu’à la 4ieà partir de laquelle ils ne touchaient plus que 200 fr.
- Toutes les réglementations qui déterminaient le paiement des auteurs étaient peu rationnelles et tellement mal établies qu’elles prêtaient incessamment lieu à des contestations sans nombre. Les auteurs eurent longtemps à se débattre contre les comédiens, pour obtenir qu’ils fussent régulièrement rétribués: En 1877, Beaumarchais eut avec la Comédie-Française des démêlés demeurés fameux. Les auteurs adressèrent une pétition en 1790 à l’Assemblée nationale pour qu’elle tranchât les questions demeurées en litige et supprimât la source de perpétuels différends dans une révision des anciennes ordonnances. Enfin, en 1827, Scribe, avec la création de la Société des auteurs _ à laquelle il prit une si grande part, obtint gain de cause contre les préjugés et les règlements routiniers et surtout contre les manœuvres et les échappatoires des directions dramatiques, la propriété absolue de l’auteur fut reconnue, ses droits en quelque sorte proclamés solennellement. A partir de cette époque une réglementation formelle s’établit. Aujourd’hui, il est affecté aux auteurs sur la recette brute un tant pour cent qui se monte de 10 à 12 0/° à Paris dans les théâtres ordinaires.
- ' Les droits sont de i5 °/0 à la Comédie-Française. En province ils s’élèvent à 5, 6, 7 ou 8 °/0.
- Bien entendu, tout fixes et réguliers qu’ils soient ces droits d’auteurs ne sont pas toujours perçus exactement. A chaque instant des traités particuliers sont contractés en sous-main entre auteurs et directeurs. Tantôt c’est l’auteur qui profite de sa situation et de sa vogue pour imposer au directeur des conditions quelquefois draconiennes ; plus souvent c’est la direction qui exige de l’auteur l’abandon d’une partie de ses droits. Par des systèmes d’établissement de primes, de conventions secrètes, etc., on parvient à tourner les réglementations générales à l’avantage du plus puissant des transactionnaires.
- L'objet d’un des frais les plus excessifs d’une exploitation théâtrale est sans contredit l’impôt spécial dont est frappé le théâtre, le fameux droit des pauvres qui s’exerce non sur la recette nette comme ce serait logique, c’est-à-dire sur les bénéfices, mais sur la recette brute. Cet impôt est censé s’appliquer aux plaisirs du public et ne s’applique en réalité qu’à l’exploitation du théâtre et il devient alors absurde et inique.
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on a songé à taxer les réjouissances; mais c’est aujourd’hui qu’on est arrivé le plus parfaitement sous ce prétexte à constituer un état de choses déplorable, extrêmement préjudiciable k l’art dramatique, funeste même pour son avenir.
- En 041, un arrêt du Parlement imposa les Confrères de la Passion, et leur fit attribuer une part de leurs recettes aux hôpitaux et établissements de charité. Mais jusqu’à iôqq cet impôt fut très irrégulier pour les autres, théâtres qui s’établirent. Ainsi ni Molière , ni les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne de son temps, ni ceux du Marais n’eurent à le payer. Avant 1699 cependant presque de bonne volonté, c’est-à-dirë pour s’acquérir de la part d’autorites supérieures des bonnes grâces indispensables, ils commencèrent à paver redevance à certaines sociétés religieuses de charité. En 1699, l’impôt fut établi régulièrement. Une taxe fut déterminée. L’Opéra et la Comédie-Française payaient sous forme d’abonnements annuels.
- En 1701, par ordonnance royale il fut prélevé un sixième de la recette des théâtres aux bénéfices des pauvres de Paris.
- En 1716, la taxe s’éleva à 25 °/0-
- Des ordonnances la maintinrent en .1718 et en 1720 malgré les supplications et les révoltes des comédiens. L’impôt était exorbitant et pesait d’une manière effrovable sur toute exploitation de théâtre. L’impôt subsiste jusque en 1791 où il est supprimé.
- Par décret du 11 nivôse an IV nouvelle régle-
- mentation. Les théâtres durent donner chaque mois une représentation au bénéfice des pauvres.
- En 1797, il fut établi un impôt d’un décime par franc sur la valeur de chaque billet.
- En 1809, cet impôt se transforma en le prélèvement d’un quantum du onzième de la recette brute. C’est encore aujourd’hui ce onzième de la recette brute prélevé par l’assistance publique qui constitue ce qu’on appelle le droit des pauvres.
- Ce prélèvement rapporte chaque année à l’assistance publique une somme d’environ deux millions et demi de francs.
- Que de fois a-t-on protesté contre le droit des pauvres! Que de fois a-t-on démontré l’absurdité de son mode de prélèvement et l’iniquité de son élévation exorbitante. On a proposé de le faire porter sur la recette nette, on a proposé de le tarifer par abonnements des théâtres comme autrefois. Dans le premier cas, il serait évidemment plus difficile à percevoir, dans le second il serait plus malaisé à établir avec une justice relative.
- Quoi qu’il en soit l’état de choses est anormal et constitue maintenant pour le théâtre une situation plus périlleuse de jour en jour et au danger de laquelle il convient de porter remède le plus tôt possible.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXIII
- Œuvres du comte Joseph de Maistre. Nouvelle édition, comprenant les œuvres et la correspondance inédites. — Lyon. Witte et Perrussel, éditeurs. 13 volumes in-8° (Le tome XIV0 et dernier est sous presse).- Correspondance, tome IX à XIV,
- Nous venons de relire, à l’occasion de cette grande entreprise de librairie, dont l'achèvement est proche, et que favorise un juste succès ce qui a été écrit sur Joseph de Maistre par le maître de la critique, notamment par Sainte-Beuve dans les Portraits littéraires et les Causeries du lundi et par Lamartine, dans ses Mémoires et dans son Cours familier de littérature. Nous avons lu attentivement aussi les œuvres du grand philosophe, de l’éloquent écrivain catholique ; c’est une lecture des plus profitables et des plus agréables à la fois, et dont on revient même lorsqu’on ne partage pas les idées et les opinions de l’illustre théocrate, avec l’admiration et le respect que méritent la foi, l’éloquence, le génie. Il en est de cette lecture comme des excursions sur les hauts sommets alpestres, le soleil sur la tête et les nuages aux pieds, baignant dans une sorte d’éther, le poumon dilaté par cet air supérieur et balsamique, l’œil agrandi par la lumière puisée plus près de sa source, voyant les choses de haut et de loin et d’ensemble comme on les voit de sur la montagne, avec la proportion des plans et la poésie du lointain. On redescend de ces grandes lectures, de ces promenades sur les sommets intellectuels, vivifié, rafraîchi, rasséréné, plus libre, plus pur, plus fier, et un bouquet d’idéal à la boutonnière. Donc, on peut fort bien ne pas penser et ne pas sentir sur les grands sujets qui ont fait l’objet de ses méditations et occupé noblement sa vie, comme l’auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg et du Pape, et rapporter pourtant un grand profit et un grand charme de ce commerce salutaire. Rien ne vaut les grands penseurs pour apprendre à penser et les raisonneurs puissants pour apprendre à raisonner. A ce titre, il n’est pas d’exercice meilleur, de gymnastique plus assouplissante, plus féconde pour l’esprit que quelques jours ou quelques mois passés à l’école de ce rude jouteur, le seul digne dans son parti de se mesurer avec Voltaire et avec Jean-Jacques Rousseau, et qui a fait plus d’une fois, et non sans victoire ayant de l’un l’ironie et la raillerie au degré capable de faire rire l’élite et la foule, et de l’autre l’éloquence au degré capable d’émouvoir et d’attendrir également les forts et les faibles, les lettrés et les simples, les humbles et les superbes. A ces Œuvres, dont les principales,comme les Considérations sur la France , les Soirées, le Bacon (ou plutôt Y Anti-Bacon), le Pape ont perdu par suite du temps, des événements, des progrès de la science et de la raison, la plus grande partie de leur valeur et de leur saveur philosophique, prophétique, polémique, critique, il demeure une saveur et une valeur indélébiles, inextinguibles, faites pour triompher des vicissitudes du temps, des vicissitudes du goût, celles que leur assurent la forme, le style, la valeur et la saveur littéraires en un mot. Sous ce rapport de Maistre est toujours vert. Il n’a pas vieilli, ne s’est pas démodé, ét compte plus de lecteurs peut-être que . Château-briand, qui d’ailleurs lui doit beaucoup, beaucoup plus qu’il ne l’a reconnu, ce.sublitne égoïste, cet ingrat au degré héroïque, qui n’a jamais pu par-
- donner à Napoléon, à Byron et à de Maistre ce qu’il leur devait dans son style, dans ses idées, dans sa gloire et a mérité de trouver un autre ingrat, Lamartine, qui ne convient pas non plus de ses dettes envers Ghâteaubriand et préfère les nier que les payer.
- Ce qui n’a pas vieilli, ce qui n’est pas suranné, fané, démodé le moins du monde dans de Maistre qui n’écrivait pas ses lettres pour la postérité, mais pour la poste, au milieu de cette solitude et de cette tristesse d’un long exil, qui donnent à la voix des hommes comme à celle des oiseaux captifs, des rossignols aveugles, un accent plus pénétrant; ce sont ces lettres de famille, d'amitié, de devoir diplomatique, d’observation et de méditation politique, qui font parcourir à l’auteur toutes les gammes du clavier de l’âme humaine, sentiments ou idées, avec la puissance et la verve d’un improvisateur de génie. Là, il est vraiment admirable, inimitable, cet homme qui admirait tant Mme de Sévigné, qui avait pour elle et plus encore — chose singulière — pour sa fille, Mme de Gri-gnan, un véritable culte, qui ne comptait certainement pas arriver à l’immortalité par ces lettres qu’il considérait comme un ouvrage frivole et qui se trouvent un chef-d’œuvre. Oui, c’est surtout comme écrivainfamilier,intime,comme épistolaire ou épistolîer que Joseph de Maistre est assuré de vivre dans la mémoire des hommes, tant que les hommes auront de l’esprit et du cœur. De i8o3 à 1817, Joseph de Maistre, envoyé par le roi de Sardaigne au temps le plus militant, le plus souffrant de cette maison de Savoie aujourd’hui triomphante, alors détrônée, ruinée, exilée, proscrite, comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, auprès de l’empereur Alexandre, put observer à loisir, de la coulisse, les péripéties de ce grand duel des deux empereurs et des deux Empires, Napoléon, Alexandre, l’empire français, l’empire russe. Grâce à ses observations, à ses réflexions, à ses prévisions souvent vérifiées par l’événement, à ses prédictions plus souvent déçues parce qu’il est plus facile de conjecturer ce qui doit être que de deviner ce qui sera , nous lui devons une sorte d’histoire au jour le jour, de chronique intime et familière des événements,au point de vue russe, ou plutôt au point de vue européen, qu’il est très curieux, très utile de comparer avec des confidences analogues, venues de gens placés au point de vue français, dans la coulisse du théâtre français. A ce titre, la correspondance de de Maistre mérite de figurer sur la table du politique, de l’apprenti homme d’Etat, à côté de la correspondance de Napoléon, des trois volumes des lettres à lui écrites par Fiévée, de la correspondance entre Mirabeau et le comte de La Marck, de la correspondance de Talleyrand (avec Louis XVIII), des Mémoires de M. de Met-ternich, des Mémoires et Correspondances de Mallet du Pan, de tous les ouvrages, en un mot, classiques sur la matière.
- Au titre purement littéraire, comme gazette publique ou privée, chronique de petits fâits, variations sur tous les thèmes intéressants, touchants, charmants, qu’un père exilé peut traiter avec son fils ou ses filles absentes, le fils officier sur lequel il tremble et dont il est fier, les filles quittées de si bonne heure que l’une, Constance, lui est inconnue, puissance de sentiment développée, effet d’émotion obtenu dans ces variations, contraste de l’enjouement dans la mélancolie, du rire à travers les larmes, ou du rire qui ne veut pas pleurer (rire des choses de peur d’en pleurer est un sentiment commun et consolateur de tout temps aux mères ou aux pères écrivant à des êtres aussi chers qu’éloignés), galanterie ingénieuse, atticisme sans pédantisme, sel piquant de malice sans méchanceté, la Correspondance de Joseph de Maistre, mérite une place entre celles de mesdames de Sévigné, de Maintenon et de Voltaire II sait y faire parler l’amour paternel, la raison paternelle, aussi éloquemment, aussi délicatement, aussi finement qu’elles ont su faire parler l’amour maternel et la raison pédagogique et pour l’esprit, pour la verve, la saillie, le trait dans la raillerie, l’ironie dans la critique, l’agrément dans les colères du bon sens ou du bon’goût il n’y a personne comme Voltaire, si ce n’est Joseph de Maistre, le plus éloquent, le plus spirituel de ses contradicteurs qui a retrouvé pour lutter contre l’orgueil de la raison, les armes dont Voltaire s’est servi pour l’exalter et combattre la foi, et qui a contredit le rire et l’ironie de Voltaire avec l’ironie et le rire d’un second, d’un nouveau Voltaire, de l’Anti-Voltaire lui-même.
- Nous n’ajouterons qu’un mot à ces éloges pour permettre d’apprécier l’intelligente initiative de MM. Vitte et Perrussel et les efforts par lesquels ils ont assuré une valeur unique et un succès durable à leur nouvelle édition des œuvres de Joseph de Maistre. Dans cette nouvelle édition, rien qüe pour la Correspondance, l’inédit est de près de moitié : 3oo lettres inédites, inconnues jusqu’à ce jour, et provenant des archives de la famille, sur 600.
- M. de Lescure.
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- 3oo. — Deuxième Année. — N° 88
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 5 Septembre 188.
- AVIS COMMERCIAUX
- RUSSIE
- Capacité réglementaire des bouteilles pour l’application du tarif russe aux vins et spiritueux importés en bouteilles.
- D’après une décision du 10 janvier 1884, l’administration des douanes de Russie considère comme bouteille de mesure, pour l’application des droits d’entrée aux vins et aux spiritueux importés de l’étranger, la bouteille qui contient la vingtième partie du vedro ou 61 centilitres 45.
- La capacité de la plupart des bouteilles de vin et de liqueur expédiées de France en Russie dépasse cette mesure et varie le plus souvent entre 70 et 75 centilitres. Il en résulte que nos exportateurs ont à supporter une surtaxe pour la quantité de liquide excédant les dimensions réglementaires admises en Russie.
- Pour éviter les difficultés qu’entraîne dans la pratique la perception de cette surtaxe, on croit devoir appeler l’attention des négociants exportateurs sur l’intérêt qu’il y aurait à employer des bouteilles de la mesure réglementaire pour les expéditions de vins et de spiritueux en bouteilles à destination de la Russie.
- BELGIQUE
- Fondation d’un musée commercial a Liège
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser aux présidents des Chambres de •commerce et des chambres consultatives des arts et manufactures la circulaire suivante :
- Paris, le i3 août 1886.
- Monsieur le président. — M. le président du conseil, ministre des affaires étrangères, vient d’être informé par M. le vice-consul de France à Liège de la fondation d’un musée commercial par la Chambre de commerce de cette ville.
- Une commission spéciale est chargée de procéder à l’organisation et à l’installation du musée.
- Cette commission fait appel aux fabricants et commerçants étrangers comme aux négociants et industriels belges. Elle a réclamé l’intervention de notre vice-consul pour inviter les Français ayant des relations industrielles et commerciales avec la région de Liège à lui confier les échantillons des articles qui font l’objet de leurs échanges.
- Les échantillons, livres, prospectus et renseignements de toute nature doivent être adressés, franco de port, à la Commission organisatrice du musée cammercial de Liège, place Saint-Barthélemy.
- Le musée dont il s’agit sera divisé en deux sections.
- La première comprendra les articles d’importation avec la désignation de leur provenance, de -leur prix au lieu d’origine, des frais de transport, •des droits de douane et des conditions de vente.
- A la seconde section figureront les articles recherchés sur les marchés étrangers et lointains, avec l’indication du conditionnement et du mode d’emballage exigé par les acheteurs.
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les informations qui précèdent et qui m’ont paru de nature à intéresser les négociants exportateurs de votre circonscription.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération distinguée.
- TURQUIE D’ASIE
- Commerce de l’horlogerie française a Larnaca
- Le Moniteur officiel*de commerce, du 19 août, publie les renseignements suivants, empruntés à un rapport du consul de France à Larnaca:
- L’horlogerie française a, de tout temps, été considérée ici comme étant beaucoup trop chère pour la consommation locale, et la majeure partie des commandes étaient adressées en Suisse ou en Allemagne, lorsqu’il y a quinze jours, le représentant d’une maison française de ferronnerie profita de la relâche à Larnaca du paquebot du Lloyd sur lequel il était embarqué, pour aller voir un des négociants de la ville avec lequel sa maison est en relations.
- Les affaires qu’il avait à régler étant terminées, il allait se rembarquer lorsque la conversation tomba incidemment sur l’horlogerie ; le voyageur fit connaître qu’il avait à bord un assortiment d’échantillons et invita son interlocuteur à venir le visiter, ce qui eut lieu.
- Ce ne fut pas sans une certaine surprise que le négociant constata que les montres et les pendules qui lui étaient offertes étaient d’un prix inférieur à ceux des produits similaires suisses et allemands
- et qu’en outre la fabrication en était beaucoup plus soignée et élégante. Il fit aussitôt une demande relativement importante, eu égard aux besoins de la consommation locale, et il m’a assuré depuis qu’il ne ferait plusses achats qu’en France.
- Ne peut-on pas conclure de ce fait isolé que, depuis longtemps, l’horlogerie française aurait trouvé des débouchés sur le marché de Chypre, si on avait eu soin de la faire connaître et n’y a-t-il pas lieu d’espérer qu’il en serait de même pour d’autres produits, dont les assortiments seraient mis à la disposition des consommateurs qui pourraient ainsi les apprécier de visu?
- TUNISIE
- Inauguration d’une ligne de paquebots entre Dunkerque et Tunis
- Le Moniteur officiel du commerce publie, à la même date, la note suivante :
- Tunis vient d’être relié au nord de la France par une ligne de navires à vapeur qui, partant de Dunkerque, touche à l’aller à Bordeaux et à Phi-lippeville et, au retour, à Alger, à Oran et à Bordeaux. Cette entreprise a été organisée par la « Compagnie générale des bateaux à vapeur à hélice du Nord « dont le directeur est M. G. Ver-beckmoès. Elle a principalement pour but d’importer sur les points précités les fers de construction et de forgeron, les charbons, les alcools, les traverses de chemin de fer, les bois pour caisses, les poteaux télégraphiques, les toiles et tissus divers, les chicorées, les bois d’orme pour le charronnage, les sucres, les cafés et généralement tous les produits coloniaux.
- Jusqu’à présent la Belgique a eu presque le monopole du commerce des fers de construction et de forgeron, mais la Compagnie estime que nos produits similaires étant d’une qualité supérieure, nous lutterions victorieusement contre cette concurrence, si nos sociétés de hauts fourneaux pouvaient envoyer sur le marché tunisien des fers réunissant les conditions suivantes :
- Fers a construction
- Largeur: 10 centimètres, longueur: 10 et 12 mètres ;
- Largeur: 12 centimètres, longueur: 8, 8 1/2, 9, 9 1/2, 10, 10 1/2 et 11 mètres;
- Largeur: 14 centimètres, longueur: 4, 4 1/2, 5, 7, 7 1/2 9 et 10 mètres ;
- Largeur: 16 centimètres, longueur : 5, 5 1/2, 6, 6 1/2, 7, 7 1/2 et 8 mètres ;
- Largeur: 18 centimètres, longueur, 5, 5 1/2, 6,
- 6 1/2, 7, 7 1/2 et 8 mètres ;
- Largeur: 20 centimètres, longueur: 6, 6 1/2,
- 7 1/2, 8, 8 1/4, 9 mètres, qui seraient livrés à raison de i5 fr. 25 centimes les 100 kilogrammes.
- Pour les fers de forgeron, il faudrait s’attacher particulièrement aux 1ers en paquets, en barres, ronds et plats et les livrer au prix de 18 fr. 5o cent, les 100 kilogrammes.
- Quant à l’importation des autres produits sus-désignés, la Compagnie fonde l’espoir de son succès sur ce que les ports de Dunkerque et du Havre étant en rapport direct avec les lieux de production, et les frais de transport étant notablement diminués, les importateurs peuvent céder ces produits à des prix défiant toute concurrence. Elle croit même que les négociants spéciaux de Paris pourraient profiter avec avantage de l’abaissement des frais de transport résultant de l’établissement du nouveau service.
- Au point de vue de l’exportation, la Compagnie compte charger principalement en Tunisie les huiles, les laines et les dattes.
- Le Ministre du commerce et de Vindustrie, Edouard Lockroy.
- -------SSBHSHS^gKa.-.— —-
- LES THÉÂTRES
- Opéra-Populaire. — Reprise de Jaguarita l’Indienne, opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, de MM. de Saint-Georges et de Leuven, musique de Halévy.
- Gymnase. — La Miniature, comédie en un acte, de MM. Clair-ville et Depré. — Reprise du Bonheur conjugal, de M. Vala-brègue.
- Ambigu. — Reprise de Martyre, de MM. Dennery et Larbé.
- Odéon. — Reprise de Charles VII che\ ses grands vassaux, d’Alexandre Dumas.
- Avec cette logique qui caractérise généralement le fonctionnement des entreprises dramatiques, les théâtres se mettent à rouvrir leurs portes par une chaleur torride. Mais la saison officielle d’été est terminée, c’est la température qui a tort.
- L’opéra populaire, manifestant jusqu’à la der-
- nière limite une forme de vitalité et d’activité véritablement admirable, vient encore de remonter un autre ouvrage. Cette reprise s’est effectuée dans les conditions les plus désavantageuses du monde. Le temps a manqué, des impossibités matérielles se sont opposées à un travail de répétitions suffisant. De là, une certaine faiblesse d’interprétation pour laquelle la presse n’a pas été assez indulgente tout d’abord. Mais au cours des représentations tout cela s’est raffermi, les artistes ont repris de l’autorité et le spectacle est maintenant digne des efforts et de l’habileté de la direction deï’Opéra-Populaire. Jaguarita T Indienne est une œuvre d’une facture démodée aujourd’hui. Le titre seul fait sourire. Inutile d’appuyer sur l’étrangeté des paroles de ce chœur où l’on fait allusion au serpent.
- Qui fier et superbe
- S’avance en rampant.
- Mais la musique malgré ces rides est toujours charmante à entendre. Et de plus l’ouvrage présente un intérêt tout particulier en ce qu’il est la manifestation parfois un peu naïve, mais le plus souvent vraiment curieuse d’une innovation dans le genre suranné du vieil opéra-comique, d’une évolution de l’art dramatique musical.
- Les théâtres, en commençant la nouvelle saison, reprennent généralement la pièce qu’est venue interrompre k clôture annuelle. Ainsi, l’Ambigu nous a donné la reprise de Martyre, le drame qui, paraît-il, obtient en ce moment un succès énorme en Amérique, mais qui n’a guère eu à Paris qu’une vogue factice. Ce genre dramatique, il faut heureusement en convenir, s’il est toujours aussi en crédit auprès des directions de théâtre et dans des cercles spéciaux, baisse singulièrement dans l’estime du gros public. L’école nouvelle du bon sens et de la vérité n’est pas encore absolument en faveur. Mais cela va venir. Le public reste perplexe entre l’innovation qu’il ne comprend pas et la routine qu’il n’admet plus. Le jour où il se décidera, la voie du progrès sera définitivement ouverte à l’art et on ne reprendra plus Martyre.
- Le Gymnase a repris la charmante et très gaie comédie de M. Valabrègue, le Bonheur conjugal. Cela est amusant, au moins, et d’une observation sincère,^ plein d’esprit et renfermant une certaine quantité de vraie moelle comique.
- En meme temps, le Gymnase a donné une nouveauté qui avait l’air d’une reprise, tant ce petit acte de la Miniature, très agréable au fond, ressemble, quant à la forme, à ces innombrables vaudevilles qui ont/ait, jadis, le succès du théâtre de Madame. Il s’agit d’un jeune homme auquel on veut faire épouser une jeune veuve, dont il ne connaît que le portrait par une miniature très peu réussie. La jeune femme a été très vieillie et considérablement enlaidie par l’artiste. Le jeune homme ne veut pas entendre parler d’une union avec une personne si peu séduisante. La veuve, piquée de ce peu d’empressement, imagine de venir coqueter avec le jeune homme, en se faisant passer elle-même pour sa propre fille ; et, sous les traits de petite demoiselle, elle tourne complètement la tête au jeune homme qui l’épouse avec ravissement quand il reconnaît que la mère et la fille ne font qu’une seule et même délicieuse femme.
- M1Ie Depoix représente d’une exquise façon le personnage de la jolie veuve. M. Achard est toujours le jeune premier qu’on connaît, agréable mais presque lourd. M. Montbars est un oncle de Gymnase assez réussi.
- Enfin, l’Odéon entreprend, pour sa réouverture, une série de représentations populaires. Cela a commencé par la reprise de Charles VII chef ses grands vassaux. Alexandre Dumas écrit dans ses mémoires qu’en i83i il a donné au théâtre trois pièces : une mauvaise, une médiocre et une bonne. La médiocre, c’est Charles VIL Je serais mal venu à_ m’inscrire en faux contre cette appréciation si sincère d’un auteur plus célèbre par son talent que par sa modestie. Un des premiers torts de Charles VII est d’être en vers. Alexandre Dumas n’a jamais eu, dans le style, cet élan lyrique ou cette grandeur d’expression que réclame le poème dramatique. Quant au drame lui-même, il est souverainement intéressant, cela est vrai, parbleu; mais le moyen à Dumas de ne pas faire quelque chose de très intéressant.
- L’interprétation de Charles VII est très convenable.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AitRAULT et rue de la Préfecture, fi
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 12 Septembre 1886. NUMÉRO 89.
- SOMMAIRE :
- MM.
- MM.
- i. Association de garantie (Liste des souscripteurs); 2. Partie !_ officielle : Adjudication des clôtures en palissades et en treil— 1 lages du Champ-de-Mars; 3. Echos; 4. Revue de la Presse; 5. Arreté créant des concours régionaux techniques à l’occasion des concours régionaux de 1887; 6. Mémoire sur les moyens employés pour combattre le phylloxéra en Hongrie; 7. Exposition de Liverpool ; 8. L’Exposition des sciences et f des arts industriels ; 9. L’enseignement de l'agriculture à l'école primaire; 10. Les produits chimiques à l’Exposition de 1886 (Exposition de M. Vicat) ; 11. Les Livres; 12. Avis commerciaux; i3. Les Théâtres.
- ASSOCIATION DEj GARANTIE
- [LISTE DES SOUSCRIPTEURS
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, commis-
- saire général de l’Exposition. So.ooo
- M. Albert Christophle, gouverneur du
- Crédit foncier de France. 5o.ooo
- A
- MM.
- Allain (Alfred), 20, quai d’Anjou. 5.000
- Allard (Félix), entrepreneur, 174, rue
- -de la Pompe. 5.000
- Alquier Bouffard , trésorier - payeur
- général du Var. i5.ooo
- Arbel (Lucien), 82, rue de Courcelles. 5.000
- Arcanger (Charles-Eugène), 1, rue
- d’Anjou. 1.000
- Aubry (Jules), à Toul (Meurthe-et-
- Moselle). ^ ^ , 1.000
- Aude iSextius), trésorier-paveur général delà Corse. 5.000
- Audiffred (François-Joseph), 8, boulevard des Capucines. 10.000
- Audoy, trésorier-payeur général du
- Tarn-et-Garonne. 5 000
- B
- MM.
- Babut (Eugène), 11, rue Villeneuve, à
- la Rochelle. ï .000
- Bacot (Arthur), agent de change, i3,
- rue Lafayette. 10.000
- Banque de Constantinople, i3, rue
- Lafayette. So.ooo
- Banque de France. 300.000
- MM.
- Joseph Magnin, vice-président du Sénat, gouverneur de la Banque de France. 10.000
- Cuvier (Frédéric-Georges), sous-gouverneur de la Banque de France. 5.000
- Desmarest (Eugène-Joseph), sous-
- gouverneur de la Banque de France. 5.000 Carré (Louis-Félix-Lucien), secrétaire général de la Banque de France, 2, rue Radziwill. 2 000
- Gilbrin (Gustave), contrôleur général. 1.000
- Bertin (Eugène), caissier principal. 1.000
- Lesperon d’Anfreville (Alexandre-
- Victor), inspecteur des succursales. 1.000
- Hoffmann (Gaston-Marie-Alphonse),
- inspecteur des succursales. _ 1.000
- La Fuente (L ouis-Alexandre-Marie),
- inspecteur des succursales. 1.000
- <ie Juvigny (Alfred), inspecteur des
- succursales. 1.000
- Viney (Albert), inspecteur des succursales. 1.000
- André (Louis), inspecteur des succursales. 1.000
- Piquet (Paul-Constant), inspecteur
- des succursales. 1.000
- Euchs (Marie-Charles-Prosper), adjoint à l’inspection. 1 000
- F>-achon (Charles-Marcel), adjoint à l’inspection.
- Dupety (René-Léon), adjoint à l’inspection .
- Duboscq (Elie), adjoint à l’inspection.
- Foy (Prosper-Emmanuel-Maximilien), adjoint à l’inspection.
- Magnin (Jean-Hugues-Maurice), chef du cabinet du gouverneur.
- Billotte (Jean-Baptiste-Alexandre), inspecteur.
- Delmotte (Armand-Alfred), chef du bureau du personnel.
- Juénin (Joseph), sous-chef du bureau.
- du personnel. . '
- Millet (Eugène), commis principal. \ Gabet (Georges), commis.
- Boussemart (Louis-Marie-Auguste), commis.
- Boucher (Jules-Gustave), contrôleur-adjoint.
- Monmerqué (Marie-Edouard), commis principal.
- Guiliaume(Louis-Félix), commis principal..
- Peyronnet (Charles), commis. ,
- Rolland (Sylvain-Victor), architecte.j Mazet (Edmond), architecte. >
- Simon (Ernest-Auguste), sous-chef du\ contrôle. <
- Brierre de Boismont, conservateur/ des archives et de la bibliothèque.! des Essarts (Pierre), commis. '
- Trinquesse (Alfred- Héracle-Félix-François) , chef du service des avances.
- Baudin (Joseph-Auguste), chef de l’escompte.
- Pauly (Hippolyte), sous-chef des, avances. J
- Dongé (Alexandre), commis princi-/ paL . {
- Laporte (Albert), vérificateur. (
- Guède (Alphonse), vérificateur. \
- Keiser (Gabriel), commis. 1
- Lehéricey (Jules), commis principal.) Bizouarne (Léon), vérificateur. /
- Rouget (Etienne), vérificateur. V
- Ledoux (Estève), vérificateur. \
- Fayard (Jules), commis. ]
- Moynot (Pierre-Lucien), chef de bureau.
- Bénault (Eugène-Antoine), sous-chef, j Soulange-Tessier (Emile), commis/ principal. \
- Sanchet (Georges), commis princi-l pal. . J
- Le Page (Jules), commis. 1
- Ermel (Èrédéric), ingénieur, Directeur de la fabrication des billets. Dupont (Jean-Albert), ingénieur. Directeur adjoint de la fabrication des billets.
- Huet (Paul-Jean), ingénieur, sous-chef de la fabrication des billets. Prononce (Gustave), commis. Guillaume (Louis-Jules-Firmin), chefi du contentieux. _ (
- Lardot (Pierre-Frédéric), chef du service des actions. '
- Jacquart (Eugène-Alexandre), sous-J chef de bureau. '
- Lacroix (Joseph), commis principal.! Trémois (Eugène-Alfred), 'commis. | Paris de Mondonville (Marie-Aristide) J chef de bureau. (
- Trémois(Florimond-Ernest), commis.) Lctainturier de la Chapelle (Ludovic),!
- chef de l’escompte. (
- Ducrot (Albert), sous-chef de l’es-j compte.
- Touche (Léon-Edme), sous-chef de l’escompte.
- 1.000 1.000 2.000 1.000 1.000 1.000 1.000
- 1.000
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- I .000 1 .000
- 1.000
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- 1.000
- 1.000
- 1.000
- Pesquet (Emile-Adolphe), chef de la) comptabilité générale. (
- De Chaumont (Louis-Léon), sous-chef) de la comptabilité générale. )
- Brion (Antoine), commis principal. \ Dubois (L. - M. - Edmond), commis!
- principal. 1
- Lambert (Edmond-Henri), commis', principal. !
- Corberand (François-Clément), com-i mis principal. > !
- Lafarge. (Antonin), vérificateur. /
- Lechevalier (Marie-Antoine-Ernest),) chef du service des succursales. ( Escallier (Eugène - Joseph - Auguste), j chef de bureau.
- Sainte-Croix, caissier principal adjoint. .
- Croquelois (Victor), sous-caissier.
- La Fuente (Ernest), vérificateur. Bernier (Achille), caissier.
- Becquemont (Eugène-Joseph), commis.
- Laisné (Jean-Charlesg architecte. Tronchon (Louis), entrepreneur de serrurerie.
- Chamerois (Paul), directeur de la succursale à Agen.
- Loubry (Henri), directeur de la succursale à Angers.
- Mouza (Jules-Paul-Edouard), directeur de la succursale à Annecy. Dangréau (Aristide-J.-Baptiste), directeur de la succursale à Arras. Greiner (Eugène), directeur de la succursale à Belfort.
- Surleau (Georges - Louis - Philippe -Auguste), directeur de la succursale à Besançon.
- de Bellegarde, directeur de la succursale de Blois.
- Hubert (Ernest-Clément), directeur de la succursale de Bordeaux, du Garreau (Michel-René), contrôleur à la succursale de Bordeaux. Bougrain (Alfred), directeur de la succursale à Cambrai.
- Paulian (François-Guillaume), directeur de la succursale à Carcassonne. Perreau (Georges-Marie), directeur de la succursale à Carcassonne. Bonnin (Jules-Ferdinand), directeur de la succursale à Châteauroux. de Clebsattel (Albert)., directeur de la succursale à Chaumont.
- Befïara (Gustave), directeur de la succursale à Dijon.
- Captier (Georges), directeur de la succursale à Douai.
- Grenouilloux (Joseph-Alexis-Edouard) directeur de la succursale à Evreux. Bayle Saint-Setier, directeur de la succursale à Fiers.
- Delalande (Antoine-Ferdinand), directeur de la succursale à Foix. Ronceray (Louis), directeur de la succursale au Havre.
- Gilbrin (Henry-Camille-Marie), contrôleur de la succursale à Lille. Maillet (Narcisse-Stanislas), directeur de la succursale à Meaux.
- Menon (Paul), directeur de la succursale à Mont-de-Marsan.
- Dumareau (Pelage-Charles-Sauveur), chef du bureau auxiliaire de Morlaix.
- Duponchel (Georges), directeur de la succursale à Nancy.
- Jolly (Léon-Charles), directeur de la succursale à Nevers.
- Puget (Marcelin), directeur de la succursale à Nimes.
- Quinchel (Georges-Stanislas-Alexis), directeur de la succursale à Niort.
- 1.000
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- I.OÛO 1.000 1.000 2.000 1.000 1.000 5.ooo 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000
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- 3o2. — Deuxième Année. — N° 89
- MM.
- Rabany (Georges-Antoine-Charles), directeur de la succursale à Poitiers.
- Hébert (Alfred), directeur de la succursale à Reims.
- Boulen (Jules-Auguste), directeur de la succursale à La Rochelle.
- Bouthilier (Victor), négociant, censeur de la succursale de La Rochelle.
- Thoyer (Georges-Marie), directeur de la succursale à Roubaix.
- de Gentile (Vincent), directeur de la succursale à Toulouse.
- Boivin (Georges), directeur de la succursale à Valenciennes.
- Banque d’escompte de Paris, place Ventadour.
- Banque de Paris et des Pays-Bas, 3, rue d’Antin.
- Banque de Tunisie, 6, rue Auber.
- Banque Franco-Egyptienne, 82, boulevard Haussmann.
- Banque Maritime, 14, rue Bergère.
- Banque Parisienne, 7, rue Chauchat.
- Banque Transatlantique, 6, rue Auber.
- Barbas, Tassart et Balas, entrepreneurs de couverture et plomberie, 85, boulevard de Strasbourg.
- Barbedienne, Bronzes d’art, 3o, boulevard Poissonnière (ire souscription).
- Bariquand (Emile), constructeur mécanicien, 127, rue Oberkampf.
- Baron Larcanger (Paul), 42, rue de Clichy.
- Barrion (Paul), à Bressuire (Deux-Sèvres).
- Batiau (Gustave), publicisie, n,rue Scribe.
- Baudoz (Auguste), 7, avenue Saint-Anne.
- Beaudoire (Th.) et Cie, fondeurs en caractère d’imprimerie, i3, rue Du-guayT-rouin.
- Bêchade, trésorier-payeur général de la Sarthe.
- Bellier de Villentroy (Marie-Ferdinand-Joseph), trésorier-payeur général du Finistère.
- Bellonnet, trésorier-payeur général delà Marne.
- Benda (Eugène), associé d’agent de change,, i3o, faubourg Saint-Honoré.
- Berbinau (Guillaume-Hippolyte), capitaine de frégate en retraite, à Duras (Lot-et-Garonne).
- Berg (Antoine-Joseph), entrepreneur, 7, rue Milton.
- Berger (Georges), directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889, 8, rue Legendre.
- Bernièr (Achille), 44, rue de Ville-
- ]USt.
- Berteaux (Maurice), agent de change, 2, rue du Quatre-Septembre.
- Bertereau (Jean-Camille-Edouard), trésorier - payeur général de la Nièvre.
- Bertholet frères, fabricant de papiers à Wesseling-Voiron.
- Belle-Jardinière (Magasins de la), Bessand, Blanchard, Rochard et Cie, 2, rue du Pont-Neuf.
- Besselièvre (Jean-Charles), manufacturier à Maromme (Seine-Inférieure).
- Bessonneau (Julien), manufacturier à Angers.
- Binder (Henri), 31, rue dn Colisée.
- Boison (Jules), fabricant de meubles, 49 bis, rue de Charenton.
- Bollack (Georges), banquier, 36, rue des Petits-Champs.
- Bon Marché (Magasins du) veuve Boucicaut et.Ci8, rue du Bac.
- Bouhey fils, constructeurs mécaniciens, 52, avenue Daumesnil.
- Bouhey, 40, avenue Daumesnil.
- Boullay frères, 36, quai de Béthune.
- Bonneau, agent de change, 10, rue du Qu a tr e - S ep te m b r e.
- Boulanger (Théodore-Edmond), architecte, 19, rue Condorcet.
- Boulet et Cie,ingénieurs, 3i,rue Boi-nod.
- Bourdais (Georgette), 119, faubourg du Temple. ,
- Bourdais (Louisa), modiste, 77, rue Compans.
- Bourdais (Rose), 77, rue Compans.
- Bourdon (François-Edouard), ingénieur mécanicien, 74, faubourg du Temple.
- Briant (Eugène), industriel, 60, rue d’Aboukir.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18-9
- MM. Bréguet (Maison), 19, rue Didot. Breton (Amable-André), 4, rue des 10.000
- 1.000
- Cinq-Marches, à Orléans. 10.000
- 1.000 Brun (Pierre-Jules), trésorier-payeur
- général de Maine-et-Loire. 10.000
- 1.000 Brun (Louis-Prudent), 20, rue de la République, à Montpellier. Brunet de Largentière, 43, Chaussée-d’Antin. 20.000
- 2.000
- 1.000 Brun - Prelong (Emile), trésorier-payeur général de la Vienne.
- 2 5.000
- 1.000 Buquet (Charles), 2, place du Théâ-
- tre-Français. 2.000
- 1.000 Total 3.126.000
- 3oo.ooo
- 25.000
- 100.000
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- Soo.ooo
- 25.000
- PARTIE OFFICIELLE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- 2.000
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- 40.000 2.000 3.000 4-000 20.000 I .OOO
- 2.000
- 10.000
- 20.000
- 10.000
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- 2.000
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- 25.000 1.000 15.000
- 10.000
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- 5.000 15.ooo
- 2.000
- 2.000
- 5oo.ooo
- 1.000 1.000 2.000
- 10.000
- 2.000
- 2 5.000
- 1.000
- 1.000 1.000
- 5.000
- 5.ooo
- ADJUDICATION EN QUATRE LOTS
- des
- CLOTURES EN PALISSADES & EN TREILLAGES
- du Champ-de-Mars
- 1. Le samedi 18 septembre 1886, aune heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, par le préfet ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et de M. Bouvard, architecte de l’Exposition, à l’adjudication, au rabais, sur les prix du devis et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en quatre lots, des travaux à exécuter pour établissement des clôtures en palissades et en treillages du Champ-de Mars ; lesquels travaux sont évalués à 48,000 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- 2. Le devis, le cahier des charges et les plans sont déposés à la-direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champs-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non . fériés, de une heure à quatre heures.
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser au directeur général des travaux de l’Exposition, à l’hôtel de ville, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- 1° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance, ainsi que le lot des travaux qu’il désire soumissionner ;
- 2° Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, actes de société en ce qui concerne les sociétés ouvrières ;
- 4. Les concurrents seront admis à présenter des soumissions pour plusieurs lots ; mais •lorsque l’une d’elles aura donné lieu à adjudication, les autres seront considérées comme nulles et non avenues.
- 5. Chaque soumission rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placé isolément sous pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 1889. — Clôture du Champ-de-Mars. e Lot.
- Dimanche 12 Septembre 188.
- Les soumissions qui 11e seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues..
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes pour cent francs [sans fraction de décime), et porteront sur tous les prix du devis. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 6. Le jour de l’adjudication, les paquets-seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du conseil de préfecture, au tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 7. À une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.'
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées parles concurrents admis.
- 8. Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 9. Si aucun des rabais offerts dans les soumission ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante. .
- En aucun cas, le minimum fixé 11e sera rendu public.
- 10. Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement. Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par voie du sort.
- 11. L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. L’adjudicataire est formellement prévenu, que tous travaux faits en dehors des autorisations régulières demeureront à sa charge-personnelle, sans recours contre l’administration.
- 13. Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 14. Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 25 août 1886.
- Le ministre du commerce et de l’industrie-Commissaire général,
- Édouard Lockroy. .
- . MODÈLE DE SOUMISSION
- • (SUR PAPIER TIMBRÉ)
- Je, soussigné, entrepreneur
- de demeurant à Paris, rue
- Après avoir pris connaissance du cahier des charges générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, ainsi que des conditions particulières, plans, détails d’exécution, et devis relatifs à l’établissement de clôtures du Champ-de-Mars,
- M’engage à exécuter lesdites clôtures, formant le e lot évalué à la somme de
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- Deuxième Année. — N° 89.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- .moyennant un rabais de (en toutes lettres)
- pour cent sur les prix indiqués, en me conformant rigoureusement aux conditions déter-mine'es par les pièces ci-dessus et par la présente affiche.
- Je me soumets en outre à supporter tous les frais de timbres, d’enregistrement ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1886.
- (Signature).
- N’ayant pu donner, dans notre précédent numéro, notre gravure habituelle, nous réparons cette omission en publiant aujourd’hui deux vues photographiques du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Au moment où l’aspect de ces deux emplacements va subir d’importantes modifications nous avons pensé qu’il serait agréable à nos lecteurs de pouvoir conserver les photographies de ces lieux tels qu’ils ont pu les voir depuis une dizaine d’années.
- Nous commençons aujourd’hui la publication de la liste (par ordre alphabétique), des souscripteurs au capital de garantie de l’Exposition de 1889 que l’on peut considérer comme entièrement souscrit à l’heure qu’il est.
- La fin de cette liste paraîtra dans notre prochain numéro et formera au minimum le total des 18 millions de francs nécessaires pour la constitution de l’association.
- La souscription n’en reste pas moins ouverte et elle continuera à l’être quand même ; ce chiffre de 18 millions sera atteint ou dépassé puisque le capital de garantie n’est pas limité. Si les sommes souscrites sont supérieures à ce capital, il en résultera seulement une diminution de risques pour chacun des souscripteurs.
- La commission de contrôle, qui doit comprendre parmi ses membres un certain nombre de souscripteurs, et le conseil supérieur de trois cents membres ne seront constitués que la semaine prochaine.
- ÉCHOS
- Paris
- La Société nationale et centrale d’horticulture de France ouvrira son exposition annuelle dans le pavillon de la ville de Paris, du 23 au 26 octobre. Tous les horticulteurs et amateurs français et étrangers sont invités.à prendre part.à cette exposition, qui comprendra : les fruits, les légumes, les plantes fleuries et celles à fruit, lés plantes nouvelles et les bouquets et garnitures de fleurs naturelles.
- *
- Le musée national du Luxembourg, fermé depuis le jeudi 2 septembre, rouvrira ses portes vendredi prochain 17.
- Cette fermeture momentanée avait été motivée par des remaniements intérieurs dus à l’entrée au musée d’œuvres d’art récemment acquises par l’Etat.
- *
- * *
- D épartements
- Les exportations du district consulaire de Lyon aux États-Unis se sont élevées, pour le mois d’août 1886, à 5,397,215 fr. 90, contre 4,566,806 fr. 95 pour le mois correspondant de 1885. L’augmentation porte principalement sur les étoffes de soie et de velours : 4,498,984 fr. 50 contre 3,770,579 fr. 70.
- Le total des exportations pour les huit premiers mois de 1886 s’élève à 33,436,780 fr. 40, contre 27,966,353 fr. 55, pour les huits mois correspondants de 1885, soit une augmentation de 5 millions 470,426 fr. 85 pour 1886.
- *
- * *
- C’était fête, dimanche dernier aux Basses-Loges, près de Fontainebleau, à deux pas de ce
- ravissant coin de Valvins où tant de peintres ont cherché et trouvé leurs meilleures inspirations ; on inaugurait, par une exposition, la salle mise à la disposition des artistes des environs par MM. Dorion et Baldv, les propriétaires actuels du domaine du baron de Ivniff. Le maire de Bois-le-Roi, M. Gibaut, représentait l’autorité ; mais il n’y a pas eu le moindre discours ; le public s’est contenté d’admirer les fort belles toiles de MM. Adrien Moreau, Veyrassat, Perret, Tanzy, Masmaker et d’une foule d’autres artistes et d’amateurs bien connus.
- C’est aujourd’hui que clôture par la distribution des récompenses l’intéressante exposition horticole de Montreuil.
- Voici les noms des lauréats:
- Prix d’honneur : MM. Forgeot, David, Destouches, et Mlle Scocard. Médaille d’or : MM. Chevalier, Robinet, père et fils, Chemier, Mazillon, Loyson, Nicot, Caillet, Tabemat et Chassaing.
- * •¥
- ETRANGER
- Allemagne
- Dimanche dernier, 5 septembre, a été ouverte à Berlin pour clôturer le mercredi 8, une grande exposition d’horticulture. Les deux mille quatre cents mètres carrés de superficie totale étaient occupés de la manière suivante :
- Les expositions allemandes couvraient 4,012 mètres carrés ; les expositions de maisons étrangères, 1,388 mètres.
- *
- Une importante exposition de reliure a eu lieu, ces temps derniers, à Munich (Bavière).
- On remarquait beaucoup, dans la section rétrospective, une magnifique collection de reliures en gothique de la dernière période et Renaissance, ainsi qu’un superbe missel ayant appartenu à Henri IV de France.
- A
- * ¥
- Le mardi 1er septembre a été ouverte à Nuremberg, dans les locaux qu’occupait l’année dernière l’exposition internationale, l’exposition générale permanente du commerce et de l’industrie, dont l’inauguration était impatiemment attendue dans les cercles industriels et commerciaux.
- *
- ¥• *
- Mercredi dernier a été ouverte à Àugsbourg la seconde exposition horticole organisée par la Société d’horticulture de la Souabe bavaroise.
- -¥• ¥•
- Angleterre
- Un comité composé de personnes très influentes a fait une démarche auprès du Conseil municipal de Glasgow à l’effet d’organiser dans cette ville une grande Exposition, dont l’ouverture aurait lieu en 1888 et qui prendrait le nom d’Exposition écossaise des sciences, des arts et de l’industino.
- Le conseil municipal s’est montré favorable au projet. II ne souscrira cependant que lorsque le capital de garantie aura atteint le chiffre de 50,000 livres sterling, soit environ 1 million 250,000 fr.
- Une importante exposition industrielle est ouverte à Wolverton.
- *
- ¥ ¥
- Le chiffre total des visiteurs à l’exposition des Indes et des Colonies (Londres) s’élève depuis l’ouverture jusqu’à la fin d’août à 3 millions 143,117 fr.
- *
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- L’exposition projetée de Manchester pour 1887 va entrer dans la période d’organisation définitive.
- M. Samuel Lee Bapty, l’habile et sympathique surintendant général de l’exposition internationale actuellement ouverte à Liverpool, a été nommé directeur général.
- *
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- MM: Charles Edward Bright et Neville Blyth sont nommés membres de la commission london-nienne de l’exposition d’Adelaïde (1887).
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- Australie du Sud
- Voici quelques détails complémentaires sur l’exposition internationale d’Adelaïde pour 1887, dont nous avons parlé dans nos précédents numéros.
- Cette exposition, placée sous le patronage de son Altesse Royale le prince de Galles, comprendra sept groupes de produits, savoir :
- 1° Mines et métallurgie:
- 2° Tissus, vêtements, verres et cristaux, produits chimiques et autres objets manufacturés.
- 3° Education, instruction, matériel et méthode d’enseignement, arts libéraux.
- 4° Beaux-Arts.
- 5° Machines, appareils et procédés des industries mécaniques.
- 6° Agriculture.
- Dimanche 12 Septembre 1SS9. —3o3.
- 7° Horticulture, plantes et fleurs d’ornement.
- L’emplacement sera donné gratuitement aux exposants dans les bâtiments de l’exposition, pourvu qu’il n’excède pas vingt pieds carrés, au-delà desquels les exposants auront à payer un shilling par pied de superficie horizontale (terrain ou plancher) et six pence par pied de superficie verticale (murs ou cloisons). Exception est faite pour les œuvres d’art, lesquelles seront admises gratuitement.
- Des conditions spéciales seront faites par le Comité exécutif, pour les machines, appareils et instruments d’agriculture et autres objets de grandes dimensions.
- Les bâtiments de l’Exposition seront constitués en entrepôt de douanes.
- Les intéressés, rappelons4e, trouveront tous les renseignements nécessaires au ministère du commerce et de l’Industrie (direction du Commerce extérieur 3e bureau) 244 boulevard Saint-Germain.
- * *
- Danemark
- Il est question depuis quelque temps d’une grande exposition consacrée aux arts et à l’industrie à laquelle prendraient part tous les Etats du Nord, et qui ouvrirait à Copenhague, dans le cou-rant de l’année 1888.
- * * *
- Belgique
- On écrit de Bruxelles au Temps :
- Le Gouvernementafavorablementaccueillil’idée d’une exposition internationale de l’art militaire, en 1888, à Bruxelles. L’exposition portera sur tout ce qui se rapporte aux matériaux et aux con-tructions du génie civil et militaire. Des halles spéciales seront réservées à une exposition rétrospective où l’on verra une grande collection de vieilles armes et engins de guerre.
- Un concours sera ouvert prochainement entre les principaux constructeurs de tous les pays. Je puis vous annoncer dès aujourd’hui que le capital nécessaire à l’exposition de 1888 est souscrit.
- Plusieurs gouvernements ont déjà donné leur adhésion. Les réponses de quelques autres sont encore attendues. Les travaux d’organisation vont commencer immédiatement.
- *
- * *
- C’est le mercredi 1er septembre, à deux heures qu’a été inauguré au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en présence de LL. MM. le roi et la reine, l’exposition des tableaux des maîtres anciens, qui, ainsi que nous le disions dans notre dernier numéro, a été organisée par l’Académie royale de Belgique, au profit de la.Caisse centrale des artistes.
- L’exposition est des plus belles que l’on puisse voir.
- ~k
- États-Unis
- Le projet d’installation à Washington d'une exposition centrale permanente des trois Amériques est toujours à l’ordre du jour et semble gagner du terrain.
- Cette exposition, qui rappellera, d’après le projet, le centenaire de la constitution des Etats-Unis et le quatre centième anniversaire de la découverte du nouveau monde, ouvrirait le 4 mars 1889, jour qui correspond à la date du premier de ces deux événements.
- *
- * *
- Italie
- Les expositions flottantes nées en Allemagne et imitées par la France, vont l’être également au-delà des Alpes.
- MM. Canepaet Richini de Gênes, sont sur le point d’envoyer dans les ports étrangers une exposition flottante de vins, liqueurs et autres produits indigènes. Le steamer choisi à cet effet mesure 290 pieds de long sur 37 de large ; son tonnage est de 2,655 ; sa vitesse de 10 milles à l’heure.
- Dans le salon sera installée l’exposition des vins et liqueurs, ainsi qu’un bar pour la dégustation. L’emplacement restant sera consacré aux spécimens et échantillons de marchandises qui elles-mêmes seront emmagasinées dans la cale.
- REVUE DE LÀ PRESSE
- Nous extrayons de Y Estafette les lignes suivantes, relatives au capital de garantie:
- On sait que la loi relative à l’organisation de l’Exposition universelle de 1889 comportait la formation d’un fonds de garantie de dix-huit millions.
- C’était la participation du haut commerce et de la banque que l’on se proposait de demander, afin de solidariser les intérêts avec la grande entreprise nationale et patriotique.
- Les intérêts ont répondu avec empressement, et lorsque paraîtront ces lignes, Y Officiel aura proba
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- 304- — Deuxième Année — N° < 9.
- blement annoncé que le fonds de garantie est entièrement couvert. C’est un succès qu’il faut enregistrer, qu’il faut porter à l’actif du gouvernement: c’est une victoire républicaine.
- M. Lockroy avait eu une idée neuve, originale, sans précédent, malgré certaines apparences de similitude; une idée, devons-nous ajouter, absolument heureuse et hardie, quand il avait introduit dans son projet de loi cette participation de la fortune privée aux dépenses nécessitées pour la grande Exposition. L’Etat et le Conseil municipal auraient pu suffire aux besoins de cette œuvre de progrès et de patriotisme; mais le ministre du commerce et de l’industrie voulut que le crédit public fût mis à même de prouver, par une adhésion non douteuse, sa confiance et son espoir dans la glorieuse manilestation française de la fin de ce siècle.
- Le résultat qu’il poursuivait est aujourd’hui acquis. Les dix-huit millions sont souscrits et mis à la disposition de M. le ministre. S’il eût demandé aux Chambres la fixation d’un chiffre plus élevé, ce chiffre eût été également atteint. Il faut donc féliciter M. Lockroy, qui, dès à présent, a le droit de prononcer son exegi monumentum.
- Pour nous, en effet, cette souscription devait être la pierre de touche de l’Exposition universelle. Au milieu des conflits d’opinion qui, au début, s’élevèrent autour de cette question, ce qu’il eût fallu pouvoir discerner pour se prononcer, c’est le sentiment public, celui du commerce, de l’industrie, de la banque, des établissements de crédit. Mais comment avoir leur réponse nette, claire, significative? L’idée de l’entreprise était encore vaguement arrêtée ; on ne savait pas ce que déciderait le Parlement, le gouvernement lui-même avait parmi ses membres des adversaires résolus de l’Exposition de 1889; des préjugés, des partis-pris, des rancunes même, entouraient le grand projet d’obstacles de toute sorte. M. Lockroy, lui, pensa que ce projet réalisé serait l’honneur, la gloire de son ministère ; il y apporta une foi d’apôtre ; et quand la Chambre et le Sénat furent appelés à se prononcer, il y eut, on peut le dire, un assentiment unanime. L’idée de l’Exposition universelle répondait au vœu général de tout le pays ; la loi fut votée, et, aujourd’hui que la première adjudication des travaux est annoncée sur les murs, on peut dire qu’on est entré dans la période définitive d’exécution : plus de cent mille ouvriers vont avoir du travail et du pain assurés pour cet hiver et poulies mois qui vont suivre jusqu’au mois de mai 1889.
- Mais — et c’est sur ce point que nous voulons insister — ce qui était intéressant à connaître, c’était le résultat de l’appel aux capitaux pour la constitution du fonds de garantie. Voilà la vraie consultation du sentiment du pays, qu’on ne pouvait pas faire plus tôt et qui devait être si probante, si démonstrative. M. Lockroy a eu le courage d’y procéder ; et c’est la réponse à son appel, c’est cette approbation éclatante que nous consignons ici et dont nous signalons la portée.
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- ARRÊTÉ
- CRÉANT DES CONCOURS SPÉCIAUX TECHNIQUES
- à l’occasion des Concours régionaux de 1887
- Le ministre de l’agriculture,
- Vu les arrêtés des 28 décembre 1880 et i3 décembre 1883, réglant les dispositions des concours de primes d’honneur, de prix culturaux et de prix de spécialités ;
- Vu l’arrêté du 18 septembre 1885 fixant les départements dans lesquels se tiendront les concours régionaux agricoles en 1887;
- Considérant qu’il importe de multiplier le nombre des concours spéciaux techniques et de rendre les primes et récompenses plus accessibles à la culture et notamment à la petite culture ;
- Le conseil des inspecteurs de l’agriculture entendu ;
- Sur le rapport du conseiller d’Etat, directeur de l’agriculture,
- Arrête :
- Article premier. — Indépendamment des récompenses de spécialités mentionnées à l’article 5 de l'arrêté du 28 décembre 1880, des concours spéciaux techniques auront lieu en 1887 dans les départements de Seine-et-Marne, d’Ille-et-Vilaine, de la Nièvre, de la Vienne, de la Corrèze et de l’Isère.
- Art. 2. — Les récompenses seront réparties de la manière suivante :
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 12 Septembre iSSb.
- Irc CIRCONSCRIPTION. — DÉPARTEMENT DE SEINE-ET-MARNE
- I. Concours de fromageries. — ir0 catégorie, fromageries employant le lait de sept vaches et plus : Ier prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, .une médaille d’argent grand module et 2 30 francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, fromageries employant le lait de six vaches et moins : ier prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent et 25o francs; 3e prix, une médaille de bronze et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 3e catégorie, fromageries exploitées par des associations d’agriculteurs traitant le lait de leurs vaches : prix unique, une médaille d’or. •— 4e catégorie, fromageries exploitées par des industriels : ier prix, une médaille d’or ; 2e prix, une médaille d’argent ; 3e prix , une médaille de bronze.
- II. Concours de céréales. — Les prix seront attribués aux agriculteurs qui présenteront des cultures régulières de variétés de céréales en lignes et à grand rendement, et notamment de froment, offrant des avantages marqués sur les espèces ordinairement cultivées dans le pays et présentant le plus de résistance à la verse. — ire catégorie, exploitations de plus de 60 hectares : Ier prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent grand module et 220 francs ; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs 54e prix, une médaille de bronze et 100 francs — 2e catégorie, exploitations de 20 à 60 hectares au plus : 1e1' prix, une médaille d’or et 3oo francs; 2e prix, une médaille d’argent grand module et 220 francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 3e catégorie, exploitations de moins de 20 hectares : 1e1'prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2° prix, une médaille d’argent grand module et 25o francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — Les concurrents sont tenus de décrire leurs procédés, travaux, fumures, quantités de semences, rendements, etc., et de produire leur compte de culture.
- III. Concours pour l’emploi des engrais commerciaux. — Les prix seront attribués aux agriculteurs qui emploieront le plus intelligemment et le plus fructueusement dans leur exploitation, quelle qu’en soit l’étendue, les engrais commerciaux. — ier prix, une médaille d’or et 400 francs ; 20 prix, une médaille d’argent grand module et 3oo francs ; 3° prix, une médaille d’argent et 25o francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 200 francs ; 5e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- 2e CIRCONSCRIPTION. — DÉPARTEMENT ü’iLI.E-ET-VILAINE
- I. Concours d’installations pour la fabrication du beurre. — ira catégorie, exploitations entretenant cinq vaches laitières et plus : Ier prix, une médaille d’or et 3oo francs; 2e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 3° prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, exploitations entretenant moins de cinq vaches laitières : ier prix, une médaille d’or et 400 francs ; 2e prix, une médaille d’argent et 3oo francs ; 3e prix une médaille de bronze et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- II Concours de fromageries. —• ire catégorie, exploitations entretenant cinq vaches laitières et plus: ier prix, une médaille d’or et 3oo francs; 2e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, exploitations entretenant moins de cinq vaches laitières : ier prix, une médaille d’or et 400 francs ; 2e prix, une médaille d’argent et 3oo francs; 3e prix, une médaille de bronze et 200 francs : 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- III. Concours entre les industriels ou associations exploitant le lait produit dans le pays et en tirant le meilleur parti au point de vue de la fabrication du beurre, du fromage, etc. — 1e1’ prix, une médaille d’or ; 2e prix, une médaille d’argent grand module ; 3e prix, une médaille d’argent.
- IV. Concours de plantations d’arbres à fruits à cidre. — Les prix seront attribués aux agriculteurs, propriétaires, fermiers et métayers qui présenteront, en âge de production, les plus belles plantations d’arbres à fruits à cidre, les mieux entretenues et les mieux composées au point de vue de la production du cidre. — ire catégorie, exploitations de 10 hectares et au-dessus : i9r prix, une médaillle d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, exploitations de moirft de 10 hectares: 1e1' prix, une médaille d’or et 400 francs ; 2e prix, une, médaille d’argent et 3oo francs ; 3e prix, une. médaille de bronze et 200 francs; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- V. Concours d’installation de cidreries. — Les prix seront attribués aux agriculteurs, propriétaires, fermiers ou métayers qui présenteront les installations comprenant le matériel le plus complet et le mieux approprié pour la fabrication et la
- conservation du cidre. — Ier prix, une médaille d’or et 200 francs ; 2e prix, une médaille d’argent et ibo francs; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- 3e Circonscription. — Département de la Nièvre.
- I. Concours de céréales. — Les prix seront attribués aux agriculteurs qui présenteront des cultures régulières, de variétés de céréales en lignes et à grand rendement et notamment de froment, offrant des avantages marqués sur les espèces ordinairement cultivées dans le pays et présentant le plus de résistance à la verse. — ire catégorie, exploitations de plus de 40 hectares : 1e1' prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent grand module et 220 francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, exploitations de 1 5 à 40 hectares au plus: 1e1’ prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent grand module et 25o francs ; 3e piix, une médaille d’argent et 200 francs ; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs.— 3e catégorie, exploitations de moins de i5 hectares: ier prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent grand module et 2 5o francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — Les concurrents seront tenus de décrire leurs procédés, travaux, fumures, quantités de semences, rendements, etc., et de produire leur compte de culture.
- II. Concours pour la conservation des fourrages au moyen de l’ensilage. — Les prix seront attribués aux agriculteurs qui appliqueront économiquement les meilleurs procédés d’ensilage pour la conservation des fourrages. — ier prix, une médaille d’or et 200 francs ; 2e prix, une médaille d’argent et i5o francs; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- 4e Circonscription. — Département de la Vienne
- I. Concours pour la meilleure utilisation des terres dans lesquelles la oigne a été détruite par le phylloxéra. — Une médaille d’or, une médaille d’argent, deux médailles de bronze et une somme de 1,000 francs sont mises à la disposition du jury.
- II. Concours de semis de céréales en lignes. — icr prix, une médaille d’or et 3oo francs ; 2e prix, une médaille d’argent et 200 francs ; 3° prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- 5e Circonscription. — Département de la Corrèze
- I. Concours pour la meilleure utilisation des terrains secs et pierreux. — Une médaille d’or, une médaille d’argent, deux médailles de bronze et une somme de mille francs sont mises à la disposition du jury.
- 6e Circonscription. — Département de l’Isère.
- I. Concours de fromageries. — Les prix seront attribués aux fromageries exploitées par des associations d’agriculteurs traitant le lait de leurs vaches. — ier prix, une médaille d’or et 400 francs ; 2fl prix, une médaille d’argent grand module et 3oo francs; 3e prix, une médaille d’argent et 200 francs; 4e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- IL Concours de cultures industrielles, houblon, tabac, etc. — ire catégorie, cultures de 1 hectare et plus (grande et moyenne cultures) : icr prix, une médaille d’or et 200 francs ; 2® prix, une médaille d’argent et i5o francs ; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs. — 2e catégorie, culture de moins de 1 hectare (petite culture)': 1e1' prix: une médaille d’or et 200 francs ; 2e prix, une médaille d’argent et i5o francs; 3e prix, une médaille de bronze et 100 francs.
- Art., 3. Lorsque, dans l’une des catégories énumérées dans le présent arrêté, le lauréat du premier prix sera reconnu d’un mérite relativement supérieur et jugé digne d’être plus spécialement signalé à l’attention des agriculteurs, la médaille d’or qui lui est attribuée pourra, sur la demande du jury, être remplacée par une médaille d’or grand module ou exceptionnellement par un objet d’art.
- Art. 4. Il ne sera pas accordé, par les commissions de prime d’honneur, de prix pour les spécialités qui font l’objet des concours prévus, dans chaque circonscription, par le présent arrêté.
- Art. 5. Pour prendre part à ces concours, les concurrents devront se faire inscrire à la préfecture de leurs départements respectifs, avant le ier juin 1886.
- Ils devront indiquer dans leur demande leurs nom, prénoms, domicile, et y joindre tous les renseignements propres à faire apprécier par les résultats obtenus leurs droits aux récompenses mentionnées au présent arreté.
- Art. 6. Les récompenses prévues au présent arrêté seront attribuées par un jury nommé par le ministre de l’agriculture. La visite des exploitations aura lieu en 1886 et, s’il y a lieu, en 1887, avant l’ouverture des concours régionaux.
- Art. 7. En sus des récompenses énumérées dans
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- N 89
- LE MONITEUR • t r ^POSITION DE 1889
- Diman.-h'- 1*. septembre; 1886
- PARIS.
- Glyptographie SILVESTRE & .Cie. rue Oberkampl. 97.
- J-jH 'J ROCADÉRÜ EN SEPTEMBRE 1886
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- .Dimanche 12 Sep
- Deuxième année. —
- LE MONITEUR DE ^.^pOSITION DE 1889
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- Trocadéro)
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- Deuxième Année. — N° So.
- le présent arrêté, il sera mis à la disposition du jury, pour chaque département, trois médailles d’argent -et trois médailles de bronze pour être décernées, s’il y a lieu, aux agents des exploitations primées ou à ceux qui auront exécuté les travaux de création des industries récompensées. Le .jury pourra, en outre, proposer d’ajouter à ces médailles des récompenses en argent.
- Art. 8. Les prix attribués seront décernés à la séance solennelle de distribution des récompenses du concours régional agricole de chaque circonscription ; ils figureront sur la liste des prix dudit concours.
- Jules Develle.
- MÉMOIRE
- SUR LES MOYENS EMPLOYÉS POUR COMBATTRE
- LE PHYLLOXÉRA EN HONGRIE
- PUBLIÉ PAR LE MINISTÈRE HONGROIS DE L’AGRICULTURE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
- Tout le territoire vinicole appartenant aux pays de la couronne de Hongrie comprend 400,000 hectares. La quantité des vins annuellement produits, comptée sur la base du chiffre moyen de trente ans, peut être de 9 millions d’hectolitres, dont le produit se divise en 5,5oo,ooo hectolitres environ de vin blanc, 2,5oo,ooo hectolitres de vin rouge et enfin p million d’hectolitres de vin rougeâtre (rouge-clair ou schiller).
- Le nombre des communes qui s'occupent de la viticulture se monte à 5,845, et le nombre de nos producteurs viticoles atteint le chiffre rond d’un million.
- Quant aux relations de notre commerce vinicole, bien que notre exportation en vins soit lente, on y constate un développement réel. Tandis qu’en 1867 toute notre exportation n’atteignait que 264,205 hectolitres, elle montait déjà en 1872 à 757,901, et depuis l’année 1881 à 900,000 hectolitres par an, et l’on peut estimer la valeur de notre exportation de 12 à 16 millions de florins.
- En face de ce nombre, notre importation annuelle peut s’élever à environ 120 ou i3o,ooo hectolitres, dont la plus grande partie consiste en vins fins (vins de rôti) gazeux.
- Afin de propager les connaissances spéciales de la viticulture, cinq établissements de vignerons et une école viticole et horticole ont été organisés ; celle-ci est subventionnée par le Gouvernement; il y a de plus dans la province dix professeurs viticoles ambulants qui enseignent les sciences en question. Pour le contrôle de cette fonction et pour avancer les intérêts et les affaires viticoles, un commissariat gouvernemental de la viticulture a été institué comme organe ou représentant compétent du Gouvernement. En outre, une cave-modèle centrale, placée sous l’inspection de l’Etat, a été établie, depuis 1881, à Budapest; elle est destinée à former d’habiles chefs vignerons, à étudier, à l’aide d’un laboratoire viticole-chimique, des qualités des vins du pays, ainsi que le meilleur système suivant lequel les vins simples pourront être traités le plus avantageusement possible, à étudier en général les questions importantes et scientifiques de la viticulture, et enfin à traiter, contre une rétribution modérée, les vins des producteurs, en les adaptant pour la mise en bouteilles et pour le commerce et en leur procurant ainsi une valeur et une renommée très étendues.
- Voici quelques remarques sur les moyens de défense contre la contagion phylloxérique :
- Le phylloxéra a paru en Hongrie pour la première fois en 1875 à Pancsova; depuis il s’est ré-pidement répandu ; à la fin de 1885 il a été constaté que le territoire infecté formait un espace d’environ 1 5,o0o à 16,000 hectares.
- La station d’expérimentation phylloxerique du pays, établie à Budapest en 1881, est chargée de l’étude pratique et scientifique des mesures à prendre contre la contagion phylloxerique, ainsi que des expérimentations à faire. En même temps, dans la province, des districts particuliers ont été désignés, dans lesquels six fonctionnaires ou inspecteurs phylloxeriques sont chargés en outre de la surveillance des vignes, de faire les recherches ou explorations phylloxeriques, en proposant les arrangements de séquestration et en donnant des conseils aux propriétaires viticoles ; ces inspecteurs s’occuperont enfin de diriger la carbo-sulfu-ration et de gérer les plantations vinicoles américaines qui leur ont été confiées.
- Pour empêcher l’extension du phylloxéra, chaque commune, aussitôt que le phylloxéra y sera
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
- constaté, sera soumise à la séquestration ; et lorsqu’il y aura plusieurs communes avoisinantes qui seront frappées de la contagion phylloxerique, un groupe de séquestration y sera organisé, de manière qu’il sera défendu de sortir, de tous les endroits compris dans la ligne de séquestration, des boutures lisses ou des boutures munies de racines, et en général, à l'exception des grappes de raisin, toutes parties constituantes du cep de vigne. La même défense s’étend aux plantes, fussent-elles en forme d’arbre ou de buisson, aux échalas usés, aux perches de vigne et à tous objets enveloppés dans des feuilles de vigne.
- Parmi les différents systèmes de défense généralement connus contre le phylloxéra, c’est lacarbo-sulfuration et la reconstitution au moyen des plants américains qui donnent le meilleur résultat ; en outre, il y a en Hongrie des contrées sablonneuses très étendues où le phylloxéra ne peut pas vivre, dans lesquelles on choisit des terrains pour y établir des plantations vinicoles.
- Quant au système de submersion, il est impossible de s’en servir, puisque les vignobles sont presque partout déclives.
- En ce qui concerne l’application du sulfure de carbone, ce système s’emploie encore très rarement, à cause des grands soins et des grandes dépenses qu’il exige.
- Le sulfure de carbone, ainsi que le personnel rompu aux travaux pour l’exécution de ce système, et les machines et appareils ont été jusqu’à présent gratuitement mis à la disposition des producteurs viticoles par le ministère de l’agriculture. En considération toutefois de la grande étendue qu’occupe maintenant la contagion phylloxerique, le Gouvernement, pour éviter cette grande charge, avait décidé qu’à partir de l’automne de l’année dernière, le sulfure de carbone ne serait plus gratuitement fourni qu’à ceux qui pourraient prouver par des certificats compétents qu’ils sont pauvres et que la viticulture leur sert exclusivement de moyen d’existence et d'unique ressource. A d’autres l’Etat vend le sulfure de carbone au prix de production ; mais les experts et les appareils sont gratuitement mis à la disposition de chaque producteur viticole.
- Dans les premiers temps, le Gouvernement avait fait venir de l’Autriche le sulfure de carbone, dont le quintal métrique (100 kilogrammes) revient à 26 florins 35 kreutzers (environ 55 francs), y compris les frais de transport jusqu’au lieu de destination; mais à présent c’est l’Etat qui fait produire, à la fonderie deZalatna, le sulfure de carbone, dont les frais de fabrication reviennent à 19 florins (40 francs) par quintal métrique.
- Le gouvernement apporte ses soins particuliers à la plantation des plants de vignes américaines. Il désire connaître, au moyen d’études soignées, où il est tenu compte des conditions du sol et du climat du pays, les espèces qui résistent en tout cas à la contagion du phylloxéra et qui se prêteraient à une culture directe sans avoir recours au greffage.
- Dans ce but, et pour favoriser le développement de la culture des espèces reconnues les plus propres, l’Etat a fait établir six plantations viticoles américaines, savoir : à Farkasd, à Issvàntelek, à Fehértemplom, àPées, à Székesfehérvàt et à Szen-dro. Parmi ces plantations, les deux premières sont placées sous la surveillance de la station d’expérimentation phylloxerique du pays, tandis que les autres se trouvent sous la direction des inspecteurs phylloxeriques respectifs. En outre, plusieurs plantations viticoles ont été établies soit par des particuliers, soit par des corporations. Un mouvement général a été organisé dans tout le pays pour en augmenter le nombre.
- Les plantations viticoles de l’Etat ont fourni, depuis le printemps de l’année 1884, des plants américains lisses ou des plants munis de racines ; et, à partir du printemps de l’année 1887, il y aura probablement moyen de fournir déjà des plants américains greffes. D’après les expériences qui ont été faites jusqu’à présent dans les plantations mentionnées, l’espèce nommée Riparia sauvage possède seule une qualité véritable de résistance, ce qui a été incontestablement prouvé. Avec les autres espèces on continuera à faire des expériences. Les plants lisses américains de Riparia sauvage (dont le prix de mille pièces revient à 10 florins, et celles qui sont munies de' racines 20 florins) seront distribués dans les plantations de l’Etat au printemps de l’année prochaine. Afin que le public et les cultivateurs puissent s’exercer dans la manipulation du greffage des plants vinicoles américains, des cours de greffage ont été ouverts sous l'inspection du commissaire gouvernemental, avec le concours des directeurs employés dans les éta-
- Dlmanche 12 Septembre i886. — 3o5.
- blissements des vignerons et à l’aide de professeurs viticoles ambulants et d’inspecteurs phylloxeriques ; ces cours sont tenus en plusieurs endroits, pendant trois ou quatre jours de chaque année. Aces occasions, des récompenses sont distribuées aux greffeurs les plus habiles.
- Pour empêcher d’une part la contagion phvl-loxerique, des prohibitions rigoureuses ont été établies sur les plants viticoles et des mesures de précaution ont été prises pour détruire les effets de la contagion sur le développement de la viticulture hongroise; mais d’autre part, pour ne pas laisser entièrement extirper les fines espèces viticoles, qui ne se trouvent en effet qu’en petite quantité dans le pays, le gouvernement a établi aux environs de Kecskemét, ville revêtue du droit d’autorité judiciaire, sur un terrain sablonneux et libre (immunus) de 200 arpents cadastraux, une plantation viticole appartenant à l’Etat. Le but de cette création est d’expérimenter les meilleures espèces viticoles de l’Europe et les meilleurs porte-greffes nécessaires pour pouvoir greffer les plants viticoles américains, en les cultivant avec abondance dans les endroits qui n’ont pas encore été atteints par la contagion phylloxerique, et d’où il y aura ainsi moyen de fournir des plants indemnes du phylloxéra. Quant au second but essentiel et principal de cette plantation viticole, il se trouvera dans l’étude rationnelle et approfondie de la viticulture sur des vignobles sablonneux.
- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 5 septembre 1886).
- Section anglaise (suite)
- Il serait trop long de continuer l’énumération des machines ou appareils divers dont les applications se rapportent surtout.à la marine marchande ou militaire. Je me suis d’ailleurs déjà longuement étendu sur la section anglaise, peut-être trop longuement, car son importance est discutable. Cependant je ne saurais passer sous silence les expositions d’appareils électriques construits spécialement pour la marine. Je.laisse donc de côté, tout en proclamant leur mérite, ces nombreuses installations d’appareils destinés à calculer la vitesse des navires, de chaînes et ancres, de cordes en acier et en fer, de treuils à vapeur pour le chargement et le déchargement des navires, etc., etc. \je n’ai pas ici la place de poursuivre l’étude approfondie de ces machines diverses, d’ailleurs bien connues, et qui de plus ne sauraient, à mon humble avis, rivaliser avec ce que la France a produit dans ces dernières années soit à Amsterdam, soit à Anvers.
- Une exposition spéciale d’électricité dans ces vastes hangars de l’exposition de Liverpool eût été bien intéressante. Quel dommage que les industriels anglais ne l’aient pas compris ou plutôt qu’ils se soient désintéressés d’une exhibition, aussi agréable à l’œil qu’à l’esprit, des progrès scientifiques accomplis dans leur pays ! Sans doute, il faut admettre que le cadre de l’exposition de Liverpool, assez restreint en principe, ne leur avait pas semblé pouvoir admettre l’universalité des industries nationales ; puis, il faut aussi songer que la grande exposition qui se prépare à Paris pour 1889 enraie tout mouvement vers ces expositions locales qui, dans l’intérêt même de leur succès, n’embrassent qu’une représentation partielle et raisonnée de telle et telle industrie. J’enregistre avec plaisir ici que j’ai reçu de beaucoup d’industriels anglais, exposants ou non, l’aveu de leurs préparatifs pour cette grande et nouvelle manifestation industrielle et commerciale que la France se propose de célébrer en 1889 et à laquelle les nations du monde entier ont été conviées.
- Les expositions d’appareils électriques, sans être nombreuses, ont cependant quelque importance. La maison Thwaite et Cle de Londres expose des piles électriques pour lampes, signaux et télégraphes ; MM. Chadburn et fils de Liverpool exposent des boussoles de navire, des signaux, etc. Point n’est besoin d’insister sur la nécessité d’avoir sur les navires des signaux clairs, précis et surtout rapides. A l’origine les manœuvres de marche des bateaux se faisaient à la voix; mais la dimension des navires, le personnel de l’équipage ayant considérablement augmenté , la voix , couverte d’ailleurs par les moindres bruits de la tempête, a été remplacée par des signaux plus puissants : des sifflets modulés de. façons diverses servirent à transmettre à l’équipage des manœuvres que le capitaine indiquait à l’aide d’un porte-voix, sorte de pavillon métallique qui était aiors comme l’insigne du commandement.
- L’application de la vapeur à la marche des navires a porté une.grande modification dans la nomenclature des signaux primitifs. Les signaux de
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- 3o6. — Deuxième Année. — N° 89.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1880.
- Dimanche 12 Septembre 188G.
- manœuvre de marche ont dû se diviser en deux parties : les uns s’adressant au mécanicien qui doit taire avancer-ou reculer le bâtiment avec des vitesses diverses, les autres qui ont trait à la direction du navire et qui s’adressent au timonnier dirigeant le gouvernail. Longtemps encore cependant le porte-voix fut l’intermédiaire obligé entre le capitaine et le mécanicien et aussi le timonnier.
- Tout cela a disparu et les modes de transmission d’ordres ou de reconnaissance des navires se simplifieront encore de plus en plus dans l’avenir, grâce aux ingénieux appareils inventés de nos jours. Ainsi, par exemple, au moyen d’un simple transmetteur muni de lettres ou de signes connus, le capitaine d’un navire peut correspondre à la fois avec le mécanicien et avec l’homme à la barre, sans aucun intermédiaire, avec netteté, précision et surtout rapidité.
- La maison Chadburn et fils, de Liverpool, dont je parlais plus haut, a une exposition complète de signaux pour torpilleurs — pour la modification de la direction du tir des canons — signaux d’alarme à simples et doubles timbres, indicateurs donnant avec la plus grande exactitude le nombre des révolutions de l’arbre de la machine, et indiquant ainsi la vitesse de marche, etc., etc. Les signaux répétiteurs avec sonnerie, Duplex Gong sont surtout intéressants comme dernier perfectionnement apporté dans la construction des signaux télégraphiques correspondant à la chambre des machines et à la manœuvre de la barre. C’est par le son que le mécanicien et l’homme à la barre reconnaissent quelle espèce d’ordre est donné. Les ordres du capitaine donnés sur le pont par un transmetteur à la main, suivant les indications du cadran, sont transmis à un cadran analogue, situé dans la salle des machines, au moyen d’une chaîne sans fin, faite en cuivre spécial, se mouvant dans des poulies en V, ou composée de fils d’acier galvanisé bien homogènes, portés sur des rouleaux de friction. A l’instant meme où l’ordre est transmis et où l’aiguille s’arrête, le timbre donne un son correspondant à la manœuvre commandée. Ainsi, le son du timbre est sourd et grave, lorsque le commandement indique un mouvement de marche en avant ; le son est clair, au contraire, quand l’indication concerne la marche en arrière.
- Plus de i5o bâtiments de la marine anglaise sont pourvus de ces appareils : parmi eux, citons les navires Agamemnon, Ajax, Aréthusa, Canada, Couqueros, Inflexible, etc., et les Croiseurs Um-bria, Drégon, America, etc. Les marines des autres pays se sont aussi munies de ces appareils : ainsi par exemple, en France, la Compagnie Transatlantique à Saint-Nazaire pour les navires Champagne et la Bretagne ; la Compagnie des Forges et Chantiers de la Méditerranée pour les steamers Gascogne et Bourgogne et six bateaux-torpilleurs ; — la Société anonyme des anciens établissements Claparède à Saint-Denis pour deux bateaux-torpilleurs. Un croiseur français, le Sfax, en construction à Brest, été aussi pourvu de ces appareils ; enfin de nombreux navires appartenant à des sociétés maritimes russes, allemandes, italiennes, turques, hollandaises, brésiliennes, japonaises et chinoises.
- Le capitaine John Moodys de la marine anglaise, expose une bouée flottante à laquelle il a adapté un phare pouvant transmettre les signaux correspondant à la marche des navires vers un point déterminé. A citer encore de nombreuses expositions de câbles électriques parmi lesquelles celle de « The India Rubler Gutta Percha Telegraph Works Company ».
- Enfin, pour être complet, il me faudrait vous parler des appareils exposés par MM. Siémens frères, pour l’éclairage électrique à bord des bateaux.
- Cri. Lenoir.
- (A suivre.)
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES & DES ARTS INDUSTRIELS, 1886
- IPalais d.e l’Industrie ( Champs-Elysées )
- (Voir le Moniteur du 2g août 1886).
- L’Exposition du palais de l’Industrie est maintenant complètement installée et l’intérêt qu’elle présente s’est traduit dimanche dernier par un afflux de 10,000 visiteurs; ce même jour avait lieu l’inauguration du tramway électrique qui prend les visiteurs de la place de la Concorde, où un kiosque très élégant a été construit pour servir à la distribution des billets d’entrée pour l’Exposition et. de, tickets pour le tramway, et les mène dans l’intérieur de l’Exposition avec une vitesse de 2 5 kilomètres à l’heure.
- La voiture qui est du type des tramways de Bruxelles est très spacieuse, présente tout le con-
- fort nécessaire ; sa forme est très élégante et elle transporte 38 voyageurs.
- La force motrice est fournie par des accumulateurs placés au-dessous des .banquettes sur les côtés latéraux dont les panneaux sont mobiles pour faciliter l’introduction de l’enlèvement des batteries qui se font du reste très rapidement et très simplement ; ces accumulateurs sont chargés par un dynamo à lumière du système Gramme, actionné par une machine à vapeur de MM. Davey et Paxmann, de Colchester.
- Ce système de traction électrique est celui de M. Julien, de Belgique, qui a eu l’année dernière un si grand succès à l’Exposition d’Anvers.
- Les accumulateurs produisent généralement une force de 2 1/2 à 3 chevaux qui est parfaitement suffisante pour donner au tramway une vitesse considérable, mais quand il y a besoin de forcer pour franchir les courbes, qui sont à un très petit rayon, ils développent jusqu’à i5 chevaux.
- Ce nouveau système de locomotion, auquel, vu sa grande importance, nous consacrerons un article spécial et détaillé, est sorti de la période d’expérimentation vu que deux voitures, roulent déjà à Hambourg et que vingt autres sont en construction pour les tramways de Bruxelles qui, après un an d’essai, ontadopté définitivement le système Julien ; nous avons eu du reste la preuve du degré de perfection auquel est arrivé l'inventeur, en assistant samedi, grâce à l’obligeance de M. G. Fournier, l’ingénieur électricien de l’Exposition, au premier essai du tramway qui, à peine arrivé de Belgique, a été posé sur lès rails, a reçu ses accumulateurs chargés, et a fonctionné immédiatement sans le moindre accroc, en causant une assez grande surprise parmi les promeneurs des Champs-Elysées qui cherchaient à découvrir où se trouvait la force motrice qui est du reste entièrement cachée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur ; on ne voit que les roues qui tournent et le tramway qui s’avance sans comprendre comment.
- Une autre installation a été aussi complétée ces derniers jours, c’est celle des auditions téléphoniques de la Société générale des téléphones, et les appareils fouctionnent d’une manière si remarquable que l’on peut se croire chaque soir à l’Opéra ou à l’Opéra-Comique.
- Nous allons maintenant donner le compterendu détaillé de cette Exposition, qui est sans contredit la mieux réussie et la plus intéressante parmi celle du même genre qui l’ont précédée et dont l’organisateur, M. Muzet, peut être fier à juste titre. Nous commençons par les salles du ier étage, en suivant autant que possible le groupement adopté par l’administration.
- Vestibule du 1er étage
- Dans le vestibule auquel on arrive par le grand escalier d’honneur, le premier objet qui frappe les yeux est un très beau plan en relief d’une longueur de 9 mètres du canal intérocéanique de Panama, et qui donne une idée très exacte des difficultés que le Grand Français a eu et aura encore à surmonter pour mener à bonne fin cette œuvre gigantesque dont la gloire tout entière doit rejaillir sur la France, qui a non seulement fourni l’idée, mais encore les capitaux.
- A droite de ce plan se trouve l’Exposition du Commercial Cable and C°. Cette compagnie est la cinquième qui se soit formée pour poser des câbles sous-marins reliant l’Europe et l’Amérique, les quatre autres ont déjà fusionné, mais cette dernière organisée en t883 par MM. Macquay, Bennett et Dillon a énergiquement refusé de se' joindre auxv autres et a pu fixer le prix du mot à 2 francs au lieu de 3 francs.
- Elle expose des modèles de ses câbles fabriqués par MM. Siemens frères, de Londres, et de son vapeur le Mackatj Bennett, construit par John Elder et C°, qui a servi à l’immersion du câble transatlantique; le navire a une longueur de 80 mètres sur 12 mètres de largeur, son tonnage est de 1,718 tonnes et sa force motrice est de 2,200 chevaux.
- Dans le vestibule se trouvent aussi une belle exposition de la Société des cartes géographiques en relief et les cartes du tracé du canal maritime de la mer à Paris, par M. Emile Labadie.
- Salles 12-10-111 groupes I. IL III
- (.Enseignement primaire et supérieur, écoles professionnelles)
- Dans la salle n° 12 se trouve l’Exposition faite par la ville de Paris et qui embrasse toutes les branches de l’enseignement primaire et supérieur, celui des arts et des sciences, et les écoles professionnelles.
- Nous y remarquons : L’école Diderot qui comprend l’école primaire supérieure et le cours supérieur de dessin pour aduites (hommes) qui, sous la direction de M.A. Truphaine, expose plusieurs dessins au crayon où l’on trouve beaucoup de vigueur et qui promettent pour l’avenir des élèves.
- L’école, primaire supérieure de la rue des Bati-gnolles, n° 20, l’école communale des garçons, 18,
- rue Ampère, et celle delà rue d’Aligres, n° 5, où le professeur, M. Daron, a plusieurs élèves dont les dessins au crayon lui font honneur.
- En continuant, on arrive devant l’école municipale Colbert et, parmi les dessins exposés dont plusieurs dénotent une aptitude spéciale, on remarque une tête de vieillard, dessinée par l’élève H. Havoine.
- L’école d’application des beaux-arts à l’industrie se fait remarquer par deux ébauches de fleurs très artistiques (sans signature) et un panneau décoratif représentant une fontaine soutenue par deux faunes et qui est l’œuvre de MM. Housset et Maglin.
- Arrêtons-nous maintenant devant l’école municipale Diderot, 60, boulevard de la Villette, où sont exposés des modèles en bois et en fer, des pièces de machines, etc., exécutés par les élèves et qui prouvent que nous commençons, en France, à suivre d’une façon satisfaisante l’exemple que, depuis plusieurs années, nous donnent les Anglais dans leurs écoles professionnelles, qui leur rendent des' services incalculables.
- Des expositions très intéressantes sont celles des écoles professionnelles et ménagères pour jeunes filles, delarue Ganneron n° 2, de la rue Bouret, dans le XlVme arrondissement, de la rue Bossuet, n°"i4. Le travail des élèves y est représenté par des robes très soignées, des coussins brodés avec beaucoup de goût et de patience, des fleurs artificielles qui font une concurrence vraiment très sérieuse à la nature, et des dessins et peintures sur porcelaine qui prouvent combien les instincts artistiques des élèves ont été développés par des professeurs de mérite.
- L’école de dessin du VIme arrondissement expose une très jolie collection d’émaux et de miniatures sur porcelaine et sur ivoire.
- L’école de dessin pratique montre les progrès faits par ses pupilles, dans le modelage, et l’école préparatoire de dessin pratique pour jeunes filles a apporté son contingent de dessins au crayon noir et à l’estompe, dont plusieurs méritent d’être remarqués, surtout celui qu’a exposé MUo Marie Du val.
- La ville de Paris expose encore, dans la salle n° 12, deux mobiliers scolaires très remarquables, qui prouvent jusqu’à quel point elle s’est préoccupée, depuis quelques années, de la question si importante de l’instruction publique; un de ces mobiliers est le type de la classe servant à l’enseignement primaire, les tables, chaises et porte-modèles pour le dessin sont à la fois d’un style simple et pratique ; l’autre représente le type de la classe de dessin supérieur pour la bosse et le dessin linéaire, et l’on peut dire qu’il a atteint le degré de perfection du mobilier scolaire.
- Nous entrons maintenant dans la salle ne 10, et l’on y trouve :
- L’exposition de l’école professionnelle de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie qui, sous l’habile direction du professeur Fossey-Lefevre a, depuis 1877, ouvert des concours pour les apprentis et, en 1882, a commencé à en établir de similaires pour les ouvriers, en offrant un prix pour le meilleur carquois style Louis XVI, prix qui fut décerné à MM. A. Dieudonné et G. Roetlich.
- La Société du patronage des enfants de l'ébé-nisterie, fondée eh 1886, expose un très joli meuble en bois sculpté, qui était destiné au concours professionnel de 1886.
- L’école gratuite de dessin industriel, du faubourg Saint-Antoine, et l’école gratuite de la rue du Temple, n° 118, fondée par la Chambre syndicale de la bijouterie (imitation), sont aussi représentées et la dernière expose de très jolis colliers, bracelets et médaillons imitant le vieil argent.
- Nous trouvons aussi sur notre passage l’école professionnelle de chapellerie, l’école industrielle des inventeurs de M. Elie Reuille, à l’usage surtout des femmes dessinateurs, et l’école professionnelle industrielle de Versailles (Institution E. Bertrand), qui prépare ses élèves pour l’Ecole des arts-et-métiers, et qui a exposé des spécimens de pièces de machines, outils, etc., très bien exécutés.
- La salle n° 10 contient, en outre, les dessins scientifiques de MM. Lohier et Jacquelin qui représentent des fougères, bois et pierres fossiles, des trachytes, dorites, serpentines et andésites ; cette collection est très remarquable au point de vue scientifique.
- Nous terminerons le compte-rendu de cette salle en mentionnant les pianos de la maison Gaveau, parmi lesquels on en remarque un richement décoré avec des peintures sur laque aux couleurs brillantes, d’imitation japonaise.
- Nous arrivons maintenant dans la salle n° //, où nous trouvons des dessins d'architecture exposés par l’Association philotechnique de Paris ( enseignement professionnel ) ; l’exposition de M. Bourlouze, 3qo, rue Saint-Jacques, pour son cours gratuit d’enseignement professionnel pour les travaux pratiques de physique.
- Dans le milieu de la salle on s’arrête devant une collection de faïences très intéressante et qui est exposée par le cours professionnel de céramique de Levallois-Perret.
- Les progrès que l’art céramique afaits en France depuis ces dernières années nous .permettent
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- Deuxième Année. — N° Sq.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 12 Septembre 1886.— 3oj.
- maintenant de rivaliser avec nos voisins qui nous avaient largement devancés et il est à désirer que d’autres cours professionnels de cette industrie si intéressante soient ouverts dans plusieurs villes importantes de France et suivent ainsi l’exemple de Levallois-Perret.
- L'école professionnelle des ouvriers mécaniciens en précision, 204, avenue du Maine, expose plusieurs modèles d’instruments de précision, d’un travail très fini, faits par les élèves.
- Le cours professionnel de la chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment, a une très belle vitrine remplie des œuvres des élèves : cartonnages, reliures, lithographies, gravures, etc.
- Le collège de Saumur, qui prépare les candidats pour l’Ecole des arts et métiers, expose des dessins et des sculptures.
- L’éducation professionnelle en province est représentée dans cette salle par Mn° Guillout, de Bleneau (Yonne), robes et lingerie.
- Les autres exposants sont :
- L’école professionnelle de la chambre syndicale des tailleurs ;
- La Société d’instruction artistique et professionnelle de Courbevoie (74, boulevard de Cour-celles) ;
- L’école d’horlogerie de Paris qui se trouve rue du Temple et expose des modèles de pendules exécutés par ses élèves.
- L’Ecole professionnelle de dessin des chambres syndicales réunies des dentelles et passementeries qui mérite une mention spéciale.
- Les fleurs et plumes de la Société de l’assistance publique.
- Et enfin l’école Braille qui fut fondée en 1883 pour l’instruction primaire des jeunes aveugles et qui expose les cartes géographiques en relief servant à l’enseignement, et des échantillons de vannerie, filets, tricots, etc., exécutés par les pupilles de cette école si intéressante au point de vue social.
- Pour terminer le compte rendu de la salle n° 11, mentionnons la vitrine de M. Labre, 33, rue H allé, qui expose des aimants et des modèles de physique amusante.
- (A suivre)
- Paul Dejoux.
- L’ENSEIGNEMENT
- DE L’AGRICULTURE
- A L’ÉCOLE PRIMAIRE
- La crise que traverse en ce moment l’agriculture, l’incertitude où l’on est sur les moyens à employer pour en conjurer les effets, ont remis nécessairement à l’ordre du jour la question de l’enseignement agricole dans les écoles primaires.
- Il y a longtemps déjà que le problème est posé et que les hommes compétents ' ont essayé de le résoudre au mieux des intérêts de l’agriculture et de ceux qui vivent exclusivement de cette industrie.'
- L’introduction de l’enseignement agricole dans le programme de l’instruction primaire remonte à une vingtaine d’années : encore ne s’agissait-il que de donner à l’enfance des notions générales, superficielles, et, par conséquent, insuffisantes.
- Alors,comme aujourd’hui, les écrivains qui s’occupaient de cette question signalaient comme un fait nouveau et inquiétant pour l’avenir : l’émigration de la population des campagnes sur les villes; alors, comme aujourd’hui, leprix de la main-d’œuvre augmentait, et, par conséquent aussi, le prix de revient des céréales et autres produits du sol.Cette situation favorable à la production étrangère lui permettait d’enrichir nos marchés et de faire à nos agriculteurs une concurrence dont nous voyons aujourd’hui les tristes résultats qui, cependant, tendent à s’atténuer de jour en jour.
- Pour remédier à cette situation qui ne laissait pas que d’être inquiétante, on songea donc, alors, à introduire dans le programme de l’enseignement primaire quelques notions générales d’agriculture. O11 se proposait, par cette innovation, d’inspirer au laboureur l’amour des champs, d’honorer sa profession, de diriger l’intelligence de l’enfance dans cette voie; en un mot, de retenir sur le sillon ceux qui voulaient le quitter pour aller dans les villes grossir, le plus souvent, le nombre des déclassés et des misérables. Ce moyen a-t-il été efficace ? La persistance de la crise prouve que non. Cependant, il pouvait donner de bons résultats, s’il eût été appliqué avec méthode ; il ne suffit pas d’inscrire dans un programme d’instruction que telle ou telle science sera enseignée dans les écoles; il faut d’abord former des maîtres compé-
- tents. Or, c’est ce qui a manqué jusqu’à ce jour Les écoles normales étaient ainsi organisées, que l’on y enseignait-une foule de choses d’une utilité plus que contestable, tandis que l’agriculture, science nécessaire aux 23 millions de Français qui vivent de la terre, en était exclue.
- Cependant on a fini par comprendre qu’il y avait danger à perpétuer ces errements et, en 1879, on se décida à inscrire dans le programme des écoles normales d’instituteurs, l’enseignement de l’agriculture.
- Mieux vaut tard que jamais. Voilà une réforme utile, qui peut donner de bons résultats. Mais pour cela, il faudrait que tous les maîtres, sans exception, possédassent les connaissances agricoles inscrites dans le programme. Malheureusement , il n’en est pas ainsi, tant s’en faut. D’abord, tous les instituteurs primaires n’ont pas passé paiT’école normale, tous, par conséquent, ne possèdent pas d’une manière suffisante cette science qu’ils ont mission d’enseigner à l’enfance; et ensuite, beaucoup la négligent parce qu’ils n’en ont qu’une teinte superficielle et qu’ils la considèrent comme un accessoire d’une utilité contestable. Or, on n’enseigne bien aux autres et avec profit, que ce que l’on connaît bien.soi-même.
- Quel remède apporter à cet état de choses, dira-t-on? Nous reconnaissons volontiers que l’on se heurte à des difficultés sérieuses et de plusieurs sortes. Mais, cependant, ce n’est pas une raison pour ne rien faire et laisser les choses en l’état.
- Nous avons rendu l’instruction primaire obligatoire pour tous : c’est bien. Cette réforme utile, nécessaire, s’imposait, car elle est comme le corollaire obligé des modifications introduites dans notre organisation politique. Tous les citoyens ayant le droit de voter, il est indispensable que tous sachent lire et écrire, pour qu’ils puissent exercer ce droit avec discernement. Mais, si en rendant obligatoire l’enseignement des diverses sciences inscrites dans le programme de l’école primaire, on laisse de côté l’agriculture, si, en développant l’intelligence de l’enfant, en bourrant son cerveau de connaissances qui élargiront son horizon intellectuel, on néglige de l’instruire de la chose capitale pour lui, de l’agriculture, qui sera un jour sa profession, son moyen d’existence, on risque fort d’obtenir un résultat diamétralement opposé à celui que l’on cherchait. Au lieu de s’attacher à la terre, la jeune génération rurale prendra en dégoût le travail des champs et fuira vers les villes, attirée par les appas trompeurs d’une fausse richesse et d’un bonheur mensonger.
- L’expérience est là pour prouver combien ce danger est à craindre.
- Les pouvoirs publics se sont occupés de cette importante question, mais la solution en est difficile et ce n’est pas en un jour que l’on peut obtenir des résultats sérieux.
- Avant toutes choses, il faudrait rendre obligatoires pour tous les instituteurs, sans exception, les éléments indispensables en matière d’agriculture et surtout les notions pratiques. Certes, nous ne prétendons pas demander que l’on fasse d’eux des agronomes, mais encore faut-il qu’ils possèdent certaines connaissances usuelles et assez étendues qui exigent des études sérieuses et soient une garantie.
- On objectera sans doute que l’agriculture n’a pas besoin d’etre enseignée dans les écoles primaires des villes, car les enfants qui fréquentent ces écoles ne sont pas destinés à devenir des cultivateurs, mais des ouvriers, des industriels, des commerçants. Hé qu’importe ! les villes ne forment guère que le tiers de la population totale de la France, et il ne faut pas oublier que l’agriculture est la première des industries, non seulement parce qu’elle occupe le plus de bras, mais parce qu’elle rend à la société les services les plus utiles et les plus importants, car elle est la nourrice des peuples. Cette objection n’est donc pas sérieuse et ne saurait être un empêchement à la réalisation du programme dont nous parlons.
- On ne s’improvise pas agriculteur, et ceux-là se trompent qui croient qu’il suffit de naître à la campagne et de vivre au milieu des occupations de la vie agricole pour devenir un bon cultivateur. Sans doute la pratique et l’expérience sont de précieux auxiliaires, mais elles ne sauraient remplacer les connaissances acquises par l’étude.
- Le cultivateur qui n’a reçu aucune instruction spéciale touchant les choses de sa profession est certainement inférieur à celui qui a à sa disposition les ressources précieuses de la science. Le premier est fatalement victime de la routine qu’il suit par intérêt ; il manque d’initiative. Faute d’une instruction appropriée aux besoins de la vie
- rurale, il ne sait tirer partie des choses, ni des bras qu’il occupe ; il répugne aux innovations utiles ; son ignorance paralyse ses efforts, et devient souvent la cause principale de sa misère.
- E. M.
- (A. suivre)
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- LES PRODUITS CHIMIQUES
- Jk. ILECxposition. internationale de 1886
- EXPOSITION DE M. VICAT
- Salle 13. 1er étage
- La chimie est, sans contredit, la science qui a fait le plus de progrès depuis le commencement de ce siècle, et parmi ses nombreuses découvertes, on peut en citer une qui, au point de vue de l’hygiène et du confort devenus un besoin pour toutes les nations civilisées modernes, est d’une imoor-tance capitale : c’est l’insecticide pulvérulent/
- M. Vicat fut le premier qui eut l’idée de réduire en poudre impalpable des parties de plantes, ^des fleurs principalement, préalablement desséchées et possédant des propriétés d’une énergie toute particulière, propres à la destruction instantanée des insectes nuisibles.
- Quand M. Vicat commença ses recherches laborieuses et pénibles, il était instituteur et il consacra tous ses loisirs aux études et aux travaux nécessaires pour pouvoir arriver au résultat splendide qu’il a obtenu.
- Sa^découverte fit beaucoup de bruit et donna lieu à des discussions remarquables de la part des Académies de médecine et de pharmacie, des Sociétés des sciences et des arts utiles, d’agriculture, d’horticulture, d’insectologie qui toutes reconnurent d’un commun accord les grands services que la poudre Vicat pouvait et devait rendre à l’humanité.
- ^L’étranger aussi a consacré l’importance de cette-découverte et des quantités très considérables sont employées dans le monde entier avec un succès qui n’a jamais failli.
- Depuis 1885, M. Vicat a reçu des diverses expositions^ plus de cinquante médailles et diplômes et il a dû établir, pour pouvoir suppléer aux demandes toujours croissantes, des succursales à Lyon, Marseille, Alger, _ BruxelLs et Vienne,. Londres, Rome, Turin, Lisbonne, Buenos-Ayres etc.
- L extension remarquable de ce produit est une preuve indiscutable que M. Vicat a créé en France une industrie qui ^existait pas et dont le chiffre-d affaires est d une importance relativement considérable.
- .Les nouveaux protectorats delà France, le Ton-kin, la Tunisie, Madagascar, où les insectes nuisibles de toute espèce pullulent, vont donner 11 ne importance nouvelle à cette industrie qui y rendra des services inappréciables dans les casernes les hôpitaux, etc. ’
- En-dehors de sa découverte, M. Vicat a fait tout ce qu il a pu pour se rendre utile à ses concitoyens et sa vie n est qu une suite non interrompue de patriotisme convaincu et de dévouement de'sinté-' ressé.
- On peut se rappeler sa lutte contre la loi Fal-loux, de triste célébrité, qui aurait fait reculer 1 instiuction publique plus loin que 1848 ne l’avait trouvée ; n ayant pas pu cacher ses sentiments libéraux contre cette loi réactionnaire, il dut quitter en disgrâce l’école qu’il dirigeait à Roybon (Isère), pour se rendre à Chaponnay. A la suite du plébiscite, contre lecjuel il avait protesté par son vote, il donna sa démission et se consacra entièrement à la fabi ication de sa poudre insecticide qu’il étudiait depuis longtemps.
- Pendant le siège, M. Vicat consacra son usine à la mouture des grains et installa un grand nombre de lits pour les malades et les blessés.
- Il fut aussi l’inventeur d’un moyen de correspondance très ingénieux entre la capitale et la partie française restée libre.
- M. Vicat fait partie de la commission locale du ier arrondissement pour la surveillance des enfants dans les manufactures ; il est membre du comité de l’Alliance républicaine du XIIe arrondissement de la caisse des écoles et de la commission d’examen pour les certificats d’étude dans le même ar-1 on disse m ent. C est lui aussi qui, pour la rentrée des troupes du Tonkin eut l’idée et fut un des principaux organisateurs de l’arc de triomphe du boulevard Diderot.
- . Le jury de l’Exposition du palais de l’Industrie ajoutera une médaille de plus aux nombreuses que M. Vicat a déjà obtenues et quand le Gouvernement voudra reconnaître d’une manière efficace l’importance des travaux et des recherches de cet inventeur et l’activité et le zèle infatigable du patriote, ce seia le couronnement d’une vie bien remplie.
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- 3oS. — Deuxième Année. — N° 89.
- LES LIVRES
- LXXIV
- Th. Dostoïevski. — Souvenirs de la maison des morts, traduit du russe par M. Nevroud. — Krotkaïa. traduit du russe par E. Hai.phérine. — 2 vol. in-itS. Librairie Plon. E. Plon, Nourrit et Cie.
- Les romans russes continuent d’être l’objet de l’engouement des éditeurs et des lecteurs. Faisons comme eux. Il y a toujours intérêt à observer et à étudier une manifestation de l’opinion, même quand elle tend à l’exagération. Nous avons dit les causes sérieuses de cette mode qui n’est pas encore à la période critique où les modes tombent dans la frivolité et de la frivolité dans l’absurdité. Il y a la curiosité légitimement surexcitée par une forme littéraire qui est en Russie presque toute la littérature nationale, par des mœurs étranges, un paysage neuf, un réalisme puissant et sympathique, une linesse d’observation poussant l’analyse jusqu’aux dernières limites du monde psychique. Ces attraits et ces qualités que ne nous offrent pas au même degré d’intensité et d’acuité les œuvres contemporaines les plus remarquables si ce n’est celles de Pierre Loti, que nous étudierons dans nos prochains articles, expliquent et justifient jusqu’à un certain point la vogue du roman russe et en particulier des romans de Dostoïevski. Il a poussé l’observation et l’analyse des mystères intérieurs, du drame psychologique au degré cruel, agissant presque autant sur les nerfs que sur l’imagination, et avec la supériorité, sur Edgar Poe et Hoffmann, qu’il n’y a rien de fantastique dans le sujet qu’il traite, qu’ils appartiennent à la réalité quotidienne, vulgaire, en Russie, qu’il n’y a rien non plus d’artistique dans ses raffinements, si on peut appliquer le mot à des tableaux d’une vie aussi intense et aussi brutale que ceux qu’obtient la photographie.
- Les Souvenirs de la maison des morts ne sont pas autre.chose que le journal des impressions et des observations de l’auteur sur ce monde de damnés de l’enfer vivant, de ces forçats de Sibérie dont il a porté lui-même la chaîne, en qualité de disgracié, de condamné politique. Il parle là non seulement de ce qu’il sait pour l’avoir appris, mais surtout de ce qu’il sait pour l’avoir appris par lui-même, aux dépens de sa chair et de son cœur, de ce qu’il a appris par l’expérience de dix ans, où il a vu, senti, vécu, souffert de cette existence du bagne dont il décrit dans ses plus menus détails, le supplice, dont il dévoile les mystères, révèle les plus poignants secrets.
- De tout temps le public a garde son intérêt et sa sympathie aux récits de captivité. C’est une attraction à la fois égoïste et généreuse qui a multiplié les éditions et fait la popularité des souvenirs d’un Renneville, d’un Latude, d’un Trenck, d’un Silvio Pellico, d’un Maroncelli, d’un An-dryane. Cet intérêt, cette sympathie s’attachent meme aux romans de la captivité. Et Picciola de X. Saintine a fait couler bien des larmes d’attendrissement.
- Mais les prisonniers dont nous parlons ont été des malheureux sans doute, mais des malheureux sans la dégradation, sans le renoncement à toute espérance. Ils ont vécu sous un régime de fer, mais ils étaient à la Bastille ou sous les plombs de Venise, ou au Spielberg ou à Spandau, prisonniers matériellement, mais moralement libres, pouvant s’entretenir avec eux-mêmes, dans la solitude. Or, c’est une observation de Dostoïevski, qui nous a beaucoup frappé, la plus grande torture du forçat, celle qui le pousse souvent à l’abrutissement ou au désespoir, c’est précisément de ne pouvoir jamais être seul. Dix ans, vingt ans, sans goûter la diversion, la consolation d’une minute de recueillement, d’isolement! C’est là le supplice particulier dont le journal du prisonnier de la maison de force sibérienne où Dostoïevski a recueilli ses propres impressions, a décrit les tortures avec une abondance de renseignements qui donne le frisson, qui fait passer par la chair de poule autant, comme l’a dit Tourguenief, que le récit des supplices de l’enfer du Dante.
- Chaque jour, depuis le jour du début jusqu’au jour de la délivrance, amène pour le forçat littérateur sa peine et son observation. Le livre en est riche d’observations, au point d’en éclater parfois comme un grenier trop chargé et d’amener la satiété. Les moralistes et les criminalistes ont là une abondante moisson à faire en enseignements et en leçons Rien de pareil chez nous à ce recueil d’observations sur les douleurs et les hontes de la promiscuité, sur le dépouillement pièce à pièce, lambeau de peau à lambeau de peau, pour ainsi dire, du vieil homme entrant dans ces casernes terribles du travail forcé, qui pourraient porter au fronton la triste devise : Lasciate ogni speranqa voi chentrate.
- Les Souvenirs de la maison des morts ne sont pas un roman. Mais quel roman pourrait valoir en intérêt dramatique et psychologique les confidences mornes et navrantes qui vous prennent aux entrailles, par toutes les fibres de l’horreur et de la pitié, non sans provoquer quelquefois par ce comique qui se mêle aux plus tragiques specta-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9. Dimanche 12 Septembre 1SS6.
- clés, le rire du drame shakespearien. Il y a là des tableaux, celui du passage par la rue Verte (la flagellation aux verges et au fouet), celui du ferrement, celui de la nuit de Noël, de la représentation théâtrale au bagne, celui de l’hôpital, jjcelui de l’évasion, qu’on n’oublie pas quand on les a vus une fois et qui vous donnent le cauchemar d’une sorte de rêve éveillé.
- Krotkaia, c’est l’histoire terrible et qui vous fait palpiter d’émotion, d’un ancien officier renvoyé, devenu prêteur sur gages, qui s’éprend d’une jeune institutrice, l’épouse, l’adore, la fait souffrir tout en l’adorant, par une sorte de faux point d’honneur philosophique et critique qui arrive à l’absurde systématique et à la férocité inconsciente, la pousse sans s’en douter au désespoir et au suicide et pendant la veillée funèbre dans la chambre mortuaire, se remémore les moindres incidents de la vie de la malheureuse qui gît, sous ses yeux, sanglante dans son cercueil, et cherche sans y arriver à trouver le secret de ce désespoir et de ce suicide.
- A côté de ce tableau poignant, navrant, de ce récit lamentable, où le malheureux abandonné épuise ce que le cœur humain peut contenir de misère et de folie, ce que les yeux humains peuvent contenir de larmes, il y a un récit charmant, d’un intérêt doux et tendre, qui n’est pas autre chose que le récit de la première aventure et mésaventure d’amour d’une sorte de Chérubin de quatorze ans, dont la puberté éveille les sens et le cœur encore virginaux-, et dont il est curieux de comparer le type slave avec son proto-type français dû à l’imagination spirituelle et lascive de l’auteur du Barbier de Séville et des Noces de Figaro. Ce récit montre que le talent de Dostoïevski possède toutes les cordes et peut caresser les notes douces et tendres comme il frappe.terri-blement les notes sombres et tristes du clavier, de l’àme humaine, qui manié par la main d’un artiste slave, c’est-à-dire moitié oriental, moitié occidental, a fait entendre au public français étonné des variations tout à fait nouvelles sur les thèmes anciens.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- MEXIQUE
- Avis aux importateurs
- Les diverses interprétations données par quelques commerçants, et même par quelques douanes, à la circulaire n° 7, annexe de l’Ordonnance du 24 janvier 1886, ont obligé le gouvernement à fournir les explications suivantes relativement à l’esprit de cete circulaire :
- I. — Lorsque dans une facture consulaire figure une quantité correspondant à une marchandise, sous la rubrique disjonctive poids net ou légal, et qu’en temps utile il sera déclaré que le poids est net ou légal, selon ce que doit payer ladite marchandise, sans altérer la quantité déclarée, on admettra la rectification sans qu’il soit procédé contre le déclarant.
- IL Lorsque parla rectification, on augmentera le poids déclaré pour déterminer qu’il est légal, cette déclaration sera admise avec une surcharge de quinze pour cent, conformément,à l’article 11 3 de l’Ordonnance réformée par le décret du 1e1' août 1885, car, en ce cas, il sera de toute évidence que le poids sur lequel les droits doivent être calculés, ne figure pas sur la facture.
- III. — Lorsque pour une quantité simplement déclarée dans la colonne qui porte la rubrique disjonctive : Neto 0 legal, on ne fera aucune modification pour désigner le poids , qu’il convient d’adopter, il sera procédé conformément à l’article 117 de l’Ordonnance des douanes.
- ALLEMAGNE
- Etat de l’industrie métallurgique. — La situation de l’industrie métallurgique dans les provinces du Rhin et de la Wesphalie est toujours critique. Les prix, tant pour les matières brutes que pour les produits manufacturés, sont faibles et en baisse. La concurrence contribue à l’abaissement des prix plus encore que la fâcheuse situation des affaires. On commence à s’apercevoir, de différents côtés, que les concessions ont été poussées trop loin. En général, la production dépasse la demande, et tant que cette situation subsistera, il sera difficile d’obtenir des prix rémunérateurs.
- (Hamburgische Bcersen-Halte).
- BELGIQUE
- Situation de l’industrie métallurgique. — Le syndicat des producteurs de fers laminés a déjà donné des résultats. Les prix se sont arrêtés dans leur marche descendante, et si toutes les usines ne sont pas encore occupées comme autrefois, la plupart ne manquent pas d’ouvrage.
- LES THÉÂTRES
- Variétés. — Reprise du Fiacre iij, de MM. de Najac et
- Albert Millaud.
- Bouffes-Parisiens. — Repris; de Joséphine vendue par ses
- sœurs, de MM. Ferrier et Carré, musique de M. Roger.
- Clunv. — Un troupier qui suit les bonnes, vaudeville en trois
- actes, de MM. Clairville. Mercier et Morand 1,Reprise).
- Chateau-d'Eau. — La Gueuse, drame en cinq actes et huit
- tableaux, de M. Japv.
- Menus-Plaisirs. — Fla-Jla, comédie-vaudeville en trois actes
- de M Hirsch, musique d’Hervé.
- Gaîté. — Reprise du Petit Poucet.
- Nouvelle fournée de réouvertures cette semaine, les Variétés, les Bouffes et la Gaité ont simplement repris les pièces, interrompues en plein succès par les chaleurs, selon la formule consacrée. Joséphine conclue par ses sœurs est toujours drôle, le Fiacre 117 légèrement graveleux et le Petit Poucet distrayant. Aux Variétés et à la Gaité, les distributions de rôles ont été un peu modifiées. Si le divin Baron est toujours sur l’affiche des Variétés, il a bien fallu qu’il disparût de celle de la Gaité. Mme Chaumont ne joue plus dans le Fiacre 117. Aux Bouffes l’interprétation, est demeurée la même.
- A Cluny on a repris un Troupier qui suit les bonnes. On s’est franchement amusé aux mésaventures (assez, oubliées pour paraître presque originales aujourd’hui), du fantassin l’Ecureuil, ce séducteur de soubrettes et de cuisinières. C’est M. Allart, l’ancien pensionnaire de Montrouge, à ^Athénée, qui remplit le rôle du troupier. Malgré e pâteux de sa diction il s’est montré vraiment d’un bon comique et d’une fantaisie très drôle.
- Le Château-d’Eau a rouvert ses portes avec un grand drame historique. Singulière chose que la fortune dramatique, on ne peut cesser de le répéter. Voici ce drame qui comme Patrie, de M. Sar-dou, a pour cadre la guerre des Flandres. Les mêmes passions d’amour, de jalousie, de patriotisme ardent sont mises en jeu dans les deux œuvres. Il y a dans le détail de curieux points de rapports, bien que le fond soit absolument distinct pour les deux pièces. L’une a un succès prodigieux, l’autre est accueillie plus que froidement. Il est vrai que le drame de M. Japy est moins ingénieusement machiné, truqué, que celui de M. Sardou ; par contre la simplicité des moyens donne plus d’intensité sincère aux effets pathé-thiques ; mais que voulez-vous, l’un est de M. Sardou, l’autre est de M. Japy, l’un est joué à la Porte-Saint-Martin, l’autre au Château-d’Eau, et il y a toujours deux poids et deux mesures dans la balance de l’engouement public.
- Le sujet de la Gueuse n’est pas absolument neuf, mais il est très dramatique. Une jeune fille, Jeanne de Nijeu, patriote exaltée, une gueuse donc (de ce nom, de gueux qu’on donnait aux Flamands qui réclamaient l’indépendance du pays), aime Louis de Laloo, un des chefs des gueux. Mais le comte de Nijeu, père de Jeanne, traître à son pays, pour continuer une existence de plaisirs et de débauches, a pactisé avec les Espagnols. 11 veut même donner sa fille au marquis de Mantena, un des officiers du duc d’Àlbe. Laloo est fait prisonnier par les Espagnols dans une bataille. Mantena, tombé éperdument amoureux de Jeanne, lui offre de sauver Laloo à condition qu’elle consentira à devenir sa femme à lui Mantena. Jeanne finit d’accepter le marché, et une fois Laloo échappé, elle se tue pour' demeurer fidèle au gueux qu’elle aime, et qui continuera avec acharnement la guerre d’indépendance.
- L’interprétation de la Gueuse au Château-d’Eau est honorable.
- Les Menus-Plaisirs ont rouvert eux aussi avec une nouveauté. Mais quel piteux accueil, et pour quoi? L’ouvrage n’était pas fort amusant, c’est vrai, mais puisque les opérettes ennuyeuses sont à la mode, témoins les étranges succès de ces dernières années. On a manifesté vis-à-vis de M. Hervé une animosité que n’explique pas suffisamment le grief relevé indiscrètement contre lui de s’être fait naturaliser anglais. Du reste, il faut avouer que le sujet de ce vaudeville était singulièrement choisi. Un mari trompé divorce avec sa femme en la forçant à épouser son amant. Une fois le nouveau ménage constitué la femme regrette son premier mari. Un tel sujet est certainement philosophique et prête à une étude intéressante et à des développements curieux. Mais il est d’un sérieux qui fait pleurer au lieu d’inspirer les imbroglios carnavalesques d’un vaudeville et les flous flous d’une opérette.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours, — lmp. R. ArtRAULT et Th», ruedaia Brefecture
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- [f' DEUXIÈME ANNEE.
- SOMMAIRE :
- 1. Exposition universelle de 1889 : Clauses et conditions generales; 2. Les Travaux de l’Exposition ; 3. La Commission de contrôle et des finances; 4. Le Capital de garantie; 5. Association de garantie; 6. Notre Gravure, j. I-lchos; 8. Une Exposition à Hanoï ; 9. Exposition internationale des sciences industrielles; 10. Les nouveaux débouchés commerciaux; it. Exposition de Liverpool ; 12. Histoire anecdotique dejla Presse en France: i3. L'Enseignement de l'agriculture â {'école primaire; 14. Lq Théâtre à l’Exposition de 1889; i5. Les Livres; 16. Les Théâtres.
- MINISTÈRE I)U COMMERCE ET DE 1,’lNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- INTERNATIONALE DE 1889
- CLAUSES & CONDITIONS
- GÉNÉRALES
- Imposées aux entrepreneurs de VExposition
- ARRÊTE
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition ;
- Sur la-proposition du directeur général des travaux de l’Exposition,
- Arrête ce qui suit :
- Article premier
- Tous les marchés relatifs à l’exécution, à l’entretien' des travaux et à la fourniture des matériaux Te toute nature se rapportant à l’Exposition universelle-de 1889, qu’ils soient passes dans la forme .d’adjudications publiques ou qu’ils résultent de conventions faites de gré à gré, sont soumis, en tout ce qui leur est applicable, aux dispositions suivantes :
- TITRE PREMIER Adjudications
- Art. 2
- Concluions à remplir pour être admis aux adjudications
- Nul n’est admis à concourir aux adjudications .s’il ne justifie qu’il a les qualités requises pour garantir la bonne exécution des travaux et des fournitures.
- A cet effet, chaque concurrent autre que les sociétés ouvrières est tenu de fournir un certificat constatant sa capacité et, pour les cas prévus à l’article 5 ci-dessus, de présenter un acte régulier de cautionnement ou, au moins, un engagement en bonne et due forme de fournir le cautionnement. L’engagement doit ctre réalise dans les cinq jours de l’adjudication.
- Art. 3
- Certificats de capacité.
- Les certificats de capacité sont délivrés par les hommes de l’art. Ils ne doivent pas avoir plus de trois ans de date au moment de 1 adjudication. U y est fait mention de l’importance de l’e.ntrepnse ainsi que de la manière dont les soumissionnaires ont rempli leurs engagements, soit enveis 1 administration, soit envers les ouviiets, dans, les travaux qu’ils ont exécutés, surveillés ou suivis.
- Les certificats de capacité sont présentés, cinq jours au moins avant 1 adjudication, au diiecteui général des travaux, qui arrête la liste des enti e-preneurs admis à concouru .
- Art. 4
- Sociétés ouvrières
- En ce qui concerne les sociétés ouvrières qui demanderont a concourir, elles deviont piodune
- Dimanche 19 Septembre 18£6.
- à l’appui de leur demande, la liste nominative de leurs membres et l’acte contenant les conditions auxquelles l’association s’est formée ; cet acte devra stipuler la nomination de l’un ou de plusieurs mandataires, dont le nombre ne pourra dépasser trois, qui seront fondés de pouvoirs et munis de certificats de capacité et de moralité au moment de leur élection ; ils seront chargés de soumissionner les travaux, de les diriger sous l’autorité des ingénieurs ou des architectes, de contracter pour l’Association, de la représenter dans ses rapports avec l’administration pour la réception des travaux, le règlement des comptes et l’acquittement des mandats de payement.
- Elles devront justifier également d’un fonds de réserve destiné à parer aux conséquences des accidents à leur charge et à subvenir aux besoins des ouvriers blessés par suite de l’exécution des travaux, ainsi qu’à ceux des veuves et des enfants des victimes. Ce fonds de réserve pourra être remplacé par une assurance contractée en faveur des ouvriers auprès' d’une ou plusieurs compagnies d’assurances sur la vie, offrant des garanties sérieuses.
- Dans le cas où l’acte d’association ne contiendrait pas les conditions sus-énoncées, l’Association devra s’engager, au préalable, à les introduire dans ses statuts par un acte additionnel, dans.un délai qui sera déterminé par le Directeur généial des travaux.
- Art. 5
- Cautionnements
- Le cahier des charges détermine, s’il y a lieu, dans chaque cas particulier, la nature et le montant du cautionnement que l’entrepreneur doit fornir. , .
- Ce cautionnement est fait soit en numéraire, soit en inscriptions de rentes sur l’Etat.
- Le cautionnement reste affecté à la garantie des engagements contractés par l’adjudicataire jusqu à la liquidation définitive des travaux. Toutefois, le ministre peut, dans le cours de l’entreprise, autoriser la restitution de tout ou partie du cautionnement.
- Art. 6
- Approbation de b adjudication
- L’adjudication n’est valable qu’après l’approbation du ministre. L’entrepreneur ne peut prétendre à aucune indemnité dans le cas où l’adjudication n’est pas approuvée.
- Art. 7
- Pièces à délivrer à l’entrepreneur
- Aussitôt après l’approbation de l’adjudication, le ministre délivre à l’entrepreneur, sur son récépissé, une expédition, vérifiée , par le Directeur général des travaux et dûment.légalisée, du.devis, du bordereau des prix, du détail estimatif, ainsi qu’une copie certifiée du procès-verbal d’adjudication et un exemplaire imprimé des présentes clauses et conditions générales. . .
- L’ingénieur ou l’architecte chargé de 1 execution lui délivre, en outre, gratuitement, une.expédition certifiée des dessins et autres pièces nécessaires à l’exécution des travaux.
- Art. 8
- Frais d’adjudication
- L’entrepreneur verse a la Laisse du Trésoi le montant des trais du maiche. Les tiais^dont 1 état est arrêté par le ministre, ne peuvent être autres que ceux d’affiches et de publication, ceux de timbre et d’expédition du devis, du bordereau ;des prix du détail estimatif et du procès-verbal d’adjudication, et le droit fixe d’enregistrement de 3 francs.
- Art. 9
- Domicile de l’entrepreneur
- L’entrepreneur est tenu d’élire domicile à Paris et défaire connaître ce domicile au ministie. Faute
- NUMÉRO 90.
- par lui de remplir cette obligation dans un délai de quinze jours à partir de l’approbation de l’adjudication, toutes les notifications qui se rattachent à son entreprise sont valables lorsqu’elles ont été faites à la mairie du VIIe arrondissement.
- TITRE II
- Exécution des travaux
- Art. ro
- Défense de sous-traiter sans autorisation
- L’entrepreneur ne peut céder à des sous-traitants une ou plusieurs parties de son entreprise sans le consentement du ministre. Dans tous les cas, il demeure personnellement responsable tant envers l’administration qu’envers les ouvriers et les tiers.
- Si. un sous-traité est passé sans autorisation, le ministre peut, suivant le cas, soit prononcer la résiliation pure et simple de l’entreprise, soit procéder à une nouvelle adjudication à la folle enchère de l’entrepreneur.
- Art. 1 r
- Ordres de service, pour Vexécution des travaux
- L’entrepreneur doit commencer les travaux dès qu’il en a reçu l’ordre de l’ingénieur ou de l’architecte. Il se conforme strictement aux plans, profils, tracés, ordres de service et, s’il y a lieu, aux types et modèles qui lui sont donnés par l’ingénieur ou l’architecte, ou par leurs préposés, en exécution du devis.
- L'entrepreneur se conforme également aux changements qui lui sont prescrits pendant le cours du travail, mais seulement lorsque le directeur général des travaux les a ordonnés par écrit et sous sa responsabilité. Il ne lui est tenu compte de ces changements qu’autant qu’il justifie de l’ordre écrit du directeur général des travaux.
- Art. 12.
- Règlements pour le bon ordre des chantiers.
- L’entrepreneur est tenu d’observer tous les règlements faits par l’autorité compétente pour le bon ordre des travaux et la police des chantiers.
- Art. 1 3.
- Présence de l’entrepreneur sur le lieu des
- t l'a vaux.
- Pendant la durée de l’entreprise, l’adjudicataire ne peut s’éloigner du lieu des travaux qu’après avoir fait agréer par le directeur général des travaux un représentant capable de le remplacer, de manière qu’aucune opération ne puisse être retardée ou suspendue à raison de son absence.
- L’entrepreneur accompagne les ingénieurs architectes dans leurs tournées. Il est également tenu de se rendre à leurs bureaux toutes les fois qu’il en est requis
- Art. 14.
- Choix des commis, chefs cl’ateliers et ouvrie/'s.
- L’entrepreneur ne peut prendre, pour commis et chefs d’ateliers, que des hommes capables de l’aider et de le remplacer au besoin dans la conduite et le métrage des travaux.
- Les ingénieurs ou architectes ont le droit d’exiger le changement ou le renvoi des agents et ouvriers de l’entrepreneur pour insubordination, incapacité ou défaut de probité.
- L’entrepreneur demeure, d’ailleurs, responsable des fraudes ou malfaçons qui seraient commises par des agents ou ouvriers dans la fourniture et dans 1’emploi des matériaux.
- Art. i5.
- Liste nominative clés ouvriers.
- Le nombre des. ouvriers de. chaque profession est toujours proportionné à la quantité d\>uvrage à faire. Pour assurer l’acconTplissement de cette
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- 3 io. — Deuxième Année. — N° 90
- condition;, le directeur général des travaux aura le droit de se faire remettre la liste des ouvriers présents sur les chantiers. Cette liste indiquera leur nationalité.
- Le ministre se réserve le droit de fixer le nombre maximum d’ouvriers étrangers que l’entrepreneur pourra occuper pour chaque nature de travaux.
- Art. 16.
- Payement des oucriers.
- L’entrepreneur paye les ouvriers tous les mois ou à des époques plus rapprochées, si le ministre le juge nécessaire. En cas de retard régulièrement constaté, le ministre se réserve la faculté de faire payer d'office les salaires arriérés sur les sommes dues à l’entrepreneur, sans préjudice des droits réservés par la loi du 20 pluviôse an II aux fournisseurs qui auraient fait des oppositions régulières.
- Art. 17.
- Secours aux oucriers malades ou blessés.
- Les frais du service médical et des secours à donner aux ouvriers atteints de blessures ou de maladies occasionnées par les travaux, à leurs veuves et à leurs enfants, sont à la charge de l’entrepreneur.
- Le service médical sera organisé et administré par le directeur général des travaux. Il sera pourvu aux dépenses qu’il nécessitera au moyen d’une retenue de 1 p. 100 sur le montant des travaux exécutés et fournitures faites.
- La partie de cette retenue qui resterait sans emploi à la fin de l’entreprise sera remise à l’administration de l’Assistance publique. En cas d’insuffisance, au contraire, l’Etat fournira la différence.
- Art. 18.
- Dépenses imputables sur la somme ci valoir.
- S’il y a lieu de faire des épuisements ou autres travaux dont la dépense soit imputable sur la somme à valoir, l’entrepreneur doit, s’il en est requis, fournir les outils et machines nécessaires pour l’exécution de ces travaux.
- Le loyer et l’entretien de ce matériel lui sont payés aux prix de l’adjudication.
- Art. 19
- Outils, équipages et faux frais de l'entreprise
- L’entrepreneur est tenu de fournir à ses frais les magasins, équipages, voitures, ustensiles et outils de toute espèce nécessaires à l’exécution des travaux, sauf les exceptions stipulées au devis.
- Sont également à sa charge l’établissement des chantiers et des chemins de service et les indemnités y relatives, les frais de tracé des ouvrages, les cordeaux, piquets et jalons, les frais d’éclairage des chantiers, s’il y a lieu, et généralement toutes les menues dépenses et tous les faux frais relatifs à l’entreprise.
- Art. 20
- Carrières désignées au devis
- Les matériaux sont pris dans les lieux indiqués au devis. L’entrepreneur ouvre, au besoin, des carrières à ses frais.
- Il est tenu, avant de commencer les extractions, de prévenir les propriétaires suivant les formes déterminées par les règlements.
- Il paye, sans recours contre l’administration, et en se conformant aux lois et règlements sur la matière, tous les dommages qu’ont pu occasionner la prise ou l’extraction, le transport et le dépôt des matériaux.
- L’entrepreneur doit justifier, toutes les fois qu’il en est requis, de l’accomplissement des obligations anoncées dans le présent article, ainsi -que du payement des indemnités pour établissement de chantiers et chemins de services.
- Art. 21
- Carrières proposées,par l’entrepreneur
- Si l’entrepreneur demande à substituer aux carrières indiquées dans le devis d’autres carrières fournissant des matériaux d’une qualité que le directeur des travaux reconnaît au moins égale, il reçoit l’autorisation de les exploiter et ne subit sur les prix de- l’adjudication aucune réduction pour cause de diminution des frais d’extraction, de transport et de taille des matériaux.
- Art. 22
- Défense de livrer au commerce les matériaux extraits des carrières désignées
- L’entrepreneur ne peut livrer au commerce, sans l’autorisation du propriétaire, les matériaux qu’il a fait extraire dans les carrières exploitées par lui en vertu du droit qui lui a été confié par l’administration.
- Art. 2 3
- Qualité des matériaux
- Les matériaux doivent être de la meilleure qualité dans chaque espèce, être parfaitement travail-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 19 Septekbre 1S86.
- lés et mis en œuvre conformément aux règles de l’art; ils ne peuvent être employés qu’après avoir été vérifiés et provisoirement acceptés par les ingénieurs ou architectes, ou par leurs préposés. Nonobstant cette réception provisoire, et jusqu’à la réception définitive des travaux, ils peuvent, en cas de surprise, de mauvaise qualité ou de malfaçon, être rebutés par les ingénieurs ou architectes, et ils sont alors remplacés par l’entrepreneur.
- Art. 24
- Dimensions et dispositions des matériaux et clés
- ouvrages
- L’entrepreneur ne peut, de lui-même, apporter aucun changement au projet.
- Il est tenu de faire immédiatement, sur l’ordre des ingénieurs ou architectes, remplacer les matériaux ou reconstruire les ouvrages dont les dimensions ou dispositions ne sont pas conformes aux projets.
- Toutefois, si les ingénieurs ou architectes reconnaissent que les changements faits par l’entrepreneur ne sont contraires ni à la solidité ni au goût, les nouvelles dispositions peuvent être maintenues ; mais alors l’entrepreneur n’a droit a aucune augmentation de prix à raison des dimensions plus fortes ou de la valeur plus considérable que peuvent avoir les matériaux ou les ouvrages. Dans ce cas, les métrages sont basés sur les dimensions prescrites par le devis. Si, au contraire, les dimensions sont plus faibles ou la valeur des matériaux moindre, les prix sont réduits en conséquence.
- Art. 2 5
- Démolition d’anciens ouvrages
- Dans le cas où l’entrepreneur doit démolir d’anciens ouvrages, les matériaux sont déplacés avec soin et pour qu’ils puissent être façonnés de nouveau et réemployés, s’il y a lieu.
- Art. 26
- Objets trouvés dans les fouilles
- L’administration se réserve la propriété des matériaux qui se trouvent dans les fouilles et démolitions faites dans les terrains appartenant à l’Etat ou à la ville de Paris, sauf à indemniser l’entrepreneur de ses soins particuliers.
- Elle se réserve également les objets d’art et de toute nature qui pourraient s’y trouver, sauf indemnité à qui de droit.
- Art. 27
- Emploi des matiè/xs neuves ou de démolition appartenant ci l’Etat
- Lorsque les ingénieurs ou architectes jugent à propos d’employer des matières neuves ou de démolition appartenant à l’Etat ou à la ville, l’entrepreneur n’est payé que des frais de main-d’œuvre et d’emploi, d’après les éléments des prix du bordereau, rabais déduit.
- Art. 28
- Vices cle construction
- Lorsque les ingénieurs ou architectes présùment qu’il existe dans les ouvrages des vices de construction, ils ordonnent, soit en cours d’exécution, soit avant la réception définitive, la démolition et la reconstruction des ouvrages présumés vicieux.
- Les dépenses résultant de cette vérification sont à la charge de l’entrepreneur, lorsque les vices de construction sont constatés et reconnus.
- Art. 29
- Pertes et avaries ; cas de force majeure
- Il n’est alloué à l’entrepreneur aucune indemnité à raison des pertes, avaries ou dommages occasionnés par négligence, imprévoyance, défaut de moyens ou fausses manœuvres.
- Ne sont pas compris, toutefois, dans la disposition précédente, les cas de force majeure qui, dans le délai de dix jours au plus après l’événement, ont été signalés par l’entrepreneur ; dans ces cas, néanmoins, il ne peut être rien alloué qu’avec l’approbation du ministre. Passé le délai de dix jours, l’entrepreneur n’est plus admis à réclamer.
- Art. 3o
- Règlements cle prix des ouvrages non prévus
- S’il est jugé nécessaire d’exécuter les ouvrages non prévus, ou d’extraire des matériaux dans des lieux autres que ceux qui sont désignés dans le devis, les prix en seront réglés d’après la série qui aura servi de base aux devis adjugés, et ôn leur appliquera le rabais de l’adjudication.
- Art. 3 1
- Augmentation dans la masse des travaux
- En cas d’augmentation dans la masse des travaux, l’entrepreneur est tenu d’en continuer l’exécution jusqu’à concurrence d’un sixième en sus du montant de l’entreprise. Âu-delà de cette limite,
- i
- 'entrepreneur a droit à la résiliation de son marché.
- Art. 32
- Diminution clans la masse clos travaux
- En cas de diminution dans la masse des ouvrages, l’entrepreneur ne peut élever aucune réclamation tant que la diminution n’excède pas le sixième-du montant de l’entreprise. Si la diminution est de plus du sixième, il reçoit, s’il y a lieu, à titre de dédommagement, une indemnité qui, en cas de contestation, est réglée par le conseil de préfecture.
- Art. 33
- Changements dans Vimportance des diverses espèces cl'ouvrages
- Lorsque les changements ordonnés ont pour résultat de modifier l’importance de certaines-natures d’ouvrages, de telle sorte que les quantités prescrites diffèrent de plus d’un tiers, en plus ou en moins des quantités portées au détail estimatif, l’entrepreneur peut présenter, en fin de compte,, une indemnité basée sur le préjudice que lui auraient causé les modifications apportées à cetégard par les prévisions du projet.
- Art. 34.
- Variations dans les prix
- Il ne sera accordé à l’entrepreneur aucune indemnité pour cause de variations survenues dans les prix pendant la durée des travaux. Aucune-circonstance de cette nature, même celle dégrève, ne sera admise comme cas de force majeure et ne donnera à l’entrepreneur un droit à la résiliation du marché.
- Art. 35.
- Cessation absolue ou ajournement des travaux
- Si le ministre ordonnait la cessation absolue des travaux l’entreprise serait immédiatement résiliée.-S’il prescrivait leur ajournement pour plus d’une année, soit avant, soit après un commencement d’exécution, l’entrepreneur aurait le droit de demander la résiliation de son marché, sans préjudice de l’indemnité qui, dans ce cas comme dans l’autre, pourrait lui être allouée.
- Si les travaux ont reçu un commencement d’exécution, l’entrepreneur pourra requérir qu’il soit procédé immédiatement à la réception provisoire des ouvrages exécutés et à leur réception définitive après l’expiration du délai de garantie.
- Art. 36.
- Mesures coercitives
- Lorsque l’entrepreneur ne se conforme pas, soit, aux dispositions du devis, soit aux ordres de service qui lui sont donnés par les ingénieurs ou architectes, un arrêté du ministre le met en demeure d’y satisfaire dans un délai déterminé. Ce délai, sauf les cas d’urgence, n’est pas de moins de cinq jours à dater de la notification de l’arrêté de mise en demeure.
- A l’expiration de ce délai, si l’entrepreneur n’a pas exécuté les dispositions prescrites, le ministre-par un second arrêté et sans autre formalité, peut, selon les circonstances, soit ordonner l’établissement d’une régie aux frais de l'entrepreneur, soit prononcer la résiliation pure et simple du marché,, soit prescrire une nouvelle adjudication à la folle enchère de l’entrepreneur.
- En même temps il est procédé immédiatement, en présence de l’entrepreneur ou lui dûment appelé, à l’inventaire descriptif du matériel de l’entreprise.
- Pendant la durée de la régie, l’entrepreneur est autorisé à ensuivre les opérations sans qu’il puisse toutefois entraver l’exécution des ordres des ingénieurs ou architectes.
- Il peut d’ailleurs être relevé de la régie s’il justifie des moyens nécessaires pour reprendre les travaux et les mener à bonne fin.
- Les excédents de dépenses qui résultent de la régie ou de l’adjudication sur folle enchère sont, prélevés sur les sommes qui peuvent être dues à l’entrepreneur, sans préjudice des droits à exercer contre lui en cas d’insuffisance.
- Si la régie ou l’adjudication sur folle enchère amène, au contraire, une diminution dans les dépenses, l’entrepreneur ne peut réclamer aucune part dans ce bénéfice, qui reste acquis à l’administration.
- Art. 3y.
- Décès de l'entrepreneur
- En cas de décès de l’entrepreneur, le contrat est. résilié de droit, sauf au ministre à accepter, s’il y a lieu, les offres qui peuvent être faites par les héritiers pour la continuation des travaux.
- Art. 38.
- Faillite de l’entrepreneur
- En cas de faillite de l’entrepreneur, le contrat, est résilié de plein droit, sauf au ministre à accep-
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- Deuxième Année. — N° no.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iSSg.
- Dimanche 19 Septembre 18S6. — Bu.
- ter, s’il y a lieu, les offres qui peuvent être faites par les créanciers pour la continuation de l’entreprise.
- TITRE III.
- Règlement des dépenses Art. Bq.
- Bases du règlement des comptes
- A défaut de stipulations spéciales dans les devis, .les comptes sont établis d’après les quantités d’ouvrages réellement effectuées suivant les dimensions et les poids constatés par des métrés définitifs et des pesages faits en cours ou en fin d’exécution, sauf les cas prévus par l’article 24, et les dépenses sont réglées d’après les prix de l’adjudication.
- L’entrepreneur ne peut, dans aucun cas, pour les métrés et pesages, invoquer en sa faveur les us et coutumes.
- Art. 40 Attachements
- Les attachements sont pris, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, par les agents char-.gés de leur surveillance, en présence de l’entrepreneur et contradictoirement avec lui; celui-ci doit les signer au moment de la présentation qui lui en est faite.
- Lorsque l’entrepreneur refuse de signer ces attachements ou ne les signe qu’avec réserve, il lui est accordé un délai de dix jours, à dater de la présentation des pièces, pour formuler par écrit ses observations. Passé ce délai, les attachements sont censés acceptés par lui comme s’ils étaient signés sans réserve. Dans ce cas, il est dressé procès-verbal de la présentation et des circonstances qui l’ont accompagnée. Ce procès-verbal est annexé aux pièces non acceptées.
- Les résultats des attachements inscrits sur les carnets ne sont portés en compte qu’autant qu’ils ont été admis parles ingénieurs ou architectes.
- Art. 41
- Décomptes mensuels
- A la fin de chaque mois, il est dressé un décompte des ouvrages exécutés et des dépenses faites pour servir de base aux payements à faire à l’entrepreneur.
- Art. 42
- Décomptes définitifs
- A la fin de l’entreprise et lorsque la réception provisoire a eu lieu, le directeur général des travaux fait dresser le décompte définitif des travaux exécutés par l’entrepreneur.
- Ce décompte est présenté dans les bureaux du directeur général des travaux à l’acceptation de l'entrepreneur. Les métrés et attachements qui ont servi de base à la rédaction de ce décompte sont joints à l’appui.
- L’entrepreneur est autorisé, en outre, à faire transcrire par ses commis dans les bureaux du directeur général des travaux, celles de ces pièces dont il voudra se procurer des expéditions.
- Si l’entrepreneur refuse de signer le décompte ou ne l’accepte qu’avec réserve, il déduit ses motifs par écrit dans les vingt jours qui suivent la présentation des pièces, et, dans ce cas, il est dressé par le directeur général des travaux procès-verbal de la présentation et des circonstances qui l’ont accompagnée.
- Il est expressément stipulé que l’entrepreneur n’est point admis à élever des réclamations au sujet des pièces ci-dessus indiquées après le délai de vingt jours et que, passé ce délai, l’état de situation définitive est censé accepté par lui quand bien même il ne l’aurait pas signé ou ne l’aurait signé qu’avec une réserve dont les motifs ne seraient pas spécifiés.
- Le procès-verbal de présentation doit toujours être annexé aux pièces non acceptées.
- Art. 43
- U entrepreneur ne peut revenir sur les prix du
- marché
- L’entrepreneur ne peut, sous aucun prétexte, revenir sur les prix du marché qui ont été consentis par lui.
- Art. 44
- Reprise du matériel en cas de résiliation
- Dans le cas de résiliation prévus par les articles 35 et 37, les outils et équipages existant sur les chantiers et qui eussent été nécessaires pour l’achèvement des travaux sont acquis par l’Etat, si l’entrepreneur ou ses ayants droit en font la demande, et le prix en est réglé de gré à gré ou à dire d’experts.
- Ne sont pas comprises dans cette mesure les bêtes de trait ou de somme qui auraient été employées dans les travaux.
- La reprise du matériel est facultative pour l'administration dans les cas prévus par les articles .10, 31, 3q, 46 et 38.
- Dans tous les cas de résiliation, l’entrepreneur est tenu d’évacuer les chantiers, magasins et emplacements utiles à l’entreprise dans le délai qui est fixé par l’administration.
- _ Les ouvrages exécutés et les matériaux approvisionnés par ordre et déposés sur les chantiers, s’ils remplissent les conditions du devis, seront payés par l’Etat au prix de l’adjudication, sauf stipulations contraires insérées au devis.
- Les matériaux qui ne seraient pas déposés sur les chantiers ne seront pas portés en compte.
- TITRE IV Payements
- Art. q5
- P âge ment s d’acompte
- Les payements d’acompte s’effectuent tous les mois en raison de la situation des travaux exécutés, sauf retenue d’un dixième pour la garantie et d’un centième pour la caisse de secours des ouvriers.
- Il est, en outre, délivré des acomptes sur le prix des matériaux approvisionnés, jusqu’à concurrence des quatre cinquièmes de leur valeur.
- Le tout sous la réserve énoncée à l’article 5o ci-après.
- Art. 46
- Maximum de la retenue
- Si la retenue du dixième est jugée devoir excéder la proportion nécessaire pour la garantie de l’entreprise, il peut être stipulé au devis ou décidé en cours d’exécution qu'elle cessera de s’accroître lorsqu’elle aura atteint un maximum déterminé.
- Art. 47
- Réception provisoire
- Immédiatement après l’achèvement de tous les travaux de l’entreprise, il est procédé à une réception provisoire par les ingénieurs ou architectes, en présence de l’entrepreneur ou lui dûment appelé par écrit. En cas d’absence de l’entrepreneur, il en est fait mention au procès-verbal.
- Art. 48
- Réception définitive
- Il est procédé de la même manière à la réception définitive après l’expiration du délai de garantie. A défaut de stipulation expresse dans le devis, ce délai est d’un an pour les travaux de l’Exposition.
- Pendant la durée de ce délai, l’entrepreneur demeure responsable de ses ouvrages et est tenu de les entretenir.
- Art. 49
- Payement du solde
- Le dernier dixième n’est payé à l’entrepreneur qu’après la réception définitive et lorsqu’il a justifié de l’accomplissement des obligations énoncées dans l’article 20.
- Art. 5o
- Intérêts pour retard de payement
- Les payements ne pouvant être faits qu’au fur et à mesure des fonds disponibles, il ne sera jamais alloué d’indemnités, sous aucune dénomination, pour retards de payements pendant l’exécution des travaux.
- Toutefois, si l’entrepreneur ne peut en être entièrement soldé dans les trois mois qui suivent la réception définitive régulièrement constatée, il a droit, à partir de l’expiration de ce délai de trois mois, à des intérêts calculés d’après le taux légal pour la somme qui lui reste due.
- TITRE V
- C ontestations
- Art.. 5i
- Intervention du directeur général des travaux
- Si, dans le cours de l’entreprise, des difficultés s’élèvent entre les ingénieurs ou les architectes chargés des travaux et l’entrepreneur, il en est référé au directeur général des travaux.
- Dans les cas prévus par l’article 2 3, par le deuxième paragraphe de l’article 24 et par le deuxième paragraphe de l’article 28, si l’entrepreneur conteste les faits, le procès-verbal constatant les circonstances de la contestation est notifié per l’ingénieur ou l’architecte à l’entrepreneur, qui doit présenter ses observations dans un délai de vingt-quatre heures. Le procès-verbal est transmis par l’ingénieur ou l’architecte au directeur général des travaux pour qu’il y soit donné telle suite que de droit.
- Art. 52
- Intervention du ministre
- Si l’entrepreneur n’accepte pas la décision du Directeur général des travaux, il doit adresser au ministre un mémoire où il indique les motifs et le montant de ses réclamations.
- Si, dans le délai de trois mois à partir de la remise du mémoire, le ministre n’a pas fait connaître sa réponse, l’entrepreneur peut, comme dans le cas où ses réclamations ne seraient point admises, saisir desdites réclamations la juridiction contentieuse.
- Art. 53
- Jugement des contestations
- Conformément aux dispositions de la loi du 28 pluviôse an VIII, toute difficulté entre l'administration et l’entrepreneur, concernant le sens ou l’exécution des clauses du marché, est portée devant le Conseil de préfecture qui statue, sauf recours au Conseil d’Etat.
- A Paris, le 25 août 1886.
- Edouard Lockroy.
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- Le Journal officiel va publier une seconde liste, par ordre alphabétique, des souscripteurs au capital de garantie. La souscription étant toujours ouverte, il arrive chaque jour soit au Crédit foncier, soit au ministère du commerce, de nouvelles adhésions qui figureront sur la deuxième liste.
- M. Ed. Lockroy a déclaré au conseil des ministres, réuni le 16 septembre, que les 18 millions du capital de garantie étaient entièrement souscrits.
- LES TRAVAUX DE L’EXPOSITION
- Le conseil des travaux de l’Exposition universelle de 1889 s’est réuni, déjà deux fois, au pavillon Rapp, sous la présidence de M. Al-pliand, directeur général des travaux, et a continué l’examen minutieux des plans.
- On concentre actuellement tous les efforts sur les pavillons où seront installées les sections françaises et étrangères.
- Les études sont poussées très activement, pour que les plans et devis définitifs, surtout en ce qui concerne les parties métalliques, puissent être prêts pour une très prochaine adjudication. Nous espérons pouvoir être bientôt à même de mettre sous les yeux de nos lecteurs les plans et les élévations de tous ces pavillons. A l’heure actuelle aucun plan définitif de l’Exposition 11’est adopté. Aussi peut-on affirmer que les plans, vues, perspectives, etc., publiés dans les journaux illustrés ne sont que des projets dus au crayon par trop prophétique des dessinateurs.
- La partie de l’Exposition, qui doit occuper le centre du Champ-de-Mars, présente de très réelles difficultés par suite de la nature du sol, qui a été fouillé à l’époque de l’Exposition de 1878, et dont le remblayage a été fait dans des conditions très défectueuses.
- Dans une dizaine de jours, on va pouvoir commencer les travaux de repérage, de piquetage et de sondage du Champ-de-Mars, en vue d’établir le plan général de nivellement, et les nécessités des travaux de fondation. Un crédit de 10,000 francs a été ouvert à cet effet par le ministre du commerce.
- Ces travaux, pour être entrepris, exigeaient l’abandon absolu du champ de manoeuvres par l’autorité militaire.
- Cette formalité est aujourd’hui accomplie.
- Sur un ordre du ministre de la guerre, le gouverneur militaire de Paris a livré le lundi 20 septembre, le Champ-de-Mars au service de l’Exposition.
- Le pavillon qui se trouve sur l’avenue de Labourdonnais et qui était occupé par les bureaux du génie a été également évacué.
- Les bureaux du génie sont transférés à l’hôtel des Invalides.
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- 3i2. — Deuxième Année — N° qo.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 19 Septembre 1886.
- Le conseil des travaux a encore examiné les propositions faites par les entrepreneurs qui ont demandé à concourir à l'adjudication des quatre lots de clôtures.
- P.-S. —Le conseil des travaux de l’Exposition universelle de 1889 s’est réuni mercredi, sous la présidence de M. Alpliand, directeur général des travaux de l’Exposition universelle, pour examiner les demandes qui avaient été déposées par les entrepreneurs désireux de concourir a l'adjudication des clôtures en palissades du Champ-de-Mars. On sait que cette adjudication, qui devait avoir lieu samedi, est divisée en quatre lots.
- Un grand nombre de demandes avaient été adressées au ministère du commerce ; mais l’examen des dossiers ayant révélé que beaucoup de demandeurs 11e se trouvaient pas dans les conditions exigées par le cahier des charges, le conseil dus travaux a dû procéder à des éliminations.
- Après examen, le conseil a admis trente-sept demandes, dont les auteurs seront appelés à concourir à l’adjudication. Dans ce nombre figurent quelques Sociétés ouvrières.
- LA COMMISSION DE CONTROLE
- ET DES FINANCES
- La liste des 43 membres de la Commission de contrôle et des finances de l’Exposition de 1889 est définitivement arrêtée. M. Lockroy le soumettra lundi prochain au conseil de cabinet qui doit se réunir sous la présidence de M. de Freycinet.
- Elle sera envoyée le soir même à la signature du président de la République et paraîtra aussitôt après au Journal officiel.
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- LE CAPITAL DE GARANTIE
- Le succès de la souscription au capital de l’Exposition est aujourd’hui complet. On peut le constater en parcourant les listes de souscripteurs que nous publions dans nos colonnes.
- Ce succès, de l’avis unanime de la presse, est dû au zèle infatigable de MM. Lockroy, ministre du commerce, Christophle, gouverneur du Crédit foncier, Berger, directeur générai de l’exploitation de l’Exposition.
- Aussi est-ce avec une grande surprise que nous avons lu les lignes suivantes dans le Journal des Débats :
- Ouverte depuis quelques jours seulement la souscription au capital de garantie de l’Exposition de 1889 était couverte. La Banque de France et le Crédit foncier figurent dans ce total pour un chiffre considérable. Nous comprenons tort bien que ces deux grands établissements se soient empressés de seconder une entreprise qui peut avoir une influence heureuse sur la marche générale des affaires; mais ce qui nous parait moins explicable, c'est l’unanimité avec laquelle le personnel de la Banque et du Crédit foncier a tenu à contribuer au succès de la souscription. Directeurs, chefs et sous-chefs de bureaux, commis principaux et simples commis ont.rivalisé de zèle et de générosité. On affirme que l’élan a été spontané et que, par un mouvement irrésistible, tous les employés ont voulu donner à l’œuvre de M. Lockroy un témoignage de confiance, sans que l’autorité supérieure ait eu besoin d’intervenir.
- Cela est au moins douteux. Sans doute, aucune contrainte directe n’a été exercée surles employés, mais il y a certaines invitations qui équivalent à des contraintes. Ainsi, dans les collèges de pro-
- vince, quand il s’agit de se cotiser pour offrir au principal le traditionnel cadeau de fête, aucune pression n’est faite sur les élèves, mais ceux-ci conservent-ils entièrement leur libre arbitre r Les employés de la Banque et du Crédit foncier se sont trouvés dans la même situation que les élèves devant leur principal. Aussi ont-ils souscrit comme un seul homme, et pour des sommes importantes. Pouvaient-ils, d’ailleurs, refuser leur souscription, quand on leur soumettait des listes où figuraient les gouverneurs, les administrateurs et les chefs directs dont ils dépendent ? Ça été, évidemment, la carte forcée.
- Les trésoriers-payeurs généraux ont tenu, eux aussi, à se distinguer dans ce tournoi de générosité. Il est assez naturel que ces hauts fonctionnaires qui se savent menacés se hâtent de donner une preuve de bonne volonté à un ministère qui a inscrit dans son programme la suppression des recettes générales, mais il ne faudrait pas que cet exemple trouvât trop d’imitateurs forcés dans le monde administratif. Nous croyons savoir que le ministère avait envoyé une circulaire aux préfets pour leur prescrire « d’inviter» les fonctionnaires de tous ordres à souscrire au capital de garantie de l’Exposition. Cette circulaire a été retirée; mais c’est déjà trop qu’elle ait été écrite.
- La pression exercée sur le personnel de la Banque de France et du Crédit foncier n’a jamais existé que dans l’imagination du rédacteur du journal de M. Léon Say.
- Quant à la circulaire invitant les fonctionnaires de tous ordres à souscrire au capital de garantie, voici en quels termes elle était conçue :
- Paris, le 1 5 juin 1886.
- Monsieur le Préfet,
- Par décret en date du 8 novembre 1882, le gouvernement a décidé l’ouverture d’une Exposition universelle à Paris, le 5 mai 1889, et cette décision .est sur le point d’être définitivement ratifiée par les Chambres.
- Il importe donc de se mettre à l’œuvre sans retard et vous aurez bientôt à instituer dans votre département des centres d’initiative et de coopération. La formation du comité départemental et des sous-comités d’arrondissement sera d’ailleurs l’objet d’instructions détaillées que je vous adresserai par une prochaine circulaire.
- Je dois seulement vous entretenir dès aujourd’hui de la participation de votre département à la Société de garantie formée en vue de l’Exposition. Cette association, librement constituée dans les conditions prévues par la Convention et le Règlement dont vous trouverez ci-joints plusieurs exemplaires, a immédiatement obtenu d’importantes adhésions, et déjà, sans aucun appel à la publicité, elle a réuni à Paris un capital supérieur à sept millions.
- Les départements ne sauraient évidemment rester étrangers à cette souscription, et il vous appartient, monsieur le Préfet, d’éclairer et dégrouper les fonctionnaires, les fonctionnaires, les industriels, les négociants et les agriculteurs qui tiendront à honneur de participer effectivement au succès de l’Exposition et de prêter dans ce but au gouvernement un patriotique concours.
- En s’associant ainsi directement à l’œuvre commune, ils donneront la mesure de l’intérêt qu’ils y attachent, et se désigneront, pour ainsi dire, eux-mêmes pour le moment où vous aurez fait appel à des dévouements déjà éprouvés.
- Je ne doute pas que votre initiative et votre exemple ne provoquent dans votre département,, un sérieux mouvement d’opinion et je vous serai obligé de vouloir bien me communiquer, dès qu'il vous sera possible, le chiffre de souscriptions atteint avec les noms et qualités des souscripteurs.
- Recevez, monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce et de l'industrie, Edouard Lockroy.
- Nos lecteurs apprécieront. Terminons en citant une phrase de notre confrère Paris, qui renferme probablement l'explication de l’article du Journal des Débats.
- « Au reste, s’il faut en croire certains propos, cette attaque furibonde serait inspirée par un puissant financier du Journal des Débats, qui ne
- pouvait admettre le succès de la souscription au-capital de garantie de l’Exposition s’il n’y prenait pas part. » S’il en était ainsi, ce puissant financier aurait été lui-même bien mal inspiré.
- -------—--»-© <»> Q «-i———--
- ASSOCIATION DE GARANTIE.
- LISTE DES SOUSCRIPTEURS
- (Suite.)
- Chambre syndicale de la charcuterie,
- 41, rue Jean-Jacques-Rousseau. 20.000
- Chambre syndicale du commerce en gros des vins et spiritueux de Paris et du département de la Seine. —
- Ses membres. 3o.ooo
- Chambre syndicale des tissus et des matières textiles :
- MM.
- Marcilhacy, président, 20, rue Advienne (2e souscription). 5.000'
- Journé (P.), 1e1' vice-président, 9, rue d’Uzès. 2.000
- Germain (L.), 2e vice-président, 32,
- rue de l’Echiquier. 1.000
- Dehollain, secrétaire, 29, rue du
- Mail. 2.000.
- Taillandier, trésorier, 3^j, rue de
- Cléry. 5.ooo-
- Barat (P.,1, secrétaire général, 8, rue d’Aboukir. 1.000-
- Gouault, 32, rue des Jeûneurs. 1.000
- Tharel, 26, rue Notre-Dame-des-
- Victoires. 1.000
- Reyrel, 35, rue du Sentier. 1.000
- Hussenot (H.), 16, rue du Mail. 1.000
- Vergne, y, rue du Quatre-Septembre. i.ooo-
- Brylinski, 9, rue d’Uzès. i.ooo-
- Bréant, 60, rue d’Aboukir. 2.000-
- Talamon, 64, rue Richelieu. 1.000
- Baudoux-Chesnon, 5o, rueCroix-des-Petits-Champs. 1.000
- David, Troullier, 27 et 29, rue du 1.000
- Sentier.
- Giraudeau, 33, rue des Jeûneurs. i.ooo-
- Tabourier et Bisson, 6, rue d’Aboukir. 1.000
- Grandgeorge, 23, rue des Jeûneurs. 2.000
- Jodon, 34, boulevard des Italiens. 1.000
- Raimon et Ducrocq, 19, rue du
- Quatre-Septembre. 1.000
- Lefébure frères, i3, boulevard Poissonnière. 1 000
- Dormeuil frères, 4, rue Vivienne. 2.000
- Sochné et Pèze, 28, rue Feydeau. 1.000
- Dupont, Pierret et Cie, 28, rue Notre-
- Dame-des-Victoires. 1.000
- Lecluze et Oger, 128, rue Montmartre. 1.000
- Dupuis-Putois, 139, rue Saint-Martin. 1.000
- Ancelot, 42, rue de Hanovre. 1.000
- Marcade, 26, rue Notre-Dame-des-Victoires. 3.000
- Klotz jeune, 2, place des Victoires. 2.000
- Meunier et Cie, 6, boulevard des Capucines. 2.000
- Worth (G.), 7, rue de la Paix. 1.000
- Neyret, 34, rue des Bourdonnais. 1.000
- Constant (E.), 31, rue Bourdonnais. i.ooo-
- Ponnier, 3o, rue du Sentier. 1.000
- Dupont et Ci0, 6, rue d’Aboukir. 1.000
- Megroz et Portier, 10, rue d’Aboukir. 1.000
- Arragnon, 20, rue du Sentier. 1.000
- Fourrier, 31, rue du Sentier. i.ooo-
- Dambrun, i3, rue de Cléry. 1.000
- Londe, Poirrier et Rapin, 3, place
- des Victoires. ^ 1.000
- Rendu et Faucher, 8, rue du Sentier. 1.000.
- Raffard, 226, rue Saint-Denis. 1.000
- Delannoy, 2 5, rue Hauteville. 1.000
- Saint (Ch.), 4, rue du Pont-Neuf. 1.000
- Simonnet, 122, rue Montmartre. 1.000
- Cartier-Bresson, 86, boulevard Sébastopol. _ 1.000-
- Navette, 226, rue Saint-Denis. 1.000-
- Gros, Roman, Marozeau et Cie, 6, rue d’Uzès. 5.ooo
- David et Marx, 4, boulevard Montmartre. 2.000
- Candy, 3y, rue du Sentier. 1.000
- Bourgeois frères, 55, rue d’Aboukir. 1.000
- Couturat, 118, rue de Rivoli. 1.000
- Legrand frères, 8, rue Sainte-Foy. 1.000
- Boistay, 170, rue Saint-Martin. ' 1.000
- Vuillet, 10, rue de Rivoli. 5.000
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-
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-
- Deuxième Année. — N° 90.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
- MM.
- MM.
- Michaud et Gie, 9, faubourg Poissonnière.
- Villain, 3i, rue du Bac-
- Rouveirollis, 128, rue Montmartre.
- Révillon (L.), 79 et 81, rue de Rivoli.
- Vaquez-Fessat, 187, rue Saint-Denis.
- Bécoulet, 63, boulevard Saint-Michel.
- Argand Baraduc, place Clichy.
- Maumy, 28, rue Montmartre.
- Berthelot, 9, rue de Cléry.
- Simonnot-Godard, 33, rue du Sentier.
- Dreyfus frères, 72, rue Montmartre.
- Cordier, 26, rue du Caire.
- Déhesdia, 52, rue Montmartre.
- Jourdan, 5, rue du Quatre-Septem-bre.
- Weinbach (Eugène), 60, rue Richelieu.
- VVeinbach (Max), 60, rue Richelieu.
- Loussel et Cauvin, 5o, boulevard Sébastopol.
- Loussel, 5o, boulevard Sébastopol.
- Fabre, 95, faubourg Saint-Denis.
- Klotz et Lévy, 8, rue du Mail.
- Levesque (Cn.), 10, rue du Sentier.
- Pagoy (A.), veuve, 7, rue Saint-Fiacre.
- Scheurer, Rott et Cie, 11, rue d’Uzès.
- Léon frères et Cie, 32, rue du Sentier.
- Dollfus, Mieg et Cie, 9, rue Saint-Fiacre.
- Chanée, 2 5, n .3 de Cléry.
- Hennape (A.), 3, place Valois.
- Gilis (Lucien), 8, rue Neuve-Saint-Augustin.
- Gassier et fils, i3, rue du Quatre-Septembre.
- Tassel et Racine, 46, rue Montor-gueil.
- Kahn, Lang et Cie, i3, rue Poissonnière.
- Poiret frères et neveu, 40, rue Saint-Denis.
- Hamot (G. et R.), 75, rue Richelieu.
- Martin (G.), 80, rue Richelieu.
- Mélerio et Fossé, 26, rue du Sentier.
- c
- MM.
- Chameroy, 14, rue de Strasbourg.
- Champeix, trésorier-payeur général de l’Ardèche.
- Champenois et Cie, imprimeurs-éditeurs, 66, boulevard Saint-Michel.
- Chapu (Pierre-Augustin), négociant,
- 5, rue de la Tacherie.
- Charron (Jules), trésorier-payeur général de la Loire-Inférieure.
- Chastel (Jules), 43, boulevard Ma-lesherbes.
- Chauzeix (François), trésorier-payeur général du Var.
- Chirade (Armand-Simon), négociant, 11, rue Marivaux.
- Chiris (Edmond), manufacturier à Grasse (Alpes-Maritimes).
- Christofle et Cie, orfèvres, 56, rue de Bondy.
- Claude Lafontaine, Martinet et Cie, banquiers, 32, rue de Trévise.
- Clerc, directeur de la société des immeubles de France.
- Clerc, trésorier payeur général de Saône-et-Loire.
- Clermond (de), négociant, 11, rue Barbette.
- Colas (Charles), charcutier, 33, rue de la Chaussée-d’Antin.
- Colin (Armand), éditeur, 174, boulevard Saint-Germain.
- Collin (Anatole), fabricant d’instruments de chirurgie, 6, rue de l’E-cole-de-Médecine.
- Collin (Armand), mécanicien électricien, 2, place du Théâtre-Français.
- Combarieu (de), trésorier-payeur général de la Meuse.
- Combier, trésorier-payeur général de la Drôme.
- Combier (James), distillateur à Sau-mur (Maine-et-Loire).
- Compagnie Algérienne, 13, rue des Capucines.
- Compagnie Foncière de France.
- Compagnie générale des eaux, 52, rue d’Anjou-Saint-Honoré,
- Compagnie générale des voitures, à Paris , place du Théâtre-Français.
- Compagnie générale transatlantique,
- 6, rue Auber.
- Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage p . le gaz, 6, rue Condorcet.
- Compagnie parisienne de voitures l'Urbaine, $9, rue Taitbout.
- 1.000 3.ooo 3.ooo 1.000 1.000
- 1.000 2.000 1.000 1.000 1.000 1.000
- 1 000 1.000
- 1.000
- 2 000 5.000
- 1.000 1.000 3.ooo 1.000 1.000
- 1.000
- 2.000
- 1.000
- 2.000
- 2.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000 3.000 1.000 1.000
- 10.000 10.000 5.ooo 2.000 5.ooo 5.ooo 10.000 2.000 2.000 5o.ooo 2 5.000 25.000 20.000 5.ooo 2.000 10.000
- 4.000
- 5.ooo
- 10.000
- 5.ooo
- 5o.ooo
- 25.000
- So.ooo
- 5o.ooo
- 200.000
- 100.000
- 200.000
- 5o.ooo
- Compagnie du parc de Bercy, 17, rue Louis-le-Grand. 0 0 0
- Comptoir d’Escompte de Paris. Soo.ooo
- Comptoir d’avances, 3, rue Louis-le-Grand. 5o.ooo
- Comptoir des Entrepôts et Magasins généraux, 1 3, rue du Cloître-Saint-Honoré. So.ooo
- Conus, trésorier-payeur général des Landes. 10.000
- Coquelin (Louis-Gustave), publiciste 16, boulevard Haussmann. > 15.ooo
- Corbel, fabricant d’huiles à Cour-seulles-sur-Mer. 1.000
- Cosson, trésorier-payeur général du Doubs. 6.000
- Courbouleix (Victor),5, rue de Vienne. 5.ooo
- Courtillier, trésorier-payeur général de la Vendée. 10.(500
- Courtois-Suffit (Octave), architecte, 31, rue de Chabrol. Coutelier (Edmond-Jules-Victor), 52, boulevard Richard-Lenoir. 1.000
- 5.ooo
- Couturier (H.), agent de change, 8, rue delà Michodière. 10.000
- Crédit agricole Union des syndicats agricoles, 9, rue Marsollier. 100.000
- Crédit algérien, 1 5, place Vendôme. 15.ooo
- Crédit foncier et agricole d’Algérie, 8, place Vendôme. 5o.ooo
- Crédit industriel et commercial, 66, rue de la Chaussée-d’Antin. 3oo.ooo
- Crédit lyonnais. Soo.ooo
- Crédit mobilier, 15, place Vendôme. Crepy (de) (Joseph), trésorier-payeur général de l’Orne. 15o.ooo
- 15.ooo
- Croquelois, 51, rue Vivienne. Cuau aîné et Cie, entrepreneurs de fumisterie, 234, rue Championnet. Cumont (Alexis), parfumeur, 61, rue de Paris, à Pantin. 1.000
- 1.000
- 1.000
- Cumont (Jules-Victor), facteur assermenté aux Halles centrales, 24, rue du Bouloi. 2.000
- Crédit foncier de France. 600.000
- Albert Christophle, gouverneur du Crédit foncier de France (souscription de 5o,ooo francs portée sur la ire liste). Le Guay (Albert), sous-gouverneur du Crédit foncier de France. 2 5.000
- Levêque, sous-gouverneur du Crédit foncier de France. 25.000
- Méliodon, secrétaire général du Crédit foncier de France. 20.000
- Dailly, administrateur. 10.000
- Dutilleul, administrateur, trésorier général d’Indre-et-Loire. 10.000
- Guiffrey (Georges), administrateur. 10.000
- Heuzey-Deneirouse, administrateur. 10.000
- Marraud, administrateur. 10.000
- Mazeau, administrateur. 5.ooo
- Mézières, administrateur. 5.000
- Sébastien de Neufville, administrateur. 20.000
- Plassard, administrateur. 10.000
- Renourd, administrateur, trésorier général des Basses-Pyrénées. 15.000
- Rouland (Gustave), administrateur, trésorier général de l’Eure. 3o.ooo
- Thoureau (Félix), administrateur. 10.000
- Brice (René), censeur. 10.000
- Sauret, censeur. 10.000
- Viard, secrét.général d’administration. 6.000
- Carité, employé. 2.000
- Baste, sous-chef de bureau. 5.ooo
- Lamane, employé. 2.000'
- Girard, chef du bureau personnel. 3.000
- Delatour, sous chef-de bureau. x .000
- Chassa, sous-chef de bureau IoOOO
- Griveau, commis principal. 2.000
- Grosjean, employé. Dupont (Léon), employé. 1.000
- 1.000
- Malortigue, chef de bureau de l’enregistrement général. 2.000
- Gauthier (Ferdinand), chef de bureau du secrétariat. 5.ooo
- Marcel, chef de bureau. 1.000
- Cibot, sous-chef de bureau. 1.000
- Martin (Sem), commis principal. 1.000
- de Mazewaski, sous-chef de division du portefeuille. 12.000
- Haye, sous-chef de bureau. 3.ooo
- Bobowicz, chef du bureau d’ordre. 3.ooo
- Depagne, chef du service de l’inspection. 5.ooo
- Dauvé, chef de bureau. 1.000
- Ducloux, chef de bureau. 1.000
- Poynot, inspecteur principal. 1.000
- Maricot, sous-chef de bureau de l’examen des titres. 1.000
- Savouré, sous-chef de bureau. 2.000
- Letestu, sous-chef de division du contentieux. 2.000
- Lecomte, sous-chef de bureau. 1.000
- •Faudmer, sous-chef de bureau. 1.000
- Molle, sous-chef de bureau. 1.000
- Plagne, sous-chef de bureau adjoint. 1.000
- Dimanche 19 Septembre 1886.— 313.
- Noël, examinateur. 5.000
- Du Saussey, examinateur. 1.000
- Magnin, sous-chef de division des prêts aux communes. 6.000
- Samion, sous-chef de bureau* 1.000
- Sivry, chef de division de la comptabilité. 10.000
- Lagostena, sous-chef de division. 3.000
- Sarrazin, chef de bureau. 4.000
- Galezowski, chef de bureau. 4.000
- Miesel, chef de bureau. ' 2.000
- Maugras, sous-chef de bureau. 2.000
- Fanton, sous-chef de bureau. 2.000
- Kisielewski, sous-chef de bureau. 2.000
- Gautier (Jules), sous-chef de bureau. 2.000
- d’Andecy, sous-chef de bureau. 2.000
- Diey, sous-chef de bureau. 5.000
- Eugot, sous-chef de bureau. 2.000
- Turquand d’Auzay (Louis-Marie-
- Abel), employé. 1.000
- Binet (Camille), employé. 1.000
- Gauthier (Alfred), caissier principal. 3.000
- Valluet, chef de bureau. 1.000
- Mugneret, chef de bureau. 2.000
- Carré, chef de bureau. 1 000
- Lesacq, sous-chef de bureau. 1.000
- Roux, sous-chef de bureau. 1.000
- de Planterose, chef de la division des
- titres. 3.ooo
- Sergent, chef de bureau. 2.000
- Barbet-Massin, chef de bureau. 2.000
- Emy, chef de bureau. 2.000
- de Veyny, sous-chef de bureau. 1.000
- Voise, sous-chef de bureau. 1.000
- Guillaume, sous-chef de bureau. 1.000
- Delafosse, sous-conservateur de titres. 1.000
- Jubin, sous-chef de bureau. 1.000
- Roussel, sous-chef de bureau. 1.000
- Huet, sous-chef de bureau. 1.000
- Halopé, sous-chef de bureau. 1.000
- de Partouneaux, sous-chef de bureau. 1.000
- Angot, commis principal. 1.000
- Mathieu, commis principal. 1.000
- Imhoff, chef de division honoraire. 10.000
- Lecomte (Alexandre), sous-chef de bureau. 1.000
- Mondon, directeur de la succursale de
- Saint-Etienne. 5.000
- Etenaud, chef du contrôle. 1.000
- Croché, sous-chef de bureau. 1.000
- Pierceau, sous-chef de bureau. 1.000
- Colson, adjudant du service intérieure. 1.000
- Cabolet (Frédéric), chapelier, 119,
- faubourg du Temple. 1.000
- Cahen d’Anvers et Cie, banquiers, 47,
- rue Cambon. 100.000
- Caisse générale de l’Epargne, 46, rue des Petits-Champs. 5o.ooo
- Camondo et Cie, banquiers, 31, rue
- Lafayette. 25.000
- Canivet (Raoul), publiciste, 9, rue
- Léonie. 2.000
- Cavaroc, trésorier-payeur général de la Corrèze. 10.000
- Cazelles (Joseph-Jules) , trésorier-payeur général de l’Hérault. 5.000
- Cazet (Alphonse), agent de change, 21,
- boulevard Haussmann. i5.oôo
- Chabert (Charles), agent de change,
- 2, rue des Moulins. 10.000
- Chabert (Camille), trésorier-payeur
- général du Morbihan. 10.000
- Chabert (Emile), trésorier-payeur général de la Mayenne. 10.000
- Ch’abrières-Arlès , trésorier-payeur
- général du Rhône. 5o.ooo
- Chaix, imprimeur, 20, rue Bergère. 25.000
- Chalmel fils et gendre, fabricant de
- vernis, 32, avenue Daumesnil. 10.000
- Chambre de commerce de Beaune (Côte-d’Or). 1.000
- Chambre de commerce de Bourges. 1.000
- Chambre de commerce de Dunkerque. 10.000
- Chambre de commerce de Paris. 100.000
- Total..................... 4.119.000
- Total de la liste précédente. . 3.126.000
- Total................. 7.245.000
- NOTRE GRAVURE
- La grande façade du Palais du Champ-de-Mars, à l’Exposition de 1878, avait un aspect vraiment féerique qui surprenait et étonnait le visiteur. Le grand perron, élevé d’une quinzaine de mâches, formait un magnifique soubassement au palais et permettait d’embrasser facilement le panorama lointain et grandiose du Trocadéro et de ses ailes.
- Voir la suite page 316.
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- N° no
- LE MONITEUR DE L’^pOSTTlnN DE i88o.*ï
- Dimanche io Septembre t886.
- 44 cr 245. — Deuxième Année. —
- LA FAÇADE
- PRINCIPALE Dl' CHAMP-DE-MARS
- EN
- 1878
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- 3i6. — Deuxième Année. — N° 90.
- Voici le grand tapis que bordaient de chaque côté deux larges allées, incessamment parcourues par les piétons, les agents, voire même les camions, mais surtout par les petits fauteuils roulants. Le long de ces allées s’échelonnaient les petits bâtiments d’expositions particulières, aux portes desquels serpentait et ondoyait la queue des curieux impatients de tout voir, et qui, à peine arrivés, s’égaraient et se perdaient dans les détails ; les statues, les groupes, les fontaines, les massifs floraux, avaient leurs admirateurs ; la célèbre tête de la Liberté éclairant le monde suscitait des réflexions et des comparaisons ; autour des cafés et des restaurants grouillait tout un peuple de buveurs et de fumeurs.
- La vie était chère à l’Exposition, a-t-on dit ; aussi des familles n’avaient pas honte de leur économie. Le père portait le bissau, la mère de famille son panier, les enfants rien, et ils s’installaient sur un banc sans souci du qu’en-dira-t-on, sans charité pour les malheureux piétons, cherchant quelque place nette au milieu de ce rassemblement de victuailles et de bouteilles ; ils reprenaient des forces nouvelles pour mieux admirer.
- Vu de la grande terrasse, tout ce monde entraîné dans un mouvement incessant, ces toilettes que colorait le soleil, ces nuances mêlées et chatoyantes qui se fondaient, tout cela formait un kaléidoscope virant, que l’on se surprenait à regarder durant de longues heures et qui n’était certes pas le côté le moins curieux de l’Exposition.
- ÉCHOS
- Paris
- L’inauguration du monument de Berlioz au square de Vintimille est fixée au dimanche 17 octobre prochain.
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- On se dispose à faire l’nauguration officielle de l’Ecole d’ameublement dès les premiers jours du mois prochain. Le ministre du commerce et de l’industrie, le préfet de la Seine, etc., seront invités à cette cérémonie, à laquelle assistera également une délégation du conseil municipal. Indépendamment des frais d’installation et d’acquisition de l’immeuble de la rue de Reuilly, le conseil municipal a voté une somme de 90,000 fr., formant le budget de l’école, et sur laquelle somme on devra prélever de quoi payer les professeurs. Les professeurs contre-maîtres reçoivent un traitement fixe de 3,500 fr. Les professeurs externes, plus spécialement chargés de l’enseignement classique, sont payés à raison de 250 fr. pour cinquante heures ae travail.
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- Les examens d’admission à l’Institut national agronomique auront lieu, cette année, le 18 octobre prpchain.
- Pour les écoles nationales d’agriculture de Grignon (Seine-et-Oise), de Montpellier (Hérault), et de Grandjouan (Loire-Inférieure), les examens auront lieu le 6 octobre au siège de ces établissements.
- En ce qui concerne les candidats que l’accomplissement du service militaire aura empêchés de prendre part aux épreuves d’octobre, ils seront examinés dans une session extraordinaire qui s’ouvrira le 15 novembre suivant et qui leur sera exclusivement réservée.
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- M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie a reçu en audience particulière MM. Denis Poulot, H. Fontaine, Mesureur, Albert Cahen et Lehoux, ingénieurs, délégués du comité de la Société des anciens élèves des écoles nationales des arts et métiers.
- Ces messieurs ont remis entre les mains du ministre un rapport qui leur avait été demandé concernant l’organisation générale de l’enseignement technique et professionnel.
- Voici les vœux formant la conclusion de ce volumineux rapport:
- 1° Donner le plus grand développement possible à l’enseignement du travail manuel, du dessin linéaire et du dessin artistique à l’école primaire ;
- 2° Donner ces deux enseignements d’après des méthodes pédagogiques et rationnelles ;
- 3° Centraliser la direction de tous les établissements d’enseignement technique au ministère du commerce et de l’industrie;
- 4° Multiplier les écoles d’apprentissage pour former des ouvriers dans toutes les professions ;
- 5° Créer des cours professionnels du jour et du dimanche dans les localités dont l’importance ne comporte pas la création d’écoles dlapprentissage ;
- 6° Laisser à l’initiative et aux ressources locales
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche iq Septembre iSSô.
- le rôle prépondérant dans la création des écoles d’apprentissage ;
- 7° Créer des écoles professionnelles régionales formant le second degré de l’enseignement technique et servant de préparation aux carrières industrielles, commerciales et agricoles, ainsi qu’aux écoles supérieures d’industrie, de commerce et d’agriculture ;
- 8° Adapter l’enseignement professionnel aux besoins de la région ;
- 9° Laisser aux conseils généraux et aux associations régionales ou locales le rôle prépondérant dans la fondation des écoles professionnelles ;
- 10° Introduire des méthodes raisonnées dans les écoles techniques du premier et du second degré pour l’enseignement du travail manuel et du dessin ;
- 11° Créer un laboratoire de chimie au Conservatoire des arts et métiers, et modifier les règlements pour la fréquentation des cours du soir ;
- 12° Augmenter le nombre des écoles d’arts et métiers, en spécialisant les programmes, pour compléter le troisième degré de notre enseignement technique ;
- 14° Organiser, dans les principales villes de France, des Facultés techniques qui donneraient, avec l’Ecole centrale des arts et manufactures et avec l’Institut industriel du Nord réorganisé, le degré supérieur de l’enseignement technique.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition générale de l’exploitation des tourbières aura lieu à Berlin du 13 au 20 février 1887.
- Soixante et un exposants ont pris part à la dernière exposition d’horticulture ouverte à Berlin le samedi 4 septembre.
- L’exposition modèle annuelle de la bimbeloterie et des industries de luxe, aura lieu au Krystall-alast de Leipzig (royaume de Saxe), du lundi 0 au lundi suivant 27 courant.
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- L’exposition industrielle et artistique régionale delà Souabe, à Augsbourg, est prolongée jusqu’au jeudi 30 septembre.
- Une exposition industrielle de la Thuringe méridionale et de laFranconie du Nord est organisée à Cobourg et ouvrira dans le courant de l’année prochaine. Elle sera accompagnée d’une exposition agricole et horticole.
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- L’organisation à 'Fribourg (grand -duché de Bade), d’une exposition industrielle du Haut-Rhin est maintenant assurée. Elle aura lieu sur le Karlsplatz , du 1er juillet au 30 septembre 1887, sous le patronage du grand-duc de Bade.
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- L’exposition régionale du duché de Saxe-Alten-bourg, dont nous avons parlé à différentes reprises comprend les produits delà grande et de la petite industrie, de l’art industriel, les beaux-arts, la vénerie, les travaux de femmes, les antiquités artistiques et une section forestière.
- Il faut signaler comme occupant une place importante dans la section industrielle la fabrication des gants, des boutons, de la porcelaine, des machines et de la poterie. Toutes les sections sont éclairées à la lumière électrique et ont été visitées jusqu’ici par près de 100,000 personnes._
- Différentes expositions spéciales consacrées à l’horticulture, l’apiculture, l’art culinaire , l’élevage des bestiaux, la race canine et la pêcherie se sont succédé depuis l’ouverture. Les dernières en date sont l’exposition d’agriculture et le concours agricole inaugurés le 4 septembre. Ce dernier, divisé en quatre groupes, est consacré aux machines et instruments d’apiculture, aux produits agricoles bruts et ayant subi des préparations industrielles, à l’élevage des bestiaux et aux engrais.
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- Angleterre
- L’exposition artistique et industrielle de North-Islington, ouverte au printemps dernier par M. Barthey, membre du parlement, a eu un si grand succès que la direction a décidé de la transformer en institution permanente.
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- Une nouvelle exposition internationale aura lieu l’année prochaine en même temps que celles de Manchester et Newcastle. Elle sera organisée à Saltaire, dans le comté d’York.
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- Autriche-Hongrie
- Le Musée Morave des arts-et-métiers de Brünn a ouvert le mercredi dernier, 15 septembre, une exposition rétrospective et contemporaine des objets en métal servant à l’ornementation et aux usages domestiques.
- Dix groupes se partagent l’orfèvrerie d’or et d’argent, la fonderie de bronze, d’étain, de zinc, la serrurerie d’art, les cuivres, l’horlogerie et la gravure.
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- Chine
- Le commerce de Shang-Haï a l’intention d’organiser une exposition internationale qui aurait lieu dans le courant de 1888, et dont le but serait de mettre une fin àla crise commerciale actuelle.
- On espère que la cour de Pékin, imitant les gouvernements étrangers, donnera son concours à l’entreprise et accordera les facilités nécessaires au point de vue douanier.
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- Espagne
- _ C’est dansle courant de l’automne del887 qu’aura lieu, selon toutes prévisions, l’inauguration de la première exposition universelle organisée par l’Espagne, à Barcelone.
- Le projet obtient chaque jour de nouvelles adhésions à Barcelone, et il est de plus très favorablement accueilli dans toute la province de Catalogne.
- S’il faut en croire la Epoca , la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Angleterre,^ l’Italie, la Belgique et les Etats-Unis de l’Amérique du Nord auraient, dès maintenant, promis leur participation.
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- États-Unis
- Une importante exposition artistique, annexée à l’exposition industrielle de Minneapolis, a été ouverte le lundi 23 août.
- Une intéressante exposition exclusivement consacrée aux croquis et esquisses de Millet, aura lieu dans le courant de l’hiver prochain à New-York, dans Keppel’s Gallery.
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- Italie
- Nous avons parlé de l’exposition d’art religieux organisée au Vatican à l’occasion du jubilé de Léon XIII. Ajoutons que l’exposition à laquelle le pape a consacré une somme de trois cent mille-francs, aura lieu dans les jardins du palais pontifical et qu’une loterie, patronnée par les dames de l’aristocratie romaine, est destinée à en couvrir les frais.
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- Pays-Bas
- Toute une série d’expositions se prépare à Amsterdam.
- C’est d’abord, pour le lundi 27 septembre, l’ouverture d’une exposition internationale de peinture.
- On annonce, en second lieu, la formation d’un comité qui prépare une exposition générale de l’alimentation, et troisièmement, l’inauguration en octobre 1887 d’une exposition internationale de travaux artistiques d’aiguilles.
- Tonkin
- En vertu d’une décision du Président général, un Comité d'études agricoles, industrielles et commerciales de l’Annam et du Tonkin a été crée à Hanoï.
- Ce comité aura la préparation, l’organisation et la direction des expositions locales et des envois que le Protectorat pourra faire aux expositions extraterritoriales.
- L’article 4 de la même décision porte qu’une exposition publique aura lieu tous les 5 ans à Hanoi .
- Nos lecteurs savent que la première ouvrira le 1er janvier 1887.
- Le comité publiera un bulletin.
- UNE EXPOSITION A HANOI
- On sait qu’une exposition des produits français doit avoir lieu à Hanoï. Cette exposition ouvrira le 15 janvier. Elle comprendra les produits naturels et ouvrés de France, de Cochinchine et des colonies françaises.
- Le protectorat prendra à sa charge les frais de transport jusqu’à Hanoï aller et retour.
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- Deuxième Année. — N° 90.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DES SCIENCES & DES «RTS INDUSTRIELS, 1886
- Palais cle l'Industrie ( Champs-Elysées )
- (Voir le Moniteur du 12 septembre 18S6).
- M. Julien vient d’envoyer de Bruxelles une seconde voiture pour son tramway électrique, ce qui permet de n’avoir point d’arrêt pour le transport des visiteurs que ce moyen de transport, sans force motrice apparente, attire de plus en plus à l’Exposition. A propos du tramway, nous mentionnerons le pavage des passages à niveau, que M. E. Dewagemaker, entrepreneur, a fait pour montrer son système de pavage hexagonal en bois de chêne, sur un lit de ciment Portland. La forme hexagonale qu’il donne à ses pièces de bois lui permet d’utiliser les bois d’un faible diamètre, et tout porte à croire que le chêne s’usera moins vite que le sapin de Norvège, généralement employé, sans que les prix de ce nouveau pavage different sensiblement de ceux de l’ancien système.
- Nous terminerons maintenant le compte-rendu des groupes I, II, III de l’enseignement primaire et supérieur qui se trouvent dans les salles 7 et 9, qui contiennent aussi des exposants divers.
- Salle 7.
- La Société centrale des produits chimiques de la rue des Ecoles, n°44, a une exposition très intéressante, parmi laquelle on remarque une balance très ingénieuse pour essayer les ciments, et une balance pour analyses chimiques, du système de Sartorius de Gollingen, qui peut peser 5oo grammes en garantissant de ne pas commettre une erreur dépassant un dixième de milligramme.
- De petits modèles de machines à vapeur et locomotives et d’instruments à l’usage des sciences se trouvent dans la vitrine de M. A. Chané, et à côté, on remarque les articles de bureau de Georges Borgeaud.
- Dans cette salle, les billards de J. Abadie, les restaurations d’anciennes tapisseries de M. P. Sa-veiron , les malles de Laporte, une partie de l’exposition de la Ménagère, consistant en articles de voyage, tentes et harnais, une collection très remarquable des cuirs décoratifs de F Burg, de Paris, et les mobiliers des écoles, du système A. Lemel, qui méritent une mention toute spéciale.
- Salle 8.
- En entrant, on y retrouve une vieille connaissance universellement connue, la collection des manuels Roret, la photogravure de F. Alix. Les modèles de menuiserie de Minard, représentant le dôme des Invalides et un comble à la Philibert Delorme.
- A côté est un modèle de hangar qui se fait remarquer par sa légèreté et sa simplicité de construction, c’est celui de l’Exposition ouvrière qui a été construit par M. Paul Chalet, entrepreneur, sous la direction de l’architecte bien connu, M. Formigé.
- Admirons, en passant, les panoramas en relief de M. G. Bauevkeller, qui sont de véritables ouvrages de patience et les dessins exposés par le cours de dessin géométrique de Pierre Chabat.
- Une très jolie collection de miniatures, aquarelles et peintures sur porcelaines a été exposée par Mllc de Beaufort, dont l’école est très connue, ainsi que le cours de peinture à l’huile de Mm0Thoret.
- MM. Ch. Bruneau, architecte, et Laoust, sculpteur, exposent un très beau fragment, en plâtre, d’un plafond d’escalier et de hall.
- Les tapisseries artistiques de J. Espiau méritent d’être examinées de près, ainsi que les tissus cuir sculpté de M. Ad. Bressac, de Passy, qui ont beaucoup de cachet.
- Un nouvel exposant vient d’arriver dans la salle .8 : c’est M. A. Desaint, 1, rue Alfred Stevens et ses imitations dé cuir pour remplacer le papier peint auxquelles il donne le nom de duro-textile-mu-raline, qui sont inaltérables et peuvent se laver comme du marbre, sont appelés à jouer un grand rôle dans la décoration des appartements.
- Mentionnons aussi l’Ecole préparatoire de préparation au dessin d’architecture de M. Guérin, et le piano exécutant de MM. Garioli et Cio avec lequel tout le monde est pianiste.
- Salle 9
- Une exposition très intéressante au point de vue de l’instruction professionnelle a été faite par l’Ecole professionnelle de l’Est (Nancy), qui a été fondée avec un capital de 800,000 francs et dont les dessins d’architecture et les modèles d’ajustage en bois et en fer sont très remarquables.
- La plus vieille encre connue, celle de la Petite vertu, qui remonte à l’année 1602 et est fabriquée par M. E. Guyot, se trouve dans la vitrine à côté.
- Le Stenarithme Richard nous apprend à calculer aussi vite que la pensée.
- Les modèles d’anatomie de M. Jules Talrich
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- méritent une mention spéciale, ainsi que les tables de travail pour école de M. A. Féret.
- Armengaud aîné a une très belle collection de dessins et modèles des industries agricoles, de celle du bâtiment, et des enseignements primaire et technologique, et M. A. Colas expose ses papiers pour la reproduction par la lumière des dessins industriels.
- Les fusils scolaires d’exercice et de tir de Basset et Ciu sont d’un travail très soigné et les billards delà maison Laroque, dont M. A. Robillard est le successeur, qui peuvent se transformer en un clin d’œil en table de salle à manger sont d’une simplicité extrême.
- Pour terminer le compte rendu de la salle n° 9, arrêtons-nous devant les lithographies et gravures d’un travail excessivement soigné de Marcel Ga-raudé, successeur de L. Gasté qui en 1886 a obtenu la médaille d’or à Marseille. M. Gasté a été un des premiers industriels qui ait établi une caisse de prévoyance pour ses ouvriers, qui continue à donner des résultats excellents.
- Salle 14
- GROUPE VI Instruments de musique
- M. Poudra expose une machine très ingénieuse pour fabriquer les anches de clarinette et de musette, et M. A. Martin des orgues et harmoniums. Le tourne-pages à répétition système G. Gangloff, est un appareil peu coûteux et facile à manœuvrer.
- L’hérophon est un instrument de musique jouant un nombre illimité de morceaux par le moyen de cartons canés, garnis de nickel, ne tournant pas et qui est déjà très connu à l’étranger.
- La maison L. Chaumette expose ses accessoires pour tous les instruments de musique : pupitres, boutons pour cornet, bec et ligatures de clarinette, etc. La vitrine de Paul Bailly, luthier, renferme des violons genre Louis XVI avec fernam-bouc garni argent, d’un travail très soigné.
- Les orgues Alexandre sont au nombre de quatre parmi lesquelles on remarque un orgue à tuyaux et anche libre et un orgue de salon et de concert dont l’organiste, M. Raimbaud,fait ressortir toutes les qualités.
- Les pianos sont représentés dans cette salle par MM. Hamel, Bénard et Cio, Nathaniel Winther (dont les prix sont très modérés). P. Garaboux, A. Guillot et H. Klein, qui garantit une solidité exceptionnelle.
- M. J. Dhibaut, de Paris,attire l’attention des visiteurs par son piano mécanique, qui se distingue surtout par sa construction qui lui permet de résister aux brusques changements de température, des pays tropicaux ; M. Dhibaut fabrique du reste depuis longtemps des pianos ordinaires pour les pays chauds, le Brésil, par exemple, où ils sont très appréciés.
- Mentionnons en passant l’orgue mécanique de Gavioli fils- et arrêtons-nous devant les orgues de la maison Dumont et Lelièvre, des Andelys (Eure).
- Leurs orgues métrophones sont surtout remarquables et l’organiste, M. A. Marsau, en tire des sons d’une mélodie impressionnante.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- LES NOUVEAUX DÉBOUCHÉS
- COMMERCIAUX
- La Quarterly Review donne, sur les nouveaux débouchés ouverts au commerce maritime, un article qui est bien de nature à ouvrir sur leurs véritables intérêts les yeux de nos manufacturiers et de nos négociants.
- L'auteur, constate Y Industriel elbeuvien, commence par déplorer l’état de crise industrielle qui sévit en Angleterre comme ailleurs ; puis il constate que depuis quelques années, les Allemands ont attaqué le monopole britannique sur un quart du globe, et qu’ils l’attaquent en ce moment sur un autre quart. Il ajoute : ce n’est pas seulement dans le développement de leurs propres ressources que se manifeste l’esprit d’entreprise des Allemands. De tous les côtés, ils cherchent de nouveaux débouchés, de nouveaux marchés pour les produits de leur industrie. Hier, c’était vers les côtes orientales de l’Afrique, aujourd’hui c’est vers le Maroc que se porte leur ambition. Et il y a cette grande différence entre les Anglais et les Allemands, que les premiers, tout en parlant de nouveaux marchés, font rarement des efforts pratiques pour se les ouvrir, tandis que les seconds, une fois convaincus qu’il y a de l’argent à gagner sur un point du monde, ne perdent pas un instant pour v arriver, si c’est possible.
- La Quarterly Review rappelle le fameux vaisseau musée des Allemands, qui promène leurs produits sur toutes les mers ; elle cite l’exemple de la Suède, qui s’est empressée d’entrer dans la même
- Dimanche 14 Septembre 1SS9. — 317.
- voie ; puis, abordant la question de plus haut, elle fait observer qu’en Europe on pourrait croire a priori qu’il n’y a pas grand’chose à innover et que, pourtant même sur les vieux marchés, les négociants anglais pourraient trouver de nouveaux filons à exploiter. Prenons, dit-il, la Corse pour exemple. C’est une ile familière à tous les touristes du bassin de la Méditerranée. Des milliers d’Anglais ont visité, depuis dix ans, ses montagnes ensoleillées. Eh bien, jusqu’au mois dernier, on ne s'était pas encore avisé qu’il y a là un important débouché pour les produits britanniques ; nos fabricants peuvent y entrer, dans de très bonnes conditions, en lutte avec ceux du nord de la France, qui ont à supporter les frais de transport par voie ferrée jusqu’à Marseille, alors que nos marchandises peuvent aller directement par eau de Liver-pool ou de Londres à Bastia et Ajaccio. Ajoutons que les droits de douane sont réduits en Corse à la moitié des droits français ordinaires. Le seul obstacle que l’Angleterre ait à surmonter pour s’ouvrir ce marché est donc la routine en matière commerciale.
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- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- (Voirie Mjniti'.ir du 12 septembre 1 886).
- Section anglaise (fin)
- L’exposition même de Liverpool est éclairée à la lumière électrique, aussi bien le palais que les jardins. Mais le nombre des lampes est assez restreint et il en résulte que certaines parties du palais, moins favorisées, restent constamment dans la pénombre. C’est là un fait, regrettable, car j’ai pu me convaincre que les visiteurs du soir sont très nombreux. Le nombre total des lampes est de 480 à arc de 1,000 bougies et de 2,000 lampes incandescentes de 20 bougies chacune. Une quantité de lampes ont été disposées dans les jardins, et chacun des exposants qui a exprimé le désir d’être éclairé à l’électricité a été exaucé, contre le remboursement des frais occasionnés de ce chef à la Société de l’Exposition.
- J’ai déjà dit que la galerie des machines proprement dite était pourvue de bien peu d’expositions intéressantes. Où sont donc ces grandes et magnifiques installations des Sociétés des anciens établissements Gail et de Fives-Lille^ qui, à elles seules, avaient suffi à Amsterdam et à Anvers pour donner à la section mécanique de ces expositions une apparence de grandeur que je cherche en vain à Liverpool?
- Je remarque l’exposition des compteurs pour machines à vapeur de Hoyers, des pompes rotatives s’appliquant à tous systèmes de pompe, même aux pompes d’arrosage ; un grillage de chaudière se nettoyant lui-même par un mouvement automatique (système Hendersons). MM. Pearson et Knowells (Goal and Iron Company) exposent des fers en barre et des chaudières ; de même, la firme « atlas Boiler Works » à Halifax, exposent, en dehors de ses chaudières, des soupapes et aussi des appareils de chauffage. MM. John et Edward Wood exposent des poulies faites d’une seule pièce ; MM. Walker Brothers des ventilateurs pour mines et tunnels, et MM. Hathorn et Cie des perforatrices pour mines et tunnels, à air comprimé.
- Les machines agricoles, locomotives et locomo-biles agricoles, sont représentées par l’exposition de M. Ch. Burrelle, de Londres; les instruments aratoires, pioches, pelles, etc., sont exposés par MM. William Edward et fils; enfin, pour, terminer cette revue de la galerie des machines, citons une exposition, fort joliment installée, de chaines.pour wagons, de tuyaux en fonte, de roues de voiture, etc., de la maison Muller et Cic à Edimbourg. N’oublions pas non plus l’unique exposition de machines à imprimer, travaillant sous les yeux des visiteurs et organisée par M. 1 homas Barraclough, imprimeur à Manchester. A citer aussi les expositions de cuirs et courroies de MM. Samuel Roberts et Nonis de Londres.
- II me reste à parcourir quelques galeries de la section anglaise où sont exposés les spécimens des différentes" industries. Voici d’abord la galerie de la carrosserie ; cette industrie est représentée pat-une dizaine de maisons parmi lesquelles je remarque surtout MM. Adams et Bodins exposant des cabs, des landaus, des victorias et de petites voitures dos à dos, spécialement destinées aux Indes; MM. Marston et Cie dont la spécialité est surtout la construction de cabs ; M. John Roberts, de Manchester, avec leurs voitures à banc ; enfin, MM. Leveson et fils, dont l’exposition comprend des voitures et des chaises à roues pour malades. L’aspect de cette carrosserie est des plus saisissants ; l’installation est si bien aménagée qu’on s’écrie à première vue.- « Quelles jolies voitures 1 et l’on se mêt à rêver... Mais, si bien faites qu'elles soient, pourquoi donc les carrossiers ne leur donnent-ils pas ce cachet d’élégance que nous admirons en ces magnifiques voitures parisiennes des Binder, des Mulhbacher et de Million-Guiet ?
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- 3iS. — Deuxième Année. — N° 90. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9. Dimanche 19 Septembre iSSô.
- Dans cette section, je remarque encore une magnifique exposition de toutes sortes de bois d’œuvre employé dans la construction des wagons, omnibus, voitures, tramways, etc. ; quelques expositions d’articles de ménage, de fourneaux pour hôtels et maisons bourgeoises, à foyer ouvert, de poêles et d’appareils de chauffage divers, d’articles de campement : tentes et marquises pour maisons de campagne, tentes de guerre et marquises pouvant servir d’hôpital aux militaires sur les champs de bataille, etc., etc., terminent cette première galerie.
- La musique a ses représentants en MM. Van Guisen, de Liverpool, Masson et Hamlin, de Londres, James Smith et Cie, qui exposent des pianos, des orgues et des harmoniums et en M. Besson, de Londres, pour les instruments en cuivre et en bois.
- Parmi les nombreuses exhibitions de produits chimiques, citons MM. Materos, de Liverpool, pour ses peintures, ses couleurs et vernis, — Dixon, pour ses peintures, — Freld, pour ses essences.
- Je ne puis m’arrêter à ces expositions, par ci par là, de coutellerie, de bijouterie et maroquinerie qui sont peu importantes. L’horlogerie compte deux expositions intéressantes, celles de M. Wat-son, de Londres et Russel, de Liverpool. Ce dernier expose surtout des objets d’art.: tels, une montre représentant celle que le roi Henri IV donna à Gabrielle d’Estrées ; — le modèle de la montre de La Pérouse, — le modèle de là montre donnée par Marie-Antoinette à la princesse de Lamballe et qui lui fut volée pendant la Terreur. Sur le couvercle de cette montre, on voit Diane brisant son arc pour plaire à Cupidon. La montre sonne les heures, les demi-heures et les quarts d’heure. Citons encore le modèle de la montre donnée par Louis XVI au marquis de Brienne avec un émail splendide.
- Les deux sociétés « Educational supply association Limited » et « North Western Educational Reading Limited » de Londres, exposent le mobilier scolaire, des tableaux mis en usage dans les écoles anglaises, des livres classiques, des instruments des sciences physiques et mathématiques, ^tc.
- Quand j’aurai cité l’exposition Liebig (Produits alimentaires) et celle de M. Milners, à Londres, pour ses coffres-forts j’aurai, je pense, passé complètement en revue la section anglaise.
- Je regrette de ne pouvoir ici reproduire même l’analyse d’une brochure qu’on distribue à la vitrine du bouillon Liebig et qui donne une idée de la consommation universelle de cet aliment. Une salle de cuisine, aménagée dans l’intérieur de l’exposition, permet devoir l’emploi du Liebig dans la préparation des aliments.
- L’exposition Milners comprend de magnifiques coffres-forts. A remarquer surtout un modèle de serrure avec mouvement d’horloge. Elle peut rester fermée pendant 66 heures et la clef elle-même ne peut ouvrir le coffre-fort avant que n’ait sonné l’heure fixée par celui qui Ta fermé.
- Telle est dans son ensemble la section anglaise de l’exposition de Liverpool. Ainsi qu’on a pu s’en rendre compte, par mes précédentes correspondances elle est spécialement consacrée aux expositions de bateaux et de tout ce qui se rapporte à la marine. C’est par là surtout qu’elle vaut. et l’on ne saurait se refuser à la proclamer, à ce. titre, supérieure à toutes les autres sections.
- Ch. Lenoir.
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Suite.)
- VIII
- (Voir le Moniteur du 22 août 1886)
- Ne quittons pas la Galette sans dire un mot des conditions dans lesquelles s’opérait la publication. Nous sommes, en effet, d’avis que rien de ce qui touche aux origines de la presse française ne doit être passé sous silence.
- Et tout d’abord, constatons que la vente au numéro s’opérait dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Renaudot avait un « crieur »'‘attitré c’est-à-dire un homme gagé faisant métier d’assurer la vente au numeio. C est a peu près ce que nous nommons un chef de vente dans nos grands journaux parisiens. En outre de ce service, la Gazette était louée moyennant trente sous par mois aux personnes qui désiraient la lire à domicile. , . ,
- La vente d un numéro s opérait sur la voie publique à raison d’un sou parisis, environ six centimes de notre monnaie.
- Quant au mode de l’abonnement et a son prix, il nous a été impossible de trouver là-dessus des renseignements précis, tout au moins pour les ori-
- gines. Sans doute. Renaudot, homme habile et tout acquis à l’esprit des affaires-, dut traiter degré à gré avec l’abonné. Tout ce que nous avons pu découvrir, c’est qu’en i/5o, l’abonnement était de dix-huit francs par an. Le journal, en ce temps-là, se composait de seize pages du format que notre librairie contemporaine appelle Y in-quarto. Nous avons découvert aussi qu’à partir du règne de Louis XV, la Gaqette s’imprima en deux éditions distinctes : édition de Paris, édition de province. Cette dernière était composée en petits caractères et comportait une simple demi-feuille. L’abonnement était de sept livres dix sous par an, franc de port. En 1762, le prix de l’abonnement fut rendu uniforme pour tout le royaume. On l’abaissa à douze livres par an. Mais, naturellement, le prix du numéro fut augmenté. De un sous parisis, il fut porté à trois sous. L’exemplaire revenait aux colporteurs à deux sous six deniers. Le ier janvier de cette même année 1762, une révolution s’était accomplie dans le format de la Galette. Désormais-, jusqu’en i8o5, elle parut deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, en quatre pages de petit texte à deux colonnes. Toutefois, moyennant le prix de vingt-quatre livres par an, les amateurs et les bibliophiles avaient droit à un tirage de luxe sur grand papier. En 1765, le journal commence à enregistrer le cours des effets publics. Enfin, le Ier mai 1792, la Galette rentre dans le droit commun, c’est-à-dire qu’elle perd le bénéfice de son privilège. Elle est alors réglée par la loi concernant toutes les publications.
- A ce moment, la Galette ne porte pas encore, autour de son titre, les armoiries royales. L’impression est elzévirienne et le titre est enrichi d’une lettre ornée. Nous avons sous les yeux le numéro du 3o mai 1761. Il contient des dépêches de Vienne, Dresde, Hambourg, Bamberg, M'adrid, Naples, Rome, Londres, La Haye, Bordeaux, Marly et Paris. C’est dans les dépêches de ces deux dernières villes qu’il faut chercher les nouvelles de l’intérieur. Voici, à titre d’échantillon, un extrait de ce que nous nommons aujourd’hui la partie officielle :
- « De Marly., le 28 mai ijôi. — Le 22 de ce mois, le roi signa le contrat de mariage du sieur Hubert de Cercy, capitaine-chef de la Grande-Fauconnerie de France et de demoiselle Henriette-Rose de la Chaize.
- « Le 27, la cour quitta le deuil qu’elle avait pris le 27 mars pour la mort de monseigneur le duc de Bourgogne.
- « Le roi a accordé le gouvernement de Thion-ville, vacant par la mort du comte de Courtomer, au comte de Vaux, lieutenant-général, qui avoit obtenu celui de l’isle d’Oléron ; le gouvernement de l’isle d’Oléron au vicomte de Belsunce, maréchal de camp, et le commandement des villes et citadelles de Nancy, qu’avoit le feu sieur de Torcy, au sieur de Montesquiou, sous-directeur de l’artillerie, d’une partie du département des Trois-Evêchés, avec rang de colonel.
- « Sa Majesté a disposé du gouvernement de la Bastille en faveur du comte de Jumilhac-Cubjac ».
- Voici maintenant des nouvelles du théâtre de la guerre :
- « De Dresde, le 12 mai 1761. — L’armée autrichienne forme actuellement plusieurs camps, et le feld-maréchal, comte de Daun, a transféré son quartier général de Nettniz en cette ville.
- « i,es troupes prussiennes, qui avoient passé l’Elbe au commencement de ce mois, ont pris la route de la Silésie. Elles dirigent leur marche à travers la Haute-Lusace. Le margrave Charles et le général de Ziethen sont dans cette armée, mais on ignore encore si le roi de Prusse la commande en personne. Les ennemis emmènent tous les bestiaux qu’ils rencontrent. Ils ont imposé à la ville de Gorlitz une contribution de trente mille escus, pour laquelle iis se sont fait donner des otages. Sur l’avis des mouvemens de ces troupes, le maréchal de Daun a détaché vingt mille hommes, commandés par le général de Sincerre, pour ren-forcerl’armée du baron de Laudon. »
- On voit que les choses n’ont pas senblalement varié depuis 125 ans. Les nouvelles militaires se rédigent toujours à-peu près de la même façon. Pour rendre plus complète la physionomie de la Galette, nous citerons maintenant un fait divers emprunté au même numéro :
- « Le feu prit le i5, après midi, dans la paroisse de Goussainville près de Gonesse, et aidé par le vent impétueux qui souffloit, il s’étendit avec tant de rapidité, qu’il consuma en peu d’heures quarante-six maisons. Plus de cent personnes ont perdu tous leurs effets. L’activité du curé de cette paroisse a beaucoup contribué à arrêter les progrès de l’incendie, qui auroit réduit tout le village en incendie, s’il étoit arrivé pendant la nuit. »
- Enfin, la nécrologie elle-même tenait sa place dans le vieux journal français :
- « Anne-François de Montmorency-Luxembourg, duc de Montmorency, brigadier d’infanterie, et colonel du régiment de Touraine, est mort le 22 à l’armée du Bas-Rhin, dans la vingt-sixième année de son âge. »
- Le numéro 51 (du 25 juin 1762), contient un chan-
- gement sensible dans la physionomie de la Gaqette. La moitié de la première page est alors occupée par les trois grandes lignes du titre, que surmonte une vignette gravée par les soins du sieur Papillon. La vignette est encadrée d’une sorte de cartouche dans lequel sont des fleurs et des amours. Au milieu, une sphère aux trois lis de la maison de France; à gauche, un postillon faisant claquer son fouet ; à droite, on voit le clocher d’une ville. Ce même numéro présente cette particularité que Ton commence à glisser des annonces de librairie au bas de la Gaqette. Le 28 juin 1762, la vignette est modifiée : le postillon disparait, la sphère est remplacée par l’écusson aux trois fleurs de lis surmonté, cette fois, de la couronne royale. Les marges sont moins grandes. En 1784, le titre est de nouveau modifié. La vignette fait place à un simple encadrement surmonté des armes royales flanquées de deux amours en guise de supports. Cette fois, le cours des effets publics et les annonces de librairie occupent la moitié de la quatrième page.
- Le numéro du 29 août 1788 est un numéro historique. Il contient, en effet, la nomination de Necker comme ministre des finances. Voici le texte officiel :
- « Le 27, le roi a déclaré ministre d’Etat le sieur Necker, directeur général des finances, lequel a, le rumme jour, pris séance au conseil d’Etat. »
- Sous le consulat, nouvelle modification du titre. Le bureau des abonnements est transféré rue Christine, n° 3. Plus d’écusson, plus d’encadrement. Uu timbre de 3 centimes occupe la gauche du journal. L’abonnement a été sensensiblement augmenté ; il est maintenant de 5o francs par an.
- T. M.
- (A suivre).
- L’ENSEIGNEMENT
- DE L’AGRICULTURE
- A L’ÉCOLE PRIMAIRE
- II
- L’enseignement agricole dans les écoles primaires rurales serait d’autant plus facile et profitable que maîtres et élèves pourraient, dans bien des cas, joindre la pratique à la théorie. Vivant au milieu des cultivateurs et des propriétaires terriens, qu’ils voient chaque jour à l’œuvre, ils auraient à leur disposition les moyens de se rendre compte par eux-mêmes du plus ou moins d’efficacité des notions enseignées à l’école. L’enfant saisit difficilement les abstractions, son intelligence conçoit mieux et plus rapidement avec le secours des sens. Les leçons de choses sont donc celles auxquelles on doit avoir recours de préférence quand on veut obtenir un résultat rapide et certain.
- Il ne faut pas oublier que l’agriculture est une science positive, basée principalement sur l’observation et la pratique.. Nous ne voulons pas dire cependant qu’il faille négliger l’étude des principes, loin de là, car cette étude est nécessaire à tout cultivateur qui veut raisonner ses actes, connaître le pourquoi des choses et se rendre compte des causes et des effets.
- L’instituteur rural a donc à sa disposition un véritable champ d’expériences dont il peut tirer profit pour l’enseignement de l’agriculture-. Pour peu qu’il soit affable et conciliant, il trouvera facilement dans le village des propriétaires ou des fermiers qui lui permettront de visiter avec ses élèves leurs fermes et ses dépendances et de suivre les travaux des champs. Là, il pourra leur expliquer sur le terrain et de visu les caractères particuliers à chaque espèce de sol ainsi que leurs propriétés, leur faire connaître les plantes qu’ils affectionnent de préférence et qui y prospèrent, tandis que d’autres y végètent misérablement ; il pourra aussi leur démontrer pourquoi tel genre de culture, dans certains cas, doit être préféré à tel autre, quelles sont les propriétés de tel et tel engrais, comment on emploie telle machine, etc., etc. ; il serait trop long d’énumérer ici tous les sages conseils, toutes les leçons utiles qu’un maître intelligent et dévoué peut donner en pareille circonstance.
- L’agriculture étant une science de localité, les notions qui sont exposées dans les- livres ne sauraient convenir à toutes les régions. Crest pourquoi il est indispensable que cet enseignement tienne compte, dans chaque contrée, du genre de terrain, des modes de culture, de l’influence climatérique, d’une foule de particularités que l’expérience ou une longue résidence dans le pays peuvent seules faire connaître. Le travail agricole dépend, en
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- Deuxième Année. — N° 90
- quelque sorte de la nature, et les efforts de l'homme ne sont couronnés de succès qu’autant qu’ils sont intelligents et raisonnés.
- Aussi, nous ne nous faisons pas d’illusion sur les difficultés de la tâche qui incombe à l’instituteur rural qui veut donner à ses élèves, non pas quelques notions générales, mais une instruction agricole sérieuse et profitable; il lui faut des études patientes, approfondies et surtout il lui faut donner à cet enseignement ardu une forme attrayante qui captive l’esprit de l’enfant au lieu de le rebuter comme cela arrive le plus souvent. On conviendra sans peine qu’il n’est pas toujours facile de remplir ces conditions. Il faut pour cela avoir l’amour de sa profession et le désir sincère de bien faire. Or, ces qualités ne sont pas rares dans le corps enseignant.
- Avant toutes choses, le maître ne devra point perdre de vue qu’il ne s’agit pas pour lui de former des agronomes émérites, mais des cultivateurs habiles et plus experts que leurs ancêtres, qui sachent corriger les méthodes défectueuses, abandonner le sentier de la routine où se perpétuent les errements du passé, tirer profit des découvertes de la science et marcher hardiment dans la voie du progrès. Il y a beaucoup à faire dans ce sens, sans doute ; tous les enfants qui fréquentent l’école du village ne sauraient devenir des cultivateurs de premier ordre, mais, cependant, un maître intelligent peut obtenir d’excellents résultats, car il y a toujours parmi les élèves une élite qui profite des leçons.
- Un autre but, qu’il doit aussi s’efforcer d’atteindre, c’est d’inculquer aux enfants l’amour de la vie des champs, de réagir contre le préjugé, malheureusement trop répandu dans les campagnes, qui fait que l’on est porté à considérer la profession de cultivateur comme une condition inférieure. Certes, la chose n’est pas difficile : il suffit d’un peu de bonne volonté.. L’instituteur devra s’attacher à démontrer à ses élèves que, de toutes les professions, celle de l’agriculteur est la plus utile et la plus digne d’un homme libre, car elle met le travailleur à l’abri du besoin.
- Le laboureur n’a à craindre ni les'grèves, ni les chômages ; pour lui, il n’y a pas de morte-saison, il n’a pas à s’inquiéter de sa subsistance pour le lendemain, tandis que l’ouvrier des villes, au contraire, est souvent en proie à la misère et à la faim ; sa vie s’use vite par un labeur excessif, dans 1 atmosphère impure des ateliers. Aucun métier industriel n’est comparable à la vie libre et indépendante du laboureur au grand air, sous le beau soleil qui réchauffe et vivifie.
- Voilà, en quelques mots, de quelle manière nous voudrions que l’agriculture fût enseignée aux enfants dans les écoles primaires.
- Est-ce trop demander à nos instituteurs que d’exiger d’eux qu’ils apprennent aux travailleurs dès champs à aimer une profession qui leur assure l’aisance, une complète indépendance, et qu’ils empêchent les parents de rêver pour leurs enfants une existence bourgeoise au sein des villes, où ils ne trouveront que déceptions, servitude et misère? Nous ne le pensons pas: tous sont certainement animés de sentiments généreux et ne demandent qu’à contribuer, dans la mesui e de leurs foi ces e^ de leurs moyens, à une œuvre utile, qui intéresse l’avenir industriel de la patrie.
- C’est au gouvernement à les encourager dans cette voie et à introduire dans le programme de l’enseignement primaire des modifications et des réformes dont l’utilité devient chaque jour de plus en plus manifeste.
- E. M.
- LE THÉÂTRE
- A L'EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 5 septembre 188b).
- Rien n’est difficile comme de prévoir au théâtre l’accueil qui sera fait à une nouvelle pièce. La réussite d’un ouvrage est toujours aléatoire quel que soit son genre, sa valeur intrinsèque, ou le motif spécial d'intérêt ou de curiosité qui s’y attache. Les précédents ne signifient rien. Il y a de la part de la multitude des revirements de caprice inexplicables. Tout cela a été mille fois répété
- Quia scibam dubiam fortunam esse scenicam
- disait Térence dans le prologue de YHécyre et il ne faisait qu’affirmer une vérité déjà bien vieille.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSfTION DE 1SS9
- Le succès étant la question de vie ou de mort pour une exploitation dramatique, de tout temps on s’est préoccupé de le décider par l’emploi de procédés plus ou moins ingénieux en ne se contentant pas de le laisser se provoquer et s’accentuer de lui-même et d’abandonner au mérite des ouvrages le soin de se manifester spontanément et de s’imposer à la seule représentation. C’est la mise en œuvre de tous les modes de publicité, de réclame, l’art de provoquer malgré tout l’attention publique et un besoin d’escamoter les suffrages des meneurs de l’opinion qui constitue une grande partie de l’habileté directoriale. C’est de là pour beaucoup que dépend la fortune du théâtre. Des directeurs ont laissé un renom légendaire dans cette sorte de maniement de l’attraction, cette pratique quelquefois charlatanesque de tous les moyens d’achalandage de leurs établissements. Nestor Roqueplan et Harel ont été des maîtres du genre. Citons de nos jours M. Ballande, M. Car-valho. Quant aux impressarios américains ils ont élevé le puffisme à une hauteur qu’il ne dépassera certainement jamais.
- L’un de ces procédés de provocation de succès, un moyen à la fois permanent et instantané, le plus vieux et celui qui aujourd’hui semble encore le plus indispensable correspond à l’institution de la claque.
- La claque est formée d’applaudisseurs à gages dont l’enthousiasme payé doit éveiller, exciter, multiplier celui des spectateurs ordinaires.
- Le théâtre ancien d’une organisation si curieusement semblable en certains points à celle du théâtre moderne, connaissait la claque. Aussi bien l’on appelle encore aujourd’hui les romains, les chevaliers du lustre. Tandis que des cabales étaient continuellement organisées aux représentations par les ennemis de l’auteur, ce dernier tenait à s’assurer le concours de sympathies stipendiées. Les présidents de jeux chargés d’adjuger la palme aux acteurs donnaient" en même temps le signal officiel des applaudissements. Du reste, entre parenthèses, si l’on donnait des palmes aux acteurs qui avaient bien mérité du public, ainsi qu’aujourd’hui nous jetons des bouquets et des couronnes aux artistes, dans le cas inverse on leur manifestait son mécontentement avec une extrême sévérité. Les histrions qui n’avaient pas bien rempli leurs rôles étaient étrillés d’importance après la représentation.
- Qui deliquit, vapulabit
- annonce le chœur à la fin de Cistellaria de Plaute.
- Moins barbares, nous nous contentons de les siffler et de leur jeter des pommes cuites. Le petit banc légendaire est tombé en désuétude.
- La claque a pris dans le théâtre moderne au fur et à mesure une importance qui s’est accentuée de plus eh plus jusqu’à il y a environ une quarantaine d’années. Le chef de claque, qui se décorait du titre d’entrepreneur de succès dramatiques, était alors un gros personnage. Son office était une véritable charge qu’il achetait et revendait fort cher. Ainsi une charge de chef de claque était payée 80,000 francs à l’Opéra. Le chef de claque recevait un certain nombre de billets par représentation, dont le placement constituait ses bénéfices. Il les vendait à des prix différents selon le service auquel il astreignait les spectateurs qu’il enrôlait ainsi. Il les cédait très peu au-dessous du tarif aux solitaires, placés à un endroit quelconque du théâtre, confondus avec le public ordinaire, et conservant leur indépendance d’allures, tenus simplement à applaudir consciencieusement au signal du chef. Il les laissait à très bon marché, au contraire, en abandonnait même quelques-uns gratuitement aux hommes réunis par groupes compacts au parterre et à l’amphithéâtre et qui sous la surveillance de délégués du chef de claque devaient fournir un travail énergique.
- La claque tend aujourd’hui à perdre un peu de son importance.Elle est supprimée à l’Opéra et à la Comédie-Française. Dans la plupart des théâtres on la relègue au poulailler. Le solitaire devient rare.
- Il n’est pas à souhaiter de voir complètement disparaître la claque. Son usage est certainement bon à condition qu’on ne lui fasse pas jouer un rôle prépondérant. L’applaudissement de la claque doit simplement nourrir celui du public et non aller contre le sentiment de l’assistance et alors malgré le factice de son encouragement il rend un réel service à l’artiste que la froideur, même sans malveillance, du public peut déconcerter.
- Mais en même temps que par le moyen pour ainsi dire physique de la claque on chauffe l’enthousiasme de la salle il faut, par une manière
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- d’instigation morale, provoquer chez le public un assentiment favorable. C’est à quoi les Latins arrivaient dans leurs prologues. Le prologue ancien comportait une sorte de boniment au public qui l’influençait souvent beaucoup. Ensuite à Rome toutes les pièces étaient terminées par un vif appel au bienveillant suffrage de l’assistance sous-la forme du traditionnel plaudite
- Plaudite atque exsurgite
- s’écrie même Plaute à la fin du Rustre. Certains commentateurs expliquent le exsurgite par levez-vous pour applaudir, tandis qu’il ne veut peut-être que dire simplement : levez-vous pour vous en aller.
- Le couplet au public de nos anciennes comédies et de nos vieux vaudevilles est renouvelé du plaudite romain ; disparu des pièces sérieuses depuis longtemps, ce couplet au public tend même à disparaître maintenant des œuvres légères.
- Mais si la claque et le couplet au public ne.fleurissent plus aujourd’hui comme autrefois, un autre mode de chatouillement de l’épiderme de l’assistance s’est développé considérablement. Nous voulons parler de la réclame par voie de la presse et de la réclame par voie d’affichage.
- Tous les théâtres font aujourd’hui aux premières un service régulier aux journaux et leur offrent, des billets au cours des représentations, en retour de quoi les journaux publient un compte rendu de chaque nouvelle pièce et transmettent au public les notes par lesquelles les théâtres veulent attirer sur eux l’attention.
- Les comptes rendus de premières jouent à l’heure qu’il est un rôle tout different de celui qu’ils rem-> plissaient autrefois. La presse n’a plus vis-à-vis du théâtre sa complète indépendance de jadis. Autrefois, le compte rendu était une analyse littéraire, artistique et critique d’un ouvrage, analyse non destinée exclusivement à renseigner le public, mais lui présentant une étude intéressante d’une pièce qu’il avait vu représenter. Aujourd’hui, ce n’est plus cela, le compte rendu est un article de reportage chargé d’indiquer la nature de l’ouvrage représenté au lecteur du journal et par conséquent l’incitant à l’aller voir ou l’en dissuadant. Par cette modification d’objet, la critique théâtrale n’a pas perdu de sa loyauté, mais elle n’a plus qu’une valeur artistique restreinte, le critique ne pouvant que juger à vue de nez n’ayant pas le temps de laisser reposer son opinion et de saisir complètement la portée de l’ouvrage et d’en apprécier les détails d’exécution.
- Les directions théâtrales semblent, en général, ne pas se rendre bien compte de l’évolution accomplie. Elles s’abusent souvent sur l’autorité de certains noms et s’ingénient à obtenir la faveur des hautes personnalités en négligeant les moyens de s’assurer une publicité moins retentissante sur le moment, mais plus constante. Aussi, l’on voit souvent des pièces saluées avec enthousiasme à leur apparition par la critique réputée influente, dont le succès languit bientôt et se change en déconfiture au bout de quelque temps, tandis que le succès finira par se déclarer, s’affermir et se prolonger pour des pièces d’identique valeur, quand l’impressario qui les aura montées aura su, par une réclame discrètement habile et soutenue, attirer plus longtemps l’attention du public, laquelle a besoin d’être incessamment excitée bien plus que soudainement et violemment frappée.
- Il faut en convenir, le véritable levier que la presse offre aujourd’hui au théâtre, c’est celui de la réclame. La divulgation légèrement mensongère des chiffres de recettes, les nouvelles de toute nature, les annonces à sensation, les petits papotages de coulisse ont acquis une importance déplorable, il est vrai, pour la dignité de l’art dramatique, mais singulièrement profitable au succès des entreprises théâtrales.
- La publicité, tout est là. Publiez, publiez, il en restera toujours quelque chose.
- Le mode de publicité par affichage est coûteux, mais donne d’excellents résultats. Nous n’avons pas encore fait, dans cette voie, tous les progrès accomplis par les Américains, mais patience, nous y arriverons-bientôt. Naguère, on se contentait de l’affichage aux portes des théâtres et sur les colonnes Morriss. Aujourd’hui, on place des affiches partout, sur tous les pans de murs libres, aux devantures des magasins de spectacles, des débits de tabac, etc. Les voitures-réclames circulent régulièrement.
- La confection même de l’affiche est un art spécial qui joue un rôle considérable. Du choix des couleurs, de la disposition des titres, de la mise en vedette de certains noms dépendent ces considé-
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- L.E MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sq.
- Dimanche 19 Septembre iS80.
- rations d’éveil de la curiosité, de surexcitation de l’intérêt qui ont une capitale- importance.
- La publicité, la réclame sont à l’ordre du jour dans toute espèce d’entreprise. Nous n’avons pas à nous occuper ici de certains moyens d’une nature délicate dont font usage des directions parfois peu honnêtement avisées pour s’assurer le concours d’une réclame avantageuse. Mais dans 1 état actuel des mœurs, la publicité (et par publicité il faut entendre réclame) s’impose. Il n y a donc pas lieu de protester contre son emploi au nom de la dignité de l’art. Ce qu’il convient de faire, c’est simplement de la mettre au service d’un art sincère et non de s’en servir au bénéfice d’un art frelaté.
- La question dont l’importance devrait sans contredit prévaloir au milieu de toutes les considérations que présente la gestion d’une entreprise dramatique, c’est celle du choix des pièces. Et il est émerveillant de voir avec quelle légèreté les directions en agissent à ce sujet ; c’est la plus singulière des choses que la façon dont est traitée cette question.
- Dans toute espèce d’entreprise financière, industrielle, commerciale, honnête, la première règle administrative est de n’engager une affaire au à bon escient, de s’assurer tout d abord de la valeur de la marchandise qu’on veut négocier, du crédit qu’on veut escompter, du système de fabrication qu’on veut exploiter.
- Léon Gandillot.
- (A suicre.)
- LES LIVRES
- LXXV
- Pierre Loti. — Pêcheurs d’Islande, roman. Paris.
- Calmann-Lévy, éditeurs, 1 vol. in-18.
- Nous disions l’autre jour que le romancier contemporain qui, en. France, nous 1 appelait le plus et le mieux ce naturel dans l’art, ce pathétique simple cette profondeur _ d’observation, ce pittoresque5 d’un sentiment si intime, cette émotion contenue, cette pitié genéieuse, cette large et intense sympathie pour les misères humaines que nous admirons dans les grands romanciers russes, Gogol Tourguenieff, Tolstoï, Dostoiewslu, c’était le lieutenant de vaisseau, Viaud, justement célébré , sous le pseudonyme tahïtien de Pierre Loti. Nulle part il n’a déployé ces qualités de race, fait preuve de cette indépendance, de cette originalité du talent de cette personnalité du style, si rares aujourd’hui, au même degré que dans ce roman de Pêcheur d'h lande qui est bien près- d’etre un chef-d’œuvre,dont la lecture est faite pour émouvoir à fond le lecteur de bonne foi, et même pour amener a ses yeux ces larmes d’une tristesse douce d’une amertume légère et salutaire dont la source se fermerait dans nos âmes, si de temps en temps quelques coups heuieusement poitcs jusqu’au fond de notre être ne l’empêchaient de se
- Puisque l’œuvre de Pierre Loti est du petit nombre de celles qui méritent le nom d'originales (et le public, qui a meilleur goût qu’on ne le pense' ne s’y est pas trompé et a fait un grand et légitime succès au livre qui fête sa vingt-sixième édition, et en fêtera bien d’autres), nous allons dire en quoi, à notre sens, consiste cette oiiginalité.
- Elle consiste d’abord, cela semble banal, et ne l’est pas cependant, en ce qu il est lui-meme et non le reflet l’écho des autres. Son verre n’est pas grand mais il boit dans son vei 1 e. L habitude de la mer, de son isolement, des vastes pensées au’elle éveille en presence de cec hoi izon toujoui s fuyant qui procure à l’homme suspendu entre le ciel et l’eau la sensation de l’infini, a donne a Pierre Loti le goût du simple et du grand. Il a passé sa vie avec des marins comme lui, gens de foi naïve et de courage devant le danger toujours suspendu sur leur tête, la plupart originaires de cette Bretagne, la terre de granit, recouverte de chênes, humbles, simples et forts qui ne raffinent pas avec les idées et les sentiments, qui en ont peu mais les ont à l’état à la fois brut et pur comme le diamant dans sa gangue, c’est 1 histoire bien simple, bien triste, et racontée avec la raideur de dessin, la rigueur et la fraicheui de cou leur, le relief des figures, la minutie ue detail des peintres primitifs, d’un petit matelot bi eton, mort en Chine d’une balle de Pavillon Noir et d’un grand matelot breton, naufragé en Islande, que nous raconte Pierre Loti. C est aussi 1 histoire des amours du petit Sylvestre Moan avec Marie Gaos et du grand Yann Gaos avec Gaud Me-vel dont les unes tranchées en pleine fleur par la mort du petit matelot, du petit héros ne devaient jamais voir le soleil nuptial, dont les autres ne devaient connaître que le bonheur des huit premiers jours d’épousailles, payé de la douleur et du deuil de toute une vie.
- Certes, une jeune vie flétrie par une mort précoce,une campagne de pêche close par un naufrage, des amours trompées par le sort dont la fleur passe si vite et dont l’épine dure si longtemps, c’est là le sort de bien des petits soldats, de bien des matelots halés, de bien de jolies filles et des tristes veuves et c’est un drame bien simple, presque vulgaire que celui qui va si vite et par la droite voie où nous passerons tous de la vie à la mort, du bonheur au malheur et des baisers aux larmes.
- Oui,sans doute, et puisqu’il s’agit ici de mer et de pêche, de matelots et de poissons, nous pouvons dire que le poisson est maigre. Mais c’est la sauce qui fait manger le poisson. Et ici nous avons affaire à une sauce rare, d’une saveur, d’un ragoût, d’un parfum particuliers.
- Nous sommes loin, bien loin, des romans plus ou moins bretons d’Emile Souvestre et de Paul Féval, des romans plus ou moins maritimes d’Eugène Sue et de ce brave La Landelle, qui chantait mieux les chansons de marins qu’il ne décrivait leurs mœurs, et qu’il ne peignait la mer. C’est à peine si dans quelques-unes des pièces de vers de Brizeux et surtout dans sa Marie, nous avons respiré parfois cette poésie profonde, cette brise saline et ce parfum de genêt et d’ajonc, qui animent et qui embaument le livre de Pierre Loti. Brizeux n’avait pas navigué et fine savait rien que par le rêve des mystères de la mer et des magies du lointain.
- Eh bien ! nous arrivons à ce qui constitue l’originalité puissante, le charme pénétrant, l’attrait intime et profond de Pêcheur <VIslande. C’est un livre où il n’y a pas une ligne qui ne donne la sensation du ou., du vécu, du souffert, car il est impossible de sentir à ce degré intensif sans souffrir, sans partager la joie et plus encore la tristesse des choses. Un grand peintre ne saurait être impassible, indifférent au spectacle qu’il décrit. Il n’y a pas de vérité sans poésie, pas de poésie sans l’émotion qu’on éprouve et qu’on donne en la reproduisant. Pierre Loti ne fait rien de chic, comme tant d’autres, comme Zola souvent, comme Concourt, comme Flaubert, comme Alphonse Daudet lui-même, qui est celui de tous qui fait le plus d’après notes, d’après documents d’observations, d’après la vie, d’après la nature. Mais nul, dans ce temps, n’a témoigné à ce degœ de la force et de la probité d’observation, de la rigueur et de la vigueur dans l’exécution, de cette intensité du rendu d’après nature qui fait qu’il arrive par l’exactitude et la ressemblance, à donner l’impression de la réalité, l’illusion de la vie. Les mœurs, le paysage, le costume des pays de Paimpofla bénédiction des bateaux partant pour la pêche de la morue en Islande, le retour des Islandais de ces expéditions hasardeuses dont beaucoup ne reviennent pas, la rude vie à bord, le spectacle de la mer, avec ses variations, ses nuances d’heure à heure, du calme plat à la tempête, les noces de Yann et de Gaud,. leurs caractères typiques, lu mort mystérieuse de Yann, l’attente fiévreuse de sa malheureuse épouse., veuve après huit jours de bonheur et d’ivresse, à remplir toute une vie de souvenirs et de regrets de la courte lumière de l’aube d’amour jusqu’aux longues ténèbres d’un inconsolable deuil; il y a là autant de motifs de tableaux, de portraits dont.rien ne saurait rendre l’effet, et qui font que Pierre Loti est un des jeunes maîtres en qui je salue, pour notre littérature, l’orgueil du présent et l’espoir de l’avenir.
- M. de Lescure.
- La 43e livraison de la Grande Encyclopédie (prix : 1 fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cl®, 61, rue de Rennes, à. Paris.
- Elle contient notamment les articles suivants : Amsterdam, avec carte dans le texte, Amulette, Anabaptiste, Anachronisme, Anagramme, Analyse, etc., et de nombreuses illustrations.
- Envoi du ier volume contre un mandat-poste de 2 5 francs.
- LES THÉÂTRES
- Palais-Royal. — La Briguedondaine, revue en cinq actes,’ de MM. P. Février, G. Jollivet, Clairville, et Depré.
- Renaissance. — Nos députés en robe de chambre, comédie en trois actes de M. P. Ferrier (Reprise).
- Déjazet. — La Bamboche, vaudeville en quatre actes, de MM- Vast-Ricouard et de Trogoiï (Reprise).
- La Briguedondaine que vient de donner le Palais-Royal est le produit incestueux de l’union de. deux revues représentées déjà chacune de son côté sur la scène d’un cercle parisien. Ces sortes d’ouvrages, écrits avec un esprit spécial pour un public particulier, peuvent obtenir et le mériter un grand succès quand ils sont présentés dans le
- cadre qui leur convient ; tandis que l’effet est complètement raté devant le public plus composite des théâtres. D’ailleurs, souvent l’élément de succès réside dans la hardiesse de certains mots,dans le piquant de certaines allusions qui, au théâtre, seront incomprises ou ne seront pas tolérées. La Brigne-dondaine est une revue qui a le tort de ressembler à toutes les autres. Les événements de l’année défilent selon la méthode conventionnelle, aucun tableau vraiment inattendu, nulle bouffonnerie ingénieuse. Moyennant quoi ce n’est pas ennuveux, les acteurs sont très drôles et il y a suffisamment de jolies femmes.
- Les Déjnttés en robe de chambre que la Renaissance vient de faire reparaître sur la scène, reviennent d’une autre session, mais sont bien toujours les mêmes, ceux dont les mésaventures nous avaient amusés au Vaudeville, le républicain Le-couvreux, le réactionnaire Castel-Meillan et l’intermédiaire M. Lepoutre, pardon, Montescourt. Ce serait une bien jolie comédie que cette pièce, si, en somme, elle était mieux faite, n’en déplaise à la personnalité, très haut cotée de M. Ferrier. Il y a là-dedans de l’esprit à foison ; l’allusion y est toujours piquante et ménagée avec tact ; il y a quelques scènes d’un comique très fin et très étudié ; seulement l’ouvrage manque d’homogénéité, le ton de comédie n’est pas soutenu, à chaque instant la pièce tombe dans la pochade et revient de la pochade à la comédie sans transition, avec une brutalité de facture qui déconcerte.
- Le même défaut de cohérence se remarque dans l’interprétation : Delaunay est exquis et Miue Automne est toujours comédienne impeccable ; mais Raymond qui était si amusant au Palais-Royal, est tout à fait à côté clans son rôle, M. Mesmacker charge trop et M. Galipaux a un jeu forcé. MM. Bonnet et Bellot sont excellents, en revanche. Pour les rôles de femmes, il n’y a que des. compliments à faire ; il n’y a pas moyen de réunir sur un théâtre, un plus heureux assemblage de jolies personnes, toutes extrêmement gracieuses, ultra-élégantes et jouant fort agréablement.
- En somme, les allusions politiques dont la pièce est bourrée la rendent très amusante, et dans ce spectacle, le plaisir des yeux est des plus délicats avec un semblable essaim de jolies femmes.
- Le directeur du théâtre Déjazet a eu l’heureuse idée de reprendre, avant les nouveautés de la saison, un très amusant vaudeville, qui, déjà plusieurs fois repris depuis sa création, a toujours vu son cours de représentations interrompu pour divers motifs d’administration, avant que le succès en fût épuisé. Aussi, tout en n’étant pas nouvelle, cette pièce constitue-t-elle un spectacle dont l’attrait n’est en rien défraîchi, car elle est d’une bien plaisante cocasserie, cette aventure d’une famille d’honnetes bonnetiers, sur laquelle a soufflé un vent de polissonnerie. Le gendre, le beau-père, la maman, la fille, partent tous, chacun de leur côte, faire une bamboche illicite à Robinson.
- Inévitablement tout ce monde-là se retrouve au pied du fameux arbre, et chacun pour chercher à échapper aux autres, se déguise de la façon la plus inattendue. Tous se croisent, se fuient, se poursuivent, c’est une désopilante débandade, qui se termine très moralement, et chacun reprend le chemin de la vertu, pour s’en retourner chez soi, maris avec leurs femmes, et les jeunes galants, qui avaient cherché à suborner les honnêtes dames, avec les belles et folâtres pefsonnes par lesquelles s’étaient laissé séduire les époux volages. Les personnages sont d’une fantaisie comique et le dialogue d’un esprit de bon aloi, qui se rencontre rarement dans les pochades du genre de la Bamboche, et qui font de ce vaudeville une pièce irrésistiblement gaie.
- A côté de M. Lacombe, très fin comédien et de M. Chameroy,plein d’entrain, M. Chamonin a peut-être paru un peu terne. M. Lévy a fait du personnage d’Adolphe,le commis sentimental et passionné un tvpe extrêmement original et des plus drôles. MM) Prévost et Stebler sont d’un excellent comique. Mme Paget est la plus amusante des épouses mûres, ne demandant qu’à se laisser tomber. Mesdames Luneville et Malclerc remplissent avec beaucoup d’élégance, de beauté et de vivacité* les deux rôles de cocottes. Mme Giry représente avec tact la jeune femme écrivassière et amoureuse, qui au dernier moment, recule toujours. „
- Le décor de l’arbre de Robinson est très réussi. Enfin, il y a dans l’ensemble de l’interprétation et le soin de la mise en scène un achevé d’exécution qui témoignent de l’intelligence du jeune directeur de Déjazet et de la conscience qu’il apporte à son travail.
- La Ba nboche est précédée d’un lever de rideau, Eulalie, un peu bizarre, mais très amusant.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. AHRA.U LT ec eue (ta la tJrftt'eo!;ire,G
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE» Dimanche 26 Septembre 1886. NUMÉRO 91.
- SOMMAIRE :
- 1. Comité supérieur; 2. Comité des travaux; 3. L’adjudication des clôtures ; 4. Les comités départementaux ; 5. Association de garantie, liste des souscripteurs; 6. Echos; 7. Nos gravures ; 8. L’exposition permanente des colonies anglaises ; 9. Des Livres ; 10. Les Théâtres.
- COMITÉ SUPÉRIEUR
- Le comité supérieur de l’Exposition de 1889 s’est réuni lundi dernier, sous la présidence de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Georges Berger, directeur de l’exploitation, rentré de voyage samedi, a communiqué au comité les meilleurs renseignements sur les dispositions des industriels des départements au sujet de l’Exposition universelle.
- Le comité s’est ensuite occupé de la discussion du budget de l’Exposition.
- Les budgets présentés par les directeurs généraux s’élevaient à un total d’environ quarante-cinq millions.
- Le comité s’est donc trouvé dans la nécessité de les réduire, le capital n’étant que de 43 millions ; à la suite d’une longue et minutieuse discussion, le budget définitivement réglé par le ministre et accepté par les trois directeurs généraux a été établi sur les bases suivantes : Personnel des trois directions et
- service central.............Fr. 2.500.000
- Direction générale des finances (matériel, entrées, etc.)............ 850.000
- Direction générale de l’exploitation. 4.000.000 Direction générale des travaux . . 30.650.000
- Total. . . . Fr. 38.000.000 Deux millions seront consacrés aux expositions diverses sur les quais et appontements, .aux reproductions et constructions historiques, à l’organisation d’une exposition fluviale, etc., etc.
- Il restera une somme complémentaire de trois millions, absolument réservée pour les dépenses imprévues.
- COMITÉ DES TRAVAUX
- Le comité des travaux s’est réuni, lundi dernier, au pavillon Rapp, sous la présidence de M. Alphand, directeur général des travaux.
- L’examen de plans a été continué, surtout -en ce qui concerne les parties métalliques, qui joueront le principal rôle dans la construction du palais de l’Exposition.
- Les plans relatifs aux palais des sections françaises et étrangères dont la construction est confiée à M. Bouvard, l’architecte de THôtel de ville,ont été définitivement arrêtés.
- L’adjudication des parties métalliques de ces pavillons aura lieu très prochainement, ainsi que l’adjudication des travaux de maçonnerie des palais des beaux-arts et de la grande galerie des machines dont les plans sont confiés à MM. Fonnigé et Dutert, qui y travaillent constamment.
- Le conseil des travaux c’est surtout occupé de l’étude d’un projet de chemin de fer destiné à desservir les chantiers de construction et dont nous avons entretenu nos lecteurs il y a déjà quelques mois.
- Le chemin de fer, qui serait branché à la gare actuelle du Champ-de-Mars, servirait au transport non seulement des matériaux et des énormes pièces métalliques, mais aussi à l’installation des machines et des marchandises de toutes sortes qui figureront dans les galeries de l’Exposition.
- Lavoie, construite dans des conditions spéciales, ne disparaîtrait que très peu de jours avant l’ouverture officielle en mai 1883.
- Le conseil des travaux a approuvé le principe de ce chemin de fer, dont les détails d’exécution seront de nouveau minutieusement examinés dans les prochaines réunions. ............... - ----------------
- L’ADJUDICATION DES CLOTURES
- Trente-deux soumissionnaires se sont présentés pour le premier lot, qui comprenait, on s’en souvient, 820 mètres de palissades en bordure le long de l’avenue de La Bourdonnais : deux parmi eux demandaient une augmentation. L’entreprise a été adjugée à M. Jean-Baptiste Borde, président du conseil d’administration de la Société l’Union coopérative du bâtiment des travaux publics, qui avait consenti un rabais de 37 60 0/0.
- Le deuxième lot, qui comprenait 680 mètres de palissades du côté de l’École Militaire, avait réuni vingt-neuf soumissionnaires parmi lesquels deux demandaient une augmentation de 20 0/0. M. Emile Leclert, directeur de la Société parisienne d’entreprise générale de travaux, a été déclaré adjudicataire de ce lot avec un rabais de 37 0/0.
- Pour le troisième lot, comprenant SlOmètres de palissades le long de l’avenue Suffren, trente et un soumissionnaires s’étaient présentés. Deux d'entre eux demandaient une augmentation. Les travaux ont été adjugés à M. Genet, entrepreneur, qui consentait un rabais de. 34 25 0/0.
- Quatre soumissionnaires seulement étaient en présence pour le quatrième et dernier lot, comprenant 1,315 mètres de treillage mécaniques transversaux, qui compléteront les clôtures du Champ-de-Mars, et encore, parmi ces quatre, deux réclamaient une augmenta-
- tion ; M. V. Collard a été déclaré adjudicataire avec un rabais de 24 50 0/0.
- L’adjudication comprend la fourniture, la mise en place et l’entretien. — jusqu’au 1er janvier 1890 — des palissades qui régneront autour de l’Exposition.
- LES
- COMITÉS DÉPARTEMENTAUX
- Le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser aux préfets, la circulaire suivante :
- Paris, le 17 septembre 1886.
- Monsieur le préfet,
- Vous avez déjà pu lire à Y Officiel du 27 août dernier l’arrêté ministériel portant Règlement général de l’Exposition universelle de 1889 ; j’ai l’honneur de vous en adresser ci-joint 3o exemplaires avec 500 formules d’admission.
- L’article 11 du règlement général institue dans chaque département, un Comité départemental dont il vous appartient de préparer d’urgence la constitution, d’accord avec les présidents des chambres de commerce, des tribunaux de commerce, des chambres consultatives des arts et manufactures, des conseils de prud’hommes, des chambres consultatives d’agriculture et des comices et sociétés agricoles : tous, j’en suis sûr, tiendront à honneur de vous prêter un concours empressé et une active participation. J’écris d’ailleurs directement aux présidents des chambres de commerce, des tribunaux de commerce et des chambres consultatives des arts et manufactures, pour les inviter à se concerter sans retard avec vous.
- Vous pourrez aussi faire appel aux diverses sociétés savantes, artistiques, archéologiques, etc..., et je vous prie, en outre, de vouloir bien me faire parvenir un état exact et détaillé de ces sociétés, avec votre avis sur le concours qu’elles pourraient ultérieurement apporter à l’œuvre de l’Exposition.
- En groupant ainsi toutes les initiatives et tous les bons vouloirs, vous parviendrez aisément, monsieur le préfet, à préparer la constitution d’un comité départemental, siégeant au chef-lieu et subdivisé en sous-comités, siégeant à chaque chef-lieu d’arrondissement, y compris le chef-lieu du département.
- Ce comité devra spécialement comprendre des agriculteurs et des industriels, tout en laissant une place légitime aux délégués des sociétés savantes et des corporations ouvrières. En vous inspirant de la classihcation adoptée dans le règlement général, vous trouverez certainement moyen, monsieur le préfet, de réserver aux divers éléments qu’elle embrasse une représentation sagement distribuée.
- Dès que vous aurez pu procéder à cette formation, et AU PLUS TARD AVANT LE I 5 OCTOBRE PROCHAIN,
- vous voudrez bien me proposer la liste du comité départemental, avec sa répartition en sous-comités d’arrondissement, et vous aurez à y joindre des renseignements précis sur la situation des membres choisis et sur les services qu’ils vous paraissent appelés à rendre.
- Lorsqu’à la suite de ces propositions j’aurai définitivement constitué par arrêté ministériel le comité départemental, il se réunira sans retard, sous votre présidence, pour procéder à l’érection de son bureau,_ et les sous-comités pourront, en même temps, élire leurs bureaux particuliers. Vous voudrez bien garder, monsieur le préfet, la présidence d’honneur du comité départemental et déléguer aux sous-préfets la présidence d’honneur des sous-comités siégeant aux chefs-lieux de leurs arrondissements respectifs.
- Aux termes de 1 article 11 du règlement général, le comité départemental et ses sous-comités auront pour mission:
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- 022.
- Deuxième Année — N° 91.
- Dimanche 26 Septembre t886-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- i° De faire connaître dans toute l’e'tendue du de'partement les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les formules de demandes d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l’Exposition ;
- 20 De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l’admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité ;
- 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département ;
- 40 De provoquer et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département, et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- 5° De préparer, s’il y a lieu, par voie de souscription ou par toutes autres mesures, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- Le comité départemental, recevra donc un certain nombre d’exemplaires du règlement général et de formules imprimées de demandes d’admission, ainsi que tous les documents qu’il sera chargé de faire connaître ou de distribuer. Il correspondra d’ailleurs directement avec le directeur général de l’exploitation (80, rue de Varenne, à Paris) par l’intermédiaire de son président ou de tous autres membres régulièrement désignés par lui.
- Je ne doute pas, monsieur le préfet, que votre tâche ne soit rendue facile par l’unanime adhésion des agriculteurs et des industriels de votre département, et j’aime à croire que votre initiative et votre conciliante intervention sauraient, au besoin, forcer toutes les hésitations.
- Recevez, monsieur le préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- LISTE DES SOUSCRIPTEURS
- (Suite.)
- Souscriptions personnelles des membres de la Chambre de commerce de Paris :
- MM.
- Dietz-Monnin,président (iresouscrip-
- tion). 11.000
- Poirrier, vice-président. 10.000
- C. Marcilhacy, secrétaire (ire sous-
- cription). 10.000
- C. Noël, trésorier. 5.000
- Martial Bernard, membre. 2.000
- Blouet, membre. 2.000
- Cousté, membre. 2.000
- F. Dehaynin, membre. 5.ooo
- Fortier-Beaulieu, membre. 5.ooo
- Fould, membre. 5.ooo
- G. Hachette, membre. 2.000
- L. Hiélard, membre. 2.000
- Jarlaud, membre. 5.ooo
- Magnier, membre. 2.000
- Mignon, membre. 5.ooo
- Ouvré, membre. 5.ooo
- Person, membre. 1.000
- Piault, membre. 2.000
- Salmon, membre. 2.000
- Waij, membre. 5.ooo
- Weber, membre. 2.000
- Barbedienne, ancien membre (2e sous-
- cription). 10.000
- Desmarais, ancien membre. 5.000.
- Chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment, 3, rue de Lutèce :
- Chambre syndicale des entrepreneurs de charpente :
- MM.
- Bertrand (Frédéric), 100, avenue de Clichy. 3.000
- Bertrand et Borderel, 135, rue de Cli-gnancourt. 1.000
- Ghampeaud, 20, rue Gossin. 1.000
- Daniel, 77, rue de la Forge, à Noisy-le-Sec. 1.000
- Genet, 7, avenue Gourgaud. 1.000
- Laureilhe, 196, quai Jemmapes. 1.000
- Levêque, 217, rue Championnet. 1.000
- Maire, 71, rue Riquet. 1.000
- Panard, 111, boulevard de l’Hôpital. 1.000
- Paumier, 1, quai de Passy. 1.000
- Poirier, 46, boulevard Vâugirard. 5.000
- Ravier, 117, rue Saint-Dominique. 1.000
- Sabarly, b, place d’Alleray. 1.000
- Vezet, 62, rue Violet. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie :
- MM.
- Mozet, 39, rue de la Bienfaisance. 5.000
- Champeau, 6, passage Daudin. 2.000
- Dumont et Néret, 110, avenue Dau-mesnil. 2.000
- Lefaure, 22, rue Dussoubs. 1.000
- Léturgeon, 24, rue Taitbout. 1.000
- Maujan, 199, rue de Flandre. 2.000
- Pénissat, 6, passage Daudin. 2.000
- Peyrot, 1 5, rue Monge. 1.000
- Radenac, 47, rue Denfert-Rochereau. 3.000
- Rigaud, 13, rue Saint-Jean. 1.000
- Rontaix, 9, rue Labat. 1.000
- Turcotti, 11, avenue de Villiers. 1.000
- Vallette, 82, rue du Mont-Cenis. 1.000
- Boudrot, 10, rue Bacon. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de pavage :
- MM.
- Francastel, 200, boulevard Voltaire. 1.000
- Alasseur, .2, avenue Labourdonnaye. 1.000
- Compagnie générale des asphaltes de France, 117, quai de Valmy. 1.000
- Gadaud, 140, rue du Chemin-Vert. 2.000
- Manoury, 54, rue Roussin. 1.000
- Picaud, 38 et 40, rue du Château-des-
- Rentiers. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de couverture et plomberie :
- MM.
- Adam, 52, rue Saint-Sauveur. 2.000
- Poupard, 23, rue du Cherche-Midi. 1.000
- Thuillier, 20, rue du Paradis. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de menuiserie :
- MM.
- Haret, père et fils, 16, rue de Bru-
- xelles. 5.000
- Chauvin, 82, rue Amelot. 1.000
- Gélin, 9, rue Saint-Amand. 1.000
- Brodu, 98, rue de Courcelles. 1.000
- Simonet, 60, avenue de Breteuil. ' ' 2.000
- Waaser, 215, rue Championnet. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de fumisterie :
- MM.
- Adorna, 21, rue des Vertus. 1.000
- Barbiéri, Bésana et Cie, 21, rue des Roses. 1.000
- Cuau, 8, rue du Débarcadère. 1,000
- Méaille (Jean), 20, rue du Marché, ;
- Neuilly-sur-Seine. !
- Sever, 36, rue de la Boëtie. i
- Ferrari, 10, rue Mandar. f
- Poncini, 92, rue des Marais. (
- Sgrena, 32, rue Rousselet. \
- Adorna, 21, rue des Vertus. 1
- Sartori, 75, rue Chariot.
- Chambre syndicale des entrepreneurs de serrurerie :
- MM.
- Gignon, 262, faubourg Saint-Honoré. 3.000
- Arnoult, 19, boulevard Saint-Jacques. 2.000
- Baudet, Daunon et Cie, 139 et 141, rue Saussure. 20.000
- Cartier, 3o, rue Titon. 1.000
- Cochelin, 45, rue Alexandre-Dumas. 2.000
- Dufrêne, 132, rue de Tocqueville. 1.000
- Leglay, 14, rue Montyon. 3.000
- Moreau frères, 56, rué Château-Lan-don. 5.ooo
- Tiercelin, 112, route de Versailles,
- Billancourt. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture :
- MM.
- Lemoro, 5, rue Oberkampf. 2.000
- Rouillon, 55, rue de la Pompe. 2.000
- Tanneur, 17 bis, rue Vital. 10.000
- Chambre syndicale des transports :
- MM.
- Camus, 2 5, faubourg Poissonnière. 4.000
- Pélissier et Cie, 1, rue de la Trinité. 1.000
- Chambre syndicale des miroitiers :
- MM.
- Pois (Léon), 45, rue des Vinaigriers. 1.000
- Cauvet, 109, faubourg Saint-Antoine. 1.000
- Guenne et Gilquin, 72, rue d’Haute-ville. 1.000
- Huet, i3, rue de l’Ancienne-Comé-die. 1.000
- Leroy, 122, rue du Bac.
- Mellet et Mantelet, 414, rue Saint-Honoré.
- Chambre syndicale des carrossiers :
- MM.
- Le Chevalier, 20, rue des Cendriers.
- Renault, 20, rue de la Folie-Méri-court.
- Sueur, 4, faubourg Montmartre.
- La chambre des charrons, 3, rue de Lutèce.
- Chambre syndicale de l’éclairage et du chauffage par le gap :
- M. Beynet à Villiers-sur-Marne(Seine-et-Oise).
- Chambre syndicale des marbriers :
- MM.
- Loichemolle, 60, rue Amelot.
- Benezech, 10, rue Martel.
- Parfonry, 62, rue Saint-Sabin.
- Chambre syndicale des carriers français :
- M. Collet-Noël, à Palaiseau (Seine-et-Oise).
- Chambre syndicale des négociants en verres à vitres :
- M. Balliman, 21, rue de l’Arbre-Sec.
- D
- MM.
- Dadu,_chef du secrétariat à la société des immeubles de France, 77, avenue des Ternes.
- Dalleré (Albert), négociant, 24, rue Haüteville.
- Dalleré (Isaïe), propriétaire, 46, rue du Faubourg-Poissonnière.
- Damon (Emile-Antoine), ancien négociant, 16, avenue Daumesnil.
- Darblay, père et fils, fabricants de papiers à Essonnes, 3, rue du Louvre.
- Dardenne (Henri), trésorier-payeur général du Lot.
- Dauphinot, sénateur à Reims.
- Daurignac (Lucien-André), 48, rue Saint-Placide.
- David et Cie, teinturiers apprêteurs à Arcueil (Seine).
- Decauville aîné, ingénieur à Petit-Bourg (Seine-et-Oise).
- Dehargne (Hector-François), inspecteur général honoraire3des ponts et chaussées, 9, rue Legendre.
- Delacour (Albert), publiciste, 56, avenue du Bois-de-Boulogne.
- Delalain frères, imprimeurs-libraires, 56, rue des Ecoles.
- Delizy, Simon-Clovis), distillateur à Pantin.
- Denis, notaire à Tonnerre (Yonne).
- Société de dépôts et de comptes courants, 2, place de l’Opéra.
- Déron, trésorier-payeur général de l’Aveyron.
- Mme veuve Desgenetais, 20, rue d’Athènes.
- Desmaze, trésorier-payeur général de la Haute-Loire.
- Desplanques (Anatole), trésorier-payeur général du Pas-de-Calais.
- Deutsch (A.), et ses fils, négociants 'industriels, 16, rue de Téhéran.
- Devilaine (Léon), ingénieur, 77, boulevard de Charonne.
- Dietz-Monnin, sénateur, 38, rue La-bruyère (2e souscription).
- Do, 12, quai de Gesvres.
- Domange, fabricant de courroies, 74, boulevard Voltaire.
- Doré (Jules), caissier d’agent de change, 57, boulevard Beaumarchais.
- Drouin (Paul), trésorier-payeur général du territoire de Belfort.
- Ducarre (Pierre), directeur des ambassadeurs et de l’Alcazar d’été, avenue Gabriel.
- Duchér (Hippolyte), président de la chambre syndicale des tailleurs, 42-44, rue de Richelieu.
- Ducret (Léon), 1 5, rue de Bruxelles.
- Duffo (Pau), trésorier-payeur général de la Savoie.
- Dumespil père (Georges), syndic honoraire des brasseurs de Paris, 11, boulevard Saint-Marcel.
- Dumesnil frères, brasseurs, 28 et 3o, rue Dareau.
- Dumonteil, trésorier-payeur général de la Haute-Vienne.
- 1.000 1.000
- 1.000
- 1.000
- 5.ooo
- 1.000
- 1.000
- 1.000 1.000 1.000
- 1.000
- I.OOO-
- I.OOQ
- 10.000
- 10.000-
- 10.000
- 5o.ooo-
- 12.000
- 1.000
- 5.ooo
- 5.000-
- 10.000
- 1.000
- 2.000-
- 20.000
- 5.ooo
- 10.000-
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- 5.000-
- 5o.ooo
- 5.000-
- 5.000
- 5o.ooo
- I.OOO-
- 14.000-1.000
- 5.000
- 1.000
- I.OOO-
- 2.000
- 5.000
- 20.000
- 1.000
- 1.000 1.000 10.000
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-
-
-
- Deuxième Année.
- N° 91.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 26 Septembre 1889.
- 323.
- Dunand et Cie, entrepreneurs de maçonnerie, 6, rue de Monceau. 3.ooo
- Dupont (Paul), imprimerie et librairie administrative et des chemins de fer, 41, rue Jean-Jacques-Rousseau. 25.000
- Dupont (Emile), fabricant de brosserie fine, 44, rue de Turbigo. Durrieu (Antoine-Henri-Jean-Marie), 75, rue de Courcelles. 10.000
- 25.000
- Dusantoy, charcutier, 60, rue du Temple. 2.000
- Duval (Jacques-Constant), distillateur, 3o, rue Montmartre. 10.000
- Etablissements Duval, 21, rue Saint-Fiacre. 5.ooo
- Société générale pour la fabrication de la dynamite, 17, rue d’Aumale. 20.000
- E MM. Cie Edison, 7, rue Montchanin. Eiffel (Gustave), ingénieur constructeur, 60, rue de Prony. 5.ooo
- 25.000
- Ellisen (Alexandre), banquier, 41, boulevard Haussmann. 10.000
- Engel et fils, relieurs-doreurs, 91, rue du Cherche-Midi. 15.000
- Entrepôts et magasins généraux de Paris (Cie des), 11, rue Croix-des-Petits-Champs. 100.000
- F MM. Fanien (Achille), manufacturier, ancien député, 3o, rue Chabrol. 5o 000
- Farcot (Joseph), ingénieur constructeur, 1, avenue de la Gare, à Saint-Ouen. 20.000
- Favarger, Koerner, de Latouche et C)c, ancienne maison Hotchkiss et Cie, 21, rue Royale. Fessart, agent de change, 3, rue du Quatre-Septembre. 5o.ooo
- 5o.ooo
- Maison Fichet (Charlier et Guénot, successeurs), fabricants de coffres-forts, 43, rue Richelieu. 20.000
- Finot (Louis-Rodolphe), négociant, courtier en vins, 10, boulevard
- Saint-Germain. 1.000
- Flye (Sainte-Marie), trésorier-payeur général de la Haute-Marne.
- Follot (Félix), fabricant de papiers peints, 8 et 10, rue Beccaria. Fontaine (Louis-Henri), trésorier-
- payeur
- général des Côtes-du-Nord.
- Forges et chantiers de la Méditerranée (Société des), 1, rue Vignon.
- Forges et ateliers de Saint-Denis (Société des), à Saint-Denis.
- Fortin et Cie, papetiers-imprimeurs, 39, rue des Petits-Champs.
- Foucher (Paul), associé d’agent de change, 13, rue de Phalsbourg.
- Foucher de Careil (comte), ancien ambassadeur.
- Fouinât (Charles), négociant, 170, quai Jemmapes.
- Fould-Dupont, maître de forges à Pompey (Meurthe-et-Moselle).
- Fouquiau (Paulj, architecte, 18, rue Taitbout.
- Fournier (Georges), ingénieur électricien, i52, avenue de Saint-Ouen.
- Froidefond, trésorier-payeur général de la Charente-Inférieure.
- 1.000
- 30.000
- 22.000
- 2.000
- 5.000
- 10.000
- 10.000
- 2-000
- . G
- MM.
- Gage (Louis), trésorier-payeur géné-
- ral du Gers. 5.ooo
- Gagneau (Georges), fabricant de
- brosses, n5, rue Lafayette. 10.000
- Gaillard (P.-M;), trésorier-payeur général de l’Ain. 2.000
- Gaillard (Gaston), trésorier-payeur général de Seine-et-Oise. 12.000
- Gailly (Gustave), sénateur, maître de forges à Charleville. 2.000
- Galland (Ernest), manufacturier à
- Rosières-de-Picardie (Somme). 5.000
- Gally (Léger), à Cognac, rue d’Alger. 10.000
- Gand (Charles), luthier, 4, passage
- Saulnier. 2.000
- Gandriau (Raoul), fabricant de chapeaux, 39, rue du Temple. 1.000
- Garnier, vice-président de la chambre syndicale de l’horlogerie, 16, rue Taitbout. _ 1.000
- Guarrigues (Louis), 68, rue Condorcet. 2.000
- Gastine-Renette (Jules), arquebusier,
- 3q, avenue d’Antin. 5.000
- Gatîne (René-Charles-Félix P. de),
- 22, rue Vintimille. _ 5.000
- Gauthier-Villars, imprimeur-éditeur,
- 55, quai des Grands-Augustins. 2.000
- Gaymu (Henri), arquebusier, 20, pas-sage de l’Opéra.
- Geneste, Herscher et Cie, ingénieurs mécaniciens, 24, rue du Chemin-Vert.
- Germiny (Charles-Adrien - Lebègue, comte de), trésorier-payeur général de la Seine-Inférieure. ,
- Gévelot (Jules-Félix), député, 10, rue de Clichy.
- Girerd (Cyprien), trésorier-payeur général de l’Ailier.
- Godfernaux (Emile-Edmond-Désiré), ingénieur, 14, avenue Gourgaud.
- Goelzer (Achille), fabricant d’appareils à gaz et d’électricité, 182, rue Lafayette.
- Goldschmidt (Léopold), 10, rue Mu-rillo.
- Goudchaux et Cie, banquiers, 16, rue de la Banque.
- Gourdault (Jean-Marie-Maurice), négociant en vins, 17 et iq, rue de Bordeaux.
- Grand (Pierre-Jules), 74, boulevard Beaumarchais.
- Grand Hôtel (Société fermière du), 12 boulevard des Capucines.
- Grandclos (baron de), trésorier-payeur général de la Manche.
- Gravier (Henri), trésorier-payeur général de l’Aisne.
- Gresland (Constantin), filateur de coton à Bondeville-les-Rouen, 2, place d’Aligre, à Paris.
- Gréterin (Georges), trésorier-payeur général du Calvados.
- Grison, directeur général des finances à l’Exposition universelle de 1889.
- Grossetête frères, restaurateurs, 3o, rue Saint-Augustin.
- Groult (Camille), fabricant de pâtes et farines alimentaires, 12, rue Sainte-Appolline.
- Guerlain (Aimé), parfumeur, i5, rue de la Paix.
- Guerle (Edmond-Gabriel de), ancien trésorier-payeur général.
- Guéroult, trésorier-payeur général de la Haute-Saône.
- Guilbert et Cie, banquiers à Caen,
- Guillaumond (Scip’on), gérant de propriétés, 3o, rue Vernier.
- Guillemot (Paul), négociant en vins à Dijon.
- Guillout et Ciô, 116, rue de Rambu-teau.
- 2.000
- 25.000
- So.ooo
- 5.000
- 5.ooo
- 1.000
- 2.000
- 5.ooo
- 10.000
- 1.000
- 2.000
- 60.000
- 10.000
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- 3.ooo 15.000
- 5.000 15.ooo
- So.ooo
- 20.000
- 20.000
- 2.000 1.000
- 1.000
- 2.000
- 6.000
- H
- MM.
- Haas (Jonas), manufacturier, 71, rue du Temple.
- Haem'merlin (Jean), docteur en médecine, 45, rue de la Préfecture, à Epinal.
- Habinbourg, agent de change, u,rue de Grammont.
- Halphen (Georges), 18, rue Drouot.
- Hart, agent de change (syndic de la Cic), 24, rue Le Peletier.
- Hartog (J.), manufacturier, 23, rue de la Pépinière.
- Haussmann (baron Georges-Eugène), membre de l’Institut, grand-croix de la Légion d’honneur, 12, rue Boissy-d’Anglas.
- Hauts-Fourneaux, forges et aciéries de la marine et des chemins de fer (Cie des), à Saint-Chamond (Loire).
- Hayem (S.) aîné, manufacturier, 38, rue du Sentier.
- Heine (Michel), banquier, 22, rue Bergère.
- Helbronner (Alphonse et Cie), fabricants d’équipements militaires, 7, place Lévis.
- Hericé (Jules), fabricant de bijouterie, 12, rue du Parc-Royal.
- Hetzel (Louis-Jules), adjoint au maire du 6e arrondissement, 18, rue Jacob.
- Hirseh (Joseph), ingénieur en chef des ponts et chaussées, 1, rue Casti-glione.
- Hochet (Eugène), fabricant de chapellerie, 56, rue des Francs-Bourgeois.
- Holzrehnih (Henri-Joseph), propriétaire de l’hôtel .Chatham, 17 et 19, rue Daunou.
- Houbigant, parfumeur, 19, faubourg Saint-Honoré.
- 10.000
- 4.000
- 15.ooo 100.000
- i5.ooo
- 10.000
- n5.ooo
- 100.000
- 10.000
- 100.000
- 5.000
- 5.000
- 10.000
- 2.000
- 1.000
- 10.000
- 3.000
- MM.
- Imbert frères, ingénieurs constructeurs à Saint-Chamond (Loire). 1.000
- Société des immeubles de b rance, 9, rue Marsollier. 600.000
- J
- MM.
- Jacquot (Auguste-Félicien), chimiste, fabricant de cirage, 194, rue de Ri-
- voli. 25.000
- Jaubert, trésorier-paveur général des Hautes-Alpes. ' 5.000
- Jeanteaud (Charles), carrossier, 51, rue de Ponth.ieu. 5.000
- Jouvet et Cie, édiieurs, 5, rue Palatine. 10.000
- K
- MM.
- Kann (Maurice), 148, boulevard
- Haussmann. 10.000
- Kann (Rodolphe), 8, rue Murillo. 10.000
- Keller (Charles-Laurent), négociant en bières, 15, rue Trévise. 2.000
- Klotz (Eugène), manufacturier, 2, places des Victoires (2e souscription). 18.000 Kohn Reinach et Cie, banquiers, 4, rue de la Bourse. 5o.ooo
- L
- MM.
- Labeyrie (Henri), trésorier - payeur général de la Gironde.
- Labussière (Alphonse) , député de l’Ailier, 85, rue d’Assas.
- Labuze, trésorier-paveur général du Cher.
- Lacharrière (Charles de), inspecteur général au ministère de l’intérieur, 14, rue Halévy.
- Laffineur (Eugène), 25, avenue Ma-rigny.
- Lalou (Charles), directeur du journal la France.
- Lamy, homme de lettres, auteur du Dictionnaire encyclopédique de F industrie et des arts industriels.
- Lange (Alphonse) et S. Teutsch, courtiers, 9, rue Chauchat.
- Larroque (Eugène), banquier, 16, place Saint-Pierre à Orthez (Basses-Pyrénées).
- Laruelle (Pierre-Célestin), 7, quai des Imberts, à Blois.
- Laurens (Paul-Louis-Elie), trésorier-payeur général de la Dordogne.
- Lauth (Charles), administrateur de la manufacture nationale de Sèvres, 36, rue d’Assas.
- Laveissière (J.-J.) et fils, négociants, 58, rue de la Verrerie.
- Lavoignat (Joseph), notaire, 5, rue Auber.
- Leclerre, 117, boulevard. Magenta.
- Lecomte etCie, facteurs d’instruments de musique, 12, rue Saint-Gilles.
- Lecouteux et Garnier, ingénieurs-mécaniciens, 74, rue Oberkampf.
- Ledoux, agent de change, 10, rue de Louvois.
- Legrand (Pierre), ancien ministre, i3, rue Tronchet.
- Lelogeais (Alphonse), négociant en vins, 43, rue des Tournelles.
- Lemoine (Henri-André), fabricant d’ameublements, président de la chambre syndicale d’ameublements, 17, rue des Tournelles.
- Lepecq de la Closture (René), 17, rue Casimir-Perrier.
- Lepère (Gabriel-Henri-Désiré), employé de commerce, 119, faubourg du Temple.
- Leroy fils (Charles-Isidore), fabricant de papiers peints,. 11, rue de Châ-teau-Landon.
- Leroy (Louis-Isidore), fabricant de papiers peints, 11, rue de Château-Landon.
- Levainville et Rambaud, produits chimiques, couleurs et vernis, 16, rue du Parc-Royal.
- Levainville (souscription personnelle).
- Levy (Emile), imprimeur, 36, rue des Petits-Champs.
- Lévy-Maurice (Jules), restaurateur, 40, avenue de Saint-Mandé.
- Liévin (Auguste-Edmond), agent de change, 10, rue Saint-Augustin.
- Limousin (Stanislas), pharmacien, 2 bis, rue Blanche.
- Lombart (Jules-François), fabricant de chocolat, 75, avenue de Choisy.
- Louis-Guérin (Charles), manufacturier à Reims, 18, rue Vivienne, à Paris.
- Louvre (Grands magasins du Louvre), Hériot et Cic.
- Louvre (Grand hôtel du), Hériot et
- Oe.
- 40.000
- 10.000
- 2.000
- 2.000
- 10.000 2 5.00 0
- 1.000
- 10.000
- 2.000
- 1.000
- 12.000
- 4.000
- 2.5.000
- 100.000
- 1.000
- 1.000
- 5.000
- 10.000
- 1.000
- 1.000
- 5.000
- 2.000
- 1.000
- 20.000
- 20.000
- 10.000 2 5.000
- 2.000 1.000 . 1.000
- 1.000
- 3 000
- 10.000
- 3.000
- 3oo.ooo
- 100.000
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- 324.— Deuxième Année. — N° 91. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1
- Dimanche 26 Septembre 1886.
- i>JL *.>JL .
- Macs (George-Louis, manufacturier, i5, rue du Réservoir à Clichy-la-Garenne (Seine).
- Mangin (Jean-Baptiste-Charles), 261, boulevard Voltaire.
- Mangnier (Jean-François Victor), trésorier-payeur général des Basses-Alpes, à Digne.
- Mannoni, constructeur mécanicien, 96, rue d’Assas.
- Mârqfoy, trésorier-payeur général de la Haute-Garonne.
- Marraud (Léonce), trésorier-payeur général de la Lozère.
- Martin-Métairie (Gaston - Marie - Camille), trésorier-général des Alpes-Maritimes.
- Mathelin et Garnier, ingénieurs, entrepreneurs de la distribution des eaux delà ville de Paris, 26, rue Boursault.
- Mathérion (Jean-Baptiste-Ernest), entrepreneur de menuiserie, 5, rue Chaptal.
- Mauclerc (E.), négociant, 14, rue de la Monnaie.
- Maulmond (Sigismond) , trésorier-paveur général du Jura.
- Maunoury, Wolff et Cle, négociants en papier, 10, rue des Archives.
- Maurice Lippmann, ancien directeur de la manufacture nationale d’armes de Saint-Etienne, 26, rue Dumont-d’Urville.
- Mayer (Eugène), directeur du journal la Lanterne, 18, rue Richer.
- Ménier, négociant, 56, rue de Châ-teaudun.
- Mercadier (Ludovic), trésorier-payeur général du Tarn
- Messageries maritimes.
- Meyer (Ernest), auditeur au conseil d’Etat, 18, avenue Raphaël.
- Meyer (Emile), 07, boulevard de Strasbourg.
- Mignon, Rouart et Delinières, ingénieurs constructeurs, fabricants de tubes en fer à Montluçon (Allier).
- Millet (Louis-Marie-Augustin), agent de change, 21, rue de Provence.
- Mongin (Pierre), au château de Gray (Haute-Saône).
- Monthiers (Maurice), ingénieur civil des mines, 70, rue d’Amsterdam.
- Morlock (Gustave), propriétaire de l’hôtel Bristol, 5, place Vendôme.
- Moulnier (Théodore-Hubert), trésorier-payeur général de la Corrèze.
- Mourceau (Hippolyte), ancien manufacturier, 16, rue Vignon.
- Muller (Emile), ingénieur, président du conseil de l’Ecole centrale des arts et manufactures, 20, avenue du Trocadéro.
- 'Muret (Henri), membre de la Société nationale d’agriculture de France, 4, place du Théâtre-Français.
- 22.000 I .OOO
- I .OOO
- 100.000
- 20.000 I .000 I .OOO I .OOO
- I .000
- 10.000
- 1.000 2.000 I .OOO
- 5.000
- 2.000
- 4.000
- 15o.ooo
- 2.000
- 100.000
- 1.000
- 20.000
- 5.000
- 10.000
- 10.000
- 5.000
- 10.000
- 10.000
- 5.000
- 10.000
- 10.000
- MM.
- Nahmias (Albert), banquier, 1, rue Rossini.
- Nevmarck (Alfred), vice-président de 2.000
- là chambre syndicale des industries diverses, 18, rue Vignon. 1.000
- Nicole, 11, boulevard du Palais. 1.000
- Nieuvenhuyzen, ingénieur de l’exposition internationale des sciences et des arts industriels, 1, rue des Varebois, Courbevoie (Seine). 1.000
- Nivert (A.), adjoint au maire du 17e arrondissement, 102, boulevard Pe-reire. 5.000
- Nivert (Emilien), manufacturier, vice-président de la société industrielle d’Elbeuf. 10.000
- Normand (Paul), 17, boulevard de la Madeleine. 1.000
- 0
- MM.
- Ochs (Alphonse et Louisfi négociants en diamants, 22, rue Chauchat. 2.000
- Offroy et Cie, banquiers, faubourg
- Poissonnière, 60. 10.000
- Olivier (Charles-Eugène), 1 5, rue Ram-
- buteau. ^ _ 1.000
- Ollendorff (Paul), libraire-éditeur,
- 28 bis, rue Richelieu. 10.000
- Orbigny et Faustin fils (A. d’), armateurs, 9, quai Maubec, à la Rochelle (Charente-Inférieure). 1.000
- Osiris (D. J.), propriétaire du vignoble « Château La Tour-Blanche », 9, rue Labruyère. 20.000
- Ossude (Gabriel), 10, avenue de Mac-Mahon. 3.ooo
- Oustry (Louis), trésorier-payeur général d’Eure-et-Loir. 1.000
- P
- MM.
- Pacquement deTrooz (Louis-Gilbert), caissier au Comptoir d’escompte de Paris, 119, rue Lafayette.
- Panckouke’(Henri-Louis-Marie), trésorier-payeur général de l’Isère.
- Paraf frères, fabricant de tissus spéciaux pour caoutchouc, 8, rue des Jeûneurs.
- Pasquier (Nicolas-François), 10, rue de Neuville, à Rethel (Ardennes).
- Pasquier (Ernest), négociant, rue de la Surchette, 5, à Soissons (Aisne).
- Paupier (Léonard),constructeur d’instruments de pesage et petits chemins de fer, 84, 95,97, 99, rue Saint-Mau r.
- Pector (Eugène), vice-président de la chambre d’exportation, consul général du Salvador, 3, rue Rossini.
- Pellisson (Emile), négociant distillateur à Cognac (Charente).
- Pellorce (Aimé), propriétaire, rue Cambon, 4.
- Pelpel (Eugène), distillateur, 34, rue du Renard.
- Péreire (Eugène), 45, faubourg Saint-Honoré.
- Perier (A.), courtier de marchandises à la Rochelle.
- Pérignon (Eugène-Anatole), ingénieur civil, io5, faubourg Saint-Honoré.
- Périssé (J.-Sylvain), vice-président de la société des ingénieurs civils, 12, rue de Turin.
- Perrot (Henri), ancien fabricant de bronzes, 5, rue Chariot.
- Petit (Henri), trésorier-payeur général de la Loire.
- Petit de Monseigle (Edme), propriétaire, 25, rue Bergère.
- Philippe (M.), 17, boulevard delà Madeleine.
- Philippe (Emile-Jean-Baptiste), trésorier-payeur général du Cantal.
- Pichot (E.), président de la chambre de commerce française de Bruxelles, 72, quai Jemmapes à Paris, et 3, rue de la Pompe,à Bruxelles.
- Picard (Arsène), trésorier-payeur général du Nord.
- Pierret (Victor-Athanase), ancien horloger, 6, rue Aucelle, à Neuilly-sur-Seine.
- Pinède (Alphonse), trésorier-payeur général du Lot-et-Garonne.
- Pinet (François-Jean-Louis), manufacturier, 42 et 44, rue de Paradis.
- Plevel, Wolff et Ci8, manufacturiers, 22, rue Rochechouart.
- Portier (Jean-Baptiste), associé de la maison Lombart et Cle, 75, avenue de Choizy.
- Potier (de), trésorier-payeur général des Bouches-du-Rhône.
- Potin (veuve Félix), produits alimentaires, io3, boulevard Sébastopol.
- Poulin (Auguste), trésorier-payeur général d’Ille-et-Vilaine.
- Pouquet, agent de change, 24, rue de la Banque.
- Pouy (Jean-Georges-Marie), trésorier-paveur général de la Charente.
- Préfecture du département de la Seine :
- 1.000 25.000
- 6.000
- 10.000
- 10.000
- 10.000
- 2.000
- 2.000
- 5.ooo
- 10.000
- 5o.ooo
- 1.000
- 25.000
- 5.ooo 5.ooo C.000 1.000 1.000 2.000
- 5.ooo
- 3o.ooo
- 2.000 25.000' 1.000 10.000
- 1.000
- 40.000
- 100.000
- 10.000
- IO.OOO!
- 15.ooô
- R
- MM.
- Raimon (Léon), 19, rue du Quatre-Septembre. 10.000
- Rambour (Léon), négociant, 73, rue de la Verrerie. 2.000'
- Ramé (Achille-Alexis) ancienfabricant, ancien président de l’école professionnelle du papier, 19, rue Berlioz. 2.000
- Ramel (Emile), trésorier-payeur général du Loiret. 6.000
- Raveneau, agent de change, 14, rue Lafayette. 3.000
- Rèche (Jean-Baptiste, dit Georges), caissier-comptable, rue du Clos-Chassaing, à Périgueux. 1.000
- Redouly et Cie, entrepreneurs de peinture, 11, rue Saint-Georges. 3.000
- Remoiville (Paul-Eugène), député, rue de la Verrerie. - 5.000
- Rente foncière (Conseil d’administration de la) MM. Altette (Louis), administrateur à Mar-seille-le-Petit (Oise). 1.000
- Courot, administrateur, 178, faubourg Saint-Honoré. 1.000
- Sébastien de Neufville fils, administrateur, 31, avenue Montaigne. Outters (Alphonse), administrateur, 1, cité d’Antin. 10.000
- 10.000
- De Pradelle (Gustave), administrateur, à Castelnau de Bretenoux (Lot). 1.000
- Vallet (Louis-Romain-Alexandre), administrateur, 11, rue de Cluny. Torchet (Eugène), commissaire aux comptes, 29, rue Bleue. 1.000
- 6.000
- Pastourel, directeur, 2 5, rue du Rocher. 6.000
- Reumont (Alphonse), agent de change, 21, rue Drouot. 10.000
- Révillon frères, fabricants de fourrures, 79 et 81, rue de Rivoli. Richard (Félix), charcutier, 192, rue Saint-Honoré. 5.000
- 2.000
- Riondet (Henri-Louis), Magasins du Comptoir général, 9 , boulevard Poissonnière. 100.000
- Riveron (Joseph), charpentier, 10, impasse de l’Astrolabe 2.000
- Roblot (Richard-Louis-Marie), agent de change, 44, rue Laffitte. Rodanet (Auguste-Hilaire), constructeur de chronomètres, président de la chambre syndicale de l’horlogerie, 36, rue Vivienne. 10.000
- 1.000
- Roquencourt (Victor-Armand), manufacturier, 9, 11, 13, rue de Tracy. Roquette-Buisson (comte de), trésorier-payeur général des Pyrénées-Orientales. 20.000
- 4.000
- Rossollin (Edouard), négociant, 19, rue du Château d’Eau. 3.ooo
- Rouart frères et Cie, constructeurs-mécaniciens, i3y, boulevard Voltaire. 5.ooo
- Roy frères, négociants, 38, rue des Jeûneurs. i5.ooo
- Roy (Gustave), ancien président de la chambre de commerce, 1 bis, avenue Hoche. 10.000
- Rueff (Jules), administrateur délégué des Messageries fluviales de Co-chinchine, 9, rue Bergère. 5.ooo
- MM.
- Poubelle, préfet de la Seine, pavillon de Flore. 10.000
- Alphand, directeur des travaux, 7, rue Largillière. 5.000
- Delcamp, directeur des finances, 21, rue des Moines. 1.000
- Roux, directeur des affaires départementales, 7, rue Corneille. 1.000
- Pasquier, directeur des affaires municipales, 5, rue de Bastia. Carriot, directeur de l’enseignement primaire, 79, boulevard Saint-Michel. 1.000
- 1.000
- Renaud (Armand), inspecteur en chef des beaux-arts, 1, rue Largillière. 1.000
- Pillon, chef de division, 112, rue de Rennes. 1.000
- Train, architecte (7e section), 39, rue des Noyers. 1.000
- Ganche, rédacteur à la division des finances, 14, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. • 1.000
- Prevet (Charles), député industriel, 48. rue des Petites-Ecuries. 10.000
- Prieur (Georges-Emmanuel-Gaston), trésorier-payeur général de la Haute-Savoie. 5.ooo
- Privât (Henri), publiciste, 10, rue de Douai. 20.000
- S MM. Salmon (Adolphe), négociant, $4, rue des Petites-Ecuries. S.ooo
- Salmon (Félix), toilerie à Nancy, 3i, rue Saint-Nicolas. 2.000
- Sanson (Edouard-Auguste), trésorier payeur général de la Côte-d’Or. 10.000-
- Sautter, Lemonnier et Cie, constructeurs de phares et d’appareils électriques, 26, avenue de Suffren. Sauvageot (M,ne), robes et manteaux, 38, rue Jouffroy. Savalle (Désiré), ingénieur constructeur de matériel de distillerie, 64, avenue du Bois-de-Boulogne. 20.000
- 1.000
- 1.000
- Savoye (Charles), 52, rue St-Georges. 5.ooo
- Schwob et fils, fabricants de tissus, 2 5, rue des Jeûneurs. 1.000
- Scitivaux (Edgard-Charles-Jules), trésorier payeur général du Puy-de-Dôme. 6.000
- Sédille (Paul), architecte, 28, boulevard Malesherbes. 5.000
- Seydoux-Siéber, 23, rue de Paradis. Siegfried (Jacques), banquier, 1, rue de Choiseul. 3o.ooo
- 10.000
- Sienkiewicz , sous - directeur de la -Banque d’escompte de Paris, 77, rue de Prony. 25.000
- p.324 - vue 340/461
-
-
-
- Deuxième Année. — N° qi.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889. Dimanche 26 Septembre 1886. — 325.
- Simon (Edouard), ingénieur civil, 78, boulevard Arago.
- Simond (Valentin), directeur des journaux le Mot d’ordre et l’Echo do Paris, 8, rue Drouot.
- Société des ateliers et chantiers de la Loire, 14, rue Bergère.
- Société de constructions des Bati-gnolles, 174, 176 et 178, avenue de Clichy.
- Société française de pavage en bois, q, rue Marsollier.
- Société Générale pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France, 54, rue de Provence.
- Société générale de-s Téléphones, 41, rue Caumartin.
- Société Jules Jaluzot et Ciu, 64, boulevard Haussmann (Magasins du Printemps).
- Société Marseillaise de crédit industriel et commercial et de dépôts, à Marseille, 63 , rue de Paradis, à Paris, 5o, Chaussée-d’Antin.
- Société Parisienne de crédit, 209, rue d’Allemagne.
- Société Parisienne d’entreprise générale de travaux, 34 ter, rue de Dunkerque.
- Société de travaux publics et constructions, i5, rue Louis-le-Grand.
- Sonnier(Einest-Léopold), greffier au tribunal civil de la Seine, io, rue du Chemin-Vert.
- Soubeyran (baron de), président de la banque d'escompte de Paris.
- Soubrier (Louis), 14, rue de Reuilly.
- Spiess (J.), directeur de la Finance Nouvelle, rue de Richelieu.
- Stern (Jacques), banquier, 58, rue de Châteaudun.
- Sudrot (Joseph-Désiles) , entrepreneur de travaux publics, 189, rue Lafayette.
- Swarte (de) Victor, trésorier-payeur général des Ardennes.
- Syndicat général des Compagnies d’assurances à primes fixes contre l’incendie, 44, rue de Châteaudun.
- Syndicat delà Compagnie des agents de change de Paris, 6, rue Mé~ nars.
- Syndicat professionnel des industries électriques, 26, avenue de Suffren.
- Syndicat des Entrepreneurs de travaux publics de France :
- MM.
- Guillottin (Amédée-Léon-Jean), président, 77, rue Lourmel.
- Dulau (Bernard-Benjamin), vice-président , 70, boulevard de Cour-celles.
- Fauconnier (Paul-François), ingénieur des arts et manufactures , 2, rue Verte, à Orléans.
- Gautard (Pierre) , électricien aux usines du Creusot, rue de l’Abbé-Perrot, au Creusot.
- Renard (Georges-Ferdinand) , entrepreneur de travaux publics, 101, avenue des Champs-Elysées.
- 2.000
- 10.000 5o .000
- 60.000
- 5o.ooo
- 3oo.ooo 5 0.000
- 250.000
- 100.000
- 3oo.ooo
- 10.000 2 5.000
- 5.ooo
- 5o.ooo
- 2.000
- 10.000
- 5o.ooo
- 1.000 25.000
- 19.000
- 3oo.ooo
- 1.000
- 5.ooo
- 5.ooo
- 5.ooo
- 1.000
- 4.000
- T
- Tapis Rouge (Magasins du), Fleck
- frères, 65 et 67, Faubourg-Saint-Martin. 5.ooo
- Tarbouriech Nadal, négociants commissionnaires, 61, rue Chabrol. 5.000
- Teisserenc de Bort (Pierre-Edmond) ,
- sénateur, 82, avenue Marceau. 20.000
- Térouanne (Eugène), trésorier-payeur
- général de la Haute-Vienne. i5.ooo
- Tessandier, trésorier-payeur général
- de la Somme. 20.000
- Teutsch (Edouard), trésorier-payeur
- général des Vosges. 1.000
- Tliierry (Gustave), négociant, 32, rue
- de Paradis. _ 1.000
- Thirion (Charles), ingénieur, ancien secrétaire général des congrès et conférences de l’Exposition de 1878, q5, boulevard Beaumarchais. 10.000 G. Thomas, Ch. Lachambre et Cie,
- banquiers, 6, rue Boissy-d’Anglas. 10.000
- Thurneysen (Georges), 53, rue de Lisbonne. _ 5.000
- Tirard (Clément), fabricant de chapeaux, 24, faubourg Poissonnière. 2.000
- Tollaire Desgouttes, trésorier-payeur
- général de l’Indre. _ 3.000
- Tollin,agent de change honoraire,io3,
- avenue Henri-Martin. ^ 5.000
- Tournus (Jean-Marie-Alphonse),_ trésorier-payeur général de l’Ariège. 2.000
- Tourreil, agent de change, 48, rue de
- Provence. 10.000
- Trencart (Paul-Emile), agent de
- change, 5, rue Chauchat. 10.000
- Tuffier (L.), 11, avenue des Tilleuls,
- Auteuil. 10.000
- Tribunal de commerce de la Seine.
- MM.
- Michaux (Félix-Philibert), président,
- entrepreneur de travaux publics. 5.000
- Cavé (Jean-Cyrille), juge, négociant
- en vins, 54,rue du Ranelagh. 1.000
- Chevalier (Adolphe-René), juge, négociant, 243, boulevard Saint-Germain. 5.000
- Dervillé (Stéphane), juge, 164, quai
- de Jemmapes. 2.000
- Foucher (Gustave-,\médée-Albert ) , juge, 175, faubourg Poissonnière. 5.000
- Garnier (Hubert-Louis), juge (maison Mathelin et Garnier), 26, rue Boursault. 5 000
- Girard (Henri), juge pharmacien, 45,
- rue Vauvilliers. 1.000
- Hervieu (Pierre-Nicolas), juge, marchand de métaux, 37, boulevard Bourdon. 1.000
- Lévy (Ernest), juge, négociant, i3,rue des Petites-Ecuries. , 2.000
- Levylier (Georges - Edgar - Adrien), juge, 6, rue Meissonier. 1.000
- Magimel (Edmond), juge, libraire-éditeur, 56, rue Jacob. 2.000
- May (Louis-Henri), juge, 7, rue Lo-gelbach. 3.000
- Petit (Charles), juge, 4, route du Landy, Plaine Saint-Denis. 5.000
- Balliman (Emile), juge suppléant, négociant, 174, rue de Rivoli. 1.000
- Bresson (Jean), juge suppléant, négociant, 136, boulevard Saint-Germain. ’ S.ooo
- Douillet, juge suppléant, négociant,
- 7, rue de Vigny. 2.000
- Droin (Ernest), juge suppléant, 53 Ms,, quai, des Grands-Augustins. 2.000
- Duché (Pierrefi juge suppléant, 39, rue François l61'. 1.000
- Falco (Alphonse), juge suppléant, négociant en diamants, 63, rue Tait-bout. 2.000
- Fontaine (Hippolyte), juge suppléant, ingénieur électricien, 15 , rue Drouot. 3.ooo
- Germain (Thomas), juge suppléant,
- 146, avenue du Trocadéro. 1.000
- Goy (Amédée-François), juge suppléant, 85, rue Hauteville. 1.000
- Grôsclaude (Jean-Baptiste), juge suppléant, 96, boulevard Diderot. 5.000
- Hugot (Victor), juge suppléant, fabricant d’éventails, 5g, faubourg Saint-Martin. 1.000
- Lapeyre (Victor), juge suppléant, 7, rue de Phalsbourg. 1.000
- Ledoux (Charles), juge suppléant, négociant, 24, rue Saint-Denis. 1.000
- Lefèvre (Jules), juge suppléant, 5, rue
- Molière. 1.000
- Mazet (Léon-Pierre-Marie), juge suppléant, 12, rue de Châteaudun. 1.000
- Meunier (Emilien), juge suppléant,
- restaurateur, 100, rue Richelieu. 2.000
- Morel Thibaut (Silvain-Benjamin), juge suppléant, 19, rue des Entrepreneurs. 1.000
- Raffârd (Paul), juge suppléant, négociant, 226, rue Saint-Denis. 1.000
- Sedillot (Charles-Joseph-François), juge suppléant, 7, rue Saint-Fiacre. 2.000
- Soumot (Paul), juge suppléant, 53, rue de Lisbonne. 1.000
- Glandaz (Albert-Sigismond), greffier en chef, io3, faubourg Saint-Honoré. 1.000
- Poidevin (Pierre-Auguste), greffier-
- secrétaire, 7, rue Tardieu. 1.000
- Compagnie des agréés au tribunal de
- commerce. 10.000
- Barboux (Louis), syndic de faillites,
- 9, boulevard Sébastopol. 1.000
- Beaugé, syndic de faillites, 24, avenue Victoria. 1.000
- Beaujeu (Alexandre), syndic de failli-lites, 14, rue Chanoinesse. 1.000
- Bernard (Eugène), syndic de faillites 47, rue Saint-André-des-Arts. 1.000
- Bonneau (Alfred-Louis), syndic de faillites, 6, rue de Savoie. 1.000
- Boussard (Emile), syndic de faillites,
- 5, avenue Victoria. _ 1.000
- Châle (André-Jules), syndic de faillites, 7, boulevard Saint-Michel. 1.000
- Chevillot (Henri), syndic de faillites, 7,
- rue Jean-Lantier. 1.000
- Cottv (Alphonse-Alexandre), syndic de' faillites, 27, quai de la Tournelle. i*ooo
- Cousin (Alcée), syndic de faillites, 80,
- boulevard Saint-Michel. 1.000
- Destrez (Léon), syndic de faillites, 46,
- rue Saint-André-des-Arts. 1.000
- Hécaen (Léon-Louis), syndic de faillites, 14, rue de l’Ancienne-Comé-die. . 1.000
- Heurtey, syndic de faillites, 40,rue du Luxembourg. 1.000
- Lissoty (Félix), syndic de faillites, 33, rue Saint-André-des-Arts. 1.000
- Maillard (Jean-Louis), syndic de faillites, 4, boulevard Saint-Michel. 1.000
- Mauger (Charles-Jules), syndic de faillites, 99, boulevard Sébastopol. 1.000
- Menault (Jacques-Eugène), syndic de faillites, 5 r, boulevard Saint-Michel. 1.000
- Mercier (Armand-Jacques-Marie),syndic de faillites, 6, place Saint-Michel. 1.000
- Normand (Jean-Baptiste-Svlvère),syndic de faillites, 6, rue des Grands-Augustins. 1.000
- Ozéré (Alfred), syndic de faillites, 2,
- rue Christine. 1.000
- Pinet (Henri), syndic de faillites, 82, boulevard Saint-Germain. 1.000
- Planque (Valèret, syndic de faillite, 9, rue Bertin-Poirée. 1.000
- Ponchelet (Léon), syndic de faillites,
- 12, rue Chanoinesse. 1.000
- Roucher (Emile-Pierre), syndic de faillites, 1 bis, rue Hautefeuille. 1.000
- Sauvalle (Paul-Victor-Alphonse), syndic de faillites, 2 5, quai des Granfis-Augustins. x.000
- Les membres de la Chambre des liquidateurs
- MM.
- Moreau (Edmond), Souriau, Bourgeois, Juge, Gillet, Lessore. 1.000
- Beaufils (Eugène), liquidateur, administrateur, 172, rue du Temple. 1.000
- Bourgeois (Louis-Alfred), liquidateur administrateur, 66, rue de Rivoli. 1.000
- Clément (Louis),liquidateur administrateur, 5, rue Hauteville. 1.000
- Gillet (Lucien), liquidateur administrateur, 92, rue Richelieu. ' 1.000
- Juge (Lucien), liquidateur administrateur, 28, rue Saint-Lazare. 1.000
- Leguay (Baptiste-Joseph), liquidateur administrateur, rue du Mail. 1.000
- Lessore (H -E.), liquidateur-administrateur, 2, quai de Gesvres. 1.000
- Levasseur , liquidateur-administrateur, 17, rue Pasquier. 1.000
- Lougarre (Léon), liquidateur-administrateur, 55 bis, rue Jouffroy. 1.000
- Moreau (Edmond), liquidateur-administrateur, 21, rue Hauteville. 1.000
- Moreau-Duflé (Adolphe), liquidateur-administrateur, 6, boulevard Sébastopol. 1.000
- Parent (Lucien), liquidateur-administrateur, 43, rue Richelieu. 1.000
- Petit (Charles-Paul), liquidateur-administrateur, 19, rue Jean-Jacques-Rousseau. 1.000
- Rechignât (Gilbert), liquidateur-administrateur, .1, rue Budé. 1.000
- Robin (Albert-Jean-Marie),liquidateur administrateur, 20, rue du 4 Septembre. 1.000
- Souriau (Louis-Henry), liquidateur
- administrateur, 10, place Vendôme. 1.000
- Tricheux (Victorien), liquidateur-administrateur, 66, boulevard Saint-Germain. 1.000
- Veil (Abraham), liquidateur-administrateur, 9, rue de la Néva. 1.000
- Union nationale du commerce et de l’industrie, 10, rue de Lancry :
- MM.
- Muzet (Alexis-Louis), président. 5.000
- Cherpuiseau (Louis), fabricant de
- maroquinerie, 33, rue Chapon. 1.000
- Davoust (Edmond), vice-président de la chambre syndicale des caoutchoucs et toiles cirées. 5.000
- Giraudon (Silla-Auguste), président de la chambre syndicale de la maroquinerie, gainerie et articles de voyage, 1, rue Thérèse. 5.000
- Jiimelle (Alfred), secrétaire du syndicat général, 70, rue de Rivoli. 5.000
- Leclerc (Pierre), négociant, membre du conseil municipal de Paris, président de la chambre syndicale de la draperie, 7, rue d’Aboukir. 5o.ooo
- Lenoir (Charles), rédacteur au ministère du commerce en mission à Li-verpool et à Edimbourg. 1.000
- p.325 - vue 341/461
-
-
-
- 326. — Deuxième Année. — N° 9
- Levallois et Delon, 24, rue du Sentier.
- Levy (Emile), négociant, 8, rue du Mail.
- Parent et Cie (Al, fabricants de boutons, 27, rue Michel-le-Comte.
- Patay (Edgard-Fe'lix), fabricant de fleurs artificielles artistiques, 17, rue de la Paix.
- Planchenault (Ferdinand), fabricant de selterie, i3, rue Bouchardon.
- Ricbourg (Albert-Alphonse-Maximilien), constructeur mécanicien. Président de la chambre syndicale des machines à coudre. Adjointau maire du 4e arrondissement, 20, boulevard de Sébastopol.
- Sueur (David), négociant commissionnaire, 42, rue Jean-Jacques-Rousseau.
- YVinter (David), négociant commissionnaire, 42, rue Jean-Jacques Rousseau.
- Union syndicale des débitants de vin de Paris, 70, rue Montmartre.
- V
- MM.
- Varennes (Paul), banquier, 18, rue Laffite.
- Vavin (Hippolyte), ancien trésorier-payeur général.
- Vée (Amédée), ancien président du syndicat des produits chimiques et du comité central des chambres, 24, rue Vieille-du-Temple.
- Vergé (Charles-Paul-Laurent), 11, quai d’Orsay.
- Verneuil (de), agent de change, 46, rue Notre-Dame-des-Victoires.
- Viale (Jean-Baptiste), rentier à Bastia (Corse).
- Vicat (Joseph-Henri), industriel (insecticides et moutarde), 9, rue Jules-César.
- Vigneron (H.), directeur de la compagnie française de machines à coudre, H. Vigneron, 74, rue de la Folie-Regnault.
- Villain et Cie, négociants en nouveautés (Petit-Saint-Thomas), 33, rue du Bac.
- Villette (Charles), trésorier-payeur général de l’Yonne.
- Volpini (Joseph-Paul), directeur du Grand-Café, 14, boulevard des Capucines et 4, rue Scribe.
- Vuaflart, agent de change, 3i, rue Saint-Augustin.
- w
- MM.
- Walcker, 42, rue Rochechouart.
- Weber (France) (de la maison Ed. Bernet-Houblons), 51, rue Rodier.
- Weyher et Richemond, administrateurs-directeurs de la Société centrale de constructions de machines, route d’Aubervilliers, 5o, à Pantin.
- Wilson (Daniel)) député, palais de l’Elysée.
- Wolff (David), ancien fabricant de papier, 10, rue des Archives.
- Y
- MM.
- Yvo Bosch, banquier, 6, boulevard des Italiens.
- Albert (Mme), fabricant de chaussures,
- 133, rue de Crimée.
- Appert (Aristide-Denis), fabricant de chaussures, 9, rue Martel.
- Auscher (Ernest-Simon) , ingénieur des arts et manufactures, chef de fabrication à la manufacture de Sèvres, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Banque de France.
- Vandermarcq (Victor), chef du bureau du contrôle du portefeuille, 65, rue Miroménil.
- Fontaine (Marie-Robert), adjoint à l’inspection, 4, rue de Sèvres.
- Mahut (Ernest-Marcelin), chef-adjoint.
- Beatrix (Félix-Marie), sous-chef. I
- Flament (Félix-Amaranthe), commis' principal. 1
- Danger.(Benjamin-Edouard), commis-' principal.
- Aniéré (C.), directeur de la succursale de Versailles.
- Bazin (Charles-Joseph-Léon), directeur de la succursale du Mans.
- Bergouignan (Jean-Laurent-Ernest), directeur de la succursale de Tarbes.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Septembre 1886.
- 2.000
- 1.000
- 5.ooo
- 1.000 2.000
- 5.000
- 1.000
- 2.000
- 2.000
- 5.ooo
- 1.000
- 10.000
- 1.000
- 20.000
- 40.000
- 1.000
- 5.ooo
- 10.000
- 10.000
- 3.000 15.ooo
- 1.000
- 1.000
- 10.000
- 5o.ooo
- 5.000
- 25.000
- 2.000
- 5.ooo
- 1.000 8.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- Berlier (Aimé-Théodore-Georges), directeur de la succursale de Lons-le-Saunier).
- Bethmont (Charles-Henri), chef de bureau auxiliaire de Charleville. du Blaisel (Pierre-Louis-Arthur), di- ' recteur de la succursale d’Amiens. Boucher (Adolphe), directeur de la succursale de Clermont-Ferrand, du Bourquet (Georges-Jean-Emile), caissier de la succursale de Saint-Etienne.
- Bureau (Jules-Albert), directeur de la succursale de Tulle.
- Clément (Albert), directeur de la succursale de Caen.
- Coutelle (Charles), directeur de la succursale de Montauban.
- Dasse (Alexandre-Emile), directeur de la succursale de Saint-Etienne. Delbecq (Emile), directeur de la succursale de Cahors.
- Dupleix (Ernest-Georges), directeur de la succursale de Lille.
- Gagniard (Henri), directeur de la succursale de Sedan.
- Girard (Armand), directeur de la succursale de Dunkerque.
- Henry (J.-Baptiste-Alphonse), directeur de la succursale de Lyon. Jacques (Marie-Albert), directeur de la succursale de Mende.
- Le Jumeau de Kergaradec (Georges), directeur de la succursale d’Angou-lême ,
- Leroux (Pierre),caissier de la suceur-/
- . sale de Dunkerque. >
- Dubois (Eugène), commis de la suc-\ cursale de Dunkerque.
- Masson (Edouard), directeur de la succursale de Cette.
- Morin (Nicolas-Edouard-Julien), directeur de la succursale de Rouen. Pinezon du Sel des Monts (Erasme), directeur de la succursale de Rennes.
- Rabourdin (Elie), directeur de la succursale d’Orléans.
- Robin (Marie-Emile, directeur de la succursale de Troyes.
- Roux (Joseph), directeur de la succursale de Limoges.
- Sagey (Louis), directeur de la succursale de Tours.
- Verron (Gustave-Louis), directeur de la succursale de Ghâlon-sur-Saône. Vallet, caissier de la succursale de Lyon.
- VanGelder (Alfred-Maurice), directeur de la succursale d’Auch.
- Bonhomme (Victor-Louis), entrepreneur de menuiserie, i2i,rue Notre-Dame-des-Champs.
- Banque d’escompte de Paris et Société des Immeubles de France, pour compte de divers.
- Barbier (Frédéric-Désiré), constructeur de phares, 82, rue Curial.
- Veuve E. Bellamy et Cie, banquiers à Caen.
- Bernet (Edouard-Albert), négociant, 17, rue de Cléry.
- Bidgrain (J.), négociant à Caen. Boulenger (Adolphe), fabricant d’orfèvrerie, 4, rue du Vert-Rois. Bresson, administrateur du territoire de Belfort.
- A. Broise et Courtier, imprimeurs lithographes, 43, rue de Dunkerque. Brun (Prosper), négociant, 53 et 55, rue du Temple.
- Gail (Anciens établissements), colonel de Bange, directeur général, i5, quai de Grenelle.
- Carue, corderie et gymnastique, 269, rue Saint-Denis. * %
- Chambre de commerce de Bayonne. Chambre de commerce de Cambrai. Chambre de commerce de Chambéry. Chambre de commerce de Clermont-Ferrand.
- Chambre de commerce de Constan-tine.
- Chambre de commerce de Dieppe. Chambre de commerce de Fougères. Chambre de commerce de Gray. Chambre de commerce de la Rochelle. Chambre de commerce de Lille. Chambre de commerce de Lyon. Chambre de commerce de Marseille. Chambre syndicale de l’ameublement (H. Lemoine, président), 13, rue de la Cerisaie.
- Chambre syndicale des entrepreneurs de couverture et plomberie. — Mesureur (Jules), 5, rue de Téhéran. Chambre syndicale des entrepreneurs de pavage. — Mulot (Albert) et Fré-ret (Louis), entrepreneurs cfe travaux publics, q3, rue des Boulets.
- 1.000 1.000 2.000 1.000
- 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 2.000 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000 1.000
- 1.000 1.000 4.000 1.000 1.000 2.000 1.000 1.000
- 1.000
- 2.000
- 200.000
- b.ooo
- 1.000
- S'ooo
- 1.000
- 1.000
- 2.000
- 1.000
- 100.000
- 1.000
- 2.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 6.000
- 1.000
- 1.000
- 2.000
- 20.000
- 25.000
- 10.000
- 5.000
- 2.000
- 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de fumisterie, chauffage et ventilation, 3, rue de Lutèce.
- Divers membres de la chambre.
- Chambre syndicale des hôteliers -logeurs de Paris, 45, rue Saint-Denis.
- Chargeurs réunis (société anonyme), compagnie française de navigation à vapeur, 3o, rue Le Peletier.
- Charpentier Page, à Valdoie (territoire de Belfort).
- Charuet (Etienne), restaurateur, 1, rue du Départ.
- Clavé (Bertrand), tanneur à Coulom-miers.
- Compagnie générale d’impression et d’édition (maison Quantin), 7, rue Saint-Benoit, à Paris.
- Compagnie du chemin de fer de l’Est.
- Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Compagnie du chemin de fer d’Orléans.
- Compagnie du chemin de fer de l’Ouest.
- Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- 1.000 1.000
- 1.000
- 25.000
- 1.000
- 5.000
- 4.000
- 5.000
- 5oo.ooo
- 5oo.ooo
- 5oo.ooo
- 5oo.ooo
- 5oo.ooo
- Crédit Foncier de France : MM.
- Couzinet, directeur de la succursale
- de Toulouse. Le Bret, directeur de la succursale de 2.000
- Rennes. Cruveliher (Joseph-David), chapelier, 2.000
- 117, boulevard Sébastopol. Dambricourt (Alexandre), négociant à 1.000
- Vvizernes (Pas-de-Calais). Damon et Cie (maison Kriéger), fabricants de meubles, 74 , faubourg 2.000
- Saint-Antoine. Delaporte (Georges-Armand-Gustave), 10.000
- ingénieur civil, 3o, quai du Louvre. Duphénieux (Paul), trésorier-payeur 1.000
- général de l’Oise. Duplan, industriel à Villeneuve-Saint- 10.000
- Georges. Dutilieul (Charles-Eugène), agent de 5.ooo
- change, 3, rue du Helder. Dye (Louis), représentant aux expositions , boulevard de Strasbourg-Clos-Verrière, à Dijon. Erhard (Victor) , filateur à Rouge-mont-le-Château, territoire de Bel- 15.ooo
- 1.000
- fort. Farcy et Oppenheim, fabricants de 1.000
- corsets, 13, rue des Petits-Hôtels. La Foncière, Compagnie d’assurances 1.000
- contre l’incendie. La Foncière, Compagnie d’assurances 100.000
- sur la vie. La Foncière, Compagnie d’assurances contre les risques de transports de 100.000
- toute nature. Fontaine, trésorier-payeur général de 100.000
- Saint-Brieuc (2e souscription). Gastellier, député, président de l’Union céramique et chaufournière de France, 16, boulevard de Stras- 2.000
- bourd. Guillois, manufacturier à Cusset (Al- 5.000
- lier). Hachette et Cie, libraires-éditeurs (2e 3.000
- souscription. Hallot (Bernard), manufacturier, 14, 45.000
- rue Chapon. Hoskier et Cie, banquiers, 3g, boule- 1.000
- vard Haussmann. Houbigant, parfumeur, 19, faubourg Saint-Honoré (2e souscription), de Huici (veuve), 70, rue de l’Ascen- 25.000
- 15.ooo
- sion. Israël et fils, négociants exportateurs, 3.ooo
- 5o, rue d’Aboukir. Julien, David et Renier, banquiers à Pont-l’Evêque (Calvados). Lebègue (Stéphan), architecte, 12, rue 2.000
- 3 .000
- de Castellane. Lévy (Gabriel), maire de la commune 1.000
- de Villemomble. Marpon (Charles) et Flammarion (Er- 25.000
- nest), imprimeurs, 26, rue Racine. Moisant (Armand) , ingénieur civil, constructeur, 20, boulevard de Vau- 10.000
- girard, Mongin (Ed.) et Cie, fabricants de scies avenue Philippe-Auguste, 34, 36,38 5.ooo
- et 40. . 2.000
- Moutier, herbager à Mittois (Calvados). . . 1.000
- Mugnier (Frédéric), fabrique de grandes liqueurs à Dijon. 5.000
- Roux, propriétaire de la maison Rey, glacier, 18, rue Grange-Batelière. 3.000
- Société française et belge de Banque d’Escompte, 33, avenue de l’Opéra. 20.000
- Total de la 2e liste .... 3.5i3.ooo Total général de la ire liste
- alphabétique................14.860.000
- Total général........18.373.000
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- Deuxième Année. — N° 91.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE îS89.
- Dimanche 26 Septembre 18S6. — 827.
- ÉCHOS
- Paris
- Un concours pour deux places vacantes à l’Ecole française d’Athènes s’ouvrira au ministère de l’instruction publique le mardi 26 octobre prochain.
- Les candidats, dont l’inscription sera reçue au ministère de l’instruction publique (2e bureau de la direction de l’enseignement supérieur) jusqu’au 15 octobre, doivent être âgés de moins de trente ans ; ils doivent être docteurs ès lettres ou agrégés des lettres, de grammaire, de philosophie ou d’histoire.
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- Départements
- Le second Congrès annuel de la fédération des Sociétés coopératives de consommation de France a eu lieu à Lyon les 19, 20, 21 et 22 septembre.
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- ^ Le Congrès international, organisé par la Société philomatique de Bordeaux, en vue du développement de l’enseignement technique, industriel et commercial, a été ouvert le 20 septembre.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition spéciale de la céramique a été ouverte le mardi 7 septembre au musee Grand-ducal de Darmstadt (Hesse).
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- La série des expositions annexes à l’exposition régionale de Souabe, d’Augsbourg, a pris lin par l’inauguration, le mercredi 8 septembre, des expositions spéciales de fruits, de laiterie et de l’exploitation des tourbières.
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- _ Le Concours d’horticulture a été ouvert à l’exposition de Saxe-Altenbourg, le jeudi 9 septembre. Une. luxuriante végétation exotique, d’un effet admirable aux lueurs des lampes électriques, éblouissait le visiteur dans le magnifique jardin d’hiver, d’une superficie de 5,000 mètres carrés. Les serres renfermaient une fort belle collection d’orchidées.
- Signalons en terminant la création à Dresde, d’un Musée d’articles d’exportation (Exportmuster-lager). Cette institution due à l'initiative de la société pour l’exportation du royaume de Saxe (Export-verein fur das Koenigreicii Sachsen)ayant son siège à Dresde, a pour but de faire connaître aux maisons d’exportation de Brême et de Hambourg et, en général, à toutes celles qui s’occupent d’exportation, les fabriques de la Saxe qui travaillent en vue d’écouler tout ou partie de leur production à l’étranger. Aussi, dernièrement le Musée a-t-il été visité par une députation des Chambres de Commerce de Brême et de Hambourg. Au dire des personnes compétentes, il serait déjà, dans son état actuel, beaucoup plus important que l’Export-Musterlager de Stuttgart. Ce dernier, en effet, n’occupe que deux pièces, alors que ie Musée saxon remplit, non seulement tout un édifice, appelé « Palais du Prince Max », mis par le roi de Saxe à la disposition des exuo-sants, mais encore un grand hall, destiné d’ordinaire aux expositions d’horticulture. 250 industriels de la Saxe, principalement de Dresde et des environs, ont envoyé à ce Musée des échantillons de leur fabrication. Il est certain que toute l’industrie saxonne, qui compte 359,500 fabriques ou exploitations diverses, ne saurait être représentées par un nombre aussi restreint d’exposants. Il y a donc, tout lieu de supposer que les grandes fabriques de la Saxe, qui ont déjà des relations établies avec l’étranger, surtout avec l’Amérique, ' n’ont pas cru utile de faire figurer leurs produits au Musée. Néanmoins, cette exposition permanente, divisée en douze groupes, est relativement assez complète en ce qu’elle contient des échantillons de presque toutes les branches d’industrie.
- Le Musée porte la marque d’une création nouvelle qui ne répond pas encore entièrement au but pour lequel il a été formé. Il contient, en effet, un grand nombre d’objets qui ne doivent pas trouver un débouché très facile à l’étranger. Par contre il s’y trouve de nombreux articles en bois, des chaises, des meubles, des bouchons, de la brosserie, fabriqués réellement en vue de l’exportation. Il en est de même du groupe des objets d’alimentation qui contient des conserves sous des formes très diverses. jLe groupe des produits chimiques se distingue par des préparations pharmaceutiques représentées par de nombreux exemplaires.
- Les papiers, cartons et cartonnages occupent tout un côté du hall de l’exposition d’horticulture. La maison Jean Scherbel, de Dresde, entre autres, a exposé un grand nombre de produits, principalement de boites de toutes formes en carton,
- qui, grâce à un procédé spécial de fabrication, présentent une grande solidité et peuvent être livrées à des prix remarquables de bon marché.
- . Le groupe des objets en cuir offre une collection considérable de bâches, de courroies de machines ou autres.
- L’industrie textile, si considérable en Saxe, est ti“ès peu représentée au Musée. Il est probable que cette lacune sera comblée plus tard.
- Au point de vue pratique, cette exhibition a déjà rendu quelques services aux exposants, Ainsi un petit fabricant d’ustensiles de ménage qui avait envoyé au Musée des échantillons de seaux en tôle, a reçu d’une maison de Hambourg-la commande de 2,200 objets de cette nature.
- Ce Musée, qui sera permanent, doit être complété dans la suite par l’adjonction d’une collection des produits similaires étrangers.
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- Angleterre
- M. Félix Faure, député du Havre, et ancien sous-secrétaire d’Etat à notre ministère de la marine et des colonies, se trouve actuellement en Angles-terre. Il a fait une visite à l’exposition de Liver-pool et a pris part ensuite à un banquet au Cercle anglo-français, dont le Président est M. Caubet, consul de France à Liverpool.
- Au cours de ce banquet, M. Félix Faure a pris la parole. Il a déclaré que son voyage en Angleterre n’a aucun caractère politique. Il a parlé ensuite en faveur du projet du gouvernement français d’instituer à Paris un comité spécial pour aider les petits industriels à. envoyer leurs produits aux expositions étrangères.
- « Ce projet— dit l’orateur — est beaucoup plus pratique que la mesure adoptée dans le même but par le gouvernement allemand, savoir l’expédition dans les ports étrangers de bazars flottants avec des échantillons de marchandises. Un bazar de ce genre, qui a visité dernièrement Lisbonne, n’a pas même attiré une centaine de visiteurs. »
- M. Félix Faure a terminé en exprimant l’espoir que les industries anglaises se feront dignement représenter à l’Exposition universelle de Paris en 1889, ainsi qu’à l’exposition maritime qui aura lieu l’année prochaine au Havre et dont M. Faure est le président.
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- Autri che - Hongrie
- L’exposition annuelle de l’industrie, du commerce et de l’agriculture a été ouverte le lundi 6 septembre à Wels (Haute Autriche)
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- Belgique
- La ville de Bruxelles institue un concours d’appareils de chauffage par le gaz.
- Une somme de 10,000 fr. pourra être distribuée en primes ; savoir : 6,000 fr. au meilleur appareil de chauffage d’appartements. 300 fr. au meilleur poêle-cuisinière pour ménage bourgeois ; 1000 fr. au meilleur réchaud pour cuisine et service d’appartement.
- Les concurrents devront faire parvenir leurs appareils avant le 1er octobre, francs de port et de douane, à l’administration commerciale de Bruxelles.
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- Espagne
- Nous empruntons à un nouveau confrère qui vient de paraître de l’autre côté des Pyrénées, la « Exposition, » organe officiel de l’exposition universelle de Barcelone, les détails suivants :
- « Le conseil des Philippines et des possessions du Golfe de Guinée s’occupe de la mise à exécution d’un projet éminemment patriotique; il s’agit d’organiser à Madrid une grande exposition des. riches possessions espagnoles de l’extrême Orient.
- Le site désigné pour l’emplacement de cette intéressante exposition est celui où eut lieu l’Exposition. minière, et c’est dans le but d’examiner ce terrain que se rendaient, il y a quelques jours, au Retiro, par délégation des ministres des Colonies et du Fomento, le commissaire royal, D. Victor Balaguer, le Directeur général de l’instruction publique. D. JulianCalleja, et l’architecte directeur D. Ricardo Velasquez.
- Cette visite fut immédiatement suivie d’un accord définitif et de la consignation des capitaux, qui ont permis de procéder sans retard, dans le pavillon central des mines, où sera installée l’Exposition et qui sera plus tard converti en Musée archéologique, aux réparations nécessaires pour faire disparaître les dégâts causés par le cyclone de mai.
- Une des attractions de cette exposition sera la création d’un grand lac pour les pirogues, canots, barques et autres embarcations, ainsi que pour les objets et engins ' divers de navigation, provenant du grand archipel polynésien.
- Tous les équipages seront composés de naturels du pays, qui passent pour être les meilleurs timon-niers et matelots du monde entier. Au centre du lac, sera établi un bon restaurant, où ne seront servis exclusivement que des fruits, douceurs, liqueurs et comestibles des Philippines.
- Au nombre des pavillons qui s’élèveront autour
- du bâtiment central, quelques-uns auront un caractère permanent, comme par exemple, celui destiné à la bibliothèque, où l’on réunira les manuscrits traitant de l’histoire, des usages, des costumes, des produits et en général de tout ce-qui se rapporte aux Philippines, aux Mariannes, aux Carolines ; celui encore qui recevra l’exposition des bois des colonies, et un troisième réservé à la conchologie des grandes mers australes.
- L’Exposition restera ouverte du 1er avril au l€r septembre de l’année prochaine.
- Elle sera éclairée, durant les nuits d’été, à la lumière électrique et l’on y donnera de grands concerts.
- La direction a confié à MM. Manuel, Danvila et José, Félin et Codina la rédaction d’un livre-catalogue avec notices historiques, sur le commerce, la navigation, les coutumes,, l’industrie, l’agriculture des Philippines.
- Cette exposition promet d’être très importante et l’on peut assurer qu’elle aura une pleine réussite, si l’on songe que la Commission royale est composée des plus hautes notabilités et présidée-par l’éminent D. Victor Balaguer, dont le nom seul est une garantie de succès.
- On assure que l’Exposition devant prendre fin au plus fort de l’été, ses installations seraient transportées à Barcelone, où elles formeraient une-intéressante annexe de l’Exposition universelle, dont l’inauguration aura lieu, selon toute probabilité, le 15 septembre 1887.
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- États-Unis
- L’inauguration de la statue de la liberté, à New-York, est définitivement fixée au 28 octobre prochain.
- Le président Cleveland présidera officiellement cette cérémonie à laquelle assisteront M. Bar--tholdi et un grand nombre de Français.
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- Italie
- Les négociations ayant pour but la conclusion d’une nouvelle convention de navigation franco-italienne vont reprendre prochainement.
- NOS GRAVURES
- Nous avons déjà reproduit plusieurs photographies permettant à nos lecteurs de se rendre compte de la disposition de l’Exposition de Liverpool, en ses points les plus attrayants. Nous avons donné des vues d’extérieur : Aujourd’hui nous publions deux vues des galeries intérieures de-l’Exposition.
- Ces deux gravures représentent la galerie centrale de l’Exposition en ses deux parties : la première, partant de l’escalier monumental qui se trouve à l'entrée même de l’Exposition et finissant au pavillon d’arts céramiques élevé à l’intersection de galeries latérales aboutissant à cette grande galerie ; la seconde, partant de ce pavillon et se terminant à la salle des fêtes de l’Exposition de Liverpool.
- Notre première gravure donne une idée exacte de toutes ces expositions de bateaux dont nos lecteurs ont déjà pu lire la description dans les correspondances que nous avons publiées sur l’Exposition de Liverpool. Ces bateaux, — pourla plupart,, modèles en réduction, —- sont placés dans d’élégantes vitrines, autour desquelles chacun se presse, curieux aussi bien qu’intéressés.
- La seconde gravure représente la seconde partie de la galerie centrale, spécialement occupée par les expositions se rattachant à la marine, telles que celles de câbles, d’ancres, de cordages, de machines de bateau, etc. Elle laisse voir aussi le commencement de l’avenue réservée à la section de carrosserie'qui est une des plus intéressantes à VExposition de Liverpool.
- L’EXPOSITION PERMANENTE
- DES COLONIES ANGLAISES
- Le prince de Galles a adressé la lettre suivante au lord-maire de Londres:
- « Malborough House Pall-Mall S. W.
- « i3 septembre 1886.
- « Mon cher lord-maire,
- « Mon attention a été fréquemment appelée par la préoccupation générale qui règne au sujet de la manière dont on fêtera le très prochain jubilé du règne de Sa Majesté.
- Il me semble que l’on ne pourrait mieux le fêter qu’en créant un institut représentant les arts les manufactures et le commerce de l’empire colonial et indien de la reine.
- « A mon avis, une fondation de ce genre serait absolument appropriée à la circonstance, car elle permettrait de constater les progrès réalisés dans les possessions coloniales ou indiennes pendant le règne de Sa Majesté et elle enregistrerait, en
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 26 Septekbre 1886.
- 328. — Deuxième Année. — N° 91
- quelque sorte, année par année, le développement de la civilisation dans l’empire britannique.
- « Cet institut intéresserait par conséquent tous les sujets de Sa Majesté, aussi bien ceux des îles britanniques que ceux d’outre-mer et il aurait pour effet de stimuler l’émigration vers les possessions anglaises où il peut être utile d étendre le commerce et de resserrer les liens qui unissent l’empire.
- « Ce serait, en même temps, un musée, une exposition et un lieu de réunion où l’on pourrait discuter les questions coloniales et indiennes.
- « Le succès remarquable de l’exposition coloniale et indienne à South Kensington prouve que l’attention publique est déjà portée sur ces questions, et je suis convaincu que l’on pourrait s’assurer dès à présent, pour l’institut, des collections les plus importantes qui ont si largement contribué au succès de l’exposition.
- « J’éprouve une vive satisfaction en adressant cette lettre au premier magistrat de la capitale de l’empire et en lui demandant son concours pour la fondation de cet institut impérial des colonies et des Indes.
- « Si cette proposition vous agréait et si vous étiez disposé à ouvrir à cet effet une souscription au Mansion House, je proposerais que les sommes versées fussent confiées à une commission nommée par la reine et que le nouvel institut fût placé sous la présidence de l’héritier de la couronne.
- « Je reste, mon cher lord-maire, votre dévoué « Albert-Edward. »
- Le lord-maire a adressé au prince de Galles la réponse suivante :
- « Mansion House,
- « Londres, 14 septembre 1886.
- « Monsieur,
- « J’ai l’honneur d’accuser à votre Altesse Royale réception de sa lettre du i3 septembre et de lui exprimer le grand plaisir que j’aurai d’apporter mon concours le plus empressé à la fondation d’un institut des colonies et des Indes.
- « Votre Altesse Royale dit avec raison que tous se préoccupent de la manière dont sera célébré le futur jubilé du règne de Sa Majesté.
- « Il y aura, j’en ai la ferme conviction, un désir universel d’exprimer le profond attachement et le respect que les sujets delà reine, dans toutes les. parties du monde, professent pour une souveraine dont le long et glorieux règne a été si fertile en bénédictions pour son peuple et marqué par tous de progrès de la civilisation.
- « Quelque difficile, qu’il soit de marquer d’une manière convenable les sentiments qui se manifestent dans le peuple à l’approche du jubilé du règne de Sa Majesté, je suis convaincu que la proposition de Votre Altesse Royale, appuyée par votre influence, sera considérée comme très appropriée à la circonstance.
- « Je serai donc heureux d’ouvrir une souscription à la Mantion house, ainsi que le propose Votre Altesse Royale.
- « J’ai l’honneur d’être, monsieur, avec le plus profond respect, de Votre Altesse Royale le très respectueux et très obéissant serviteur,
- John Staples,
- « Lord-maire ».
- hSMSHS-
- LES LIVRES
- LXXVI
- J.-J. Weiss. — Au pays du Rhin : Metz, Hombourg-les-Bains, Autour de Hombourg, Francfort, Strasbourg et l’Alsace. — Paris, J. Charpentier et O éditeurs.
- Nous l’avons déjà dit, le devoir du critique consiste moins à essayer de résoudre un problème insoluble, celui de faire connaître au lecteur tout ce qui, dans les choses littéraires, est susceptible de l’intéresser qu’à appeler son attention sur les points qui la méritent le plus. Il en est deux que nous avons toujours pris pour objectifs spéciaux de nos modestes informations hebdomadaires. L’effort le plus actif de ce temps dans l’ordre littéraire, celui qui rappelle le mieux l’ancienne fécondité et l’ancienne suprématie françaises se fait dans le roman. Non pas que le roman soit tout dans notre littérature, comme en Russie ; mais il est beaucoup et il aspire à être tout. Aussi, observons-nous de près le mouvement littéraire français dans ce genre français par excellence. Nous ne laissons et ne laisserons passer, sans en faire l’objet de nos études et de nos réflexions, aucune tentative originale, aucune manifestation de talent dans ce genre. Une autre de nos prédilections, justifiée par l’intérêt patriotique, s’exerce et continuera de s’exercer
- sur toutes les publications qui, de près ou de loin, touchent aux choses et aux hommes de l’Allemagne. Nous considérons comme un des devoirs essentiels de la critique en ce temps de signaler au public tout ce qui peut servir à l’éclairer sur le pays qui, pour des raisons qu’il n’est pas besoin de développer, doit être, après la France, l’objet de l’attention et de la sollicitude — sans illusions et sans préjugés — de tout Français
- Nous avons dernièrement analysé ici même l’ouvrage un peu superficiel, mais sagace, d’une malignité qui est en France le sel obligé, le condiment nécessaire de tout mets un peu solide servi à un public léger, signé Jacques Saint-Cère.
- Les impressions de voyage outre-Rhin de M. J.-J. Weiss sont celles d’un observateur éclairé qui cherche à tout voir et excelle dans l’art de tout dire, et nous y trouvons aussi les leçons d’un bon sens orné et armé d’esprit, qui ne dédaigne point, à l’occasion, le délassement d’une fantaisie paradoxale ou l’assaisonnement d’un grain d’humour.
- Il est très curieux, très piquant de comparer les impressions et les jugements de deux esprits fort alertes tous deux, dont l’un incline au pamphlet, dont l’autre cherche, sans toujours y parvenir, à devancer l’impartialité de l’histoire.
- Tous deux ont essayé de peindre l’empereur Guillaume et le prince de Bismarck. Tous deux ont cherché à se rendre compte des institutions militaires et scolaires dont l’influence contribue tant au rôle prépondérant que l’Allemagne joue dans la tragi-comédie européenne. Nous n’hésitons pas à reconnaître que le portrait de l’empereur et de son principal ministre sont, chez M. Weiss, tracés avec une correction de dessin et une vigueur de pinceau tout à fait magistrales. Il y a là sur l’empereur, ce roi de Prusse par excellence, semblable* à Frédéric en ce qu’il ne voit que l’armée comme instrument de règne, supérieur à Frédéric en ce qu’il est autant un prince religieux qu’un prince militaire, des pages excellentes, décisives et qui auraient la valeur de l’histoire comme elles en ont le ton, sans une certaine allure systématique et de parti pris qui dépasse parfois la mesure. M. Weiss trouve que l’empereur Guillaume est un grand roi, qu’il est même plus grand que le chancelier. Pour nous, plus encore que Louis XIV, l’empereur a profité des circonstances, a bénéficié des hommes et il est moins un grand roi que le roi d’un grand, règne, et un grand Allemand, ou plutôt un grand Prussien, qu’un grand homme dans le sens le plus large et le plus noble du mot.
- Il y a aussi dans le portrait de M. de Bismarck bien des traits aussi curieux que sûrs, quelques-uns un peu aventurés. Mais les déductions tirées des influences d'origine et de milieu, des influences ataxiques sur le grand chancelier, sont neuves et d’une piquante finesse.
- Il est à remarquer que les deux voyageurs, M. Saint-Cère, surtout journaliste, et M. J.-J. Weiss, journaliste aussi, mais qui ne saurait oublier et n’oublie pas toujours qu’il a été professeur et de premier ordre, s’accordent pour louer les institutions militaires et scolaires de l’Allemagne, tout en regrettant que nous cherchions à les copier, sans tenir assez de compte des différences des génies nationaux. L’etude de M. Weiss sur les gymnases, les universités, les écoles de cadets, les principes qui président à l’instruction et à l’éducation aux divers degrés, est poussée à fond et atteste une compétence particulière. Il faut y noter ses remarques sur l’organisation des écoles où l’éducation du corps, la gymnastique tient autant de place que l’éducation de l’esprit, où l’on est loin d’abuser, comme en France, de la géographie et des langues vivantes, où l’on se garde de la culture encyclopédique précoce et intensive des jeunes cerveaux, où une sobre, mais inflexible discipline de conscience, par l’éducation religieuse, préside et prélude à toutes les autres. Les écoles de cadets, au point de vue militaire, les universités, au point de vue de la culture intellectuelle générale de l’esprit national, suggèrent à M. Weiss d’instructives observations, de même que la promenade mélancolique sur le Rhin, la visite à l’institut Garnier à Hombourg, la germanisation progressive de l’Alsace sous le rapport matériel, administratif, le joug accepté et rendu léger par une politique habile et prévoyante et la résistance de for intérieur, la résistance morale à l’assimilation lui inspirent des pages tour à tour poétiques, touchantes et amusantes qui font penser, qui font rêver, qui, par instants même, feraient pleurer si la France n’était ce peuple qui aime mieux rire de tout que de pleurer de certaines choses.
- En résumé, livre agréable et utile à lire d’un observateur un peu fantasque, désabusé quelque peu et découragé, pessimiste, mais d’un pessimisme salutaire, mais patriote sincère, n’ayant rien gardé des préjugés qui aveuglent, des illusions qui égarent, mais rien perdu des souvenirs douloureux, des regrets amers où fleurit dans la ronce la fleur solitaire et modeste de l’espérance.
- M. de Lescure.
- •©
- LES THÉÂTRES
- Débuts a i.a Co.médie-Française
- Menus-Plaisirs. — Le Sous-Préfet, comédie en un acte, de
- M. Valabrègue.
- Reprise de Y Homme de paille.
- Mlle Hadamard et M. Berr ont débuté aux Français, l’une dans le rôle d’Andromaque, l’autre dans celui de l’Intime des Plaideurs. Les débuts à la Comédie-Française prennent de plus en plus un air d’importance et de solennité, dont on s’efforce vainement de faire honneur au prestige que peuvent exercer encore aujourd’hui la tragédie et la comédie classiques. Mon Dieu ! ne pourrait-on pas laisser les artistes nouveaux s’introduire peu à peu dans les rôles qu’on leur distribuera et prendre leur place tout tranquillement sur la scène des Français, sans pour les premiers jours les mettre ainsi en vedette, les présenter au public avec une sorte d’étiquette dans le dos comme des animaux primés. Pourquoi, pendant qu’on y est, ne pas réunir après la représentation, les abonnés au foyer pour leur demander si la nouvelle recrue dignus est intrare, ainsi que cela se pratique à Carcassonne. Un autre ridicule de ces représentations, c’est le thème à discussions byzantines qu’elles fournissent sur les différents modes d’interprétation des grands rôles classiques. A côté de réflexions justes, ce qu’il se débite de puérilités, c’est, inconcevable ; et ces interminables ergotages sur la manière de nuancer telle phrase, qui n’est là souvent que par cheville, par remplissage, pour les besoins de la rime, ou le secours de la période, sont du plus haut comique.
- Les Menus-Plaisirs viennent de reprendre Y Homme de Paille. C’est une très charmante comédie que cette pièce qui eut un joli succès l’an passé. Le sujet en est ingénieux et drolatique, les principaux caractères des personnages sont bien tracés. Il n’y a pas véritablement dans l’ouvrage de ces scènes spéciales qui sautent aux yeux dramatiquement pour produire un grand effet, mais l’action tout entière se déroule avec une logique fantaisiste très amusante. Mais quel esprit singulier que celui de M. Valabrègue, quelle verve composite exubérante jetant l’étincelle avec la cendre, le diamant avec la gangue. Les mots les plus fins, d’une observation profonde, jaillissent au milieu de plaisanteries extraordinairement triviales. N’importe, le tout est très gai. On a revu avec grand plaisir M. Montcavrel qui avait fait une figure si originale de ce bohème, ce Giboyer jovial, le type désopilant de l’homme de paille.
- Pour corser le spectacle, les Menus-Plaisirs donnaient une nouvelle comédie en un acte, de M. Valabrègue, bien entendu. Qu’est-ce qu’un petit acte à fournir pour M. Valabrègue, l’auteur le plus fécond de cette fin de siècle ! La pièce du Sous Préfet roule ou plutôt cabriole sur un quiproquo. Le quiproquo est un moyen fréquemment employé au théâtre, parce qu’il produit toujours son effet ; mais encore, à s’en servir avec tant de prodigalité, comme on le fait aujourd’hui, on finira par l’user, le discréditer dans l’esprit du public. Le quiproquo, presque toujours anti-naturel, ne devrait s’admettre, à notre avis, que relevé par la fantaisie avec laquelle il peut placer les personnages dans des situations plaisamment contraires à leur caractère et qui provoquent leur ahurissement. Mais faire erreur de personnes en prenant pour seul élément comique, cette erreur de personnes, c’est un peu mince. Enfin, nous avons peut-être tort, puisque le petit acte de M. Valabrègue est très gai et produit un excellent effet. En deux mots, voici d’ailleurs la chose. Un bourgeois de province est dévoré de l’ambition de marier sa fille à un sous-préfet. Et précisément, voilà celui-ci qui arrive demander à l’heureux père
- la main de sa fille..pour son oncle. M. Melinard
- a mal compris, il croit que c’est le sous-préfet qui veut se marier lui-même, d’où scènes de quiproquos entre le père, la fille, le sous-préfet et l’oncle de ce fonctionnaire. Fatalement on s’explique ; le sous-préfet s’éprend de la jeune fille et demande sa main plus explicitement, et l’on envoyé promener l’oncle. Patatras ! changement de ministère, le sous-préfet est dégommé. Le bourgeois ambitieux veut reprendre sa fille. Mais le sous-préfet n’avait perdu sa place que pour être nommé préfet, on lui rend la jeune fille avec enthousiasme. Voilà. M. Larcher et Mme Toudouze jouent très agréablement cette petite pièce.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E. AtiRAULT et 0>», rue de la Préfecture,6
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- SUPPLÉMENT DU MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889 DU 26 SEPTEMBRE 1886
- ENTREPRIS
- RECOMPENSES.-Paris • 1867 - 1878 1885
- TRAVAUX PUBLICS DU NOUVEL OPERA,
- DE LA BANQUE DE FRANCE, DU COLLEGE DE VANVES,
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- N° 91
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
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- EXPOSITION DE LIVERPOOL
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- D'après les photographies de MM. (Iot’nty & O,
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- Glyptographie SILVESTRE & Cie rue Oberkampt 97
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- Le Moniteur
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- L'EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
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- DEUXIÈME ANNÉE»
- Dimanche 3 Octobre 1886.
- NUiMÉRO 92.
- SOMMAIRE :
- 1. Association de garantie, liste des souscripteurs; 2. La Tour Eiffel; 3. Échos 54. Congrès international de l’enseignement technique, commercial et industriel, à Bordeaux ; 5. Expositiôn internationale de la société des sciences et des arts, 1886; 6. Exposition de Liverpool ; 7. Les Livres ; 8. Les Théâtres.
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- LISTE DES SOUSCRIPTEURS
- (Suite.)
- MM.
- Allaire (Médéric), négociant en vins, 87,
- rue des Rosiers, àSaint-Ouen (Seine). 2.000 Alliance de la fabrication française des jouets, comptoir d’échantillons, 9, rue des Petites-Ecuries. 1.000
- Armengaud (Jules-Alexis-Marie) , ingénieur civil, membre du conseil muni-pal de Paris. 1.000
- Banque commerciale et industrielle, 25, rue du Quatre-Septembre. 100.000
- Banque de France :
- MM.
- Bordet aîné, président du tribunal de commerce de Dijon, administrateur de la succursale de Dijon, 19, place Dar-cy, à Dijon.
- Regnier (Théodore), administrateur de la succursale de Dijon.
- Guibaudet, censeur de la succursale de Dijon.
- Burnier, directeur de la succursale de Chambéry.
- Formey-Saint-Louvent, directeur de la succursale de Bayonne.
- Janvier (Jules), directeur delà succursale de Gap.
- De Labareyre (Louis-Henri), directeur de la succursale de Grenoble.
- Robert (Lucien-Jean) , directeur de la sucursale de Nantes.
- Trouslard (Benjamin-Constant), directeur de la succursale de Rodez.
- Doublet (Louis-Jules-Albert), caissier de la succursale de Montauban.
- Vieille (Théophile), chef de bureau auxiliaire de Dole.
- Muratier (Georges), employé de la suc- \ cursale de Dijon. ^ /
- Morlot (Jean-François-Henri), employé ( delà succursale de Dijon. J
- Béatrix (Simon-Ange-Léon), contrôleur \ de la succursale de Nantes. J
- Alluy (Cyrille), caissier de la succursale I de" Nantes. >
- De Lévin (Louis-René-Raymond), chef I du bureau auxiliaire de Saint-Na- \ zaire. J
- Benda (Arthur), président honoraire de la chambre syndicale des miroitiers, 10, rue des Archives.
- Bossot (Auguste), négociant à Renève, (Côte-d’Or).
- Bergeotte (Gustave) etDauvillier (Emile), entrepreneurs de serrurerie, 44, avenue de la Grande-Armée.
- Berger (Casimir-Joseph), filateur, 16, boulevard Malesherbes.
- Boas (A.) et Ce, fabricants d’ustensiles de ménage, 76, boulevard Charonne.
- Bon (Joseph-Octave), banquier, 17, rue Piron, à Dijon.
- Bosc (Alfred), 9, rue Pavillon, à Marseille.
- Bouhey (Etienne-Henri), coustructeur-mécanicien, 7, rue de Mailly.
- 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 1.000 5.ooo
- 1.000
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- 2.000 5.ooo 5.000 1.000 5.ooo 1.000
- Bourgeois ( Antoine- Pierre - Adolphe) , président de la Banque commerciale et industrielle, 25, rue du Quatre-Septembre. 5.ooo
- Boussus (François), manufacturier à Wi-gnehies (Nord) et 3, rue d’Uzès, à Paris. 3.000
- B. R. E. 25.000
- Chambres de commerce :
- Chambre de commerce d’Abbeville. 1.000
- Chambre de commerce de Besançon. 1.000
- Chambre de commerce de Bordeaux. 5.000
- Chambre de commerce de Boulogne. 5.000
- Chambre de commerce de Bourges. 1.000
- Chambre de commerce de Brest. 1.000
- Chambre de commerce de Calais. 10.000
- Chambre de commerce de Fécamp. 1.000
- Chambre de commerce de Laval. 1.000
- Chambre de commerce de Lille. 20.000
- Chambre de commerce de Mâcon. 2.000
- Chambre de commerce du Mans. 1.000
- Chambre de commerce de Nancy. 5.000
- Chambre de commerce de Nantes. 2.000
- Chambre de commerce de Reims. 1.000
- Chambre de commerce de Roanne. 1.000
- Chambre de commerce de Toulouse. 5.000
- Chambres syndicales des entrepreneurs de menuiserie :
- M. Chateigner (Noémi-Célestin), 18,boulevard Saint-Denis. 2.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture et vitrerie :
- M. Lenoir (Henri-François), 14 et 16,
- rue de la Tour-des-Dames. 1.000
- Chambre syndicale des propriétaires ' .
- d’hôtels et maisons meublées de Paris:
- Hôtel d’Albe, y3, avenue de l’Alma. —
- M. Bagréaux (Gustave), propriétaire.
- Hôtel‘du Brésil et du Portugal, 3o, rue Montholon. — M. Lapierre (Louis), propriétaire.
- Hôtel Binda, 11, rue de l’Echelle. — M.
- Binda (Charles), propriétaire.
- Hôtel du Calvaire, 11, boulevard des Filles - du - Calvaire. — M. Charton (Emile), propriétaire.
- Hôtel des Empereurs, 20, rue Jean-Jacques-Rousseau. M. Bâillât (E.), propriétaire.
- Hôtel des Etrangers-Feydeau, .3, rue Feydeau. — M. Massenet (Joseph-Edmond), propriétaire.
- Hôtel Européen, 67, rue de Turbigo. —
- M. Vallée (Louis-Alexandre), propriétaire.
- Hôtel de France et Bath, 289, rue Saint-Honoré. — M. Missen Hall, propriétaire.
- Hôtel de France et Champagne, 182, rue Montmartre. — M. Galopin (Albert-Joseph), propriétaire.
- Hôtel du Helder, 9, rue du Helder. —
- M. Reignard (Adolphe), propriétaire.
- Hôtel Lacombe, 6, cité Bergère. — M.
- Champ (Félix), propriétaire.
- Hôtel de Liverpool, 11, rue Castiglione.
- — M. Hoppenhenner, propriétaire.
- Hôtel Louvois, 3, rue Lulli.— M. Dhuit (Lucien), propriétaire.
- Hôtel de Mars et Normandie, 10, rue du Croissant. — M. Champ (Magloire), propriétaire.
- Hôtel Meyerbeer, 2, rue Montaigne. —
- M. Séguin (Emile), propriétaire.
- Hôtel Mirabeau, 8, rue de la Paix. —•
- MM. Petit, oncle et neveu, propriétaires.
- Hôtel de Nice, 36, rue Notre-Dame-des-Victoires. — M. Mahieu (Charles-Cé-lestin), propriétaire.
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- Hôtel Normandy, 7, rue de l’Echelle. — M. Brunei (Paul), propriétaire.
- Hôtel du Pavillon, 36, rue de l’Echiquier. — M. Bergerat (Camille), propriétaire.
- Flôtel de Rome, i5, rue de Rome. — M. Levaché (Achille-Jules), propriétaire.
- Hôtel de Russie, 1, rue Drouot. — M. Riguelle (H.), propriétaire.
- Hôtel Saint-James, 211, rue Saint-Honoré. — M. Boland (Anatole-Achille), propriétaire.
- Flôtel des Saints-Pères, 65, rue des Saints-Pères.— M. Lacoste (A.), propriétaire.
- Hôtel de Valois, 69, rue Richelieu. — M. Saunier (Thimothée-Philippe, propriétaire.
- Hôtel de Vouillemont, i5, rue Boissy-d’Anglas. — M. Vallée (Paul-Alexandre), propriétaire.
- Appartements meublés, 29, boulevard des Capucines. — M. Comble (Paul), propriétaire.
- M. Gleizes (Gustave), négociant, 3, place Vendôme.
- Chambre syndicale des tissus.
- Lévy (Achille-Paul et L.), 29, rue Croix-des-Petits-Champs.
- Dubuy-Raguet (veuve), 5o, rue Croix-des-Petits-Champs.
- Baudot et Gibert , 48, rue Croix-des-Petits-Champs.
- Lesage frères, 36, rue Croix-des-Petits-Champs.
- Delaitre, 17, rue de la Paix.
- De Marnyhac, 26, avenue de l’Opéra.
- Renault et Chaussier, 2 5, rue Coquillière.
- Sauvage, 16, rue Vivienne.-
- Hordé et Simon, 13, rue du Mail.
- Meurgey et Cie, 5, rue Thévenot.
- Savouré fils et Cie, 5, rue de Rivoli.
- Mahler et Cie, 7, rue Dupuis-Bérenger.
- Weill (A.), 20, rue Poissonnière.
- Lévy (I.), 9, rue de la Douane.
- Maignand et Gillet, 47, boulevard Sébastopol.-
- Marcylhacy (H.), 10, avenue des Ternes.
- Vincent, Pbmier et Cie, 3o, rue du Sentier.
- Bomsel et Bloch, 9, rue Béranger.
- Laniel père et fils, à Vimoutiers.
- Arbelot (P.-J.), 20, rue Vivienne.
- Clarou fils et Cie, banquiers, à Limoux (Aude).
- Collin (Louis-Marie), fabricant d’équipements militaires, 53, rue Jean-Jacques-Rousseau.
- Compagnie du chemin de fer du Midi, 5-4» boulevard Haussmann.
- Comptoir métallurgique de Longwy.
- Comte (E.), publiciste, 3o, rue Saint-Georges.
- Curlier frères, négociants -en eaux-de-vie, 58, quai de Bercy.
- Dennery père et fils, fabricants de chaussures, 86, boulevard Sébastopol.
- Desmarais (Henri), président du conseil d’administration de la société de gestion de l’Union nationale du commerce et de l’industrie (alliance des chambres syndicales), 29, rue de Londres.
- Eschger Ghesquière et Cie, fonderies et laminoirs de Blache-Saint-Waast (Pas-de-Calais), 28, rue Saint-Paul.
- Evette et Schaeffer, facteurs d’instruments de musique, 18 et 20, passage du Grand-Cerf.
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- Ferry Curicque et Cie, maîtres de forges à Micheville-Villerupt (Meurthe-et-Moselle).
- Garaudé (Marcel), imprimeur-lithographe, 162, rue du Faubourg-Saïnt-Denis.
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- 33o. — Deuxième Année. - N° 92. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Octobre 18S6.
- Gardey (Fernand), agréé à Dijon.
- Gévelot (Jules-Félix), député, 10, rue de Clichy.
- Gruber et Cie, brasseurs à Strasbourg, et 82-84, boulevard Voltaire, à Paris.
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- Hallopeau (Paul-Françpis-Alfred), ingénieur-professeur à l’école centrale des arts et manufactures, 124, boulevard Magenta.
- Hentsch frères et Cie, 20, rue Le Pele-tier.
- Hubin (Félix), négociant en métaux et manufacturier, 14, rue de Turenne.
- Lacarrière frères et Delatour, fabricants d’appareils à gaz, 16, rue de l’Entrepôt.
- Larronde (Eugène), négociant à Bordeaux, 51, Pavé des Chartrons.
- Le Boucher (Ferdinand), notaire à La Chapelle-Moche (Orne).
- Lecœur(Henri-Eugène-Désiré), pharmacien à Vimoutiers (Orne).
- Leduc (Albert) fabricant de chapeaux, 5, faubourg Poissonnière.
- Lelubez (Grégoire-Baptiste), constructeur en fer, 48 et 5o, rue des Trois-Couronnes.
- Lorilleux (Charles), fabricant d’encres d’imprimerie, 16, rue Suger.
- Monteaux fils et Cie, changeurs, 15, boulevard Montmartre.
- Mourceau (H.), 16, rue Vignon.
- Moyse et Cie, constructeurs-mécaniciens, 28, rue de la Mare.
- Normand (Victor-Hippolyte), employé de banque, 4, rue Combes.
- Plon (E.), Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, 8 et 10, rue Garancière.
- Pognon et Maillot, négociants, 2 3, rue du Quatre-Septembre.
- Popp (Victor), ingénieur, 10, rue Saint-Fargeau.
- Poussielgue-Rusand et fils , fabricants d’orfèvrerie et de bronzes, 3, rue Cassette.
- 1.000
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- 100.000
- 25.000
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- Préfecture du département de la Seine :
- Favalelli (Charles), secrétaire général,222,
- rue de Rivoli. 2.000
- Laurent (Emile), président du conseil de
- préfecture, 33, rue d’Amsterdam. 1.000
- Sondée, architecte de la 2e section, 14,
- rue de l’Abbaye. _ 1.000
- Ginain, architecte de la 5e section, 55,
- avenue des Ternes. 1.000
- Duprez, inspecteur d’architecture, 9, rue
- Soufflot. . 1.000
- Le Clerc, inspecteur d’architecture, 108,
- rue de Rennes. 1.000
- Bouvard (J.), architecte'de l’administration centrale, 55, rue de Verneuil. 2.000
- Gravigny, inspecteur d’architecture, 174,
- rue du Temple. 1.000
- Courbet, trésorier municipal, 1, rue de
- Lille. _ 1.000
- Lalung-Bonnaire, chef de bureau, 3, rue
- de Sartine. 1.000
- Rey, trésorier-payeur général des Hautes-Pyrénées. 5.ooo
- Rigaud et Chapoteaut, fabricants de produits pharmaceutiques , 8 , rue Vi-vienne. 5o.ooo
- Rogé, président de la chambre de commerce de Nancy. ^ _ 5.000
- Roquette-Buisson (comte de), trésorier-payeur général des Pyrénées-Orientales” (a* 2 * 4 * 6 souscription). _ 11.000
- Sarassin (Emmanuel), négociant-importateur, 27, rue du Château-d’Eau. 1.000
- Saint-Edme Rémond et fils, manufacture de limes et râpes, i38, rue Saint-Maur. ' 2.000
- Sociétés des ponts et travaux en fer (anciens établissements H. Joret), 80, rue Taitbout. 25.000
- Testu-Jodeau (Arthur), négociant tanneur à Châteaurenault(Indre-et-Loire). 4.000 Thibouville-Lamy , fabricants d’instruments de musique, 68 et 70, rue Réau-mur. 10.000
- Thiébault frères, fondeurs , 32, rue
- Guersant ' 25.000
- Tugot frères, fabricants de couleurs et vernis, 39, rue Sainte-Croix-de-la-Bre-tonnerie. 5'000
- Turquetil (Jules) et Cie, manufacture de papiers peints, 207, boulevard Voltaire. 1.000
- Union nationale du commerce et de l’industrie.
- Auchesset et fils, manufacture à Lou-viers (Eure), 3o, rue des Jeûneurs à Paris. 2.000
- Blondet (Louis), fabricant de tissus pour meubles et tapis de table, 27, rue des Jeûneurs 1.000
- Combe (A.) et Oriol (A.), fabricants en peaux de chevreaux pour chaussures,
- 18, rue Claude-Vellefaux. 5.000
- Dumas-Gardeux (Antoine), fabricant de
- brosses, 18, rue Jeoffroy-l’Angevin. 1.000
- Giroult (André) , fournisseur d’habillements et équipements militaires, 16, rue Coquillière. 1..000
- Lévy (J.) et Cie, photographes-éditeurs,
- 113, boulevard Sébastopol. 1.000
- Picault (Louis), négociant, 77, rue Ram-buteau. ^ 2.000
- Poupinel (Paul), négociant en bois, président de la chambre syndicale des bois de sciage et d’industrie, 3y, quai de la gare. 1.000
- Total .... 1.046.000
- Total des listes précédentes. . 18.373.000
- Total général.........19.419.000
- Nous recevons de M. le Directeur des magasins du Louvre la lettre suivante :
- Monsieur,
- Nous avons l’honneur de vous informer, que dans la liste des souscripteurs à l’association de garantie, vous nous inscrivez ponr une somme de 3oo,ooo fr., tandis que notre souscription est en réalité de 5oo,ooo fr.
- Veuillez agréer, etc.
- Dans notre dernier numéro, nous avons fait figurer M. Martin-Métairie trésorier général parmi les souscripteurs du capital de garantie avec un versement de 1000 fr : — M. Martin-Métairie, a souscrit 25.000 fr.
- Monsieur le ministre du commerce vient d’adresser la circulaire suivante aux présidents des tribunaux et chambres de commerce, et des Chambres consultatives des arts et manufactures :
- Monsieur i.e Président,
- Vous savez qu’une Exposition universelle doit s’ouvrir à Paris, le 5 mai 1889.
- Il importe donc de poursuivre activement l’œuvre commencée et de provoquer sans retard la participation de tous ceux qui pourront s’associer à cette grande manifestation du travail français.
- Dans ce but, je viens d’inviter le préfet de votre département à organiser un comité départemental, qui sera subdivisé en sous-comités a arrondissement, et qui aura pour mission :
- i° De .faire connaître, dans toute l’étendue du département, les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les formules de demande d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l’Exposition ;
- 20 De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l’admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité ;
- 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département ;
- 40 De provoquer et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département, et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- 5° De préparer, s’il y a lieu, par voie de souscription ou par toutes autres mesures, la création, d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- En confiant à M. le préfet la formation préparatoire du comité départemental, je l’invite à se mettre en rapport avec les présidents des Chambres de commerce, des tribunaux de commerce, des Chambres consultatives des arts et-manufactures, des Conseils de prud’hommes, des Chambres consultatives d’agriculture et des Comices et Sociétés agricoles, afin qu’il puisse s’éclairer de leurs appréciations et s’aider de leur concours.
- Je ne doute pas que, pour votre part, monsieur le président, vous ne soyez tout disposé à répondre à l’appel qui vous sera ainsi adressé, et je compte dans la plus large mesure sur l’activité et le dévouement que vous voudrez bien mettre, j’en suis persuadé, au service d’une œuvre qui intéresse à tant de titres l’agriculture et l’industrie françaises.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie, commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- P. S. — Vous recevrez prochainement un premier envoi de formules imprimées de demandes d’admission, que je vous prie de vouloir bien faire
- tenir à la disposition du public. Si ce premier envoi restait insuffisant, vous voudriez bien m’en demander de nouveaux, au fur et à mesure des besoins.
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- Là TOUR EIFFEL
- A la suite de conventions passées, le ministre du commerce doit demander à la commission des 43 une somme de un million et demi pour la construction de la tour de 3 00 mètres et la Société Eiffel doit parfaire la somme de six millions, estimée suffisante pour mener à bonne fin cette grande entreprise.
- Mais le plan primitif a été légèrement modifié en ce qui concerne l’emplacement. Au lieu de dresser la tour dans l’axe de la porte monumentale qui sera construite au bout de l’avenue Rapp, on la placera beaucoup plus près de la terrasse qui borde les squares actuels du Champ-de-Mars.
- Diverses raisons ont déterminé le comité de l’Exposition à cette modification.
- D’abord les sondages pratiqués dans le sol ont révélé, vers le milieu du champ de manœuvres, des parties peu solides formées par les remblayages défectueux qui ont suivi la démolition des pavillons de l’Exposition de 1878.
- Vers la terrasse, au contraire, le sous-sol est solide et offrira, par conséquent, une réelle économie pour l’établissement des fondations des quatre pilliers énormes qui doivent soutenir la tour Eiffel.
- Ensuite l’observation faite par le ministre de la guerre que pendant vingt ans cette tour gênerait les manœuvres, si elle était placée près du centre du Champ de Mars.
- Enfin, l’énorme tour métallique ne se trouverait séparée des pavillons des sections françaises, étrangères, des arts libéraux et des beaux-arts qfie par un espace de trente mètres, et ce voisinage encombrant eût été du plus mauvais effet pour les pavillons.
- Du reste, on prétend se rendre un compte exact de l’effet que produira la tour Eiffel.
- Dans une quinzaine de jours, on a l’intention de faire partir du Champ de Mars un ballon captif qui sera retenu à une hauteur de 300 mètres.
- De la nacelle on laissera descendre 4 câbles qui seront fixés au sol à l’écartement que doivent avoir les quatre assises de la tour.
- Ces câbles figureront, pense-t-on, les courbes que traceront les arêtes vives delà tour. De loin en loin des drapeaux, fixés aux câbles, indiqueront la place où se trouveront les étages.
- Si cette expérience a lieu, nous ferons prendre une vue instantanée du Champ de Mars à ce moment et nous reproduirons le cliché dans nos colonnes.
- Nous donnons aujourd’hui les portraits de MM, Bouvard, Dutert, et Formigé les trois architectes de l’Exposition.
- L’abondance des matières nous oblige à reporter à notre prochain numéro les notices biographiques qui devaient accompagner ces portraits.
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- ÉCHOS
- Paris
- Les envois annuels des pensionnaires de la villa Médicis sont arrivés de Rome à l’Ecole des beaux-arts.
- L’exposition en aura lieu dans le courant du mois. Ces envois sont :
- Pour la peinture : Une Scène de combat entre Gaulois et Romains, de M. Fournier; une Sainte Famille, de M. Popelin, d’après la fresque de Luini ; une Jeune fille cl sel toilette, de M. Baschet ; un Christ, de M. Pinta ; un Néron, de M. Axilette.
- Pour la sculpture : un Roland à Roncexaux, figure eri marbre, de M. Labatut ; un Bourreau portant la tête cie Saint-Jean, de M. Ferrary ; une Diane chasseresse, de M. Lombard ; une Nt/mphe de la Seine, et un Hercule, enfant, de M. Puech.
- Pour l’architecture : M. Deglane a envoyé une
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- Deuxième Année, — N° 92.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 3 Octobre 1886. — 331.
- restauration du Palatin ; M. Esquié, le Vestibule cle la villa M ad a ma ; M. Redon, un sarcophage de Fano et un ornement, et M. Despouy, un chapiteau du Temple de Mars vengeur.
- M. Naudé, le lauréat de la gravure en médailles, a exécuté Une jeune fille cueillant des fleurs (bas-relief). Les œuvres'de la gravure en taille-douce sont une tète, d’après Albert Durer, et un dessin, d’après Boticelli, de M. Sulpis ; une Vierge, d’André del Sarte, et des dessins de M. Barbotin.
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- Pendant la semaine du 14 au 21 septembre 1886, la Société générale des Téléphones a inscrit 11 nouveaux abonnés à Paris et 3 dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de 11 à Paris et de 9 dans les départements
- Paris compte actuellement 4,501 abonnés et les départements 2,195, soit, en tout, 6,696 abonnés contre 5,860, à la même époque de l’année dernière.
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- Départements
- La chambre de commerce de Saint-Quentin vient d’adresser au ministre du commerce une lettre pour lui demander de dénoncer avant le 1er janvier 1887 le traité de commerce conclu avec l’Italie, afin qu’il prenne fin le 1er janvier 1888.
- La chambre de commerce dit dans cette lettre :
- Si ce traité n’était pas dénoncé avant la fin de l’année, il serait de droit renouvelé pour cinq ans et n’expirerait que le 1er janvier 1893.
- La plupart des traités expirant en 1892, il importe de ne pas reculer au delà le moment où la France, entièrement libre, pourra, en examinant les conséquences des traités actuels, décider qu’elle renonce à marcher dans la voie économique où elle s'est engagée en 1882.
- Si nous considérons les résultats du traité franco-italien, nous ne pouvons qu’insister pour qu’il soit dénoncé sans retard. En effet, depuis 1881, les importations d’Italie en France se sont élevées après de 1,600 millions, tandis que nos exportations en Italie n’ont été que de 760 millions, c’est-à-dire de mqins de la moitié du chiffre des importations italiennes.
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- La distribution des récompenses de l’exposition horticole de Sceaux a eu lieu dimanche dernier. Les principaux lauréats sont MM. Bruneau et Jost, Félix Moreau neveu, Grouxfils, l’établissement de Saint-Nicolas cl’Igny, MM. Molet, Lareil, Lequin, etj enfin Maxime Jobert, jardinier du duc de Larochefoucauld-Bisaccia, dont il a reproduit en deux jours de travail seulement le blason à l’aide de 16,000 pots de fleurs.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition organisée à Berlin à l’occasion du Congrès général des naturalistes a été inaugurée le 16 septembre à l’académie des sciences, en présence d’un grand concours de notabilités.
- L’exposition comprend une dizaine de salles. La première section renferme la mécanique de précision : on y voit un certain nombre d’appareils de physique nouveaux ou perfectionnés.
- La deuxième réunit le matériel d’enseignement des sciences naturelles. La troisième, une des plus intéressantes pour la _ grande masse du public, est consacrée à l’hygiène, aux appareils de désinfection, de filtrage. Enfin, les quatrième, cinquième, sixième, septième sections renferment la photographie scientifique, la géographie, l’ou-' tillage scientifique, l’anthropologie, la biologie, et toutes les branches de la médecine.
- Indépendamment de cette exposition générale, une exposition spéciale chimique est installée au Kaiserhof.
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- Une exposition de l’industrie du papier ouvre aujourd’hui, 3 octobre à Berlin, dans la Bourse de commerce, à l’occasion du Congrès des négociants en papiers de Berlin et du Brandebourg.
- La clôture en aura lieu mardi prochain, 5 courant .
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- L’exposition sud-américaine dont nous avons parlé à différentes reprises a été inaugurée le 15 septembre dernier, dans la Bourse des marchandises de Berlin, par les soins de l’Association centrale de géographie, commerciale à laquelle revient l’honneur d’avoir organisé cette intéressante entreprise.
- La grande salle renferme des produits de toutes sortes, la plupart fournis par le Brésil, tels que, minéraux, céréales, boissons, café, pelleterie, produits pharmaceutiques, etc., etc. Des pyramides colossales se dressent à chaque extrémité ; l’une d’elles, assez curieuse, est formée par l’entassement de quelques centaines de bocaux, renfermant plus d’un millier d’échantillons de cafés.
- Au premier étage sont réunies les expositions du Chili, de l’Uruguay, du Paraguay, du Pérou, de la République Argentine.
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- Nous avons parlé dans un précédent numéro
- de l’exposition industrielle qu’organise pour 1887, sous le protectorat du grand-duc de Bade et avec le concours de la municipalité, la Société industrielle de Fribourg-en-Brisgau.
- A cette exposition seront admis tous les produits de l’industrie, des métiers, de l’art industriel, des beaux-arts et de l’enseignement, ainsi que de l’agriculture.
- L’exposition est spécialement organisée pour la Haute-Alsace, la Basse-Alsace, jusqu’à Strasbourg inclusivement, et l’Oberland Badois, depuis le Baden-Sec (lac de Constance) jusqu’à la Reneh. Seront exceptionnellement admis les produits étrangers exposés par un représentant ayant dans le rayon de l’Exposition le droit exclusif de vente.
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- La commission directrice de l’Association des métallurgistes et lamineurs allemands, réunie il y a quelques jours en séance à Berlin, s’est prononcée en principe contre la participation des pays allemands à l’Exposition de 1889.
- Cette décision est motivée par la mauvaise situation économique actuelle, et l’inopportunité de ces grands concours internationaux trop multipliés par ces temps de crise.
- On voit que les motifs sont assez puérils, et en effet ils ne servent qu’à dissimuler, à grand’peine, la jalousie qu’inspirent le succès de notre exposition, la rapide souscription du capital de garantie, faits qui contrastent si singulièrement avec le piteux échec, moral et financier du projet d’exposition allemande à Berlin.
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- Angleterre
- Encore quelques détails sur l’Exposition de Manchester (1887). Depuis que les plans et dessins originaux ont été soumis au Comité, plusieurs décisions sont intervenues, introduisant des modifications importantes.
- L’Annexe réservée aux machines sera augmentée de 6.000 yards de superficie ; elle sera placée, non plus comme l’indiquait, le plan primitif un peu en arrière, du bâtiment central, mais plus près de la façade en face le chemin de fer et elle formera un bâtiment spécial, avec pavillons d’angles, tours centrales et grandes entrées particulières.
- Le dôme ainsi que les deux pavillons qui flanquent le bâtiment central seront plus élevés, ce dernier sera agrémenté à chaque angle de trois tourelles.
- En outre, l’exécution du « Vieux Manchester et Salford », reconstitués d’après les données des architectes Darbyshire et Smith, a été définitivement décidée.
- Au dernier meeting du Comité le capital de garantie s’élevait à 131.200 livres sterling.
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- Une Exposition des industries mécaniques et desproduits industriels du Comté d’York (Sud) aura lieu à Engineers Depot, Glossop Road, Shejficld, du 19 octobre au 16 novembre.
- Cette exposition appelée, selon toutes prévisions, à un grand succès, devra renfermer d’après le projet, les derniers perfectionnements en matière de chauffage, d’éclairage, de ventilation, de construction, de machines, d’arrosage et d’irrigation, de coutellerie, d’argenterie, ainsi que toutes les productions manufacturées de la ville de Sheffield et du district environnant.
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- Le neuvième Congrès sanitaire et d’hygièise a été ouvert à York, le mardi 21 septembre. Il est accompagné, comme à l’ordinaire, d’une Exposition sanitaire et d’hygiène domestique installée dans les Galeries de l’institution des beaux-arts et de l’industrie et fort importante, tant pour le nombre des exposants qu’au point de vue des objets exposés.
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- La Société des peintres aqua-fortistes qui organise, tous les deux ou trois ans, unp exposition dans l’un des grands centres de l’Angleterre .a choisi cette année les galeries artistiques de Derby, où l’exhibition est ouverte depuis le 1er septembre.
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- États-Unis
- On s’occupe toujours du projet dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs, et qui consiste à célébrer le quatrième centenaire de la découverte du nouveau monde par l’organisation à Washington pour 1889 d’une exposition permanente des trois Amériques.
- On parle môme d’inaugurer à cette occasion une statue colossale de Christophe Colomb, cérémonie à laquelle seraient invités les présidents des républiques américaines, l’empereur du Brésil et enfin, c’est là le comble, le roi d'Italie.'
- Pourquoi, dira-t on ?
- Tout bonnement parce que Christophe Colomb ôtait Génois à en croire la légende. On se demande pourquoi les organisateurs n’inviteraient pas aussi le président de la République française, puisque de récents travaux établissent la nationalité corse du grand navigateur, et même le jeune roi d’Es-
- pagne, dont les ancêtres équipèrent les trois vaisseaux de Colomb.
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- Pays-Bas
- Une exposition générale des applications du gaz a été ouverte le 21 septembre à Dordrecht.
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- Russie
- L’Association technique de Saint-Pétersbourg a pris l’initiative d’une grande exposition internationale d’électricité, dont l’ouverture coïnciderait avec la réunion dans la capitale russe, d’un congrès général d’électrotechniciens.
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- Un projet oublié remis sur le tapis :
- La Société archéologique de Saint-Pétersbourg se propose d’organiser un musée d’antiquités chrétiennes formé de richesses inconnues, enfoncés depuis plusieurs siècles dans les églises et les monastères.
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- Tonkin
- Le Journal officiel publie l’avis suivant :
- Une exposition comprenant les produits naturels et ouvrés de la France, de ses colonies et des pays soumis à son protectorat s’ouvrira à Hanoï le 15 janvier prochain.
- Les objets exposés seront distribués entre les groupes suivants : produits du sol et du sous-sol, machines, habitations et travaux publics, meubles et ustensiles usuels, vêtements, objets de luxe, sciences, beaux-arts, collections, animaux vivants, batellerie fluviale.
- Les négociants et industriels français désireux de prendre part à cette exposition sont engagés à envoyer des produits susceptibles de trouver des acquéreurs en Indo-Chine.
- Le ministère de la marine se chargera, sans qu’il puisse en résulter, d’ailleurs, pour lui aucune responsabilité, du transport gratuit des objets dont la nature, le nombre et les dimensions ne constitueront pas un danger ni une cause d’encombrement trop considérable pour les bâtiments sur lesquels ils seront embarqués.
- Les demandes relatives aux envois devront être adressées, en temps utile, au ministère des affaires étrangères (sous-direction des protectorats). Elles indiqueront le nombre, la nature et la dimension des colis.
- Le jury de l’exposition disposera de nombreuses récompenses auxquelles le résident général se propose d’ajouter, avec l’approbation du gouvernement de la République et du roi d’Annam, certaines distinctions honorifiques. Enfin, des achats seront faits, et une loterie sera établie par les soins de l’administration du protectorat.
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- Le service, fluvial au Tonkin a été adjugé dans le mois d’août à une maison française quia obtenu la concession après rabais sur les offres primitives. La subvention annuelle est de 349,000 francs.
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- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE
- L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- Commercial et Industriel A BORDEAUX
- Les travaux, de ce congrès qui, disons-le tout d’abord, a été des plus suivis, ont été inaugurés le 2 o septembre dernier, sous les auspices de la société philomathique de Bordeaux.
- M. Léo Saignai a prononcé un remarquable discours d’inauguration dont nous sommes heureux de publier les principaux passages. Nos lecteurs les parcoureront avec un vif intérêt, nous en sommes persuadés, et pourront ainsi se rendre un compte exact du but poursuivi par les organisateurs du congrès.
- Discours de M. le Président :
- « Messieurs,
- « Mon intention, en prenant le premier la parole, est surtout de vous exposer quelle pensée a inspiré la Société Philomathique lorsque celle-ci a pris l’initiative d’un Congrès ayant pour objet l’enseignement technique commercial et industriel.
- « A notre époque, on s’occupe beaucoup d’enseignement technique. Je dois dire, du reste, et c’est là une des gloires de notre temps, que l’on s’occupe beaucoup de toutes sortes d’enseignements, et que les plus louables efforts sont faits par toutes les nations civilisées pour élever le niveau intellectuel de leurs nationaux.
- Voir la suite page 334.
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- 332 et 333. — Deuxième Année. — N° eu.
- LE MONITEUR DE L’^slTIONDE 1889
- Dimanche 3 Octobre 1886.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- D I R E C T I O N GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- SERVICE DE L ARCHITECTURE
- M. DUTERT
- M. BOUVARD
- M. FORMIGÉ
- D’après les photographies cLe MM!. GER^H^x, , TRUCHELUT et A. D D E R T
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- 334- — Deuxième Année — N° 92.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3 Octobre t886-
- « L’enseignement général ou classique a fait ses preuves : depuis longtemps il a acquis droit de cité dans nos institutions ; tous nous avons éprouvé ses bienfaits et nous ne saurions nous passer.de lui. Pour ce qui le concerne, on n’a eu dans ces derniers temps qu’à le perfectionner, le corriger de quelques défauts et lui donner les développements qui lui permettent de répondre aux besoins modernes.
- « L’enseignement technique est moins favorisé, surtout celui qui a trait au commerce et à l’industrie. Il s’agit presque de le créer, et sa création a rencontré des obstacles de diverses natures. Les uns l’ont mis en opposition avec l’enseignement classique et considéré qu’il y avait entre les deux un antagonisme tel que l’un ne pouvait s’élever que sur les ruines de l’autre, oubliant ainsi que l’enseignement technique ne prend l’enfant ou le jeune homme qu’au moment où celui-ci a acquis toute l’instruction générale que comporte sa situation ou la profession qu’il veut embrasser : à l’enseignement classique on demande les connaissances générales qui n’impliquent encore aucune carrière, mais qui sont nécessaires à toutes, et l’enseignement technique, se greffant plus tard sur ces connaissances générales, y ajoute les aptitudes professionnelles.
- « Un obstacle plus fâcheux au développement de l’enseignement technique est venu longtemps de ceux qui y étaient les plus intéressés : on a contesté l’utilité même de l’enseignement. A quoi bon des écoles pour apprendre les professions commerciales ou industrielles? La pratique de la profession ne vaut-elle pas mieux que l’école ? L’ouvrier ne s’instruira-t-il pas dans l’atelier, le commis dans le magasin ou le comptoir?
- .« Avec ce raisonnement, on a. longtemps piétiné sur place. Le commis dans le magasin ne voit souvent qu’un côté restreint du commerce, l’ouvrier dans l’atelier qu’une fonction très limitée du travail ; ils ne se font une idée ni du commerce ni de l’industrie, apprenant à faire ce qu’ils voient, mais ne se rendant capables d’aucun progrès.
- « Or, le progrès est la condition indispensable des professions commerciales et industrielles. La science fait tous les jours des découvertes qui permettent d’améliorer les procédés de production, d’en diminuer la dépense et d’abaisser, par suite, le prix des produits. Les producteurs qui resteraient étrangers à ces découvertes, préférant s’en tenir aux procédés anciens, seraient bien vite distancés par leurs concurrents plus instruits. Dans la lutte des affaires, la victoire est à celui qui offre au public les meilleures conditions. Malheur à celui qui, faute d’une instruction suffisante, se met dans l’impossibilité d’affronter utilement cette rivalité de tous les jours.
- « Mais, Messieurs, je n’ai pas besoin, devant l’auditoire qui m’écoute, de démontrer l’utilité de l’enseignement technique. Votre présence ici est l’attestation de l’intérêt que vous portez à son développement. Sa cause est depuis longtemps gagnée, et le nombre de ses détracteurs diminue tous les jours. Le principe est admis ; l’application seule laisse encore à désirer.
- « Je n’entends point nier l’importance de ce qui a été fait pour l’enseignement technique. L’enseignement industriel, supérieur notamment, a été doté depuis longtemps d’écoles remarquablement organisées pour le recrutement des ingénieurs, des chefs d’usines, de ce que je puis appeler le haut personnel industriel. En France, les écoles des ponts et chaussées et des mines, l’Ecole centrale des arts et manufactures, les Ecoles d’arts et métiers et d’autres encore, publiques ou privées, fournissent un enseignement industriel supérieur qui laisse peu à désirer. Les autres pays ont des écoles analogues, et à ce degré l’enseignement industriel est loin d’être déshérité.
- « Mais les chefs ne suffisent pas à l’industrie, il faut aussi de bons contre-maîtres et de bons ouvriers. Or, pour eux, pour les derniers surtout, l’enseignement est encore à organiser. En France, Paris et le Havre n’ont des écoles d’apprentissage que depuis peu d’années ; quelques autres villes en possèdent pour des professions spéciales. Si on joint à cela des cours du soir, le travail manuel dans les écoles primaires, où il n’a qu’un caractère d’enseignement préparatoire, c’est à peu près tout. Mais tout cela, épars et décousu, ne constitue pas un enseignement organisé, et il ne reste effectivement à l’ouvrier que l’apprentissage dans l’atelier avec son insuffisance et ses inconvénients.
- « Le commerce a été plus déshérité encore que l’industrie. Celle-ci a du moins depuis longtemps un enseignement supérieur, tandis que les fondations d’écoles pour le commerce ne datent en France que d’une époque récente.
- « Seule l’école supérieure de commerce de Paris compte une ancienneté relative.
- « Créée en 1820 par deux négociants qui devançaient les idées de leur siècle, MM. Brodard et Legret, auxquels succéda Adolphe Blangui, elle eut longtemps une existence précaire, des alternatives de prospérité et de revers. Son existence n’a été assurée que lorsqu’en 1869 la Chambre de commerce de Paris la prit à son compte.
- « A cette époque, l’enseignement commercial prenaic faveur. La Chambre de commerce de Paris avait, en 1860, créé l’école commerciale de
- l’avenue Trudaine. En 1866, l’école supérieure de Mulhouse était fondée, grâce à l’initiative et à la générosité de MM. Jules et Jacques Siegfried. Elle devait se fermer en 1872, et son personnel de professeurs et même d’élèves allait devenir le noyau de l’école de Lyon. Les années 1871 à 1875 voient apparaître les écoles supérieures de commerce de Rouen, de Lyon, de Marseille, du Havre et de Bordeaux, l’école professionnelle de Reims, et enfin, en 1878, la Chambre de commerce de Paris allait plus loin en créant l’école des hautes études commerciales.
- « Ces fondations successives manifestent un courant nouveau d’opinion. Le besoin de l’instruction commerciale est reconnu, sinon par tous au moins par les sommités du commerce ; les retardataires se rallieront.
- « Cette nouvelle tendance des esprits a amené, tant dans l’ordre commercial que dans l’ordre industriel, un grand nombre de créations, plus ou moins importantes. Mais ces créations, dues le plus souvent à l’initiative privée, se sont ressenties de la divergence d’esprit de leurs fondateurs les unes sont des écoles, les autres des cours isolés ou groupés ; les unes ont exclusivement pour objet l’enseignement technique, dans les autres 1’enseignement général y trouve une place plus ou moins grande. Chaque institution se ressent des circonstances qui l’ont fait naître. Constituées différemment, elles ont produit des résultats différents. Quels sont les meilleurs? Quels sont les systèmes à généraliser ou à, abandonner ?
- « Cette question n’est pas la seule qui se soit posée. Le domaine de l’enseignement technique n’est même pas précisé, non plus que ses rapports avec l’enseignement général. La stabilité financière de beaucoup d’établissements n’est pas assurée et ils sont condamnés à une existence précaire qui paralyse souvent leur fonctionnement.
- « La détermination des programmes est pour chaque nature d’établissement l’objet de controverses sans fin, qui portent aussi bien sur les établissements consacrés à l’industrie que sur ceux relatifs au commerce. L’apprentissage n’échappe pas à ces discussions : quelle part doit être donnée dans l’école aux leçons théoriques, quelle part aux travaux pratiques? Le principe même de l’apprentissage à l’école est parfois mis en question.
- « Enfin, comment donnera-t-on à l’enseignement technique l’ensemble et l’harmonie qui lui manquent ? Dans quelle mesure cette harmonie lui est-elle utile? Dans quelle mesure, au contraire, faut-il laisser subsister la disparité qui peut répondre quelquefois à la différence des besoins locaux ?
- « Toutes ces questions, messieurs, et bien d’autres, ont été posées, discutées, et diversement appréciées. Elles n’ont pas été résolues. Une enquête ordonnée par M. le ministre du commerce, et dont M. Tresca résumait naguère les résultats, dans un long rapport, en constatant le nombre très grand des enseignements créés, a constaté aussi leur diversité et les questions complexes que soulève leur existence.
- « La Société philomathique a pensé que, pour résoudre ces questions, le moyen le plus efficace était de provoquer entre ceux qui les ont étudiées un échange d’idées qui pût mettre en relief les avantages de telle ou telle solution, de s’adresser, en un mot, à l’expérience de tous, d’appeler les hommes compétents à faire connaître ce qu’ils ont vu faire d’utile ou d’infructueux, de faire un travail de concentration. Les faits n’ont pas été partout les mêmes : la comparaison des différents procédés employés et des résultats qu’ils ont produits ne sera-t-élle pas de nature à jeter une vive lumière sur les questions complexes que soulèvent l’organisation de l’enseignement technique ?
- « Il ne suffirait pas, du reste, de provoquer cette réunion entre Français. Les pays étrangers ont aussi leur enseignement technique en voie plus ou moins avancée d’organisation ; plusieurs ont obtenu déjà de très importants résultats. Il était nécessaire de mettre tous ces résultats en présence: car toutes les nations ont un intérêt commun au progrès intellectuel de l’humanité.
- « De là l’idée d’un Congrès international.
- « La Société philomathique était dans des conditions qui lui permettaient de mettre cette idée à exécution. Vouée depuis près d’un demi-siècle à l’instruction populaire, ayant, depuis vingt ans, dirigé surtout ses efforts vers le côté professionnel de cette instruction, toujours en éveil pour apporter à son enseignement les compléments dont les besoins nouveaux font sentir l’utilité, elle s’est cru le droit de parler au nom de cet enseignement auquel elle a consacré son énergie et ses ressources. »
- M. le Président expose -ensuite les services rendus à la cause de l’enseignement technique par la société philomathique. Puis il parle de son rôle dans les expositions dont elle a pris l’initiative,
- « Son règlement de 1808 donnait à notre société entre autres buts, celui d'animer l’industrie. Elle l’a poursuivi par douze Expositions, dont les trois dernières, celle de 185g, présidée par M. Alexandre Léon; celle de 1865, présidée par M. Emile
- Fourcand et surtout celle de 1882, sous la présidence de M. Alfred Daney, aujourd’hui maire de Bordeaux, ont eu une importance et un développement considérables. C’est à l’occasion de celle de 1859 que la Société a été déclarée établissement d'utilité publique.
- « Si les expositions industrielles rentrent dans le programme originaire de la Société philomathique, elles rentrent aussi dans le programme spécial qu’elle s’est donné depuis qu’elle s’est consacrée à l’enseignement. Les expositions ne sont-elles pas, en effet, un enseignement des plus fructueux, une sorte de leçon de choses où les commerçants et les industriels, en se montrant respectivement leurs produits, se donnent un enseignement mutuel qui les pousse vers le progrès?
- «Vous savez maintenant, messieurs, ce qu’est la Société philomathique et ce qu’elle a fait. C’est, forte de son passé qu’elle a pu se croire autorisée à vous réunir. En répondant à son appel, vous lui avez montré que son initiative n’avait pas été téméraire et que vous partagiez son appréciation sur l’opportunité du Congrès. Bien plus, la composition du Congrès prouve que son utilité a été reconnue, non seulement par de hautes personnalités, mais par les gouvernements eux-mêmes. Neuf gouvernements étrangers, quatre ministères français y sont représentés par des délégués officiels, ainsi qu’un grand nombre de municipalités, de Chambres de commerce, de Sociétés et d’écoles, et le choix des délégués atteste l’importance attachée aux travaux-du Congrès.
- « Vos travaux peuvent, en effet, messieurs, avoir par eux-mêmes et par leurs conséquences une importance de premier ordre. Toutes les questions de l’enseignement technique vous sont soumises: son organisation, ses programmes et ses méthodes, le recrutement des professeurs, le classement des élèves, leur placement après la sortie de l’école, c’est-à-dire pour eux la perspective de l’avenir, l’importance respective des établissements, l’homogénéité à leur donner, les moyens financiers qui peuvent les soutenir, la détermination des corps qui doivent en être chargés, tout cet ensemble est livré à vos investigations.
- « Il n’est pas douteux qu’il en sorte d’heureux résultats. Elucidées au creuset d’une discussion consciencieuse, les questions ne seront sans doute pas entièrement résolues, mais chacun de vous, en rapportant dans sa région les impressions générales du Congrès sur l’utilité des solutions proposées, pourra, dans la mesure du possible, pousser à leur mise en œuvre et provoquer ainsi un pas décisif vers une organisation véritable de l’enseignement technique. C’est le but qu’a poursuivi la Société philomathique en provoquant la réunion du Congrès. »
- M. Léo Saignai remercie tous ceux qui, à un titre quelconque, ont assuré le succès du congrès, puis termine par les paroles suivantes :
- « Messieurs, si vous trouvez quelques défectuosités dans l’organisation de ce congrès, vous les excuserez, en considérant que nous avons dû frayer une voie jusqu’ici inexplorée. Si notre œuvre n’est point parfaite, nous avons la conviction qu’elle sera utile. Ce congrès ne sera pas le dernier: ceux qui, plus tard, poursuivront la même idée, trouveront le terrain déblayé. On pourra faire mieux que nous, et nous serons les premiers à applaudir ; mais nul n’agira sous l’inspiration d’un plus entier dévouement à l’œuvre poursuivie, et d’un plus ardent amour du bien public. »
- Une triple salve d’applaudissements a accueilli la fin de ce remarquable et éloquent discours.
- Dans un prochain article, nous nous efforcerons de donner une idée exacte de l’enseignement technique dans les différentes nations représentées au congrès de Bordeaux d’après les communications faites parles délégués étrangers.
- H.-F. Cabirau
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- EXPOSITION INTERNATIONALE
- de la
- SOCIÉTÉ DES SCIENCES ET DES ARTS, 1886
- IPalais de l’Inclnstrie ( Champs-Elysées )
- (Voir le Moniteur du ig septembre 1886).
- Salle 16
- A l’entrée de cette salle se trouvent les draps et tissus spéciaux pour chasseurs de M. A. Poiret qui pour prouver l’imperméabilité de ses produits a transformé une pièce de drap en bassin où s’é-batent des poissons rouges !
- La laine hygiénique du.docteur G. Jacger se présente sous la forme de gilets caleçons de toute forme qui doivent vous garantir contre la goutte, les rhumatismes et d’autres infirmités du corps humain.
- Les vêtements de chasse de Marius Roffy servant de carnassière, ont des jointures plus ou moins élastiques qui vous permettent de vous livrer
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- Deuxième Année. — N° 92.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 3 Octobre 1889. — 335.
- à toute espèce de gymnastique et de plus ont l’avantage de ne pas coûter cher.
- La chemiserie spéciale du boulevard de Sébastopol est une des maisons qui ont fait faire les plus grands progrès à l’industrie de la chemise et son Exposition mérite d’être remarquée.
- Les galochettes tout en cuirs de Demoulin sont remarquables au point de vue de la solidité et sont plus élégantes que ne le sont généralement les disgracieuses galoches.
- M. Lhéon expose des guêtres et jambières pour enfants, et MM. A.-M. Morin et Cie un nouveau système de contrefort américain en cuir et carton cuir pour chaussures; MM. Caraguel jeune et Ci0 vous offrent un couvre-chaussure imperméable qui présente plusieurs avantages sérieux et M. Brunot qui, suivant son enseigne, espère être le tailleur de l’avenir, a une vitrine remplie de vêtements pour hommes et enfants.
- La maison L. Coumes qui s’intitule : Ecole professionnelle des pupilles de la Seine (service des enfants moralement abandonnés), pour la fabrique des chapeaux, fait toute sa fabrication d’après des méthodes perfectionnées en employant un chef d’atelier, un jeune ouvrier et dix-huit apprentis de treize à dix-sept ans.
- Admirons en passant la dénomination de Meubles élastiques donnée par Thury et Cie à leurs ressorts pour corsets, tournures et ceintures de dames.
- Sous le nom de Préservateurs V. Decloque-ment, on trouve des vêtements, tuyaux, sceaux pour incendie et arrosage en tissus élastiques et imperméables.
- La machine à ruban servant à découper les étoffes de M. A. Tiersot est déjà d’un emploi répandu et donne de très bons résultats.
- Dans la même catégorie se trouvent aussi les machines bien connues de M. Armand Labre qui s’emploient pour la coupe de tous les tissus.
- Les tailleurs sont représentés dans ce groupe par MM. H. Dubois et Jules Bentayou.
- Avant de quitter la salle n° 16, mentionnons l’exposition très intéressante à plusieurs points dé vue de M. Auguste Frétin, 64, rue de Rennes. Cette maison importante, qui depuis 1867 a obtenu les premières récompenses à dix-huit Expositions et qui a été une des rares industries françaises qui, poussée par le sentiment d’entreprise qui la distingue, a envoyé ses produits à l’Exposition de Calcutta (Indes anglaises;, est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en faire son éloge, mais nous signalerons néanmoins une innovation due à M. Frétin :
- Les deux vitrines qui se trouvent dans la salle n° 16 sont destinées à l’exposition du travail personnel de 200 des ouvriers et apprentis de son usine à Auxi-le-Château (Pas-de-Calais) et de ses ateliers de la rue de Rennes, où le travail divisionnaire est organisé de la manière suivante :
- ire section. — La chaussure montée sur forme; travail des apprentis de 13 à iô ans.
- 2e section. — La chaussure passée en première et trépointe ; travail des jeunes gens de 16 à 18 ans.
- 3e section. — Les talons posés, semelles prêtes à être piquées; travail des ouvriers de 18 à 20 ans.
- 4e section. — Finissage de la chaussure; travail des Ouvriers de 1e1' ordre._
- L’on voit dans ces deux vitrines la paire de chaussures telle qu’elle est à la sortie du travail de chaque section.
- Parmi ses apprentis et ses ouvriers, M. Frétin en a choisi 200 des meilleurs qui ont fait chacun entièrement une paire de chaussures qui est exposée avec le nom de l’ouvrier qui en est l’auteur.
- Chacun de ces ouvriers devient par le fait le coopérateur du grand manufacturier, il devient exposant lui-même et quand le jury lui décernera une récompense, elle servira à resserrer le lien de solidarité qui doit exister entre le patron et l’ouvrier et c’est ce qu’a bien compris M. Muzet,le président de la Société des sciences et des arts, quand il a donné à M. Frétin toutes les facilités nécessaires pour faire cette exposition si intéressante au point de vue social.
- Salle n°
- IVe GROUPE. — ESCRIME
- La salle d’escrime dans laquelle l’administration de l’exposition compte donner plusieurs assauts publics, est décorée d’une façon très artistique. La maison Huntington frères, 43 et 45, rue deTré-vise, a fourni le linoléum qui couvre le parquet et une partie des murailles, ainsi que les tapis, carpettes et portières, sobres de ton et produisant un très joli effet. Les armures,d’un travail très soigné, sortent de chez MM. Contois et Bardy. De très beaux vases en faïence ont été prêtés par MM. Moser et Béjot.
- M. Delforges y expose deux vases très remarquables en porcelaine et M. Bredault, deux sujets en bronze.
- Les exposants d’armes sont M. Dupoux, qui a anporté ses fusils et pistolets atmosphériques et MM. Basset et Ci8, qui exposent une magnifique panoplie d’armes anciennes et modernes formant la série complète des armes à percussion, depuis l'arbalète jusqu’au fusil Gras.
- N’oublions pas la panoplie des cartouches en papier de G. Bouvier et Cie, et les deux armures japonaises de la maison Ibrahim, avenue de l’Opéra.
- Toutes les salles que nous venons de décrire ont été arrangées avec beaucoup de soin et de goût par M. Belnot, délégué de l’exposition pour les différents groupes qu’elles contiennent.
- Salle n° 20
- IXe GROUPE. — BILLARDS
- La salle n° 20 est spécialement destinée à des matchs de billard qui commenceront prochainement.
- Deux billards s’y trouvent exposés par M. William St-Martin, qui s’est chargé de l’organisation et de la décoration de cette salle.C’est la maison du Best Linoléum, qui a couvert le parquet et les murs de linoléum, donnant un très bel effet et qui se fait surtout remarquer par quatre panneaux avec sujets coloriés. Les draperies, tentures orientales, etc., ont été fournies par le grand magasin de la place Clichy ; le grand dépôt du 21 de la rue Drouot, a prêté des faïences remarquables, et l’on y remarque aussi des lampes Darvillers et des bronzes artistiques de Dubois.
- Salle n° 13
- GROUPE XVIIe
- En entrant, on trouve un puissant digestif,l’élixir du père Griveau et la fameuse eau de Mélisse des Carmes; viennent ensuite les articles de laboratoire en hickel pur de P. Bredeville et R. Paturel, l’alcool de menthe du Val-Suzon, de J. Mège et Cie, l’eau des Bluets, qui rendent aux cheveux et à la barbe leur couleur primitive à laquelle M. Métras et Cie font concurrence avec leur eau universelle.
- Le fameux arbre australien (l’Eucalyptus) a donné naissance aux pastilles eucalyptines qui sont recommandées pour les malades des voies respiratoires.
- Le docteur Rougeot expose ses appareils d’hygiène pratique à l’usage des familles, crémomètre, biberon normal,baignoire, fauteuil, etc.
- Un titre prétentieux a été donné à un remède contre une des maladies les plus communes et les plus terre à terre, celui de Dynamite des cors ; espérons que ces derniers ne seront pas plus résistants que les montagnes et qu’ils sauteront tous avec ensemble.
- La poudre du docteur d’Handré, si elle ne donne que la moitié seulement des résultats qu’elle garantit, plaira aux dames.
- Dans cette salle et au milieu de la parfumerie et des produits pharmaceutiques, on rencontre l’exposition d’une maison bien connue, MM. Gallet, Lefebvre et Çie, qui expose les engrais de la Phospho-Guano Cie, qui ont une supériorité incontestée.
- La vitrine de M. L. Caron contient des couleurs, vernis et enduits hydrofuges qui présentent un certain intérêt.
- Les voitures de promenade et d’enfants de M. Mallein, passage Drady, sont bien comprises; ainsi que les baignoires et appareils hydrothérapiques de M. Moreau, de Paris.
- Le cirage Demeyer, imperméable sans acide, porte un défi à l’eau et à l’humidité.
- L’inventeur bien connu des poudres insecticides si connues dans le monde entier, M. Vicat, expose, en outre de Y Insecticide Vicat, la fameuse moutarde du Vert-Pré, dont M. Vicat s’est rendu acquéreur et dont la qualité est garantie par q5 médailles et un grand diplôme d’honneur qui lui ont été décernés depuis l’année 1827. Les employés de cette fabrique s’y succèdent de père en fils et plusieurs peuvent justifier de 40 ans de service dans la même maison sans interruption, ce qui prouve beaucoup en faveur de ceux qui les employent.
- En parlant de M. Vicat, nous relevons une erreur typographique qui se trouve dans un article spécial que le Moniteur a publié le 12 septembre 1886. On y lit que, depuis 1885, M. Vicat a reçu plus de cinquante médailles dans diverses _ expositions, mais c’est depuis 1827 que ses articles ont été récompensés.
- Dans la salle 1 3, chaque visiteur s’arrête devant la chevelure plus que luxuriante du propriétaire de Y Extrait gabonais, le remède plus ou moins souverain contre la calvitie, et dont la recette a été donnée à l’inventeur par un brahmane authentique des bords sacrés du Gange.
- Le désinfectant chimique parfumé de Gilbert et Cie a des propriétés dignes de remarque et est appelé à un certain avenir.
- Un article tout à fait spécial et qui ne se faisait qu’en Angleterre, est exposé par François Berlain, et consiste en capsules pour la parfumerie, en métal anglais, et plaqué or et argent, qui sont fabriquées à Paris.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- EXPOSITION DE LIYERP00L
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du ig septembre 1886).
- Section italienne
- L’Italie — ce beau pays tant chanté par les poètes et dont la capitale, Roma, régna pendant tant de siècles sur le monde entier, communiquant son souffle de civilisation à toutes les nations — a eu longtemps à souffrir, à lutter pour conquérir son indépendance et son unité.
- Sortie victorieuse de ses luttes séculaires elle a compris la place qui lui était assignée parmi les grandes nations : à l’indépendance politique elle a voulu joindre l’indépendance industrielle et commerciale; sa persévérance dans ses longs et patients efforts a été couronnée d’une prospérité surprenante pendant les vingt dernières années.
- Mais le travail aidé de l’inspiration sous ce ciel éternellement bleu n’eût point suffi pour faire de ce peuple à l’intelligence ouverte, et surtout à l’âme artistique, un peuple industriel et commercial. Il lui fallait passer les frontières, se mêler au grand mouvement d’affaires des autres nations, apprendre chez elles, se perfectionner ensuite pour entrer enfin dans la lice commune.
- Aussi, avons-nous vu l’Italie prendre part à toutes les expositions, à celles de Paris eu 1867 et en 1878, à celles de Philadelphie, de Melbourne, de Sidney, et plus récemment encore à celles d’Amsterdam, d’Anvers et de la Nouvelle-Orléans. Elle-même a organisé chez elle, à Turin, une exposition générale des produits de l’industrie, qui, de tous côtés, fut déclarée magnifique.
- A l’exposition de Liverpool, l’Italie n’est pas représentée sur une aussi large échelle qu’à Anvers et beaucoup de ses importantes industries font défaut. Néanmoins elle compte un assez grand nombre d’exposants d’objets d’art, de céramique, de poterie, et ces exhibitions ne sont pas sans intérêt.
- Je trouve dans la prélace du catalogue de la section italienne quelques lignes concernant notre future exposition de 1889. Je ne puis résister au désir de les traduire et d’en faire profiter les lecteurs du Moniteur de VExposition de 1889. Voici comment l’auteur de cette préface s’exprime : « Les quelques exposants qui ont pris part à l’exposition de Liverpool suffiront aux visiteurs pour se rendre compte de l’importance industrielle actuelle de l’Italie, mais ce sera à Paris, en 1889, qu’ils pourront le mieux l'apprécier. Là, l’Italie montrera au grand jour le résultat de ses efforts ! Sur ce champ ouvert l’Italie livrera bataille, la seule bataille que toutes les nations doivent se livrer, après celle qui a pour objet leur indépendance ! »
- Ce langage est bien italien : il se ressent de cette brillante imagination que possèdent les Méridionaux; mais, si exagéré qu’il soit, il n’en faut pas moins tenir compte, et c’est avec plaisir que pour ma part j’enregistre ces brillantes promesses de l’Italie.
- J’aime à croire d’ailleurs que dans ce grand combat, impatiemment attendu de l’Italie, la France encore remportera ses antiques et traditionnelles victoires !............................
- La section italienne comprend deux expositions maritimes :
- • i° La marine royale italienne qui a exposé un certain nombre de modèles de bateaux anciens et modernes qui sont intéressants. Parmi les premiers, citons deux modèles de trirèmes datant du xv° siècle, une bombardiera du xvme siècle, une galeone du xvi® siècle ; enfin sur une table sont exposés les modèles des principaux bateaux employés à Venise au temps de la République.
- Les autres modèles de bateaux exposés qui présentent certain intérêt concernent surtout la marine de guerre. — Parmi eux citons les jolis modèles de canonnières, avec roues à aubes, Scilla et Cariddi ; — les corvettes également avec roues à aubes,Ercole et Archimède construits sur les plans du chevalier Sabatelli ; — les modèles des cuirassés : Italia, Flaoio Gioia, Dullio, Le-panto, Terrible, Formidable, Roma, Gueniera, etc., etc.—L’Italia fut lancé à Castellamare, près de Naples, en septembre 1880 : il a une longueur de 410 pieds sur 75 pieds de largeur ; il a une vitesse de i8 nœuds à l’heure. Le Flavio Gioia fut lancé à Castellamare en 1881 ; il a une longueur de 260 pieds; le Dullio plus grand a 35o pieds de longueur.
- Parmi les frégates, citons celles portant les noms de Costuziones, et Maria Adélaïde. Elles sont pourvues de roues à aubes.
- 20 L’exposition de MM. Orlando frères, constructeurs de bateaux à Livourne.
- Elfe comprend une série de modèles de bateaux marchands, parmi lesquels se trouvent Y Emma, VOrtigia, le Bir/nania, destinés aux côtes méditerranéennes ; _ — un très remarquable modèle du cuirassé Lepanto, tel qu’il était au moment d’être lancé à la mer; — enfin, plusieurs modèles de yachts et de bateaux de pêche, etc.
- La maison Orlando frères est certainement la
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- N° 92
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- plus importante de l’Italie pour la construction des bateaux. A leurs débuts, MM. Orlando s’étaient établis près de Gênes, et, en 1855, sur les instances de Gavour, ils entreprirent la construction des bateaux en fer. Le vapeur Sicilia qui sortit de leurs chantiers fut le premier bateau en fer construit en Italie. Les renseignements suivants donnent une idée de l’importance de cette maison : les chantiers couvrent une surface d’environ 93,000 mètres carrés, et les docks spécialement établis pour MM. Orlando, une surface de 5o,ooo mètres carrés. Le nombre des ouvriers employés est de 1,400.
- En dehors de ces deux expositions de bateaux, la section italienne comprend un assez grand nombre d’expositions de joaillerie, de corail, de mosaïques, de poteries artistiques, de glaces, de vins et liqueurs, et de conserves alimentaires. Certaines expositions de statuettes en marbre blanc, de carrare, de vases sculptés, de terres cuites, sont très intéressantes ; je n’en dirai pas autant de ces meubles sculptés, qui m’ont paru d’un mérite très secondaire, ou tout au moins d’un goût douteux. N’oublions pas de mentionner les expositions de corail, colliers, bracelets, peignes, boucles d’oreille, tous petits objets fort bien travaillés et de prix relativement modeste.
- L’industrie des perles de Venise est d’une grande importance, et tient la première place dans le commerce d’exportation.
- La production annuelle atteint le chiffre d’environ 400,000 livres sterling. Il me faut citer aussi quelques expositions de mosaïques artistisques reproduisant des tableaux anciens et modernes.
- L’industrie des vins et liqueurs, des conserves alimentaires est sans contredit la plus importante dans l’exposition italienne à Liverpool. Les vins en Italie n’ont pas de contrée particulière qui soit leur berceau. La vigne est cultivée dans toutes les parties de l’Italie avec le plus grand succès et la grande variété du sol aussi bien que la différence de température arrivent à produire un grand nombre de vins de nature différente. Dans le nord, par exemple, le Piémont produit généralement de bons vins ordinaires tels que le Grigno-lino, le Barbera, le Nebiola et le Barolo : les trois premiers peuvent être comparés au bordeaux ; le dernier, au bourgogne. De plus, le Piémont produit encore d’excellents muscats, dont une partie est transformée en vins mousseux, comme le vin d’Asti, partie employée dans la confection du vermouth de Turin. Les vins du Piémont ne dépassent pas i3 degrés d’alcool et sont réputés toniques et très sains.
- La Valtelline produit d’excellents vins : les principaux sont le Sassella, le Guemello et l’Inferno, qui sont beaucoup exportés, spécialement en Suisse. Les provinces de la Vénétie s’enorgueillissent de leur grande quantité de bons vins, parmi lesquels, en première ligne, le Policella.
- La Toscane a son Chianti universellement connu comme l’un des meilleurs vins de table et les non moins fameux Pomino, Rufino et Monte-pulciano, tous vins exquis et grandement prisés.
- Les vieux Etats romains ne le cèdent point aux autres provinces d’Italie pour la production d’excellents vins, et il suffit de mentionner le vin bien connu dit: « Vino delli Castelli. »
- Si nous considérons le sud de l’Italie, les noms des vins tels que Làcryma-Christi, Gapri (rouge et blanc) Pompéi et Falerne sont suffisamment familiers pour avoir besoin d’un mot d’éloge, et le renom de ce dernier nous fait penser à l’antique Rome où tout banquet, sans plusieurs bouteilles de Falerne, déjà renommé alors, ne pouvait être considéré comme complet. Les provinces de la Pouille produisent une grande quantité de vin rouge, qui est surtout exporté en France.
- La Sicile, sous son soleil brûlant et sur son sol volcanique, mûrit de délicieux raisins, du jus desquels on fait, en abondance, des vins d’une force considérable.
- Les vins rouges de Scoglietto et Riporto, le Malva-sia de Lipari, le Moscato de Siracuse, et, par dessus tout le Marsala, jouissent, à juste titre, de la plus grande réputation.
- Enfin, l’ile de Sardaigne est aussi riche en vins très appréciés : au premier rang sont le Campi-dano, le Morrica, le Vernaccia et le Malvasia.
- L’Italie n’est pas encore arrivée au dernier degré de perfection dans ses vins, mais déjà, maintenant, ils peuvent soutenir avantageusement la concurrence avec les vins étrangers. Jadis les cultivateurs italiens produisaient des vins qui n’étaient point appropriés à l’exportation, susceptibles de se gâter et de changer de qualité. Mais aujourd’hui, il n’en est plus de même : de grands progrès ont été réalisés dans ces dix à douze dernières années. Les Italiens ont compris que la fabrication du vin deviendrait une des principales industries de leur pays et, pour arriver à grandir leur exportation, ils se sont mis à étudier les meilleures et plus scientifiques méthodes pour unifier leurs types, et à fabriquer leur vin, de telle sorte qu’il puisse être exporté sans danger.
- Cii. Lenoir.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXVII
- Henri des Houx. — Souvenirs d’un journaliste français à
- Rome. — Ma Prison, etc., 2 vol. in-18. — Paris, Paul Ollen-
- dorff, éditeur.
- Nous n’avons pas à faire ici de politique et n’en faisons pas. Ce n’est pas en faire que d’apprécier au point de vue exclusif de la critique littéraire deux ouvrages qui sont mixtes, mi-partis de forme, quoique très homogènes de talent et d’un talent point du tout hybride, très mâle au contraire, et relèvent à la fois de la politique et de la littérature.
- C’est, nous le répétons, le caractère littéraire, la valeur littéraire de ces ouvrages qui seule nous intéresse ici. Il ne nous déplaît pas de connaître les raisons diverses, les vicissitudes d’événements et d’opinions qui ont présidé aux évolutions d’un esprit distingué à coup sûr, mais qui ne se pique pas d’être inamovible. Mais nous n’avons pas à apprécier les mobiles de ces évolutions, de ces variations qui n’ont pas fini de dévider et d’emmêler leur écheveau, et par suite desquelles le journaliste ultramontain, directeur du Journal de Rome, instrument trop intelligent pour être entièrement obéissant, a été brisé par le pape, s’est révolté, puis soumis, non sans nous laisser heureusement savourer les médisances punies d’une mise à l’index, et par suite desquelles aussi l’ami passionné du comte de Chambord, le royaliste exalté a fait acte d’adhésion, à la République. Certainement si M. des Houx, comme bien d’autres observateurs, est un désabusé, si l’expérience et la déception ont communiqué à son esprit quelque chose du sel amer de ses naufrages, ce n’est pas un détaché, ainsi que Mme de Créqui le disait à Sénac de Meilhan. Il prend toujours intérêt au jeu, et il est de ceux que les plaisirs de la curiosité j’entends la grande curiosité, la curiosité philosophique consoleraient delà perte de tous les autres. Quand un tel homme, ainsi trempé aux vicissitudes d’une carrière accidentée, est à la fois d’un caractère non banal et d’un esprit d’une vivacité, d’une personnalité, d’une originalité plus grandes encore, peu importe qu’il soit ou non de votre avis sur bien des questions. Son commerce a du prix, sa conversation est d’un ragoût piquant, et il n’est pas rare qu’on se plaise à s’entretenir avec lui et qu’on le regarde comme une bonne fortune. C’est ce qui explique le bruit que font les livres de M. des Houx, et justifie leurs succès. Ils attestent un talent vif, souple, où on ne sent ni le factice, ni le pastiche. C’est un rare écrivain que celui qui voit, qui pense, qui sent par lui-même, qui boit dans son verre, le verre ne fut-il pas grand, que celui qui est non un auteur, mais un homme. Il y a régal pour les dilettantes à ses virtuosités et à ses tours de force dans l’art de dire ce qu’il veut dire et de faire deviner ce qu’il ne dit pas.
- De quel genre de talent l’auteur a-t-il fait preuve me demandera-t-on d’abord ? Je répondrai : Du genre de talent le plus cher aux Français, du talent d’être sincère avec malice, d’assaisonner la vérité de ce grain de malignité qui lui est nécessaire, du talent d’avoir fait en' somme contre l’Église et le gouvernement temporel du pape infaillible, sous une forme bénigne, modeste et contenue, un pamphlet aussi amusant et plus dangereux peut-être queles pamphlets d’About contre la Rome pontificale ou de Paul-Louis Courier contre la monarchie de la Restauration.
- On goûte en lisant les révélations des Souvenirs d’un journaliste et de Ma Prison sur l’Italie, l’esprit public italien, la politique italienne, les mystères du Quirinal, et aussi sur les mystères du Vatican, l’évolution de Léon XIII, son caractère, ses idées, l’influence du groupe des Pérugins, les principaux personnages de la cour et de la diplomatie papale, cette volupté particulière que donne un tableau à la fois fidèle et malin, par un peintre qui aime mieux faire ressemblant que flatté, et qui entre le commencement et la fin du tableau est revenu de bien des illusions sur ses modèles. M. des Houx a beaucoup vu, beaucoup appris, beaucoup retenu. C’est un observateur et c’est un écrivain. Double et rare qualité qui donne une valeur et un intérêt particuliers à ses impressions de voyage, soit qu’il nous donne celles de ses entrevues avec Léon XIII ou les personnages de sa cour, et nous conduise au milieu des détours de cette diplomatie romaine trop vantée peut-être, qui n’est que de l’intrigue supérieure, l’art un peu simple en soi, mais très subtilisé, très quintes-sencié par l’emploi, de compter plus sur la patience que sur l’habileté et sur le temps que sur les hommes ; soit qu’il nous fasse assister à ses entretiens avec le comte de Chambord, le comte de Paris ou M. Jules Ferry, soit qu’il nous promène avec lui à Trieste, en Sicile, en Etrurie nous donne son avis de dilettante sur l’art étrusque ou la musique delà Sixtine. Ces impressions de voyage en Italie ont tout le ragoût, tout le piquant, tout l’attrait d’humour et de style des meilleures pages en ce genre. Il y a dans M. des Houx, voyageur en Italie, quelque chose de la science d’Ampère et de Boissier, de l’ironie pince-sans-rire de Taine, avec plus de
- légèreté dans la verve, de finesse et de mordant. Cet écrivain demeuré profondément catholique jusqu’à croire aux miracles, notamment à celui de Saint-Janvier, en dépit du succès de la recette de Championnet un peu brutale, mais sûre pour hâter la réalisation des miracles récalcitrants, ne s’est pas interditles lectures profanes,et s’est volontiers parfois décarêmé avec le président des Brosses et Stendhal. On le sent à ses peintures de la nature, de la vie et des moeurs italiennes où le sourire de sa philosophie ressemble bien, s’il n’est celui-là même, au sourire du scepticisme. Pour nous, nous conseillons à tous ceux qui aiment le talent, l’esprit, la malice, la malignité même dans sa plus prestigieuse escrime de se donner le régal de ces pages pleines de faits curieux, d’anecdotes amusantes, de notions utiles sur la politique, la presse, les idées, les passions, les ambitions, les espérances, les intérêts de la double Italie, l’Italie piémontaise et l’Italie romaine, l’Italie du Vatican et l’Italie du Quirinal, qui ne s’entendront jamais sur certaines choses, mais pourraient s’entendre fort bien à un moment donné , contre certaines autres choses. Les chapitres qui ont donné leur titre au volume récent, Ma Prison, n’ont rien de la résignation passive, du quiétisme mystique, des vagues tendresses et de la douce mélancolie des Prigioni de Silvio Pellico. C’était là de l’eau de rose à côté des curiosités, des indiscrétions, des révélations expiatoires, des malices vengeresses d’un voyageur autour de sa cellule qui n’a pas le tempérament anodin et les sentimentales larmes d’un Xavier de Maistre. Notre voyageur sait rire de ce qui le frappe, de ce qui lui déplaît avec la verve, la causticité, l’irrévérence d’un homme d’esprit qui ne peut se croire damné pour avoir lu Voltaire, et qui nous a donné avec sa griffe gantée de velours et trempee dans l’eau bénite, son art de se révolter et de se soumettre, de mériter et d’éviter l’excommunication, de mordre en baisant et de se moquer à genoux, un spectacle rare et un chef-d’œuvre presque unique de ce qu’on peut appeler dans sa plus profane éloquence et sa plus féline perfidie : l’ironie des dévots.
- M. de Lescure.
- LES THÉÂTRES
- Cluny. — Reprise de Vile de Tulipatan.
- Odéon. — Reprise de la Vie de Bohême.
- Le théâtre Cluny, l’un des rares théâtres où l’on s'amuse, de Paris, vient de reprendre Vile de Tulipatan, ce chef-d’œuvre de cocasserie échevelée. Jamais succès pareil à celui qui accueillit cette opérette à sa création. Toute la salle prise d’un rire convulsif, inextinguible, se tordait positivement. Cette élucubration épileptique, la calembredaine arrivée à la quintessence de son expression, cette gaîté folle, tintammaresque sont si loin de nous maintenant et surtout cette musique d’Offen-bach tour à tour pétillante, capiteuse, d’une grâce souverainement coquette, puis tapageuse, exultante, entraînant tout dans son rythme enragé. Aussi, c’est avec grand plaisir qu’on a revu cet échantillon d’un genre qui s’est éteint avec Offen-bach, d’un genre si curieux, si amusant, mais où le grotesque confinait toujours à l’artistique, où l’esprit gouvernait tandis que régnaient la fantaisie cabriolante et l’originalité la plus imprévue. Que paraît mesquin, terne, à côté de celui-là, le genre de l’opérette actuelle, ce produit souffreteux et dégénérescent bâtard de l’opéra-comique, avec ses sempiternelles intrigues bébêtes, ses ganaches d’un modèle usé, sa musique pauvre, étriquée et, pour la soutenir, rien que l’allusion égrillarde, l’ambiguité du mot, la polissonnerie édulcorée, une espèce d’obscénité timide de pensionnat.
- On vient, sur la rive gauche, de reprendre un autre chef-d’œuvre, plus sérieux-celui-là, à l’Odéon : la Vie de Bohême pour les débuts de Mlle Panot, qui a paru très touchante dans le rôle de Mimi.
- Un peu peintes de chic, il va sans dire, ces figures populaires de Mimi, de Musette, de Shau-nard, de Baptiste, mais ce sont des enluminures de modèles exacts, bien vivants, éternellement vivants, car ils incarnent tous des caractères nets et véridiques. La Vie de Bohême sera toujours un spectacle charmant avec l’esprit qui y pétille, la gaîté qui en déborde et la mélancolie poignante qui y circule intimement. Oh ! ce mot final, ce cri du cœur de Rodolphe à la mort de Mimi : C’est ma jeunesse qui meurt. Peut-on mieux faire transparaître l’éternel égoïsme humain, la compassion unique du soi au travers de la douleur de l’affectivité.
- M. Matrat promène dans la pièce la figure originale de Baptiste avec beaucoup de finesse et de fantaisie comiques.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- • Tours. — lmp. E. ARRAULT et O rue de la Préfecture,6.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNEE Dimanche 10 Octobre 1886. NUMÉRO 93.
- SOMMAIRE :
- 1. Association de garantie, liste des souscripteurs, 2. L’Exposition de 1889; 3. Exposition de Liverpool ; 4. Exposition internationale de la Société des sciences et des arts, 1886; 5. Echos; 6. Notre gravure; 7. Congrès international de l’enseignement techniqnecommercial et industriel à Bordeaux; 8. Histoire anecdotique de la Presse en France; 9. Les Livres; 10. Concours généraux et régionaux agricoles.
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- LISTE DES SOUSCRIPTEURS
- MM.
- (Suite.)
- Adam (Jules), membre de la commission du département de la Seine (travail des enfants employés dans l’industrie), 3, avenue de Messine. 1.000
- Adenis, entrepreneur de travaux publics,
- 169, rue de Bercy. 2.000
- Albenne (Denis), employé au Crédit Foncier 1.000
- André, Girod et Cie, banquiers, 31, rue
- Lafayette. So.ooo
- Banque de France :
- MM.
- Antonetti (Frédéric), directeur de la succursale de la Banque à Nice.
- Cappou (Gustave-Hippolyte), directeur de la succursale de la Banque, à Chartres.
- Giraud (Joseph), directeur de, la succursale de la Banque à Marseille, de Larrard, contrôleur de la succursale de la Banque à Marseille.
- Simon Suisse (Gustave), caissier à la succursale de la Banque à Lorient. Allavène (Mamès), teneur de livres à \ Valenciennes. /
- Fercop du Leslay (Louis), commis à Va- ( lenciennes. ,
- Jacquemart(Sylas-Clément), caissier, à Roubaix.
- Plocq (Gustave), teneur de livres,à Roubaix. ... >
- Leroy (Charles), expéditionnaire à Rou- f baix. |
- Schwartz (Théodore), expéditionnaire, ] à Roubaix. 1
- Banque de l’Algérie.
- Banque de consignations, rue Blanche,2. Banque des fonds publics et des valeurs industrielles, 16, rue du Quatre-Sep-tembre.
- Baumard, employé au Crédit Foncier. Beauvisage (Félix), agent de Change, 25, rue de Choiseul.
- Béchu ( Constant-Alfred ) , trésorier-payeur général de Meurthe-et-Moselle.
- Belleville (J.) et Cie,ingénieurs-constructeurs, à Saint-Denis (Seine). Berger-Levrault et G1®, imprimeurs-éditeurs à Nancy et à Paris.
- Boude (A.) et fils, raffineurs de soufre, 8, rue Saint-Jacques, à Marseille. Bouderon (Jean-Cyprien), agriculteur, ancien négociant, Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées).
- Boulfroy (E.) et Cle, fabricants d’huile de naphte, 29, rue de Neuilly, à Ciichy (Seine).
- Bourdilliat (Arthur-Charles), ingénieur civil, 2, boulevard Saint-Martin. Boutmy (André), maître de forges a Mes-sempré, près Carignan (Ardennes)._ Brasserie d’Adelshoffen, ancienne maison Ehrhardt frères, à Schiltigheim, près Strasbourg.
- 1.000
- 1.000 1.000 1.000 1.000
- 1.000
- 1.000
- 5o.ooo
- 10.000
- 25.000 1.000
- 10.000
- 15.000 25.000 20.000 2.000
- 1.000
- 5.ooo
- 1.000
- 10.000
- 10.000
- Brasseries de la Méditerranée, à Marseille. 10.000
- Brasseries de Tantonville (Meurthe-et-Moselle). 5o.ooo
- Braunshausen-Appay, entrepreneurs de travaux publics, 11, rue Saint-Ambroise. 1.000 Bretel frères, exportation de beurres de Normandie, à Valognes. 25.000
- Briandet (Jean - Baptiste - Camille), 37, boulevard Beauséjour. 5o.ooo
- Brun (Lucien), négociant, 19, rue des Halles, Paris. 1.000
- de Canteloube de Marmiès, receveur particulier à Castres. 1.000
- Cardeilhac (Antoine-Ernest), orfèvre, 91,
- rue de Rivoli. 5.000
- Chabaud (François), propriétaire, 272, faubourg Saint-FIonoré: 10.000
- Chaize (Louis-Elisé), 125, avenue de Versailles. 25.000
- Chambre de commerce d’Annonay. 1.000
- Chambre de commerce du Havre. x0.000
- Chambre de commerce de Limoges. 1.000
- Chambre de commerce de Rennes. 1.000
- Chambre de commerce de Valenciennes
- et Avesnes. 2.000
- Chambre des imprimeurs. — Jousset (Gabriel), président, x 17 , boulevard Saint-Germain. 5.000
- Charaire et fils, imprimeurs à Sceaux
- (Seine). 2.000
- Charpentier et Cie, éditeurs, 11, rue de
- Grenelle. 10.000
- Classes laborieuses (magasins des), 48,
- boulevard de Strasbourg. 5.000
- Claudin (Ferdinand), armurier, 38, boulevard des Italiens. 1.000
- Coget, C. et H. Lacour, teinture, foulage et apprêt, 2, quai National, à Puteaux (Seine). 4.000
- Coignet et Cie, fabricants de produits
- chimiques, i3o, rue Lafayette. i5.ooo
- Coignet (François), inventeur et fabricant des bétons Coignet, 4, rue de la Parfumerie, à Asnières. 10.000
- Compagnie des chemins de fer de Bône-Guelma et prolongements, 7, rue d’As-torg. So.ooo
- Compagnie de Fives-Lille, 64, rue Cau-martin. 100.000
- Compagnie des fonderies, forges et aciéries de Saint-Etienne, à Saint-Etienne (Loire).
- Compagnie générale des allumettes chimiques pour la France et l’étranger,
- 66, rue de la Chaussée-d’Antin.
- Compagnie générale des bateaux parisiens, 12 5, avenue de Versailles.
- Compagnie générale des eaux gazeuses,
- 10, rue de Lancry.
- Constant (Appoline), propriétaire, 4, rue Belgrand, à Levallois-Perret.
- Corroyer (Edouard), architecte du gouvernement, inspecteur général des travaux diocésains, 14, rue de Courcelles.
- C. le Coustellier, manufacturier, conseil-lier d’arrondissement, membre de la chambre de commerce à Abbeville (Somme).
- Cotillon (B.), vins en gros, rue de Barsac, entrepôt de Bercy.
- Crozet (Amédée), employé au Crédit Foncier, 89, rue Chevallier, à Levallois-Perret.
- Darier de Rouffio et Cie, négociants, 2, rue des Arcades à Marseille.
- Daunassans (Antonin), préfet d’Indre-et-Loire, à Tours.
- Deglas (Gustave-Edouard-Marie), négociant, rue du Sentier, 41.
- Demachy (R.) et F. Seillière, banquiers,
- 58, rue de Pi-ovence.
- Denoyelle (Victor-Désiré), constructeur d’appareils de chauffage, 126, faubourg Saint-Denis.
- 10.000
- 5o.ooo
- 5o.ooo
- 10.000
- 2.000
- 3.ooo
- 5.ooo
- 1.000
- 1.000 10.000 1.000 1.000 5o.ooo
- 1.000
- MM.
- Deruaz (César), percepteur à Evian-les-
- Bains. 5.000
- Fl. Descat-Leleux fils, négociant, à Lille (Nord). 5.ooo
- Desmarais (Henri), président de la chambre syndicale de l’épicerie en gros, 29, rue de Londres (3e souscription). 5.000
- Dessouches (Ch.) et Bruyer, 71, quai
- d’Ivry, à Ivry. 2.000
- Domange (A.), tanneur, à Sens (Yonne). 5.000
- Dreyfus (Anatole), fabricant de tissus, 28,
- rue de Trévise. 5.000
- Dreyfus (Auguste) (maison Dreyfus frères et Cie), 19, avenue de l’Opéra. 100.000
- Duplan (François), ancien négociant, membre du conseil supérieur de commerce et de l’industrie, 2, rue des Pyramides (2e souscription). . 3.000
- Edoux (Léon), ingénieur-constructeur, rue Lecourbe, 72, 74, 76, 78. 20.000
- Fumouze frères, fabricants de produits pharmaceutiques, 78, faubourg Saint-Denis. 2.000
- Gadala (Charles), agent de change, 21,
- boulevard Poissonnière, 10.000
- Gaget, Gauthier et Cie, industriels, 25, rue de Chazelles. 2.000
- Gauthier-Villars et fils, imprimeurs-éditeurs, 55, quai des Gi'ands-Augus-tins (2e souscription). 10.000
- Gautier (Alfred), agent de change, rue de Provence, 60. 10.000
- Remaury (Henri), ingénieur civil des
- mines, rue de Châteaudun. 5.000
- Laurens (Camille), ingénieur, E. C. P., rue Taitbout. 10.000
- Chabrier (Ernest), ingénieur, 89, rue
- Saint-Lazare. 10.000
- Dumoustier de Frédilly (Aubin), chef de bureau au ministère du commerce et de l’industrie, 42, rue Miromesnil. 1.000
- de Nansouty (Max), ingénieur, rédacteur en chef du Génie civil, rue de la Chaussée-d’Antin. z.000
- Lépany (Georges), ingénieur, 374, rue
- Saint-Honoré. 1.000
- Talansier (Charles), ingénieur, 6, rue de
- la Chaussée-d’Antin. 1.000
- Bocquet (Fernand), attaché au Génie civil, 6, rue de la Chaussée-d’Antin. 1.000
- Le Brun, Pillé et Daydé, ingénieurs-constructeurs à Creil (Oise). 25.000
- Stapfer de Duclos et Cie, constructeurs de machines, boulevard de la Major, à Marseille. 10.000
- Alexis Godillot (Georges), ingénieur civil, 5o, rue d’Anjou. 5.000
- Portevin (Hippolyte), ingénieur civil, 2, rue de la Belle-Image, à Reims (Marne). 1.000
- Digeon (Jules-Henri), ingénieur, constructeur de modèles d’enseignement, rue de Lancry. 2.000
- Messain (Léopold-Alexandre), constructeur-mécanicien,à Vaucouleurs (Meuse) 2.000 Combe (Zéphir), carrier à Souppes
- (Seine-et-Marne). 1.000
- Gontault Wolnys (Laurent), lieutenant de vaisseau à Toulon. 1.000
- Grimaud, Chartier et Marteau, fabricants de cartes à jouer, 54, rue de Lancry. _ _ 5.000
- Guenin (Henri), inspecteur duCréditfon-
- cier de France. 5.000
- Herbault, agent de change (adjoint au syndic), 5, rue_ Gaillon. 1.000
- Hinzeün et Cie, imprimeurs à Nancy, 71,
- rue Saint^Dizier. 20.000
- Hôtel Continental, (Société fermière de 1’), 3, rue Castiglione. _ 5.000
- HussonetCie, (Maison du Vieux Chêne),
- 69, 71 et 73, rue Beaubourg. 25.000
- Isay, Bechmann, Zelleret Ce, manufacturiers à Blamont (Meurthe-et-Moselle). 1.000
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-
-
- 338. — Deuxième Année. — N° g3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Octobre 1886.
- MM.
- Jacques (Edouard), président de la commission du budget de la ville de Paris.
- Joly et Foucard, ingénieurs-constructeurs de machines spéciales pour tuileries et briqueteries, à Blois.
- Kaeppelin (Paul), fabricant de miroiterie, verres et vitres, i5, rue de Bucy.
- Krafft (Hugues), 84, boulevard "Maies-herbes.
- Lambert (Samuel), fabricant d'étain en feuilles et décapsulés, 33, rueVolta.
- Laeson (Jules), maison Potel et Chabot, 28, rue Vivienne.
- Lequeux (Alfred), banquier, membre du conseil général de la Marne.
- Levy (Gabriel), propriétaire du Grand café Restaurant de la Paix, 5, place de l’Opéra et 12, boulevard des Capucines .
- Lhermitte (Charles), entrepreneur de fournitures, 10, quai Henri IV.
- Lucas (Charles), architecte de la Ville de Paris, 8, boulevard de Denain.
- Mallet frères et Cie, banquiers, 3y, rue d’Anjou.
- Maquaire (Amédée), négociant, 5, boulevard de Strasbourg.
- Merlin et Cie, constructeurs-mécaniciens, rue Gourdon, à Vierzon (Cher).
- Mir (Eugène), administrateur du Crédit Foncier de France, 33, faubourg Saint-Honoré.
- Monteaux (Emile), 29, rue des Pyramides.
- Mdnteaux (les fils de), banquiers, 70 à y3, Palais-Royal.
- Morel (Charles), fabricant de savons, 101, boulevard Saint-Bruno, Marseille.
- Moricelly (J.) aîné, négociant, 18, rue Noailles, Marseille.
- Mourichon, R. et A. Lemoüé, entrepreneurs de travaux publics, 114, rue de Rennes.
- Moutard et Triboulard, entrepreneurs de charpentes, 62, rue de la Chapelle, à Saint-Ouen.
- Odent (Henri), négociant (de la maison H. Odent et Ce), papiers en gros, 11, boulevard Saint-Michel.
- Pelletier, vice-président de la chambre syndicale de l’épicerie en gros des commerces et des industries qui s'y rattachent, 18, boulevard Sébastopol.
- Penicaud (A.), 27, rue Taitbout.
- Perier frères et Cie, banquiers, 59, rue de Provence.
- Permezel (Léon), 7, rue de l’Arbre-Sec, à Lyon.
- Petitjean (Eugène), fabricant de coffres-forts, 131, boulevard de Sébastopol.
- Pic-Paris (Eugène-Henri), vice-président du conseil de préfecture d’Indre-et-Loire.
- Panté (Gaston), électricien, 56, rue des Tournelles.
- Porte (Eugène), négociant en vins, 41, rue de Nuits, à l’entrepôt de Bercy.
- Préfecture du département de la Seine : MM.
- Raspail (Emile-Jules), ingénieur, à i4r-cueil (Seine).
- Munier, receveur, 14, rue Chevreul.
- Jovenez, sous-receveur, 9, rue des Fourneaux.
- Garnier (Philibert), adjoint au maire du 12e arrondissement, 6, quai d’Orléans.
- Pérol (Félix), de la maison Pérol frères), adjoint au maire du 126 arrondissement, 197, avenue Daumesnil.
- Pérol (Edouard), de la maison Pérol frères), fabricant de meubles, 4, faubourg Saint-Antoine.
- Goujon (Etienne), sénateur, maire du 12e arrondissement, i5, place Daumesnil.
- Bechmann, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 1, place de l’Alma.
- E. Paris et Cie, maire du Bourget, cristallerie, émaillerie, mosaïque d’art), 2 5, rue de Flandre (Bourget).
- Raffinerie C. Say (Société anonyme), 123, boulevard de la Gare.
- Revol (Ch.), 11, place Grenette, à Grenoble.
- Ricard (Albert-Jules) et Garnier (Pierre), distillateurs- à Choisy-le-Roi (Seine).
- de Ricqlès (E.), et Gie, fabricants d’alcool de menthe, 9, cours d’Herbouville, à Lyon.
- Rogé (Xavier), maître de forges à Pont-à-Mousson.
- Rouget-Marseille (Charles-Albert-Casimir), fondé de pouvoirs du receveur des finances à Argentan (Orne).
- Rov et fils, banquiers, 32, rue Montho-lôn.
- 3.ooo
- 2.000
- 5.ooo
- 1.000
- 10.000
- 5.ooo
- 5.ooo
- 1.000 10.000 1.000 1.000 30.000 2.000
- 1.000 10.000 5.000 10.000 5.ooo
- 1.000
- 1.000
- 1.000
- 5.ooo 10 000
- So.ooo
- 23.000
- 1.000
- 1.000 2-000 1.000
- 10.000 1.000
- 1.000
- 5.000
- 5.000
- 2.000
- 5.000 1.000
- 1.000 5o.ooo 5.000 1.000
- 2.000
- MM.
- Samaritaine (Magasins de la), Ernest Cognacq, 1, 3, 5 et 7, rue du Pont-Neuf. 20.000
- Sanson (Charles-Jules), propriétaire, 34, rue de Berlin. 1.000
- Schneider et Cie (Usines du Creusot), 56, rue de Provence. 1 So.ooo
- De Singly (P.) et Cie (Société des tuyaux Chameroy), 196, rue d’Allemagne. 2.000
- Société anonyme des eaux d’Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise). 5.000
- Société anonyme des ateliers de Neuilly,
- 9, rue de Sablonville, à Neuilly (Seine). 5.000
- Société anonyme des Grands-Moulins de Corbeil, 6, rue du Louvre. 25.000
- Société anonyme des Hauts-Fourneaux
- de Maubeuge (Nord). 10.000
- Société anonyme des Hauts-Fourneaux
- et Fonderies de Pont-à-Mousson. 10.000
- Société anonyme des Matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis, io5, rue Lafayette. 10.000
- Société anonyme des papeteries du Marais.et de Sainte-Marie, au Marais, par Jouy-sur-Morin (Seine-et-Marne). 10.000
- Société des ciments français et des Port-îand de Boulogne-sur-Mer et de Des-vres, à Boulogne. , 5.000
- Société des manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain,
- Channy et Cirey, 9, rue Sainte-Cécile, Paris. 5o.ooo
- Syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France :
- MM.
- Decoux (Alexandre), gérant de l’Office central des adjudications, organe officiel du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France, 5, cité Bergère. 1.000
- Huet (Léon), ingénieur civil, négociant, vice-président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France, vice-président de l’Union nationale des chambres syndicales de Paris,
- constructeur, 172, avenue de Ghoisy. 5.000 Gallotti (Paul-Louis), entrepreneur de travaux publics, secrétaire du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France. 2.000
- Blanleuil (Jean-Victor), entrepreneur de travaux publics, faubourg la Madeleine, à Angoulême (Charente). 1.000
- Chatelin (Edouard), entrepreneur de travaux publics, à Orléans. 1.000
- Michon (Mathieu), entrepreneur des travaux publics à Thiais (Seine). 5.000
- Perrichon (Etienne), entrepreneur de travaux publics, 14, villa de la Réunion, à Auteuil. 2.000
- Riffaud et Cie, entrepreneurs de maçonnerie, 1, rue Andrieux. 3.000
- Tarneaud (Pierre-Nicolas-Julien), conservateur des hypothèques à Bordeaux. 1.000
- Ternynck frères, fabricants de tissus à
- Roubaix. 100.000
- Tête (Henri-Félix), agent de change, 46,
- rue Sainte-Anne. 10.000
- Théron aîné, directeur de la succursale du Gréditfoncier de France des Hautes-Pyrénées à Tarbes. 1.000
- Thomassot (Eugène), entrepreneur de couvertures et plomberie, 8, rue Jac-quemont. 1.000
- Tribot-Crochery (A.), négociant en vins,
- 1 5, rue Monge. 1.000
- Union des fabricants de papiers de France,
- 6, rue du Pont-de-Lodi. 2.000
- Velten (Eugène), 27, rue Nicolas, à Marseille. S.ooo
- Vernes et Cie, banquiers, 29, rue Taitbout. 5o.ooo
- Violet (Société A. M. Rehns et Cie), parfumeur, 29, boulevard des Italiens. 20.000
- Voelcker-Coumes, fabricant de chicorée,
- à Bayon (Meurthe-et-Moselle). 10.000
- Yvon (Charles), propriétaire à Gimeux,
- canton de Cognac (Charente). 1.000
- Total. 2.018.000
- Total des listes précédentes. 19.41g.000
- Total général. 21.437.000
- L'EXPOSITION DE 1889
- On se souvient qu’à la suite des observations présentées par le ministre de la guerre, il avait été décidé que la tour Eiffel n’occuperait pas la place qui lui avait été assignée dans le plan primitif, au centre du champ de Mars.
- Un nouveau plan avait dû être préparé et les hésitations auxquelles il avait donné lieu ont disparu grâce à l’entente complète qui s’est faite entre le ministre du commerce et le conseil des travaux, présidé par M. Alphand.
- L’emplacement de la tour a été définitivement choisi.
- Elle se dressera juste en face le pont d’Iéna, en bordure du quai, et surune partie des pelouses qui précèdent les grands massifs du square du champ de Mars.
- Les dispositions prises sont de tout point excellentes. La tour, en effet, ne nuira en rien au parc charmant qui a été planté à cette extrémité du champ de Mars, non plus qu’aux constructions magnifiques qui vont être élevées pour servir aux galeries des beaux-arts, des arts liberaux, des sections françaises et étrangères.
- Cette décision, ayant besoin de la sanction du conseil municipal, son assentiment, qui n’est pas douteux, lui sera demandé dès l’ouverture de la session, qui doit avoir lieu dans une huitaine de jours.
- Rien ne s’oppose donc plus à la mise en train des travaux. Du reste dans le but de leur donner toute l’activité possible, M. Alphand, directeur général des travaux, vient d’installer complètement au pavillon Rapp, avenue de Labourdonnais, son secrétariat et les services techniques.
- Ces services comprennent : les bureaux de M. Bartet, ingénieur en chef, adjoint au directeur général ; ceux de MM. Dutert et Formigé, architectes ; ceux de M. Contamin, ingénieur en chef au contrôle des constructions métalliques.
- Le comité administratif de l’Exposition universelle s’est réuni vendredi matin sous la présidence de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Alphand a soumis à l’approbation du Comité les plans définitifs de l’Exposition.
- Le ministre du commerce a informé les membres du comité de la nomination de la commission de contrôle et des finances. MM. Alphand et Berger ont insisté pour que certaines commissions, telles que la commission de l’électricité, la commission des machines et la commission d’histoire rétrospective du travail, fussent constituées dans le plus bref délai possible. On espère que les comités départementaux pourront être organisés avant la fin du mois courant.
- Nous sommes en mesure d’affirmer qu’il n’a jamais été question au ministère du commerce et de l’industrie de reporter l’Exposition de 1889 en 1890. Les bruits propagés par les journaux à ce sujet sont absolument dénués de fondement.
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- EXPOSITION DE LIVERPOOL
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 3 octobre 1886).
- Section italienne
- 3.000
- (A suivre.)
- 1.000 10.000
- Dans la quantité de sa production, l’Italie dépasse déjà la France et l’Espagne, et la valeur de son sol fertile favorise l’extension toujours croissante de la culture delà vigne. La surface couverte en vignes est de 1,926,832 hectares et la production atteint le chiffre de 27,538,649 hectolitres.
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-
-
-
- Deuxième Année, — N° cp.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 10 Octobre 1886.
- SSq.
- Cette surface et cette production se répartissent comme suit, dans les différentes provinces :
- Piémont.
- Lombardie.
- Provinces de la Ve'nétie. Provinces Liguriennes. Provinces Emilia. Marche et Ombrie. Toscane.
- Latium.
- Provinces du sud de l’Adriatique.
- Provinces du sud de la Méditerranée.
- Sicile.
- Sardaigne.
- Total.
- Surface couverte Production
- Hectares. en hectol.
- I17,302 2,706,196
- 149,761 î,793,707
- 242,978 2,604,942
- 44,326 598,040
- 168,462 1,990,161
- i 68,490 2,460,000
- 221,423 2,761,673
- 43,996 835,924
- 3oo,ooo 3,881,766
- 244,455 3,668,304
- 211,464 4,246,363
- 24,186 460,827
- 1,926,882 27,538,649
- Peu de pays peuvent se glorifier d’une plus grande variété de produits agricoles que l’Italie. Comprenant onze degrés de latitude dans son territoire, la variété de son climat fait qu’elle est apte à presque toutes sortes de produits : en fait le froment, le blé indien, l’orge, l’avoine, le riz y croissent en abondance. Comme fruits, en dehors du raisin, elle possède des châtaignes, des amandes, des noix, des oranges, des figues, des pistaches, etc., etc. Tous ceux-ci sont exportés en grandes quantités dans toutes les parties de l’Europe. La culture du chanvre, du lin et de la paille pour chapeaux, y est aussi très étendue.
- Après le vin, l’huile est l’un des plus importants produits de l’Italie, tous les deux en ce qui concerne l’étendue de leur culture, l’excellence de leur qualité et la grandeur de leur exportation. Les plantations d’oliviers couvrent une surface de 893,134 hectares et la production moyenne annuelle est de 3,320,120 hectolitres. Les huiles de Toscane jouissent d’une réputation depuis longtemps établie et les huiles de Lipari et des provinces du Sud ne leur sont pas inférieures.
- L’élevage des cochons et la fabrication des saucisses constitue une des plus florissantes industries de l’Italie. Les Saucisses du Piémont, de la Lombardie, de la Toscane et de la Romagne sont renommées, mais peut-être la saucisse de Bologne est-elle encore mieux connue : elle est considérée comme une très grande friandise et est exportée en énormes quantités.
- Il y a aussi de grandes laiteries en Italie, plus spécialement dans le Piémont, la Lombardie, les provinces de Vénétie, la Romagne et la Pouille. En dehors du beurre salé, grandement exporté, il existe d’excellentes qualités de fromages, tels que le Parmesan, le Stracchino, le Gorgouzola et plusieurs autres. Le Gorgouzola qui a été appelé le Stilton d’Italie, est devenu, dans les dernières années, très populaire en Angleterre, et son exportation a considérablement augmenté.
- L’Italie a aussi une branche de commerce importante dans l’exportation des fruits secs, champignons, truffes et fruits confits.
- Avec l’étendue des côtes et la magnifique qualité du poisson dans les deux mers Adriatique et de la Méditerranée, un commerce de poisson conservé était destiné à se développer dans de grandes proportions, et l’exportation du thon mariné, des sardines, anchois, etc., constitue aussi une branche importante de l’industrie italienne.
- Le macaroni est l’une des branches les plus importantes du commerce de l’exportation en Italie; ce commerce est, d’ailleurs, exclusivement dans les mains italiennes.
- L’Exposition italienne à Liverpool aurait pu être plus intéressante, mais trop peu de grands industriels ont répondu à l’appel qui leur était fait. Les grandes industries sont peu ou point représentées et c’est, à part quelques industries spéciales comme les vins, conserves alimentaires, etc., de marchands plutôt que de fabricants, que se compose la section italienne !
- L’Italie fera mieux en 1889... sachons attendre 1
- Ch. Lenoir.
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- de la
- SOCIÉTÉ DES SCIENCES ET DES ARTS, 1886
- dPalais d.e l’iiacinstrie ( CHarq.ps-IDlysées )
- (Voir le Moniteur du 3 octobre 1886).
- Salle 13 (suite)
- Pour terminer le compte-rendu de cette salle, nous mentionnerons le produit américain bien connu, la Vaseline, gelée de pétrole, exposée par M. du Chambon qui est l’agent de la Cie de New-York ; les dragées anti-nerveuses du docteur Gélineau, qui expose une machine très simple pour rober les pilules ; les pommades hygiéniques de J.-G. Vallet et la Savonnerie du Lion, Société au capital de 200,000 fr.
- La maison A. Palau et Cie, mérite une mention toute spéciale pour ses machines pour pharmaciens et confiseurs parmi lesquelles on remarque une pompe servant à transvaser les acides, une machine à fabriquer les pilules, une autre pour les argenter et une troisième pour les timbrer ; tous ces appareils se recommandent par leur simplicité et leur construction soignée.
- N’oublions pas avant de quitter cette salle de nous arrêter devant les produits exposés par la Société générale des cirages français ; cette société au capital de huit millions, est sans contredit la plus grande fabrique de cirage, ayant des usines et maisons à St-Ouen, Lyon, Marseille, Odessa et Moscou (Russie), Santander (Espagne) et Stettin (Allemagne); elle expose deux produits nouveaux : l’un est la Pommade magique qui est appelée à remplacer l’eau de cuivre, le tripoli et autres produits du même genre, pour polir et conserver les métaux; le second est le Cirage végétal parfumé, qui présente tous les avantages du vernis et du cirage liquide sans en avoir les inconvénients, le jury de l’exposition universelle d’Amsterdam a décerné à la Société générale des cirages français, non seulement une médaille d’or, mais aussi un diplôme d’honneur, et nous pouvons ajouter qu’un deà administrateurs de la société, M. Jacquot, a été compris parmi les grands industriels qui ont été décorés le 14 juillet dernier.
- Salle n° 15
- A l’entrée se trouve l’exposition d’une maison qui, depuis 1818, fabrique la Pâte Hamon si connue par tous ceux qui se servent de rasoirs ; dans sa vitrine, on voit aussi de la coutellerie de table et de poche, des ciseaux et des rasoirs.
- L’exposant qui vient après est M. A. Picard, qui a pris la suite de l’ancienne parfumerie H. Neyrac et qui se distingue par son eau de toilette, au Pétunia d’Amérique.
- L’encaustique açpmatique chinoise de M. An-thoine, s’adresse aux Compagnies de chemins de fer et à celles des Petites voitures qui s’en servent du reste beaucoup.
- Les dames s’arrêtent devant le corset hygiénique du docteur M. L., qui désire garder l’anonyme, mais qui a donné à son œuvre le nom de Minerve, mais les visiteuses font surtout une longue station devant la belle exposition d’une des maisons les plus connues de Paris : Cheuvreux-Aubertot, dont les vitrines contiennent des échantillons très admirés de ganterie, parfumerie, éventails, confections, dentelles, etc. Cette ancienne maison parisienne a fêté son centenaire le 17 mars dernier.
- Le Nécrotylon, spécifique Scocard contre les cors, a eu un grand succès l’année dernière à l’exposition du travail, où il a obtenu une médaille d’or.
- Pour finir la description de cette salle, nous mentionnerons les peignes en buis et bois de M. Ravenet, les chapeaux pour dames très élégants de la maison Lecouleux-Bouchard, la parfumerie de P. Gaydou, et parmi les nombreuses vitrines contenant l’art de la coiffure, nous citerons J. Nar-baüd et la maison Boussard. N’oublions pas l’eau et la poudre dentifrice de Pierre Milcent.
- | Salle n° 17
- Cette salle est presque entièrement consacrée à la pharmacie et à la parfumerie. Parmi le premier groupe mentionnons le sirop anti-nerveux du baron Barthélémy; les produits pharmaceutiques de Chassaing et de E. Dejardin; les olives du Boglia de D. L. Tournier, le cristal chasse-migraine de Julien ; la poudre laxative de Francisque Rocher; les cigarettes Espic qui sont employées efficacement dans les maladies des voies de respiration; les dragées pectorales et balsamiques Troseille ; les savons médicamenteux du docteur Vincent ; l’Hé-lénol et le sirop pour la coqueluche du D»' de Korab qui commencent à être très appréciés ; les célèbres sinapismes Rigollot ; les dragées Grimaud employées dans les affections anémiques ; l’Elixir de Lyon, de Vve Bens et Cie qui est plutôt une liqueur apéritive qu’une médecine et l’Alcool de menthe de Ricqlès dont la réputation augmente tous les jours.
- La parfumerie est représentée par M. J. La-couture, qui expose ses produits à la Pulchérine, dont le plus connu est l’Eau Pulchérine qui fait disparaître les taches de rousseur sans irritation de la peau ; Mme Hess, officier de l’instruction publique, présidente de la 3e commission du travail des enfants, expose l’Eau et Pommade Hess pour la chevelure qui sont universellement connus et appréciés ; la parfumerie des patriciennes de Bos-sard-Lemaire, 3, rue Cochm, expose son parfum de la Reine de Saba qui tient un très haut rang parmi les eaux de toilette.
- Parmi les eaux dentifrices mentionnons celle de Lefoulon et de l’Américain H. James Miller. Parmi les autres produits de différent genre exposés dans la salle 17 passera en revue la Fleur d’Avenaline, fabriquée en Suisse, produit alimentaire spécialement recommandé pour les enfants et les vieillards ; les biscuits à la viande de Bufle de Clarke, très appréciés en Angleterre comme nourriture pour les chiens et les appareils à air et élec-
- triques, porte-voix, monte-lettres, paratonnerres et téléphones de Louis Ferry.
- Trois eaux minérales se trouvent aussi dans cette section : Eaux minérales naturelles de Buliy-les-Bains (Rhône), qui ont une importance réelle dans la constitution des tissus osseux de l’économie ; les eaux minérales de Chabetout, alcalines, ferrugineuses et arsenicales et celles de l’établissement thermal de la Preste (Pyrénées-Orientales), qui sont alcalines sulfurées sodiques, très recommandées pour les affections de l’estomac, rhumatismes, etc.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
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- ÉCHOS
- Paris
- Le concours de paysage historique, fondé par M. Jauvin d’Attainviile., sera exposé au public dans la salle du premier étage de l’Ecole des beaux-arts, quai Malaquais, les 18 et 20 octobre prochain. Le jugement sera rendu le 19 octobre. *
- * *
- Le nouvel hôtel des postes serait, dit-on, inauguré dans le courant de novembre.
- *
- & *
- L’Académie des beaux-arts est autorisée à accepter un legs d’une valeur de 3,000 francs fait parM. Brizard en faveur de l’auteur d’un tableau admis au Salon. Le sujet de concours pour ce prix sera, la première année, un paysage; la seconde année une marine. Les concurrents devront être Français et être âgés de moins de vingt-huit ans.
- Le général Boulanger se propose de faire exécuter, pour chacun de nos régiments, un tableau signé de l’un de nos peintres en renom et représentant le haut fait particulier à chacun de ces régiments.
- M. Turquet, désireux de s’associer à l’entreprise, a demandé de prendre les six premiers de ces tableaux au compte du ministère des beaux-arts .
- Ces dix tableaux ont été distribués à MM. Protais, Berne-Belleoour, Dupray, Le Blant, Lewis-Brown, Delahaye, Renard, Artus, Aimé Morot et Sergent.
- M. Protais a mission, paraît-il, d’exécuter un épisode de la guerre de Crimée ; M. Dupray doit représenter le fait d’armes du 18° dragons ; M. Delahaye aurait à peindre un des épisodes de la bataille de Marengo ; M. Aimé Morot, la charge du 3e cuirassiers à Woerth ; M. Lewis-Brown dira la belle conduite du 11e chasseurs à Hohenlinden ; quant à M. Sergent, il a mission d’immortaliser un des hauts faits d’armes du 3e régiment des chasseurs d’Afrique.
- Plusieurs de ces tableaux figureront, assure-t-on, au prochain Salon.
- Pendant le mois d’octobre, diverses expositions publiques s’ouvriront à l’Ecole des beaux-arts, quai Malaquais :
- Exposition des envois de Rome, du 10 au 17 octobre prochain, de dix heures du matin à quatre heures du soir.
- Exposition des grands prix de Rome de cette année, du 23 au 31 octobre.
- La ville de Paris vient d’ouvrir le concours de travaux de décoration de la mairie de Pantin, qui consistent en deux plafonds, caissons latéraux et un grand panneau.
- Une somme de 36,000 fr. est affectée à ces oeuvres.
- Le choix des compositions est laissé aux artistes, qui devront, déposer leurs esquisses le 15 novembre prochain, salle Saint-Jean, à l’Hôtel-de-Ville.
- Des primes de 1,000 fr, et de 500 fr. seront accordées.
- Le programme est à la disposition des concurrents à l’Hotel-de-Ville, escalier D, 2e étage.
- Départements
- La Société des beaux-arts de Nice prépare sa onzième exposition qui s’ouvrira dans le Palais des beaux-arts, le 20 décembre et durera jusqu’aux derniers jours de février.
- Seront admis à cette Exposition les ouvrages de peinture, sculpture, gravure, architecture, dessin et lithographie de tous les artistes vivants ou morts dans l’année ; de plus il sera affecté
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- Deuxième Année — N° 93.
- Dimanche 10 Octobre xSSb.
- 340. —
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- une salle spéciale à l’exposition des faïences artistiques, émaux, terres cuites, etc.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition internationale de tramways et de locomotives routières a été ouverte à Berlin, le 23 septembre dernier, dans Tliûtel des architectes.
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- * ¥•
- Le même jour était inaugurée à Karlsruhe (grand-duché de Bade) l’exposition régionale d’élevage de bestiaux. G30 spécimens avaient été envoyés, et l’on avait dû, vu le manque de place, ne donner aucune suite à un nombre équivalent de demandes d’admission.
- ¥• *
- On écrit de Nuremberg que la grande fabrique de crayons, Faber, a fêté le 22 septembre le 125e anniversaire de sa fondation.
- Autriche-Hongrie
- La Société Viennoise des beaux-arts prépare une exposition générale des œuvres du professeur Edouard von Steinle, récemment décédé.
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- États-Unis
- Plusieurs expositions artistiques sont annoncées à New-York pour le courant de l’hiver.
- Ce sera d’abord en novembre, l’exposition du Metropolitan art muséum ; puis en décembre, celle du. blanc et noir, et en janvier celle de The Artist Fund.
- En février, ouverture du Salon Américain à l’académie nationale ; de l’exposition des aquarellistes ; et un peu plus tard exposition artistique à l’American Art Gallery.
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- Le Congrès américain a voté une somme de 15,000 francs destinée aux frais do la réception en Amérique de la mission officielle qui représentera la France aux fêtes de l’inauguration de la statue de la Liberté à New-York.
- Les invitations s ’élèvent à seize et les délégués s’embarqueront le 14 octobre sur le bateau spécial que va mettre à leur disposition la Compagnie générale transatlantique. De grandes fêtes se préparent à New-York pour recevoir M. et Mme Bartholdi, ainsi que les membres composant la délégation française.
- La date de l’inauguration reste fixée au jeudi 28 octobre.
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- Italie
- L’ouverture de l’exposition nationale des beaux-arts de Venise de 1887 a été fixée au 25 avril prochain.
- Cette Exposition à laquelle peuvent prendre part les artistes étrangers résidant en Italie, comprend la peinture, sculpture, architecture, céramiques, mosaïques, verreries, orfèvrerie, et tout art appliqué à l’industrie.
- Le programme des fêtes qui seront données à cette occasion comprend des régates internationales, l’inauguration des monuments du roi Victor-Emmanuel et du général Garibaldi, des sérénades sur le grand canal éclairé à la lumière électrique et un congrès avec concours international d’escrime, etc.
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- Le concours international de machines à coudre qui devait avoir lieu à Foggia, du 20 courant au 30 novembre est, vu la situation sanitaire, remis à une date ultérieure.
- La Commission directrice du Maseo cirtistieo industriale de Rome, encouragée par le succès qu’ont obtenu enl885, et en 1886 ses expositionsrela-tives aux arts du bois et du métal, ouvrira dans le courant de l’année prochaine, au palais des Beaux-Arts (via nationale) une troisième exposition, tout à la fois rétrospective et contemporaine, comme les précédentes, et consacrée aux tissus et dentelles.
- La classification générale, arrêtée après approbation du ministère de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, dont relève l’administration du Musée artistique et industriel, comporte les douze catégories suivantes :
- 1° Arazzi (tapisseries'anciennes),
- 2° Ornements sacerdotaux ;
- 3° Etoffes de soie, rehaussées ou non d’or et d’argent, telles que brocarts, damas, velours, etc;
- 4° Broderies à la main, en soie, avec ou sans or et argent ;
- 5° Franges et passementeries en soie;
- 0° Tapis et velours de style oriental ;
- 7° Galons, et dentelles à ia main ;
- 8° Tissus peints et imprimés pour drapeaux et étendards :
- \)° Eventails peints, sur soie ou papier ;
- 10° Tapisseries verdures ;
- 11° Costumes complets ; objets et accessoires de vêtement (section rétrospective) ;
- 12° Costumes de l’Italie (section moderne);
- Le règlement général de l’Exposition paraîtra prochainement. L’ouverture est dès maintenant fixée au 1er mars 1887.
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- Pays-Bas
- L’exposition internationale des artistes vivants a été ouverte à Amsterdam, le 27 septembre. Elle comprend la peinture, la sculpture, l’architecture, la gravure et la lithographie.
- La ville d’Amsterdam décernera une médaille d’or dans chaque section.
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- NOTRE GRAVURE
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE (SYSTÈME JULIEN)
- La photographie, que nos lecteurs trouveront encartée dans ce numéro, représente la voiture automotrice queM. Julien,de Bruxelles, a envoyée à l’Exposition des sciences et des arts industriels et qui transporte tous les jours et tous les soirs un grand nombre de visiteurs de l’Exposition partant de la place de la Concorde, où commence la ligne de tramway, et descendant dans l’intérieur du palais de l’Industrie.
- Nous avons déjà parlé plusieurs fois, dans le Moniteur, de ce système remarquable de tramway électrique qui, depuis le jour de son installation, a si bien fonctionné, qu’il constitue une des plus grandes attractions de l’exposition des Champs-Elysées, mais nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant aujourd’hui l’historique d’une invention appelée à un si grand avenir.
- L’Exposition universelle d’Anvers a donné lieu à un fait qui intéresse au plus haut point l’industrie des transports.
- Nous voulons parler du concours international de traction mécanique pour l’exploitation de tramways urbains et suburbains ; ce concours, dû à l’initiative de M. Ch. Dupuich, ingénieur, chef de service de la traction et du matériel de la Société générale des chemins de fer économiques de Belgique, a eu d’autant plus d’importance que les opinions sur la grande question d’exploitation mécanique des tramways urbains sontnombreuses et diffèrent beaucoup.
- On peut dire que jusqu’à présent il n’y a guère que la traction animale qui soit bien connue, mais ce mode est depuis longtemps jugé insuffisant.
- L’idée d’un concours de traction mécanique dont les résultats seraient publiés devait donc être accueillie avec faveur parce qu’elle répondait à un besoin réel et il est certain que cette démonstration aura plus fait pour la solution de la question que tous les essais isolés qui ont été tentés jusqu’à ce jour.
- La voie mise à la disposition des concurrents avait été établie sur les artères reliant l’Exposition à la gare de l’Est, sa longueur pour un voyage simple était de 2,797 mètres dont 2,295 en ligne droite, 313 en courbe, d’un rayon compris entre 20 et 35 mètres et de 189 mètres en courbe de 3 5 mètres de rayon et au-dessus.
- Le jury a dû comparer les mérites spéciaux de voitures mues par la vapeur, l’air comprimé ou l’électricité et a fini par classer au premier rang la voilure automotrice {système Julien) exposée par la Société l’Electrique, de Bruxelles, et de décerner, à l’unanimité, à cette dernière le diplôme d’honneur.
- Voici maintenant la description de cette voiture qui n’est, après tout, qu’une voiture ordinaire de tramway, munie d’un frein à main, construite pour la traction par chevaux et modifiée, après avoir servi comme telle, en vue des besoins de sa nouvelle destination.
- (Celle qui fonctionne actuellement à l’exposition des sciences et des arts est identique à celle qui se trouvait au concours de Bruxelles).
- Les accumulateurs d’électricité sont logés sous les bancs, ce qui a nécessité un léger surélèvement du plancher permettant de disposer de l’espace primitivement occupé par les tambours des roues. En vue de faciliter les manœuvres de manutention des accumulateurs, les panneaux inférieurs de la voiture ont été rendus mobiles. L’introduction et l’enlèvement des batteries, les accouplements, la surveillance, tout le service des accumulateurs en un mot se fait de l’extérieur avec la plus grande facilité.
- Le poids total de la voiture en service est de 4,25o kilogrammes se décomposant comme suit :
- Voiture............2,570 kilog.
- Accumulateurs tout
- compris..........1,120 —
- Mouvement .... 56o —
- La longueur de la voiture est . 6m5o
- Sa largeur de..................2mio
- L’empattement des roues. . . ira65
- La hauteur du plancher au-dessus des rails..................om68
- La machine motrice est une dynamo à lumière du système Siemens (type D2 horizontal) fixée au châssis de la voiture en dehors de l’empattement des roues; sa vitesse de rotation, en marche normale, est de 1,000 tours par minute.
- Le changement de marche est produit par un simple renversement des balais, obtenu au moyen d’un mécanisme très simple, commandé par un petit levier placé à l’intérieur de la voiture.
- La machine motrice commande, par courroie, un arbre intermédiaire monté à l’extrémité opposée du châssis ; elle est placée sur un charriot qui permet de régler la tension des brins. Le mouvement de cet arbre intermédiaire est transmis à l’essieu moteur unique par une chaîne à tourillons en bronze phorphoreux.
- Les transmissions sont réglées de façon à donner à la voiture une vitesse de quatre mètres par seconde.
- La voiture est desservie par deux batteries d’no cumulateurs divisée chacune en quatre séries. L’une des batteries fonctionne dans la voiture quand l’autre est en changement au dépôt. Chaque série est composée de dix éléments doubles, réunis dans une caisse; les éléments de chaque série sont disposés en tension.
- L’effet à développer par la dynamo-motrice varie avec le profil, le tracé, la charge et la vitesse. Il est donc indispensable de pouvoir régler à volonté la force du courant électrique débité par les accumulateurs.
- Cette condition est heureusement remplie dans le système Julien, par un commutateur permettant différents groupements des quatre séries en service. Sur chacune des plates-formes se trouve un de ces appareils, enfermé dans une caisse en bois de petite dimension. Le conducteur ne possède qu’une clef mobile, servant indifféremment à manœuvrer les deux commutateurs ; l’enlèvement de cette clef empêche donc les voyageurs d’avoir accès à l’appareil au repos. La machine et les quatre séries sont reliées séparément à chacun des commutateurs.
- La clef qui sert de manivelle parcourt un secteur à crans dont chacun correspond à un groupement particulier.
- Au cran n° 1 les 4 séries sont groupées : 4 en quantité, 1 en tension.
- Au cran n° 2, les 4 séries sont groupées ; 2 en quantité 2 en tension.
- Au cran n° 3, les 4 séries sont groupées par 3 en tension.
- Au cran n°4, les 4 séries sont groupées par 4 en tension.
- Lorsque la manivelle est au cran n° 3, le com mutateur réunit en quantité les deux séries intermédiaires qui, ainsi, n’en forment plus qu’une seule; la dépense de chacune d’elles n’est alors que la moitié de celle des deux autres.
- Un cran n° 5, qui est celui du repos, met la machine hors circuit et réunit les quatre séries par une disposition qui rétablit l’équilibre entre tous les accumulateurs.
- Il est à remarquer qu’à l’aide du commutateur, le déchargement de chaque batterie peut se faire uniformément sans interposition de résistance artificielle au point de vue de l’utilisation du travail emmagasiné, c’est là un fait dont l’importance ne saurait être méconnue.
- A l’exposition du palais de l’Industrie la force motrice nécessaire pour changer les accumulateurs, est fournie par une machine horizontale de MM. Davey et Paxmann, de Colchester.
- L’électricité est produite par une machine Gramme, excitée par une dérivation simple, prise aux balais.
- Pendant le changement, les quatre batteries sont disposées en tension par groupes de deux ; chacun des groupes reçoit ainsi un courant d’intensité égal à la moitié de celui fourni par la machine dans le circuit extérieur.
- Les accumulateurs en chargement sont disposés sur des tréteaux à la hauteur du plancher de la voiture. Leur introduction sous les banquettes se fait ainsi avec la plus grande facilité par un simple glissement des caisses qui les contiennent.
- La voiture électrique, dont nous venons de décrire sommairement les divers éléments, fait chaque jour le service d’une façon excessivement régulière ; elle obéit avec la plus grande docilité, les changements de marche sont faciles et rapides et la douceur de sa marche est au moins égale à celles des autres systèmes de traction mécanique.
- Cette voiture fonctionne à Paris depuis trop peu de temps pour que Ton puisse étudier sur elle la manière dont se comportent les divers organes
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- Deuxième Année. — N° go.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 10 Octobre 1889. — 841.
- pendant une assez longue durée, mais l’on peut citer les résultats obtenus au concours d’Anvers, qui embrassent une période de près de six mois de fonctionnement.
- Appareil moteur et transmission . — Le fonctionnement de la dynamo motrice n’a donné lieu à aucune observation et n’a rien laissé à désirer ; son entretien s’est borné à un nettoyage peu important et au renouvellement des balais usés.
- La chaîne à tourillons s’est bien comportée ; la courroie seule a subi une rupture, disons que cet accident, peu important d’ailleurs, eût été évité si la courroie, qui depuis quelques jours s’allongeait visiblement, avait été remplacée en temps utile.
- La disposition d’ensemble de cette voiture automotrice réclame l’emploi d’une fosse pour l’entretien et la réparation des organes, peu nombreux, il est vrai.
- Aucune précaution spéciale n’a été prise pour mettre la dynamo et ses organes à l’abri de la poussière. Il serait facile de remédier à ce défaut qui, à Anvers, n’a occasionné d’autre inconvénient qu’un nettoyage plus fréquent.
- Accumulateurs. — Nous ne croyons pas utile de nous étendre sur les actions chimiques qui se passent dans les accumulateurs.
- Il est à remarquer cependant que, pour chaque type d’accumulateurs et pour chaque groupement d’éléments, il existe un régime de chargement et de déchargement qui convient le mieux, indépendamment des conditions de résistance des circuits. Les trop grandes intensités relatives occasionneraient des pertes d’énergie par échauffement et par dérivation ; elles détermineraient, surtout dans les lames positives, une détérioration rapide par oxydation du squelette.
- Le jury n’a pas eu à examiner si les appareils, présentés au concours, se trouvaient dans les meilleures conditions, eu égard au service qui leur était demandé ; il s’est borné à constater des laits et des résultats. Il a reconnu que les jeux de batteries qui ont fonctionné depuis le 20 juin jusqu’au 2 novembre, soit pendant quatre mois et demi, n’ont nullement justifié les appréhensions que l’on a émises sur l’emploi des accumulateurs, sur leur fonctionnement et sur leur durée.' Ces appareils, qui semblaient avoir été utilisés antéiieurement à l’ouverture du concours, ne présentaient aucune altération lorsqu’ils ont été retirés du service. Le métal des. lames-supports était absolument sain et la matière active y était toujours adhérente ; aucune plaque n’a manifesté de tendance au gondolement. Peut-être faut-il attribuer ce résultat à la composition spéciale des plaques employées par la Société l’Electrique. On peut conclure de ce qui précède à une durée de huit mois au moins pour les lames positives, seules sujettes à détérioration. Aucune polarisation n’a été constatée; ce fait s’explique, en partie, par l’agitation constante du liquide sous l’action des mouvements de la voiture, agitation qui facilite le dégagement des gaz lorsqu’il s’en produit en excès.
- L’entretien des accumulateurs s’est borné au remplacement de l’eau acidulée perdue par évaporation et pendant les chargements ; cette opération se faisait une fois par semaine.
- Le jury a eu aussi à se rendre compte de la quantité â’électricité réellement fournie aux accumulateurs et d’en déduire Y énergie emmagasinée.
- Le travail mécanique absorbé par la dynamoproductrice d’électricité a été relevé sur l’arbre de la machine motrice à l’aide du frein de Prony ; sa valeur, admise par le jury, est de 4.60 chevaux-vapeur.
- Le travail moyen par voiture-kilomètre résultant de la comparaison du travail total, effectué du 27 septembre au 12 octobre inclus, au parcours total correspondant, est :
- i° Pour le cas de la voiture électrique seule :
- 0.8443 cheval-vapeur ;
- 20 Pour le cas du service à deux voitures (voiture électrique remorquant une voiture ordinaire de tramways) :
- 0.489 cheval-vapeur
- Or, dans une installation de quelque importance, on peut admettre, avec une machine à vapeur ordinaire, une consommation moyenne de charbon menu ordinaire de deux kilogrammes par cheval et par heure.
- Dans ces conditions, la consommation moyenne de combustible par kilomètre parcouru sera :
- i° Dans le cas de la voiture électrique seule : och.v. 844a X 2k = 1L6886 ;
- 2° Dans le cas du service à deux voitures : och.v. 489 x 2k X 2 = ik.g56.
- Ajoutons que nous n’avons pas eu égard, dans ce qui précède, à l’éclairage électrique du dépôt et de la voiture ; ce dernier coûtait, dans la soirée, o.i3 ch. vap. par heure. Ce travail a été mis au compte de la traction et devrait donc en être déduit.
- Remarques spéciales. — a. Un point particulier qu’il convient de mentionner à propos de la voi-
- ture électrique, c’est que, seule, elle n’entraînait aucune consommation de combustible pendant les arrêts. Tous les autres concurrents, utilisant une chaudière destinée à l’alimentation ou au réchauffement donnaient lieu à une dépense de coke pendant les stationnements.
- b. Disons également un mot de l’élasticité propre à ce genre de voiture.
- La quantité d’énergie emmagasinée peut être dépensée, suivant les besoins, dans des proportions très variables. Une batterie destinée à effectuer huit voyages, par exemple, pourra en fournir un plus grand nombre, s’il est nécessaire — cela s’est vu dans le service courant — sans exiger de rentrée au dépôt. D’un autre côté, rien n’empêche d’utiliser le travail emmagasiné dans un moindre espace de temps et de faire faire à la voiture un service beaucoup plus dur, consistant à remorquer une seconde voiture ou à diminuer la durée d’un trajet. Au point de vue de l’exploitation proprement dite des tramways, nous croyons que cette élasticité constitue un avantage qui ne manque pas d’une certaine valeur pratique.
- c. Comme on l’a vu plus haut, le rendement de la machine électrique employée au chargement des accumulateurs s’élève à 61.1 p. c. Ce chiffre est au-dessous de ce qu’on peut attendre d’une machine ordinaire dans le service courant.
- Tout ce qui précède prouve surabondamment que le problème de la traction pratique par l’électricité a été résolu par M. Julien d’une façon concluante sur tous les points.
- Son système présente surtout un avantage d’une très grande importance ; c’est qu’il permet l’utilisation du matériel actuellement employé dans les tramways. N’importe quel genre de voiture servant à la traction par cheval peut être transformé en voiture automotrice. Cette particularité amènera, à coup sûr, beaucoup de compagnies de tramways à modifier leur matériel roulant existant, de façon à le faire mouvoir par l’électricité sans avoir besoin de faire les dépenses énormes occasionnées par la construction du nouveau matériel qui est nécessaire pour l’exploitation de tous les autres systèmes de traction mécanique.
- La voiture électrique ne dépense que l’électricité absolument nécessaire au travail à affectuer et cette dépense se règle toujours automatiquement d’après l’effort à exercer; c’est le seul moteur mécanique qui réalise cette condition économique.
- Seule la voiture électrique circule dans les deux sens; ce point est fort important, car il est souvent impossible dans les villes d’établir les voies ou les appareils nécessaires pour tourner les voitures aux têtes de ligne. On peut, il est vrai, construire des voitures à trains articulés et à bandages plats, mais, outre que cette disposition est compliquée, elle n’est appliquée que sur un très petit nombre de réseaux.
- Un seul homme est suffisant pour conduire la voiture et, si ce n’était la manœuvre du frein, un enfant suffirait à cette conduite.
- La voiture est éclairée à l’électricité et ce mode d’éclairage, très supérieur au mode actuel, est fort apprécié du public.
- En présence des résultats obtenus au concours d’Anvers, la Société des tramways bruxellois a obtenu l’autorisation de faire circuler 20 voitures électriques sur les lignes du quartier Léopold et elles commenceront à fonctionner en janvier prochain, la même Société vient aussi de demander la même autorisation pour la ligne entre la Bourse et Saint-Fosse-ten-Noode, à Bruxelles, et tout porte à croire qu’elle l’obtiendra.
- Pour conclure nous dirons que la voiture électrique New - York n° 1, qui a circulé pendant plusieurs jours sur les tramways bruxellois, faisait sa dernière sortie le 16 septembre sur le boulevard intérieur avant son départ pour l’Amérique.
- Cette voiture, destinée à la Société américaine « The Julien Electric Company », va fonctionner à New-York sur le tramway de Broadway, la ligne la plus active du monde, car on y emploie 2,5oo chevaux. Cette voiture transporte 70 personnes ; la voiture pèse 5,000 kilogr. ; le poids des accumulateurs est de 1,000 kilogr. et ils peuvent fournir un parcours de 5o kilomètres. Avec les 70 voyageurs le poids remorqué sera de près de 10 tonnes.
- Paul Dejoux.
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- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE
- L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- Commercial et Industriel A BORDEAUX
- L’Enseignement technique en Angleterre
- (Communication de M. Philippe Magnus, délégué de Londres )
- Les universités et les instituts de l’instruction technique en Angleterre sont libres. L’Etat
- n’exerce sur eux aucun contrôle mais leur accorde des subventions plus ou moins élevées, selon que les examens de fin d’année subis parles élèves sont plus ou moins satisfaisants.
- Il existe actuellement 1,948 écoles où sont enseignés les sciences ou les arts. — L’année scolaire ne dure que 8 mois (octobre à mai), chaque professeur, ne dirigeant jamais plus de 3o élèves, est tenu de donner 28 leçons au minimum pendant l’année scolaire.
- Les écoles des sciences comptent 94,838 élèves et les écoles des arts 69,837. Dans les deux catégories d’écoles les élèves ayant passé leur examen de fin d’année avec succès reçoivent des diplômes, des prix en argent et des médailles ; mais les premiers sujets des écoles des arts reçoivent des bourses qui leur permettent de continuer e>- perfectionner leurs études à l’école normale d’art décoratif de South-Kensington_
- L’enseignement technique est surtout donné dans des cours du soir qui semblent plus nombreux et plus nécessaires en Angleterre que dans les autres pays. Les enfants quittant l’école encore fort jeunes, sont obligés de suivre les cours dont nous parlons, s’ils veulent, tant soit peu, compléter leur éducation; de plus, l’ouvrier anglais, travaillant 56 heures par semaines seulement, a plus de loisirs et par suite plus de facilités pour étudier.
- Fort peu de cours du soir sont gratuits ; dans le plus grand nombre une rétribution mensuelle variant de 3 à 5 fr. est réclamée aux élèves, mais, les premiers sont beaucoup plus suivis. Tous les professeurs reçoivent un traitement.
- Certains établissements méritent une mention spéciale. L’école de South-Kensington, dont nous parlions plus haut, possède une bibliothèque des arts renfermant 60.000 volumes,. 24,000 dessins et 69.000 photographies. Durant de longues années on a reproché à cette école de donner un enseignement par trop artistique en ce sens que les élèves étaient bien plus aptes, à faire un tableau en vue du salon, que propres' à composer des dessins et des modèles en vue de l’industrie.
- De telle sorte que la plupart des industriels et manufacturiers anglais étaient, il y a quelques années encore, tributaires des artistes français. Mais l’enseignement a reçu une autre direction et les élèves de l’école de South-Kensington peuvent aujourd’hui lutter, parfois victorieusement, avec nos dessinateurs.
- The City andGuilds of LondonInstilute, fondé en 1879 par quelques corporations industrielles de la capitale de l’Angleterre, a créé à Londres une école centrale des arts et manufactures, sur le modèle de celle de Paris, qui fournit des ingénieurs fort remarquables.
- On lui doit encore une école technique pour l’éducation des chefs d’atelier, dont les cours,; qui ont lieu le soir, sont suivis par plus de. 700 élèves ; — et enfin une école des arts où. l’on enseigne la peinture sur porcelaine, la gravure sur bois, la sculpture, le dessin et le modelage appliqués à l’industrie.
- L’influence des musées industriels sur l’instruction technique est chaque jour plus appréciée. Pourtant, les manufacturiers anglais ne paraissent pas la reconnaître, et ils continuent à. montrer peu d’intérêt au développement de ces. musées, bien moins encore que leurs collègues, de France ou d’Allemagne.
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- L’enseignement technique en Italie
- (Communication de M. de Bressony délégué de Rome.)
- L’enseignement qui nous occupe est donné en Italie: i° dans les écoles techniques ou écoles, du ier degré et dans les instituts techniques ou: écoles du2mc degré : celles-la.préparant à celles-ci. Il date de l’époque « de la délivrance du « pays, dont une si grande part est due à l’actionr « de la France ». Ce sont là les propres paroles ; de M. de Bresson.
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- 34-2. — Deuxième Année. — N° g3
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 10 Octobre 1886.
- Dans les écoles et les instituts renseignement est général et comprend l’histoire, la géographie, l’arithmétique, les sciences naturelles, le dessin, les éléments de comptabilité, l’italien et le français.
- On voit que ce programme correspond à celui de notre enseignement secondaire spécial : le terme technique n’a donc pas, pour l’enseignement, la même signification en France qu’en Italie.
- Dans certaines sections des instituts on offre aux élèves un enseignement assez élevé. Ainsi par exemple, dans celle du commerce et de la comptabilité, l’on enseigne l’économie politique, la statistique, la science financière, le droit civil, commercial et administratif, la comptabilité publique et privée et l’on forme des ragionieri ou hommes capables de remplir les fonctions de comptables, de syndics de faillites, commis de banques. Ce sont ces ragionieri qui remplissent en partie les bureaux des administrations de l’Etat, des provinces ou des communes.
- L’Ecole supérieure de commerce de Venise dispose d’un budget comme une véritable université et compte de nombreux élèves. De semblables écoles sont établies à Gênes et en formation à Brescia et à Bari.
- Ces écoles professionnelles des arts et métiers se divisent en écoles professionnelles générales quand elles n’enseignent que le dessin, la chimie, la mécanique, etc., et en écoles professionnelles spéciales lorsqu’elles visent les arts ou les industries qui s’exploitent déjà sur les lieux où ces écoles sont fondées, comme le travail sur bois, l’art du tisserand ou du teinturier, la céramique, etc.
- Quelques-unes de ces écoles, comme celles des travaux en dentelles et de la céramique, sont instituées pour les femmes.
- Les écoles d’art se fondent toujours dans les pays d’industrie; mais l’établissement des industries précède celui des écoles. L’Etat y reste, d’ailleurs, généralement étranger, et elles sont le produit de l’initiative des communes et des provinces.
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- L’enseignement technique en Suisse
- (Communication de M. Etienne, délégué de Zurich.)
- Il existe en Suisse une école polytechnique fédérale, des écoles d’arts et métiers, et d’horlogerie.
- L’enseignement de .l’apprentissage est assez défectueux et cela pour deux raisons principales :
- i° On estime que l’apprenti doit gagner de suite de quoi se suffire à lui-même.
- 20 Dans un atelier, l’apprenti exécute toujours le même travail ; s’il change d’atelier il entreprend la même besogne, il y sera astreint jusqu’à ce qu’il change de nouveau, et ainsi de suite. Il en résulte des stages monotones pendant lesquels la monotonie du travail diminue les aptitudes de l’apprenti.
- Les écoles d’enseignement professionnel ne sont pas gratuites. La Confédération a voulu, tout dernièrement, ouvrir à tous leurs portes en accordant des subventions; mais l’initiative privée, fort puissante en Suisse, a protesté contré cette immixtion du pouvoir central et l’on est revenu au statu quo ante (tout en gardant les. subventions votées !)
- Des cours philotechniques se créent depuis quelque temps.
- Mais l’opinion publique est plus favorable à l’apprentissage à l’atelier qu’à l’apprentissage à l’école.
- L’enseignement commercial en Suisse n’existe sous aucune forme.
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- L’Enseignement technique en Belgique
- (Communication de M. Rombaut, de Bruxelles.)
- En Belgique, l’école industrielle tend à donner à l’ouvrier une instruction professionnelle et une éducation qu’il ne peut acquérir à l’atelier. Les cours sont donnés le soir, l’ouvrier ayant sa journée occupée par son travail.
- L’école industrielle compte différentes catégories; d’abord l’école d’apprentissage pour une catégorie spéciale d’industries, puis l’école professionnelle proprement dite, ayant pour but de former des ouvriers complets.
- On compte en Belgique 35 écoles professionnelles, comprenant ensemble 10,700 élèves, soit 10,700 ouvriers qui, après leur travail de la journée, viennent s’instruire.
- En outre, il y a 45 ateliers d’apprentissage.
- A l’école industrielle, l’élève apprend le français ou le flamand, selon les provinces. Mais le français est enseigné même dans les provinces flamandes, à côté du flamand.
- L’enseignement du dessin est l’objet, dans ces écoles, d’une attention toute particulière. En outre, les préoccupations morales jouent un grand rôle dans l’organisation des écoles.
- Les élèves, au moment de leur admission aux écoles, ont déjà une certaine dose d’instruction. Les examens de sortie sont très sérieux; les chefs d’usine assistent à ces examens et engagent les meilleurs élèves. Il y a peu d’élèves qui ne soient pas engagés. Il arrive même parfois que les chefs d’usine sont obligés de se faire inscrire à l’avance, pour avoir à leur service des élèves sortant des écoles.
- En Belgique, on est d’avis qu’il faut soustraire la femme à l’atelier. Aussi donne-t-on aux femmes dans les écoles, un enseignement qu’elles peuvent utiliser chez elles.
- L’enseignement donné en Belgique ne coûte que 5oo,ooo fr.
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- L’enseignement technique en Russie
- (Communication de M. de Messoyédorff, délégué de St-Pétersbourg.)
- En Russie, dit-il en substance, on a commencé par créer des écoles professionnelles supérieures. Ces écoles, au nombre de 14, forment des ingénieurs de toute catégorie, des professeurs d’agriculture, des architectes, des géomètres, des officiers du génie, des constructeurs pour la marine, etc., etc. Aujourd’hui on compte 99 écoles moyennes analogues aux écoles normales primaires supérieures de France. Viennent ensuite 78 écoles normales, 313 gymnases.
- Pour les femmes l’éducation et l’instruction sont poussées très loin, la Russie, à ce point de vue, est au premier rang parmi les nations de l’Europe.
- Il existe un grand nombre d’écoles sur tous les points de l’empire, qui témoignent que l’enseignement technique est organisé en Russie de la façon la plus complète.
- Quelques chiffres vont donner une idée de cette augmentation. De 1880 à 1881, il y avait des ateliers dans 260 écoles ;de 1881 à 1883, on constate 320 écoles, avec plus de 6,000 élèves. Les progrès sont incessants, car deux ans après on constate 800 ateliers. Il y en a actuellement plus de 1,200.
- L’Etat et l’initiative privée rivalisent d’attention et de zèle pour améliorer encore la situation de l’enseignement technique.
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- L’enseignement technique en Roumanie
- (Communication de M. Constantin Pilidi, délégué de Bucharest.)
- Il y a en Roumanie beaucoup d’écoles enfantines : vingt-trois écoles techniques ; une école des ponts et chaussées. La création d’un enseignement secondaire est l’objet d’un projet de loi en ce moment à l’étude. L’atelier est considéré comme le complément logique et indispensable de l’école technique.
- Il existe aussi en Roumanie deux écoles d’arts et métiers entretenues par l’Etat. La première, fondée en 18 5 1, forme des ouvriers habiles, instruits. Le régime est l’internat. Cent élèves fréquentent chacune de ces écoles. La durée des études est fixée à quatre ans. L’instruction est théorique et pratique. Le programme, purement scientifique, est très étendu.
- Les pouvoirs publics viennent en aide aux écoles et aux élèves. Des bourses de voyage sont
- accordées aux élèves qui se sont fait remarquer par leurs aptitudes supérieures ; le ministère de l’agriculture et du commerce favorise les jeunes gens qui veulent se créer une situation.
- Selon les idées développées au Congrès, à l’école d’apprentissage avec l’atelier, l’élève apprend la théorie et la pratique; chez un patron, il n’apprend jamais que la pratique. Tout le monde sait cela, et personne ne blâme le patron de cette insuffisance d’enseignement. Le patron n’a pas le temps d’apprendre la théorie à l’enfant qui est chez lui. Voilà donc un jeune homme qui fera toute sa vie de la pratique et rien que de la pratique; il est indiscutable que le jeune homme qui aura appris la théorie sera plus instruit que le premier.
- * *
- D’autres communications sont faites aux Congrès pour les délégués italiens, espagnols, etc., etc. Le cadre de cet article ne nous permet pas d’en rendre compte, à notre grand regret.
- Nous ne suivrons pas les membres du Congrès dans leurs discussions, promenades et banquets. Nous nous contenterons de relever les vœux qui ontété adoptés. Si nous voulions insérer tous les vœux présentés il nous faudrait deux ou trois exemplaires de notre journal.
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- * *
- Le Congrès de Bordeaux a émis les vœux suivants :
- « Que des notions d’économie politique soient introduites dans les diverses branches de renseignement, à partir de l’école primaire inclusivement ;
- « Qu’un encouragement, sous forme d’augmentation de traitement, soit accordé aux instituteurs qui seront jugés aptes, après examen, à la propagation de cette science. »
- Vœux de la section industrielle.
- Que dans les pays où une loi prescrit l’enseignement du dessin dans les écoles primaires, cette loi reçoive l’application la plus large et la plus féconde ;
- Que des écoles professionnelles et industrielles, venant après les écoles primaires élémentaires, et prenant pour base les aptitudes et les tendances des enfants et des familles vers les diverses branches de l’industrie, soient multipliées suivant les besoins locaux ;
- Que des écoles d’apprentissage créées seulement en vue de servir de types à l’industrie privée pour lui indiquer la voie dans laquelle elle peut entrer soient organisées avec le concours des communes et de l’Etat;
- Que, sous forme de subvention ou de toute autre manière, les communes et l’Etat encouragent les cours professionnels du jour ou du soir, les écoles d’apprentissage ; en un mot, toutes les institutions créées par l’initiative privée et par l’Etat, ayant pour but le relèvement industriel de la France et l’enseignement scientifique, théorique et pratique des métiers ;
- Que l’attention des communes et de l’Etat se reporte sur la nécessité de développer l’instruction scientifique, théorique et pratique des agriculteurs, et que tous les efforts convergent pour que les travailleurs des champs soient pourvus au même degré que les ouvriers des villes des moyens d’instruction et de bien-être auxquels ils ont droit ;
- Que les enfants ne soient admis dans les écoles professionnelles ou d’apprentissage (écoles techniques du premier degré) qu’à un âge à déterminer, après examen portant sur les matières d’enseignement primaire élémentaire ;
- Qu’il soit institué près de chaque école un comité dont les membres seront choisis parmi les industriels, les commerçants et les ouvriers de la ville ou de la région et chargés de visiter l’école, d’assister aux examens de passage et de fin d’études, et, enfin, d’aider au placement des élèves ;
- Que les programmes des écoles professionnelles et d’apprentissage soient appropriés par le comité à chaque école et au but spécial à atteindre dans l’intérêt des industries de la région ;
- Qu’un diplôme soit délivré aux élèves qui ont satisfait à l’examen de fin d’études ;
- Que l’école soit largement pourvue d’ouvrages techniques, de collections d’objets industriels et commerciaux ;
- Que les bourses de voyage soient accordées aux élèves les plus méritants à la fin de leurs études.
- Qu’il soit créé des cours du soir.
- Vœux de la section commerciale.
- « Le Congrès félicite le ministre de l’instruction « publique de l’organisation nouvelle' qu’il vient « de décider pour l’enseignement secondaire spé-
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- Deuxième Année. — N° g3.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Octobre 1886.
- « cial et de la place importante qu’il y donne aux « langues vivantes.
- « Il émet le vœu :
- « i° Que le diplôme de ce nouvel enseignement « soit assimilé de la façon la plus générale à celui « de l’enseignement classique proprement dit ;
- « 20 Que cet enseignement spécial soit séparé de « l’enseignement classique d’une manière pluspré-« cise qu’aujourd’hui, et, au lieu d’être réuni sous « le même toit, qu’il soit donné le plus possible « dans des établissements distincts, de façon à ga-« gner en dignité et en indépendance. »
- « Considérant que des écoles de commerce du « premier degré rendraient service en formant « d’excellents employés de commerce ;
- « Considérant que l’Ecole commerciale de Face venue Trudaine, à Paris, fondée par la chambre « de commerce de Paris, peut servir de modèle « pour cet enseignement,
- « Emet le vœu que de nombreuses écoles de ce » genre soient fondées tant en France qu’à l’étran-« ger ».
- « Le Congrès,
- « Constatant que l’opinion publique se préoc-« cupe de plus en plus de l’état du commerce et « de l’industrie ;
- « Considérant que leur développement dépend « en grande partie de la valeur des hommes qui « s’en occupent, et que le meilleur moyen de force mer ces hommes est de leur donner l’instruction « appropriée à leur carrière future ;
- « Considérant que le gouvernement doit à la « fois un appui matériel et moral énergique aux « écoles de commerce, et notamment à celles qui « sont créées par les Chambres de commerce ou «- les municipalités ;
- « Considérant que l’enseignement des sept écoles « de commerce actuellement existantes en France « est excellent et parfaitement approprié à leur « objet ;
- « Considérant que, pour ne pas entraver le re-« crutement des élèves de ces écoles, il importe « d’assurer à leur diplôme les avantages attribués « à ceux des enseignements de même importance ; « Emet le vœu :
- « i° Que le ministre du commerce accorde sa « sanction officielle aux diplômes des écoles de « commerce en concourant à la formation de leurs « jurys d’examen par l’envoi de délégués ;
- « 20 Que le ministre obtienne du ministre de la « guerre que les élèves diplômés de ces écoles de « commerce soient assimilés, en ce qui concerne « le service militaire, aux élèves des écoles qui « jouissent du bénéfice du volontariat ;
- « 3° Que, dans le cas où une nouvelle loi vien-« drait modifier les dispositions actuelles du 28 « juillet 1872, les élèves des écoles de commerce « jouissent des mêmes privilèges que les élèves « des écoles de l’Etat, auxquels il serait fait remise « d’une partie du temps de service ;
- « 40 Qu’il soit accordé en temps de paix aux « jeunes Français séjournant aux colonies ou dans « les pays hors d’Europe un sursis d’appel de cinq « ans, sursis qui se transformerait en exemption « définitive après un nouveau séjour de cinq « années consécutives ;
- « 5° Que le ministre du commerce ne perde pas « de vue le rapport qui a été fait en 1884 au Conseil « supérieur de l’enseignement technique par la « sous-commission de renseignement commercial « et qu’il applique les mesures proposées dans ce « rapport. »
- « Que les fondateurs des nombreux cours com-« merciaux qui se donnent en France et à l’étran-« ger veuillent bien adresser au prochain Congrès « de l’enseignement technique des notices détail-« lées, de façon qu’il soit possible de faire un « travail d’ensemble sur cette intéressante partie « de l’enseignement commercial. »
- « Le Congrès,
- « Considérant que les emplois du commerce ne « doivent pas être réservés uniquement aux hom-« mes, mais que la femme peut y occuper une « place honorable et utile ;
- « Constatant que les écoles d’enseignement com-« mercial des femmes à Lyon et à Paris ont obtenu « d’excellents résultats ;
- « Signale ces institutions à l’attention publique « et émet le vœu que ces exemples soient suivis. » « Le Congrès
- « Remercie la commission du budget de la ré-« solution qu’elle vient d’adopter de porter à « 5oo,ooo fr. le montant des subsides mis à la dis-« position du Conseil supérieur de l’enseignement « technique au ministère du commerce.
- « Et il émet le vœu :
- « Que la Chambre des députés et le Sénat con-« firment cette décision vivement réclamée par le « commerce et l’industrie et par l’opinion publique « tout entière. »
- « Le Congrès,
- « Après lecture et discussion du règlement’relatif « aux bourses de séjour à l’étranger fondées par le « ministère du commerce ;
- « Considérant que le concours à la suite duquel « sont réparties ces bourses — concours compre-« nant un examen écrit et un examen oral — ne « fait pas suffisamment ressortir les qualités de « connaissance pratique des affaires, d’énergie de « caractère, d’esprit de suite, de moralité, d’hono-
- « rabilité et de santé indispensables aux titulaires « pour remplir le but important qu’on a en vue « en les envoyant séjourner à l’étranger ;
- « Considérant que les Chambres de commerce « qui patronnent ou dirigent les écoles supérieures « de commerce, pour les diplômés desquelles ces « bourses sont créées, ont en main tous les élé-« ments nécessaires pour juger si les qualités « requises sont réunies par un candidat.
- « Tout en félicitant le ministère du commerce de « cette création et en désirant voir augmenter le « nombre de ces bourses.
- « Emet le vœu :
- « Que la libre disposition de ces bourses soit « laissée par nombre proportionnel au nombre des « écoles à chacune des Chambres de commerce « qui patronnent ou dirigent une ou des écoles « supérieures de commerce et d’industrie, pour « qu’elle en fasse la répartition — suivant le mode « qu’elle jugera convenable — entre des candidats « remplissant d’ailleurs les conditions énumérées « à l’article 2 du règlement et ayant fait un stage « dans une maison de commerce ;
- « Exprime cependant le désir que la limite d’âge « soit reculée de vingt-cinq à trente ans, vingt-cinq « ans paraissant un maximum trop bas, à cause du « service militaire. »
- « Le Congrès,
- « Après lecture et discussion de la proposition « de loi présentée à la Chambre des députés, le 17 « juin 1886, par MM. Blandin, Belle et Burdeau, « tendant à l’institution d’un concours en vue de « l’obtention de bourses de voyages, études et « apprentissage commerciaux, industriels et agri-« coles à l’étranger, et au vote d’un crédit de cent « mille francs pour le quatrième trimestre de 1886, « proposition renvoyée à la commission du bud-« get ;
- « Considérant que la création proposée par les « auteurs de 200 bourses annuelles de 2,000 fr. « chacune n’est pas de nature, dans l’état actuel de « l’éducation commerciale de la jeunesse française, « à remplir le but poursuivi par les auteurs qui est « l’organisation d’une armée pacifique destinée à « soutenir la concurrence entretenue contre nous « par l’étranger,
- « Emet le vœu que la somme de 400,000 fr. « demandée par MM. Blandin, Belle et Burdeau « soit ajoutée par la Commission du budget au cré-« dit déjà voté pour l’encouragement et le dévelop-« pement de l’enseignement technique et commer-« cial en France et particulièrement affectée aux « écoles supérieures de commerce et d’industrie, « en attendant que ces écoles aient pu préparer un « nombre suffisant de jeunes gens en mesure de « profiter pleinement des bourses de voyages, « études et apprentissages commerciaux, indus-« triels et agricoles à l’étranger. »
- « Le Congrès,
- « Emet le vœu qu’une union permanente soit « constituée entre les écoles de commerce fran-« çaises ;
- « Emet également le vœu de voir s’établir des « relations actives et suivies entre toutes les écoles « de commerce françaises et étrangères. »
- . « Le Congrès,
- « Considérant les services que les Chambres de « commerce françaises à l’étranger peuvent rendre « à l’enseignement commercial, en facilitant par « leurs relations l’établissement des jeunes Français « à l’étranger,
- « Emet le vœu de voir l’initiative privée et le « gouvernement continuer à favoriser la création « des Chambres de commerce françaises à l’étran-« ger. »
- « Le Congrès,
- « Considérant les services importants que peu-« vent rendre à l’enseignement commercial les « cours du soir organisés dans plusieurs villes,
- « Emet le vœu que les Chambres de commerce « agissent d’une façon pressante auprès de MM. les « négociants et industriels de leur région, pour « que ceux-ci facilitent— dans toute la mesure du « possible — à leurs employés la fréquentation des « cours du soir ;
- « Considérant, de plus, que quel que soit le déve-« loppement que pourra prendre l’enseignement « commercial par les écoles spéciales, une grande « quantité de jeunes gens employés, dès leur sortie « de l’école primaire, dans les maisons de com-« merce ou dans les usines ne pourront en profiter ; « qu’il est, par suite, indispensable d’encourager « la création de nombreux cours du soir tels qu’ils « existent déjà dans plusieurs villes, sous le patro-« nage de sociétés industrielles ou autres,
- « Emet le vœu que les subventions que l’Etat « accorde à cette partie de l’enseignement soient « généralisées et augmentées. »
- « Messieurs, en terminant ce rapport, nous devons attirer votre attention sur la pensée dominante qui a inspiré les travaux de la section commerciale. Nous avons cherché à être pratiques; toutes les améliorations que nous avons signalées sont réalisables; elles seront même facilement applicables pour peu que l’on y mette de la bonne volonté.
- « Notre section — en se tenant sur ce terrain — a pensé qu’elle y trouverait le meilleur moyen de justifier la confiance de la Société Philomathique et de la remercier d’avoir eu l’heureuse initiative du
- — 3q3.
- Congrès de l’enseignement technique et commercial. »
- « Le Congrès, considérant que l’étude des sciences naturelles est aussi important, pour la connaissance des marchandises, que celle des sciences physiques ;
- « Considérant également que l’emploi du microscope est indispensable aussi bien pour la détermination de leurs caractères normaux que pour la recherche des altérations ou falsifications dont elles peuvent être l’objet, émet le vœu:
- << i° Que l’histoire naturelle soit placée sur le même plan que la physique et la chimie dans le programme du cours des marchandises des écoles supérieures ;
- « 20 Qu’au cours d’histoire naturelle soit annexé un laboratoire où les élèves puissent être exercés à la technique microscopique, dans la mesure des besoins du commerce et de l’industrie. »
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- de
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- IX
- (Voir le Moniteur du J g septembre 1886)
- Sous le consulat et sous l’empire, Napoléon bâillonne la presse. Les commentaires politiques disparaissent peu à peu, chassés des journaux comme des pauvres honteux; et l’on donne une importance excessive aux nouvelles militaires. Toutefois, il convient de jeter un coup d’œil sur cette époque touffue, qui fut, par excellence, une époque de transition pour le journalisme français.
- Pendant la période consulaire, nous en sommes réduits encore, en ce qui concerne spécialement la Galette de France, aux traditions de l’ancienne monarchie. Cependant la presse française s’est rapidement développée. Les politiciens ont leurs journaux ainsi que les financiers et les hommes d’affaires. D’autre part, la littérature s’est-enrichie de deux importantes revues : le Journal des savants et le Mercure galant. Ces diverses publications, jointes aux petites feuilles humouristiques et satiriques des continuateurs de Loret, achèvent de peindre la physionomie du xvme siècle, « siècle frivole et grand », comme dit Victor Hugo. La France domine alors l’Europe aussi bien par sa presse que par ses idées, son rayonnement philosophique. C’est pour cela que la plupart des journalistes de cette époque portent des noms retentissants : Voltaire, Montesquieu, Diderot, d’Alem-bert, Chamfort, Rivarol, Piron, Duclos, Crébillon le fils, et Mercier, le grand Mercier, l’auteur si original et si savoureux du Tableau de Paris. Véritablement, cette époque achève l’expansion rêvée par Théophraste Renaudot. Toutes les branches du journalisme y sont représentées depuis l’article grave jusqu’à l’annonce purement commerciale, depuis la critique littéraire jusqu’à la nouvelle à la main. Mérveilleuse époque, époque française par excellence, où la plume s’élance gaî-ment à la conquête du pouvoir, à l’assaut de la vieille monarchie française, — car on peut le dire l’Encyclopédie et Beaumarchais ont hâté l’avènement des droits de l’homme autant que le grand acte de justice du 14 juillet 1789 I
- Nous dirons plus loin comment les livraisons périodiques, connues sous le nom de Revues, firent leur apparition dans la presse française. Contentons-nous, en passant, de constater le grand succès de cette nouvelle forme de journalisme. Le Journal des savants avait conquis, aux dernières années du règne de Louis XIV, une réelle autorité ; on peut dire qu’il faisait loi en matière de critique littéraire et qu’il avait, dans la presse du temps, une situation analogue à celle que possède aujourd’hui la Revue des Deux-Mondes. Plus d’une fois, le Journal des savants mit en lumière un livre, célèbre depuis, ou un homme de science devenu par la suite l’un des génies de l’humanité. Avec cela, cette publication d’un esprit si indépendant et si hardi ne ménageait point ses encouragements à des écrivains secondaires comme Quinault, le père Mourgues, Boursault, Scarron, etc. Une particularité bien curieuse à signaler aux fureteurs .* C’est dans le Journal des savants que parut le premier éloge qui ait été écrit en faveur de l’admirable livre de La Rochefoucauld-Liancourt, les Maximes. On attribue généralement cet article à la plume amicale et alerte delà spirituelle marquise de Sablé.
- Mais nous allons en revenir au Consulat, car c’est "à ce moment qu’arrive la transition entre l’ancienne presse et la nouvelle. Nous avons sous les yeux la Galette du 16 pluviôse an IX de la République (5 janvier 1801). Il est intéressant d’étudier les modifications que la violente crise de la Révolution a apportées dans l’exercice de la presse.
- Le numéro ne renferme aucun article sur la politique intérieure. Bonaparte, on le sait, n’était pas
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- 344- — Deuxième Année. — N° 98.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 10 Octobre 1886.
- tendre pour la presse de son temps. Mais on remarque l’importance que prend, de jour en jour, la politique extérieure. La Galette renferme des correspondances et des informations excessivement bien rédigées. Turquie, Italie, Allemagne, etc., les principales nations de l’Europe fournissent leur contingent de dépêche. Il faut signaler, notamment, un excellent article sur les agissements de sir Sydney Smith à l’égard du corps expéditionnaire d’Egypte. On sait que Kléber faillit être victime des intrigues du commodore anglais et qu’il allait lui livrer l’Egypte, à la suite d’un traité bien en règle, lorsque des informations venues de France vinrent l’éclairer à temps sur le rôle occulte de Smith. D’un bout à l’autre, cette page est excellente. Nous allons reproduire ici un fait divers de Milan (20 janvier, 3 pluviôse) qui sent bien son consulat :
- « Un décret de la consulta législative ordonne
- < que la place du Château portera le nom de Fo-« rum Bonaparte. On y formera des établissements « pour les assemblées du peuple, pour les soldats « émérites et pour l’institut des sciences et des arts. « On érigera un monument à la gloire de notre « immortel libérateur. Le gouvernement fera exa-« miner les plans qui lui seront présentés pour ce
- < monument. »
- De Trente en Tyrol (22 nivôse) autre nouvelle curieuse :
- « Le général en chef et le général Mathieu Dumas « ont formé un gouvernement provisoire, qui ad-« ministre les Etats du Trentin, sous l’influence de « l’armée française. Les anciennes bases sont res-« pectées, les institutions restent les mêmes ; il n’y « a d’innové qu’un conseil supérieur, ayant en ses « mains l’autorité exercée par l’empereur. »
- Le général Mathieu Dumas était le père de notre grand romancier Alexandre Dumas.
- La Galette du 5 janvier 1801 contient force nouvelles du théâtre de la guerre. Elle ne néglige pas non plus les crimes. En voici un qu’elle enregistre à la date du 4 pluviôse :
- « Ces jours derniers, cinq soldats de l’armée catholique et royale (Vendéens) ont pénétré, à huit heures du soir, dans la demeure du citoyen Poënses, maire de Plouvarn, commune rurale, située à deux lieues de Saint-Brieux. Il étoit au lit, malade ;-son épouse le veilloit. D’un coupdepoing fortement appliqué à celle-ci, sur le sein, ils lui font perdre connaissance, Poënses est arraché de son lit et traîné presque nu par des chemins affreux. Cet événement consterne les habitants de la commune, qui en sont informés le lendemain matin. On se met à la recherche du corps du malheureux maire ; car on étoit persuadé qu’il n’existoit plus. Des traces dans la boue servent d’indice et conduisent jusqu’à l’étang de Lissigneuc en Plélo,
- • commune voisine. On présume que le cadavre de Poënses y a été jeté. Le juge de pajic ordonne l’écoulement de l’étang, et la conjecture se vérifie. On y trouve la victime, retenue à fond par de grosses pierres attachées à des cordes qu’on lui avait passées au col et aux pieds, y
- Rien ne manque à ce petit récit, ni style, ni concision, ni intérêt dramatique. Le reportage s’était singulièrement perfectionné.
- T. M.
- (A suivre).
- LES LIVRES
- LXXVIII
- Journal du général Gordon. — Siège de Kartoum, préface par M. A. Egmont.Hake, traduit de l’anglais par M. A.-B. avec notes et documents inédits, un portrait, deux cartes et 18 gravures, d’après les croquis de l’auteur. — Paris, librairie de Firmin Didot et O, 1886. 1 vol. in-8°.
- Les journaux de siège sont toujours curieux et intéressants à lire pour le moraliste autant que pour l’historien. Une population bloquée, assiégée, murée, nuit et jour en présence du danger, perpétuellement en proie aux plus nobles et aux plus basses excitations de la nature humaine, sollicitée d’un côté par les générosités du cœur et de l’autre par les lâchetés du ventre, brusquement enlevée aux délices de la vie civile pour entrer dans les vigilances et les rudesses de la vie militaire, est un rare et fécond et dramatique sujet d’étude. Ce qu’on a appelé la fièvre obsidionale, mélange singulier de courage et de peur, de douleur et.de joie, de langueur et de colère, trouble de l’esprit et des sens sous l’empire des jeûnes forcés, des longues -attentes et des vaines espérances, délire contagieux, universel, dont les accès offrent des contrastes si étonnants, si imprévus de viril héroïsme et de puérile férocité, est une des maladies physiques et mentales, morales et matérielles qui contiennent le plus d’irritants et. d’attirants mystères et aussi de lumières décisives, d’utiles leçons pour l’observateur, surtout si le physiologiste est doublé en lui d’un philosophe. Celui-là recueille et étudie avec grand soin l’histoire des grandes commotions sociales, des grandes secousses d’exaltation individuelle ou populaire, en présence des fléaux tels que la peste, la famine, les tremblements de terre,
- les éruptions de volcan, la guerre, les invasions, les sièges. La peste d’Athènes, la peste de Florence, la peste de Marseille ont inspiré des tableaux et des récits immortels. Il en est de même de la campagne de Russie, de la campagne de France, des sièges de Gênes, de Saragosse, de Dantzig, de Paris, pour ne parler que des événements du siècle.
- Le journal du siège de Khartoum par le général Gordon ne mérite pas moins d’attention que les journaux tenus par tel des compagnons et des témoins des Palafos, des Masséna, des Davoust, des Trochu. Il permet de juger dans leurs plus récentes évolutions une nation, une politique et de contempler ce spectacle toujours aussi beau que rare: un homme aux prises avec la mauvaise fortune dans les conditions les plus douloureuses de ce duel héroïque et inégal, la mauvaise foi punique des amis et des ennemis, la jalousie des envieux, les préjugés des ignorants, les embûches des traîtres, l’égoïsme national, l’ingratitude étrangère, et triomphant de tous ces obstacles et de lui-même, de façon à demeurer jusqu’au bout supérieur à son sort et à ne succomber que sous le nombre, que sous la force, que sous la fatalité, vaincu mais non dompté, héros plus encore que victime d’une injuste et exemplaire destinée.
- Le livre que nous allons brièvement analyser nous donne le plaisir rare de connaître cet homme qui, sans une mort tragique et prématurée, eût été un grand homme.
- Il nous fournit des lumières décisives, de précieuses révélations sur la politique de l’Angleterre, les vicissitudes de cette politique et l’évolution du caractère national, qui n’est plus celui dont Nelson et Wellington peuvent être considérés comme les types. Aujourd’hui, un certain égoïsme national, celui qui fait qu’on abandonne un enfant perdu, un champion trop téméraire de l’honneur anglais, convaincu d’ailleurs d’être encore plus partisan de l’intérêt humain que de l’intérêt britannique, a succédé à ce patriotisme national qui empêchait l’Angleterre de désavouer, de délaisser un des siens, fût-il un défenseur uu peu trop indépendant, irrégulier, même fantasque de sa cause. Jadis, l’Angleterre soutenait même ceux dont elle n’approuvait pas toujours le zèle indiscret ou les importunes exubérances d’humeur. Elle gardait une indulgence maternelle à ces corsaires, à ces aventuriers, à ces enfants prodigues de sa politique, aux entreprises et aux découvertes desquels elle a dû, en somme, sa fortune. Gordon le remarque avec amertume, avec un regret qui est un reproche, dans son journal.
- Aujourd’hui, elle a par sa faute, par la faute d’un retard dans le départ de l’expédition de délivrance et de salut, retard encore moins dû à la lenteur traditionnelle des mouvements anglais, aux impedimenta dont ils s’entravent, qu’aux répugnances, qu’aux représailles de ces consuls, de ces généraux, dont Gordon avait trop librement critiqué les erreurs, trop spirituellement raillé la gravité pédante et la solennelle nullité. Gordon n’est pas moins la victime du cant diplomatique et militaire qui règne aujourd’hui en Angleterre, qu’un autre sublime irrégulier, lord Byron ne le fut en son temps du cant moral et social qui dominait de son temps. Tous deux étaient des romanciers, des poètes de l’action. L’un consacra le prestige de sa gloire et les restes de sa vie et de sa fortune à l’indépendance de la Grèce. L’autre, malgré les dangers d’une entreprise où il avait contre lui les difficultés presque insurmontables de la contradiction de son double mandat à la fois anglais et égyptien, avait voué les efforts d’une activité et d’un prestige dont il comptait bien dérober les restes à l’ingrate patrie, en les utilisant au profit de l’état naissant du Congo, à l’évacuation du Soudan, remis aux mains de ses anciens maîtres. L’Egypte ne pouvant gouverner le Soudan, l’Angleterre ne pouvant l’occuper, il fallait sauver au moins les garnisons égyptiennes, et tout en renonçant pour le moment à la campagne contre la'traite et contre l’esclavage — car le Mahdi ne fut pas autre chose que le prophète, que l’instrument de la réaction des marchands d’esclaves, le chef d’une croisade beaucoup plus commerciale que religieuse,— ménager les jalons d’un avenir réparateur, d’un retour définitivement victorieux et conquérant de la civilisation. On sait ce qui advint de ce projet, combattu à la fois par la mauvaise volonté du khédive Tewfick qui n’aimait pas Gordon, des consuls dont il raillait l’impéritie et dérangeait la quiétude, du gouvernement de M. Gladstone qui voulait couper court à l’impopularité des désastres soudaniens. L’expédition du secours arriva trop tard, comme l’avait prévu Gordon. Il écrivait le 14 décembre 1884, le deux cent soixante-onzième jour de ce siège mémorable dont il a noté si minutieusement les particularités, et où par des prodiges d’industrie et de courage, il avait tenu tête à l’ennemi qui l’entourait: « Si j’avais à commander les 200 hommes qui suffiraient à nous dégager, je chasserais les Arabes d’Halfeyeh et j’y prendrais position, j’entrerais en communication avec le fort du Nord, et j’agirais selon ce que commanderaient les circonstances. Et maintenant qu’on se rappelle mes paroles : si dans dix jours une colpnne n’est pas arrivée,, (et
- je ne demande pas plus de deux cents hommes) la ville sera exposée à être prise d’un moment à l’autre. J’aurai fait de mon mieux pour l’honneur de mon pays. Adieu ». On sait le reste ; quelques jours plus tard, la prédiction était accomplie, la faute et le malheur étaient irréparables. Gordon était mort, un homme comme un pays n’en produit pas tous les jours, le prestige anglais à jamais compromis dans le Soudan, rendu à la barbarie, et dans l’Egypte livrée à l’anarchie. Et la question égyptienne se dressait de nouveau plus compliquée, plus dangereuse, plus irritante que jamais entre l’Angleterre et l’Europe, avec ses problèmes dont un seul homme pouvaitpeut-être trouver la solution. Cet homme, d’un caractère dominé par les sentiments les plus généreux, d’un esprit ouvert à toutes les idées élevées ; cet homme dont la politique n’avait ni préjugé, ni rancune, et ne voyait d’autre solution pour la question égyptienne que l’accord anglo-français ou l’intervention turque, c’était ce Gordon, 'dont il est impossible de lire le journal, chevaleresque et mystique, plein de citations de l’Ecriture, de saillies humou-ristiques, d’observations intéressantes, animé par la bonté, l’éloquence et l’ironie, sans émotion, sans admiration pour l’auteur, sans blâme pour le pays qui a assumé la responsabilité de l’inutilité d’une telle vie, de l’injustice d’une telle mort.
- M. de Lescure.
- La 47e livraison de la Grande Encyclopédie (prix : 1 fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et C,e, 6t, rue de Rennes, à Paris.
- Elle contient notamment de fort curieux articles sur les Andelys, les Andes, Y Andorre, Andrinople, etc., avec de nombreuses cartes dans le texte.
- Envoi du ier volume contre un mandat-poste de 2 5 francs.
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE
- CONCOURS GÉNÉRAUX
- ET
- RÉGIONAUX AGRICOLES
- ADJUDICATION
- Pour la fourniture en carton et parchemin des plaques indicatives de races et des numéros de classement.
- Le lundi i5 novembre 1886, il sera procédé publiquement, dans une des salles du ministère de l’agriculture, rue de Varennes, n° 78, à l’adjudication au rabais, sur soumissions cachetées, pour une durée de six années, de la fourniture des plaques indicatives de races et de numéros de classement nécessaires dans les concours généraux et régionaux agricoles ouverts par les soins de l’Etat.
- Les soumissions devront être faites sur papier timbré et conformément au modèle ci-dessous. Toute soumission qui ne remplirait pas cette condition sera rejetée. Les soumissions cachetées, ainsi que les plaques en cartons et numéros de classement seront déposés sur le bureau de la commission d’adjudication à partir de une heure.
- L’adjudication sera prononcée en faveur de celui qui aura offert le plus fort rabais sur les prix adoptés par l’administration.
- Modèle de soumission
- Je soussigné , demeurant
- à Paris, rue . , n° ,
- après avoir pris connaissance du cahier des charges relatif à la fourniture, pour six années consécutives, à partir de 1887 inclusivement, des plaques indicatives de races et de numéros de classement, en carton et en parchemin, nécessaires pour le service des concours généraux et régionaux agricoles ouverts par l’Etat, en France et en Algérie, propose à M. le ministre de l’agriculture d’exécuter ces fournitures avec un rabais de pour cent, et m’engage à me soumettre à toutes les clauses et conditions exprimées dans le cahier des charges approuvé par M. le ministre le 1e1' octobre 1886.
- J’ai fait élection de domicile à Paris, rue
- , pour tous les
- actes relatifs à l’exécution du marché.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E.ARRAULTet O rue delà Préfet t ire,6
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE, Dimanche 17 Octobre 1886. NUMÉRO 94.
- SOMMAIRE :
- i. Partie officielle : Rapport au Président de la République française; 2. Comité de direction ; 3. L’Exposition de Liverpool ; 4. Echos; 5. Nos gravures ; 6. Exposition maritime internationale du Havre en 1887; 7. Exposition de Toulouse; 8. Exposition de Hanoï; 9, Exposition des produits de l’horticulture; 10. La Convention de navigation franco-italienne; 11. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; 12. Les Livres; i3. Avis commerciaux ; 14. Les Théâtres.
- PARTIE OFFICIELLE
- RAPPORT
- AU PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Paris, le 14 octobre 1886.
- Monsieur le Président,
- Le projet de convention intervenu, à la date du 29 mars 1886, entre le ministre du commerce et de l’industrie au nom de l’Etat, le préfet de la Seine au nom de la ville de Paris, et le gouverneur du Crédit foncier de France, agissant pour le compte de l’Association de garantie à instituer pour l’Exposition universelle de 1889, disposait, par son article 6, que la convention ne deviendrait définitive, à l’égard de l’Etat et de la ville, qu’après sanction législative à l’égard de l’association de garantie, qu’après souscription intégrale du capital de 18 millions.
- La sanction législative a été accordée par la loi du 6 juillet 1886, et la souscription au capital de garantie, qui se poursuit avec un succès toujours croissant, a déjà dépassé .le chiffre de 22 millions. L’association de garantie se trouve donc aujourd’hui définitivement constituée, et il convient dès lors d’organiser la commission consultative de contrôle et de finances prévue par l’article 7 de la convention précitée.
- Aux termes de cet article, la commission du contrôle et de finances, nommée par décret et présidée par le ministre du commerce et de l’industrie, doit être composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’association de garantie, dans la proportion des contributions respectives des trois parties contractantes, c’est-à-dire de 17 membres représentant l’Etat, de 8 membres représentant la Ville de Paris et de 18 membres représentant l’Association de garantie.
- C’est dans ces conditions, et en tenant strictement compte de la représentation proportionnelle stipulée dans la convention, que j’ai l’honneur de soumettre à votre signature la nomination des membres titulaires de la commission de contrôle et de finances.
- Mais, en outre des dix-sept membres du Parlement appelés à représenter directement l’Etat, il semble nécessaire de désigner ultérieurement un nombre égal de fonctionnaires chargés de représenter devant la commission leurs administrations respectives et de lui fournir tous les éclaircissements nécessaires à l’exercice de son contrôle. Ces fonctionnaires, nommés par arrêté ministériel et n’ayant que voix consultative, ne feront pas partie de la commission : placés en dehors d’elle, mais auprès d’elle, ils pourront à la fois, et dans la mesure où ils en seront requis, éclairer ses décisions et prêter un concours actif à ses travaux.
- Je ne doute pas, monsieurle président, que vous
- ne vouliez bien entrer dans ses vues et revêtir de votre signature, le projet de décret ci-joint:
- Veuillez agréer, monsieur le Président, l’hommage de mon respectueux dévouement.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Lockroy.
- Apptouvé,
- Le Président de la République,
- Jules Grévy.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 8 novembre 1884 ;
- Vu la convention intervenue, à la date du 29 mars 1886, entre le ministre, du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, le préfet de la Seine, représentant la ville de Paris, et le gouverneur du Crédit foncier de France, agissant pour le compte de l’Association de garantie constituée en vue de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu spécialement l’article 7 de cette convention, portant : « Il sera institué auprès du ministre du commerce et de l’industrie une commission de contrôle et de finances composée de membres représentant l’Etat, la ville de Paris et l’Association de garantie dans la proportion des contributions respectives des trois parties contractantes. Les membres de cette commission seront nommés par décrets du Président de la République, insérés au Journal officiel. Elle sera présidée par le ministre » ;
- Vu la loi du *6 juillet 1886, et spécialement l’article ier, approuvant la convention sus-visée ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu l’arrêté ministériel du 26 août 1886, portant Règlement général de l’Exposition universelle de 1889, et l’arrêté du 9 octobre, modifiant l’article 6 dudit règlement;
- Sur. la proposition du ministre du commerce et de l’industrie.
- De l’avis du conseil des ministres,
- Décrète :
- Art. Ier. — Sont nommés membres de la commission consultative de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889, sous la présidence du ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général :
- 1° MEMBRES REPRÉSENTANT L’ÉTAT
- MM. Teisserenc de Bort, sénateur, ancien ministre de l’agriculture et du commerce, ancien membre de la commission de l’Exposition au Sénat.
- Tirard, sénateur, ancien ministre du commerce, ancien membre de la commission de l’Exposition au Sénat.
- Rouvier, député, ancien ministre du commerce.
- Dautresme, député, ancien ministre du commerce, ancien président de ia commission de l’Exposition à la Chambre des députés.
- Félix Faure, député, ancien sous-secrétaire d’Etat au ministère du commerce et des colonies.
- Albert Grévy, sénateur, ancien président de la commission de l’Exposition au Sénat.
- Millaud, sénateur du Rhône, ancien rapporteur de la commission de l’Exposition au Sénat.
- Jules Roche, député de la Savoie, ancien rapporteur de la commission de l’Exposition à la Chambre des députés.
- Tolain, sénateur de la Seine, ancien membre de la commission de l’Exposition au Sénat.
- Clémenceau, député du Var.
- Etienne, député d’Oran.
- MM. Dreyfus, député de la Seine, ancien président et rapporteur de la première commission municipale de l’Exposition.
- Adrien Hébrard, sénateur de la Haute-Garonne,
- De Hérédia, député de la Seine.
- Ménard-Dorian, député de l’Hérault.
- Wilson, député d’Indre-et-Loire.
- Yves Guyot, député de la Seine.
- 2° MEMBRES REPRÉSENTANT LE CONSEIL MUNICIPAL
- MM. De Bouteiller, conseiller municipal, ancien-membre de la commission municipale de l’Exposition.
- Guichard, conseiller municipal, ancien président de la commission municipale de l’Exposition.
- Jacques, conseiller municipal, président de la commission des finances.
- Jobbé-Duval, conseiller municipal, ancien vice-président de la commission municipale de l’Exposition.
- Lyon-Allemand, conseiller municipal, ancien secrétaire de la commission municipale de l’Exposition.
- Mesureur, conseiller municipal, ancien membre de la commission municipale de l’Exposition.
- Monteil, conseiller municipal, ancien secrétaire de la commission municipale de l’Exposition.
- Voisin, conseiller municipal, ancien vice-président de la commission municipale de l’Exposition.
- 3° MEMBRES REPRÉSENTANT L’ASSOCIATION DE GARANTIE
- MM. Bixio, président du conseil d’administration de la compagnie des Petites-Voitures.
- Blount, président des conseils d’administration de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et de la Société Générale.
- Le comte Cahen d’Anvers, banquier.
- Albert Christophle, ancien ministre des travaux publics, gouverneur du Crédit foncier de France.
- Chabrières-Arles, régent de la Banque de France.
- Clerc, directeur de la Société des Immeubles de France.
- Combier (James), distillateur à S au mur (Maine-et-Loire).
- Bietz-Monnin, sénateur, président de la Chambre de commerce de Paris.
- Guay, président du conseil d’administration du Crédit industriel et commercial.
- Germain, président du conseil d’administration du Crédit lyonnais.
- Griolet, administrateur de la Compagnie des chemins de fer du Nord.
- Hart, syndic de la Compagnie des agents de change de Paris.
- Hentsch, président du conseil d’administration du Comptoir d’escompte.
- Le Guay, sous-directeur du Crédit foncier.
- Mallet, président du conseil d’administration du chemin de fer P.-L.-M.
- Marinoni, ingénieur-constructeur.
- Péreire, président du conseil d’administration de la Compagnie générale Transatlantique.
- Sieukiewicz, directeur de la Banque d’escompte de Paris.
- Art. 2. — MM. Christophle, gouverneur du
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- 046. — Deuxième Année. — N° 94.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Octobre 1886.
- Crédit foncier de France, Teisserenc de Bort, sénateur, Tirard, sénateur, et Rouvier, député, sont nommés vice-présidents de la commission de contrôle et de finances, dans les conditions définies par le Règlement général.
- Art. 3. — Le ministre commissaire général nommera par arretés dix-sept membres-adjoints
- avec voix consultative, savoir :
- Représentants du ministère du commerce et de
- l’industrie..................................4
- Représentants du ministère des finances. . 3
- Représentants du ministère de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes ... 2
- Représentants du ministère de l’agriculture. 2
- Représentant du ministère des affaires étrangères ..........................................1
- Représentant du ministère de la guerre . . 1
- Représentant du ministère de la marine . . 1
- Représentant du ministère des postes et des
- télégraphes................................. 1
- Représentant du ministère des travaux publics ......................................... 1
- Représentant de la Préfecture de la Seine ._1^
- l7
- Art. 4. — Sont nommés secrétaires de la commission de contrôle et de finances :
- MM.
- Meliodon, secrétaire général du Crédit foncier de France.
- Georges Payelle, chef-adjoint du Cabinet du ministre du commerce et de l’industrie.
- Georges Paulet, chef de bureau du Cabinet et du Secrétariat, au ministère du commerce et de l’industrie.
- Art. 5. — Le ministre du commerce et de l’industrie est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
- Fait à Paris, le 14 octobre 1886.
- Jules Grévy.
- Par le président de la République,
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Lockroy.
- COMITÉ DE DIRECTION
- Séance du 7 Octobre 1886 Présidence de M. Lockroy.
- Le comité s’est d’abord occupé de fixer définitivement l’emplacement de la tour Eiffel. Il a été décidé que la tour se dressera juste en face le pont d’Iéna, en bordure du quai et sur une partie des pelouses qui précèdent les grands massifs du square du champ de Mars.
- Relativement à la construction du chemin de fer au champ de Mars, il n’a pas été pris de résolution définitive.
- Plusieurs négociants et industriels ont prié le ministre du commerce et de l’industrie de leur faire savoir où sont déposées les formules de demandes d’admission à l’Exposition.
- Aux termes du règlement général, ces formules se trouvent :
- i° A Paris: au ministère du commerce et de l’industrie, quai d’Orsay, 25, et boulevard Saint-Germain, 244; aux bâtiments d’administrations de l’Exposition (avenue de Labourdon-nais, et rue de Yarennes, 80) ; au tribunal et à la chambre de commerce.
- 20 Dans les départements : aux préfectures, sous-préfectures, chambres de commerce, tribunaux de commerce, chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités départementaux, ainsi qu’aux lieux de distribu-bution que ceux-ci auront désignés.
- Ces formules, une fois remplies, doivent être adressées :
- Celles de Paris et du département de la Seine, directement au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, à Paris, quai d’Orsay, 2 5, ou au directeur général de l’exploitation, rue de Yarennes, 80.
- Celles des départements sont recueillies par les soins des comités départementaux, qui les feront parvenir aux mêmes adresses.
- Le comité a ensuite décidé que, pendant toute la durée des travaux, jusqu’à la veille de l’ouverture de l’Exposition, une voie de circulation sera laissée à la disposition du public pour lui permettre de traverser le champ de Mars.
- Cette décision a été prise après la réception par le ministre du commerce d’une pétition des habitants des VIIe et XVe arrondissements signalant les graves inconvénients qui résulteraient de l’obligation de contourner le champ de Mars si pendant quatre ans cet immense terrain était entièrement clos et par suite interdit à la circulation.
- Le comité a été d’avis d’arrêter les listes des jurys avant le ier janvier 1887, de telle sorte que chaque classe d’exposants puisse dès à présent connaître les noms des jurés chargés d’examiner ses produits. (C’est là une excellente mesure qui empêchera de voir figurer dans ces listes des noms peu sympathiques aux exposants ; nous espérons bien que le directeur de l’Exposition, avec son esprit de justice bien connu, ne proposera au choix du ministre que des personnalités ayant fait leurs preuves dans les précédentes expositions ou du moins ayant l’intention d’accomplir consciencieusement leur tâche. Nous reviendrons du reste sur cette question).
- Le ministre a communiqué au comité d’excellentes. nouvelles au sujet de l’organisation des comités départementaux. La plupart des préfets ont fait savoir au ministre que dans les départements on s’occupait très activement de la formation de ces comités.
- Comme pour les commissions de Paris il y a un très grand nombre de demandes , il ne sera pas possible de faire droit à toutes, mais on doit voir dans cet empressement combien l’idée de l’Exposition est populaire dans toute la France.
- L’EXPOSITION DE LIVERPOOL
- Nous recevons la lettre qu’on lira ci-après et que nous nous faisons un plaisir et un devoir de publier. Quelquefois nous avons lu et entendu sur les relations de nos agents diplomatiques consulaires avec les représentants de notre commerce à l’étranger, d’assez vives critiques. Nous sommes heureux de constater en insérant la lettre ci-après que ces critiques ne doivent pas être généralisées. Lors de la dernière exposition à Amsterdam et à Anvers, les consuls de France, MM. de Sainte-Foix et Robcis Borghiers, ont rendu aux exposants français de très signalés services. Il en a été de même à Liverpool où le consul de France, M. Léo Caubet, a su mériter la reconnaissance et les sympathies de tous par l’intelligence et le dévouement avec lesquels il s’est occupé des intérêts de nos exposants.
- Voici la lettre de notre honorable correspondant, M. Testu-Jodeau, membre du jury de l’exposition de Liverpool:
- Châteaurenault, 12 octobre 1886.
- Mon Cher Directeur,
- Il serait difficile de rien ajouter au compte-rendu de l’Exposition de Liverpool, après les excellents articles de M. Ch. Lenoir parus dans ces colonnes. Du reste, le rapport général dont il est chargé sera publié, nous l’espérons, et viendra en temps utile compléter son œuvre.
- Ce qu’il importe de signaler aujourd’hui à l’attention du Gouvernement ce sont les manifestations sympathiques recueillies si justement, à cette occasion, par l’honorable M. Léo Caubet, consul de France, commissaire général à cette Exposition.
- Livré à ses propres forces, sans subvention, sans architecte, aidé seulement par quelques exposants, M. Léo Caubet a su faire de la section française la partie la plus attrayante de cette exposition.
- Bien décorée, son aspect moderne présentait un singulier contraste avec la section anglaise occupée, en partie, par d’antiques calèches et ’ des modèles de vieux bateaux, au caractère rétrospectif, où l’esprit de progrès, indispensable dans toute exposition, semblait avoir été banni à dessein.
- Par son questionnaire, que chaque exposant français devait. remplir, M. Léo Caubet a rendu prompte et facile la mission du jury. Ces notes, en effet, lui permettaient de se prononcer en toute connaissance de cause sur les exposants présentés à son examen.
- Aucun autre pays n’avait pris semblable mesure.
- Aussi, plus d’un juré s’est-il trouvé gêné par l’insistance de certain délégué de gouvernement qui réclamait pour les siens les plus hautes récompenses sans qu’il lui fût possible de fournir aucun renseignement sur les industriels souvent peu connus qu’il recommandait.
- Grâce à ses qualités d’organisateur jointes à son esprit de conciliation, M. Léo Caubet a su mener à bien sa mission délicate, souvent difficile, et se concilier des deux côtés du détroit les relations les plus cordiales.
- _ Qu’il reçoive donc ici nos plus sincères félicitations, nos plus vifs remerciments en attendant les hommages d’affectueuse sympathie que nous nous proposons tous de lui faire agréer.
- Avant de terminer, je tiens à dire à M. Davis Radeliffe, le maire si estimé de Liverpool ; à M. Miles, notable commerçant, notre sympathique président, si intelligemment secondé par M. René Coïon, secrétaire interprète de notre groupe, combien nous avons été touchés de l’accueil si bienveillant que nous avons trouvé près d’eux et à les remercier ensemble de leur réception si cordiale.
- M. Pavel Michaelowich Grunwald, notre collègue, délégué de la Russie à cette exposition, nous a prêté un concours vraiment précieux. Nous n’attendions pas moins de ce grand manufacturier, si Français de cœur et d’esprit. A lui aussi notre meilleur souvenir et tous nos remerciments.
- Agréez, mon cher directeur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- A. Testu-Jodeau, Manufacturier, membre du jury à i'Exposition de Liverpool.
- P. S. J’ai été étonné de ne pas trouver, comme en Belgique et en France, une récompense quelconque destinée aux collaborateurs.
- Cette lacune est d’autant plus regrettable, qu’à mon avis l’on doit plus que jamais chercher à concilier les intérêts du travail et du capital par la participation. Ce principe a souvent conjuré plus d’une crise.
- A. T.-J.
- Le post-scriptum de cette lettre contient une remarque que nous recommandons à toute l’attention des pouvoirs publics.
- C’est avec beaucoup de raison que l’honorable M. Testu-Jodeau insiste sur la nécessité, dans notre société moderne, de concilier de plus en plus les intérêts du capital et du travail par la participation.
- Nous ajouterons que dans son importante fabrique de Châteaurenault, M. Testu-Jodeau prêche d’exemple et que, mis en pratique depuis huit ans, ce système de la participation donne d’excellents résultats. Chaque année, le 1e1’janvier il est réparti à chaque ouvrier, une somme de 4 °/0 sur le montant de sa main-d’œuvre. En outre, les ouvriers qui ont travaillé dans la fabrique pendant une période de trois années pleines, prennent part au tirage au sort de récompenses variant de 5o à 400 francs et organisées d’après des règles aussi ingénieuses qu’équitables. Ne sont pas considérés comme interruption de travail : i° les cas de maladie dûment constatés ; 20 les accidents survenus dans la fabrique et nécessitant une incapacité de travail quelconque.
- M. Testu-Jodeau a, en outre, organisé à Châteaurenault une boulangerie coopérative, une société de secours mutuels et plusieurs autres sociétés fort utiles. En un mot, M. Testu-Jodeau associe chaque jour plus intimement ses ouvriers à la prospérité de sa maison qui, fondée, il y a plus d’un siècle, n’a fait, surtout dans ces dernières années, que grandir et prospérer. Il y a là un excellent exemple auquel nous sommes heureux de rendre publiquement hommage dans la personne d’un de nos industriels les plus compétents et les plus dévoués au progrès de notre industrie qu’il représente toujours si dignement dans les diverses expositions internationales où il n’a cessé de mériter les plus hautes récompenses..
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- Deuxième Année. — N° 94.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 17 Octobre 1889. — 847.
- Vendredi dernier a eu lieu à l’hôtel Continental, sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, un banquet offert à M. Léo Caubet par les membres du jury de l’Exposition de Liverpool. Nous rendrons compte de cette réunion dans notre prochain numéro.
- ÉCHOS
- Paris
- La Société de Géographie commerciale de Paris, dans le but d’être utile au commerce et à l’industrie nationale, s’est procuré par les soins de M. Wiener, secrétaire de la légation de France à Santiago, une collection très remarquable de produits naturels et manufacturés de la République du Chili, qu’elle expose publiquement et gratuitement dans son local, 5, rue de Savoie, à Paris, chaque jour de midi à 6 h., excepté le dimanche.
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- L’exposition générale des chemins de fer que l’on organise pour l’année prochaine sera à la fois intéressante et utile.
- Elle est, comme on le sait, destinée à célébrer le cinquantenaire des chemins de fer en France, et durera de mai à octobre. Elle sera accompagnée d’un congrès international auquel prendront part les délégués des Compagnies, des chambres de commerce, des syndicats, des sociétés savantes, etc.
- Rappelons, que le projet en question est patronné par les ministres, le Sénat, la Chambre, le Conseil municipal de Paris, les chambres de commerce, les grandes Compagnies et les notabilités du commerce et de l’industrie.
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- Voici à ce propos l’ordre et les dates de la construction des premières voies ferrées en Europe et en Amérique :
- La première fut établie en Angleterre, le 27 septembre 1825 ; la seconde, en Autriche, le 30 septembre 1828 ; la troisième en France, le 1er octobre 1828. Les Etats-Unis, la Belgique, l’Allemagne, l’ile de Cuba, suivirent l’impulsion donnée, en 1829, 1-835 et 1837.
- Ce ne fut que onze ans plus tard le 24 octobre 1848 que les. chemins de fer firent leur apparition en Espagne.
- Départements
- Un musée commercial va être créé à Mâcon par la chambre de commerce de cette ville. Cette création a été approuvée pas un arrêté du 20 septembre dernier.
- Toulouse va avoir, elle aussi, son musée commercial ; la « Société de vulgarisation », sous le patronage de la chambre de commerce et de la Société d’agriculture, vient d’en décider l’établissement dans les locaux de l’ancien collège des jésuites ; il sera consacré à l’exposition permanente et gratuite des inventions et produits nouveaux.
- Cette dernière création portera à 16 le nombre des musées commerciaux établis en France.
- Les exportations pour le district- consulaire de Lyon aux Etats-Unis se sont élevées, pour le mois de septembre 1886, à 4,605,989 fr. 95, contre 3 millions 859,021 fr. 95 pour le mois correspondant de 1885. L’augmentation porte principalement sur les étoffes et rubans de soie et de velours, et la soie grège.
- Le total des exportations pour les neuf premiers mois de 1886 s’est élevé à 38,042,770 fr. 35, contre 31,835,375 fr. 50 pendant la période correspondante de 1885, soit une augmentation de 6,207,394 fr. 85 en faveur de 1886.
- Ces derniers jours a eu lieu à Nantes l’ouverture solennelle des expositions des beaux-arts, d’art ancien, d’archéologie et de photographie.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’exposition du district de Souabe à Augsbourg (Bavière) a été clôturée le 30 septembre.
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- Le29 avait été inaugurée à Meiszen, l’exposition générale de fruits, organisée pour toute l’Allemagne à l’occasion du onzième congrès de pomo-logie.
- Deux cents exposants y prenaient part avec d’importantes collections de fruits frais, cinq mille espèces environ ; des fruits confits, conservés, secs et des liqueurs. Une section spéciale était réservée aux pépinières, une autre aux installations et appareils pour la conservation des fruits.
- 176 exposants ont reçu des récompenses à la suite de différents concours.
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- Une exposition générale des produits employés dans la brasserie, ouvrira prochainement à Würzbourg.
- Une grande exposition spéciale culinaire aura lieu à Leipzig, du 27 au 31 janvier 1887, dans les galeries du Krystallpalast.
- Elle se distinguera de toutes les expositions similaires précédentes par ce fait qu’une part importante y sera réservée à la question de l’alimentation des masses, à l’approvisionnement des armées, des flottes, des hôpitaux, des lazarets de quarantaines, etc. Des conférences et des exercices pratiques avec démonstrations y seront faites sur ces différents sujets, ainsi que, bien entendu, sur la cuisine proprement dite, pâtisserie, confiserie, etc.
- Il y a eu, le 19 septembre dernier, soixante ans que l’éclairage au gaz a été introduit dans les rues de Berlin.
- C’est en effet, en 1826, que les Berlinois admirèrent pour la première fois le nouvel éclairage sur la promenade Unter den Linden.
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- Angleterre
- L’exposition annuelle de' la Société photographique est ouverte avec le même succès que les années précédentes dans les salons de l’ancienne société des aquarellistes de Londres.
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- Une très intéressante exposition .artistique attire également les visiteurs à la Hanover Gal-lery.
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- M. John, R. Whitley, vice-président et directeur anglais de l’exposition américaine dont l’ouverture aura lieu, à Londres, dans le courant de l’été prochain, ainsi que nos lecteurs se le rappellent certainement, vient de rentrer à Londres après un séjour de six mois en Amérique, où il s’est occupé de tous les travaux préparatoires, lesquels sont, parait-il, très avancés.
- M. Whitley, vient prendre la direction de tous les travaux de construction et d’installation. Ces derniers seront menés très activement de façon à ce que tout soit, dès les premiers beaux jours, prêt pour la réception des envois.
- La -plupart des organisateurs de l’exposition américaine ont déjà pris part en qualité d’administrateurs à l’exposition universelle de Philadelphie, en 1876.
- Citons entre autres, MM. le général A. T. Groshorn, capitaine Burnett Landreth, John Sar-taine, et Rufus Smith.
- Ajoutons que ces messieurs se montrent très satisfaits de la marche de leur entreprise, qui sera entièrement terminée pour l’époque fixée et qu’ils croient appelée à un très grand succès.
- La reine a ordonné la constitution d’une commission royale qui sera mise à la tête de l’exposition internationale que l’on se propose d’organiser à Adélaïde (Australie) l’année prochaine.
- Le duc de Cambridge est nommé président de cette commission, et sir Herbert Sandford,.secrétaire.
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- L’exposition industrielle du Yorkshire méridional, dont nous avons parlé, s’annonce comme un grand succès.
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- En raison de l’affluence des visiteurs et de l’intérêt qu’elle excite dans toute la région cir-convoisine, l’exposition industrielle de Birmingham, qui devait être clôturée le 20 octobre ne le sera que le 30 courant.
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- Quelques nouveaux détails sur l’exposition internationale qui ouvrira à Manchester, dans les premiers jours de mai 1887, pour une durée de six mois.
- Les demandes d’emplacements devront être faites avant le 1er novembre prochain, inclusivement ; les envois devront, de leur côté, être rendus avant le 15 avril 1887. L’objet de cette exposition est d’offrir un tableau aussi complet que possible des progrès artistiques et industriels
- réalisés depuis l’avènement de la reine Victoria dans les branches suivantes qui forment autant de sections :
- 1° Dessin industriel appliqué aux tissus, à la poterie, au verre, aux métaux, aux bois, au marbre, à la pierre et à tous les objets utiles comportant un dessin décoratif ou d’ornementation; 2° machines en fonctionnement, industries mécaniques ; 3° travail manuel en activité ; 4° chimie et industries annexes ; 5° reproduction du vieux Manchester et modèle du canal maritime; 6° beaux-arts ; 7° éclairage électrique, musique, horticulture, etc., etc.
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- Une exposition aura lieu concurremment avec la précédente à Saltaire. Elle ouvrira le 3 mai, et sera consacrée aux arts, aux sciences et à l’industrie.
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- Une exposition des beaux-arts sera tenue à Leeds (Angleterre), dans le courant de l’hiver prochain, sous la direction de la Leeds Corporation Exhibition. Elle coïncidera avec l’ouverture publique du musée et de la bibliothèque. L’exposition ouvrira dans les premiers jours de décembre 1886 ; les envois devront être adressés les 8 et 9 novembre. Pour tous renseignements, s’adresser à M. James, Librairian and Curator.
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- États-Unis
- La cérémonie d’inauguration de la statue colossale de Bartholdi à New-York, sera très brillante. MM. le général Pélissier et l’amiral Jaurès y représenteront le Sénat, M. Charles Bigot, le syndicat de la presse française, M. Deschamps, le conseil municipal de Paris.
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- NOS GRAVURES
- EXPOSITION DES SCIENCES ET DES ARTS INDUSTRIELS
- I. — Vue d’ensemble de la nef
- Une des photographies encarte'e dans notre présent numéro est prise du bassin sur lequel M. Trouvé fait marcher presque tous les soirs son bateau électrique, et elle donne une idée générale de l’arrangement bien compris des vitrines et des passages laissés pour la commodité des visiteurs. Le succès du reste de cette Exposition va toujours en augmentant et le chiffre des entrées à atteint 14,000 dimanche dernier; parmi les visiteurs de distinction on remarquait cette semaine Sa Majesté le roi de Grèce et le général Boulanger, notre ministre de la guerre.
- IL — Section Russe
- (Salle n° 4)
- Les deux autres photographies représentent la section étrangère la plus intéressante qui a été très bien groupée et divisée par les soins de M. Grenier le commissaire des sections étrangères.
- La plus petite des photographies est celle de la vitrine contenant les broderies remarquables de Nicolas Rojnoff de Moscou et les charmantes petites poupées dont les costumes sont la reproduction très exacte des costumes russes du xvie siècle exposés par Mme Eropkine de Moscou. Les broderies et dentelles de Rojnoff sont de vraies merveilles au point de vue de la finesse du travail et de l’originalité des dessins.
- L’autre photographie donne une vue d’ensemble de la salle na 4 qui contient les divers exposants russes parmi lesquels nous mentionnerons les suivants :
- M. Petroff de Moscou expose des peintures à l’huile sur nacre, très remarquables et d’un travail tout à fait spécial.
- M. Nikolaïeff a dans la même vitrine que M. Petroff un magnifique collier en or garni de très beaux brillants qui peut se démonter et forme deux * bracelets, une broche et des pendants d’oreille.
- Une collection excessivement remarquable d’émaux de Limoges du xvne siècle, envoyée par M. D.-A. Postnikoff de Moscou, renferme certains émaux qui, parait-il, manquent à la collection du musée du Louvre.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 17 Octobre 1886.
- Les pianos à queue (miniatures) de Mulbach, de Saint-Pétersbourg, tiennent moins de place que les autres pianos du même genre etne laissent rien à désirer pour la solidité et la sonorité.
- Un ingénieur russe, M. Pierre Stépanoff, expose une série de plans représentant ses systèmes de poêles et de caioritères employés de nos jours dans tous les établissements publics et les bureaux du gouvernement, en Russie.
- Les indiennes imprimées, d’un dessin très original et aux couleurs variées, résistant très bien à l’usure et au lavage sont les produits de la Société Baranoff, de Moscou.
- Arrêtons-nous, à côté, devant les étoffes de velours de coton, admirables comme dessin et comme couleur, sortant des manufactures de Bro-khoroff de Moscou. Ces étoffes sont vraiment remarquables et d’un bon marché inouï...
- Les manufactures de D.-C. Bouriline, à Snowo-Woznésensk, exposent un nouveau genre de cotonnades apprêtées, imitant le drap, et dont toutes les couleurs sombres sont obtenues, en se servant du noir d'anyline. Le prix de ces étoffes est excessivement modique.
- Jean Alafouzoff de Kasana une très belle collée» tion de peaux tannées, dont il expédie de grandes quantités à Lille et à Dunkerque, il a aussi des échantillons nombreux de lin, étoupes et toiles imperméables.
- Les peaux de rennes chamoisées, de Jean Kozloff de Moscou, méritent une mention toute spéciale, ainsi que les chaussures de Schabardine de Moscou et Kief.
- Les samowars russes en bronze, servant à préparer le thé ou le café sont très curieux, et on les voit fonctionner au bar russe; ils sont fabriqués par M. Batascheff, de Toula, fournisseur de la cour impériale de Russie.
- Une maison française, qui a installé depuis longtemps ses fabriques à Moscou, expose de la parfumerie.
- Un produit spécial à la Russie, la graisse de naphte, du Caucase, qui sert à graisser les essieux de voiture, a été envoyée par M. Rojestvensky, de Gorbatoff.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE Du Havre en 1887
- Les premières bases jetées de la grande manifestation de 1889, dont près de trois années nous séparent encore, ne peuvent absorber l’attention au point de laisser passer inaperçus les préparatifs que poursuit si énergiquement notre grand port de la Manche en vue de son exposition maritime internationale de l’an prochain.
- Maintenant que l’ensemble des constructions se dessine autour du vaste bassin qui en forme le centre, on peut se faire une idée plus exacte de l’importance qu’elle aura et du caractère essentiellement pratique et expérimental qui la distinguera de toutes les Expositions antérieures en province.
- Avant la fin du mois présent, une grande partie des galeries complètement achevées pourront recevoir les premiers produits envoyés des Expositions de Londres et de Liverpool.
- Le classement ainsi commencé d’avance se poursuivra dans des conditions beaucoup moins défavorables et augmentera les chances si nombreuses déjà d’une ouverture à date fixe, toutes installations terminées.
- La Belgique et l’Angleterre se proposent d’y prendre une part très brillante et l’excellent accueil fait par les autres puissances intéressées la Suède et Norwège, l’Espagne, les Pays-Bas, etc. aux invitations transmises parles agents diplomatiques du gouvernement français à l’étranger est un sûr garant que ce concours vraiment international donnera la mesure exacte des progrès accomplis depuis vingt années dans les industries si considérables qui se rattachent à la marine militaire ou marchande.
- Une grande Exposition coloniale comparée trouvera là aussi sa place marquée et l’on ne peut douter que le ministère de la marine et des colonies, dont le succès fut si grand à Anvers, n’ait à cœur de figurer avec honneur à côté des puissances
- maritimes étrangères résolues à fournir les plus sérieux éléments.
- Quant à la section exclusivement française des produits d’exportation, elle aura un relief tout particulier et nos industriels ont compris toute la portée d’une Exposition destinée à mettre plus aisément en lumière la valeur de l’authenticité de leurs marques.
- EXPOSITION DE TOULOUSE
- M. J. Sirven, maire de Toulouse, adresse aux commerçants et aux industriels, la circulaire suivante :
- Monsieur,
- La ville de Toulouse organise en ce moment, sous le haut patronage de l’Etat, sa IX® Exposition nationale < de l’industrie et des beaux-arts qui s’ouvrira le i5 mai 1887 et durera cinq mois. Les produits de la France, de l’Algérie et des Colonies françaises, ainsi que ceux provenant des pays limitrophes de race latine : Italie, Espagne et Portugal, y seront admis.
- Toulouse, capitale géographique du midi de la France, est par sa population considérable un centre important ; et par sa situation aux pieds des Pyrénées, elle est tout naturellement destinée à servir de trait d’union entre les producteurs français et ceux de la Péninsule ibérique avec laquelle, dans un avenir prochain, elle sera reliée plus directement encore par une voie ferrée internationale passant par le centre de la chaîne. Aussi Toulouse est-elle placée dans les meilleures conditions pour servir de théâtre à ce rendez-vous donné aux productions de notre pays.
- Un des attraits principaux de cette Exposition, et celui qui offrira un cachet tout spécial, consistera dans la grande extension de la section pyrénéenne.
- Les dispositions particulières données à cette section feront connaître au monde scientifique et commercial, la Géographie, le Préhistorique, l’Histoire, l’Ethnographie et l’Histoire naturelle des deux versants de la chaîne, encore si peu connus et pourtant si riches en sites pittoresques et en produits de toute nature, métaux, marbres, eaux minérales, essences forestières, etc., etc. Les visiteurs auront ainsi sous les yeux une monographie parlante delà région et ils pourront se convaincre que nos montagnes n’ont que peu de choses à envier à leurs rivales, les Alpes, où des milliers de touristes et de malades arrivent en foule chaque année.
- L’Expositiom sera installée non loin du centre de la ville, sur les vastes promenades dont l’ensemble porte le nom de Boulingrin et qui font l’admiration des étrangers. En outre du bâtiment principal et de ses annexes, dont la surface dépassera vingt mille mètres carrés, il sera édifié, dans les magnifiques jardins qui l’entourent, une grandiose salle de fêtes et de conférences, et rien ne sera négligé pour accroître le plaisir des yeux et les satisfactions de l’esprit. Des expositions temporaires des produits de l’horticulture et de la race ,canine ajouteront encore aux charmes de cette grande fête du travail, et viendront en rehausser l’éclat. Enfin, nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer qu’à la même époque, l’Association française pour l’avancement des sciences tiendra à Toulouse sa seizième session annuelle.
- C’est donc avec une entière confiance que la ville offre aux industriels et aux commerçants une hospitalité digne d’eux-mêmes et de la capitale géographique du midi de la France. Aussi nous ne doutons pas que cet appel ne soit entendu et attire à Toulouse, en 1887, un public considérable parmi lequel les exposants ne pourront manquer de nouer de fructueuses relations.
- Immédiatement aprèsla clôture de l’Exposition, un jury nombreux, composé des représentants les plus autorisés de la science et de l’industrie, décernera des récompenses consistant en diplômes d’honneur, de médailles d’or, d’argent et de bronze et en mentions honorables.
- En conséquence, nous avons l’honneur de vous inviter à vouloir bien contribuer par l’envoi de vos produits, à l’éclat de la IXe Exposition nationale de la ville de Toulouse.
- A cet effet, nous avons l’honneur de vous adresser sous ce pli :
- i° Un règlement général de /’Exposition ;
- 2° Une Classification provisoire des produits exposés ;
- 3° Deux bulletins de demande d’admission.
- Vous voudrez bien nous retourner un de ces bulletins, revêtu de votre signature, après en avoir rempli aussi complètement et aussi exactement que possible toutes les indications.
- Il y sera répondu, s’il y a lieu, sur l’avis de la Commission de réception des produits, par l’envoi d’un certificat d’admission qui devra toujours précéder l’expédition des produits. Ce certificat d’admission sera lui-même accompagné de règle-
- ments spéciaux déterminant les conditions relatives au groupe dont chaque exposant fera partie.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération la plus distinguée.
- Le maire de Toulouse, Président du Comité d’Administration,
- J. Sirven.
- Les travaux pour l’installation de l’Exposition de 1887 viennent de commencer sur l’allée Saint-Etienne, à Toulouse.
- La longueur totale de cette allée Saint-Etienne est de 070 mètres; sa largeur de 39 mètres 5o. Le tout doit être recouvert. C’est donc une surface de 14,5 1 5 mètres carrés de toiture qu’il faut construire en charpente.
- Dans l’axe de l’allée, sur une largeur de 16 mètres, il y aura une halle centrale, d’une hauteur de 18 mètres. Elle sera flanquée de deux halles latérales de 11 mètres 75 de largeur chacune sur 14 mètres de hauteur. Un immense ciel ouvert vitré éclairera l’intérieur de ces trois halles.
- Les ouvriers terrassiers ont commencé le nivellement du sol ; les bûcherons abattent tous les arbres; les paveurs ont emporté sur l’allée Saint-Michel les cailloux qui formaient les gondoles, et les treillageurs entourent le périmètre de la promenade d’une clôture de la Gironde, qui en défendra l’entrée au public. Pour le moment voilà où en sont les travaux.
- Un comité vient de se former à Paris, chargé de représenter le comité de Toulouse. Il est chargé de recevoir et de centraliser les adhésions et de les transmettre à la municipalité.
- Les bureaux sont établis à Paris, 18, rue Bergère, où l’on pourra se procurer tous les renseignements nécessaires.
- Voici la composition des deux comités de Paris. COMITÉ D’HONNEUR
- MM.
- De la Porte, député, sous-secrétaire d’Etat aux colonies.
- Bozérian, O •>£, sénateur.
- De Lanessan, député.
- E. Farcy, O député.
- Vernière, député.
- Wilson, député.
- G. Berger, C^, directeur général de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889.
- Albert Grodet, O sous-directeur des colonies. Cauvet >&, directeur de l’Ecole centrale.
- COMITÉ D’INITIATIVE
- MM.
- Braqueniè, O président, manufacturier.
- G. Sandoz, vice-président, fabricant d’horlogerie-bijouterie, président honoraire du Syndicat du Palais-Royal.
- Wolff, vice-président, fabricant de papiers, membre du Conseil d’escompte au Comptoir d’escompte.
- Lahure, secrétaire, imprimeur-éditeur.
- Vigneron, secrétaire, vice-président de la Chambre syndicale des machines à coudre.
- Allain, négociant en vins, ancien maire du xn° arrondissement, président honoraire de la Chambre des vins.
- Bréant, >&, fabricant de châles, ancien trésorier de la Chambre syndicale des tissus.
- Cabirau, ingénieur civil, rédacteur en chef du Moniteur de VExposition de 188 g.
- Chapu, fabricant de produits alimentaires, membre de la commission des valeurs en douane.
- Franz Gaze, propriétaire.
- Gand, luthier du Conservatoire.
- Goelzer, fabricant de bronzes d’éclairages. Laffineur, publiciste.
- Lecoustellier, président du Tribunal de commerce d’Abbeville.
- Lemoine, O président de la Chambre syndicale de l’ameublement.
- Levallois, üfc, président de la Chambre syndicale des tissus, adjoint au maire du 11e arrondissement.
- Lf.ys, efc, tapissier.
- Muhlbacher, jfc, carrossier.
- Nivert, O >fc, banquier, adjoint au maire du xvne arrondissement.
- Pelpel, iftS distillateur,
- Rocaché, O #, maire du xi° arrondissement. Thierry, (Gustave), céramiste, président de la Chambre syndicale de la verrerie.
- Violet, banquier.
- Vickham, I.-P., chirurgien, président de la Chambre syndicale des appareils de l’art médical, adjoint au maire du il® arrondissement.
- Nous recevons le premier numéro du Moniteur de VExposition nationale de Toulouse ; c’est le Journal officiel de cette exposition, que les exposants consulteront avec profit. Nous reviendrons sur cette intéressante publication.
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- Dimanche 17 Octobre 1886
- 7 MONITEUR LE E EXPOSITION DE 1889
- EXPOSITION INTERNATIONALE DES ARTS ET DES SCIENCES
- INDUSTRIELS
- V' U E D E LA S E C T I O N R U S S F,
- l-YUE DF. I.A NEF CENTRALE 2_LES POUPEES ET BRODERIES RUSSES (Photographies de M.M. Broise et Courtier; plaques de M M Guillèminot et C18')
- Sgap,3. rue de l'Echelle , Pons
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- Deuxième Année. — N° 94.
- EXPOSITION DE HANOÏ
- Une exposition, comprenant les produits naturels et ouvrés de la France, de ses colonies et des pays soumis à son protectorat, s'ouvrira à Hanoï le i5 janvier prochain.
- Les objets exposés seront distribués entre les groupes suivants : produits du sol et du sous-sol, machines, habitations et travaux publics, meubles et ustensiles usuels, vêtements, objets de luxe, sciences, beaux-arts, collections, animaux vivants, batellerie fluviale.
- Les négociants et industriels français, désireux de prendre part à cette exposition, sont engagés à envoyer des produits susceptibles de trouver des acquéreurs en Indo-Chine.
- Le ministère de la marine se chargera, sans qu’il puisse en résulter, d’ailleurs, pour lui aucune responsabilité, du transport gratuit des objets dont la nature, le nombre et les dimensions ne constitueront pas un danger, ni une cause-d’encombrement trop considérable pour les bâtiments sur lesquels ils seront embarqués.
- Les demandes relatives aux envois devront être adressées, en temps utile, au ministère des affaires étrangères (sous-direction des protectorats). Elles indiqueront le.nombre, l&nature et la dimension des colis.
- Le jury de l’Exposition disposera de nombreuses récompenses auxquelles le résident général se propose d’ajouter, avec l’approbation du gouvernement de la République et du roi d’Annam, certaines distinctions honorifiques. Enfin, des achats seront faits et une loterie sera établie parles soins de l’administration du protectorat.
- Tout fabricant ou industriel qui fera un envoi d’échantillons ou d’albums de modèles au musée commercial de Saigon au,ra droit à une insertion gratuite, plusieurs fois répétée, faisant connaître son nom, son adresse, la nature de ses produits et renvoyant au musée pour la communication de ses échantillons et de ses tarifs.
- Cette insertion aura lieu par les soins de l’administration, non seulement dans le Journal officiel de la Cochinchine française, mais aussi dans le Gia-Dinh-Bao, organe officiel publié en annamite, et sur des feuilles volantes, en caractères chinois, qui seront distribuées à domicile, à tous les négociants chinois de Saïgon, de Cholen et de l’intérieur.
- En outre, à partir du Ier janvier prochain, l’administration n’emploiera, pour ses différents besoins, que des articles de provenance exclusivement française, justifiée par un certificat d’origine de la chamnre de commerce du lieu de production.
- Le résident général en Annam et au Tonkin a décidé qu’une Exposition de produits français et indigènes aura lieu à Hanoï, le 1 5 janvier prochain.
- C’est là une excellente mesure et il est du plus haut intérêt, pour notre industrie, de profiter de cette circonstance pour démontrer aux Asiatiques que les produits français sont souvent supérieurs aux articles fabriqués par nos concurrents d’Europe et d’Amérique.
- M. Camille Gauthier, membre de la chambre de commerce d’Haï-Phong, qui habite l’extrême Orient depuis dix ans, se met à la disposition des industriels français pour les représenter à l’Exposition de Hanoï.
- Il retourne au Tonkin à la fin de novembre et jusqu’à cette époque, il recevra, 26, rue Cadet, les communications et demandes de renseignemens que les chambres de commerce, les chambres syndicales, les groupes d’industriels et les particuliers voudront bien lui adresser.
- EXPOSITION
- DES
- PRODUITS DE L’HORTICULTURE
- Spécialement consacrée aux
- FRUITS, LÉGUMES ET FLEURS
- X>e la S^XISOIST
- La Société* nationale d’horticulture de France ouvrira le 23 octobre, dans le pavillon de la Ville de Paris aux Champs-Elysées, une exposition à laquelle tous les horticulteurs et amateurs français et étrangers sont invités à prendre la plus grande part possible.
- Seront seulement admis à figurer :
- i° Les fruits ;
- 20 Les légumes ;
- 3° Les plantes fleuries de plein air .et de serre et celles à fruit d’ornement;
- 40 Les plantes nouvelles de plein air ou de serre, fleuries ou non ;
- 5° Les bouquets et garnitures de fleurs naturelles.-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Il sera décerné des récompenses consistant en médailles d’or, de vermeil (grand et petit module), d’argent (grand et petit module), de bronze et en mentions honorables.
- L’Exposition, qui ne comprendra aucun produit manufacturé ni quoi que ce soit en dehors de l’horticulture ou de l’arboriculture, sera divisée en quatre parties distinctes :
- Pour la première partie, fruits, il y aura vingt-quatre concours parmi lesquels nous citerons les fruits nouveaux (non encore dans le commerce), les poires, les pommes, les pêches, le raisin, les ananas, etc.
- La deuxième partie, légumes, comprend quatorze concours : melons, courges, artichauts, salades, choux-fleurs, haricots, pommes de terre, fraises et champignons.
- La troisième partie, la plus importante, réunit trente-quatre concours, dans lesquels nous retrouvons les orchidées, les gloxinias, bégonias, bouvardias, puis les fuschias, pétunias, pelargo-niums, verveines , glaïeuls, reines-marguerites ; cinq concours pour les dalhias, des œillets, des cyclamens, des pyrèthres, etc., et enfin trois concours pour les roses et rosiers dont un le soixante-douzième pour : une ou plusieurs roses de semis non encore au commerce.
- Enfin, le soixante-treizième et dernier concours, qui est la quatrième partie , fleurs coupées, est réservé pour les plus beaux bouquets, les plus belles garnitures de fleurs d’un salon, ornementations diverses en fleurs naturelles, etc., etc.
- Attendons-nous donc à voir des merveilles, car les horticulteurs sont en général des artistes qui n’ont d’autre but que de cultiver l’art par amour de l’art.
- Cette exhibition durera du 2 3 au 26 octobre, et ensuite aura lieu la distribution générale des récompenses des deux expositions de 1886.
- Nous nous empresserons de publier, dès l’ouverture, un compte rendu détaillé de tous ces magnifiques specimens de-la flore moderne.
- A. Ramé.
- LA
- CONVENTION DE NAVIGATION
- FRANCO-ITALIENNE
- C’est le i3 juillet 1862 qu’a été signée la première convention de navigation entre la France et l’Italie, et le décret du 20 janvier 1864 en fixa la durée à douze années, à partir du jour de l’échange des ratifications (article 17). Cette convention fut successivement prorogée jusqu’au 1e1’ mars 1875, au 3o juin et au 3i décembre de la même année, et finalement au 1e1’ janvier de l’année suivante.
- Avec la dite convention, les navires français à vapeur étaient autorisés (article 2) à faire le cabotage le long des côtes de l’Italie, dans les mêmes conditions que les na-vires italiens, ces derniers devant jouir du même privilège en France.
- Cet état de choses ne pouvait plus subsister en présence de la nouvelle loi italienne, adoptée le 6 décembre'dernier par le Sénat, et où on lit à l’article i5: « L’exercice du cabotage le long des « côtes est réservé au pavillon national ; le gou-« vernement du roi pourra, mais seulement pen-« dant les cinq années qui suivront la promulgation « de la présente loi, admettre à l’exercice du cabo. « tage les navires des pays étrangers à la condition « d’une parfaite réciprocité. »
- Il était donc nécessaire de modifier la convention primitive et la question fut traitée par M. Rou-vier, député, ancien ministre du commerce et M. Boselli, député et rapporteur général de l’enquête sur la marine commerciale italienne, aidés par M. Decrais, ancien ambassadeur de France et M. le comte de Robillant, ministre des affaires étrangères d’Italie.
- Les négociations furent très difficiles, mais au commencement du mois de mai dernier, la nouvelle convention fut signée, et comme il fallait qu’elle soit approuvée par le Parlement des deux pays intéressés, l’ancienne Convention de 1862 fut encore prorogée une fois jusqu’au 3o juin 1886.
- Voici les clauses principales de la Convention signée le ier mai.
- Les navires marchands des deux États jouiront du traitement national, en ce qui concerne les taxes et les formalités de la navigation ; on ne pourra pas établir des droits différentiels de pavillon ; la navigation d’escales est accordée aux
- Dimanche 17 Octobre 1886. — Sqg.
- navires français, aux mêmes conditions qu’aux navires italiens ; le cabotage est réservé aux navires italiens, selon le principe fixé par la nouvelle loi sur la marine marchande, dont on a parlé précédemment ; enfin, comme compensation à la grande extension des côtes de l’Italie, supérieures à celles de la France, on avait garanti aux pêcheurs italiens, le long des côtes françaises de la Méditerranée, le libre exercice de leur petite industrie.
- A part quelques remarques faites par la Chambre de commerce de Dunkerque, la nouvelle convention fut accueillie très favorablement en France aussi bien qu’en Italie, et la presse italienne la considérait comme un nouveau traité d’union entre les deux pays; M. Rouvier avait reçu le meilleur accueil de la part du gouvernement italien; le gouvernement français, de son côté, se félicitait du résultat satisfaisant des négociations et rien ne pouvait faire prévoir ce qui allait se passer le 12 et le i3 juillet à la Chambre des députés: l’urgence fut acceptée sans discussion, par 442 voix contre 97, pour la lecture du rapport de M. Etienne qui était en faveur de la Convention négociée par M. Rouvier, la discussion de cette même convention fut votée le 12 par Zdj contre 208 et l’on n’a pas oublié l’interpellation de M. Faure, qui voulait le renvoi du projet à la commission; la Chambre décida autrement par 295 contre 251 voix et après avoir adopté le icr article de la convention, finit par rejeter entièrement le projet de convention par 263 voix contre 252. Ce résultat, complètement inattendu, fut amené par une coalition réactionnaire et protectionniste et fit pousser de hauts cris à presque tous les journaux italiens, qui ne comprirent pas assez bien le rôle joué par cette coalition dans un vote enlevé entièrement par surprise.
- Néanmoins le Parige-Roma, oçgane des Italiens en France et la Tribuna, organe de la gauche parlementaire italienne, ont fait de leur mieux pour rétablir les faits tels qu’ils s’étaient passés ; d’un autre côté, la presse républicaine française, sans distinction de nuance, fut d’accord à constater que la droite avait voulu mettre le Gouvernement dans l’embarras, sans avoir pour cela aucun sentiment d’hostilité contre l’Italie; M. Lockroy, quelques jours après le vote de la Chambre, exprimait aussi ces mêmes sentiments au conseil de la Chambre de commerce italienne à Paris qui lui était présenté officiellement par le général Ménabréa, ambassadeur d’Italie en France.
- Il faut ajouter que la question avait été envenimée par le projet Défisse déposé à la Chambre quelques jours auparavant et qui visait à faire dénoncer le traité de commerce du 3 novembre 1881 existant entre la France et l’Italie en s’appuyant sur l’article 18 du dit traité.
- La proposition Défisse, il faut bien le dire, visait surtout le traité de Francfort qui a été une des causes principales de la crise économique qu’on a traversée dans ces derniers temps, et qui paraît devoir se terminer bientôt ; à l’époque de la signature de ce traité, en 1871, l’Allemagne se déclarait hautement fibre échangiste ce qui était très avantageux pour la France, mais peu de temps après la politique commerciale de M. de Bismarck fit un revirement complet et devint protectionniste à outrance. On arrêta l’importation de tous les produits étrangers qui n’étaient pas protégés par des traités de commerce et l’on augmenta autant que possible l’exportation allemande en France en faisant ainsi bénéficier l’Allemagne des avantages de la nation la plus favorisée qui lui ont été concédés par le fameux traité de Francfort.
- Revenons maintenant à la Convention de navigation franco-italienne.
- Cette dernière ayant été rejetée par la Chambre,, tout régime conventionnel en matière de navigation entre la France et l’Italie dût être interrompu en vertu de la loi italienne de la marine marchande du 6 décembre 1885. Mais à la suite de pourparlers-échangés entre le gouvernement de Paris et celui de Rome-, dans un esprit de conciliation, il fut convenu le 6 août dernier que les abonnements ou patentes en cours seraient de part et d’autre respectés jusqu’à leur expiration ; de même que le pêcheur et le corailleur italien ayant en leur possession des abonnements ou des patentes en cours
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- 35o. — Deuxième Année. — N» 94 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS3g
- pourraient se livrer à leurs industries jusqu’à l’expiration de ces patentes ou abonnements; c’est ainsi que les Messageries Maritimes et la Compagnie Fraissinet purent continuer leur service en Italie et que les pêcheurs italiens des côtes de Marseille ainsi que les corailleurs des côtes d’Alger en firent autant.
- Pour terminer cet exposé nous ajouterons que la Chambre de commerce française de Milan a envoyé au ministre du commerce à Paris dans les premiers jours d’août une demande pour le prompt renouvellement de la Convention de navigation franco-italienne, dans le but de « mettre un terme à un état de crise morale qui refroidit nécessairement les bons rapports sur lesquels on comptait pour conduire à bonne fin des transactions internationales. » C’est à la même époque que le Syndicat des patrons pêcheurs de Marseille adressait au contraire au ministre de la marine une protestation contre l’industrie des pêcheurs italiens, protestation qui naturellement ne pouvait pas avoir de suite. Finalement, dans ces derniers jours, une Commission de la Chambre de commerce italienne à Paris, composée de MM. Galante, vice-président, Rubini, secrétaire, et de notre collaborateur Lazzarini, membre de la Chambre, a été reçue par M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, auquel elle a remis l’ordre du jour suivant :
- « Le conseil de la Chambre de commerce italienne à Paris a pris connaissance d’une lettre de M. Lazzarini, par laquelle l’attention de la Chambre est appelée sur la convention franco-italienne. Considérant qu’il y a la certitude morale d’une entente très prochaine entre les deux gouvernements pour la conclusion de la convention ; — vu que le temps est trop court pour effectuer des études complètes sur ladite convention ; — déplorant les manifestations hostiles du syndicat des patrons pêcheurs de Marseille, contre leurs confrères italiens ; — ayant pleine confiance dans le dévouement du gouvernement italien, pour sauvegarder les intérêts nationaux, et dans un pareil dévouement de la part du gouvernement français dans le but de rallier les intérêts et le développement économique des deux pays; — émet le vœu pour la prompte conclusion du traité, délibérant de faire part de cet ordre du jour à MM. Grimaldi, ministre du commerce en Italie, et Lockroy, Bosselli, négociateur de la convention de navigation pour le gouvernement italien, et Routier. />
- M. Lockroy a accueilli très cordialement la Commission manifestant sa satisfaction pour le vœu émis, qui est tout à fait dans l’ordre de •ses idées, ajoutant qu’il avait regretté la protestation du syndicat des patrons pêcheurs de Marseille et qu’il espérait qu’on donnerait bientôt une solution définitive à la question. Nos informations particulières, d’après une visite que nous venons de faire à M. Rouvier, nous font aussi espérer que d’ici peu le renouvellement de la navigationfranco-italienne sera un fait accompli.
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- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du iq septembre 188b).
- Dans les entreprises où la question littéraire et artistique est liée à la question commerciale comme et surtout dans l’exploitation dramatique, ce grand principe est totalement méconnu aujourd’hui. C’est inconcevable, mais c’est ainsi. On ne cherche pas à vendre de la bonne marchandise, on s’ingénie seulement à faire paraître bonne la marchandise que l’on vend. Aussi ne faut-il pas attribuer seulement à la capricieuse fantaisie du public l’insuccès de certaines entreprises théâtrales, car l’imprudence et le manque de jugement des directions sont le plus souvent seuls responsables des déboires et des mécomptes.
- Il est positif qu’il existe encore des directeurs éclairés, épris d’art, désireux d’arriver à la fortune, tout en servant le théâtre et les lettres ; mais leurs bonnes intentions s’égarent dans le fatal courant qui entraîne tout le théâtre. Les vues les plus
- perspicaces et les plus élevées sont détournées ; un aveuglement frappe tous les esprits devant les résultats prestigieux mais passagers, obtenus par le charlatanisme ; la méthode sincère oscille, chancelle, et le directeur qui s’est installé, la tête pleine de beaux et bons projets, s’abandonne bientôt à la routine et aux errements traditionnels de ses confrères.
- Si le théâtre traverse aujourd’hui une crise dont on constate enfin l’acuité ; s’il se trouve en ce moment dans cette période de trouble et de malaise qui précède les révolutions nécessaires, il faut certainement attribuer cette dégénérescence passagère, bien plus qu’à d’autres considérations, à cette impéritie qui caractérise les directions dans le choix des pièces.
- La routine encrasse le théâtre, l’effarement devant la hardiesse des innovations paralyse le fonctionnement de l’art dramatique. Celui-ci reste stagnant dans les cartons des auteurs inconnus, peu à peu découragés, faute du secours énergique des directions pour l’émulsionner en le produisant au public.
- Jadis, l’initiative du directeur de l’entreprise dramatique avait peu à s’exercer dans le choix des pièces. D’autre part, le rapport entre la production et la consommation était beaucoup moins inharmonique qu’aujourd’hui. On faisait presque toujours les pièces avec la certitude de les voir représenter. Aujourd’hui, une pièce est jouée cent fois ; pendant ce temps-là, on en fait cent autres qui ne seront jamais jouées.
- Le chorège chez les Grecs, les édiles chez les Romains décidaient de la pièce à représenter. Ils se guidaient généralement sur le sentiment public qui demandait qu’on s’adressât à tel ou tel auteur en vogue.
- Aux premiers temps du théâtre en France, on n’avait pas l’embarras du choix. Les organisateurs de représentations étaient le plus fréquemment les auteurs eux-mêmes. La troupe comique, constituée à peu près régulièrement, s’attacha, comme on le sait, une sorte de fournisseur, le poète, faisant partie intégrante de la société. Molière directeur jouait les pièces de Molière auteur. Rien de mieux. Mais jusque-là, le véritable directeur entrepreneur de spectacles, tel qu’il existe aujourd’hui, n’avait pas à mettre en jeu les facultés d’initiative qu’il lui est loisible d’exercer aujourd’hui. D’ailleurs, l’autorité administrative supérieure pesait d’une manière trop inflexible sur le libre arbitre du directeur.' La formule dramatique était officiellement assignée à chaque théâtre.
- Le progrès s’accomplit peu à peu, des évolutions s’effectuent, des écoles différentes se créent. Nous arrivons aux temps modernes, à une époque où le goût du théâtre se développe avec vivacité. Les directeurs cherchent à secouer le joug de l’autorité ; ils cherchent aussi à composer des spectacles satisfaisant la curiosité du public de plus en plus avivée. Aussi apporte-t-on une. grande préoccupation dans le choix des pièces. Chaque théâtre s’assure le concours d’un comité de gens de lettres auquel la direction confie le soin d’apprécier la valeur des ouvrages qu’on lui présente.
- Les comités disparaissent. Il reste un lecteur chargé de la besogne et en lequel le directeur met sa confiance. Puis le lecteur disparaît à son tour et le directeur s’assure à lui seul toute la responsabilité et décide sans conseil du choix de la pièce.
- Il n’y a qu’à la Comédie-Française qu’ait subsisté le principe du comité de lecture lequel, depuis plus d’un siècle, fonctionne à peu près de la même façon. Un homme de lettres, fonctionnaire de la maison, le lecteur, prend une connaissance préparatoire du manuscrit et ce n’est que s’il juge que la pièce a quelque mérite que l’auteur en est admis à faire la lecture devant le comité composé de l’administrateur du théâtre et d’un certain nombre de sociétaires. Ces messieurs, il n’y a plus que des messieurs, délibèrent après la lecture et décident immédiatement par votes si la pièce doit être reçue ou refusée ou reçue à correction. Autrefois, le vote se faisait au moyen de fèves de trois couleurs différentes. On en remettait une de chaque couleur à chaque votant, qui déposait dans l’urne celle qui correspondait à sa manière de voir. On a remplacé les fèves par des boules d’ivoire. C’est le seul progrès effectué. Passons, en nous réservant de l’apprécier plus tard, sur cette organisation de comité de lecture et son mode de vote.
- Mais dans tous les autres théâtres que la Comédie-Française, même pour les scènes subventionnées, le directeur est seul maître du choix de la pièce.
- Comment agit-il ?
- Dimanche 17 Octobre 1886.
- Il est un critérium unique, invariable, omnipotent aujourd’hui, pour l’administrateur d’un théâtre c’est l’autorité du nom de l’auteur. C’est là-dessus qu’on se base, là-dessus et pas sur autre chose. La plupart des directeurs ont presque complètement renoncé à s’occuper des manuscrits déposés chez eux par des inconnus, en revanche, ils acceptent les yeux fermés ceux qui leur sont apportés par des personnages accrédités. Le résultat est que l’initiative et l’originalité ne peuvent trouver de débouchés et que le talent coté s’use bientôt, surmené par une production excessive. Il est presque impossible d’arriver de prime saut au théâtre ; on ne peut guère franchir la porte sacrée qu’accompagné par un homme déjà arrivé, dont l’autorité reconnue sert d’égide au talent inédit et lui prend en échange une grande partie de sa gloire et une plus grande encore de son bénéfice pécuniaire.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
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- LES LIVRES
- LXXIX
- Les Artisans et les Domestiques d’autrefois, par Albebt Babeau.
- — Librairie Firmin Didot et Cie, 1886, un vol. in-8° — Les
- Bourgeois d’autrefois„ un vol. in-8°, même auteur, mêmes
- éditeurs.
- M. Albert Babeau est un écrivain érudit, d’origine et même, croyons-nous, de résidence troyenne (Troyes en Champagne), c’est-à-dire du pays où Grosley et ses amis ont rédigé les facétieux Mémoires de leur prétendue académie, c’est-à-dire du pays où le caractère et les mœurs françaises ont le plus longtemps gardé les vieilles empreintes typiques. Après Alexis Monteil, mais avec plus de probité et de bonheur mérité, parce qu’il n’a pas mêlé la fiction à la vérité, et n’a pas aspiré à la fois par une ambition indiscrète quand il s’agit de la réaliser par le même ouvrage, aux succès de l’historien et à ceux du romancier, M. Albert Babeau est celui qui a pénétré le plus à fond, le plus intimement dans la familiarité de la vie populaire et bourgeoise d’autrefois. L’Académie française et l’Académie des sciences morales et politiques ont justement couronné ses études sur la Ville sous l’ancien régime , la Vie rurale dans l’ancienne France, Y Ecole du village pendant la Révolution, les Voyageurs en France depuis la Renaissance jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui, il vient de publier les Artisans et les domestiques d’autrefois, les Bourgeois d’autrefois, ouvrages remplis de détails neufs et curieux pouvant donner lieu aux plus intéressants rapprochements entre le passé et le présent, entre nos aïeux et nos contemporains. Ces détails, qui permettent de reconstituer la physionomie vraie, la figure authentique de l’artisan, du domestique, du bourgeois aux trois derniers siècles, sont d’un nombre et d’une variété qui ont exigé beaucoup d’ingéniosité chez l’auteur_ poulies bien employer et les bien-distribuer, mais qui rendent très difficile la tâche du critique. Gomment analyser des tableaux ou des portraits qui résultent, comme les images en mosaïque,' de l’assemblage de cent mille cubes colorés? Nous devons donc nous borner à suivre les lignes générales de ces deux ouvrages, en notant et signalant au passage, comme le voyageur longeant un fleuve le fait pour tel ou tel point de vue, tel accident de passage d’une rive ou de l’autre, les .aperçus originaux, les vues décisives, les révélations piquantes, les rapprochements inattendus. Il faut s’attendre à de petites bonnes fortunes plutôt.qu’à des grandes.il est très difficile de conclure en pareille matière. Les conclusions de M. Babeau sont celles d’un juge impartial, c’est-à-dire d’un, observateur porté par l’expérience vers les solutions de juste milieu.
- En somme, et c’est là l’essentiel de la question, autrefois, comme aujourd’hui, et plus facilement peut-être qu’aujourd’hui l’ouvrier pouvait devenir maître, le compagnon patron. Il y avait place à tous les soleils pour le fils de ses oeuvres, -les bons serviteurs n’étaient ni molestés ni avilis. Dans de nombreuses maisons, le serviteur jouissait de la confiance et de l’affection des maîtres, et s’en ressentait de leur vivant et à leur mort. S’il y a une classe ou plutôt un état en décadence, c’est la classe des domestiques, c’est l’état de domestique.
- Autrefois ils demeuraient longtemps de la maison et faisaient partie de la famille, associés à ses joies, à ses douleurs, admis à la familiarité des membres, à l’intimité des affaires. Après de longs et modestes services, moins lucratifs, mais moins compliqués qu’aujourd’hui, les domestiques trouvaient l’indépendance et la paix, dans un fructueux placement de leurs économies ou dans la jouissance de legs qui les mettaient à l’abri du besoin. Aujourd’hui,-on peut le dire, le nombre des serviteurs élevés dans la maison, et s’y succédant, de père en fils, et aussi des libéralités testamentaires aux serviteurs, sont bien inférieurs à ceux d’autrefois. Les domestiques gagnent davantage, mais ne font que passer d’un maître à un autre. On cite
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- Deuxième Année. — N° 04.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- comme de rares exemples les serviteurs demeurés 3o ans dans la même maison ; et on parlait récemment de fonder une médaille d’encouragement et d’honneur pour les chevronnés du service domestique comme pour les vétérans du travail industriel ou commercial. Ce serait une bonne institution, happât du prix Montyon étant certainement insuffisant pour relever la condition et assurer son recrutement de façon à nous donner des émules de la servante de Malherbe, de celle de Molière, de celle de Voltaire, de celle de Colin d’Harleville, de celle de Grosley qui ont perpétué la mémoire de Laforest, de Barbara, d’Elisabeth Noël, ou de ces valets d’aventure et d’occasion, supérieurs par l’esprit, par le courage, par la philosophie à leur condition et souvent à leurs maîtres, qui ont fourni cette galerie de valets typiques immortalisés par le roman ou le théâtre,'de Lesage à Restif de la Bretonne, de Molière et Regnard à Beaumarchais et à Sedaine, en passant par Marivaux et Destouches, de Gil Blas à Jacob, le paysan parvenu, et de Scapin à Figaro, deux canailles, mais bien amusants, en passant par l’honnête Pasquin de Destouches qui apporte ses économies à son maître ruiné et l’Arlequin de Florian qui est dégénéré jusqu’à la bonasserie et au sentiment.
- Sur le logement, le mobilier, la nourriture, les règles du travail et du repos, l’association et les grèves pour l’ouvrier ou compagnon artisan, surlamaison, les ateliers, la chambre de famille, la condition de la femme, de l’enfant, la nature et les proportions du gain, le caractère, les droits et les privilèges, en ce qui concerne le maître artisan, le patron, l’ouvrage de M. Babeau est rempli de notions exactes, empruntées aux archives nationales et provinciales, qui sont le plus souvent de piquantes révélations. Il en est de même des curieux détails dont foisonne son chapitre des domestiques, leur condition dans les grandes maisons, dans les maisons bourgeoises, leurs rapports avec leurs maîtres, leurs gages et leurs legs. Un des traits frappants de cette physiologie, c’est que la domesticité accidentelle ou professionnelle, sous l’ancien régime, n’entraînait aucune dérogeance, aucune humiliation. La domesticité ne dégradait pas de noblesse, comme le commerce. La monarchie s’environnait de grands seigneurs domestiques, depuis le grand veneur jusqu’au grand maître de la garde-robe. Les gouverneurs de provinces, les intendants, les prélats, les favorites, avaient des domestiques nobles. Plus d’un fermier général avait porté la livrée et était monté derrière la voiture avant de monter dedans. Turcaret a été laquais. De' là ce fait qui semblerait aujourd’hui inconvenant sinon monstrueux, de serviteurs, de domestiques des deux sexes, associés à la vie de leurs maîtres jusque dans son intimité, jusqu’à intervenir dans les querelles et les mariages, comme Martine, comme Dorine, jusqu’à changer d’habit avec eux pour une épreuve, un galant subterfuge, comme dans la comédie du Jeu de l’amour et du hasard et d’intendants épousant leurs maîtresses, comme l’intendant d’Araminthe. Cette race de serviteurs que le roman et le théâtre ont empruntés à la réalité a disparu.
- Elle disparaît aussi ou tend à disparaître dans le frottement corrodant, énervant et les promiscuités sociales de ce temps, cette grande bourgeoisie qui date des légistes, de Philippe le Bel et de Charles V, des confidents de Louis XI, des secrétaires de Mazarin, des intendants et des ministres de Louis XIV et des financiers de Louis XV, race fortement pétrie des éléments successifs de la prospérité domestique, de l’influence publique, de l’expérience acquise dans les grandes charges laïques, les offices de magistrature et de finance, l’église et l’armée demeurant le privilège non exclusif, mais prédominant de la noblesse. Cette grande bourgeoisie d’autrefois, formée . du ciment des vieilles traditions, des anciennes mœurs, a fourni à notre histoire des caractères et des figures dont le fameux portrait de Bertin l’aîné par Ingres, peut être considéré comme l’image héroïque, le portrait typique. M. Babeau nous en fait l’histoire, et nous dit en chiffres, en détails bien curieux, l’habitation, le costume, la façon de vivre, de se marier, de s’enrichir, d’élever leurs enfants, des bourgeois des trois derniers siècles, surtout du dernier, c’est-à-dire des marchands, des médecins, des gens de loi, des fonctionnaires et rentiers, des artistes et gens de lettres qui, après avoir été rien, étaient devenus tout en 89, et disputent en ce moment de crise et d’évolution sociale, le reste de leur prestige et de leur puissance à un quatrième état dont les chefs arrivent à la lumière, dont les foules sont encore dans l’ombre et dont l’histoire appartient à l’avenir.
- M. de Lescure.
- La 48e livraison de la Grande Encyclopédie (prix : 1 fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 6r, rue de Rennes, à Paris.
- Elle contient un grand nombre de biographies et de monographies historiques et plusieurs articles de médecine importants, Anémie, Anesthésie, Anévrysme, Angine. Nombreuses illustrations dans le texte.
- Envoi du ier_ volume contre un mandat-poste de 2 5 francs.
- AVIS COMMERCIAUX
- MONTEVIDEO
- Importation de moleskines dans l’Uruguay et la République Argentine
- La Chambre de commerce française de Montevideo donne à ce sujet les renseignements suivants :
- Depuis une douzaine d’années qu’a commencé l’usage de la moleskine dans ce pays, cet article s’importe par quantités énormes. Ce sont des millions de mètres qui s’expédient de notre douane et cette consommation va en augmentant. Mais ce qui est triste à dire, c’est qu’il ne se consomme pas un mètre de moleskine de fabrication française. L’Angleterre en introduit quelque peu dans des qualités tout à fait inférieures. L’Allemagne seule approvisionne nos marchés.
- Il est d’autant plus regrettable que nos fabricants français n’aient pas cherché à rivaliser pour cet article avec l’Allemagne, chose qui pourtant leur serait d’autant plus facile qu’on a commencé récemment à faire usage de ce tissu dans la Confédération Argentine.
- Par les proportions qu’a prises ce début, il y a lieu de croire que cet article entrera de plain pied dans la consommation, et ce sont des chargements entiers qu’il faudra pour suffire aux besoins des quatorze provinces.
- PORTUGAL
- Musée industriel et commercial de Lisbonne
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser la lettre suivante à MM. les présidents des Chambres de commerce :
- Monsieur le Président,
- Pour faire suite à la lettre du ier mai dernier, par laquelle je vous ai annoncé la création d’un musée commercial à Porto, j’ai l’honneur de vous informer que le gouvernement portugais a également décidé la fondation d’un musée industriel et commercial à Lisbonne.
- Comme pour le musée de Porto, la direction du musée de Lisbonne a réservé une section du nouvel établissement à une exposition permanente et gratuite de produits français, d’échantillons, catalogues, prospectus, etc.
- La correspondance relative aux relations à établir avec l’institution dont il s’agit doit être adressée à M. D. Francisco de Mello Breyner, conservateur du musée de Lisbonne, Casa Pia, à Belem (Portugal).
- Je m’empresse de porter à votre connaissance ces renseignements qui viennent de m’être communiqués par M. le président du Conseil, ministre des affaires étrangères, et qui, je l’espère, pourront être utilisés par les industriels de votre circonscription.
- Recevez, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Lockroy.
- RUSSIE
- EAUX MINÉRALES DE POLOGNE
- Le Moniteur officiel du commerce, du 3o septembre, reproduit un tableau adressé par le consul général de France à Varsovie sur la situation des établissements hydrothérapiques du royaume de Pologne, et qui offre des indications susceptibles d’intéresser les capitalistes français disposés à entreprendre l’exploitation de ces établissements.
- TURQUIE
- Création d’un dépôt de produits français a Salonique
- Le consul de France à Salonique annonce qu’un groupe de négociants français résidant en Macédoine et en France a constitué récemment un syndicat en vue d’arriver à la formation d’un dépôt de marchandises françaises, qui serait créé dans cette ville et dont le titre accepté est « Grands magasins parisiens de Macédoine ».
- Le but de cette association serait de mettre en commun capital et marchandises, pour établir dans cette résidence un fonds de tous articles français qui seraient vendus en gros et en détail.
- La situation exceptionnelle de Salonique, qui est desservie par toutes les grandes compagnies à vapeur de la Méditerranée et qui sera prochainement reliée au réseau des voies ferrées européen, donne lieu de supposer que les efforts réunis des maisons françaises dont il s’agit ne pourront, dans un avenir prochain, que développer largement nos échanges avec la Macédoine.
- ITALIE
- CONCOURS INTERNATIONAL DE MACHINES, ETC.,
- A (FERRARE, EN 1887.
- Un concours international de machines et d’instruments pour la culture et les opérations rurales
- Dimanche 17 Octobre iSSC. — 351.
- du chanvre s’ouvrira à Ferrare le 20 août 1887, et sera clos le 3t du même mois.
- Les machines et les instruments admis au concours sont répartis en quatre classes, savoir
- Charrues défonçeuses, semoirs spéciaux pour le chanvre, machines séparées; broies, brisoirs et battoirs ; machines à teiller complètes, qui, à elles seules, fassent parfaitement le teillage du chanvre roui, en produisant au moins deux quintaux de filasse commerciale par heure de travail, sans que la dépense totale dépasse 6 francs par quintal.
- Les récompenses accordées par le ministre de l’agriculture consistent, pour les trois premières classes en médailles d’or, d’argent et de bronze; et pour la 4e classe, en un diplôme d’honneur avec 2,000 francs et l’acquisition, de la part du ministère de l’agriculture, de trois machines à teiller du système qui remportera le premier prix ; 1 médaille d’or, 2 médailles d’argent ; 2 médailles de bronze.
- Le ministre de l’agriculture fera, en outre, pour la somme de 3,ooo francs, l’acquisition de quelques-unes des meilleures machines médaillées des autres classes, eu s’en réservant le choix et la destination.
- Les demandes d’admission au concours doivent être présentées au comité ordonnateur le 3o juin 1887 au plus tard.
- RUSSIE
- Indication des principaux articles d’importation en Pologne
- (Extrait d’un rapport du consul général.)
- Les commandes d’hiver seront bientôt terminées et si nos fabricants se décidaient à envoyer ici des représentants de toutes les branches de l’industrie française, ils pourraient facilement établir des relations de longue durée. Les grands négociants du pays me signalent sans cesse l’absence complète de voyageurs français munis d’échantillons et de prix courants. Cette absence est d’autant plus regrettable que le concours de la presse qui adjure sans cesse le consommateur de s’affranchir du tribut que la Pologne et la Russie paient annuellement à l’Allemagne, serait assuré à notre commerce et que ses agents pourraient ensuite parcourir fructueusement les principaux centres commerciaux de la Russie. Mais au lieu d’aller, comme le producteur allemand, au-devant des commandes, de s’informer du goût et des ressources du consommateur, pour s’y conformer, de varier sa fabrication suivant ses désirs, le producteur français attend que les commandes viennent à lui, impose son goût et ses modèles, refuse souvent de se conformer aux usages commerciaux en vigueur, notamment en ce qui concerne les facilités de paiement et le crédit de 120 jours et se laisse ainsi devancer par ses concurrents de toute nationalité.
- ... Il convient d’adresser un appel général à toutes les branches de l’industrie française, aux exportateurs plutôt qu’aux industriels qui hésitent à immobiliser à l’étranger des capitaux importants dont le rendement ne leur semble pas suffisamment assuré, et de signaler certaines catégories de nos produits qui ne sont pas représentées ou qui ne le sont qu’insuffisamment.
- Les indications relatives aux articles de grande consommation tels que les vins et spiritueux, soieries, draperies, articles de modes et de Paris, produits chimiques, etc., ont déjà été donnés, mais la petite industrie trouverait également en Pologne des débouchés avantageux.
- Les maisons de gros n’achètent pas la bonneterie française dont les prix sont trop élevés pour le plus grand nombre des consommateurs et qui n’a aucun représentant sérieux en Pologne. Quelques négociants de détail font cependant venir de Troyes ou des magasins de blanc de Paris certains articles de bonneterie fine, de fil d’écosse ou de soie et coton. Mais les approvisionnements les plus importants se font en Saxe et les produits de ce pays imitant les nôtres sont accueillis de jour en jour avec plus de faveur en raison de leur prix peu élevé.
- Les lainages de Roubaix et de Reims pourraient soutenir avantageusement la concurrence des produits saxons et reprendre la place prépondérante qu’ils occupaient autrefois.
- Saint-Etienne'et Saint-Chamond pourraient facilement évincer Barmen et Elberfeld pour le commerce des lacets.
- Les fabricants de dentelles et de tulle de Saint-Pierre-les-Calais, qui font d’importantes affaires en Pologne, ont subi depuis quelque temps des pertes considérables en confiant leur représentation à des agents peu recommandables qui ne leur ont procuré que des clients généralement insolvables-. L’exportation de ces articles doit être complètement réorganisée.
- Les articles en caoutchouc trouveraient un placement facile, car on ne compte que quatre fabriques de gutta-percha dans toute la Russie, deux à Pétersbourg, une à.Moscou et une à Riga. Elles occupent environ trois mille ouvriers et le chiffre de leur production annuelle est d’environ six millions de roubles ( 1 5 millions de francs). Cette industrie est susceptible d’une grande extension
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- 352. — Deuxième Année. — N° 94.
- dans un pays où les conditions climatériques obligent une population de cent millions d’habitants à se munir de galoches pendant six à huit mois de l’année.
- On pourrait encore citer parmi les produits dont l’importation est notoirement insuffisante pour les besoins de la consommation la bijouterie en doublé, les articles de bronze commun, la serrurerie, les meules en porcelaine, les plissés; buses, etc. Certaines industries ne sont même pas du tout représentées. Ainsi, il n’y a à Varsovie, pour une population de 440,000 habitants qu’un seul établissement de teinturerie exploité par un Allemand et qui ne peut suffire aux exigences usuelles.
- Certaines maisons françaises ont éprouvé des déceptions et subi des pertes considérables par suite de la légèreté avec laquelle elles ont choisi leurs représentants et du peu de soin qu’elles ont pris de s’assurer au préalable de l’honorabilité et de la solvabilité des destinataires de leurs produits, mais ces déboires peuvent être facilement évités. Il y a à Varsovie certains négociants qui cherchent à exploiter le commerce étranger trop crédule et qui ne prend pas le soin, de se renseigner sur leur compte. Les uns opèrent de la manière suivante : ils envoient d’abord des ordres de <peu d’importance, stipulent que la livraison de la marchandise ne sera effectuée qu’au comptant, et remplissent fidèlement leurs engagements pour inspirer de la confiance au fabricant et obtenir crédit pour des envois ultérieurs beaucoup plus importants dont ils ne remboursent jamais la valeur. Les autres après avoir vendu un rabais de 40 à 5o °/0 les produits étrangers, se font déclarer en faillite ou proposent à.leurs créanciers des ar-range'fnents amiables, tels qu’un versement de 5 à 10 °l0 pour solde de tout compte. Les poursuites judiciaires entraînant des délais et des frais souvent considérables, sans que le succès en soit assuré surtout si, comme dans le plus grand nombre de cas, l’expéditeur de la marchandise n’a exigé ni lettre de change, ni reconnaissance écrite de la dette, il en résulte que notre commerce d’exportation s’expose le plus souvent à des pertes certaines et sollicite l’appui du consulat alors qu’il ne peut plus se produire efficacement en sa faveur, car la sollicitude du gouvernement et le concours de ses agents à l’étranger ne sauraient suppléer à l’absence d’une étude pratique des marchés étrangers, des divers courants du trafic international.
- Boyard,
- Consul général de France.
- ----- —----" n^HgHgv-- in... ......
- LES THÉÂTRES
- Variétés. — Reprise de Lili.
- Chateau-d'Eau. — Juare\, drame en cinq actes et neuf tableaux,
- de M. A. Gassier.
- Déjazet. — Dans une loge, comédie en un acte, de M. Ludovic
- de Lagarde.
- Mme Judic est venue faire une tournée dans cette grande ville d’Amérique qui s’appelle Paris. Elle va y passer en revue tout son répertoire. C’est Lili qui ouvre la marche. C’est une jolie pièce que Lili, malgré son défaut capital d’ouvrage de commande, dans lequel la loyauté comique générale est sacrifiée aux effets dont on veut charger un unique rôle. Les figures de second plan sont d’une particulière fantaisie et Baron, Léonce, Lassouche en avaient fait d’étonnantes caricatures. Dupuis, si parfait comédien dans son fameux triple rôle, a perdu de sa faveur auprès d’un public jadis tellement engoué de lui, ce qui ne l’empêche pas d’être plus fin*et plus consciencieusement artiste qu’il ne l’a jamais été. Pour Mrae Judic, inutile de le dire, elle est toujours exquise. On ne saurait trouver d’épithètes pour exprimer les sentiments qu’elle provoque dans la foule enthousiaste, idolâtre de son talent et de sa beauté. Seulement, seulement, pour ma part, il y a dans Lili, dans ces transformations de Judic, quelque chose qui me choque. Au théâtre, il est difficile de séparer l’artiste de la femme ; il l’est impossible pour une artiste du talent tout particulier de Mme Judic. Eh bien! au 3e acte, ces métamorphoses successives de jeune fille en grand-mère et inversement, loin d’avoir un attrait piquant pour moi, me procurent une impression désagréable. Qu’un homme se vieillisse comiquement au théâtre et fasse de lui-même une caricature cacochyme, cela est bien; mais pour une femme, jouer avec les rides et les cheveux blancs, si délicatement et prestement que ce soit fait, je ne trouverai jamais cela gai, mais, au contraire, navrant.
- La représentation de Juarey a donné lieu, sinon à un véritable orage, du moins à un épouvantable chahut. Elle a fourni cet exemple honteux pour notre civilisation et notre libéralisme, d’un public plus intolérant que la censure elle-même. Bref! sous prétexte de patriotisme (ah ! le patriotisme, où trouve-t-il toujours le moyen de se nicher), on avait organisé contre ce pauvre drame de Juarey une sorte de cabale de la dignité nationale offensée, et tout cela s’est tourné en une simple gaminerie, une polissonnerie d’une salle entière en goguette, sif-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- fiant à tort et à travers, hurlant sans savoir pourquoi et refusant systématiquement d’écouter les acteurs. Impossible, au milieu de ce tumulte, de distinguer la marche de la pièce, de juger du style, d’analyser profondément les caractères ; il nous a semblé, toutefois, percevoir une figure vraiment intéressante de femme patriote exaltée, dévouée à Juarez comme une sainte femme au Christ. Les caractères de Juarez et de Maximilien, d’ailleurs, sont vraiment beaux et bien tracés. Celui de Bazaine, resté dans l’ombre, est difficilement saisis-sable. Quant à la facture de l’œuvre, on peut reprocher à la pièce une coupe par monologues, peu favorable à l’effet scénique. Les acteurs se sont vaillamment défendus contre une malveillance gouailleuse d’un public à la fois gobeur et sceptique, ce fameux public des premières, recruté de bric et de brac, sélection éclectique de nigauds et de blasés qui ricanaient à quelques tournures de phrases malheureuses de M. Gassier, après avoir pleuré et s’être pâmés aux sensibleries grotesques de M. Den-nery et aux tours de passe-passe charlatanesques de M. Sardou.
- Enfin, cette soirée a surabondamment prouvé l’inutilité absolue de la censure, puisqu’après tous les efforts essayés pour faire de cette représentation un scandale dangereux, on n’a réussi qu’à obtenir un vulgaire boucan. Devant un public moins spécial, la pièce eût été tranquillement écoutée. Si le public n’est pas encore mûr pour la liberté, le public ordinaire l’est dorénavant, cela est maintenant bien établi. Donc, plus de censure !
- Le directeur du théâtre Déjazet a eu l’heureuse et artistique idée de trancher avec cette coutume des théâtres de genre de faire, de la petite pièce qui accompagne la grande, un simple lever de rideau, sans importance, joué par-dessous la jambe. M. Bos-chert veut offrir à son public une véritable petite comédie, dont le sort ne soit pas servilement lié à celui de la grande pièce de la soirée et dont le mérite personnel soit un attrait de plus pour le spectacle. La pièce de M. Ludovic de Lagarde, Dans une loge, est extrêmement amusante. Elle nous montre l’intérieur du salon d’un concierge, pardon, suisse (son grand-père était portier, son père était concierge, lui il est suisse). Là se rencontrent successivement un jeune peintre du cinquième , l’ennemi damné du vénérable suisse ; Gaëta, une jeune élève du Conservatoire, nièce du même suisse ; M. de Barbefière, un gentilhomme déjà sur l’âge, qui se fait passer pour le professeur de déclamation de Gaëta ; Mme de Barbefière, femme de ce dernier, qui s’est réfugiée dans cette loge de concierge, poursuivie qu’elle était par un jeune gommeux très effronté. La petite Gaëta, laquelle se fait donner des leçons par M. de Barbefière, est 1a- maîtresse du jeune peintre, tout en ayant eu préalablement des bontés pour le gommeux effronté. Mm0 de Barbefière, son mari et le gommeux, qui se sont cachés chacun de leur côté pour s’éviter, sont mis au courant de cette situation. Le concierge chasse avec dignité sa nièce et son séducteur de peintre. Le Barbefière, penaud et surpris par sa femme, obtient son pardon. Quant au gommeux effronté, pour lui, c’est à recommencer.
- Tout cela est troussé le plus lestement du monde, les situations embarrassantes se succèdent avec prestesse et le dialogue est fort spirituel.
- M. Boschert a fait donner dans cette petite comédie quelques-uns de ses meilleurs pensionnaires. MM. Lacombe, Loberty, Prévost, Emilien, Martin, Mmes Lunéville et d’Elhée mènent la pièce avec un grand entrain.
- Renaissance. — Les trois noces, comédie en trois actes, de
- MM. Clerc frères.
- Porte-Saint-Martin . — Reprise de la Tour de Nesle,
- On vient de jouer à la Renaissance une comédie dont la représentation a donné lieu à un débat intéressant entre les auteurs et le directeur du théâtre.
- Nous éprouvons personnellement une vive sympathie pour le directeur de la Renaissance. Il est jeune et il aime passionnément le théâtre, deux qualités bien rares chez un directeur. D’ailleurs, il a bien mérité de l’art avec les efforts qu’il a accomplis pour produire des ouvrages littéraires dédaignés par d’autres scènes, et il a eu l’honneur et le courage de faire représenter une dés pièces les plus remarquables, sinon la plus remarquable de notre époque, la Parisienne de M. Becque. Aussi, nous déplorons qu’il ait été piqué, comme tant d’autres, de la terrible tarentule du remaniement quand même, et qu’il n’ait pas consenti à la représentation intégrale de l’œuvre de MM. Clerc. Une pièce, en principe, ne doit pas être retouchée. Si tant est que certaines considérations imposent des modifications, ce sont les auteurs eux-mèmes qui doivent les pratiquer. Un peintre laisse-t-il redresser les lignes de ses figures par un autre que lui-même, un sculpteur modeler à nouveau les formes de ses personnages. Pourquoi n’a-t-on pas le même respect pour l’ouvage dramatique P Hélas! un jeune auteur a produit une pièce, on lui impose un collaborateur. La pièce n’a-t-elle pas de succès, le collaborateur reste dans la coulisse en disant : voyez comme c’est manvais, jugez un peu si je n’y
- Dimanche 17 Octobre 1886.
- avais pas apporté quelques corrections. La pièce a-t-elle du succès, le collaborateur s’avance triomphant : on m’avait confié une turpitude, j’en ai fait un chef-d’œuvre; et il a toute la gloire et une grande partie des recettes. Et pourquoi cette tradition du remaniement? Souvent quelques considérations peu propres sont en jeu ; n’en parlons pas. D’autres fois on craint l’inexpérience de l’auteur débutant. Mais l’inexpérience, c’est la qualité la plus rare, la plus merveilleuse au théâtre; l’inexpérience, c’est la faculté du talent, la nécessité du génie ; c’est la jeunesse, l’innovation, la loyauté de l’œuvre, le mépris des ficelles et des trucs. L’inexpérience c’est Tartufe avec son dénouement, que d’aucuns taxent d’absurde et qui est une trouvaille ; c’est Hamlct avec son obscurité ; c’est le Mariage de Figaro avec son intrigue embrouillée. Les grands hommes sont ceux qui savent conserver, toute leur vie, ce don précieux de l’inexpérience. Ne la refoulez pas, l’inexpérience, laissez-là, au contraire, s’offrir, s’étaler, s’épanouir vigoureusement comme une plante vivace et luxuriante, car c’est le rêve qui jaillit, c’est la gaieté rayonnante, c’est l’esprit qui éclate. Vive l’inexpérience!
- Et maintenant, à la Tour de Nesle !
- On vient de reprendre, à la Porte-Saint-Martin, ce drame légendaire, qui peut être considéré comme le parangon du drame, selon la formule romantique et truculente. Il est trop tard aujourd’hui pour formuler un jugement sévère sur la Tour de Nesle, il y a prescription. Bien que dans cet ouvrage, aux termes de Dumas même, quelque chose rappelle la fatalité antique de Sophocle, mêlée à la terreur scénique de Shakespeare, ces glorieux souvenirs ne viennent plus à la pensée du spectateur moderne qu’au travers d’un certain voile d’ironie. D’aucuns même ne veulent plus voir dans la Tour de Nesle qu’une manière de majestueuse opérette. Cela est injuste et la naïveté démodée de cette forme dramatique ne peut exclure la beauté superbe de certaines situations. Au reste, c’est véritablement si amusant la Tour de Nesle, c’est l’expression d’une outrance d’art, d’une exagération qui n’en demeure pas moins littéraire et théâtrale. Aussi, l’on aura encore un reste d’estime pour ce drame superlificoquentieux quand le suprême ridicule aura définitivement consacré les pleurnicheries de M. Dennery.
- Autre question, enterrée maintenant, mais qu’on exhume toujours à l’occasion d’une reprise de la Tour de Nesle. L’ouvrage est-il de Dumas ou de Gaillardet? L’opinion moderne semble en avoir attribué, dans un jugement à la Salomon, la paternité à Dumas; pourquoi? Parce que Dumas a fait des douzaines de drames et que Gaillardet n’en a fait qu’un. Quelle misérable raison ! si les deux mères de la Bible avaient dit au roi des Juifs, l’une : moi, j’ai déjà quatorze enfants, l’autre : moi je n’en ai qu’un; en eût-il été certain que l’enfant litigieux devait appartenir à la mère aux quatorze autres. Oh! l’ave-uglement des coteries, l’asservissement de la foule aux réputations acquises. Pourtant il y a deux choses dans une pièce, le fond et la forme ; le fond, la conception, viennent incontestablement de l’auteur primitif, Gaillardet ; Dumas a seulement donné la forme, cette forme pour laquelle on n’a plus, aujourd’hui, qu’une admiration gouailleuse. Donc, tout le mérite revient à Gaillardet. Que ne lui rend-on cette justice à lui, qui n’a d’autre objet de gloire !
- M. Duquesnel a monté la Tour de Nesle avec un grand luxe. Les décors sont fort beaux. Les costumes sont d’une irréprochable exactitude, en revanche quelques-uns sont d’un esprit étrange. Dumaine lait une entrée au 7me tableau, revêtu d’un manteau blanc artistiquement drapé, portant sur l’épaule un blason qui ressemble beaucoup à celui de la ville de Paris, le front ceint d’un diadème, la main au pommeau de l’épée ; on dirait d’une représentation allégorique et barbue de notre bonne capitale.
- L’interprétation est excellente. Mrae Tessandier donne un grand caractère de fatalité et de passion au rôle odieux de Marguerite de Bourgogne. M. Volny est un Gauthier d’Aulnay très beau garçon, superbe gentilhomme et ardemment convaincu, Léon Noël représente avec beaucoup de pittoresque la figure originale de Landry ; quant à Dumaine, il est absolument pariait, au-dessus de tout éloge. Il n’y a que lui pour donner au personnage de ce sacripant de Buridan cette tournure pleine de charmante désinvolture et d’une canail-lerie si séduisante. Lui seul sait lancer ces tirades romantiques et, au moment où le ridicule pourrait transparaître, escamoter la phrase avec ce sourire si bon et si fin de conteur qui voit qu’il a été trop loin dans l’extravagance. Dumaine est une des figures artistiques les plus originales de notre époque; de simple acteur de mélodrame, il s’est fait grand comédien, quand tant de comédiens, chaque jour, se transforment en vulgaires premiers rôles de mêlo.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —Imp. E.ARRAULTet H>* rue delà Préfectire, G
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-
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE
- Y&,
- Rédaction et Administration : i8} rue Bergèref 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE,
- Dimanche 24 Octobre 1886.
- NUMÉRO g5.
- SOMMAIRE :
- i. Arrêtés; 2. Comité administratif de direction de l’Exposition ; 3. L’Exposition de 1889 ; 4. Les Echos; 5. La caisse de retraites du Bon Marché; 6. Exposition du jubilé royal de Manchester ; 7. L’Exposition de Liverpool ; 8. L’art céramique à l’Exposition des sciences et des arts industriels ; 8. Les Livres ; 9. Avis commerciaux ; xo. Les Théâtres,
- ARRÊTÉ
- INSTITUANT UN COMITE TECHNIQUE D’ÉLECTRICITÉ, POUR ASSISTER LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’EXPLOI-TATION DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu le rapport présenté par le directeur général de l’exploitation ;
- Sur la proposition du directeur du cabinet et du personnel,
- Arrête :
- Art. ier.— Il est institué, pour assister le directeur général de l’exploitation, un comité technique d’électricité.
- Art. 2. — Sont nommés membres de ce comité :
- MM. Becquerel (Edmond), membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Cornu (Alfred), membre de l’Institut, professeur à l’école polytechnique, ingénieur des mines.
- Desprez (Marcel), membre de l’Institut.
- Lévy (Maurice), membre de l’Institut, professeur au collège de France.
- Lippmann (G.), membre de l’Institut, professeur à la faculté des sciences de Paris.
- Lœwy (Maurice), membre de l’Institut, sous-directeur de l’Observatoire, président de la société internationale des électriciens.
- Mascart, membre de l’Institut, professeur au collège de France, directeur du bureau central météorologique.
- Perrier (le colonel), membre de l’Institut, membre du bureau des longitudes.
- Armengaud, membre du conseil municipal de Paris, ingénieur civil. .
- Baille, répétiteur à l’école polytechnique.
- Bartet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ingénieur en chef des promenades de la ville de Paris.
- Bergon, ancien directeur du matériel et de la construction au ministère des postes et télégraphes.
- Blavier, inspecteur général des télégraphes, directeur de l’école supérieure de télégraphie.
- Caël, directeur-ingénieur des télégraphes de la région de Paris.
- Carpentier (J.), ancien ingénieur des manufactures de l’Etat, constructeur-électricien.
- Chatard, représentant de la maison Edison.
- Fontaine (Hippolyte), président honoraire de la chambre syndicale d’électricité, administrateur délégué de la société Gramme.
- Fribourg, directeur du matériel et de la construction au ministère des postes et télégraphes.
- Gariel, membre de l’académie de médecine, secrétaire de l’association française pour l’avancement des sciences.
- Hospitalier (Edouard), professeur à l’école de physique et de chimie industrielle de la ville de Paris.
- MM. Huet, inspecteur général des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de la ville de Paris.
- Joubert, secrétaire général de la société française de physique.
- Jousselin (Paul-Louis), ingénieur électricien, inspecteur principal de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Mediterranée.
- Lemonnier (Hippolyte), constructeur-électricien, president de la chambre d’électricité.
- Ménier (Henri), industriel.
- Mercadier, ingénieur des télégraphes, directeur des études à l’école polytechnique.
- de Méritens, ingénieur et constructeur électricien.
- Napoli, ingénieur chef du laboratoire d’essai au chemin de fer de l’Est.
- Planté (Gaston), électricien.
- Postel-Vinay, constructeur électricien, vice-président de la Chambre syndicale d’élec-cité.
- Potier, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école polytechnique.
- Raynaud (Jules), ingénieur des télégraphes, professeur à l’école supérieure de télégraphie. " ,
- Richard (M.), administrateur délégué de la société générale des téléphones.
- Rothschild (le baron Edmond de).
- Sartiaux (Eugène), chef du service télégraphique du chemin de fer du Nord.
- Sciama, directeur de la maison Bréguet, vice-président de la Chambre syndicale d’électricité.
- Sebert (le colonel H.), directeur du laboratoire central de la marine.
- Violle, maître de conférences à l’école normale supérieure.
- Vivarez (Henri), ancien élève de l’école polytechnique, secrétaire de la Chambre syndicale d’électricité.
- Art. 3. — Les secrétaires du comité seront désignés par un arrêté ultérieur, sur la présentation du directeur général de l’exploitation.
- Paris, le 17 octobre 1886.
- Edouard Lockroy.
- ARRÊTÉ
- INSTITUANT UN COMITE TECHNIQUE DES MACHINES, POUR ASSISTER LE DIRECTEUR GENERAL DE L’EXPLOl-TATION DE L’EXPOSITION DE 1889. '
- Le ministre du commerce et de l’industrie,
- Vu la loi du 6 juillet 1806 ;
- Vu le décret du 28 juillet 1886 ;
- Vu le rapport présenté par le directeur général de l’exploitation ;
- Sur la proposition du directeur du cabinet et du personnel,
- Arrête :
- Art. ier. — Il est institué, pour assister le directeur général de l’exploitation, un comité technique des machines.
- Art. 2. — Sont nommés membres de ce comité :
- MM. Philipps, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, examinateur à l’école polytechnique.
- Résal, membre de l’Institut, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école polytechnique et à l’école des mines.
- Hâton de la Goupillière, membre de l’Institut, inspecteur général des mines, professeur à l’école nationale des mines.
- MM. Barba, ingénieur en chef de la société Schneider et Cie.
- Bariquand, constructeur mécanicien.
- Bechmann, ingénieur des ponts et chaussées, faisant fonctions d’ingénieur en chef du service des eaux de la ville de Paris.
- Béthouard, ancien constructeur de moteurs hydrauliques.
- Bougault, sous-directeur général de la société anonyme des anciens établissements Cail.
- Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur des études à l’é cole nationale des ponts et chaussées.
- Comberousse (de), ingénieur civil, professeur à l’école centrale des arts et manufactures et au Conservatoire national des arts et métiers.
- Contamin, ingénieur du matériel des voies à la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Gornut, ingénieur en chef de l’association des propriétaires d’appareils à vapeur du nord de la France.
- Debize, ingénieur en chef du service central de constructions à la manufacture nationale des tabacs.
- Delaunay, constructeur de générateurs à vapeur, de la maison Belleville et Cie.
- Duval, directeur général de la compagnie de Éives-Lille.
- Farcot (Joseph), constructeur de machines à vapeur.
- Feray (Léon), constructeur de machines hydrauliques.
- Hirsch, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l’école nationale des ponts et chaussées et au Conservatoire national des arts et métiers.
- Krebs (le capitaine), capitaine adjudant-major aux sapeurs-pompiers.
- Laurens (Camille), ingénieur civil.
- Lecœuvre, ingénieur civil, ancien professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Lecouteux père, constructeur-mécanicien.
- Pérignon, ingénieur civil ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures.
- Piat (A.), mécanicien-fondeur.
- Raffard, ingénieur-mécanicien.
- Raymond (Francisque), député.
- Richard (Gustave), ingénieur civil, ingénieur mécanicien de la société des moteurs à gaz, directeur de la société des constructions mécaniques spéciales.
- Richemond, juge au tribunal de commerce, administrateur-directeur de la société centrale de construction de machines.
- Tissandier (Gaston), aéronaute.
- Art. 3. — Les secrétaires du comité seront désignés par arrêté ultérieur, sur la présentation du directeur général de l’exploitation.
- Paris, le 17 octobre 1886.
- Edouard Lockroy.
- COMITÉ ADMINISTRATIF
- DE DIRECTION DE L’EXPOSITION
- Séance du vendredi i5 octobre 1886.
- Le comité administratif de direction de l’Exposition universelle de 1889 s’est réuni vendredi dernier sous la présidence de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- Les trois directeurs généraux, MM. Alphand, Berger et Grison, assistaient à la réunion ainsi que MM. Payelle et Paulet, secrétaires.
- Le comité a longuement examiné le plan définitif de l’Exposition en ce qui concerne la tour
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- 354- — Deuxième Année. — N° ç)5
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 24 Octobre 1886.
- de trois cents mètres, les palais où seront exposés les produits industriels, les palais des Beaux-Arts, les jardins et les pavillons de service qui s’y trouveront répartis.
- Les devis ont également été examinés, de façon à ce que le plan général et les devis puissent être soumis à l’approbation de la commission de finance et de contrôle, qui sera convoquée en assemblée générale prochainement.
- Le comité a décidé la création de deux commissions techniques, destinées à assister M. Berger, directeur général de l’exploitation, dans l’organisation des diverses parties de l’Exposition.
- Ces deux commissions, composées d’hommes spéciaux, auront à traiter les questions d’électricité et de mécanique. (Nous publions plus haut la liste des membres de ces deux commissions.)
- Une 3e commission celle de l’histoire rétrospective du travail, sera ultérieurement nommée.
- Le comité a ensuite arrêté les bases du cahier des charges relatif à l’adjudication du droit d’affichage et de publicité sur les palissades qui vont clôturer le Champ-de-Mars.
- L’EXPOSITION DE 1889
- Les forages et les sondages du sol sont activement poussés et seront terminés dans très peu de jours. Les grands travaux vont donc pouvoir commencer sous peu au Champ-de-Mars.
- Dans une de ses dernières séances, le comité des travaux a arrêté définitivement le tracé du chemin de fer qui doit servir à la construction et au transport des marchandises et dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs.
- La ligne, branchée sur la gare actuelle du Champ-de-Mars, traversera une partie du square et se dirigera en ligne droite parallèlement à l’avenue de Suffren, jusqu’au fond du Champ-de-Mars.
- De cette ligne principale, partiront des lignes transversales réunies elles-mêmes par des voies de jonction.
- Le tout formera une série de quadrilatères mesurant près de sept kilomètres. A chaque point d’intersection se trouveront des plaques tournantes, au nombre de quarante-trois, dont la manoeuvre permettra de transporter les matériaux et les marchandises au point précis où ils devront être utilisés ou placés.
- Des négociations sont actuellement entreprises avec la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, pour l’installation en location de ces lignes qui seront simplement couvertes au moment de l’ouverture de l’Exposition, et que l’on n’aura qu’à dégager au moment de la clôture de l’Exposition et de la démolition des pavillons.
- ÉCHOS
- Paris
- Une intéressante exposition des œuvres de M. Weber, peintre du ministère de la marine, dont on connaît le grand talent, est ouverte depuis mercredi, chez Goupil, place de l’Opéra.
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- Le peintre Castellani, _ l’auteur du panorama de Belfort, travaille, paraît-il, en ce moment, en vue de l’Exposition de 1889 à un grand panorama de la place de l’Opéra, un jour de gala. Cette œuvre contiendra, paraît-il, près de 800 portraits.
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- On assure que les travaux de la Bourse de commerce^vont entrer dans la période d’exécution ; les 25 millions auraient été versés à la ville par le Crédit Foncier ; les difficultés d’enregistrement, qui roulaient sur une somme de 900.000 fr.,
- seraient aplanies. En conséquence, les congés vont être donnés.
- M. Blondel aura dix-huit mois pour terminer les constructions. Ce délai partira du jour de la remise des terrains par la ville, c’est-à-dire au mois de mars prochain.
- Dans un très court délai, les travaux de la Bourse proprement dite seront, paraît-il, commencés. On procéderait d’abord par la couverture.
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- D épartements
- Le ministre de l’agriculture a décidé que les concours régionaux agricoles de 1887 auraient lieu dans les départements qui ont reçu, en 1886, la visite des jurys de prime d’honneur, aux dates et dans les villes ci-après :
- Du 7 au 15 mai, à Rennes.
- Du 14 au 22 mai, à Poitiers.
- Du 21 au 30 mai, à Melun.
- Du 28 mai au 5 juin, à Nevers.
- Du 4 au 12 juin, à Grenoble.
- Du 11 au 19 juin, à Tulle.
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- Chargé en 1885 et 1886 de trois missions du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts pour étudier en Europe la situation actuelle des industries artistiques et le fonctionnement des institutions fondées pour leur développement, écoles, musées, etc., M. Marius Vachon a voulu faire connaître de vive voix aux chefs d’industrie et aux ouvriers les informations nombreuses qu’il a recueillies en voyage, particulièrement sur l’outillage de la concurrence allemande.
- Il a organisé,, en conséquence, une campagne de conférences publiques, sous le patronage et avec le concours des chambres de commerce.
- La saison dernière, notre confrère a fait trois de ces conférences à Saint-Etienne, à Limoges et à Rouen. Des milliers d’ouvriers et de chefs d’industrie y ont assisté ; cet automne, M. Marius Vachon va aller, sur l’invitation des chambres de commerce, à Tours, à Elbeuf, à Grenoble, à Besançon et à Lyon. Il retournera à Saint-Etienne et à Rouen.
- L’œuvre a donc été jugée avec raison, par les représentants de l’industrie et du commerce, utile et opportune.
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- L’exposition de la Société des amis des arts de Reims a été ouverte au cirque le 2 octobre. Elle durera jusqu’au 15 novembre.
- ETRANGER
- Allemagne
- Une exposition, consacrée aux produits nouveaux ainsi qu’aux derniers perfectionnements réalisés dans la fabrication et l’industrie du papier a eu lieu à Berlin, dans la première semaine d’octobre, à l’occasion de l’assemblée des fabricants.
- Cette exposition, installée au second étage de la.nouvelle Bourse des marchandises, est une première tentative en vue de l’organisation d’expositions annuelles destinées surtout à offrir aux détaillants un tableau toujours renouvelé des productions nouvelles dans cette branche spéciale, et à provoquer leurs achats.
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- L’union générale des associations allemandes pour l’élevage des pigeons voyageurs a ouvert hier à Cologne une exposition de ces intéressants volatiles qui se prolongera jusqu’à mardi.
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- Le musée hygiénique de Berlin a été inauguré le vendredi 15 par le docteur Koch.
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- Simple comparaison :
- Le réseau téléphonique de Paris n’a que 4,380 abonnés alors que celui de Berlin, dont la population est inférieure d’un million d’habitants à celle de notre capitale, en a 4,836. Le nombre total des abonnés pour toute la France est de 6,558 ; en Allemagne, de 15,874.
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- La livraison d’août de la statistique de l’empire allemand donne des renseignements sur la culture et la récolte du tabac en 1885 dans toute l’étendue du territoire douanier.
- 242,280 parcelles, présentant une superficie de 1,952,865 ares, ont été plantées de tabac en 1885. En 1884, le nombre des parcelles avait été de 263,328, avec une superficie de 2,109,063 ares.
- Le nombre des planteurs a été de 175,215 en 1885; en 1884, il s’était élevé à 187,582.
- La récolte a produit 38,537,947 kilos 'de tabac sec en 1885; elle avait produit 47,192,885 kilos en 1884.
- La récolte de l’année 1885 a une valeur de 29 millions 100,000 marcs ; en 1884, la récolte avait eu une valeur de 34,200,000 marcs.
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- Une exposition d’artistes vivants a lieu en ce
- moment à Francfort. Elle compte plus de 400 tableaux.
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- Angleterre
- L’intéressante exposition artistique organisée à Hanover-Gallery par MM. Hollender et Cremetti, et dont nous parlions dans notre dernier numéro, est un vrai triomphe pour l’art français.
- On y voit le portrait de Sarah Bernhardt par le regretté, Bastier. Lepage ; de très belles toiles signées Jules Dupré, Diaz, Isabey, Ch. Jacque, Cazin, Ziem, Troyon et Millet; un che-fd’œuvre de Corot, etc., etc.
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- La dernière exposition de l’Institut Royal des aquarellistes à Londres, comptait l,066^œuvres. Sur ce nombre, 342 ont été vendues durant l’exposition au prix total de 11,217 livres sterling.
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- Les travaux de l’exposition de Newcastle (1887) sont très activement menés.
- La corporation municipale s’inscrira pour 5,000 livres dans la formation du capital de garantie.
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- Autriche-Hongrie
- Une société s’est formée à Vienne et y a fondé un Musée oriental, destiné à centraliser, en faveur des industries d’art, tous les modèles et spécimens d’objets orientaux susceptibles d’être reproduits en Autriche.
- Les objets exposés y sont classés minutieusement et systématiquement. Chacun d’eux porte une carte indiquant son prix, les habitudes des peuples chez lesquels il est en usage, les traditions attachées à sa vente ainsi que les procédés de fabrication, etc., etc.
- Une bibliothèque comprenant toutes les publications parues sur les contrées d’Orient est annexée à l’établissement où sont faites des conférences spéciales à l’usage des industriels et commerçants.
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- Le peintre Jos. Hoffmann expose dans les salons du Künstlerhaus, à Vienne, quatre cent huit études et croquis qu’il a rapportés de ses voyages en Bosnie, en Herzégovine, en Istrie, en Dalmtaie, ainsi qu’en Norvège.
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- Afrique occidentale
- En exécution d’une convention conclue par le gouvernement français pour la pose d’un nouveau câble sur la côte occidentale d’Afrique, les possessions françaises de Grand-Bassam, Porto-Novo (Kotonou) et du Gabon viennent d’être reliées à la métropole et au réseau télégraphique général.
- Les taxes pour ces diverses destinations, ouvertes dès maintenant au service de la correspondance télégraphique, sontprovisoirementfixées ainsi qu’il suit :
- Grand-Bassam........ 6 fr. 95 par mot
- Porto-Novo.......... 8 fr. 45 —
- Le Gabon............ 9 fr. 05 —
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- Belgique
- Le projet dont nous avons parlé et qui consiste à organiser pour l’an prochain, à Bruxelles, une exposition internationale de matériel de guerre, a reçu l’approbation du gouvernement belge.
- La première section, consacrée aux armes modernes, comprendra tous les engins d’offensive et de défensive en usage sur terre et sur mer ; par ex. : les fusils, carabines, revolvers, pistolets, canons, mitrailleuses, torpilles, etc.
- La seconde section renfermera, groupées historiquement, les armes de guerre des époques antérieures ; la troisième, les travaux du génie militaire. La quatrième enfin sera composée de tableaux militaires, portraits de généraux et chefs d’armées, empnintés aux collections, nationales, municipales et particulières.
- Une des principales attractions sera le pont gigantesque qui conduira du palais de l’Exposition à l’extrémité opposée du champ de manoeuvres, et sera entièrement construit en matériel de guerre.
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- L’exposition annoncée de Bruxelles aura lieu en 1888. Elle prend la dénomination suivante :
- Grand Concours international des sciences et de l’industrie.
- Un soin particulier sera mis à l’organisation de cette exposition, qui sera « une sélection de tous les objets exposés, représentant chez chaque exposant le summum de l’application de la matière poussée à ses limites extrêmes, au point de vue de l’utilisation et de l’exécution. 0
- Elle aura lieu du 1er mai au 31 octobre.
- Au lieu des récompenses ordinaires, — médailles, — diplômes, etc., — qui sont déjà très recherchées par les exposants , des primes en argent seront accordées.
- Elles seront de 1.000 fr. jusqu’à 100.000 fr.
- Le Comité d’organisation espère, grâce à cette combinaison, décider les grands industriels à.
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- Deuxième Année. — N° 95.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 24 Octobre 1889. — 355.
- prendre part au concours, malgré le voisinage de l’Exposition universelle de 1889.
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- Espagne
- Des chambres de commerce espagnoles seront établies à Paris, Londres, New-York, Tanger, Mexico, Lima, Valparaiso et Buenos-Ayres.
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- États-Unis
- La délégation française qui assistera jeudi prochain à New-York, aux fêtes d’inauguration de la statue colosale la Liberté est composée de :
- M. et Mme Bartholdi, le comte Ferdinand de Lesseps, président du comité français de la statue ; l’amiral Jaurès et le général Pélissier, sénateurs ; MM. Spuller et Desmons, députés ; M. Deschamps, vice-président du conseil municipal de Paris; M. Charles Bigot, délégué du syndicat de la presse ; M. Napoléon Ney, président de la Société de géographie commerciale ; le baron et la baronne A. Salvador, M. Léon Robert, chef du cabinet du ministre de l’instruction publique ; le colonel B. de Pusy, commandant en second de l’Ecole polytechnique : le colonel Laussedat, directeur de l’Ecole des arts et métiers ; le lieutenant Ville-.gente, aide de camp du ministre de la marine, et M. Hiélard, délégué de la chambre de commerce de Paris.
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- Chine
- D’après des informations du Manchester Guardian, le gouvernement chinois est sur le point de doter l’empire du Milieu d’un service postal. Les premiers essais se feront dans des proportions restreintes. Il serait question pour commencer de mettre en communication tous les ports ouverts. Ce réseau serait placé sous le contrôle des douanes maritimes impériales. Le gouvernement cherche, pour cela, à obtenir la suppression des bureaux de poste anglais, français et japonais établis dans les principaux ports.
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- Russie
- D’après les Wiedoniosti, les cercles diplomatiques de Saint-Pétersbourg regardent comme imminent le renouvellement des traités de commerce et de navigation entre la Russie et la France pour une période de trois années expirant le 1er janvier 1890. Les modifications aux traités actuels se rapporteront exclusivement aux colonies françaises en Afrique, pour lesquelles on a l’intention d’instituer des règlements complémentaires.
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- Suisse
- L’explorateur Henri Moser a organisé à Genève, à l’occasion de la réunion des Sociétés suisses de géographie et d’exploration, une intéressante exposition ethnographique de l’Asie centrale, renfermant les costumes, les tissus, les armes, les travaux artistiques de ces contrées encore peu connues.
- Cette exposition sera transférée prochainement ’ à Berlin.
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- DISCOURS DE M. L0CKR0Y
- La commission consultative de contrôle et des finances de l’Exposition de 188g s’est réunie, vendredi à trois heures et demie, au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Edouard Lockroy qui a prononcé le discours suivant :
- Messieurs,
- Cette grande oeuvre de l’Exposition internationale universelle si longtemps mise en doute et dont la réalisation a semblé quelque temps impos-siblej qui a rencontré tant de sceptiques ou d’adversaires, est à partir d’aujourd’hui une réalité légale.
- Toutes les conditions imposées par le législateur ont été remplies ; en moins de six mois l’exposition, pour me servir des termes de la loi, a reçu la sanction législative, et le capital de 18 millions exigé pour la société de garantie a été non seulement atteint, mais dépassé : les souscriptions s’élèvent à l’heure où je parle à plus de 22 millions.
- Ce chiffre considérable de millions a été atteint sans recourir à une souscription publique, sans fracas, je dirai presque sans publicité. L’argent est venu de toutes parts et il n’a point été sollicité par l’appât de gros bénéfices. Quand on parcourt nos listes de l’officiel on trouve à côté des plus grands noms de la finance et des versements les plus considérables, l’apport humble et fier de petits industriels, d’employés et d’ouvriers syndiqués. Notre œuvre commence bien puisqu’elle commence honnêtement.
- Nous ne pouvions espérer d’ailleurs qu’elle se
- présentât sous de plus favorables auspices ; chacun a voulu témoigner de sa confiance dans la réussite, chacun a compris qu’il s’agissait d’une entreprise patriotique qui nous montrât au monde ce que nous sommes en réalité : un peuple énergique, puissant par ses découvertes et par son travail, par son commerce, par son industrie, par sa science, et que le hasard de ses défaites n’a ni affaibli ni abattu. En 1867, la société de garantie mettait à peine 8 millions en ligne, c’est avec un capital à peu près triple qu’elle s’est constituée aujourd’hui.
- Messieurs, remercions d’abord la France, nous avons fait appel à toutes ses forces vives sans distinction de nuances ou de partis et elle nous a répondu. Les chambres de commerce, les comités d’arts et de manufactures, les municipalités, les départements, les chambres syndicales, les grands établissements de crédit, les négociants, les industriels, les particuliers enfin, ont entendu notre appel. Nous avons maintenant pour garantie de leur concours, l’élan de leur bonne volonté et la spontanéité de leur appui.
- Nous avions droit de compter sur leur zèle, et cependant par la force même des choses que de difficultés et d’obstacles n’avions-nous pas à rencontrer ! Votre patriotisme en a beaucoup aplani, Messieurs, mais que de tourments et d’inquiétudes pour créer un système nouveau d’organisation, inspiré, il est vrai, par le système de 1867, mais si différent dans son mode d’application, dans sa constitution même ! Que de graves et petites questions nous ont arrêtés, les petites plus que les graves bien souvent, alors que nous sentions tous que la prolongation de la période de gestation ne pouvait durer plus longtemps sans compromettre le succès de l’entreprise ! Il faut avoir suivi notre travail depuis le premier jour jusqu’aujourd’hui pour savoir quels milliers de difficultés diverses s’enchevêtraient sur le chemin que nous parcourions, difficultés légales, techniques, personnelles : combien nous avons rencontré de trahisons latentes, de mauvais vouloir justifié, de jalousies inattendues.
- Ah ! messieurs, tournez-vous vers mes collègues, ils vous en diront sur ce point plus que moi, et mieux que moi ils pourraient vous le dire. J’ai demandé à tous mes prédécesseurs au ministère du commerce et de l’industrie de vouloir bien s’asseoir au milieu de nous. Ils savent quelles sont les amertumes du pouvoir. Nous avions besoin de leur grande expérience, de leurs talents, de leur influence, et la commission n’aurait pas été complète si nous ne voyions siéger ici l’organisateur de l’Exposition de 1878, l’honorable M. Teisserenc de Bort, dont le caractère est aussi élevé que la compétence est étendue, M. Tirard, M. Rouvier, M. Dautresme, qui tous ont travaillé déjà au succès de l’Exposition de 1889 en la préparant.
- Elle ne serait pas complète non plus, notre commission, si elle n’avait pour vice-président l’honorable M. Christophle. C’est à son énergie, et je me plais à lui en rendre un hommage public, c’est à son patriotisme communicatif, à ses vues claires et pratiques que nous devons en grande partie le succès de la souscription. En le remerciant, je remercie la société de garantie constituée sous ses auspices.
- Quant au conseil municipal, messieurs, comme dans toutes les grandes occasions où des questions patriotiques se trouvent engagées il a été àl’extrême limite du dévouement et du devoir. Ce n’est point cette fois 6 millions qu’il a donné à l’Exposition, c’estS millions.Il a voulu augmenter sa participation ordinaire, montrant ainsi que toujours il se préoccupe autant de la France que de Paris dont il a l’honneur de représenter les intérêts.
- Ce grand patriotisme qui vous anime tous , messieurs, vous fera paraître légers vos graves devoirs ; vous devez, aux termes de la loi, être consultés par le ministre sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l’Exposition, et il ne pourra être passé outre à votre avis toutes les fois qu’il s’agira de questions concernant les recettes de l’Exposition.
- La commission de contrôle et de finances, dit encore la loi, est présidée par le ministre ou en son absence par un des quatre vice-présidents à tour de rôle; elle est convoquée par le ministre qui règle son ordre du jour. Vous aurez donc, messieurs, d’abord à examiner les plans, les devis, le budget que nous allons vous soumettre. Vous aurez à donner votre avis motivé sur chacune de ces choses importantes, vous aurez ensuite à examiner toutes les dépenses à mesure qu’elles se présenteront, vous pourrez enfin user de votre veto quand viendront les questions concernant les recettes qui vous seront obligatoirement soumises.
- Vous serez aidés dans ce travail, Messieurs, et les éléments d’information ne vous manqueront pas. Les différents ministères ont bien voulu vous donner comme collaborateurs MM. les commissaires-adjoints, choisis parmi les plus compétents, les plus élevés en grade, en un mot parmi les représentants les plus éminents de l’administration française.
- Ai-je besoin d’ajouter un mot sur les chefs de service, MM. les directeurs généraux? Vous les connaissez tous et si je ne les avais choisis, ils
- m’auraient été imposés par l’opinion. Je n’ai à vous présenter ni M. Alphand, dont le nom est connu de l’Europe, ni M. Berger, mêlé d’une façon si active à toutes les.expositions, ni même M. Grison, dont tous les ministères ont apprécié, déjà, la compétence, l’application au travail et le respect du devoir.
- Il ne me reste plus, Messieurs, qu’à vous faire une prière je ne vous dirai pas : Faites bien, cela serait superflu, je vous dirai : Faites vite, s’il est possible.
- Le temps nous presse, des multitudes avides de labeur espèrent des décisions rapides ; les forges s’allument dans le nord, dans l’est, dans le bassin de la Loire ; à Paris même, les usines attendent les commandes, l’industrie tout entière, ouvriers et patrons, écoute avec impatience venir l’heure de la grande lutte.
- Les comités. départementaux se rassemblent et réveillent l’activité de nos villes, les cultivateurs tournent déjà vers Paris les timons de leurs grandes machines agricoles. Une fièvre saine, la fièvre du travail, s’empare de tous, il ne faut point laisser tomber cette énergie et refroidir cet enthousiasme, hâtons-nous !
- De cette grande Exposition la France attend de grands résultats, elle y voit une manifestation solennelle qui l’honore parmi les nations, un acte qui montre sa puissance, une victoire pacifique qui lui rendra son rang dans le monde.
- Ce discours a été chaleureusement applaudi. La commission a ensuite décidé de se réunir tous les vendredis à neuf heures et demie du matin, mais par exception elle se réunira mardi à la même heure.
- Lk CAISSE DE RETRAITES
- DU BON MARCHÉ
- Samedi, 16 octobre, les magasins du Bon Marché ont été fermés une demi-heure plus tôt que d'habitude ; les deux mille employés ont été réunis dans une des grandes salles du rez-de-chaussée et M. Plassard, président du conseil, leur a donné lecture du document que voici :
- M. Boucicaut a fondé, le 3i juillet 1876, une caisse de prévoyance alimentée exclusivement par les libéralités annuelles de la maison, et destinée à constituer un capital remis à l’employé à sa sortie du Bon Marché.
- Mme Boucicaut, en vue de compléter l’œuvre de son mari, a définitivement institué, le 4 août 1886, une caisse de retraites.
- Désirant que cette caisse fonctionne sans aucune retenue sur les appointements des employés, Mme Boucicaut, pour sa dotation, a prélevé un million sur sa fortune personnelle.
- Cette somme, productive d’intérêts, est suffisante pour subvenir aux besoins actuels de la caisse.
- Mais, préoccupée d’assurer après elle, d’une manière certaine, l’avenir des employés et le fonctionnement de la caisse, Mme Boucicaut vient de lui faire,» aujourd’hui même, devant Me Gatine, notaire, donation d’une autre somme de 4 millions en nue-propriété et dont elle se réserve seulement l’usufruit.
- Pour que cette libéralité si importante reste intégralement à la disposition de la caisse de retraites, Mme Boucicaut a pris à sa charge les frais très considérables de cette donation.
- Une disposition testamentaire esttoujours révocable; aussi, Mme Boucicaut a décidé d’adopter la forme d’une donation entre vifs actuelle et irrévocable. Elle a voulu, par là, affirmer sa volonté de doter, dès aujourd’hui et définitivement, la caisse de retraites de tout ce qui peut lui être nécessaire afin d’assurer largement, le sort de tous ceux qui contribuent à la prospérité de sa maison.
- Mme' Boucicaut était connue pour sa bienfaisance ; elle vient de réaliser un acte de haute prévoyance sociale, devant lequel nous nous inclinons avec reconnaissance ; nous sommes certains que la caisse de retraites du Bon Marché calmera bien des revendications et des haines.
- REVUE DE LA PRESSE
- Notre excellent confrère M. Ferrand Xau consacre à l’exposition de 1889. l’article suivant :
- Il règne au ministère du commerce une activité fébrile. On poursuit, avec l’ardeur la plus louable et le zèle le plus digne d’éloges, les travaux préliminaires de la grande Exposition. M. Edouard Lockroy, et ce sera pour lui un éternel honneur, a
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- 3ç6. — Deuxième Année. — N° 95.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Octobre 1886.
- communiqué à tous une fièvre de travail incessante et profitable. C’est grâce à lui et aux collaborations qu’il a su grouper autour de lui, que cette grande œuvre a pu entrer aussi rapidement dans le domaine de la réalisation. Il a vu l’entreprise nationale de haut et en homme de progrès : avec lui, on peut être certain que l’Exposition ne sera point une chose banale. Tandis qu’il consacre toutes ses forces et toute sa haute intelligence à cette œuvre grandiose, habilement secondé par M. Ollendorff, dont la valeur personnelle et la haute courtoisie sont connues de tous, de M. Georges Payelle qui, comme le précédent, est pour M. Lockroy un collaborateur de la première heure, de M. Alfred Pau-let, dont la compétence s’est affirmée dans de récents travaux, et de notre excellent confrère M. Gustave Batiau, dont le concours peut lui être particulièrement précieux, — tandis que, en un mot, le ministre et son état-major donnent l’impulsion générale, deux hommes éminents à des titres divers, et qui ont depuislongtemps fait leurs preuves, MM. Alphand et Georges Berger dirigent, le premier, avec l’autorité qui s'attache à tout ce qu’il fait, la partie des travaux, et le second, dont le passage à l’exposition de 1878 a été si remarqué, la partie administrative.
- L’Exposition se trouve donc ainsi entrée, et tout naturellement comme je le disais plus haut, dans la voie de l’exécution. La commission des finances et du contrôle, dont M. Méliodon, le sympathique et distingué secrétaire général du Crédit foncier, a été, nommé secrétaire, est composée de gens qui, soit qu’ils appartiennent à la politique, soit qu’ils ressortent de la finance, présentent des garanties de capacité et d’honorabilité hors pair. Tous sont, d’ailleurs, trop connus pour qu’il ne soit pas inutile d’insister.
- Le plan général de l’Exposition est arrêté ; mais certaines questions de détail sont restées en suspens. Je voudrais dire deux mots de quelques-unes qui sont l’objet, en ce moment, de propositions diverses.
- Il a paru, à beaucoup, que l’Exposition ne devait pas seulemeut être une exhibition plus ou moins complète et plus ou moins attachante des produits de fabrication moderne. Sans doute, c’est là le but principal, et l’on ne saurait en nier l’importance. Toucher du bout du doigt les progrès réalisés, mesurer le chemin parcouru par la science, dont l’industrie est l’une des expressions les plus tangibles; établir un point de comparaison entre la fabrication française et la fabrication étrangère; assurer la suprématie de ce pays, au point de vue commercial ; certes voilà un programme à la fois large et libéral, utile et patriotique. Mais d’aucuns se sont demandé si l’Exposition ne devait pas être, en même temps qu’une leçon de choses une leçon d’histoire. Nous examinons la question — sans la résoudre. Il est évident qu’il ne faut pas donner à l’Exposition à laquelle nous convions les nations étrangères, un caractère politique de nature à froisser leurs opinions, leurs mœurs et leur état d’être et de se gouverner. Mais, tout en ayant ce souci, il est permis d’évoquer le souvenir de traditions, de faits et d’événements de toute nature qui appartiennent à l’histoire et qu’on ne peut supprimer.
- J’ai déjà eu, par exemple, l’occasion de parler de la reproduction de la Bastille et de la rue Saint-Antoine, dont la maquette offre un spectacle si vivant et si saisissant à l’Exposition du palais de l’Industrie ; il est évident que ce sera là l’un des clous de l’Exposition et que le spectacle qu’offre l’œuvre de restitution historique deM. Colibertn’a rien de subversif, puisque l’ambassade d’Angleterre tout entière est allé le voir l’autre jour et qu’elle a fait les compliments les plus chaleureux à l’auteur du projet.
- De son côté notre confrère et ami, M. Ch.-L. Chassin, poursuit la réalisation de son projet du musée de la Révolution. La tâche ici est plus ardue. M. Chassin a, dit-il, déjà reçu des départements et de l’étranger des offres de documents et d’objets — auxquelles il n’a pu répondre, n’ayant pas de titre officiel pour les accepter — et qui ne se rechercheraient, ne se prêteraient et ne se donneraient qu’à l’Etat. La Ligue française de l’enseignement a ouvert une souscription ; espérons qu’elle aboutira. La Révolution française a laissé des traces pacifiques dans le monde entier. Toutefois il est fort compréhensible que le gouvernement ne puisse patronner pour des raisons que j’ai expliqué plus haut, l’envoi d’un délégué des conseillers municipaux de France à une nouvelle fédération nationale, et nous le félicitons de n’avoir pas insistésurle côté politique duCentenaire.Je m’étonne que Chassin, qui est non seulement homme de talent mais homme de bon sens, ne l’ait pas com-
- pris. La première condition de l’Exposition est de réunir, dans une union commune, les peuples qu’elle invite à participer à ses travaux. Le gouvernement, comme le dit très bien M. Chassin, est composé de républicains éprouvés, qui n’oublient pas que la France doit célébrer le centenaire national de 1789 ; tous seront heureux de s’associer directement à cette manifestation, mais le point important est de ne pas laisser cette dernière exercer une action prépondérante et dissolvante sur l’Exposition. Que mon ami Chassin y réfléchisse ; il verra que j’ai parfaitement raison !
- M. Fouquiau, l’architecte bien connu, a adressé de son côté un projet au ministre du commerce, aux directeurs et aux membres de la commission de contrôle. Son projet consiste à faire représenter par des pavillons les trente-deux provinces qui composaient notre pays en 1789. Ces pavillons ou édifices, construits en bois, en fer, en pierre artificielle ou en brique reproduiraient des types des anciens monuments les plus curieux existant dans nos provinces. Isolés les uns des autres ils formeraient une ligne courb e au centre delaquelle s’élèverait le pavillon de la Fédération. Ainsi, d’un coup d’œil le public du xix® siècle verrait l’image de l’ancienne France sousla formede monuments artistiques et variés, tandis que le pavillon central, lui, apparaîtrait comme un symbole de l’unité fondée en 1789.
- Le projet est séduisant, et, pour ma part, je souhaite vivement qu’il soit adopté.
- Ce qu’il faut à l’Exposition, c’est le pittoresque s’ajoutant à l’utile. Il faut retenir l’attention des visiteurs par un spectacle captivant et pourtant instructif.
- Utile Dulci! — Tels doivent être le programme et la devise de l’Exposition...
- EXPOSITION DU JUBILÉ ROYAL
- DE MANCHESTER
- ROYAL JUBILEE EXHIBITION MANCHESTER
- 1887
- En commémoration de l’année du Jubilé du règne de Sa Majesté la reine d’Angleterre il a été décidé qu’une Exposition aurait lieu à Manchester à partir de mai jusqu’en octobre 1887.
- Cette Exposition a pour objet principal de montrer autant que possible tous les progrès qui ont été accomplis pendant le règne de la reine Victoria dans les diverses branches des arts et manufactures.
- L’emplacement choisi est Old Trafford, à côté du Jardin botanique, qui fera lui-même partie intégrante de l’Exposition. Les plans des constructions qui se font remarquer par leur simplicité et leur améftagement compact ont été approuvés par le comité d’exécution.
- La nef principale qui est au centre a 310 mètres de long et sa hauteur est de 17 mètres.
- Elle est traversée dans son milieu par deux autres nefs latérales de la même hauteur et représentant une longueur de 112 mètres et enfin à son extrémité se trouvent deux autres galeries de 18 mètres de large. Un dôme de 26 mètres de diamètre, avec une hauteur de 42111 5o, se dressera à l’intersection des nefs centrales ; des pavillons sont espacés dans les intervalles compris entre ces nefs qui forment une double croix.
- La section des machines, qui sera pourvue d’une force motrice suffisante, se trouvera située dans une galerie spéciale séparée du corps principal de l’Exposition par une route de 21 mètres en largeur traversée par un passage couvert reliant les deux corps de bâtiment.
- La section consacrée aux beaux-arts a été traitée avec beaucoup de soins, elle sera complètement séparée des autres sections par des murs en briques, solidement construits, dans lesquels sont placés des portes en fer en cas d’incendie ; ces murs seront revêtus d’un enduit empêchant toute espèce d’humidité ; des gardiens veilleront nuit et jour pour que les objets d’art ne courent aucune chance de détérioration ou de vol. Dans tous les cas toutes les précautions prises par le comité ont été prises de façon à ce que cette Exposition ne soit en rien inférieure à la grande Exposition des trésors de l’art qui prit place à Manchester en 1857.
- Le fonds de garantie dépasse 3,3oo,ooo francs et est représenté par un conseil nommé par les souscripteurs et présidé par M. Alderman Philip Goldschmidt (maire de Manchester) et ce conseil sera constitué en cour d’appel pour toutes les affaires concernant l'Exposition.
- Le contrôle direct de l’organisation et la direction de l’Exposition sera fait par le comité exécutif nommé par le conseil de garantie et le président choisi est sir Joseph G. Lee.
- Une banque (The Lancashire et Yorkshire Bank Limited), ouvrira une oranche de leur éta-
- blissement dans l’enceinte de l’Exposition pour faciliter aux exposants toutes les opérations financières qu’ils peuvent avoir à traiter.
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL Objet de VExposition
- 1. — Une Exposition ayant pour but de montrer les progrès que ies arts et manufactures ont fait pendant le règne de la reine Victoria aura lieu en 1887 à Manchester pour célébrer le jubilé de la reine d’Angleterre.
- Dénomination
- 2. — Cette Exposition s’intitulera : Royal jubilee Exhibition, Manchester, i88j.
- Date de Vouverture
- 3. — L’Exposition ouvrira, au commencement du mois de mai 1887, et restera ouverte pour six mois environ.
- Demandes d’admission
- 4. — Les demandes d’admission seront faites sur des formes imprimées que l’on peut obtenir du directeur général royal jubilee exhibition offices, Albert Square Manchester et qui doivent être envoyées à l’adresse ci-dessus avant le ier novembre 1886. Le comité exécutif fera tous les arrangements nécessaires pour fournir la force motrice, le gaz, l’eau et l’électricité aux exposants qui en feront la demande et les charges seront proportionnelles à la quantité demandée.
- Prix des emplacements
- 5. — Le prix des emplacements sera de 2 shillings 9 pences par pied carré (anglais) (3i francs 20 par mètre carré), mais le minimum sera de 2 shillings 10 pences (35 francs 3o) payable au moment où la demande d’admission a été acceptée par le comité.
- Le comité exécutif se réserve néanmoins le droit de modifier ce tarif dans des circonstances exceptionnelles.
- Date de réception des produits exposés
- 6. — Les exposants ne devront pas envoyer leurs produits avant le i5 mars 1887 (à moins qu’une permission spéciale n’ait été accordée), mais tous les produits qui n’auront pas été reçus par l’administration avant le 15 avril et qui ne seront pas à leur place avant le 25 avril 1887, perdront tous leurs droits à l’emplacement qui leur aura été alloué et ne pourront pas réclamer les sommes qu’ils auront payées.
- Sous-location des emplacements
- 7. — Les produits exposés doivent porter le nom de la personne qui a fait la demande d’admission et cette dernière n’a pas le droit de sous-louer la place à une autre partie.
- Droits du Comité de refuser certains produits
- 8. — Le Comité se réserve le droit de rejeter les demandes d’admission pour certains produits et peut même les faire enlever de l’Exposition après qu’ils ont été admis, s’il croit qu’ils ne doivent pas s’y trouver pour une raison ou pour une autre, dont il sera lui-même le juge. L’exposant ne pourra réclamer que le remboursement de la somme payée par lui pour son emplacement.
- Caisses vides
- 9. — Le déballage des caisses doit se faire dès qu’elles sont déposées dans l’enceinte de l’Exposition et les caisses vides doivent être immédiatement enlevées par les exposants à leur frais.
- Dépenses à la charge des exposants
- 10. — Toutes les dépenses causées par le transport, installation et enlevage des produits exposés sont à la charge des exposants qui doivent aussi fournir leurs vitrines, tables ou comptoirs.
- Exposants et leurs agents
- 11. — Les exposants doivent eux-mêmes, ou par les soins d’un agent désigné officiellement, entreprendre la réception de leurs caisses, le déballage et l’installation de leurs produits qu’ils doivent aussi enlever eux-mêmes à leurs frais à l’expiration de l’Exposition. Le Comité exécutif se réserve le droit de faire ce qu’il jugerait convenable dans le cas où un exposant ne se conformerait pas à cet article du règlement.
- Marques sur les caisses
- 12. — Toutes les caisses adressées à l’Exposition doivent porter une marque spéciale J. E. M., ainsi que le nom et l’adresse de l’exposant et le numéro de l’emplacement qui lui a été alloué.
- Vitrines, etc.
- 13. —- Les exposants se chargeront de placer leurs vitrines, tables ou comptoirs, suivant l’auto=> risation que leur donnera le Comité.
- Bureaux
- 14. —Le Comité aura seul le droit de permettre aux exposants d’installer des bureaux particuliers, sur leur emplacement.
- Décorations
- i5 • — Leur genre,, style et couleur doit être approuvé par le Comité exécutif.
- Enseignes
- 16. — Les enseignes doivent être entièrement peintes à neuf et seront placées parallèlement à la-direction des passages et ne doivent pas nuire à l’éclairage des bâtiments ; elles doivent être en-lettres noire et or et approuvées par le Comité.
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- Deuxième Année. — N° 95.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89
- Dimanche 24 Octobre 1886. — 357.
- Distribution des prospectus
- ij._ — La distribution des prospectus ou autres imprimés sont aussi soumis au contrôle du Comité.
- Entretien
- 18 et 19. — Les exposants ne doivent pas toucher sous aucun prétexte au dallage des salles de l’Exposition et doivent entretenir leurs stalles et vitrines dans un état convenable de propreté.
- Vente des produits exposés
- 20. _ — Les produits qui sont fabriqués dans l’Exposition, peuvent être vendus et livrés immédiatement, mais les autres qui ne sont pas dans les mêmes conditions ne peuvent être enlevés qu’avec la permission écrite du directeur général.
- Responsabilité du comité exécutif
- 21. — Le comité exécutif ne sera pas responsable des avaries ou de la perte totale des produits exposés et les exposants devront assurer eux-mêmes contre l’incendie leurs produits.
- 22. — Dans le cas où un exposant ne payerait pas les sommes dues au comité ou aux entrepreneurs officiellement nommés par le comité, ce dernier pourra retenir les produits exposés jusqu’à ce que la dette contractée soit réglée.
- 23. — Les matières détonnantes, fulminantes, et en général toute matière jugée dangereuse sont exclues.
- 24. — Le comité se réserve le droit d’essayer et d’analyser tous les produits exposés, s’il le juge convenable.
- 25. — Les exposants sont responsables pour tous les dégâts occasionnés aux bâtiments de l’Exposition par leur propre faute.
- Cartes d’entrée pour les exposants et leurs
- employés
- 26. — Une carte d’entrée sera accordée à chaque exposant et à ses employés.
- Jury
- _ 27. — Si les exposants d’un certain groupe désirent faire juger les mérites comparatifs de leurs produits, le comité nommera un jury technique dont la décision sera finale et sans appel.
- Droits de photographier dans VExposition
- 28. — Aucune photographie ne pourra être prise dans l’Exposition sans l’autorisation du comité •exécutif.
- Catalogue
- 29. — Le comité aura seul le droit de proposer •et de publier le catalogue officiel.
- Exposants étrangers
- 30. — Les exposants étrangers devront nommer des agents en Angleterre qui les représenteront.
- Beaux-Arts
- 31. — Cette section ne comprendra que les œuvres d’art qui suivent : peintures à l’huile, aquarelles, gravures, eaux-fortes, lithographie, photographie et gravures sur bois faites en Angleterre pendant le règne de la reine Victoria.
- Règlement
- 32. — Le Comité se réserve le droit de faire enlever les vitrines ou stalles de tout exposant qui enfreindrait ce règlement.
- 33. — Le Comité se réserve aussi le droit de modifier le présent règlement, s’il le croit utile ou nécessaire.
- COMITÉS
- ire Section. — Dessins industriels.
- MM. Neville Clegg, président;
- W.-G. Sutherland, vice-président.
- Sous-Section. — Industrie des soies.
- M. Thomas Wardle, président.
- 2e Section. — Machines en mouvement et génie civil.
- MM. William-J. Crossley, président;
- C.-E. Lees, vice-président.
- 3e Section. — Produits chimiques et industries qui
- en dérivent.
- MM. Ivan Levinstein, président ;
- le professeur Watson Smith, vice-président.
- 4e Section. — Procédés de fabrication.
- MM. W.-H. Bailey, président;
- John.-D. Milne, vice-président.
- 5G Section. — Travaux d’utilité publique.
- MM. John Bowden, président;
- J.-H. Buxton, vice-président.
- 6® Section. — Beaux-Arts.
- MM. William Agnew, président;
- Joseph Monseley,^ vice-président.
- 7e Section. — Electricité, musique, horticulture. MM. Charles Monseley, président;
- Charles Agnew, vice-président.
- 8e Section. — Financeset comptabilité.
- MM. John Galloway, juré-président;
- V.-K. Armitage, vice-président.
- DISTRIBUTION
- DE FORCE MOTRICE A DOMICILE
- au moyen de l’air raréfié.
- Le Conseil municipal, adoptant les conclusions favorables du rapport de M. Davoust, a autorisé la pose dans les égouts de conduites d’air destinées au transport de la force motrice à domicile au profit de deux sociétés qui emploient, la première, l’air comprimé, la seconde, l’air raréfié.
- Au premier abord, cela n’a l’air de rien, n’est-ce pas ? on ne s’en est même guère occupé à Paris par cette bonne raison que la politique étant étrangère à l’affaire, ça n’avait pas le don de passionner les foules, eh bien ! c’est un tort d’autant plus grand qu’en somme ça intéresse tout particulièrement les mêmes foules, c’est-à-dire tout le monde.
- Pour mon compte, j’y vois toute une révolution économique, une grande et salutaire révolution, hâtons-nous de le dire.
- Il s’est fait dernièrement quelque bruit dans la presse autour des expériences, si anciennes et si intéressantes d’ailleurs, de M. Marcel Deprez, sur le transport des grandes forces à grandes distances et je pense que l’on a parfaitement raison de s’en occuper, mais enfin ce sont des expériences pour résoudre un problème, tandis que deux ingénieurs avec leur air raréfié, arrivent avec un problème résolu, fonctionnent et rendent des services énormes dès maintenant et tangibles à l’industrie parisienne.
- Je donnerai tout à l’heure des extraits mêmes de la conférence d’un des inventeurs, au point de vue technique, tirés du Génie civil, qui édifieront le lecteur.
- Aussi bien, ce n’est pas le but que je poursuis ici, dans un journal de vulgarisation qui doit rechercher avant tout quels sont les avantages économiques d’une invention et son utilité pour lutter contre la concurrence étrangère.
- A ce point de vue, il me semble que nous devons nous arrêter à deux conséquences capitales et qui sont appelées à modifier profondément et immédiatement cette multiple et curieuse industrie parisienne à laquelle je m’intéresse tant.
- Il est bien évident que j’admets le raisonnement pour la forcejmotrice par l’air comprimé et pour le transport de la force par le système Marcel Deprez, je m’occupe simplement aujourd’hui de la force par l’air raréfié, parce que la chose fonctionne : je marche, donc je suis.
- Je continue; le premier point qui nous arrête est celui-ci : on se plaint depuis 25 ans de l’absorption de la petite industrie par la grande, de cette nécessité fatale qui fait que partout l’usine remplace l’atelier—je ne juge pas, je constate. — Mais est-ce que cette force mise à la portée de tout le monde, du plus pauvre des ouvriers, dans la plus humble des mansardes ne va pas rétablir l’équilibre comme par enchantement? est-ce qu’il n’y a pas là en germe plus qu’une révolution économique, mais bien en quelque sorte une révolution sociale, pacifique, tout à l’avantage des classes laborieuses ? Je le souhaite et le désire de [grand cœur ; le progrès et la justice sortent de la science et non de la violence.
- Le second point de vue que je veux exposer ici, celui qui me tient le plus au cœur, si je puis dire, est celui-ci : à savoir que j’y vois enfin un moyen tout puissant — du moins quant à présent, car un jour tout le monde sera aussi bien outillé — de lutter victorieusement contre la concurrence étrangère; or, lutter contre l’étranger, ce n’est pas seulement enrichir le patron, c’est donner du pain à tous et c’est le but que nous devons poursuivre.
- J’ai souvent dit et écrit que les moyens de lutter contre l’étranger n’étaient pas dans une diminution impossible, chimérique de la main-d’œuvre, en tant que salaire, mais dans d’autres réformes que j’ai eu souvent aussi l’occasion d’indiquer. Eh bien! sans hésitation je dis que cette nouvelle application de la [science à l’industrie, que ce transport de la force à domicile est un de ces moyens pratiques, est une de ces réformes utiles qui doivent profiter largement à tout le monde dans la métropole et je dis qu’il est de notre devoir d’en porter la connaissance dans les couches profondes des prolétaires.
- Ceci dit, sans plus, je cite textuellement l’excellent résumé de la conférence que j’indiquais plus haut, fait dans le Génie civil, par M. de Nan-souty :
- « Indiquons tout d’abord en quelques mots le principe du système. Il consiste à entretenir, au
- moyen de machines aspirantes placées dans l’usine centrale, un vide relatif (67 % environ) dans une canalisation pénétrant dans les appartements, où eUe peut, à la volonté du client, être mise en relation avec le moteur installé chez lui, ce qui permet à ce moteur de prendre son mouvement.
- Ainsi le travail est produit par la différence des pressions de 1 air de la canalisation et de l’air atmosphérique traversant un moteur approprié. Les machines pneumatiques font le vide dans un réservoir, qui sert de régulateur de pression. C’est de ce réservoir que part la canalisation, posée d abord en tranchée, puis attachée à la voûte des égouts. De l’égout, les tuyaux de conduite passent dans les branchements des maisons où se trouvent les abonnés ^ à la force. Une colonne montante dessert les divers étages de chaque immeuble ; à chaque étage, on fait une prise sur la colonne montante, et la conduite particulière à chaque client aboutit au moteur, qu’on dispose dans le logement-atelier de la façon la plus commode pour 1 abonné et pour son travail. Pour mettre en marche le moteur ou pour l’arrêter, pour le faire aller plus ou moins vite, il suffit de tourner un petit volant ou un robinet.
- Telle est 1 économie générale de ce procédé, qui comporte ttols seiies d instcillcitions distinctes^ re~ latives à l’usine centrale, à la canalisation, et aux moteurs à air ou machines réceptrices. »
- Après avoir décrit soigneusement toute l’instal-.lation de l’usine centrale, il continue ainsi :
- « La canalisation est composée de tuyaux en fonte de trois rnètres de longueur et de diamètres différents, qui diminuent à mesure que Ton s’éloigne de l’usine. Ces tuyaux sont placés dans les égouts des rues Beaubourg, Michel-le-Gomte, Montmorency,_ Aumaire, des Gravilliers, Chapon et Grenier Saint-Lazare. Quand les égouts font défaut, comme dans la rue Brantôme par exemple, on établit les conduites en tranchée.
- Les cinquante premiers mètres de la conduite généiale d air raréfié sont en tuyaux de 25o milli-' mètres de diamètre ; ensuite viennent cent mètres environ en tuyaux de 200 millimètres, puis des tuyaux de i5o et de 100 millimètres. Pour passer d un diamètre à un autre, on se sert de pièces spéciales, appelées pièces de réduction, dont l’une des extrémités porte le diamètre fort et l’autre le diamètre faible.
- L épaisseur des tuyaux varie de 6 à 10 millimètres, suivant le diamètre employé. Les joints sont recouverts par une bague et l’étanchéité est obtenue au moyen de plomb coulé et matté après refroidissement.
- La prise en égout, la pénétration dans les immeubles et les logements des particuliers se font exactement comme pour l’eau et le gaz. »'
- On a souvent demandé pourquoi les promoteurs de l’entreprise ont préféré l’air raréfié à l’air comprimé. Ces motifs ont été exposés dans le Mémoire présenté, l’année dernière, à la Société des ingénieurs civils par l’inventeur qui a, du reste, eu soin d’indiquer qu’il s’agissait surtout dq petites forces distribuées à de petites distances, et que dans le cas de forces plus considérables à transmettre en des points déterminés, il vaut mieux avoir recours à l’air comprimé, dont les inconvénients sont alors compensés et atténués par la puissance que l’on peut obtenir en élevant la pression.
- Mais, pour la distribution, à domicile, de petites forces dans un quartier limité, on peut regarder l’emploi de l’air raréfié comme plus simple, plus commode et plus économique.
- Il est plus économique par suite d’un meilleur rendement ; parce que les pertes de charge sont moindres dans les tuyaux d’aspiration que dans les conduites de compression et parce que les machines pneumatiques sont d’une construction moins compliquée, moins spéciale, et d’un fonctionnement plus aisé que les compresseurs.
- Il est plus simple, parce que, chez les abonne's, il n’intervient que le moteur seul, tandis qu’avec l’air comprimé on est contraint d’avoir recours à des détendeurs ou régulateurs de pression et à des réchauffeurs importants.
- Il est plus commode, parce que l’on n’a pas à craindre, dans les conduites de vide, le dépôt d’eau qui nécessite, dans le cas de l’air comprimé, l’installation de purgeurs, de siphons collecteurs, et parce que avec le vide, on n’a pas non plus à redouter la congélation de la vapeur d’eau entraînée et des huiles de graissage, qui se produit dans le cas de l’air comprimé.
- Assurément ces inconvénients ne sont pas absolus, et ils peuvent être évités ou du moins atténués : mais il faut, pour cela, les dispositions particulières
- Voir la suite page 36o.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Octobre 18SG.
- 358 et 35g. — Deuxième Année. — N° g5.
- BUREAU DE LA COMMISSION CONSULTATIVE DE CONTROLE ET
- DE FINANCES DE L’EAPOSITION DE 1889
- M. TEISSERENC DE BORT, Sénateur M. TIRARD, Sénateur
- Vice-Président Vice-Président
- 4
- M. CHRISTOPHLE, Gouverneur du Crédit Foncier Vice-Président
- { D’après les pliotograph-ies clé M!. APPRET )
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- ?ôo. — Deuxième Année. — N° 95.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 24 Octobre 18S6.
- et les appareils spéciaux indiqués précédemment (purgeurs, siphons collecteurs, détendeurs, régulateurs de pression). Or, si cela vaut la peine, quand on a besoin d’une force assez grande, de faire la dépense de ces appareils et d’avoir recours à ces dispositions, il n’en est pas de même dans le cas des petites forces, où il faut rechercher, avant tout, la commodité, l’économie et la simplicité.
- Enfin, un dernier avantage de l’air raréfié consiste dansl’aérage et la ventilation des logements-ateliers, dus à l’aspiration continue qui s’opère dans la canalisation.
- Le prix auquel revient la force dépensée varie, suivant la force du moteur et suivant le temps pendant lequel s’en sert l’abonné. Il est, en fin de compte, inférieur au prix auquel revient la force distribuée au moyen du gaz d’éclairage ; en outre, on est obligé d’acheter les moteurs à gaz, ce qui exige une mise de fonds parfois trop grande poulies travailleurs en chambre, tandis qu’il n’y a aucune dépense d’achat à faire pour les moteurs à air raréfié, qui sont installés sans frais chez les clients, la Société en percevant seulement la location mensuelle.
- Voici, du reste, un tableau indiquant approximativement la force nécessitée par divers outils, et le prix, au mille de tours, du travail effectif réellement dépensé :
- DÉSIGNATION DES OUTILS Force en 1 1 kilogrammètres | PRIX au MILLE DE TOURS PRIX total à l’heure (i)
- Petits tours pour dentistes, graveurs sur cristaux, Machines à coudre de tous systèmes Machines à broder, plisser, petits tours à métaux, perceuses, machines exigeant à peu près la force d'un 3 fr. C. 0,012 p1' l’oscill. 0,006 pr le rotatif fr. c. 0,0932
- homme Tours à métaux et matières diverses, meules à user et polir, machines nécessitant déjà plus que la force d'un 6 0,010 type B. o,i525
- homme Machines à visser, broyer, rogner, hacher les viandes, scies, raboteuses et. meules diverses, etc., etc. (Force 12 0,014 type c* 0,1971
- de trois hommes) Moteur d’atelier, légèrement 24 o,o35 type D. 0,268
- supérieur à 1/2 cheval.... Moteur d’atelier, légèrement 40 o,o55 type E. 0,417
- supérieur à un cheval 80 0,07 type F. o,53i
- (1) En y comprenant, avec la location de la force, la location et l’entretien des moteurs, branchements et robinets.
- La meilleure preuve des avantages que présente la distribution de force motrice par l’air raréfié, est fournie par ce qu’on peut voir chez quelques-uns des clients de l’usine : des moteurs à gaz et de petits moteurs à vapeur y sont souvent remplacés par des moteurs à air. Deux exemples donneront aussi une idée de la diminution du prix de revient que permet d’obtenir l’emploi de la force motrice.
- Un fabricant de bois de brosses possède un moteur d’un demi-cheval qui actionne une scie et cinq tours à percer les bois de brosses. Les cinq ouvriers n’ayant plus à mettre en œuvre eux-mêmes, à la pédale, leurs machines à percer font, aujourd’hui, l’ouvrage de huit hommes. La machine fait donc l’ouvrage de trois hommes payés 5 francs par jour, tandis que sa location et celle de la distribution de force reviennent seulement à 3 francs.
- Un autre abonné, fabricant de peignes en écaille, avait, autrefois, recours à un tourneur de roues pour actionner une scie à découper les dents de peignes, une machine à poncer et polir, etc. Ce tourneur était payé 5o centimes l’heure, soit 5 francs par journée de dix heures. Le moteur à air qui remplace ce manœuvre ne revient, qu’à 2 fr. 5o c. par jour, tout en permettant un travail plus suivi, plus rapide et plus aisé. »
- La Société dont nous parlons a commencé son exploitation en juin 1885 ; elle a aujourd’hui une canalisation de plus de 2,000 mètres sous les rues Beaubourg, Brantôme , Grenier - Saint - Lazare , Michel-le-Comte, Chapon, Montmorency, Aumaire et des Gravilliers, et elle a eu, en dehors de ses abonnés, plus de 400 demandes inscrites. C’est, comme on peut s’en convaincre, un joli résultat. Elle réalise maintenant des bénéfices réguliers, qui vont lui permettre de s’établir, comme elle l’a demandé au Conseil municipal, dans i3 quartiers populeux (2e, 3e, 4e, 10e, 11e et 12e arrondissement), avec des centres moteurs de 3oo à 600 chevaux chacun.
- « Les Compagnies d’assurances paraissent avoir un intérêt évident à encourager les tentatives de
- cette nature. Ainsi, dans l’atelier de M. Jentet, fabricant de boîtes à bonbons, les outils fonctionnaient autrefois à l’aide d’une machine à vapeur dont le condenseur, le tuyau de cheminée, le foyer, le cendrier et le combustible se trouvaient à côté des débris de sciure de bois, des copeaux, des planches, etc. Aujourd’hui que c’est le moteur à air qui fonctionne, les chances d’incendie ont considérablement diminué.
- Eclairage électrique. — Si l’on ajoute, en dernier lieu, que l’éclairage électrique che$ les particuliers sera rendu plus facile et plus pratique, grâce aux moteurs domestiques qui pourront actionner les machines dynamo engendrant le courant, tandis que, jusqu’aujourd’hui, cet éclairage n’était possible que dans les grands établissements où le nombre de foyers justifiait l’emploi d’une machine à vapeur spéciale, on aura une idée à peu près complète du progrès industriel que comporte la distribution de la force motrice à domicile, réalisée au moyen de l’air raréfié, dans tout le quartier Saint-Avoye.
- Comme il y a dans Paris, d’après le recensement de 1881, 929,596 personnes s’occupant de petite industrie, la clientèle des distributions de force est assez nombreuse pour que plusieurs usines et plusieurs systèmes s’y établissent ensemble et prospèrent. »
- Le brossier dont il est parlé plus haut peut abaisser le prix de sa marchandise et lutter plus facilement contre les provenances allemandes.
- J’ai vu un charcutier rue Beaubourg, qui est enchanté de sa machine, et tous ces braves gens, dans le quartier, vous en disent autant.
- Je ne sais pas si l’inventeur sera content de ce que je révèle ici, mais je dois tout raconter sur Paris pour être véridique. Il y a toute une légende qui circule sur son compte dans le quartier, on raconte qu’il a travaillé pendant dix ans à perfectionner sa découverte, qu’il n’était pas du tout de la partie, c’est-à-dire ingénieur, et que ce n’est que son esprit inventif et sa ténacité qui l’ont amené au succès final.
- Si cela est vrai, il n’en a que plus de mérite. En tout cas, il a bien mérité des classes laborieuses si intéressantes de son quartier, et du moins il aura bien mérité de tous les ouvriers de Paris.
- Paul Vibert.
- L’EXPOSITION DE LIVERPOOL
- Vendredi dernier a eu lieu à rhôtel Continental le banquet offert à M. Léo Caubet., consul de France et commissaire général de l’Exposition de Liverpool par les membres du jury de cette Exposition.
- Assistaient au banquet :
- MM. Delorme, représentant du ministre du commerce et de l’industrie ( qu’une subite indisposition a empêché de présider le banquet), MM. Roger, Rameau, Louis et du Boys du ministère des affaires étrangères ; Sir David Radçliffe, maire de Liverpool ; Félix Faure, Armant! Rivière, députés ; G. Berger, directeur de l’Exploitation de l’Exposition de 1889 ; Monteil et Muzet, conseillers municipaux de la ville de Paris ; Bénard, directeur de l’Exposition du Flavre ; Blagé, directeur des chemins de fer du Midi ; le docteur Crivelly; Fournet, ingénieur de la ville de Paris ; Fortier-Beaulieu, membre de la Chambre de commerce ; Nieuwenhuysen, ingénieur de l’Exposition des arts et des sciences industriels ; Lenoir, chargé par le ministre du commerce de la rédaction d’un rapport sur l’Exposition de Liverpool.
- Les membres du jury dont les noms suivent :
- MM. V. Legrand, A. Bertrand, R. Coïon, Demanet, Foucher, Vignes, Armand Schwob, Chassaing, Dumont, Ch. Varey, Goulas, Testu-Jodeau, Dardenne, Thierry.
- Les exposants suivants :
- MM. Vessière-Paulin, Michelet, Lacroix, Hautecœur, Dubounet, Génevoix, Barbier, Donzel, Lucy, Dutel, Paul et Achille Kaleski, Fretin, Huguet, Fenestre, Chevallié, l’excellent et estimé représentant de l’Exposition de Liverpool.
- Parmi les membres de la presse nous citerons MM. Delombredu Temps;Magnier, de l'Evénement; Bertrand, de la Correspondance républicaine ; E. Leroy, du Gaulois ; Cabirau, du Moniteur de l'Exposition de 188g, etc., etc.
- Après un dîner dont nos lecteurs pourront se rendre compte en jetant un coup d’œil sur le menu que nous avons fait photographier pour le reproduire dans nos colonnes, la série des toasts a été inaugurée par M. Victor Legrand, président, qui s’est exprimé en ces termes :
- Messieurs,
- « Avant de commencer la série attendue des toats, je suis sûr d'être ici l’interprète du sentiment de chacun en proposant tout d’abord de porter la santé de notre magistrat suprême, du vénéré président de la République française, M. Jules Crévy.
- Je prie en notre nom M. Félix Faure de vouloir bien lui communiquer l’expression^de notre vive et respectueuse sympathie et de lui transmettre les vœux sincères que nous formons pour qu’il conserve encore de longs jours, dans l’intérêt de la France et de la République.
- Puis s’adressant au représentant du ministre du commerce :
- Au nom des membres du jury et des exposants français à Liverpool, laissez-moi remercier M. le Ministre d’avoir bien voulu se faire représenter à ce banquet.
- Nous avons entendu témoigner notre reconnaissance, non seulement au Consul nommé par M. le ministre des affaires étrangères pour défendre les intérêts français, dans une des plus importantes villes de l’Angleterre, mais aussi au commissaire général nommé par M. le Ministre du commerce et de l’industrie, pour représenter la France sur le terrain pacifique de l’exposition de Liverpool.
- Nous espérons que ceux qui ont pris part à cette exposition, ainsi que ceux qui l’ont visitée, garderont un souvenir ému et reconnaissant de l’accueil qui leur a été fait.
- La France, comme toujours, a eu sa large part des récompenses et des plus hautes. Notre section méritait d’ailleurs les attentions flatteuses que le jury international a eues pour elle. Ornée partout de nos couleurs nationales, elle était décorée avec un goût parfait et une simplicité artistique très française.
- Votre présence parmi nous, Monsieur, est donc une sanction pour la manifestation française de Liverpool. Elle témoigne assurément de l’intérêt que M. le ministre lui a porté, elle nous prouve que s’il a beaucoup fait en nous donnant le commissaire général dont nous avions besoin, il aurait voulu faire plus encore, si cela avait été possible.
- Il retrouvera en 1889 les mêmes exposants, il rencontrera les mêmes bonnes volontés, les mêmes sympathies.
- Toutes les forces vives du commerce et de l’industrie répondront à son appel, car cette date est leur grande espérance, comme elle sera aussi une des gloires de son ministère.
- Nous sommes certains que ce n’est pas un rêve, et nous avons la ferme espérance que c’est M. Edouard Lockroy qui, dans 3 ans, nous conviera à son éclatante réalisation.
- Je bois à la santé de M. le commissaire général de l’exposition de 1889. «
- M. Bertrand, vice-président de la réunion des membres du jury, a prononcé ensuite les paroles suivantes :
- . Messieurs,
- « Après les paroles prononcées par M. Victor Legrand, vous connaissez le but de cette réunion,
- Maintenant, il ne nous reste plus qu’à remettre le souvenir d’estime et de gratitude, que les exposants et les membres du jury français de l’Exposition internationale de Liverpool se sont proposés d’offrir à M. Léo Caubet, pour les services qu’il nous a rendus d’une façon si méritante, si distinguée, si désintéressée.
- Exposant, membre du jury et industriel, il m’est bien agréable d’accomplir, ce soir, la mission qui m’est confiée, car les titres divers que je possède m’ont permis d’apprécier plus que tout autre le savoir, le dévouement, l’ardent patriotisme de notre consul, commissaire général, qui a été un soutien ferme et vigilant, toujours préoccupé d’une seule pensée : le bien de la patrie !
- La présence de l’éminent sir David Radcliffe, le premier magistrat de Liverpool, qui a consenti à venir passer quelques heures parmi nous, en accomplissant un voyage fatigant, démontre avec éloquence la haute situation que M. Léo Caubet occupe dans cette belle ville et combien la France, grâce à lui, y est aimée et honorée.
- Il fallait, en effet, la situation prépondérante de M. Léo Caubet pour assurer, au milieu de tant de difficultés, de tant de compétitions, le succès si
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 24 Octobre i835. — 361.
- marqué, si éclatant de nos nationaux à l’Exposition internationale de Liverpool.
- Monsieur le Consul,
- Monsieur le Commissaire général,
- Veuillez donc accepter ce témoignage sincère de notre profonde reconnaissance, témoignage que vos enfants et vous-même pourrez conserver avec quelque fierté ; il est le souvenir du devoir noblement accompli dans la défense des intérêts si multiples de notre belle et chère France. »
- Les membres du jury et exposants ont offert à M. Léo Caubet de superbes bronzes qui ont été admirés par tous les convives à l’issue du banquet.
- M. Léo Caubet a ensuite pris la parole : Messieurs.
- « En écoutant les paroles qui viennent d’être prononcées, j’ai éprouvé une émotion profonde et un sentiment de sincère gratitude.
- M. Bertrand, au nom des exposants et des membres du jury, a bien voulu dire que le commissaire du gouvernement de la République a rendu quelques services aux commerçants et industriels français réunis à Liverpool. Si nous avons obtenu des résultats satisfaisants, Messieurs, c’est que vous y avez apporté l’aide de votre savoir et de votre expérience, tandis que pour ma part, je n’ai pu vous offrir que bonne volonté et dévouement cordial.
- Mes efforts sont aujourd’hui largement récompensés par l’expression de vos sentiments à mon égard; je suis vivement touché de l’honneur qui m’est fait, par la présence de membres éminents de la Chambre des députés, de mes chefs au département des affaires étrangères. L’honneur que vous me faites, messieurs, je ne veux point en jouir en égoïste, et permettez-moi d’en revendiquer une grande part pour le corps diplomatique et consulaire auquel j’appartiens ; je ne puis, en effet, oublier que mes collègues, dispersés sur toutes les parties du globe, ont tous à cœur, comme moi, de protéger nos nationaux à l’étranger, d’aider autant que possible au développement commercial et industriel de notre chere patrie et de soutenir sa renommée dans le monde.
- Encore une fois merci, Messieurs, vous resterez dans mon souvenir et j’espère que vous ne m’oublierez pas ; quand vos affaires vous conduiront de nouveau à Liverpool, je serai heureux de vous revoir. »
- M. Félix Faure, dans un toast qui a obtenu un grand succès et dont nous regrettons de n’avoir pas le texte pour le reproduire in extenso, s’adresse successivement en anglais et en français, avec une égale facilité, au lord-maire, et à l’assistance, dont il se fait l’interprète éloquent auprès du premier magistrat de la ville de Liverpool.
- L’ancien sous-secrétaire d’Etat des colonies, remercie ensuite M. le ministre du commerce et de l’industrie d’avoir bien voulu charger un des fonctionnaires de son département de le représenter au’banquet des membres du jury et des exposants français de Liverpool, puisque une indisposition subite ne lui permettait pas d’assister à cette fête.
- Après avoir porté la santé de S. M. la reine d’Angleterre, M. Félix Faure porte celle du lord-maire de Liverpool, cette grande et magnifique cité qui, à l’heure actuelle, est le plus grand port de l’Europe car il ne compte pas moins de 5o docks ou bassins de 55 kilomètres de quais, 2 5 formes de radoub, 10 gares maritimes, er son mouvement commercial s’élève annuellement à 10 millions de tonnes.
- C'est avec une satisfaction marquée que M. Félix Faure constate l’augmentation de la part prise, dans ce mouvement, par le pavillon français, et qui s’est élevé de 85,000 tonnes en 1874 à 112,000 en 1884.
- Ce n’est pas sans des sacrifices d’argent très considérables , nous ne devrions pas oublier cet exemple, ajoute M. Félix Faure, que le port de Liverpool est arrivé à conquérir une situation aussi prépondérante ; dans ces dernières années, la ville de Liverpool, pour les agrandissements et améliorations de son port, n’a pas dépensé moins de 20 millions de livres sterling, soit 5oo millions de francs et sa dette s’élève à 10 millions de livres sterling.
- S’adressant à sir David Radcliffe, M. Félix Faure lui fait remarquer, non sans à-propos, que le progrès des échanges entre la France et l’Angleterre serait certainement beaucoup plus rapide et plus considérable sans les frais très élevés qui, dans les ports anglais, frappent plus spécialement les navires étrangers lesquels ne peuvent profiter, comme les bâtiments anglais, d’abonnements avantageux. Il aurait bien le désir de demander au maire de Liverpool d’appuyer des diminutions de taxes : pour les town-dues (droits de ville), anchorage dues (droits d’ancrage), harbour-rates (droits de port), sans parler des droits de feu et d’autres ; mais sir David Radcliffe n’a pas consenti à assister au banquet, à entreprendre un voyage long et fatigant, dans une saison peu clémente pour entendre des réclamations... et M. Félix Faure déclare ne pas vouloir insister pour se livrer tout entier au plaisir de fêter, au milieu des membres du jurv et des
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- l’affaire, il a conduit l’organisation de la section française de telle manière que, par son exemple, il a animé toutes les autres sections.
- En terminant, messieurs, permettez-moi d’ajouter que je désire fermement de voir la France et l’Angleterre continuer à marcher, la main dans la main, vers le développement de leur commerce et de leur industrie donnant ainsi un exemple utile et salutaire aux autres nations. »
- M. Edgar Monteil porte ensuite un toast au lord-maire de Liverpool. Il ne faut pas, dit-il, que le principal magistrat de la grande et industrieuse cité qui est non seulement un des ports les plus importants du monde, mais qui est le principal débouché des manufactures de Birmingham, de Manchester, soit venu s’asseoir à une table française, sans qu’un représentant du conseil municipal de Paris lui souhaite une bienvenue cordiale.
- Les étrangers, ajoute M. Monteil, sont trop enclins à ne voir dans Paris que les magnifiques quartiers qui s’étendent entre la porte Saint-Denis et l’arc de triomphe de l’Etoile, mais, il ne faut pas l’oublier, Paris est une grande ville industrielle et commerciale dont les ouvriers excellent dans leur art, et c’est à ce titre que les représentants de Paris ont surtout le devoir de saluer, dans le lord-maire de Liverpool, le représentant de l’une des villes les plus laborieuses et les plus florissantes du monde entier. Au nom de la ville de Paris, je bois à la ville de Liverpool.
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- exposants français, la présence du lord-maire de Liverpool dont les services éminents ont reçu de ses concitoyens le plus éclatant témoignage, l’honorable sir Radcliffe ayant été deux fois réélu, ce qui ne se voit, pour ainsi dire, jamais en Angleterre.
- Tcut l’auditoire s’associe, par des applaudissements répétés, aux paroles de M. Félix Faure.
- Voici encore le toast de sir David Radcliffe, maire de Liverpool, chaisman de l’Exposition internationale de Liverpool:
- Messieurs,
- « Je vous remercie d’avoir bien voulu me convier à ce banquet. Je remercie M. Félix Faure des paroles qu’il vient de prononcer et qui honorent la cité de Liverpool en la personne de son maire. Si le député du Havre s’exprime ainsi, c’est que nous pouvons presque le revendiquer comme un concitoyen ; il a, en effet, vécu à Liverpool, il n’a cessé d’y avoir des intérêts et des amis. Nous savons combien il s’occupe des questions commerciales et maritimes, nous savons aussi l’intérêt qu’il porte à l’Exposition qui doit avoir lieu l’année prochaine dans le port du Havre, le Liverpool de la France. Je forme, pour le succès de cette Exposition, des vœux bien sincères, de même que pour la grande Exposition de 1889.
- Je ne veux pas oublier mon ami, M. Léo Caubet, consul de France et commissaire général à notre Exposition, et je dois dire que, dès l’origine de
- Voici le toast de M. Rivière, député :
- Messieurs,
- « Je vous propose de boire, avec moi, à l’hospitalité anglaise 1
- Ce n’est pas vous seulement qui avez eu à vous en louer, cette année, à l’Exposition de Liverpool.
- Moi aussi je l’ai connue et appréciée, il y a longtemps, lorsque, avec mes amis politiques, après les événements de décembre 185 r, j’allai chercher contre la proscription un refuge en Angleterre.
- Aussi ai-je applaudi avec vous M. le maire de Liverpool, lorsqu’il nous disait, tout à l’heure, que nos deux nations devaient marcher la main dans la main, à la tête de la civilisation.
- La France et l’Angleterre sont les deux grandes nations les plus libérales de l’Europe et si elles en venaient à se faire la guerre, ce serait vraiment un crime de lèse-humanité 1
- Messieurs, la France, comme l’Angleterre, doit être hospitalière pour les proscrits, pour ceux que . la politique a contraints de chercher un refuge hors de leur patrie.
- Je bois, avec vous, à l’hospitalité anglaise et à l’hospitalité française. »
- M. Alph. Bertrand, directeur de la Correspondance républicaine, s’est ensuite exprimé ainsi :
- Messieurs,
- Permettez-moi de m’acquitter d’une mission dont j’ai été chargé par notre honorable et toujours dévoué ami, M. Wilson.
- Retenu par la préparation du rapport général du budget qui doit être déposé demain à la Chambre, M. Wilson a eu le regret de ne pouvoir se rendre à votre aimable invitation, qu’il avait acceptée avec le plus vif plaisir.
- M. Wilson, j’en suis certain, aurait été heureux de vous remercier des sentiments exprimés en l’honneur du président de la République et de s’associer au témoignage de gratitude que nous devons tous au lord-maire de Liverpool, au magistrat éminent et sympathique qui a traversé la Manche pour donner aux exposants français un nouveau gage de la sympathie de ses concitoyens.
- Permettez-moi, Messieurs, d’ajouter que les sentiments dont j’ai été chargé d’être l’interprète, sont aussi ceux de la presse française.
- La presse considère comme la partie la plus douce et la meilleure de sa tâche quotidienne le concours qu’elle prête aux œuvres pacifiques et fécondes. Au lendemain des expositions de Vienne, d’Amsterdam et d’Anvers, et à la veille de celles du Havre, de Toulouse et de Barcelone, l’exposition de Liverpool a été une de ces œuvres. Elle a fait honneur à l’industrie française.
- Messieurs, au nom de la presse, je remercie les organisateurs de ce banquet, je bois au développement de notre commerce et de nos relations internationales. »
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Octobre 1886.
- L'ART CERAMIQUE
- A L’EXPOSITION
- des
- SCIENCES ET DES ARTS
- INDUSTRIELS
- FAÏENCES D’ART
- ET
- Terres cuites
- L’art céramique, qui au moyen âge florissait en France et ne trouvait pas de rivaux à l’étranger, a été en décroissant après que le célèbre Bernard Palissy eût emporté avec lui les secrets de sa fabrication ; depuis le commencement du xixe siècle, les efforts tentés par les fabricants français, pour régénérer cette industrie, avaient été de beaucoup dépassés par ceux que, de leur côté, faisaient les Italiens et les Anglais.
- Néanmoins, pendant ces dernières années, un nouvel élan a été donné en France à la céramique, et nous avons été très heureux de pouvoir constater à l’Exposition du palais de l’Industrie, les progrès remarquables que cet art a fait chez nous dans un laps de temps comparativement très court.
- Parmi les nombreux exposants qui ont pris part à cette intéressante Exposition et qui se trouvent dans la classe 29 (céramique, cristaux et verrerie) , nous mentionnerons les Faïences d'art de la manufacture de Reuilly.
- Cette usine est de création toute récente et n’a commencé à fonctionner qu’en 1883. Le fondateur, M. V. Le Bourhis, qui descend de la race bretonne dont l’énergique persévérance a contribué si puissamment à la prospérité de la France, eut à prendre, tout jeune, l’importante direction de la manufacture de Reuilly, qu’avait dû quitter un professeur de la manufacture de Sèvres, au moment tout à fait favorable pour son développement.
- M. Le Bourhis, comprenant ce que
- l’avenir réservait à cette industrie, s’y dévoua complètement et obtint dans très peu de temps des résultats vraiment merveilleux ; il s’assura d’abord de grands terrains attenant à la fabrique de manière à pouvoir lui donner plus tard l’extension nécessaire ; il s’entoura d’ouvriers intelligents, d’artistes et de décorateurs de talent et organisa entièrement l’usine sur un nouveau pied ; cette dernière se trouve du reste dans une situation exceptionnellement favorable à ce genre d’in-
- M- V- LE BOURHIS
- dustrie, ôtant située à peu de distance de la Bastille, sur le territoire de Reuilly et à proximité du chemin de fer de Ceinture, ce qui assure des moyens de transport prompts et peu coûteux.
- Nous parlerons plus loin de la valeur artistique des objets exposés par M. Le Bourhis, mais, nous ferons d’abord remarquer que, comprenant fort bien que pour développer une industrie pareille, il fallait joindre l’utile à l’agréable, il a complété sa manufacture artistique par la production d’ar-
- ticles de vente courante, certains de trouver toujours un débouché; il fabrique à Reuilly des boutons de portes, des chapiteaux et frises décorés, des boules de rampes et des panneaux en faïence servant à la décoration intérieure des maisons et qui sont déjà très appréciés par les architectes qui les emploient dans les salles de billard, vestibules, salles de bains, etc. Les Anglais se servent depuis longtemps de ce mode de décoration, qui ôtait pour ainsi dire inconnu en France, mais qui, depuis les progrès sensibles que les faïences en général et surtout celles de Reuilly font chaque jour, prend un développement considérable parmi nous , ces panneaux décoratifs en faïence, ainsi que les entablements de tout genre avec la frise décorée en couleur et les corniches en haut relief, sont appelés à jouer un grand rôle dans l’architecture mo-y derne.
- Nous pouvons ajouter qu’en §§§ vue de la transformation que
- subit 1 ’ art décoratif en F rance, la manufacture de Reuilly est installée de façon à pouvoir exécuter toutes les applications nouvelles de la céramique, aussi bien pour les articles de luxe que pour ceux d’usage journalier.
- Revenons maintenant aux produits exposés d’un genre éminemment artistique qui se trouvent au palais de l’Industrie ; nous citerons en première ligne deux grands vases de imio de hauteur, forme antique, avec sujets artistiques représentant sur l’un, un joueur de mandoline et sur l’autre une jeune Italienne se cachant derrière le vase pour écouter la sérénade que lui donne son voisin.
- Comme forme, comme couleur chatoyante et comme élégance, ces vases ne laissent rien à désirer et l’on peut dire que pour une œuvre de ce genre la perfection, a été obtenue. Remarquons ensuite des tableaux signés A. Marcelle représentant des fleurs et imitant la nature à s’y méprendre ; n’oublions pas deux jolies paires de
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- vases aux couleurs irisées et changeantes, sur l’une sont des scènes de Bergerie et sur l’autre des Amours très délicatement peints ; admirons aussi des amphores d’un style très gracieux, des plats ornés de dessins très finis d’oi-
- pendules allégoriques et le tout d’un bon marché vraiment surprenant.
- L’élan donné depuis quelque temps en France à l’art décoratif par des industriels entreprenants comme M. Le Bourhis, nous promet des résultats
- seaux et de fleurs et de vases bleus au grand feu d’un vigoureux effet
- Parmi les petits objets renfermés dans la même vitrine, on retrouve toutes les fantaisies artistiques reproduisant le goût du jour, des paniers
- merveilleux pour l’Exposition de 1889 et nous ne pouvons que voir avec plaisir l’art polycrome, si gai à l’œil, supplanter le terne et le sévère qui ont été si longtemps à l’ordre du jour. Les décorations intérieures de nos habi-
- nalité et à la variété et tout fait prévoir un grand avenir à ceux qui marcheront sur les traces du propriétaire de la manufacture de Reuilly, et la France pourra alors fermer entièrement ses portes à la fabrication étrangère qui s’est imposée chez nous insensiblement sans que nous nous en apercevions de premier abord, mais qui a eu pour ré-
- sultat d’aiguillonner nos industriels et de pousser à la création de manufactures dans le genre de celle dont nous venons de parler.
- Des industries pareilles, qui ont, jusqu’à un certain point,- le grand mérite de la nouveauté, méritent d’être encouragées par tous les moyens possibles et plus elles seront connues par
- nattés et curieusement contournés, aux anses desquels s’accrochent des figurines d’un modèle exquis ; la variété de formes, couleurs et destination des objets est incroyable, commençaut au vide-poche et finissant aux petites
- tâtions ont une tendance marquée à devenir originales, au lieu de porter l’empreinte du cachet banal qui les caractérisait.
- L’art céramique est, sans contredit, un de ceux qui prêtent le plus à l'origi-
- le public, plus elles serviront d’exemple à ceux qui sentiront la nécessité de créer de nouvelles industries dans un pays qui, comme la France, est le plus propre, grâce à son goût naturel et son sentiment inné du beau, à arriver à la perfection dans tout ce qui se rattache aux arts en général.
- Paul Dejoux
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 24 Octobre t886.
- LES LIVRES
- LXXX
- L’Abbesse de Jouarre, drame philosophique, par M. Ernest Renan, i vol. in 8° (i).
- M. Renan est un homme heureux. Depuis Lut-ther et Calvin, nul n’a porté de coups plus redoutables au catholicisme. Nul n’a ébranlé, d’une main plus souple et plus vigoureuse à la fois les colonnes du temple des anciennes fois. Mais c’est un critique doublé d’un poète. L’érudition la plus vaste, la plus profonde n’a pas voilé en lui l’imagination, ni tan les sources du sentiment. Il a soutenu sans faiblir, avec une impassibilité souriante qui ressemblerait à de l’inconscience, sans le pli malin de sa lèvre lippue, et l’éclair qui traverse parfois son œil canonical, une lutte sous laquelle aurait fléchi un Mirabeau. Il a ramassé comme on ramasse des fruits murs tombés de l’arbre, les pierres qu’on lui a jetées de tous côtés. Il a fait le gros dos et le ronron voluptueux d’un chat qui digère au coin du feu sous les flèches de l’anathème. Il a remercié, avec un geste plein de Ponction sacerdotale, les adversaires qui le maudissaient. Sur les ruines des mondes qu’il a.faitcrou-ler, il rêve en cueillant des fleurs. Calvin est demeuré triste à jamais de ce combat sans merci qui l’a fait à son tour tyran et persécuteur. Luther, au sortir des jovialités de ses propos d’après-dîner avait des mélancolies intenses et pleurait du malheur d’être né. M. Renan est un homme heureux. Il se passe de religion et même de philosophie, se fait une sagesse commode à suivre à l’état sédentaire et même en voyage, et n’en est ni plus fier ni plus triste dans son égoïsme transcendental, son scepticisme à la façon d’Erasme, son épicuréisme à la façon de Bayle et de Saint-Evremond. Il est heureux. Les coups que lui ont assénés, avec toute la brutalité scolastique, les Gratry, les Cognât ne l’ont pas plus gêné qu’un moucheron ne gêne un éléphant. Il est heureux. Il a eu une mère admirable, remplacée à sa mort par une sœur, sa seconde mère, plus admirable encore. Il est arrivé de bonne heure, par ses œuvres, à la réputation, et à l’aisance. Il est de l’Académie française et il l’a mérité par ses beaux travaux sur la critique des religions et des langues, par ses livres où la pensée s’habille d’un des plus magistraux styles de ce temps. Il a épousé la nièce d’Ary Scheffer, femme intelligente, sensée, dévouée. Il est le père de la belle madame Psicharis et d’Ary-Renan, un artiste et un poète aussi. Il n’a pas eu les infirmités de la maturité laborieuse et sédentaire. C’est un bénédictin profane qui se porte à merveille, et replié sur son double ventre, caresse son double menton, en regardant l’horizon de verdure et de toits que lui découvre le rideau relevé de son cabinet au collège de France. Quelques critiques, comme M. Lemaître, sont allés l’étudier de près à son cours, après l’avoir étudié de près dans ses livres, pour se faire une idée nette de l’homme, et lui trouver un système. Ils ont cherché en vain le philosophe. Ils n’ont vu qu’un artiste et qu’un écrivain de premier ordre, dont le talent porte ses fruits comme le pommier porte ses pommes, avec un naturel que dirigent et corrigent un goût et un art qui semblent innés comme tout le reste, tant ils sont sans effort et paraissent aussi tenir du don. Plusieurs fois déjà, sortant du domaine trop étroit à son gré de l’histoire religieuse, M. Renan a écrit des drames et des comédies qu’il intitule philosophiques, par un reste de scrupule de gravité. Car il veut rester grave tout en se divertissant et si sa gravité sourit volontiers, c’est du sourire socratique et platonicien. C’est ainsi que tout en préparant un dernier ouvrage, un dernier monument qu’il dit testamentaire, d’histoire religieuse, il s’est délassé à écrire un drame philosophique, intitulé : l'Abbesse de Jouarre, qui fait grand bruit en ce moment, et mérite d’en faire, car jamais les habitants de Landernau n’ont vu tomber pareille pierre dans leur mare aux grenouilles. Jamais, en effet, pour les amateurs ou les censeurs du scandale pareille occasion de s’indigner ou de se gaudir. Ce drame, ce livre, en effet, n’est pas autre chose que la thèse développée en scènes et en dialogues pleins de subtilité casuistique et d’éloquence passionnée, que la thèse de la glorification de l’amour, de la réhabilitation, ingénue-ment effrontée du droit et du devoir de la jouissance, pour toute créature, fut-elle liée par les vœux du cloître, fut-elle rivée par les pudeurs, les terreurs de l’heure suprême, au serment contre nature de la virginité. C’est le cas de l’abbesse_ de Jouarre (le caractère de la personne ajoute ici à la thèse une saveyr lascive de plus) enfermée dans la prison du Plessis, pendant la Terreur.
- Après une lutte pied à pied, et une belle et inutile défense, on la voit céder aux objurgations et aux caresses de son amant d’Arcy, condamné à mort
- (i) Nous parlons ici — et continuerons de le faire, — de tout livre qui mérite d’ètre signalé au public, que ce livre nous ait été envoyé par l’éditeur ou que nous l’ayons acheté, ce qui nous arrive assez souvent. Mais dans ce dernier cas, nous croirons devoir passer sous silence le nom de l’éditeur et nous nous abstiendrons de faire une réclame gratuite à l’éditeur qui négligera le premier des devoirs de sa profession : mettre la critique en mesure d’éclairer le public.
- comme elle, qui a trouvé le moyen, à prix d’or, de partager sa dernière nuit de captivité, et trouve aussi le moyen de triompher de sa résistance, de la faire tomber des bras de la foi dans ceux de l’amour, et de lui faire accepter les plaisirs de la passion terrestre comme avant-goût des célestes délices.
- L’aventure n’est pas invraisemblable. On trouve dans les relations des prisonniers sous la Terreur plus d’une scène de ce genre. On en voit de pareilles durant tous les grands cataclysmes naturels ou sociaux. La peste de Florence a donné naissance aux récits du Dêcaméron. On a retiré des décombres des tremblements de terre d’ischia des victimes enlacées dans le suprême embrassement. Les freins moraux et sociaux, les préjugés et les pudeurs de la vie ordinaire ne font guère bonne contenance devant la pensée de la mort imminente. La pudeur, disait Duclos, est un sentiment qu’on attache sur soi le matin avec des épingles. Le voile tombe vite, le masque est vite arraché, l’héroïsme s’évanouit, et la nature et l’humanité restent et ne supportent guère de résistance à leurs droits et à leurs besoins, quand l’amant qui s’offre à la femme au nom de l’amour, parle aussi au nom de la mort, et lui montre l’aube du dernier jour blanchissant déjà les toits et les grilles du corridor où l’huissier du tribunal va venir faire l’appel de l’échafaud.
- Il yr a à ce sujet dans la Correspondance de Mme de Rémusat une lettre qui montre bien quels irrésistibles entremetteurs, dans leur silence, ont été le geôlier et le bourreau. Que de belles dames ont, à la pensée d’un dernier baiser, d’une suprême jouissance, jeté bas l’inutile pudeur, et se sont consolées et vengées de la mort par l’amour, ne faisant pas plus les mijaurées devant le grabat des dernières tendresses, que devant le cruel soleil dorant du brutal rayon de la vie le couperet de la guillotine. C’est ce qu’explique très bien cette Mme de V.... (t. IV, p. 202) qui semble cynique à Mme de Rémusat scandalisée, et qui n’esfique sincère, que naturelle, et très femme, comme cette abbesse de Jouarre dont M. Renan s’est plu à raconter le premier et tardif amour, en homme qui a traduit en poète le Cantique des Cantiques. Ce premier amour n’est pas le dernier. C’est dans cette matière là surtout qu’on va de chute en chute. L’abbesse défroquée, délivrée, veuve sans mariage du malheureux d’Arcy mort sur l’échafaud en sortant de ses bras, n’hésitera pas plus qu’il ne faut à accepter la main de son libérateur, qui n’hésitera pas davantage à adopter la jeune enfant, fruit de la victoire d’un jour, de la conquête d’une nuit, de son infortuné prédécesseur. Il est évident que la fable ainsi réduite perd de sa gravité, et pourrait prêter à la raillerie. Mais il faut lire le livre, et alors, tout en s’étonnant peut-être un peu de trouver M. Renan dans la robe de chambre de Diderot, l’auteur de la Religieuse, et dans les pantoufles de Stendhal, l’auteur de la Chartreuse de Parme, conviendra-t-on qu’il plaide d’un autre ton et avec autrement de verve, de passion et de style, la thèse de la Mélanie de La Harpe.
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- ROUMANIE
- CONSTRUCTION d’un PONT SUR LE DANUBE
- Le pont sur le Danube, dont l’adjudication a été fixée au 7 décembre prochain, se compose de deux parties : l’une, sur le Danube proprement dit; l’autre, sur le Borcea, au petit bras du fleuve qui sert à la formation de la grande île située vis-à-vis de Cernavoda.
- Le pont sur le Danube doit avoir une ouverture libre de 660 mètres, divisée en quatre travées de 165 mètres chacune.
- Le pont sur le Borcea aura une ouverture libre de 495 m. 5o, divisée en trois travées de 165 mètres chacune.
- La hauteur de ces deux ponts doit être telle que le point le plus bas du tablier soit, sur le Danube, de 3o mètres, etsur le Borcea de 11 mètres au-dessus du niveau des plus hautes eaux.
- Les tabliers des deux ponts seront horizontaux et en ligne droite. Ils seront construits dans toute leur longueur pour une seule voie ferrée de 1 m. 5o d’ouverture entre les rails et deux trottoirs éloignés de 1 m. 2 5 du rail le plus rapproché. Le reste de la longueur devra avoir un coefficient de stabilité de 1 m. 5o minimum.
- L’évaluation prévue par le budget est de 25 millions de francs. La caution à déposer pour être admis à la licitation s’élève à 5 p. °/0 de la valeur des travaux.
- Le terme de l’exécution est de quatre ans.
- (Communication du vice-consul de France à Kustendjé.)
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- LES THÉÂTRES
- Odéon. — Les Fils de Jahel, drame biblique de Mlle Simone
- Arnaud.
- Dejazet. — Les Femmes collantes, comedie-bouffe en cinq actes
- de M. Léon Gandillot.
- Folies Dramatiques.— Madame Cartouche, opéra-comique en
- trois actes, de MM. Busnach et Decourcelle, musique de M.Vasseur.
- La tragédie que vient de représenter le théâtre de l’Odéon est certainement l’œuvre dramatique de la plus haute inspiration et de la facture la plus noble qui ait été produite depuis un assez grand nombre d’années. La place nous manque malheureusement pour analyser un ouvrage d’une telle importance. Nous sommes obligés d’applaudir simplement aux beautés qu’il renferme et de constater que cette pièce d’une femme a des qualités d’énergie et de virilités surprenantes. Le drame contient plusieurs scènes d’un effet grandiose, Le vers de MUe Arnaud est techniquement de la plus pure correction et est mû par un souffle superbe. Cette terrible et magnifique histoire des Macchabées a été par l’auteur transportée sur le théâtre avec un merveilleux instinct dramatique et un beau mépris de tous les mesquins procédés de métier. Le drame se concentre autour de Jahel, la mère sublime au patriotisme exalté, dont la figure rayonne sur l’œuvre avec un extraordinaire éclat.
- Le théâtre Dejazet a donné l’œuvre d’un débutant notre collaborateur et ami Gandillot. Les Femmes collantes (titre un peu effarouchant c’est vrai) ont obtenu un véritable succès. La pièce est en effet d’une extrêmegaieté. Nousn’essayerons pas del’analyser : des ouvrages de cette fantaisie sontréfractairesà une sérieuse discussion critique. Il nous suffit de constater qu’elle renferme nombre de choses amusantes et que les honnêtes gens ont beaucoup ri aux drôleries dont elle est émaillée. Enfin voici donc un jeune qui parvient au théâtre. Félicitons M. Boschert, le directeur de Dejazet, d’avoir eu le courage d’accueillir une pièce d’un inconnu, d’avoir donné une telle preuve de perspicacité et d’intelligence artistique. L’interprétation des Femmes collantes est excellente, depuis M. Lacombe, le vétéran des Folies-Marigny, qui lui ne compte plus ses succès, à M. Fournier, un acteur de drame excellent qui a prouvé qu’il était encore meilleur comique, à M. Barlet, un artiste laissé dans l’ombre au Palais-Royal et qui s’est révélé à Dejazet, comme Noblet il y a quelques années. M.Lévy un étonnant fantaisiste, a eu un joli succès. MM. Prévost et Souve, dans de petits rôles ont prouvé qu’ils possédaient déjà une science remarquable de composition de personnages car ils ont fait saillir leurs rôle dans l’interprétation générale d’une manière que pourraient envier nombre de comédiens réputés. Mme Paget est une très amusante duègne, Mme Didier une bien fine comédienne. L’éclatante Mme Lunéville, la très gracieuse MUe Laville ont été fort remarquées. Mlles Josépha, Roche et Jolly, avec leurs allures sémillantes, complètent pittoresquement l’interprétation.
- Bref, la façon dont est montée cette pièce fait le plus grand honneur au directeur de Dejazet et démontre qu'il saura faire de son théâtre en peu de temps un théâtre de genre, classé parmi les meilleurs et c’est un remarquable tour de force qu’il aura accompli par sa seule habileté et son intelligence artistique et administrative.
- M. Deransart a composé, pour les Femmes collantes, une ouverture et des entr’actes d’une musique spirituelle et gaie.
- Aux Folies-Dramatiques une nouvelle opérette. La musique est absolument délicieuse. Le livret renferme beaucoup de drôleries et de mots spirituels, mais il est d’une intrigue bien laborieuse et bien embrouillée. Gobin est d’une exubérance de fantaisie et de gaieté stupéfiante. Vauthier a toujours sa superbe voix. Un débutant M. Guy est un tenorino aimable. Pour Mme Montbazon, c’est à elle que doit revenir tout le vrai succès de la pièce. Mme Montbazon est certainement aujourd’hui la diva d’opérette la mieux douée et la plus charmante. Elle a la finesse et l’achevé de diction de M,ne Judic, la crâne désinvolture de Mme Granier et la mutinerie de Mme Théo. Jeunesse, beauté, voix d’une extrême-fraîcheur : elle possède tout. Quoi d’étonnant à ce qu’elle soit devenue l’idole du public.
- Intérim.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. —lmp. E. ARRAULT et 0>° rue de la Préfecture, G
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- I
- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- DEUXIÈME ANNEE» Dimanche 31 Octobre 1888. NUMÉRO 96.
- SOMMAIRE :
- 1. Plan de l’Exposition; 2. Commission de contrôle et des finances de l’Exposition de 1889 ; 3. Sous-commission de la commission de contrôle et des finances ; 4. Réunion des sous-commissions ; 5. Commission de contrôle et des finances de l’Exposition de 1889; 6. Le capital de garantie ; 7. Le Conseil mnnicipal et l’Exposition de 1889 ; 8. Les membres représentant l’Etat à la commission de contrôle et des finances ; 9. Service médical de l’Exposition de 1889 ; 10. La Belgique à l'Exposition de Liverpool ; 11. Exposition des sciences ; 12. Le Théâtre à l'Exposition de 1889 ; i3. Les Livres ; 14. Avis commerciaux ; i5. Les Théâtres.
- PLAN DE L’EXPOSITION
- SOUMIS PAR M. ALPHAND
- A LA COMMISSION DU CONTROLE ET DES FINANCES
- au cours de la séance du 27 octobre 1886
- Ecole militaire
- Avenue de Lamothe-Picquet
- Cour des forces motrices
- Galerie des machines
- Jardins
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- , COMMISSION DE CONTROLE
- | ET DES FINANCES
- ! DE L’EXPOSITION DE 1889
- Séance du 27 octobre 1886
- 1 PRÉSIDENCE DE M. ÉDOUARD LOCKROY
- M. Alphand prend le premier la parole et donne de nombreux renseignements sur le plan général de l’Exposition.
- L’Exposition comprend un palais unique, suffisamment divisé pour faciliter la circulation des visiteurs et l’exposition méthodique des produits.
- Un grand jardin et une vaste pelouse s’étendront entre le palais et le Trocadéro.
- La tour Eiffel sera placée en bordure du quai, en face du pont d’Iéna. Celui-ci sera recouvert d’un vélum dont la charpente pourra supporter les illuminations.
- Les bâtiments du Trocadéro seront disposés pour l’exposition d’horticulture.
- L’exposition d’agriculture s’étendra sur le quai d’Orsay, entre le Champ-de-Mars et les Invalides, en saillie sur la Seine, au moyen d’apponte-ments.
- L’exposition des colonies sera installée à la suite de la précédente.
- M. Alphand a informé la commission qu’il était prêt à procéder aux adjudications et que les lots seraient divisés de façon à permettre aux petits entrepreneurs de soumissionner des travaux.
- M. Berger, directeur de l’exploitation, complète l’exposé de M. Alphand en donnant des détails sur les questions qui se rattachent à ses attributions.
- Il insiste spécialement sur ce point : bien que diminués de g % sur ceux de 1878, les espaces sont suffisants.
- M, Hébrard dit qu’il n’a pas été édifié sur cette question par les plaidoyers partiels de M. Berger.
- M. Monteil croit que les emplacements sont suffisants, à condition qu’on soit très sévère pour l’admission des produits.
- M. Lyon-Allemand demande que cette question soit renvoyée à l’examen d’une sous-commission.
- M. Alphand fait remarquer que les espaces disponibles dépendent des crédits alloués.
- Il pensait, au début, qu’il fallait 3oo,ooo mètres carrés, on aurait alors dépensé 60 millions. Il ne dépensera que 22 millions, somme déjà très importante par rapport au chiffre total des crédits.
- ' M. Hébrard appelle l’attention de la Commission sur cette question soulevée par M. Monteil: il ne faudrait pas compromettre le succès de l’Exposition en déclarant à l’avance que l’on sera très sévère pour l’admission.
- M. Dietz-Monin rappelle que la précipitation apportée à l’organisation de l’Exposition de 1878 a eu pour conséquence de développer les emplacements occupés.
- M. Berger assure que les expositions collectives permettront d’économiser la place.
- M. Camille Dreyfus demande pourquoi l’on a renoncé à l’idée de relier l’esplanade des Invalides au palais de l’Industrie.
- M. Alphand répond que la question est réservée pour le cas où l’on aurait des ressources suffisantes, soit par suite de rabais, soit par suite de l’augmentation des recettes.
- M. Clémenceau demande que la Commission se subdivise en trois sous-commissions.
- M. Tirard combat cette proposition, mais M. Christophle l’appuie.^
- L.a Commission décide qu’elle se subdivise en trois sous-commissions:
- i° Travaux ;
- 20 Exploitation;
- 3° Finances. .
- Le ministre du commerce et de l’industrie procédera lui-même à la constitution de ces trois groupes.
- SOUS-COMMISSIONS
- DE LA
- COMMISSION DE CONTROLE k DES FINANCES
- Les trois sous-commissions sont ainsi constituées :
- TRAVAUX
- Président : M. Teisserenc de Bort.
- Membres: MM. Bixio, Blount, de Bouteiller, Clémenceau, Clerc, Guichard, Griolef, de-Hérédia, Le Guay, Mesureur, Ménard-Derian, Péreire, Tolain.
- Secrétaire : M. Méliodon.
- EXPLOITATION
- Président : M. Tirard.
- Membres: MM. Combier, Dautresme, Dietz-Monnin, Etienne, Germain, A. Grévy, Hébrard, Jobbé-Duvai, Lyon-Allemand, Mallet, Marinoni, Monteil.
- Secrétaire : M. Georges Payelle.
- FINANCES
- Président: M. Christophle.
- Membres : MM. Cahen d’Anvers, Chabriéres-Arlès, Dreyfus, F. Faure, Guay, Hart, Hentsch, Jacques, Sieukiewicz, Millaud, Rouvier, Voisin, Wilson.
- Secrétaire: M. Georges Paulet.
- REUNION
- DES SOUS-COMMISSIONS
- Les sous-commissions des travaux de l’exploitation et des finances se sont réunies, le jeudi 28 octobre, au pavillon de l’avenue Rapp.
- La sous-commission des travaux a entendu les explications de M. Alphand, dont elle a approuvé les vues au sujet du plan général de l’Exposition. Elle a seulement demandé à l’honorable directeur des travaux de réserver pour une discussion ultérieure l’emplacement définitif de la tour Eiffel.
- La sous-commission de l’exploitation a entendu M. Berger, qui a exposé les idées qu’il désire appliquer en ce qui concerne l’installation de l’Exposition.
- M. Berger a soumis à la sous-commission certains chiffres comparatifs; en 1867, a-t-il dit, le palais occupait i53,ooo mètres carrés; en 1878, 225,000 mètres carrés et en 1889 le palais occupera 2 55,ooo mètres carrés, à condition de comprendre dans son enceinte toutes les expositions classifiées qui se trouvaient en 1867 et 1878 éparses dans les pavillons des jardins. M. Berger estime que la superficie du palais sera suffisante pour loger tous les exposants. Seulement, il a le désir de demander à ceux-ci de développer la mise en pratique du système des expositions collectives, c’est-à-dire de se borner à réunir des échantillons de leurs produits au lieu d’envoyer individuellement des quantités encombrantes de marchandises.
- M. Berger a encore fourni quelques renseignements relatifs à la progression croissante du nombre de Français qui_ont participé aux Expositions de 1867 et de 1878. En 1867, ils étaient au nombre de 16,000, et en 1878 au nombre de 2 5,000. Il considère cette augmentation comme d’un bon augure pour l’Exposition de 1889.
- La sous-commission des finances a pris connaissance du budget général de l’Exposition.
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- Deuxième Année — N° q6.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 3i Octobre 1SS0.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- Séance du 27 octobre 1886
- PRÉSIDENCE DE M. EDOUARD LpCKROY
- M. Teisserenc de Bort, président de la sous-commission des travaux, présente un rapport verbal sur la séance tenue hier par cette sous-commission • qui a entendu les explications suivantes, fournies par M. Alpband :
- Le palais central coûtera 20 millions.
- L’agriculture qui, en 1878, avait été installée dans des baraques, sera .placée le long du quai dans d’élégantes constructions en fer.
- L’exposition d’horticulture, dans le jardin du Trocadéro, devra faire un effet superbe.
- Au palais de l’Industrie il y aura des salles disposées pour les conférences et les solennités.
- Une porte munumentale donnera des accès à l’Exposition par l’avenue Rapp.
- Il y aura une perspective superbe qui partira de la galerie des machines, auprès de l’Ecole militaire, et ira aboutir à la cascade du Trocadéro.
- Des vélums seront placés sur les espaces libres afin qu’on ne soit pas grillé par le soleil en allant du Champ-de-Mars au Trocadéro ; le soir, ils seront repliés et leur armature servira aux illuminations ;
- Les concours d’animaux auront lieu à Vin-cennes.
- Une réserve de 3 millions, non compris les économies que peuvent donner les adjudications, reste sur les devis. La commission des travaux a adopté le principe des plans et a décidé de proposer à la commission, qui se réunit aujourd’hui, d’autoriser la mise en adjudication des travaux.
- M. Teisserenc de Bort propose d’approuver les plans et devis présentés par M. le directeur général des travaux, sous réserve de quelques observations, notamment en ce qui concerne « l’exécution» delà tour Eiffel. Il termine en demandant à la commission de décider l’adjudication immédiate des constructions métalliques de la partie centrale.
- M. Tirard, rapporteur de la sous-commission d’exploitation, propose une répartition détaillée des espaces disponibles.
- MM. Alphand et Berger expliquent que les plans soumis à la commission représentent, _ indépendamment des expositions d’agriculture et d’horticulture, les expositions des minoteries et les expositions non classées devant exister dans les parcs et les jardins du palais qui couvre 225,000 mètres carrés, c’est-à-dire 3o,ooo mètres de plus qu’en 1878.
- M. Tirard propose d’ajourner la décision définitive à prendre relativement à la question des espaces de terrain, mais d’admettre, en principe que l’espace total devra égaler sinon dépasser celui de 1878.
- M. Christophe explique, au nom de la sous-commission de contrôle et de finances, que cette dernière ne pourra procéder à son travail qu’après adoption, en principe, des plans et devis.
- M. Jacques dit que le budget a été accepté en bloc par la sous-commission des finances.
- M. Lockroy, président, met aux voix l’adoption des plans et devis qui sont adoptés.
- A la suite d’observations présentées par E. Ed-gard Monteil, M. le ministre propose à la commission de former une commission spéciale, composée du bureau de la commission des 43, à l’effet d’examiner la question de la tour Eiffel. Cette proposition est adoptée.
- La commission décide qu’elle se réunira tous les vendredis au ministère du commerce.
- M. Lockroy met aux voix l’adjudication du droit d’affichage sur la clôture du Champ-de-Mars.
- Cette adjudication est décidée à l’unanimité.
- L’adjudication des constructions métalliques de la partie centrale de l’Exposition est ensuite mise aux voix et adoptée.
- LE CAPITAL DE GARANTIE
- Le Journal officiel va publier prochainement la 5e liste des souscripteurs au capital de garantie de l'Esmosition universelle de 1889. Le montant de cette liste s’élève actuellement à i,ii6,ooofr. Parmi les nouveaux souscripteurs nous pouvons
- citer :
- MM. de Rothschild frères. 3oo,ooo
- [.es Houillères du Pas-de-Calais. i5o,ooo
- La Cie anonyme des Forges de Châtillon
- et Commentry. 100,000
- La Ci0 Générale des Omnibus. 5o,ooo
- M. Abadie, manufacturier. 5o,ooo
- La Société Industrielle et commerciale des métaux. 5o,ooo
- La Société anonyme Franco-Belge pour
- la construction des machines et de matériel des chemins de fer à Raismes (Nord). 3o,ooo
- La Société anonyme des Hauts-Fourneaux et aciéries de Denain. 22,000
- MM. Fraissinet et Cie, armateurs à Marseille. 25,000
- Le dépôt des Manufactures françaises de glaces de Recquignies, Jeumont et Aniche. 25,000
- M. Piver, parfumeur, 20,000
- Société centrale des Briqueteries de
- Vaugirard, 20,000
- MM. Cusenier et Cie, distillateurs. i5,ooo
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- LE CONSEIL MUNICIPAL
- ET
- L’EXPOSITION DE 1889
- Extrait du compte-rendu analytique de la séance du vendredi 22 octobre 1886
- MISE A LA DISPOSITION DE l’ÉTAT DE ^EMPLACEMENT DE DEUX PILES DE LA TOUR EIFFEL.
- L’ordre du jour appelle la discussion du rapport présenté dans la séance du 22 octobre 1886 par M. Jacques, au nom de la commission de l’exposition.
- Ce rapport a été imprimé et distribué.
- M. Jacques, rapporteur. — Messieurs, dans une dépêche du 7 octobre courant, M. le ministre du commerce et de l'industrie nous fait connaître que le service des travaux de l’Exposition, après une étude très approfondie, a reconnu que le meilleur emplacement à assigner à la tour Eiffel se trouve au débouché du pont d’Iéna, sur la rive gauche de la Seine.
- Mais, ainsi que l’indique le plan placé sous vos yeux, cette importante modification au projet primitif ne peut se réaliser qu’à une condition, c’est que deux des quatre piliers énormes sur lesquels reposerait la tour occuperaient une partie de notre magnifique jardin du Champ-de-Mars; aussi M. le ministre demande-t-il au conseil de vouloir bien accorder à l’Etat, l’autorisation nécessaire pour disposer de cette partie du domaine municipal.
- En retour de cette autorisation, M. le ministre offre de substituer la ville aux droits que l’Etat s’était réservés dans la convention passée avec M. Eiffel.
- Or, aux termes de cette convention, M. Eiffel conservait après l’Exposition la jouissance de la tour pendant un délai de vingt ans, à l’expiration duquel elle faisait retour à l’Etat.
- Votre commission, Messieurs, ne peut méconnaître, qu’au point de vue décoratif, l’emplacement nouveau est de beaucoup préférable à celui qui avait été choisi tout d’abord ; comme vous, elle reste, d’ailleurs animée du désir de consentir à ce qui peut faciliter la grande entreprise de l’Exposition, si impatiemment attendue par la population.
- Nous ne voudrions pas, Messieurs, exagérer les avantages que retirera la ville de Paris en devenant propriétaire d’un édifice que regardent avec quelque dédain ceux que ne. touche que la pure esthétique ; mais pourquoi ce monument, merveille de notre métallurgie, n’exercerait-il pas sur le monde moderne l’attrait qu’a eu sur le monde ancien le colosse de Rhodes, que ne recommandaient que ses dimensions ?
- Quelles que soient d’ailleurs les destinées réservées dans 20 ans à la tour Eiffel, destinées dont la ville de Paris aura à décider, votre commission de l’Exposition pense que vous ne pouvez mieux faire que d’accueillir favorablement une proposition qui, dans le présent, semble arranger toutes choses.
- Le projet de délibération imprimé à la suite de mon rapport doit être complété par une disposition additionnelle portant qu’une légère modification sur l’emplacement des deux piliers indiqué au plan pourra être faite après avis conforme de votre commission de l’Exposition.
- Cette disposition, peu importante, n’a qu’un but : éviter tout retard dans les travaux que Paris réclame.
- Sous Je bénéfice de ces observations, j’ai l’honneur de vous soumettre le projet de délibération dont voici le dispositif:
- « Article premier. — M. le ministre du commerce et de l’industrie est autorisé à disposer, au nom de l’Etat, des terrains appartenant à la Ville dans le jardin du Champ-de-Mars, nécessaires pour y établir la tour Eiffel, le tout dans les limites du plan et de la convention sus-visée entre le ministre et M. Eiffel, laquelle restera annexée à la présente délibération.
- « Art. 2. — A l’expiration delà concession, d’urpe durée de 20 ans après l’Exposition faite à M. Eiffel, de la jouissance deJH tour, la Ville deviendra propriétaire de ladite tour, qui devra lui être re-
- mise en parfait état d’entretien, conformément aux conditions de la convention susvisée.
- « L’Administration municipale sera d’ailleurs substituée, pendant ladite durée de 20 ans, à tous les droits que la convention attribue au ministre du commerce et de l’industrie, représentant l’Etat, et notamment à la perception d’un loyer annuel de 100 francs.
- <. Art. 3. — Si quelque modification sur l’emplacement des deux piliers est nécessaire, elle pourra être faite sur l’avis conforme de la Commission de l’Exposition. »
- Ces conclusions sont adoptées (1886 : i55o).
- — — 1 —sss^~© ---------
- LES
- MEMBRES REPRÉSENTANT L’ÉTAT
- A la commission de contrôle et de finances à l’Exposition de 188g
- Nous donnons aujourd’hui les portraits des sénateurs et députés représentant l’Etat à la commission de contrôle et des finances de l’Exposition de 1889.
- Voici, par ordre alphabétique, quelques notices biographiques concernant ces membres.
- M. CLEMENCEAU (Eugène)
- Député, né à Mouilleron-en-Pareds, le 28 septembre 1841. 11 fit ses études à Nantes et vint à Paris en 1865 pour achever sa médecine et fut reçu docteur en 1869. Au 4 septembre, il fut nommé maire du XVIIIe arrondissement. Le 8 février 1871, il fut nommé représentant de la Seine à l’Assemblée nationale. A la même date, il fut élu membre du conseil municipal de Paris pour le quartier Clignancourt, et président en 1875. Il se fit alors remarquer dans les discussions relatives aux’ finances. Au 20 février 1876, il vint représenter son arrondissement à la Chambre des députés. Il fit partie du bureau, comme secrétaire, à plusieurs reprises. Enfin, le 14 octobre 1877, il fut réélu par 18,620 voix sur 18,820 votants et, depuis cette date, il a conservé son mandat deux fois renouvelé.
- M. DÂUTRESME (Auguste-Lucien)
- Député, né à Elbeufle 21 mai 1826. Il fut admis à l’Ecole polytechnique en 1846 et servit ensuite comme ingénieur de la marine. Il n’entra dans la vie politique trente ans après, aux élections du 28 février 1876 et fut élu dans la deuxième circonscription de l’arrondissement de Rouen. M. Dautresme, en 1885, fit partie du ministère Brisson. Ses aptitudes, ses études approfondies le désignèrent pour occuper le ministère du commerce. A ce titre, il étudia la question de l’Exposition de 1889, pendante depuis le départ de M. Rouvier. Il eut,"durant son passage au ministère, à décerner les récompenses honorifiques votées par le parlement à l’occasion de l’Exposition d’Anvers. Tout le monde approuva M. Dautresme quand il demanda aux Chambres de n’accorder des récompenses qu’aux industriels ayant participé à cette Exposition et non aux fonctionnaires des ministères, commissariats, ; etc., ainsi que cela avait toujours lieu auparavant.
- M. DREYFUS (Camille)
- Député, né à Paris, en 185 1. Il fit dans sa ville natale de brillantes études. Mathématicien distingué, il professa pendant quelques années, après sa sortie du collège,les mathématiques. Mais bientôt après, il se lança avec ardeur dans la mêlée politique et entra dans la presse.
- Nous devons rappeler qu’en 1870, au moment de la guerre franco-prussienne, M. Dreyfus, dont la mère était veuve, n’avait pas de service à faire dans ' l’armée active. Il s’engagea pourtant et fit courageusement son devoir de Français.
- En 1879, il otait secrétaire de M. Wilson. Lorsque ce dernier devint sous-secrétaire d’Etat aux finances, M. Dreyfus devint son chef de cabinet et fut pour lui un collaborateur précieux.
- Envoyé comme délégué à l’Exposition de Bruxelles, il rédigea sur cette exposition un rapport remarquable et il fut nommé la même année chevalier de la Légion d’honneur.
- Lorsque M. Wilson quitta le ministère, M. Dreyfus devient rédacteur principal de la Lanterne.
- En 1882, le quartier du Gros-Caillou l’envoie au conseil municipal où par son activité, son intelli-
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- Deuxième Année. — N° 96.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 3i Octobre 1886. — 367.
- gence et sa compétence il prend une place importante.
- En avril 1884, il fonde la Nation, dont il est le directeur politique.
- La même année les électeurs du Gros-Caillou le réélisent au conseil municipal où il a fait partie de toutes les commissions importantes.
- Il fut nommé rapporteur général du budget de la ville de Paris ; président de la commission de l’Exposition, etc., etc.
- Aux élections du 4 octobre 1885, il fut nommé député par le département de la Seine.
- Il s’est déjà fait remarquer à la Chambre par d’importants discours sur les questions économi ques.
- Il est actuellement membre de la commission du budget et rapporteur du budget du ministère des finances.
- M. ÉTIENNE (Eugène)
- Député, né à Oran le r5 décembre 1844. Après de brillantes études aux lycées d’Alger et de Marseille, il fonda une maison de commerce à Marseille, qui eut bientôt des relations très suivies avec notre colonie africaine. Il entrait en même temps dans le mouvement politique, prenait part à la création de divers journaux, qui firent triompher la candidature de Gambetta. En 1878, M. Etienne entra dans l’administration des chemins de fer; il fut successivement nommé agent commercial, inspecteur général des affaires commerciales et enfin inspecteur général de l’exploitation. Oran se souvint alors de lui. Aux élections générales du mois d’août 1881, les électeurs oranais lui offrirent la candidature ; il fut élu avec une forte majorité, et au 4 octobre 1885, il fut réélu à la presque unanimité des suffrages. M. Etienne est un des jeunes députés sur lesquels le pays est en droit de compter. Il prendra une part active aux travaux de la Commission, et contribuera certainement au succès de la grande entreprise internationale".
- M. FAURE (Félix)
- Député, né à Paris, le 3o janvier 1841. Etait un des armateurs les plus estimés du Havre, et à ce titre, fut nommé juge au tribunal de commerce et membre de la chambre de commerce et consul de Grèce dans cette ville. Elu député de la Seine-Inférieure en 1881, il devint sous-secrétaire d’Etat du commerce et des colonies, dans le ministère Gambetta et sous-secrétaire d’Etat de la marine et des colonies, dans le ministère Ferry. M. Félix Faure s’est toujours beaucoup occupé des exposL tions , il fut le promoteur et le président du Comité d’organisation de la section des ressources des ports à l’Exposition de 1878 ; vice-président du Comité de la section française à l’Exposition d’Amsterdam ; président de la commission d’organisation de l’Exposition coloniale d’Anvers. Il s’est fait à la Chambre une spécialité des questions commerciales, notamment en ce qui touche aux affaires maritimes.
- M. GRÉVY (Albert)
- Sénateur, né à Mont-sous-Vaudrey, le 23 août 1824. Il étudia le droit et débuta brillamment,, en i85o, à la conférence des avocats de Paris. Il se fit inscrire au barreau de Besançon dont il devint bientôt bâtonnier. Le 6 octobre 1870, il fut nommé commissaire des départements du Doubs, du Jura et delà Haute-Saône; le 8 janvier 1871, il vint représenter le département du Doubs à l’Assem-Dlée nationale; le 20 février 1876, il fut élu député par la première circonscription de Besançon. Par décret en date, du i5 mars 1879, ^ reçut, à titre de mission temporaire, la direction civile et politique de l’Algérie. Il donna bientôt sa démission, puis il fut élu sénateur inamovible par le Sénat lui-même.
- M. GUYOT (Yves)
- Député, né le 6 septembre 1843 à Dinan. Dès 186411 faisait paraître sous le titre VInventeur, un important ouvrage d’économie politique. C’est de cette époque également que datent les rapports de M.Yves GuyotavecM. Menier; il a continué depuis lors ses nombreux et importants travaux économiques sans interruption, parmi lesquels nous citerons tout particulièrement la Réforme économique et la Science économique et pour paraître prochainement, la Science financière. En novembre 1874, il fut élu conseiller municipal du quartier Saint-Avoye ; il ne se présenta pas aux élections de 1878, mais en 1880, il revint à l’hôtel de ville représenter le quartier Notre-Dame. Elu député de Paris aux
- élections du iS octobre, il s’est consacré spécialement aux études économiques et s’est fait le champion de la suppression des octrois.
- M. HÉBRARD (François-Marie-Adrien)
- Sénateur, né à Grisolle (Tarn-et-Garonne), le ier janvier 1834. Après avoir collaboré au journal le Temps, est devenu propriétaire de cet important organe qui, sous sa direction éclairée, a pris un développement considérable et compte parmi les feuilles les plus autorisées du monde entier. Au mois de mars 1870, M. Hébrard faisait partie du syndicat de la presse pour la réforme du timbre. Il entra au Sénat, au 5 janvier 1879, comme représentant de la Haute-Garonne dont il n’a cessé, depuis cette époque, de défendre les intérêts avec un dévouement de tous les instants. Le 27 février 1879, il fut nommé membre de la commission supérieure des bâtiments civils et palais nationaux.
- M. de HÉRÉDIA (Severiano)
- Député de laSeine, né à la Havane (île de Cuba) le 8 novembre 1836. Le lycée Louis-le-Grand le compte au nombre de ses anciens élèves et de ses lauréats. Il se fit naturaliser Français en 1871 et fut élu, en 187?, membre du conseil municipal de Paris par le quartier des Ternes. En 1879, il fut nomméprésidentdecette assemblée. Jusqu’en 1881, époque à laquelle il fut élu député de la Seine, ses travaux au conseil municipal ont été considérables. M. de Hérédia, aujourd’hui vice-président de la commission du budget, s’est beaucoup occupé des questions économiques ; il fait preuve d’une ardeur et d’un zèle infatigables et d’un esprit d’organisation des plus remarquables. Les sociétés de secours mutuels, les sociétés coopératives de consommation et de crédit ont trouvé chez lui un appui précieux.
- M. de Hérédia est président de la grande association philotechnique de Paris et de très nombreuses sociétés d’enseignement populaire.
- M. MÉNARD-DORIAN (Paul)
- Député, né à Lunel, le 21 avril 1846. Il est le gendre de M. Dorian, ancien ministre des travaux publics, dont il a ajouté le nom au sien. Il est compté au nombre des plus' grands industriels métallurgistes de France. Depuis 1877 il représenta à la Chambre des députés le département de l’Hérault. Jusqu’en 1881 il avait été conseiller général de ce même département pour le canton de Lunel.
- Sa grande connaissance des affaires industrielles, son autorité incontestée dans les questions se rattachant à la métallurgie le placent au nombre de ses collègues de la commission susceptible de rendre de réels services.
- M. MILLAUD (Edouard)
- Sénateur, né à Tarascon le i3 octobre 1835. En 1857 il était avocat près la cour d’appel de Lyon et la veille du 4 septembre, il plaidait encore la cause de la presse devant le tribunal. Le lendemain, il était nommé premier avocat général à Lyon. En mai, M Edouard Millaud se trouva placé entre la nécessité de conclure contre les journaux républicains et l’envoi, en cas contraire, de sa démission au garde des sceaux. Il n’hésita pas à prendre ce dernier parti. Le 2 juillet suivant, les électeurs lyonnais l’envoyaient à l’Assemblée nationale par 62,000 voix, puis, le 20 février 1876, à la Chambre des députés.
- Auteur de nombreuses propositions, il prononça plusieurs discours et se consacra tout particulièrement aux questions d’affaires.
- Il fut rapporteur du règlement, membre et rapporteur de la commission du budget, rapporteur de la commission de colportage.
- Il était l’auteur de la proposition de loi sur les prud’hommes. Il a été un des promoteurs et des défenseurs les plus ardents des chambres syndicales.
- Au moment de la dissolution, il avait déposé son rapport tendant à l’abrogation de l’article 6 de la loi de 1849.
- M. Edouard Millaud a collaboré à plusieurs journaux et publié nombre d’articles de critique et de jurisprudence, diverses études et de nombreuses brochures.
- Enrré au Sénat en 187S, M. Edouard Millaud y lutta victorieusement en faveur de l’industrie lyonnaise. Nommé membre de la commission des finances, dès qu’il siégea au Luxembourg, M. Ed. Millaud a l’honneur d’être, depuis deux ans, le rap-
- porteur général du budget devant la haute assemblée.
- M. ROCHE (Jules)
- Député, né le 22 mai 1841. Il fit ses études de droit à Paris et se fit inscrire au barreau de Lyon. Au 4 septembre, il fut nommé secrétaire .général de l’Ardèche, puis du Var. De 1874 à 1876, il collabora à plusieurs journaux du Jura et de la Savoie ; il vint ensuite à Paris et, en 1879, ^ fut élu conseiller municipal pour le quartier de Bercy. Aux élections législatives de 1881, les électeurs de l’arrondissement de Draguignan lui confièrent le mandat de député qu’il possède encore aujourd’hui. M. Jules Roche a pris une part importante dans toutes les discussions budgétaires et économiques. La commission de l’Exposition à la Chambre des députés le choisit pour rapporteur ; nos lecteurs se souviennent avec quel talent et quelle autorité il défendit le projet de M. Lockroy.
- M. TOLAIN (Henri-Louis)
- Sénateur, né à Paris, le 18 juin 1828, exerça de bonne heure l’état de ciseleur, tout en se livrant à des études économques. Nommé en 1861 secrétaire-adjoint de la commission ouvrière pour l’Exposition de Londres il fut envoyé en Angleterre en 1862, avec la délégation des ouvriers français subventionnés par le Gouvernement, pour y étudier et comparer les diverses industries, il se’ présenta sans succès, en x863, à la députation, comme candidat des ouvriers de Paris. Elu, en 1871, représentant de la Seine à l’Assemblée nationale, M. Tolain prit la parole sur la plupart des questions économiques ou intéressant les classes laborieuses, déposa un projet de loi sur le droit d’association et une demande de crédits pour l’envoi des ouvriers à l’Exposition universelle de Vienne. Candidat aux élections sénatoriales du 3o janvier 1876, dans le département de la Seine, il fut élu le second sur cinq par 136 voix sur 216 électeurs.
- M. WILSON (Daniel)
- Député, né à Paris le 6 mars 1840. Par sa mère, il est le petit-fils de Gasenave qui joua, dans les rangs du parti girondin, un rôle important à la Convention nationale et au conseil des Cinq-Cents. M. Daniel Wilson entra de bonne heure dans la vie politique ; le château de Gh.enonceau qu’il habitait devint, en Touraine, à la fin de l’empire, le principal centre du réveil de l’esprit public. M. Wilson n’était âgé que de vingt-neuf ans lorsqu’en 1869, il se présenta comme candidat indépendant au Corps législatif et fut élu au second tour de scrutin après une lutte très vive contre l’administration et son candidat officiel.
- Au Palais-Bourbon, M. Wilson siégea dès le premier, jour dans les rangs de l’opposition libérale et vota contre la guerre.
- Après la proclamation de la République, il commanda un bataillon de mobilisés.
- Au 8 février 1871, il fut élu au scrutin de liste, par 31,202 voix, député à l’Assemblée nationale ; depuis le 4 septembre, M. Wilson, de concert avec MM. Thiers et Jules Grévy, s’était prononcé pour la convocation de cette assemblée.
- A l’Assemblée nationale et plus tard, à la Chambre des députés, M. Wilson fut un des membres les plus actifs et les plus laborieux de la gauche républicaine dont il fut longtemps le secrétaire. Il se consacra tout spécialement à l’étude des questions économiques et financières et fit partie de la commission des chemins de fer, etc. Il ne cessa de réclamer en faveur de l’industrie et du commerce des réductions de tarifs et l’amélioration des moyens de transport.
- En 1877, M. Wilson fût réélu avec les 363. En 1879, il devint sous-secrétaire d’Etat au ministère des finances ; pendant deux ans, il occupa ce poste important où son passage fut marqué par de nombreuses réformes.
- En 1881, par son mariage avec M11® Grévy, il devint le gendre du président de la République.
- Depuis qu’il a quitté le sous-secrétariat des finances, M. Wilson a été successivement rapporteur général et président de la commission du budget, dans laquelle il a constamment siégé. Cette année encore, elle l’a désigné comme rapporteur général.
- M. Wilson, qui a toujours considéré les expositions comme l’un des plus puissants moyens d’ac-
- Voir la suite page 3~]0.
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- 368 et 36g. — Deuxième Année. — N° o6.
- LE MONITEUR DE (LpOSlTIONDE 1889.
- Dimanche 3i Octobre 18S6.
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- COMMISSION DE CONTROLE ET DE FINANCES DE L’EXPOSITION DE 1889
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- MEMBRES REPRÉSENTANT L’ÉTAT
- M. CLÉMENCEAU
- M. DAUTRESME (Lucien)
- M. DREYFUS (Camille)
- M. ETIENNE (Eugène)
- M. GRÉVY (Albert)
- M. GUYOT (Yves)
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- M. HÉBRARD (Adrien)
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- M. MÉNARD-DORIAN
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- M. FAURE (Félix)
- M. MILLAUD (Edouard)
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- Dessins de M. P. Toussaint, d apres les photographies de Aipert, Chalot, Marius, Tourtin, Truchelot et Valkman.
- AU TOLAIN (Henri-Louis)
- M. WILSON (Daniel)
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- Sjo. — Deuxième Année. — N° 96.
- tion de l’industrie française, a été l’un des principaux promoteurs de l’Exposition de 1889.
- M. Wilson fait partie de la société d’économie politique, du Cobden-club et de la société de statistique de Paris dont il a été longtemps le président.
- SERVICE MÉDICAL
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- Premiers secours à donner aux blessés.
- Cette étude laisse avec intention dans l’ombre l’organisation générale, la partie administrative, le contrôle et l’inspection du service médical qui sera organisé pour la durée des travaux et pendant l’Exposition de 1889; elle vise seulement quelques détails importants du fonctionnement de l’ambulance destinée à assurer pendant la période des travaux les premiers secours aux ouvriers.
- Ce service des premiers secours pour être en harmonie avec les besoins des intéressés doit être assuré d’une façon constante et rapide. Cette condition première ne peut être mise en discussion sans négliger les intérêts du travailleur; ceux de nos confrères qui ont eu charge du service médical de grands chantiers, comme les arsenaux de la marine, savent que la seule solution : c’est la présence constante au poste de secours du personnel destiné à assurer ce service.
- Le personnel médical de l’ambulance de l’Exposition devra donc se trouver pendant le travail, à proximité des chantiers.
- Il est encore essentiel que le service médical commence chaque matin avec les travaux : Le médecin de garde et son aide devront donc se trouver à l’ambulance dès l’embauchée et ne la quitter qu’au moment où l’on ferme les chantiers.
- En hiver, vers 7 heures, en été, à 5 heures du matin, le personnel de l’ambulance devra être à son poste; c’est là une des exigences les plus dures du service de garde. Dans les arsenaux de la marine, où ce service est fait militairement par des aides-majors, ces heures matinales d’embauchée sont considérées comme la partie la plus pénible de ce service. A Cherbourg, où l’arsenal est un peu éloigné de la ville, c’est une véritable corvée. — A Paris, les distances sont grandes, le matin, à l’heure de l’embauchée, les moyens de communication sont rares, les omnibus, lés tramways ne marchent pas encore; la distance la difficulté des moyens de transport, l’heure matinale de l’embauchée entraînant une heure de lever plus matinale encore ; l’hiver, les rigueurs de la température sont autant •de causes qui rendront très difficile la présence du personnel médical de l’ambulance dès l’ouverture •des travaux. Or une statistique faite . à Rochefort montre que les accidents sont plus fréquents à l’arsenal à l’embauchée (échafaudages rendus glissants par la rosée ou la gelée, tassement pendant la nuit des terrains qui s’effondrent au premier coup de pioche, oubli de certaines dispositions prises la veille, etc., etc.).
- D’ailleurs, en dehors de cette recrudescence d’accidents à l’embauchée, les chances de blessures sont au moins égales, le service^ des premiers secours doit donc être assuré dès l’ouverture des chantiers. Or, ce résultat ne pourra être obtenu que si le personnel de l’ambulance habite sur les lieux ; il faudra donc que le local de l’ambulance contienne l’installation nécessaire pour loger le chirurgien de garde et son aide ; nous affirmons que sans cette précaution le service de garde sera mal assuré le matin. — Dans ces conditions, d’ailleurs, le service sera beaucoup plus doux pour le médecin de garde, habitant sur le chantier, il ne sera pas forcé d’être sur pied dès l’embauchée. Un accident se produit-il î en deux minutes il est debout.
- Une autre raison rendra nécessaire cette résidence du médecin de garde ; c’est la certitude que des travaux de nuit auront lieu fréquemment, surtout avec la facilité de l’éclairage électrique ; les chances de blessures sont alors plus nombreuses et il faudra que le service de l’ambulance soit assuré.
- Telles sont les grandes raisons qui nous font considérer le service de garde, avec résidence sur le lien des travaux, comme indispensable ; mais, dans la pratique, l’expérience nous apprend aussi qu’il y a mille et un détails dont l’importance est grande, et qui plaident dans le même sens ; prenons un exemple : Le D1' A. qui doit prendre la garde le matin et qui n’habite pas sur les lieux, se trouve indisposé: il doit faire avertir le Dr B., second de garde ; mais, à cette heure matinale, il •ne sera pas toujours facile de trouver quelqu’un qui puisse le faire ; le messager trouvé , les moyens de communication sont difficiles ; enfin le Dr B. peut être au dehors ppur les besoins de sa clientèle, ou avoir passé la nuit sur pied ; néanmoins, le D1' B. n’écoutant que son devoir se met en route ; combien de temps faudra-t-il pour toutes ces allées et venues? Le D1' B. arrivera long-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- temps après l’embauchée ; jusque-là le service des premiers secours n’aura pas été assuré. Qu’un accident vienne à se produire dans ces conditions : une hémorragie mortelle enlevant le blessé pendant son transport à l’hôpital, à qui incombera la responsabilité? au docteur A ? au docteur B? ils ont fait tout leur possible pour assurer le. service. La responsabilité retombera sur l’organisation du service lui-même qui aurait dû prévoir le cas du docteur A. ; n’y aura-t-il pas à craindre dans une pareille occasion un conflit avec la compagnie d’assurances? elle ne manquera pas de prétendre que si le médecin de garde avait été à son poste, la terminaison fatale aurait pu être évitée. De plus, un pareil fait ébruité dans les chantiers, amplifié et commenté par les organes d’une certaine presse serait de nature à porter le trouble parmi les ouvriers et à servir d’arguments aux meneurs toujours en quête de motifs de récriminations. Il faut par expérience connaître ce qu’est un grand chantier en 1886 pour comprendre toute la gravité de ce que nous avançons. Dans le cas du médecin couchant à l’ambulance, au contraire, le service reste assuré.
- La conclusion de cette première partie de notre étude est donc la suivante. Le service des premiers secours doit être assuré nuit et jour par la pré-sence d'un médecin de garde résidant à l'ambulance.
- Dr G. Bédard
- (A suivre.)
- LA BELGIQUE
- A L’EXPOSITION DE LIVERPOOL
- La Belgique a été l’an dernier le théâtre d’une Exposition universelle, qui fut certainement digne de tous les éloges. Elle avait attiré chez elle toutes les nations du monde entier, et Anvers, la ville par excellence commerciale et favorable aux échanges internationaux, comptera dans ses annales des pages magnifiques sur le grand concours ouvert dans ses murs. Là, chaque pays fut grandement -représenté ; l’exposition était vaste et elle fut bien remplie. N’était-elle pas d’ailleurs une exposition officielle ? et cela ne devait-il pas suffire pour assurer son succès final.
- A Liverpool, elle n’a point pensé qu’elle devait se reproduire dans sa puissance et sa grandeur industrielles. C’est peut-être un tort, car si Anvers est un des ports les plus importants du monde, Liverpool aussi est un port en relations constantes d’affaires avec tous les pays de l’univers, — et peut-être a-t-il une importance prépondérante ?
- Quoi qu’il en soit la Belgique que nous avons connue à. Anvers n’existe plus à Liverpool. Cent exposants à peine ont répondu à l’appel qui leur a été adressé, mais, il faut le dire, ces exposants tiennent la tête de leurs industries, et, partout, ils ont pu consentir à des sacrifices qui sont au-dessus des moyens des industriels qui occupent avec honneur le second rang.
- L’industrie des meubles, celles des dentelles et des tapisseries (imitation des Gobelins), y tiennent la première place. De très jolies salles à manger, de très belles chambres à coucher se succèdent dans un goût parfait, révélant les progrès accomplis par ce pays depuis quelques années. Les inventions sont assez rares dans les expositions, dont la fréquence est peut-être trop grande, pour que je cite un mobilier de bureau se recommandant non pas seulement par son côté artistique, mais aussi par ses dispositions pratiques absolument originales. Les bureaux exposés comprennent en une seule pièce : le bureau, la table de travail, le lit complet, le porte-manteau, la toi-, lette complète, la table de nuit, le fauteuil. C’est un bureau chambre à coucher et qui s’offre spécialement aux administrations, aux cabinets d’avocats, d’hommes de lettres, d’architectes et à tous les bureaux en général. Il s’adresse encore aux chefs de gares, aux officiers de garde, aux officiers de police, aux officiers de pompiers, aux officiers de marine, aux internes d’hôpitaux, etc., qui auront ainsi, dans leurs veilles forcées, un bureau convertissable en lit et leur facilitant quelques heures d’un excellent repos.
- Les exposants de dentelles sont au nombre de huit ou dix; mais quelles magnifiques expositions !
- Dimanche 3i Octobre 18SG.
- La « Malines »y tient la place prépondérante. Parlerai-je de ces mouchoirs de dentelle, de ces cols et collerettes, de ces manchettes dont les dames aiment tant, et pour cause à se parer ? — Quel fini, quelle élégance, quel goût dans le dessin ! — Entre autres maisons, citons la belle exposition de M. Berbigette, composée de voiles de mariée en dentelles, de rideaux, de collerettes et d’éventails aux magnifiques dessins !
- En dehors de ces deux industries dont la représentation est digne de tous éloges, il ne me reste guère qu’à citer quelques expositions uniques dans leur genre et présentant cependant un intérêt particulier.
- La bijouterie compte un seul exposant, M. Anthony, qui se distingue surtout par l’application d’émaux anciens à ses bracelets, à ses colliers, etc.
- Quittant ces industries de luxe, je remarque une exposition fort intéressante d’articles concernant la peinture, la sculpture, la gravure, l’architecture et le dessin. La maison Hommen, qui en est propriétaire, fournit dans tous les pays et à tous les artistes, de magnifiques toiles de panoramas mesurant jusqu’à 14 mètres ; ses chevalets de salon, mobiles sur un pivot, peuvent recevoir quatre et cinq tableaux, etc.
- Les chemins de fer belges ont apporté dans ces derniers temps de grandes modifications à leur matériel. L’Etat propriétaire, ordonne chaque année une construction de wagons proportionnée aux besoins du service et utilise les inventions les plus nouvelles. Il en résulte un perfectionnement incessant dans un matériel qui tend toujours à s’éterniser dans les modes qui ont procédé à sa construction primitive.
- L’invention d’un nouveau système d’organisation intérieure et de fermeture d’un compartiment de wagon mérite donc, d’être signalée. Elle vaut autant par sa simplicité que par la facilité de bien-être qu’elle procure aux voyageurs.
- Cette invention comprend deux choses : t° La disposition des filets destinés à recevoir les bagages ; 2® la fermeture de la portière.
- La disposition des filets est telle qu’en aucun cas ils ne peuvent se trouver trop étroits pour recevoir les bagages, quelle que soit leur grosseur. Un ressort automatique, sous le poids du bagage, détend le filet qui s’élargit et se referme ensuite. De cette façon, quelle que soit la vitesse d’un train en marche, il n’y a aucune crainte pour les voyageurs que les bagages, subissant l’influence des mouvements oscillatoires ou des chocs d’un wagon, soient projetés hors du filet.
- La fermeture de la portière se fait d’elle-même, au moyen d’un mécanisme qui fait tomber le crochet dans son cran. Quand le voyageur désire ou -vrir, il peut se pencher à la portière, relever le crochet sans crainte que celle-ci ne cède à son poids. Il faut, en effet, pour qu’elle s’ouvre, que le voyageur joue d’un mécanisme intérieur correspondant au pêne de la portière.
- La glace elle-même de la portière est automatique et peut s’abaisser graduellement, à la hauteur désirée, de l’extérieur comme de l’intérieur du compartiment du wagon, retenue par des crans disposés sur ses deux côtés, au moyen d’un bouton qui, sous la pression du doigt, fait agir un ressort intérieur.
- L’industrie métallurgique n’est point représentéé à l’Exposition de Liverpool. Il y a bien cependant quelques tôles, quelques pièces de forges, nous sommes loin de ces magnifiques expositions que la Belgique nous a montrées à Anvers. Une mai-so n importante dénommée « les forges de Clabeck » est la seule qui ait participé à l’Expi-sition de Liverpool avec ses laminoirs pour fer et tôle.
- Citons encore, pour terminer cette énumération des principales expositions belges, les wagonnets exposés par la maison Legrand, destinés surtout aux exploitations agricoles ; un nouveau système de boîtes à graisse pour wagons, d’une seule pièce en fer battu et offrant l’avantage de ne pouvoir se briser ou se détériorer par l’usage ; enfin, une exposition comprenant les plans en relief représentant les installations maritimes du port d’Anvers et reproduisant même les principales avenues de cette ville.
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- Deuxième Année. — N° 9C.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 3i Octobre iSSô. — 371.
- En- réalité, la section belge de l’Exposition de Liverpool est bien inférieure à ce qu’elle a été à Amsterdam et à Anvers. Elle est loin d’indiquer que la Belgique est le pays industriel que nous connaissons et, quelles que soient les causes de l’abstention de ce pays au grand concours anglais, il n’en faut pas moins la regretter, non seulement pour les enseignements dont il aurait pu nous faire profiter, mais aussi pour l’accroissement de ses relations commerciales qui, dans ce temps de crise, subissent un arrêt si préjudiciable aux intérêts de chacun.
- La Belgique, comme les autres pays, attend l’Exposition de 1889; c’est là que nous la retrouverons telle qu’elle s’est montrée à l’Exposition d’Anvers, c’est-à-dire grande et forte, au double point de vue industriel et commercial.
- Ch. Lenoir.
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- EXPOSITION DES SCIENCES
- et
- DES ARTS INDUSTRIELS 1886
- IPalais d.e l’Industrie ( Champs-Elysées )
- (Voir le Moniteur du r 7 octobre 1886).
- Section Russe (Suite)
- M. G.-A. Kocheleff expose des eaux-de-vie de blé et des alcools rectifiés et la maison Brocard et Cie, maison française établie depuis longtemps à Moscou, a, dans la section russe, une vitrine renfermant différents articles de parfumerie qu’elle fabrique sur une grande échelle.
- M. P. Smernoff, de Moscou, qui a obtenu une médaille d’or à l’Exposition de Paris de 1878, a envoyé des échantillons des esprits de vin rectifié qui lui ont valu, en Russie, les plus hautes récompenses, grâce à leur qualité exceptionnelle et à l’importance de leur fabrication pour laquelle ils payent annuellement, au gouvernement russe, 8,000,000 de francs de contributions. Un autre fabricant d’eau-de-vie blanche, de Moscou, M. Panoff, expose aussi ses produits.
- La maison T. et N. Kondrachefï, de Moscou, se fait remarquer par une collection très riche d’étoffes en soie pour habillements, ameublements et tentures qui, comme dessin, couleur et qualité, ne laissent rien à désirer ; la même remarque peut s’appliquer aux foulards et étoffes en soie brochées de Kondrachefï, Serge.
- J.-S. Svanoff', d’Odessa, expose des vins du Caucase qui sont des imitations de Bourgogne, muscat, Tokay, Malaga et Lunel.
- Arrêtons-nous devant la vitrine de M. Postnit-coff, de Moscou, qui renferme une collection très intéressante d’antiquités dont l’origine remonte jusqu’au xne siècle, parmi lesquelles nous citerons des peintures sur bois très curieuses et admirablement conservées, de vieux émaux de grande valeur et des collections de croix et débouclés d’oreilles.
- Les tabacs sont représentés dans cette section par MM J.-N. Kisîoff et Cie, qui ont leur manufacture à Natchitchevan-sur-Don et exposent des tabacs d'Orient et de Crimée et des cigarettes, et par M. A.-A. Zlobine qui fabriquent à Kozlow du tabac pour la pipe ; une particularité de ce. tabac, d’une espèce toute particulière, c’est qu’on l’emploie avec grand succès pour la guérison de la clavelée des moutons.
- MM. N.-A. Jouravleff et B.-S. Postnikoff, de Magaratch, en Crimée, ont une belle collection <i’eaux-de-vie blanche de raisin, d’une qualité supérieure.
- Une Altesse impériale, la grande duchesse d’Oldenbourg, se trouve aussi parmi les exposants russes et a envoyé des produits d’une grande fabrique qui lui appartient et qui consistent en sucres de betteraves, bonbons et dragées.
- Des lampes très curieuses ont été envoyées à l’Exposition par M. Koumberg, de Saint-Pétersbourg. Ces lampes sont d’une fabrication tout à fait spéciale, n’ont pas de verre et fonctionnent par la circulation de l’air chaud ; ces lampes servent pour l’éclairage des rues et on se sert poulies allumer d’un appareil très ingénieux, qui est aussi exposé.
- La maison V. Twarousky vend chaque jour une grande quantité de nougat superfin, très apprécié par les visiteurs de l’Exposition.
- La dégustation du thé russe delà Caravane, préparé dans un samovar, se fait au bar russe de Michel Pitlaroff et l’on y trouve aussi plusieurs variétés de liqueurs russes.
- La maison Obloff, de Saint-Pétersbourg, expose aussi des liqueurs, des eaux-de-vie et des alcools.
- Une exposition intéressante, au point de vue de la teinture, est celle de M. Stépanoff, ingénieur, qui a inventé une nouvelle teinture, ayant pour base le noir d’anvline et qui se fait remarquer par sa stabilité et son brillant.
- Mentionnons aussi, en passant, les crayons d’Ebraschew, de Grodno, les publications scientifiques de Kaznatcheeff, de Moscou, et les imitations de vin de Champagne de M. Zwarykine, d’Astra-kan.
- Un électricien russe, établi à Paris, M. S. Sliyne Berline, expose des appareils électriques ingénieux, parmi lesquels on remarque un allume-lampe.
- La petite industrie russe contenant des articles de provenances anciennes et modernes, dentelles, costumes, châles, tapis de Korassan, soieries de Donkara, est représentée par Mme Mathieu, dont la maison principale est à Saint-Pétersbourg.
- Pour en finir avec cette section intéressante, nous dirons quelques mots de M. N. Korshunoff, ingénieur civil, membre de la Société des inventeurs et qui expose plusieurs systèmes de pince-nez, auxquels il a donné le nom de triples-fixe, à cause de leur fixité absolue, très avantageuse pour la conservation de la vue ; la fabrication est faite à Paris et est excessivement soignée.
- N’oublions pas, en quittant la salle n° 4, de constater que tous les renseignements sur les produits russes exposés, ont été très gracieusement donnés par M. Barantzevich, conseiller de cour à Moscou, chevalier de la Légion d’honneur, qui a réuni en Russie tous les exposants qui se trouvent au palais de l’Industrie et qui est l’organisateur de la section russe. M. Barantzevich est connu du reste en France, car il remplissait les fonctions.de commissaire du Gouvernement russe à l’Exposition universelle de 1878.
- Paul Dejoux.
- (A suivre.)
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du 17 octobre 1886).
- Les directions, incapables de juger du mérite intrinsèque d’un ouvrage, ou ne prétendant même pas à l’apprécier, colorent leur répugnance devant des tentatives dont elles s’exagèrent le péril, de cette objection toujours présentée au jeune talent : le manque d’expérience. En dehors d’une ingéniosité de tours de main, d’une habileté à débrouiller l’intrigue, d’une netteté et d’une assurance de composition, qui ne s’acquièrent évidemment qu’avec la pratique, il n’y a pourtant dans la fabrication des pièces de théâtre aucun procédé secret, aucun arcane mystérieux, auquel il faille être initié. L’expérience à laquelle font allusion les directeurs est une monumentale plaisanterie. Seulement, si le gros public, qui n’y met pas tant de malice, s’engoue aussi facilement pour l’inexpé-périence que pour l’expérience, la phalange des producteurs arrivés ne tient qu’à voir, le moins rapidement possible, l’intrusion dans ses rangs de quelque nouvel affamé de réputation et de fortune, qui viendra leur disputer sa part de gâteau. Aussi, la coterie des arrivés a-t-elle imaginé comme dernier rempart contre les manœuvres de la bande des non arrivés cette fameuse expérience. Autrefois l’art dramatique comportait un certain nombre de règles, extrêmement bizarres, devenues très naïves, mais qui eurent à un moment donné leur logique et leur raison d’être. Aujourd’hui, il n’y a plus de règles, ou du moins n’y a-t-il plus de règles formulées, de règles ayant force de lois. En revanche, on a imaginé une quantité de détails, de procédés, les uns occultes et ténébreux, les autres puérils et absurdes, dont les vétérans du théâtre prétendent posséder seuls le secret, et dont la coterie retardataire et routinière, triomphante encore aujourd’hui, proclame la nécessité impérieuse. C’est ce qui fait que nous possédons un certain nombre de littérateurs dont l’œuvre n’obtient plus qu’un succès d’ironie et de ridicule et qui, néanmoins, revêtus du titre pompeux d’hommes de théâtre, restent les dépositaires de la formule hiératique et ferment obstinément les portes et barrent le passage aux jeunes tentatives. Cette science de l’homme de théâtre est certainement une des plus curieuses manifestations de cette prééminence du fictif et du conventionnel sur la vérité, de cette édification du néant sur le vide par la crédulité, dans ce siècle pourtant fécond en mystifications et fumisteries de tout genre.
- Qu’en résulte-t-il ? Nous voyons refleurir aujourd’hui dans son plus bel épanouissement, le fournisseur attitré du théâtre de jadis, et la coterie règne toute puissante à Paris, comme la cabale en imposait à Rome.
- Nous sourions aujourd’hui quand on nous parle de ces poètes fournisseurs d’autrefois, tels que le fameux Hardy, auteur de huit cents pièces. Mais sans nous présenter l’exemple d’une si monstrueuse
- fécondité, le fournisseur de nos jours n’existe-t-il pas de la même façon, au grand ridicule et au détriment de l’art dramatique?
- Tel auteur est accrédité auprès d’un théâtre et s’engage à lui fournir chaque année une pièce. La pièce doit être livrée à telle époque. Bonne ou mauvaise, elle sera jouée et on fera autant de tapage pour obtenir un succès. N'est-ce pas là le principe de la fourniture sur commande ! N’est-ce pas là le moyen de détruire le talent le plus estimable, en lui assignant par avance la période d’inspiration, le temps de composition ou en permettant trop à sa paresse de se reposer sur la réputation acquise. A ce jeu-là, l’auteur s’épuise, se vide, pour employer un langage trivial, mais expressif. Si les difficultés rebutent désastreusement, les facilités trop grandes ont de considérables inconvénients au point de vue de la perfection du travail. Ce qu’il faut, c’est que l’auteur puisse écouler sa production ; mais l’asservir à un débit de commande est extrêmement dangereux. Aussi en avons-nous vus et en verrons-nous encore malheureusement de ces tempéraments les mieux doués, dévorés, ruinés par eux-mêmes, tombés dans une décrépitude prématurée, quand, plus discrètement cultivés, ils eussent pu longtemps produire d’excellents fruits. Corneille, auteur de chefs-d’œuvre immortels, s’astreignit à livrer à peu près périodiquement des pièces aux comédiens et c’est de cette veine là que sont sortis Agésilas et Attila.
- La coterie est l’inéluctable résultante du développement du sentiment littéraire et artistique dans un pays. Les sectateurs d’une école ont toujours cherché à barrer la route aux adeptes d’une école rivale. Il y a toujours eu querelle bruyante entre les talents antagonistes et les théories inverses .
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXXI
- De Jean-Baptiste Rousseau à André Chénier. Etudes littéraires et morales sur le xvm8 siècle, par Victor Foürnel. — Paris, librairie de Firmin Didot et Ce.
- Nous avons rendu compte ici même du premier volume de cette série d’études et de portraits critiques : De Malherbe à Bossuet, qui consacrait aux figures du siècle de Louis XIV le premier salon de la galerie continuée aujourd’hui par le salon du siècle de Louis XV. Nous avons déjà loué les qualités et les mérites, la solidité et l’agrément de ces entretiens de l’écrivain qui s’est fait notre introducteur dans cette double galerie. M. Victor Four-nel est de ces hommes rares qui savent à fond ce dont ils parlent et qui en parlent avec un bon sens assaisonné d’esprit, un goût sans intolérance, mais sans faiblesse, nourri de la tradition des bonnes règles et de la religion des anciens respects. 11 y a plaisir à suivre ce guide sûr dont un aimable enjouement tempère la gravité. Cet érudit qui, a la belle humeur de la bonne santé d’esprit, résumant pour le lettré ce qu’il y a de plus neuf et de plus vif dans les notions courantes sur l’époque ou seule personnage, et chemin faisant ajoutant aux points de vue anciens des points de vue nouveaux, et donnant sa note personnelle dans une opinion originale. On sent que l’auteur est un homme qui ne se contente pas de penser et de sentir d’après les autres (et les autres qui sont non les premiers venus mais, des maîtres) qui pense et sent aussi d’après lui. De là je ne sais quoi de cordial dans les rapports que le lecteur engage vite avec cet érudit qui est gai, ce savant qui n’est pas pédant, ce critique qui a un style à lui, ce philosophe à la bonhomie mordante, ce causeur à l’emporte-pièce dont la vigueur n’exclut pas la grâce, dont la rudesse a ses finesses et ses délicatesses, dont la conversation à la fois substantielle et légère a une saveur piquante. L’auteur de ces portraits, d’une critique qui ne ressemble ni à celle de Sainte-Beuve, ni à celle de Scherer, qui rappelle avec plus de fonds, des dessous plus solides, celle de M. Armand de Pontmartin, est de ceux qui ont beaucoup lu, beaucoup vu, beaucoup retenu. Son expérience est sans amertume, mais non sans malice. Il ne se leurre point aux apparences et à la piperie des dehors, il va au fond des choses et des hommes, pèse tout dans ses balances orthodoxes, juge avec la double probité du goût et du caractère, veut pouvoir mêler l’estime àson admiration, et ne ménage point la vérité aux hommes célèbres, dont la vie gâte le talent,et qui méritent les éloges des lettrés, sans mériter les éloges des honnêtes gens. Nous voilà, au mot qui nous permet de donner l’idée, de fixer la valeur, de déterminer la portée de la critique de M. Victor Fournel. C’est l'avis d’un honnête homme, de beaucoup d’esprit, de raison et de goût, sur des écrivains jugés non seulement au point de vue littéraire, mais" encore au point de vue moral.
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- Spc. — Deuxième Année. — N° 96
- Sous ce dernier rapport, Jean-Baptiste Rousseau,Voltaire, l’abbé Prévost, Diderot,Jean-Jacques Rousseau, Piron, Restif de la Bretonne, laissent quelque peu à désirer. Et M. Fournel ne le dissimule pas. Il n’a pas plus qu’eux de fausses pudeurs ni de fausses pitiés et les déshabille moralement de la meme main un peu rude, qui poulies analyser littérairement, reprend toute sa souplesse. Sur le philanthropisme égoïste de Voltaire, sur son absence totale et cynique de patriotisme, il y a dans l’étude qui es-t consacrée à ce faux bonhomme, à ce fanfaron d’humanité, à cet ardélion d’universalité des pages d’une implacable autopsie.
- M; Fournel n’a pas d’illusions sur Jean-Jacques. Il semble pourtant qu’il lui donne l’avantage sur Voltaire dans la querelle qui mit si souvent aux prises ces deux génies,avec l’Europe pour galerie. Selon M. Fournel, Rousseau fut plus sincère, plus loyal, plus franc dans cette lutte que Voltaire, dont l’escrime admettait fort bien la perfidie des coups fourrés et des bottes secrètes. Voltaire et Diderot ont eu bien moins d’influence que Rousseau sur .la Révolution française, qui est sortie tout armée du Contrat social. Robespierre, Mme Roland, qui copie la Sophie de l’Emile dans sa vie, et taille ses Mémoires sur le patron des Confessions sont des disciples de Rousseau. Cependant, Rousseau est dédaigné des contemporains ou oublié, ce qui est la même chose. Son centenaire n’a été fêté qu’en sourdine, au milieu de l’indifférence générale, tandis que Voltaire et Diderot ont obtenu l’honneur d’apothéoses enthousiastes, au moins en surface, ont eu des statues, des éditions monumentales, qu’attend toujours Jean-Jacques. Nous renvoyons au livre pour y chercher les raisons que M. Fournel donne de cette ingratitude et de cette contradiction. Il y a bien du vrai, dans ce jugement un peu sévère, qui explique l’engouement qu’ont gardé pour Voltaire bien des gens qui ne le lisent guère, mais qui, lorsqu’ils le lisent, trouvent en lui, comme dans un miroir flatteur, une im^ge agréable de cette absence prétendue de préjugés, qui est le préjugé le plus cher du caractère français contemporain. « Marivaux a dit de lui qu’il est la perfection des idées communes et l’on pourrait ajouter qu’il est le plus éblouissant et le 'plus universel des génies médiocres. Il exprime à sa plus haute puissance, la moyenne de l’esprit national, qui se retrouve en lui avec complaisance, jusque dans ses défauts et ses lacunes, paré de toutes les grâces et de toutes les vivacités, meme quand il est souillé de toutes les ordures du langage. »
- M. Fournel, qui étudie J.-B. Rousseau en critique et montre en lui sans paradoxe « le précurseur d’une école contemporaine que son nom fait probablement sourire de pitié », c’est-à-dire de l’école parnassienne, apprécie en moraliste Manon Lescaut, ce chef-d’œuvre de a5o pages qui a seul surnagé, dans le naufrage du temps sur les 2S0 volumes du fécond polygraphe, et déduit à merveille et avec une grande finesse psychologique, les raisons qui font qu’on s’intéresse malgré tout, dans cet admirable roman, qui a gardé encore les palpitations de la vie, à une héroïne qu’on méprise quand on ne la plaint pas, et à un héros qu’on plaint quand on ne le méprise pas. Son étude sur les cinq épistolières du xvme siècle, Mme du Deffand, cette grande ennuyée qui n’est jamais ennuyeuse, la Femme-Voltaire, selon Villemain, Mlle Aissé, Mlle de Lespinasse, l’éloquente hystérique, Mme de Graffigny, Mma du Châtelet, cette sensuelle sèche, sur Mlle de Gondé, l’hermine de l’amour platonique qui meurt de sa blessure, non de sa souillure, est pleine de touches heureuses et de traits décisifs. On lit aussi avec grand profit et grand plaisir, les pages sur Piron, une sorte de La Fontaine bourguignon, plus sanguin, plus vif, plus monté en couleur et en verve que son aîné le Champenois, et auquel on ne refuse pas, après avoir entendu M. Fournel, les circonstances atténuantes ; sur Restif de la Bretonne, ce Jean-Jacques du ruisseau, qui manquait de talent et eut parfois du génie et dont l’œuvre offre plus encore à glaner à l’historien qu’au moraliste ; sur André Chénier, génie,non d’imitation et de pastiche comme l’ont cru les superficiels, mais d’innovation hardie, de création féconde, dont la vie littéraire fut un modèle de curiosité et d’initiative intellectuelle en tout sens, dont la mort politique fut un exemple de cet héroïsme civil, le plus rare de tous.
- M. de Lescure.
- La 5oe livraison de la Grande Encyclopédie (prix : 1 fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 6r, rue de Rennes, à Paris.
- Elle contient notamment la fin de l’article Angleterre, une monographie d’Angoulême et le mot Animal traité au point de vue de la zoologie, de l’économie domestique, du droit, de l’art, etc.
- Cette livraison termine le deuxième volume.
- Envoi du ier volume contre un mandat-poste de 25 francs.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i88q
- AVIS COMMERCIAUX
- ROSARIO
- CRÉATION D’UN MUSÉE COMMERCIAL ANNEXÉ A LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANÇAISE
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’être informé delà constitution définitive du musée commercial créé par la Chambre de commerce française de Rosario (République Argentine) .
- On trouvera dans le numéro 172 du Moniteur officiel du commerce le règlement adopté par le nouvel établissement, ainsi qu’une lettre du vice-consul de France à Rosario, faisant connaître les conditions de fonctionnement de ce musée, exclusivement consacré aux produits français.
- ROUMANIE
- EXPOSITION PERMANENTE DE PRODUITS HOLLANDAIS A BUCAREST
- Il résulte d’informations transmises par M. le vice-consul de France à Kustendjé que les négociants exportateurs des Pays-Bas ont décidé d’organiser, à Bucarest, une exposition permanente des principaux produits hollandais d’exportation.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- ÉTAT DES RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE
- ET INDICATION DE MOYENS PROPRES A FAVORISER LEUR DÉVELOPPEMENT.
- On écrit de Concordia au Moniteur officiel du commerce : Les principaux articles importés par la France sont ici, comme dans les autres parties de la République Argentine, les vins, les liqueurs, les conserves alimentaires, les fromages, les sucres raffinés, les objets de mode et de confection, la chapellerie, la parfumerie, les bougies, les tuiles de Marseille, le fil de fer pour clôtures, quelque peu de papiers, etc.
- Nos importations diminuent, ou du moins n’augmentent pas dans la même proportion que celles d’autres pays, et notamment de l’Allemagne.
- Pour certains articles, pour les vins et les sucres, par exemple, l’importation a diminué par le seul fait de progrès agricoles ou industriels accomplis dans la Confédération.
- On a planté des cannes et établi des usines ; on a planté, on plante tous les jours de la vigne qui commence à porter fruit.
- En dehors de cette cause toute naturelle, il en est d’autres qui paraissent dépendre de nos efforts et de notre initiative.
- Pourquoi le commerce allemand fait-il tant de progrès daus ce pays? Pourquoi s’adresse-t-on à lui de préférence ? Parce que ses représentants font preuve d’un esprit d’entreprise supérieur à celui de leurs concurrents.
- Il s’est fondé à Buenos-Ayres de grandes maisons allemandes qui, après avoir étudié soigneusement les coutumes et les besoins des différents points de la République, se sont appliquées à les satisfaire dans la mesure du possible. Ces maisons ont établi des succursales dans les divers centres et les font visiter au moment précis des approvisionnements, offrant des types, échantillons, de longs crédits et les moyens de s’acquitter sur place, de sorte que lorsqu’un négociant étranger vient à son tour, il trouve difficilement à prendre une commission. Les produits allemands coûtent meilleur marché que les produits français ; qu’il s’agisse de jouets, d’étoffes, de bijoux, il y a une différence sensible entre les deux provenances. Nos produits sont meilleurs, incontestablement, ils sont de meilleur goût et durent plus longtemps, tout le monde le reconnaît, mais ils sont plus chers et on ne les achète pas, tout en les estimant beaucoup.
- Il faut amener les fabricants français à produire des articles à bon marché. L’acheteur s’inquiète peu ici que la marchandise soit bonne et de durée. Pourvu qu’elle ait l’apparence qui lui plaît et que, pour l’acquérir il n’ait pas à débourser autant que pour s’en procurer une autre, il la choisit de préférence.
- Il est nécessaire que nos fabricants offrent aux consommateurs deux classes de produits, les uns, de toute première qualité, comme ceux qu’ils livrent actuellement, les autres, inférieurs, niais aussi agréables à la vue et à meilleur marché. S’ils veulent soutenir la lutte, il est indispensable qu’ils entrent dans cette voie.
- Il conviendrait aussi que nos industriels et négociants montrassent une initiative, un esprit d’entreprise plus développés et que l’on ne vît plus, par exemple, les vins français comme les liqueurs, introduits et vendus ici, le plus souvent, par des maisons anglaises et allemandes.
- Les Anglais ont fondé à Buenos-Ayres une banque qui réussit parfaitement ; ils construisent et exploitent les chemins de fer pour lesquels l’Etat fournit une garantie d’intérêt.
- Dimanche 3i Octobre 18S6.
- Les Italiens aussi ont établi une banque florissante et des compagnies de transports maritimes qui ont pris rapidement une grande extension, car ce pays est l’un de ceux où les capitaux produisent le plus abondamment.
- Nous ne devons pas nous laisser exclure d’une place où nous réussirions certainement si nos hommes de finances, nos industriels, nos commerçants voulaient tourner les yeux vers ce pays si largement -ouvert aux entreprises européennes, étudier ses besoins et apporter dans un champ aussi riche leur activité, leurs capitaux, leurs marchandises.
- LES THÉÂTRES
- Odéon. — Les Fils de Jahel, drame en cinq actes, et en vers de M|le Simone Arnaud.
- Cluny. — Les Diables roses, vaudeville en cinq actes, de Grange et Lambert Thiboust (Reprise).
- La semaine théâtrale ayant été à peu près vide, nous sommes heureux de pouvoir revenir sur les Fils de Jahel, dont le Moniteur,tout en en constatant le remarquable mérite n’avait pu longuement parler. La tragédie de Mlle Simone Arnaud est certainement une des plus belles choses qu’il ait été donné d’entendre depuis les grands drames de Hugo et de Vacquerie. Jahel, veuve de Mathathias, mère des Macchabées, a élevé ses cinq fils dans l’amour de la patrie. La Judée est asservie par le roi Antiochus. Jahel, personnification sublime de l’exaltation patriotique, ne vit que pour une idée glorieuse, une tâche magnifique, le relèvement, la libération de cette malheureuse Judée. Judas, l’aîné des Macchabées, a confié à son frère Jean un rôle honteux, celui d’espion à la cour d’Antiochus. Jean devient amoureux de Myrrha, la fille d’Antiochus. Perdant dans son amour le souci de sa tâche, Jean n’a pu communiquer à ses frères certains renseignements, et quand un effort militaire est tenté par eux, les Juifs sont battus. Devant ses frères pendus, sa mère enchaînée, Jean rappelé à lui se déclare et réclame aussi la mort. Il y a là une scène absolument admirable : Jahel, méprisant ce fils qui a oublié ses devoirs et trahi la cause de la patrie, refuse de le reconnaître ; mais devant ^désespoir du malheureux, elle lui donne le suprême pardon en avouant qu’il est bien son fils et lui accorde le martyre. Mais Myrrha supplie son père, et Antiochus ne fait pas égorger Jean (Ah! qu’il est humain ce père, oubliant tout, ne voyant que la douleur de sa fille. Encore là une scène d’un inexprimable pathétique). Antiochus conseillé par Lysias, s’avise de marier sa fille à Jean, auquel il donnerait le sceptre delà Judée. Jean remonterait sur le trône de son père, la Judée serait rendue à ses anciens maîtres. Jean va accepter ; c’est pour lui le bonheur, le triomphe de son amour, la gloire de la puissance reconquise. Mais Jahel implacable est là. Elle lance l’anathème à la face de celui qui accepte ce compromis infâme, cet asservissement définitif de sa patrie à la suzeraineté d’Antiochus. Myrrha se jette dans les bras de son amant. Entre son amour et le devoir que lui assigne Jahel, Jean chancelle d’abord. Enfin il renonce à Myrrha qui s’empoisonne et il se livre au supplice. Judas arrive, vainqueur ; l’armée d’Antiochus a été défaite parles Juifs, la Judée est libre.
- On conçoit la majesté d’un drame reposant sur une donnée aussi élevée. Mlle Arnaud, manie le vers avec une autorité, une puissance extraordinaire ; et avec sa sensibilité féminine elle a donné aux scènes pathétiques un poignant d’une rare émotion. Il n’y a qu’une chose à dire, c’est superbe. Jean est un fou, Jahel est une folle. Ce qu’ils font est surhumain ; mais c’est admirablement beau.
- Mme Favart a donné au personnage de Jahel un relief de physionomie magnifique, M. Rebel est très beau dans son rôle de Judas. M. Laroche a rendu avec un art consommé les mouvements complexes, les alternatives de faiblesse et d’héroïsme qui constituent le caractère de Jean. M. Houvet est parfait dans Antiochus et M. Albert Lambert bien remarquable dans Lysias. M^Le Baréty est touchante et charmante dans le rôle de Myrrha.
- M. Porel a monté les Fils de Jahel avec un grand éclat par un désintéressement d’administrateur et une obéissance aux cahiers des charges qu’on est heureux de constater chez un directeur de théâtre subventionné.
- Le théâtre Cluny est décidément l’un de nos théâtres de province les plus intéressants. Toutes les vieilles pièces qu’il monte sont des chefs-d’œuvre. On a beaucoup ri à la reprise des Diables roses. C’est aussi bien joué que l’eussent joué les théâtres de banlieue et c’est moins loin.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E.ArtRAULT et O'9 rue delà Préfecture, G.
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- Moniteur
- DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNEE, Dimanche 7 Novembre 1886. NUMÉRO 97.
- SOMMAIRE :
- i. L’Exposition de 1889 et le Sénat ; 2. Service me'dieal de l’Exposition de 1889 ; 3. Notre gravure : Commission de contrôle et des finances : Les membres représentant l’Etat ; 4. Échos ; 5. L’exposition Champigneulle ; 6. Exposition des
- produits de l’horticulture ; 7. L’exposition du cinquantenaire des chemins de fer ; 8. Les Livres p 9. Avis commerciaux ; 10. Les Théâtres.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DES FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- Séance du 5 novembre 1886
- PRÉSIDENCE DE M. ÉDOUARD LOCKROY
- M. Tirard prend le premier la parole et combat le principe même de l’exécution de la tour Eiffel. Selon lui, c’est une construction invraisemblable, complètement en dehors du génie français et d’un effet déplorable au point de vue artistique.
- L’opinion, favorable à ce monument est purement factice.
- M. Clémeneeau s@ déclare hostile non au principe de l’exécution, mais à la subvention demandée par le constructeur. Il considère M. Eiffel plutôt comme un exposant, que comme un homme apportant une attraction importante,
- M. Jules Roche tend à démontrer que les recettes sur lesquelles on compte, du fait même de l’établissement de la tour Eiffel sont aléatoires.
- M. Christophle défend le projet au point de vue de l’intérêt des recettes de l’Exposition, qui seront sensiblement augmentées par cette grande attraction.
- M. Rouvier présente des observations analogues à celles développées par M. Clémenceau.
- M. Lyon-Alemand proteste vivement contre la thèse soutenue par M. Tirard, prétendant que le's constructions dans le genre de la tour Eiffel ne sont point compatibles avec le génie français.
- M. Yves Guyot fait remarquer qu’en s’élevant contre la construction de la tour Eiffel, on commencerait les travaux de l’Exposition en réservant une déception au public entier qui compte sur l’exécution de ce projet.
- M. Hébrard demande au directeur général des travaux par quel projet il pourrait remplacer la tour.
- M. Alphand ne peut répondre à cette question.
- M. Edouard Lockroy explique alors qu’il va mettre aux voix la subvention de i,5oo,ooo francs à accorder aux constructeurs de la tour Eiffel et il fait remarquer que le rejet de la subvention entraîne l’abandon du projet.
- La subvention est votée par 20 voix contre 11.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ET LE SÉNAT
- Extrait du compte rendu de la séance du 4 novembre 1886
- M. le président. La parole est à M. Foucher de Careil pour poser une question à M. le ministre du commerce et de l’industrie, qui l’accepte.
- M. Foucher de Careil. Messieurs, j’ai prévenu M. le ministre du commerce que j’avais l’intention de lui adresser une question au sujet de la part
- qu’il comptait faire à l’agriculture française, si cruellement et si longuement éprouvée, dans le plan général de l’Exposition universelle de 188g, dont il a déposé récemment lé projet.
- La question qui se pose, non pas entre les deux ministres intéressés, celui du commerce et celui de l’agriculture, mais devant les agriculteurs eux-mêmes, est celle-ci :
- Est-il vrai, — et c’est à cela que je demande à M. le ministre de me répondre d’un mot — que pour faire une grande et belle exposition agricole en 1889 M. le ministre de l’agriculture ait demandé 44,090 mètres de surface et que M. le ministre du commerce ne puisse lui en accorder que 28,000 ?
- C’est là, vous le comprendrez, messieurs, un point capital au moment même où vont commencer les travaux de la future Exposition ; car il est incontestable que si M. le ministre de l’agriculture n’obtient que la moitié de la surface qui lui paraît nécessaire pour concentrer dans cette exposition et dans un groupe unique les forces vives de l’agriculture, le résultat final pourrait s’en ressentir.
- Comme je connais les sympathies de M. le ministre du commerce pour l’agriculture, je ne doute pas qu’il ne rassure les nombreux intéressés. Je descends de la tribune en lui demandant de vouloir bien me répondre.
- M. le président. La parole est à M. le ministre du commerce et de l’industrie.
- M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie. Messieurs, je remercie l’honorable M. Foucher de Careil d’avoir bien voulu me poser cette question et de m’avoir permis ainsi d’affirmer l’intérêt, la sympathie que le gouvernement porte à l’agriculture. Nous nous efforcerons, lors de l’Exposition de 1889, de le montrer, et déjà nous avons décidé d’offrir à l’agriculture plus du double de h. place qu’elle occupait à la précédente Exposition.
- En effet, en 1878 , l’agriculture française occupait un espace de 9,000 mètres carrés. Nous lui en donnerons cette fois au moins 28,000.
- L’agriculture française, dans notre esprit, occupera non seulement tout l’emplacement des quais qui part de l’esplanade des Invalides au Champ-de-Mars, mais encore elle devra comprendre les emplacements qui se trouveront en avant de l’exposition même du Champ-de-Mars , du palais même de l’Exposition jusqu’à la Seine...
- M. Foucher de Careil. Y compris l’esplanade des Invalides ?
- M. le ministre. Voulez-vous me permettre de m’expliquer? je viendrai tout à l’heure à l’esplanade des Invalides. Il est question de construire des appontements pour agrandir au besoin l’exposition agricole, et pour porter les espaces qu’elle comprendra jusqu’à 28,000 mètres. Vous voyez, messieurs, combien nous sommes loin des 9,000 ou 10,000 mètres que lui avait accordés l’exposition de 1878.
- Tout à l’heure, j’entendais l’honorable M. Fou-cher de Careil nous parler de 42,000 mètres. 42,000 mètres! je souhaiterais de les donner à l’exposition d’agriculture.
- Peut-être sera-t-il possible de les lui donner. Mais, qu’il me soit permis avant tout de dire au Sénat que le devoir du gouvernement et que le devoir du commissaire général de l’Exposition est de ne pas dépasser le crédit que les Chambres lui ont imposé.
- M. de Gavardie. Il vaudrait beaucoup mieux donner à l’agriculture qui souffre, l’argent que l’on destine à une exposition parfaitement inutile. (Exclamations à gauche).
- M. le ministre. C’est une chose que nous n’avons plus à discuter, puisque le Sénat a bien voulu se prononcer sur la question de l’Exposition. Je disais que le Sénat comprendra que le commissaire général de l’Exposition, le ministre du commerce, ne puisse ni ne veuille dépasser les crédits qui lui ont été alloués.
- Je compte cependant, pour augmenter ces crédits d’une façon notable, sur l’argent qui pourra nous venir de la province par l’entremise des comités départementaux.
- Ces comités départementaux sont formés ; au moins y en a-t-il les deux tiers de formés aujourd’hui, et l’enthousiasme qu’a montré la province pour la grande œuvre nationale que nous avons entreprise dépasse toutes nos espérances.
- Ces comités sont nombreux, et nous sommes assurés dès aujourd’hui qu’ils nous apporteront un concours efficace non pas seulement par leur propagande, non pas seulement par les objets manufacturés qu’ils détermineront les industriels et les commerçants à exposer, mais encore par l’argent même qu’ils récolteront dans les départements et qu’ils apporteront à l’Exposition nationale pour en augmenter les espaces et pour la rendre tout à fait digne de la France.
- Nous comptons sur cet argent ; il nous permettrait alors d’affecter les sommes nécessaires soit pournous emparer du palais de l’Industrie et pour y faire des concours d’animaux, soit de prendre à Vincennes, par exemple, certains terrains pour faire des expériences de machines agricoles et pour les mettre en mouvement. Tout cela nous serait impossible sur les terrains assignés à l’Exposition en plein Paris, dans les Champs-Elysées, ou sur l’esplanade des Invalides.
- Je ne puis donner satisfaction absolue à M. le comte Foucher de Careil sur l’emplacement, attendu que cet emplacement de l’esplanade des Invalides, nous ne pouvons d’ores et déjà décider qu’une exposition l’occupera tout entière.
- Et, en effet, messieurs, quelle sera cette exposition agricole ? Combien de mètres carrés occupera-t-elle ? Que nous enverra-t-on ? Nous ne le savons pas au juste, et nous ne pouvons pas déterminer, à l’avance, la place que nous lui assignerons et le nombre de mètres carrés qu’elle pourrait occuper outre les 28,000 dont j’ai parié au commencement de ce discours. Nous ne savons donc pas combien nous aurons à ajouter à cette exposition.
- Il est d’ailleurs un autre service qui réclame aussi la place sur l’esplanade des Invalides. C’est le service de l’exposition coloniale. Je crois cette exposition nécessaire, et elle sera, je l’espère, extrêmement éclatante en 1889. Il est juste de lui réserver, à côté de l’exposition agricole, une large et belle place.
- Eh bien, cette exposition coloniale, nous comptons et nous pensons qu’elle pourra occuper une partie de la place de l’esplanade des Invalides et s’étendre^sur les quais et sur les berges. Mais cela ne peut être décidé ni arrêté tant que nous ne saurons pas ce que les colonies nous enverront.
- Voilà dans quelle situation nous nous trouvons et ce que je peux répondre à M. le comte Foucher de Careil : d’une part, c’est que nous nous préoccupons de l’agriculture avec autant de sympathie que de l’industrie elle-même, que nous voudrions lui donner en mètres carrés tous les espaces qu’elle paraît réclamer et dont il n’avait pas été question jusqu’à ce jour; enfin, nous nous efforcerons de donnerai! concours des animaux le palais de l’Industrie, si nous avons l’argent nécessaire pour tous ces travaux et toutes ces constructions (Très bien ! à gauche).
- M. Foucher de Careil. Je remercie M. le ministre de ses explications, tout en regrettant que sur la question décisive de l’esplanade des Invalides , elles aient été moins explicites que nous l’aurions désiré. Nous espérons que l’avenir lui permettra de réaliser ce desideratum.
- SERVICE MÉDICAL
- DE. L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 3i octobre 1886).
- Du service de garde considéré en lui-même
- Un très grand nombre de praticiens ont offert leurs services gratuitement pour l’Exposition. Loin de nous de faire un reproche aux nombreux con-
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
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- frères (le nombre des demandes dépasserait 3oo) qui spontanément se sont offerts pour donner gratuitement leurs soins; mais nous croyons que dans leur esprit il doit exister une différence entre donner gratuitement des soins et s’astreindre à faire gratis le pénible service de garde. Le service médical de l’Exposition comprendra outre le service de l'ambulance surtout destiné à la période des travaux, les services delà consultation, Y inspection, le contrôle, la partie hygiénique, etc., etc. ; c’est là nous le croyons, que pourra être le mieux utilisé le dévouement de nos confrères. — Accorder de temps en temps quelques heures au service de l’Exposition : c’est tout ce que l’on peut exiger d’un praticien qui offre gratuitement son concours. A ce sujet, on a parlé de monter le service de l'ambulance comme un service de faction où les médecins inscrits se relèveraient de 2 heures en 2 heures, service alors peu pénible, vu le très grand nombre de médecins y concourant. En théorie, c’est parfait, en pratique, c’est difficile à réaliser. Tout d’abord il y a le service de nuit et le service à l’ouverture des chantiers ; pour le médecin habitant un peu loin de l’Exposition, c’est impossible, nous l’avons vu plus haut et, d’autre part, inconciliable avec les exigences de la plus petite clientèle. Même pendant le jour, les remplacements se feront mal : le DrX. qui doit relever le Dr Z. peut être empêché au dernier moment par les exigences de sa clientèle particulière; il devra avertir le Dr Y pour faire sa garde. Le temps de trouver le Dr Y, si on le trouve, paraîtra long au Dr Z, forcé d’attendre un remplaçant et que ses occupations appellent peut-être à une consultation ou auprès d’un malade grave; car nous ne pouvons supposer que notre confrère Z., fatigué d’attendre, abandonnera son poste. — Etant donné le service de nuit et celui du matin dès l'embauchée entraînant la résidence du médecin de garde sur les lieux, le temps minimum à consacrer à ce service est de 24 heures. Trouvera-t-on parmi les médecins qui se sontpro-posés beaucoup de praticiens dont la clientèle puisse s’accommoder de pareilles exigences et qui voudront faire ce service gratuitement ? Si oui, ce problème est résolu, mais nous en doutons fort. Le service de garde est trop attachant, trop absorbant. D’un autre côté, un médecin jeune ou âgé, mais sans clientèle, pouvant alors disposer entièrement de son temps, ne pourra guère accepter les exigences de ce service gratuit que s’il a de la fortune. Alors ce sera par pure philanthropie ou dans l’espoir d’une distinction honorifique. Nous souhaitons que l’on en trouve dans ces conditions, tout en nous permettant d’en douter. Si l'on en trouve, ils ne seront pas nombreux ; ce sera 1-e très petit nombre, l’exception ; et ce n’est pas ainsi que l’on pourra assurer le fonctionnement constant d’un service aussi sérieux que celui des premiers secours.
- Le service de garde pourrait être partagé entre quatre docteurs médecins se relevant de semaine en semaine ; couchant à l’ambulance, y faisant porter léurs repas pendant la période de garde, ils assureraient d’une façon parfaite ce service. Ces postes seraient recherchés sûrement d’un assez grand nombre de jeunes docteurs sans clientèle, et qui préparent une licence ou une agrégation ; une semaine par mois ne porterait pas préjudice à leurs travaux. Mais il ne faut pas supposer qu’ils feront ce service gratuitement ; et nous croyons qu’il ne serait guère convenable d’affecter un traitement de moins de 100 fr. par mois à chacun des'quatre médecins de garde ; ce serait donc de ce chef une dépense de 5,000 fr.par an en chiffres ronds. Nous ne savons pas quelles seront les ressources de la caisse du service médical dont les fonds seront constitués par les versements des différents adjudicataires proportionnellement au nombre des ouvriers qu’ils emploient ; aussi il nous est impossible de prévoir l'importance de la charge que créerait à cette caisse l’affectation annuelle d’une somme de 5,000 fr. pour la solde des médecins de garde. Nous croyons qu’il existe une solution tout aussi satisfaisante et plus économique ; elle repose sur cette opinion que le service de garde serait aussi bien assuré par des internes que par des docteurs médecins. Confier le service des premiers secours aux internes, est-ce leur attribuer des fonctions nouvelles i leur mettre en mains des responsabilités trop lourdes ? Nullement, c’est là leur besogne quotidienne, et l’on sait avec quel dévouement et quelle intelligence ils la remplissent. Tout blessé transporté dans un hôpital est, en dehors des heures de visite, confié à l'interne de la salle ; à moins d’une intervention chirurgicale nettement indiquée, d’une opération urgente, le médecin chef du service n’est pas appelé ; l’interne fait tout ce qui est nécessaire. A l’ambulance de l'Exposition il aura le même rôle: appliquer un appareil contentif provisoire de fracture, arrêter une hémorragie avec la bande d’Es-march, faire un premier pansement, mettre le blessé en état de subir sans aggravation son transport vers l’hôpital le plus voisin. C’est là que l’appareil définitif, l’hémostase chirurgicale, le pansement à demeure, seront appliqués. Cette tâche est • absolument du ressort de nos internes des hôpitaux. En cas d’accident grave, explosion de chaudière, éboulement, l’ambulance reliée à la préfecture de police par le téléphone demandera des
- renforts, et celle-ci pourra avertir à son tour par les postes d’arrondissement les médecins inscrits pour le service de l’Exposition. Nous croyons que dans cette phalange de jeunes gens d’élite, tous intelligents et dévoués et offrant toutes les garanties de savoir ou de pratique, on trouvera facilement des volontaires en nombre suffisant pour assurer le service de garde. Naturellement, pour ne pas spéculer sur leur dévouement et ne pas leur porter préjudice, l’administration leur assurerait la nourriture pendant la garde ; avec une dépense de 90 à 100 fr. par mois, une pension très convenable pouvant être obtenue dans un des nombreux restaurants qui vont s’installer immédiatement sur le lieu des travaux. La dépense de ce chef serait donc de 1,200 fr. par an contre 5,000 que coûteraient les quatre docteurs médecins. Nous croyons aussi que l’administration pourrait, gracieusement accorder aux internes concourant à ce service, une carte d’entrée permanente pour la durée de l’Exposition. Trente volontaires suffiraient pour espacer les tours de garde de façon à ne pas nuire aux études médicales de ces jeunes gens.
- Nous ne pouvons terminer cette étude sans dire un mot du collaborateur nécessaire du médecin ou de l’interne.
- L’infirmier attaché à l’ambulance devra être choisi parmi les visiteurs les plus intelligents et les mieux notés ; sur lui en effet devra reposer le service de la petite pharmacie, l’entretien des appareils, des instruments, le détail des petits pansements, toujours très nombreux. Les internes de garde pendant leur court séjour à l’ambulance auront à peine le temps de connaître toutes les ressources du service ; l’infirmier attaché spécialement à ces détails connaîtra la place de tous les appareils, leur nombre, il veillera au remplacement des médicaments au fur et à mesure des besoins. La comptabilité des matières par une ambulance est très difficile ; une compresse par-ci, une compresse par-là ! diachylum, éther, laudanum, s’en vont peu à peu, goutte par goutte ou morceau par morceau, distribués à Pierre, Paul, etc., sans qu’il soit possible d’en tenir le détail ? on ne peut guère compter que sur des relevés heb-domadaires ; c’est dire que l’infirmier de garde devra être un homme de confiance. Nous avons déjà dit que les médecins attachés au service de l’Exposition pouvaient être appelés extraordinairement en cas de sinistres ; nous croyons aussi qu'à côté du service de garde on pourrait, comme dans les arsenaux de la marine, organiser une consultation quotidienne faite par les médecins inscrits. C’est là que nous ferions appel à ceux de nos confrères qui ont offert gratuitement leurs soins. Sans porter préjudice à leur clientèle, ils peuvent venir consacrer à tour de rôle une heure ou deux à cette consultation; leur titre de docteur leur permettrait aussi de viser les certificats d’origine de blessures, dressés par l’interne de garde ou de délivrer des certificats d’aptitude aux ouvriers dont les patrons exigeraient cette formalité. Ce rôle serait tout à fait compatible avec la dignité médicale ; et dans ces conditions le service médical gratuit n’étant plus astreint à une heure absolument fixe, s’accommode d’une liberté plus grande s’accordant mieux avec les exigences de la clientèle et aussi parfaitement en harmonie avec le caractère d’un véritable service rendu sans rémunération pécuniaire. '
- Nous terminerons ce petit travail en rappelant que tout' ce que nous en avons dit est subordonné à l’idée que, pendant toute la durée des travaux, les premiers secours seront assurés d’une façon permanente aux armées. Le chantier, si l’on veut bien nous permettre cette comparaison, c’est le champ de bataille pacifique de l’ouvrier. Dans la première ville du monde, il nous semble que la question d’humanité vis-à-vis du travailleur doit primer toute autre considération; si donc on veut vraiment assurer les premiers secours c’est au service de garde avec toutes ses obligations, qu'il faut recourir; si l’on veut seulement avoir l’air de l’assurer, tant de précautions sont inutiles. Mais alors l’organisation du service médical de l’Exposition encourra le reproche d’avoir été conçue pour la plus grande commodité des médecins et non pour le plus grand bien des intéressés, semblable en cela à certaines administrations où les rôles étant renversés, les administrés semblent être les très humbles serviteurs des administrateurs.
- Dr G. Bédard ,
- NOTRE GRAVURE
- COMMISSION DE CONTROLE h DES FINANCES
- LES
- MEMBRES REPRÉSENTANT LE CONSEIL MUNICIPAL
- M. de BOUTEILLER (Jacques)
- M. Jacques de Bouteiller est né à Nantes en i83q, il est petit-fils d’un député de la Restauration.
- Après avoir appartenu à l’administration de la-Banque de France, il entra dans la presse républicaine vers la fin de l’empire, en 1870. Il fut nommé sous-préfet à Quimperlé, mais ne put rejoindre son poste à cause de l’invasion. Lieutenant au 164e bataillon pendant le siège de Paris, il a été élu conseiller municipal de Paris dans le-quartier des Bassins, en remplacement de son frère, décédé.
- M. GUICHARD (Pierre)
- Est né à Paris en 1842 ; il fut reçu ingénieur-civil encore tout jeune et il étudia en .même temps la chimie et la médecine. Il devint préparateur à l'école centrale et il avait préparé sa thèse pour le doctorat en médecine quand éclata la guerre.
- Il fit la campagne comme aide-major dans le corps du général Douai. Après Sedan, il échappa à la captivité, accourut à Paris, où il s’engagea-dans le 17e bataillon de la garde nationale. Le i5 octobre, il fut décoré pour faits d’armes.
- Quelques mois après, il se consacra entièrement à des recherches sur l’électricité et ses applications. Ses travaux sont fort estimés dans le monde savant.
- En 1881, il fut envoyé au conseil municipal par les électeurs de la Villette et dans cette assemblée il a été président de la commission de l’Exposition de 1889, président de la commission de la suppression de l’octroi, président de la commission de surveillance de l’école municipale Colbert, etc., etc.
- M. JACQUES
- Est né en 1828, à St-Omer. Il entra de bonne heure dans l’enseignement, mais il vint bientôt à Paris et s’associa à une maison de distillation dont il est aujourd’hui seul propriétaire.
- Aux élections de 1874 il fut nommé conseiller municipal pour le quartier de Plaisance.
- Il se fit bientôt remarquer parmi ceux de ses collègues qui, laissant de côté les questions exclusivement politiques , étudiaient sérieusement les questions financières économiques. Il a présidé la commission du budget, des finances, etc. Il s’est occupé également de l’enseignement et fait partie du conseil départemental de l’instruction publique, du conseil académique de Paris et préside le conseil d’administration du collège municipal Rollin.
- M. JOBBÉ-DUVAL
- Est né à Carhaix (Finistère), en 1821. Tout jeune encore, il montra un goût très prononcé-pour la peinture.
- En 1S39, il devient l’élève de Paul Déroché et,, deux ans après, expose au Salon son premier tableau. Pendant le siège de Paris, il fut adjoint au-maire du XVe arrondissement. Aux élections municipales de 1871,. M. Jobbé-Duval fut élu parle quartier Necker à une très forte majorité.
- Il s’est toujours occupé au Conseil, avec une grande autorité, des questions artistiques ; c’est à ce titre qu’il a pu rendre à la ville de Paris de signalés services. On lui doit la réforme de l’enseignement du dessin dans les écoles primaires et subventionnées de la ville de Paris.
- M. LYON-ALEMAND
- Est né à Paris en 1852.. Après avoir terminé ses. études au lycée Louis-le-Grand, il fut nommé essayeur à la monnaie de Paris.
- Il est le petit-fils de la fondatrice célèbre de la. maison de métaux, d’or et d’argent de la rue de Montmorency.
- Il s’est toujours occupé, avec une grande compétence, des questions financières et économiques et s’est particulièrement distingué dans les discussions d’affaires au Conseil municipal, où il est entré, en 1881,après l’élection de M. Jules Roche à la Chambre.
- M. MESUREUR
- Est né en 1846. Il exerce la profession de dessinateur pour broderies. En 1881, il fut nommé conseiller municipal par le quartier Bonne-Nouvelle dont il a défendu les intérêts avec le plus grand dévouement. Il s’est fait au Conseil une réputation d’orateur et d’économiste.
- M. MONTEIL (Edgar)
- Est né à Vire (Calvados), en 1845. Il fit ses études aux lycées de Lyon et de Saint-Etienne. Dans les dernières années de l’empire, il s’occupa de politique, et depuis est devenu un publiciste dis-
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- tingué. Il fit partie de la commission, de l’Exposition d’Anvers et publia dans la Nouvelle Revue des articles fort remarquables sur cette Exposition ainsi que sur celle d’Amsterdam. Au Conseil municipal, il a e'té charge' de tous les rapports relatifs à l’Exposition de 1889 dont il a été un des plus ardents promoteurs.
- Ces temps derniers, il a publié une excellente biographie de M. Edouard Lockroy que nous signalons avec un vif plaisir.
- M. VOISIN
- Est né à Lyon en i83o. Il suivit les cours d’architecture de l’Ecole des beaux-arts de Lyon. Mais, en 1848, les architectes ne trouvaient pas aisément l’occasion de diriger des travaux. M. Voisin se fit tisseur et devint bientôt l’associé d’une des principales fabriques de châles, imitation des chfdes de l’Inde. Il dut abandonner cette industrie alors florissante, mais que la mode capricieuse devait bientôt ruiner. Il se livra alors à de nombreux travaux de chimie et s’occupa, non sans succès, de photographie appliquée, d’engrais chimiques et surtout d’électricité. Depuis 1881, il représente le quartier Saint-Fargeau au Conseil municipal.
- ÉCjHOS
- Paris
- L’Union centrale des arts décoratifs vient de décider de faire en 1887 une exposition récapitulative résumant les expositions partielles qu’elle -a organisées depuis dix ans.
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- L’exposition des maquettes envoyées au concours pour l’érection d’une statue à "Jean-Baptiste Dumas a lieu dans le vestibule de l’Ecole des beaux-arts, quai Malaquais, depuis vendredi dernier. Le jugement sera rendu parle jury constitué par les concurrents. Une somme d’environ 50,000 fr. sera mise à la disposition du lauréat pour l’érection de la statue sur l’une des places d’Alais (Gard), ville natale du fondateur de l’Ecole centrale.
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- Il est question de créer un musée des beaux-arts de la ville de Paris ; 011 y placerait toutes les œuvres que la Ville achète depuis des années, qu’elle entasse dans les magasins du boulevard Morland, et dont la plupart ont une réelle valeur. Si le Conseil municipal adopte ce projet qui lui sera soumis prochainement, on choisira probablement comme local le musée Henri IV, situé dans l’île Louviers, à côté des magasins municipaux. Il présenterait toutes facilités pour recevoir chaque année, avant qu’elles soient dispersées, les acquisitions de la Ville. On pourrait, en outre, y exposer les maquettes des concours et aussi la magnifique collection d,e tapisseries, la plus belle de l’Europe après celle du Garde-Meuble et qui reste malgré cela toujours enfouie dans un sous-sol du pavillon de Flore.
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- Le comité d’organisation de l’Exposition nationale des beaux-arts qui aura lieu à Venise, l’année prochaine, vient de nommer M. Caponi, correspondant de la Persevercthsa, délégué auprès des artistes italiens à Paris.
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- L’Exposition, — faite sous la présidence d’honneur de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, et avec le concours des ministères du commerce et de l’instruction publique, — des produits du Chili offerts à la Société de géographie commerciale pour son musée commercial et réunis par les soins de M. Wiener, consul de France et secrétaire de la légation de France à Santiago, a été ouverte le 1er septembre au siège de la Société, 5, rue de Savoie. Elle est visible de midi à six heures : l’entrée est gratuite.
- La commission chargée de préparer cette exposition invite toutes les personnes qui s’intéressent au développement de notre commerce à la visiter.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Les locaux dans lesquels est actuellement installée à Berlin l’Exposition internationale des beaux-arts viennent d’ètre concédés par le gouvernement aux-artistes pour une durée de dix ans.
- Les concessionnaires organiseront chaque année, jusqu’en 1896, une exposition artistique de deux mois de durée. La première de la série aura lieu au printemps prochain.
- Il découle de ce traité que pendant toute la durée de la concession, aucune exposition d’un autre genre ne pourra avoir lieu dans les bâtiments concédés.
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- On prépare actuellement à Berlin au panorama
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE TS89.
- des colonies allemandes, en même temps qu’une série de paysages, reproductions et scènes du continent africain, et de la vie dans ces régions, une exposition générale de l’Afrique, où figureront les produits naturels et agricoles de cette partie du monde, ainsi qu’un grand nombre de riches collections ethnographiques.
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- Angleterre
- Un journal de Liverpool annonçait dernièrement que des négociations étaient engagées en vue du transfert à Liverpool, l’année prochaine, des objets figurant actuellement à Soutk-Kerising-ton (Londres) à l’Exposition des Indes et des Colonies.
- . S’il faut en croire notre confrère anglais Invention, cette nouvelle est sans aucun fondement et il est presque certain que la plupart des objets actuellement à South-Kensington, y seront conservés, et formeront le noyau du musée général de l’industrie et du commerce que l’on se propose d’organiser à Londres pour les Colonies sous la dénomination de Impérial Instituts. Nos lecteurs savent que l’initiative de cette création est due au prince de Galles qui veut ainsi célébrer dignement le cinquantenaire de l’avènement au trône de la reine Victoria.
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- La liste des récompenses accordées pkr le jury à l’Exposition internationale d’Edimbourg a été publiée le mardi 26 octobre.
- Il y avait à l’Exposition 2,230 exposants non compris les sections du Vieil Edimbourg et des beaux-arts.
- Les récompenses sont au nombre de 1,224, et se décomposent de la manière suivante :
- Diplômes d’honneur 13 ; médailles d’or, 229 ; médailles d’argent, 367 ; médailles de bronze, 282 ; mentions honorables, 333.
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- La huitième exposition nationale annuelle de la Brasserie a eu lieu, en même temps que le marché annuel, dans la dernière semaine d’octobre, à PAgricultural Hall de Londres. Lhi comité spécial composé'de-40 membres a été chargé d’examiner les inventions nouvelles présentées à l’exposition et de rédiger un rapport sur leurs défauts et qualités.
- Une heureuse innovation due à MM. Barnett et Foster a obtenu un très grand succès. On avait eu l’idée de former dans une section annexe, un musée de bouteilles, de spécimens curieux de cette industrie et cette intéressante collection a été très remarquée.
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- Une exposition consacrée à l’architecture et aux constructions navales et coloniales, ainsi qu’aux industries mécaniques envisagées également à ces deux points de vue spéciaux aura lieu au Royal Agricultural 'Hall, Islington, du 21 avril au 19 mai 1887.
- M. Samson Barnett, M. Westminster Cham-bers, Londres, S.-W. est le promoteur de cette entreprise qui aura, espère-t-on, un grand succès.
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- On verra l’année prochaine à Londres, à l’Exposition américaine (3 mai 1887), l’Exposition des scènes de laviedans le Far-West (extrême ouest), qui a obtenu en Amérique un très grand succès.
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- Le maire de Sheffield a inauguré le mardi 26 octobre à Glossop Road, l’Exposition mécanique et industrielle générale du Yorkshire méridional organisée pour développer et encourager l’industrie locale, en réunissant d’une façon attrayante et intéressante à la fois les productions de la région.
- On espère ainsi mettre une fin à la crise commerciale du district ou du moins y apporter un remède efficace.
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- Les travaux du jury supérieur de l’Exposition internationale de Liverpool viennent de prendre fin.
- Les récompenses suivantes ont été décernées à la section française :
- 1° 62 médailles d’or (récompense la plus élevée, il n’y a pas eu de diplômes d’honneur à Liverpool) ;
- 2° 138 médailles d’argent ;
- 3° 70 médailles de bronze ;
- 4° 69 mentions honorables.
- Nos exposants ont eu, de toutes manières, un succès à Liverpool, et il n’est pas douteux que cette campagne ouvre de nouveaux débouchés à plusieurs de nos produits, notamment aux vins do France et d’Algérie, largement représentés dans la section.
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- Autriche-Hongrie
- Une exposition industrielle des populations saxonnes de la Transylvanie a eu lieu ces temps derniers à Hermanstadt. Elle était divisée en deux sections : la première réservée aux pro-
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- ductions des villes, la seconde à celles des campagnes.
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- Belgique
- Une exposition spéciale de téléphonie ouvrira le 9 janvier 1887, au palais de la Bourse à Bruxelles, sous les auspices de la société belge des ingénieurs et des industriels.
- Cette exposition réunira tous les appareils et procédés imaginés jusqu’à ce jour pour permettre la transmission à distance de la voix humaine, en fera voir les applications et offrira un aperçu général des progrès réalisés en téléphonie.
- Son caractère sera scientifique et pratique.
- Elle comprendra notamment : les téléphonés, microphones, radiophones et phonographes ; les appareils d’application, postes téléphoniques, etc., les systèmes. des bureaux centraux et leurs éléments, cabines téléphoniques ; les conducteurs et leur installation ; les outils spéciaux en usage pour les exploitations téléphoniques ; d’une manière générale, tous les systèmes téléphoniques, et spécialement les systèmes anti-inducteurs ; les systèmes de transmission par câbles de plusieurs conducteurs ; les systèmes de communication à grande distance, et les procédés de téléphonie et télégraphie simultanées.
- L’exposition montrera ainsi, au moyen d’appareils, modèles, plans et diagrammes, etc.., tous les procédés nouveaux, et en fera ressortir les avantages et particularités par des essais pratiques, des conférences et des communications.
- Une section bibliographique, comprenant les ouvrages parus sur la téléphonie, ainsi que tous les documents statistiques désirables, complétera cette exposition, qui sera internationale et durera cinq semaines.
- Aucune redevance pour les emplacements ne sera demandée aux exposants, qui, par contre, auront à leur charge les frais éventuels d’installation et d’expériences.
- Toutes les communications devront être adressées à M. le président du premier comité de la Société belge des ingénieurs et industriels, au palais de la Bourse, à Bruxelles.
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- Italie
- Le 17 octobre dernier a été ouverte à Florence une exposition internationale de machines, appareils et procédés pour la destruction et la prophylaxie des'cryptogames et insectes nuisibles aux plantes et à la culture en général.
- L’inauguration en a eu lieu sous la présidence du syndic de la ville, marquis Torregiani.
- .Un Congrès international, réuni à cette occasion, a étudié la question au point de vue vinicole.
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- Tonkin
- Le.ministre des affaires étrangères a reçu du Président général de France en Annam et au Tonkin, un télégramme l’informant que toutes les demandes de participation à l’Exposition d’Hanoï peuvent être accueillies, si elles se produisent en temps utile, pour permettre que les produits à exposer puissent être embarqués sur le transport du 20 courant.
- L’EXPOSITION CHAMPIGNEULLE
- La brillante exposition organise'e par le peintre-verrier, Charles Champigneulle dans ses vastes ateliers de la rue Notre-Dame-des-Champs, devait être close à la fin du mois dernier.
- Devant un succès qui s’est traduit par une affluence considérable de visiteurs, M. Champigneulle s’est décidé à prolonger son exposition jusqu’au 10 novembre.
- Ajoutons que le public est gracieusement admis à visiter cette exposition.
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- EXPOSITION
- DES
- PRODUITS DE L’HORTICULTURE
- Spécialement consacrée aux
- FRUITS, LÉGUMES & FLEURS
- De la S^ISCXN-
- Trois mille plantes ont été envoyées parle syndicat des horticulteurs belges, pour la tombola en faveur des victimes de la tempête de grêle du mois d août. Les magnifiques cultures de pêchers à Montreuil ont été en partie ravagées et détruites par le fléau.
- .Une grande quantité d’autres plantes et de lots très variés, qui peut être évaluée au même nombre, a été donnée également pour cette tombola.
- Voir la suite page 3r]8.
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- 3j6 et 377. —: Deuxième Année. — N° 97.
- LE MONITEUR DE L,E3(pOSlTIONDE i889-
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- COMMISSION DE CONTROLE ET DE FINANCES DE L’EXPOSITION DE 1889
- MEMBRES REPRÉSENTANT L£ CONSEIL MUNICIPAL
- M. de BOUTEILLER
- M. GUICHARD
- M. JOBBÉ-DUVAL
- M. MESUREUR
- M. LYON-ALEMAND
- M. JACQUES
- M. MONTEIL
- M. VOISIN
- Dessins de M. P. Toussaint, d'après les photographe de MM. Appert, Marius, Truchelot et Valkman.
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- ?78. — Deuxième Année. — N» 97. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Tout porte à croire que le résultat sera très fructueux, car les carnets des billets se renouvellent souvent entre les mains des personnes dévouées qui ne risquent pas de braver le froid humide qui se fait sentir pour assurer la réussite de cette œuvre philanthropique.
- Le pavillon de la ville de Paris seulement, cette fois, contient l’exposition de la Société nationale d’horticulture.
- L’entrée, disposée en parterre anglais, est d’un très bel effet ; huit corbeilles triangulaires à pans coupés se réunissent à un centre formé par une magnifique corbeille de géraniums de Robert ; parmi ces corbeilles, nous remarquons les bégonias tubéreux qui ont valu à M. Robert, de même qu’à M. Vallerand jeune, son voisin, la médaille d’or. M. Dallé a fait un très bel envoi de plantes vertes de serre qui lui ont valu également une’ médaille d’or; dans un de ces massifs, au centre du pavillon, nous remarquons une variété de Nepen-tlies, dormania, superba, Paradisiæ, etc., qui ont l’air de bourses quêtant pour la tombola.
- Une autre partie de l’entrée est garnie par les Cratœgus et Eulalias, qui ont valu à M. Boucher la médaille d’argent.
- La partie la plus intéressante est certainement l’arboriculture. Une grande variété d’arbres fruitiers de toutes espèces bien présentée par MM. Croux et fils, ainsi qu’une très belle collection de pommiers à cidre, méritent d’être examinées ; mais à côté il faut surtout admirer la magnifique collection de poires et pommes qui a obtenu la grande médaille d’or du deuxième concours (pour la collection de fruits la plus complète et la plus remarquable parla beauté et la qualité des échantillons). Les pépinières de MM. Çlroux et fils méritent une mention spéciale ; ne pouvant nous étendre dans ce compte rendu, nous aurons le plaisir d’en parler plus longuement dans un prochain article.
- Sur la même table et à l’extrémité, tout le monde admire les'pêches de M. Vitry, de Montreuil, qui présente surtout un phénomène, la pêche Salway, dont un spécimen mesure 3i centimètres de circonférence.
- Les raisins de' M. Lhérault sont très variés, il y a des espèces pour la cuve, importations nouvelles de l’exposant. Mais où il nous faut ouvrir grands les yeux, c’est à la table suivante, l’exhibition de M. Salomon se compose de 25o variétés de raisins de table et 200 variétés de raisins de cuve ; ces raisins ont mûri à air libre, sans l’abri du verre. Parmi les espèces les plus remarquables, nous devons citer: le Chasselas doré, Frankenthal, Black-Alicante, Sainte-Marie d’Alcantara, Téneron de Vaucluse, Schaous, Calabre blanc, Santa Mo-rena, Dodrelabi, Giomalteto nero, Grec rouge, Gra-diska, Bicane, etc. ; cet ensemble a, du reste, remporté la plus haute récompense du quinzième concours: prix d’honneur, grande médaille d’or.
- En passant, citons une nouveauté ; M. Godefroy Lebeuf a obtenu, pour YAlocasia pucciana, une grande médaille de vermeil; cette plante est le résultat d’un croisement entre Y Alocasia thibauti et le Pul^eysi et pourra devenir la source de variétés intéressantes pour l’avenir.
- Sur la table suivante, des fleurs coupées sont exposées. Nous avons déjà parlé de M. Robert qui présente plusieurs très belles variétés de bégonia^, doubles ; ces fleurs, à première vue, ressemblent beaucoup au camélia. Nous voyons encore des roses unies et panachées, des dahlias lilliputiens et de belles collections de Dalhias grandiflores parmi lesquels il faut remarquer la magnifique collection présentée par MM. Forgeot et Cie (cette belle variété leur a valu la grande médaille d’argent). Puis, à côté, quelques roses coupées ; hélas ! il n’y a donc plus de roses? M. Rothbery nous en présente fort peu, elles sont très belles, il est vrai. La table qui est à côté est bien garnie ; à remarquer surtout la belle collection de pommes et de poires présentée par MM. Bruneaut et Jost, puis, tout à fait à l’extrémité de cette même table, une corbeille de vingt-cinq belles pêches Salway dont une a été marquée par la terrible grêle. Les dalhias de M. Mézard sont certainement les plus beaux et la belle collection d’orchidées, présentée par M. Gappe, est remarquable. Mais, au centre du pavillon, nous retrouvons une deuxième corbeille, celle-là mérite tout particulièrement notre attention. MM. Lev.êque et fils font admirer aux amateurs une splendide collection d’œillets remontants qui sont de toute beauté, garnis de boutons et à même de fleurir encore très longtemps.
- Le jury a présenté des félicitations à MM. Baltet frères pour les beaux résultats obtenus des semis Tourasse.
- Nous arrivons à un exposant insatiable, il est déjà comblé de lauriers, mais il en veut cueillir encore.
- La maison Forgeot et Cie expose de magnifiques produits justement admirés des amateurs. Leur lot de choux-fleurs comprenant cinq variétés est composé d’espèces de premier ordre. Dans leur lot de pommes de terre, neuf sortes sont plus particulièrement remarquables, notamment : Flocon de neige et Eléphant blanc. Il y a tant de sortes qu’il nous faut résister au désir de les citer toutes, dans les nouveautés, celles qui certainement ont le plus grand mérite évidemment, il y en a de très
- belles que les amateurs et consommateurs apprécieront assurément très favorablement. Puis de nouvelles variétés d’oignons et de céleri nain pommé. Enfin, ce sont des haricots flageolet beurre et le haricot beurre teinté qui ont le grand avantage d’être sans parchemin. Oh ! Brillat-Sava-rin que n’es-tu là pour satisfaire ton palais de fin gourmet. MM. Moreau frères ont exposé plusieurs photographies de fleurs et fruits qui sont très réussies. Quant aux pommes de terre de M. Ri-gault, nous en avons parlé lors de là dernière exposition, il poursuit ses succès en présentant de nouvelles espèces obtenues de semis. Un peu plus loin un potiron monstre (il pèse io3 kil.) a valu à M. Paignard une médaille d’argent. A l’extremité se trouve une troisième corbeille, garnie d’ananas, dont une nouvelle espèce de culture exotique le Saliva folis variega à fruit rose a été présentée par M. Crémont aîné. Enfin, diverses corbeilles de légumes et de cucurbitacées, entre autres, les collections de M. Hoïbian et de M. Jacquart Elie. Pour terminer, nous citerons les fruits exotiques présentés par MM. Hédiard et Cie, parmi lesquels on remarque le Rafia sagoutier, le Gombo fevy frais, les patates douces, les ignames, la figue banane, noix de coco, etc., et les figues de Barbarie exposées par M. Place.
- Somme toute, belle exposition en arbres, fruits et légumes, mais, il faut en convenir, cela manque de fleurs !...
- N’omettons pas de citer les décisions spéciales du jury :
- ier Concours : Félicitations pour apport et beauté des échantillons présentés par MM. Baltet frères.
- Vives félicitations du jury à M. Désiré Vitry pour son remarquable apport de corbeilles de pêches Salway.
- Vives félicitations à M. Dallée pour son apport de plantes de serres à feuillage, et à MM. Bru-neaux et Jost, Croux et fils, et Paillet pour leurs apports de conifères et plantes à feuilles persistantes ayant contribué à l’ornementation de l’entrée de l’Exposition.
- Remerciements à MM. Vilmain et Cie pour leur apport de plantes fleuries.
- Cette exposition très courue comme d’habitude a, dès le premier jour, reçu la visite de M. le ministre de l’agriculture qui a vivement félicité les organisateurs et les principaux exposants. M. Tisserand, arrivé dès la première heure comme toujours, a longuement admiré ces beaux produits de la nature; on sait que M. le directeur de l’agriculture est un .grand amateur qui ne manque jamais l’occasion d’encourager les horticulteurs et cultivateurs et a toujours une parole aimable pour chacun d’eux, leur adressant toujours de justes félicitations.
- Nons avons aussi remarqué beaucoup de sénateurs et députés, M. le préfet de la Seine, une grande partie des membres du conseil général de la Seine et du conseil municipal de Paris, etc.
- Voici la liste des récompenses :
- Grandes médailles d’or
- Croux et fils, médaille d’or, médaille de vermeil.
- Bruneaux et Jost, grande médaille vermeil, grande médaille argent.
- Salomon, pour ses raisins exceptionnels.
- Médailles d’or
- Mézard, grande médaille argent, médaille argent.
- Levêque et fils, pour ses œillets, grande médaille de vermeil, pour ses Pyrèthres.
- Jacquart, Elie, médaille de bronze.
- Lhérault, pour ses raisins.
- Crémont aîné, Crémont jeune.
- Carpe, Dallé, Hoïbian.
- Poirier, Vallerand jeune.
- Grandes médailles de vermeil
- Etablissements de Saint-Nicolas , 2 grandes médailles vermeil, 3 médailles argent.
- Robert, grande médaille vermeil, grande médaille argent.
- Rigault, Joseph, grande médaille de vermeil, 2 grandes médailles argent, médaille bronze.
- Godefroy-Lebeuf, grande médaille vermeil, médaille argent.
- Boucher, grande médaille vermeil, médaille argent.
- Dagneau, grande médaille de vermeil, médaille de bronze.
- Crapotte, Falaize, Jamet.
- Médailles de vermeil
- Forgeot et Cie, médaille de vermeil, 1 grande médaille argent, 3 médailles argent, M. H.
- Paillet V., G. A, 2 A, 2 B.
- Torcy-VannierV., G. A, 2 A.
- Battu, Bertrand, Jourdain, Laurent, Léonard Lille et Beney, Leroux.
- Grandes médailles d’argent
- Rothberg, 2 G. A, 1 A.
- Bourgeois, Cou'i uiuer, Dannet, Desouches.
- IsABETH, LeFORT, OuDI.V.
- Hédiard et Place, pour leurs collections de fruits exotiques.
- Dimanche 7 Novembre 1886.
- Médailles d'argent Chevalier, pêches de Montreuil.
- Paignard, potiron.
- Arlet, Bourgeois, Colas, Delahaye, Dubois, Kaczla, Landsmann, Lecomte, Lemoine, Régnier.
- Médailles de bronpe Jamet, Lebosse (pensées), Morlet.
- A. Ramé.
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- L’EXPOSITION
- DU
- CINQUANTENAIRE DES CHEMINS DE FER
- Le Journal des Débats a publié la note suivante :
- La célébration du cinquantenaire des chemins de fer français, qui aura lieu à Paris en 1887, prend des proportions considérables.
- Des communications de la plus haute importance ont été faites à la dernière séance du comité d’organisation, qui s’est réuni à son siège, 8, rue du Faubourg-Montmartre, sous la présidence de M. Montaut, député de Seine-et-Marne. Parmi ces communications, il faut signaler : l’adhésion de M. de Freycinet, ministre des affaires étrangères et président du conseil, comme président d’honneur du cinquantenaire, conjointement avec ses collègues MM. Baïhaut, Lockroy, Granet, Boulanger, Aube et Develle, membres du gouvernement, et Ferdinand de Lœsseps, membre de l’Institut; la constitution d’un comité anglais, sous la présidence du lord-maire ; l’établissement de commissariats généraux en Autriche et au Brésil, et enfin le choix du bois de Vincennes comme emplacement de l’exposition internationale des chemins de fer.
- Les commissaires généraux d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Italie, d’Espagne, de Belgique et de Hollande donnent les assurances les plus formelles sur une large participation de leurs pays respectifs.
- Le comité de haut patronage comprend plus de 200 membres, parmi les notabilités de la science, de l’industrie, de la presse, du monde politique et des chambres de commerce.
- Il résulte de cet ensemble que le succès de l’exposition et du congrès des chemins de fer en 1887 est désormais assuré, et aura un grand retentissement dans le monde entier.
- Cette note inspire au journal des chemins de fer les réflexions suivantes:
- Qu’est-ce que ce « cinquantenaire des chemins de fer français » qui tombe en 1887? Il faut être 'singulièrement ignorant de l’histoire des voies ferrées en France pour faire remonter à l’année 183y, nous ne disons pas même les premières études, ni même la première concession, .mais seulement la première exploitation d’un chemin de fer. Il suffit d’ouvrir n’importe quelle statistique officielle pour être édifié à ce sujet.
- C’est en i832, au mois de juillet, qu’eurent lieu, en France, sur le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, les premiers transports de voyageurs et les premières applications de traction au moyen de locomotives. Les concessions de chemins de fer n’avaient été faites jusqu’alors que par voie d’ordonnances (Saint-Etienne à la Loire, 26 février 1823; Saint-Etienne à Lyon, 7 juin 1826 ; André-zieux à Roanne, 27 aou-t 1828; Toulouse à Mon-tauban, 21 août 1831 ). Le pouvoir législatif, en présence de la révolution qui s’annonçait, sentit la nécessité d’intervenir.
- La loi de finances, portant fixation du budget de i832, disposa que, à l’avenir, les grands travaux publics ne pourraient plus être exécutés qu’en vertu d’une loi, et cette prescription fut étendue, par la loi du 7 juillet 1833 sur l’expropriation, aux travaux publics et chemins de fer exécutés par l’industrie privée. On exceptait uniquement de cette disposition les chemins de fer d’embranchement de moins de 20 kilomètres, dont l’exécution put continuer à être autorisée par ordonnance royale.
- C’est ainsi qu’eurent lieu successivement les concessions suivantes :
- Loi du 29 juin 1833, ligne d’Alais à Beaucaire, de 72 kilomètres ;
- Loi du 9 juillet 1835, ligne de Paris au Pecq, de 1 q kilomètres ;
- Ordonnance du 24 octobre 1835, ligne de Saint-Waast à Demain et Abscon, de i5 kilomètres;
- Ordonnance du 12 mai 1836, chemin d’Alais à la Grand’Combe, de 17 kilomètres ;
- Loi du 9 juillet 1836, chemin de Montpellier à Cette, de 27 kilomètres.
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- Deuxième Année. — N° g7.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89 Dimanche 7 Novembre 188b. — 879.
- Notons, incidemment, que, dès 1835, le gouvernement avait proposé aux Chambres de concéder l’entreprise du chemin de fer de Paris à Rouen.
- A quoi se rattache, dès lors, un cinquantenaire des chemins de fer français reporté à l’année 1887? La fête de commémoration aurait pu se faire en 1873 ou bien encore, au point de vue de l’exploitation, en 1882. Mais en 1887? C’est tomber dans la fantaisie pure.
- Si l’on veut bien y réfléchir quelques instants, on s’aperçoit que le projet d’une exposition internationale des chemins de fer à Paris, en 1887, c’est-à-dire deux ans avant la grande Exposition du centenaire, ne soutient pas l’examen. On ne renouvelle pas deux fois de suite, à aussi courts intervalles des efforts semblables. Si l’exposition du pseudo-cinquantenaire devait réussir, on aurait porté inconsciemment, en la favorisant, un coup funeste à nos fêtes nationales de 1889. On les aurait amoindries comme à plaisir. A ce point de vue, on concevrait que des adversaires de notre Exposition universelle, jaloux des triomphes pacifiques que la France se prépare au Champ-de-Mars, vinssent se prêter à une Exposition internationale en 1887 5 mais nous nous expliquerions difficilement que des administrateurs de grandes compagnies françaises, .dont quelques-uns comptent parmi les organisateurs du centenaire, eussent adhéré au projet dont nous nous occupons.
- Et, alors, que reste-t-il de ce projet ?
- LES LIVRES
- LXXXII
- Correspondance authentique de Ninon de Lenclos, comprenant un grand nombre de lettres inédites et suivie de la Coquette vengée, avec une introduction et des notices, par Emile Colombey. — Paris. E. Dentu, 1 vol. in-18.
- Une femme, qui a consacré sa jeunesse, disons son printemps et son été, pour parler le langage de son époque, à l’amour, son automne à l’amitié, qui a eu toute sa vie le goût et la pratique des plaisirs de l’esprit, qui a fait preuve, dans les circonstances les plus délicates, des qualités de l’honnête homme,' qui a su garder pour amis tous ses amants, qui a su mériter toutè l’estime qu’on peut accorder à une personne sans vertu, présider sans fortune un salon influent et arriver même à la considération dans un siècle impitoyable sur l’article des convenances et des .décences, n’est certes pas une femme ordinaire.
- Si on veut même la trouver tout à fait extraordinaire, il faut se souvenir qu’elle a prolongé sa vie pendant quatre-vingt-cinq ans, que jusqu’au bout saine, gaie, même belle, elle a obtenu tous les genres dffiommages et gardé jusque dans ses rides de quoi sourire à la jeunesse et même à l’amour; que, courtisane illustre.et respectée, elle a fondé dans son salon une école de politesse, de galanterie, de raison et d’esprit, où les mères, qui n’avaient plus à craindre les séductions de son boudoir, envoyaient leurs fils se former aux belles façons.
- Cette femme extraordinaire, unique, qui fut l’amie de Molière et de Saint-Evremond et la première protectrice de Voltaire, dont MJie de Sévigné et Saint-Simon lui-même ont constaté le crédit sans étonnement et sans indignation, s’appela Ninon de Lenclos. Tout ce qui touche à son histoire a gardé le privilège d’un attrait singulier pour la postérité, qui ne la gâte pas. moins que les contemporains, et en sa faveur fait trêve à ses pruderies et à ses indifférences.
- Il est difficile de se défendre de ce sentiment d’admiration sur certains points, d’indulgence sur certains autres, quand on lit l’ouvrage où M. Colombey, qui avait déjà consacré à Ninon un livre où la fiction se mêlait à la réalité, où le roman panachait l’histoire, a réuni tout ce qu’on connaît d’authentique, de vraiment historique sur la grande courtisane, héroïne typique d’une des plus belles périodes de la galanterie et de l’esprit français.
- Ce n’est pas, à proprement parler, une histoire suivie, une biographie en règle de Ninon de Lenclos. C’est le recueil, où l’historien définitif trouvera les matériaux de son œuvre, de tous les documents connus jusqu’à ce jour—et plusieurs inédits sont les trophées des recherches et des découvertes de notre bénédictin profane — concernant Ninon de Lenclos,biographiques,iconographiques, épistolaires, etc. Le tout est accompagné de la Coquette vengée, factum spirituel, en réponse à un pamphlétaire ennemi, qui paraît légitimement attribué à une personne dont la conversation était un régal pour les gens d’esprit de même que ses lettres trop rares.
- De ces lettres, dont le groupe de la correspondance avec Saint-Evremond était à peu près seul connu et suffisait à la réputation de l’auteur, M. Colombey a retrouvé au British Muséum et dans diverses collections particulières un certain nombre qui portent la gerbe actuelle à cinquante-neuf
- lettres ; quelques-unes sont non de Ninon, mais adressées à Ninon.
- De leur lecture il résulte l’impression que Ninon écrivait assez bien, c’est-à-dire tournait une épitre avec assez de grâce pour attester un esprit cultivé, une raison enjouée, une finesse malicieuse, une délicatesse de sentiment qui lui permettaient de joûter sans désavantage avec des partenaires de la force de Saint-Evremond, de Charleval, du chevalier de Méré, et de rivaliser avec les meilleures épistolières d’un siècle où les femmes ont acquis en ce genre un si juste renom, le siècle de Mme de Sévigné, de Mme de Grignan, de Mrae de la Fayette, de Mmes de Coulangs, de la Sablière, de Villars.
- On sent dans ces lettres, le pétillement de cet esprit gaulois, aux brillantes saillies, qui a rencontré parfois des mots qu’une juste admiration a promus au rang des maximes.
- C’est un mot de Ninon, à propos des prudes, des précieuses de son temps et de tous les temps, car il en est encore et Molière n’a pas tué la race « que les précieuses sont les jansénistes de l’amour » C’est encore un mot de Ninon, et un joli mot, c’est-à-dire à la fois juste et profond sous sa légèreté « que la joie de l’esprit en marque la force », c’est-à-dire que la gaieté est une preuve de santé intellectuelle et morale, et qu’il ne faut pas mépriser le rire qui console ou qui venge de tant de choses. Elle avait traversé ce que la vie a de plus rude, ce que l’expérience a de plus amer, sans arriver jamais à être mélancolique. Elle pensait que s’il est bon à certaines heures, d’être grave, qu’il ne l’est jamais d’être triste, de cette tristesse qui est un aveu de faiblesse et d’égoïsme, et cache sous la plainte et le reproche qu’on adresse à autrui la plainte et le reproche qu’on ne veut pas s’adresser à soi-même.
- Ninon habita, pi ridant la dernière moitié de sa vie, un hôtel ei.tœ cour et jardin, sis rue des Tournelles, que Hardouin Mansart , comte de Sagonne, c’est-à-dire le neveu et l’héritier du grand Mansart, avait construit pour lui-même et qu’il loua à celle dont l’ombre spirituelle et charmante, semble errer encore, quand on l’y évoque dignement, au milieu des salons décorés par Lafosse et Mignard de fresques galantes, dans son ancienne demeure. Elle porte le n° 28 actuel de la rue des Tournelles, et on peut y suivre sa vie à la 'trace, grâce à quelques vestiges heureusement conservés, et victorieux du temps et des hommes comme Ninon elle-même.
- C’est là qu’elle aima, qu’elle fut aimée, qu’elle écrivit peut-être le fameux billet à la Châtre, qu’elle restitua fidèlement à Gourville le précieux dépôt qu’il lui avait confié, plus heureux avec elle qu’avec un ami dévot et larron, Tartufe de probité qui pensa que ce qui était bon à prendre était bon à garder. C’est là que- Molière et Condé vinrent causer avec elle. C’est là qu’elle vécut noblement et finit philosophiquement, douce et forte envers la mort comme envers la vie, trouvant moyen de léguer à Voltaire, qu’elle avait distingué et deviné, 2,000 fr. et quelques livfes de sa bibliothèque où les Essçtis de Montaigne avaient la place d’honneur. Et si .l’on veut savoir quelle était la fortune de cette femme qui n’avait demandé à l’amour que du plaisir, qui ne voyait dans l’argent que le moyen de bién vivre et de faire encore quelque bien à ses amis par-dessus le marché, on apprendra que la fortune de Ninon se composait purement et simplement d’une dizaine de mille livres de rente (qui en vaudraient, il est vrai, 20,000 aujourd’hui) sur lesquelles elle avait économisé et tenait toujours à la disposition d’un service ou d’un bienfait, une année dans sa cassette. Celle-ci ne contenait pas que des billets à la Châtre, comme on voit, car souvent infidèle à l’amour, elle ne le fut jamais à l’amitié.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ESPAGNE
- Conseils aux importateurs-
- On écrit de Barcelone au Moniteur officiel du commerce: Pour le commerce dit « de détail,» et copnprenant surtout les menus objets de fantaisie et d’usage constant que nous importons, il a été fort calme depuis le commencement de l’année et rïos magasins sont -bondés de marchandises de toute sorte : quincaillerie, objets d’art, nouveautés, articles de Paris, etc. La grande majorité de ces objets, sauf l’article « nouveautés », est de production allemande et représente, presque entièrement, des consignations et non des achats faits par nos commerçants. Ce mode de consigner toujours et quand même est d’un grand avantage pour les marchands, qui peuvent ainsi garnir leurs magasins sans immobiliser le capital. Mais nous estimons que, si les industriels français voulaient, eux aussi, entrer dans cette voie, ils n’auraient pas lieu de le regretter ; car il faut en convenir, les produits allemands ne donnent point satisfaction, leur fabrication étant trop peu soignée. On les achète, pour ainsi dire, par force, parce qu’il n’y en a souvent pas d’autres. Nous dirons encore que nos
- concurrents d’outre-Rhin ont l’habileté de se plier à toutes les exigences de goût et de caprice de leur clientèle. Tous les voyageurs qu’ils nous envoient parlent la langue espagnole, et les offres qu’ils font sont toujours aux conditions et coutumes de notre place.
- Nous indiquerons encore les moyens de propagande et de réclame employés par certains concurrents. Nous sommes littéralement inondés, à Barcelone, de superbes publications éditées en Allemagne et aux Etats-Unis, en langue espagnole. Ce sont ou des journaux ou de fort jolies brochures. Dans celles-ci, il y a du texte original, parfois amusant, des gravures, de la musique et des annonces. Certaines maisons entretiennent des agents spéciaux, dans l’unique but de leur procurer les noms et. adresses exacts des personnes que leurs publications sont susceptibles d’intéresser, afin de les leur envoyer directement, ce qui semble une attention particulière et flatte toujours le destinataire.
- PROTECTORAT DE L’ANNAM ET DU TONKIN
- Importation de produits français
- Il résulte d’informations adressées à M. le ministre du commerce et de l’industrie que M. le résident général de la République vient de prendre les mesures nécessaires pour qu’aucune marchandise ne soit désormais admise comme française dans les ports de l’Annam et du Tonkin si son origine n’est établie par un certificat et la production d’une facture d’un commerçant français.
- L’adoption de cette disposition a été motivée par les agissements de négociants qui expédiaient comme produits français des marchandises étrangères ayant simplement transité par Saïgon et pour lesquelles ils n’avaient ainsi à acquitter que le demi-droit du tarif en vigueur, comme provenant d’un pays français.
- LES THEATRES
- Gaîté. — La Cigale et la Fourmi, opéra-comique, à grand spectacle, en trois actes et dix tableaux, de MM. Alfred Duru et Henri Chivot, musique de Edmond Audran.
- L’opéra comique qui vient d’être représenté à la Gaité , est à proprement parler un drame-vaudeville comportant des situations peu originales, point nouvelles, mais qui ont permis à M. Debruyère de nous offrir un merveilleux spectacle, dont les beautés et la mise en scène sont au moins égales à celles qui encadraient la féerie bi-centenaire du Petit-Poucet.
- Il y a, en effet, un peu de tout dans cette pièce, depuis l’inévitable scène du mari trompé cherchant à connaître le nom d’une femme qui se cache derrière un paravent et qui n’est autre que la sienne (vous l’aviez deviné !). Jusqu’à la fête donnée par un seigneur et au cours de laquelle a lieu... un ballet (vous l’aviez encore deviné!)
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail de toutes les joies goûtées par la Fourmi et de toutes les amertumes dont la pauvre Cigale est abreuvée. Constatons seulement que la charmante fable imaginée par le bon La Fontaine, chargée des larges emprunts faits par MM. Chivot et Duru aux auteurs d’Adrienne Lecouvreur, de la Grâce de Dieu, etc., constitue une œuvre qui, pour ne point offrir rien de bien personnel, n’en constitue pas moins un spectacle intéressant et digne d’être vu.
- La partition de M.. Audran renferme vingt-trois morceaux dont quelques-uns ont eu, à juste titre, les honneurs du bis ; parmi ceux-ci nous citerons :
- Un duo, dont le motif principal, que fait admirablement valoir l’agréable voix - de baryton de M. Alexandre, est ensuite repris à deux voix ; — une sorte de pot pourri, dans lequel MUe Granier, d’une façon fort spirituelle, nous fait le récit d’une représentation k l’Opéra ; — deux rondes finement dites par la même artiste, etc. M. Audran a voulu montrer, au cours des deux derniers actes, qu’il était capable d’écrire autre chose que les flous-flous ordinaires de l’opérette.
- Mme Thuillier-Leloir dans un rôle, malheureusement secondaire, ne peut guère faire preuve de son incontestable talent de chanteuse. Mile Jeanne Granier, chargée d’un rôle, écrasant même pour une artiste possédant une voix digne d’être entendue à l’Opéra, s’est tirée avec grand honneur de la tâche un peu ardùe que les auteurs lui avaient confiée.
- M. Alexandre se sert «vec un goût exquis d’un organe des plus sympathiques. MM. Raster, Sci-pion, Petit et Gobereau méritent d’être cités.
- Les décors et les costumes sont splendides • les ballets, fort bien réglés, sont magnifiques. Mlla Carmen, la transfuge de l’Eden, s’y montre sous les traits de Vénus. Son costume est le seul pour lequel* M. Debruyère n’ait pas eu beaucoup à dépenser, les artistes ayant l'habitude de payer elles-mêmes... les longues chevelures exigées par leurs rôles.
- Roby.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. Imp. E. ARRAULI et Cle, rue de la Préfecture, 6.
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- 3So. — Deuxième Année. — N° 07.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sq.
- Dimanche 7 Novembre ; SSO.
- LES INDUSTRIES FRANÇAISES
- • C’est au commencement de ce siècle qu’est née, à proprement parler, l’industrie si française et si importante de la chemiserie en gros.
- Cette partie de l’habillement remontait cependant à la plus haute antiquité, quoique différente sous bien des rapports de ce qu’elle est aujourd’hui ; mais, chose curieuse, jusqu’à la fin du siècle dernier, jusqu’aux premières années du xixe, cet article du vêtement se confectionnait exclusivement
- dans la famille, sans l’interven- ,_____________
- tion d’aucun fabricant.
- . Cependant vers i83o, Lami-Housset , tailleur - chemisier, fonda la première maison de détail.
- Dès lors, la grande fabrication ne pouvait plus tarder à s’établir et on vit en effet se former, de 1840 à i85o, de nombreuses maisons de gros qui produisaient surtout en vue de la consommation intérieure. .
- Les coutures se faisaient à la main dans les couvents, les ou-vroirs et les prisons.
- Un peu plus tard vinrent les machines donnant à l’industrie un nouvel essor.
- Quoi qu’il en soit, jusqu’en 1854 les affaires d’exportation étaient fort restreintes et aucun fabricant ne travaillait encore exclusivement pour l’étranger.
- Ce fut à cette époque que M. Alexandre Sueur, fondateur d’une importante maison, trouvant que déjà beaucoup de fabricants exploitaient la France et l’Europe, pressentit d’énormes débouchés dans les pays d’outremer, s’adonna spécialement à ce dernier genre, fit des essais avec des contrées connaissant imparfaitement nos articles et vit le succès répondre à son attente.
- Son successeur devait encore porter plus loin, en étendant le cercle de ses affaires, la prospérité de la maison, qui après avoir débuté avec des capitaux restreints, arrivait en 1872 à un chiffre d’affaire de 5 millions de francs, représentant une fabrication de 120,000 douzaines par an.
- Cet heureux résultat était dû, ainsi que nous le disons plus haut, à M. Eugène Sueur, aujourd’hui un de nos plus importants industriels et vice-président de la Chambre syndicale des chemisiers en gros.
- Né en 1844, il avait pris en 1869 la direction de la maison, qui alors était maîtresse incontestée des marchés du Brésil, de l’Uruguay, de la Plata, de la Bolivie, du Chili, du Pérou, du Mexique,
- de la République Haïtienne et de toutes les républiques de l’Amérique centrale.
- Tout le travail de cette industrie s’était fait jusque-là, on l’a vu plus haut, dans les prisons, les couvents et les ouvroirs.
- M. Eugène Sueur abandonna ce système pour fonder dans certaines contrées pauvres et dénuées d’industrie, des ateliers de couture qui
- E. SUEUR
- ont apporté à . la population féminine, un élément de bien-être inconnu jusqu’alors.
- Bien plus, la maison est arrivée aujourd’hui à pouvoir confier à chaque ouvrière, travaillant chez elle, et il y en a 1400 dans cés conditions, une machine à coudre, qui permet à la mère de famille de surveiller son intérieur sans nuire à ses profits, à la jeune fille d’éviter l’air souvent vicié de l’atelier.
- Les chemises coupées à Paris sont expédiées en province, puis renvoyées cousues et piquées, prêtes en un mot pour la vente, dès qu’elles auront passé par le blanchissage.
- Les articles de qualités ordinaires sont con-
- fectionnées entièrement dans les départements.
- Au lendemain de la guerre de 1870, dans laquelle il avait rempli ses devoirs de Français, M. Sueur prouvait la vitalité de l’industrie française en expédiant aux pays d’outremer pour 4 millions de produits en 10 mois, chiffre qui s’éleva bientôt à 5 millions, et en 1878, le jury de l’Exposition récompensait par une médaille d’or ce travailleur infatigable.
- Depuis, l’importance de sa maison s’est maintenue malgré la concurrence acharnée et souvent déloyale des étrangers, malgré le nombre de nouveaux fabricants et malgré la demande croissante de bon marché.
- Les immenses salaires qu’engendre la production énorme que nous avons indiquée tout à l’heure, se répartissent dans les départements de la Seine-Inférieure, du Nord, de'l’Allier, du Loiret, du Cher et de l’Indre, surplus de'1400 ouvrières.
- Non content d’étendre ainsi sur des populations laborieuses les bienfaits que lui permet de ' répandre autour de lui son acti-
- vité dévorante, M. Eugène Sueur réserve encore chaque année une part de ses bénéfices qu’il répartit entre tous ses employés.
- Voici d’ailleurs pour terminer un tableau qui se passe de commentaires et qui à lui seul prouve combien M. Eugène Sueur, peut être à juste titre près de diriger une maison qu’il a élevée si haut. Deux employés depuis 1855-58 sont devenus ses associés, quatre autres font partie de la maison depuis plus de 20 ans, sept ouvriers sont à l’atelier depuis un chiffre d’années variant de 16 à 27 ans, cinq de 10 à 16 ans et les autres
- de 2 à 7 ans.
- Les chiffres que nous avons cités, les faits que nous avons rappelés, nous les soumettons à l’appréciation de nos lecteurs. Ils nous diront si, représentée par des hommes aussi vaillants, l’industrie française n’est pas toujours la première du monde, et si comme voudraient le faire croire nos ennemis, elle est si près de sa perte.
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- Le Moniteur
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- Rédaction et Administration : / 8, rue Bergère, /<§, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE» Dimanche 14 Novembre 1886. NUMÉRO 98.
- SOMMAIRE :
- 1. Arrêté instituant dans chaque département un comité départemental en vue de l'Exposition universelle de 1889 ; 2. Comité technique d’électricité; 3. Comité technique des machines, 4. Exposition universelle de 1889 ; 5. Nos gravures : Les membres représentant l’association de garantie ; 6. Echos ;
- 7. Exposition maritime internationale du Havre en 1887 ;
- 8. Les Livres; 9. Les Théâtres. '
- La séance de la commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889, qui devait avoir lieu le 12 novembre au ministère du commerce et de l’industrie, est remise au 19 courant.
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- ARRÊTÉ
- INSTITUANT DANS CHAQUE DEPARTEMENT UN COMITÉ DÉPARTEMENTAL EN VUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- Le ministre du commerce et de l’industrie.
- Vu la loi du 6 juillet 1886 ;
- Vu le de'cret du 28 juillet 1886 ;
- Vu l’arrêté en date du 26 août 188G, portant règlement général de l’Exposition universelle de 1889 ;
- Vu la circulaire ministérielle du 17 septembre suivant, relative à la constitution des comités départementaux;
- Sur la proposition du directeur du cabinet et du personnel,
- Arrête :
- Article premier. — Il est institué, par arrêté ministériel, dans chaque département de la République française, un comité départemental siégeant au chef-lieu du département, et subdivisé en sous-comités siégeant au chef-lieu de chaque arrondissement, y compris le chef-lieu du département.
- Art. 2. —Chaque sous-comité élit son bureau.
- Les sous-comités réunis élisent, en outre, le bureau du comité départemental.
- Art. 3. — La présidence d’honneur du comité départemental appartient au préfet.
- La présidence d/honneur des sous-comités d’arrondissement appartient aux sous-préfets et, pour le sous-comité siégeant au chef-lieu du département, au préfet ou, en son absence, au secrétaire général.
- Art. 4. — Sur la proposition des préfets, des arrêtés ministériels ultérieurs pourront nommer des membres adjoints aux comités départementaux, dans une proportion qui ne pourra excéder le quart du nombre des membres titulaires.
- Art. 5. — Aux termes de l’article 11 du règlement général, le comité départemental a pour mission :
- i° De faire connaître, dans toute l’étendue du département, les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les formules de demandes d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l’Exposition ;
- 20 De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l’admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité :
- 3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du départe-ment;
- 40 De provoquer et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département, et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
- 5° De préparer, s’il y a lieu, par voie de souscription ou par toutes autres mesures, la création d’un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle à un certain
- nombre de contre-maîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
- Art. 6. —Le’.comité départemental correspond directement avec le directeur général de l’exploitation par l’intermédiaire de son président ou de tout autre membre régulièrement désigné par lui.
- Art. 7. — Les arrêtés portant nomination des membres titulaires ou adjoints des comités départementaux seront publiés au Journal officiel.
- Paris, le 3 novembre 1886.
- Edouard Lockroy.
- ----- -- nilff—- ...............---
- Par arrêté en date du 6 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de l’Ailier :
- i° Sous-comité de Varrondissement de Moulins
- MM. Bruel , sénateur , fabricant d’instruments agricoles à Moulins. •
- Mathé, député à Moulins.
- Rondeleux, député, directeur d’usine à Bruxières-les-Mines.
- Bariau, directeur de l’école municipale de dessin à Moulins.
- Frébault, inspecteur d’académie.
- Bralley, proviseur du lycée de Moulins.
- Dadolé, architecte du lycée de Moulins.
- Tourteau, architecte départemental à Moulins.
- Martin, entrepreneur de travaux publics, conseiller municipal de Moulins.
- Chevalier, entrepreneur de travaux publics, juge au tribunal de commerce de Moulins.
- Paput, président du tribunal de commerce de Moulins.
- Ville, négociant, maire de Moulins.
- Teuntz, négociant.
- Duranton, fabricant de chapellerie à Moulins.
- Decitre, directeur d’usine à Saint-Hilaire.
- Sorrel, tanneur, adjoint au maire de Moulins.
- Pailloux, tanneur à Moulins.
- Moreau, fabricant d’instruments agricoles à Moulins.
- Jardin, fabricant d’instruments agricoles à Moulins.
- Gautherin, miroitier à Bourbon.
- Ville, miroitier à Meillers.
- Noël, président du syndicat de la boulangerie à Moulins.
- Brossard, président de la chambre syndicale des liquides à Moulins.
- Pâtissier, ancien député, agriculteur à Sou-vigny.
- Desbordes, banquier, agriculteur a Bourbon.
- Seuillet, conseiller général, agriculteur à T rebau.
- Joufïroy, professeur départemental d’agriculture à Moulins.
- Doumet, président de la société d’agriculture à Villeneuve.
- Treyve, horticulteur, secrétaire de la société d’agriculture à Moulins.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Montluçon
- MM. Chantemille, sénateur, maire de Montluçon.
- Aujame, député à Commentry.
- Simonnet, député à Hérisson.
- Leprat, professeur de dessin au lycée de Montluçon.
- Dupin, ingénieur des ponts et chaussées à Montluçon.
- Peyronnet, proviseur du lycée de Montluçon.
- La^rande, inspecteur primaire à Montluçon.
- Hennecart, directeur de la manufacture des glaces à Montluçon.
- MM. Rudel, fabricant de meubles et tapissier à Montluçon.
- Blanchonnet, juge au tribunal de commerce de Montluçon.
- Fayol, directeur des mines de Commentry. Beynard, pharmacien, président du tribunal de commerce de Montluçon.
- Lévy, directeur des houillères de Bézenet. Mesuré, directeur de l’usine Saint-Jacques à Montluçon, président de la chambre consultative des arts et manufactures.
- Dupuy, pharmacien,' adjoint au maire de Montluçon.
- Joulin, ingénieur de la compagnie d’Orléans à Montluçon.
- Rebière (Ernest), juge au tribunal de commerce de Montluçon.
- Bonnichon, agriculteur, maire de Cosnes-sous-l’Œil.
- Bignon (Louis), agriculteur, maire de The-neuille.
- Toutpriant, viticulteur à Domérat. Cromariat, président du conseil des prud’hommes à Montluçon.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Gannat
- MM. Labussière, député à Chantelle.
- Delarue, artiste peintre à Gannat.
- Bonnaud, ancien député à Saint-Pourçain. Noir (le docteur), médecin à Chantelle. Desfilhes (le docteur), médecin à Bellenaves. Barthelaix, serrurier à Gannat.
- Callaine, horloger à Gannat.
- Flauraud, marchand drapier à Gannat. Nous, marchand drapier à Saint-Pourçain. Dubousset, directeur des kaolins de Beauvoir à Echassières.
- Verne, pharmacien à Saint-Pourçain. Glacher, minotier à Saint-Pourçain. Péronnet, minotier à Ebreuil.
- Guyot Dœr, malteur à Gannat.
- Chaussard et Guiri, brasseurs à Gannat Raymond, maire de Chareil-Cintrat. Gaulmin, propriétaire à Chantelle.
- Duché, propriétaire à Loriges. Roussel-Eguilon, horticulteur à Gannat. Bard, horticulteur à Saint-Pourçain.
- 40 Sous-comité de U arrondissement de Lapalisse
- MM. Cornil, sénateur, à Cusset.
- Préveraud, député, à Neuilly-en-Donjon. Tessier, sculpteur à Cusset.
- Ameline, décorateur en céramique à Vichy. Bougarel, éditeur-imprimeur à Vichy. Cautat, ancien instituteur à Lapalisse. Cornillon, docteur-médecin à Vichy. Mahuet, ébéniste à Lapalisse.
- Mesnard, tapissier à Cusset._
- Delorme, négociant à Lapalisse.
- Morel, fabricant de tissus à Lapalisse. Chabrol, fabricant de tissus au Mayet-de-Montagne.
- Manigler, directeur des mines de Bert à Montcombroux.
- Colombier, fabricant de chaux à Cusset. Desbrest (Ferdinand), pharmacien à Vichy. Pétillât, mécanicien-fondeur à Vichy. Chambonnière, mécanicien à Cusset. Masson, minotier à Cusset.
- Marchai, négociant à Trezelles.
- Debort (Gabriel), agronome à Montaignet. Bletterie, agronome à Saint-Christophe. Corre (Mathieu), agronome à Isserpeut. Garnier, président du concours agricole de Lapalisse.
- Bulot, avocat, horticulteur à Cusset.
- Par arrêté en date du 6 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Hautes-Alpes :
- i° Sous-comilé de Varrondissement de Gap
- MM. Blanc (Xavier), sénateur.
- Guiftrey (Georges), sénateur.
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- 382. — Deuxième Année — N0 98.
- MM. Chaix (Cyprien), député.
- Laurençon (Léon), député.
- Euzière, maire de la ville de Gap.
- Chaudier, architecte départemental à Gap. Blain, architecte de la ville de Gap. Darennes, inspecteur d’académie à Gap. Blanc, docteur médecin à Gap.
- Alleq, vétérinaire à Gap.
- Meuvielle, publiciste à Gap.
- Vollaire, banquier à Gap.
- Lombard, bijoutier à Gap.
- Guillaume (l’abbé), archiviste départemental à Gap.
- Doërr, ingénieur des ponts et chaussées a Gap.
- Pautrier, ingénieur civil à Veynes.
- Faure (Léon), pharmacien à Gap.
- Lesbros, entrepreneur de menuiserie à Gap. Coutet (Antoine), maître charpentier à Gap. Aurouze (Charles), agriculteur à Gharance. Lesbros, propriétaire à Gap^
- Darcy, conservateur des forêts à^Gap. Cardot, sous-inspecteur des forêts à Saint-Bonnet.
- Dou (Baptiste), agriculteur à Gap.
- Allier, professeur d’agriculture à Gap.
- Faure (Edouard), président de la société d’agriculture à Gap.
- Reynaud, horticulteur à Gap.
- 2° Sous-comité de Varrondissement d’Embrun
- MM. Bonniard, industriel, maire d’Embrun.
- Pavie, entrepreneur, conseiller général à Savines.
- Anthoine, vétérinaire à Embrun.
- Haas, inspecteur des forêts à Embrun. Becker, ingénieur des ponts et chaussées à Embrun.
- Achard, agriculteur à Rémollon.
- 3° Sous-comité de /’arrondissement de Briançon
- MM. Faure, pharmacien, maire de Briançon.
- Vagnat, docteur en médecine à Briançon. Audover, directeur de l’usine de Sainte-Catherine.
- Queyras, entrepreneur de travaux publics à la Roche-sur-Briançon.
- Ollagnier (Antoine), agriculteur à Briançon. Pison, inspecteur des forêts à Briançon.
- Par arrêté en date du 6 novembre i88b,le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental des Alpes-Maritimes :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Nice
- MM. Beuf, propriétaire à Vallauris.
- Allouch (Jean-Baptiste), propriétaire à Saint-Jeannet.
- Besson (Alexandre), horticulteur au Ray, Nice.
- Hallauer, inspecteur des forêts.
- Ramin, maire de Roubion.
- Matteo, maire de Rouquebillère.
- Bottone, maire de Fontan.
- Docteur Gente, maire de Puget-Théniers. Martin (Aimé), négociant en huiles.
- Navello, négociant en vins.
- Demichère (Ernest), parfumeur.
- Abbo (Eugène), président de la chambre de commerce de Nice.
- Masséna, tapissier.
- Lombard, fleuriste.
- Lasne, agent de change Lafoglia (François).
- Berdin (François).
- Barbolas (Jean).
- Fossat (Alexandre).
- Lorenzi (Antoine).
- Pellegrin (Claude).
- Mars (Antoine) fils.
- Nicolay (Jean-Baptiste).
- Elmond (Empereur).
- Abbo (Antoine).
- Pallu, directeur des travaux manuels à l’Ecole normale.
- Tessier, professeur au lycée de Nice.
- Brun, architecte à Nice.
- Frémy, docteur-médecin.
- Balestre, docteur, conseiller général, chef du service d’hygiène de la ville de Nice. Mossa, artiste peintre à Saint-Hélène-Nice. Reynard (Gustave), contrôleur principal des contributions directes.
- Vianay (Laurent), architecte à Cannes.
- 20 Sous-comité de Varrondissement de Grasse. MM. Marcy (Albin).
- Cresp (Antoine), président du tribunal de commerce à Grasse.
- D1' Féraud (Jules), viticulteur à Château-neuf.
- D1' Olivier (Antoine).
- Solignac, horticulteur.
- Martichon, horticulteur.
- Isnard (Joseph).
- Aubin aîné.
- Chiris (Edmond), parfumeur.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 14 Novembre t88b.
- MM. Roure (Louis), parfumeur.
- Morel (Lantier), parfumeur.
- Tombarel (François), parfumeur. ,
- Chazaud, fabricant de savons.
- Massier (Clément), manufacturier au golfe Juan.
- Suque (François), tanneur.
- Dr Reynaud, à Cannes.
- Pomel, professeur de physique au collège de Grasse.
- 3° Sous-comité de T arrondissement de Puget-Théniers
- MM. Empereur (Edmond), du Villars.
- Baréty (Basile), de Puget-Théniers.
- Graglia (André), de la Croix.
- Olivier (Césaire), de Saint-Martin-d’Entrau-nes.
- Bonnet (Cyrille), de Puget-Théniers.
- Viborel (Ernest) de Puget-Théniers.
- Léotardi, avocat, de Villars.
- Serraire, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées à Puget-Théniers.
- Par arrêté en date du 5 novembre 1886, le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de i88g,acons-titué comme suit le comité départemental des Ardennes :
- i° Sous-comité de /’arrondissement de Mégères
- MM. Gailly (Gustave), sénateur, industrielle à Charleville.
- Corneau, député.
- Fagot, député, maire de Mazerny.
- Bernardy, fondeur, adjoint au maire de Mézières.
- Bourguin, cultivateur à la Warenne - Mézières.
- Briard (Jules), typographe à Charleville..
- Camion-Maré, fabricant de ferronnerie à Vivier-au-Court.
- C.ochaux, industriel, maire de Deville.
- Devin, imprimeur à Charleville.
- Despas, directeur de la manufacture arden-naise de boulons à Braux.
- Deville-Corneau, industriel à Charleville.
- Durocher, conservateur des forêts à Charleville.
- Gérard (Albert), adminisirateur délégué de la société des boulonneries de Château-Regnault.
- Goffinet (Emile),fabricant de brosses à Charleville.
- Guyon, inspecteur d’académie à Charleville.
- Hardy-Capitaine, industriel à Nouzon.
- Hardy-Lacaille, négociant à Mohon.
- Herbillon, fabricant de brosses à Charleville.
- .Herbulot, président du tribunal de commerce de Charleville, à Mézières.
- Huet, maître fondeur à Vivier-au-Court.
- Husson, fabricant de clous à Charleville.
- Jubert (Auguste), fabricant de ferrures à Charleville.
- Lainé, fabricant de bois cintrés, maire de Villers-Semeuse.
- Laurent (Paulin), fabricant de boulons- aux Hautes-Rivières.
- Marcadet-Guillemin, industriel à Château-Regnault.
- Maré, conseiller général, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Château-Regnault.
- Massiaux, industriel, maire de Mohon.
- Merveille, industriel à Braux.
- Noblet, filateur, conseiller général, maire de Signy-1’Abbaye.
- Périn (Albert), fabricant de chaux et bétons comprimés à Charleville.
- Pierret-Bosquet, conseiller d’arrondissement industriel à Levrezy.
- Pierquin, fondé de pouvoirs de la banque Claude-Lafontaine.
- Régnault (Léon), industriel à Monthermé.
- Rivet (Achille) , secrétaire du comice agricole à Renvoez.
- Soret, industriel, conseiller général à la Ca-chette-Nouzon.
- De Swarte (Victor) , trésorier-payeur gérai à Mézières.
- Thoux , ingénieur en chef des ponts et chaussées à Charleville.
- De Wignacourt, conseiller général, président du comice agricole à Guignicourt.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement de Rethel.
- MM. Cuif-Millet, cultivateur à Rethel.
- Drumel (Simon), président de la chambie consultative d’agriculture à Tognon.
- Féquant, cultivateur, maire de Novion-Por-cien.
- Cobréaux-Dupuis, conseiller d'arrondissement à Asfeld.
- Joly-Braconnier, président du comice agricole de Châteaiq-Porcien.
- Lacaille, filateur à Rethel.
- MM. Lessieux, filateur, président de la chambre consultative des arts et manufactures à Rethel.
- Linard, fabricant de sucre à Saint-Germain-mont.
- Noiret, filateur, conseiller général à Rethel.
- Pâté, filateur à Neuflize.
- Renault, maire de Ménil-Annelles.
- 3° Sous-comité de Varrondissement de Rocroi
- MM. Neveux, député.
- Baudet, marchand de bois, conseiller général à Revin.
- Bidez, directeur d’ardoisières à Fumay.
- Boucher (Eugène), manufacturier au Pied-Celle-Fumay.
- Boulet, vice-président du comice agricole à Signy-le-Petit.
- Donau, tanneur, président de la chambre-consultative des arts et manufactures à Givet.
- Dromard (Edmond), fabricant d’acide pyroligneux à Haybès.
- Estivant (Louis), fabricant de colle forte à Givet.
- Faure (Henri), industriel, maire de Revin.
- Fenaux (Stanislas), minotier, conseiller d’arrondissement à Givet.
- Frougnut (Basilide), cultivateur, maire du Tremblois.
- Garnier, président du comice agricole de Rocroi à Charleville.
- Gilbert, fabricant de crayons à Givet.
- Hemart, cultivateur, maire de Rouvroy.
- Lefèvre, mécanicien à Etalles.
- Lemmens, directeur de la compagnie anonyme des ardoisières de Rimogne.
- Morel, maître de forges à Revin.
- Parent (Albéric), tanneur, fabricant de colle forte à Givet.
- Picry, fabricant de chicorée à Sigm'-le-Pe-tit.
- Proteau, directeur de la fabrique de pipes à Givet.
- Secrétan, représentant des usines à cuivre à Fromelennes.
- 4° Sous-comité de Varrondissement de Sedan MM. Jacquemart, député.
- Antoine (Charles), fabricant de draps à Sedan.
- Bacot (Louis), président de la chambre de commerce.
- Béer, représentant de commerce.
- Bertèche (Charles), fabricant de draps.
- Blanchard, manufacturier.
- Borderel jeune, fabricant de draps.
- Boutmy, conseiller général, maître de forges à Messempré-Pure.
- de la Brosse, fabricant de draps.
- Chovelon, agriculteur à la ferme de Rocan-Ghéhéry.
- David (Louis), marchand de draps.
- Deloche de Noyelle, banquier.
- Devrigne-Schnéider, cultivateur à Glaire.
- Gibaru, fondeur à Haraucourt.
- Gollnisch aîné, fabricant de draps.
- Grosselin (Henri) fils., mécanicien.
- de Guer (Georges), teinturier.
- Habert-Desrousseaux, marchand de laines,, président du tribunal de commerce, maire de Wadelincourt.
- Herbulot-Camion, fabricant de ferronnerie, à Vrigne-aux-Bois.
- Husson, vétérinaire.
- Jardinier-Sorlet, fahricant de ferronnerie à Vrigne-aux-Bois.
- Jeanjean-Lorin, président du comice agricole à Carignan.
- Lamour de Léocour, avocat.
- Lecomte (Alfred), représentant de commerce.
- Lemmens, fabricant de sucre, maire de Douzy.
- Foret, membre de sociétés savantes.
- Meyer (Emile), négociant.
- Nanquette (Pierre), entrepreneur de travaux publics.
- Protin-Cailly, industriel à Givonne.
- Richard (Jean-Baptiste), mécanicien.
- Robert fils, manufacturier.
- Ronnet fils, filateur à Pont-Mangis-Noyers.
- Stackler, fabricant de draps.
- Thiriet, industriel, maire de Raucourt.
- Varinet, industriel.
- Varlet, filateur, conseiller général à Re-milly.
- Vaucher, chaudronnier.
- Villain (Isaac), président du conseil de prud’hommes.
- Visseaux-Lorin, industriel, maire de Carignan.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Voupers MM. Péronne, sénateur, à Grandpré.
- Gobron, député, à Buzancy.
- Aublin-Michelet, agriculteur à Vrizy.
- Baulny (Hyacinthe),directeur de forges,maire d’Ap remont.
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-
-
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- Deuxième Année, — N° 98.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche 14 Novembre 18S6. — 383.
- MM. Busquet-Petit, négociant en vannerie et osiers en gros à Condé-les-Vouziers.
- Courtois (Gustave), agriculteur, vice-président du cercle agricole à Ecordal.
- Déà (Jules), propriétaire, ancien notaire à Vouziers.
- Doré (Victor), agriculteur betteravier à Vouziers.
- Gallot-Bertus, agriculteur à Saint-Morel.
- de Grandrut, maire, président du comice agricole aux Alleux.
- Groud-Morel, agronome au Chesne.
- Hoffmann, directeur des moulins de Saint-Irénée à Rilly-aux-Oies.
- Miroy (Modeste), marchand fruitier en gros, à la Sabotterie.
- Massé (Jules), agriculteur, président du cercle agricole à Chufilly.
- Senglé, directeur de la filature d’Attigny.
- Huant-Albin, négociant en vannerie et osiers en gros.
- Lapointe, directeur des sucreries d’Attigny et de Vouziers à Attigny.
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- COMITÉ TECHNIQUE D’ÉLECTRICITÉ
- Séance du lundi 8 novembre 1886
- M. Georges Berger, président, déclare la séance ouverte. 11 remercie la commission de sa collaboration.
- Exposant ce que le gouvernement attend du dévouement et de la compétence des membres du comité technique d’électricité, il trace les grandes lignes de la tâche qui leur incombe : étudier le service de l’électricité sous toutes ses formes dans l’enceinte et aux abords de l’Exposition ;
- Faciliter et surveiller les travaux des exposants français admis par le comité d’admission et les exposants étrangers présentés par leurs délégués ;
- Tracer les programmes variés en tout ce qui touche à l’électricité.
- M. Georges Berger donne ensuite lecture du libellé de l’arrêté qui constitue le comité de la classe 62 (électricité).
- Le comité d’admission (classe 62) sera composé d’un certain nombre de membres du comité d’électricité et complété par des savants ou industriels compétents.
- M. le ministre, interprète des vœux du gouvernement et d’accord avec les directeurs généraux, désire surtout que la discussion pure, la discussion doctrinaire et seulement spéculative, soit écartée et exclue de cette assemblée dévouée et compétente. Les opinions pourront être différentes sur les points techniques, aussi différentes que le comporte l’expérience des membres du comité, mais ce comité n’en constituera pas moins, d’une façon constante et patriotique, un seul camp, une seule famille technique d’hommes à l’esprit libéral, ennemis des idées préconçues, opposés à toute obstruction, placés au-dessus de toute vaine rivalité et priorité relative, disposés sans cesse à accueillir le progrès d’où qu’il vienne, à l’encourager, à le faire triompher au grand bénéfice du résultat final.
- Le comité préparera sainement le jugement du public et facilitera la tâche du jury, aidé dans sa tâche par le concours du comité des machines qui a avec lui des rapports nombreux de connexion et d’attaches. La réunion de la partie exécutive des deux branches entre les mains d’un ingénieur en chef de la valeur de M. Vigreux, ne laisse rien à craindre au sujet de l’interprétation parfaite des programmes tracés et de l’exécution des décisions prises.
- M. Georges Berger, invitant le comité à procéder à la constitution de son bureau, donne lecture des décrets et arrêtés en date du 17 octobre 86 qui constitue le comité et nomme les membres et les secrétaires administratifs, MM. de Nansouty et Seligmann ; en date du 1 g octobre 86 qui nomme M. Vigreux chef du service mécanique et électrique.
- Le comité est ensuite invité à constituer son bureau :
- M. Mascart, membre de l’Institut, est élu président au troisième tour.
- M. Georges Berger cède le fauteuil présidentiel à M. Mascart qui fait un court discours.
- Le comité décide ensuite de se subdiviser en quatre sous-commissions :
- irc sous-commission. Eclairage.
- 2e — Expériences.
- 3e — Générateurs et moteurs
- électriques.
- — Applications diverses (télé-
- graphie, téléphonie, etc.).
- Les présidents de ces sous-commissions seront le.s vice-présidents du comité.
- Après une suspension de séance, le comité procède par appel nominal à la constitution de chaque
- sous-commission.
- Sont nommés présidents :
- ire sous-commission, M. Bartet.
- 2e — M. Becquerel.
- 3e — M. Maurice Lévy.
- 4e —• M. Blavier.
- Membres :
- ire sous-commission
- MM. Bayle, Chatard, Fontaine, Gariel, Huet, Lemonnier, de Me'ritens, Vivarez, Monnier.
- 2e sous-commission
- MM. Lippmann, Bergon, Carpentier, Joubert, Planté, Postel-Vinav, Potier, Viote, Loewy, Mer-cadier.
- 3e sous-commission
- MM. Marcel Desprez, Hospitalier, Ed. de Rothschild, Sciama, Napoli, Cornu, Armengeaud, Henri Menier.
- 4e sous-commission
- MM. Caël, Fribourg, Jousselin, Lazare Weiker, Raynaud, Richard, Sartiaux, Vigouroux, Perrier, Sebert.
- M. de Nansouty a été désigné pour secrétaire des i‘'e et 3e sous-commissions.
- M. Seligmann a été désigné pour secrétaire des 2e et 4e commissions.
- COMITÉ TECHNIQUE
- DES MACHINES
- Séance du samedi 6 octobre 1886
- M. Georges Berger ouvre la séance en faisant connaître aux membres du comité ce que le gouvernement attendait d’eux et leur explique le but de leur mission. O11 procède ensuite à la constitution du bureau.
- M. Philipps, membre de l’Institut, est élu président au Ier tour
- Secrétaires administratifs : Halphen, Edmond, René Délions.
- Le comité se subdivise en trois sous-commissions :
- i1'0 sous-commission : Chaudières.
- 2e sous-commission : Machines.
- 3° sous-commission : Transports.
- Sont élus présidents de ces sous-commissions et par conséquent vice-présidents du comité :
- ire sous-commission : M. Camille Laurens.
- 2e sous-commission : M. Haton de la Goupil-lière.
- 3® sous-commission : M. Duval.
- Membres : i1,e sous-commission
- MM. de Comberousse, Cornuet, professeur à l’Ecole centrale, Debize, Delaunay, Bechmann, Flirsch, Lecœuvre, Michel Levy., Richemond.
- 2e sous-commission
- MM. Resal, Barba, Bariquand, Béthouard, Bou-gaud, Farcot, Féray, Lecoutreux, Pérignon, Piat, Raffard, Richard.
- 3e sous-commission
- MM. Collignon, Contamin, Krebs, Francis Raymond, Gaston Tissandier.
- --------- tfiüiigü»--# W' @ rTTMüiîini
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE ^INDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- Palais du Champ-de-Mars
- GALERIES DES EXPOSITIONS DIVERSES Constructions métalliques Ch.ax'pexite&i des Fermes de E2 5 mètres
- ADJUDICATION EN QUATRE LOTS
- ier Lot.— Galeries entre l’avenue de
- La Bourdonnais et le jardin central kilog.
- poids 667.280
- 2e Lot. — Galeries symétriques, côté de l’avenue de Suffren, poids . . . 667.280
- 3e Lot. — Galeries contiguës au jardin d’isolement contre la halle des machines ; côté de l’avenue de La Bourdonnais, poids 1.903.720
- 4® Lot. — Galeries symétriques, côté de l’avenue de Suffren, poids. . . . 1.903.720
- Ensemble. . . . 5.142.000
- CHAPITRE PREMIER
- CLAUSES ET CONDITIONS PARTICULIÈRES
- Article premier. — Les travaux à adjuger comprennent la construction métallique des galeries, de 25 mètres pour les expositions diverses : piliers, fermes, charpentes en fer, pannes, faîtages, entretoises, contreventements, lanternaux, fers à vitrages, trémies d’aération, etc., conformément aux dispositions indiquées dans les neuf feuilles de dessin ci-annexées et numérotées de 1 à 9 et sous les conditions suivantes :
- Art. 2. — Les adjudications auront lieu pour chaque lot séparément, par soumissions cachetées, au rabais exprimé en francs et décimes pour] cent francs (sans tractions de décime) sur le prix unique de 32 centimes le kilogramme, ci..........0 fr.32
- Ce prix s’applique à l’ensemble des fers de toutes natures composant le travail' ci-devant indiqué. Il comprend toutes fournitures, mains-d’œuvre, droits d’octroi, ou autres frais, faux frais et bénéfices, tous transports, chargements et déchargements, bardages, coltinages, montages à toutes hauteurs et poses, tous engins, matériel et échafaudages nécessaires, toutes plus-values de grandes ou petites dimensions et de formes spéciales d’ajustements ou assemblages, droits, courbes ou biais, quels que soient leur nombre et leur nature, toutes difficultés d’accès du chantier ou d’accord avec les autres entreprises qui doivent se poursuivre simultanément avec celle de la ferronnerie, tous percements de trous, toutes fournitures de brides, plates-bandes, boulons et rivets pour fixer les différentes pièces, soit entre elles soit aux constructions adjacentes, maçonneries et charpentes, soit pour supports et attaches de tuyaux de descente d’eau,foururres, chêneaux, couvertures vitreries, menuiserie, caissons et ornements divers.
- Ce prix comprend aussi la peinture à 3 couches, suivant l’ordre qui sera indiqué, de toutes les parties métalliques. En un mot, ceprix de o fr. 3a étant applicable à un travail complètement et parfaitement exécuté et posé, aucune plus-value d’aucune sorte ne sera admise.
- Art. 3. — Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable, à la caisse des dépôts et consignations, d’un cautionnement de 8.000 francs pour chacun des deux premiers lots et de 25.000, francs pour chacun des deux autres.
- Ce cautionnement provisoire servira au concessionnaire, de cautionnement définitif pour la garantie de l’exécution des clauses et conditions du présent cahier des charges.
- Les autres cautionnements seront restitués aussitôt après l’adjudication.
- Si le concessionnaire fait son versement en argent, il en. touchera l’intérêt à 3 % à compter du 61e jour, s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 4. — Les travaux commenceront à l’atelier de l’entrepreneur, aussitôt que l’ordre de service aura été donné par l’architecte.
- Ils seront conduits de telle sorte que la mise au levage des fermes sur les chantiers de l’exposition commence au plus tard le iei- avril 1887, époque à laquelle toutes les maçonneries de fondations seront terminées.
- L'ensemble des travaux faisant l’objet de la présente adjudication devra être complètement achevé le ier juillet suivant, date de rigueur.
- Art 5. — Les travaux de montage seront commencés par celle des extrémités des galeries qui sera désignée par l’architecte ; iis seront continués sans interruption jusqu’à l’autre extrémité, de façon que le montage exécuté chaque mois représente le tiers de l’entreprise totale. L’administration aura le droit de prendre possession des diverses travées an fur et à mesure de leur achèvement.
- Art. 6. — En cas de retards sur l’un quelconque des délais fixés à l’art. 4 ci-devant, ou en cas de non-exécution de la clause d’exécution établie article V et quelle que puisse en être la cause, sauf les cas de force majeure régulièrement constatés, l’entrepreneur subira une retenue de un pour cent sur le montant total de son entreprise, par chaque semaine de retard, chiffre que l’entrepreneur déclare accepter comme représentant le préjudice causé à l’administration.
- Ces retenues seront acquises à l’administration par le seul fait des retards et sans qu’il soit besoin de mise en demeure ou autre formalité préalable.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance ne provenant pas de son lait, il devrait le faire constater parle directeur général des travaux et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu, mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait.
- Art. 7. — Dans les propositions de paiements à établir conformément aux clauses et conditions générales, les acomptes seront limités à six dixièmes (^) de la valeur des ouvrages exécutés et reçus a l’usine ou à l’atelier du constructeur, lorsque ces
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- 384- — Deuxième Année. — N° 98
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 14 Novembre 1SS6.
- objets pourront être reconnus et marqués de manière que leur distinction soit parfaitement établie. Trois dixièmes (£j) pourront ensuite être payés après montage, sur les chantiers de l’Exposition et réception provisoire. Le dernier dixième ne sera payé qu’après réception définitive.
- Les paiements effectués n’auront, dans aucun cas, pour effet de diminuer la responsabilité du fournisseur qui restera pleine et entière.
- Art. 8. — Indépendamment des conditions énoncées ici, l’adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions générales approuvées par M. le ministre du commerce et de l’industrie le 2 5 août 1886 et imposées à tous les entrepreneurs de l’Exposition, ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux constructions métalliques en date de ce jour.
- Art. 9. — L’avant-métré et le détail estimatif, établi aux chiffres maximum qui suivent ne sont donnés qu’à titre de renseignements et l’entrepreneur ne pourra, en aucun cas, se prévaloir des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour l’établissement des métrés, poids, et acomptes de dépenses.
- Art. 10. — L’entrepreneur est prévenu que l’administration est dans l’intention de prolonger dans l’intérieur de l’Exposition la ligne du chemin de fer qui s’arrête aujourd’hui à la gare du Champ-de-Mars. Si cette ligne est établie au moment où l’entrepreneur devra apporter ses fers sur le chantier, il pourra utiliser ce moyen de transport en s’entendant pour les conditions d’exploitation avec la Compagnie exploitante. Aucune réclamation de ce chef ne pourra d’ailleurs être adressée à l’administration.
- Art. 11. —Les entrepreneurs sont prévenus que la retenue de 1 pour 0/0 opérée sur les décomptes en vertu de l’article 17 .du cahier des clauses et conditions générales pour le service médical, constitue essentiellement une œuvre charitable qui laisse entière la responsabilité de l’entrepreneur en cas d’accident.
- CHAPITRE II
- AVANT-MÉTRÉ.
- <L>
- ’V Indication Poids
- O S Poids totaux
- y des ouvrages S partiels
- ’h cf
- hilog. hilog. hilog.
- •"T
- PREMIER LOT
- Galeries entre l’avenue de La Bourdonnais et le jardin central
- ï Piliers 60 r.5oo 00.000
- 2 Fermes de 2 5 m. 45 4-5oo 202.500
- 3 4 Pannes et faîtage Entretoises ' de 294 55o 161.7OO
- colonnes. . . . 56 175 g.8oo
- 5 Chevrons. . . . *756 13o 98.280
- 6 Fers à vitrage,
- montants, supports,armatures de trémie d’aération et divers. 42 2.500 io5.ooo
- Total, poids. . . :. 667.280 667.280
- DEUXIÈME LOT
- Galeries correspondantes entre l’avenue de Suffren et le jardin central
- Même surface, même poids 667.280 667.280
- TROISIÈME LOT
- Galeries contiguës au jardin d’iso-
- lement contre la halle des machi-
- nés, côté de l’avenue de La Bour-
- donnais
- 7 8 Piliers ....'. 1 5o i.5oo 225.000.
- Fermes de 2 5 m. 13o 4-5oo 585.00b
- 9 10 Pannes et faîtage Entretoises Ion- 861 55o 473.55o
- gitudinales de piliers. . . , . 142 175 24.850
- 11 Chevrons. . . . 2214 13o 287.820
- 12 Fers à vitrage,
- montants, supports,armatures de trémie d’aération et divers. 123 2.500 3o?. 5oo
- Total, poids. 1.003.720 1.903.720
- QUATRIÈME LOT
- Galeries correspondantes ; côté de
- l avenue de Suffren
- Même surface, même poids 1 .Q03.720 1.903.720
- Total général. . . . 5.142.000
- CHAPITRE III
- DÉTAIL ESTIMATIF
- Produits
- Indication des ouvrages Poids Prix — -,
- partiels totaux
- hilocjr. 1
- PREMIER LOT
- Galeries entre l’avenue de La Bourdonnais et le Jardin central
- Fers de toute nature pour piliers, fermes, pannes , entretoises. chevrons, fers à vitrage, montants, supports, etc. Ensemble.
- O 32 2I3.52Q
- i;^==£=
- 60
- DEUXIÈME LOT
- Galeries correspondantes entre l'avenue de Suffren et le Jardin central, semblables.
- Mêmes fers. Ensemble.I 667.280I0 32(213.520 60
- TROISIÈME LOT
- Galeries contiguës au Jardin d’isolement, contre la halle des machines ; côté de l’avenue de La Bourdonnais.
- 213.529 60
- 213.529 60
- Fers de toute nature pour piliers, fermes, pannes , entretoises , chevrons, fers à vitrage, montants, supports, etc. Ensemble.
- i,go3.
- :0 O 32 60Q.TOO /|Q
- 609.109 40
- QUATRIÈME LOT
- Galeries correspondantes , côté de l’avenue de Suffren, semblables
- Mêmes fers. Ensemble.jr.903.72ojo 32J60Q.1Q0 40
- 609.190 40
- Total
- 1.645.440 00
- Somme à valoir pour imprévu et dépenses en régie 10%.....................................
- Honoraires et frais d’agence 3 %..............
- 164.544 00 54-299 00
- Total général.
- r.864.283 00 '---- -------;
- Dressé par l’Architecte soussigné : Paris, le 4 novembre 1886.
- Signé : Bouvard.
- Vu et vérifié :
- Paris, le 4 novembre 1886.
- L’Ingénieur en chef, adjoint au Directeur général des travaux,
- Signé : Bartet.
- Vu et présenté:
- Paris, le 4 novembre 1886.
- Le Directeur général des Travaux, Signé: Alphand.
- Vu et approuvé:
- Paris, le 4 novembre 1886.
- Le Ministre du commerce et de l’industrie Commissaire général,
- Signé : Lockroy. .............
- ANNEXE N° I
- Nomenclature des feuilles de dessin d’exécution, visées à l’article 1 ci-devant jointes au dossier d’adjudication.
- N» des FEUILLES NATURE DES DESSINS ÉCHELLE
- I Plan d’ensemble indiquant
- la désignation des lots.... om,oo2,5 p. m.
- 2 Coupes générales des gale-
- ries à adjuger id.
- 3 Elévation dé la ferme de
- 2 5 mètres om,o5 p. m.
- 4 Plan de deux travées de
- fermes id.
- 5 Détail des montants, nos 7,
- 9 om, 10 p. m.
- 6 Détail des montants, n°s 5,
- 6, 7 id.
- • n - / Détail du pilier, détails et
- coupes id.
- 8 Pannes, nos 1, 5, 7, 9. . . . id.
- 9 Goussets et entretoises des
- piliers id.
- ANNEXE N° 2
- Modèle de Soumission Je soussigné
- entrepreneur-constructeur, demeurant à
- , après
- avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de .1889 5 cahier des charges spéciales aux constructions métalliques ; ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des charpentes et fermes en fer formant les galeries de
- vingt-cinq mètres pour les expositions diverses au Champ de Mars ;
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit formant le (1) lot, évalué à la
- somme de
- moyennant un rabais de (1)
- sur le prix moyen indiqué de trente-deux centimes le kilogramme ;
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres, auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Paris, le 1S86.
- (2)
- NOS GRAVURES
- COMMISSION DE CONTROLE & DES FINANCES
- LES
- MEMBRES REPRÉSENTANT L’ASSOCIATION DE GARANTIE
- M. BIXIO
- _ Président du conseil d’administration des Petites Voitures à Paris.
- M. BLOUNT
- Président du conseil d’administration du chemin de fer de l’Ouest.
- Est un des personnages les plus hautement considérés de l’aristocratie financière et l’on peut dire que sa vie est celle de la compagnie de l’Ouest. Il demeure presque le seul, aujourd’hui, de ces hommes hardis et entreprenants qui furent les initiateurs des chemins de fer en France. Après avoir pris une part prépondérante à la construction de la ligne de Paris à Rouen, il a vu, sous son action puissante, et celle de ses collaborateurs, se former et s’étendre l’important réseau dont il est aujourd’hui le président; il a vu surtout naître et grandir, cette gare Saint-Lazare, qui se transforme définitivement aujourd’hui, et lorsqu’il l’inaugurera, dans trois ans, il pourra dire avec orgueil,'"en la montrant, qu’il en a été le premier et le dernier ouvrier. A la considération respectueuse qu’inspire à tous sa haute intelligence, se joint de la part de tout le personnel de la' compagnie une grande vénération pour la dignité affable de son caractère.
- M. CAHEN d’ANVERS
- M. le comte Cahen d’Anvers, banquier , n en 1841, .est l’un des chefs de la maison L. et R. Cahen et Cie d’Anvers, banquiers du Trésor et spécialement depuis 1870 banquiers du gouvernement belge.
- M. CHABRIÈRES-ARLÈS
- Régent de la Banque de France. Est né à Crest (Drôme) "en 1829, fit ses études à Lyon. Simple commis en 1848, puis agent de change et plus tard associé de la maison Arlès-Dufour, fit partie delà délégation des chambres de commerce en 1864 chargée de visiter les travaux du canal de Suez, et en 1869 d’assister à l’inauguration. Engagé volontaire en 70 dans le service des ambulances, il fut décoré pour ce fait en1 2 1871, nommé trésorier-payeur général en 1879, élu régent de la banque de France et administrateur des chemins de fer d’Orléans en 1881.
- M. CLERG
- Directeur de la Société des immeubles de France. Est né à Paris le 14 février 1847. 11 fit ses études au lycée Bonaparte , et entra, en 1865, au Crédit Foncier, où il parcourut tous les degrés delà hiérarchie. En 1877, il présenta un travail qui fut très remarqué, demandant la réduction du taux des prêts et démontrant la nécessité de dégrever l’emprunteur de la taxe de 60 centimes.
- En 1879, il fut l’un des créateurs’de la Banque hypothécaire et fut appelé au poste de secrétaire général de la Banque hypothécaire de France; il fut assez heureux pour établir entre cet établissement et le Crédit Foncier des rapports courtois, et lors de la fusion de ces deux sociétés, il fut chargé de la remise de tous les services et réussit à aplanir bien des difficultés.
- En 1883, il prit alors la direction de la Société des Immeubles de France. Parmi les grandes opérations que fit cette Société et qui, malgré la crise immobilière, eurent de brillants résultats, il faut citer celles du quartier Marbeuf et de l’avenue d’Antin.
- M. JAMES COMBIER
- Est né à Saumur en 1842. Il dirige une des principales fabriques de liqueurs de France. Sa
- (1) Le numéro du lot et le taux du rabais devront être écrits en toutes lettres.
- (2) Signature du soumissionnaire.
- Voir la suite page 3Sq.
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- Deuxième Année. — N° 98
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 14 Novembre 188b
- 385
- COMMISSION CONSULTATIVE DE CONTROLE ET DE FINANCES DE L’EXPOSITION DE 1889
- Membres représentant l’association de garantie
- M. BIXIO M. BLOUNT
- M. le comte CAHEN d’ANVERS
- M. GHABRIERES D’ARLES
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- Deuxième Année
- LE MONITEUR DE f^pOSlTIONDE 1889
- Dimanche 14 Novembre 1886
- 386 et 38:
- Deuxième Année.
- N° 08.
- CONSULTATIVE de CONTROLE et de FINANCES de L’EXPOSITION de 1889
- MEMBRES
- REPRESENTANT L’ASSOCIATION DE GARANTIE
- ( SUITE)
- - v'-vC:
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- ’M'
- M. CLERC
- M. COMBIER
- M. DIETZ-MONNIN
- M,. GAY
- M. HART
- M. HENTSCH
- M. GERMAIN
- M. GRIOLET
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- Dimanche 14 Novembre 1SS6.
- TR- ">£vîi5<«; ' '
- 388. — Deuxième Année. — N» 98. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- COMMISSION CONSULTATIVE DE CONTROLE ET DE FINANCES DE L’EXPOSITION DE 1889
- Membres représentant l’association de garantie (fin)
- M. LE GUAY
- M. MARINONI
- M. PEREIRE
- M. SIENKIEWIEZ
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- Deuxième Année. — N° qS.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 14 Novembre 1886. — 589.
- maison fondée à Saumur par son père en 1835, possède deux importantes succursales à Paris et à Marseille.
- M. Combier est, en outre, un des chefs du parti républicain de l’ouest de la France. Depuis vingt ans il a été mêlé à toutes lesluttespolitiques.il est maire de Saumur depuis 1879.
- M. DIETZ-MONNIN
- Sénateur, s’est toujours occupé des expositions ; en 1878 il était directeur de la section française; en 1883 et 1S85, président des commissions françaises des expositions d’Amsterdam et d’Anvers.
- M. GUAY
- Président du conseil d’administration du Crédit industriel et commercial. Il n’avait que 22 ans en i85o, lorsqu’il entra dans l’inspection des finances et en 1862 il occupait le poste de chef de bureau de la direction générale des fonds au ministère des finances. Peu de temps après il était directeur de ce service. Il donna sa démission pour cause de santé, et dès ce jour se voua aux grandes affaires financières.
- M. GERMAIN
- Président du conseil d’administration au Crédit Lyonnais.
- Est né à Lyon, en 1824; il fit ses études dans sa ville natale et son droit à Paris. Déjà à cette époque il s’occupait de questions financières et donna à quelques journaux de Lyon des articles très remarqués sur cette matière.
- En 1851 il fut un des initiateurs du Crédit Lyonnais, qui, en 23 ans d’existence, est devenu un des premiers établissements financiers de France.
- Il est administrateur d’un grand nombre de Sociétés financières immobilières, de Compagnies de chemins de fer ; après avoir été couseiller général du département de l’Ain de 1863 à 1883,et député de 1869 à 1885. Il a été nommé membre de l’Institut le 6 février 1886, section des sciences morales et politiques.
- M. GRIOLET
- Administrateur de la Compagnie des chemins de fer du Nord. Est né à Paris le 6 février 1842. Il fut reçu licencié ès-lettres ; docteur en droit ; obtint le prix Paillet en 1866 et fut nommé secrétaire de la Conférence des avocats. Il devint maître des requêtes au conseil d’Etat le 10 septembre 1872.
- Il fut l’un des principaux collaborateurs de la Jurisprudence générale de Dalop. Il est l’auteur de De l’autorité de la chose jugée, ouvrage couronné par la Faculté de droit de Paris et l’Académie de législation de Toulouse.
- M. HART
- Syndic de la Compagnie des agents de change.
- M. HENTSCH
- Président du conseil d’administration du Comptoir d’escompte. Est né à Genève en 1829, d’une vieille famille protestante venue à Genève au temps de la réformation. Son père et son grand-père étaient banquiers dans cette ville. Ce dernier est le fondateur de la maison Hentsch à Paris, à la tête de laquelle M. Edouard Hentsch est depuis plus de 3o ans.
- M. Hentsch est président du Comptoir d’escompte de Paris, administrateur de la Banque de Paris et des Pays-Bas, d.e la. Compagnie d’assurances l’Union, président de la Banque de l’Indo-Chine, de la Banque des chemins de fer suisses, de la Compagnie des chemins de fer serbes, de la Banque maritime, de la Société Cail, etc., etc.
- M. LE GUAY
- Sous-directeur du Crédit foncier. Est né à Paris en 1831 ; fut reçu docteur en droit, proclamé lauréat de la Faculté de Paris et nommé président de la Conférence Molé.
- En mars 1871, nommé préfet de l’Eure-et-Loir, il trouva ce département envahi. Il y rétablit les communications. En reconnaissance des services rendus, M. Thiers le nomma préfet de Meurthe-et-Moselle, où avec M. de St-Valier, il protégea les populations pendant l’occupation.
- Après une importante mission dans les départements, il fut décoré. Il fut nommé conseiller général. dans l’Orne, puis, en 1878, appelé par M. Christophle au poste de sous-gouverneur du Crédit foncier, il s’associa à la rénovation de cet établissement.
- Après le succès de l’emprunt en 1879, il fut nommé officier de la Légion d’honneur en 1880.
- M. MARINONI Ingénieur constructeur
- M. PEREIRE
- M. Eugène Pereire est né à Paris en i83i. Il est le fils aîné d’Isaac Pereire, et dès sa sortie de l’Ecole centrale, comme ingénieur diplômé, il aété associé par son père et par son oncle, Emile Pereire, à tous les travaux que ces habiles et hardis
- initiateurs ont entrepris tant en France qu’à l’étranger.
- Président de la Cle générale Transatlantique, qu’il dirige depuis plus de dix ans, M. Eugène Pereire a donné à cette société une brillante impulsion et l’on peut considérer aujourd’hui la Cie Transatlantique comme la rivale heureuse des plusgrandes compagnies de navigations étrangères. Elle est dans tous les cas, avec sa puissante flotte, la première de France.
- M. Eugène Pereire fait partie aussi du conseil d’administration de plusieurs sociétés industrielles, où l’appelaient ses connaissances techniques.
- II est officier de la Légion d’honneur et titulaire des plus hauts grades dans les principaux ordres étrangers.
- Sa personnalité résume bien à tous égards la notoriété et, disons aussi, la réputation, qui restent attachées au nom qu’il porte, et il est le véritable chef de la famille Pereire.
- M. SIENKIEWICZ
- Directeur de la Banque d’escompte de Paris. Il a appartenu précédemment au Crédit foncier de France et, depuis plus de vingt ans, il a prêté son concours de financier et de mathématicien à presque toutes les grandes opérations qui se sont réalisées sur le marché de Paris.
- M. Sienkiewicz est le frère du ministre plénipotentiaire de France au Japon.
- ÉCHOS
- Paris
- Le Bulletin municipal officiel publie l’arrêté rendu en conseil de préfecture par le préfet de la Seine pour déclarer cessibles les propriétés dont la cession est nécessaire, en totalité ou en partie, pour :
- 1° Le dégagement des abords de la nouvelle Bourse de commerce, qui doit être installée dans l’ancienne Halle au blé, et la construction de bâtiments annexés à ladite Bourse ;
- 2° L’agrandissement des Halles centrales ;
- 3° Le prolongement do la rue ‘du Louvre entre les rues Saint-Honoré et Coquillière et le dégagement des nouveaux pavillons des Halles centrales. *
- * *
- Le comité formé pour l’érection d’un monument à J.-B. Dumas s’est reuni samedi dernier à deux heures, à l’Ecole des beaux-arts, et, de concert avec le jury spécial nommé par les artistes concurrents, a choisi pour être exécuté le projet n° 11, dont les auteurs sont MM. Pech, sculpteur, et Delmas, architecte.
- La première mention, avec une prime de 1,000 francs, a été accordée à M. Gaudez, auteur du projet n° 15.
- La seconde mention, avec prime de 500 fr., a été accordée à M. Guilbert, auteur du projet n° 6.
- k
- * *
- C’est, paraît-il, décidément !e 1er mai 1887, qu’auront lieu à Yincennes, les différentes solennités organisées à l’occasion du cinquantenaire des chemins de fer.
- La plupart des nations étrangères ont envoyé leur adhésion, l’Angleterre entre autres, qui n’aura pas moins de six cents délégués.
- Le lord-maire de Londres esta la tête du Comité de cette ville.
- k
- X *
- On annonce pour les 20, 21, 22 et 23 courant, l’exposition et la venie à l’Hôtel-Drouot des tableaux, études et dessins de Karl Daubigny.
- *
- Un statisticien a calculé la durée moyenne de la vie dans les différents métiers ou les 'diverses professions. Voici les chiffres auxquels il est arrivé :
- 32 ans pour les journaliers ;
- 41, pour les scieurs de pierre, sculpteurs, compositeurs et lithographes ;
- 44, pour les bottiers et tailleurs ;
- 47, pour les serruriers et forgerons ;
- 49, pour les charpentiers, maçons et peintres en bâtiment.
- 54, pour les boulangers, brasseurs et bouchers ;
- 58 enfin, pour les jardiniers, etc.
- Les professions libérales présentent les chiffres suivants :
- 49 ans dans la médecine ;
- 54 dans la magistrature ;
- 57 dans le professorat.
- La plus haute moyenne se trouve parmi les membres du clergé et atteint 67 ans.
- *
- * *
- Il paraît que le grand nombre de fils électriques, télégraphiques, téléphoniques, etc., ne seraient pas sans une très grande influence sur la régularité des pendules et horloges dans les grandes villes. On étudie même de l’autre côté de l’Atlan-
- tique le moyen de soustraire les appareils à ces actions extérieures.
- *
- * *
- L’Exposition des aquarelles et dessnns, Types et costumes cle l’armée française, est ouverte depuis le 8 novembre., 9, rue Chaptal.
- Elle durera jusqu’au 11 décembre.
- Le vendredi, l’Exposition est ouverte de 8 à 10 heures du soir.
- k
- * ¥
- Départements
- La Société des Amis des arts de Pau ouvrira du 15 janvier au 15 mars 1887 sa vingt-troisième exposition annuelle.
- Sont seules admises les œuvres de peinture, sculpture, gravure, architecture, lithographie et dessins d’artistes vivants, jusqu’à concurrence de deux ouvrages de chaque genre pour chaque artiste.
- Les envois devront être rendus à Pau avant le 20 décembre prochain.
- *
- * *
- Les exportations du distinct consulaire de Lyon aux Etats-Unis pendant le mois d’octobre 1886 se sont élevées à 3,520,551 fr. 75 contre 3,419,637 fr. 45 au mois d’octobre 1885. Les augmentations portent principalement sur la soie grège (915,721 fr. 50 contre 602,055 fr. 90), les déchets et bourres de soie (199,182 fr. 20 contre 41,592 fr. 25), tandis qu’on constate une légère diminution sur les étoffes et rubans de soie et de velours (1,778,506 fr. 25 contre 1,944,379 fr. 70 en 1885).
- . Le total des exportations pour les dix premiers mois I886s’élève à 41,563,322 fr. 10 contre35,255,Q-12 fr. 95 en 1885, soit une augmentation de 6,308,309 fr. 15 pour 1886.
- *
- * *
- De toutes les idées qui depuis quelque temps ont été mise en avant pour mettre un terme à la crise que traversent le commerce et l’industrie en France, et leur permettre de lutter au dehors avec la concurrence étrangère, celle des expositions flottantes paraît jusqu’ici avoir recueilli le-plus d’adhésions.
- En effet tandis qu’à Bordeaux se prépare pour les contrées du sud-ouest une importante exposition, au Havi’e on organise à bord d’un des paquebots de la flotte des Transatlantiques une expédition similaire qui visitera les mers des Antilles. Le voyage durera 4 mois.
- * *
- Une exposition internationale d’hygiène aura lieu à Lyon, du 15 décembre prochain au 1er février 1887.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’Exposition permanente du commerce et de l’industrie dont nous avons annoncé l’ouverture à Nuremberg (Bavière), compte • actuellement 53 exposants, dont 35 appartiennent au commerce local. Une vingtaine d’adhésions nouvelles sont attendues prochainement.
- On sait que ce musée a surtout été créé en vue du trafic d’exportation. Les branches les plus variées de la production y sont représentées.
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- L’association des beaux-arts, d’art industriel et d’archéologie de Coblentz prépare une exposition d’histoire locale, dont l’ouverture aura lieu prochainement.
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- La collection de papillons et de scarabées de l’exposition de l’Amérique du Sud à Berlin a été offerte à l’empereur Guillaume par son propriétaire, M. E. Ritter, du Brésil. L’empereur a accepté ce don, en se réservant d’attribuer cette collection, après la clôture de l’exposition, à un musée d’histoire naturelle.
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- Les Allemands qui ont'émigré au mois de septembre en s’embarquant dans les ports allemands Ainsi que dans le port d’Anvers ont été au nombre de 8,664. Le nombre des émigrants relevé dans ces mêmes ports au mois d’aoîit avait été de 6,474.
- Le total des émigrations constatées dans les neuf premiers mois de l’année est de 59.576 • t’année dernière, pendant la môme période, le total avait été de 88,180. ’
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- Angleterre
- L’Exposition industrielle de Birmingham a été clôturée il y a quelques jours.
- Elle avait été visitéé par 350,000 personnes, soit en moyenne 6,200 par jour.
- De plus 30,000 entrées gratuites avaient été distribuées aux enfants des écoles.
- Les recettes se sont élevées à 11,000 livres, les dépenses à peine à la moitié de ce chiffre, l’excédant sera probablement consacré à la création d’un musée industriel.
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- L’Exposition industrielle projetée pour 1888 à
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- 3QO. — Deuxième Année. — N° 98.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 14 Novembre 18SG.
- Glasgow aura lieu, c’est cüose décidée. I.es fonds souscrits pour le capital de garantie s’élèvent à 21,000 livres, et de plus la corporation de la Cité fournit une subvention de 5,0uU livres.
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- * Y
- Le Conseil exécutif de l’Exposition des mines, des travaux publics et de l’industrie, dont l’ouverture aura lieu l’année prochaine à Newcastle-on-Tyne, vient de décider l’agrandissement des bâtiments, sur la demande d’un grand nombre d’exposants.
- Le délai pour les demandes d’emplacement est reculé jusqu’au 30 novembre.
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- Y Y
- Il est à peu près certain que l’Exposition indienne et coloniale ne rouvrira pas l’année prochaine à South-Ivensington. La Commission royale abandonnera pour la création de l’institut impérial des Colonies, les terrains qu’elle occupe depuis 1851.
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- États-Unis
- L’Exposition d’automne de l’Académie nationale à New-York, ouvrira le 22 courant.
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- Y Y
- M. Sedalmeyer organise à l’American Gallery, l’Exposition du Christ decunt Pilate, de Mun-kacsy.
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- Un grand nombre de personnes ayant mis en doute la réalisation de l’Exposition américaine à Londres, nous pouvons assurer qu’elle ouvrira définitivement le 2 mai 1887.
- Les travaux se poursuivent activement, et il est certain que les exposants seront nombreux.
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- Grèce
- M. de Montholon, ministre de France, vient do signer à Athènes, avec le gouvernement hellénique, une convention commerciale provisoire qui accorde à la France le traitement de la nation la plus favorisée et une réduction de 50 0/0 sur de nombreux articles français. La France s’engage à ne pas augmenter les droits sur les raisins de Corinthe.
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- Venezuela
- D’après les nouvelles de Caracas, M. J. Thiessé, député et envoyé extraordinaire de France près les Etats-Unis de Venezuela, a réussi à réunir à Caracas un nombre suffisant de négociants français pour former une.chambre syndicale.
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- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE 17)tl Havre en 1887
- En même temps que s’effectuent, avec une activité qui fait plaisir à voir, les travaux préparatoires de l’Exposition, la direction poursuit énergiquement son œuvre, qui rencontre d’ailleurs de toutes parts l’accueil le plus empressé et les plus sympathiques encouragements.
- C’est à Paris, naturellement, que l’Exposition du Havre devait chercher avant tout un haut patronage. Elle l'a obtenu dans les conditions les plus honorables et les plus larges, ainsi qu’on pourra en juger par la composition du comité d’honneur, lequel comprend les noms suivants :
- MM. de la Porte, sous-secrétaire d’Etat aux colonies ; amiral Thomasset ; Bozérian, sénateur ; Wilson, député; Farcy, député; Prevet, député; Berger, directeur de l’Exposition de 1889; Mari-noni, industriel ; Violet, ingénieur, chef du cabinet de M. le ministre des postes et télégraphes.
- A côté de ce comité d’honneur, une délégation active a été formée dans les diverses branches de l’industrie et du commerce. Elle est composée comme suit :
- Président : M. Ch. Prevet. — Vice-présidents: MM. Gtandoz, Allain, H. Lemoine. —Secrétaires: MM, Simon, Hottot, Nickham. — Membres :. MM. Bertrand, de Bertrand, Biaisainé, Boin, Bra-quenié, Bréant, _ A. Camille jeune, Franzbaze, Chapu, Chenaillier, Damon, Dasson, L. Deny, P. Deny, Desnoix, Dupont fils, Follot, P. Fou-cher, Gœlzer, Hollande, Kriegelstein, Lahure,Ch. Legrand, L. Lemariey, Létang, Leys, Moussard, Mühlbacher, Nieuwenhuysen, Ernest Nillus, Pa-tay, Péan, Pelletier, Pelpel, Petitjean, Julien Potin, Rau, Selle, Sudrot, Thibouville - Lamy, Thierry, Thouzet, Varey, Vigneron, Wolff.
- Ces délégués ont été réunis récemment par M. Bénard, directeur, et après avoir nommé leur bureau, ils se sont divisés en groupes pour centraliser les adhésions recueillies dans la capitale.
- Ces adhésions sont déjà fort nombreuses ; mais on en signale tous les jours de nouvelles et plus importantes encore, qui font augurer à merveille du résultat final.
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- Pendant que l’organisation générale s’étend ainsi
- et s’affermit au dehors, le comité local ne reste pas inactif.
- Pour augmenter autant qu’il est possible de le faire la superficie des emplacements couverts et faire face ainsi aux adhésions nouvelles qui se multiplient incessamment, il vient de décider la continuation des galeries des quais d’Orléans et Lamblardie jusqu’à l’extrémité est du bassin du commerce, en vertu de l’arrêté préfectoral en date du 14 octobre 1886, qui les met à sa disposition.
- D’autre part, après avoir fait appel aux soumissionnaires, il a accordé, dans les dernières séances, les concessions suivantes :
- i° Pour fourniture de vapeur: à la Société des générateurs inexplosibles, système Collet et Cie, pour une force d’environ 600 chevaux (ces générateurs seront placés sur ponton, dans le bassin du Commerce) ;
- 20 Pour construction, en location, de chevalets (galerie des machines): à M. Hallier, constructeur au Havre ;
- 3° Pour fourniture de tuyaux de vapeur en fer (galerie des machines): à M. Tranchet, constructeur au Havre ;
- 40 Pour édition du catalogue officiel; à M. Hus-tin, du Havre ;
- 5° Pour impression d’affiches avec vue en couleur, de Chéret, d’après un beau dessin deM. Fré-mont, du Havre : à la maison Chaix, de Paris.
- C’est une heureuse idée d’avoir songé à placer les générateurs sur un ponton placé dans le bassin du Commerce. Les galeries seront ainsi débarrassées de toute cause d’incommodité ou de malpropreté et la production de la vapeur elle-même gardera un caractère exclusivement maritime, puisque l’installation des chaudières pourra démontrer la possibilité d’appliquer pratiquement ce système de générateurs à bord des navires.
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- La grande galerie des plans et modèles, sur la rue de Paris, promet d’être extrêmement brillante, grâce à de précieux contingents réunis un peu de tous côtés.
- L’administration des ponts et chaussées produira une merveilleuse collection de modèles des travaux effectués dans le port ; quelques spécimens, que nous avons vus, sont de véritables petits chefs-d’œuvre d’exécution.
- La Chambre de commerce fait dresser, de son côté, un grand plan en relief de notre port.
- Le bureau Veritas enverra sa belle Exposition de Liverpool, laquelle sera considérablement aug mentée pour la circonstance.
- Enfin, plusieurs grandes compagnies de construction et de navigation françaises et étrangères, ont promis des envois fort importants.
- D’un autre côté, le concours du département des colonies est désormais acquis à l’Exposition qui pourra ainsi organiser, dans la grande annexe de la place du Commerce, une très importante section coloniale où figureront parallèlement plusieurs puissances coloniales étrangères.
- On voit que, de tous côtés, l’activité est extrême et que, plus nous avançons, plus le succès, dès à présent assuré, de l’Exposition maritime internationale du Flavre, prend de vastes proportions.
- Règlement relatif a l’installation et a la
- MARCHE DES MACHINES
- Article premier.— La vapeur, l’eau, le gaz et la force motrice nécessaires à la mise en mouvement des machines installées dans la Galerie des machines seront fournis aux exposants qui en feront la demande, par les soins du comité d’organisation de l’Exposition.
- A cette fin, celui-ci prend à sa charge l’installation des générateurs à vapeur, d’eau et de gaz.
- La vapeur aura une pression de 7 kilogrammes.
- Art. 2. —L’arbre de transmission générale aura en moyenne 60 ra/m de diamètre et il tournera à une vitesse de i3o tours à la minute ; l’axe de cette transmission sera situé à 3 m. 5o du parquet.
- Art. 3. — Sont à la charge des exposants :
- Les fondations, les poulies à établir sur l’arbre général de transmission, les transmissions intermédiaires, les courroies, le montage complet, le raccordement des machines motrices à la conduite générale de vapeur, d’eau ou de gaz ; le raccordement des condenseurs à la conduite d’eau et leur tuyau de décharge ; l’entretien, le graissage et la conduite des machines.
- Art. 4. — Les poulies à établir sur l’arbre général de transmission devront être parfaitement équilibrées et coulées en deux moitiés.
- A chacun des branchements se reliant aux tuyaux de raccordement ou de prise de vapeur des machines motrices, la conduite principale sera munie d’une valve qui permet d’intercepter le passage de la vapeur.
- Les exposants désigneront les agents chargés delà conduite des machines ; ces derniers seront seuls autorisés à les mettre en mouvement.
- Art. 5. — Les machines ou appareils qui prendront de la force motrice sur l’arbre général de transmission n’auront à subir aucune taxe.
- Art. 6. •— Les machines motrices qui seront mises à la disposition de l’Exposition pour l’attaque de la transmission générale seront conduites,
- entretenues et surveillées parles agents des exposants sous leur seule responsabilité et à leurs frais.
- Art..7. — Le Comité de l’Exposition se réserve le.droit de requérir la marche des machines motrices pendant les heures qu’il déterminera tant pendant la journée que pendant la soirée.
- Art. 8. — La vapeur, l’eau et le gaz pris directement sur la conduite principale seront payés à raison de :
- Le gaz o fr. 3o du mètre cube.
- L’eau o fr. 3o »
- La vapeur. 1 o centimes par heure et par cheval vapeur de y5 kilogrammètres ; le prix total pour toute la durée de l’Exposition ne pourra dans tous les cas descendre au-dessous du chiffre correspondant, a 100 jours de travail à raison de 5 heures par jour et par le nombre de chevaux déclarés et admis.
- Art. 9..— Il est strictement défendu aux exposants ou à leurs agents de manœuvrer les robinets ou valves de vapeur, d’eau ou de gaz posés sur la conduite principale, de loucher à un appareil quelconque de contrôle ou d’essai, de modifier sans autorisation préalable les raccordements des appareils et d’effectuer les réparations en dehors des heures qui leur seront indiquées.
- Art. 10. — Les exposants dont les machines ou appareils seront reliés à la transmission générale s’engagent à les faire fonctionner régulièrement aux heures de marche des machines motrices de l’Exposition.
- Art. 11. — Conformément à l’art. 7 du règlement général, les machines nécessitant des travaux considérables d’installation devront être envoyées au plus tard le i11' mars.
- Art. 12. — Dans le but de mettre les visiteurs complètement à l’abri des accidents, les exposants seront tenus d’entourer les machines en mouvement de balustrades et de garnir les courroies de transmission de gaines ou enveloppes.
- Art. i3. —• Les exposants auront pour le surplus à se conformer strictement aux instructions des agents qui auront été commis à l’exécution des mesures d’ordre intérieur édictées par le Comité de l’Exposition. Celui-ci se réserve notamment le droit d’interdire la marche des appareils dont le fonctionnement offrirait des dangers ou incommoderait les visiteurs.
- Art. 14. — Les exposants seront responsables de toutes les dégradations qui, par leur fait, seraient occasionnées aux planchers, aux gitages, aux fermes... etc. Ils devront remettre le terrain occupé par les fondations des machines dans son état primitif.
- RÈGLEMENT POUR LA VENTE DES OBJETS FABRIQUÉS SUR PLACE ET POUR LA DEGUSTATION PAYANTE
- L’article 3o du règlement porte d’une part :
- Que les objets fabriqués dans l’Exposition pourront seuls être vendus et livrés sur place moyennant une redevance à déterminer.
- Et d’autre part :
- Que la dégustation payante sera soumise à un tarif spécial.
- Conformément aux prescriptions de cet article, le Comité a fixé, comme suit, le tarif des emplacements applicable à la vente des objets fabriqués sur place et à la dégustation payante :
- Par mètre carré courant..................Fr. 100 »
- d° d° avec angle................» r 33 ? 5
- d° d° avec 3 faces . . . . » 166 70
- d° d° isolé.....................» 200 »
- La dégustation payante ne peutse faire que debout dans les galeries.
- Pour éviter toutefausse interprétation, le Comité rappelle que ce tarif exceptionnel ne s’applique pas aux ventes faites sous réserve d’enlèvement à la fin "de l’Exposition.
- Ni à la dégustation gratuite.
- Ni enfin à la fabrication qui a pour objet une démonstration et n’est pas suivie de vente sur place.
- Le Comité se réserve le droit exclusif d’interdire toute vente de produits dont la fabrication ne lui paraîtrait que simulée ou trop partielle lors même que le tarif exceptionnel aurait été demandé par l’exposant et appliqué par le Comité.
- RÈGLEMENT SPECIAL A LA RÉCEPTION DES PRODUITS
- EXPOSÉS. — TARIF DE MANUTENTION ET DE MAGASINAGE.
- I
- Chaque exposant doit pourvoir, soit par lui-même, soit par ses agents, à la réception de ses colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu.
- Si l’exposant ou ses agents ne sont pas présents pour recevoir les colis à leur arrivée dans l’enceinte de l’Exposition, ou s’ils préfèrent charger le Comité du soin de la manutention, celui-ci fait le nécessaire aux frais de l’exposant et cela sans assumer aucune responsabilité.
- II
- Les espaces réservés en dehors des installations des produits étant strictement calculés pour les besoins de la circulation, il est interdit d’y laisser stationner les colis ou caisses vides.
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- Deuxième Année.
- N° oS.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 14 Novembre iSSq. — 591.
- Les colis devront donc être déballés au fur et à mesure de leur réception et les caisses, aussitôt le déballage opéré, devront être emportées par les exposants ou leurs agents. Si les exposants négligent de procéder à l’enlèvement des caisses gênant la circulation, le Comité les fait enlever d’office et emmagasiner aux frais, risques et périls des exposants.
- III
- Les exposants doivent faire enlever les produits exposés dans le délai de quinze jours après la fermeture de l’Exposition, faute de quoi les produits seraient déposés en magasin à leurs frais, risques et périls.
- IV
- Un magasin pour la conservation des caisses vides est à la disposition des exposants au tarif suivant
- Enlèvement et transport des caisses vides de VExposition an magasin, déchargement, classement, assurance et retour du magasin à l’enceinte de F Exposition :
- Par mètre cube ou fraction............Fr. 2 5o
- Chaque caisse mise dans une autre, en sus. » 1 »
- L’exposant devra déclarer la valeur de ces caisses.
- Le reçu des frais payés au moment du dépôt servira de récépissé et les caisses seront réclamées par l’exposant sur la présentation de cette pièce.
- V
- Le tarif de la manutention des colis est établi ainsi qu’il suit :
- Pour 100 kilos et fraction de 100 kilos (jusqu’à concurrence de 1,000 kilos). . . . Fr. o 5o
- Pour des colis d’un poids supérieur, les exposants pourront s’entendre avec la direction qui fixera une taxe modérée de manutention.
- Des wagonnets et une grue roulante Decau-ville sont à la disposition des exposants aux prix suivants :
- Wagonnet.....................l’heure. Fr. 1
- Grue roulante................ » » 3
- — ................1/2 heure. » 2
- LES LIVRES
- Lxxxm
- Bibliothèque de l’enseignement des beaux-arts, publiée sous la direction de M. Jules Comte. — L’Art japonais, par M. Louis Gonse. — Le Livre, par M. Henri Bouchot. Maison Quantin. Compagnie générale d’impression et d édition. 2 vol. in-18 illustrés, 1886.
- Une des entreprises qui font le plus d’honneur à la librairie française en général et en particulier à l’intelligente initiative de_ l’éditeur Quantin, c’est cette Bibliothèque de Venseignement des beaux-arts, sans rivale en son genre en Europe et dont le succès grandit sans cesse dans notre pays et à l’étranger, où on s’empresse de la traduire ou de l’imiter.
- Cette collection, admirablement appropriée à son but, qui est la vulgarisation de tout ce qui touche aux beaux-arts, au double point de vue historique et didactique, compte aujourd’hui vingt-quatre volumes dont nous allons apprécier les deux derniers après avoir présenté les précédents à nos lecteurs, non sans les justes éloges dus à un plan excellent poursuivi avec méthode et d’incessants progrès.
- Le premier des deux nouveaux ouvrages est consacré à l’art japonais. Nous sommes obligés d’avouer que nous étions et sommes peut-être encore demeurés en garde, en méfiance contre l’engouement dont cet art exotique est devenu l’objet en France et en Europe depuis une vingtaine d’années. Sans trancher du Louis XIV, sans professer comme lui la religion et même la superstition de la beauté olympienne, des majestés de la ligne régulière, des suavités des harmonieux contours, des pompes du coloris plus abondant que juste, sans être atteint de cette répugnance pour la réalité, pour la brutalité des formes et des expressions, qui faisait dire au Roi Soleil avec un geste de mépris devant les intérieurs d’auberge ou les scènes de kermesse des Teniers, des Miéris : « Otez-moi de là tous ces magots. », nous n’admirons pas sans réserve le parti pris de grimaçant comique, les luxuriances de lumière émaillée et de couleur plaquée, l’habileté mécanique enfin des artistes japonais.
- Nous convenons des grâces, des élégances, des finesses et des malices de cet art subtil, prestigieux, des maîtres japonais. Mais nous ne nous faisons pas l’idée exacte de ce qu’ils ont apporté d’important, sinon de neuf, à cette double traduction de la nature ou de l’humanité, qui est le but de la peinture. Nous pouvons voir des exemples curieux à étudier dans les oeuvres des maîtres de Tokio, surtout dans le genre décoratif où ils ont excellé, mais nous nous défendons encore d’y voir des modèles et nous regretterions que leur influence corrompît, dépravât les qualités tradition-
- nelles de l’art français, c’est-à-dire ce culte de la ligne exacte, de la couleur juste, de la lumière distribuée avec goût qui est l’honneur de notre école.
- Ces réserves faites, nous applaudissons à l’utilité et à l’agrément de ce recueil qui vulgarise pour la première fois les procédés de l’art japonais, donne la notion exacte de ses origines, des influencés qu’il a subies, et surtout nous fournit des images typiques, caractéristiques de cet art aux diverses époques, dans ses manifestations les plus variées.
- Car la monographie de M. L. Gonse, particulièrement compétent et autorisé dans le sujet, embrasse toutes les manifestations de l’art japonais, peinture, architecture, sculpture, ciselure, laques, tissus, céramique, estampes. Et c’est un double plaisir pour l’esprit et pour les yeux que de suivre dans ses leçons sans pédantisme ce guide ingénieux et sûr, qui échauffe et anime ses appréciations par la reproduction des chefs-d’œuvre de l’art dont il écrit l’histoire et révèle les originalités.
- Avec l’ouvrage de M. Henri Bouchot sur le Livre, nous abordons un ordre de matières qui nous est plus familier et qui est plus accessible à tous. Tout le monde, en effet, a besoin des livres, pour son instruction ou pour son agrément. Le livre est pour l’esprit, comme le pain pour le corps, avec les mêmes degrés et différences de valeur, de saveur, de finesse, de prix, l’aliment nécessaire ou de luxe de toutes les intelligences. Il est donc nécessaire à tout le monde d’avoir des notions précises et sûres sur tout ce qui concerne l’histoire de l’imprimerie, de l’illustration et de la reliure, c’est-à-dire l’histoire de la fabrication du livre, Si l’on veut bien considérer qu’il s’agit là d’un art et d’une industrie qui comptent plus de quatre siècles d’existence, que sur cette matière encore sujette aux revendications de l’orgueil national et aux controverses de la critique, l’abondance des documents est telle que l’on remplirait , une immense bibliothèque de tout ce qui a été ' écrit et publié seulement sur le livre, on conviendra qu’il y avait un véritable tour de force à accomplir, pour triompher de l’embarras des richesses non moins grand en cette affaire, que celui de leur absence et pour résumer et condenser en un volume substantiel, sans indigeste lourdeur, la matière de dix volumes.
- C’est ce tour de force qu’a accompli M. Henri Bouchot. C’est incroyable ce qu’on se rappelle de choses oubliées, ce qu’on apprend de choses qu’on ignorait, dans ces neuf chapitres consacrés aux origines de l’imprimerie et du livre, à la discussion de cette histoire encore encombrée de légendes ; à l’industrie du livre chez les imprimeurs de la seconde génération, à la naissance de l’illustration du livre en Italie, aux épopées françaises et à la Renaissance, à Venise et à Aide Manuce ; à Plantin et à son école de gravure, au livre du commencement du xvn° siècle, aux Elzevier, aux illustrateurs du livre sous Louis XIII et Louis XIV, les Callot, les délia Rocca, les Abraham Bosse, les Sébastien Leclerc, les Lepautre et les Chauveau ; au livre du xvme siècle, à cette charmante école des Gillot, Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau le jeune, Duplessis-Bertaux ; au livre du xixe siècle, à l’influence de la dynastie des Didot, à l’illustration romantique, etc.
- Les caractères, l’impression, les papiers, les encres, la reliure, les bibliothèques forment le sujet des études qui suivent et complètent un ensemble de notions pieuses, dont nous ne pouvons dégager que quelques considérations générales.
- La plus importante est celle de l’influence du goût français sur les progrès de l’industrie et de l’art du livre. Si cette industrie et cet art naissent en Allemagne, c’est en France qu’ils se perfectionnent. La liste des libraires français et des illustrateurs et graveurs français, comprend des noms qui forment de Guillaume Pichet aux Didot, en passant par les Geoffroy Tory, les Thomas de Leu et Léonard Gautier, les Estienne, les Sébastien Cramoisy,les Coustelier, les Cazin, et pour l’illustration, des Jean Cousin, des Callot à l’école du xvme siècle, un véritable livre d’or de' l’art de traduire et de monnayer en quelque sorte la pensée.
- Le génie de prosélytisme qui est une des caractéristiques du tempérament national, donne aux ouvrages sortis des presses françaises, je ne sais quelle supériorité, quel charme particulier qui font de l’Europe intelligente, la tributaire de notre librairie. A cette foule dans l’élite des grands imprimeurs et libraires français, l'étranger ne peut opposer qu’un faible groupe composé des Manuce, des Plantin, des Elzevier.
- Pour la reliure, cette suprématie éclate sans conteste. La plus grande partie de ces admirables livres qui sont comme les joyaux, comme les bijoux de nos bibliothèques, sont signés de relieurs français.
- On peut se faire une idée de cette originalité, de cette fécondité ingénieuse dans l’art d’habiller le livre par la reproduction des plus belles reliures, des plus beaux types en ce genre des bibliothèques de François Ie1', d’Henri II, Henri III, de Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Louis XIV, Mme de Rambouillet, Mme de Verrue, etc.
- L’aridité inévitable de ces énumérations est tem-
- pérée, animée par des anecdotes, des détails, des chiffres curieux.
- En finissant, nous ne pouvons que saluer, avec des louanges méritées, l’apparition de ces deux nouveaux volumes, d’une collection de plus en plus digne de son titre,de son but, des encouragements que le ministère des Deaux-arts et l’Académie française lui prodiguent avec raison.
- M. de Lescure.
- Les 5 Pet 52e livraison de la Grande Encyclopédie (prix: 1 fr.) viennent de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Cie, 61, rue de Rennes, à Paris.
- La ire contient un grand nombre d’articles intéressants, parmi lesquels nous citerons seulement une étude historique sur l’Anjou et un travail très complet sur YAnnam.
- Cette livraison commence le tome III
- La 2 m0 contient un grand nombre d’articles intéressants, parmi lesquels nous citerons Annélides, Annexion, Annonces et Annuaires.
- Prix du volume broché, 2 5 fr. — Reliure, 5 fr.
- Le tomes I et II sont en vente et expédiés contre mandat-poste.
- LES THÉÂTRES
- Vaudeville. — Un Conseil judiciaire, comédie en trois actes de MM. Moineaux etBisson.
- C’est évidemment une idée fort piquante et comique que de nous représenter un avoué austère nommé conseil judiciaire d’une petite jeune femme trop dépensière et qui se laissant mener par ladite par le bout du nez au lieu de surveiller sévèrement ses intérêts finit par l’encourager dans la voie du gaspillage et des folles dépenses. Le malheur est que cette originalité de situation perde de son relief, délayée qu’elle est dans une action trop languissante. M6 Pagevin, le plus grave, le plus sérieux des avoués du palais, s’est fait une spécialité de conseil judiciaire. 11 remplit ces fonctions auprès d’un grand nombre de prodigues de tout âge et de tout sexe, parmi lesquels Mme Thomery, la très- charmante femme d’un mari très amoureux, qui, par sollicitude pour elle, devant la dilapidation étourdie de son patrimoine qu’elle pratique, a demandé au tribunal un réfrénateur juridique. Le premier acte nous a montré la séance du tribunal : plaidoirie de Me Pagevin pour le mari, plaidoirie de Boisrobin, l’avocat des dames, pour la défenderesse. Le tribunal donne gain de cause au mari et la petite femme furieuse rompt du coup avec son époux et retourne chez son père. Tout ce tableau de l’audience est très comique mais un peu longuet. Me Pagevin revêtu de son titre de conseil judiciaire de Mme Thomery veut la morigéner, mais adieu les sages conseils : les grâces, le charme provocant de la délicieuse petite toquée ont tourné la tête à l’avoué qui oublie ses affaires et plante là sa femme pour suivre, à Royat,sa jeune prodigue après s’être fait ordonner les eaux par son médecin dans une scène d’une fantaisie désopilante. Et nous retrouvons à Royat l’avoué folâtre, papillonnant, ayant décidément jeté aux orties son caractère de gravité ministérielle, quand revient M. Thomery, toujours amoureux de sa femme, laquelle se jette dans ses bras et le pauvre Pagevin, forcé de s’apercevoir qu’on s’est moqué de lui retombe à son tour dans ceux de sa revêche et jalouse moitié.
- Pas l’ombre d’action dans tout ceci, mais, une série de scènes les unes un peu longues, les autres très drôles poussant jusqu’au comique le plus exhilarant, et de l’esprit partout. Avec deux auteurs comme MM. Moineaux et Bisson, c’était de rigueur.
- Jolly est extrêmement amusant dans ce rôle d’homme grave qui se dérange. Il excelle d’ailleurs dans ce genre. Dieudonné joue avec une désinvolture ennuyée son rôle d’avocat des dames, rôle assez paresseusement esquissé par les auteurs, du reste. Boisselot est parfait en vieux beau, le digne père de cette écervelée de Mme Thomery. Mlle Jane May est une ravissante petite prodigue. Mme Gras-sot, pincée, acariâtre, rend la vie dure à ce pauvre Jolly, d’une façon bien amusante.
- Léon Gandillot.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la^Préfecture, 6»
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- 392.— Deuxième Année. — N° 9S. LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9.
- Dimanche 14 Novembre 1886.
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- On se souvient encore du magnifique pavillon que l’administration des forêts avait fait construire dans le parc du Trocadéro, à l’Exposition de 1878. Rendant compte de cette élégante construction, M. Lucien Etienne, architecte, écrivait Jes lignes suivantes dans Y Encyclopédie d’architecture :
- « Nous ne terminerons pas sans reconnaître le talent et le soin remarquables avec lesquels a été exécuté le travail dont nous venons de parler. Mis en adjudication entre quelques-unes des premières maisons de Paris, il est échu à M. Simonet, qui a tenu à honneur, malgré les réels sacrifices pécuniaires qu’il s’est imposé, de ne rien négliger pour soumettre aux connaisseurs une exécution irréprochable. »
- En 1879, quand les pouvoirs publics revinrent à Paris, tous ceux qui visitèrent la nouvelle Chambre des députés furent émerveillés à la vue de toutes les boiseries qui garnissaient la salle et que l’on peut appeler de véritables objets d’art. Tout le monde rendit justice à l’habileté et au talent dont avait fait preuve M. Simonet, dans l’exécution de ces travaux.
- Dernièrement encore, au sujet du nouvel hôtel des postes, les feuilles spéciales ont eu à s’occuper de M. Simonet, qui venait •d’y achever des travaux de menuiserie des plus appréciés.
- Nous eûmes alors la curiosité de visiter l’usine de M. Simonet et de lui demander des renseignements sur les différentes grandes entreprises qu’il a eu à diriger jusqu’à ce jour.
- M. Simonet a bien voulu faire droit à notre requête ; nous sommes heureux de publier ici les notes qui vont suivre et qui montreront quelle quantité considérable de travail, d’intelligence et d’énergie doivent dépenser nos entrepreneurs quand ils veulent mener à bien les grandes œuvres que l’Etat ou l’industrie privée leur confient.
- M. Simonet succéda, en 1861, à M. Mary, dont la maison, l’une des plus importantes de cette époque, avait pris part aux grandes constructions de l’hôtel du ministre des affaires étrangères et des nouveaux bâtiments du Louvre. En 1863 il réunit cette maison à celle •de son père, alors entrepreneur de l’hôtel des Invalides.
- Ce fut en 1875 qu’il succéda à. M. Alfred Pascal, que la mort surprit au moment des grands travaux du nouvel Opéra.
- , La direction des Bâtiments civils et Palais
- nationaux a chargé M. Simonec d’exécuter des travaux de construction ainsi que des travaux d’art et d’ameublement pour le palais d’Orsay, l’Institut, le Palais-Royal, le Palais Bourbon, la manufacture de Sèvres, l’Ecole polytechnique, l’Ecole normale supérieure, le nouvel Opéra, l’Opéra-Comique, la Comédie-Française, etc., etc.
- M. Simonet a été désigné pour les construc-
- ditions les plus favorables, de nouveaux outils pour l’usage desquels il n’a rien négligé, cherchant surtout à ne pas diminuer le genre et la somme de travail qu’il convient de laisser faire à la main exercée de bons ouvriers.
- Depuis deux mois une école professionnelle de dessin a été ouverte à tous les employés et ouvriers de M. Simonet. Il a voulu créer une institution aussi complète que possible en y faisant participer tout son personnel dirigeant.
- Nul doute que M. Simonet ne soit largement récompensé de sa généreuse initiative par le dévouement des jeunes élèves qui plus tard deviendront de précieux collaborateurs.
- En attendant, les conseils et les encouragements des éminents architectes et ingénieurs avec lesquels il se trouve en relations suivies ne-font que l’encourager à suivre la noble voie qu’il s’est tracée.
- Ce qui frappe le plus dans une visite à l’usine de M. Simonet est le profond attachement que témoignent tous les ouvriers à leur sympathique directeur.
- Nous n’en voulons pour preuve que les lignes suivantes qu’ils lui adressaient au moment d’une grève forçant bien des chefs d’usine de remercier la majeure partie de leur personnel.
- « Réunis dans une pensée « commune de gratitude envers
- , « leur patron qui
- a su,
- par de
- « grands
- efforts et de généreux
- SIMONET
- Dessin de M. Toussaint, d’après la photographie de M. Ch. Michelez,
- grands
- tions neuves et l’entretien des ministères des
- , de l’intérieur, de l’instruction du commerce et
- affaires étrangères
- de la guerre,
- des postes et télégraphes publique, de l’agriculture . des travaux publics.
- La Ville de Paris lui a confié les travaux construction du marché de la Vill Chaptal. Enfin, il vient d’être nommé
- et du collège
- gare
- djudi-Sai nt-
- cataire de la reconstruction de la Lazare.
- M. Simonet s’est toujours, à juste raison, préoccupé d’améliorer l’usage des outils mécaniques : il voyait là une des sources principales de la richesse de son industrie.
- Avec le concours de ses plus intelligents chefs d’atelier, il est arrivé à établir dans les con-
- « sacrifices, leur assurer du « travail en ces temps de crises « et par sa sage direction éviter « le désastre des grèves du bâti-« ment.... »
- En 1879, il a continué, malgré une crise intense et une grève presque générale, à donner du travail à plus de deux cents ouvriers.
- Récemment, enfin, pour ne pas priver de leur salaire la plus grande partie des ouvriers qui lui sont restés fidèles et dévoués, il n’a pas craint de faire, sur différentes entreprises, des rabais considérables, et cela au dépens de ses intérêts.
- M. Simonet se trouve largement récompensé par les preuves de reconnaissance qu’il reçoit de tous ceux qui travaillent sous ses ordres.
- Ce sont là des sentiments faisant honneur aussi bien à celui qui les fait naître qu’à ceux qui les témoignent. Nous nous félicitons d’avoir pu les faire connaître à nos lecteurs.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE.
- Dimanche 21 Novembre 1886.
- NUMÉRO 99.
- SOMMAIRE :
- !. Comité administratif de direction ; 2. Commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889 ; 3. La Ville de Paris et l'Exposition de 1889 ; 4. Nos gravures ; 5. Exposition de Barcelone ; 6. Spécimen des demandes d’admission à l’Exposition de 1889 ; 7. Échos; 8. Les récompenses aux Expositions; 9. Congrès des Chambres syndicales; 10. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 11. Le Théâtre à l’Exposition de 1889 ;
- 12. Les Livres ; i3. Les Théâtres.
- Dans notre dernier numéro, le nom de M. le comte Cahen d’Anvers a été placé sous le portrait de M. Chabrières-Arlès et vice-versa. Cette erreur, que nous regrettons, a été causée par la'grande rapidité que nous avons dû apporter à notre dernier tirage.
- --------=SSSi»^HS>-@-S5ü;S==--
- COMITÉ ADMINISTRATIF
- DE DIRECTION
- Séance du 16 novembre 1886
- PRÉSIDENCE DE M. EDOUARD LOCKROY j
- M. -Turquet, sous-secrétaire d’Etat aux beaux-arts,'M." le colonel Jung, chef du cabinet du ministre dé’la guerre et M. Tisserand, directeur de l'agriculture' assistent à la réunion, représentant les ministères de l’instruction publique et des beaux-art s,"dé la guerre, et de l’agriculture.
- M.'Turquet prend le premier la parole, il fait connaître les'intentions du ministre de l’instruction publique. j
- : En ce qui concerne les beaux-arts, le ministre accepte le palais tel que l’a conçu M. Alphand.
- Dans ce palais, on organisera une exposition rétrospective des beaux-arts depuis 1789 pour l’architecture, là-peinture et la sculpture.
- ; M.. Turquet demande un palais spécial pour les manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de-Sèvrés^ et toute l'exposition de l’instruction publique.- '*
- Le ministère de l’instruction publique et des beaux-arts prendra à sa charge tous, les frais d’installation, de^gardiennage, etc.
- ' Au* point de vue de l’histoire rétrospective du théâtre,'M. Turquet a développé un projet qui a rencontré l’assentiment général.
- Sur les théâtres subventionnés on représenterait des pièces qui ont été refusées par la censure, depuis 1789, pour des questions d’actualité ou pour des raisons politiques. Beaucoup de ces pièces ont un réel intérêt au point de vue historique.
- Dans la journée, on ferait au Trocadéro des conférences sur les pièces représentées le soir.
- M. Turquet développe, en outre, l’idée d’organiser à la Sorbonne, pendant l’Exposition, une série de conférences sur la littérature du siècle.
- M. le colonel Jung a ensuite annoncé que, sur la demande de M. le ministre du commerce et de l’industrie, l’exposition rétrospective de toutes les armes et de tous les uniformes depuis l’origine de la
- Gaule qui devait être organisée en 1887 est reportée à 1889.
- A cette exposition sera jointe celle des défenses et des fortifications employées aux diverses époques.
- M. Tisserand, au sujet des expositions agricole et horticole qui seront placées sur le quai d’Orsay depuis la grande façade de l’Exposition jusqu’à l’esplanade des Invalides, s’est étendu sur l’organisation de ces expositions sans présenter de plan définitif.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANGES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances . de l’Exposition universelle de 1889 : s’est réunie vendredi, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort, M. Lockroy, ministre du commerce étant au Conseil des ministres.
- La commission a adopté le devis relatif au déplacement de la terrasse du Champ-de-Mars, des arbres, arbustes et terre végétale. Ce déplacement est nécessité par l’exécution des voies ferrées qui, conformément au traité signé par le ministre, doivent être prochainement exécutées. Les.arbres déplacés seront gardés en réserve pour servir à l’ornementation des jardins de l’Exposition.
- La commission avait reçu auparavant des explications au sujet des traités à intervenir pour la fourniture des verres destinés à la toiture du palais et des annexes, mais l’examen du traité
- préparé par le directeur des travaux a été renvoyé d’une part à la sous-commission des finances, la commission des q3 étant décidée à ne statuer que sur rapports ; il en a été de même au sujet de l’examen des questions soulevées pour la publication des catalogues de l’Exposition.
- Le directeur général de l’exploitation a été invité à renouveler devant la sous-commission les observations présentées par lui à la commission de contrôle et de finances et à les compléter par la présentation des diverses formes dans lesquelles pourrait se présenter l’adjudication ou la fourniture à forfait des catalogues.
- La commission a décidé, d’ailleurs, de ne se prononcer sur les questions spéciales qui engagent une portion du crédit qu’après un examen attentif du budget, chapitre par chapitre, article par article ; cet examen est remis à la prochaine séance.
- A son sujet, MM. les directeurs généraux ont été respectivement invités à fournir des rensei-
- gnements détaillés.
- Le total des souscriptions recueillies pour la formation du capital de garantie s’élève en ce moment à 23 millions.
- LA VILLE DE PARIS
- E T
- L’EXPOSITION DE 1889
- Le préfet de la Seine a nommé membres de la commission spéciale instituée à l’effet d’étudier les questions relatives à la participation, comme exposante, de la ville de Paris à l’Exposition internationale universelle de 1889 ; MM. Delcamp, directeur des finances ; Peyron, directeur de l’administration générale de l’assistance publique ; Coustou, colonel du régiment des sapeurs-pompiers de Paris.
- NOS GRAVURES
- M. Vigreux
- Chef du service mécanique et électrique à l’Exposition de 1889, âgé de 45 ans, ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures, promotion de 1860, professeur de mécanique à l’Ecole centrale des arts et manufactures, membre du Comité de rédaction du journal le Génie civil, chevalier de la Légion d'honneur.
- M. Monthiers
- Chef du service de la section française, âgé de 32 ans et demi, ingénieur, ancien élève de l’Ecole des minps ; a collaboré aux cartes et plans du ministère delà guerre, s’est occupé, sous la direction de M.~G. Berger, de l’Exposition d’électricité de 1881, commissaire pour la France aux Expositions d’Anvers et d’Amsterdam, chevalier de la Légion d’honneur. : î
- ' M. Emile Thurneyssen
- Secrétaire de la direction générale de l’exploitation de l’Exposition universelle de 1889, né le 4 octobre x856, s’est occupé de la dernière exposition d’électricité de l’observatoire, administrateur de la Compagnie générale transatlantique, membre et administrateur de la Société internationale des électriciens.
- EXPOSITION DE BARCELONE
- La semaine dernière, s’est réuni le comité français de l’Exposition universelle de Barcelone 1887-88 qui a nommé son bureau comme suit:
- Président: M. Gustave Sandoz.
- Vice-présidents : MM. Pelpel, Hottot, Leys.
- Secrétaires : MM. A. Goelzer, Vigneron, Biais, Franz-Caze.
- Toutes les demandes doivent être adressées au président du comité, 21, rue de Valois.
- Les plus hautes personnalités du commerce et de l’industrie parisiens font partie de ce comité.
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- SPÉCIMEN DES DEMANDES D’ADMISSION A L’EXPOSITION DE 1889
- ministère Département
- DU COMMERCE ET DE ^INDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Groupe n°
- SECTION FRANÇAISE
- Classe n°
- EXTRAIT DU RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- DEMANDE D’ADMISSION
- Je soussigné (i) demeurant à (2)
- demande à exposer les produits ci-dessous désignés (3) :
- pour l’installation desquels j’aurai besoin d’un emplacement correspondant aux dimensions suivantes (4) : _
- Largeur : Hauteur : Profondeur :
- Par la présente, je reconnais avoir pris connaissance du Règlement "générai ci y adhérer.
- Signature.
- (1) Noms, prénoms, raison sociale.
- (2) Indiquer le domicile exact dans les villes; spécifier soigneusement la commune, le canton et l’arrondissement dont dépendent les usines ou établissements isolés.
- (3) Donner le détail aussi complet que possible des produits proposés. Indiquer si l'on veut exposer des machines ou autres objets exigeant des fondations, des constructions spéciales, et fournir autant que possible un croquis annexé de ces fondations ou constructions avec leurs cotes. Dans le cas où l’on voudrait exposer des appareils exigeant l’emploi de l’eau, du gaz ou de la vapeur, on est prié d’indiquer quelle quantité et quelle pression de gaz ou de vapeur seront nécessaires. Si l’on veut mettre des machines en mouvement, il est essentiel de faire savoir quelle sera la vitesse propre de chacune d’elles et la force motrice dont elle aura besoin, exprimée en chevaux-vapeur.
- (4) Çes dimensions doivent comprendre celles des vitrines, meubles ou plates-formes nécessaires à l’installation des produits.
- Article 31
- Le Directeur général de l’exploitation pourra toujours faire retirer les produits de toute provenance qui, par leur nature ou par leur aspect, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but ou les convenances de l’Exposition.
- Article 32
- Les demandes d’admission de Paris et du département de la Seine devront être envoyées directement au Ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général à Paris, quai d’Orsay, 2 5, ou au Directeur général de l’exploitation, rue de Varenne, 80.
- Celles des départements seront recueillies par les soins des comités départementaux, qui les feront parvenir aux mêmes adresses.
- Toutes les demandes françaises ainsi centralisées seront soumises, par classes, à l’examen de Comités d’admission nommés par le Ministre et statuant en dernier ressort.
- Il est essentiel que toutes les demandes soient remises dans le plus bref délai.
- Les formules imprimées de demandes d’admission seront mises gratuitement à la disposition du public :
- i° A Paris : au Ministère du commerce et de l’industrie, quai d’Orsay, 2 5, et boulevard Saint-Germain, 244, aux bâtiments d’administration de l’Exposition (avenue de la Bourdonnaye et rue de Varenne, 80), au Tribunal et à la Chambre de commerce;
- 20 Dans les départements : aux Préfectures, Sous-préfectures, Chambres de commerce, Tribunaux de commerce, Chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités départementaux ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auront désignés.
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- Deuxième Année. — N°
- 99-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 21 Novembre 1886. — 395.
- Dans notre dernier numéro, sur la liste des membres du comité départemental de l’Ailier, nous avons porté M. Ville comme miroitier, c’est minotier qu’il faut lire.
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- Les dessins publiés dans notre dernier numéro ont été faits d’après les photographies de M. Appert.
- ÉCHOS
- Paris
- La troisième exposition internationale de Blanc et Noir aura lieu dans le courant de mars 1887.
- On nous annonce également pour le premier de l’an, l’apparition sous le titre de : « Le Blanc et Noir, d’une nouvelle revue artistique qui sera tout à la fois l’organe officiel des expositions internationales dont elle porte le nom, et une revue générale de l’enseignement des arts du dessin.
- * *
- L’exposition des œuvres d’art offertes pour la Tombola de Claude Lorrain est actuellement installée au Palais de l'Industrie, porte n° 1, où elle restera ouverte jusqu’au jeudi 25 novembre, jour fixé pour le tirage de la Tombola.
- La commission du budget réunie à l’Hôtel de Ville a voté, sur la proposition de M. Dépassé, rapporteur de la cinquième commission, un premier crédit de 30,000 francs pour les études relatives au monument de la Révolution française.
- M. Mesureur et plusieurs autres membres ont pris la parole : ils ont exprimé l’espoir qu’après ce premier vote le gouvernement, de son côté, 11e •tarderait pas à faire connaître ses résolutions.
- Le Conseil municipal, ratifiant cette décision de sa commission, a voté une somme de 30,000 fr. sur son exercice de 1887.
- Les projets de concours du premier degré pour la décoration artistique de la mairie de Pantin ont été déposés lundi dernier à l’Hôtel de Ville.
- L’exposition de ces esquisses ouvre aujourd’hui •dimanche, 20 novembre et se prolongera durant 15 jours. Le jugement sera rendu le 30 courant.
- ETRANGER
- Allemagne
- Les travaux de la grande exposition internationale d'horticulture qui, ainsi que nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le dire, aura lieu l’année prochaine à Dresde, du 7 au 14 mai, sont très activement menés sous la direction de l’ingénieur Bertram.
- Les plans pour le pavillon central sont définitivement arrêtés. Il aura une superficie de 2,600 mètres carrés, auxquels viendront s’ajouter 4,000 mètres d’espace couvert dans les autres pavillons. Plusieurs serres seront aménagées pour la réception des plantes exotiques ou rares.
- Les adhésions et demandes d’emplacements .sont si nombreuses que le comité se verra probablement dans la nécessité de maintenir les délais primitivement fixés pour les demandes et les envois, c’est-à-dire le 15 mars pour les plantes de pleine terre ou exposables à 1 air libre, le 15 avril pour les plantes de serre. Le dernier délai pour les constructions horticoles expire le 1er janvier, tous les travaux devant prendre fin le 1er avril.
- La section spéciale réservée aux _ machines et instruments d’horticulture et d’agriculture sera installée dans un grand hall. Elle sera une des plus intéressantes de cette exposition, lapremière de ce genre pour l’importance et le nombre des exposants.
- *
- * *
- La Société d’agriculture d’Allemagne prépare pour l’année prochaine,' à l’occasion de sa réunion o'énérale, une ' exposition générale agricole, à laquelle figureront les races chevaline, bovine, ovine, porcine, ainsi que les produits agricoles et les machines d’agriculture.
- Cette exposition, la première qui ait jusqu’ici été organisée pour toute l’Allemagne, aura lieu à Francfort-sur-ie-Mein, du 1) au 13 juin 1887.
- *
- Deux intéressantes expositions ont eu lieu dernièrement à Cologne.
- La première était consacrée aux travaux des élèves de l’école professionnelle, la seconde à l’art oriental.
- * *
- La cérémonie de clôture de l’exposition jubilaire des beaux-arts de Berlin a eu lieu le 31 octobre
- sous la présidence de M. de Goszler, ministre de l’instruction publique.
- Après un discours du président de l’Académie, professeur Karl Becker, le conseiller intime, docteur Zollner, a exposé la situation financière, qui est des plus satisfaisantes et dont voici du reste le résumé.
- L’Exposition a eu une durée de 162 jours. Il a été délivré, durant cette époque, 1,200,090 entrées, plus 10,000 cartes permanentes.
- Les objets exposés étaient au nombre d’environ 3,500 et ies ventes ont atteint le chiffre d’un million. L’Etat figure dans ce chiffre pour des achats s’élevant à un total de 160,000 marks.
- Les recettes se sont élevées à 660,000 marks et il convient d’ajouter à cette somme, 160,000 marks fournis par les subventions de l’Etat, de la Ville et de l’Empire.
- L’excédent de recettes sera consacré à la création d’une caisse de secours pour les artistes.
- *
- * *
- Angleterre
- Une Exposition industrielle qui attire en ce moment toute l’attention des intéressés, ouvre jeudi prochain, 25 courant, à Burnbank Hall, Glasgow.
- La plupart des grandes maisons de l’Ecosse y seront représentées et rien ne sera, dit-on, négligé pour multiplier les grandes attractions en vue de l’amusement et de l’instruction du visiteur.
- Un réel succès est probable.
- *
- * •¥
- M. Ellis Lever, dans une lettre qu’il adresse au Irish Times, préconise l’organisation à Dublin, pour l’année prochaine, d’une grande exposition internationale. Convaincu que le jubilé de la reine attirera une affluence énorme de visiteurs de tous les pays du monde dans le Royaume-Uni, il croit que les habitants -de la capitale irlandaise n’auraient qu’à se féliciter d’avoir suivi son conseil.
- Il offre à tous les intéressés de se grouper rapidement et promet son concours actif avec une souscription personnelle de 1,000 livres sterling.
- L’Exposition coloniale et indienne a été close le 10 novembre, sans aucune cérémonie.
- O11 dit maintenant que sur le désir exprimé par la reine et le prince de Galles, l’Exposition rouvrirait au mois de juin 1887.
- *
- H- ¥
- Le chiffre total des visiteurs à cette Exposition a été depuis l’ouverture (4 mai) de 5,550,740 soit une moyenne de 33,846 visiteurs par jour.
- Des Expositions précédentes, aucune n’avait atteint des chiffres aussi élevés.
- En voici, du reste, le tableau :
- EXPOSITION DE PECHERIES ( I 883)
- Total des visiteurs Moyenne par jour
- 2.703.051 18.387
- EXPOSITION D’HYGIÈNE (1884)
- 4.153.390 27.505
- EXPOSITION DES INVENTIONS ( 1885)
- 3.760.581 23.071
- *
- * *
- L’Exposition internationale d’Edimbourg a été close le 30 octobre, après une durée de six mois.
- Elle avait reçu en tout 2,760,632 visiteurs, soit une moyenne quotidienne de 10,233 personnes ; hebdomadaire, de 115,401 ; mensuelle, de 461,605.
- Le succès de cette entreprise a dépassé toute attente.
- L’excédent de recettes n’est pas moindre de 17,000 livres.
- *
- * *
- Le prince de Galles, dans une lettre qu’il adressait ces jours derniers au maire de Windsor, rappelait sa correspondance avec le Lord-Maire de Londres et l’ouverture à Mansion House d’une souscription pour l’organisation dans la métropole britannique d’un institut impérial des Indes et des Colonies. On sait qu’il s’agit de célébrer, par cette fondation, le jubilé de la reine.
- S. A. le prince de Galles préconise l’organisation de comités locaux pour mener à bonne fin cette grande entreprise.
- *
- * ¥
- La vingt-sixième Exposition du Glasgow insti-tute of jine Arts ouvrira le 1er février prochain et fermera à la fin d’avril. Elle ne comprendra que des tableaux à l’huile.
- Les artistes français devront déposer leurs, œuvres, le 13 décembre au plus tard, chez MM. Guinchard et Fourniret, 76, rue Blanche, à Paris.
- Adresser toutes communications au Secretary of tlie Glasgow institute of fine Arts, à Glasgow.
- *
- * *
- Autriche-Hongrie
- La Société des beaux-arts de Buda-Pesth a
- célébré, il y a quelques jours, le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation.
- L’Exposition organisée à cette occasion a été ouverte par une allocution de l’empereur, qu’ont souvent interrompue des acclamations enthousiastes.
- * *
- Chine
- Un comité consultatif du commerce français ou protégé français a été institué à Shang-Haï, par les soins du consulat général de France.
- Voici quelles sont les attributions principales de ce conseil :
- Il présente ses vues : 1° sur les améliorations à introduire dans toutes les branches des diverses législations commerciales ; 2° sur l’exécution des travaux et l’organisation des services publics qui peuvent intéresser le commerce et l’industrie, tels que travaux de ports, transports par eau ou par voie ferrée, postes et télégraphes, lignes de steamers subventionnées, etc. Il fait connaître les usages commerciaux du pays et les modifications qui s’y produisent. Il encourage la création d’écoles ou d’associations en vue de l’enseignement et de la diffusion de la langue française. Il signale et décrit les divers procédés d’achat et de vente employés par les négociants étrangers de Chine ainsi que les fraudes qui peuvent être commises au préjudice du commerce français et protégé français. Il pourra faire connaître le résultat de ses travaux soit par une correspondance régulière, soit par un bulletin périodique imprimé. Il s’interdit la discussion de toutes questions étrangères aux intérêts industriels et commerciaux. Il est administré par un conseil composé de six membres élus en assemblée générale.
- La présidence de ce comité appartient de droit au consul général de France.
- * *
- Pays-Bas
- On lit dans le Journal des Arts :
- L’Exposition d’aquarelles actuellement ouverte à Amsterdam est Certainement une des expositions de ce genre les plus importantes qui aient eu lieu dans cette ville depuis bien des années. Elle n’est pas trop nombreuse, et presque tous les ouvrages exposés sont d’une incontestable valeur.
- Nous y trouvons représentés la plupart des grands peintres . dont la Hollande contemporaine a le droit d’être fière : Israëls, Nenhuys, Mauve, Maris, Roelofs, Bosboom, etc.
- Cette exposition, qui restera encore ouverte pendant quelques semaines, mérite toute l’attention des amateurs.
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- Nous insérons volontiers la communication suivante, qui traite d’une question dont'on ne s’est peut-être pas assez préoccupé dans les expositions précédentes, mais qui, croyons-nous, a sa solution toute marquée parmi les nombreuses améliorations que l’on réalisera en 188g, la date par excellence de tous les progrès.
- Nous accueillerons avec plaisir toutes les communications que nos lecteurs voudront bien nous envoyer, et qui tendront au but cherché : assurer la complète réussite de l’Exposition, sa Donne organisation, et satisfaire tous ceux qui, à un titre quelconque, auront contribué à son succès.
- LES
- RÉCOMPENSES aux EXPOSITIONS
- Au moment où se poursuit avec une louable activité', sous l’intelligente direction de M. Edouard Lockroy et des habiles collaborateurs dont il a su s’entourer, le travail d’organisation de l’Exposition de 1889, travail étendu, laborieux et complexe, s’il en fût, même pour des hommes dont la compétence et l’expérience sont incontestables et incontestées, il nous semble opportun d’étudier ici, ou plutôt d’esquisser en peu de mots, une de ces questions spéciales qui, dans la sphère de leur importance, sont comme les pierres d’assise de toute entreprise sérieuse et concourent à la perfection du résultat général.
- Il faut que tout ce qui s’intéresse à la grandeur de la France, à la réussite de ses entreprises apporte ses idées particulières, son opinion réfléchie à la somme de travail commun, et de ces efforts combinés naîtra da vérité, vérité relative, soit, ou pour mieux dire, ce mieux que chacun
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- Dimanche 21 Novembre 18S6.
- — Deuxième Année. — N° oq.
- LE MONITEUR DE E^pOSlTION DE
- 1889.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- DIRECTION GENERALE DE L’EXPLOITATION
- M. Emile THURNEYSSEN Secrétaire général de la Direction
- M. MONTHIERS
- Chef de service de If- Section française
- M. VIGREUX
- Chef du service électrique et mécanique
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- 598. — Deuxième Année. — N° 99.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 21 Novembre 1SS6.
- s’efforce de réaliser selon l’inéluctable loi de progrès qui nous régit et nous gouverne pour ainsi dire à notre insu. De la discussion, du choc des idées, naît cette lumière finale, à la lueur de laquelle on marche sans hésitations, sans aléa, sans risques vers le but cherché.
- C’est ce mieux que cherchent dans la voie qu’ils se sont tracée à priori, pour faciliter leurs efforts, dans l’ébauche qu’ils se sont faite de la marche à suivre, les organisateurs de notre exposition, etc’est pour les aider dan$ cette tâche, autant que le permettent nos faibles moyens, que nous désirons soumettre à leur haute appréciation, à leurs sages critiques, une question qui n’est pas sans intérêt, celle des récompenses dans une exposition. Et nous traiterons cette question au point de vue spécial de l’équilibre qui doit, à notre avis, exister entre le mérite de l’exposant et la récompense qui lui échoit comme prix de ses efforts, comme encouragement à les poursuivre.
- Nous ne referons pas ici l’historique des différents systèmes suivis par les jurys dans la distribution des récompenses aux différentes expositions, tant d’intérêt général que d’intérêt local, tant nationales qu’internationales et universelles.
- Un tel travail, quelque intéressant qu’il pût être, et il le serait certainement, serait trop vaste et s’étendrait bien au-delà des limites que nous pouvons nous permettre ici. Le cadre que nous nous sommes tracé ne nous autorise pas à reporter nos regards vers le passé ; il doit nous suffire de considérer l’avenir et d’indiquer les desiderata qu’ont entrevus les hommes compétents et que nous croyons bon de signaler, forts que nous sommes de leur autorité.
- Contentons-nous de dire qu’à chaque exposition, nous parlons bien entendu des plus importantes, le jury semble avoir suivi un système particulier en décernant les médailles et récompenses aux exposants qui avaient attiré son attention.
- A Philadeli hie, par exemple, en 1876, toutes les récompenses de première classe se traduisaient par l’octroi d’une médaille de bronze, accompagnée d’un rapport spécial ou d’un certificat.
- En 1878, à Paris, on avait mis à la disposition de chaque jury un certain nombre de médailles d’or, d’argent, de bronze et de mentions honorables, et comme chaque nation exposante avait un représentant dans le jury, il s’ensuivit cette tendance générale, de partager les médailles d’or entre tous les pays. On conçoit qu’avec un tel système, les qualités particulières des objets exposés comparés entre eux n’eurent souvent que peu de poids dans la balance.
- P2n 1880, à Melbourne, on suivit une nouvelle méthode. Voici le raisonnement que s’étaient fait les organisateurs. Toutes les industries n’ayant pas au point de vue général du progrès universel la même importance, il convient de ne pas attribuer indifféremment à chaque classe des récompenses de même valeur.
- On s’attachera donc surtout à considérer dans quelle mesure l’industriel exposant a acquis des titres à la reconnaissance ou à l’admiration de son siècle, non pas au point de vue de la valeur intrinsèque de ses productions, mais au point de vue de l’importance de son industrie et on déterminera pour chaque catégorie d’industrie quel ordre de mérite il convient de lui assigner.
- La commission ayant donc créé des médailles d’or et d’argent et de bronze, le. jury les distribua de la manière suivante. Les médailles d’or dans trois cas :
- i° Pour l’application de principes nouveaux et utiles, pour la production de machines perfectionnées, de première utilité, pour tous les objets offrant de grandes qualités quant à la fabrication, à l’invention et au dessin ;
- 20 Pour les objets d’art ;
- 3" Pour tous les produits industriels de grand mérite.
- Les médailles d’argent et de bronze étaient réservées, ainsi que les certificats, pour les objets de moindre importance.
- Chaque objet, chaque groupe se subdivisait en plusieurs ordres de mérite, premier, second et ainsi de suite jusqu’à cinq; avec cette différence que dans certaines sections le premier en ligne,
- quelquefois le seul ordre de mérite, était le quatrième ou même le cinquième.
- Seul, le premier ordre de mérite reçoit des médailles ; mais celles- ci peuvent être, selon l’importance de l’industrie, d’or, d’argent ou même de bronze, quelquefois encore un simple certificat.
- Ce système d’un nouveau genre reçut l’approbation unanime des commissaires étrangers. C’est en effet, croyons-nous, le olus juste, le plus équitable qui ait été suivi ; c’est celui qui, au point de vue purement moral est le meilleur, car il rehausse le mérite des hautes récompenses sans rien diminuer de la valeur des autres.
- Quel déshonneur y aurait-il en effet pour un industriel à ne remporter qu’une médaille de bronze si c’est là la plus haute récompense de sa classe.
- Il y a là, croyons-nous, un sujet fertile d’études pour les hommes compétents, pour les pouvoirs publics.
- Les expositions sont des tableaux synoptiques, des revues périodiques du progrès. Il est nécessaire que chaque industrie y soit à son rang, y occupe la place qu’elle mérite dans l’estime des foules, dans la sollicitude des jurys, et le système inauguré il y a six ans en Australie est jusqu’ici celui qui réalise le mieux le desideratum que nous nous sommes efforcés de développer.
- Ch. Hess.
- CONGRÈS
- DES CHAMBRES SYNDICALES
- Les Chambres syndicales ont acquis depuis longtemps, à Paris, une grande influence.
- Depuis que la loi de 1884 a reconnu leur existence légale, il s’est créé en France un certain nombre de ces institutions libres, représentation directe du commerce et de l’industrie.
- Il s’est créé également en France un certain nombre d’unions de Syndicats, en même temps que le besoin de représentation et de défense des intérêts commerciaux et industriels français faisait naître à l’étranger l’idée syndicale, sous la forme de chambres de commerce françaises ayant, comme nos chambres syndicales, un but élevé : le développement de l’industrie nationale.
- Pour atteindre ce but, l’accomplissement d’un grand nombre de progrès et de réformes économiques est nécessaire.
- Les chambres syndicales de Paris se sont, depuis plus de 25 ans, consacrées à cette tâche. Toutes les grandes questions d’intérêt général, commercial et industriel, ont été étudiées par les syndicats parisiens réunis en groupe ou unis en un seul faisceau.
- Les récentes solutions dans l’ordre économique proviennent toutes de leur initiative compétente et de leur énergique persévérance.
- Mais beaucoup de progrès restent à accomplir ; malgré leurs efforts, un grand nombre de réformes restent encore à réaliser.
- L'Union nationale du commerce et de l’industrie a pensé que, — si les chambres syndicales de Paris, qui ont conquis, par les services rendus, une autorité et une expérience auxquelles les pouvoirs publics font constamment appel, — les résultats obtenus seraient accrus dans des proportions considérables par l’accord de tous les syndicats de France se prêtant un mutuel appui.
- Les syndicats étrangers à la capitale trouveraient dans cet appui la force et l’autorité nécessaires pour faire entendre leur voix à Paris, centre d’action d’où ils sont éloignés ; — nos compatriotes à l’étranger, un moyen d’entente sur la question vitale et patriotique de l’expansion des produits français au dehors, et des défenseurs pour l’abaissement de toutes les barrières qui paralysent cette expansion nécessaire à l’industrie nationale.
- Enfin, il a semblé que, lorsque les délégués de tous les syndicats et de toutes les associations libres représentant l’industrie et le commerce de la France, réclameraient une réforme reconnue indispensable, cette réforme serait forcément et promptement obtenue du Parlement et des pouvoirs publics.
- C’est le développement de cette idée utilitaire, sans autre préoccupation que l’intérêt général et supérieur des forces productives de la nation, qui a inspiré à l’Union nationale la convocation d’un Congrès destiné à l’étude en commun et à la réalisation de toutes les réformes urgentes dans l’ordre économique.
- Nous espérons que cet échange d’idées entre des hommes indépendants, élus par leurs pairs, animés du désir d’être utiles, amènera l’union sincère, féconde en résultats,'d’institutions libres fondées dans le seul but de rendre hommage au travail, et
- d’augmenter la prospérité commerciale et industrielle du pays.
- PROGRAMME
- Le Congrès aura lieu à Paris, au siège de l’Union nationale, hôtel des chambres syndicales, rue de Lancry, 10.
- Il comprendra :
- i° Les délégués de toutes les Chambres syndicales de France qui auront adhéré au congrès;
- 20 Les délégués des Unions et des Syndicats ;
- 3° Les délégués des chambres de commerce françaises à l’étranger ;
- 40 Les délégués des Sociétés commerciales et industrielles.
- Chacune de ces institutions pourra être représentée, à sa convenance, par un, deux ou trois délégués.
- Les fonctions de délégués seront purement honorifiques, et n’entraîneront aucune cotisation.
- Le congrès se divisera en cinq sections, comprenant l’étude des questions dont le détail suit, et toutes les questions non comprises au programme mais qui seraient reconnues utiles au commerce et à l’industrie.
- Il s’ouvrira par une réunion générale, le mercredi 17 novembre, et se continuera les jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 novembre.
- Le 17 : Election du bureau du congrès — Election des bureaux des sections — Commencement des travaux des sections.
- Le 18 et 19 novembre : continuation des travaux des sections.
- Le 20 novembre : Clôture des travaux des sections. —- Assemblée générale. — Vote des résolutions adoptées par le congrès, et mesures à prendre pour leur exécution.
- Clôture du congrès.
- Première section. •—• Finances. —Contributions directes et indirectes. — Patentes. — Droits sur les boissons, alcools, etc. — Octrois. — Question de la réforme du système des impôts. — De l’impôt unique.— Banques. — Tarifs dédouané. — Entrepôts.— Docks. — Magasins généraux.
- Deuxième section. —Transports—Des différents modes de transports. — Systèmes de tarification.
- — Transport des voyageurs et des marchandises.
- — Tarifs spéciaux. — Abonnements. — Tarifs à prix réduits. — Réduction pour les voyageurs de commerce et les échantillons. — Colis postaux. — Délais d’expédition. — Rssponsabilités. — Avaries.
- — Transports par canaux. — Transports fluviaux.
- — Marine marchande. — Postes. —Télégraphes. — Téléphones.
- Troisième section. —Exportation — Importation. — Mesures à prendre pour le développement du commerce français à l’extérieur et pour l’expansion des produits de l’industrie française à l’étranger. — Traités de commerce. — Du préjudice causé par les mesures restrictives à l’importation et à l’exportation des produits alimentaires. — Musées commerciaux et industriels. — Expositions flottantes. — Expositions industrielles françaises et étrangères, nationales, internationales et Universelles. — Consulats. —• Modification du service consulaire au point de vue commercial.
- Quatrième section. — Législation commerciale et industrielle. — Tribunaux de commerce. — Arbitrages et expertises gratuites (art. 429 du code de commerce). — Conciliation en matières commerciales. — Réforme de la loi sur les faillites. — Chambres de commerce. — Conseils de Prud’hommes. — Modification des lois qui régissent cette magistrature industrielle. — Syndicats professionnels. •— Propriété industrielle et commerciale. — Brevets d’invention. — Marques de fabrique. —• Concurrence déloyale. — Législation française, étrangère et internationale. — Assurances commerciales.
- Cinquième section. — Economie industrielle et commerciale. — Apprentissage. — Contrats. — Enseignement technique et professionnel. — Moyens pour développer cet enseignement. — Ecoles industrielles et commerciales. — Relations avec les chambres syndicales d’employés et d’ouvriers. — Accidents de fabrique. — Institutions de prévoyance.
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- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANGE
- (Suite.)
- X
- (Voir le Moniteur du 10 octobre 1886)
- Le Journal des Débats est une des créations les plus originales de la Révolution. A la fois politique, parlementaire et littéraire, il faisait aussi une large place à 1 information. Pendant longtemps, l’Euorpe s’est complue à ne juger la presse française que par la seule lecture des Débats. Ce système d’appréciation choque par son exclusivisme. Cette
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- Deuxième Année, — N° 09.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE îSSq.
- Dimanche 21 Novembre 1886. — 899.
- feuille n’a jamais représenté que la moyenne des idées courantes. Aujourd’hui encore, son autorité est grande ; mais le Ternes lui fait une concurrence fort gênante.
- La Révolution française, en effet, avec son ardent mouvement d’idées, son caractère profondément philanthropique et humanitaire, son esprit de réforme politique devait, plus que tout autre régime, porter la puissance de la presse à son plus haut degré. Avant le bâillonnement du journal, si brutalement opéré par le Consulat, nous avons à signaler une transformation complète du journalisme politique. De 1789 à 1800, c’est-à-dire en moins de onze années, ce ne fut pas moins de 1,400 journaux qu’on fonda en France. La seule année 1789 en vit naître 25o. Pour trouver une telle richesse de production gazetière, un tel bouillonnement de copie, il faudra nous reporter aux jours sombres de 1848. Encore ne sommes-nous pas sûrs que la seconde République l’emporte sur la première.
- C’est la Révolution qui a créé, pour ainsi dire définitivement, la presse politique française. Les journalistes du xvni® siècle n’avaient été, pour la plupart, que des écrivains de revue. Dans ce monde, plein de vigueur et de talent, Voltaire avait été dieu ;’Diderot et d’Alembert étaient ses prophètes. Mais Y article politique, l’article entièrement consacré à des matières d’économie sociale et politique, n’existait pas. Ce ne sont pas les gouvernements autoritaires de Louis XV et de Louis XVI qui l’eussent toléré. Les écrivains parlaient philosophie, critique et littérature tout à leur aise. Mais il est probable que si Diderot eût sévèrement apprécié la formation d’un de ces cabinets que Mrae de Pompadour ou Mmo Du Barry combinaient elles-mêmes, on l’eût envoyé faire un tour à la Bastille. Fréron et Geoffroy, journalistes de premier ordre, se renfermèrent exclusivement dans la critique. Pour briser le moule étroit du journalisme, il ne fallut rien moins que la prise de la Bastille et la voix puissante de Mirabeau.
- Dès le 2 mai 1789, Mirabeau réclamait la liberté ' de la presse. On sait avec quelle ardeur il fut suivi et encouragé dans cette campagne, qui se termina par le triomphe complet des idées libérales. Toute une école de journalisme politique devait naître à la suite de ce grand acte parlementaire. Danton, Marat, Robespierre, Camille Desmoulins, Mme Rolland, — nous citons ces noms sans nous préoccuper d’établir des distinctions de talent ou d’opinions, — mirent leur plume au service du mouvement révolutionnaire. U Ami du peuple, le Vieux Corde-lier, le Journal des révolutions de France et de Brabant, la France libre, etc., sont les types les plus caractéristiques de cette presse, née des besoins d’une époque tourmentée. De même que les différents noms cités plus haut sont comme autant de types d’hommes de lettres ou plutôt de publicistes.
- Si le lecteur le permet, nous allons rapidement esquisser ces silhouettes historiques. Danton, orateur de grand talent, s’était jeté à corps perdu dans la tourmente révolutionnaire. Avocat, puis avocat au conseil du roi, sous l’ancien régime, il prit la plume un des premiers pour la défense du nouvel état de choses. Son style est âpre, mordant, pittoresque, plein d’une singulière éloquence. Ses discours à la Convention sont plus âpres et plus mordants encore. Danton a, dans la pensée, quelque chose du tour concis et fougueux de Pascal. Il rappelle, avec plus d’image et plus de couleur, les Provinciales. On peut dire de Danton qu’il a eu la chance rare d’assister au triomphe et au complet épanouissement de ses idées. Ministre de la justice, il a mené les affaires de ce département avec toute l’énergie, toute l’audace qu’il recommandait aux autres. 11 mourut, on le sait, en laissant la réputation méritée d’un homme d’action et d’un écrivain de talent.
- Marat appartient à une école fort éloignée de celle de Danton. Il avait débuté par des études scientifiques qui le conduisirent à l’emploi subalterne de vétérinaire des écuries du comte d’Artois. U Ami du peuple, fondé sous la Révolution, est l’organe par excellence du radicalisme. Rien de plus pénible à consulter que ce recueil de déclamations violentes et fougueuses, de plaintes contre la société et l’humanité. Chose étrange, et qui dénote chez Jean-Paul Marat un côté professionnel assez rare en ce temps-là, il aimait passionnément son métier. Mais Marat n’a rien laissé de durable. Ses meilleurs articles se font remarquer par une incorrection brutale du langage et un mépris peu dissimulé pour la syntaxe. Peu de morceaux de lui sont à citer.
- Le plus grand journaliste politique de l’époque est encore Camille Desmoulins. Elevé dans l’amour des lettres et de l’antiquité, il a laissé, avec le Vieux Cordelier, un monument d’excellente prose. Des-moulins était né à Guise, et fut quelque temps avocat au bailliage de Vermandois. Son pamphlet de la France libre lui donna tout de suite la réputation. Et de fait, on n’avait pas encore lu de pages aussi éloquentes contre les abus de l’ancien régime. Le jeune avocat eut pour amis Mirabeau et Robespierre. Plus tard, il siégea sur les bancs de la Convention. Le Vieux Cordelier, son journal, est le plus curieux de tous ceux publiés à cette époque.
- La langue de Camille Desmoulins est claire, élégante et nerveuse; elle a toute la verdeur de style de la Satyre Ménippée. Quant à Mme Roland, elle a laissé des Mémoires d’un style qui n’a pas vieilli. On sait que c’est elle qui rédigea la fameuse lettre du ministre Roland à Louis XVI.
- Un peu avant l’arrivée de cette école, un grand organe avait été fondé. Dès le 29 août 1789, Beaudoin, imprimeur de l’Assemblée nationale, créa le Journal des Débats pour rendre compte des séances de cette assemblée. En 1799, les frères Bertin devinrent acquéreurs de cette importante feuille qui, depuis, n’est pas sortie des mains de la famille Bertin.
- T. M.
- (A suivre).
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- (Voir le Moniteur du i y octobre 1886).
- Dès qu’il y a eu œuvre, il y a eu cabale pour la discréditer.
- La cabale à Rome était presque une institution nationale. Plaute et Térence font à chaque instant allusion, dans leurs comédies, aux inimitiés dont ils avaient à triompher. Inimitiés qui se manifestaient avec une virulence qui ne le cédait en rien à celle qui caractérisa la lutte des romantiques et des classiques. Et les cunci de Rome furent souvent le théâtre de charivaris aussi orageux que celui du parterre des Français à la première représentation d'Hernani.
- Neve ambitionis causa extrudantur foras,
- Quo détériores anteponantur bonis,
- dit Plaute dans le prologue du Pœnulus. Mais, dans l’espèce, les acteurs surtout étaient en cause. Térence, dans le prologue de Y Eunuque, se plaint amèrement des attaques dont il est l’objet sans cesse. Il s’en plaint aussi dans le prologue de YAn-drienne et dans celui de Heautontimorumenos. Et il commence celui des Adelphes delà même façon:
- Postquara poeta sensit, scripturam suam,
- Ab iniquis observari, et adversarios,
- Rapere in pejorem partem, quant acturi sumus.
- Enfin, dans tous les prologues de ses pièces, le mot de cabale revient avec un douloureux écho.
- Au xviie siècle, la cabale reparaît violente, passionnée. Jaloux du succès de Molière, les comédiens de l’hôtel de Bourgogne mettent tout en œuvre pour faire sombrer ses ouvrages.
- Et depuis et toujours, que de pièces attaquées, vilipendées furieusement, tombant avant même qu’on ait pu faire appel au jugement du vrai public : Henriette Maréchal, de MM. de Concourt, comme les Burgraves, de Victor Hugo, comme le Bouton de rose, de M. Zola, dans tous les genres, dans tous les styles, haine préconçue, forcenée, se déclarant à la première représentation, pour étrangler l’ouvrage. Aujourd’hui, la cabale agit surtout implicitement. On organise la conspiration du silence contre la pièce qu’il y aurait trop d’impudeur à attaquer avec préméditation. C’est certainement à des cabales sourdes de ce genre que deux pièces, deux chefs-d’œuvre, de M. Becque, les Corbeaux et la Parisienne, ont dû de passer presque inaperçues du gros public, qui leur eût fait fête à la moindre injonction de la réclame ordinaire.
- La cabale décrie l’ouvrage de l’ennemi, la coterie exalte celui de l’ami. La coterie, c’est le principe de l’admiration mutuelle dans un noyau d’un certain nombre d’affiliés.
- Nul n’aura de l’esprit hors nous et nos amis.
- L.a coterie cherche à se rendre puissante pour écarter du succès ceux qui ne sont pas de sa bande et se conserver le monopole de la faveur publique. La coterie dramatique triomphante veut accaparer le théâtre.
- Nolite sinere per vos artem musicam,
- Recidere ad paucos.
- réclame Térence auprès du public, dans le prologue de YHécyre.
- Et cela se continue à travers les âges. Au grand siècle, nous avons la querelle des partisans des anciens et des partisans des modernes; en i83o, les classiques et les romantiques ; aujourd’hui, les routiniers contre les naturalistes. Toujours la querelle de la tradition et de l’innovation, la lutte de l’original contre le poncif, des artistes sincères [et des ganaches encroûtées.
- Mais autrefois les passions littéraires et artistiques étaient presque seules en jeu. Aujourd’hui,
- à cette heure de scepticisme cynique, ce ne sont plus guère que des considérations pécuniaires dont il s’agit. La lutte est une lutte d’industries rivales-Le théâtre est accaparé par les puissants du jour, qui ont formé une vaste organisation, dénoncée il y a quelque temps sous le nom de constitution de svndicats. 11 y a convention implicite entre les directeurs de théâtres et certains noyaux d’auteurs. Il faut se faire préalablement admettre dans la phalange pour arriver. Ceci est l’histoire du collaborateur imposé, l’homme de théâtre expérimenté. Balzac avait eu l’idée d’une organisation immense, grandiose, de cette nature, l’accaparement absolu de tous les théâtres de, Paris, par un groupe d’associés de lettres. Cette idée à la fois géniale et ridicule, comme il en passait parfois dans le cerveau halluciné du grand penseur, n’a, bien entendu, jamais été réalisée dans son ensemble. iMais elle a reçu une application détournée, pour certains théâtres, entre certaines coteries.
- Ceci est d’une très dangereuse influence sur le niveau de l’art dramatique, qui baisse chaque jour, n’ayant pas suffisamment d’éléments de vitalité pour le relever. Les directeurs de théâtre ne veulent pas réagir. Ils se disent: après nous le déluge. Il y a une révolution à accomplir, un joug à secouer, le joug d’une puissance occulte qui opprime le théâtre. Et loin de là, les scènes qui devraient être les premières à se tenir en dehors des coteries et des influences, les scènes subventionnées, ne résistent pas à la contagion et au lieu de conserver leur indépendance, s’asservissent de plus en plus à la souveraineté des réputations surfaites et des autorités usurpatrices.
- On ne saurait trop le répéter, il y a un état de choses déplorable pour l’art et dont le gouvernement lui-même devrait se mettre en mesure de prémunir l’avenir, par l’établissement d’un théâtre où les jeunes talents pussent régulièrement se faire valoir. L’Odéon avait été créé dans ce but ; mais la constitution de son cahier de charges lui permet d’échapper à ses obligations artistiques, au bénéfice de son exploitation.
- Un théâtre de jeunes (et par jeunes nous entendons l’auteur dont l’œuvre est jeune, non forcément l’âge) est nécessaire pour infuser un sang nouveau à cet art dramatique, qui se meurt d’anémie .
- Le plaisir du théâtre constitue la plus délicate,, la plus raffinée des distractions. Aussi, de tout temps lui a-t-on opposé, lui a-t-on préféré même, toutes sortes d’autres éléments de fête et de plaisir d’un attrait plus grossier.
- Les Grecs, ce peuple à l’instinct puissamment artiste, placèrent, il est vrai, le théâtre avant tout, et, sous l’influence prépondérante d’Athènes, la vogue des représentations dramatiques l’emporta bientôt sur celle des jeux gymniques, icariens et autres luttes d’athlètes, pugilat, pancrace mis en honneur par Sparte, la ville des gymnasiarques. Mais à Rome, la faveur du théâtre est loin de pouvoir être comparée à celle dont jouissait le cirque ou l’hippodrome. Calphurnius donne une description féérique de la magnificence des spectacles que les empereurs romains offraient au public. L’arène du cirque convertie en forêt touffue, où courent mille autruches, mille cerfs, mille sangliers, mille daims qu’on abandonne à piller au peuple; le lendemain, l’hécatombe de cent lions, cent léopards, trois cents ours ; le jour suivant, combat de trois cents paires de gladiateurs ; puis l’arène inondée et sur une véritable mer ainsi formée, des batailles navales. On s’imagine avec quel enthousiasme devait se précipiter à ces exhibitions et ces tueries, cette plèbe féroce et inculte de Rome, ce public de badauds cruels auquel Térence reprochait dans le prologue de YHécyre d’avoir à deux reprises déserté en masse le théâtre pendant la représentation de sa pièce pour aller voir un pugiliste et un acrobate, puis des combats de gladiateurs.
- Quand le spectacle s’institua avec la civilisation chrétienne, le jeu scénique réel, le plaisir du drame, n’occupait pas la première place. C’étaient les cavalcades superbes, les déploiements fastueux de réjouissances luxueuses, les danses et les accompagnements de ripailles qui constituaient la véritable fête à laquelle la distraction du spectacle ne fournissait qu’un appoint modeste.
- Au grand siècle, il en est encore ainsi. Dans les relations des fêtes de Vaux et de Versailles, on voit que les représentations de Molière, toutes goûtées qu’elles soient, par ordre royal d’ailleurs, sont en réalité peu de choses dans l’ensemble d’attractions que présente la fête.
- Au fur et à mesure, le plaisir du spectacle s’est accentué et a conquis une importance particulière. C p.ndant, s’il a fini par occuper une situation
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 21 Novembre *886.
- prépondérante dans l’estime du public, il a encore de redoutables rivaux. O11 s’inquiète depuis quelque temps, à juste titre, de la vogue des cafés-concerts, lesquels arrivent à laire une véritable concurrence aux théâtres. Le café-concert, dont l’origine remonte au café Flamenco espagnol, n’était d’abord qu’une taverne où quelques musiciens, danseurs ou baladins quelconques venaient distraire les consommateurs. Le café-concert a pris rapidement~un~grand développement ; aujourd’hui il offre à ses clients un spectacle analogue à celui du théâtre, de qualité inférieure, mais à un prix plus modique, dans des conditions plus agréables pour le public, partant spectacle plus estimé par lui de jour en jour. Cette influence du café-concert, qui s’étend d’une manière terrifiante, produira bientôt, si l’on n’y prend garde, un abaisse-sement sensible du niveau de l’art dramatique. Enfin, l’institution des courses, qui elle aussi s’est développée d’une effrayante façon dans ces dernières années, a porté un coup violent au théâtre. Le nombre de gens qui vont régulièrement aux courses s’accroît chaque jour. Le public ordinaire ne peut consacrer qu’une certaine fraction de son budget à ces distractions. Adjugeant maintenant toute cette fraction (et même davantage puisqu’on perd toujours), aux plaisirs des courses, ce public ne peut plus s’offrir le plaisir du spectacle.
- Léon Gandillot.
- (A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXXIV
- A. Bardoux. — La Bourgeoisie française 1789-1848. — Un vol. iii-8. Calmann Lévy.
- Voilà un livre d’histoire politique et sociale qui a bien des qualités. Il ne fait pas dormir, il fait penser. Il est d’un auteur qui est un homme, à qui rien de ce qui est humain n’est indifférent ni étranger, et en qui la chaude parole, la cordiale étreinte, le sourire loyal, l’œil généreux, attestent avec un charme sympathique la race morale supérieure, ce que j’appellerai l’aristocratie d’humanité. Cet homme ainsi doué fait estimer, fait aimer les sujets qu’il traite avec une verve magnétique, un art de lettré et de raffiné en matière d’esprit et de sentiment, une éloquence naturelle et coulant de source, une sincérité évidente, une probité qui ne recule devant aucun aveu, un goût de ce qui est beau, noble, juste, une courtoisie envers les hommes et les choses, une religion du bon sens et de la raison qui lui gagnent ses contradicteurs et jusqu’à ses critiques.
- Le sujet qu’il a traité en l’embrassant avec cette hauteur de vues, dominant toujours un large horizon, cette variété d’aperçus, cette ingéniosité, cette animation, cette limpidité de la phrase toujours alerte, vive, claire, amoureuse des élégances et des coquetteries de la simplicité qui caractérisent son talent n’est pas de ceux dont on peut dire qu’ils ne provoqueront ni contradiction ni critique. C’est, en un mot, l’histoire politique et sociale de la bourgeoisie dans sa phase militante de 89 et de i83o, triomphante de i83o à 1848. Aujourd’hui, la bourgeoisie, en tant que classe dirigeante, est revenue en quelque sorte à son point de départ. Elle n’est plus, cette bourgeoisie dont Sieyès exprimait les revendications dans la fameuse formule. Elle n’est plus ni rien comme en 1789, ni tout comme en i83o. Elle est encore quelque chose. Mais il n’y a pas à se dissimuler qu’elle dispute à des forces nouvelles, nées de nos malheurs et de nos fautes, les restes, d’un prestige qui s’efface, d’une force qui s’épuise, d’un pouvoir arrivé à cette heure de trouble et de crise où les pouvoirs doutent d’eux-mêmes. Il n’est pas de sujet qui soit à la fois d’une actualité plus pressante et d’une plus croissante impopularité que celui de cette grandeur et de cette décadence de la bourgeoisie. M. Bardoux ne s’est pas dissimulé ces difficultés particulières de ce sujet qui fait sourire les sceptiques et offusque les radicaux. Elles n’étaient pas pour le décourager. Il n’est pas de ceux qui fuient les causes en danger et qui ne viennent volontiers qu’au secours du plus fort. Il a des ambitions plus hautes que celles qui ne calculent qu’avec le présent. Il a le respect du passé, le souci de l’avenir. Il a le désintéressement de ceux qui aiment la liberté, la justice pour elles-mêmes et qui préfèrent les défaites avec honneur aux victoires qui ne sont que lucratives. Il est de ceux qui pensent comme Pascal que la vérité et la sagesse sont dans le juste milieu entre les deux extrêmes. Il a tous les courages de la modération. Il croit évidemment à la régénération, à la revanche des classes moyennes, il aspire à les voir échapper à la déchéance qui semble les menacer. Son livre n’est pas autre chose qu’un plaidoyer en faveur de ces bourgeois libéraux et éclairés, de ces grands bourgeois qui ont fait la Révolution française, qui
- ont défendu pendant la Restauration ses conquêtes d’égalité civile, de tolérance religieuse, de liberté politique, de progrès social, qui ont ajouté à ces conquêtes en i83o une suprématie perdue en 1848 par la faute d’un trop grand souci des intérêts matériels, des intérêts domestiques, un trop imprévoyant mépris des parvenus de la fortune pour les susceptibilités de la gloire pauvre et les vengeances de l’intelligence armée du ridicule.
- Un tel livre était très difficile, presque impossible à faire pour un autre homme que M. Bardoux. Il est l’homme, en effet, de son sujet. Il est son sujet lui-même. Il est de ces grands bourgeois libéraux et lettrés, petit-fils de la Révolution, de 89, fils de la Révolution de i83o, mais il a de moins que les premiers les illusions, de moins que les seconds les préjugés, qui les ont aveuglés et perdus, qui leur ont fait compromettre au pouvoir les forces gagnées dans la lutte.
- Cette expérience aux salutaires amertumes donne une saveur piquante aux appréciations de M. Bardoux, à la sincérité avec laquelle il convient des fautes de la bourgeoisie s’obstinant égoïstement à ne point partager avec tous le pouvoir conquis au nom de tous, et pour avoir refusé l’adjonction des capacités, pour avoir laissé tomber le régime de son choix sur la question de réforme électorale, ouvrant la digue non plus seulement au flot régulier du pays légal mais au torrent du suffrage universel.La bourgeoisie, redevenue une classe militante, souffrante, presque déchue, comme la noblesse qu’elle avait remplacée, réparera-t-elle ses erreurs et ses fautes, reconquerra-t-elle en s’infusant, dans une juste mesure, un sang nouveau, le terrain perdu, l’empire évanoui ? C’est le secret de l’avenir. M. Bardoux se réserve-t-il dans un second volume, où il appréciera la conduite de la bourgeoisie, pendant le second Empire et la troisième République et les éléments nouveaux apportés dans la question par la double épreuve de la guerre et de la Commune, de soulever les voiles mystérieux de cette destinée de la bourgeoisie ? Nous croyons que c’est là son intention, et que les dernières pages de son ouvrage où il expose la conclusion, et où il prend congé de sa chère bourgeoisie — car il l’aime d’un amour filial., fier et tendre et on peut dire de lui ce qu’on disait du ménage Helvétius dans des foyers moins paisibles et dès salons moins heureux : ces gens-là ne prononcent pas comme les autres ces mots : ma famille, mafemme, mon enfant — ne sont pas des pages d’adieu définitif, bien qu’elles aient quelque chose de l’émotion qui accompagne les funérailles. Les grands bourgeois des derniers temps, les Bertin de Vaux, aux bras vigoureux, si fièrement campés sur les genoux,' dans l'image typique de Ingres, les Casimir Périer au sourcil froncé, les Guizot à la lèvre impérieuse et hautaine, les Thiers au génie vulgarisateur, à l’éloquence pratique, n’ont-ils pas laissé d’héritiers dignes d’eux, et le canapé de la doctrine sera-t-il définitivement renversé? Nous ne le pensons pas, mais nous croyons qu’il y a grandement pour la bourgeoisie, à profiter des leçons du passé, à suivre l’exemple de l’aristocratie anglaise qui se ravive par. un recrutement incessant, à se placer de nouveau sur le terrain non de.l’influence exclusive et intéressée qui a trahi son ambition, mais sur le terrain plus large de l’intérêt général, de la justice et de la liberté pour tous, du progrès non pas seulement politique mais social. Sans professer le mépris des romantiques, pour les vieilles idoles bourgeoises, pour ce Benjamin (Constant), père delà théorie constitutionnelle classique, pour ce Royer-Collard, Montesquieu'en habit noir et en cravate, blanche de la. bourgeoisie,-pontifiant une politique, oraculaire où le sublime confine parfois au ridicule, et où Joseph Prudhomrpe a puisé un peu de sa solennité, nous pensons qu’il y a là des idées et des passions qui ont fait leur temps, et que si l’empire de l’avenir est aux patients, il est aux patients qui sont en même temps des hardis et donnent aux besoins nouveaux des hommes nouveaux, et aux situations nouvelles des solutions nouvelles.
- En attendant ce second volume dont la moralité ne s’éloignera pas beaucoup, croyons-nous, de ces idées qui résultent delà leçon de l’expérience, nous ne finirons pas sans dire le charme particulier de ce premier volume qui trouve moyen de ' n’être jamais ennuyeux dans un sujet qui le serait facilement, autrement traité. Mais, M. Bardoux l’a écrit ce livre, à la'française, c’est-à-dire vivement,, prestement, en glissant volontiers sur tous les points où il était dangereux d’appuyer. Ce ne sont pas les lourds sillons qui sont les plus féconds. Et le bon grain lève plus facilement dans le sillon tracé d’un soc léger, -glissant comme un coup d’aile. C’est ainsi qu’a procédé M. Bardoux. Ses tableaux et ses portraits traités largement, à grands traits, ont la vive ressemblance du croquis fait à main libre avec quelques touches maîtresses seulement. Il fait vivant. On respire la vie dans ce livre, histoire des combats du passé, et des institutions et constitutions mortes. Cette vie, ce frémissement, ce fourmillement d’action ne tiennent pas seulement à la méthode de M. Bardoux, qui est de tout voir, de tout savoir (le livre témoigne d’une énorme lecture), mais de ne dire que ce qui convient, que ce qui porte. Us tiennent à ce qu’en véritable
- Historien politique, qui n’a ni les préjugés, ni les pudeurs de la fausse gravité et de la fausse vertu, M. Bardoux n’hésite pas à étudier le milieu social dans toutes ses manifestations, dans tous ses détails. Son ouvrage contient sur l’histoire des salons, l’histoire des lettres, des arts, de la mode, de 1789 à 1848, des pages piquantes. Il emprunte souvent ses appréciations aux impressions trouvées toutes vives encore dans des correspondances, le plus souvent tracées par des mains de femmes. Digne fils d’une grande mère, d’une grande bourgeoise, douée au degré héroïque des qualités d’esprit et de cœur, il n’a qu’à citer (p. 400) une (lettre de sa mère pour la faire admirer et aimer. Il parle aussi avec une émotion communicative, une justesse pénétrante de M. Dufaure, un de ses maîtres et initiateurs à la vie politique (p. 35q). Mais.s’il fait la part de l’influence des hommes de cabinet dans les affaires humaines, ce n’est pas lui qui niera l’influence des femmes, par le foyer et par le salon, dans ces mêmes affaires. C’est un des côtés les plus intéressants et les plus neufs de son livre que celui où il étudie dans la grandeur et la décadence de la bourgeoisie le rôle des influences féminines, sans plus s’effaroucher de ce que cette étude peut paraître avoir de frivole qu’un homme placé à de tout autres points de vue que les siens, le royaliste et papiste Joseph de Maistre qui n’hésitait pas à éçrire à sa fille Constance: « Rien ne se fait dans le monde où les femmes n’aient leur part. On les trouve au fond de tout le bien et de tout le mal qui honorent ou qui affligent le monde ».
- M. de Lescure.
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- LES THÉÂTRES
- Renaissance. — Reprise de Gavaut, Minard et Cie.
- Gymnase. —Reprise du Panache.
- La comédie de Gavant, Minard et Cie, qui en somme peut passer pour une manière de chef d’œuvre du genre présente une sorte d’économie double dans le sujet de l’ouvrage et le tableau fourni. Le sujet est loin d’être excellent ; cette donnée de la recherche d’une paternité douteuse n’est pas d’une franche gaieté ; à côté de bouffonneries inénarrables elle conduit à des scènes grimaçantes et elle a provoqué la création d’un personnage dont le rôle est des plus désagréables. Mais le tableau est exquis ; l’antagonisme des deux associés est exprimé avec une vérité de touche absolument drolatique et sans atteindre à cette hauteur de charge géniale à laquelle est parvenu Labiche dans le Châle X, B, T, la bouffonnerie est immense et superbe. Pour les détails ingénieux et l’esprit qui coule à pleins bords dans tout l’ouvrage, ceci est la marque ordinaire de M. Condinet.
- On a fait à Saint-Germain le reproche de sa finesse de jeu dans l’interprétation du rôle de Gavaut. Il est évident que ce n’est plus là du tout la manière du grand Geoffroy. Mais le public ne pourrait-il se dessaisir d’une façon. préconçue d’envisager les choses ? Le rôle de Gavaut n’est pas un de ces rôles exclusivement consacrés à l’ampleur de bouffonnerie et la majesté comique de Geoffroy ; il peut être compris autrement et dans ce cas impossible de le rendre mieux que M. Saint-Germain. Seul Raimond,qui a conservé les traditions du Palais-Royal, a paru vraiment bon. Le tort de l’interprétation à la Renaissance, c’est qu’elle manque de cohérence, d’harmonie ; les acteurs qui composent cette troupe mal cimentée^ ont des procédés qui se heurtent les uns aux autres et se nuisent réciproquement.
- Dans les rôles de femmes, de très jolies personnes, la pièce l’exige et c’est d’ailleurs de tradition à la Renaissance.
- Le Gymnase a repris le Panache. Même histoire pour te Panache que pour Gavaut, Minard, grand succès de pièce. L’esprit de M. Gondinet est toujours jeune, frais, de situation ; car il prend sa source dans la sincère observation du cœur humain. Pour l’interprétation on regrette les grands farceurs d’antan. Il faut encore quelques années avant que le public puisse renoncer à cette idée que les créateurs de la pièce étaient inimitables et qu’il se décide à prendre son plaisir sans barguigner ni le mélanger de l’amertume des regrets superflus.
- Léon Gandillot.
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- Dans la biographie de M. Simonet, que nous avons publiée dans notre dernier numéro, nous avons omis de dire que M. Simonet, après avoir été pendant douze années secrétaire de la- chambre syndicale de menuiserie, est actuellement vice-président de cette chambre et expert au tribunal de commerce.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — Im'p. E. ARRAULT et C;t, nie de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L'EXPOSITION DE i
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, i8, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 28 Novembre 1886. NUMÉRO ioo
- SOMMAIRE :
- i. Exposition universelle de 1889 : Adjudication en trois lots du droit d’affichage ; 2. Devis et cahier des charges pour l’adjudication du droit d’affichage ; 3. Les colonies à l’Exposition ; 4. Les chemins de fer et l’Exposition ; 5. Nos gravures ; 6. Les récompenses aux Expositions ; 7.. La participation de l’Allemagne à l’Exposition de 1889 ; 8. Échos; q. Exposition des sciences et -des arts industriels 1886 ; 10. L’Exposition de 1889: Association de garantie; 11. Administration des colonies; 12. Le Théâtre à l’Exposition de 1889; i3. Les Livres ; 14. Avis commerciaux; ii.Les Théâtres; 16. Les embellissements de Paris.
- La commission de contrôle et des finances de l’Exposition, convoquée pour ce matin, à dix heures, n’a pas tenu sa séance hebdomadaire. Au dernier moment, un contre-ordre a été donné.
- La commission siégera vendredi.
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN TROIS LOTS
- DU DROIT D’AFFICHAGE
- Sur les Palissades clôturant le Champ-de-Mars
- du Ier Janvier 1887 au i6r Janvier 1889
- 1. — Le lundi i3 décembre 1886, à 1 heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement, dans une des salles du conseil de préfecture (palais du tribunal de commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, aux enchères, sur soumissions cachetées, de la concession, en trois lots, du droit d’affichage sur les palissades .clôturant le Champ-de-Mars, du ier janvier 1887 au Ier janvier 188g.
- Le cautionnement est fixé à :
- 2.500 francs pour le premier lot ;
- 2,000 francs pour le deuxième lot ;
- 1.500 francs pour le troisième lot.
- Les frais d’adjudication devront être versés, sous peine de déchéance, dans un délai de trois jours à dater de l’adjudication.
- 2. — Le minimum de redevance moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée définitivement est de :
- 2 5,ooo francs pour le premier lot ;
- 20,000 francs pour le deuxième lot :
- 10,000 francs pour le troisième lot.
- 3. — Le cahier des charges est déposé à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de
- l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non, fériés, de une heure à quatre heures.
- 4. — Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux de l’Exposition, au directeur général des travaux, qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, cinq jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance, ainsi que le lot d’affichage qu’il désire soumissionner ;
- 20 U11 extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 5. — Les concurrents seront admis à présenter des soumissions pour plusieurs lots, et ils devront présenter autant de demandes séparées qu’ils voudront soumissionner de lots.
- 6. — Chaque soumission sera conforme au modèle ci-après ; elle sera rédigée sur papier timbré, placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec ie certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 188g. — Affichage sur les palissades clôturant le Champ-de-Mars. — e Lot.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les offres seront énoncées en francs et décimes.
- Toute fraction de décime sera nulle et ne-pourra compter pour la préférence à donner à l’un des concurrents.
- "7. — Le jour de l’adjudication, les paquets seront déposés sur le bureau, en séance du conseil de préfecture, depuis midi jusqu’à une heure; passé ce délai, il n’en sera plus reçu. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 8. — Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- Cj. — Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’Administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- I0. — Dans le cas où plusieurs soumissions
- contiendraient le plus fort prix offert, les signataires de ces soumissions seront admis à présenter, séance tenante, et sous pli cacheté, une augmentation sur le montant de la redevance primitivement consentie.
- Si aucune enchère n’est faite sur les redevances déjà souscrites, ou si la même majoration est faite, l’adjudicataire sera désigné, par la voie du sort, parmi lesdits concurrents.
- 11. — L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 12. — Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudicacion.
- 13. — Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 16 novembre 1886.
- Le ministre du commerce et de Vindustrie, Commissaire général,
- Édouard LOCKROY.
- MODÈLE DE SOUMISSION
- ( Sur papier timbré )
- Je soussigné (nom, prénoms, profession et demeure),
- après avoir pris connaissance du cahier des charges pour la concession, en trois lots, du droit d’affichage sur les palissades clôturant le Champ-de-Mars,
- Me soumets et m’engage, si je suis déclaré concessionnaire, à payer à
- une redevance annuelle de. . . (en toutes lettres).
- Ci-joint un récépissé de cautionnement provisoire.
- Je me soumets, en outre, aux conditions du cahier des charges et de l’affiche, et m’engage à verser les frais d’adjudication dans un délai de trois jours à dater de l’adjudication.
- Fait à Paris, le 1886.
- (Signature.)
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- Deuxième Année — N° ioo.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Novembre 1886.
- Coups.
- "Ressaut Tacultatjf pour Titre du Concessionnaire
- Trofil de la Moulure ' d'encadrement. »
- Grandeur d'exécution
- PROJET DE CADRE POUR L’AFFICHAGE DES BARRIÈRES D’ENCEINTE
- DEVIS ET CAHIER DES CHARGES
- POUR
- L’ADJUDICATION DU DROIT D’AFFICHAGE
- Sur les palissades clôturant le Champ-de-Mars
- Article premier
- Objet. — L’entreprise a pour objet la concession jusqu’au Ier janvier 1889, en trois lots distincts, du droit d’affichage sur les clôtures en palissades du Champ-de-Mars détaillées ci-après :
- ier lot. Côté de l’avenue de Labourdonnais, 700 mètres approximativement.
- 2e lot. Côté de l’Ecole militaire et retours d’angles, 55o mètres approximativement.
- 3e lot. Côté de l’avenue de Suffren, 700 mètres approximativement, suivant les conditions et dispositions contenues dans le présent cahier des charges.
- Art. 2
- Conditions d’exécution. —: L’entrepreneur est chargé de tout ce qui concerne la fourniture, la pose et l’entretien du matériel nécessaire à l’affichage.
- Des cadres de o m. o3 d’épaisseur seront appliqués le long des palissades. Ces cadres, construits par l’entrepreneur et à ses frais, auront 1 m. 70 de hauteur et 2 m. 95 de longueur ; ils seront supportés chacun par quatre poteaux de 0.08 sur o. 11 d’équarrissage enfoncés dans le sol de om. 60 et placés bien verticalement derrière les palissades en face des intervalles de deux lames. Des cales, au nombre de trois pour chaque poteau, seront placées dans chacun de ces intervalles et serviront à relier, au moyen de tirefonds, les cadres aux poteaux.
- Les cadres seront ornés d’une moulure de
- o m. 08 de largeur et ils pourront, au gré des concessionnaires, porter au milieu de leur partie supérieure un ressaut, dont la hauteur ne dépassera, en aucun cas, les têtes des palissades.
- Une hauteur de o m. 32 sera réservée entre le sol et les cadres.
- Les poteaux supportant les cadres seront espacés de o m. 75 d’axe en axe, sauf ceux du milieu qui seront espacés de 1 m. 2 5.
- Les cadres recouvriront chaque lame.de lapalissade, à leurs extrémités, d’une longueur de o m. 10.
- Art. 3
- Entretien. Peinture. — Le concessionnaire sera tenu d’entretenir à ses frais, en bon état de propreté, les cadres sur lesquels ses affiches seront apposées.
- Les. cadres seront recouverts d’une couche de peinture à l’huile dont le ton sera indiqué par l’architecte ; cette peinture sera renouvelée chaque fois qu’il en sera donné l’ordre à l’entrepreneur.
- Les poteaux seront goudronnés sur leur partie encastrée dans le sol.
- devrait s’effectuer dans un délai de vingt-quatre heures après la réception de l’ordre de service.
- Toutefois, la longueur d’affichage garantie à l’entrepreneur est égale aux 9/10 de la longueur indiquée à l’article 1. Si, par suite des besoins du service, cette longueur venait à être diminuée,, l’entrepreneur aurait droit à une décharge proportionnelle de la redevance.
- Art. 6
- Mise à prix. — L’adjudication sera ouverte sur une mise à prix minimum d’une redevance annuelle-de :
- 25,000 fr. pour le ier lot.
- 20,000 fr. — 2e —.
- 10,000 fr. — 3e —
- Art. 7
- Durée de la concession. — La concession est faite pour deux années, du 1er janVier 1887 au ier janvier 1889. A cette époque, le concessionnaire devra enlever tout son matériel dans un délai de quinze jours.
- Art. 4
- Dégâts. Réparations. — Si, par suite de la pose et de l’enlèvement des cadres et des poteaux, les palissades venaient à être détériorées, le concessionnaire serait tenu de faire toutes les réparations nécessaires à ses frais ; il serait responsable, vis-à-vis de l’entrepreneur des clôtures, des dégâts qu’il aurait occasionnés.
- Art. 5
- Etendue de la concession. — Si, dans l’intervalle de la concession, des ouvertures devaient être pratiquées dans les clôtures pour les besoins du service, le concessionnaire n’aurait droit à aucune indemnité pour l’enlèvement de ses cadres, qui
- Art. 8
- Interdiction de céder la concession sans autorisation. — Le concessionnaire ne pourra, sous peine de résiliation immédiate, transporter en totalité ou en partie les droits résultant de la présente concession, sans en avoir obtenu l’autorisation écrite de l’administration.
- Art. 9
- Redevance. — Le concessionnaire paiera la redevance par semestre et d’avance.
- Les paiements seront exigibles le ier janvier et le ier juillet de chaque année. En cas de non paiement, la résiliation pourra être prononcée par le ministre du commerce et de l’industrie après une
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- Deuxième Année. — N° ioo.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- Dimanche 28 Novembre 1880. — 408.
- simple mise en demeure restée sans effet pendant un mois.
- Art. 10
- Cautionnement. — Chaque postulant à l’adjudication devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable, à la Caisse des dépôts et consignations, d’un cautionnement de deux mille cinq cents francs pour le Ier lot ; de deux mille francs pour le 2e et de quinze cents francs pour le 3e.
- Ce cautionnement provisoire servira au concessionnaire de cautionnement définitif pour la garantie de l’exécution des clauses et conditions du présent cahier des charges.
- Les autres cautionnements seront restitués aussitôt après l’adjudication.
- Si le concessionnaire fait son versement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 0/0 à compter •du soixante-unième jour, s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 11.
- Le concessionnaire devra se conformer aux lois, décrets et règlements en vigueur ou à intervenir concernant l’affichage.
- Art. 12.
- Domicile. — Le concessionnaire devra faire élection de domicile à Paris.
- Art. i3.
- Personnel d’exploitation. — Le concessionnaire sera tenu de faire agréer par l’architecte le choix de toute personne qu’il pourrait charger de l’affichage, et de congédier celles dont le renvoi lui serait demandé.
- Art. 14.
- Frais d’adjudication. — Tous les frais et droits auxquels pourrait donner lieu la présente adjudication seront à la charge du concessionnaire.
- Art. i5.
- Clauses et conditions générales. — Le concessionnaire sera, en outre, soumis aux clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition, en tant qu’il n’y est pas dérogé par les présentes.
- Dressé par l'ingénieur en chef adjoint au directeur général des travaux.
- Paris, le 14 octobre 1886.
- Signé : Bartet.
- Vu, adopté et présenté par le directeur général des travaux.
- Paris, le i5 octobre 1886.
- Signé : Alphand.
- Vu et approuvé par le ministre du commerce et de l’industrie.
- Paris, le i5 octobre 1886.
- Signé : Edouard Lockroy.
- M. Rouart, fabricant de moteurs à gaz, est nommé membre du comité technique des machines de l’Exposition de 1889.
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- LES COLONIES A L’EXPOSITION
- Le ministre du commerce a reçu les sénateurs et les députés de l’Algérie qui lui ont demandé que cette colonie ait, comme dans les expositions précédentes, un pavillon spécial à l’Exposition de 1889.
- M. Lockroy a déclaré qu’il avait le désir de donner un grand éclat à l’exposition de nos colonies, particulièrement à celle de l’Algérie, qui aurait un pavillon central, et autour de laquelle il avait l’intention de grouper toutes les autres colonies, afin de témoigner des efforts et des résultats magnifiques obtenus jusqu’à ce jour.
- LES CHEMINS DE FER
- ET L’EXPOSITION
- Les grandes Compagnies, déférant au vœu de j M. le ministre des travaux publics, vont pro- j chainement soumettre à l’homologation un j projet de tarif exceptionnel applicable aux t objets en destination ou en provenance de l’Exposition de 1889.
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- NOS GRAVURES
- M. le colonel YUNG
- Représentant le ministère de la guerre.
- M. le colonel Yung est le petit-fils de Desaix. Sorti de Saint-Cyr, il a fait la campagne d’Italie et a gagné la croix de chevalier de la Légion d’honneur sur-le champ de bataille de Solférino, comme il devait, plus tard, gagner celle d’officier au siège de Metz. En 1878, M. le colonel Yung appartenait, comme chef d’escadron, à la partie active de l’état-major du ier corps d’armée. Il fut attaché au cabinet du général Farre lorsque celui-ci devint ministre de la guerre.
- On doit à M. le colonel Yung, aujourd’hui chef de cabinet du général Boulanger, de nombreux travaux sur l’histoire militaire du pays, sur l’établissement de la carte de l’état-major, sur de nouvelles applications tactiques, etc.
- M. Léon RENARD
- Représentant du ministre de la marine et des colonies.
- M. Léon Renard est né à Paris en 1831. Il est actuellement sous-directeur de la comptabilité générale de la marine et des colonies.
- Il a été, de i855 à 1883, bibliothécaire du dépôt de la marine, puis du ministère.
- Il passà ensuite au ministère du commerce en qualité de sous-directeur pour y créer le bureau de renseignements commerciaux, le Moniteur officiel du commerce, les chambres de commerce françaises à l’étranger, les musées commerciaux, etc., etc. Il a été rappelé au ministère de la marine par M. le vice-amiral Aube, en 1886.
- M. Renard est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels le Carnet de l’officier de marine, publication annuelle fondée en 1878, Y Art naval, les Phares, le Fond de la mer, etc. Il a représenté une section de l’exposition de la marine à l’Exposition universelle de 1878.
- M. Edmond TURQUET
- Représentant le ministère de Vinstruction publique.
- M. Turquet, député, est né le 3i mai 1836- Il entra dans la magistrature et fut successivement substitut du procureur impérial à Clermont, à Saint-Quentin et à Beauvais. Il donna sa démission le 16 décembre 1868.
- Pendant la guerre il s’engagea dans le corps des Eclaireurs de la Seine, fut blessé trois fois, cité à l’ordre du jour de l’armée et décoré de la Légion d’honneur après le combat de la Malmaison. Depuis 1871 il a siégé à l’Assemblée nationale et à la Chambre des députés. Il fut nommé le 5 février 1879 sous-secrétaire d’Etat à l’instruction publique et chargé exclusivement de la direction des beaux-arts, fonctions qu’il a reprises lors de l’arrivée aux affaires du ministère Freycinet.
- Mé Louis-Eugène TISSERAND
- Représentant le ministère de l’agriculture.
- M. Tisserand est né à Flavigny-sur-Moselle. Le 26 mai i83o, il entra à l’Institut de Versailles en i85o. De i852 à 1857, il fut chargé de différentes missions en Angleterre, en Écosse, en Scandinavie, en Danemarck et en Allemagne. Deux ans après, il fut nommé inspecteur des Domaines de la Couronne, puis jusqu’en 1871, il exerça ces fonctions avec le grade d’inspecteur général. Le
- 23 mars 1871, il devenait inspecteur général de ire classe de l’agriculture, il fut chargé des fonctions de sous-directeur de l’agriculture, en juillet 1874 et de celles de directeur en 1879. Depuis 1882, M. Tisserand est conseiller d’Etat.
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- LES
- RÉCOMPENSES aux EXPOSITIONS
- Au sujet de l’article paru dans notre dernier numéro sous le titre les Récompenses aux Expositions, nous recevons la communication suivante :
- Le système proposé par M. Ch. Hess paraît difficilement applicable à une grande Exposition universelle internationale du genre de celle qui se prépare en 1889, à Paris.
- La classification des récompenses de Melbourne a été faite au point de vue des intérêts particuliers de l’Australie, qui, dans la capitale d’une de ses principales provinces, conviait les étrangers à montrer tout ce qu’ils produisent de mieux, surtout dans les branches industrielles pouvant se prêter à une importation d’appareils ou d’objets utiles au développement économique du pays.
- En France, il serait impossible, et en tout cas périlleux, de classifier les industries suivant leur importance respective. A quel point de vue pourrait-on se placer d’ailleurs ? La production des vins et des fruits de saison, par exemple-donne, en France, matière à un commerce beaucoup plus considérable sous le rapport de l’exportation et par conséquent de l’enrichissement du pays par l’argent étranger, que la production des métaux précieux ouvrés, qui, cependant, continuent d’assurer à notre pays le premier rang dans la fabrication des objets de luxe, de haut goût et de grand style.
- Faudrait-il catégoriser les vins de la Bourgogne et du Bordelais ou la pomme de la Normandie avant notre orfèvrerie ou notre bijouterie, ou faire l’inverse?
- Le commerce des chaussures françaises, confectionnées en gros pour l’exportation, rapporte plus au pays que celui de bien des objets dans la fabrication desquels l’art s’applique à l’industrie.
- Faudrait-il placer les. bottes et les souliers français avant l’ébénisterie et la céramique de luxe, ou l’inverse?
- Les exemples seraient nombreux à citer dans le même ordre d’idées, pour embarrasser les partisans du programme de M. Ch. Hess, dans sa réalisation.
- Il est plus simple et plus logique de laisser chaque classe faire apprécier son excellence | propre, indépendamment des voisines.
- Certes, l’auteur de cette communication est absolument dans le vrai du moment qu’il se place | à un point de vue purement commercial. Mais,
- | nous le demandons encore, est-il juste de donner à un fabricant de fleurs artificielles, par exemple, la même récompense qu’à un ingénieur, à un constructeur qui, par une disposition spéciale d’une machine, aura permis de réaliser une économie sensible sur le combustible employé, ou tout autre perfectionnement qui sera adopté pour toutes les machines à vapeur ? Le premier nous montrera des merveilles de bon goût, de parfaite .exécution et se verra attribuer par le jury un j diplôme d’honneur. Le second recevra la même j récompense pour avoir, par une magnifique' j découverte, rendu un service signalé à une des premières industries et peut-être contribué au ! bien-être de tous !
- j C’est là une question délicate difficile à résou-j dre. Mais puisque l’on veut former tant de comités po.ur l’Exposition, de 1889, ne pourrait-on pas la faire étudier par l’un d’eux ?
- H.-F. C.
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- 404. — Deuxième Année. — N° 100.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 28 Novembre 188G.
- LA
- PARTICIPATION de L’ALLEMAGNE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Le Tageblatt de Berlin a publie', il y a quelques jours, sous ce titre, un article dont nous publions ci-dessous la traduction in extenso :
- La presse française discute vivement, à l’heure qu’il est, sur le point de savoir si l’Allemagne prendra oui ou non part à l’Exposition internationale qui doit s’organiser à Paris, en 1889, à l’occasion du centenaire de la grande Révolution.
- Célébrer, par l’organisation d’un concours des peuples sur le terrain industriel, cette Révolution qui, de tous les événements historiques des dernières cent années écoulées, a eu sur le développement des nations européennes la plus grande influence, au point de vue politique, social et par cela même au point de vue matériel, qui s’est acquis ainsi une importance internationale, est à coup sûr une belle pensée. Quel meilleur épilogue pourrait trouver, en effet, le « siècle des Révolutions », qu’une réunion des peuples répondant à un appel éminemment pacifique, dans cette ville -d’où sortit l’ouragan de la Révolution, ouragan qui, durant de longues années, ébranla l’Europe jusque dans ses fondements et dont les dernières secousses retentissent encore dans les luttes d’aujourd’hui.
- On ne peut, malheureusement, considérer exclusivement, au point de vue de la belle pensée qu’exprime cette entreprise, la question de savoir si l’Allemagne doit donner suite à l’invitation de la République française et envoyer ses produits à l’Exposition. Il est de toute nécessité d’éviter, dans la discussion de cette affaire, tout entraînement sentimental et de laisser seule parler la réalité.
- Des motifs politiques ont été mis en avant en faveur de la participation de l’Allemagne à l’Exposition internationale de Paris. On a dit que le fait, par l’Allemagne, de ne pas décliner l’invitation de son voisin occidental, aurait une influence des plus grandes sur le caractère pacifique des relations de ces deux puissances. Notre intention n’est certes pas de méconnaître l’importance pacifique des Expositions; nous sommes convaincus, au contraire, qu’elles jouent, à ce point de vue, un rôle qu’il ne faudrait pas trop déprécier, mais il importe aussi de ne pas s’en exagérer le mérite. Il ne faut pas oublier que l’enthousiasme excité par l’organisation des premières Expositions internationales fut assez grand pour faire croire que l’ère nouvelle inaugurée par ces expositions rendrait de plus en plus rares les chocs sanglants des peuples. Leur puissance d’activité ne devait plus s’exercer sur les champs de bataille, mais sur le terrain pacifique des luttes industrielles.
- Les événements de ces dernières années ont assez prouvé jusqu’à quel point l’on s’était trompé et l’on se tromperait encore en croyant que la présence de notre patrie à l’Exposition de 1889 pourrait empêcher une guerre avec la France ou, du moins, en rejeter la possibilité au dernier plan. Nous voulons espérer qu’une sage politique, pratiquée de part et d’autre, réussira à éviter un conflit. Mais l’adhésion de l’Allemagne à l’Exposition parisienne ne saurait, croyons-nous, avoir aucune influence vraiment appréciable sur les rapports de la France et de l’Allemagne. Ceux-ci sont le résultat d’un si grand nombre de facteurs que l’attitude de l’Allemagne, dans la question qui nous occupe, ne saurait, à côté d’eux, peser d’un grand poids. Il faut considérer ici, en premier lieu, comment les grands industriels' allemands envisagent cette hypothèse de la participation germanique à l’Exposition.
- Et si l’on en devait juger par quelques faits récents, on se convaincrait qu’ils ne sont que peu enclins à se joindre à l’entreprise française. La plupart d’entre eux n’ont-ils pas déclaré, il y a quelque temps, que l’industrie allemande ne pouvait, en l’état actuel, supporter les frais d’organisation d’une Exposition industrielle pour l’Allemagne ? Et ne fut-on pas contraint, par suite de
- cette déclaration, de laisser tomber le projet, déjà étudié, d’une Exposition à Berlin pour 1888? Nous ne chercherons pas ici la justification des motifs avancés par les industriels. Mais il ne faudrait pas en déduire que ceux-ci aient pu changer d’avis sur les charges dont serait frappée l’industrie, du fait des dépenses d’une Exposition. Bien au contraire, leur opinion n’aurait pu que se confirmer, par cela même qu’il s’agissait de prendre part à l’Exposition de Paris. On ne niera pas, en effet, que des envois faits à une Exposition étrangère, d’un cadre très large et d’un caractère universel, occasionnent des dépenses de beaucoup plus élevées que s’ils étaient adressés à une Exposition nationale, organisée sur le territoire de la patrie. Une Exposition, telle qu’on la projette à Paris, exige que les exposants fassent tous les efforts possibles pour y être dignement représentés. Qu’on réfléchisse que c’est là un concours auquel participent toutes les nations civilisées et que celles-ci mettront tout en œuvre pour en sortir à leur honneur.
- L’Allemagne veut-elle s’y faire représenter, il faut alors que toute son industrie donne avec ensemble. Une participation, seulement partielle, pourrait causer à notre activité industrielle les plus grands désavantages, car elle serait impuissante à donner un tableau exact de l’industrie allemande, de son développement et de ses ressources. L’Allemagne tomberait ainsi au-dessous de ces autres nations qui sont comprises dans le projet avec toute leur industrie, et cela ne serait certes d’aucun bien pour le développement de sa production. On s’empresserait, surtout en France, d’emboucher la trompette d’alarme et de chercher à amoindrir l’industrie allemande.-Car on ne saurait méconnaître que l’intérêt manifesté dans ce pays en faveur de l’adhésion des Allemands cache une foule d’arrière-pensées de chauvinisme industriel. Nous ne savons quelle attitude a prise le gouvernement impérial dans cette question de participation à l’entreprise française. Devrait - il, contre toute attente, ne pas y être opposé en principe, nous lui conseillons de ne pas s’engager définitivement, avant d’avoir acquis la certitude que l’industrie allemande tout entière le suivra dans cette voie.
- Nous avons, dans ce qui précède, envisagé la question à certains points de vue exclusivement allemands. Nous ne croyons pas inutile en terminant, de signaler un côté, qui lui, est d’un intérêt général. N’est-ce pas en réalité un anachronisme, à une époque où fleurit le protectionnisme, où toutes les nations élèvent des barrières pour éloigner de leurs frontières les produits des industries étrangères; n’est-ce pas, disons-nous, un anachronisme que d’organiser des expositions universelles? Quel but peut donc avoir une telle entreprise ? On veut apprendre à connaître les productions de l’activité industrielle des étrangers, tirer parti des sources d’applications les meilleures et les moins coûteuses, donner une vive impulsion au mouvement international du commerce, rapprocher les peuples au point de vue de la production générale. La politique commerciale des grands Etats ne marche-t-elle pas cependant, à l’heure qu’il est, à l’encontre de ces différents buts ?
- Ne poursuit-elle pas l’isolement industriel des peuples, la prohibition des marchés nationaux à tous les produits étrangers ?
- On avouera donc que, dans la.situation actuelle, une exposition universelle manquerait totalement son but. Elle se contenterait d’être un ornement, un prétexte à effets décoratifs, et on ne pourrait lui reconnaître aucune action sérieuse, aucune influence vraiment profonde, sur le développement de l’industrie et de la production.
- On voit, par ce qui précède, que le Tageblatt est nettement hostile à la participation de l’Allemagne, à l’Exposition. Malheureusement pour lui, les raisons qu’il donne pour en détourner ses compatriotes sont assez piètres, et nous 11’aurons pas de peine, en les reprenant une à une, à prouver l’inanité d’arguments si péniblement accumulés.
- Nous laisserons de côté la question politique. Ce n’est ici ni le lieu, ni le moment de la discuter.
- Quant aux prétendues hésitations des grands industriels, nous nous refusons à y croire. Il est bien évident, et ici le Tageblatt est dans le vrai, que l’industrie allemande ne pouvait, à elle seule, supporter les frais d’une exposition à Berlin. Le prince de Bismarck le comprit si bien qu’il refusa catégoriquement à cette entreprise l’indispensable sanction officielle. Ce fut là la seule, la vraie cause de l’échec d’un projet, fort peu goûté par nos voisins mêmes, et préconisé par quelques personnalités isolées et chauvines.
- En 1889, ce sera la France qui fera largement les frais d’un magnifique Congrès des nations. Tous les peuples y seront, heureux de venir dans un tournoi pacifique chercher cette consécration suprême que donne seul le nom magique de Paris. L’Allemagne pourrait y venir comme toutes les autres puissances, parce qu’elle n'aurait rien à dépenser, fort peu de chose du moins, et que les profits qu’elle retirerait pour son industrie, de sa présence à l’Exposition, dépasseraient d’un chiffre incalculable la faible somme qu’elle aurait à débourser pour y occuper un rang honorable.
- Enfin, la politique commerciale actuelle des Etats de l’Europe, si portée au protectionnisme qu’elle puisse être, ne prohibe point, à notre avis, les grandes assises de l’industrie universelle. Au contraire ces solennités, par l’enseignement mutuel qu’elles comportent, donnent à tous les éléments de la lutte. Que si l’un des combattants n’est pas en mesure d’y prendre part victorieusement, les mesures protectionnistes interviennent alors pour le défendre jusqu’au jour où, par le travail et les perfectionnements, il s’est élevé à la hauteur de ses rivaux. Notre avis est donc que les expositions sont un puissant moyen d’émulation, et que les nations qui les redoutent en se condamnant à l’isolement, risquent fort de se voir rapidement distancées dans la marche vertigineuse des générations vers le progrès et le bien-être général.1!
- L’Allemagne aurait donc, selon nous, tout intérêt à prendre part à l’Exposition de 1889.
- Ch. Hess.
- ÉCHOS
- Paris
- Le projet d’établissement à Paris d’une chambre de commerce espagnole a été présenté à M. Moret, ministre des affaires étrangères, qui a promis son concours.
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- Le conseil général de la Seine, réuni le 17 novembre, a inscrit à son budget de 1887 un crédit de 6,000 fr. pour bourses en faveur d’artistes peintres, sculpteurs ou musiciens sans fortune et un autre crédit de 43,000 fr. pour la décoration des édifices civils et des places publiques du département.
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- Le conseil des ministres s’est occupé du monument commémoratif de la Révolution française, et a décidé, sur la proposition de M. GobleQ ministre de l’instruction publique que le projet en serait mis au concours.
- Le conseil des bâtiments civils, consulté sur le choix de l’emplacement a, paraît-il, indiqué celui des parterres et du bassin des Tuileries, appartenant à l’ancien jardin réservé.
- A ce propos, plusieurs de nos confrères ont protesté contre ce choix, au nom de l’esthétique d’abord, au nom de la population enfantine de ces quartiers, ensuite.
- Nous 11e pouvons que nous associer à leur protestation.
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- Les négociations engagées avec le gouvernement belge pour l’établissement de communications téléphoniques entre Paris et Bruxelles sont terminées.
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- Deuxième Année, — N° ioo.
- LE MONI'i EUR DE L’EXPOSITION DE iSSçQ Dimanche 28 Novembre 1886. - 40S.
- Les essais commenceront en janvier.
- Le tarif sera de 3 francs par cinq minutes.
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- Le jury du concours, pour la décoration de la mairie de Pantin, est désigné en ce qui concerne les jurés nommés par le conseil général et ceux qui étaient laissés au choix des artistes concurrents.
- Jurés du conseil gênerai : MM. Colin, Delliommo et Richard.
- Jurés nommés par les artistes : MM. Puvis de Chavannes, Cabanel, Luc Olivier, Merson ; jurés supplémentaires : MM. Bonriat, Humbert, De-launay.
- Les deux jurés qui doivent être délégués par l’administration ne nous sont pas encore connus. Ce jury fonctionnera sous la présidence du préfet delà Seine. Les projets présentés sont au nombre de plus do soixante.
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- D épart ements
- Une Exposition des arts incohérents, organisée par l’Union française de la Jeunesse, s’ouvrira à Lille le 1er mai 1887, dans un local qui sera ultérieurement désigné ; elle durera un mois.
- L’Exposition se composera do tableaux, dessins, sculptures et objets d'art exécutés parles exposants. Toutes les œuvres seront admises, les œuvres obscènes, sérieuses ou banales exceptées.
- Les tableaux et dessins devront tous être encadrés, les cadres peuvent être on plâtre, bois de tous genres, métal, étoffe, etc.
- Les frais de transport (aller et retour) seront à la charge des auteurs. Les envois seront reçus, jusqu’au 31 mars, chez M. Deperne, 11, rue de la Gare.
- Les œuvres devront être retirées dans les dix jours qui suivront la clôture de l’Exposition.
- Toutes les communications et demandes de renseignements doivent être adressées par lettres affranchies à M. Deperne.
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- Le Bien-Hoa qui a effectué, le 20 de ce mois, le voyage régulier de PIndo-Chine, n’avant pu suffire au transport des produits destinés à l’exposition d’Hanoï, un navire à vapeur vient d’être spécialement affrété à cet effet. Ce bâtiment doit partir de Toulon au commencement du mois prochain.
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- La Société des Amis des Arts de Lyon ouvrira son exposition annuelle dans la première quinzaine de janvier 1887.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Nous avons déjà eu à différentes reprises l’occasion de parler de l’exposition industrielle du Haut-Rhin. On sait qu’elle ouvrira l’année prochaine à Fribourg en Brisgau et qu’elle sera consacrée à l’industrie, à Part industriel, aux arts libéraux, à l’agriculture et à l’enseignement.
- Le prince héréditaire de Bade a accepté le protectorat de cette exposition organisée pour le grand duché de Bade et la Haute-Alsace jusqu’à Strasbourg inclusivement. Son administration se compose d’un comité principal, de onze comités d’affaires, do trente-six commissions spéciales représentant les différents groupes et d’un bureau permanent de direction.
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- La revue métallurgique Acier et fer nous apprend que le ministre de l’instruclion publique en France s’est adressé à la direction de l'école industrielle deHagen, en Westpbalie, pour lui demander l’admission de jeunes gens français aux frais de la France.
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- Angleterre
- Les exposants qui ont pris part à la grande exposition internationale d’Edimbourg ne sont pas contents. Au lieu des médailles d’or, d’argent et
- de bronze qu’ils s’attendaient à recevoir, on ne leur donnera que les équivalents de ces distinctions sur diplômes.
- Il parait que la frappe des médailles eût coûté 4,000 livres et les Ecossais parcimonieux ont préféré garder leur argent !
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- La Société royale de Dublin, constituée il y a loO ans pour l’encouragement do l’industrie en Irlande, s’occupe avec le concours des chambres de commerce de la création pour l’année prochaine, à l’exposition internationale de Manchester, d’une section exclusivement irlandaise.
- Italie
- La chambre de commerce de Parme a demandé aux autorités provinciales leur concours pour l’organisation d’une exposition industrielle en 1880. Une importante exposition d’électricité en serait la principale attraction.
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- Il y a quelques jours a siégé à Milan le congrès des Sociétés coopératives italiennes. 248 sociétés représentant un total de 74,000 membres y étaient représentées. Le congrès a adopté à l’unanimité un vœu de fédération de toutes les sociétés.
- Il y a actuellement, en Italie, 5,169 associations de secours mutuels, avec environ 806,500 membres et un capital de 60 millions.
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- Pour les premiers dix mois, l’exportation de l’Italie est en augmentation de 83 millions ; l’importation l’est seulement de 23 millions. Malgré cela, l’importation dépasse l’exportation de 350 millions.
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- Pays-Bas
- L’exposition annoncée des travaux artistiques d’aiguille a été ouverte à Amsterdam le samedi 6 novembre.
- Un certain nombre de prix seront décernés.
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- Portugal
- L’installation définitive à Lisbonne, parles soins de VExportbank.de Berlin, d’une exposition permanente de machines et instruments de construction allemande est maintenant assurée par l’adhésion de quarante-trois des plus importants fabricants de l’Allemagne.
- Des locaux appropriés ont été loués dans la rue de l’Institut Industriel, et l’on pourra d’ici à la fin de l’année réunir dans les galeries spécialement aménagées tous les spécimens de l’industrie allemande pour la construction des machines et outils.
- EXPOSITION DES SCIENCES
- ET
- DES ARTS INDUSTRIELS 1S86
- IPalais cie l’IncTustrie ( Champs-Elysées ) (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 3r octobre r886).
- La semaine dernière, l’Exposition des sciences et des arts industriels a été honorée par la visite de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie, et de M. Granet, ministre des postes et télégraphes .
- Les ministres sont arrivés au palais de l’Industrie à 9 h. 1/2 du soir où ils ont été reçus par M. Muzet, président de l’Exposition, le personnel et un certain nombre de membres du jury, et ils ont parcouru jusqu’à 11 h. 1/2 les différentes sections de l’Exposition.
- Plusieurs exposants ont attiré spécialement leur attention et parmi eux nous citerons M. Varangoz pour ses cristaux taillés pour lustres, candélabres, etc. ; les meubles de Vogel ; les armes de guerre et de chasse de la maison Couturier ; la maroqui-
- nerie de Giraudon qui est un exemple parfait du bon goût parisien ; les émaux en verre de Brocard > la taillerie de diamants de M. Roulirtat qui montre sous toutes ses faces le degré de perfection où l’on est arrivé en France dans l’art de tailler les pierres précieuses; les belles tapisseries de Bra' quenié et les meubles stvle Henri II de Lemoine ; les mosaïques françaises de Guilbert-Martin et les céramiques de Pull, Landry et V. Le Bourhis ; les éventails artistiques de Duvelleroy; les articles de chauffage de Godin et Cie (familistère de Guise) ; les services de table de Ginsbach, les beaux meubles de Perol, Raulin et Léger; la chambre style Renaissance de Huguet;les bronzes de Dubois et les vitraux Imberton qui décorent le bureau de l’électricité et celui des postes et télégraphes. La visite de la nef s’est terminée devant les expériences du bateau électrique de G. Trouvé et du tramway électrique de Julien, de Bruxelles.
- Dans la section de l’alimentation la visite a été rapide, mais les expositions de Nicolas (ferme d’Arcy), de la maison Cusenier, le champagne Chenonceau, et les vins et liqueurs italiennes ont été remarqués.
- La section des machines, qui est sans contredit la partie la plus intéressante de l’exposition, a attiré vivement l’attention des ministres qui se sont arretés longuement devant plusieurs systèmes d’éclairage électrique parmi lesquels nous citerons, MM. Thompson et Houston, la grande compagnie américaine qui éclaire déjà près de 200 villes aux Etats-Unis et dont les lampes servent à l’éclairage d’une partie de l’Exposition et de la ligne du tramway électrique ; les machines Gramme ; les lampes Girard, Cance et les appareils Gaulard. Parmi les générateurs et. moteurs produisant la force nécessaire à l’électricité, MM. Lockroy et Granet ont accordé une attention spéciale aux générateurs inexplosibles, système A. Collet qui sont appelés à faire une concurrence très sérieuse aux chaudières tubulaires anglaises, aux machines Quillac, aux moteurs à gaz de la Cie Parisienne, aux moteurs, systèmes Otto, exposés par la Société des constructions mécaniques spéciales et aux nombreuses machines à vapeur de MM. Daray et Pax-mann, de Colchester.
- Mentionnons aussi avant de quitter la section des machines, l’Exposition importante de M. Boulet, machines-outils et autres, les appareils hygiéniques de MM. Poupard Daulton et Walter Lécuyer et les machines-outils de la maison Bouhey dont les ateliers peuvent compter parmi les plus importantes fabriques françaises ; les machines à air comprimé de M. Popp, l’inventeur des horloges pneumatiques, qui emploie son nouveau système de force motrice à l’éclairage électrique avec lampes à incandescence ( système Woodhouse et Rawson) au café de Paris, au restaurant Maire, au café Américain et dans plusieurs autres établissements; les appareils à fabriquer les eaux gazeuses de M. Mondollot ; le gazeifica-teur de Lothammer et le gaz à la campagne (système Faignot).
- La visite des ministres s’est continuée dans les salons du haut où ils sont arrivés en traversant le Mont Blanc de Grévin et où ils ont admiré tout spécialement la section russe, dont le commissaire, M. de Daranséwitch, leur a fait les honneurs et leur a montré en détail, la collection remarquable des émaux anciens de Limoges , exposée par M. Petnikoff de Moscou.
- Ils ont ensuite traversé rapidement les sections étrangères , l’exposition de la place Clichy, la salle de_billard de M. William Saint-Martin et la salle d’Electricité et de Téléphonie.
- Un lunch leur a été alors offert dans le salon du président et M. Muzet a prononcé les paroles suivantes :
- ^ Dans le salon du piesident ou ]’ai l’honneur « de vous recevoii, je porte avec ce vin français « la santé du premier des Français, M. Grévy, prête sident de la Republique ; je porte aussi la santé « de MM. les ministres dont la visite est pour « nous, membres du comité, jurés, exposants, une « marque d estime et de sympathie pour notre « œuvre et nous en sommes fiers et honorés. Je
- Voir la suite page 40S.
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- 4o6 et 407. — Deuxième Année. — N° 100.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1
- Dimanche 28 Novembre 18SG.
- EXPOSITION DE 1889
- M. LE COLONEL YUNG
- M. RENARD
- REPRESENTANT LE MINISTERE DE LA GUERRE
- REPRÉSENTANT LE MINISTERE DE LA MARINE
- M. TURQUET
- M. TISSERAND
- REPRÉSENTANT LE MINISTERE DE L’iNSTRUCTION PUBLIQUE
- REPRÉSENTANT LE MINISTERE DE L’AGRICULTURE
- LES REPRESENTANTS DES MINISTERES AUPRES
- DU COMMISSAIRE GENERAL
- (Dessins de M. P. Toussaint, d’après les photographies de MM. Appert, Garjat et Tourtin.)
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- 40S. *— Deuxième Année. — N° ioo.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8q.
- Dimanche 28 Novembre 1886.
- « porte la santé de M. Lockroy, notre ministre du « commerce et del’industrie qui est notre président « d’honneur et il est le bienvenu dans notre expo-« sition des sciences et des arts industriels, où « nous l’attendions pour encourager les efforts que v nous faisons pour le développement de l’industrie « nationale.
- « Je porte la santé de M. Granet, qui représente « plus particulièrement la science appliquée à « l’électricité qui, captant les éléments, en font les « transmetteurs non seulement des paroles et des « idées, mais multiplient à l’infini les facilités de « transaction commerciale sans lesquelles le com-« merce et l’industrie ne pourraient se développer. « A nos ministres, messieurs, et au gouverne-ci ment républicain ! »
- M. Lockroy 0 répondu :
- « Je vous remercie, monsieur le président, des « paroles patriotiques et du toast que vous avez « porté au chef de l’Etat, mon collègue et moi lui « porterons demain au Conseil l'expression des « sentiments que vous avez manifestés.
- » « Recevez nos félicitations pour l’organisation
- « de votre belle Exposition, que nous ne savions « pas si complète et si brillante.
- « Vous travaillez, messieurs, à l’accroissement « du prestige de l’industrie française ; vous faites « bien; vous travaillez avec nous à la grandeur de « la patrie et de la République ; soyez-en remer-« ciés.
- « Continuez à faire d’incessants efforts pour qu’à « la grande oeuvre de 1889, à laquelle vous vous « associerez tous, vous nous aidiez à voir la « France encore à la tête des nations.
- € Je vous donne donc rendez-vous à 1889! »
- Les paroles du ministre du commerce ont été vivement -applaudies et ainsi s’est terminée cette visite intéressante sous tous les rapports.
- Au^moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que le comité de l’exposition des sciences et des arts industriels a décidé de donner une grande fête la semaine, prochaine au profit des inondés du Midi.
- (A suivra.)
- Paul Dejoux.
- L’EXPOSITION DE 1889
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- Chambre de commerce de Lons-le-Saunier. 1,000
- Chambre de commerce de Narbonne. 1.000
- Ch ambre de commerce de Rouen. 10.000
- Chambre de commerce de Sedan. 5.000
- Ch ambre de commerce de Saint-Etienne. 5.000 Chambre de commerce de Saint-Quentin. 1.000
- Souscriptions personnelles des membres de la :
- Chambre de commerce de Douai. 2.000
- Chambre de commerce de Narbonne. 1.000
- Chambre de commerce de Nîmes. 3.000
- Chambre syndicale du commerce et de l’industrie des tissus et des matières
- textiles :
- MM.
- Vernier et Schultz, 5, rue Sainte-Cécile. 1.000 Lagrange, 43, rue du Bac. 2.000
- J. Casse et Fils, 36, rue des Jeûneurs. 10.000 Philbois et Cornu, 2, rue de Mulhouse. 1.000 Chambre syndicale des corsets et fournitures, 10, rue de Lancry. 2.000
- Chambre syndicale des distillateurs en gros de Paris :
- MM.
- Pelpel (Eugène), président honoraire, pour la maison Pelpel et Hartmann,
- 34, rue du Renard (2® souscription). 5.000
- Guy (Louis), président, 29, quai Valmy. 10.000
- Duval (Jacques-Constant), vice-président, 3o, rue Montmartre (2e souscription). 5.000
- Marchand (Victor), vice-président, 222, rue Saint-Antoine. 5.000
- Chantrel (Alfred), secrétaire, 3i, rue Saint-Merri. 1.000
- Renard, secrétaire, 32, rue Montorgueil. 2.000
- Bénard, trésorier, 15, rue de Buffond. 1.000
- Bouté (Emile-Jean) et Lamiral (Henri),
- 1 5, rue de Meaux. 2.000
- Chevasse et Batardy, 20, rue de la Rey-
- nie. - 2.0,00
- Debrise (Jean-Pierre), 107, rue de la Chapelle. 1.000
- Declerck (Léon-Auguste), 166, rue Montmartre. 1.000
- Legouey (Jules), 13 et 15, rue Thévenot. 1.000
- Delbergue (Prosper-Alphonse), i3 et 15, rue Thcvenot. 2.000
- Legouey (Jules-Etienne), i5, rue Thévenot. 1.000
- Lion (Paul), 76, rue de Sèvres. 1.000
- Mégret (Alexandre), 9, rue Linné. 1.000
- Prudhomme, Froger'et Cie, 12, rue Feu-trier. 1.000
- Boulanger (Fernand), 128 et i3o, rue des Couronnes. 1.000
- Dourlent (Edouard), 2 et 4, rue Dorian, place de la Nation. 1.000
- Roitel (Charles-François), 72, boulevard Voltaire. 2.000
- Liste des souscripteurs
- ’ MM."
- Abadie (Egbert), manufacturier, 3i bis,
- avenue du Bois-de-Boulogne. 5o.ooo
- Adrian (Alphonse),pharmacien, directeur de la société française des produits pharmaceutiques, 11, rue de la Perle. 1 .-ooo Agence générale française des expositions, 26, galerie Colbert. 5.000
- Artus (Constant), industriel, 9, rue du .
- Landy (Plaine Saint-Denis).' 2.000
- Bacot (Louis), manufacturier à Sedan (Ardennes). 4.000
- Banque de France :
- Haillot (Alfred), directeur de la succursale de la Banque de France, à Bourges. 1.000 De Saizieu (Eugène), directeur de la succursale de la Banque de France, à Montpellier. 1.000
- Bertteram (E.), 69, rue d’Haüville. 1.000
- Blanchard (P.) et Cio, distillateurs, rue des Fonderies, à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure). 2.000
- Bord (Antoine), fabricant de pianos, 14 bis, boulevard Poissonnière. 5.000
- Bouffard (Georges), banquier, 111, rue des Fonderies, à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure). 1.000
- Brouhot et C'°, constructeurs-mécaniciens, à Vierzon (Cher). 2.000
- Caen (Léon), ingénieur des arts et manufactures, 86, avenue de Paris, Saint-Denis. 10.000
- Chambre de commerce française de
- Bruxelles, rue de la Bourse, Bruxelles! i.oco Chambre de commerce d’Amiens. 2.000
- Chambre de commerce d’Angoulême. 2.000
- Chambre de commerce de Bolbec. 1.000
- Chambre de commerce de Cherbourg. 1.000
- Chambre de commerce d’Elbeuf. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de couverture et de plomberie :
- MM.
- Jacquemin jeune et Mathis-, entrepreneurs de couverture, plomblerie etga.z,
- 3, rue de Poissy, Paris. • 2.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie :
- MM.
- Guy (Albert), entrepreneur de travaux
- publics, 3 1, avenue de Villiers. 1.000
- Jannot (Jean), entrepreneur de maçonnerie, 90, rue de Provence. 1.000
- Chambre syndicale des entrepreneurs de
- sonneries électriques. 1.000
- Chambre syndicale des marchands carriers et fournisseurs du bâtiment, 27, rueMazarine. _ 10.000
- Chambre syndicale de l’industrie et du commerce des armes, munitions et articles de chasse. 1.000
- Chambre syndicale des produits chimiques :
- MM.
- Marquet de Vasselot (Louis-Marie-Léon), fabricant de produit-s chimiques, i5, rue Vieille-du-Temple. 5.000
- Gillet (Eugène), trésorier de la chambre syndicale des produits chimiques, 4, rue Fayenne. 1.000
- Scehuée (Jnies-Frédéric), vice-président de la chambre syndicale des produits chimiques, fabricant de vernis, 19, rue ces Fiiles-du-Calvaire. 1.000
- Expert-Besançon et C°, président de la chambre syndicale des produits chimiques, 187, rue du Château-des-Rentiers. 5.000 Suilliot (Hippolyte-Simon), président de la chambre syndicale des produits chi-
- miques, 21, rue Sainte-Croix-de-îa-Bretonnerie.
- Chambre syndicale ouvrière de la tabletterie en peignes d’écaille, 46, rue Volta,
- Chassaing et C°, 6, avenue Victoria.
- Colin (Emile) et Cc, fabricants de bronze d’art, 29, rue Sévigné.
- Comice agricole de Béthune.
- Compagnie générale des Omnibus, 155, rue St-Honoré
- Comptoir Lyon-Alemand, 13, rue Montmorency.
- Coste (Hippolyte), président de la chambre de commerce de Castres.
- Delamotte (Raoul), 21, boulevard Hauss-mann.
- Dépôt des manufactures françaises de glaces de Recquignies, Jeumont et Aniche, 143, rue de La Chapelle.
- Desnoix (Charles-Julien), pharmacien, 17, rue Vieille-du-Temple.
- Duval (Jules-François), ameublements, 1 3 et i5, boulevard de la Madeleine.
- Engel père (Jean), relieur-doreur, 91, rue du Cherche-Midi.
- Erhard. frères , graveurs , géographes , imprimeurs, 35 bis, rue Denfert-Roche-reau.
- Fraissinet et Ci, armateurs-constructeurs, 6, place de la Bourse, Marseille-
- Gaudriau (Sigisbert), fabricant de chapeaux de laine, à Fontenay-le-Comte (Vendée).
- Génie civil (Souscriptions recueillies par le journal le). (20 liste et 3e liste) :
- MM.
- Valton (Ferdinand), ingénieur civil, membre du conseil supérieur de rédaction du.génie civil, 16, parc de Montretout, Saint-Cloud.
- Compagnie anonyme des forges de Châ-tillon etCommentry, 19, boulevard des Italiens.
- Morel (Auguste J.-M.), ingénieur des arts et manufactures,chevalier de la Légion d’honneur, industriel à Montreuil-sous-Bois, 114, rue de Paris.
- Grouvelle (Philippe - Jules), ingénieur-constructeur, rue du Moulin-Vert, 71.
- Pothier (Francis-Charles-Alfred), ingénieur civil, rue de Penthièvre, 6.
- Chevalier (Louis-Jacques-Henri), ingénieur, quai de Grenelle, 61.
- Joubert (Louis), ingénieur, administrateur de la société anonyme des laminoirs à tubes et des fonderies d’Haut-mont, 115, boulevard Magenta.
- Girod (Paul), agissant en qualité d’administrateur délégué de la société des Forges de Franche-Comté, à Besançon.
- Broquin , Muller et Roger, fondeurs-constructeurs, rue du Faubourg-du-Temple, 5p.
- Solvay et Cie, fabricants de produits chimiques, à Varangeville-Dombasle (Meurthe-et-Moselle).
- Turbot (E.), industriel à Anzin (Nord).
- Parrot et Cie, imprimeurs-lithographes, 12, rue du Delta.
- Piat (Albert), fondeur mécanicien, rue Saint-Maur, 85, 87, 94.
- Regnard frères/, constructeurs de plans en relief et modèles, rue Bayen, 5q.
- Nivoit (Edmond), ingénieur en chef des mines, rue de la Planche, 2.
- Chevalier ('Pierre-Emile), constructeur de matériel de chemin de fer, quai de Grenelle, 61.
- Durupt, ingénieur, constructeur de ponts et.charpentes métalliques, rue du Chemin-Vert, 64.
- Grande distillerie, E. Cusenier fils aîné et Cie, 226, boulevard Voltaire.
- Grebert et Borgnis, 48, rue de l’Arbre-Sec.
- Guéret frères (Louis et Célestin), constructeurs-mécaniciens , 72 , boulevard de la Gare.
- Halphen (Julien), courtier assermenté au tribunal de commerce de la Seine, 17, rue Saint-Marc.
- Hatet (Alexandre), ancien vice-président de l’Union des chambres syndicales, 65, rue d’Amsterdam.
- Hollande (Jules), négociant en bois des îles, 51, rue de Charenton.
- Hottot (Louis), sculpteur, éditeur en bronzes, 48, rue des Petites-Ecuries.
- Huret, Lagache et Cle, manufacturiers à Pont-de-Briques, près Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- Labatut (Félix), notaire, adjoint au maire à Labastide-de-Sérou (Ariège).
- Laligant (Paul), manufacturier à Mares-quel (Pas-de-Calais).
- Lamoureux (Sylvain), constructeur de fours, 7, quai d’Anjou.
- 5.ooo
- 1.000 2.000
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- 5o.ooo
- 10.000
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- Deuxième Année. — Nù 100.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9
- Dimanche 28 Novembre 1SS9. —• 40 y
- Lavillaugouec (Charles), entrepreneur de travaux publics, i3 et 15, avenue des Gobelins. 1.000
- Le Bailly (Jean-Auguste), président de l’association des éditeurs de musique, i5, rue de Tournon. 1.000
- Le Baâlly (Auguste-Jean), président delà . société de gymnastique et d’armes du Taverny, 122, rue de Paris, à Taverny (Seine-ét-Oise). 1.000
- Leblanc (Georges), entrepreneur de maçonnerie, 28, rue de Flandres. 10.000
- Le Boucher (A.), gouverneur de la Guadeloupe et dépendances. 1.000
- Le Roy (Paul), agent de change, 5, rue des Moulins. 10.000
- Linzeler (Eugène-Denis-Etienne), bijoutier-orfèvre, 28, rue Vignon. 1.000
- Maguin (Alfred), constructeur à Charmes, près la Fère (Aisne). 3.000
- Marchand, Bignon, Ammer et Ce, ancienne maison Hartog, Marchand et Ce. manufacture de boutons, 14 Ms, boulevard Poissonnière (2e souscription). 10.000 Masselin (Armand), ingénieur civil, directeur général de la société centrale des briqueteries de Vaugirard, 254, rue Croix-Nivert. 2.000
- Mondollot (Adrien-Auguste), constructeur d’appareils à eaux gazeuses, 72, rue du Château-d’Eau. 4.000
- Morane jeune (Florentin), ingénieur-
- mécanicien, 23, rue Jenner. 3,000
- Nouvelle (Arthur), canonnier-arquebusier, 36 et 38, rue de Cléry. 1.000
- Panhard et Levasson, successeurs de la maison Perin, Panhard et Ce, constructeurs-mécaniciens, 19, avenue d’Ivry. 5.000
- E. Pillet et Schmid, entrepreneurs de charpente en bois et fer, 245, rue Mar-cadet. 1.000
- Piver, parfumeur, 10, boulevard de Strasbourg. 20.000
- Porion (Eugène), manufacturier à War-drecques (Pas-de-Calais). 1.000
- ministère de la marine et des colonies
- ADMINISTRATION des COLONIES
- Exposition annuelle des produits des colonies
- En dehors de l’exposition permanente des productions coloniales, l’administration des colonies a pensé qu’il y aurait intérêt à faire chaque année, au moment de la récolte de certains produits, une série d’expositions partielles, montrant la qualité des produits obtenus, faisant connaître les prix et même, au besoin, l’importance de la récolte.
- Des instructions en ce sens ont été envoyées dans nos établissements d’outre-mer, et plusieurs colonies ont déjà répondu à l’appel qui leur a été adressé. Une première série a été organisée à l’exposition permanente des colonies au palais de l’Industrie, porte 12.
- Sénégal et dépendances
- Les échantillons envoyés ont été pris tels qu’ils sont apportés par les indigènes sur les marchés d’échange et tels, par conséquent, qu’ils sont exportés.
- Ils sont accompagnés de renseignements recueillis avec le plus grand soin et d’indications très complètes sous tous les rapports.
- Ils consistent en arachides de diverses provenances : Rufisque, Saloum, Sine, Gazamance.
- Mil gros et petit.
- Caoutchouc de diverses provenances.
- Amandes de palme.
- Pourguère.
- Gomme copale de Boulam.
- Gommes et gommes-résines.
- Poivre de Sedhiou.
- Café Rio-Nunez.
- Indigo.
- Cire d’abeilles.
- Peaux de bœuf, etc.
- Cochinchine et Cambodge
- Une très nombreuse collection de produits a été envoyée de la Cochinchine et du Cambodge.
- Les prix accompagnent les échantillons.
- Le poids du picul variant suivant les produits auxquels il s’applique, on a indiqué le poids fran-
- çais du picul adopté pour les transactions de chaque article.
- A cet envoi a été également joint une liste donnant les noms et adresses des producteurs et fournisseurs avec lesquels le commerce métropolitain pourrait entrer en relations.
- Dans cet important envoi, nous indiquerons plus spécialement :
- Les arachides de diverses provenances.
- Les cardamomes.
- Les paddys divers.
- Le riz cargo d’usine de différentes sortes.
- Les riz blancs d’usine.
- Les cotons.
- La gomme gutte.
- La gomme laque.
- Des maïs et des haricots secs de différentes sortes.
- Des poivres.
- Des sucres de canne et de palmier.
- Des rotins.
- Des huiles d’arachides, de coco, de bois pour calfatage, de poissons.
- De la cire d’abeilles, du miel, des cocons.de vers à soie, des doupions, des frisons, des soies grèges, des vessies natatoires pour ichthyocolle, de l’écaille brute, des plumes diverses, etc.
- Tous ces produits proviennent de la Cochinchine.
- Du Cambodge, on a reçu les échantillons ci-après :
- Peaux de bœuf.
- Peaux de bœuf sauvage (bos primogenus).
- Peaux de buffle.
- Peaux de chevreuil.
- Peaux de cerf (cet article mérite de fixer l’attention).
- Plumes de marabou (celles de la queue ne sont pas demandées).
- Huile de bois de dipterocarpus, employée comme enduit préservatif pour les bateaux et pour préparer le brai à calfatage.
- Graines de krabao (oléagineux très abondant, à très bas prix).
- Cardamome.
- Ouate végétale.
- Tabac.
- Ortie de Chine (Bœhmeria nivea).
- Résine chay (à essayer pour le calfatage).
- Rotins de terre.
- Malles et boîtes en feuilles de borassus, etc.
- Tous ces articles sont accompagnés d’indications détaillées sur le prix de chacun d’eux, sur leur provenance, sur les moyens de transport jusqu’à Saigon, et le prix du transport, etc.
- LE THÉÂTRE
- A L’EXPOSITION DE 1889
- (Suite)
- Voir le Moniteur du 21 novembre 18S6.)
- D’autre part, un inconvénient immense résulte pour le théâtre comme pour toutes choses de cette concentration actuelle de tous les efforts industriels et artistiques, en un seul point du territoire, Paris. Les capitaux, les individus se massent vers la métropole. Il y a là pléthore, sursaturation d’une production qui demeure croupissante sans pouvoir s’écouler. Tout le monde importe à Paris, quand Paris devrait exporter partout au contraire. Une décentralisation artistique est nécessaire. Des essais en ont été tentés sans grand succès jusqu’à çe jour. Espérons qu’on les poursuivra avec plus de hardiesse et dans de meilleures conditions. Des chefs-d’œuvre comme Y Etourdi et le Dépit amoureux ont bien vu autrefois le jour en province. Pourquoi ne pourrait-il se faire de même aujourd’hui. Sans établir de rapprochement littéraire, la Fille de Mme Angot, un des succès les plus pha-ramineux de notre époque, ne nous arrivait-elle pas de Bruxelles ?
- Il se passe en ce moment quelque chose d’anormal, d’inharmonique avec cette crise de stagnation que traverse le théâtre, quand, dans ce siècle, il venait de prendre si rapidement un essor considérable.
- En 1828, les théâtres faisaient en France une recette totale de cinq millions de francs, en 1882, la recette était de vingt millions. Quel développement pris en cinquante ans par l’industrie dramatique ?
- Une statistique déjà ancienne donnait comme nombre de théâtres en Italie et en France 35o, en Espagne et en Angleterre r5o, environ 2,000 pour toute^ l’Europe. Aujourd’hui, l’Italie à elle seule prétend en posséder plus de 1,200. Aux Etats-Unis, il y a, parait-il, en ce moment, 3,249 salles de spectacle de toute nature.
- Si cette marche de progrès, s’arrête, si l'industrie du théâtre est aujourd’hui en souffrance, c’est qu’il y a quantité d’améliorations à introduire, de réformes à ménager tant dans les procédés d’établissement des théâtres que dans le mode d’exploitation. Malheureusement, la routine est toujours là s’opposant inébranlablement aux innovations.
- Car le progrès sous toutes ses formes est long à s’imposer au théâtre.
- Ainsi, combien a-t-on mis de temps à comprendre qu’il fallait produire sur la scène les personnages dans un costume et une tenue qui correspondissent à leur caractère et à l’époque où se passe l’action. Au xvne et au xvm® siècle, on jouait la tragédie en costume de cour ou avec de certains costumes de convention qu’avait imaginés un art ignorant et porté vers une pompe lourde. C’est la Saint-Huberti, à l’Opéra, qui, la première, adopta les vêtements à l’antique pour jouer les princesses de l’antiquité. Lekain et Mlle Clairon à la Comédie-Française, Mme Favart àr la Comédie-Italienne suivirent cet exemple et s’habillèrent logiquement. Pourtant cette mode ne s’accepta pas sans conteste. A côté de la Saint-Huberti habillée à l’antique à l’Opéra, la plupart des autres artistes conservaient le costume moderne. Talma fit de grands efforts pour introduire la vérité dans l’ajustement théâtral ; mais Mme Vestris jouait Mérope en 1790, revêtue d’une robe de soie noire et poudrée à la Maréchale. La répugnance, delà part des artistes, à s’habiller d’une manière raisonnée continue à se manifester par la suite. MUe Mars n’acceptait pas certaines exactitudes de costume qui lui déplaisaient. De nos jours, les connaissances archéologiques se sont tellement répandues, que sur nos grands théâtres on est forcé d’employer des costumes de la plus scrupuleuse exactitude historique. Mais il n’y a pas encore si longtemps qu’aux Italiens on voyait apparaître ténors, barytons et prime-donne dans des accoutrements absolument étranges, amalgames de toutes les modes et de tous les styles et dont l’aspect disparate était loin d’exclure l’effet comique.
- On a rompu avec la routine pour le costume, mais pour d’autres questions combien d’aveuglement persistant, combien d’opiniâtreté traditionnelle! Quelle révolte, sous des prétextes saugrenus, contre l’introduction de la vérité scénique ! Pour en demeurer encore à la question technique, la décoration si brillante, si magnifique qu’011 parvienne à l’exécuter, n’est-elle pas toujours bien fausse, bien conventionnelle. Les salons , par exemple, avec les pans coupés dont on abuse, sont toujours peints d’une bizarre manière, avec une ornementation d’une richesse hétéroclite qui ne rappelle en rien la décoration ordinaire de nos habitations.
- Quant à la question littéraire, la routine, la tradition, le vieux jeu, en un mot, demeurent encore les maîtres sur toute la ligne. Au xvii0 siècle, pour qu’on admît que le Ciel était un chef-d’œuvre, il a fallu à Corneille s’ingénier à prouver que tous les événements qui se passaient dans cette pièce pouvaient s’accomplir en l’espace de vingt-quatre heures ; douze heures de plus et le Cid était une turpitude. Nous sommes bien les dignes descendants des contemporains de Corneille avec notre respect religieux pour une série de réglementations sans queue ni tête que quelques autorités dramatiques ont despotiquement instituées. Au lieu d’admettre avec Molière que la grande règle de toutes les règles est de plaire, nous relevons directement des marquis et des Lyridas de la Critique de l’école des femmes, les ergoteurs de protase, d’épitase et de tarte à la crème.
- Voici donc la situation présente du théâtre : d’une part, les principes surannés, les vieux moyens d’action usés, démodés, n’ayant plus d’effet sur le public ; d’autre part, la révolution non encore acceptée et au milieu perdant ses appuis, le théâtre chancelant, n’ayant où se raccrocher. Il faut laisser les progrès s’accomplir, il faut accepter les réformes.
- Nous venons de présenter un tableau succinct des conditions de fonctionnement d’une entreprise dramatique, de la plupart des éléments d’étude qu’elle comporte. Nous avons signalé ou plutôt nous avons laissé se signaler d’eux-mêmes, au fur et à mesure, les défauts des systèmes, les vices d’organisation, les erreurs de principes. Et en nous résumant, nous considérons les défectuosités les plus saillantes, celles qui exigent un remède immédiat, en sorte que pour la partie matérielle et technique on remarquera :
- Qu’il y a encore beaucoup à faire dans l’art de la décoration; que les résultats obtenus, quelque étonnants qu’ils soient, ne produisent pas encore ce degré d’illusion auquel il est nécessaire de parvenir pour satisfaire pleinement l’œil du spectateur.
- Pour la manœuvre de ces décorations, elle s’opère encore par des procédés mécaniques in-
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- suffisants. Il y a un grand pas à faire faire à la machinerie théâtrale.
- Les salles de spectacle sont généralement fort mal aménagées. Il faudrait obtenir une disposition, une installation intérieure plus confortable, plus ingénieusement commode.
- En tant qu’édifices, les théâtres sont presque tous laids d’aspect. La répartition des services y est mal distribuée. Pour les dégagements, les escaliers, les corridors, la. construction actuelle est la plupart du temps déplorable.
- L'éclairage actuel est dispendieux, dangereux, insuffisant, plein d’inconvénients, surtout celui de la scène. L’application de l’électricité s’impose ainsi qu’un dispositif plus heureux.
- On s’en rapporte uniquement au hasard pour les bonnes conditions d’acoustique.
- Le chauffage et la ventilation sont totalement négligés. Aucun système, en France, ne donne, pour les salles de spectacle, la température convenable et l’aération nécessaire.
- La question du feu, si préoccupante et longuement étudiée, est loin d’être résolue. On n’adopte pas les mesures nécessaires et on en prend, en revanche, d’inutiles, qui pèsent lourdement sur les frais d’entreprise. Au lieu de s’occuper surtout de prévoir les cas d’incendie pour y porter remède, on devrait s’ingénier à diminuer et même supprimer ce nombre de cas.
- Quant à ce qui concerne les principes généraux d’exploitation théâtrale, nous avons vu qu’on se trouve, par l’état actuel des choses, en présence de quantité de difficultés. Il convient donc de s’occuper spécialement :
- D’une diminution du tarif des places dans les théâtres, tarif insoutenable, non en rapport avec le prix qu’on attache au plaisir du spectacle.
- De la mise à la disposition du public à tarif réduit de places en location.
- Toutes sortes d’autres réformes administratives sont nécessaires dans la façon de constituer lys troupes, de payer les artistes ; dans le mode de distribution de billets de faveur ; dans les relations du théâtre avec la presse.
- Une décentralisation artistique est,. du reste, nécessaire pour permettre à la production dramatique un écoulement normal.
- Le chômage étant mauvais dans toute espèce d’entreprise industrielle, il serait bon que les théâtres fissent en sorte de demeurer ouverts, toute l’année. L’état actuel du progrès général doit permettre l’organisation de salles de spectacle fréquentables par n’importe quelle saison.
- Enfin il importe que le gouvernement dégrève le. théâtre de cet impôt inique du droit des pauvres ou, du moins, l’établisse logiquement, proportionnellement au gain de l’exploitation.
- D’autres questions regardent encore particulièrement un gouvernement soucieux de l’avenir du
- théâtre. . ...
- D’abord, suppression de la censure, institution incompatible avec le libéralisme de nos moeurs : ou tout au moins diminution telle des pouvoirs de la Commission d’examen qu’il sera loisible aux auteurs et aux directeurs de faire représenter le drame comme ils l’entendent, à leurs risques et périls, tant que des circonstances exceptionnelles., des raisons majeures n’en imposeront pas 1 interdiction
- absolue. , ,
- La question de la subvention mente une etude a
- part. . ,
- Si l’Etat doit subventionner certains théâtres, c’est afin d’encourager l’art dramatique, de lui fournir l’occasion de se produire dans ses plus nobles et plus intéressantes manifestations .; c est donc à condition que les théâtres subventionnés réalisent un objet artistique. Ce n’est pas simplement pour leur constituer des sortes de privilèges déguisés et favoriser l’exploitation de ces scènes à des titulaires bénéficiaires. Ce but de la subvention est complètement négligé aujourd’hui. On fait bien quelques concessions au fameux grand art pour la forme ; mais, en somme, on n’en agit que de façon à gagner le plus d’argent possible en exploitant certaines veines littéraires et artistiques. Il faùdiait rompre absolument avec les traditions, saper dans la routine. Un théâtre où l’on ne jouerait que de jeunes auteurs, des pièces inédites, est nécessaire comme un théâtre où l’on ne représenterait que des chefs-d’œuvre réputés tels ; une scene d essai et une scene de consécration ; un théâtre de. nouveautés et un théâtre de répertoire ; une exposition et un musée. La charte de la Comedie-Française et de^l Odéon, ainsi que celle de l’Opéra, de l’Opéra-Comique., bouleversées, démolies de fond en comble ; voilà ce à quoi il faudrait arriver.
- D’ailleurs, en particulier, l’organisation de la Comédie-Française est des plus , défectueuses. . Le fameux décret de Moscou est loin d avoir, institué le modèle d’une organisation artistique rationnelle. Ce principe de*rendre un comité de. comédiens juge de la valeur des ouvrages présentés est déplorable ; il n’y a pas besoin d’insister sur ses inconvénients qui sautent aux yeux.
- Un remaniement complet des règlements de la Comédie-Française, une réorganisation absokie de ce théâtre et de l’Odéon, conforme aux intérêts de l’art, sont urgents. De même pour l’Opéra et l’Opéra-Comique, il y aurait une révolution analogue à effectuer.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i83q
- D’autre part, la question d’un théâtre populaire de drame ou d’opéra n’a jamais été résolue.
- Puis il devrait y avoir à Paris un théâtre étranger de musique, comme un théâtre étranger littéraire où les chefs-d’œuvre de nos voisins pourraient être représentés sans encombrer nos scènes nationales ; un théâtre de vulgarisation d’instruction où l’on pût se rendre constamment compte de l’état de la littérature et de l’art étrangers, comparer ses résultats aux nôtres et en profiter.
- Enfin, de grandes modifications devraient être pratiquées dans l’enseignement et l’organisation du Conservatoire, cette institution si attaquable sous tant de rapports et qui remplit si peu l’objet qu’on lui a assigné.
- Nous ne parlons pas de tous les modes d’encouragement de l’art dramatique imaginés par l’établissement de prix, l’organisation de concours, la distribution de secours, etc., toutes choses très jolies en principe et qui font l’admiration des prud’hommes, mais qui, par leur application sont toujours, ou détournées de leur véritable but, ou traitées sans discernement, ou ne produisent que de piteux résultats. Il y a là encore matière à bien des réformes et bien des perfectionnements d’organisation.
- Et après toutes ces réformes technologiques, économiques et officielles, il demeurera encore à accomplir la grande réforme importante, la réforme littéraire et artistique avec la défaite des vieilles écoles, l’écroulement des théories caduques et l’avènement triomphal du nouveau. D’ailleurs, cette évolution, inéluctable conséquence de l’évolution générale, s’effectuera fatalement. Certains prodromes témoignent déjà du mouvement qui se prépare et dont l’effervescence finira bientôt par déborder.
- En attendant, quelques réformes, en ce qui touche la question artistique devraient recevoir une application immédiate, avec une révision des statuts de la société des auteurs et compositeurs dramatiques. Ceux-ci sont établis tout à l’avantage des auteurs arrivés et leur permettent de se constituer en phalange réfractaire contre les jeunes auteurs qu’ils s’efforcent d’empêcher de parvenir, contrairement aux principes de bonne confraternité et de secours mutuel qui devraient prévaloir en une telle société. Les auteurs arrivés comme nous l’avons déjà dit, accaparent le théâtre. Il ne reste aux inconnus qu’une porte pour se faufiler, c’est celle du petit acte, du lever de rideau, dont à la rigueur un directeur peut consentir à hasarder la représentation pour mettre à l’épreuve le talent d’un débutant, sans risquer trop forte partie avec un ouvrage plus considérable d’un auteur sans autorité, sans prestige acquis. Eh bien, l’on sait que pour loucher tous'les droits de la soirée, les auteurs des grandes pièces imposent généralement aux directeurs des petits actes de leur cru, qu’ils brossent à la diable. D’une part, les inconnus se voient ainsi empêchés de donner un échantillon de leurs moyens, dans des essais utiles pour eux et intéressants pour, le public, d’autre part, cela amène à la confection et à la représentation de piécettes détestables qu’on joue mal naturellement: abaissement graduel du niveau de l’art dramatique. Dans ces conditions, la Société des auteurs et compositeurs devrait formuler comme première règle, que l’auteur d’une grande pièce ne pourrait en donner une petite dans la même représentation.
- Nous avons ainsi terminé le résumé de ces principales réformes que les gens qui étudient et aiment le théâtre réclament depuis, si longtemps et nous le répétons une dernière fois, la plupart de ces réformes s’imposent d’une manière immédiate, la crise que traverse le théâtre est un symptôme de leur extrême urgence. Il appartient à l’Exposition de 1889, en même temps qu’elle fournira le tableau rétrospectif complet de cette histoire si intéressante de l’art dramatique, d’apporter le remède au danger, de prémunir le théâtre contre le désastre que l’avenir lui réserve si l’on n’avise au plus tôt de l’établir enfin dans une situation de prospérité et d’éclat en harmonie avec le progrès universel.
- Il faut se hâter : il y a péril en la demeure.
- Léon Gandillot.
- LES LIVRES
- LXXXV
- Le Procès-verbal de la vie, par M. Maurel-Dupeyré, chef des secrétaires-rédacteurs de la Chambre des députés. — Paris, un vol. in-8. Maison Quantin, compagnie générale d’impression et d’édition.
- Voilà bien le sort des livres. Habent sua fata libelli. Celui dont nous nous plaisons à parler aujourd’hui est, à coup sûr, l’ouvrage le plus remarquable qui ait paru depuis trente ans dans l’ordre de l’observation psychologique, de la philosophie morale. Il y ale fond, résultat d’une énorme lecture et d’une longue méditation. Il y a la forme. Rien de didactique, de pédantesque, rien de l’ari-
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- dité, de l’exiguité d’idées, des écrivains à courte haleine, à qui le pied manque, à qui la langue fourche, dans l’air supérieur. Celui-là est un auteur qui est un homme, à qui rien de ce qui est humain n’est étranger, qui ne regarde pas le monde à travers le soupirail étroit des systématiques, mais qui considère les choses et les hommes d’un œil habitué aux sommets, aux larges horizons, par la fenêtre largement ouverte, dont les fleurs de l’imagination parfument, dont les fruits de l’érudition cosmogonique et mythique ornent et dorent l’arceau. L’auteur est un sage doublé d’un poète et d’un artiste. L’ouvrage devrait avoir un succès retentissant. L’aura-t-il ? Peut-être, car l’auteur est un solitaire, un timide, un modeste, un fier. lia beaucoup travaillé, beaucoup médité, beaucoup souffert. Il a eu de bonne heure l’idée d’étudier la vie dans ses lois. Il est persuadé, avec raison, que la nature morale, que la nature sociale, comme la nature physique'doivent avoir leurs lois. Il les a recherchées, il les a trouvées, à la lumière de l’expérience éclairée par la science. Il les découvre aux chercheurs, aux penseurs, aux inquiets, aux tendres, à ceux qu’effarouche comme lui le bruit frivole du monde banal qui, comme lui, ne veulent pas travailler, prier, souffrir, sans savoir pourquoi, ne veulent pas dans la vie aller sans savoir où, s’occupent de l’au-delà, et se sentiront rassérénés, lorsqu’ils auront avec lui découvert les routes qui mènent au but mystérieux de la destinée humaine. Ce but, il ne l’a qu’à demi dévoilé, mais il a singulièrement éclairé les chemins qui y conduisent, et nous allons les reconnaître avec lui.
- M. Maurel-Dupeyré, créole d’origine, c’est-à-dire préparé plus particulièrement qu’un autre à la poésie et à la sagesse par le commerce de son enfance avec cette nature exotique qui a fécondé le génie des plus grands philosophes et des plus grands poètes de l’humanité, a reçu ensuite l’éducation moderne.dans ce qu’elle a de plus élevé et de plus raffiné. Il a commencé à se faire un nom par les travaux et les succès littéraires dans le genre du roman et du théâtre. Devenu greffier, puis chef des greffiers parlementaires, il a été le témoin, l’observateur, l’annaliste de nos débats politiques pendant trente ans. En même térnps, il recevait de la vie, comme nous tous, les leçons tour à tour douces et amères qui constituent cette expérience que nous achetons au prix de quelques plaisirs et de beaucoup de douleurs.
- Aujourd’hui, il nous livre les résultats de cette expérience, distillée goutte à goutte, d’une vie consacrée au travail intellectuel, à l’observation morale, aux analyses d’une pensée volontiers repliée sur elle-même, et trouvant une volupté suprême dans la réflexion. Cette réflexion n’est pas celle du moraliste égoïste et indifférent. M. Maurel-Dupeyré est un penseur qui sent. Nous remarquons à travers les nombreuses citations qui émaillent son livre, qu’il n’en est pas une de Montaigne. Montaigne, en effet, et c’est par là qu’il plaît à tant de gens, et aussi qu’il déplaîtà quelques autres, est un moraliste égoïste. Il méprise les hommes plus qu’il ne les aime. Il rapporte tout à lui. Il manque d’esprit religieux. Sa sagesse n’est pas éclairée d’en haut. Il n’a pas de ces grandes pensées qui viennent du cœur.
- Les philosophes anciens, Platon, Cicéron, Se-nèque, les philosophes indiens, les philosophes chrétiens ont la prédilection marquée de l’auteur du Procès-verbal de la vie. Préoccupé des habitudes scientifiques de ce temps, et aussi de ce besoin de rigueur logique, qui est un des caractères du génie national, assoupli et aguerri par ses fonctions parlementaires à la probité et à la sévérité des analyses, il a dressé les déductions et les conclusions de son expérience, suivant les formules du procès-verbal. Il a recherché les lois de la vie morale et delà vie sociale, d’après un ensemble de faits permanents, concordants et concomitants, supérieurs à toutes les vicissitudes, à toutes les variétés de l’évolution politique et de l’évolution humaine. Il a examiné la vie à travers tous les temps, à travers tous les peuples, non dans les systèmes, mais dans l’histoire. Il est arrivé ainsi à trouver les trois lois de la vie humaine : le travail, la prière, la souffrance. Toujours et partout, cela est vrai, l’homme a travaillé, prié, souffert.
- La recherche et la découverte de ces trois lois fournit matière à des déductions ingénieuses, à des aperçus souvent originaux, exprimés dans une langue simple, pure, claire, forte, qui ne fuit pas les ornements de l’élégance, mais qui n’accepte que ceux auxquels l’idée doit de mieux saillir, de mieux ressortir sous son vêtement.
- Ce n’était pas tout que de rechercher et de découvrir ces trois lois éternelles de la vie de l’indi-'
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- vidu, de la vie des peuples : travailler, prier, souffrir. Il fallait encore montrer que ces trois lois qui paraissent se contredire dans l’histoire, s’affirment et se confirment au contraire l’une l’autre, en dépit de ces contradictions apparentes. Il fallait montrer comment les oublis alternatifs de l’une ou de l’autre, sont punis, sont expiés par la souffrance qui rétablitle mouvement,conformément à l’indispensable équilibre, nécessaire à l’âme, des hommes et à l’âme du monde. Il fallait montrer que ces trois lois suffisent à tout expliquer, même ce qui semble inexplicable dans la vie de l’homme, dans la vie des peuples. Il fallait décomposer la société dans ses principales institutions, pour établir que la société est fondée sur ces trois lois. Il fallait enfin confirmer cette vue par l’étude d’un fait qui semble donner raison à ceux qui y voient un instrument de discordance et qui donne raison au contraire, à ceux qui y voient un élément brutal, mais décisif du retour à l’harmonie : la guerre. L’auteur,étudiant la guerre dans ses causes, montre que les causes de guerre se réduisent toujours à trois. Il n’y a en effet.que trois sortes de guerres : guerres d’intérêt, faites pour obtenir les moyens ou les fruits du travail ; guerres de religion, guerres nées de l’oppression, c’est-à-dire de la souffrance. Non seulement les trois lois de la vie contiennent la société tout entière, mais elles la maintiennent. Elles forment la constitution de tous les peuples, au-dessus de leurs lois particulières. Après avoir présidé à la vie elles annoncent une destinée au-delà de la vie, chacune d’elle contient sa promesse et son espérance. La morale consiste dans l’exécution de ces trois lois et le progrès social dans leur équilibre.
- Nous avons résumé le système d’après l’auteur lui-même qui l’a ainsi condensé avec une rigueur d’analyse que nous ne nous flatterions pas de suppléer, dans toutes ses quintessences. Le livre n’est que le développement et la justification de ce système. Ici, il faudrait pouvoir citer, et l’exiguité de notre cadre ne nous le permet pas. Nous devons, à regret, nous borner à signaler les pages où l’auteur ne fait pas seulement preuve du talent du philosophe dans toute la rigueur ou la souplesse de ses analyses, mais du talent de l’écrivain dans tous ses raffinements et toutes ses élégances et orne la pureté de la ligne de tous les charmes de la couleur.
- M. de Lescure.
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- L’Homme a l’hermine, mœurs parisiennes, par Tancrède Martel, un vol. in-18 (Dreyfous, édi-' teur.)
- M. Tancrède Martel, déjà connu du monde des lettres et du public parisien, publie chez Dreyfous un fort intéressant et dramatique roman. U Homme à l’hermine, dont les lecteurs du Soir ont gardé un excellent souvenir. C’est une étude de mœurs brillamment écrite et conçue avec cette netteté de composition qui caractérise les productions du jeune écrivain. Au total, un roman très moderne, plein de situations variées, marqué par de solides caractères, tels que ceux du marquis de l’Intoria et de sa nièce, la cantatrice Alice Bergeron.
- La prose de M. Tancrède Martel est tout à fait française d’allures. Aussi a-t-il dédié son ouvrage à un maître du genre Richepin.
- La 53e livraison de la Grande Encyclopédie (prix : i fr.) vient de paraître chez les éditeurs H. Lamirault et Gte, 61, rue de Rennes, à Paris.
- Elle contient au mot Anonymat un grand travail sur la littérature anonyme et beaucoup d’articles intéressants parmi lesquels nous citerons les biographies d’Anquetil Duperron et de Saint Anselme, ainsi que les articles Antar (roman d’) et Antéchrist.
- Nombreuses illustrations dans le texte.
- Les tomes I et II sont en vente et expédiés contre mandat-poste.
- Prix du volume broché, 25 fr. —Reliure, 5 fr.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- commode et imprimée en gros caractères, donne des renseignements complets et détaillés sur les trains de iuxe, les wagons-lits, les wagons-restaurants, etc.; elle offre en outre une simplification de recherches qu’apprécieront toutes les personnes voyageant par les trains rapides.
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- En vente à la Librairie Chaix, 20, rue Bergère, Paris, dans les Gares et Librairies.
- AVIS COMMERCIAUX
- CHINE
- Conseils aux importateurs
- Le gérant du consulat général de France à Shanghaï donne, dans un rapport étendu sur le commerce d’importation en Chine, que publie le Moniteur officiel du commerce, les renseignements suivants sur les moyens à employer par ceux de nos négociants qui seraient désireux de se créer des relations commerciales directes avec cette contrée :
- Il ne serait pas exact de dire que les Chinois donnent la préférence aux produits de nos concurrents sur les nôtres; ils n’ont pas le choix; ils ne connaissent pas assez les nôtres.
- Notre industrie a été'peu à peu éliminée de ce marché, comme de plusieurs autres, pour des raisons qui ont été maintes fois signalées, mais qu’on ne saurait trop répéter :
- Nos produits sont d’un prix trop élevé ; le fabricant français cherche à imposer son goût à celui du consommateur; il se refuse trop souvent à adopter le métrage auquel est habitué le consommateur, car cela nécessiterait une modification de son outillage.
- En Chine, par exemple, les mesures exigées pour les cotonnades destinées aux vêtements du peuple sont établies par de longues traditions. Si la largeur d’une pièce est insuffisante, la mode (en Chine, dites la tradition) n’y trouve plus son compte ; si elle est trop grande, il y a déchet et par conséquent perte. Les Anglais ont compris ce raisonnement simple et sont devenus les maîtres du marché des cotonnades.
- Enfin, en général, notre industriel, notre négociant ne sort pas assez de chez lui ; il ne va pas étudier sur place le marché sur lequel il veut introduire ses produits; il se contente, trop souvent aussi, de se faire indiquer un correspondant honorable et, lorsqu’il lui envoie quelques consignations, c’est en entourant cette opération de garanties si rigoureuses qu’elle donne rarement des résultats.
- Aussi, en Chine, la place est-elle occupée par nos concurrents, mais elle n’est pas imprenable pour nous. A qualité et prix égaux, le Chinois achètera les produits français aussi volontiers que les autres.
- Le négociant français, qui se propose de fonder un comptoir en Chine, doit se résoudre, comme l’ontj/ait tous les chefs des maisons françaises ou étrangères qui existent ici et qui donnent des bénéfices, à venir lui-même étudier sur place les chances de succès d’une pareille entreprise. On ne fonde, pas un comptoir par correspondance. Il ne serait même pas suffisant d’envoyer un fondé de pouvoirs pour organiser un premier établissement. Ce dernier, en effet, n’a pas assez d’autorité; il est obligé, chaque fois qu’il se trouve en présence d’une difficulté, d’en référer à son chef ; ses hésitations lui font dépenser en frais de télégrammes le prix d’un voyage ; il en résulte une perte de temps et d’argent.
- En conséquence, le chef de maison viendra lui-même ;
- Il saura l’anglais ;
- Il aura un personnel d’employés ayant, autant que possible, chacun une spécialité: ingénieur, s’il s’agit de métallurgie ; inspecteur, s’il s’agit de soies, etc. ; ces employés sauront l’anglais. Les employés subalternes tels que comptables, expé-
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- ditionnaires, se recrutent sur place facilement parmi les Portugais de Macao ;
- Il choisira une maison qu’il louera ou achètera, ayant un magasin dans une situation favorable pour la manipulation de la marchandise ;
- Il se fera connaître des banques ;
- Il se créera des relations parmi les courtiers, parmi ses concurrents mêmes ; les affaires se font au grand jour ici ; en peu de temps il se sera rendu compte de la manière dont on traite ;
- Il fera de la publicité : elle est très bon marché.
- En un mot, il se rendra compte par lui-même d’une quantité de détails qui ont leur importance en affaires et sur lesquels les meilleurs rapports ne les renseigneraient pas suffisamment.
- Sa maison établie il la dirigera pendant deux ans au moins. Ce n’est qu’alors qu’il pourra en confier la gestion soit à un associé, soit à un fondé de pouvoirs intéressé.
- Frais d’installation et de résidence. — On peut avoir un magasin pour 5oo taels par an environ ; une maison pour 800 à i,5oo taels.
- La vie matérielle n’est pas chère à Sanghaï, en ce sens que la viande, la volaille, les légumes, tout ce qui est de production indigène est très bon marché.
- Il n’en est pas de même des produits d’importation européenne, qui atteignent des prix très élevés : le vin, les conserves, les objets mobiliers,, les vêtements de drap.
- On paye dans un bon hôtel 3 dollars mexicains par jour pour la chambre et la table, le vin non compris.
- On paye, par mois : un « chef boy », sorte de maître d’hôtel, d’intendant, nécessaire dans toute maison en raison du grand nombre des domestiques, de 12 à i5 dollars;
- Un «boy» domestique ordinaire, 8 dollars;
- Un cuisinier chinois, 8 à 10 dollars ;
- Un coolie « homme de peine », 6 à 7 dollars ;
- Un ouvrier, 6 dollars.
- ------ ~ "7...........................
- LES THEATRES
- Théâtre du Châtelet. — Le Tour du monde en 80 jours, pièce en cinq actes et quinze tableaux, de MM. d’Ennery et J. Verne.
- Les directeurs du théâtre du Châtelet, en attendant de pouvoir nous convier à la reprise de la Chatte blanche, ont voulu savoir si la célèbre pièce de MM. d’Ennery et Verne saurait encore attirer le public. MM. Floury et Clèves ont fait là une expérience heureuse, car tous ont trouvé le spectacle aussi intéressant qu’au premier jour. Ils n’ont, du reste, rien négligé pour assurer le succès de cette reprise : décors absolument splendides, costumes d’un goût et d’une fraîcheur irréprochables ; ballets, divertissements fort bien réglés.
- Comme à la Gaîté et même comme à l’Opéra, dans les Deux pigeons, on retrouve au Châtelet les principales manœuvres qu’on avait tant applaudies, à l’Eden, dans Exeelsior. L’interprétation, sans égaler cependant'celle delà création, est très satisfaisante. M. Brémont n’a pas le flegme de M. Lacressonnière, mais joue en parfait gentleman le rôle de Phileas Fogg. M. Lévy, prêté (!) par la direction du Gymnase, fait preuve d’intelligence dans l’excellent rôle de Passe-Partout. M. Laray et M. Plet se sont fait applaudir sous les traits de l’Américain Archibald et du policier Fix. Quant aux dames, puisque, selon le proverbe, il faut toujours être galant avec elles, nous... n’en dirons rien.
- Roby-
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et C!', rue de la Préfecture, 6-.
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- LES EMBELLISSEMENTS DE PARIS
- Au moment ou l’opinion publique se préoccupe aussi vivement de l’Exposition de 1889, du Métropolitain et de l’abandon des fortifications, nous croyons pouvoir intéresser nos lecteurs en venant leur rappeler certains projets préparés en 1878 et en 1884 par M. Pierre Lapeyre et qui se rattachent à ces trois sujets différents.
- Le premier de ces projets est celui d’une avenue centrale à Paris qui devait avoir le double avantage de procurer aux ouvriers, qui se ressentaient déjà à cette époque de la crise ouvrière, la certitude d’une longue durée de travaux et de créer en même temps une série d’embellissements dignes de la capitale du monde civilisé.
- Ce projet consiste dans l’ouverture d’une avenue imposante qui serait sans contredit la plus belle de Paris et qui relierait en droite ligne la place de la Bastille à la gare Saint-Lazare.
- Cette voie faciliterait la circulation en dégageant par son passage la rue Turenne, la rue Vieille-du-Temple, la rue Saint-Denis et le boulevard de Sébastopol.
- Elle traverserait la rue Montor-gueil, la rue Montmartre, qui est une des voies de Paris où la circulation est, pour ainsi dire, devenue impossible, la rue de Richelieu et la rue Sainte-Anne longerait la place de la Bourse, passerait entre le Vaudeville et l’Opéra et aboutirait à la gare Saint-Lazare, vers la rue d’Amsterdam.
- Dans le projet de M. Lapeyre, la voie aurait, à droite et à gauche, un tramway placé dans les accotements. La largeur de l’avenue nouvelle devrait être de 36 à 40 mètres dont 18 mètres de chaussée et 9 mètres de chaque côté pour les trottoirs sur lesquels 3 mètres seraient réservés au tramway. Les voitures de ce tramway seraient mues par l’électricité. Il est bon de remarquer ici que M. Lapeyre prévoyait déjà l’avenir réservé aux tramways électriques , lequel se trouve assuré par le brillant résultat qu’a donné le système de M.
- Julien, de Bruxelles, à l’Exposition des sciences et des arts iudustriels au palais de l’industrie.
- L,e second projet de M. Lapeyre, qui est une conséquence du premier. consistait à amener la ville de Paris à obtenir de l’Etat l’abandon des fortifications dont l’inutilité actuelle a été, pour ainsi dire, démontrée et qui grèvent si lourdement le budget.
- Le nivellement des fossés et des talus donnerait un emplacement immense qui, sillonné par de larges avenues, serait facilement vendu pour y établir des habitations d’ouvriers et la vente des terrains donnerait une plus-value qui pourrait plus que servir à couvrir, non seulement la dépense de la grande avenue centrale dont nous venons de parler, mais qui permettrait, en outre, d’éteindre une partie de la dette municipale, et la classe ouvrière y gagnerait des logements salubres et à bon marché.
- La ville, de son côté, y trouverait une source de nouveaux bénéfices pour les raisons suivantes :
- Toutes les barrières seraient transportées à la ligne des anciens forts au moyen d’un mur de clôture comme celui qui existait avant 1860. Paris serait alors enfermé dans les limites d’une ligne passant par les forts d’.Ivry, Bicêtre, Montrouge, Vanves et Issy ; la Seine formerait une partie de cette enceinte du côté nord jusqu’à Saint-Denis, de là on partirait du fort de la Briche aux forts de l’Est et du Bourget et on se dirigerait vers les forts de Noisy-le-Sec, Nogent, Charenton et Ivry.
- Cet agrandissement du territoire municipal augmenterait de beaucoup le rendement de l’octroi, ce qui permettrait probablement de diminuer de jour en jour les taxes qui pèsent si lourdement sur la population parisienne.
- Des deux projets, dont nous venons d’entretenir nos lecteurs, le premier se trouve enrayé pour le moment par le métropolitain, et le second a été l’objet d’une proposition qui a été rejetée par la Commission parlementaire, mais qui sera forcé-
- ment remise avant peu sur le tapis et s’imposera d’elle-même à l’opinion publique et au gouvernement. Par contre, le troisième projet de M. Lapeyre est tout à fait à l’ordre du jour, vu qu’il touche à l’Exposition de 1889.
- C’est en 1878 que M. L.apeyre publia cette étude dans le Bulletin des entrepreneurs ; il était alors acquéreur du premier lot des bas édifices de l’Exposition et il conçut l’idée de faire servir à l’ins-tallation[[de nouvelles Halles centrales de Paris ces grandes halles de l’Exposition qui avaient coûté 14 millions, et dont la démolition ne devait même
- pas couvrir les frais de renivellement du Champ-de-Mars.
- Depuis longtemps, on a recherché les moyens de mettre les Halles centrales en communication directe avec le réseau des chemins de fer, mais l’on s’est toujours butté contre de très grandes difficultés qui disparaîtraient entièrement si les Halles centrales étaient transportées au Champ-de-Mars, ainsi que le propose M. Lapeyre.
- L’accès en serait alors excessivement facile ; de .tous les points de la France et même de l’Europe entière, les wagons arriveraient directement aux Halles du Champ-de-Mars, en se servant du chemin de fer de ceinture et d’un chemin de fer qui longerait la Seine à partir du Champ-de-Mars jusqu’à la gare d’Orléans et transformerait le fleuve en un véritable port. Il serait aussi très facile de mettre les halles en communication directe avec la Seine au moyen d’un canal circulaire, les bateaux seraient ainsi déchargés au centre même du marché ; à 3 heures, la vente publique pourrait être terminée pendant que les marchandises resteraient dans les wagons ou dans les bateaux ; une heure après tous les marchés de Paris seraient approvi-
- sionnés et les denrées ne seraient pas défraîchies par les manipulations nombreuses et les transbordements fréquents que l’on est forcé de leur faire subir en ce moment.
- La suppression de ces manipulations amènerait une économie de 2 francs au moins par 100 kilogrammes de marchandise et c’est le consommateur qui en bénéficierait.
- M. Lapeyre s’appuie aussi sur ce que les halles, quand elles furent construites, suffisaient amplement, mais qu’aujourd'hui leur agrandissement et leur modification ne peuvent être retardés.
- L’encombrement est par trop grand tant à l’intérieur qu’à l’extérieur où la circulation devient chaque jour de plus en plus difficile et les précautions les plus rigoureuses ne peuvent pas empêcher les abords et les environs des Halles d’être infestés par des émanations éminemment insalubres.
- Tous ces inconvénients disparaîtraient si les halles étaient construites au milieu d’un vaste emplacement comme le Champ-de-Mars et communiquaient directement avec la Seine.
- L’objection a été l’éloignement qui nécessiterait un long trajet à parcourir pour les personnes venant aux approvisionnements, mais avec le métropolitain et les tramways, les distances sont de beaucoup diminuées et il n’en coûtera pas plus pour aller de n’importe quel point de Paris au Champ-de-Mars que pour aller aux halles actuelles.
- Cette installation des halles dans ce quartier y amènera une grande quantité de commerçants, ce qui donnera une plus-value considérable aux terrains ; quant à la conséquence forcée du déplacement de l’Ecole militaire, M. Lapeyre propose, avec juste raison, de la transporter dans la plaine de Châ-tillon entre les forêts de Verrières et de Clamart, et un chemin de fer, dont la nécessité s’est faite depuis longtemps sentir, relierait C.hâ-tillon à Paris.
- Ce projet présente évidemment des avantages très sérieux, ce qui ne l’empêcha pas d’être rejeté en 1878 ; mais tout nous porte à croire que ce premier échec ne découragera pas M. Lapeyre et qu’il fera une nouvelle tentative pour essayer d’utiliser une partie des bâtiments de l’Exposition de 1889.
- M. P. Lapeyre est, du reste, très connu pour les nombreux travaux qu’il a accomplis et parmi lesquels on peut citer : la démolition de la rue Baillifpour l’élargissement de la Banque de France; celle des vingt-huit maisons qui couvraient l’espace que devait occuper l’Hôtel-Dieu et qui ne lui prit que vingt-huit jours ; de l’avenue de l’Opéra, ce qui représentait une valeur de 700,000 francs ; une partie de la rue Turgot ; la moitié du boulevard St-Germain,etc ; les deux campagnes de 1879 et 1880 ont atteint le chiffre de 11 millions. N’oublions pas de dire qu’en 1870, M. Lapeyre a été un auxiliaire précieux pour les travaux de la Défense nationale ; il a fait tous les travaux des abords de Saint-Denis, de la Courneuve et du fort de l’Est, sous les ordres du commandant Charron et a abattu tout ce qui pouvait gêner le tir au village de Vert-Galant et dans la zone allant de Romainville jusqu’à la Seine, et tout cela en douze jours ; il a aussi construit, de 1870 à 1876, le fort de Villeras, les cinq redoutes du bas de Verrières et le chemin de 1er de Riche-Condé à Saint-Just.
- Pour conclure, nous sommes heureux de constater ce fait : c’est que M. Lapeyre, dans tous les projets que nous venons d’énumérer, a été surtout poussé par le désir d’être le promoteur de travaux d’utilité publique, ayant pour but d’occasionner l’ouverture de chantiers considérables donnant du travail continu à la classe ouvrière et permettant ainsi à cette dernière de réagir contre la crise dont elle souffre depuis si longtemps. Ce but est éminemment patriotique et nous en félicitons hautement M. Lapeyre.
- M. PIERRE LAPEYRE
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 5 Décembre 1886. NUMÉRO 101.
- SOMMAIRE :
- 1. Commission de contrôle et de finances de l'Exposition de 1889; 2. Commission des travaux; 3. Participation de la ville de Paris ; 4. Les vins et spiritueux à l’Exposition de 1889; 5. L’Exposition de 1889: Association de garantie ; 6. Nos gravures ; 7. Société nationale d’horticulture de France : Exposition d’automne ; 8. Echos ; 9. Exposition de Toulouse ; 10. Exposition des sciences et des arts industriels, 1880, 11. Histoire anecdotique de la Presse en France; 12. Les Livres ; i3. Avis commerciaux.
- l’opération présentait le caractère d’un contrat de louage de matériel ou d’une véritable revente.
- La commission a laissé de côté la question de principe, largement posée par M. Gaye dans son rapport.
- Des observations échangées, il résulte que la commission n’entend nullement contester à l’Etat le droit de recourir dans certains cas à la location des matériaux nécessaires, et dans l’espèce qu’elle admet l’opération proposée par M. le ministre des travaux publics.
- deuxième division à cette même préfecture; Girard, chef du laboratoire municipal ; Mensat, chef de la division des travaux d’architecture; Bouvard, architecte de l’administration centrale ; Armand Renaud, inspecteur en chef des beaux-arts et des travaux historiques.
- Le vice-président sera pris dans le sein de cette commission. M. Armand Renaud remplira les fonctions de secrétaire. MM. May, chef du bureau de l’enseignement, et Brown, chef du bureau des beaux-arts seront désignés comme secrétaires-adjoints avec voix consultative.
- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- COMMISSION DES TRAVAUX
- LES VINS ET SPIRITUEUX
- A L’EXPOSITION DE 1880
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie ce matin à dix heures, sous la présidence de M. Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- L’ordre du jour portait :
- iu L’examen d’un projet d’adjudication relatif aux travaux de terrassement et de maçonnerie à exécuter pour la fondation des galeries des industries diverses au Champ-de-Mars.
- 20 Le traité à intervenir avec la Compagnie de Saint-Gobain pour la fourniture d’un lot de 100,000 mètres environ de verres striés pour les couvertures du Palais.
- 3° L’examen d’une adjudication relative à la pose, la dépose et à l’entretien desdits verres, étant donné qu’ils deviendront après l’Exposition la propriété de l’adjudicataire.
- Sur les trois questions posées, les deux sous-commiseions des finances et des travaux avaient été consultées. M. Guichard, au nom de la commission des travaux et M. Gaye, au nom de la commission des finances, ont présenté à la commission des quarante-trois un rapport écrit sur ces opérations.
- La première a été approuvée sans discussion.
- La deuxième a été approuvée après un échange d’observations entre le ministre, M. Clémenceau, M. Christophle, et M. le directeur général des travaux, observations d’où il est résulté pour la commission d’une part que la Compagnie de Saint-Gobain était seule en mesure de fournir les verres nécessaires et d’autre part que le verre strié offrait par sa fabrication même des garanties impossibles à trouver dans la verrerie ordinaire.
- Il a été décidé en outre que la compagnie des verreries du Nord serait appelée à soumissionner quand il s’agirait de couvrir les surfaces verticales des bâtiments.
- Sur la troisième question, qui avait été traitée séparément dans le rapport de M. Gaye, une discussion s’est engagée pour déterminer si
- Dans une réunion tenue la semaine dernière, la commission des travaux de l’Exposition a examiné les plans d’ensemble des trois palais, tels qu’ils ont été dressés par MM. Bouvard, Duteste et Formigé. Ces plans, qui sont à peu près terminés, vont être soumis sous peu de jours à l’agrément du ministre, Au pavillon du Champ-de-Mars, on s’occupe également de l’adjudication relative aux travaux de terrassement et de maçonnerie pour la fondation du palais des expositions diverses.
- La commission des travaux doit s’entendre avec le conseil de préfecture au sujet de la date de cette adjudication, qui aura lieu du 20 au 2 5 décembre-.
- PARTICIPATION
- DE LA VILLE DE PARIS
- Le ministre du commerce, en réponse à une réclamation du commerce des vins et spiritueux contre la répartition des liqueurs en deux classes distinctes, prenant en considération le vœu de la chambre de commerce, a déclaré que cette question allait être étudiée.
- La chambre de commerce de Paris a constitué une commission spéciale chargée d’étudier toutes les questions se rattachant au règlement général de l’Exposition, et particulièrement aux classements qui pourront donner lieu à des réclamations. Ladite commission est composée comme il suit :
- MM. Marcilhacy, pour les tissus ; Mignon, poulies métaux et machines ; Jarlauld, pour les vins et spiriïueux; Fortier-Beaulieu, pour les cuirs et peaux ; Weber, pour les articles d’ameublement ; Martial Bernard, pour l’orfèvrerie.
- Sur la proposition de M. Alphand, le préfet de la Seine a nommé une commission spéciale chargée d’étudier toutes les questions relatives à la participation de la ville de Paris à l’Exposition internationale de 1889.
- Cette commission est composée ainsi qu’il suit:
- MM. le préfet de la Seine, président ; le préfet de police, les secrétaires généraux des préfectures de la Seine et de police ; Guichard, Jobbé-Duval, Voisin, Monteil, Lyon-Allemand, Curé, Humbert, Jacques, Leclerc, Lefebvre-Roncier, Lopin, Mesureur, Rousselle, Rouzé, conseillers municipaux, formant la commission relative à l’Exposition de 1889; Alphand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des travaux de Paris ; Huet, inspecteur des ponts et chaussées, sous-directeur des travaux de Paris ; Allard, André, Bartet, Bech-mann, Durand-Claye, Humblot, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Carriot, directeur de l’enseignement primaire ; Duplan, sous-directeur de l’enseignement primaire : Pasquier, directeur des affaires municipales ; Roux, directeur des affaires départementales; Frillet, chef du cabinet du préfet de la Seine ; Bonnerot, chef du cabinet du préfet de police; Naudin, chef de la première division à la préfecture de police ; Bezançon, chef de la
- L’EXPOSITION DE 1889
- ASSOCIATION DE GARANTIE
- Liste des souscripteurs (Suite.)
- Préfecture du département de la Seine :
- MM.
- Gilbrin (Adolphe), secrétaire de la mairie de Vanves, à Vanves.
- Lheureux, architecte, 4, rue Largillière.
- Morel, inspecteur, 174, avenue Daumes-nil.
- Allain, inspecteur, 6, rue de Lafontaine.
- Nizet, inspecteur, 7, avenue de Breteuil.
- Cantagrel, conducteur, 182, rue de Rivoli.
- Toilet, s'ous-inspecteur, 48, rue des Bernardins.
- Calinaud, sous-inspecteur à Athis (Seine-et-Oise).
- Boëhrn, garde-rivière, rue du Moulin-des-Prés, 81.
- Raimbault, directeur de l’école communale, 12, rue Fourcroy.
- Deflandre, instituteur, 12, rue Fourcroy.
- Gaudry, instituteur, 12, rue Fourcroy.
- 5.ooo
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- 4-4. — Deuxieme Année. — N° 10:.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE iS8q.
- Dimanche 5 Décembre iSSô.
- M,J,es
- Blanc, directrice de l’école communale, iG, rue Laugier.
- -Clarc, institutrice, 16, rue Laugier.
- Roisin, institutrice, ié, rue Laugier.
- •Chadeigne, institutrice, iG, rue Laugier.
- M1!e
- A. Peter, institutrice, 16, rue Laugier.
- MM.
- Veillet, instituteur, 12, rue Fourcroy.
- Berton, directeur de l’école communale, 84, rue d’Allemagne.
- Duval (Edmond), directeur du Mont-de-Piété, 8, rue Mallebranche.
- Tellier (Ernest), secrétaire général du Mont-de-Piété, 8, boulevard des Ormes, à Rueil.
- Hoffmann (Jean), sous-chef au Mont-de-Piété, 10, rue de Flandre.
- Fracheboud (Louis), sous-chef au Mont-de-Piété, rue du Brev.
- Hébert (Pierre), sous-chef au Mont-de-Piété, 163, rue du Château.
- Baudry (François), commis principal au
- ^ Mont-de-Piété, 5, boulevard Voltaire.
- Goumy, instituteur, 3, rue Crozatier.
- Goret (Louis-Edmond), directeur d’école 4, rue des Feuillantines.
- Le Béalle (Paul), instituteur-adjoint, 84, boulevard Saint-Marcel.
- Chamont (Stéphane), instituteur-adjoint, 11, boulevard Arago.
- Mme Guyot, directrice d’école, 41, rue de FArbalète.
- Morard (Albert), instituteur, directeur d’école, place du Commerce.
- Mm0 Lajotte, née Hervieu, institutrice, directrice d’école, 20, rue Fondarv.
- Mms Verlaque, née Lévy, institutrice adjointe, 3, place Beaugrenelle.
- Flaget (Théophile), instituteur, directeur d’école, 11, rue Lacordaire.
- Rousselle (Claude), instituteur, 24, rue Violet.
- Mmc L. Goubeaux, née Houssard, institutrice, directrice d’école, 11, rue Lacordaire.
- Barrué, instituteur, 9, impasse Rodier.
- Jodart, instituteur, 8, rue Chappe.
- MIIe Petit (Lucie), née Ludinart, institutrice, directrice d’école, 61, rue de Cli-gnancourt.
- Mme Hirchmeyer(Constance),institutrice, sous-directrice d’école, 61, rue de Cli-gnancourt.
- Minât (Eugène), instituteur, directeur d’école, 63, rue de Clignancourt.
- Barras, instituteur, directeur d’école, 1, rue Foyatier.
- Chambaret,instituteur, 28, rue desTrois-Frères.
- Vaney (Victor-Joseph), instituteur, 63, rue des Cloys.
- Pierret (Jean), instituteur, 67, rue Dam-rémont.
- Folly (Amédée), instituteur, 67, rue Dam-rémont.
- Léonard (Alfred), instituteur, directeur d’école, 2, rueHermel.
- Quillot frères, fabricants de ciment de Portland artificiel, usines de Franges par Lezinnes (Yonne.)
- Ramé (Achille), ancien président des cours professionnels de la chambre syndicale du papier, 19, rue Berlioz.
- Renault (Charles-Joseph), médecin, 119, rue Monge.
- Réunion amicale des membres du jury de l’Exposition de Nice :
- MM.
- Allain (Alfred), négociant, 23, quai d’Anjou (2e souscription).
- Biais (Marie-François-Théodore), négociant, fabricant d’ornements d’église, 74, rue Bonaparte.
- Blanc (Edmond), propriétaire, 43, rue Dumont-d’Urville.
- Braquenié (Henri), manufacturier, 16, rue Vivienne.
- Bréant (Eugène), manufacturier, 60, rue d’Aboukir (3e souscription).
- Camille jeune (Alphonse), fabricant de sellerie, 24, rue de Château-Landon.
- Chapu (Pierre-Augustin), fabricants de produits alimentaires, 5, rue de la Ta-cherie (2e souscription).
- Chenaillier (Henri-Nicolas), fabricant d’orfèvrerie en argent, 6, rue de Saint-Pétersbourg.
- Damon (Alfred), ébéniste,74, rue du Faubourg-Saint. Antoine (2® souscription).
- Dosson (Henri), fabricant de bronzes et meubles d’art, 106, rue Vieille-du-Temple.
- Franz-Caze, 87, rue Vieille-du-Temple.
- 1.000 1.000 1.000 1.000
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- MM.
- Gastinne-Renette (Jules), arquebusier,
- 3g, avenue d’Antin (2e souscription). 1.000
- Gibert (Augustin), négociant en huiles,
- 10, rue Charles V. 1.000
- Goëlzer (A.), fabricant d’appareils à gaz,
- 182, rue Lafayette (20 souscription). 1.000
- Hotto.t (Louis), éditeur en bronzes, 48, rue des Petites-Ecuries (2e souscription). 1.000
- Lahure (Alexis-Etienne), imprimeur-éditeur, 9, rue de Fleurus. 1.000
- Lemoine (Henri-André), fabricant d’ébéniste lie, 17. rue des Tournelles (2esouscription). * 1.000
- Leys (Ernest), tapissier, 3, place de la Madeleine. 1.000
- Maurey-Deschamps (Félix-Armand), manufacturier, 65, rue Turbigc. 1.000
- Moussard (Ernest), fabricant de voitures,
- 7, avenue des Champs-Elysées. 1.000
- Mühlbacher (Louis-Gustave), fabricant de voitures, 63, avenue des Champs-Elysées. 1.000
- Parfonry, entrepreneur de marbrerie,62, rue Saint-Sabin (2e souscription). 1.000
- Patay (Edgard-Félix), négociant, fleurs artificielles, 17, rue de la Paix (2e souscription). 2.000
- Pelletier (Auguste), directeur de la compagnie française des chocolats, 18, boulevard Sébastopol (2e souscription). 1.000
- Pepel (Pierre-François-Eugène), 156,rue de Rivoli (2e souscription). 1.000
- Petitjean (Eugène), ancien fabricant de coffres-forts, 10, rue Château-Landon (20 souscription). 1.000
- Rau (Louis),président du conseil d’administration de la compagnie continentale Edison, 7, rue Montchanin (2e souscription). 1.000
- Révillon (Théodore), .négociant, 79, rue de Rivoli (2e souscription). 1.000
- Sandoz (Gustavej.horloger-bijoutier, 147-
- 148, Palais-Royal (2e souscription). 1.000
- Sudrot (Joseph Désiles), entrepreneur de travaux publics, 189, rue Lafayette (2e souscription). " 1.000
- Thibouville Lamy (Gérôme), fabricant d’instruments de musique, 68 et 70, rue Réaumur (2e souscription). 1.000
- Thierry (Gustave), président delà chambre syndicale de la céramique et de la verrerie, 3, rue Paradis (2® souscription). 1.000
- Touzet (Henri), président de la chambre syndicale de la chaussure en gros, 11, rue des Petits-Hôtels (2® souscription). 1.000
- Vigneron (Henri), constructeur-mécanicien, directeur et fondateur de la compagnie française H. Vigneron, vice-président de la chambre syndicale des machines à coudre, 74, rue de la Folie-Regnault (2e souscription). 1.000
- Weber. (Camille), fabricant de passementerie, 15, rue Poissonnière (2e souscription). 1.000
- Wickham (Georges),chirurgien herniaire,
- 16, rue de la Banque (2e souscription). 1.000
- Wolff (David), ancien fabricant de papier,
- 10, rue des Archives (2e souscription). 1.000
- Richard (Max), ancien député, vice-président de la chambre de commerce de Maine-et-Loire, manufacturier à An-
- gers.
- Riéger (Henri), arquebusier, chevalier de la Légion d’honneur,37, rue Vivienne.
- Robyns (Jules), trésorier-archiviste de la Société de statistique de Paris, 5, rue Bridaine
- De Rothschild frères, 19, rue Ladite.
- Saint-Charles, manufacturier, 4, rue du Pont-Neuf.
- Schweizer et Cic, négociants, 8, rue Ménars.
- Sirven (B.), manufacturier, boulevard Ri-quet et rue de Colombette, 76, Toulouse.
- Société anonyme des Eaux d’Enghien-les-Bains, 10, rue Grange-Batelière.
- Société anonyme franco-belge, pour la construction des machines et matériel de chemins de fer, à Raismes (Nord.
- Société anonyme des hauts fourneaux, forges et aciéries de Denain et d’Anzin, rue Mogador prolongée, 4.
- Société centrale des briqueteries de Vau-girard, 127, rue Croix-Nivert^
- Société anonyme des mines de houille et fours à coke de Fléchinelle, à Estrée-Blanche (Pas-de-Calais).
- Société industrielle et commerciale des métaux, 12, rue Elzévir.
- Sohier (Edmond-Georges), constructeur, 121, rue Lafayette.
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- 2.000
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- 25.000
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- 1.000 5o.ooo 2.000
- Syndicat des entrepreneurs des travaux publics de France :
- MM.
- Collignon aîné, entrepreneur de travaux publics,, trésorier du syndicat des entrepreneurs de travaux publics de France, 5, rue Gounod.
- Tondeur (Auguste), entrepreneur, à Bruyères-en-Vosges (Vosges).
- Fouchard jPaul), entrepreneur de travaux publics, à Eu (Seine-Inférieure).
- Baratoux (Charles), entrepreneur de travaux publics, à St-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- Syndicat professionnel des négociants en verres à vitres, 3, rue de Lutèce.
- Syndicat des verres à vitres du Nord.
- Union du bâtiment, 45, rue Saint-Sébastien.
- a. 000 1.000 1.000
- 5.ooo
- 2.000 10.000
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- Union nationale du commerce et de l’industrie :
- MM.
- Bourgeois, négociant, 4, rue de Cléry. 1.000 G. Duché et Cie, fabricants de tissus de
- Picardie, 20, rue du Sentier. 1.000
- Mascuraud frères, fabricants bijoutiers pour mode, 8, rue du Général-Morin. i.oco
- Maurey-Deschamps (Félix-Armand), négociant manufacturier, 62, rue Tur-bigo. 2.000
- Total de la 5° liste, 1.259.000
- Total des listes précédentes, 21.437.000
- Total général,
- 22.696.000
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- NOS GRAVURES
- M. BARTET
- Ingénieur en chef adjoint au directeur général des travaux.
- M. Bartet, Gustave-Ernest, est né à Paris, le 22 septembre 1842.
- C’est un ancien élève de l’école normale où il fut reçu avec le numéro 1.
- Entré en 1862 à l’école polytechnique avec le numéro 21, il en sortit deux ans plus tard dans les-ponts et chaussées.
- Envoyé successivement comme ingénieur à Prades, à Montauban, à Chartres, il fut nommé ingénieur de ire classe du service municipal de la ville de Paris, en 1876.
- Il a collaboré à tous les embellissements, à tous les grands travaux de la Ville de Paris, palais du Trocadéro, place de la République, etc.
- En 1882, le conseil municipal, désireux de conserver M. Bartet au service municipal, alors qu’il allait être nommé ingénieur en chef, le nomma ingénieur en chef des promenades et plantations, après avoir rétabli ce poste occupé anciennement par M. Alphand.
- Depuis cette époque, il a collaboré avec M. Alphand à tous les travaux de la Ville de Paris et achève actuellement les grands cimetières de Pantin et de Robigny ainsi que les travaux de soutènement de la butte Montmartre.
- M.CHARTON
- Ingénieur en chef adjoint du contrôle des constructions métalliques de l’Exposition de 188g.
- M. Jules Charton est né à Paris en 1840.
- Il a fait ses etudes au lycée de St-Louis, et sortit dans un des premiers rangs de l’Ecole centrale en 1862.
- Entré à la Compagnie des chemins de fer du Midi la même année, comme simple emplové il a successivement conquis par son travail tous ses grades : piqueur, conducteur, chef de section, sous ingénieur et ingénieur.
- Il s’est occupé spécialement des constructions métalliques et a suivi à l’étranger tous les grands travaux de ce genre entrepris dans ces dernières années.
- Doué d’une grande activité, il a collaboré à de nombreuses publications et est l’auteur de divers projets. Membre de diverses commissions de l’Exposition de 1878, il a été nommé, cette année, chevalier de la Légion d’honneur.
- Nous dirons en terminant que M. Jules Charton est le fils de M. Edouard Charton, membre de l'Institut, si universellement connu et estimé pour toutes les remarquables publications qu’il a fondées et qu’il dirige encore: Le Tour'du Monde, le Magasin pittoresque, etc., etc.
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- Deuxième Année. — N° ioi.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE rS89.'
- Dimanche 5 Décembre 1886.
- — 4 1 T.
- M. PIERRON
- Ingénieur du contrôle des constructions métalliques.
- M. Eugène-Vincent Pierron est né à Metz, le i3 août 1848.
- Ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures, promotion de 1879.
- Officier d’académie.
- Lauréat du concours ouvert pour la construction de l’Exposition de 187c), il a été nommé, à la suite de ce concours, ingénieur du contrôle des constructions métalliques.
- M. Pierron est un architecte très connu et très estimé.
- M. CONTAMIN
- Ingénieur en chef du contrôle des constructions métalliques de ! Exposition de i88q
- Né à Paris en 1840.
- A fait ses études au collège Chaptal.
- Entré à l’école centrale en 1867, sorti en 1860. Après avoir été attaché pendant près de deux ans, en qualité d’ingénieur, au service de l’assistance publique, il est entré au chemin de fer du Nord en 1863, où il a été nommé successivement inspecteur du matériel, puis ingénieur de ce meme service.
- Entré à l’école centrale comme répétiteur du cours de mécanique appliquée en 1864, ü a été nommé professeur du cours de résistance des matériaux quelques années plus tard. Comme professeur de ce cours, il a publié un ouvrage sur les applications de h. résistance des matériaux qui traite ce sujet sous un aspect pratique qui n’avait pas encore été abordé jusqu’ici dans les publications françaises.
- C’est un de nos ingénieurs les plus distingués en fait de travaux métalliques et il était tout désigné pour les hautes fonctions qui lui ont été confiées.
- M. DE MALLEVOUE
- Secrétaire de la Direction générale des travaux de l’Exposition.
- M. Fernand de Malle voue est né le 14 décembre 1849. A fait ses études au lycée Charlemagne.
- Secrétaire du jury du concours pour la reconstruction de la Sorbonne, il fut nommé officier d’académie.
- A fait toute sa carrière à la préfecture de la Seine, où il est sous-chef de bureau à la direction des travaux et secrétaire de M. Alphand.
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- SOCIÉTÉ . NATIONALE
- D’HORTICULTURE DE FRANCE
- Exposition d’automne
- Cette fois, ce sont des fleurs partout, sous la voûte en entrant, dans le vestibule et enfin dans la grande salle. Dire quelles innombrables variétés de chrysanthèmes il nous a été donné d’admirer est à peu près impossible, il faudrait les citer toutes les unes après les autres, force nous est de résister à ce désir, et l’on nous saura gré de passer sous silence le détail de toutes ces nomenclatures parmi lesquelles on rencontre des espèces fleurissant par bouquets à pétales tuyautés, où le jaune d’or, le rose et le violet se confondent; d’autres, où l’aurore le violet et le rose se confondent et dont le centre est doré; puis ce sont de très grandes fleurs à longs pétales chiffonnes, blanc argenté, centre en .spirale rose mousseline ; des espèces à pétales très longs, mi-tubulés jaune foncé, granité et flammé de rouge, ou encore rouge capucine éclatant, à revers dorés, centre doré très brillant et tranchant sur le rouge, etc., etc.
- Des remparts de splendides variétés japonaises, hybrides et à grandes fleurs masquent les murs. Au fond de la salle, une estrade a été disposée pour la cérémonie de la distribution des récompenses ; seul, le fond de l’estrade est garni de plantes vertes, de quelque autre côté que le regard se porte l’ensemble multicolore est d’un aspect des plus agréables.
- La magnifique collection, comprenant plus de quatre cents variétés, présentée par MM. Levêqueet fils, a remporté le premier prix, médaille d’or.
- Les variétés présentées par M. Darlu, présentées, comme les précédentes, en pots, ont obtenu la seconde place avec une grande médaille de
- vermeil. ,
- Cette exposition, disposée avec . beaucoup de uoût dans le local de la Société, rue de Grenelle, avait attiré un nombreux public, qui a longuement admiré ces splendides collections.
- L’Exposition de MM. Forgeot et. O, fleurs coupées, attirait le regard d’une façon toute spéciale, les variétés très nombreuses et surtout de
- très belle venue justifiaient l’attention très soutenue des visiteurs. Venaient ensuite la collection Dupanloup et la collection Margottin, toutes trois ont obtenu une médaille de vermeil.
- Venaient après MM. Delaville, Chantrier, Lemoine, grande médaille d’argent; puis MM. De-gressy, Dereydelet, Hoibian, Mercier, Vallet avec la médaille d’argent ; enfin, un splendide bouquet, présenté par M. Deschamps, composé d’une très grande variété d’espèces, toutes dénommées, lui a valu une médaille de bronze.
- Mais cet attrait n’était pas le seul qui eût attiré un si nombreux public. Cette séance était exclusivement consacrée à la distribution des récompenses accordées :
- i° Aux jardiniers qui s’en sont rendus dignes par leurs longs services.
- Voilà, certes, des récompenses auxquelles on ne peut qu'applaudir ; reconnaître les longs services, c’est presque créer des prix de vertu.
- 20 Aux personnes dont les travaux ont été l’objet de rapports faits à la Société ;
- 3° Aux exposants dont les produits ont été appréciés par les jurys des Expositions tenues par la Société, en mai et en octobre dernier, au Pavillon de la ville de Paris (Champs-Elysées) ;
- 40 Aux lauréats des concours spéciaux qui ont eu lieu à l’Hôtel de la Société, dans le courant des années 1885 et 1886.
- La séance a été ouverte à une heure, sous la présidence de M. Léon Say, sénateur, président de la Société, qui a prononcé un éloquent discours. Puis M. Ducharte a présenté un rapport de la commission des récompenses et des médailles ont été remises aux vieux serviteurs et aux auteurs de différents ouvrages. Après un préambule littéraire sur les Expositions de mai et d’octobre lu également par M. Duchartre, M. Lamarre a proclamé les noms des lauréats des Expositions et les récompenses ont été distribuées aux prix d’honneur et médailles d’or; les autres ont été remises à la sortie.
- Une véritable ovation a été faite à M. Chautin, prix d’honneur, vase de Sèvres offert par M. le président de la République, et lauréat de nombreuses médailles d’or; il n’avait pas le temps de descendre de l’estrade que son nom, proclamé à nouveau, provoquait les applaudissements frénétiques de la salle entière. Citons aussi, parmi les lauréats dont le nom a été le plus fréquemment prononcé et acclamé, MM. Levêque et fils qui ont remporté environ quinze médailles dont plusieurs premiers prix, grandes médailles d’or, médailles d’or, de vermeil, etc.
- Nous avons, du reste, donné la nomenclature de toutes ces récompenses dans les nos 78 et 97.
- En somme, belle et bonne journée pour l’horticulture et les horticulteurs.
- A. Ramé.
- ÉCHOS
- Paris
- Le jugement du premier degré a été rendu, à la lin de .la semaine dernière, dans le concours institué pour la décoration artistique de la mairie de Pantin.
- Le jury était ainsi composé :
- MM. Poubelle, préfet de la Seine, président ;
- Alphand, directeur des travaux, et Kœrap-fen, directeur des beaux-arts, représentant l’Administration municipale ;
- Collin, Richard et Delhomme, nommés par le Conseil général ;
- Puvis do Chavarmes, Cabanel, et Luc-Olivier Merson, peintres, élus par les concurrents.
- O11 sait que soixante-huit concurrents avaient envoyé des esquisses.
- Trois artistes ont été désignés pour prendre part au second degré du concours. Ce sont, par ordre alphabétique : MM. François Lafon, Henry Lévy, Sehommer. Le jugement définitif aura lieu dans le courant de février 1887.
- *
- ¥
- Une exposition do tableaux anciens va être organisée par M. Henri Rochefort à l’occasion des fêtes qu’organise au profit des inondés du Midi le comité de la presse.
- *
- * *
- Le service des sociétés professionnelles _ qui, jusqu’à ce jour, dépendait du ministère do l’intérieur, est transféré au ministère du commerce et do l’industrie.
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- Les négociations pour le métropolitain continuent entre la commission des chemins de fer, le ministre des travaux publics et M. Albert Christophle.
- Le ministre espère soumettre aux Chambres un projet définitif avant la fin de l’année.
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- * *
- D épar tements
- La-trentième exposition municipale des beaux-
- arts de Rouen a été clôturée mardi dernier, 80 novembre.
- * *
- A Bois-Colombes, les artistes habitant lalocalité viennent, sur l'initiative de M. Argentié, chef d’institution, d’organiser une exposition de peinture, sculpture et gravure.
- Les recettes seront versées aux caisses des écoles et des pauvres d’Asnières, Colombes et Bois-Colombes.
- * *
- Un concours est ouvert par la ville de Lyon, entre les architectes et artistes sculpteurs français en vue de l’érection, sur la place.Perrache, d’un monument à la gloire de la République.
- Les intéressés trouveront dans le Journal des Arts du vendredi 2(1 novembre tous les renseignements nécessaires.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Deux importantes expositions artistiques, l’une-à la galerie nationale et comprenant 300 œuvres environ, l’autre à la galerie artistique d’Edouard Schutte, attirent en ce moment l’attention des-Berlinois.
- La seconde réunit des toiles de Defregger, Knans, Achenbach, Menzel et d’intéressantes scènes de chasse du peintre polonais Falot.
- *
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- L’exposition d’histoire locale de Coblentz et Trêves, dont nous annoncions l’ouverture, a été inaugurée il y a quelques jours dans la première de ces villes/
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- * *
- Une exposition de dentelles est ouverte depuis-quelque temps à Annaberg (Saxe). Elle mérite-d’être signalée par l’intérêt qu’excitent sa variété, ainsi que la rareté et la grande valeur de certaines-pièces qui y figurent.
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- Les héritiers du baron Meyer-Charles de Rothschild, mort il y a quelques semaines à Francfort, viennent dit le Figaro, de décider la construction d’un Musée ouvert au public et dans lequel seront exposées les collections laissées par le défunt.
- Ces collections passent pour être, en ce qui. concerne l’orfèvrerie, les plus riches du monde.
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- Des négociations seraient engagées entre l’Allemagne et la Belgique pour l’etablissement d’une ligne téléphonique de Cologne à Bruxelles.
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- Angleterre
- Nous parlions, dans un précédent numéro, d’un •projet d’exposition à Dublin (Irlande) pour l’année prochaine.
- La corporation de la ville fait étudier en ce-moment la question par une commission spéciale-et il est possible que le projet soit adopté, sauf'à en remettre la réalisation à l’année 1888.
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- * V
- La quatre-vingt-neuvième exposition agricole-annuelle du Smithjield Club ouvre demain lundi G décembre au Royal Agricnltural Hall (Islington, Londres). Elle sera divisée, cette année, en 86-classes dont 36. consacrées aux races bovines, 35 à la race ovine, 15 à la race porcine.
- Le concours, auquel prendront part un plus grand nombre d’exposants, sera plus important que l’année dernière.
- Aussi la liste des primes et récompenses a-t-elle été considérablement augmentée. JL.es primes en argent atteindront le chiffre important de 2,710-livres sterling, soit 67,750 francs.
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- Le 18 novembre dernier a eu lieu à V Agricul-tural Hall de Norwich, une exposition similaire,, celle qu’organisent chaque année le comte de Norfolh et la ville de Norwich.
- Nous relevons, dans la liste des exposants xêcompensés, S. M. la reine et S. A. le prince de Galles.
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- L’exposition coloniale et indienne de South-Kensington 11e rouvrira pas l’année prochaine c’est, dit-on, chose décidée. Les objets exposés vont donc être dispersés, sauf ce qui en sera réservé pour former le noyau de l’institut impérial des colonies. Ce musée recevra d’ailleurs egalement, en vertu d’une récente décision, des produits du Royaume-Uni. Il ne reste plus maintenant, pour la réalisation de cet intéressant projet, qu’à faire le choix d’un emplacement aussi proche que pos-•sible de la cité.
- Les personnes qui regretteraient l’exposition de South-Kensington trouveront l’année prochaine, à l’Exposition américaine, toutes les attractions désirables.
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- Un mouvement très accentué se dessine actuel-Voir la suite page 4 / S.
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- 416 et 417. — Deuxième Année.
- N° 101
- LE MONITEUR Dg ^POSITION DE 1889
- Dimanche 5 Décembre i8S6
- M. CONTAMIN
- INGÉNIEUR EN CHEF DU CONTROLE DES CONSTRUCTIONS METALLIQUES
- ... ,,,A.v — .
- SERVICE DES TRAVAUX
- d£
- L’EXPOSITION DE 1889
- M. BARTET
- Ingénieur en chef des ponts et chaussées Ingénieur en chef des promenades et plantations de Paris
- INGÉNIEUR EN CHEF ADJOINT AU DIRECTEUR
- (Dessins de M. P. Toussaint, d’après Rs Photographies de MM
- Appert et Fontaine.)
- M.CHARTON
- INGÉNIEUR EN CHEF ADJOINT DES CONSTRUCTIONS METALLIQUES
- M. PIERRON
- V. de MALLEVOUE
- INGÉNIEUR DU CONTROLE DES CONSTRUCTIONS METALLIQUES
- SECRETAIRE DE LA DIRECTION
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE i8Sn.
- Dimanche b Décembre iSSé.
- 41S — Deuxième Année. — N° 101.
- loaicüt flans tous les centres manulacturiers p'our la création do musées industriels.
- La Chambre de commerce de Birmingham est sur le point d’organiser, pour les fabricants de la région, l’exposition d'une collection d’outils et instruments tranchants, que lui a envoyés, de Chine, par l’entremise du département des affaires étrangères, M. O’Coimor, chargé. d’affaires britannique à Pékin. Ces outils, tels que pioches, râteaux, pelles, hachettes, truelles, socles de charrue, ainsi qu’une série de rasoirs, pourraient, croit M. O’Connor, être fabriqués en Angleterre, dans de meilleures conditions de qualité et de coût, et seraient, parait-il, d’un facile.écoulement en Chine, par les soins d’agents intelligents.
- La Chambre do commerce de 'Wolverhampton organise également une exposition industrielle permanente, qui permettra aux producteurs de la région de mieux comprendre la nature et l’étendue de la concurrence étrangère.
- Voilà pour l’industrie française do bons exemples à suivre.
- Mais quand donc nos agents à l’étranger voudront-ils déployer un peu de l’activité des consuls et ministres do”Sa Majesté britannique !
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- Il parait que l'exposition des chefs-d’œuvre artistiques, organisée à Folkestone, et dont nos lecteurs ont eu sous les yeux quelques illustrations, n’a eu que peu de succès.
- Clôturée le samedi 30 octobre dernier, elle n’avait reçu pendant toute sa durée que le chiffre restreint de 212,510 visiteurs.
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- Autriche - Hongrie
- La Chambre de commerce de Vienne prépare l’ouverture d’une Bourse des marchandises. On espère que les travaux courront être entièrement terminés dans le courant de janvier.
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- Une exposition consacrée à Richard Wagner ouvriraà Vienne dans le courant d’avril 1887. Elle sera permanente et comprendra, avec de riches collections, une importante bibliothèque littéraire et musicale.
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- Espagne
- L’Exposition internationale de Barcelone aura lieu du la septembre 1887 au mois d’avril 1888.
- Elle comprendra l’agriculture, l’industrie, le commerce, l’enseignement, les arts libéraux, la navigation, les pêcheries, la pisciculture, les beaux-arts, l’électricité, la médecine, l’hydrothérapie.
- Il est question de provoquer, durant 1 exposition, la réunion de différents congrès internationaüx. Des concours seront également organisés.
- Les gouvernements seront invités à se faire officiellement représenter à l’exposition par la nomination de commissions.
- On prépare actuellement un catalogue officiel. *
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- États-Unis
- La commission chargée d’étudier le projet, connu de nos lecteurs, d’une exposition américaine à Washington, pour 189.2, annonce que, de tous c-ôtés, se manifeste un vif intérêt en faveur de l’entreprise.
- Le comité d’initiative sera appelé à discuter, mardi prochain, 7 courant,. dans une réunion plenière, le projet qui, ainsi que nous l’avions indiqué, comprend trois points fondamentaux :
- 1° Célébration, par tous les Etats de l’union, de fêtes solennelles pour le centenaire de la constitution des Etats-Unis ;
- 2° Exposition internationale et universelle, à l’occasion du quatre centième anniversaire de la découverte de l’Amérique;
- 3° Organisation d’une exposition américaine permanente à Washington.
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- La ville d’Utica, dans l’Etat de New-York, prépare une exposition locale, d’industrie et de machines, dont l’ouverture doit avoir lieu ces jours-ci. *
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- Philadelphie aura, dans quelque temps, la plus haute tour du monde.
- L’Hôtel de ville, dont l’achèvement est prochain, aura une tour haute de 537 pieds, soit 27 pieds de plus que la cathédrale de Cologne, et surmontée d’ime statue de William Penn.
- Ce monument sera, jusqu’à l’érection de la tour Eiffel, l’édifice le plus élevé que l’on connaisse.
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- C’est à croire que l’immortel M. de Joy fut l’inventeur du téléphone !
- S'il faut en croire ce que l’on raconte, dix-huit abonnés auraient pris femme parmi les employées d’un bureau téléphonique du Connecticut.
- Voilà un beau résultat auquel les inventeurs n’avaient certes pas songé !
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- Grèce
- L'exposition héllcnique, qui devait, ainsi que
- nos lecteurs se le rappelleront certainement, ouvrir à Athènes l’année prochaine, dans le courant du mois de novembre, vient d’être ajournée à l’année suivante.
- La date en sera ultérieurement fixée.
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- Pérou
- Il est question de créer à Lima un musée industriel français. Nous reviendrons sur ce projet qui ne peut manquer d’intéresser nombre d’exportateurs.
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- Italie
- Un musée commercial vient de se fonder à Milan, sous les auspices de la Chambre de commerce de cette ville.
- L’administration du nouvel établissement a exprimé le désir que les producteurs français, qui le jugeraient utile aux intérêts de leur industrie, voulussent bien lui adresser des échantillons do matières premières ou fabriquées, susceptibles d'être écoulées en Italie, ainsi que des catalogues de machines dont la communication pourrait être appréciée.
- C’est avec le plus vif plaisir que nous avons vu l’Académie française, dans sa grande séance annuelle du 2 5 novembre, décerner le' prix d’éloquence à notre éminent collaborateur, M. de Lescure, pour sa belle Etude sur Beaumarchais.
- M. de Lescure est un triomphateur des concours académiques. De 1872 à 1886, en quatorze ans, l’Académie l’a couronné cinq fois. Elle lui avait déjà décerné le prix d’éloquence, en 1880. pour un fort bel Éloge 'de M. de Marivaux.
- M. Ludovic Halévy a donné lecture de l’Étude sur Beaumarchais, au milieu d’applaudissements réitérés. On a beaucoup admiré la peinture de cet esprit si français qui, devenu quelque chose par l’intrigue, quelqu’un par le talent, fut heureux en tout comme s’il l’avait mérité... et par l’esprit, est arrivé à tout, même à l’éloquence. Nos lecteurs pourront trouver ce discours à la librairie académique Didier.
- EXPOSITION DE TOULOUSE
- Le Comité de Paris s’est réuni le 3o novembre sous la présidence de M. Sirven, maire de Toulouse.
- Les demandes d’admission qui arrivent chaque jour en grand nombre au siège du Comité, 18, rue Bergère, ont été examinées au cours de cette séance.
- Il a été décidé que le Comité formerait autant de sous-commissions qu’il existe de groupes dans le système de classification adopté pour l’Exposition de Toulouse.
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- Voici la composition de ces sous-commissions.
- Premier groupe. — Œuvres d’art.
- MM. de Dramard, président; Franz-Case, Hébrard, Hottot, Lahure, Levallois, Leys-Pelpel.
- Deuxième groupe. — Education et enseignement. Matériel et procédés des arts libéraux.
- MM. Wolff, président ; Cabirau, Gand, Lahure, Laffineur, Violet, YVickham.
- Troisième groupe. — Mobilier et accessoires.
- MM. Sandoz, président ; Bréant, Braquenié, Goelzer, Hottot, Lemoine, Leys, Nivert, Roca-ché, Thierry, Wolff.
- Quatrième groupe. — Tissus, vêtement et accessoires .
- MM. Levallois,président; Bréant, Gastine-Renette, Lecoustellier, Patay, Rocaché, Touzet, Weber.
- Cinquième et sixième groupes. — Industries extractives', produits bruts et ouvrés ; outillage et procédés des industries mécaniques.
- MM. Perissé, président; Cabirau, Camille, Lecoustellier, Muhlbacher, Rocaché, Touzet, Vigneron, Violet, Wickham.
- Septième, huitième, neuvième groupes. — Produits alimentaires, Agriculture, Horticulture.
- MM. Allain, président ; Chapu, Pelpel, Rolland, Vilmorin.
- Dixième et onzième groupes. — Gaq, Electricité.
- MM. Hottot, président ; Cabirau, Goelzer, Rau, Rocaché, Violet.
- Douzième groupe. — Médecine, hygiène, ambulances, etc.
- MM. Wickham, président ; Aron, Cabirau, Denoye.
- Franz-Case.
- Les membres désignés en tête de chaque groupe-sont les présidents provisoires. Chaque groupe, lors de sa première séance, devra nommer son président.
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- M. Lecoustellier a fait observer au président que sur les imprimés de l’Exposition de Toulouse, il était porté comme « Président du tribunal de commerce d’Abbeville », alors qu’il est « membre de la chambre de commerce ».
- EXPOSITION DES SCIENCES
- et
- DES ARTS INDUSTRIELS 188Ô
- IP al a i ,s cle V Industrie ( Champs-Elysées J
- Nous avons sous les yeux le rapportdu jury des classes 2 3 et 24. Nous en extrayons les notes suivantes :
- Membres du jury :
- 1. Artus (C.), Président, manufacturier.
- 2. Caron_(L.), Secrétaire, fabricant de couleurs et
- enduits.
- 3. Etard, officier d’Académie, professeur de chi-
- mie et de physique de la ville de Paris.
- 4. Lyonnet, teinturier en soie.
- 5. Testu-Joueau, maire de Châteaurenault, manu-
- facturier.
- CLASSE 23
- N° 907. — Âlbassini, Allard et C;°, 11, rue de la Cerisaie. — Médaille de vermeil.
- Ces Messieurs ont exposé l’amiante à l’état "naturel, de provenance du Canada et du Piémont, ainsi que les transformations subies pour obtenir de la corde tressée, de la ficelle, de la toile, du carton et enfin du papier d’amiante.
- Les propriétés à'ininflammabilité de ce produit sont connues, mais ces Messieurs ont en quelque sorte manufacturé les fibres d’amiante pour tous les besoins des industries chimiques et mécaniques ; ils sont en outre employés pour la filtration des eaux et des acides. — Leur exposition est intéressante.
- N° 966. — C. Artus, membre du jury, abattoir de-"La Villette, rue de Flandre, 176, Paris, et rue-du Landy, 9, Plaine-Saint-Denis.
- M. Artus est adjudicataire des abattoirs de la ville de Paris. — Son exposition intéresse donc le public par les transformations subies depuis . l’abattage du mouton : la laine, les cornes, les os, le-suif,, et enfin Vhuile tirée des.pieds qui a son emploi dans l’industrie mécanique, principalement de précision. C’est, nous croyons, les seules usines de ce genre en France et même à-l’étranger.
- N° 871. — Blanchard-Rullaud et Cic, au Blanc (Indre).
- Le dégras présenté par ces Messieurs [est préparé spécialement pour assouplir le cuir vieux; nous ignorons s’il réunit tous les avantages qu’il indique, mais nous croyons devoir encourager leurs efforts d’y parvenir, surtout si le prix est abordable pour tous.
- N° 537. — Bochet Fils, 129, rue de Javel.
- Les carmin et sulfate d’indigo soumis à notre-appréciation nous ont paru mériter un encouragement spécial par leur couleur franche en teinture,, et de meilleure durée que les couleurs bleues d’aniline, leur grande _ fixité, et plus hygiéniques à tous égards,puisqu'ils sont employés parla parfumerie, la confiserie et l’alimentation.
- N°490. —L. Caron, membre du jury.
- Combattre l’humidité et ses effets désastreux, sur la personne et sur les matériaux, voilà les résultats obtenus par les enduits spéciaux qui portent le nom de l’exposant.
- Il a exposé en outre une nouvelle peinture en poudre siccative dite la Décorative possédant,avec 3o nuances, la gamme chromatique de la peinture du bâtiment; elle est économique, hygiénique et durable. Son exposition n’est pas la moins intéressante de notre classe.
- N°- 585. — Chailly (Achille), 17, rue des Ursulines, à Saint-Denis.
- Les huiles à graisser soumises à notre examen par IM. Chailly sont à base minérale et d’origine américaine; nous avons constaté que le mélange-qu’il opère pour obtenir diverses qualités est bien présenté; il en est de même pour ses graisses à. wagons et machines.
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- Deuxième Année. — N° ici.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 18S9 Dimanche 5 Décembre 1SS9. — 419.
- N° 1589. — The Chesebrough, Manufacturing Cio, 13, avenue de l’Opéra.
- La vaseline présentée par cet exposant est une .gelée tiiée du pétrole, servant au graissage des machines, chaussures et harnais.
- Ce produit est appelé à rendre quelques services à la pharmacie.
- N° 467. — Demeyer et Delage, 38, rue d’Enghien.
- Les cirages soumis par ces exposants à notre appréciation nous ont paru devoir être plutôt classés comme encaustique dont la base est : cire et thérébentine, et dont l’usage pour l’entretien des meubles peut être excellent.
- N° 741. — Delozanne, 60, rue Caumartin.
- L,’huile de cofa épurée ou plutôt rectifiée par cet exposant donne une belle lumière et ne char-bonne pas les mèches.
- N° 741. — Deustch et fils, 20, rue Saint-Georges.
- Ces Messieurs ont exposé un des dérivés de leur rectification du pétrole sous la forme de Bougies colorées, ayant nom « Jupiter », provenant de la parafine ; c’est une bougie de luxe dont le prix est supérieur à celle de la stéarine, mais il faut remarquer qu’elle éclaire d’une vive lumière, qu’elle est durable et ne coule pas comme les autres. — Il y a •un progrès accompli que nous sommes heureux de constater.
- N° 2 55. — Giguet-Leroy, 41, quai de Javel.
- L’exposition de M. Giguet est intéressante par les produits qu’il expose, tous tirés de sa fabrication. Ses colles pour l’industrie, ses gélatines de matières, ainsi que ses huiles de pied de bœuf méritent notre encouragement.
- N° 514. — Giot, 5o, rue Sedaine.
- Sans examiner tous les produits exposés dont l’importance est minime nous constatons les efforts que fait l’exposant pour faciliter l’écoulement de ses vernis noirs au four à bas prix, en concurrence avec ceux de provenance d’Allemagne ; son liquide inoxydable peut rendre quelques services à la métallurgie.
- N° 108. — Grosset-Grange, 44, boulevard Beaumarchais.
- Les produits soumis à notre examen sont bien présentés, mais si nous regrettons que les matières employées pour ses poudres à polir ne soient pas d’origine française, nous reconnaissons qu’elles sont bien préparées par, le polissage des métaux, parleur finesse impalpable.
- N° 110. — Cb. Haret, 38, boulevard Haussmann.
- L’expérience faite devant nous par M. Martin avec Y Ignifuge démontre ses efforts pour rendre les tissus, boiseries ou papiers ininflammables, ou diminuer l’incombustibilité de ces matières.
- N° 922. — Hauton, Saint-Nazaire.
- Cette encaustique liquide sous le nom de Brillant oriental a pour propriété de teindre également le bois sans nuire en aucune manière au brillant, c’est le seul mérite du produit exposé, qui est du reste bien présenté-
- N° 1120. — Leroy, 44, rue François I01'.
- Rendre de vieux meubles aussi brillants que des neufs : c’est le procédé présenté par l’exposant qui obtient ce résultat.
- Nous pensons devoir l’encouragera en propager l’application.
- N°Gi5.— Mabille, 128, rue Turenne. 7
- Dans l’exposition des colles soumises à notre examen, nous regrettons 11e pouvoir récompenser le fabricant M. Kroger Bourdon qui n’a point exposé ses produits et de ne voir dans les produits exposés qu’une assimilation de ses colles fortes à une colle rendue liquide par un procédé qui est le secret de l’exposant et dont nous ne pouvons apprécier les qualités adhésives et de durée.
- N° 1205. — Monnet, 89, rue Lauriston.
- Les produits exposés sous la dénomination ;< Composition Monnet » à base de corps gras, nous ont paru excellents pour le polissage et surtout pour l’entretien des métaux.
- section étrangère. — Rojeswenski, à Gorba-
- tovka (Russie).
- La graisse pour essieux à base de Xaphte, soumise à notre examen, nous a paru semblable à celle fabriquée en France avec les mêmes matières ; nous regrettons que cet exposant, dont la fabrication paraît importante en Russie, ait jugé à propos de n’envoyer à notre exposition des sciences et des arts industriels qu’une boite d’échantillon de peu de valeur ; nous ne saurions encourager pareils procédés qui rendraient impossibles "les concours entre nations.
- N° 1406.— Société centrale de Produits Chimiques,
- 42, rue des Ecoles.
- La fabrication des produits chimiques spéciaux exposés par cette société est faite avec soin, nous sommes heureux de constater les efforts faits par elle pour relever cette industrie par sa concurrence avec l’Allemagne, par ses prix modiques et sa bonne préparation.
- Nous la félicitons de son essoreuse de laboratoire qui est pratique et d’un prix abordable.
- N° 235. — Société des Cirages Français, 11, rue
- Beaurepaire.
- L’importance des affaires traitées par l’exposant est une garantie des qualités des produits exposés : cirages onctueux et pommade pour l’entretien des métaux ; a eu les plus fortes récompenses pour ses cirages dans diverses expositions universelles.
- A notre avis, cette maison devrait être mise hors concours dans les expositions.
- Section étrangère. — Harvey - Rae et Cie, à Glascow.
- Les étoffes imprimées en noz’r de cette maison se tiennent assez bien au savonnage et au lavage acidulé.
- Le noir d’aniline est assez bien appliqué.
- N° 2180. — Jean (Ferdinand), à Paris.
- La peinture au badigeon inaltérable soumise à notre appréciation nous a paru intéressante, en ce sens qu’elle résiste au lavage à l’eau et ne déteint pas au frottement sur les vêtements comme celle à la colle ordinaire.
- L’addition d’un produit chimique au moment de l’emploi n’augmente pas de beaucoup son prix de revient et lui procure des propriétés qu’elle n’aurait pas sans cela. Cette peinture, sans remplacer la peinture à l’huile, dans tous ses usages, peut avoir son application à l’intérieur, dans les casernes, hôpitaux: etc.
- Quibillon et Fourment, 5y, rue de l’Aqueduc.
- Les produits présentés par ces messieurs ont pour principes des sels inoffensifs, combinés par eux, à l’effet de combattre un début d’incendie, soit en chargeant un appareil, soit à la main, en lançant dans le foyer un liquide extincteur dont le prixMe revient est relativement bon marché.
- CLASSE 24
- Section étrangère.— Alafouzoff, à Kazan (Russie).
- Cette exposition nous représente les plus beaux spécimens de cuirs maroquins qu’il y ait peut-être au monde.
- Ces cuirs tannés aux écorces de saules et de peupliers de Russie doivent leur souplesse, leur imperméabilité et leur senteur agréable qui les préserve des attaques de tout insecte, à l’huile de bouleau mélangée d’huile de phoque, dont la propriété contient un principe particulier appelé Bétu-‘lirie, c’est à notre grand compatriote, le chimiste Payen, qu’est dû le meilleur procédé pour l’extraction de cette substance.
- Il est fabriqué chaque année dans cette usine, qui occupe 5oo ouvriers, 175,000 cuirs; elle possède en outre : hôpital, bibliothèque et plusieurs écoles, etc.
- N° 829. — Bure, p5, rue Pascal, Paris.
- M. Bure est le fils de ses œuvres. — Il est le créateur, l’inventeur d’un procédé d’impression remarquable par sa solidité, il a dû, en transformant les peaux de chèvres et de moutons, même les plus inférieures, en imitation de peaux de serpents et de crocodiles, faire réaliser plus d’une fortune aux fabricants de l’article de Paris. Il est arrivé à ce résultat en se ruinant plusieurs fois.
- Depuis, cet homme de cœur s’est réhabilité, en payant d’arriéré en capital et intérêts: 33o,ooo francs. Cette honorable maison est sans rivale dans sa spécialité, elle a obtenu les plus hautes récompenses et. regrettons de 11’avoir pas qualité pour solliciter en sa faveur une plus grande distinction.
- N° 358. — A. Belafraye, à Mussel-les-Beauvais (Oise).
- Les courroies collées de cet exposant sont bien préparées et confectionnées. Cependant, notre attention a été plus particulièrement attirée par une nouvelle lanière buffle, fabriquée à l’acide acétique et au bain de glycérine, laquelle offrirait une force de résistance égale à celle en cuir dit de Hongrie, préparée à l’alun et coûtant le double.
- N° 3o5. — A. Domange, 74, boulevard Voltaire.
- L’exposant fabrique de tout point le cuir qu’il destine à la confection de sa courroie, il a comme tanneur, conservé les bonnes traditions de l’ancienne fabrication : du t>>mps et du tan.
- C’est encore, de nos jours, le seul procédé qui offre au consommateur sérieux cette garantie de durée qu’il ne saurait trouver ailleurs à un plus haut degré. Aussi, grâce à une fabrication excep-
- tionnelle, unie à un outillage perfectionné pour la confection de sa courroie, cette usine est-elle arrivée à être, dans sa spécialité, ia première fabrique de France.
- Section étrangère. — Kosloff (Jean), à Moscou.
- Les peaux chamoisées pour équipement et ganterie, soumises à notre appréciation, sont de fabrication irréprochable et peuvent égaler les plus belles sortes similaires de notre industrie.
- Il est remarquable combien, entre autres peaux, celles de renne, qui nous sont présentées, se prê-rent bien à cette spécialité.
- Cette usine importante prépare 25,000 peaux par an.
- N° 673. — Salomon Jeune, r, avenue des Gobelins.
- Les peaux soumises à notre appréciation sont fabriquées de tout point dans cette usine, c’est-à-dire mégissées, sciées et teintes.
- Leur préparation est parfaite et leur souplesse et leur régularité les rendent propices et avantageuses aux divers genres d’industrie auxquels elles sont destinées.
- --------» niTiT 1 8-«'8«TïT—.--
- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 21 novembre 1SS6)
- XI
- Les conditions d’existence du Journal des Débats ne se sont guère modifiées avec le temps. Sous le Consulat et l’Empire, ce journal eut à soutenir quelques assauts avec le gouvernement; mais il s’arrangea toujours de façon à tirer son épingle du jeu. Si ce rapprochement ne paraissait pas trop excessif, on pourrait dire que les Débats eurent la bonne, fortune de l’ancienne Gciqette de Théophraste Renaudot.
- Nous allons continuer maintenant notre revue du journalisme révolutionnaire. Toutefois, à côté des grandes personnalités que nous avons déjà citées, il y a place pour quelques curieux talents de deuxième ordre.
- A côté de ces journalistes de première grandeur, la Révolution en fit éclore bien d’autres, Barrère, Brissot, Corsas, Loustalot, Rabaud Saint-Etienne, Louvet, Carra, Fontanes, Chénier (Marie-Joseph), Babeuf, etc., prêtèrent l’appui de leur talent aux mille feuilles qui se fondèrent dans Paris. Cette explosion n’a rien dans son ensemble, d’ailleurs, qui puisse être à l’honneur de la langue française. « Les journaux pleuvaient tous les matins comme « manne du ciel, dit un contemporain, et cinquante « feuilles, ainsi que le soleil, venaient tous les « jours éclairer l’horizon... » Il y a, dans cet excès de journalisme, un caractère complètement étranger à l’art et à la littérature. Tout de même, la moindre feuille trouva des lecteurs.
- On lisait, on dévorait les feuilles publiques dans le jardin du Palais-Royal, au café de Foy, chez Procope et au café de la Régence. Le Journal des Débats était celui qu’on appréciait le mieux, même dès son apparition. La feuille de Marat n’avait pour elle que les énergumènes. Qui aurait pu, en effet, soutenir les théories sanguinaires du Père Duchène? Pourtant ce diable d’homme avait une certaine énergie dans la coupe de la phrase, un pittoresque d’expression que ses ennemis eux-mêmes n’osent point lui dénier. C’est certainement à lsi que nous devons le meilleur portrait à la plume d’un journaliste, qui ait jamais été tracé à cette époque tourmentée.
- Cela est instructif, et cela ne sort pas du cadre que nous nous sommes imposé. Aussi allons-nous en reproduire un curieux extrait. « C’est une plaisante chose, dit Marat, que le métier de journaliste parmi nous! Un bonhomme qui aura rimaillé quelque sottise, ou fourni un méchant 'article à la Gqgette, ne sachant que devenir,se met à tenter la fortune en faisant un journal. Le cerveau vide, sans connaissances , sans idées, sans vues, il s’en va dans un café recueillir les bruits courants, les inculpations des ennemis publics, les complaintes des patriotes, les lamentations des infortunés; il rentre chez lui la tête pleine de tout ce fatras, qu’il couche sur le papier et qu’il porte
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- 420. — Deuxième Année — N° ici.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 5 Décembre *SSt'.
- à son imprimeur, pour en régalerie lendemain les sots qui ont la bêtise de l’acheter. Voilà le tableau de dix-neuf vingtièmes de ces messieurs ». Marat n’est guère généreux ; il aurait pu ajouter que lui-même faisait partie de ces « messieurs », comme il les appelle. Mais Marat était de ceux qui voient la paille dans l’œil du voisin et qui n’aperçoivent pas la poutre dans le leur.
- Plus loin, le rédacteur de Y Ami du peuple achève de croquer le portrait des publicistes de son temps. Il y a chez Marat, parfois, d’assez étranges accès de sincérité. C’était, on peut le dire, un talent négatif; mais il savait, nous le répétons, atteindre quelquefois jusqu’au pittoresque. « Ah ! mes amis, s’écrie-t-il, au lieu de perdre le temps à ce ridicule métier, que ne vous réunissez-vous sur la place publique pour rassembler les indigents, vous mettre à leur tête, et aller forcer l’Assemblée, qui s’est emparée du bien des pauvres pour payer les sangsues de l’Etat, de vous donner du pain, si vous ne trouvez pas à en gagner avec vos bras ! » Que ne prenait-il un peu ces conseils pour lui !
- C’est de la Révolution que date l’habitude des boniments de la presse. On croit généralement que M. Emile de Girardin en est l’inventeur; c’est une erreur. C’est de 1790 à 1795 que l’on institua le système des crieurs.Les journaux du temps étaient <« proclamés », c’est-à-dire que l’on annonçait à haute voix leur article à sensation. D’après les Mémoires de Cléry, valet de chambre de Louis XVI, c’est de cette façon que le monarque enfermé au Temple avait connaissance de ce qui se passait. Cléry s’était entendu avec un crieur de journaux, lequel, tous les matins, ne manquait pas d’essayer son gueuloir, comme eût dit Gustave Flaubert, sous les fenêtres de la grosse tour du Temple. De temps en temps, sur la voie publique, les crieurs s’injuriaient à cause des opinions adverses que contenaient leurs feuilles. C’était, il ne faut point l’oublier, l’heure de la grande lutte entre la Montagne et la Gironde. Quelque chose de la divergence des opinions rejaillissait jusque sur l’humble personne des marchands de journaux!
- Le Consulat, comme nous l’avons dit plus haut, modifia profondément cet état de choses. Les conditions de la presse furent bouleversées ; le nouveau régime n’était pas d’humeur à se laisser discuter, ni même à se laisser critiquer. Les 1,400 journaux nés pendant la période révolutionnaire tombèrent rapidement à un chiffre dérisoire. Le moment est venu d’examiner les conditions matérielles dans lesquelles se produisirent ces journaux. La plupart étaient de format in-8 et même in-12. Ils paraissaient deux ou trois fois par semaine, sous formes de petites brochures comprenant quatre ou six feuilles. Quelques-uns de ces journaux paraissaient tous les jours ; et la moyenne du prix d’abonnement variait de 9 à 18 livres par semaine. Les anciennes gazettes s’étaient complètement transformées, notamment le Journal de Paris. Il y eut, à partir de cette époque, des habitudes vénales singulières. Par exemple, le même journal soutenait ou combattait telle ou telle opinion politique moyennant finances. A la Chronique et au Journal de Paris, la colonne coûtait 18 livres. Mais le Moniteur tenait des prix autrement élevés. Chez lui, la colonne coûtait 12.5 livres et un supplément d’une demi-feuille se payait couramment 720 livres. Disons, à la vérité, que l’in-folio était le format du Moniteur et que cette feuille était entre les mains d’un homme d’affaires habile entre tous, l’éditeur Panckouke.
- T. M.
- {A suivre.)
- LES LIVRES
- LXXXVI
- Les Maîtres italiens au service de la maison d’Autriche. Leone Leoni. sculpteur de Charles-Quint et Pompeo Leoni. sculpteur de Philippe II, par Eugène Pi.on Eaux-fortes de Paul Le Fat. — Ln vol. in-4. Paris, librairie Plon. E. Plon, Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, rue Garancière, 10.
- M. Eugène Plon n’est pas seulement un très habile imprimeur, un éditeur plein d’initiative et de goût, c’est aussi un confrère et des plus distingués, auteur d’ouvrages sur Thonvaldsen, Bilsen,
- Benvenuto Cellini et les Deux Leoni, qui ont mérité et obtenu le plus grand succès, ont attesté sa compétence et constitué son autorité dans toutes les matières d’art, l’ont placé enfin au premier rang de nos érudits, de nos critiques, de nos historiens, de nos écrivains d’art.
- Aujourd’hui, il nous donne dans ce magnifique volume auquel, on le sent, il n’a pas ménagé toutes les recherches, tous les raffinements, toutes les coquetteries de la typographie de haut goût, de la papeterie de luxe et de l’illustration de choix, le fruit savoureux et piquant de plusieurs années de recherches patientes, d’heureuses découvertes, de voyages d’information, d’investigation en Italie et en Espagne.
- Ce livre est à la fois des plus curieux et des plus neufs. On pouvait ranimer, renouveler, enrichir la biographie d’un Thonvaldsen et d’un Benvenuto. Le premier a laissé des traces dans la mémoire et dans les écrits d’hommes du siècle, qui n’ont disparu que dans ces dernières années. Sur le grand sculpteur danois, son historien pouvait interroger des contemporains ; sur Benvenuto, il pouvait écouter, en y prenant le plaisir mêlé de méfiance que nous y prenons tous, les confidences autobiographiques du farouche et colérique artiste, spadassin bravache et fanfaron de crimes plus encore que criminel, mais, en somme, digne d’un trône de l’art si on ne considère que l’œuvre, digne de la potence si on devait appliquer le châtiment de tous aux méfaits de ces hommes exceptionnels dont le génie a droit à quelques-uns, des privilèges, à quelques-unes des immunités de la folie.
- Il y avait tout à trouver, tout à coordonner, tout à créer sur pièces dans l’histoire aussi mince, aussi maigre que sa réputation est grande, de cet élève de Michel-Ange, de cet admirateur de Léonard et de Raphaël et du Corrège, de ce rival et ennemi de Benvenuto, de cet ami de Titien, de ce compatriote et protégé de l’Aretin qui a semé de statues, de bustes, de reliefs, de médailles, dont beaucoup sont des chefs-d’œuvre, l’Italie et l’Espagne et dont la biographie, maintenant largement étalée, éclairée en un beau livre, tenait à peine auparavant dans quelques pages.
- Si cette lumière subite, qui inonde un peu crûment une figure jusque-là mystérieuse, a profité à l’étude et à l’éloge du talent de l’artiste, elle n’a pas servi à faire estimer l’homme, qui avait, c’est ce qu’on peut en dire déplus indulgent, les mœurs de son temps avec un caractère ignoble et cruel par-dessus le marché.
- Ce Leone Leoni, que Milan revendique en vain, mais'né à Arezzo vers 1609, c’est-à-dire au commencement du xvi® siècle, était un beau génie, mais unefière canaille. Il était tout à fait à sa place dans ce temps où les artistes, courtisans et parasites, se disputaient à coups de chefs-d’œuvre et à coups de poignard ou de pistolet la faveur des princes et la faveur des belles, où Torregiani brisait à coups de poing le nez de Michel-Ange, où Baccio Bandinelli lacérait les ouvrages de ses concurrents, où l’atelier des maîtres était autant une salle d’armes qu’un atelier, où l’Espagnolet régnait sur l’école de Naples autant par la terreur que par le talent, où le Dominiquin mourait empoisonné, où Sal-vator Rosa passait sa jeunesse dans les bivouacs de soldats déserteurs et les repaires de bandits en campagne, où, pour revenir à nos deux rivaux et ennemis si caractéristiques, Benvenuto et L.eone Leoni, tuaient ou blessaient leur homme pour un mot, s’accusaient réciproquement, sans se calomnier, des pires actions, gagnaient à ces vendette délibérément exécutées, où on marquait d’une balafre d’estafilade son contradicteur ou son concurrent, où on envoyait dans l’éternité son adversaire dûment scellé d’un coup d’estoc plus ou moins loyal (l’escrime du temps avait des raffinements de casuistique et d’euphémisme tout à fait ingénieux), où on gagnait à ces accidents la prison, les galères, l’exil. Ce fut le sort de notre Florentin et notre Aretin, qui ne se tuèrent pas, heureusement pour l’art, mais se haïrent, se poursuivirent, se diffamèrent, se tendirent pièges et se lancèrent défis, au grand scandale ou au grand divertissement de la galerie, selon les publics, et laissèrent justement tous deux à la postérité des chefs-d’œuvre qu’il est facile de louer, des actes qu’il est plus difficile de justifier ou même d’exécuter.
- C’est ainsi que Leone Leoni, le futur sculpteur césarien, le futur chevalier de l’art, anobli justement pour son talent et ses œuvres par Charles-Quint fut à peu près dûment convaincu d’avoir envoyé un bravo pour tuer à Venise son élève récalcitrant et déserteur Martino qui s’en tira avec une balafre, et d’avoir traîtreusement, avec toutes les circonstances aggravantes du guet-apens, tenté d’assassiner son hôte Orazio, fils du Titien, son ancien protecteur et ami. Ces querelles avec Benvenuto, ces assauts de rencontre à l’épée ou à la dague, ces pistoletades suspectes, ces accusations de fausse monnaie, ces tentatives d’assassinat bien caractérisées valurent à Leone la prison, l’exil, et c’est de la chaîne des galères que le grand Doria. son premier protecteur,le délivra pour le faire entrer au service de Charles-Quint où l’affaire d’Ora-ziç> lui coûta encore le bannissement et l’amende.
- Ces histoires tragiques, ces querelles, ces procès, ces méchants tours joues aux intendants, aux
- rivaux, aux fâcheux que raconte Malespini ajoutent un intérêt dramatique à l’intérêt historique de cette biographie qui n’était encore qu’à l’état de gland et dont M. E. Plon,par un miracle d’activité intelligente, de zèle sagace, a fait magiquement sortir un chêne touffu. Il a habilement cousu les uns aux autres les feuillets épars d’une correspondance^ plus souvent inédite, butin laborieusement conquis dans les archives. A l’aide de cette correspondance que domine l’Aretin, et où à côté du nom de Leoni comme auteur ou destinataire, se lisent les grands noms de l’art comme celui de Michel Ange, les grands noms de l’Eglise comme celui du cardinal Granvelle, les grands noms de l’histoire comme celui de Charles-Quint et celui de Philippe II, M. Eugène Plon, moissonnant là où d’autres n’avaient trouvé qu’à glaner a rétabli sur tous les points la vérité inconnue ou altérée. Il a dressé année par année le journal de la vie militante , souffrante, triomphante, glorieuse en œuvres, honteuse en actes, de ce sculpteur, de ce médailleur de génie qui eut une âme de bandit. Il a dressé le catalogue des œuvres, admirablement reproduites dans des gravures qui donnent à un degré étonnant l’impression de l’intensité de vie, de la concentration d’expression, de la vigueur d’accent, de ces bustes, de ces statues, de ces effigies qui ajoutent la valeur idéale du type à la ressemblante fidélité du portrait.
- Il a fait œuvre de bénédictin laïque, en même temps que d’écrivain et d’artiste lui-même en ranimant, recréant, ressuscitant la figure à la fois héroïque et criminelle de ce Leone Leoni, mort à 81 ans chargé d’ans, d’honneurs, de richesses, parmi lesquelles figuraient des tableaux du Corrège, des sculptures et les célèbres albums de Léonard, sans blessure malgré ses querelles, sans remords malgré ses crimes , dans cette maison construite sur ses plans, de la rue des Omenoni. qui est encore une des curiosités de Milan avec sa façade aux cariatides gigantesques et son attique aux symboliques statues de lions vainqueurs de l’envie et la déchirant de leurs griffes et la dévorant de leurs dents, sous la figure d’un satyre pantelant, à demi renversé et qui semble prêt à tomber dans la rue.
- Un vœu pour finir et pour donner sanction à nos justes éloges pour ce livre magistral avec toutes les élégances du style, toutes les souplesses d’un goût ingénieux servi par une expérience acquise pendant quinze ans de commerce avec les chefs-d’œuvre et les hommes de l’art. Nul en France, n’est mieux préparé que l’auteur de Thordwalsen, de Benvenuto Cellini et de Leone Leoni pour nous donner enfin l’histoire définitive de la vie et des œuvres de Michel Ange. Nous la demandons à M. Eugène Plon. Nous l’attendons digne du sujet, digne de l’auteur et faite pour couronner sa vie d’un chef-d’œuvre d’histoire et de critique d’art, consacré au plus grand des sculpteurs modernes.
- M. de Lescure.
- AVIS COMMERCIAUX
- ROUMANIE
- Conseils aux importateurs
- Le vice-consul de France à Jassy termine ainsi un récent rapport sur la situation commerciale du marché de sa résidence :
- Enfin, il est une observation qui m’a été faite à maintes reprises et que je dois signaler, c’est le passage plus que rare de nos commissionnaires. Tandis que les maisons d’Autriche, d’Allemagne et d’Angleterre envoient sans cesse leurs agents avec des caisses d’échantillons, nos commerçants se contentent le plus souvent d’adresser directement des prospectus et des catalogues aux négociants ou au consulat en priant de les faire connaître ; ils auraient certainement plus de chances de succès si des hommes à eux venaient chercher, échantillons en mains, et recevoir les commandes ; en tout cas, ils seraient mieux renseignés sur la solvabilité de leurs clients et pourraient éviter de se trouver pris dans des faillites trop fréquentes malheureusement à Jassy, faillites que le vice-consulat, malgré toute sa bonne volonté, ne saurait toujours prévoir.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 12 Décembre 1886. NUMÉRO 102.
- SOMMAIRE :
- 1. Adjudication en quatre lots des fermes métalliques de vingt-cinq mètres pour les galeries des Expositions diverses du Cbamp-de-Mars ; 2. Exposition universelle de 1889: Adjudication en un lot des travaux de terrassements et de maçonneries ; Travaux de terrassements et de maçonneries ; 3. Comité départemental de la Seine-Inférieure ; 4. Comité départemental de la Somme ; 5. Echos; 6. Le style moderne dans la décoration ; 7. Exposition des sciences et des arts industriels 1886; 8. Les Livres; 9. Avis commerciaux ; to. Les Théâtres.
- Nos lecteurs recevront avec le présent numéro un plan de l’Exposition de 1889 (Champ-de-Mars et Trocadéro). Afin de pouvoir leur offrir une œuvre absolue irréprochable et plus complète que tout ce qui a été mis jusqu’à ce jour sous les yeux du public, nous nous sommes adressés à MM. Broise et Courtier qui, en 1878, avaient été chargés, à la satisfaction de tous, des travaux d’autographie relatifs à l’Exposition universelle. Nous les remercions ici du concours qu’ils nous onl prêté en cette circonstance.
- Un grand nombre d’industriels de Paris et des départements adressent journellement, soit à M. le ministre du commerce et de l’industrie, soit au directeur général de l’Exposition, des demandes d’admission à l’Exposition de 1889, sous forme de lettres ordinaires.
- Il est utile de rappeler que ces demandes doivent être rédigées sur des formules spéciales, qui sont tenues à la disposition des intéressés :
- i° A Paris, au ministère du commerce et de l’industrie, quai d’Orsay, 25, et boulevard Saint-Germain, 244, aux bâtiments d’administration de l’Exposition (avenue de la Bourdon-naye et rue de Varenne, 80), au Tribunal et à la Chambre de commerce ;
- 20 Dans les départements : aux préfectures, sous-préfectures, et aux sièges des Comités départementaux, ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auront désignés.
- ---------«-irrm»-# W Q-ranf-----
- Au Conseil des travaux du 9 décembre 1886 il a été arrêté les disposition générales du réseau d’égout et de canalisation d’eau desservant les palais du Champ-de-Mars.
- M. Lion est chargé d’étudier la question et de présenter un rapport.
- ADJUDICATION
- EN QUATRE LOTS
- DES FERMES METALLIQUES DE VINGT - CINQ MÈTRES POUR LES GALERIES DES EXPOSITIONS DIVERSES DU CHAMP-DE-MARS.
- Le samedi 4 décembre 1886, aune heure de l’après-midi, M. Maruéjouls, président, conseiller de préfecture, délégué par 1VJ. le préfet, de la Seine, assisté de MM. Latx et de Chaussonne, conseiller
- de préfecture, se sont rendus à la salle des séances du conseil de préfecture de la Seine et ont procédé à l'adjudication des fermes métalliques en présence de M. Bouvard, architecte de l’exposition. Les quatre lots ont été adjugés dans les conditions suivantes :
- Premier lot
- Galeries entre l’avenue de La Bourdonnais et le jardin central
- Fers de toutes natures pour piliers, fermes, pannes, entretoises, chevrons, fer à vitrage, montants, supports, etc.
- Ensemble, 667,280 kil.
- Evaluation, 218,529 fr. 60
- Cautionnement, 8,000 fr.
- Adjudicataire. — La société anonyme des ponts et travaux en fer, 80, rue Taitbout, M. Maugnin, administrateur-directeur.
- Rabais, 13 e/0.
- Montant de l’adjudication , rabais déduit : 185,770 fr. 75.
- Deuxième lot
- Galeries entre l’avenue de Suffren et le jardin central
- Fers de toutes natures pour piliers, fermes, pannes, entretoises, chevrons, fers à vitrage, montants, supports, etc.
- Ensemble, 667,280 kil.
- Evaluation, 2i3,52gfr. 60
- Cautionnement, 8,000 fr.
- Adjudicataire.— La société générale des Forges et ateliers de Saint-Denis, 110, rue de la Gare, à Saint-Denis. M. Brevet, président du conseil d’administration.
- Rabais, 11 40 °/0.
- Montant de l’adjudication, rabais déduit: xSg, 187 fr. 23
- Troisième lot.
- Galeries contiguës au jardin d'isolement contre
- la‘ halle des machines, côté de l’avenue de La
- Bourdonnais.
- , Fers de toutes natures pour piliers, fermes, ! pannes, entretoises, chevrons, fers à viti âge, montants, supports, etc.
- Ensemble, 1,903,720 kil.
- Evaluation, 609,190 fr. 40
- Cautionnement, 25,000 fr. »
- Adjudicataire. — M. J. Roussel, 42-44, rue Boi-nod, Paris.
- Rabais, 10 5o 0/°-
- Montant de l’adjudication , rabais déduit , 545,225 fr. 41.
- Quatrième lot.
- Galeries contiguës au jardin d’isolement contre la
- halle des machines, côté de l'avenue de Suffren.
- Fers de toutes natures pour piliers, fermes, pannes, entretoises, chevrons, fers à vitrage, montants, supports, etc.
- Ensemble, 1,903,720 kil.
- Evaluation, 609,190 fr. 40
- Cautionnement, 25,000 fr. »
- Adjudicataire. — Société anonyme des Forges de Franche-Comté,à Besançon (Doubs), M. Girod, administrateur délégué.
- Rabais, 8 3o %.
- Montant de l’adjudication , rabais déduit, 558,627 fr. 60.
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- ADJUDICATION EN UN LOT
- Des travaux de terrassements et de maçonnerie
- à exécuter pour les fondations des galeries des expositions diverses et annexes dans le Champ-de-Mars
- 1. — Le lundi 20 décembre 1886, à une heure de l’après-midi, il sera procédé publiquement dans une des salles du Conseil de préfecture (Palais du Tribunal de commerce), par le préfet de la Seine ou son délégué, assisté de deux membres du Conseil de préfecture et du directeur général des travaux ou de son délégué, à l’adjudication, au rabais, sur les prix de la série et par soumissions cachetées, de l’entreprise, en un lot, des travaux de terrassements et de maçonnerie à exécuter pour les fondations des galeries des expositions diverses et de leurs annexes, dans le Champ-de-Mars ; lesquels travaux sont évalués à 482,285 francs, somme à valoir pour imprévus comprise.
- Le cautionnement est fixé à 20,000 francs.
- 2. Le devis, la série, le cahier des charges et les plans sont déposés à la direction générale des travaux, dans les bâtiments du Champ-de-Mars, à l’extrémité de l’avenue Rapp, où l’on pourra en prendre connaissance, tous les jours non fériés, de une heure à quatre heures. '
- 3. Nul ne sera admis à concourir à l’adjudication s’il ne remplit les conditions imposées par le cahier des charges générales.
- Chacun des concurrents devra adresser à l’agence des travaux du Champ-de-Mars, au directeur général des travaux de l’Exposition qui est chargé d’arrêter la liste des concurrents, huit jours au moins avant la date de l’adjudication :
- i° Une déclaration écrite sur papier timbré, faisant connaître ses nom, prénoms, domicile, lieu et date de naissance ;
- 20 Un extrait de son casier judiciaire ayant moins d’une année de date ;
- 3° Les pièces demandées par le cahier des charges générales, telles que certificats de capacité, etc.
- Le délai fixé ci-dessus pour le dépôt de ces pièces sera rigoureusement appliqué.
- 4. —- Chaque soumission, rédigée sur papier timbré, conformément au modèle ci-après, sera placée isolément sous un pli cacheté, et le paquet, portant le nom du soumissionnaire, sera renfermé, avec les pièces dont il a été parlé ci-dessus, et avec le certificat de dépôt du cautionnement, sous une seconde enveloppe cachetée portant pour suscription : Exposition universelle de 188g. — Travaux de terrassements et de maçonnerie pour les fondations des galeries des expositions diverses et de leurs annexes dans le Champ-de-Mars.
- Les soumissions qui ne seraient pas exactement conformes au modèle ci-après seront considérées comme nulles et non avenues.
- Les rabais seront énoncés en francs et décimes par cent francs ( sans fraction de décime) et
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- porteront sur les prix de la série. Les rabais portant fraction de décime seront comptés au décime plein inférieur à la fraction exprimée.
- 5. — Le jour de l’adjudication, les paquets seront remis au bureau d’adjudication, dans la salle du Conseil de préfecture, au Tribunal de commerce, depuis midi jusqu’à une heure. Les paquets recevront un numéro dans l’ordre de leur présentation.
- 6. — A une heure, on remettra au bureau d’adjudication, et sous enveloppe cachetée, le minimum du rabais moyennant lequel l’adjudication pourra être prononcée ; ensuite on procédera à l’ouverture des paquets.
- Le bureau d’adjudication, après vérification des pièces, arrêtera la liste des concurrents agréés.
- Immédiatement après, il sera procédé à l’ouverture des soumissions présentées par les concurrents admis.
- 7. — Dans le cas où une seule soumission serait déposée, l’administration se réserve le droit de ne pas prononcer l’adjudication.
- 8. — Si aucun des rabais offerts dans les soumissions ouvertes n’atteint le minimum fixé, l’adjudication pourra être prononcée provisoirement ou ajournée, sur l’avis du bureau d’adjudication, qui en délibérera séance tenante.
- En aucun cas, le minimum fixé ne sera rendu public.
- 9. — Dans le cas où le rabais le plus fort aurait été souscrit par plusieurs soumissionnaires, un nouveau concours sera ouvert, séance tenante, entre ces soumissionnaires seulement.
- Les rabais de la nouvelle adjudication ne pourront être inférieurs à ceux de la première.
- Si les soumissionnaires se refusaient à faire de nouvelles offres, ou si les rabais souscrits étaient encore égaux, l’adjudicataire serait désigné par la voie du sort.
- 10. — L’adjudication n’est valable qu’après approbation par le ministre du commerce et de l’industrie.
- 11. — Les frais de publicité, d’expédition et d’impression, ceux de timbre et d’enregistrement, seront supportés par l’adjudicataire, qui devra en faire le dépôt dans un délai maximum de trois jours, à partir de la date de l’adjudication.
- 12. — Toutes les conditions insérées dans la présente affiche sont obligatoires et déclarées annexées au cahier des charges.
- Fait à Paris, le 3o'novembre 1886.
- Le Ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général,
- Edouard Lockroy.
- MODÈLE DE SOUMISSION
- (sur papier timbré)
- Je soussigné,
- entrepreneur de maçonnerie, demeurant à
- après' avoir pris connaissance des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs de l’Exposition universelle de 1889, du cahier des charges spéciales aux travaux de terrassements et de maçonnerie ainsi que des dessins et des conditions particulières se rapportant directement à l’exécution des terrassements et des maçonneries pour fondation de galeries des expositions diverses au Champ-de -Mars et de leurs annexes,
- M’engage à exécuter les travaux dont il s’agit, évalués à la somme de quatre cent vingt-cinq mille six cent soixante-quinze francs, moyennant un rabais de... (en toutes lettres) sur le prix de la série spéciale de l’entreprise dont il s’agit.
- Je me soumets, en outre, à supporter tous les droits d’affichage, de timbre, d’enregistrement à droit fixe ou autres auxquels la présente soumission pourra donner lieu, si elle est acceptée.
- Fait à Paris, le 1886.
- (Signature.)
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- TRAVAUX DE TERRASSEMENTS & DE MAÇONNERIES
- Cahier des charges spéciales
- CHAPITRE PREMIER. — Dispositions générales
- Article premier. — Objet du cahier des changes. — Le présent cahier des charges se rapporte à tous les tra-
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- vaux de terrassements et de maçonneries à exécuter, en fondation ou en élévation, dans toute retendue de l’Exposition universelle de 1889.
- Art. 2. — Détermination des travaux et prix. — La nature, l’importance et le prix des travaux à faire seront déterminés par les pièces spéciales de l’adjudication ou du marché de chaque entreprise : dessins, conditions particulières et série ou bordereau.
- Art. 3. — Bases de l'exécul on. — Les travaux seront exécutés suivant les règles de l’art, conformément aux conditions du marché et aux ordres de service de l’ingénieur ou de l’architecte.
- Art. 4. — Caractère des plans et des devis. — Les plans et les devis communiqués à l’entrepreneur, lors de l’adjudication, ne constituent pas pour l’administration l’obligation de lui faire exécuter tout ou partie des travaux qui s’y trouvent figurés ou mentionnés; ce sont des indications générales qui peuvent être modifiées lors de l’exécution et l’entrepreneur devra se considérer comme ayant droit et obligation d’exécuter seulement les ouvrages dont il aura reçu l’ordre formel et précis de l’ingénieur ou de l’architecte.
- Art. 5. — Emploi, des matériaux. — L’entrepreneur sera tenu expressément d’employer les espèces de matériaux qui seront prescrits. Si cependant, sur la demande de l’entrepreneur, l’ingénieur ou l’architecte consent à la substitution des matériaux d’une quotité, d’une nature ou d’une provenance autres que celles qui avaient été indiquées, cetle substitution ne pourra avoir lieu qu’aux conditions suivantes :
- Si les matériaux substitués sont d’un prix inférieur, quoique d’une qualité équivalente ou même supérieure à ceux qu’ils remplaceraient, ils ne seront néanmoins payés que d’après leur valeur réelle. Il en sera de même des mains-d’œuvre accessoires que cette substitution en traînera.
- Dans le cas où les nouveaux matériaux et leur mise en œuvre seraient d’une valeur supérieure à ceux auxquels ils auraient été substitués, ils ne seront jamais réglés à un prix supérieur à celui des matériaux, demandés primitivement, à moins d’une autorisation spéciale signée du directeur général des travaux.
- Art.T. — Avaries ou dommages. Conservation des ouvrages. — L’entrepreneur doit garantir ses matériaux et ouvrages en cour» d’exécution des dégradations qu’ils pourraient éprouver de l’intempérie des saisons, des gelées ou de toute autre cause; il restera seul chargé de la réparation des dommages qui pourraient provenir du défaut de précautions, sans que l’administration puisse être appelée à l’indemniser du préjudice qu’il aura pu éprou ver. Il restera responsable, sauf recours contre l’auteur du dégât,de la conservation,même en œuvre, des matériaux et objets fournis et posés par lui,et ce, jusqu’à la liquidation définitive des travaux. Il sera également et personnellement responsable, pour lui et ses- ouvriers, des dégradations occasionnées, par le fait de ses travaux, aux constructions ou plantations existantes, il de vra en conséquence, d’après les indications de i’ingé-nieur ou de l’architecte, réparer ou remplacer entièrement à ses frais les parties endommagées.
- Art. 7. — Fonctions des gardiens de travaux. — Dans le cas où l’administration croirait utile de designer des gardiens de travaux, il est formellement stipulé que les fonctions de ces agents n’auront pour objet que la conservation des choses appartenant à l’administration et que son action ne pourra relever l’entrepreneur des obli gâtions qui lui sont imposées par l’article précédent.
- Art. 8. — Objets brevetés. Modification de la nature des matériaux. 'Travaux spéciaux en régie. — L’administration se réserve le droit de faire exécuter telle partie des travaux qu’elle jugerait convenable, par des entre preneurs brevetés, ou de modifier la nature des matériaux prévus par raison d’économie. Elle se réserve également la faculté de faire exécuter en régie, par des ouvriers de son choix, certains travaux qui demanderaient des soins particuliers. Aucune indemnité ne sera due à l’entrepreneur par le fait de l’application du présent article.
- Art. 9. — Travaux et frais divers compris dams les prix d’application. — A .1 oins d’indications contraires dans les pièces formant base du marché, les’prix de la série spéciale de l’entreprise comprennent tous les frais, faux-frais, fournitures, transports et mise en place de matériaux, tous engins, étrésillonnements, étayements, échafaudages et ponts de service relatifs à la construction et à la surveillance des travaux. ; tous tracés d’épures modèles, calibres, piquets et jalons nécessaires, tous frais d’éclairage et de gardiennage, frais d’octroi, dédouané et tous frais accessoires d’entreprise, tels que ceux de prise de canalisation et lourniture d’eau nécessaires à l’execution des mortiers et autres ouvrages.
- Art. 10. — Etayements à signaler. — Dans les cas particuliers et spécialement indiqués aux pièces de l’adjudication, où les étayements seraient au compte de l’administration, l’entrepreneur serait tenu de signaler à l’avance les parties de fouilles ou constructions qui de vraient être etrésillonnées ou étayées.
- Faute par lui de le faire en temps convenable, il serait passible de tous trais et dommages causés par les ébou îements ou dégâts qui viendraient à se produire.
- Art. II. — Enlèvement des dec.hets. — A la fin de chaque travail ou partie de travail, l’entrepreneur fera à ses frais le nettoyage, la descente et l’enlèvement des matériaux et gravois provenant de ses travaux.
- Il enlèvera les hangars, bureaux et appareils qu’il aura été autorisé à établir, dès qu’il en sera requis, et sans pouvoir prétendre à aucune indemnité.
- CHAPITRE IL — Qualité des matériaux et façon des eu.rages
- Art. 12. — Fouilles en remblais. — Fondations. — Les fouilles pour les fondations auront exactement les dimensions déterminées par les ordres de services.
- Tout excédent fait sans ordre ne sera pas payé, à ^entrepreneur, qui sera tenu de faire exécuter à ses frais le remblai et le pilonnage des parties fouillées au-delà des limites indiquées, et même, s’il y a lieu, de supporter les remplissages nécessaires en béton.
- Banquettes. — Le mode d’execution des fouilles et des banquettes sera déterminé par l’architecte ou par l’ingénieur.
- Nivellements. — Les nivellements, régalages et redressements de talus seront faits exactement et conformément aux profils donnés.
- Dimanche 12 Décembre 1S86.
- Remblais et pilonnages. — Les remblais faits au long-des murs et autres seront pilonnés par couches de 0;,12t> d'épaisseur et battus avec des pilons du poids de
- 10 kilogrammes; ces remblais, en contact avec la maçonnerie, seront choisis parmi les déblais les plus secs..
- Témoins. — S’il est nécessaire de laisser des témoins, leur place sera marquée par un agent de l’administration, contradictoirement avec l’entrepreneur ou son représentant.
- Art. 13 — Avant métré pour nivellement. — Avant de commencer aucun déblai ou redressement du sol, il sera procédé, contradictoirement et aux frais de l'entrepreneur, à un nivellement général et au relevé des profils sur lesquels on indiquera la hauteur des terres à enlever où celles des remblais nécessaires. Toute opération exécutée sans être appuyée de ces pièces ne-sera pas comptée.
- Reconnaissance du sol. — L’entrepreneur ne pourra commencer les constructions en fondation avant que la nature de la qualité du sol 11’ait été reconnue par l’architecte.
- Toute construction qui aurait été faite prématurément serait démolie et recommencée aux frais de l’entrepreneur.
- Art. 14. — E.iièvemeiit de terres. — Emploi des déblais en remblai. — Au fur et à mesure de l’avancement d’un travail, les terres provenant des fouilles et reconnues propres à être réemployées en remblai, seront transportées sur les lieux d’emploi indiqués par l’ingénieur ou l’architecte, étalées et régalées par couches de OMO à 0m20 d’épaisseur, etj pour faciliter le-tassement, les voies de roulage seront déplacées à chaque passage.
- Indépendamment de ces prescriptions, les remblais seront pilonnés avec soin, si l’ingenieur ou l’architecte l’ordonne, moyennant l’allocation des prix du horde reau.
- Transports aux décharges publiques. — Les déblais qui ne seront pas employés en remblai ou réservés, seront transportés aux décharges publiques, soit dans l’intérieur de Paris, soit en dehors des fortifications, moyennant un prix unique par mètre cube, quelle que soit la distance ; l’administration n'interviendra en aucune façon dans la recherche ni dans le choix de ces-lieux de décharge, et l’entrepreneur sera chargé du payement de tous droits, de même qu’il sera exclusivement responsable de tous dommages ou autres consé quences des déppts qu’il aura effectués.
- Toutefois, lorsque l’administration aura des remblais, à faire exécuter, même en dehors de l’enceinte de l’Exposition, l’ingenieur ou l’architecte pourra indiquer ces points comme lieux de décharge, et l’entrepreneur sera tenu d’y transporter les déblais en excès. Dans ce cas, les prix des transports seront évalués en comptant la distance moyenne du parcours le plus direct.
- Remblais amenés en décharge. — Les remblais provenant des travaux particuliers et amenés sur l'atelier comme à une décharge publique, seront régalés ou pilonnés, s’il y a lieu, par les soins de l’entrepreneur, moyennant l’application du prix du bordereau ; les ingénieurs et les architectes fixeront, en raison des localités, la prime à donner, s’il y a lieu, aux charretiers étrangers exécutant ces' transports, et l’.entrepreneur, s'il en reçoit l’ordre, en fera l’avance dont il sera remboursé avec 1/40° de bénéfice pour avance de fonds.
- Encoml rmuent des chantiers. — Si par négligence ou pour toute autre cause du fait de l’entrepreneur, il arrivait que des terres provenant de la fouille ne fussent pas enlevées clans les délais fixés par l’ingénieur ou l’architecte, qu’elles encombrassent les chantiers et gênassent la circulation, l'enlèvement de ces terres polirait être exécuté d’office, aux frais de l’entrepreneur, sans autre formalité et sans préjudice des retenues fixées par les conditions particulières de l’entreprise, ou dommages à payer au tiers.
- Art. 15. — Matériaux divers. — Sable. — Tous les matériaux fournis et employés seront de la première qualité.
- Le sable employé dans la fabrication du mortier sera tiré de la Seine ou des meilleures minières des environs de Paris, suivant qu’on aura prescrit l’emploi du sable de rivière ou de plaine ; il devra être pur, graveleux, d’an grain sec et parfaitement purgé de toute partie-terreuse ou cal'aire; il 11e devra contenir aucun grain de plus de 0ra006 de grosseur pour le béton et pour la maçonnerie, et de plus de 0m003 pour les maçonneries de briques, les parements et les rejointements.
- Cailloux. — Les cailloux employés pour le béton auront de 0m02 à 0,n05 de grosseur. Ils devront être purgés de toutes parties étrangères, sable et terres, au moyen d’un lavage sur claies ou dans des brouettes à claire-voie.
- Chaux hydraulique. —- La chaux hydraulique, la seule dont l’emploi sera autorisé dans tes travaux, sera bien cuite, non éventée, sans incuits, biscuits, ni corps étrangers. Pour constater sa qualité hydraulique, elle sera mise én pâte, et soumise, après huit jours d’immersion,.-à la pression de l’aiguiile de Vicat chargée d’un tiers de kilogramme. Toute chaux sur laquelle l’aiguille laisserait une empreinte, sera refusée.
- La chaux hydraulique sera de la qualité désignée par les ordres de service ; elle sera fournie en poudre, et ne sera apportée sur le chantier qu’en sacs plombés-marqués du nom du fabricant, et approvisionnés sous des abris clos et couverts et placés sur des aires en planches. Elle pourra être soumise à des épreuves autant de fois que l’exigera l’ingénieur ou l'architecte, aux frais de l’entrepreneur. Celle reconnue insuffisante sera rejetée et enlevée du chantier.
- Plâtre. — Le plâtre sera tiré des meilleures carrières,
- 11 sera bien cuit, onctueux et non éventé.
- Plâtras. — Les plâtras seront durs, bien gisants et à peu près d’égale épaisseur, ils proviendront d’anciens ouvrages en plâtre bien pur, non salpêtre, et 11e présenteront aucune atteinte de bistre ou de fumée.
- Ciment et mastic. —- Le ciment sera tiré des fabriques-indiquées aux pièces du marché ou aux ordres de service. Il sera transporté et conserve dans des fûts en bois bien clos, portant l’estampille de la fabrique. Tout ciment évente sera refuse. 1! sera, comme la chaux, soumis à des essais aux frais de l’entrepreneur, et, dans le cas où il serait refusé, enlevé immédiatement du chantier.
- 11 en sera de même du mastic Dilil.
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- Deuxième Année. — N° :o2.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 12 Décembre 1SS9. — 423.
- Lattes. — Les lattes seront en cœur de chêne, bien -droites, sans aubier; leur largeur sera de O1 ‘033 et leur épaisseur de 0m004 au moins.
- Bardeaux. — Le bardeau sera en chêne refendu, bien droit, sans aubier, de 0m0i de largeur et de 0"'007 d’épaisseur au moins, et de longueur suffisante pour reposer sur deux solives.
- Clous à lattes. — Lorsque les lattes seront attachées avec des clous d’épingles, ces clous seront en fer doux, déliés; ils auront 0U1002 d’épaisseur et 0m023 de longueur au moins. La tète de ces clous sera bien formée et aura un diamètre du double au moins de la tige.
- Meulière. — La meulière sera saine, poreuse et légère, purgée de toute partie terreuse et d’échantillon convenable pour former une bonne liaison. Toute meulière dite caillasse sera refusée, à moins de cas spéciaux dont l’ingénieur et l’architecte resteront seuls juges.
- Moellons.— Les moellons seront de premier choix et de la nature indiquée par les ordres de service; ils seront d’un échantillon convenable pour former bonne liaison, sans bousins, bien gisants, non gelifs, ni sujets à se déliter.
- Les moellons verts seront refusés.
- Briques.— Les briques seront bien moulées, d’échantillon régulier, entières, sans gerçures ni bavures, non gélives, sonores, bien cuites, mais non vitrifiées.
- Les briques cintrées pour tuyaux proviendront des meilleures fabriques et devront, comme qualité, remplir les mêmes conditions que les briques ordinaires. •
- Poteries pour planchers. — Les pots ou globes pour voûtes et planchers seront fabriqués avec soin, bien •cuits et sans fêlures.
- Libages. — Les libages seront extraits des roches les plus dures dans la nature de pierre demandée.
- Pierres. — Les pierres seront bien sèches, non géli-lives, sans bousin, fils ou moies, écornures, épaufrures et autres défectuosités : elles seront d’un grain homogène et d’une teinte uniforme.
- Un échantillon type de chacune des natures de pierres employées sera .déposé dans le chantier aux frais de l’entrepreneur.
- Granit. — Le granit sera formé de grains durs adhérents ; il sera tire des carrières indiquées et devra peser environ 2,600 kilogrammes le métré cube.
- Art. 16.— Matériaux refusés. — Tous les matériaux, de quelque nature qu’ils scient, qui ne rempliraient pas rigoureusement toutes les conditions stipulées ci dessus, seront refusés, marqués d’un signe spécial par les soins de l’administration et enlevés du chantier par l’entrepreneur dans les vingt-quatre heures qui suivront le refus.
- En cas d’inexécution de la présente condition, il en sera fait mention au registre d’ordres, et l’enlèvement de tous les matériaux refuses sera fait d'office aux frais de l’entrepreneur.
- Art. 17. — Mortier. — Les mortiers seront composés-de chaux hydraulique ou ciment et de sable, suivant les proportions indiquées par l'architecte ou par la série spéciale de l’entreprise.
- Us seront corroyés avec aussi peu d'eau que possible, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus distinguer le sable de la chaux ou du ciment. La chaux, le ciment et le sable seront disposés et emmétrés à proximité du manège dans des proportions déterminées par l’architecte.
- Les mortiers seront employés autant que possible aussitôt après leur fabrication, etdans tous les cas avant leur durcissement.
- Lorsqu’on aura laissé durcir lés mortiers, de manière à ne plus pouvoir les employer utilement, les matières détériorées seront mises au rebut et transportées hors du chantier aux frais de l’entrepreneur.
- Les brouettes destinées au transport de la chaux, du ciment et du sable seront d’égale contenance pour faciliter la surveillance dans l’execution des mélangés ordonnés.
- Art. ,jg. — Béton.— Le bélon sera compose de cailloux et de mortier en volume, dans la proportion fixée par la série ou par les ordres de service.Lesbroueltesdestinées an transport du caillou ou du mortier seront d’egale contenance, pour rendre le contrôle plus facile.
- Le béton sera corroyé jusqu’à ce que le mélange ne présente plus qu’une masse parfaitement homogène.
- Il sera employé par couches horizon laies de 0m29 d’epaisseur au plus, et pilonné de manière à faire souffler le mortier au dessus du caillou.
- Art. 19. — Maçonnerie de plairas. — Les plâtras employés’dans les massifs, murs, pans de fer ou bois, voûtes ou planchers, seront posés sur leurs plus large surface, et hourdés en plâtre avec les mêmessoinsque pour les maçonneries eu moellons.
- Art.’20. — Maçonnerie de moellons et meulières.— Les moellons employés dans les murs ou massifs seront equarris, ébousinés 'jusqu’au vif, posés sur leurs lits de carrière en bonne liaison et à bain de plâtre ou de mortier, suivant les indications données.
- Les rangs de moellons seront dressés de niveau avec des parpaings ou longues boutisses en quantité suffi-
- bc Les'moellons 11e devront pas avoir moins de 0m30 de
- ^Chaque arase sera nettoyée et mouillée avant la pose du rang qui devra être superposé. Les joints verticaux se couperont au moins à 0m10.
- Les moellons employés dans les arcs et voûtes auront leur parement taille au marteau, suivant la forme des cintres sur lesquels ils devront \ oser. Les joiuts de construction seront toujours normaux a la courbe.
- Les claveaux seront ébousinés jusqu’au vif, taillés à joints de coupe, bien dressés, de plus longue queue possible, posés à bain de mortier ou de plâtre souillant de toutes parts.
- Les mêmes conditions s’appliqueront aux murs, arcs et voûtes eu meulières.
- Art. 21. — Maçonnerie de briques. — La maçonnerie de briques sera laite en braques de même échantillon, entières, trempées dans l'eau au fur et à mesure de leur emploi, et posées à bain de mortier, plâtre ou ciment souillant de toutes parts suivant l’appareil prescrit.
- Les joints et lits auront au plus 0m007 d épaisseur.
- Les arcs, voûtes et voûtins en briques seront faits avec soin, sur cintres portant la llèc-he déterminée par les dessins et ordres de service. Us seront regu-iers à l’intrados et convenablement extradossés, les
- joints remplis en montant, parfaitement normaux à la courbe.
- Art. 22. — Maçonnerie de libages. — Les libages seront bien ébousinés, leurs lits bien dressés, les joints et les parements dégrossis.
- Les joints seront retournés d’équerre sur 0m20 au moins, à partir du parement, et le surplus du joint ne formera pas, avec le parement, un augle de moins de 43 degrés.
- Us seront posés sur mortier, sans cales et battus à la demoiselle.
- Art. 23. — Moellons ou meulières piqués ou smillés. — Le moellon smillé devra porter les traces de la laye, il sera convenablement dégrossi pour régulariser ses formes ; les jo nts seront pleins sur une largeur de (MO au moins.
- Le moellon piqué présentera un parement parfaitement dressé, sans aucune llacbe ; les arêtes seront bien vives, les lits et les joints bien parallèles et parfaitement d'équerre.
- A moins d’ordre spécial ou de raccord avec des assises en pierre, les moellons ou meulières piqués on smillés n’auront, pas de dimensions moindres que 0m18 de hauteur; 0m25 de longueur moyenne et 0m25 de queue; ils seront posés par assises réglées avec joints régulièrement retournés d’equerre sur 0mi0 au moins.
- L’épaisseur des lits et joints pour les parements piqués ou smillés sera de 0IU01 au plus,
- Art. 24. — Maçonnerie de pierre de taille. — Maçonnerie de pierre de taille. — Les lits de pierre seront régulièrement dressés, bien de niveau et non démaigris.
- Les joints pourront être démaigris, mais à condition que le démaigrissement n’excédera pas 0m01, et qu’il ne commencera qu’à 0m10 du parement.
- Chaque assise sera dérasée et mise de niveau avant la pose de l’assise supérieure.
- Les pierres formeront bonne liaison, elles seront posées à bain de mortier fin sur leur lit de carrière.
- Les joints horizontaux auront au plus 0m.008. Les joints verticaux ne pourront varier que de Q!!1,005 à O"1,008. Tous seront fichés en mortier ferme et non remplis eu coulis.
- Les joints de voussoir et claveaux, étant considérés comme lits de pierres, ne pourront être démaigris.
- Toute pierre écornée pendant lebardageou pendant la pose sera refusée et remplacée par l’entrepreneur, à ses frais.
- Longueur min'mun des pierres.— Toute pierre ayant moins de Üm,60 de longueur en parement sera refuser, à moins d’autorisation d’emploi donnée par l’architecte.
- Assises. — Les pierres composant une même assise seront d’égale hauleur dans loute retendue de l’assise.
- Elles seront également des mêmes provenances, et s’il arrive que dans une ou plusieurs assises, des morceaux de pierre d’une qualité inferieure à celle demandée soient mis en œuvre, et que par une nécessité quelconque on se trouve dans l’obligation de les tolérer, l’ensemble de l’assise ainsi établie sera toujours compté à l’entrepreneur suivant la qualité de pierre inférieure, sans qu’il puisse élever à cet égard aucune réclamation.
- Art. 25. — Taille des pierres. — Ta lie des parements de pierre. — Les tailles de parements de pierre seront bien dressées et faites de telle sorte que l’ouvrage terminé ait exactement la. forme et les dimensions prescrites.
- Pour la taille préparatoire de ces parements, l’usage de la boucharde est rigoureusement interdit.
- Ravalement et ragrément. — Les ravalements etragré-ments seront faits avec la plus grande perfection et après dégradation préalable de 0,n,02 ou 0m,03 du mortier ou du plâtre emp'oyés dans les lits et joints.
- Tous les sciages seront atteints, et toute trace d’outil devra avoir complètement disparu.
- Moutures. — Les moulures seront exécutées suivant les profils donnés par l’architecte.
- Elles seront terminées au moyen de calibres en fer dont les ouvriers devront toujours être munis.
- Elles seront parfaitement dressées, bien galbées et sans jarrets.
- Art. 26. — ilosmlis des planchers et voûtes, — Planchers et voûtes, poteries, plâtras ou briques. — Les planchers et voûtes en poteries, plâtras ou briques seront faits avec le plus grand soin, posés à bonne liaison de plâtre de niveau pour les planchers en suivant la forme exacte de l’intrados pour les voûtes,
- Augets. — Les augets sur plafonds seront faits sur lattis espacé de 0m,i0’ de milieu en milieu des lattes.
- Dans chaque intervalle de lattes, on mettra alternativement d’un côté et d’un autre un. fort clou à bateau.
- Dans les planchers enfer non garnis de poteries ou de briques, les augets seront faits en plâtras et hourdés en plâtre sans aucun mélange.
- Art. 27. — Plafonds. — Plafonds sur lattis. — Les plafonds dits sur lattis jointif seront faits sur un lattis dont les joints ou intervalles entre chaque latte auront 0m,01 de largeur. Pour le lattis non jointif, les lattes seront espacées de 0,10 de milieu en milieu.
- Le gobetage sera jeté au balai.
- Plafonds sur poteries, briques sur hourdis ple'n. — Les plafonds sur briques, poteries ou sur hourdis plein seront sur gobetage, comme aux articles précédents.
- Art. 28. — Cloisons et pans de Dois. — Cloisons légères. — Les cloisons légères seront iattées sur chaque face avec espacement de 0M1,10 de milieu eu milieu des lattes.
- Les hourdis seront faits en gros plâtre et rempliront exactement tous les vides.
- Pans de bois. — Les lattis sur chacune des faces des pans de bois auront le même espacement, avec clous sur chaque pièce de bois.
- Les remplissages seront faits eu plâtras ou en petits moellons bourdes à bain de plâtre, suivant le cas.
- On aura soin, avant de liourder les cloisons et pans de bois, d’en hacher le bois et d’yenfoucer des rapoinüs à distance suffisante pour bonne liaison.
- Art. 29. — A ires en plâtre. - Les aires en plâtre sur les planchers en charpente seront faites sur bardeau ou sur lattis jointif,-suivant Tordre donné et, dans ce dernier cas, chaque Jatte sera exactement clouee sur chaque solive.
- Le plâtre formant Taire sera gâché avec le moins d’eau possible, employé sans aucun mélangé et dressé avec soin.
- Art. 30. — Crépis et enduits. — Les crépis et enduits de plafonds, de murs, pans de bois, cloisons, etc, seront bien dresses, sans cavités ni parties rondes.
- Lorsque les enduits seront faits sur maçonneries, les joints seront préalablement nettoyés à vif, lavés et remplis en mortier avec débris de meulières ou pierre dure.
- Art. 31. — Scellements de lambourdes. — Les scellements de lambourdes destinés à recevoir les parquets seront faits avec le plus grand soin, et au fur et à me-mesure de la pose des dites lambourdes par les menuisiers.
- Ces lambourdes, garnies de clous à bateau, reposeront sur les cales eu plâtre dans toute leur longueur ; elles seront retenues par des solins ou des augets cintrés, avec chaînes, s’il y a lieu.
- Art. 32. — Tuyaux pigeonnés. — Les tuyanx et les languettes des cheminées seront en plâtre pur, de 0m08 d’épaisseur, pigeonnés à la main, enduits en dedans au fur et à mesure qu’on les élèvera, et ensuite enduits à l’extérieur en plâtre au sas. lisseront liés dans les murs par des arrachements refouillés à cet effet.
- Les arêtes d’angles seront vives et parfaitement dressées.
- Art. 33. — Recouvrements de charpente, — Les recou-rnents et enduits sur bois de charpente seront faits un lattis espacé de (MO de milieu en milieu.
- Les bois seront, en outre, hachés et garnis de clous à grosse tête. Les crépis et enduits seront sur un gobe-tage et bien dressés.
- Art. 34.— Moulures en plâtre. — Toutes les moulures en plâtre seront lissées avec soin et sans jarrets.
- Les calibres seront en hêtre et ferrés avec le plus grand soin, pour ménager la finesse des arêtes.
- Les angles de tous les ouvrages trames au calibre ou faits à la règle seront raccordés à la rnain avec le plus grand soin.
- Art. 33. — Jointoiements. — Le jointoiement sur les parties en pierre ou briques 'sera fait en plâtre pur, mortier, ciment ou mastic Dibl, suivant ce qui aura été ordonné à cet égard par Ta chitecte.
- Le plâtre sera" introduit dans les joints après dégradation et lavage, en le pressant avec la truelle, ot le joint sera frotté à plusieurs reprises avec un lissoir en fer.
- Les mêmesprécautions seront employéespourle jointoiement en mortier fin ciment ou mastic.
- Dans le cas d’emploi de mastic Dibl, ce mastic sera gâché à l’huile de lin et les .10 nts seiont préalablement humectés avec la même huile.
- Art. 36. — Chapes et enduits, — Les chapes et enduits en mortier seront faits soit en chaux hydraulique, soit en ciment mélangé de sable fin tamisé, dans les proportions déterminées par l’architecte, soit en ciment pur.
- Les joints seront préalablement dégradés, et la maçonnerie sera mouillée. Les enduits sur les murs et”les intrados des voûtes seront faits à plusieurs reprises.
- La surface des chapes enduits,après leur achèvement, devra être lisse, sans gerçure ni soufflure. Elle sera préservée d’une dessiccation trop prompte au moyen de paillassons.
- Un rocailiage préalable sera fait partout où cela sera nécessaire.
- Art. 37. — Carrelage. Qualité.— Les carreaux seront de la meilleure qualité de l’espèce désignée. Us auront les dimensions et Ja forme indiquées. Ou les posera avec le plus grand soin sur forme à bain de plâtre mêlé d’un tiers de poussier passé au tamis, sur aire ou forme faite en gravois ou recoupe de pierre passée au panier, bien dressee suivant les niveaux.
- Les joints seront bien égaux et bien garnis, les surfaces bien planes.
- CHAPITRE lit. — Mode de métrage des travaux
- Art. 38. — Métrage. — Les ouvrages de toute espèce seront métrés selon les indications particulières des pièces du marché et suivant les règles générales indiquées ici.
- Art. 39. — Fouilles en déblai. — Mesures prises au vide de la fouille. — Les mesures comptées pour les déblais du vide de la fouille seront celles que ces vides formeront. Les cubes seront seuls admis dans Dévaluation des divers mouvements dont les terres pourront être l’objet.
- Métro des déblais par tombereaux. — Dans le cas où le mode de mesurage du cube des déblais d’après les profils présenterait, des difficultés, dont tes ingénieurs et architectes seront seuls juges, on tiendra attachement du volume enlevé par chaque tombereau, et le cube du déblai sera calculé d’après ce volume, déduction faite d’un sixième pour tenir compte du foisonnement des terres, quels que soient la nature des terres et leur foisonnement.
- Rigoles. — Tout déblai de terre, tranchée ou trou de moins de deux mètres de largeur au fond, sera considéré comme fouille en rigole.
- Jet sur berge. — Le jet sur berge de terre fouillée comprend deux mètres de hauteur.
- Jet sur banquette et relais. — Le jet sur banquette ne commencera qu’à partir de deux mètres de profondeur, et ainsi de suite, de deux mètres eu deux mètres.
- Transports. Longueur des relais. — La longueur des relais varie suivant les moyens qu’on emploie.
- Pour les transports à la brouette, elle est de 39 mètres en plaine et de 20 mètres en rampe inclinée à ü,n06 et au-dessus par mètre.
- Pour le transport au tombereau, elle est de 100 mètres, quelle que soit la déclivité.
- Pour le transport au wagon, sur chemin de fer, elle sera fixée par le cahier des charges spécial des travaux pour lesquels ce mode de transport sera prévu.
- Le- prix du relai est indépendant de la nature des terres à transporter.
- Toute fraction de relai est négligée si elle est inférieure à une demi longueur, et comptée pour un relai entier dans te cas contraire.
- Ces dispositions sont applicables au transport de toute espèce, de matériaux, pierre, moellons, cailloux, sable, etc.
- Alise en cavalier. — La mise en cavalier résultant des jets de pelle ou des transports en tombereau, brouette, etc., ne donnera lieu à aucune allocation.
- Fouilles accessibles aux tombereaux. — Lorsque la
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche : 2 Décembre 1886.
- fouille en excavation ou en déblai sera accessible aux tuinbereaux, il ne sera alloué aucun autre jet que celui du chargement en tombereaux.
- Il en sera de même pour la fouille ou abalage des rampes laissées pour faciliter l’accès desdits tombereaux.
- Dureté du sol et difficultés dans les fouilles. — Quelles que soient la nature et la dureté des sols à fouiller, les racines d’arbre ou autres causes de difficultés que les fouilles présenteront, il ne pourra y avoir beu, sous ce rapport, à aucune plus-value que celles spécialement déterminées par la série soumissionnée.
- Plus-value pour extraction de roche ou de vieille maçonnerie. — La plus-value pour extraction de roche ou de vieille maçonnerie ne sera appliquée que dans le cas où il sera necessaire de faire emploi de la mine, du pic, du ciseau ou du coin, et, en outre, à la condition que la roche soit en bancs d’au moins 0m30 d’épaisseur et non en rognons isolés au milieu des déblais.
- Art.40. — Maçonneries diverses.— Les maçonneries de béton, plâtras, meulières,moellons et briques seront mesurées en œuvre, tous vides déduits, et payées au cube effectif, défalcation faite, pour chaque nature de maçonnerie, des matériaux et objets d’une autre espèce/Par exception, dans les tuyaux intérieurs en briques cintrées, les vides de la brique elle-même ne seront jamais déduits.
- Art 4L— Voûtes.— Les prix de maçonnerie de plairas, meulières, moellons et briques pour voûtes 11e seront appliqués qu’à la voûte elle même, mesurée suivant son cube réel.
- A moins de conditious contraires particulièrement spécifiées aux pièces du marché, les garnissages et les remplissages des reins seront comptes à part et payés comme massifs.
- Art. 42.— Enduits déduits. — L’épaisseur des enduits sera toujours déduite dans le mesurage des ouvrages en moellons, meulières ou briques.
- Art. 43. — Accessoires compris dans la maçonnerie. — Les prix de maçonnerie de plâtras, moellons,’ meulières, briques ou béton, comprennent, en plus des fournitures et de la pose, les déchets, le transport, le montage ou la descente des matériaux, la façon du parement brui pour les moellons ou meulières, eî généralement toutes les mains-d’œuvre et fournitures nécessaires pour l’exécution complète des ouvrages.
- Le prix de la maçonnerie pour voûtes comprend, en plus, le garnissage des couches, ainsi que le scellement et le descellement des cintres, les pâtés en maçonnerie et leurs enduits, même dans le cas où ces cintres seraient fournis par l’Administration.
- L’entrepreneur devra, sous sa responsabilité, s’opposer au décintrement des voûtes, jusqu’au moment où l’ordre de décintrer aura été consigné au registre général des ordres.
- Pour le hourdis plein des planchers et lambris rampants de comble, comme pour le cintrage en brique des travées entre solives en fer, les prix de la série comprennent la valeur du cintrage lui-même par quelque moyen que ce soit.
- Art. 44. — Ouvrages en reprise. — On n’entendra par ouvrages en reprise que ceux qui seront faits, dans une maçonnerie déjà existante, par petites parties isolées, ayant chacune moins de deux mètres cubes.
- ‘Toute partie de maçonnerie refaite, supérieure à cette quantité, sera comptée comme ouvrage neuf et payée sans plus value.
- Les bouchements de baies ou parties de constructions appliquées sans arrachement au droit d’anciennes constructions ne seront jamais considérés comme ouvrages en reprise, et ne donneront lieu qu’à la plus value de jonction qui serait fixée par la série.
- Art. 45. — Maçonnerie de moellons piqués. — Les maçonneries en moellons piques, selon le mode suivi pour T exécution, ne donneront lieu qu’aux plus-values ùxées par la série soumissionnée, soit pour le cube de la maçonnerie, soit pour le parement de jointoiement.
- Art. 46. — Démolitions. —- Les démolitions qui seront à faire en dehors des déblais seront comptées au mètre cube mesuré en œuvre, tous vides déduits.
- Art. 47. — Mesurage des pierres. — Les pierres seront mesurées par équairissemeut, à l’exception toutefois des morceaux débités trianguiairement dans un cube paral-iélipipède, tels que: marches dansantes, cimaises d’entablement et autres, lesquels ne seront comptes que pour leur cube réel.
- Les constructions en pierre ne seront mesurées que suivant les dimensions qu’elles devront après le ravalement exécuté.
- Les excédents de pierre laissés pour ravalement ne seront pas alloués; ils sont compris dans le déchet qui entre dans la composition du prix.
- Ces excédents ne devront pas être moindres de 0m,0C5 pour la pierre dure et 0m,0lu pour la pierre tendre, sur chaque l'ace À ravaler.
- Dans les constructions faites partie en pierre et parlie en matériaux de moindre valeur, les excédents de pierre que l’entrepreneur aurait pu être autorisé à conserver au delà des dimensions prescrites ne seront pas comptés comme perre, mais compris dans la construction en matériaux d’un prix inferieur dont lesdits excédents tiendraient lieu.
- Art. 48.— Mesurage des failles. — Taille des pierres. — La taille des pierres sera comptée au mètre superficiel.
- Les prix portés aux divers numéros de taille comprennent les déchets de sciage ou de parement perdus.
- Parements. —- Il ne sera jamais accordé de tailles préparatoires, et le mesurage des faces tr liées ou sciées devra comprendre uniquement la surface réelle en œu\re des parties de sciage ou de taille restées visibles.
- Il ne sera fait aucune distinction entie les parements taillés et ceux provenant de l’emploi de la scie, les prix portés à la série étant des prix moyens entre ces deux mains-d’œuvre.
- Parements de lihages. —- La taille rustiquée ne sera comptée sur libages ' qn’autant que son execulion aura été ordonnée expressément par l’ingénieur ou par l’architecte.
- Le dégrossissage du parement, ainsi que la taille des lits et joints,fait parlie du prix alloué dans la sérié pour le mètre cube de maçonnerie de libages.
- Piugremenls sur marches, etc. — Il ne sera compte en sus des parements lavés aucun ravalement sur les pierres d’un seul morceau, comme marches, appuis, etc.;
- il ne sera tenu compte du passage au grès qui pourra être fait dans ces morceaux que sur l'ordre exprès de l’ingenieur et de l’architecte.
- Moulures. — Les moulures seront comptées selon les indications de la série ; ii ne sera compté aucun autre ravalement ni ragrement sur les moulures, les évaluations comprenant implicitement la valeur de toutes les opérations relatives à leur complète exécution.
- Art. 49. — Abatage sur pierres. — Les abatages de pierres, recoupements et refouillements faits avant les ravalements sont compris dans la valeur du ravalement, à moins qu’ils ne soient occasionnés par un changement de forme ou qu’ils ne soient exécutés sur pierres non fournies, auquel cas ils seront mesurés en cube et évalués en surface de taille, conformément à la série.
- Refouillements, — Les refouillements en pierre, moellons, meulières ou briques, seront mesurés suivant le cube reel refouillé et payés au prix de la série
- Art. 50.— Ouvrages en poterie ou plâtre. — Planchers ou voûtes en poterne. — Les planchers ou voûtes construits eu poteries seront mesures, tous vides déduits.
- Ouvrages en plâtre — Les ouvrages de tonte nature en plâtré pour plafonds, cloisons, pans de bois, crépis, enduits, aires, languettes, etc., seront mesures suivant leur surface réelle, tous vides et bois apparents déduits et évalués en légers ouvrages, selon les indications de la sérié.
- Renformis.— 1111e sera alloué, dans aucun cas, de plus-value de renformis pour les enduits sur murs, cloisons, plafonds, pans de bois, etc., construits a neuf; les renformis qui pourraient être alloués en raccord 11e seront comptés que s’ils ont été régulièrement cons
- Lattes et clous. — Il ne sera jamais compté séparé' ment de lattes, clous ou rappointis, les prix de la série étant des prix moyens, comprenant toutes les façons et fournitures accessoires nécessaires à la confection des ouvrages.
- Moulures en plâtre. — Les moulures en plâtre seront mesurées et évaluées selon les indications de Ja série.
- Art. 51. — Jointoiements et enduits. — Jointoie-ments'— Les jointoiements sans distinction de surfaces, planas ou courbes, seront mesurés au mètre superficiel, tous vides déduits.
- Joints. — Les joints sur moellons, meulières ou briques, ne seront comptés au mètre linéaire, que sur des parties isolées ayant moins d’un mètre de surface.
- Chapes et enduits en mortier ou ciment. — Les chapes et enduits en mortier ou ciment seront mesurés au mètre superficiel réel, sans plus-value pour les arêtes ren-Irantes ou saillantes, ou surfaces circulaires et sans distinction de parement droit ou courbe.
- Art. 52.— Ouvrages au mètre linèare. — Seront mesurés linéairement et payés suivant le mode prévu à la série soumissionnée, les arêtes, bandeaux, crevasses, pots dits tuyaux en terre cuite, les naissances, solins, la pose des t vaux en fonte avec ou sans chemise en plâtre et compris tous trous et scellements de brides ou crochets.
- Art. 53.— Emmétrage des matériaux. — Tous les matériaux approvisionnés par l’entrepreneur seront emme-trés à ses frais.
- Transports. — Les prix portés à la série comprennent la journée du conducteur.
- Les voitures devront être propres à l’espèce de transport auquel elles sont destinées.
- Art. 54. — Travaux à la journée. — On n’admetira de travaux à la journée que lorsque les ingénieurs et les architectes prescriront exceptionnellement ce mode de travail.
- Art. 55; — Travaux à faire reconnaître avant, leur disparition. — L’entrepreneur devra faire reconnaître en temps utile, par les agents du service des travaux, tous les matériaux et ouvrages dont les qualités et quantités ne pourraient être constatées ultérieurement, soit que ces ouvrages soient appelés à disparaître, soit que leur vérification devienne impossible par l’enlèvement des échafaudages ou ponts de service.
- Faute de quoi, les travaux non visibles ou non accessibles "au moment du règlement seront évalues par l’ingénieur ou l’architecte, et leur valeur d’évaluation réduite d’au moins un quart dans les comptes de l’entreprise.
- Art. 56. — Production d’attachements. — Comme complément des articles 39, 40, 41 et 42 du cahier des char ges générales, il est spécifié que J’enlrepreneur devra produire à ses frais tous les attachements écrits et figurés. ainsi que les annexes et mémoires de travaux en double expédition, suivant les indications et aux échelles fixées par l’ingenieur ou l’architecte.
- Ces pièces seront ensuite vérifiées par les agents de l’administration, puis collationnées et signées par l’adjudicataire et par l'ingénieur ou l’architecte pourser-vir do hase à l’etablissement des décomptes.
- CHAPITRE IV. — Dispositions spéciales.
- A ni. 57. — Objets trouvés dans les fouilles. — Tous objets ou matériaux b is que sable, moellons ou pierres trouvés dans les fouilles seront la propriété de l’administration. qui mira le droit d’en exiger l’emploi dans les travaux de l’entrepreneur, dont les prix seront réduits en conséquence.
- Art. 58. — Travaux en régie. — L’entrepreneur sera tenu de fournir aux prix de série, diminués du rabais d’adjudication, les voitures, matériaux, échafaudages, etc., qui lui seraient demandés pour travailler en régie.
- Il fournira également au prix de série, mais sans rabais, les ouvriers qui lui seraient demandés pour le même objet.
- Art. 59. — Travail de nuit. — L’entrepreneur devra, chaque fois qu’il en sera requis, par ordre de service régulièrement donné, établir (les ateliers de nuit. Tout travail ainsi exécuté sera payé rno tié en sus du même travail fait le jour, tant pour les ouvrages que pour les ouvriers et pour les chevaux et voitures.
- Les ouvriers et les chevaux lourrrs pour ces ateliers ne devront pas avoir [ravaillé ie jour précèdent et ne pourront être occupés le jour suivant.
- Tout homme ou tout cheval qui aurait été occupé contrairement à cette prescription pourra être renvoyé du chantier.
- Les frais d’éclairage sont à la charge de l’entrepreneur.
- On ne comptera comme travail de nuit que celui qui sera effectué de 7 heures du soir à 5 heures du matin pendant la période d’eté, et de 5 heures du soir à 7 heures du matin pendant la période d’hiver.
- La période d’eté commence le 1er mars et celle d’hiver le 1er novembre.
- Art. 60. — Les travaux exécutés dans les endroits obscurs tels que sous-sol ou autres ne donneront droit, en sus du prix porté à la série soumissionnée, à aucune plus-value autre que les frais d’eclairage.
- Art. 61. — La retenue de 1 p. 100 opérée sur les décomptes en vertu de l’article 17 du cahier des clauses et conditions générales pour le service médical, constitue essentiellement une œuvre charitable qui laisse entière Ja responsabilité de l’entrepreneur en cas d’accident. L’entrepreneur sera tenu, en conséquence, sous sa responsabilité particulière, de veiller à ce que toutes les précautions soient piises, dans la construction de ses étayements, échafauds, ponts de service et équipages, pour la sûreté des ouvriers et des agents (le l’administration.
- Art. 62. — L’entrepreneur est prévenu que l’administration est dans l’intention de prolonger dans l’intérieur de l’Exposition la ligne du chemin de fer qui s’arrête aujourd’hui à la gare du Champ-de-Mars. Si cette ligne est établie au moment où i’entrepreneur devra exécuter ses travaux, il poura utiliser ce moyen de transporter! s’entendant pour les conditions d exploitation avec la compagnie exploitante. Aucune réclamation de ce chef ne pourra d’ailleurs être adressée à l’administration.
- Art. 63. — En outre des présentes conditions spéciales aux divers travaux de terrassement et maçonnerie, l’entrepreneur restera soumis aux clauses et conditions générales signées le 25 août 1886 par le minisire du commerce et de l’industrie, ainsi qu’aux obligations particulières établies en vue de chaque adjudication ou marché.
- Dressé par les architectes soussignés.
- Paris, le 20 novembre 1886.
- Signé : BOUVARD, FOR.MIGÉ. DUTERT.
- Vu et vérifié par l’ingénieur en chef adjoint au directeur général des travaux,
- Bar t et.
- Vu et présenté par le directeur général des travaux,
- Alphand.
- Vu et approuvé,
- Paris, le 30 novembre 1886.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Commissaire général, Edouard LOCKROV.
- COMITE DEPARTEMENTAL
- DE LA SEINE-INFÉRIEURE
- Par arrête' en date du 3 décembre 1886, M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Seine-Inférieure :
- i° Sous-comité de l’arrondissement de Rouen
- CIRCONSCRIPTION DE ROUEN
- MM. Ricard, député.
- R. Waddington, député.
- Badin, manufacturier à Barentin.
- Besselièvre, conseiller général manufacturier à Maromme.
- Bonpain, président de la société industrielle de Rouen.
- Jules Delamarre, ancien industriel à Rouen.
- Ernest Fauquet, membre du conseil municipal de Rouen.
- Emile Ferry, conseiller général à Rouen, ancien juge au tribunal de commerce.
- Fortier, président du comice agricole de Rouen, ancien président de la société centrale d’agriculture de la Seine-Inférieure.
- Kniéder , industriel, vice-président de la société industrielle de Rouen.
- Lucien Fromage, manufacturier à Darne-tal.
- Gresland, filateur à Notre-Dame de Boude-ville.
- Héron, président de la société centrale d’horticulture de la Seine-Inférieure.
- Houzeau, directeur de la station agronomique, président de la société centrale d’agriculture.
- Lantray, conseiller d’arrondissement à Maromme, adjoint au maire.
- Lebon, maire de Rouen.
- Gaston Le Breton, directeur du musée céramique, à Rouen.
- Leroy-Petit, conseiller municipal, ancien adjoint au maire de Rouen.
- Maillet du Boullay, directeur du musée d’antiquités à Rouen.
- Ernest Manchon fils, secrétaire de la chambre de commerce de Rouen.
- Ch. Pinel, ingénieur mécanicien à Rouen.
- Powel, industriel, membre de la chambre de commerce de Rouen.
- Rivière, industriel à Rouen.
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- Deuxième Année. — N° 102.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- CIRCONSCRIPTION d’eLBEUF
- MM. Dautresme,député.
- Ghedeville, filateur, président de la société industrielle d’Elbeuf.
- Doublet, industriel, conseiller général,maire d’Elbeuf.
- Constant Flavigny, manufacturier, président de la chambre de commerce d’Elbeuf.
- Louis Fraenkel, manufacturier, membre de la chambre de commerce d’Elbeuf.
- Robert-Hédouin, marchand de draps, cù El-beuf.
- Laporte, conseiller général.
- Nivert, fabricant de draps, membre du tribunal de commerce d’Elbeuf.
- Paul Pion, teinturier, membre de la chambre de commerce d’Elbeuf.
- Thézard, marchand de draps, membre delà chambre de commerce d’Elbeuf.
- Thouroude, négociant à Rouen.
- 20 Sous-comité de l’arrondissement du Havre
- CIRCONSCRIPTION DU HAVRE
- MM. Félix Faure, député.
- Lyonnais, député.
- J. Siegfried, député.
- Bénard, directeur de l’exposition internationale maritime de 1887, au Havre.
- Eugène Benoist, négociant à Saint-Romain.
- Burel, agriculteur, maire de Fougueuse-mare.
- Cazavan, directeur des forges et chantiers de la Méditerranée, membre de la chambre de commerce du Havre.
- Couvert, membre de la chambre de commerce du Havre.
- Hallaure, maire de Bléville.
- Mallet, président de la chambre de commerce du Havre.
- Marion, maire du Havre.
- Raoul, Nicole, armateur, vice -président du syndicat du commerce et de l’industrie au Havre.
- A. Normand, ingénieur constructeur mécanicien au Havre.
- Rispal, négociant, adjoint au maire du Havre.
- CIRCONSCRIPTION DE FÉCAMP
- MM. Bellet, membre de la chambre de commerce de Fécamp.
- Boissaye, maire d’Etretat.
- Delaunay, fabricant d’huile, conseiller général à Fécamp.
- Diéterte, directeur du musée de Fécamp, maire de Criquebeuf.
- Leborgne, maire de Fécamp.
- CIRCONSCRIPTION DE BOLBEC ET LILLEBONNE
- MM. Desgenétais (Henri) , industriel à Lille-bonne.
- Desgenétais (René), industriel à Bolbec.
- Desgenétais (Léon), agriculteur, adjoint au maire de Bolbec.
- Fauquet-Lemaître, industriel, membre delà chambre de commerce de Bolbec.
- Wesphalen-Lemaître, industriel à Lille-bonne, conseiller d’arrondissement, membre de la chambre de commerce de Bolbec.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Dieppe
- MM. Trouard-Riolle, député
- Bignon fils, négociant à Eu.
- Cauchois, agriculteur, conseiller d’arrondissement.
- Delamare, agriculteur, maire d’Auffay.
- Raoul Lebourgeois , vice-président de la chambre de commerce de Dieppe.
- Lemaguen, membre de la chambre de commerce de Dieppe.
- Maurice Lippmann, propriétaire et agriculteur à Bracquemont.
- Martin, armateur, membre de la chambre de commerce, président du conseil d’arrondissement de Dieppe.
- Mulot', propriétaire à Puy, industriel et agriculteur.
- Pochon, industriel, maire deTôtes.
- Poulard, industriel, conseiller d’arrondissement et maire de Luneray.
- Rimbert, négociant, maire de Dieppe.
- 40 Sous-comité de l’arrondissement de Neufchâtel
- MM. Bochet , conseiller général à Forges-les-Eaux.
- Canu, agriculteur, maire d’Argueil.
- Fache-Havé, industriel, adjoint au maire de Saint-Saëns.
- Forestier, tanneur à Saint-Saëns.
- Gervais, fabricant de fromages, maire de Ferrières.
- Lefrançois, industriel, adjoint au maire de S au mont-la-Poterie.
- Numa-Ménage, agriculteur, adjoint au maire de Beaubec-la-Rosière.
- Mesnard-Guian, agriculteur, conseiller d’arrondissement, maire de Ménerval.
- Rasset, président du comice agricole Neufchâtel.
- Sannier, industriel, maire de Blangy.
- de
- 5° Sous-comité de l'arrondissement d'Yvetot MM. Lechevallier, député.
- Lesouëf, député.
- Camille Bornot, propriétaire à Valmont. Fournier, fabricant de chapeaux à Yvetot. Lemonnier, industriel, conseiller général. Pichard, armateur, président du tribunal de commerce et maire de Saint-Valery-en-Caux.
- Saint-Requier, agriculteur à Ri ville.
- COMITÉ DÉPARTEMENTAL
- DE LA SOMME
- Par arrêté en date du 3 décembre 1886, M. le ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général de l’Exposition universelle de 1889, a constitué comme suit le comité départemental de la Somme :
- i° Sous-comité de Varrondissement d’Amiens
- MM. Bor, chimiste, professeur du cours de teinture à la société industrielle d’Amiens.
- Brandicourt, fabricant de bougies, à Amiens.
- Cauvin, ancien conseiller général, manufacturier, maire de Saleux ;
- Dauphin, sénateur, premier président de la cour d’appel, président du conseil général, président de la société des agriculteurs de la Somme ;
- David, filateur de laines, à Amiens.
- Debeauge (Abel), directeur de la société anonyme, filature de lin, à Amiens.
- Decaix-Matifas, membre de la chambre de commerce, président de la société d’horticulture de Picardie, adjoint au maire d’Amiens.
- Descat, teinturier en velours de coton, à Amiens.
- Dewailly (Louis), membre de la chambre de commerce d’Amiens, président de la société des amis des arts, fabricant de toiles et sacs, à Amiens.
- Dieu, ancien député, fabricant de bonneterie à Viîlers-Bretonneux.
- Douville-Maillefeu (comte de), député.
- Duflos, ancien président du tribunal de commerce, à Amiens.
- Duthoit, architecte, à Amiens.
- Fiquet (Alph.), fabricant de velours, ancien maire d’Amiens.
- Fougeron, agriculteur, conseiller général, maire de Breilly.
- Gallet (Eug.), secrétaire de la chambre de commerce, président de la société industrielle, à Amiens.
- Garnier, président de la société des antiquaires de Picardie, à Amiens.
- Gand, professeur de tissage à la société industrielle d’Amiens.
- Guénard, entrepreneur de maçonnerie, président du conseil des prud’hommes, à Amiens.
- Gontier, teinturier en laine et velours d’LJ-trecht, à Amiens.
- Honoré, conservateur des forêts, à Amiens.
- Hubault (A.), fabricant de velours, président du tribunal de commerce d’Amiens.
- Lamy, directeur de l’usine de produits chimiques-, à Amiens.
- Labbé, président de la chambre de commerce d’Amiens.
- Lavallart, fabricant de velours à Amiens.
- Louchet-Bernaud, fabricant de tapis et velours à Amiens.
- Morvillez, fondeur en fer à Amiens.
- Paven (Albert), fabricant de velours à Amiens.
- Ponche, filateur, membre de la chambre de commerce d’Amiens.
- Prévost-Blondel, fabricant de chaussures à Amiens.
- Petit (Frédéric), négociant, sénateur, conseiller général, maire d’Amiens.
- Ricquier, architecte en chef du département à Amiens.
- Saint (Ch.), filateur et tisseur, membre de la chambre de commerce d’Amiens,à Lixe-court.
- Sibut, fabricant de fers à cheval, conseiller municipal, à Amiens.
- Vasseur, ancien président du tribunal de commerce d’Amiens.
- Vivien, vice-président du conseil des prud’hommes, ouvrier typographe à Amiens.
- Vagniez (Benoni), négociant à Amiens.
- Vinque, fabricant, membre de la société industrielle à Amiens.
- Dimanche i2 ^DiR^vmfeK 1886. — 425.
- 20Sous-comité de l’arrondissement d’Abbeville
- MM. Béthouart, agriculteur, conseiller d’arrondissement, maire de Rue.
- Carette, ancien député, ancien maire d’Abbeville, avocat à Abbeville.
- Colart, ancien conseiller général, fabricant de tourbes, à Fontaine-sur-Somme.
- Deneux, manufacturier, maire à Hallen-court.
- Delepierre, fabricant de tissus à Abbeville.
- Depoilly (J.), fabricant de serrurerie, ancien conseiller d’arrondissement, à Friville-Es-carbotin.
- François, conseiller d’arrondissement,maire d’A'bbeville.
- Froment, agriculteur, conseiller d’arrondissement, maire de Ponthoile.
- Gavelle, ingénieur civil, manufacturier, conseiller général, membre de la chambre de commerce d’Abbeville.
- Gilson, fondeur de métaux, conseiller général, à Friville-Escarbotin.
- Imbert, fabricant de serrurerie, conseiller municipal à Friville-Escarbotin.
- Le Coustellier, fabricant de ficelles et cordages, conseiller d’arrondissement, membre de la chambre de commerce d’Abbeville.
- Lheureux, manufacturier à Longpré-les-Corps-Saints.
- Mouchaux, président de la chambre de commerce d’Abbeville.
- Prarond, ancien conseiller général, ancien maire d’Abbeville, président honoraire de la société d’émulation d’Abbeville.
- Prouteaux, ingénieur civil, fondeur, adjoint au maire d’Epagne.
- Richard, fabricant de voitures, à Abbeville.
- Vallerant, fabricant de serrurerie, à Sailly-le-Sec.
- 3° Sous-comité de l’arrondissement de Doullens
- MM. Chedeville, fabricant de papiers, à Doullens .
- Dusevel, marchand tanneur, président du conseil d’arrondissement, à Doullens.
- Mercier, fabricant de toiles, au Candas.
- Sydenham, manufacturier, conseiller général, membre de la chambre de commerce d’Amiens, maire de Doullens.
- 40 Sous-comité de l'arrondissement de Montdidier
- MM. Bouly (Alfred), membre de la chambre de commerce d’Amiens, fabricant de bonneterie à Moreuil.
- Courtois, ancien conseiller général, fabricant de bonneterie, maire de Caix.
- Cranney, fabricant de sucre à Ercheu.
- Dumont (Edouard), fabricant de bonneterie, conseiller d’arrondissement, maire de Mé-haricourt.
- Goret (Théodule), négociant en laines, conseiller d’arrondissement au Plessiers-Ro-zainvillers.
- Heinard Decaix, agriculteur à Chirmont.
- Jametel, député, conseiller général, maire de Marestmontiers.
- Justin, agriculteur, maire de . Flers-sur-Noye ;
- Triboulet, propriétaire, agriculteur à As-sainvillers.
- Deflers, entrepreneur de travaux publics à Paris, maire d’Ayencourt-le-Monchel.
- 5° Sous-comité de l’arrondissement de Péronne
- MM. Bernot, ancien député, conseiller général, agriculteur, fabricant de sucre, maire de Ham ;
- Danicourt (Alfred), antiquaire et numismate, ancien maire de Péronne.
- Lefèvre, constructeur-mécanicien à Péronne.
- Magniez, sénateur, conseiller général, agriculteur, maireàYtres.
- Savary, conseiller général, distillateur et fabricant de sucre, maire de Nesle.
- Tarlier, fabricant de tissus, ancien maire, à Sailly-Saillisel.
- Tardieu, fabricant de meubles, à Péronne.
- Toulet (ainé), conseiller général, ingénieur-mécanicien, membre de la chambre de commerce d’Amiens, à Albert.
- Vion, fabricant de sucre, à Villers-Faucon.
- Les lignes suivantes ont été reproduites par la plupart des journaux :
- « Afin d’étudier les conditions de sécurité que devra présenter l’ascenseur de la tour Eiffel, l’inventeur du système, M. Backman, ingénieur de la maison Eiffel, étudie le projet d’une tour d'une trentaine de mètres de hauteur qui sera érigée dans Paris au printemps prochain et dans laquelle le public montera à l’aide d’un ascenseur d’un sys-
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- Deuxième Année — N° 102.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9.
- Dimanche 12 Décembre >880.
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- tème analogue à celui qui sera appliqué à la tour de 3oo mètres.
- « Ce système consiste en une vis d’un diamètre considérable et en un pas autour duquel tournera un écrou portant le plateau où le public prendra place. Le mouvement sera communiqué à l’écrou soit par un petit câble sans fin, soit par un moteur commandant directement les galets de roulement. Le pas sera calculé de façon à ne pas donner au plateau un mouvement trop rapide de descente. Des freins spéciaux assureront la sécurité de la descente en cas de rupture du moteur. »
- Il y a environ 3 mois une autre nouvelle faisait le tour de la presse : on devait se rendre un compte exact de l’effet produit par le monument Eiffel au moyen d’un ballon maintenu par des câbles à une hauteur de 3oo mètres. Cette expérience absurbe n’eut pas lieu. Nous •croyons que le printemps prochain se passera sans que la nouvelle tentative ne soit entreprise.
- D’ailleurs, si l’on compte faire des essais en avril 1887, quand se décidera-t-on à entreprendre les travaux définitifs ?
- ÉCHOS
- Paris
- L’exposition vinicole, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, a été ouverte le mardi 30 novembre.
- L’administration des postes continuant (mystère inexplicable !) à occuper, pour un temps malheureusement encore indéterminé, les baraquements de la place du Carrousel, la ville a mis à la disposition des organisateurs les baraquements qui avoisinent le Pavillon de Flore et qui, déjà ont abrité différentes expositions, entre autres celles des Indépendants, du Blanc et Noir, etc.
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- * Y
- La Société des cuisiniers français annonce que le cinquième concours culinaire, organisé par ses soins, avec le concours des principales sociétés et chambres _syndicales de Paris et des départements aura lieu du 25 février au 5 mars prochain, dans le pavillon de la ville de Paris que M. le préfet de la Seine veut bien mettre à la disposition des organisateurs.
- La société rappelle que cette manifestation est toujours d’un caractère purement artistique et que les bénéfices en sont acquis à la fondation d’une école professionnelle de cuisine. — Siège social : 52, rue Laffitte.
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- Y Y
- L’Union des femmes peintres et sculpteurs ouvrira.fin février sa sixième exposition annuelle, au palais des Champs-Elysées.
- Les adhésions sont reçues au siège de la société, 147, avenue de Villiers, chez la présidente.
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- * *
- M. Henri Rochefort espère que l’exposition des tableaux anciens, organisée sous sa direction par le comité de la presse, au profit des inondés du Midi, pourra ouvrir vers le 15, au palais des beaux-arts.
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- Y Y
- Le tirage de la tombola Claude-Lorrain est définitivement fixé à dimanche prochain, 19 courant.
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- Y Y
- Départements
- M. de YVitkowski organise à Nantes pour les premiers jours de février prochain une exposition des arts incohérents.
- M. Lévy, l’initiateur de ces spirituelles entreprises, a promis d’envoyer les tableaux qui font, à Paris, le succès de l’exposition de l’Eden.
- Une partie des recettes sera affectée à diverses œuvres de bienfaisance.
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- ¥ ¥
- Nous avons parlé de l’exposition de peinture et sculpture qui vient de s’ouvrir à Bois-Colombes, au profit d’œuvres de bienfaisance.
- ^ Remarqué là, des toiles de MM. Raffaelli, Ribot, Gérard, Delaruelle, G. de Laférière, Giacometti, Coll-Toc, Jacquin ; de Mlles Berthe Daudet, E. Gérard, .Lardo, et de Mme Grizier-Montbazon, qui expose une nature morte.
- Pour la sculpture, citons un buste de J.-J. Rousseau, par Carrier-Belleuse.
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- L’exposition flottante, organisée à bord du paquebot Fournel, de la Compagnie transatlantique, doit faire un voyage de quatre mois dans la mer des Antilles. Elle visitera Saint-Thomas, Porto-Rico, Cuba, la Jamaïque, Haïti, la République de
- Saint-Domingue, la Guadeloupe, la Martinique, le Vénézuela et l’isthme de Panama.
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- L’exposition qu’organisera l’année prochaine au Havre, la Société des Amis des arts, ne sera pas internationale, ainsi qu’on avait un instant songé à la faire.
- Elle ouvrira le 15 juillet pour clôturer le 15 octobre.
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- La Société d’émulation des Vosges a organisé, dans une des salles du musée, à Epinal, une petite exposition artistique locale extrêmement intéressante et qui se prolongera jusqu’au 25 courant.
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- ETRANGER
- Allemagne
- L’association pour le développement de la culture des tourbières dans l’empire allemand prépare une exposition spéciale qui aura lieu à Berlin du IG au 19 février 1887. Des prix d’honneur seront décernés aux exposants les plus méritants.
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- L’exposition d’économie domestique et d’enseignement technique et professionnel organisée à Karlsruhe (Grand-duché de Bade) et récemment clôturée, a laissé dans les caisses de l’association industrielle, qui en avait pris l’initiative, un bénéfice net de 16,000 marks.
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- La première exposition internationale d’alimentation populaire et d’art culinaire, qui ouvrira à Leipzig à la fin de janvier, semble devoir prendre une très grande importance.
- Elle se divise en différents groupes dont les plus importants sont celui de l’alimentation des grandes masses, dirigé par le professeur Hofmann, directeur de l’institut hygiénique de l’université, et celui de l’assistance publique sous la direction du médecin en chef d’état-major, docteur Rühlemann.
- Les machines pour la confection de produits alimentaires,.sur une grande échelle, seront visibles en fonctionnement.
- Des concours seront organisés pour les différents systèmes de cuisson, les meilleurs levures pour la boulangerie, etc., etc.
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- Angleterre
- Nous relevons les détails suivants dans le rapport adressé aux membres du comité de garantie de l’exposition de Liverpool :
- Durant les 156 jours qu’a été ouverte l’exposition, les bureaux ont enregistré 2,667,374 entrées, non compris bien entendu, celles des exposants et employés.
- Les souscriptions de tickets, soit d’abonnement de saison, soit d’abonnement mensuel, étaient au nombre de 2,446.
- Il résulte enfin de ce rapport officiel que les recettes ont atteint le chiffre total de 133,000 livres sterling (3,325,000 francs) alors que les dépenses s’étaient élevées à 148,000 livres, soit, 3,700,000 francs..
- Les membres de la commission de garantie auront donc à couvrir un déficit de 15,000 livres, ou 375,000 francs.
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- Les travaux de l’exposition américaine (Londres, 2 mai 1887) se poursuivent rapidement. Un grand nombre, d’ouvriers sont employés dans les chantiers. Les travaux de terrassement sont terminés, la canalisation de drainage posée, les grosses fondations en place, et le pavillon central en voie de construction.
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- Sir William Armstrong, le fabricant de canons, dont la maison jouit d’une réputation universelle, figurera à l’exposition de Newcastle (1887)- avec une collection historique d’engins en usage dans les guerres continentale et maritime. Un dernier meeting du conseil exécutif lui a concédé, pour l’exposition de sa maison et sa collection rétrospective de canons d’ordonnance, un espace de 4,640 pieds.
- Cette section d’artillerie, à laquelle on s’efforcera de donner le plus d’importance possible, sera sans contredit un des principaux attraits de cette exposition qui semble devoir être fertile en attractions de tous genres.
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- Parmi les nombreuses expositions artistiques récemment ouvertes à Londres, il faut signaler celles de la Society of British artists, dans Suffolk Street; de la Royal society of Painters in Water-Colours ;_les Lacs anglais de M. Sutton Palmer, à la galerie de MM. Dowdeswell (133, New-Bond Street) ; les Côtes d’Ecosse de M. John Brettfà la Fine art Society ; etc., etc.
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- Australie du Sud
- Adélaïde : Exposition internationale de 1887. — Les industriels qui désireraient participer à
- cette exposition, dont nous avons à maintes reprises entretenu uos lecteurs, 11’ont pas de temps à perdre s’ils veulent envoyer leur adhésion, la distribution des emplacements devant avoir lieu d’ici à quelques jours.
- Les demandes reçues jusqu’ici sont plus que suffisantes pour que l’espace primitivement disponible soit entièrement occupé ; mais l’on s’occupe de ljérection de nouveaux bâtiments. L’administration à Adélaïde fera en sorte de caser tous ceux dont les demandes auront été faites avant le 15 courant, et admises par le commissaire exécutif de Londres.
- Toutefois cette décision môme entraînant la construction de nouveaux locaux, il sera difficile de donner suite aux communications faites après Noël.
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- Belgique
- Il paraîtrait que c’est chose faite. Bruxelles aurait décidément en 1888, sous le haut patronage du comte de Flandre, son grand concours international des sciences et de l’industrie, et Liège, dans le courant de la même année, l’exposition internationale militaire dont il a souvent été question.
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- ^La société royale d’horticulture et d’agriculture d’Anvers organise, à l’occasion de son exposition horticole des 3 et 4 avril 1887, un concours de peinture auquel sont invités à prendre part tous les artistes et amateurs.
- Nous renvoyons pour tous les détails au Journal des Arts du 7 décembre.
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- États-Unis
- Une intéressante collection de tableaux de l’école française, appartenant à M. Robinson, a été récemment mise en vente aux Moore Galleries à New-York.
- Cette collection commençait à David et. prenait fin à G. Doré en passant par Corot, Millet, IJiaz, Daubigny, Courbet, Decamps, Géricault, Fromentin, Rosa Bonheur, Ary Schcffer, Bastien Lepage, Couture, Rousseau, etc.
- Certaines toiles magnifiques ont été adjugées à des prix relativement très inférieurs ; dés Rousseau, des Jacques et des Diaz ont même été vendus 100 ou 200 dollars.
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- Un village japonais, composé d’une petite colonie de 21 individus, est installé à Baltimore. Le visiteur y voit sur le vif tous les métiers et tous les arts du grand empire de l’extrême Orient. Il passe en revue une série de boutiques indigènes, où d’habiles ouvriers confectionnent sous ses yeux les vases de bronze, les cloisonnés, la poterie, la broderie, la sculpture sur bambou, les jouets, etc.
- Cette exhibition retrouve là l’immense succès qu’ont eu des expositions similaires à New-York, Londres et Berlin.
- Ce serait une intéressante attraction, à Paris en 1889.
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- Pérou
- Nous avons,.dans notre précédent numéro, annoncé en quelques mots la création d’un musée industriel français à Lima. Voici quelques détails complémentaires :
- C’est à l’école des mines de cette ville que le président de la chambre de commerce française se propose, d’accord avec le directeur, de constituer cette intéressante et utile institution.
- Voici l’indication des principaux articles qui sont signalés comme rentrant dans le cadre du musée à former, sous forme de catalogues, albums, notes, prix-courants, etc., et qui devront être remis au nom de M. le président de la Chambre de commerce française de Lima, chez M. E. Dupevron, 132, boulevard Saint-Germain, Paris, chargé de les faire parvenir à destination.
- 1° Appareils, outils et machines pour l’exploitation et l’éclairage des mines, etc. ;
- 2° Appareils métallurgiques de toutes sortes spécialement les électro-lytiques ;
- 3° Modèles d’appareils et matériaux concernant les constructions urbaines, comme éclairage au gaz et à l’électricité, etc. ;
- 4° Tubes de dessèchement en poterie ;
- 5° Appareils spéciaux de ventilation ou nettoiement d’égouts et tout ce qui a rapport à l’hygiène des maisons ;
- 6° Machines et appareils concernant les industries vinicole, sucrière, etc. ;
- 7° Appareils et instruments pour ingénieurs ;
- 8° Laboratoires chimiques, appareils et produits
- 9° Collections minéralogiques ;
- 10° Typographie, lithographie, photographie, etc., modelés et instruments ;
- 11° Papiers typographiques, caractères, encres, etc. ;
- 12° Catalogues scientifiques.
- Enfin, tout ce qui a.rapport aux diverses industries et aux constructions, comme chemins de fer etc. . ’
- Les fabricants français, désireux de lutter contre la concurrence étrangère toujours croissante, et
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- Deuxième-Année. — N° 102.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- d’assurer de nouveaux débouchés à leurs produits, apprécieront l’intérêt que présente ce projet.
- Rappelons à ce propos qu’une exposition minière ouvrira le 1er juin 1887, à Lima, dans le but de faire mieux connaître et apprécier, les richesses minéralogiques du Pérou.
- LE STYLE MODERNE DANS LA DÉCORATION
- Chaque temps doit avoir son caractère, son style propre. Ce qui distingue l’évolution moderne, artistique ou littéraire, c’est l’amour de la nature, le besoin de s’inspirer directement de la réalité. A cet égard les décorateurs paraissent s’être refusés à obéir à la tendance actuelle ; comme le constatait M. de Fourcaud dans son rapport sur le dernier Salon des Arts décoratifs, la manie du vieux les possède : ce 11e sont que rééditions, tantôt avouées tantôt dissimulées, que pastiches de l’ancien. Rien de neuf, rien de primesautier, rien qui porte la marque de notre époque, de notre état d’esprit à l’heure présente. Comment expliquer un pareil exclusivisme si ce n’est par le manque absolu de modèles appropriés au goût contemporain ? Les ouvriers d’art industriel, comme les gens du monde qui s’adonnent à la décoration des céramiques ou des tissus, ont formulé à ce sujet des plaintes très nettement établies ; ils ont expliqué qu’ayant uniquement sous les yeux des types empruntés aux siècles passés ils ne pouvaient produire que du vieux neuf. La pensée est venue à un éditeur (1), très soucieux de la vulgarisation artistique, de demander à un maître décorateur, M. Llabert-Dys, dont l’inspiration libre, personnelle, dégagée de tout souvenir, est bien connue, une suite de modèles en couleurs destinés à avoir leur application dans tous les travaux d’ornementation ; les artistes industriels et les amateurs trouveront, dans les Fantaisies décoratives, une source précieuse de sujets d’un goût affiné, d’une imagination intarissable ; ils s’en serviront, non pas pour les copier servilement, mais pour se guider dans la composition d’un décor ; ils verront comment une fleur, une plante, un oiseau peuvent, examinés et notés sous un aspect pittoresque , arriver à former un motif exquis ; ils parviendront ainsi à une ornementation originale renouvelée, rajeunie, et appelée à demeurer éternellement jeune, puisqu’elle a pour principe l’imitation de la nature.
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- EXPOSITION DES SCIENCES
- ET
- DES ARTS INDUSTRIELS 1886
- Parmi tant’de spécimens de l’industrie française exposés au Palais de l’Industrie, il y a, dans le cinquième groupe, une classe, la Classe IX ; comme toujours elle représente une série d’exposants qui méritent tout spécialement d’attirer l’attention du public. Or, le plus souvent on passe assez indifféremment sans se rendre un compte bien exact de la valeur des produits et surtout de leur utilité.
- PAPETERIE, LIBRAIRIE, IMPRESSIONS
- Voici trois titres dont un, le premier, a jusqu’ici représenté de nombreuses industries sans aucune autre classification plus régulière. Mais nous espérons bien qu’en 1889 la classe X sera au moins fractionnée en sections diverses.
- On entend par Papeterie : la fabrication Mu Papier, la transformation du papier, en registres, carnets, albums, cartes, etc., mais on y comprend sans désignation : les Fournitures de bureau et articles pour dessin, tels que : encre, cire, crayons, plumes, etc., de même que les règles, T, équerres, couleurs, pinceaux pour lavis et _ aquarelle, enfin on y ajoute le cartonnage aussi bien courant que de fantaisie ; les abat-jour, les caisses pour entremets et le papier dentelle, etc.
- Gomme on peut s’en convaincre le champ est vaste. Mais comme la consommation de papier d’un peuple donne la mesure de sa civilisation, •nous nous arrêterons un instant à examiner la variété tout autant que le mérite de tous ces magnifiques articles dont la plupart du temps le papier seul a fait tous les premiers frais.
- Il est vrai que le papier remplace les écus et que par ce seul fait les millions deviennent plus portatifs, mais à côté de cela combien de papier s’envole en fumée tous les jours ? Ces deux extrêmes nous donnent une image frappante de la vie réelle, tandis que les uns travaillent sans relâche au bien-être moral, les autres gaspillent leur existence dans de folles aventures.
- ’ (1) M. Rouam, Librairie de l’Art, 19, cité d'Antin.
- Mais assez de dissertations comme cela !
- Parmi les membres du jury (1) trois sont exposants :
- Engefile grand relieur bien connu.
- H-enry May, directeur de la célèbre imprimerie-librairie A. Quantin.
- Victor Rose, graveur industriel dont le nom se trouve au bas de toutes les belles illustrations industrielles.
- La maison Engel a deux installations dont une spéciale aux reliures d’illustrations, livres de prix, livres d’étrennes, albums, etc., l’autre spécialement réservée aux reliures d’amateurs.
- Dans la première qui est sous le grand escalier, nous citerons seulement quelques ouvrages, car tout est d’un goût exquis dans ces travaux qui représentent ce que l’on doit dès aujourd’hui appeler le genre xixe siècle, en attendant que le style xix® siècle soit définitivement trouvé.
- Costumes des régiments et des milices d’Alsace et de la Sarre, le Duché de Lorraine xvne et xvnie siècles, belle reliure en toile anglaise rouge avec armoiries. Les Animaux sauvages, le Littoral de la France, les Mille et un jours, Nouvelle histoire des Voyages, sont de très beaux volumes très bien reliés avec titre en couleurs approprié à l’ouvrage. Puis un autre ouvragelVlrA au xviii0 siècle in-4, 1/2 maroquin titre en camaïeu ; enfin : Le Havre d’autrefois, Mireille et une série d’albums pour photographies dont les illustrations les plus variées garnissant les pages font de ce volume devenu un meuble utile, un des plus charmants passe-temps dans les salons.
- Quant à l’autre vitrine, disons qu’elle ne renferme que des spécimens d’un mérite exceptionnel.
- La collection des antiques, 12 vol. in-8, 1/2 reliure d’amateur, avec mosaïque ; Paris à travers les âges, 2 grands volumes, 1/2 reliure en peau de truie, fers à froid; Uzanne, son Altesse la femme, la Française du siècle, pleine reliure avec gardes mosaïque, encadrements à petits fers; 1 ’Ombrelle, plein maroquin vert, filets dorés avec sujet mosaïque sur le plat, gardes en brocart; les Poésies de Vadé, reliure pleine avec filets entrelacés ; les Iles d’amour, reliure vélin avec aquarelle sur la couverture ; enfin des 1/2 reliures courantes, des albums pour, dessin et des herbiers dont un avec impression en couleur sur le plat, représentant un nid de mésanges bleues d’après Giacomelli. Cet ensemble nous dispense d’autres remarques sur la supériorité des travaux de la maison Engel et fils.
- M. Henry May, directeur de la maison Quantin, disons de suite que les ouvrages qui sortent de cette maison justement renommée, ont tous une marque distinctive, un charme particulier. Il nous suffira de citer : .
- Les Arts du métal, Recherches sur l’orfèvrerie ; les Arts du bois, des Tissus et du Papier, ouvrages très curieux avec de nombreuses planches entre autres des modèles de reliure Henri II, xvie et xvne siècles ; /’ Art japonais, la Revue des Arts décoratifs, l’Art ancien et l’Art moderne à l’Exposition de 1878; les livres d’Art, par Henri Havard, et enfin la magnifique collection de l’enseignement des beaux-arts, importante encyclopédie pédagogique dont le tirage constitue une oeuvre d’art à côté de l’art qui, lui-même, constitue chaque volume.
- Puis, M. Victor Rose, le dessinateur graveur bien connu qui présente en deux tableaux de très beaux spécimens : l’un, gravure de machines d’imprimerie, de filature et le canon revolver ; l’autre, de belles épicures d’histoire naturelle, géologie, insectologie, agriculture; enfin une série de planches en cuivre pour reproductions.
- Passons maintenant aux exposants : la maison Bardou-Job, dont les papiers à cigarettes sont connus du monde entier depuis un demi-siècle, et dans la fabrication desquels il a introduit des matières brutes telles que : les toiles à voiles, les cordages de navires et les filets de pêche qui n’avaient encore été employées que pour la fabrica-cation des papiers ordinaires. Ces produits supérieurement fabriqués méritent la vogue et les éloges qui leur ont été prodigués depuis longtemps à juste titre, et nous ne pouvons qu’approuver la décision du jury qui a décerné à cette maison un diplôme d’honneur.
- Deux imprimeurs viennent ensuite ayant obtenu chacun pour leurs produits un diplôme d’honneur. M. Giraudon expose des spécimens de travaux héraldiques qui sont de véritables miniatures et sa circulaire, style et impression moyen âge sur parchemin, est un travail tout à fait exceptionnel. Les têtes de lettres châtelaines, les factures et cartes d’adresses avec vignettes, vues de fabriques, médailles, etc., sont d’une très grande fermeté d’exé-1 cution. C’est, du reste, à cet artiste que l’administration a confié la confection du diplôme de l’Exposition, que tout le monde admirera comme un véritable chef-d’œuvre, ainsi que la médaille destinée aux lauréats.
- Quant à M. Garandé, s’il est un nouveau venu,
- (1) Le jury était composé de MM. Acker. Choquet, présidents, Henry Mavf Ramé, vice-présidents; Vacquerel, nommés par l'administration. MM. Bognard. Degeorges, secrétaire, Engel, Lemoine et Victor Rose, nommés par les exposants.
- Dimanche 12 Décembre 1886. — 427.
- il soutient la vieille réputation de la maison Gasté.
- Nous ne pouvons.citeiy tous les spécimens présentés, mais il convient de dire que cette maison excelle surtout dans les tirages de demi-teinte et pour les fonds teintés,de même que pour les reports de médailles. Un mandat à trois teintes, avec une serrure dans le fond teinté, est d’une très bonne exécution, de même que lettres de change et adresses, etc., etc.
- Il a été ensuite décerné huit médailles d’or, douze de vermeil, vingt d’argent, vingt-cinq de bronze et des mentions honorables.
- Parmi les médailles d’or, nous remarquons plus particulièrement les crayons Cacheux, fabrication française arrivée à un très haut degré de supériorité qui obligera bientôt (nous l’espérons du moins) les produits similaires étrangers à chercher un autre débouché que notre pays. Citons aussi les nouvelles encres Dayron et le papier spécialement préparé pour imprimer soi-même à un certain nombre d’exemplaires, les circulaires, prospectus, etc. ; l’encre à marquer le linge adoptée par la direction des services administratifs, bureau de l’habillement et du campement : il y a là de très sérieux progrès réalisés. Puis les plumes Hum-boldt qui, depuis longtemps, ont pris droit de cité en France, du reste la maison Gaffré et Joudriera mis en vente une plume scolaire qui, à bas prix, réunit toutes les qualités désirables, ce qui les a fait adopter par la ville de Paris. Viennent aussi M. Lacroix, papier à cigarettes ; Michelet, réductions typographiques ; la librairie Roret que tous les métiers connaissent, etc., etc.
- Parmi les médailles de vermeil, on remarque la librairie Challamel qui a la spécialité des ouvrages traitant des colonies, cartes et plans, etc. Fossey,. le cartonnier qui a transformé son établissement en une véritable usine, son exposition est à l’état permanent dans toutes les exhibitions du palais de l’industrie ; c’est bien, cela est vrai, mais n’aurait-il pas pu nous montrer son savoir faire dans les articles courants. Quant à l’encre de la Petite-Vertu, le président de l’exposition l’a employée en même temps que les membres du jury et l’a trouvée très bonne. Il convient aussi de citer MM. Orengo et Vibert pour leurs cartonnages. — Passons ensuite aux médailles d’argent ; Delagarde, l’inventeur du classe-feuilles, présente des produits perfectionnés, ce système employé à la bibliothèque Nationale, n’a plus besoin d’éloges, son utilité pratique lui en tient lieu. Albasini, Allard et Cie, papier d’amiante ; il est très fâcheux que ces exposants ne se soient pas donné la peine de venir présenter leurs produits au jury, qui eut été certainement très heureux d’apprécier et de récompenser ces exposants suivant leur mérite. Rivage présente des papiers filigranés qui sont d’une très bonne exécution. Puis ce sont les boîtes à fiches et les classeurs Borgeaud. Les encriers inversables de M. Guérin dont le système ne permet pas à la moindre goutte d’encre de s’échapper. Il faut citer aussi les reliures de M. Ruban, la plupart des specimens exposés sont d’une très bonne et très belle exécution. Puis ce sont des graveurs qui viennent ensuite : MM. Brunei et Klein et M. Sanglier qui perfectionne d’une façon surprenante la confection des timbres en caoutchouc. Citons aussi les vitraux imprimés de M. Verneau et passons aux médailles de bronze : là nous sommes-bien forcé de restreindre nos citations, cependant le classeur Shannon mérite une note spéciale, il y a là un grand progrès, mais le prix n’est pas jusqu’à présent accessible à tous. Les étiquettes Couvreux, en celluloïde, ont un très grand avantage sur tout ce qui a été fait jusqu’ici ; avec une encre spéciale, les titres écrits ne s’effacent pas, même dans l’eau, ce nouveau système est d’une solidité et d’une durée illimitée: voilà du progrès. Enfin, un seul papetier a eu le courage d’exposer des registres, il a bien fait et on aurait dû l’encourager par une médaille d’argent, malheureusement le gros registre laissait un peu à désirer, nous espérons le retrouver plus tard et nous sommes certains que l’on ne manquera pas de le dédommager de sa bonne volonté. Parmi les mentions honorables , nous sommes étonnés de trouver M. Bonnot qui, lui aussi, fabrique des registres,, mais spécialement destinés à sa méthode de comptabilité, une médaille de bronze n’eût certes pas été de trop, mais il paraît que dans d’autres classes il a été mieux récompensé ; c’est un heureux dédommagement. Quant aux collaborateurs, il a été décerné trois médailles de vermeil: MM. Huot, maison Giraudon, Walter, maison Garandé, Lavaifl maison Bardou-Job et deux médailles d’argent à MM. Boursin et Huet.
- A. Ramé.
- LES LIVRES
- LXXXVII
- Les Maîtres italiens en Italie, par Jules Levallois. —le Vieux Paris, fêtes, jeux et spectacles, par Victor Fournel. Deux vol. grand m-8. illustrés. Alfred Maine et fils, éditeurs, à Tours. — Les Environs de Paris, par Louis Barron. 5oo des-sins d apres nature, par G .Fraipont. — Maison Quantin, 1887.
- Voici venir le moment où s’éparpillent sur les-tables, de la chaumière au palais, de la cuisine au
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- 428. - Deuxième Année. — N° 102 LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889
- salon, les almanachs rustiques ou élégants de la maison Plon. Voici venir le moment où s’étalent aux vitrines des libraires, pour aller s’ouvrir sur les tables de la famille, les grands volumes où l’agrément et l’utilité du texte le disputent aux attraits de l’impression de luxe, de l’illustration de haut goût, et parfois s’effacent devant^eux, la boite se montrant, à l’user, supérieure à l’onguent et le contenant préférable au contenu. Ce n’est pas le cas des deux publications nouvelles de la grande maison Marne où l’intérêt du livre l’emporte encore sur les luxes de l'illustration, et où ces ornements n’ont rien de superflu ni de frivole, étant étroitement liés à l’ouvrage dont ils sont le commentaire pittoresque et nécessaire. Comment se figurer un livre sur les Maîtres italiens en Italie, sans reproduction des chefs-d’œuvre, analysés dans l’ouvrage, sans portraits des artistes, sans vues des monuments et des paysages typiques ?
- Cette illustration doit être non seulement bien exécutée, mais encore et surtout bien choisie. A ce double point de vue l’ouvrage que nous apprécions mérite des éloges, et répond très bien à sa destination.
- Cette destination était, on le comprend, beaucoup moins de fournir au lecteur des informations méthodiques et détaillées sur les vicissitudes de l’art en Italie, sur la grandeur et la décadence des écoles, sur les maîtres chefs de ces écoles, que des vues d’ensemble, des aperçus généraux, une sorte de philosophie de l’art en Italie, glissant sur les faits secondaires, appuyant sur les faits caractéristiques.
- M. Jules Levallois s’est préparé à cette tâche difficile, en raison delà variété et de la complexité du sujet, par une abondante lecture des ouvrages spéciaux, dont son introduction renferme une excellente critique. Il a fait plus et mieux. Il a complété cette, connaissance de son sujet par plusieurs voyages en Italie, dont le but et le résultat a été de donner à son étude cette originalité, cette sûreté, cette autorité de l’expérience personnelle, du témoignage oculaire, de la vue sur place dans leur milieu, sous leur ciel natal, sous leur lumière familière, des chefs-d’œuvre qu’il décrit.
- Etait-il possible de dire beaucoup de choses nouvelles sur l’art et les maîtres _ italiens, après tant de critiques, de biographes, d’historiens, après Stendhal, Charles Blanc, Taine, Lafenestre, Du-mesnil, Rio, etc...? M. Jules Levallois ne pouvait que glaner dans un champ si largement moissonné. Mais si l'exiguité de notre cadre ne nous l’interdisait, nous pourrions citer plus d’un aperçu personnel, plus d’une vue ingénieuse, plus d’une page de style. Nous devons, à regret, nous borner à dire que c’est là un livre intéressant, savoureux, curieux où celui qui ignore trouve beaucoup à apprendre, où celui qui sait se plaît aussi à. se souvenir, et à retrouver ses impressions traduites avec bonheur dans une langue expresssive, colorée, et d’une élégance toujours correcte.
- Avec M. Victor Fournel, nous passons à un sujet tout different, mais encore plus sympathique que celui des Maîtres Italiens. M. Victor Fournel est demeuré en France pour notre plaisir et notre pro fit. C’est de la vieille France qu’il nous entretient. C’est du vieux Paris qu’il nous fait faire, le voyage dans le passé. Le Parisien a toujours aimé la vie extérieure. C’est un promeneur, un flâneur, un badaud par excellence, mais un badaud qui n’est point bête,qui a l’observation juste,l’œil narquois, le propos malin, la saillie portant coup. Nul ne pouvait mieux traduire ces impressions du . Parisien qu’un homme qui est aussi un Parisien de séjour, d’expérience, de goût, sinon d’origine, érudit consommé, mais sans prétention, recherchant et trouvant sans peine les bonnes fortunes de l’observation, assaisonnant de malice les leçons de son expérience, guide plein de flair, allant de suite aux bons endroits, et compagnon de belle humeur. Son livre est consacré au Paris de la rue, de la place publique, de la foire,de la promenade, des boulevards, au Paris des spectacles en plein vent ou des théâtres excentriques, au Paris populaire et bourgeois, au Paris animé par la joie des réjouissances publiques, au nez empourpré, par les libations des grandes liesses, au Paris curieux, goguenard, dilettante sans fausse délicatesse, railleur sans fausse pudibonderie, au Paris qui s’amuse de tout, rit de tout de peur d’en pleurer et pardonne à tout, excepté à ce qui l’ennuie.
- Pour donner une idée du livre deM. Fournel*, de sa variété, de son mouvement, de sa verve, du sourire discret ou du rire éclatant qu’éveillent tour à tour ses pages toujours ensoleillées. d’une lumière de fêtes, d’une lumière endimanchée, il faut en parcourir la table des matières. Nous voyons défiler tour à tour, assis dans notre fauteuil, avec l’illusion de la chose vue, de la vie vécue, les représentations des Mystères, durant cette curieuse phase d’alliance de l’église et.du théâtre ; les fêtes et jeux publics de l’Université et de la basoche ; les foires de Paris, foires du Landit de Bezons, Saint-Ovide, Saint-Lcturent, Saint-Germain. Puis c’est le panorama des boulevards, le boulevard du Temple, avec ses théâtres du crime et du rire, la promenade de Longchamps depuis l’origine jusqu’à nos jours de cette fête de la mode, et parfois du scandale. Après cette revue passée
- des théâtres divers où s’est ébaudie la curiosité, où s’est esclaffée la médisance parisienne, de Charles VI à Louis XVI, voici les acteurs de ces théâtres divers : opérateurs, charlatans, empiriques, arracheurs de dents., escamoteurs, prestidigitateurs , ventriloques, jongleurs, tireurs de cartes, devins, marionnettes, pantins, figures mécaniques, ombres chinoises, figures de cire, acrobates et sauteurs, nains et géants, animaux savants, chevaux de cirque, courses équestres et pédestres, combat d’animaux, ménageries et dompteurs, enfin aérostats et hommes volants.
- Sous toutes ces rubriques, dans tous ces chapitres, les grands et les petits enfants trouveront avec la gravure en regard, tout ce qu’on peut rassembler de renseignements curieux , topiques , malins, salés, quand on est comme M. V. Fournel un érudit non de seconde main, mais habitué des sources, fouilleur et fureteur de documents originaux, doublé d’un philosophe, d’un écrivain de tempérament et de belle humeur, qui prend et donne un plaisir extrême à ces détails sur tout ce dont s’est occupé la bêtise, ce dont s’est amusé la malice humaine pendant les quatre derniers siècles. On ne peut rien imaginer de plus divertissant que ces méthodes de la probité critique, ces procédés de la gravité historique, appliqués à la biographie d’un héros du Paris grotesque, un grand Thomas ou un Ramponneau. Il y a plus d’un litre de bon sang, comme dit familièrement un critique en vogue, à se faire à la lecture de ces pages, à la revue de ces images, qui provoquent à ce rire fait pour attester et entretenir la santé de l’esprit.
- Nous n’avons plus affaire à Paris, mais aux environs de Paris, à la triple ceinture de logis historiques et de paysages célèbres qui entoure la capitale de ses tours, de ses pignons, de ses eaux et de ses verdures, avec la publication par laquelle la maison Quentin continue la grande collection du Monde pittoresque et monumental, inaugurée l’an dernier par Y Angleterre, Ylrlande et l’Ecosse, de M. P. Villars, dont nous avons signalé à cette époque, les mérites et les attraits particuliers.
- L’intelligent et hardi éditeur a repris, mais en l’élargissant et en le variant singulièrement, le plan de l’Univers pittoresque de la maison Didot. Mais ici c’est le moule romantique ou plutôt le moule naturaliste substitué au moule classique. Les écrivains touristes, interprètes et exécuteurs de la pensée novatrice qui ranime et rajeunit une idée toujours sûre du succès, car le public des voyageurs par les yeux, par l’imagination, est le plus nombreux de tous, ont recherché de préférence aux architectures solennelles et aux points de vue consacrés, les motifs neufs, les bonnes fortunes pittoresques d’un goût plus vif et plus raffiné que celles qui suffisaient aux Taylor et aux Nodier dont le voyage en France est demeuré un des tvpes de ce genre aujourd’hui suranné, avec la Normandie de Jules Janin et l’Italie de Paul de Musset. Les dessins de M. G. Fraipont sont tous pris d’après nature, sur le vif, au gré d’une fantaisie ingénieuse et spirituelle. Le texte de M. Louis Barron est le digne commentaire de l'illustration. Tous deux sont des écrivains, des artistes delà jeune école, ayant horreur du poncif, ils font gai, vivant, brillant. Il était difficile après tant d’autres de Moufle d’Argenville à Dulaure, de Dulaure à Delort, de Delort à Joanne de faire dans des termes bien neufs, le voyage suburbain. M. Louis Barron a trouvé le moyen d’être amusant et piquant et. de varier avec agrément un thème usé. Il a choisi dans les données de l’érudition celles seulement qui avaient gardé quelque saveur et quelque parfum. Il a procédé pour son itinéraire par un système qui est bien à lui, promenant son lecteur du bois de Boulogne à la vallée de l’Oise, en trente chapitres ou stations de circum observation qui sonttrès judicieusement etingénieusement placées. Enfin et surtout il n’a négligé aucune des traces, aucun des vestiges de la lutte de 1870-1871 entre l’invasion étrangère et la défense nationale. Il nous a arrêté partout où au pieux et patriotique souvenir fait battre le cœur et mouille les yeux. Les environs de Paris sont aujourd’hui pleins d’ossements glorieux. A chaque pas dans la banlieue, le passant ému s’arrête devant une épitaphe et croit lire la fameuse inscription:
- Sta, viator, heroem calcas.
- Arrête, passant, tu foules aux pieds un héros.
- M. de Lescure.
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- Anzin. Au moment précis où les questions minières, se greffant sur les questions.socialistes sont à l’ordre du jour, on lira avec intérêt dans la 56e livraison de la Grande Encyclopédie un travail très important de M. Francis Laur sur la Compagnie des Mines d’Anzin. Cet article, renferme les détails les plus complets sur l’historique de la Compagnie, la richesse des filons, les salaires et la production des ouvriers, les Sociétés de secours des mineurs, le régime administratif, etc. Une belle carte et plusieurs tableaux statistiques complètent le texte. Prix de la livraison, 1 fr.
- Prix du volume broché, 2 5 fr. — Reliure 5 fr. H. Lamirault et Cle, 61, rue de Rennes, à Paris.
- Dimanche 12 Décembre 1886.
- AVIS COMMERCIAUX
- ITALIE
- FONDATION ü’UN MUSÉE COMMERCIAL A MILAN
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient d’adresser la lettre suivante aux présidents des chambres de commerce :
- Monsieur le président, je viens d’être informé par M. le président du Conseil, ministre des affaires étrangères, de la fondation d’un musée commercial à Milan sous les auspices de la chambre de commerce de cette ville.
- L’administration du nouvel établissement a exprimé le désir que les producteurs français, qui le jugeraient utile aux intérêts de leur industrie, voulussent bien lui adresser des échantillons de matières premières ou fabriquées, susceptibles d’être écoulées en Italie, ainsi que des catalogues de machines dont la communication pourrait être appréciée.
- Il convient d’ajouter que le musée commercial de Milan ne se trouvant pas actuellement en mesure de pourvoir aux dépenses nécessaires, les expéditeurs auraient à supporter les frais de trans-poT'% de douane, etc., incombant à leurs envois.
- J’ai l’honneur de porter ces informations à votre connaissance et je vous serai obligé de les signaler aux industriels de votre circonscription.
- Recevez, monsieur le président, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le ministre du commerce et de l’industrie, Edouard Lockroy.
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- LES THÉÂTRES
- On a dit et répété bien souvent que ce genre si essentiellement français de l’Opéra-Comique à qui notre seconde scène lyrique a dû plus d’un retentissant succès était mort et bien mort. Certes ce n’est pas la représentation de Egmont de M. Sal-vayre qui pourra modifier cette opinion.
- Aujourd’hui le théâtre dont le titre Opéra-Comique constitue à lui seul un anachronisme, abandonnant un genre tombé en désuétude parmi les compositeurs de la nouvelle école, se consacre au drame lyrique et nous donne avec Egmont un genre de pièce dont la place semble plutôt être à l’Opéra que sur la scène où retentirent jadis les mélodies du Caïd, du Chalet et de la Dame Blanche.
- Ceci a tué cela, mais, hélas ! ne l’a pas remplacé. Egmont, destiné dans le principe au théâtre de l’Opéra, a eu des fortunes diverses. Accepté par M. Vaucorbeil, transformé sous la direction Ritt et Gailhard, la pièce de MM. Wolff et Millaud dut subir un troisième remaniement pour s’adapter au cadre de l’Opéra-Comique après que la réception de Patrie lui eût fermé les portes de l’Opéra.
- Il résulte de ces transformations et de ces modifications successives dans le livret une sorte d’hésitation qui n’était pas de nature à servir le compositeur.La préoccupation évidente chez les librettistes de ne pas ressembler à Patrie a fait disparaître d’ Egmont les situations dramatiques qui eussent inspiré le mieux M. Salvayre, aussi le succès à'Egmont n’a-t-il pas franchi les bornes d’un de ses succès d'estime que l’on fait à une œuvre consciencieuse dont les auteurs ont déjà fait leurs preuves... ailleurs.
- La partition de M. Salvayre abonde cependant en jolies pages, telles qu’une pavane redemandée d’acclamation, mais elles sont noyées parmi tant d’autres..., disons le mot, ennuyeuses, que le plaisir qu’on a d’entendre celles-là est trop payé par l’audition soutenue de celles-ci.
- L’interprétation d'Egmont est de premier ordre et MM. Talazac, Taskin, Soulacroix, Foumets, Mlles Isaac et Deschamps ont vaillamment défendu la partition de l’auteur du Bravo : ce n’est pas leur faute si elle n’en a pas obtenu davantage.
- Délaissé par son théâtre de destination, l’Opéra-Comique, ou du moins ce qui en tient lieu maintenant, est forcé d’émigrer ailleurs. Les Nouveautés lui ont offert quelquefois l’hospitalité et ne s’en sontpr.s trouvé mal. La dernière nouveauté représentée chez M. Brasseur a pour titre la Princesse Colombine.
- C’est un agréable badinage imité d’un opéra-comique anglais de M. Farnie par MM. Ordonneau et Emile André. Livret gai et suffisamment clair dont l’analyse m’entraînerait trop loin. La musique de M. Planquette abonde en ariettes d’un tour facile et qui se gravent rapidement dans la mémoire. C’est d’un bon augure.
- La pièce est montée avec le goût que M. Brasseur sait apporter dans les moindres détails de la mise en scène et la troupe des Nouveautés, sous le haut commandement du désopilant Berthelier , nous montre un bon ensemble de jolies femmes et d’artistes appréciés.
- Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
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- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : i8, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE Dimanche 19 Décembre 1886. NUMÉRO io3.
- SOMMAIRE :
- 1. Commission de contrôle et de finances de l'Exposition de 1889 ; 2. La sous-commission des finances ; 3. Comité technique des machines ; 4. Les voies ferrées au Champ-de-Mars ; 5. Adjudication de l’affichage sur les palissades au Champ-de-Mars ; 6. Exposition universelle de 1889 : Terrassements et maçonneries pour fondations ; 7. Echos ; 8. Exposition du Elavre en 1887 ; q. La repiLe des affaires; 10. Variétés ; 11. Histoire anecdotique de la Presse en France ; 12. Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques; 12. Les Livres; i3. Avis commerciaux ; 14. Les Théâtres.
- Nos lecteurs trouveront, dans le présent numéro, une autographie : le projet de tour de 3oo mètres, définitivement adopté par la commission des travaux.
- Nous reviendrons, la semaine prochaine, sur l’œuvre de M. Eiffel.
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- COMMISSION DE CONTROLE
- ET DE FINANCES
- DE L’EXPOSITION DE 1889
- La commission de contrôle et de finances de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie sous la présidence de M. Lockroy, ministre du commerce et de l’industrie.
- La séance a été tout entière consacrée à l’examen de la concession des catalogues au sujet de laquelle un important débat s’est engagé.
- En principe, l’adjudication à forfait déjà adoptée par les sous-commissions des finances et de l’exploitation a été adoptée également par la commission des q3. Toutefois, sur la proposition de quelques membres qui avaient exprimé le désir de voir joindre à l’adjudication des catalogues l’adjudication de la concession de la publicité intérieure de l’Exposition, la commission des finances a remis à sa prochaine séance pour statuer et sur la question de jonction des deux adjudications et sur le principe même de la concession des catalogues.
- LA SOUS-COMMISSION DES FINANCES
- La sous-commission des finances de l’Exposition universelle de 1889 s’est réunie jeudi dernier au ministère du commerce et de l’industrie, sous la présidence de M. Albert Chris-tophle, gouverneur du Crédit foncier. Elle a étudié dans ses détails le projet de mise en adjudication du catalogue général de l’Exposition, déjà examiné par la sous-commission de l’exploitation.
- il a été décidé que ce projet serait définitivement soumis à l’assemblée plénière de la commission consultative de contrôle et de finances, le vendredi 17 décembre.
- COMITÉ TECHNIQUE
- DES MACHINES
- La commission technique des machines s’est réunie jeudi dernier, sous la présidence de M. Philipps, membre de l’Institut, pour entendre l’exposé préliminaire du chef du service mécanique et électrique, sur les conditions générales d’installation de la force motrice prévue pour l’Exposition universelle de 1889.
- Il a été donné connaissance des sondages effectués dans le Champ-de-Mars sur remplacement que doit occuper la galerie des machines.
- Il résulte de ces sondages que les fondations des machines motrices ne présenteront des difficultés sérieuses que dans une portion, relativement restreinte, de cet emplacement et que les fondations des grandes fermes de 110 mètres de portée qui doivent recouvrir cette galerie n’apporteront aucune entrave dans les installations mécaniques.
- La commission a été d’avis qu’il y aura lieu, après entente avec la commission d’électricité, de faire appel au patriotisme et au désintéressement des constructeurs mécaniciens français. ! Cet appel serait fait en vue de réduire le plus possible les frais d’installation de la force motrice nécessaire pour actionner les machines dont la mise en mouvement sera demandée par les exposants et de celle qu’exigera l’éclairage électrique si cet éclairage est décidé.
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- LES VOIES FERRÉES
- AU CHAMP-DE-MARS
- Nous avons annoncé, dès l’arrivée deM. Lockroy au ministère du commerce et de l’industrie, que le ministre se préoccuperait tout d’abord des voies ferrées à établir au Champ-de-Mars.
- Nous pouvons dire aujourd’hui qu’un plan de ces voies vient d’être arrêté à la suite de plusieurs conférences entre MM. Alphand, Georges Berger et Marin, directeur de la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest.
- La longueur totale des voies ferrées de service I sera de 7,000 mètres.
- Le réseau a été ménagé de façon à pouvoir desservir l’emplacement de toutes les constructions et à être utilisé pour l’installation des exposants.
- Il comprend une voie d’arrivée qui se trouve auprès de l’Ecole militaire ; parallèlement à cette voie, sera une voie de départ, et enfin il y aura une troisième voie, dite voie de manœuvre, pour permettre aux machines arrivant de retourner et prendre les wagons vides amenés sur la voie de départ.
- A ces voies d’arrivée et de départ se rattachent, par des plaques tournantes, les voies secondaires qui devront desservir tout le Champ-de-Mars.
- Leur disposition comme leur emplacement ont été combinés de telle façon qu’un wagon venant d’être déchargé, puisse être amené sur la voie de départ et rejoindre aussitôt la gare du Champ-de-Mars qui se trouve à l’autre extrémité du Champ-de-Mars près du quai.
- En se rendant compte de la quantité totale de matériaux à transporter à pied d’œuvre, on est arrivé à déterminer un développement minimum
- de voies tout en assurant la rapidité de ces manutentions.
- La plus grande économie est toujours soigneusement recherchée dans l’étude de ces projets, et nous croyons que dans le projet d’établissement de ces voies, on ne pouvait réaliser plus complètement la facilité et la rapidité des transports dans des conditions plus favorables.
- Les terrassements des voies ferrées vont commencer et le règlement de la plate-forme est en cours d’exécution.
- La partie de cette voie, qui traversera les parcs et jardins, s’étendant actuellement du quai au Champ-de-Mars, sera enlevée pendant la durée de l’Exposition; l’autre partie sera conservée, mais sera recouverte de façon à être utilisée à la fin de l’Exposition pour l’enlèvement des matériaux provenant de la démolition.
- La partie qui s’exécute aujourd’hui comprend la courbe de raccordement avec la gare du Champ-de-Mars, elle traverse le square où l’on fait les sondages pour la tour Eiffel avec un déblai de 2 mètres, en moyenne, et il arrive à zéroà g5 mètres de la terrasse qui sépare le square du Champ-de-Mars.
- Le reste des terrassements pour l’établissement de la plate-forme des voies est compris dans le projet général du mouvement des terres.
- Ces travaux ont nécessité l’enlèvement, sur le parcours de la voie ferrée, des arbres, des arbustes et de la terre végétale du square.
- Cette terre végétale est mise en dépôt dans un terrain en bordure du Champ-de-Mars pour être utilisée pour les futurs jardins.
- Avant de commencer les terrassements, il a fallu déplacer des conduites d’eau et de gaz, de façon à assurer l’éclairage et l’alimentation des appareils hydrauliques, mais on a respecté toutes les conduites d’eau qui pouvaient être nécessaires pour le jeu des bassins et des cascades qui se trouvent dans les jardins du Trocadéro.
- Ces travaux de terrassements sont exécutés en ce moment sous la direction de M. Lion, chargé des jardins et des plantations, dont on connaît la compétence et l’habileté.
- Ajoutons que, par suite de ces travaux, les superbes collections de rhododendrons qui ornent le parc, au pied de la terrasse, sur une longueur de près de quatre cents mètres, vont être enlevées et transportées au parc des Princes, dans l’établissement de la Ville. C’est M. Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris, qui est chargé de la direction des travaux de jardinage au Champ-de-Mars.
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- ADJUDICATION DE L’AFFICHAGE
- SUR LES
- PALISSADES DU CHAMP-DE-MARS
- Le lundi, 13 décembre, à une heure de l’après-midi, devait avoir lieu, en conseil de préfecture l’adjudication, en trois lots, du droit d’affichage sur les palissades clôturant le Champ-de-Mars, depuis le ier janvier 1887 jusqu’au ier janvier 1889.
- Le chiffre du cautionnement était fixé pour les divers lots comme suit : 1e1'lot, 2,5oo fr. ; 2e lot 2,600 fr. ; 3e lot, i,5oo fr.
- Le minimum de la redevance fixée par l’administration, était de : 26,000 fr. pour le icr lot ; 20,000 fr. pour le 20 lot et 10,000 fr. pour le 3e lot.
- Par suite de l’absence de soumissionnaires, l’adjudication a été ajournée.
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- 43o. — Deuxième Année. — N° io3.
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1889
- DIRECTION GÉNÉRALE DES TRAVAUX
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- Galeries des expositions diverses
- TERRASSEMENTS & MAÇONNERIES pour FONDATIONS
- ADJUDICATION EN UN LOT
- CHAPITRE PREMIER Clauses et conditions particulières
- Article premier. — Objet de l’adjudication. — Les travaux à adjuger comprennent les fouilles, déblais et remblais, bétons et maçonneries diverses formant fondation, sous-sol et arases des galeries des expositions diverses et de leurs annexes jusqu’au sol du rez-de-chaussée, pour tous les murs et arcs et jusque sous les patins en fer des piliers isolés, ainsi qu’ils sont figurés aux deux feuilles de dessins n0s n et 12 ci-annexés et décrits aux présents.
- Art. 2. — Cautionnements. — Chaque postulant'à l’adjudication, devra justifier, en déposant sa soumission, du versement préalable à la caisse des dépôts et consignations d’un cautionnement de vingt mille francs.
- Par dérogation à l’article 2 du cahier des clauses et conditions générales, les sociétés ouvrières ne sont pas, dans ce cas particulier, dispensées dudit versement.
- Ce cautionnement provisoire servira à l’adjudicataire de cautionnement définitif, pour la garantie de l’exécution de son marché.
- Les autres cautionnements seront restitués aux ayants-droit, aussitôt après l’adjudication.
- Si l’adjudicataire fait son cautionnement en argent, il en touchera l’intérêt à 3 %, à compter du 61e jour du versement, s’il est fait en rentes, il en touchera les arrérages.
- Art. 3. — Délais d’exécution. — Les travaux commenceront aussitôt que l’ordre de service aura été donné par l’architecte, et ils seront continués sans interruption jusqu’à leur achèvement. Ils devront être complètement achevés le i01' avril 1887, époque à laquelle doit s’opérer la mise au levage des constructions métalliques.
- Ils seront conduits de telle sorte que _ l’importance du travail fait chaque mois, représente le tiers de la quantité totale adjugée.
- Pour l’application de cet article , l’architecte aura le droit d’imposer à la fin du premier mois, l’importance du travail à faire le mois suivant ainsi que le nombre d’ateliers à ouvrir.
- Art. 4. — Ordre d'exécution. — Les travaux seront commencés et continués sur les points et suivant l’ordre qui sera établi par l’architecte, de façon à faciliter l’approche, la manutention et la po*se des fers, ainsi que l’exécution des ouvrages, des entreprises diverses , qui se poursuivront simultanément avec celle des maçonneries.
- L’entrepreneur ne pourra exiger de ce chef aucune plus-value et n’aura droit à aucune indemnité, lors même que l’application des ordres donnés lui occasionneront des mains-d'œuvre et frais supplémentaires.
- L’adjudicataire sera tenu d’avoir toujours sur le chantier les quantités de matériaux ou approvisionnements et le nombre d’ouvriers prescrits par l’architecte.
- Il ne pourra détourner pour un autre _ service aucun ouvrier, ni aucune partie de matériaux approvisionnés.
- Art. 5. — Pénalités pour retards. — En cas de retard, sur l’un quelconque des délais fixés à l’article 3 ci-devant, et en cas de non exécution des clauses d’exécution établies à l’article 4 et quelle que puisse en être la cause, serait-ce même une saison pluvieuse ou rigoureuse , l’entrepreneur subira une retenue de un pourcent sur le montant total de son entreprise, par chaque semaine de retard. Ce chiffre, que l’entrepreneur déclare expressément accepter _, est établi et fixé comme compensation de préjudice causé à 1 administration.
- Ces retenues sont acquises à l’administration par le seul fait des retards et sans qu’il sok besoin de mise en demeure ou autre formalité préalable.
- Dans le cas où l’entrepreneur serait entravé dans l’exécution de ses travaux par quelque circonstance de force majeure, il devrait le taire constater par le Directeur général des travaux,. seul juge de la valeur de la réclamation et les délais seraient prolongés, s’il y a lieu, en raison du temps perdu ; mais il ne serait dû à l’entrepreneur aucune indemnité pour ce fait.
- Art. 6. — Invariabilité des prix de série. — Les prix portés à la série qui suit comprennent les travaux absolument complets et parfaits.
- Il est expressément entendu que ces prix ne pourront subir de changement, même pour cause
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1S89.
- Dimanche :q Décembre 1SS6.
- d’erreur ou d’omission et qu’aucune plus-value d’aucune sorte ne sera admise pour quelque motif que ce soit.
- Art. 7. — Accessoires des travaux de maçonneries — Les prix d.e maçonneries diverses comprennent toutes fournitures et mains-d’œuvre , transports, bardage, descente ou montage au treuil, à la hotte, au seau, à la brouette, au tombereau ou vagonnets, tous règlements de longueur et de largeur, toute plus-value de faible ou forte épaisseur, de grande ou petite portée, de parties circulaires ou courbes, de piliers isolés, tous travaux accessoires, tels que : échafaudages, engins de toute sorte, frais de cintres, en terre, en charpente ou autres, gabarits, étaiements de toute nature, difficultés d’exécution, d’approche ou d’accès de chantiers, épuisement, écoulement des eaux pluviales, mesures préservatrices d’ouvrages , déchets de matériaux, enlèvement des décombres, épures , calibres, gabarits, modèles, frais et faux frais divers.
- Art. 8. — Accessoires des travaux de terrassements. — Les prix portés pour fouilles, déblais et remblais sont des prix moyens applicables quelle que soit la profondeur de la fouille ou la nature du sol : glaise, marne, sable ou autres.
- Ces prix comprennent également tous montages, comme ci-devant, jets sur berges ou banquettes, relais, chargements, roulages, transports, éten-dage, regalage et damage s’il y a lieu, sur les points désignés par l’architecte dans le périmètre de l’exposition comprise entre la galerie Rapp et la galerie des machines.
- L’entrepreneur n’aura aucune observation à présenter quel que soit le point où l’architecte lui fera transporter, dans l’étendue ci-dessus indiquée, les déblais en remblais et il ne sera pas admis à en déduire une distance moyenne comme à une réclamation.
- Les prix de série comprenant en outre les e'tré-'sillons, coucbis, blindages, cercles, étais et autres précautions à prendre pour le maintien des terres, ainsi que tous le's frais d’épuisements, désinfection, etc., sont à la charge exclusive de l’entrepreneur, comme faisant partie des prix de base établie.
- En conséquence, l’entrepreneur supportera à ses frais les excédents de bétons nécessaires pour combler les vides, résultant des éboulements qui pourraient se produire, ainsi que les parties de blindages, étais, couchis.ou cintres qu’il faudrait abandonner dans les fouilles.
- L’administration se réserve le droit d’imposer à l’entrepreneur, sans aucune plus-value, le triage et la mise à part de la couche de sable qui recouvre actuellement le Champ-de-Mars, dans la limite de la partie fouillée, ainsi que son transport en un point déterminé, dans l’étendue du lot.
- Art. 9. — Conservation des ouvrages. — Pen dant le cours des travaux, l’entrepreneur _ devra prendre, à ses frais, les précautions nécessaires et ordonnées par l’architecte pour préserver de tout dommage les constructions existantes, ainsi que les plantations et les ouvrages de diverse nature qui s’exécuteront avant les siens ou concuremment avec eux.
- Art. 10. — Composition des mortiers, bétons et maçonneries. Exécution des chapes. — La_composition des mortiers, bétons et naaçonneries, sera exactement celle indiquée à la série.
- Les chapes ou enduits en ciments de Portland avec renformis pour base des piliers, seront exécutés avec un soin tout particulier, de façon à former une portée parfaitement plane et horizontale.
- L’entrepreneur n’emploiera pour ce travail que des ouvriers spéciaux et d’une habileté reconnue qui devront être agréés par l’architecte.
- La surface sur laquelle ces aires seront faites sera d’abord garnie de meulières concassées, de manière à former un lit régulier, sur lequel on appliquera le mortier de ciment suivant toutes les règles de l’art.
- L’enduit sera de om04 au minimum. Le mortier sera composé de 5oo kilog. de ciment par mètre cube de sable de rivière parfaitement pur.
- Art. 11. — Parements de maçonneries. —Les prix de maçonneries et meulières comprennent tous renformis, rocaillages et rejointoiements de façon des parements pleins, convenablement dres-sé s.
- Us comprennent également toutes plus-values d’angles saillants ou rentrants, arêtes, ébrasements, tableaux, arcs, linteaux, plates-bandes et façon de portes et soupiraux.
- Les vides des portes seuls seront déduits du cube des maçonneries, ceux des soupiraux resteront comptés* comme compensation des ébrasements.
- Art. 12. —Passage de conduits divers. — L entrepreneur sera tenu, sans indemnité ni plus-value sur les prix de maçonneries, de ménager dans les murs et piles, tous* les vides et trous qui lui seront indiqués pour passage d’égouts, conduits d amenée d’air et tuyaux d’arrivée ou d’écoulement d’eau.
- 11 devra, en outre, moyennant les prix portes pour maçonnerie, faire les ^scellements des ancres, tirans, harpons, chaînes, "filets et solives nécessaires aux diverses constructions.
- Art. i3. —• Série complémentaire. — Dans le cas d’exécution de travaux autres que ceux désignés à la série qui suit, les prix adoptés seront ceux de la série spéciale des travaux des eaux et égouts et de la voie publique de la ville de Paris, édition de 1886, et à défaut des prix établis par analogie.
- Tous ces prix supporteront les frais d’adjudication.
- Art. 14. — propositions de paiements. — Dans les propositions de paiements à établir, conformément aux conditions de l’article i5 du cahier des charges générales, on n’acceptera comme matériaux approvisionnés que ceux déposés sur les chantiers mêmes des travaux et acceptés provisoirement comme bons par l’architecte.
- Cette acceptation provisoire ne préjugera en rien leur admission définitive, et l’administration restera toujours libre de les faire remplacer par d’autres, si elle leur découvre des défauts à l’emploi.
- Art. i5. — Importance relative des pièces d'adjudication. Modifications possibles. — L’avant-métré et le détail estimatif qui suivent, ainsi que les deux dessins annexés aux présentes ne sont donnés qu’à titre de renseignements et l’entrepreneur ne pourra, en aucun cas, se prévaloir des dispositions ou des quantités qui y sont portées, pas plus pour l’exécution des ouvrages que pour l’établissement des mémoires et comptes de dépenses.
- L’administration se réserve le droit de modifier, dans la proportion qu’elle jugera convenable, ou pendant le cours des travaux, les dispositions, la nature, la qualité ou la quantité des terrassements et des diverses maçonneries indiquées, quelle que soit cette variation, les prix de la série seront seuls appliqués, sans autre indemnité.
- Art. 16.— Prise de possession des constructions. — Au fur et à mesure que certaines parties des constructions seront terminées, l’administration aura le droit de les mettre en état de réception provisoire et d’en prendre livraison ; mais le délai de la réception définitive ne partira que de l’époque d’achèvement complet de tous les travaux.
- Art. 17. Cahiers des charges générales et spéciales et affiche. — Indépendamment des conditions énoncées ici, l’adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions générales approuvées par Monsieur le ministre du commerce et de l’industrie le 25 août 1886, et imposées à tous les entrepreneurs de l’Exposition, ainsi qu’aux clauses et conditions du cahier des charges spéciales aux travaux de maçonnerie et terrassement en date de ce jour et aux* conditions de l’affiche d’adjudication.
- CHAPITRE II avant-métré
- Terrassements
- Côté de l’avenue Suffren. —Sous-sol
- Article premier. — Fouille en excavation 10,285 m.
- Art. 2. —• Puits au-dessous du sous-sol, 366 m. 138.
- Art. 3. — Fouille en rigole entre les puits, 691 m. 26.
- Galeries en bordures de l’avenue Suffren et sur Jardin Central
- Art. 4.— Fouille des puits, 353 m. 387.
- Art. 5. — Fouille en rigole entre les puits, 4.34 m. 29.
- Galeries intérieures de i5 mètres et de 3o mètres
- Art. 6. — Fouille des puits, 422 m. 3o3.
- Art. 7. — Fouille en rigole, entre les puits, 594 m. 240.
- Art. 8. — Puits isolés ovales, 1,231 m. 520.
- Art. 9. — Pour les arcs reliant la dernière rangée des puits sur le jardin d’isolement, 223 m. 200.
- Côté de l'avenue de la Bourdonnais. — Sous-soE
- Art. 10.— Fouille en excavation, i5,oi6m. 100.
- Art. 11. — Puits au-dessous de la fouille
- du sous-sol, 284 m. 774.
- Art. 12. — Fouille en rigole entre les puits, 691 m. 26.
- Galeries en bordure de l’avenue de la Bourdonnais et du Jardin central
- Art. i3. —Fouille des puits, 4U m. 469.
- Art. 14. — Fouille en rigole entre les puits, 907 m. 136 -
- Galeries intérieures de i5 mètres et de 3o mètres
- Art. i5. —Fouille des puits, 422 m. 403.
- Art. 16. — Fouille des rigoles en forme d’arcs, 668 m. 520. /
- Art. 17. — Puits isolés, 1,010 m. 884.
- Art. 18. — Pour les arcs reliant ia dernière rangée des puits, sur le jardin d’isolement, 248 m.
- Maçonneries
- Côté de l’avenue Suffren. — Sous-sol
- Art. 19. — En contre-bas du sol inférieur, le remplissage des puits en béton de cailloux.et mortier de chaux hydraulique de Beffes, ou de Ville-sous-la-Ferté ou chaux analogue, i32 m. 217.
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- Deuxième Année. — N° io3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.'
- Dimanche 19 Décembre 1SS6. — 431,
- Art. 20. — Arcs en meulière neuve et mortier de chaux hydraulique comme ci-dessus, 691 m. 26.
- Art. 21. — Au-dessus, murs du sous-sol en meulière et mortier, 1,974 m. 270.
- Galeries en bordure sur l'avenue Suffirai et sur le Jardin Central
- Art. 22. — Remplissage des puits en béton, 286 m.53o.
- Art. 23. — Arcs en meulière et mortier, 801 m. 53g.
- Galeries intérieures de i5 mètres et de 3o mètres
- Art. 24. — Remplissage des puits en béton, 181 m. 694.
- Art. 2 5. — Arcs en meulière neuve et mortier, 578 m.270.
- Art. 26.— Puits isolés.— Remplissage en béton, 1,293 m. 09G.
- Art. 27. — Arcs reliant la dernière rangée des puits au fond, 175 m. 3o5.
- Côté de l’avenue de la Bourdonnais. — Sous-sol
- Art.. 28. — En contre-bas du sol inférieur, le remplissage des puits en béton de cailloux et mortier, 81 m. 364.
- Art. 29. — Arcs en meulière neuve et mortier, 691 m. 26.
- Art. 3o. — Au-dessus, mur de sous-sol en meulière et mortier, 1,974 m. 270.
- Galeries en bordure sur l’avenue de la Bourdonnais et sur le Jardin Central
- Art. 3i. — Remplissage des puits en béton, 262 m. 65o.
- Art. 32. — Arcs en meulière et mortier, 807 m. 539.
- Galeries intérieures de 15 mètres et de 3o mètres
- Art. 33.— Remplissage des puits en béton, 181 m. 694.
- Art. 34. —Arcsen meulière et mortier 581 m.612.
- Art. 35. — Puits isolés.—Remplissage en béton, 1,231 m. 52.
- Art. 36. — Arcs reliant la dernière rangée de puits sur le jardin d’isolement, 175 m. 3o5.
- Art. 37. — Au-dessus des puits ou arcs en meulière, chape en ciment de Boulogne ou analogue de o m. 04 d’épaisseur sur arrase régulière pour portée des piliers métalliques, 1,410 m.
- Art. 38. — Plancher des sous-sols. — Hourdis en briques de Vaugirard de orai 1 d’épaisseur et ciment surcuit du bassin de Paris ou analogue avec parement de brique apparente dans le sous-sol et remplissage au-dessus, 7,6o5 m.
- CHAPITRE III Série des prix
- 1. — Fouilles de terres de toute nature en excavation au-dessus de deux mètres de largeur à toutes profondeurs, compris jets sur berges, jets sur banquettes, montages divers, chargements, transports à la brouette ou au tombereau dans le périmètre des constructions adjugées, étendage en remblai, régalage et pilonnage, compris aussi tous étaie-ments nécessaires, épuisements, désinfection s’il y a lieu, et tous travaux accessoires.
- Le mètre cube, un franc quatre-vingts centimes. 1 fr. 80
- 2. — Fouilles en rigoles à toutes profondeurs pour murs et pour arcs à n’importe quelle flèche. Compris toutes façons et plus-values de dressement des faces verticales et des fonds ; forme des arcs pour recevoir les maçonneries, damage et régularisation des dits au sable avec gabarits et nus en. plâtre, compris également montages, jets, relais, chargements, transports, remblais, régalage, pilonnage, épuisements, étais, étrésil-lons, couchis, comme ci-devant.
- Le mètre cube, deux francs quinze centimes. 2 fr. 1 5
- 3. —Fouilles à n’importe quelle profondeur de puits de un à deux mètres de diamètres circulaires ou oblongs, les terres montées au treuil et au seau, puis transportées, étendues et pilonnées comme ci-devant, compris également tous épuisements et désinfection, dressement du pourtour et du fond, étaie-ments, étrésillon, blindages, couchis et cercles.
- Le mètre cube, quatre francs, ci. 4 fr. »
- 4. — Béton en mortier de chaux hydraulique de Beffes, de Ville-sous-la-Ferté, ou chaux analogue au choix de l’architecte, avec sable de rivière et cailloux. Le mortier composé de deux parties de chaux en poudre et de cinq parties de sable.
- Le béton composé de deux parties de ce mortier et de trois parties de cailloux cassés et lavés, compris descente et pilonnage par couche de 0,20 centimètres, serrées contre les parties verticales.
- Le mètre cube, vingt francs, ci. 20 fr. »
- 5. — Maçonnerie en meulière neuve hourdée en mortier de chaux hydraulique de même qualité et de même composition qu’au n° 4 ci-dessus pour murs
- en fondation et en sous-sol, compris descente, remplissage, rocaillage et join-toiement des parements, tous refouille-ments, ébrasements, champs, tableaux et arêtes.
- Le mètre cube, vingt-six francs, ci. 26 fr. »
- 6. — Maçonnerie de meulière et mortier de chaux hydraulique de même nature et même composition qu’au numéro précédent, pour voûtes et arcs de fondation sur formes de terre façonnées, exprès comme il est dit au numéro 2 ci-devant ; compris aussi tous autres cintres nécessaires et plus-values de sommiers ; les parements parfaitement remplis,. rocaillés et jointoyés.
- Le mètre cube vingt-sept francs, prix applicable à toute la maçonnerie comprise entre l’intrados de l’arc et l'arase horizontale au niveau de l’extrados, c’est-à-dire que pour ce cas spécial en raison de la sujétion du travail et par dérogation à l’article 41 du cahier des charges spéciales aux travaux de maçonnerie, le remplissage des reins sera confondu avec le cube de l’arc proprement dit, ci. 27 fr. »
- 7. — Chapes en ciment, i1'6 qualité de Boulogne ou analogue au choix de l’architecte de quatre centimètres d’épaisseur parfaitement dressées, formant une surface absolument lisse et horizontale, pour recevoir les patins des colonnes ou. piliers métalliques, compris arase solide et régulière avec garnissage ro-caillé sur la maçonnerie inférieure ou le béton.
- Le mètre superficiel, deux francs quatre-vingt-dix centimes. 2 fr. 90
- 8. — Arcs, voûtes et voûtins en briques de Vaugirard, première qualité de omii d’épaisseur, hourdées en ciment surcuit du bassin de Paris, les joints parfaitement remplis.
- Pour remplissage entre solives de planchers et autres, avec parements inférieur apparent, compris jointoiement, garnissage des reins et arase au-dessus en gravois pour affleurement des fers.
- Le mètre superficiel mesuré à l’intrados sept francs, ci. 7 fr. »
- CHAPITRE IV Détail estimatif
- Nature des travaux Quantités Prix
- Fouilles en excavations cube 25.3oi ioo 1 80
- Fouilles en rigoles pour murs et ares, compris . toutes façons, transports et étendages . , 4.459 2 l5
- Fouilles de puits de toutes formes et à toutes profondeurs, compris blindages et épu.se-ments 4.819 878 4 »
- Béton, de cailloux et mortier de chaux hydraulique, qualité supérieure 3.657 768 20 »
- Cube de maçonnerie de meulière neuve hourdée en mortier de chaux hydraulique comme ci-dévant, pour murs en fondations et sous-sols 3.948 540 2 6 »
- Cube de maçonnerie de meulière neuve et mortier de chaux hydraulique comme ci-devant, pour voûtes et arcs en fondations sur formes de terre 4.375 27 »
- Superficielle de chapes en ciment de Boulogne ou analogue de 0,04 d’épaisseur. . . . Superficielle de voutins en briques de Vaugirard, ir» qualité Tle 0,11 d'épaisseur, hourdées en ciment, compris arase I.41O 2 90
- 7.600 7 »
- Total 4-4 674 74
- Somme à valoir pour imprévu et dépenses en
- régie 10 % 42.563 26
- Ensemble 468.238 »
- Honoraires et frais d’agence 3 % 14.047 «
- Total général 482.283 »
- Produits
- 45.5-41 98
- 9.586 85
- 19.279 5i
- 73.155 36
- 102.662 04
- 118.125 »
- 4.089
- 53.235 »
- Soit : Quatre cent quatre-vingt deux mille deux cent quatre-vingt-cinq francs.
- Dresse par l’Architecte soussigné :
- Signé : Bouvard.
- Vu et vérifié :
- L’Ingénieur en chef, adjoint au Directeur général des travaux,
- Signé : Bartet.
- Vu et présenté :
- Le Directeur général des Travaux,
- Signe: Alphand.
- Vu et approuvé
- Le Ministre du commerce et de l’industrie,
- Commissaire général.
- Signé : Lockroy.
- ÉCHOS
- Paris
- On sait qu’en vertu d’une convention passée entre l’Etat et l’Union centrale des Arts décoratifs, le musée national du même nom, qu’organise cette société, sera installé au quai d’Orsay, dans le palais de l’ancienne cour des comptes.
- Le Conseil général des bâtiments civils a dressé le devis des dépenses qu’entraîneront les travaux de reconstruction totale du palais, à peu près détruit par les incendiaires de 1871.
- Les évaluations se montent à 8 millions 876,000 francs.
- Le musée sera dirigé par un conseil de seize membres, dont huit nommés par le gouvernement.
- * *
- Il paraît que les organisateurs du cinquantenaire des chemins de fer, en 1887, n’abandonnent pas leur projet, quelque extraordinaire et déplacé qu’il puisse paraître à la veille de 1889.
- C’est, du moins, ce qui semble résulter de communications faites à la dernière séance du comité d’organisation, par M. Montaut, député de Seine-et-Marne, et parmi lesquelles il convient de signaler : l’adhésion des ministres du commerce et de l’industrie, des postes et télégraphes, de la guerre, de la marine, de l’agriculture, et autres membres du gouvernement, et de M. Ferdinand de Lesseps, membre de l’Institut ; la constitution d’un Comité anglais sous la présidence du Lord-Maire ; l’établissement de commissariats généraux en Autriche et au Brésil, et enfin le choix du bois de Vincennes comme emplacement de l’Exposition internationale des chemins cle fer.
- Les commissaires généraux d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Italie, d’Espagne, de Belgique et de Hollande donnent, paraît-il, les assurances les plus formelles sur une large participation de leurs pavs respectifs.
- Ajoutons qu’à la suite d’une entente avec le Syndicat des Sociétés musicales de France, un grand concours international de musique, avec section militaire, aurait lieu à Paris les 29 et 30 mai prochain, et qu’une cavalcade historique sera organisée pour le mois d’août, date d’inauguration de la ligne de Paris à Saint-Germain.
- Nous ne demandons pas mieux, pour notre part, que d’assister à la réussite complète de cette entreprise ; .mais nous nous demandons avec inquiétude s’il convient, deux ans avant la grande exposition, de demander autant d’efforts, si souvent répétés, à l’industrie, et si le cinquantenaire ne pourrait pas, avec avantage, être retardé jusqu’en 1889, pour y former une intéressante attraction de plus.
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- Les projets présentés au concours ouvert par la préfecture de la Seine pour la construction d’une école primaire supérieure de jeunes filles et d’une école maternelle, 56, rue des Martyrs, sont exposés, à l’Hôtel de Ville, salle Saint-Jean. Cinquante-trois architectes ont pris part à ce concours.
- L’exposition publique de ciselure, concours Crozatier et Willemsens, est ouverte depuis le 12 décembre, jusqu’au dimanche 26 décembre inclus, tous les jours, de dix heures à quatre, au siège delà réunion des fabricants de bronzes, rue Saint-Claude, 8 (Marais).
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- * *
- Le ministre de la guerre a décidé l’ouverture prochaine d’un concours d’appareils de cuisine pour la troupe.
- * *
- ETRANGER
- Allemagne
- Le musée modèle d’exportation organisé à Carlsruhe (G. duché de Bade), en mai 188v5 obtient parait-il,un très heureux succès et a vu s’étendre, dans une grande proportion depuis quelques mois, ses relations avec tous les grands centres industriels du monde.
- Son catalogue, qui comprend près de 250 des plus importantes maisons allemandes, a été distribué à 4,500 exemplaires, dont 3,000 en allemand, 1,500 en anglais.
- Une importante exposition de serins des Canaries a eu lieu les 27 et 28 novembre dernier à. Sanct-Andreasberg-, dans le Harz, un des centres d’élevage les plus renommés de ces intéressants volatiles.
- C’est la 5e exposition annuelle de ce genre que ait été organisée dans la région.
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- 4^2.
- — Deuxième Année. — N° io3
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE i83q
- Dimanche 19 Décembre 18S6.
- Angleterre
- Une exposition, consacrée à la culture de la pomme de terre, célèbre, au London Aquarium, le troisième centenaire de l’introduction en Angleterre de ce précieux tubercule.
- L’exposition se divise en quatre sections, qui renferment :
- La première, une bibliothèque formée de la réunion de toutes les publications parues depuis 3Ü0 ans, et ayant trait à la pomme de terre ;
- La seconde, tout ce qui se rapporte aux maladies de la pomme de terre ;
- La troisième, les meilleurs procédés, les méthodes les plus perfectionnées de culture, de conservation, etc.
- La quatrième, enfin, les tubercules spécimens de plus de 5,000 espèces ou variétés diverses.
- * *
- M. Hedley, ex-directeur de l’exposition d’Edimbourg, vient d’être, dit notre confrère anglais Intention, nommé directeur de l’exposition internationale de Glasgow (1888,).
- * *
- Autriche - Hongrie
- L’Union artistique de Vienne a organisé dans ses galeries une intéressante exposition d’œuvres choisies, de Ernst Berger, un des meilleurs élèves de Makart.
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- * Y
- L’exposition modèle d’articles d’exportation, organisée à Vienne par la Société austro-hongroise d’exportation, a été ouverte le 29 novembre par l’archiduc Rodolphe, prince impérial, assisté de M. le marquis de Bacqueham, ministre du commerce.
- États-Unis
- L’exposition d’automne de la National Aeadem// of Design a été ouverte à New-York, le 22 novembre dernier.
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- A signaler encore, comme obtenant un très grand succès, l’exposition, dans Broadway, d’œuvres originales, vues d’Europe et du Mexique, par miss Mabel Waldo, élève de Carolus Duran ; et le Christ devant Pilate, de Munkaesy.
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- Pays-Bas
- La Société d’exportation du royaume de Saxe vient d’installer à Amsterdam un bazar modèle d’exportation.
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- Italie
- Le gouvernement italien est décidé à dénoncer dans le plus bref délai, les traités de commerce conclus avec la France et l’Autriche.
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- Roumanie
- Un traité de commerce entre l’Angleterre et la Roumanie a été signé à Boukharest, pour une durée de cinq années.
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- Maroc
- Il est question de constituer une chambre de commerce à Tan ger.
- EXPOSITION DU HAVRE EN 1887
- Nous avons déjà fait connaître à nos lecteurs le plan si original d’après lequel.est conçue l’Exposition maritime du Havre, qui ouvrira, le ier mai de l’an prochain, ses portes et ses bassins au commerce et à l’industrie de la France et de l’étranger.
- Empruntant aux terre-pleins des quais et aux places qui entourent son bassin central tout le terrain disponible, pour y élever 27,000 mètres carrés de constructions, ses galeries enserrent en un vaste quadrilatère, cette nappe d’eau de 40,000 mètres carrés.
- L’Exposition s’étend encore en établissant des appontements sur le bassin lui-même et un wharp d’embarquement de 3oo mètres carrés.
- Voilà pour la partie matérielle, dont l’heureuse disposition sera à elle seule une curiosité inédite.
- Mais, si intéressante qu’elle soit, c’est sur la partie industrielle et commerciale que nous voulons revenir.
- La section purement navale de l’Exposition havraise, réunissant dans un cadre si heureusement choisi tous les spécimens de l’art nautique, •—cette partie internationale que Paris lui-même, en 1889, ne saurait montrer avec un pareil développement, — sera certainement le clou de cette manifestation.
- Il y a là, pour la marine française, une lutte sérieuse à soutenir.
- Mais l’Exposition du Havre n’a pas voulu s’en tenir à ce cadre pour ainsi dire local. Elle a tenu à ouvrir un concours fécond entre nos industries nationales, en établissant sa grande division coloniale, où figureront tous les produits importés des colonies et des pays de protectorat, ou qui y sont exportés.
- C’est par là qu’elle fait appel à toutes les industries nationales et devient vraiment universelle.
- Notre aptitude à mettre en valeur nos anciennes et récentes conquêtes coloniales pourra s’exercer utilement dans ce milieu ; nos industries d’exportation y trouveront une occasion unique, en présence des acheteurs des deux mondes, d’y l'aire ressortir leur caractère propre et d’y conquérir de nouvelles garanties pour leurs marques de fabrique, trop impunément empruntées souvent.
- C’est là le côté pratique et nouveau de l’Exposition du Havre, qui réalisera ainsi, dans des proportions plus sérieuses, le but que se proposaient les Expositions flottantes.
- Notre industrie nationale paraît l’avoir compris, à. en juger par l’empressement déjà significatif avec lequel elle répond à l’appel du comité de l’Exposition havraise.
- Nous recevons à ce sujet les renseignements les plus satisfaisants. Non seulement les adhésions des industries maritimes sont arrivées en grand nombre, mais les industries d’exportation s’y donnent également rendez-vous.
- Les industries si françaises du meuble, des instruments de musique, des bronzes, de la céramique, de la bijouterie, ont retenu la plus grande partie des salons et aménagements de la place du Théâtre, qui fait le centre de l’Exposition.
- La carrosserie et la classe si intéressante de l’alimentation occupent déjà une longueur considérable, le long du quai Lamblardie. Le long du quai d’Orléans, la galerie des machines a plus de 2,000 m. de pris.
- Dans la grande annexe des colonies,qui occupera toute la place du Commerce, la même proportion d’adhésion existe, pour l’ensemble de nos colonies, l’Algérie et les pays du protectorat.
- Si l’on ajoute à ces éléments les emplacements déjà retenus par les puissances étrangères, l’Angleterre et la Belgique, par exemple, on demeure convaincu que l’Exposition du Havre a, dès maintenant, son succès assuré et qu’elle possède actuellement un fonds d’adhésion assez important pour constituer une grandiose et féconde manifestation commerciale et industrielle, qui sera la digne préparation de celle du centenaire.
- Nous engageons donc nos industriels et commerçants à ne pas faire attendre leur décision pour y prendre part. Les aménagements seront à leur disposition au jour indiqué, c’est aux exposants de ne pas s’attarder à la dernière heure, pour éviter cette période d’encombrement, qui, la plupart du temps, agite et compromet l’ouverture des expositions, au grand détriment des intérêts qui s’y rendent.
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- LA REPRISE DES AFFAIRES
- Le Journal officiel publie les documents statistiques suivants sur le commerce de la France pendant les 11 premiers mois de l’année 1886 :
- Les importations se sont élevées, du iei' janvier au 3o novembre 1886, à 3 milliards 787,533,000 francs, et les exportations à 2,984,200,000 francs.
- Importations 1886
- Objets d’alimentation............. 1.342.388.000
- Matières nécessaires à l’industrie............. 1.811.742.000
- Objets fabriqués. 507.328.000 Autres marchandises .... 126.075.000
- Total. . . 3.787.533.000
- Exportations 1886
- Objets d’alimentation.............
- Matières nécessaires à l’industrie ............
- Objets fabriqués. Autres marchandises . . . .
- Total. . .
- 674.641.000
- 587.482.000 1.562.722.000
- 15g.354.000 2.984.200.000
- 1885
- 1.259.814.000
- 1.774.409.000 517.3u1.000
- 124.434.000 3.676.078.000
- 1885
- 635.287.000
- 539.914.000 1.457.886.000
- 135.374.000 2.788.461.000
- On pouvait prévoir que le tableau de la rentrée des impôts et des revenus indirects, pendant les onze premiers mois de l’année — et surtout pendant les quatre derniers — attestait une situation économique relativement satisfaisante et qu’il était d’autres signes encore de cette tendance à l’amélioration.
- Aujourd’hui le tableau que nous publions plus haut vient confirmer, d’une façon irrécusable, ces prévisions.
- Il en ressort ces trois points principaux : la masse de notre commerce extérieur a augmenté de 307 millions, ce qui indique une reprise sensible des affaires. Le chiffre d’augmentation de nos exportations l’emporte sensiblement sur le chiffre d’augmentation des importations.
- Nous achetons de moins en moins des objets fabriqués à l’étranger, tandis que nos exportations d’objets étrangers sont en augmentation incessante.
- VARIÉTÉS
- Certains esprits moroses prétendent que nous sommes un peuple dégénéré, reniant son passé, ne cherchant dans les mœurs, les coutumes, les usages de ses ancêtres que ce qui peut prêter à la moquerie. Le reproche est injuste, et cette fois encore Alceste manque de mesure. Qu’importe que quelques esprits mal faits essaient de démontrer au public que la France date du xixe siècle! Le bon sens fait justice de ces billevesées et l’immense majorité assiste, incrédule, à cette vaine tentative, comme aussi elle tourne le dos aux adorateurs exclusifs des siècles passés.
- La vérité est que nous avons le culte du beau, quels que soient son nom, son étiquette, son âge ; bien loin que nous soyons des dédaigneux, notre respect des choses anciennes s’accuse avec une intensité de plus en plus vive. Qu’est-ce que ces fouilles acharnées pour exposer au jour le moindre vestige enfoui sous terre pendant plusieurs siècles, sinon la manifestation de notre intérêt pour ceux qui nous ont précédés. L’espoir de les connaître davantage en contemplant leurs œuvres, même mutilées, ne nous guide-t-il pas exclusivement dans ces recherches patientes? Et les musées de création récente, où l’on a accumulé tant de trésors, produits des efforts constants du génie français, ne témoignent-ils pas assez de notre culte pour nos ancêtres ? Bien plus, ce culte a-t-il jamais été aussi vif que de nos jours?
- Les particuliers ont trouvé que ce n’était pas assez de l’activité sans relâche avec laquelle la commission des monuments historiques travaille à conserver à la France tous les types d’architecture, remarquables ou curieux, ils se sont mis à l’œuvre. Chenonceau, Chantilly, Chaumont, etc., etc., ont reconquis leur splendeur primitive, grâce à la munificence éclairée de châtelains épris des souvenirs du passé. Depuis vingt-cinq ans, Paris a vu s’élever non seulement des hôtels somptueux, mais aussi les constructions les plus variées parle style. Le quartier Malesherbes, le quartier de l’Etoile sont couverts de maisons, de demeures qui
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- Projet dressé avec la collaboration de MM. E- NOUGUIER et M. KOECHLIN, Ingénieurs de la Maison EIFFEL, et S. SAUVESTRE, Architecte
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- Deuxième Année. — N° io3.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 19 Décembre 1SS9, — 453.
- rappellent les époques les plus fameuses de l’art architectural ; des rues entières méritent d’etre parcourues pour le seul plaisir des yeux. Même quand l’œuvre est mal venue, on sent l’effort du maçon, comme on disait autrefois, on devine l’intention de celui qui a fait construire. Il semble qu’on ait voulu prendre sa revanche des maisons uniformes, monotones et sans fin de certaines grandes voies, rues ou boulevards. Et s il m était donné d’introduire le lecteur dans quelques-uns de ces hôtels, de ces véritables palais, quelles merveilles ne s’offriraient pas à sa vue ! Il verrait défiler devant lui le passé glorieux de la France, c’est-à-dire l’œuvre à mille facettes de l’artisan français.
- Notre époque ne veut plus entendre parler du passé ! Ils ferment les yeux à ce qui les entoure, ceux qui parlent ainsi. Jamais, je le répète, on ne s’en occupa autant qu’aujourd’hui, on ne lui fit de plus fréquents emprunts et dans les moindres détails. Tandis que les hommes portent les cheveux courts taillés en brosse et la barbe en pointe comme sous les Valois et sous Henri IV, les femmes ressuscitent cette époque et les suivantes, dans leurs vêtements, leurs parures, leurs bijoux. Le bourgeois un peu à l’aise est fier de recevoir ses invités dans une salle à manger Henri II qui donne accès à un salon Louis XIV, et si l’appartement est assez vaste, soyez assuré que, pendant que les hommes fument un cigare, Madame ne manquera pas de montrer à ses amies un joli petit boudoir Louis XV. Sans compter mille et un détails rappelant, beaucoup plus le passé que le présent. Le vitrail se met aussi de la partie, car il a pénétré dans les intérieurs bourgeois. Jadis,— le temps n’est pas éloigné, — il fallait aller dans une église, une cathédrale, un palais, une très riche demeure, pour admirer des vitraux ; maintenant le bourgeois dont, je parlais tout à l’heure vous fera voir de jolis vitraux dons son cabinet de travail, dans sa salle à manger. Quel retour au passé, grands dieux! Et ma foi, tant mieux, si l’on ne prend au passé que ce qu’il avait d’agréable, de charmant, d’artistique. C’est si beau un vitrail, et les peintres verriers de nos jours les fabriquent avec tant d’art ! Qui ne se rappelle la splendide exposition de Champigneulle au Palais de l’Industrie? 11 y avait, si ma mémoire me sert exactement, entre autres œuvres remarquables, la Résurrection du Christ, le Retour de VAlsace-Lorraine à la France et saint Louis. A des titres différents et dans des stvles divers, ces trois compositions attirèrent au plus haut point l’attention générale. Impossible de détacher son regard de cette Résurrection du Christ, dans laquelle on voyait, à ne pas s’y méprendre, une allusion à une autre résurrection ardemment souhaitée, impatiemment attendue. Cette œuvre magnifique trouvait son complément dans le Retour de /’Alsace-Lorraine- à la France, un véritable acte de foi et d’espérance patriotiques qui fait le plus grand honneur à son auteur M. Champigneulle. L’exécution est de main de maître, nous avons été très heureux de le constater de nouveau tout récemment. Notre incompétence absolue dans la matière ne nous permet pas de trop insister; nous nous bornerons à dire que, dans notre visite aux ateliers de cet artiste, il nous a été donné d’admirer les genres les plus variés de vitraux, depuis la verrière style xme siècle, mosaïque transparente, éblouissante, aux couleurs vives ettrèsbienagencées, jusqu'au vitrail moderne, aux tonalités merveilleusement fondues, et qui joint à la grâce du dessin le plus pur tout l’attrait de la savante composition moderne.
- Le lecteur nous pardonnera cette petite digression, parce qu’elle se rattache intimement au fond
- 0iyiq 40 notre causerie. En definitive, cest le goût général qui fait la raison d’être des artistes comme celui que je viens de citer. Or le goût de notre époque est artistique, 011 ne saurait équitablement le contester au moyen d’exemples tirés d’excentricités. Si, en même temps, nous sommes positifs, la faute en est à la vapeur, à l’électricité , à toutes les découvertes scientifiques qui ont complètement transformé les conditions de l’existence. Mais notre positivisme n’a pas éteint le goût, le sentiment inné en nous du
- bien, du beau, du délicat. Cette inclination nous maintiendra toujours dans le respect d’un passé que nous nous plaisons à évoquer sans cesse, respect qui se concilie très bien avec la croyance à la grandeur de la France dans le présent et dans l’avenir.
- Pierre de Verceil.
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- HISTOIRE ANECDOTIQUE
- DE
- LA PRESSE EN FRANCE
- (Suite.)
- (Voir le Moniteur du 5 décembre 1886)
- XII
- Avec le Directoire apparut l’âge de fer de la presse française. On commença par réduire le nombre des journaux, puis on fit la guerre à ceux qui restaient.
- On était bien loin des quatorze cents journaux publiés en France du temps de la Convention. Quelques rares feuilles, mal faites, dépourvues de tout élément sérieux de succès, persécutées par le pouvoir, se traînaient misérablement , toujours battues en brèche par les Débats et la Galette. Après le coup d’Etat de brumaire, la situation devint encore plus alarmante. Le nombre des journaux diminua du jour au lendemain comme par enchantement. On avait peur.
- Quel changement avec l’époque dite révolutionnaire ! Après l’excès de la presse en est venue la timidité. C’est que le Consulat était un régime parfaitement autoritaire et bien décidé, comme plus tard l’Empire, à ne laisser discuter ni son personnel ni ses origines. La première mesure d’hostilité du pouvoir envers la presse se traduisit par le célèbre arrêté du 17 janvier 1800. Ce jour-là, le gouvernement « considérant qu’une partie des journaux qui s’imprimaient dans le département de la Seine étaient des instruments dans les mains des ennemis de la République, » réduisit à treize le nombre des journaux de Paris. Dans les départements, on comptait alors soixante-treize journaux. Presque tous furent supprimés, à l’exception toutefois de ceux qui s’occupaient exclusivement de matières artistiques, scientifiques ou commerciales.
- Et dire que Fiévée reprochait pourtant à Fouché, préfet de police, chargé d’exécuter l’arrêté, de ne s’être pas montré assez dur!
- Il convient de dire ici un mot de la situation matérielle de la presse française à cette époque. Un tableau, dressé en germinal an XI par ordre de Bonaparte, constate qu’il paraît en France soixante-huit journaux, dont quinze quotidiens, et que ces soixante-huit journaux réunissent ensemble un total de 40,000 abonnés environ. On compte, dans Paris seulement, 80,000 acheteurs au numéro. Le plus florissant de tous ces journaux est le Journal des Débats qui expédie 8, i5o numéros dans les départements. Après les Débats vient notre vieille Galette de France qui, elle, compte en province 3,25o abonnés.
- C’est la grande époque du succès du Journal des Débats. Cette feuille se faisait remarquer, en effet, par la supériorité, la sûreté de ses informations et aussi par le talent de ses rédacteurs. Quand tout sombrait, quand l’Empire, triomphant et adulé, tenait sous sa botte le monde des publicistes, un semblant d’opposition et de critique se réfugia dans les colonnes du Journal des Débats. Les frères Bertin avaient eu le flair d’attacher à leur feuille Geoffroy, le meilleur journaliste de l’époque. Pendant que le corps du journal était livré aux nouvelles, aux informations de la politique, Geoffroy, dans le rez-de-chaussée, traitait toutes les questions intellectuelles. Excellent critique de théâtre, critique d’art et critique littéraire distingué, Geoffroy rendait compte de tout dans ses feuilletons écrits avec une verve réelle et un incontestable talent. Peu à peu, notre homme sortit du champ de la critique pour s’aventurer dans le domaine plus délicat de la philosophie et de la politique. Ce ne fut pas sans des prodiges d’habileté, car il ne fallait pas donner la moindre alarme au caractère ombrageux du vainqueur de Wagram. Plus d’une fois, on a reproché à Geoffroy de s’être complu dans l’adulation du pouvoir. U nous semble que ceux qui ont eu cette sévérité pour le vieux journaliste ont oublié trop facilement peut-être la terrible époque oû l’on vivait.
- Bref, malgré toutes les précautions qu’y pût mettre Geoffroy, malgré ses allusions discrètes et timides, aux Tuileries on convoita bientôt la propriété du Journal des Débats. En i8o5, les choses en arrivèrent à un tel point qu’un censeur fut imposé au journal des frères Bertin. Ce régime dura six ans. En 1811, l’empire, qui était à l’apogée de sa force, accomplit une véritable spoliation. Le Journal des Débats rapportait environ deux cent mille francs par an de bénéfices nets à ses proprié-
- taires. C’était, comme on le voit, une fort belle propriété pour l’époque. Fouché, devenu ministre de la police générale, devint le centre de la conspiration tramée contre la feuille des Bertin. On indisposa le pouvoir contre le journal où écrivait Geoffroy et on le représenta comme très dangereux pour le pouvoir. On tenta donc un véritable coup de force.
- Par arrêté du 18 janvier 1811, la propriété des Débats fut confisquée et réunie purement et simplement au domaine de l’Etat. Ce fut un coup terrible pour les derniers débris du parti libéral. Le journal avait changé de titre et s’appelait alors Journal de l’Empire, titre qui lui avait été imposé. C’était le moment de sa plus haute prospérité. La France comptait io3 départements et le Journal de l’Empire 02,000 abonnés. La spoliation fut complète : on saisit jusqu’aux approvisionnements en papier et au matériel d’imprimerie, on s’empara de l’argent qui se trouvait dans la caisse. Le mobilier du bureau de rédaction fut saisi.
- Immédiatement, la propriété du journal fut organisée sur de nouvelles bases. On la divisa en vingt-quatre parts, dont le tiers fut attribué à la police générale et les deux autres tiers à des hommes de lettres et à des personnages de la cour. A ce propos, il n’est pas inutile de citer les considérants de l’arrêté en vertu duquel le rapt fut accompli :
- « Considérant que les produits des journaux ou feuilles périodiques ne peuvent être une propriété qu’en conséquence d’une concession expresse faite par nous ;
- « Considérant que le Journal de l’Empire n’a été concédé par nous à aucun entrepreneur ; que les entrepreneurs actuels ont fait des bénéfices considérables par suite de la suppression de trente journaux, bénéfices dont ils jouissent depuis un grand nombre d’années et qui les ont indemnisés bien au-delà de tous les sacrifices qu’ils peuvent avoir faits dans le cours de leur entreprise ;
- « Considérant, d’ailleurs, que non seulement la censure, mais même tous les moyens d’influence sur la rédaction d’un journal ne doivent appartenir qu’à des hommes sûrs, connus par leur attachement à notre personne et par leur éloignement de toute correspondance et influence étrangère ;
- « Nous avons décrété... etc. »
- On s’explique dès lors la haine dont firent preuve les Débats à l’égard de Napoléon dès que la Restauration fut établie. Cependant l’Empire né s’en tint pas là dans sa guerre aux journaux. La même année i8ir, par un décret daté du 17 septembre et signé à Compïègne, le nombre des journaux politiques de Paris fut réduit à quatre : le Journal de l’Empire, le Moniteur, la Galette et le Journal de Paris. En province, un seul journal politique était toléré par département.
- T. M.
- (A suivre.)
- UNION INTERNATIONALE
- POUR LA PROTECTION
- DES ŒUVRES LITTÉRAIRES & ARTISTIQUES
- Voici le texte définitif de la Convention et de ses annexes, qui a été soumis à la signature des Etats contractants :
- CONVENTION
- CONCERNANT LA CRÉATION û’UNE UNION INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DES ŒUVRES LITTÉRAIRES ET ARTISTIQUES.
- Sa Majesté l’empereur d’Allemagne, roi de Prusse ; Sa Majesté le roi des Belges; Sa Majesté catholique le roi d’Espagne, en son nom Sa Majesté la reine régente'du royaume ; le Président de la République française ; Sa Majesté la reine du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande, impératrice des Indes ; le Président de la République d’Haïti; Sa Majesté le roi d’Italie; le Président de la République de Libéria ; le conseil fédéral de la confédération suisse ; Son Altesse le bey de T unis ; '
- Egalement animés du désir de protéger d’une manière efficace et aussi uniforme que possible les droits des auteurs sur leurs œuvres littéraires et artistiques,
- Ont résolu de conclure une Convention à cet effet et ont nommé leurs plénipotentiaires :
- Lesquels, après s’être communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants :
- Texte de la Convention
- Article premier. - - Les pays contractants sont constitués à l’état d’Uniun pour la protection des droits des auteurs sur leuic œuvres littéraires et artistiques.
- Art. 2. — Les auteurs ressortissant à l’un des pays de l’Union, ou leurs ayants cause, jouissent, dans les autres pays, pour leurs œuvres, soit pu-
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- bliées dans un de ces pays, soit non publiées, des droits que les lois respectives accordent actuellement ou accorderont par la suite aux nationaux.
- La jouissance de ces droits est subordonnée à l’accomplissement des conditions et formalités prescrites par la législation du pays d’origine de l’œuvre ; elle ne peut excéder, dans les autres pays, la durée de la protection accordée dans ledit pays d’origine.
- Est considéré comme pays d’origine de l’œuvre celui de la première publication, ou, si cette publication a lieu simultanément dans plusieurs pays de l’Union, celui d’entre eux dont la législation accorde la durée de protection la plus courte.
- Pour les œuvres non publiées, le pays auquel appartient l’auteur est considéré comme pays d’origine de l’œuvre.
- Art. 3. — Les stipulations de la présente Convention s’appliquent également aux éditeurs d’œuvres littéraires et artistiques publiées dans un des pays de l’Union, et dont l’auteur appartient à un pays qui n’en fait pas partie.
- Art. 4. — L’expression « œuvres littéraires et artistiques » comprend les livres, brochures ou tous autres écrits ; les œuvres dramatiques ou dramatico-musicales, les compositions musicales avec ou sans paroles; les œuvres de dessin, de peinture, de sculpture, de gravure ; les lithographies, les illustrations, les cartes géographiques ; les plans, croquis et ouvrages plastiques, relatifs à la géographie, à la topographie, à l’architecture ou aux sciences en général ; enfin, toute production quelconque du domaine littéraire, scientifique ou artistique, qui pourrait être publiée par n’importe quel mode d’impression ou de reproduction.
- Art. 5. — Les auteurs ressortissant à l’un des pays de l’Union ou leurs ayants cause jouissent, dans les autres pays, du droit exclusif de faire ou d’autoriser la traduction de leurs ouvrages jusqu’à l’expiratiun de dix années à partir de la publication de l’œuvre originale dans l’un des pays de l’Union.
- Pour les ouvrages publiés par livraisons, le délai de dix années ne compte qu’à dater de la publication de la dernière livraison de l’œuvre originale.
- Pour les œuvres composées de plusieurs volumes publiés par intervalles, ainsi que pour les bulletins ou cahiers publiés par des sociétés littéraires ou savantes ou par des particuliers, chaque volume, bulletin ou cahier est, en ce qui concerne le délai de dix années, considéré comme ouvrage séparé.
- Dans les cas prévus au présent article, est admis comme date de publication, pour le calcul des délais de protection, le 3i décembre de Vannée dans laquelle l’ouvrage a été publié.
- Art. 6. — Les traductions licites sont protégées comme des ouvrages originaux. Elles jouissent, en conséquence, de la protection stipulée aux articles 2 et 3 en ce qui concerne leur reproduction non autorisée dans les pays de l’Union.
- Il est entendu que, s’il s’agit d’une œuvre pour laquelle le droit de traduction est dans le domaine public, le traducteur ne peut pas s’opposer à ce que la même œuvre soit traduite par d’autres écrivains.
- Art. 7. — Les articles de journaux ou de recueils périodiques publiés dans l’un des pays de l’Union peuvent être reproduits, en original ou en traduction, dans les autres pays de l’Union, à moins que les auteurs ou éditeurs ne l’aient expressément interdit. Pour les recueils, il peut suffire que l’interdiction soit faite d’une manière générale en tête de chaque numéro du recueil.
- En aucun cas, cette interdiction ne peut s’appliquer aux articles de discussion politique ou à la reproduction des nouvelles du jour et des faits divers.
- Art. 8. — En ce qui concerne la faculté de faire licitement des emprunts à des œuvres littéraires ou artistiques pour des publications destinées à l’enseignement ou ayant un caractère scientifique, ou pour des chrestomathies, est réservé l’effet de la législation des pays de l’Union et des arrangements particuliers existants ou à conclure entre eux.
- Art. 9. — Les stipulations de l’article 2 s’appliquent à la représentation publique des œuvres dramatiques ou dramatico-musicales,que ces œuvres soient publiées ou non.
- Les auteurs d’œuvres dramatiques ou dramatico-musicales ou leurs ayants cause sont, pendant la durée de leur droit exclusif de traduction, réciproquement protégés contre la représentation publique non autorisée de la traduction de leurs ouvrages.
- Les stipulations de l’article 2 s’appliquent également à l’exécution publique des œuvres musicales non publiées ou de celles qui ont été publiées, mais dont l’auteur a expressément déclaré sur le titre ou en tête de l’ouvrage qu’il en interdit l’exécution publique.
- Art. 10.— Sont spécialement comprises parmi les reproductions illicites auxquelles s’applique la présente Convention, les appropriations indirectes non autorisées d’un ouvrage littéraire ou artistique, désignées sous des noms divers, tels que :
- adaptations, arrangements de musique, etc., lorsqu’elles ne sont que la reproduction d’un tel ouvrage, dans la même forme ou sous une autre forme, avec des changements, additions ou retranchements, non essentiels, sans présenter d’ailleurs le caractère d’une nouvelle œuvre originale.
- Il est entendu que, dans l’application du présent article, les tribunaux des divers pays de l’Union tiendront compte, s’il y a lieu, des réserves de leurs lois respectives.
- Art. 11. — Pour que les auteurs des ouvrages protégés par la présente Convention soient, jusqu’à preuve contraire, considérés comme tels et admis, en conséquence, devant les tribunaux des divers pays de l’Union à exercer des poursuites contre les contrefaçons, il suffit que leur nom soit indiqué sur l’ouvrage en la manière usitée.
- Pour les œuvres anonymes et pseudonymes, l’éditeur dont le nom est indiqué sur l’ouvrage est fondé à sauvegarder les droits appartenant à l’auteur. Il est, sans autres preuves, réputé ayant cause de l’auteur anonyme ou pseudonyme.
- Il est entendu, toutefois, que les tribunaux peuvent exiger, le cas échéant, la production d’un certificat délivré par l’autorité compétente, constatant que les formalités prescrites, dans le sens de l’article 2, par la législation du pays d’origine ont été remplies.
- Art. 12. — Toute œuvre contrefaite peut être saisie à l’importation dans ceux des pays de l’Union où l’œuvre originale a droit à la protection légale.
- La saisie a lieu conformément à la législation intérieure de chaque pays.
- Art. i3. — Il est entendu que les dispositions de la présente Convention ne peuvent porter préjudice, en quoi que ce soit, au droit qui appartient au gouvernement de chacun des pays de l’Union de permettre, de surveiller, d’interdire, par des mesures de législation ou de police intérieure, la circulation, la représentation, l’exposition de tout ouvrage ou production à l’égard desquels l’autorité compétente aurait à exercer ce droit.
- Art. 14. — La présente Convention, sous les réserves et conditions à déterminer d’un commun accord, s’applique à toutes les œuvres qui, au moment de son entrée en vigueur, ne sont pas encore tombées dans le domaine public dans leur pays d’origine.
- Art. i5. — Il est entendu que les Gouvernements des pays de l’Union se réservent respectivement le droit de prendre séparément, entre eux, des arrangements particuliers, en tant que ces arrangements conféreraient aux auteurs ou à leurs ayants cause des droits plus étendus que ceux accordés par l’Union, ou qu’ils renfermeraient d’autres stipulations non contraires à la présente Convention.
- Art. 16. — Un office international est institué sous le nom de Bureau de l’Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques.
- Ce Bureau, dont les frais sont supportés par les Administrations de tous les pays de l’Union, est placé sous la haute autorité de l’Administration supérieure delà Confédération suisse,etfonctionne sous sa surveillance. Les attributions en sont déterminées d’un commun accord entre les pays de l’Union.
- Art. 17. —La présente Convention peut être soumise à des révisions en vue d’y introduire les améliorations de nature à perfectionner le système de l’Union.
- Les questions de cette nature, ainsi que celles qui intéressent à d’autres points de vue le développement de l’Union, seront traitées dans des Conférences qui auront lieu successivement dans les pays de l’Union entre les délégués desdits pays.
- Il est entendu qu’aucun changement à la présente Convention ne sera valable pour l’Union que moyennant l’assentiment unanime des pays qui la composent.
- Art. 18. — Les pays qui n’ont pas pris part à la présente Convention, et qui assurent chez eux la protection légale des droits faisant l’objet de cette Convention, seront admis à y accéder sur leur demande.
- Cette accession sera notifiée par écrit au Gouvernement de la Confédération suisse, et par celui-ci à tous les autres.
- Elle emportera, de plein droit, adhésion à toutes les clauses et admission à tous les avantages stipulés dans la présente Convention.
- Art. 19. — Les pays .accédant à la présente Convention ont aussi le droit d’y accéder en tout temps pour leurs colonies ou possessions étrangères.
- Il peuvent, à cet effet, soit faire une déclaration générale par laquelle toutes leurs colonies ou possessions sont comprises dans l’accession, soit nommer expressément celles qui y sont comprises, soit se borner à indiquer celles qui en sont exclues.
- Art. 20. — La présente Convention sera mise à exécution trois mois après l’échange des ratifications, et demeurera en vigueur pendant un temps indéterminé, jusqu’à l’expiration d’une année à
- partir du jour où la dénonciation en aura été faite.
- Cette dénonciation sera adressée au Gouvernement chargé de recevoir les accessions. Elle ne produira son effet qu’à l’égard du pays qui l’aura faite, la Convention restant exécutoire pour les autres pays de l’Union.
- Art. 21. — La présente Convention sera ratifiée, et les ratifications en seront échangées à Berne, dans le délai d’un an au plus tard.
- En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs l’ont signée et y ont apposé le cachet de leurs armes.
- Article additionnel
- Les plénipotentiaires réunis pour signer la Convention concernant la création d’une Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques sont convenus de l’article additionnel suivant, qui sera ratifié en même temps que l’acte auquel il se rapporte :
- La Convention conclue à la date de ce jour n’affecte en rien le maintien des conventions actuellement existantes entre les pays contractants, en tant que ces conventions confèrent aux auteurs ou à leurs ayants cause des droits plus étendus que c ;ux accordés par l’Union, ou qu’elles renferment d’autres stipulations qui ne sont pas contraires à cette Convention.
- En foi de quoi, les plénipotentiaires respectifs ont signé le présent article additionnel.
- Protocole de clôture
- Au moment de procéder à ia signature de la Convention conclue à la date de ce jour, les plénipotentiaires soussignés ont déclaré et stipulé ce qui suit :
- i° Au sujet de l’article 4, il est convenu que ceux des pays de l’Union où le caractère d’œuvres artistiques n’est pas refusé aux œuvres photographiques s’engagent à les admettre, à partir de la mise en vigueur de la Convention conclue en date de ce jour, au bénéfice de ses dispositions. Ils ne sont, d’ailleurs, tenus de protéger les auteurs desdites œuvres, sauf les arrangements internationaux existants ou à conclure, que dans la mesure où leur législation permet de le faire.
- Il est entendu que la photographie autorisée d’une œuvre d’art protégée jouit, dans tous les pays de l’Union, de la protection légale, au sens de ladite Convention, aussi longtemps que dure le droit principal de reproduction de cet œuvre même, et dans les limites des conventions privées entre les ayants droit.
- 20 Au sujet de l’article 9, il est convenu que ceux des pays de l’Union dont la législation comprend implicitement, parmi les œuvres dramatico-musicales, les œuvres chorégraphiques, admettent expressément lesdites œuvres au bénéfice des dispositions de la Conventian conclue en date de ce jour.
- Il est d’ailleurs entendu que les contestations qui s’élèveraient sur l'application de cette clause demeurent réservées à l’appréciation des tribunaux respectifs.
- 3° Il est entendu que la fabrication et la vente des instruments servant à reproduire mécaniquement des airs de musique empruntés au domaine privé ne sont pas considérées comme constituant le fait de contrefaçon musicale.
- 40 L’accord commun prévu à l’article 14 de la Convention est déterminé ainsi qu’il suit :
- L’application delà Convention aux œuvres non tombées dans le domaine public au moment de sa mise en vigueur aura lieu suivant les stipulations y relatives contenues dans les conventions spéciales existantes ou à conclure à cet effet.
- A défaut de semblables stipulations entre pays de l’Union, les pays respectifs régleront, chacun pour ce qui le concerne, par la législation intérieure, les modalités relatives à l’application du principe contenu à l’article 14.
- 5° L’organisation du Bureau international prévu à l’article 16 de la Convention sera fixée par un règlement que le Gouvernement de la Confédération suisse est chargé d’élaborer.
- La langue officielle du Bureau international sera la langue française.
- Le Bureau international centralisera les renseignements de toute nature relatifs à la protection des droits des auteurs sur les œuvres littéraires et artistiques. Il les coordonnera et les publiera. Il procédera aux études d’utilité commune intéressant l’Union et rédigera, à l’aide des documents qui seront mis à sa disposition par les diverses Administrations, une feuille périodique, en langue française, sur les questions concernant l’objet de l’Union. Les Gouvernements des pays de l’Union se réservent d’autoriser, d’un commun accord, le Bureau à publier une édition dans une ou plusieurs autres langues, pour le cas où l’expérience en aurait démontré le besoin.
- Le Bureau international devra se tenir en tout temps à la disposition des membres de l’Union pour leur fournir, sur les questions relatives à la protection des œuvres littéraires et artistiques, les renseignements spéciaux dont ils pourraient avoir besoin.
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- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1SS9
- Dimanche 19 Décembre 18S6. — 4'35.
- L’Administration du pays où doit siéger une Conférence préparera, avec le concours du Bureau international, les travaux de cette Conférence.
- Le Directeur du Bureau international assistera aux séances des Conférences et prendra part aux discussions sans voix délibérative. Il fera sur sa gestion un rapport annuel qui sera communiqué à tous les membres de l’Union.
- Les dépenses du bureau de l’Union internationale seront supportées en commun par les pays contractants. Jusqu’à nouvelle décision, elles ne pourront pas dépasser la somme de soixante mille francs par année. Cette somme pourra être augmentée au besoin par simple décision d’une des Conférences prévues à l’article 17.
- Pour déterminer la part contributive de chacun des pays dans cette somme totale des frais, les pays contractants et ceux qui adhéreraient ultérieurement à l’Union seront divisés en six classes contribuant chacune dans la proportion d’un certain nombre d’unités, savoir :
- ire classe..............2 5 unités
- 2e » 20 »
- 3° » ............ 15 »
- 4e » 10 »
- 5e » 5 »
- 6 e » 3 »
- Ces coefficients seront multipliés par le nombre des pays de chaque classe, et la somme des produits ainsi obtenus fournira le nombre d’unités par lequel la dépense totale doit être divisée. Le quotient donnera le montant de l'unité de dépense.
- Chaque pays déclarera, au moment de son accession, dans laquelle des susdites classes il demande à être rangé.
- L’administration suisse préparera le budget du Bureau et en surveillera les dépenses, fera les avances nécessaires et établira le compte annuel qui sera communiqué à toutes les autres Administrations.
- G0 La prochaine Conférence aura lieu à Paris, dans le délai de quatre à six ans à partir de l’entrée en vigueur de la Convention.
- Le Gouvernement français en fixera la date dans ces limites, après avoir pris l’avis du Bureau international.
- 70 II est convenu que, pour l’échange des ratifications prévu à l’article 21, chaque partie contractante remettra un seul instrument, qui sera déposé, avec ceux des autres pays, aux archives du Gouvernement de la Confédération suisse. Chaque partie recevra en retour un exemplaire du procès-verbal d'échange des ratifications, signé par les plénipotentiaires qui y auront pris part. _
- Le présent Protocole de clôture, qui sera ratifié en même temps que la Convention conclue, à la date de ce jour, sera considéré comme faisant partie intégrante de cette Convention, et aura même force, valeur et durée.
- En foi de quoi, les plénipotentiaires respectifs l’ont revêtu de leur signature.
- Fait à Berne, le neuvième jour du mois de septembre de l’an mil huit cent quatre-vingt-six.
- {Suivent les mômes signatures.)
- LES LIVRES
- Lxxxvm
- Les livres illustrés. — Le livre d’or du salon de peinture et de sculpture, rédigé par G. Lafënestre. Huitième année. — Les Aventures merveilleuses de Fortunatus, préface de Henri" Fouquier. Dessins d’ED. de Beaumont. — Le chevalier Des Touches, roman de Barbey d'Aurevili.y, illustré par Julien le Blant. — Fables de Florian, dessins d’EvuLE Adan, préface d’Honoré Bonhomme. — Werther, par Gcethe, traduction de Mme Backellery, préface par Paul Stapfer, eaux-fortes de Lalauze. — Les Soupers de Daphné, par Mensuie de Querlon, préface de Maurice Tourneux, eaux-fortes de 1 alauze. Librairie des bibliophiles, Jouaust et Sigaux.
- La Reliure moderne, artistique et fantaisiste, par Octave "Uzanne. 72 planches. Edouard Rouveyre, éditeur.
- Depuis quelques années, la librairie illustrée a pris en France un développement à la fois raisonnable et excessif, légitime et irrégulier, utile et frivole, satisfaisant et inquiétant, pour les gens de goût. Nous disons que ce mouvement, dont l’action exagérée amènera bientôt une réaction, offre tous les avantages et tous les inconvénients, et est rempli de contradictions et de contrastes qui appellent les encouragements et aussi les redressements, les protestations de ia critique.
- Nous approuvons, nous applaudissons quand nous voyons au théâtre l’action dominant le costume, la passion et le style l’emportant sur le décor. De même pour le livre, nous admettons parfaitement le luxe agréable ou le commentaire utile nécessaire même de l’illustration, mais à la condition que chaque élément du livre soit à sa place, à son rang, que la forme n’emporte pas le fonds, le superflu, le nécessaire, que le contenant
- ne soit pas supérieur au contenu, que la boîte ne soit pas pour faire passer l’onguent, tel quel, ou stérile, ou nuisible.
- L’éditeur de Paris qui nous semble en cette matière procéder avec le plus de méthode, le plus d’art, le plus de goût, c’est le maître imprimeur qui se nomme D. Jouaust. Il a été l’initiateur du mouvement. Aujourd’hui encore, secondé par son associé Léon Sigaux, lettré et artiste comme lui, il le domine, il le contient dans de justes limites. Il fait la part des besoins nouveaux de vulgarisation qui entraînent le bon marché progressif du livre, en mettant à la disposition du public à bourses modestes, dans les séries classiques de sa bibliothèque des livres corrects, d’un prix accessible à tous, d’une absolue orthodoxie au point de vue de l’impression, de l’encre, du papier, de mille détails trop négligés ailleurs. Il crée aussi, à l’intention des amateurs riches, des bibliophiles délicats, des séries où chaque année s’augmente le rayon des ouvrages choisis, curieux, revêtus des plus élégants vêtements de la typographie de luxe, et illustrés avec mesure, avec choix, avec harmonie.
- Voici, par exemple, une publication artistique par excellence, consacrée à garder la trace, trop fugitive dans des reproductions hâtives, qui ont l’attrait éphémère et le sort du journal, de nos expositions annuelles, en tant qu’elles le méritent, c’est-à-dire de fixer pour l’avenir, l’image des œuvres caractéristiques d'un progrès, d’un pas en avant dans la marche de l’art en général ou dans la manière d’un artiste en vue.
- L.e texte est d’un critique expérimenté et accrédité M. G. Lafenestre. .Les tableaux ou les statues reproduits sont ceux que le jury a jugés dignes de ses principales récompenses. C’est à ce genre brillant, rapide et sûr, quand il est corrigé par la pointe d’un maitre de l'eau-forte que le livre emprunte son illustration. Quinze planches en tout, mais elles sont exquises, de maîtres du genre, et nous donnent la reproduction, d’une justesse d'accent que rien ne remplace, des quinze morceaux d’art du dernier Salon, qui méritent le nom d’œuvres, sinon de chefs-d'œuvre, depuis le portrait de M™** T... de Lefèvre, ou celui de M. Pasteur d’Ederfeld, jusqu’à Y Eveil de Car. Duran, qui nous donne en peintures comme le connétable de Paul Dubois nous la donne en sculpture, l’impression de la Renaissance, grâce à un archaïsme savant, rajeuni au point de rendre le pastiche original, par une virtuosité toute moderne.
- Les Aventures de Fortunatus, au chapeau proverbial, sont un de ces contes du xve siècle qui ont une valeur en quelque sorte dynastique, typique, en ce sens qu’ils ont engendré des récits similaires, modifiés au gré de chaque tempérament national, dans toutes les littératures européennes. La préface de M. Fouquier est d’un dilettante ingénieux et spirituel, qui a très bien vidé et assaisonné la moelle de cet os légendaire. Les dessins de M. E. de Beaumont sont d’un crayon vif et léger, dont le commentaire est tout à fait digne de ce récit cher à l’imagination populaire, qui de tout temps a eu besoin, pour se distraire et se consoler, de ce narcotique intellectuel, de ce remède du rêve qu’on appelle le fantastique.
- Le Chevalier des Touches est peut-être, avec Y Ensorcelée, le meilleur roman de cet écrivain, dont le talent frise parfois le génie, le seul aujourd’hui qui puisse créer et animer des figures capables de vivre, de parler, de souffrir, d’aimer, de mourir dans l’air héroïque : Barbey d’Aurévilly. Le peintre par excellence des scènes de la Vendée et de la chouannerie, l’auteur de la Déroute du Mans et de la Mort de Charelte a été justement et habilement choisi pour orner ce roman magistral de dessins qui font tableau, et ont comme le texte, cette vie intense du roman taillé dans l’histoire, avec des instructions et des inventions à la Walter Scott.
- Werther est un roman d’un genre tout différent qui marque dans la vie de Gœthe une phase décisive et qui tient aussi dans l’histoire de nos mœurs et de notre littérature la place des ouvrages initiateurs, générateurs de toute une école. Les caractères du roman, son origine et son influence sont étudiés et appréciés en quelques pages maîtresses par un des hommes qui de nos jours, savent le mieux les littératures et les génies étrangers, M. Paul Stapfer. M. Lalauze a réussi comme toujours à rendre d’une façon neuve et fine, les scènes typiques de ce célèbre roman, dont notre littérature et nos mœurs ont, jusqu’en 1840, gardé l’empreinte puissante et funeste. Nous avons eu jusque-là, et nous avons peut-être encore une école de
- wertherisme et un groupe de hvertheristes. Les pessimistes de nos jours ont encore plus emprunté à Werther, à René, à Jacques Ortis, à Obermann, à Gœthe, à Byron, à Shelley qu’à Schopenhauer.
- Florian est le second de nos fabulistes, Il vient après La Fontaine, comme Regnarddansl’ordre des poètes comiques vient après Molière. Il est du siècle de Louis XVI, comme La Fontaine était du siècle de Louis XIV. Il y a un monde, j'allais presque dire il y a une révolution entre eux. Aussi la morale du commensal du duc de Penthièvre est-elle plus libre, plus claire, plus fière que celle du familier de Mrne de la Sablière, plus indépendante de tout joug de situation, de toute corde de nécessité, comme disait Pascal. Florian n’a rien du courtisan ni du parasite, il n’est pas obligé de dorer la pilule. Il est plus hardi que le bonhomme et d’une malice sans sournoiserie et sans réticence. La veine du sentiment coule de source chez lui. Il a le goût de la nature. C’est vm idyllique sincère. Nous avons relu ses fables avec un plaisir mêlé de surprise, celui qu’on éprouve à voir un homme placé moins haut qu’il ne le mérite. Beaucoup de ces fables sont de vrais chefs-d’œuvre. Il faut savoir gré à M. Jouaust de nous avoir ménagé cette entrevue avec un homme trop peu connu, très bien introduit auprès de nous, dans une notice de notre ami M. Honoré Bonhomme, à laquelle nous ne ferons en souriant que le reproche de trop montrer la dent qu’il a contre Sainte-Beuve, et d’engager trop souvent avec un critique qui fut trompé parfois, n’étant pas infaillible, et savait peut-être moins bien son Florian que M. A. Bonhomme et aussi son Piron et son Collé, des escarmouches un peu chicanières.
- C’est M. Maurice Tourneux qui nous présente, avec sa saveur habituelle d’information exacte et de commentaire piquant ce pastiche ingénieux des romans antiques, ces Soupers de Daphné de Meus-nier de Querlon, mieux inspiré, selon nous, dans l'histoire de Psaphion, la courtisane de Smyrne. L’eau-forte de M. Lalauze est charmante comme toujours.
- Les dilettanti de la passion livresque, les amateurs des spirituelles variations sur leur thème favori, se délecteront àla lecture de cette histoire de la reliure que M. Octave Uzânne a écrite pour un éditeur curieux comme lui, de l’exquis et du rare, et passionné pour l’originalité et le style dans l’art d’habiller le livre. Les vicissitudes traversées parla mode et le goût à propos de ce vêtement, de cet hajit du livre, habit de bois d’abord, ou d’ivoire, puis armure de fer, puis pourpoint de brocart, de velours, de soie, puis justeaucorps de maroquin, orné de toutes les damasquinures du génie oriental avec sa forte ou subtile odeur levantine, chère au nez du curieux, douée de la propriété d’écarter le ver rongeur, maudit de l'amateur et du marchand, constituent un récit plein de variété et qui a aussi ses leçons. C’est un régal de haut goût que cette dissertation sans pédantisme, mais admirablement informée , d’un écrivain qui connaît son sujet à fond , et n’en donne que la fleur piquante. Soixante-douze planches comprenant dans la fidélité minutieuse de l’image héliographique autant de types et de spécimens de la reliure ancienne et surtout contemporaine dans ce qu’elle a de plus ingénieux et de plus élégant, sont un digne commentaire pittoresque de cette histoire extérieure du livre écrite par un véritable ami des livres , qui en a fait déjà tant d’érudits, de piquants, de malins, de spirituels enfin comme lui.
- M. de Lescure.
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- AVIS COMMERCIAUX
- TURQUIE
- CONSEILS AUX IMPORTATEURS
- Le Consul de Belgique à Salonique adresse les avis suivants aux négociants importateurs en Turquie :
- Les traités de commerce entre la Turquie et les puissances étrangères étant expirés, tous les ar ticles étrangers payent actuellement un droit d'en trée ad valorem de 8 0/0. Ce droit est estimé par un fonctionnaire spécial de la douane. En cas de contestation avec la douane sur l’estimation de la marchandise, le réceptionnaire a le droit d’acquitter le prix d’entrée en nature. Pour ce qui regarde le payement du droit de douane en ar-
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- 43G — Deuxième Année. — N° io3.
- gent, j’ai déjà relaté que les négociants peu honnêtes parviennent à ne payer que 5 ou 6 o/o en dissimulant la valeur réelle de la marchandise, et ce au détriment du Trésor et des autres commerçants honnêtes. La douane, lorsqu’elle perçoit le droit en nature, est obligée de mettre la marchandise en vente à des prix inférieurs à ceux auxquels elle l'a prise, afin d’arriver à s’en défaire, et de cette manière elle fait concurrence aux commercants importateurs. Ces inconvénients disparaîtront sans doute par l’application; du nouveau tarif douanier dont on attend la promulgation.
- Je terminerai ce rapport en commandant à nos fabricants de se mettre en relations d’affaires avec ce pays, par l’intermédiaire d’agents qui, munis d’échantillons, feraient connaître leurs produits sur place et chercheraient à en procurer le placement. Ils devront choisir des agents intelligents, capables et surtout honnêtes, qui sauront n’accorder que des crédits justifiés.
- ROUMANIE
- DÉVELOPPEMENT. DES IMPORTATIONS FRANÇAISES.
- DURÉE DES CRÉDITS A ACCORDER
- Je crois utile, écrit le Consul de France à Galatz, d’appeler l’attention du commerce français sur le nouveau système de concurrence adopté ici par les étrangers. Ces derniers, après avoir essayé d’expédier des marchandises à prix réduits, nonobstant leur qualité, luttent aujourd’hui au moyen des termes de payement.
- L’Agence commerciale française qui est établie dans la ville de ma résidence ayant, par exemple, à proposer des draps provenant d’une des maisons les plus sérieuses de Sedan, ne peut offrir à ses clients qu’un délai de quatre mois d’expédition ou de facture. Or, les Allemands et les Austro-Hongrois (il est facile de le constater par les factures) accordent sept, huit et meme neuf mois à partir de la date d’arrivée. La marchandise française mettant en vitesse moyenne vingt jours à venir, le destinataire n’a donc que trois mois et dix jours pour l’écouler avant de la payer, tandis qu’avec la marchandise allemande, il profite de sept, huit et neuf mois pleins.
- Les Anglais vendent en principe au comptant : seulement, comme on sait que, dans nos régions, aucune affaire ne serait possible dans ces conditions, des intermédiaires (israélites pour la plupart) s’interposent entre le fabricant et le destinataire, soldent comptant l’article, le revendent au même prix, mais à terme, et se contentent en fait de bénéfice d’un léger escompte que leur accorde la fabrique pour l’avance des fonds. C’est, en somme, une opération de banque qui n’augmente que d’une façon insensible les prix de la marchandise et qui permet d’acorder les crédits demandés.
- L’exemple indiqué pour les draps s’applique également à nombre d’autres articles où nous nous trouvons en concurrence avec des étrangers. Si le commerce français ne tient pas compte de ces observations, il s’exposera à perdre de ce chef les marchés du Levant, comme il les. a autrefois perdus par l’élévation des prix.
- Il est vrai qu’une prolongation de délai dans les crédits peut inquiéter nos compatriotes qui objecteront que leurs factures restent souvent impayées. Mais le client auquel la marchandise est expédiée à un chiffre arrêté d’avance ne s’engage-t-il pas à accepter sa qualité pour telle ? Nous devons arriver ainsi à un système de confiance réciproque. Des pertes seront signalées au début, j’en suis convaincu : toutefois, le vendeur connaîtra bientôt les bonnes maisons et saura faire son choix. Dans ces circontances, le concours de l’Agence commerciale française de Galatz lui sera très avantageux. D'ailleurs, avant de donner suite à une affaire importante, l’intéressé aura à profiter des éléments d’information qu’offre ma résidence : je citerai le Consulat, la Chambre de Commerce française et la Banque de Roumanie.
- JAPON
- ENSEIGNEMENTS SUR LE COMMERCE D’IMPORTATION
- Le Moniteur officiel du Commerce, du 4 novembre, a fait connaître, d’après le Consul de
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 18S9. Dimanche 19 Décembre 1886.
- France à Yokohama, qu’il existait au Japon un Hong-list, c’est-à-dire un Bottin contenant, outre nombre de renseignements intéressants, une table de tous les résidents étrangers. Cette publication, ajoutait-on, est annuelle et rédigée en anglais. Elle se trouve à la librairie Ame'dée Prince , à Paris.
- D’après de nouveaux renseignements, il convient de modifier et de compléter ainsi l’indication qui précède : L’ouvrage en question, le Japan Direc-tory, est à la disposition des personnes qui désireraient le consulter dans les bureaux de la maison Amédée Prince et Ci0, commission et publicité, 36, rue Lafayette, à Paris.
- MEXIQUE
- importation de machines et d’instruments agricoles
- Le Mexique semble disposé à faire à l’étranger d’importants achats de machines et d’instruments pour l’agriculture. Des fabricants européens ont envoyé des représentants pour se rendre compte des besoins du pays et des conditions de vente. Les Américains conduisent à leurs frais des machines à Mexico, et leurs agents sont chargés de les faire fonctionner en public, pour en démontrer les qualités. La Kolnische Zeitung engage les fabricants allemands à agir de la même façon, et à accorder aux acheteurs les mêmes, avantages que peuvent accorder les Américains.
- INDO-CHINE
- entraves apportées a l’approvisionnement de
- charbon a singapore et au chargement d’un
- FRET DE RETOUR.
- On écrit de ce port au Moniteur officiel du commerce : Les vapeurs charbonniers, communément appelés ditchers sur la place, après avoir déposé à quai leur chargement, cherchent généralement ici un fret de retour à bas prix, gâtant de la sorte les cours du moment et faisant aux vapeurs des grandes lignes anglaises une concurrence des plus gênantes. Malheureusement pour les ditchers qui visitaient Singapore, ces grandes compagnies s’organisèrent en syndicat, au mois de janvier dernier, pour la défense de leurs intérêts communs et dans l’intention d’enrayer la baisse des frets.
- Elles atteignirent ce résultat à l’aide d’une habile transaction sur le cours des frets avec le commerce local et, enhardies par ce premier succès, elles n’ont cessé, depuis lors, d’agir d’un commun accord en toutes circonstances.
- La conférence, c’est ainsi que l’on a dénommé ce syndicat, s’est dit que son intérêt commandait l’exclusion des charbonniers des eaux de Singapore. Pour y arriver, elle a défendu à ses agents d’acheter les chargements de ces navires et de leur laisser obtenir du fret à aucun prix, offrant des facilités aux négociants que les bas prix de ces bateaux pourraient tenter. Il en est résulté que, seuls, les voiliers ont continué à apporter de Car-diffle charbon nécessaire aux détroits.
- Pour mieux affirmer encore son intention bien arrêtée de ne pas se départir de ce système exclusif, en même temps que pour prouver qu’elle dispose des moyens nécessaires de le mener à bonne fin, la conférence a élargi sa sphère d’action et s’est attaquée à des vapeurs de même mérite que les siens, les empêchant de placer leur chargement ici ou dans les ports de Chine et de trouver du fret, même à des prix dérisoires C’est ainsi, entre autres exemples, qu’un beau vapeur, entièrement neuf, arrivant en Chine pour y prendre du thé, ne put en obtenir une seule caisse, bien que la marchandise fût abondante et qu’il offrît des conditions d’un bon marché exceptionnel.
- Des faits de cette nature montrent qu’il est inutile, dans l’état des choses, de chercher à lutter contre la conférence, aussi bien à Singapore qu’à Hongkong et sur toute la ligne.
- MAROC
- RELATIONS COMMERCIALES AVEC LA FRANCE .
- Le consul de France à Mogador écrit que la reprise des affaires s’est accentuée. Les importations de provenance française qui se chiffraient par 70 tonnes le mois dernier, ont dépassé i5o
- tonnes dans le cours de septembre. On se reprend à demander maintenant en France certaines marchandises qu’on s’était déshabitué de prendre chez nous, le plomb et le cuivre par exemple. Si une concurrence plus étendue s’établissait, nos affaires avec le Maroc prendraient une extension de beaucoup plus considérable. Il y a une foule d’articles que nous pouvons livrer dans des conditions tout aussi bonnes, sinon meilleures, que l’Allemagne ou l’Angleterre ; mais nos maisons ne sortent pas assez de leurs anciennes habitudes commerciales et risquent de voir des débouchés assurés se perdre par leur faute. Nos concurrents viennent en personne solliciter le client, modifient leur mode de fabrication au gré des marchands, donnent des facilités pour les payements et imitent nos marques de fabrique, ce qui nous déconsidère si la marchandise est de mauvaise qualité, car on la croit d’origine française, et ce qui nous enlève un marché, si la marchandise est acceptable.
- LES THÉÂTRES
- théâtre des menus-plaisirs : Volapuk-Revue, quatre actes et sept tableaux de MM. W. Busnach et Â. Vanloo.
- Fidèle à une tradition établie depuis le début de sa direction, M. Blandin nous a convié cette semaine à la première audition de sa revue de fin d’année. Ce genre de spectacle avait eu pour s’acclimater au boulevard de Strasbourg, deux précédents heureux, et il ne ,semble pas qu’en s’adressant cette année à de nouveaux auteurs, je dis nouveaux par rapport au théâtre des Menus-Plaisirs, M. Blandin ait eu la main malheureuse. Volapuk-Revue me paraît appelée en effet à continuer une série de succès brillamment commencés avec ses aînées, Au clair de la Lune et Pêle-Mêle-Ga\ette, qui réunissent à elles deux trois centenaires.
- Il faut reconnaître que la direction n’a rien négligé pour loger convenablement et pour vêtir superbement sa nouvelle pensionnaire. Décors et costumes sont d’une richesse et d’un goût qui font le plus grand honneur aux artistes qui les ont signés. Quant à la revue elle-même on n’attend pas de moi que j’en fasse ici l'analyse. Cela se voit, cela fait rire, mais cela ne se raconte pas. Les noms des deux auteurs sont d’ailleurs une garantie suffisante et dire que Volapuk-Revue est signée de MM. William Busnach et Albert Vanloo, c’est dire, n’est-ce pas? que les divers incidents de l’année nous y sont présentés sous une forme spirituelle toujours, ingénieuse souvent et que le goût le plus chatouilleux n’y saurait rien trouver à reprendre. Volapuk-Revue a d’ailleurs le mérite d’être écrite sur ce ton de gaîté bon enfant qui plaît toujours au Parisien, et qu’elle nous promène dans les coulisses du théâtre, aux Porcherons, à Vincennes pour le retour des troupes du Tonkin, ou à bord d’un transatlantique pour le défilé obligatoire des succès et des fours de l’année théâtrale. C’est toujours le rire gaulois qui lui sert de guide sous les traits séduisants de la charmante Bépoix où dans l’incarnation populaire du grand Paulus.
- Car c’est Paulus, le seul, le vrai Paulus qui sert de compère à Volapuk-Revue. Et c’est là une idée générale de la direction que de n’avoir reculé devant aucun sacrifice pour s’assurer Y original-comic, pour le poste laissé vacant par le départ de Fusier. Moins varié que celui-ci, Paulus qui abordait pour la première fois un rôle de longue haleine, a su, toutefois, y plier sa nature, et son uniformité n’a pas engendré l’ennui... au contraire !
- Et puis, comme je le disais au début, M. Blandin qui aurait pu se dire avec quelque apparence de raison : « Paulus et c’est assez » n’a pas voulu en rester là. Tout au contraire, dans Volapuk-Revue, il a voulu multiplier les attractions autour de cette attraction hors ligne. Le succès très franc de la première, en se transformant en succès fructueux par la suite, sera, la juste récompense de ses intelligents efforts. Georges Grisier.
- Le Gérant, GARREAU
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et O, rue de la Préfecture, 6.
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- Le Moniteur
- DE
- L’EXPOSITION DE 1889
- Rédaction et Administration : 18, rue Bergère, 18, a Paris
- DEUXIÈME ANNÉE. Dimanche 26 Décembre 1886. NUMÉRO 104.
- SOMMAIRE :
- 1. L’Exposition de i88q: Demandes d’admission; 2 Sous-commis-sion de l’exploitation ; 3. Sous-commission des Finances ; 4. Comité technique des machines ; 5. Adjudication des travaux des terrassements et maçonneries pour fondations ;
- 6. Conférence de M. Georges Berger sur l’Exposition de 1889I;
- 7. La Chambre de commerce de Paris et l’Exposition de 1889 ;
- 8. Exposition de Toulouse; 9. Exposiition de Liverpool ; 10. Échos; 11. Variétés; 12. Les Livres ; i3. Avis com merciaux.
- A cause des fêtes de Noël, la commission de contrôle et de finances de l’Exposition de 1889 ne s’est pas réunie le 24 décembre ; elle ne se réunira pas non plus le 3 1 décembre.
- L’EXPOSITION DE 1889
- DEMANDES D’ADMISSION
- Un grand nombre d’industriels de Paris et des départements adressent journellement, soit à M. le ministre du commerce et de l’industrie, soit au directeur général de l’exploitation, des demandes d’admission à l’Exposition de 1889, sous forme de lettres ordinaires.
- Il est utile de rappeler que ces demandes doivent être rédigées sur des formules spéciales, qui sont tenues à la disposition des intéressés :
- i° A Paris : au ministère du commerce et de l’industrie, quai d’Orsay, n° 2 3, et boulevard Saint-Germain, n° 244 ; — aux bâtiments d’administration de l’Exposition, avenue la Bour-donnaye et rue de Varenne, n° 80 ; — au tribunal et à la chambre de commerce ;
- 20 Dans les départements : aux préfectures, sous-préfectures, chambres de commerce, tribunaux de commerce, chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités départementaux ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auront désignés.
- SOUS-COMMISSION DE L'EXPLOITATION
- La sous-commission de l’exploitation s’est réunie le mercredi, 22 décembre, à quatre heures, au ministère du commerce et de l’industrie.
- Elle a examiné la question du catalogue, au point de vue de sa confection.
- Elle a décidé dans quel ordre les différentes classes de l’Exposition y figureraient.
- Puis elle a réglé certains détails typographiques.
- La sous-commission a ensuite discuté l’importante question de la publicité à l’intérieur de l’Exposition.
- SOUS-COMMISSION BEs FINANCES
- La sous-commission des finances a tenu séance à quatre heures et demie.
- L’ordre du jour portait : i° Adjudication du catalogue;
- 20 Publicité à l’intérieur de l’Exposition;
- 3° Soumission Donon et Baudet ; location de hangars pour l’agriculture.
- La question de l’adjudication du catalogue et celle de la publicité à l’intérieur ont été envisagées au point de vue du rendement.
- Quant à la soumission Donon et Baudet, on ne nous a pas fait connaître le résultat de la délibération de la commission sur ce point.
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- COMITÉ TECHNIQUE DES MACHINES
- Le comité technique des machines, nommé pour assister le directeur général de l’exploitation de l’Exposition de 1889, a tenu, le 21 décembre, une importante séance.
- Le chef du service mécanique a exposé un plan des dispositions à prendre pour assurer économiquement et dans les meilleures conditions la distribution de la force motrice nécessaire au fonctionnement des machines de l’Exposition.
- Tous les constructeurs de France et une grande quantité de constructeurs étrangers ont déjà assuré de leur concours M. Georges Berger, directeur de l’exploitation, et l’on peut être dès à présent persuadé que l’installation mécanique de l’Exposition de 1889 sera en tous points supérieure à celle de toutes les expositions précédentes.
- ADJUDICATION DES TRAVAUX
- DES
- TERRASSEMENTS & MAÇONNERIES pour FONDATIONS
- Le 20 décembre, à une heure de l’après-midi, il a été procédé, au palais du tribunal de commerce, par les soins du conseil de préfecture, à l’adjudication des travaux de terrassement et de maçonnerie à exécuter pour les fondations des galeries des expositions diverses et annexes dans le Champ-de-Mars..
- L’adjudication ne comprenait qu’un seul lot. Les travaux étaient évalués à 482,285 francs comme on a pu s’en rendre compte par le détail estimatif que nous avons publié dans notre dernier numéro.
- Quarante-deux soumissionnaires se sont présentés. Deux d’entre eux, M. Manoury et M. Gaillot, offraient chacun un rabais de 32 0/0. C’est en fin de compte M. Manoury qui a été déclaré adjudicataire avec un rabaisde 33 fr. 60, son concurrent n’ayant offert qu’un rabais de 32 fr. 5o.
- CONFÉRENCE
- DE M. GEORGES BERGER
- sur l’exposition de 1889
- M. Georges Berger a fait, mardi dernier, à la Société de géographie, boulevard St-Germain, une très intéressante conférence sur l’Exposition universelle de 1889,^
- Il a d’abord fait l’historique des onze expositions qui se sont succédé en France, de 1798 à 1849, expositions purement nationales et dont les lecteurs de ce journal connaissent tous les détails. L’orateur constate que la première exposition digne de recevoir le qualificatif ôl universelle fut faite à Londres, en 1851. Ce ne fut qu’à la suite de cet essai que la France organisa les grands concours de 1855, de 1867 et de 1878.
- L’Exposition de 1855, au Palais de l’Industrie, et celle de 1862, à Londres, péchèrent par la méthode ; les différents groupes n’avaient été que médiocrement classés.
- C’est en 1867 que M. Leplay, dontM. Berger se flatte d’avoir été l’élève et le collaborateur, conçut un système de classification générale I reposant sur l’ordre philosophique des choses. Ce système, « qui est comme le code de toutes les expositions », dit le conférencier, comprend d’abord trois grandes divisions : l’agriculture, les beaux-arts et l’industrie. Les deux premières auront toujours chacune un compartiment séparé; quant à la troisième, l’industrie,comme elle répond à trois besoins — aliment, vêtement, mobilier — elle est subdivisée en trois sections. En y joignant les « produits bruts », puisqu’il faut partir de la matière première, on obtient les neuf groupes suivants : 10 oeuvres d’art, peinture, sculpture, etc., 20 matériel d’écoles de beaux-arts; 3° mobilier, ameublement, habitation, etc. ; 40 tissus, vêtements, costumes, etc. ; 5° produits bruts ; 6° machines ; 70 produits alimentaires ; 8° agriculture et pisciculture ; 90 horticulture.
- En 1867, une forme à peu près elliptique fut donnée au palais; chaque nation obtint un secteur, et dans le même compartimentfurent placés les divers produits exposés par elle. En 1878, la même division fut adoptée, mais Je palais était rectangulaire.
- Malgré les soins apportés, en i8Ô7eten 1878, une partie du public se plaignait de la réunion dans un seul palais de tous les produits et de la distance à parcourir pour les visiter.
- La classification de M. Leplay a été adoptée pour 1889 dans ses lignes générales et dans le catalogue. Mais, à l’ordre compact dans un palais unique qu’il avait imposé, M. Berger a substitué ce qu’il appelle: l’ordre disséminé, c’est-à-dire qu’il remplace le palais unique tradi-tianel par divers palais.
- C’est ainsi qu’il y aura à l’Exposition du centenaire le palais des Arts libéraux, le palais des Beaux-Arts, la galerie des Machines, etc. Cette dernière sera composée d’une nef de 410 mètres de longueur sur i5o mètres de largeur et l’arc en acier qui doit soutenir la toiture aura 42 mètres de hauteur, c’est-à-dire 6 mètres de plus
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- 4-)S- — Deuxième Année — N° io|.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Décembre tS8(>
- que la colonne Vendôme. Une force motrice de
- 2.500 chevaux sera mise à la disposition des exposants ; en 1867, cette force n’était que de goo chevaux, et en 1878 de i.goo chevaux. M. Berger est déjà en possession de tout le matériel nécessaire pour fournir cette force de
- 2.500 chevaux.
- La galerie des machines sera séparée du palais principal par un jardin : là, se trouveront les sections industrielles séparées par une avenue monumentale. Dans le prolongement, se trouve le palais des arts libéraux et celui des beaux-arts. En avant, dans le square actuel du Champ-de-Mars, on placera la tour Eiffel, M. Berger est partisan de la construction de cette tour.
- « On a tort, dit-il, de critiquer l’aspect qu’elle présentera ; on ne peut encore s’en faire une idée. Comme on l’a fort bien dit, on ne sait pas ce que cette tour peut donner au point de vue des expériences scientifiques. »
- En ce qui concerne la tour Eiffel, M. Berger déclare qu’il en est absolument partisan, parce que, en matière d’exposition, il faut se lancer dans l’inconnu. Nul ne peut encore prévoir | l’effet que produira cette tour immense au-dessus d’une sorte d’arc-en-ciel. Au point de vue scientifique, qui peut dire les découvertes qu’on parviendra à faire avec une aussi grande verticalité ? Qui sait si l’on ne parviendra pas à régulariser la force électrique à laquelle elle donnera lieu ? C’est un inconnu hardi et digne de la France. Si l’on ne réussit pas, tant pis, mais si l’on réussit, la France en sera d’autant plus glorifiée.
- L’agriculture, poursuit M. Berger, établie le long du quai jusqü’à la rue de Constantine, occupera 28,000 mètres carrés environ. Sur l’esplanade des Invalides, les expositions des ministères, des colonies et protectorats français ; au Trocadéro, l’exposition florale.
- Il n’y aura pas d’exposition rétrospective des beaux-arts, « parce qu’on a épuisé la patience des collectionneurs en 1867 et en 1878 », mais une exposition anthropologique et une exposition rétrospective industrielle ; 89 n’est pas seulement la date de notre émancipation, c’est aussi l’époque où florissaient Volta, Fulton, Ober-kampf, Philippe de Girard, Jacquard, Montgol-fier ; il sera intéressant de retrouver les spécimens des métiers d’alors et de les comparer à l’outillage dont dispose l’industrie moderne... Enfin, à cette exposition on en soudera un autre, dite d’économie sociale, où auront lieu des congrès et des conférences. « La gaieté française, ajoute M. Berger, qui est la plus belle, la plus élevée et la plus spirituelle des gaietés, aura une large place à l’Exposition : nous organiserons des festivals, des cavalcades ; nous élèverons de nombreux établissements de délassement, des cabarets de forme joviale, mais décente, comme il convient aussi au caractère officiel de l’Exposition. Nous tâcherons même d’y ressusciter la vieillè chanson, avec sa malice et son ton frondeur, pour faire concurrence aux cafés dits chantants, où l’on applaudit plus par pitié que
- LA CHAMBRE DE COMMERCE EXPOSITION DE LIVERPOOL
- DE PARIS
- ET L’EXPOSITION DE 1889
- Dans une de ses dernières séancest la Chambre de commerce a pris acte d’une communication de M. le Ministre du Commerce qui, en remerciant cette Assemblée de son offre de ooncours à l’occasion de l’Exposition de 1889, lui faisait envoi du recueil des principaux documents officiels et de plusieurs exemplaires du règlement général de cette Exposition.
- La Chambre a décidé que ces documents, ainsi que les formules de demandes d’admission, déposés à son Secrétariat, seraient tenus à la disposition des intéressés.
- D’autre part, en ce qui concerne une réclamation du commerce des vins et spiritueux contre la répartition des liqueurs en deux classes distinctes, le Ministre, prenant en considération le vœu de la Chambre de commerce, déclarait que cette question allait être étudiée et qu’il ferait connaître ultérieurement la décision intervenue.
- Considérant, enfin, qu’il y avait, pour la Chambre de commerce, opportunité à constituer, dans son sein, une Commission spéciale, chargée d’étudier toutes les questions se rattachant au règlement général de l’Exposition, et j particulièrement aux classements qui pourront donner lieu à des réclamations, il fut décidé que ladite Commission serait composée comme il suit :
- M. Marcilhacy, pour les tissus ;
- M. Mignon, pour les métaux et machines ;
- M. Jarlauld, pour les vins et spiritueux ;
- M. Fortier-Beaulieu, pour les cuirs et peaux ; M. Weber, pour les articles d’ameublement ; M. Martial-Bernard, pour l’orfèvrerie.
- par conviction... Nous aurons donc des guichets ouverts le soir, excepté au Trocadéro, le long des quais et dans la galeries des machines. Une force motrice de neuf mille chevaux (indépendamment de celle de deux mille cinq cents chevaux citée plus haut), permettra d’obtenir trente mille lampes électriques incandescentes. »
- Grâce à ces principes, l’Exposition de 1889 est appelée à obtenir un succès supérieur encore à celui qu’ont obtenu les Expositions de 1867 et de 1878.
- L’orateur termine en affirmant que tout le monde se prépare avec ardeur en vue de l’Exposition de 1889 l <K car tout monde sait que ce n’est point une affaire politique, que c’est au contraire le repos de la politique, que c’est, en un mot, le centenaire de l’émancipation sociale qui a permis de réaliser tant de merveilles depuis un siècle. »
- EXPOSITION DE TOULOUSE
- Spécimen des médailles offertes aux Exposants
- Nos lecteurs savent que la ville de Toulouse prépare en ce moment une exposition des produits de l’industrie, de l’agriculture et des beaux-arts, qui s’.ouvrira le i5 mai 18S7 et durera cinq mois. L’Etat accorde son patronage à cette grande 1 entreprise, dont les ministres de l’industrie et du j commerce, de l’agriculture, des postes et des télégraphes ont accepté la présidence d’honneur.
- La municipalité dirige elle-même l’exposition avec le concours des notabilités locales, des chambres et des tribunaux de commerce du Midi. Les bâtiments qu’on est en train de construire couvriront une surface de 25,000 mètres, au milieu des splendides jardins publics qui ont plus de 8 hectares d’étendue, non loin du centre même de la ville.
- Le capital de garantie, entièrement souscrit, est de 700,000 francs.
- On avait d’abord songé à n’accepter que les envois de la France et de ses colonies, de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie. Mais des sollicitations très sérieuses ont fait ouvrir plus largement la porte, et toutes les nations sont appelées à concourir dans plusieurs groupes considérables, tels que ceux de l’électricité, de la viticulture et de la meunerie.
- L’exposition sera digne de la capitale géographique, littéraire et scientifique du midi de la France, dont les relations commerciales avec l’Espagne ont une importance exceptionnelle.
- Les personnes qui désirent exposer peuvent demander des renseignements au siège du comité i de Paris, 18, rue Bergère.
- Liste complète et définitive des médailles et
- MENTIONS ACCORDÉES AUX EXPOSANTS FRANÇAIS , PAR LE JURY DE L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE LIVERPOOL DE 1886 :
- Médailles d’or
- MM. Barbier et Fenestre, 82, r. Curial, Paris. Bardou, 18, r. Saint-Sauveur, Perpignan. Caillar, Bayar et C‘®, 87, r. Grange-aux-Belles, Paris.
- E. Beinaert, Bergues, près Dunkerque.
- Th. Bellemer, 52, quai des Chartrons, Bordeaux.
- Borgest et Regad, 84, r. du Temple, Paris. Boutellan, Barbézieux et Cognac."
- Brusson jeune, Villemur (Haute-Garonne). Carré et Barau, Reims.
- H. Chevrot, 1, Bd Strasbourg, Paris.
- Roger Cirbiot, Angoulême.
- Chalut-Voiry, 18, r. delà Flarpe, Tours. Danielli, 106, Bd Saint-Germain, Paris.
- A. Dartout, 28, r. Paradis, Paris.
- A. de Galigny, Mis, 18, r. de l’Orangerie, Versailles.
- Delmon et Cie, 9 et 11, r. de la Brède, Bordeaux.
- G. Denize et fils, Meulan, Seine-et-Oise).
- Dyle et Baccalan, i5, av. Matignon, Paris. Drouard frères, 96, Bd Beaumarchais, Paris. Dubourguet et Girard, 33 bis, Bd Magenta,
- Paris.
- Dubourguet, Girard, Olive et Gio, 33, bis, Bd Magenta, Paris.
- Dumont et Lelièvre, les Andelys (Eure). Durafort, 162, Brd Voltaire, Paris. Durand-Roche, 10, r. Turbigo, Paris.
- H. -F. Duval, aux Augustins, Frg Saint-Etienne, Pontarlier.
- Evette, 14, Brd Montmartre, Paris.
- Filleux frères, 40, r. du Pons, Cognac.
- E. Fortin, usine de la Marette, Clermont (Oise).
- Gasquiel et Donzel, 3o,r. Rambuteau, Paris. Gavioli fils, i5, r. des Charbonniers, Paris.
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- Deuxième Année. — N° 104.
- LE MONITEUR DE L'EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Décembre 1886. — 439.
- MM. L. Genevois et Cio, 7, r. de Jouy, Paris.
- Guesquier et Bouisset, 5, pl. Saint-Martin, Lille.
- Jules Hautecœur, 12, r. de Rivoli, Paris. Haviland et Cie (Limoges), 60, r. du Frg Poissonnière, Paris.
- A. Hugnet, 99, r. Saint-Antoine, Paris.
- G. Jannin, 27, Av. des Ternes, Paris.
- J. Hel, 14, r. Nationale, Lille.
- G. Jean, r. du Cygne, Paris.
- A. Lacroix, 186, Àv. Parmentier, Paris.
- P. Legrand, 53, Brd Picpus, Paris.
- Leloir frères, 14, r. Commines, Paris. Menessier, 39, r. Popincourt, Paris. Michelet, 76, r. de Rennes, Paris.
- Mme ye Morel, 62, r. de Rivoli, Paris.
- MM. A. Normand, 67, r. Perrey, Paris.
- P. Alexandre, 38, r. Dubois, Lyon.
- E. Pirou, 5, Brd Saint-Germain, Paris. Prévost, 14 bis, r. des Minimes, Paris.
- Mme Pelouze, château de Chenonceau (Indre-et-Loire).
- MM. Richard frères, 8, imp. Fessard, Paris.
- Mme ve j. Roger, 27-20, r. Turbigo, Paris.
- MM. Rome Bertrand, fils, Grasse (Alpes-Maritimes).
- G. Sabatier, Nîmes (Gard).
- Sablonnière, g, r. de Montmorency, Paris. C. Scheidel, 1, r. Castiglione, Paris.
- Soleau, 38, r. de Turenne, Paris.
- Tancrède frères, 28, r. Baudin, Paris. Tivollier, r. d’Alsace-Lorraine, Toulouse. Toirey et Maurin, 4, r. des Haudriettes, Paris.
- les fils d’Emile Tournier, Morez (Jura). Steverlynck Desmons, 10, r. d’Esquermes, Lille.
- Sordoillet, 6, r. Notre-Dame-de-Nazareth. Paris.
- Vaillant et Pruvost, Cambrai (Nord).
- . Paulin-Vessière, 12, r. du Sentier, Paris. Violet frères, Thuir (Pyrénées-Orientales). Wallet, 5, r. de l’Ouest, Paris.
- Zudener, 2, r. de la Roquette, Paris. Margaine, 22,r. Béranger, Paris.
- Lucy, 5y, r. de Mareil, Saint-Germain-en-Laye.
- Chineau, 10, Brd Poissonnière, Paris.
- F. Perrière aîné, 44, Av. Suffren, Paris. Lemale, 3, r. de la Bourse, Le Havre.
- Pinet (Léon), 14, r. Morand, Paris. Ackermann-Laurance, Saumur (Maine-et-
- Loire).
- Pierre Aubrun, 62, Brd Montparnasse, Paris. Ditely, 18, r. des Ecoles, Paris.
- Dr Pierre, 8, pl. de l’Opéra, Paris.
- Monier, 191, r. de la Pompe, Passy. Buhaud, L.-V., Constantine (Algérie), baron de Boissonet, à El-Biar id.
- .Calmet, à Médéah, id.
- Daudet, à Médéah, id.
- Decaillet, à l’école de Rouiba, id.
- Delbays jeune, à Alger, id. colonel Fallet, à Médéah, id.
- Fondère neveu, à Oran, id.
- J.-B. Georges, à Hassen-Ben-Ali, id. Giraud-Lezin, à Blidah, id.
- Mme Humbert, à Rouiba, id.
- MM. Rocher, à Alger, id,
- Lefebvre, à Jemmapes., id.
- Le Laurain, à Staouéli, id.
- Leroux, à Mustapha, id Lévy-Cram-Cha, à Bouzare'ah, id.
- Martel, à Bouzaréah, id.
- MM. les Missionnaires delà Maison-Carrée, id. Marius Mulsant, à Birkadem, id.
- Louis Nicolas, à Médéah, id.
- Pelling, à Alger, id.
- Sady (Léopold), à Médéah, id.
- Sauveton, jeune, à Marengo, id. les Trappistes, à Staouéli, id.
- Giot, capitaine de port, à Cherbourg.
- Nota.— M. Groult jeune, 12, r. Saiht-Appoline, à Paris, produits alimentaires et pâtés, a été déclaré « hors concours », par le jury, à cause de la très grande supériorité de ses produits.
- Médailles d'argent
- MM. Amanieux et Navilie, Sainte-Foy-la-Grande (Gironde).
- Amette fils, 12, r. de Nice, Paris.
- P. Andrieux, 25, r. Monge, Paris.
- Angenot, 18, r. Chapon, Paris.
- Arnaud fils, Narbonne.
- Asconobit fils, Soustons (Landes).
- Abauzit et Aubrespy, Uzès (Gard).
- Mme Ve Barbier jeune, Begadan (Gironde).
- MM. Barriol, Merendon et Cie, 14, r. Saint-Denis, Aubervilliers (Seine).
- Basset et Vinet, Aubervilliers.
- J. Bazinet, 1, quartier des Augustins, Pon-tarlier (Doubs).
- Beauhaire et Boudard, 21, r. des Ecouffes, Paris.
- Benoit, 27, rue Saintonge, Paris.
- A. Bénard, 8, cité du Petit-Thouars, Paris. Girard Saint-Blancat, 35 bis, r. de Médoc, Bordeaux.
- MM. L. Bohn, 29, passage des Favorites, Paris. Boixeau et Cie, rue du Jardin-Public-, Bordeaux.
- Braille, 4, r. du Cygne, Paris.
- Mme Ve Guérin Brécheux, 1, Brd de Strasbourg, Paris.
- MM. A. Buisson fils, rue du Jardin-Public, Bordeaux.
- J. Bulot, 3, r. Chapon, Paris.
- E. Bures aîné, 3o, r. de Geôle, Caen.
- C. Candeil, r. des Couteliers, Toulouse. Chopard frères, 35, r. Chapon, Paris.
- Louis Chopin, Stains (Seine).
- Coste et Barret, 8, r. du Canard, Limoges. Cottance, Bozat et Cie, 38, Brd de Sébastopol, Paris.
- Cornillat, Briare (Loire).
- Delaunay Delamotte. Tours, de Maurois, Maire et Cie Lacaune (Tarn).
- J. Devilliers, Montrouge (Seine).
- Dubonnet frères, 49, r. Sainte-Anne, Paris. G. Dutel, 80, rue d’Aboukir, Paris.
- A. Eiscureich, Romans (Drôme). Elphinstone et Cle, Tours.
- A. Faire, Brd Saint-Michel, Paris.
- Ferret et Sicot, Port-d’Envaux, près Cognac.
- Fleury de Malescasse, Lamarque (Gironde). Auguste Fretin, 64, r. de Rennes, Paris.
- Ch. Gavoty, 2, place de la Préfecture, Marseille.
- Giguet-Leroy, 41, quai de Javel, Paris.
- L. Gilles, 76, r. Amelot, Paris.
- L. Girod, Morbier (Jura).
- E. Güüx, 27, r. Michel-Lecomte. Paris.
- E. Guitard, 53, rampe de la Tranchée,Saint-Symphorien (Tours).
- T. Joly, à Ay (Marne).
- Laffitte et Cie, 16, Brd de Strasbourg, Paris. Landry frères, Barville, par Pithiviers (Loiret).
- Laurent-Colas, Rogny-sur-Meuse, par Braux (Ardennes).
- Lemaire fils et Dumont, 59, r. Meslay, Paris.
- A. Levray fils, Petit Quevilly (Seine-Inférieure).
- S. Ligny, 11, passage Corbeau, Paris. Mattéi, Bastia (Corse).
- Marnier Lapostolle, Neauphe-le-Château (Seine-et-Oise).
- Messonet et Cie, 64, Brd Saint-Denis, Paris.
- B. Maurin,-1 5, r. de la Brède, Bordeaux.
- G. Mercier, Fécamp (Seine-Inférieure).
- R. Mille, Reims (Marne).
- Monel, 2 bis, r. du Havre, Paris.
- V. Montitou, Biarritz (Basses-Pyrénées). Monville Philobrithoëd et Ci0, Monville (Seine-Inférieure).
- Moret et Asselin, 17, r. Richard-Lenoir, Paris.
- Moulnet, 16, r. Turbigo, Paris.
- J. Mus, 48, Bd de la Contrescarpe, Paris.
- V. Nowé, 63, r. d’Alger, Marseille. Pertrou-Bassot, Nuits-sous-Beaune (Côte-d’Or.
- Mme veuve Payan, 174, r. du Temple, Paris.
- MM. Pedailles," 25, r. de Lourcine Paris.
- G. Picou, 123, r. de Paris, St-Denis (Seine). Proffit et Neveu, 56 et 59, r. Traversière, Paris.
- A. Rouchon, 49, r. de Courcelles, Paris. Roussillon, 66, r. d’Angoulême, Paris'. Société anonyme, des parfums naturels de Cannes, 14, r. Chauveau-Lagarde, Paris. Thomassou-Dalbergue, 3a et 34, r. Pastourelle, Paris,
- Vessière aîné, Baccarat.
- Vîbert, Paris.
- V. Julien, Lavaur (Tarn).
- Fortin-Picard, Beaune.
- Chaudron et Manoury, 229, Bd St-Germain, Paris.
- Les Melliers, 36, r. de la Verrerie, Paris.
- P. Leprovost, 83, r. Haxo, Paris.
- Sopet et Cahu, ardoisières de Fumay (Ardennes).
- Pierre Girault.
- Arnaudeau, 40, r. Geoffroy, Paris. Bocqiaillûn, 62, r. Beaubourg, Paris. Alexandre Larousse, Drariah (Algérie). Laurent (L.), Saint-Cloud, id.
- Lavic (L.), Héliopolis, id.
- Lebland et Raucou, Bône, id.
- Lebas, id.
- Loubatière, Marcouna-Lambèze, id. de Malglaive, Marengo, id.
- Maisonnasse, Mostaganem, id.
- MJ,e Marion, Mascara, id.
- MM. Ahmed C’Ahmed, El Isseri Palestro id.
- E. Mercier, Mousariah, id Moïse Obadia, Mascara, id.
- Ott, Mouzaia-ville, id.
- Pavrouse, Hassen-Ben-Ali, id.
- J.-F. Pinel, Gouraya,id.
- Timothée Puivarge, Ain-Iverma, id.
- Friang, Constantine, id.
- Pierre Regler, Hussein-Dey, id.
- Armand Robert, Drariah, id.
- P. Rouyer, Guelma, id.
- Société viticole d’Amourah, Dolfus-ville, id.
- MM. Theus, Joseph, Oran, id.
- Elie Toulon, Héliopolis, id.
- Vasel, Birmandreis, id.
- J. Villet, Oran, id.
- René de Sainte-Croix, Modovi, id.
- El Bastide, Bel-Abbès, id.
- Mmo Baux, Guelma, id.
- MM. L. Pitet, i3. Bd Voltaire, Paris.
- E. Ponthus, à Saint-Jean-d’Auph (Haute-Savoie).
- Médailles de bronze
- MM. Chaudron, 43, r. Berzélius, Paris.
- E. Plet, 97, r. St-Maur, Paris. Charguenaud, 64, r. Turbigo, Paris.
- Union coopérative des ouvriers en doré, 12, impasse Dupetit-Thouars, Paris.
- Barbier, 10, r. Aubriot, Paris.
- Henri Basan, 20, r. des Quatre-Fils, Paris. Bignon-Pariani, 8, r. Chauveau-Lagarde, Paris.
- L. Bonin, 8, r. des Quatre-Fils, Paris.
- P. Boudier, 24, r. de la Glacière, Paris.
- P. Brinon, 18, r. de Montmorencv, Paris. Mme Clunah, Paris et Liverpool.
- MM. Cornu, 41, r. de Vanves, Paris.
- Dinant etAUeard, 38, r. Richer, Paris.
- E. Guérin, 24, r. Laugier, à Paris.
- Laminau, à Paris.
- Lamour, 23, r. Turgot, à Paris.
- Ledouble, 19, r. Thévenot, à Paris.
- Ch. Lépine, 19, r. delà Reynie, à Paris. M“e Mathieu, r. des Immeubles-Industriels, à Paris.
- Mlle de Mernitz, 7, r. de Chateaubriand, à Paris. Manufacture des ballons parisiens (Asker fils et Cic), à Paris.
- MM. Petit frères, 65, r. de La Chapelle, à Paris. Pitolet, à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône).
- Ravenet aîné, 28, q. de Passy, à Paris.
- A Rémond, 7, r. du Parc-Royal, à Paris.
- D. Rivage, 117, Brd de La Villette, à Paris. A. Sautet, 29, r. Réaumur, à Paris. Vanderkerken,i86,Brd Haussmann,à Paris. Richard Di, à Hussein Dey (Algérie).
- Pinel jeune, à Boutlelis, id.
- Claude Rousseau, à Boussaréah, id.
- Sost, à Berrouaghia, id.
- Louis Tarbouriech, à Mostaganem, id. Tivaud, à Médéah, id.
- Cwentymann, à Saint-Denis-du-Sig, id.
- H. Viennot, aux Andalouses, id.
- E. Viguier, à Hammam R’hira, id.
- C. Wilson, à Castiglione, id.
- Antérieux, à Thiersville, id.
- Charles et Dufour, à Hammam, id.
- Bayeul aîné, à Guelma, id.
- A. Baudy, à Sidi-Chami, id.
- L. Balsa à Oran, id.
- A. Bertrand, à Lambèze, id.
- Bergue, à Coléah, id.
- C. Bovet, à Guelma, id.
- Ed. Buratte, à Oued-Imbert, id.
- J.-B. Chapuis, à Boutlelis, id. de Courtois, à Saint-Hubert, id.
- J. Cournier, id.
- Delaporte, à Jemmapes, id.
- C. Dervois, à Gouraya, id.
- Dupré de Saint-Maur, à Arbal, id.
- Gérard, à Sainte-Clotilde, id.
- P. Hovelaque, à Fouka, id.
- P. Jobert, à El Biar, id.
- E. Labarrière, à Lambèze, id.
- P. Lacroix, à Médéah, id.
- J. Martin, à Saoula, id.
- H. Martre, à Arcole, id.
- P. Montel, à Oran, id.
- O. Llouze, a Rouiba, id.
- Orlandau, à Baba-Hassen, id.
- J. Parodi, àTlemcen, id.
- H. Pécourt, à Mustapha,id.
- R. Pélissier, à Bougie, id.
- Lechaux, à Paris.
- Mentions honorables
- MM. L. Bouchu, 96, r. de la Roquette, Paris.
- G. Bonelli, q3, Ave des Ternes, Paris.
- J Conte, 22, Brd Saint-Martin, Paris. Mercier Leclerc, 28, r. Saint-Claude, Paris Fioriche, 8, r. Chauveau-Lagarde, Paris. Monin, 72, r. de Paris, Saint-Denis (Seine). Ramos et Cie, 3i, r. d’Hauteville, Pans. Jacques et Nadaud, Aubusson (Creuse).
- A. Riboulet et C‘°, 12, cité Pelleport, Paris. J. Suter, 10, r, Rochechouart, Paris.
- L. Théoule, 100, Brd Voltaire, Paris.
- R. Vaucamp, Maubeuge (Nord).
- J. Wh.ite, i3o, r. du Faubourg Saint-Martin, Paris.
- Regad et Borgest, 53, r. Turbigo, Paris. Pénitencier agricole, à Aumale (Algérie).
- J. Perais, Aïn-Smara, id.
- A. Pérou, Beni-Mered, id.
- Colombier, id.
- Picanon, id,
- Pinget (Constant), Constantine, id.
- Voir la suite page 442.
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- 440 et 441 — Deuxième Année. — N° 104.
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889,
- Dimanche 26 Décembre 18S6.
- EXPOSITION MARITIME
- DU HAVRE EN 1887
- EXPOSITION MARITIME
- INTERNATIONALE DU HAVRE EN 1887
- Ainsi que nous l’avons dit, les adhésions sont déjà parvenues en grand nombre à la direction, et les demandes d’exposer.sont dès maintenant assez nombreuses pour qu’on puisse assigner aux différentes classes de produits les emplacements qu’elles devront occuper.
- Elles seront réparties- comme suit :
- Galeries de la place du Théâtre. — Les meubles, les instruments de musique, les bronzes d’art et d’ameublement, la céramique, la verrerie, les cristaux, l’horlogerie, la bijouterie, les châles et étoffes, les objets de parure, les jouets, partie du vêtement. — Assimilés.
- Galerie du quai d’Orléans (côté Ouest). — Partie du vêtement, lingerie, bonneterie, papeterie, typographie, photographie, armes, meubles en fer, objets d’usage domestique. — Assimilés.
- Galerie du quai d’Orléans (partie centrale). — Machines, objets de mécanique générale, machines électriques , application de l’électricité , métaux divers , ouvrés, laminés,quincaillerie, matériel d’armement (fer) des navires.
- Galerie du quai d’Orléans (côté Est). — Matériel d’armement des navires (mâture, gréement, voilure). — Mobilier) — Equipement des équipages, timonerie, phares et signaux. — Instruments de navigation. — Vêtements, engins et appareils de sauvetage. — Matériaux de construction, bois ouvrés, tonnellerie. — Assimilés.
- Galerie du quai Lamblardie (côté Ouest), matériel de transport par terre (carrosserie, sellerie et accessoires).
- Galerie du quai Lamblardie (partie centrale). — Produits alimentaires, conserves, boissons fermentées et non fermentées, spiritueux.
- Galerie du quai Lamblardie (côté Est). — Produits pharmaceutiques, produits chimiques, couleurs, vernis, laques, bougies, caoutchoucs travaillés, savons. — Assimilés. Armement et matériel des pêches. — Matériel et produits de l’agriculture.
- Grande annexe de la place du Commerce. — Exposition coloniale comparée. — Colonies françaises et étrangères. —: Pays à protectorat. — Algérie.
- Grandes galeries sur la rue de Paris (à droite et à gauche de la salle des Fêtes). — Modèles, spécimens, plans, dessins des bâtiments de guerre, de commerce, de plaisance, de toute catégorie. — Des travaux de ports, rades, rivières. — Ouvrages, livres, plans, dessins trai-
- tant des questions de tactique, droit maritime, législation , régime colonial , rapports consulaires, pêches, hydrographie, sauvetage, électricité, etc.
- Salle des Fêtes et annexes. Exposition internationale des oeuvres des peintres de marine.
- Galeries Nord et Sud, ouvertes sur le jardin. — Ateliers de fabrication d’industries diverses.
- BASSIN
- TOUT LE MATÉRIEL FLOTTANT
- Bordure et Promenoir du bassin. — Tous les produits des différentes classes pouvant s’exposer en plein air et sans auvents.
- Nous venons de faire connaître le classement général et les emplacements dès maintenant désignés aux différentes catégories de produits exposés.
- Cette première classification, si sommaire quelle soit, nous permet déjà de nous rendre compte de la méthode qui a présidé à la distribution des catégories et d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble et la variété des éléments que réunira notre Exposition.
- Nous pouvons déjà nous figurer ce que sera une pre-
- mière promenade à travers tous ces objets d’étude et de curiosité.
- La grande entrée monumentale dont nous donnons aujourd’hui une vue générale, sera placée, comme on sait, en face du Théâtre. Une vaste marquise en protégera l’abord et donnera accès dans le grand vestibule. Par là, on entrera de plain-pied dans le grand salon, qui occupera toute la partie asphaltée de la place. Cette salle d'honneur sera consacrée à l’exposition des meubles, des objets d’art et d’ameublement, de la bijouterie, des objets de parure et de luxe, etc.
- D’élégants salons, dont la plupart sont déjà retenus par les grands fabricants de Paris, permettront le groupement artistique de toutes ces riches exhibitions.
- Dans la partie du milieu, véritable salle de concerts permanents, auront lieu l’exposition des instruments de musique, et les auditions qui y seront données.
- De cette salle, qui sera certainement une des plus fréquentées, on montera, par un escalier monumental, brillamment décoré,à la grande salle des fêtes et concerts, au premier étage. On y trouvera, sur une étendue murale de plus de 400 mètres, une exposition des peintres de marine, qui sera une attraction très spéciale de notre Exposition.
- Un vaste balcon, donnant au-dessus de la salle des
- instruments de musique, permettra aux visiteurs de contempler à l’aise le mouvement qui s’y portera, et d’écouter les artistes qui s’y feront entendre. Ce sera un véritable promenoir, un lieu de flânerie très apprécié.
- A droite et à gauche, de plain-pied toujours, on aura accès aux galeries des plans et modèles, où auront lieu des expositions d’une grande valeur d’étude : Expositions de la Chambre de commerce, des ponts et chaussées, du Bureau Veritas, de la Compagnie générale Transatlantique ; expositions collectives de l'Angleterre, de la Belgique et des Etats-Unis, etc., etc. Il y aura là tout un musée naval, comme il n’en a jamais été réuni nulle part.
- Puis, sortant du côté du quai d’Orléans, on accédera au promenoir intérieur de la galerie des machines, d’où, sans fatigue, on dominera toute l’animation de cette classe si mouvementée et si intéressante. Le promenoir conduira le visiteur jusqu’à la place du Commerce, et, par une passerelle couverte, on pénétrera dans la galerie du premier étage de l’Exposition coloniale.
- On retrouvera là un nouveau groupe d’attractions de premier ordre. L’Exposition coloniale, en effet, formera un véritable musée colonial, où figureront les éléments comparés de tous les produits qui peuvent entrer dans le commerce d’échange.
- On y verra, dans un ordre méthodique, venus de tous
- les marchés du monde, des échantillons de toutes les marchandises qui peuvent servir à ces échanges. On y étudiera la façon de les présenter, pour les rendre agréables à cette clientèle éloignée, qui, souvent, juge les produits rien qu’à l’aspect de l’emballage. Il y aura là des renseignements précieux pour le commerce.
- En même temps, les produits fabriqués et naturels du Congo, de l’Annam, du Cambodge, de Madagascar, y formeront la plus complète et la plus curieuse Exposition exotique qu’on puisse voir.
- Dans cette section, notre colonie algérienne aura naturellement une part prépondérante. Son industrie vini-cole, surtout, aura une occasion exceptionnelle d’y faire connaître et apprécier les progrès qui la recommandent de plus en plus à la consommation.
- Voilà certes une première visite déjà bien remplie, et quoi qu’on en dise, facile à exécuter sans fatigue, en se laissant aller à une promenade où chaque pas conduit à une .attraction nouvelle. Pour la faire, nous n’avons eu qu’à gravir un escalier de six mètres, et nous avons vu presque une moitié de l’Exposition !
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- 442* — Deuxième Année. — N° 104.
- MM. Renaudet, El-Biar, id.
- Ribes jeune, Terga, id.
- ' F. Richard, Fouka, id.
- J. Rollin, Oran, id.
- Roseau, Novi, id. ,
- Friang, Constantine, id.
- Jean François, Tlemcen, id.
- Clément, Alger, id.
- Durili, Alger, id.
- L. Laurent, Saint-Cloud, id.
- Mullou, id.
- Rossi, id.
- Roussel, id.
- Toche, id.
- Amand, Kléber, id.
- Angelvin, Bougie, id.
- El Bastide, Bel-Abbès, id.
- E. Benoît, Castiglione, id.
- A. Billaud, Vesoul-Benian, id.
- Paulin Brissonet, Alger, id.
- Calsanot frères, à Mascara, id.
- J. Carrafong, Saint-André, id.
- E. Cayla, Oran, id.
- A. Châtelain, Oran, id.
- Delbourg, Mustapha, id.
- Desseliers, Maison-Carrée, id.
- E. Desclaus, Oran, id.
- P. Domergue, Hillil, id.
- L. Fredouille, Alger, id.
- L. Gauch, Drariah, id.
- Hugonnenq, Oran, id.
- Laulagnet, id.
- Albert Luck, Oran, id.
- Massoued Avache, Médéah, id.
- Morinom, Djedalli, id.
- Muzar, id.
- Panaget, Bône, id.
- Pafhier Bigarel, Heliopolis, id.
- Sardou, à Amoucha, id.
- Sauveton jeune, à Marengo, id.
- Société d’agriculture, à Alger, id.
- Sotari, à Saïda, id.
- Joseph Tardi, à Castiglione, id.
- Thiault, à Saint-Cloud, id.
- O. Vasseur, à Castiglione, id.
- Les intéressés seront informés ultérieurement du jour.où il sera possible de leur transmettre les médailles et diplômes qui leur sont destinés.
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- ÉCHOS
- Paris
- La ville de Paris vient de mettre à la disposition de la société civile du cinquantenaire des chemins de fer (1887), quatre-vingt-sept hectares du bois de Vincennes.
- La société versera un cautionnement de cent mille francs.
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- ETRANGER
- Allemagne
- Une importante exposition d’étoffes et de vêtements anciens, organisée par l’union d’art industriel de Hanovre, est ouverte depuis le 27 novembre, dans le musé® provincial de cette ville, et se prolongera jusqu’à la lin du mois.
- Elle comprend des étoffes précieuses, d’Italie et de Perse, des broderies, tapis, dentelles, ainsi que d’intéressantes collections réunies par le docteur Bock dans la haute Egypte, et provenant de l’ouverture de sépultures coptes des premiers siècles de notre ère.
- L’exposition annuelle organisée à Leipzig par les éleveurs de serins des Canaries a eu lieu du 11 au 13 courant. Un grand nombre d’exposants de toutes les parties de l’Allemagne et de l’Autriche s’y étaient fait' représenter, avec environ 800 spécimens.
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- Angleterre
- A signaler encore parmi les expositions artistiques de Londres : chez MM. Agnew’s dans Bond-street, la dernière œuvre de Munkacsy, les Derniers moments cle Mozart ; chez M1NÏ. Buck et Reid (179, New-Bond-Street), une exposition d’aquarelles et de pastel parmi lesquels il faut citer des vues de la Hollande, par M. Jules Lessorre ; enfin à la Continental Gallery (157, New-Bond-Streetj uno collection d’œuvres intéressantes des écoles française et allemande.
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- Le Conseil municipal de Liverpool vient de repousser un projet qui lui était soumis par les organisateurs de l’exposition internationale récemment clôturée, et dans lequel ceux-ci demandaient l’autorisation de rouvrir l’année prochaine leur exposition, à l’occasion du jubilé de la Reine.
- Par suite de ce refus, les souscripteurs du
- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889. Dimanche 26 Décembre 1SS6.
- capital de garantie auront à couvrir le déficit de 15,000 livres, laissé par l’entreprise, somme qu’ils espéraient recouvrer par une réédition de l’exposition en 1887.
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- Il est très sérieusement question, sur l’initiative de la Société aérostatique, d’organiser l’année prochaine, au Royal Aquarium de Londres, une' exposition d’électricité, destinée à célébrer le cinquantenaire des télégraphes.
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- Autriche - Hongrie
- La première exposition annuelle des arts graphiques a été ouverte le 8 décembre dernier au Künstlerhans de Vienne. Grâce à une importante participation de la France, de l’Allemagne et do différents autres pays, cette exposition est extrêmement intéressante.
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- Une autre exposition qui mérite également, à tous points de vue, d’attirer l’attention des amateurs et du public est celle du jeune club des aquarellistes, la deuxième qu’organise la nouvelle société.
- Un certain nombre d’artistes étrangers y prennent part.
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- Belgique
- Les comités et commissions créés à Bruxelles et dans tout le royaume en vue de l’exposition internationale des sciences et de l’industrie (1888) se sont réunis dernièrement.
- Le ministre du commerce a envoyé son adhésion en déclarant que le gouvernemenÉprenait l’entreprise sous son patronage.
- On assure, à ce propos, que nos voisins, pour faire concurrence à la tour Eiffel, projettent d’élever une tour en bois de 300 mètres, dont la construction ne reviendrait qu’à deux millions.
- Nous avouons 11e pas comprendre l’intérêt de ce dernier projet.
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- Brésil
- Nous lisons dans F Etoile du Sud, un de nos confrères de Rio-de-Janeiro, les lignes suivantes : _ Depuis plusieurs années le gouvernement brésilien obéissant à un motif d’économie, selon nous très mal entendue, car ce n’est pas en restant obstinément chez soi que l’on se fait connaître, refuse de participer à toutes les expositions où il est invité.
- Heureusement pour le pays, en ce qui concerne seulement, il est vrai, un seul de ses produits, mais d’une importance capitale — le café, — une association particulière, 0 Centro de Laooura e Commercio, recherche, au contraire, toutes les occasions de faire connaître le pays.
- Pendant l’année 1885, elle s’esÉfait représenter aux expositions suivantes :
- Exposition universelle d’industries et centenaire du coton —Nouvelle-Orléans.
- Exposition d’Anvers.
- Exposition de Buda-Pesth.
- Exposition de King Williams Town — cap de Bonne-Espérance.
- Exposition de Beauvais, d’Agen et de Miramont.
- Exposition de Valparaiso.
- Exposition de Port-Elisabeth—Nouvelle-Zélande,
- Partout, le café brésilien a obtenu des diplômes et des médailles d’honneur.
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- États-Unis
- L’exposition d’automne des American Art (daller ies est, dit-on, fort belle, cette année, et compte 227 œuvres d’un réel'intérêt et soigneusement choisies.
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- Italie
- On écrit de Rome que l’exposition du Vatican (1887) organisée pour le jubilé sacerdotal de S. S. Léon XIII se prépare très activement.
- Un grand nombre d’ouvriers sont occupés aux travaux d’installation.
- On réunira sur la Piazzetta délia Pigna et dans la partie nouvellement restaurée du musée des sculptures, tous les cadeaux offerts au pape, pour le cinquantenaire de son entrée dans les ordres. La Piazzetta doit recevoir dans ce but une toiture en verre qui la transformera en vaste hall.
- On attend une énorme affluence de cadeaux de toutes les parties du monde catholique.
- La population de Naples, enverra, paraît-il un magnifique trône pontifical enrichi d’or ; les anciens officiers de l’armée pontificale une garniture de bureau en or et argent. Les catholiques d’Allemagne offriront une bibliothèque où prendront place toutes les publications catholiques parues depuis le pontificat de Léon XIII.
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- Pays-Bas
- On prépare à Amsterdam pour l’apnée prochaine une exposition générale de l’alimentation qui aura
- lieu sur les terrains de l’ancienne exposition coloniale, derrière le nouveau musée.
- Les constructions exécutées sur les dessins du peintre Springer, figureront un grand marché hollandais au xvne siècle et seront, paraît-il, fort originales. .
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- Tunisie
- On assure que M. Massicault, ex-préfet du Rhône, récemment nommé ministre résident de France à Tunis, en remplacement de M. Cambon, appelé au poste d’ambassadeur à Madrid,-compte s’occuper d’une façon toute spéciale de l’organisation de l’exposition tunisienne en 1889, la première à Paris depuis l’établissement de notre protectorat sur la régence, et par cela même fort importante.
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- VARIÉTÉS
- Les moyens actuels de transport à Paris
- Comme il est question de doter Paris d’un chemin de fer métropolitain, il ne sera pas inutile de faire connaître les moyens de transport dont la capitale dispose actuellement. A cet égard, nous trouvons des informations assez détaillées dans un article récemment publié dans l'Economiste français;, par M. Achille Mercier. Nous allons résumer son travail .*
- Omnibus. —La plus importante des sociétés qui transportent des voyageurs dans Paris, est la Compagnie des Omnibus laquelle exploite, dans diverses directions, des omnibus proprement dits et un certain nombre de lignes de tramways.
- Voici quel a été, depuis 1869, le mouvement des voyageurs transportés , ces nombres sont exprimés en millions :
- 1869. . 119 1875. . 119 1881. . 177
- 1870. . 107 1876. . 125 1882. . 199
- 1871. . 78 1877. . 129 1883. . 207
- 1872. . III 1878. . l6l 1884. . 203
- 1873. . 113 1879. . i5o 1885. . 191
- 1874. . 115 1880. . 175
- On voit par ces chiffres, qu’après avoir diminué considérablement en 1870-1871, c’est-à-dire pendant le siège de Paris, le mouvement des voyageurs s’est élevé successivement jusqu’à 161 millions, année de l’Exposition, pour diminuer ensuite momentanément à i5o, en 1879. Le relèvement n’a pas tardé à se produire, et en 1883, l’on a atteint un chiffre maximum de 207 millions. Actuellement, sous l’influence de la crise des affaires, ce chiffre est descendu à 191 millions.
- Tramways nord et sud. Ces tramways, dont l’exploitation est un peu gênée, dans l’intérieur de Paris, parles redevances que cette Compagnie est obligée de payer à des omnibus, seule concessionnaire des voies ferrées à traction de cheval dans l’intérieur de Paris, ont donné lieu au mouvement ci-après :
- . TRAMWAYS NORD TRAMWAYS SUD TOTAL
- Milliers de voyageurs Milliers de voyageurs
- 1880. 12,192 25,551 3?>743
- 1881. I 5,o38 26,065 09, io3
- 1882. 26,075 26,o5o 52,125
- 188 3. 26,32 I 26,383 52,704
- 1884. 26,057 26,255 52,312
- i885. 24,983 25,883 5o,866
- En laissant de côté les années 1880 et 1881, où les résultats ont été influencés par l’état incomplet des lignes, on constate également que l’année 1885 présente une assez forte diminution.
- Bateaux-omnibus. —Cette entreprise date, on le sait, de l’Exposition de 1867 et ne fut dans l’origine que l’installation activement faite à Paris, d’une succursale des bateaux lyonnais, établis sur la Saône sous le nom de Mouches. Depuis on a installé les Hirondelles et tout récemment les Express. Actuellement les bateaux-omnibus font la traversée de Paris, les Hirondelles vont jusqu’à Suresne, et les Express jusqu’à Charenton.
- Voici quel a été le mouvement des voyageurs pendant les six dernières années (les chiffres expriment des milliers) :
- 18S0. . . . i3,o8o i883. . . . 16,843
- 1881. . . . ’ 14,811 1884. ... 18,428
- 1822. . . . 0,459 i885. . . . 18,825
- Ces chiffres n’indiquent aucun temps d’arrêt dans la progression, bien que l’année 1885 indique un état stationnaire.
- Voitures de place. — Les fiacres ou voitures de place forment un moyen de locomotion intérieur d’une grande importance. Longtemps ils ont été monopolisés par une seule entreprise : la Compagnie générale des Voitures de Paris Depuis peu, de nouvelles sociétés se sont formées. En résumé,
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- LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
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- Deuxième Année. — N° 104.
- Dimanche 26 Décembre
- 18S6. — 443.
- le nombre des voitures en circulation a suivi la marche ci-après :
- 1869. . . . 5,400 1876. . . . 6,700
- 1872. . . . 5,i5o 1880. . . . 5,675
- 1873. . . . 6,200 1881. . . . 5,672
- 1874. . . . 6,400 1882. . . . 5,804
- 1875. . . . 6,5oo iS83. . . . 5,665'
- Les chiffres des dernières années indiquent une diminution dans l’industrie des fiacres ou voitures de place, car le total indiqué parla statistique municipale pour l’année 1883 est inférieur à celui des voitures mises jadis en circulation par la seule Compagnie générale des voitures de Paris.
- Chemin de fer de ceinture. C’est en 18 5s qu’on résolut d unir toutes les gares par une voie qui se développerait à la limite de la ville et parallèlement aux fortifications, afin d’éviter le service du camionnage qui se faisait d’une gare à l’autre, à travers les rues. Bientôt les voyageurs pourront utiliser cette voie nouvelle, qui ne tardera pas à rendre à la circulation générale les plus grands services.
- Voici quel a été le mouvement des voyageurs sur cette ligne (les chiffres sont exprimés en milliers de voyageurs) :
- 1880. . . . 15,919 1883. . . . 25,o53
- 1881. . . . 18,6r5 1884. . . . 28,325
- 1882. . . . 21,616 1885. . . . 3i,o55
- On aura une idée de l’accroissement d’importance de la partie de cette ligne qui dessert Auteuil par ce fait qu’en 1860, elle transportait 5,260,834 voyageurs et que le chiffre afferent à 1885 est de 13,119,260.
- Il nous reste à résumer en un tableau le nombre de voyageurs transportés par les différents modes de locomotion dont nous venons de donner le détail 1
- Millions de voyageurs
- 1880 1881 CO 00 i883 1884 188 5
- Omnibus 175 177 199 207 203 191
- Tramways nord. . . 12 13 26 86 26 24
- Tramways sùd. . . 25 26 26 26 26 2 5
- Bateaux-omnibus . 13 13 15 16 18 18
- Chemin de ceinture 15 18 21 25 28 3i
- 240 247 OO M 3oo 3oi 289
- La progression qui avait été constante jusqu’en 1883, se ralentit en 1884, et se change en diminution en i885,mais on peut remarquer que la crise a porté presque exclusivement sur la Compagnie des omnibus. Les tramways ayant été à peine atteints, et le chemin de ceinture ayant continué à progresser.
- En moyenne il y a eu pendant ces six dernières années 294 millions de voyageurs par an, ce qui, pour une population de 2,269,000 habitants environ, constitue environ 100 voyages simples par habitant et par an.
- Il sera curieux de voir ce que le métropolitain changera à ces conditions actuelles de la locomotion parisienne.
- LES LIVRES
- LXXXIX
- François Coppée. Poomes et récits, édition illustrée de 45 des-sins’de Myrbach, gravés par Florian. — André Theuriet, Contes pour les jeunes et les vieux, édition illustrée de 60 dessins de S. Reychan, gravés par Alfred Prunaire. — Savinien Lapointe, Il était une fois, conte, édition illustrée de i3o dessins, par Henri Pille. — E. Ledrain, La Bible, traduction nouvelle d'après les textes hébreu et grec. TomeIei' Les Juges. Samuel. Rois. — Alphonse Lemerre, éditeur. Molière, sa vie et ses ouyrages, par I.. Moland, édition illustrée par Poirson. — Garnier frères, éditeurs, un vol., grand in-8.
- La librairie Lemerre a pour chef un homme au coup d’œil rapide et sûr, hardi avec tact, novateur avec goût, mêlant au culte de la tradition le sentiment des progrès et des besoins modernes, un dilettante d’archaïsme, virtuose des raffinements contemporains, mettant dans des pastiches, qui ont la saveur de l’original, les formes typiques de la Renaissance au service des curieux d’art et des voluptueux de lecture.
- Sur des livres anciens faisons livres nouveaux
- Cette année, comme les précédentes, la librairie, dont l’homme qui bêche une terre heureusement non ingrate est la marque emblématique, fait aux amateurs de belles étrennes, dignes d’elle et dignes d'eux. Ceux qui veulent goûter, dans une lecture, le triple plaisir de l’esprit, du cœur et des yeux n’ont que l’embarras du choix entre ces ouvrages nouveaux faits pour être d’aimables compagnons de chevet ou bréviaires de promenade,avant d’aller occuper au rayon d’honneur de la bibliothèque la place des livres qu’on aime à voir et qu’on se reprend volontiers à relire. Nul ne méritait mieux les faveurs de la typographie de luxe, de l’illustra-
- tion de choix que ce poète, jeune encore et dont l’été donnera tous les beaux fruits qu’ont promis les fleurs de son printemps : François Coppée, qui a commencé la fortune de la maison, dont la maison a commencé la fortune et dont la fauste influence est symbolisée par un buste en bronze qui préside comme un lare au foyer commercial et au foyer domestique de l’éditeur. Ce favori de la maison Lemerre est aussi le favori de l’Académie et le favori de la France lettrée.
- Sa bienvenue au jour lui rit dans tous les yeux.
- 11 est à la fois l’ami des délicats et l’ami des humbles. Il est célèbre et il est populaire. Pourquoi? Son secret est bien simple, mais pas cependant à la portée de tout le monde. Il a visé l’élite à la tête et les foules au cœur. Il a exprimé les sentiments de tous dans une forme raffinée. Il a été peuple par la passion, prince par le style. Il est patriote et même chauvin, mais dans le sens héroïque ec non ridicule du mot. Il a chanté toutes nos gloires, il a pleuré tous nos malheurs^Il a toujours volontiers mis dans la main de sa Muse, une muse qui est vraiment femme, femme deux fois, en sa qualité de Parisienne, la sébile des quêtes charitables, la bourse des souscriptions patriotiques. Voilà pourquoi la France aime ce galant homme, qui l’aime et qui a couronné son front de mère en deuil de la glorieuse couronne des beaux vers.
- L’an dernier, l’éditeur de François Coppée, par une.de ces initiatives hardies, qui sont heureuses quoique justes, et obtiennent quelquefois le succès quoiqu’elles le méritent avait eu la bonne idée d’offrir au public une Chresthomathie,un. Choix, un Selectœ, un Excerpta, des meilleurs contes de ce poète qui conte à merveille et qui burine et cisèle la prose comme _les vers. Cette année, c’est le tour de la poésie. C’est le tour de Y Anthologie de Coppée, cinquante chefs-d’œuvre choisis dans son œuvre poétique, un beau volume, admirablement imprimé, illustré, relié, qui est destiné aux présents de la nouvelle année et remplit si bien cette distinction qu’il peut aller tour à tour, apportant à tous un profit sans regret, un plaisir sans remords, de la table de travail du père à celle du fils, du boudoir de la mère à la chambrette de la fille et se retrouver encore, à la satisfaction commune, sur.la table du salon de famille. Nous disons le mot puisqu’on a trouvé la chose. Ce beau livre, doré sur tranches, c’est bien cela, c’est le Coppée des familles.
- On trouvera là, avec l’attrait par surcroît d’une illustration ingénieuse, spirituelle, expressive, absolument remarquable, toutes les pièces de vers qui ont rendu justement populaire le nom du poète, toutes celles qui rappellent au souvenir une émotion généreuse et salutaire, un événement caractéristique de nos années d’épreuves, un succès de sourire ou de larmes, depuis la, Bénédiction, la Chaumière incendiée, le Banc, le Canon, la Grève des Forgerons, la Lettre d’un mobile breton jusqu’à Vincent de Paule, les Parias, la Marchande de journaux, Bleuette, Y Epave, les Boucles d’oreille. Autant d’étapes glorieuses de la vie du poète et de victoires de la poésie sur l’indifférence publique domptée, enivrée, charmée, depuis vingt ans.
- Les Contes pour les jeunes et les vieux, d’André Theuriet, qui font un digne pendant en prose aux Récits,. de Coppée, et même en vers — car André Theuriet est aussi un poète, et son Sonneur de Noël, sonne sa cloche d’une façon qui vous remue l’âme — ces Contes enfin, n’empruntent rien de leur attrait au merveilleux, au fantastique. Ce sont des tableaux, des portraits, des scènes de la vie ordinaire, des ébauches, des croquis réduits aù simple trait de premier jet et à la première touche sobre et juste qui donne l’expression caractéristique. Ce sont des récits d’observateur, de moraliste, de touriste, récits brefs, de courte haleine, d’un homme qui n’est point bavard, qui a l’émotion discrète, et s’écarte de vous à pas lents et sourds aussitôt, qu’il voit son but obtenu, c’est-à-dire qu’il voit.au sourire qui passe sur votre lèvre, à la larme qui perle au coin de vos yeux qu'il a touché juste, que la fibre humaine a tressailli en vous, et que la leçon a porté, la meilleure de toutes- celles qui vient à l’esprit par le cœur. Ce sont des riens, ces courts récits : le Pommier, les Pêches, Frimousse, la Truite, la Pipe, la Bretonne, la Peur, une Partie de Pêche, Y Horloge, Une quia de la chance, la Saint-Nicolas, Noël, mais ces riens sont d’un maître qui enlève en quelques traits de son crayon magique une figure dans un paysage ou dans un intéiieur, de telle sorte que vous n’oubliez jamais la figure, ni son effet dans le plein air, ni son effet dans la pénombre du foyer. Je vous défie de lire sans passer par toutes les notes de la gamme de l’attendrissement ou de la gaîté, l’histoire de ce pommier charmant et fatal dont la vue tente une jeune artiste qui prend froid en le peignant et dont les fleurs chaque année, tribut de pieuse reconnaissance, ornent sa tombe précoce (c’est, à peine voilée de fiction, l’histoire vraie, de M1Ie Baskircheff),, ou l’histoire de Frimousse, le petit détenu , mort de la nostalgie des bois, ou celle de la Bretonne, infanticide et repentante qui couvre de joujoux expiatoires le lit d’une petite fille endormie, ou celle du dîner fait avec le bourreau incognito, où celle du juge gourmand, faisant
- le sacrifice d’une truite digne de Brillat-Savarin, ou celle du curé de Vireloup, interrompant sa messe pour régaler ses paroissiens d’un petit air de clarinette, non prévu par la liturgie, où celle du garde national apprenant d’un cadavre à n’avoir plus peur, ou celle, ou toutes enfin, car il n’y en a pas une. qui ne soit une petite perle de finesse, de malice ou de sentiment.
- C’est au vieux jeu, au vieux poncif, mais dans ce qu’il a de meilleur, de plus riant encore sous ses rides, et de parfum dans ses roses fanées, du classique conte de fées, du conte moral à la Perrault, à la Leprincede Beaumont, à la Berquin, à la Bouilly, À la Nodier, à la Perrault moins le génie, à la Nodier, moins le style, du conte de fées bonhomme, au ventre rebondi et au sourire édenté de grand-papa, qu’appartient le volume de contes de M. Savinien Lapointe:// était une fois... Il se présente au public sous la recommandation de Béranger. Du haut du^ciel sa demeure dernière, le chansonnier doit être content. L’ouvrage de son protégé de 1853, il dédiait alors son livre à sa bonne maman, a été rajeuni, ragaillardi par cette impressionde luxe et cette illustration de haut goût qui, parle commentaire pittoresque, ingénieux et amusant font passer les naïvetés un peu triviales et les malices cousues de fil blanc, et par la sauce piquante font passer le poisson un peu pâteux et nn peu fade, qui nous est servi.
- Nous ne ferons que signaler aujourd’hui, nous réservant d’y revenir quand l’éblouissant dé filé des livres brodés sur toutes les coutures et dorés surtoutes les tranches sera passé, un ouvrage qui peut se passer de l’illustration et qui appelle par lui-même, en même temps que son attention le respect de la critique. C’est la Bible, traduite par M. E. Ledrain, d’après le texte hébreu et grec. Nous y reviendrons. Le tome I01'contient les livres des Juges, de Samuel et des Rois. Nous finirons, en recommandant à tous ceux qui admirent, qui aiment, qui lisent et relisent Molière, c’est-à-dire à tout le monde, un ouvrage excellent, écrit par un homme qui sait son La Fontaine, son Voltaire et son Molière mieux que personne et contenant F Histoire de la vie et des ouvrages de Molière avec une notice sur son théâtre et sa troupe.
- Le livre de M. L. Moland est orné d’une illustration très bien adaptée, très élégante, très fine, très vivante. Ce sont des dessins de V.-Â. Poirson gravés par Navellier et Marie, et qui ajoutent un charme de plus, un superflu fort agréable à un ouvrage digne, de ces^recherches, mais qui n’en avait pas besoin pour être à la fois des plus intéressants et des plus instructifs.
- M. Moland le remarque avec raison. Il n’y pas d’écrivain français, si ce n’est La Fontaine, plus répandu, plus goûte en France et à l’étranger que Molière. Il a fait école non seulement chez nous mais chez toutes les nations de l’Europe. Les éditions, les traductions de notre plus grand poète comique sont innombrables. Sa gloire^ après avoir subi sous le règne de Louis XV une éclipse passagère, brille aujourd’hui, partout, d’un éclat que rien ne saurait obscurcir. Il a été le domestique (dans le sens relevé qu’avait autrefois le mot), du roi Louis XIV, le favori des princes, l’ami’des plus grands hommes de son temps. Il a contribué à la décoration et à l’agrément de la cour la plus célèbre du monde et de ses fêtes pendant de longues années. Et si la vie publique de cet homme qui a surtout vécu en public est assez connue pour ne plus donner, guère lieu à controverse, sa vie intime, sa vie privée sont encore pleines de'mystères et de problèmes. On ne connait de cet homme qui a tant écrit que deux autographes et trente signatures. La correspondance de Corneille, de Racine, de Boileau, de La Fontaine ne comprend que très peu de lettres. La Correspondance de Molière est un livre à feuillets blancs. Celui qui trouverait moyen de combler cette lacune regrettable mettrait la main sur un trésor dont les amateurs se disputeraient la possession et les éditeurs la divulgation à coups de billets de banque.
- Comme il arrive en pareil cas, la tradition avec ses commérages, la légende avec ses fictions ont envahi le champ de la biographie de Molière, et l'ont rempli de la stérile abondance de leurs fleurs parasites, de leurs épines et de leurs poisons. Car sur Molière nous possédons plus de témoignages hostiles et calomnieux que de témoignages amis. Depuis des années la critique historique et littéraire travaille à éclaircir, à redresser, à étudier ces témoignages, de façon àfaire jaillir des comparaisons impartiales, la lumière définitive sur l’état civil de Molière et des siens, sur sa famille, son éducation, les origines de sa vocation, les influences qu elle subit, sui ses débuts, ses pérégrinations en Languedoc et en Normandie, ses œuvres, leur gsncsêj scs amouis, son mciricïgô, su vie enfin et. sn mort. Il y uvuit toute une encjuete poursuivie depuis un siècle, et qui attendait son résumé, sa mise au net de tous les points acquis, son rapport sur les faits définitivement établis. Ce sont les résultats de cette enquete que M. Moland donne au public .lettré, dans cet ouvrage d’une information complète, d une critique sûre, d’une méthode heureuse, et d un agrément égal à son utilité.
- M. de Lescure.
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- 444- — Deuxième Année. — N° 104.
- ' LE MONITEUR DE L’EXPOSITION DE 1889.
- Dimanche 26 Décembre 1886.
- AVIS COMMERCIAUX
- ANNAM ET TONKIN
- Envoi d’échantillons
- M. le ministre du commerce et de l’industrie vient de recevoir du résident général de la République française en Annam et au Tonkin un envoi' d’échantillons de tissus divers de coton, de laine et de soie, de damas, tapis, couverture en coton et en laine, foulards, grenadines et mousselines, de cotonnades unies et imprimées, rouges d’Andri-nople, etc.
- Ces échantillons représentent des _ produits _ de provenances française, anglaise ou suisse, et qui se vendent soit en Annam et au Tonkin, soit dans les autres régions de l’extrême Orient.
- Les articles composant la collection dont il s’agit et accompagnés des indications de longueur, largeur, prix de vente, usage, etc., sont à la disposition des intéressés au ministère du commerce et de l’industrie, 244, boulevard Saint-Germain (Direction du commerce extérieur. — Bureau des renseignements commerciaux).
- GALATZ
- Nous empruntons les renseignements suivants au Bulletin commercial publié par la chambre de commerce française :
- Agence commerciale. — Les opérations de l’agence prennent de jour en jour plus de développement. Les commandes transmises aux mois d’août et septembre sont arrivées et arrivent régulièrement, et les envois continueront jusqu’à la fermeture du Danube. Dès que cette voie sera fermée, l’agence utilisera les lignes ferrées pour les expéditions d’articles de luxe de toute nature, destinées spécialement aux fêtes de Noël et du jour de l’an et dont elle a reçu de tous les points de la France un choix aussi nombreux que varié.
- Douanes roumaines. — Nous croyons rendre service au commerce français en général, mais principalement aux expéditeurs de nos grands ports d’embarquement, en attirant leur attention sur les difficultés que soulèvent les formalités de douane. Il est de toute nécessité que le? poids bruts déclarés sur les connaissements ou sur les lettres de voiture soient rigoureusement exacts et conformes aux factures ; s’il y a plusieurs articles, il faut le poids séparé de chaque article ; nous recommandons aussi aux négociants et fabricants de déclarer exactement sur leurs factures, d’abord la nature
- de la marchandise et ensuite les poids bruts et nets de chaque objet. De cette manière, ils éviteront de donner prise aux contraventions, et ils contribueront à conserver au commerce français le bon renom qu’il a su s’attirer sur toutes les places commerciales du monde.
- PORTUGAL
- Fabrication, importation et commerce de papiers
- Les renseignements suivants sont extraits d’un rapport du chargé d’affaires de Belgique à Lisbonne :
- La consommation du papier est considérable en Portugal. L’industrie indigène est assez bien outillée pour suffire aux besoins du pays. Cette industrie, qui était relativement arriérée il y a quelques années encore, se met actuellement à la hauteur des progrès réalisés à l’étranger et remplace le chiffon par les matières premières inférieures ; mais les fabriques de papier doivent restreindre leur production, à cause de l’importation étrangère favorisée par le taux très bas des droits d’entrée.
- On fabrique toutes les espèces de papier en Portugal, sauf le papier à écrire de luxe et les enveloppes, dont la plus grande partie vient de l’étranger. La fabrication du papier à écrire ne peut pas se développer, malgré le droit de 100 reis par kilog., parce que ce droit est éludé : on introduit le papier à écrire en grandes feuilles, comme papier d’impression, à la taxe de i5 reis par kilog. et on le découpe en Portugal.
- On importe aussi toutes autres espèces de papier.
- Les principaux pavs de provenance sont : l’Allemagne, la Belgique, la France et, en seconde ligne, l’Angleterre. '
- Il n’y a pas de marques préférées. Pour les papiers de luxe, la marque Laroche-Joubert s’importe beaucoup, mais elle ne se paye pas plus cher que les autres.
- En 1882, date delà dernière statistique publiée, l’importation du papier à écrire a atteint une valeur d’environ 5oo,ooo fr.
- On a importé à peu près pour la même somme de papier d’emballage, pour 3oo,ooo fr. environ de papier d’impression, pour i5o,ooo fr. environ de papier de tenture et pour i5o,ooo fr. aussi de carton.
- Depuis 1882, l’importation du papier d’impression a beaucoup augmenté. Il n’est pas possible d’en indiquer le chiffre exact ; mais ce commerce atteint peut-être aujourd’hui deux millions de fr.
- Les droits d’entrée sur le papier sont :
- a Papier à écrire, 100 reis par kilog. ;
- b Papier peint, 5o reis par kilog. ;
- c Papier autre, c’est-à-dire d’emballage et d'impression, i5 reis par kilog :
- d Carton, 7 reis 1/2 par kilog.
- La pâte à papier est libre d’après le tarif; mais comme elle s’importe en galettes,( la douane la taxe comme carton.
- Le papier désigné sous la lettre C ne paye pas de droits additionnels, si ce n’est 3 0/0 du principal à titre d’émoluments de la douane et o.55 0/0 delà valeur pour la taxe de construction des ports, plus 6 0/0 additionnels sur cette dernière taxe.
- Les autres papiers et le carton payent, en outre, 6 0/0 du principal, 2 0/0 de la valeur et 6 0/0 additionnels sur cette dernière taxe, plus un réal ou 10/18 de centime par kilog., comme despesa de trafego.
- Il va de soi qu’on doit payer, en outre, le fret, le déchargement par allèges qui est fort cher, les manipulations dans les bâtiments de la douane, l’assurance contre l’incendie et la commission de l’agent en douane. Les manipulations et la commission de l’agent sont réglées par un tarif. Les autres frais sont variables suivant les circonstances Peu nous importe, du reste, ces frais étant à la charge de l’acheteur.
- Les principaux iüiportateurs à Lisbonne sont :
- MM. Rodrigues e Rodrigues ;
- Machado et Cie, rua da Prata ;
- Virwa Macievia et filhos ;
- Boaventura da Costa Marques ;
- Virwa da Costa Marques.
- Il y a beaucoup d’autres importateurs de papier de moindre importance.
- On se sert, pour la fabrication du papier, des mêmes matières premières que partout ailleurs: chiffons, alfa, bois, etc.
- On n’importe pas de chiffons.
- Les pâtes viennent de Suède, de Belgique, de Suisse et du Havre; ces dernières sans doute en transit. Il est probable qu’il vient, en outre, des pâtes d’Allemagne.
- La soude caustique vient d’Angleterre, de même que le chlorure de chaux.
- L’alun vient de France, les couleurs, d’Allemagne et les fécules, de Belgique. .
- On n’exporte pas de pâtes.
- Le Gérant, GARREAU.
- Tours. — lmp. E. ARRAULT et Cie, rue de la Préfecture, 6.
- PARIS-NOËL
- Prime du MONITEUR DE L’EXPOSITION de 1889.
- L’administration du Moniteur de l’Exposition de 1889, d’accord avec les éditeurs de PARIS-NOËL, est en mesure d'offrir à ses ABONNES, dans des conditions exceptionnelles, cette splendide publication.
- A partir du 3o décembre, on pourra se procurer dans nos bureaux (1) à raison de 2 fr. 5o le numéro de PARIS-NOEL de 1886. _ ...
- On verra par le sommaire qui suit, si riche en signatures littéraires et artistiques, combien ce prix est modeste, comparé à celui des livraisons du même genre, surtout si l’on considère que ce numéro de Noël est le seul qui contienne des eaux-fortes et des héliogravures supplémentaires.
- SOMMAIRE DU PARIS-NOEL
- HORS TEXTE
- Supplément artistique HENNER.— Sperata. (Eau-forte.) — LOUISE AB-BEMA. — Parisienne. (Eau-forte.) — EDOUARD DETAILLE. — La tournée d’inspection. (Héliogravure.) — RO YBET.-Trio. (Héliogravure.) — CHARLES CHAPLIN. — La musique. (Dessin aux trois crayons.) - BOUTET DE MONVEL. — Ronde d’enfants. (Aquarelle.)
- Supplément littéraire VICTORIEN SARDOU. — Macbeth. (Traduction en vers.) _ FRANÇOIS COPPEE. — L’Etoile des Bergers. (Poème).
- Supplément musical Chansons populaires, notées et illustrées par de Boisvray. — Ronde enfantine, musique de L. Dauphin, paroles de E. Blémont. — Retraite Hongroise et Valse mélancolique, par L. Dauphin et Ch. Blanc.
- (i) Nos abonnés de It province et de l'étranger qui en feront la demande voudront bien ajouter la somme de “5 centimes, prix du port, pour que ce numéro leur soit adressé soigneusement emballé et leur arrive en bon état
- Sous les grands eieuX triomphants, L’Été, plein d’apothéosés, >
- Dore les fronts det enfant»
- JEt le rouge At
- rement te GEORGES ROCMEGROSSS.
- TEXTE
- THÉODORE DE BANVILLE. - Les saisons. (Poésie.) — ALPHONSE DAUDET. — Le club. (Nouvelle.) — JOSÉ MARIA DE HÉRÉDIA. — Épiphanie. (Sonnet.) — ARMAND SYLVES TRE. Contes de fée*. — PAUL ARENE. — Le Noël des moineaux (Contes en vers.) — ÉDOUARD ROD. — A Londres. — PAUL HERVIEU. — Le Seigneur à la grosse tête. (Nouvelle.) — PAUL BOURGET. — Pensées. - GUSTAVE GŒTSCHY. — Réveillon.
- GRAVURES
- BONNAT. — La Cruche cassée. — J. WORMS. — Les fêtes de Noël en Espagne.— HEILBUTH.— La Visite de la supérieure. — TISSOT. — Sur mer. - Sur terre. — ROCHEGROSSE. — Les Saisons (tirage en couleurs). — JOHN LEWIS BROWN. — Rendez-vous de chasse (tirage en couleurs.) — POKlTONOW. — Foire de Noël en petite Russie. — PINCHART.— Un début, (tirage en couleurs.) — ADRIEN MARRIE. — A Londres. — A. BRUN. — Conte de Noël. — A. F OUR1E.— Les petites légendes.-— GIR vLDON. — Le Noël des moineaux. — Épiphanie. — BÉTHUNE. — Rêverie.
- COUVERTURE
- GIRALDON. — Composition générale. — THE-VENOT. — Figure principale (tirage en dix couleurs).
- L'impression sur grand papier de luxe centimètres sur 3j) du PARIS-NOEL et ses reproductions artistiques ont été exécutées comme la livraison de 1885 qui a eu un succès si retentissant. C’est une garantie de plus pour nos souscripteurs.
- Il sera tiré de cette publication 100 exemplaires sur grand papier impérial du Japon. — Prix 25 francs.
- Le premier numéro de Paris-Noël paru en i885 dont il reste un petit nombre d'exemplaires sera vendu au prix de 4 fr.
- A toute per sonne non abonnée qui en fera la demande, le Paris-Noël de 1886 sera adressé-au prix de3fr. 5 0, le port en sus.
- LES PUBLICATIONS ILLUSTRÉES. — PARIS-NOEL, prime du «moniteur de l’exposition de 1889 » (Réduction au huitième de l’une des pages, illustrée par M. Rochegrosse.)
- p.443 - vue 460/461
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- p.444 - vue 461/461
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